<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="10945" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/10945?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-04T06:18:43+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="17705">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1ff80fbbf7a38162441a2454ab021bf8.jpg</src>
      <authentication>b019cac5f1815a0776349bca47984212</authentication>
    </file>
    <file fileId="18043">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/43f8268966fb9a767620e1156d566197.xml</src>
      <authentication>836d5e4f18a2520c68448255a5eaf820</authentication>
    </file>
    <file fileId="18044">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cb047986aff36de3e891676365bd9ff2.pdf</src>
      <authentication>af2535d4da3ed6ceafd7d0d42d22f1a2</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="611576">
                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉOS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, JEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
QÚE
OS

N

9-10

PARÉCH ET

15

ÜE

CADO

SETÉME

MÉS

AQUÉSTE NUMER6

DE

BARBAZAN
1908

ÉZÍE'RS

IB

SEN-GAUDÉNS

EMPRÍMARIO

E

LIBRARIO

^111

1908

ABA DIE

�SOUMARI

Fêle de PEsco.Io dcras i'ircnéos à Bartan
à Loupes el à Sirculan
Les 9 et 10 Septembre 1908

PREMIÈRE JOURNÉE :

A Barhazan

Í). RÉUNION DU BUREAU ET ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
j'I

&gt;

-Vu finit

*

Réunion du Bureau de l'Escolo
....
2. Arrivée des Félibres et Distribution des pervenVhes
3. Allocution du Président, M. DE RARDIES
4. Rapport du Trésorier, M. A. TEULIÉ
5. Nouveaux Confrères
6. Motions diverses et Avis importants.
1.

153
154
154
154
157
157

II). RÉCEPTION DE LA REINE ET RANQUET
Arrivée de la Reine
« Era Taulado »
3. Toasts ou « Brindes » :
—
de M. DE BARDIES, président
—
de M. B. DAUBIAN,.vice-président*.
—
de M. Y.-D. DUFOR, vice-président : A la presse et à
l'armée
—
de M. B. SARRIEU, secrétaire : Brinde ara 'Rrèino..
—
de M. Fr. ESCAICH : Pelitos flous.
—
de M. R. LIZOP: L'amendes Cigales
—
de M. Sirain PALAY, représentant de l'Escolo Gastouri
,
Febus...
4. Chant d' « Era Coumengéso »
1.

158

2.

159

160
160

161
162
_

162
164

164
165

III). SÉANCE SOLENNELLE
Dispositions générales
A) Première partie :

165
DISCOURS FÉLiBRÉENS.

Discours de M. DE BARDIES, Président de PEscolo
Discours de M. l'abbé DUFOR, Vice-président pour le HautComminges, sur Les précurseurs du Félibrïgc commingcois
— Chant d'Es Segaires, de M. FABARON
3. Discours de M. l'abbé DAUBIAN, Vice-président pour le BasCommiflges : Et patrïoutisme gasçouri
4. Discours de M. R. LIZOP, Délégué de la Fédération Régionaliste Française.
'
5^ Discours delà Reine, Mmo PHILADEEPHE DE GERDE
6. Poésie de M. Simin PALAY, Délégué de l'Escolo Gastoun
Febus : La boune bouts
1.

166

2.

167
173

173

178
181

182

�ci n.o.
IBÊZiERS

ERA BOUTS DERA MOÜNTANHO
NOS 9-10.
4MO ANNADO :

SETÉME-OTTOBRE

1908 '

«

Touslém Gascons I »

Hèsto è Jocs-Flouraus
dera « 'SCOLO DERAS PIRENÉOS »
A

BARBAZAN

A JUOUROS
ES

9

È

10

DE

È

A jSlRADAN
SETEME

1908

L'an dernier, notre Escolo dcras Pirenéos avait tenu ses troisièmes
assises à Saint-Girons, moderne capitale du Couserans, dans une fête
inoubliable ; cette année, c'est au cœur de l'antique Comminges, à
Barbazan, qu'ont eu lieu sa quatrième Assemblée générale et ses troisièmes Jeux-Floraux. La solennité du 9 septembre s'est déroulée, au
milieu d'un grand enthousiasme, dans un ordre parfait, grâce au
dévouement de ceux qui l'avaient préparée longtemps à l'avance, surtout
de M. Artigue Fabien et de notre Vice-Président pour le Haut-Comminges, M. l'abbé Y.-D. Dufor.
La félibrée, plus intime, du lendemain, à Loures et à Siradan, laissera
à tous ceux qui y ont pris part le plus agréable souvenir.
Le présent N° donne le compte-rendu de ces deux belles journées ; le
suivant(N° 11, Noubémbre) publiera les principales œuvres couronnées.

PREMIÈRE; JOURNÉE
Lapremière journée, celle du 9, a compris, conformément au programme:
1) Une Réunion intime du Bureau, suivie de l'Assemblée générale; 2)
A midi, le Banquet ; 3) Ue 2 heures à 6 heures, la Séance solennelle ; 4)
Vers 7 heures 1/2, enfin, Souper félibréen, suivi de la fête populaire et du
feu d'artifice. — Seule, la représentation dramatique annoncée a dû être
renvoyée à une date ultérieure'.

1 — RÉUNION DU BUREAU ET ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
I. Réunion du Bureau de l'Kscolo
Les Membres du Bureau de l'Escolo, arrivés dès la veille au soir, ont
tenu, dans le Salon de l'Hôtel des Thermes, avant l'Assemblée générale,
une Béunion privée, afin de pouvoir se communiquer librement les uns

�154
aux autres leurs vues et s'entendre sur quelques propositions à soumettre
à l'Assemblée générale.
2. Arrivée des Félibres et Distribution des pervenches
La plupart des Félibres arrivent par les trains de 10 h. 30 et de
10 h. 32, venant de Luchon et de Montréjeau, Une délégation du Bureau
se rend à leur rencontre, et bientôt toutes les boutonnières s'ornent de la
pervenche symbolique. Nous avons le plaisir de présenter nos hommages
à Mme la comtesse d'Antras, notre reine de 1906 ; mais Mme Philadelphie de Gcrde,qui doit présider nos Jeux-Floraux cette année, ne pourra
arriver, par suite d'un regrettable retard des trains, que pour le Banquet.
La plupart des Membres présents se réunissent vers 11 heures dans le
Salon de l'Hôtel des Thermes, pour l'Assemblée générale.
3. Allocution de M. de Bardies, Président
Notre distingué Président, 31. de Bardies, docteur en droit, ouvre la
séance par une brève allocution. Après avoir souhaité la bienvenue aux
Membres présents et remercié l'administration des Thermes de Barbazan
de sa complaisance pour l'Escolo deras Pirénéòs, il annonce le deuil qui
vient, après plusieurs autres, d'atteindre notre Escolo dans la personne
de M. l'alibé Cau-Durban, chanoine à Pamiers, Vice président de notre
Section du Couserans. M. l'abbé Cau Durban était également Viceprésident de la Société ariégeoise; il s'était fait remarquer par ses
découvertes archéologiques, relatives à la préhistoire du Couserans, son
grand travail historique sur le clergé ariégeois pendant la Révolution, et,
au point de vue félibréen, par sa collaboration kl'Almanac h Cadrât. La
maladie dont il souffrait depuis deux ans l'a seule empêché de nous
prêter, dans Era Bcuts dera Mountanho et ailleurs, un concours plus
efficace. C'est à Orgibet (canton de Castillon) où il était né le 2 mars
1844, qu'il a été inhumé le 24 août dernier. Par modestie, il n'a point
voulu de discours sur sa tombe ; mais notre Président lui a consacré une
précieuse notice : « Je vois encore », dit-il, « M. Cau-Durban terminer
à Saint-Girons sa magnifique oraison funèbre de l'historien-abbé Duclos
par le mot de toutes les funérailles : Aune cinis, il n'y a plus que des
cendres ; — mais cette cendre est féconde, car elle appelle des imitateuis
pour aimer leur petite Patrie ».
M. Teulié, trésorier, a ensuite la parole pour nous entretenir de notre
situation financière.
4. Rapport de M. Teulié, sur la situation financière de l'Escolo
Messieurs,
ÌJEscòlo deras Pirenéos compte à peine trois années d'existence, et
déjà le nombre de ses adhérents s'élève à plus de trois cents. Il n'est pas

�15b
d'exemple à ce jour, croyons-nous, qu'aucune autre école félibréenne ait
été favorisée d'une aussi rapide prospérité. C'est un succès qui dépasse
les prévisions les plus optimistes et qui permet d'augurer très favorablement de l'avenir de notre association.
Si ce résultat est tout à votre honneur, Messieurs et chers Confrères, il
constitue, en même temps, le plus précieux encouragement pour les
promoteurs de l'œuvre à laquelle, dès son début, vous avez témoigné un si
vif intérêt. Et, sans doute, vous penserez aussi avec nous qu'il doit être
une récompense bien douce au cœur de celui qui, après avoir été le
fondement de notre édifice, en est devenu la pierre angulaire ; de celui
qui, avec un dévouement et une activité inlassables, apporte à la cause de
la Renaissance méridionale le concours de sa profonde science de
linguiste et de son remarquable talent de poète, à travers lequel on sent
vibrer toute la vaillance pieuse d'un vrai fils de Gascogne: j'ai nommé
notre distingué Secrétaire général, M. Bernard Sarrieu.
Messieurs, le plus vif désir de votre Bureau — et de votre Trésorier en
particulier — eût été que les finances de la Société suivissent une
progression analogue, afin que des ressources suffisantes nous permissent
de faire face aux frais nécessités, non seulement par l'administration
normale de l'Escolo, mais encore par nos fêtes et nos concours littéraires,
et surtout par la publication de notre Revue, Era Bouts dcra Mountanho.
La dépense entraînée par cette dernière, en particulier, a été la charge
la plus onéreuse pour notre budget : elle a absorbé le plus clair de nos
revenus. Pendant l'année 1907, il est vrai, notre bulletin est devenu
mensuel, avec un tirage constant de mille exemplaires, dont 700 ont été
destinés à la propagande.
Votre Bureau ne s'est décidé à subir cette lourde dépense supplémentaire qu'après examen approfondi, et en raison des avantages évidents que
présentait la diffusion de la Revue pour faire connaître à nos compatriotes
le but, les tendances et le caractère de notre association.
C'est encore dans le même esprit qu'au mois de septembre dernier,
nous avons donné à Saint-Girons une belle fête félibréenne à laquelle
ont assisté la plupart d'entre vous, et dont les autres ont pu lire le
compte-rendu détaillé dans notre Bulletin. Xous persistons à croire que
ces fêtes populaires, en même temps que littéraires, font partie intégrante
de notre programme : il est bon que la foule communie, le plus souvent
possible, avec les poètes qui parlent la langue de son terroir et lui
inspirent des sentiments d'amour et de respect pour tout ce qui touche aux
souvenirs de la vie ancestrale et au culte de la petite patrie.
Ainsi donc : tirage à mille exemplaires du Bulletin de VEscolo, avec
publication mensuelle ; fête littéraire de Saint-Girons : telles sont les
deux dépenses extraordinaires dont notre budget a eu à souffrir. Pour ne
pas compromettre l'équilibre financier, nous avons dû, avec regret, réduire
désormais les dépenses afférentes aux deux objets ci-dessus, et, comme
première modification, diminuer le tirage du Bulletin de quelques centaines d'exemplaires. \\ y aura là une économie appréciable, et d'autres

�156
améliorations projetées nous permettront de conjurer toute crise budgétaire.
Que faudrait-il, cependant, pourquo la stabilité de nos ressources fût à
peu prés assurée ?
D'abord, la plupart de nos abonnés, dont quelques-uns contribuent au
succès et à la réputation de l'Esrolo par leur précieuse collaboration
littéraire, devraient faire un léger effort pécuniaire et devenir main teneurs
en versant la cotisation afférente à ce titre, soit six francs.
Il serait à souhaiter, ensuite, que les sentiments de sympathie que veulent
bien nous témoigner plusieurs de nos sociétaires favorisés de la fortune,
se traduisissent, de la paî t de ceux ci, par quelque libéralité en faveur de
notre œuvre. L'exemple, il est vrai, est déjà donné. Qu'il me soit permis,
à ce prupos, d'exprimer ici toute la respectueuse gratitude de i'Escolo
deras Pirenéos à notre gracieuse Reine de l'an dernier, Mademoiselle la
vicomtesse de Terssac. Par sa munificence vraiment princière, elle a
grandement contribué à l'éclat de la fète de Saint-Girons, et la magnifique
bannière dont elle nous a dotés restera chez nous comme le souvenir
toujours présent de la bienveillance et de l'intérêt qu'elle nous porte.
A la reconnaissance que nous éprouvons pour cette généreuse bienfaitrice, dont le nom restera profondément gravé dans le caiur des félibres
gascons, permettez-moi d'associer M. Fabien Artigue. Notre excellent
confrère de Labarthe de-Rivière a offert, cette année, quatre médailles de
vermeil ou d'argent pour le concours littéraire, et il nous promet une
médaille d'or pour le concours de l'an prochain.
De pareils exemples ne pouvaient que susciter des imitateurs : il m'est
particulièrement agréable de vous annoncer que notre aimable et
distingué président M. de Bardies, met à la disposition de la Société une
fleur de vermeil destinée, l'an prochain, à récompenser l'auteur du
meilleur sonnet en dialecte gascon.
Enfin, nous demanderions que chaque membre de Y Escolo voulût bien
s'employer à recruter un nouvel adhérent.
Ce résultat, facile à réaliser avec un peu de bonne volonté, aurait les
plus heureuses conséquences pour les finances de la société : il augmenterait sensiblement nos ressources, tout en n'ayant qu'une répercussion
insignifiante sur les dépenses Nous aurions ainsi la bonne marche des
affaires sérieusement facilitée, et, en dehors des encouragements dûs
aux lauréats de nos concours littéraires, nous pourrions nous intéresser
à diverses œuvres locales ou régionales qui sollicitent vainement notre
appui, bien que, cependant, leur maintien ou leur développement soient,
en partie, la raison d'être de notre association.
Nous avons l'intime conviction, Messieurs et chers Confrères, que
notre appel sera entendu. Comprenant le but élevé et moralisateur du
félibrige, vous avez été les premiers, avec nous, à répandre ses idées sur
la bele et noble terre de Gascogne. Nous travaillerons encore ensemble,
par la parole, par la plume et par des manifestations publiques, à
maintenir et à relever notre parler natal et nos vieilles coutumes.
Ainsi, faisant mieux connaître notre province, nous la ferons mieux

�157

apprécierai) dehors et mieux aimer au dedans. Grâce à notre collaboration continue, de plus en plus nombreux seront ceux qui viendront se
ranger sous la bannière de i'Escôlo deras Pirenéos et, à la face des
contempteurs de la petite patrie, jeter le cri de notre flère devise :
TOUSTÉM GASCOUS !
(Applaudissements)

5. Nouveaux Go .frères
On profite de l'Assemblée générale pour faire inscrire quelques nouveaux Confrères. Les voici, avec quelques autres qui nous étaient déjà
venus ou nous ont été indiqués depuis :
I.

NAUÈTS COUNFRAIS.

me

RÉQUIER (« Filadèlfo de Gèrdo », era nòsto t' aimabblo
'Rrèino d'engùan), et M. REQUIER, à Gerde, près Campan
(Hautes-Pyrénées).
120. Dr DESCRIMES Joseph, médecin de colonisation, à Aïn-Tedelés,
département d'Oran (Algérie).

119. M

IL

NAUÈRI ABOUNATS.

236. Abbé J. LASSERRE, lauréat de l'Escolo, curé de Castillon-deBatz (Gers).
237. PUJENS Léon, à Mourèu, près Dému (Gers).
238. Abbé RUMEAU Pierre (du Haut-Nistos), curé d'Azet, canton de
Vielle-Aure (Hautes-Pyrénées).
239. LAQUET Louis, viila Louis-Guillaume, Arcachon (Gironde).
2i(J. I)1' COLAT, Campan (Hautes-Pyrénées).
241. Mmo Alexandrine SEUBE, 3 bis, rue des Tourneurs, Toulouse.
242. DUPIN Gaston, notaire, à Gujan-Mestras (Gironde).
243. FOURTIC, à Saint-Lary, vallée d'Aure (Hautes-Pyrénées).
244. PLANTÉ Adrien, Président de l'Escolo Gastouv-Eébus, maire
d'Orthez (Basses-Pyrénées).
245. SANDARAN Joseph (de Canéjan, vallée d'Aran), lauréat de l'Escolo, 114, carrer de Balmès, Barcelone (Espagne).
2'iG. SOUCASSE, antiquaire, à Saint-Girons (Ariège).
247. BARRÈRE, bijoutier, à Bagnères-de-Luchon (H.-G.).
Puisse chacun de ces nouveaux Confrères nous en amener à son tour
un de plus, dans l'intérêt de notre œuvre i

6. Motions diverses et Avis importants
Plusieurs de nos Confrères présentent ensuite diverses motions intéressantes ; signalons notamment celle de M. It. Lizop, délégué de la Fédération Bégionaliste Française, qui insiste sur l'importance vitale des
arbres pour nos montagnes, li s dangers que nous fait courir la destruction des forêts, la nécessité du reboisement, et demande que l'Escolo
deras Pirenéos intervienne pour maintenir le culte de l'arbre chez nos

�158
populations pyrénéennes. — M. de Bardies promet de faire ce qui sera
possible à cet égard, par example ds maure au concours un sujet sur
l'arbre ; on verra plus loin 1 de quelle manière délicate notre cher Président a voulu s'associer personnellement à cette œuvre patriotique.
Les Membres du Bureau font également connaître à l'Assemblée générale quelques unes des idées émises pendant leur Réunion privée. Les
concurrents sont informés d'ores et déjà, en ce qui concerne nos Jeux
Floraux de l'an prochain : 1° Que les travaux présentés au concours
devront arriver dans les délais fixés d'avance : 2° Qu'ils devront être
écrits d'une manière lisible ; 3° Que, vu les excellents résultats obtenus
jusqu'ici, c'est à un échelon plus haut que se gagneront les récompenses.
— De même, on déterminera une limite fixe et irrévocable pour l'inscription au Banquet.
Enfin, M. le Président, d'accord avec le Bureau, fait remarquer à
l'Assemblée que la mort de M. l'abbé Cau-Durban laisse vacant le siège
de Vice Président de l'Escolo pour le Couserans. Cette perte a été trop
récente pour qu'on pût inviter les Membres Couserannais de l'Escolo à
élire un nouveau Vice-Président. D'autre part, les pouvoirs du Bureau
actuel expirant en 1909, il devra être renouvelé en entier à la prochaine
Assemblée générale. Il parait donc inutile de remplacer d'ici là M. CauDurban ; M. Teulié veut bien se charger en attendant des fonctions de
Vice-Président pour le Couserans, et M. Sarrieu reprendra celles de
Trésorier à partir de janvier 1909. — L'Assemblée approuve ces propositions, et, tandis que M. Escaich, de sa belle plume, rédige le programme
de la Fête du soir, la séance est levée, — non sans qu'on ait le plaisir
de remercier M. Daumas, directeur des Thermes de Barbazan, qui veut
bien nous rendre visite, de son amabilité et de sa complaisance pour
l'Escolo deras Pirenéos.

II- — RÉCEPTION DE LA REINE ET BANQUET
I. Arrivée de la Reine
A ce moment même arrive enfin, accompagnée par M. Réquier et par
d'autres Félibres, notre Reine de cette année, Mmo Réquier, la poétesse
bigourdane célèbre parmi les fidèles de notre langue d'Oc sous le nom de
« Philadelphe de lìerde » (Gerde se trouve entre Bagnères de-Bigorre et
Campan), auteur des beaux recueils lyriques qui s'appellent « Cantés
d'Eisil » et « Cantos d'Azur)), Membre de l'Escolo Gastoun Fébus,
lauréate, en 1899, du premier prix, dcra prumèro « jàio », aux Grands
Jeux Floraux septennaires de Provence, et qui a bien voulu accepter de
poser sur son capulet noir, couronné là-bas du laurier d'argent, le
diadème pyrénéen offert par notre Escolo à sa muse inspirée. Elle s'assied
I. Voy. ci-après, à la suite du Palmarès.

�139
à la place d'honneur, tandis que là bas flamboie notre rouge bannière,
aux franges miroitantes ; è ja coumcnce era taulado félibrérfco.

2. « Era Taulado »
Etaient présents, en commençant par la Reine et allant vers la droite :
Era llèino ; MM. Y.-l). Dufor, ancien professeur et aumônier militaire,
curé de la Labarthe de-Rivière, Vice-Président de l'Escolo pour le HautComminges ; Sentcin, juge au tribunal de Saint-Girons ; Georges Sentein,
médecin militaire ; Capitaine Dufor, de l'infanterie coloniale ;René Dufor,
professeur agrégé de première au Lycée de Toulouse; J.-B. Cassagnard,
vicaire à Castelnau-Magnoac ; Fr. Marsan, curé de Saint-Lary (v. d'Aure),
officier d'Académie; Mlle Renée Debaul ; MM. Joseph Capéran, maire
de Montréjeau ; E. Cazrneuve ; Jorge Lizop ; Mme A Cazeneuve ; Melle
Y. Cazeneuve ( « la mai joue'no des Fclibrcs : 5 ans » ) ; Mme R.
Lizop ; MM. V. Lizop ; Raymond Lizop, professeur d'histoire, représentant de la Fédération Régionaliste Française ; Fr. Escaich, notre portebannière ; J. Dasque, surveillant général au Lycée de Nimes ; Fr. Soulé,
Directeur d'Institution à Saint-Laurent-de-Neste ; Sylvain Verdier, curé
de Hèches (v. d'Aure) ; Louis Dupont ; L. Bize, lieutenant aux chasseurs
alpins; J.-D. Cazeneuce; Vallée, professeur au Lycée Carnot, qui
fut aussi des nôtres en 1907; Mme A. Vallée; M. de Bardies,
docteur en droit, président de l'Escolo et de la Société d'Etudes du
Couserans (en face de la Reine) ; Mme la comtesse à'Antras, notre
Reine de 1907 ; MM. Dombcrnard, licencié en droit, maire de Barbazan ;
P. Sarrieu, professeur agrégé de philosophie au Lycée d'Auch, Secrétaire
général de l'Escolo ; A. Hérail, curé de Labarthe-Inard ; Saiiit-Blancat,
de Boucou ; B. Lassère, ; J. Foi.r, curé de Saint-Plancard ; A. Cazavet,
à Salies-du-Salat ; Ousset, curé de Ponlat-Taillebourg ; J. Desloup, de
Loudet ; C." Desloup, de Saint-Ferréol ; Henri Pclisson, d'Arette,
« Felibre de Baretous » ; G. Réquier ; Simin Palay, le poète béarnais bien
connu, délégué, avec M. Pélisson, de l'Escolo G. Fébus à notre fête; J.
Fabaron, professeur à Aire sur-l'Adour ; Alex. Abadic; Noël Abadie,
notre dévoué imprimeur ; Docteur Barcs, de Saint-Gaudens ; J.-M.
Serrai, pharmacien à Massât ; G. Servat, inspecteur des contributions à
Tarbes ; A Lamoihe, lauréat de l'Escolo ; Fourtic, de Saint-Lary (v.
d'Aure); A. Teulié, directeur d'école à Saint-Girons, Trésorier de
l'Escolo ; comte d'Antras ; B. Daubian, curé de Villefranche d'Astarac.
Vice-président de l'Escolo pour le Bas-Comminges ; en tout 52 convives.
Beaucoup d'autres Félibres étaient présents dans la salle ou assistèrent du
moins à la séance de l'après-midi, tels MM. Casiez, de Loures, professeur
agrégé au Lycée de Carcassonne ; L. Barbet, lauréat du Conservatoire,
Représentant général de notre Tiscolo à Paris ; J. L^aquet, publiciste' à
Ragnèrcs-de Rigorre ; Henry de Pujens, lauréat de plusieurs sociétés
littéraires ; E. Bousquet ; Docteur Longe, tous trois de la région d'Eauze;
J. Soulé-Venlure, le félibre de Herrère (Barousse) ; L. Sarrieu,

�160
instituteur à Juzet-de-Luchon, E. Sarrieu, à Salles-de-Luchon, et leurs
familles; Fr. Sarrieu, instituteur à Gouaux-de-Larboust ; Dupin,
notaire à Gujan-Mestras (Gironde), etc., etc.
Le menu, fort bien composé par M. Sénat, et servi sous les fraîches
arcades de l'Hôtel des Thermes, comprenait, entre autres plats, un civet
d'isard montagnard, des cèpes bordelaise, etc. Le gascon fait presque
tous les frais de la conversation. Au Champagne, le Président commence
la série des « brindes ».

