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                    <text>LES FBVILLETS
OCCITANS
LANGVEDOC ROVSSILLQN PAYS D'OC

ORGANE DVGROVPE OCCITAN
41 BOVLE"VAKD DES CAPVCINES 41

PARIS

�C.I.D.O.
BÈZIERS

SOMMAIRE

Les Lettres Françaises :
L'Occitanie

Edmond

La Grenouille et les Trois-Nourrices ....

Benjamin

Le Marchand de Neige (poème)

Henry

Matin (poème)

Frédéric

SAISSET

Les Livres

Frédéric

SAISSET

Les Revues

Jean

HARAUCOURT
CRÉMIEUX

MUCHART

CAMP

Les Beaux-Arts :
Les Expositions de Paris

à

Toulouse....

Curiosités

Paul-SENTENAc
ASTER

Les Lettres Occitanes
(Chansous) Brava Aigua

Albert

Réflections sur la Poésie Occitane

Joseph-S

Bibliographie Occitane

Paul-Louis

PESTOUR
PONS
GRENIER

Illustrations
Paysage

BOURGAT

Une Ferme dans l'Aude, bois gravé ....

Achille

La Maison des Trois-Nourrices, bois.
La Cité de Carcassonne, bois

.

.

)
&gt;
)

ROUQUET

Auguste

ROUQUET

Vues de Narbonne, bois

Jane et Achille

Bandeaux, bois

Gaspard

ROUQUET

MAILLOL

Nous donnerons dans nos prochains numéros L'Etude sur la Race
Occitane de notre Collaborateur E. Littrè.

�La Nouvelle Série des Feuillets Occitans
Le cahier que nous publions aujourd'hui inaugure la nouvelle série des "Feuillets Occitans" Nos lecteurs et amis apprécieront les modifications que nous avons apportées à notre
publication, dans le format, la présentation et le programme. Le développement constant du
Groupe Occitan, de son activité, et de son champ d'action, ont rendu ces modifications nécessaires. Bulletin de notre groupement à ses débuts, les Feuillets Occitans sont devenus l'organe
des pays d'Oc; le trait d'union entre toutes les publications régionalistes de la terre d'Oc,
comme le prouve son alliance avec la courageuse et vivante feuille d'Ismaël Girard et de
l'abbé Dambielle : Oc. Les Feuillets jie sont pas venus au monde pour supplanter les autres
revues ; niais bien au contraire pour les soutenir et contribuer à leur rayonnement. Ils préparent dans ce but d'importantes manifestations.
Désormais les Feuillets Occitans ne paraîtront pas mensuellement ; mais il sera publié
10 feuillets dans l'année numérotés de 1 à 10 et portant la date de leur parution. Un certain
nombre de ces feuillets seront spécialement consacrés à une question touchant l'Occitanie.
Le premier de ces numéros spéciaux traitera de 11 l'Occitanie Gastronomique", composé sous
la direction du maître Prospère Montagné, il comportera non seulement les recettes de nos
plats méridionaux, la composition de menus occitans, mais encore des relations, des anecdotes, des chansons à boire, un chapitre sur nos bons vins, l'art de les chanter et de les boire
Rédigés avec un égal souci de documentation et d'art, ces numéros spéciaux formeront en
quelque sorte l'inventaire régionaliste dont nous avons tracé les directives dans la première
série de nos Feuillets.
Malgré les lourdes charges qu'assument ainsi Les Feuillets Occitans, le prix de l'abonnement n'a pas été sensiblement majoré. Il n'est que de 30 fr. pour l'édition sur bouffant
et de 60 fr. pour l'édition de luxe sur Montval. Dans l'édition de luxe, seront encartées, ultérieurement des eau-fortes et des lithographies numérotées et signées.
LES FEUILLETS

Abonnement Commun aux "Feuillets Occitans et à "Oc
Plusieurs de nos lecteurs nous ont manifesté leur regret de ne pas voir nos " FEUILLETS ''
consacrer une plus large place à la littérature en langue d'Oc et au mouvement occitan proprement dit.
Nous leur avons représenté que notre revue, dont le but est de rendre une image fidèle
de l'activité de nos régions et de leurs originaires dans tous les domaines, ne saurait sans inconvénient rompre l'équilibre des divers éléments de sa présentation et que ce serait, au surplus faire double emploi avec tant d'excellentes revues spéciales et locales ,que notre devoir
est de mettre en lumière, et dont nous apprécions trop le mérite pour en entraver l'action.
Toutefois, pour tenir compte de ces intéressantes suggestions et en vue de permettre à
ceux de nos lecteurs qui s'intéressent plus particulièrement aux lettres Occitanes de compléter la documentation que leur offre notre revue, nous sommes heureux de leur annoncer
que, d'accord avec la direction des publications " OC ", nous avons organisé vin régime d'abonnements communi à nos deux organes.
Cet abonnement, pour ceux de nos lecteurs qui en feront la demande, comporte le service
des "FEUILLETS OCCITANS" et de "OC" et est fixé à 35 frs par an au lieu de 45 frs. Il peut
être indifféremment souscrit soit à l'administration des "FEUILLETS OCCITANS'' 41, Boulevard des Capucines, Paris (II*), soit à l'administration des publications "OC", villa Peyrat,
chemin de l'Espinet à Toulouse.

Banquets et Fêtes
— La Société «Le Roussillon» qui fête tous les ans le pays du soleil en des agapes fraternelles a donné cette année son banquet et son bal le 12 Février au Palais d'Orléans — Pleine
réussite, grande animation sous la Présidence du sympathique Général Caloni ! On a entendu
les chants du ténor : Lo Pardal, Montagnes régalades, L'Uortatane.
— L'Association des Enfants de l'Aude à Paris a donné également son Banquet et son
Bal le 12 Mars à la Salle des Fêtes du Parc des Expositions. Une nombreuse assistance se
pressait autour du Président de ces familiales agapes M. Albert Sarraut, Ministre de
l'Intérieur, Sénateur de l'Aude, dont l'éloquence empreinte de la plus line bonhomie fut goûtée.
Le Dr Digeon Président de la Société et ses collaborateurs doivent être félicités pour la
réussite de leur fête.

�COMITÉ DIRECTEUR DU GROUPE OCCITAN :
MM.
Président : F. CROS-MAYREVIEILLE, ifii» 4' ff' &amp;&gt; &gt;$&lt;.
Vice-Présidents : Paul SENTENAC, |_t ; E. GUITARD; Frédéric SAISSET.
Secrétaire général : Auguste ROUQUET.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
Archiviste adjoint : Marcel CLAVIÈ.
Trésorier : Maurice FAVATIER, Î^&gt; ^&gt;
Chef des Etudes économiques et agricoles : Docteur GRANEL,
I.
Membres : Léon AURIOL,
||l I. ; J. BOXNAFOUS ; Jean CAMP ; Emile COMET, ifc, &lt;$&gt;.
&gt;fr',
Fernand CRÉMIEUX, ^ ; FRISSAXT ; Jo GIXESTOU, Sfc, ^ ; J. LOUBET ; Henry NOELL, ^t, ^ ; Albert
PUJOL °- '■ ; Georges VILLE,
Délégué régional : J. MORINI-COMBY (Nîmes).

COMITÉ DE PATRONAGE
Délégation permanente des Groupements Régionaux et Locaux auprès du Comité-Directeur
LA VEILLÉE D'AUVERGNE
LE

: M. Boudon, Secrétaire général.
: M. de Clarix de Nussac, Secrétaire

GROUPE D'ÉTUDES LIMOUSINES

général.
(Pyrénées-Orientales) : Général Caloni, Président.
: Docteur Digeon, Président.
LES ENFANTS DU GARD A PARIS : M. A. F. Martin, Président.
LES ENFANTS DU TARN A PARIS : M. Selves, Président.
LA GRAPPE DU QUERCY : M. Vialle, Président.
LA SOCIÉTÉ INGRES : xxx.
LES ENFANTS DE L'HÉRAULT : M. Coudougnan, Secrétaire général.
LA CIGALE MÉRIDIONALE A STRASBOURG : M. Pujo, Président.
LE ROUSSILLON

LES ENFANTS DE L'AUDE A PARIS

Les Feuillets Occitans
Abonnements
Édition ordinaire, un an
.. 30 francs
Édition de luxe sur papier de Montval
60
—
Abonnement commun aux Feuillets Occitans (Edition ordinaire)
et à Oc, un an. ..
.. 35
—
er
Les Abonnements partent du 1 Janvier

BULLETIN D'ABONNEMENT
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__

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Prénoms :.
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déclare souscrire un abonnement d'un an à
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Les Bulletins de Souscription doivent être adressés à M. Maurice FAVATIER, Trésorier,
7, Square du Champ-de-Mars, Paris — Compte de Chèques Postaux : Paris, 739-10.

�UNE FERME DANS L'AUDE
Bois original de Achille Rouquet

Les Lettres Francaises
L'Oc citanie
par

mono Haraucourt

Bgs^&amp;gHi ADORE ce mot d'Occitanie. Il sonne comme une musique qui

jMlf^a serait faite de lumière : il dit avec de la couleur ce que le nom
AS§EH| de Languedoc explique d'une façon froidement technique et
u a
&lt;^N!I&amp;!HI °l *
^ a*r d'un renseignement à l'usage des touristes avertis
{ÏÏ2MJùf&amp;\ par l'administration centrale et invités par elle à se munir d'un
lexique ; ce nom de Languedoc a quelque chose de didactique
et il fleure la pédagogie ; il a une odeur de Sorbonne, un relent de collège, alors
que celui d'Occitanie évoque les jours lointains de la période originelle qui
nous passionne : c'est le nom dont se servait encore le moyen-âge et que les
professeurs, semble-t-il, ont banni pour le remplacer par un vocable plus
précis et moins lumineux.
N'empêche que le mot ressuscite de toutes parts, évoqué par les jeunes
du pays occitan : André Lamandé le réclame, ou plutôt se réclame de lui, avec
le talent que l'on sait ; une revue règionaliste, qui en est à sa troisième année

�d'existence, les « Feuillets occitans», groupe à Paris les écrivains de la Gascogne et du Roussillon ; Frédéric Saisset y célèbre les beautés et les légendes
de la Catalogne française ; Paul-Sentenac y surveille le double mouvement
littéraire et artistique du pays d'Oc et en salue les gloires naissantes, en remémore les gloires anciennes... Etc.
Je voudrais dire, moi qui vais vieillir tout à l'heure et qui déjà me souviens tendrement (signe de la vieillesse qui s'annonce ï) de vos pays où ma
jeunesse s'est épanouie, Je voudrais dire avec quelle émotion je m'intéresse à
ces manifestations de votre régionalisme, à sa résurrection qui s'accentue et
qui me semble si désirable, à toutes les tentatives des autres régionalismes non
pas que je sois séparatiste, certes T Au contraire : étant né aux Marches de
Lorraine à quelques lieues du village où naquit Jeanne d'Arc, m'étant formé
chez vous et performé dans les montagnes du Forez, j'ai conservé au cœur
un culte de gratitude pour les régions de France qui m'ont infusé tour à tour
les sucs de leur terroir, le lait de mon enfance et le vin de ma jeunesse. Je
les aime pour elles, en raison de leurs beautés diverses, de leurs vertus diverses, et précisément parce que je me suis attaché à plusieurs, je conçois
peut-être mieux qu'un autre la possibilité de rapprocher en un amour commun, qui s'appelle France, ces amours successifs dont l'un s'appelle Occitanie.
S'il est vrai que la facilité croissante des communications, la promiscuité
des peuples et la multiplicité de leurs échanges doivent tendre désormais et
de plus en plus à atténuer les différences techniques et à unifier le globe ou
tout au moins le genre humain, hàtons-nous de noter ce que furent nos provinces et ce par quoi chacune se distinguait des autres : et quand nous rencontrons un homme, profondément imbu de l'esprit de sa race, hanté par le
culte de l'héritage commun, obsédé par la conscience de n'être, en son pays
qu'un chaînon de la chaîne, et mu par l'unique fierté d'adjoindre son effort à
l'effort ancestral, offrons-nous le plaisir d'enregistrer cette manifestation qui
se fait rare et, s'il se peut, aidons ce continuateur à prouver la persistance d'une
religion qui ne s'en va pas encore.
La religion de leur terre natale T...
Religion admirable, qui satisfait à la fois les mystiques et les matérialistes, et les remet d'accord, pour un moment, puisque l'hymne pieuse des uns
et la logique déductive des autres aboutissent à des formules similaires. La
terre natale! Symbole de pérennité, mémoire du passé et réservoir de l'avenir,
tombe de tout ce qui cohabite et de tout ce qui collabore, somme vivante des
morts qui, tour à tour, ont enrichi la masse en y versant ce qui fut eux et ce
qui fut par eux T
Il y a des hommes qui se disent « sans-patrie ». Ils croient l'être. Tout
aussi raisonnablement ils pourraient croire qu'ils n'ont eu ni père ni mère :
une plante coupée pourrait aussi bien prétendre qu'elle n'a jamais eu de
racines
Ils se séparent du groupe, mais ils oublient qu'une séparation n'abolit pas
une origine : le fait même de rompre leurs attaches, atteste l'existence de ces
attaches, puisqu'on ne saurait briser ce qui n'existe pas.
Bien plus, les théories mêmes que professent ces humanitaires ne sont

�pas, quoi qu'ils pensent, leur invention propre, mais, au contraire, le produit
normal du rêve entassé en eux par leur race et quand, déracinés, ils renient la
communauté première au bénéfice d'une conception plus large, « l'humanité »,
c'est uniquement parce que leur race, au cours des siècles et par une progression lente, est devenue capable d'élargir ce même vœu de solidarité qui jadis
a créé le premier groupement.
On le connaît, ce vœu des premiers hommes : on imagine dans la forêt
préhistorique, cette frêle créature, nue, désarmée, solitaire mais sociable, et
qui, se sentant seule en face du péril, appelle à son secours les créatures qui
lui ressemblent : solidarité pour la défense, solidarité dans l'effort, le foyer
s'élargit, le clan se constitue, l'égoïsme devient amour et la petite patrie est
née. Toutes les associations humaines se calqueront sur son modèle et lui
emprunteront sa devise de fraternité.
Quand cette devise se propagera de la petite patrie à la grande, de l'Occitanie à la France, de la France à l'Humanité, sachons admettre que c'est toujours la même idée en marche, et gardons-nous d'opposer un idéal à l'autre,
puisque l'un procède de l'autre. »
Edmond HARAUCOURT.

Plus d un passant s est, peut-être, souvent demandé en
monde se situe géographiquement
quels sont ses

titres

de noblesse

l intérêt que suscite autour

remis

à

la mode,

1

ce

Ion

pays que

nomme

L Occitanienne de

quel lieu du

Occitanie

et

Chateaubriand, et

du romantisme l approche du centenaire, ont

auprès du grand public, ce vocable sonore.

Ce

sont

cependant les poètes méridionaux, les Estieu, les Perbosc,qui, pour désigner l ensemble des provinces de Langue d'Oc, ï ont sorti de l oubli. Ils
ont créé le mot Occitan plus euphonique qu Occitanien ou Occitanique et
traduction d ailleurs du latin médiéval « Occitanio », dit J. Anglade. Le
Languedocien Florian avait popularisé le nom d

Occitanie

dans son roman

d Estelle : «Je te salue Occitaniel terre de tous les temps, aimée des peuples
qui t ont connue... La nature, pour toi prodigue, a réuni dans son

sein

les

trésors partagés au reste du monde... Combien de grands hommes, sortis
de ton

sein,

ont rendu ton nom célèbre chez les nations étrangères... Rome

chérit la mémoire des pontifes qu elle à reçus de toi ; la France se glorifie de tes capitaines; de tes magistrats. La poésie enchanteresse te doit son
premier asile, O terre féconde en héros, en talents, en fruits, en trésors, je
te salue! 9
poètes

M^ais

le nom d

Occitanie

a une plus

ancienne

origine.

Si

les

l ont adopté pour sa grâce verbale et pour sa fierté, il eut pour

parrains des fonctionnaires royaux. C est pour désigner administrativemeni
le

ci-devant

12 Ji

que

Comté de

les

scribes

Toulouse, passé à
du

roi

cherchèrent

la
un

Couronne
mot.

de France

(&lt; Sur

le

en

modèle

�d Aquitama; ■

nous dit M.. J. Anglade. —— qui leur était familier depuis

longtemps, ils formèrent Occitania, avec ses adjectifs Occitanus et Occitamcus. Les scrihes étaient contents : ils employèrent le mot à outrance. » Les
poètes ont parachevé l œuvre pour une fois heureuse des scrihes. Et les syllahes d or A Occitanie ont charmé les oreilles les plus hostiles. Les poètes,
même ceux qui ne sont pas Occitans comme
ucie Delarue~Mardrus
ou Edmond Haraucourt, adorent ce mot. Le grand Edmond Haraucourt
à puhlié dans la Dépèche de Toulouse un vigoureux et lumineux article
sur l Occitanie dans lequel il consacre les lignes les plus encourageantes aux
eui llets. N ous sommes fers et émus de cette appréciation d un maître en Fart
de la prose et du rythme et nous nous faisons un plaisir d en reproduire les

T

principaux passages.

^ JÇ^J/^

Les

Revues

Nous avons plaisir à saluer une belle revue récemment née à Nice « Mediterranea dont
le premier numéro est d'un goût et d'un luxe qui font bien augurer de l'avenir. La collaboration est de choix et nous constatons avec plaisir que le directeur, M. Paul Castela, est un Narbonnais qui réalise de la plus jolie façon l'union des méditerranéens français. Le Feu est
toujours la grande revue du régionalisme méridional et ses chroniques sont pleines d'aperçus
intéressants et de renseignements substantiels. A y signaler une traduction d'Homère par
Marius Conte-Delvox qui illustre cette phrase de charboun « La vido oumerico es talamen
proche de la nostro, de nosto vido de pèd-terrous, de marin o de pastre. » Cependant, l'expérience n'est concluante que sur des extraits assez courts. Une tentative de longue haleine ne
me paraît plus supportable, malgré toute l'habileté du traducteur. Sur ma table s'amoncellent
la cohorte des journaux occitans qui ne cessent d'oeuvrer, soit à Paris, soit en province, pour
la cause méridionale : L'Etendard fiscénois dont le titre peut faire sourire mais qui est remarquablement rédigé, le Roueyne, organe des Ruthènes que préside si bien M. Cottereau, le
Cadet de Gascogne, Paris-Provence dont on ne peut plus louer dignement le directeur tant il
est devenu des nôtres, l'Aude à Paris, l'Aude à Toulouse, l'Aude à Alger qui attestent la
diffusion des Audois un peu partout et nous font craindre qu'il n'en reste plus guère à l'ombre
de la Cité. Un pleur, en passant, sur la disparition de la Mouette normande dont Julien Guillemard avait fait une revue farcie de qualités, d'une probe et vigoureuse tenue.
Le Club Cévenol publie un bulletin qui, sous le nom de Causses et Cévennes fourmille
d'indications techniques, pittoresques et touristiques sur les merveilleux paysages du Tarn et
des Avens. La Nouvelle Revue du Midi, avec une consciencieuse ténacité, entretient à Nîmes
l'amour des recherches sérieuses, des exposés précis, de l'érudition tempérée par le goût éclairé
des lettres pures. Les Pyrénées littéraires s'efforcent, semble-t-il, de ne justifier en rien leur
titre car on n'y trouve rien de spécialement montagnard, ni de particulièrement artistique.
Toulouse montre d'habitude, que diable T moins de timidité régionaliste. \J Auvergne littéraire,
l'Auta témoignent heureusement de plus d'originalité. « Ceux qui vienneut » n'en manquent
pas dans la présentation de leur « Arc-en-ciel ». Pourquoi faut-il que la coque ne renferme pas
la chair savoureuse du fruit ?.
Une impression un peu déprimante se dégage cependant de tant d'efforts dispersés. Dans
chaque province, dans chaque centre intellectuel de France, on pourrait aisément créer, avec
tout ce que représente l'ardeur, de talent, de désintéressement, les revues déjà existantes,
itn organe vraiment représentatif qui fut le miroir fidèle de son pays et qui apporta aux
curieux des choses régionales l'image fidèle et vivante d'un pays. Mais quoi ! Nous sommes
victimes de l'individualisme, de l'improvisation, des foucades. Des guerrilleros, tant que l'on
voudrai mais discipline et méthode ne sont pas des fleurs pour les serres d'au delà de la Loire.
J. C.

�Bois original d'Auguste Rouquet

La

Grenouille et

les Trois- J^oumces
|OUTE l'Aude est dans ce coin du vieux Narbonne, entre l'Église
Saint-Paul-Serge et l'hôtel des Trois-Nourrices. Dans le bénitier de Saint-Paul, la grenouille perpétue le comique languedocien, le plaisir de l'attrape, l'innocence du rire à gorge
déployée. Aux Trois-Nourrices, c'est la double anecdote où se
résume l'essentiel du fond audois : le mysticisme de l'indépendance et la joie corporelle. C'est à l'hôtel des Trois-Nourrices que Rabelais se
gobergea et ne put payer son écot, terrible « quart d'heure », et c'est aux
Trois-Nourrices que Cinq-Mars, rebelle au pouvoir central, fut arrêté par les
sbires de Richelieu.
Adossé au mur doré de l'Hospice, entre l'église édifiée par les fils des
Cathares et l'hôtellerie païenne et paillarde, j'écoute le dialogue éternel de la
garrigue et de la vigne, du rocher sec et de la grasse terre alluviale, du vieux
fond albigeois et de la facilité à vivre. Déjà m'arrive l'écho espagnol du dialogue de Sancho et de Quichotte. Ici un sens de la grandeur maigre, de l'épopée
muette, de l'héroïsme à dents serrées, de l'honneur, de la résistance, de tous les
paroxysmes; et, en contre-poids, un naturisme tautôt facile, cordial, gueulard
et fessu comme chez la plupart de nos patoisants, tantôt affiné et gracieux, grec
plus que latin et tout en cadences claires : André Chénier fut enfant à Limoux.
Les ruisseaux de la plaine narbonnaise, tous ces « recs » où coule à peine
un filet d'eau pure et qu'une heure d'orage transforme en troubles torrents
vertigineux, charriant l'argile et la pierre, déracinant les ceps et ràclant le
terreau, donnent une image de ce contraste et de cette dualité. Et aussi les
oliviers aux blanches feuilles que le cersfait chanter, mais dont le tronc noueux,
trapu, déjeté, se tord comme le buste du Titan foudroyé.

�LA MAISON DES TROIS-NOURRICES
Bois original d'Auguste Rouquet

�Les écrivains audois d'aujourd'hui habitent tous l'hôtel des Trois-Nourrices, mais les uns à l'étage de Cinq-Mars, d'autres à celui de Rabelais, et « Albigeois » ou corporel, aucun, ou presque, n'oublie de rendre visite, comme le
voyageur du conte de Mistral, à la grenouille de Saint-Paul.
Cet humour audois, dont témoigne la grenouille de Saint-Paul, comme il
est particulier : trivial, d'un prosaïsme appuyé, souvent cynique, délicat aussi
parfois, forme invétérée d'une pudeur intellectuelle qui ne craint pas de revêtir un aspect de gauche naïveté et d'ignorance épaisse, forme de pudeur sentimentale aussi qui se refuse au réel, qui redoute d'étaler souffrance ou passion et noie tout dans la moquerie.
Cet humour se manifeste de la façon la plus directe et la plus authentique chez le chansonnier Vincent Hyspa. On peut dire de lui qu'il a stylisé,
quintessencié l'esprit de chez nous et ajouter qu'il a transféré à Montmartre
tout ce qui était transportable hors du terroir natal Su comique familier de nos
conteurs bas-languedociens. Mais on trouve cet humour indéracinable partout
mêlé aux œuvres littéraires audoises. Il colore toute celle de Joseph Delteil
et c'est lui qui inspire à Paul Raynal la déchirante allégresse du finale du
premier acte, dans le Tombeau sous l'Arc de Triomphe.
La conception dramatique d'Henry Bataille hier, celle de Denys Amiel aujourd'hui en sont tout imprégnées ; ce drame en sourdine qui n'éclate pas en
tirades, où l'expression du pathétique est confiée aux mots les plus quotidiens,
ce comique inséparable chez eux des situations les plus désespérées, cette
recherche de l'ellipse et du sous-entendu, tout cela dérive bien de notre humour
audois. Ce « théâtre du silence», dont Bataille fut le précurseur et dont Amiel
est l'un des meilleurs représentants, est en grande partie sous le signe de la
grenouille symbolique.
Elle est toute audoise aussi la poésie des premières plaquettes de Bataille:
la Chambre blanche, Et voici le jardin. Cette effusion directe, qui tire de son
prosaïsme même une émotion poétique, qui indique à mi-voix un thème et
s'arrête au bord du sanglot, pareille à une voix perdue dans le grand vent,
comme on comprend qu'elle se soit élevée « du côté de Moux et de Pexiora »,
au pied de « l'Aricpoudreux où montent les bergers ». Et plus distincte, mieux
mesurée, c'est une poésie bien audoise encore que celle de Jean Lebrau, de
Moux, dans le Ciel sur la garrigue, le Cyprès et la Cabane.
La qualité poétique chez Lebrau comme chez Bataille tient surtout à la
justesse de la modulation, mais il y a en outre chez Lebrau une recherche de
pureté dans le chant qui le rapproche du Carcassonnais François-Paul Alibert
et nous amène à ce culte grec de la forme, dont André Chénier est un des
prototypes, mais qui est peut-être plus méridional que purement audois.
Alibert pourrait être de Cette comme Valéry et Valéry de Marseille ou de Narbonne. Leur inspiration, leur décor et leur matériel poétiques — grenades,
cyprès, cigales, abeilles, platanes, palmes — sont méridionaux ou mieux
encore, car la mer sans cesse y est présente : méditerranéens.
Pourtant il y a chez Alibert un sens romain de la majesté harmonieuse,
une large architecture de la phrase, un rebondissement verbal qui peuvent
s'apparenter au jaillissement tout audois, plus spontané, mais moins décanté,
de Raynal et de Delteil.
L'apport important, essentiel du pays d'Aude, c'est présentement ce

�Bois original de Jane et Achille Rouquet

sens de la grandeur. Notre pays retrouve là sa vérité, sa mission qui
est celle d'un pays de « marche ». Il
y a en France pour les « Marches
languedociennes» en lisière de
l'Espagne un rôle aussi nécessaire
à jouer qu'en lisière du germanisme
pour les «Marches lorraines».
L'Aude est l'isthme par où l'ardeur
africaine et ce riche composé d'honneur, de magnificence, de courtoisie
et de force que Stendhal nommait
« espagnolisme » doivent pénétrer
en France.
Delteil a du sang catalan, Raynal, bien plus que Corneille, dérive
de Calderon dont il a l'abondance,
l'emportement, l'inexorable rigueur.
Et Pierre Reverdy aussi, par son
retour au catholicisme, a été rendu
aux visions familières aux grands
mystiques espagnols. Reverdy est
le plus grand des poètes cubistes
comme son ami, l'espagnol Picasso,

est le premier des peintres cubistes.
Reverdy dans la poésie, Raynal au théâtre, Delteil dans la prose réintroduisent, chacun à sa façon, dans les lettres françaises le culte du grand. Tandis
que Raynal et Delteil, solidement racinés à la terre, nous rapprennent le premier, la grandeur et l'extrémisme de la passion, le second la grandeur et
l'extrémisme de la sensualité, Reverdy nous donne par instants un frisson de
grandeur cosmique.
Il est à constater que la rançon de cette grandeur retrouvée — ou son
complément — est chez tous les trois (et on ne peut rêver pourtant trois œuvres,
trois dons plus divers, plus opposés par le contenu et l'accent) un retour à la
préciosité des grands Espagnols ou de Shakespeare. Préciosité qui n'est pas
afféterie, ni mignardise, mais exubérance et qui roule à la façon de paillettes
d'or dans le flot sans cesse grossi de leur chant.
Reverdy alterne ses plus hautes visions avec une poésie moins rauque —
cor anglais et flûte céleste. Mais Raynal et Delteil se livrent à plein souffle,
sûrs de leur pectus.
Ils ne sont pas les seuls aujourd'hui en France à rêver de grandes entreprises littéraires. Montherlant, Drieu la Rochelle voient grand eux aussi. Mais
leur caractéristique, c'est qu'ils sont les deux seuls écrivains d'après-guerre à
avoir le sens épique. Eux seuls ont tenté une synthèse, un raccourci épique de
la guerre, Delteil dans sa Jeanne-d'Arc et dans les Poilus, Raynal dans le
Tombeau sous l'Arc de Triomphe que doit suivre la Francerie.
L'un et l'autre se plaisent à s'abandonner à la même forcenée ivresse verbale, l'un et l'autre jonglent avec les formules lapidaires, mordent avec fureur

�à la même pulpe des mots. Mais tandis que Raynal exalte le redressement passionné de l'homme, la lutte
sauvage pour la liberté, le bonheur,
la vie, sans cesse traqués comme
Cinq-Mars par Richelieu, c'est à
l'étage de Rabelais, que, dans l'hôtel
des Trois-Nourrices, s'est arrêté
Delteil. Il ne rêve que d'une kermesse de corps en sueur et en joie,
que d'un débordement de vie physique, d'un assouvissement de l'homme dans et par la nature. Il serait
injuste de ne pas rappeler que Delteil a eu un précurseur narbonnais,
l'un des survivants du grenier Goncourt, Joseph Caraguel, dont les Barthozouls offrent une évocation vraiment épique d'une fête patronale,
puis une autre des vendanges dans
un village du Bas-Pays, au pied des
Corbières. Caraguel lui aussi sort
de l'étage rabelaisien des TroisNourrices, ces Trois-Nourrices
Bois original de Jane et Achille Rouquet
qu'il est réservé à Delteil de peindre comme elles le méritent, les deux premières dépoitraillées, noiraudes,
leurs énormes seins gonflés, tendus vers le pays d'Aude, l'une faisant gicler
son lait mousseux d'humour, l'autre un lait plus épais que la sève, digne d'engraisser Gargantua, mais la troisième, au visage tragique, à la gorge tarie,
la vraie mère occitane, l'héroïque, la croyante, la mutilée, l'hérétique dont le
sein, si on le pressait, ne laisserait couler que du sang albigeois.
Benjamin CRÉMIEUX.

�— 10 —

Le jMLarc\iani de l^feigeJ&gt;
a Frédéric Saisset^
Quand la fête du blé s'étale sous les cieux,
Que chancellent les chars et grincent les essieux.
Quand les batteuses diligentes font leur œuvre,
Que l'air n'a plus de brise et les puits n'ont plus d'eau
Et, qu'en la paille chaude où sonne le fléau,
Se dérobe une fuite souple de couleuvre;
Quand l'été resplendit sur les seigles brûlants,
Comme un étendard bleu sur des remparts croulants,
Quand le grain lourd et dru dans les gerbes abonde,
Que le butin s'entasse et que les moissonneurs
Ont des masques d'imperators triomphateurs,
Dénouant les cheveux d'une captive blonde;
A l'heure du pillage où luisent les tranchants
De la faux, de la serpe courbe et des tridents
Où chacun s'enrichit des dépouilles qui s'offrent,
Quel est donc celui-là qui, sous un châtaigner,
Rêve au bruit d'une source et semble dédaigner
De disputer sa part et de remplir ses coffres ?
Il choisit la fraîcheur des ombrages heureux,
Il n'a point de sueur qui, perlant aux cheveux,
Lui sillonne le front de ses mordantes traces,
Pas de poitrail velu, ni de fauve relent
... Et les gens des labours raillent cet indolent
Qui ne moissonne pas le blé des terres basses.

Or, c'est un muletier qui, presque chaque nuit,
Détache son mulet et le sangle sans bruit,
Quand une étoile — la dernière — tremble encore,
Et s'élève, par les ténèbres des sentiers,
Vers la haute montagne et les pâles glaciers
Que quelque lueur d'aube hésitante colore.
Au bruit de la sonnaille allègre et des sabots.
Il traverse des pâturages sans troupeaux,
Il dépasso une cour à la barrière ouverte,
Une ferme silencieuse, avec des chars,
Le seau sur la margelle et des seigles épars
Où gisent les fléaux sur une aire déserte.

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— Il s'élève, il atteint la hutte du berger,
La claie à jour du parc où l'on entend bouger
Et bêler faiblement une bête qui rêve ;
Le chien grogne, anxieux, et se dresse à demi,
Puis la paix redescend sur le parc endormi,
Dans un rose rayon de soleil qui se lève.
Foulant le lichen pâle et les rhododendrons,
L'homme aspire le vent sauvage à pleins poumons,
Il domine le flot de brouillards, qui déferle,
Pour étouffer, sous sa mollesse et ses torpeurs,
Les vallons rétrécis, avec leurs moissonneurs
Qui n'aperçoivent pas ce ciel couleur de perle.
Loin des labeurs communs et de l'effort obscur,
Il casse alors la neige aux coups de son pic dur
Et la dépose à l'ombre, au bord d'une fontaine;
Mais comme elle fondrait par le sentier ardent,
Il mange son pain noir et songe, en attendant
Que la divine nuit rafraîchissante vienne,
Puis, quand s'est constellé le ténébreux azur,
Il redescend suivi du mulet lent et sûr,
Qui secoue en marchant une sangle sonore
Et porte, en translucides blocs cristallisés,
Des neiges de montagne où ne se sont posés
Que les pieds des oiseaux et celui de l'Aurore,
Henry MUCHART.

Poème extrait d'un nouveau recueil
qui va paraître : Le Miel Sauvage.

Les lyres du matin chantent sur les prairies
Où l'eau claire reflète un ciel de féerie.
Un bonheur flotte au cœur de l'espace enchanté,
Et la lumière diaphane de l'été
Danse en rayons légers sur la courbe des arbres.
Autour du bassin bleu les déesses de marbre
Assistent aux ébats des poissons colorés.
La musique de l'eau s'écoule à plis dorés

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Vers l'horizon lointain que barrent les montagnes.
Une paix pastorale inonde les campagnes
Où les troupeaux mêlés aux fleurs sont répandus.
Une bergère admire un faune aux[pieds fendus.
Il danse éperdument sur sa stèle robuste,
Sourit à la bergère en redressant son buste,
Lève la grappe d'or qui luit entre ses doigts.
Un vol de ramiers blancs se pose sur les toits.
Les chevaux de labour sortent des métairies.
Une hirondelle bleue anime l'air et crie.
La nature bourdonne, vibre. Par milliers
Les parfums voyageurs et les bruits familiers
S'entremêlent en un concert champêtre, et lente
La mer miroite au loin, de sa courbe indolente
Caressant le contour de la plage où s'éteint
Son murmure de soie où glisse le matin.
Frédéric SAISSET

�— 13 —

Les Liivres

L

ES vers de la «Dédicace» et de «Polymnie» qui ouvrent ce beau livre de
Georges Heitz, Images détachées de l'oubli, sont d'un métal très pur ; ils
ont des richesses d'images et de sonorités qui vous révèlent la présence
d'un noble poète et vous engagent à pénétrer dans le jardin rose et noir
qu'est ce livre odorant et plein d'une émotion maîtrisée.
Et vous lirez un jour des vers qui ne seront
Jamais joués que sur des violons de rêve.
Vous à qui, chaque été, les brises répondront
Comme au chant de la mer répond l'écho des grèves.

Qu'on lise les « Poèmes pour mon rêve vécu », « Les tristesses », « Romanesquement »,
« Vendanges », « Apparences », « Paysages de France », « Transpositions », «Jardins ». On y trouvera, partout répandue une ineffable fluidité harmonique qui nous berce sans jamais nous
faire oublier la valeur des mots solidement agencés, ce qui est rare. Particulièrement dans
les « Paysages de France » on cueille des vers d'une inoubliable douceur :
Doux parler, si parfois tu passes par ma bouche
Tu donnes un prix sûr aux pensées que tu touches,
Au désordre des sens oppose tes doux liens
Et donnes à la vie un charme aérien.
Et c'est bien ici la double qualité d'émotion contenue et de lucidité précise qui font du
livre de Georges Heitz un double enchantement.
C'est un recueil de poèmes sur le siège de la cité du Quercy par Henri IV, alors Henri
de Navarre, où sont mises en relief les scènes tragiques et la belle défense des Cadurciens qui
se montrèrent, à cette occasion d'un héroïsme farouche.
« Emile Montégut était Limousin, enfant d'une vieille famille limousine, écrit Pierre-Alexis
Muenier, en tête du beau livre qu'il a consacré à l'un des plus grands critiques du XIX' siècle
— et nous devons vivement regretter qu'il n'ait pu — il projetait de le faire — consacrer à
sa province natale un livre du même ordre que les études sur la Bourgogne et sur le Bourbonnais. » Nous devons ici, dans ces Feuillets occitans, joindre nos regrets à ceux de PierreAlexis Muenier, et le féliciter chaleureusement d'avoir réparé une des plus révoltantes injustices:
On constate en effet, en lisant sa consciencieuse et savante étude sur Emile Montégut, combien
l'indifférence humaine à l'égard de cette belle figure est pénible et blâmable. Cette âme ardente,
« fière, mâle, incapable de se courber sous les fourches caudines du monde » mérite qu'on
lui rende justice et qu'on la replace au rang qu'elle doit occuper, un des premiers dans la
critique française. Puisqu'il est des nôtres, nous ne saurions avoir trop de gratitude pour
Pierre-Alexis Muenier qui par son beau livre aidera tous ceux qui aiment Emile Montégut à
le délivrer de cet injuste oubli.
On trouvera, dans ce livre qui est un chant d'amour dédié à la Cerdagne française, les
pages, peut-être les plus colorées et les plus émouvantes qu'ait écrites Albert Bausil. Le soustitre : Images de Font-Romeu, caractérise le genre de l'ouvrage : une suite de poèmes en prose
d'une lumière chaude, d'un coloris intense et qui donne par endroits l'impression des enluminures de missel :
« Ohï tous les contes de fées, tous les livres d'images, toutes les chansons de Chaumière
tous les songes d'enfants sont dépassés, devant cette Cerdagne de velours blanc, que la Cein-

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ture des cimes, depuis le Carlitte jusqu'au Canigou, en passant par les monts d'Andorre,
d'Urgell, de Cadi, du Cambredaze et de Nuria, entoure comme un grand mur crénelé de,
pourpre rose et d'argent bleui».
Et c'est ainsi tout le long du livre une alternance de petits tableaux pittoresques et de
jets d'esprit pétillants, et les dessins plaisants ou graves d'Emmanuel Roger et de Jack Pruvost
accompagnent gracieusemeut ces pages alertes, toutes vibrantes de l'amour de notre sol
natal — Un livre exquis —
'
Ce roman, Ulabella, de Marika Stiernsted a été traduit par une roussillonnaise par
alliance, Madame Juliette Julia, femme du Docteur Emile-François Julia, romancier de talent
et critique d'art avisé, sur une première ébauche de Madame Kate Hornell. C'est un conte
gracieux et émouvant dont les personnages sont cependant vivants et bien observés, un conte
qui s'appuie sur la vérité humaine. Particulièrement la fine, la toute charmante Ulabella et
sa vieille gouvernante Mâline, qui remplace la mère disparue, attirent notre sympathie, dès
les premières pages, et nous en voulons un peu, à ce père, inventeur génial et distrait, de ne
point prendre garde à l'âme délicieuse de sa fille et de la négliger.
La préfacière du livre reconnaît la difficulté de transposer en français un roman de
langue étrangère. Nous ne pouvons lui adresser de plus vifs éloges qu'en la remerciant de
nous avoir fait oublier que nous lisions un roman traduit et de nous avoir donné l'illusion,
par la souplesse de son tyle, de lire un roman français.
Voici un beau drame rapide qui se déroule de l'automne 1212 à l'automne 1213, à Toulouse,
dans le château Narbonnais. C'est un des épisodes les plus émouvants de la croisade contre
les Albigeois et nous y retrouvons, fortement mis en relief, le farouche Simon de Montfore,
l'ardent et impétueux Comte Raimon, fils de Raimon VI qui s'éprend de passion pour la
belle Sancia d'Aragon, seconde sœur de Pierre II, et d'Eléonore, épouse de Raymond VI. L'action est d'une sûre netteté de ligne et va au but, sans faiblesse. Les vers en sont pleins, imagés
et expressifs; ils sont d'un beau métal et d'un rythme heureux, traduisant avec souplesse la
véhémence et la grâce passionnée. Cette pièce, qui a été jouée à Saintes, mérite d'être reprise
sur un des théâtres de Paris où elle obtiendrait le plus éclatant succès.
Jean Amade à qui les roussillonnais doivent de judicieux ouvrages régionalistes et qui
a publié récemment une très savante étude sur les origines et premières manifestations de la
Renaissance littéraire en Catalogne au XIX' siècle, nous donne aujourd'hui un recueil de vers,
édité par les soins de notre vice-président E. N. Guitard aux Editions Occitania. Chants rustiques et oraisons célèbrent avec ferveur la terre méridionale, et le Roussillon y occupe une
grande place. Si l'on sait que Jean Amade a toujours vécu dans ce Vallespir, dont des artistes
comme notre regretté Déodat de Severac avaient fait leur terre d'élection, on ne s'étonnera
pas de lire de lui ces vers virgiliens pleins de chants d'abeilles et de sonorités agrestes où
passe la voix d'une flûte pastorale. Son poème La Flûte invisible que nous avions lu autrefois
dans la Revue de Paris est un des plus réussi du recueil, on y retrouve l'art d'André Chénier.
Dans les Intimités Rustiques nous lisons avec émotion la prière qu'Amade fait monter vers
nos deux plus chers disparus, vers ces deux grands artistes : Louis Codel, Déodat de Severac.
Le livre se ferme sur un hymne d'amour adressé à ce Vallespir harmonieux, terre catalane où
le poète a cueilli ses plus odorantes guirlandes parmi les Albères bleues, les forêts de chêne,
et le chant des sources montagnardes.
A-M. Gossez, excellent poète lui-même étudie le poète Henry Mériot avec la sympathie
grave que l'on doit à tous ceux qui ont voué leur vie à un Idéal et lui ont consacré les heures
laissées libres par la dure nécessité du gagne-pain. Mériot demeura à Périgueux où il commença à vivre entre la casse et la presse, « cette existence désormais double et qui reste la
sienne malgré soixante-dix ans d'âge : La journée adonnée aux labeurs, la nuit — tard le soir
et souvent jusqu'à l'aube — à l'œuvre suprême de Poésie ; et ce sont de réels lys éclos à minuit que les plus purs ornements de ses livres. » On ne peut que saluer très bas ces nobles
hommes qui ont compris la beauté de la mission du Poète sur la terre et n'ont pas hésité à
consacrer leurs veillées au plus pur Idéal.
Le choix de Poésies d'Isabelle Korn préfacé par Alfred Cazes qui ne soulève qu'à demi
le voile de l'anonymat de l'auteur, est d'une amusante variété. Chaque poésie est accompagnée
d'un commentaire qui témoigne d'un esprit railleur et pétillant de malice. Voici un de ces
commentaires typiques en queue des « Pies » : Mon cerveau est de si petite qualité que je
n'arrive pas à m'intéresser à la politique ou aux sciences. En revanche, le langage des pies
m'est accessible et les nuages prennent la forme de mes rêves. Sur quel peuplier du Libron
n'ai-je point accroché un lambeau de vêtement? « Garçonnière! » disait ma tante. Mais non I

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les garçonnières ont soin de leur feuille de vigne et passent le jour â bien la tirer !» — Les vers
sont dédiés à Pierre Mille. Certaines pièces célèbrent le Languedoc avec de beaux accents.
Isabelle Korn a la double corde aux sonorités graves et aiguës, le masque tragique et le masque
comique. Son livre est plein de fantaisie et de trouvailles, très curieux à lire et souvent
émouvant.
« C'est surtout comme peintre, écrit l'Editeur, que Gaspard Maillol était connu avant
la guerre. C'est lui qui avec l'aide de son oncle Aristide Maillol et l'assistance du comte Kessler,
fût le créateur des papiers, désormais fameux dits de Montval. »
C'est un album de seize gravures très soigneusement édité en un format inV jésus et
présenté en une judicieuse préface de Paul-Sentenac qui a écrit dans la revue Benjamin, un
très substantiel article sur les anciennes manufactures Royales de Canson et Montgolfier;
c'est là que se fabrique aujourd'hui, sous la direction de notre compatriote Gaspard Maillol,
ce magnifique papier qui assurera aux œuvres contemporaines la durabilité. Il faut féliciter
les avisés directeurs MM. Tardy, Franchon, Valton, et Menneson d'avoir donné au peintregraveur les moyens de poursuivre sa tâche dans les meilleures conditions — Grâce à eux
cette nouvelle édition où figurent les églises de Vassincourt, de Mesnil-les-Hurlus, de Voilemont, à'Offoy, de Fresne-en-Tardenois, de Merleville, de Soyecourt, etc., pourra braver l'œuvre
du temps pour la plus grande joie des amateurs d'à'rt —
« Dans ces contes, pensés en langue d'Oc, écrit l'auteur en tête de son livre très vivant
et pétillant d'esprit, ne cherchez pas autre chose que le parfum du terroir bitterrois. Deux
ou trois appartiennent à l'éternel folklore : j'ai tiré les autres de faits vécus. » Et c'est d'une
plume alerte que le directeur érudit de la revue d'Oran a écrit sa Confession de Cigalon,
Canitrot, Le Lait de la Saupicade, Mériadec, Le Réveillon d'Ambroisi. L'évasion de Croqueprunes et tous ces récits savoureux et imagés qui font de Mon vieux Languedoc un livre de
belle joie. L'œuvre d'Alf. Cazes réjouira par sa bonne humeur tous les Occitans qui aiment
à retrouver dans les livres de leurs compatriotes ce parfum du terroir inoubliable, cette
âme de la terre natale que nous emportons avec nous partout où le sort nous oblige à vivre.
Le poète visionnaire Loys Labèque qui s'est fait connaître par quatre volumes de vers
d'une puissante originalité, publie un nouveau livre où il chante sa foi en des rythmes tout
personnels et chargés d'images neuves ; quelquefois obscures et heurtées, ses pages ont toujours un accent plein de ferveur, elles sont plus proches du génie que du talent. En ce nouveau livre Eglises parlantes, nous retrouvons les paroles enflammées du croyant devenu
presque aveugle :
C'est ici l'histoire et la légende de Loys Labèque, du moine Gyrovague qui ne fût pas
un vrai apôtre, et qui tant l'aurait voulu être, mais seulement un berger de l'Aventure et un
fol voyageur.
Qui, presque aveugle, cherchait très loin à tâtons, celui qui était déjà dans son cœur.
Dans les quatre parties du recueil Les Prairies, Les Troupeaux, Les Bergers, et Les
Cloches, le poète du Miroir mystique jette ses appels vers Dieu en des pages véhémentes qui
sont par endroits comme un écho verlainien de « Sagesse. »
L'action de ce drame poignant est condensée en trois actes écrits d'un style nerveux et
pathétique. L'auteur a voulu nous montrer l'effondrement progressif d'une âme humaine jetée
au milieu des intrigues politiques, des ambitions forcenées. Richard Grambert, Président du
Conseil, le personnage central du drame de Georges-Barrière Flavy, après avoir atteint le
sommet de la gloire, est trahi par sa maîtresse, Lucienne de Tersin qui communique aux ennemis de son amant, des pièces compromettantes. Désespoir de Richard qui abandonne la politique et pense retrouver le calme dans l'amour. Il apprend que celle dont il a fait sa femmeaimait un autre homme. Il appelle à lui un fils naturel dont il ne s'est jamais occupé, et c'est
l'effondrement suprême quand ce fils accable son père de son mépris.
C'est un harmonieux recueil de poèmes que ces « Pages de la quinzième année » de
Blanche Cazes : Les vers en sont d'une souple cadence et n'ont pas la maladroite tournure de
ceux qu'écrit d'habitude une jeune fille de quinze ans; car Mlle Blanche Cazes a quinze ans.
Mais il y a là-une sûreté de composition, un bonheur d'expression, un choix d'images neuves
qui sont surprenants pour cet âge. Le rythme de certains poèmes est déjà savant, plein de
subtiles nuances. C'est bien un poète qui a écrit A l'ombre de TAïdour La Maison fleurie,
jour des morts. En lisant Verlaine, Image de missel et tant d'autres. Et il faut féliciter Blanche
Cazes qui aime François Villon et Paul Verlaine d'avoir entrepris son voyage vers l'Idéal avec
ces deux grands poètes de France.
Frédéric SAISSET.

t

�Bois original de Gaspard Maillol

Les Beaux-Arts
Les Expositions Je Pans à Toulouse
|E Salon des Indépendants a été l'événement artistique de ces
temps derniers. Il a marqué d'ailleurs surtout par le nombre
de ses exposants, par son étendue, ayant occupé les quarantetrois salles du Salon des Artistes Français. La présentation
des œuvres, classées selon le mode alphabétique adopté par ce
groupement libre, a été faite dans un esprit assez moderne. Les
peintures ont été accrochées sur un fond clair, de teinte bise. Mais la plupart
des œuvres exposées ne répondaient pas au modernisme du cadre. Ce Salon
des Indépendants est resté d'une manière générale bien au-dessous de la médiocrité. Dans certaines salles le poncif a dominé autant que dans celles des
grandes expositions de Printemps. Pis encore. Autant qu'au Salon d'Hiver.
Vraiment — il faut le reconnaître en dépit de la peine que cause un tel aveu —
cette trente-huitième exposition des peintres qui se trouvaient naguère à
l'avant-garde de l'Art, accusait un déplorable retour en arrière, vers des formules périmées, vers le banal, le mauvais goût, et l'ignorance de tout métier
pictural. Parmi les 3792 numéros portés au catalogue — et il y avait encore
des envois qui n'y figuraient pas — une centaine d'œuvres, tableaux ou sculptures, demeuraient en définitive à retenir. Les artistes ayant illustré cette
société ne participent plus guère maintenant à ces manifestations. Ils se
réservent pour l'Automne ou pour Les Tuileries. Il n'était que trop aisé de
compter parmi les fidèles de cette année Paul Signac, Luce, Matisse, Bonnard,
Charles Guêrin.
Lorsqu'on rencontre, dans un tel amas de mauvais tableaux, une toile de
quelque valeur, on n'en éprouve sans doute que plus de satisfaction. Je suis
retourné plusieurs fois aux Indépendants, et dès la seconde visite je savais les

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toiles devant lesquelles je devais marquer des étapes, au milieu de mes promenades que le défaut d'intérêt de l'ensemble rendait forcément rapides. Des
étapes devant de vraies peintures, décelant des tempéraments originaux, ou,
en tout cas, des tempéraments de peintres. J'ai déjà dit qu'il y en avait tout de
même une centaine à peu près dans cette foire de toutes les couleurs. Il m'a été
agréable de constater que parmi les œuvres des artistes qui m'ont retenu,
plusieurs appartenaient à des occitans. Chabaud a exposé une importante peinture, laquelle pouvait prendre place parmi les meilleurs morceaux. Son vieux
berger, vêtu d'une limousine aux rousseurs fanées, le profil taillé comme au
couteau sous le béret, son bâton barrant la toile, les moutons grisâtres autour
de lui, devant le village languedocien dont les maisons blanchoient entre l'ombre
des rues étroites, allie à la largeur vigoureuse de la facture un harmonieux assemblage de tonalités adoucies dans des gammes grises, bistres et bleues. Paul
Ramond, au contraire, recherche les tons intenses dans son Soir au Canigou et
ses Arbres en fleurs en Roussillon. Ce peintre s'est classé parmi les plus hardis de ce Salon, grâce à sa manière qui juxtapose des taches par petites masses
et non avec le pointillisme habituel à Signac. Pas de procédé aussi exclusivement apparent chez Ramond, mais un cri d'exaltation devant la nature aux
chaudes colorations. Desnoyer s'est signalé par un tableau d'assez grandes
dimensions représentant une « fête locale » dans le midi. Il y avait là du mouvement, de la robustesse dans le coloris, comme dans l'écriture des formes.
Laclau aussi possède une fougue bien méridionale, dans une figure de femme
à sa toilette, peinte en pleine pâte. Quand à MUe Andrée Pouvillon, on a retrouvé
dans ses intérieurs, dans son petit salon Louis XVI de même que dans sa salle
à manger, toute la douceur de l'intimité provinciale : ses gris, ses beiges sont
d'une distinction calme, et elle sait animer ses peintures par la présence de la
lumière du jour pénétrant à travers de larges fenêtres. René Jaudon, dans une
scène de déjeuner en plein air très attachante, a révélé qu'il possède, lui aussi,
le sens de la tache, dans des accords de tonalités assoupies. Lestage, Taillandier, Vieulles ont réussi, dans leurs paysages, à traduire avec ampleur la verdure des arbres. Nivouliès et Oury montraient des sites nuancés avec délicatesse.
C'est la première fois que nous avons l'occasion de parler dans
cette chronique des aquarelles de Bourgat. Celles-ci m'avaient donné dans
la vue — pour reprendre une expression du dix-huitième siècle et qui a conservé toute sa signification — avant que j'aie déchiffré le nom de leur auteur.
Bourgat a des qualités incontestables de coloriste. Il se sert de l'aquarelle comme
on emploie la pâte huileuse ; la couleur à l'eau prend avec lui un aspect compact. Son coin de campagne où un petit arbre dépouillé découpe sa maigreur
sur un ciel lourd de nuages, son pont rougeâtre, dans une atmosphère argentée de reflets, se décelaient d'une mise en page curieuse et d'un coloris plutôt
rare. On a écrit qu'il s'apparentait à Vlaminck, mais je n'ai pas revu dans ces
aquarelles de Bourgat ces verts bleus acides, ni cette lourdeur brutale, par
quoi Vlaminck se caractérise. Busset enfin est resté toujours régionaliste avec
son Marché d'Auvergne et ses Danseurs auvergnats ; son métier conserve
une robustesse, volontairement fruste.
Le consciencieux portrait au fusain de notre compatriote Marcel Clavié
par Leblanc qui figurait au Grand Palais aurait pu aussi bien se trouver à la

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curieuse exposition des Portraits d'Ecrivains, organisée à la Galerie Henry
(35 et 37 rue de Seine) par notre confrère Charles Fegdal. L'idée était ingénieuse de grouper les figures des romanciers, poètes, critiques d'art traduites
par leur amis peintres. Souvent une affinité dans la façon de sentir et de
penser quoique par d'autres modes — ut pictura poesis — a poussé tel
coloriste à portraiturer tel écrivain. Le hasard aussi a rapproché le modèle et
l'interprète. Nous avons reconnu là Robert Rey paternel, tenant son baby, par
Adrienne Jouclard; Louis Vauxcelles, par Asselin; Florent Fels et Paul Claudel
par J.-E Blanche ; Fontainas par Tristan Klingsor, et ce dernier par lui-même,
car il manie avec autant de bonheur le pinceau que la plume ; Lucie DelarueMardrus, par elle-même également, avec son regard de songe : Charles Fegdal
peint par Ottmam et par Suzanne Fegdal, sculpté par Gimond. Et encore Pierre
Ladoué, Charensol, Louis-Léon Martin. L'Occitanie reparaissait ici avec un
portrait du maître Paul Valéry, notre compatriote de Cette, par Georges
d'Espagnat. Henry Ramey, originaire de Montauban, avait exposé la figure,
robustement exécutée, de Jean Cassou. Enfin, j'aurais une bonne raison pour
réserver une place particulière à un portrait peint par Auguste Rouquet, puisqu'il s'agit d'une peinture expressive comme largement traitée par notre
secrétaire général, par le xylographe dont les gravures sur bois, d'une facture
vigoureuse et d'une arabesque si ornementale, décorent ces Feuillets. Mais
j'aurais aussi une bonne raison pour ne pas trop m'étendre sur ce portrait qui
est celui du chroniqueur artistique de ces mêmes Feuillets. J'évite à dessein
la pédanterie du terme de critique, un terme qui porte des lunettes.
Les expositions individuelles se succèdent toujours innombrables et
rapides. Un vrai cinéma de la peinture et de la sculpture. Comment en essayer
même un aperçu en quelques pages? Tout d'abord, l'ensemble réuni par
André Fraye chez Marcel Bernheim (rue Caumartin) mérite d'être signalé,
parce qu'il s'agit là d'un coloriste des plus doués de notre génération. Fraye va
toujours plus loin, tout en demeurant fidèle à sa sensibilité. Ces paysages du
Midi, ces ports où les bateaux s'enfoncent si bien dans l'eau vivante offrent, la
finesse et l'éclat des tons, la sensation de l'atmosphère, la solidité d'un dessin
dans la matière même, l'attrait de l'accord des tonalités. Il a le secret d'une
fraîcheur toujours nouvelle.
André Fraye est un artiste dont la réputation affirme déjà consacrée.
Il possède à son actif une imposante série d'expositions particulières. C'est sa
première que MmePicard-Pangalosa faite dernièrement à la galerie BernheimJeune (faubourg Saint-Honoré). Il faut désormais ajouter le nom de Mme PicardPangalos à la liste de ces femmes peintres modernes qui contribuent à donner
une physionomie à l'art de notre temps, à ceux de Marval, Marie Laurencin,
Charmy, Val, Hélène Perdriat. Mme Picard-Pangalos se situe bien à notre
époque par sa palette où elle prend des couleurs claires et adoucies. Elle affectionne tout particulièrement les gammes de blanc dans certaines de ses figures,
cette blonde Suzanne par exemple, d'une distinction réelle de ligne, ou dans
ces bouquets de roses, de chrysanthèmes. Elle aime aussi les harmonies grises.
Dans ses aquarelles, elle épargne souvent le papier de manière à laisser une
ambiance de blancheur où elle met en valeur des incarnats ou des bleus tendres.
Mais ily a aussi dans les œuvres de cette artiste une sentimentalité intime, une
intention ornementale, par quoi elle s'apparenterait au dix-huitième siècle. La

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femme au turban bleu ou la femme au voile blanc le témoignent. Mme PicardPangalos dont le talent reste très féminin suggère souvent beaucoup plus
qu'elle ne prononce dans ses images, tout en conservant cependant un sens
pictural. Une certaine naïveté, un certain mystère émanent de ses créations.
Mais tandis que ce mystère apparaît dans une pervérsité ingénue chez une
Hélène Perdriat,il effleureune volupté sentimentale chez MmePicard-Pangalos.
Chez le même Bernheim-Jeune, Ortiz de Zarate voisine avec cette dernière. Un portrait de M. Albert Sarraut, à sa table de travail, le visage glabre
et énergique, le regard pénétrant derrière les lunettes, résume les qualités
qu'on discerne chez Ortiz de Zarate : ampleur du modelé, robustesse de l'empâtement, force du coloris. La figure sympathique du sénateur de l'Aude nous
ramène en pays occitan. Nous y séjournons avec l'exposition des dessins
d'enfants, rassemblés sous le titre de Collioure vu par ses gosses à la galerie
du Sacre du Printemps (5, rue du Cherche-Midi). Chose curieuse. C'est un
peintre belge, M. Hanicotte, dont nous avons apprécié les compositions en « Colorado claro », ainsi que le disait Renoir en découvrant sur une boîte de cigares
tout le secret delà peinture moderniste, qui a été non le maître, mais celui qui
a éveillé dans ces sensibilités enfantines, le goût des couleurs. M. Hanicotte
s'est fixé en Roussillon, et il a senti toute la magie colorée de cette région. Il
a placé ses petits élèves, garçons et fillettes de pécheurs ou de paysans, devant
la nature, et il leur a conseillé de regarder et de représenter le pays qu'ils avaient
le bonheur d'avoir sous lés yeux. Les enfants ont naturellement l'instinct de
synthétiser et de s'exprimer en raccourcis expressifs. Ils ne sont pas tourmentés
par cette maladie de la perfection, cette lutte affreuse de se dépasser toujours
soi-même que Camille Mauclair dévoile chez certains grands artistes et qui
amena un La Tour à la folie.
Les aquarelles, les gouaches faites au milieu de leur terre natale par lespetits de Collioure montrent des arbres ramenés naïvement à des formes simples
des sortes de rondes d'arbres, des pins en ombrelles, la légendaire tour dans
son élan architectural, des collines ondoyantes. Les tonalités aussi sont simplifiées, posées par larges à-plats, généralement assez violentes. Parfois le coloris
est idéalisé jusqu'à colorer tout un arbre d'un vermillon pur. Mais il y a aussi
des notations de la mer par des journées nuageuses, d'une assez curieuse subtilité
dans les gris et les bistres. Enfin ces gosses de Collioure se révèlent des décorateurs et c'est là le but louable de M.Hanicotte: former avec ses petits élèves,
des artisans qui auront l'idée de communiquer une tournure artistique à leurs
travaux. Et pourquoi ne brosseraient-ils dans l'intérieur de leurs mas, sur les
murailles, des panneaux dans le genre des pochades qu'ils nous ont soumises
à Paris, dans un quartier voisin du cœur de Montparnasse.
C'est à la Madeleine chez Le Goupy, que Jean-Jules Dufour nous à conviés
à un voyage à Toulouse. Mais, comme le remarque le préfacier de son catalogue, Pierre Ladoue, J. J. Dufour a pris le chemin des écoliers. Il est passé par
Najac, Penne du Tarn, Albi. De ces contrées pittoresques et de Toulouse, il a
rapporté des visions bien méridionales : monuments aux teintes rougeâtres,
ponts solides, verdures ensoleillées^montagnes nettement découpées, marché
avec les tons crus des habits des paysans et des parasols. Et ces visions sont
traduites par un tempérament bien de chez nous et bien actuel.
A plusieurs reprises j'ai parlé dans ces chroniques des peintures de

�Domergue-Lagarde. Il en a exposé naguère une dizaine, dans la cité toulousaine, chez Chappe rue de la Pomme. Cepetit ensemble n'est pas demeuré inaperçu
La presse locale nous en a apporté les échos. On sait la vigueur de cet art de
Domergue-Lagarde, ses préoccupations de dégager dans les choses les surfaces
lumineuses et les surfaces d'ombre, la plénitude de son coloris, la sincérité
de son modernisme. Avec des natures mortes de fleurs se détachant sur des
fonds gris, fruits des régions chaudes, bananes et oranges, le coloriste nous à
montré un coin du Canal du Midi sous la double verdure calme des platanes. Je
l'en félicite particulièrement. J'ai toujours pensé que notre canal languedocien
de Riquet devait fournir un bon motif d'inspiration aux artistes. DomergueLagarde nous le prouve avec Paul Ramond.
Paul-SENTENAC

Ces deux derniers mois de l'année qui vient de finir peuvent être marqués par quelque
petite vente de tableaux et de gravures de maîtres accrédités dans l'histoire de l'art.
A la vente d'Ernest Le Roy, une aquarelle de Gavarni fait 13.700 frs ; une peinture de
Boudin, le Port de Trouville, 31.200; de Corot, la laveuse, 41.100; des cavaliers et amazones de
Dreux 61.000; une vue de Villefranche de Harpignies 7.550; rêverie de Alfred Stevens 41.000;
parmi les bronzes de Barye, une panthère saisissant un cerf du Gange, épreuve 35.100 ; un
tigre qui marche, 31.000.
Dans les ventes d'estampes, on remarquera les prix de plus en plus ascensionnels, prouvant le nombre des amateurs qui augmente dans cet art de la gravure, de la lithographie, si
estimé pour orner un appartement, ou pour garder en collection en cartons, quand le nombre
en dépasse la dimension des murs.
A une vente faite par l'expert Jean Cailac, une aquarelle de Barye fait 2.650; un dessin
de Forain, le repos du modèle 2.450; des dessins de Constantin Guys que le pauvre, mais grand
artiste si admiré par Beaudelaire, Gautier, Nadar, avait de la difficulté à vendre à quarante
sous, cent sous, font aujourd'hui à cette vente 1.050 fr. ; 1.120; fr. 2.550 ; 3.000; un dessin de Rodin
se vend 5.200fr; un autre 3.100 fr. et 1.800 fr..
De Auguste Brouet, une eau forte, un défilé de Romanichels 1.250 fr. un camp de Romanichels 820 fr. ; une épreuve de Manet, l'Exécution de l'Empereur Maximilien obtient 4.500 fr.
une épreuve de Meryon, le petit pont, 3.000 fr. ; une épreuve de Millet, les glaneuses 7.800 fr.
La route aux grands arbres, eau forte en couleurs de Raffailli 1.200fr. ; du même, la place
de la Madeleine 850 fr. des épreuves de Rodin font 950 fr. 1.420 fr. Une épreuve de Martin
Schongauër 21.000 fr.
Les lithographies de Toulouse Lautree se faisant rares, montent toujours. Une litho de
Marcelle Linder en buste 620 fr. la loge de Faust, 1.500 fr. la partie de campagne 5.100 fr. le
jockey 2.300 fr.; un portrait de Renan, épreuve par Zorn 11.500fr.
Le 28 novembre Georges Andrieux expert vendait des manuscrits et autographes. Parmi,
une lettre de Baudelaire 800 fr. ; une lettre de Dumas fils 260 fr. ; deux lettres de Mirbeau 47 fr.
des lettres de Gustave Geffroy 155 fr. ; une lettre de Verlaine 200 fr. ; une lettre de Stéphane
Mallarmé 340fr.; trois manuscrits d'Abel Hermant 8.500fr.; un manuscrit, discours d'Anatole
France à l'inauguration de la statue de Renan 19.000 fr. ; une nouvelle du même écrivain 800 fr.
ASTER

�Bois original de Gaspard Maillol

Les Lettres Occitanes
CHANSONS '•»
A P.-L. Grenier

I
BRAVA AIGU A
Brava aigua, ount lou ser revelha
Un fermijadis daurat,
Brava aigua, te sabe grat
D'esse esberida e vermelha,
E de coulenar tout siau
Vers la fi que t'es marcada,
Doumeja aus plegs de la prada
Tant qu'a miralhar lou ciau.
Te sabe grat d'esse lena
E d'esse houmbla e de luzir
E d'auzar t'eipanezir
Couma una oundejanta glena.
Mas veiti qu'en te vezent,
Raibe de fiar, o saja,
Moun cor que de tout s'eimaja,
Moun paubre cor fernissent.
(1) Nous avons le plaisir de donner à nos lecteurs deux poèmes inédits d'Albert Pestour,
un des maîtres de la Poésie limousine contemporaine. Albert Pestour vient de publier Lous
Rebats sus l'Atitura (Les Reflets sur la Colline) avec poème liminaire de Charles Mourras.
Nous en rendrons compte prochainement dans un de nos Feuillets.

�Paysage de Bourgat

��II
LA LUNA DE MIETJOUR
Au ciau d'huei, ount senhoureja
Lou lum de mietjour,
Laluna pala flouteja
Dins trop de bleujour.
Couma ses aqui, tu liauda
Sor daus cors mitous
Que toun rai sens flama englauda
De moufles poutous,
O luna, doussour crentouza
Au trescol d'aram,
Bajadis fieune de touza
Tras loumascle esbrand?...
Aitau dins ma vita druja
En ardents sucilhs,
Un raibe cande beluja
E s'evanezis.

CHANSONS
I. — Eau jolie. — Eau jolie, où le soir réveille un fourmillement doré, je
te sais gré, eau jolie, d'être vermeille et enjouée,
Et de glisser tout doucement vers le but qui t'est assigné, docile aux ondulations de la prairie autant qu'à refléter le ciel.
Je te sais gré d'être lisse et d'être humble et de luire et d'oser te répandre
comme une ondoyante chevelure.
Et voici qu'en te voyant, je rêve de te dédier, ô sage, mon cœur qui de
tout s'inquiète, mon pauvre cœur agité.
*

*

*

IL — La Lune de midi. — Au ciel d'aujourd'hui, où règne l'éclat de midi,
la lune pâle flotte dans trop de clarté.
Comment es-tu là, sœur clémente des cœurs épris que ton rayon sans
flamme frôle de tendres baisers,
O lune, douceur timide au couchant d'airain, vague songerie de jeune
fille en face du mâle délire ?...
Ainsi dans ma vie fertile en brûlants soucis, un rêve ingénu brille et
s'évanouit.
Albert PESTOUR

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Réélections sur la P oesie

ccitane

Le mouvement provençal est à sa fleur, dit Charles Maurras. La bourgeoisie commence à
peine à s'y intéresser, cependant que la langue se retire progressivement des centres urbains.
La poésie va se cacher dans les antres sauvages, déjà chantés par Ronsard. Ceux qui ont le courage et le loisir de la forcer dans ces retraites incertaines sont assez rares. Et malgré tout,
malgré le désarroi d'une civilisation qui se cherche sans se retrouver, malgré le tourbillon
des idées contradictoires, ça et là quelques noms émergent comme des tiges flexibles, pour
affirmer la simplicité de l'acte poétique et l'existence du sol provincial.
Je ne prétends pas tracer ici une esquisse d'un mouvement appelé à triompher d'une
vaine hostilité ; il me suffit d'ouvrir quelques livres de langue d'oc, comme on signale une
bonne auberge au touriste pressé. Il n'est pas de littérature plus fraîche et plus saine que celle
du maître Quercynol Antonin Perbosc. Quelle douce tonnelle de vigne vierge, non loin des prairies du TarnI Son « Libre des Auzels » a été publié en 1924, avec une traduction française. Sa
parenté avec Pouvillon et Joseph de Pesquidoux est évidente : c'est le même art patient,
la même fidélité exemplaire, la même grâce abondante dans le paysage. La Fontaine et Mistral
sont encore ses maîtres : ce n'est pas qu'il écrive avec la majesté du grand provençal, ni avec
la rêverie subtile et la limpidité argentée du Champenois. Il est, s'il se peut, plus champêtre,
puisque son nom est Antonin Perbosc. Il trouve le support de son art dans le folklore et dans
la vivacité du parler populaire. Il écrit sous forme de fable ou de narration et la plupart de ces
histoires d'oiseaux lui ont été racontées par les «pacans». De tels sujets sont les plus gracieux
que l'on puisse imaginer : C'est l'histoire des huppes qui ont demandé des couronnes d'or au
roi Salomon, l'histoire du loriot et de la tourterelle qui deviennent marchands de cochons. Il
me semble qu'un tel livre, avec sa pastoure qui garde deux troupeaux, l'un de moutons, l'autre
d'oiseaux doit plaire aux savants, car l'attention charmée de Perbosc s'applique également
aux oiseaux et au vocabulaire. Il aime le mot. Les innombrables vocables de son dialecte
tremblent comme des feuilles dans la clarté de son récit, glissent comme des faînes et des
chatons, humides et sucrées. Et d'autres ont des formes imprévues de capricorne ou de cerfvolant, ouvrent leur élytres et bruissent; on a l'impression de se trouver dans le cabinet d'un
naturaliste dont les fenêtres seraient toujours ouvertes. Mais parfois, quelque pièce, comme
la Font des Colombes se baigne dans la mélancolie et s'élève sur un sommet de calme lyrisme.
C'est le livre d'un sage, et il révèle une étonnante probité.

On sait que Charles Maurras a écrit la préface de la Bête du Vaccarès de Joseph
d'Arbaud : «On salue en vous le souffle emporté de quelque génie équestre ». C'est un fier
salut digne des deux poètes et qui rappelle avec discrétion les paroles de Lamartine à Mistral.
D'Arbaud a vécu pour les taureaux de Camargue, sur son cheval à la queue flottante ; je l'ai
vu à la tête de ses gardians. Il avait un visage grave, cette expression que l'on retrouve dans
ses vers :
« Je prie le Dieu chrétien, et je suis, homme de mas — le frère pensif des pêcheurs et
des pâtres — ».
La Bête du Vaccarès est un récit d'un vieux gardian de Provence, qui a vu apparaître
et mourir dans le secret des marais le Dieu Pan, semblable à une pauvre racine rongée. Il se
présente comme un livre de Raison. La légende et la stricte réalité s'y associent gravement; ce
n'est plus le mirage des jours, mais l'incantation des nuits qui s'y prolonge. Il est écrit dans
une excellente prose de Provence, avec la note Camarguaise, avec une sGbriété toujours égale,
un sens naturel de la syntaxe la plus populaire et la plus ferme, sans un adjectif qui élève
sa houppe folle au-dessus des lignes. C'est un style vaste et uni de plain-chant, qui clarifie le
parler de tous les vieux gardians, avec de longues phrases où tressaillent le sentiment d'une
terre et la pitié des jours. Œuvre vivante et pieuse.il faut se souvenir des fresques de Gioîfo
pour comprendre la douloureuse beauté qui la gouverne ; une hutte, des roseaux dans la

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boue, le vent des nuits, la rencontre d'un pauvre homme et du gardien mythique et déchu,
le piétinement circulaire des taureaux noirs, cela suffit pour que tout le vieil esprit de la
Camargue soit évoqué dans ce récit qu'elle enveloppe de son ciel. La simplicité y conduit à la
grandeur à travers la résignation.
*
* *

Voici Pierre Azéma, poète du Bas-Languedoc, né au pays des pins d'Alep et des jujubes,
qui nous offre « Lou Ciclopa », une comédie en deux actes. Cette terre du Bas-Languedoc a été
rarement exprimée sur le mode lyrique, du moins par ses félibres, qui paraissent souvent se
contenter de la mignardise pastorale et du burlesque. Le pays a cependant des lignes classiques, presque trop pures j quoique sans couleur. On y trouve d'excellents fabulistes. On y
cultive avec succès le drame languedocien. Pierre Azéma a voulu transposer le comique grec
dans son dialecte. Rappelons d'un trait la fable : Ulysse, prisonnier dans l'antre du Cyclope,
lui offre mille flacons de vin, et après ces présents perfides, se délivre en lui crevant l'œil.
C'est la légende du nain qui triomphe du géant, et l'auteur aurait pu la situer dans le château de Saint-Guilhem le Désert, si le goût de la mythologie n'était si vivace en LanguedocLe vers de Pierre Azéma est sonore et les mots sont tordus à pleine mâchoire. C'est une qualité qui sera supportée à la scène, où le caractère burlesque de la comédie doit également
assurer son succès. Les personnages y parlent la langue des rouliers ; ils portent des pantalons de cadis et des tailloles rouges. C'est un vigoureux lyrisme de cellier, mais parfois une
baie méditerranéenne s'éclaire, comme en songe :
Quan l'Etnà fuma e flamba en mitan de la mar
Sa clarta dins l'escu me sembla a ièa lou far
Qu'anuncia lou païs gregau e sas calancas..
Je vois souvent Pierre Azéma. Sous ses cheveux crépus et du plus beau jais, tout rayonnant
de force, il a le mâle visage du poète méridional. Le sujet qu'il a choisi convenait au caractère de son talent, plein de verve et d'impétuosité. Quelques expressions de pastorale peuvent
disparaître de son œuvre, ainsi que certains reflets d'un languedocien florianesque ;
il lui sera facile d'éviter des allusions locales, car il porte en lui l'énergie d'un poète. Les
bois gravés de Marcel Bernard, qui sont placés aux premières pages du Cyclope, sacrifient
la technique à l'expresion, mais gardent la même note ardente : on y voit Ulysse se replier
comme un eseargot sous son casque et son bouclier ; des traits vigoureux y reproduisent la
laine des béliers et les crochets des vagues. Mais la gravure sur bois s'accommoderait beaucoup plus d'une vision de théâtre guignol que des éclairs successifs de l'écran.

--

-*

* #

« Vous autres, poètes régionalistes écrivait un jour Francis-Jammes, vous pouvez récolter
le miel le plus rare, mais qui le goûtera ? ».
On verra bien. Si le public est limité, il importe surtout que l'art ne le soit pas; et
l'essentiel ne serait-il pas de produire ce miel rare ? C'est encore dans les dialectes que
s'exprime le meilleur de l'âme atavique ; ainsi, les lais Bretons de J.-P. Callorc'h nous font
sentir la fermeté des pêcheurs de Groix, comme on entrevoit la bonhomie Quercynole avec
Antonin Perbosc; et seul, Joseph D'Arbaud pouvait nous révéler la gravité Camarguaise. Ce
sont là des notions plus profondes sur la vie de la province. Il semble que de tels poètes
recueillent la note essentielle d'une solitude et qu'un concert de voix cachées vienne se fondre
dans leur chant. Ils composent ainsi des mélodies nouvelles ; j'y vois les lueurs des noyers ou
le cyprès sur les pierres plates, ou le vallon qui se courbe sur le torrent. D'Arbaud, Perbosc,
Philadelphe de Gerde, Joseph de Pesquidoux, Paul Fort dans l'Ile-de-France, sont des poètes
qui composent dans ses nuances tout le ciel d'un pays, mais il est remarquable de retrouver
le même accent de gravité chez tous les vrais écrivains de langue occitane : il est étrange, ou
il est naturel que cette poésie ne trouve pas plus d'échos.
Joseph-S PONS.

�BIBLIOGRAPHIE OCCITANE
travers les JLivres
Alfons MASERAS. La Llàntia encesa. — Barcelona, llibreria Verdaguer, rambla dels
caputxins, 5. In-8% 1926.
Alfons Maseras est un des jeunes maîtres de la littérature catalane. A quarante-deux ans,
il a déjà publié onze volumes de contes et de romans (dont un écrit en français), trois
volumes d'essais divers et trois recueils de poèmes. Nous venons délire le dernier, La Llàntia
encesa, avec la plus vive émotion d'art.
La Llàntia encesa, la lampe allumée, c'est l'esprit du poète, qui chante et qui, s'il ne
brûle pas, ne vit pas. Il chante le doux esclavage de l'amour ; même si l'objet aimé n'était qu'un
songe, il n'en vivrait pas moins en son âme, car sa pensée l'aurait créé : « Laisse, dit-il ô mon
amour, la fenêtre ouverte ; du plus profond des ténèbres sort une étoile, brillant comme un
phare. Notre âme est le navire qui fend le noir océan de l'obscurité. » Il chante la joie des
yeux, clarté de son cœur; par les yeux de l'objet aimé il voit la beauté des choses, l'objet de
son amour est si profondément en son âme que seule la mort peut l'en séparer. A deux, il lui
sera doux de mourir comme meurent les ondes de la mer.
La femme aimée étreint le poète, en secret, comme un serpent tentateur lui offrant la
science infinie ; quand elle est partie, il songe : « Où est la joie et le tourment, que me prodiguait l'amie, serpent, femme ou vision, réalité ou mensonge ?» Et il chante ses mains, ses
blanches mains qui sont comme des ailes de divine clarté lunaire. Les yeux des femmes sont
pour lui des clous ardents qui percent l'âme, ils sont la mer où s'est perdu le navire de nos
songes, ils sont l'oasis du mirage, et dé notre image le reflet ; et il s'écrie : « Si dans l'amour,
qui est la vie, tu trouves la mort, c'est seulement par cette mort que ta vie vaudra la peine
d'avoir été vécue. Plus ta blessure sera profonde, plus tu béniras ton sort. » Le poète dit à
l'épouse : « Epouse, douce épouse, comme tu prends l'enfant tout nu, prends mon âme angoissée,
fais la bien tienne, épouse, fais tiennes ses pensées, sur la mer de tes songes, apprends lui à
naviguer, montre lui le chemin qui mène à l'infini. » Et maintenant qu'il repart tout seul à
travers le monde, sa pensée va vers elle et ses beaux enfants comme l'eau des ruisseaux court
à la mer.
Le poète aime la mer et son bleu intense, les voiles palpitant au loin comme des paupières. Il excelle à évoquer le ciel nocturne où sourit la lune, la lune qui songe doucement à sa
vie évanouie sous la neige étincelante, et dont le monde envie le sourire et la paix.
Alfons Maseras, fervent d'Henri Heine, sait aussi, comme lui, peindre avec la musique
des mots la sage indolence de l'Orient. Son Poème du Désert est un petit chef-d'œuvre de couleur et d'harmonie où la chanson du bédouin éclate, comme une prière, comme une chanson
qui est une âme. La lune du désert, œil de la nuit, y est comme une sœur qui accompagne
ceux qui cheminent ; ses baisers endorment la caravane, la caravane dont les dromadaires,
vivantes et agiles galères qui gardent des joyaux, reposent, aux ardentes heures du jour, à
l'ombre des palmiers, tristes houris du désert, dont le vent agite les chevelures, et dont le
soleil brûle les panaches verts. Puis, c'est le départ à nouveau, vers les solitudes où les dunes
dansent, sous le vent, comme des vierges se donnant la main ; et les dromadaires infatigables comme des navires, hauts comme des tours continuent leur route vers les richesses
fabuleuses des pays où il n'y a ni villes, ni châteaux, ni fontaines, ni forêts.,.
Les villes, Maseras sait aussi les peindre dans leur trépidante fièvre de vie moderne,
dans la beauté de leurs campaniles couleur de miel, dans les miroitements de leurs ports
où la mer est enchaînée. Et devant la mer qui berça son enfance, son esprit s'élève
jusqu'à la blancheur innommée, incréée, immense, jusqu'à la lumière qui court comme un torrent de feu, comme une rivière d'or menant à l'océan de l'immortalité. Il étend sur le monde
son regard et il voit pour tous les aveugles de l'intelligence plongés dans leur obscurité, et il
sent que son âme est éternelle.

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Telle est La Lampe allumée d'Alfons Maseras; elle projette, sur l'infini des choses,
d'émouvantes traînées de lumière...
ALMANACH OCCITAN.— V année 1927. Direction Editorial occitan, Sàmatan (Gers).
M. l'Abbé Dambielle qui prodigue à la cause occitane les bienfaits de son dévouement
admirable vient de faire imprimer sur les presses de l'Imprimerie occitane de Samatan, la
cinquième année de l'Almanach occitan où l'on verra la vivante image de l'activité des pays
d'Oc. On y lira des vers de Mgr Cezerac archevêque d'Albi,des poèmes du majorai Joseph Loubet
dont les Feuillets occitans ont publié dernièrement Vespre autounenc qui doit faire partie
d'un prochain recueil. Pierre Azema l'auteur du Cyclope, Jean Mouzac jeune et brillant lauréat des Jeux floraux, le majorai Muzâc, Santiago Rusinol, Joseph d'Arbaud, Louis Delhostal,
Antonin Perbosc figurent dans^cette anthologie annuelle de la poésie occitane. On y trouvera
aussi deux exquises chansons de Mai d'Albert Pestour, auteur d'un très beau livre : Lous
Rebats sus l'autura (Les Reflets sur la colline) dont nous rendrons compte prochainement.
A la suite de cette Anthologie, l'Almanach donne une intéressante galerie de figures occitanes,
une étude sur les morts de l'année et ses principaux événements littéraires et fédéralistes
sans (oublier la toujours brûlante question de la langue d'Oc à l'école qu'il faudra bien, un
jour, résoudre favorablement. Signalons aussi avec la publication intégrale du Cyclope
d'Azéma la reproduction d'un article écrit pour La Revue Hebdomadaire sur Le livre des
oiseaux d'Antonin Perbosc.
ARMANA PROUVENÇEAU — 1927. Avignon, Roumanille, 19, rue Saint-Agricol.
Toujours typographiquement immuable, sous sa couverture jaune aux armes d'Avignon,
gardien jaloux de l'orthodoxie rhodanienne au point de modifier l'orthographe d'un très beau
poème de Marius André tiré d'Eme d'arange un cargamen, l'Almanach provençal nous donne
la primeur d'un chant extrait, d'un poème inédit de l'immortel auteur de Mireille et de Calendal.
Composé par Mistral à dix-sept ans, ce poème n'est évidemment pas comparable aux chefsd'œuvre du Maître. Madame Mistral a bien fait néanmoins de publier cette œuvre de jeunesse
du génial compagnon de sa vie. Il y a dans cette œuvre adolescente une originalité étonnante,
une fraîcheur d'âme qui réjouit le cœur. Mistral au sommet de sa gloire avait laissé dans
l'ombre ses essais de poète-enfant que grâce aux soins pieux de la veuve du Maître et de
Pierre Dévoluy nous verrons bientôt complètement édités comme nous l'annonce YArmana
prouvençeau. Ainsi que chaque année nous trouvons dans YArmana de 1927 de beaux vers.
Pierre Dévoluy, le marquis de Baroncelli-Javon, le Dr J. Fallen, Marius Jouveau, Paul Roustan,
Jules Veran, Joseph Loubet y ont collaboré.
ALMANAC NARBOUNES. — T année 1927.
L'Almanach Narbonnais toujours plein d'amusants récits et de mots pour rire aux veillées
d'hiver contient une fable de P. Albarel et les paroles de deux de ces vieilles chansons populaires qui, traversant les siècles sont parvenues jusqu'à nous avec diverses variantes où
s'affirme l'imagination de l'âme caustique et chantante des pays d'oc.
Abbé Joseph SALVAT. Sant Frances d'Asiza, etsemple e aparaire dels Felibres.. —
Béziers, 1926.
Le vingt-sept juin 1926, M. l'abbé Salvat, à l'occasion des fêtes de la Maintenance du
Languedoc, a prêché sur Saint-François-d'Assise à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. Le
grand Saint qui s'intitulait le jongleur de Dieu parce qu'il chantait humblement ses louanges
sur les routes d'Italie, revit dans l'émouvant sermon de M. l'abbé Salvat. Tous les fervents de
la belle prose occitane et du Saint d'Assise lui sauront gré de l'avoir livré à l'impression.

A travers les Revues
LA CIGALO LENGÀDOUCIANO — N' de Septembre-Octobre 1926.
Compte rendu des fêtes de Font-Romeu-Mandadis du capoulier Jouveau et brinde du
Dr Vabre, majoral.Yers d'Auguste Cap de ville et Clara Bonnier, etc..
LA CIGALO NARBOUNESO — N* de Novembre 1926.
Vers de B. Figeac, P. Albarel, Auguste Fourès, dont la Revue publie une biographie.

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N* de Décembre 1926. —Très beaux vers à l'occasion de Noël par Jean Camp et P. Albarel.
Jolis poèmes sur le même sujet signés Sylvestre et Larmi-Sanot, contes, récits, etc..
LE COURRIER CATALAN. — 71, rue de Rennes, Paris.
Le N" du 16 Novembre et ceux du 1" et du 16 Décembre sont presque entièrement consacrés au complot catalan. Celui du 16 Décembre comprend le manifeste en faveur des conjurés
catalans.
L'ÉVEIL CATALAN.— 3, rue Grande-la-Réal, Perpignan.
Cette très intéressante publication qui sait faire une large part aux écrivains de langue
catalane, donne le programme des jeux floraux du Genêt d'oc pour 1927. Jolie légende en vers
de /. Borateu, etc.
LO GAI SABER. — 14, rue des Arts, Toulouse. N* de Novembre-Décembre 1926.
Etude sur Fourés par Joseph Salvat. Poème de Fourès, Eglogue V. de Virgile en rythmes
occitans par Prosper Estieu. Supplément : Rapport sur la poésie en langue d'or par J. Rozès
de Brousse.
OC. — Villa Peyrat, chemin de l'Espinet, Toulouse. N' 55 : Montée dans l'histoire, (à
propos du complot catalan) par Ismaël Girard. Discours de R. Farnier, A. Cambos, E. Gilbert,
Traduction du Chant du Soleil par Camille Soula. N° 56. Soulidaritat par P. Azéma. Traductions du Chant du Soleil par L. Delhostal, A. Perbosc, A. Pestour; vers d'A. Maseras, extraits
de son beau livre analysé dans le présent article. N° 57. La Prose provençale par P. Dévoluy,
vers de /. Galery et A. Trin. Traductions du Chant du Soleil par J.-S. Pons, J'. Bouzet, Valère
Bernard. N° 58. Vers de /. Loubet, J.-S. Pons, A. Pestour, etc.. Traduction du Chant du Soleil
par /. Rouquet.
PAUL-LOUIS GRENIER

CI.0.0.
BÉZIERS

IMPRIMBKIS

R. ROUX

—

SOISY-SOUS-MONTMORBNCY (S.-&amp;-O.)

�Nos Collaborateurs et la Presse
Dans son numéro de Décembre 1926. Septimanie revue d'art publiée à Narbonne par
le Docteur Duplessis de Pouzilhac, consacre aux bois originaux que le peintre-graveur Auguste
Rouquet, notre Secrétaire Général, a gravés pour le beau roman d'Hélène Saurel les DemiEpouses (édition des Tablettes de la Côte d'Azur à St-Raphaël, Février 1927) l'entrefilet suivant. Nous sommes heureux de transcrire cette flatteuse appréciation du talent de notre collaborateur, dont Le chemin de la croi.x, gravé pour les beaux poèmes du D* Albarel, félibre
mujoral, vient de sortir des presses de la «Cigalo Narhouneso » à Narbonne. Ajoutons que
les éditions Pierre Lafitte vont faire paraître incessemment « Les Botilevards » d'Henri Duvernois avec bois gravés originaux d'Auguste Rouquet.
«Demi-Epouse» classera définitivement Hélène Saurel parmi les grandes romancières de
notre époque. Nous retrouvons dans ce livre de splendides bois d'Auguste Rouquet, l'éminent
graveur à la barbe fleurie, le chef d'Ecole que Septimanie fit connaître dans tous les pays dés
ses premiers fascicules. Ces bois sont de petits chefs-d'œuvre. Celui qui pendant de longues
années burina tous les beaux coins du Languedoc, couronne sa carrière au bord de la grande
bleue. La Provence jalouse l'a attiré vers sa couche lascive de sable d'or, et l'ombre bleue de
SCS grands palmiers ».
(Extrait de « Septimanie » Xo 38, 2r&gt; Décembre 1926)

Service d'Échange des Revues
Les Annales du Musée social (Paris); — L'Aude à Paris (Paris); — L'Aude à Toulouse
(Toulouse); — L'Auto que bufo un cop cado mes (Toulouse); — L'Auvergne littéraire, artistique et félibréenne (Clermont-Fcrrand); — Le Beffroi de Flandre (Dunkerque); — Bioit y Toros
(Nimes); — La Brise (Brive); — Lou Bournat (Périgueux): — Bulletin de la Société Archéologique île Narbonnes; — Le Cadet de Gascogne (Paris); — Causses et Cévènes (Paris); — Le
Cercle du Goût Français (Paris); — Ceux qui viennent (Paris); — La Chaumière (Rouen); —
La Cigalo Narbouneso (Narbonne), — La Cobreto (Aurillac); — La Cigalo Languedouciano
(Béziers); — Contimporanul (Bucarest); — Le Courrier Catalan (Paris); — Le Divan (Paris);
— Divona (Cahors) ; — Le Domaine (Foix); — L'Ermitage (Paris); — L'Escola Félibreena
(Montpellier); — L'Escolo de las pireneos (Montauban); — L'Essor (Dijon); — L'Etandard
Piscenois (Pézenas); — L'Est Dramatique (Troyes) ; — L'Eveil Catalan (Perpignan; — Le
Feu (Aix-en-Provence); — Le Flambeau du Nord (Tourcoing); — Le Fédéraliste (Courbevoie) ;
— Le Fleuve (Lyon); — Le Grand Tourisme (Paris); — Lo gai Saber (Toulouse); —Le Grenier
(Orléans); — Idées (Paris); —L'Idée Neuve (Lyon); — L'Information Régionale (Toulouse); —
Le Languedoc (Alger); — Le Limousin (Paris); — La Mouette (Le Havre); — La Houle (Lyon);
— La Nouvelle Revue du Midi (Ximes) — Oc (Toulouse) — Paris-Critiquè (Paris) — Le Parthénon (Paris) — La Pensée Latine (Paris) — Poésies (Paris) — Le Prisme (Lyon) — La Province (Paris) — Les Pyrénées Littéraires et les Rayons (Bordeaux)'—La Revue des Autodidactes
(Toulouse)— La Renie des Indépendants (Asniéres) — La Revue de la Nièvre et du Centre
(Paris) — La Rose d'Argent (Suresnes) — La Semaine Vinicole (Paris) — Septimanie (Narbonne) — La Science Historique (Paris) — Bulletin de la Société des Arts et Sciences (Carcassonne) — La Revue Latine (Paris) — Le Bulletin de la Société Centrale d'Agriculture de l'Aude
(Carcassonne) — La Rouergue (Paris) — Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques de
l'Aude (Carcassonne) — Le Soleil d'Oc (Toulouse) — Le Sol Sacré (Toulouse) — La Terre
d'Afrique (Alger) — La Terre d'Oc (Toulouse) — La Tramontane (Perpignan) — Le Bulletin
de l'Union des Fédérations des Syndicats d'Initiative (Paris) — Les Tablettes de la Côte d'Azur
(Saint-Raphaël) — Le Touring-Club (Paris) — Le Trait-d' Union (Paris) — La Tribune Rëgionaliste (Paris) — U Lariccin (Marseille) — La Vie Economique des Soviets (Paris).

Soirée Littéraire du Groupe Occitan
La série des soirées littéraires du Groupe Occitan a été inaugurée le 21 Décembre par
une conférence de M. André Boghen, sur le Bien Manger et les Ecrivains Occitans, à la
salle du boulevard Raspail. Jamais il n'a été plus vrai de dire que cette conférence a été un
véritable régal. Un double régal, puisque M. Boghen a illustré sa conférence de recettes savoureuses contées par les écrivains et les poètes, depuis les lamproies de mer, sur un lit de
petits oignons entourés de champignons et mouillés de vin de Sauterne additionné d'armagnac
dont Montaigne faisait ses délices jusqu'aux « mousses d'écrevisses à la gelée, aux paupiettes
de soles entourées de culs d'artichauts farcis accompagnés d'un ragoût de truffes au porto

�recouvertes d'une béchamel que le parmesan rapé dore délicieusement » et qui sont le secret
du maitre occitan Prosper Montagné. il. Boghen parle de la cuisine en poète, comme on le
voit. Et c'était là le régal littéraire qui venait s'ajouter au régal culinaire. Toute la conférence
de M. André Boghen a été un long régal pour son auditoire recueilli, car la gastronomie est
l'objet d'une sorte de culte de la part de ses fervents. Le conférencier a fait un historique
vivant animé d'anecdotes, assaisonné du plus fin sel d'esprit, depuis le moyen âge jusqu'à nos
jours, en passant par l'époque de Ronsard, le dix-septième siècle où Louis XIV était la première fourchette du royaume, le XVIIP siècle où la bonne chère faisait partie de la douceur
de vivre,' le Directoire avec les dîners du citoyen directeur Barras, le premier empire avec
ceux de M"" Georges, l'époque du romantisme etc. On trouvera dans le prochain numéro, quelques extraits bien significatifs de cette conférence, qui montreront avec quel soin les différents
morceaux littéraires ont été préparés et servis. Ces extraits se rapportent à deux gastronomes
l'abbé de Garcin, marseillais, et Théophile Gautier, de Tarbes. Car si M. Boghen a parlé de quelques écrivains gourmets de laTouraine et de Paris, il a réservé la plus large place aux Occitans.
M. Boghen a entrelardé sa causerie de la récitation de quelques pièces de vers détaillées avec beaucoup d'art et de naturel par Mmo Raymonde Wattier : la recette du homard à
l'américaine de Monselet, la recette de la salade de Ronsard, celle de la bouillabaisse de
Charles Normand, la louange de l'ail, du cèpe et de la truffe tressée avec esprit par Pujol, et
les Pâtés de Foie qras célébrés avec humour par Jo Ginestou. La conférence a été suivie
d'une courte séance poétique au cours de laquelle M™ Wattier a récité avec émotion un poème
de Paul-Sentenac, qui était de circonstance à la fin de Décembre Petit Conte de Noël, et M"*
Rouger la pièce célèbre de Richepin, Du mouron pour les petits oiseaux. C'est le maître Montagné qui présidait cette intéressante soirée, et chacun sait qu'il est un orateur aussi écouté
que maître queux parfait et apprécié des plus délicats.
F. O.

Paul-Sentenac et son œuvre littéraire au Caméléon
Le lii Décembre dernier, l'université du Caméléon consacrait une de ses soirées à notre
vice-président Paul-Sentenac; séance particulièrement brillante, et par la qualité du programme, et par le nombre des auditeurs, la petite salle du Caméléon pouvait à peine contenir les
nombreux amis du poète, et tous ceux qui le connaissent depuis longtemps par ses œuvres ;
juste hommage rendu à celui qui se dévoue depuis tant d'années à la cause des artistes.
Dans une conférence très documentée M. Paul Fugairon qui est un érudit, étudia toute
l'œuvre littéraire et les travaux d'art accomplis par Paul-Sentenac depuis ses débuts (poésie, théâtre, roman, conférences, critique etc.). Il rappela son origine latine, qui lui donna
dés l'enfance l'amour des belles lignes et des vers harmonieux ; il cita successivement et
analysa les œuvres si diverses de notre ami ; il insista sur ce roman si vivant, La lame et
le fourreau paru il y a quelques années, roman qui est en même temps qu'une étude psychologique très fouillée, une suite de tableaux occitans d'une savoureuse couleur locale. Enfin il
donna à Paul-Sentenac la place qu'il mérite comme poète ; ses vers, en effet, moins connus
peut-être que ses critiques d'art (parce qu'il est un modeste), devraient pourtant le mettre au
premier rang de nos bons poètes méridionaux, avec une clarté et une précision dans la description où l'on retrouve le critique d'art averti, ces vers, tout frémissants d'une sensibilité
aigùe, ont parfois de grandes envolées lyriques : Dans d'autres pièces comme Le pas dans
l'escalier et En Revêtant un costume de Pierrot on trouve des confessions intimes, d'un
accent prenant et parfois cette pointe d'ironie qui est une qualité bien française, clans Noire
Oncle le Curé et te chat de l'artiste par exemple.
Des auditions de poèmes remarquablement choisies par M™1 Suzanne Teissier-Scntenac.
digne collaboratrice du conférencier, illustraient en effet cette présentation. M. et M" Jullien
deVellac du théâtre Antoine, interprétèrent avec une intelligence expressive plusieurs poèmes
extraits des deux volumes de Paul-Sentenac Tour mon cœur par tous les chemins et Notre
cœur quotidien (Ce dernier, à paraître prochainement). Suzanne Teissier apporta également
dans plusieurs interprétations sa grande compréhension artistique et sa voix émouvante. En
particulier, deux poèmes récités par elle sur la musique du compositeur narbonnais, Rey-,
Andreu, parfaitement adaptée aux vers de Paul-Sentenac, lui valurent une véritable ovation.
La partie musicale était tenue par M"° Henriette Nadal, qui joua seule plusieurs pièces
pour piano; elle recueillit aussi une grande part du succès, grâce à son jeu plein de fougue
et de sensibilité qui mit en valeur la musique à la fois savante et nuancée de Rey-Andreu.
La séance était présidée par Charles Fegdal, qui présenta avec esprit le conférencier et
le poète.
F. O.

�Les Feuillets Occitans
Organe Régionaliste des Pays d'Oc

Publié par
BOULEVARD

le Groupe Occitan

DES

CAPUCINES

-

PARIS

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DÉPÔT

ET

VENTE :

Librairie "Occitania", 6, Passage Verdeau, Paris, et 7, Rue Ozenne à Toulouse ;
Hall des Grands Régionaux à Paris et dans les principales Librairies de Toulouse,
Carcassonne, Narbonne, Perpignan, Montpellier, Nîmes, Marseille, Nice, etc..
Comité de Direction :
Le Comité de Direction des "Feuillets Occitans" est seul juge des manuscrits et
illustrations qui lui sont présentés soit par les membres du groupe, soit par
des collaborateurs étrangers au Groupe.
Les Manuscrits doivent être adresses à M. Auguste Rouquet, secrétaire général.

Principaux Collaborateurs :
Lettres Françaises : J. F. Paul ALIBERT ; Jean AMADE ; Achille ASTRE ; Jean
AZAÏS; Daniel BAQUÉ ; A. BAUSIL; Adrienne BLANC-PÉRIDIER ; BOYER-D'AGEN ; Jean
CAMP; Paul CASTELA ; CHARLES-BRUN; G. CHERAU, de l'Académie Goncourt ; Marcel
CLAVIÉ ; M. COULON ; Benjamin CRÉMIEUX ; Fernand CRÈMIEUX ; Joseph DELTEIL ;
DENYS-AMIEL; Henri DUCLOS; Raymond ESCHOLIER; L. ESTÉVE ; Lucien FABRE; Henri
FESCOURT; Ernest GAUBERT; H. GAUTIER du BÀYL ; Jo GINESTOU ; Jean GIROU ; Henry
de GORSSE ; Raymond GROC ; Jehan d'ARVIEU ; Vincent HYSPA ; Pierre JALABERT ; Jean
LEBRAU ; Antoine de LÉVIS-MIREPOIX; P.-E. MARTEL; J. MORINI-COMBY; H. MUCHART;
Henri NOELL ; Ch. PHALIPPOU ; J.-S. PONS ; Armand PRAVIEL ; Albert PUJOL ; Docteur
RAMAIN; A. ROUQUET; Charles ROUSSILLON; J. ROZÈS de BROUSSE; Frédéric SAISSET;
PAUL-SENTENAC; Léon SOULIÈ; TOUNY-LERYS; F. TRESSERRE; Suzanne TESSIER; Paul
VALÉRY, de l'Académie Française; Georges VILLE; Jules VERAN; etc..
Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZÉMA; Docteur Paul ALBAREL ; Léon
AURIOL; Abbé DAMBIELLE; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE ; M. FRISSANT ;
Ismaël GIRARD ; P.-L. GRENIER ; E.-H. GUITARD ; Léon JULIA ; J. LOUBET ; Antonin PERBOSC; Jean PUEL; Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph SALVAT; Docteur SOULA; etc.
Beaux-Arts BERNARD ; BOURGAT ; Auguste CHABAUD ; CALMON ; Louis CLAUDEL ;
DESNOYERS; DOMERGUE-LAGARDE ; L.-C.AYMAR; H. FAV.IER ; FONTBERNAT ; Mme
GAUDION ; A. GUENOT ; GASPARD-MAILLOL ; A. LAGARRIGUE ; Pierre LAPRADE ; Jean
MAGROU ; Jean MARSEILLAC ; MAX-THERON ; PARAYRE ; RAMEY ; RAMOND ; E. REYANDREU ; Achille ROUQUET ; Auguste ROUQUET, etc..
Études économiques : J.ANGLADE; Gaston COMBELERAN; Emile COMET; L.DOUARCHE
Jean DUPUY ; Aimé GRANEL ; A. PASSERIEUX ; Pierre du MAROUSSEM, etc..
Histoire, Archéologie, Fok-Lore : Fernand CROS-MAYREVIEILLE ; E. ROUX-PARASSAC ;
L. LAGARDE; E. LITRÉ ; Prosper MONTAGNÈ ; FOIX; Abbé SABARTHÉS.
Chroniques
Chroniques
Chroniques
Chroniques
Chroniques

de VAmérique Latine : Jean CAMP ; de SAINT-VINCENT-BRASSAC.
Italiennes : César SILVAGNI.
Espagnoles :
Roumaines :
Portugaises : PEREIRA da SILVA.

�Troisième
Premier

Année
Feuillet

de la Nouvelle Série
Avril Mil neul-cent vinat-sept
Il a été tiré du présent numéro 20 exemplaires
de luxe numérotés, Lors commerce, sur papier
de jMontval, de G. jMaillol.
Exemplaire n"

�</text>
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                <text>Les Feuillets occitans : Languedoc, Roussillon, pays d'Oc. - 1927, N.S., n°01 (Avril)</text>
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                <text>Les Feuillets occitans (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12808"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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                    <text>2* ANNÉE
i6* et 17e Feuillet.

NOVEMBRE-DÉCEMBRE

1026

I'-&gt;•!• 0.0.
* t| ir. s\
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le ^» :

3 fr.

1
O CCtTANS

LES FEL LLETS
LANGUEDOC ROUSSÎLLON
PAYS D'OC

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41, Boulevard des Capucines, 41
PAEIS

�SOMMAIRE
Les Lettres Françaises :
Le Roumllon, pays de lumière et de joie
La main du millénaire
Le Sommeil de la Terre, poème
Colchique du Lampy, poème.
Le ^atois, poème

F. SAISSRT.
Albert PUJOL.
F.-P. ALIBERT.
&amp;• LEBRAU.
J- CAMP.
/

J.

MORINI-CûMBY.

) Pierre

1

Les Livres

LHORTE.
F. CRÉMIEOX.

\ Jean

CABRIÉ.

Les Lettres Occitanes :
Fableh. — 1. Lo laid chivalier
. Bibliographie Occitane
Pierre Anima

Antonin

PERBOSC.

P.-L. GRENIER.

Jean

CAMP.

Beaux Arts :
Sur les Cimaises des salons et dans les pages des livres. PAUL-SENTENAC.
Le festival de musique de chambre Rey-Arulreu .
. LES FEUILLETS.
; Réflexions sur le Sala» d'automne à Perpignan. . . . Charles BOUSSILLON.
Art et curiosité
Achille ASTRE.

Feuillets régionalistes*:
Les fêtes méridionales de Strasbourg

Fera.

CROS-MAQREVIEILLB.

Feuillets gastronomiques «
Pensées gourmandes

Jean-Paul

ARISTE.

Feuillets économiques:
Chronique viticole.

F.

DE

CARSAO.

Têtes Occitanes :
Armand Praviel
Gaspard Maillai.
A nos lecteurs. — Le monument Ferroul. Les Revues.

PAUL-SENTENAC.

Illustrations :
Bois gravé
Bois gravé
Le Berger, peinture
Petite Église, bois gravé
Nature morte, peinture
Nature morte, peinture
Tète de Christ, bois gravé
Font Romeu, bois gravé
Portraits de Armand Praviel et Gaspard Maillai,
bois gravés originaux
TABLK

DES

MATIÈRES

DKS

ANNÉES

1925-1926.

DESNOYER.

Auguste
Auguste
Gaspard

CHABATID.
CHABAUD.
MAILLOL.

RAMEY.
RAMEY.

Max

THÉ BON.

BO0ER.

Auguste

BOUQUET.

�IC.i.D.O.
jBfZIERS

L'Office Occitan
PflPjS, 41, Boulevard des Capusines, PARIS
TÉLÉPHONE

: G UT.

78-19.

Fondé par le Groupe Occitan et en liaison étroite avec la section
économique de ce Groupe, I'OFFICE OCCITAN se propose de contribuer
à l'essor économique du Languedoc et du Roussillon.
Situé en plein cœur de Paris, fréquenté par de nombreux correspondants de France et des principaux pays étrangers, l'Office Occitan met à la disposition des'producteurs, commerçants et industriels
de nos régions d'importants avantages, parmi lesquels :
— Un service de renseignements" sur la situation des marchés
français et étrangers;
— Des moyens de liaison entre producteurs et acheteurs;
— Des facilités de présentation dans sa salle d'exposition;
— La publicité dans les « Feuillets Occitans », largement répandus en France et en Pays latins;
— Un Casier de correspondance permettant, en leur absence, de
diriger leur courrier suivant leurs indications ;
— La participation collective aux Foires et Expositions, en France
et h, l'Etranger.
Lie

paonument ferroul

Le comité du monument Ferroul fait un pressant appel aux méridionaux de
Paris qui se doivent de contribuer à l'hommage que l'on.prépare à la mémoire
de ce grand Languedocien, c'est un geste collectif de tous noé compatriotes, sans
distinction de partis ni d'opinions, que son souvenir réclame. Ferroul a incarné
le Midi tout entier aux grandes heures de crise viticole. A nous tous de ne
point l'oublier et de le prouver!
Les souscriptions sont reçues par M. Jean Camp, 81, Rue du Bac (VIP), ou
au Groupe Occitan, les jours de réunion.
L'Assemblée Générale de la Société Le Roussillon a eu lieu le 5 décembre au
Palais d'Orléans. Elle était précédée d'un bal des mieux réussis qui avait attrt.
une grand nombre de Roussillonnais. M. le Général Caloni, qui préside avec
la meilleure grâce aux destinées de la Société a fait appel au concours de
tous pour augmenter le nombre des adhérents. On a entendu ensuite les rapports
du secrétaire g-énéral et du trésorier et on a réélu les membres du Comité.
Lo Fardai et Vllortolane, chants du terroir, ont fait passer dans la salle un peu
de l'âme catalane, et on a. pris rendez-vous p'our le 12 février 1927, au Palais
â'®rléans, pour la grande fête annuelle.

�COMITÉ DIRECTEUR DU GROUPE OCCITAN:
MM.
Président: F. CROS-MAYREVIEILLF, îfr, |,, ||,
&gt;Jt.
Vice-Présidents : Paul SKNTENAC, || ; É. GU.ITARD ; Frédéric SAISSET.
Secrétaire-général : Auguste BOUQUET.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
Trésorier: Maurice FAVATIER, ^f, J,.^.
Chef des Études économiques et agricoles : Docteur GRANEL,
||! I.
Membres : Léon AURIOL, $S y L; Emile COMF.T,
g,, »J&lt; &gt;J« ; Fernand CRÉMIEUX, g, ;
Jean DDPUY; ift, J§ ; H. FAVIER,
Jo GINESTOU, 'ff, J; Auguste GUENOT ; Henry
NOELL,
j$ ; DE SAINT-VINCENT-BRASSAC, 5,^,
&gt;ï&lt;; Georges VILLE,
Jean CAMP.
Délégué régional: J. MORINI-COMBY (Nîmes).
Délégation permanente des Groupements Régionaux et Loeaux
auprès du Comité-Direeteur.
LA VEILLÉE D'AUVERGNE

:

M. Boudon, Secrétaire Général.
de Glarix de Nussac, Secré-

LE GROUPE D'ÉTUDES LIMOUSINES : M.

taire général.
(Pyrénées-Orientales) : Général Caloni, Président.
: Docteur Digeon, Président.
LES ENFANTS DU GARD A PARIS : M. A. P. Martin, Président.
LES ENFANTS DU TARN A PARIS : M. Selves, Président.
LA GRAPPE DU QUERCY : M. Vialle, Président.
LA SOCIÉTÉ INGRES : Marcel Clavié, Vice-Président.
LES ENFANTS DE L'HÉRAULT : M. COUDOUGNAN, Secrétaire-général.
LA CIGALE MÉRIDIONALE A STRASBOURG : M. PUJO, Président.
LE ROUSSILLON

LES ENFANTS DE L'AUDE A PARIS

Les Feuillets Occitans
Abonnements :
Édition ordinaire, un an
Édition de luxe sur papier de Môntval, de G. Maillol.
Les Aboiip~ments partent du 1er janvier.

80 te.
60 fr.

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Prénoms
Adresse

déclare souscrire un abonnement d'un an à
Signature,
Les Bulletins de Souscription doivent être adressés à
7, Square du Champ-de-Mars, Paris.

M.

Maurice

FAVATIER,

Compte de Chèque Postaux : Paris,

trésorier,
739-10.

�C.I.O.O.
8tZIE RS

1

4t&gt;

Bois gravé

BFSNOYERS

Lettres Françaises
le i}oti§$ilIo]), pay$ de torçièpe et de joie.
Nous donnons aux lecteurs des Feuillets Occitans les principaux
passages de la conférence qui a été faite à Bois-Colom&gt;be, à la Société Philotechnique, par Frédéric Saisset le dimanche 17 octobre
1926 et qui a obtenu le plus vif succès.
Je viens aujourd'hui vous parler d'un pays méridional dont je
m'honore d'être un des fils, d'un pays où le soleil donne à la vie
une douceur incomparable, où l'on sent qu'il est bon d'être au
monde ; je viens vous parler du Roussillon, pays de lumière et de
joie.
Mieux connu depuis la guerre, le Roussillon, — pays de Joffre,
né à Rivesalte, ville dont le vin muscat est des plus réputés, —
le Roussillon est, on peut le dire, une région de la France favorisée des dieux comme la Grèce.
Enchâssé dans le triangle formé par la Méditerranée, les Pyré1

�— 188 —
nées et les Corbières, l'ancienne province devenue aujourd'hui le
département des Pyrénées Orientales a pour elle le triple enchantement de la plaine, de la montagne et de la mer.
C'est un pays de jardins verdoyants et de vignes aux lourdes
grappes. Par ses sites harmonieux, escarpés, et par ses rivages
battus des vagues marines, le Roussillon mérite bien d'être comparé à la Grèce dont il a conservé certaines traditions.
Cette terre lumineuse avec ses mœurs, ses coutumes, ses légendes, ses chants et ses danses, je voudrais aujourd'hui l'évoquer
devant vos yeux pour vous la faire mieux aimer et pour vous en
faire sentir l'âme à la fois rude et subtile, sobre et joyeuse.
• C'est sa joie de vivre dans la lumière et le côté plaisant, malicieux et parfois mélancolique du caractère roussillonnais que je
voudrais vous faire connaître aujourd'hui.
Pour bien comprendre cette gaîté qui s'épanouit chez nous comme une plante au soleil, il faut que le Roussillon soit présent à
votre esprit, vous pénètre de ses parfums agrestes, vous éblouisse
de ses jardins.
Le Roussillon, a dit en un raccourci très vivant, le poète Jo Ginestou « le Roussillon, c'est un paquet de fleurs dans les yeux.
Le Roussillon, ce sont les aubes roses et rouges, ce sont les crépuscules sanglants et violets, les montagnes bleues, les lignes mauves des étangs ; le Roussillon ce sont les oliviers argentés dansant
une ronde dans la lumière, les châtaigniers faisant de larges taches d'un vert sombre, les houppes flamboyantes des mimosas ; le
Roussillon, ce sont les boules de corail des pêchers en fleurs, les
pompons blancs des amandiers, les feuilles gris-fert des aloès qui
fleurissent tous les cent ans, les gerbes d'or des genêts, les grenadiers aux fleurs de sang ; le Roussillon, c'est le ciel éternellement
bleu, c'est la mer latine calme, le soleil éblouissant, aveuglant. Le
Roussillon, c'est la fête de la lumière, c'est la bacchanale des couleurs, c'est la gamme de tous les parfums. Le Roussillon, c'est un
paquet de fleurs dans les yeux ».
Comment un pays pareil, qui donne les vins les plus délicieux
comme le Banyuls, le Maury, le Grenache, le muscat de Rivesaltes, comment un pays où les produits d'une terre généreuse sont
savamment préparés et servis sur des tables abondamment pourvues, comment un tel pays ne serait-il pas le séjour heureux des
poètes et des artistes, le séjour de la chanson et de la danse ? Voici
les sentiments que l'un de ses fils, longtemps éloigné de lui exprime à son retour :

�189
Mon pays je reviens vers ta douce lumière
Vers ton ciel enchanté, vers ta mer en prière;
Dans l'odeur de tes champs et de tes monts fleuris
Je vais retrouver ta caresse, ô mon pays !
Je vais me replonger en toi comme en une onde
Si fraiche, si suave et claire et si profonde
Et si berceuse avec ses millions de voix
Que je retrouverai mon âme d'autrefois,
Mon âme prisionnière en tes chers paysages
Et qui chantait devant tes lumineux rivages,
Dans la suavité de tes matins pourprés,
Dans la douceur du ciel et la couleur des prés,
Des bois sur les coteaux, des garrigues où passe
Le vol prodigieux et vaste de l'espace.
J'entendrai de nouveau tes arbres bourdonner
Tes fontaines jaillir, tes cloches égrèner
Leur tintement léger dans l'air léger d'aurore
Si clair qu'un vol de' cloche y semble plus sonore !
Oh ! vagabonder seul, perdu dans tes chemins
Et marcher sur ta terre, et cueillir de mes mains
Dans tes genêts fleuris un peu de ta lumière,
Sous ton ciel enchanté, vers la mer en prière,
Et dans la grâce matinale et dans le vent,
Mon pays, écouter ton cœur, ton cœur vivant !

Que le chant et la danse soient en honneur en Roussillon comment pourrait-on s'en étonner?
Nos chansons catalanes traduisent bien l'âme de notre race ;
elles ont la couleur, l'accent et comme l'odeur même du terroir
où elles sont nées. Les unes sont gracieuses, charmantes comme
des offrandes d'amour, fraîches comme des bouquets de bruyères ;
les autres sont vives, alertes, joviales, narquoises même avec un
mélange de rêve et de réalité ; d'autres ont l'allure satirique.
Les deux plus répandues sont : Le Moineau (en catalan Lo Pardal) et Montagnes Délicieuses (Montanyes régalades). Parmi les
chansons contemporaines : La Jardinière (L'Hortolane), d'Oun Tal.
Dans leur précieux recueil de chansons anciennes qui a fait la
joie des folkloristes, MM. Carcassonne et Vilarem ont bien précisé
qu'ils ont eu le souci d'offrir ces chansons populaires comme un
bouquet de fleurs des champs.
2

�— 190 Grâce à eux, nous retrouvons là tout ce que notre race a de naïveté, de rudesse pittoresque et de gaîté franche.
On l'a depuis longtemps reconnu, un pays, par ses chansons,
manifeste son âme diverse, multiple, son caractère total qui, comme celui d'un être humain, subit les alternances de la colère et de
la . douce
véhémence et de la résignation. Dans les chansons catalanes, "on rencontre les sentiments les plus opposés, et
parfois la mélancolie qui nous atteint à certaines heures assez rares
d'ailleurs ; le côté réaliste et joyeux s'y manifeste avec force. Ces
chants qui nous viennent de nos aïeux, nous les conservons comme
des reliques. Ils ont en eux une telle vertu de résurrection que nul
catalan éloigné de sa terre, ne peut les entendre sans être vivement ému. C'est ce que j'ai tenté de traduire en ces quelques vers
à propos du plus populaire d'entre eux « Lo Pardal » (Le Moineau).
Nos enfances furent bercées
Par le chant fruste du Pardal.
Il est resté sur nos pensées
Avec l'odeur de l'air natal.
Il nous accompagne en voyage
Comme un de nos plus chers secrets,
Comme on emporte d'un visage
Le souvenir avec les traits.
Nous vivons de ce qu'il nous donne
De tendresse et de rêve pur,
Dès que notre âme le fredonne
C'est un bruit d'aile en plein azur.
C'est un air très vieux, sans histoire,
Nos aïeules l'ont murmuré,
11 a fleuri dans leur mémoire
Et le temps pour nous l'a sacré.

Cette chanson du « Pardal » que l'on chante dans tous nos villages est brodée sur un thème naïf comme un fabliau du Moyen-Age ;
elle manque d'unité peut-être, car elle a dû se déformer en glissant
le long du temps jusqu'à nous, mais elle a gardé tout le charme
d'une touffe de romarin, toute la saveur îles plantes de nos montagnes.
Le thèmj en est simple.

�— 191 Un amoureux va donner une sérénade à sa belle pendant la nuit.
Viaine sérénade. La belle ne se réveille pas et les soupirs du chanteur nocturne sont brutalement interrompus par la voix d'un valet de ferme qui l'invite à aller se coucher au plus vite- La réalité
envoie ici à tous les diables le fileur de rêves d'amour.
C'est un mélange de réalisme et de finesse sentimentale que fait
ressortir le chant.
La deuxième chanson populaire « Montagnes Délicieuses » traduit la beauté de notre Canigou et la douceur de vivre en aimant
dans un pays privilégié :
Montagnes délicieusement fraîches
Sont celles du Canigou
Qui tout l'été fleiirissent
Et aussi au printemps et à l'automne.
Donne-moi ton amour, mignonne,
Donne-moi ton amour

r

Il y a une fillette
Qui m'a volé le cœur.
Elle est bien faite de taille
Et mincette de corps.
Donne-moi ton amour, mignonne,
Donne-moi ton amour... etc.

Cette chanson, la plus ancienne de notre terroir, est attribuée à
l'un de nos troubadours du Moyen-Age : Guillaume de Cabestany.
La chanson très populaire, la plus récente que l'on chante dans
tout le Roussillon, est « La Jardinière » (L'Hortolane) de Oun Tal.
Oun Tal est le pseudonyme d'Albert Saisset, dont je suis mal placé
ici pour juger l'œuvre. Je me permets simplement d'indiquer que
ce qui a fait la popularité des chansons et des poésies d'Oun Tal,
c'est leur gaîté primesiautière, leur mouvement vif. Ecrites en catalan perpignanais, elles traduisent fidèlement nos gestes familiers,
notre caractère enjoué et malicieux avec des mots cueillis sur les
lèvres même des fils de notre sol, de ceux qui le cultivent avec
amour.
Le thème plaisant de l'Hortolane raconte l'exploit d'une jardinière de la plaine qui eut la fantaisie baroque d'aller cueillir des
légumes et des fruits dans son jardin pendant une nuit noire, à la
faible lueur d'une chandelle. Elle fut le lendemain, au marché de
la ville, la risée de toutes ses compagnes et des acheteurs, car elle

�— 192 —
n'avait cueilli que des légumes et dos fruits verts. La morale de
cette chanson bonne fille, c'est que les femmes et les fruits ne doivent jamais se choisir qu'à ta franche lumière du jour.
Il y a bien d'autres chansons catalanes d'un rythme alerte et
d'une savoureuse couleur locale. Elles sont admirablement interprétées par un chœur devenu rapidement célèbre et que j'aurais
voulu pouvoir vous faire entendre aujourd'hui. C'est le chœur
des pays d'Oc, le Chœur Occitan, que dirige avec une incomparable maîtrise un artiste catalan, M. Josep Fontbernat, qui a
obtenu à Paris le succès le plus vif dans toutes les salles où il s'est
manifesté. I! devait figurer au programme de cette séance ; mais
celle-ci coïncide malheureusement avec une tournée que Fontbernat a entreprise dans le Midi avec Madeleine Roch, de la ComédieFrançaise. Ce n'est donc que partie remise.
Mais l'histoire de la constitution de ce choeur Occitan à Paris
vaut la peine d'être contée, ne serait-ce que pour vous montrer
l'ingéniosité tenace de l'esprit catalan.
Fontbernat venait à Paris pour y fonder une chorale. Coûte que
coûte, il fallait la créer. Il n'avait pas un seul chanteur en arrivant dans la capitale. Deux mois après, à peine, il en avait cent, et
ces cent choristes ont fait merveille. Il faut dire que Fontbernat
est un bel animateur et un prestigieux manieur de voix humaines. Certains d'entre vous l'ont vu conduire ce chœur occitan dans
des salles soulevées d'enthousiasme et réclamant une deuxième,
une troisième audition de chaque morceau. Ils ont vu ce chef, tout
pénétré de son rôle, jouer de son chœur comme d'un orgue humain, conduire les voix de l'exaltation lyrique la plus éclatante au
plus délicieux murmure de source. C'est tantôt l'orage violent sur
la forêt que traduit le tumulte ordonné des voix, et tantôt la
plainte lointaine du vent dans les feuillages. Ce chef a le secret
de communiquer son ardeur et sa foi aux chanteurs qu'il dirige
et de leur faire exprimer les nuances les plus subtiles des sentiments.
Animé de ce feu sacré, comment Fontbernat n'aurait-il pas
trouvé à Paris les éléments qui lui étaient nécessaires? Il est venu,
dès son arrivée, trouver le Groupe Occitan qui s'occupe de mieux
faire connaître les pays d'oc et poursuit son œuvre dans la capitale avec une grande ferveur régionaliste. Il a demandé des interprêtes : muni de quelques indications sur les milieux méridionaux,
Fontbernat s'est mis en campagne. Infatigable, il a recruté ses
choristes dans les maisons de commerce, dans les cercles, dans les
cafés, dans la rue même, et ceci ne manque pas de saveur. Quand

�(Salon d'automne)
LE BERGER

A. CHABATJD.

�îSHTURE

MORTE

(Objets de fête)

Henry

RAMÏY.

