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                  <text>ESCOLO
(COUMÉNGES,

DERAS

QUATE-BATS,

PIRENEOS

NEBOUZAN, COUSERÀNS, HAUTO-GAR0U.N0)

M ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
ILLUSTRADO

U E P A K É G H E T I 5 D E G A I) Ü il E S

*

Q

X'

6m0 ANNADO
li). OTTÒHRE 1910

Abounomént :

3

.

/V*. per an
AQUÉSTE NUMERÓ

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20 Sòs

oferíem
ttsrr.t

BIBLIOTECA
DE

JOCS-ETiOURAUS

DE

MOUNREJAU
SEN-GAUDENS

EM PRIMAR10 E LI BRAI RIO ABAD í E
;

1910'

L'INSTITUT
D'ESTUDIS
OCCITANS

�SOUMARI

Fête de l'Escolo (ICIMS Pirciiéos à Montréjau
et aux Environs
Les 6 et 7 Septembre 1910

A)

PREMIÈRE JOURNÉE

: A MONTRÉ JAU

I). — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
1. Arrivée des Félibres. Réunion du Bureau
2. Souvenir aux Morts. Nouveaux Confrères
3. Motions diverses. Situation financière
4. Réception de la Reine, MUc Teulié, et de-M. Capéran, Maire
de Montréjau

197
198
199
201

II). — COMMÉMORATION DU POÈTÈ LARADE
1. Pose d'une plaque en l'honneur de Bertrand Larade
2. Discours de M. R. LIZOP, professeur d'histoire
—
de M. l'abbé DUFOR, Vice-Président de VEscolo
—
de M. CAPÉRAN, Maire de Montréjeau
—
de M. Simin PALAY, Mèsfre en Gai Sabé

201
202
208
201)
210

III) — BANQUET
1. La Table et le Menu. :....,
2. Toasts ou Brindes, et Chants Gascons.
Toast de M. l'abbé DUFOR, Vice Président du Haut-Comminges
— de M. CAPÉRAN, Maire de Montréjeau
— de la Reine, Mlle TEULIÉ
— de M.' l'abbé DAUBIAN, Vice-Président du Bas Comminges
'.
— de M. B. SARRIEU, Secrétaire-Trésorier
Chant à'Era Couseranéso, par NP* J. LATOUR
— d'Era lìascomio, par Mlle M. SARRIEU
Compliment à la Reine, par M,le J. LATOUR
Chant de Magali, par la Reine, Mlle TEULIÉ
Toast de M. TEULIÉ, Vice-Président du Couserans (La Moun-

211
212
214
214
214
21b
215
215
216
216

tanho qu'aimi)
217
de M. R. LIZOP, professeur d'histoire
219
de M. Fabien ARTIGUE, Membre d'honneur de YEscolo.
220
de M. Armand PRAVIEL, Membre de l'Académie des
Jeux-Floraux
. 221
— de M. Simin PALAY, de PEseolo Gastou-Fébus
223
—! de M. de CAUMON, au nom des Toulousains de Toulouse
224
Oumatge à Mma Rostand, Rèino d'aunou, par M. F. ESCAICH 225
Excuses. — Autres chants félibréens (Cansouij de la Coupo, etc.)
Départ pour la séance
226
—
—

IV. — SÉANCE PUBLIQUE OU « COUR D'AMOUR »
1. Première Partie : Discours et Chants félibréens.
Chant d'Era Coumengésjo de M. B. Sarrieu, par MUo J. LATOUR
. Discours de M. l'abbé DUFOR, sur les progrès de l'idée félibréennne
^
Récitation d'« Era Buchaco » de M. l'abbé DUFOR, par Mlle
Yvonne SAPÈNE

�CI D.Ol
BtZiERÌ

ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
6M0 ANNADO: 1910

N° 10. OTTÒBRE

j-ÍÈSTO

È

^JOCS

«

Toustém Gascons h)

j^LOURAUS

dera « 'SCOLO DEKAS PIRENÉOS »
A MOUNREJAU È AS EMBIROUS
ES

6

È 7

DE SETÉME 1910

C'est au cœur du Haut-Comminges

que

notre Escolo a tenu cette

année sa fête félibréenne ; elle a parfaitement réussi, grâce au dévouement de M. l'abbé Dufor, de M. Fabien Artigue et de plusieurs autres de
nos amis, mais grâce aussi a la vive sympathie de notre population commingeoise. Qu'ei at nòste pòbble qu'auém

poudut parla, è que mous a

acùelhuts braci aubèrts : que mous a counegúdi coumo 's sòs frais, es sòs
beritabbles amics ; ja mous a coumprenuts, è que mous coumprenera
toustém miélhou, s'a Diéu plats, è 'ra idèo felibréiîeço que s'estabblira
toustém mès soulidoméns pes nòstes lanes è 's nòstes mountanhes...
A tous ceux qui ont contribué au succès de ces deux journées, à M. le
Maire de Montréjau 1 et à ses administrés, à la Société Philharmonique de
Montréjau, aux

personnes de bonne volonté, aux artistes dramatiques

improvisés, aux jeunes gens et aux enfunts, qui nous ont charmés de
leurs récitations et de leurs chants ; aux Municipalités et aux habitants
d'Aventignan et de Saint-Bertrand, à M. Louis Barbet et à ses camarades,
excellents exécutants de sa-touchante pastorale, à Mme la Directrice du
Sanatorium de Saint-Bertrand ; à tous ceux de nos confrères en Félibrige
qui ont bien voulu payer de leur personne et nous

honorer de leur

présence, notre Escolo se fait un devoir d'exprimer ici sa plus profonde
gratitude. Les absents pourront comprendre, par le compte-rendu suivant,
notre reconnaissance et notre joie.
i»H»iqBCi"&lt; n

A) j^REMIERE
5X3

JOURNÉE

CLi 3E3 O* £Si

îfi. áî£i^

La première journée a été bien remplie : I) Assemblée générale de
l'Escolo. — II) Inauguration d'une plaque eommémorative en l'honneur
de Larade. — III) Banquet. — IV) Séance des Jeux Floraux. — V) Soirée littéraire. — Et toute la population de Montréjau, on peut le dire, a
assisté à cette fête patriotique.
I. Nous dérivons Montréjau (^t non Montréjeau, furme incorrecte:).

BIBLIOTECA
DE

L'INSTITUT
D'ESTUDiS
OCCITANS

�198
I. - ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
I. Arrivée des Félibres
Plusieurs Félibres étaient déjà arrivés la veille au soir, mais la plupart
sont arrivés le 6 au matin. Nous avons dû regretter l'absence de notre
cher Président M. de Bardies ; il avait compté jusqu'au dernier moment
pouvoir être des nôtres, il nous avait même télégraphié qu'il arrivait en
automobile avec Mlle de Terssac, notre reine de 1907 ; un nouveau
télégramme nous a enlevé tout espoir. Mais les autres Membres du Bureau
se trouvaient là dès la première heure. Dès 9 h. 1/2, ils se réunissent
dans la salle du café de l'hôtel Barthe et présentent diverses motions, sié
ptr escriéut, siê 'na nòsto bouno léi/go gascouno.

2. Souvenir à nos morts. — Nouveaux Confrères
M. l'abbé Dufor, qui, en sa qualité de doyen d'âge des vice-présidents,
préside en l'absence de M. de Bardies, déclare la séance ouverte.
M. l'abbé Daubian accorde un souvenir à M. de Lucenay :
« Qu'ei uit deué, enta jou, dit-il, de bouta et dit sus un môrt der' annado:
et brabe, et car Anric^de Lucenay, de Nerac. Qu'auèn perdut aquiu,
nous aus félibres, un co d'or, un. amie arréde debouat. Coumo aplaudluo
à tout ço que hèi) entà fabricà maje è sancè, Diu qu'ac sap ! Qu'aurlo
boulut béde et Meidio libre, admenistràt en départ ena Franço grano...
Desempus er' aute coustàt, que plourera de gòi, quan aujéi} acabat
aquéro ôbro sacrado. Que m'a semblat poulit, juste mes lèu, de saluda
era suio memòrio. »
Deux autres morts ont droit ici à un souvenir ému de notre Escole : Et
brabe capitáni Uupuy, de Gourdai?, et prumè que héc counégue era
'Scòlo deras Pirenéos è 'ra sio 'rrebisto ena bouno bilo de Mounrejau, —
è 't sabént Mu Paul de Castéran, edj arqueoulôgue destingat (béi edj
artiggle que l'a counsacrat Mu G. Couget, ena Revue de Comminges,
2« trimestre de 1910, pages 298 à 302).
Puis, on apporte les noms de nouveaux confrères. A lui seul, M. l'abbé
Daubian en donne H, det Couménges de bach ; è que demande as sòs
counfrais de boutà-s'i atau coumo étch. On le fait, car en voici vingt en
tout (présentés par MM. Dufor, Daubian, Teulié, Sarrieu, Soulé-Venture),
ce qui nous fait atteindre le chiffre de 430 :
411. GASTEX Léon (de Saint-Gaudens, Gavastous), employé des Postes,
14, rue Debelleyme, Paris.
412. SAVE Antonin, château d'Ardiège, par Matres-de-Rivière (H.-G.)
413. SAINT-HILA1RE (abbé), curé deLamothe-Pouy, par Mauvezin (G.)
414. CASTERÉS Charles, maire de Montbardon, par St-Blancard (G.)
415. Mlle Joséphine AUTEFAGE, à Saint Blancard (G.)
416. GAYE (abbé), curé de Coueilles, par l'Isle-en-Dodon (H.-G.)
417. Mme veuve LARTIGUE, près la halle, à l'Isle-en-Dodon (H.-G.)
418. LUSCAN (abbé), curé d'Agassac, par l'Isle-en-Dodon (H.-G.)

�199
419.
420.
421.
422.
423.

BARTHE (abbé), curé de Saint-Frajou, par l'Isle-en-Dodon (H.-G.)
BOURGES, à Saint Girons (Ariège).
BÉNOS, à Saint-Girons (Ariège).
GROS (abbé), curé de Saint-Laurent (H.-G.)
COUTENS, sous-ingénieur des Ponts-et-Chaussées, à Villefranche
d'Astarac (Gers).
424. GRYNFELT, professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Montpellier (Hérault). [M.]
425. SALON (abbé), chapelain de Cahuzac, à Giraont (Gers) [M.]
426. CUGULIÈRE Pierre aîné, lauréat de l'Escolo, à Béziers (Hérault).
427. CUXAC Irénée, Pierre, lauréat de l'Escolo, instituteur public à
Montferrand, par La Bastide-d'Anjou (Aude).
428. CAPÉRAN, maire de Montréjau (H.-G.) [M.]
429. PRAVIEL Armand (de l'lsle-en Jourdain) Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux, 9, rue du Sénéchal, Toulouse (H.-G.) [M ).
430. DARNET Jean, instituteur libre à Parisot (Tarn et-Garonne).
Que mous calera, t'acaba 'r' annado 1910, aténhe 450 !

3. Motions diverses. — Situation financière
M. l'abbé Daubian, vice-président,

présente

diverses

motions; il

demande notamment :
1° Que le Compte-rendu de notre tête et le Livre d'Or de nos JeuxFloraux soient tirés à part ; « Atau que serio alaujerido era 'Rrebisto, è
que i-aurio plaço per artiggles de founs ». La brochure ainsi obtenue
serait envoyée gratuitement aux Membres actifs de l'Escolo, à ceux qui
paient 6 francs par an, qu'il est juste de distinguer des simples abonnés ;
elle serait vendue aux autres personnes.
Cette motion est prise en sérieuse considération. Certes, il n'y a pas
lieu d'espérer, font remarquer MM. Dufor et Sarrieu, que cette brochure
puisse faire ses frais ; puis, et surtout, si on la distingue de la Revue, le
temps matériel manquera à l'imprimerie pour faire marcher à la fois ce
travail et Era Bouts ; enfin, comment avoir assez tôt ou d'avance tous les
manuscrits? etc. Toutefois, on pourrait sans doute réunir le Livre d'Or en
un seul volume, qui ne contiendrait que des pièces assez courtes ; les auteurs
de longs travaux pourraient les faire imprimer à part, s'ils le désiraient.
— Dès que PEscolo atteindra le chiffre de 500, elle pourra distribuer
gratuitement d'intéressantes publications aux Membres actifs ou Félibres,
ce qui les distinguera des simples abonnés.
2° Que l'on fasse tirer des Diplômes de Membre, qui pourraient être
décernés moyennant une légère redevance, aux Membres actifs ou Félibres
— et même, avec un autre libellé, aux simples Adhérents.
M. B. Sarrieu, secrétaire, promet de s'en occuper sans retard. Il s'est
lui-même préoccupé dernièrement (idée qu'il avait depuis longtemps ;
proposition également de M. l'abbé Marsan et de plusieurs autres Membres) de faire fabriquer des insignes pour l'Escolo ; mais la réponse du
fournisseur se fait encore attendre.

�200
2° Qu'en cado N° touti 's nosti parlas sion arreprcsentats. Il y a
même des articles qui attendent. — M. B. Sarrieu reconnaît qu'en effet,
pour le moment, il a entre les mains de nombreux articles, de provenances
diverses, mais parce qu'il les a demandés avec insistance ; il fait en sorte
que chaque N° soit dialextalement aussi varié que possible, mais il faut
quelquefois, en raison d'articles un peu longs, en renvoyer d'autres au
N° suivant. On se heurte aussi à des difficultés de mise en page. Néanmoins il fera tout son possible à cet égard. — Les auteurs sont priés
d'adresser avant le 20 d'un mois, les articles devant paraître le 15 du mois
suivant : sinon c'est trop tard. Le mieux est d'adresser d'avance au
secrétaire, sans attendre qu'il les demande, autant de pièces ou d'articles
que possible : ainsi chaque N° pourra être mieux combiné.
— M. l'abbé Dufor, vice-président, demande à son tour:
1° Que l'on agrandisse le format de l'Almanach, qui parait encore
trop peu allongé; en outre, puisqu'il doit servir surtout à la propagande
félibréenne, il doit contenir en première page et très en vue, quelques
lignes sur le but de l'Escolo et les raisons de son existence et de son
succès toujours croissant ; il faudrait qu'il parût en novembre et illustré.
— On se range à ces avis ; toutefois, pour le premier, M. B. Sarrieu fait
remarquer qu'il est impossible, par suite d'une espèce de cas de force
nmjeure, de modifier le format cette année : il a fallu en effet faire tirer
d'avance la moitié de l'Almanach, pour rendre libres des caractères nécessaires à la composition des Numéros. Notre Armanac dera Mountanho
pourra du moins paraître plus tôt cette année. Tirage 3,000 exemplaires ; le N° 0 fr. 10, par la poste 0 fr. 15. Que caduv des nbstis
counfrais mou-n place quauquis-us !
2° Quant à la Reine, on pourrait sans doute la faire nommer par un
Comité de dames, membres de l'Escolo, sous réserve de l'approbation du
Bureau.
3° Que l'on crée un prix pour des chants gascons, sur des airs
simples et populaires. — Cette question sera mise à l'étude pour l'an
prochain, comme la proposition de M. l'abbé Marsan d'attribuer des prix
avec meilleures reconstitutions des costumes locaux. — A ce propos,
disons que plusieurs Membres du Bureau — et M. Capéran, maire de
Montréjau, nous a suggéré la même idée — se proposent de réunir en
une brochure populaire les chants gascons de notre Escolo, ceux qui ont
retenti dans nos diverses félibrées et notamment, comme on le verra ciaprès, dans celle de Montréjau.
— La parole est ensuite donnée à M. B. Sarrieu, secrétaire-trésorier,
pour exposer la situation financière de PEscolo pendant l'année 19101911. Cette situation est bonne. Les comptes, arrêtés au 5 septembre,
accusent un boni d'une quarantaine de francs. Il est vrai qu'il nous reste
à payer plusieurs Nos d'Era Bouts ; mais il y a encore des cotisations à
faire rentrer et quelques autres recettes à prévoir d'ici à la fin de 1910.
L'arriéré a donc diminué, et, avec de la prudence, il finira par être
entièrement regagné.

�201
Réception de la Reine, Mlle Teulîé,
et de M. Capéran, Maire de Montréjau
Mais tandis que ces communications, inspirées par les seuls intérêts de
l'Escolo, se discutent entre les Membres du Bureau et les Confrères
présents et que l'on régularise les feuilles de réduction aimablement
accordées par la Cie du Midi, l'heure fixée pour l'inauguration de la Plaque commémorative de Larade approche.
Notre Reine de cette année, Mlle TEULIÉ (fille de notre vice-président
pour le Couserans, M. A. Teulié, directeur des Ecoles communales de
Lédar, à Saint-Girons), fait son entrée dans la salle ; elle porte gracieusement l'élégant et éclatant costume de la vallée ariégeoise de Bethmale.
De nombreux Félibres lui font cortège. Les pervenches bleues fleurissent
les boutonnières et les corsages. M. Escaich déploie la rouge bannière de
PEscolo, aux franges d'argent et d'or, don de Mlle deTerssac, où brillent
les devises : ESCOLO DERAS PIRENÉOS, — COUMÉNGES E COUSERANS,
— TOUSTÉM GASCOUS. Bientôt enfin M. Capéran, maire de Montréjeau,
veut bien nous honorer de sa visite ; les Membres du Bureau lui sont
présentés et lui expriment leur gratitude pour l'amabilité avec laquelle il
s'est mis tout entier à la disposition de notre Escolo.

IL — COMMÉMORATION DU POÈTE LARADE
l.

f*ose

d'une plaque en l'honneur de Bertrand Larade

Mais le temps presse ; la bannière s'ébranle, M. le Maire de Montréjau offre aimablement le bras à la Reine, et l'on se dirige, en cortège,
vers la rue qui porte déjà le nom de Larade, et où se trouve toute placée
(par les soins de la municipalité) au-dessus d'un portail, la plaque commémorative offerte par l'Escôlo à la ville natale du poète. Le léger voile
de papier qui la recouvre est enlevé, et elle apparaît ainsi libellée, en lettres rouges sur fond de marbre blanc :

At Pouèto Gascoun
BERTRAND

LARADE

Nechut à Mounrejau en

1581

Era 'Scolo deras Pirenéos
1910

•!-*-

Puis, devant plusieurs centaines de Montréjaulais et de gracieuses

�202
Montréjaulaises, — déjà intrigués de voir que la plaque est « en patùès »
(En gascoui), brabo gént !) et l'inscription de la bannière aussi, et de voir
les bleues pervenches s'étoiler à la boutonnière des Félibres, —
M. R. Lizop, professeur d'histoire, qui a tout particulièrement étudié
Lande, qui dès 1901, au Congrès Régionaliste de Toulouse, avait insisté
sur ce poète oublié (Voir la lerro d'Oc de Julhét Agoust 1901, p. 123j et,
après M. de Lassus, l'avait remis en honneur, monte sur une estrade provisoire disposée à main droite et nous fait un très intéressant discours.
M. l'abbé Dufor, M. Capéran, M. Simin Palay vont lui succéder et prononcer à leur tour de charmantes allocutions.
2. Discours
Discours sur Bertrand Larade
PAR M. R.