3. — Toasts ou « Brindes »
Toast de AI. de Bardies, Président de l'Escolo
Dans une improvisation des plus heureuses, que nous regrettons de ne
pouvoir reproduire ici exactement, notre Président lève son verre à la
Reine de cette année, à la poétesse Philadelphe ; à Mme la comtesse
d'Antras, « qui aura toujours été, quoi qu'il advienne, la première reine
de notre Escolo » ; à Melle de Terssac, dont nous n'oublierons jamais les
délicates générosités ; à M. Dombernard, maire de Barbazan, qui a bien
voulu accepter notre invitatation et nous honorer de sa présence ; enfin à
la Direction des Thermes de Barbazan pour l'aimable hospitalité qu'elle
nous a donnée.
(Applaudissements)

Toast de M. l'abbé Daubian
Vice-Président pour le Bas-Commingcs

Arrèino, Daunos, Messius,
Sens' èste precisoméns barbiè de proufessioui?, que m'aprèsti, tout
aro, à bous arrasa de bien proche, belèu dinco 'ra sang. Se bous
poudèuo counsoula caucarréii d'aquéro auperacioun en'hastiablo, qu'ei de
bous figura que paguerats pas arrén, e que perderats soulaméns un,
bricalh de téns.
Que bous parlerèi dera Gascounho : autaplan, que-n son toutes, è toutes que l'aiman. Auans de leua 't béire ara suio santat, ara bôsto — e
det houns de moui? co — que bous boui digue era firí dera pregário
que debanerèi après : Escoutáts-lo. !
Bous sémblo pas, es mès amits, que mous serbissèn tròp det francès
enas nòstos arreiinious felibréijcos ? Que déuen pensa d'acô aquéres que
mous escouton ? Sampa, que mous hèn passa per maçous de prumèro
bourro, ò qu' auèn pòu de touca :ra trüèlo, d'emplega 't mourtiè.
Oun éi
« Lou gascoun courau,
Lou gascoui; blous ô naturau »,
que bantauo et gran d'Astròs, de Toulouse ?
Que mous eau pas countenta d'escriue enta 's païsans, que mous eau
hè manubra 'ra mémo léngo, se boulèn pas que mous prènguen per Gascous

�161
d'oucasiourì, è per Parisièns d'ourdinári. Brenbém-mou-n : er' etsémple
que proufito mès qu'era leçoun.
Après acó, ou damm' aco meslèu, que scrán fourçades de bouta de
coustat eras espressious, es mòts trop esquèrs que counéguen pas mès
at dlo de ùé : enta qué marcha à reculos ? Un lengatje, quin que sio,
que mourirá pas, quan mémo emprountera caucarrenotos a-n-aquéres
d'aro. Qu'arressemblerd as bounes econòmos que sáben utilisa eras
arremousilhos det dinna enta 't soupa, perbu que i-auje uio sauço
nauèro.
Qu'èi acabat. Que-n perdounerats de boulé batalha enta 'ra Franco, —
qu'ei et nôste deué — mès tabén enta 'ra Gascounho tant aimado !
(Applaudissements).
Parla de Pegulhaiî (Hauto-Garouno).

Toast de M. l'Abbé Dufor
Vice-Président pour le Ilaut-Comminges
— A

LA PRESSE

ET

A

L'ARMÉE —

Mesdames, Messieurs,
Nous avons l'honneur d'avoir à celte fête, à ce banquet plusieurs
rédacteurs en chef de journaux. Ces messieurs représentent une force
immense, incalculable, surtout à l'heure présente. La presse, en effet,
est une école politique et morale, une tribune, du haut de laquelle on
parle à des milliers d'intelligences. Elle forme ou elle déforme la mentalité de l'individu et de la société. Elle dispose de la lumière et de l'ombre,
du bien et du mal, du salut et de la perte de la patrie. En' m'inclinant
bien bas devant cette puissance redoutable, je félicite hautement nos
distingués collègues de ne l'employer que pour le bon combat et je les
remercie de vouloir bien, par les cent bouches de la Renommée, aider au
succès, toujours croissants, déra " Scolo deras Pirenéos ".
( Applaudissements )
A côté de cette force, il en est une autre qui nous est bien chère et
qui est, elle aussi, très honorablement représentée dans notre Escolc.
Elle s'efforce, vous le savez, au prix d'un sang héroïquement versé, de
pacifier le Maroc, et sait montrer que l'armée française est encore la
première armée du monde.
Un jeune capitaine gascon, frère d'un de nos collègues, et que nous
sommes fiers d'avoir en ce moment parmi nous, avec d'autres brilllants officiers, a été dans cette guerre de guérillas 2o fois au feu. Il a vu tomber
à ses côtés son commandant, son lieutenant et plusieurs de ses invincibles tirailleurs. Il a été pour ses hauts faits l'objet d'une lettre de
félicitations et d'un ordre du jour des plus glorieux.
Messieurs, envoyons un salut d'admiration à ces vaillants qui ont su
vaincre ou mourrir, aux alentours de Casablanca et sur la frontière SudOranaise, sans oublier ceux qui vont châtier dans l'Indo-Chine les révol-

�162
tés du Tonkin et de l'Annam. Permettez à un vieil aumônier militaire
des années terribles 1870-71 de leur crier du plus profond de son âme :
Vive le drapeau tricolore, cette robe sacrée de la France! Bravo aux
héros qui savent l'élever si haut pour l'honneur de la grande et de la
petite patrie !!!
(Applaudissements)
Toast de M. B. Sarrieu
Secrétaire général

B r I n d e ara 'Rrèîri©
Acl de béi-bous acampado,
0 'Rrèino, o Seréno 'nspirado,
Fidadèlfo, mous nines pliés
De gôi, der' antico countésso
De Couménges, troubadourésso
Ara t'armouniouso noubbléço,
Que crén bei tourna 's bèri diés.
Dera sio patrlo carido
Que semblaue coumo banido
'Ra léngo nôsto : Un mántou 'scur
De dó la s'aùié 'caperado,
Pes plours era gauto negado ;
Mès, ja s'éi 'ra broumo lheuado,
J'a ganhat er' aubo d'azur.
È per touto 'ra nôsto Sèrro
J'a clarejat, de drét' à 'squèrro,
De Fouch at Riarn ; mès, gùé que bém,
Sus era Garoun' è 'ra Nèsto,
'Rresplandi tara nôsto hèsto
De Gèrdo 'ra 'stélo celèsto,
Qu'ei et plen diô qu'enfin auém.
Parla de Seri-MamcL de Luchoui? (U.-G.).

Tcast de AI. £7. Escaich
Notre Porìô-baDDÌère

A LAS DAM OS DEL FESTENAL
J'offre

ces violettes.
Ces lis et res fleurettes,
Kl ces roses icy,
t'es nierveilleUes roses
Tout frescluiiïient écloses,
KL ces œillets aussi.
J,

Poulidos flous qu'èts dins las prados
Oun le bourroum bous ba poupa,
De bòstos coulous mirgalhados

du

BELLAY,

�163

Le ouélh nou se pot descapa,
Sustout se '1 ros bous ba trempa
De sas goutétos argentados ;
Poulidos flous qu'èts dins las prados,
Qu'on nou debió jamès coupa,
Aué bous boulèn arrapa
Per bous pica coum' és d'usatje
Sui cap ou sui bòrd d'un coursatje.
Poulidos flous qu'èts tant aymados
Jusquos à mous fè beni fòls,
Qui nou bous béts, de las maynados
Cercados coumo 's parpalhòls ?
Qui de nous-aus, jouésis aujòls,
N'abèn oufrlt dins las annados,
Poulidos flous qu'èts tant aymados,
Callcis blancs e bérdis còls
As maridatjes e filhòls,
Per embelí coum' és d'usatje
Le cap ou le bòrd d'un coursatje ?
Es aué la felibrejado
A la 'staclu de Barbazan ;
Del goubelét fèn la rajado,
La gargamèro pla 'rrousan !
Poulidos flous, pracó bous an
Boutât sus la napo 'oubratjado.
Es aué la felibrejado :
Tabès risèn, mous amusan ;
Poulidos flous, bous courtisan,
Car bous besèn, coum 'és d'usatje,
Sul cap ou sui bòrd d'un coursatje.
Es à bous, damos, qu'es Felibres
Oufrissen las poulidos flous ;
Car bòstis ouélhs soun nòstis libres
Oun legissèn d'un plasé dous
Que sèn estacadis per bous ;
Del nòste còr n'èn cop mes libres....
Es à bous, damos, qu'es Felibres,
Tout flaynan las douços audous,
Oufrissen las poulidos flous,
Per embauma bòste bisatje,
E'l còr que bat dijous 'I coursatje.
Fr.
Parla de La Bastido de Serou (A.).

ESCAICH.

�164

Toast de M. R. Lizop
Représentant de la Fédération Regionalista Française

A Plti'adclphe de Gcrde

Sous le premier frisson des brises automnales
S'effacèrent les ors du vieil été latin ;
Triste comme un adieu sous l'azur du matin
Vibre encor la chanson ardente des cigales.
Vous avez entonné l'hymne du temps vermeil
Dans le vent qui froissa la gaze de vos ailes,
0 cigales ! Brisant ses enveloppes frêles,
Votre âme avec ce chant monta vers le soleil!
J'aurais voulu saisir cette âme harmonieuse
Et la faire passer tout entière en mes vers ;
J'aurais voulu sonner ses défis à l'hiver
Sur l'immortel clairon des rimes glorieuses...
Je n'ai pu raviver, subtil magicien,
Un souffle qui mourut dans la brume aurorale :
Telle dame Clémence aux mystiques jardins,
Philadelphe a ravi l'âme de la cigale !
( Applaudissements).

Toast de M. Simin Palay
Représentant de l'Escolo Gastoun-Febus

Enfin, M. Simin Palay, représentant à nos fêtes, avec M. Pellisson, de
l'Escole Gastou-Febus, — l'École sœur à Inquelle tant de liens nous
rattachent, et dont le président, M. Planté, vient de se faire inscrire
parmi nous, nous donnant ainsi un précieux témoignage de sympathie —
se lève et prononce un toast, spirituel à la fois et enflammé, &lt;n biarnès
pur e sari ce, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire in extenso.
Après nous avoir adressé le plus confraternel salut, il soutient que celui
qui est sân de cors e d'esprit trouve tout ce qu'il lui faut ena sio caso.
S'ils n'ont pas de vin dans la Montagne, comme s'en plaint Pellisson,
c'est qu'ils n'en ont pas besoin. A qui prétend qu'il en est autrement,
autant vaudrait dire « que sa mai l'arrefusc la U'il quan bade ».
(Applaudissements). Tout ce que nous pouvons désirer, nous l'avons d
noslo, et nous pouvons être fiers de « tout ro qu'ei veste; nou i a
» 'rrèt} que l'au búiie. Elloc mounde aula brtibvs, poulits, aunèstcs ;
» elloc nou troubcrats ço que troubats à boste ».
Si vous êtes malheureux, « qu'ei la bóslo òbro. » Sachez vous conten-

�168
ter de ce que vous avez. &lt;c Qu'auét lou mes beroy pats e las hennés las
» mielhes de toutes. E douve, demourat à case, Dtù ac bo. E surtout,
» nou mandét pas lous bostes maynadyes en cap de burcu ; mès hèt-né
n ornes d'éra tèrro ! » (Applaudissements). — « Soy estat deya hère
louvg », conclut notre cher Confrère, mais je vais vous dire ce que
sont les vrais Cadets de Gascogne ; et il nous fait entendre ses belles
strophes sur « Lous Caddèls de Cascougne », dont voici la première :
«
»
»
»
»
»
»
»

Biban ! Lous Caddèts de Gascougne,
Et toustém lous de l'aute cop ?
Ei toustém soulide la pougne
E segu lou pè dens l'esclòp !
En lou téns, hèi ! aquéste tèrre
Que-n dábe de la boune lèi ;
An toustém gnaquénte la hèrre
Coum lous d'autes cops lous de ouei ? »

Ces couplets énergiques sont salués par les applaudissements répétés
de l'assistance.

4. Chant d' « Era Coumengéso »
C'est enfin au chant à'Era Coumengéso, notre hymne régional — sur
l'air de la Toulousaine, mais avec des paroles différentes, exaltant era
gënt Coumengéso, et Nebouzai}, et Couserans, era balch garounéso,
notre « léijgo merbelliouso » et la vaillance de nos aïeux — que se clôture le banquet. Les couplets en sont chantés par M. Fabaron, l'un de
nos meilleurs lauréats de cette année, (accompagné par un aimable pianiste, par M. Bertrand Save, et par trois enfants que nous retrouverons plus loin), et l'assistance en reprend en chœur le refrain.
En attendant, la foule a augmenté dans le beau parc des Thermes.
M. de Bardies offre son bras à la Reine, en capulet noir, et l'on se rend,
bannière déployée, en longeant le pavillon sous lequel un globe do cristal
épanche des eaux transparentes, à l'estrade où l'orchestre déjà nous
attend.

HT. — SÉANCE SOLENNELLE DE NOS JEUX-FLORAUX
Dispositions générales
C'est au mileu du grand parc de l'établissement thermal que des sièges
ont été réservés, sous le kiosque de la musique, à notre Reine et à notre
Bureau. D'élégants fauteuils de bois courbé entourent une table au beau
tapis, sur lequel se déploient les livres de prix, les diplômes d'honneur,
les médailles de bronze, d'argent et de vermeil. De l'azur à peine nuageux,
à travers l'air pur heureusement rafraîchi par la bruine matinale, un
soleil doux descend sur les arbres et sur la verdure. Une assistance
nombreuse et choisie a déjà pris place à l'entour. Et lorsque la Reine, en

�166

capulet noir de Bigourdane, vient, au bras de notre Président, prendre sa
place sur l'estrade — tandis que l'orchestre attaque l'air de la
Toulousaine (qui est aussi celui de la Cournengéso) — de vifs applaudissements éclatent de toutes parts.
Puis, tandis que notre bannière étincelle à sa droite, notre Président
ouvre la séance par un charmant discours. Après lui, bien d'autres,
orateurs et poètes, vont se succéder à la barre ; nous allons avoir d'abord
des allocutions à caractère général, puis les Jeux Floraux proprement dits
(Rapport, Palmarès, Distribution des Récompenses), enfin une Séance
littéraire ; tout cela coupé de temps en temps par la musique et se
succédant pendant quatre heures entière?, sans que l'attention du public
ait paru se lasser un instant.
A)

PREMIÈRE PARTIE— DISCOURS

FÉLIBRÉENS

1. Discours de M. de Bardies
Président de l'Escolo

Gracieuse Reine des Jeux-Floraux,
Aimables Demoiselles,
Mesdames,
Messieurs,
La région des Pyrénées centrales offre une infinie variété de beaux
sites ; VEscolo deras Pirenéos n'a donc que l'embarras du choix pour
tenir sa cour ; mais, comme elle espère vivre longtemps et prospérer de
plus en plus, elle prendra ses fleurs dans tous les jardins que les Ecoles
félibréennes voisines ont laissés à ses soins, depuis les limites du SaintGironnais vers le pays de Foix jusqu'au territoire toulousain de VEscolo
Moundino et jusqu'à la Bigorre et à l'Armagnac, qui appartiennent à
VEscole Gastou Eébus, dans les vallées du Salat, de la haute Garonne,
de la Save, de la Neste, de la haute Gimone, sur les coteaux, sur les
monts, arrêtée seulement par la superbe et gigantesque barrière naturelle
que la Providence a jetée entre la France et l'Espagne, comme pour
maintenir leur amitié en leur enlevant tout motif de jalousie. Salut au
Nébouzan, où nous sommes venus cette année fêter la langue des ancêtres
dans la verdure et la joie, grâce à l'aimable aecueil de la Municipalité de
Barbazan et de la Direction de l'Etablissement thermal !
C'est que, par une rare fortune, le pays pyrénéen n'est pas seulement
un des plus beaux du monde; il en est encore un des plus intéressants
au point de vue historique, quoique trop peu connu, et il en est, si je
puis le dire, un des plus vieux.
Où remonte, en effet, ce peuple des Convènes, que nous trouvons ici
aux limites les plus reculées de la chronologie et qui faisait partie des
Ibères, la plus ancienne population du Sud-Ouest de l'Europe? Comment
se rattache^t-il aux tribus préhistoriques qui ont laissé leurs traces dans
la grotte de Gargas ? On ne le saura jamais, mais on sait que le nom de
Barbazan fut fièrement porté pendant plusieurs siècles par de vaillants

�167
chevaliers, qui ont marque dans les épopées méridionales. L'un d'eux
appartient même à l'histoire de France : Arnaud Guilhem, baron de
Barbazan, s'illustra sous Charles VI et Charles VII, battit les Anglais à
la Croisette en Champagne, fut inhumé à Saint-Denis à côté de du Guesclin, et mérita, soixante ans avant Bayard, le surnom de chevalier sans
reproche. Quelques-uns de ses biographes et le petit Larousse lui attribuent même le surnom tout entier du grand Dauphinois ; mais, si un
Gascon peut être flatté d'être trouvé sans reproche, il ne le peut d'être
trouvé sans peur, car, comme le remarque Montluc, le courage militaire
est la marque même de sa race.
Ce château de Barbazan, où résonnèrent pendant de longs siècles les
éperons des guerriers, n'est plus habité aujourd'hui que par les Grâce».
Mais savez-vous quel langage frappait jadis ses murs épais ? Le langage des chevaliers et des dames, comme des vassaux, était celui qu'on
ne voudrait laisser aujourd'hui qu'aux valets, notre si doux à la fois et
si fort parler gascon, vraie langue néo-latine au même titre que le français, langue chaude comme le soleil du Midi, nette comme les horizons
des Pyrénées, pure comme ses eaux, sonore comme ses cascades, le
parler des troubadours, le parler du général de Barbazan, l'un des plus
purs patriotes du xvme siècle. Comme lui, nous aimerons notre belle
grande patrie, la France, jusqu'à donner gaiment notre vie pour elle;
mais nous n'en chérirons pas moins notre petite patrie provinciale, humble joyau du riche écrin national, infiniment précieux pour nous dans
son sol et ses habitants, dans leurs traditions et leurs coutumes, dans
leur costume aussi, mais surtout dans leur langue maternelle; Français
toujours, Gascons quand même !
( Vifs applaudissements.)
Discours de M. l'abbé Dufor
Vice-Président pour le Haut Comminges
SUR

LES PRÉCURSEURS DE NOTRE FÉLIBRIGE COMMINGEOIS

■

Mesdames, Messieurs,
« Era Scòlo deras Pircnéos » a pour but principal de « maintenir et
de relever la langue gasconne du Comminges et du Couserans, ainsi que
de conserver et de réveiller les traditions et les usages locaux ». N'allez
pas croire pourtant que nous sommes des retardataires, uniquement
soucieux du passé. Nous sommes, au contraire, dans toute l'acception
du mot, des hommes de notre temps, désireux de tous les progrès vers le
bien et de toutes les réformes sociales possibles.
Ne croyez pas non plus que, parce que nous nous efforçons de développer la vie régionale de notre cher pays, nous l'aimons à l'exclusion et
au détriment des autres provinces. Non certes ; notre amour et notre
dévouement pour la petite patrie ne nous feront jamais oublier l'amour
et le dévouement que nous devons à la grande. De même que le fier

�168
génie qu'était saint Paul se dressa devant la police romaine en lui jetant
à la face ce noble défi : Civis romanus sum, ainsi sommes-nous fiers au
delà de toute expression d'être et de nous proclamer citoyens français.
Inutile d'insister ; vous connaissez nos sentiments, notre patriotisme,
et c'est pour cela que, depuis sa fondation, vous n'avez cessé d'encourager, d'entourer « Era Scòlo deras Pirenéos » de votre sympathique concours.
#*#

En 1905, nous venions de naître dans la vie félibréenne. C'est à
Saint-Gaudens, notre berceau, qu'eut lieu notre première fête. Elle eut
l'inexpérience et la timidité de l'enfant. Notre chef-lieu saura prendre sa
revanche et nous faire un accueil digne de lui, lorsque, ayant parcouru
le cycle de notre vaste domaine, nous lui reviendrons en lui disant.
« Voilà notre œuvre ».
L'année 1906 nous avait vus grandir assez rapidement ; nous étions
près de 200. Aussi fûmes-nous nombreux à Luchon, et nos premiers
Jeux Floraux ne manquèrent-ils point d'un certain éclat. Nous resterons reconnaissants à la « reine des Pyrénées », à ses dignes représentants et à sa bonne population de nous avoir accueillis avec l'empressement, la courtoisie et la bienveillance qui leur sont familiers.
Nos Jeux Floraux de 1907 eurent lieu à Saint-Girons et se signalèrent par une splendeur exceptionnelle. La foule fut immense. La reine
inoubliable de céans, l'honorable chef de la municipalité, l'éloquent
député de Pamiers et nos distingués confrères ariégeois, tous surent
faire grand. Seul, le temps fit quelque peu faillite à nos espérances.
N'importe, « le pays des hommes et du fer » pourra compter cette fête
parmi les plus belles de son histoire.
Nos excellents confrères du Bas-Comminges et du Gers auraient bien
voulu nous fêter cette année dans une de leurs charmantes et hospitalières cités. Ils ne nous en voudront points, si nous avons insisté en
faveur de Barbazan-les-Eaux. L'idée en revient (rendons à chacun son
dû) à notre reine de l'an dernier. Pendant le banquet, elle glissait discrètement à l'oreille de son voisin commingeois cette confidence poétique : « Saint-Bertrand et les environs seraient un beau cadre pour vos
Jeux Floraux de l'an prochain ». Les successeurs des troubadours
d'antan, vous le pensez bien, ont saisi au vol cette pensée, comme une
inspiration patriotique.
Nous remercions vivement M. le Maire Dombernard, l'Etablissement
des Thermes, les populations de Barbazan, de Loures et des alentouis
d'avoir su nous prouver que nous ne nous sommes point trompés en
comptant sur leur concours et leur sympathie. A notre tour, nous nous
en voudrions de vous fatiguer par de longs discours.
Pour ma part, je ne veux que vous présenter en quelques mots les
quatre Commingeois qui nous ont ouvert la marche dans l'étude et l'écri-

�169
ture de la langue gasconne :
Cazaux, Raymond Fages.