�— 193 —
i! recotlnaissait (ians la nie un de ses. compatriotes, il l'accostait
gentiment en lui dormant le « la », et le priait de lui chanter un
couplet quelconque. Dès qu'il découvrait une-voix juste, il engageait le passant, un, peu surpris, comme ténor, basse ou baryton.
Il a pu réunir ainsi une centaine ' de chanteurs, et vous pourriez
croire que ces choristes bénévoles se sont dispensés d'assister aux
répétitions comme ils en avaient le droit. Erreur. Fontbernat a
su les animer de sa foi, leur communiquer son enthousiasme, leur
donner le goût du chant, et il a su se faire aimer d'eux. Il a créé
un chœur dont la réputation grandit sans cesse.
Quand nous pourrons ici-même vous le faire entendre, il vous
montrera mieux que je n'ai su vous le traduire, de quel charme et
de quelle poésie naïve sont tissées les orginales chansons de notre
terroir catalan.
Ces chansons sont écrites en cette langue catalane qui du XVe
siècle est arrivée jusqu'à nous à peu près intacte tellement sa
force de résistance a su repousser les assauts étrangers. Elle est
pour nos écrivains un instrument robuste et souple à la fois. Elle
est franche, rapide et sobre, fluide et nuancée ; elle épouse le contour des objets, chante comme nos rivières, éclate comme nos
grenades au soleil, jaillit comme les poignards de nos aloès dardés
vers le ciel, s'infléchit et se redresse, bourdonne comme les cloches de nos campaniles ajourés, pétille de malice et • s'étale eo
larges éclats de rire. Elle a toutes les ressources pour traduire le
réel et le rêve, la violence et la mélancolie, l'esprit et la grâce ;
elle est bien l'image vivante de notre terre colorée.
Avec ses chants originaux, le Roussillon a aussi ses danses
expressives par quoi se révèle son âme ardente et joyeuse.
C'est au son d'instruments aux tonalités champêtres,sortes de
hautbois où se mêlent le bois et le cuivre et qu'on nomme « la
prime » et le « tanor », que se déroulent nos danses, en plein air,
dans la lumière éclatante.
Nous avons « le hall », « le baillet », « le contrepas », réservé
aux hommes seuls, qui tricotent des jambes avec une surprenante
agilité ; nous avons « l'entrelissade », « la cascabellade » qui est
une parodie de demande en mariage, « le bail de l'amaranche »,
où chaque danseur, muni d'une cruche en verre à six tubulures
et pleine de parfum, asperge gracieusement sa danseuse, et nous
avons enfin cette « sardane » classique qui se danse dans toute la
Catalogne avec une ferveur presque religieuse — ronde rythmée,
d'un effet magnifique, qui rappelle le mouvement de la mer avec
-2

�soir flux et son reflux, et que conduit une musique aux larges sonorités.
Si le caractère d'un pays se traduit par ses aanses et par ses
chansons, il se manifeste aussi par ses légendes.
Il y a en Roussilon des légendes fantastiques où les fées et les
sorcières jouent un rôle prépondérant, des légendes mystiques où
interviennent les saints et le diable en personne, d'autres qui côtoient l'histoire et nous racontent les exploits prodigieux de nos
héros du Moyen-Age.
Un Roussiilonnais, M. Horace Chauvet, qui préside aux destinées d'une active Société catalane « La Coda del Rossello », a pris
à cœur de conserver fidèlement le souvenir de nos vieilles coutumes, de nos légendes et de nos traditions. Il a recueilli la plupart
de nos légendes catalanes en un volume plein d'intérêt.
« Les masures aux murs décrépits, écrit-il, sont souvent ornées
de plantes sauvages qui ont pris racine entre deux pierres ou dans
quelque encoignure : leur présence sur la façade est assez normale,
mais l'aïeul les considère comme les décors naturels de sa demeure.
Ainsi poussent à l'aventure, sans qu'on en connaisse souvent
l'origine, sur le monument majestueux de l'Histoire, ces sortes de
plantes sauvages qu'on appelle légendes ; elles donnent au temple
de la vérité une allure originale et pittoresque, elles rompent la
monotonie de son architecture et la rigidité de ses lignes.
On peut dire que les légendes constituent la poésie de l'Histoire ;
elles procurent le plus délicat des plaisirs, celui de retrouver à travers les siècles, le réveil inattendu des grands rêves qui ont bercé
l'enfance de l'Humnaité. »
On se moque aujourd'hui de ces personnages créés par l'imagination populaire : sorcières aux doigts crochus et chevaucheuses de
balais pour se rendre au Sabbat, fées présidant aux naissances et
apportant des dons heureux, démons malfaisants, etc.. Mais il
n'en reste pas moins que dans le récit de leurs exploits, nous retrouvons comme un écho des temps révolus ; ils gardent le reflet
d'un état d'âme, d'une génération, ils traduisent enfin des sentiments et des croyances qu'il nous est précieux de connaître puisqu'ils sont ceux d'êtres humains, nos ancêtres qui ont vécu sur notre terre.
En Roussillon, le grand-père à barbe blanche ou la grand'mère
toute ridée, racontent à leurs petits enfants, à la veillée, les légendes du pays.
Une de ces légendes, demeurée vivace au cœur de nos marins et
pêcheurs de Collioure, un des villages les plus pittoresques du
Roussillon, est la légende de Saint-Vincent.

�195 —
Les savants contestent que Saint Vincent soit mort à Collioure,
comme le soutient la légende, mais la légende se moque des savants et affirme que ce saint a été martyrisé au me siècle sur un
ilot situé à peu de distance du rivage et où se trouve une petite
chapelle. Saint Vincent y fut frappé, garrotté et brûlé vif
« Les pêcheurs de Collioure prirent comme patron ce courageux
martyr et chaque année, le 16 août, ils lui rendent hommage en
promenant sur mer, dans des barques aux vives couleurs, les reliques vénérées du saint.
Cette fête très pittoresque rappelait les fêtes vénitiennes des fiançailles du doge avec la mer. Elle tend malheureusement à disparaître et sa description vous donnera, comme à nous, le regret de
voir s'effacer des coutumes pleines de charme et de poésie.
Au milieu de là foule qui envahit la plage de Collioure, dans la
nuit du 16 août, on fait brûler un tonneau enduit de poix (souvenir
du bûcher sur lequel expira Saint-Vincenti.
Les barques des pêcheurs errant en grand nombre sur l'eau,
toutes ornées de lanternes vénitiennes, produisent une impression
des plus féeriques.
Les montagnes voisines forment un magnifique décor, où l'on
aperçoit, dressé dans la nuit, le fort Saint-Elme, pareil à un château féodal.
Bientôt apparaît sur la mer une grande bannière blanche : elle
annonce la barque principale qui porte les reliques de Saint-Vincent. Bannière en tête, les autres barques forment une longue procession qui se dirige vers le rivage.
Une foule innombrable acclame à son entrée au port la barque
à bannière blanche, et un court dialogue s'engage entre le prêtre
porteur de reliques et le syndic des pêcheurs qui se tient sur la
grève.
— Holà ! quelle est cette barque ?
— C'est la barque de Saint-Vincent.
— D'où vient-elle ?
De Saint-Vincent en l'île.
— Qu'apporte-t-elle ?
— Les reliques du Saint.
— Y a-t-il des passagers et sont-ils en règle ?
— Oui.
— Que demandez-vous ?
— Nous demandons bonne entrée à Collioure.
L'entrée dans le village est accordée.
Aussitôt, à la lueur de mille torches, la barque est tirée sur le
rivage par un groupe de marins vigoureux, et c'est un spectacle

�inoubliable de voir celle barque portant les prêtres et les reliques
de Saint-Vincent courir, à toute vitesse, sur des rouleaux de bois,
à travers les rues du village jusqu'à l'église au clocher d'or où les
reliques seront déposées. Tout notre Moyen Age religieux n'est-il
pas évoqué dans cette curieuse cérémonie ?
Certains vieillards du Roussillon racontent encore la fameuse
légende du pont de Céret.
Ce pont de Céret est d'une construction tellement audacieuse, il
défie à un tel point les lois de l'équilibre qu'on ne peut évidemment expliquer son existence et sa durée que par une intervention diabolique. C'est le diable, n'en doutez pas, qui a construit
le pont de Céret. Mais ici, le beau rôle appartient à un perruquier
de l'endroit qui fut assez malin pour berner le Malin lui-même.
Le premier pont avait été enlevé" par l'impétuosité de la rivière
du Tech. Il n'en restait plus que les piliers. Les consuls et les
citoyens chargés d'administrer la cité cérétane se préoccupèrent de
ce désastre et se rendirent sur place pour trouver une solution
pratique. Où allait-on reconstruire le pont nouveau? Ils erraient
le long de la rivière, quand ils furent interpellés par un vieux
paysan qui leur proposa de bâtir en une seule nuit un pont merveilleux.
Tous s'étonnent et le regardent ; et c'est ici qu'intervient le fameux perruquier surnommé le Guillat (le renard). Celui-ci n'avait
pas hésité en entendant la proposition du paysan : Construire un
pont en une nuit, le diable seul était capable d'une telle prouesse !
Le Guillat toise le vieillard et lui dit :
■— Si vous êtes le diable, qu'allez-vous exiger de nous, votre offre
acceptée ?
— Pas grand'chose, dit le vieillard ;■ j'exige simplement la première âme qui traversera le pont.
Effroi des consuls et des citoyens. Mais Le Guillat souriait dans
sa barbe.
— C'est bon, dit-il, marché conclu.
Le lendemain une foule immense venait admirer l'œuvre de Satan.
Le perruquier se tenait à l'entrée du pont, avec un sac où se débilitait une bête qui poussait des cris à fendre l'âme. Au signai
convenu, le sac est ouvert et un chat énorme, faisant des bonds désordonnés, aux cris effrayants de la foule, se précipite sur le pont
et le traverse d'un bout à l'autre. Aussitôt le ciel est déchiré
d'éclairs et secoué de tonnerre. Mais le pont est construit et le
diablet berné.
Frédéric SAISSET-

�La main du millénaire.
A scène n'est pas sans grandeur. Deux hommes
sont là, dans les profondeurs de la grotte quacynoise, scrutant le fond des âges ; un prêtre de nos
campagnes et un universitaire anglais, vice-chancelier,
Colonnes de temple babylonien, énormes et délicates, des stalactites marquent l'entrée du « Sanctuaire ». Leurs chapiteaux striés symétriquement
se soudent au calcaire des cintres. Une faible lampe noie, dans sa lumière jaunâtre et dansante, les
fûts inégaux, les tuyaux d'orgues et la géométrie fantastique des rocs
déchirés par les premiers séismes. Le silence est total. Même la goutte
d'eau, dans cette minute poignante, reste suspendue, éternelle, aux cornets
de cristal de la voûte poignardée par le temps, comme si cette chose imperceptible et qui connaît tous les mystères de la grotte, voulait apporter sa
contribution — n'y a-t-il pas une intelligence des choses ? — à la pensée
humaine qui, après vingt mille ans, a réintégré ces ténèbres.
Les deux hommes ont questionné de près, chacun à sa manière, l'énorme monolithe blanc à surface plane, placé comme un maître-autel dans
cet hémicycle, et sur lequel s'enlèvent en traits noirs et gras, des silhouettes superposées de bisons, de mammouhts, d'équidés, et, dans un
cercle magique, étreignant la bête, des mains... oui, empreintes de mains,
c'est-à-dire un morceau vivant d'humanité primitive. Et ces mains sont
fines et blanches — ce sont celles peut-être d'une femme. — Et, comme
si elles avaient conservé, intact, leur pouvoir de radiation, comme si
leur fluide, avec d'autres concrétions, s'était concrétisé là, agissant toujours sur l'ennemi et la proie, les contours noirs et larges vont s'estompant dans un flou et un dégradé de crayon puissant et léger, faiseur d'incantations,.
^

�— 198 —
L'Anglais est debout, immobile, figé comme la stalactite, sa voisine.
— Eh bien ? dit le prêtre.
Et les yeux fixés sur les mains qui sont droites, les doigts écartés et
dirigés vers la voûte, c'est-à-dire vers le ciel, comme dans une prière
exaspérée, l'Anglais répond.
— C'est terrible !...
Le prêtre regarde, étonné, son compagnon.
— Mais encore? insiste-t-il... Est-ce beau ?... Est-ce laid ? Quelle
est votre opinion ?...
— C'est terrible ! insiste l'Anglais qui n'en démorda pas et qui
avouera, tout-à-l'heure, s'être vu dans les ténèbres et les feux
d'un monde dantesque. Et l'Anglais, qui est de haute taille, répète
son mot, soudainement voûté et littéralement envoûté par l'une de ces
mains qui, si on les fixe quelques instants, paraissent se mouvoir, vibrer,
appeler et vouloir vous saisir à la nuque pour vous retenir, vous faire
ployer le genou et vous initier enfin à leur effroyable mystère. C'est que
ce grand universitaire, le front maintenant courbé dans ce « sanctuaire »
souterrain, et devant ces piliers formidables qui n'ont pas bronché depuis
le premier homme, a senti tout à coup se briser les colonnes d'argile qui
ont supporté, jusqu'à cette heure, l'édifice de sa science et de sa philosophie.
En regardant, autour de lui, parmi ces choses qui sont restées telles que
les virent, les placèrent et les firent vivre les premiers cerveaux et les
premières mains de notre race, l'Anglais s'était aperçu que l'excès de
subjectivité et le péché d'orgueil qui nous étouffent tous, sont un bien
piètre et inutile bagage, quand on pénètre dans la grotte Pech-Merle, à
Cabrerets.
Quel effondrement !
Déluges de notre vieille pensée ! Pyramides de nos bancales conceptions ! théories, doctrines, systèmes, hypothèses, méthodes spéculatives,
abstractions, lois rationnelles, et vous, pauvres petites psychologies chlorofiques qui naissez avec de l'amour, un matin de printemps, pour finir
avec un drame, un soir d'hiver, scories et déchets qui sont nos prétentions
de tous ordres et de tous les jours, alluvions de la grande guerre,, voici
que vous êtes absorbés, comme par un formidable aspirateur, par ces couches arch-séculaires, qui forment la voûte du « sanctuaire » de Cabrerets
et que, glissant par mille imperceptibles fissures, et attirés, riiaH.ré vous,
par la main magnétique du millénaire, vous vous réduisez à une simple
et minuscule goutte d'eau que, froidement, implacablement, filtre la stalactite et qui devient, là, dans ces ténèbres mêmes, limpidité éclatante
et âme sans cesse agissante des architectures les plus durables et les
plus merveilleuses !
" " PI
« Ce qui se fait dans les gouffres est affaire des Dieux », a écrit

�— 199 —
Victor Hugo. Et Victor Hugo n'avait pas vu Cabrerets, son « sanctuaire »,
ses « mains *1 Mais son.cerveau extra-lucide avait entr'aperçu les profondeurs de la préhistoire. Le poète, nouveau Tarquin, essayait, à chaque
envol de sa pensée, d'abattre ce fol orgueil de l'homme « auquel l'impuissance lie les bras et cette vanité à laquelle l'ignorance bande les
yeux ».
Orgueil et vanité, toute une vide d'études, toute une carrière de pro
professorat, un moi qui est l'expression ancestrale et nationale de rigoureuses et fastueuses croyances, tout cela est fauché, déraciné, et s'en va à
vau l'eau...
M. l'abbé Lemozi, vous qui, le premier, au fond de votre campagne,
avez vu ces « mains » et les avez dessinées, vous qui avez découvert
cette autre iresque, « l'archer sans tête », et l'avez su interprêter, vous
en doutez-vous ? N'avez-vous pas décoché un trait mortel à ce géant
aux pieds d'argile qu'est notre monde pensant ?
« Autant ! » nous disait notre instructeur, au peloton régimentaire,
quand le mouvement ne suivait pas le principe. Et nous recommencions.
« Autant ! » nous dit la voix sortant du « sanctuaire » de la grotte
de Pech-Merle, et nous nous demandons si nous ne devons pas venir là,
devant cet autel aux mains coupées et ensorcelantes, pour y préparer
la refonte de notre entendement.
Venir là, c'est-à-dire à la source; prendre la chaîne à son premier
chaînon. Pourquoi pas une démonstration populaire, un pèlerinage ?
On y viendra- croyez-le. Ayons donc le courage de notre ignorance.
Elle est d'ailleurs magnifique et savamment orchestrée !
Nos ancêtres de la préhistoire, « noblés et fins » — comme l'insinue
si judicieusement l'abbé Lemozi — avaient un esprit singulièrement
averti. Ne pas oublier qu'ils firent tout de rien. Frappés par le déploiement de merveilles cachées et mystérieuses que la nature leur avait
réservées, ils avaient établi, à Cabrerets, non un habitat, mais un vrai
temple. Ces peintures, ces dessins au trait ou au pointillé n'étaient pas
purement ornementaux. C'était le rite impérieux qu'ils signifiaient, et
rien d'autre.
Tout le proclame : la profonde retraite du lieu, le choix du décor,
l'agencement du « sanctuaire », l'emploi du prodigieux monolithe qui
servit au primitif de tableau et d'autel tout ensemble, et qui devait lui
paraître d'autant plus sacré que, à l'un des angles, il avait découvert
une courbe naturelle qui devait lui donner la forme de la tête et de la
naissance de l'encolure d'un équidé de structure parfaite.
L'abbé Lemozi nous le dit : « Us faisaient des prodiges d'acrobatie
pour se servir d'un accident ou d'un caprice de la pierre leur donnant
plus ou moins exactement d'idée d'une partie du corps de l'animal qu'ils
voulaient dessiner. La nature — ils s'en montraient émerveillés et ravis —

�200 leur fournissait parfois, dans l'exercice de leur art, des éléments que
d'un trait, d'un seul, ils se plaisaient à compléter. »
Quant à la mains, ils la plaçaient, en éventail, à même le rocher, et
avec un doigt imprégné de pyroxyde de fer ou d'oxyde de manganèse,
ils en suivaient très exactement les contours.
Puis, la fresque terminée, l'endroit devenait tabou, car ce qui inspira
toujours le primitif fut d'un ordre purement et exclusivement superstitieux.
Or. sait que Rodin, avant d'entreprendre la statue de Balzac, voulut
très exactement se documenter sur le grand romancier. Il songea à visiter
les collections uniques que le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul avaient
réunies dans son hôtel du boulevard du Régent, à Bruxelles. L'artiste,
visitant le petit musée, s'arrêta devant le moulage de la main de Balzac,
un des joyaux de la collection. Quand Rodin vit cette main, il ne poussa
pas plus loin ses recherches. 11 déclara : « J'ai maintenant tout ce qu'il
me faut. Avec cette main, je rebâtirai Balzac. »
11 y a la main du millénaire dans le « Sanctuaire » de Cabrerets.
Cette main est vivante. Elle est l'individu même. Elle est toute une époque. Ne suffit-elle donc pas, cette main, à rebâtir le primitif, à nous dire
quel fut son cerveau et quelle fut son âme ? Que nos Cuviers et nos
Rodins modernes, imbus de la méthode qui consiste à « induire pour
déduire afin de construire », dirigent leur esprit sur ce prodigieux document. Ils finiront par nous dire le grand secret. Ils trouveront en même
temps la cause du « mal occidental », car, comme l'écrivit Auguste
Comte : « Les vivants sont toujours et de plus en plus gouvernés
essentiellement par les morts. Cette irrésistible domination subjective
représente la partie immodifiable de toute existence sociale. Son empire,
déjà sensible dans la plus haute antiquité connue s'est naturellement
augmenté sans cesse. Aussi la prétention de s'y soustraire constituet-elle, aujourd'hui, le principal symptôme de l'aliénation chronique, vers
laquelle tend de plus en plus la raison occidentale, depuis le moyen
âge ».
Mais de grâce ! Monsieur l'abbé, vous qui savez lire dans les vieilles
pierres comme dans votre bréviaire, vous qui avez un si émouvant respect des choses du passé et de votre campagne, ayez prudence :
Il est question d'installer la lumière électrique dans les merveilles de
votre grotte. Eh bien, laissez le « sanctuaire » avec ses « mains » dans
son ombre. Qu'une antique lampe, seule, l'éclairé. Et cela, jour et nulr.
Il faut que tout rappelle le mystère de l'origine et le mot de l'Anglais d'aujourd'hui :
— C'est terrible !
Albert PujOL.

�Tête de Christ.

��Lie sommeil de la terre.
0 terre, j'ai dormi dans ta paille chaude,
Dans ta paille qui gardait encore
La bonne odeur des bons épis de seigle ou d'orge,
L'odeur du blé, l'odeur du grain
Qui porte en lui la promesse du pain
Dont se nourrissent les hommes.
J'ai dormi dans les granges où le foin de l'année
A peine finissait de sécher,
Où, le matin, par la toiture ouverte,
Se glissait une sueur glacée,
Et qui vous enivraient de cette herbe
Qu'on venait tout juste de faucher.
J'ai dormi sous la tente
Où le vent claque, gémit et chante
Si fort parfois
Que tu croirais que ta pauvre maison de toile
Va s'envoler comme une voile sur la mer.
J'ai dormi sur le pont des navires
Qui décroissent selon la déclivité de la terre,
Toujours diverse et toifjours la même.
Ils s'en allaient à la dérive,
A travers des îles,
Vers des rivages inconnus et désolés
Qui ont un goût de miel, d'anis et de sésame.
Et, la nuit, de tout mon corps allongé,
Au creux de mon lit de cordages,
Je suivais le balancement de la lame.
J'ai dormi, Macédoine, sur tes nattes
Dont la tresse de paille m'entrait dans les flancs,
Et sur tes tapis de couleurs voyantes,
Sous un plafond de régimes de maïs d'or

�204 —

Pendus aux poutres entrecloses.
Mais mes meilleurs sommeils, terre, ma mère,
C'est sur ton sein que je les ai goûtés,
Couché sur toi, sur ta chair, sur ta matière,
Fondu à ta substance sacrée.
A même ton sein, terre, je me suis éveillé,
Trempé d'étoiles et de rosées,
Cependant qu'au-dessus de ma tête
Dormaient encore les grands bois.
Ainsi je sentais, avec le soleil jeune et tiède,
Ta vertu se couler dans mes membres,
Tel celui-là qui, combattant avec Hercule,
Ne pouvait voir son audace vaincue,
Et retrouvait sa force croissante
En lui-même toujours présente et cachée,
Pour t'avoir de son corps un seul moment touchée....
François-Paul

ALIBERT.

Colchiques du Lampy
Les feuilles vous auront aux bois ensevelis
Qu'encor vous veillerez avec nos souvenances,
Colchiques du Lampy qu'à la fin des vacances
Et sous le vent plaintif une enfant a cueillis,
Lumières, petites lumières, les dernières
Des beaux jours, quand, pressant ces bords hamonieux
Où viennent se baigner les compagnes des dieux
Faites de lune et de la mousse des clairières,
S'avance la forêt, toute en caps et retraits,
Rien qu'or, pourpre, améthyste et verdure encore,
Opalescent Corot aux brumes de l'aurore
Mais, le soir, sombre azur frissonnant de regrets.
Jean

LEBRAU.

�— 205 —

Le Patois
Vétu de bure avec, aux pieds, de lourds sabots
Dont les clous font chanter les dalles des cuisines,
L'œil vif, les cheveux noirs, les lèvres sarrazines,
C'est un gas de chez nous beau parmi les plus beaux.
Il a le teint hâlé par la bise hivernale,
Tanné par le soleil fauve du Languedoc
Lorsque son poing nerveux guide le fer du soc
Dans les sillons ambrés de la terre natale.
Il lui faut, pour gonfler ses robustes poumons,
L'étendue infinie où le vent souffle en trombes,
Les causses tourmentés, les garrigues, les monts
Parfumés du Midi peuplés de fraîches combes.
Il lui faut, pour couvrir son buste
La cape du berger rude et chaude
Dans le fier retroussis de ses plis
Le noble envol et l'élégance d'un

de lutteur.
et qui cache
protecteurs
panache.

Il lui faut le grand feutre et le gourdin noueux,
Ceignant ses reins râblés la taillole é-. arlate,
Et la chemise, autour de son cou musculeux,
Largement échancrée et vierge de cravate.
Ainsi tu m'apparais, o notre langue, toi
Qui gardes dans tes mots le rythme qui ='émane
Du vent, des flots, des voix de la terre occitane
Et qu'on veut dénigrer en appelant patois.

-

Soit ! Nous patoiserons comme l'ont fait nos pères
Qui patoisaient après leurs aïeux, les Romains,
Et comme nous, nos fils patoiseront demain
En vivant et mourant, comme nous, sur nos terres.
Et nul ne rougira lâchement sous nos toits
De reprendre à son tour les antiques vocables,
Les mots qui fleurent bon la paille des étables,
Le vin de nos celliers, la tiédeur de nos sables,
Notre clair, savoureux et sonore patois !
Jean

CAMP.

�Les Livres.
Vfi

HÉ^OS

LtflTIfl : BOLtlVflR.

JSfl. JVIarlus Hndré, historien de l'indépendance sud-amérieaine.
Tous les Français connaissent plus ou moins le nom, la vie, l'œuvre de Washington : Les anglo-saxons savent faire de la publicité même scientifique autour de
leurs grands hommes. Nous n'aurons plus maintenant le droit d'ignorer le héros
latin de l'indépendance américaine : Simon BOLIVAR. Sa figure est certainement aussi grande et paraît même plus captivante que celle du premier Président
des U. S. A. C'est du moins l'impression que nous laisse la lecture de l'ouvrage
que lui a consacré Marius André (1).
Ce poète, pour qui l'espagnol n'a. pas plus de secrets que le provençal, doit
à ses séjours dans l'Amérique du Sud, à une curiosité sans cesse en éveil, de
pouvoir faire d'heureuses et de fréquentes incursions dans la science historique.
Comme il se soucie peu des idées reçues, des consécrations officielles, il nous
apporte souvent du nouveau. Et si la vivacité du style, la véhémence des qualificatifs et l'ardeur des indignations enlèvent quelques-uns des caractères de froide
impartialité qu'on s'accorde à exiger de l'œuvre scientifique, on ne saurait nier
que les livres de Marius André y gagnent en lisibilité et en intérêt. Le nombre
d'inexactitudes relevées dans de savants ouvrages ne laissera pas d'étonner
le lecteur non averti des relativités de la science historique. Il y verra une fois
de plus comment la vision du passé a pu être déformée au détriment de la latinité
et au profit des nordiques.
Serait-ce le préjugé occitan qui nous fait ainsi écrire ? Qu'on en juge .
**
Bolivar naquit en 1783 d'une famille basque établie au Vénézuéla. N'a-t-on pas
vue longtemps en Bolivar qu'un métis à peine civilisé ! Or. il était de la plus
parfaite et plus ancienne noblesse, e1 reçut par les soins d'un précepteur israëlité,

�- 207 —
Rodrtguez, une éducation en tout point conforme à celle dont Rousseau avait
rêvé pour Emile. C'est peut-être à quoi il devait, à seize ans, d'ignorer l'orthographe, mais il en garda toute sa vie, la tendance libérale, la peur de passer
pour despote et le vocabulaire philosophique. Le gros intérêt de cette étude, c'est
de suivre chez Bolivar, aux prises avec les réalités, la réaction de l'hérédité
eontce la formation.
II vint à Madrid terminer son éducation. Travaillant par amour-propre, il sut
concilier l'étude, la mondanité, le mariage d'amour, la valse : mélange de Don
Quichote et de Don Juan. Son veuvage le fit retourner en Europe et en 1804
nous le voyons dans les salons parisiens coudoyer Talma, Mme de Staël, Eugène
de Beaufrarnais, Mme Talleyrand, Récamier et au sacre de l'empereur, il avoua
qu'il évoqua malgré lui « l'esclavage de ma patrie et l'auréole dont pourrait resplendir son affranchisseur ».

m'

vi

Les travaux récents dont Marius André nous fait profiter ont montré que ces
révolutions sud-américaines ont été l'œuvre des aristocrates indigène en bataille
contre les fonctionnaires espagnols. Elles ne cessèrent d'être appuyées, stimulées
et défendues par l'Angleterre qui désirait ouvrir à son commerce ces terres
d'avenir que l'Espagne exploitait à son seul profit. Cette société créole voulait
le pouvoir parce qu'elle se sentait capable de l'assumer : elle était certainement
aussi instruite que la Société européenne. Elle ne cessa dans toute la lutte d'avoir
contre elle les classes populaires. Mais ces révolutions nationales se firent au nom
des principes démocratiques alors que la situation sociale, le trop grand nombre
des gens de couleur, l'individualisme exacerbé de tous ces hommes au sang' trop
généreux n'offraient aucune des conditions qui auraient pu permettre une relative
stabilité. Bolivar reconnut qu'il eut mieux valut l'entente que la séparation. Ses
discours au congrès d'Angostura, sa correspondance montrent que sous la terminologie à la mode, il n'en restait pas moins un réaliste, épris de sagesse, de
mesure, d'équiilbre.
Il est curieux de noter qu'au début les libéraux qui se réunissaient chez lui
ne le prenaient pas au sérieux. Bolivar s'imposera dans l'action quand il faudra,
sans ressources, sans cadres, improviser une armée. Cette conquête de l'indépendance comme sa carrière militaire ont toutes les allures de l'épopée. Il faut de
voir traverser des centaines de lieues, changer de climat, passer les monts, il
faut imaginer ses « llaneros », guerriers valeureux mais gens de sac et de corde
dans le style de nos « Joyeux » pour comprendre le rôle unique de Bolivar dans
l'indépendanee. C'est son coup d'œil, son ascendant, son ardeur, sa flamme, c'est
lui par qui les victoires ont été possibles.
« Je crains la paix plus que la guerre ». Et c'est avec quelque tristesse qu'on
(1) Bolivar et la Démocratie, Aux éditions Excelsior, 42, Boulevard Raspail, 1924.

�— 208 —
lit ses échecs dans la paix. Sa générosité ne réussit pas à vaincre les jalousies
et à faire reculer le flot démagogique qui brisa l'unité de l'Amérique latine comme
la paix de chacun des états. Bolivar mourut impopulaire et vraiment désabusé.
« Nous avons labouré sur la mer ».
**
Quoi qu'il en soit, nos lecteurs se souviendront que Bolivar doit être inscrit
et retenu sur la table des grands hommes nés des races et des pays latins. El
%u'aujourd'hui plus qu'hier, méditer sur ses luttes, ses échecs et ses triomphes
ne manque pas d'intérêt : Bolivar avait du génie latin la lucidité constructive.
M. Marius André nous a montré qu'il fallait voir en lui non pas un démolisseur
mais un « bastissaire », un homme enfin comme il nous en suffirait d'un seul
pour fédérer les légions d'énergies françaises que notre Etat vieilli condamne
à l'impuissance.
Jean MORINI-COMBY.

La route aseendante de jvrauriee Barrés, par jJlmo A. Blane-Péridier.
Préface de Charles IVTaurras.
Je devais avoir une double satisfaction à lire le livre que Madame Blanc-Péridier a consacré à La Route ascendante de Maurice Barrés. Je demeure toujours
très sensible aux analyses profondes et subtiles de l'auteur à'Amort Dolori Sacrum
et un fervent de ce style si subjectif et si solide de Barrés. Double satisfaction
ensuite, parce que j'avais pu apprécier le talent véritable dont Mme Adrienne
Blane-Péridier a animé ses précédents ouvrages, ses poèmes Ii's Enchantements
comme son roman Sylvie ou Lia Fuite à Venise ou son conte landais de La
leyre. Frédéric Saisset en a écrit naguère ici-même.
Mme Blane-Péridier n'a pas composé ce livre de 250 pages pour nous révéler des
détails intimes et inconnus de la vie du grand écrivain français. Rien qui ressemble à un Barrés en pantoufles. L'auteur s'est attaché, avec une rare conscience
et avec une clairvoyante pénétration, à dégager le caractère de Maurice Barrés
d'après ses livres. Elle nous le montre, partant de ce délicieux Jardin de Bérénice,
où il cultive la fleur du « moi », pour s'exalter ensuite devant les horizons
plus vastes de la patrie et les aspirations de la race. A côté du Barrés, poète et
dilettante, nous voyons aussi, et surtout, à travers les pages écrites par
Mme Blane-Péridier, l'homme d'action, celui qui a soutenu les énergies nationales durant les douloureuses années de 1914 à 1918, celui qui a mené ces
courageuses campagnes pour les églises de France, les laboratoires abandonnés
ou les congrégations missionnaires aux pays du Levant. Cette enquête en
Orient, dernier acte de la vie de Barrés, fait l'objet de la troisième partie de

�— 209 —
l'ouvrage sous le titre symbolique : La Croisade de Maurice Barrés. L'œuvre
de celui-ci pendant la guerre occupe aussi une autre partie : la deuxième. Je
rae trouve entièrement d'accord avec l'auteur quand plie goûte la qualité poét'quf
de certains de ces articles, composés au jour le jour par ce chroniqueur d'envergure. La visite à Gabrielle d'Annuimo en Italie, la rêverie dans un jardin de
Lorraine sont d'un lyrisme émouvant et raffiné.
C'est à ce Barrés esthète, traduisant en une langue si nerveuse et si souple, ses
impressions, ses réactions spirituelles devant la nature et l'art, à ce Barrés du
Sang, de la Volupté, de la Mort, ou du Oreco que que je me limiterais si j'avais
à écrire un livre sur lui. Mais Mme Blane-Péridier obéit à une préoccupation
d'un autre ordre au long de son ouvrage. Elle tend à prouver que Maurice Barrés,
sans être un auteur religieux, cherche Dieu, et que ses dernières œuvres aboutissent à Dieu. A ce point de vue, le livre de Mme Blane-Péridier revêt le caractère
d'un plaidoyer, un plaidoyer où l'éloquence s'appuie sur des déductions bien enchaînées, sur une psychologie qui doit autant à la logique qu'à l'intuition. Mme
Blane-Péridier emploie à nous convaincre tout un don véritable de douce persuasion.
Un Barrés inquiet, tourmenté, enclin, à s'analyser n'arrive pas à la religion
aussi aisément qu'une âme naïve. C'est par des élans irréguliers qu'il y parvient.
Et nous pouvons mettre dans notre bibliothèque l'ouvrage de Mme Blane-Péridier
sur Maurice Barrés à côté de cet autre livre qui a été publié dernièrement par
M. Stanislas Fumet, Notre Baudelaire. Dans une compréhensive critique de la
revue Benjamin, notre confrère R.-N. Raimbault a déclaré que l'auteur, M. Fumet,
avait rendu Baudelaire « à sa famille spirituelle ». Il n'est pas un poète, dit
Stanislas Fumet, qui fasse faire an signe de croix pins pur ».
Pierre

LHORTE.

Pierre Valmigère. — L'Aude, mon paya; L'Andorrane.
L'Aude mon Pays, de M. Pierre Valmigère, qui se présente sous la forme d'une
très artistique plaquette, contient des proses sympathiques et de la plus, vivante
allure.
Des évocations et des invocations, des souvenirs d'histoire locale et des anecdotes que l'auteur a rêvées plus vivantes encore que l'histoire, des méditations
sentimentales, d'un charme réel, où se mêlent de plausibles lieux communs
(inconstance des choses humaines et vanité des vanités; tristesses du déracinement; puissance de la tradition, source de consolation et de joie), de vieux et
charmants ouvenirs, nostalgiques ou souriants, des notations pittoresques sur la
montagne natale, sur la mer audoie, ur l'âme de pierres ou des peuples qui
s'y penchent.

3

�— 210 —
Voilà ce que nous trouvons — outre l'hommage d'une « filiale piété » — dans
ce recueil d'essais, de rêves et de contes.
Le tout heureusement amalgamé — bien que les diverses parties de ce récit
n'aient d'autres lien logique que celui qui résulte de l'amour du clocher et de
l'accent du terroir — finement écrit et imprégné d'un lyrisme aimable, mais un
peu court de souffle. On lira notamment avec attrait des pages gonflées d'émotion et de poésie sur Narbonne, Limoux, la bataille de Leucate et, dans la
seconde partie du livre, parmi d'autres récits, bien venus, une plaisante « soirée
chez le préfet de l'Aude », et une petite nouvelle, « Le Sémalié », dont nous
devons particulièrement louer la simplicité, la délicatesse de touche, la nuance
sentimentale, qui en font sans conteste un petit bijou.
Le même souci de lyrisme reparaît dans YAndorrance, pièce en six actes du
même auteur. Mais ici, nous n'osons guère parler de réussite, tant la trame est
inconsistante, les personnages naïfs et l'action chancelante. Par bonheur, des
bouffées de poésie montent çà et là, délicates et fleurant généralement la terre
de chez nous.
Pas en tout endroit, pourtant : car il est étrange que certains des poèmes
dont l'œuvre est sertie :
« Le passé qui meurt ne laissant de lui
Qu'un regret qui pleure ».
ou encore :
« Plus ne m'est rien, rien ne m'importe,
« Et je compte les heures mortes,
etc..
rendent comme un écho des œuvres de jeunesse du belge Metterlinek.
Ajouterons-nous que le gaudeamus igitur, chanté par des jeunes gens déguisés
en Romains dans une fête toulousaine, est un chant d'inspiration germanique
que nous pouvons sans remord laisser aux beuveries de étudiants d'Outre-Rhin.
P. C.

La Chronique eriminelle d'une grande provinee, sous Uouis XIV,
par JVI. C. Barrière-FIavy, avec une prcfaee de Jiâ. f unek-Brentano.
{lilition Occitania, Toulouse. 1Q26.)
Pléchier n'est plus depuis deux siècles.... et nous avons aujourd'hui îa surpn»o
de lire les « grands jours du Languedoc » que le charmant abbé n'eut pas désavoués. Ajoutons avec M. Funk-Brentano que M. Barrière-Flavy fait preuxe, en
cette matière délicate, d'un tact et d'une mesure parfois oubliés par son illustre
prédécesseur, grand amateur d'épisodes libertins et scandaleux.

�— 211 —
Certes, il ne faudrait pas juger tous nos aïeux d'Oceitanie d'après la collection
de scélérats et de dupes si magistralement brossée par l'auteur : La Rochefoucauld
lui-même ne pourra nous persuader que le xvne siècle « eut le malheureux avantage de surpasser par ses crimes les siècles passés ». Cette chronique purement
criminelle ne doit pas entraîner un jugement d'ensemble trop noir; bien optimiste
peut-être, je préfère me représenter les occitans de jadis sous les traits de mes
compatriotes d'aujourd'hui : vifs et ardents comme leur soleil, mais incapables
de rancune et de froide cruauté.
Mais quelle verve dans ces écrits ! Œuvre d'érudition profonde et de labeur
patient, la « Chronique criminelle » passionne mieux qu'un roman (Est-il d'ailleurs encore un roman passionnant ?).
Vraiment, ils revivent, ces bourgeois terrorisés par les gens de guerre et les
ruffians de Toulouse, ces plaideurs irascibles toujours prêts à dénouer leurs procès d'un coup d'épée, ces prêtres indignes et ces mamstrats prévaricateurs, ces
faussaires — inflationnistes avant la lettre ! —; et, par dessus tout, ces sinistres
héros de drames de famille, débauchés, escrocs ou meurtriers, parmi lesquels
la naïve gauloiserie du siècle fait éclore çà et là le comique inattendu d'une scène
de Molière — ou de Scarron.
Et tout ceci se déroule en des paysages familiers de notre Oecitanie; pas à pas,
nous suivons les personnages de ces chroniques; leurs noms mêlés à tous les
souvenir de la terre natale retentissaient déjà dans nos mémoires d'enfants;
combien d'entre eux revivent au milieu de nous par leurs descndants !
Que l'auteur se rassure... les arrières petits-fils de ses héros liront eux aussi
son beau livre (car c'est le devoir de tout occitan soucieux de l'histoire de sa
petite patrie) et lui pardonneront sans arrière-pensée sa franchise de loyal chroniqueur. Le temps épure bien des souvenirs, et pour entrer dans l'Histoire, 11 n'est
point, croyons-nous, de porte basse !
Jean CABRIÉ.
Paris le S septembre.

Voici ce que pense de ce livre le Maître Punck-Brentano :
« Le livre de M. BARRIÎSRE-FLAVT, Chronique criminelle d'une grande province
sous Louis XIV est d'un puissant intérêt : peinture de la société Française, et non
seulement dans le Languedoc mais en Auvergne et en Provence — non seulement
au temps de Louis XIV, mais aussi sous Louis XIII. La documentation est
toute de première main empruntée pour la plus grande partie aux archives
parlementaires de Toulouse. Ces pages vivantes et pittoresques montrent de la
manière la plus frappante, la profonde différence qui existe entre la société du
XVII" siècle et celle du xx', et aussi — ce point est d'une grande importance —
entre la société du xvn" siècle et celle du siècle suivant que l'on réunit sous
la dénomination commune d'Ancien Régime. »

�212

11 nous paraît inutile de rien ajouter à l'opinion Si autorisée de M. FuiikBrentano. Indiquons seulement que l'ouvrage bien présenté, copieusement illustré,
se divise en 7 chapitres aussi attrayants les uns que les autres : Dans les rues et
sur les chemins; Du civil au criminel; Les Faussaires; Les Magistrats Indignes;
Les mauvais bergers; Les Affaires de mœurs; Affaires de famille.
Ce livre étonnera, instruira, plaira.
E. M.

�Les Lettres Occitanes
Fablèls
i
T lio liaid Chivalier
Dins los fablèls i a mai de burlas
que pel campèstre de capurlas;
mas mai d'un cop, retenètz-oc,
una burla, aco's un peloc
qu'enclaus castanha de bèl èime.
Res de melhor e de plus lèime
que de se trufar d'un badoc.
N'anatz entendre una de bêla.
Aqui que i abia un chivalier
que volia prendre per molher,
à tôt pèrdre, una domaizèla
qu'aimaba à ne virar lo cap;
fora aquela, ne volia cap.

�— 214 —

Era letrut autant que calgue,
èra tôt claufit e florit
de sapiensa amai d'esperit.
Vertat es que i a res que valgue
mai qu'aco, mas empacha pas
que i a quicom mai qu'asi-bas
a plan son prètz : l'agradadura,
e, per nostre amoros transit,
pauràs ! cal dire que natura
l'abia plan, plan mal pervezit
tant en belor qu'en veziadura.
Semblaba un monin tôt cagat,
— un monin pauc o mal lecat.
Guèrlhe, bèfre, nas recocat,
bosut, garrèl, tôt malmargat,
èra laid coma lo pecat,
laid coma un pezol de ciraire,
laid à parar un canabal
melhor que cap d'orre esparnal,
tant laid que dins tôt lo terraire
se n' trufaba tôt lo femnum.
La qu'aimaba nostre fringaire,
agachatz qu'i carraba gaire !
Era polida coma un lum.
De biais, de corps e de figura,
sus ela abia tota ondradura.
Mas per d'esperit, d'abeluc,
d'èime, d'escarrabilhadura,
o ! per tôt so-z-autre, adiu Luc !
La polidetat, qu'aco 's freule,
quand amb'aco i a chue ni mue !
0 ! n'i n' mancaba un brave truc !
1 auriatz fach batejar un teule
dins de pèrnas blancas plegat;
èra bèstia coma un aucat.
Un jorn, la chivalier à taula
toutes sos amies acampèt.
Aqui, de paraula en paraula :
« Que pensatz d'aco ? » lor diguèt.
« Ne sabi cap que me convengue
« coma aquela, es la que me cal. »

�— 215

1
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

-

diguèron : « Qu'aco s'arrengue
à ton grat, amor qu'es atal,
e tant pis per tu se fas pèca.
S'es polida, a ben quicom mai
que va pas trop... — Per aco, rai,
sabi plan pron qu'es autant pèca
que polida; mas vos dirai
so qu'espèri d'aquel nobiage.
Sabètz pas so qu'arribara ?
Cadan, ma femna me fara,
s'à Dius plai, un brave mainage.
Nostres drolles, — veiretz aco ! —
auran, tenguent d'ela e de jo,
ambe l'esperit de lor paire,
la polidetat de lur maire :
atal auran tôt so que cal. »

L'amoros, sus aquel estral,
se maridèt ambe sa bêla.
De drolles, lor ne manquèt pas :
n'ajèron una ribambèla,
tantes ne vos, tantes n'auras;
mas totes à bèl tal, pecaire,
ajèron la laidor del paire
e la necieza de la maire;
tantes que lor n'espeliguèt
es atal que s'endevenguèt.
A. PERBOSC.

Fabliaux
i

I*e Ltaid Chevalier
Dans les fabliaux il y a plus de sornettes
qu'il n'y a d'alouettes aux champs;
mais plus d'une fois, retenez cela,
une sornette, c'est la bogue
qui enveloppe une châtaigne de bon sens.
Rien de meilleur et de plus légitime
que de se moquer d'un sot.
Vous allez entendre une belle aventure.

�— 216 —
Voilà qu'il y avait un chevalier
qui voulait pour femme,
qui voulait éperdument une demoiselle
qu'il aimait à en perdre la raison; .
hors celle-là, il n'en voulait aucune.
Il était savant autant qu'il le faut,
il était tout plein et fleuri
de sagesse et d'esprit.
11 est vrai qu'il n'y a rien qui vaille
plus que cela, mais cela n'empêche pas
qu'il y a autre chose ici-bas
qui a bien sort prix : c'est la plaisance,
et, er: ce (lui concerne notre amoureux transi.
le pauvre ! il faut convenir que nature
l'avait bien, bien mal pourvu,
tant pour la beauté que pour !a grâce.
11 semblait un magot tout craché,
— un magot peu ou ma! léché.
Louche, bec-de-lièvre, le nez en trompette,
bossu, boiteux, tout dégingandé,
il était laid comme le péché.
laid comme un pou de décrotteur,
laid à écarter les oiseaux d'une thenevière
mieux que le plus horrible épouvantail,
si laid que dans tout le pays
toutes les femmes s'en moquaient.
Celle qu'aimait notre galant,
ah ! qu'elle était loin de lui ressembler !
Elle était belle comme un rayon de lumière.
De maintien, de corps et de visage,
elle était ornée de toute perfection.
Mais pour de l'esprit, de la finesse,
du bon sens, de l'entendement,
oh ! pour tout le reste, adieu Luc !
La beauté, que cela est peu de chose,
quand avec cela il n'y a rien d'autre !
Oh ! ce qui lui manquait n'était pas peu !
Vous lui auriez fait baptiser une tuile
emmaillottée dans des langes blancs;
elle était bête comme un oison.

�— 217 —
Un jour, le chevalier à table
réunit tous ses amis.
Là, de parole en parole :
« Que pensez-vous de cela ? » leur dit-il.
« Je n'en sais aucune qui me plaise
« comme celle-là, voilà celle qu'il me faut. »
Ils lui dirent : « Que cela s'arrange
« à ton gré, puisqu'il en est ainsi,
« et tant pis pour toi, si tu te trompes.
« Si elle est belle, il y a cependant quelque chose
« qui laisse à désirer... — Pour cela, passe,
« je sais bien assez qu'elle est aussi bête
« que belle; mais je vais vous dire
« ce que j'attends de cette union.
« Vous ne savez pas ce qui arrivera ?
« Chaque année, ma femme me fera,
« s'il plaît à Dieu, un enfant bien venu.
« Nos enfants — vous verrez ça ! —
« auront, tenant d'elle et de moi,
« avec l'esprit de leur père,
« la beauté de leur mère :
« ils auront ainsi tout ce qu'il faut. »
L'amoureux, sur cette considération,
se maria avec sa belle.
Des enfants, il ne leur en manqua pas :
ils en eurent une ribambelle,
tant tu en veux, tant tu en auras;
mais tous sans exception, hélas !
eurent la laideur du père
et la bêtise de la mère;
autant qu'il leur en naquit,
c'est ainsi que cela se passa.

6

�Bibliographie Oeeitane,
A TRAVERS LES LIVRES
Jean LADOUX. Pasejadas dins Béziers. (Promenades dans Béziers).
Texte pcc/tan et traduction française. — Béliers, Estavnparia generala,
1926. In-8".
Le charme de Béziers s'exhale comme un parfum rare, dans les beaux vers
occitans de M. Jean Ladoux. C'est, pour le lecteur, un plaisir subtil de suivre
l'auteur parmi des lieux pleins de souvenirs et de poésie. C'est Béziers qui, près
de l'Orb étale sa robe diaprée sur uu coteau dominant la mer; c'est le « Plateau
des poètes » et ses marbres « blancs parmi l'herbe fraîche et les fleurs empou, prées »; c'est la fontaine du Titan, rappelant à l'âme, dans la bleue lumière,
la grande leçon de l'effort humain qui conquit la terre et les océans, et connut
la route des astres. Ce sont les allées Paul Riquet dont l'ombre verte est pleine
du vent salin qui souffle de la mer... Nous entions dans les vieilles églises, à
St-Jacques eue saluaient, jadis les bateliers, à St-Aphrodise, à St-Nazaire, dont
les pinacles et les tours flamboient vers le ciel, comme un aident amour, au
soleil touchant. Les souvenirs terribles de la croisade des Albigeois font songer
l'auteur aux cloches qui lancèrent au ciel « le glas funèbre » et St-Nazaire
lui rappelle ses autels profanés où les Huguenots donnèrent l'avoine à leurs
chevaux, « au milieu d'une horrible orgie. » Mais le poète s'attendrit à la pensée qu'en 17S3, quand « le peuple, sourde mer, s'agite, farouche, et croit par
la terreur sauver la liberté », Béziers reste la ville au grand cœur qui ne veut
point verser le sang français. Et, dans une pièce dédiée au maître sculpteur
Jean Magrou, Ladoux médite sur le monument aux Morts de la grande guerre
et il s'écrie : « Je te reconnais, ô France, et mon cœur tressaille : de tant de
braves morts, que ta main bénit, tu t'élèves noblement plus vivante et plus
magnifique, » Et le livre, qui débute par des vers dédiés à une épouse aimée
et un sonnet en l'honneur de Mademoiselle Vinas, reine du Félibrige, se clot
par d'exquises visions de printemps au « Plateau des Poètes ». M. Jean Ladoux
maître en Gai-Savoir, vice-syndic de la Maintenance du Languedoc prépare
VUj nouveau recueil de poèmes dont nous attendons avec impatience la publication.

���— 221 —

Gabriel GARRIC. La Cabreta de Sant-Estève. Occitania, E.-H. Guitard,
libraire-éditeur, 6, passage Verdeau, Paris (IX*) et Toulouse, 7, rue
Ozenne.
M. Gabriel Garric nous donne dans ce mince recueil, ses pièces couronnées
aux Jeux Floraux de la Maintenance de Languedoc. La Cabreta de Sant-Esteve est
une nouvelle qui rappelle la fine bonhommie de Roumanille. Ce conte populaire
recueilli pieusement par M. Garric est charmant. Nous n'y ferons qu'une critique
qui peut sembler d'importance. M. Garric a prêté à Saint Etienne le gril de
St Laurent... Peut-être n'a-t-il fait que se conformer -ainsi à une erreur traditionnelle du folk-lore local, C'est peu probable, et M. Garric prend acte* de
l'inexactitude dans un petit papier humoristique joint à son œuvre. Le volume
se termine par quatre poésies dont la verve n'est pas sans charme.

François TRESSERRE. Hommage à Auguste Fourès prononcé à Castelnaudary, le 16 mai 1926. Castelnaudary, société d'Edition Occitane, 37. rue
de la Baffe, 1926. In-8°.
M. François Tresserre est Catalan, à ce titre nul mieux que lui n'était qualifié
pour parler d'un languedocien et affirmer ainsi la fraternité de tous les pays
d'Oc. M. Tresserre possède en outre le précieux privilège d'avoir été honoré
de l'amitié du grand Fourès. L'auteur des Chants du Soleil, dont Mistral, Verdaguer et Aubanel ont consacré la gloire, mérita d'être surnommé Le dernier des
Albigeois; sans une mort prématurée, il serait devenu le premier des Occitans.
Fourès, peu de temps avant sa mort s'apprêtait, en effet, à réformer la graphie
occitane alors en usage. « Malheureusement, dit M. Tresserre, la maladie interrompit sa tâche, laissant à nos vaillants amis Prosper Estieu et Antonin Perbosc
le soin de parachever son œuvre réformiste en laquelle ils ont si admirablement
réussi ».
Une indifférence qui prenait figure d'ingratitude à l'égard de Fourès a pris fin,
en partie, grâce au vibrant appel de François Tresserre. Une souscription publique est ouverte pour lui élever, à Castelnaudary, un monument commémoratif.
L'Association félibréenne los grilhs del Lauraguès s'est constituée en comité
d'initiative et les souscriptions seront closes le 31 décembre 1926.

A TRAVERS LES REVUES
LOU BOURNAT bulletin mensuel de l'école félibréenne du Périgord. N" de
juillet-Août-Septembre 1926. Périgueux, 7 rue Gambetta. — Compte-rendu de la
Félibrée de Bergerac et de l'inauguration du monument Le Lorrain. — Poèmes de
Méry de Bergerac et Robert Benoit. — Publication intégrale d'une spirituelle
comédie avec chants, de Robert Benoit.
LA CIGALO LENGADOUCIANO. — N° de juillet-août 1926. Compte-rendu

�_ 922
des Fêtes de la Maintenance du Languedoc. Discours de Marins louvean, Vcaert.
Bernard, Mlle Vinas, reine du Félibrige, Jules Azéma et Caries Orandn au nom
du Rousslllon et de la Catalogne, Mandadis d'Arnavielle, blindes des majoraux
Blavet, Vinas et Barthe. Beau sermon prononcé par l'abbé Salvat à la cathédrale de Béziers.
LA CIGALO NARBOUNESO. — N» d'Août 1926. — Suite d'une nouvelle de
l'Ermite de Sant-Brancat. — Beau poème sur la légende de l'ogive par P. Albarel.
A signaler dans le numéro d'octobre 1926, de beaux vers de ,7a». Camjp, un
curieux conte populaire recueilli par le professeur Anglade, une amusante fantaisie en prose sur l'origine de la barbe par Larmi-Sanot, etc.
LE COURRIER CATALAN. Gazette d'information bi-mensuelle. Rédaction
et administration, 71, rue de Rennes, Paris (vie). — LE COURRIER CATALAN
qui a publié cette année un très intéressant feuilleton sur La Renaissance catalane, donne, dans son numéro du 1er Novembre, sous la signature de P. Guilaiiya,
une remarquable étude concernant la sensibilité chez les poètes catalans.
L'EVEIL CATALAN. Perpignan, 13, place des Poilus. N" du 16 octobre 1926.
Vers extraits du nouveau volume de poèmes que vient de publier Alfons Maseras,
un des écrivains les plus justement appréciés de la littérature catalane. — Petites
pièces de Pau Berga sur les jeux et les sports. — Poème de P. Erancis-Ayrol.
LOU FELIBRIGE (juillet-septembre 1926). Bulletin de propagande Mistralienne
et de régionalisme, dirigé par Mme , Frédéric Mistral publie un beau poème
du Capoulié Marins Jonveau sur Saint François d'Assise.
LO GAI SABER (Septembre-octobre 1926). La vaillante revue de l'Ecole occitane publie un spirituel article du professeur Anglade, et la préface que le
baron Desazars de Montgailhard vient d'écrire pour FZoc de Gasconha, recueil
de vers d'Arthur Cambos. On trouvera dans ce numéro un poème extrait de
ce recueil, ainsi que des vers de Jules Cubaynes et des maîtres Prosper Estieu
et Antonin Perbosc.
LEMOUZI. Revue mensuelle régionaliste et félibréenne, 25, rue d'Orléans, à
Neuilly-sur-Seine. Le numéro d'Août-septembre-octobre est consacré à la
xxvie fête de l'Eglantine célébrée en la cité de Pierre-Buffière les 11 et 12 septembre derniers. On y trouvera des vers d'Albert Pestovr, Edouard Mazin, Léon
Delhoume, Jean Rcbier et une pièce limousine, en un acte, de René Farnie,
passé maître dans le théâtre populaire limousin.
OC. N° 54. Or, y lira avec plaisir l'article d'I. Girard et celui de Pierre Azéma
sur les magnifiques leçons que donne l'Alsace aux pays d'oc, ainsi qu'un beau
poèm« provençal dédié à Lovis Le Cardonnel par J. Bourrilly.

�— 223 —

LA TRAMONTANE. Revue mensuelle de régionalisme, de littérature et d'Art.
Octobre 1926. A l'occasion du 70« anniversaire de M. le Chanoine Bonafont
(ho Pastorellel de la Vall d'Arles) une tête a eu lieu à Ille-sur-Têt. LA TRAMONTANE nous donne deux pièces de vers du vénérable prêtre qui est à l'avant-garde
du renouveau linguistique de sa petite patrie. LA TRAMONTANE a l'intention
de consacrer un numéro spécial au l'astorellet de la Vall d'Arles, nous avons
hâte d'en prendre connaissance.
PAUL-LOUIS GRENIER.

PIERRE ftZÉJBA.
Brun, solide, la lèvre ronge et l'œil ironique souus le large chapeau estival, cet authentique Clapassié' doit n son physique de méridional robuste
d'écrire une langue drue, énergique et franche comme lui. Il compte parmi
la «trinité félibréenne — L'Iiseoutaïre, Delpon Delascrabas — qui, à Montpellier, entretiennent le feu sacré au cœur des autochtones et son action est
bien connue, des aptecs catalans aux acamps de Provence.
Prêcher l'évangile mistralien ne lui para il pas suffisant. Après la parole
la «plume. Et c'est ainsi que nous lisons de lui une comédie antique en
deux actes, Loti Ciclopa.
Les vieilles fables gardent toujours sur l'esprit des hommes leur mysté
lieux pouvoir de séduction. Grâce à Azéma, notre littérature s'enrichit du
récit poétique «lo malheur île Polyphème engeigné par le subtil Ulysse. Nul
liiez nous n'avait encore tenté d'humaniser si pleinement les héros mythiques et de les rapprocher de nous.
Les légendes antiques ont toujours pâti du style académique dans lequel
on les traduisit. Les inventeurs grecs et latins, si simplement naturels dans
leurs textes, ont été accommodés par les cuistres à une sauce vraiment trop
lourde. Certes, nous n'approuvons pas Azéma d'avoir fait de rudes entorses aux noms hellènes de ces héros quand il les transpose en oc. Il y
avait là. une légère mise au point préalable qui s'imposait : Ulissa surtout
porte une désinence regrettable. Mais combien plus près de nous apparaissent ses personnages dont le vert langage exprime mieux qu'une langue
dite châtiée la véhémence naturelle des sentiments humains.
A quelle recherche de style peut bien songer le Cyclope sentant le pal
fumeux lui crever l'œil ei quelles épithètes de haute graisse ne sortirontelles pas de la bouche des compagnons d'Ulysse dans le moment où ils
s'efforcent de lapider l'ennemi à grands coups de cailloux 1
Que cela nous change aussi des fades patoisants dont le talent se hausse
à rimer la louange sempiternelle des flouretos et des aùcelous ! Verve et
lyrisme ne coulent-ils pas à pleins bords dans ce court passage :

�— 224 —
Bèu presounié de la boutelha
Lagrema poulpra de la trelha,
Mai que l'argent e mal que l'or
O vi, siès lou pus grand trésor !
Siès lou nectar e l'ambrousia,
Siès una font de pouesia
E de courage e d'enavan...
Pur roubis gisclat dan terraire,
Siès lou sang de la terra maire
Que reviéu e flouris en noutris, sous enfants !
Ajoutez à cette vigueur savoureuse, l'aisance du rythme, sa variété, la
r'chesse du vocabulaire, l'élan des strophes bien venues et vous aurez une
oeuvre qui honore celui qui sut écouter sur nos grèves ensolleillées
lou rire perlejant de las blancas naidas
et l'école languedocienne où foisonnent les jeunes talents, elle qui est en
train de prendre dans le Félibrige la place importante — une des premières — à laquelle elle a droit.
Jean CAMP.

�Les Beaux Arts
Sur les eimaises des salons
et dans les pages des livres.
Le Salon d'Automne réunit les artistes qui représentent le
mieux l'art moderne et avec une sélection que l'on ne trouve pas
aux Indépendants. Ce Salon séduit. Les grands peintres de notre
temps boudent souvent les Indépendants. Au contraire ils réservent
volontiers l'œuvre la plus importante de leur production de l'année au Salon d'Automne.
Celui qui s'est ouvert en novembre 1926 rassemble toujours les
mêmes peintres et sculpteurs caractéristiques de notre époque. En
outre, il marque, dans l'ensemble, une orientation vers un art plus
près de la vie, plus intelligent et sensible à la fois, plus réalisé et
plus mesuré. Il y a moins de laideur volontaire chez certains. Et
les systèmes arbitraires y perdent à chaque fois des adeptes. Le
cubisme n'y compte guère plus de partisans. Le Salon de 1926 me
permet d'espérer que je pourrai bientôt affirmer que j'ai eu pleinement liaison de soutenir toujours les artistes dont le modernisme
se vêt de l'amour de la couleur et d'une solidité qui ne supprime
pas l'élégance ni l'aménité, qualités essentiellement françaises.
Ces artistes, ils contituent le cœur même de cette exposition
automnale. Il semble que pour le symboliser on ait tenu à les

�— 226 —
grouper tous ensemble dans les quatre ou cinq salles voisines que
l'on traverse après être entré dans le Salon par la rétrospective du
grand impressionniste Guillaumin. On rencontre en effet là Matisse, avec un nu dans un intérieur où s'accordent en une harmonie surprenante, des verts, des « rouges, des bleus intenses, non
loin de Marval qui déroule les gammes des roses, des bleus tendres et des gris dans sa jeune fille de Paris ; non loin de Charles
Guérin se complaisant clans le rouge nacarat ; de André Fraye
dont la marine témoigne qu'il se joue avec une sûre maîtrise des
plus grandes difficultés ; non loin de Taquoy avec un coin de forêt
habité par les cerfs et les biches, avec une scène de courses de chevaux où l'on retrouve sa fermeté de palette habituelle- Et là voisinent d'autres coloristes de premier plan tels que Laprade dont
je parlerai, Jaulmes reprenant le poème des jeune! filles disposant des guirlandes fleuries, Lebasque avec un nu féminin solide
dans la grâce, et d'Espagnat, Camoin, Flandrin, Klingsor, Ottmann. Manguin, Picart le Doux, Valdo Barbey, Baignères, Friesz.
Asselin, Mainssieux, Carlos Reymond, Lépreux, Dufrenoy, Lotiron, Reboussin.
Avec les rétrospectives de Maufra et de Bakst, avec quelques
autres peintres que j'oublie involontairement, c'est le Salon carré
de YAut&amp;mne. On emporterait une vision presque complète de
cette exposition en se bornant à visiter ces quelques salles. Cependant, on a laissé en dehors de ces limites, et même on a parfois relégué dans les galeries des escaliers des œuvres significatives, bien que de tendances diverses. Nous avons considéré avec
attention les compositions religieuses de Desvallières et de Henri
Marret, les portraits de Paul Morand par Raymonde Heudebert,
du musicien Albert Wolf par Gerber, la figure féminine de Mlle Damita par Van Oongen dont le manteau et les dessous — celui-là
ne cache pas ceux-ci — sont prétexte à des virtuosité de coloriste,
les portraits par Yvonne Gilles. Mêla Muter, Peder, Marceau, la
séduisante jeunesse à la rose par Hélène Perdriat, la figure de
Charlotte Gardelle. Il y a aussi une série de nus modelés avec
une conscience savante dus à Marguerite Crissay, Grillon, Marcel
Roche, Deziré. Ceux d'Edelmann et de Georges Cyr sont d'une
touche nerveuse. Des paysages, décelant un amour de la nature
servi par un bon métier, appartiennent à Auclair, Renefer, de
Castro, Hélène Dufau, Charreton. Chariot, Antral, Balande, Dubreuil, Bach, Jacquemot, Dubois, Bonanomi. Il convient de s'arrêter longuement devant l'important envoi de natures mortes de
Roland Chavenon. toujours d'une réelle personnalité : les poissons
notamment, luisant sous la fraîcheur du robinet qui coule, demeu-

�que m.'en vaja
Vbô ? /iempte estima*
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VUÛ

Bois jravé pour FONT ROMEU

Par Koo»K.

��— 22-9 —
rent un excellent morceau. Fornerod a combiné un tableau curieux
avec la note bleue d'un tablier de paysanne et les tonalités bistres
d'un panier de pommes de terre et des sabots. Enfin, il faut
signaler des œuvres qui ne se classent pas dans les genres précédents par le choix des sujets : ainsi le Retour des Champs,
d'Adrienne Jouclard, l'évocation médiévale de Montassiez les
boxeurs de Lestrille, l'Offrande de Mondzain, les derviches tourneurs de Sureda, le thème champêtre de Deltombe, les bois graves d'Emile Aider.
La sculpture se montre digne de la peinture au Salon d'Automne.
ues sculpteurs les plus marquants ont été placés, eux aussi, dans
ce que nous avons appelé le « cœur » de l'exposition. Nous y
avons vu, en compagnie d'Auguste Guénot, Joseph Bernard, Hernandez, Marque, Pompon. Et ailleurs nous avons distingué Gimond,
Chauvet, Otero avec une figure décorative, Lucienne Hewilmans
avec une Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus, les frères Martel avec
leurs recherches de synthèse, Céline Lepage, Simone Tailichet
dont la nudité timide se présente Largement taillée dans le bois,
Vigoureux, Pavie, Mlle Mikoun qui s'essaie dans la sculpture
peinte.
Il m'a été particulièrement agréable de constater que les artistes occitans, aussi bien les peintres que les seulpteuurs, étaient
bien représentés dans ce Salon. Pierre Laprade y a exposé deux
toiles les plus remarquées : une captivante nature morte, bien dans
la manière de ce coloriste délicat, expert à situer sur les blancheurs d'un fond, celles de deux pantins posés côte à côte, un
pierrot et un jeune roi à couronne, avec la tache incarnate d'un
iouquet de roses rouges et la verdure d'une branche coupée au
premier plan. En second lieu une vue d'Aix-en-Provence, la Fontaine des Quatre Dauphins, où Laprade nous apparaît avec l'esprit d'un Hubert Robert moderne. Auguste Guénot a été aussi
apprécié dans le domaine de la sculpture que Pierre Laprade dans
celui de la peinture. Sa jeune fille accroupie se décèle aussi heureuse dans l'aisance de l'attitude, la perfection du modelé que dans
le choix de la matière. Et, avec cet artiste toulousain, voici d'autres sculpteurs de chez nous : Contesse, Parayre, CostaLes uns et les autres ont fait partie de notre exposition du
Groupe Occitan, de même que les peintres, Ghabaud, Ramond,
Ramey, Desnoyer, Laclau, Cadène, présents également en ce Salon
automnal. Nous regrettons que Gaspard-Maillol et Auguste Rouquet n'y aient rien envoyé cette fois. Chabaud attire l'attention
avec un Berger dans le Midi, d'une vigueur de touche peu commune. Pourtant à cette grande toile j'avoue préférer les sites lan-

�— 23û —
guedoeiens, — cooins arides de la monbagnette où moutonnent les
troupeaux, chemins blanchoyant entre les saules — que le même
artiste à rassemblés à la galerie Montaigne, et où il y à tant
de vérité unie à une telle liberté dans l'interprétation. Paul Ramond reste fidèle à ses montagnes du Roussillon et à ses chaudes
colorations. Desnoyer emploie sa palette corsée et son sens juste
des taches à peindre Albi et Montauban, ainsi que le pittoresque
d'un marché. Laclau dispose sur du bleu une gerbe chatoyante.
Ramey réussit toujours à mélanger avec agrément des accessoires
de fête, et à construire un nu puissant. Quant à Cadène, son portrait de jeune femme possède de la plénitude dans le dessin
comme de la sobriété dans le coloris. Lucien Maillol, le fils du
grand maître Aristide Maillol dont l'absence ne passe pas inaperçue, traite avec force une scène de foot-ball. Les provençaux Girieud, Seyssaud, Gatier sont à mentionner, avec Russet, d'Auvergne et Jeanne Gil-Marchez de Tulle. L'apport des méridionaux
s'est donc affirmé important et de bonne qualité.
Un autre provençal s'est manifesté, dans le temps que s'ouvrait
le Salon d'Automne, en une galerie du voisinage. H s'agit de
Pierre Forest qui a réuni chez Reitlinger des paysages de Nice et
de ses environs. Forest, en qui revivent les traditions de Monticelli, étend la pâte sur la toile à l'aide du couteau. Ses marines,
d'un accent romantique, ses vieilles rues aux maisons peinturées
d'ocre ou de rose vibrantes de lumière, présentent autant de relief
que de chaleur.
Mais les œuvres d'art ne s'étalent pas seulement sur les cimaises
des salons et des galeries. Elles se découvrent aussi dans les pages
des livres. Les gravures sur bois notamment les décorent. Il semble
même que les xyiographes se complaisent surtout à illustrer les recueils de poèmes. Gustave Kahn, qui est un critique artistique des
plus perspicaces et un poète des plus subtils, a pu écrire que le
graveur et le poète étaient devenus des « frères d'armes. » L'un et
l'autre se complètent. Les xylographes modernes ont en effet parfaitement compris quelle part leur était assignée dans leur collaboration avec l'écrivain. Ils ont souci de décorer le livre, et non de
l'illustrer. Si Théophile Gautier revenait aujourd'hui, il serait obligé
ue reconnaître que l'auteur et l'illustrateur ne se contrarient pas
toujours. Une xylographie doit orner une page à la manière qu'un
panneau de peinture ornemente une muraille. Le critique, s'il veut
être complet, ne se borne pas à visiter les expositions. Il lui échoit
aussi de parler des livres et albums artistiques. Et il y prend d'autant plus de satisfaction que ceux-ci s'examinent dans l'intimité du
home, et qu'on peut relire un livre après l'avoir fermé. Au lieu

�— 231 —
qu'une exposition, une fois close au bout d'une quinzaine de jours,
ne se rouvre plus.
Ainsi il m'est permis de reprendre dans nia bibliothèque, pour en
écrire, des ouvrages dont la publication n'est pas toute récente. Je
ne me serais pas consolé de n'avoir pas pu signaler le livre du grand
félibre provençal Marins André, Avec un chargement d'oranges (édité par le Cadran) adorné de bois dessinés et gravés par Robert Joël. La
gravure initiale figurant des hommes du peuple déchargeant les
oranges devant les navires d'un port dans de grandes corbeilles,
avec le seul rehaut de la teinte orangée a du caractère- Les gravures en tête des principaux chapitres redisent des motifs éternels,
les deux pigeons, les bateaux à voile, la corbeille de fleurs, la lyre,
mais avec un style d'une noblesse ornementale. On songe -à ces
grands vases de marbre dans les parcs. La succession des mois tout
au long ûi l'an constituera toujours une source d'émotion et d'inspiration pour les artistes, bans la Chanson des mois, elle a dicté
au poète Achille Rouquet des vers d'une spontanéité comme d'une
tendresse attachantes, et à son fils Auguste Rouquet des compositions xylographiques où se confirme un sentiment également poétique, servi par un don réel d'imagination dans l'arabesque, d'une
écriture robuste. La moisson, la paysanne cueillant des pommes
tout en offrant la rondeur jumelle de ses seins, la vendangeuse, la
danse du feu dans la cheminée, le corbeau tachant de noir la
blancheur de la neige symbolisent messidor, fructidor, vendémiaire, frimaire, nivose. Ces deux carcassonnais ont eu raison de
maintenir ces doux noms du calendrier révolutionnaire, si expressifs, inventés par leur compatriote Fabre d'Eglantine. Le compagnon de Danton et de Camille Desmoulins, l'auteur de la plaisante chanson rustique // pleut bergère, était né à Carcassonne.
C'est à Nice que nous ramène madame Capatti avec les bois gravés
interprétant les poèmes délicats de Louis Cappy Sous les Clairs
Oliviers et les Sombres Sapins ; opposiion de clairs et d'obscurs,
de blancs et de noirs s'équilibrent aisément dans les solides gravures de Madame Capatti.
Dans le vieux pays d'Auvergne; âpre et sauvage, Maurice Busset devait trouver tout naturellement les sujets de gravures sur
bois puissantes et vigoureuses, comme les monts d'Auvergne et
leurs rudes habitants. En des xylographies en noir ou même en
deux tons, de l'ocre au bleu, ce graveur, né à Clermont-Fèrrand,
nous fait pénétrer dans les régions diverses de l'Auvergne, dans
les égides, dans les étables. Il nous met en présence des types les
plus variés. Nous voici en face du berger des Dômes, du paysan en
blouse courte du Puy, de la paysanne portant la coiffure ancienne,

�— 282 —
de la leveuse de dentelles. Nous croisons au détour d'un chemin
un attelage auvergnat. Nous regardons les joueurs de quilles, les
danseurs de bourrée ou le marché des cochons. Grâce à ce xylographe, doublé d'un écrivain, — le texte de cet album est aussi de
Busset, — nous accomplissons un véritable séjour en pays d'Auvergne. Œuvre d'artiste et œuvre véritablement régionaliste, en même
temps. Les mœurs, les métiers n'y sont pas négligés.
Aux métiers, et même aux vieux métiers, a été consacré l'album
de six lithographies originales d'Henri Gizard. Le potier courbé
pour façonner un pot, au milieu de l'amoncellement des poteries,
le vieux tisserand assis devant son métier, le vigoureux sabotier
au milieu de ses sabots, le verrier, les bûcherons ont fourni au
lithographe une suite de gestes saisissants du travail, que relie
entre eux une exécution ample où les traits principaux sont
appuyés- Nous ne saurions oublier le papetier : le vrai papetier
fabriquant le papier à la forme, devant sa cuve. C'est dans la petite usine de Gaspard-Maillol, où se faisaient alors les papiers à la
main, que Gizard a pris son modèle sur le vif.
Si vous avez habité Toulouse, vous avez connu certainement
Alex Coutet. Coutet est une figure toulousaine au même titre que
Praviel. Vous avez rencontré Alex Coutet, poète, journaliste, dans
la rue d'Alsace et Lorraine ou dans les promenoirs d'un musichall qui affiche une revue signée de son nom. Coutet, à l'allure
jeune, à l'œil intelligent, montre un visage souriant. Il a l'air
de flâner, de se divertir à observer la vie qui l'entoure, ou à
conter une anecdote en tedmes piquants- Et cependant Coutet est
aussi savant que s'il avait vécu toute son existence dans la poussière
des bibliothèques. Je m'en doutais. Mais à présent que j'ai lu son
dernier livre Toulouse, ville artistique, plaisante et curieuse, je
puis l'affirmer avec certitude. Alex Coutet sait par le menu, depuis leur plus lointaine fondation, l'histoire de toutes les églises
toulousaines dont les clochers de brique s'élèvent sur l'azur languedocien. Il décrit en historien d'art averti l'architecture fleurie
des vieux hôtels de la Renaissance dans la cité de Clémence Isaure.
Il connait la légende de celle-ci, ainsi que la vie de la belle Paule,
dans ce passé de Toulouse si pittoresque depuis les batailles des
trois comtes Raymond jusqu'à l'affaire Calas et à l'aventure de
Jean du Barry, du Moyen Age au dix-huitième siècle. Mais Coutet
habille son érudition des habits séduisants de la fantaisie. Il rend
le passé véritablement vivant. Il le ranime au contact du mouvement moderne. Son ouvrage, tout documenté qu'il soit, se lit avec
autant d'intérêt qu'un conte narré par un poète. Alex Coutet
raconte Toulouse au long de son livre, avec la ferveur d'un amou-

�Bois gravé.

A. IÎHABÏAI»,

��— 235 —

reux et la délectation d'un artiste. Son style nerveux, coloré, a des
ailes comme ces pigeons du clocher des Augustins, qui complètent « la poésie du clocher rose en y effeuillant leurs blanches
ailes ». Lui aussi, Coutet, (ajoute de la poésie à la cité toulousaine,
laquelle n'en manque point cependant, avec ses monuments emplis de goût, sa clarté latine, ses jardins, et même ce canal de Riquet qui m'est particulièrement cher. Le livre de Coutet, précédé
d'une préface remarquable de Pol Neveux, illustré de gravures
anciennes et de reproductions photographiques actuelles, a été
édité avec beaucoup de soin par la librairie Richard, à Toulouse.
C'est un véritable ouvrage d'art, par le caractère d'imprimerie
autant que par la présentation. La floraison artistique de Toulouse y
occupe une grande place. Un livre à quoi l'on reviendra souvent et
que les toulousains les plus informés de leur ville ainsi que les
amateurs d'art les plus avertis reliront avec plaisir, non sans en
tirer toujours quelque enseignement.
Il en est de même, dans un autre plan artistique, du livre que
M. H. Verne et R. Chavance ont écrit « Pour - comprendre Fart
décoratif moderne »• Cet ouvrage, augmenté d'illustrations bien
choisies, forme un résumé complet des réalisation obtenues de nos
jours dans tout le décor de notre existence, depuis la maison jusqu'au vêtement. Sa publication est très opportune après l'exposition de 1925. L'éditeur en a confié la rédaction à deux écrivains
compétents et capables d'intéresser vivement en parlant d'un sujet
qui les intéresse.
Il y a des aperçus ingénieux, des idées profondes, notamment
sur le paysage et le portrait, dans le livre de Léon de Saint-Valéry,
t,es Tendances d'Art. L'auteur conserve quelque sévérité à l'endroit des impressionnistes et de la nature morte. Mais je l'approuve
pleinement lorsqu'il consacre des études à des peintres tels que
Pierre Laprade, Aman-Jean, Maillaud, Cottet, Cosson, Hélène
Dufau.
C'est une longue étude sérieuse, fouillée, appliquée que Armand
d'Agnel et Emile Isnard ont élaborée sur le grand artiste marseillais Adolphe Monticelli. Si le génial bohème y est dépeint dans sa
vie tourmentée, avec un constant scrupule de vérité, l'artiste y
est analysé d'une façon approfondie sous les trois faces du technicien, du dessinateur et du coloriste. Ce peintre était doué d'un
tempérament bien personnel qui permet de discerner tout de suite
un Monticelli entre plusieurs autres tableaux. Celui que Robert
de Montesquiou avait surnommé Le Rroyeur de Pleurs a recréé —
car" il était avant tout un imaginatif —, dans les diaprures d'un
coloris magique, avec un dessin alerte inscrit dans une couche émail-

�— 236 —
léa et hérissée d'empâtements, des fêtes galantes dans le cadre de
la Renaissance plutôt que de Louis XV, des scènes historiques
et religieuses, des turqueries, des paysages. Il a brossé quelques
portraits intenses. L'ouvrage de grand format, augmenté de nombreuses illustrations, honore la maison d'édition Occitania, aux
destinées de laquelle préside notre confrère Eugène Guitard.
Refaisons en terminant, après Jean Ajtalbert, l'apôtre du Livre
du Pays, le vœu que r?ms avons formé à la fin d'une précédente
chronique. Souhaitons que l'on trouve aisément en Auvergne,-à
Toulouse, à Marseille, ces ouvrages dont nous venons de parler et
qui aideront à se rappeler les visages des régions auxquelles ils se
rapportent. Emporter un livre en même terrrps qu'un bouquet de
violettes. Geste nécessaire et raffiné.
PAUL-SENTENAC.

Le Festival de musique

de chambre de Rey-flndreu.
Dans ta célèbre salle du « Caméléon », notre collaborateui et ami, le
grand compositeur occitan Rey-Andreu, a donné le 10 novembre une
séance entièrement consacrée à ses œuvres. La grande presse en a rendu
compte avec faveur, et nous sommes heureux de pouvoir réunir ici les
principaux passages des articles qui lui furent consacrés.
En pleine possession de son magnifique talent, Rey-Andreu va connaître la consécration définitive de Paris. Son œuvre, jusqu'ici connue
des seuls initiés, atteindra le grand public; nous pouvons en annoncer la
bonne nouvelle à nos lecteurs.
Le Groupe et les Feuillets Occitans, qui, dès leur début, ont soutenu le
grand compositeur Narbonnais, se félicitent — fidèles à leur programme
— d'avoir contribué à faire connaître un artiste occitan.
Les Feuillets.
^'événement du 16 novembre.
Le mercredi 10 novembre, le compositeur Rey-Andreu donnait une séance
entièrement consacrée à ses oeuvres, au Caméléon. Le grand public ne connaît pas encore beaucoup ïtey-Ahdreu. Cela tient à ce qu'il n'écrit que des
œuvres fort difficiles soit pour piano (Lôu Pays), soit pour violon (Ode Sonate-Adagio), soit aussi pour violoncelle (Poème-Nocturne), soit aussi pour
orchestre. Mais il écrit depuis peu. et si l'on considère son bagage artistique (environ quatre-vingts œuvres)cela tient du prodige. Comme on l'a

�du souvent, sa fécondité extraordinaire n'a pas pour eoroil»ire 1» facilite,
bien au contraire.
Son poème pour violoncelle est des plus redoutables, sa sonate pour violon et surtout son quator (dans le Nocturne) sont remplis de casse-cou !
Mais que désirent les virtuoses ? Vaincre la difficulté. Nous l'avons bien vu
dans les mélodies, sonate, sonatine, ballade, les interprêtres se sont surpassés. Citons-les : Mmes Verdevoye-Heuclin, Nadia Martel, Desjardins,
Suzanne Teissier, Potel de la Brière, Sagneux, Lantman, Bourgot et MM.
Murano Huvelih.
A. C.
Le Fk/aro du 15 novembre.
Un nouveau compositeur de grand talent, M. E. Rey-Andreu, vient de se
révéler brillamment dans une séance de musique de Chambre donnée le 10
novembre dans la petite salle du Boulevard Raspail. M. E. Rey-Andreu a
l'ait entendre une série d'œuvres d'un sentiment profond, ët d'une facture
remarquable que l'auditoire à chaleureusement applaudies ».
La Liberté du 15 novembre (page 2).
M. Mercereau donne parfois l'hospitalité aux musiciens, et nous lui devons de magnifiques manifestations esthétiques, comme celle du festival
Rey-Andreu. Ce compositeur déjà bien connu par son œuvre Lou Pays, les
Impressions fugaces, les Pages Brèves et de remarquables mélodies, n'avait
jamais donné la mesure de son talent comme dans la Sonate pour violon et
piano jouée parfaitement par Mlle Adellne Guérin-Desjardins et Mme Verdevoye-Heuclin, dans la Ballade, dans la Nocturne pour violoncelle joué par
M. Worms un jeune musicien de grand avenir et surtout le quatuor à cardes.
Le public d'élite a laissé éclater son enthousiasme pour cette œuvre finale
qui, par sa variété et la beauté de ses thèmes a toutes les caractéristiques
d'un chef-d'œuvre.
La Victoire du 17 novembre.
Ce modeste musicien qui pourrait par sa riche inspiration mélodique et
harmonique obtenir si facilement la faveur de la foule, semble s'être imposé
une discipline sévère. Ses œuvres, de plus en plus fortes, difficiles ne s'adressent qu'à l'élite des musiciens. Sa Sonate pour violon et piano, dont Mlle
Guérin-Desjardins a rendu avec fougue les pages frémissantes, ses Trois La
vis Occitans, où Mme Verdevoye Heuclin a dit avec ferveur, tout le calme
clair, vibrant, et mélancolique aussi, de la campagne occitane; ses mélodies
d'une poésie intense, son Nocturne pour violoncelle joué par Worms avec
un sentiment si profond, et enfin le pathétique et majestueux Quator à cordes d'une écriture si colorée et si moderne mais sans heurts ni empâtement
inutiles : voilà quelques œuvres qui placent désormais Rey-Andreu au premier rang des contemporains.

�— 238 Le Radical du 14 novèmbre.
Nous avons souvenir d'un feuilleton musical de notre confrère le Temps
où i'éminent critique musical M. Lindenlaub signalait, il y a quelques années, trois grands musiciens d'avenir. L'un, il faut bien le dire, était presque
célèbre et déjà nous avons eu la douleur de le perdre : André Caplet ! L'autre, bien en vie et en pleine vie, le musicien, peintre et littérateur Georges
Migot; enfin il citait Rey Andreu et ajoutait « retenez bien ce nom ». Nous
l'avons retenu et nous avons trouvé, mercredi soir, au Caméléon, Rey-Andreu
en pleine possession d'un immense talent. Avec des œuvres d'une puissance
d'une sensibilité et d'une technique assurée comme sa Sonate pour violon
et piano, sa Ballade, son Nocturne pour violoncelle, et surtout son splendide
Quator à cordes, il n'y a plus de doutes à avoir, cet auteur (qui a abordé
de plus hautes œuvres que son camarade Deodat de Sévérat avec lequel on
le comparait quelque fois, bien ù tort, à notre avis) rentre délibérément dans
la lignée de nos plus grands musiciens modernes.

Paris-Soir du 17 novembre,
M. Mercereau a fait connaître, beaucoup d'auteurs dans son charmant « Caméléon », mais combien d'appelés et peu d'élus I Son initiative ne sera point
perdue s'il nous dorme quelquefois des sensations d'art véritable, comme
avec les œuvres de Rey-Andreu. Ces œuvres d'une très haute tenue, sans
concessions aux goûts vulgaires, semblent crées dans la fièvre de l'enthousiasme ! Que l'on entende Adeliue Guériu dans la fantastique Ballade pour
violon, ou le majestueux Murano et Nadia Martel dans ses mélodies si difficiles mais si évocatrices, ou Mme Heuclin, pianiste de race, dans la douloureuse et palpitante Sonatine, et, enfin, Mlle Yolande Potel de La Brière
et ses partenaires dans le splendide Quator à cordas; on est toujours sous le
charme d'une musique neuve, personnelle, où l'on ne voit l'apport d'aucune
influence. On a l'impression qu'un nouveau et grand musicien indépendant,
comme Chabrier, Albeniz, Leken, vient de nous être révélé. Il faut tout attendre de Rey-Andreu dans le domaine de la musique pure. — A. L.

Réflexions sur le salon d'Automne, à Perpignan
La Colla ciel Rossello peut être fière de sa première exposition. Les murs de
la salle Arago, ruisselants de toiles aux couleurs chaudes, ont attiré pendant
une semaine tout ce que notre pays compte de lettrés, d'amateurs éclairés, et
même de frustes gens du terroir, qui ne sont pas si indifférents qu'on le croit
aux choses de l'Art. Certes, ce salon n'a pas été parfait. L'idée d'exposer pêlemêle les œuvres des maîtres et les essais des débutants peut prêter à critique.
Dç brillantes paillettes voisinent avec beaucoup trop de scories, mais ce dis-

�parate même n'est pas sans charme, et peut-être y a-t-il là un ferment d'émulation qui n'est pas à dédaigner.
Ce succès considérable (près de 300 toiles présentées) semblerait confirmer
la thèse de notre délicat compatriote J. S. Pons sur le manque de romanesque
du caractère catalan, et son amour des choses positives et réalistes. Nous avons
peu de romanciers, mais voilà une riche floraison de peintres, et tous naturellement coloristes. Pas d'anémie ni de léché dans la plupart de ces essais, mais,
par contre, trop de lourdeur, trop de bitume pesant, trop de boue dans certaines
œuvres. Nos paysages ont des colorations violentes dans le détail, il est vrai,
mais encore ne faut-il pas oublier que l'ensemble reste harmonieux.
Les aquarelles d'Etienne Ternis émergent naturellement de tous ces envois.
Chose curieuse, les toiles du solitaire d'Elne semblent sombres à première vue,
d'autant plus qu'elles voisinent avec celles de Paul Careassonne, brillantes d'une
jeune sève, d'une viridité remarquable. Mais il ne faut pas se leurrer. Le classicisme discret du Maître masque une profondeur, une luminosité qui émeuvent.
On a comparé sa peinture à la poésie de P. Camo : il n'y a pas d'idée plus juste.
Et quelle simplicité de moyens dans ce peintre fervent delà nature : — un pan
de mer bleue dominé par un roc fauve, un chemin de platanes qu'a touchés la première pointe dorée de l'automne, une soleillée sur l'Ablère avec de franches
ombres bleues — il n'en faut pas davantage pour communiquer le frisson du
génie au visiteur.
Quelques gouaches de Manolo, puissantes, aux masses moelleuses, sont dignes
du robuste sculpteur. Le style primitif de Manolo fait songer à Ramuz. La similitude est assez frappante entre la technique de l'écrivain et l'inspiration naïve
du peintre.
Il serait intéressant de chercher à dégager l'influence de notre sol à travers
toutes ces productions. A parler net, elle n'est pas très franche. Les réalisations
de la plupart des artistes semblent se cristalliser autour de Collioure. Certes, c'est
là le foyer de l'art catalan, et il ne me vient pas à l'idée de contester sa luminosité et son harmonie, mais symbolise-t-i! toute la pensée de notre région ? Assurément non. Notre montagne, notre arrière-pays ont une inspiration qui n'a pas
été suffisamment traduite. Un chêne-liège écorché empanachant un ravin d'argile sanglante, un filet d'eau qui miraille entre des roseaux, une dévalade
û'alzinas dans un pierrer des Aspres représentent mieux notre pays que l'inévitable clocher de Collioure. C'est dans ces petits tableaux qu'excellait Terrus, et
voilà pourquoi il demeure le plus pur représentant de la peinture catalane. A ce
point de vue, il serait intéressant de constater ce que le style tourmenté du
peintre russe Apostoli donnerait devant ces sujets. Je lui conseille une visite à
Montalba d'Arles, à travers ces terras matadoras où s'appesantit une aura tragique. Son talent assurément très personnel aurait l'occasion de briller davantage que dans les paysages assez triviaux de la banlieue perpignanaise.
Pour conclure, signalons l'exposition des gosses de Collioure, avec certaines

�- 240 u.nvf»felle» remarquables de fraîcheur et de naïveté. 11 y a là un mouvement
qu'il sera intéressant de suivre.
CHARLES ROUSSILLON.

Art et euriosité
Sous cette rubrique on lira un écho des ventes de peintures, dessins, estampes,
sculptures, objets d'art, livres, qui passent aux enchères publiques. Le lecteur
aura un aperçu de la valeur qu'atteignent certains noms. L'œuvre d'art est plus
que jamais une monnaie qui suit une marche ascendante quand sa distinction
ne fait aucun doute. L'amateur l'achète pour son plaisir, le marchand l'acquiert
pourqu'elle lui rapporte. L'un et l'autre sont ou deviennent presque toujours des
spéculateurs. On voit aussi assez souvent quelqu'un sans connaissances artistiques, naître amateur, parce qu'il aura appris que telle peinture .telle estampe
ont fait des prix très élevés et le voilà tenté de posséder un tableau pour l'installer dans son appartement, qu'il montrera un peu prétentieusement avec l'espoir
d'en tirer plus tard un bon parti. Que celui-là se méfie, qu'il fasse avant une
éducation, qu'il se renseigne, car toutes les œuvres exposées au marché ne monteront pas toujours, quelques unes même dégringoleront aussi vite qu'elles s'élèrent.
On tiendra compte du cas qui se présente des fois où deux amateurs qui
veulent la même œuvre se la disputent au delà de sa valeur.
Nous citerons impartialement la mercuriale, on reconnaîtra pourtant dans nos
lignes ce qui a nos préférences, ce qui nous paraîtra susceptible de se maintenir
et même de hausser.
Cette saison, la vente des tableaux a débuté par l'effet d'un coup de
Bertha, car la surprise fut grande d'entendre des prix stupéfiants donnés à des
œuvres dont quelques unes ressemblent à des rébus. Ses auteurs n'étaient pas
des débutants, quelques uns ne manquent pas de la grande éducation classique
et ont fait preuve, quand ils l'ont sans doute voulu, d'une notable virtuosité, ce
qui reste Inexplicable c'est leur tendance de pousser jusqu'à l'extrême incohérence
la déformation des corps humains et objets. Parmi ceux-là, catalogués fauves et
cubistes un grand naïf, ancien gabelou, ayant peint comme un grand enfant à
l'école primaire avec une parfaite méticulosité, dont sa peinture exposée la
Bohémienne endormie fut achetée plus de six-cents-mille francs, cote où parviennent les œuvres des plus grands maîtres Velasquez, Rcmbrand, Watteau,
Delacroix etc. Parmi les peintures des fauves : les paysans de Roiiault 21.000 fr. ;
un nu de Alatisse, un peu plus de 100.000 francs; le coq mort de Soutine, 22.000;
le gros arbre de Raoul Dnfy 9.500; la porte Saint-Denis deVbrillo 40.500; mes
préférences auraient été sur tout cela, à une tapisserie de Maillol, les Joueuses
de mandoline, et à son Concert qui firent chacune 27.100 fr.
ASTER.

�Feuillets régionalistes
tes fêtes JYléFidioi)a!e$ de StFasboùrg
Fédération Régionaliste Française — dont notre
éminent compatriote, Charles Brun, est l'âme, —
avait tout dernièrement organisé, au Musée Social,
une « Journée administrative ».
Les projets du gouvernement, considérés comme
une simple étape dans la voie de la décentralisation, y furent étudiés par des esprit distingués, qui
apportaient à cet examen les espoirs et les craintes nés de leurs
propres tendances.
Or, si tout le monde s'accordait sur la suppression de certains
rouages et l'extension des attributions de certains autres , les divergences de vues apparaissaient dès que l'on donnait comme terme à cette évolution, la création d'une nouvene entité géographique, la région, jouissant d'une large autonomie administrative, intellectuelle et économique. Certains esprits chagrins, tout
en reconnaissant les heureuses conséquences d'une telle viviflcation, laissaient percer une arrière-pensée, la crainte que l'accroissement des libertés locales ne se produisit au détriment de
l'unité nationale.
Fort opportunément, à quelques jours de là, les Fêtes Méridionales de Strasbourg, auxquelles le Groupe Occitan était aimablement convié, sont venues apporter leur réponse à ces appréhenkA

sions.

�— 242 —

**
N'était-il pas déjà symptômatique que la tradition en ait fixé
la date au jour anniversaire de l'entrée des troupes française à
Strasbourg, qu'elles aient débuté cette année-là par la « coupo
Santo » de Mistral chantée au pied du monument de Kléber, et
que, recevant les délégations du Midi, le maire de Strasbourg ait
pû
dire « cette magnification prend une valeur toute particu« hère à la veille d'un anniversaire si cher aux Alsaciens, qu'il
« ne faut pas juger par les calomnies de quelques propagandistes
" isolés. Au-dessus des querelles de partis une chose nous unit
« tous, nous sommes tous français et l'Alsace est une province
« française, au même titre que la Provence ». On le vit bien, le
soir quand, au cours de la splendide soirée donnée au Palais des
Fêtes Je drapeau français apparut dans une apothéose, encadré
d'Asaciennes et d'Occitanes, tandis que M. Déloger entonnait la
Marseillaise devant un auditoire de plus de 2000 personnes frémissantes et dréssées d'un seul élan.
Encore pourrait-on soutenir qu'un tel enthousiasme n'est guère
probant et tient uniquement à la psychologie des foules. Ce serait
en méconnaître la valeur et l'esprit dans lequel ces fêtes avaient
été organisées.
Le splendide livret-programme édité à cette occasion par la
« Cigale Méridionale » prend soin de nous en avertir : « Avec
« ses imperfections et ses lacunes, dit-il, le présent livret ne
&lt;( constitue pas une fin, mais un commencement et, pour ainsi
« dire, une première esquisse de ce que nous désirons faire pour
« donner sous une forme attrayante et condensée, les éléments
« essentiels permettant de faire mieux connaître en Alsace, les.
« régions du Midi et dans le Midi celles de l'Alsace ».
Développement des activités locales dans le cadre national et
interpénétration régionale, tel est le leit-mofiv des manifestations
annuelles dont nos compatriotes ont pris l'heureuse initiative en
Alsace.
N'en déplaise à leur modestie, la réalisation de ce programme a
été à la hauteur de leur conception. Leur livret, que je serais
heureux de voir entre les mains de tous nos amis, a pour titre :
« L'.Vsaee et le Midi, leurs beautés, leurs produits ». D'abondantes illustrations, des articles documentaires, des poésies
judicieusement choisies réunissent agréablement ces belles provinces non point comme « des mondes décolés » mais pour en
souligner l'interdépendance
dans tous
les domainesC'est
ainsi que M. Lévêqu'e ne manque point de marquer la liaison di-

�— 243 —
recte existant entre les deux ports autonomes de Bordeaux et de
Strasbourg et le parti qu'on en peut tirer et que notre distingué
collaborateur M. Marsais, termine ainsi un excellent article de
vulgarisation sur les vins du Midi : « N'y a-t-il pas dans cet
« exemple des vins du Midi et des sels de potasse d'Alsace échan« gés entre les deux régions, comme un symbole des plus encou« rageants. L'Alsace laborieuse doit aller chercher dans le Midi
« les enseignements qui lui sont indispensables pour la reconsti« tution et la défense de son vignoble, les bois de porte-greffes, le
« matériel viticole et. vinicole si perfectionné, les vins courants et
« les vins de cru des pays méditerranéens. Le Midi apprendra à
« connaître les vins "fins d'Alsace, les excellentes spécialités ali« mentaires de la plaine de l'Hl et du Rhin, et fera un usage de
« plus en plus abondant des sels de potasse d'Alsace, source de
« vigueur et de santé pour la vigne, culture essentielle de notre
« beau Midi ».
Le même esprit de collaboration avait inspiré le programme
même des fêtes, au cours desquelles alternaient les danses alsaciennes et occitanes. Ces dernières préparées et réglées par l'Académie Provençale, étaient la reconstitution de danses de caractère et de danses corporatives : danse corporative des tisserands
interprétant, sous forme de jeu dansé et chanté, le métier à tisser
le travail des ouvrières plaçant les fils et celui du maître-ouvrier,
navette en mains, posant la trame ; danse corporative des Fileuses, restaurée dans sa tradition ancienne, reproduisant la légende
d'Hercule filant aux pieds d'Omphale ; danse corporative des cordelières, figurant le tissage de la corde ; danse corporative des
jardinières. Enfin, la soirée fut égayée par le curieux spectacle de
la danse du « Chivalet » exécutée par les danseurs de Cournonterral (. -orault) et qui consiste, comme chacun sait, dans d'amusantes évolutions de chevaux de bois. C'est là une vieille coutume,
très en honneur encore dans nos villes du Midi et je n'en veux
citer pour exemple que les « Pandores Narbonnais » qui ont leur
cercle et participent, pour la joie du public, à toutes les fêtes de la
ville, notamment à l'époque du carnaval.
Enfin, à l'occasion de ces fêtes, les cinémas de Strasbourg
avaient eu la délicate pensée d'ajouter à leur programme un film
documentaire sur les beautés du Midi.
*

* *

Sous leur forme attrayante, les belles fêtes méridionales de
. rasbourg, conçues et organisées avec intelligence et méthode par

�— 244 —
M. Pujo, président de la Cigale Méridionale, dépassent de beaucoup le caare d'une simple manifestation d'« originaires ». A
l'heure où elles tendent à prendre un caractère traditionnel en
Alsace, il convient d'en saisir le caractère et la portée.
En associant sur tous les terrains ces belles provinces de France,
en favorisant entre elles des courants de sympathies et des liens
d'intérêt, M. Pujo a largement travaillé pour son pays et a démontré que le patriotisme local, avec toutes ses aspirations, est,
somme toute, le meilleur facteur du patriotisme tout court. Fort à
propos, son livret rappelle les vers de Jasmin :
« Qu'es la Franco ? Uno grando, uno forto famillo:
« Bretous, Picards, Gascous, Francimans, Marseillés...
« Et soun aounou que brillo
« Boulen toutes lou défendre (Et quand lous eçteahics)
« Per l'enerumi nous agarretzoun
« Bretous, Picards, Gascous, touts allors s'abarrètzoun,
« Touts alors fazen qu'un et trucan en francés. »

L'œuvre de la Cigale Méridionale à Strasbourg est de celles
auxquelles nous devrons à l'avenir apporter tout notre appui et le
concours de tous nos moyens.
Fernand CROS-MAYREVIEILLE.

�Feuillets gastronomiques
Pensées gourmandes
Le gourmet est le gourmand passé à l'étamine.
*
**
Vouloir être gourmet, c'est déjà cesser d'être gourmet.

*

**
Le vrai gourmet est celui qui ne retient que la mesure et le bon ton
de la chaleur çommunicative d'un bon repas.

Côme de Médicis disait : « Avec trois aunes de drap fin, je fais un
homme de bien. »

�— 246 .Or, avec trois dîners fins chez le bon traiteur on peut faire un gourmand, non un gourmet.
*

#*

Demandez au gourmand les remèdes à la crise financière, les causes
de la maladie des huîtres et les beautés de I' « esprit de Locarno »,
c'est le dîner qu'il va faire.
Demandez à un gourmet les bienfaits de l'optimisme, c'est le dîner
qu'il a fait.

Voyez le gourmand : absorbé tout entier dans la contemplation de
son appétit ou même de son prochain repas, préoccupé par l'exactitude
du service, le choix des entremets, l'âge du Bordeaux à chambrer, il ne
méprise point, à proprement parler, son voisin qui savoure une soupe
aux choux rehaussée d'un confit d'oie : il l'ignore.
***
11 est un proverbe gascon, trésor d'indulgence, pour la pécheresse de
village : « Quand on tombe dans une haie, on ne sait jamais quelle est
l'épine qui vous a piqué. »
Pareillement, en matière de table. Quand on verse dans la gourmandise,
on ne sait jamais quel est le plat que l'on préfère, car aux yeux du gastronome vraiment digne de ce nom, le plat d'aujourd'hui doit être meilleur
que celui d'hier et moins bon que celui de demain. Néanmoins, il est en
gastronomie des signes lumineux qui, tôt ou tard, mettent la fine bouche
sur la voie de la prédilection et qui, tout en lui révélant les causes de
ce qui fut son doute ou sa versatilité, semblent lui dire devant le nouveau
chef-d'œuvre sorti des mains du maître : « L'idéal est atteint. Tu n'iras
pas plus loin. »

Sur une digestion, le gourmand dort ou tonitrue. Le gourmet, lui,
médite, explore son moi satisfait, mais tâche £ se convaincre, en contemplant les ruines émouvantes de ce monument qu'est un grand dîner,
que, peut-être le goût n' a pas dit son dernier mot.
**
11 y a de l'esprit au bout de la fourchette d'un gourmet. Au fond
du verre d'un gourmand, il n'y a qu'un borborygme.

�La gastronomie ou l'art de bien manger, voilà ce qui prouve, en dépit
de Darwin que notre bouche ne fut jamais celle d'un gorille.

Gourmet n'entend rien à gourmé.
Le gourmand est le parasite de la table. Le gourmet en est l'ornement.

Un gourmet ne se reconnaît point à son bagage documentaire, de même
qu'un bon écrivain ne nait point d'une compilation ou d'une science
livresque.

Le gourmand a suivi le mouvement des temps nouveaux. Il mange en
vitesse. Le gourmet, lui, est resté l'homme des diligences, des convenances, des révérences. Il ne se jette pas sur une bonne chose. Il la salue
de son goût, la caresse du regard, la courtise par la pensée.
Il y a chez les gourmand de l'envie, du sans-gêne, de l'égoïsme, de
l'ignorance, de la frénésie. Le cri du cœur, l'appétit de l'esprit, jamais !
Le gourmand cultive une pratique; le gourmet, lui, pratique un culte. La
bouche parle, non le ventre.
Le gourmet, lui, pratique un culte. La bouche parle, non le ventre.

Chez le gourmet la faim ne justifie pas les moyens. Il y a toujours
un métronome sur la table du gastronome.
Le gourmand mange, le gourmet le regarde manger.
*
**
Il y a tout ce qu'il faut pour un gourmand sur une table bien servie,
hors le charme qu'il n'y peut mettre.

II existe aussi les bagatelles de la table : madrigal-potage tortue
précédant un marivaudage — sauté de mauviettes en croustade. Le gourmet ne l'ignore point; il en connaît la valeur. C'est ce qui fait de lui le
gentilhomme du goût.

�;

- 248 —

Une femme fine mouche, un homme fine bouche, jetez un pont : c'est
l'Amour qui passe.

*
**
Le gourmand est le nouveau riche de la gastronomie. Il ne trompe
personne et c'est d'ailleurs ostensiblement qu'il demande, dans la bonne
« boîte », un vol-au-vent financière bien « tassé ».

**
Gourmandons le gourmand qui, sous prétete de se bien tenir à table,
s'empiffre. Voyez-le; il mange des yeux : Sa bouche n'est plus qu'un
four, son ventreun collecteur. Que ne porte-t-il une « assiette garnie »
à sa boutonnière à la place d'une rosette, morceau de poireau ou de
Nicham Iftikar ?

*
La fourchette du gourmand est à la gastronomie ce que la casquette
du bedaud est au style de la cathédrale.

Si, présentement, la gastronomie, en certains endroits, déraille, la
faute en estausnobisme, dont se pare le gourmand qui veut manger et
qu'on le voit mangeant mais qui ne sait pas manger.
&gt;

*
**

Un foie gras truffé flambé à l'alcool d'un bon auteur fait plus pour
le goût français qu'une Sorbonne entrelardée de philosophie.
Jean-Paul

ARISTE.

�Feuillets économiques
Chronique vitieole.
L'importation. ile.s vins et liqueurs étrangers et le change. — Vue heureuse
campagne de la « Semaine Vinicole ». — tes vins de liqueurs français
ne peuvent avantageusement remplacer les Portos et Madères. — Les
expériences de M. le Professeur Viala sur les maladies de VEsca. — La
Muation vinicaie et la hausse des prix.

Fidèle à son programme qui est de poursuivre l'inventaire et de contribuer à la mise en valeur de nos ressources régionales, les Feuillets
Occitans ne sauraient passer sous silence l'ardente campagne entreprise
par la « Semaine Vinicole » en faveur des vins de liqueur français.
Avec le rédacteur de ces articles, on est stupéfait de constater que,
dans l'état actuel de notre change, nous dépenserons cette année une
quarantaine de millions de francs à importer de l'étranger des vins de
liqueur que notre sol national, et plus particulièrement certaines régions
de notre Midi, sont en état de produire. Aussi est-il très justement suggéré, au moment oii il est question de vie chère et de restrictions, de
supprimer cette cause de dépense à l'étranger.
Fort à propos, le rédacteur de ces articles fait état de documents
du plus haut intérêt et qu'il convient de signaler.
C'est d'abord, un extrait du bulletin de la Chambre de Commerce Portugaise d'où il ressort que l'intensification des cultures, dans la région
de Douro, constitue une véritable surproduction, incompatible avec une

�— 250 —
production de qualité. C'est ensuite, une étude de M. le professeur Ferreira de Silva, directeur du laboratoire de Chimie de Porto d'où il résulte
que la fabrication du Porto est spécialement le résultat d'un coupage de
vins blanc avec des géropiges, qui ne sont autre chose que des mistelles.
Le produit final dépend donc, beaucoup moins de l'origine que de l'habileté des industriels de Villa Nora de Gaia, où ces vins sont « travaillés ».
A l'appui de cette assertion, la « Semaine Vinicole » cite les observations de M. Fortuné, chimiste de la C. G. V., d'où il résulte que bien
souvent les chimistes du port importateur de Cette se trouvent en présence
de Portos et de Madères, dans lesquels ils décèlent la présence de saccharose ou sucre de canne. Les observations sont confirmées par un autre
chimiste, M. O. Klein.
Dès lors, comment ne pas conclure avec M. Tinayre, consul de France
à Porto, qu'à ces vins pourraient être avantageusement substitués des vins
de liqueur fournis par le sol généreux et ensoleillé du Midi de la France
et de l'Algérie.
Nous ne pouvons que féliciter « La Semaine Vinicole » d'une courageuse campagne de nature à émouvoir les Pouvoirs Publics, surtout si
l'on songe un instant que le vin de France, qui représente une valeur
annuelle de plusieurs milliards de francs, constitue, dans les circonstances actuelles, l'une des plus belles monnaies d'échange que nous possédons .
Signalons, dans le même journal, une série d'articles commentant les
travaux de MM. Barthe et Railhac, députés, au sujet des possibilités
de productions, dans nos colonies, d'alcool d'agaves, sisals ou bananes.
La « Revue de Viticulture », que dirige M. Marsais, ingénieur-agronome
chef de laboratoire à l'Institut Agronomique, poursuit ses études techniques, si précieuses aux viticulteurs avisés. Dans cet ordre d'idées,
le fondateur de cette revue, M. le professeur Viala, membre de l'Institut,
inspecteur général de l'Agriculture, donne les résultats de ses recherches
sur une maladie de la vigne fort peu connue, l'apoplexie, qu'il convient
d'attribuer au développement d'un champignon, l'Esca, pénétrant principalement par les plaies de taille. Conclusion : Viticulteurs, n'oubliez pas
au moment de la taille, de désinfecter ces plaies avec une solution cicatrisante et, si cette précaution était impuissante, tentez de sauver tes
malades par l'opération du recépage au dessus du collet.
Mais ceci n'est qu'un conseil, qui ne saurait dispenser de lire la savante
étude de notre éminent compatriote.
Dans la même revue, signalons les intéressants articles de M. J. Bonnet
sur l'industrie des pépins de raisins, de M. Barbet sur la vinification
par fermentation continue, de MM. Carrière et Spinos sur les cendres
de la vigne, enfin de notre collaborateur Léon Douarche sur le Vin de
France.

�— 251 —

A la veille de vendanges délicates, en raison des accidents météorologiques et cryptogamiques survenus à la vigne, les publications locales
ont multiplié leurs conseils pour la vinification. 11 n'est pas douteux que
l'œnologie, si longtemps négligée, fait de sérieux progrès. Parmi ces
travaux de vulgarisation, citons les conseils annuels de vinification rédigés par le Directeur de la station œnologique de Narbonne, M. L. Semichon et publiés dans le numéro du 31 août du Bulletin de la Société
Centrale d'Agriculture de l'Aude. On y trouve des explications claires et
précises sur les derniers progrès et les nouvelles méthodes de vinification.
Dans le même recueil, on lira avec fruit une excellente étude de
M. Viviès, ingénieur chimiste, sur le rôle de la chaux dans l'alimentation
des plantes.
Il est inutile de s'étendre ici sur la situation d'une récolte déficitaire
pour des causes diverses. Il en est résulté une hausse assez brutale des
cours. De ce phénomène d'ajustement, d'aucuns se sont étonnés ou
indignés, sans trop réfléchir qu'à l'exemple des autres denrées, le prix
du vin est conditionné par son prix de revient. Or. main-d'œuvre, matières premières et outillage voient leurs prix d'avant-guerre multipliés
par le coefficient de dépréciation du franc. Le sulfate d'ammoniaque atteint 200 fr., le sulfate de cuivre. 350 et le soufre, qui coûtait 12 fr. est
passé à 150 fr. Je ne vois pas, en toute équité, en vertu de quels principes
on refuserait au seul vin le libre jeu des lois économiques.
F. DE CARSAC.

�Têtes Occitanes
ARMAND PRAVIEL; .
a peint le doux visage de Rodenbach se
découpant sur les architectures de Bruges-la-Morte. C'est
sur un fond de décor toulousain, dominé par l'église romane
de Saint-Sernin, qu'il faudrait portraiturer la fine figure
d'Armand Praviel.
Figure essentiellement toulousaine. La renommée littéraire de Toulouse est devenue inséparable de celle d'Armand Praviel. Déjà, au temps que je débutais dans les lettres, en la cité
languedocienne, Praviel apparaissait comme un jeune maître. 11 était d'ailleurs maître-es-Jeux Floraux. Je me plais à me le rappeler en cette
époque, parcourant les vieilles rues de Toulouse, entre ses deux fidèles
ÉVY-DHURMER

�- 253 —
amis, entre le monocle de Pierre Fous et la cravaté lavallière de J. K. de
Brousse. Praviel, un feutre à larges bords sur sa face entièrement rasée,
les cheveux plutôt longs sur la nuque, enveloppé dans une cape noire
à l'espagnole, avait l'air d'un jeune prêtre. N'était-il pas prêtre de
Clémence Isaure ? De bonne heure, le poète qui dirigeait la catholique
Ame Latine avait acquis à Toulouse une réelle réputation. Sa valeur
d'écrivain et d'artiste, son activité la justifiaient. Car Armand Praviel,
ardent, aimant la lutte, s'est toujours prodigué. Directeur de revue,
rédacteur de ÏExprcss du Midi, il montait sur la scène pour faire des '
conférences. Ou mieux pour les jouer. Il signait la chronique théâtrale à
l'Express; sa redingote grise était légendaire parmi les habitués des
fauteuils d'orchestre.
Aujourd'hui Armand Praviel occupe une place importante dans les
lettres françaises, tant en province qu'à Paris. Il collabore au Mercure
de France et à la Revue Hebdomadaire. 11 est arrivé de la manière la
plus probe et la plus honnête : par ses dons comme par son incessant
labeur. Le jeune prêtre d'Isaure, sans rien perdre de sa jeunesse, a atteint
à la haute dignité de prélat. 11 montre d'ailleurs, lorsqu'il parle en public
ou dans l'intimité, — car il est un causeur des plus vivants, — de véritables mains de prélat, fines, pâles, expressives. Cet écrivain, au style
nerveux, imagé, ferme, animé, empli de ferveur, possède une vingtaine
de livres à son actif. Cinq ouvrages de poésie, dont l'un, La Tragédie
des Soirs, a été édité par Lemerre, et dont le dernier, Le Cantique des
Saisons, a obtenu le prix de littérature spiritualiste. Trois romans ou
recueils de contes, notamment ce Péché d'Aveugle qui se rangé parmi
les plus célèbres livres d'âmes. Avec L'Assassinat de Monsieur Fuatdès,
L'Histoire tragique de la belle Violante, l'Aventure de la Duchesse de Berri,
Praviel a rénové le roman historique. 11 a publié aussi de nombreux
ouvrages de critique littéraire, plusieurs anthologies.
Originalité de cette carrière littéraire, suffisamment rapide et cependant bien assise : Armand Praviel n'a jamais voulu quitter Toulouse.
Si on le rencontre assez souvent à Paris, il ne s'y fixe pas. La cité de
briques le retient. Le voilà mainteneur des Jeux-Floraux et parmi les
« têtes, » de L'Express du Midi. Le régionalisme compte en ce poète un
de ses* défenseurs les plus convaicus et les plus zélés. Praviel a réuni
une anthologie du Félibrige, et, sous le titre de L'Empire du Soleil, il a
rassemblé des scènes et des portraits félibréens. Dans Les Provinciaux,
il s'est plu à étudier, entre autres le grand Mistral et notre cher Pouvillon, si coloré et si délicat à la fois.
Régionalisme, — Praviel tient en horreur ce qu'on appelle le parisianisme, qui nivelle les tempéraments, — et catholicisme caractérisent
l'œuvre de l'auteur des Poèmes Mystiques. Mais ce catholique n'a rien
d'austère ni d'étroit. Armand Praviel garde autant de libéralisme que de

�— 254 verve. Il s'intéresse à toutes les productions de l'esprit. Il a composé sur les
personnages typiques du théâtre, de Hamlet à Scapin, des vers qui sont
des plus pittoresques, des plus émouvants. Et lorsqu'on a eu la bonne
fortune d'entendre le poète réciter lui-même ses vers, on reste persuadé
que ce parfait écrivain, s'il l'avait voulu, aurait pu être un comédien
de tout premier plan.
P. S.
BIBL.IOGfifl.PHlE:

POÉSIE : Poèmes Mystiques (1901) Ed. de La Lutte, Bruxelles. — La Ronde
des Cygne* (1901), odelettes et sonnets, Ed. de L'Ame Latine, Toulouse. — La
Tragédie du Soir (1903), Paris, Lemerre. — L'Exercice du Chemin de la Croix,
sonnets (1907), Ed. de L'Ame Latine, Toulouse. — Le Cantique des Saisons, mm
(1913), Ed. du Temps Présent, Paris. Ouvrage couronné par le Comité de Littérature Spiritualiste (prix Claire Virenque).
Tous ces ouvrages sont épuisés.
En préparation :' Jeux du Cirque.
ROMAN : Péché d'Aveugle (1906), Paris, Perrin. — Les Routes de Gascogne.,
croquis de chez moi (1908), Paris, Nouvelle librairie Nationale, Coll. Les Pays
de France. — Jamais Plus, roman d'une province qui s'en va (1922), Paris, Bloud
et Gay.
HISTOIRE ET CRITIQUE : LAnthologie du Félibrige (en collaboration avec
J. R. de Brousse) Morceaux choisis des grands poètes de la Renaissance méridionale
au xixr siècle (1909, Paris, Nouvelle Librairie Nationale). — L'Empire du Soleil,
scènes et portraits félibréens (1909). Paris, même librairie, col. les Pays de France.
2e édition, Toulouse, Privât. — L'Assassinat de Monsieur Fualdès (1922) Paris,
Perrin, Nouvelle collection historique : Enigmes et Drames judiciaires d'autrefois. Préface de M. Marcel Prévost, de l'Académie française. — L'Histoire tragique de la belle Violante (1924), même librairie, même collection. Ouvrage couronné par l'Académie française (prix Montyon de 2.000 fr.).— Histoire anecdotique
des Jeux-Floraux (1924), Toulouse, Privât, et Paris, Didier.
— Provinciaux :
Mistral, Pouvillon, Ch. de Pomairols, Jules de Rességuier, Coraly de Gaïx, Eugénie de Guérin, l'abbé Jean Barthès, le F. Sas-mien, etc. Paris, la Renaissance du
Livré, Bibliothèque internationale de critique. — L'Anthologie des Jeux Floraux
(en collaboration avec J.-R. de Brousse, Paris, Nouvelle Librairie Nationale (1924).
— L'Aventure de la duchesse de Berri (1925), Paris, Hachette, collection les
e
Récits d'autrefois.
EN PREPARATION : Notre-Dame de Praslin ; La Dame des. Poisons, M. de
Tu rie et Martin Guerre, récits historiques.
La Côte d'Argent, le Pays Basque et le Béarn. 1 volume de la collection .Les
Beaux Voyages, Rey, Grenoble.
Du Romantisme à la Prière, études critiques.

�GASPARD-rvlAlLiLiOLi
Graveur, Papetier et Peintre

La firme du Pégase, créée naguère pour le plaisir des bibliophiles,
vient de publier une seconde édition de l'album de bois gravés par
Gaspard-Maillol, Petites Eglises de la Guerre. On en parle dans les
journaux comme dans les revues d'art. Occasion opportune pour portraiturer et présenter Gaspard-Maillol.
Dans la préface que je me suis plu à écrire pour Les Petites Eglises
de la Guerre, je me suis essayé ainsi à un portrait du xylographe : « Parmi les régions que la guerre a dévastées, l'artiste-soldat chevauche,
sa barbe blonde un peu hirsute, ses cheveux un peu trop longs, ses
larges lunettes rondes à la Chardin s'unissant dans un contraste curieux
sous la bourguignote. Sa mission militaire accomplie, le voici qui descend de cheval. Sous la pluie, sous la neige comme sous l'aident soleil,
dans le temps que tonnent continuellement les canons, il s'arrête devant
une petite église rencontrée sur sa route, et se met à la dessiner avec
ferveur. Plus tard, dans le cantonnement de repos, dans la cagna, le
xylographe gravera son dessin dans le bois, distribuant largement les
blancs et les noirs. »
Première image de Gaspard-Maillol. Cet album des Petites Eglises
voisine dans l'œuvre gravé de l'artiste avec un autre : Femmes. Femmes
dans leur nudités ou leurs déshabillés, ici s'étendant, les cheveux dénoués,
sur la blancheur du lit, là mettant un bas, assises sur des divans, ailleurs
passant une chemise. Deux ouvrages d'inspiration bien différente, mais
qui appartiennent cependant au même auteur par la robustesse du
métier, ainsi que par le souci d'une recherche de perfection dans l'art
du livre.
Et le papier sur quoi ces deux albums ont été tirés a été fabriqué par
Gaspard-Maillol lui-même. Car le xylographe s'est fait papetier pour
échapper aux mauvaises productions papetières actuelles, destinées à se
détériorer rapidement. 11 a créé, quelques années avant la guerre, avec
son oncle, Aristide Maillol, ces papiers de Montval, fabriqués uniquement
à la main, en dehors de toute combinaison chimique, séchés à l'air. Des
papiers dont l'aspect rappelle celui des murailles, et si souples cependant.
Et voici une seconde image de Gaspard-Maillol : Gaspard-Maillol
faisant une feuille de Montval. Au-dessus de la cuve, les manches de sa
chemise retroussées jusqu'aux coudes, il tient de ses deux mains le
châssis, attentif à égaliser la pâte. En dépit de ses cheveux presque
en broussaille, il montre le visage grave de celui qui accomplit une
sorte de rite. 11 a toujours eu la foi dans « son papier ». Il a eu raison.