LIZOP, PROFESSEUR D'HISTOIRE A PARIS

Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,
En cette fête de 1910, qui nous réunit dans la plus coquette des cités
du vieux pays Commingeois, VEscolo deras Pirenéos prétend réparer un
des oublis les plus injustes de la postérité, en faisant revivre par une
commémoration solennelle la mémoire de Bertrand Larade. Vers ces
temps de la fin du xvr9 siècle et de l'aurore du xvne où les splendeurs de la littérature d'Oc semblaient revivre avec les Bélaud de la
Belaudière, les Goudouli, les du Bartas, les Pey de Garros, Montréjeau
donna naissance à un digne émule de ces derniers. Bertrand Larade ou
Laralde1 naquit à Montréjeau en 1581. Il appartenait à une famille d'honorable bourgeoisie, mais établie dans la ville depuis peu. Il fit ses études à
Montréjeau, dans les écoles qu'y tenaient les religieux Augustins. Dès
ses plus jeunes années, il manifesta un goût très vif pour la poésie et
rima avec ardeur des vers gascons. Ses parents s'alarment de cette
vocation naissante et l'envoient à Toulouse étudier son droit chez un
procureur; mais la science juridique ne convenait guère à ses goûts ni à
son tempérament. Pendant les séjours qu'il venait faire à Montréjeau, on
le voyait errer sur les bords de la Neste ou de la Garonne en quête de
sujets d'idylles, d'églogues, de chansons nouvelles. Sa vocation poétique
et son ardent attachement à la terre natale finirent par l'emporter, et à
22 ans il abandonna Thémis pour les Muses, pour parler le langage mythologique cher à ses contemporains. Revenu à Montréjeau il rapporta dans
ses foyers, faute de grades, l'ardente résolution de doter sa ville d'une
gloire littéraire qui manquait, disait-il, à sa renommée.
Son premier recueil d'œuvres poétiques, la Margalide gascone — qu'il
' publia à Toulouse en 1604 — lui fut inspiré par un amour malheureux
pour une belle fille de Montréjeau, une certaine Margalide ou Marguerite.
Larade soupira pendant cinq ans après sa main et l'aima avec la constance la plus désintéressée, la plus infatigable. Il chante sa beauté et ses

�203
grâces incomparables en pjus de cent pièces de vers. Les fleurs n'ont
qu'une saison, nous dit-il,
Mes l'hyuer e l'estiu dure la Margalide2.
Hélas ! Larade eut beau l'accabler d'odes et de sonnets, la comparer à
toutes les déesses de la mythologie, Margalide resta inflexible, et l'infortuné poète se vit préférer un riche héritier du pays. Il exhala sa douleur
et son courroux contre l'infidèle en des poèmes et des chansons dont
certains ne manquent pas d'éloquence, ni de sincérité. Le dépit et la
colère lui inspirent, comme la dernière flèche du Parthe à la fin'de son
livre, une pièce satirique qu'il intitule discourtoisement : (&lt; Antithalame
feou noces de Margalide e de son marit, »
Larade avait excité contre lui, par ses virulentes épigrammes contre
ses rivaux, la jalousie des autres prétendants à la main de Margalide.
Les infortunes du poète éconduit lui attirèrent les railleries de quelquesuns de ses concitoyens, tandis que les autres entouraient sa gloire
naissante des louanges les plus hyperboliques. Il répondit à ces attaques
par des couplets mordants qui lui firent des ennemis implacables.
Ces déceptions amoureuses et ces difficultés déterminèrent Larade à
quitter Montréjeau après avoir publié, dans la même année 1604, un
second recueil : les Meslanges, qui font suite à la Margalide. Déjà, dans
des stances de ce dernier volume, il nous annonce ainsi son intention de
quitter sa ville natale.
Adiou, ma bile, adiou mon petit Mourejau;
James tu nou beyras un goujat mes lejau ;
Jo m' boy arrelira de tout brut populary,
Bioue allègre e countent ses désira la mort
Aquo 's trop tracassât, et ey temps que debary
De ma nau et geta m' à quauque meillou port.
Larade quitta Montréjeau pour Toulouse. Il utilisa les précieuses relations qu'il s'y était créées dès son premier séjour. L'amitié bienveillante
et généreuse du poète Goudouli, son atné de deux ans, lui ouvrit les
portes de plusieurs Mécènes toulousains appartenant à l'iiristocratie
parlementaire ; notamment M. de Filères, chez qui il reçut toujours
l'hospitalité la plus large. Larade savait reconnaître leurs attentions par
des louanges pompeusement rimées. Il menait à la ville une vie insouciante et gaie. Il dut faire partie de ces réunions d'amis qui, aux tièdes
jours du printemps, devisaient gaiement sous les ombrages du grand
ramier, autour de Goudouli. Ce dernier ne dédaigna point de consacrer
au poète de Montréjeau une odelette qui commence sur ce ton éminemment lyrique :
En fabou de toun libre bel
Témoin de toun humou sagrado,
Âpolloun t'a guidât, Laradoj
A la caminolo del cel l

�Une autre fois il lui dédie ce quatrain en français :
A Monsiéui de Larade
Le plus riche trésor'des veines non minées
Par la verge divine est découvert au jour ;
Par ton esprit divin tu fais voir tour à tour
La Muse qui se cache ès roches Pyrénées.
L'enthousiasme qui dicta ces vers à Goudouli était partagé par un grand
nombre des contemporains méridionaux de Larade. Ses poésies jouirent
d'une grande notoriété à Toulouse. Les Gommingeois exaltèrent leur compatriote en termes hyperboliques. Gette admiration se donne libre cours
dans les sonnets innombrables qu'on lui adressa. Décidément, Homère et
Virgile n'avaient qu'à se bien tenir.
Ces dithyrambes font sourire, mais au fond ils procèdent d'un sentiment très noble. Ils nous montrent combien était encore vivant dans les
cœurs occitans l'amour et je dirai même, le culte de la terre et du
parler des ancêtres.
La glorieuse langue méridionale était déjà au XVIe siècle appauvrie et
déformée. Cependant on continuait non seulement à la parler mais à
l'aimer.
D'autre part, ces fiers pays montagnards conservaient jalousement, dans
•es profondeurs des vallées, non seulement la langue mais l'esprit régional.
Aussi lorsque cette courte Renaissance méridionale qui, à la fin du
XVI0 siècle, fut comme un choc en retour de la grande, eut pénétré dans
le haut Comminges, l'enthousiasme des Pyrénéens alla vers ce Larade
qui voulait donner un peu de gloire à leur terre et à leur langage.
Au milieu de ces triomphes et de la vie aisée que lui assuraient de
généreux Mécènes, Larade resta fidèle de cœur et d'esprit à sa petite
patrie. Toulouse ne lui inspire aucune composition nouvelle. Il célèbre le
pays natal, ces chères Pyrénées qu'il allait revoir de temps à autre.
Malheureusement, le cadre mythologique de ces tableaux altère le
véritable sentiment de la nature.
Ces poèmes parurent en 1607 sous ce titre :
La Muse Piranese de Bertran Larade de Mourrcjau d'Arribèrc,
boudade et dedicadc a noble Pau de Begolle seignou et baroun de
Barbassan, de Castetbieil, de Marseilhan et autres locs.
Peu après la publication de la Muse Piranése, en cette même année
1607, le poète voulant donner à ses œuvres nouvelles un titre plus étendu,
fit paraître à Toulouse, chez les Colomiez, éditeurs de ses précédents
volumes : La Muse Gascoune de Bertran Larade, de Mourrejau
d'A rlibère.
Le livre, dédié à un des protecteurs de Larade, le parlementaire
Toulousain Bertran Filère, comprend deux parties : la première consacrée
à des pastorales dialoguées, la seconde composée de chants royaux, d'odes,
de chansons.
Les premières pages de la Muse Gasconne contiennent des odes, des

�205
sonnets et des quatrains emphatiques, à la louange de l'auteur, signés
par les versificateurs locaux: Bordères de Montréjeau, Martres d'Ausson,
Ruau d'Aspet, Garonne de Saint-Gaudens.
En 1610 — il y a juste trois-cents ans — Larade obtint un prix aux
Jeux Floraux de Toulouse. A partir de cette date nous n'avons plus de
volume de vers paru sous sa signature. Nous perdons complètement sa
trace. Aucun document ne nous renseigne sur le reste de son existence.
Le nom même de sa famille disparait àpartir du début du xvir3 siècle
des actes civils de Montréjeau.
Fait étrange! Ce poète qui, de son vivant, avait joui dans sa province
d'une renommée éclatante tomba dans un oubli profond. Son nom ne
demeura même pas dans les traditions orales.
Vers les dernières années du xixe siècle seulement, l'éminent érudit que
fut feu Monsieur le baron Marc de Lassus, entreprit d'arracher à l'oubli
notre poète commingeois. Il enrichit sa magnifique bibliothèque de Montréjeau des 4 volumes poétiques de Larade, rareté bibliographique aujourd'hui presque introuvable. Après lui avoir consacré quelques pagessubstentielles de son ouvrage sur la Coutume de Montréjeau, il publia dans
la Jievue de Comminges (année 1897, 2e trimestre) une étude magistrale accompagnée de très nombreux extraits et citations : le seul travail
complet que nous ayons sur le chantre de Margalide.
Plusieurs félibres et régionalistes de notre groupe ont pensé qu'à ce
moment où l'idée félibréenne est en train de conquérir notre Gascogne,
l'heure était venue de tirer de l'étude de M. Marc de Lassus la conclusion
qu'elle nous impose, de rendre à Montréjeau un de ses titres de gloire
en glorifiant et en perpétuant le nom de Larade par un monument
commémoratif au cœur même de la cité.
Le caractère de son œuvre justifie amplement cet hommage. Certes il
est permis de sourire aujourd'hui de l'orgueil naïf avec lequel il se
promet d'avance, à lui et à ses vers, les honneurs de l'immortalité.
Témoin ce quatrain superbement gascon qu'il adresse à son dernier
volume :
Mou hil, nou creinges pas la marcialle troupe
Ni que lou mes sabens te donguen mes deu nas,
Que toun pay ey beouet, negat, com bere soupe,
Deu nectar deu Parnasse on tout om nou beu pas.
Au fond de cette outrecuidance qui ne choquait personne de son
temps, il y a une très légitime fierté. Larade est fier d'avoir le premier,
dans son pays commingeois, renoué la tradition de la littérature d'oc et
d'avoir abordé dans le langage pyrénéen les genres poétiques les plus
nobles :
Ey aumens lou prumè que seu bort de la Neste
Cantec odes, tindets, deu temps de moun onestej.

�206
Il veut assurer au nom de sa ville natale la même immortalité qu'au sien :
Per he bioue moun noum et ma bilo poblado !
Avec sa petite patrie, il veut illustrer surtout sa langue maternelle, sa
langue gasconne; il lui voue un culte exclusif et jaloux. Il la juge digne
d'exprimer les sentiments les plus rares, d'égaler les chefs-d'œuvres des
autres langues. Et dans un sonnet des Meslanges, il déclare que :
... Lou parla gascoun sur touts be ten la cime.
Ailleurs il lance comme sa profession de foi de poète occitan ce vers
qui pourrait être notre devise :
Mes jou m' boy countenta de ma Muse Gascone.
Nous pouvons donc saluer en lui un précurseur direct de notre
félibrige, qui depuis les sept Fondateurs de Fontségugne a eu pour idée
directrice de relever et de maintenir la dignité oubliée du parler d'oc, et
d'exalter dans l'âme des populations méridionales l'ardent amour de tout
ce qui fit leur personnalité si vibrante.
Si les ambitions de Larade furent hautes et généreuses, l'oeuvre, il faut
le dire, a trop souvent vaincu la main de l'ouvrier. Trop souvent son
talent nous apparaît inférieur à celui de Goudouli. Nous devons reconnaître qu'il n'évite pas une prolixité banale et facile, qu'il tombe parfois
dans la médiocrité et la lourdeur, que le sel de ses épigrammes manque
de finesse. Mais Larade se relève dans ses odes et dans quelques unes des
stances de sa Margalide, où il rencontre souvent le véritable ton
élégiaque.
La meilleure part de son œuvre est formée par les chansons qui
composent la seconde partie de la Muse Gasconne. Ce genre essentielle
ment populaire convenait mieux que l'ode ou le sonnet au talent de
Larade. Ici, il se rapproche des meilleurs modèles. Telle chanson pasto
raie nous charme par son rythme alerte et sa grâce légère.
Sus lou bort de Garone
N'a un pastou
Lou quau pertout talonc
Lou diu d'amou.
Nous devons citer aussi deux strophes, l'une d'une chanson sans titre,
I autre d'une chanson de printemps où le sentiment de la nature s'exprime
cette fois avec une noble simplicité, en des accents d'une indéfinissable fraîcheur:
Adiou, esgouaous, adiou arious,
Adiou gaujouses aubarédes,
Oun lous mes morts tournariòn bious
En las sasous presque mes hr&amp;le* ;
Adiou, gays pastourelets,
Reis de bousatis quan boulets3.

�207
Lou primtemps gaujous
Heit a soun entrade,
Qtie de riches hlous
La teste a pintade;
N'a pas oubiidade,
Ncu pas, nade hlou
Que n'age pourtade
Per hrabam' à jou*.
Désormais le chantre enthousiaste des rives de la Neste et de la
Garonne ne sera plus un étranger dans sa ville natale, parmi ceux dont
les ancêtres lurent avidement ses odes, ses tindets, ses chansons. Son
nom, que perpétuera cette plaque et celui de la rue où il vit le jour dira
la noblesse de toute œuvre littéraire qui ennoblit le parler des aïeux: la
langue d'amour et de courtoisie qui pendant tant de siècles disputa la
palme à ses sœurs latines. Il montrera la voie à ceux des fils de la terre
commingeoise et de là ville de Montréjeau qui sentiront s'éveiller en eux,
comme tant de jeunes lauréats de notre école, l'ardente vocation de
célébrer, dans le langage patrial : les fastes héroïques de la province, la
poésie de ses vieilles légendes, le pittoresque de ses coutumes anciennes ;
le noble profil des hautes cimes bleuies sous les rayons du soleil tombant
et la splendide vallée où la Garonne et la Neste enlacent fraternellement
leurs beaux bras de Naïades Pyrénéennes. La commémoration de cette
gloire du terroir vient bien à son heure en cette année 1910, où les idées
de décentralisation sont passionnément agitées dans les hautes sphères de
l'opinion, et adoptées dans le projet officiel de réorganisation administrative. Les textes législatifs pourront réaliser les réformes tant souhaitées
qui donneront à notre pays une organisation plus conforme à son histoire,
à sa géographie, à ses besoins intellectuels ou économiques. Mais ils ne
construiront que des cadres inertes si un souffle libérateur ne vient
ranimer la vie et l'énergie régionale ; toute l'âme enfin de nos provinces ;
cette âme qui vibrait dans les sirventés des troubadours, dans les odes
de Larade et de ses contemporains. Cette commémoration vient encore à
son heure parce que cette vie régionale se réveille superbement dans sa
ville de Montréjeau. Une industrie locale florissante perpétue, avec tous
les progrès de l'outillage contemporain, et malgré la concentration économique moderne, ce travail de la laine qui enrichissait le pays dès l'époque
gallo-romaine. Grâce au plus généreux des bienfaiteurs, au digne héritier de celui qui fit revivre le premier le nom de Larade, au si regretté
baron Bertrand de Lassus, la cité d'Arnaud d'Espagne rivalisera bientôt
avec la cité d'Henry IV par la splendeur de sa promenade en face les
Pyrénées d'Azur. Les beaux siècles de la Renaissance méridionale
revivent dans les jeunes blancheurs de ce castel de Valmirande qui
contemple par dessus la vallée les austérités grandioses de Saint-Bertrand
de Comminges. Puisse l'humble plaque commémorative du poète Bertrand
Larade, que VEscolo deras Pirenéos remet en ce jour à la ville de Montré-

�208
jeau, être pour elle à la fois le souvenir d'un passé glorieux et le gage d'un
avenir aussi lumineux que la clarté de l'aube nouvelle sur les neiges rosées
de nos sommets !
(Vi/s applaudissements)
1. Ce nom parait d'origine basque : Larralde, altéré en Larrade ou Larade.
2. Remarquer que Larade emploie l'article lou, la, sans doute par imitation des poètes
gascons sus contemporains : car il est fort probable qu'à son époque, comme aujourd'hui.*
on employait à Montréjeau l'article et, era. — Pe même, il note e le» o atones, etc. Dans
nos citations nous respectons sen orthographe, d'ailleurs peu régulière.
3. Adieu rui-srlcls, adieu ruisseaux, — Adieu plaisantes futaies de peupliers— Un les
morts redeviendraient vifs — Même dans les saisons les plus froides ; — Adieu gais pastoureaux — ltois de vous-mêmes quand vous voulez.
4. Le printemps joyeux — A fait son entrée, —

Lui qui de riches' fleurs —

A sa tête

ornée ; — Il n'a oublié, —■ Non, aucune fleur — Qu'il n'ait portée — Pour me braver.

Allocution de M. l'abbé Dufor
Yice-Présidont de l'Escolo

Mesdames, Messieurs,
A la place de notre distingué président, M. de Bardies, dont nous
regrettons tous l'absence, j'ai l'honneur et le plaisir de transmettre, au
nom a'Era 'Scòlo deras Pirenéos, à la ville de Montréjeau, cette plaque
commémorative, dédiée au vieux poète, votre illustre compatriote Bertrand Larade. Nous savons qu'elle sera gardée avec honneur et fidélité.
Dans l'année terrible de 1871, je fus chargé de remettre à la ville de
Frauenfeld un monument funéraire que nous avions élevé à nos camarades,
décédés dans cette ville suisse du canton de Zurich. Dès que je fus descendu de l'estrade, le maire, dans quelques mots vibrants, nous répondit :
« La libre Helvétie jure à la France libre qu'elle gardera ce monument
funèbre autour duquel reposent tant de braves, qu'elle le gardera comme
un dépôt sacré. Si les lois ne suffisaient pas pour le protéger, nous serions
tous là pour le défendre. Je le jure en mon nom, je le jure au nom de mes
administrés et de tout le pays. » Aussitôt, la troupe, qui assistait à la
cérémonie et qui escortait nos soldats désarmés, présenta les armes en
l'honneur du monument et de nos morts. L'émotion fut à son comble et
bien des yeux se mouillèrent de larmes.
Monsieur le Maire,
Les circonstances de l'heure présente sont loin d'être aussi solennelles
et aussi tragiques, mais nous sommes sûrs que les sentiments du maire
et de la ville de Montréjeau sont les mêmes. L'Escolo peut être donc
tranquille, la plaque commémorative de celui qui fut appelé « l'Homère du
Languedoc » sera pieusement gardée et transmise intacte à la postérité.
Lorsque, dans le lointain des âges, les enfants demanderont à leurs pères
ce que représente cette modeste pierre, leurs pères pourront répondre :
C'est Era 'Scòlo deras Pirenéos qui, au jour de ses Jeux Floraux du
6 septembre 1910, l'a inaugurée en l'honneur d'une des gloires montréjaulaises : le poète, jusque là oublié, Bertrand Larade; et sans doute,

�209
dans leur enthousiasme patriotique, ils s'écrieront : vivent Montréjeau et
ses grands hommes... (Applaudissements).

Allocution de M. Capéran
Maire de Montréjeau

Mesdames, Messieurs,
Si la Margalido de Bertrand Larade pouvait encore, comme sa sœur
cadette la Magali du grand Mistral, mettre la testo au fenestroun
d'une de ces vieilles maisons dans laquelle elle vécut peut-être, elle ne
serait pas médiocrement flattée de voir l'hommage rendu à l'amoureux
qu'elle dédaigna. Sans doute, si elle eût pu prévoir cet avenir, même
lointain, aurait-elle montré, par amour-propre sinon par amour, un
cœur moins rebelle aux sollicitations pressantes de Larade... (Applaudissements.)
Avons-nous à le regretter? Oubliant la peine qu'a dû éprouver le malheureux poète, nous devons, je crois, nous féliciter de la cruauté de la
belle, qui, au lieu d'endomir Larade dans le délicieux farniente de ses
caresses, en a fait, par son refus, le poète plein de passion et de charme
que nous célébrons aujourd'hui.
Il y aurait grande témérité de ma part, après le discours si élevé et si
documenté de notre érudit ami M. Lizop, à venir esquisser une biographie de Bertrand Larade, à venir tenter une étude, même sommaire, de
son œuvre. Aussi bien ma tache est-elle plus modeste.
Par la voix de son distingué vice-président, VEscolo deras Pirenéos
offre à la ville et met sous sa protection cette belle plaque commémorative. C'est avec une profonde gratitude que nous acceptons cette offre et
que nous recevons ce souvenir.
Nous lui sommes infiniment reconnaissants de faire, après trois siècles
d'oubli, revivre notre vieux poète, de remettre son nom et son exemple
dans la mémoire des enfants de Montréjeau et de les inciter par là, en ce
temps où les préoccupations matérielles semblent tenir trop de place, à
abandonner parfois le terre-à-terre pour goûter aux joies de l'idéal, à
dorer d'un pur rayon de poésie les choses les plus tristes de l'existence.
Nous lui sommes reconnaissants de venir ainsi protester, comme le fit
déjà un poète qui me fut cher \ contre cette croyance trop répandue :
« Que la gloire n'est pas la gloire
» Quand c'est un livre qui la fait ;
»
»
»
»
»
«

Que les œuvres les plus divines
Tombent tôt ou tard en ruines
Comme l'autel des Irminsuls,
Et qu'en nos temps où rien ne dure
L'Immortalité se mesure
A la tunique des Consuls ! »
(Applaudissements)

�210
Et c'est pour marquer cette reconnaissance, c'est pour donner à l'Escolo
deras Pirenéos l'affirmation solennelle que ce sentiment se continuera
d'âge en âge que, faute de retrouver la maison natale de Bertrand Larade,
nous avons choisi, pour y faire vivre son souvenir, un immeuble qui sera
demain la propriété de la ville et où celle-ci aura à cœur d'en perpétuer la
tradition. (Applaudissements.)
Mais en adressant tous nos remerciements à votre compagnie, en
l'assurant une nouvelle fois de notre gratitude, je n'aurais pas fait encore
tout mon devoir — et vos excellents interprètes seraient les premiers à
m'en blâmer — si je n'évoquais ici, pour lui donner sa part légitime de
reconnaissance, la mémoire du savant trop modeste que fut le baron
Marc de Lassus qui, avant tout autre, révéla à ses compatriotes l'existence et les œuvres de Bertrand Larade.
Et maintenant, Mesdames et Messieurs, confions ensemble au patriotisme du peuple de Montréjeau la sauvegarde de ce souvenir. Que nos
jeunes gens et nos belles jeunes filles viennent apprendre ici à poétiser
leurs amours, à parer d'un brin d'idéal les peines et les joies de leur
cœur. ( Vifs applaudissements.)
— Mais il reste encore quelque chose à dire ; il reste à expliquer à la
foule toujours croissante des excellents Montréjaulais ce que c'est qu'un
félibre, à leur faire comprendre l'idée félibréenne. Simin Palay, l'éminent
orateur et poète béarnais, va s'en acquitter à merveille.
1. Clovis Hugues. Ode à Lamartine pour l'inauguration de sa statue à Paris.

Allocution de M. Simin Palay,
ACÍ

MÈSTRE EN GAI SABÉ

qu'èm touts Felibres ; Mès, qu'ei acó, d'èste félibres ? D'èste

coume bous è jou tout simplemen.
— Be sabéts, que la flou ou l'orne, quan soun pourtats en un païs que
nou-i pas lou sou, la flou que s'i estaréch, que s'i mouréch, l'òme que i-éi
un estrangè e un perdut. Se demouram à nouste, sus nouste boune terre
gascoune, que seram mes horts e de miélhes Francés.
Arré per l'amou de la patrie coume l'amou dou sou natau...
L'ome qui-s sap countenta de ço qu'a, se n'a pas pan que minje
mandòrres. Que bau de poudé-s paga un boun arrepas en mès boun oustau
de France, s'om ei malaut, s'om pot pas arriba à countenta soun apetit ?
Miélhe bau santat à la campanhe que malautè daurad à la bile...
— E que eau dise, brabe mounde, que, se parlats dab leus franchimans,
lous de Paris è d'alhurs, lous de la capitale que-s trufen dou parla de las
proubinces... « Votre langue, c'est un patois. », si disen.
Ço que parlam, que sabém nous-auti qu'ei la léngue dou païs, la qui
sabém aima per qu'ei noste e dab qui cantam mielhe que dab nade aute.
Mès, que bon dise qu'ei pas destingat... Qui ei l'ase que mous ac bo
prouba?... Qu'ei auta destingade coum l'aute. Las dues léngues que soun de
France, las dues léngues que soun de nouste, auta pla l'ue coume l'aute !