Victor Cazes, André Bouéry, Jacques
#

# #

Fils de Barthélémy, avocat au Parlement et député à l'Assemblée législative, Victor Cazes servit dans les Houzards de la Mort. De retour au
Comminges, il se fit remarquer comme naturaliste, archéologue, artiste
en miniature et « empalhaire d'audêts ». A 70 ans, il se révéla poète
patois :
Ce latent, dans sa tête, un beau jour se trouva.

Sa muse, quoique vieille de quatorze lustres, sut prendre tous les
tons ; elle fut épique dans Era rebòllo des Barousséns 1 — idyllique,
élégiaque dans Et testament d'uo Vebe, martyrisado pes cas — dramatique dans Eras pereiiguèros detcli cbtek detcli llo — pastorale dans
Era clouco è sos pourits, Et nin dets audèts, Et prinléns è 'ras flous.
Écoutez le début enflammé A'Era rebòlto des Barousséns :
«
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»

Hardits ! géns de Maulioun, d'Esbarètch, dé Troubatch !
Et moumént ei bengutch, Paris s'ei réboultatch.
Qu' an accassatch et Réy dap touto sa familho.
E qu' an metutch etch hùéc laguéns era Bastilho.
Et palai de Nulhy que l'an tout rabadjatch ;
Pilhadjes de tresors, toutis n' an proufitatch.
Aném, goujats, hilhém : « Bibo 'ra Republico !!! »
Sautém touts as fusils e gahém era pico,
Denòste recebur coupém es controbénts ;
Eschasclém et burèu, hiquém-mous touts laguéns.
Hèm crema sòs berbals, toutos eras couplos
Qu' Ibòs sinhiflquèc aquéstìs darrès dios.
Se Beziado paréch, que le mous cau nega ;
Dab un courdètch en côtch l'y pouyram roussega.
Sèro, brido, chibau, tout laguéns era Ousso !
Nou s'en parle pas mès, d' üissiès', ena Barousso !
Coumissáris de bin, cùelhedous, usuriès
Seran touts acassats : taqué tan de mestiès !...
En pount de Paloumau aném libra batalho
As gardos fourestiès, à touto 'ra noublalho !
E tu, Gùaus Sarradètch, tu, balént Laflingoun,
Metét-bous toutis dus at cap det batalhoun.
Pujém tat campanau, souném eras campanos ;
Es biladjes besis seran nòstos coumpanhos.
Barousséns, marchém touts,... aném-mous hè balha
Des bòsques es papès, 'nço de Baquè d'Anla.

t. Dans les citations que nous donnons, nous modifions légèrement l'orthographe pour
la rendre plus correcte.

�170
C'est le guerrier, le houzard de la Mort qui se révèle dans cette pièce.
Rien au contraire de triste et de touchant comme ses Adiéus ara Muso :
«
»
»
»
»
»
»
»
»
»

Des bèrses qu'ei jou hèts aciéu soun es darrès ;
Aro qu'et digui adiéu, ô Muso det patouès...
Lèu que hara siés ans, souléto, abandounado,
Cercauos lotjomént per touto 'ra countrado.
Touts qu'et troubauon lèjo, è't langadje groussiè ;
Que nou couneguió rés et prêts de toun paè.
Atau, un bètch maitin, de hame touto mòrto,
Que benguéres tusta dauant era mio pòrto.
Jou, bé t'én brémbo plan, jou, praube coumo Jòb
T' auriri dap plasé, t'aimèri tout at cop.

))
»
»
»
»
»
»
»
»
»

Mes aro que sòy biélh : nou t pôdi mes segui ;
En demoura dab jou, que pouderios langui.
Bè-t'en, praubino, bè-n, tu frésco de jùenésso,
A de mès jùens galants pourta 'ra tiou richésso.
Siòn urousis dab tu coumo jou sòi estat !
Coumo jou t' ei aimado, éris sâbion aima-t !
Mémo miélhou qne jou que sâbion apercébe
Quin ei un gran tresor de poudé-t arrecébe !
Adiéu! Qu'et plouri bièn, è, tant qu'existarèi,
Ah ! Muso, dab bounur de tu qu'em brembarèi !...

Si Victor Cazes était grand et svelte, André Bouéry était de petite
taille, chétif, presque invisible ; chez lui, la lame usait le fourreau. Il
était né à Aspet dans la première moitié du xix° siècle. Son âme était
éminemment artiste et campagnarde. Il fut à la fois musicien et poète. Ses
compositions sont délicates, gracieuses et doucement mélancoliques :
C'est cette note qui domine dans ses Cansous del Campanè d'Aspet '.
Sa manière est bien différente de celle de « Bictor Cazos ». L'un est
plus vigoureux et plus rude, l'autre plus gracieux et plus doux ; celui-ci
est plus idyllique et plus citadin, celui-là plus épique et plus montagnard.
Le premier a parfois des mots trop français et des rimes trop insuffisantes ; le second, plus correct, plus soigné, est peut-être un peu précieux
et attifé. Le pinceau de Cazes, plus hardi et aux couleurs plus fortes,
procède quelque peu de Victor Hugo ; celui de Bouéry, plus timide et
plus tendre, de Lamartine.
Vous avez entendu quelques extraits des « Massouquéts de SénBiatch » et des « Clauarisses de Sen-Bertran » de Cazes. Savourez
« Paysanl de Cagii o », de Bouéry :
I.

Les dix

cloches du canlion

d'A-pet

jouent tous les airs de Bouéry, — sous les

doigts, naguère, de son ami • Guillémoun ».

�171
« Era damo d'aquét castètch
» Que m'a dit : Paysant de Cagiro,
» Lògo-t dab jouj Toun musturètch
» Nou bau moun parí, blanc coumo ciro ».
— )) Sió de ségle, sió de carroun,
» Madamo, ç'è jou dit, dab hame tout que passo ;
» Mès pan, nou n'i-a pas d'auta boun
» Qu'ét de caso, crouchitch sus plaço ».
(( Era damo d'aquét castètch
» Que m'a dit : Paysant de Cagiro,
» A caso mió tout n'é ta bètch
» E ta ludént qu'es gùélhs ne tiro ».
— » At praube paysant mau s'escai,
» Madamo, ç'è dit jou, d'aué lòdjo daurado !
» Et teulét estrét de papai
» Mès qu'et bòste que me n'agrado ».
» Era damo d'aquét castètch
» Que m'a dit : Paysant de Cagiro,
» A caso mió, councèrt nauètch,
» De bèro gént tout dió n'atiro ! »
— » En es nòstis bòsques tabén,
» Madamo, ç'è jou dit, musicos i-a de bèros ;
» Edj arrouchinó qu'arreprén
» Eras cansous deras guelhèros ».
« Era damo d'aquét castètch
» Que m'a dit : Paysant de Cagiro,
» Lògo-t dab jou ; dab lou capètch,
» Mous bailéts de moussus qu'an tiro ».
— « Paysant jou que só tout sancés,
» Madamo, ç'è dit jou ; de cambia nou s'i ganho ;
» Paysant, mès Chrestian, mès Francés,
&gt;) Ara mòdo dera mountanho ! »

.Jacques Cazaux et Raymond Fages ont, eux, brillé surtout par la poésie satirique et gauloise. Rs ont été contemporains de Cazes et de
Bouéry.
Natif de Montrejeau et longtemps domicilié à Ausson, Cazaux exerça
l'humble profession de tailleur ; il savait à peine lire et écrire. Au physique, il était plutôt petit que grand, mais très fin et à l'allure très dégagée. Comme les anciens troubadours, il allait dans les collèges, les
châteaux, les établissements publics lire, déclamer, chanter ses poésies.
Partout, il était acclamé. R en est peut-être quelques-uns d'entre vous,
Messieurs, qui l'ont entendu et applaudi dans ses tournées triomphales,

�172
ou qui, du moins ont lu et relu son « Vallon de Rivière », — « Une noce
de campagne », — « Bùédo pôchos è traïassiè », — « Rigolétto e Menchicoff », '■— « Birabén e Paloumè », — « Les misères du poète ». —
Cette dernière pièce, en particulier, est admirable de naturel, de mouvement et d'esprit gaulois. En voici les premiers vers :
«
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
&gt;)
»
»
»
»
))
»
»
»

Nechut a Mourrejau de iou praubo familho,
Qu'èm estats dèsossèt sénse aué nat asilo.
Praube pay ! praubo may ! b'an agut à soufri
Enta mous neurl touts : cent cops mès bau mouri !
Bous poudéts figura iou misèro coumplèto !
Que mous calió minja bien soubént sens' assièto,
Qu'èrom sùén sénse pan ; ço de mès malurous,
Nou gousa demanda, per èstc bergounhous.
Eras mious praubos sôs plan que mous ajudáuon ;
Quan auriòm mès gagnatch, tout que mous ac minjáuom.
Encaro n'aùiòm pas et bénte trop sadoutch ;
Ço qu'aùiòm en ta très, m'ag auriôi minjatch tout.
Enfin, en mous hè grans, sénse bric de bergounho,
Cadun se décidée à préngue sa besounho,
E jou, tout et prumè, m' héren amassa bùòs,
ïab un tistalh en bras, tantôt enas esquiôs,
E'ncaro tout traucatch ; qu'ey calió méte palho ;
E det mèn panteloun sourtió dus pans de tùalho ;
Que courriôi tout descaus, fauto d'aué souliès,
E sus cado calhau m'escourjàuoi es pès.
Quan tournáuoi, et sé, tout arroussatch de péno,
Moun tistalh èro bùétch ensl que ma bedéno ;
Es nôstes alabéts, sénse cap de proucès,
M'enbouiàuon tat liét à côps de tira-pès,
Dab et bénte tout bùétch judjats quina grimaço !
Qu'èroi eslangouritch coumo 't biélh can de casso...

»
»
»
»
»
»
»
»

Que tenguéren à caso un counsélb. de familho,
Papai, marnai, pairin, moun ouncle, 'ra siou hilho,
Enta delibera sus et mèn triste sort ;
Demourèren tres diòs sénse es méte d'acort.
Jamès n'èy entenutch un parèlh calhauari ;
Ets us qu'auriòn boulutch hè-m curé, betrinári,
Ets autis, aboucütch, médecin, proufessur ;
Mès, fauto de dinès, qu'em metéren talhur... »

On est empoigné là, d'un bout à l'autre, par un intérêt toujours croissant... Oh ! le fin gascon ! ! !
# '*

M. l'abbé Fages Raymond a vécu plus des trois quarts du dix-neuvième siècle. Fi's d'un modeste tailleur de Payssous, il fit de brillantes

�173
études au Petit Séminaire de Polignan. Il passa presque toute sa vie
sacerdotale comme aumônier au collège de Saint-Gaudens. Il suffit de
l'avoir vu et entendu une fois pour se rappeler son œil vif* sa physionomie narquoise, sa parole toujours prête à lancer quelque trait. Il a parodié
plutôt qu'il n'a traduit les meilleures fables de La Fontaine. Son principal mérite est d'avoir connu, d'avoir gravé dans ses plaquettes les finesses de notre idiome commingeois et d'avoir ajouté quelques traits de couleur locale à ceux dont le fabuliste génial a si abondamment parsemé ses
chefs-d'œuvre. Pour vous donner une idée de son genre, un des lauréats
du concours lira tout à l'heure un échantillon de ses Fables vraiment
gasconnes, Era boup è 't pout.
#*#

Ah ! je pourrais proposer encore à votre imitation la noble reine qui
préside avec autant de dignité que de grâce à nos Jeux Floraux et qu'on a
justement appelée la « Muse Pyrénéenne », ainsi que l'auteur plusieurs
fois couronné de la Garlando et de Piréno. Mais, sûrement, je blesserais
leur modestie et je m'en voudrais de jeter l'ombre d'un nuage sur cette
fête toute de paix et de joie sereine.
Jeunes poètes, vous avez de qui tenir ; vos ancêtres obligent. Suivez la
voie glorieuse que vous ont ouverte les Cazes, les Bouéry, les Cazaux, les
Fages, les Bize de Saint-Gaudens, les Lozes de Valentine et autres
Gascons de race. Sachez, à leur exemple,
Sur des pensers nouveaux faire des vers antiques,

sous la bannière triomphante à'Era Scblo dcras Pirenéos. En avant,
àom : pro palria, pro [ocis, pro linguâ. En avant ! pour la patrie, pour
ses traditions, pour la langue gasconne !.. Toujours en avant !
Chant d'« Es Segaires » de M. Fabaron
— Cette péroraison chaude et vibrante est saluée d'unanimes applaudissements. Puis, M. Fabaron, de Labarthe-de Rivière, l'un de nos
meilleurs lauréats, nous chante, accompagné par l'orchestre, sa belle
poésie, « Es Segaires ». Les couplets en sont fort bien sentis, et le
refrain, très entraînant, repris presque déduite par l'auditoire. C'est
l'un de» plus beaux moments de la séance ; on applaudit avec enthousiasme. Nous comptons pouvoir donner cette œuvre musicale dans notre
prochain N°, avec les principales pièces couronnées.
— Ensuite, M. l'abbé Daubian, notre Vice-Président pour le BasComminges, s'avance à son tour, et c'est en gascon qu'il s'adresse à
tous.
3. Discours de M. l'abbé Daubian
Vice-Président pour le Bas-Comminges

A Moussu 't Baroui) de Bardlos,
Que m'auèts dat, aimable counfrai, era permissioun de-n presenta
a-n-aquéste ta poulit mounde damm'et praube coustume, è, autaplan,

�174
damm'et praube lengatje de ço-de-nòste ; que bou-n arremèrçi bièn.
Coumo'có, qu&amp; serèi mes fier. E, se, per asart, periclauo, jou, chourròto
d'arrén, que m'abriguerèi debat eras bôstos alos d'audèt maje deras
mountanhos Pirinéneos... E doune,
« Que sòi Gascoui?,
Qu'aimi caso mío 1 »
Arrèino,
Daunos,
Messius,
Arréri qu'aquéres dus mots, que nha prou enta-n hè préngue per un
paisant. E ço que i-a de mes dronle, que-n facherèi pas emproumou
d'acó. Qu'auèts arrasoui), que n tratterats de paisant, se boulèts
digue pr' aqulu que sòi un orne det pais ; un òme qu'aimo' rréde era
tèrro mairano damm'ets arrlus è'ras arribèros que l'arròson ; damm'
eras pianos è's tupès qu'au balhon de que biue ; damm' eras abitudos
des nòstes praubes ancièns, damme ço que hugèuon, punauon ou coustoudiuon desempus et brès dinco 'ra toumbo. E oui ! — que me-n
counfèssi, — auans de canta, era mio bouts arroucado qu'a escoutat es
poulides acòrs det passat, et gran musicaire de toustén. Qu'a coumprengut que se 'ra nòsto Garòno ei ta fòrto, ta balénto, ta pounpouso quan
se ba pèrde ena mar sénse houns, qu'ei emproumou des mainatjòts è
déras bèros drònlos qu'au pòrton eras aigos deras nòstos mountanhos que
tòcon en cèu. E doun, nous-aus tabén, hilhòts det Meidlo, qu'aufriran
ara Franço, era biélho maraéto, uio famuso hount de prougrèsses è de
fòrços bitantos, se sabèn aprouflta dera bouno lèit que mous béng deras
poupos dera nòsto neuriço, era Gascounho benasido. D'autes qu 'ac an
dit adejá ; à jou, que-n hè plasé de n souna encouèro er arrepic. Se bous
counbéng, que-n coundannerats quan auji acabat — siots tranquiles,
que prediquerèi pas lounténs ! — mes, que bous prègui d'escouta 'ra
mio leçoun. Que i-a pas que dûios linhos. Se Diu ac bó, era prumèro
que bous herá brenba de ço qu' ei un Gascoun ; era segoundo que bous
ensinhera perqué deuèn aima 'ra Gascounho. Emprumè,
I. Ço

QU'ÉI

un

GASCOUH ?

Que i-a pas prou de tamouèns ací ent' ac digue : que calerio counsulta er' istùèro det mounde, passeja s per toutes es camís è 'ras camiròtos
dera cibilisacioun. Aurissén-le, aquet libe poussierous, es mès amits ! que
beirán se poudèn èsie fièrres des nòstes pais !
1. — A ! Bous ac prouméti ; que mous maycauo pas et couratje,
aquéro sansúio d'òr deras granos ámos è des còs bien adoubats ! Quan hedéren eras pourcious, — i-a cauque tèns d'acó —, era nòsto 'rraço qu'estèc
prou mau partatjado. Le boun Diu que mous jitèc entremiéi dúios bòrnos
que couneguèts toutes :eras Pirinéos è'ra mar, dinco'ra Garono. Mes, sense counda qu'era tèrro que balèuo pasgran causo, qu'ent'arrepourta quaucarrenòtos, que boulèuo béue fòrço sudous, qu'èron pribades tabén de

�175
prèsque touto 'spèço de coumunicacious. Que de camin que calèuo hé à
pè ent' ana paga' ts imposes, ent' ana béne eis enfruts aras bilòtos, semouados à còps de hourounos ! Demaodáts-oc as pepis, aras mimis de caso
bòsto ! Leuats auans dio, un pouè 1 à cado man, uio désco sus et cap, tout
acò caperat d'un toualhét bien blanc techut de nau, que se-n anauon,
praubes paisantòts, caussades de grosses esclòts, malgré 't mâchant téns
ou 'ra calourasso, pourta's messius det cantoun ceridos, patanos, cèdes,...
dequ 'amassa cauques sòs. Aquéres arrebenguts qu' ajudauon à hè bouri 't
metau, à bouta un bricalh de grèch è de lart at trauès des cauléts è deras
mounjétos.
2. — rirabalha ferme, biue de poc, atau que hedèuon d'autes còps.
De talo manièro que i-auèuo plaço ena maisoun enta 't « famus I ach
de lai] », aoun besinauon tarjos grisos, peectos, escuts blans, è cauques
ouélhs de harri jaunes: tout just de qué balha uio petito legitimo as
drounlats maridadés, è de que-s sauba tabén uio péro enta 'ra sét. —
Coumo' auríon besoun, aro, d'aquéres etsémples baléns d'ecounoumio
pratlco, de galhardiso ounourablo, nous aus que sabèn pas mes leua un
pè, un bras,-sense mous planhe! Entout pensa a-n-éres, que mou senbleran mes leugères eras nòstos armos de coumbat, quinos que síon, pòrtoplumo ou arnéch, perbu que pousquen hè 'slourí era pensado ou 'ra tèrro :
tout ço qu'ei utile as mémbres, as frais dera grano familho qu'ei era soucietat, s'ei bertat, au-méns, qu'enta hè un mounde, que-n calhe de toutes
es goustes, de touto coulou ; s' ei bertat qu'er estoumac déue counda
damme 'r arrèsto det còrs enta crouchi tranquiloméns.. Entout pensa'an-aéres, anfin, que mous hiquerán cauques gramos d'aciè enas camos,
ena boulentat : qu' i seran pas d'arrèsto !
3. — Qu'auran pas tant de pou, alabéts, dets arrebenants que
saunejdn à tout 'ouro, quant un limbrét de priclado mous arrigo det nòste
soumelh bourgés. En efèt, s'ac calèuo; s' er estranjè 's menlauo de mous
en'hastiá ; s' era gran-mai, era Franço, cridduo at secours, talèu qu'entenèuon eras prumèros nòtos det elèroun ou det tambour de miaço, biste !
arressemblomént ! après un poutét dat as ùardiáns dera maisoun, damm' un
punhat de sòdes enapòcho, uio hourco, un boudoulh, un fusilh enas mas,
è 'ra pipo enes pòts! Nado diferénço entre 't trabalhadou de tèrro è'r'òme
aisat ou det castèt : ço que hedèuo erafourtuno der 'un, que saubauo era
bito der 'aute. Que-s prenguèuon p 'era man, que-s jurauon amistat è
ajudo dinco 'ra mòrt, è que se n anauon baté-s ou mouri, se Diu ac
auèuo marcat, ent' aquéros diiios causos sacrados que s'apèron : era
patrio, era familho !. Que se-n brénben d'acó, es maleroudes que s'aprèston à ganha batalhos entout bira 'ra cròsso de eu 'n sus ! En dehòro de
toutos eras oupinious, es nòstes deuanciès que s'ajunlèren toustén
deuant er' imatje que ludis mes qu'era mes ludénto deras estélos : era
Franço que mourirá pas !
I. « l'ouè » gros panier.