�Les papiers de Montval, après avoir clé Fabriqués dans le doux petit
village d'Ile-de-France,. puis dans la petite usine du Mans, ont trouvé
le cadre h plus approprié en l'ancienne manufacture royale de Çarison
et Montgoli'ier, à Vidalon-les-Annonay, où Maillol dirige les travaux.
Le succès a donc couronné les efforts du graveur papetier.
Mais, papetier et graveur, Gaspard-Maiïlol demeure toujours peintre.
« Je suis peintre ! » annonçait-il de sa voix vibrante, en appuyant sur
le p, de même que s'il mettait la pédale forte, dans le temps .que je
l'ai rencontré pour la première fois à Toulouse. L'artiste dessinait à
cette époque des grues et des danseuses de café-concert, qu'il rehaussait
de tonalités crues d'aquarelle émergeant parmi des ombres d'encre.
Manière qui lui était particulière par le procédé et par l'allure fougueuse.
De la fougue, Gaspard-Maillol n'en apportait pas d'ailleurs que dans
ses dessins. Aux réunions des Artistes Méridionaux où, aux côtés d'Auguste Guénot, il représentait les tendances d'avant-garde, il brandissait
souvent sa chaise par le pied pour affirmer la valeur combattive de ses
convictions." L'ardent Catalan s'est un peu calmé depuis. S'étant marié,
il a pris pour thème de ses aquarelles et de ses peintures les gestes féminins dans l'intimité paisible de la vie quotidienne, dans les occupations
de la toilette ou de la couture, les soins du jardin, la sieste allongée sur
le fauteuil de toile.
Le peintre pourtant aime sortir de sa maison pour s'en aller peindre
la nature. 11 a brossé de nombreux paysages dans tous les pays où il a
séjourné, dans l'Ile-de-France, dans la Sarthe, en Bretagne, à Banyulssur-Mer. 11 possède le goût des couleurs corsées et franches, le besoin
de la pâte pleine, le culte de l'équilibre linéaire, la vision large des
volumes.
Et voilà un troisième portrait de Gaspard-Maillol : Gaspard-Maillol
paysagiste. Je le revois, sans chercher longtemps dans mes souvenirs,
en me reportant à quelques journées trop rares, emplies du bonheur de
l'insouciance. André Fraye et Gaspard-Maillol avaient planté leurs chevalets dans une prairie bretonne, devant le même motif, des feuillages tressant une corbeille de verdures pour y enclore la mer. Maillol, un feutre
noir ayant mis la courte veste d'une salopette bleue sur son veston gris qui
dépassait en dessous sur la tête, de plusieurs eentim., maçonnait, selon
son expression, la toile de solides empâchements, avec une application
soutenue. C'est à peine s'il prenait le temps de jeter un regard de méfiance vers une vache qui menaçait, en paissant, de renverser son chevalet, ou
un coup d'œil de mépris vers un groupe de snobs qui s'essayeaient ctan»
amicales de Fraye. Et lorsque le soir venu, Gaspard-Maillol quittait le
terrain, il laissait sur l'herbe ravagée toutes les colorations de sa palette !
PAUL-SENTENAC.

�MRSQUES
(Invite à l'amour)

HëatFy

RAM «Y.

�Gaspard

MflILLOL

Bois gravé (3'Augnste

ROUQUET,

�— 257 —
OUVRRGES DE BOIS GRAVÉS.

Petites Eglises de la Guerre, avec préface de Paul Senrènac; Editions AinIré.
1908. — 2e Edition définitive à l'Enseigne du Pégase, sur papier de Montrai.
Novembre 1926. — Femmes, avec préface de René-Jean, Edition de la librairie
Powlozski, sur papier de Montrai. — Scraphynia, conte d'Alexandre Merce
reau, même éditeur, sur papier de Montval. — Les quatre, graveurs du Mont,
en collaboration avec R.N. Raitnbault. Brbùtelle, Térouarme. Texte de Paul
Sentenac et Emmanuel de Thtiberl. Edition de La Douce France, sur papier
de Montval.
En préparation : Baigneuses, texte de Forot. — Profil, Faces et Trois-quarts,
texte de Carco. — Danseuses, texte de Paul Sentenac. — Illustrations de Ton
Pays sera le mien, d'André Lamandé. .. La Passante d'un soir de neige, de
Marcel Clavié, etc.
A la liante Méridionale (Cârçassonne), La Vie, Les Images de Paris, La
Heure, La Tramontane, La Revue de l'Epoque, Les Feuillets Occitans, etc.
Salon d'automne. Société Nationale des Beaux-Arts, Salon des Indépendants,
Société des Artistes Méridionaux, à, Toulouse. Société de la Jeune Gravure
sur bois (galerie Devamhez), Groupe des Graveurs sur bois (galerie du
Nouvel Essor).
Tableaux acquis par l'Etat (Salon Occitan, 1926). Album acquis par le
musée de la Guerre, etc.
Etude dans sa Guirlande de Masques, de Paul Sentenac, dans sa Nervie,
par Antoine Orliac, dans Le Hun Plaisir, par Marc Lafargue dans VArt et
les Artistes; Le Coq Catalan par Paul Sentenac, Lu Tramontane, par Charles
Bauby, la Renaissance du vrai papier, racontée par R. N. Ramibault, dans
la Revue Moderne par Clément Maro, etc..
Po-'traits et dessins à la plume par le peintre Ripp-Ronaï. — Gravure sur
bois par Emile Aider, dans la Guirlande des- Masques. — Dessin au crayon
par Henri Gizard (L'Ouest Sportif). — Bois gravé, par Antoine Gallien (La
Tramontane et Comœdia). — Dessins au crayon, par Paul Sentenac (La Berne Méridionale). — Photographie d'art, par Manuel frères (Salon d'automne 1925). — Bois gravé, par Auguste Rouquet (Feuillets Occitans 1925).

�Tables te Juillet* Occitans
(Années 1925 et 1926)

Table de 1925
Beaux-firts
Fernand CRÉMIEUX : La Musique occitane; Un « Opéra languedocien » à la cour de Louis XV; Daphnis et Alcimadure de Mondonville, 73.
PAUL-SENTENAC : Henry Lapauze, 19; Chronique artistique, 56; Notre Exposition, 61; Les Artistes occitans à l'Exposition
des Arts Décoratifs, 83.

—

Ltettres françaises
Adrienne BLANC-PÉRIDIER : Entre Tentale et Prométhée, poème, 37.
Jo GlNESTOU : Les Livres, 40.
Jean LEBRAU : Nostalgie,
poème, 80.
Frédéric SAISSET : Lo F'ardai, poème, 38; Les Livres, 40.
F. C. : Benjamin Crémieux et Pirandello, 12. —
P. S. : Dzim-Boum, par Jo Ginestou. — X. : Les Livres, 81.

—
—

—

Lsettres Oeeitanes

—

Paul ALBAREL : Lou bourrou, 7.
Léon AURIOL : Bendémios al
bilatge, 55. ~- Prosper ESTIEU : La Basilica, 6.
E.-H. GuiTARD :
Bibliographie occitane, 53; Nouvelles Félibréennes, 8, 50, 95.

—

�259 —

Questions Oeeitanes.
: Le Groupe occitan et le régionalisme, 33. —
occitan, 29.
Fernand CROS-MAYREVIEILLE :
L'Activité du Groupe Occitan, 68; Le Mouvement économique occitan, 66; Travaux de la Section économique, 30.
Léon DOUARCHE : Peut-on exporter nos vins du Midi en Europe Centrale, 110.
— E.-H. Gui TARD : Le Problème occitan; La Question de la langue
d'Oc à l'école, 1, 42, 91.
Emile PEYROMAURE : Réponse à l'enquête concernant la question de la langue d'oc à l'école, 94. —
Emile Roux-PARASSAC : Réponse à l'enquête concernant la question de la langue d'oc à l'école, 92.
A. de SAINT-VINCENT-BRASSAC : L'Occitanie et le monde latin; Le Section de l'Amérique latine
au Collège des Sciences sociales, 103.
V. SELVES : Les Ressources économiques du Languedoc et du Roussillon; La Montagne
Noire, 107.
CHARLES-BRUN

COMET

—

L'Office

:

—

—

—

—

Têtes Oeeitanes
Pierre
R.

: Charles-Brun, 22; Achille Rouquet, 100.
: Pierre-Viala, 97.
A. R. : Paul-Sentenac, 25.

LHORTE

MARSAIS

—

—

Variétés
Prosper

MONTAGNE

: La cuisine occitane,

70.

Illustrations
Bois

Paul

: La tour Gaston Phœbus, (Château de Foix), 18.—
A. CHABAUD : L'homme à la pipe, (couverture Feuillets 4-5) —
Gaspard MAILLOL : Baigneuses (couverture Feuillets 1 et 2-3). —
Achille ROUQUET : Bandeaux 1, 12, 19, 33, 39, 42, 56, 61, 81, 83,
91, 103, 107, 111, 114; Lettrines et culs de lampe. — Auguste
ROUQUET : Charles-Brun, 22; Paul-Sentenac, 25; Clocher du Lauraguais, 65; Moulins du Lauraguais, 73; Achille, Rouquet, 100. —
Achille et Auguste ROUQUET : Pierre-Viala, 97.
CASTELA

Reproductions phothographiques

: La Cheminée des Contes de Fées (Feuillets 4-5). —
Edouard DOMERGUE-LAGARDE : Panneau décoratif (Feuillets 4-5).—
Henry FAVIER : La porte d'honneur à l'exposition des Arts décoratifs (Feuillets 4-5).
Auguste GuÉNOT : Le tailleur de Pierre
(Feuillets 4-5)
DARDÉ

—

�— 260 —

Table de 1926
Beaux-Arts
Achille ASTRE, Art et Curiosité. 232. — Albert BAUSIL . le Souvenir de Déodat de Séverac, 71. — Jacques BAUDRY : Le Festival
Rey-Ahdreu, 167. — Fernand CRÉMIEUX : Joseph Fontbernat et
le chœur occitan, 165. — H. FAVIER : Essai d'architecture méditerranéenne, 123. — E.-H. GUITARD : L'écroulement du clocher de
la Dalbade, 73. — Jean MORINI-COMBY : Vers une esthétique occitanienne du cinéma. L'Idée et l'écran, 116. — PAUL-SENTENAC : Le
Salon du groupe occitan, 17; Grandes et petites expositions, 65;
Sous l'œil bleu-gris de Gustave Geffroy, 107; La Saison des expositions, 159; Sur les Cimaises, 221. — D' Paul RAMAIN : Un cinéaste
occitan; l'Art cinégraphique de Jacques de Baroncelli. 118. —
Charles ROUSSILLON : Le Salon d'automne à Perpignan, 230. —
F. G., A. R. : Echos, 114. — Festival Rey-Andreu, 228.—

Iiettres françaises
François-Paul ALIBERT : Le sommeil de la Terre 201. — Denys '
AMIEL : Un Théâtre régionaliste, 1. — Albert BAUSIL : Stances
à Séverac, poème, 54. — Jean CABRIÉ : Les Livres, 309. — Jean
CAMP : Le patois, poème, 203; — Fernand CRÉMIEUX : Joseph Caraguel, écrivain narbonnais, 49; Les Livres, 150, 207. — Henri GAUTHIER DU BAYL : L'Excellence Valérienne, 89. — André LAMANDÉ :
A l'œuvre pour l'Occitanie, 45. — Jean LEBREAU : Les Poilus, de
Joseph Delteil, 100; Colchiques du Lampy, poème, 202. — Pierre
LHORTE, : Les Livres, 10, 206. — MORINI-COMBY, : Les Livres, 204.
— Henry NOELL : L'Ame catalane d'autrefois et d'aujourd'hui, 4;
Les Livres, 57, 152. — Elisabeth L. POURCHEROL : Les Armes de
Nîmes, 13. — Armand PRAV1EL : Leçons, et exemple, 145. —
Albert PujOL : La main du Millénaire, 197. — Pierre SAINTGlRONS : Les Livres, 60. — Frédéric SAISSET : Les Livres, 10, 62, 94;
Le Roussilion, pays de lumière et de joie, 187. — Léon SOULIÉ :
Les Pins, poèmes, 103. — Gabriel TALLET : La Fête-Dieu, poème,
158. — Suzanne TEISSIER : Les Mimosas de Bon-Secours, poème,
55. — TOUNY-LÉRYS : O Terre aimée, 8. — A. R. : Les Livres, 98. —
J. C : Les Livres, 59. — R. R. : Les Livres, 99.

�— 261

Lettres Oeeitanes
Jean CAMP : Pierre Azema, 219. — Marcel CLAVIÉ : Les Livres,
32. — Paul-Louis GRENIER : Bibliographie occitane, 31, 83, 133,
174, 216; A travers des Revues, 217. — Joseph LOUBET : Ves-pre
autounenc, poème, 169. — Antonin PERBOSC : Fablèls, 211. —
Joseph-Sébastia PONS : La Vinya de l'Ajup, 135.

Questions Oeeitanes
ALCANTER DE BRAHM : Réponse à l'enquête concernant la question de la langue d'oc à l'école, 77. — Jean CAMP : L'Amérique
latine et nous, 40; Les Pays latins et nous, 140. — DR CLÉMENT :
Réponse à l'enquête concernant la question de la langue d'oc à
l'école, 126. — Fernand CROS-MAYREVIELLE : Les Fêtes méridionales
de Strasbourg, 233. — E.-H. GUITARD : Enquête concernant la question de la langue d'oc à l'école, 28, 77, 126. — Jean MORlNi-COMBY :
Le mouvement économique, 136, 177. — Abbé J. SALVAT : Réponse
à l'enquête concernant la question de la langue d'oc à l'école, 126.—
V. SELVES : Les Ressources économiques du Languedoc et du
Roussillon; La Montagne Noire (suite), 86. — DR Charles VIDAL :
Réponse à l'enquête concernant ta question de la langue d'oc à
l'école, 28.

Têtes Oeeitanes
PAUL-SENTENAC : Etienne Rey-Andreu, 36; Armand Praviel, 244;
Gaspard Maillol, 247. — ROUQUET : Jean Lebrau, 143. — Frédéric
SAISSET : Adrienne Blanc-Péridier, 33; Pierre Vidal, 84. — Abbé
Joseph SALVAT : Auguste Fourès, 183.

Variétés
F. de CARSAC : La Carte des Vins du Languedoc, 42; Chronique
viticole, 241. — Jean-Paul ARISTË : Pensées gourmandes, 237.

Illustrations
Bois

Auguste CHABAUD : bois gravés, 16, 233. — L.-P. CADÈNE : Illustrations pour « Vin rouge » — Louis CLAUDEL : Les Ausils (près
Narbonne), 105. — COSTA, 17. — DESNOYER, bois gravé, 187.

�— 26-2 —

— Jean-Jules DuFOUR : Ste Cécile d'Albi, 25. '— LAGARRIGUE :
Avant le marché, 67. — Gaspard MAILLOL, 9, 35; Clocher de la
Dalbade (Couverture Feuillets 8-9). — E. ROGER : Plat et Vase, 3.—
A. ROUQUET 1, 4, 15, 45, 65, 77, 84, 89, 116, 145, 150, 159,
165, 169, 174, 177.; Nature morte (couverture Feuillets 10-11-12). —
Achille et Auguste ROUQUET ; Adrienne Blanc-Péridier, 33. —
Achille ROUQUET : Argeliers (Aude), 28; Auguste Fourès 183;
Couverture Feuillets 13-14-15. — Auguste ROUQUET : Alet (Aude),
21; Etienne Rey-Andreu, 36; Cabrespine (Aude) (Couverture des
Feuillets 6-7); Moux, 94; Joseph Delteil, 100; Le Toréador, 113;
Paul Valéry (Feuillets 10-11-12); Jean Lebrau, 143; Armand Praviel,
244; Gaspard Maillol, (Feuillets 16-17). — Max THÉRON : bois
gravé, 201.
Reproductions photographiques
CALMON : Paysage (Feuillets 6-7). — DESNOYERS : Femme assise (Feuillets 6-7). — DOMERGUE-LAGARDE : La vieille Gasconne
(Feuillets 6-7). — FAVIER : Maison pour un ferronnier à Paris
(Feuillets 6-7). — A. GUÉNOT : La Bacchante à l'Enfant (Feuillets 6-7). — LAPRADE : Dessin (Feuillets 6-7). — Jean MAGROU :
Le cortège de Dyonisos (Feuillets 6-7); Le Cardinal de Cabrières
(Feuillets 10-11-12). — PARAYRE : La Femme assise (Feuillets 6-7).
— POUVILLON : Intérieur (Feuillets 6-7). — RAMEY : Nature morte
au masque (Feuillets (6-7); Nature morte (Feuillets, 16-17). —
P. RAMOND : L'arbre de Judée (Feuillets (6-7). — H. de TOULOUSELAUTREC : La Danse au Moulin-Rouge (Feuillets 10-11-12); La
Femme au boa (Feuillets 10-11-12). — Eugène VIALA : La Place du
Village (Feuillets 6-7).

ATJCH. — IMPRIMERIE V, COCHARAUX, RUE DE LORRAINE,

C.l.0.0.
BÉZIERS

18.

�Les Papiers de Montval
créés par GASPARD-MAILLOL doivent être désormais
employés pour les impressions de luxe, les belles éditions,
la lettre, la taille-douce, et l'eau-forte.
Ces papiers uniquement composés de pur fil, chanvre, soie,
sont fabriqués à la forme et à la main par GaspardMaillol et son fils, et ne contiennent aucun ingrédient
chimique.
Ils sont un support indestructible de la pensée humaine.
S'adresser, 3g, rue Palestro, Paris,
à M. Gaspard-Maillol.

nos heeteups
Le présent numéro est le dernier de la première série des « Feuillets
Occitans ». Avec lui se termine la période d'essais de notre revue et du
Groupe Occitan. Le succès que notre tentative à rencontré, nous encourage
à agrandir notre champ d'action et, sur un plan plus large, de faire des
Feuillets l'organe le plus complet du régionalisme moderne, dans toutes les
manifestations de la vie occitane.
Nous.avons tenté, avec nos modestes moyens, de donner à notre revue une
présentation agréable ; nous avons voulu montrer quel lien spirituel unissait l'écrivain occitan de langue française à l'écrivain de langue occitane ;
nous avons pensé que l'esprit d'une race inspirait les uns et les autres et
que les grandes lignes de la tradition occitane se retrouvaient dans l'architecture, de nos oeuvres qu'elles soient écrites en langues d'oc ou d'oil, peintes, gravées ou sculptées. Nous avons voulu montrer toute la force de notre
civilisation méditerranéenne. Charles Brun et André Lamondé ont exprimé
à nos lecteurs notre pensée et notre action. Nous avons également fait cette
tentative de rapprocher le producteur de l'artiste et nous avons donné dans
nos Feuillets des études économiques.
Dans la nouvelle série des « Feuillets Occitans » nous apporterons avec
des moyens plus puissants le même soin à la réalisation de notre programme.
LES FEUILLETS.

N.-B. — Le montant de l'abonnement aux « Feuillets Occitans » est porté
à, 30 francs par an pour 1927. Nos lecteurs comprendront que l'accroissement des prix, et le développement de notre revue justifient cette augmentation.

�Ltes Revues.
Paris nous offre aujourd'hui, entr'autres périodiques, le Divan en sa dis
crête robe vert sombre, avec la finesse concentrée de ses critiques, le lyrisme retenu de ses poètes, les notes précises et élégamment réduites de ses
ses commentateurs. Notons particulièrment un incisif croquis d'Henri Duclos : « A la proue de nos villages » qui chante le clair étang roussillonnais, les corbières de pierres précieuses, l'Aric, le Canigou de marbre, et
Dominique, patron du Languedoc. Jean Lebran exalte sa province dans
l'Ermitage sensible et averti.
La Revue des indépendants, Poésie, Esope, La Science historique, nous
retiennent aussi par leurs bonnes feuilles.
Des marches septentrionales, nous viennent le Mercure 'de Flandre, le
Flambeau du Nord, le Beffroi de Flandre, l'Est dramatique, tous curieux
à divers degrés.
La Mouette s'enrichit des nhms dès meilleurs écrivains normands qui sont
nous le savons, gens d'envergure ; le Fleuve lyonais présente un vivant
André Picard par la plume d'André Lamandé qui est trop ici chez lui pour
que nous fassions son éloge. De Lyon encore, Vidée Neuve et son étrange
« Décagone ». D'Orléans (qui l'eût cru ?) Le Grenier, superbement présenté et parfaitement écrit ; de Dijon enfin, le remarquable Essor, d'un luxe
et d'une présentation peu communes.
Et voici la riche théorie de nos revues méridionalés : l'Auvergne littéraire avec son numéro spécial de septembre consacré au. congrès des écrivains de France et au livre de la région ; lou Bournat du Périgord ; les
publications de déracinés... récalcitrants : l'Aude à Toulouse, le Gard à
Paris ; la Tramontane de Perpignan chantant les splendides « aplecs' » de
Font Romeu ; Biou y Toros de Nimes ; Lo Gai Saber de Toulouse ; les Pyrénées littéraires ; Divona qui vient de naître à Cahors et dont le début magistral est plein de promesses. On y lit notamment quelques bonnes pages
du roman récent de Lamandé « Les Enfants du Siècle », de judicieuses
remarques appliquées' au Quercy sur le livre de la région et une étudê
sur « Vin Rouge » poème et Histoire de la crise vinicole de 1907, gonflé de '
seve comme une jeune vigne.
z
Voici enfin les frémissantes « Tablettes » de la Côte d'Azur où nous retrouvons avec joie de beaux bois d'Auguste Rouquet ; de par delà la mer,
voici le Languedoc à Alger et La Terre d'Afrique, dont le sommaire et les
illustrations noue attestent la vitalité exubérante et forte du milieu artistique et littéraire de l'Algérie.
J. C.
De la Côte d'Azur également on annonce la naissance prochaine
grande revue d'art dirigée par Paul Castela,

d'une '

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel du Groupe Occitan

ORÊANË RÉGIOMALISTK DES PAYS D'OC
Bareauï de la Rédaction : 41, Boulevard des Capucines, PAHIS
TÉI.KI-HHM : GUT. 78-19.

Jour de réception : le mercredi de 6 à 7 h.
-Dé^ôt et "Vente :
Librairie « ÛEriiania s, E, Psssana i'arJîaii, Paris, et 9, RUE tomt, à loulou» ;
Librairie Rjrçsîit?. à Ciffasane; Hall des Grends fésicnaux, à Paris.
Les Presses plTersitaires île France, 49, Boulevarâ Saiot-Micnel, Paris.

COMITÉ DE RÉDACTION :
Le Comité. .Directeur chi Groupe O'-citan.
(Les manuscrits doivent être adressés à M. Auguste
Principaux collaborateurs :

ROUQUET,

Secrétaire général)

Lettres Françaises : J. F. Paul AZJBERT; Jean AMADE; Achille ASTRE;
Jean AZAIS; Daniel BAQUÉ; A. BAUSIL; Adrienne BLANC-PÉRIDIER ; BOYERD'AGEN; Jean CAMP; Paul CASTELA;
CHARLES-BRUN;
G. CHER A U, de l'Académie Goncourt; Marcel CLAVIÉ; M. COULON;
Benjamin
CRÉMIEUX; Fernand CRÉMIEUX; Joseph DELTE1L; DENYS4-AMIEL; Henri
DUCLOS; Raymond ESCHOLIER; Lucien FABRE; Henri FESCOURT; Ernest
GAUBERT; H. GAUTIER du BAYL; Jo GINESTOU; Henry de GORSSE;
Jehan d'ARVIEU; Vincent HYSPA; Pierre JALABERT ; ROMUALD-JOUBÉ ;
Jean LEBRAU; J. MORINI-COMBY; H. MUCHART; Henri NOELL;
Ch. PHALIPPOU; J.-S. P»NS; Armand PRAVIEL; Albert PUJOL; Dr RAMAIN;
A. ROUQUET; Charles ROUSSILLON; J. ROZÈ3 de BROUSSE; Frédéric
SAISSET;
PAUL-SENTENAC ; Léon SOULIÉ; TOUNTLERYS; F. TRESSERRE: Suzanne TESSIER; Paul VALERY, de l'Académie
Française; Georges VILLE; Jules VERAN, etc.
Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZEMA: Dr Paul ALBAREL;
Léon AURIOL; Prosper ESTIEU; Adolphe FALOAIROLLE ; M. FRISSANT;
Ismaël GIRARD; P.-L. GRENIER; E.-H. GUITARD; Léon JULTA; J. LOUBET;
Antonin PERBOSC;
Jean PUEL Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph
SALVAT; Dr SOULA, etc., etc.
Beaux-Art s : BERNARD; Auguste CHABAUD; CALMON; Louis CLAUDEL;
DESNOYERS; DOMERGUE-LAGARDE; L.-C. AYMAR; H. FAVIER; FONTBERNAT; Mme GAUDION; A. GUENOT; GASPARD-MAILLOL; A. LAGARIGUE; Pierre LAPRADE; Jean MAGROU; Jean M ARSEILLAC ; MAXTHERON; PARAYRE; RAMEY; RAMOND ; E. REY-ANDREU; Achille ROUQUET; Auguste ROUQUET, etc., etc.
Etudes Economiques : Gaston COMBELERAN; Emile COMET; L. DOUARCHE;
Jean DUPUY Aimé GRANEL; A. PASSERIEUX; Pierre du MAROUSSEM, etc.
Histoire, Archéologie, Fok-Lore : Fernand CROS-MAYREVIEILLE; E. ROUXPARASSAC; Prosper MONTAGNÉ; FOIX.
Les Chroniques de l'Amérique Latine ; Jean CAMP; de SAINT-VINCENT BRASSAC.
Les Chroniques Italiennes : César SILVAGNI.
Les Chroniques Espagnoles : Jean CAMP.
Les Chroniques Roumaines : Jean CAMP.
Chroniques Régionales.

�Bols &lt;!e

CADBKI

pour Vix Roues.

// a été tiré du -présent numéro
exemplaires de luxe numérotés
hors commerce, sur papier de
Montval, de G. Maillol.
20

Ex. n*

�</text>
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                <text>Les Feuillets occitans (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12808"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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                    <text>2' ANNÉE
i3",

14'

et i5e Feuillet.

AOUT-SEPTEMBRE-OCTOBRE

1926

Le N°

: 3

fr.

LES FEUILLETS
LANGUEDOC RoussiixoN
PAYS D'OC

1

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41, Boulerard des Capucines, 41

PARIS

�SOMMAIRE

Les Lettres Françaises :
Leçons et exemple
Les Livres
La Fête-Dieu, poème

. .

Armand

PRAYIEL.

F. CRÉMIEUX;

Gabriel

Henry

NOELL.

TALLET.

Beaux Arts :
La Saison des Expositions
Josep Fonthernat et le chœur Occitan
Le Festival Rey-Andreu

PAUL-SENTENAO.
P. CRÉMIEUX.

Jacques

BAUDRT.

Les Lettres Occitanes :
Vespre autounenc
Bibliographie Occitane

José LOUBEL.
P.-L. GBENIER.

Le Mouvement économique :
Chronique

J. MORINI-COMBY.

Têtes Occitanes :
Auguste Fourés

Abbé J.

Illustrations pour « Vin Rouge »
Culs de lampe de « Vin Rouge »
Portrait de A. Fourés
Bandeaux

L.-P. CADÈNE.
L.-P. CADÈNE.
Achille ROUQUET.
Auguste BOUQUET.

SALVAT.

Nota. Nous donnerons dans nos prochains numéros, la suite de l'enquête sur le Problème Occitan, de notre collaborateur E.-H. Guitard ; Les poèmes, de MM. Jean
Lebrau, Jean Camp, Daniel Baqué ; la Chronique viticole, de M. de Carsac, etc., q«e
l'abondance des matières ne nous permet pas de publier dans le présent numéro.

�COMITÉ DIRECTEUR DU GROUPE OCCITAN:

§,

[BÊZIERS

Président : F. CROS-MAYREVIKILLIÎ,
Vice-Présidents : Paul SENTENAC, ^£; E. GUITARD; Frédéric SAISSET.
Secrétaire-général: Auguste BOUQUET.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
Trésorier : Maurice FAVATIER,
JJ,
Chef des Études économiques et agricoles: Docteur GRANEL,
f^l.
Membres : Léon AURIOL, $s f|L; Emile COMKT, ^f,
►£&lt; &gt;J« ; Fernand CRÉMIEUX, $
Jean DUPUY;
J,-; H. FAVIER ; Jo GINESTOC, îfif,
Auguste GUENOT ; Henry
NOELL,
DE SAINT-VINCENT-BRASSAO, $, K.S, J,,
Georges VILLE; Jean CAMP.

Délégation permanente des Groupements Régionaux et Locaux
auprès du Comité-Directeur.
LA VEILLÉE D'AUVERGNE

:

M. Boudon, Secrétaire Général.
: M. de Clarix de Nussac, Secré-

LE GROUPE D'ÉTUDES LIMOUSINES

taire général.
(Pyrénées-Orientales) : Général Caloni, Président.
: Docteur Digeon, Président.
LES ENFANTS DU GARD A PARIS : M. A. P. Martin, Président.
LES ENFANTS DU TARN A PARIS : M. Selves, Président.
LA GRAPPE DU QUERCY : M. Vialle, Président.
LA SOCIÉTÉ INGRES : Marcel Clavié, Vice-Président.
LE ROUSSILLON

LES ENFANTS DE L'AUDE A PARIS

LES

ENFANTS DE L'HÉRAULT.

Les Feuillets Occitans
Abonnement s :

Édition ordinaire, un an
Edition de luxe sur papier de Montval, de G. Maillol.
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Prénoms
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déclare souscrire un abonnement d'un an à
Signature,

Les Bulletins de Souscription doivent être adressés à M. Maurice FAVATIER, trésorier,
Compte de Chèque Postaux : Paris, 739-10.

7, Square du Champ-de-Mars, Paris.

�Les feuillet? Oecitaps
sont répandus :

Dans toutes les Provinces Méridionales,
Dans les pays latins :
Amérique latine,
Italie,
Espagne,
Roumanie.
Faire de la publicité dans ses colonnes s'est s'assurer
de nombreux et nouveaux débouchés.
Demandez le Tarif de la Publicité,
41, Boulevard des Capucines, Paris.
Téléphone : Gut. 78-19.

L'Office Occitan
Pflf^IS, 41, Boulevard des Capucines, P PJS
TÉrj-:pHOSK :

GUT.

78-19.

Fréquenté assidûment par des exportateurs
et des acheteurs parisiens a déjà traité en
1925, pour le compte de nos compatriotes de
nombreuses affaires-

Exposez vos produits dans ses vitrines
Faites-vous inscrire sur son répertoire commercial

�C.I.D.O.

BÉZIERS

Lettres Françaises
Leçons et exemple
Il y a bien longtemps que je soutiens et répète que les premiers
responsables de la Centralisation, ce sont les centralisés eux-mêmes.
Occitans, on nous accuse de vouloir tout accaparer, de nous pousser
sans cesse au premier rang, de nous acharner à réaliser la vieille
formule : les Latins ont conquis la Gaule. En fait, nous n'avons rien
conquis du tout, et notre histoire n'est tissée que des plus coupables
renoncements.
Nous avons renié notre langue, nous n'avons jamais su notre propre histoire, nous avons rougi de nos costumes, de nos traditions,
de notre passé. Nous avons laissé, pendant des années et des années,
sévir chez nous le vandalisme le plus abject. Nous n'avons même
pas su mettre en valeur les richesses de notre sol, rendre facilement
accessibles les beautés incomparables de nos sites et de nos monuments. Nous avons une mentalité d'éternels vaincus.
Je tâcherai de préciser cet examen de conscience sur un terrain
purement poétique.

*

�— 146
I! est une vieille querelle, suscitée par Rémy de Gourment, qui renaît de temps à autre :
« Le Midi se prétend la terre des poètes. Il ne peut tn revendiquer un seul. »
Je le crois bien ! Il les a tous reniés.
S'il est un mouvement admirable dans l'histoire de l'esprit humain, c'est l'éclosion, en plein moyen-âge féodal, de la poésie des
Troubadours. Nous devrions vivre dans le culte de ces chanteurs qui
ont, les premiers, sonné le réveil de l'esprit, inspiré Dante et Pétrarque, fixé les lois de la composition littéraire, révélé de nouveau
la beauté, l'amour, l'idéal, à des siècles barbares...
Or, parmi nous, qui s'en occupe ? Qui connaît même leurs noms ?
Oui, je sais, le maître Joseph Anglade leur a voué sa vie savante et
laborieuse, le bon félibre convaincu Adolphe Lajoinie vient de leur
consacrer un volume de vulgarisation, tout dernièrement, à Albi,
Mme Jane Durand-Malphettes avait le courage de donner une
conférence sur l'un d'entre eux, Raymond de Miraval, mais l'ensemble du public occitan, que fait-il ? Il se délecte aux « ouvrages »
de M. Clément Vautel !
Qui a réédité nos troubadours ? Les Allemands — Qui les étudie,
les admire, les analyse ? Les Anglais, les Américains, le Scandinaves !
En 1913-1914, la municipalité socialiste de Toulouse voulut bien
confier à une commission dont j'avais l'honneur de faire partie la
révision des noms de rues. Mon éminent ami M. Anglade en profita
pour proposer de baptiser certaines voies, bien modestes, d'ailleurs,
des noms de Peire Vidal, Aymeri de Péguilhan, Guilhem Montanhagal et autres troubadours toulousains. Ce qu'il y eut de particulièrement comique, c'est que le Consel d'Etat, appelé à ratifier la décision fort intelligente de la municipalité — car, il faut que le Conseil d'Etat intervienne en pareille occurrence! — s'étonna de ces
noms qui lui étaient parfaitement inconnus, et demanda des renseignements biographiques à peu près impossibles à fournir. Enfin,
après force explications, nous eûmes gain de cause. Mais la guerre
survint, puis une nouvelle municipalité, étrangère à cette initiative;
voici de nouveau les socialistes. Ils n'ont qu'à exécuter ce qu'ils
ont décidé eux-mêmes en 1914. Eh bien, il paraît que c'est très difficile. Ils reculent devant la fonte de plaques nouvelles, et rien n'est
encore fait.
Pauvres troubadours, auxquels on chicane même la plaque d'une
ruelle !
Après cela, vous jugez si jamais on leur a élevé une statue ! Les
maîtres Jean-Paul Laurens et Henri-Martin les ont magnifiquement

�— 147 —
évoqués sur les murs du Capitole toulousain — mais où leur image
se dresse-t-elle en plein soleil, pour rappler au touriste qui passe
que le Midi est terre de poésie ?
Voici une autre affaire. S'il est un poète, très connu, celui-là, et
dont l'Occitanie doive s'enorgueillir, c'est bien André Chénier.
Je n'ai pas besoin d'y insister ici. Après les savants travaux de
notre compatriote M. Jean Azaïs, publiés d'abord dans la revue toulousaine le Bon Plaisir, personne n'ignore qu'André Chénier, de
bonne souche languedocienne par son père, a passé à Carcassonne et
à Limoux une bonne partie de son enfance. C'est donc chez nous
que ses yeux se sont ouverts à la beauté. De toutes façons nous pouvons les revendiquer comme nôtre.
Or, sur ce sol de l'Aude, qu'est-ce qui le rappelle ! Un nom de
rue peut-être, une plaque. C'est tout.
En 1891, le bon poète et grand artiste Achille Rouquet ouvrit une
souscription pour élever à Carcassonne une statue à Chénier. Cette
souscription fut honorée des dons de Leconte de Lisle, Hérédia,
Sully Prudhomme... On la laissa misérablement tomber. Les sommes insuffisantes qu'elle avait pu grouper, où dorment-elles?
Je dis qu'il y a là un véritable scandale, où se manifestent une
fois de plus l'inertie des Méridionaux et leur reniement honteux de
leur passé.
On pourrait citer cependant des exemples isolés, qui devraient
leur donner courage, et leur rendre un peu la conscience de ce
qu'ils pourraient.
J'aime à citer l'exemple de la petite ville de Luzech (Lot), qui
est un centre régionaliste modèle.
Dans ce pays, profondément divisé cependant par les passions politiques, quelques hommes de cœur, parmi lesquels il faut citer à
l'honneur M. le docteur Pélissier, ont formé un comité d'initiative
voué à la défense du passé local. Tout le monde y collabore. Ainsi
ont pu être poussées activement les fouilles de l'admirable oppidum
gaulois, qu'on a prétendu parfois identifier avec Uxellodunum, le
classement et la défense des monuments historiques, l'établissement
d'un musée du plus haut intérêt. Pour tout cela, au lendemain des
luttes électorales, le curé, le châtelin, le commerçant radical-socialiste, l'ouvrier communiste se rencontrent amicalement. Le paysan
offre gratuitement des silllons de sa vigne pour qu'on puisse y fouiller en liberté !
L'an dernier, ces braves gens prirent une initiative que Montauban avait négligée : ils élevèrent, de leurs propres ressources, une
stèle à leur compatriote Lefranc de Pompignan.
Heu ! Lefranc de Pompignan, cela ne vaut pas André Chénier. Mais

�— 148 —
il était des leurs, et ils l'aimaient. Tout le monde marcha, les écrivains du pays comme Léon Lafage et les Calel, les Académies de
Toulouse, Montauban, Cahors, et M. de Monzie, lui-même, alors ministre de l'Instruction Publique, vint gentiment fêter Pompignan,
victime de Voltaire et auteur' des Cantiques Sacrés.
— Voilà, Occitans, mes frères, ce que l'on fait, quand on s'aime,
quand on étudie et quand on se souvient.
ARMAND

PRAVIEL.

*
Le Groupe Occitan s'est déjà préoccupé de reprendre la souscription pour élever
à Carcassonne un monument à André Chénier. II a chargé son vice-président,
le poète Paul-Sentenac, de mettre au point ce projet. Ajoutons que les sommes
recueillies par le premier comité sont en dépôt au Comptoir d'Escompte de Carcassonne à la disposition du futur comité.

(Note de la Rédaction).

�Illustration pour « Vlrt ROUQE »,

Par

L. P. CADÉSE.

�Vin rouge, de Pierre-Étienne JSflartel.
(Les cahiers Occitans, Toulouse.)
« Voici l'histoire du véritable Tarramaynou », est-il précisé dans l'avis au lecteur
qui accompagne « Vin Rouge ». Qui nous dira par quelle étrange modestie
M. P. E. Martel, sur le point d'évoquer, avec le réalisme le plus poignant, repopfee
fameuse du Midi viticole, a désiré se placer, même en réformateur, sous le signe
de M. Lucien Pabre.
C'est faire bien grand honneur, nous semble-t-il, à ce récent roman de l'auteur
:1e Rabevel, à ce Tarramagriûu qui, s'il ne manque pas absolument de vigueur
ni d'accent, dénote pour le moins une méconnaissance des événements de 190B,
de l'âme de ses protagonistes, et du pays où ils se déroulèrent. Cette transposition cévenole, grise, rocailleuse et austère ne saurait compter dans l'histoire
qui nous occupe et M. P. E. Martel reste à cet égard un précurseur. Won « Vin
Rouge» mérite en effet de prendre place dans les bibliothèques de tous ceux que
passionnent les choses d'Occitanie et de devenir le livre de chevet des méridionaux du Bas-Languedoc qui ont le culte du souvenir.
A vrai dire, « l'histoire » dont M. Martel a orné ces pages d'histoire n'a pour
nous qu'un attrait subsidiaire. Non que l'auteur de « Vin Rouge » ne possède certaines des qualités du romancier, la couleur, le sens de la vie, de l'ardeur, du pathétique. Et nous sentons bien au demeurant que la double intrigue de son amoureux Irénée Crassous a une valeur symbolique, puisque dans ce roman qui est
un hymne de foi à la terre natale, après l'emprise de la chaude et folle gitane
qui représentait l'esprit d'aventure, la vie libre et lointaine, le déracinement romantique, et toute la contradiction d'une race avec laquelle ceux de chez nous ne
peuvent « trouver d'pffinité que dans les jeux de la passion », M. Martel a voulu
célébrer dans son triomphe l'amour simple et bienfaisant de la fille du terroirdé celle « dont les pieds solides tiennent à la terre aussi étroitement que les
racines des vignes. »
Mais le héros de cette page d'amour- a le tort de n'être qu'un comparse dans
le drame social qui gronde; et qui plus est, ce comparse est un raisonneur, un esprit critique, ivre de métaphysique et qui a la prétention de découvrir à force
d'arg-uties et de syllogismes la forme intellectuelle et le sens littéral des événements

�- 151 les plus formidables. Connue enfin le style qui accompagne ses commentaires et
ses paraphrases, et aussi ses exploits amoureux est débordant d'abstractions, de métaphores et de néologimes et rappelle la manière apocalyptique de
M. Paul Adam ou de M. Pierre Hamp, on ne-peut en vouloir au lecteur de piaffer
d'impatience et de prêter plutôt l'oreille à la bataille ardente qui tonitrue, à quelques
pas de là, sur la chaussée.
Le grand défaut de l'histoire romanesque imaginée par M. Martel est donc de
se superposer à l'autre histoire, plus terrible, plus grandiose, sans s'y fondre
véritablement, et de ne servir ici (je m'excuse de ce jargon emprunté à Schiller
et à Kant) que comme « motif retardateur ».
Mais tout cela n'empêche pas « Vin rouge » d'être un livre magistral, et de
prendre à nos yeux le prix d'un document historique et humain que sa spontanéité, sa précision, la sûreté de son information plus encore sa valeur psychologique et son sens des évocations nous permettent de placer parmi les témoignages les plus fidèles qu'aient suscités les grandes périodes.
Ce n'est déjà pas, du reste, un mince mérite que d'avoir su cristalliser, dans la
logique irrésistible de sa genèse et de son évolution, une époque de notre vie
languedocienne qui s'égale aux plus émouvantes que fixa la chronique. Aucun
des faits historiques et sociaux qui la marquèrent n'échappe a l'observateur minutieux qu'est M. Martel. Son érudition qui suit loyalement le cours cres temps est
objective et franche, malgré toute l'admiration sympathique qui peut inspirer
cet enfant du pays et l'on peut, en toute tranquilité, opposer, quand il y a lieu,
la version que donne M. Martel des faits brutaux, au récit souvent tendancieux
dans sa sécheresse préméditée que nous a laissé, au lendemain même des journées tragiques, M. Maurice Leblond, mémorialiste officieux.
M. Martel domine donc les événements qu'il suit au jour le jour avec une
certitude édifiante, et qu'il étaie, du reste, de tous les textes essentiels.
Il les domine et les ressuscite, à l'exemple d'un Michelet. Au fur et à mesure
qu'ils s'enchevêtrent, les faits prennent dans ce livre une consistance, une ampleur, une vie qui s'enfle et s'élargit. Nous partons d'Arg-eliers, où avec une naïveté
plaisante, s'ébauche la conspiration, mi-tragique, mi-tartarinesque. Et c'est la
conquête du Narbonnais, puis du Languedoc, l'invasion du mirage et de l'illusion,
la contagion hallucinante et frénétique. Et c'est tout le peuple qui s'éveille et
prend conscience de sa force monstrueuse, de son élan fatidique. Ere inquiétante
et lourde d'espoirs, où plane le mystère des révolutions, où dos voix rédemptrices et tonitruantes maîtrisent le destin. Et c'est enfin le conflit épique, le sang
qui coule, et au lieu de l'apothéose,, presque l'effondrement, après une scène de
bouffonnerie, qui, comme dans un drame shakespearien, s'inscrit à l'instant le
plus sublime, le plus douloureux.
Le mérite de M. Martel est bien au fond d'avoir su pénétrer l'âme de
cette foule paysanne, talonnée par la faim et tirée par l'enthousiasme, qui se met
soudain en croisade. Comme il frissonne et communie avec elle !
Frère de ces occitans par le corps et par l'affection, il sent la palpitation de

�-

I;»2

leurs pouls, la brisure de leurs nerfs, le frémissement de leur cœur. 11 connaît quel
démon les anime, il sait vers quels -rêves les prédisposent la couleur de leur sang'
et la couleur de leurs deux.
Mais cette sympathie congénitale n'obscurcit pas, nous l'avons déjà indiqué,
l'entendement de M. Martel. Et cependant, qu'il vibre, il sait discerner les mobiles.
Sa présentation psychologique des grands chefs de la révolte est d'une justesse
d'une perspicacité à laquelle nous devons rendre hommage.
« H se plongeait cependant avec volupté dans la série des approches et des
« jouissances qui constituent la joie de comprendre, ouvert à la sagacité par le
« coudoiement perpétuel de choses et d'êtres que les lieux communs des mœurs
« et des habitudes ne dissimulaient plus. Tout d'abord, ls dirigeants, les comités,
« la générosité théâtrale de Marcellin Albert, de plus en plus saccadé, galvani« que, ivoirin, imbu de sa gloire, la truculence et l'impatience de Ferroul, ambi« tieux de débrider la plaie et d'agir vite, l'optimisme organisateur de Bernard,
« la patience et la résolution de Cathala et de Richard, précieux ouvriers de pon« dération, et qui gouvernaient parmi les autres leur pensée comme une lanterne
« sourde, lui fournissaient un thème quotidien de subtilité ».
Ce raccourci donnera au lecteur une idée de la tonalité et de l'allure du récit;
mais il indique bien faiblement ce que peut êtie l'admirable galerie de portraits
qu'il renferme, tel un manoir patriarcal, et qui nous paraît être, en définitive, la
richesse la plus précieuse du roman de M. Martel.
Au total, « Vin rouge » est un livre d'une rare densité, au point d'en paraître
touffu et non exempt de confusion. Comme il est, au surplus, alourdi par une
aventure romanesque qui en pénètre insuffisamment la trame historique du roman
comme le style en est tourmenté et pénible, il peut, dès l'abord, offrir quelque
obstacle au lecteur primesautier. Mais que ce dernier ne se laisse pas dérouter;
qu'il sache aborder celles des pages qui plongent leur racine dans cette vie mouvante, qui, après vingt années, s'est incorporée à l'histoire; et il pourra crier au
miracle.
Sur les 500 pages que contient ce roman, 200 au moins appartiennent à la grande tradition des historiens psychologues, à celle qui part de Tacite, et, par delà
les chroniqueurs du moyen-âge, rejoint les mémorialistes du grand siècle.
Mais, quand il s'agit de l'histoire de chez nous, c'est bien là un titre définitif à
notre admiration et à notre reconnaissance.
Pernand CRÉMIEUX.
LES POÈ|VIES. — U3 poème d'Assise, par Emile Rjpert. — Chants
rustiques et oraisons, par Jean Amade.
LES ROJVIA.NS. — Lilivia, Par Isabelle Sandy. — Un homme voudrait
vivre, par pierre Grasset. — Une rose à la main, par Albert Jean.
C e sont des voix méridionales qui, de loin en loin, viennent rompre le silence un
peu léthargique dans lequel les poètes semblent s'être repliés, en cette année de
disgrâce 1926. Sous l'effet de la chaude lumière méditerranéenne, nos cigales cou-

�— 153 —
rageuses continuent

à

chanter et,

grâce à

elles,

malgré la dureté

des

temps,

des strophes claires et ferventes se mêlent encore à la surabondance des proses.
Ainsi Emile Ripert publie une édition nouvelle, transformée et accrue d'un épilogue

nouveau, de son Poème d'Assise

(1).

•

D'une inspiration ardemment spiritualiste, ce livre, couronné naguère par l'Académie Française et qui

reparaît à l'heure

du

septième centenaire de la mort

de Saint François, ne manquera pas d'intéresser vivement les nombreux intellectuels attachés à l'étude et au culte de la tradition franciscaine.
La forme poétique des strophes est riche dans son ensemble
Ah ! que la nuit est chaude, irritante et perverse

:

!

Comme sous le soleil une terre se gerce,
L'âme sainte se fend, implorant une averse...
Quelle fraîche rosée emplira son calice

?

Dans l'ombre, elle voit fuir un beau corps souple et lisse,
Et, crispée, elle attend que le ciel noir pâlisse.
Néanmoins, certaines imperfections de style ou de technique subsistent dans
cette seconde édition. Elles sont voulues, nous déclare l'auteur :
qu'un

poème

consacré

au

pauvre

Assise

soit

d'un

style

trop

« Il ne sied pas
somptueux;

Il

convient que parfois l'hiatus y rappelle la conversation familière et que la rime
s' y abaisse d'autres fois jusqu'à l'assonance ».
La qualité du volume réside essentiellement dans la sincérité de son inspiration. Emile Ripert a su faire sienne l'âme de l'Ombrie et de ses couvents, et, comme
l'a dit Henri de Régnier, « provençal, il s'est fait ombrien pour célébrer le charme
de la légende et de l'atmosphère franciscaine ».
Ùn souffle puissant

d'idéalisme traverse

aussi

les

Chants rustiques et orai-

sons (2), de Jean Amade.
Le culte de la nature, le goût des visions aimables et familières s'y mélange à
la douceur de regarder, de croire et d'aimer.
Et, tour à tour, sont célébrés le ciel lumineux des rivages méridionaux.
Le vol de la mouette a posé tant de grâce
En ce cadre d'azur méditerranéen
Qu'elle semble donner des ailes à l'espace
Et chanter dans l'air pyr un poème païen....
la cruche catalane, séduisante par sa grâce et son aisance :
Car, dans ses flancs, où dort, fraîche et limpide, l'eau,
Elle unit, par sa forme unie à son argile,
Ton âme.Catalogne, à l'âme de Virgile.
(1) Editions Spes, 17, rue Soufflot, Paris.
(2) Editions Occitania, 6, passage Verdeau, Paris.

�— 154 —
ou encore le Vallespir, cher au eœur du poète :
Nous t'aimons d'un amour jaloux, comme une femme :
Il nous faut l'abandon sans retour de tes bras,
Tes baisers odorants qui seuls ne trompent pas
Et la sécurité rustique de ton âme...
La générosité affectueuse du cœur de Jean Amade se retrouve aussi, sous une
forme touchante et simple à la fois, dans les stances à Louis Codet et à Déodat
de Séverac. En tête du volume, figure le poème A la Cigale catalane, d'un rythme
si harmonieux et d'une cadence si légère, dont Amade avait donné la primeur
à mon Anthologie roussilonnaise.
Déjà, au cours de la séance des Jeux Floraux, qu'il présida à Perpignan, le
30 mai dernier, avec tant de brio, Jean Amade avait convaincu les Catalans de
ses excellentes relations avec les Muses. Qu'ils lisent les Chants rustiques, et
leur Impression sera plus nette encore. L'érudit des Etudes de la Littérature
■méridionale et de La Renaissance Littéraire en Catalogne, le charmant conteur
de Pastaure et son Maître est aussi un poète délicat et, sous toutes ses formes,
son talent varié sait trouver dans la terre natale la source la plus sûre et la plus
riche d'inspiration.
**
Dans ce même style à la fois limpide et passionné qui était celui à'Anûorra, paru
11 y a trois ou quatre ans, Mme Isabelle S'andy vient d'écrire un autre roman
pyrénéen Llivia ou Les Cœurs Tragiques (3). Ce livre, descriptif de paysages,
de mœurs et de caractères, n'a pas exclusivement pour cadre la petite enclave
espagnole qui existe en Cerdagne française; dans certains de ses chapitres,
c'est la Cerdagne tout entière, c'est le Roussillon lui-même qui sont évoqués, et
ceci lui est un titre de plus à notre attention. On a quelquefois reproché au
Catalan de prétendre, surtout s'il est artiste ou homme de lettres, conserver une
sorte de monopole pour tout ce qui touche -à son pays, dont lui seul serait capable
de comprendre et d'exprimer avec vérité le charme et le caractère. Si le reproche était fondé, il y aurait là assurément un esprit de particularisme et une
étroitesse d'esprit assez singuliers. Je ne veux pas y croire. Pour ma part, c"e»i
toujours avec joie que je vois des écrivains étrangers à notre province l'aimer et
lui faire une place dans leurs œuvres — qu'ils s'appellent Louis Bertrand, Emile
Ripert ou Isabelle Sandy. Leurs hommages, au moins, ne sont pas suspects de
partialité.
Si en parlant du Roussillon, un auteur non roussillonnais vient à commetre,
ça ou là, quelque petite erreur de notation, il a droit à notre indulgence.
Pour sa part, Mme Isabelle Sandy a très vivement et très intimement saisi
(3) Plon-Nourrit, éditeurs, 8, rue Garancière, Paris.

�— 155 —
et senti la poésie et le cachet de notre Cerdagne. Elle les a exprimés avec un
lyrisme, une exaltation, un goût du tragique que l'on pourra trouver excessifs,
mais qui sont un des éléments essentiels de sa .personnalité. Aussi bien, son début
est-il d'une charme enveloppant :
« Les yeux encore fermés, l'homme bâilla et respira toute la mer. Suspendu
entre le rêve et la réalité, il aimait le flottement de ses pensées dans le rythme
des flots invisibles. Jamais comme en cet état de demi-songe et de demi-veille,
il ne sentait la douceur du ciel de Collioure, la molle courbe de ses rivages, la
fanfare des Albères pourpres, dressées, nues, dans la mer veloutée.
« Collioure, Llivia...
« Dort-il encore ? Le rocher méditerranéen et son vieux fort sont soudain
remplacés par la colline romaine de son village cerdan : Llivia, et par les ruine.:
du château de César. Il n'est plus en Roussillon, mais en Cerdagne, chez un.
Il n'est plus libre, insouciant; il souffre, il a peur. Les vagues qu'il entrevoit
se gonflent, se dressent, se pétrifient : ce sont les sommets pyrénéens, bords ciselés de la coupe d'opale qu'est la Cerdagne... »
La plupart des coups de pinceaux et des traits de caractère d'Isabelle Sandy
sont exacts et bien choisis, et si l'amour-propre catalan devait lui tenir un peu
rigueur d'avoir prêté à ses personnages des sentimsent d'un patriotisme plutôt
tiède, du moins faudrait-il ne pas perdre de vue que Llivia est une ville espagnole et que, même dans la Cerdagne française, aux approches de la frontière,
les deux nationalités sont enchevêtrées d'inextricable façon dans un très grand
nombre de familles.
Au point de vue littéraire, celui auquel je me place, les personnages sont à
peu près irréprochables;- la Mctchita en particulier, type d'amoureuse impénitente
et de pénitente sincère et naïve, qui n'hésite pas à sacrifier à la madone son
admirable chevelure d'un noir de jais, est d'un réalisme excellent. Les pages ou
sont décrites la si curieuse pharmacie de Llivia ou la petite église d'Odeillo sont
délicieuses, vraiment. Et les expressions locales (sauf celle de « pitchoune » que,
pour ma part j'ai entendue souvent en Languedoc, mais jamais en Cerdagne) sont,
en général, d'un tour et d'un parfum bien catalans.
Une critique pourrait être adressée au roman d'Isabelle Sandy : il date d'une
vingtaine d'années, de l'époque où le palace de Font-Romeu n'était pas encore
réalisé — et où elle-même n'était qu'une toute petite fille. Depuis lors, la mentalité, comme le paysage, se sont modifiés en Cerdagne. Mais qui reprochera à un
auteur soucieux de pittoresque d'avoir situé son drame dans le cadre d'il y a
vingt ans plutôt que dans celui d'aujourd'hui ?

vs
M. Pierre Grasset, dont a paru, il n'y a pas très longtemps, Le Torrent dans
la Ville, étude de l'âme sentimentale d'un homme d'affaires, vient d'écrire un
autre roman, d'une psychologie émouvante : Un homme voudrait vivre (4).

�— 156 Sujet ramassé et simple s'il en fut : parce que, enfant, il a assisté à un
spectacle tragique dont le souvenir va le hanter (son père abattant d'un coup de
fusil, dans le jardin, l'amant de sa mère et obligeant celle-ci à l'aider à transporter
le cadavre), un homme se voit condamné à ne plus jamais goûté la joie de vivre
que par un effort constant — qui d'ailleurs n'est pas sans quelque volupté. Ce
thème n'est-il pas symbolique ? La découverte de l'arbre du Mal chasse un jour
chacun de nous du paradis terrestre de son enfance, et, par des tentatives
passionnées — l'art, l'amitié, l'amour — nous cherchons à y pénétrer de nouveau.
Le roman de Pierre Grasset se déroule tour à tour à Montmartre et dans
la campagne languedocienne. La poésie colorée de cette dernière lui fournit l'occasion de descriptions toujours savoureuses, celle-ci par exemple des différentes
sortes de figues :
« Vêtues d'une peau verte et rugueuse ou bien lisses et noires et saignant
par une petite bouche roug vif; ou encore pareilles à des aubergines naines, avec
idur robe d'un bleu sombre, finement craquelée, elles distribuaient dans les arbres
de M. Faug'ères, toute une gamme de saveurs. Mais les figues entre les figues,
c'étaient la grisette, aussi grosse qu'une poire, froide sous la dent comme un
sorbet; et la figue d'or, blonde et sucrée, comme un rayon de miel et qui porte
une perle de sirop irisé ».
***'
Vue rose à la main..,. (5) Albert-Jean, vous avez le secret des titres jolis.
Ils ont cette élégance preste, primesautiène et un peu désinvolte, qui est votre
manière. Elle est votre vraie manière, et vous y revenez —avec joie, j'en suis
certain — dans ce roman nouveau .après quelques fugues au royaume de l'étrange
et du fantastique.
Dans ce livre, qui m'apporte, en ses pages, la maturité de votre talent, et,
en exergue, « un quart de siècle de votre amitié » — l'un et l'autre, pour moi,
également précieux — vous n'avez pas mis seulement la fantaisie inépuisable et
souvent étincelante de votre imagination ; vous y avez mis aussi. votre sensibilité
si profonde, si aiguë, cette sensibilité presque à vif qui donne à la plupart de vos
œuvres un charme et un attrait si prenants.
Vous êtes un des écrivains qui ont le mieux compris le parti que l'on peut
tirer de l'union intime du pittoresque et de l'émouvant; c'est toute la souffrance
des êtres injustement sacrifiés par la vie que vous évoquez à travers les mille
détails objectifs, rapides, curieux et précis que votre œil d'artiste et d'observateur judicieux a noté au passage. Votre héroïne, cette Micheline sur qui pèse
la fatalité d'un mariage malheureux, n'est qu'une petite parisienne sentimentale;
(4) Bernard Grasset, éditeur, 61, rue des Saint-Pères, Paris.
(5) Ernest Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, Paris.

�mais vous écoutez les battements de son cœur de celte même oreille frémissante
et attendrie avec laquelle vous guettiez naguère, dans nos jardins catalans, la
musique douce, légère et troublante de la Pluie au printemps.
Je crois en avoir assez dit pour marquer le plaisir que les esprits aélicats
trouveront à la lecture d'Cne rose à la main. Roman réaliste, où s'accusent en
relief les misères et les joies, le terre à terre de la vie quotidienne, roman ETe
sentiment et de passion, roman débordant d'idées et d'images, de mouvement et de
coloris, il me paraît synthétiser assez bien le souple talent de son auteur.... AlbertJean, ami charmant et probe écrivain, il était juste qu'une sympathie fidèle
vous fut marquée ici; vous faites honneur aux lettres de notre Midi, de ce Midi
où le soleil révéla à votre enfance la beauté des choses, de ce Midi dont vos
succès parisiens n'altèrent le souvenir ni dans votre cœur ni dans vos œuvres,
et auquel semblent devoir leurs teintes les plus vives et les plus nettes les roses
que vous effeuillez.
Henry NOELL.

Serviee d'éehange des Revues.
Les Annales du Musée social (Paris); — L'Aude à Toulouse (Toulouse); —
L'Auvergne littéraire, artistique et félibréenne (Clermont-F'errand) ;— Biou y Toros
(Nîmes) ; — Lou Bournat (Périgueux) ; — Le Cercle du Goût Français (Paris) ;
La Chaumière (Rouen) ; —La Cigalo Narbouneso (Narbonne) ;— Le Courrier Catalan (Paris);— Le Divan (Paris); — L'Ermitage (Paris); — L'Escola Felibreena
(Montpellier); — L'Escolo de las Pireneos (Montauban) ;— L'Etendard Piscenois
(Pézenas);— L'Eveil Catalan (Perpignan);— Le Flambeau du Nord (Tourcoing);
— Le Fédéraliste (Courbevoie) ;— Lo gai Saber (Toulouse) ;— Le Grenier (Orléans) ;
Idées (Paris) ; — Le Limousin (Paris) ; — La Mouette (Le Havre) ; — La Nouvelle Revue du Midi (Nîmes); — Oc (Toulouse); — Paris-Critique (Paris); —
Le Parthénon (Paris) ; —La Pensée Latine (Paris) ; — Poésies (Paris) ; — Le
Prisme (Lyon) ; — Les Pyrénées Littéraires — Les Bayons (Bordeaux) ; — La
Revue des Indépendants (Asnières) ; — La Revue de la Nièvre et du Centre
(Paris); — La Rose d'Argent (Suresne); — Septimanie (Narbonne); — La
Science historique (Paris) ; — Bulletin de la Société des Arts et Sciences (Carcassonne) ; — La Revue Latine (Paris) ; — Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques de l'Aude (Carcassonne) ; — Le Soleil d'Oc (Toulouse) ; — Le Sol sacré
(Toulouse); — La Terre d'Afrique (Alger); — La Terre d'Oc (Toulouse); —
La Tramontane (Perpignan) ; — Le Bulletin de l'Union des Fédérations des
Syndicats d'Initiative (Paris) ; — Le Touring-Club (Paris) ; — Le Cadet de Gascogne (Paris); — Ceux qui viennent (Paris); — Bulletin de la Commission
Archéologique de Narbonne. — Le Domaine (Foix) ; — La Revue des Autodidactes (Toulouse). — Le Languedoc (Alger). — L'Est Dramatique (Troyes). —
L'Aude à Paris (Paris). — L'Information Régionale (Toulouse). —■ La Cigalo
Languedouciano (Béziers). — La Houle (Lyon). — L'Essor (Dijon). — Le grand
Tourisme (Paris). —- L'Idée Neuve (Lyon). — Le Beffroi de Flandre (Dunkerque).

***

�— 158 —

L.es Poèmes.
UR FÊTE-DIEU.
C'est le jour de la Fête-Dieu...
Une cloche se l'ait entendre.
Des colombes, dans le ciel bleu,
Glissent d'un vol mystique et tendre.
Les draps blancs tendus aux maisons
S'étoilent de bouquets de feuilles.
Jonchant le sol, des frondaisons,
Feutrent les pas qu'elles accueillent.
Les tambours s'approchent, battants.
Le porte-croix conduit la file
Blanche et grise des pénitents
Sur le chemin du tour de ville.
Les chandeliers du reposoir
Allument soudain leurs yeux pâles.
Où sera placé l'ostensoir,
Resplendit le lin pur d'un châle.
Un chant s'égrène vers le ciel.
Jaune et pompeux, le dais s'avance.
Un parfum monte, essentiel,
Des cassolettes qu'on balance.
L'autel est un jardin vermeil.
Pieuse, la foule s'incline
Sous les fleurs qu'on lance au soleil:
La minute est rose et divine.
Mais ces parfums et cet éclat,
Cette fête qui ravit l'âme,
L'argent qui brille, délicat,
Aux chasubles que l'or enflamme,
Tout ce décor, il m'a semblé
Qu'un dieu, trop grand pour qu'il s'émeuve,
L'avait simplement assemblé
Pour encadrer ta robe neuve.
Gabriel Tallet.

�Les Beaux Arts
La Saison des Expositions
mois du printemps et Je début de l'été sont la
véritable saison des Expositions. Des grandes
expositions comme des petites. Tableaux et statues foisonnent de tous côtés. C'est évidemment le Salon des Artistes Français et celui de
la Société Nationale des Beavx-Ârts, réunis au
Grand Palais, qui abritent le plus de toiles et de
plâtres. Mais, s'il y a beaucoup d'exposants,
on compte peu de vrais peintres et de vrais sculpteurs. Le grand Salon de cette année ressemblait à celui de l'an passé. 11 me faudrait
donc refaire une chronique presque semblable à l'article que j'a'i
écrit à pareille époque, en 1925. Je n'y ai aucun goût. Gervais, né à
Toulouse ia augmenté la dimenssion de ses panneaux mais il n'a pas
agrandi son style. La petitesse de sa manière est apparue encore plus
flagrante. Sa grande composition la Danse montrait des personnages antiques qui appartenaient plus au bal des quatz'arts
qu'à la véritable antiquité. Quant à Didier-Pouget, de Toulouse
aussi, et que j'avais loué l'an dernier pour son mas brossé avec robustesse, il s'est empressé de revenir, cette année, à ses anémiques
petites bruyères mauves, si artificielles. Sa clientèle habituelle ne
l'aurait plus reconnu. Le Salon serait- il le Salon sans les petites
bruyères de Didier-Pouget devant quoi s'extasie le bon public ?
Heureusement, pour nous consoler, nous avons le toulousain Henri-Martin. Son panneau décoratif pour la grande salle des Délibérations au Conseil d'Etat n'a pas été seulement l'œuvre la plus marquante des Artistes Français, mais une des plus heureuses réalisations de ce maître. Après la moisson et le déchargement du naviES

�— 160 —
re, travaux des champs et des ports, Henri Martin représente le
travail à Paris. Des ouvriers travaillent au premier plan dans un
chantier, sur la place de la Concorde, par une claire journée estivale avec, au fond, le déroulement pressé des autobus et des taxis.
Les tons chatoyants, les bleus, les rouges, les jaunes, se répètent
sur les ceintures, les chemises, les pantalons des hommes du peuple. Le mouvement devient rythme. Et le modelé, bien que la
touche s'apparente toujours à la technique impressionniste, a pris
plus de solidité. Ces Messieurs du Conseil d'Etat trouveront dans
ces décorations de quoi reposer leur esprit des sévérités du droit
administratif.
Autour de Henri-Martin, lequel garde de la jeunesse dans ces œuvres, nous nous plaisons à grouper les quelques jeunes coloristes qui donnent tout de même à la vielle Société des Artistess Français un peu de sang nouveau. Ainsi Balande, Cariera, le décorateur du Théâtre de Marseille, Henri Montassier, séduisant dans sa
Fête Calante, Médianoche, Dabat à l'intense Tapis d'Orient etc.
Je n'en cite pas davantage pour réserver la place aux coloristes
de chez nous. Aussi bien sont-ils assez nombreux pour constituer un
petit noyau. Il y avait Jean-Gabriel Domergue avec une élégante au
châle fleuri et un portrait de M. Joseph Caillaux ; Boulet-Cyprien et
son amazone; les orientalistes Cauvy et Dabadie; Didier-Tourné
dont l'Italienne à Alger apportait l'élégance de Venise dans une
turquerie; de Montcabrier, spirituel et décoratif dans son ColinMaillard, où Pierrot et Arlequin ont revêtu un manteau ei une robe pour faire croire qu'ils sont des femmes à celui qui tâtonne
dans l'ombre de ses yeux bandés; Sibra, et sonPère François prêche
aux oiseaux ; Azémâ, avec son jardin enfleuri et ensoleillé qui lui
a fait pardonner sa carnavalesque Léda. Paul-Albert Laurens dans
sa figure distinguée d'avocat plaidant, Pascau dans ses portraits féminins, Font dans celui du sculpteur Denys Puech, Sabatté dans
son tableau religieux ont témoigné de plus de sobriété dans leur
palette. Ils ont mérité pourtant d'être signalés, comme aussi ces autres méridionaux Zo, René Jaudon, Beringuier, Beaume, Bascoulès.
Mlle Baignôl, Mlle Grammont, Mlle Schanson, Servat-Bhernard, le
graveur Jean-Jules Dufour, etc.
A l'exposition de La Nationale, c'est autour du maître Forain
qu'il y a lieu de rassembler quelques rares peintres, colorant avec
une manière franche, ■ tels que Van Dongen, Chapuy, Desurmont, René Carrêre Guirand de Scevolia. Celui-ci seulement est occitan. Ii a exposé un portrait du peintre Léonce de Joncières, figuré
la palette à la main, avec son visage glabre, à l'ovale fin, aux yeux
fatigués, qui lui donne un faux air de Henry Bataille, dont il était

�— 161 —
l'ami et dont il fut même le collaborateur. Mais ce portrait, très
expressif, a été traité selon la tradition, les autres toiles de Guirand
de Scevola ont manifesté un souci plus moderne d'harmoniser les
tonalités adoucies des intérieurs avec ie déshabillé ou la toilette
d'un personnage féminin.
La sculpture, au Grand Palais, a révélé encore plus d'erreurs de
conception et de mauvais goût que la peinture. Le désaccord
entre la matière employée et le sujet est plus visible dans une statue que dans un tableau. Je rappelais naguère, en exposant les théories architecturales de notre compatriote Henry Favier, qu'une statue, si elle est parfaite, roulera du sommet d'une colline jusqu'en
bas sans subir aucune mutilation. Les sculpteurs des grands Salons officiels semblent ignorer, pour la plupart, ce principe. Quelques jeunes cependant possèdent un certain sens des masses. Nous
nous bornerons à mentionner parmi eux quelques méridionaux qui
ont été justement remarqués dans le vaste hall de l'avenue Alexandre III: Cogne et sa figure de la Bienheureuse Bernadette, Guéry et
son pugiliste antique, Bacque, Traverse, Moncassin. Le cardinal de
Cabrières de Jean Magrou, que nous avons reproduit dans notre
dernier numéro, sera bien à sa place dans la cathédrale de Montpellier. L'éminent prélat est représenté à genoux, les mains jointes
dans une attitude à la fois naturelle et traditonnelle. Il y a de l'émotion dans cette œuvre, exécutée avec une réelle probité, et dans laquelle le fini des détaids ne nuit pas à la noblesse-de l'ensemble.
Dans la figure du prince d'Orléans Bragance, gisant dans son uniforme militaire, Magrou s'est servi d'une technique plus dépouillée,
et qui ne manque pas de sentiment. Je ne saurais oublier, dans la
section de la sculpture à la Nationale, la Bacchante de Popineau,
bien que ce dernier ne soit pas de chez nous; mais ce morceau
s'est affirmé un des plus intéressants, avec une fermeté, une grâce,
un style bien personnels dans l'abandon du bras qui laisse tomber
la coupe, et dans les jambes rapprochées de cette bacchante étendue, musclée et languide en même temps. Quant à Cladel, dont le
nom est bien méridionnal, son buste de Robespierre, plus grand
que nature, a montré un faire simplifié dans la perruque à queue
et le vêtement, ainsi qu'une préoccupation de concentrer l'expression de la physionomie.
Si nous quittons le grand Palais, nous ne sortons pas cependant
du domaine de la sculpture en signalant le bas-relief, destiné à célébrer les morts au champ d'honneur du Ministère de la Guerre et
dû au statuaire Rousaud, de Rivesaltes. Celui-ci était déjà connu
par ses bustes des poètes Ernest Raynaud et Maurice du Plessis,
du docteur Y. Noé, etc. Son bas-relief vise à la synthèse des forn es.

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Le Salon des Tuileries, est toujours situé, non sans agrément,à la
Porte Maillot, dans le voisinage frais et vert du Bois, a continué
d'abriter un art vivant et bien de notre époque. Les fondateurs ont
prêché eux-mêmes le bon exemple, Besnard, par ses magiques visions de l'Inde Aman-Jean, par cette séduisante jeune femme posant ses jambes sur une table avec une nonchalance emplie de distinction, tableau d'une jeunesse exquise ; Bourdelle, par la puissance
hautaine, la vigueur symbolique de son allégorie de la France. On
retrouve à peu près aux Tuileries les plus significatifs clans le modernisme des exposants des autres Salons, depuis ceux des Indépendants et de l'Automne jusqu'aux Officiels. Je voudrais pouvoir parler longuement de ce portrait de Foujita par lui-même à croupetons
devant sa table de travail, avec son chat sur l'épaule, et de Maurice
Denis, Desvallières, Ottmann, Carrera, Charles Guérin, Marval
Flandrin, Marcel Roche, Picart Le Doux, Friez, Crissay, Chavenon, etc. Force m'est de me restreindre. Notre sensible Pierre Laprade avait un envoi des plus caractéristiques de sa délicatesse si
picturale, avec ses blés de l'Ile de France, ses jardins italiens et
ses pantins de Naples; Chabaud, des « montagnettes » languedociennes bien à lui; Henry Ramey, une nature morte aux accessoires
de fête, également bien représentatives de son talent. Auguste Guénot et Contesse, nos compatriotes de Toulouse, se sont mis dans les
tout premiers d'une phalange de bons sculpteurs, et la petite fille
aux dindons de Lamourdedieu, taillée dans la pierre, n'est pas
passée inaperçues.
Et nous en aurions ainsi terminé avec les grandes Expositions, si
nous ne tenions à dire tout notre plaisir d'avoir été accueilli, à l'entrée du Salon des Artistes Décorateurs, par l'ordonnance, d'un modernisme latin, que l'arcyitecte Henry Favier a apportée dans l'arrangement, dans les pans coupés et les colonnes de son hall.
Les petites expositions ont été si nombreuses dans les derniers mois
qui ont précédé la saison des villégiatures qu'il serait dificile de les
énumérer. Il y a eu à la galerie des Quatre Chemins, une exposition
d'aquarelles et de dessins de Van Dongen où cet étonnant artiste a
suggéré des visions complètes avec quelques traits et quelques taches de couleur. Je pense à cette tête d'Espagnole, à la fleur rouge.
Il y a eu un ensemble de Berthe Morisot, chez Dru, pour lequel
Paul Valéry a écrit un avant-propos, empli d'idées, sous le titre intime de « Tante Berthe ». Il y a eu la troisième manifestation du
groupement de la Douce France que dirige Emmanuel de Thubert
et où les occitans comme Bourdelle, Marcel-Lenoir, Costa, Iché,
voisinaient pour la « décoration du mur », avec des artistes tels
uqe Sérusiers, Bouquet, les frères Martel, Saupique.

�— 163 —
Le catalan Sauveur Morens a revêtu la salle Poissonnière de ses
tableaux exécutés avec fougue; et à la galerie B. Weil, foyer de la
peinture aux audaces sérieuses, le Roussillon a fourni au peintre Roger Grillon presque tous les motifs de ses toiles. Roger Grillon est un
peintre doué, modelant dans la pleine pâte, et ne craignant pas la
netteté et la robustesse dans le coloris. Nous sommes heureux qu'il
ait employé toutes ces qualités à peindre Prades et sa région, les rues
soleilleuses avec les maisons aux toits rouges, les routes avec les bouquets d'arbres, les campagnes grasses, tout ce jardin des PyrénéesOrientales.
Deux expositions particulières d'artistes ayant participé au dernier
Salon Occitan ont retenu notre attention. Il s'agit de François Desnoyer et d'Armando Laclau. Tous les yeux ont également des dons
de peintres.. Parmi les oeuvres que Desnoyer a réunies chez Fabre,
rue Miromesnil, certaines vues de Montauban se rapprachaient des
peintuées établies avec une force volontaire et qui figuraient à notre
Salon. Mais dans d'autres œuvres nouvelles, fillettes dans des jardins, sites de Rome, nous découvrons plus de liberté dans le métier,
un sens plus aigu de l'accord des tons, une sensibilité plus nerveuse
de la lumière. Desnoyer qui aime surtout les gammes rouges — est-ce
l'influence de la brique de Toulouse et de Montauban ? — a cependant réussi, dans les Paysannes de l'Ile d'Oléron en sabots, en robes
et en tabliers bleus, des harmonies de bleus et de gris très attachantes.
Armando Laclau, lui, ne dédaigne pas, quand il prend le pinceau,
de choisir des types et des scènes de la rue, la marchande de frites,
le manège des cochons, le charlatan. Mais il apporte à les traduire
un coloris et un modelé robustes.
Le concours d'affiches illustrées organisé à Béziers pour la propagande du vin ne devait pas nous laisser indifférents. Aussi avonsnous invité les membres du groupe à y prendre part. Le sujet apparaissait bien tentant. Paul-Emile Rixens lequel avait été des nôtres
à notre exposition, a obtenu le deuxième prix.
Enfin, le Casino de Luchon, reconnaissant l'effort que nous faisons pour mettre en valeur les ressources artistiques de nos régions,
nous a demandé d'accrocher sur les murs de la salle de lecture
quelques tableaux de nos peintres et de placer sur les meubles quelques statues de nos sculpteurs. Nous avons engagé nos artistes à répondre à cet appel, bien qu'il nous ait été adressé un peu tardivement. I y a là une tentative qui n'est point négligeable et peut
porter ses fruits dans l'avenir.
Les graveurs n'ont pas été moins laborieux que les peintres. Roger a illustré, de bois gravés très appropriés, une curieuse édition de

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la Despedida de Font-Ronteu et Cadène le puissant roman régionaliste de Martel Vin Rouge. D'autre part, la firme du Pégase réédite sur un papier digne d'elle — puisque c'est le papier de Montval fabriqué à la main sous la surveillance du xylographe luimême — les Petites Eglises de la Guerre, de Gaspard-Maillol,
traitées avec une vigoureuse ampleur ampleur, et pour lesquelles
j'ai écrit une préface. Auguste Rouquet a achevé ses xylographies
si personnelles pour Le Cam ide Crout du docteur Albarel et il
travaille à plusieurs albums, parmi lesquels Le Palais de Justice,
de M" Henri Robert; Le Tour de ville, de G. Tollet; Le Roussel, de
Le Lorrain et A la Clarou del Calelh, œuvre posthume du bon féJibre Casemir Clottes.
Je n'ignore pas que cette chronique a quelque chose d'ingrat pour
le lecteur, comme d'ailleurs pour celui qui l'a signée. Elle se réduit presque à une énumération de l'effort de nos artistes occitans.
Mais cependant je serais payé de ma peine si j'étais parvenu à mettre en lumière l'activitée de nos peintres, statuaires et graveurs, et à
bien souligner l'apport qu'ils fournissent au mouvement artistique
de notre époque. Ah ! comme je comprends cette frénésie de peindre qui agite les artistes, ce démon de peindre qui les inspire. La
couleur procure vraiment de délectables exaltations. Dans le village
où je séjournais en août, j'avais distngué une façade blanche et ensoleillée, aux volets peinturés d'un bleu suave, devant lesquels seedétacl aient les hampes de quelques passe-roses, garnies de rieurs d'un
vif carmin. Ces colorations m'enchantaient. Et que de fois je me
suis détourné de ma route pour suivre le petit chemin qui passait
devant la petite maison rustique, afin de revoir les volets et les
roses trémières.
PAUL-SENTENAC.

�I^a Musique
Josep Fontbernat et le ehœur Oeeitan.
C'est une grande misère pour les collaborateurs d'un périodique comme les
Feuillets Occitans, d'être soumis à la fuite des jours et de voir, entre la parution de
deux numéros, comme s'embuer leurs élans et leurs enthousiasmes qu'ils eussent
voulu réfléter spontanés et encore vibrants.
Jamais pareil regret ne nous fut plus cruel qu'aujourd'hui : car de longues
semaines s'écouleront entre le moment enfiévré où des torrents de musique populaire, de musique de là-bas inondèrent nos cœurs, de par la grâce de Josep Fonbernat et de son choeur Occitan, et l'heure calme, l'heure grise où notre émoi
rasséréné filtrera jusqu'à nos lecteurs alanguis en quelque province automnale.
Et ce sera pour nous un remords de n'avoir rendu qu'un écho attardé et presque
indécis de ces sonorités ardentes comme les flammes : ces flammes, on le sait
pourtant, le Comité du Groupe Occitan s'était donné pour tâche de le entretenir
et de les attiser.
C'est vers la fin du printemps 1925 que Josep Fontbernat, qui, par sa résurrection
des vieux chants populaires occitans, avait déjà fait vibrer Montpellier et Toulouse, vint nous dire ses espoirs et ses rêves, à la veille de conquérir Paris.
Au premier aspect, Josep Fontbernat fait songer à un ascète, perdu dans son
mystique idéal, en quelque couvent moyenâgeux.
Brun, émacié, nerveux, le visage en angles, les yeux de braise, son profil est
d'un Savonarole. Mais le voilà qui parle et qui se révèle : sa voix, encore que
blanche, est musicale et attirante avec ses rugosités catalanes. Saccadée, son
éloquence très réelle et qui coule de source, ahane et martelle tout d'abord comme
pour bien nous convaincre qu'elle sait où elle va; avec une volonté persévérante,
cependant qu'il discourt, ses bras et son corps, esquissant de larges gestes, s'allongent sous la casaque sombre. A ce moment, ce diable d'hom|me noir vous fait, je ne
sais pourquoi, penser à une fourmi, toute tendue vers l'effort.
Mais, l'impression produite (la première note une fois donnée comme au dia-

�166 —
pason), la fourmi revêt des ailes; et le chant du musicien s'épand comme un chant
lyrique, chant de cigale, par instants chant de rossignol.
On le voit, l'allure même du maître Fontbernat est déjà protéiforme, puisqu'elle
peut évoquer à nos yeux tant de choses et tant d'êtres.
Mais cette force de transmutation qui est en lui s'extériorise. Pareil aux magiciens des vieux contes, il frappe de sa baguette sur le sol de la grande ville et en
l'ait surgir des chanteurs, comme il avait frappé naguère sur le sol de nos vieilles
provinces pour en éveiller des chants intimes, expressifs et ailés.
Ainsi des enfants du peuple, groupés par Josep Fontbernat au hasard de ses inspirations ou de ses rencontres dans Paris (et que dans son humour il a sacre
d'emblée, parce que c'est l'habituelle terminologie, ténors, barytons ou basses), —
des enfants du peuple vont chanter des chansons du peuple, puisées aux sources
cristallines de la tradition occitane et faire revivre l'âme du Midi latin, dans son
prestige et dans sa pureté.
Et il ne saurait être question avec Fontbernat de difficultés matérielles, d'objections pratiques qui dérouteraient de plus raisonnables. Peut-on empêcher, en
leur parlant prévoyance, de chanter les cigales et les rossignols de chez nous, même une fois transplantés à Paris ?
En cours d'année, José Fontbernat avait déjà fait pressentir à quelques privilégiés, au nombre desquels il faut compter les membres du Groupe Occitan, tout
ce qu'on pourrait attendre de son entreprise.
Avant que ne s'achevât l'été, nous assistâmes à la maison Gaveau, toujours
d'ailleurs avec la complicité de notre Groupe, à un grand festival de musique
populaire occitane et l'on peut dire que jamais on ne vit, dans une salle de spectacle parisienne, pareil frémissement et pareil délire.
Dès qu'aux premières mesures de l'Hymne, de Moiera, s'élevèrent ces voix
graves, ardentes et comme en prière, le public fut pris aux entrailles; mais l'émotion déborda lorsque la Cobla de lu Jiisbal, accourue tout droit de Catalogne à
l'appel de Fontbernat, vint mêler soudain ses accents fulgurants au tonnerre du
chœur comme pour amplifier encore la grandeur de cette invocation.
La Cobla de la Bisbal est la plus notoire de la Catalogne. Elle se compose d'une
douzaine de musiciens cuivres et bois, douze grands artistes. Mais ces cuivres,
par le jeu d'une étrange sourdine, sont d'un moelleux incomparable, et ces bois,
■:&lt; primes et canoras, » instruments anciens de la Catalogne, joignent à la douceur idyllique du hautbois la plus ardente rutilence. Et cela donne une musique
sang et or, d'un dynamisme puissant où se mêle par instants une note élégiaque
de verdure, mélancolique et troublante, musique de force juvénile et de sentimentalité fougueuse.
Successivement, nous goûtâmes d'expressifs chants de fête, et des chants de
tendresse, évoculeurs et dolents. Cependant croissait l'enthousiasme. L'exécution
par la Cobla et le Chœur Occitan de la populaire « Santa Espina », hymne d'espérance et de gloire, que l'assistance, se levant d'un bond, écouta haletante, marqua l'apothéose de la fête.

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Après que l'éminent compositeur Canteloube eut rendu un hommage attendri
au pays natal par la réalisation de ses «Chants d'Auvergne », dont le chaleureux
ténor Vulpesco rendit à souhait la distinction et le charme, le chœur Occitan
vint consacrer la dernière partie de la fête aux chansons populaires du pays d'Oc.
Provence, Languedoc, Roussillon, Gascogne, Béarn, Guyenne, voilà que s'égrènent les motifs favoris tirés d'un trésor folklorique incomparable. Et nous restions
là, secoués jusqu'aux entrailles, en communion parfaite avec l'âme d'un passe
dont nous nous sentons les fils, passé chevaleresque et tendre, nostalgique et généreux. On bissa tout d'enthousiasme, de la Marche dels reis à VEmporda catalane :
hou, Boier, lou Rossinyol, la Trompuza, Rossinyolet que cantos, la Canço 'de la
nau, sans oublier Jana d'Aimé qui émut jusqu'aux larmes.
Et, comme le public n'osait se détacher, il fallut reprendre la Santa Esplnut,
que les assistants écoutèrent une fois encore en frémissant.
Après une manifestation de cette envergure, on peut dire que le chœur occitan
s'est classé au premier rang des groupements musicaux populaires et qu'il fui
appartient de connaître avant peu la faveur des chœurs russes et des chœurs
ukrainiens. Pour aider à son épanouissement, tous lès enfants du Midi, le groupw
occitan en particulier, se doivent de tenter un effort d'organisation et de propagande : il s'agit ici d'une œuvre de piété et de résurrection d'un art que doit
consacrer la gloire. Qu'une fois de plus le Midi se mette a bouger :
Fernand CRÉIEUX.

Lie

festival f?ey~Rndreu,

Ainsi que nous l'avons annoncé dans notre précédent numéro, nous sommes
heureux de reproduire l'article qui a- été publié dans Paris-Conférences fur le
dernier festival de notre compatriote, le compositeur Rey-Andreu. Cet article, dû
à la plume de M. Jacques Baudry, le critique musical réputé, administrateur du
Guide du Concert, organisateur des séances de Musique Vivante, contient sur
l'œuvre du compositeur narbonnais, des aperçus très intéressants, et il associe
à son succès d'autres occitans, Mlle Alice Bourgat, « l'exquise danseuse de
l'Opéra », et notre vice-président, Paul-Sentenac, qui avait présenté au. public,
l'œuvre du- musicien.
Un avenir, peut-être prochain, dira si Etienne Rey-Andreu a ramassé le sceptre
de la musique occitane arraché par la mort des mains du regretté Déodat de
Séverac ; toujours est-il que, dès à présent, l'œuvre du compositeur narbonnais
présente mieux que des promesses et semble, sans rien abdiquer de son originalité
propre, s'apparenter par des traits essentiels à celle du maître disparu : sincérité
et caractère primesautier de l'inspiration, qualités rares de lumière et de couleur,
énergie rythmique qui caractérisent une musique conçue et écrite d'un seul jet

�- 168 —
au csntaet de l'admirable nature languedocienne. Dans la musique de Rey-Andreu
comme dans le sonnet Baudelarien :
Les parfums, les couleurs el les sons se répondent.
Ceci fut développé de la façon la plus heureuse par M. Paul Sentenac, compatriote du compositeur et vice-président de la jeune revue Les Feuillets Occitans.
Après quoi, Mme Verdevoye-Heuclin, pianiste (interprète particulièrement
dévouée et familière de l'auteur), Mme L. Matha, cantatrice; Mlle L. Lapié,
violoniste, et Mlle Ad. Clément, violoncelliste, pour ne citer que les solistes,
exécutèrent des pièces de piano, (Rapsodie Espagnole, Fragments de la suite
Lou Pays, Cigales dans le Soleil), des mélodies (Les Poèm.es de la Lumière, etc),
une imposante sonate violon et piano, le brillant et subtil Poème (violoncelle et
piano), des pièces en trio; un fragment d'un quatuor à cordes, et l'entraînante
sérénade occitane (par l'orchestre du Caméléon, sous la direction de M. Marehessaux). Donnons une place à part au Petit Phili, qui, dans des Poèmes de L. Payen
et de P. Sentenac, déclamés avec accompagnement de piano, fit montre d'un talent
aussi .sûr que précoce, et à Mlle Alice Bourgat, l'exquise danseuse de l'Opéra,
dont les danses, sur des musiques de Rey-Andreu, furent un moment de pur
enchantement.
Jacques BATJDRY.

�Les Lettres Occitanes
Vèspre autounene
à Pau Valéry

Lou cièl viôuletejét, car lou sourel sannous
Trecoulava d'aval dins la mar aiiontada.
Lou repic d'un auboi roumplissiè la vesprada,
Estripant la calama e pioi resson plagnous.
Lou barroul craïnèt e, la porta butada,
Intrèt lou Ghivalié, panle, lou cap sannous.
Panle antau qu'un mourènt, bèu mai qu'una jouvènta,
Fièr couma Calendal, triste parié lou Crist,
Gaminava plan-plan. De sous iols atendrits
Soun ama desboundèt. Una aureta plasènta
Toumbava das caciès lous fiolhs enrouvelits.
Espoussava la flous de sa man de jouvènta,
E de l'autra, tenié lou ploumbel trelusent
D'una espasa, la lama un pauc desfourrelada.
Anava pensatiéu, couma s'à la voulada
Parava amé las flous un remémore cosent,
— E chaca pas dévié creisse la rampelada ...
D'ausida s'entanchèt dors l'esfang trelusent.

�170

Dors l'estang rnitanjè dau pargue s'eniaiich-iva
Aqui tras lou ridèu blanqumous das rausets,
Dins lous amarinouses erbàs, lous jounquets,
Dourmissé l'estang pers. D'una anella penjava
Un floc de cadenassa à l'arràs das pountets.
La barqua éra negada. El, que tant s'entanchava,

?

Patetejèt un briéu, pioi pleguèt lous ginouls
Dessus l'embarcadou. N'escartèt las jounquinas,
Tremblant ; tenié d'à ment las aigas treboulinas,
E sousclava, tout soul, amé lous aubres, soûls,
Per clinà sus soun dôu la pàs de sas oumbrinas;
E prégava e disié tout sotisclant à ginouls:
«
«
«
«
«
«

Soui tournât, bèl estang, après tant de fouliges
Dors toun mirai que la vejèt se pimparà
ïlisouleta, enardida! 0! tèmple ben astrat!
Recatadou sicret de sous enfanjtouliges,
Prescou qu'en poutounant soun poulrt cors nacrai
L'apanaves d'amour ! Après tant de fouliges

«
«
«
«
«
«

Soui tournât, couma vèn l'arounda en trantaiant
Engrepesida, lassa e las alas chapladas...
Per toujour, soui tournât! Lous draioulets, las pradas,
Lous caciès. lous oustaus, lou pargue tant friand,
Ai tout recounougut ! Ai retrou bat sas piadas,
E cerque sa blancou dins lou clar trantaiant.

«
«
«
«

0 capitarai-ti, lou mèu de ta bouqueta
E toun alé mesclat de rosa e de rasi?
Tous longs péusses de seda e d'or rous cremesit,
Lous sentisse frustà moun front e dins l'aureta
h Es lou bresilhadis de ta voueju ai ausit !
(
« N'ai fam das poutounets de ta rouja bouqueta!...
«
«
«
«
«
«

N'ai fam! M'estrementisse... Oi, torne repentons
E d'aici adenant l'ama linda e guerida.
Quand mous plous bagnaran tas gautas, ô manida!
Coumprendràs ma vergougna e tous mignots brassons
Escafant la messorgia anciana, — ara, abourrida, —
Bressaràs sus toun sen toun amant repentous.

�— 171 —
«
«
«
«
«
«

Mes ïou pargue es désert! Ounte siës amagada?
Dins lou fousque dau cièl lous pibous an traucat.
0 Miëuna! iéu te sone en cridant moun pecat
Tout rèsta mut e vouida e dins una passada
La nioch e l'estelan auran tout enmascat!...
O Mièuna! respond-me! Mounte siès amagada? »

E l'auboi ressoundis pus fort e pus doutent.
Devariat caïn, lou chivalié s'auboura.
A tirât soun espasa. — (E l'auboi toujour ploura!)
E la trai dins l'estang. Lèva un flaire pudent
Dau bourdigas limpous. Un regiscle l'afloura
Que sembla d'un gipàs macà soun front doulent.
S'aplanta esglariat, car subit l'aiga bada;
De l'ersejant ilhau d'acié de sang e d'or
Vèn de vèire sali, blanca, traucada au cor,
La fada das vint ans... Mes la bella adourada.
Souta e s'apregoundis am'un gargouilh de mort
Dins lou toumple founzut... ount la barca es negada.
O panle chivalié ! moun fraire, per-de-que
L'as-ti quitada, fol !, la prumiéra mestressa ?
Es lou sort qu'a negat ta barca : ta jouinessa ;
De toutes tous remords fariés pas un barquet.
Mès lou pais nadal t'a serbat sa tendressa
Ploures couma un enfant, chivalié ? Per-de-que ?
(Las Rosas dau Clapàs)
Jousé LOUBET.
(Dialecte montpelliérain).

Soir d'Automne
Le ciel se teintait de lueurs violettes car le soleil couchant, iàbas, derrière la colline rougissait la mer. Le refrain d'un hautbois
emplissait ,».• crépuscule, déchirant le silence et (mis plaintivement
répercuté. Le verrou grinça. Par la porte violemment ouverte, entra le chevalier, pâle, le front saignant.
Pâle ainsi qu'un mourant, plus beau qu'une jeune fille, fier comme Calendal, triste semblable à Christ, il allait lentement. De ses
yeux attendris son âme", en pleurs, débordait. Une brise légère ef-

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fouillait les pétales couleur de rouille des acacias. Il chassait les
fleurs d'une main à la grâce féminine,
Et il tenait le pommeau brillant d'une épée dont la lame sortait
un peu du fourreau. Il allait pensif paraissant écarter avec les
fleurs une remembrance cruelle et plus impérieuse à chaque pas.
Soudain il se hâta vers l'étang qui brillait
Vers l'étang, au milieu du parc, il se hâtait. Là, derrière le rideau blanchâtre des roseaux, dans les touffes d'osier et d'ajoncs,
l'étang glauque dormait. D'un gros anneau pendait au ras des petits arceaux un tronçon de chaîne. La barque avait sombré. Le chevalier qui tant se hâtait hésita un instant, puis il plia les genoux
sur le ponceau. Il écartait les ajoncs en tremblant; il scrutait avidement les eaux troubles, et il sanglotait seul, n'ayant pour confidents que les arbres inclinant sur son deuil la paix grêle de leurs
ombres grêles; et il priait, il disait, sanglotant à genoux :
« Je suis revenu, bel étang, après tant de folies vers ton miroir
qui la vit se parer souriante, curieuse! ô temple prédestiné asyle
discret de ses ferveurs naïves ! fraîcheur qui la substantais d'amour
en baisant son joli corps nacré! Après tant de folies je suis revenu,
comme fait l'aronde épuisée, transie, lasse et les ailes brisées —
Je reviens pour toujours ! Les sentiers, les prairies les acacias, les
maisons, le parc si charmant, j'ai tout reconnu ! J'ai retrouvé les
traces de ses pas et je quête sa blancheur dans la clarté mourante
du soir.
O retrouverai-je le miel de tes lèvres et de ton haleine où se mêlaient la rose avec le raisin ? — Tes longs Neveux soyeux de
rousse, d'un or empourpré, je les sens qui frôlent mon front et
dans la brise c'est le gazouillement de ta voix que j'ai entendu '
J'ai faim des doux baisers de tes lèvres rouges !
Je les désire et je défaille., oui je reviens repentant et l'âme désormais purifiée, guérie. Quand mes larmes mouilleront tes joues,
ô jeunette, tu comprendras ma honte et tes jolis bras absolvant le
mensonge ancien — maintenant abhoré — tu berceras sur ton
sein ton amant repentant. , ,
Mais le parc est désert! Où te caches-tu? les cimes des peupliers
disparaissent dans la brume du crépuscule. Oh! mienne je t'appelle en criant mon péché. Tout demeure silencieux et vide, et bientôt, la nuit et les lueurs des étoiles viendront tout ensorceler... Oh!
mienne ! réponds-moi ! Où te caches-tu ?... »
Le hautbois retentit plus fort et plus poignant. Haletant, irrité,
le chevalier se dresse. Il a tiré son épée — (et le hautbois toujours
s'éplore) il la jette dans l'étang. Des rives fangeuses s'exhale un
relent immonde. Une flaque l'éclaboussé souffletant son front
meurtri.

�— 173 —
Il demeure épouvanté, car l'eau s'ouvre soudain. Dans l'éclair d'un
remous d'acier, de sang et d'or, il vient de voir surgir, blanche, le
cœur transpercé, la fée des vingt ans,,.,. Mais la belle adorée, glisse
entre deux eaux et s'engloutit avec un râle affreux dans l'abîme profond ... où la barque a sombré.
O pâle chevalier! mon frère! pourquoi l'as-tu abandonnée, insensé ! la première maîtresse ? C'est le destin qui fit couler ta barque : ta jeunesse. Tous tes remords désormais seront vains ! Mais
le pays natal t'a gardé sa tendresse ... Tu pleures, comme un enfant,
chevalier? Pourquoi pleurer?
J. L.

�Bibliographie Oeeitane.
A. SCH NEE BERGER. — Conteurs catalans. (Collection de la Société, édition
« Raymond Lulle » N° i). Paris Perrin, 35, quai des Grands-Augustins,
1026. In- °.
M. Schneeberger a déjà donné une Anthologie des poètes catalans contemporains depuis 1S5 4 et il met aujourd'hui à la portée du public français un excellent
choix de nouvelles et contes des écrivains modernes de la Catalogne, précédés de
notes bio-bibliographiques. Emile Vilanova, le maître écrivain des Hcènes Barcelonaises, Allons Maseras qui a introduit en Catalogne le roman psychologique et
y reste toujours profondément original, figurent dans ce recueil constituant,
avec l'Anthologie des poètes catalans contemporains, un précieux monument
élevé à la gloire de ces frères en langue d'oc dont nous suivons avec admiration
le noble effort de rénovation occitane.

J.

ESTELRICH. — Entre la vida i eh {libres. (Kl Ram d'olivera n°
Assaigs. Vol. IV). Barcelana, Llibreria Cataloma, 1926. In-8".

2.

M. Estelrich, directeur de la Fondation Bernât Metge, créée pour l'encouragement des études classiques, vient de publier son quatrième volume d'essais :
Entre la vie et les livres. Un livre de M. Estelrich, qui tient le premier rang
parmi les essayistes catalans, est toujours accueilli avec faveur par les fervents
des lettres catalanes. Ce nouveau livre s'affirme tout à l'honneur du pur humaniste qu'est M. Estelrich. Les aperçus qu'il nous donne sur les pensées du grand
lyrique italien Leopardf, ses études sur l'originale figure de l'écrivain danois Kierkegaard, celles sur Joseph Conrad et sur Maragall si noblement représentatif de
la renaissance catalane dans les premières années du XIX siècle, sont une joie
pour ceux qui, franchissant les barrières des langues et des frontières, s'intéressent au mouvement intellectuel européen. L'humorisme de Jules Romains est
aussi, dans ce livre, étudié de main de maître et Chaiioun, Chaiioun Rieu, le poète
du Paradou revit ici avec sa Provence natale en des lignes émues. Mais il y a plus
dans cette étude, il ya pour nous, Occitans de France, un sujet de méditation et

�—

175 —

un enseignement. Connaissant mieux que personne les raisons du mag-nifique
essor de la renaissence catalane, M. Estelrich a vu d'un coup d'œil sûr les causes
de l'insuccès partiel et peut-être définitif de la cause occitane en France si l'on
n'y porte remède promptement. Il appartient aux héritiers intellectuels de Mistral
de savoir tirer les conséquences logiques de son œuvre en créant un puissant
mouvement régional susceptible de faire adapter, un jour, les institutions nationales aux inéluctables nécessités de la renaissance occitane.
A. LAJOINIE, —

Nos troubadours. Bordeaux, Féret, 9, rue de Grassi,

1926. In-8°.
M. Lajoinie, l'auteur de l'enquête sur les Bases logiques d'une Restauration
provinciale a voulu mettre à la portée du grand public la pittoresque, abondante
et subtile littérature occitane du Moyen-Age qui, il faut bien l'avouer, est plus
connue et goûtée à l'étranger qu'en France. M. Edouard Bourciez, professeur
à l'Université de Bordeaux, a écrit ia préface de ce copieux et intéressant ouvrage où l'on trouve malheureusement un certain nombre d'inexactitudes concernant,
en particulier, le lieu d'origine de plusieurs troubadours. De nombreuses poesrcs
accompagnées de leurs traductions françaises permettront aux profanes de goûter es œuvres de ceux qui firent, au Moyen-Age, la gloire de la langue d'Oc.

René FARNIER. — La Pena de chauzir. Limoges, imprimerie Commercia
le Perrette, 7 cours Jourdan, 1926. In-8°.
Jouée pour la première fois le 22 août 1925, à la 25me fête de l'Egiantine, cette
pièce populaire limousine est d'une charmante bonhommie. La fille d'un paysan
propriétaire, pour ne pas avoir la peine de choisir entre deux prétendants, demande à son père d'effectuer le choix lui-même. Les deux prétendants font tant et
si bien que le père n'a plus à leur sujet l'embarras d'un choix finissant par se porter tout naturellement... sur son propre valet de ferme qui aime sa fille et en est
aimé. Il y a, dans cette pièce, tout un riche et pittoresque vocabulaire campagnard
dont nous avons beaucoup apprécié la saveur. Vice-Président de la Maintenance
du Limousin et maître en Gai-Savoir, M. René Farnier a déjà fait représenter
avec succès d'autres pièces qui honorent grandement le théâtre populaire limousin.

Elisabeth DODE.—Pantai Pfouvençau, chez l'auteur; i, rue d'Orléans
Nîmes. In-8°.
Mlle Dode a appris seule le provençal et elle en connaît bien les richesses.
Dans ce long rêve provençal, qui se déroule aux Saintes-Mariés de la Mer, Mlle
Dode fait preuve d'imagination et de sens poétique; elle se laisse malheureusement entraîner souvent par la double facilité de son talent et des rimes provençales. Son livre n'en est pas moins un bon livre et nous sommes heureux de faire
nôtres, ces paroles que lui adressait Mistral, à l'occasion de ses premiers
essais : « Vous êtes une noble félibresse, une digne fille du Midi ».

�— 176 —
BOYER D'AGEX. —

Au pays de Jasmin. Paris.

A.

Lemerre. In-8".

M, Boyer d'Agen, dans le tome II de cet intéressant ouvrage, nous donne une
traduction en vers des Papillotes, de Jasmin. Lorsqu'un poète veut traduire en
vers un poète, c'est toujours une tentative audacieuse où l'échec est parfois certain.

M.

Boyer d'Agen a souvent réussi à nous rendre en français la grâce et

l'harmonie du poète gascon. Dans son prologue, il adressé à la statue de Jasmin
des vers émus et la décrit ainsi telle qu'elle apparut à ses enthousiastes yeux
de dix ans

:

Un homme qui tendait ses bras, comme des ailes.
Au ciel libre où volaient ses sœurs, les hirondelles,.
Et dont les mains s'ouvraient en des gestes bénis
Aux oiseaux s'y posant comme en d'aimables nids.
Un barde au corps rythmique et beau, comme une lyre,
Dont chaque nerf vibrait au souffle qui l'inspire,
Dont l'œuvre fut un charme et la vie un jardin...

Joseph

CI'ARBAUD. —La

bête du Vaccarès. Paris, Grasset, 61, rue des
Saint-Pères, 1926 In-8°.

M. Joseph d'Arbaud, majorai du Félibrige, rédacteur en chef du Feu, l'auteur
des Rameaux d'airain et du Laurier d'Arles

est une des plus .pures gloires de

la poésie provençale contemporaine. L'œuvre en prose qu'il vient de publier sous
le titre sonore et mystérieux de

TAI

Bête du Vaccarès se trouve digne du grand

poète qu'il est et de la Provence qu'il aime. M. d'Arband nous promène à travers
la Camargue

aux

taureaux

légendaires,

parmi

les troupeaux

galopant dans

le

mistral, devant les flamboiements de la mer... Charles Maaurras a écrit, pour ce
livre, une préface où son talent prestigieux vient rendre un amical et juste hommage à un maître de la littérature provençale. Une- admirable traduction accompagne l'ouvrage; elle permettra aux profanes de goûter, en partie, le charme d'un
beau livre consacré à la gloire d'un beau pays.

PAUL-LOUIS

GRENIER.

Nous consacrerons à M. Joseph d'Aband une étude dans la série des « Têtes
occitanes ».

�Le Mouvement Economique
Ua eonnsisssnee de la franee.—

la

information régionale et les riehesse»

du Sud-Ouest. — Ije moreellement de la propriété vitieole. —
L»a suppression des Sous-Préfeetures dans le Uanguedoe ,V!éditerranéen.

Lenteur, voire recul, dans l'effet de redressement national qui a
suivi l'après-guerre, mis en contraste avec l'admirable activité de
nos contemporains, ne s'expliquent que par le retard de nos idées et
de nos institutions appliquées à des faits plus jeunes, plus mobiles
qui les débordent et les contrecarrent. Mais ce retard n'a-t-il pas
pour cause profonde celui de-nos connaissances ? Quelle image nous
faisons-nous de la France de 1926 ? Elle n'est point celle qu'il y a
dix, quinze ans ou plus nous avons gardée do ce que nous apprîmes
en classe! Réfléchissez que, par l'ancienneté des livres et par leur
mise au point, en 1922, on enseignait encore : Cette, port exportateur
de vins. Et Cette vivait de l'importation depuis la crise phyloxérique.
Pour agir, il faut d'abord connaître et nous constaterons avec
plaisir que nos progrés dans cette voie figurent au nombre des résultats à mettre déjà à l'actif de la loi Clémentel. Avec plus ou moins
de rapidité et de bonheur, les « régions » se sont mises à l'ouvrage
et ont commencé à inventorier. La IX0 région, celle de Toulouse, qui
ne couvre pas moins de 61.116 km. carrés et qui groupe plus de deux
millions d'habitants, a déjà dressé le répertoire des produits recueillis ou fabriqués et la liste de tous ses industriels. Elle a publiée
des monographies sur l'agriculture, le charbon, les forces hydrauliques, les industries électrotechniques et mécaniques; dressé la carte
des productions végétales des pays de Foix, de Port-Vendres, etc.
Cette enquête continue : elle est de tous les jours, et nous en trou-

�~ 178 —
vons les éléments dans l'organe hebdomadaire de la IX" région :
« LInformation Régionale (1). »
Nous connaissons quelques uns de ses pareils et nous devons
immédiatement souligner que le journal de Toulouse ne peut que
gagner aux comparaisons. Pas de présentation prétentieuse mais
commodité et lisibilité parfaite; pas de bourrage, de hors d'œuvre
et de réthorique, mais seulement des choses utiles et clairement
dites. Les informations statistiques y sont à la fois brèves parce que
choisies et présentées, les études d'ensemble demandées judicieusement aux personnes qualifiées, sont impeccables. Que les numéros de
1925 puissent se lire en septembre 1926 sans perdre de leur intérêt,
c'est ce qui nous étonnera moins quand nous aurons dit à nos lecteurs que « l'Information Régionale » est dirigée par M. Hubert
Lagardelle.
*
**
Tous les méridionaux et particulièrement les Catalans devraient
savoir que leur compatriote M. Sorre, Professeur de la faculté des
Lettres de Lille, a publié une thèse de géographie sur les Pyrénées
méditerranéennes : Roussillon, Cerdagne.
Cet ouvrage est copieux et sévère et ne s'adresse qu'aux lecteurs
qui ont le temps. L'Information Régionale a eu l'heureuse idée de
demander à M. Sorre une étude sur les Pyrénées Orientales. Elle
n'est naturellement pas à la portée de tout le monde. On la trouvera dans les numéros du 3, 10, 17 octobre 1925.
Autre étude d'ensemble, alerte et complète, riche en détails intéressants et quelquefois nouveaux, celle de M. François Gadrat sur le
département se l'Ariège. Le particularisme ariégeois a survécu
longtemps à la Révolution: en 1804 les conscrits réfractaires brûlèrent la préfecture de Foix. La population de ce département est
tombée de 290.000 sous le second empire à 122.000 en 1921.
*
* *
L'afflux des immigrants italiens dans le Sud-Ouest a eu pour
premier et heureux effet la reprise de la sériciculture (19 juin 26)
Les causes de la disparition — maladies et insuffisance de la rémunération — ont maintenant disparues. Cette renaissance, fait nouveau, n'est point laissé au hasard des initiatives individuelles mais
(1) L'Information Bégionah, hebdomadaire : 0,40; Toulouse, 34, rue de Metz. Abonnement ; 20 francs,

�est l'objet d'une collaboration ordonnée des soyeux et des organisations agricoles.
La production maraîchère à Toulouse (2janv. 26) couvre 2.000 Ha
et intéresse 3.000 familles. La culture de la violette (17 avr.) appartient à une coopérative de producteurs, qui ont fait un chiffre d'affaires de 2 millions 241.000 francs en 1923 réparti entre 280 familes.
L'étude sur la culture de la prune d'Agen (17 Avril), nous donne
d'intéressants détails sur la concurrence Californienne et montre
que son avenir à l'exportation dépend de l'habileté de nos défenses
douanières.
Le réputé et glorieux fromage de Roquefort (5 juin), honneur et
richesse des Causses, a attiré l'attention du législateur. S'il est un
produit national intéressé à la protection des marques d'origine,
c'est bien le fruit de Combalon dont il s'est fabriqué onze millions
de kilogs en 1924 sur lesquels cinq ont été vendus aux Amériques.
On incrimine bien souvent le bénéfice du producteur rural quand
on parle vie chère. Mais pour le Sud-Ouest (19 juin) il est très net
qu'une des causes de l'exode rural est l'insuffisance absolue des
salaires .
*
**

L'exploration méthodique du sous-sol français réserve des surprises. Voyez plutôt les pétroles de Gabian. La prospection de ce
liquide précieux et sale, est commencée avec ardeur. Vous serez
frappé en lisant les études sur l'Ariège (3, 10, 17 oct. 1925) et celle
du 30 juin 1926 sur les mines et les carrières du Lot de l'étendue de
ces possibilités comme aussi des exploitations, autrefois prospères,
aujourd'hui abandonnées. C'est par exemple dans le seul Lot, le
zinc et le plomb des environs de Figeac dont l'extraction est tombée de 6.480 t. en 1906 à 3.627 en 1918, à rien ces dernières années;
celle des phosphates de chaux dont on découvre maintenant des
gisements nouveaux. Le seul Lot offre ses poteries et briques (14.000
tonnes en 1913), de ses terrains liasiques, des fers traités par les
usines de Fumel; le sulfate de baryte à St-Céré (1.100 tonnes en 1922),
la pierre à bâtir. Le manganèse, le cuivre et l'or y sont des possibilités. Il faut se dire que la grandissante concurrence autour des
matières premières de plus en plus gardées par les pays d'origine,
rendra rémunératrice la reprise d'industries ou d'exploitations qui
hier encore ne payaient point. Par exemple la papeterie de Montech
dans le Tarn-et -Garonne était alimentée par la paille d'avoine.
La hausse des papiers a totalement bouleversé cet état de choses.
On voit que les capitaux français auront d'autres emplois que
l'achat des bons.

�— 180 —
Les richesses de l'Ariège méritent l'attention (janvier 26). 26
concessions, 7 de fer autour de Tarascon donnent 9.000 tonnes et
d'une qualité très appréciée, 3 de manganèse, 10 de plomb et de
zinc, 4 de cuivre, 2de sel. La mine de Rancié a ceci d'original qu'elle
appartient à huit communes du Vicdessos. Mais ce système coopératif communiste ne produit que des résultats médiocres dont souffrent peu d'ailleurs les mineurs propriétaires qui trouvent dans la
culture un notable complément de ressources. Le numéro du 20
février vous apprendra qu'il n'y a que trois producteurs de talc
en Europe: l'Italie (Pignerol 15,000 ts.), l'Autriche (Gratz 12.000 ts.)
et la France (55.000 ts.). Et que c'est à l'Ariège que la France doit
cette richesse : 50.000 tonnes dontles 2 3 vont à l'exportation. L'origine en est récente et la main-d'œuvre toute entière espagnole.
* *

"

Le Sud-Ouest a une notoriété indiscutée en matière culturale.
Son activité industrielle est moins connue et pourtant la région offre
de nombreux exemples de cette fièvre de création qui a suivi la
paix.
Les industries de Toulouse : meuble (14 nov.), confection et
lingerie (2 janv.), parapluies (6 janv.) n'ont pas moins gardé leur
caractère ancestral. Industries à domicile, les essais de travail à
l'atelier ont échoué. Le meuble y doit son origine à la présence des
matéres premières (noyers et châtaigniers du Massif Central et des
Pyrénées, facilités ensuite d'exportation par Cette et Bordeaux).
Encore à la petite entreprise, il n'en fournit pas moins à l'exportation des copies de meubles anciens et les grands magasins de Paris
sont ses clients. Revel fabrique des meubles ordinaires en peuplier.
Le meuble toulousain est menacé de la crise de l'apprentissage.
L'industrie des parapluie et ombrelles produit pour un million
par an, exporte dans tout le bassin méditérranéen et a réussi
jusqu'à présent à vaincre la concurrence allemande.
Le plus grand centre industriel de la IXe région est sans contredit
Mazamet (20 févr.). C'est le surpeuplement et le bas-prix de la
main-d'œuvre qui expliquent son industrie mais plus encore le
détachement d el'agriculture qu'imposait aux protestants la constante menace de l'expulsion. Ce fut d'abord l'industrie du coton
puisque la fabrication de ces étoffes avec des matières premières
non récoltées se trouve, n'exigeant qu'une filature et un tissage
à la main, destinée à recevoir ses débouchés hors de la contrée
laissant par là aux fabricants toutes facilités de déplacement et de
transplantation. Mais c'est le délainage des peaux qui a fait la
fortune de Mazamet. Introduite en 1856, le traité de 1860 admettant

�— 181 —
en franchise les laines en peaux brutes, la pureté des eaux, l'abondance de la main-d'œuvre, tous ces éléments expliquent cette prospérité ascendante jusqu'en 1923 où une grève vint l'arrêter sans
la ruiner. Cette industrie qui emploie 6.000 ouvriers, a réussi à exporter malgré la concurrence de la Plata. En 1923 elle fit pour
700 millions de chiffre d'affaires. L'activité de Mazamet ne peut
mieux s'illustrer que par le chiffre du montant des opérations de
la succursale de la Banque de France : 900 millions.
*

* *

Les transports du Midi ont mauvaise presse. Elle fut méritée
mais on ne tiendra jamais assez compte du caractère rural de ces
contrées, de leur faible densité en décroissance, de l'éloignement
de Paris, de la stupide coupure des réseaux. La compagnie du Midi
n'en craint pourtant aucune autre sous le rapport des initiatives.
Les méridionaux savent-ils assez qu'elle est la plus avancée quant
à l'électrification ? Une mission d'ingénieurs italiens (19 juin) en
est partie fortement édifiée. Par contre, tout est à faire pour les
voies navigables (5 et 12 juin). Malgré la fréquence et l'abondance
des crues, la navigation en Garonne a été très anciennement pratiquée et particulièrement active au XVIIIe siècle. La voie ferrée en
lui aurait pas porté un coup mortel si l'institution en 1898 d'un barème annexe abaissant de 60% le tarif sur la seule ligne BordeauxCette n'était venu ruiner la navigation.
*

* *

Une enquête récente faite par le ministère de l'agriculture prouve
que le midi du Languedoc médité rranéen est un des coins de France
où la propriété est la plus morcelée.
Beproduisons les résultats de cette enquête :
NOMBRE
de récoltants
possédant.
5 à 10
10 à 20
20 à 50
50 à 100
100 à 150
Au-dessus

ha
ha
ha..
ha
ha
de 150 ha....

Aude

3.213
1.110
667
176
20
14

Gard

1.886
688
304
42
5
4

HéravU

Pyr.-Or.

5.250
1.963
905
270
32
9

1.084
539
282
68
20
1

Une enquête plus précise a été faite dans le département de

�— 182 —

l'Aude par les dirigeants de la C. G. V. Il en résulte que' sur 34.907
Vignerons ayant fait une déclaration en 1924 :
33.316, soit 92,3 % exploitent de 0 à 5 hectares;
21.612, soit 61,9 % récoltent de 10 à 50 hectolitres à l'hectare et
ont produit 2.222.326 hectolitres, soit 37,1 % de la production du
département;
11.410, soit 32,6 % ont récolté de 51 à 100 hectolitres à l'hectare
etont produit 3.055.887 hectolitres, soit 51 % de la production du
département;
1.885, soit 5,4 % ont été récolté plus de 100 hectolitres à l'hectare
et ont produit 713.562 hectolitres, soit 11,9 % du total de la production du département.
*
* *
La région du Languedoc est une des mieux définies de Fiance,
une des plus faciles à reconnaître sur toutes les cartes, tous les
phénomènes du sol et de la vie y sont identiques en toutes ses
parties. Celle où croît l'olivier et où règne la monoculture de la
vigne sur la rive gauche du Rhône. Ajoutons-y ses annexes montagneuses faciles à délimiter les Causses et les Cévennes que lui rattachent les lignes Nimes-Lauzergue et Béziers-Neussargues. Mais
comme cette région ne peut se définir ni par une capitale ni par
un fleuve, qu'elle est la moins connue à Paris, elle est toujours
sacrifiée. Il n'est point une délimitation qui ne l'abime. Aucune
de nos régions administratives militaire, universitaire, forêts, ne
les respecte et sans motifs valables. Pourquoi faut-il qu'Albert
Sarraut régnante, une anomalie de taille vienne encore s'ajouter
à la liste ! Vous savez qu'on a régionalisé les conseils de Préfecture.
Le décret a transporté froidement ceux de Carcassonne et de Rodez
à Toulouse et le Conseil de Montpellier ne régira que l'Hérault,
le Gard et les Pyrénées Orientales ! Sans commentaires.
N'hésitons pas à l'écrire, nous y reviendrons, que l'arrondissement est un des cadres les plus heureux et les plus naturels : la
commune, l'arrondissement, la région, tels devraient être les cadres
sur quoi se hiérarchiserait toute vie officielle si on se préoccupait
de la faire correspondre aux réalités qui justifient son existence
et sa cherté. Lucien Romier a conclu en ce sens, faissons lui écho
afin que à la longue à force de rabâcher, ce clou s'enfonce dans le
crâne de nos « dictateurs »; qu'il sera tout aussi facile de faire
reélire des députés avec ces cadres nouveaux qu'avec les anciens.
C'est le seul qui convienne aussi bien au scrutin d'arrondissement
qu'cà l'application de la R. P. intégrale.
JEAN

MORINI-COMBY.

�B'ila original d'Achille Rouqci*.

Têtes Occitanes
Auguste Fourès.
UGUSTE FOURÈS, né à Casicinaudary, Aude, le. 8 avril 1848,
et mort dans cette même ville le 4 septembre 1891, n'a

pas encore de monument dans l'ancienne capitale du Lauraguais. Sa statue, il est vrai, s'érige au Grand Rond de
Toulouse, et ce n'est pas sans raison, car il vécut quelques
années dans la Cité Raymondine, bien connu dans les
milieux des littérateurs et des journalistes. Les félibres de sa ville natale,
groupés sous le nom de Grilhs del Lauraguais, veulent qu'un monument,

�— 18*
pouf si humble qu'il soit, y perpétue le souvenir du grand Félibre que
fut Auguste Fourès.
Mort à l'âge de 43 ans, il ne nous a pas laissé de poème considérable,
d'ceuvre puissante qui puisse le mettre au niveau de Mistral, ou d'Aubanel,
pour ne citer que des morts. Néanmoins, parmi ses poésies recueillies
par lui ou par ses successeurs, en quatre volumes, il y a des merveilles
incomparables par la noblesse de l'inspiration, la finesse de l'observation
et la pureté de la langue.
C'est à la vie quotidienne du peuple qu'il puise, c'est dans l'histoire
de la Patrie méridionale qu'il lit. Il est un vrai disciple de Mistral, avec,
en plus, la fougue de Félix Gras, je ne sais rien de puissamment tragique comme La Segairo nudo (La Moissonneuse nue), je ne connais
pas d'évocation magique de l'histoire du Midi qui approche de son Grand
Lauraire ,(Le Grand Laboureur).
El, disiu 'no ardido cansou,
E sa voux pouderouso
Fasio 'n loung ressou
De Beziès à Toulouso.
(Lui, disait une hardie chason, et sa voix puissante faisait un long écho
de Béziers à Toulouse).
Qu'est-ce qu'il chantait ce laboureur ? Les belles dépouilles des martyrs
albigeois qui renaîtraient comme les blés en bonne terre noire, dans les
coquelicots sanglants.
Mais, la plus belle œuvre de Fourès ne se trouve ni dans Les Grilfis,
ni dans les Cants del Soulelh, ni dans La Muso Silvestro, ni dans La
Sègo; elle est dans ce mouvement de Renaissance entrepris par lui en
Lauguedoc, à la suite de Mistral. C'est Fourès l'initiateur de la magnifique littérature occitane actuelle qui s'épanouit avec une vigueur étonnante; c'est sur la tombe de Fourès, à Castelnaudary, que ses deux grands
disciples, Prosper Estieu et Antonin Perbosc, jurèrent de mener à bonne
fin le travail entrepris par le félibre lauraguais.
N'est-il pas juste que, sur une place publique de la vieille cité languedocienne qui, jadis, connut tant de gloires, et aussi tant de misères,
qui aujourd'hui est le témoin d'un renouveau littéraire dû, pour beaucoup,
à Fourès, revive, triomphant, celui qui eut foi dans les destinées de
la Cause occitane ? Tous ceux qui aiment l'Occitanie, son histoire, sa
langue, écartant jalousement toute discussion religieuse et politique,
viendront, dans un élan unanime, apporter leur pierre au monument élevé
à la gloire de La Cigalo de la Libertat.
Abbé Joseph SALVAT.