�è

211
Lous qui rénden la léngue poc destingade que soun lous qui nou la saben
pas parla. Boutém dus cousinès dauanl lou medich hùèc, Pu que mous hara
de boune soupe, è l'aute de fichude mesclagne. E sera la faute dou toupi ? E
se lous que parlen mau francès ou gascoun nous soun pas destingats, n'ei
pas la faute de la léngue san-pa !
— E qu'ei ena gascoune que sentim miélhe ço que boulem dise. Aco
que-s coumprén ; que l'abèm sabude en baje ; que la tiram dou boun Dfu,
que mous arribe dou cèu. L'aute, qu'a calut que lou praube regént que-s
coupèsse lou cap t'aprené-mous las règles dou participe è que i-abè dues
m à homme quan nou s'en entén que ue, etc. Jamès nou la saberam
coume la qu'auem sabude en sourti de la cugnère.
0 ! pouirats respoune, are, as que bon dise qu'ei pas à un desgourdit
de demoura-s à sa case ; que les pouirat dise aquéts dus arreprouès :
Loungues terres, loungues misères...
Lou qui s'en ba lounh mandat.
Se nou troumpe qu'ei troumpat.
Demourat à bôste, aquiù que sabét ço qui i a ! Demourat toustém
Gascous.
( Vifs applaudissements)
— Le béarnais de Simin Palay est parfaitement compris de tous les
assistants ; sa parole vibrante et son ton bon enfant ont le plus grand
succès.
Enfin, M. l'abbé Dufor informe le public que notre Séance solennelle se
tiendra à deux heures du soir à l'Ecole communale, et l'on se rend à
l'hôtel Barthe pour le banquet.

•

III. - BANQUET
1. La Table et le Menu

Le banquet est servi dans la cour de l'hôtel Barthe. Etaient présents,
de gauche à droite, en commençant par la Beine :
Mlle Teulié, Beine de 1910 ; M. Capéran, Maire de Monlréjau ;
M. l'abbé Daubian, ancien professeur, curé de Villefranche d'Astarac,
Vice-Président de l'Escolo pour le Bas-Comminges ; M: B. Sarrieu,
professeur agrégé de philosophie au Lycée d'Auch, Secrétaire-Trésorier de
l'Escolo ; Mme R. Lizop ; M. Victor Lizop, licencié en droit ; M. Fabien
Artigue, Membre d'honneur de PEscolo ; Mlle Levrat ; Mme Levrat ;
M. Basque, surveillant général au Lycée de Nîmes ; M. Fr. Soulé,
Directeur de l'institution de Saint-Laurent-de-Neste ; M. P. Pêne, de
Paris ; M. Guillaume Caslex, de Loures, professeur honoraire de Lycée ;
M. Alazard, Directeur de l'école libre de Montréjau ; M. J.-M. Servat,
pharmacien à Massât, Secrétaire Adjoint de PEscolo ; M. Georges Servat,
directeur des contributions à Tarbes ; M. Auguste Bourges, de SaintGirons; M. Jean-Joseph Béim, de Saint-Girons j M&gt; Pierre Sentein,

�212
publiciste à Saint-Girons ; M. Léon Castex, de Saint-Gaudens, employé
des postes à Paris; M. Jean Dejean, receveur des postes à Marseille;
M. L. Lazerges, étudiant, à La-Bastide-de-Sérou ; M. Fr. Escaich,
secrétaire de mairie, notre Porte-Bannière ; M. de Combettes de Caumont,
des Toulousains .de Toulouse ; M. Jean Marcaillou, de Saint-Gaudens ;
M. Jean Soulevât; M. J. Sens, instituteur public à Saint-Paul d'Oueil ;
M. Àbadie, le fils de notre dévoué imprimeur; M. R. Dufor, professeur
agrégé de première au Lycée de Toulouse ; M. J .M. Londres ; M. Arnaud
Lamothe, félibre à Gondrin ; M. l'abbé P. Caslet, curé de Lorp ; M. Jean
Laquet, de Bagnères-de-Bigorre ; Mme S. Palay; M. Simin Palay ;
Mèstre en Gai-Sabé, représentant de l'Escolo Gastou-Febus ; M. l'abbé
S. Verdier, curé de Hèches ; M. Labrunire ; M. E. Cazeneuve ;
M. Georges Lizop; M. le docteur Etienne Levrat, lauréat de l'Escolo ;
M. Armand Praviel, mainteneur de l'Académie des Jeux-Floraux;
Mlle Jeanne Latour-Prince; M. Jean Dufour, lieutenant-colonial;
MmeJ. Dufour; M. Raymond Lizop, professeur d'histoire, représentant
de la Fédération Bégionaliste Française; Mme Vve Joseph de Barry, de
Sarrancolin, lauréate de l'Escole ; M. A. Teulié, Directeur des écoles
communales de Lédàr, à Saint-Girons, Vice-Présidènt de PEscolo pour le
Couserans ; Mlle Maria Sarrieu ; M. l'abbé Dufor, ancien professeur,
ancien aumônier militaire, Vice-Président de PEscolo pour le HautComminges. —Au total 50 convives.
Le Menu était rédigé en gascon, on en voyait ça et là quelques jolis
exemplaires.
Le potage n'était point mauvais. Sans attendre le Champagne, la série
dis toasts (la Séance des Jeux Floraux devant commencer dès 2 heures)
se déroule dans l'ordre suivant, heureusement coupée de chants felibréens
et de poésies gasconnes.
2. Toasts ou « Brindes » et Chants Gascons

Brinde de M. l'abat Dufor
Bico-Président detch fíaut-Couménges

A Mourrejau è as Seccious dera 'Scolo.
Mesdames, Messieurs,
Une de ces dernières nuits, dans un rêve, j'ai cru voir un beau vieillard à la barbe blanche, à la chevelure gauloise, aux traits martiaux, à la
stature imposante. \\ était escorté des principaux personnages qui ont
illustré le pays et parmi lesquels j'ai reconnu nos poètes gascons.
« Qui êtes-vous ? », lui ai-je demandé. — « Je suis », m'a-t-il répondu,
« le Génie du Comminges.; je viens te confier une mission qui, je ne
saurais en douter, sera favorablement accueillie par ton patriotisme.
Smlue de ma part, aux Jeux Floraux de notre bonne ville de Montréjeau,

�ES FELIBRES A MOUNREJAU, APRÈS ERA TAULEJADO
Mu CAPÉRAN
Mèlo TEULIÉ
MU F. ESCAICH
Maire de Mounrejau
Arrèino dera Hèsto
[Porlo-Banièro
Mu TEULIÉ
Mèlo J. LATOURMU CAUHAPÉ
Mu L. LAZERGES
ERA NOSTO
B.-Pr. dera 'Scolo
PRINCE
(Un des actout de la Prumèro Escapado)
BANIÈRO

ES FELIBRES A AUENTINHAN

1,,
' 1 ll!°P, Bénos, Lazerges, H"1» Lizop, Era Ilanièro, MM. Escaich. Praviel, Mèlo Teulié (Arrèino), Mèlo Sarrieu, M, Servat, Mm» du Barry, «I. V. Lizop
MM. L. CASTEX,

A. TEULIÉ,

F. ARTIGUE, G. LIZOP

�CI. 0.0.
BcZiERS

«

�/213
les représentants des régions qui forment le domaine dera 'Scolo deras
Pirene'os. Du haut de cette superbe colline et en face du beau vallon de
Rivière, dis-leur : « Le Comminges est content de vous. )) —
Eh bien, en fils obéissant et fidèle, je viens m'acquitter de ce devoir,
devoir bien doux à rr-.on cœur de Félibre et de Commingeois.
Montréjeau ! (Mons Regali*) fière bastide, bâtie en 1276, en paréage
avec le roi Philippe III le Hardi, pur Arnaud d'Espagne, vicomte de
Couserans et seigneur de MoiHespnn ; Mont royal par son site splendide
et sa population au cœur chaud, par l;i gloire de son passé et les nobles
aspirations de son avenir! Montréjeau, heureuse cité qui devras, à la
magnifique générosité d'un mort unanimement regretté et au dévouement
intelligent d'un administrateur estimé de tous, un boulevard incomparable, salut à toi ! (Applaudissements).
Salut aussi à la vaillante Ariège qui, la première, à l'appel dera 'Scolo,
a répondu : Présente, en nous amenant un président modèle, deux reines
inoubliables, des lauréats, des poètes et des adhérents nombreux.
Bannière en tête, et l'emblème sur le cœur, tels de nouveaux croisés, ils
ont marché et ils ont dit : « Pyrénéens de cœur autant que Français,
nous aimerons et cultiverons la langue gasconne au même titre que la
langue nationale. Dieu le veut !»
En grande partie Commingeois, mais plus rapproché de Toulouse que de
Saint-Gaudens, l'arrondissement de Muret sent son cœur balancer entre
l'Escolo Moundino et l'Escolo deras Pirenéos. Néanmoins, il nous a
donné notre première reine, des adhésions précieuses et des écrivains de
valeur. U vous qui habitez ces riches parages, le Comminges vous crie de sa
plus chaude voix montagnarde: « Muretains, souvenez-vous que si Lugdunum a été ma capitale religieuse, votre chef-lieu a été ma capitale civile.
Il y a donc de mon sang dans vos veines. Je vous ouvre les bras ; venez à
moi. Un jour, peut-être prochain, Era 'Scolo sera fière d'aller célébrer
chez vous ses Jeux Floraux.
Et vous, chers habitants du Gers, qui, dès la première heure, êtes
accourus nombreux vous ranger sous notre bannière, soyez les bienvenus.
L'an dernier, vous nous avez ravis par l'harmonie de vos orphéons et de
vos fanfares, par l'éloquence de vos discours et le charme de vos poésies,
à Lombez et à Samatan. Et vous voilà encore quelques-uns avec notre
vaillant ami, votre cher vice-président, à notre fête d'aujourd'hui ; de
votre sympathie, de votre dévouement et de votre activité propagandiste,
merci de tout cœur.
Hauts et Bas Pyrénéens, nous vous devons deux reines bien connues :
la reine d'honneur de Luchon et la reine des fêtes de Barbazan, Loures et
Siradan, des sénateurs et des députés, des collaborateurs et des félibres
de marque. Vous avez la vaillance du paladin Boland, l'esprit populaire
de « Noste Enric » et la foi ardente des pèlerins de Lourdes. Nous savons
que nous pouvons compter sur vous. L'Escolo de Gastou-Eebus n'estelle pas la plus proche parente deia 'Scolo deras Pirenéos ?
Monsieur le Maire, je ne m'attendais pas à l'honneur de présider à

�214
cette fête félibréenne qui, avec le beau discours que nous venons d'entendre, restera historique dans les annales de votre belle cité et de notre
Escolo pyrénéenne ; mais, tout en regrettant vivement l'absence de celui
que nous aimons tant à voir à notre tête, je me sens aussi heureux et fier
qu'il l'eût été lui même d'avoir à lever mon verre en votre honneur et en
l'honneur de ce cher Montréjeau qui compte parmi ses illustrations les
Larade, les Lacombe, les Pelleport, les de Lassus, les Jacques Cazaux.
Je le lève bien haut et de tout cœur !
Tous ici nous représentons une grande cause, la cause de l'àme, de la
conscience, de la mentalité du pays, ces grandes choses qui s'incarnent
dans les multiples dialectes et dans les originales coutumes de nos
petites patries.
Aussi, la main dans la main, le cœur dans le cœur, Ariégeois, Muretains, Gersois, Pyrénéens, Montréjaulais, je vous convie tous à la
croisade que nous poursuivons, au cri : Pro pàtria, pro lingua populi,
pour la patrie, pour la langue du peuple ! ( Vifs applaudissements).

Brinde de M" Gapérart
Maire de Mounrejau

M. le Maire de Montréjau remercie M. l'abbé Dufor de ses aimables
paroles ; il regrette « de n'avoir pu faire plus grand et mieux encore »
pour notre Société. « Je bois, dit-il en terminant, à VEscolo deras l'irénéos ; je bois à la gracieuse Majesté qui est à mes côtés et qui porte avec
tant de grâce son charmant costume. » ( Vifs applaudissements).

Brinde dera' Rrèino
Mèlo Teulié
Bous remèrci pla, Moussu Maire, de las bounos paraulos que benguéts
de prounounça. È soui urouso de remercia al noum de VEscolo les abitants
de la bouno bilo de Mounrej \u que nous an ta pla recebuts aquéste mati.
( Vifs applaudissements)
Simin Palay fait battre un ban en l'honneur de la Beine.

Brinde de M. l'abat Daubian
Bice-Presidénl dot Bach-Conménges

Arrèino, Daunes, Moussus,
Un poulit auderôt, hèt d'azur è de soulélh, sourlit d'un nidè proche de
Mourrejau, que mous a couodat, engùan, en prougramo des Jocs-Flouraus
— se nou-n troumpi ? — es charmes d'aquéslo bilo. Un côp de mès, que
l'auén bfsto prou, è pas trop loui deras mountanhos ; bastido sus un tupè
d'où l'on a un cop-de-ùélh coum &gt; en Icc més ; legitimado de hèiros qu'apèron tout et mounde dera countrado : hils dera Gèsso, dera Sauo, det
Couseran?, dera Lamézo... ; airetèro, qué ? det biélh . « Lugdunum
Convenarum », era nèsto antico capitalo...
E pracó, — emproumou qu'on nou pot pas tout digue en quaucos

�218

linhos, è 'nta dechá, sampá, à d'autes et plasé de debisá, — er' amie
Sarriu qu'a pas acabat de debana era 'scauto ; qu'a pas parlât dera bouno
mino, dera grácio dets abitans : que-n decheráts arreleuá aquet desbrémbe
entout saludà es felibres d'aci-tau : arrén, an efèt, de mes coumode ent'
aquéres de bach — que soi det Couménges que se-n ba decap à Loumbès !
— que d'arrencountrá, quant on pujo, aquéres de haut, è de les aimé,
quan soun aimables, coumo es d'aci...
En seguido, que boulerloi, an-aquésto amassado, que mous dèssen era
paraulo d'aunou de trabalhá, toutes, enlenèts? — toutes! — à semouà
er' amour dera tèrro, dera léngo mairano ; de hè-los arrespectá pet mounde
poulitic, pet geubernomént, pertout !...
Qu'i arriberai), entout pagà d'etsémple : demourén à caso, parlén
coumo à caso ! Pusqu'auèn duios mentats en có, er' uio que serà enta'ra
Gascounho, er'auto enta 'ra Franço !
Parla de Boulounho

B.

(H.-G.)

DAUBIAN

Brinde de M" B. Sarrieu
Secretari-Dinerè dera 'Scolo
A

MISTRAL

é à Moussu de Bardies et nosle Presidénl

Que préni 'ra libertat de pourta acilâu 'ra santal det chèf illustre è
benerat de touti 's Felibres, de Frederic Mistral, tas sòs üittanto ans ;
è tabén era det nôste aimât Presidént, Mu de Hardies.
È d'abòrt era de Mistral, que s'en ba aué demarç-passat qùate bints
ans. Diéu l'a balhe de biéue encaro lounténs, dinqujLp nùananto è cént ans,
è que préside encaro loungues annades as prougrèssi det Felibridje !
Que béui tabén ara santat det nôste Presidént. Qu'ei étch, pera sio
delicatéço, pera sio amabilitat è 'ra sio generousitat, que balhèc ara 'Scòlo
nòsto, qùan ère encaro touto jùéno, et lans qu' éro prén toustém mès
dedempus. Adaétch, arretengut per gùé lounh de nous-auti, que lhèui
tabén et mèn béire ! ( Vifs applaudissements).
— Ce serait le tour de M. Armand Praviel. Mais il trouve que c'est
trop tôt... En attendant on chantera.
Cant d' « Era Couseranéso », per Mèl° J.
èl

è d' « Era Gascouno »,per M ° M.

LATOUR-PRINCE
SARRIEU

— M&lt;iic Jeanne Latour-Prince, d'une famille d'origine luchonnaise,
établie à Labarthe-de-Bivière, nous chante alors très agréablement, en
l'honneur de nos Confrères du Couserans, « Era Couseranéso », de
MM. de Bardies et B. Sarrieu (voir Era Bouts de Juillet 1910).
— Puis, MelIa Maria Sarrieu, sœur de notre Secrétaire général,.chante
avec entrain le refrain et trois couplets d' « Era Gascouno », de MM. P.
et B. Sarrieu (voir Era Bouts, N° 7-8 de 1906).
— Les deux morceaux sont très applaudis, et les refrains sont repris
en chœur par les Félibres présents.

�dera 'Scolo deras Pirenéos
per Mèlo J. Latour

Melle

Mais
Latour se lève encore, se tourne vers la Reine, et, en lui
offrant un joli bouquet, lui récite les vers suivants de Victor Cazes,
ingénieusement adaptés à la circonstance :
Aci qu'èi, noblo Damo, un punhadou de.flous ;
Qu'ei eras qu' aimi mès, è 'nas miòs proumenados
Peras paréts en sus deras biélhos maisous
Tout dió praci, praciu que las èi amassados.
Que sábi qu' eras flous tousténs que t'an hèt gài
E mémo bièn soubén per toutos 'ras carrèros
Que diden qu' eras flous en toun casau berôi,
Quan las plantauos tu, que benguïòn mès bèros.
Tabén que boui aufrí t aquéste bouquetoun :
Autant plan qu' èi sabut que l'èi hèt poulidoun ;
Prén-le doun. nòblo Damo : et clauarits2 aimable,
Imatge det boun còr e dera caritat,
En tas mas que sera, s' au tròbos agréable,
Edj emblèmo pourtat pera realitat. —
Oh ! 'ra beròio flou, 'ra flou det clauarits !
Quan mai ei arribatch è qu'et printéms arrits,
Quan tout s'arrebiscolo en cèu, sus era tèrro,
Éro tabénTouris. Nou-'i pas en un partèrro.
Que la bous cau cerca : peras biélhos paréts
Éro que ba semia sous moudèstis bouquéts.
Bito, coulou, santat, beutat, era praubino
Nou n'a tá 'rregauji qu'era soulo rouïno...
Ah! 'ra beròio flou, 'ra flou det clauarits,
Quan mai ei arribatch è qu'et printéms arrits,
Quan eras proucessious mous arribon en filo
Ta prega Sent Bertran, bisita nòsto bilo :
Cado jùéno mainado abans de s'en tourna
Peras paréts en sus es gòso penjoula,...
Ta pourta-lo à sa mai... Et pèlerin aimable
Dilhèu en ournara 'ra Bièrjo det bilatje. 3
(Applaudissements).
1. Nous régularisons l'orthographe de l'auteur. — 2. . Giroflée ». — 3. Ces derniers
vers sont ici un peu modifiés. — (Par a de Sen-Berlran de Couménje.)

Gant de « Magali », pat la Reine
La Beine, ainsi mise en cause, s'en tire fort bien, elle se lève et chante
le refrain de la chanson de Magali, qu'elle avait chanté, il y a trois

%

�217
ans, ii Saint (lirons, avec ses compagnes Bethmalaises et Massatoises.
MM. Lizop, Praviel, Levrat et bientôt tout le monde lui donnent la
répartie et reprennent au refrain.

Brinde de M. Auguste Teulié
Bice-Presidént dera 'Scolo tat Couserans

Graciuso Bèino,
Géntos Damos e Doumaisèlos,
Moussus,
La fësto que celèbro oungan VEscolo deras Pirenéos meritariô, crési,
de s'apela la « Fèsto de la Mountanho ».
Pramo qu'un des nòstris, dounl le côr es mès que mès afougat pel
païs mairal, es bengut e a dit as pouètos del Miedjoun : « Felibres, prenèts bôstro liro e enguindats-bous cap à la caminôlo estréito de la mountanho. Aqui, se bous fa plisé, pouiréts, en passan, culhi qualquo flouréto. Bous aturéts pos trôp, pourtant. A través rôcos e timbals, pujats
duncos à las crincos las pu nautos. Es amount, amount, à l'endréit oun
s'amôrton les bruts del tnoun e ount la tèrro poutounéjo le cèl, que troubaréts la beritablo flou de poueslo. »
Alabéts, mèstres e escoulans en gai-sabé soun benguts a-de-réng per
ensaja d'agafa la flou nebadèro prouméso ; mès, méntre que les escoulans, aflaquits, s'uturabon arranz la cascado per culhi captôrtos salbatjos
ou roujos èrbos de coucut', uno miéjo doutzéno de mèstres abastabon
à la cimo e cantabon la mountanho dins d'estròfos supèrbos. Tant e
tant, que la Jurado des Jocs Flourals èro touto mal courado de n'abé pos
qu'uno flou à douna.
E douncos, que bous proupôsi de pourta d'abord un brinde an aquél
felibre qu'a déjà tant fèit per VEscolo deras Piréneos, e dount la generousitat, toutjoun pu grando, nous a balgut, oungan, la tant bèlo jôio :
l'édelireiss d'or ! Ai noumat Moussu Fabien Artigue.
(Applaudissements).
E apèi encaro, que bous demandi de pourta la santat de l'urous
ganhaire d'aquélo jôio : le felibre couseranés Serval.
« Amic Servat, demès tant de councurrénts de baléncio, es tu qu'as
fèit ôsco e qu'as quilhat le ram pouetic sus la cimo de nôstros picos. Es
tu qu'as fèit ausl en majoural la liouts dera Mountanho, Bouts magico,
emmimarelairo, e tant pouderouso que les ressouns desperteran mès d'un
pouèto encounsoumit al pè des taussôls. »
(Applaudissements).
E garats-bous ací, mous brabes amies, qu'ieu matéich, assietat sul
bord d'un riu fresquét, entendègui la bouts de Servat. E à l'ausi banta la
beutat e le poulidétje de nôstros nautos sèrros pireneanos, sentisquègui
fourmigueja ma muso felibrénco. E, dins le parla moundi, ma muso se
metèc à canta aquélo mountanho que môun cor e mous èls aimon mès
que toutos. Ja la bous dirè, se bouléts, la mountanho que tant m'agrado.