�176

Se boulèts probos, legissèts souloméns duios ou tres houélhos dera
bito passado.
Qu'ac sabèts coumo jou, desempus eras prumèros annados det mouyènatje, es Gascous que s'estanlèren en païs coumprengut entremiéi aquéros
nau bilos que hedèuon uio courouno à Auch que serbissèuo de capitalo.
Enta qué ? Ent' arremplaça aquéres fenians qu'auèuo arroussades era
trop bouno chèro dets Arroumèns, mèstres des Golouèses. — Un bricalh
mes tart, que i-a 500 ans, quan ets Angléses gouludes es boutèren en cap
de mous counsiderá pr'acl — si-bou plèt — coumo de quitis esclabos, que
troubèren à qui parla. Coumo camparòs que crèbon era tèrro, après uio
bouno sasoun de ploujo è de soulélh, qu'arribèren de toutes es coustats
a-n-un eop, es tarribles batedous que pretenguèuon de coumanda a caso
súio ; de fourni encùèro è toustén aras sùios hénnos, as sous mainatjôts
er' aire frésc è salutári dera sénto libertat. Que boulèren ara frountièro.
Coumo géns qu'agissen entout parla, — Du Bartas, d'Auch, que les
arrént aquét temouanhatje —, coumo bouldògous, coumo ll'ous meslèu,
que sautèren dessus ar'enemic, è qu'au boutèren deiiòro... Qu'auèn
aprengut ara 'scòlo qu'et Meidio que-s desbroulhèc presque tout soul.
Que-s dechèc amiá, emproumou que le boun Diu ac boulèuo, per uio
mainado, passado tout d'un còp general en chèf, p'era Bienerouso Jano
d'Arc. Mes, que sabèn tabén qu'es prencipaus capitánis que s'aperauon
La Hiro, « et gaujous bailét de eue », Xentralhos que debenguée maréchal de Franço, è... escoutats bièn!.. Guilhaumét de Barbazan, que pourtèc — que bous ac bén de digue et Presidént — auans Bayart, et poulit
subriquét de &lt;&lt; chibaliè sense nat arrepròche ». Famuses sounlats,
de-sigu, sampa emproumou qu'auèuon et nòste esprit, et nòste có !
Que pouyrion etsamina, anfin, s'es nùstes amits d'aro, ce diguen, pôrton es blaus des pechits que les balhèran ets arredoutables Armanhaquéses d'Èuso ou d'alhürs, è, quan se calouc souméte, det tour que les jouguèren entout hè puja sus et trôno un d'ères, Anri qùate de Pau. Mes,
belèu que bous présenterai moustardo après dinna, è que-n tardo de bous
digue
II.

PERQUÉ DEUÈN AIMA

'RA

GASCOUNHO !

Que m'arrespounerats, at soulide, ço qu'arrespounouc un dfo un drounlot de liéit ans —■ que nechèn fìlosòfos nous-aus, è 't nòste aimable
secretari general que-n diguera pas et countrári — à-n-un bouhòlo de
bacheliè qu'au demandauo perqué aimauo eras flous. — « Jè, — emproumou que soun poulidos ! ». Que-n sénblo qu'ei beròio era Gascounho !
Que-n prenguerats pas per un cousin de Tartarin de Tarascoun, se sousténgui que mous preferán era capo det nòste cèu, eras estélos è't soulélh
que mous esclairon, et panét que minjan, et binòt, mémo er'aîgo que
beuèn — que-n passi, è d'arréde enteressént pracó, ei pas bertat, Daunos
è Damaisèlos ? — que mous preferan tout acó à tout er' arrèsto dera
1. « Xentrailhes », Elymologie : Sto Aralho, Slo Eulalie.

�177
creacioun ! Demourén, demourén, es mès amits, demourén estacades per
toutes es nèrbis, per toutos eras bénos à ço que mous an dechat es nòstes. Qu'i trouberan :
1° Er' endependénço. — « Caséto mio, per ta praubéto que sio ! » :
qu'èro bertat anciènoméns, que-n sera douman è tousten. Que mous pot
hè à nous-aus gens dera campanho, en dêhòro de quaucos arraros circounsténços oun digun nou mancarío ar'apèl, que mous pot hè era grano
bilo, era capitalo oun demòron es mecanicièns dera machino soucialo ?
0 ! se nou-n troumpi, qu'ei pas et goubernomént que pintro es cabélhs
d'òr des blats, que hè nèche è madura et milhòc, eras patanos, ets arradis ; qu'ei pas et goubernomént que pllo 's nòstes prats de flous è de
hén, qu'ei pas ét qu'ensinho à canta ats audèts p'es bòsques, aras
aiguétos p'ets arrius è'ras hounts ! S'au marcandejan pas, enta bouta
't dit à chibau sus et pan, ni 'r argént ni 'ra sang, qu'au demandan pas,
en escambi, qu'era tranquilitat. Se mous proumetèuo uio taulo — nenni !
que m'esprimi mau — un arresteliè bien garnit, que mous arrepelerfon et
couliè det can dera fablo ; qu'aimerion miélhou courre oun se boulhe que
d-emoura acroupits deuant uio grepio : er' animau que-s jàs pertout,
er'òme qu'a besoun d'esmiralha s enas estélos ! Après tout, que pòden
prega Diu qu'i anassen pas trop noumbrouses a caso súio, es Parisiéns : que les panarion eras plaços eras mes bounos, mémo 'ra
Presidénço der' Arrepublico !...
2° Er arrespèc. — Nou déue arrén à digun ; èste sùa-mèmo er' oubriè
dera súio fourtuno ; ùarda en es ùélhs dets autes sense les cranhe, acó
qu' ei un punt d'orgulh bièn permetut. E pracó, que eau pas que mous
empache de les arrespecta, de les decha, de les bouta, a-n-un besoun,
cadun à sa plaço. Praub' arrespèc! Qu'ei, ét, debengut ? Que se n ei
anat en chicos è micos 1 ; peras tutèros dera feblésso ou dera camaraderio mau coumprengudo è se tournan pas mounta 'ra còsto, que-n
perderán dinco 'r' idèio ; que finiran per mous englouti en plegount precipici der' anarchie Ets ainats de jé, à bint, à trénto, à quarant' ans,
que n'auèuon pas era pensado d'arrepoutega, quant et mèstre, era mastrésso de maisoun coumandauon caucarrén. Capbachades, qu'escoutauon
damm'arrecounechénço es counsélhs plies de sagésso que les dauon ; que
diguèuon « bous », coumo s' auèuon boulut prouba qu'a n-uio 'scalo es
barrous que soun ets us at dessus dets autes, qu'uio armado serio pas uio
armado sei-embouiauon pas qu'ofleiès. Que sabèts oun ne son aué è 'ra
purgo que calerá préngue, se boulèn ùarl.
3° Uio lévfjo parfèlo. — Que n'ei prou dit atau ; que bous ei hèts
badalha, è, qu'ac sentíssi, que-n bats crida de m'assiète. Que m'escusarats
de bous noumenta uio darrèro 'arrasoun de poutouneja de més en més
era tèrro mairano : qu'ei emproumou de soun lengatje.
Ent' ac coumpréngue, que bous calerío era bouts de Jasmin, de
1. En chicos è micos « à petits morceaux, insensiblement ».

�178
Mistral ou de milo d'autes artiflciès qu'an hèt è que hèn arretrani deras
sûios beritablos fusados de houéc eras pianos ou 'ras mountanhos det
Meidio. Fauto de miélhou, que bous desbrenberats et miserable paraulis
quebenguèts d'enténe, è qu' escouterats debisa et brabe mounde dera campanho. Que beirnts, alabéts, ço qu'ei era luts, er' aigo de roc. Que
despénen pas saliuo enta-n'-arrén, ères. Se cau canta ou ploura, que
canton ou que plouron ; se eau arride, qu'arriden ; se s eau trufa-s, que
mouchègon toustén en boun endrét : cado mot qu'arressémblo â-n-uio
punto de hèr caut que s'enfounço en bouès mòtch, è que s'i colo autan
qu'et lapas et mes escarrahelhat sus era pèt d'un can. Que sio enta 'ts
ahès, enta-s coumplimenta-s, entaTs disputa-s, enta 'scrlue en bèrs ou en
pròso, pertout que trincon coumo espasos d'aciè, escrilhs de brounze.
Que la decherats pas pèrde, es mes amies, aquéro léngo ensourcelairo
qu'an parlado 's nòstes. Emprumè, que serio lèt d'aué bergounho de ço
que mous a crounçades, endroumides; que perderfots, après, damm' éro,
et mouyèn de bous arrecounégue, de bous sousténgue, de bous aima.
Enta nou hè digun de jalous, at coustat det francès, sus et mémo sièti,
que placerán et gascoun, soun frai bessoun : que les passejerán, que les
aleiterán ensémble. Alabéts, que demourerán paisans arrespectables ;
al.ibéts, coumo diguèuo caueiin que s'i couneguèuo (Mu Ste Beuve),
« que s'apercebera 't mounde que i-a pas coumo 'ra Gascounho enta
balha granho de fòrço è de brabétat ; alabéts, qu'arrealiserân et famus
arreprouè : quant et îerrén bo pas proudüi arrén, qu'i eau semoua
Gascous ; ères, que pousson pertout : » Après acó, que serà pas trop de
crida auta 'rréde que pousqui :
(( Bibo 'ra Franço, oui, mes, tabén : Bibo 'ra Gascounho ! »
(Vifs applaudissements).
Parla de Pegulhai), cantoun de lioiilônlio (Haiito-Garouiro.)

4. Discours de M. R. Iiizop
Délégué de la Fédération Régionaliste Française

Mesdames, Messieurs,
La Grèce antique, cette grande aïeule du régionalisme, avait quelques
sanctuaires insignes entre tous, où les cités hellènes venaient honorer
par des jeux solennels les dieux de la race, les héros éponymes, l'âme
même de la patrie.
La religion, l'esthétique, le patriotisme concouraient par un harmonieux déploiement des manifestations les plus hautes de l'activité
humaine à l'exaltation du génie national. Les lentes théories des éphèbes et des vierges d'Hellas se déroulaient hiératiquement à travers l'ombre
des bois sacrés et la blancheur étincelante des marbres. Les poètes, les
philosophes lisaient leurs chefs d'œuvre devant les mêmes foules enthou
siastes qui venaient d'applaudir l'athlète vainqueur aux jeux du disque ou
aux courses de chars. Tous luttaient pour la même palme qui devait
immortaliser le nom de leur race et celui de leur ville.

�179
Les civilisations s'effondrent, les siècles s'accumulent ; les hommes se
plaisent toujours à retrouver, dans certains sites vénérés et dans certains
rites, une communion plus intime avec le génie patrial et l'âme des ancêtres. Nos fêtes félibréennes ne sont-elles pas un peu les jeux Olympiques
de notre nationalité provinciale renaissante, puisqu'elles groupent, dans
la célébration d'un même culte pour leurs vieilles gloires et leur antique
parler, tous les fils pieux de la Gascogne montagnarde ? Chaque région
méridionale où fleurissent les Jeux restaurés il y a cinquante ans au
pays d'Avignon par les Sept de Fontségugne est une province qui revit.
Ah certes ! que ces mots de nationalité provinciale renaissante n'effarouchent point certains timorés ! Il ne s'agit pas ici de je ne sais quel
séparatisme qui serait criminel s'il n'était un vain mot. Il s'agit de rendre
à notre province sa place et sa fonction dans une patrie plus forte parce
que plus harmonieuse. Il s'agit de rendre à nos concitoyens cet orgueil
de leur coin de terre qui leur donnera la joie et l'ardent désir de travailler pour rendre le pays natal plus riche et plus beau; cet orgueil qui
protestera par la parole et par les actes contre cette démarcation humiliante qu'établit entre les Français le terme même de provinciaux.
Le problème de la Décentralisation ou plutôt du Régionalisme (pourquoi employer un terme négatif pour désigner un système fondé sur les
réalités les plus prochaines?) sollicite depuis bien longtemps les philosophes, les politiques et les sociologues. Mais tous ces constructeurs de
cités nouvelles bâtiront sur les nuées, tant que les provinces n'auront
pas reconquis, avec un amour obstinément passionné, les éléments tangibles de leur renaissance : les traditions, les coutumes, l'art provincial et
surtout le langage et la littérature du terroir.
C'est en déchaînant d'abord en Provence, puis dans toutes les provinces du Midi et, par un choc en retour, dans la France entière ce grand
courant de sympathie pour les traditions locales menacées, que le Félibrige a été le grand initiateur du mouvement régionaliste contemporain.
Certains Francimands, même décentralisateurs convaincus, ont beau
sourire avec un certain scepticisme railleur, ils n'eussent jamais pris
conscience de leurs doctrines, eux régionalistes Flamands ou Lorrains,
sans l'ébranlement initial donné par les premiers félibres et la doctrine
de Mistral.
Si les gens d'outre-Loire eux-mêmes ont vibré aux accents de cet
évangile de lumière et d'harmonie, nous l'avons vécu, nous autres Gascons et Occitans, frères de race et de langage des Provençaux. Après le
Languedoc des Roque-Ferrier, des Achille Mir, des Fourës, des Estieu,
des Perbosc, c'est la Gascogne, — toute la Gascogne, — celle des plaines
et celle des montagnes, qui se relève joyeuse et chantante dans la rose
fraîcheur d'une aube pyrénéenne. L'Escolo deras PirenéOî peut légitimement s'enorgueillir entre toutes de réaliser cette indissoluble union des
revendications traditionalistes et linguistiques avec l'idée de décentralisation et de renaissance régionale. Nos fêtes de Saint-Girons l'an dernier furent un événement et une révélation ; celles de Barbazan affirmeront

�180
éiiergiquement notre volonté de vivre et de lutter pour la beauté de la
province et la gloire de la race. N'avons-nous pas celte'puissance d'apostolat que Mistral exalta dans un inoubliable sirventés :
Aubouro te, raço latino,.
Souto la capo dóu soulèu ;
Lou rasin brun boui dins la tino ;
Lou vin de Dièu gisclara lèu !
« Relève-toi race latine — Sous ton manteau de soleil ; — Le raisin
brun bout dans la cuve ; — Bientôt jaillira le vin de Dieu ! »
Le cadre de notre fête lui-même proclame hautement cette signification. Cette haute vallée de la Garonne est bien un de ces lieux d'élection
où les races aiment à retrouver les titres de leur noblesse.
Là-bas, près des frontières d'Espagne, les aiguilles de marbre du pic
de Gar évoquent l'agreste religion des Celtibères, adorateurs des montagnes divines. Plus près de nous, l'acropole du Comminges, la cité du
grand Pompée et de Bertrand de l'Isle-Jourdain, notre Lugdunum des
Convènes, enserre dans ses remparts croulants et dans les altières murailles de sa basilique l'histoire deux fois millénaire de notre province. Ici
même, les tourelles du manoir de Barbazan évoquent les fastes de cette
illustre famille de Gascogne dont un des fils lutta parmi les compagnons
de Jehanne pour la reconquête du sol français. La localité voisine de La
Broquère elle-même vit naître au XIII3 siècle un ancêtre de notre félibrige
commingeois, le troubadour Amanién de la Broquèira.
En écoutant ces fières leçons de la terre, des monuments et do l'histoire, nous ressaisirons mieux cette personnalité atavique obscurcie par
les préjugés centralisateurs. Nous apprendrons à appliquer comme un
infaillible critérium le poinl de vite régionalistc à l'étude de tous les
problèmes que soulève l'avenir intellectuel, moral, social, économique de
la grande aussi bien que de la petite patrie.
Le régionalisme est avant tout un idéal et une méthode. Il nous incite
à préparer le règne de l'ordre dans la cité humaine en organisant notre
vie et nos gestes d'après les secrètes harmonies que nous imposent les
expériences accumulées de nos ancêtres, les ressources de notre sol, le
climat de notre ciel, les lignes immuablement pures du paysage natal.
C'est parce que cette harmonie du sol et de la race n'est nulle part
affirmée avec plus d'ardeur enthousiaste, que la Fédération Régionaliste
Française, cette grande et agissante amitié, ti;nt en ce jour à affirmer sa
confraternité avec les vaillants félibres de VEscolo deras Pirenéos, son
ardente sympathie pour la patrie pyrénéenne, la patrie des Gaston-Phébus et des Henry IV. Et le salut enthousiaste de tous les régionalistes du
pays de France ira vers celle qui est parmi nous la vivante et gracieuse
incarnation de cette patrie pyrénéenne renaissante ; vers la Muse qui
arbora l'olivier félibréen sur son capulet sombre de Bigourdane, vers notre
reine de poésie, Philadelphe de Gerde !
(Vifs applaudissements).

�181
— Comme répondant à l'hommage qui lui est adressé, la Reine
s'avance alors elle-même à la barre. Un vif mouvement d'attention se
produit dans, l'assistance, bientôt profondément saisie et touchée jusqu'au
fond du cœur par des accents plein de passion patriotique.
4.
«

Discoups de la Reine

PHILADELPHIE

DE

GERDE

»

Miés cars frais,
Eds hilhs d'uomadeeho caso, per tant louegn que ra bito oùs aye esparricats, s'amasson u dio ou-d aute, mabuts pe ra yoio ou ped malur, sio at
tour d'u hesti de nouço, slo at pè d'u bressou nau, sio, ailas ! daban quauco
hosso heresco.
Qu'ei atau qu'aperats pe ra Bouts de ra Mountagno, eds hilhs de ras
Pirenéus soun benguts oué en grano trouperado enta-d-aci, coumo qui dits
enta caso louo. Mes que s'ei dounc passat d'estraourdenàri, disat-me, enta
que siam benguts atau tantes e dab tanto de haco ? Em de nouços ou de
dol?
Ço qui s'ei passat, miés frais, n'ad sabem que trop pla touts e tantes
qui-aci èm... Mes qu'èi, you, ra coustumo d'ad counda cado cop qui-m
trobi en amassado felibrenco.
Ei dounc que, l'aute cop, — i'a pas tant de tems qui semblo ! — uo
bando mauhassèro es hiquè per nousto ença, i tuè touts eds qui i-èron, s'i
prenou tout ço qui-i balè e puch boutè-d houèc enos soubros... E qu'ei
despuch labets e pourmou d'aquerò, qu'èm, tout ad cop, en gran dol e-n
grano nacèro à nousto.
Mes qu'èt belhèu drin estounats et que m gardât dab àncio. Pertant n'èi
dit sounque ço qu'èro.
Gnam, ei bertat ou nou, disat-me, qu'u dio — o negre dio! — Simoun
ed Maladit, aquet hlèu de" nousto raço, passé coumo u Atila à trabès ed
païs d'Oc, tuant, pilhant e brutlant tout ? Ei bertat ou nou qu'à dus pas
d'aci es trobo ra lano de Murèt ount cayoa, u dio mes negre encoro, luttant u darrè cop pera defenso ded sue dret, touto r'eslou de nousto raço
bèro ? E enfin! ei bertat que despuch aquet tems, nouste païs, enyustamen e herautamen counquistat, s'ad a bist, à bèts drins, tout tira, tout
prene, tout pana ! Sués dequés materiaus d'abord, sués tresors artístics e
mouraus en seguido ? Dentio sua praubo lengo mai qui, despuch, à tout
prepaus, de guèrro e de mesprèts ei atairido e rougagnado cado dio, e mes
hort coumo mes ba !
Mès aquero istôrio ei bielho, bielho, si diset ; nad nou l'a bisto, e nad
nou-i penso més, tant i'a de tems e tems que s'ei passado e-s passo...
Ed tems nou coundo pas, miés frais ; eds hèts soûls soun ! Quau a tuat
ei assassi, quino que sio ero dato ded sué crimi, quau ei estat tuat ei
mourt, quino que sio ero oro ount l'an tirat ero bito.

�182
Arrè n'a cambiat d'alhus ; noustes nemics soun toustem eds madech e
ra batalho de Muret es liuro encoro ! Cado dio qui Diu hè qu'i perdem
quauco causo preciouso : hiè ra memòrio ded passat, ouè mouste noum e
noustos coustumos ; douma qu'i decharam ero counsienço d'èste estats e
d'èste, e d tems ei près ount ero lengo aimado que noustos mais cantabon
enta nz'adroumi n'ed brès, ra bèro e douço lengo d'Oc, — ero soulo
causo qui nze soubre — i périra !
Oh ! miés frais ! Diu boulhe que nou la beiam pas, nads deds de qui-aci
èm, ero aubo negro d'aquet dio de mourt ! Permou que toucara de près
eds tems de calamitanço e de desoulaciou atau prebists per u felibre
proufetic :
Eros maisous seran caiudos,
Eros camieros haut ierbudos
E-ds gahus cantaran pertout !...
Amenchque, nous desbelhant, oumelhe, nous harissant coumo d'autes
an hèt, nou hassiam, tout biste, cadu nouste debé qui n'ei ne mau-aisat
ne danyerous — é quant ne seré !
Qu'abem uo istôrio, que la cau sabé !
Qu'ém estats u popie " fier e libre ", qu'enze-n eau soubiè !
Qu'abem u dret, qu'où eau hè bàle !
E enfin, qu'abem, magnifie airetatye ded tems d'endependencio e de
granou, qu'abem, disi, uo lengo bèro e richo autan e mes que nado, que
la eau sauba, défende, mantengue, parla e canta toustem, pertout, à tout
prepaus e-n embèrs e countro tout !
Praube qui nou-nze comprénio !
Traite qui nou-nze seguisque !
Arnegat qui-nze dràbe !
— Cette allocution, toute vibrante d'émotion et de poésie, produit la
plus profonde impression. On y sentait passer et frémir le souvenir de
nos antiques souffrances, mais aussi une espérance indomptable dans
l'avenir de notre race et de notre langue. Aussi, lorsque notre président
offre un beau bouquet â la Reine, on applaudit avec enthousiasme.
— Puis, la musique joue encore, et l'un des deux Maîtres en GaiSavoir que nous a envoyé l'Escolo Gastoun-Fébus s'avance comme pour
répondre à Philadelphe.

6. -Poésie de M. Simin i*al«y
Délégué de l'Escolo Gastou Fébus

LA

BOUNE BOUTS

Si yamey hèy basti per nouste ue maysou
Qui-m hara desbremba, lhèu, la case cadude,
Que la bouy drin perdude,
L'estiu beroy à l'oumbre e l'ibèr au gran sou.1

�183
Hore dous caminaus oun passe lou hourbàri
De ço qui-s ba 'nhouni par las biles d'ihèr,
Loegn dou cami de hèr,
Que la bouy calme couru la bite qui debàri.
Camps e prats au tout tour ; u casau berdouliu
Qui bâche à petits drins de-cap enta'u bilàtye,
U bosc au frésc hoelhàtye
Oun lou mèrlou s'anide au ras dou coutourliu.
E terres per l'enla, terres chens fi ni counde,
Oun l'oelh se perd, coum au cèu cougnit de lugras,
Terrés e planés gras
Qui dan au riche gays, au necerous abounde.
Mes que la bouy aquiu, e sustout, la maysou,
Enta m'assadoura d'aqueres bouts puchantes
Doun las biles mâchantes
M'an tan de temps panât la gaymante cansou :
Bouts dous camps e dous boscs e de las praderies,
Orgue mirabilhous debat lous digts de Diu,
Oun lou briu de l'arriu
Mescle au piu dous ausèts plé de besiaderies;
Cansou qui chens trebuc ba per l'immensitat,
Toustem nabe, toustem bère, toustem cambiante...
0 cante enayreyante,
Oun n'a pas yamey prou, si semble, d'escouta-t !
En permou qu'ès la bouts de la terre mayrane,
En permou qu'ès la bouts dou me pel's sancè,
Oun tout ço qui passé
Perpite au cô dou bosc, de l'erbe e de la brane,
Tremoule au tra-la-la 'smabut dous yoens baquès,
Passe au layret dous cas, au truc de las esquires,
Deguen lous tire-lires
De l'alaude qui bire au-dessus dous bauquès 2,
Retrenéch aus bouhéts de l'Océan saubàtye,
Qui s'esberroguen p'ous taroas3 e p'ous castagns,
Qu'ès la bouts doun lous plagns
Dab la campane e-s ban adroumi s'ou bilàtye.
Qu'ès la bouts qui sabém, nous auts, lous horbandits
Per las manes ciutats oui) tout yuste oun s'esbite
Oun rude ey toute bite,
Oun soun dus lous "calhaus e lous cèus esmudits !