�— 185 —
BIBLIOGRAPHIE DE R. fOURÉS.
Silves païennes (en prose) Castelnaudary 1872. — Oiselets et Fleurettes, poésie»,
Paris, Vanier, 1872; — Antée, poème, Paris, Vanier, 1873; — Marsyas, poème.
Paris, Vanier, 1874; — La Grande Armoire, nouvelle, Castelnaudary, 1875; —
Les Sauveteurs obscurs, Castelnaudary, 1875; — Le Lion, poème, Castelnaudary,
1875; — La Oraux del grand a'igat, Castelnaudary, Chavard, 1875; — Achilo Mir
et la Cansoun de la Lauseto, Carcassonne, 1875; — L'Avocat Muet, nouvell»,
Paris, 1876; — La Gueuserie, Narbonne, Caillard, 1889; — Le Compousiiou, Moiupellier, Hamelin frères, 1879; — Fer l'Alsacio-Lourreno, 1883; — Les Grilhs, Paris,
Maisonneuve, 1888; — Les Hommes de l'Aude, 1889 et 1891, deux séries; — Le
Midi Gastronomique. Lo Gassolet, Ribaute, 1889; — Potiers et Poteries du Lauraguais, Albi, 1891; —Rodolphe Bresdin, Paris, Savine; Carcassonne, Servière,
1891; — Les Gants del Soulelh, poésies languedociennes, Paris, Savme; Carcassonne, Servières, 1891; — Les jeux des Enfants en Lauragttais, 1891; — La ICuso
Silvestre, œuvre posthume éditée par l'Ecole Audenco à Carcassonne; — La Se&amp;o,
œuvre posthume éditée par l'Escole Audenco, édition d'art avec bois gravés originaux de Jane, Achille et Auguste Rouquet, tirage limité. Carcassonne, La Revue
Méridionale, 1912.
Auguste Fourès a collaboré à beaucoup de journaux et de revues, entre autres :
La Revue Méridionale, à Carcassonne. — La Poésie Moderne qu'il fonda avec
P. Estieu à Castelnaudary. — Le Petit Toulousain, dont il fut le rédacteur en
chef. — La Revue des Langues Romanes. — La Revue Provinciale (1886). —
La Revue des Pyrénées.
Note. — Nous donnerons dans notre prochain numéro les portraits d'Armand
Praviel, du I)1' Albarel et de Gaspard Maillol.

Auch. — T. Cocliaraux, Imprimeur, rue de Lorraine

CI.0.0.
BÉZIERS

��L'Office Occitan
PARIS, 41, Boulevard des Capueines, PARIS
TÉLÉPHONE : GUT.

78-1!).

Fondé par le Groupe Occitan et en liaison étroite avec la section
économique de ce Groupe, 1'OFFICE OCCITAN se propose de contribuer
à l'essor économique du Languedoc et du Roussillon.
Situé en plein cœur de Paris, fréquenté par de nombreux correspondants de France et des principaux pays étrangers, l'Office Occitan met à la disposition des producteurs, commerçants et industriels
de nos régions d'importants avantages, parmi lesquels :
— Un service de renseignements .sur la situation des marchés
français et étrangers;
— Des moyens de liaison entre producteurs et acheteurs;
— Des facilités de présentation dans sa salle d'exposition;
— La publicité dans les « Feuillets Occitans », largement répandus en France et en Pays latins;
— Un casier de correspondance permettant, en leur absence, de
diriger leur courrier suivant leurs indications ;
— La participation collective aux Foires et Expositions, en France
et à l'Etranger.
Petites

Églises

de

la

Guerre.

On sait que notre compatriote et collaboratuer, le graveur et peintre Gaspard
Maillot avait t'ait paraître après l'armistice, un album de bois gravés Petites
Eglises de la guerre, avec prétace de notre vice-président Paul-Sentenac.
Cet ouvrage, d'une réelle valeur xylographique, fut malheureusement imprimé
sur un papier défectueux. Cela inquiétait particulièrement l'artiste qui, ainsi que
nous avons eu l'occasion de le dire, avait créé, avant la guerre , un papier à la
main, exempt de toute combinaison chimique et rappelant les productions papetières des siècles passés. Mais le graveur, encore mobilisé, ne pouvait fabriquer
son papier.
Aussi, pour conserver cet ouvrage, les éditions à VEnsèigne du Pégase ont décidé de réimprimer les Petites Eglises de la guerre sur le papier de Montval,
qui se fabrique désormais, sous la direction du créateur lui-même Gaspard-Maillol, aux anciennes manufectures royales Canson et Montgolfler, à Vidalon-lesAnnonay.
Cet album, d'un format in-4 jésus, est tiré sur Montval et sur presse à bras,
à 130 exemplaires seulement, dont 30 hors commerce. T_,a touchante préface de
Paul-Sentenac, imprimée en caractères gras, forme un ensemble parfait, un tableau pourrait-on dire, à chaque pag'e, avec la gravure qui ornemente le texte.
Prix à la souscription : 150 francs. Après la souscription : 200 francs.
Envoyer les souscriptions aux Editions à l'enseigne du Pégase, 37, rue Boulard,
Paris (XIV).

�Une édition d'art « Liou Cami des Crouts )&gt; du D' Albarel
Félibre JVlajoral.
Aux éditions de « la Cigalo Narbouneso » paraîtra en décembre l'œuvre du Docteur Albarel, illustrée de 15 bois gravés originaux d'Auguste Rouquet. Le poète et
l'artiste ont uni leur talent dans l'amour de la langue et de la pensée Occitanes.
Nous nous réjouissons de la publication de cette œuvre, qui pourrait être la première d'une série de belles éditions occitanes, parmi lesquelles nous voyons déjà
l'œuvre posthume de Clottes. Aux amis de la langue et de l'art de chez nous de
nous encourager dans cette tentative.
Cet album format in-quarto
est tiré à 150 exemplaires seulement. 20 exemplaires sur papier de Hollande à 50 fr. l'exemplaire; 100 exemplaires sur papier
de Montval, à 20 fr. La souscription est déjà avancée et les bibliophiles occitans
désireux de posséder cet ouvrage pourront adresser sans retard leur souscription à
M. Jean Lombard, administrateur de la « Cigalo Narbouneso », 4, rue Auber, à
Narbonne. Le règlement se fera à la réception de l'ouvrage.
L'édition à 20 fr. sur papier de Montval de Gaspard-Maillol est à la souscription,
réservée à 15 fr. pour les membres du groupe Occitan, frais de postes en plus.
Un monument à Auguste F°ul"és, à Castelnaudary.

Nous recevons la lettre suivante :
L'Association Pélibréenne Los Grilhs del Lauragués, groupant les félibres de
Castelnaudary et de la région lauraguaise, a pris à cœur d'ériger un monument,
dans sa ville natale, à Auguste FOURÈS, le grand félibre qui écrivit Les Grilhs,
Les Gants del Soulelh, La Muso Silvestro, La Ségo, né et mort à Castelnaudary
(1848-1891).
Los Grilhs del Lauragués se sont constitués en un Comité d'Initiative, dont
le Président d'Honneur est le Capoulié du Félibrige, et ils lancent une souscription
publique, faisant appel à tous ceux qui aiment la Patrie méridionale, son histoire,
sa poésie, sa langue, à tous les fervents du Régionalisme, à tous les Félibres.
Ils entendent glorifier en Auguste Fourès, en dehors de toute question politique
et religieuse, le grand animateur qu'il fut, en Languedoc, de la Renaissance méridionale, en un mot : le Félibre.
Ils vous demandent de vouloir bien faire écho à leur appel, dans les publications
que vous dirigez ou auxquelles vous collaborez, et vous remercient par avance
du concours précieux que vous leur apporterez.
Le Président :
Prosper ESTIEU,

Le Secrétaire :
Abbé Joseph SALVAT.

Majorai du Félibrige, Maître ès Jeux Floraux.
N.-B. — Les listes de souscription doivent être demandées, et les sommes
souscrites doivent être adressées au Trésorier du Comité, M. Joseph Delestaing,
11, rue du 11-Novembre, Castelnaudary (Aude). Compte postal, Toulouse, n° 1758.

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel ciu Groupe Occitan

ORSANE RÉGiOKALlSTE DES PAYS D'OC

Mmu d« la Rédaction :

41, Boulevard

des Capucines, PARIS

TÉLÉPHONE : GlJT. 78-1».

Jour de'réception : le mercredi de 6 à 7 h.
Dé:pôt et "Vente :

Librairie « Gctitania », 6, te-ge Mm, 9xo, et 9, Rue tome, à Tuulsise ;
Libriirie SauqBette, à Carcassonns; M tà Grands Régionaux, à Paris.
COMITE DS RÉDACTION :
Le Comité Directeur du Groupe Occitan.
JLes manuscrits doivent être adressés à M. Auguste
Principaux collaborateurs :

ROUQDET,

Secrétaire général)

Lettres Françaises : J. P. Paul ALIBFJRT; Jean AMADE; Achille ASTRE;
JeanAZAIS; Daniel BAQUÉ; A. BAUSIL ; Adrienne BLANC-PÉRIDIER; BOYERD'AGEN; Jean CAMP; CHARLES-BRUN; G. CHBRAU, de l'Académie Concourt Marcel CLAVIÉ; M. COTJLON; Benjamin CRÉMIEUX; Pernand CRÉMIEUX; Joseph DELTE1L; DENYS-AMIEL ; Henri DUCLOS; Raymond ESCHOLJER; Lucien PABRE; Henri PESCOURT; Ernest GAUBERT; H. GAUTIER
du BAYL; Jo GINESTOU; Jehan d'ARVIEU; Vincent HYSPA ; Pierre JALABERT; ROMUA LD-JOUBÉ ; Jean LEBRAU; J. MORINI-COMBY ; H. MUCHART: Henri NOELL; Ch. PHALIPPOU; J.-S. PONS; Armand PRAVIEL:
Albert PUJOL; D' RAMAIN; A ROUQUET; J. ROZÈS de BROUSSE; Frédéric
SAISSET; Marcel SAUVAGE; PAUL-SENTENAC; Léon SOULIÉ; TOUNYLERYS; P. TRESSERRE; Suzanne TESSIER; Paul VALERY, de l'Académie
Française; Georges VILLE ; Jules VERAN, etc.
Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZEMA; Dr Paul ALBAREL;
Léon AURIOL; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE; M. PRISSANT;
îsmaël GIRARD; P.-L. GRENIER; E.-H. GUITARD; Léon JULIA; J. LOUBET;
Antonin PERBOSC; Jean PUEL Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph
SALVAT; Dr SOULA, etc., etc.
Beaux-Arts : BERNARD; Auguste CHABAUD; CALMON; Louis CLAUDEL;
DESNOYERS; DOMERGUE-LAGARDE H. FAVIER; Mme GAUDION; A GUENOT; GASPARD-MAILLOL; ; A. LAGARIGUE; Pierre LAPRADE; Jean MAGROU; Jean MARSEILLAC; MAX-THERON; PARAYRE; RAMEY; RAMOND;
E. REY-ANDREU Achille ROUQUET, Auguste ROUQUET, etc. etc.
Etudes Economiques : Gaston COMBELERAN; Emile COMET; L. DOUARCHE;
Jean DUPUY Aimé GRANEL; A. PASSERIEUX; Pierre du MAROUSSEM, etc.
Bistoire, Archéologie, Fok-Lore : Fernand CROS-MAYREVIEILLE; E. ROTJXPARASSAC; Prosper MONTAGNÉ; FOTX.

t

Les Chroniques de l'Amérique Latine ; Jean CAMP; de SAINT-VINCENTBRASSAC.
Les Chroniques Italiennes : César SILVAGNY.
Les Chroniques Espagnoles : Jean CAMP.
Les Chroniques Roumaines : Jean CAMP.
Chroniques Régionales.

�Bol» original d'Achille

// a été tiré du présent numéro
ao exemplaires de luxe numérales
hors commerce, sur papier lté
Montval, de G. Maillol.
Ex. n*

ROUQOST.

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                    <text>2* ANNÉE
e

e

e

10 , 11 et 12 Feuillet.

MAI-JUIN-JUILLET

1926

C.i.Q.O,! Le N° • 3 fr

LES FEUILUTS

OCCITANS
LANGUEDOC ROUSSÎLLON
PAYS D'OC

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41, Boulevard des Capucines, 41
PA.RIS

�SOMMAIRE
Les Lettres Françaises :
VExcellence Valérienne
Les Livres

*

• •

Les Pins, poème

H. GAUTIER DU BATL.

Fréd.
A.
Léon

SAISSET;

Jean

LEBRAU;

R.
SOULIÉ.

Beaux Arts :
Sous Tœil bleu-gris de Gustave Geffroy
Échos

PAUL-SENTENAC.

F.

G.;

A.

J.

MORINI-COMBY.

R.

LE CINÉMA :

Vers une Esthétique Occitanienne
Un Cinéaste Occitan

DR RAMAIN.

Inventaire Régionaliste :
INTRODUCTION

LES FEUILLETS OCCITANS.

Essai d'Architecture méditerranéenne

H. FAVIER.

Les Lettres Occitanes :
E.-H. GuiTARD.
Abbé SALVAT ; Dr
P.-L. GRENIER.

Enquête. .
Réponses
Bibliographie

Le Mouvement économique

.....

J.

Les pays Satins et nous
Têtes Occitanes :

MORINI-COMBY.

Jean

Jean Lebrau
CHRONIQUES. —

CLÉMENT.

CAMP.

R. ROUQUET.

La Vie à Montpellier; Les Revues, etc.

Illustrations :
Portraits &lt;?€ Paul Valéry, Joseph Delteil et Jean Lebrau, bois gravés, par Auguste
ROUQUET

a Les Aousils », bois gravé, par Louis

CLAUDEL.

N B. Nous publierons dans nos prochains numéros la fin de l'Etude sur la Montagne
Noire de notre collaborateur Selves; l'étude sur la chanson Languedocienne, par
M. Lagarde ; et l'essai sur La Cuisine Occitane du maître Prosper Montagné.
3*8sS

�L'Office Occitan
PRf?IS, 41, Boulevard des Capueines, PARIS
TÉrjil'HONE

: GL'T.

78-19.

Fondé par le Groupe Occitan et en liaison étroite avec la section
économique de ce Groupe, 1'OFFICE OCCITAN se propose de contribuer
à l'essor économique du Languedoc et du Roussillon.
Situé en plein cœur de Paris, fréquenté par de nombreux correspondants de France et des principaux pays étrangers, l'Office Occitan met à la disposition des producteurs, commerçants et industriels
de nos régions d'importants avantages, parmLlesquels :
— Un service de renseignements sur la situation des marchés
français et étrangers;
— Des moyens de liaison entre producteurs et acheteurs;
— Des facilités de présentation dans sa salle d'exposition;
— La publicité dans les « Feuillets Occitans », largement répandus en France et en Pays latins;
— Un casier de correspondance permettant, en leur absence, de
diriger leur courrier suivant leurs indications ;
— La participation collective aux Foires et Expositions, en France
et à l'Etranger.
L'Office Occitan dispose actuellement d'un stand à l'Exposition
Nationale des Vins et Produits alimentaires de France, au GrandPalais, stand ouvert aux produits et spécialités alimentaires du
Languedoc et du Roussillon. A un service commercial spécial pour
tous les produits du Languedoc et du Roussillon, l'Office Occitan
vient d'adjoindre un service, industriel qui est en mesure de donner tous renseignements, procurer toutes fournitures au titre des
prestations en nature. Pour tous renseignements complémentaires,
écrire ou s'adresser à V « Office Occitan », 41, Boulevard des Capucines, téléphone : Gutemberg 78-19.

�Les Revues.
La Revue Le Grand Tourisme réalise dans sa présentation un effort d'art qui
mérite d'être signalé. Dans son numéro de mai, on trouve des dessins inédits
de Henri Martin, des bois de Rouquet, des articles de Maurice Sarraut, Achille
Mestre,. A Coutet, Armand Praviel, J. R. de Brousses, Albert Pujol, Louis Andrieu
et une spirituelle évocation du Luchon de nos ving ans par Daniel Baqué, qui
dirige avec goût les destinées de cette belle publication.
— Le nurtiéro de juin de l'Aude à Paris relate, d'après le récit de Madame
Henriette Célarié dans la Revue des Deux Mondes, l'admirable conduite d'un
Audois de vingt ans, le sous-lieutenant Pol Lapeyre qui, du 10 avril au 14 juin 1925
défendit le poste de Beni-Berkoul contre les Riffains, et n'ayant plus qu'une
garnison de 65 hommes pour résister à plusieurs milliers de Riffains, fit sauter
son poste, s'ensevelissant sous ses ruines avec un grand nombre d'assaillants.
Le nom de ce jeune héros, qui, au dire même des Riffains, avait accompli un
acte qui était au-dessus de la pensée des plus braves guerriers, a été donné à une
caserne et à une rue de Marseille, ainsi qu'à un camp du Maroc.
— Dans le n° du 12 jum de l'Etendard Piscénois, organe régionaliste de la
région de Pèzenas, M. P. A. Alliés, poursuivant la curieuse publication d'une
« galerie de Figures Piscénoises », retrace la carrière d'Emile . Planât, qui, sous
le pseudonyme de Marcelin, fonda et dirigea la célèbre revue « La Vie parisienne ».,
Et c'est tout le Paris du Second' Empire qui défile ainsi devant nos yeux avec
sa brillante pléiade : Taine, About, Droz, Ludovic Halévy, Mérimée, Champfleury,
Raideau Prévost Paradol...
En 1858, Taine dédiait à Marcelin son voyage aux Pyrénées.
Là Vie Parisienne cessa de paraître en 1870. — elle eut le "bon esprit de n'en
pas faire autant en 1914 — et Marcelin partagea son temps entre Toulouse
et Pézenas. Il mourut en 1895.

Exposition Nationale des vins
de France.
Boissons et Produits alimentaires
Palais de Glaee, avenue des Ghamps Élysées
(mai-août 1926.)

Due à l'initiative de M. Fernand David, commissaire général de
l'Exposition des Arts Décoratifs, et organisée avec une intelligente
et inlassable activité par son président, M. Bertrand Taquet, cette
exposition groupe, dans l'un des cadres les plus parisiens de la
Capitale, les riches produits des régions viticoles. françaises, auxquels sont venus se joindre d'autres produits.
Une. vitrine y a été réservée à l'Office Occitan qui y présente les
produits variés du Languedoc et du Roussillon.
Nos compatriotes seront heureux d'apprendre que l'Office Occitan
a obtenu la médaille d'argent à cette Exposition.

Lés Vins du Languedoc et du Roussillon.
Demandez la carte à 1* « Office. Occitan »
41, Boule cardées Capucins, Paris, (2e)
Téléphone : Guîemberg. 78-19

�Chroniques Régionales.
R Travers l'Oseitanie.
Liettres et Arts à ]VIontpellier.
Montpellier veut rester au courant des acquisitions progressives de l'art. Nous
sommes aussi locaux qu'on peut l'être : nous aimons notre Peyrou et notre ciel.
Mais nous sommes avec Paris en communication constante. En voici quelques
symptômes :
L'Otape a été joué le mois dernier dans une atmosphère d'exaltation et de
sincérité où l'on puisait une belle leçon. C'était, bien entendu, une compagnie
de jeunes et ardents amateurs qui, dévouant leurs loisirs de trois mois, nous ont
fait cette surprenante joie. C'étaient les professeurs Humbert, Catel; les docteurs Vialles et Bernard; et c'était Mlle Torelli, inoubliable.
Le Cinéma est à ravant-garde dans notre ville. De Janille est venu nous
chapitrer sur le rythme pur : agent provocateur, il a suscité des controverses,
des animosités et des convictions. Claude Ibéria, à la même séance, nous a envoyé
les Cocardes Cocteau-Poulene et depuis ce sbir-Ià nos marchands de musique
épuisent leur stock de jeune musique.
Cette semaine, les Amis du Cinéma (pilote M. Henri Bernard), nous ont conviés
à une intéressante séance avec « Faits divers » qui a obtenu un énorme succès,
et « Résurrection », dont le début seul nous a été accordé par Marcel Lherbier,
étant donné d'ailleurs que le reste est inachevé. Au piano, M Ferrier-Jourdain
a improvisé de magnifiques enveloppements musicaux.
Jean Cocteau a été fêté l'autre soir (le soir du 23 juin, naturellement, c'était
sa fête et les feux éclataient de toutes parts) jusque dans l'intimité chez M. C.
On a lu de l'inédit. Mme C. a chanté Cocardes. On a parlé d'Orphée. Et on a,
sur le piano, évoqué « Le Bœuf sur le Toit ».
L'Ame d'Or, notre active revue, vient de se signaler à l'attention des lettrés par
son numéro spécial de Walt Politran : reproduction de dessins, de textes inédits;
articles de spécialistes qualifiés, MM. Catel, Berger, Martin, e/c.
La musique n'a pas été à l'honneur cette saison. A l'Opéra, répertoire habituel.
Au concert, pas gTand chose.
z
Cependant, Mme Mellot-Joubert a chanté avec cet art parfait qu'elle possède
La Légende du Roi d'un Jour de Le Boucher, accompagnée par un quatuor admirablement discipliné. Paris connaît la légende. Nous n'ajouterons pas à l'éloge
qu'on en a fait.
Au Conservatoire où l'on vient de distribuer de nombreux premiers prix, nous
avons entendu du Périlhou, du Bosc (oui !) et autre vétustés compositions
sans - agrément ni mérite.
La nourriture habituelle de Montpellier c'est naturellement la Conférence
publique de l'Université. MM. Thomas, Vianey, Bouvier, Humbert etc., sont trop
connus pour que nous insistions sur les succès qu'ils ont remportés. Nous savons
d'ailleurs que ces conférences vont être réorganisées sur un plan nouveau et plus
large.
!
!
Il nous est agréable de signaler que M. Henri Gautier du Bayl vient d'être
udmis à l'Académie de Montpellier où l'appelaient ses œuvres déjà multiples,
proses et vers où se montre un talent très personnel. Il a été reçu, sous la présidence de M. J.-L. Gaston Pastie, le romancier de la « Neuvième Croisade », par
M. Louis-J. Thomas, l'ardent et pénétrant historien — et apôtre — du Languedoc
Méditerranéen.
Le lundi 31 mai, l'Académie a consacré sa séance publique annuelle à deux
remarquables communications : l'une de M. Duij-Vernojobres, évoquant toute
la vie de la Cour sous le Second Empire; l'autre, Intronisation de la langue
d'Oc. Dans ces séances, présentée par M. Chassary, félibre majorai : « Le Séjour
de Roumieu^c à Montpellier ».
La Prochaine chronique régionale sera consacrée à Béziers. Notre collaborateur
Onux nous entretiendra des lettres et arts dans cette ville.
***

i

�Les Papiers de Montval
créés

par

GASPARD-MAI LLOL

doivent

être

désormais

employés pour les impressions de luxe, les belles éditions,
la lettre, la taille-douce, et l'eau-forte.
Ces papiers uniquement composés de pur fil, chanvre, soie,
sont

fabriqués à

Maillol

et

la

son fils,

forme
et

ne

et à la main par
contiennent

aucun

Gaspardingrédient

chimique.
Ils sont un support indestructible de la pensée humaine.
S'adresser, 3g, rue Palestro, Paris,
à M. Gaspard-Maillol.
■*oui- paraiti'e le

1er Septembre

Le premier numéro des

Pages IStouVelles
Revue d'Idées, d'Action et de Propagande françaises

Lire dans ce n° : (Art. du Gr. Occitan , illustré par M. ROUQUET.
L'Enquête sur la crise financière et monétaire.
L'Astrologie est-elle une science, par l'abbé
MOREUX.

De l'art d'acheter à l'art d'agir, par l'Intendant
Général CHAYRON.
Le conte de Marguerite Comert.
Etc., etc.

�C.l.D.O.
BfZiERS

Lettres Françaises
L/Exeellenee Valérienne.
Sur la nouvel.'» édition de Charmes.

, qui eût pu être une « plage » et qui est un
chai, était surtout, en ce temps-là, un port de
mer. L'enfant Paul Valéry fut introduit à la connaissance du monde par un petit monde comportant moins de terre que d'eau, et une eau essentiellement faite pour la navigation. Il apprit à la
fois que l'univers existe et que les hommes savent
en jouer. Cet univers qui s'offrait à ses yeux, il le
saisissait d'ailleurs sous les plus splendides espèces, dans un lieu où Taine a senti « la noblesse de
la beauté » : lumière et ciel qu'un Marquet, un
Abel Gerbaud seuls ont su rendre; un golfe, un
lac enlacés de rivages féminins; une mer qu'il
est convenu d'appeler latine, bien qu'elle clame à pleine voix son
hymne grec; — plus près, les œuvres des Eupalinos maritimes (1) :
môles, bassins, canaux. Puis, dominant le tout et comme l'assurant,
la colline, le sémaphore, le « Cimetière », et la digne lassitude de
quelques vieux forts, monarchiques et superflus... Monde aussi d'ar|ETTE

(1) Première édition, p. 70; 98.

�— 90 —
mateurs, de capitaines, ou de calfats, mais voué à sa fin par la
vapeur, et n'ayant pu préserver de ce naufrage plus général ses
précieux voiliers, dont les maquettes pendent encore, ex-voto à
Saint Elme, dans la chapelle des Pénitents... Enfin, une cité nerveuse, sans cesse en transformation, le mouvement même, — sous
la caution de durée qui tombe de l'azur et s'inscrit sur l'eau en
blocs éternels.
Ainsi, par le triple spectacle d'une réussite de la nature, de la
technique constructive, de l'activité industrieuse, les premières impressions reçues installaient dans un esprit déjà maître de ses
valeurs, avec de brèves ambitions navales, la conscience du parfait.
Mais qu'accepte-t-on qu'on ne possède et le réel fait-il plus que
nous dégager ? Ici, les suggestions d'une côte moins occidentale
d'accent que de longitude s'appareillèrent à des impulsions ataviques : le pays est clair pour qui y vient de l'Est. Et en venir, c'est
apporter avec soi l'idée préformée d'un ordre éminent.

*
Montpellier, — livre ouvert mais de sens subtil : à y arriver
dépourvu de moyens spirituels, un tout jeune homme risque la
noyade dans les miroirs de somptueux cafés. Mais soyez, ô Paul
Valéry, une réserve forte et fière de judicieusement s'administrer :
elle se décuplera de tous les legs voulus par les Siècles, la Province, les Rois et l'Intelligence; passant du figuré à l'exact, vous
irez de l'ordre ostensible du Peyrou à l'ordre savant du « Jardin
d'Epithètes »; vous les soutiendrez tous deux de cet ordre systématique, de cette obsession de la loi, confirmée dans la chambre où
sont nés successivement Auguste Comte et Monsieur Teste; et, s'il est
vrai que les incitations de l'adolescence restent la constante matière
de nos songes et de nos chants, il y a là pour vous des grottes sincères où Narcisse trouve son âme aux sources d'un harmonieux
désespoir...
*
* *

Les actions de des Esseintes sont en ce moment assez bas : c'est
le sort de tous les héros de génération. En somme, mieux vaut pour
eux avoir fait leur temps que de n'avoir pas eu de temps. Mais si
le personnage de Huysmans ne nous inspire plus la même considération pour certaines de ses préférences ou de ses manœuvres,
que du moins nous reste sensible l'élan, l'appétit de fuite par enhaut ! Corneille lui-même, après tout, ne fut d'abord qu'un professeur de singularité...

�— 91 —
La leçon du grand « Stephanos » situait mieux le rare. Et si
cependant on pense à l'auteur du Faune par rapport à celui de
Charmes, on serait presque tenté de lui en vouloir... N'est-il pas
quelque p*eu responsable, par les préoccupations éveillées, par la
tendance encouragée (2), par le prestige, l'exemple et l'entraînement, d'un long parti-pris de silence ?...
Car c'est ici qu'il doit prendre date, ce beau silence aujourd'hui
par nous non regretté.
*

•*
Ces poèmes seraient des « exercices ». Exercices sur quoi ? Exercices de quoi ? De soi-même. Un être en état d'héroïsme intellectuel,
pour se mesurer et se créer, pose un adversaire à sa taille : la prosodie. Il évoque cette gêneuse avec ses carcans; il brûle d'enchaîner sa marche à une enclume et de s'asservir à des échos. Qui l'empêcherait d'aller à son aise ? De sa propre main, la géôle est close
et la clé jetée dans la cour. Non content, d'ailleurs, de restituer le
supplice de Racine, il se prête à des instruments de' divers calibres
et d'effet varié : septénaires, octonaires, décasyllabes appliquent
leurs exigences et leurs périls; distique ou quatrain trouvent dans
la strophe une aggravation.
Or, de ce jeu mené contre le destin avec le secours du destin,
tous les éléments étaient pris au plus extrême de leur forme. Il
semblait que rechercher en tous « l'intégral », le « pur » dût exclure
ce qui n'en rappelait pas le sommet historique, les suprêmes réalisations. Sans faiblesse imitative, par intime nécessité (3), la rime
atteignait une richesse ultra-parnassienne, la strophe restaurait
spontanément les types classiques, — et Narcisse naissait frère
d'Adonis.
— « Mais l'unité, Monsieur ? le lien ? la monade ?» — Eh !
n'étaient-ils pas d'abord dans la nature et la direction imprimées
par le poète à ses lyriques hypothèses ?... « Quant h moi, je n'ai
fait qu'essayer d'approfondir ce que j'appellerai mes problèmes... »
L'homme et son corps, la veille et le sommeil, l'identité et la conscience, l'élaboration secrète de l'œuvre — allons-nous reprendre
tout ce répertoire de pensée ? Non, sans doute, mais comment taire
qu'il constituerait à lui seul, en même temps que la plus neuve —
la plus haute synthèse personnelle ? Le don de soi ne saurait se
limiter à des confidences d'amant.
(2) Je ne veux pas dire sciemment.
(3) Oui ; pas par calcul ni décret ; par fatalité esthétique.

�Un écrivain a tenu la littérature pour « une activité partielle dont
l'objet supérieur est l'étude et l'acquisition des moyens d'expression
par le langage ». Dès lors, même au sens limité, nous 'serons
curieux de sa langue. Elle nous paraît, d'avance, devoir monter au
plan supérieur dans l'ordre de ses mérites comme de ses visées. Par
« devoir », j'entends bien que nous sommes prêts à nous montrer
difficiles, ou déçus. Mais voici que nous vainc le beau début latin
du Platane, le plein discours de la Pythie. Le recueil refermé, nous
sanctionnons de multiples vertus. Vertu de pureté :
J'entends l'herbe des nuits croître dans l'ombre sainte...
Vertu de choix :
Dieux ! de l'auguste jour le pâle et tendre reste
Va des jours consumés joindre le sort funeste;
Il s'abîme aux enfers du profond souvenir...
Vertu d'étymologie :
Tu penches, grand Platane et te proposes nu...
La prophétesse fomentée
Par les souffles de l'or rougi...
Vertu de rénovation : fortune des mots « pur », « chance », etc..
Vertu de franchise :
Les cris aigus des filles chatouillées...
Golfe mangeur de ces maigres grillages...
Vertu d'association :
Tout m'appelle et m'enchaîne à la chair lumineuse
Que m'oppose des eaux la paix vertigineuse...
Vertu d'intensité :
Objet radieux de ma haine,
Vous que j'aimais éperdûment...
La méditation d'abord mallarméenne, valérienne ensuite, sur le
langage — forme la plus poussée d'une ambition de l'excellent —
aboutit donc à l'invention d'un procédé inimitable fondé sur l'authenticité absolue des termes et leur jonction par des rapports d'une
totale liberté.

�— 98 -

Mais le Méditerranéen s'enchantera plus encore — si pour lui
possible — de voir réfractées dans ces poèmes ses propres images
héréditaires. Platane^ abeille, grenades de ses jardins, insecte net
qui gratte la sécheresse sur ses routes, colonnes érigées sur ses
Acropoles, son sol, sa mer et son soleil, un grand poète français de
langue française, et non impressionniste, les a promus jusqu'où il
se promouvait.
* *

J'aurais voulu plus éloquemment appuyer mon titre — ma confiance est dans la puissance de persuasion impliquée en l'œuvre
elle-même. Celle-ci se « propose », certes, comme un complexe, mais
comme un complexe d'excellences. Serait-ce, avec le vrai commencement du lyrisme métaphysique, le dernier mot, le glorieux soupir
final du vers régulier ? Je n'en crois rien : plus encore qu'au perfectionnement illimité de la technique, fions-nous au pouvoir inépuisable de créer détenu par la Pensée et, comme chez Paul Valéry,
à sa réaction sur le langage poétique, « honneur des hommes ».
Henri

GAUTHIER DU BAYL.

**

�j

;MOU;C (Le pays de ]ean Lebrau)

Bois original d'Auguste

ROUQUET.

Lesj| Livres.
poèmes et ehansons par Louis Codet
(Édition de la nouvelle Revue française. Paris.)
La lecture du nouveau livre posthume de notre cher Louis Codet : Poèmes
et Chansons, est un enchantement continu. C'est comme une guirlande fleurie,
aux parfums changeants, qui balance devant nos yeux la féerie de ses couleurs,
de ses tonalités vives ou éteintes, mais toujours avec une grâce nonchalante qui
nous ravit. Que ce soit dans les Poèmes d'Auteuil et de Normandie, dans Les
Jours amoureux, dans Les Montagnes, Le Roussillon, les Poèmes d'Espagne,
L'Ile de Majorque ou les diverses Chansons, nous retrouvons partout cet art de
peindre avec de fraîches couleurs, ce sentiment voluptueux, ce sourire amusé
et tendre, et cet air de se moquer souvent, cette ironie qui le garde de prendre
la vie au tragique et de tomber dans la plainte romantique qu'il n'aimait pas.
« Notre vie est un conte délicieux », voilà la phrase qui clôt un des chapitres
du dernier roman paru de Louis Codet : Louis l'Indulgent où l'on retrouve tout
le charme délicat et le ton original de ses premiers livres. Un conte délicieux ! ...
oui, c'est bien ainsi qu'il regarde l'existence. Et que de grâce partout répandue :
Je dis au berger que décore
Ma telle assiette de Moustiers
Va, mon berger, va, joue encore
Quelque vieil air primesautier.
Ce jour que mon âme est déserte
O petit berger qu'on a peint
Entre cette herbe et ce lapin
Joue un air sur ta flûte verte.
Nous découvrons ici ce don de voir les choses avec un œil neuf et d'un regard
souriant que nous allons retrouver dans cette pièce exquise : Chanson des
belles faïences.
Que sur les buffets noirs sont belles ces faïences.
Assiettes à la Rose, au Coq ou à l'Œillet,
Vieux plats réjouissants des Auberges de France !
Que tu me plais, superbe œillet rose garance,
L,
O coq chantant, que tu me plais !

�— 95 —

Toujours ce vers qui peint, qui brille de grâce et de volupté, qui répand sa
lumière fine sur les pages. Toutes les chansons en sont illuminées. Elles sont
écrites «n un rythme absolument personnel et qui ne détonne jamais; elles sont
brodées de jolies images et émaillées de trouvailles d'idées ou d'accords de mots
.surprenants; souvent leur thème est d'une profonde nouveauté où nous retrouvons ce sens de l'Humour anglais qui consiste à plaisanter sur un sujet macabre
pour en déguiser l'amertume. Telle cette Chanson de Messieurs les morts, d'une
tti puissante raillerie :
Salut, Messieurs les morts gui fûtes mes grands-pères !
Messieurs les morts, haut cravatés,

•

—

Salut, Messieurs les morts qui ne m'ont point connu,
Mais par gui je suis arrivé, piteux et nu,
Non sans mystère,
Sur cette terre l
Dites, Messieurs les morts qui, d'un œil militaire,
Paraissez contempler avec sévérité
Votre postérité,
Je n'ai pas l'honneur de vous plaire ?
Que de pièces à citer de ce recueil qu'on ne se lassera pas de lire et de relire
sans oser émettre de préférences tellement tout ce qu'a écrit Louis Codet porte
la marque d'un charmant esprit. C'est qu'il avait le souci de la rareté, l'horreur du
banal et du déjà vu, le goût très sûr et la passion d'exprimer la vie vraiment
sentie et bue aux lèvres mlêmes de la Nature, non pas travestie dans les livres.
C'est un artiste pur.
Il faut pourtant placer hors de pair dans ce recueil parfait des poèmes tels que La
femme nue, l'Actrice, Vieilles montagnes, Coltioure, le Port catalan, le Port
espagnol, les pauvres de Siguenza, le regret de Majorque, et toutes les chansons
sans exception.. Il nous est doux de voir enfin venir chaque jour vers l'œuvre de
Louis Codet de nouveaux admirateurs et nous avons eu la joie d'apprendre par
son frère Paul qui s'occupe avec un tendre soin de l'édition de ses livres, que la
première édition du roman « Louis l'Indulgent » avait été épuisée en librairie,
dans la semaine de sa publication.
Ues oubliés de la gloire par Charles Roussillon,
(Imprimerie de l'Indépendant, Perpignan).
C'est un livre douloureux, d'un réalisme amer et émouvant que ces Oubliés
de la Gloire que nous donne Charles Roussilon, l'auteur du Village sans cloche
que nous avons signalé ici-même. Les Oubliés de la Gloire sont les prisonniers
de guerre évadés. L'auteur nous dépeint, en des termes vigoureux, d'un style dru
et imagé, les horreurs de cette vie des prisonniers de guerre qui nous fait toucher le fond de la souffrance humaine. Voici une belle page d'un âpre accent
et qui révèle un écrivain dont on peut beaucoup attendre :
« Il était horrible ce défilé de malades. Il y avait là des prisonniers de toutes
les nations. Des Russes velus avec de vastes manteaux bruns, des Cosaques en
bonnet d'ourson, de grands Sénégalais aux balancements simiesques. Les Italiens
montraient sous le képi cabossé, des figures blafardes de pierreuses. Des Arabes,
accroupis dans leurs linges sales, nasillaient des airs monotones. Il y avait
des Portugais, des Américains, des Asiatiques des Balkaniques, des hommes de
toute couleur et de toute religion. Les uns étaient venus des montagnes inconnues où la neige est éternelle; les autres des déserts éblouissants où le soleil
vide l'eau des citernes. Il y avait des nègres hilares et des Japonais énigmatiques,
des yeux bridés de Tartares et des prunelles candides d'Anglo-Saxons. Le parler
chantant des latins s'appariait à l'idiome rocailleux des Slaves. Des mots barbares

�— 96 —
roulaient, s'entrecroisaient; des injures et des cris de douleur flambaient dans
toutes les langues. » Ne vous semble—il pas entendre comme un écho de cet
inoubliable premier chapitre de Gustave Flaubert, dans « Salammbô » ? Je ne
crois pas qu'il y ait de meilleur éloge.
Charles Roussillon, en nous racontant ces évasions de prisonniers qui se heurtent à tous les obstacles, sont repris et tentents à nouveau le départ vers la
liberté, nous fait vivre avec eux les heures d'angoisse : cette torture d'entendre
dans les mille bruits de la nuit des voix menaçantes, cette peur de voir se dresser
tout à Coup la silhouette farouche d'une sentinelle, de sentir ces remous sournois
île l'ombre enveloppante d'où peut apparaître une main ennemie, et même l'écho
de votre propre pas qui vous épouvante ! Mais le désir de s'évader, de regagner
sa patrie résiste à toutes les menaces et renaît de ses cendres quand, à l'instant
d'atteindre le but, l'évadé est repris. Livre ardent, sincère, amer et douloureux
d'où monte ce cri de révolte contre l'injustice humaine, cri poignant qui nous
étreint et nous attire vers ces oubliés de la gloire, vers ces héros méconnus
dont les noms devraient aussi figurer dans les listes eommémoratives proposées à
l'admiration des siècles.
Chante perdrix.
( Honoré Champion Paris j.

Celui que nous aimons tous à appeler notre virgile roussïUonnais, le poète JosephSébastia Pons vient de publier à la Librairie Champion, un recueil de vers
en langue catalane Canta perdiu (Chante perdrix) qui fera la joie des lettrés
et des artistes. Ce sont des églogues avec la traduction française en regard,
d'une fraîcheur et d'une harmonie savoureuses qui nous permettent de constater
une fois encore les inépuisables ressources de cette langue sonore, imagée et
pleine de nuances qu'est la langue catalane. Les diverses parties du livré qui nous
donnent toutes des descriptions agrestes, sont écrites avec un sens des nuances
très aigu, une tendresse voilée, un vif amour de la terre natale, de ses mœurs,
de ses coutumes :
OH MON PAIS DELS ASPRES, MON PAIS
OELS C AMI NETS DE LLOSA EN LA BRUGUERA
ONT N'HOM ON A L'ISTIU EL PIULADIÇ
D'UNA AMISTOSA GUATLLA VENTURERA

O mon pays des Aspres, pays des sentiers d'ardoise dans la
bruyère où on entend eu été l'appel d'une amicale caille aventureuse.
Ce livre est tout embaumé de parfums rustiques, tout fleuri de ces bouquets
montagnards (ginesto, aspic i frigoleta), de ces genêts d'or qui sont la gloire
du Roussillon; des fontaines y chantent :
MES ABUNDOSA, L'AIGUA NOVA
S ESTIMBA I AIXORDA L'AIRE AMB UN UOLL CLAR,
PURIFICADA PER LA COVA.

L'eau neuve, plus abondante, se précipite et assourdit l'air de
son jet clair et purifié par la grotte:

Des coblas (des musiciens) y jouent de ces vieux instruments de chez nous
qui font rêver d'idylles pastorales et trouvent des sons d'une « harmonie nette et
colorée », la douce perdrix et la caille dorée y fuient devant le chasseur, voici
le chêne-vert au nom si doux en catalan : l'alzina, voici le micocoulier (el
fiadoner), les pèlerinages, les laboureurs (llaurador), l'enclos sous la treille,
les rivières dans les vallées, l'ardeur de nos matins catalans, la mélancolie de
nos crépuscules violets, la volupté de nos nuits où des filles aux yeux noirs dansent
ties sardanes comme dans l'ancien temps :

�— 97 —
PER TOT CANTO LES ATXES FL AME J AVEN
ALÇADES, CAP—AL- -TART
EN EL PLANIOL DE LA LLOTJA DE MAR.

Les flambeaux dressés au crépuscule, brûlaient dans tous les
coins, sur la place de La Loge de Mer.
Et le poète rappelle à ces jeunes Catalanes que c'est au passé qu'elles doivent
leurs tresses noires, l'aimable perfection de leurs seins, leurs cils épais, la clarté
sereine du regard et les câlineries du langage..
ES DEL PASSAT, OH MINYONES, QUE US
LA NEGROR DE LA TRENA,
L'AMABLE PERFECCIO DEL VOSTRE SÉ,
LA CELLA REMADETA I LA SERENA
CLARETAT DEL MIRAR,
I LES MANTAGUERIES DEL PARLAR.

VÉ

•

Ainsi, joignes les mains, levés vos bras, jeunes filles, dans la
douceur du rythme, mêlant vos pas à droite et à gauche. Le calice
de la fleur du grenadier quand la danse est plus vive (quan més
viu al peu salta) semble éclater, vermeil, sur votre joue (sembla
que us vol envermellir la galta).
Que de passages délicieux seraient à transcrire de ce livre où la nouveauté
et la fraîcheur vive de l'image et de l'idée s'apparient à la perfection de la
forme. Oui. ce récent ouvrage de l'auteur de Roses à Xiprers, d'el bon pedriç, de
YEstel de l'escamot. û'Amor de Fardai, de La. Font de l'Albera (en collaboration
avec Gustave Violet), nous fait admirer une fois de plus l'art délicat, harmonieux,
et d'une grande pureté de Joseph-Sébastia Pons nommé à très juste titre le
Virgile roussillonnais.
' Poèmes de l'été et de l'automne en fleur, par Touny Ltèrys.
(La Pensée française Paris).
Le poète de la tendresse qu'est Touny-Lérys dont La Pâques des Roses laissa
une si vive impression dans les esprits quand il parut avant la guerre
avec une préface de Francis Jammes, aux éditions du Mercure de France, vient
de publier un nouveau recueil : Poèmes de l'Eté et de l'Autom.ne en fleur, orné
d'un excellent portrait de l'auteur par Mme Van Bever de la Quintinie. M. Louis
Gratias en une très importante introduction caractérise l'œuvre et l'âme de ce
poète, un des plus purs de l'heure présente, de ce poète qui nous « orfre l'exemple
de la droiture et de la santé. Rien de factice ou de frelaté dans ses vers; rien,
même, de fabriqué : un cœur d'homme généreux et sensible s'y montre à nu. »
Et nous suivons à travers son Tarn natal ce bon compagnon de route qui
saura nous faire partsgrer son amour pour sa terre; il nous dira la douceur des
jours, le charme apaisant, d'une cloche qui tinte, la volupté des soirs d'automne,
les vendanges, l'ivresse de l'amour.
.... Le calme, la douceur de cette matinée,
O cher Pays
Mon âme est sur toi inclinée
Et mon regard s'emplit de ta beauté tranquille.
Ou Tarn fauve roulant son eau semblable au feu.
Ou de la vaste plaine, étendue immobile
■le t'aime, te je ne sais ce que j'aime le mieux
Et comme sommeillant, verte sotis le ciel bleu...
C'est toujours au milieu de la nature méridionale, qui l'a créé poète, que
Touny-Lérys a voulu vivre; jamais il ne l'a quittée ou si parfois il a effectué un
court voyage, loin d'elle, c'est, au retour, un chant de tendresse ardente qu'il
lui adresse, comme à une femme aimée. Le rythme de ces poèmes est varié comme
les paysages que décrit l'auteur et la symphonie lyrique qui termine ce livre
amoureusement nous révèle toutes les ressources d'un art magicien qui, s'il se
renouvelle sans cesse, demeure finalement attaché au pays d'où il est né.
Frédéric SAISSET.

�— 98 —
Images de jyiou^ ou la Uouange du Cyprès, par Jean LEB1?AU.
Paris, lté Divan, 37, rue Bonaparte.
La Terre de l'Aude inspira jadis au poète F.-P. Alibert de magnifiques pages,
d'une expression différente, opposée peut être à celle des Images de Maux. "De
telles œuvres honorent une région et lui restituent son vrai visage qui n'est ni
dans l'histoire, ni dans le folk-lore, ni dans l'archéologie. Hypolite Babou dans ses
Païens Innocents en peignit de petits tableaux réalistes qui ne manquent pas
de charme; mais ils ne sont que le décor de ses nouvelles, et il y manque cette
transposition, ces relations de la ligne, de la couleur et de l'espace, qui font
l'œuvre d'art.
L'œuvre de Lebrau dépouillée des mièvres accents régionalistes et libérée des
entraves du roman, est le poème religieux, sensuel et fervent de Moux et de ses
cyprès.
Moux, c'est ce village au pied d'un mont où l'ombre des cyprès se profile si/r
les pierres. » Ce mont c'est l'Aric. L'Enfant de la Chambre Blanche, Bataille,
« est là pour toujours ». L'Aric est rude, dur comme un bloc de granit. Son
profil est net comme une lame; son austérité imprègne bêtes, choses et gens; on
la retrouve en Lebrau.
J'ai trente ans maintenant, et c'est la même vie,
Mais avec plus de foi, d'humilité, d'amour
Vn bonheibr grave. N'est-ce à quoi Dieu nous convie ?
Grave, mais sans tristesse sonore ni sentimentalité, ce chrétien laisse parfois
percer le souvenir païen qui emplit cette terre vers Minerve.
Une vasque pleine de ciel, de vieux cyprès,
Dans un jardin abandonné
Où fleurit au printemps l'iris bleu, l'iris jaune,
Une vasque pleine de ciel, de vieux cyprès,
Parmi lesquels Margot l'accorte paysanne
Se met nue ainsi que Diane.
Tandis qu'une eau d'azur la baigne, dans ses mains
Margot tient, palpitants, un beau couple de seins.
C'est dans le compagnonnage des choses familières : le Village, la Maison,
l'Eglise, les Bergeries de l'Aric, le vent, les arbres, la rue, etc. que Lebrau trouve
le principe de son émotion; mais il sait que la vie n'est pas aussi simple que
dans Francis Jammes et que choses, bêtes et gens ont leur drame.
Lie Grenadier.
Sa fleur le dévore. C'est l'arbre du désir. Je ne sais rien de plus passionné.
C'est une fille d'Espagne qui vous tenterait au passage, une sombre bacchante aux
bouches multiples, fascinations de lèvres dans la nuit des lauriers aux baies dHm
bleu vénéneux.
Pas de tumultueux verbiage pour exprimer le lyrisme de ce drame, Lebrau discipline son inspiration et sa sensibilité raisonne gravement, en dedans.
Son réalisme n'est pas vulgaire, le sentiment poétique en exclue la bassesse :
Lia rue.
Elle est triste. Elle sent l'évier. Lies ruisseaux ne coulent pas. Dans les villages
de montagnes ils font mon bonheur, d'une vivacité de poisson. A Moux, il y traîne
des quartiers de tomates, du ciel aussi, légume bleu.
D'un seuil à Vautre, des femmes bavardent tout en tricotant; elles vous reluquent par-dessus les lunettes.
"La figure de cette petite vieille, on dirait une pomme rose desséchée. Sa chatte
et ses bas sont gris, et la cendre qu'elle met soigneusement de côté polir la lessive.
Sa phrase se fait alors courte, colorée, linéaire, picturale. Il y a un peintre
en Lebrau. Il y a surtout cette belle clarté méditerranéenne, cette lumière qui

�— 99 —
chasse comme des nuées les obscures rêveries subsconçientes; laborieux produits
de laboratoires'-: de l'angoisse à l'ennui !
Avant de fermer son livre, du haut de l'Aric, Lebrau contemple ces villages
ascétiques parmi les roches et les genêts : Pontcouverte où naquit Saint Régis;
Lagrasse « On ne saurait parler de Lagrasse sans penser^ à un poète, comme elle
harmonieux* et mélancolique, à Léon Souliê qui vit là, secrétaire de mairie.
Faut-il lui reprocher le silence qu'il garde depuis tant d'années ? La torpeur
solaire du bmirg séché aura sans doute fini par le gagner ». Escales, patrie du
félibre Achille Mir; Fabrezan, Ribaube, etc....
Tobeen a. pour ce beau livre, composé des bois assez évocateur de cette terre
ombrienne et qui complètent par l'image le visage de Moux inséparable du souvenir
de Bataille et de la pensée de Lebrau.
:

A. R.

l«es droits du publie au* vues panoramiques,
par Fsrnand CROS-jyTRYREVIELtliE.
« A quoi servirait de sauver un site, s'il ne peut être contemplé, c'est-à-dire
vu ! » et c'est dans le but d'établir des Servitudes de Tourisme que notre président, aussi modeste érudit qu'homme de goût, a présenté un rapport documenté
sur cette question, à la Journée des Paysages tenue à Paris au Musée Social le
21 janvier 1926. M. Cros-Mayrevieille c'est depuis longtemps spécialisé dans ces
questions qui sont d'ailleurs inscrites dans le programme du Groupe occitan.
Nous aurons l'occasion de revenir sur un tel sujet, richesses artistiques et touristiques de notre sol qu'il importe de préserver et de mettre en évidence.
R. R.

�Joseph DELTEIL.

Bois d'Auguste RovQtJET.

L*es Poilus.
Voici Les Poilus, épopée par Joseph DELTEIL de Pieusse en Occitanie (Bernard
Grasset, éditeur).
On aimera ce livre, son imagerie, son style en courtes flammes; on aimera sa
générosité profonde. Delteil a du cœur. On le savait bien et c'est pourquoi on lui
en voulait autant qu'à soi-même parfois. Mais, aujourd'hui. Jeanne d'Arc prouve
à Joseph Delteil qu'elle a osé, Elle, lui faire confiance; les Saints peuvent tout
se permettre. Comment le lui prouve-t-elle ? Elle le lui prouve en nous le montrant
tel qu'en lui-même notre inquiétude le cherchait. Le bûcher de Jeanne, la Passion
du Poilu, voilà le cœur de Delteil. Il faisait un peu le mohican jusqu'à maintenant, rusant avec lui-même beaucoup plus encore qu'avec nous.
Fameux livre. Quelle jubilation de vieille amitié cette grappe pressée ! On
ne se connaissait point mais les mêmes maîtres nous aimaient qui ne se sont
point trompés sur son compte, le jugeant de cœur comme il veut et doit être
jugé. Des mêmes platanes les mêmes moineaux descendaient picorer les miettes
de la récréation de quatre heures quand la cloche avait sonné pour l'étude du soir.
Ceux qui ont grogné — et j'ai grogné; il faut grogner, cela aussi vient du
cœur — iront, j'imagine, tout droit au chapitre Verdun : ils courront au danger.
Mais Verdun ce fut une victoire-pivot sur laquelle tourna la guerre immobilisée,
changeant de face définitivement. C'est Verdun et c'est la Madelon. C'est là que
Delteil triomphe de tout ce qui nous faisait grogner. Tous ses mauvais démons

�— 101 —
pouvaient s'y donner rendez-vous. Halte-là ! Les Poilus sont le peuple élu de
Jeanne. Elle savait la pauvre et terrible tyrannie du corps, l'autre passion, le
feu qui asservit, et non, comme celui de son bûcher, le feu qui délivre. Soit :
Delteil en fera de la grandeur. Debout, les larmes ! Il n'y a pas d'autre mot.
Tant pis pour ceux qui se vautreront.
Sais doute, sans doute, ce livre n'est point un biberon à l'usage des enfants;
mais la gourde plutôt, dont la poudre a roussi le poil. La guerre a été faite pour
tous les petits enfants de France, mais avec des mots, des gestes, des spasmes,
des douleurs, des folies aui ne sont pas de leur âge.
Ce qu'il faudrait lire dans toutes les écoles de notre patrie, c'est, parmi tant
d'autres pages fulgurantes, le portrait de Clémenceau. Clémenceau n'est pas
ailleurs : il est là.
Les écoliers recevraient ainsi une triple leçon de courage, de mâle pitié, de style.
Il y a Clémenceau, masque d'ancêtre miauleur au ford des âges, et Galliéni,
tout long dans sa vieille capote de soldat, maigre comme un sabre sans fourreau,
et Joffre, un bonhomme de général avec de la science plein les poches, une expérience d'élite, un pantalon en bon gros drap, et Foch qui n'a l'air de rien, rien du
matamore à la Ludendorf et qui opère comme Dieu le Père, avec le sentiment
de l'Eternité, Foch, le vendangeur de la Victoire, Joffre, vigneron de Rivesaltes,
l'ayant sauvée à temps d'une grêle qui n'eût rien laissé.. Il y a Wilson aussi, doux
quaker triste, avec des lorgnons et une grimace... des épaules de lièvre... des
énigmes pâles rôdant sur sa physionomie. II y a. la femme Française atteignant en
ce temps-là, pour parler comme l'Evangile, au sommet du monde, mères pour
leurs enfants au front se cassant les ongles aux charrues... fiancées couronnées
d'épines. Il y a ce chapitre sur la marraine d'une si juste verve comique, et aussi
l'heure éminemment stratégique de l'apéro au Café du Commerce à Limoux.
Et toujours, toujours, au tournant de chaque page, les Poilus qui passent,
déchiquetés dans leurs pensées et dans leurs chairs, avec de maigres faces noires,
sur des jambes en coup de bâtons, tout gonflés de musettes et de grenades tout
informes dans une étrange absence de sexe, sourds, aveugles, muets, les mains
crispées sur un fusil en feu, bavant de salive et de larmes lacrymogènes, vagues
morceaux de vie, automatiques.... Ils vous obsèdent, aussi hallucinants que si
les avait burinés en marge du texte pour l'éternité le grand Dunoyer de Segonzac.
il y a enfin, reparaissant de loin en loin, dans la déchirure bleue des accalmies,
là-bas, au sud couleur des vendanges, Pieusse, le Pieusse de chaque Poilu. Enfin
et d'abord, car le livre débute par ce coup de pinceau magistral, sûr de soi,
la mobilisation à Pieusse qui a fait écrire de Delteil : voilà bien le poète que désirait ardemment notre terre par les bouches de ses puits altérés, par les cris des
grillons innombrables dans les chaumes des soirs d'été.
Quant au chapitre dernier, la Paix, il se compose d'un seul mot : Hélas !
Aussi bien Delteil eût-il pu écrire : Wilson ! Ne l'appelle-t-il point en effet : le
Père de la Paix f Ajoutons, à ce propos, qu'à tout instant l'auteur nous livre un
peu de sa philosophie : « Je crie bien haut que je suis un idéaliste. Oui ! un
idéaliste réaliste... A l'idéalisme par le positivisme ! » Et ailleurs : « Je divise les
hommes en trois catégories :
lies catholiques;
Les imbéciles ;
Les bandits.

&lt;,

Est imbécile quiconque, ne croyant pas en Dieu, est honnête. Est imbécile
quiconque est honnête sans raison, honnête à l'aveuglette (par hasard, par ata-

***

�— 102 visme, par moindre effort, par bienséance, par crétinisme, etc.) L'honnêteté est
i mbécile ou divine. Mais les imbéciles, n'en parlon s plus ! ...
Tout homme intelligent est ou catholique ou bandit (ceci est un schéma : j'écris
en France, j'emploie des termes qui me fassent comprendre en France). Catholique, s'il croit à Dieu, à l'Enfer. L'Enfer, c'est une belle raison d'être sage, la
grande raison. S'il n'y croit pas, il doit être logiquement bandit. S'il n'y a pas
d'enfer, tout m'est permis (hors les miettes tombant sous le coup du gendarme).
Et qu'on ne me parle pas de ces succédanés — on pourrait aussi bien dire
« ersatz »— : conscience, impératif catégorique, etc. les plus jolies plaisanteries
de la terre, en somme ! »
Voilà qui m'enchante. Mais Les Poilus sont un livre si riche, sous une frugale
apparence d'imagerie, que nous ne pouvons ici qu'en signaler hâtivement les
divers et profonds et savoureux attraits.
Ah ! petit homme de Pieusse, tarramagnou mon frère, tu es devenu grand
comme la France ! Vive Limoux : on y peut jouer à pie s'envoie avec les bouchons de blanquette aussi bien que rêver sous les ombrages dé Notre-Dame de
Marceille le livre futur, cette apologie du Moyen-Age qui nous est désormais
promise et à laquelle nous tenons.
Jean LEBRAU.

PIEUSSE (Le pays de Joseph Delteil).

�Les Pins.
A Mme Henderson.
Les pins prêtent leurs voix à la rumeur des flots
Dont chaque mouvement est une confidence,
Puisque, pour s'interdire eux-mêmes le silence,
Leur immobilité n'est jamais le repos.
Lorsque, pour le récit de leur folle aventure,
Les vagues parent de leurs belliqueux accents
Les prouesses des voyages éblouissants
Tressaillant de toute leur vibrante armature.
Les Pins graves, pareils à de nobles hérauts,
Vers l'éclat du soleil ou la lueur des phares,
Portent, sur les clameurs de leurs vertes fanfares,
Les exploits de la mer au large des échos.
D'autres fois, dans la paix des couchants nostalgiques,
Quand, sur la voile en feux des rouges horizons,
La mer reconstitue et nacre de frissons
Le mirage obsédant des au-delà magiques,
Les pins se fusèlent comme de sveltes mâts
Suggérant, par le chant de leurs vivants cordages,
A leur quille sculptée en terrestres rivages,
D'appareiller vers de chimériques climats.
Et sous la pâmoison des heures énervantes,
Si la mer soulève vers les lunes d'amour
Les pointes de ses flots qui prennent le contour
De beaux seins révoltés de lubriques attentes,

�— 104 —
Les pins se font alors les eunuques lascifs
Des vagues s'épuisant aux harems de l'espace,
Et cueillant mollement, d'une cadence lasse,
Des voluptés en pleurs aux franges des récifs.
Mais les nuits d'horreur et de louches marasmes,
Lorsque la mer vomit en rauques hurlements
Les criminels aveux de ses égarements
Qui déchirent son corps des plus sinistres spasmes,
Pleins de compassion fidèle, les grands pins
Se tortionnent en similaires tempêtes,
Sous l'ouragan qui mêle, en dévastant leurs têtes,
La résine sylvestre aux iodes marins.
Et pour vivre, au matin dont l'orient se dore,
Leur Passion faite d'héroïques ferveurs,
On peut, ainsi que de sublimes rédempteurs,
Les voir crucifiés aux bûchers de l'Aurore.
La tempête dompte ses derniers soubresauts,
Et vers les pins martyrs un brouillard monte et fume,
Un brouillard de soleil auréolé d'écume,
Comme un encens issu des entrailles des eaux.
Alors, touchantes de pantelantes détresse,
Repentante des deuils par les pins expiés,
De l'humiliation de ses glauques pitiés,
La mer lave leurs pieds comme une pécheresse.
Léon

SOULIÉ.

(L'Anse d'Argent.)
&lt;r Reproduction interdite aux journaux qui n'ont
pas un traité arec la Société des Gens de Lettres. s&gt;

�LE5 RUSIL5 (pris Klarbonne).

Bois original de Louis

CLAUDBI»

��Sous l'œil bleu gris
de Gustave Geîîroy.
Gustave

Getîroy

et l'Oeeitanie. —

lia ]Hidi

au*

Gobelins.

—

Toulouse-

Jjaufcree, par flehille Astre. — Eugène Viala, par «Jehan d'Arvieux.
—■ Lie L.ivre du

Pays.

Gustave Geffroy, romancier, critique d'art, président de l'Académie Goncourt, est mort voici déjà quelques mois. Souffrant depuis
longtemps, il m'avait dit une fois, à peu près : « Pourvu que farrive à la fin de l'hiver, je verrai encore un autre printemps ! » Et
je n'avais pas entendu ces paroles sans être secoué par une forte
émotion. Depuis cette époque, le grand académicien a vécu plusieurs années, mais c'est au printemps qu'il est mort. Gustave
Geffroy était vendéen. J.-H. Rosny aîné, qui lui a succédé à la présidence de l'Académie Goncourt, a écrit dans La Dépêche, dans ce
même journal occitan dont Geffroy demeurait un des plus fidèles
collaborateurs, un portrait de cet artiste sincère et sensible. Un
portrait comme Rosny aîné sait en tracer, avec quelques traits
nets, particulièrement significatifs, avec les lignes essentielles. En
voici le début :
« // (Gustave Geffroy) était de petite taille, avec un visage rêveur,
qui pouvait paraître sévère mais que la moindre émotion troublait,
de grand yeux bleus gris, les yeux des hommes de la mer, faits

�pour regarder les vastes étendues. De constitution délicate., il sern-blait complètement ignorer les sports et s'il lui est arrivé d'en
écrire, jamais il n'en parlait... Il causait peu, étant plutôt enclin
à écouter, et il écoutait bien. Lorsqu'il parlait, c'était avec précision ou véhémence, selon le cas — pour exprimer une de ces
idées auxquelles il tenait essentiellement, redresser une erreur ou
manifester son enthousiasme... »
Rien de méridional dans cette effigie, hormis l'enthousiasme,
lequel est bien de chez nous. Pourtant le romancier de Y Apprentie,
l'auteur des Contes du Pays de l'Ouest, le critique de la Vie artistique et des Musées d'Europe gardait une réelle sympathie aux
choses et aux gens d'Occitanie. Il était d'ailleurs bien connu dans
nos régions d'Oc à travers quoi la Dépêche répandait avec régularité ses écrits, toujours lucides et convaincus. Pour ces deux
raisons, ainsi que pour lui rendre personnellement un hommage
reconnaissant, je me fais un devoir de placer cette chronique sous
le patronage de Gustage Geffroy.
A la Manufacture des Gobelins dont il dirigeait les destinées en
qualité d'administrateur, Geffroy n'avait pas oublié nos provinces
du midi. Il y avait accompli, quoi que d'aucuns en aient pu penser,
de la bonne besogne. Rompant avec la routine de ses prédécesseurs,
ce grand écrivain avait très bien senti toutes les ressources que
devait apporter à l'art de la tapisserie la peinture moderne par la
clarté, l'intensité et l'harmonie de ses couleurs. Il avait donné des
commandes à Claude Monet, Chéret, Véber, Willette, Raffaëlli,
Jaulmes, René Piot, Zingg, à beaucoup d'autres. A Edmond Yarz,
peintre méridional, il avait demandé de développer en une décoration comprenant trois parties de dimensions à peu près égales, les
forêts, les cimes, les pâturages de nos verdoyantes et fraîches Pyrénées. Au Toulousain Henri Rachou, il avait confié la douce et cependant rouge mission de célébrer Toulouse. Derrière la Capitale du
Languedoc personnifiée par une jeune femme assise sur un trône
entre Clémence Isaure, pareille à un lys, avec sa longue robe blanche, ses cheveux dorés touffant aux tempes, et la Relie Paule, pensive
comme dans le poème de Maurice Magre, l'auteur du panneau
décoratif avait échelonné jusqu'au site se distinguant au lointain
par le pont sur la Garonne et ses monuments, les personnages
médiévaux : et le troubadour portant le capuce de Dante, et le
penseur et le moine bien facé, et les chevaliers sur leurs destriers
pour le tournoi, et la foule dans le bariolage de ses vêtements de
fête. Rachou avait accordé là toute la viridité de la pelouse a\»ec
toute la gamme des rouges, le vermillon, le ponceau, le vineux, le
nacarat. Par Gustave Geffroy, l'audois Achille Laugé avait été
chargé de composer un tapis où les roses voisinent avec les fleurs

�La Danse au Moulin-Rouge.
La Goulue et Valentln
le désossé.

H. DE TOULOTTBE-LAUTEKO

(peinture).
Cl.: Nilson.

1

�La Femme au Boa
peinture (musée du Luxembourg).
Cliché Nilson.

H. DE TOULOUSE-LAUTREC.

�— 109 —
plus simples qui poussent dans les jardinets ou même qui viennent
nous frôler les jambes lorsque l'on marche sur les talus herbeux du
Bas-Languedoc.
Voilà pour l'administrateur des Gobelins. Le journaliste
continuait à prêter une vive attention à tout ce qui émanait de
l'Occitanie. Geffroy avait été l'un des plus empressés à confirmer
toute la valeur artistique de l'ouvrage que les Rouquet avaient
consacré à la Cité de Carcassonne, de cette Ville de Passé., rééditée
tout dernièrement et où les xylographies d'Achille Rouquet et de
Jane Rouquet ornementent un texte poétique d'Auguste Rouquet.
Il n'avait pas manqué non plus de signaler dans une de ses chroniques de La Dé-pêche, notre dernier Salon Occitan et d'en dégager
sous l'enseigne archaïque, l'esprit nouveau.
Les dernières pages que Gustave Geffroy a écrites sont celles qui
constituent la préface d'Achille Astre sur Toulouse-Lautrec. Ceci,
tout en ravivant nos regrets, nous honore. Achille Astre, écrivain
vigoureux autant qu'émouvant, qui dirigea à Paris avec un sens
avisé de l'art moderniste, une importante galerie, Achille Astre,
secrétaire et familier de Geffroy, est en effet un de nos compatriotes.
Son livre a été publié dans cette intéressante collection des Maîtres anciens et modernes, éditée par Nilsson, sous la direction même
de Gustave Gpffroy. Précédemment avaient paru dans cette collection un Albert Durer, dont Màximilien Gauthier avait reconnu
avec un accent véridique l'âme généreuse; un Memling attentivement décrit par Marcelle Vioux; un Turner, par J.-H. Rosny aîné,
par ce « magicien parcourant le monde présent, découvrant le passé,
conjecturant le futur », comme l'indiquait Geffroy. Et il ne faut
pas négliger certes le Chardin que Tristan Klingsor a dépeint en
coloriste, en poète, en critique artistique, — Klingsor réunit ces
trois auteurs en lui avec un égal bonheur, — ni le substantiel
Corot et le riche Vélasquez dus à la plume savante de Geffroy luimême. Celui-ci ne pouvait évidemment réserver à nul autre qu'à
son fidèle Astre la biographie et l'analyse d'Henri de ToulouseLautrec. Achille Astre avait été le compagnon de Toulouse-Lautrec.
De plus, il aime profondément l'art de ce génial artiste, lequel
s'affirme bien digne de prendre place après les grandes figures qui
l'ont précédé dans la série de l'éditeur Nilsson.
On éprouve que Astre a écrit ce livre sur Lautrec avec amour,
et qu'il connaît parfaitement toute la production pourtant si nombreuse de ce peintre et de ce dessinateur. L'auteur fait repasser
sous nos regards les filles de joie, les raccrocheu^e?. les chanteuses
de café-concert, les danseuses de music-hall que de ToulouseLautrec saisissait sur le vif, en leurs gestes les plus caractéristiques,
dans les milieux de plaisirs que l'artiste fréquentait. Mais de Tou-

****

�— 110 louse-Lautrec ne s'enfermait pas pourtant dans ce monde un peu
spécial. D'autres spectacles le retenaient aussi. Il restait un fervent du cirque, de ses écuyères gracieuses et de ses pitres enfarinés.
Il nous a laissé des descriptions frappantes de la Cour d'assises,
d'une clinique ou d'un examen à la Faculté de Médecine.
Henri de Toulouse-Lautrec a été un des portraitistes les plus
doués de sa génération. D'une intelligence aigùe, il n'avait pas son
pareil pour dégager les marques significatives, mettre en relief un
détail original d'une physionomie ou d'une attitude. Il a portraituré, avec une remarquable souplesse dans la variété de la technique mais avec une sûreté toujours égale de compréhension, la
même aptitude à synthétiser la ressemblance, les personnalités
les plus diverses de la littérature, du théâtre, des arts, voire les
membres de sa famille. Portraits de la mère de l'artiste, Madame
la Comtesse de Toulouse-Lautrec, d'une distinction sévère et racée,
de son cousin le docteur Tapié de Celeyran, aussi grand que Lautrec était de petite taille; portraits d'Adrien Hébrard, d'Oscar Wilde,
d'André Rivoire, de Coolus, de Van Gogh, de Suzanne Valadon, de
Henri Rachou; portraits de Berthe Bady dans La Lépreuse de son
compatriote Henry Rataille, de Marcelle Lender, de La Goulue,
d'Aristide Rruant, de Jane Avril, d'Yvette Guijbert. Cette dernière compte aussi dans L'œuvre lithographique de Toulouse-Lautrec, ('-ette œuvre est des plus abondantes, puisque le catalogue complet enregistre 368 numéros. Les principales pièces, en dehors de
la série d'Yvette Guiibert, sont la série sur Lender, celle de la
petite irlandaise Miss May Belfort qui chantait, habillée en petite
fille, avec un chat noir dans ses bras, l'album Elles et les illustrations pour les Histoires naturelles de Jules Renard. Enfin, Henri
de Toulouse-Lautrec, un des premiers, a contribué à fleurir d'affiches en couleurs, véritablement artistiques, les murs de Paris. Ses
affiches de Bruant, du Divan Japonais demeurent célèbres. Celle
que Lautrec composa pour un roman publié dans le journal de
Maurice Sarraut et de Hue, Le Pendu, mérite d'être aussi connue.
Achille Astre réunit, presque à la fin de son ouvrage, quelques
appréciations de critiques réputés comme Gustave Geffroy, Arsène
Alexandre, Gustave Coquiot sur l'art de Toulouse-Lautrec. Elles
s'ajoutent aux analyses pénétrantes que l'auteur avait répandues
au cours du livre sur la manière de ce dessinateur, sur son dessin
serré, si vivant. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet. Aussi bien
dans un précédent article nous avons suffisamment insisté sur les
qualités du coloriste expert à harmoniser entre eux les tons. Nous
préférons nous arrêter ici sur des faits curieux, des événements de
l'existence du peintre souvent ignorés jusqu'ici et qui éclairent à
la fois l'homme et l'œuvre, en même temps que certains nous inté-

�— 111 —
ressent parce qu'ils se rapportent à notre pays d'Oc. C'est ainsi que
le biographe de Toulouse-Lautrec nous apprend que ce dernier avait
commencé à dessiner dès l'enfance. De constitution trop délicate
pour se mêler aux jeux des enfants de son âge, le petit Lautrec se
divertissait en crayonnant des croquis. Grâce à Achille Astre, nous
nouons connaissance avec le père du gamin dessinateur, le comte
Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa. Adolescent, Henri de Toulouse-Lautrec passe ses vacances à Celeyran, entre Goursan et Narbonne, et il a peint des coins de cette région qui révèlent un tempérament de paysagiste. Astre nous conte des anecdotes sur la vie
du peintre. Pour un bal masqué, Lautrec s'était costumé en enfant
de chœur. Il avait nourri en lui, sans jamais le réaliser, le rêve
d'aller au Japon. De tant d'autres choses tristes ou amusantes, le
livre est empli. Achille Astre a eu le mérite de faire revivre Lautrec
devant nous. Geffroy le souligne dans sa préface :
« On apercevra ce Lautrec, déclare-t-il, à travers les pages écrites
par Astre, qui a retrouvé pour son ami sa plume de chroniqueur
d'art de la REVUE MÉRIDIONALE fondée par son ami Achille Rouquet.
Mais on verra surtout, grandissant à chaque chapitre, Vartiste impeccable auquel l'auteur consacre sa verve,, son ardeur, tout ce qu'il
y a en lui d'émotion communieative ». Réflexion fort juste, sur quoi
nous terminerions si nous ne tenions à indiquer qu'Achille Astre a
eu la bonne idée de réserver un des plus importants chapitres au
Musée Toulouse-Lautrec à Albi. Voilà une visite que doivent accomplir tous les Occitans amateurs d'art moderne. Ils y rejoindront une
des plus solides gloires de notre Occitanie dans la peinture.
Un autre ouvrage composé avec amour, c'est le livre que Jehan
d'Arvieux a écrit sur son beau-père, Eugène Viala, sous le titre :
Le Décor d'un Rêve d'artiste. Gustave Geffroy lui a tressé des louanges et dans l'article même de La Dépêche où il a parlé de notre
Salon Occitan. Mais le graveur Viala se situe aux antipodes d'un
Toulouse-Lautrec. Viala s'avère avant tout un lyrique, un romantique, doublé d'un symboliste. Son inspiration hante, ainsi que
ces aigles qu'il a souvent représentés dans l'eau-forte, les hauts
sommets déserts. Il y a dans ses gravures, bien supérieures selon
moi à ses aquarelles, une pensée sauvage, presque farouche, une
force hautaine. Que le graveur traduise des symboles tels que Le
Berger des Aigles, La Tour de Peyrebrune, La Rafale où un arbre
devant lequel une croix étend ses bras se tord, échevelé, sur un ciel
livide, qu'il figure des motifs plus terre à terre comme l'effort du
laboureur derrière ses bœufs, qu'il dresse le clocher de Rodez ou
qu'il déploie le vol de la mouette, il enveloppe toujours son motif
dans une sorte de mystère tourmenté, dans une atmosphère d'angoisse tragique. La facture de l'aquafortiste, toute de contrastes

�— 112 —
vigoureux, où les noirs envahissent la planche, mais où les blancs
mettent comme des déchirures ou des cris, s'adapte parfaitement à
l'état d'âme du poète. Car Eugène Viala a écrit aussi des poèmes
qui, par l'interprétation de la vision et l'idée philosophique, se
rapprochent de ses évocations gravées.
Viala qui est né dans le Rouergue et qui y est mort, après un
court séjour à Paris, s'est tenu à l'écart de l'humanité, au contraire
de Lautrec qui s'est plu à coudoyer ses contemporains et à descendre avec eux dans les bas-fonds parisiens. Eugène Viala a vécu en
isolé, loin de la fréquentation des hommes, mais en contact avec
la nature, et avec la nature de son pays rouergat. Aussi le Rouergue
a-t-il exercé une influence profonde sur l'artiste. Et c'est pourquoi
Jehan d'Arvieux, dans le dessein de pénétrer l'inspiration de Viala,
a longuement étudié le cadre au milieu de quoi le graveur a souffert, songé et travaillé. L'auteur du livre s'est appliqué à nous
décrire, avec le souci d'en fouiller tous les aspects, la région du
Rouergue, le plateau du Lévezou, les rochers aux formes fantastiques, les ravins, les landes avec toutes leurs plantes, les bocages,
les monuments aussi, les dolmens, les croix, les églises, les manoirs.
Il nous en dépeint les habitants, auxquels conviennent la blouse
du paysan ou la limousine du berger, mais non les habits de la
ville. Il analyse avec une sincérité sans indulgence leur mentalité
et leurs penchants, il nous dévoile leurs croyances superstitieuses.
Son ouvrage, cependant en prose, a le caractère d'un long poème
divisé en plusieurs parties par une phrase directrice qui se déroule
d'un bout à l'autre du livre. Il y a dans Jehan d'Arvieux un mélange
assez spécial de romantisme et de tendances scientifiques et abstraites; celles-ci se manifestent dans la préoccupation de l'auteur à
rechercher dans un paysage l'armature géométrique. L'écrivain
régionaliste Gandilhon Gens d'Armes qui a préfacé le livre de
d'Arvieux s'est souvenu avec à propos à son endroit de cette méditation de Barrés : « Toute région présente une pensée et une pensée
démflnde à pénétrer les cosurs... »
Souhaitons, pour finir, que les deux ouvrages qui ont fait l'objet
de cette chronique se trouvent aisément l'un à Albi, l'autre à Rodez.
Car nous nous associons sans réserve à la campagne si opportune
qu'a entreprise dans Cornœdia Jean Ajalbert, de l'Académie Concourt — ainsi que Geffroy et Rosny aîné — pour « Le Livre du Pays ».
Certes oui, il importe que le touriste découvre facilement les monuments d'un pays, qu'il en savoure les fruits et les plats,- mais aussi
il convient qu'il puisse s'imprégner de « Vême du pays qui flotte
dans les livres ».
PAUL-SENTENAC.

�lé TOREflDOR.

Bois original d'Angnste

ROTTQUET.

�Éehos.
Notre collaborateur et vice-président Paul-Sentenac a réuni dernièrement à
la galerie Siot-Decauville (63, avenue Emmanuel III, à Paris) une exposition de
peintres et sculpteurs modernes. Sites de provence de Mlle Armand Dayot, ports
pittoresques et clairs de Déziré, scènes de courses de Maurice Taquoy, coins
d'Auvergne de Pérouse, paysages robustes de R. N. Raimbault, natures mortes
de Sermaise, portraits et dessins vig-oureux de Fortuné Paillot, se révélaient
des morceaux de véritable peinture, comme les sculptures de Chauvel, Popineau
et Sokolnicki appartenaient à de vrais sculpteurs. Chez les peintres ainsi que
chez les sculpteurs la solidité n'excluait pas l'attrait de la couleur ou de la ligne.
Il y avait dans ce groupe trois artistes qui n'avaient pas encore exposé dans
des ensembles : Mme Claude Simon dont la petite ménagère et les sites d'Alsace
ont beaucoup plu, le jeune graveur Jacques Raimbault. et Mlle Jeanne Sentenac
qui avait envoyé des paysages des environs de Narbonne, où elle a rendu avec
beaucoup de justesse, dans une conception d'une moderne si-acérité, la fraîcheur
ensoleillée des arbres au printemps ou la blondeur lumineuse de nos terres du
Bas-Languedoc pendant l'hiver.
P. G.
— Notre collaborateur et ami, le sculpteur Jean Magrou vient d'obtenir la
médaille d'or au Salon des Artistes Français pour son monument du Cardinal
de Cabrières destiné à la Cathédrale de Montpellier. Nous applaudissons à cette
distinction bien méritée qui récompense l'artiste probe et érudit qu'est Magrou.
A. R.
Lie

festival Rey'-H.ndreu.

Le dimanche 16 mai, cependant qu'au dehors, sous un ciel de mars, le vent
glacé soufflait en tempête et que la pluie battait contre les vitres, la salle
du Caméléon vibrait du chant des cigales dans le soleil, ou des rythmes ardents
de la chaude Rapsodie Espagnole. Notre compatriote narbonnais, le compositeur
Rey-Andreu y faisait entendre un choix de ses œuvres, si colorées, si nerveuses,
et cependant si harmonieuses, dans leur technique d'un modernisme audacieux
et savant. Le programme était des plus variés et des plus séduisants, et les
noms des artistes de premier plan qui avaient accepté d'interpréter les compositions, difficiles à exécuter, de ce musicien occitan témoignaient de la valeur
ainsi que de l'attrait de son art. Les pièces pour piano, La Rapsodie Espagnole,
Les Vignes en Fleurs, La Chanson du Vin, La Mort d'un Oiseau, Cigales dans
le Soleil, jouées par Mme Verdevoye-Heuclin, des concerts Colonne, une virtuose
de premier rang, ont produit une forte Impression sur les auditeurs, tant elles
sont évocatrices et saisissantes dans leur brièveté. L'adagio pour violon et piano
et le poème pour violoncelle et piano ont requ l'accueil le plus favorable. Ils
ont été interprêtés, avec Mme Verdevoye-Heuclin, par Mlle Léonie Lapié, violoniste
impeccable, et par Mlle Adèle Clément, qui prend des airs langoureux comme
si son violoncelle était le cygne de Léda. La sonate pour violon et piano, par
Mlle Lapié et Mme Verdevoye-Heuclin a montré que Rey-Andreu sait aussi
écrire des morceaux emplis de souffle et développer avec ampleur des phrases
musicales, attachantes par leur richesse mélodique. C'est Mme Louise Matha,
une cantatrice à la voix aussi souple que bien timbrés, qui a exécuté la partie
de chant de ce concert, en mettant parfaitement en valeur les mélodies du compositeur, si nuancées, si expressives. Le petit Phili a récité avec beaucoup de
compréhension et d'émotion, un poème de Paul Sentenac, Les Cloîtres et un
poème de Louis Payen Quand la Mort Douloureuse, sur les 6e et 7e nocturnes de
Rey-Andreu. On a pu constater combien la musique de ce compositeur s'alliait
heureusement avec le rythme des vers modernes. Mlle Alice Bourgat, de l'Opéra,
aux formes élancées sous la légère tunique verte qui laissait libres ses bras et
ses jambes nues, a dansé avec une vivacité et un enjouement des plus gracieux
sur les Arabesques et Les Libellules dans le Pré. Les gestes de la danseuse et
les sonorités musicales s'accordaient délectablement. Enfin, après Le Nocturne du

�— 115 —
quatuor à cordes, la Sérénade occitane jouée par l'orchestre du Caméléon, avec
Mlle Potel de la Brière conduisant le groupe des jeunes filles violonistes, sous
la direction de M. Marchessa.ux, a obtenu le plus vif succès. Cette sérénade,
dédiée au Groupe Occitan, d'une allégresse pleine de fantaisie, a eu les honneurs
d'un bis. Chose rare à Paris. Avant le concert, M. Paul-Sentenac avait présenté
le compositeur Rey-Andreu. En une langue élégante, imagée, pleine de vie, il a
révélé la figure originale de ce musicien occitan, l'a situé dans son pays natal
de Narbonne. Puis il a décrit les thèmes familiers de l'inspiration de Rey-Andreu,
les paysages et les scènes du Bas-Languedoc avec des mots qui traduisaient
par équivalence ce que ce compositeur rend avec des notes. Cette matinée de
musique de chambre du 16 mai, au Caméléon, qui avait attiré, "boulevard Rasoail,
un public aussi nombreux que distingué comptera dans la carrière de ReyAndreu qui se poursuit toujours plus brillante. Elle honore ce compositeur abondant et raffiné, et du même coup l'Occitanie où il a puisé une grande part d'inspiration. Et elle honore aussi le Groupe Occitan.
F. G.
Nou'i nous proposions de donner à la suite de ce compte-rendu l'article écrit
dans Paris-Conférences sur le Fertival Rey-Andreu, par M. Jacques Baudry,
le critique musical et le musicien réputés, administrateur du- Guide du Concert,
organisateur de La Musique vivante. Mais cet article nous est parvenu trop tard.
Nous le publierons dans notre prochain numéro.
F. G.

�Le Cinéma
Vers une esthétique oeeitanienne du eitiéma.

L'Idée et l'Écran.
Nos compatriotes Fescourt et Bouquet viennent, sous ce titre (1),
d'enrichir la bibliographie du cinéma de trois fascicules qu'il est
indispensable de lire, agréable et profitable de méditer. Les Feuillets se doivent de leur faire écho, non pas seulement parce que ces
plaquettes illustrent une date dans l'histoire du cinéma, mais surtout parce que le sens des critiques comme des recherches de MM.
Fescourt et Bouquet nous permet de les considérer comme les pionniers d'une esthétique cinégraphique conforme aux traditions de
beauté à la fois spirituelle et formelle qui définissent l'esprit méditerranéen.
*
**

Jusqu'à ces derniers temps, la seule « avant-garde » captait toute
l'attention de ceux qui voulaient voir dans le cinéma d'autres possibilités que celles de nous extérioriser par des raccourcis plus ou
(1) « L'Idée et l'écran » trois fascicules chez Haberschillet" Sergent, Paris, 1926.

�— 117 —
moins grossiers ou fidèles les œuvres littéraires ou théâtrales. Tout
le premier fascicule, dans la très agréable mais perfide manière du
dialogue, est consacré à nous montrer qu'à ses prétentions tapageuses aucune œuvre magistrale n'est venue répondre. Il y a seulement des recherches techniques intéressantes. Le cinéma pur reste
encore une théorie et à peine très indiquée. Les réalisateurs cités
comme ses pionniers les plus audacieux se contredisent remarquablement à deux ans d'intervalle (2) Accumuler les visions bizarres
ne suffit pas à faire du cinéma un art indépendant des autres.
L'avant-garde, c'est un avortement.
C'est que MM. Fescourt et Bouquet prennent le point de vue exactement contraire à celui qui est encore à la mode chez les fervents
du ciné. « Le cinéma n'est nullement un art par essence, ce qui le
différencie de la musique, de la poésie et de la peinture... Ce n'est
un art qu'au second degré ». Mais il ne le deviendra qu'à condition
de ne point tourner le dos à la vie et celle-ci est « logique ».
Aussi réhabilitent-ils le cinéma dramatique, proclament-ils son
indépendance. « Le cinéma peut-être dramatique et il doit être
cérébral ». Les recherches de l'avant-garde ont jusqu'ici porté sur
la forme et l'étude du fond n'a été qu'effleurée. « Les objets et les
êtres seront avant tout les représentants d'une pensée ». Leur valeur
plastique n'est que secondaire. Ainsi le choix d'un film sera le but
des visions harmonieuses, non plus leur prétexte.
De telles affirmations conduisent nos auteurs à tourner le dos à
la symphonie visuelle. « Rhétorique des images » ! le mot n'est
pas mal trouvé. En tout cas, ils réclament le divorce absolu de la
symphonie visuelle et du drame. Les deux y gagneront. « ...Jamais
déborder l'action, comme on l'a vu assez souvent dans des films
où une intrigue bâclée abritait des recherches déconcertantes pour
le spectateur. Ce dernier lorsqu'il rentre dans une salle doit savoir
s'il va au concert ou à la comédie, sinon ses idées s'embrouillent ».
Il resterait à démontrer que la domination puissante et rapide que
le cinéma par l'image exerce sur notre pensée et notre sensibilité ne
fait pas de lui un frère du concert bien plutôt que de la comédie.
*
**
Nous avons voulu résumer, non discuter, les idées de MM. Fescourt et Bouquet. Elles sont nôtres par certains côtés. Dans la mesure
où elles affirment la prééminence de la raison dans l'art, elles sont
de l'ordre latin. Quand ils écrivent : « Le cinéma devra livrer une
grande bataille pour conquérir sa place dans les arts majeurs. Si
(2) Il resterait à démontrer que ces variations sont le seul résultat de l'expérience...

�— 118 —
nous voulons gagner cette bataille, efforçons-nous d'atteindre les
fibres profondes de la sensibilité », c'est que, fidèles aux traditions méditerranéennes, ils ne se satisfont pas du cinéma germanique et suédois. Celui-ci a atteint, croyons-nous, aux fibres profondes
mais notre sensibilité en sort douloureusement froissée. Et nous
souhaitons de tout cœur à M. Fescourt qu'à rencontre de ce qui est
advenu aux théories que soutient mollement son « amateur », les
idées qu'il nous expose se concrétisent bientôt par la seule chose
qui compte au cinéma : le film, puissions-nous demain opposer au
cinéma nordique des œuvres où la puissance d'expression et l'originalité de l'inspiration s'harmonisent avec nos natures méridionales qui connaissent le rêve et le trouble et la laideur et l'impulsivité mais qui ne sont satisfaites que par la victoire de la clarté,
de la logique et de la beauté.
Jean MORINI-COMBY.

Un Cinéaste Oeeitan.

L'Art einégraphique
de Jacques de Baroneelli.
à Etienne Rey-Andreu : amtealement.

Photogénie ? un mot. Lumière ? tout le cinéma.
Chose curieuse, le Midi n'a jamais rien produit de remarquable
dans le domaine cinématographique, et cet art de la lumière qu'est
le cinématographe entre les mains d'un être intelligent, cultivé,
et artiste, est encore l'apanage des races nordiques et germaniques.
Chez ces peuples, la musique des images remplace la musique des
sons comme le rêve écranesque illustre magnifiquement leurs vieilles légendes (1).
Cependant il y a une exception. Un cinéaste méridional et un des
meilleurs artistes du cinématographe français existe. A lui seul, il
vaut bien une douzaine de ses collègues et tous les metteurs en scène
italiens. C'est Jacques de Baroncelli-Javon, cinéaste languedocien,
provençal d'Arles, homme de goût, et marquis de la Toile Blanche.
(I) En Amérique le cinématographe est une industrie, sans plus. En France, à part
quelques exceptions, les films sunt un art industriel. Cette conception du cinéma en France
est, intellectuellement, une erreur.

�- 119 —

*
Jacques de Baroncelli-Javon est observateur d'instinct et peintre
de nature. Sa sensibilité particulièrement aigûe s'est fixée sur la
possibilité psychologique qu'a le cinéma de représenter et de traduire des états d'âme. Il a senti, puis il a compris toutes les ressources de cet art septième naissant, de cet art scientifique qui
détrône déjà le vieux théâtre jouant sa marche funèbre.
C'est en 1915 que Jacques de Baroncelli débuta au cinéma comme
metteur en scène. Il ne fut jamais acteur et n'a point fait de théâtre. De journaliste il se fit cinéaste et ce fut une réussite.
Avec quelques amis échappés de la guerre, il créa la Société des
Films Lumina. Et, un soir de l'hiver 1915, il nous convia dans la
salle ronde du Cinéma Athénée de Montpellier — la plus cinéphile
des villes de France — pour voir ses premiers films : deux drames
noirs qui cependant laissaient deviner la sensibilité de ce rêveur
et sa faculté de faire revivre poétiquement des paysages évocateurs.
L'un de ces films, introuvable aujourd'hui et que très peu d'initiés
purent voir jadis — traitait d'une histoire d'espionnage dans un
cadre sombre et triste; il y avait là certaine lanterne de projections
qui jouait un grand rôle lumineux, et cette lanterne-thème était
déjà un objet-personnage, une de ces choses photogéniques inertes
(plus tard chères aux Suédois et à Jean Epstein) qui, par leurs présences intelligentes, servaient à faire naître la vie et les rythmes de
tout un film.
Ainsi, le cinéaste occitan Jacques de Baroncelli fut un précurseur.
Et il évolua dans cette lumière cinégraphique... Travailleur tenace
malgré des revers d'argent, J. de Baroncelli composa une série de
films dont le moins qu'on puisse dire fut que chaque fois ils amenèrent « quelque chose de neuf » à l'art de l'écran. Et il est arrivé
aux cieux du Cinéma Français par son poème musico-visuel
Pêcheur d'Islande, en montant à ce firmament par une manière
d'échelle de Jacob dont les principaux gradins se nomment ChampiTortu (récemment réédité), Le Rêve, Nêne, et surtout La Légende
de Sceur Béatrix. Dans ce film, l'Arlésien a montré à nu une âme
de rêveur, de mystique latin et médiéval, et il a composé un vitrail
vivant et émouvant qui semble sortir de la Cathédrale de Chartres
et qui force l'émotion la plus cachée.
Mais là où il domine le cinéma de France qui peut être fier de
l'Occitan, c'est dans son étonnante et très belle adaptation du nostalgique roman de Pierre Loti : Pêcheur d'Islande,, film d'une telle
beauté et d'une telle technique cinégraphique que le public cultivé
n'en a pas encore compris la grandeur, la hardiesse, l'art et même

�— 120 —

la simple émotion. Dans dix ans, ce film aura dans l'histoire du
VIP art la place qu'il mérite et qu'a seulement maintenant la Charrette-Fantâme ou le Trésor d'Ame, des Suédois Sjôstrôm et Stiller...
Avant tout, Jacques de Baroncelli est un compositeur d'atmosphère, à la manière des puissants réalisateurs nordiques nommés
ci-haut. Ce latin issu du pays du soleil n'est pas un troubadour,
c'est un poète et un musicien visuel qui recherche les rythmes des
choses et des gestes, la mélodie de la nature et l'harmonie de la
changeante lumière boréale. Par une certaine puissance âpre qui
lui sert à fouiller la vie des gens humbles et simples, par une
grande sobriété dans son rythme et son dynamisme, il se rapproche des anciens conteurs d'eddas, mais tempéré par une sensibilité
éminemment latine et méditerranéenne. Ainsi s'explique la sobriété
de la scène des fiançailles et des lyriques épousailles d'Yann et
de Graud dans son Pêcheur d'Islande qui atteint au sommet du
pathétisme vrai et de l'émotion psychophysique par des moyens si
simples que l'on en reste anéanti. Pendant près de trois cent mètres
de pellicule, cette scène jouée par deux acteurs presque immobiles
vous étreint. Et sous cette immobilité apparente il y a un dynamisme prodigieux, un rythme inouï qui provient d'un conflit de
sentiments profonds extériorisés par l'objectif qui joue ici un rôle
psychanalytique. Cet objectif a été braqué et sensibilisé par la
volonté communicative du génial cinéaste créateur. Là, Jacques de
Baroncelli a fait vivre à nos yeux le subconscient sans que nos
yeux s'en aperçoivent immédiatement : ils voient et suivent les
images, mais ils ne s'émeuvent, avec nous tout entier, qu'une fois
les images passées. Cette suggestion est très forte. C'est du très
grand art.
Et cela, qui n'est pas du réalisme, montre le pouvoir psychanalytique et onirique du cinéma . Jacques de Baroncelli est aussi un
génie cinégraphique par sa maîtrise à manier les acteurs. Ce grand
animateur ne s'est jamais entouré d'acteurs médiocres et il a su
mettre en transe, en état second, certains artistes qui n'obtinrent
les meilleurs de leurs rôles et de leurs tempéraments scéniques
qu'avec de Baroncelli, par exemple la slave Mme Sandra Milo,wanoff. Ce ce côté, le cinéaste français se rapprocherait de D.-W.
Griffith, qui créa Lilian Gish.
* *

... Que va faire maintenant cet animateur français ? Comme il
nous l'avait annoncé de vive voix à Nîmes en 1925, devant une
merveilleuse et ensoleillée bouteille de « Châteauneuf du Pape »,
il va produire quelques films commerciaux — c'est-à-dire des films

�— 121 quelconques destinés à la pâture du peuple et à faire rentrer de
l'argent — avant de reprendre ses rêves cinégraphiques. De ce fait
on peut lui en vouloir d'avoir donné le jour à Veillée d'arme ou au
Réveil : l'art pur n'étant pas une source populaire ni une source
de revenus suffisants. Pour faire des films où seuls le cœur et le
tempérament entrent en jeu et qui, par conséquent coûtent chers
parce qu'ils ne se vendent pas, il faut avoir « les reins solides » et
pouvoir « retomber sur un matelas suffisamment argenté ». Et
cela explique ces films comme cela permet d'applaudir au futur
Nitchevo.
Mais après ces films publics destinés à le faire vivre, Jacques de
Baroncelli, qui est, à l'heure présente aspiré par la pompe Paramount, aura assez de capitaux et de liberté — nous l'espérons —
pour donner libre cours à son inspiration si grande et si claire. Et
il pourra mettre sur pieds son grand projet qui le hante depuis
des années : harmoniser la mélodie qui berça son enfance — Le
Rhône — en une admirable et sublime symphonie optique pleine de
rêve et de lumière, en un poème rythmique visuel digne pendant
de celui de Frédéric Mistral l'illustre.
Le Rhône ! Psycho-photogénie de l'eau vive, source inépuisable
de mélodies et de rythmes cinégraphiques ! Il convient que cette
symphonie des brumes lémaniques au soleil méditerranéen soit
transposée à l'écran par le lyrique rêveur qu'est l'Arlésien Jacques
de Baroncelli. Sa ferveur mystique peut, seule, insuffler la vie et
l'harmonie à ce colossal poème de la toile blanche, de l'écran flamboyant comme son soleil natal. Et, s'il veut adapter à cette œuvre
future une cinégraphique partition auditive, le cinéaste Occitan ne
pourra que s'adresser au délicat et coloré musicien Occitan qu'est
Etienne Bey-Andreu.
Nous avons foi en Jacques de Baroncelli-Javon, cinéaste de France,
captateur de lumière et de rêve, psychanalyste de l'écran.
En lui est peut-être l'avenir du cinéma français méridional encore
inexistant.
Dr Paul

RAMAIN.

�inventaire Régionaliste.
En tête de leur programme d'action, les « Feuillets Occitans » ont
inscrit l'inventaire des ressources du Languedoc et du Raussillon en
hckmmes et en choses.
Un tel inventaire ne saurait se borner aux choses du passé. Si, en
effet, ces dernières,, par l'étude de l'histoire du folk-lore, de l'architecture, de la musique, de la langue, en un mot de toutes manifestations de l'activité intellectuelle et artistique, permettent de fixer
la tradition et de synthétiser les qualités spécifiques d'une région,
elles n'ont de raison d'être que si leur recherche, loin d'être une
simple étude archéologique ou la cristallisation d'une époque, contribue à dégager une formule vivante, adaptant ces caractères propres aux besoins de Vévolution moderne.
Comlment le régionalisme doit vittre avec son siècle et même lê
guider ! Tel est le large et vaste problème -pour lequel les Feuilliets
Occitans font appel au concours de tous les spécialistes que la question préoccupe à juste litre.
Nos amis, nos collaborateurs exposeront et confronteront leurs
idées sur un esprit régionaliste vivant, créateur, et les rapport de cet
esprit avec leur art, que ce soit l'architecture, la peinture, la sculpture, le Cinéma, le Roman, la danse, etc.. Leurs suggestions, les
solutions qu'ils apporteront à ce problème pourront peut-être orienter notre action dans un sens plus fécond et plus large.
La culture occitane existe, il s'agit d'en dégager les éléments qui
peuvent prolonger le rayonnement de cette culture sur le plan universel. Il y a en effet un régionalisme autre que celui qui se confine
dans les limites étroites de la région et nie toute possibilité d'un
esprit régionaliste en dehors; il y a une expression plus grande et
plus forte de l'âme d'un peuple que celle qui se résume, en l'anecdotique, le particulier, le passager. Ce qui constitue la culture occitane se retrouve dans l'architecture, les grandes lignes d'une œuvre.
Nous ouvrons notre Inventaire avec le problème de Varchitecture
occitane. Vaste sujet sur lequel il y aura beaucoup à dire. Henri
Favier, auquel nous devons la Maison d'un Ferronnier à Paris, nous
apporte la contribution de ses idées et de ses essais, dont on appréciera l'importance.
LES FEUILLETS OCCITANS.

�— 123 —

La Maison et le Régionalisme.
Easai d'architecture méditerranéenne, par Henri f avier.

Il faut distinguer entre ce qui est d'ordre universel et ce qui appartient
plus spécifiquement à la Région. Le paquebot, l'avion, l'auto, l'usine qui profitent des progrès de la science, sont de tous les pays; la maison appartient
au paysage. Mais dans la maison elle-même, il y a des éléments « humains »,
utilisables sous toutes les latitudes : matériaux nouveaux, employés partout;
recherches de volumes précis; de plans précis où la lumière se joue; nécessité d'une impression de sérénité, de calme, dont l'homme d'aujourd'hui, à
la vie de plus en plus trépidante, a impérieusement besoin; il y a un élément local qui est plus particulièrement dans sa l'orme, sa partie pittoresque, sa couleur, en harmonie avec le cadre.
La maison qui s'élèvera sur les bords de la Méditerranée, à l'ombre des
pins, des cyprès ou des mimosas, ne doit pas avoir le même visage que celle
des rives de la Tamise ou de l'Ohio.
Or, la maison actuelle,qu'elle dresse ses murailles à Paris ou dans quelque
humble bourgade méridionale, ne reflète que la prétentieuse vanité et la
veulerie du public, l'ignorance de ses constructeurs.
Voilà comment s'exprime Favier devant ses épures où se révèlent la logique et la lucidité d'un esprit de formation méditerranéenne. Car c'est à Montpellier, sa ville natale, où tout est proportion, harmonie et lumière, que Pavier
doit son esthétique, — par là ne se rapproche-t-il pas d'Eupalinos Y
A. BOUQUET.

Une esthétique nouvelle est née avec la machine.
Heureux d'ingénieur dont l'art n'a pas d'histoire et dont le métier
précis est basé sur le calcul. L'architecture ne peut se désintéresser de l'art de l'ingénieur. L'art et l'imagination de l'architecte
en sont complètement transformés, fécondés. Les ingénieurs ont
donc créé une esthétique nouvelle et nous ont ainsi devancés. Ils
nous ont fait apprécier la nudiié d'une volonté implacable, la beauté
dans la simplicité des belles machines.
On admire la machine, il est regrettable que les essais des architectes modernes soient condamnés au nom de la tradition. Pourtant,
qui voudrait aujourd'hui d'une auto modèle 1895 et pourquoi n'en
est-il pas de même pour la maison ?
L'architecture se transforme en s'adaptant aux conditions
industrielles. Les modèles du passé peuvent s'admettre comme
documentation, mais la forme extérieure doit correspondre aux
inventions du jour, le plan intérieur ne tient-il pas compte du « confort moderne » ? L'architecte ne pourra donc innover qu'en luttant
contre la tradition et en s'affranchissant des préjugés ennemis du
progrès. L'ancien appartient à l'histoire, sa place est au musée.

�— 124 —
Conçoit-on un mobilier xirf3 dans une maison mauresque; imaginet-on un avion Louis XV ? Ce sont des anachronismes haïssables
comme l'ascenseur à Versailles et l'électricité à Notre-Dame de
Paris.
Les matériaux nouveaux appellent des formes nouvelles. Ces formes seront simples, claires et si les volumes primaires de la géométrie en forment la base, elles ne seront pas pour cela semblables
à des caisses à savon.
L'architecte est toujours en lutte avec des questions terre-àterre, qui sont pourtant de première importance : le coût de la construction. Il faut créer une architecture qui sera l'équivalent de ce
que fait Ford dans l'automobile.
Il faut étudier des types de maisons allant de l'habitation ouvrière
à la maison de maître et de la cité-jardin à la ville. Il vaut mieux,
en effet, répéter une œuvre parfaite que d'avoir des maisons différentes les unes des autres conçues dans le minimum de temps.
Une longue et savante étude préparerait la réalisation à base de
standard, c'est-à-dire que les divers éléments composant ces constructions, étudiés et établis séparément, permettraient d'arriver à
la perfection par la standardisation même et d'obtenir ainsi des
prix inconnus à ce jour. Il ne faut prendre cependant ce procédé
que comme une nécessité économique de notre époque.
On élèvera de véritables usines. Ces usines posséderont des laboratoires, — pour la mise au point des divers éléments — où l'architecte travaillera sans nulle contrainte, coordonnera ses idées et
réalisera son rêve. Le client n'imposerait pas son goût : il n'aurait
qu'à choisir parmi les projets établis à l'avance.
Est-ce à dire que le caractère régional serait méconnu ? non, mais
la vie a évolué, s'est élargie. Actuellement cependant on déshonore
nos plus beaux sites par une architecture où nos traditions ne se
retrouvent plus. L'on confond le caractère local avec la répétition
des modèles du passé.
Les lois économiques conduisent aujourd'hui l'architecte à l'esprit de synthèse absolue. Aux deux pôles, la machine et le Parthénon atteignent la limite. Plus de vains ornements, mais des proportions, des rapports, des volumes; précision dans les surfaces, les
lignes et les trous; recherche du rythme, de la clarté, de l'air.
L'extérieur dépend de l'intérieur et le plan doit être subordonné au
besoin. La beauté de la matière et son utilisation architecturale ne
souffrent aucune concession au décorum. L'architecture est un art
indépendant de la sculpture et de la peinture. C'est un art complet
qui sculpte et peint dans l'atmosphère avec des volumes et des surfaces, toute une symphonie de lignes, de plans, de trous parfaits.

�Paul Valéry.

Bois original d'Auguste

BOUQUET.

�Le cardinal de Cabrières
(médaille d'or aux artistes français)
Cliché ^Illustration.

Jean

MAGRON.

�— 125 —
Il faut utiliser les matériaux que l'industrie nous offre; d'où nécessité d'uné esthétique répondant à ces matériaux.
La part de l'usine, de la science, qui résolvent le problème de la
fabrication, ainsi établie, il faut laisser à l'imagination sa prépondérance.
L'art de l'architecte tient compte, en effet, de considérations que
l'ingénieur n'a pas à connaître. Le savant n'a donné que les éléments d'une esthétique nouvelle, l'imagination de l'artiste en donnera l'expression la plus moderne. Il ne faudrait pas faire de la
géométrie la fin de l'architecture. En se rapprochant du savant,
l'artiste fécondera son art, mais il ne doit pas imiter le savant. L'invention, le besoin d'évasion de l'artiste, feront de la machine une
belle chose. Sinon l'architecture ne serait plus ce qu'elle fut toujours : la synthèse d'une civilisation. Après que les témoins d'un
peuple ont disparu elle est le dernier vestige qui demeure avec la
sculpture : « Le buste survit à la cité ».
H. FAVIER.

�Les Lettres Occitanes
fiotre enquête sur

Le Problème Oeeitan
1° Raisons d'agir (suite et lin)

Réponse de M. l'abbé SflLiVflT, de Castelnaudary.
La diversité des langues n'est pas un danger pour l'unité nationale.
La question peut se poser, et nous savons le rôle important joué
par la question des langues au siècle dernier dans l'empire AustroHongrois. Il faut rappeler la fameuse parole de Mistral :
Qui tèn sa lèngo tèn la clau...
On exagère toutefois quand on croit en danger l'unité nationale.
Ne faudra-t-il donc, pour constituer la France, que des gens parlant français, et faudra-t-il tous ceux qui sur la terre parlent français ? — Si oui, pourquoi vouloir faire terres françaises le Roussillon où l'on parle catalan, et l'Alsace, dont le dialecte est un dialecte
germanique ? Et pourquoi ne pas réclamer, en vertu du même principe, l'annexion à la France de la Suisse romande, de certaines provinces de la Belgique, et même du Canada ?
Soutiendra-t-on qu'il faudra également réaliser dans un pays,
pour maintenir l'unité nationale, avec l'unité de langue, l'unité de
religion et de race ?

�— 127 —
Il est inutile, et il serait trop long de rappeler les services rendus à la patrie française par les Gascons de Jeanne d'Arc, et en
général tout le Languedoc pendant la guerre de Cent Ans, pour ne
citer d'autres exemples qui ont suscité de regrettables polémiques.
Mais il est un fait insuffisamment mis en lumière jusqu'ici : c'est
que, de toutes les guerres civiles qui ont réellement mis en danger
la vie même de la France et son unité, aucune n'a été provoquée par
la question de la langue. Parlerons-nous de la guerre des Albigeois ? des querelles entre Armagnacs et Bourguignons ? des guerres de Religion ou de la Ligue ? des révoltes sous Richelieu ? de la
Révolution Française ? de 1830 ? de 1848 ? Parlerons-nous de la
Commune ? Quels ont été, dans ces diverses circonstances, les motifs
de discorde, de rébellion et de lutte ? Ou bien des ambitions et
jalousies de familles, ou bien des raisons politiques, ou bien encore
des difficultés religieuses. La langue n'a jamais dressé un Français
contre l'autre.
Ce qui ne s'est pas produit durant d'aussi longs siècles doit-il
nécessairement se produire de nos jours ?
Et cependant, ce motif de l'unité nationale, qu'invoque encore
M. de Monzie dans sa circulaire, a été de tout temps le motif qui a
provoqué les persécutions et les brimades dont la langue d'Oc a
été la victime.
Mais, quand donc ont commencé ces persécutions ? A la Grande
Révolution. Jusqu'alors, la langue d'oc, quoi qu'on en ait dit, n'a
jamais été persécutée.
La Croisade des Albigeois fut décidée pour des raisons exclusivement religieuses, et n'eut de si déplorables résultats pour la civilisation méridionale que pour des raisons politiques où l'ambition
d'un côté, la division de l'autre causèrent la chute du Midi. Si
l'hérésie cathare était recherchée et traquée, la langue fut toujours
hors de cause. Aucun troubadour ne fut poursuivi; certains allèrent
jusqu'à chanter en langue d'Oc le triomphe des Français; en tout
cas, cent ans plus tard, la langue était encore assez en honneur
pour qu'une véritable Académie se fondât à Toulouse et organisât
des concours publics annuels dont les autorités mêmes payaient les
frais. Peut-on dire, dans ces conditions, que la langue d'Occitanie
était persécutée ? Les rois de France, qui recueillirent la succession
des Montfort, avaient d'autres soucis. Et il n'y a qu'à lire les éloges
dithyrambiques entonnés à la mort de Saint Louis par tous les
poètes d'Oc pour voir combien peu « lo bos rey » devait se préoccuper d'extirper la langue de nos aïeux.
On parle parfois du décret de Villers-Cotterets. Mais ce décret de
François Ier ne visait nullement les dialectes régionaux. Il se bornait

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à remplacer comme langue officielle dans le royaume, le latin par
le français.
Ce n'est qu'indirectement que notre langue d'oc put, à ces divers
moments de notre histoire, subir quelque atteinte. En tout cas, nous
voyons encore au xvnT siècle, le roi de France Louis XV applaudir
à Fontainebleau, les 20, 29 octobre et 4 novembre 1754, la pastorale
languedocienne Daphnis et Alcimadure, de son maître de chapelle
Cassanéa de Mondonville. La langue du Midi était en honneur
même à la Cour.
Elle a commencé d'être vraiment persécutée et brimée à la Révolution Française, quand, sous prétexte de guerre au séparatisme,
les Jacobins voulurent anéantir leurs adversaires politiques. Il fallait alors, pour être républicain, avoir exactement toutes les idées,
les conceptions qui régnaient au Comité de Salut Public. Toute
autre langue que la langue française devenait un élément de division, une cause de discorde, une force hostile à la République Une
et Indivisible, tout comme les clochers, parce que dépassant les toits
des maisons, étaient contraires au principe de l'Egalité. C'est alors
que l'ex-abbé Grégoire entreprit une lutte à mort contre tous les
patois de France.
Voilà l'origine de toutes les persécutions que, depuis, a subies la
langue d'oc. Par le fonctionnarisme, par l'école, par le service militaire obligatoire, l'Etat centralisateur à outrance est désormais l'ennemi déclaré de tout ce qui semble opposer le moindre obstacle au
nivellement progressif, à l'unification radicale et absolue.
Et les fédéralistes quels qu'ils soient, royalistes et catholiques
comme les premiers félibres provençaux, ou républicains et anticléricaux fëls les « félibres rouges », tous ont été également antipathiques au gouvernement.
D'ailleurs, comme toute persécution, celle-ci n'a fait que susciter plus d'opposition.
Tandis que sous un régime de bienveillance, la langue, quoique
universellement parlée, allait tous les jours s'appauvrissant et
n'avait plus*de tenue littéraire, il a suffi qu'on veuille l'annihiler
pour que ses défenseurs, prenant conscience de leur force et de
leur valeur, se soient dressés plus nombreux et plus vigoureux. La
recherche des patois par la Convention a abouti à ces grands travaux des romanistes du xix° siècle qui ont révélé au monde étonné
l'existence de la riche littérature des troubadours. Et la crainte de
voir disparaître ce riche idiome honni et traqué a fait surgir des
pléiades de poètes, de prosateurs, et d'hommes d'action qui, par la
magnifique Renaissance Méridionale, ont montré Ta vigueur de
notre langue.

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Mais le ridicule préjugé subsiste toujours. On a reconnu le génie
chez Mistral sans vouloir s'incliner devant lui. On l'a accusé de
séparatisme, on a essayé de tuer par le mépris sa grande œuvre, on
ne veut pas, surtout, reconnaître le mérite et la valeur indiscutables
de ses disciples, et, à part quelques esprits avisés et sincères qui de
temps en temps font entendre un cri d'admiration et de sympathie, comme Villemain et G. Jullian, il règne à l'égard de la langue
d'oc, dans certaines sphères intellectuelles, un sentiment de haine
qui se cache sous des apparences de commisération.
' Il faut reconnaître que la langue d'oc a souffert aussi, et surtout,
de la part de ses propres enfants, qui, la plupart du temps par
ignorance, la considèrent comme un patois. Elle est regardée comme
un instrument inférieur.
Et là on peut juger du grand travail entrepris par les félibres,
qui, méconnus chez eux et systématiquement écartés ailleurs,
n'en continuent pas moins victorieusement la marche en avant pour
rendre à la langue d'oc la place qui lui est due.
G. SAL v AT.

Réponse de M. le Dr pernand CLiÉMEflT,
de Marseille, président de « Prouveneo I »
La connaissance d'une langue facilite celle des autres langues, et

renseigneïïnenl

de la langue d'oc est une nécessité sociale.

Qu'il me soit permis d'apporter dans la « bataille des langues »,
comme on se plaît à appeler déjà le conflit des régionalistes et du
pouvoir central, l'appoint de quelques réflexions personnelles.
J'estime que l'unification du langage humain est une utopie. L'espéranto est à encourager comme langue commerciale écrite, facilitant les échanges et les communications internationales; mais le
jour où elle serait parlée, cette langue subirait les modifications
inhérentes à toute langue vivante, elle évoluerait elle-même suivant
les latitudes et les races humaines, elle se subdiviserait vite en dialectes nombreux ! Je vois l'espéranto comme un vaste « alphabet
Morse », mais rien de plus.
Il faut donc respecter le langage de chaque peuple. Et ei ce qui
nous concerne, la langue d'oc facilite sans conteste les rapports
entre gens de race latine, elle nous permet leur assimilation. L'Ita-

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lien et l'Espagnol viennent dans le Midi de la France combler les
vides faits par l'insuffisance de natalité et donner la main-d'œuvre
agricole et minière qui nous manque. Nous absorbons ces peuples
émigrés, nous les assimilons d'autant mieux que nous connaissons
davantage les dialectes locaux : cela est indéniable. L'Italien parle
le provençal avant de parler français et les rapports quotidiens sont
facilités avec lui par l'usage de ce dialecte d'oc.
Voilà une nécessité sociale du provençal, nécessité qui ne peut
être jugée que sur place par ceux qui vivent en Provence.
Observons maintenant l'école primaire rurale. Qu'y voyons-nous ?
Un instituteur très instruit, pourvu souvent de son brevet supérieur,
lisant l'anglais, parlant avec des idées et des goûts de citadin. Que
fait-il ? Il incite l'élève à mépriser cette langue d'oc qu'il entend
chanter à la maison sur les lèvres de ses parents ! Il montre la vulgarité de ceux qui se servent de ce dialecte ! Il insiste sur les seules
beautés du français ! Il raconte l'histoire des rois de France, de
Paris, des grandes villes ! il prône la littérature française et souvent l'étrangère sans aucune allusion à la province de ses élèves !
Et alors le jeune écolier ne voit dans sa province que banalité
déconcertante et pauvreté morale sordide ! L'instituteur est un
Monsieur qui, tout comme la mode, semble venir de Paris. Son
jeune élève a vite fait de détester sa langue-mère, les villageois, son
clocher, son champ; il ne rêve que de grandes villes; l'agriculture
lui apparaît comme une servitude sociale indigne, un métier quasi
de forçats, et il ne pense qu'à fuir ce labeur pénible et son milieu
arriéré !
Voilà comme l'école rurale de nos jours engendre l'exode vers
les villes : il y a de grosses erreurs dans l'enseignement primaire.
Ah ! qu'on revienne à l'instituteur, élevé au village, qui, sa classe
finie, travaille un lopin de terre; qui enseigne à ses écoliers l'amour
des champs avec la science agronomique; qui honore la langue provençale autant que la langue française; qui se félicite d'être paysan; qui est l'ami vénéré de tous... et l'on verra s'arrêter la dépopulation des campagnes.
L'enseignement primaire est à refondre complètement. Au lieu
de l'anglais apprenez donc la langue d'oc aux instituteurs; parmi
les sciences politiques et économiques, faites une large part aux
sciences agronomiques et industrielles; faites aimer la langue et le
pays, et l'agriculture « mamelle de la France » n'aura plus besoin
de bras étrangers. Faites chanter la beauté de la vie paysanne et
vous en verrez aussitôt les bienfaits.
On s'apercevra vite alors dans ce nouveau genre d'éducation de la
nécessité sociale de la langue d'oc.

�— 131 —

On réforme souvent l'enseignement secondaire : ne croyez-vous
pas qu'il serait urgent de réformer l'enseignement primaire ?
Ce que nous avons exposé est une réalité qui échappe malheureusement aux ministres « responsables » qui passent tour à tour dans
le ciel politique parisien. Ne sont-ils pas coupables de fermer la
bouche à ceux qui savent ? Faut-il que leurs idées soient superficielles pour traiter de « langue de luxe » la langue d'oc !
Dr Fernand

CLÉMENT.

Avec ces intéressantes réflexions de MM. Joseph Salvat et Fernand Clément, la première partie de notre enquête « RAISON D'AGIR »
peut être considérée comme close.
Il nous paraît, en effet, victorieusement démontré que la langue
d'oc ne doit pas mourir : d'abord parce que, bien loin de présenter
les dangers ou inconvénients que ses ennemis lui attribuent sans
preuves, elle constitue, au contraire, pour les Méridionaux, une
source de profits et de jouissances à peu près inévaluables.
A ceux qui à l'avenir mépriseront — certainement pas ignorance
— les efforts des félibres en vue de conserver la lenga maïrala, nous
répondrons : La cause est entendue et les plaidoyers terminés;
reportez-vous aux Feuillets occitans et ne nous obligez pas à réfuter
une fois de plus vos arguments fallacieux. Laissez-nous nous consacrer maintenant à l'œuvre dont nous avons démontré l'opportunité et la grandeur.
Donc à dater d'aujourd'hui nous attendons les réponses à la deuxième partie de notre enquête qui a pour but la recherche en commun des MOYENS D'ACTION. — Comment conserver et restaurer la
langue et la littérature occitanes ?
Nous croyons pouvoir classer ces moyens d'action dans trois catégories principales :
1° Encouragement donné aux auteurs, aux directeurs de périodiques, etc.. — en d'autres termes : étude des questions de bibliographie et de librairie;
2° Essai d'union entre les diverses écoles; — autrement dit :
recherche d'une solution pour les problèmes techniques en suspens
(vocabulaire, graphie, morphologie, syntaxe, prosodie).
3° Enfin — et ceci viendra quand l'accord aura été fait sur ce
qui précède — étude des moyens les plus propres à obtenir la réha-

�— 132 —
bilitation officielle de la langue d'oc, notamment son introduction
dans l'enseignement primaire et l'enseignement secondaire.
Agissons méthodiquement si nous voulons faire de bon travail.
Je prie instamment les personnes qui prendront la peine de nous
soumettre leurs idées sur le problème, de vouloir bien étudier à
part ces trois points et de préférence de ne traiter pour l'instant
que le premier (bibliographie et librairie). Leurs réponses sur ce
sujet commenceront à paraître dans le prochain fascicule des
Feuillets.
E.-H.

GUITARD.