�218
Belèu cadun de bous-aus, felibres mountanhòls, i recouneguira, pauc ou
prou, la siu :
1. Digitale pourprée.

La Mountanho qu'aimi
La mountanho qu'aimi es la mlu mountanho :
La qué, de soun oumbro, abriguèc moun brès,
Ranz( les pics jagants que barron l'Espanho,
Jous le clar soulélh del cèl ariejès.
Mountanho ount l'Arièjo, ala-bas, marmuso 2,
En poutounejan mès d'un roucatèl3 ;
Ount la fargo '■, mudo, es touto counfuso,
De nou mès ausi le brut del martèl.
Mountanho ount la nèu, al cimèl, blanquéjo
Ibèr e printéns, estiu e tardou ;
Ount, dins le timbal5, un riu cascalhéjo 6,
Del salbatje isard frésc abeuradou.
« Mountanho ount l'aujòl de la primo raço,
As siècles lentanhs, lutèc,

Diu

at sap !

Bè, tous filhs balénts n'an seguit la traço :
Plégon louris réns, mais lèbon le cap !
« Mountanho, ount ta pla brounzinon 7 encaro
Touti 's mots patants8 del biélh parladis,
Toun parla, l'boulèn garda sénse taro.
Mespresan les fats e lour charradls 9 !
ti Mountanho ount les èls de nôstros goujatos

Soun clars e prigounds coumo toun lac blu,
Quand, al mès de mai, dins tagrácio, esclatos,
Louro jouventut s'ennôbio 10 de tu.
« Mountanho, en loc mès nou i-a flous tant bèlos :
En loc mès, ta pauc, n'an tant dous perfum.
En lôc nou se béts tant bérdos pradèlos,
Ni bousquéts claufits de tant d'auselum ".
a Mountanho, cad' an, coumo la randoulo 12

Que tourno à soun nid quand bé le printéns,
Iéu tourni en ço tlu e, lènh de la foulo,
Me bau rebremba le miu joube téns.

�219
« 0 la miu mountanho, amigo'fidèlo,
Quand m'escantirè, gardo-me 'n dacòm 13
Un recouèn oumbriu ount la pastourèlo
Bressara tout siau moun darnièr som-sòm ».
(Vifs applaudissements).
Auguste

Parla de Fouch (Ariéjo)
NOTOS. — I. « Ar;près ■.

— 2. « Murmure &gt;.

s'agit des anciennes forges de
.ade •. —

— 3. « Rocher ■. —[4. « Forjre » (Il

). — 5. « Ravin ». — 6. • Tombe en cas-

7. « Bourdonnent, re'entissent ».

— 10. ■ Se ranime ». —

TEULIÉ.

— 8. « Sonores ».

— 9. . Railleries ».

11. « Hemplis de tant d'oiseaux ». — 12. « Hirondelle ». —

13. ■ Quelque part ».

Brinde de

M.

R. Lizop

Représentant de la Fédération Régionaliste Française

Bèino, Dònos, Felibres,
Auèi la vilo de Mounrejau, en nous counvidant à celebra dins sas
paréts las nòços del terradou e de la pouesío, del patrïoutisme e
de la beutat, merito mai que mai soun viélh noum de Mounrejau
d'Arribèro. En aquéste journ, la reialo courouno de pouesío s'arredoundis
subre lou casse de sas armos, e subre aquélo courouno lugréjon
lous set rais de l'Estélo felibrénco ; aquélis rais que s'apèlon Courtesio, Amour, Valénso, Leiautat, Amistat, Poueslo, e subre tout
la Libertat. Manténgue e counquista toutos las libertats de la noustro
tèrro mairalo ; libertat del Vèrbe Ouccitan, libertat de l'engèni de las
prouvinços d'oc, libertat dins l'administraciu e dins las léis ; aquí
es tout lou secret del Felibrige, que qualques Francimands e belèu Miedjournals regardon soulomén coumo uno côlho de baladaires e de
galejaires. Es escrit al cap del « Libre de las Leys del Gay Saber » : Tres
razós son pef fa bbra : Voler, Saber, é Poder ».
Lous felibres de VEscolo deras Pirenéos volen, per ço que nou se vé
en nado autro Escolo felibrénco, mai d'energios, mai d'abnegaclu per la
causo. Saben, per ço que l'istòrio d'aquélos tèrros de Couménges, de
Couserans, de Qùate-Bats, — qu'aviòn, ame lours coustumos, lours
acampados d'Estats (la Bepublico jouts lou Béi) — es per élis uno
etèrno predicaciu d'independénço e de resurgido prouvincialo. Poden,
per ço que, per lous filhs dels Barbazan, dels Santo-Aralho, dels Arnaud
d'Espanho, n'i a cap de muralhos, per ta n'autos, per ta barrados que
sian, que nou se pousquen préngue d'assaut.
E pr'acó, al noum de moún Lengodôc, al noum de la Federaciu
Regiounalisto Francéso, brindi ma coupo ouccitano per la nostro génto e
graciouso Rèino de Couserans e de Couménges, per las dònos inspiraires
de bèlis accius e de bèlis vèrses ; péls felibres de las Mountanhos e de las
Pianos d'or, e per la nòblo vilo de Mounrejau que fusquèt toudjourn
la tèrro benezido dels valénts e dels libres troubaires !
Paria îeiîgadouciaiî.

(Vifs applaudissements).

�Brinde de Mu Fabien Artigue
Membre d'Aunou dera 'Scolo

Je remercie M. Teulié du toast bienveillant qu'il a bien voulu me porter
et dont je suis quelque peu confus, car je ne remplis qu'un simple devoir
en m'intéressant à l'Escolo deras Pirenéos, en favorisant l'extension de
l'idiome local d'un pays où j'ai connu tant de joies, et dont tous les coins
me sont assez chers pour que les charmes des contrées lointaines ne me
es aient jamais fait oublier.
Mais cela ne va pas cependant pour moi sans un léger regret, car ce
toast, en venant s'ajouter à l'invitation qui déjà m'en a été faite, m'oblige
à répondre et à faire un discours, alors que mon désir serait d'assister
simplement à nos fêtes félibréennes, en laissant à d'autres le soin d'en
marquer le caractère, et de souligner l'importance de plus en plus grande
accordée dans les milieux les plus qualifiés à la langue d'oc.
J'aurais pourtant mauvaise grâce à ne pas m'exécuter, car il pourrait
être donné à mon silence voulu une interprétation d'indifférence relative
qu'il m'appartient d'éviter. Je dois d'ailleurs de m'intéresser à la régénération de l'idiome roman, à la mémoire de l'un des miens, qui, en 1899,
dans la demeure qu'habitait au xne siècle le plus illustre des troubadours,
au château de Hautefort, eut l'honneur de recevoir les félibres du Limousin
et du Périgord, conjJuits par le Chaptal Joseph Roux, qui fixa la langue
limousine au même titre que Mistral a fixé la langue provençale.
Il leur dit: « Messieurs, vous êtes ici chez vous », et, en fait, la
cérémonie s'y déroula tout entière ; le banquet et la distribution des
récompenses eurent pour théâtre les lieux mêmes où Bertrand de Born,
qui soutint deux sièges contre deux rois d'Angleterre, faisait, il y a huit
siècles, retentir sa pesante armure, et l'âme héroïque du guerrier et du
poète dut tressaillir d'aise en entendant les strophes des lauréats, dites
dans une langue qu'il parla lui-même avec une incomparable maîtrise.
Aujourd'hui, une fête semblable nous réunit dans ce coin du Comminges, et il semble que nulle part, mieux que sur ce belvédère qu'est
Montréjeau, d'où l'on découvre une grande partie de la chaîne
pyrénéenne, ne pouvait être décerné Vedelweiss, que j'ai offert au meilleur
poème en langue d'oc consacré à la Montagne.
Ce titre a séduit, il y a quelques mois déjà, un poète qu'il m'a été
donné d'apprécier durant les divers séjours qu'il a faits dans notre
région, et nous devons à son talent une poésie exquise (en français, il est
vrai) à laquelle l'Académie des Jeux Floraux a accordé, en mai dernier, un
souci. Dans moins de 80 vers, Madame Marty a su, en effet, traiter, au
gré de tous, ce sujet si complexe qu'est la Montagne. Il lui a suffi d'y
implanter l'âme humaine et de la faire vibrer, en nous offrant, sous la
forme idyllique, un délicieux tableau de genre.
Pour remporter la fleur, elle n'a pas eu besoin de chercher bien loin,
et de se perdre en de longues nomenclatures d'objets et de choses, elle n'a

�221
eu qu'à se baisser pour la ramasser, ou plutôt qu'à nous montrer des blocs
dont la sieste de ses héros faisait des divans :
«
«
«
«
«
a

Etendus, nous avions la sensation brève
De n'être plus qu'élan, frisson, désir et rêve,
De n'avoir plus de corps, ainsi que ces oiseaux
Que nous voyions planer, milans, vautours, gerfauts,
Si haut que nos regards, a ies suivre fidèles,
Ne distinguaient jamais qu'une envergure d'ailes! »

Nos concurrents de langue d'oc, dont plusieurs ont fait preuve d'un
mérite réel, — le Jury a bien voulu m'en communiquer les copies et me
donner voix consultative,—ont compris, eux aussi, qu'il fallait faire vivre
la montagne qu'ils avaient à chanter. Quelques-uns pourtant n'ont-ils
pas, dans une certaine mesure, sacrifié, à la théorie sur la formation des
montagnes, où ils se sont complus, et à une description trop longue et
parfois peut-être un peu aride de ce que l'on y rencontre, le sentiment et
l'émotion, c'est-à dire la poésie ?
Que serait, en effet, le plus radieux paysage, si, dans quelque coin, n'y
émergeait un être dont l'attitude constitue parfois à elle seule tout un
poème? Que serait le plus beau tableau, si, sur les névéS et les rocs, au
sein des grottes, autour des sources et des lacs, quelque silhouette vivante
ne se profilait pour tout animer et nous émouvoir, si l'àme humaine,
supérieure à toute beauté, n'y était mise en lumière, soit qu'elle rêve ou
qu'elle vibre aux splendeurs ambiantes, soit qu'elle jette son cri d'allégresse, d'espérance ou d'amour avec des envolées vers l'azur, où s'alimente
le souci de notre devenir, cette noble inquiétude, signe de la grandeur de
l'homme ?
Mais trois compositions se sont particulièrement distinguées dans le
concours, et à l'une d'elles échoit l'édelweiss, cette fleur poétique par
excellence, que les alpinistes élégantes aiment à broder sur leurs bérets
de montagne, à laquelle les collectionneurs font une chasse sans merci,
et qui devient si rare que quelques nations ont dû prendre des mesures
spéciales pour la conserver.
(Applaudissements)
A ceux qui éprouveraient le besoin de se ressaisir, aux nouveaux
concurrents qui voudront se joindre aux premiers, il m'appartient de dire
qa'un rhododendron d'or sera réservé l'an prochain à la meilleure Ôde
consacrée à ce qui a été le berceau de la plupart d'entre nous, qui a donné
son nom à notre Escolo et qui, je l'espère, sera toujours aimé de tous :
aux Pyrénées !
(Vifs applaudissements)

Fabien

ARTIGUE.

Brinde de M. Armand praviel
Mentenéire déf Académie des Jocs Flouraus

M. Praviel veut bien (enfin !...) nous dire quelques mots au nom de
VAcadémie des Jeux Floraux, « la première société qui ait été fondée pour

�222
la défense de la langue d'Oc, et qui est revenue enfin entièrement à son
esprit primitif. Sans doute, pendant quelque temps, elle avait, reconnaissons-le, dévié de son premier objet; elle avait fini par ne plus s'occuper que
de travaux et de poésies en français, si bien que, quand l'esprit
félibréen-se fut réveillé, le vaillant majorai Arnavielle ne craignit point
de s'écrier : « Rendez-nous les fleurs d'isaure ! »
H Eh bien, Messieurs, nous les avons rendues ! Voilà quinze ans que
nous couronnons avec bonheur les auteurs de langue d'oc ; le temps me
manque pour vous signaler tous les bons Félibres qui ont été lauréats de
l'Académie des Jeux Floraux; je ne nommerai que ceux qui sont ici:
Simin Palay, que nous applaudissions tout à l'heure, que nous applaudirons comme la voix éloquente de vos Pyrénées; Raymond Lizop, qui s'est
généreusement mis à apprendre la lérjgo mairalo, à la parler et à l'écrire;
le docteur Levrat, qui est à mes côtés ; M. Bernard Sarrieu, qui est la
cheville ouvrière de votre Escolo. Nous ne leur avons ménagé ni les fleurs
ni les applaudissements.
« Nous ne cherchons pas d'ailleurs à nous substituer aux Escoles et
Sociétés félibréennes ; nous essayons de distinguer dans leurs groupements
ceux qui le méritent davantage, et en cela nous croyons nous conformer
à la doctrine félibréenne et mistralienne ; nous nous attachons particulièrement, dans nos jugements, à deux points : la pureté linguistique et
la beauté littéraire.
« Avant le Félibrige, notre langue n'était pas tout à fait abandonnée : il
y avait eu nombre de patoisants, dont le plus éloquent fut Jasmin. Le
Félibrige a eu pour but d'empêcher nos prosateurs et nos poètes de
laisser dégénérer et, sous prétexte d'exactitude, s'abâtardir notre langue.
Dans cette épuration, il faut distinguer, sans doute, entre la langue écrite
et la langue parlée. Quand on parle, on doit se faire comprendre des
humbles et des petits ; mais quand on écrit, on doit être scrupuleusement
soucieux de la pureté linguistique.
« Le deuxième point que nous considérons, c'est la beauté littéraire. B
est certain que la langue d'oc peut traiter tous les sujets, même les plus
élevés. C'est un préjugé de croire qu'on ne peut s'en servir que pour des
sujets comiques et vulgaires. Voilà ce que Mistral a dit, ce que Palay
a pratiqué. Nous récompensons ceux qui comme eux font œuvre
littéraire et non pas ceux qui en langue d'oc n'iront chanter que des
bêtises. Quand Mistral, Aubanel, Estieu, Perbosc nous ont donné des
œuvres poétiques merveilleuses, il ne faut pas ne nous donner toujours
que des farces et des blagues. C'est rabaisser la langue aux yeux du public que de ne parler ou n'écrire en gascon que pour faire rire.
« Soyez sûrs qu'à cet égard, Messieurs, vos efforts et vos travaux sont
suivis de près par notre Académie des Jeux Floraux ; et que, tous ceux
qui s'approcheront de ce double idéal de pureté et de perfection, elle sera
heureuse de les fleurir encore, en leur adressant à tous ses meilleures
félicitations. »
( Vifs applaudissements)

�223

Brirrde de Simirt falay
Mèstre en Gai-Sabé, liera 'Scùlo Gastoui) Fébus

Simin Palay se lève à son tour, et insiste sur les progrès de l'idée
félibréenne dans le Béarn.
« Un matin de septembre 1892, raconte-t-il, passant en touriste par
Arrens — j'avais alors 18 ans — je rendis visite à Camélat. Dans cette
heure que nous passâmes ensemble, tient, j'ose le dire, le germe de la
vie félibréenne actuelle de notre terre béarnaise et gasconne. C'est à cette
heure que nous fondâmes le premier Armanac palouès du pays et c'est
de là qu'est née l'Escole Gastou Febus ».
Are qu'abém Armâmes que tiren à 15 000, leyuts per 60 000;
a La Bouts de la Terre » qu'atégn 40, 50, 60 000 persounes. En
15 ans, qu'èm arribats en nouste païs de Biarn e Gascougne à tira dou
cap dou pobble que parla patoès ère d'èste pèc e ignourént... Are, arrés
nou a pas pou de parla biarnés. Lou reyént nou a mes pòu de-s serbi
dou biarnés. Lou curé n'a pas bric pòu de s'esprima en biarnés. Que sie
en Counsélh d'arrouudissimént, ou en Counsélh general, qu'om s'i parle
francès, mès are tabé qu'òm s'i parle biarnés, qu'om s'i parle gascoun !
N'abem pas metut 15 ans ta hè acó. En bertat, qu'abém boutât la ma à
l'obre e lou sèment ena tèrre. Aci y a terres bièryes que balharan
se
mous i boutam. Lou Boun Dlu qu'ei dap nous-aus. Que hèm ue cause
sente : dap la léijgue biarnése e la léiigue gascoune, que manteiiguém
aquets très bés sacrais : la creyénee en Diu, la force de la Familhe è la
granou de la Patrie. Lous qui trabalhen dabb aquet tribble ideal nou
poden pas mouri
Mès despus 15 ans, amies e counfrais, nou-ns en pas arrestats ; en
courre de bile en bilatye, qu'abém semiat ù bou semen. Nou cau pas dise
que lou poble nou mous coumprén ; lèu que pouiram bése la segade que
lhèbara dirico-u cèu... La tèrre qu'ei larye ; om i yéte bère semoade.
N'arribe pas yamèy arré sense semia. Que eau semia ; taie tèrre nou
mous da pas, tourna semia que eau ta que debengue boune terre, qui
mous balhara mès que nou l'auran balhat.
(Applaudissements).
Que i-a quaucarrén (continue Palay), que nou-m eau pas desbremba
de hè : pourta à 1' « Escolo deras Pirenéos » et salut de 1' « Escole
Gastou-Fébus ». Que s'ey escadut qu'aqueste bérig de bè 'ra sue hèste
de dela-yé dii?co yé. La Gascougne que felibréye dou bord de la Mar
dinqu'au pè de la Mountanhe. Au noum de l'Escole Gastou Fébus, que
boeyti aquéste béire à 1' « Escolo deras Pirenéos » ! à l'Escole só ; à l'Escole
hilhe !...
( Vifs appkiutlissements)
« Vous êtes un apôtre des anciens temps », s'écrie M. l'abbé Dufor.
On bat un triple ban en l'honneur de Palay.

�224

Brinde de M» de (iaumon
Des Toulousans do Toulouso, etc.

Monsieur le Président,

■

.

Gentille Reine,
Messieurs et Chers Collègues,
Je pourrais porter mon brinde en langue gasconne, car je suis obligé
de l'employer journellement avec mes ouvriers.
Je craindrais devant vous, qui êtes des puristes, de commettre des gallicismes : les environs de Toulouse ne sont pas précisément le conservatoire de la pureté de la langue d'oc. Mais, si je m'exprime autrement que
dans la lenguo mairalo, croyez bien que, représentant ici trois sociétés
qui font de la décentralisation provinciale leur principale action, je suis
entièrement des vôtres.
Permettez-moi à ce propos, puisque nous sommes tout à fait au centre
de ce que l'on peut justement nommer la Haute-Garonne, de vous répéter
ici le brindis que j'ai eu le plaisir de prononcer en catalan, une première
fois, dans la Capitale de la Catalogne Espagnole, à Barcelone, où j'étais
aux Pâques dernières, et que j'ai répété dans la Capitale de la Catalogne
Française, à Perpignan, pour les fêtes de la Sainte-Estelle, où étaient des
délégués Catalans Espagnols.1
Je disais à ces derniers ce que j'avais dit à ceux de Barcelone, qu'il
était bien naturel que notre pays Toulousain eût avec eux des affinités
singulières de langage, de goûts artistiques et d'estime mutuelle, car nos
pays avaient été de tous temps unis par des liens créés par la nature. En
effet la Providence a voulu que, devançant le travail des ingénieurs et leur
montrant la route, la nature fît traverser la Chaîne des Pyrénées à l'eau
que nous buvons, à l'eau de la Garonne qui après être née en Espagne, —
aux pieds de la Maladette, prétend on — traverse encore le val d'Aran 2 où
comme le dit le proverbe aranais « tìaroáva per Aran ba braman », et
nous porte le bienfait si utile de ses eaux.
Je bois donc à nos frères Catalans que nous serons bientôt, grâce aux
Transpyrénéens, mieux en mesure de connaître et d'apprécier. Je bois à
vous tous aussi, Messieurs, qui maintenez avec fermeté l'usage du vieux
langage de nos pays.
Je bois surtout a celui qui a tant contribué à rendre, à la langue du
Midi, cette notoriété qu'il a su illustrer par des chefs-d'œuvre, à notre
doyen à tous, au vénéré poète Frédéric Mistral.
( Vifs applaudissements)
Vicomte de

CAUMON

Président d'honneur-Fondaleur delà Société des Alicionados Toulousains
Membre des Toulousains de Toulouse et du Comité d'initiative de la Haute-tìaronne
1. Voyez la Revue Catalane, N°

d'Août-Seplembre

1910, p. 337.

2. CerteS la vallée d'Aran parle un dialecte gascon, peu ealalnnisé ; n ais aujourd'hui elle
l'ait politiquement partie de la Catalogne.

�225

OUMATGE A Mm0 ROSTAND
J3.EINO

D'AUNOU

per Mu F.