�184
Tabé, si plats à Diu, aban la noéyt bachade,
Aquere bouts, ô Biarn, caute coum u poutou,
Oun biu tout ço de tou,
Que l'anerèy trouba, blousse 5 coum l'èy dechade !
( A pplaudissements )
Parla dou Mountanerés (B.-P.).
1. Sou &lt;■ soleil. — 2. Ilauquès ■ gerbiers ». Que clîsen tabé : medc, garbè, garbère. —
S. Tarroas « bois de cbènes •.
Blousse • pure ■.

— i. Esbita-s ■ gagner jusle de quoi vivre ». — 5.

Oui, s'il plaît à Dieu, elle vivra ainsi toujours pour nous, la voix de
notre terroir, comme vivra toujours chez nous la langue gasconne par
laquelle elle s'est toujours jusqu'ici exprimée....
— M. de Bardies donne alors la parole à M. B. Sarrieu pour la lecture du Rapport sur nos Jeux Floraux de 1901.

B)

SECONDE PARTIE.

—

JEUX

FLORAUX

PROPREMENT

DITS

SÛR LES TROISIÈMES JEUX FLORAUX DE L' « ESCOLO DERAS PIRENÉOS »
par M. B.

SARRIE

U,

Secrétaire Général

Mesdames, Messieurs,
Après Bagnères-de-Luchon, « reine des Pyrénées », après SaintGirons, capitale du Couserans, c'est la coquette ville de Barbazan qui
veut bien offrir un charmant asile à notre Escolo pour la solennité de ses
troisièmes Jeux-Floraux. Elle en sera récompensée : le Concours de
cette année ne le cède nullement à celui, pourtant si brillant, de l'an
dernier, et permet de concevoir les plus vives espérances pour le succès
de notre œuvre et l'avenir de notre langue gasconne.
\). « Toustém Gascons ! », telle est en effet notre devise. Mais comment parvenir à nos fins, si, couronnant de fleurs le faite de l'édifice,
nous en laissions miner et abattre les indispensables fondements ? Qu'un
jour vienne où le gascon ne soit plus, pour les enfants de Gascogne, la
langue du berceau, era léwgo det brès. véritablement paternelle et
maternelle, et notre' idiome gascon disparaîtra, et notre génie propre
s'évanouira avec lui, et notre peuple gascon — car un peuple, individualité morale avant tout, n'existe plus vraiment quand il a perdu ses usages
et sa langue — ne sera plus qu'un souvenir.
Voilà pourquoi notre Escolo a fait dès le début, dans ses concours
annuels, une part importante aux enfants, espoir de la patrie gasconne.
Elle est heureuse de voir que l'on réponde toujours plus largement à son

�185
appel ; cette année, elle n'a pas reçu moins de 36 copies d'enfants :
1 thème, 18 versions et 17 narrations, venus des pays de Louron, de
Larboust, de Luchon, de Rivière, de Sérou, d'Astarac, du Bas-Comminges.., travaux soignés et fort bien réussis.
Pour ces exercices de traduction et de style, — dont nous n'avons
à faire ressortir ici ni la valeur éducative générale, ni l'importance à
notre point de vue spécial, — notre Escolo fait d'ailleurs en sorte de
choisir des sujets à la portée des enfants et capables de les intéresser et
de les attacher davantage à leur langue locale et à leur pays natal. Ainsi,
cette année, le sujet de version pour les grands, dû à l'un de nos distingués collaborateurs et rédigé dans le parler de Loures même, célébrait
précisément les aimables bourgades et les sites enchanteurs qui donnent
en ce jour l'hospitalité à notre fête : Loures d'abord, « Louros, païs de

flous, bilatge de berduro, oun se plasen aigos clarétos è bounos que
pertout arròdon è 's biron coumo s'aùfon arregrèt de lécha ta poulit
endrét » ; puis les courses à faire aux alentours, Izaourt, Bertren, la vue
magnifique que l'on a du haut du Malh de Boumbour, l'Ourse et la
Garonne ; Saint-Just aussi, « toumbo de iou grano grano bilo desparechudo coumo desparéch huée de palho » ; Saint-Bertrand, la vieille
citadelle, « que saglèiso, parèlho ai a clouco at miéi des sbs pouricous,
s'arrequii/quilho còntro 'ra mountanho, fièrro de sa 'rrenoumado è
touto bèro » ; enfin Barbazan, son beau ciel, son lac à l'édifiante légende,
et ses sources bienfaisantes à qui tant de gens doivent la santé. — Eh
bien, cette version, malgré quelques difficultés assez sérieuses, a été parfaitement comprise (notes : de 12 à 16 sur 20) dans le Gers et dans
l'Ariège comme dans les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne, ce qui à
la fois fait honneur aux concurrents et démontre, sous la multiplicité
apparente de ses dialectes, l'unité foncière de notre langue gasconne.
Quant au sujet de la narration, c'était « Le Retour du Printemps » :
occasion pour de jeunes observateurs de décrire, avec toute la fraîcheur
de leur sensibilité juvénile, les horizons familiers, revêtus une fois l'an
de leur plus belle parure. Le résultat, ici aussi, a été très satisfaisant.
Malgré quelque inexpérience, bien naturelle, dans l'expression et dans
l'orthographe, quelques gallicismes, quelques tournures trop abstraites,
— malgré, aussi, une inspiration un peu trop semblable chez les élèves
d'une même école (tels les 4 de Gouaux-de-Larboust et les 8 d'Adervielle), ce qu'il faudrait éviter avec le plus grand soin — nous avons eu
des copies intéressantes et originales, surtout celles qui nous sont venues
de la Montagne. Là, l'hiver est plus long et plus rude, et le retour, plus
impatiemment attendu, de la saison nouvelle offre un spectacle plus
varié. Aucun détail n'en a échappé à nos enfants : ni la fonte des neiges,
qui reculent jusqu'aux sommets, ni la fin des tourbillons, des gelées, des
brumes et des marsoulades, ni les « nestes » plus abondantes et plus
bruyantes, la brise plus chaude, la poudjo qui verdoie lumineuse dans les
pâturages connus ; ni les fleurs brillantes et odorantes, sarpoulét, brieulétes, tchicòines, daunétes, boutous d'or, campanétes è 'rròses; ni

�186
les arbres (( presti à hùelha », ni les vergers comme plantés de bouquets
blancs ou pourprés, ni les haies embaumées ; ni le retour des hirondelles
et des touristes, le vol des abeilles et des papillons, le cri-cri des grillons,
le gazouillement des oiseaux, mèrlis, griéues, couculs, pinsous, cardis è
tchourréles, qui font leurs nids, les gambades de l'écureuil dans les
bois, les grands troupeaux qui « dansent » dans les pacages, heureux de
paître à loisir ; ni les jardins plus féconds, les jours plus longs et les douces soirées au clair de lune ; ni les ouvriers plus occupés, les pauvres
moins malheureux, les bergers prenant au soleil « bit bòy de sarnaùiIho », et les laboureurs chantant, pleins dû snnté et de galté, leurs vieux
airs parmi les moissons qui croissent à vue d'œil et les travaux qui
reprennent.
Mais, vous aussi, chers enfants qui. nous avez dit toutes ces belles
choses, vous êtes le printemps, le printemps plein de promesses de notre
Félibrige. De notre langue d'Oc, que des personnes dévouées ont su vous
engager à lire, à traduire et à écrire aussi, vous vous serez fait une idée
plus juste et plus équitable, qui vous fera concevoir pour elle une affection plus profonde. Les petites récompenses que nous vous donnons vous
inciteront peut-être à venir, une fois vos quinze ans passés, concourir
devant nous pour de plus hautes. Quelques-uns d'entre vous, dont Era
Bouts dera Mounlanho a déjà plusieurs fois publié les noms, nous resteront sans doute fidèles. Et si ieTélibrige a vu son éctosion arriver un peu
tard, comme le printemps, au cœur de nos monts pyrénéens, du moins
grâce à vous, nous l'espérons, il y déroulera longtemps une floraison
pleine de jeunesse et de vie.
(Applaudissements).
II). Vos aînés vous montrent déjà brillamment la voie : le grand Concours de cette année a été, lui aussi, excellent. Un peu inférieur à celui
de 1907 pour la prose, il l'égale pour les études de linguistique et de
traditionnisme, et il le dépasse pour les traductions et pour la poésie.
1). La poésie ! épanchement du cœur, libre déploiement de l'imagination, harmonie du verbe !... C'est par un éblouissant jaillissement de
poésie que s'annonça, en 1854, l'aube félibrénne ; après les 7 Troubadours de la cité d'Isaure, voilà les 7 Poètes provençaux de Fontségugne,
s'écriant : Sian tout d'ami, sian tout de jrairc, Sian li cantaire dóu
païs, « nous sommes les chanteurs inspirés du pays ». Et leur vocation
était si puissante et si pure qu'aujourd'hui le mot « Félibres )) désigne
surtout, dans l'usage courant, non tous les fils conscients et généreux de
notre patrie occitanienne, de l'Ebre à la Saône et à la Loire, non même
tous ceux qui manient heureusement notre langue romane, mais avant
tout nos poètes.
Or, des poètes, il nous en est venu cette fois de toutes les Pyrénées :
des vallées de Barétnus, d'Ossau, de Bigorre, d'Aran, de Bivière, d'Ustou, de Massât, de la Barousse et du Vallespir ; — et de toute la région
subpyrénéenne aussi : de Navarrens, de Tarbes, des environs d'Auch, de
Lectoure tt d'Eauze, de Toulouse encore et même de la Provence. Et

�187
toute cette poésie n'est pas loin d'être, dans son ensemble, de premier
ordre : elle a en tout cas remporté une médaille de vermeil et les huit
médailles d'argent de cette année.
C'est au parler de transition de Massât qu'appartient la pièce classée
lre dans la section du gascon montagnard (et même du gascon en général) : l'idylle « Jan è Margaridélo », de M. Servat. Quelques longueurs
peut-être, dans ces 144 vers, un léger manque d'enchaînement une fois
en passant, voilà tout ce que l'on peut reprocher à cette jolie poésie, qui
se chante sur l'air de Magali, œuvre gracieuse, naturelle, « où l'àme de
Massât — très spéciale — est prise sur le vif ». Une possession parfaite
de la langue locale, voilà aussi ce qui la caractérise, — comme la suivante,
un peu courte, mais peut-être mieux finie, « Era criée dera tasque »
(L'appel de la terre natale), due à M. Pellisson, d'Arette (B.-P.), à celui
qui s'intitule avec une légitime fierté « le Félibre de la Vallée de Barétous » — puisse chaque vallon de nos Pyrénées avoir ainsi son poète
gascon attitré! — et qui a su là nous rappeler en quelques iignes tout ce
qui nous attache à la terre natale, tout ce qui, en elle, crie à nos Ames
de l'aimer et de vouloir qu'elle vive toujours, avec tout ce que nos pères
nous y ont laissé. — Un peu plus loin, voici M. Arrix, pour sa touchante
poésie, « Era maysou det praube », écrite avec une charmante aisance
dans le parler ossalois d'Arudy, et M. Fabaron, de La Barthe-de-Rivière,
pour ses trois pièces « Alabéts è Gùé », « Grilhousè I'arpalhos » et « Es
Scgaires » : malgré quelques rimes défectueuses (dans la première) et
une orthographe trop francisée, on y trouve de l'invention et du cœur;
la chanson, notamment, exhale un doux parfum de terroir, et nous donne
dès maintenant la certitude que Bouéry n'est pas mort tout entier. Presque au même niveau, voici 1' « Idili » de M. Sanilaran, de Canejan, val
d'Aran (la vallée d'Aran, quoique espagnole, est un pays gascon de langue) — pièce écrite en vers libres, dans le système assonancé des Catalans, et, malgré quelques négligences d'expression, pénétrée de cette idée
sublime que l'amour vrai, l'amour grand — telle, autant que faire se
peut, l'amitié félibréenne — est sans jalousie et sans haine, supérieur par
là à celui qui pourtant vibre confusément au sein des êtres irraisonnables
comme les oiseaux, les sapins des montagnes, le riu Garoúna et la mer.
Enfin nous avons encore à signaler avec éloges « Bnspado de Juin »,
ode de M. Laquet, de Bagnères-de-Bigorre, et « Eras qùale sasous »,
quatre sonnets, de M. V. Bardou, d'Ustou (Ariège). Attention, répéterons nous, comme l'an dernier, à l'exécution, c'est-à-dire à la langue,
au style, à la rime, à la césure ; cette réserve faite, nous trouvons ici du
travail et de l'observation, là de l'imagination et du sentiment, qualités
pleines de promesses.
Autre conseil : ne pas se satisfaire à trop bon compte. Dans la Plaine,
« Lou grilhouì/ » de M. de Solirène chante juste, chante assez bien, mais
ne nous donne que deux ou trois notes, alors que l'herbe des prés, à elle
seule, est tout un poème. « Te rapèlos », de M. Castex, d'Eauze, est une
pièce délicate, malgré un passage à atténuer, mais il aurait fallu surveil

�188
1er un peu mieux le nombre des vers et l'entrecroisement des rimes.
« Lou plankde l'aymadou », de M. Arrix, qui manie le parler de Tarbes aussi bien que celui d'Ossau, est coulant, mais un peu court, et
ressemble à s'y méprendre à du Djspourrins.
Nettement supérieures et d'à peu près égale valeur entre elles sont les
poésies de MM. Sémeilhon, Lamothe et Escaich. M. Sémeilhon, élève
sortant du lycée d'Auch, nous donne deux fort jolis sonnets, — genre
parnassien, un peu froid peut-être, mais très bien vu et très bien dit — :
« La Granhairo » (La glaneuse) et « Au cournè ». (Au coin du feu),
celui-ci surtout plein de pittoresque. M. Lamothe nous chante son village, dans la contrée d'Eauze :
« Que t'aymercy touto ma bilo
Beròy biladye de moui} co... »
Si quelquefois l'expression faiblit un peu, il y a du cœur et du mouvement. M. Escaich, enfin, de La Bastide-de-Sérou, classé en tête de nos
Gascons de la Plaine, a su, dans les strophes, aux règles rigoureuses,
d'un « Chant royal », — qu'il a galamment dédié par avance à la Reine
de nos Jeux Floraux de cette année — marier avec bonheur le pittoresque
et l'émotion, sous une forme presque impeccable.
Moins soigné dans le détail est le recueil de M. de Pujens, « Perhums
de Gascounlio », déjà composé de 7 pièces, dont deux noëls, deux
hymnes religieux, deux pièces félibréennes et une bluelte « Lou Rouchinouv ». M. de Pujens travaille un peu trop vite ; le gallicisme et les
redites ne lui font pas assez peur ; il s'abandonne trop à sa facilité,
d'ailleurs remarquable. Mais il a le courage d'entreprendre de longs
ouvrages, et cela mérite bien récompense. Espérons seulement qu'il
reverra avec soin, pour la publication, des productions un peu hâtives.
Enfin, ce sont aussi des recueils que nous ont adressé — sinon la
Provence, d'où nous viennent pourtant deux poésies assez bonnes de M.
Martel, « L'Espilau » et « Li Ciprès » — du moins la Catalogne et le
Languedoc. M. Armangué, de Céret, nous a donné « Un pugnadét de
Catalanadas » ; sauf un cantique à la Vierge, toutes les autres pièces,
assez bien tournées, respirent, non d'ailleurs sans une certaine grâce, la
bonhomie, ou même la moqueuse malice des paysans du Vallespir et de
la Cerdagne. De son côté, M. Louis Rivière, des environs de Toulouse,
nous communique, sous le titre de « Bords de la Garouno », un recueil
de 10 poésies, pleines de coubur, de sentiment, d'aisance et d'harmonie,
dans cette belle langue toulousaine qui, pour n'être pas gasconne à proprement parler, se laisse si aisément comprendre des Couserannais et des
Commingeois. Voulez vous quelques titres? Ce sont « A la le'vgo mairalo », « Pèire d'A ragour/ », « Le riu », « le paslre », « Le crabiè »,
« Bësénhos », etc. Tout au plus pourrait-on désirer quelquefois un plus
haut relief à la finale de tel ou tel morceau : M. Rivière y songera certainement, lorsqu'il nous donnera, espérons-le, revu et complété, —et paré
de notre médaille de vermeil — son beau recuoil de poésies toulousaines.

�189
2) Nous insisterons moins sur la prose. Les travaux de longue haleine
ont manqué cette fois. Nous avons perdu l'auteur de la « Crounico de
l'abadio de Simorto », et nous n'avons reçu rien de comparable à la
« Monographie de la vallée de Campan », « ni mime à 1' « Histoire d'Audijos ». L' « Acciou deras rtèus sus eras rccbttos », de M. Laquet, travail
intéressant, mais un peu bref et dans un style trop francisé, n'a remporté
qu'une mention ; et si M. Pérès nous a donné, pour la section dramatique,
sous le titre de.« La Bordo » une série de « scènes de la vie paysanne »,
œuvre qui suppose de l'idée et du travail, la forme aurait dû être plus
parfaite, et le sujet, quoique pouvant répondre dans une certaine mesure
à la réalité, être moins réaliste. N'oublions pas que notre Félibrige se
considère comme ayant une mission non seulement littéraire ou scientifique, mais encore morale: maintenir et relever, s'il se peut, la moralité
et la dignité de nos populations gasconnes. Or, on y arrivera mieux,
croyons-nous, en faisant resplendir à leurs yeux la beauté de l'idéal qu'en
leur étalant trop crûment leurs vices et leurs défauts.
Toutefois, ne soyons pas trop sévères : il y a des choses charmantes,
aimables, spirituelles, dignes d'un Charles Perrault, dans les 5 contes de
la vallée d'Oueil, de M. Sens, instituteur à Saint-Paul, surtout dans sa
nouvelle « Era prumèra 'Scòla », pleine de grâce et de saveur ; dans
les deux contes comiques de M. J. Soulé, de Herrère (Barousse), rt Et
saumét de Vidau », et « Et prêts de ua saucissa » ; aussi dans « Era
Lryéndo dcro L.auyo », de M. l'abbé Marsan, curé de Saint-Lary (vallée
d'Aure), et, pour le gascon de la Plaine, dans les huit Contes bas commingeois, de M. l'abbé Dambielle, procuré de Samatan. C'est dans des
travaux semblables qu'il faut voir (nous les publierons dans notre Bévue)
de quelle finesse et de quelle délicatesse, quoi qu'on en dise, le gascon est
capable, pourvu qu'on le possède bien et qu'on sache le manier avec
quelque dextérité.
Mettons ensuite à part, pour le choix des sujets, les travaux de
MM. Benture, de Pujens et Lasserrre, appartenant aussi au gascon de la
Plaine. Le premier nous donne, bien composé et bien tourné, en béarnais
de Navarrens, un sermon sur « La Dibinitat de la Glèyse » ; le second,
un panégyrique de notre Escolo (trop vite écrit, avec quelque remplissage, mais enthousiaste), intitulé « La Muso de l'Escolo deras Pirenéos » ; le dernier, en un style malheureusement trop français, une étude
historique sur « La Capèro de N.-D de Pietat, à Coundbm ». Pourquoi
en effet, on se le demande, notre langue gasconne ne pourrait-elle servir
toujours à l'éloquence sacrée ? pourquoi ne prêcherait-on plus chez nous
en gascon ? Est-ce parce que le français est plus loin du latin que notre
vraie langue maternelle? — Et pourquoi n'écrirait-on pas en gascon, à
l'usage des Gascons, de belles pages d'éloquence ou d'histoire ? 1\ ne saurait y avoir à cet ostracisme dont on tend à frapper le gascon d'autre
raison qu'un orgueil tourné à contre-sens, un utilitarisme sans grandeur
et à courte vue, une envie folle de rouler dans la banalité et la servitude
morale, une ignorance ou une inconscience absolu.e de la valeur et de la

�190
dignité de notre langue et de notre sang gascon [Applaudissements).
Pourquoi, aussi, ne point faire passer en gascon les plus belles œuvres
des autres littératures? Pourquoi ne point faire effort pour les rendre
ainsi plus accessibles à tous nos compatriotes? Les Catalans d'Espagne
l'ont fait pour leur dialecte, parent du nôtre, et M. Armangué, Catalan
de France, remporte une médaille d'argent pour sa traduction, peut-être
un peu vite faite, mais enfin naïve et savoureuse, de tout le second livre
des Fables de La Fontaine. Cette fois, nous pouvons le dire avec fierté,
nos Gascons ont suivi un exemple aussi bien donné ; et nous retrouvons
ici les noms de MM. Sens, pour sa jolie mise en prose, animée, expressive, du « Savetier et du Financier ; Soulé, pour sa traduction en vers
baroussais du (( Pater» et du « De Profundis », la première très littérale ; et surtout Benture, pour sa transposition en vers béarnais, un peu
pénibles peut-être, mais « serrés et pressants », d'un chœur d'Esther
(Acte III, se. IX de la pièce de Racine). Et ainsi le gascon apparaît
comme capable de rendre toutes les idées et tous les sentiments, de lutter
à tous égards avec le latin, le français et les autres langues classiques. Du
moins, s'il n'en est point encore là « Dieu veuille l'y mettre » ; s'il y est,
« Dieu veuille l'y tenir » ; mais aidons-nous d'abord nous-mêmes.
3) Il ne me reste plus, Mesdames et Messieurs, pour avoir terminé,
qu'à vous dire quelques mots de la partie érudite de notre Concours :
Linguistique, ïraditionnisme, Folklore, Arts locaux.
Nous n'avons reçu qu'un travail de linguistique pure, mais il nous a
paru mériter une médaille de vermeil. C'est un vocabulaire, forcément
inachevé, très complet cependant, du parler de la vallée d'Oucil (canton
de Luchon, Haute-Garonne) ; les mots y sont assez-bien rangés par
familles, et l'on y trouve beaucoup de termes anciens et de vieilles
expressions. L'auteur est M. Jean Sens, instituteur, déjà plusieurs fois
nommé. Nous lui devons encore un recueil du Folklore de la vallée
d'Oueil (11 pièces, dont une.dans le parler d'Arbas comme terme de
comparaison), travail assez étendu et soigné, — tandis que c'est un peu
trop en courant que M. l'abbé Lasserre nous donne la « Cansouv de
Jano Danoè » qu'il a recueillie ; —nous lui devons une étude intéressante, quoique un peu courte et insuffisamment documentée, sur les vieilles
coutumes de nos montagnards dans l'éducation de la jeunesse et sur
quelques-unes de leurs superstitions; nous lui devons enfin, sous la
rubrique « Arts locaux », un intéressant mémoire (un peu sommaire
malheureusement) concernant l'art du bois « à restaurer » et la marbrerie
« à créer » dans nos hautes vallées, pour eu occuper les habitants pendant
les longs hivers et augmenter leur prospérité industrielle. Or, qu'on le
sache bien : accroître cette prospérité est l'un des principaux objets
de notre Félibrige. Si les moyens matériels lui manquent trop encore pour
qu'il puisse agir efficacement à cet égard, il peut toujours, en attendant,
essayer de réveiller chez nos populations, en insistant sur leur originalité
actuelle et sur leur gloire passée, un esprit de solidarité locale et