�Bibliographie Oeeitane.
M. José Vincent a écrit une étude probablement définitive sur Aubanel, le
plus grand lyrique de Provence (1). La, vocation littéraire d'Aubanel fut précoce,
mais elle se manifesta d'abord en des poèmes français. C'est cependant en provençal qu'il donna la mesure de son génie. Grâce à ses premières rencontres avec
Mistral et Roumanille, il trouva la voie qui le mena si haut. Aubanel fut un
des sept fondateurs du félibrige et, plein de l'idée mistralienne, il défendit toujours
avec une extrême énergie la cause de la langue d'oc : « Sachez que vous arrêterez
plutôt le mistral quand il souffle et la Durance quand elle déborde, que la langue
provençale dans son triomphe, criait-il aux puissants du jour, sachez que vous
serez tombés depuis longtemps alors que le provençal toujours jeune parlera
encore de vous avec pitié. » Il affirmait avec Mistral le droit d'être bilingues
pour les pays d'oc. C'est Jenny, son livre d'amour, qui éclaire la jeunesse sentimentale d'Aubanel en nous donnant la clef de La Grenade entrouverte. Jenny,
due la postérité ne connaîtra plus guère que sous le nom de Zani, c'est la jeune
fille qui inspira en partie à Aubanel ce chef-d'œuvre de poésie ardemment intime.
Aubanel ne s'y égare point dans l'imitation des modèles de langue française.
La Grenade entr'ouverte doit à son réalisme jamais vulgaire une admirable originalité.
Dans Les Filles d'Avignon se manifeste surtout la nature à la fois intensément
païenne et profondément chrétienne d'Aubanel. C'est à ce dualisme dont il souffrit toute sa vie que nous devons cette boutade extraordinaire : « Je me sens capable de tous les vices, et je pratique toutes les vertus ». Ce refrain d'un de ses
poèmes nous en dit long aussi sur la lutte incessante entre son cœur païen et
son cœur chrétien : « Ne passe plus, car tu me fais mourir, ou laisse-moi te
dévorer de baisers. » Comme le fait remarquer M. José Vincent, le pathétique
des Filles d'Avignon « est dans l'émoi d'un cœur qui attaque et d'une conscience
qui se débat. »
Le livre n'était destiné qu'aux amis intimes d'Aubanel. Une des plus
célèbres pièces du recueil La Vénus d'Arles est un dithyrambe de la forme féminine à la fois plastique et vivante. Certains en blâmèrent cruellement la publication. L'auteur du Pain du Péché, dont la compagne admirable voulut vivre
modestement dans la gloire de son mari, n'en fut pas moins toujours à l'unisson
chrétien de celle qui veilla fidèlement sur cette gloire, sans tache. On comprend
m!algré tout les dernières paroles que lui dit Mistral : « Confesseur de Dieu
durant toute ta vie, aujourd'hui dans le sein de Dieu, tu embrasses pour toujours
la suprême beauté que tu avais vue en songe et que tu nous dévoilais, dans ton
ardente poésie. » On ne saurait trop remercier M. José Vincent d'avoir mis dans sa
vraie lumière cette grande figure provençale.
' Jusqu'ici, Prosper Estieu, chantre magistral de la terre d'oc avait écrit surtout
pour l'élite, dans Lo Flahut occitan (le flûteau occitan) qu'il vient de publier (2)
il parle de plus près au cœur de ce peuple d'oc tant aimé de lui. En ces chants
nouveaux sur de vieux airs, le maître a voulu donner au peuple des chants dignes
de l'âme antique et forte du terroir; Il y a réussi. La traduction rythmée dont il
accompagne son texte l'éclairé et s'adapte de façon parfaite à la notation musicale.
La vie champêtre du Languedoc s'y déroule avec une grâce simple et sans pareille :
En ton berceau que je balance, murmure la jeune mère, endors-toi mon si bel
(1) JOSÉ VINCENT
Aubanel frères.

;

Théodore Aubanel La vie et l'Homme, Le poète. — Avignon,

LO
Flahut occitan, cantas nôvas sus vièlhs aires
Prefacia de l'abat Josèp Salvat. — Edicions « Occitania » Tolosa, 7 carriera
Ozenne et Paris (9e) 6 passage, Verdeau, 1926.
(2)

PROSPER

ESTIEU.

�— 134 —
enfant ! Quand tu seras un peu plus grand je te mettrai sur notre mule. ».
« Ecoutez les oliviers couverts de cigales dont le chant monte vers Dieu, dit le
poète, écoutez les oliviers couverts de cigales ! » et quand le soleil se couche
« dans un océan d'or » il s'écrie : « Soleil, vers toi vont mes pensées dès que
sur la terre d'oc tu fais flamber les Pyrénées avec tes rayons de feu... La brise
meurt, la tourterelle gémit dans le petit bois. » II chante le vin quand chacun
s'apprête à vendanger : « Chantons le bon vin qui nous donne l'ardeur, la joie
et la santé ! Est bon médecin qui l'ordonne et n'en point boire est un péché ! »
Et son vin préféré c'est la blanquette de Limoux : « Quel est le vin le plus
fameux ? C'est la blanquette de Limoux. Pour nous inciter à la joie, il vaut
bien le vin de Champagne, et donne à qui chante un couplet, une voix de rossignolet. » Et il chante le feu qui chante dans les soirs d'hiver : « Enfants de
la terre d'oc qui tant aimez les légendes, écoutez le feu : c'est le passé qu'il
raconte. Les branches, maintenant braises, produisent des étincelles comme étoiles
par milliers. Des écorces et des feuilles s'envolent, qui sait ? les âmes de nos
valeureux Aïeux. » Et il célèbre son village préféré : « II est sur une colline
où nombreux chantent les coqs, tout près coule une rivière que bordent des
peupliers. » II faudrait tout citer. II y a dans ce livre admirable des cantiques
qui font songer à ceux de saint François : « Nous nous fierons au Dieu qui fit
le ciel comme l'oiseau se fie au rameau... Gloire à Dieu dans chaque étoile
du zénith à l'horizon et dans le soleil, lumière dont la terre a tant besoin '
Gloire à Dieu, souverain maître de la mer, du vent et du feu !... Il est la Vie
éternelle et rendra la vie aux morts ! » Honneur à l'abbé Salvat pour avoir décidé
l'auteur à faire connaître ces chants à tous et pour sa vaillante préface !
Le majorai Bénézet Vidal mène aussi, en Auvergne le bon combat pour la
rénovation de la langue. Il l'écrit en s'inspirant de la pure tradition classique
et il vient de nous donner un roman : La Serva (3), où, d'un style volontairement
dépouillé d'ornements, il nous peint des mœurs paysannes. Un vieil oncle a
laissé en mourant à deux neveux deux parts d'un pré. Dans la part d'un des
héritiers existe une « serve » qui a de l'eau en toute saison. L'heureux possesseur refuse de participer à l'irrigation de la part de son cohéritier dont l'herbe
périt de sécheresse. D'où haine mortelle entre deux familles, procès infructeux,
gros mots échangés. Mais l'amour nait au milieu de cette haine comme un oiseau
dans un nid que secoue l'orage. Il nait, il grandit doux et fort, en deux cœurs
d'enfants, qui, par leur mariage, réconcilient leurs deux familles. Certains tableaux,
certaines de ces scènes villageoises sont d'un relief splendide et d'une simplicité
antique. On retrouve parfois dans ce livre les miroitements du soleil sur les montagnes de l'Auvergne, un des plus beaux pays de la terre.
Paul-Louis GRENIER.
(3) B. VIDAL. La Serva (La Serve). Roman. Occitania, 6, passage Verdeau,
Toulouse, 7 rue Ozenne. Librairies Marqueste et Bouquet-Morainville réunies. E.-H.
Guitard, libraire-éditeur, 1926.

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La Vinya de l'Ajup.
En la vall fosca ont vos heu trastejat,
tôt per damunt del castell de Corbera,
amb el bastô a la ma jo m'he aturat.
Era al temps ont verdeja la cirera,
ont la puput refila en el serrât...
La vinya de l'Ajup, ont ès, padrina,
Si han rodolat les feixes pels ermots,
i aquella borriqueta que camina,
balancejant la sarria amb els picots
i el cistellet i la blanqueta fina ?
Tradustion.

La Vigne de l'Ajup.
Dans la vallée sombre où vous avez fait tant de pas, bien en amont du
château de Corbère, je me suis arrêté, le bâton à la main. C'était la gaisoli
où la cerise verdoie, où la huppe flûte dans la montagne... La vigne de l'Ajup,
où est-elie, grand'mère, si ses terrasses ont roulé dans les terrains stériles,
et cette petite ânesse qui chemine en balançant le bât avec ses pieux recourbés, et le petit panier et la blanquette fine ?
JOSEPH-SÉBAST1A

PONS.

�Le Mouvement Économique
au courant, c'est-à-dire savoir très vite les
modifications survenues dans la période la
plus récente, saisir dans quelle mesure elles
nuancent les opinions déjà faites, voilà qui est
nécessaire pour voir juste. La dispersion et la
masse des renseignements rendent déjà au
spécialiste la tâche très difficile : elle est interdite à l'homme moyen. Voilà pourquoi des
collections comme celle de « la France au travail » (1) et des ouvrages comme ceux de Lorhert sur l'économie actuelle de la France de l'Est (2) sont parmi
les choses les plus utiles qui se puissent éditer, surtout lorsque la
présentation, la distribution, la vivacité et la légèreté du style en
rendent la lisibilité parfaite.
Nous ne pouvons en quelques lignes résumer un ouvrage si riche.
Il suffira pour en souligner tout l'intérêt d'indiquer qu'on y trouvera les chiffres, le développement et l'état actuel (avec les transformations de l'après-guerre) de la laine champenoise; du vignoble
et de la viticulture champenoise avec la querelle de la délimitation;
la bonneterie auboise; la petite métallurgie de la Haute-Marne;
l'osiericulture; le groupe industriel de Montbéliard, le pays de la
montre, la houille blanche jurassienne; les forêts, les alpages et les
fruitières du Comté; la lunetterie, l'horlogerie, la pipe, le peigne
d'Oyonnax et Saint-Claude; la poule bressane, la pisciculture des
Ombes.
'
Il est réconfortant de penser que si toute conversation finit aujourkTBE

(1) Librairie Pierre Roger. Paris 1926.
(2) Champagne, Jura Franche-Conté, 1 vol. in-8 broché avec peluches, 12 fr.

�— 137 —
d'hui sur une note pessimiste, l'étude des faits récents, quand elle
porte sur l'activité nationale autrement que dans sa liaison avec la
politique, tourne au perpétuel éloge du labeur, de l'initiative, de
l'esprit d'organisation des Français. On s'accorde partout à nous
reconnaître ces qualités... aux colonies. M. Lorbert nous démontre qu'elles sont plus vivantes que jamais même aux temps où sévit
la vague de paresse. Le perpétuel souci de l'adaptation aux conditions nouvelles, la recherche de la spécialité qui défie l'imitation
sont à relever dans toutes les activités étudiées.
Il nous plaît de souligner l'heureuse intégration de l'Université
de Besançon à sa région, l'amusante histoire de ces villages refusant jadis la voie ferrée, qui s'édifièrent ensuite orgueilleusement
de coûteux « tacots » impuissants aujourd'hui à satisfaire leur
effort industriel, la rapidité et l'intelligence de la reconstruction de
Reims.
Quand on étudie dans les faits l'infrastructure de la vie d'une
collectivité, c'est-à-dire son économie, on s'aperçoit qu'elle est dominée par l'activité de « quelques-uns ». Ceux qui imaginent, risquent,
réalisent, lanceurs d'entreprises, bâtisseurs de voies, créateurs de
nouveaux courants d'échange, de circulation d'argent et finalement
d'hommes. Les historiens de métier commencent à comprendre
qu'au xixe siècle, les Talabot, les Pereire, les Chevallier ont plus
fait pour l'évolution ultérieure du pays que tant de politiques dont
le nom a été retenu.
Aussi pour les régions qui nous occupent, la transformation du
Comté de Montbéliard en groupe industriel est tout entière dans
l'activité de deux hommes : Jean-Pierre Peugeot et Frédéric Japy.
Et c'est le curieux processus qu'observera le grand blessé de
guerre qui se cache sous le pseudonyme de Lorbert, le jour où, en
notre compagnie, il parcoura les routes du Languedoc et du Roussillon. Toutes proportions gardées, il trouvera chez nous leurs
pareils dans les initiatives d'un Combeleran ou d'un Estrade à Carcassonne, d'un Dambielle à Samatan, d'un Alliés à Pézenas.
*

La journée économique de la Fédération Régionaliste : de vieilles
barbes et de jeunes têtes; sur eux tous la sévérité puritaine de la
salle du Musée social, un effort vers un avenir constructeur sous
des formules quelquefois archaïques. L'intérêt essentiel en était
l'examen des réalisations dues à la loi Clémentel divisant la France
en régions économiques.

�— 138 —
On n'agit point sans faire naître les critiques. Leur colleection est
la source du mieux. Il était donc naturel que cet examen en fût
l'occasion. Elles furent nombreuses et passionnées quelquefois. Il
n'en reste pas moins qu'à l'épreuve la loi Clémentel a le mérite
essentiel d'être. On ne perfectionne pas l'inexistant. M. X..., collaborateur actif de Clémentel présidait la séance de clôture. Il mit en
évidence d'abord que c'était par l'arbitraire et non par la légalité
parlementaire qu'il avait été possible de faire passer dans les faits
ce premier essai de division régionale. Il s'en faut d'ailleurs que la
soudaineté de la réalisation constitue un élément de fragilité de
l'œuvre préparée depuis bien longtemps et au ministère même par
des personnes très qualifiées.
M. Drouet nous apprit ensuite que dans la pensée de M.
Clémentel, cette division n'était qu'une -esquisse La région
économique utilisa les groupements existants et solidement établis
tant dans le passé que dans la confiance : les Chambres de Commerce. Cela seul que c'est le point de vue commercial qui a dominé
la division^ indique bien que, même du point de vue économique,
la région de demain pourra être différente quant à ses limites.
M. Clémentel a conçu la région économique non pas comme une fin
mais comme le premier échelon de la réalisation, la base matérielle
solide sur quoi se greffera la « région » tout court, c'est-à-dire la
province. Si la Bretagne se fâche contre son morcellement, si le
Languedoc réclame Nîmes, si Besançon ne veut pas de l'obédience
de Dijon, comme Saint-Etienne de Lyon, Pau de Bayonne, il ne faut
point en accuser l'œuvre de M. Clémentel. Si la province se fait à
coups de décrets, d'abord elle ne se fera pas de longtemps et elle se
fera mal. C'est aux activités de toutes sortes à se fédérer selon leur
nature et leurs tendances, les limites ne seront quelquefois pas identiques selon qu'il s'agisse de l'agriculture, du commerce, de l'industrie.
Dans l'ensemble les groupes homogènes permettront à la carte
politique et administrative de faire coïncider les régions universitaires, militaires, etc.. avec la carte de l'activité vraie du pays. La
région doit administrativement remplacer le département : économie, rapidité dans l'exécution.
Qu'on ne dise point que c'est un mythe. Si la région est en effet
un devenir dans la légalité, elle est déjà dans les faits, dans ses
contours, dans ses centres d'influence variable qu'il faut s'attacher
à suivre. Mais elle est dans la réalité, il suffit de savoir et de vouloir
la dégager. L'erreur consiste à attendre son organisation des bureaux
accapareurs de la capitale, à ne la concevoir que dans un modèle
unique, aux lignes absolues comme s'il s'agissait de frontières ;

�— 139 —
à ne la définir que par des capitales. De ces erreurs, le congrès a
montré que M. Clémentel n'était point responsable et que son
œuvre n'a seulement qu'à être étendue et corrigée.
Que ne s'y trouve-t-il encore pour le faire ? Voilà ce que souhaitent les plus hardis régionalistes dont nous sommes.
Dans notre prochaine chronique, abordant le cadre local que les
Feuillets se sont avant tout imparti, nous étudierons le rapport du
secrétaire général de la Région Economique de Toulouse, en la rapprochant des conclusions de notre distingué collaborateur, M. du
Maroussem, chargé du rapport d'ensemble sur les tra\aux de la
journée Economique.
Jean

MORINI-COMEY.

�Les Pays Latins et Hous.
premières démarches auprès des organes consacrés à l'Amérique latine, des grands journaux
sud-américains, des revues spéciales d'études,
etc., ont rencontré partout le plus favorable
accueil. Le comité France-Amérique, par l'intermédiaire de son distingué secrétaire général,
M. Chobaud, nous assurait de toute sa sympathie et entrait en liaison avec nous, en nous
fournissant tous les documents relatifs à son
active et précieuse propagande. D'une part, le Comité se propose de
cultiver les vieilles amitiés, de réveiller les souvenirs assoupis, de
grouper les personnalités amies de la France; d'autre part, ici
même, dans nos milieux nationaux, il tâche d'attirer l'attention sur
les choses américaines et l'y retenir, montrer l'importance de ces
jeunes Etats dans la vie internationale de demain, et tirer de cette
constatation les résolutions opportunes.
La ténacité patiente de ses fondateurs, leurs éminentes qualités individuelles ont, depuis quinze ans, donné à cette œuvre un
|OS

�— 141 -

développement remarquable. Il serait trop long de dire ici ce qui
fut réalisé avant, pendant et après la guerre. Contentons-nous
d'énumérer : le parrainage de la France dévastée, le bureau d'Accueil, la Commission des Dames françaises; la publication de la
collection « La France dévastée », la préparation des Circuits des
grands Champs de bataille, l'initiative des Guides de l'Américain
en France et à Paris, la publication mensuelle de « France-Amérique » et de « France-Etats-Unis », les cahiers et la collection de
la bibliothèque France-Amérique, les Commissions pour les rapports économiques et pour les rapports intellectuels, les sections
France-Amérique latine et de Centre-Amérique, un Annuaire, et
des
manifestations imposantes qui ont contribué à d'utiles rapprochements.
Nous prenions contact également avec la Revue de VAmérique
latine dont le directeur, M. Carlos Lesca, un distingué hispanisant
de la première heure, nous était un sûr garant des plus cordiales
relations entre sa revue et nous, et une longue entrevue avec M.
Cazaux, le directeur parisien de La Prensa de Buenos-Aires nous
permettait d'agiter maints problèmes sollicitant notre commune
activité.
Dès le prochain automne, nous reprendrons cette tâche de rapprochement et d'investigation. Il y a trop d'affinités entre les peuples latins d'Amérique et nous pour qu'il n'en résulte pas, si l'on
y prend garde, les plus heureuses conséquences. Un seul exemple
aujourd'hui
génie
latin. le confirmera : l'érection, en 1921, du monument au
Dans le courant de l'année 1916, le chargé d'affaires de la Colombie, M. Corredor la Torre, au nom de tous les pays latins de l'Amérique, alla trouver Paul Adam, président de la « Ligue de la Fraternité Intellectuelle Latine », pour lui dire que, dans les circonstances tragiques que traversait la France, ils tenaient à lui prouver
leur admiration et leur attachement, et que, ne pouvant l'aider
matériellement de leurs armes, ils désiraient lui offrir un monument
qui serait le symbole de la fraternité intellectuelle latine.
Ils exprimaient le vœu que ce monument fût érigé au cœur de
Paris, montrant par là qu'ils considéraient Paris comme la capitale
du monde intellectuel latin.
Les pays latins d'Europe se sont unis à eux comme souscripteurs.
Notre compatriote, le statuaire Jean Magrou fut désigné au choix
pour l'exécution de ce monument, appelé « Monument au Génie
Latin », qui fut inauguré dans le Jardin du Palais-Royal, à Paris,
le 14 juillet 1921, par M. Millerand, Président de la République
Française, en présence du Corps Diplomatique.

�!*_ 142 —

M. Barthou, alors ministre de la Guerre, avait remplacé Paul
Adam, décédé, à la présidence du Comité du Monument.
Cette collaboration artistique ne doit pas en rester là. Il nous
appartient de faire connaître, à nos amis de race, les différents
visages de notre activité plastique ou picturale, les richesses infinies
de nos écoles, classiques ou modernes, des beaux et multiples tempéraments qui se révèlent avec abondance dans nos provinces méridionales.
Il nous reste à organiser aussi la diffusion de nos romancier-?, de
nos poètes, de nos dramaturges.
Que la France, pour nos hôtes, ne soit pas seulement Paris; qu'ils
apprennent, grâce à nous, à aimer les paysages, les monuments,
les œuvres,'les livres, les harmonies de l'Occitanie française et qu'ils
aient ainsi la joie d'y découvrir en les goûtant l'intime parenté qui
est la nôtre et qui tend, à travers les océans, un arc-en-ciel idéal
qu'aucun nuage ne devrait jamais effacer.
Jean

CAMP.

�Jsan LEBRHUi

Bols original d'Auguste

ROUQVET,

Têtes Occitanes
de Lebrau s'incorpore au paysage. Pour
mieux comprendre Lebrau, il faut connaître
ce pays où il vit, entre Narbonne et Garcassonne, aux confins d'une grande plaine brûlée par le soleil : Moux, petit village poudreux, adossé à la garrigue, à l'Aric d'Henri
Bataille, l'Alaric pierreux à la croupe dorée
d'une herbe balsamique; en face, l'horizon
est fermé par la riche Montagne Noire, couverte de châtaigners, et devant lui, les vignes
et les méandres de l'Aude et des torrents qui
descendent de Nore, à travers le Minervois;
ce Minervois où de nombreuses communes se
parent du nom de Minerve. Le souvenir païen persiste dans l'œuvre
de Lebrau, catholique, comme dans ce pays où Minerve est devenue
'AMÈ

�_ H4 —
une sainte. De l'âpre garrigue, son désir aigu monte vers le feuillage de la combe « qui traîne son abondance sur la transparence
moussue et caillouteuse des eaux », et tout Lebrau est dans cette
dualité, dans cette aspiration inassouvie. Le bronze du cyprès jaillit comme la lame nue du glaive sur la garrigue sauvage, ainsi jaillit l'âme de Lebrau. Le cyprès n'est pas sombre, il n'est pas le
ciseau des Parques, il n'est pas triste; le Cers réveille en lui de profondes raisonnances, le marin fait courir sur ses ramures les longs
frissons d'une grave sensibilité. Le cœur de Lebrau est semblable
au cyprès.
Son œuvre est d'un croyant que nul trouble ne vient assaillir : un
acte de foi et un acte d'amour pour sa terre natale. De cette terre,
les grands aspects sont intimements liés à cette œuvre, ils en sont
la substance, la moelle; mais pour donner la mesure de ces vastes
horizons, il faut une haute passion. Le drame intime dans la forte
discipline de la foi, dégage l'œuvre de ses attaches purement locales,
et s'élance vers le ciel comme les feux du couchant montent vers
la pointe aiguë du cyprès.
Tout imprégné d'une tendresse grave, son visage ne reflète pas les
mièvreries d'une douceur placide, il a la forte expression des garrigues natales. Osseux et fin, nerveux et ascétique, il a la rude ardeur
d'un pèlerin : quelque chose d'un peu monacal et janséniste.
RpUQUET.
Jean LEBRAU est né à Moux (Aude), 20 octobre 1891. Etudes à Carcassonne
et Toulouse. Séjours en Suisse, Algérie, Béarn
Prix de la Pléiade en 1923. Prix Archon Despérouses (Académie Française),
en 1925.
Iconographie. — Portraits par Mlle Marthe Antoine-Gérardin, Auguste
Rouquet, Henri Martinie. Charge par Fabrès.
Bibliographie. — L'Humble Levée, 1911, épuisé. — La Voix de Là-Bas, préface d'Henry Bataille (Crès, 1914). — Six Morceaux de Buis, 1918, épuisé. —
Poésie, 1919, épuisé. — Les Quinze Tonnelles de Marie, 1920, épuisé. — Le
Cyprès et la Cabane (Le Divan, 1922). — Le Ciel sur la Garrigue (Lib. de,
France, 1924). — Témoignage (édit. du Pigeonnier, St-Félicien-en-Vivarais,
1925). — Images de Moux ou la Louange du Cyprès (Coll. Les Soirtjes du
Divan, 1926).
Pour paraître prochainement :
La Rumeur des Pins (Coll. Poétique Garnier).
En préparation :
Couleur de Vigne et d'Olivier, poèmes. — La Grande Pitié des Bêtes,
enquête.
A collaboré à de nombreuses revues : Le Divan, Les Feuillets Occitans,
Septimanie, etc..

Auch. — 3f. Cocharaux, imprimeur, rue de Lorraine

C.i.D.O.
3ÉZIERS

�Revues et Ouvrages reçus.
i

Service d'Echange des Revues :
Les Annales ^du Musée social (Paris); — L'Aude à Toulouse (Toulouse); —
L'Auvergne littéraire, artistique et félibréenne (Clermont-Ferrand) ;— Biou y Toros
(Nîmes) ; — Lôu Bournat (Périgueux) ; — Le Cercle du Goût Français (Paris) ;
La Chaumière (Rouen); —La Cigalo Narbouneso (Narbonne);— Le Courrier Catalan (Paris);— Le Divan (Paris); — L'Ermitage (Paris); — L'Escola Fellbreena
(Montpellier); — L'Escolo de las Pireneos (Montauban) ;— L'Etendard Piscenois
(Pézenas);— L'Eveil Catalan (Perpignan);— Le Flambeau du Nord (Tourcoing);
— Le Fédéraliste (Courbevoie) ;— Lo gai Saber (Toulouse) ;— Le Grenier (Orléans) ;
Idées (Paris) ; — Le Limousin (Paris) ; — La Mouette (Le Havre) ; — La Nouvelle Revue du Midi (Nîmes) ; — Oc (Toulouse) ; — Paris-Critique (Paris) ; —
Le Parthénon (Paris); —La Pensée Latine (Paris); — Poésies (Paris); — Le
Prisme (Lyon); — Les Pyrénées Littéraires — Les Rayons (Bordeaux); — La
Revue des Indépendants (Asnières) ; — La Revue de la Nièvre et du, Centre
(Paris); — La Rose d'Argent (Suresne); —. Septimanie (Narbonne); — La
Science historique (Paris); — Bulletin de la Société des Arts et Sciences (Carcassonne) ; — La Revue Latine (Paris); — Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques de l'Aude (Carcassojme) ; — Le Soleil d'Oc (Toulouse); — Le Sol sacré
(Toulouse) ; — La Terre d'Afrique (Alger) ; — La Terre d'Oc (Toulouse) ; —
La Tramontane (Perpignan) ; —■ Le Bulletin de l'Union des Fédérations des
Syndicats d'Initiative (Paris); — Le Touring-Club (Paris); — Le Cadet de Gascogne (Paris); — Ceux qui viennenm (Paris); — Bulletin de la Commission
Archéologique de Narbonne. — Le Domaine (Poix) ; — La Revue des Autodidactes (Toulouse). — Le Languedoc (Alger). — L'Est Dramatique (Troyes). —
L'Aude à Paris (Paris). — L'Information Régi&amp;nale (Toulouse). — La Cigalo
Languedoucid.no (Béziers). — La Houle (Lyon). — L'Essor (Dijon). — Le grand
Tourisme (Paris). — L'Idée Neuve (Lyon). — Le Beffroi de Flandre (Dunkerque).
II

Livres reçus

:

G. HEITZ, Images détachées de l'Oubli.
G. de BEAUNES, La Chanson de l'Amour.
BOTER D'AGEN, AU Pays de Jasmin.
■ Elisabeth DODE, Pantai Prouvençau.
Jean LADOUX, Pasejadas dins^Béziers.
Pierre VALMIGÈRE, L'Andorrane.
Signalons particulièrement à nos lecteurs le nouveau recueil de poèmes de notre
compatriote le bon poète poète F. P. ALIBERT : Le Chemin sur la Mer dont nous
(^parlerons.
Ces publications et ouvrages figurent à la bibliothèque du Groupe et peuvent
être consultés par les membres.

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sont répandus :
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�C0MITÉ1 DIRECTEUR DU GROUPE OCCITAN :

MM.
■ Président: F. CROS-MAYREVIEILLE,
||,
&gt;J«.
Vice-Présidents : Paul SENTENAC, Ç|; E. GUTTARD; Frédéric SAISSET.
Secrétaire-général : Auguste BOUQUET.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
TrésorierMaurice FAVATIER,
jj, »J&lt;.
Chef des Etudes économiques et agricoles: Docteur GRANEL,
Q T.
Membres: Léon AURIOI.,
|| t.; Emile COMK.T,
J.
Fernand GRÉMIEUX, $
Jean DDPOY;
$ ; H. FAVIK.R; JO G IN ESTOC, $t, $; Auguste G.UENOT ; Henry
NOELL,
$; DE SAIXT-VINOENT-BRASSAC, $, II, $,
Georges VILLE.
Délégation permanente des Groupements Régionaux et Loeaux
auprès du Comité-Directeur.
LA VEILLÉE D'AUVERGNE

:

M. Boudon, .Secrétaire Général.
M. de Clarix de Nussac, Secré•

LE GROUPE D'ÉTUDES LIMOUSINES :

taire général.

LE ROUSSILLON (Pyrénées-Orientales) : Générai Caloni, Président.
LES ENFANTS DE L'AUDE A PARIS : Docteur Digeon, Président.
LES ENFANTS DU GARD A PARIS : M. A. F. Martin, Président.
LES ENFANTS DU TARN A PARIS : M. Selves, Président.
LA GRAPPE DU QUERCY : M. Vialle, Président.
LA SOCIÉTÉ INGRES : Marcel
LES -ENFANTS DE L'HÉRAULT.

Glavié, Vice-Président.

Les Feuillets Occitans

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Bulletin mensuel du Groupe Occitan

ORGANE RÉGI0NAL1STE DES PAYS D'OC

Sureaux de la Rédaction :

41, Boulevard des Capucines, PARIS
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Jour de&gt;éception : le mercredi de 6 à 7 h.
Dépôt et "Vente :

Librairie « Occitan'a », 6, Pessage Verdean, Pans, et 9, Rue Oz&amp;nne, à Toulouse ;
Librairie EtouquEtte. à Carassonne; Hall ce; Grands Résicnaux, à Paris.
COMITÉ DE RÉDACTION :
Le Comité Directeur du Groupe Occitan.
(Les manuscrits doivent être adressés à M. Auguste
Principaux collaborateurs :

ROUQUET,

Secrétaire général)

Lettres Françaises : J. F. Paul ALIBERT; Jean AMADE; Achille ASTRE;
JeanAZAIS; Daniel BAQUÉ; A. BATJSIL ; Adrienne BLANC-PÉRIDIER ; BOYERD'AGEN; Paul CASTELA; CHARLES-BRUN; G. CHERAU, de l'Académie Goncourt Marcel CLAVIÉ; M. COULON; Benjamin CRÉMIEUX; Fernand CRÉMIETJX; Joseph DELTEIL; DENYS-AMIEL ; Henri DTJCLOS; P. DUPLESSIS
de POUZILHAC; Raymond ESCHOLIER; Lucien PABRE ; Henri FESCOURT;
Ernest GAUBERT; H. GAUTIER du BAYL; Jo Ginestou; Jehan d'ARVIEU;
Vincent HYSPA; Pierre JALABERT; ROMUALD-JOUBÉ ; Jean LEBRAU;
H. MUCHART; Henri NOELL; Ch PHALIPPOU; J.-S. PONS; Armand PRAVIEL; Maurice PUJOL; Dr RAMAIN; A. ROUQUET; J. ROZÈS de BROUSSE;
Frédéric SAISSET;
PAUL-SENTENAC;
Léon SOULIÉ;
TOUNY-LERYS;
F. TRESSERRE; Suzanne TESSIER; Paul VALERY, de l'Académie Française;
Georges VILLE; Jules VERAN, etc.
Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZEMA; Dr Paul ALBAREL;
Léon AURIOL; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE; M. FRISSANT;
Ismaël GIRARD; P.-L. GRENIER; E.-H. GUITARD; Léon JULIA; J. LOUBET;
Antonin PERBOSC;
Jean FUEL Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph
SALVAT; Dr SOULA, etc., etc.
Beaux-Arts : BERNARD; Auguste CHABATJD; CALMON; DESNOYERS;
DOMERGUE-LAGARDE; H. FAVTER ; Mme GAUDION; A. GUENOT; GASPARD-MAILLOL ; A. LAGARIGUE; Pierre LAPRADE; Jean MAGROU; Jean
MARSEILLAC; PARAYRE; RAMEY; RAMOND; E. REY-ANDREU; Achille
ROUQUET; Auguste ROUQUET, etc. etc.
Etudes Economiques : Gaston COMBELERAN; Emile COMET; L. DOUARCHE;
Jean DUPUY Aimé GRANEL; A. PASSERIEUX; Pierre du MAROUSSEM etc.
Histoire, Archéologie, Fok-Lore : Fernand CROS-MAYRE VIEILLE ; E. ROUXPARASSAC; Prosper MONTAGNÉ; FOIX.
Les Chroniques de l'Amérique Latine ; Jean CAMP; de SAINT-VINCENTBRASSAC.
Les Chroniques Italiennes : Gultieri di SAN LAZARRO.
Les Chroniques Espagnoles : Jean CAMP.
Les Chroniques Roumaines.
Chroniques Régionales.

�NATURE MORTE.

Il a été tiré du présent numéro
20 exemplaires de luxe numérotés
hors commerce, sur papier de
Montval, de G. Maillot.
Ex.

n°

Boi« original de A. RooQcier.

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                    <text>8* et 9' Feuillet.

2* ANNÉE
,
1926 jC.Î.'d.O.l

MARS-AVRIL

Le N° : 3 fr.

LES FELÎLLETS
O

CClTAWS
LANGUEDOC ROUSSÎIXON
PAYS D'OC

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41, Boulevard des Capucines, 41
PA.RIS

�SOMMAIRE

Lettres Françaises :
Un Appel. A l'œuvre, pour VOccitanie
Joseph Caruguel, écrivain Narbonnais. ......
Stances à Severac
Les mimosas de Bon-Secours
Les Livres

André LAMANDE,
Fernand CRÉMIEUX.
A. BACSIL.
Suzanne TEISSIEB.
H. NOELL ;
J.

C;

P.-L.

P.

Frédéric

GRENIER ;

SAINT-GIRONS;

SAISSET.

Les Beaux Arts :
Grandes et Petites Expositions
La Musique. Le Souvenir de Déodat de Séverac. .
L'Écroulement du Clocher de la Dalbade

PAUL-SENTENAC.

Albert

BAUSIL.

B.-H. GUITARD.

Les Lettres Occitanes :
Notre enquête sur le Problème Occitan (suite).
Réponse
Les Livres
,

.

.

E.-H. GUITARD.

Alcanther

DE BRAK.

P.-L. GRENIER.

Têtes Occitanes :
Pierre Vidal

Frédéric

SAISSET.

Le Mouvement économique Occitan :
Les ressources économiques du Languedoc et du
Roussillon; La Montagne noire (suite)

V. SELVES.

BOIS GRAVÉS D'AUGUSTE ET ACHILLE BOUQUET :

Avant le Marché, bois de A. LAGARIGUE ;
Le Clocher de la Dalbade, bois gravé de G.

MAILLOL.

�Groupement PflSSE$IEUX
Seiiètt Anonyme au Capital de 400.000 francs entièrement libéré

créée pour développer et faciliter la vente des Vins du Languedoc

Faites connaître les crus du Pays
Offrez chez vous, au restaurant
UNE BOUTEILLE
DE VINS DU

LANGUEDOC
(gtarfe déposée dans tons les Restaurants

BUREAU DE VEJ1TE :

27, Quai de Lorraine, NARBONNE

�Soirée occitane
La Soirée du 29 mars organisée par le Groupe •Occitan (Languedoc et Roussillon) dans la coquette salie de la rue Tholozé, sous la Présiaence d'honneur de Paul Valéry, de l'Académie française, et la présidence effective
d'André Lamandé a obtenu le succès le plus vif.
Au cours de la brillante causerie du poète Paul Sentenac sur l'Art occitan
moderne, Mesdames Suzanne Tessier et Fillieu, et M. Pierre Henri, interprêtèrent avec un art plein de nuances, des poèmes de Théophile Gautier,
Pierre Camo, Marc Lafargue, Armand Praviel et Frédéric Saisset.
André Lamandé avait présenté le conférencier et termes choisis, très goûtés du public qui lui fit une ovation sympathique. On entendit ensuite des
œuvres musicajes remarquables de Rey-Andreu dont Madame VerdevoyeHeuclin, des Concerts Colonne, sut par un jeu savant faire valoir tout le
pittoresque et la verve ardente. Le cadeau, un acte en vers de Paul Sentenac
fut lestement interprété, avec un mélange de gaîté légère et d'émotion par
Mesdames Suzanne Tessier, Denise Reitz, et M. Pierre Henri.
La séance fut clôturée avec le déjà célèbre chœur occitan de Fontbernat
y Verdaguer qui souleva dans la salle un indescriptible unmousiasme. Là
sardane de Morena ei les chansons populaires furent admirablement chantées par ce groupe d'artistes On ne saurait trop féliciter Fontbernat de là
maîtrise avec laquelle il dirige sa chorale, le public lui a prouvé son admiration sans réserve par ses frénétiques bravos. Soirée des plus réussies à
l'actif du vigilant Groupe occitan.
Le 11 mai « Le Roussillon » a donné au profit des Sang et or de Paris, et
sous le patronage du Groupe occitan, une soirée des plus réussies dont nous
reparlerons ici.
Le 16 mai, au « Caméléon », M. Marchessoux a organisé un Festival ReyAndreu, en l'honneur du grand compositeur occitan.

L'Office Occitan
PARIS, 41, Boulevard des Capueines, PARIS
TÉLÉPHONE : GUT. 78-19.

Fréquenté assidûment par des exportateurs
et des acheteurs parisiens a déjà traité en
1925, pour le compte de nos compatriotes de
nombreuses affaires.

Exposez vos produits dans ses vitrines
Faites-vous inscrire sur son répertoire commercial

�C.I.D.O.
8ÈZIERS

Lettres Françaises
li'IDÉE ET li'ACTIOfi

Un Appel.
A l'œuvre, pour l'Oeeitanie.
Un jour, Renan monta sur l'Acropole et de ses lèvres s'éleva une
prière dont l'harmonie flexible enchanta l'esprit d'une génération.
Il répudiait, ce magicien des lettres, ses attaches anciennes qu'il
appelait barbares, et il se soumettait à la raison d'Athènes avec
la ferveur et le rythme qu'il mettait, jeune, dans ses chrétiennes
oraisons. L'accent de cette prière est inimitable et il nous trouble
encore, même si notre intelligence devine le vent qui gonfle la
pensée du maître :
« 0 noblesse, ô beauté simple et vraie ! déesse dont le culte signifie raison et sagesse... Toi seule es jeune, ô Gora; toi seule es pure,
ô Vierge; toi seule es saine, ô Hygie; toi seule es forte, ô Victoire... »
Que les chants mélodieux d'un passé proche et déjà mort reviennent frapper nos oreilles comme ceux des antiques sirènes, soit;
mais il faut que nos cœurs restent insensibles à leur sortilège. Nous
n'avons à courir ni vers Athènes ni vers Rome pour trouver un aliment et une loi pour notre esprit. Un pays est là, qui nous sollicite
et nous retient. Son azur lumineux n'a pas d'excès; ses montagnes

�— 46 —
touchent le ciel mais ne le ferment pas; ses deux mers ont juste
assez de tempêtes pour nous donner le goût des passions et nous
détourner de l'horrible; sa ferre, qui porte la vigne, l'oranger et le
blé, est le creuset mystérieux où le débordement des races latines
se fond et devient français en une seule génération. Sa langue est
savoureuse au parler comme aux lèvres. Il possède la discrétion
sous l'exubérance, la bonté du cœur sous une apparente malice,
Et la grâce, plus belle encore que la beauté.
Le soleil, comme un dieu bienfaisant, l'enveloppe et donne, à ses
paysages, la pureté des lignes, et à ses fils l'agilité de l'esprit, et
cette clarté qui les empêche de confondre l'obscurité et la profondeur.
Occitanie, salut ! C'est toi, cette terre de clarté, d'équilibre et
d'harmonie. C'est toi notre rempart contre la barbarie nouvelle,
bardée de bloc-notes, et qui nous vient des pays anglo-saxons !
Il faut clamer notre foi en l'Occitanie, -en sa force et en son
avenir. Il faut travailler au triomphe de son esprit. De pesants
hyperboréens, qui remplacent l'humour par l'ironie, la grâce par
une volontaire laideur, la finesse de l'intelligence par une brutalité péremptoire, entrent chez nous, de toutes parts, et nous écrasent sous leurs jambes épaisses et leurs carnets de chèques. D'un
pays que la nature a enrichi de deux mers, de fleuves fécondants
et de grasses vallées pour qu'il fût une pépinières de marins, de
cultivateurs et d'artistes, ils font un immense chantier pour les
travaux forcés de l'industrie. Leurs panneaux-réclames massacrent
nos paysages, leurs usines, ces plaies rouges et noires, s'agrandissent chaque jour. Un égalitarisme stupide, ennemie de la vraie
liberté et du talent, nivelle les intelligences. Aux œuvres originales,
fruits d'un artisanat heureux, succède le travail en série qui ne
s'inspire ni des besoins, ni du goût, ni de la grâce des provinces où
il s'élabore, et qu'il devrait pourtant réjouir et embellir tout en les
servant.
En un mot, une civilisation essentiellement nordique, imbue de
matérialisme et acharnée à une centralisation excessive, voudrait
que chaque province de France, abdiquant tout esprit d'indépendance et toute originalité, devînt la servante de Paris, tête congestionnée d'un corps trop frêle qu'on anémie et qu'on atrophie volontairement chaque jour.
Les autorités officielles elles-mêmes se prêtent à ce jeu, et l'on
sait, pour ne citer qu'un exemple, qu'une circulaire de M. de Mon-

#

�— 47 —
zie, — un homme pourtant de fine intelligence, — défend aux maîtres de nos écoles, non seulement .d'enseigner la langue d'Oc, mais
de s'en servir même pour mieux faire comprendre à leurs élèves
les finesses de la langue française.

Contre cet asservissement des corps et dès pensées, l'esprit occitan, dernier rempart du génie français, ne peut triompher que si
l'on crée autour de lui une mystique. Là est la tâche de chacun
de nous. Là est le devoir des artistes et aussi celui des éducateurs.
L'heure est propice. Les écrivains, peintres et sculpteurs occitans
ont acquis en France un renom et une gloire incontestés. Ils représentent, dans leur fleur la plus parfaite, le sol où ils sont nés, la
race qui les a nourris. Lux triomphants, c'est l'esprit occitan qui
affirme sa richesse et sa vitalité. Qu'ils s'unissent donc et qu'ils
prenne conscience de leur force. Ils seront eux-mêmes étonnés de
leur puissance.
Mais les voudra-t-on encourager dans cet effort ? Et non par des
paroles fugitives et de rapides gestes bénisseurs, mais de façon
méthodique, quotidienne, efficace ? A cette tâche nécessaire, il
faut que chacun collabore : que le riche donne son argent et que les
autres apportent leur travail et leur bonne volonté.
L'influence des éducateurs peut-être particulièrement féconde.
Récemment, dans une école du Haut-Quercy, un instituteur me
montra le livre de lectures imposé à ses élèves. C'était un recueil
de pages exangues, sans muscles, béquillant sur les verbes être et
avoir, et des poèmes d'une bêtise antique et solennelle. Comme on
s'en doute, les écrivains de la région n'avaient aucune place.
— Enfin, lui dis-je, ne pourrait-on réjouir le cerveau de vos
élèves de belles pages lumineuses d'auteurs de leur province, prises
aux œuvres de Cladel, de Pouvillon, de Lafage, de Gustave Guiches ? Je ne parle que des aînés et des plus connus...
Ce brave instituteur me regarda d'un air vaguement inquiet. Je
compris que lui-même ne les connaissait guère.
Quelques jours plus tard, je recommençais la même conversation
avec un autre instituteur. Celui-ci, jeune et intelligent. Aux noms
de mes auteurs, son visage s'illumina, puis, à mi-voix :
— Cladel, Pouvillon, et les autres, ne figurent pas dans les livres
scolaires. Mais moi, j'ai leurs œuvres, et, de temps en temps, j'en
lis des pages à mes élèves. Et il faut voir comme ils y mordent ! En
dictée aussi, quelquefois, mais pas trop souvent, à cause de l'inspecteur. Vous comprenez... J'aurais l'air de faire aimer les auteurs
de notre terroir au détriment des autres. Il faut être prudent...

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— Et que diable, répondis-je vivement, est-ce donc un crime que.
d'incliner d'abord l'intelligence des enfants vers des lectures parfumées, savoureuses, et qu'ils comprendront tout de suite parce
qu'elles exaltent les choses de leur vie quotidienne ? C'est grande
pitié qu'un petit Landais ânonne Racine avant de connaître Emmanuel Delbousquet, ou qu'un petit Auvergnat apprenne les poèmes
d'Eugène Manuel avant les vers d'airain de Vermenouze. J'en
dirai autant pour le Béarn, le Roussillon et la Provence.

*
**
Les régionalistes, que les sots et les ignorants ont crêté de l'épithète de « passéistes », sont au contraire, dans ce domaine, des
révolutionnaires et des ennemis acharnés des vieilles routines et
des préjugés ridicules. Ils ne croient pas que l'unité de la France
exige l'uniformité de ses provinces. Mais ils ne croient pas davantage que, pour sauvegarder l'originalité des provinces, il suffise de
faire revivre artificiellement les coutumes et les costumés d'autrefois, et ils protestent — ah ! les belles colères d'Henri Pourrat ! —
lorsque des Parisiens et autres gens se servent des beautés du passé
pour de ridicules mascarades dites résurrections régionalistes, et
qui cachent presque toujours des contrats de publicité.
Le corps n'est pas fait pour le costume, mais le costume pour le
corps, lequel est le serviteur de l'esprit. C'est donc toujours, en
définitive, à l'esprit qu'il faut revenir et faire en sorte qu'il se
développe suivant un rythme qui lui est propre. Des attaches barbares, — celles du Nord, — ont contrarié son naturel mouvement,
et les brumes anglo-saxonnes ont essayé d'obscurcir ses aimables
vertus. Brisons hardiment les unes et chassons les autres !
Et qu'on ne nous accuse pas de penser à un stupide « séparatisme ».
— Nous ne voulons pas nous séparer du Nord, me disait finement Pierre Devoluy, mais bien, au contraire, l'absorber. Il est
désirable pour tous qu'un esprit d'ordre et de limpidité règne sur
la France.
Tel est, en effet, notre but. A l'œuvre donc, pour l'Occitanie !
ANDRÉ

LAMANDÉ.

�Joseph CRRRGUELi, éerivain flarbonnais.'
n'avais pas encore franchi le seuil de ma
première enfance narbonnaise que j'avais
maintes fois entendu ceux de la génération
de mon père qui avaient fait leurs humanités
sous la férule scholastique des prêtres du
séminaire, chuchoter que leur condisciple,
Joseph Caraguel, le fils du négociant du Faubourg, parti comme étudiant en droit au
Quartier latin, s'était fourvoyé dans la
bohème et sacrifiait, sur les autels pervers
de chapelles littéraires abracadabrantes et
maudites. Et ces malins, ignorant tout d'ailleurs de ce qui se tramait dans le monde des
lettres, riaient de ce compatriote arrogant.
Ce bout de phrase prétentieux, début d'une de ses œuvres, « sous
la coruscation du soleil augustal », revenait comme un leit-motiv
hilarant dans les conversations et suffisait à faire sombrer le jeune
écrivain sous le flot des huées ironiques.
Aussi ne fut-ce pas sans un battement de cœur que, prenant en
mains, quelques dix ans après, l'Enquête de Jules Huret sur le
mouvement littéraire des années 90, j'appris l'estime admirative
que ressentait tous les auteurs d'alors, à quelque tendance qu'ils
appartinssent, pour celui qu'ils tenaient pour le chef de l'Ecole néoréaliste.
« Dans la génération fille du naturalisme, précisait Huret, tous
« sont d'accord pour apprécier les qualités de son esprit puissam« ment généralisateur, son intense passion de vérité, la hauteur
« intransigeante de son caractère d'artiste. »
E

If

�— 50 —
Leconte de Lisle, chef du Parnasse, lui rendait hommage et
Charles Morice, théoricien du symbolisme, déclarait : « Si, parmi
la foule de nos adversaires, il y en a un qui mérite qu'on l'estime
pour son talent comme pour son étonnant cerveau de penseur, c'est
Joseph Caraguel. Il a su, à la différence de tous les méridionaux,
qui l'ont vainement essayé, faire du soleil dans son merveilleux
livre « Les Barthozouls ». « Les Barthozouls », n'était-ce pas le
roman qui débutait par « la coruscation du soleil augustal » ?
Ce n'est pourtant que beaucoup plus tard encore que je me suis
familiarisé avec l'œuvre de Joseph Caraguel. Elle comprend, autant
que je sache, outre le fameux roman qui remonte à 1887 et des articles journalistiques réunis en volume, un autre roman, « An BouV
Micfi' », publié en 1883, et une pièce, « De la fumée, puis la
flamme », représentée au Théâtre libre d'Antoine, le 24 octobre 1895.
« Au BouV Mich'' » est une œuvre éclatante de jeunesse, malgré
son éparpillement et tant soit peu de verbalisme, un « déchaînement
grandiosement brutal de kermesse », une symphonie, des tumultes,
des générosités, des laideurs et des joies, des ambitions, des désastres, des gloires naissantes. C'est aussi, avant Barrés, avec moins
de volonté consciente que chez ce dernier, mais plus de vivacité et
de couleur, le roman du déracinement, déchéances résultant de
l'abandon du milieu, nostalgie de la garrigue natale, apothéose
manifeste de tous ceux de là-bas que « Paris n'a pas entamés, à qui
il n'a rien enlevé de leur rudesse, de leur accent ».
« La fumée, puis la flamme », qui prétendait traduire à la scène
la complexité de la vie moderne, nous paraît un ratage dramatique,
injouable assurément par son enchevêtrement logique et sentimental et ses suites de déclamations à la Jean-Jacques. Mais quelle audace d'analyse, et quelle connaissance du cœur humain ! Nous pensons malgré tout, j'ose l'écrire sans rougir, au Marivaux de la Vie
de Marianne et plus encore aux Liaisons dangereuses. Ajoutons que
nous y trouvons un tableau suggestif, à la manière unanimiste, de
la petite bourgeoisie du sud-est de la France.
Enfin, le roman décrié lui-même, malgré ses poncifs naturalistes
et ses tics d'écriture, que Caraguel désavoua d'ailleurs, reste, —
Charles Morice avait raison et les condisciples narbonnais s'étaient
mépris, — une œuvre de lumière, et comme l'épopée fougueuse de
la race paysanne du Bas-Languedoc.
C'était là, on le voit, mieux que d'immenses promesses, et on est
stupéfait, — quand on sait que Joseph Caraguel mène encore à cette
heure, en haut de Montmartre, une vie d'action et de dignité, —
de ce renoncement, si soudain, à un art qui s'annonçait grandiose.
Situer cet art de J. Caraguel, par rapport à son époque et par rap-

�— 51 —

port à la nôtre, déborderait le cadre de cet article. Qu'il nous suffise
de montrer ici avec quelle passion il a dépeint ce pays singulier et
irrésistible qu'est le Midi narbonnais.
Au centre de tout (nous n'avons plus le droit d'en rire), « la coruscation du soleil augustal », — la lumière opaque, aveuglante, infinie, implacable, qui opprime à certaines heures et dont les paysans
invoquent cependant les ardeurs. Illumination des choses sous la
magie du soleil, beauté lourde des soirs d'orage ou les nues se crevassent d'éclairs, que leur importe. Mais ce plein soleil qui s'étale,
en la crudité de la plaine, c'est leur raison d'être et de vivre, c'est
de la vigne qui s'épanouit.
Le récit se passe à Ferra'lzan, sur la route qui monte doucement
vers la montagne en de larges courbes; mais les yeux de tous sont
fixés sur le pays bas, plaine aux verdures éternelles, source de toute
richesse « sans un pré, sans un arbre », uniformément tendre, se
développant comme un sombre tapis d'une seule pièce, « à peine
coupée de quelques lignes, des haies d'amandiers et des oliviers
ternes. Ils sont là, dans la basse plaine, les vignerons, plantant
large, fumant, échaudant, effeuillant ! « le vin, le vin, on avait tout
dit... » « Ne pas les polluer surtout à toutes les semences, ces terres bénies, sablonneuses et de sol peu profond, elles n'étaient disposées qu'à l'amour des cépages ».
Comme tous, hommes et femmes, ie ressentent jusqu'aux moelles,
cet empire des vignes, qui correspond à leurs instincts originels :
« Apercevait-elle un raisin trop lourd, qui touchait le sol, elle se
baissait pour le relever; puis, le tenant à la façon d'une mamelle,
elle le montait comme pour le traire... elle se jetait dans les vignes,
disparue jusqu'aux hanches, et les franges du châle se prenant dans
les vrilles des pampres, elle se complaisait, retenue de la sorte
comme par de sournoises et délicates griffes d'amour. »
Mais, hors de leurs vignes, comment nous apparaissent-ils, ces
paysans de la plaine de chez nous, de l'an 1885 ? D'un beau type de
brun, front bas et regard vif. Ce sont des intelligents, certes, mais
spéculant peu : « les idéaux ne les encombrent pas ».
Dans le tempérament, la sensualité, la gloriole dans le caractère.
Des faibles, au demeurant, à qui il faut seriner des devoirs, suggérer la grandeur d'âme, leur volonté cédant inévitablement, si l'on
gave leurs appétits. D'allure sympathique, véhémentement aimables, échangeant politesses et cordialités, d'une générosité à tout
casser, pourvu qu'elle s'étale. Faisant grandement l'aumône, soucieux que tous les êtres dans leur sillage profitent de leur plusvalue, voulant que, comme la lumière du soleil, l'aisance rayonne
du haut de leur fortune. D'une munificence extrême dans l'hospita-

�— 52 —
lité. Eclatant parfois en querelles terribles, « niais un peu pour
l'art, sans autrement se duper ».
Avides des fêtes « où s'étalent la turbulence et la stridence des
joies neuves, définitives, comme des tonnerres ». Aptes surtout aux
jois charnelles. « D'un sensualisme malléable », il suffit d'un frôlement et tous leurs calculs d'intérêt cèdent à l'envi de séduire. Précipités de l'une à l'autre, sur réquisition des sens, trouvant leur
compte chez les filles du village, lascives elles aussi et qui cèdent
à l'amour, attirés nonobstant par l'on ne sait quel prurit de débauche vers les garces, de mauvais lieu en mauvais lieu, — « à Narbonne, le jeudi, il y a le marché de une à trois, et pendant et après,
il y a l'Alcazar », — fringale d'amour qui peut aller jusqu'à l'inceste.
Et par-dessus cette sensualité, l'auteur y insiste, un orgueil impétueux et formel, présent toujours, toujours sensible.
On ne peut rien concevoir de plus bouffonnement épique que la
bataille qui se livre, le jour de la grande foire, entre les deux
partis du village, les Flambants et les Pouilleux. Pour mesurer leurs
forces, pour amplifier leur puissance, il s'agit de s'assurer la supériorité numérique dans le grand tour, le tour en musique, la cérémonie d'apparat qui réunit les deux sexes. Nous renvoyons nos
lecteurs au roman pour qu'ils goûtent les marchandages et les ruses
qui se déploient.
Et il y a mieux encore ; la recherche des convives à l'heure du
dîner ce même jour de fête, le recrutement des commensaux. Il
faut, pour avoir table mieux ornée que les autres notables, traquer
tous les étrangers qui passent, rabattre tout ce monde vers sa
demeure comme un gibier :
« Grâce à des prières, de par des menaces, à force de gestes, tirant
des manches, poussant des épaules, déterminant les indécis, continuant la tradition des aïeux, synthétisant les gloires de la race...
d'une allure héroïque, elle enlevait sa troupe, la roulait par le village, dans une exaltation, telle une chasse clameuse. »
Suit un appél emphatique des noms pittoresques et robustes des
invités : Les Bérails, les Chavernats, les Taffanels, les Cassignols,
les Terrasses, les Pendries, les Cazabans, les Escalaïs, les Cazaletz,
les Parazols, de tous ces noms fastueux ainsi que des titres, râblés
élégamment ainsi que des athlètes, dont toutes les syllables accentuées retentissent, tels des boniments, comme avec des cymbales.
Et, le palmarès s'achevant sous des acclamations, dans l'immense
cuisine aux chaudrons béants rouges, la batterie se développant
dans une ampleur de fresque, il ne reste plus aux convives qu'à

�— 53 —
s'attaquer à la mangeaille, abondante démesurément et charneuse,
" à une boustifaille prodigalisée comme en un festin d'ogre ».
Quel tableau rutilant on le voit, pris sur le vif... il y a bientôt
quarante ans de cela. Et quelle atmosphère !
L'auteur, pourtant, s'il n'est pas toujours tendre pour ses compatriotes, n'est pas pour eux exempt de tendresses. « Nous sommes nés sur la même garrigue qu'eux », dit un jeune étudiant, dans
le « Boul' Mich' », et il ajoute : « Depuis mon départ de Cuxeras,
je suis à jeun de figues et de jujubes ». Et Joseph Caraguel sentait,
au fond de son cœur, combien les paysans de là-bas ont en eux la
saveur des jujubes et la douceur rugueuse des figues.
Pernand

CRÉMEUX.

�Stances à Séverae
dites par Madeleine Roeh de la Comédie Française
à l'inauguration du monument de Céret.

Fontaines de Céret où l'ombre de Virgile
Erre sous les pins bleus et les cyprès rêveurs,
Jardins du mois de Mai qui faites à la ville
Un ciel tout étoilé de cerisiers en fleurs,
Chemins creux de l'Albère où l'olivier s'argente,
Vallons du Boularic où le pâtre s'endort,
Petits bois de Saint-Paul où la Sardane lente
Se dénoue en baisers sous les mimosas d'or.
Terre du raisin noir, terre de la cerise,
Terre du Canigou, des glaciers et des lacs,
Recueillez-vous ce soir sous la harpe des brises
Pour écouter chanter l'âme de Séverae.
La petite fille à genoux
Sous l'auvent de la métairie
Pour bercer MM Poupée Chérie
A bercé nos rêves à nous.
Et dans Le Coin de Cimetière
Que le printemps a ranimé,
Ce sont toutes les voix de Mai
Qui sont les Filles de la Terre !
Dans le demi jour opalin
Où crisse le cri des cigales,
Voici que Le Cœur du Moulin
Tressaille à la chanson natale.

�— 55 —
Toutes les lyres en éveil
Frémissent pour l'apothéose
Et Les Baigneuses au Soleil
Vont danser sous Les Lauriers-roses !
La tartane de Puigcerda
S'avance sur la route grise.
On entend un Alléluia
S'élever dans l'aube indécise...
Et comme Pâques déploya
L'étendard doré des cytises,
Le Muletier de Llivia
S'est agenouillé dans l'église.
Une cobla dans l'air brûlant ,
Comme un appel de bacchanale,
Se mêle au cortège hurlant
Des fêtes A'Héliogabale;
C'est dans la gaîté du matin
Toute l'ivresse de nos danses
Qui précise avec sa cadence
Le rire immortel et latin.
A. BAUSIL.

Les mimosas de Bon-Secours.
Parmi les steppes dénudés
Qu'il faut franchir dans l'existence,
Je vous ai toujours regardés,
Aux lointains bleus de mon enfance,
Mimosas, mimosas, dont les tièdes rameaux,
Embaumaient librement, par la fenêtre ouverte,
Notre salle de classe aux modestes travaux
Vous mêliez vos parfume à la science offerte,
Mimosas, mimosas, dont les riches couleurs
Evoquaient des rêves profanes...
Grands arbres d'or toujours en fleurs,
Dans mes souvenirs qui se fanent.
Et le pensionnat, calme, religieux,
Travaillait doucement, près de vous, loin du monde...

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Vous dépassiez le toit, découpant sur les cieux
Votre feuillage clair plein de lumière blonde,
On vous voyait, de la chapelle et du parloir,
Bouger dans la lueur des vitraux translucides,
Vous eussiez éclairé le recoin le plus noir Avec vos floraisons splendides,
Votre ombre même illuminait toujours,
Mimosas, mimosas, du parc de Bon-Secours.
Et vous étiez si grands ! que si loin dans ma vie,
Malgré tous les détours de la route suivie,
Les-taillis, les fossés et les guet-à-pens,
Je vois bouger encor votre ombre parfumée
Sur mes pas aujourd'hui, comme en ces doux printemps,
Où &lt;e vous respirais, innocente et charmée.
Beaux arbres du pays où nous avions Ta foi,
Du fond -te l'horizon, sur la céleste voûte,
Vous avez dissipé l'ombre épaisse du doute
Qui voulait amasser sa nuit autour de moi;
Et pareils aux rameaux des forêts enchantées,
Dont un brin merveilleux devenait talisman,
Mimosas, mimosas, vos branches emportées,
— Moisson du souvenir au fond du cœur aimant —
Furent à mon appel la baguette magique
Qui montre le chemin !
Car au travers de votre flore symbolique
Brille toujours la pure étoile du matin,
Des gouffres d'ici-bas éternelle boussole.
Vous êtes le bouquet divin que j'ai cueilli
Quand mon enfance heureuse et folle
Ouvrit au grand soleil mon regard ébloui,
Et je veux conserver, comme en un reliquaire
On garde les bouquets des premières amours,
Votre chaste parfum, votre sainte lumière,
Mimosas, mimosas du parc de Bon-Secours !
SUZANNE

TESSTEB.

�Les Livres
L'aventure de la duehesse de Berrl, par Armand PR.AVIEL. — Priseilla
d'Alexandrie, par Jvlauriee ]ULRGP,E. — Le double saeriîiee, par Émile
R,IPER,T — Quand on conspire, par Raymond ESCflOLIER. — Lia Bête
Cabrée, par TITAY]ïfl. — Lies éditions de la librairie s Oeeitania ». —
Lies amitiés

languedociennes.

— Lia

route aseendante

de jviauriee

Barrés, par JVT™ BLANC-PÉRIDIEP,. — Histoire d'un parfumeur, par
Paul SENTEflAC.

auteurs méridionaux ont fait preuve, en ces derniers temps,
d'une heureuse activité.
C'est d'abord Armand Praviel qui, en publiant l'Aventure de
la duchesse de Berri (1), a continué d'affirmer les dons remarquables d'historien romanesque qu'il avait déjà manifesté dans
deux ouvrages : L'Assassinat de M. Fualdès et l'Histoire tragique de la belle Violante. L'extraordinaire tragi-comédie de
l'intriguante et aguichante princesse qui faillit soulever la Vendée
pour placer sur le trône de France son fils, Henri V, était bien
faite pour tenter la plume alerte, pittoresqtie et souvent humoristique de Praviel. Son livre, aussi documenté qu'amusant, aura le même
succès que ceux qui l'ont précédé.
Renonçant lui aussi, pour le moment du moins, à la langue des dieux, Maurice
MAGRE vient de faire paraître un roman — roman à la fois d'histoire et d'imagination — Priseilla d'Alexandrie (2).
^ES

(1) Librairie Hachette, Boulevard St-Germam, Paris.
(2) Albin Michel, éditeur, 22, rue Huygens, Paris.

�- 58 —
Les mœurs byzantines, la magie antique, la lutte entre les premiers chrétiens
et la vieille société païenne, trouvent tour à tour leur place dans cet ouvrage assez
complexe, abondant de matière et de couleur, dont la trame se déroule dans une
atmosphère un peu troublante de névrose et de luxure.
C'est toute la Byzance des orgies et des stupres que Maurice Magre a voulu
évoquer en ces pages; 11 l'a fait en poète autant qu'en historien, avec la richesse
de vocabulaire un peu fantaisiste, mais fort brillante qui lui est habituelle.
D'un ton plus grave, mais aussi d'une plus large portée philosophique est
le dernier roman d'Emile RIPERT Le double sacrifice (3). Le sacrifice dont il s'agit
est celui de l'élite intellectuelle, des écrivains, des savants, des artistes, qui, mobilisés et exposés au feu, pendant la guerre, exactement dans les mêmes conditions
que les derniers des manuels, durent consentir à la perte non seulement de leur
existence, mais aussi de l'œuvre future, non moins précieuse, qu'ils portaient en eux.
Cette rigoureuse égalité devant la mort dont la plupart des nations mêlées
a la guerre mondiale n'ont pas accepté le principe, a-t-elle été, de la part de
la France, une cruelle erreur ou au contraire un geste exemplaire, nécessaire
et fécond ? Comment a-t-il été jugé par les intéressés ? Telles sont les délicates
et angoissantes questions que pose Emile Ripert dans son beau livre, avec beaucoup d'impartialité et beaucoup de courage.
Un détail auquel les lecteurs des Feuillets Occitans ne seront pas insensibles :
Une partie du récit, très animé dans son ensemble, a pour cadre le Roussillon.
Et l'Espagne elle-même y est évoquée avec maestria, en des lignes comme
celles-ci :
« Il jouait, et l'Espagne se levait tout entière, non pas l'Espagne déjà banale
de Carmen, mais celle du Cid et de Sainte-Thérèse, l'Espagne consumée d'héroïsme
et de passion mystique,.... un pays grave et brûlant qui avait jeté un manteau
d'ocre sur son corps aminci par le jeûne et par le désir. »
L'auteur de Gantegril, le romancier Raymond ESCHOLIER, né dans cette Ariège
« ou l'urbanité gasconne tempère la gaillardise gauloise » a donné le jour, pour
sa part, à un curieux roman d'aventures Quand on conspire. (4).
Cet ouvrage est, sous une forme satirique et amusante, une peinture de l'époque
du Second Empire, où sévissait, au sein des clubs et des sociétés secrètes, une
extraordinaire manie de machinations ténébreuses et d'invraisemblables complots,
dans lesquels le rôle des jolies femmes n'était généralement pas le moins important.
Mme Titayna — de son nom de Catalane Elisabeth Sauvy-Tisseyre — dont
on a pu lire récemment, dans l'Intransigeant les très vivants Souvenirs d'une
journaliste en avion, a composé, sous ce titre imagé : La Bête cabrée (5), un livre
d'une assez piquante originalité. Tour à tour étude de mœurs et récit d'imagination, cet ouvrage transporte le lecteur d'abord dans un milieu des plus
parisiens, milieu mondain de garçonnières et de dancings, puis, un peu brusquement peut-être, mais non sans habileté, dans une île imaginaire, l'île de
Beauté, peuplée par la fantaisie d'un Américain milliardnire des monstres les plus
hallucinants de l'espèce humaine.
On retrouve dans La Bête cabrée les qualités littéraires de Titayna, sa manière
primesautière et un peu trépidante, son goût de 1' « instantané » et des raccourcis (« Yrina est belle, le sait, s'en sert, n'en abuse pas. ») ; on y trouve
aussi l'expression d'une sensualité aimable et raffinée. Le livre, préfacé par
Pierre Mac-Orlan, est écrit avec brio. Il permet de concevoir bien des espérances
pour l'œuvre future de Titayna.
Une mention spéciale doit être réservée aux récentes éditions de la librairie
« Occitania » (6), dirigée avec autant de compétence que d'activité par notre
ami E.-H. Guitard, archiviste-paléographe et romaniste fervent. Nous aurons
à revenir sur ces éditions, particulièrement intéressantes pour les' méridionaux.
Signalons dès aujourd'hui : Lo Flahut occitan, recueil de chansons en langue d'oc,
(3) Editions de la Vraie France, 92, rue Bonaparte, Paris.
(4) Bernard Grasset, éditeur, 61, rue des Saints-Pères, Paris.
(5) Aux éditions du Monde Moderne, 42, Boulevard Raspail, Paris.
(6) Librairie Occitania, G, passage Verdeau,, Paris (9e) et 7, rue Ozenne, Toulouse.

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composés sur de vieux airs languedociens,, par le poète Prosper Estieu, majorai
du Félibrige depuis 1900; La Serva, roman en langue d'oc, avec traduction française, du félibre majorai B. Vidal; Terre Occitane, plaquette de strophes colorées sur le Midi languedocien par Mme Laure Valdier; un Abrégé d'Histoire de
la LAttérature occitane, par M. Joseph Rouquet, suivi d'une très complète Bibliographie occitane, de E. H. Guitard; enfin ï'Almanach Occitan de 1926, que liront
avec joie tous ceux que passionnent la vie et le mouvement littéraire d'Occitanie.
Récemment nous est parvenu un volume imprimé à Montpellier, chez Firmin
et Montane, Les Amitiés languedociennes, sort» d'anthologie, partie en prose,
partie en vers, dont les pages n'offrent pas une valeur littéraire pleinement homogène (ce qui d'ailleurs n'a rien de choquant dans une anthologie), mais où l'on
pourra lire avec plaisir un fragment de Paul Valéry, des lignes fermes et brillantes de Pierre Grasset; un souple et vivant poème, en langue française, de
J. S. Pons, Le Bel Eucalyptus ; d'originales notations de Jean Catel sur Perpignan,
ville « aux lèvres de grenade, aux yeux de ciel limpide où les couchants ont
lassé la braise de leur cœur torride »; de curieuses strophes assonancées de
Jean Cocteau; une aimable « Mer latine » de Mme Yves Blanc; des impressions
sur Montpellier, Béziers, Nîmes, Narbonne, Cette, etc.
Quelques morceaux de Jean Amade, de Benjamin Crémieux ou de Jean Lebrau,
par exemple, pour ne citer que cux-là, n'auraient certes point déparé le recueil.
On y trouvera, il est vrai, des vers de M. Emile Carbon, poète vers-libriste
et sportif, qui doit faire figure notoire dans la littérature bas-languedocienne,
si l'on en juge par la triple place qui lui a été réservée. N'étant ni vers-libriste,
ni sportif, je serais mal qualifié pour faire l'éloge ou la critique de ces pages.
M. Carbon pourra donc déclarer, d'un ton péremptoire, que je n'entends rien à
la poésie telle qu'il la conçoit.... Nous serons tout à fait d'accord.
Ceci ne nous empêche pas, ayant, au « Groupe Occitan » horreur de l'esprit
de petite chapelle et des mesquineries, de faire un cordial accueil à une publication
très sympathique, dans son ensemble, bien présentée, et fort joliment illustrée
par Henry Martin.
Une languedocienne dont la culture égale les qualités de style, Mme A. BlancPéridier, vient de faire paraître, sous le titre La Route ascendante de Maurice
Barrés (7), un livre grave et fervent à la gloire du grand écrivain dont elle
fut, en diverses circonstances, la collaboratrice. Cet ouvrage dénote non seulement une connaissance très profonde de l'œuvre si variée, de l'auteur des
Déracinés, des Amitiés françaises et de La Colline inspirée, mais encore une
souplesse et une ingéniosité d'esprit des plus remarquables.
Les amis de Barrés seront grandement reconnaissants à Madame Blanc-Péridier
de son « patient, minutieux et pénétrant effort de résurrection. »
Je ne saurai mieux terminer ce rapide aperçu du mouvement littéraire d'Occitanie qu'en signalant le bel album d'art édité sur hollande par Draeger frères :
L'Histoire d'un Parfumeur, par notre ami PAUL-SENTENAC. Préfacée par Jean
Richepin, illustrée avec talent par Bernard Naudin, enrichie de reproductions en
couleur, de gravures anciennes, cette publication rcueillera les suffrages unanimes
des bibliophiles.
HENRY NOELL.
Bos de Bertae.
[Les Cahiers Occitans, n° 1)

Cette œuvre dramatique de P.-J. Cantabre inaugure une collection occitane
qui ne nous laissera pas indifférents. Des prés bigourdans aux déserts de
Nubie, l'action de dérouie avec une lenteui familière, dans une langue volontairement simple et dépouillée de tout lyrisme.
Certes l'histoire du chevalier qui laisse en sa terre natale l'idéale fiancée,
(7) Editions Spes, 17, rue Soufflot, Paris.

�— 60 —
passe pour mort, revient au moment le plus imprévu et épouse enfln sa
princesse lointaine est un thème facile que force poètes ont traité.
Le chantefable de Bos de Bénac vaut par cette naïveté voulue qui dédaigne les éclats de voix et les grands gestes, cette pudeur dans l'héroïque,
cette retenue dans l'exaltation qui est si souvent, quoi qu'on en dise, l'apanage de nos terres d'Oc.
Elle en tire un charme certain, né on ne sait d'où mais qui s'insinue
assez en nous-même pour nous faire garder de ce preux et de sa légende
le plus attachant souvenir.

J. C.
Vient de paraître :
Vin Rouge (N° 2 des Cahiers Occitans), Histoire romancée de la crise viticole
de 1907, par Pierre-Etienne MARTEL, lettrines et culs-de-lampe de Lucien CADENE.
Tirage de bibliophile.
Les assignats, par Jean (SSORIflI-COlVIBY, nouvelle Librairie Nationale,
3, plaee du Panthéon.
La conjonction, sous un régime politique, d'embarras financiers graves avec le
goût des solutions faciles, se produit généralement autour de la planche à billets.
Quoi de plus tentant, pour un Gouvernement qui estime l'emprunt impossible
et veut éviter l'impôt impopulaire, que de se procurer des ressources par l'émission
de signes monétaires ? L'organisme les absorbe, d'abord facilement; bien mieux,
il les accueille comme un stimulant des échanges. Il semble qu'une richesse nouvelle soit créée et diffusée. Mais le processus de l'inflation est fatal : la dépréciation d'abord minime, s'accroit en des proportions géométriques entraînant la hausse
des prix, l'instabilité dans les transactions, l'injuste ruine du plus grand nombre,
l'enrichissement immérité de quelques spéculateurs, jusqu'à l'opération de consolidation ou de dévalorisation, revanche des lois monétaires méconnues.
Notre pays a, dans le passé, fait deux fois l'expérience de l'Iiiflation : sous
la Régence, avec Law et son système, — de la Constituante au Directoire, avec
les assignats.
Tous ceux qui prirent plaisir et tirèrent profit à lire, dans le « Bureau des
1 têveries » de MM. Gignoux et Legueu, l'aventure de Law, en trouveront la suite
naturelle dans le clair exposé que présente notre jeune collaborateur, M. MORINICOMBY, agrégé de l'Université et docteur en droit.
Sous la forme primitive que leur donne la loi du 19 décembre 1789, qui en
créa 400 millions en coupures de 10.000 livres, les assignats étaient des titres
portant intérêt, destinés à être remis en paiement aux créanciers de l'Etat et
admis, par préférence,' dans l'achat des biens nationaux.
Ils n'avaient alors, aucune des caractéristiques du papier-monnaie : leur émission
était gagée sur les biens nationaux, dont ils permettaient de mobiliser immédiatement la valeur; leur résorbtion — on dirait aujourd'hui leur amortissement —
était prévu et organisé.
Une série de mesures, réduction de l'intérêt, fractionnement des; coupures,
ne tardèrent pas à acheminer vers une dangereuse transformation.
Les techniciens d'alors en montraient tout le danger. Dupont de Nemours
parlait de banqueroute, Talleyrand, de la disparition du numéraire et de la dépréciation de la monnaie-papier, de la ruine des créanciers et de la hausse des
prix. Bouchotte évoqua les derniers billets du système, suspendus aux portes
des chaumières paysannes.
Mais le système politique l'emporta : Mirabeau voulut apporter à la Révolution
naissante le ciment d'intérêts solidaires, ceux dea porteurs d'assignats, futurs
acquéreurs de biens nationaux.
En avril 1790, l'Assemblée vota une nouvelle émission de 800 millions pour
rembourser la dette flottante. Le 8 octobre, avec la suppression de l'intérêt, l'assignat cesse d'être une valeur mobilière pour devenir une monnaie libératoire dans
les paiements, jouant le rôle de monnaie privilégiée pour l'achat des biens
nationaux.

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Ce rôle particulier aurait pu lui maintenir sa valeur, si les émissions ne
s'étaient multipliées (en août 1792, d'après le rapport de Cambon, il en aurait
été créé plus de 2 milliards) et si l'amortissement avait régulièrement joué,
mais avec les délais de paiement accordés pour des raisons politiques aux
acquéreurs de biens nationaux, les rentrées furent insignifiantes : le 12 mars 1792,
le chiffre des ventes était de 971 millions, les versements en assignats de 570.
Les versements ne devinrent considérables qu'à la fin d l'An III lorsque l'Assignat s'échangeait à 100 pour 3 et n'avait d'autre débouché que les caisses
publiques.
i !
«i
Avec la Convention, s'augmente le rythme et le volume des émissions : 400 millions en 1702, 600 en Novembre, 300 le 14 décembre, 800 le 1er Février An III,
il avait été mis 22.801.411.658 livres-assignats; 3.339.242.627 avaient été brûlés;
19.462.168.831 restaient en circulation.
Le Directoire suivit les mêmes pratiques; ses besoins ne tardèrent pas à
dépasser les possibilités de fabrication : aussi, les ouvriers qui travaillent à
la planche à billets sont-ils assurés d'avoir du pain ?
Quand, sur la place Vendôme, le 30 Pluviôse an IV, les planches sont brûlées,
11 avait été émis pour 45.581.411.618 livres d'assignats. La dépréciation de ce
papier-monnaie suivit une ligne dont il est intéressant de connaître les sinuosités :
elle fut d'abord minime (2 à 5 %), en 1791, elle s'accentue (13 à 18 %) pour
une légère ascension après la victoire de Valmy; puis, la chute s'accentue avec
les émissions massives : le louis d'or de 24 livres vaut 70 livres assignats à
Paris, le 9 Thermidor, 100 en Nivose an III; 200 en Germinal; 400 à la fin
de Floréal; 837, le 4 Messidor, soit une dépréciation de 95 %. Quand la planche
fut brisée, le louis valait 7.000 livres-assignats et cependant il était encore des
municipalités de l'Hérault pour considérer le refus de l'assignat par le marchand
ou le producteur comme une pr euve évidente d'hostilité à l'égard de la Révolution.
Comme conséquence, les prix subissent une hausse considérable : entre 1790
et mars-avril 1791, ils ont en moyenne sextuplé ou septuplé. Le quintal de blé
vaut, dans le Finistère, 9 livres en 1790, 86 en l'an III. En vendémiaire an IV,
la viande vaut 20 1. la livre, elle sera à 36 1. en Brumaire — une paire de
bottes coûte 1200 1. — un journal à 2 sols se vend 15 livres-assignats.
Dans l'Hérault, le quintal de blé qui valait 14 livres en 1790, se paie, en
Brumaire an IV, 9.000 livres-assignats. Le seigle passe de 10 livres à 8.000 livresassignats. La livre de viande qui valait 6 sols en 1790 se paie 250 livres.
Que de misères en résultent ! A Amiens, en Ventôse an III, depuis 3 mois
les ouvriers n'ont jamais eu plus de 3 onces et depuis trois jours, ils sont réduits
a 6 onces d'un très mauvais pain. La famine amène des troubles et des émeutes.
En mars 1796, à Montpellier, 8 à 900 ouvriers vont réclamer la diminution du
prix du pain à cinq sous assignats, c'est-à-dire à moins que zéro, ainsi que
la tête de l'officier-municipal. Une vingtaine turent condamnés aux fers et à la
détention.
Par contre, l'instabilité de la monnaie favorise, indûment, les débiteurs et les
spéculateurs que couvre la fiction de la valeur nominale.
Devant de telles inégalités, on comprend l'explosion de sentiments contrerévolutionnaires que signalent les rapports de police à partir de l'An III. Et l'assignat devait attacher le peuple à la Révolution ! Il n'aboutit, en réalité, qu'à
l'enrichissement de paysans madrés et de bourgeois usuriers.
Mirabeau, le politique, s'était trompé...
Les techniciens avaient raison.
L'ouvrage de M. MORINI-COMBY est un excellent travail de vulgarisation, clair et
précis, d'une lecture agréable. Faisant avant tout œuvre d'historien, il se contente
d'exposer les faits, laissant, à chacun le soin d'en tirer les conclusions auxquelles
l'inclinent sa propre conviction ou, même, son imagination.
Retenons simplement en terminant, la promesse que nous fait l'auteur de
consacrer bientôt une monographie à l'histoire inséparable d'une famille paysanne et d'un village du Languedoc, par quoi l'on verra, dit-il, comment l'assignat
eut pour résultat d'exproprier des exploitants ruraux au profit de bourgeois
et de citadins.
Pierre SAINT-GIRONS.

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l»a guerre du Riff : Ce que j'ai vu au (Viaroe, par René Bonnet-Devilliers.
(Editions Occitania Paris.)
Dans un petit livre substantiel et d'une lecture agréable, sans prétention littéraire, M. René Bonnet-Devilliers nous donne un pathétique et pittoresque
récit de ce qu'il a vu au Maroc. Il établit avec pertinence notre position actuelle
dans le Riff et prévoit l'heureuse issue de cette campagne qui aura demandé
du courage, de l'endurance et une grande diplomatie. Nous trouvons résumés
dans ce volume quelques épisodes de la guerre du Riff. « La campagne d'hiver
se poursuit encore, écrit René Bonnet-Devilliers. Il est probable que des actions
secondaires seront entreprises, en profitant de périodes de beau temps. En particulier, on établira, bientôt sans doute, une liaison solide entre Adjir et Kiffane
par Sidi-Bou-Rebka. Mais la campagne pour laquelle on avait réuni les effectifs
et le matériel dont nous avons parlé, peut être considérée comme close. Elle
nous a replacés au nord de Fez, à peu près sur la ligne des postes que nous
avions instituée en 1924. Au nord de Taza, elle nous a conduits à la limite de
notre zone, telle que celle-ci est définie par les conventions internationales. Dans
l'Est, elle a arraché à l'étreinte riffaine un territoire assez vaste, contigu à
l'Algérie et à la province espagnole de Melilla. Le Riff proprement dit reste
inviolé, sauf dans la région d'Alhucemas, où nos alliés ont créé une enclave dans
laquelle se trouve compris Adjir, l'ancienne capitale d'Abd-el-Krim. »
L'auteur dont M. Jean Donyau raconte l'intrépide départ pour le Maroc, dans
sa préface, est un tout jeune homme : « Aujourd'hui, dit-il, il écrit de verve,
il est en proie au génie dionysiaque de son âge : c'est son charme... Et l'on sent
qu'un écrivain de bonne race est en lui. » Ajoutons qu'il possède déjà le don
de retenir fortement ce qu'il a vu et dé nous le transmettre avec une précieuse
netteté, qualités assez rares pour qu'on les mette en valeur et que l'on conseille
la lecture de ce livre à tous ceux qui veulent connaître le pays des Riffains.
Les vers de Mme Laure VALDIER, qui publie un petit opuscule : Terre Occitane,
à la Librairie Occitania, ont la douce et chaude lumière de nos pays de soleil
et ils le célèbrent avec amour :
Je te vois, pays d'Oc, ce cœur qui bat si vite
Dans la joie et dans le tourment
Comme tes feuilles dans le vent.
Les Enchantements, Cigales, Les Vignes, Coin de Languedoc Méditerranée,
A Narbonne, entre autres poèmes, sont écrits en une langue fluide et d'un joli
rythme et révèlent un poète sensible jusqu'à la douleur à tous les frémissements
de la Nature.
Le petit acte en prose : Sous le Manteau de la Cheminée, de M. A. DE LINGUA
DE SAINT-BLANQUAT, (Editions Occitania, Paris et Toulouse), nous émeut par les
regrets qu'il traduit, en un dialogue plein d'ardeur, de l'abandon de la terre par
la génération nouvelle qui ne semble pas éprouver pour la nourrice des hommes
ce vigilant et profond amour que lui vouèrent nos vieux parents.
F. S.
La ville du passé.
(Un album d'art, texte de Auguste Rouquet, bois gravés d'Achille, Jane et Auguste
Rouquet, aux éditions d'art de Michel Jordy. Cité de Carcassonne. Nouvelle
édition,

iq2$.)

La maison d'art de Michel Jordy vient de rééditer avec le plus grand soin
le bel album de notre cher secrétaire général Auguste Rouquet qui est, en même
temps qu'un peintre et graveur remarquable, un écrivain de race. Son texte en

�- es —
effet, est aussi robuste et précis que les gravures qui l'accompagnent et dont
il souligne la force ou la grâce avec un rare bonheur.
Achille Rouquet explique dans une préface empreinte d'un vif amour du terroir la génèse et le développement de l'ouvrage, les lenteurs voulues de sa réalisation qui sont la marque des artistes consciencieux. Ici, notre Groupe est heureux de saluer, avec émotion et admiration, ce père qui a communiqué à son /ils
et à sa fille l'amour du beau et qui a voulu réaliser avec eux une œuvre d'art en
hommage à sa petite patrie... « Le but, écrit Achille Rouquet, était devenu la
glorification de cette patrie de nos ancêtres, de cette ville du Passé qui hausse si
fièrement la beauté de ses murailles à l'horizon de toutes les phases de notre existence. La publication de cet album fut donc décidée. La gravure sur bois, ce moyen
si personnel de s'exprimer, en harmonie complète avec les impressions typographiques et qui, par ses tailles franches et ses oppositions tranchées d'ombre et de lumière, rappelle si bien la manière des imagiers du moyen-âge, ne pouvait que convenir admirablement à la représentation des divers aspects de la Ville du Passé.
Mais autour de ces gravures et pour leur donner toute leur valeur significative,
un texte s'imposait qui, rappelant à grands traits les fastes héroïques de la cité
ancestrale, en vint exalter les moments historiques ou plutôt légendaires, sût la
situer dans une atmosphère passée et présente, en magnifiât l'ordonnance et
l'impérissable beauté.
La Ville du Passé était l'œuvre de trois volontés réunies dans un but commun. »
Disons tout de suite que ces trois volontés ont mené à bien leur œuvre, qu'on
les sent animées d'une foi égale et d'un vif amour pour leur terre Audoise.
Toute œuvre née d'une foi ardente ne peut être que haute, vibrante et vivace
et empreinte de cette grandeur même qui rappelle les artistes des cathédrales
construisant en pleine ferveur.
Un phrase ample, souple et musicale ouvre le livre dont les chapitres ne
sont qu'une succession de poèmes en prose tout fleuris de légende et de songe.
« Au sein des temps présents, hantise de jadis, immobile comme un rêve de
pierre, « La Ville du Passé » dresse ses murailles jaunes et ses toits d'ardoise
où grimacent les chimères convulsées des girouettes, au-dessus de la traînée
pourpre des vignes d'automne... » Et c'est dans ce premier chapitre, une série de
bois gravés où le sens décoratif se manifeste avec une impressionnante sûreté,
hors texte ou gravures dans la page : une vue générale de la Cité, la montée
de la Porte d'Aude, les Défenses de la porte d'Aude, la Porte de Rodez, les
vieilles maisons autour du château et près des remparts, les Remparts du Sud et
du Nord, puis, ouvrant en frontispice le second chapitre, c'est la magnifique
Porte des morts de l'église Saint-Nazaire. « Voici, écrit l'auteur, le portail
roman, bas et trapu, et la porte des morts, légère, élancée, ouvrée. Ses fines
colonnettes blanches soutiennent l'arc principal que surmonte le gable triangulaire où s'inscrivent une grande et de petites rosaces de pierre; des clochetons
qui reposent sur des gargouilles s'élèvent de chaque côté. En arrière, large et
rayonnante, fleurit une rose de verre que les lumières intérieures éclairent faiblement. »
Il est rare de trouver réunis en un artiste le don de graver et celui de décrire
avec ferveur et précision l'œuvre gravée. C'est ce double talent qui nous attire
et nous retient ici. Ce chapitre se déroule sous nos yeux avec la grâce ou !a
puissance de ses images inscrites dans le bois, avec la finesse et l'ardeur de son
style; Saint-Nazaire, le soir, est une page d'art remarquable entre tant d'autres;
au premier plan, signe de force, la lourde colonne, et, dans le fond, la délicate
vision des vitraux; jeux d'ombres et de lumières dégressives; puis ce sont les
sombres tours Wisigothes, La Piéta au douloureux visage, et cette massive fenêtre
d'Aude où une fine colonne médiane crée une atmosphère aérienne.
Dans l'ombre des murailles nous suivons le conteur qui évoque les figures de
l'histoire et de la légende, les cortèges guerriers que l'on entend à nouveau se
mettre en marche avec leurs bruits d'armes. Et voici le mâle visage de ce
Bernard Délicieux en révolte contre l'Inquisition et dont la voix d'apôtre tonna
dans les églises du Midi; voici, gravés avec aisance et sûreté, La Porte Narbonnoise, l'Entrée de la Porte d'Aude, le Grand Puits.
Nous sommes maintenant au cœur des légendes, au temps où Charlemagne
regarde Aymeri prendre Narbonne, et où Carcassonne se donne librement à lui;
et toujours par le texte et l'image, nous revoyons Le château, la voûte de la
Tour de l'Evêque, les vieilles maisons et les vieillies tours, la Barbacane du château.

�— 64 —
Puis c'est Vhymne final à la Terre des Ancêtres, à la bonne terre natale qui
« fit croître notre chair et nos rêves », où tant de races se sont heurtées ! C'est
en elle que nous retrouvons toutes les patries que, se dispersant, fondèrent ces
aïeux dont nous gardons en notre âme, tissée de leurs songe», les inquiétudes,
les révoltes et le frénétique désir d'indépendance.
Nous n'aurions garde d'oublier le sauveur de cette admirable Cité de Carcassonne, l'éminent historien et archéologue JEAN-PIERRE CROS-MAYREVIEILLE, grandpère de notre actif et sympathique Président. C'est à lui que les Audois reconnaissants ont élevé un monument sur la place même du château de cette Ville
du Passé qu'il a préservée de la ruine par son" indéfectible amour du sol natal
et son infatigable labeur.
Frédéric SAISSET.
'wiratl

'*"" c

•'

Revues et ouvrages reçus.
I

Service d'Echange des Revues :
Les Annales du Musée social (Paris); — L'Aude à Toulouse (Toulouse); —
L'Auvergne littéraire, artistique et félibrêenne (Clermont-Ferrand) :— Biou y Toros
(Nîmes); — Lou Bournat (Périgueux); — Le Cercle, du Goût Français (Paris);
La Chaumière (Rouen); — La Cigalo Narbouneso (Narbonne); — Le Courrier
Catalan (Paris) ; — L'Ermitage (Paris) ; — L'Eseolo Fclibreena (Montpellier) ; —■
L'Escolo de las Pireneos (Montauban) ; — L'Etendard Piscenois (Pézenas) ; —
I,'Eveil catalan (Perpignan) ; — Le Flambeau du Nord (Tourcoing) ; — Le Fédéraliste (Courbevoie) ; — Lo gai Saber (Toulouse); — Le Grenier (Orléans); —
Idées (Paris) ; — Le Limousin (Paris) ; — La Mouette (Le Havre) ; — La Nouvelle Revue du Midi (Nîmes); — Oc (Toulouse); — Paris-Critique (Paris); —
Le Parthenon (Paris): — La Pensée Latine (Paris); — Poésies (Paris); — Le
Prisme (Lyon) ; — Les Pyrénése Littéraires — Les Rayons (Bordeaux) ; — La
Revue des Indépendants (Asnières) ; — La Revue de la Nièvre et du Centre
(Paris); — La Rose d'Argent (Ruresne); — Septimanie (Narbonne); — La
Science historique (Paris) ; — Bulletin de la Société des Arts et Sciences (Carcassonne) ; — La Revue Latine (Paris); — Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques de l'Aude (Carcassonne) ; — Le Soleil d'Oc (Toulouse); — Le Sol sacré
(Toulouse) ; — La Terre d'Afrique (Alger) ; — La Terre d'Oc (Toulouse) ; ■—
La Tramontane (Perpignan); — Le Bulletin de l'Union des Fédérations des
Syndicats d'Initiative (Paris) ; — Le Touring-Club (Paris) ; — Le Cadet de Gascogne (Paris); — Ceux qui vécurent (Paris): — Bulletin, de la Commission
Archéologique de Narbonne; — IJC Domaine (Foix); — La Revue des Autodidactes (Toulouse) ;.
Ouvrages reçus :
Les Amitiés Languedociennes, par Paul VALÉRY — Jean COCTEAU, etc..
Otani, roman par Pierre VALMIGKRE, éditions Gabelle. Carcassonne, 192(5.
Bos de Bénac, de P.-J.-Robert CANTAHRE, éditorial occitan, Toulouse, 1926.
La Route ascendante de Maurice Barrés, par Adrienne BLANC-PÉRIDIER, éditions
Spes, Paris, 1926.
Paysages d'Histoire, par BOYER D'AGEN, Paris-Lemerre.
Nos Troubadours, par LAJOINIE, Bordeaux, Féret 1926.
Au sommaire de La Nouvelle. Revue Française signalons « Au hasard et au
crayon ». de Paul VALÉRY; et un remarquable essai d'André CHAMSON, l'auteur de
Ronn le Bandit, dans lequel l'auteur oppose Mistral à Maurras.
Poèmes de l'Eté et de l'Automne en fleurs, par TOUNY-LERYS. La Pensée Française éditeur, Paris.
Les Poilus, par Joseph DELTETL, que notre collaborateur Jean Lebrau présentera
à nos lecteurs dans notre prochain numéro.
L'Idée et l'Ecran, par Henri FESCOURT et Jean-Louis BOUQUET, fascicule 111.
Notre collaborateur, A. LAMANUÉ, termine un nouveau roman : Les Enfants du
Siècle.
Ces publications et ouvrages figurent à la bibliothèque du Groupe et peuvent
être consultés par les membres.

�Beaux Arts
Grandes et Petites Expositions.
L&gt;e Salon Oeeitan. — L&gt;a Retrospeetive des Indépendants. — ToulouseLiautree. — Odilon Redon et Gustave fayet. — yylilette.

ous n'avons pas encore tout dit sur notre Salon
Occitan. Depuis la publication de notre dernier numéro des Feuillets, de nombreux articles ont encore été publiés sur notre exposition. Et dans des revues artistiques qui comptent parmi les plus intéressantes de la Capitale, notamment dans La Renaissance de l'Art
Français que fonda notre compatriote Henry
Lapauze et que dirige Madame Henry Lapauze
avec une activité digne de celle de son mari; dans L'Art et les
Artistes, aux destinées de laquelle préside Armand Dayot, dans
L'Amour de l'Art, L'Art vivant, etc.. La presse, tant parisienne
que provinciale, les journaux aussi bien que les revues artistiques,
ont très bien accueilli notre manifestation et en ont parfaitement
saisi le sens. Comœdia a conclu, en déclarant, il n'y a pas longtemps : « Le Salon Occitan a été un des plus curieux de la saison ».
Et cependant la saison actuelle a été fertile en manifestations
marquantes. L'importante rétrospective de Trente ans d'art indépendant a prouvé, comme cette inoubliable exposition des Cinquante ans de peinture française, au printemps dernier, que des
artistes libres et hardis, souvent ignorés ou critiqués durant lçur
existence, se sont affirmés aujourd'hui les figures dominantes de
notre époque. Ainsi les Courbet, les Corot, les grands impressionnistes, Manet, Sisley, Pissaro, Claude Monet, Renoir, les Degas, les
Cézanne, les Paul Gauguin. Vérité aussi évidente et saisissante que

�— 66 la vérité que ces peintres libres ont mise dans leurs œuvres. Par
là, ces novateurs ont renoué la chaîne traditionnelle. Et aussi par
leur recherche d'un faire nouveau. Car l'histoire de notre art nous
montre que les grands maîtres ont accompli un pas en avant sur
leurs prédécesseurs. Les vrais continuateurs de la tradition, ce sont
eux, les créateurs de nouveau, les indépendants. Point de paradoxe dans cette affirmation. Elle n'est pas uniquement mienne.
Paul-Boncour, qui a été un rapporteur distingué du budget des
Beaux-Arts, avant Rameil, a soutenu cette même thèse avec son
éloquence bien personnelle.
UYi grand artiste de chez nous, mort jeune, occupait une grande
place dans cettë" rétrospective des Inde-pendants. Je fais allusion
à H'enri de Toulouse-Lautrec (1). Toulouse-Lautrec, descendait d'une
vieille famille méridionale dont les domaines s'étendent un peu
partout dans nos régions, depuis Albi jusqu'à Narbonne, a été un
observateur perspicace, à l'ironie plutôt amère, des milieux de
théô.tre, de cirque, de music-hall, et des restaurants de nuit parisiens. Mon-confrère René-Jean souhaite de voir au Musée du Louvre, le tableau de Toulouse-Lautrec figurant un intérieur de café
montmartrois et qui revêt pour lui l'importance d'un document
significatif. Henri de Toulouse-Lautrec enveloppait ses analyses si
pénétrantes dans un métier de coloriste raffiné, recherchant des
harmonies de tonalités. Il se situe bien à ce point de vue à côté d'un
Vuillard. Celui-ci a d'ailleurs esquissé à l'huile un petit portrait en
profil de Toulouse-Lautrec, coiffé d'un chapeau mou de voyage, le
cou émergeant d'une chemise blanche à quadrillages bleus. Ce
portrait est lui-même aussi expressif qu'harmonieux.
Les coloristes d'aujourd'hui ont hérité des impressionnistes la
fraîcheur et la clarté de la palette. Mais ils ont poussé plus1 loin
qu'eux la préoccupation d'harmoniser entre elles les tonalités. Ce
sont des harmonistes, des musiciens de la couleur. Ils accordent
non seulement des tons amis, mais encore des tons opposés. Ces
coloristes étaient nombreux dans cette manifestation indépendante
où l'on a remarqué des peintures de Matisse, Bonnard, Vuillard,
Denis, Lebasque, Flandrin, Marquet, Camoin, Fraye, Puy, etc.
Tous ces peintres ne sont pas occitans. Pourtant nous avons dans
oe jardin des coloristes un des nôtres, et non des moins délicats. Tl
s'agit de Pierre Laprade. Les toiles de Laprade dans la rétrospective
du Grand Palais étaient bien représentatives de sa manière, depuis
cette nature morte au masque jusqu'à ce paysage italien avec la
statue de la Louve, en passant par ce site parisien de Notre-Dame
(1) Nous donnerons dans un prochain numéro des reproductions d'oeuvres de
Toulouse-Lautrec, extraites de H. de Toulouse-Lautrec, par Achille ASTRE, aux
Editions Nllson.

�/WitiT

LE

MARCHE

Bois do

LAGAKIUUE.

�— 68 et ce pont de yacht en Hollande. La distinction de la couleur, la
nonchalance aristocratique du trait n'excluent pas la solidité chez
Pierre Laprade. Le toulousain Paul Ramond attirait l'attention par
les tons chauds, hardiment vifs, de ses coins des Pyrénées-Orientales. Chabaud exposait de vieilles paysannes du midi, des dévotes
se rendant à l'église dans ces décors si vigoureusement décrits avec
du bleu de ciel, des blancs plâtreux et des noirs. Le montalbanais
Ramey avait également un envoi caractéristique, ainsi que ses voisins provençaux, Girieud, Lombard, Verdilhan.
De nombreuses expositions particulières, des expositions de
groupe avaient précédé cette rétrospective des Indépendants et
l'ont suivie. Parmi les premières il convient de noter celle d'André
Fraye qui a réuni chez Dru des peintures fleuries des Sablesd'Olonne, des ports de mer avec des barques légères ou de lourds
paquebots, des plages animées de l'élégance de robes féminines.
Fraye y a affirmé l'acuité de son œil, sa sûreté à discerner et à
fixer dans le ton et dans la valeur les rapports de couleurs. Et il
ne faut pas oublier non plus les ensembles d'Henri Oftmann, peintre de la vénusté de la femme; de Quelvée; les aquarelles de PicartLe-Doux; les œuvres de Marie Droppe, éprise de clarté et d'arabesques décoratives dans ses bouquets ou ses scènes bibliques. Au
Palais de Marbre, notre' avisé confrère M. Louis Vauxcelles a
groupé une série de Visages dans lesquels le relief de la vie se traduisait dans un métier vraiment pictural. Ils avaient été exécutés
ces visages, par de grands artistes comme Carrière, Courbet, Manet,
Degas, MonticelH, Vallotton, Albert Besnerd. Et aussi par des peintres justement réputés de la jeune génération, tels que René Piot,
Asselin, Déziré, Flandrin, Marguerite Crissay (têtes bien modelées de jeunes filles), Roland Chavenon (tête de jeune homme à la
casquette), Féder, Mainssieux et ses mauresques, Marie Laurencin, etc. Un bon peintre occitan parmi ces modeleurs de visages
dans la pâle colorée : Auguste Chabaud dont j'ai déjà parlé, et,
parmi les modeleurs en sculpture, Auguste Guénot avec une amène
tête de jeunesse souriante, et Parayre.
Le Pavillon de Marsan a été bien inspiré en abritant dans ses
larges et claires salles l'œuvre d'Odilon Redon et les tapis de Gustave Fayet, notre compatriote de Béziers. Cette double exposition,
en même temps qu'elle a donné une consécration méritée à deux
grands artistes, a constitué une sorte d'hommage à l'amitié. Odilon
Redon, né à Bordeaux, et Fayet, originaire du Bas-Languedoc,
s'étaient intimement liés, depuis qu'ils s'étaient connus en 1905.
Gustave Fayet, pour se rapprocher de Redon, lequel habitait Bièvres, avait acheté, dans le voisinage, cette jolie gentilhommière

�— 69 —
d'Igny, datant du xvnT siècle, et où il avait rassemblé, avec son
goût très sûr, au milieu de meubles Louis XV et Louis XVI, une
précieuse collection de peintures modernes allant de Cézanne, Van
Gogh, Gauguin, jusqu'à l'italien Bonanomi. Odilon Redon comptait dans cette collection pour une centaine de numéros. Lorsque
Fayet eût acquis l'ancienne abbaye de Fontfroide, il demanda à son
ami Redon de la décorer. Et c'est en voyant Odilon Redon brosser
ses panneaux avec amour que Gustave Fayet fut tenté de reprendre ses pinceaux qu'il avait abandonnés depuis sa jeunesse. Redon,
tandis qu'il travaillait, invitait, du haut de son échelle, Fayet à se
remettre à peindre. Gustave Fayet l'avait écouté, et ne devait pas
s'en repentir.
Fayet nourrissait depuis longtemps le projet de réunir un ensemble de Redon qui pourrait donner une idée de la personnalité de ce
grand artiste. Odilon Redon ne jouissait pas, au gré de Fayet,
d'une célébrité à la mesure de son envergure. L'exposition du
Pavillon de Marsan a réalisé entièrement le but cherché par le
fidèle d'Odilon Redon. Celui-ci y est apparu comme un créateur
doué d'une imagination des plus fécondes, comme un symboliste
vraiment inspiré, à travers ces sujets historiques tels que le
Rolland ou YOphélie, à travers ces scènes bibliques de la Fuite en
Egypte, d'Eve ou de Jacob et l'Ange, à travers ces compositions
mythologiques comme ce Quadrige avec Phaëton, plusieurs fois
traité. Même les Barques, par quoi le peintre a été hanté, même
les bouquets de fleurs champêtres ont un langage symbolique.
Redon est demeuré encore un idéaliste lorsqu'il a portraituré Vuillard, Olivier Sainsère, Madame Redon, surtout lorsqu'il a rendu au
pastel le pur profil de Mlle Simone Fayet, en première commu
niante dont les voiles blancs contrastaient avec la bigarrure chatoyante d'un vitrail. Pourtant Odilon Redon s'avère bien, dans toutes
ses œuvres, — peintures, pastels, fusains, lithographies — le peintre qu'il voulait être avant tout, celui qui ambitionnait « de faire
rivre humainement des êtres invraisemblables, en mettant, autant
que possible, la logique du visible au service de l'invisible ».
Gustave Fayet voisinait avec Redon, mais seulement avec une
imposante série de ses tapis si particuliers et auxquels j'ai consacré,
dans ces Feuillets et ailleurs, de nombreuses études. Fayet s'y montre lui aussi un coloriste rare, ayant reçu le don d'une imagination
très fertile dans l'invention et l'arrangement de la couleur. Chacun
de ces tapis constitue une symphonie de tons, présentant ici l'éclat
d'une floraison, là le moelleux de la neige, là l'étrangeté d'une
végétation marine. Chacun d'eux est « un état d'âme ».
Malheureusement, Gustave Fayet n'a pas eu la joie d'assister à

�— 70 cette manifestation de Redon jointe à son exposition qu'il avait
préparée lui-même avec tant de piété. Une mort brutale l'a frappé
— on le sait — quelques mois avant. Et ce n'est pas sans une vive
émotion que nous y avons pensé, trouvant dans ces circonstances
pénibles des motifs d'augmenter davantage nos regrets.
Des regrets, nous en avons eu encore en apprenant la mort d'un
autre grand artiste, Willette. Celui-ci n'était pas occitan, mais il
méritait d'être de chez nous par son caractère généreux, par son
cœur, par son inspiration toute latine. On a publié de nombreux
articles sur le père de Pierrot. Et j'ai entendu au Caméléon une
causerie vraiment intéressante de Louis Richard, lequel avait été le
camarade de Willette au Chat Noir. Richard a déroulé, avec une
ferveur émue, tout un long chapelet d'anecdotes qui éclairaient
d'une vraie lumière l'esprit et l'âme de ce dessinateur et de ce
peintre. Je n'en cite qu'une. Le jeune Willette effectuait avec plusieurs artistes, sous la surveillance d'un pontife connu, la décoration d'une salle. Le maître avait formulé à l'artiste une remarque
qui avait froissé son sentiment de l'indépendance. Aussi, le lendemain, que) ne fut pas l'étonnement do tous en apercevant Willette
en habit de collégien. Le peintre avait revêtu l'habit de potache
d'alors, la tunique sjerrée à la taille, le k.épi. Et comme le maître
sollicitait du jeune artiste des explications sur cette tenue, celui-ci
de déclarer qu'elle correspondait à la réalité, puisqu'il avait été
traité par lui en écolier.
J'ajouterai un petit document à ceux de Louis Pichard. Ce dernier n'a pas rapporté que Willette avait un ami dévoué dans notre
pavs d'Oc. Tl s'agit de Jules Azéma. félibre, poète, conseiller général de l'Aude et maire d'une commune de ce département. Azéma
aime beaucoup les livres et les tableaux. Il m'écrivait, il y a quelques mois, au sujet de Willette : « Le 4 janvier dernier, il m'envoya
une lettre qui est pfiul-être la dernière qu'il ait écrite. On venait de
lui faire une saignée et, avec son sang, il me dessina un Pierrot
portant les ar&gt;;mes avec un crayon et criant : « Vive Mossieu le
Maire ». J'ai plusieurs autoà-raphes du maître que je qarde précieusènient et une aquarèUe qu'il peignit sur la feuille de garde de son
livre : FEU PIERROT... »
Que Jules Azéma me pardonne d'avoir rendu publique cette lettre qui était destinée à rester intime. Mais ne contient-elle pas un
trait d'une délicatesse touchante et qui finit bien cette esquisse trop
rapide du cœur de Willette ? Celui-ci a dessiné souvent des cœurs
symboliques dans ses dessins. Et il a mis dans le ciel montmartrois
des bandes de Pierrots, minces, gracieux comme des chérubins et
ayant, tous, des âmes de poètes.
PAUL-SENTENAC,

�— 71 —

La Musique.
L»e Souvenir de Déodat de Sévérae.
Un soir du mois de Mai 1910, à Géret, dans une petite chambre
d'hôtel de la rue Saint-Ferréo) où, bercé pai? des vagues de plainchant et par les symphonies vallespiriennes, Héliogabale prenait
vie, j'étais allé voir Séverac.
Il travaillait devant sa fenêtre; et de sa table, où mille feuillets
épars recélaient la splendeur des floraisons futures, il voyait l'Albère profonde et bleue participer à toutes les magies de l'heure et
de la lumière. « Tu vois, ça, me dit-il, en me montrant le paysage
ardent tout patiné de crépuscule, tu vois, ça, c'est la plus belle des
sonates ! »
Il y a cinq ans, devant la miraculeuse harmonie de « la plus
belle des sonates », —s la Sonate Catalane — où il était venu chercher l'inspiration de ses dernières œuvres, s'éteignait doucement, le
Jeudi-Saint 1921, à l'âge de 49 ans, le Mùsicien de la Méditerranée,
le Poète des voix languedociennes, le révélateur de la beauté roussillonnaise, celui qui partage avec Mistral le merveilleux honneur
d'avoir synthétisé dans son art l'âme de tout un pays, le chant de
toute une race.

*

**
C'est devant une mort comme celle de Séverac, une mort qui emporte avec elle tant de beauté et tant d'espérance, que l'on peut
vraiment mesurer toute la profondeur, toute l'horreur de l'irréparable.
Séverac mort, notre vie à nous, qui vivions avec lui, est brusquement amoindrie, rétrécie, bornée. On dirait qu'il y a moins d'espace, moins de lumière autour de nous. J'ai senti vraiment, le soir
de l'enterrement à Céret, un peu de cette désolation anéantie, sans
réaction, sans révolte, qui vous laisse, après les grandes catastrophes, devant l'irrévocable « c'est fini ! ».
Mais comme il reste clair et vivant, dans notre pensée !
Je me souviens de ce que disait Fontbernat, le lendemain : « Semble pas que sigui !... Semble pas que sigui ! »
Et que d'images, dans mes souvenirs !...
... Déodat au piano des de Guibert, le jour de la première rencontre... L'amitié si vite nouée à cause d'une parenté commune, à
cause des chansons catalanes qu'il ne connaissait pas encore, et du

�— 72 —
rayonnement que son jeune génie de vingt-huit ans dégageait déjà...
...Déodat chez Armand, le printemps de son arrivée à Céret, et la
chambre devant les cerisiers en fleurs, avec le manuscrit d'Héliogabale, les mots de Manolo, le rire brun de Nina Séréni, le papillonnement des petites Charry...
...Déodat à Béziers, le soir d'Héliogabale, la grande apothéose
d'or du dernier acte, au coucher du soleil, et les dix mille spectateurs acclamant, et l'apparition sur la vaste scène du petit homme
aveuglé, si humble, si honteux, traîné par Sicard et de Max...
Déodat chez Gaveau, le jour de l'audition parisienne et du triomphe des Mattes, sa simplicité devant les ovations et les poignées de
mains illustres.
...Déodat pendant la guerre... le vaguemestre de Prades, si peu
belliqueux !... les vacances à Font-Romeu... les déjeuners en forêt,
devant les lacs, avec Selva, et lui, si gai, si heureux, si gentiment
joyeux, entre sa femme et Magali, au milieu d'amis, en Cerdagne !
... Et puis, les premières atteintes du mal... Notre travail en
commun... Le Roi Pinarl... l'agrément de cette collaboration exquise, lui au piano, moi penché près de lui, sur la feuille blanche...
...Et ces séjours à Paris ! Déodat au Napolitain, avec les camarades retrouvés... Déodat chez Rouart me jouant cette Miort de
Pan qu'on ne retrouvera jamais... La « première » d'Hélène de
Sparte avec Rubinstein, et lui si simple, si nature, si Languedoc, si
terroir, au milieu de ces célébrités imposantes, de ces gloires parisiennes et de ces snobs...
...Et puis, le dernier automne... l'affaiblissement... la visite à
Saint-Félix; lui, plus affectueux, plus tendre, déjà résigné, me montrant les choses de son enfance, la maison, la salle de musique, les
vieux tableaux de famille, l'église, les orgues, les horizons inspirateurs, et le geste qu'il eut, si grand, sans lyrisme, pour me désigner
cette direction, là-bas, le « Canigou » !
Et puis Céret... les derniers jours... l'agonie... la chambre avec
le soleil du printemps au dehors, et cet homme sur ce lit, ce grand
génie râlant, émacié, devenu Christ, avec cette désolation muette,
autour...
Déodat ! Déodat ! Quelles musiques dans ton nom ! Que d'harmonies anéanties ! Que de délectations promises ! Que de beauté qui
ne mourra pas !... Oh ! cet enterrement ! tes orgues, Déodat ! tes
orgues sous les doigts d'un autre !... J'ai pleuré; tout le monde a
pleuré. On a pu, enfin, parce que tu étais mort, crier ta gloire, dire
ton génie. On a prononcé des jugements, des noms, Virgile, La
Fontaine, Mistral...
Déodat... Déodat...
ALBERT BAUSIL.

�ARCHÉOLOGIE

MÉRIDIONALE

L'écroulement du Clocher de la Dalbade
à Toulouse.
d'information du monde entier a annoncé la
catastrophe toulousaine.
Le dimanche 11 avril 1926, à 3 heures 15 du
matin, le clocher de l'église Notre-Dame la Dalbade s'est effondré, anéantissant plusieurs maisons
et une partie de la nef, faisant deux morts et une
trentaine de blessés.
L'église paroissiale de la Dalbade avait été reconstruite dans sa forme actuelle au début du XVIe siècle.
C'est un édifice à large nef unique, à chapelles latérales logées entre les contreforts suivant les principes de l'école gothique
du midi de la France. La façade ouest, très élégante, rappelle les clochers
plans usités dans la région depuis le début de l'époque romane, mais
elle est purement décorative et « défensive », car l'église était fortifiée.
Le clocher avait été établi au nord-est de la nef. Or* le commença
en 1501 ou 1502 sur plan carré. Mais on avait projeté une tour si considérable que les murs de la base (2 m. 40 d'épaisseur) absorbèrent tous
les crédits; il fallut s'arrêter. Le travail fut repris assez longtemps après
et terminé en 1551 seulement.
Contrairement aux habitudes toulousaines, les quatre étages supérieurs furent continués sur plan carré et non sur plan octogonal. De
plus les angles furent renforcés par des tourelles de plan circulaire. Un
procès-verbal de visite du xvir siècle nous apprend que la flèche était
soutenue par quatre arcs-boutants, ce qui est également inusité dans
A PRESSE

�— 74 —
la région. Chaque étage comportait huit baies en tiers-point, soit deux
baies par face et par étage.
Le tout était entièrement construit en bonnes briques cuites, mais
une assise de pierres sculptées courant horizontalement entre chaque
étage rompait heureusement la monotonie de la teinte rouge.
A la Révolution, le Directoire du district prit le 21 pluviôse an II un
arrêté ordonnant la démolition des clochers de la ville jusqu'à hauteur
des combles des nefs : le principe d'égalité l'exigeait... On commença
par celui de la Dalbade qui était le plus élevé, mais o.-i s'arrêta fort
heureusement après avoir supprimé la flèche et la moitié du dernier
étage.
Le clocher resta ainsi découronné pendant près d'un siècle. « En 1881,
écrit l'abbé Julien dans son Histoire de la Dalbade (1891, page 212),
M. le curé de Laportalière, après avoir mûrement pesé les formidables
responsabilités qu'il devait assumer pour relever les parties abattues,
ne recula ni devant les périls, ni devant la dépense d'une telle entreprise. »
Cette restauration fut faite en très peu de temps, à la suite d'une souscription publique, sous la direction de l'architecte Bach.
Le curé actuel de la Dalbade, M. l'abbé Dufau, avait déjà des craintes
pour la solidité du clocher il y a trente ans, quand il prit possession de
son poste. Les architectes placèrent des témoins de verre sur les lézardes; ces témoins firent consciencieusement leur office, se brisant les
uns après les autres; consciencieusement aussi, ils furent renouvelés à
plusieurs reprises jusqu'à cette année et leur désolant témoignage ne
fut, hélas ! d'aucune utilité.
En 1908, j'avais moi-même travaillé plusieurs journées de suite dans
les combles et sur le chemin de ronde de l'église en vue de relever diverses cotes pour mes travaux archéologiques; je constatai de près l'état
de délabrement de la tour, mais il me fut impossible d'y pénétrer par
suite d'une consigne rigoureuse qui avait pour but de protéger non les
visiteurs, mais les fameux « témoins ».
Un mois avant la catastrophe, des briques tombèrent des étages supérieurs; l'aide carillonneur, Marius Clastres, prévint aussitôt le Chanoine
Contrasty, procuré, qui avertit à son tour l'architecte de la ville, M. Milloz.
Ce dernier procéda à une visite du clocher; il y revint quelques
jours après, accompagné de son collègue, M. Curvale, architecte des
monuments historiques. Tous deux furent d'avis que des réparations
s'imposaient, mais ils reconnaissent n'avoir pas soupçonné l'imminence
de la chute. Ajoutons que M. Curvale avait accompagné l'architecte de la
ville à titre purement confraternel, l'administration des monuments historiques n'ayant que la charge d'entretenir la façade, seule partie de
l'édifice soumise au « classement »; le reste de l'église est inscrit depuis
le 18 mai 1925 sur la « liste complémentaire » des œuvres d'art; cette

�— 75 —

inscription comporte seulement pour le ministère certains droits de surveillance, et nul devoir d'entretien.
A quelle cause attribuer le désastre ?
A un séisme ? Assurément non, tous les observatoires de l'Europe
occidentale certifient n'avoir enregistré cette nuit-là aucun mouvement
tellurlque.
A une bourrasque ? Pas davantage. L'observatoire de Toulouse a fait
connaître qu'à trois heures du matin le vent soufflait avec une vitesse
de neuf mètres à la seconde. C'est là un vent « assez fort », mais pas
un vent de tempête. Tout au plus pourrait-on accuser le vent d'avoir
avancé l'écroulement de quelques heures, et il faut lui en savoir gré, car
si le fait s'était produit dans la matinée (c'était un dimanche), passants
de la rue et fidèles dans l'église auraient péri par centaines.
Un archéologue de nos amis a soupçonné la Garonne... Elle est assez
voisine, en effet, et l'humidité pourrait avoir sapé les fondations. J'écarterai encore cette hypothèse, d'abord parce que les assises de la tour
très massives sont restées à peu près intactes, ensuite parce qu'un
mouvement de la base aurait eu pour conséquence de faire pencher toute
la masse d'un côté quelconque; : or l'on n'a jamais remarqué rien de
semblable.
A notre avis, la première faute est imputable aux constructeurs de
1550, qui, à court d'argent, donnèrent aux murs des 1er et 2e étages une
épaisseur disproportionnée avec la hauteur de l'ensemble (84 mètres).
Ce qui est plus grave, c'est que le clocher resta sans toiture ou sans dallage protecteur pendant près de cent ans; la pluie a pu ronger le mortier
tout à son aise, et que vaut la brique sans le mortier ? Enfin, l'architecte
de 1882 a très hâtivement chargé cette tour si longtemps mutilée, d'une
flèche trop haute et trop lourde, tandis que les murs recevaient encore
la charge d'une trentaine de cloches, dont une pesant 1.500 kilos. Dès
cette époque, de nombreux cris d'alarme furent poussés, mais en vain :
« on trembla de peur dans le quartier Saint-Rémézy », dit un écrit de
l'époque. On tremblait de nouveau depuis quelques mois...
Je reviendrai peut-être sur la question des responsabilités, qui intéressse tous nos malheureux monuments de France : la place me manque
aujourd'hui.
Quant au clocher, il est certain que sa silhouette élancée manque au
paysage classique du quai de Tounis. Mais les archéologues déplorent
médiocrement sa disparition.
Car ce clocher était un intrus.
Par son plan carré, ses tourelles rondes, il rappelait la tour de SainteCécile d'Albi, dont il était, du reste, une maigre copie. Par ses baies
en tiers point, ses arcs-boutants et sa flèche aiguë, il se rattachait au
style gothique du Nord. Ce clocher n'était pas Toulousain, et peut-être

�- 76 tenons-nous la vraie raison de sa ruine. D'abord, sa forme n'était point
appropriée aux matériaux de la région; ensuite c'est sans enthousiasme
et sans expérience que les maîtres maçons de Toulouse l'ont fait sortir
de terre. Ne soyons pas surpris si cette fleur étrangère au terroir s'est
prématurément flétrie.
Les monuments, comme tous les produits de l'art et de la nature,
doivent être adaptées à leur milieu, c'est-à-dire être de leur pays et aussi
de leur époque. Le futur clocher de la Dalbade sera, souhaitons-le, un
clocher vraiment Toulousain et un clocher du xx" siècle.
E.-H. GUITARD.

« Le Groupe Occitan estime qu'un Comité devrait se former pour ouvrir
« une souscription destinée à contribuer à la reconstruction d'un monument
« qui constituait l'une des richesses d'art de la capitale du Languedoc et faisait
« partie intégrante de sa silhouette. »
N. D. L, R.