DE

L'

ESCAICII,

(( jÍSCOLO

DERAS

PlRENEOS )) ,

Porlo-Banièro liera 'Scùlo

L'òme n'es rés sus la tèrro
S'uno fénno jamès lh' injirgo 1 pos l'amour ;
D' ét le bounur loutjoun cour ;
Soun còr n'a pos reguinoèro2.
Le pauròt n'es qu'un còs sens' amo, è ja sabèn
Que nou sïòn que ço qu' èn
Se per nous aus éro n'èro3...
MADAMO ROSTAND,

Dins jou quicòm se bouludo
Quand del témple de Diu ne passi le soula '• ;
Me sémblo que bau boula
Dembès la plano 'steludo 5,
Car des innés sacrats que poujon dréit à Diu
Sénti l'amo préso al bíu
D'uno emouciou 'neounegudo.
Atal, qùaque nou paréicho
Pos rés des sentiménts que me fasèts beni,
—'
Aurè toutjoun le soubeni
De Rosomoundo madéicho...
De bous bése, creséts, sïó noubèl6 per jou ;
Escusats doupe l'emouciou
Que crési pos que mes créicho.
0 bous, noubèlo Rotsano
Per qui toutis les còrs se dichaiòn crema,
Talomént bous fèts aima
Qu'en perdèn la tramountano...
È qùántis la perdèn ? Oui, l'Escolo a l'amour
Bíu per bous autant qu'un four
Dount la bugou mès s'abano 7 !
M'estouni pos s'en soun amo
Rostand dins Cyrano parlo pos que de bous,
Estélo dount las lusous
An per ét la puro flamo.
Coumo l'astre del joun èts la bèro clartat :
Soun gèni n'es esclairat
Que de bòste amour, Madamo.
Quand n'èrofs pos qu'uno drôllo
Deja les Musos binhon detras les ridèus
Bous fe soumia « Les Pipèus »,
Al noun8 d'ana, 'un pauc fòlo,
Pla courre, dansejan, en9 les amies sauta

�226
È de cops s' espelhouta
A la sourtido d'escolo.

10

Nani ! bous, amb' aquet adje
(Tant-chi-pu s'alabéts abôts dèsos set ans)
Fajòts bèrses ta cantants
Que déjà, touto mainatje,
Bòste gèni l'Academlo courounèc,
Le prêts « Archon » 11 lhi dounèc
Sens que digus le partatje.
Ma plumo n'es bric timido
Per escriure les bèrs qu'uno pito 12 d'amour
Espiro en bous fen la cour.
Ja lhi passo la tremido l3,
Pusque, per milhou fe, d'ancro béu à sa sét,
S'eichugo 's pòts al bourrassét "
Per èste mes endamido l5.
E bous oufrfs, la pauréto,
Coupléts que '1 còr en plasé gran a souspirat
E doun cadun es encadrât
De tijos pourtant flouréto,
Gallois blancussats, lounguéts e tout toursuts,
Nousécs redouns è boussuts
Esiacan lour couleréto. 16
Parla de La Baslido-de-Sérou (Ariéjo).
I, ■ Inspire ■. — 2. t Joie vive ■. — 3. Souvenir de Cliaulecler. —
i. « Seuil ■. — 5. « Êloilée &gt;. — 6. ■ Nouveau, c'esl-à-dire agréable, heureux ». —'
7.« l orsque la chaleur s'en exhale le plus abondamment ■.— 8 ■ Au lieu &gt;. — 9. « Avec ».
— 10. . Se déchirer ». — 11. Le prix unique Archon Uésperouses — 12. ■ Etincelle ■.
— 13. . ( rainte » — \Jf. ■ Au petit chiffon &gt;. — 1"&gt;. ■ Plus élégante •. — |l(i. Allusion au merveilleux travail de calligraphie et d'ornementation dont notre habile confrère
a fait hommage, avec ces vers, à notre Heine d'honneur. N. 1). L. li.)
NÒTOS.—

Excuses. Autres chants félibréens. Dépsrt pour la séance
La série des toasts est terminée. On en est au Champagne. M. Léon
Castex, notre confrère, prend quelques photographies de l'assistance, puis
la Reine, bien dans son rôle, se lève et chante la Cansoun de la Coupo,
texte provençal (voyez Era Bouts d'Août-Septembre, 3e page), reprise
en chœur. Aquélos Mountanhos, Lous Esclops, la Toulousaine (dont
M. V. Lizop chante les couplets) lui font suite. Simin Palay se lève
encore et nous récite la fable bien connue du berger à qui l'on demande
comment il siffle : fort, quand les bêtes sont loin :
«
Mès que siulan tout dous,
Quan las bèsties, Moussu^soun tout proche de nous. »
Enfin, MM. Praviel et Levrat chantent avec entrain et brio « Lou
Masét de Mèste Iloumiéu » (V. l'Anthologie du Félibrige, de MM. Praviel et de Brousse, page 172), et l'on se rend en cortège à l'école communale, où doit avoir lieu, la séance solennelle de nos Jeux Floraux ou
« Cour d'Amour ».

�227

IV. — COUR D'AMOUR
Le portail de fer de l'école communale est pavoisé. A l'intérieur, on a
enlevé les cloisons qui séparent les salles de classe et obtenu ainsi une très
grande salle, qui cependant est tout juste suffisante. Il y a là déjà plus de
600 personnes, assises ; d'autres se pressent aux portes et c'est à peine
si les Félibrcs eux-mêmes peuvent arriverà passer. Enfin, cependant, ils
arrivent à prendre place aux premiers rangs de chaises, qui leur sont
réservés, tandis que sur l'estrade s'installe la Reine, ses demoiselles
d'honneur, le Bureau de l'Escolo, les jeunes filles et les enfants qui
doivent réciter ou chanter : déjà sur la table brillent les fleurs, les médail
les et les livres de prix enrubanés qui vont être distribués aux lauréats.
1.
DISCOURS

PREMIÈRE PARTIE

ET CHANTS

Chant d' « Era Coumengéso »

FÉLIBRÉENS
par M11- Latouir-Prince

C'est par le chant à'Era Coumengéso que la séance s'ouvre. —
Mlle Levrat veut bien accompagner au piano, et Mllc Jeanne Latour-Prince,
qui nous a déjà charmés au Banquet, chante notre hymme félibréen. Le
silence s'établit aussitôt. L'air est nouveau ; les paroles composées par
M. B. Sarrieu, en luchonnais, puis transposées par M. l'abbé Dufor
(qui y a ajouté la strophe 3) dans le dialecte du pays de Rivière, avaient été
faites pour être chantées sur l'air de la Toulousaine ; mais il a paru meilleur
d'y a Japter un air original, que M. B. Sarrieu a pu composer à temps pour
notre fête. Le voici, avec les paroles (qui avaient paru dans le 1er N° de la
lre année, presque épuisé aujourd'hui).
ERA

Musico île K. B.

COUMENGÉSO

Paraulos arrengados per

SARRIEC

(rüits kr-dits , o

Fuis ftar-d'tk ik-w gint cotmen-gé-so, B b s - te

M.

l'abat

DUFOR

(ia-ïs, 6bste ỳa.- es ura=

tattóttis en d :Dtt Ne-bou-^oç det Ne-tou-^aij.ocMhd^-tcu-ni-io,MÙ^it-X^,itl(M-x&gt;

tansíjiúiT-resjiounceije- ço IDetCouje-wns, ietG&gt;u-se-!«uSijukrra(iaM(«ijf
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ar-rgvL·^-—so. He-îu-to dou-ço , Ht-îu-to dou-ço È jaunis blats..

2. Qu'auét, sabét, iou léngo merbelhouso ;
S'ac bo, que sap brilha d'esprit finous ;
Siat-ne flèrs, coumo Abinhouiì o ïoulouso
N'éi dera siou ! Mountanharts, tepguet-bdus
Toustém à-masso, aimât bôstos mountanhos,
Bòstos campanhos, (bis)
Bòstis balouo.
3. Siat fièrs labéi? dera 'Scôlo nauèro
Que bous an hèt iou troupo de sabénts,
Ta bous apréne era curiouso istùèro
De Mounrejau, Sent-Bertran, Sent-Gaudéns,
De Sent-Girouns, è des coustèts que lauo
'Ba claro Sauo (bis)
Tranquilloméns.
4. Balénts goujats, coumo goujatos bèros,
Oh, bé n'auét, de Murètch à Luchouri,
Entre Maulioup, Boulounho, Oust è Cazèros ;
Éros, mai-o, qu'an et có biéu è bouii ;
Qu'arriden jùén, è qu'an charmant bisadje ;
Eris, couradje (bis)
Coumo 't lïoun.
5. Es bòstis pais, aját-ne soubenanço,
Dabb es croudzats, de cap as Sarrazis,
Dap Jùano d'Arc, tadelieura 'ra Franço,
Qu'an coumbatut, ùè, coumo paladis.
Qu'an afrountat, dabb era 'Rrepubblico,
Mòrt erouïco (bis)
Tat lou pais.

�DEUAEMT ET POURTAU DERA CATEDRALO DE SENT-BETRAN
Era Baniero, è Mu Lazorges
M. Barousse, Maire du S. Bertran, H. Praviel, Era Rreino, Mèlo Sarrieu, M. F. Arjigue, Mmo Lizop
MM. Cazeneuve, Lizop, L. Castex, etc. Mmo de Barry. M. l'abat Dufor
MM. ïeulié è Capéran
MM. Sentein è A. Lamothe

�i

M

ci n.Q.

�6. Aném dounc, haut, amies que bieuét aro,
Per bòstis camps dap gòi pourtat es gùéls ;
Saubat toustém era paraulo claro
E'ra bertut qu'auiòn es bòstis biéls ;
Frais, agulhat toustém a trauès lanos,
Hautous è pianos (lus)
Bòstis paréls.
Era Coumengéso est saluée de vifs applaudissements. On sent que
notre population montréjaulaise est heureuse d'entendre chanter si bien
dans son idiome maternel. Puis, M. l'abbé Dufor, vice-président pour le
Haut-Comminges, commence son discours.
»

Discours de M. l'abbé Dufor
Viw-i'réiiilciit de l'Escole pour le Ilaul-Commhigcs

SUR « LES PROGRÈS DE L'IDÉE FÉLIBRÉENNE »
Mesdames, Messieurs,
C'était vers 1315. Dante Alighieri errait dans l'Italie, pliant sous le
poids de son génie et de ses malheurs. Un pur, à la campagne, il
aperçoit une maison assise sous de grands arbres, qui semble l'inviter à
s'y reposer. Il s'en approche, et de son bAton de pèlerin il frappe à la
porte. Un moine se présente et lui demande : « Que voulez-vous ?» —
M La paix », répond le voyageur. — « Alors, entrez ». — Il entre, et là,
îl trouve ce qu'il cherchait en vain depuis longtemps : la tranquillité dans
la prière et le travail, le bonheur dans l'égalité et la fraternité.
0 vous, qui comme l'auteur de la Divine Comédie êtes las d'errer dans
les maquis des jalousies, des haines, des injustices et des vaines discussions, venez, réfugiez-vous sous le toit hospitalier de ru 'Scolo êeràs
Pirenéos. Vous y serez reçus, les mains tendues et le cœur ouvert,
simplement et sans ces discours de parade qui sont obligatoires dans
d'autres sociétés littéraires et scientifiques. Au-dessus de sa porte devrait
être gravée cette inscription qu'on lisait sur la porte des vieilles ruines
romaines, découvertes il y a quelques années en Algérie: Vax inlranli,
« Paix à celui qui entre ».
D'ici, en effet, est écartée, comme brandon de discorde, toute polémique, religieuse et politique. Les conversations y sont mirqués au coin de
la courtoisie et de l'amitié les plus franches. C'est ainsi que nous nous
sommes bien gardés de prendre part aux querelles qui éclatèrent dernièrement au sein même du Félibrige central, non plus qu'à celles qui divisent
des linguistes de marque au sujet des origines de nos divers idiomes. Les
uns les font dériver en majeure partie du latin, et les autres, du grec.
Pendant que ces savants se livrent, parfois avec trop d'ardeur, à ces doctes
discussions, nous nous contentons, nous, d'en être les témoins attentifs,
tout en nous montrant fiers qu'on attribue à nos parlers une si noble
origine.

�230
Les patries d'Aristote et d'Homère, de Cieéron et de Virgile, ne sontelles pas celles qui ont produit le plus de chefs-d'œuvres humains ?
Comme corollaire de cette paix, dans l'idéal de travail et de bienveillance
réciproques, que nous aimons et cultivons dans notre Ecole, nous y pratiquons encore une aimable fraternité non de surface, mais réelle. On y
voit, en effet, se donnant la main et se traitant en frères, le magistrat
et le soldat, le fonctionnaire de tout ordre, l'écrivain, le prêtre, l'homme
du peuple. C'est la famille pyrénéenne tout entière, ne formant qu'un
cœur et qu'une âme, et n'ayant garde d'oublier que l'union est la force et
le succès. Ah ! puissions-nous bientôt entendre sonner l'heure bénie où
il en sera ainsi de notre chère France.

#**
Pour cimenter cette union fraternelle, Era 'Scolo deras Pirenéos a sa
langue qui, dans ses multiples dialectes, représente autant de parcelles
de la grande patrie.
Le gascon ! ou, comme l'on dit parfois avec quelque ironie, le patois !
Oh! il a eu de rudes combats à soutenir pour vivre ; on a tout fait pour le
discréditer, pour l'anéantir. A cette fin, on a employé l'arme la plus
redoutable en France, le mépris. N'a-t-on pas appelé la langue du peuple
le « langage des basses-cours » ? C'est sans doute pour cela qu'on
entend dans nos campagnes de pauvres ouvriers parler et faire parler à
leurs enfants un vilain français, tandis qu'il serait si naturel et si gentil
de leur apprendre un joli gascon. Mais, nos dialectes comme nos paysans
ont la vie dure ; ils ne mourront point parce qu'ils incarnent l'àme de nos
campagnes. Bien plus, ils ont de jour en jour une meilleure presse. Pour
les faire mieux connaître et mieux aimer, on crée sans cesse de nouvelles
revues, de nouveaux périodiques dans tout le Midi et jusque dans la
capitale. Le Méridional de Paris, Occitania, la Terre d'Oc, Lemouzi,
Lou Hournat, La Cigalo Lengadouciano, Lou Felibrige, Vivo Prouvénço, La Regalido, La Bouts de la. Terro, Les Reclams de Biarn e
Gascougne, l'Estelto, notre Bouts dera Mountanho, et autres feuilles
de ce genre sont autant d'organes qui ont pour but de défendre et de
protéger nos divers parlers de langue d'oc.
Les assemblées félibréennes, elles aussi, secondent puissamment ce
mouvement en faveur des parlers provinciaux. Les congrès régionaux y
apportent, à leur tour, leur concours efficace. Dans celui de Vannes, du
13 octobre 1909, M. de l'Estourbeillon a osé faire sur le breton cette
courageuse déclaration qui semble faite pour le gascon lui-même: « La
» langue bretonne est une partie du patrimoine breton, comme la
» langue française est un élément du patrimoine français. Nos devoirs
» envers nos deux patries exigent que l'on conserve intact leur patrimoine
» respectif. Interdire à l'école la langue bretonne est manquer gravement
» au patriotisme ». Mgr David, évêque de Saint-Brieuc, disait, il y atrente
ans : « La langue et la foi sont frère et sœur en Bretagne ; quand le
» Breton aura disparu, la porte sera ouverte à l'impiété et à l'anarchie ».

�231
Prenant ensuite la parole, Mgr Duparc affirme, au milieu d'applaudissements unanimes, que L « langue bretonne devrait être parlée et enseignée
» dans toutes les écoles libres de son diocèse, dans toutes les classes et à
» tous les degrés du programme ».
Ces justes réclamations ont trouvé un écho favorable jusqu'à la Chambre des Députés.
Dans la séance du 3 mars dernier, l'ardent patriote qu'est M. de
l'Estourbeillon insiste sur le caractère de la langue bretonne et sur la
nécessité de lui faire une place dans l'enseignement officiel. M. Doumergue, Ministre l'Instruction publique, lui répond : « M. de l'Estourbeillon
» vient de faire l'éloge du breton ; le gouvernement s'y associe ; »
(applaudissements) « mais, cet éloge s'adresse à toutes les régions ; car
» la France est une » (on applaudit encore) « et c'est la langue Fran» çaise qui est la langue nationale » — « Je ne le nie pas », réplique M.
de l'Estourbeillon, « mais il faut que la langue locale ait sa place dans
» l'Enseignement ».
Et notre confrère bien connu, M. Lasies, ajoute : « Il faut que l'enfant
» de chaque province apprenne que la langue de son terroir a produit des
» chefs d'oeuvres. C'est ainsi que la Provence ne doit pas ignorer Mistral,
» et nous Jasmin. » Dans la même assemblée, le 11 mars 1909, M. de
Gaillard-Bancel demande au ministre de faire pour la langue provençale
ce que M. Guyesse lui a demandé de faire pour le dialecte breton :
« L'enseignement de ces langues contribuera à retenir nos paysans à la
» campagne ». Et M. Marin d'ajouter: « M. Doumergue, dans un de ses
» projets, exige que le français soit exclusivement enseigné dans les
» Écoles. C'est là une erreur pédagogique profonde contre laquelle je
» liens à protester ».
Après de telles manifestations, faut-il s'étonner que le gouvernement
de la République élève lui aussi des monuments à de dévoués et vaillants
propagandistes de notre langue d'oc ? M..Millerand, il y a peu de mois, (et
c'est là un des gestes dont je me plais à le louer hautement,) inaugurait à
Périgueux le buste de Camille Chabaneau, ancien professeur de la Faculté
de Montpellier, savant et modeste philologue, qui, le premier, montra
l'intérêt qui s'attache à l'étude de nos « patois », si injustement méprisés
avant lui.
En même temps, à Millau, le garde des sceaux, M. Barthou, présidait
à l'inauguration du buste du vieux poète, M. l'abbé Peyrot, auteur des
Quatre Saisons et des Géorgiques paloises. Ancien élève de Toulouse et
lauréat de ses Jeux Floraux, il avait été nommé curé au Prieuré de Pradinas, près de Rodez. Ah ! il ne peut pas se plaindre de son sort, ce brave
Peyrot, puisque.sa pâle mais tenace renommée a conquis cette suprême
et paradoxale Victoire de faire inaugurer son image de prêtre catholique
par le garde des sceaux du ministère Briand : L'idéal félibréen plane
au-dessus des partis.
Dernièrement encore, « dans la capitale du pays des roses et des belles
» félibrées, où repose Florian, à Sceaux, en présence de M. Marc Varen-

�232
» nés, chef du secrétariat particulier du Président de la République, des
» représentants officiels du Minisire des travaux publics, de l'instruction
J) publique et des puissances médiierrannéennes, on inaugurait le buste
» de Deluns-Montaut, l'un de nos plus glorieux ancêtres». N'y a-t-il
pas là de quoi nous faire espérer que les autorités officielles se rangeront
elles aussi bientôt à nos idées ?...
Aka jacta est, « le sort en est jeté », s'écria César en franchissant le
Rubicon ; le sort en est jeté, pourrons-nous redire à propos de nos
dialectes: ils passeront le Rubicon qui semblait les séparer à jamais du
domaine de l'Enseignement officiel. En vérité, je vous le dis, ils le
franchiront, et alors le patriotisme local aussi bien que le patriotisme
national aura fait un grand pas. César mit 9 ans à conquérir la Gaule ;
espérons que nos dialectes régionaux n'en mettront pas autant à conquérir leur place au soleil de l'Université...
# #

Mais, cette conquête sera-t elle justifiée? Oui, certes, et je le prouve.
Avant tout, nos idiomes n'ont-ils pas inspiré, dans toutes les régions du Midi,
un nombre toujours grandissant d'écrivains, et surtout de poètes dont
quelques-uns sont des plus remarquables ? Pour ne parler que des nôtres,
deceux qui presque de nos jours ont illustré le Comminges, ne pouvons nous
pas être fiers et de Larade dont notre savant confrère, M. Lizop, nous a
donné une étude complète et en l'honneur duquel nous avons inauguré
ce matin un humble, mais significatif mémorial ; — et de Jacques Cazeaux,
votre humoristique compatriote, chers habitants de Moniréjeau, si varié
dans ses œuvres, également heureux dans tous les genres, dans l'épopée
comme dans la comédie, dans le drame comme dans l'idylle : — et
d'André Bouéry, si délicat, si gracieux et dont la note mélancolique donne à ses compositions je ne sais quoi de délicieusement
savoureux ; — et de Victor Cazes, qui, pour ne s'être révélé poète
qu'à l'âge où les autres d'ordinaire ne le sont plus, nous a laissé
des choses ravissantes de souffle, de pensée, de sentiments et
d'harmonie ; — et de Raymond Fages, si fin, si narquois, qui, dans ses
parodies des fables de La Fontaine, a parfois, par ses traits heureux,
égalé sinon dépassé le maître ; — et de Lozes Bernard qui, au coin de
l'àtre familial, chanta comme le grillon, tantôt en français, tantôt en
patois de Valentine ?
Si ces poètes et d'autres, encore vivants, que je ne nomme pas pour
ne point blesser leur modestie, nous ont tour à tour charmés et souvent
enthousiasmés3, c'est que notre langue populaire se prête à tous les
accents de l'àme française, résumant la mentalité, la conscience, l'histoire
de toutes les petites patries dont se compose la grande.
Quelques-uns de nos amis nous ont donné dans les concours de nos
Jeux Floraux un choix de poésies, de bons mots, d'historiettes, de proverbes, où se révèlent au premier chef la sagesse de nos aïeux, leur bonne
humeur, leur esprit gascon ; où, dans quelques lignes, souvent mai rimées,