�191
d'intelligente initiative qui ne peut que leur être infiniment profitable.
Peut être, en effet, pour être fort dans le présent et pouvoir affronter
sans crainte l'avenir, faut il d'abord se replonger courageusement dans le
passé : non pour en adopter aveuglément les injustices et les erreurs,
mais pour en conserver, en se l'assimilant, tout ce qu'il avait déjà d'excellent et de sain, et y puiser des leçons de patriotisme. Rien dès lors, à le
bien comprendre, ne saurait nous être indifférent dans ce passé, que le
présent prolonge. Hauts faits, langage, dictons, proverbes, chansons,
mœurs et usages, tout cela est à connaître, et à garder, si c'est bon. C'est
là l'esprit félibréen, c'est celui qui anime le grand travail de M. l'abbé
Marsan : « Le costume aurois à travers les âges » : « Après la conservation de notre vieil idiôme commingeois, il n'en est pas », nous dit-il,
« de plus urgente que celle du costume local. » Dans une première partie,
historique, M. Marsan nous donne de vieux documents, tirés surtout des
archives des notaires, qui vont du xive au xixe siècle et nous montrent
que pendant six-cents ans le costume n'avait guère changé dans la vallée
d'Aure, pourtant si célèbre par ses lainages et ses draperies ; dans une
seconde partie, il fait la synthèse de ces documents, les complétant par
les souvenirs des vieillards et par ce qu'il a pu observer lui-même ; dans
la conclusion, enfin, il demande que l'on récompense les études relatives
à nos costjimes anciens et leurs reproductions les plus fidèles. En attendant, ce travail de premier ordre, peut-être le plus méritoire de notre
Concours par les longues recherches qu'il suppose, a valu à son auteur,
qui déjà nous avait donné d'autres belles œuvres de linguistique, de
folklore et de toponymie, notre plus haute récompense.
Et maintenant, Mesdames et Messieurs, je n'aurais plus qu'à céder la
place à celui qui va lire le Palmarès de nos Jeux-Floraux et en proclamer
les heureux lauréats. Mais je ne veux point vous laisser sur une idée
inexacte. L'usage, je l'ai dit moi-même tout-à-l'heure, semble réserver le
nom de Félibre à nos poètes de langue d'Oc, ou tout au plus à nos prosateurs ou à ceux qui font sur nos idiômes et nos traditions des recherches
savantes. Et pourtant ce ne sont point là les seuls Félibres. Félibres sont
encore, et éminemment, tous ces généreux Mécènes — tel notre bon confrère M. Artigue — qui n'hésitent point à doter richement nos Escoles, à
subventionner leurs fêtes, à mettre à leur disposition des prix enviés ;
Félibres, tous ceux qui paient largement de leur personne, qui se dépensent sans compter — tel M. Fabaron, le dévoué organisateur de la partie
musicale de cette solennité — pour assurer le succès de notre œuvre patriotique ; Félibres, tous ceux qui se sont fait inscrire comme Membres de
l'Escolo deras Pirenéos, qui lui prêtent leur nom, leur influence et leur
appui ; Félibres, aussi, tous ceux qui, pour 3 francs par an — et moins
encore, s'ils ont pris un abonnement collectif — soutiennent, si peu que
ce soit, dans la mesure de leurs moyens, notre Revue mensuelle; Félibres,
enfin, tous ceux qui, autant que possible, restent fidèles à nos vieux usages
et à notre langue maternelle. Et si moi-même qui vous parle, et qui devrais
prêcher d'exemple, j'ai commencé ce rapport en français — j'aurais dû

�192

plutôt faire comme notre Président du Bas-Comminges — qu'ei en gascoui} qu'ei boutarè 'ra fin. 0 fiai}, Gascous mous frais, aimém es nòsti
biélhi usadjes, parlém, legém, escrieuém, hem lége, escriéue è canta at
tourn de nous-auti era nòsto bèro léwgo d'O. Qu'ei un hilh endinne,
et qui nou hè cach det soi? pairau airetadje; è 'dj orne que mesprèse
'ra lérigo sió o que la-s desbrémbe, aquétch — j'agg an dit à-drét è
dap forço — « que s'amerite de bér/gue mut » /
(Applaudissements).
— Mais, avant la lecture du Palmarès, M. le Maire de Barbazan veut
bien nous dire quelques paroles, que nous avons recueillies aussi exactement que possible.

2. Allocution de M. Domberriard
Maire de Barbazan

« Vouó nouó ave&amp; dit, Meábìeuzó, de ói belleá choáeá que ce
àezait pute pzéàomplion de ma pazt que de voulait placez un
mot. Pezmette%-moi, cependant, comme maize de Bazbaxan,
d'adzeààez ici à la Reine, à votze Pzéàident et à vouó touá, meá
áouhaitá de bienvenue ; de vouó zemezciez de l'honneuz que vouó
avesí fait à Bazbaxan en le clioìóióóant pouz y teniz votze fête, et à
moi-même en m'y invitant. On eát tout óuzpziá et tout heuzeux de
âe tzouvez à côté d'ìntelligenceá ói fineà, de figuzeá ói pleineó de
gzâce et de dignité. Je ne puió guèze que fozmet leá vœux leá
pluó vifó pouz votze áuccèó ; maìá je déóizezaiá vouó zevoiz óoiivent pazmi nouó, et j'applaudió en attendant de tout mon cœuz
à votze œuvze ói óympathique ».
De vifò applaudiòàementò montrent à M. Dombecnacd combien
notre Eócolo lut eót teconnaiôiante de ceô aimableò pacoleô. NOUA
non pluó nouò n'oublieconó paò l'accueil qui nouô a été fait à
Baebazan.

3. PALMARÈS DES JEUX FLORAUX
I. — GRAND CONCOURS
Notre confrère M. Teulié, trésorier de notre Escolo, se lève alors pour
proclamer les lauréats du grand Concours. Ceux qui sont présents
montent à l'estrade aux applaudissements de l'Assemblée, et reçoivent
des mains de la Reine leurs récompenses.
A) Œuvres littéraires.
I.

Poésie. — lre Section :

GASCON DE LA MONTAGNE.

Jean-Marie, de Massat^ (A.)
Henri, d'Arette (B. P.).
ARRIX Léon, d'Arudy (B.-P.)
FABARON Jean, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.)
SERVAT

PELLISSON

Poésies détachées

Médaille
Médaille
Médaille
Médaille

d'argent
d'argent
de bronze
de bronze

�193

Joseph, de Canejan (v. d'Aran, Espagne). Médaille de bronze
Jean, de Bagnères-de-Bigorre (H.-P.)
Diplôme d'honneur
BARDOÜ Valentin, d'Ustou (A.)
Diplôme d'honneur
SANDARAN

LAQUET

2me Section :
1°

GASCON DE LA PLAINE

Poésies détachées.

François, de Labastide de-Sérou (A.)
Armand, du Bernés, par Eauze (Gers)...
SÉMEILHON André, de Miradoux, près Lectoure (G. ).
ARRIX Léon, à Aureilhan, près Tarbes (H.-P.)
CASTEX Émile, chât. du Mailh, par Gondrin (Gers).
DE SOLIRÈNE Gabriel, au Couloumé, parDému(G.).
ESCAICH

LAMOTHE

Médaille
Médaille
Médaille
Médaille
Diplôme
Mention

d'argent
d'argent
d'argent
de bronze
d'honneur

2° Recueils.
DE PUJENS

Section :

3ME
1°

Médaille d'argent

Henry, de Dému (Gers)

AUTRES DIALECTES D'OC

Poésies détachées.

Henri, de Château-Renard de Provence
(B.-du-R.)
Diplôme d'honneur

MARTEL

2° Recueils.
RIVIÈRE

Louis, de Toulouse (H.-G.)
Louis, de Céret (P.-O.)

MÉDAILLE DE VERMEIL

Médaille d'argent

ARMANGUÉ

IL Prose. — ire Section:

GASCON DE LA MONTAGNE

Jean, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.)
Médaille de bronze
Jean-Venture, de Herrère (H.-P.)
Médaille de bronze
Abbé MARSAN François, curé de Saint-Lary, vallée
d'Aure (H.-P.)
Diplôme d'honneur
LAQUET Jean, de Bagnères-de-Bigorre
Mention
SENS

SOULÉ

2me Section :
Abbé H.
(B.-P.)

BENTURE,

GASCON DE LA PLAINE

de Navarrens, curé d'Aydius

Médaille de bronze

Henry, de Dému (Gers)
Diplôme d'honneur
Abbé DAMBIELLE, procuré de Samatan (Gers)
Diplôme d'honneur
Abbé LASSERRE, curé de Castillon-de-Bats (Gers).. Diplôme d'honneur
DE PUJENS

III. Théâtre gascon
-PÉRÈS

Paul, d'Auch (Gers)

Diplôme d'honneur

IV. Traductions en gascon
1°

SENS

Gascon de la Montagne.

Jean-Venture, de Herrère (H.-P.)
Jean, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.)

SOULÉ

Diplôme d'honneur
Diplôme d'honneur

�l94
2° Gascon de la Plaine.
Abbé H.

BENTURE,
3°

ARMANGUÉ

de Navarrens (B.-P.)

Médaille de bronze

Autres dialectes : Becueils.
Louis, de Céret (P.O.)

Médaille d'argent

B) Études.
I. Linguistique
Jean, de Saint-Paul d'Oueil, canton de Luchon
(H.-G.)
MÉDAILLE DE VERMEIL

SENS

IL Folklore et Traditionnisms
1° En gascon.
Jean, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.)
Diplôme d'honneur
Abbé LASSERRE Joseph, curé de Castillon-de-Bats
(Gers)
Mention
SENS

2° En français.
Abbé MARSAN François, curé de Saint-Lary, par
Vielle-Aure (H.-P.)
MÉDAILLE DE VERMEIL
SENS Jean, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.]
Diplôme d'honneur
III. Arts locaux
SENS

Jean, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.)

Diplôme d'honneur
fi fois nommé.

Prix spécial
Action félibréenne en fuveur de notre Escolo
Jean, de Labarlhe-de-Bivière, organisateur
de la partie musicale de notre fête
MÉDAILLE DE VERMEIL

FABARON

— « Ce prix », proclame M. ïeulié, «a été mis à la disposition de notre
Escolo par M. Fabien A rligue, qui nous a généreusement offert, pour
cette année, deux médailles d'argent et deux de vermeil, et, pour l'an
prochain, une médaille d'or destinée à récompenser la plus belle ode gasconne à la louange des grands hommes du Comminges. Le Bureau
général a prié M. Arligue de vouloir bien accepter, en témoignage de
reconnaissance, le titre de Membre d'honneur de FEscolo deras Pircncos.
« M. de Bardics, notre distingué Président, offre de son côté, pour
l'an prochain, une fleur de vermeil, destinée à récompenser le meilleur
sonnet gascon
»
— De vifs applaudissements saluent ces dons généreux2 ; puis, après
un morceau de musique, M. Teulié continue la lecture du Palmarès.
1. Cette fleur sera attribuée au meilleur sonnet gascon ■ consacré h in glorification de
l'arbre » (Voy. ci-dessus, p. 157-'5S, la communication de M. l/zop, à laquelle cette
attribution spéciale de la fleur de vermeil répond d'une manière précise .
2. On nous annonce que cel exemple va dire encore suivi p»r d'au Ire» Uienfniteurs dé
notre Escolo, en particulier par Mme d'Anlras, Mlle de Terssac. Mme Philadelphie de
Gerde. A de plus belles recompenses répondront sans doute de plus beaux travaux.

�195
II. — PETIT CONCOURS
A) Enfants au-dessous de 11 ans.
1° Version gasconne (Sujet :

ERA HOURMIGO, ET GRILHOUIJ È

'T

SAUTARÈTCH).

2° Thème gascon (Sujet :
Fontaine).
Prix unique :

LOUBENS

LE LOUP

ET

LE

CHIEN,

Fable de La

Augustin, de Villefranche-d'Astarac (Gers).

B) Enfants de 11 à 15 ans.
1° Version gasconne (Sujet :
er

1
2e
3e
4e
5e
6e
7e
8e
98
10e
11°
12e
13e
14e
15e
16e
17e

LOUROS).

Roger, de Villefranche-d'Astarac (Gers).
Alphonse, d'Adervielle (H.-P.).
COMI'AGNET Raymond, de Génos (H.-P.).
VIARRIEU Justin, d'Adervielle (H.-P.).
CARDONNE François, de Samatan (Gers).
VIARRIEU Bernard, d'Adervielle (H.-P.).
DE BENQUE D'AGUT Raymond, d'Adervielle (H.-P.).
BOURDETTE Félix, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
GRAND Modeste, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
CARRËRE François, d'Adervielle (H.-P.).
OUSTALET Aventin, de Gouaux-de Larboust (H.-G.).
BOURDETTE Jean, d'Adervielle (H.-P.).
DE BENQUE D'AGUT Edouard, de Génos (H.-P.).
SARRIEU Jean, de Saint-Mamet-de-Luchon (H.-G.).
VERDALLE Antoinette, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
ARNAUDUC François, de Gouaux de-Larboust (H.-G.).
SURRE Eugène, de Labastide-de Sérou (Ariège).
FORTASSIN

JOUANDET

2° Narration gasconne (Sujet :

« LE BETOUR DU PRINTEMPS »).

lre VERDALLE Antoinette, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.),
29 OUSTALET Aventin, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
3e VIARRIEU Bernard, d'Adervielle (H.-P.)
4e ARNAUDUC François, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
5e BOURDETTE Félix, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
6e DE BENQUE D'AGUT Raymond, d'Adervielle (H.-P.).
\ DE BENQUE D'AGUT Edouard, de Génos (H.-P.).
/"s ex aequo ( -„
„
.
, „
,„ v
/ CARDONNE François, de Samatan (Gers).
8e JOUANDET'Alphonse, d'Adervielle (H.-P.).
9e SARRIEU Jean, de Saint-Mamet-de-Luchon (H.-G.).
10e CARRÈRE François, d'Adervielle (H.-P.).
11e FORTASSIN Roger, de Villefranche-d'Astarac (Gers).
12e COMPAGNET Raymond, de Génos (H.-P.).
13e GRAND Modeste, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).

�196
es

14

LRRE

ex se uo ( ^
(

15e

BOURDETTE

Eugène, de Labastide-de-Sérou (Ariège).
Justin, d'Adervielle (H.-P.).
Jean, d'Adervielle (H.-P.).

VIARHIEU

C) Félicitations aux Maîtres.
« L'Escolo deras Pirenëos adresse ses plus vives félicitations à
MM. RuTH, instituteur à Adervielle, vallée de Louron (H.-P.) et SARRIEU
François, instituteur à Gouaux de-Larbousl (H.-G.), pour le succès de
leurs élèves au Petit Concours ».
— Les récompenses décernées aux enfants, ont consisté cette année
dans des exemplaires du De Viris commingeois de M. l'abbé Dufor ;
d'« Et píu-píu derame lagnta », de M. Camélat ; de Piréno et d' « Era
'Rrenechénço », pièces de M. B. Sarrieu ; et aussi de notre Armanac
dera Mounlanho de 1908 et des beaux Nos d'Era Bouts 9-12 de 1907
(Jocs Flouraus de Sen-Girouns) et 6 de 1908 (Numerà de Scn-Jùan).
La Reine a embrassé, aux applaudissements de l'assistance, les jeunes
lauréats présents. — La seconde partie de la séance solennelle était
terminée.
C)

TROISIÈME PARTIE.

—

SÉANCE

LITTÉRAIRE

Nous allions avoir toutefois encore, à la place de la représentation dramatique annoncée, une Séance littéraire, donnée par les enfants et les
lauréats.

t . « Bertrando » de M. Ii. Barbet
et » Alabets è Gui » de M. fabarort
C'est même, tout d'abord, à M. Louis Barbet, notre Représentant à
Paris, auteur de la pastorale « Retour » qui aurait dù être jouée, que le
Président donne la parole. M. Barbet nous récite « Bertrando », poésie
émouvante, qu'il a composée, et, par son débit plein de feu, de force,
d'émotion, tient l'assistance entière sous le charme. Quel dommage que
nous n'ayons pas pu l'applaudir cette année dans son œuvre dramatique !
Ce ne sera, espérons-le, que partie remise.
Puis, c'est M. J. Fabaron, à la fois musicien et poète, qui vient nous
réciter « Alabets è gué », la première de ses trois pièces couronnées, avec
beaucoup de netteté et de sentiment.

2. Récitation de pièces gasconnes, par trois enfants
■

Ensuite, intermède charmant : trois enfants, de l'école de Labarthe-deRivière (instituteur M. Save), Grand Modeste, Dliios Pierre et Joanny
Maurice, viennent nous réciter quelques pièces gasconnes.
— (( Petit élève de l'école primaire de Labarlhe de-Rivière, j'ai été
» heureux », nous dit le premier (12ans), « de traduire en un pauvre français
» une riche page patoise. Cette page, je l'aime parce qu'elle est ravissante
» de poésie, et qu'elle a été écrite par un éminent professeur de lycée

�497
»
»
»
»

pour sa petite patrie. Je l'aime, parce qu'elle est le tableau fidèle de
Loures, de ce Loures qui, hier humble village, est aujourd'hui, par la
vaillance de ses habitants et la générosité de ses visiteurs, une charmante cité. — Cette jolie page, la voici :
« Louros, Louros, pais de flous, bilatge de berduro, etc.» (V. Era
Bouts, 1908, p. 68) — L'enfant se tire fort bien de la récitation de sa
version gasconne.
— « Moi », dit à son tour Pierre Dkios (11 ans), « je vais chanter
» avec un poète d'Aspet, Aspet qui a vu naître d'illustres personnages,
» tels que le général Bartier, baron de Saint-Hilaire, le cardinal Sourrieu
» et le charmant poète André Bouéry. Veuillez donc écouter maintenant
« Ara noslo hilhuco » de Bouéry ».
Il commence, et son camarade Maurice Joanny lui donne la répartie aux
couplets pairs :

ARA NOSTO HILHUCO
Maynadounho
Nou plouréts douyc bous, migounho !
Trop lountéms bostis ùelhous
Nou seran eschuts de plous !
Touto clucado qu'èts bengudo
En aquéste mounde troumpur ;
Enas espiòs nou siats cajudo,
Praubo flou, gatge de bounur !

Maynadounho
B'at saberats, quan i siats touto ;
Aymado b'en serats de Diu
Se nou troubats en bòsto routo
Loup en iùèr, sèrp en estiu.

Maynadounho
Mès, adj anhètch que bén de nèche
Petit brémbo ço que s'escay,
E, tout urous que s'en ba pèche
At miéy des bosqués dap sa may.