�Les Lettres Occitanes
JSlotre enquête sur

Le Problème Oeeitan
1° Raisons d'agir (suite)

Réponse de M. AbCRfiTEf* DE BRAHM.
Langue d'Oc est menacée. Rassurons-nous; ce
n'est que par la circulaire d'un Ministre. Mais
qu'avez-vous dit en apprenant que ce ministre
est lui-même un enfant du Midi, de cette région
agéno-quercynoise qui, si elle a donné le jour
à Jean M'a rot, n'ignore point qu'elle eut, au
M/oyen-Age, des tfoubaïres, et que le prestige
d'un Cladel, d'un Pouvillon, d'un Delbousquet
n'effacent point le rayonnement d'un Antonin
Perbosc.
Il y eut toujours, de par le monde, des êtres
prédestinés. Notre ministre est de ceux-là. Qui
donc, en effet, aurait pu supposer que sa réponse négative à la pétition de la Liga per la lénga d'Oc a l'Escola
serait, en quelque sorte, le plagiat édulcoré de la décision prise, il
A

�— 78 —
y a tantôt un siècle moins huit ans, par le Conseil d'arrondissement
de la cité de Cahors, résolue, dès alors, à proscrire des assemblées
l'usage des patois, si respectable que parût cet héritage ancestral,
pour cette simple raison qu'ils n'ont pas su s'élever au rang des
langues écrites. Ce fut ainsi, cependant. Et quel dommage que
Charles Nodier n'ait plus été de ce monde pour constater la réalité
de ce conte fantastique sorti de sa plume alerte et salace, nous édifiant sur la mentalité « centralisatrice » des notables conseillers de
l'arrondissement cahorsin.
Donc, le folk-lore des mille et un troubadours, dont vingt professeurs, taillés à l'aune d'un Jeanroy ou d'un Anglade, ne parviendraient pas, dans leurs cours, à épuiser la matière; donc les gestes
de Fiérabras et de Gérard de Roussillon, — les poèmes couronnés
aux Jeux Floraux depuis tantôt cinq cents ans, depuis qu'Arnaud
Vidal inaugura leur palmarès, — et le dictionnaire de Jean Doujat,
associé à l'œuvre de Goudoulin, et tous les vieux grilhs: de Toulouse, et Jasmin, et Mistral, Aubanel, Roumanille, Paul Arène,
Fourès, Charles Gras, Victor Gelée, Vermenouze, Maingot, voire
Vestrepain; puis, de nos jours, Philadelphe de Gerde, Camelat, Delbousquet, Charles Derennes, Estieu, Sully, André Peyre, Antonin
Perbosc, etc., en un mot tout l'édifice monumental bâti par les
ouvriers de dix siècles de rang, et dont les textes demeurent, tout
cela n'a pas qualité pour prétendre relever d'une langue écrite !
Eh bien ! mais si au lieu de la renforcer, on avait levé l'interdit
qui pèse sur les langues occitanes depuis l'issue de la guerre des
Albigeois, et que renouvela en 1539 l'Edit de Villers-Cotterets, il est
fort probable que les grammairiens eussent unifié la langue d'Oc et
fixé des règles à son expression littérale, tout comme le firent pour
l'autre, après une si longue période de relative anarchie linguistique, Vaugelas et Malherbe, précurseurs des Précieuses de l'Hôtel
de Rambouillet. Et encore, peut-être valait-il mieux qu'il n'y eût
point de grammairiens, et qu'il advînt ce nue d'aucuns, à tort d'ailleurs, déplorent aujourd'hui, puisqO'ayant eu nous-même le bonheur de nous initier à l'usage des dialectes occitans, il nous fut aisé
de constater une différence d'expression, et surtout de construction
grammaticale, beaucoup moins sensible entre un texte médiéval du
pays d'Oc et ses poèmes actuels, qu'il n'en existe entre la Chanson
de Roland et la Légende des Siècles.
De tout ceci, il appert tangihlement, nue les doctrines jadis libertaires, voire moscoutaires, d'un politicien se sont ralliées, comme
par miracle, aux conceptions d'un pouvoir se disant libéral et qui
appréhende les conséquences d'un enseignement bilingue, dans une
même nation. Si l'on veut bien songer un instant que ce politicien

�— 79 —

a voyagé en Russie depuis l'ère des bolchewiks, on est fondé à
s'étonner du peu de profit qu'il a tiré de ce voyage, au point de vue
philologique.
Imaginez, un instant, au fond de l'une quelconque des provinces
de la Russie d'Europe ou d'Asie, le maître d'école, que nous supposons initié à la langue officielle, obligé de s'en servir exclusivement
pour l'enseigner à des petits moujiks de Laponie, à des Kisghis, des
Samoyèdes, voire à de jeunes Tatars de la province de Kazan. Voilà
certes une idée qui n'eût jamais hanté même l'esprit d'un Bismark, en 1871, au lendemain de l'annexion de l'Alsace, et je n'ai
pas ouï dire qu'on ait interdit au Schulmeister d'user de son dialecte régional pour adapter ies petits « wakes » aux difficultés de la
langue de Schiller et de Goethe.
Ce que Louis XIV, monarque absolu, n'a pas voulu imposer aux
Alsaciens, lui qui donna, tout au contraire, à l'Académie des Jeux
Floraux des lettres patentes consécratives ; ce que Napoléon Ier,
même, n'a pas songé à ordonner aux multpiles nations soumises à
sa tutelle ou à son protectorat, il est étrange en vérité qu'un régime
démocratique s'obstine à le prescrire.
D'autant qu'il y a, dans cette interprétation ministérielle du vœu
de la Ligue occitane, matière à malentendus, ingénieusement entretenus.- Perbosc ne s'y est pas mépris, lorsque dans sa belle suite
d'articles parus au journal Oc, en faveur de la défense des langues
die France à l'école, il a montré qu'on avait, comme à plaisir, embrouillé les questions. Estimons-nous heureux de ce que Montauban, par la plume autorisée du poète des Pimpanellos, s'emploie
aussi ardemment à corriger l'erreur séculaire des duumvirs de
Cahors.
Que demandait la Ligue, dans son manifeste, si nettement coordonné, en ses divers éléments, par notre confrère Jean Bonnafous,
Cadurcien dissident, puisque féal observateur des traditions occitanes ? Simplement licence d'utiliser les dialectes locaux pour l'enseignement du français. C'est là un palliatif précieux, on l'accordera volontiers, aux inconvénients de la méthode directe conforme
aux ukases universitaires, et qui impose l'usage exclusif du français
à l'adresse de gamins qui n'étant jamais sortis de leur village ou
dés fermes environnantes, ne savent s'exprimer qu'en patois, ainsi
qu'ont fait leurs ascendants depuis nombre de générations.
Où voit-on en cela un danger ? Et que signifie en ce débat, la comparaison entre les versions et les thèmes occitans proposés par le
maître, mais réprouvés par le ministre, et les mêmes exercices recommandés par celui-ci dans l'étude des langues nobles., mortes ou
vives ?

�— 80 —
Etude généralement vaine et sans portée efficace, nous ne le
savons que trop, lorsqu'elle ne se peut compléter par un séjour aux
pays d'origine. Tellement vaines que les plus savant professeurs se
disputent encore sur la manière de prononcer le latin et le grec,
sans penser peut-être qu'ils n'auraient qu'à s'inspirer de la prononciation occitane et de la grecque moderne pour reconstituer à
peu près normalement l'ancienne. Manœuvre délictueuse, antipatriotique peut-être, en ce sens que cet effort employé à rehausser
le prestige d'un dialecte aux yeux des enfants qui le balbutièrent,
des hommes qui en lisent les chefs-d'œuvre, risquent d'entraver
le nivellement général, l'uniformité préconisée comme le sésame du
progrès, et qui, selon la pittoresque expression inspirée d'après Musset à Grandilhon Gens d'Armes, dans sa réponse à une enquête de
M. Aimé Giron, figariste, « tend à racler les dernières aspérités de
ce grand potiron bien lisse que sera un jour la France, puis le
monde ».
Accordons que très complaisamment, il est vrai, le Ministre a pris
la peine de rhétoriquer avec ampleur pour expliquer son veto. Mais
il ne laisse pas de nous surprendre, lorsqu'il objecte, d'un ton interrogatif, que nul pédagogue qualifié n'est d'avis qu'on puisse mettre en œuvre le breton, le basque, le flamand (et l'alsacien qu'il
oublie), pour enseigner le français; donc, à fortiori les dialectes de
Provence, de Gascogne, de Languedoc et d'Aquitaine ?
Au surplus, l'idée d'accorder (et ceci est une autre question,
mêlée on ne sait trop pourquoi à cette controverse), une place à
l'enseignement de ces dialectes dans les écoles» normales dépasse
son entendement. En vérité, que nous voici donc loin du programme
d'unification scolaire préconisée par le parti socialiste ! Ainsi donc,
ce qui est œuvre pie dans les universités ou facultés de Rennes,
Bordeaux, Toulouse, Montpellier eî Aire, devient apostasie dans les
écoles normales primaires et même secondaires ! C'est peut-être
que l'esprit égalitaire entend malgré tout, et fort bourgeoisement,
maintenir des cloisons étanches entre les trois degrés scolaires ? Et
voilà qui n'est point du tout pour nous surprendre. N'importe.
Tous les ministres du monde peuvent élaborer des circulaires prohibitives, concises ou prolixes. Ils se heurteront toujours au bec de
gaz de la nécessité pratique, laquelle ne connaît point de loi; et
tant qu'il y aura des dialectes, voire des patois usités en nos terroirs régionaux, le maître d'école s'en servira toujours, s'il les
connaît, en vue de faire entrer dans la boussole d'un petit pâtre
mal dégrossi les rudiments de la grammaire et de la langue nationales.
Et puis, quoi qu'on veuille, quoi qu'on dise, ou écrive, ou im-

�prime, il y a eu, il y a deux langues françaises en France, depuis
que l'influence tudesque a accompli dans le Nord ce que l'influence
latine avait auparavant réalisé dans la Gaule romaine. L'esprit gaulois s'est assimilé ces deux éléments. Mais si le Gallo-romain, réservant l'usage du latin d'Empire aux travaux intellectuels, s'est mué
en langue rustique, cette Gallia rusticana est devenue peu à peu la
langue d'Oc et, bien avant celle d'Oïl, a enfanté des œuvres littéraires.
Le Serment de Strasbourg (843), que l'on s'accorde à tenir pour
le premier monument de notre littérature nationale, nous en offre
une preuve éclatante, puisque, si l'on veut bien prendre la peine de
le prononcer avec l'accent et l'articulation qui normalement conviennent à ce texte, se révèle une page de cette langue d'Oc, généralisée alors sur tout le terriloire, mais plus ou moins modifiée dans
ses détails par l'influence germanique sévissant au Nord et la burgonde à l'Est, depuis le temps de Clovis jusqu'à celui de la dynastie carolingienne.
Et voici qu'après sept siècles d'efforts stériles employés à étouffer
les germes toujours renaissants (comme la mauvaise herbe, dirait
notre Ministre), de cette flore occitane, les esprits lucides, effrayés
de la décadence vertigineuse du français littéral, depuis surtout
l'invasion pacifique de quatre millions de naturels de tous pays sur
notre sol, s'aperçoivent de ce que, bientôt, sans le secours des dialectes occitans, il deviendrait matériellement impossible de renouer
les liens de filiation qui unissent le français au latin. Le vertige
de la vitesse a supprimé les flexions; le rôle de l'e muet est
devenu une énigme pour la plupart des jeunes poètes de l'heure
présente, l'articulation s'est oblitérée, et il semble qu'un mimétisme néfaste nous rapproche de l'anglais, sinon du petit nègre. On
s'ingénie, ici comme en toutes autres questions où les pouvoirs
publics mettent leur nez, à compliquer ce qui gagnerait à être simplifié, à simplifier ce qui, par la force des choses, s'impose complexe, et, comme feu Tarquin, à saper toutes les têtes de pavots qui
dépassent le branchage.
Tandis que la langue d'Oc reste là, diverse en ses dialectes, mais
une, et logique, dans sa construction millénaire, sa cadette, devenue sa suzeraine, viendra quelque jour lui demander le sacrifice
héroïque de l'inévitable transfusion de ce sang latin dont les barbares nous ont anémiés.
Et, précisément, ce levain de régionalisme, de fédéralisme provincial, dont paraissent tant s'inquiéter nos gouvernants, la plupart
cependant, gensses de ce Midi, que leurs « ménines » bercèrent avec
des nadals de Saboly ou du Père Amilhat, ce respect du passé, ce

�— 82 —
culte de l'individualité, sont les garants de l'avenir et de la prospérité d'un pays. L'exemple de la République fédérale helvétique est
probant, avec ses vingt-deux cantons autonomes et ses trois langues
officielles, pourtant langues étrangères toutes les trois. Tous les
décrets du monde pris à dessein de renforcer le dogme centraliste
n'aboutiront jamais qu'à la décadence, à la léthargie nationale.
Finis Galliee !
Attention ! L'afflux excessif et prolongé du sang au cœur provoque fatalement la rupture de l'aorte, le mortel anévrisme; et ce qui
est vrai de l'individu ne l est pas moins de tout un peuple. Il n'est
pas nécessaire, pour s'en rendre compte, d'être un Montesquieu.
Mais il serait bon qu'on s'inspirât de ses leçons, ainsi que de
l'exemple récent fourni par l'Allemagne et la Russie et renouvelé
de celui de tous les grands empires. Et l'on sait de reste qu'en de
telles circonstances, les circulaires d'un Ministre n'ont guère de
poids dans la balance du Destin.
ALCANTER DE BRAHM.

Nous donnerons prochainement la parole à M. l'abbé
Castelnaudary, et à M. le Dr F. CLÉMENT, de Marseille.

SALVAT,

E.-H. G.

de

�A Travers les Livres.
Là Chanson de la Croisade contre les Albigeois, principaux épisodes traduits
par Jean AUDIAU (Paris, E. de Boccard, 1, rue de Médicis). — Le jeune et distingué
romaniste limousin a traduit les épisodes qui lui ont semblé mériter d'être connus
et il a résumé les autres afin de garder son allure générale à la Chanson. Il a
cependant, à juste titre, supprimé dans sa traduction les répétitions inutiles et
les énumérations trop prolongées. Tous ceux qu'intéressent ces événements qui
ont eu sur la cause méridionale une influence néfaste et incalculable doivent lire
ce récit mis par un éminent spécialiste à la portée du grand public.
Les Poésies de Jausbert de Puycibot, troubadour du xiii0 siècle, éditées par
William P. SHEPARD. (Paris, librairie ancienne Edouard Champion, 5, quai Malaquais). — M. William P. SHEPARD a traduit savamment en français ce troubadour
limousin et il est venu copier lui-même les manuscrits de ce poète, conservés à
Paris, à Florence et à Rome. Jausbert de Puycibot brave parfois l'honnêteté dans
ses vers, son talent est extrêmement inégal mais sa puissance d'expression
et sa fraîcheur de sentiments sont souvent grandes et font songer aux accents
de Catulle et de Musset.
Les Chansons de Gttilhem de Cabestanh, éditées par Arthur LANGFORS (Paris
librairie ancienne Edouard Champion. 5, quai Malaquais). — Le troubadour roussillonnais dont nous trouvons ici la traduction française est le héros de la
célèbre « Légende du cœur ». Il fut. dit-on, enterré avec la dame de ses pensées
à Perpignan devant la porte d'une église. M. LANGFORS, secrétaire de la légation
de Finlande à Paris nous a donné une excellente traduction de cet élégant poète.
Comme son émule américain traducteur de Jansbert de Puycibot, M. LANGFORS 'i
bien mérité de la terre d'Oc.
PAUL-LOUIS GRENIER.
Les Jeux floraux de l'Eseola de Liimanha.
Les Jeux Floraux de l'Eseola de Limanha sont dès maintenant ouverts; comme
les années précédentes, ils comprendront deux sections, français et langue d'Oc.
Tous les dialectes sont admis.
Les envois ne devront pas dépasser 200 lignes (prose) ou cent vers (poésie)
pour les ouvrages manuscrits ou dactylographiés. Aucune limite pour le théâtre.
Dans la section française, les sujets présentés au concours devront se rapporter
à l'Auvergne ou s'en inspirer.
Les manuscrits ne seront pas signés; ils devront être produits en deux expéditions et porter une devise qui sera reproduite, avec le titre de l'ouvrage; le
nom et l'adresse de l'auteur sur un note placée sous enveloppe fermée. Ils seront
adressés à M. Victor Guidy, secrétaire de l'Eseola, 2, Petite rue de l'Escalier, à
Clermont-Ferrand.
Le concours sera clos le 31 juillet 1926.

�Têtes Occitanes
Pierre Vidal.
Biblio'chéaaire de la Ville d3 Parpignan.

est un témoignage d'affection et de reconnaissance qui
puisse aller droit au cœur de tous ceux qui connaissent
Pierre VIDAL, c'est bien celui que vient de lui rendre, au
nom de tout le Roussillon, la vaillante société catalaniste
La Colla det Rossello. Voici les termes de sa délibération
établis au cours de la dernière réunion de ce Groupe aux
sentiments actifs et généreux :
« La Colla del Rossello réunie en assemblée générale le 21 février 1926
à l'Hôtel de Ville a formulé les meilleurs vœux pour le rétablissement de
la santé de M. Pierre Vidal, l'éminent historien roussillonnais, et décidé
de lui rendre un public hommage pour rappeler qu'il est bibliothécaire de
la Ville de Perpignan depuis plus de cinquante ans.
Elle a décidé en outre, à l'unanimité, d'adresser une requête à MM. les
Parlementaires pour les prier d'honorer le Roussillon en faisant décerner
la croix de la Légion d'Honneur, par priorité, à M. Pierre Vidal. »
De tous les fils de notre petite patrie catalane, Pierre Vidal est un de
ceux qui l'ont le mieux aimée et le mieux servie. Son œuvre est considérable et constitue un trésor d'érudition où viennent puiser tous ceux qui
veulent connaître notre pays. Jamais un homme n'a étudié son terroir
avec plus de clairvoyant amour et d'intelligente activité.
Il suffira de donner une nomenclature de quelques-unes de ses œuvres
pour prouver combien se justifie la gratitude de tous les Roussillonnais
à l'égard de Pierre Vidal. Cette liste d'œuvres sera certainement appré'IL

�ciée des lecteurs des Feuillets Occitans qui désirent avoir un répertoire
d'ouvrages sur les provinces des pays d'Oc.
Quelques Œuvres de Pierre Vidal.
HISTOIRE. — Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées Orientales (1879) (Ire édition). — Deuxième édition illustrée (1900). —
La Musique et les Musiciens en Roussillon (1883). — Recherches relatives
à l'Hise
toire e des Beaux-Arts et Belles-Lettres en Roussillon depuis le xm siècle jusqu'au
XVII siècle (1886). — Les Juifs des anciens comtés de Roussillon et de Cerdagne
(1887); — Histoire de la Révolution dans le département des Pyrénées Orientales
(1888-1889) trois volumes; — Les représentants du peuple à l'armée et dans le
département des Pyrénées Orientales en l'an TU (1794-1795) publié en 1894. —
Notice sur la vie et les travaux de .Julien Bernard Alart, ancien archiviste des
Pyrénées Orientales (1896); — Histoire de la Ville de Perpignan depuis ses origines jusqu'à nos jours (1898); — Expéditions des marins et des marchands
roussillonnais sur les côtes de Syrie et d'Egypte pendant le moyen-âge (1900). —
Documents relatifs à l'Histoire du département des Pyrénées Orientales pendant le
xix' siècle; — Histoire des remparts de Perpignan (1906); — Les Régions
de la France : le Roussillon (1909) en collaboration avec J. Calmette; —
La Citadelle de Perpignan et l'ancien château des Rois de Majorque (1911); —
Les Oestes
de J offre d'Aria et de son fils Joffre le poilu; Chronique légendaire
c
du ix siècle; — Le Roussillon préhistorique (1922); — Histoire du Roussillon, en collaboration avec J. Calmette (Boisvin, rue Palatine, Paris 1923); —
Raymond Bérenger II comte de Barcelone (1924).
On trouvera en outre dans les collections des revues dont la liste suit de
nombreuses études de Pierre Vidal :
Ruscino (revue d'histoire et d'archéologie 1911-1919); — Bulletin du Comité
des travaux historiques; — Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon ; —
L'Almanach de l'Indépendant (1891); — Le Courrier de Céret; Le Papillon; Le
Journal des Pyrénées Orientales (illustré : Editions Joseph Payret) ; — La Veu
del Canigo (Direction Horace Chauvet) ; — La Revue des langues romanes.
Signalons particulièrement un ouvrage inestimable pour la bibliographie :
Bibliographie Roussillonnaise,
dressée en 1906 avec la collaboration de J. Calmette
e
parue dans le 47 volume de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des
Pyrénées Orientales (558 pages).
Frédéric SAISSET.

�Le Mouvement Économique
Occitan
Les Kessourees Économiques
Du Ltanguedoe et du Houssillon
La Alontague Xoire (Suite)
(Aude, Hérault et Tarn)

Pi

ressources, importantes cependant, que la Montagne Noire enferme dans ses flancs rocheux, le
Montagnard n'a su ou n'a voulu, tirer grand profit.
A-t-il été plus habile au regard de celles que, tout
au long de ses pentes, de la base à la cime, au gré
d'un relief tantôt apaisé, tantôt tourmenté, elle lui
offrait ?
Sur les premières pentes au nord, dans le vallon
du Thoré (St-Amans-Soult), dans la région occidentale (Labecède-Verdun-Saissac-Villardonnel) par
où la liaison à la plaine est moins abrupte, sur les causses bien
exposés du Sorèzois, comme au creux des gorges ensoleillées qui
entaillent le Socle montagneux à son revers méridional, s'étend
une zone de cultures riches : Céréales (blé, maïs, etc.), Vignes,
Arbres fruitiers, Oliviers. Mais ces cultures, si elles ont suffi largement à la consommation locale, n'ont pourtant pas été assez étendues pour que l'agriculteur, par une exploitation intensive, pût y
(1) Voir n°

4-5

ES

des « Feuillets Occitans ».

�— 87 —

trouver une source d'abondants revenus. Toutefois accordons une
mention spéciale aux arbres fruitiers (pommiers de Gabrespine, notamment), qui prospèrent, disséminés et multipliés, dans les vallées
méridionales et dont les plaines de l'Aude absorbent la récolte. La
culture des oliviers, florissante au 18e siècle, a subi une crise très
grave au 19e, provoquée par une série d'hivers trop rigoureux et
par la maladie. Elle tend maintenant à reprendre dans la montagne, où la refoule la vigne.
La culture de la vigne a fait, au cours des dernières années du
19e siècle, de grands progrès sur le revers méridional; l'exemple
des vignerons du Bas-Languedoc a été contagieux : chaque paysan
a voulu avoir son vin et la récolte fut parfois assez abondante pour
contribuer au ravitaillement des habitants du revers septentrional.
Notons encore que, festonnant toute cette zone un peu étroite de
cultures de plaine plutôt que de hauteurs, un liséré de châtaigneraies ourle les bords inférieurs de la Montagne tant au versant nord
qu'au versant sud. La châtaigneraie est d'un entretien méticuleux
mais d'un rapport appréciable, car, du châtaignier, bois, fruits et
feuilles même se peuvent utiliser — les bois servent à la tonnellerie
pour fabriquer soit la vaisselle vinaire, soit des cercles de barriques.
L'écoulement en est assuré dans les plaines voisines de l'Aude et de
l'Hérault dont les besoins ont d'ailleurs fait éclore et prospérer
cette industrie (au Mias Cabardès et à Lespinassière). Aujourd'hui
pourtant elle est en voie de décadence : conséquence de la substitution du métal au bois.
Les fruits du châtaignier procurent d'importants revenus (Cabrespine-Saint-Amans), soit qu'ils trouvent un débouché normal dans
la plaine (Villeneuve-Carcassonne), soit surtout qu'ils servent, dans
la montagne même, à l'engraissement des porcs. Le porc, en effet,
est à la base de l'alimentation du montagnard. Pas de famille qui
n'en possèdent plusieurs. « Tuer le cochon » est occasion de fête
et de frairie. Quel touriste, visitant le « Lampy », n'a apprécié, dans
les auberges ou les métairies de la montagne, la succulence des tranches de jambon servies à son appétit ?
Les villages de châtaigneraie élèvent des troupeaux nombreux
qui trouvent preneur dans les marchés et les foires des petites villes
environnantes.
Toutefois, les domaines dans la Montagne sont trop restreints et
les cultures dont nous venons de parler sont trop peu étendues
pour qu'elles puissent constituer vraiment une source d'enrichissement du montagnard. Dans son ensemble, la Montagne est un
« ségala », un pays de cultures dites pauvres, — la pomme de
terre, le seigle y trouvent leur terrain d'élection, — ce sont les

�- 83 —
seules cultures possibles sur les hautes terres (Pradelles, Arfons,
Cuxac, Labastide-Rouairoux). A Arfons, la pomme de terre est une
vraie spécialité. Il nous souvient de la surprise admirative d'un
fermier normand devant les tubercules extraordinaires qui provenaient de pommes de terre d'Arfons que nous lui avions procurées pour ses semences. Mais, si la pomme de terre se vend facilement, par contre, la culture du seigle est aujourd'hui peu fructueuse. Le pain de seigle est abandonné pour le pain de blé; aussi
voit-on le seigle reculer de plus en plus, au sud et à l'ouest, devant
le blé, au centre, devant les pâturages.
Les prairies, nombreuses dans le massif, presque toutes naturelles et dont le montagnard assure l'irrigation avec un soin particulièrement diligent, ont puissamment contribué à son enrichissement. Grâce à elles, et obéissant à son inclination agricole et pastorale, il a pu d'abord nourrir les bêtes à cornes qui n'ont été pendant
longtemps que des bêtes de travail tirant la charrue ou la charrette. Mais, dès le début du 19e siècle, d'une part la nécessité de
ravitailler en lait la ville de Mazamet, — au développement rapide
— ou les petites villes du pourtour nord, faisait entreprendre avec
succès l'élevage des vaches laitières ; d'autre part le ravitaillement
de l'armée d'Espagne provoquait l'élevage des bêtes à cornes pour
leur viande. Encore de nos jours, la Montagne Noire ravitaille Perpignan, Marseille et Toulon.
(A suivre.)

V. SELVES.

C.l.0.0.
BÈZIERS

Auch. — F. Cocharaux, imprimeur, rue de Lorraine.

�MM.

COMITÉ DIRECTEUR OU GROUPE OCCITAN :

Préaident : F. CROS-MAYREVIEILLK, Ht- J, y, $,
Vice-Présidents : Paul SENÏENAC,
K. GCITAHD; Frédéric
Secrétaire-général : Auguste ROUQUEÏ.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
Trésorier.- Maurice FAVATIER, 5fif,

SAISSEÏ.

Chef des Études économiques et agricoles : Docteur GRANEI., Ht, ^|T.
■ Membres: Léon AURIOL, Ht- ||r.; Emile COMET,
$. ►£&lt;
Fernand ORÉMIEUX, $
Jean DHPUY;
J| ; H. FAVIER ; Jo GINESTOD, Ht,
Auguste GUENOT; Henry
NOELL, Ht, j; DE SAINÏ-VINCENT-BRASSAC, j, p,
Georges VILLE.

Délégation permanente des Groupements Régionaux et boeaux
auprès du Comité-Directeur.
LA VEILLÉE D'AUVERGNE

:

M. Boudon, Secrétaire Général.
: M. de Clarix de Nussac, Secré-

LE GROUPE D'ÉTUDES LIMOUSINES

taire général.

LE ROUSSILLON (Pyrénées-Orientales) : Général Caloni, Président.
LES ENFANTS DE L'ÂUDE A PARIS ; Docteur Digeon, Président.
LES ENFANTS DU GARD A PARIS • M. A. F. Martin. Président.
LES ENFANTS DU TARN A PARIS : M. Selves, Président.
LA GRAPPE DU QUERCY : M. Vialle, Président.
LA SOCIÉTÉ INGRES

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Marcel Clavié, Vice-Président.

Les Feuillets Occitans

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Directeur : E.-H. oUITAK»,
flrchiviste-7aléojraphe, ex-bibliothécaire de la ville de Toulouse,
Vice-Président du " Groupe Occitan "

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Bulletin mensuel du Groupe Occitan

ORGANE RÉGIONALISTE DES PAYS D'OC
Bawani de la Rédaction : 41, Boulevard des Capucines, PARIS
TÉLÉPHONE : GUT. 78-19.

Jour de réception : le mercredi de 6 à 7 h.
IDéuôt et "Vente :

Librairie « Occiiania », G, Passage Verdesu. Paris, et 9, Rue Ozenne, à Tsaleosa ;
Librairie Ronquctte, à Cartassonns; Hall Ses Stcnis Régienaax, à Paris.
COMITÉ DE RÉDACTION :
Le Comité Directeur du Groupe Occitan.
(Les manuscrits doivent être adressés à M. Auguste

ROUQUET,

Secrétaire général)

Principaux collaborateurs :
Lettres Françaises : J. F. Paul ALIBERT; Jean AMADE; Achille ASTRE;
Jean AZAIS; A. BAUSIL; Adrienne BLANC-PÉRIDIER; BOYER-D'AGBN; Paul
CASTELA; G. CHERATJ, de l'Académie Goncourt; Marcel CLAVIÉ; Benjamin;
CRÉMIEUX; Pernand CRÉMIEUX; Joseph DELTEIL; DENYS-AMIEL; Henri
DTJCLOS; P. DUPLESSIS de POUZILHAC; Raymond ESCHOLIER; Lucien FABRE; Henri FESCOURT; Ernest GATJBERT; Jo GINESTOTJ; Jehan d'ARVIETJ;
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H. MXJCHART; Henri NOELL; Ch PHALIPPOTJ; J.-S. PONS; Armand PRAVIEL; A. ROUQUET ; J. ROZÈS de BROUSSE; Frédéric SAISSET; PAUL-SENTENAC; Léon SOULIÉ; TOTJNY-LERYS ; F. TRESSERRE; Suzanne TESSIER;
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Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZEMA; Dr Paul ALBAREL;
Léon AURIOL; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE ; Ismaël GIRARD ;
P.-L GRENIER; E.-H. GUITARD; Léon JULIA; J. LOUBET; Antonln PERBOSC; Jean PUEL; Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph SALVAT;
D' SOULA, etc. etc.,
Beaux-Arts : BERNARD; Auguste CHABAUD; CALMON; DESNOYERS;
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Etudes Economiques : Gaston COMBELERAN; Emile COMET ; L. DOUARCHE;
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Histoire, Archéologie, Fok-Lore : Fernand CROS-MAYREVIEILLE ; E. ROUXPARASSAC; Prosper MONTAGNÉ; FODC.
Les Chroniques
BRASSAC
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de l'Amérique Latine
Italiennes.
Espagnoles.
Roumaines.

; Jean CAMP;

de SAINT-VINCENT;

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Il a été tiré du présent numéro
exemplaires de luxe numérotés
hors commerce, sur papier de
Montrai, de G. Maillol.

30

Ex. n°

Bois de

G. MATLLOL.

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                    <text>2E ANNÉE

l 6* et

7E

Feuillet.

JANVIER-FÉVRÎER

1926

Le"N° : 3 fr.
■ 1

LES FEUÎLLETS
OCCÎTANS
LANGUEDOC ROUSSÎLLON
PAYS D'OC

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41, Boulevard des Capucines, 41

PARIS

�SOMMAIRE

Les Lettres Françaises :
Un Théâtre régionalistes
L'Ame Catalane d'autrefois et d'aujourd'hui

Denys
Henry

O Terre aimée, poème

TOUNY-LERYS

AMI EL
NOELL

Frédéric SAISSET
Pierre LHORTE
Elisabeth L. POURCHEROI.

Les Livres
Les Armes de Nîmes

Les Beaux Arts :
Le Salon du Groupe Occitan

PAUL-SENTENAC

Les Lettres Occitanes :
Le Proolème Occitan, enquête
Réponse

E.

GUITARD

DR

Charles

VIDAL

P.-L. GRENIER

Les Livres

Marcel

C£AVIÉ

Têtes Occitanes :
Adrienne Blanc-Péridier
Etienne Rey-Andreu

Frédéric

SAISSET

PAOX-SENTENAC

L'Occitanie et le Monde latin
L'Amérique latine et nous

Jean

CAMP

Le Mouvement économique Occitan :
La Carte des Vins du Languedoc
Illustrations de

DE

CARSAC

CALMON; CHABAUD; COSTA; DESNOYERS; DOMERGUE-LIAGARDB; DU

POUR, FAVIER; GASPARD-MAILLOL; GUENOT; LAPRADE; MAGROO; PARAYRE; PERRUTEI.

Mlle

POUVILLON;

RAMEY;

V

RAMOND;

Achille

ROTJQUET;

Auguste

ROUQUET.

�Groupement PjRSSE^IEUX
Société Anonyme au Capital de 4 00.000 francs entièrement libéré

créée pour développer et faciliter la vente des Vins du Languedoc

Faites connaître les crus du Pays
Offrez chez vous, au restaurant
UNE BOUTEILLE
DE VINS DU

LANGUEDOC
§aite déposée dans tous les Restaurants

ÈUIiEflU DE VEJÏTE

27, Quai de Lorraine, NARBONNE

�ftotFG

Première Soirée ï^égiopaliste

Nous lisons dans le spirituel et vivant Coq Catalan, que nous remercions de
s'intéresser à notre œuvre, les lignes suivantes concernant notre soirée régionaliste du 21 novembre dernier.
« La soirée régionaliste1 consacrée au Languedoc et au Roussillon et organisée par Le Groupe Occitan dont l'activité s'accroît de jour en jour, a obtenu
le plus brillant succès. Les poèmes à la gloire du Languedoc de Mesdames BlancPéridier et Hélène Picard, de MM. Henry Bataille, François Baron, Pierre Jalabert,
Marc Lafargue, Jean Lebreau, Maurice Magre, Henry Noëll, Paul Sentenac,
Touny-Lérys et Paul Valéry ont été accueillis par un public frémissant d'enthousiasme, comme les poèmes à la gloire du Roussillon de Mademoiselle Suzanne
Tessier, de MM. Jean Amade, Albert Bausil, Charles Bauby, Pierre Camo, Louis
Codet, Jo Ginëstou, Henry Muchart, Antoine-Orliac, Frédéric Saisset, François
Tresserre. Tous ces poèmes qui montaient comme des flammes ardentes vers le
ciel de la petite patrie et traduisaient en beaux rythmes l'enchantement du terroir
ont été magnifiquement interprêtés par Mme Yvonne Laçant, Mlles Jeanne
Dalbiez, Marcelle Orliac, Madeleine Rolland, Suzanne Teissier ou par les auteurs
eux-mêmes.
Puis, un poème en languedocien de Léon Auriol et en catalan d'Oun Tal
(Albert Saisset) jetèrent dans la salle des gerbes de gaîté. Le public écouta
ensuite religieusement La Cwfnpano, poème d'Albarel sur lequel le distingué

L'Office Occitan
PARIS, 41, Boulevard des Capueines, PARIS
Fréquenté assidûment par des exportateurs
et des acheteurs parisiens a déjà traité en
1925, pour le compte de nos compatriotes de
nombreuses affaires.

Exposez vos produits dans ses vitrines
Faites-vous inscrire sur son répertoire commercial

�jc.i.o.o.
iSÊZIERS

Les Lettres Françaises
L'IDÉE ET L'ACTION

UN

THÉÂTRE RÉGIONALtlSTE
N s'émeut beaucoup, en ce moment, et à juste

titre, de la crise que traverse le théâtre. Il
ne m'appartient pas de parler des raisons

économiques de cette crise; je crois les connaître, mais tous les initiés les connaissent
aussi. Il y a d'autres raisons, et celles-là tiennent à la littérature dramatique elle-même.
Beaucoup de choses, en France, meurent
de la centralisation. L'Allemagne a Berlin,
Munich, Dresde, Weimar, Kœnigsberg, etc..
une huitaine de capitales; l'Italie a Rome,
Milan, Turin; l'Amérique, New-York, Chicago, Boston, Philadelphie et dix autres
villes où peuvent exploser des expressions
régionalistes de l'âme composite. La France a Paris, grand cul-desac, dans le goulot duquel viennent s'embouteiller des milliers
Les Feuulets Occitan». — 2e Année. — Janvier-Février 1926.

�d'énergies qui se gênent et qui s'épanouiraient tout à leur aise ailleurs. Ajoutez à cela que Paris, qui est de moins en moins la capitale de la France, n'en est guère plus l'expression; il tend à devenir un Cosmopolis endiablé où peu à peu, le caractère national se
perd, modifié par les alluvions slaves, anglo-saxons, orientaux et
sud-américains.
Toute la littérature dramatique se ressent des préoccupations
qu'ont les auteurs d'alimenter cet hétéroclite public qui veut du
Parisien et se fiche un peu du Français.
Combien de nous, pensant aux grandes scènes ont parfois renoncé
à des sujets tout à fait de chez nous, pittoresquement nôtres, mais
qui couraient le grand danger de laisser froids d'abord les étrangers, et aussi hélas, ce que nous appelons les « Parisiens » décaractérisés par le contact déformateur de la grande cité. Croyez-vous
donc que bien souvent un public de générale soit complètement
français ? Qu'on me comprenne à demi-mots... On table trop d'ailleurs sur ce public de générale. Combien d'auteurs travaillent trop
avec, devant leurs yeux, cet obstacle à franchir, ce barrage, dirai-je,
comme des chevaux qui s'imagineraient la course terminée parce
qu'ils auraient franchi dans un style brillant la rivière du 8. 11 y
a toute la course encore avec pas mal d'espace... il y a peut-être la
postérité... qui sait ? Ayons l'orgueil du mot; il faut viser trop loin
pour atteindre assez loin. Il faut mettre la hausse à l'infini.
Nous sommes là, butés sur le mur de Paris, et du Paris du jour.
Cependant, au dehors des fortifications il y a la France régionale
et l'humanité tout entière aux émois desquelles trop souvent on
veut demeurer sourd. Je connais telles réactions d'un milieu provincial qui feraient hausser les épaules à des « Parisiens » et l'on
ne les admet que dans un théâtre d'avant-garde ou bien venant de
l'étranger.
Pourtant ! pourtant ' tout ce qu'il y a chez nous dans la sève
de France ! Sève petite bourgeoise ou sève paysanne ! Que c'est
beau... et la sève occitane est une des plus riches !
Les simples recèlent la signification exacte et la plus pure de la
vie; cela nous donne des réactions directes (du fabricant au consommateur, pourrait-on dire); ces réactions, lorsque le raffiné parvient
à les imaginer, c'est sous l'effort d'un long dépouillement ou dédoublement de son génie. Je connais des mots de paysans, des raccourcis de gestes et des ellipses psychologiques de bourgeois, sublimes.
Il nous faudrait une littérature régionale, paysanne, un théâtre provincial, pour donner la vie à tant d'œuvres en virtualité. Paris
compte suffisamment de provinciaux qui viendraient une fois par
rnlois se retremper dans l'atmosphère de chez eux et qui, eux, ris-

�queraient de comprendre. Quand je vois un jeune homme arriver a
Paris, venu de notre province pour s'ajouter au flot des ouvriers
de l'Art, j'ai toujours envie de lui dire : « Ne va pas te défaire
surtout de ton âme de Carcassonne, conserve également ton adorable accent; c'est Paris qui a besoin de toi; toi, tu n'as pas besoin
de lui. Conserve ta verdeur, ton âme riche, ton vocabulaire caleux
qui accroche et qui râpe, conserve la naïveté car chez nous, ça
s'appelle la foi. Trop de belles natures, avant toi, se sont abandonnées au fleuve qui roule, roule, roule... et finalement sont devenues
polies comme ces galets plats avec lesquels on fait des ricochets
superbes, au bout desquels il y a... le plongeon tout de même ».
Denys

AMIEL.

�L'Ame et la Société Catalanes
D'AUTREFOIS A AUJOURD'HUI.

KJH5HR5EH1

0MME
toute province éloignée de la capitale et
H^^p0«40B|isolée par des barrières naturelles, comme la Brej|y^gr?*r^9llauni' ou l'Alsace, le Roussillon a gardé, à travers
mm
mZztZSmmmW1-'^ socles, une personnalité très accusée et presque
p%jjjigggd|inimuable. Solidement encadré par les Pyrénées, la
là.
KHl^S|Méditerranée el les Corbières, rattaché tantôt à
MIL EsS^^jjlrEspagne, tantôt à la France, il a longtemps vécu
■^^^BgStp^Bjreplié sur lui-même. Il le pouvait aisément, puis■^i^JI^^^SIque, avec ses monts, ses plaines et ses côtes, il
ljQfC^^33lformait un tout harmonieux, complet, se suffisant
Ip==§Sa0HI L lui-même.
llM&gt;SSSfiflM Aussi retrouve-t-on sans peine, chez le Roussil■■■^■^■i^»™ tonnais, à quelque époque que ce soit, non seulement les mêmes caractères distinctifs, mais les mêmes façons de
vivre.
Un des traits essentiels du Catalan, le plus accusé, semble-t-il,
est l'amour de l'indépendance. Il apparaît dès les origines. C'est
parce qu'ils voulaient éviter la domination romaine, bien plus
que par intérêt ou par crainte, que les ancêtres des Perpignanais
facilitèrent la traversée de leur territoire aux éléphants et à la
cavalerie d'Annibal.
A l'époque féodale, les comtes de Roussillon se reconnaissent
si peu vassaux, qu'ils se proclament héréditaires, sans conditions.
Et sous Louis XIV, en plein triomphe de la centralisation, le Rous-

�— 5 —
sillon est administré par trois viguiers qui échappent à l'autorité
de l'intendant et sont nommés directement par le roi.
L'orgueil serait le péché capital du Catalan s'il n'était, dans la
grande majorité des cas, une forme respectable de fierté. Sans doute
se mélange-t-il quelquefois d'un peu de vanité; sans doute, dans
toutes les classes de la société, a-t-on plus de chances d'obtenir ce
que l'on désire par la flatterie que par la menace... Mais par contre
que de noblesse dans certains gestes ! Trouvera-t-on plus fières
paroles que celles du serment prêté, au xni" siècle, devant le roi
d'Aragon par les Seigneurs catalans : « Nous qui sommes chacun
autant que toi, et qui, réunis, sommes plus que toi, nous te faisons
notre roi, pour que tu gardes nos droits et nos libertés, et sinon,
non. «
Cette fierté n'est d'ailleurs pas le monopole de l'aristocratie. Sous
l'ancien régime, l'homme du peuple supportait malaisément, à Perpignan, le spectacle des laquais attelés aux chaises à porteur de la
noblesse. Les passants les poursuivaient, dit-on, aux cris de Bourrait ! (âne) et la police dut maintes fois intervenir.
La ténacité est, elle aussi, un des éléments les moins négligeables
de la psychologie roussillonnaise. Si elle se complique, lorsque le
diable s'en mêle, de quelque penchant à l'entêtement, elle a su, au
cours d'années tragiques, se manifester de triomphante façon en
la personne d'un Joffre.
De même que l'aspect physique du Roussillon offre un ensemble curieux de sauvagerie et de grâce, l'âme catalane est un étonnant mélange d'âpreté et de douceur, de rudesse et de bonté. Entier,
parfois même brutal, aimant la violence des mots et des gestes
comme il aime celle des couleurs, le Catalan est par ailleurs susceptible d'un dévouement et d'un désintéressement presque illimités. Surtout il a, profondément enraciné en lui, le sentiment de
la justice et de la pitié. Une légende locale du XTIc siècle est, à ce
point de vue, assez significative. Un seigneur jaloux et cruel, le
Comte Raymond de Castel-Roussillon, ayant surpris sa femme, la
belle Saurimonde, en relations coupables avec un jeune troubadour,
Guillem de Cabestang, s'empara de ce dernier; puis, lui ayant
arraché le cœur, il le fit manger, sans qu'elle s'en doutât, à son
infidèle épouse. Folle de chagrin et d'horreur lorsque le bourreau
lui eût révélé l'atroce vengeance, Saurimonde se jeta du haut
d'une tour et se tua. Aussitôt, spontanément, barons et chevaliers
indignés se liguèrent contre Raymond dont pourtant la puissance
égalait l'infâmie. Ils l'attaquèrent furieusement, le massacrèrent,
lui et ses gens, rasèrent son castel et firent aux deux infortunés
amants de solennelles funérailles.

�La coexistence en Roussillon, d'un idéalisme vivace et d'une sensualité toute païenne a souvent étonné les étrangers. Le Catalan est
traditionnaliste, très attaché aux choses du passé, mais il est aussi
très réaliste et la piété même n'exclut jamais chez lui le souci des
plaisirs terrestres. De là cette mise en scène un peu théâtrale mais
si pittoresque des processions, ce luxe presque voluptueux des
églises, dont les chapelles, dans un demi-jour tamisé d'alcôve, recèlent des . vierges vêtues de velours et de brocards, parées de dentelles et de bijoux, et dont les yeux magnifiques semblent avoir
trouvé dans les larmes un suprême secret de séduction.
Dans les fêtes de villages, les danses, dont filles et garçons raffolent, succèdent sans délai à la grand'messe ou aux vêpres, et, par
la porte entr'ouverte du sanctuaire, les premières mesures de la
cobla (1) se mêlent joyeusement aux derniers accords de la musique sacrée.
L'autorité de l'homme et la situation diminuée de la femme sont
encore une des particularités qui, de siècle en siècle, ont caractérisé la vie sociale en Roussillon. Si, depuis bien longtemps déjà,
on ne voit plus, dans certaines parties de la Catalogne, la femme
attelée à la charrue à côté du mulet, ou ployant sous le poids des
plus lourds fardeaux, du moins, peut-on assister couramment, dans
les campagnes, à des repas où les hommes seuls s'assoient à table,
et sont servis par les femmes. L'occupation arabe, bien que déjà
lointaine, n'est certainement pas étrangère à cet état de choses.
Dans un autre ordre d'idées, il n'est pas surprenant que la plus
méridionale des provinces françaises tienne l'agriculture particulièrement en honneur. Déjà après la conquête de César, les « villas »
gallo-romaines, nombreuses dans le pays, sont avant tout des centres de culture. Plus tard les remarquables travaux d'irrigation
entrepris par les sarrazins, ces merveilleux canaux qui transforment en jardin des terres dévorées par le soleil, témoignent que des
civilisations différentes se sont penchées sur le même sol avec un
amour égal. Aujourd'hui encore, un privilège persistant assure à
l'héritier des terres, à Vhœréu {Yhères latin), un quart de la succession totale en plus de sa part.
Enfin un dernier trait de mœurs. Le Roussillonnais est par nature
généreux, souvent prodigue. La raison en est peut-être que la
richesse ne lui a jamais manqué. Cette richesse a eu tout d'abord
sa source dans l'industrie. Au xnr et au xrve siècle, alors que Perpignan était capitale de royaume (2), sa prospérité était telle, ses
(1) orchestre composé d'instruments catalans.
(2) Capitale du royaume de Majorque, créé en 1276 par le roi d'Aragon, Jacques le Conquérant, pour son plus jeune fils, avec le Roussillon, la Cerdagne, les
Baléares et la seigneurie de Montpellier.

�exportations avaient pris un tel essor, que la Méditerranée était
fréquemment appelée le « lac catalan ». L'historien Pierre Vidal a
donné dans plusieurs de ses ouvrages, une peinture extrêmement
vivante de cette glorieuse époque du passé perpignanais, où la Cour,
la noblesse et la bourgeoisie semblaient rivaliser de luxe, où les
boutiques de drapiers et d'orfèvres se multipliaient dans les rues
étroites et animées de la ville. Actuellement c'est l'agriculture, surtout la viticulture, qui fait la fortune des Roussillonnais. Quand le
vin se vend bien, chaque ville de la plaine est un centre de richesse
et de plaisir. Même dans le peuple, soie et bijoux abondent et le
pauvre est inconnu. Malheureusement, le Catalan est, comme la
cigale, peu économe; peut-être ferait-il bien de méditer de temps en
temps, en prévision d'années mauvaises, la fable du bon La Fontaine...
De tout ce qui précède, il est permis de conclure que le Roussillon n'a guère changé de visage jusqu'à ces dernières années. Mais
le vingtième siècle, ce grand destructeur de pittoresque, a creusé
des tunnels, lancé des rapides, organisé des services d'autocars, et
il a brisé la coquille du vieux Roussillon. Déjà beaucoup de coutumes locales, les unes après les autres, ont disparu; les costumes
se sont uniformisées et la jolie coiffe catalane a été remplacée par
les chapeaux fabriqués en série dans les grands magasins. Au moral
la noble fierté un peu farouche de jadis fait place trop souvent au
culte de l'Etat-Providence, distributeur d'emplois et de subventions. Le féminisme lui-même, le féminisme outrancier d'aprèsguerre, fait un peu partout son apparition. Seuls, artistes et poètes,
par le relief, la netteté, la couleur, l'intensité d'expression de leurs
œuvres, conservent encore, dans son intégrité, l'originalité de leur
race. C'est là un privilège dont ils ont le droit de montrer quelque
fierté.
Henry

NOELL.

***

�O Terre aimée.

0 terre aimée, mon cœur venant à toi est vide :
Je ne sais rien, je ne suis rien, je te crois tout,
Et je t'admire simplement, seul et debout,
Appuyé au tronc noir de ce chêne solide,
Et sentant pénétrer en mes yeux grands ouverts
La féconde beauté de ton chaud regard clair...
,Je t'aime; je ne sais si ma voix sera digne
De dire le bonheur dont s'emplissent mes yeux;
S'il ne vaudrait pas mieux que je cueille à ta vigne
Une grappe et, tenant élevé vers tes cieux
Le pur raisin doré où flotte la lumière,
Je pose sur ton fruit ma lèvre recueillie,
Egrenant lentement cette grappe bénie
En ce matin d'été, ainsi qu'une prière !...
... Le calme... la douceur de cette matinée,
O cher pays !... MOn âme est sur toi inclinée
Et mon regard s'emplit de ta beauté tranquille.
Je t'aime, et je ne sais ce que j'aime le mieux
Du Tarn fauve roulant son eau semblable au feu
Ou de la vaste plaine, étendue immobile
Et comme someillant, verte sous le ciel bleu...
Mais qu'importe, ô Pays !... Sans doute ce que j'aime
— Lumière d'air, parfum de fleurs, saveur de fruit
C'est ce morceau de Moi qui demeure Toi-rnême

�— 9 —
Et que mon cœur, mes yeux et ma bouche t'ont pris !...
Or tes vignes, Touny;... ton eau changeante, Fleuve,
Rouge aujourd'hui, hier verte, et demain encor neuve
Couleur, aux doux, aux immatériels reflets;...
Et ta féconde et indolente pureté
Beau ciel languedocien, langoureux sans paresse,
Je les aime et me perds en elles,... enivré
Du désir d'être confondu dans leur Beauté,...
Ou d'être, en l'immortel rayon de ta caresse,
Soleil, ce point doré qui, sur la branche, laisse
La fleur épanouie au bouton hier fermé !...
TOUNY-LERYS.

�Les Livres.
VILiltON, comédie en 5 actes et 6 tableaux, par Jean Azaïs
et Charles Phalippou.

La figure de Villon, la vie aventureuse de ce poète ,1e cadre pittoresque du
moyen-âge au milieu de quoi elle s'est écoulée devaient tenter deux poètes comme
Charles Phalippou et Jean Azaïs, alliant le sentiment à la fantaisie. Sur l'armature de l'histoire, ils ont composé avec leur imagination fertile, comme on établit
un vêtement bariolé sur un mannequin, une comédie vivante, variée, emplie de
mouvement. On y voit de la première à la dernière scène ce pauvre Villon, cervelle
exaltée, se débattre entre l'idéal qu'il nourrit en son cœur et les turpitudes, les
crimes dans lesquels il est tombé, sans salir cependant tout à fait un coin de ciel
pur demeuré en son âme. On suit ce lyrique dévoyé depuis le cabaret où il tombe
dans les bras de la grosse Margot, des remparts de Paris où il donne aux truands
et aux. eseholiers La franche repue jusqu'à la prison et jusqu'au couvent, où,
après avoir mêlé ses blasphèmes aux prières des joueurs de mystères, il meurt
en accordant son pardon à Margot. Les tableaux qui se succèdent se montrent
très évocateurs des temps médiévaux; l'action y est entraînante; les vers sont
alertes, imagés.
En attendant d'être représentée sur quelque scène ou sur un théâtre de plein
air, la pièce de Jean Azaïs et Charles Phalippou a été éditée, non sans goût dans
la présentation, par la revue Le lion Plaisir. Cette revue a déjà une collection
importante d'éditions. Raymond Groc y a publié récemment un drame âpre, brutal, cas dé conscience qui vous secoue. Et dans ses sommaires, Le Bon Plaisir
réunit, chaque mois, de bons écrivains, indépendants. Le Bon Plaisir, qui paraît
à Toulouse depuis plusieurs années, nous offre un exemple durable d'une décentralisation avisée. On ne pouvait en attendre moins du fervent régionaliste Phalippou
lequel dirige les caprices de ce faune jouant au soleil et qui symbolise Le Bon
J'iaisir.
j
Pierr» LHORTE.
La rlictileyre.

Contes et poèmes landais de Mme Adrienne BLANC-PÉRIDIER (Collection des
Clochers de France, à Paris, chez Peyronnet et Cie, 7, rue de Valois).
Ce conte du pays des Landes, La IlitUleyre (la Fée) que publie Mme A. BlancPéridier, dans la charmante collection des Clochers de France, est tout embaumé
de cette odeur de résine des pignadars et de cette poésie d'une nature sauvage

�- 11 et mystérieuse qui nous séduit et nous attire. « Four qui sait écouter et voir,
écrit l'auteur, ce que le rêve ajoute en marge de la vie, il y a dans le monde
deux chants entrecroisés qui tantôt se heurtent et tantôt s'associent : l'un réaliste,
parfois brutal et parfois d'une plate monotonie, l'autre imprécis, nuancé, illimité,
plein de grâce et d'imprévu.
Prose et poésie, voix jde la raison et de l'imagination, j'ai tenté de suivre ces
deux chants dans un des menus villages que cerne la forêt landaise. Peut-être
n'est-il pas sur terre un pays où la vie matérielle la plus privée d'essor soit plus
constamment encadrée de poésie et de mystère. »
Voici le thème de ce conte d'une étrangeté enveloppante et d'une douceur
lumineuse qui lui vient de son style net et vivant : Andréa, la fille du sandalier
Bernard Lahourque, est fiancée à Jeanty Davezat du Lanadou. Les « nobis »
sont en parfait accord jusqu'au moment où une dame étrangère qui vient visiter
le pays a la fantaisie de se faire conduire en barque par Jeanty Davezat. Vêtue
de blanc comme les Hittileyres, — ces sorcières-fées qui, la nuit, dansent au clair
de lune sur la pointe des bruyères, — la dame inconnue exerce un charme, une
sorte de fascination sur l'esprit de Jeanty qui semble oublier pour elle la jolie
sandalière, Mais le vieux berger, Lou Gras, veille et réussit à le dissuader de
cette passion néfaste. Le « nobi » reviendra vers Andréa et les noces seront
célébrées après que les Casse-can (garçons d'honneur) auront parcouru la Lande
et, de maison en maison, prononcé les paroles traditionnelles : « Je viens de la
part de Robert Davezat. du Lanadou, et de Bernard Lahourque, le sabotier, vous
annoncer le mariage, etc.. »
Mais nous voudrions savoir ce qu'était cette étrangère vêtue de blanc qui.
avait charmé Jeanty, et c'est le vieux berger qui nous renseigne. Lou Gras ne peut
plus chasser de sa mémoire le souvenir de son retour matinal, au lendemain des
noces. Il entend toujours les sanglots de la mer qui a rejeté le corps d'une belle
morte et qui la pleure : « Tu vois, petit, dit-il à un jeune garçon qui l'a accompagné, cette dune fraîche où les chardons n'ont pas encore poussé... C'est le tue
d'une Hittïlleyrc qui mourut d'amour pour un gars de chez nous. »
Ce qu'il est difficile de rendre en un brève analyse, c'est le pittoresque séduisant qui se dégage de chapitres tels que : lia Bruyère enchantée, la Fête à
Soustons, la Danse des Mouettes, Sur le courant, 1M bague perdue, La cosse
de pois à grains, où les mœurs et les paysages des Landes sont prestigieusement
décrits. Le livre se termine par Le meilleur voyage, L'Echassier et des poèmes
où nous retrouvons l'art nuancé de Madame Blanc-Péridier qui sait maintenir en
un juste équilibre, comme ils le sont dans la vie, le rêve et la réalité.
F. SAISSET.
Lie

Jasmin d'argent.

Le Recueil poétique du Jasmin d'Argent publié à Agen, contient, cette année,
de beaux discours de Jacques Amblard, par qui le Concours poétique du Jasmin
d'Argent fut fondé en 1920, de Marcel Prévost, de Joseph Bédier, de Joseph de
l'esquidoux et les poésies des lauréats de la section française et de la section
occitane. M. Jacques Amblard adresse un émouvant hommage à Fernand de
La'caze qui fut président de la section occitane et dont les Lettres Gasconnes
portent aujourd'hui le deuil. Nous avons remarqué, parmi les poèmes de la section
française, particulièrement l'Hymne d'Automne de C. Maryx qui a obtenu le Jas-

�— 12 —
mttn d'Argent, et où se révèle un délicat sentiment des nuances, une douce mélancolie pareille à celle de la saison d'or au visage assombri qu'elle célèbre dans
ses vers. Georgette Chaillot Nikolitch a obtenu la première médaille d'argent pour
La jeune fille au vent de mai. M. Kerlane, dans sa poésie At te venio
implore le Seigneur en des appels qui ont la sincérité des vers de Verlaine
s'ils n'en ont pas la profondeur inimitable. Des poèmes de Jean Blaize,
Léo Baurens, G. d'Allamanoir, Mme Pierre Jaunay, Marcel Jung, Gabrielle de
Rozières, Comte de Narbonne Lara, Maurice Labedan, Yv. Jubert, Marc Uloge,
Louis de Fontgrave, contiennent aussi des strophes aux fluides harmonies, un
joli sentiment de la nature, une simplicité touchante dans l'art de traduire les
émotions humaines. Le recueil est présenté avec goût et d'une lecture attachante.
Le concours de 1926 est clos depuis le 15 février.
F. S.
Livres reçus

:

L'Idée et d'Ecran, par Henri FESCOURT et Jean-Louis BOUQUET, fascicule ri.
Nous étudierons ces curieuses opinions sur le cinéma où, sous la forme dialoguée,
notre collaborateur le grand metteur en scène Henri Fescourt, donne ses idées
sur le problème du Cinéma.
« Oc » et 1' « Editorial Occitan » — Nous ne pouvons, en ce numéro, que signaler
l'activité de nos amis de Toulouse et de Samatan, qui poursuivent les mêmes buts
que le Groupe Occitan, mais sur un plan différent. « L'Editorial Occitan » va
publier des collections présentées avec goût, tant en langue française, qu'en
langue occitane. Nous présenterons à nos lecteurs, les ouvrages de cette collection
dès leur parution.

�Les armes de luîmes.
Comtae les écus des grandes familles les armes des villes ont une
histoire, emblèmes de puissance, de prospérité ou de gloire elles
ne sont pas dues au hasard et ne peuvent être laissées à l'interprétation de fantaisie des artistes : chaque partie à sa légende, chaque
détail sa signification. Dans notre région si riche en souvenirs, les
armes des vieilles cités ont d'illustres et poétiques histoires et une
étude approfondie des plus intéressantes d'entre elles, devraient
bien tenter quelque savant méridional.
Pour ma part, je me contenterai de fixer votre attention sur les
armes de Nîmes la Romaine, de la colonia Nemausensis, patrie
d'Antonin le Pieux, belle protégée de l'empereur Auguste, et pour
cela il me suffit d'ouvrir l'histoire romaine :
Marc-Antoine est en Egypte, oubliant auprès de la fameuse Cléopàtre, tous ses devoirs et tous ses serments; sous l'instigation de la
Reine, il n'a pas hésité à former une flotte pour partir à la conquête
de Rome.
Octave, le général désigné par le Sénat p'our défendre la République, confie le commandement de ses armées à son gendre
Agrippa, qui, se souvenant de la valeur des Volques Arécomiques
rencontrés dans le sud de la Gaule, recrute chez eux des volontaires
pour combattre au nom de Rome, l'ex-triumvir et sa maîtresse. Les

�— H —
deux flottes ennemies se rencontrent à l'entrée du golfe d'Ambracie, sous le promontoire d'Actium, le 2 septembre 31 avant J.-C.
Celle d'Agrippa disperse vite les vaisseaux égyptiens ; Cléopâtre
n'attendant pas l'issue du combat, prend la fuite avec ses soixante
galères d'or, suivie bientôt par Antoine, jusqu'à Alexandrie; là,
tous deux se donnent la mort sans attendre l'arrivée de leur vainqueur.
La bataille d'Actium marque la fin de la République Romaine;
au lendemain de cette victoire, Octave est le maître du monde; il
n'oubliera pas cependant ceux qui l'ont aidé à gagner la couronne
impériale : il distribuera des terres aux légionaires Volques; il
ornera leur ville de somptueux monuments (qui subsistent encore),
il fera de la Golonia Nemausensis une cité de droit roumain, ayant la
faculté de battre monnaie.
Nos ancêtres reconnaissants envers le général qui les a menés à
la victoire et l'empereur qui les a enrichis, firent graver sur leurs
monnaies de bronze, au droit : Les effigies d'Auguste et d'Agrippa,
et au revers : un symbole commémoratif de la grande journée
d'Actium, du triomphe de l'Occident sur l'Orient : un crocodile
(signifiant l'Egypte) enchaîné à la palme romaine, ornée de lemnisques, marques distinctives de victoire; dans le champ de la monnaie, on voit une petite couronne, c'est à cause d'elle, sans doute
que Proehner appelait l'as nimois l'énigme des numismates.
/Cette couronne doit-être, comme l'ont suggéré certains savants,
l'emblème d'Actium; elle situe en quelque sorte le lieu de la victoire. On sait, en effet, que les vainqueurs aux Jeux Actiaques
ne recevaient pas des prix en nature comme dans les autres grands
jeux de la Grèce, mais une simple couronne de laurier; ce prix disputé par les jeunes athlètes et placé sur la monnaie nimoise est pour
ainsi dire, l'arme parlante d'Actium.
Les as nimois qui ont beaucoup circulé dans l'Empire, supplantant même les monnaies marseillaises, portent donc la double commémoration de la victoire d'Agrippa et du triomphe de Rome sur
la vieille terre d'Egypte.
Au moyen-âge on ne trouve plus à Nîmes que de grands sceaux
représentant les maîtres de la cité, consuls en habits officiels et chaperons. En 1516, François Ier vint à Nîmes et, frappé de ne trouver
qu'un sceau avec un simple champ de gueule, il le remplaça par
un taureau d'or passant à gauche, auquel on ajouta une fleur de
lys. Mais ces nouvelles armes n'étant pas du goût des Nîmois, le
roi leur rendit pour emblème le revers de leur as gallo-romain par
lettres patentées de Coucy, en juin 1635.
Depuis ce temps, Nîmes a gardé le crocodile dans ses armes, qui

�— 15 -

malheureusement ne sont pas toujours reproduites avec exactitude
par les artistes chargés de les graver ou de les sculpter; tantôt, le
crocodile est attaché à un palmier (ce qui ne signifie rien), tantôt
suspendu; quant à la couronne d'Actium elle fait presque toujours
défaut. Ces oublis et ces déformations sont regrettables; c'est vraiment porter atteinte aux titres de noblesse de la vieille cité !
Pour de semblables questions, on voit donc qu'il ne serait pas
mauvais de faire plus souvent appel à la numismatique et que pour
une fois encore on ne s'en serait pas mal trouvé.
Elisabeth

L.

POURCHEROL.

�Boi» original d'Auguit» Chabauâ.

�Salon du groupe Occitan.

Dessin de Costa.

Beaux Arts
Le Salon du groupe Occitan.
Le Salon du Groupe Occitan a obtenu auprès de la presse le plus vif
succès. Nous devons en féliciter les organisateur et tout particulièrement
notre vice-président Paul-Sentenac critique d'art, parce qu'il a sur réunir,
avec ce goût de la mesure et de l'harmonie qui caractérisent son talent,
un ensemble remarquable et représentatif de l'art occitan moderne. Des
critiques d'art dont l'opinion fait autorité, ont accueilli avec faveur cette
manifestation régionaliste, et nous citerons parmi eux : MM. Vauxelles
dans la « Volonté » et le « Carnet de la Semaine »; Gustave Kahn, dans
le « Quotidien » et le « Mercure de France »; André Warnod, dans « Comœdia »; Maurice Raynal dans « L'Intransigeant » Hoffman dans le
« Journal des Arts »; Arsène Alexandre, dans « Le Figaro » et la « Renaissance »; René Chavance, dans « La Liberté »; Robert Rey, dans

�— 18 —
« L'Europe Nouvelle »; Charles Fegdal, dans « La Revue des BeauxArts »; Oms, dans « Le Plaisir de Vivre, » etc. Nous citerons également
des articles non signés dans « L'Eclair », « L'Avenir », « L'Indépendant
des Pyrénées Orientales », « Le Coq Catalan », etc. Enfin, « La
Dépêche » de Toulouse toujours si dévouée à tout ce qui touche les
intérêts de notre Occitanie, a publié sur notre manifestation d'art uni
importante étude de l'excellent écrivain et subtil critique, Raymond Escholier; et quelques lignes élogieuses du maître Gustave Geffroy, dont les
encouragements nous sont particulièrement précieux.
Nous ne devons pas oublier de remercier M. Siot-Decauville, fondeur
d'art, dont les salles d'exposition de l'avenue Victor Emmanuel III ont
accueilli, pendant ce mois de janvier frileux et sale, un peu du soleil du
Midi.
« Les Feuillets ».

Pour la première exposition du groupe du Salon Occitan, laquelle
avait eu lieu, il y a déjà près d'un lustre, à la galerie Henri-Manuel,
j'avais écrit à la fin de la préface du catalogue : Ce groupement
s'étendra, mais c'est déjà mieux qu'un noyau jeté dans la terre :
c'est le premier arbre, tout enfleuri, du verger.
Avec l'exposition qui s'est terminée le 22 janvier à la galerie SiotDecauville (63, avenue Victor-Emmanuel III), après avoir été inaugurée avec succès le 6 du même mois, le Salon du Groupe Occitan a pris de l'extension. Cette manifestation, rattachée cette fois
à notre importante Société, laquelle n'existait pas il y a cinq ans,
placée sous la présidence d'honneur de M. Maurice Sarraut, sénateur de l'Aude, et de M. Albert Sarraut, ambassadeur à Constantinople, préparée par une commission composée de DomergueLagarde, Henri Favier, Auguste Guénot et Auguste Rouquet a pleinement réussi. Je puis reprendre et développer l'image du verger.
D'autres arbres se sont mis à fleurir, et leurs bouquets de fête,
blancs et roses, se détachent en harmonies colorées sur les fonds
bleuâtres ou mauves des collines qui tracent sur un ciel clair leurs
lignes nettes. Car ce sont des vergers du Languedoc et du Roussi lion.
Les peintres et les sculpteurs qui ont apporté leur contribution
à notre exposition occitane n'ont pas tous peint des paysages ou
sculpté des types du midi. Mais tous sont originaires de ce pays
d'Oc, limité en bleu par les Pyrénées et la mer Méditerranée, et

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enserrant, parmi ses campagnes blondes de blés ou vertes de vignes,
les villes pittoresques de Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Montauban, Béziers, Perpignan, Nîmes, et tant d'autres.
Nous avons retrouvé avec satisfaction dans ce dernier Salon la
plupart des artistes qui avaient formé le premier groupement. Pierre
Laprade nous y avait montré des sites délicats d'Italie. Il nous a
donné cette année des aquarelles qui portent bien la marque de cet
artiste si sensible, si raffiné, de ce poète de l'intimité : une jeune
femme profilant dans un hamac, au milieu de la verdure, la distinction de son visage et la sveltesse nonchalante de ses lignes, sujet
cher à Laprade, une petite fille au piano et un dessin, tout aussi
séduisants. Chabaud ne nous a pas envoyé un de ces coins des garrigues languedociennes, par quoi je suis toujours impressionné,
poussiéreuses, desséchées, avec un chemin plâtreux où moutonne la
marche d'un troupeau, comme il en avait en cette récente exposition du Paysage français contemporain, au Palais de Marbre, en
laquelle Pierre Laprade était d'ailleurs aussi présent avec une de
ses toiles les plus réussies, la fine cathédrale de Senlis, émergeant
de la masse légère d'un champ de blé tout blondoyant, pour se
détacher sur l'azur tendre. Chabaud a réservé à la manifestation
du Groupe Occitan ses œuvres les plus accentuées, les plus hardies,
où des noirs profonds contrastent avec des tons qui blanchoient,
qu'il peigne des figures de paysans âprement modelées ou des rues
de villages avec la paresse de la Roubine. La personnalité d'Auguste
Rouquet se caractérise aussi par son goût pour les notations puissantes, dans une série attachante d'aquarelles du Bas-Languedoc,
telles que ce Pont romain dont l'arche s'inscrit en courbe sombre
dans la clarté environnante, Le Chemin du cimetière, ou Le Campestre languedocien, toutes d'une netteté d'atmosphère bien méridionale. Gaspard-Maillol, lui aussi, se range dans la catégorie des
peintres robustes. Il traduit avec ampleur la forme d'un arbre, la
surface d'une maison, le volume d'un coteau; il couche largement
la couleur. La robustesse de sa manière s'est manifestée dans des
sites de la Sarthe tout roussis d'automne comme dans le Mont
Madeloch, en Roussillon. Domergue-Lagarde empâte solidement ses
tableaux, les colorie avec des tonalités corsées, s'attache à opposer
les surfaces lumineuses aux surfaces moins claires. Ses importants
envois ont été bien significatifs de sa technique, depuis sa figure
religieuse jusqu'à ses natures mortes, en passant par ses études
si fortes de vieilles gasconnes pour la fresque de La Vieille Gascogne
Cette décoration qui synthétisera l'histoire de cette province renfermera certainement toutes les qualités colorées et vraiment plasti
ques du panneau de Domergue-Lagarde pour le pavillon de t'Aîri-

�— 20 —
que Française dont je me suis plu à parler longuement dans un
précédent article. Quant à Paul Ramond, la hardiesse peu commune
et l'éclatante fraîcheur de sa palette, son amour des tons chauds,
son horreur du noir et des mélanges sales ont continué de s'affirmer
avec une sûreté de main de plus en plus grande dans des paysages
soleilleux des Pyrénées-Orientales que le Canigou domine de sa
majesté pierreuse, plaquée de neige, ainsi que dans un coin villageois de l'Aude où une maison banale de paysan s'exalte dans
l'enchantement de l'azur printanier et se pare du bouquet rose et
mauve d'un arbre de Judée.
Il nous a tenu à cœur de rendre hom'mage à la mémoire de ce
peintre sincère et fervent de la nature du Roussillon que fut Etienne
Terrus, mort depuis notre première exposition. L'étude du bosquet
de chênes-liège avec la gamme variée des verts, la maisonnette au
bord de l'étang, un pan de mer bleue coupé par un roc fauve se
signalaient particulièrement dans ce petit ensemble de notes discrètes et émues. Galmon.est un enfant de Collioure. Il en dépeint le
petit port d'un aspect si original avec une application naïve et touchante, et qui apparenterait l'auVrar à ce pêcheur des Sablesd'Olonne, Paul-Emile Pajot, que la critique avait mis naguère en
avant, sur l'initiative de Charles Fegdal. Les rues de la banlieue
parisienne ont inspiré au même Calmon des peintures, d'une observation attentive, d'une exécution minutieuse et patiente. Il nous faut
regretter l'absence du coloriste audois Achille Laugé, qui avait été
un des compagnons de la première heure, et aussi que ies limites
imposées par la carte d'Occitanie ne nous aient pas permis de faire
encore appel cette fois au Marseillais Verdilhan-Mathieu.
Parmi les nouveaux exposants peintres du Salon Occitan., nous
avons accueilli le perpignannais Bascoulès et le biterrois PaulEmile Rixens, avec le toulousain Jean-Jules Dufour. Ceux-ci représentent les éléments jeunes et novateurs des Artistes Français. Bascoulès, que j'avais déjà distingué dans ma chronique sur ce grand
Salon, nous a confié des visions orientales des quartiers juifs avec
la diaprure des vêtements des femmes sur la grisaille des murs,
un aspect du désert, aux colorations fauves comme la peau d'un
lion, exprimées avec de la sobriété dans la chaleur du coloris posé
par touches plates. Paul-Emile Rixens communique une saveur un
peu espagnole à la cathédrale de Béziers se découpant au-dessus
du grand pont, avec au premier plan des laveuses aux robes
bigarrées, au lieu qu'il enfermé une délicatesse bien de notre Ilede-France dans deux vues du Petit-Trianon à Versailles. Jean-Jules
Dufour a brossé avec vigueur une jeune nudité féminine, agréablement présentée de dos, assise parmi les coussins d'un divan, ainsi

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qu'un paysage d'hiver bien expressif, et il s'est radouci dans des
sites d'Arles et d'Orange. J'ai déjà dit le regret que nous avait laissé
la brusque disparition de Marie de la Hire. La galerie Danthon nous
avait gracieusement prêté un paysage de Versailles, bien dans la
facture nerveuse de cette artiste.
Les catalans naissent tout naturellement coloristes. Il y en avait
en notre exposition plusieurs qu'unissaient leur aptitude et leur
fidélité à peindre, à l'huile autant qu'à l'eau, leur terre natale aux
colorations violentes dans le détail mais harmonieuses dans l'ensemble, sauvage et emplie de séduction à la fois. Leurs œuvres
voisinaient, pêchers roses, champs bordés de pierres de Louis Bausil dont un portrait par lui-même disait la physionomie mâle,
empreinte cependant de bonhomie, métairies ou chaumières aux
toits rouges dans la verdure de Pons-Godail, sites d'Argelès-sur-Mér
de Garau, oliviers noueux d'Escarra, frondaisons toujours vertes
de Miartre, lequel avait aussi des fleurs dans des vases, chatoyantes
et ornementales.
Il convient de garder une place toute spéciale à Gustave Fayet.
J'avais retenu dans l'exposition de ses œuvres qui avait été réunie
pieusement par son fidèle associé Dumas, en novembre dernier, en
cette même galerie Siot-Decauville, quatre d'entre elles, parce
qu'elles me paraissaient résumer les diverses faces de l'inspiration
de Fayet. C'est bien d'inspiration qu'il s'aeit dans cette interprétation à la gouache de la lagune de Venise où quelques pieux peinturés de blanc émergent de la nappe bleue autour de la lanterne
s'élevant au-dessus d'eux comme la boule d'une de ces fleurs de poireaux qui apportent de' la poésie florale au milieu d'un potager. Inspiration aussi dans ces bateaux aux voiles versicolores à Chioggia,
dans ces dessins à l'encre de Chine traités en arabesques décoratives.
Vraiment, nous ressentons chaque jour davantage le vide creusé en
notre patrimoine artistique par la mort d'un créateur lyrique tel
que Gustave Fayet. Mfe Andrée Pouvillon mérite aussi une place
à part, non seulement parce qu'elle est la petite-fille du grand écrivain régionaliste Emile Pouvillon, mais encore par la personnalité
de ses envois. A l'un des derniers Salons des Indépendants, j'avais
remarqué un intérieur, d'une sensibilité prenante, de cette jeune
fille; je l'avais cité dans un article, et je ne m'en suis pas dessouvenu. Les intérieurs qu'elle nous a envoyés ne m'ont pas déçu. La
salle à manger rustique avec l'escalier de bois, le petit salon aux
m,eubles du dix-huitième siècle, la chambre à coucher témoignent
d'une facilité spontanée à situer dans des ambiances raffinées,
jamais sales, de gris ou de bistres, des rehauts d'un coloris plus
vif.

��Salon du Groupe Occitan
femme assise, par DESNOYERS,

��Salon du Groupe Occitan
La Vieille Gasconne, par

DOMBKGUE-LAGARDE.

Etude synthétique pour la fresque « la Vieille Gascogne.

�Salon du Groupe Occitan
Jïature morte au masque, par

RAMBY.

��Salon du Groupe Occitan
Lia femme assise, par PARAYRE.

����Salon du Groupe Occitan
Paysage, par CALMON.

�Salon du Groupe Occitan
Lia Baeehante à l'enfant, par A.

GIIÉXOT.

�— 23 —
De Montauban et de Toulouse, nous est venu tout un lot de peintures, aux empâtements consistants, aux modelés fermes, et aux
couleurs soutenues. Elles appartenaient à Ramey, bien représenté
en notre Salon par un nu amplement traité, par des paysages bien
construits de Bruhiquel, et par une de ces curieuses natures mortes
où un masque blanc de Pierrot, coiffé d'un bérêt de marin, règne
au milieu d'accessoires de fête, une de ces « natures nwrtes savamment coonrtposées où il conte, ainsi que l'a écrit fort justement
Madame Henry Lapauze en préfaçant la récente exposition de
Ramey, à la Galerie Henry, sur un. mode prenant, la touchante
beauté des choses les plus humblement artificielles ». Elles portaient aussi les signatures de Gadène, auteur de toiles puissantes,
d'Armando Laclau dont la vieille toulousaine reste un morceau
d'un vivant réalisme, à Desnoyer dont la fillette en robe blanche
cousant formait un centre de panneau avenant au milieu de ses
bâtisses rougeoyant dans la verdure des sites montalbanais et toulousains. Pierre Brune avec ses bouquets de fleurs sur des fonds
brûnâtres se rattachait à la même lignée.
Tous ces peintres occitans, qu'ils peignent ou non des paysages
languedociens, possèdent les qualités de leurs régions natales, de
leur race. Les artistes du mlidi, au milieu d'une nature aux colorations vives autant que lumineuses, deviennent facilement coloristes. M'ais ils ont également le souci de modeler avec le pinceau
des formes dans la pâte colorée. Il y a aussi des sculpteurs en
grand nombre sous l'azur d'Occitanie. Les véritables d'entre eux
ont renoncé à la fausse éloquence des grands gestes. Ils atteignent
à ce calme harmonieux des lignes, à cette sérénité, à cette eurythmie par quoi ils renouent, à travers leur originalité moderne, avec
la statuaire antique ou les statues amènes de notre dix-huitième
siècle français. Auguste Guénot demeure, à ce dernier point de vue,
l'un des plus caractéristiques. La Bacchante à Venfant, la Léda, la
Femme allongée, affirmaient une fois de plus la solidité de métier
de ce sculpteur. Celui-ci enveloppe, avec un égal bonheur, dans le
bronze, le bois ou le plâtre, la conception qu'il nourrit en lui de
la nudité féminine", toujours d'une jeunesse svelte et d'une élégance décorative. Contesse recherche des proportions plus amples,
de même que Parayre, mais ils conservent tous les deux une préoccupation de style par quoi ils s'accordent avec Guénot. Abbal, en
plus de terres cuites plaisantes, nous offre une tête de vieille occitane très expressive, taillée directement dans une pierre rose; Costa,
un joueur de rugby bien campé et un bas-relief établi non sans fermeté. Le groupe de Paul Dardé, La Nymphe et le Faune, a prouvé
encore la faculté évocatrice de cet artiste, sa fécondité pareille à

�celle de la forêt avec ses arbres et ses broussailles en même temps
que la conscience apportée par le fondeur, M. Siot-Decauville, dans
l'exécution de cette œuvre chargée d'ornementation de feuillages.
On a revu, non sans curiosité, la maquette du monument à Rabelais
par Magrou, d'une documentation fouillée, et on a apprécié son
grand bas-relief, Le Cortège de Dyonisos, travail récent et soigné,
d'une expression allègre.
Le Salon Occitan rassemblait, avec les peintures et les sculptures,
des gravures où se renouvelaient les recherches de réalisation large
des peintres, comme celles d'Auguste Rouquet pour le Cami de
Crouls, La Terre natale ou La Ville du Passé, sur quoi nous
reviendrons prochainement, et qui témoignaient de l'imagination
de cet artiste et de son sens livresque. Aussi les Feuillets Occitans
ne peuvent-ils être en des mains mieux qualifiées que les siennes.
Gaspard-Maillol a également illustré de nombreux livres de xilographies robustes. Nous en avons feuilleté plusieurs, en notre exposition, imprimés sur ce papier de Montval que fabrique ce graveur,
ainsi que nous l'avons déjà rappelé. Les eaux-fortes que J.-J. de
Dufour a rapportées d'Italie sont dignes des précédentes sur Paris.
Celles de Viala retiennent par leur romantisme dans le sujet emprunté aux sites de l'Aveyron, comme dans la technique où les
clairs et les obscurs luttent farouchement. Je me borne à signaler
ces œuvres, remettant à plus tard de les étudier plus longuement à
propos du livre que Mi d'Arvieux a consacré au graveur Viala.
Nous avons tenu à réserver une salle aux architectes. Ceux-ci ne
doivent pas être délaissés. Au contraire. Leur mission apparaît de
la plus haute importance. Les habitations bâties dans nos pays
languedociens, depuis un siècle, n'ont plus aucun caractère. Nous
ambitionnons de réagir et de créer un mouvement en faveur d'une
architecture locale. Aussi les projets de maisons occitanes exposés
par Henry Favier, qui a déjà eu recours pour la demeure d'un ferronnier, aux principes archithecniques méditerranéens; les silhouettes de villages languedociens, le projet pour la « Maison du
midi à Paris » et pour les maisons ouvrières en Languedoc et en
Bjoussillon par Bernard ont revêtu un très vif intérêt. Voilà une
question sur laquelle nous nous étendrons bientôt. A l'habitation
s'ajoute le décor et tout ce qui le constitue. Aussi avons-nous produit, à nouveau, dans notre Salon, les collections, d'ailleurs pour
la plupart augmentées, des objets d'art appliqués qui avaient figuré
à notre petite exposition du boulevard des Capucines : céramiques
précieuses de Roger, poteries diverses d'un attrait rustique de
Perrutel, poupées de chez nous habillées par Mesdemoiselles Favatier, coussin aux deux pigeons d'un réel caractère ornemental, de

�Gravé par Jean-Jules

SAINTE-CÉCILE D ALBI.

DUFOU»,

�Jane Rouquet d'Hondt, travaux aux filets de Mesdemoiselles Lajourdie.
Cette diversité rentrait bien dans le programme du Groupe Occitan, lequel se propose — nous ne craignons pas de le répéter — de
mettre en valeur toutes les ressources tant intellectuelles qu'économiques des contrées d'Occitanie. Toutes ces ressources ne sont pas
connues et exploitées comme elles le méritent. Le Salon qui a eu
lieu au début de janvier à Paris a contribué certainement à répandre et à faire aim.er davantage les artistes de notre pays d'Oc. S'il
convient de rendre hommage à de véritables maîtres tout à fait
consacrés, il importe non moins de placer en lumière et d'encourager de jeunes tempéraments qui se révèlent vraiment doués.
Sans doute, une exposition ne peut jamais prétendre à grouper,
sans aucune exception, tous les grands artistes d'une région, surtout si celle-ci est très vaste. Tant de considérations entrent en jeu !.
Nous aurions été satisfaits de compter parmi les sculptures quelques-unes des filles parfaites d'Aristide Maillol ou des figures lyriques de Bourdelle, quelques tableaux de Marcel-Lenoir ou dé Lucien
Maillol. Mais tel qu'il était, ce Salon, avec les personnalités significatives qu'il comprenait, a témoigné de la vitalité artistique de
l'Occitanie. Il n'a pas été seulement une réunion d'artistes ayant
tourné leurs rondes d'enfants sous les mêmes cieux et se retrouvant, ayant atteint l'âge d'hommes et en pleine possession de leurs
moyens, dans les salles élégantes d'une galerie parisienne1, Notre
Salon a présenté, du même coup, le caractère d'une véritable manifestation d'art moderne. Il a prouvé que l'Occitanie produit, elle
aussi, des créateurs capables de fournir un apport original et marquant dans le grand mouvement artistique actuel.
Notre effort, louangé par la presse, soutenu par des achats de
l'Etat et de la Ville de Paris, a été couronné d'un indéniable succès.
Nous sommes encouragés à le poursuivre. Mais nous n'aurons abouti
à des résultats complets que si nous arrivons à persuader nos compatriotes, habitant la capitale ou la province, qu'une œuvre d'art est
une richesse comme une autre et à leur donner le goût de les acquérir et d'en constituer une collection. Une collection de peintures et
de statues devient une véritable compagnie, parlante et animée,
pour celui qui la possède. Elle peut, rassemblée dans un appartement, procurer à son propriétaire des délectations non seulement
visuelles, mais encore sentimentales. Composée de paysages et de
personnages régionaux, elle maintient, tout près de l'amateur, lorsqu'il rêve dans son cabinet de travail ou qu'il dîne, en la société
d'amis, dans sa salle à manger, toute la douce présence du pays
natal. Notre Languedoc renferme d'anciennes demeures délicieuses

�- 27 -

du dix-huitième siècle. Qu'il compte aussi de nombreux collectionneurs capables de rivaliser, par leurs collections modernes, bien
de l'époque où ils vivent, avec les grands « curieux » d'autrefois.
PAUL-SENTENAC.

Cet article est illustré de nombreuses reproductions d'oeuvres ayant figuré au
Salon du Groupe Occitan, ainsi que de bois gravés ou d'autres œuvres des artistes ayant participé à ce Salon, et bien caractéristiques de leur personnalité.
Ainsi le lecteur qui n'a pu visiter notre exposition pourra, de loin, en avoir une
idée, et le visiteur en garder un souvenir plus précis.
P. S.
Lie* Uivres d'art.

Notre collaborateur Achille Astre vient de publier une très curieuse et très
vivante étude sur Toulouse-Lautrec — un grand occitan —. Amateur d'art passionné, critique au jugement sain, Achille Astre, un de ces collectionneurs avisés
dont parle Paul-Sentenac, vit au milieu des belles œuvres modernes qu'il sut
rassembler avec goût, en un temps où il était méritoire de le faire. Il connut
et fréquenta L.autree et toute cette génération d'artistes novateurs qui est aujourd'hui entrée dans l'histoire de l'art. Nous rendions compte de son attachante
étude dans notre prochaine chronique des livres d'art.
A. R.

�Bois d'Achille Rouquet.

AEGELIERS (Aude).

Les Lettres Occitanes
piotre enquête sur
Lie Problème Oeeitan
(Suite)

Réponse de M» le doeteur Charles VlDflLt,
de Castres.
Les Feuillets Occitans.. Quel beau .titre et quelle belle revue ! et
puis quel beau geste. C'est même mieux, c'est une belle action, animée de l'amour le plus réaliste et le-,plus tendre non seulement
pour notre Occitanie si' mal connue et si dépréciée moralement, mais
aussi pour notre patrie tout entière, parce que, aimer son terroir,
aimer son Occitanie, c'est aimer d'un amour plus grand, plus profond, plus intense son plus grand terroir, notre France si diverse
et si une, dont les Provinces, telles de gracieuses jeunes filles aux
costumes divers, font une ronde harmonieuse et rythmée autour de
leur merveilleuse sœur : Paris.
Aussi, cher Monsieur Guitard, tout homme de cœur ne peut

�— 29 —
qu'applaudir votre manifeste. Mais, soyez confiants. Voyez-vous*,
notre Occitanie n'est pas près de mourir. Son âme, sous certains
voiles, est toujours vivante, ardente, vibrante. Les troubadours
vivent toujours, et il suffirait d'un souffle pour écarter les voiles
qui modifient son aspect extérieur. Ce souffle ce sera votre œuvre.
*

Nos rois ont voulu créer l'unité française. Ils y sont parvenus en
décapitant les provinces, en attirant son élite à leur cour. L'absolutisme naquit ainsi et cet absentéisme est la cause du marasme moral
de nos provinces.
Aujourd'hui, la tradition de la politique royale, qui n'a pourtant
plus d'objet, est pieusement conservée par les gouvernements successeurs et l'on peut dire qu'il n'y a aucune différence essentielle
entre l'idée profonde qu'on se fait actuellement de l'unité et celle
que s'en faisait Louis XIV par exemple. On est, en France, comme
ces gens qui préfèrent le gros bourdon au carillon. Mais y a-t-il
moins d'unité dans le son harmonieux du carillon que dans le son
rythmé du bourdon ? Et le carillon s'entend-il moins que le bourdon ?
En réalité, la France est semblable à un palais construit en moellons. Les moellons, ce sont les provinces, c'est l'Occitanie de Joffre,
de Foch, de Castelnau, des de Guérin, de Jaurès, de Cujas, de
Sabatier, et c'est la Lorraine de Jeanne et de Barrés; c'est la Provence de Mistral et c'est la Bretagne de Botrel; c'est l'Aquitaine de
Montaigne et de Montesquieu et c'est la Champagne de La Fontaine,
la Touraine de Rabelais, qui fut aussi un Occitanien; c'est la Normandie de Flaubert et la Corse de Napoléon, l'Auvergne de Pascal,
le Dauphiné de Pasteur. Ces moellons sont réunis, soudés, par un
ciment très dur, très adhérent, grâce auquel ils font bloc, et ce
ciment, c'est le ciment français, c'est l'âme française.
Certains voudraient que ces moellons fussent uniformes ! Et pourquoi chacun d'eux n'aurait-il pas ses ornements personnels ? En
quoi la ligne du monument en serait-elle modifiée ? La beauté, certes, est dans la ligne, comme la force, cette grande pensée des
druides, est dans l'unité, mais la ligne et la force ne sont pas altérées par la diversité de leurs composants.
*
**

Un dialecte local c'est une diversité et une diversité est aussi une
liberté. La suppression d'une liberté est un gain pour le despotisme et puis, est-il nécessaire d'unifier le langage ? Ce serait vou-

�— 30 —

loir transformer la campagne si belle", si harmonieuse et si une
dans sa variété, en un potager aux planches uniformes.
Certains affectent de croire que l'unité nationale sera en danger
si, à côté du français, on parle la langue sœur autochtone. Vraiment c'est montrer beaucoup d'ignorance des réalités. Toujours,
partout, on parle les patois ? A Paris même, l'accent et les façons
de parler varient de Grenelle à La Villette. Ne vaut-il pas mieux
que les patois, chose informe, larve linguistique d'où ne sortira
aucun papillon, soient refoulés par le dialecte autochtone, pur mais
évolué comme évoluent toutes les langues vivantes ? Et c'est précisément ce que nous pensons, comme l'ont pensé les Mistral en Provence, les Bessou en Rouergue, les Vermenouze en Auvergne, les
Alibert à Castres et cette prestigieuse et vénérable académie des
Jeux Floraux, honneur de Toulouse et, par dessus Toulouse, gloire
de la France entière.
Cette diversité des dialectes, au contraire, est un bien au point de
vue social. Chaque dialecte est le passeport authentique et inviolable, c'est la marque d'origine indélébile, c'est la preuve que chacun de nous est de la grande maison française puisqu'il a l'empreinte d'une de ses familles. Quand on se rattache à une famille
et que cette famille est illustre — c'est le cas pour notre Occitanie
— on est fier d'elle et on ne la veut point quitter pour s'en aller
au loin chercher fortune en ne trouver souvent qu'un lit d'hôpital
pour mourir.
**

Pour terminer je ferai mienne la conclusion d'un article très vivant du merveilleux journaliste Pierre l'Ermite, paru ces jours-ci (1).
La voici :
« ... Je pensais à tant de provinciaux pour lesquels je suis, hélas !
beaucoup plus impuissant, et qui rêvent... quel mot pour une telle
chose !... oui, qui rêvent de quitter leur vie simple de toujours, et la
maison de leur père... pour aller s'entasser dans des trains... pilonner le bitume parisien... respirer des milliards de microbes dans
les boyaux des métros, et, le sac numéroté au nez, s'atteler administrativement tous les jours, à un fiacre nullement providentiel, pour
finir souvent à l'hôpital... »
Cela c'est du pur bon sens et c'est ce qu'exprime aussi très bien
le proverbe Castrais et Occitan :
Tal ba querre la lano que tourno sans pel. (2)
Le Cas de Patate, La Croix, 27/28 septembre 1925.
Choses du Terroir Castrais, p. 177. Editions OCOITANIA,
louse, et 6, Passage Verdeau, Paris, ix*.
(1)
(2)

7

rue Ozenne,

Tou-

-

�— 31

-

(Tel va chercher la laine qui revient sans peau).
La fidélité au dialecte du terroir, la connaissance de l'histoire
du terroir, c'est l'attachement au terroir, c'est la guérison de l'absentéisme, c'est la fin de l'exode, c'est la résurrection de ces départements de l'ouest de Toulouse qui agonisent, c'est l'amour même
de la France plus belle, plus une dans sa diversité comme un bouquet composé de fleurs diverses aux teintes bien amorties, c'est le
français lui-même mieux su, plus respecté puisque mieux étudié
par le fait même que les dialectes d'Oc sont ses frères, issus comme
lui du même giron très noble, c'est la force que donne à l'individu
la connaissance de plusieurs langues.
Dr Charles

VIDAL,

de Castres.

A TRAVERS LES IUVRES

Recueil poétique du Jasmin d'Arpent avec la collaboration de Marcel Prévost, de
l'Académie Française, Joseph Bédier, de l'Académie Française, Jacques Amblard,
comte de Pesquidoux et quelques œuvres gasconnes de Fernand de Lacaze. —
Agen, 1925.
Cet intéressant recueil est signalé pour sa section française par Frédéric Saisset.
Dans un émouvant et savoureux discours, le comte de Pesquidoux analyse les
œuvres des lauréats de la section occitane et rend hommage à la mémoire de
Fernand de LACAZE dont un triple sentiment inspira la noble vie : la foi en
Dieu, l'amour de sa famille et celui de son pays. Le recueil nous donne quelquesunes de ses œuvres, tour à tour pétillantes d'esprit ou évocatrices des temps
anciens au pays gascon. Le parapluie de coton, Les ménétriers landais sont un vrai
régal pour les fervents du terroir. E^ernand de Lacaze chante à merveille le fifre,
la vielle, le tympanon et la cornemuse, qui ont, parait-il, disparu du pays landais.
Vingt-neuf poèmes en langue d'oc avaient été soumis au jury, qui en a retenu
huit et couronné quatre. Le Jasmin d'Argent a été donné à M. PIMPETERRE,
la médaille d'argent à M. CANTABRE, la première médaille de bronze à Mme CAPMARTIN, la deuxième médaille de bronze à M. VAYSSIÈRE. Mme ABEILHOP,
M. DUPIN M. JORET et M. GEY ont obtenu des mentions honorables.
L'heureux lauréat du Jasmin, M. PIMPETERRE a écrit un chant d'automne,
Seule, qui fait songer aux œuvres du poète d'Agen.
Malheuresement, ce poème contient quelques gallicismes regrettables, (Saubur :
sauveur, etc.)
M. CANTABRE nous donne avec La Chanson de la belle Ninette, un petit chefd'œuvre béarnais digne d'être un de ces chants populaires venus du fond des
âges et dont les auteurs n'ont point dit leur nom. Signalons néanmoins un gallicisme qui fait tache : curé pour curât.

�Mme CAPMARTIN dans Le Chevrier évoque, avec un art simple et raffiné, des
années d'enfance. Elle nous permettra de nous étonner de la transcription vraiment trop phonétique de certains mots : ex. : tzoïo (joie), pletzo (pluie) et de
l'introduction dans son texte de vocables empruntés au français et qui déparent
son œuvre, pleine de réelles beautés.
La Nymphe à la Fontaine de M. VAYSSIÈRE, est un poème où la frémissante
ardeur d'Aubanel se retrouve en des mots sonores dont une orthographe, fille
de celle des troubadours, avive encore la splendeur.
On trouvera aux Lettres françaises le règlement du concours du Jasmin d'Argent.
Ce concours sera clos le 15 février 1926.
PAUL-LOUIS

GRENIER.

Doit-on admettre la langue de jviistral au baeealauréat ?
par Émile

RIPEUT.

C'est avec infiniment de plaisir que nous venons de retrouver sous la présentation d'une jolie édition du « Feu » l'enquête que notre très distingué confrère,
M. Emile Ripert fit paraître l'an dernier dans la Renaissance politique, littéraire et
artistique de notre regretté ami Henry Lapauze.
Avec doigté, et surtout avec un talent très particulier, l'auteur de Ovide, poète
de l'amour, des dieux et de l'exil et de tant de belles et fortes œuvres, après
avoir initié le lecteur aux opinions des diverses personnalités qui ont collaboré
à cette enquête, donne des conclusions fort judicieuses et pleines de bon sens.
Il est donc intéressant de lire toutes les réponses à cette enquête; l'on constatera que la plupart des Provençaux de haute culture se sont désintéressés de
la question posée par Emile Ripert. Eh bien ! cela est très regrettable, surtout
à l'époque critique que nous traversons où toutes les énergies intellectuelles
devraient se grouper pour lutter contre les médiocres qui veulent tout chambarder
parce que dans la carrière des Arts, des Lettres et des Sciences, ils voudraient
avoir une place de premier plan à laquelle ils n'ont aucun droit.
Marcel

CLAVIÉ.

Livres reçus :
Théodore Aubanel, par José VINCENT, Avignon, Aubanel frères, libraires-éditeurs.
Notre collaborateur, P.-L. Grenier, rendra compte de cette vivante et passionnante
étude sur l'un des fondateurs du félibrige.
Les Chansons populaires des Pyrénées Françaises recueillies par Jean POUEIGH.
— Lors d'une récente visite à Auch, la ville aux venelles pittoresques et fleuries,
nous avons eu la bonne fortune de parcourir, chez notre imprimeur Cocharaux,
les bonnes feuilles de l'important et précieux travail de M. Jean Poueigh, véritable monument d'érudition, élevé à la gloire de toute cette littérature populaire
où chante l'âme de nos Pyrénées. Nous en reparlerons plus longuement lors de
sa parution en librairie.

�Dessin d'Auguste
BOUQUET,

Bois gravé
d'Achille BOUQUET.

fldrienne BLtflJSlC«PÉf*lDlE$
dans un coin provincial de Paris qu'habite
depuis quinze ans cette charmante occitane,
qui, toute jeune, a quitté ses Landes natales
dont elle a gardé en son cœur le vif amour et
la tendre nostalgie. Dans la benoîte rue Cassette, son cabinet de travail, asile de ses songes
fleuris, s'ouvre par une large baie de lumière
sur des jardins aux arbres vigoureux, et, làbas, sur la gauche, elle aperçoit le toit patiné
d'or d'une des plus vieilles églises de Paris,
l'église des Carmes. Dans le balancement des branches, elle a écrit
les vers, d'une musique ailée, de son « Secret de Cybèle » et de ses
« Enchantements » où l'âme de la Grèce antique transparaît et se
mêle à l'envol de modernes rêves d'amour, aux imageries de nos
vieilles légendes. C'est là aussi qu'elle a écrit ces vers d'un pur
métal, aux accents héroïques, pendant les angoisses des heures
H'EST

�troubles : « Le Cantique de la Patrie ». Beau livre orné d'har
nieux dessins de Jean Magrou.
Poète, romancier, conteur spirituel, avec la malice fine des landaises, Adrienne Blanc-Péridier a su traduire en un langage souple,
d'une netteté latine, toujours avec goût et mesure, les idées et les
images qui abondent sous sa plume.
Elle débuta par « le Secret de Cybèle », cinq comédies en vers,
que préfaça Maurice Barrés, émerveillé de cet art subtil qu'il compare à celui de Banville. Vinrent ensuite « Les Enchantements » et
« Le Cantique de la Patrie », poèmes qui reçurent de la critique le
meilleur accueil, puis une série de scènes charmantes écrites pour
les enfants et qui se distinguent par leur originalité, et enfin un
roman par lettres « Sylvie ou la Fuite à Venise », publié récemment, avec succès. Nous avons retrouvé dans ce livres les qualités
du poète doublé d'un psychologue qui connaît les sentiments
humains jusqu'en leurs plus secrètes nuances, jusqu'en leurs jeux
les plus subtils.
Deux œuvres nouvelles nous prouveront qu'il y a chez Adrienne
Blanc-Péridier ce vivace amour du terroir que nul d'entre nous ne
doit laisser décroître, et ce noble sentiment de reconnaissance par
lequel une âme se sent plus haute et plus vaste. La première œuvre
qui vient de paraître est un court roman landais, La Hitilleyre,
sorte de conte plutôt, où les vieilles coutumes et croyances de la
race sont évoquées en un récit plein d'imagination. La seconde
est un hommage rendu au Mâître qui encouragea ses débuts : La
Route ascendante de Maurice Barres. Si l'on ajoute à ces œuvres
les nombreux articles publiés par Adrienne Blanc-Péridié dans
les grandes Bévues et les journaux, on admirera l'incessant labeur
de notre jeune compatriote, que le GROUPE OCCITAN est fier de
compter parmi ses membres.
FRÉDÉRIC

SAISSET.

*
BIOGRAPHIE.

Le Secret de Cybèle (préface de Maurice Barrés) cinq comédies (Pion, 1910)»
— Le Cantique de la Patrie (Poèmes) Pion 1918. — Les Enchantements (Poèmes)
Pion 1922. — Comédies pour les enfants (Stock). — Sylvie ou la Fuite à Venise,
roman (Delalain, 1924). — La Hitilleyre, conte landais (Ed. Peyronnet). — La
Route ascendante de Maurice Barrés (Editions Spes).

�— 35 —
Madame Adrienne Blanc Péridler, née à Mont-de-Marsan (Landes) a débuté
dans la littérature en 1910 avec Le Secret de Cybèle, cinq comédies réunies en un
recueil préfacé par Maurice Barrés; elle a depuis, publié des volumes de vers, des
romans et des pièces de théâtre et collaboré à la Revue Hebdomadaire, à La Nouvelle Revue, à la Revue française, à la Terre latine, à La Croix, à La Renaissance,
aux Cahiers catholiques, à La Minerve française, aux Lecture pour tous, à ParisMagazine, etc.

Dessin de Gaspard

MAIIXOL,

�Bois original d Auguste

ROTJQUKT,

Etienne ^EV-flflDf^EU
Rey-Andreu a un masque bien languedocien : des yeux sombres et
ardents, des cheveux noirs rejetés en arrière, un teint d'une matité chaude.
Une tête que l'on imagine au-dessus d'une fraise à l'espagnole. Ses gestes
vifs, animés, nombreux sont d'un méridional. Ses paroles aussi. ReyAndreu parle vite, beaucoup, d'une voix vibrante, avec l'accent du terroir.
Cet artiste si alerte, si vivant, observant tout autour de lui, s'intéressant à tout, est cependant un grand musicien qui entend en lui bruire
sans cesse la source des harmonies musicales. La nuit surtout, quand la
ville et la campagne dorment sous le ciel d'Occitanie, bourré d'étoiles,
il note en caractères de musique les rêveries sonores qu'il porte en lui.
Pendant ce temps-là, à Paris, on interprête avec succès ses œuvres dans
les concerts. Parce qu'il a besoin, pour travailler, de silence et de calme
autour de lui, ce compositeur réputé dans la Capitale vit en province.
Il est demeuré fidèle à Narbonne, sa ville natale. Il habite même dans

�— 37 —
dans un coin de l'ancienne cité, tout voisin de la campagne. Presque une
maison des champs. Sur la route qui passe devant sa maison, on rencontre, le soir venu, des troupeaux de moutons descendant de la garigue.
Rey-Andreu aime son pays d'Oc. Il a dépeint avec amour, dans l'arabesque des sonorités qui « répondent » à des couleurs et à des parfums,
selon l'expression de Baudelaire, la suavité de la vigne en fleurs », le
pittoresque des étangs entre Narbonne et La Nouvelle, l'obstination des
cigales dans le soleil. 11 a composé trois lavis occitans. Il a écrit une
marche occitane, où les rythmes gardent la souplesse d'une jeune paysanne de chez nous, marchant, avec un mol balancement des hanches,
sur les chemins soleilleux. Il a tressé au Groupe Occitan une sérénade
occitane.
Ce musicien que Lou Pays inspire et qui tient à y séjourner pour en
mieux pénétrer l'attrait toujours nouveau, n'est pas cependant un provincial attardé, mais un moderne. 11 marche avec son temps. Il s'est entouré
de peintres modernistes. Les murs de son appartement sont parés de
tableaux savoureux, aux tons francs, de Camoin, de Pierre Brune, de
Le Scouézec. Dans sa bibliothèque, sur le piano à queue, des livres de
poètes de la jeune génération, souvent languedociens. L'art de Rey-Andreu,
d'une sensibilité si aiguë et si fraîche, appartient bien à l'époque actuelle,
à celle de ces peintres et de ces écrivains. Ce compositeur, savant en
son métier, pratique toutes les subtilités de la technique moderniste,
toutes les audaces des dissonances. Pourtant, sa musique, qu'elle soit
pour piano ou orchestre, reste toujours mélodieuse, harmonieuse.
Ce compositeur est un impressionniste, mais il enclôt ses impressions, même les plus fugaces — c'est ainsi qu'il a intitulé un de ses
recueils d'études — dans un vêtement d'une trame solide. C'est un
poète. Les titres de ses morceaux Le cheval de bois, Les cloches mouillées,
Clarté lunaire sur la lagune, A l'Ombre d'un petit nuage blanc pourraient
servir de titres à des poèmes. Poète, Rey-Andreu l'a été dans cette Rapsodie Espagnole, d'un mouvement et d'un coloris intenses. Poète aussi lorsqu'il a mis des notes sous des vers, dans ces œuvres de chant, frémissantes
de sentiment, marquées de contrastes, avec des cris d'amour et des silences
froissés par la douce chute d'un pétale de rose.
Musicien doué, Rey-Andreu s'est révélé dès l'âge de onze ans un
exécutant au piano des plus habiles et des plus sûrs. Une gavotte Le
Bon vieux Temps, publiée par Fémina, attira sur lui l'attention dans
les milieux parisiens. Depuis lors, sa réputation n'a fait que grandir
comme ces arbustes, qui, dans nos jardins du Bas-Languedoc, sous l'azur,
deviennent vite des arbres au feuillage touffu. Hayet, Hamelle, de Smit,
Lashermes ont accueilli ses productions. On le joue dans les salles de
concert les plus renommées. Non seulement Rey-Andreu, depuis la mort
de Déodat de Séverac, s'est affirmé le compositeur occitan, mais encore il

�- 38 —

s'est classé désormais dans la grande compagnie des musiciens français
modernes, avec Debussy, Ravel, Paul Dukas, Georges Migot et quelques
autres.
PAUL-SENTENAC.

ŒUVRES MUS1CAL.ES (principales). — Piano et ehant
et instruments divers.

Impressions de Vendanges, op. 20; Le Bon Vieux Temps, op. II; Rythmes de
Danses, op. 7 et 8, Hamelle, éditeur, piano.— Jeux d'Enfants, op. 21; Sérénade ; Mélodie sans paroles; Improvisations ; Pastels fanés; Heures languides; Rapsodiie
Espagnole, op. 37; Lou Pays, op. 39 (Etudes pittoresques); 2e et 4e Nocturne;
Impressions fugaces, op. 42; Hayet, éditeur, piano. — Un soir d'août après l'Ondée;
Cinq mélodies, op. 38; Les Poèmes de l'Ombre, op. 40; Les Poèmes de la Lumière
op. 41; Berceuse; Marietou (Chanson occitane), Hayet, éditeur, (piano et chant). —
Pages brèves, op. 50; Esquisses poétiques (piano); Ave Maria, op. 51 (chant,
violon ou orgue et piano) ; Deux Légendes Narbonnaises : la Mataleno, Nostro
Giletto, op. 55, Senart, éditeur. — Nocturne (piano), de Smit, éditeur. — 7e et 12
Nocturne (piano), Avon éditeur. — Sérénade pour Orchestre ; Pièces diverses pour
trios, quatuor, quintette, Hayet, éditeur.
Principales œuvres inédites à paraître prochainement.

Sonate (piano et violon; Adagio pour violon et piano; 8e Nocturne pour violoncelle, piano et orchestre ; Marche Occitane (orchestre); 10e et 11e Nocturne (piano)
Evocations d'Occitanie (trio); Cantabile pour quatre violoncelles; Gaude Mater
Ecclesiam (chœur à deux voix) ; Quatuor à cordes, Lashermes, éditeur. — Poème
pour violoncelle et piano; Ode pour violon et piano; Sonatine pour piano, Senart,
éditeur. — Andante religioso, Avon, éditeur. — Rapsodie Espagnole, (orchestre),
Hayet, éditeur.
BIBLIOGRAPHIE

Georges Migot, La Douce France, Mai 1921 ; Henri Collet, Comœdia, 4 mai et
17 juin 1921; Charles Sylvestre, Le Centre, Mai et novembre 1921; Philippe de
Magneux, Les Tablettes, novembre 1921; Marc David, Le Guide du Concert,
13 janvier 1922 et décembre 1921; E. Montel, Petit Méridional, 2 mars 1922; Charles Sylvestre, « La Rapsodie de Rey-Andreu », L'Amour du Pays, février 1922;
Georges Migot, « La Rapsodie Espagnole de Rey-Andreu », Revue Musicale,
mai 1922; Pierre Marcellin, La Miisique, Le Nouveau Mercure, octobre 1922; Sergines, Les Annales Politiques et littéraires, 5 mars 1922, suppléments 3 juin 19231925; Le Courrier musical, lerfévrier 1922, 1er février 1923, 15 février 1923,15 janvier
1924, supplément musical 1925; Marcel Sémézies, Feuilles au Vent (chronique
musicale), janvier 1923; Nos compatriotes musiciens, Indépendant, 6 mars 1922;
Un Musicien de chez nous. Télégramme, 9 avril 1922; Un Compositeur languedocien, l'Effort, mai 1922, par Jean Camp; Le Devoir de Montréal, (Canada),
8 avril 1922; E. Rey-Andreu, Compositeur Occitan, L'Ane d'Or, juillet 1922, par

�— 89 —
P. Duplessis de Pouzilhac; Georges Gallon, La Pensée Latine, novembre 1922;
Th. Lindenlaud, Le Temvs, 1 février 1923 (concert symphonique) et 22 novembre
1924; Jacques Faneuse, La Flamme novembre 1922, Un Compositeur Occitan;
Marval, Le Petit Méridional, 22 juillet 1922; Lespinasse, Le Travail, Toulouse,
4 mai 1924; Pierre Médan, Le Feu, 15 avril 1923, 15 novembre 1923; Montpellier,
Ceux de chez nous, 19 janvier 1924; Ludovic Bron, • Un Compositeur Occitan,
Comœdia, 7 août 1923 ; René Brancour, Le Ménestrel, 25 mai 1923, 21 novembre
1924; C. M. La Dépêche, 8 décembre 1923; Charles Géniaux, Narionne, 25 août
1924, La Dépêche, 20 juillet 1923 et 1er novembre 1923; Daniel Gineste, Festival
Rey-Andreu au Caméléon, Moniteur Musical décembre 1923; Le Temps, 30 juin
1923 (Lindebaul, Concerts) ; Paul Ramain, Un musicien Occitan, La Vie Montpélliérenne, 27 juin 1925; Paul Ramain, l'Illustré du Nord, 15 août 1925 (Lille);
Officiel Artistique de Bruxelles, janvier 1925.

Histoire de la Musique, 1 volume, éditions du Fauconnier, par Frantz d'Hurigny : l'Ecole moderne; et de nombreux journaux ou revues de la région.
ICOflOGRAPrllE
Portrait : Pensée latine, novembre 1922; Courrier musical, 15 février 1922, 15
janvier 1924; La Flamme, novembre 1922; Semaine musicale, 2 juin 1922; La Vie
Montpelliérenne, 30 décembre 1922, Montpellier, 19 janvier 1924; Comœdia,
7 août 1923.
Bois gravé de Cabrol : La Dépêche, 8 décembre 1923. Bois gravé d'Auguste
Rouquet, Les Feuillets Occitans.

�L Occitanie et le Monde latin
Li'Amérique Liatine et flous.

M. de Saint-Vincent Brassac a bien voulu exposer ici même les
buts de la section de l'Amérique latine au Collège des Sciences
Sociales et montrer l'intérêt puissant qu'il y aurait à rendre permanente et, partant, fécondes, les relations entre le groupe occitan
et les républiques sud-Américaines.
Nous ne nous proposons pas, dans cette rubrique qui tend à constituer le trait d'union indispensable entre elles et nous, de poursuivre spécialement pour nos amis latins l'inventaire de nos ressources intellectuelles et économiques. La revue tout entière a été
créée dans ce but et c'est en la lisant que l'on pourra se rendre
compte des valeurs occitanes dans ces domaines. Nous voudrions
surtout présenter ici l'autre face du problème, c'est-à-dire exposer
nos possibilités en pays latins, nous pencher plus attentivement
sur leur vie multiple et débordante d'énergies et y reconnaître,
pour leS désigner à l'attention, les points sur lesquels nous pouvons nous unir, fraterniser, nous aider les uns les autres et établir entre eux et nous des échanges réciproquement souhaitables.
S'il est vrai — comme l'ont remarqué les grands voyageurs qui
sont allés en Amérique du Sud — Clemenceau ou Mangin, Mgr Baudrillart ou Paul Fort — que la séduction intellectuelle exercée par
la pensée française sur les latins d'Amérique est intense, combien
plus fortement ne s'exercera-t-elle pas si nous multiplions les rapprochements entre eux et nous, qui sommes les plus proches d'eux,
en France, par le sang et par l'esprit ! Les qualités, voire les travers
de la race occitane ne nous permettront-ils pas de pénétrer plus

�_ 4i _
avant dans la compréhension de ces écrivains et de ces poètes qui
s'expriment en un castillan si voisin de notre langue d'oc, sonore
et rythmé comme elle, comme elle clair et bien disant ?
Que de liens à créer entre nous dans le domaine de la philologie
ou de la littérature pure, de la traduction ou du théâtre, en comprenant mieux le cousinage — si j'ose dire — de tous nos modes
d'expression.
Buenos-Aires et Montevideo disposent, paraît-il, d'un excellent
organisme de propagande : Le Palais du Livre, véritable palais où
le livre est vraiment chez lui. Efforçons-nous d'y réclamer une place
pour la littérature française d'abord, c'est évident, mais aussi pour
la littérature d'oc, transition presque naturelle entre les deux idiomes, pour les ouvrages qui traitent de nos provinces; faisons aimer
la France en la présentant sous un de ses aspects les plus attirants,
sous le visage de nos régions occitanes où se marient les couleurs
éclatantes du soleil et du sol aussi heureusement que sous le ciel
net des Tropiques.
Demandons encore à nos amis d'Outre-Océan d'établir avec nous
une liaison non seulement intellectuelle, mais économique.
Que nous allions chercher, par exemple, chez eux, les produits
chimiques que l'agriculture réclame pour nos terres méridionales.
Qu'ils apprennent à connaître la route de Mazamet, pour les laines
manufacturées, celle de nos plaines audoises et roussillonnaises
pour les vignobles renommés qu'on y trouve. Que le commerçant et
le poète, l'industriel et l'amateur d'âmes tendent ainsi un pont
idéal des rives méditerranéennes aux bords lointains des Indes Occidentales.
C'est à cette belle tâche de fraternisation, à la fois concrète et
spirituelle, que nous prétendons nous consacrer ici !
Jean

CAMP.

�Le mouvement économique Occitan
lia Carte des Vins de Lianguedoe et le Groupement
Passerieux.
une excellente nouvelle que celle qui nous parvient.
;
I
Dans quelques jours, la carte des vins du Languedoc figurera sur les tables de nos meilleurs restaurants et hôtels, à côté de celles des vins de Bourgogne, de Bordeaux et de Champagne. Des bouteilles
d'une forme nouvelle, et qui nous sera vite familière,
élégamment capsulées, et portant sur leurs étiquettes la rutilante
croix de Languedoc, renfermeront précieusement dans leurs flancs
les meilleurs crûs de notre région Méditerranéenne.
Fait remarquable qui peut avoir d'heureuses répercussions économiques pour 'la Viticulture méridionale, à condition toutefois
d'être bien compris et méthodiquement exploité.
Pour que les crûs de Languedoc, complétant la riche gamme des
vins français, viennent ainsi revendiquer leur place aux côtés des
crûs célèbres d'autres régions qu'ils n'entendent nullement détrôner; pour que, ne rougissant plus de leurs origines, ils aillent moins
nombreux chercher à Bordeaux ou à Mâcon un faux état-civil, qu'at-il fallu ? Qu'au lendemain de la guerre, un homme avisé, énergique, confiant dans la force et la justesse de son idée, ait compris
que les circonstances nouvelles imposaient des formules économiques nouvelles, qu'il ait eu la hardiesse de rompre avec les anciens
'EST

�— 43 —
errements du commerce et, détruisant un légendaire antagonisme,
de rechercher dans une entente étroite entre le producteur et le
négociant, l'une des solutions du problème viticole. C'est l'œuvre
que poursuit Passerieux, et son Groupement, œuvre à laquelle on ne
saurait trop souhaiter le succès qu'elle mérite.
Faire du négociant, non plus l'ennemi du propriétaire, mais son
conseiller technique et son agent commercial, souder leurs intérêts
au lieu de les opposer, porter tous leurs efforts, désormais communs,
vers une meilleure production et la recherche de nouveaux débouchés, telle est la tâche féconde à laquelle Passerieux s'est attaché
et à laquelle il apporte une foi d'âpôtre.
Parcourant nos beaux vignobles qui couvrent les plateaux du
Catourze et de la Clape, et qui, dans le Minervois et les âpres Corbières mêlent, au printemps, leurs parfums à ceux de la lavande et
du romarin, il a dit aux vignerons : réservez-moi tous les ans votre
meilleure cuvée. Pour faire que cette cuvée soit digne de vous et de
votre Midi, améliorez vos cépages et vos procédés de vinification. Je
vous y aiderai de mes conseils; je m'emploierai à faire connaître en
France et à l'étranger l'excellence de vos produits et à leur donner
sur tous les marchés, une plus-value dont vous bénéficierez et qui
vous incitera à améliorer constamment leur qualité.
Et c'est ainsi qu'après une longue étude il a réalisé cette première
carte des vins du Languedoc où les Grenache, les Malvoisie, les
Rancio, les Blanquettes, les Clairettes, les Muscats voisinent avec
des seigneurs de moindre importance, étalant toute la richesse de
nos vignobles méconnus et la souplesse de nos ressources.
Cette belle et courageuse initiative méritait d'être signalée non
seulement parce qu'elle est l'œuvre de l'un de nos plus dévoués
collaborateurs, mais encore par les conséquences économiques qui
en peuvent découler.
L'an dernier, à pareille époque, le Groupe Occitan inaugurait ses
travaux par une série de conférences présidées par l'éminent maître qu'est M. Viala, membre de l'Institut, conférences consacrées au
problème d'une crise viticole. Devant l'accroissement constant de la
production, le resserrement des débouchés, le développement de la
culture des hybrides sous toutes les latitudes, les orateurs se montraient quelque peu inquiets de l'avenir de la Viticulture. Or, entre
autres remèdes, M. Marsais, ingénieur-agronome, chef du laboratoire de viticulture à l'Institut Agronomique, conseillait d'en revenir aux vieilles traditions françaises, celles qui ont valu à nos vins
leur belle réputation de par le monde et de rechercher bien plus la
qualité que la quantité. Il déplorait de voir disparaître peu à peu,
sous le flot envahisseur des vignes communes à grands rendements,

�tant d'estimables cépages souvent si peu connus. Mais que pouvaiton à rencontre, si, pour d'aussi désirables cultures, le vigneron ne
trouvait pas quelque avantage et une juste rémunération de ses
efforts.
Cet avantage, cette rémunération, le Groupement Passerieux les
lui offre et c'est par là que sa tentative, s'élevant bien au-dessus
d'une simple entreprise commerciale est intéressante au point de
vue général et mérite d'être secondée.
En créant au profit des vins de qualité à faible rendement un
avantage marqué sur les vins communs de grande production, en
encourageant le développement des premiers, l'initiative de Passerieux peut avoir une portée économique qu'il convient de souligner, elle peut contribuer à l'orientation de la viticulture méridionale, elle pourrait, — si elle développait normalement ses effets, —
avoir une influence heureuse en cas de crise de surproduction.
Ces considérations valent qu'on s'y arrête.
Nous souhaitons que cette première carte des vins du Languedoc
fasse, ici même, l'objet d'une étude détaillée, caractérisant les terroirs et faisant ressortir avec les mérites des encépagements, les
qualités des vins produits. Cette étude, nous l'attendons avec curiosité parce qu'elle est capable de nous dévoiler nos propres richesses
et les titres de noblesse de notre sol, alors que nous sommes trop
accoutumés à ne vouloir connaître et apprécier que ceux des voisins. Nous doutons trop de nous-mêmes.
Ce que nous voulons seulement retenir aujourd'hui, c'est le bel
effort de régionalisme économique poursuivi par Passerieux et les
perspectives qu'il ouvre à une production qui constitue la première
des richesses nationales de la France.
Un tel effort nous impose un devoir de solidarité. Réclamons
partout cette carte des vins du Languedoc où tant de noms amis
réjouiront nos yeux, en attendant que les élégantes bouteilles, à la
croix rouge et or, versent dans nos verres les précieuses liqueurs
mûries sous le ciel de chez nous et dont les arômes délicats éveilleront en nous le souvenir de la Terre natale.
F. DE CAR SAC.