�233
et certes un peu terre à terre, on découvre aisément des vérités astronomiques, scientifiques, philosophiques et morales fort bien aperçues. A ce
propos, l'an dernier, à Samatan, dans un discours parfait de bonhomie
gasconne et de connaissance profonde du dialecte des bords de la Save,
notre distingué et dévoué confrère, M. l'abbé Dambielle, nous a dit des
choses excellentes. Quel dommage que le temps ne nous permette pas de
fouiller davantage cette mine et d'en extraire de nouveaux trésors !...
Aimons donc_ nos parlers locaux, aimons les parce qu'ils sont nobles
par leur origine et beaux par eux-mêmes ; parce qu'ils ont passé des
millions de fois par l'ame, par le cœur, par les lèvres de nos ancêtres ;
parce qu'ils leur ont merveilleusement servi à traiter leurs affaires, à
traduire leurs pensées, leurs sentiments, leurs émotions; parce qu'ils ont
enrichi notre littérature de nombreux chefs-d'œuvres ; parce qu'enfin ils
sont, si je peux le dire, le drapeau parlé de nos compatriotes et l'instrument préféré de leurs rapports réciproques.
#*#

A l'heure présente, il se passe en Alsace (vous savez, cette Alsace qui,
en 1870-71, fut généreusement arrosée du sang de nos soldats et violemment séparée de la mère patrie), en Alsace, dis je, il se passe un fait bien
significatif et dont nous, les patriotes français, devons être fiers et tirer
profit. Un groupe de jeunes gens s'y est constitué en association sous le
titre suggestif de la Veillée Alsacienne. Cette vaillante société a pour
objet d'éveiller, de développer chez les nouvelles couches alsaciennes
l'amour du sol natal et la conscience de leur personnalité. Pour atteindre
ce résultat, elle s'efforce, coûte que coûte, de maintenir, d'enseigner, de
propager la langue française, tant qu'elle peut, mais du moins l'idiome
local de la terre d'Alsace, sachant bien que c'est là la meilleure source du
patriotisme, et qu'une province qui garde son idiome local ne meurt point.
Grande leçon pour nous.
Sans doute, nous n'avons pas, comme eux, le malheur d'être soumis
à la tyrannie d'un vainqueur sans pitié. Mais, Français pyrénéens, nous
avons à garder notre langue, notre histoire locale et ce qu'il y a de bon
dans nos coutumes, nos traditions et notre manière d'être. C'est pourquoi
nous avons fondé, nous aussi, une (( Veillée » Commingeoise, Couserannaise, Gasconne ; nous l'avons appelée Era 'Scòlo deras Pirenéos, nous
lui avons donné pour devise « Toustém Gascous », et, pour symbole, la
pervenche, emblème de l'amitié fraternelle.
Nos portes sont largement ouvertes à tous. Entrez, les premiers, vous
chers et grands morts qui nous avez montré la voie dans l'amour, l'étude
et la glorification de la petite patrie. Levez-vous un instant de vos tombes, les Larade, les De Lassus, et les Jacques Cazeaux de Montréjeau, les
Caslillon et les Bouéry d'Aspet, les Cazes de Saint Béat, les Sacaze de
Luchon, les Fages de Payssous, les Morel et les Couget de Saint-Gaudens ! Vous eussiez été si heureux d'assister à notre fête, de vibrer avec

�234
cette magnifique assistance! Du moins, nous voulons vous y voir par le
souvenir.
A côté de ces modèles, de ces maîtres, venez, vous tous qui aimez le
pays et lui voulez du bien, enfants de l'Ariège, de la Haute-Garonne, du
Gers, des Hautes et Basses Pyrénées !
A vous, jeunes gens, j'adresse l'appel le plus chaleureux. Vous êtes
l'avenir, et qui sait si un jour il n'y aura point parmi vous un nouveau
Mistral pour illustrer les Pyrénées et la Gascogne, comme l'auteur de
Mirèio a illustré la Provence ?...
Mesdames, Era 'Scòlo deras Pirenéos vous salue respectueusement et
vous invite à vous ranger sous la bannière qu'elle doit à la générosité de
l'une d'entre vous. La femme française n'est-elle pas à la tête de toutes
les oeuvres et de tous les dévouements ? Dans les années terribles, ne les
ai-je pas vues héroïques sur les champs de batailles et au chevet de nos
blessés? Plusieurs d'entre vous sont déjà membres, écrivains, ornement
de notre Escolo, et six ont été les reines glorieuses de ses jeux floraux.
Et maintenant, ce six septembre 1910, dans cette ville de Montréjeau
qui nous fait un accueil si sympathique, en présence de cette multitude
de compatriotes et d'amis, devant cette bannière, robe sacrée de notre
Escolo, signe de ralliement des patriotes de ce pays, symbole de décentralisation et de vie régionale, sans rien renier de la langue française,
jurons de faire aimer la langue maternelle dans ses admirables dialectes,
cette langue qui renferme comme dans un écrin précieux toutes les nuances de la mentalité ancestrale ; jurons-le !
« (Ju'ac juram hautoméns, que la boulém mantévguc,
» 'lia léwgo del nòstc pais ;
» Que boulém hè que dure, è que boulém que béwgue
» Glouriouso lèu coumo jadis !
)&gt; Per éro iou bito nauèro,
» E Familho è Patrió qu'auran,
)&gt; E tat bév dera Franco antièro
» Es Gascous que trebalharan ! » 1
— Cette vibrante péroraison est saluée de vifs applaudissements. Puis,
charmant intermède, une fillette d'une douzaine d'année, Mlle Yvonne
Sapène, vient nous réciter une poésie de M. Y.-D. Dufor, « Era biichaco ».
1

Era Gascouiio, par M. B. Sarrieu (lira Bouts dera Moaiitanho, 1907, p. 153).

Marnai è ¥a Buchaco
EX OOUMB A.T DERAS BOUDIGOS
de

M.

Y.-D.

DUFOR.

récité par

M11»

Yvonne SArÈNF.

Et desanau janviè, medlo è miéi sounauo ;
Et cèu qu'èro embroumatch, et souléi qu'es magauo.
A soun ourdinári, de mès de ciijquanto ans
Papai, ta Mounrejau, drét, fièr coumo 's mès grans,

�235
Que beijguió de parti : mamai, tout' assietado,
Pensauo è repensauo à sa familho aimado,
Aras hilhos, as hils, as hilhucs, at curé,
Aras dious surs, at judje, è surtout at guerriè :
« Francés, praube Francés, quito, quito Y Africo !
» Aquet pals de hùéc, ce m'a dit Dominico,
» Ei tout pléric de danjès ! Oh, qu'et boui bièn sùenha...
» Es pourics qu'ess hèn bèts : les te bau epgrecha... »
Cependént, un audètch en aire que boulauo
E de cap ara court pòc-à-pòc s'abachauo.
Mamai au lècho hè, da 't breriatch2 at majau3,
Hè dinna 'ras garios, es passéjo en casau.
Tout en un cop, entén es pouricous que piéulon
Tout maga-s, es praubous, è 'ras gatos que miéulon.
Et souléi que sourtic, iou 'ouro que sounèc ;
Parros '•, pigos6, pillais6 e gais, tout que carnée7 ;
Et pinsoui(, et lourréi8, edj aurio" que chieulèren;
Carmount, Mountélh, Joubac, Moummajou 10 que tremblèren ;
Eragént pes camfs que didiòn estounats :
« Aném ! quauqu' accidént i-aura parquéris prats !
» Qui sap, s'èro 'ra boup" ?.. &gt;&gt; — Nani, qu'ei 'ra buchaco12 ;
En béi huge es pourics, ara clouco s'ataco.
'Ueitát-los, quin coumbat ! Alos, patos, uijglous,
Bècs, tout, tout que brounich. Mès et brigant furious
Reculo embricalhatch pet chèf dera cloucado.
Deja, de sape, de plumo era tèrro ei cargado...
Prou près des coumbatants, mamai prén un. garrot,
L'au hè 'rrouda bien hort, l'au lanço adj auderòt,
L'esparnabat d'un còp... E 'n cùelhé-s era buso :
« Tant pis per tu », ce dits, « tant pis, carciij,3 de guso :
» Coum nou 'sta-t en Mountélh ? qu'açó sió ioii leçoui?
» Ta tous frais ! des balénts qu'ei aci 'ra maisouij ! »
« Pouricous, pouricous, berçguétch, praubos bestiounhos :
» Bòste enemic qu'ei mòrt ! Sourtitch deras tutounhos ;
» I-ètch toutis, amigous? M'en-i-cau binto dus...
» 'Uè, ùè, mès b'ess hè 'na '* : b'arrebiéu aquet gus ! »
Au prén pet còtch, l'ac tòrs è ta laguéns l'apòrto ;
Estacatch pes upglous, au clauèro ena pòrto...
— Aucidét-ne, mamai, fòrço d'aquet bestia :
Que s'en tròbo pet moun mès que nou-n pòtch pourta :
Edz us soun daperrats '5, edz autis qu'an lebitos,
Aquéstis soun publics, aquéris soun ermitos...
Papai, toustém tardiéu, en tourna del marcatch,
Apreijguéc pet camin. ço que s'èro passatch.

�236
En entra que cridèc : « Soi fièr de toun couradje !
)) Que boui que toun haut fèt sió famus d'adje en adje.
)) Et mon sera 'mpalhatch, è sàubatch tab aunou
» Ena biélho maisouij d'up lauraire pastou.
» Escrieueram dessus: « Aci qu'ei iou buchaco
» QueJano d'Arc de Cièr aucidéc tab iou 'stacoie.
» Tirât bous et ehapèu, Moussus : aquét troufè,
» Ta celebra lou mai, es sous hits l'an hèt hè I »
Parla liera Barto cl'Am'bèro (II.-G ).
NOTOS.

— I. « Pelils enfants

— 2.

Y.-D. DlJFOR,

« Son ». —

« Porc

à

l'engrais ». — 4.

« Pie». — 5. « Pie». —fi. « Pic verls » (Luclt. pic-flai). -- 7. « Cria ».
let .. — 9. « Loriot &gt;. — 10. Montagnes de Oer.
*— 13. « Brigand ». — 14. « Elle îe remue ■.
piquet, bâton •.

-

II. « Renard ». —

S « Roite12. &gt; liuse ■.

— 15. « En guenilles &gt;. — IG. • Pieu,

— Le débit est si vif et si naturel que de vifs applaudissements récompensent l'aimable conteuse. Puis c'est le tour de M. l'abbé Uaubian.
Del.is Gascoun de M. l'abat Daubian
Bice-Présidént liera 'Sè'òlò tal Bach-Couméngcs

« Eslaquém-mous à caso nòsto, que i-a de que ! »
'Ha praubo raço de Gascounlio
Moun Diu ! moun Diu !
En sua lioidio es da bergounho,
A Has ! moun Diu !
De suc tresor sense parélh :
Sua fc, sua léngo c sué sourélh !
iFiladèlfo de Gèrdo. cantos en Do.)

Arrèino, Daunos, Moussus,
De sigu, an-aquéres baratòts, engloupades de dó, qu'auèts bist à coulá
caucos lèrmos dera poulldo plourairo Bigourdano que, desempus bintans-a, damme un engèni mirabilhous è un có arréde pietadous, ensájo de
desbelhá es balénts terradous dera mountanho è dera piano. Que l'auèts
apercebudo, general fclibrénc, uio espado ara març, courre pertotit oun
calèuo defénde era lérçgo, era fé de caso nòsto, eniproumou qu'aquéros
dúios claus "que mous aubrirán era pòrto der' arrichésso, emprunté, è,
enseguido, dera santo libertat... 0 ! que me-n brémbi prou lèu, decôsto
Dauno Filadèlfo de Gèrdo — entá mous ocupà souloméns dera Gascounho aimado, era nosto prumèro Franço ! — que i-a d'autes beròis
sounláts que pòiton, bien quilhát, at loupg deras espanlos, et fusilh de
batalho : que les bqus nouménti pas, emproumou que les auèts plantats
ena memòrio, è que, belèu, m'en boulerion de les hè uio arreclamo que,
pracô, meriterlon bien... É jou, Pegulhap de Boulounho, que m'èri descidát, aué, — en cas que efa bosto barbo estèsse pas hèto de frésc — à bous

�237
arrasà un quart d'ouro, entout bous ensinhâ à passejà uio figuro aunèsto
ena nosto armado de boulountáris : qu'i-arriberats, se bous estacats de
mes en mes ara bosto tèrro, at noste parlà.. : que beiráts, après acó, era
coulou dera cadéno.
I. —

EMPRUMÈ :

Que mous cau estacà à caso nòsto !
Qu'auèr/ aquíu, an-c/èt, era hount dera hourtalésso, et semou
« d'òmes », coumo u nh-auèuo d'autes còps, è coumo, ailas ! a l'aire de
s'en pèrde era granho : òmes de courau, òmes de hèr, òmes de drét.
D'autes còps ? se clamerán dabuses, d'autes còps ? qu'èron, alabéts, piri
qu'eras bèstios!... En plaço d'aquet mâchant coumplimént enta 's prnubes ancièns, escoutats, es mes amics, ço que mous apréng er' istòrio !
D'autes còps? mes que coumpreijguèuon autaplai) coumo aro et soun
deué, quan sounauo an aquét arrelòtje bien arreglat — emproumou que
Diu l'a hèt ! — arrelòtje que s'apèro « era bouts dera counciénço ». u Au
diable ! se diguèuon erjcuèro, au diable ! er' interès mau entenüt, era
passioui) que pòrto prejudici ! Que mous defendèuon de legi libes atau :
que les dechauon, presque toustén, enta 't mâchant mounde deras granos
bilos. Qu'ei d'aquét tens que poudèuon dechá eras maisous soulétos, sense
barrà nat armári, d'aquét téns aoun tournauon ço que-s perdèuo. E se
n'auèui pas un tan che pu pòu de desplase as miéi-moussurots, mieibourgéses, que les arrepelaríoi que, quan-n auèuon besoun de quaucuí;
d'aunèste enta regí es suies ahès, nau cops sus dèts, que pensauon,
magrè éres, as païsans, mau desgauchíts, mespresats, belèu, era brèspo,
as brabes mainats ou mainados que, se pòrton innoucentoméns eras urçglos en dó, que nous las an pas, au-méns, arrebirados.
( A pplaudisst ments).
Counserbém-mous, Daunos, Moussus, counserbém-mous et boun
estoumác, — que-17 troumpi ! — era cerbèlo pròpo de bèt-tens-a! Ent'
acó, bibo er' aiguéto blousso è claro des nòstesarríus blus, è loui, arréde
loui de nous aus et lichôr mentát empoudouát, mentát pouirit deras poupulaeos néros! Que pot arribà, pr' ací, qu'i péten eras graoulhos ; pr' acíu,
qu'i gemècon es harris, entout i crebá de sét. Ent' acó, damm' era calou
que cau enta hè madurà eras arrecòltos, bibo er' arrai de soulélh, que
mous bau eras flous perhumados oun coulon, sense péno, es poutéts
arrebiscoulaires : è loui, arréde loui de nous-aus et grèu maladit, fabricat
de poubèro è de soujo, que nou sap qu'estarrouhí ço qu'èro abenént, tuá
ço que boulèuo bíue !...
(Applaudissements.)
Ent' acó, anfiri, bibo er' aire sancè, capable de mous ahùegá è de mous
arrefredí seloun eras circounslénços ; bibo er' aire sancè, que mous dèeho
airetâ dera fiertat, der «ndependénço des nostes amics, es poulides auderous, è loui, arréde loui de nous-aus er' aléno escauhado oun ei passádo
era pudecíno des parmounistes è des presouniès !
(Applaudissements:)

�238
Qu'i apreiìguerái}, labév, à aimá l
Qu'ac sabèts coumo jou, cado pèiro de cado maisoui) que pôrto sus éro
de que mous hè pataqucjà et có ; sus cado türro de cado pèço que lusls
uio lèrmo de gòi u de péno. Aquíu, nat estrangè, arrérç que counegiits :
qu'ei a-n-aq.uét nidè familiau que soun nesciits, coumo, de generacioui? en
generacioui}, i-èron nescuts, enta s'i endrouml à la boulentát de Dlu, es
nostes aujòls benadíts, aquéres bielhòts que preferáuon èste mèstres enço de soun que bailéts a-n-un castèt, quan bien mémo serio un castèt
d'arréi !... (Applaudissements). Det houns dera suio hòsso, que bous
parlon, aro, p' era mfo bouco : que bous prègon de nou pas arrelechà et
larè, oun ai} plourát è arrit tant de cops, et larè des nenéts, et larè deras
meminos !.. Au benêts pas jamès : que seriots de tristes Bazènos, de
miserables Judasses.. Qu'ei ui lejitimo sacrado !.. Trattàt-lo coumo un
hilh déu trattà soun pai è sa mai. Que beueráts, alabéts, aras béos det
bouniir, sinou dera fourtuno.
A lan, anfin, que tournerai? ara bito !
Qu'ac trouberáts, belèu, drònle, mes, qu'ei bertàt, que mous cáu cercà
era nòsto amo ! Que sémblo que l'àujei) perdüdo, que mous escàpe era
fòrço d'aná ar'-endeuànt, er' arrespèc de nous-aus, et sentimént der'
òrde ; è, pracó,se partíssen aquéros pèiros mastréssos, que s'esglaherá en
mémo téns et caperadé deras mes bèros qualitats dera nòsto arraço : que
perirán, coumo perissen eras poulídos garbos à cabélhs d'òr qu'aurion
dechát ara gülo deras bèstios at miellòc des carns, allòc de las amassà
ena garbèro, counserbairo de graès... Birém-mous, es mes amics,
birém-mous de cap ara tèrro ! mainatjes, que mous diguèuon qu'après le
boun Diu, que deuèuon aimá arréiî mes autan coumo era Franço : E be !
era tèrro, qu'ei era Franço que passo pas! (Applaudissements).
Ocupém-mous de ço que l'arregardo ! Acabéi) d'èste de maleroudes
estourdits que passéjon et pal's coumo s'èron caijuts det cèu, toutes nuts,
ou, se boulèts, coumo jéts sense nado arracino. Entout arreflechi à çode-nòste, qu'estimeràn un bricalh més ço que mous abrigo, ço que mous
neurís. Qu'i aurá toustén, qu'ac càu emproumou que soun es nostes frais,
è que les aimai) toutes, qu'i aura toustéi} Bretous è Aubernhasses, Flamàns è Froubençaus, Bascous è Lengodouciàs ; mes Gascous ! a ! malür \
se benguèuon à mancà un soul dio, et soulélh que s'arresterío cop séc !
( ipplaudissements).
II.

—

ENSEGÜIDO :

Per qui auriOT? bergounho de caso nòsto ?
Coumo se sourtissèuon det
nomént que s'abiso, tout d'un
de Franço : que s'aprèsto, se
nistracioup, è de mous balhà
trop lèu enta mous espranhà

brès, desempus quauque téns, et goubercop, qu'et meidío que-s tròbo sus era cartó
paréch, à s deshè d'un bielh clèsc d'admiquaucos léises en départ!., que serio pas
de mourí de malo mòrt. Bejarç, es, m. a !

�239
Bejan ! Pe ! Bou-n arrideriots se clamàui que toutes ets estoumacs
que s'arressémblon, e que toutos eras malautios déuen èste sùenhados
dera mémo manièro ? E bé ! que bous demandi se eras abitudos.
éras prouduccious, ets ahès de pr'aci, poden segui uio clouco, per ta
majo qu'estèsse, que mous amierio damm' es frédes pouléts det Nòrt ?
Mes — que son arréde fièrres d'ac prouclam'ac ! — qu'ei er' aunou
det Felibritje de s'èste batùt enta 'ra decentralisacioun, enta 'ra bito
seloun sous goustes, à coundicioun d'èste sajes..., d'aué hèt, anfin, coumpréngue ço qué, pracó, èro ta simple, qu'un talhûr, auans de despeçá un
abilhomént, que déu ùardá, emprumè, au-méns era granou è 'ra groussou
deras suios praticos...

E perquè serioi} hòro-bandits, si bou plet !
Sénse mous bantá at-dessus der' òsco, que mous cau sabé qu'auèij,
nous aus Gascous, escriut mes d'uio pajo de glòrio en' istòrio dera naciourç.
Que mous tròbi coupables de nou pas arrecitá los, enta las hè aima, as
nòstes mainatjous, aprendisses aué è doumárç mèstres der' abéiigue. Perquè, tan ara 'scòlo coumo ara maisourç, perquè nou pas alinha, en cauco
• arrebisto d'aunou, es granes òmes, eras lutses' det païs ? Perquè ? qui
gauserio pretérfgue qu'era Gastfounho n'a pas nat mes nèrbi de bout},
brico mes de saijc deras Hados e des Faidits ? — Tièts ! qu'ei juste d'ac
arrepicá enseguido deras hùélhos publicos, an-ui) coulètje proche d'Auch,
à Gimount, qu'an ensajat, sense que les empaehèsse de hè arrecébe fòrço
goujats ats etsamèns, aquet mouièn que bous béiigui de coundá. Credètsoc, que nou bous mentissi pas, qu'an arreüssit ara perfecciouij : mèstres e
diciples, que s'estounauon coumo et Nòrt è 't Meidio frairejàuon gaujousomén... E dounc, pusqu'a cantat era milhèro, hardit' Felibres I hardit !
Et dalh ara mai?, trabalhén toutes a-n-aquéro òbro deras òbros !