Maynadounho
Perquè plourats ta lèu, petito,
Quan tout s'arrits sus bòste brès?...
Prenguéts, d'aquésto courto bito,
Es gòys abans,... es plours après.
— « Ecoutez maintenant, reprend Grand Modeste, « Et ni^c des
audèls », de Victor Cazes, de Saint-Béat, le Passus Inpi des Romains et
patrie du général Galiéni :

�198

Et ninc des audèis
— Er 'aubo que paréch, et dió que s'escarôpo.
Et souléy sus soun car at darrè d'étch galopo.
Edj audètch aferatch enta bastl soun ninc
Didé-m que nou cau pas leua-s taboun maytii).
— Dab soun cant amourous apèro sa coumpanho ;
La ba trouba d'un bol at pè dera mountanho,
E, se s'escarto bric, canto « Pitchè, pitchè ! » :
Merlenguino, bastis en un trauc d'un poumè.
— Tout aqueró qu'ei bètch ; tout le moun ac esprôbo.
Parlem dedj aurïòu, coumo 'quétch nou s'en tròbo :
Soun nin, un ancensé de lan tout fabricatch
Ey penjatch per tres hiéus qu'edj audètch a hialatch.
— Tas audèts inoucénts, didém dera tourtèro :
Nou-s meffido d'arrén, bountatch nescut dabb éro ;
Que hè soun ninc de broc rengatch ar' abandoun
A qùate pams de tèrro, at bist de tout le moun.. »

«
»
»
»
»
»
»
))

— « Mon camarade Grand Modeste », reprend enfin Jouanny (10 ans),
vous disait tout à l'heure qu'il aimait Loures, et il vous l'a prouvé en vous
récitant un petit chef d'œuvre de grâce littéraire et d'amour patriotique.
— Moi, j'aime Barbazan, patrie d'Arnaud-Guilhem, le chevalier
sans peur, Barbazan, où le Bon Dieu a fait sourdre des eaux merveilleuses pour la santé de la pauvre humanité ; je vais vous dire sur ce
jeune chef-lieu de canton quelques vers comiques de Jacques Cazeaux.
— Parisien de naissance, je prie l'honorable assistance de vouloir bien
m'excuser si j'éprouve quelque difficulté à prononcer le gascon... &gt;)

LES EAUX DE BARBAZAN
Aném, Roulhoun, partim, aném ta Barbazan ;
Tout mous ana purga, que mous amusaram...
Pourtém fòrço gigots, carròtos, cambalhoun,
Enfin tout ço que eau ta qu'et fricot sio boun.
Digats à Françùesét qu'hácio granos amplétos,
Enta que manque pas de fricot enas siètos ;
Que nou-s desbrémbe pas surtout eras gariòs,
Qu'en porte iou bentió, que n'ajém ta ùéit diòs ;
Très cùechòts de bedèt, siés carrats de coustëtos ;
Un bèt cistalh de gùéus (qu'haram quaucos moulétos) ;
E, se poudió trouba quauquis bèris pouléts,
Apetit, ja n'auém, bous mémo j'ac sabéts.
—■ De bous nou-n doutam pas, se n'auét pas herèbe :
Ja bous poudét desshè de iou mitât de lèbe,
E nous áutis tabé, nù-ey pas ed embarras :

�199
Jou que coundi per un, qùaque nou siòy pas gras.
Ets autis, j'ac sabéts, un saumét en grilhado
Ja le s'acabaran, se ia iou persilhado.
Pourtém-mou-n prou de tout, ta que siòn bien counténts
. E que pouseam tout dió gratá-mous eras dents.
Que mous i cau passa iou semano tranquilo.
Sùenhd-mous-l, surtout nou s'engendra pas bilo.
Mous calera tabén cafè, sucre, counhac ;
Ta prisa, ta fuma pourtém-mou-n prou tabac.
— Aném, arribats touts ! Oun éy 'ra jardinièro ?
B'ey en ço de Duchen ? — Pourtat era panièro.
Bejam, Roulhoun, pujats ; plaçat-bous et prumè ;
Pujo biste, Dallas, nou siòs pas et darrè !...
Nou-y caberam pas touts ! aném, Dallas, de.baro,
Nou-t haços pas prega... Tounèrro ! i-es encaro?
Bè-t'en dabbe Bernat atrapa-t un lebraut ;
Anét que bou-n harèy un cibét coumo eau.
Sourtim de Mounrejau ; anem, Jacoulét, fùéto!
Meffído t det chibau ; deja lèuo 'ra cùéto...
Roulhoun, hèt-bous tat miéy, sourtit-bous det coustat :
Bédés, que pesat trop, quiney tout encantat.
Bièn, aro qu'ey d'aploum ; partim toutis en pòsto.
Jacoulét, siòs prudént ta debara 'ra costo,
Cur se mous haiòm mau que n'i aùriô de counténts ;
Digueriôn qu'èm beuéts, 'n èste bien inoucénts.
Debarem douçoméns : sarrats et mecanico...
Bièn ; aro qu'èm saubats : Bibo 'ra R&lt;publico !...
L'enf, nt, quoiqu'il en ait dit, se tire fort bien de ce long morceau, et,
lorsque les trois garçons poussent ensemble le cri final « Bibo 'ra Republico », tout le monde rit de bon cœur et applaudit chaleureusement.
3. « Era (iride dera Tasque », de M. -pellisson
et « Le Grabiè », de M. Li. Rivière
Enfin, les lauréats qui SJ trouvent dans l'assistance sont priés, s'ils
le désirent, de venir lire leurs pièces. M. Pellisson nous lit ainsi « Era
Cvide dera Jusque », qui a obtenu une médaille d'argent, et M. B. Sarrieu lit la plus belle pièce, peut-être, du recueil de M. Louis Rivière,
« Le Crabiè ». Ces poésies, fort applaudies de l'assistance, seront
publiées dans notre prochain numéro, qui formera comme le « Livre
d'or » du concours de cette année.
— Le programme étant épuisé, M. de Bardies annonce que notre prochaine Assemblée générale et nos 4mes Jeux-Floraux auront lieu en 1909
dans le Bas-Comminges gersois, à Lombez, et déclare la séance levée.

�200
IV. — FÉLIBRÉE DU SOIR ET FÊTE POPULAIRE
Vers sept heures et demie, un dîner intimé réunit la plupart des
Félibres présents à Barbazan, MMmes Réquier et d'Antras, MM.
Réquier, le comte d'Antras, l'abbé Daubian, Teulié, S. Palay, Pellisson,
Escaich, l'abbé Marsan, Rize, Fourtic, l'abbé Cassagnard, Dupont et
Sarrieu.
C'est la Reine qui veut bien, la première, nous dire sa touchante
poésies, la plus belle peut être de ses Cantos d'Eisil :
At bèt pèd d'èste pouèmi
Chat-me, moun Diu,
Yeta loung e douiént yèmi,
Ai-las ! moun Diu !
E suplica-b a yenous
D'abé grand piatat de nous...
'Ra praubo raço de Gascounho,
Moun Diu ! moun Diu !
En sa houlio es da bergounho,
Ai-las ! moun Diu !
De sué tresor sense parelh :
Sua fé, sua léngo e sué sourelh!...
Il faut le lire tout au long dans son poétique recueil.
Puis, c'est M. Pellisson qui vient nous réciter « Era Chigale è 'ra
Hourmigue », imitée de La Fontaine dans le parler de Raretous.
A son tour, Simin Palay, le vrai boute-en-train ce soir-là de notre
fête, entonne « Aquércs mountanhes », que toute l'assistance reprend
en chœur. Infatigable, il continue par le chant de la Coupe ; « Coupo
santo, E bersanto &gt;)..., l'hymne mistralien des réunions félibréennes.
M. R. Sarrieu chante à son tour quelques couplet d' Era Gascouno»
(V. Era Bouts, 1906, p. 153), que les félibres présents reprennent au
refrain.
M. Escaich lit son délicat « Chant royal », pièce qui a obtenu une
médaille d'argent au concours de cette année, et en offre à la Reine,
à qui il l'a dédié, une copie magnifiquement calligraphiée. Nous le
publierons dans le prochain numéro.
Enfin, on reprend Aquéres mountanhes, dont Simin Palay improvise le dernier couplet, avec un rare bonheur :
A nousto Reynéto
Eth darrè bersét ;
Touts, en saludan-lo,
Lheuém eth berrét !

( Applaudissements),
et l'on se sépare enchantés de cette belle soirée.

�201
Dehors, en attendant, éclairs, tonnerre et abondante rosée. Ce qui
n'empêche pas les beaux ombrages du Parc des Thermes de s'illuminer
de toutes parts, grâce à une accalmie, et un beau feu d'artifice de
couronner, vers neuf heures et demie du soir, le faite de l'immense
Hôtel en construction qui déjà domine le vallon de sa masse imposante. Une foule nombreuse est venue jouir du spectacle, tandis que
les Félibres poursuivent, sous les lanternes vénitiennes et les frais
bosquets, des discussions courtoises et passionnées.

A Loures et à Siradan
Le programme de la seconde journée comprenait une conférence à
Loures, puis une excursion à Saint-Bertrand-de-Comminges et à Siradan. Mais le mauvais temps nous empêcha malheureusement d'aller
visiter notre ancienne capitale, toujours merveilleuse par ses souvenirs,
sa vieille cathédrale aux fines boiseries et son point de vue, « le plus
admirable du monde », dit un jour Lamartine. Là, pourtant, le maire,
M. Barousse, nous avait promis le meilleur accueil, et Mme J. Artigau,
directrice du sanatorium de Saint-Bertrand, serait venue à notre ren
contre avec ses petits pensionnaires, qui nous auraient charmés de
leurs chansons. Et puis, surtout, si le temps avait été meilleur, nous
aurions pu voir s'assembler autour de nous les flères populations de
ces régions aimées et répandre parmi elles, comme c'était notre vœu
le plus cher, la bonne parole félibréenne. Il fallut se contenter d'une
société plus restreinte, bien que choisie, et adresser télégraphiquement
à M. Barousse les excuses de notre Escolo.

1 A Loures: Conférence en gascon par M. B. Sarrieu,
Secrétaire Général
Malgré tout, c'est devant une soixantaine d'assistants que M. B.
Sarrieu, secrétaire de l'Escolo, a pu faire au Café-Divan, une brève conférence en luchonnais sur « Era léngo gascouno è 'ra 'Scblo deras
Pirenéos ».
« Et gascoun », a dit en résumé le conférencier, « qu' ei iou
» léngo. Qu 'ei iou léngo, en bertat, premou des sos carattaris parti» culiès; è qu 'ei iou léngo ió, margrè 's sos noumbrousi parlas, premou
» qué touti 's qui la parlen es coumprénen entr' éri ; è que mérite
» et nom de lévgo, è qu'au meritara toustém mès, premou que nou
» éi pas (è nou déu pas èste tapôc) un abarrejadis de franchimant
» è d'espanhol, mès un idiòmo sabourous, que pot aué, étch tabén,
» iou grano balou literário.
« Et Felibridje qu' es proupòse precisoméns de manténgue è d'arre-

�202
»
»
))
»
»
))
))
»

lheua era léngo nòsto. — « E ta qué? » mous dideran. — Premou que
nous-auti, Proubençaus, Lengodoucias, Gascous, Limousls, Catala», boulém dura, boulém demoura ço qu' èm, ço que mous an hèti
es nôsti pais : Qu' ei et nòste drét è 't nôste deué. Qu 'ei dounc
adacró que bo aténhe, en Couménges è 'n Couserans, era « 'Scòlo deras
Pirenéos » : hè biéue de iou bito adaéro era sio 'rregioun, bèro
partido dera Gascounho è de touto'ra « Ouccitanió », è tabén, enfin,
dera mès grano Franço ».
( A pp laudissemen ts )
2. A Siradan

Puis, en deux breaks capitonnés, vu l'averse persistante, une vingtaine
de Félibre» se rendent à Siradan, où quelques-autres les avaient devancés en prenant le train. Quel dommage que la pluie ait empêché de
contempler à l'aise la riante vallée de la Garonne, si fertile de Loures à Bertren et à Saléchan ! En tout cas, c'est 27 que l'on se
retrouve à l'établissement thermal de Siradan, où M. Dartigue, l'aimable directeur des Thermes, nous fait servir un excellent déjeuner.
Etaient présents : la Reine, Mme Philadelphe de Gerde ; puis, vers
sa droite, MM. l'abbé Dufor, G. Réquier, René Dufor, l'abbé Cassagnard, Dupont, J. Soulé ; l'abbé Marsan ; F. Fourtic ; Mme des Etangs,
de Loures ; M. de Bardies, président ; Mme la comtesse d'Antras ;
M. R. Sarrieu ; Mlle des Etangs ; Mlle Le Monnier ; le lieutenant
Rize ; MUe Le Monnier; M. Sentein, médecin militaire ; MUe des Etangs ;
MM. le Docteur Louge, d'Eauze ; A. Lamothe ; l'abbé S. Verdier ;
F. Escaich ; A. Teulié, trésorier de l'Escolo et le comte d'Antras.
MM. l'abbé Daubian, S. Palay et plusieurs autres n'avaient pu, à
cause de leur santé, affronter le mauvais temps.
C'est encore la Reine qui, la première, nous dit d'une voix émue
une poésie:
« 0 perhums de ierbéto,
De hén e de serpouls,
... Perhums det mié païs!.. »
Puis M. Teulié nous récite « Mont-Segur », pièce pénétrée du plus pur
patriotisme méridional, et couronnée de la fière devise : « Tè, tòco-t,
se gausos I »
M. F. Escaich nous lit son « Oumalje à Gasloun Febus », Gaston
de Foix :
« Rebelho te, Gastoun, de ta céndre countalo ;
Trestéjo de plasé dins toun riche toumbèl »...
Nous regrettons vivement que le manque de place nous empêche de le donner ici in-extenso.
M. B. Sarrieu lit un fragment d'un poème épique en préparation ;
Era mòrt de « Hanacoun », jeune héros celtibérien qui périt tué sur

�203
la haute prairie d'Artigue, en vue des sommets neigeux et sous les
yeux d' « Andòs » son ami.
Mais, en attendant, à la place que viennent de laisser MM. Dupont
et Cassagnard, obligés de nous quitter trop tôt, est venu s'asseoir M. Dartigue, directeur des Thermes. M. l'abbé Dufor, vice-président de l'Escolo,
en profite pour lui porter un toast des plus aimables, où il montre
que les progrès de la ville de Siradan ont été dûs en grande partie à
M. Dartigue père, un Toulousain, qui a fait prospérer la jolie station
thermale. Quant à nous, « nous saurons nous souvenir », conclut M.
Dufor, « de l'accueil si bienveillant que vous faites à notre Félibrige )) ;
aujourd'hui se rencontrent ici le Languedoc et le Comminges : « Vive
les Toulousains, vive les Montagnards ! Vive Siradan et ses Thermes! »
M. Dartigue remercie, en quelques paroles charmantes.
M. de Bardies, notre président, nous raconte alors, dans le plus pur
gascon couserannais, une fable amusante, (.(Era mandro è't carrigòu » ;
c'est à qui arrivera le premier à Paris ; mais le limaçon trouva le moyen
d'y être avant le renard : « qu 'èro ber/gut sus sa CMO...»
La bonne humeur règne aussitôt dans l'assemblée, et M. Teulié nous
dit à son tour une petite histoire qui démontre que « lat fénnos
soun pas toujour mai bèstios que les ornes ». D s'agit de ce pauvre
Bourtoumiu qui était allé acheter 6 ânes à la foire, et qui, en s'en
revenant, n'en trouvait plus que 5 (le paurot se debrembabo le qu 'abió
entre las camos). Mais sa femme y voyait mieux : « Tu tròbes pas
que 5 ases, e iou ne bési 7 ». On devine.
M. B. Sarrieu, dans un tout autre genre, chante alors l'une des
quatre « Malades » que renferment ses « Imnes d'Amou » : Era Noucturno, sur l'air d'« Aquéres mountines », dont on connaît le charme
pénétrant.
M. le docteur Louge s'excuse, mais M. A. Lamotheveut bien nous réciter la pièce de lui qui a obtenu une médaille d'argent à notre concours:
« Moun biladye ». On est frappé de la grande ressemblance que présente le gascon d'Eauze avec celui du Nébouzan, sauf l'article ; et on
admire les doux sentiments exprimés par le poète.
M. l'abbé Dufor nous lit les « Adius à la Muso » de Victor Cazes, et,
de Bouéry, le « Paisant de Cagiro », dont on ne se lasse pas d'admirer
l'énergie et le naturel.
M. Teulié nous donne du Bouéry lui aussi : il nous chante l'une
des plus jolies « Cansous det campanè d'Aspet », celle intitulée « Mainadjous, Petits angelous », à la tendre mélodie. Le carillon d'Aspet, avec
ses 10 cloches, joue tous les airs de Bouéry.
M. l'abbé Dufor se lève encore pour porter un toast aux deux Reines,
Mme Philadelphe de Gerde et Mme d'Antras, qui n'ont pas craint de
nous accompagner à Siradan, et qui nous honorent de leur présence.
M. Teulié nous dit sa belle poésie « Flous d'Alsaço », toute pénétrée
de patriotique émotion.
Enfin M. A. Lamothe obtient un vif succès de rires, avec « La Pous-

�204
sessioun dou Manheròt &gt;). Un orage qui menace empêche le curé de Saint
Martin d'aller en procession jusqu'à la croix du « Manherot », mais
celui-ci veut quand même que ses terres soient bénites. Il se décide
malgré le tonnerre et les éclairs à faire la procession lui-même, aidé de
sa femme, et tandis qu'il psalmodie « Lou boun Diu nous consèrbe la
binho è lou campét », elle répond sur le même ton: « Diu t'enténo,

Uamounét ».
Et voilà comment s'est passée cette aimable réunion, où l'on a pu
voir notre langue gasconne capable, quoi qu'on en ait dit, de prendre
tous les styles, de rendre tous les sentiments, tour à tour tendre, rude,
moqueuse, émue, tragique, épique, lyrique, pittoresque ou enflammée,
et digne à tous égards d'un plus grand théâtre, tout à côté de sa sœur
française.
Mais l'heure avançait. Il fallut bientôt se résoudre à repartir pour
Loures, où la plupart d'entre nous devaient prendre le train de 5 heures
14, vers Montréjeau. On se sépara avec le regret d'avoir vu s'éeouler si
vite ces deux jours de fête familiale, et en se disant au revoir « tadj

an que bér/ ».

AUTOUR DE NOTRE FÊTE
1. Lettres d'excuse
Un grand nombre de nos confrères, de nos lauréats, de nos invités,
n'ayant pu assister à notre fête, nous ont adressé leurs excuses.
Mel!e de Terssac, notre Reine de l'an dernier, était en voyage en
Belgique et à Londres. Nous lui avons adressé le télégramme suivant :

« Era 'Scòlo deras Pirenéos que mando de Darbazar/ ara sió Rèino de
« 1907 es sosdebouals oumadjes ».
Excusés également : Mme Edmond Rostand, notre Rsine d'honneur,
et M. Edmond Rostand, de l'Académie Française, qui ont adressé à
notre Ecole félibréenne, par dépêche du 7 septembre, « toute leur
sympathie et leurs vœux les plus chauds » ; Mlle Is. Fourcade et sa
famille, à Cos ; M. Espagnolle, à Lourdes ; M. Camélat, à Arrens ; M. D.
Raylac, à Sainte-Marie de Campan ; M. F. Escard, à Paris ; M"9 Noélie
Reffeyte, à His ; M. Branet, à Auch ; M. le Comte de Comminges, à
Compiègne ; "M. de Terssac, à Castelbiague ; M. Ch. Palanque, de la
Société Archéologique du Gers, etc., etc.
M. Artigue Fabien, le généreux donateur, cette année, de quatre
médailles pour notre concours, a eu la douleur de perdre son frère, M.
Auguste-Bertrand Artigue, membre lui aussi de notre Escolo. Qu'il
veuille bien agréer ici l'expression de nos plus sympathiques condoléances.
— Parmi nos lauréats se sont excusés aussi :
MM. l'abbé Dambielle, pro curé de Samatan; Louis Rivière, à Toulouse;

�205
V. Bardou, à Ustou ; Sandaran, à Barcelone ; Ruth, à Adervielle ;
l'abbé H. Benture, curé d'Aydius, v. d'Ossau ; Léon Àrrix, d'Arudy, à
Aureilhan, prèsTarbes ; Emile Castex, au château du Mailh, prèsGondrin
(Gers) ; Gabriel de Solirène, au Couloumé, par Dému (Gers) ; A. Sémeilhon, à Miradoux, près Lectoure ; H. Martel, à Château-Renard de Provence
(B.-du-Rhône) ; L. Armangué, à Céret (P. 0.) ; J. Sens, de Saint-Pauld'Oueil, retenu en Corse ; abbé Lasserre, curé à Castillon-de-Bats ; P.
Pérès, à Auch ; etc.
— Enfin, parmi nos invités, se sont excusés :
• MM. Ruau, ministre de l'Agriculture ; D1' Fournier, conseiller général,
à Montréjeau ; MM. A. Sourreil, à Toulouse, F. Court, à Zumaya
(Espagne) et X. Rivière, à Villenouvelle, tous trois de l'Escolo Moundino, en nous adressant leurs meilleurs vœux.
MM. le baron Desazars de Montgaillard, et Rozès de Brousse, de
l'Académie des Jeux Floraux. Celui-ci, secrétaire aussi de l'Escolo
Moundino, nous adresse le joli quatrain suivant :
« Amics, del Terradou Moundl
Que podi pas quitar an aquesto ouro
Vous mandi le salut d'Isauro la Pastouro
Que pels orts toulouséncs fa les cors restountl ».
MM. Adrien Planté, président de l'Escolo G. Fébus ; Albert Darclanne,
vice-président ; M. l'abbé Sarran nous avait fait espérer sa visite, mais il
n'a pu être libre au dernier moment.
M. J. Ronjat, (( baile dou counsistòri », nous adresse « si vot courau per la pleno reiissido de la fèsto ».
NoUs avons été vivement touchés de recevoir de nos compatriotes
lyonnais (ils forment à Lyon une association assez prospère qui s'appelle
« Les Enfants delà Haute-Garonne») la dépêche suivante: ('De cór,
Pirenéos, de còr que seram tab es amics dera 'Scòlo, gùé, demav è
toustém. Salutacious mountanhòlos dés de Lyouy ».
De notre côté, nous avons télégraphié à Mistral, le 10 septembre :
« Era 'Scòlo deras Pirenéos, amassado à Barbazan, que mando à
Mistral es sòs mès deboûats oumadjes ».

2. Remerciements à la í'r·sse
Nous avons à remercier tout particulièrement les journaux suivants
pour avoir bien voulu annoncer notre fête :
— La Haute-Garonne du 27 août ; le Luchon-Thermal du 5 septembre; VExpress du Midi; le Semeur de Tarbes ; le Patriote des
Pyrénées et le Journal d'Oloron (7 août), où M. Pellisson a annoncé
notre fête en même temps que celle de PEscolo Gastoun-Fébus ; la Petite
Gazette de Bagnères-de-Bigorre, grâce à l'obligeance de M. J. Laquet ;
Lou Felibrige, de juin-juillet, p. 53, etc.
— D'autre part, ont consacré quelques lignes au compte-rendu de

�206
notre fête : le Télégramme, l'Express du Midi, le Journal de SaintCi audens ; L'Etendard de Saint-Gaudens ; la Haute-Garonne du 17 septembre (Le 8 octobre, autre article de propagande, dû à M. l'abbé
Dufor) ; le Luchon-Thermal du 19 septembre ; le Patriote des Pyrénées
des 13 et 14 septembre ; la Petite Gazette de Bagnères de-Bigorre du
4 octobre (J. de Cabadur, qui en dira aussi un mot dans « Pyrénées et
Océan»); l'Action Régionaliste d'août-septembre (p. 134); l'Avenir
Républicain d'Auch, à l'occasion de la réunion de la Société Archéologique du 12 octobre, où il en a été question. — Ajoutons qu'après
« Femina »', « La Vie Heureuse » a parlé de notre fête de l'an dernier.
Nous leur en sommes vivement reconnaissants. Ils nous montrent
ainsi qu'ils s'intéressent à notre œuvre et qu'ils en approuvent l'esprit
patriotique. « Toustém Gascousl... »

I.

AQUÉSTE NUMÉRO È 'S QUI SEGUIRAN.

— Le présent N° n'a pu, par suite d'un accident, contenir de gravures
relatives à notre Fête. Nous espérons dédommager nos lecteurs dans le
suivant, auquel nous apporterons tous nos soins, et qui contiendra les

principales œuvres couronnées, et constituera ainsi comme le « Livre
d'or » de nos Jeux-Floraux de cette armée. Il se vendra, à part, Ofr. 50,
comme celui-ci.
— Très prochainement paraîtra notre Armanac dera Mountanho
pour 1909. Nous serions reconnaissants à ceux de nos Confrères qui,
dès à-présent, souscriraient pour un nombre déterminé d'exemplaires ou
nous en placeraient plusieurs. Se boulém coumberti et nòste pôbble, plan
que mous i-ajudaram es armanacs.
— Il est probable que nous tirerons à part « Es Segaires » de M. Fabaron et deux ou trois autres chants gascons, sous le titre de « Chants de
l'Escolo deras Pirenéos », et en même temps que l'Armanac dera
Mountanho.
— Le présent N° est adressé, en outre des Membres et Abonnés, à
tous les lauréats, dont plusieurs sont devenus des nôtres (v. p. 157) et
s'occupent déjà de faire de la propagande pour notre œuvre.
II.