Auch. — F. Cocharanx, imprimeur, me de Lorraine

�compositeur Jean Marseillac, élève de Vincent d'Indy, a brodé une chatoyante et
lag-e musique, interprêtée avec maîtrise par Madame Malnory-Marseillac, soliste
des Concerts Colonne, Lamoureux et du Conservatoire. En grande artiste, Madame
Malnory-Marseillac chanta ensuite les deux poèmes colorés de notre regretté
Louis Codet, Le Port Catalan et Le Pont espagnol dont on peut dire qu'ils sont
des chefs-d'œuvre de poésie et de musique, ces poèmes furent acclamés et couverts
d'applaudissements. L'auteur et Madame Malnory-Marseillac ont été l'objet
d'une ovation émouvante de la part d'un public vite conquis par ces deux éminents
artistes aussi modestes que réputés. Même accueil chaleureux au Petit Cheval, de
Déodat de Séverac, impeccablement interprêté par Madame Malnory, accompagnée
au piano avec une science musicale parfaite par son mari qui nous est cher pour
le culte qu'il a voué à son Languedoc et aussi au Rousaillon.
La séance s'est terminée par « La Toulousaine » et « Sant Gil » chantés
en chœur et bissés. Soirée en tous points réussie et qui fait le plus grand honneur
au Groupe Occitan ».
Le Groupe Occitan serait heureux d'accueillir tous ceux qui. habitant Paris,
gardent en eux le culte de leurterre et il leur demande de faire connaître ses
efforts dans tous les domaines.
La Terre Occitane, terre du soleil, est aussi celle de la poésie. Kous avons
donné, dans cette soirée régionaliste, une première série de poèmes qui sera
suivie, au cours de nos soirées prochaines, de nouvelles auditions poétiques des
œuvres de MM. Jules Azéma, Léon Soulié, Jean Azaïs, Charles Phalippou, etc.,
et de notre grand compatriote F. P. Alibert. Au cours de la prochaine causerie,
celle de M. Paul Sentenac sur les artistes occitans, on lira des poèdes sur la peinture, on interprêtera des œuvres de Rey-Andreu, et Mlle Pourcherol présenterez
les monnaies curieuses du languedoc.

Les Feuillets Occitans
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Directeur : JE. GÏ'ITTARD,
Archiviste-Paléographe, ex-bibliothécaire de la ville de Toulouse,
Vice-Président du " Groupe Occitan "

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel du Groupe Occitan

ORGANE RÉGI0NAL1STE DES PAYS D'OC
Bureaux de la Rédaction : 41, Boulevard des Capucines, PARIS
Jour de réception : le mercredi de 6 à 7 h.
Dépôt si ïeate : I tràrie « Otcitania », 8, Passage ïer.'eao, Paris, et 9, Rue Gzeane, à Tcnlcss?;
Librairie Ronquetts, à Carcassonna.
(Les manuscrits doivent être adressés à M. Auguste

ROUQUET,

Secrétaire)

COMITÉ :
MM

Président: F. CROS-MAYREVIEILLE,
||, j, &gt;J».
Vice-Présidents : Paul SENTENAC,
; E. GUITARD ; Frédéric SAISSET.
Secrétaire-général : Auguste KODQUET.
Archiviste : P.-L. GRENIER.
Trésorier : Maurice FAVATIER, ^fc,
&gt;J&lt;.
Chef des Études économiques et agricoles : Docteur GRANEI., ^5f, (||T.
Membres : Léon AURIOL, 'fr, !|| I.; Emile COMET,
£, &gt;J&lt; &gt;J&lt; ; Fernand CRÉMIEUX, £
Jean DÏÏPUY:îft,
N. FAVIER ; Jo GINESTOU,
Auguste GOENOT ; Henry
NOBLL, fr,
DE SAINT-VINCENT-BRASSAC, $, |^ !$, &gt;ï&lt;; ; Georges VILLE.
Principaux collaborateurs :
Lettres Françaises : J. F. Paul ALÏBERT; Jean AMADE: Achille ASTRE;
Jean AZAIS; A. BATJSIL; Adrienne BLANC-PÉRIDIER; Paul CASTELA;
G. CHERAU; Marcel CLAVIÉ; Benjamin CRÉMIEUX; Fernand CRÉMIEUX; Joseph DELTEIL; DENYS-AMIEL; Henri DUCLOS; P. DUPLESSIS de POTJZILHAC; Lucien FABRE; Henri FESCOURT; Ernest GAUBERT ; Jo GINESTOU ; Jehan d'ARVIETJ ;
Vincent HTSPA ;
Pierre
JALABERT; Jean LEBRAU; H. MUCHART; Henri NOELL; Ch. PHALIPPOTJ;
J.-S. PONS; Mlle POTJRCHEROL; Armand PRAV1EL; A. ROUQUET; J. ROZÈS
de BROUSSE; Frédéric SAISSET; PAUL-SENTENAC; Léon SOULIÉ; TOUNYLERYS; F. TRESSERRE; Suzanne TESSIER Georges VILLE ; Jules VERAN, etc.
Lettres Occitanes : Professeur ANGLADE; Jules AZEMA; Dr Paul ALBAREL;
Léon AURIOL; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE; Ismaël GIRARD;
P.-L GRENIER; E.-H. GUITARD; Léon JULIA; J. LOUBET; Antonin PERBOSC; Jean PUEL; Emile RIPERT; José ROUQUET; Abbé Joseph SALVAT;
DR SOULA, etc. etc.,
Beaux-Arts : BERNARD; Auguste CHABAUD; CALMON; DESNOYERS;
DOMERGUE-LAGARDE; H. FAVIER; A. GUENOT; GASPARD-MAILLOL;
Pierre LAPRADE; JeanMAGROU; Jean MARSEILLAC; PARAYRE; RAMEY;
RAMOND; E. REY-ANDREU; Achille ROUQUET; Auguste ROUQUET; PAULSENTENAC, etc. etc...
Mouvement Economique et Régionalisme : Jean Camp; Gaston COMBELERAN;
Emile COMET; Fernand CROS-MAYREVIEILLE; L. DOUARCHE; Jean DUPUY; Aimé GRANEL; Prosper MONTAGNÉ; A. PASSERIEUX; E. ROUXPARASSAC; Emile SAINT-GIRONS de ST-VINCENT-BRA.SSAC ; etc. etc.

�CHBRE5PIISE (Rude)

Il a été tiré du -présent numéro
20 exemplaires de luxe numérotés
hors commerce, sur papier de
Montval, de G. Maillot.
Ex. n"

Bois original d'Augusie RouQUirr

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                    <text>LES FEUILLETS

OCCiTANS
LANGUEDOC ROUSSILLON
PAYS D'OC
iC.LD.0.

ORGANE DU GROUPE OCCITAN

41 .Boulevard des Capucines, 41
PARIS

�SOMMAIRE
La Musique Occitane :
Un Opéra languedocien et la Cour de Louis XV. .

Fernand

CRÉMIEUX.

Les Lettres Françaises :
Nostalgie, poème
Les Lirires

...

Jean

LEBRAU.

X.

Les Beaux Arts :
Les Artistes Occitans à l'Exposition des Arts
Décoratifs

PAUL-SENTENAC.

Les Lettres Occitanes :
Le Problème Occitan, enquête
Réponse
Nouvelles Félibréennes
Bibliographie Occitane

E.-H. GUITARD.

Emile

ROOX-PAUASSAG.

G.
G. A., F.
E. H.

.T.,

P.

E.

Têtes Occitanes :
Pierre-Viala
Achille Rouquet

R. MARSAIS.

Pierre

LHORTE.

L'Occitanie et ie Monde latin :
La Section de l'Amérique latine au Collège libre
libre des Sciences Sociales

SAINT-VINCENT-BRASSAC.

Le Mouvement économique Occitan:
La Montagne. Noire
Les Débouchés

V. SELVES.

Léon

DOUARCHE.

Illustrations :
La Porte d'honneur à l'Exposition des Arts
Décoratifs
Le Tailleur de pierre
La Cheminée des contes de fées
Panneau décoratif.
Moulins du Lauragais, bois gravé
L'Homme à la pipe, bois gravé
Bandeaux, Lettrines et Cul de lampes

Henri FAVIER.
Auguste GUENOT.
DARDÉ.
E. DOMERGUE-LAGARDE.

Auguste ROUQUET.
A. CHABAUD.
Achille ROUQUET.

Les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire général,

139,

r. de Flandre, Paris.

Le Salon Occitan aura lieu à la galerie Siot Decauville, 63, avenue
Victor-Emmanuel III, du 4- au 20 janvier.

�Bois gravé d'Auguste

ROUQUET.

La Musique Occitane
Un "Opéra Languedocien"
à la Cour de Ltouis XV
DAPHfilS ET ALiCIMA£&gt;Uf*E
de (Vtondonville.

, vers la fin du siècle dernier, — il m'en
souvient comme si c'était d'hier, — Narbonne
inaugura solennellement, sur la Promenade de
la Gare, son kiosque à musique couvert à tables
harmoniques, un Conseiller municipal, plus féru
d'ailleurs de souvenirs locaux que mélomane,
exigea qu'on inscrivît sous la coupole, parmi les
grands musiciens favoris, le nom deMondonville, citoyen narbonnais, dont l'acte de baptême figurait sur le registre de la paroisse SaintSébastien de l'an de grâce 1711.
En dépit de l'oubli qui a embué sa mémoire, il ne serait pas sans
(ORSQUE

�— 74 —

intérêt — nous nous y efforcerons un jour, — de préciser la célébrité dont fut l'objet cet authentique compatriote des Narbonnais et de montrer, notamment, le rôle représentatif tenu au dixhuitième siècle, dans la musique française, par Mondonville, héros
de cette querelle des Bouffons qui secoua, en 1752, la Cour et la
ville, non moins ardemment que 20 ans plus tôt, la guerre des Luilistes et des Ramistes, et que, 20 ans plus tard, celle des Gluckistes
et des Piccinistes.
Pour aujourd'hui, nous nous bornerons, '— parce qu'elle rentre
plus particulièrement dans le cadre de notre revue, — à fixer l'histoire de « Daphnis et Alcimadure », opéra languedocien, livret et
musique de Mondonville, représenté pour la première fois à Fontainebleau, en présence du roi, le 20 octobre 1754.
Mais laissons l'auteur déterminer ses intentions dans cet avertissement qui est un véritable cours de poétique méridionale :
« On sait quelle fut l'origine et quels ont été les progrès de l'ancienne langue provençale. Formée dans nos provinces méridionales des débris de la langue romaine, elle y fleurit en peu de
temps, et c'est de là que, dès le dixième et le onzième siècles, elle
s'est répandue dans plusieurs cours de l'Europe. Cette célébrité
qui la fit accueillir partout où l'on se piquait alors de politesse,
elle la dut à ses poètes et surtout à l'usage qu'ils firent de la rime,
dont ils sont les inventeurs... Je l'ai crue pour ces raisons favorable à la musique, et c'est dans cette vue que j'ose en offrir un
essai, dont le zèle m'a fait concevoir l'idée et pour lequel je
demande l'indulgence en faveur du motif. »
Notons que Mondonville parle dans son avertissement de langue
provençale; mais on verra par les citations que nous donnerons, que
son patois, — malgré quelques expressions flottantes : Yeou et y ou,
lé et lou, dal et del, ben et bé, et l'emploi du mot pécaïre., — a l'allure
du toulousain. Il se trouva au demeurant, un critique, dès la parution de l'œuvre, pour reprocher à Mondonville d'avoir employé
le patois de Toulouse, « dur et grossier », de préférence à celui de
Béziers ou de Montpellier. Ajoutons qu'il existe de « Daphnis et
Alcimadure », une version, datant de 1758, en patois montpelliéram,
ce qui donne au surplus un démenti aux biographes qui conjecturèrent que le poème de Mondonville n'aurait été que la reproduction
d'une composition antérieure, d'ailleurs introuvable, dite « Opéra
de Frontignan ».
Ce qui paraît certain pourtant, c'est que l'idée du texte patois
n'est pas une trouvaille originale de Mondonville. Plusieurs com-

�— 75 —

positeurs d'opéras avaient eu avant lui l'ingéniosité d'intercaler dans
leurs ouvrages une « entrée » ornée de musique, dont les paroles
étaient en un des dialectes méridionaux. On cite notamment le succès obtenu en 1722 par « La Provençale », épisode introduit dans
« Les fêtes de Thalie », exécutées en 1722 et, en 1745, par l'entrée
patoise de « Zelindor », de Rebel et Francœur.
La nouveauté : le poème entier était en languedocien, à l'exception du prologue intitulé « les Jeux Floraux », qui est en vers
français et qui était dû, d'ailleurs, à l'abbé de Voisenon.
Certains biographes ont affirmé que Mondonville était incapable de rédiger son livret et qu'il l'avait certainement fait écrire.
Comme aucune preuve de ce fait n'est rapportée, nous ne nous y
attacherons pas ici. Ce qui est certain, c'est que le livret parut sous
le nom du musicien, — ce qui fait dire de lui au rédacteur du Mercure musical : « Tels étaient autrefois nos fameux troubadours ». —
Pour que les gens de cour n'éprouvent de difficulté à suivre l'intrigue, le compositeur-poète inscrit dans la partition, au-dessus de chaque vers, la traduction des mots les plus difficiles. Et Mondonville
place d'ailleurs en tête de l'ouvrage ces recommandations d'ordre
philologique, quelque peu simplistes :
1° Terminer en e ou en er les mots terminés en a ou at, exemples :
libertat., traduisez liberté; dansa, danser.
2° Changer dans plusieurs mots les b en v : bous, traduisez :
vous; bilatge, village; bibo, vive.
L'o doit se changer en e muet : noubelo, lisez nouvelle; peno,
peine.
4° Terminer en ée les mots terminés en ado : armado, armée;
déterminado, déterminée.
5° Le mot de pecaïre est un terme de sentiments qu'on ne saurait
exprimer en français. Il en est de même de plusieurs autres termes
languedociens.
Après le cours de littérature, voilà donc celui de linguistique.
Mais examinons maintenant le poème.
Passons rapidement sur le prologue français, qui se joue à Toulouse, dans les jardins de Clémence Isaure, que nous voyons d'ailleurs figurer elle-même dans un cadre idyllique, entourée de bergers, de bergères, de jardiniers, de jardinières.
Le contenu de ce prologue est résumé dans les six vers suivants :
Pour consacrer nos jeux par un heureux augure,
Dans son langage enchanteur
Intéressons l'amour; traçons par quel bonheur
Daphnis sut attendrir la fière Alcimadure;

�— 76 —
De leur simplicité la naïve peinture
Est l'image de notre cœur.

Et de fait, nous apprenons, dès le lever du rideau du premier acte,
que le berger Daphnis est vivement épris des charmes de la bergère
Alcimadure; mais celle-ci est indifférente à ses vœux. Daphnis fait
pourtant serment de l'aimer éternellement :
Hélas I pauret, que farey jou,
Tant m'a blassat lou Diu d'amour.
Hélas ! pauret, pauret, hélas I

*

Despey que Tel d'Alcimaduro
A dedins mon cor amourous
Alucat milo fougayrous,
Souffri la peno la pu duro.
Per fini ma tristesso, Diu nenet,
Ben dedins aquesté loc;
De toun esprit presto mé tout lou foc.
Per pla parla dé ma tendresso.
Mes yeou bezi béni lou soulel de mous els,
Qu'es bèlo, qu'ey rasou de pourta sa cadèno,
Per sabé ço qu'ayci l'amèno,
Anennoun l'espia dejouts aquels ramels.

■ Ce qui amène Alcimadure en ces lieux, c'est le désir de faire connaître au spectateur sa froideur amoureuse et son esprit d'indépendance. Ecoutons donc son invocation aux oiseaux volages et son
hymne à la liberté :
Gazouillats auzelets, à l'oumbro del fuillatgé,
Quand bous fiulats, quand bous fiulats,
Moun cor es encantat.
Entendi bé qué dins bostri lingatgé,
Bous célébrais la libertat.
El es lou plazi de ma bido,
Car yeou la canti coumo bous.
Tabé sans cess èlo me crido
Qu'elo soulo pot rendr' hurous.

Daphnis ne se laisse pas décourager par cette rigueur et renouvelle ses serments de constance.
Arrive le frère d'Alcimadure, Jeanet, soldat du roi, inconnu de
Daphnis. La jeune bergère le renseigne et comme Daphnis est
riche, Jeanet engage sa sœur à être plus clémente, ce qui lui attire
cette réponse :

�— 77 —
Nou, boli pas douna mioun cor,

A qui pot débéni boulatgé,
Res nés troumpur coumo la mino.

Jeanet va alors, incognito, sonder Daphnis. Tantôt il se donne
comme son rival, tantôt il l'engage à oublier son amante. Mais le
tendre berger est tenace dans sa passion méprisée.
Daphnis perdra pus léou la bido,
Que d'oublida l'oubjet dount el és amourous.

Sur ces entrefaites un loup, « monstre redoutable », se jette sur le
troupeau d'Alcimadure qui crie au secours. Daphnis arrive à point
pour tuer le loup, aux acclamations du village.
Mais Alcimadure hésite encore à donner à son sauveur la récompense qu'il a si bien méritée :
Laisso mé mon indifférenço
Cruel amour, laisso m'esta.
Quand te boli ta resistenço,
Per que countro yeou t'irrita ?
Un cor que té bol escouta,
N'esprobo que pèno é soufrenço

Jeanet intervient, en vain.
Ah ! ma suréto, qu'un doumatgé
De perdré un tan brabé pastou;
Tu sabès quai és soun couratgé,
Tu sabés quai es soun amou.

De guerre lasse, il imagine que Daphnis est mort, ce qui bouleverse la jeune bergère. Mais Daphnis survient à temps pour être
cordialement agréé. Alcimadure la cruelle se rend donc enfin et le
chœur idyllique des bergers rend grâce à la puissance de l'amour :
Quand l'amour bol nous enflama,
Qui sap pla coumo cal s'y prendré 1
Es tant finest per nous suspréndré,
Qu'en fadéjan sap nous charma.
Que sert countr'el de sé défendre !
Que sert countr'el dé s'anima.
Nou cal qu'un moumen per aïma,
Nou cal qu'un moumen per se randrè.

On le voit, l'intrigue de ces trois actes est assez mince. En outre,
elle est composée dans le goût de l'époque, et n'est pas exempte
de préciosité. Ajouterons-nous que pour une pastorale languedocienne elle paraît, au premier abord, manquer de jovialité et de truculence. A vrai dire elle n'est qu'un prétexte à improvisation de

♦*

�- 78 danses, de fêtes, de ballets, de scènes champêtres; et cet ensemble
rompt de toute évidence la monotonie un peu fade du sujet.
D'autant que la musique, aimable même dans les scènes de
mélancolie, est toujours distinguée, colorée et alerte, et que les airs
de danse notamment ont une fougue du meilleur aloi.
Ce qui est nouveau surtout dans la pastorale de Mondeville et
intéressant pour nous, c'est l'utilisation des mélodies populaires du
Languedoc, contribution anticipée à notre folk-lore. Il est à signaler d'ailleurs que ces réminiscences lui furent amèrement reprochées
par le critique Grimm qui l'accuse d'avoir pillé les airs du pays et
de manquer d'invention et d'originalité. La doctrine musicale a
évolué depuis lors. Reconnaissons que Mondonville n'essaie pas
de donner le change, puisqu'il signale lui-même en tête de sa partition qu'il a inséré dans son œuvre des mélodies du Languedoc et
notamment l'exquise chanson populaire suivante :
Poulido pastourélo,
Perleto das amous,
Dé la roso noubélo
Esfaçats las coulous 1
Per qué fiets bous tan bèlo
Et yeu t'an amourous.
Poulido pastourélo
Perléto das amous,
Ben que me siats cruelo
Yeu n'aymarey que bous.
Daphnis et Alcimadure, après deux représentations triomphales
devant la Cour, à Fontenaibleau, les 20 octobre et 4 novembre 1754,
fut monté à l'Académie Nationale de Musique le 29 décembre 1754.
Chanté par trois interprètes toulousains, Latour, Jéliotte et M"e Fel,
« l'opéra languedocien » obtint un succès considérable.
« Cet opéra, déclare le Mercure, qui joint le piquant de la singularité à des grâces naïves, n'a pas moins de succès à la ville qu'il
n'en a eu à la Cour... » Et ailleurs, le même journal parle de la musique si brillante et si expressive.
La province ne voulut pas être en reste. Bordeaux, Marseille,
Lyon, Montpellier en donnèrent des représentations. Chose curieuse,
le théâtre de Toulouse ne monta Daphnis qu'en 1765.
En 1768, l'opéra reprit la pastorale de Mondonville, mais dans la
traduction française, cette fois. « Les applaudissement furent tels,
précise le Mercure, que l'on dut interrompre la représentation pour
permettre à l'enthousiasme de se donner libre cours. »
600 représentations en furent données par la suite. Nous retrouvons encore Daphnis au répertoire de l'Opéra, en 1796.
Ajoutons que « Daphnis et Alcimadure » suscita de nombreuses

�- Tft parodies, comme tout bon ouvrage à succès. N'oublions pas enfin
que par la suite le sujet inspira, outre une pastorale de Qœthe,
Jeri et Betty, un opéra de Donizetti, Betly, et... le Chalet., d'Alphonse
Adam, que nous revoyons parfois encore à l'Opéra-Comique.
Que conclure de cet exposé à la fois trop long et trop court ? Nous
souhaitons que sa lecture inspire aux musiciens occitans le goût de
se laisser prendre aux charmes de l'Opéra languedocien de Mondonville, et qu'il suscite à quelque Mécène, &lt;— de Béziers ou d'ailleurs,
—&lt; l'idée de le reconstituer sur une scène méridionale. Sans doute
cette réalisation présente-t-elle quelque difficulté. La transposition
de la musique en notation actuelle nécessite notamment le concours
d'un spécialiste de la plus grande habileté. Et nous savons les frais
qu'occasionne la gravure d'un opéra avec chœurs. Mais nous connaissons des gens dans nos pays qui ont fait d'autres miracles.
Ceux qui tenteraient celui-là mériteraient bien de l'art occitan !
FERNAND CRÉMIEUX.

�- 80 —

Les Poèmes.
Nostalgie.
La fièvre qui sur ma montagne
Entretient du cyprès la flamme
M'a longtemps consumé.
Ardent symbole de sagesse,
Feuille en lance armant la déesse
L'olivier m'attristait.
Mais depuis que loin du village
Et de son grave paysage
Je me sens exilé,
Je ne pense qu'à ses automnes,
Aux pressoirs que cernent les rondes
De filles aux chignons défaits,
A la nuance de la pluie
Dont le rideau sur la prairie
Court, gonflé par un autan frais,
A nos hivers qui si tôt laissent
Courir un frisson d'allégresse
Sur la branche de l'amandier.
Jean

LEBRAU

�Les Livres
Garrigou, joyeux philosophe, par Piètre tJalabert.

Ecrit dans une langue délicieuse, Garrigou, joyeux philosophe est un roman
essentiellement original, d'un charme neuf, tour à tour émouvant et gai,
ironique et sentimental, débordant de sève et de vie, et d'une grâce bien française qui évoque par certains côtés l'esprit de nos vieux fabliaux.
L'action, captivante et rapide, se déroule tantôt à Paris, tantôt sur les
bords de la Méditerranée, le long des plages lumineuses du Bas-Languedoc,
où l'auteur nous entraîne, à la suite de joyeux récits et d'amusantes aventures, parmi ces populations si pittoresques de pêcheurs et de vignerons.
Il est inutile de présenter à nos lecteurs Pierre Jalabert, le romancier
(VAu cœur des Vignes, le poète de la Chambre Close, de la Vie Enthousiaste,
de Parmi les roses des Légendes, et de cet admirable pièce héroï-comique en
trois actes, en vers, le Dieu sans couronne (en collaboration avec Etienne
Arnaud), qui remporta en 1923 aux Arènes de Béziers un si magnifique
triomphe.
Garrigou, joyeux philosophe — et combien ce titre en dit long ! — connaît
auprès des lettrés, aussi bien que du grand public, la même heureuse destinée
que les œuvres qui le précèdent. Il en est actuellement à sa 12e édition. —
1 vol. in-16, 6 francs. (Les Editions du Monde Moderne, 42, boulevard Raspail,
Paris 7«.)
B. R.
Eugène Viala, le déeor d'un rêve d'artiste, par Jehan d'Arvieux.
Cet ouvrage, tiré à un nombre restreint d'exemplaires numérotés, sur beau
papier, comprendra plus de 250 pages de texte et plus de 30 illustrations
inédites, reproduisant les plus belles œuvres d'Eugène Viala : eaux-fortes,
aquarelles, tableaux. Le texte est' également enrichi d'un grand nombre de
citations en vers ou en prose, du peintre-poète.

�— 82 Le prix de l'ouvrage sera de 50 francs. Les souscripteurs pourront, s'ils
en expriment le désir, se libérer par deux paiements de 25 francs, le premier
à la réception du livre, le second un mois plus tard. Cet ouvrage étant tiré
à un nombre restreint d'exemplaires, nous engageons les amateurs à ne pas
attendre pour souscrire. (Editions Picart, 59, Boulevard Saint-Michel, Paris.)
La Ville du Passé, texte d'Auguste Rouquet.
Bois grave de Jane Achille et Auguste Rouquet.

L'éditeur d'art Michel Jordy vient de publier la deuxième édition de cet
ouvrage depuis longtemps épuisé. Un texte lyrique évoque la ville médiévale des bords de l'Aude; plus de cent bois gravés en décrivent les aspects
tumultueux et romantiques. Le prix de l'ouvrage est de 50 francs. (Editions
d'art Michel Jordy, Cité de Carcassonne.)
Notre collaborateur M. Paul-Sentenac rendra compte de ces deux livres
d art, celui de M. Jehan d'Arvieux et celui des Bouquet, dans notre prochain
numéro.
Douze images du Vallespir, Par f. jvi- Salvat.
Douze bois gravés par F.-M. Salvat, préface de J.-F. Pons. Album in-4°,
tirage limité aux éditions de La Caravelle, 4 et 6, rue Bezout, Paris.
Nous signalons à nos lecteurs :
— Pile et Face, par Robert MILLIAT, préface de Maurice Magre.
— L'Ecran et l'Idée, par notre collaborateur M. FESCOORT et M. ROUQUET,
dont nous rendrons compte dans un prochain numéro.
— Notre collaborateur Jean LERROU, va faire paraître prochainement : La
Rameur des Pins (coll. poédque Garnier). — Images de Maux ou la louange
du Cyprès (Coll. Les Soiries du Divan).

�Les Beaux Arts
bes 7^r»tistes Occitans à 1 Exposition
des 7^r&gt;ts lDéeor&gt;atif s.
A TRAVERS Lt'EXPOSITIOri
Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes a clos ses portes en nous laissant
un double regret. Nous avons regretté de voir s'achever cette intéressante manifestation du modernisme
artistique, et aussi qu'elle n'ait pas compté parmi les
nombreux pavillons des provinces un pavillon Occitan. Car j'avais fait, de mon côté, cette même réflexion que Charles Brun a exprimée sous la forme d'un point d'interrogation, avec sa vivacité habituelle, dans le substantiel et spirituel
'EXPOSITION

�— 84 —

article par quoi débutait notre dernier numéro. Je veux fleurir mon
regret de cette illusion que, si le Groupe Occitan était né deux ans plus
tôt, il aurait réussi à réveiller toutes les énergies afin de réunir toutes
les ressources du Languedoc et du Roussillon sous le toit coloré d'une
maison d'Occitanie. On l'imagine à peu près ce pavillon Occitan,
non loin du mas provençal. On le voit édifié par Henry Favier selon
ces principes d'architecture méditerranéenne qu'il a mis en pratique
dans sa construction moderne pour un ferronnier de Paris. On y aurait
retrouvé des pièces de céramique d'un riche décor, et même ces pots
et ces vases d'une saveur rustique et qu'une main d'artisan façonne
dans ces poteries languedociennes étendant leurs murailles basses
contre lesquelles se dressent les passe-roses, sous l'aile d'un vieux
moulin. On y aurait découvert des panneaux décoratifs peints à la
fresque ou brossés par les plus vivants et les plus originaux de nos
peintres du pays d'Oc, ainsi que des bas-reliefs sculptés par les plus
vivants et les plus originaux de nos sculpteurs. Trop souvent, ce sont
de tels artistes que leurs compatriotes estiment le moins, mais ils
auraient occupé les premières places dans le pavillon occitan, puisque
aussi bien ils constituent les premires plans dans le large panorama
de l'art actuel. Il y aurait eu encore dans notre maison des livres
de nos poètes. II y aurait eu des produits de notre sol. Notre pavillon
aurait été comme une ruche idéale, aux cloisons diverses mais agglomérées étroitement entre elles, rattachées au même rayon. Une ruche
de nos productions économiques et intellectuelles, contenant le miel
de nos abeilles et le miel de notre esprit latin, pénétrés tous deux des
parfums des mêmes fleurs.
Nous aurions pu avoir ainsi une physionomie d'ensemble du Languedoc et du Roussillon au milieu de cette curieuse Exposition qui
a fait surgir sur les deux rives de la Seine une cité d'un aspect nouveau. Mais, au lieu de cela, nous avons dû chercher les membres de
la lumineuse Occitanie épars un peu de tous les côtés. L'art industriel proprement dit a été pauvrement représenté. En dehors du portique de marbre, érigé par la Société des marbres du Languedoc,
ayant ses attaches à Saint-Pons, dans l'Hérault, et qui juxtaposait tout
près de la porte de la Concorde des colorations d'un roux doré, chaudes comme les grappes de muscat cuites par le soleil, nous avons relevé
seulement la participation de Tirefort, d'Albi, et de André Arbus de
Toulouse, aux classes 3 et 8 réservées au bois; et aussi celle de Bardou-Job, à la classe 11 consacrée aux céramiques; celle de Lauret

�C.I.D.O.
BÉZIERS

�La porte d'honneur, par Henry

FAVJER.

�II
(Cours des jviétiers)

LtA

SCULtPTURE

Le Tailleur de pierre, par Auguste

GUBNOT.

�III
(Pavillon de la Provenu»)

LtA

SCUbPTORE

La Cheminée avec les Contes de Fées,

par

DARDÉ

�IV
(Pavillon de l'Afrique Oeeidentale Française/

LtA PEINTURE

Panneau décoratif, par Edouard

DOMERGUE-LAGAKDE.

(Diplôme d'Honneur.)

�1

C.I.D.O.

9ÊZIERS

�— 85 —
frères et des manufactures réunies de Saint-Chamond, l'un et l'autre
à Ganges (Hérault), à la section 21 des accessoires du vêtement. A la
classe 7, une des plus importantes puisqu'elle comprend tout le mobilier, nous avons distingué, non sans une réelle satisfaction, le stand
de la maison toulousaine Salles et Cie. Celle-ci a été bien inspirée
en éditant un mobilier conçu par Auguste Guénot. Ce sculpteur, dont
j'aurai l'occasion de reparler plus loin à propos de la sculpture, est
né dans la menuiserie, ainsi que Bourdelle. La salle à manger qu'il a
composée séduit par l'agrément des lignes dans le buffet, la petite
desserte et la table de forme ronde, par l'harmonie de leurs proportions, par la sobriété de l'ornementation réduite à une frise simple de petites barres droites. Les qualités de solidité et d'élégance
linéaire de Guénot reparaissent dans ces pièces de mobilier. Je ne
suis pas sûr de n'avoir pas oublié quelques noms. Quoi qu'il en soit, il
«;st certain que la contribution du midi languedocien dans ce domaine
des arts appliqués s'est montrée vraiment maigre. Elle a été bien loin
de correspondre à la richesse de tout notre patrimoine artistique et
industriel.
Lt'ARCHlTECTURE

Par contre, dans l'architecture de même que dans les arts plastiques,
l'apport des artistes occitans s^est révélé à la fois par son importance
et par sa qualité. Parmi les jeunes architectes, je tiens à citer tout
d'abord Henry Favier, originaire de Montpellier. Et non pas seulement
parce que sa porte d'honneur est la première œuvre architecturale que
l'on rencontrait au seuil de l'Exposition. Cette œuvre s'est affirmée une
réussite. On y démêle la formation classique d'une intelligence de race
latine, nourrie de la tradition française, dans la modernité de la conception, du métier, et de la matière. La plus claire logique a guidé
l'architecte dans la disposition de cette porte où les visiteurs, après
l'accueil large du parvis, se trouvaient canalisés, enveloppés peu à peu
entre les digues successives formées par le rythme de hauts pylônes
s'équilibrant deux par deux et entre lesquels s'encastraient des panneaux de grilles ajourées. La sortie s'effectuait par l'axe central. Dans
l'espace laissé libre par sa large ouverture venait s'encadrer la perspective des pavillons des palais nouveaux que dominaient les anciens
monuments parisiens se silhouettant sur le ciel. Celui qui entrait dans
la cité moderne en recevait dès le début une impression d'ensemble.

***

�— 86 —
Mais l'adaptation rationnelle à une destination bien déterminée n'a
pas cependant bridé l'imagination de l'artiste. L'imagination de Favier
s'est donnée libre carrière dans le couronnement des pylônes, dans
ces trois vasques superposées et d'où jaillissaient des jets d'eau retombant en lames verticales. L'architecte semble avoir composé là en
l'honneur de Mansart un hymne moderne avec le granit, le bronze,
les ferronneries, les rubans de fer passés au laminoir. Car c'est dans
toutes ces matières que l'auteur avait prévu la réalisation de sa porte
monumentale si elle avait pu être définitivement exécutée. Et il faut
déplorer que le manque de fonds ne permette pas de l'édifier en quelque coin de Paris, devant la masse des frondaisons, au Bois de Boulogne, par exemple. Henry Favier ne manque pas d'ingéniosité. Il a
revêtu son pavillon de 1 Intransigeant de rectangles luisants rappelant ces plombs d'imprimerie dont les écrivains connaissent bien la
hantise particulière.
Non loin de ce kiosque, la maison de La Renaissance de l'Art se
découpait un peu à la manière d'un pavillon au Hameau de la Reine,
à Versailles. Cependant, les murs recouverts d'un badigeon au lait de
chaux rose, la toiture en tuiles rosées chantaient des notes d'un accent méridional, tout à fait avenant. Ce pavillon de La Renaissance
avait été construit avec amour par Guillaume Tronchet, architecte
en chef du Gouvernement, lequel est des environs de Montauban, pour
son compatriote et son ami Henry Lapauze, le directeur de cette revue.
Malheureusement, cette maison que tous les deux avaient envisagée
comme un lieu de délassement est devenu une sorte de petit temple
du souvenir. Henry Lapauze est mort presque à la veille de l'ouverture
de l'Exposition. Madame Henry Lapauze, qui a pris courageusement
la direction de La Renaissance, est venue assister à l'inauguration
de son pavillon, son jeune visage entouré dans des voiles de veuve,
et M. de Monzie, alors ministre de l'Instruction Publique, a retracé
avec son éloquence habituelle la vie de Lapauze tout entière consacrée aux Arts. J'ai moi-même dit dans le premier numéro des Feuillets
quelle perte nous avions faite avec le conservateur du Petit-Palais.
Parmi l'ameublement du pavillon de Tronchet chatoyaient des tapis
de Gustave Fayet, où des floraisons imaginaires s'épanouissaient parmi
des bistres et des gris moelleux. Hélas, la disparition subite de Gustave Fayet laisse aussi un vide dans les milieux artistiques comme
dans notre groupe occitan. J'avais été le premier à parler dans la
presse parisienne des tapis magiques de Fayet, et il ne s'en était

�— 87 -pas dessouvenu. Il aimait à me le rappeler lorsque nous nous rencontrions. Marcel Bernard, l'architecte de la Halte-Relais, d'un modernisme aéré, et Germain Olivier qui a édifié la pittoresque construction, à la masse rouge, de l'Afrique Française sont également, tous
deux, de chez nous.

LtA SCOLtPTURE
Mais c'est parmi les sculpteurs que nous comptons en plus grand
nombre les artistes occitans ayant contribué à la manifestation des
Arts Décoratifs. La maison Bernheim jeune se devait évidemment
d'exposer des œuvres, d'une perfection sereine dans les formes, du
grand maître roussillonnais Aristide Maillol. Dans la première boutique du Pont Alexandre III, chez Hébrard et Cie, se remarquait
le montalbanais Antoine Bourdelle. A l'entrée principale de l'Exposition, on était obligé de s'arrêter devant la grande et haute statue de
La France saluant les Nations, quoiqu'elle ne se détachât pas à son
avantage devant la façade du Grand Palais. Cette œuvre imposante
de Bourdelle appartient bien, par l'élan de la spontanéité, par la
vigueur nerveuse, à celui qui a déjà sculpté cette figure de la Victoire,
longue et résistante comme l'épée sur quoi elle s'appuie.
Dans la Cour des Métiers, au cœur même de la petite cité qui a illustré pour l'avenir 1925, voisinaient les deux toulousains Contesse et
Auguste Guénot. Le premier a modelé avec une robustesse qui n'exclut
pas l'aisance un artisan considérant, non sans plaisir, un vase dont
il a modelé les flancs. Que le soin de figurer le tailleur de pierre ait
été dévolu à un fils de Toulouse,
Cité des troubadours et des tailleurs de pierre,
voilà qui est déjà bien. Mais que ce fils de Toulouse soit Auguste
Guénot, voilà qui est encore mieux. Guénot a apporté à cette sculpture
toute la connaissance approfondie de son métier, la solidité de son
faire. Et il m'a plu de retrouver dans cette figure de jeune ouvrier
un peu de cette grâce harmonieuse et souple que l'artiste avait communiquée déjà à son Bacchus adolescent et dont il a animé ces deux
groupes, la Danse et le Jeu d'Amour, qui étaient placés dans un des
jardins, celui de la Terrasse. Jeux amènes, d'une jeune fille et d'un
enfant, ces statues possèdent un véritable enjouement dans la ligne,

�— 88 —
un style bien de notre époque, mais se rattachent aussi à la séduisante
lignée de notre sensibilité française.
Joachim Costa, de la région de Béziers, fait partie de cette équipe
de la Douce France laquelle, guidée par le poète Emmanuel de Thubert, entend rénover la pratique de la taille directe. Ce procédé aboutit
naturellement à des réalisations ornementales. Le sculpteur attaque
directement la pierre blanche afin d'y fixer l'image mentale qu'il porte
en lui, sans modèle intermédiaire. Les adeptes du groupement de
La Douce France ont rassemblé leurs efforts dans la Pergola qui
se développait auprès du théâtre de Perret, et où, de bas-relief en basrelief ainsi que sur d'immenses pages, était contée la légende,
emplie de merveilleux, de la Table Ronde. Costa, avec son envergure
habituelle, son désir de synthèse a représenté séparément le nain
Gwyon et la fée Koridwen, tandis qu'il unissait dans un panneau
l'enlacement amoureux du chevalier Tristan et de la blonde Yseult.
Pour sa cheminée provençale, située à côté du mas de la Provence où
éclataient les larges sites de Verdilhan-Mathieu, Dardé s'est inspiré
aussi des contes d'antan, sortis de notre terroir français. L'ancien
berger de Lodève, dont le père était ramonet, a bien senti, avec son
âme simple d'artiste, le mystère cependant si humain des contes de
fées de Perrault. Comme il avait enclos toute la diversité sauvage de
la forêt dans son grand Faune et dans le groupe faunesque si bien
édité par Siot-Decauville, il a mis toute la poésie de l'âtre où flambent les sarments et les bûches dans cette cheminée décorée. Une
comédie de rêve se joue autour de cet âtre. Dans un large bandeau,
au-dessus du foyer, bas-relief colorié en des gammes de bleus sombres ou clairs, de tons brunâtres et jaunes, et qui apparaît comme le
prologue, la vieille grand'mère, tout en tricotant, a groupé autour
d'elle, pour leur raconter une histoire, la troupe de ses petits enfants,
garçons et filles, blonds et bruns, l'un portant son bateau, l'autre retenant sa poupée, un troisième restant à chevauchons sur un cheval à
mécanique. Et alors, les scènes de ces contes se peignent en couleurs
chatoyantes dans l'intérieur de l'âtre, sur les fonds dorés des basreliefs, la dorure évoquant l'enchantement des imaginations enfantines. Et les personnages de ces contes se succèdent aussi, en statuettes également peintes en tons vifs, sur les rebords de la cheminée.
Voici Peau d'Ane et Barbe-Bleue, vêtu d'une habit somptueux, tel
François 1er, mais ayant un pantalon d'aujourd'hui. Voici le Marquis
de Carabas avec un blason à la place du ventre; le Petit Poucet chaussé

�— 89
des bottes de sept lieues, le petit Chaperon rouge tout enfleuri. Voici
la méchante fée Carabosse, à face d'oiseau de proie, et la gentille fée,
dans sa robe blanche et noire, dans son manteau d'hermine, une
aigrette dans la blondeur de sa chevelure, svelte et mondaine comme
une parisienne habillée par Poiret. Ces vieux contes si attachants qui
ne dormaient pas en nos mémoires d'un sommeil aussi profond que
celui de la Belle au Bois Dormant, le sculpteur les a réveillés, les a
modernisés, les a traduits avec une naïveté décorative, tout à fait
adéquate. Il a voulu signifier, en ajoutant certains anachronismes,
que ces personnages demeuraient de tous les temps. Et il les a revêtus à dessein de colorations vives, de la manière que ces images ont
impressionné vivement nos esprits d'enfants. Sur le rideau de bronze,
Paul Dardé a fait revivre les premiers hommes en des poses saisissantes. Pour être à peu près complet, il me faut signaler les animaux
traités avec ampleur sur les murs extérieurs du pavillon de l'Afrique
Occidentale, par Cladel dont le nom conserve des sonorités méridionales, et les toulousains Sarrabezolles et Silvestre.

LiH PEINTURE
Les peintres ont souvent collaboré avec les architectes et les meubliers pour composer des ensembles de décoration. Des peintures
s'apercevaient dans les stands, dans les pavillons. Dans le restaurant de la Tour de Bordeaux, Jean-Gabriel Domergue, natif d'Agen,
a brossé plusieurs compositions de fantaisie avec son élégant brio.
Rigal, de Montpellier, a établi l'ornementation de la coupole de l'Hôtel
du Collectionneur où s'est manifesté le groupe Ruhlmann. Mais l'œuvre picturale la plus importante exécutée par un pinceau languedocien
a été celle de Domergue-Lagarde. Elle a été conçue pour ce pavillon
de l'Afrique Française auquel, par deux fois, j'ai déjà fait allusion.
Tout d'abord, dès qu'on pénètre à l'intérieur, ce grand panneau donne
dans la vue par son coloris corsé, la plénitude de la mise en page,
l'adaptation décorative à l'ambiance générale. A cet égard, il fait
ressortir,par contraste, la pauvreté du panneau placé en face. Il est
vain de mentionner son auteur. Lorsqu'on examine avec attention
la peinture de Domergue-Lagarde, on s'attache à l'ordre rigoureux
de l'arrangement. Au centre, un grand nègre présente un régime de
bananes. Autour de lui, des femmes, aux chairs noirâtres ou bleuâtres,
se correspondant deux par deux, tantôt de face, tantôt de profil,

�— 90 —

montrent des attitudes, des vêtements qui se répondent parfaitement,
sans être cependant les mêmes. Les unes supportent des fardeaux
sur leurs têtes, en élevant les bras. Une autre transporte son nourrisson sur son dos. Au premier plan, un guerrier noir accroupi tient
une lance qui monte, droite dans le panneau. Derrière les humains,
toute la faune se découpe, avec la succession des éléphants, des chameaux, des antilopes, sur le fond constitué par la flore. L'armature de lignes verticales, de courbes existe dans la composition, mais
l'artiste s'est bien gardé de tomber dans l'erreur des cubistes en la
rendant apparente. Ce qui nous frappe dans cette peinture, c'est la
vigueur plastique des corps des indigènes, c'est la force des plantes
vivaces,
Des végétations aux feuilles tropicales,
c'est, en résumé, toute une évocation lyrique de l'abondance, de la
luxuriance coloniales. Le décorateur de la salle des fêtes pour l'Hôtel
de Ville de Valence d'Agen, — Edouard Domergue-Lagarde est né
dans ce pays du midi, — a réalisé là une œuvre, laquelle semble bien
l'aboutissement de ses recherches. Domergue-Lagarde s'avère bien
de notre époque. Je l'approuve pleinement d'être resté un fervent de
la couleur. Mais, s'il a recueilli la fraîcheur des tons dans l'héritage
des impressionnistes, il a retenu les préceptes de Paul Gauguin. Celuici prouve, — et bien mieux que les cubistes, — que le peintre sculpte
lui aussi des formes dans la couleur. Domergue-Lagarde a su modeler
dans une pâte pleine, couvrant bien la toile.
Pour servir de conclusion.
L'Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes a été
un incontestable succès. Sur quoi nous pouvons fonder l'espoir qu'elle
se renouvelera sans attendre trop longtemps. Et, si j'ai commencé cette
étude par un double regret, je la termine par un double espoir. Je
souhaite qu'à la prochaine manifestation de ce genre, nous puissions
voir un pavillon du Groupe Occitan. Les artistes déjà cités dans ces
pages nous garantissent que nous aurions des éléments du plus grand
intérêt. Et il convient d'y ajouter d'autres artistes qui n'ont pas participé à l'Exposition mais qui en étaient bien dignes. Je ne les énumère
pas. Nous les connaissons. Et d'ailleurs, nous les rencontrerons en
janvier chez Siot-Decauville avant de les revoir aux futurs Arts Décoratifs, dans notre Pavillon.
PAUL-SENTENAC.

�Les Lettres Occitanes
Notre enquête sur

Le Problème Oeeitan
(suite)

1"

Raisons d'agir

Notre ex-ministre de l'Instruction Publique, M. de Monzie, ayant
galvanisé les énergies somnolentes, un grand nombre de réponses à
la première partie de notre enquête nous sont venues de tous les coins
de notre belle Occitanie.
J'en remercie très chaleureusement les auteurs qui tous veulent bien
exprimer leur confiance dans l'action des Feuillets et dans le succès de
l'union qu'ils s'efforcent de réaliser entre toutes les opinions félibréennes, entre toutes les provinces du pays d'Oc.
Nos distingués correspondants voudront bien m'excuser de ne publier aujourd'hui qu'une partie de leurs réponses. Ils sont trop... Je
leur donne immédiatement la parole dans l'ordre où ils ont bien voulu
la demander.
E.-H. G.

�RÉPONSE DE M. EMILE ROUX-PARASSAC

Tous mes compliments pour votre article et sa conclusion en appel
à tous les amis.
Mes félicitations en particulier pour votre invite à Yaction. Des
théories, des systèmes, des opinions, des discours, il en croule en avalanches; on rencontre encore quelques convaincus de bonne volonté,
ruais rares les sages révolutionnaires (j'emploie ce mot à dessein),
qui pratiquent leur foi, qui n'hésitent pas à s'affirmer par des actes.
De cela nous dépérissons, de cela souffrent et se retardent toutes
les nobles causes, tous les éléments de résurrection du pays : régionalisme, félibrige entre autres.
Permettez-moi d'abord de rectifier une légère erreur.
Vous envisagez l'espéranto comme une langue et une langue universelle; il n'est rien de cela dans l'esprit de ses créateurs et de ses
artisans sérieux. L'espéranto n'est qu'un simple moyen de relation
internationale, comme les chiffres, les notes de la musique, le code
télégraphique, etc.; il ne saurait prétendre à autre chose. Les traducteurs de littérature en espéranto, feraient bien mieux de perdre
leur temps ailleurs, les malheureux, même aux mots croisés. Je
connais la question et fus au début avec Zamenhof, de Beaufront, et
tous les pionniers, vers 1897-1900.
Une langue, c'est autre chose : ce sont nos langues d'oc, toujours
vivantes, évoluant et se pliant à toutes les époques; le basque, le
breton, le français, pour ne citer que celles de notre domaine.
Il faut conserver, et précieusement et farouchement, ces langues
et aussi les dialectes et même leurs patois — au, risque de perdre
tout de notre caractère et de notre civilisation.
■—•*
Non, mille fois non, pas plus d'unification du langage que des
mœurs, des aspirations, des lois, des religions. Il y a la terre, l'air,
les horizons différents partout; il y a le milieu et dans cet individualisme de la contrée, il faut maintenir encore, au-risque de livrer
l'humanité aux pires esclavages, VindividualisirMrW" 11Mlttrridu.
Nous sommes en train de perdre cela, c'est-à-dire, la liberté tout
court. Les lois, les gouvernements, les systèmes d'associations du
bas en haut de l'échelle tendent au troupeau. Les naïfs crient émancipation en acceptant un à un tous les jougs déprimants, en reniant
les vertus de l'homme qui doit penser et agir librement, parler de
même, dans la forme qui lui plaît ou mieux celle de sa race, de sa
famille, de ses traditions et de son idéal.
Je ne suis pas même partisan (que l'excellent et brave ami Joseph
Loubet m'en pardonne), de l'unification orthographique, de ce qu'on

�— 98 —
appelle avec euphonie mais incorrectement la graphie. Tout jeune,
j'ai parlé le gavot de mes Alpes natales, et, en même temps, un
provençal assez proche de celui de Roumanille et de Mistral; or,
notre gavot possède des sons particuliers que la « graphie » condamnerait. De cela, nous discuterons plus tard, aux « Amis de la
Langue d'Oc », qui sont tous gens d'honnête compagnie, de ferveur,
de science et de bonne foi.
Loin de nuire à l'unité nationale, la diversité des parlers en est
au contraire la base logique et indispensable.
^ Est-il besoin de démontrer que l'unité de la France, unique en
l'univers et dans l'histoire des peuples, a pour raison fondamentale
la diversité superbe de ses provinces, de leurs sites, de leurs climats,
de leur manière d'être, de se développer ?
Si le régionalisme ne triomphe pas et au plus vite, la France (cela
commence déjà), ne sera plus qu'un morceau cosmopolite d'une
Europe transformée en caserne. Vous voudriez me faire renoncer à
parler comme ma mère et me livrer au charabia des sports, des
enseignes, des guides, des snobs, cette lèpre de notre divin français, fils d'Oc ? Ah ! cela non, et je prétends comprendre mieux
Racine, Voltaire, Massillon et France, parce que je connais le provençal et nos dialectes. Pour la même raison, je lis plus volontiers
et dans leur texte, les chefs-d'œuvre de l'Italie, de l'Espagne, de
l'Allemagne, de l'Angleterre et autres pays.
L'unité nationale française ne se maintiendra que dans le respect
du passé, seul garant de l'avenir. Chateaubriand a écrit : « Le temps
a deux pouvoirs : d'une main il renverse, de l'autre, il édifie ».
Les sots veulent détruire le visage de nos régions et aussi nos
personnalités, mais il se dessine une reprise de conscience partout :
la nation revendique et dans elle et pour elle ces véritables nationalités sans lesquelles elle n'est qu'une fiction. De là ce mouvement
général de peuples qui voient la servitude sous le couvert d'un faux
internationalisme et, croyez-le, après l'avilissement actuel, le règne
honteux de l'argent, nos espoirs réalisés demain.
Oui au point de vue social, moral et économique, la diversité
devient condition nécessaire, absolue et cause de fortune. Je l'ai
cent fois démontré pour notre admirable France, paradis du tourisme, de par les antithèses de son territoire, de ses aspects merveilleux dans la nature et dans les hommes. C'est pourquoi nous voulons que les pèlerins de cette terre d'exception, cheminent encore et
toujours en changeant de « pays » tout en vivant dans le plus sublime
et le plus unifié des pays, notre belle France.
A cette diversité correspond la somme des énergies et partant, la
valeur de chaque citoyen — de par son libre développement et sa
passion du sol ancestral.

�— 94 Les moutons n'ont jamais formé une société, pas davantage les
châtrés qui renient les legs d'autrefois et se perdent dans l'anonymat de la foule; les faibles qui se résignent à toutes les soumissions
et se refusent à revendiquer leur place au soleil, dans leur milieu,
dans la gloire de tout ce qui exprime la terre natale.
Nous mourons de la centralisation, nous nous affadissons de
1' « uniformité »; nous nous habillons, corps et âme, comme des
mannequins et bientôt nous ne serons plus que des automates, parlant comme de mauvais phonographes, gesticulant comme des pantins.
Le monde est en train, de par les fausses civilisations, de devenir
une sorte de jardin zoologique, dont l'homme sera le plus lamen
table animal.
Résistons donc à cet avilissement; portons avec fierté l'habit de
chez nous et en conservons le langage, pour mieux aimer le grand
chez nous qu'est la France, et l'autre, plus vaste, qu'est l'humanité : pour mieux aussi les servir.
EMILE
RÉPONSE DE

M. F.M.

ROUX-PARASSAC.

PEYROMAURE

La diversité des parlers est-elle un danger ?
Au contraire, elle est génératrice de ce puissant esprit de corps
qui, sur le terrain de l'émulation, a réalisé toujours des prodiges.
... La guerre aux dialectes constitue un crime contre la société, car
c'est vouloir dérober une joie dans le misérable écrin des félicités
humaines.
... La diversité des langages parlés en France est inestimable
pour l'artiste et pour le touriste auquel elle donne l'illusion d'un
grand voyage autour du monde.
ÉMILE PEYROMAURE,
(A suivre.)

La Garantie (Dordogne).

�Nouvelles Félibréennes
«

Lt'Eseholo

Gaseouno

»

à

jsaézin.

Une cordiale fëlibrée s'est déroulée le 15 août dernier, à Mézin (Lot-etGaronne), sous les auspices de « L'Escholo Gaseouno ».
La fête avait été annoncée aux populations environnantes du Néracais, du
Condomois et de l'Armagnac par une randonnée de jeunes Mézinois costumés
en troubadours et portés dans des autos fleuries.
Il y eut réception de M110 Machet, reine de « L'Escholo Gaseouno », par
M116 Primevielle, reine de Mézin; lecture par M. Lafitte, secrétaire du Comité
Mézinois, d'une ode charmante, par lui composée en gascon, pour accueillir
les hôtes de Mézin et spécialement M. Durey, capiscol de « L'Escholo »; défilé
de chars fleuris; messe chantée avec allocution occitane de M. l'abbé Médan;
banquet-et concert; enfin concours de foulards gascons et de voitures décorées.
Le principal intérêt de la fête a consisté dans l'exécution au concert de
trois pièces gasconnes inédites : La Gaspetto, aimable comédie en 1 acte, de
M. Laffifte; Les Vautours, drame en un acte et en vers de M. Courtes, et
Marieto, du capiscol Durrey.
Lt'

« Eseolo

deras

Pireneos »

à ^VTuret.

Autre félibrée à Muret (Haute-Garonne), le 16 septembre dernier, à l'occasion de la séance annuelle de « L'Escolo deras Pireneos ».
Y assistaient : MM. B. Sarrieu, F. Pasquier, abbé Dambielle, J. Signorel,
Cl. Marty, Armand Praviel, D. Rieu, Nlel, colonel Mondon, E.-H. Guitard,
représentant le Groupe Occitan, etc.. La reine de la fête était Mme Isabelle
Sandy, gracieusement vêtue du costume de la vallée de Bethmale. L'un des
discours les plus remarqués fut celui de M. Vincent Auriol, maire de Muret,
ancien président de la Commission des Finances de la Chambre, qui traduisit
ses sentiments félibréens en un occitan des plus purs et des plus savoureux.
On a rendu un émouvant hommage aux gloires Murétaines, Dalayrac, le
maréchal Niel, Clément Ader, Pierre Fons, sans oublier le roi chevalier et
poète, Pierre d'Aragon, mort à Muret il y a sept cents ans pour la cause
occitane.

�Bibliographie Oeeitane
Gabriel LAFON : Frédéric Mistral et le Félibrige, Bordeaux, Gounouilhou, 1925,
in-8°, 50 p., 2 francs.
La bibliothèque mistralienne ne cesse de s'enrichir. Elle se confond souvent
avec la bibliographie de la littérature occitane moderne. La plaquette récemment publiée par M. Gabriel Lafon, constitue un exposé clair et plaisant de la
doctrine de Mistral et de son influence. Elle a été préfacée par M. DujarricDescombes, président d'honneur du Bournat du Périgord.
G. A.
Dr Charles VIDAL : Choses du terroir Castrais, Paris (ixe), 6, passage Verdeau,
Editions Occitania, in-16, 208 p., 7 fr. 50.
La « Bibliothèque Occitane », élégante collection due à l'initiative de l'éditeur E.-H. Guitard, directeur des Editions Occitania, s'est enrichie d'une nouvelle unité, les Choses du Terroir Castrais, de M. Charles Vidal.
Ce joli volume se compose d'une série d'études historiques, d'articles de
combat, d'anecdotes sérieuses, de récits d'excursions inspiréés par ce beau
pays pittoresque, vivant, industrieux qu'est le Castrais. L'auteur, qui est
médecin et qui est aussi philosophe, examine certains problèmes régionaux
avec une précision toute scientifique et une profondeur de vues qui rend son
volume intéressant même pour ceux qui ne connaissent pas son « terroir ».
Une magnifique gerbe de proverbes occitans, cueillis aux pures sources, nous
est offerte avec leur traduction française.
Il serait à souhaiter que M. Charles Vidal trouvât des imitateurs et que
toutes nos petites patries fussent pourvues de livres d'or de ce genre, plus
aptes peut-être à les faire aimer que des monographies méthodiques et volumineuses.
F. J.
Joseph ROUQUET : Abrégé d'histoire de la littérature occitane, et E.-H. GUITARD :
Bibliographie méridionale, Paris (ixe), passage Verdeau, éditions Occitania,
1925, in-8°, 40 p., 1 franc.
Brochure des plus substantielles et qu'il faut répandre, même parmi les
Francimans, pour la plupart étonnés d'apprendre qu'il existe une littérature
occitane aussi ancienne que la française. Nous n'insisterons pas davantage
sur les mérites de ce double travail, nos collègues en ayant reçu gracieusement un exemplaire, grâce à une attention bienveillante de son éditeur.
P. F.

�Têtes Occitanes

Dessiné par Auguste

ROUQUKT.

Gravé par Achille

BOUQUET.

PIEI^E-Vlfllifl
du Languedoc, Pierre Viala, membre de l'Institut (Académie des Sciences), professeur à l'Institut
national agronomique, personnifie la science agronomique appliquée à la plante chère à tout le pays d'Oc, à la
vigne. C'est le maître incontesté de la viticulture mondiale, la haute autorité à laquelle on s'adresse, de tous
les coins du vignoble, quand une question technique nouvelle surgit;
c'est une de nos gloires méridionales.
Né à Laverune, près Montpellier, au milieu même des vignes languedociennes, Pierre Viala se passionna de très bonne heure pour les
études scientifiques naturelles. L'Ecole nationale d'agriculture de MontINFANT

�— 98 —

pellier le forma. Foëx fut son premier maître. La Faculté des Sciences
de la même ville paracheva son initiation. Licencié à 23 ans, successeur de Foëx à la chaire de viticulture de Montpellier à 26 ans, le
jeune savant assista à la lutte héroïque contre phylloxéra; il y prit
une part des plus actives. Convaincu des mérites particuliers du greffage sur vignes américaines résistantes, il étudia celles-ci, fit connaître
leurs caractères botaniques, anatomiques et physiologiques et guida
ainsi le choix des praticiens désemparés.
A l'Institut national agronomique, où il fut nommé professeur à
trente ans, il se trouva aux ctés des plus hautes persôonnalités du
monde agronomique, Schlœsing, Aimé Girard, Mùntz, Carnot, Duclaux, Prillieux, Sauson, Tresca, etc.. Depuis 35 ans, son enseignement magistral, à la fois scientifique et pratique ,sert à former les
générations de viticulteurs parmi lesquels les propriétaires occitans
sont toujours nombreux. A la station de recherches viticoles et à son
laboratoire, il reçoit et guide dans leurs travaux les chercheurs qu'intéressent les questions viticoles et œnologiques et plus spécialement
les maladies de la vigne.
Reconstitution du vignoble phylloxéré, étude des maladies de la
vigne, ampélographie, tels sont les trois principaux sujets qui ont conduit Pierre Viala à des créations de premier ordre, qui font honneur
à notre pays eu au Languedoc.
Professeur hautement apprécié, homme de laboratoire que les académiciens ont tenu à faire asseoir parmi eux, praticien viticulteur dans
son pays natal, Pierre Viala donne partout l'exemple de l'activité féconde, de la recherche désintéressé, de l'expérience éclairée, mise
bienveillamment au service de tous. Directeur-fondatur de la Revue
de Viticulture, il s'efforce, depuis trente-deux ans, de diffuser les idées
et les découvertes, convaincu des immenses services que la science
peut rendre à la pratique. Au aPrlement même, Pierre Viala a eu
l'occasion de défendre heureusement les intérêts viticoles menaacés.
Par ses recherches, par sa plume et par sa parole, dans les Associations agricoles, à l'Académie d'agriculture où il fut élu à trente ans
et dont il était, l'an dernier, le Président, dans la Presse, dans sa
chaire de notre Ecole supérieure de l'Agriculture, partout, notre compatriote a su continuer et développer l'œuvre des Planchon, Foëx, Millardet, ses maîtres auxquels la viticulture doit sa résurrection. On
retrouve son intervention bienfaisante dans toutes les crises techniques
OU économiques que les populations viticoles ont dû surmonter.

�—+99 —

Au groupe occitan, Pierre Viala n'a pas refusé le concours qui lui
était demandé. C'est lui qui a présidé les quatre conférences que le
groupe a organisées, consacrées au « Problème d'une crise viticole »,
donnant ainsi une nouvelle marque de son dévouement à la viticulture
et au pays d'Oc, qu'il a si bien servis.
R. MARSAIS.

BIBLIOGRAPHIE

Entre autres : Les maladies de la vigne (4 éditions 18S5, 1887, 1893 et 1895,
traduits en russe, en anglais, en espagnol). — Une mission viticole en Amérique
(1889). — Les Hybrides Bonschet (1886). — Ampélographie, 7 volumes in folio,
1900-1910. — Ampelographie américaine (1883 et 1885). — Les "Vignes américaines.
Adaptation (1892-1895), traduit en russe, portugais, anglais. — Les Vignes américaines, influence du greffage (1912). ■— Reime de Viticulture, années 1894 à 1925,
soixante-deux volumes semestriels parus
Nombreuses préfaces et introductions d'ouvrages de ses collaborateurs.
Nombreux discours à l'Académie d'Agriculture et à la Chambre des Députée
(1919-1924).
ICONOGRAPHIE

— Portrait à l'huile, par L. Galland, prix de Rome, Salon de 1922.
— Buste en plâtre, Salon de 1923, par Injalbert, membre de l'Institut.
— Nombreuses photographies publiées dans Lectures pour tous, Figaro économique, Je sais tout, Annuaire des députés (1919-24).

Nous donnerons dans nos prochains numéros les portraits de : Mme A. BlancPéridier; MM. E. Rey-Andreu; Jean Lebrau; Armand Proyviel; P. Alliés; J.-L.
Lagarde ; Benjamin Crémieux ; Prosper Estieu; Antonin Perbosc; G. Combelerou;
Pierre Jalabert; Marcel Clavié; Gaspard MaillotAuguste G-uenot; Henri Favier;
Paul Albarel; A. Bausil; etc. etc.

�— 100 —

Bois gravé original d'Auguste

ROUQOET.

ACtfILiL»E-$OUQUET
est né en 1851. Mais on peut
dire de lui ce qu'on a souvent répété de Frantz
Jourdain,
président du Salon d'Automne.
Achille Rouquet est jeune.
Sa longue barbe est toute blanche. Deux
rides marquent un pli amer sur sa face. Et
cependant, Achille Rouquet est jeune.
Les yeux de cet apôtte de Carcassonne conservent, derrière le lorgnon, leur ardeur et leur
candeur aussi. On songe à Tolstoï, « le grand
vieillard ingénu ». Auguste Rouquet a fait un
portrait de son pè.re qui est une de se peintures les plus réussies , En un autre temps, un tailleur d'images dans
CHILLE ROUQUET

�— 101 —

la pierre aurait pris comme modèle de saint destiné à ornementer un
portail d'église, la figure vénérable d'Achille Rouquet.
Ce n'est pas seulement son corps sec et alerte qui fait la jeunesse
d'Achille Rouquet. C'est encore son enthousiasme toujours neuf de
poète, avec quoi il a chanté l'éternel attrait des mois, écrit ses « rondels » et son « reliquaire ».
C'est encore et surtout son inlassable foi dans l'art. Il l'a affirmée
dans ses collaborations à la Plume, à l'Artiste, au Courrier Français,
à Septimanie, comme dans son dévouement à la cause des autres.
Armand Barbés, le félibre Mir, le peintre Gamelin ont eu leurs statues
ou leurs bustes —- et ce dernier par Falguière, — parce qu'Achille
Rouquet en a pris l'initiative. On lui doit aussi le buste dont on a justement honoré l'archéologue Cros-Mayrevieille, lequel a sauvé la cité
de Carcassonne de la pioche des démolisseurs.
Mais le prodige accompli par ce pur poète, d'un désintéressement
absolu, reste d'avoir fondé en province et maintenu pendant trente
années, la Revue Méridionale, à laquelle ont collaboré Verlaine.
Ch. Cros, Cladel, Pouvillon, et Mistral, Mir, Fourès, Estieu, Perbosc,
tant d'autres félibres et écrivains de talent.
Le directeur posait la plume pour prendre la gouge et exécuter
les bois gravés qui ornaient cette artistique revue. Le travail de xilographie accompli par Achille Rouquet, à une époque où la gravue sur
bois demeurait à tort délaissée, est aussi important que caractéristique.
Sa foi tenace d'artiste, Achille Rouquet l'a mise, enfin, dans ses
enfants, dans son fils Auguste, dans sa fille Jeanne. Ces deux derniers
peintres, on secondé leur père. De cette collaboration familiale, sont
sortis ces ouvrages de xilographie, La Ville du Passé, Les Jardins
de Paris, Terre Natale, les illustrations pour la Chanson des Mois,
la Sego et pour d'autres livres.
Achille Rouquet n'a jamais voulu quitter l'ombre de la vieille cité
médiévale. Cet ami des livres a fondé, voici quarante ans, la Société de
lecture de Carcassonne, où il a réuni, sans aucune subvention, vingtcinq mille volumes. Nous l'avons dit. C'est un apôtre, au physique
comme au moral.
a
PIERRE

LHORTE.

�— 102 BIBLIOGRAPHIE

La Revue de l'Aude, fondée en 18S6, devenue en 1889 La Revue Méridionale.
(A paru jusqu'en 1916). Elle contient l'œuvre entière, poétique et artistique,
d'Achille Rouquet.
Petits Poèmes, Bruxelles 1886. — La Chanson des Mois, Carcassonne 1885. —
Fchos et Chansons, Carcassonne 1884. —■ Le Reliquaire, Carcassonne 1886. —
Rondels, Carcassonne 1895. — Les Cheniers (étude) portraits, lettres et fragments
inédits, aux bureaux de l'artiste, Paris 1891.
En collaboration avec son fils, Auguste Rouquet : Jardins de Paris, Album
bois gravés, Paris 1922. — La Chanson des Mois, bois gravés, Carcassonne 1924.
En collaboration avec Auguste Rouquet et Jane Rouquet-d'Hondt : La Vilfe
du Passé, 1" édition Revue méridionale 1912; 2e édition, revue et augmentée,
Michel Jordy, éditeur, Cité de Carcassonne, 1925. — Bois gravés pour La Sego,
d'Auguste Fourès, Carcassonne Revue méridionale, 1916. — Bois gravés pour la
Grando Cotera de Guilhem, de Prosper Estieu, Carcassonne, Revue Méridionale.
A collaboré à : La Plume; Le Courrier Français ; l'Artiste ; Septimanie, etc..
Achille Rouquet fut l'un des premiers à mettre en valeur et à faire connaître
la ville médiévale à l'ombre de laquelle il naquit. Il donna à la Cité de Carcassonne les premières manifestations d'art qui commencèrent à attirer l'attention
du grand public sur elle. Il y organisa avec éclat en 1893 la « Santo Estello ». En
1898, c'est encore à la Cité qu'il organisa les fêtes retentissantes en l'honneur des
Cadets de Gascogne devant lesquels il fit défiler un somptueux cortège historique et
pour la première fois réalisa le spectacle de l'embrasement de la Cité. (Voir n°s spéciaux de la Revue méridionale en 1893 et 1898).
ICONOGRAPHIE

Portrait à 25 ans, par Rives. — Portrait, par Sourrou, 1891. — Portrait charge
par Narcisse Salières, 1889. — Portrait au fusain, par Achille Laugé, 1895. —
Portraits, 2 lithographies, d'Achille Laugé, 1895. — Portrait, par Hermann-Paul,
1906. — Portraits au fusain et peintures, par Jane Rouquet. — Portrait peint.
par Auguste Rouquet, Salon Occitan de 1921. — Portrait, bois graves, par
Auguste Rouquet, 1923, etc.. etc..

�L'Occitanie et le Monde latin
Lia Seetion de l'Amérique Liatine du Collège
des Seienees sociales.
Le Vendredi, 3 avril dernier, la section de l'Amérique Latine du
Collège libre des sciences sociales, donnait sa séance de clôture, en
présence des représentants des Républiques Sud-Américaines.
M. de Saint-Vincent-Brassac, professeur au Collège et chargé de
cette section avait eu l'heureuse idée d'inviter le président du « Groupe
Occitan » à venir exposer les buts et les moyens d'action de cette
association régionaliste.
Après avoir constaté que, par leurs origines, leur civilisation et
leurs langues, le Languedoc et le Roussillon sont particulièrement désigné pour servir de trait d'union entre les pays latins et la France,
le président du « Groupe Occitan » exprima le désir que les relations
nouées entre le Groupe Occitan et les républiques de l'Amérique Latine
soient durables et fécondes. C'est dans ce but que les « Feuillets
Occitans » ouvrent une rubrique spéciale consacrée aux pays latins.
Le Collège Libre des Sciences Sociales a créé, depuis l'année scolaire 1921-1922, un enseignement nouveau destiné à faire connaître
l'évolution politique et intellectuelle, ainsi que les richesses économiques
des divers peuples de l'Amérique Latine et leurs possibilités de déve-

�— 104 —

loppement. Par cette connaissance exacte des Latins de l'Amérique, il
se propose de préparer les voies à une propagande des idées et des
intérêts français et de combattre ainsi l'action puissante de la Section
de l'Amérique Latine de l'Athénée Germano-Américain de Berlin, créé
peu de temps après la guerre sur des bases analogues et dotée de
capitaux considérables.
Par là encore, il se propose, en mettant en relief la culture commune
des Latins de France et de ceux du Nouveau Monde et en montrant
la solidarité de leurs intérêts au point de vue économique, de préparer
les voies à une interpénétration mutuelle et de resserrer les liens d'une
atrrtié traditionnelle, qui unissent une famille de peuples.
La Section de l'Amérique latine a su très vite grouper, parmi ses
professeurs et ses conférenciers, l'élite intellectuelle de la France et
de l'Amérique du Sud.
Citons parmi tant d'autres : MM. Zerega Fombona, de l'Académie
espagnole d'histoire et de la Commission de coopération intellectuelle
de la Société des Nations, de La Barra, ancien président de la République du Mexique, président du tribunal d'arbitrage Franco-Autrichien, Alfonso Reyes, ministre plénipotentiaire du Mexique en France,
Levillier, ministre d'Argentine en Espagne, Gonzalo Zaldumbide,
ministre de l'Equateur, Carlos A. Villanneva, de l'Académie espagnole
d'histoire, Montarroyos, délégué du Brésil à la S. D. N., Carlos Lesca,
directeur de la revue « l'Amérique latine », Louis Capitan, professeur
au Collège de France, Contamine de Latour, Saublaet-Gaches, président du bureau international de chimie analytique, Detenad et de la
Lande, consuls de France, capitaine Martellière de Vendôme, le grand
ronsardisant, auteur de « Ronsard gentilhomme Vendômois », RouxParassac, l'écrivain** et conférencier régionaliste bien connu, RouxCostadeau, Vazeilles, de l'Estourbeillon, anciens députés, Certonciny,
des écrivains combattants.
La Section de l'Amérique latine a donné depuis quatre ans, un enseignement unique, tant sur les grands problèmes, qui intéressent
dans son ensemble le monde latin de l'Amérique que sur ceux qui
intéressent, au double point de vue politique et économique, chacun
des peuples latins du Nouveau Monde.
Elle a procédé à ce dernier point de vue à une étude particulièrement approfondie des républiques du Rio de La Plata : Argentine,
Urugay, Paraguay; du Brésil; du Chili; du Pérou et de la Colombie;
du Vénézuela ,1e pays nouveau producteur de pétrole de l'Amérique

�— 105 —
du Sud et de l'Equateur; du Mexique et des principaux pays de
l'Amérique Centrale comme le Guatemala, le Nicaragua, et Haïti. Elle
a étudié également le Canada, pays de culture française, donc latine.
Elle a, enfin, dans toute une série de conférences, montré les liens qui
unissaient,au point de vue économique, certaines de nos provinces
françaises à l'Amérique Latine et elle a associé à cet enseignement la
Belgique, pays si proche de la France par la langue, la race, l'âme
même, retrempée aux mêmes épreuves, revivifiée aux mêmes gloires.
Le Ministre de l'Instruction Publique a bien voulu, cette année,
donner son patronage moral à cet enseignement et les membres du
corps diplomatique sud-américain ont tenu, en plusieurs circonstances, à donner un appui effectif à l'œuvre entreprise par la Section.
Mais la Section de l'Amérique Latine ne s'est pas contentée durant
ces quatre années de développer son enseignement. Elle a tenu à se
mettre en rapport avec toute une série d'universités, de grandes associations, de groupements économiques sud-américains, afin de compléter par son action, en Amérique Latine même, l'œuvre qu'elle avait
entreprise à Paris. Elle a obtenu, dans ce même ordre d'idées, de
M. Sanchez Ponton, chargé par le gouvernement mexicain d'organiser la Faculté des Sciences sociales de Mexico, qu'il envisage la création dans cette faculté, d'une Section des Latins d'Europe, contrepartie de la Section de l'Amérique Latine du Collège des Sciences
sociales, et destinée, en partie, à faire mieux connaître au Mexique,
notre évolution politique, et nos richesses économiques. En même
temps, la Section a établi une liaison avec toute une série de grands
groupements français qui poursuivent, dans des domaines différents,
un même but de solidarité latine.
Actuellement, elle s'efforce pour compléter son œuvre, d'établir
des relations étroites au point de vue intellectuel et économique entre
les provinces françaises et l'Amérique Latine. Elle estime, en effet,
qu'il ne suffit pas de mettre en contact cette dernière et Paris, pour
réaliser une interpénétration efficace entre les Latins de France et
ceux du Nouveau Monde. Elle pense que toute action menée à Paris,
en faveur de la Latinité doit être appuyée par une action semblable
dans chacune de nos provinces.
Certaines d'entr'elles, d'ailleurs, comme la région Languedoc-Roussillon, qui possède tout à la fois des vignobles renommés et Mazamet, le centre d'achat des laines, le plus important de France, ont
déjà des relations suivies avec les pays Latins du Nouveau Monde.

�- 106 -

II importe de les développer, de les intensifier.
La Section de l'Amérique Latine du Collège des Sciences sociales est reconnaissante au groupe « Occitan », qui représente les intérêts moraux et matériels de la région Languedoc-Roussillon, de l'aide
précieuse qu'elle lui apporte, en s'efforçant d'intensifier les relations
entre l'Amérique Latine et cette région si riche en valeurs de toutes
sortes.
A. DE SAINT-VINCENT-BRASSAC,

Secrétaire général-adjoint du Collège des Sciences sociales.

�Le Mouvement Économique
Occitan
Les Kessoufees Économiques
Du Ltanguedoe et du t^oussillon
JL» Montagne

Noire

(Aude, Hérault et Tarn)

jNTRE le bassin de Castres et la plaine de l'Aude,

plongeant à l'ouest sous le seuil du Lauraguais, se découpant à l'est en crêtes qui dominent les Causses du Minervois, s'étend un plateau de roches anciennes : la Montagne Noire,
bloc cristallin entouré de plaines fertiles.
L'aspect de la Montagne Noire est bien différent suivant qu'on le contemple du haut de
la Cité de Carcassonne ou, au contraire, du
bord méridional du Sidobre.
De ce côté, on la voit se dresser brusquement, dominant parfois
de 800 mètres la plaine de Castres ou le vallon du Thoré. L'ensemble et l'aspect d'un bloc massif, à peine échancré sur le bord par

�— 108 —

d'étroits mais profonds ravins. La montagne apparaît imposante,
toute assombrie par ses forêts, souvent chargée de nuages.
Vue du Sud, l'impression est tout autre : Une grande plateforme pelée, toute rousse en été, traversée de bandes grisâtres qui,
quelquefois, se dressent en falaises, sillonnée de rigoles étroites
suivant la plus grande pente, s'élève lentement vers le Nord. »
Ces lignes sont extraites d'un « Essai de Monographie géographique », (1) par André David, ancien élève de l'Ecole Normale
Supérieure, « un des espoirs les plus surs de l'Ecole Géographique
française, qu'une balle allemande a frappé mortellement le
6 mars i915, alors que, lieutenant de chasseurs, il entraînait sa section à l'assaut du Reichsakerkopf.
Ce que cet étude présente d'intérêt et de vues originales, d'autres
l'ont dit, qui en ont loué la documentation précise et abondante,
résultat de consciencieuses recherches, d'observations personnelles
minutieuses et sagaces. A cette place des Feuillets Occitans, nous
voulons seulement retenir, des trois parties qui la composent —
« Géographie physique, Géographie économique, Population, » —
les enseignements et les suggestions de la partie économique.
La lecture des pages du jeune auteur fait bien apparaître la
ténacité des efforts — qu'au long des âges, nos ancêtres de la Montagne Noire ont déployée pour utiliser — au gré de leurs besoins, les
ressources que la nature mettait, si parcimonieusement parfois, à
leur portée.
Ces ressources, elles sont, à l'origine, fournies presque exclusivement par la Montagne même; la Montagne dont les flancs recèlent
quartz, schistes et métaux, dont la surface, où court ou bondit
l'eau vive, se couvre tour à tour, de la base à la cime, de cultures,
de prés verdoyants de forêts et de landes, la Montagne aux sites
pittoresques, à l'air vivifiant et salubre.
Voyons donc quel parti le Montagnard a su tirer de sa Montagne
et comment elle a pu contribuer à l'enrichir.
Du sous-sol, d'abord, que pouvait-il utiliser ?
Les marbres, les scbistes, les granits, les quartz abondent dans
la Montagne. Tout naturellement donc, après s'en être servi pour
les besoins locaux : maisons, empierrement des routes, le Montagnard en a trafiqué. Tous ces matériaux — provenant d'Albine,
des Martys, d'Hautaniboul, du Cabardès, de Labastide-Rouairoux,
de Dourgne, de Caunes, etc., — trouvèrent leur emploi non seulement dans les régions avoisinantes — Aveyron, Lozère, Corrèze,
pour les ardoises de Dourgnes, vallée du Thoré, bassin de Castres,
(1) La Montagne Noire, — édité par la Société d'Etudes scientifiques de
l'Aude, — 7, rue de la Mairie, à Carcassonne.

S"

�— 109 —

plaines de l'Aude, — mais jusqu'à la vallée du Rhône (piles et
culées du pont de chemin de fer à Tarascon) et même jusqu'à Versailles, où le marbre rouge de Gaunes orne le Petit-Trianon, et
jusqu'à Paris, dont l'Opéra s'énorgueillit de colonnes de même provenance.
Les marbreries et les ateliers de Caunes avaient acquis, dès le
dix-septième siècle, une telle renommée qu'on y envoyait d'Italie
des marbres blancs, de Belgique, des marbres noirs. Cependant cette
industrie, après une remarquable prospérité, décline vers la fin du
dix-neuvième siècle. Sans doute les difficultés de transport intervinrent-elles, grevant l'exploitation de frais excessifs; mais une
autre raison doit être donnée, dont la valeur nous sera confirmée
par notre revue des exploitations diverses entreprises dans la
région : c'est que, seules, ont pu se maintenir les exploitations qui
s'accordaient avec le tempérament essentiellement agricole et pastoral du Montagnard.
Les flancs entr'ouverts et creusés de la Montagne ont abandonné à
l'exploitant non seulement leurs pierres, mais encore des métaux
divers, en abondance. Dans tout le versant sud — région du Carbardès et de Lacabarède, et sans doute à travers tout le Massif — s'allongent et se croisent les filons métallifères : cuivre, fer, manganèse, mispickel aurifère, plomb, plomb argentifère, antimoine, étai'n
etc.. Ces filons ne sont pas toujours d'une richesse telle que leur
exploitation doive être très rémunératrice. Cependant, dès l'époque
gallo-romaine, l'industrie minière a donné des résultats appréciables. Il semble qu'à l'époque gallo-romaine, et même jusqu'au
quinzième siècle, ies extractions aient atteint une grande importance
— surtout pour les métaux précieux. L'activité de la Mine se ralentit ensuite. — Mais, vers 1840, une sorte de fièvre de prospection
sévit sur la Région. Les Mines de fer de Villanières et Salsigne, les
mines de manganèse de Villerambert, les mines de plomb argentifère de la Caunette, connurent une prospérité notable jusque vers
1874; survint alors, sans doute en raison des procédés routiniers
d'extraction ou de traitement, une période languissante, jusque
vers 1895, où les progrès de l'industrie chimique, permettant de
traiter avec profit les minerais complexes, firent se porter l'attention sur le manganèse et le mispickel, dont les gisement, abandonnés se trouvaient épars aux flancs du Cabardès. L'Angleterre, la
Belgique, l'Espagne attirèrent à elles les minerais exportés. Or, de
toute cette source de richesse, le Montagnard semble se soucier
fort peu. Ce sont des étrangers, inspecteurs des Mines, ingénieurs
allemands ou anglais, qui ont tout découvert, tout organisé; ce
sont en grande partie des ouvriers étrangers, italiens ou espagnols,

�— 110 —
qui gagnent leur vie au travail de la Mine et développent celle-ci.
Quant au Montagnard, — de tempérament agricole avant tout, il
n'utilise ce développement que pour vendre les produits de tes
champs ou effectuer des charrois.
Nous pouvons encore ranger dans les industries du sous-sol, celles de la tuilerie, de la briqueterie, de la poterie, de la verrerie,
industries conjuguées, la lande et la forêt fournissant, comme pour
les forges, le combustible nécessaire. C'est surtout dans les petites
villes du pourtour nord — St-Amand (Rieussec), Sorèze, Revel —
qu'ont pu se développer, et se développent encore, les industries
de la brique.
Quant à la verrerie, elle trouva pendant longtemps, dans la Montagne Noire, un gîte d'élection. L'aliment des fours était tout proche; la soude venait du littoral méditerranéen, la chaux, le marbre,
les matières siliceuses, les arènes chargées de sels métalliques étaient
tout à portée. Les débouchés étaient le Languedoc, puis les plaines
de l'Aude et de l'Hérault. Cette industrie, née d'abord dans la
plaine, Revel, Verdalle, remonta dans la Montagne, où le combustible abondait, favorisée d'ailleurs par les Chartreux d'Escoussens
qui installèrent un peu partout, à Sauveterre, Laprade, Arfons,
Fonbruno, Lacabarède, Moussans, au cours du dix-septième siècle,
des verriers appelés de Lorraine, du Cambrésis, d'Armagnac et de
l'A'riège.
Toutefois, l'industrie limitée à. une production de qualité inférieure, malgré quelques innovations courageuses, ne put s'épanouir.
Le Montagnard ne sut ou ne voulut s'adapter à une fabrication importée par des étrangers. Amendes et procès pleuvaient sur les verriers que l'on rendait responsables du déboisement — aussi ont-ils
aujourd'hui disparu — et cette industrie a-t-elle quitté la MontagneNoire, où cependant, elle devrait trouver des éléments incontestables de succès.
V. SELVES.

(A suivre.)

c.i.D.or
8ÉZIEfiS|

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel du Groupe Occitan
ORGANE RÉGI01ALÏSTE DES PAÎS D'OC
îweaii de 11 Rédaction : 41, Boulevard des Capucines, PARIS
Jour de réception : le mercredi de 6 à 7 h.

Sajrëtaiat géatrif : ISS, tu it Flandre. — Eésôt cl ïeriie, librairie « Itxitaiia », S, Pasujt tarât», Paria.
Principaux collaborateurs :
Professeur ANGLADE; Jean AZAÎS; Jules AZEMA; Paul ALBABEL; Léon
AURTOL; A. BAUSIL ; Adrienne BLANC-PERIDIER ; CHARLES-BBUN ;
G. CALVET; Jean CAMP; Paul CASTELA; Auguste CHABAUD; Marcel CLAVIÉ;
Gaston COMBELEBAN; Jean COMBIS; Emile COMET; Benjamin CRÉMIEUX;
Fernand CRÉMIEUX; F. CROS-MAYREVIEILLE; DENYS-AMIEL; DOMERGUELAGAKDE; DOUARCHE ; Henri DUCLOS; P. DUPLESSIS DK POOZILHAC; Jean
DUPUY; Prosper ESTIEU; Adolphe FALGAIROLLE; Henri FESCOURT ; Ernest
GAUBERT: A. GUENOT; Jo GINESTOU; Ismaël GIRARD; Aimé GRANEL;
P.-L. GRENIER; GUITARD (E.-H.); Jeahn D'ARVIEU ; Vincent HYSPA;
Pierre JALABERT; Léon JUL1A; Jean LEBRATJ; J. LOUBET; Jean MAGROU;
Jean MARSEILLAC; Prosper MONTAGNÉ ; H. MUCHART; Henry NOELL;
NOBINI-COMBY; A. PASSERIEUX ; Antonin PERBOSC; MU« POURCHEROL;
Charles PHALIPPON; Armand PRAVIEL; Jean PUEL; Paul RAMOND; E. REYANDREUX; Émile RIPERT ; Achille BOUQUET; Auguste ROUQUET; José
ROUQUET; .T. ROZÈS DK BROUSSE; E. ROUX-PARASSAC; Pierre SAINTGIRONS; DE SAINT-VINCENT-BBASSAC ; Frédéric SAISSET ; Abbé Joseph
SALVAT; PAUL-SENTENAC ; DR SOULA; L. THÈNE ; TOUNY-LERYS;
F. TRESSERRE; Jules VERAN; Georges VILLE; H.-C. VILLENEUVE..., etc., etc.

COMITÉ :
MM.

Président : UROS-MAYREVIKILLE,
J,, fj, $, &gt;î&lt;.
Vice-Présidents : Paul SENTENAC, ||; E. GUITARD; L. JULIA.
Secrétaire-général : Auguste ROUQUET.
Trésorier : Maurice FAVATIER, ifc, ^,
Chef des Études économiques et agricoles : Docteur GRANEL,
Ql.
Membres : Léon AURIOL,
tjt L; Emile COMET,
Fernand CRÉMIEUX, $ ;
Jean DI PUT;
£; Jo GINESTOTJ,
$; Auguste GCENOT; Henry NOELL,
%;
DB SAIXT-VINCENT-BRASSAC, $, Q, 1, ►£; Frédéric SAISSET; Georges VILLE; Marcel
BlCARÏ. %.

�4' et S* Feuillet.

L'HOMME

fl

Xovenibre-Dccembre 1925.

L/\ PIPE

-présent numéro
exemplaires de luxe numérotés
hors commerce, sur papier de
Mtntval, de G. Maillot.
/i a ete tiré &lt;fu

20

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Sol* de A.

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                <text>Saint-Vincent-Brassac, A. de</text>
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                    <text>LES FEUILLETS
OCCITANS
LANGUEDOC ROUSSILLON
PAYS D'OC

BIBLIOTÊCA I

DE
L'INSTITUT
D'EST U DIS
OCCITANS

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41,Boulevard des Gvpucines, 41
PARIS

\:

�SOMMAIRE
Les Lettres Françaises :
Le Groupe Occitan et le Régionalisme
Entre Tantale et Prométhée, poème
Lo Pardal, poème
Les Livres

• • •

CHARLES-BRUN.
Adr. BLANC-PERIDIER.
-Frédéric SAISSET.
Jo GiNESTOu-et F. SAISSET.

Les Lettres Occitanes :
Le Problème Occitan, enquête
Nouvelles Félibréennes
Bibliographie Occitane
Bendemios al Bilatge, poème

E.-H. GUITARD.
E. H. G.
E. H. G.
Léon AURIOL.

Les Beaux Arts :
Les Salons

PAUL-SENTENAC.

Le Mouvement économique Occitan :
Notre Exposition
Le mouvement économique
L'activité du Groupe Occitan
La Cuisine Occitane

PAUL-SENTENAC.
F. CROS-MAYREVIEIIX

Clocher du Lauragais, bois gravé, par Achille
BAHDEAUX, LETTRINES
COUVERTURE :

et

CULS DE LAMPE

Baigneuse, par Gaspard

C.-M.
Prosper

F.

• . .

MONTAGNE.

ROCQUET.

gravés sur bois, par Achille

ROUQUET.

MAILLOL.

N. B. L'abondance des matières nous oblige à remettre au prochain numéro,
la suite des Tètes Occitanes, dont l'ensemble formera une galerie complète de
toutes les personnalités occitanes de l'heure actuelle; ainsi que les illustrations,
et la rubrique : Nouvelles Régionales.
ERRATA. — L'épreuve du premier numéro des Feuillets portant le « Boa à
tirer » étant parvenue incomplète à l'imprimerie, il a été tiré et même distribué
quelques exemplaires partiellement incorrects.
Nous prions ceux de nos collègues qui ont reçu ces exemplaires de vouloir
bien nous demander (sans frais pour eux) leur remplacement, ou de noter sur
ceux qu'ils détiennent les précisions et rectifications suivantes :
Page 1 : Vers cités de mémoire lAt Tolosa e Proensa, E la terra d'Agensa...)
Us appartiennent à une chanson de troubadour, Bernât Sicart, de Marvéjols.
concernant la Croisade. — Terra d'Agensa doit se traduire par « Terre d'Argense »
(région de Beaucaire).
Page SI : Lire « de « Lévis-Mirepolx » au lieu de « Lopès-Mirepolx ».
Couverture : Ajouter la date « Août 1925 », et le n° d'ordre « Premier feuillet ».

�[C.I.D.O.
jBtZIERS

Les Lettres Françaises
Lie

Groupe Oeeitan et le Régionalisme.

|i j'étais moins vieux et si Cros-Mayrevieille, Rouquet et Sentenac n'étaient là,
je crois bien que j'aurais créé le Groupe
Occitan : (mais j'aurais moins bien réussi
que ses fondateurs). Dès lors, ai-je besoin
de dire de quel œil attendri j'ai suivi sa
gestation, sa naissance et son développement rapide. C'est une de mes pensées,
que je n'ai pas eu la force ou le temps
de faire passer à l'action; et, pour écrire
cette préface au second numéro des
Feuillets, je n'ai qu'à me répéter une fois
de plus et à craindre les radotages..., mettons d'un grand-père.
Cependant, je ferai grâce à nos lecteurs, gens avertis et convertis,

�— 34 —
de cette dissertation sur le régionalisme et ses véritables caractères
que j'inscris fidèlement, depuis vingt ou trente années, en en variant
un peu la forme par pudeur, au fronton des revues régionalistes fraîches écloses. Non, du reste, qu'il soit inutile, je le vois bien, de rééditer sans cesse quelques vérités essentielles. On a eu beau frapper :
le clou n'est pas encore enfoncé suffisamment. J'ai retrouvé, l'autre
jour, à propos de cette Exposition des Arts décoratifs où les provinces
ont une belle place (et le Languedoc ?), l'opposition prétendue entre
la tradition et le progrès, comme si tout véritable progrès ne se
fondait pas sur une tradition intelligemment interprêtée ! Et l'on
nous accusait bien, récemment, de vouloir, par amour d'un pittoresque désuet, maintenir le paysan dans des chaumières sans confort
et sans hygiène ! Mais passons, et tenons les principes pour établis.
Qu'est-ce que le régionalisme ? La mise en valeur des régions françaises, la lutte contre une centralisation excessive, une philosophie
de l'individu et du groupe, et, pour reprendre la belle définition de
M. Henri Pourrat, « la conscience d'un passé et la volonté d'un avenir ».
Une longue patience aussi, comme le voulait Proudhon, une méthode
éducative. Je souris quand je vois des réformateurs au crayon bleu
tracer sur la carte de France de nouvelles divisions administratives
et s'étonner que « nous n'ayons pas encore abouti ». Ces gens sont
hâtés : les vrais régionalistes ne le sont pas. Les vrais régionalistes
savent le prix du facteur temps et que leur besogne de réfection n'est
pas mince. Les provinces françaises, disons-le net, sous mille influences,
étaient en train de perdre le sens et l'orgueil de leur originalité. On ne
les leur rendra pas en un tournemain, par une incantation magique :
c'est une entreprise noble, mais dure et à long terme. Ceux-là seuls
se décourageront qui escomptaient le succès immédiat et n'avaient pas
la foi; mais l'heure est passée des systèmes en l'air et des effusions
lyriques. Si nous voulons que la doctrine triomphe, il faut étudier, il
faut travailler....

Dans les provinces, d'abord, il va de soi. L'on ne fera jamais assez
l'éloge du labeur obscur et ingrat des érudits, des propogandistes
restés attachés à leur sol. Et, surtout depuis la guerre, nous avons, en
France, de vrais centres régionaux économiques, Toulouse, Nancy,

�— 35 —
Grenoble, Lyon, Marseille, Lille, dont les hardiesses sont grandes et
couronnées de succès.
Mais, à la condition qu'ils restent en contact permanent avec leur
région d'origine, qui pourrait refuser aux provinciaux exilés à Paris
ou ailleurs, le droit d'œuvrer à la même œuvre ? Paris a le Parlement,
les ministères, les salons et la grande presse : beaucoup sont forcés
d'y venir et d'y résider par des nécessités de carrière. Mettons que la
réforme régionaliste mettra un peu d'ordre à tout cela : mais elle n'est
pas faite et, même, fût-elle faite, Paris demeurerait un centre de
premier ordre. C'est bonne guerre que d'user de ses armes pour le
battre et de son prestige pour diminuer ce prestige, précisément. Toutes les fois que je vois une société d'originaires se rappeler ses origines,
donner à ses fêtes, à ses banquets, à ses diverses manifestations, un
tour régional, je ne puis m'empêcher de trouver la chose excellente.
Soyez sûrs que le pays natal est fier qu'on l'évoque à Paris, et, par ailleurs, que la nostalgie est un mal utile. Je connais des Languedociens
qui n'ont trouvé un charme à leur dialecte, à leurs danses et à leurs
chansons que parce qu'ils cherchaient à se recréer, dans la ville monstrueuse, une atmosphère familiale.

Nous ne sommes encore qu'au premier degré. Au-dessus, voîci
l'élite. Quelques-uns de ces originaires veulent, puisque la centralisation les rassemble à Paris, divers de compétences et de goûts, semblables par l'amour du terroir, microcosme d'une province idéale,
travailler en commun à la renaissance. Ils forment un groupe d'études.
Le premier en date qui porte allègrement ses vingt ans passés et a
servi de modèle aux autres, est le groupe d'études limousines, qu'anime
infatigablement Louis de Nussac. Le Groupe Occitan est de cette
lignée. J'en aurais tracé le programme, si les fondateurs ne s'en étaient
excellement acquittés : « un inventaire, un groupement, une collaboration agissante et, par dessus tout, une communion d'idées entre intellectuels originaires du Languedoc et du Roussillon, dans le dessein
d'étendre le rayonnement de ces pays dans toutes les manifestations
de l'esprit... »Et ceci encore : « Appliquer toute son activité à une meilleure connaissance et à une meilleure utilisation des ressources intellectuelles, morales et économiques du Languedoc-Roussillon,.. » Je ne
crois pas que l'on puisse mieux dire,

�-36-

Saisissons bien l'étendue et la richesse de ce propos. Trop souvent,
de bons régionalistes ne connaissent et n'aiment qu'un régionalisme,
le leur. J'en ai vu qui, attachés aux traditions, aux costumes, aux parlers, ouvraient de grands yeux quand on leur parlait de régionalisme
économique. J'en ai vu qui, industriels ou commerçants, producteurs
ou mutualistes, traitaient les premiers, indulgemment, d' « amateurs
des petits bonnets ». Et d'autres qui ne concevaient que la mort du
département et une division plus rationnelle de la France administrative. Ces exclusivismes nous ont fait bien du tort Mais le Groupe
Occitan a en vue tous les régionalismes, ou, mieux, il a compris que
cette diversité apparente recélait une profonde unité. Relisons : « les
ressources intellectuelles, morales et économiques... » : c'est le vrai.
Nous n'avons le droit de négliger aucune puissance : et la région future, encore à l'état de mythe et de propulseur, devra compter avec
le sentiment comme avec les conditions de la prospérité matérielle,
avec la tradition, j'y reviens, comme avec le progrès, avec le passé
(et quel passé plus beau que celui de notre Occitanie !) comme avec
l'avenir.

Etudier, Agir. L'étude sans action est plaisante : elle reste inefficace.
L'action sans étude préalable n'est trop souvent qu'une agitation
brouillonne et stérile.

Vous me direz que ce programme, si vaste, est ambitieux. Le régionalisme permet toutes les ambitions, s'il est vrai, comme nous le voulons croire, qu'il est une renaissance complète du génie français. Et,
d'ailleurs, en quelques mois, le Groupe Occitan a multiplié ses preuves
d'activité dans tous les domaines. II a abordé le problème viticole
et celui de l'influence de la race sur les œuvres littéraires; il a tendu
la main vers nos frères en latinité de l'Amérique méridionale; il a
prêté ses poètes et ses orateurs à dix manifestations; il prépare un
Salon; il contrôle un syndicat d'études économiques; il a sa maison
d'édition et sa revue. Je tiens pour assuré qu'il fera de grandes choses.

�Au soir d'une vie déjà longue et que le régionalisme a remplie presque toute, ce m'est une joie de saluer ces jeunes énergies. Je ne verrai
pas le triomphe de nos idées; au moins, j'aurai vu leurs progrès constants et, l'avouerai-je ? presque inespérés. Cette France « dissociée et
décérébrée », dont parlait avec tristesse Maurice Barrés, voici qu'elle
retrouve ses disciplines salutaires. Lasse des idéologies centralistes,
elle se reconnaît diverse dans sa forte unité. Que chacune de ses régions suive la méthode et l'exemple du Groupe Occitan : ne nous le
dissimulons pas : dans la crise que nous traversons, le salut est à
ce prix.
CHARLES-BRUN.

Entre Tantale et Promethée.
De Tantale assoiffé, blême et criant de faim,
A Prométhée hurlant que le regret déchire,
L'humanité fuyant l'un ou l'autre martyre
Oscille entre l'espoir et le souvenir vain.
Ne retenant jamais les trésors qu'il capture,
L'homme est toujours blessé de rêve ou de regret
Et l'amour, seul bonheur que le ciel lui permet,
N'est qu'un éclair furtif entre ces deux tortures.
Adrienne

BLANC-PÉRIDIER.

�Lto

Pardal

à Henry Hragon.

Nos enfances furent bercées
Par le chant fruste du Pardal.
Il est resté sur nos pensées
Avec l'odeur de l'air natal.
Il nous accompagne en voyage
Comme un de nos plus chers secrets,
Comme on emporte d'un visage
Le souvenir avec les traits.
Nous vivons de ce qu'il nous donne
De tendresse et de rêve pur.
Dès que notre âme le fredonne
C'est un bruit d'aile en plein azur.
C'est un air très vieux, sans histoire;
Nos aïeules l'ont murmuré;
Il a fleuri dans leur mémoire
Et le temps pour nous l'a s_acré.
Frédéric

SAISSET.

�Les Livres
L»a Chronique de son altesse le due d Andorre, par Horaee Chauvet (1).

provinces de France, nul ne l'ignore, (tout au moins
supposons-le) sont connues grâce à des silhouettes drôles ou
fortes en gueule que des écrivains ont esquissées; c'est ainsi
que Tartarin de Tarascon par Alphonse Daudet, Le Monarque
de Pierre Mille, Gantegril de Raymond Escholier, Dodin Bouffant, de Marcel RoufC resteront comme des types originaux de
province française, et immortaliseront les travers et les qualités
des races de ces pays.
Seul, le Roussillon, n'avait pas eu jusqu'à ce jour le bonheur et l'honneur d'avoir
l'artiste qui camperait la silhouette d'un de ses fils bruyants; enthousiastes,
de son Tartarin jovial et truculent, de son Monarque hilarant et facétieux;
Horace CHAUVET avec infiniment d'habileté et de souplesse vient de combler
cette lacune. Depuis quelques jours, grâce à cet écrivain probe et consciencieux
notre département est concrétisé en la personne de son Altesse le Duc d'Andorre
que de joyeux cercleux impénitents et pâles sacrèrent vers les trois heures du
matin, aux accents d'un piano poitrinaire, d'un tambour concave et sinistre, d'un
triangle isocèlement argentin et d'un phonographe nasillardement pornographique.
Ce fut du délire : Il y avait là tout le grand monde, le demi-monde et le monde
tout court qui court et marche pendant les nuits chaudes et voluptueuses de notre
Roussillon excitant.
Il y avait là les sportifs glorieux « Sang et or » les noctambules invétérés et
perpétuels des cercles chics, les représentants desséchés de l'Académie d'Histoire du Roussillon et de Philologie de la langue catalane; le comte Loli dans
un coin exhalait des rires en boite de vitesse, tandis que le vidame de la Pabrina
éclatait en cascade sur les pôles de Mlle Lucette souriant en tintements de tapioca
perlé.
Et quand sur la Loge le ciel matinal mit son premier store frais et pali, on
vit majestueux et superbe, tel un roi de Majorque, descendre les jambes en filoselle, les chevilles en accordéon et le chapeau en décomposition, le duc d'Andorre
ERTAINES

(1) Imprimerie de l'Indépendant, 4, rue de la Préfecture, Perpignan. Prix, 7 fr. 50

�— 40 —
portant son blason où resplendissait sa fameuse devise qu'un pélican doré portait
dans son cou emmanché d'un long beo
« Toca hi si goses »
Et c'est alors décrit par Horace Chauvet avec finesse, humour et bonhomie,
la vie aventureuse et brillante du duc dans la noble ville de Perpignan.
A sa suite, nous entrons dans tous les milieux perpignanals. Du cercle « La
Tramontane » en suivant notre guide spirituel et drôle, nous nous glissons dans
une justice de paix provinciale; puis nous assistons à une chasse hilarante au
crocodile, à une scène de coeufiage intense et voluptueuse, à une brillante partie
de football au congrès solennel des catalanistes fervents, à la confection d'une
cargolade joyeuse, au bal prestigieux et hystérique du Jeudi-Gras.
Horace Chauvet n'a pas oublié de nous faire accompagner le Duc d'Andorre
dans sa campagne électorale — et ce sont là chapitres amusants dans lesquels
le chroniqueur de l'Indépendant narre les diverses visites du duc aux électeurs
avec un scepticisme bon enfant et une mélancolie délicieuse qui sont le reflet
d'une âme délicate et parfaitement dégagée des contingences d'icUbas !
Henry Noell et Albert Baitsïl ont déjà dit avec un goût averti, tout ce qui
pouvait être dit sur ce livre régionaliste qui vient à son heure pour immortaliser
un type local.
Il me plaît en adoptant les conclusions du critique de l'Indépendant et du
directeur du Coq Catalan de dire, à mon tour, combien tous ceux qui aiment notre
beau Roussillon, sous toutes ses formes, dans tous ses esprits doivent être reconnaissants à Horace Chauvet d'avoir écrit la chronique de son Altesse le duc d'Andorre;
d'abord parce qu'avec infiniment d'esprit et d'humour, il a chanté un type catalan;
ensuite et surtout parce qu'il a su nous faire rire.
Jo GlNESTOU.
I«e village sans eloehes, par Charles Roussillon.
Ce roman, le premier que publie un jeune écrivain du Roussilon, est un
chant d'amour à la terre natale. Les paysages de chez nous y sont enclos avec la
bonne odeur du thym, des genêts d'or, des rivières qui frissonnent sous le
soleil; et les âmes terriennes, les mœurs, les coutumes si pittoresques, Charles
Roussillon a su les laisser vivre en lui et nous en traduire la véhémence et le
charme. C'est un livre qui sera cher à tous les exilés de notre sol pour tout
ce qu'il leur apporte de lumière et de parfum. C'est un livre qui mérite déjà à son
auteur une des premières places parmi tous ceux qui, nés sur ce coin de France
ont gardé le culte de sa beauté inoubliable, l'amour de son ciel transparent, de
ses montagnes violettes, de sa mer aux nuances infinies. On lira et on relira
« Le Village sans cloches » pour toutes les scènes vivantes, colorées, savoureusement locales qu'il contient et on aimera ce fils du Roussillon qui a su évoquer
son pays en un style nerveux et vibrant dont le charme se prolonge de page en
page.
F. S.
Suzanne Teissier Par Paul Sentenae.
Le Poète Paul-Sentenac, notre sympathique vice-président du Groupe Occitan,
publie sur ce beau papier de Montval créé par le peintre Gaspard-Maillol, l'émouvante conférence qu'il a faite sur Suzanne Teissier dans les salons de Madame
Aurel. C'est une délicate analyse de l'œuvre de cette vibrante et courageuse artiste

�— 41 —
qui a reçu le don de traduire avec flamme — flamme elle-même, comme le dit
Fernand Gregh ■— ses propres sentiments aussi bien que ceux des poètes dont
elle interprête les œuvres. En ses conférences et en ses interprétations de poèmes,
Suzanne Teissier nous émeut toujours par cet accent de sincérité qui caractérise
le véritable artiste et qui monte des profondeurs de l'âme. Elle nous avait révélé
ses dons généreux dans un recueil de vers « L'impossible Idéal » où elle a voulu
revivre ses souvenirs d'enfance, et elle nous a donné, depuis, cette passionnée
confession d'une femme amoureuse dans « A l'ombre du maître », sorte de roman
lyrique où elle traduit, en rythmes ondoyants, la montée et la retombée des
élans et des illusions, des espoirs et des craintes, toutes les affres d'une âme
arrachée par l'amour à la plate vie quotidienne. Pour ceux qui savent avec
quelle énergie farouche cette artiste a voulu vivre sa vie pour l'art, fils des
tourments secrets, ces poèmes se chargent d'une émotion plus poignante encore.
Elle a des accents déchirants qui la font bien, comme le dit très justement PaulSentenac, la sœur de la douloureuse Desborde-Valmore qui n'a vécu, elle aussi que
pour l'amour et pour l'art, les deux plus pures fleurs qui parfument les jardins
de notre énigmatique vie. Trois poèmes inédits de Suzanne Teissier « L'Eglise
pauvre, Le Mont-de-Piété et Le Rhin », terminent la jolie plaquette de notre
sympathique camarade, et nous permettent de suivre l'auteur de « A l'ombre du
Maître » dans son ascension vers l'idéal, de mieux en mieux exprimé en cette forme
ailée, prison fleurie de notre pensée fugitive.
F. S.
M. Jean AZAIS a publié récemment une brochure sur les Attaches Méridionales
d'André Chénier dans laquelle il étudie les ancêtres d'André Chénier ayant habité
le département de l'Aude et le séiour de ce dernier dans ce même département.
II prépare également, en s'appuyant sur des documents inédits, une étude sur
la succession très mouvementée de Marie-Joseph Chénier, dont les débats en
justice durèrent près de vingt ans.
La Cigale Narbonnaise va éditer Lou Cami de la Crouts quatorze sonnets du
Docteur P. ALBAREL, Majorai du Félibrige. avec des bois gravés d'Auguste Rouquet
et des lettres ornées de Jane Rouquet-d'Hondt.. L'édition sera tirée à 200 exemplaires numérotés sur papier Maillol grand raisin de Montval et 100 exemplaires
sur papier bouffant.
On peut souscrire de suite et nous engageons les bibliophiles à se presser.
Les exemplaires de luxe seront laissés à 10 francs (11 fr. 25 par la poste) aux
abonnés de la « Cigale Narbonnaise » et aux membres du « Groupe Occitan » à
Paris. Les autres payeront 15 francs. Les exemplaires sur bouffant seront vendus
10 francs.
Envoyer les souscriptions à M. Brieu, Imprimerie du Languedoc, 4, rue Auber,
Narbonne.
'
ifj
(Extrait de la Cigalo Narbouneso, août 1925).

�Les Lettres Occitanes
fiotre enquête sur

Le Problème Oeeitan
ia Première Réponse
XCELLENTE,

nombreuses
ner pour un
de détailler
d'avis qu'il
lecteurs ne

votre enquête sur le Problème Occitan, me disait un ami au lendemain de la parution des Feuillets. Excellente, mais n'attendez
pas qu'on réponde à vos premières questions.
Quand il s'agira d'étudier « les moyens d'action » (propagande en faveur de la langue et de
la littérature d'oc, adoption d'une ou plusieurs
graphies, etc.) vous recevrez des réponses aussi
que contradictoires, mais personne ne va se passiondébat inexistant, personne ne voudra se donner la peine
les « raisons d'agir » puisque tous les Occitans sont
faut travailler au maintien de la langue d'Oc. Vos
voudront pas perdre leur temps à démontrer ce que

�— 43 —

personne ne conteste. C'est comme s'il fallait prouver que l'on
doit aimer et honorer sa mère...
Mon ami avait raison en partie. On m'a promis beaucoup de couplets pour la seconde chanson, mais j'en ai encore reçu fort peu pour
la première : tout le monde a pensé comme lui...
Quelqu'un pourtant a fait exception, et c'est un Occitan, un Occitan
de la province où la langue d'oc est particulièrement pure, un compatriote de Bonafous, le fougueux secrétaire de « La Lenga d'oc à
l'Escolo ».
Cet Occitan n'est autre que M. de Monzie, Quercynois, actuellement ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, un enfant de
l'Agenais, qui est devenu sénateur du Lot.
Voici sa réponse, pourvue, cela n'est pas douteux, de très nombreuses qualités : elle est claire, détaillée, littéraire et officielle... Seulement, ce n'est pas tout à fait celle que nous attendions...
Le texte que l'on va lire est composé par les typographes des
Feuillets sur l'original de cette lettre et soigneusement, collationné
par nos soins : nous garantissons qu'on ne lui a pas fait tort d'une
virgule.
CABINET DU MINISTRE
DE

L'INSTRUCTION PUBLIQUE
ET

DES

Paris, le 14 août 1925.

BEAUX-ARTS.

Confirmant la réponse faite par mon prédécesseur aux Recteurs
de Bordeaux, Toulouse, Aix et Montpellier à la date du 20 décembre 1924, je crois devoir écarter les suggestions émises par divers
congrès depuis 1914 et tendant à l'utilisation des idiomes locaux
(basque, breton, gascon et langue d'Oc en général) pour l'enseignement du français dans les écoles primaires. « Cette méthode.,
disait M. François Albert, est très discutable... on ne voit pas convment le basque et le breton pourraient servir à Venseignement du
français ». Si je me préoccupe d'ajouter à cette fin de non-recevoir,
c'est parce que plusieurs bons Français animés d'un zèle de renaissance ont réclamé que l'Etat fixât en cette matière sa position et
fît au régionalisme sa part ou sa place définie.
Ils insistent pour obtenir que les instituteurs parlant un patois
soient autorisés à l'utiliser dans leurs classes et donnent à leurs

�-44élèves des versions et des thèmes, comme s'il s'agissait de langues
« nobles » telles que le latin et le grec. Ils demandent que dans les
écoles normales on accorde une place à l'enseignement scientifique
des parlers locaux, soutenant que la connaissance du patois en sus
du français, augmente la valeur sociale de l'homme par la seule
gymnastique bilingue qu'elle suppose ou nécessite. C'est pour servir de point de départ et pour servir d'appui à l'enseignement du
français que l'introduction du patois à l'école primaire est sollicitée, sinon réclamée sur le mode irrité de la polémique.
Est-il donc vrai que le dialecte local puisse servir à enseigner le
français ? Ce n'est à cette heure l'avis d'aucun pédagogue qualifié.
Qui songe à mettre en œuvre le breton, le basque ou le flamand
pour faciliter l'intelligence du français ? Paudra-t-il édicter des
règles différentes selon les régions et classer les idiomes d'après les
services qu'ils seraient susceptibles de rendre à la pédagogie primaire ? Comment, au surplus, accorder une telle proposition avec
les. méthodes générales de l'enseignement, avec la méthode directe
dont il est usé pour apprendre l'allemand ou l'anglais ? Se servira-t-on du languedocien comme truchement du français, tandis
que le mot d'ordre moderne est l'apprentissage du français par le
français ? Les objections valables se multiplient, sans qu'apparaisse en sens contraire aucun argument décisif.
Je sais bien que l'étude d'une langue autre que la langue maternelle nous initie au mécanisme linguistique de notre propre langue,
mais je sais aussi que savoir une langue étrangère, c'est posséder
le moyen de connaître directement la civilisation et la littérature
du peuple qui la parle, c'est d'accroître d'autant notre propre valeur
humaine et sociale. Il n'est pas indifférent à la formation de nos
maîtres d'apprendre n'importe quelle langue étrangère. Le maître
qui aura appris le français et le basque aura-t-il autant élargi ses
capacités humaines et sociales que celui qui saura le français et
l'allemand, le français et l'anglais, le français et l'espagnol ou
l'italien, ou le russe, ou toute autre langue riche de toute la vie
intellectuelle et sentimentale d'un grand peuple moderne, expression de toute son activité et de toute sa prospérité économique ?
Je n'ignore pas. non plus quels services éminents l'étude des
patois rend de plus en plus à l'histoire de la langue française, et je
rends ici hommage aux professeurs et aux érudits qui, penchés sur
ces fleurs de notre terroir en ont étudié avec amour toutes les
variétés. Mais ce sont là matières d'enseignement supérieur, ce
sont recherches de savants. Notre école normale primaire qui a des
tâches précises et multiples, ne peut rien distraire ni de son temps
ni de ses efforts pour ces études.

�— 45 —
A l'école primaire, nos instituteurs doivent habituer les enfants
à mettre sous les mots toute la réalité qu'ils expriment. Le danger
à éviter, c'est que nos enfants puissent employer des mots et des
phrases sans leur donner toujours leur .sens exact. Or, la traduction d'un mot français par un mot patois dispenserait trop souvent
les. maîtres et les élèves de cet effort salutaire — sans doute ils
pourront avoir deux mots pour exprimer une même réalité; mais
soucieux de rapprocher les deux lexiques, ils risquent peut-être de
ne plus rapprocher les mots des choses elles-mêmes. La traduction
des. mots les dispenserait de la vision des choses. Et d'autre part,
quand nous faisons effort pour donner à tous les enfants de France
une même langue claire et nette, où les mots et les phrases traduisent sans ambiguïté ni incertitude les idées ou les sentiments de
chacun, ne serait-ce point se contredire soi-même que de founir aux
mots et aux tournures dialectales la facilité et la tentation de s'introduire dans le français de nos écoles ?
Mais si j'envisage le problème en surplombant ces disputes de
méthodes, j'ai le devoir de me demander s'il est bon d'encourager
les divisions linguistiques. L'exemple de la Belgique — « terre
d'expériences », a dit quelqu'un, n'est pas pour nous disposer à
cette entreprise, encore bien que l'unité morale et patriotique de
ce noble pays ait paru rendre inoffensives les revendications du
flamingantisme naissant. La France, si unie qu'elle soit, ne l'est
jamais trop.
Depuis le temps où François Ier faisait en 1539 la monarchie des
écritures, en ordonnant que toutes les pièce.s de justice et d'administration seraient écrites en français, tous nos gouvernements ont
professé une commune et constante doctrine d'unification linguistique. « Comme il est de conséquence d'accoustumer les peuples
des pays cédés à nos mœurs et à nos coustumes, il n'y a rien qui
puisse y contribuer davantage qu'en faisant en sorte que les enfants
apprennent la langue française, afin qu'elle y devienne aussi familière que l'allemande et que par la suite des temps elle puisse
mesme, sinon abroger l'usage de cette dernière, du moins avoir
la préférence dans l'opinion des habitants du pays ». Cette politique, définie dans un lettre de Colbert à .son frère, le 12 mars 1666,
a toujours été la nôtre non pas seulement à l'égard des populations
d'Alsace, mais à l'égard de tous les sujets français de l'intérieur,
selon l'expression habituelle en Alsace.
Aussi bien, c'est un Strasbourgeois, Arbogast, qui inspire le texte
du 5 Brumaire An II où il est dit : « L'Enseignement public est
partout dirigé de manière qu'un de ses premiers, bienfaits soit que
la langue française devienne en peu de temps la langue familière

***

�— 46 —
de toutes les parties de la République. Dans toutes les parties de la
République l'instruction ne se fait qu'en langue française ». Ni
classe en latin, ni école en patois : l'unification par l'enseignement
public du français.
En dépit des vicissitudes que devait subir cet enseignement public
sous le Directoire et le Consulat, l'essentiel de ces prescriptions
révolutionnaires a subsisté dans les instructions données, par Napoléon à ses préfets et ses évêques. L'enquête sur les idiomes à laquelle
il est procédé de 1806 à 1813 tend à les dénombrer pour les mieux
combattre au bénéfice de la langue unique. Cette même continuité
de politique par la langue s'affirme au cours des années de laïcisation républicaine : Ml. Fallières, par une circulaire du 30 octobre 1890, M. Waldeck-Rousseau, par une dépêche du 26 janvier 1901, prohibaient l'usage des dialectes dans les prédications et
les leçons de catéchisme. Par 339 voix contre 185, le 16 janvier 1903,
la Chambre des Députés approuvait M. Emile Combes, président
du Conseil et ministre des Cultes, d'avoir renouvelé ces prohibitions — et cela après un débat prolongé, au cours duquel le Chef
du Gouvernement avait exposé la doctrine traditionnelle et continue dont j'ai trop rapidement évoqué l'histoire.
Je rattache mes instructions à cette doctrine. L'école laïque, pas
plus que l'Eglise concordataire, ne saurait abriter des parlers concurrents d'une langue française dont le culte jaloux n'aura jamais
assez d'autels. Il m'est permis de faire observer, en outre, qu'il
reste encore trop d'illettrés parmi nous pour que nous puissions
distraire en faveur des plus respectables parlers régionaux ou
locaux une portion de l'effort nécessaire à la propagation du bon
français. « Celui-là seul est vraiment français du cœur à l'âme et
de la tête aux pieds qui sait, parle et lit la langue française. » Jusqu'à ce que cette définition de IV^usset soit applicable à l'unanimité
des citoyens adultes, l'enseignement des patois devra être considéré
comme un luxe et je vous prie de croire que notre époque n'est
guère favorable aux dépenses de luxe pour compte de la collectivité.
Enfin, j'observe qu'il n'est pas nécessaire de pratiquer le langage
local pour pratiquer tous les devoirs du régionalisme, pour s'employer à la sauvegarde des chers monuments du passé, pour prendre un rôle dans cette reconstitution méthodique des. histoires
locales à laquelle se passionnent les régimes les plus subversifs.
Les remarquables travaux des instituteurs sur les sujets du régionalisme n'ont qu'un défaut : celui d'être insuffisamment mis en
valeur. Je vous serais obligé de noter et de signaler par tous moyens
ceux de ces travaux extra-scolaires qui auront retenu votre atten-

�— 47 —
tion personnelle. Veuillez commenter à l'occasion, aux maîtres qui
marquent à l'idéologie un goût exclusif, le mot célèbre de Kant :
« Les idées sans la réalité sont vides ». La réalité, c'est le sol et son
histoire qui l'a façonnée. L'étude de cette histoire est de plus d'importance actuelle que la renaissance des patois sous l'égide d'un
Etat sollicité par d'autres soins impérieux.
Vous avez bien compris que la lettre qui précède n'a pas été
spécialement adressée aux Feuillets Occitans. Mais par sa date
(14 août) elle semble constituer une réponse à la première partie de
notre enquête et mieux encore, une réponse à ceux qui ont jugé inutile
d'y répondre.
C'est, en réalité, une circulaire à MM. les recteurs des Académies
de France. Elle a été provoquée par une démarche imprudente (1) en
faveur des idiomes régionaux. Nous avions personnellement déconseillé toute démarche de ce genre, notamment dans notre article des
Feuillets, car nous la jugions nettement « prématurée ».
L'excuse de ses auteurs est qu'ils ont cru devoir profiter de la
présence, à la tête de l'Université française, d'un ministre Occitan.
Erreur ! un ministre de France ne saurait être que franciman : il en a
toujours été ainsi !
La circulaire ministérielle comprend deux parties bien distinctes.
Dans la première, c'est l'enseignement des idiomes régionaux à l'école
primaire qui s'y trouve combattu; dans la deuxième, on s'attaque à
l'existence même de ces idiomes. Plan illogique, nous semble-t-il, car
si l'on doit prouver que « les patois » méritent la mort, il était inutile
de démontrer préalablement qu'il ne faut pas les faire figurer sur les
programmes de l'enseignement public.
Restons donc fidèles au plan de notre enquête et réservons pour plus
tard la question de la langue d'oc à l'école. Il s'agit, pour l'instant,
de répondre à la deuxième partie de la circulaire qui commence par
ces mots : « Mais si j'envisage le problème en surplombant ces disputes de méthodes, j'ai le devoir de me demander s'il est bon d'encou(1) Lettre de juillet 1925 adressée au ministre de l'Instruction Publique par
MM. A. JEANROY, J. ANOLADE, J. BONNAFOUS,, FRISSANT, JOUVEAU, J. LOUBET et
GANDILHON

GENS-D'ARMES.

�— 48 —
rager les divisions linguistiques. » Cette question est exactement celle
que nous vous proposions de traiter avant toute autre dans les Feuillets Occitans du mois dernier.
Les événements viennent de prouver qu'il importe de l'envisager
très sérieusement. Nous ne pouvons laisser ainsi sans riposte le document ministériel. Envoyez-nous d'urgence votre protestation motivée.
E.-H. GUITARD.
Au moment de mettre sous presse, nous recevons la réplique de la
« Ligue pour la langue d'Oc à l'école » et nous nous empressons de
l'insérer : les membres du « Groupe Occitan » en auront ainsi la
primeur.
D'autre part, nous nous mettons en rapport avec les Alsaciens, que
la circulaire a gravement mécontentés et alarmés, et avec les Bretons,
qui ont accueilli dernièrement par des murmures un discours antirégionaliste prononcé par M. de Monzie, à l'inauguration d'un pavillon des Arts Décoratifs.
OBSERVATIONS PRÉSENTÉES PAR

LA «

LlGA PER

LA LENGA D'OC A

L'ESCOLO » A M. DE MONZIE, SÉNATEUR DU LOT, MINISTRE DE L'iNSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS, AU SUJET DE SA LETTRE DU 2 JUILLET
ET DE LA CIRCULAIRE DU 14 AOUT PROSCRIVANT LES IDIOMES RÉGIONAUX.