(Applaudissements).
Sertout, entoreléïi pas et nos te drapeu ena pocho l
Emproumou que jargounai? franchimánt — meslèu mau que bien — à
tout le mounde, dinco à Moussu Farou, et nòste cárç, è à Dauno Minéto,
era gato freluquéto, que mous sémblo que marchán de nhaute pè qu'es
nòstes, que parlon gascouij, « un patùès », coumo diguen cauques bestiassos de primáris, que nou s'apercében pas qu'et soun machánt francès
qu'ei un patùès sancé. Lèu, sampá, era tèrro, eras bacos que sarrerân es
pòts enta « pinça era sillabo » àra modo de Paris, sinou que passerán per
reacciounáris, per retardatáris dera darrèro bourro...
Anén ! Anén ! dechén eras pegueríos de coustat ! Hils de moussus !
abachat-bous decap ets oubriès dera tèrro ! Que bous hèsse pas hàsti de
loucá era suio maii, qu'ei uio map sacrado, pusque hè béiîgue et pan que
minjats.. Que sòts ets escalous es mes hautes dera 'sealo, éres, es mes
bâches : toutes que tiráts era fòrço det mémo mountánt... E se boulèts
entra en soun co, i-a pas qu'un biroun enta hè et trau : qu'ei era léiigo
mairano, aquéro qu'an poupát toutes ets arradinòts dera mémo bitz.

�240
Hilhs de pais ans, es mies cares frais! aujéts pas jamès bergounho
dera prumèro tiito'! Bastido de hango ou de pèiro, qu'i auèts aurit eras
perpèros, qu'i sots estades crounsáts, aimais. L'ensultéls pas : que porto
malur de hè escàrni as sous...
Siots de brabes trabalhadous de tèrro, brabes è balénts coumo èron
anciènomens ; coumo alabéts, que seguiràts et camip der' aunou, è, qu'ac
diguèui at coumençjmént, dera santo libertat !
Après tout, oun aneríots cercà uio mastrésso mès poulido qu'era tèrro?
Que merito d'aué enta gahnis ço que i a de mes causit; que demoro toustéiî charmanto, mémo quan mous hè suda... Es bounes bouès, que balen
autan coumo toutes es noutáris, es curés, ets arregénts det mounde.
( ipplaudissements).
E se bous troubauon un sinhau pegourlans cmproumou dera bôslo
kidénço als aujòls, qu'arrespouneríots que bous pláts de nou pas
arrembouiá un boun serbici.. D'alhurs que destequerats, autaplai), quan
calhe, è miélhou, belèu, qu'es franchimants, era lérçgo det Non... Atau,
que seráts jardinès que bon, a nui) bouquet, mes d'uio flou ; Francéses
d'uio pèço, que coundon, en soun drapèu, eras très coulous, arrespectables
cado uio en départ, sacrados, quan soun à masso...
Damme toutes es Felibres, que canteráts er' arrepic der' immourtau
Félix Gras :
Ame moun vilatge mai que toun vilatge,
Ame ma Gascounho mai que ta proubinço,
Ame la Franço mai que tout !
(Salve d'applaudissements).

Chant d'«

Es Scgaires »

par M*lle Ilei'lense

VIGNAUX

Alors Mell° Hortense Vignau — aimablement accompagnée sur le
piano par Melle Levrat — chante Es Scgaires (voir le 1er N° d'Era Bouts
ou i'Almanach de l'JOO), de M. Fabaron, l'un de nos meilleurs confrères,
maintenant à Buenos Aires (lounh de la patrió pera. 'spaço, mes toustém
pròchi pel còr, il vient de nous l'écrire). L'air, fort délicat, charme l'auditoire, et le refrain, très entraînant, est repris par l'assemblée, qui
applaudit.

Récitation des «

Misbros »

Éfc Jacques (,'azeaux
par Modeste Or.XND et Maurice

JOIWNSY

« Voici deux jeunes gens &gt;), dit ensuite M. l'abbé Dufor à l'assistance,
« qui vont réciter deux à trois pages de votre admirable poète, Jacques
Cazaux. » — MM. Grand et Jouanny, — que nous avions déjà entendus
avec grand plaisir à Barbazan, — nous récitent en effet fort bien l'un les
« Scgoundos Miseras » du poète (Départ pour Tarbes), l'autre les « Troisièmes » (A Bordeaux). Bs ont du succès. Cazaux ne manque pas de

�241
verve, en effet, et malgré d'assez nombreux gallicismes, son vocabulaire
est riche et varié. — Nous ne donnons pas ici les deux morceaux, le
N° étant un peu chargé, mais nous les publierons sans doute l'an prochain.

Récitation des «

Plcntos d'un Gascouv à Paris »

par M"»« Yvonne

SAPÉNE

Melle Sapéne revient à son tour et nous récite les « Plcntos d'un
Gascouv à Paris », de MM. V. et D.l. C'est bien dans la note félibréenne.
Helas ! En moun edzil, briso ta frésco è blano 2,
Quan m'anounços et dous arretour deras flous,
Quan m'apòrtos tabén es parfums dera piano,
Qu' arrebélhos en jou de nauèros doulous.
Sabi que de printéms ta lét3 qu'ei arramplido,
Qu'ei passado at dessus dera ròso hlourido
Mès coum n'ès pas edj aire embaumatch det païs ?
Més perqué n'ès dounc pas edj aire det païs ?
Oh, sé, 'na bilo soumbro, en cèu sénse niiatge,
Es gliço un dous raioun, un raioun que luzis,
Al lôc de counsoula-m qu'em hè pèrde couratge...
Mous gùéls soun plés de plours e moun co que gémis.
En béde aquet cèu gris, ja nou-m desbrembario
Que nou i-a qu'un soul cèu entas praubes Gascous...
Oh, perqué n' ès doun pas moun bètch cèu det Meidio?
'N aquet cèu souloméns me troubariòi erous !...
En ma crambo, bet còp, quan moun esprit s'animo,
Ui? beròi sounje, amie, de moun soumelh leujè
- Qu'em dits : « Soi libre enfin ! moun trabalh qu'es termino... »
'Uéi, arriche que soi..., sus et sòl estranjè !...
Mès, si-bou-plèt, moun Diu, escoutatch ma pregario :
Jamès adaquet prêts nou-m troubariòi countént...
Oh! biéue è mouri praube ena caséto mio,
Tout près dera Garouno è det soulélh ardént,
Aquiéu sera moun bòt de cado dio ! (Applaudissements.)
I. Ce morceau, mis en musique, devait être chanté par M"" Vignau. — 2. « Douce ».
— 3. « Haleine ■. —

i. «

Fleurie ».

Chant d'«
par

Era Couseranëso »
11

M» "

LATOUR

Melle Jeanne Latour, accompagnée par Melle Levrat, chante encore,
comme au banquet, (V. p. 215) « Era Couseranëso » ; elle est très
applaudie.
Chant d'« Aquéros Mountanlios »
par Simin

PALAY

et toute la salle

Enfin, on chante « Aqucros .\hii:ilunkos », l'air le plus populaire de

�242

nos régions. C'est Simin Palay qui mène le chœur; et la salle tout entière
l'accompagne. C'est quand toute la foule reprend ainsi un même hymne
qu'on a le sentiment de communier dans le même esprit et les mêmes
amours.
— Mais, pour laisser reposer le public, on accorde un quart d'heure
d'entr'acte.
2.
JEUX-FLORAUX

SECONDE PARTIE

DE

OUVERTURE

A

L'ESCOLO

DE

NOS

JEUX

DERAS

PIRENËOS

FLORAUX

la reprise, MUo VIGNAU chante de nouveau quelques strophes
d'Es Segaires (V. ci-dessus p. 230). Le silence se rétablit aussitôt, et
la Reine, se levant, déclare :
« Les Joes-Flouirals de l'Kscolo deras Pirenéos soun dubèrts »

La parole est donnée à M. B. Sarrieu pour la lecture du Rapport.

SUR LES CINQUIÈMES JEUX-FLORAUX DE L' « ESCOLO DERAS PIRE» »
par M. If. SARRIEU, Secrélaire-Général

Mesdames, Messieurs,
L'Escolo deras Pirenéos, dès sa fondation, a considéré comme de son
devoir d'instituer, à l'exemple des autres Ecoles félibréennes, des Concours ouverts à tous ceux qui étudient et qui cultivent notre langue d'oc,
et surtout notre parler gascon, si sonore, si expressif, si digne d'être
maintenu toujours dans son pays natal et d'être parlé à jamais par ceux
dont il est la véritable langue maternelle. A une époque où l'ignorance,
les préjugés, la mode, le respect humain semblent ligués contre notre
idiome original, elle a voulu, au contraire, encourager tous ceux, petits
ou grands, qui restent fidèles au langage gascon, honorer les travaux qui
le prennent pour objet et glorifier les efforts, couronnés de succès, de
tous ceux qui cherchent à le maintenir et à le relever.
Voici la cinquième fois qu'elle a le plaisir de leur distribuer des
récompenses. Et comme elle tient ses Jeux-Floraux tantôt en un point,
tantôt en un autre de son domaine, le Comminges et le Couserans, c'est
ici, à Montréjeau — après Bagnères-de-Luchon, St-Girons, Barbazan
et Lombez — qu'elle a cette année l'avantage de célébrer sa fête.
I. — Jusqu'à présent, les résultats ont largement répondu à son
attente. Tous ses Concours ont été fort réussis, et chacun d'eux a
présenté une physionomie distincte. La caractéristique de celui de
cette année, c'est le grand nombre et la remarquable valeur des pièces de
poésie qui nous ont été adressées.

�243
Certaines nous sont même venues de fort loin, du fond du Languedoc
et de la Provence. L'Escolo deras Pirenéos réserve toujours en effet une
place aux parlers des autres provinces méridionales, soeurs de notre
Gascogne. C'est que, malgré quelques différences dialectales assez notables,
tout le Midi de la France, au sud de la Creuse et de l'Isère, parle une
seule et mime langue, la langue d'Oc ; et c'est qu'un même esprit anime
— et de plus en plus — tous les fils conscients de l'Occitanie. Aujourd'hui,
grâce au Félibrige, ceux-ci savent qu'ils sont liés entre eux par une
fraternité de race et de langue plus étroite encore que celle qui les joint
aux autres Français; et ils sentent de plus en plus s'accorder leurs
pensées, de plus en plus battre à l'unisson les sentiments de leurs
cœurs.
C'est de là-bas, de la Provence, que nous est arrivé, à nous Gascons,
ce que l'on a pu appeler à juste titre « la révélation mistralienne » ;
c'est de là-bas que l'on nous a appris que
« Quau téri la léi?go tiv la clau »,
et qu'on nous a appelés tous à sa défense : « En abans I L'apararén
àboulét rouge... Li i-establirén soun trône supèrbe... »
A ces accents, dans les Pyrénées s'éveillent de pareils échos :
« Ah, s'en i-abè soulamén qùate
» Ou cii}q qui bouloussen coumbate...
» Mès, oun soun eros bèros amos?... »
— Présent, répond une voix, là-bas de nouveau, sur les bords de la
Mer Méditerranée... Les ballades, où M. Antoine Conio, employé à
l'Assistance publique de Marseille, soutient la richesse de notre langue,
l'intériorité de la poésie, le droit pour le Midi de vivre au soleil, où il
exulte notre illustre Philadelphe, ont paru au jury (malgré quelques
légères faiblesses, et une certaine diminution d'effet due aux vers parfois
un peu court du « Mandadis » final), mériter une médaille de vermeil.
Mlle Dode, de Nîmes, habituée à de pareils succès, remporte une médaille
d'argent avec deux charmantes pièces, en provençal d'Arles, « l'Inoundacioun sur li ribo de Rose », œuvre pathétique et sonore, et « hou
Jour de laneissènço de Nostro-Damo la Vièrge ». M. fíenri Pagès,
de Bédarieux, pour VAngélus, obtient un diplôme d'honneur, et M. Pierre
Cugulière, de Béziers (l'un des membres fondateurs de la « Cigalo
Lengadouciano »), un diplôme également pour ses trois poésies, « A ma
filho », « Las Campanos e l'Amour » et « Bressarello », où l'on trouve,
malgré quelques incorrections, du naturel et de l'idée, comme dans un
petit conte, « La Serp e ta Gragnòto ». — Enfin, M. Irénée Cuxac,
instituteur public à Montferrand (Aude), remporte une médaille d'argent
avec son « Gantic de Bebora », et M. Louis Gouye'r, de Pont-SaintEsprit (Gard), une médaille de vermeil pour ses trois pièces : « Ai bastit... », « Ballada de la Prima » et « Ballada dels Occitans ». Ces
deux derniers auteurs emploient la « grafia trobadorenca », à l'exemple

�244
d'Antonin Perbosc et de Pròsper Estieu. 14 y a là, comme l'on sait, une
question discutée; surtout on est un peu choqué de voir M. Gouyer surmonter d'un tréma l'o fermé. Mais le jury s'est essentiellement attaché
au fond, à la poésie. Bien que le Cantic de Debora soit un peu embarrassé
par les allusions historiques, un peu lent au début, un peu long dans
l'ensemble, que les strophes aient pu en être mieux dessinées, il y a beaucoup d'érudition, il y a du souille; les deux ballades de M. Gouyer sont
vives et bien troussées, et la pièce « Ai bastit... » est pleine d'harmonie,
de douceur et de délicatesse...
Mais la Gascogne elle même nous a fourni de belles œuvres. Du Béarn
et de la Bigorre à l'Ariège et à la Lomagne, de nombreux concurrents
sont venus à nous. — Pour les sujets libres, on a remarqué surtout, dans
le gascon de la Montagne, les deux pièces « Er' Aubdda » et « At Pi?/ »,
d'un Aranais (on sait que la vallée d'Aran, en dépit des frontières politiques, fait partie du Comminges), M. Sandaran, de Canéjan, établi à
Barcelone. Quelques irrégularités (un peu genre castillan et catalan) dans
la première, et, avec plus de correction, quelques obscurités dans la
seconde ne l'ont point empêché de remporter un diplôme d'honneur. —
La Plaine a donné plus largement. B y a du coulant dans « Toumbo dens
tous Pins », de M. Marcel Lacroix, « cultivateur félibre », à Loustalét,
par Saint-Pierre de Buzet (Lot-et-Garonne), qui signe « Paysanôt »; du
sentiment, malgré un entrecroisement trop irrégulier des rimes, dans
« Canto d'Amou », de M. Emile Castcx, de l'Escolo Marguerito, châtelain du Mailh, près Gondrin (Gers) ; rien de bien saillant, mais une correction parfaite dans les deux sonnets, « L'Hore desencanta le » et « La
Nèyt » d'un autre Gersois, de Montguilhem, M. François de Lar ligue,
qui vient de remporter également une médaille au concours de l'Escolo
Gastou-Fébus. M. Emile Castex, pour en revenir à lui, ne s'est d'ailleurs
point contenté de nous envoyer une seule pièce : il a encore, selon son
expression, « tirat de sous papès ui? petit libe de Fablos e Reprouès »,
pièces aisées et spirituelles, ma foi (quoique écrites peut-être un peu vite),
et dont chacune amène ingénieusement, non une morale banale, mais tel
ou tel de nos plus pittoresques proverbes gascons. Aussi a-t-il remporté
(et avec plus de souci de la forme il aurait eu droit à mieux encore) une
médaille d'argent. Deux autres médailles d'argent ont été gagnées par le
« Cant Reial » de M. François Escaich, de Labastide de-Sérou (Ariège),
aimable et touchant malgré quelques négligences au début, et par les
deux pièces, « La Campanélo », au rythme chantant, et « Hilairos,
hilat ! », dédiée « au Mèstre de Malhano », de Mme Burgalat (ThérèselJierre-de-Libertat), dont on connaît le beau recueil français, « Moisson
d'Etoiles », et qui est venue de tout cœur à l'œuvre félibréenne. (Applaudissements). Enfin, M. le docteur Lcvrat, pour sa « Cansôn d'Abriu »,
écrite à la fois en orthographe félibréenne courante et en « grafia trobadorenca », a remporté.(malgré un peu d'obscurité strophe 4 et quelques
répétitions qui se laisseront corriger sans peine) une médaille de vermeil
(Applaudissements.)

�EN CAMIN DE CAP A GARGAS
MM. Londres, Lazerges, Eseaich; H. Praviel, è 'ra'Rrèino (Mèlo Teulié), — MM. Capéran, Teulié,
J.-M. Servat ; Mèlo M. Sarrieu, Mmo R. Lizop, Mmo de Barry, Mu L. Barbet (Luis de Nouguès) ; —
MM. R. G. è V. Lizop, F. Artigue ; MM, Dasque, R. Dufor, J. Dasque ; MM. A. Lainothe, l'abat
S. Verdier, Bourges, Bénos ; l'abat J. L. Laforgue ; MM. B. Sarrieu, l'(abat Castet è G. Sentein.

AT SARRAT D'AUENTINHAN, APRÈS ERA PASTOURALO
Era Banièro, era 'Rrèino è d'auti Mémbres dera 'Scolo
°mcs, hénnes è mainadjes d'Auentinhan
Mu l'abat DUFOR, B.-Pr. dera 'Seolo, Mu Curé d'Auentinhan

��m
Et nous n'avons point encore parlé de ce qui fait, osons le dire, l'éclat
et la beauté particulière dj notre Concours de cette année, des œuvres
qu'ont suscitées les prix spéciaux mis à la disposition de notre Escolo
par de généreux donateurs. Il est vrai que la Médaille d'or, offerte par
notre Membre d'honneur, M. Fabien Arligue, pour « la plus belle ode
sur le Comminges », a dû être réservée une fois de plus : nous n'avons
reçu pour ce prix qu'une pièce, de Mmede Barry, témoignant d'une connaissance sérieuse de l'idiome gascon, mais aussi de quelque inexpérience
de la versification, voire même d'un peu d'embarras. Mais l'Edelweiss
d'or a été vivement disputé. Et ce n'a pas été sans hésitation que
la noble fleur des neiges, délaissant la Bigorre, la vallée de l'Aleth
et la vallée d'Aure, Ossau et même les coteaux de l'antique Sarrant, indécise entre Aventignan et Simorre, est venue s'épanouir —
comme la pervenche d'argent l'année passée — sur les rochers de Massau..
Un peu de relief, chers poètes, si vous chantez la montagne ; gare aux
hiatus et aux gallicismes, aux vers boiteux qui déparent les plus jolies
idées; se défier d'une facilité trop grande, surtout, quelque bon que soit
le plan, dans une ode à refrain : voilà ce que nous pourrions dire à
M. Valcntin Bardou, d'Ustou, à Mm6 de Barry, de Sarrancolin [deux
fois nommée], kM. Arrix lui-même, d'Arudy en Ossau (B.-P.). M. Séchey
ron, à Solomiac, nous a donné une longue composition, pleine de choses,
insistant surtout sur les bienfaits matériels de la montagne ; le rythme en
est varié, mais pas toujours assez sensible. Dans l'ode de M. Louis de
Nouguès, il y a quelques comparaisons un peu forcées, mais vraiment une
poésie abondante et un bel élan. Elle arrive déjà bien près de celles qui se
sont classées les premières, dues à MM. Servat et Lewat. Les strophes
de M. le Dr Levrat, coulantes, sonores et bien rythmées, — non sans
quelque monotonie — respirent les idées morales les plus généreuses ;
par les allusions littéraires et les souvenirs historiques, l'œuvre est supérieure à celle de M. Servat. Mais chez M. Servat la langue est mieux
connue, les termes relatifs à la montagne ont quelque chose de plus précis
et de plus savoureux ; il y a un changement de rythme, qui nuit un peu
à l'unité, mais qui apporte de la variété; les idées morales ne sont pas
absentes, et répondent peut-être davantage à l'intention du donateur :
montrer dans la montagne un asile de paix, une grande consolatrice; enfin,
si quelques strophes pourraient être supprimées avec avantage, pour la
suite des idées, il y a dans la plus grande partie de la pièce un beau mouvement de montée qui nous élève peu à peu vers les sommets, —vers ceux
où fleurit l'edelweiss. Néanmoins l'Escole a cru devoir offrir à M. Levrat,
TU

la valeur de sa pièce, une rose d'argent.

IL — C'est à la prose qu'était destiné le troisième prix spécial de cette
année : un magnifique Œillet d'argent, offert par notre Reine de l'an
dernier, Jtfme la marquise de Pins, pour « la meilleure Monographie en
prose gasconne de la Vallée de la Save », son pays. Sans parler d'une
poésie assez gracieuse que M. Gilbert I.aborie, de l'Isle-en-Dodon, nous

�246
a adressée à cette occasion, nous avons reçu pour ce prix deux longs
travaux. L'un — de M. l'abbé Darnbielle, pro curé de Samatan — est
meilleur pour les châteaux, les villes, les pèlerinages, les superstitions et
les grands hommes de la région ; la langue en est bonne, mais on sent
qu'il a été rédigé un peu vite. L'autre — dû à -)/. l'aul Laporte, instituteur public à Endoufielle, près l'Isle-en-Jourdain — est moins correct
pour le vocabulaire et pour l'orthographe ; mais il est mieux bâti, plus
soigné, plus complet, surtout pour l'histoire et pour la géographie proprement dite. C'est lui qui remporte l'œillet ; mais une médaille d'argent a
dû récompenser le précédent, qui a obtenu une note peu inférieure.
D'autres auteurs nous ont envoyé aussi des sujets de leur choix ; et
nous y avons remarqué surtout la description que M. Louis Espagnolle.
instituteur en retraite à Lourde, nous fait (sous le titre de « Er' Aulhè
det Labedâ en cuydâ ») de la vie du berger sur la montagne : M. Espagnole est très fort sur son dialecte; son style est seulement un peu
surchargé de mots rares, accumulés comme à plaisir ; — puis, deux
légendes, « La Legéndo dou IHdau dous IJours », de M. Armand
Lamolhe, déjà plusieurs fois lauréat de nos concours, et « La Legéndo
d'Auriolo de Pelegrino », coulante et touchante, d'un nouveau confrère
et collaborateur qui a pris pour pseudonyme Pèy de Séubo, et qui, dans
ce premier essai en notre langue, n'a point mal réussi.