HÈSTES E AMASSADES

FELIBRÉnQUES

E 'RREGIOUNALISTES.

— Era 'Scòlo Gastouy-Febus que tenguéc era sio hèsto d'engùan à
Coundôm. Et 24 d'Aoust, de sés, bèro 'rrepresentacioun de « La granMay », pèço nauèro, simplo, bieuénto, pertoucanto at fèt det nôste
Counfrai « lou Cascarot », è tabén de « Lou Franchiman », de S. Palay,
dap cants gascous ; et teatre dera bilo qu'ère tout calamètch. Edj alende-

�207
mat), « Court d'Amou » en es claustres dera coumuno, dabb un pialè de
bèri discoursi è distribucioun des « joies » as lauréats ; (demèst aquésti,
MM. Lamothe è Arrix, dera nòsto 'Scòlo tabén) ; pus, dinna de mès de
cént Félibres e Felibxésses, dap brindes « ahùecats'.» e pouesiés è cants
gascous encaro. Era Soucietat Arqueoulougico det Gèrs qu' aproufltèc
er' aucasioun ta hè oumadje ara 'Scòlo de iou edicioun det pouèto
Bedout, d'Auch. Arrepresentades era 'Scòlo de Marguerito de Nerac,
er' Academió des Jòcs Flouraus è 'ra Scòlo Moundino. Bounes journades
tat Felibridje biarnés è gascoun.
— A Pau, Cour/grès dera Federaciouy des Soucietats sabéntes det
Sud-Ouèst, et 6 de Setéme è 's diés d'après. Demèst es noumbrouses
coumunicacious que s' i héren, íiés-qùantes arrepourtá-s as nòstes countrades : que eau senhala surtout era^bèro còunferénço de M. Caitailhac
sus es pintrures des tûtes pirenénques, dap proujecteious. — Que eau
sabé qu'en aquéro Federacioun — que déu téngue cad' an era sió hèsto
en iou 'rregioun nauèro det Sud-Ouèst — ja soun entrades iou doudzenado des nòstes Soucietats. Dilhèu, souloméns, que s'aurié à désira :
1° Que toutes es Soucietats sabéntes gasconnes (dinquio V Ariéjo dounc)
i-entrèssen ; 2° Que aquéstes Soucietats (és pròpioméns gascounes) ei
héssen laguéns iou grano secteiouv especialo aoun serién mès estrétoméns ligades encaro ; premou qu' « et Sud-Ouèst » nou ei pas iou
persouno mouralo, tandis qu' « Era Gascunho » qu'enn houe, que n'éi
è qu'en déu èste ió, è aeró pertout aoun sié poussibble....
— A Tarbo, Cour/grès de Soucietats Pirencïstes, es 9 è 10 d'Aoust
passats. Senhala que deuém, at nòste punt de bisto, es trebals dera
« Coumissioun de toupounimió )). Quan s'agéch de noumenta es biles,
biladjes, i.rriéus, mountanhes, etc., s'en eau téngue ara tradicioun,
mémo sénse 'rrasoun ? 0 eau arrehè 's mòts d'après et lou séns supousat ?
0 cau cerca-n era biélho fòrmo ? Ad aquéres questious que dideram lèu
ena Bouts ce quin mous sémble que cau arrespoune. Entretant, béi en
(( La Montagne », arrebisto mesadèro det « Club Alpin français »,
Nos 8 è 9 d'engùan, un gran artiggle de M. J. Ronjat, baile det Felibridje: « Les noms de lieux dans les Montagnes françaises ».
— A Carcassouno, ess hèstes en' aunou de Mir que houren bien
bères (Bét era « Revue Méridionale », N° 6-7). S' es esnouciénts tratten
era léngo nòsto de « langue de basse cour » (Bét « Vivo Prouvènço 1 »
d'Aoust è de Setéme, è « La Lanterne Toulousaine » det 20 de Setéme),
nous-auti qu'au boulém hè quilha per tout et Middió coulounes trïoumfales e 'statues de glòrio....
— Enfin que poudém hè counégue acitau era creacioun dera « Société
Internationale de Dialectologie romane », dibisado en iou bintió de
secteious, coumo p. ex. iou s. catalano, è iauto proubençalo (ço que bo
dide tara Franço d'O ; es artiggles qu'ei pouiran èste en léngo d'O tabén).
Ja i-an aderat bèri-iis des nòsti Counfrais, coumo MM. Mario Roques,
Millardet, M. Camélat, B. Sarrieu, etc. Et sièti dera Soucietat qu'ei à
Brussèles.
B. S.

�208

NÉCROLOGIE

M.

Auguste - Bertrand ARTIGUE

Era mort nou arrespèct' arrén ; ni 'ra jùenésso, ni 'ra fourtuno, ni 'ra
bountatch, ni 'r\ amistatch ; qu'ac proubauo 'ncaro edj aute dió en
suspréngue edj engeniur Moussu Artigo, nòste counfray...
De grano talho, bien bastitch, aquet brabe è entelligént Gascoun nou
aùió jamès hèt cap de malautiô seriouso, è que poudió espera de biéue
au-méns autant que sa pai, adj adje de qùate-bints-qùate iùèrs, encaro
balént, arrémercia Diéu.
Moussu Bertran Artigo qu'abitauo Paris prèsque touto 'ra 'nado.
Arriche de quauquis milious, que les sabió" hè balé è que s'en sabió serbl
ta'striii-s pes bouiadjes è ta hè det bén. Tabén qu'èro 'rrespectatch è
aimatch de toutis es qu'au couneguiòn.
Que passauo eras bacanços en soun bètch castètch de Hauto-Fort
(Dourdounhe). E doun, et diùéndres binto-un d'aoust, qu'au troubèren
mòrt en soun liét, coumo se droumió. Oh ! bé houe arregretatch de touto
'ra coumuno e dets embirous !
Pourtatch tara Barto d'Arribèro, soun biladje de nechénço è oun abito sa
familho, qu'au héren un enterromént estraourdenári ; que y-aùió mès de
cinq cénts persounos. Quin èro aqueró bètch è triste en mémo téns !
Aro qu'arrepòso en cabo de sa familho, un beritable mounumént, en
cementèri dera Barto.
Adiéu, brabe moussu Artigo ! A 'rrebéi-mous en aute moun!
Y.-D.

CI o.o.
BÎZiERS

DUFOR.

�B) Seconde partie:

JEUX FLORAUX

proprement dits.

1. Rapport sur les Jeux Floraux de 1908, par M. B. SARRIEU,
Secrétaire général
2. Allocution de M. DOMBERNARD, maire de Barbazan. .
3. Palmarès du Concours, lu par M. A. TEULIÉ, Trésorier de
l'Escolo
'
%
C) Troisième partie :

IV) FÉLIBRÉE DU SOIR

ET

196
196
197
198
198
199
199

FÊTE POPULAIRE

Pièces dites ou chantées par la Reine et MM. Pellisson,
5. Palay, B. Sarrieu, et F. Escaich. — Feu d'artifice

^SECONDE JOURNÉE

192

SÉANCE LITTÉRAIRE.

1. Bertrando, par M. L. BARBET, Représentant de l'Escôlo à
Paris, et Alabéts è Gùé, par M. FABARON.
2. Récitation de pièces gasconnes, de M. G. CASTEX, A. BOUÉRY,
V. CAZES et J. CAZEAUX, par trois enfants
i
Ara nòsto hilhuco, de BOUÉRY
] Et niyc des audèts, de V. CAZES.
( Les eaux de Barbazan, de J. CAZEAUX..
3. Era Vride dera Tasque, par M. PELLISSON, et « Le Crabiè »
de.M. L. RIVIÈRE
4. Fin de la Séance
-../.
"...

'

184
192

200

: A Lonrei et' à Siradan

) A Loures, Conférence Félibréenne, par M. B. SARRIEU
) A Siradan. Toasts, Contes ou Poésies de Mrne Philadelphe de
Gerde, MM. Teulié, Escaich, Sarrieu, Dufor, Dartigue,
de Bardics, A. Lamothe

201

202

AUTOUR DE NOTRE FÊTE
1. Lettres d'excuse
2. Remerciements à la Presse

204
203

(Aquéste N° è 's-qui seguiran. — Hèstes felibrénques è 'rregiounalistes, R. S
I Nécrologie. M. Auguste-Bertrand Artigue, Y. D

206
208

I

NOUBÈLES

:

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une Ecole félibréenne qui prend le nom d'Escòlo deras
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections/. 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées^
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
7. Il y aura des Croupes locaux là où plusieurs Membres actifs
au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART.

(5

ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.

Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'Ecole. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'Ecole, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.

— Composition du Bureau général pour les trois années 1907,
: Président, M. L. de Hardies; Vice-Présidents, MM. les
abbés Y.-D. Dufor (Haut-Comminges), B. Baubian (Bas-Comminges),
B. Cau-Durban (Couserans) ; Trésorier, M. A. Teulié, à Lédar, près
Saint-Girons (Ariège) ; Secrétaire général, M. B. Sarrieu, 8, placeDu-Bartas, Auch (Gers).
NOTA.

1908, 1909

Le Gérant:

N. ABABIE.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="18045">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4965d294928985cf0863ca2a285f6480.jpg</src>
      <authentication>1a58c7709b4d449f0e4fa3afa84e055f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18046">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/02431bd3c6ea7de106d4c2b5b0b2934e.jpg</src>
      <authentication>935a968bed424a92fda7ecf0401779c1</authentication>
    </file>
    <file fileId="18047">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ffdc5c5f79e7bae6b7400453c730ce07.jpg</src>
      <authentication>6708a142f3cd7c0d39e370058db35884</authentication>
    </file>
    <file fileId="18048">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/aa24b505c3945fd98080969283a09118.jpg</src>
      <authentication>42688d7be9c4ecec328db0f239d2ad81</authentication>
    </file>
    <file fileId="18049">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2cab8beca52a92a050a31a3a7d46686d.jpg</src>
      <authentication>6ea3df990f50fe4d9fb60f93b484cb5c</authentication>
    </file>
    <file fileId="18050">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fb508f540a0a689128bd4990dd5c9f1d.jpg</src>
      <authentication>56b70a64ee65ebfc569f8d135d7e45f9</authentication>
    </file>
    <file fileId="18051">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/68b303e21818345cce06fc3da9a8f2d5.jpg</src>
      <authentication>3ba751810a0d52f6243125f32b41715a</authentication>
    </file>
    <file fileId="18052">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f32ffee52a02be29cc25e2b748462314.jpg</src>
      <authentication>c25fb1864d03831be0d73ac3cdf22e21</authentication>
    </file>
    <file fileId="18053">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c045671a947a56c11aed6214b897507f.jpg</src>
      <authentication>22a0056f8915f2f8cc61823148b96724</authentication>
    </file>
    <file fileId="18054">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ca0f8d4dee5d5b785e16558eb3435947.jpg</src>
      <authentication>80430f361391a05d574fd96a486e2ece</authentication>
    </file>
    <file fileId="18055">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b20af968b6651065b16a774d29c709bf.jpg</src>
      <authentication>34a9a06bcbc94c50b21e8792e9eac554</authentication>
    </file>
    <file fileId="18056">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4bf82aa42f7e9d146250826e7cec3fed.jpg</src>
      <authentication>c5de1c851b131263efd1fc550ff45abc</authentication>
    </file>
    <file fileId="18057">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/293035a55019613e766e0a2e88dc7b0f.jpg</src>
      <authentication>029f1be2278b7da7a44f6970f7b04408</authentication>
    </file>
    <file fileId="18058">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/df18a4cdb999278604c9a1e382c8d9ea.jpg</src>
      <authentication>229727d8ceec3a667300e7600f947818</authentication>
    </file>
    <file fileId="18059">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c087c83557dc371774f567346a9e5407.jpg</src>
      <authentication>23d6691ef3a9cb558521cce46eb6514c</authentication>
    </file>
    <file fileId="18060">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4b01618f9426416a69256e23792eb7c1.jpg</src>
      <authentication>76db945b90ae471e71c2ae7f3489104b</authentication>
    </file>
    <file fileId="18061">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/51fed8cd1b46dad90514c9680d3718d2.jpg</src>
      <authentication>251a25686389731c0ca42100c983db47</authentication>
    </file>
    <file fileId="18062">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e7c0e49b8214e9bbbd8ecb6e50aa5ea3.jpg</src>
      <authentication>c6616d8bbb2326c5955d90ed3a4a1cfd</authentication>
    </file>
    <file fileId="18063">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c7e6c278deb503b98758d98a4f7b2f86.jpg</src>
      <authentication>7455473c4a08350ddae165a28a80d3ca</authentication>
    </file>
    <file fileId="18064">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c1b9e25577a88c953d351446e87581be.jpg</src>
      <authentication>8b492d56c9c5fa6b09446b92482ca259</authentication>
    </file>
    <file fileId="18065">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/76c6e4389a60e94bcb1922412688449c.jpg</src>
      <authentication>af843714f221b52a8a29f8b6bc131d31</authentication>
    </file>
    <file fileId="18066">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9c046d3d20855a674808dee226f48972.jpg</src>
      <authentication>90c4d27496bf18c165e58495501c1eeb</authentication>
    </file>
    <file fileId="18067">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6b15e6db4a4710d06ec9c24bbd4f0c26.jpg</src>
      <authentication>6dd7931f30d231e8d43274726ef8a260</authentication>
    </file>
    <file fileId="18068">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f060d42d5675294f8171890b99268af3.jpg</src>
      <authentication>9e92e6b4440c568301d8721929b9e428</authentication>
    </file>
    <file fileId="18069">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1ffbbc861d338d140b14e8c16a55e668.jpg</src>
      <authentication>d6a5c59a178df8a673f96e58788ad94a</authentication>
    </file>
    <file fileId="18070">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6d24aae9b0997c9453a9cd9117e3604d.jpg</src>
      <authentication>f152f8eaa6a6cc36e1933407a2c9471f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18071">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e3072a1eba70869dd620b46a51d45a6f.jpg</src>
      <authentication>7dc28d0ff4624768f3eb5f5009e13cfe</authentication>
    </file>
    <file fileId="18072">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/511ff31829c517bcf30f34909250c892.jpg</src>
      <authentication>e504698240ece9ab1d78292dfa62a40f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18073">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5f5b2c5e7e0fe141eba39ec9d373c0a1.jpg</src>
      <authentication>fe94b48aafe79d64a70f8a20b9e1a8c2</authentication>
    </file>
    <file fileId="18074">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3544234db89360995d2e8d4adefeae3d.jpg</src>
      <authentication>3202222daa2427a1bf99298508657315</authentication>
    </file>
    <file fileId="18075">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3da95e7584c4a0dbb120ccccca582dfc.jpg</src>
      <authentication>71707e41114332335e385a7297f5c7a9</authentication>
    </file>
    <file fileId="18076">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a1eb0814aa84deac3a247ab5cb39d0a8.jpg</src>
      <authentication>bfe03db420281f9733514063dd874cfa</authentication>
    </file>
    <file fileId="18077">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/57fa6de93322663002ff103fe44d13f7.jpg</src>
      <authentication>672d1ef0384ec79e2d3456afd441f409</authentication>
    </file>
    <file fileId="18078">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1df752cef3975d3489133ff2590f66da.jpg</src>
      <authentication>3417cdb14e15e4e084aac85539552c2f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18079">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/95560ac8ba6f8b55bd7be7acfd7a3c49.jpg</src>
      <authentication>2f18a292e333b272704f1e91e9e95ad6</authentication>
    </file>
    <file fileId="18080">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e6e1fc1990dcd1a38848f5084f8d8705.jpg</src>
      <authentication>cfed1127968ec9b67f8f646e284c9f94</authentication>
    </file>
    <file fileId="18081">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9c3c40e00e41f6b88322a4f160a52fdd.jpg</src>
      <authentication>c8341886af41d7a3b6b9b6a8556649a5</authentication>
    </file>
    <file fileId="18082">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/78428ba5a615325f0bd3b1007a28586e.jpg</src>
      <authentication>0b46c787461e352209396cc72cc5b280</authentication>
    </file>
    <file fileId="18083">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dabfe3f282b035e52a9b65e41b570b13.jpg</src>
      <authentication>421c9b34af3fc7f98fa232f323cde3c0</authentication>
    </file>
    <file fileId="18084">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/45640d26c8f11449e1beeddec9640004.jpg</src>
      <authentication>d966e429bd96c40e6dea30321a899ff5</authentication>
    </file>
    <file fileId="18085">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/00d8bd9e2d7572f023c9627dfc29486b.jpg</src>
      <authentication>01bdaeff9df832db9fb5547e209206b8</authentication>
    </file>
    <file fileId="18086">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8dc014924bdb2e467daa4111392a3c8c.jpg</src>
      <authentication>417f4aabf4a80127b6e9c94a39f66d63</authentication>
    </file>
    <file fileId="18087">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/50db391c0e95f8c57d1aecfa194479ef.jpg</src>
      <authentication>66159fb3cec5e3b01633af70f3a31e8f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18088">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0a9aa66941eb148a985360666e6ca973.jpg</src>
      <authentication>511a3af815ee1cfed43161701927076f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18089">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/757b55a707f10a3b12bda828c3c30dae.jpg</src>
      <authentication>d05e70b7e7b94578ba7a1394acdca1de</authentication>
    </file>
    <file fileId="18090">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9275e6d28d1c5a8b3ea8f2aee1a6c12e.jpg</src>
      <authentication>acce8e104f2efb893afd7135bfdcc92c</authentication>
    </file>
    <file fileId="18091">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e9e14f77ac9a9c6577fb75375215b573.jpg</src>
      <authentication>c9f22786b096b84cbe65856e62e1c51d</authentication>
    </file>
    <file fileId="18092">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2df3ecf35a4711453104cd32bd89e3cc.jpg</src>
      <authentication>9d36e632dfb198ec50bac8c1a81073fd</authentication>
    </file>
    <file fileId="18093">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4665dfbf819781da3cc9c0413f538685.jpg</src>
      <authentication>21bc3d133b02a0391c5cc5233823723e</authentication>
    </file>
    <file fileId="18094">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/998d36524f2e52186f60e0371a69f4f2.jpg</src>
      <authentication>47b49589047c3bf2c3054e19bedd3267</authentication>
    </file>
    <file fileId="18095">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ba8c6674ca1d9550d4cce446d769152a.jpg</src>
      <authentication>24ddc23ffa18e85aeab8b7451d6f62e6</authentication>
    </file>
    <file fileId="18096">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/36d2a5963ee6a69765d1b16a6aae372c.jpg</src>
      <authentication>bc896f15686698feac35be67bfe3b5ae</authentication>
    </file>
    <file fileId="18097">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/001fd547950de07cab20c3d7441a77ac.jpg</src>
      <authentication>66980216aaacb3af46adcdfcfc36e697</authentication>
    </file>
    <file fileId="18098">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3c321114f9cc46e7f108da06edfb6045.jpg</src>
      <authentication>47b548b5ff57e24f0a49a00d29e8850d</authentication>
    </file>
    <file fileId="18099">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/48f0184cb09bc84e46d699a225464ce6.jpg</src>
      <authentication>6ea43e82ccee31427b581e7054b2d75f</authentication>
    </file>
    <file fileId="18100">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b98f3d8a957f0396ef25698ab21b0045.jpg</src>
      <authentication>f309c9712f4a4d467bc9b26531052e28</authentication>
    </file>
    <file fileId="18101">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b3d5ade991953ae56b29253716c547de.jpg</src>
      <authentication>c6f88d950e623ad3aaf69eec18fbbf4c</authentication>
    </file>
    <file fileId="18102">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0d011804e7f7f31c7d24689c70e27449.jpg</src>
      <authentication>7b2a116d6c937d91b5d936f926bd6e84</authentication>
    </file>
    <file fileId="18103">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4ced8a87c04df2446df51c413cec7ed7.jpg</src>
      <authentication>a4a5c281f96a71754cf7ece2388cc31d</authentication>
    </file>
    <file fileId="18104">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3b77675801af36b8405efed6b4e52812.jpg</src>
      <authentication>ac39e0b22e0984e4f11e5935d37685db</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364852">
            <text>Gascon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364853">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="129">
        <name>Aire Culturelle</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364854">
            <text>Gascogne</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364856">
            <text>Comminges</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364857">
            <text>Couserans</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364858">
            <text>Val d'Aran</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364829">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 04, n°09-10 (Setéme-Ottòbre 1908)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364831">
              <text>Littérature occitane -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364832">
              <text>Occitan (langue) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364833">
              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364834">
              <text>Littérature gasconne -- Périodiques</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364835">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - 1908 - N° 9-10 (4e Année)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364836">
              <text>Sarrieu, Bernard (1875-1935)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364859">
              <text>Dufor, Yves-Dominique (1834-1920)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364860">
              <text>Teulié, A.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364861">
              <text>Daubian, B.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364862">
              <text>Escaich, Fr.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="366449">
              <text>Lizop, R.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="366450">
              <text>Palay, Simin (1874-1965)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="366451">
              <text>Philadelphe de Gerde (1871-1952)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364838">
              <text>Escòlo deras Pirenéos</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364863">
              <text>Abadie (Sen-Gaudéns)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364839">
              <text>1908</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364840">
              <text>Domaine public/Domeni public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364841">
              <text>Vignette : http://occitanica.org/omeka/files/original/1ff80fbbf7a38162441a2454ab021bf8.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364842">
              <text>http://www.sudoc.fr/038896095</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364843">
              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364844">
              <text>image/jpeg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364846">
              <text>1 vol. (60 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364845">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364847">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364848">
              <text>publication en série </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364850">
              <text>FRB340325101_AB1_1908_09_009</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="816924">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/10945</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364851">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364855">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="367872">
              <text>2015-03-13</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="815376">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 04, n°09-10 (Stéme-Ottòbre 1908) </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="822522">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, AB 1</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598321">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598322">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598323">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="642698">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="875402">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="1718">
      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
    </tag>
    <tag tagId="1719">
      <name>Escòlo deras Pirenéos</name>
    </tag>
    <tag tagId="124">
      <name>périodique = periodic</name>
    </tag>
    <tag tagId="1337">
      <name>périodique occitan = periodic occitan</name>
    </tag>
    <tag tagId="125">
      <name>Revue</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