Monsieur le Ministre,
Gomme l'a fort justement souligné notre ami Charles-Brun dans
le Provençal de Paris du 26 Juillet dernier, votre lettre nous refuse
ce que nous, ne demandions pas dans notre requête du 18 Juin.
Mais par la forme même qu'il revêt, dans cette lettre et dans la
circulaire qui est venue l'accentuer, votre refus élargit le débat.
Vous nous déclarez en somme que l'école primaire n'a pas le temps
de s'occuper des « patois », qu'elle doit les ignorer et même les
redouter.
Voilà pos.é un principe qui risque de créer tôt ou tard un malentendu très grave entre les Pays dDc et le gouvernement français.
Le Midi dont nous sommes (et qui s'étend, ne l'oubliez pas, de
Vichy aux Pyrénées et à la Mer Latine), le jeune Midi qui se lève,
ne croit plus du tout comme le Midi de votre génération, que sa
vieille Langue d'Oc soit un patois. Aujourd'hui il en demande

�— 49 —
poliment, demain il en exigera avec force la réhabilitation. Plus on
attendra, plus ses revendications seront véhémentes. Gouverner,
c'est prévoir !
Nul ne conteste que dans un Etat moderne il ne faille une langue
commune à tous les citoyens de toutes les régions. Mais cette nécessité n'implique ni la destruction, ni l'inculture des autres langues
parlées par les minorités linguistiques de la Nation. Ces minorités
étant bilingues, leurs écoles doivent être bilingues aussi.
Nous reconnaissons avec vous, Monsieur le Ministre, qu'il est
essentiel d'enseigner partout le français et c'est en vertu de cette
conviction que notre ligue avait signé la requête du 18 Juin. Mais
nous tenons pour non moins essentiel l'enseignement officiel de
notre langue maternelle partout où elle est parlée.
Poser en principe que chaque Etat ne doit admettre qu'une seule
langue officielle, c'est inciter les minorités linguistiques à retourner la proposition et à dire : « A chaque Langue doit correspondre
un Etat ». C'est donc les rejeter dans l'alternative du suicide ou du
séparatisme comme cela s'est produit naguère en Autriche-Hongrie,
en Russie, en Allemagne et comme cela se produit sous nos yeux
en Catalogne espagnole. L'Angleterre a su résoudre un tel problème dans le Pays des Galles; permettez-nous, Monsieur le Ministre, de vous proposer cet exemple.
Nous ne vous ferons pas l'injure de croire que vous estimez une
lettre et une circulaire ministérielles comme capables de supprimer
ou même d'éluder une aussi vaste difficulté. Mais nous devons vous
avertir de notre volonté absolument inébranlable d'aboutir à une
solution juste, conforme à la fois aux intérêts de nos Pays d'Oc et
de l'Etat, digne de la France, champion du Droit et des vaincus de
l'Histoire.
Enfin nous tenons à décliner toute responsabilité sur les conséquences que pourrait avoir votre refus — s'il devait être maintenu
— pour la bonne harmonie entre les Français.
Veuillez bien agréer, Monsieur le Ministre, nos hommages respectueux.
Dernière heure. — Voici que maintenant les réponses à notre enquête
nous arrivent en foule. Nous publierons prochainement celles de
MM. Roux-Parassac, l'abbé Salvat, le docteur Fernand Clément,
Emile Peyromaure, etc.
Merci, Monsieur le Ministre !
E.-H. G.

�Nouvelles Félibféennes
lies tfeu^f lorau* de 1" « Eseolo deras Pireneos ».

|E dernier fascicule d'« Era bouts dera mountanho »,
organe de 1' « Escolo deras Pireneos » nous arrive
à l'instant avec la date de « 1925-nos 1-3 » et nous
apporte le compte-rendu un peu tardif des JeuxFloraux de cette école, dont le palmarès fut proclamé le 2 septembre 1923 à la félibrée de Bagnères-de-Luchon.
Nous y lisons qu'il y eut un « Petit Concours »
comprenant deux séries d'épreuves : l'une pour les
enfants de moins^e 11 ans, l'autre pour ceux de 11 à 15 ans. La première série comportait une version gasconne (Era mourt det gran paï)
et un Rêve gascon (Les Trésors de notre langue d'oc). L'autre se composait d'une version (El remèdi félibrenc — Be-m plats — A SenLizè et d'une narration (La maison Gasconne). — Par bonheur, M. de
Monzie n'était pas encore ministre de l'Instruction Publique.
Le « Grand Concours » a permis de récompenser un nombre imposant de bons poètes, narrateurs, dramaturges, traducteurs, linguistes
et compositeurs, au premier rang desquels : MM. J.-M. Servat, Jacques Casassus, F. Artigue, Abbé J. Castet, P. Miremont, B. Sarrieu,
A. de Savignac, L. Arrix, J. Cadebonne, J. Bédé, Madame de Barry,
MM. Louis Madon, F. Sens, J. Cantagrel, Mlle A. Carrère, MM. L.
Troyes, J. Sens, C. Lacroix, E. Brumont.
Le rapport d'usage était dû à M. B. Sarrieu, félibre majorai, qui
exprima le vœu que « toute langue locale, même non officielle, comme
en France notre langue d'oc..., soit libre, soit honorée, soit cultivée
et maintenue comme d'ailleurs toutes les autres bonnes originalités
locales, par un respect et une estime réciproques de toutes les formes
et de toutes les œuvres de la personnalité humaine. »
N'est-ce pas, Monsieur de Monzie ?
(Era bouts dera mountanho, 1925, n0B 1-3.)

�— 51 —
lies (Jeuas-Florau* du Getiêt-d'Or.

Jamais on n'avait assisté à une pareille « floraison ». Partout des
concours, partout des fleurs.
Bien que de fondation récente, les Jeux-Floraux du Roussillon ou
Jeux du Genêt-d'Or ont réuni cette année de nombreux et habiles
concurrents. « La Colla del Rossello » et son président, M. Horace
Chauvet, peuvent être fiers de leur succès puisqu'ils ont eu à examiner cette année 604 poèmes, et que la distribution des prix donnée
le 24 mai dernier au théâtre municipal de Perpignan avait attiré
l'élite de la population Roussillonnaise.
Au programme de cette distribution, un discours de M. François
Tresserre, de Toulouse, un Rapport sur le concours de poésie française, par M. Albert Bausil et un rapport sur le concours de langue
catalane, par M. Charles Grando.
Principaux lauréats : Mme Marie Barrère-Affre, Mme Doëtte Angliviel, Mme Yves Blanc, M. M. Valette, M. C. Lloansi, etc. pour la poésie
française.
M. J.-M. Guasch, M. Salom Morera, M. Ollé Bertrand, M. PalanXimenès, etc., pour la poésie catalane;
M. Puig Pujades, etc., pour la prose catalane.
Les meilleurs poèmes couronnés ont été publiés par M. Charles
Bauby dans le dernier numéro de sa vaillante Tramontane, entièrement
consacré au concours.
(La Tramontane, juin-juillet 1925).
Lies Jeurt-florau* d'Aquitaine.

Encore des Jeux Floraux ! Décidément la flamme n'est pas éteinte
et l'on aura bien du mal pour l'étouffer.
Ces « jeux » ont été tenus à Saint-Emilion le 7 juin dernier, sous
la présidence d'un ancien ministre de l'Instruction Publique, M. Léon
Bérard, qui n'a pas craint (Monsieur de Monzie, voilez-vous la face !)
de se laisser qualifier « député de Béarn » sur les programmes officiels.
Le jury était composé de Mme Philadelphe de Gerde, présidente,
de M. Adolphe Lajoinie, secrétaire-général, de MM. de Lur-Saluces,
professeur P. Mauriac, Maurice Lanoire, Maurice Martin, Professeur
Bourciez, François Calmés.

�— 52 —
Il y eut des pièces remarquables : Dans la section française, Mme
Merens-Melmer, d'Agen, qui « en parlant de la région, finit par rencontrer toute la province », M. Marcel Jung et M. Pierre Chardon, de
Bordeaux, etc.
Le concours de « langue néo-romane » (pourquoi cette expression
barbare et de sens trop étendu ?) a fait l'objet d'un remarquable
rapport de M. le Professeur Bourciez. C'est M. l'abbé Cubaynes, de
Cajarc (Quercy) qui a mérité la première place avec sa Maire de
pietat. Sont venus ensuite : M. Cantagrel, de Golfech (Agenais)
(Ruinos), M. Desplanches, de Bergerac (Al temps de la cornouilho),
M. Vayssières, de Tonneins (La crotz de Sant-Jean), etc..
M. Bourciez, en félicitant les concurrents, les a engagés à éviter
le gallicisme, tout en se méfiant de l'archaïsme outrancier. « Entre les
deux écueils, il reste à suivre un sentier étroit, un sentier sûr... N'écrivez jamais rien qui ne se dise autour de vous, mais n'écrivez pas non
plus tout ce qui se dit... »
(La Revue méridionale, 15 juin 1925.)
Festo feHbreneo d'Ouelha.

Le 28 juin dernier, une ioveuse félibrée réunissait dans la coquette
cité d'Ouveillan, voisine de Narbonne, toutes les populations d'alentour.
Rien n'a mancmé à cette nouvelle et grandiose manifestation en
faveur du costume, de la langue et de la beauté occitanes : cordiale
réception des félibres par les soins dn « conse d'Ouvelha » M. Malardeau et remerciements de M. le Dr Albarel, sermon éminemment littéraire de M. l'abbé Salvat. de Castelnaudarv, banauet do 200 couverts
agrémenté de toasts de MM. Albarel et T. Azéma, matinée musicale
et théâtrale avec La repoafegairo, de M. Albarel, et L'abaro, du regretté
Fontas, danses locales uno belo partido de la nèit.
(La Cigalo Narbouneso, août 1925.)
E.-H. G.

�Bibliographie Occitane
L'Airetage : Tel est le titre d'une spirituelle comédie en un acte
en vers languedociens dont notre distingué collègue, M. le docteur
Albarel, est l'auteur, et que publie intégralement La Cigalo Narbouneso
de juin-juillet 1925.

*
Les éditions Occitania annoncent un bel album de chansons inédites
du maître Prosper ESTIEU : Lo flahut occitan (texte languedocien, traduction en vers français et musique) et un grand roman régional du bon
majorai Bénézet VIDAL : La Serva (texte auvergnat et traduction française) (1).
*
**
Nous formons des vœux pour le succès d'une revue qui a vu récemment le jour à Toulouse et qui a nom : Les Pyrénées littéraires (directeur : Manuel Conrath; rédacteur en chef : Georges Poggi.) Cette
publication accueille tout particulièrement les articles des autodidactes;
elle organise un concours de roman et un concours poétique.
*
* *
M. Fabien ARTIOUES vient de léguer à l'Académie des Jeux-Floraux
toute sa fortune évaluée à plus de deux millions. L'Académie se
propose, au moyen des arrérages de ce legs, d'instituer des prix
extrêmement importants au bénéfice des écrivains de langue d'oc.
(1) Ces deux ouvrages, qui paraîtront en octobre, sont actuellement en souscription à la librairie Occitania, 6, passage Verdeau, Paris, 9E, aux prix de 6 fr. 50,
(franco 6 fr. 95) pour La Serva, et 10 fr. (franco 11 fr. 50) pour Le Flahut. —
Ces prix seront majorés à la parution.

�Bruno DURAND : Contribution à l'étude de la langue provençale au
xve siècle, Paris, Occitania, 6 passage Verdeau (ixe) : 2 fr. 50.
« En ce qui concerne la Provence, écrit M. Bruno Durand dans cette
intéressante plaquette, il paraît certain que la langue d'oc est restée,
jusqu'à l'union avec la France — 1482 — non seulement l'idiome
exclusivement parlé par toutes les classes de la population, mais
aussi, dans une large mesure, la langue écrite, parfois préférée au
latin, pour les nécessités de la vie administrative. »
C'est ainsi que les délibérations de la municipalité Toulonnaise
étaient à peu près rédigées en provençal au xve siècle, avec, çà et là,
quelques bouts de formules latines.
M. Bruno Durand a patiemment dépouillé le registre BB 41 des
Archives municipales de Toulon (1442-1451) et de ce seul texte, il a
pu tirer une étude presque complète du provençal de l'époque, aussi
bien phonétique que morphologique.
II faut le remercier de son excellent travail, où l'on retrouve la
bonne méthode de Paul Meyer.
G.
Les érudits et collectionneurs d'ouvrages sur le Midi sont priés de vouloir bien
envoyer leur adresse à la Librairie Occitania, 6, passage Verdeau, Paris, 9e —
s'ils désirent recevoir gratuitement les importants catalogues que prépare cette
maison.

�-55- '
fiendémios,
al bitatge.

Encaro es neit, lou bilatge
Dourmits e pren de couratge;
Pas un brutch dins cap d'oustal;
Gous, gat, poul, cap d'animal
Mouno pas, semble un rabatge;
S'aùsirio boula un mouscal.
L'angélus ! e tout s'aïrïsso,
Boulingo, s'esparrabisso;
Bouléts, portos, qu'un rambal !
Cap'amount e cap'abal
Tout lou mounde s'espépisso
E s'apprèsto pel'trabal.
Lou ramounet rémoustègo,
E lou mestré répoutègo
En dourbiguén lous pourtals :
« An pas cargat las sémals...
« E la guimbardo, que frégo...
« Mès an pensât as barrais ! »
E lou mestré es sus la grilho.
« Cadun a pla sa faucilho ?
« Lou gorp, la masso, lous pals
« Soun pla démest las sémals ?
« Bite, bite, un cop d'estrillo,
« E garniguén lous chabals. »
E cadun coumo pot saùto
Sul'carriot e s'espilaùto.
Lou mestre, qu'es un bièl poul,
Dits pas res, mès fa escourcoul :
A l'uno tiro la gaùto,
Paùpo à l'aùtro lou ginoul.
Rires, crid.s. e galéjados
Fusoun; aï ! las péchugados !
Lou mestre bisco, mès rits.
Lou carrétié ne serbits
Quaùquos-unos de pébrados ;
Enfin, lou carriot partits.
Léon

AUMOL.

�Chronique Artistique.
Lie Salon de 1925. — Lie Salon du Palais de Bois.
—v

Lies Artistes de ehez nous dans les Salons.

EXPOSITION internationale des Arts Décoratifs et Industriels modernes a obligé la Société des Artistes Français et la Société Nationale a s'installer en dehors du
Grand Palais. Les deux Sociétés ont groupé leurs
peintres et leurs sculpteurs au Jardin des Tuileries,
sur « la terrasse au bord de l'eau », comme l'indique
poétiquement le catalogue. 3ur les diverses portes
d'entrée on peut lire en grosses lettres « Salon de 1925 ». Il en était
déjà ainsi l'an dernier.
Les Artistes Français, maintenant qu'ils se sont alliés avec
leur ancienne dissidente La Nationale, prétendent représenter l'unique Salon. Au dix-huitième siècle, il n'y avait aussi qu'un Salon.
Mais ce dernier, qui se tenait au Louvre dans le Salon carré et
s'ouvrait le jour de la fête du roi, le 25 août, abritait des peintures
de Chardin, de Boucher, de Fragonard, de La Tour, des sculptures
de Pigalle, de Houdon, de Bouchardon, des oeuvres des artistes les
plus caractéristiques de leur époque. Que les temps sont changés !
Le Salon de 1925, malgré qu'il en ait, ne renferme plus l'art qui
marquera notre vingtième siècle. L'art vivant se trouve ailleurs.
Il est au Palais de Bois, à VAutomne ou aux Indépendants.
L'actuelle exposition de la vieille Société, même unie à la Société
Nationale d'où les éléments avancés sont partis, ne progresse guère.
Sans doute l'obligation de se restreindre nous a évité les grandes
machines, lesquelles occupaient beaucoup d'espace pour ne rien
décorer du tout. Mais les poncifs, les anecdotes de mauvais goût,
les redites d'élèves peu doués et qui ont pris de nombreuses « répé-

�— 57 —
titions » de leurs maîtres se rencontrent en aussi grand nombre
qu'auparavant. Et les maîtres régnent là, au milieu de leurs élèves,
avec leur médiocrité suffisante. Je voudrais pouvoir dire beaucoup
de bien de M. Gervais, puisqu'il est mon compatriote. Il exécute de
grands tableaux. Ceux-ci ne valent guère mieux que les petits sujets
pour boîtes à bonbons. En revanche, M. Didier-Pouget abandonne
ses fastidieuses bruyères qu'il léchait d'un pinceau anémique et
qui se réflétaient dans des eaux qui faisaient songer à des glaces
d'appartement. Je suis heureux de féliciter ce Toulousain. Son
« mas » est brossé avec robustesse, ses ombres bleues ont de la franchise. Par contre, que d'autres peintres académiques persistent
dans leurs productions factices !
Soyons justes. Il existe cependant en ce Salon officiel des Artistes
Français un noyau de quelques jeunes qui savent empâter suffisamment leurs toiles, dégager dans leur dessin les lignes essentielles, coucher avec franchise des couleurs fraîches et assortir les
tons entre eux dans des gammes éclatantes ou adoucies. A ce point
de vue, les palettes des jeunes des expositions officielles sont plus
sonores que celles des peintres du dernier bateau. Car les groupements d'avant-garde réduisent volontiers leurs palettes, recherchent une certaine austérité, deviennent volontairement lourds et
pesants, accumulent les bitumes, les brou de noix qu'un Manet
flétrissait chez les pompiers de son époque. Aux Artistes français, ces coloristes, au milieu des pauvretés qui les environnent,
font un peu l'effet d'arlequins, aux habits bariolés, au milieu d'une
troupe de mendiants. Ce noyau de jeunes est constitué par Baiande,
Charreton, Morchain, Henri Montassier, Gonin, Adler, Maillaud,
Lucienne Capdevielle, Bouviolle, Gustave Pierre, Quignon, Chevalier, Weill, Rapp, Whiting, Malespina, Prost, Baudoin, Hill,
Mme Jolliot, Mlle Orant, Romanet, Biloul, Mlle Beauzée-Reynaud,
Moiselet, M-lle Arbey, Mlle Lavrut, Mile Humbert-Vignot avec une
blonde Musette au chapeau cabriolet d'un sentiment délicat, par P.-A.
Leroux, avec une route bordée de peupliers, où chemine un paysan à cheval, mouillée, Après la pluie, et d'une douceur attachante.
Les orientalistes, apportent un sérieux renfort, avec leurs sites soleilleux et leurs tonalités chaudes, à cette compagnie de coloristes.
Ainsi Dabat dont le vieux marabout témoigne de vigueur dans
la facture, Mlle Rondenay dont la Petite pouilleuse arabe allie harmonieusement les bistres et les rouges, Raoul du Gardier, Mme
Bon-Deschenoit, Mlle Drouet-Cordier.
Parmi ces « orientalistes », il en est plusieurs, et non des moins
intéressants, qui sont originaires des pays occitans. Nous citerons
en premier lieu Bascoulès, né à Perpignan, lequel s'est distingué

�- 58 —
non seulement par la récompense qu'il a obtenue mais par les
mérites de son envoi. Le fait est assez rare pour qu'on le signale.
Sa grande peinture Le Désert où les manteaux des Arabes mettent des notes bleues parmi les blondeurs du sable dégage, dans la
sobriété de la comopsition, une' émotion' biblique. Le Biterrois
Gauvy a donné déjà depuis longtemps des preuves de la chaleur de son coloris dans des évocations orientales auxquelles le
Marché dans le Sud Algérien qu'il expose actuellement ne se montre pas inférieur. Quoique cherchant l'inspiration ailleurs qu'en
Orient, d'autres artistes de chez nous sont dignes d'être rattachés
à ces jeunes coloristes qui donnent, par leurs couleurs corsées, un
peu d'accent à cette exposition médiocre dans son ensemble. Tels
sont Robert de Mjontcabrier, également de Béziers, qui ranime avec
esprit, suivant son habitude, les grâces du dix-huitième siècle en
les situant dans un parc aux frondaisons traitées par masses décoratives, en un style moderne; Didier-Tourné, d'Agen, revenant, lui
aussi, au dix-huitième; Sibra, né sous l'aile des moulins de Castelnaudary et dont l'hommage à Jeanne d'Arc, sous le titre La Voix
de France, dénote un souci de styliser; René Jaudon, de la Lozère,
recherchant aussi le style; Martin-Ferrières, du Tarn, peignant,
dans une technique différente, le peintre devant la nature; Louis
Azéma, d'Agde, avec d'éclatants pêcheurs sur la digue; les paysagistes vigoureux Roubichou, Raynolt, Dabadie, dont les noms indiquent assez l'origine méridionale. D'autres méridionaux ont envoyé
des œuvres qui, bien que d'une manière plus classique, doivent
compter dans ce Salon. Les fils, de Jean-Paul Laurens se signalent
par une pureté de dessin qui les conduit à une sorte de « jansénisme » du coloris. Jean-Pierre Laurens a un portrait de jeune femme
traité avec beaucoup de conscience, et Paul-Albert Laurens un portrait de M(. André Gide. Les frais bouquets de M. Paul-Albert
Laurens. sont aujourd'hui desséchés. J'y ai un certain regret. Le
Toulousain Boulet-Cyprien, par contre, portraiture avec vivacité
une jolie mondaine à la robe encerclée. Son Eminence le Cardinal
Mercier a confié à Font, né à Auch, le soin de le représenter revêtu
des ornements des grandes cérémonies, avec la mitre et la crosse.
Citons encore les figures féminines d'Etcheverry et Dupuy, la bacchante de Calbet, la scène d'atelier de Rouquet,qui peint un effet
d'ombre projetée avec des tons sombres et qu'il ne faut pas confondre avec Auguste Rouquet, lequel possède beaucoup plus de
largeur dans l'expression. Dans la section de la gravure, les vieilles
enseignes de J.-J. Dufour, né à Toulouse, et le fils du poète Philippe Dufour, se placent parmi les envois intéressants de cette section, à côté de ceux de Lander, de Guinegault et de Pradel, ceux-ci
n'étant pas de chez nous.

�— 59 —
Les sculptures, cette fois, ne peuplent pas le grand hall du Grand
Palais. Elles se trouvent en plein air. Inutile de préciser que beaucoup ne gagnent pas à cet emplacement. Autant dire qu'il n'y a
pas là que de bons sculpteurs. Toutefois des statuaires comme
Jean Boucher, Delamarre, Varenne, L'Hoest, Fevola, Desvergnes,
Martin, Renaud, Bouchard, Bignon, Alliot, Sallé et Mme Lyée de
Belleau dont le danseur à la tiare et aux roses, d'un certain modernisme d'allures, est une agréable statuette d'appartement, rehaussent un peu tant de platitudes. Les Occitans se manifestent dans
cette section de la sculpture. Magrou, de Béziers, y figure avec un
Dionysos, qui nous fait songer à son projet pour le monument à la
vigne, aux côtés des Toulousains Moncassin et Segoffin, du Perpignanais Sudre, aux côtés de Ducuing, plus heureux dans ses œuvres d'Indochine que dans ses compositions pour la cité d'Isaure,
aux côtés de Mengue, de Bagnères-de-Luchon.
L'exposition de la Nationale fait suite à celle des Artistes Français
avec un ensemble beaucoup moins important. La note générale y
apparaît un peu moins quelconque. Forain, Willette, avec sa fable
d'un Pierrot sur un âne, d'une jolie fille et d'un moulin de Montmartre, Van Dongen, Chapuy, Carrère, Niatcho, avec une figure
du jeune acteur Crémieux dans le personnage de Gilles, de cette
curieuse parade jouée au Studio des Champs-Elysées, Jacques
Brissaud, Busset, Auburtin, Ablett, Lantoine, Beltram, Elisabeth
Chaplin, Desurmont, Inguimberty, Jeanniot contribuent surtout à
nous communiquer cette impression. Il convient d'y ajouter Hpurtal, lequel a vu le jour à l'ombre de la Cité de Carcassonne, et Guirand de Scevola, né à Cette. C'est avec un serrement de cœur que
nous avons regardé le tableau de Marie de La Hire. Cette femme
peintre et poète a été tuée, il y a quelques mois, dans un stupide
accident d'automobile. Elle était des environs de Montauban, et elle
demeurait attachée à son pays natal. Elle avait bien gardé les qualités de notre race, dans son pinceau nerveux, dans la hardiesse de
son coloris. J'avais visité son atelier, à Mbntmartre, avant l'exposition d'ensemble qu'elle avait rassemblée rue La Boétie. Elle
m'avait montré avec un particulier amour une peinture de sa maison campagnarde, aux toits de tuiles rougeoyant sur le ciel languedocien et sous le parasol de ces pins chers à Marc Lafargue.
Les Salons officiels sont établis aux Tuileries. Aussi j'ai appelé
« Saton du Palais de Bois » celui qui, sous le titre de Salon des
Tuileries, a été fondé par les transfuges de la Société Nationale.
Ce Salon, n'était la présence de quelques-uns de ces derniers,
d'un Aman-Jean, par exemple, ressemblerait assez au Salon d'Automne. Par quoi nous exprimons qu'il contribue largement au
mouvement moderne. Cependant, ce ne sont pas les plus jeunes,

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ainsi que je l'ai déjà indiqué, qui apportent ici le plus de jeunesse. Ils ne visent qu'à refaire Ingres ou Rubens. ou Poussin,
quand ils ne tombent pas dans la boue de la palette. Ils s'enferment dans des formules aussi irritantes que le faux-académisme.
Les artistes aux couleurs fraîches comme au modelé solide qui
caractérisent cette exposition et, du même coup, l'art de notre temps,
s'appellent Charles Guérin, Plandrin, Manguin, Van Dongen,
Lebasque, Serusier, Desvallières, Friesz, d'Espagnat, Zingg,
Ottmann, Déziré, Picart Le Doux, Foujita, Quelvée, Valdo Barbey,
Asselin, Chavenon, Crissay, Mainssieux, Marcel Roche, Ebert, Hélène
Perdriat, Gerber, Charmaison, Bianka, etc. Pierre Laprade est natif
de Narbonne et, si je ne l'avais réservé pour le mentionner parmi
nos Occitans, il mériterait de se trouver dans les premiers de ceux
que je viens de citer. Dans sa cathédrale de Chartres au-dessus du
blondoiement des blés, dans sa fontaine d'Italie se découpant sur
la verdure et le coteau bleui, il a mis toute sa subtilité, toute sa
sensibilité d'œil. Et lorsque les méridionaux se mêlent d'être sensibles ! Marcel-Lenoir enclôt son mysticisme élevé dans un vêtement très plastique. Chabaud, du midi aussi, décrit avec son tempérament pictural, les garigues mangées de soleil et les chemins
plâtreux sous la poussière. Lucien Maillol, le fils du grand sculpteur Aristide Maillol, de Banyuls, et le neveu du peintre GaspardMaillol, a envoyé une scène de foot-ball robujstement écrite et
colorée avec joie. L'Occitanie occupe les premières places à la
sculpture avec le Montalbanais Bourdelle dont le Centaure mourant
se révèle une œuvre d'une puissante envergure, dans l'équilibre
voulu.des membres inférieurs, de la lyre et du torse; avec Auguste
Guénot, de Toulouse, chez qui la connaissance très sûre du métier
ne gêne pas la spontanéité souple et aisée animant ses deux nudités dansantes et sa jeune fille étendue; avec Contesse, modeleur
aussi de formes amènes. Il y a encore les sculpteurs Popineau,
Halou, Gimond, Arnold. Mais ceux-là ne sont pas du Languedoc.
Dégager dans les réalisations artistiques de ceux de chez nous
l'influence du sol natal semble tentant. Mais c'est une tâche difficile. Le cadre restreint de cette petite étude ne me le permet pas
en ce moment. Je l'essayerai une autre fois.
PAUL-SENTENAC.

�Notre Exposition.
Groupe Occitan, loin qu'il ait interrompu son activité
pendant la saison des vacances, a organisé une petite
exposition dans ses locaux du boulevard des Capucines. Au cœur de Paris, dans ce quartier de la
Madeleine où, dans le cadre du passé, palpite le mouvement moderne, on peut entreprendre un pittoresque
voyage en pays d'Occitanie. Voyage autour de quelques salles, de la mer à la montagne. Avec Gustave Fayet (1) et ses
aquarelles aux tons corsés, nous nous retrouvons, autour d'un vieil
olivier, au bord de la Méditerranée bleue, ou au pied du mas, dans
l'exaltation soleilleuse. Avec Ramond dont les petits tableaux chatoient d'un intense coloris, nous voilà transportés en Roussillon, au
pied des montagnes bleuissantes ou parmi les rousseurs de l'automne. Nous séjournons d'ailleurs dans cette contrée si attachante. En compagnie du robuste coloriste Louis Bausil, nous allons
du cimetière campagnard de Finestret jusqu'aux environs de Formiguères. Escarra, chaud coloriste aussi, nous retient à Elne.
Pouvons-nous avoir un guide plus artiste et plus sûr qu'Auguste
Rjouquet pour revoir les sites de la Terre Natale de l'Aude et cette
magique cité de Carcassonne dont il a, maintes fois, grâce aux
IE

(1) Cet article était composé quand nous avons appris la mort de Gustave
Fayet. Peintre, créateur de tapis modernes dont il inventait les modèles avec
une rare imagination, collationneur de tableaux, Gustave Fayet était une figure
méridionale d'une incontestable envergure. Le Groupe Occitan ressent vivement sa
disparition.

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ressources de sa vigoureuse palette ou par les oppositions des blancs
et des noirs de la gravure sur bois, décrit la masse imposante ou
les aspects médiévaux des coins particulièrement significatifs ? Les
eaux-fortes de Peyronnet nous, ramènent à Toulouse dans la cour
des hôtels d'antan. Gaspard-Maillol expose quelques-unes de ses
aquarelles si personnelles, traitées avec sa robustesse habituelle, et
des gravures sur bois d'une réelle force d'expression. GaspardMaillol, tout comme Auguste Rouquet, est un décorateur livresque.
Mais les albums et les livres qu'il montre ici ne témoignent pas
seulement de ses aptitudes, en ce sens : ils nous offrent les réalisations de Gaspard-Maillol, papetier. On sait que ce peintre et graveur, d'origine catalane, a fabriqué des papiers à la forme dans
la composition desquels n'intervient nulle composition chimique et
qui rappellent ces papiers des siècles passés, que le temps ne détériore pas.
Ce voisinage des œuvres d'art et d'un produit fabriqué ne
demeure d'ailleurs pas particulier à l'envoi de Gaspard-Maillol. Il
caractérise toute la manifestation actuelle du Groupe Occitan, et
répond parfaitement au but qui a été cherché en l'organisant.
C'est ainsi que l'on peut voir encore dans les vitrines, non loin des
animaux sculptés avec un métier scrupuleux par Jean Magrou, des
pots, des cendriers, des chandeliers, des objets usuels provenant de
la poterie de Perrutel, à Mas-Saintes-Puelles, en même temps que
des vases et des plats agrémentés d'arabesques, par Roger, lequel
est Roussillonnais. Une vitrine sert de logis à toute une société de
poupées, imaginées et habillées par M1Ie Fàvatier et figurant des
types locaux du pays d'Oc. Avec leurs costumes, leurs accessoires,
avec leur physique aussi, véridique et bien observé, leurs traits
essentiels indiqués dans l'étoffe recouvrant les visages, voici la catalane et la narbonnaise coiffées de leurs bonnets, voici le vendangeur et la vendangeuse du Bas-Languedoc, voici la montagnarde
des Hautes-Pyrénées encapuchonnées de laine rouge, et le guide de
Luchon vêtu de sa courte veste de velours. Des motifs au filet avec
broderies dûs à M1168 Lajourdie fixent l'attention.
Le midi a été à l'honneur à l'Exposition des Arts Décoratifs de
la Capitale, puisque l'architecte de la porte principale, Favier,
est de Montpellier. Nous avons tenu à accrocher sur nos murs une
reproduction de cette porte ainsi que de la façade de la demeure
édifiée également par Favier pour le ferronnier Edgard Brahdt.
Dans sa conception, d'une modernisme bien compris, l'auteur s'est
souvenu de l'architecture locale languedocienne.
Il y a aussi une section du livre dans cette exposition Occitane,
tout comme au Salon d'Automne, et elle n'est pas négligeable. La

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littérature en langue d'Oc y occupe une place importante avec les
éditions d'Occitania, exposées par Eugène Guitard. Les poètes de
chez nous écrivant en langue française sont représentés par leurs
livres. Et j'imagine qu'il ne déplaît point aux poètes de voisiner
avec des vins des crus languedociens. Là réside un symbole que les
artistes comprendront et d'où les économistes de VOffèce Occitan
devront tirer un enseignement pratique.
Le soleil d'Oc qui fait mûrir les raisins dans les plaines de l'Aude
et du Bitterois étendues comme une mer verdoyante ou sur les
coteaux fauves du Roussillon inspire aussi les poètes, et leurs vers
restent tout imprégnés de lumière et de chaleur. Le soleil d'Oc qui
blondit les moissons et élargit les passe-roses autour de la poterie
de Mas-Saintes-Puelles éclate en tons vifs et marque par contraste
des ombres bleues dans les peintures, de nos peintres. Le soleil
d'Oc qui gonfle les grains le long des grappes aux formes pleines
des raisins de notre midi et étale la feuille du figuier propose à
nos ornemanistes des arabesques précieuses pour leurs inventions
décoratives. Ainsi tout se tient dans un pays. Les produits de
la culture du sol et les créations de la culture des esprits prennent
leur part d'influences communes. Le Groupe Occitan, en cette
première manifestation en ses locaux, laquelle sera suivie d'autres
semblables, a entendu ne pas séparer le côté artistique et le côté
économique dans son action pour le relèvement des régions d'Occitanie, pour le développement des ressources abondantes qu'elles
renferment. Dans le domaine de l'art appliqué que l'Exposition
des Arts Décoratifs situe actuellement au premier plan de nos préoccupations, il importe de susciter une rénovation, appuyée sur la
tradition sans doute, mais tout animée des tendances modernes.
Nous en avons assez de la laideur des articles de bazar. Nos ancêtres les latins nous ont légué l'exemple. Le plus humble pâtre de
la campagne romaine, buvait dans une coupe dont les courbes se
décelaient parfaites.
Mais il ne suffit pas de rénover, d'améliorer, ou d'accroître la
production; il convient aussi de chercher des débouchés tant aux
fruits de la terre et aux fabrications des usines qu'aux richesses
intellectuelles et artistiques. A cet effet, VOffice Occitan, créé au
sein du Groupe Occitan, par ses expositions permanentes, sera,
ainsi que l'a indiqué Auguste Rouquet, secrétaire général, dans un
rapport qu'il a fourni sur cette vivante question, « un puissant
moyen de mise en valeur de Vartisanal local; conjointement, il
permettra de réclamer pour les artistes et les artisans le bénéfice
des travaux locaux, — constructions, décorations., affiches, — entrepris par les départements, les municipalités, les grandes adminis-

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trations, les syndicats particuliers. De même, en ce qui concerne
les écrivains, pour lesquels des débouchés adéquats seront recherchés, éditions., théâtres, etc.. » Et Rouquet ajoute : « C'est un fait
économique à notre époque que les œuvres d'art doivent être considérées comme une monnaie d'échange, un placement rémunérateur au même titre que les grands crus, les productions du sol ou
de l'industrie. Il s'agit de vendre à Vexportation dans les mêmes
conditions les unes et les autres. »
Envisagée de cette façon, l'exposition actuelle du Groupe Occitan demeure, au point de vue purement artistique, en comparaison
du Salon préparé pour Janvier prochain à la Galerie Siot-Decauville, ce qu'est une esquisse par rapport à un grand tableau. D'autre part, elle n'est qu'un essai relativement aux manifestations
d'ordre économique projetées par l'Office. Mais elle comporte, sous
l'agrément varié et coloré de son apparence, une signification que
nous avions à cœur de nettement affirmer.
PAUL-SENTENAC.

�CLOCHER

DU LflURf\Qftl5

Boia original d'Auguste

BOUQUET,

�Le mouvement économique Occitan

n

k\NS la première partie de ce Feuillet, Paul-Sentenac
a présenté, avec sa bonne grâce coutumière, la petite
exposition permanente que le Groupe et l'Office
inaugurent dans leurs locaux du Boulevard des
Capucines.
Ce n'est pas l'une des moindres originalités de cette
organisation que de voir critiques, d'art et économistes unir leurs efforts vers un but commun, de
même que l'on voit, dans nos vitrines du Boulevard des Capucines, les oeuvres de l'art ou de l'esprit de chez nous coudoyer fraternellement les produits du sol et
de l'industrie, comme pétris de la même argile et mûris au même
soleil.
Ainsi se confirment et se concrétisent ce constant équilibre et ce
mutuel appui des forces intellectuelles, et des forces économiques
qui est à la base même du « Groupe Occitan ».
Si ce dernier est le cerveau qui commande et dirige, l'Office
Occitan est le bras qui éxécute.
L'un est le complément de l'autre.
L'Office; notre dévoué collaborateur, M. Cornet en a, dans notre
dernier Feuillet, délimité le champ d'action et montré qu'il était
l'aboutissement logique de l'orientation pratique donnée aux travaux de la section économique du Groupe.
Sans doute, certains ont pû trouver que l'éclosion de cet organisme avait quelque chose de hâtif et de prématuré. Il n'en est
rien. Il constituait le premier stade du plan de travail que s'est
assigné la Section Economique du Groupe, après s'être entouré des

�sages conseils de personnalités marquantes de Languedoc et Roussillon.
Pour réaliser son programme, la première des nécessités était
d'avoir pignon sur rue à Paris, centre des échanges et, si l'on peut
dire, plaque tournante du monde.
Ce n'est pas faire du bon régionalisme que de rester le nez collé
à son mur sans savoir ce qui s.e passe derrière et ne pas être partout
où il faut être, tout en conservant sa personnalité. Le mouvement
économique Occitan doit passer par Paris sans s'y perdre, à l'exemple du Rhône qui traverse le Lac Léman sang y mélanger ses
eaux.
Ainsi situé, possédant salle d'exposition et bureau de rendez-vous
d'affaires, l'Office Occitan atteint le second stade de son développement par l'inventaire de nos ressources qu'il doit poursuivre, théoriquement, en publiant dans les prochains Feuillets une série d'études sur nos richesses locales, leur état actuel et leurs possibilités
de mise en valeur, et, surtout, pratiquement, en centralisant dans
ses salles d'exposition des échantillons des productions les plus
diverses de nos régions, méthodiquement classées et artistiquement
présentées.
C'est à cette tâche que l'Office entend apporter tous ses soins
et pour laquelle il fait un pressant appel à ses amis, à ses adhérents, à ses correspondants et aussi aux organisations locales, telles
que Chambre de Commerce, Syndicats et Coopératives, considérant
que l'intensification de la production et le développement des
échanges sont des devoirs impérieux de l'heure présente.
Mais, ce serait faire œuvre purement platonique que de se borner
là et de constituer simplement, pour le plaisir des yeux, une
manière de musée de chatoyants échantillons, et une collection de
fiches multicolores. Et c'est ici que l'Office Occitan aborde le troisième stade de son action et réalise entièrement son programme, par
la recherche des débouchés en France et à l'étranger. De ce côté,
il est parfaitement paré, disposant de moyens, puissants de renseignements, de propagande d'exposition et de diffusion ainsi que de
tous concours utiles, à telle enseigne que, la demande étant de beaucoup supérieure à l'offre, faute d'avoir à temps réalisé l'inventaire
et l'échantillonnage envisagés, des commandes souvent importantes
se répartissent au hasard d'un Bottin que l'on feuillette !
Un tel spectacle, pour ceux qui en sont témoins, n'est point
dépourvu d'une certaine ironie. Certes, la date récente de formation
du Groupe et de l'Office n'ont pas matériellement permis d'établir
encore l'inventaire qui doit constituer l'admirable instrument de
travail de l'Office, mais il faut y voir une raison de plus de redou-

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bler d'efforts et de demander à chacun de contribuer à cette tâche.
D'autres organisations accessoires, actuellement à l'étude, viendront à leur heure étayer cette première organisation, notamment
pour offrir aux adhérents de meilleurs moyens de défense de leurs
intérêts, ou encore leur permettre de figurer avec avantage et sans
grands frais, dans les diverses foires ouvertes en France ou à l'étranger, mais ce qu'il convient de dire, c'est que, dès maintenant, le
mouvement économique Occitan peut emprunter la route par
laquelle passent les grandes caravanes du monde et que nos producteurs ont à leur disposition l'instrument de propagande et de
développement à la fois le plus efficace et le moins onéreux.
Loin de garder jalousement l'exclusivisme d'une telle organisation, les dirigeants de l'Office voudraient le mettre à la disposition
de tous ceux qui, comme nous, ont à cœur de voir leur petite patrie
plus belle et plus prospère, car ils considèrent que seule l'union des
efforts est féconde; ils voudraient que les locaux du Groupe et de
l'Office deviennent, au cœur de Paris, la maison de nos compatriotes, qu'ils s'y sentent chez eux, s'y retrouvent, y tiennent leurs
réunions et leurs congrès et qu'ainsi, en plein Boulevards, s'affirment vraiment ces deux qualités de notre sol et de notre race d'Oc,
la force et la fécondité que symbolisent le taureau et le soleil des
anciennes monnaies de la Gaule Narbonnaise.
Au service de cette œuvre et à la réalisation de son programme,
des esprits distingués ont apporté sans compter leur intelligence,
leur temps, leur sens pratique des réalités, une volonté que rien ne
rebute et une âme d'apôtre. Le moins qu'ils puissent mériter, c'est
d'être compris.
FERNAND
tt'fletiT/ité

CROS-MiAYREVIEILLE.

du Groupe Oeeltati.

Deux de nos dévoués collaborateurs, MM. Léon! Douarche, chef de service
à l'Office National du Commerce extérieur et Devèze, négociant en vins, se rendent
dans les différentes capitales de l'Europe Centrale avec mission Officielle du Ministère de l'Agriculture d'étudier les possibilités d'exportation offertes à la production viticole. Ils ont bien voulu se mettre à la disposition de l'Office Occitan.
Au cours de leur voyage, ils entreront en relations avec des correspondants à
l'étranger, et, suivant les demandes qui leur seront transmises par l'intermédiaire
de l'Office, ils se renseigneront, dans ces divers pays, sur les débouchés ouverts
aux produits du Languedoc-Roussillon.
Nous attirons tout spécialement l'attention des industriels, commerçants, artisans et producteurs de nos régions sur l'intérêt qu'il y a pour eux , à saisir l'occasion de ce voyage pour développer leurs affaires tt nous les engageons vivement à s'adresser d'extrême urgence à l'Office qui doit demeurer en liaison cons-

�— 69 —
tante avec MM. Douarche et Devèze pendant leur déplacement, et sera, par
conséquent en mesure de fournir tous renseignements utiles.
L'Office Occitan met à la disposition des commerçants, industriels et producteurs Languedociens et Rousillonnais, membres du Groupe et adhérents à l'Office, les facilités suivantes :
1° En plein centre de Paris, une salle aménagée en vue de l'exposition do
leurs produits;
2° Un bureau avec téléphone pour rendez-vous commerciaux;
3° Un fichier constamment tenu à jour avec catalogue et prix courants;
4° Un casier de correspondance permettant, en leur .absence, de diriger leur
courrier suivant leurs indications et de leur transmettre toutes les offres oui
pourraient leur parvenir ;
5" La priorité sur les demandes adressées à la Société J Expansion Industrielle
et Commerciale par ses représentants généraux à l'étranger et la possibilité de
traiter, par son intermédiaire, toutes affaires d'exportations.
Foire de Prague.
Grâce à l'obligeance de la Société d'Expansion Industrielle et Economique,
il est mis gratuitement à la disposition des adhérents de i'Office Occitan un stand
d'échantillonnage à la Foire de Prague qui a lieu du 6 au 1-i septembre et dont
on connait l'importance.

�Ita Cuisine Oeeitane.
I. — Le Cassoulet.

est un plat qui puisse être donné comme un des
sommets gourmands de la Cuisine Occitane — si
riche en mets succulents — c'est bien le Cassoulet,
apprêt dont la gloire est mondiale.
Certes, les noms de Castelnaudary et de Carcassonne ne sauraient être indifférents aux curieux des
faits et gestes de notre histoire, mais il est bien permis de dire que le Cassoulet, ce légendaire « Estouffat aux Haricots » qui,' depuis plus d'un millénaire, se prépare dans le pays du
Carcassès, a contribué et contribue encore, dans une large mesure,
à faire connaître aux gourmands du monde entier les noms de ces
deux villes et à les leur faire apprécier sous les espèces de ce plat
encvclopédique.
De nos personnelles recherches à travers les vieux textes, il ressort que le Cassoulet actuel n'est qu'une transposition — très perfectionnée — du « Ragoût de mouton aux fèves blanches » que,
vers l'an 719, les Sarrasins firent connaître -— en même temps
d'ailleurs que la culture des haricots, — aux gens du Carcassès
dont ils étaient temporairement devenus les maîtres, et auxquels,
de surcroît, ils apprirent maints raffinements de la civilisation
orientale.
Il ne faut pas croire pourtant que les premiers habitants de la
Vallée de l'Aude n'étaient, jusqu'à l'arrivée des Sarrasins chez eux,
que des barbares.
La Cité de Carcassonne, ce « Eisrantesoue reliquaire de notre histoire et de notre race », ainsi que la définit M. Roux-Parassac,
dessinait déjà depuis longtemps sur l'horizon le formidable appareil de ses murailles, lorsque, en 719, les Sarrasins s'emparèrent de
la ville.
Trop de peuples divers, depuis que les Volsques-Tectosages
avaient fait de cette puissante citadelle le principal boulevard et
l'entrepôt de leurs armies et machines de guerre, s'étaient heurtés
d'abord, puis fondus dans ce coin de notre pavs pour que chacun
d'eux n'y ait laissé quelques traces de sa culture particulière, si
minimes soient-elles.
Et si ce « Musée de pierre » qui, en raccourci, fait voir au visiteur tous les types d'architecture militaire et religieuse allant de
l'époque romaine au xv" siècle, est chose unique au monde, il est
permis de supposer que, bien avant l'invasion arabe, il y avait eu,
dans ces vastes salles protégées par cinquante tours dont quelquesunes furent élevées sur des assises construites par les Wisigoths,
'IL

�— 71 —

des fêtes fastueuses,
génie culinaire des
Cubât, des Antoine
niers originaires du

des festins grandioses où, déjà, se devinait le
maîtres-queux, lointains ancêtres des Pierre
Gastilleur, des Auter et autres grands cuisiCarcassès.
***

Notre intention est d'étudier ici la cuisine Audoise, d'hier et
d'aujourd'hui, et de faire ainsi l'histoire gastronomique de cette
région qui, à juste titre, est réputée comme une des plus gourmandes de France.
Aujourd'hui, c'est du plat principal, du « plat-type » de cette cuisine, pourrions-nous dire, que nous voulons parler.
Le Cassoulet est connu dans le monde entier, et partout, avonsnous dit, à cause de cet apprêt encyclopédique, les noms de Castelnaudary et de Carcassonne font venir l'eau à la bouche des gourmands.
Un jour —i ceci ce passait en Janvier 1919 — errant à l'aventure
dans les rues de Chicago, — ce formidable garde-manger de l'univers — je vis flamboyer sur la glace d'un restaurant ces mots prestigieux « Cassoulet de Carcassonne »... Je sortais de table, mais,
séduit par cette annonce qui, si loin d'elle, évoquait ma petite
patrie, je voulus communier avec ma ville natale sous les espèces
de son Cassoulet.
La déception fut grande. Le Cassoulet de Chicago n'était qu'un
fade mélange où, sans doute, il y avait du mouton, du porc et...
des haricots, mais où, hélas ! il manquait l'essentiel, ce rien, cet
accent, cette « âme » qu'à Carcassonne on trouve toujours dans le
plus modeste « estouffat » préparé par une pauvre femme.
*
Charles Monselet, cet aimable et spirituel gourmand dont, —
trop discrètement, car il méritait mieux, — on vient de célébrer
le centenaire, était un enthousiaste du Cassoulet que, d'ailleurs,
dans son Almanach gourmand de 1867, il orthographie « Cassolet »
ou « Casolet ».
Mais son ami G. Boué lui déclara tout net que ce qu'il avait pris
pour un « Cassoulet » n'était que du « Salpiquet de Haricots ».
« Mais en quoi, dit Boué, le « Salpiquet » et le « Cassoulet »
diffèrent-ils ? Le voici :
« Le Salpiquet est un plat riche d'apparence, même .sur les tables
les plus frugales. Il porte avec lui, outre les condiments chargés de
corriger la fadeur naturelle du haricot, des tranches de petit lard
salé, mais frais, avec addition de quartiers de saucisson, comme
on sait en faire, vous le savez bien, dans tout le Périgord, le Quercy,
le haut et bas Languedoc, le Bordelais, la Provence, le Lyonnais,
le Béarn et le Bayonnais. »

�_ 72 —
Boué, nous semble-t-il, en l'occurence, ne définit pas assez le rôle
de chacun de ces saucissons qui, les vrais gastronomes méridionaux
le savent bien, sont nettement différents les uns. des autres, et ne
peuvent, par conséquent, être remplacés l'un par l'autre.
Boué, cependant, sauf erreur, était un enfant du Sud-Ouest. Il
semble pourtant que le Cassoulet glorieux de l'Aude n'ait pas été
du tout connu de lui, bien qu'il en parle comme s'il le connaissait
de naissance.
Le bon Monselet n'y voyait pas malice, au surplus. Son ami
Eugène Chavette, enfant de la balle lui, puisqu'il était fils de
Vachette, le célèbre restaurateur de la rive gauche, lui en avait fait
voir bien d'autres, et des plus roides.
Et Boué, en la lettre de remontrance qu'il adresse à Monselet, ne
paraît guère, lui non plus, être très au courant de ce que doit
être un véritable Cassoulet.
Il le défini., en gourmand il est vrai, et nous ne doutons pas un
seul instant que le plat qu'il raconte lyriquement ne .soit une excellence, mais cela n'a rien à voir avec le « Cassoulet » de Carcassonne, de Castelnaudary, ni même avec celui de Toulouse, car le
culte de ce plat magnifique est aussi célébré dans la ville Palladienne.
« Préparez le Cassolet (Boué tient à cette orthographe) est tout
une science... Dans le Cassolet tel qu'on le sert à table, il ne paraît
jamais un atome de viande à l'état solide... »
Voire ? aurait dit Rabelais, et nous disons comme lui, nous qui
nous .sommes souvent régalés en dégustant les viandes diverses,
porc, oie, mouton, etc.. qui avaient mijoté dans l'estouffat...
Et Boué, au demeurant, nous donne une formule par trop ostentatoire où interviennent des jus combinés de volaille, de cailles, de
perdreaux, que rehaussent de surcroît, « un coulis de jambon
maigre » !...
\ Boué et Charles Monselet ont, chacun à leur manière, jugé et
décrit le Cassoulet comme le feraient maints culinographes de
l'heure présente.
Culinographes ? Oui, le terme est de formation douteuse, mais,
faute d'autre, nous l'avons adopté pour désigner quelques écrivains de maintenant, touche-à-tout qui veulent qu'on les couronne
de laurier-sauce et qui prétendent régenter la table française.
Du Cassoulet Audois, nous donnerons la recette authentique dans
un prochain article. Il nous suffit d'avoir dit aujorud'hui qu'il
était un des plus vieux plats de la cuisine régionale de France,
puisque son invention remonte au septième siècle et que, durant
plus de mille ans, il est allé se perfectionnant toujours, ce qui est
bien fait pour réjouir les gourmands.
PROSPER MONTAGNE.
IMPi

Le Gérant :

COCHARAUX, «UCH

C.I.D.O.
BÊZIERS

F. COCHARAUX,

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel du Groupe Occitan

ORGANE RÉGIONALISTE DES PAYS D'OC
Bureaux de la Rédaction :

41, Boulevard des Capucines, PARIS

Jours de réception : les mercredi et samedi de 5 à 7 h.

Secrétariat général : 159, rue lie Flandre. — Dépôt et Vente, librairie « Qctitanla », E, Passage Verne», Paris.

Principaux collaborateurs :
Jean AZAÏS; Jules AZEMA; Paul ALBAREL; Léon AURIOL;
A. BAUSIL; Adrienne BLANC-PERIDIER ; CHARLES-BRUN;
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DUPUY; Prosper ESTIEU; Henri FESCOURT; A. GUENOT; Jo
GINESTOU; Ismaël GIRARD; Aimé GRANEL; GUITARD (E.-H.);
Vincent HYSPA: Pierre JALABERT; Jean LEBRAU; J. LOUBET;
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PRAVIEL; Jean PUEL; Paul RAMOND; E. REY-ANDREUX;
Émile RIPERT; Achille ROUQUET; Auguste ROUQUET, José
ROUQUET; J. ROZÈS DE BROUSSE; E. ROUX-PARASSAC;
Pierre SAINT-GIRONS; DESAINT-VINCENT-BRASSAC; Frédéric
SAISSET; Abbé Joseph SALVAT; PAUL-SENTENAC; Dr SOULA;
F. TRESSERRE; Georges VILLES; H. G VILLENEUVE.... etc., etc.
Les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire général, 159, rue
de Flandre, Paris.
Les membres du GROUPE OCCITAN qui désirent souscrire à l'édition de
luxe des FEUILETS doivent adresser leur demande au Comité.

�2e et 3* Feuillet.

Septemire-Oetobre 1925.

Bfll&lt;3tfEU5E

// a été tiré du présent numéro
3$ exemplaires de luxe numérales
hors commerce, sur -papier de
Montval, de G. Maillot.
Ex. n"

Le n° 3 fr,

Bois de

G. M-ULLOU,

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                <text>Les Feuillets occitans (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12808"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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                    <text>LES FEUILLETS
OCCITANS
LANGUEDOC ROUSSÏLLON

PAYS D'OC
[C.I.D.O.I

ORGANE DU GROUPE OCCITAN
41,Boulevard

des Capucines, 41

PARIS

�SOMMAIRE

LAS

Lettres Occitanes :

Le Problème Occitan
La Basilim
Lou Bourrou
Nouvelles Félibréenne*

E.-H. GUITARD.

...

Prosper ESTIEU.
Paul ALBAREL.
G.

Les Lettres Françaises :
Benjamin Crémieux et Pirandello
ZimBovm

F. C.

Nouvelles Littéraires

P.

P.

S.

S. et

A. R.

et F. C.-M.

Les Beaux Arts :
H. Lapauze

PAUL-SENTENAC.

Têtes Occitanes :
Charles Brun
Paul-Sentenac

• . .

Pierre
A.

LHORTE.

R.

Le Mouvement économique Occitan :
L'Office Occitan
Travaux de la Section Économique

Nouvelles

Régionales ;

Ariège,

COMET.

F.
Hérault,

C.-M.

Pyrénées-Orientales,

Aude, Tarn.
Bois GRAVÉS ORIGINAUX :
Baigneuse, par Gaspard MAILLOL;
La Tour Gaston Phœbus (château de Foix), par Paul
Bandeaux, par Achille ROUQUET.

CASTELA;

�Les Lettres Occitanes
Le Problème Oeeitan
ISlotre but, nos moyens
« Aï ! Tolosa e Proensa,
E la terra d'Agensa,
Beseirs e Carcassei !
Quais vos vi e quais vos vei t

C'est en ces termes déchirants, dont le sublime ne peut se comparer qu'à celui des premiers versets du De profundis, que l'auteur de la
Chanson de la Croisade décrivait la désolation des pays d'oc au lendemain de la terrible guerre des Albigeois.
« Oh ! Toulouse ! Oh ! Provence ! Et toi, malheureuse terre Agenaise ! Et vous Béziers et Carcassonne ! Comme je vous ai vues belles
et dans quel état je vous vois maintenant !» — « Quais vos vi e quais
vos veï ! »

�- 2?Depuis longtemps le Midi s'est matériellement relevé de ses ruines.
Moralement il est encore accablé. Songez à la cour d'Alaric, à celles
d'Eléonore d'Aquitaine, d'Alphonse de Poitiers, des papes d'Avignon,
du bon roi René ! Songez aux troubadours ! Bref, évoquez la vie intellectuelle et artistique intenses de nos capitales occitanes au temps
de nos aïeux ,comparez-la ■— si seulement vous en cultivez le souvenir — à notre torpeur actuelle, et vous ferez vôtres les stances émouvantes du poète de la Croisade : « Aï ! Tolosa e Proensa .'...»
Certes il n'est pas question de dresser le Midi contre le Nord, de
restaurer le royaume des Wisigoths ou celui des Deux-Siciles. L'ambition de ceux qui depuis près d'un siècle travaillent à la Renaissance
de l'Occitanie est à la fois plus modeste et plus intéressante. Ils luttent en vue de sauver et de restaurer un patrimoine précieux et qui a
résisté jusqu'ici à toutes les conquêtes: ils veulent que vivent la langue
d'oc et la littérature de langue d'oc.
Armée vaillante, armée innombrable, puisque plus de huit millions
de Français parlent actuellement l'occitan (1), armée fervente, mais
armée malheureusement indisciplinée ; armée qui progresse déjà tout
de même et qui deviendra irrésistible le jour où, consciente de sa force
et obéissant aux mêmes consignes, elle ira droit vers les buts assignés
par ses généraux.
Ses généraux ? — Je dis bien : ses généraux. Ils existent aussi vrai
qu'existent leurs huit millions de soldats, mais trop modestes, ils
n'osent pas encore prendre le commandement. Je ne veux pas les nommer aujourd'hui : vous les connaissez d'ailleurs : ce sont les maîtres
écrivains occitans de notre époque, ce sont les chefs d'écoles, les capouliés, les majoraux, les mainteneurs, les romanciers et les poètes
tout court.
Il faut leur donner foi en eux-mêmes, il faut les pousser à l'action.
Mais exactement à quelle action ?
(1) D'après Emmanuel Delbousquet, cité par Antonin Perbosc, in : Préface de
Capbat la lana, 1924, édit. des Amis du livre Occitan, p. xx. — Ce chiffre est bien
au-dessous de la vérité si l'on englobe dans la langue d'oc, comme nous nous
plaisons à le faire, les dialectes Catalan et Valencien.

�— 3 —
La question est très délicate, car il ne s'agit pas seulement de susciter des œuvres et de les éditer. Le problème de la langue et de la littérature méridionales est autrement compliqué que celui des langues
officielles. Il importe de le résoudre avant de pousser plus avant. Les
Feuillets Occitans n'ont pas la prétention de découvrir à eux seuls
cette solution dont dépend à leur avis l'avenir de la cause, mais ils
ouvrent dès aujourd'hui dans le monde félibréen une vaste enquête et
ils organisent une controverse générale, à l'issue de laquelle ils espèrent que la question aura fait un grand pas. La maison est un peu
désordonnée : commençons par la rendre nette et claire.
1° RAISONS D'AGIR.

Et d'abord il n'est pas superflu de se demander s'il y a vraiment
intérêt à favoriser le développement d'un idiome local dans un pays
qui possède déjà une autre langue officielle comprise, écrite et parlée
par la presque totalité des citoyens.
Nous tous qui agissons en faveur de la langue d'oc, nous avons déjà
répondu affirmativement à cette question. Mais il y a les indifférents —
et les adversaires. Il faut pouvoir répondre aux objections qu'on nous
opposera — toujours les mêmes — et que je vais énumérer à dessein
parmi les diverses questions dont les réponses nous fixeront sur l'opportunité de l'action occitane.
a) Dans l'intérêt général, ne doit-on pas s'efforcer de diminuer le
nombre des langues existant sur la terre ? Des gens bien intentionnés,
les espérantistes entre autres, cherchent à créer un parler commun à
tous les peuples, et c'est le moment que vous choississez, vous Occitans, pour prolonger l'existence de vos patois ? — Les deux tendances sont-elles opposées, ou bien conciliables ?
b) L'intérêt national ne commande-t-il pas d'unifier tout ce qui peut
être unifié, notamment la langue ? La plupart des gouvernements qui
se sont succédés en France au XIXe siècle ont fait la guerre aux dialectes locaux. Ont-ils eu raison ? Si oui, la situation ne s'est-elle pas

�- 4 —

modifiée de manière à dicter une nouvelle conduite aux gouvernants
de l'avenir ?
c) La diversité des dialectes n'est-elle pas plutôt dans un grand
pays, une vraie richesse au même titre que la diversité des sites, des
architectures, des costumes ? — Cette idée est à examiner non seulement au point de vue pittoresque et touristique, mais encore et surtout au point de vue social (retour à la terre).
d) On croit communément que la connaissance d'une langue nuit à
la connaissance d'une autre langue, surtout si elles sont voisines.
Etant admis que le français restera la langue principale des Méridionaux, n'y a-t-il pas à craindre que la langue indigène ne vienne l'abâtardir, tout au moins chez les individus peu instruits ?
Thèse contraire, et qui a été brillamment développée il y a quelques semaines au cours d'une réunion des « Amis de la langue d'oc »
organisée à Paris par MM. Loubet et Bonafous : rien ne saurait faciliter l'enseignement du français comme l'enseignement parallèle de
l'occitan. J'ajoute même que la comparaison des deux langues offre
de grands avantages au point de vue du développement de l'intelligence et de la culture générale.
e) Sauver une langue, c'est sauver la littérature correspondante.
L'Occitanie a un passé littéraire glorieux. Devons-nous laisser périr
toutes les belles œuvres qu'elle a vu naître ?
2°

MOYENS D'ACTION.

Quand nous aurons répondu — victorieusement, je l'espère — à la
question Pourquoi ? il nous restera à traiter la question Comment ?
Ce n'est pas la moins épineuse.
Comment restaurer la langue et la littérature méridionales ?
a) En encourageant les
romanciers et d'une façon
pour notre langue ou par
façons de les encourager.

historiens, les grammairiens, les poètes, les
générale tous les bons ouvriers qui œuvrent
elle. — Il s'agit de rechercher les meilleures
J'en cite au hasard quelques-unes : faciliter

�— 5 l'édition des œuvres intéressantes et organiser leur publicité; aider la
diffusion des revues locales et intensifier l'action des diverses écoles
félibréennes; enfin coordonner les efforts de ces revues et de ces écoles : c'est surtout à quoi vont s'employer les Feuillets Occitans, qui
donneront une bibliographie des périodiques aussi méthodique et aussi
complète que possible.
b) En cherchant un terrain d'entente sur certaines questions controversées, dont l'une est particulièrement grave : celle du vocabulaire et
de la graphie. Faut-il épurer ? —unifier complètement ou par régions ?
— pratiquer l'orthographe phonétique ou s'inspirer des lègles du
Gai savoir ?
c) En obtenant pour la langue occitane une place dans l'enseignement officiel. Toute démarche en faveur de « la lengo d'oc a l'escolo »
sera, je crois, prématurée tant qu'on ne se sera pas mis d'accord sur
les questions précédentes et tant qu'on n'aura pu mettre entre les
mains des instituteurs et des élèves, des manuels précis qui auront eu
l'approbation d'un congrès sérieux où les dites questions auront été
posément résolues.
Voilà en quelques mots le programme littéraire des Feuillets Occitans. C'est, répétons-le, un programme de demandes et de réponses.
Nous faisons appel à tous nos amis, à tous les félibres, disons mieux,
à tous les Occitans de toutes les provinces. Nous les invitons instamment à participer à notre enquête. Leurs réponses seront publiées,
soit intégralement, soit partiellement.
Nous avons besoin de leurs idées et de leurs conseils. Il s'agit d'une
chose sérieuse, d'un gros effort vers l'ordre et vers l'union.
Pour commencer nous mettons à l'étude les trois premières raisons
d'agir (ou de ne pas agir) que j'ai exposées:
a) Doit-on prolonger l'existence d'un dialecte qui n'est pas indispensable ? Ne vaut-il pas mieux tendre à l'unification du langage
humain ?
b) La diversité des parlers est-elle un danger pour l'unité nationa-

�le ? Histoire et raison des persécutions dont la langue d'oc a été l'objet
c) Cette diversité au contraire n'est-elle pas un bien au point de vue
social et au point de vue pittoresque ?
Adressez-nous vos réponses au plus tôt pour qu'elles paraissent
dans le prochain fascicule des Feuillets.
A l'œuvre Niçois, Provençaux, Dauphinois, Auvergnats, Limousins,
Périgourdins, Languedociens, Catalans, Rouergats, Gascons, Béarnais, Aquitains, Poitevins. Rédigez vos « cahiers » en attendant que
nous puissions réunir, avec votre concours à tous, les états-généraux
de la langue d'oc.
E.-H. GUITARD.

Poèmes inédits
Lia Basiliea

Cap d'architecte uman, cap de mèstre-mason
An pas bastit lo temple ont mon ama senglota.
Aqui, del Tot-Potent mon côr jamai non dota.
Vèrme de tèrra, i vau acatar ma razon.
A per vitralhs la porpra e l'aur de l'orizon,
Los arbres per pilhers, l'espès felhum per vota.
Son orguena es lo vent que mon aurelha escota,
A l'ora ont dins los rams entona sa canson.
L'autar es l'arbrespin qu'espandis napa blanca,
E 1' pelhenc, lo tapis. Enfin, à cada branca
L'édra met sos festons que l'ondrejan tant plan.

�— 7

—

E dins aquela naturala bazilica
Sens fidèls e sens clercs, som com un capelan
Que per el sol dis la Paraula evangelica.
Prosper

ESTIEU.

Traduction française
lift BASILIQUE

Nul architecte humain, nul maître-maçon n'ont bâti le temple où mon
âme sanglote. Là, mon cœur ne doute jamais du Tout-Puissant. Ver de terre,
j'y vais abaisser ma raison.
Il a pour vitraux la pourpre et l'or de l'horizon, les arbres pour piliers,
l'épais feuillage pour voûte. Son orgue est le vent que mon oreille écoute,
à l'heure où dans les rameaux il entonne son chant.
L'autel est l'aubépine qui déploie nappe blanche, et le gazon, le tapis.
Enfin, à chaque branche le lierre met ses festons qui le décorent si bien.
Et, dans cette naturelle basilique sans fidèles et sans enfants de chœur,
je suis comme un prêtre qui pour lui seul dit la Parole évangélique.
P.

Ltou

Bourroù

Amount-naut lou soulel caufo, e se desrantèlo
De las brumos d'ivèr, la Naturo brounzits.
La souco s'esperpilho : a sous brasses toussits
Lous raisses printanencs estacoun uno estèlo.
Dins la piano e sus nauts la vinho s'enmantèlo
De sa raubo roussenco e lou bourroù creissits;
Coumo'n parpalhol d'or que dins l'aire luzits
Desplègo pauc à pauc sas alos de dentèlo.

E.

�— 8 —
O bourrou mannat, filh de nostre terradou !
Espèr dal païsan, paure travalhadou,
Per soun pa, per sa vido, espandissi ta ramo !
Mounto dret vès lou cèl joust l'èlh amistadous
Dal soulel; que soun foc daisse un pauc de soun amo
Dins lou vi regisclant de toun sen aboundous !
Dr P.

ALBAREL,

Traduction française
LE BOURGEOfl

Là-haut, le soleil chauffe et sort des brumes d'hiver, la Nature tressaille,
la souche s'éveille; à ses bras tordus les rayons printaniers attachent une
étoile. Dans la plaine et sur les coteaux, la vigne se vêt de sa robe
couleur de soleil et le bourgeon croît : comme un papillon d'or qui brille
dans l'air il déploie peu à peu ses ailes en dentelle.
O bourgeon aimé, fils de notre terre ! Espoir du paysan, pauvre travailleur, pour son pain, pour sa vie, déploie tes feuilles.
Monte droit vers le ciel, sous l'œil amical du soleil; que son feu laisse
un peu de, son âme dans le vin jaillissant de ton sein généreux !

Nouvelles Félibréennes
Inauguration de l'avenue flrnaut-Vidal, à Castelnaudary

Le dimanche 24 mai dernier ,une grande fête félibréenne a eu lieu
à Castelnaudary sur l'initiative des « Grilhs del Lauraguès », association félibréenne affiliée à l'Escola Occitana.
Il s'agissait d'inaugurer l'avenue Arnaut Vidal, premier lauréat des
Jeux-Floraux, il y a 600 ans.
Au programme, une messe chantée à la cathédrale St-Michel avec
psaumes traduits en vers occitans par Prosper Estieu, et magnifique
sermon en langue cYOc de M. l'abbé Salvat, principal organisateur de

�— 9 —
la fête, un grand banquet — avec cassoulet — de plusieurs centaines
de couverts, une pieuse visite au cimetière de Castelnaudary, où Perbosc, s'inclinant au nom des félibres sur la tombe de Fourès, apporta
au regretté poète languedocien un émouvant hommage poétique.
La matinée qui fut donnée ensuite en plein air comportait une cour
d'amour présidée par la gracieuse poétesse, Madame Philadelphe de
Gerde, entourée de charmantes damaizelos en costume du pays, une
conférence littéraire et « énergique » d'Armand Praviel, enfin l'exécution d'un certain nombre de chansons occitanes inédites du maître
Prosper Estieu, qui eurent un succès considérable (1).
Vesprado lengodoueiano à flarbouno

Matinée occitane des mieux réussies le dimanche 14 avril à l'Alcazar
de Narbonne.
Il y eut notamment une conférence des plus documentées sur Achille
Mir par M. le Docteur P. Albarel.
« Les Gais vaudevillistes » d'Argeliès interprêtèrent avec leur verve
habituelle L'Abaro, comédie en un acte de F. Fontas et Lou billet de
loutarè, comédie en 2 actes de M. Albarel.
CD'après La Cigalo Narbouneso, mal 1925).
Jieamp de la faanteneneo de Iiengadoe à Beziès

Bonne séance de travail de la Maintenance de Languedoc le 22 mars
dernier à Béziers sous la présidence du syndic, Jules Azéma, de
St-Nazaire.
Après un judicieux rapport du majorai Vinas sur la langue d'Oc
à l'Ecole, on a nommé une commission chargée de préparer un dictionnaire français-languedocien et une histoire de Languedoc. On a
adopté le projet de M. de Montaut-Manse pour la création d'un nouvel
« Institut d'Estudis Miech-journals », enfin arrêté les conditions du
prochain concours des Jeux-Floraux de la Maintenance.
(D'après La Cigalo Narbouneso, mai 1925).
(1) Elles paraîtront incessamment dans un important recueil Lo flahut occitan
qui est en souscription à la librairie Occitania (10 francs, ou 11 fr. 50 franco).

�— 10 —
Un revenant

La vaillante et.... piquante feuille dont l'énergique cognomen est
« Oc » vient de reparaître après une éclipse de quelques mois. Nous lui
souhaitons beaucoup de nouveaux amis.

Bibliographie Occitane
Antonin PERBOSC : Lo Libro dels Auzèls, Paris (9E), 6, passage Verdeau
éditions Occitania, 1924, 208 p.; tirage limité (150 fr., 35 fr. et 12 fr.)
Nous ne voudrions froisser personne, mais qui nous contredira,
même parmi les plus grands poètes de l'Occitanie ? Qui osera s'élever
contre l'opinion suivante, que nous ne craignons pas de proclamer
après une première lecture : Le Libro dels Auzèls est un des principaux chefs-d'œuvre des littératures modernes; il se placera immédiatement après Miréio dans l'histoire des lettres occitanes !
Le Livre des Oiseaux n'est ni une épopée, ni un roman en vers :
ce beau livre est un magnifique chant en l'honneur de la plus légère,
de la plus aérienne ,de la plus poétique, de la plus chantante des
créatures. Huppe, colombe, roitelet, mésange, coq, rossignol, alouette,
pinson, bref toute la gent emplumée vient participer à cet admirable
chœur, que Perbosc conduit mélodieusement avec son âme de poète
simple et champêtre, j'allais dire avec son âme d'oiselet.
Lisez quelques-unes de ces belles pièces, de forme si variée, si
pimpante; cela vous fera penser peut-être à La Fontaine à cause du
tour fabuleux donné à certains apologues; pour moi, je rapprocherais
plus volontiers Perbosc d'un autre Occitan, le bon entomologiste
Fabre. Car notre grand poète Quercynois ne prête pas aux doux
auzèls de son pays un langage de fantaisie; on sent qu'il a écouté et
observé de très près ses frères ailés; il les comprend, il les aime, et il
nous les fait aimer.

�— 11 —
La langue d'Antonin Perbosc est de plus en plus imagée et nerveuse, sa versification de plus en plus brillante :
«
«
«
«

Quand sarem plus bons à res,
Que la brava mort nos prengue !
Quand on n'es plus bons à res,
Lo plazer de viure, ont es ? »

Los Pois de la terra d'Oc,
Aqui sô que vôlon dire
Quand, en clara lenga d'Oc,
Cantan : « Quai me fara foc ? »
Ecoutez ce chant des coqs, émerveillez-vous au « miracle des
oiseaux », allez voir la fontaine des colombes, faites-vous conduire
par le grand charmeur au pays « d'embalinament », au royaume enchanté des oiseaux d'Occitanie...
G.

�Les Lettres Françaises
Benjamin Crémieux et Pirandello
C'est d'abord par privilège de naissance que Benjamin Crémieux
doit être accueilli dans ces cahiers. Bien plus, son œuvre de début,
« Le Premier de la classe », est un hommage plein de ferveur au
Languedoc « confluent de toutes les grandes civilisations méridionales
et orientales » et un hymne de foi dans la perpétuité de l'idéal occitan.
C'est donc avec une sympathie qui n'est pas exempte de gratitude
que nous nous plaisons à suivre l'activité littéraire de Benjamin Crémieux. Son effort, dans ces dernières années, s'est d'ailleurs révélé
multiple. Outre les œuvres d'imagination qu'il a sur le chantier, et sur
lesquelles il garde le plus infranchissable mystère, notre compatriote

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s'est taillé, dans nombre de disciplines, un rôle d'informateur de premier plan : « Chroniques de politique Italienne à l'Europe Nouvelle,
d'Histoire littéraire italienne à la Revue de France, Critique des productions et des auteurs contemporains à la Nouvelle Revue Française, aux Nouvelles Littéraires, puis encore à la Revue Hebdomadaire, à la Revue de Paris, etc.; enfin, dans son récent volume d'essais
consacré au xxe siècle. ( 1 )
Dans tous ces domaines, qu'il aborde avec le même sérieux et la
même attention jalouse, Benjamin Crémieux apparaît comme un dissecteur perspicace et habile des êtres, des âmes, des pays, des écoles et
des choses, mais à la fois comme un reconstructeur ingénieux. Fort
d'une culture impressionnante, il s'essaie à tirer au clair le moi profond
de ceux qu'il soumet à son introspection, à fixer leur mille manières de
sentir, de penser et d'agir, à déceler les originalités vraies, les éléments
créateurs, à marquer les influences ambiantes, à retrouver la place de
toute individualité, de toute idée novatrice dans le flux de la vie littéraire, politique ou sociale dont seront faites demain la civilisation et
l'histoire. Il excelle, en un mot, à déterminer les grands courants.
Ces grands courants, au reste, il lui arrive de les canaliser et de les
orienter. Car ce n'est pas une des moindres réussites de Benjamin
Crémieux d'avoir découvert Pirandello et d'avoir dérivé vers la France
et les pays qui parlent notre langue le flot pirandellien. La pensée
française est, qu'on le veuille ou non, déjà tout imprégnée de pirandellisme, comme elle le fut successivement naguère d'ibsenisme, de
tolstoisme, de nietzschisme. Certes, ce ne fut pas par un simple effet
du hasard : le terrain était bien aménagé : plates-bandes freudiennes
et toute l'étendue du domaine proustien que Benjamin Crémieux avait
d'ailleurs été un des premiers à explorer aussi (2).
(1) Editions Gallimard (1924).
(2) Faut-il rappeler que si la publication française bien avant-guerre du meilleur roman de Pirandello, « Feu Mathias Pascal » n'avait eu aucun retentissement (mais le cinéma est là qui marquera prochainement sa revanche), la réalisation de la Volupté de l'Honneur, présentée par Dullin à l'Atelier, en 1922, dans
la traduction de Mme Mallarmé, avait agréablement surpris, bien que cette étude
de caractère, curieuse et émouvante, soit insuffisamment caractéristique de l'art

de son auteur.

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Dès 1910, et avant que Pirandello n'abordât le théâtre, Benjamin
Crémieux, dans une étude aujourd'hui épuisée sur le « Roman italien contemporain », avait discerné l'originalité naissante de l'humour
pirandellien qui prétendait, en présence des objets, au lieu de ne faire
attention qu'au corps, comme la plupart des artistes, « observer les
plaisanteries de l'ombre, comment elle s'allonge et s'accourcit, comme
pour faire des grimaces au corps qui, pendant ce temps, ne la calcule
pas et n'y prend pas garde ».
Et, de fait, Pirandello, c'est, projetées dans le monde de l'art, toute
une suite d'idéologies, surgissant de la pénombre du subsconcient, et
qui, sauf peut-être chez certains romantiques allemands, avaient à
peine encore débordé la littérature. Ces questions passionnantes
jusqu'ici apanage des philosophes purs, faut-il les énumérer ? C'est
la confusion dans la vie de l'âme et dans la vie des hommes de la
fiction et de la réalité; c'est l'enchevêtrement chaotique des choses
elles-mêmes avec leur reflet; de l'apparence avec le corps; c'est le
mystère de la personnalité, aux facettes multiples et chatoyantes,
effarante de mobilité; c'est la quête de l'impalpable vérité qui filtre
dans les doigts comme le rayon de lumière; c'est le monde des rêves
et des cauchemars qui traverse les régions de la conscience; ou la
folie qui s'insinue dans l'esprit comme une reine triomphante et qui
peut se rire de la raison qu'elle sent vaciller. C'est enfin le drame de
la genèse artistique et le conflit de l'auteur avec sa création qui lui
échappe, prend consistance et lui survit.
Ces problèmes philosophiques, difficiles et troublants, et que Pirandello transpose sur un plan nouveau, celui de l'art, offre, il faut bien
le dire, ainsi réalisés, à côté de l'étonnante vie qui s'en dégage, un
caractère d'imprévu qui va par endroits jusqu'à l'incohérence et l'hallucination. L'immense mérite de Benjamin Crémieux est d'avoir, dans
ses versions françaises — où l'auteur prétend mieux reconnaître son
oeuvre que dans son texte original, — clarifié les imbroglios de cet Italien génial et fixé les secrets, qui allaient paraître impénétrables,
d'une imagination en délire. Après avoir tâtonné, rien ne nous échappe
plus guère de ces secrets de l'âme et de leur signification profonde.

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Mais là ne s'est pas borné l'effort du traducteur. Par la parole et par la
plume ,il a clamé sa foi dans l'intelligence féconde de Pirandello et
dans la richesse originale de son art.
Soudain, le succès est venu. En 1923, les « Six personnages en
quête d'auteur » à la Comédie des Champs-Elysées, provoqua de la
surprise, de l'admiration. Faut-il rappeler cette affabulation singulière
de ces six personnages de comédie, inopinément matérialisés, qui viennent demander au directeur de théâtre de fixer en une pièce l'histoire
de leur vie. Et ce dernier, qui accepte, s'aperçoit qu'il n'est plus l'animateur, mais le jouet de ces êtres s'installant dans la vie et dont l'apparence seule était falote.
Octobre 1924, « Chacun sa vérité », à l'Atelier de Dullin. Ici, un
drame qui côtoie le vaudeville (par instants, on pense à Feydeau). Une
ville entière, troublée par les allures d'un petit fonctionnaire et de sa
belle-mère, se met en émoi, et nul ne parvient à discerner lequel des
deux, de l'homme ou de la femme, représente le clair bon sens ou la
folie.
Février 1925, Mme Simone donne à la Renaissance, « Vêtir ceux qui
sont nus » drame intime, que n'aurait pas désavoué Bataille, d'une
prostituée. Au moment de se suicider, pour embellir sa mort et le
souvenir qu'elle laissera d'elle, elle croit devoir mentir sur les mobiles
de son acte. Et comme on parvient à la sauver, son mensonge provoque de tels ravages qu'elle n'a plus qu'à chercher à nouveau refuge
dans la mort.
Quelques jours après, c'est le grand triomphe, au théâtre des Arts,
avec Henri IV, où Pitoeff campe d'une façon shakespearienne ce
rôle d'un fou qui se croit empereur, mais qui bientôt, conscient de sa
folie, en est réduit, tant la vérité vive lui apparaît funeste, à réendosser son manteau d'apparat lourd d'une gloire illusoire et à recoiffer
sa marotte.
Ces quatre pièces étranges, mais toutes pleines de beauté, et dont
nous devons la révélation à Benjamin Crémieux, ont suffi, non pas
à faire école (cela ne nous paraît d'ailleurs pas souhaitable), mais à
fixer la pensée française sur des coins de l'âme humaine qu'elle avait

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trop longtemps contournée, vers laquelle pourtant, certains auteurs
comme Proust, projetaient déjà comme un reflet.
Il serait puéril de nier qu'il s'agit là d'un renouvellement psychologique et littéraire que Benjamin Crémieux a eu le mérite de saisir
et d'exploiter.
Au surplus, et philosophie mise à part, l'intérêt dramatique de Pirandello s'est, grâce à lui, imposé à tous.
Il n'est pas un spectateur cultivé, en France, qui, las des fadaises
du théâtre contemporain, ne soit reconnaissant à Benjamin Crémieux
des sensations intenses et neuves qu'il leur a values. Qui pourra
jamais oublier, en effet, à côté du fatras des pièces modernes où se noie
la mémoire, les « Six personnages » — fantômes ou vivantes créatures, nul ne le sait — descendant des cintres dans l'ascenseur miraculeux; les deux femmes endeuillées de « Chacun sa vérité » qui retiennent à jamais prisonnières, sous les plis de leurs voiles, les secrets
du mystère où tout le monde tend ? Qui ne se rappellera le pauvre
oiseau blessé, au dernier acte de « Vêtir », fermant ses bras avant de
mourir, sur sa misère et son rêve, comme pour les protéger ? Et, dominant toutes ces silhouettes, émerge le souvenir de ce roi imaginaire,
nouvel Hamlet, volontairement muré dans son illusion insensée, laquelle — aveu tragique — lui paraît préférable à l'état de vie.
F. C.

Dzim-boum I
par tjo Ginestou

Dzim-boum ! Le jazz-band résonne. Les couples tournoient, étroitement enlacés. Les bouchons sautent et le Champagne rit en pétillant
dans les coupes. Quelques œillets et quelques roses s'effeuillent.
C'est le décor du dancing moderne. Un danseur imprévu attire l'attention. Sur son smoking élégant, il montre la tête d'un jeune faune,
et ses minces sabots sortent du pantalon noir au pli impeccable. Ce

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faune en smoking, voilà le symbole par quoi je me représente l'esprit
et la fantaisis de Jo Ginestou.
Il nous vient, ce plaisant chèvre-pied figurant l'inspiration légère de
Ginestou, d'un bois de chênes-liège de ce Roussillon, qui ressemble
aux pays de la Grèce antique. Mais il garde sur lui les parfums de
toutes celles qu'il a aimées, des parfums achetés dans les grandes
maisons de la rue de la Paix ou du faubourg Saint-Honoré. Dzimboum ! Ecoutez ce faune spirituel parler des femmes avec une ironie
qui n'.exclut pas la gourmandise, écoutez-le parler des garçonnes ou
laissez-le égrener les litanies des seins. Demandez-lui de vous décrire
la tristesse des malles, les avatars de la gloire ou les murmures des
bananes. Demandez-lui de vous conter les aventures du receveur de
l'enregistrement, de la sardine amoureuse ou du haricot vert hystérique. Et vous serez, en lisant le livre, bien forcés de sourire et de rire
devant tant de verve cocasse, tant de comparaisons d'un comique
imprévu, tant de jeux de mots étourdissants, tant d'allusions inattendues.
Ce faune fantaisiste, nourri de latin et qui connaît tous les romans
modernes, sait porter à ses lèvres sensuelles la syrinx et en tirer des
accords subtils. Car Jo Ginestou, en narrant les plus extraordinaires
facéties, reste un vrai poète.
Son faune est habile à poursuivre ces nymphes que sont les rimes
riches, il les enchaîne, les enlace, les accouple avec la plus sûre aisance. Jo Ginestou, qui est déjà l'auteur des Rimes Impertinentes, est
devenu l'un de nos plus renommés poètes humoristes et galants de Paris
et du pays d'Oc. Je viens un peu tard pour vous le révéler. Je ne vous
apprends rien. Vous aurez déjà certainement lu Dzim-boum ! (Editeurs
Associés, 42, Boulevard Raspail, Paris).
P. S.
Nous rappelons que Jules Azéma et Paul Sentenac préparent en ce
moment une anthologie des poètes du Bas-Languedoc, aux éditions
d'Occitania.

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Nouvelles Littéraires
On annonce la parution prochaine aux Editions d'Art Michel Jordy,
de la deuxième Edition de « La Ville du Passé » (Cité de Carcassonne);
Texte d'Auguste Rouquet, bois gravés originaux d'Achille, Jane et
Auguste Rouquet.
P. S.

Ifl TOUR SfiSTOM PHŒBUS
Château de Foijc.

Bois de Paul

CASTELA.

�Beaux Arts
Henry URPRUZK
A la campagne, en plein pays d'Oc, où j'étais venu me reposer
pendant quelques jours de l'énervement de Paris, j'ai appris la mort
de Henry Lapauze. Ma quiétude a été dès ce moment brisée par
l'émotion que m'a causée cette pénible nouvelle. Et lorsque, après
être arrivé à la gare du Quai d'Orsay, j'ai traversé à nouveau la
cité parisienne, j'ai eu l'impression qu'il manquait à Paris un des
hommes qui étaient les plus nécessaires à sa vie artistique. On remplacera difficilement Henri Lapauze. Son activité, vraiment extraordinaire,
a produit les plus durables résultats.
Le Palais des Beaux-Arts de la ville de Paris demeure entièrement
la création de Lapauze. Celui-ci a pris le Musée dès l'origine, absolument vide, et il y a réuni les riches collections qui s'y trouvent rassemblées aujourd'hui. Le fonds artistique du Petit Palais comprend,
en effet, des peintures et des sculptures de tous les artistes véritablement caractéristiques du dix-neuvième siècle, depuis les grands impressionnistes, jusqu'à leurs derniers héritiers comme le languedocien
Henri Martin ; depuis Courbet jusqu'aux figures marquantes des
Artistes Français et de la Société Nationale. Quant aux sculpteurs,

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fis se succèdent depuis Carpeaux et Rodin jusqu'à Maillol et Bourdelle. Les régions occitanes y sont donc bien représentées.
Le conservateur avait voulu aussi réserver une place importante
à l'art ancien afin de montrer la leçon de la tradition et comment celleci se modernise. Le legs Dutuit notamment contient, on le sait, des
chefs-d'œuvre du dix-huitième siècle, ainsi que des pièces uniques de
Rembrandt, de Jordaens et de Téniers.
A côté de l'ensemble permanent du Palais des Beaux-Arts, Henri
Lapauze organisait des expositions temporaires dont on ne s'est pas
dessouvenu. Il nous a montré, d'année en année, les élèves de David,
les œuvres d'art mutilées de guerre, les verrières de Paris, les peintres
de l'Union latine anciens et modernes, les grâces de Prudhon. Enfin,
avant sa mort, il avait préparé cette exposition du paysage français,
de Poussin à Corot, laquelle est ouverte actuellement.
D'agir n'a pas empêché Henry Lapauze d'écrire. Il a publié de
nombreux et importants ouvrages dont plusieurs sur Ingres .11 s'est
fait aussi l'historien du pastelliste Quentin La Tour, et de l'Académie
de France à Rome. Il n'existait aucun ouvrage sur cette vieille institution remontant au dix-septième siècle. Il y avait) là une grande
lacune. Henry Lapauze l'a non seulement comblée, mais y a édifié
un véritable monument de documentation artistique et bien vivante.
Enfin, comme si son labeur personnel ne suffisait pas à son activité,
Lapauze a fondé une grande revue, La Renaissance des arts Français
et des Industries de luxe. Je m'honore d'avoir été appelé par son directeur à y collaborer. Le titre demeure significatif de la portée de la
publication. Une large part y est réservée aux arts décoratifs et industriels modernes. Henry Lapauze a ainsi contribué au mouvement
qui a abouti à l'exposition de 1925.
Le directeur de La Renaissance de l'Art et des Industries de luxe
avait créé également une revue hebdomadaire, politique et littéraire,
La Renaissance. Il la maintenait préoccupée sans cesse, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, des intérêts et de la sauvegarde de notre patrie.
En travaillant pour la grande, Henry Lapauze travaillait aussi pour
la petite patrie. Il est toujours resté fidèle à sa ville natale, Montau-

�- 21 ban, et, dans le véritable culte qu'il avait voué à l'auteur du Vœu de
Louis XIII se retrouvait son amour pour la cité montalbanaise. Si
Paris et toute la France déplorent la disparition prématurée de Lapauze, le pays occitan perd en lui un de ses fils préférés et qui possédait les qualités les plus représentatives de la race.
Paul-SENTENAC.
Signalons au Salon de l'Ecole Française, — Galerie de La Boëtie, —
les paysages méridionaux ensoleillés de C. Bouchard, d'un coloris
délicat et d'une pâte solide, où se révèlent des dons de coloriste.
A. R.

�Têtes Occitanes

Ce grand avocat et ce poète du régionalisme aurait pu être breton
ou angevin. Par bonheur, il nous appartient. Il est né en Languedoc.
Il a vu le jour à Montpellier.
Mais, vraiment, ne fallait-il pas que Charles Brun fût méridional
pour porter un cœur capable de comprendre dans un même amour

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toutes les provinces françaises, et pour entreprendre avec tant de générosité la grande tâche de les révéler à elles-mêmes, de les mettre
en valeur, de les protéger contre une dangereuse uniformité.
Le plus jeune agrégé de France en 1893, Charles Brun fréquenta
avec Les Troubadours à la Cour des Seigneurs de Montpellier. C'est
le titre de son premier ouvrage. Avec l'enthousiasme de ses vingt ans,
le jeune universitaire contribue à la fondation du Félibrige Latin. Il y
revendique pour le Languedoc et pour le dialecte languedocien l'égalité avec la Provence. Car pour lui la renaissance du dialecte local
demeure étroitement lié à l'essor de la province.
Cet écrivain a une foi peu commune. Il ne la borne pas seulement à
son Languedoc. Il se met à aimer toutes les sœurs de sa province lanquedocienne. Il devient l'apôtre de tout le régionalisme. On l'appelle
justement le « Pierre l'Ermite du Régionalisme. » Cette croisade qu'il
mène pour son idée, il la poursuit avec une activité et une passion inlassables. Délégué général de La Fédération régionaliste, directeur de
VAction Régionaliste, il ne ménage pas ses efforts. Il collabore à tous
les organes de décentralisation; il figure dans tous les groupements.
Et il garde cependant la simplicité la plus familière, la modestie la
plus souriante.
Un autre que ce méridional aurait-il pu posséder ce rare don d'une
parole aisée, coulant tout naturellement, emplie d'autant d'esprit qu'un
étang de chez nous de paillettes de soleil ? Chez lui, tous les dimanches, assis sur un coin de table, ses longues jambes pendantes, l'œil
vif derrière le lorgnon, le sourire corrigeant toujours l'austérité de sa
face maigre, Charles Brun ravit tous ses amis qui s'assemblent pour
l'écouter. Par la même bonhomie, il conquiert les convives des banquets et le public qui se presse à ses conférences.
Pour être un tel homme d'action, pour montrer une telle conviction,
il ne suffisait pas d'être méridional. Il importait aussi d'être poète.
Charles Brun est des plus doux, des plus subtils, des plus harmonieux,
des plus rêveurs parmi les lyriques.
Aussi l'auteur du Sang des Vignes a-t-il brandi Le Drapeau Bleu.
Sous ce symbole, il a écrit, avec Jean Hennessy, le livre de la sérénité

�- 24 future entre les peuples. Et c'est un drapeau d'un bleu suave et durable comme celui du ciel sur la Méditerranée.
Pierre LHORTE.
BIOGRAPHIE

Charles Brun, né à Montpellier, fondateur du Félibrige latin de Montpellier, secrétaire général de l'Ecole parisienne du Félibrige, fondateur de la
Ligue Occitane, délégué général de la Fédération Régionaliste française,
directeur de l'Action Régionaliste. Collaborateur à La Plume,, Les Partisans,
Le Correspondant, Le Censeur, l'Occident, Gil Blas, Revue Encyclopédique,
Revue Bleue, Revue des Flandres, Revue du Berry, Revue Périgourdine, etc.,
Chevalier de la Légion d'Honneur .
BIBLIOGRAPHIE

Les Troubadours à la Cour des Seigneurs de Montpellier (1893; — L'Evolution Fêlibréenne (1896); — Toast et Discours (1901); — Les Littératures
Provincales (1907); — Le Roman social en France (1910); — Division
départementale de la France (1909) ; — Renée Vivien, (1911) ; — Le Régionalisme (1911).
Poèmes : Chants d'éphèbe (1891) ; — Onyx et Pastels (1895) ; — Commemoratio mortui (1896) ; — Les Voyages (1901) ; — Le Sang des Vignes
(1907).

ICONOGRAPHIE

— Portrait au crayon, par L. Foucaud, 1902.
— Texier, portrait dans les Nouvelles Littéraires, (14 juin 1924).
— Charles Blanc, croquis 1925.

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PAULi-SEJSITErifiC
PORTP.R1T

Grand, svelte, profil modelé en quelque argile romaine, Paul-Sentenac : tout rythme, toute passion, toute foi. Religieux de la beauté,
élève son cœur vers l'art tel un ciboire. L'amertume bue, il reste
au-dessus de son cœur et de son âme l'azur impollué, comme au-dessus
de ses vignes Coursannaises. Pur, dur et droit comme une lame, par
sa sincérité et la sûreté de son goût, par l'équilibre de son jugement,
il s'est imposé, comme un authentique héritier de Beaudelaire critique
d'art.
Romancier, il a, dans « La Lame et le Fourreau » évoqué en des
fresques vivantes la terre languedocienne aux horizons mouvants de
vignes et de flots; les passions, les misères, les gloires de son peuple
généreux; décor grandiose où son noble héros, plus grand que soimême, use sa misérable enveloppe.

�Poète, c'est par tous les chemins fleuris et parfumés, où se complaît
sa sensibilité d'impressionniste, qu'il a, dans la joie et la douleur,
semé son cœur.
Mais ce que nous aimons également en lui, doublant le styliste et
l'artiste, c'est le délicat, l'agissant et le fidèle ami.
Nous donnons ci-dessous, en regrettant que la place nous soit mesurée, un passage extrait du roman de Paul-Sentenac, la Lame et le
Fourreau. C'est la description d'un paysage de vignes submergées en
hiver, vu par un œil d'artiste qui exalte un pays qu'il aime et qui lui
est familier. Tous ceux qui s'intéressent à notre attachant pays du BasLanguedoc doivent lire ce livre vivant, intense et coloré dont l'action se
déroule au milieu des sites des environs de Narbonne.
A. R.
Les jeunes chasseurs, après avoir dépassé les dernières maisons du
village qui bordent le chemin et qui s'espacent, chacune se séparant
de la voisine par des parcs ou des jardinets, marchaient en rang sur
la large route, sur celle qui aboutit à la sous-préfecture de Narbonne.
La route plate prolonge sa bande d'un gris blanchâtre dans la
plaine des vignes toujours submergées en cette époque de l'année,
en plein mois de décembre. A droite, à gauche, ce ne sont que des
nappes d'eau. Leur surface lisse, qui se moire avec le retour du vent,
apparaît trouée en rangées régulières par" les souches et les sarments
dépouillés. On dirait au loin une tapisserie piquée de points bistrés
en arabesques. D'un côté, de l'autre, ce ne sont que des nappes d'eau,
que le cheminement d'un sentier de traverse aux herbes séchées, une
haie de tamaris d'un jaune d'ocre, une ligne de saules aux fins branchages dénudés d'un roux carminé, délimitent en carré et que là-bas,
à l'horizon, une colline borde d'un moutonnement d'un bleu violâtre.
Le soleil, avant de s'éteindre, disperse des traînées roses dans le
ciel d'un azur de pastel. Ces traînées roses et ces pans d'azur se dédoublent dans les miroirs d'eau, où les tons non seulement se multiplient mais encore semblent revêtir plus d'éclat. Le tronc d'un vieil
arbre ébranché, paraissant mauve dans la lumière dorée, ouvre une

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gueule béante d'ombre et son hurlement se répète dans des reflets
de tendres incarnadins. Que de couleurs claires dans ce paysage
d'hiver blond dans quoi se retrouvent des colorations de sites japonais, aux étangs étranges.
Pour ajouter à tant de pittoresque, des mouettes inattendues volent,
de ci, de là, en neigeux cortège, se posent et nagent sur les eaux. La
blancheur de ces mouettes s'harmonie avec l'ensemble des teintes
légères du paysage. Et, lorsque brusquement sur le remblai, à droite
du chemin, le train vient rayer cette nature douce et claire d'un trait
de bruyante noirceur, c'est un tourbillon de mille ailes qui se rassemblent et que l'on ne soupçonnait pas, repliées et disséminées sur l'étendue des étangs, un tourbillon éperdu qui abandonne les roses et les
bleus délicats de l'eau pour ceux du ciel.

BIBLIOGRAPHIE

Paul Sentcnac, né à Toulouse, docteur on droit, homme de lettres, critique d'art, a publié : Le Salon des Poètes, 190S. — Tout mon cœur par tous
les Chemins, poèmes, Paris, Grasset éditeur, IQTT. — Toulouse et les Poètes,
anthologie. La Terre Latine, éditeur, 1913-1914. — La Guirlande des Masques, portraits consacrés à quelques peintres, sculpteurs, dessinateurs modernes, préface de G. GefFroy, bois d'Auguste et Achille Rouquet et d'Emile
Aider. — La Lame et le Fourreau, roman, Chiberrc et Sansot, éditeurs, 7924.
Les quatre Graveurs du Mans, étude d'art, la Douce France, éditeur. •—■
Pierrot et les Artistes, étude d'art, Chiberre et Sansot, éditeurs, — Roland
Chavenon, étude d'art. — Suzanne Tessier, étude. — En préparation : Notre
Cœur quotidien, La Vie en couleur, études d'art. — Quelques paysages de mon
intérieur, Poèmes en prose. — Théâtre : Le Passeur Amoureux ; le Cadeau;
Le Nouveau Croquis.
Collaboration à de nombreux journaux et Revues : La Renaissance de
l'art Français; L'Art et les Artistes; L'Information ; La Revue Contemporaine; La Danse; Les Rubriques nouvelles; La Douce France; La Revue
Méridionale à Carcassonne; Notre Midi, à Albi ; Le Coq Catalan, à Perpignan; Gallia, à Buenos-Ayres; L'Indépendant des Pyrénées Orientales, à

�Perpignan, Le Bon Plaisir, à Toulouse, etc., etc.. A fondé en 1912 Le Pays
d'Oc avec Noëll et Ginestou, et qui est devenue en 1913 « La Terre Latine .»
Organisateur de nombreuses expositions de peinture dans les Galeries
parisiennes il a notamment fondé le premier Salon Occitan en 1921 et la Galerie Henri Manuel avec Rouquet et Guenot. Il a préfacé diverses expositions
de peintres et sculpteurs.
Orateur distingué, il a fait de nombreuses conférences à Paris et à Toulouse et notamment au Caméléon, au Salon des Indépendants, au Musée
Rodin.
ICONOGRAPHIE

Portraits à l'huile, par Auguste Rouquet, un en 1912, l'autre en 1924, ce
dernier exposé au Salon d'Automne 1924; — Portrait à l'huile, par Cécile
Gerson (Salon des Indépendants 1921); — Portrait à l'huile en costume du
dix-huitième siècle, par Emile Aider ; — Buste en plâtre, par Auguste Guénot,
1908; — Buste en bronze, par Nicolas de Sokolinicki (Salon des Tuileries,
1924); — Masque à la sanguine, par S.-T. D.ufour; — Dessin, par JeanGabriel Domergue; — Dessin, par Marcel Lalaurie; — Dessin, par Cesare
Bonanomi; — Masque, bois gravé, par Auguste Rouquet, 1924.

�Le mouvement économique Occitan
li'Offiee Oeeican
Fidèle au programme d'action qu'il s'est tracé dès sa constitution,
le Groupe Occitan particulièrement convaincu de la nécessité impérieuse de faire connaître au dedans et au dehors la variété des ressources économiques des régions qu'il représente, vient de créer un
organe de concentration d'une part, et d'expansion d'autre part, des
diverses productions du Languedoc et du Roussillon.
A cet effet, et en constante liaison avec la section économique du
Groupe Occitan, il est créé sous le nom d' « Office Occitan », un
organisme qui se propose, par des moyens puissants de propagande
en de renseignements, de concourir à l'essor économique de notre
région.
En dehors des ces avantages, l'Office Occitan, offre, depuis le
1er Juin 1925, à tous les producteurs et industriels adhérents du GrouOccitan, aux conditions qui seront indiquées ci-après, la possibilité
de bénéficier à Paris, 41, boulevard des Capucines, au centre des
affaires, d'une salle d'exposition, de bureaux de réception avec téléphone pour rendez-vous, et d'un dépôt d'échantillons.
C'est ainsi que paraissent pouvoir être groupées, pour un effort
sérieux dexpansion, toutes les productions et les activités de la région
occitane.
Mais, à ces facilités de concentration dans le cadre le plus actif de
Paris, il a paru nécessaire d'adjoindre la certitude de toucher de la
façon la plus efficace et la moins onéreuse les éléments d'affaires
étrangers.
C'est dans cet ordre d'idées que l'Office Occitan s'est assuré la
collaboration très intime de la « Société d'Expansion Industrielle et
Commerciale » 41, boulevard des Capucines, à Paris, dont le but est
la vente de produits français et la négociation de licence des brevets,
français à l'étranger. Elle exploite, à cette fin, des contrats d'exclusivité et, pour ces diverses négociations, a conclu des contrats de
réciprocité avec des sociétés ou organes identiques aux Etats-Unis,
Canada, Angleterre, Pologne, Italie, Turquie, Amérique du Sud, Russie, Grèce, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Tchéquo-Slovaquie.

�Ces liaisons conventuelles assurent à cette société, dans ses locaux
du boulevard des Capucines, un courant de visiteurs et de représentants étrangers des plus important.
Par conséquent, à l'avantage immédiat de l'exposition et du bureau
d'affaires, l'Office Occitan ajoute des possibilités d'atteindre une clientèle qui ne peut être facilement touchée par une réclame ou une
représentation particulière devenues par trop onéreuses.
Un service de renseignements suit au jour le jour les besoins étrangers et les signale aux producteurs français, la priorité étant réservée
aux adhérents de l'Office Occitan.
Il est prévu quatre sortes d'abonnements :
1° Usage de la salle d'exposition et du bureau. . . .
550 fr. par an.
2° Usage de la salle d'exposition seule
300 fr. par an.
3° Usage du bureau seul
300 fr. par an.
4° Inscription au fichier commercial
150 fr. par an.
Le fonctionnement de l'Office, les conditions d'adhésion sont données par une notice qui peut être demandée à la Société d'Expansion
Industrielle et Commerciale, -- Office Occitan — 41, boulevard des
Capucines, à partir du 1er juin 1925.
COMET

Travaux de la Section Économique
La section économique du Groupe Occitan a organisé au « Musée
social », en janvier et février, une série de conférences consacrées au
Problème d'une crise viticole.
Elles ont été présidées et présentées par M. Viala, membre de l'Institut. Elles seront publiées par les soins de la « Revue de viticulture »
et de 1' « Essor méridional ».
M. Marsais, ingénieur agronome, chef des travaux de viticulture à
l'Institut agronomique a insisté sur la nécessité d'orienter les producteurs du Languedoc et du Roussillon vers la fabrication de vins
de qualité et vers l'utilisation des produits secondaires de la vigne.
Après lui, M. Léon Douarche, chef de service à l'Office National
du Commerce extérieur a fait connaître les possibilités d'exportation et
insisté sur l'intérêt qu'il y aurait à créer dans le Midi un « Office du
vin ».
Le docteur Granel, ancien président des Enfants de l'Aude à Paris,
et l'un des fondateurs de l'Office Occitan a examiné, en une conférence
extrêmement documentée — et souvent citée par M. Barthe, -député, au

�— 81 —
cours de son interpellation à la Chambre, — les charges accessoires,
droits et frais de transport pesant sur les vins et les moyens propres
à les alléger.
M. Passerieux, négociant en vins à Narbonne, a proposé une formule de collaboration entre les différents facteurs économiques, production, commerce et consommation.
F. C. M.

Nouvelles Régionales
A l'occasion des manifestations d'ordre intellectuel qui se sont déroulées dernièrement en Ariège, nous croyons devoir signaler l'activité
de la Société des Sciences Lettres et Arts de ce département, laquelle,
chargée par le Comité de la Semaine Ariégeoise d'organiser une journée archéologique et scientifique, a su faire revivre tout un passé
d'art local et de poésie montagnarde, grâce à l'exposition des belles
collections archéologiques et des pièces nombreuses relatives à l'histoire du Comté de Foix
Des visites ont été organisées au château de Foix et à la Grotte
de Niaux sous la savante direction de MM. Pasquier et Cugullière.
Enfin, des communications d'une très belle tenue littéraire et scientifique ont été faites à l'élite de la Société Ariégeoise sur des sujets
d'histoire locale par Mme Isabelle Sandy, MM. Morère, le duc de
Lovès-Mirepoix, G. Vidal, A. Causson, etc.
A signaler également le succès obtenu par les travaux communiqués
au Congrès des Sociétés savantes tenu le 15 avril dernier à la Sorbonne et émanant d'Ariégeois notoires tels que MM. SIGNOREL, DE
BARDIER, BARRIÈRE-FLAVY et MORÈRE.
RICARD.

PARIS

La « Société des 1 » a donné le 11 mai son dîner mensuel, suivi
d'une belle conférence faite par Pierre Chanlaine et d'une soirée
artistique. Le 11 juin, conférences au Sociétés Savantes de M. Chéneveau.
Rappelons que la « Société des 1 », fondée en 1890 par un groupe

�—n—
d'artistes ,réunit les représentants de chacune des branches de l'activité humaine.
PYRÉNÉES-ORIENT ALiES

Les Jeux Floraux du Roussillon, organisés par la très vaillante
« Colla de Rossello » dont le sympathique président est Horace Chauvet, ont eu cette année, un éclat extraordinaire. La Fête, présidée par
le poète-Mainteneur des Jeux-Floraux de Toulouse, François Tresserre,
s'est déroulée avec une grande solennité au théâtre municipal de
Perpignan le 24 mai dernier. Les discours de François Tresserre,
Albert Bausil et Charles Grando ont été remarquables et vivement
applaudis. Le public, après avoir écouté religieusement les poèmes
des lauréats en langue catalane et en langue française, leur a fait une
chaleureuse ovation.
F. S.
HÉRAUUT

L'exposition de Pezenas a eu lieu du 21 mai au 1er juin 1925. Un
nombre important d'exposants y participa et le plus grand succès couronna les efforts de nos compatriotes. Il convient d'en féliciter, tout
particulièrement, avec M. le Maire de Pezenas, président de l'Exposition, M. A. P. Alliés, l'érudit auteur d'« Une Ville d'Etat » et animateur
remarquable. M. A. P. Alliés nous annonce la parution prochaine d'un
organe régionaliste « L'Etendard Piscénois » publié hebdomadairement à Pezenas.
A. R.
TARN

L'Ecole de Sorèze, dont les murs séculaires ont abrité l'adolescence laborieuse de bien des hommes célèbres de l'Occitanie vient
d'ajouter aux bustes qui décorent la salle des Illustres, ceux du Général
de La Perrinne-d'Hautpoul et de Déodat de Séverac : deux pures gloires occitaniennes.
Sur l'heureuse initiative d'un fervent admirateur de Maurice et
d'Eugénie de Guérin, une souscription est ouverte en vue de l'érection
à Gaillac, d'un monument en l'onneur des Guérin, dont la correspondance a fait connaître au public lettré de France, le charme
profond et délicat d'un Coin d'Occitanie, cadre merveilleux de sentiments exquis.
AUCH.

— F. COCHARAUX, IMPRIMEUR, RUE DE LORRAINE.

C.I.D.O.
8ÉZIERS

�Les Feuillets Occitans
Bulletin mensuel du Groupe Occlten

0R6AIK RÉGIOIÂLISTE DES PAYS D'OC
Banaux de la Rédaction : 41, Boulevard des Capucines, PARIS
ADRSSSKB LA COBRESPONDANCE AD BUREAU DE LA RÉDACTION

Jours de réception : les mercredi et samedi de B à 7 h.

Secrétariat géoérai : 159, me de Flandre. — Dépit et Umigistration, librairie « Otttfanîa ». 6, Passage ïerden, Para.

Principaux collaborateurs :
Jules AZEMA; Paul ALBAREL; Léon AURIOL; A. BAUSIL; Charles
BRUN; G. CALVET; Paul CASTELA; Marcel CLAVIÉ; Gaston COMBELERAN; Benjamin CRÉMIEUX; Fernand CRÉMIEUX; F. CROS-MAYREVIEILLE; L. DOUARCHE; P. DUPLESSIS de POUZILHAC; Jean
DUPUY; Prosper ESTIEU; Gustave FAYET; Henri FRESCOURT;
A. GUENOT; Jo GINESTOU; Clément GRANEL; GUITARD (E.-H.);
Vincent HYSPA; Pierre JALABERT; J. LOUBET; Jean MAGROU; Jean
MARSEILLAC; Prosper MONTAGNÉ; H. MURCHART ; Henry NOELE;
A. PASSERIEUX; Armand PRAVIEL; Jean PUEL; Paul RAMOND;
E. REY-ANDREU; Achille ROUQUET; Auguste ROUQUET; José ROUQUET; Pierre SAINT-GIRONS; de SAINT-VINCENT-BRASSAC; Frédéric SAISSET; Joseph SAUVAT; Paul SENTENAC; F. TRESSERRE;
Georges VILLES; H. C. VILLENEUVE... etc., etc.

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                <text>Les Feuillets occitans : Languedoc, Roussillon, pays d'Oc. - 1925, n°01 [Juillet]</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Fernand Cros-Mayrevieille (1882-1939), petit-fils de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille (1810-1876) consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme le &amp;laquo; sauveteur de la Cit&amp;eacute; de Carcassonne &amp;raquo;, est &amp;agrave; l'initiative, en 1925, d'une nouvelle association, &amp;laquo; Le Groupe occitan &amp;raquo;, domicil&amp;eacute;e &amp;agrave; Paris, qui se dote imm&amp;eacute;diatement d'une revue, &lt;em&gt;Les Feuillets occitans, Languedoc, Roussillon, Pays d'Oc&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le Groupe occitan, int&amp;eacute;gr&amp;eacute; &amp;agrave; la F&amp;eacute;d&amp;eacute;ration R&amp;eacute;gionaliste Fran&amp;ccedil;aise, cr&amp;eacute;&amp;eacute;e par Jean Charles-Brun (1870-1946), est un mouvement r&amp;eacute;gionaliste qui ne s'inscrit pas dans des perspectives autonomistes, mais qui traduit une soif de reconnaissance de la part des provinces et une volont&amp;eacute; d'affirmer leur identit&amp;eacute; et leur richesse.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La revue sera publi&amp;eacute;e, sans p&amp;eacute;riodicit&amp;eacute; rigoureuse, de juillet 1925 &amp;agrave; d&amp;eacute;cembre 1927, soit 13 fascicules, toujours sous la direction de Fernand Cros-Mayrevieille&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les productions intellectuelles et artistiques du Languedoc et du Roussillon sont mises en valeur avec les rubriques &amp;laquo; Lettres fran&amp;ccedil;aises &amp;raquo;, &amp;laquo; Lettres occitanes &amp;raquo; et &amp;laquo; Beaux-arts &amp;raquo;, mais la revue met aussi en &amp;eacute;vidence les richesses &amp;eacute;conomiques m&amp;eacute;ridionales dans une section &amp;laquo; Mouvement &amp;eacute;conomique occitan &amp;raquo; tout en privil&amp;eacute;giant une approche touristique. La revue d&amp;eacute;clare vouloir constituer un &amp;laquo; inventaire des ressources intellectuelles et &amp;eacute;conomiques &amp;raquo; des pays d'Oc.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La question de la langue est au centre des pr&amp;eacute;occupations du mouvement. Le premier num&amp;eacute;ro, en 1925, s'ouvre sur un article intitul&amp;eacute; &lt;em&gt;Le probl&amp;egrave;me occitan &lt;/em&gt;&lt;span style="font-style: normal;"&gt;qui expose les raisons et les moyens d'agir en faveur de la restauration de la langue et de la litt&amp;eacute;rature occitanes. Cet article est le point de d&amp;eacute;part d'une enqu&amp;ecirc;te,&amp;nbsp; les r&amp;eacute;ponses aux trois questions pos&amp;eacute;es seront publi&amp;eacute;es dans les num&amp;eacute;ros suivants. Parmi les nombreux auteurs occitans qui vont &amp;eacute;crire dans la revue de 1925 &amp;agrave; 1927 on peut noter Prosper Estieu, Paul Albarel, Joseph Salvat, Antonin Perbosc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les collaborateurs, r&amp;eacute;guliers ou occasionnels, de la revue sont en grande majorit&amp;eacute; des auteurs audois, on peut citer parmi les plus connus Paul Sentenac, qui signe la chronique artistique, Prosper Montagn&amp;eacute;, auteur d'un num&amp;eacute;ro sp&amp;eacute;cial sur la gastronomie m&amp;eacute;riodionale, Joseph Delteil, Jean Lebrau , Fran&amp;ccedil;ois-Paul Alibert et enfin les dissinateurs Achille et Auguste Rouquet, auteurs des gravures sur bois qui illustrent tous les num&amp;eacute;ros.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;Organe du Groupe Occitan, rassemblement d'artistes, d'&amp;eacute;crivains et de militants r&amp;eacute;gionalistes originaires des provinces m&amp;eacute;ridionales &lt;em&gt;Les Feuillets occitans&lt;/em&gt; parurent en deux s&amp;eacute;ries : de juillet 1925 &amp;agrave; d&amp;eacute;cembre 1926, soit 8 fascicules, puis de mars &amp;agrave; d&amp;eacute;cembre 1927, soit 5 fascicules.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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                <text>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Fernand Cros-Mayrevieille (1882-1939), petit-fils de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille (1810-1876) consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme le &amp;laquo; sauveteur de la Cit&amp;eacute; de Carcassonne &amp;raquo;, est &amp;agrave; l'initiative, en 1925, d'une nouvelle association, &amp;laquo; Le Groupe occitan &amp;raquo;, domicil&amp;eacute;e &amp;agrave; Paris, qui se dote imm&amp;eacute;diatement d'une revue, &lt;em&gt;Les Feuillets occitans, Languedoc, Roussillon, Pays d'Oc&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le Groupe occitan, int&amp;eacute;gr&amp;eacute; &amp;agrave; la F&amp;eacute;d&amp;eacute;ration R&amp;eacute;gionaliste Fran&amp;ccedil;aise, cr&amp;eacute;&amp;eacute;e par Jean Charles-Brun (1870-1946), est un mouvement r&amp;eacute;gionaliste qui ne s'inscrit pas dans des perspectives autonomistes, mais qui traduit une soif de reconnaissance de la part des provinces et une volont&amp;eacute; d'affirmer leur identit&amp;eacute; et leur richesse.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La revue sera publi&amp;eacute;e, sans p&amp;eacute;riodicit&amp;eacute; rigoureuse, de juillet 1925 &amp;agrave; d&amp;eacute;cembre 1927, soit 13 fascicules, toujours sous la direction de Fernand Cros-Mayrevieille&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les productions intellectuelles et artistiques du Languedoc et du Roussillon sont mises en valeur avec les rubriques &amp;laquo; Lettres fran&amp;ccedil;aises &amp;raquo;, &amp;laquo; Lettres occitanes &amp;raquo; et &amp;laquo; Beaux-arts &amp;raquo;, mais la revue met aussi en &amp;eacute;vidence les richesses &amp;eacute;conomiques m&amp;eacute;ridionales dans une section &amp;laquo; Mouvement &amp;eacute;conomique occitan &amp;raquo; tout en privil&amp;eacute;giant une approche touristique. La revue d&amp;eacute;clare vouloir constituer un &amp;laquo; inventaire des ressources intellectuelles et &amp;eacute;conomiques &amp;raquo; des pays d'Oc.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La question de la langue est au centre des pr&amp;eacute;occupations du mouvement. Le premier num&amp;eacute;ro, en 1925, s'ouvre sur un article intitul&amp;eacute; &lt;em&gt;Le probl&amp;egrave;me occitan &lt;/em&gt;&lt;span style="font-style: normal;"&gt;qui expose les raisons et les moyens d'agir en faveur de la restauration de la langue et de la litt&amp;eacute;rature occitanes. Cet article est le point de d&amp;eacute;part d'une enqu&amp;ecirc;te,&amp;nbsp; les r&amp;eacute;ponses aux trois questions pos&amp;eacute;es seront publi&amp;eacute;es dans les num&amp;eacute;ros suivants. Parmi les nombreux auteurs occitans qui vont &amp;eacute;crire dans la revue de 1925 &amp;agrave; 1927 on peut noter Prosper Estieu, Paul Albarel, Joseph Salvat, Antonin Perbosc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les collaborateurs, r&amp;eacute;guliers ou occasionnels, de la revue sont en grande majorit&amp;eacute; des auteurs audois, on peut citer parmi les plus connus Paul Sentenac, qui signe la chronique artistique, Prosper Montagn&amp;eacute;, auteur d'un num&amp;eacute;ro sp&amp;eacute;cial sur la gastronomie m&amp;eacute;riodionale, Joseph Delteil, Jean Lebrau , Fran&amp;ccedil;ois-Paul Alibert et enfin les dissinateurs Achille et Auguste Rouquet, auteurs des gravures sur bois qui illustrent tous les num&amp;eacute;ros.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Revista del &amp;laquo; Groupe Occitan &amp;raquo;, amassada d'escrivans e de militants regionalistas de las prov&amp;iacute;ncias meridionalas &amp;laquo; Les Feuillets occitans &amp;raquo; paregu&amp;egrave;ron en doas serias : de julh de 1925 a decembre de 1926 (8 fasciculs) pu&amp;egrave;i de mar&amp;ccedil; a decembre de 1927 (5 fasciculs).&lt;/p&gt;</text>
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                <text>vignette : https://occitanica.eu/files/square_thumbnails/9c0de779d7eb14ddb3f7c0512c634774.jpg</text>
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                <text>&lt;strong&gt;Voir tous les num&amp;eacute;ros des &lt;a href="https://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][element_id]=50&amp;amp;advanced[0][type]=contains&amp;amp;advanced[0][terms]=feuillets+occitans&amp;amp;type=&amp;amp;tags=&amp;amp;submit_search=Recherche&amp;amp;sort_field=Dublin+Core%2CAlternative%20Title"&gt;&lt;em&gt;Feuillets occitans&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Consulter Les Feuillets occitans par ann&amp;eacute;e de parution&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="https://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][element_id]=50&amp;amp;advanced[0][type]=contains&amp;amp;advanced[0][terms]=les+feuillets+occitans&amp;amp;advanced[1][element_id]=40&amp;amp;advanced[1][type]=contains&amp;amp;advanced[1][terms]=1925&amp;amp;type=&amp;amp;tags=&amp;amp;submit_search=Recherche"&gt;1925&lt;/a&gt; / &lt;a href="https://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][ehttp://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][ehttp://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][element_id]=50&amp;amp;advanced[0][type]=contains&amp;amp;advanced[0][terms]=feuillets+occitans&amp;amp;advanced[1][element_id]=40&amp;amp;advanced[1][type]=contains&amp;amp;advanced[1][terms]=1926&amp;amp;type=&amp;amp;tags=&amp;amp;submit_search=Recherche&amp;amp;sort_field=Dublin+Core%2CAlternative%20Title"&gt;1926&lt;/a&gt; / &lt;a href="https://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][ehttp://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][ehttp://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0]http://occitanica.eu/omeka/items/browse?search=&amp;amp;advanced[0][element_id]=50&amp;amp;advanced[0][type]=contains&amp;amp;advanced[0][terms]=feuillets+occitans&amp;amp;advanced[1][element_id]=40&amp;amp;advanced[1][type]=contains&amp;amp;advanced[1][terms]=1927&amp;amp;type=&amp;amp;tags=&amp;amp;submit_search=Recherche&amp;amp;sort_field=Dublin+Core%2CAlternative%20Title"&gt;1927&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;</text>
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            <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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                <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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        <name>Art</name>
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        <name>Illustracion dels periodics=Illustration des périodiques</name>
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