III. — Il nous reste, pour en avoir terminé avec le Grand Concours, à
signaler les louables efforts de quelques jeunes, et les travaux d'érudition
qui nous ont été adressés.
M. Emile Castex, [trois fois nommé], nous présente un vieux texte
gascon où l'on voit une prestation de serment entre les bourgeois de
Gondrin et leur nouveau seigneur. .1/. Jean Sens, instituteur public à
Saint-Paul-d'Oueil (canton de Bagnères-de-Luchon) discute pied à pied la
question de la souveraineté de la vallée d'Oueil et démontre que seul le
roi (et non telle ou telle famille) en était le seigneur immédiat. M. l'abbé
Marsan, curé de Saint-Lary, chercheur infatigable, nous donne une
« Climatologie de la Vallée d'Aurc » à travers les âges, faite d'après les
documents les plus précis, et examine scientifiquement, dans un autre
manuscrit, I' « Origine des noms de famille commingeois ». Toutes ces
études, solides et intéressantes, sont faites pour augmenter de plus en
plus, et chez ceux qui s'y livrent et chez ceux qui les lisent, le respect de
nos ancêtres et de notre passé, l'amour de notre pays, de ses traditions et
de sa langue.
Mais passons aux jeunes. Mlle Hortense Vignau, de La Barthe de
Rivière, dans ses deux récits « En bagouif » et « Edj-Esclop de Nadau »,
M116 Jeanne Latour-Prince, dans « Luchour/ ma patriô » et « Es diiés
lëngues », M. Londres, dans son « Bouiadje dera Barlo à SentBertran », nous donnent-ils des narrations, ou des traductions ?.. En tout
cas, l'initiative de ces jeunes gens nous a paru devoir être sérieusement

�247
encouragée : puissent beaucoup d'autres suivre leurs traces ! Si les jeunes
ne venaient point au Félibiige, le Félibrige tarirait...
IV. — Il ne périra point, s'il plait à Dieu. Et peut-être nos Petits
Concours y seront ils pour quelque chose. Nous donnons en effet tous les
ans des récompenses aux enfants qui font les narrations, les versions et
les thème* giscons proposée dans notre revue mensuelle, « Era Bouts
dera Mountanho ». Les sujets choisis sont de nature à leur faire aimer
plus encore leur pays ; cette année, nous avions donné, pour les enfants au
dessous de 11 ans, « Le Petit oiseau », tiré du livre de M. l'abbé Dufor,
« Le Pays et Polignan », et « Et lutcrnaut de IS'adau » (La bûche de
Noël), dû à notre collaborateur M. Jean Soulé-Venturc ; pqur ceux de
11 à 15 ans, le titre de la version était « Mounrejau » (c'était bien juste
cette année) et le sujet de la narration « £a Fenaist n », scène agricole, si
belle dans nos campagnes. — Le succès en a été très satisfaisant. L'Ariège
et les Hautes-Pyrénées, il est vrai, ne nous ont rien envoyé cette fois.
Mais les 25 copies que nous avons reçues du Gers et de la Haute-Garonne
ont toutes été au-dessus de la moyenne, et les premières très méritoires.
Nous attachons, Mesdames et Messieurs, un prix particulier à ce
« Petit Concours »; nous désirons lui donner une extension aussi grande
que possible. Toute personne peut nous adresser les jeunes concurrents ;
mais nous sommes tout particulièrement reconnaissants, à l'heure
actuelle, aux MaUres d'École, — appartenant à l'Enseignement public ou
à l'Enseignement libre, — qui veulent bien nous aider dans notre tache.
En dehors des heures de classe, quand ils ont fait tout leur devoir,
personne n'a le droit de les empêcher d'indiquer à leurs élèves les travaux
que nous proposons, ni même de les guider un peu. Voilà pourquoi, cette
année, nous avons accordé un diplôme à M. E. Brunet, directeur de
l'école de Samatan, qui nous a adressé sept enfants. — Nous n'avons pas
cru devoir laisser passer non plus sans la relever l'initiative pratique de
M. l'abbé Léopold Médan, professeur au collège de Gimont, dont notre
vice-président, M. l'abbé Daubian, vous a entretenus tout à l'heure. Bien
que le Gers appartienne en majeure partie à f Escolo Gastou Fébus, Gimont
est plutôt linguistiquement bas-commingeois et M. l'abbé Médan est originaire d'Antichan, dans les Frontignes ; aussi notre Escolo a-t-elle jugé
de son devoir de lui décerner, elle aussi, pour son enseignement de la
Gascogne et de la langue gasconne, une récompense : un lot de livres
félibréens pour son Collège et, pour lui-même, un diplôme d'honneur.
Espérons qu'un jour nous obtiendrons mieux encore, et que les préjugés
unitaires qui s'opposent à l'admission officielle de la langue d'oc dans les
écoles tomberont prochainement. Mais, en attendant, comptons avant
tout sur nous. (( Aide-toi, le Ciel t'aidera » : Hè-t'i, orne, Diéu que
t'ajude ! E qu'ei en gascoui} det païs de ÌMchouri que bous auriô hèt,
at segu, aquéste 'rrepòrt, o brabes Coumengédi, se nou auió pas pensat
que ealié hè senti as Franchimants, se s'en troubaue quaucuri

�548

parcilau, que nou s déuen pas tiufa dera nòsto léwgo, que pbt, éro
labév, dide bèrcs causes è parla aula haut coumo cap d'auto... Mès,
éntre nous-auti, o frais, parlem touti gascouii, siam erousi è fiers de
parla toustém è toustém gascom/ !
(Applaudissements).
Lt'aboucat è lou paysâ
par

M.

Simin

PALAY,

de PEscole Gastou-Fébus

M. Simin Palay vient ensuite réciter, à titre d'intermède, le charmant
conte en vers héarnais dont Yan Palay est l'auteur, « h'aboucat è lou
paysâ ». On l'applaudit à tout rompre.
Lecture du palmarès
par

M.

A.

TETJLIÉ,

vice-président de l'Escolo

La parole est ensuite donnée à M. Teulié, vice-président de l'Escolo
pour le Couserans, qui donne lecture du Palmarès.

PALMARÈS DES JEUX FLORAUX
de l'Escolo deras Pirenéos en 1910
&lt;et Prix spéciaux annoncés -poutr l'an prochaln&gt;

I. — PETIT CONCOURS
A) Enfants au-dessous de
1°

Version gasconne (Sujet :

11

ET LUTERNAUT DE

1ER MATHIEU

Léopold
Jean
BARRÈRE Emile

2E

\
&gt;
)

BARON

3E

2°

Thème gascon (Sujet:

Léopold
Jean
BARRÈRE Emile

\

BARON

E

3

B) Enfants de
1°
1

3E
4E

5e
6E
7E
Q

8°

„E
9

10E

à

de l'École
de Samatan
(Gers)

15

de l'Ecole
de Samatan
(Gers)

ans.

Version gasconne (Sujet:

MOUNREJAU).

Auguste (né à Paris), de Juzet-de-Luchon (H.-G.).
Georges, de Saint-Paul-d'Oueil (H.-G.).
FORTASSIN Roger, de Villefranche-d'Astarac (Gers).
JOUANNY Maurice (né à Paris), de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
SARRIEU Jean, de Saint-Mamet-de-Luchon (H.-G.).
LOUBENS Augustin, de Villefranche-d'Astarac (Gers).
DANFLOUS Séraphin
|
,
• ,
de l'Ecole
f,
j
ni
/
1 Ecole
GIRARD Ismael
(
. „
de Samatan
„
^
&gt;
CARDONNE François
1
.
(Gers)
LAMOTHE Gaston

CT

2E

)
11

NADAU).

LE PETIT OISEAU).

1ER MATHIEU
2E

ans.

DEGAND
SENS

�249
2° Narration gasconne (Sujet:

1er
2e
3°

4e

oR
66

1° £IUARD
E

LA

FENAISON).

Jean, de Saint-Mamet-de-Luchon (H.-G.).
DEGAND Auguste (né à Paris), de Juzet de-Luchon (H.-G.).
JOUANNY Maurice (né à Paris), de Lab3rthe-de-Rivière (H.-G.).
FORTASSIN Roger, de Villefranche-d'Astarac (Gers).
LOUBENS Augustin,
id.
ORDONNE François
,
de 1&gt;Éco|e
SARRIEU

Isr aël

8

DANFLOUS

*JE

LAMOÏHE

"
séraphin
Gaston

1

de Samatan
(Gers)

J

Un abonnement d'un an à Era Bouts dera Mountanho est en outre
accordé aux Elèves Mathieu Léopold, de Samatan ; Sarrieu Jean, de
Saint Mamet-de-Luchon ; Degand Auguste, de Juzet-de-Luchon ;
Jouanny Maurice, de Labarthe-de-Rivière ; et Fortassin Roger, de
Villefranche-d'Astarac. '
C) Félicitations aux Maîtres.
L'Escolo deras Pirenéos accorde des diplômes d'honneur :
— A M. Firmin BRUNET, directeur du Pensionnat Saint-Joseph, à
Samatan (Gers) pour la large participation de son école et le succès de

ses élèves au Petit Concours ;
— A M. l'abbé F. MÉDAN, professeur au Collège de Gimont, pour son
enseignement du gascon et de l'histoire de la Gascogne audit Collège, en
lui faisant parvenir, pour l'aider dans cette initiative pratique, un lot
d'ouvrages gascons.
II. — GRAND CONCOURS
A ) Œuvres littéraires.
1.

Poésie

[o _ {er prix spécial : Médaille d'or, offerte par M. Fabien Artigue,
pour la plus belle « Ode en gascon en l'honneur du Comminges (pays,
géographie, histoire, grands hommes, monuments, avenir) ».
liéservé.

— A

obtenu toutefois :

Mme veuve Joseph DE BARRY, de Sarrancolin (H.-P.) Diplômed'honneur
2o — 2e Prix spécial : Édelweiss d'or, offert par M. Fabien Artigue,
pour la plus belle « Poésie gasconne consacrée à la Montagne ».
1. SERVAT Jean-Marie, pharmacien à Massât (A.)
L'EDELWEISS D'OR
Etienne, docteur-médecin, de Villefranche-d'Astarac (G.)
3. Louis DE NOUGUÈS, d'Aventignan (H.-P.)...
4. SÉCHEYRON (de Sarrant), à Solomiac (G.)...
5. ARRIX Léon, d'Arudy (B.-P.)

Médaille d'argent
Médaillede bronze
Médaille de bronze

G. Mme veuve Joseph DE BARRY, de Sarrancolin (H.-P.)
7. BARDOU Valentin, au Trein d'Ustou(A.)

Diplôme d'honneur
Mention honorable

2.

LEVRAT

ROSE D'ARGENT

�280
3° — Poésies libres détachées :

lca
SANDARAN

Section : GASCON DE LA MONTAGNE.
Joseph, de Canéjan (val d'Aran)

2me Section :

GASCON

DE

Diplôme d'honneur

PLAINE.

LA

Etienne, docteur-médecin, de Villefran-

LEVRAT

che-d'Astarac (G.)
ESCAICH François, de Labastide-de-Sérou (A.)....
me
M
Thérèse Pierre de LIBERTAT, à Auch (G.)....
CASTEX Emile, ch. du Mailh, près Gondrin (G.)...
LACROIX Ma-cel, à Loustalet, près Buzet (Lot-et-G)
DE LARTIGUE François, à Monguilhem (G.)
Recueils.

Médaille d'argent
Médaille d'argent
Diplôme d'honneur
Diplômed'honneur
Diplôme d''honueur

Emile, ch. de Mailh, près Gondrin

Médaille d'argent

CASTEX

3me Section :

AUTRES

(G.)...

DE VERMEIL

DIALECTES.

Antoine, à Marseille (B.-d-Rh.), [ProvençalJ.
Louis, à Pont-Saint-Esprit (Gard) [Bas

CONIO

MÉDAILLE

MÉDAILLE DE VERMEIL

GOUYER

Languedocien]
Irénée, instituteur public à

CUXAC

MÉDAILLE DE VERMEIL
Montferrand

(Aude) [Haut-Languedocien]
Elisabeth DODE, à Nimes [Provençal d'Arles].
CUGULIÈRE Pierre aîné, à Béziers (Hérault)
[BasUo

M

Languedocien]
Henri, de Bédarieux (Hérault)

PAGÈS

Médaille d'argent
Médaille d'argent
Diplôme d'honneur

[Bas-Lan-

guedocien]

Diplôme d'honneur
II.

Prose
me

— Pri\ spécial : Œillet d'argent, offert par M
la Marquise de
Pins, Reine de nos Jeux floraux de Lombez l'an dernier, « pour la meilleure Monographie en prose gasconne de la vallée de la Save ».
~ Ont obtenu :
1. LAPORTE Paul, instituteur public à Endoufielle,
1°

par risle-en-Jourdain (G.(
2. Abbé DAMBIELLE, pro curé de Samatan (G.)...
3. LABORIE Gilbert, de l'Isle-en-Dodon (G.), pour
une poésie sur la vallée de la Save
2° Proses libres détachées :
lre Section :

GASCON

DE

LA

L'ŒILLET

D'ARGENT

Médaille d'argent
Mention

MONTAGNE.

Louis, instituteur honoraire, à Lour
de (H.-P.)
' Médaille d'argent
2me Section : GASCON DE LA PLAINE.

ESPAGNOLLE

«

PÈY

DE

LAMOTHE

SÉURO », à Samatan (G.)
Armand, à Lagraulet, par Gondrin (G.)..

3rae Section :

AUTRES

Médaille" d'argent
Médaille de bronze

DIALECTES.

Pierre aîné, à Béziers (Hérault) [BasLanguedocien]

CUGULIÈRE

Diplôme d'honneur

�251

in. Traductions et compositions en gascon
jyiio Hortcnse VIGNAU, de Labarthe-de-Rivière
(H.-G.)
■.
MUE Jeanne LATOUR-PRINCE,
de Bagnères-deLuchon (H. G.), à Labarthe-de-Rivière
LONDRES Jean-Marie, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).

Médaille d'argent
Médaille de bronze
üiplòme d'honneur

H) Études grammaticales, historiques ou sociales
Émile, château du Mailh, par Gondrin (G.)
Médaille de bronze
Jean, instituteur public à Saint-Paul d'Oueil
(H.-G.)
Médaille d'argent
Abbé MARSAN, curé de Saint-Lary, par Vielle-Aure
(H.P.)
Diplôme et Médaille d'argent

CASTEX
SENS

Annonçons dès à présent aux Félibres gascons que notre Escolo
disposera,' l'an prochain, de plusieurs prix spéciaux, dûs à la générosité
de nos confrères, M. Fabien Artigue et Mme la comtesse d'Antras ; —
A savoir :
1° D'un Rhododendron d'or, offert par M. F. Artigue, pour la
plus belle Ode en gascon « Aux Pyrénées » (Longueur maxima
200 lignes) ;
2° De la Médaille d'or, offerte aussi par M. Artigue pour la plus
belle Ode en l'honneur du Comminges (longueur maxima 200 lignes),
récompense réservée encore cette année;
3° D'une Violette d'argent, offerte par Mnw la comtesse d'Antras,
reine de 1900, pour le plus joli conte ou la plus jolie fable en gascon
(prose ou poésie ; longueur maxima 120 lignes).
4° Ajoutons ici — mais la nouvelle ne nous en est parvenue qu'après
la fête — que M. Ruau, Ministre de l'Agriculture, a bien voulu nous
accorder deux fort beaux livres (Bizerte, par l'Archiduc Salvator,
avec illustrations de l'auteur, et L'Eau, composition de Sézanne, texte
d'Alphonse Daudet, Paul Arène, Charles Yriarte et Henri de Parville).
L'Escolo, reconnaissante, a décidé de les affecter à récompenser, le
premier le meilleur travail sur Bouéry, le poète d'Aspet (accompagné de
la notation des airs sur lesquels il a composé ses poésies), le second la
meilleure Monographie, en gascon, du Cagire, d'Aspet et de la Vallée du
Ger (longueur maxima 400 lignes). On sait que c'est d'Aspet que M.
Ruau est originaire. — Le Bureau lui a en outre offert le titre de Membre d'honneur, qu'il a bien voulu accepter. [V. ci-après aux Noubèles.]
— Plusieurs lauréats sont présents dans la salle, et vivement applaudis
quand ils montent à l'estrade pour aller chercher les fleurs d'or et d'ar
gent, les médailles de vermeil, d'argent et de bronze, les diplômes et les
livres qui leur sont destinés. — [Cette année, notre Escolo a distribué,
aux enfants et à ceux des lauréats du grand concours qui ont préféré des
livres, les ouvrages suivants : Canlos d'Azur et Cantos de Do, de Philadelphe de Gerde ; Cansous enta-us Mainadyes et Case (grande et petite

�252
édition), de Simin Palay; La Prumèro Escapade-, de M. l'abbé Dambielle;
Era Garlando, Era 'Rrencchénço, Et Perdut, de M. B. Sarrieu ; VAnthologie du Felibrige, de MM. Praviel et de Brousse; lou Flourilège
prouvençau (vol. I), publié par f Escolo de la Targo ; et des Nos de \'Armanac dera Mountanlw de 1909 et 1910 et d'Era Bouts. Ainsi les
récompenses elles-mêmes servent à la propagande félibréenne].
— Mais M. Teulié, le palmarès lu, demande la permission d'ajouter en
son nom quelques mots.
Discours de M. Teulié
Vice-Président de l'Escolo pour le Couserans

Mesdames, Messieurs,
Veuillez me permettre de retenir, un instant encore, votre bienveillante
attention en ajoutant quelques mots à l'intéressant et remarquable
Rapport que vient de nous lire l'éminent secrétaire-général de VEscolo
deras Pirenéos, M. Sarrieu.
Messieurs, si les progrès de notre école félibréenne s'affirment chaque
jour davantage, et si nos Concours littéraires sont de plus en plus
suivis, non seulement par les poètes du terroir gascon, mais encore par
les écrivains des divers dialectes de la langue d'0c, nous devons, pour
une bonne part sans doute, ce succès constant à l'empressement de nos
compatriotes qui au nombre de plus de quatre cents sont venus se
ranger sous la bannière de VEscolo deras Pirenéos, et ont tenu à
manifester ainsi leurs sympathies à la Cause que nous défendons ; mais
nous le devons aussi à ceux qui, favorisés de la fortune, sont devenus de
généreux donateurs pour notre Société.
L'Escolo deras Pirenéos se fait un devoir de témoigner ici publiquement
sa reconnaissance à chacune des diverses Reines qui ont successivement
présidé nos Jeux floraux : d'abord, à Mlle la vicomtesse de Terssac, reine
de nos Jeux floraux de Saint-Girons, qui a offert à l'Ecole sa magnifique
bannière ; puis à la gracieuse félibresse bigourdane, Philadelphie de Gerde ',
à Mme la comtesse d'Antras, à Mlne la marquise de Pins, et, enfin,
à notre dévoué et sympathique président, M. de Bardies : chacun d'eux a
offert une fleur de vermeil ou d'argent destinée à couronner, dans nos
Concours, le premier lauréat dans chaque genre de prose ou de poésie.
A ces récompenses, telles que — sauf l'Académie des Jeux Floraux —
aucune autre Société littéraire n'en peut montrer d'aussi belles, d'autres
récompenses plus précieuses encore sont venues s'ajouter. \SEscolo deras
Pirenéos exprime ses plus vifs sentiments de gratitude au généreux
bienfaiteur qu'est, pour elle, M. Fabien Artigue, de Labarthe-de-Bivière,
lequel a fondé deux superbes prix spéciaux pour nos Concours littéraires:
une médaille d'or et une fleur d'or.
Cette année, la fleur d'or, un edelweiss, attribuée pour la première fois,
a été décernée à Un félibre couserannais, M. Servat, auteur de la poésie
reconnue la meilleure sur le sujet imposé : Ode à la Montagne. Au nom

�253
de l'Ecole, ^adresse au félibre Servat nos félicitations pour sa haute
récompense, digne de son beau talent. Je le félicite encore au nom
du Couserans, qui se réjouira de voir la fleur symbolique des névés
pyrénéens orner désormais le parterre poétique à peine naissant des
bords du Salat.
En terminant, Mesdames et Messieurs, permettez-moi d'exprimer un
voeu, ou plutôt un ferme espoir : c'est que les disciples de la Muse
gasconne trouveront dans les précieux encouragements de nos tournois
littéraires un motif de plus d'exalter, dans de beaux vers, le charme et les
magnificences du sol natal ainsi que l'amour de la petite patrie. Nous
avons, enfin, la conviction que VEscolo deras Pirenéos verra, de plus en
plus, grossir le nombre de ses adhérents: s'élevant au-dessus de toute
considération de parti, elle continuera de travailler au relèvem;nt de la
langue, des traditions et des libertés régionales. Un de nos ancêtres et
précurseurs gascons, le troubadour Pèire de Garros, ne nous a-t-il pas
tracé la voie à suivre? Il faut lutter, disait-il,
Per l'aunou deu pays sousténgue,
E per sa dignitat manténgue.
( Vifs applaudissements.)
t. [V. ci-après aux Ho:tbèles, pour M"" l'h

de Gerde.]

— Mais il est déjà plus de six heures. M. l'abbé Dufor remercie l'assistance de sa bienveillante attention, et lui donne rendez-vous pour la soirée
littéraire, qui aura lieu dans la même salle, à 8 heures et demie du soir.

V. - SOIRÉE LITTÉRAIRE
î. Réunion intime
Mais la plupart des Félibres présents auront d'abord le plaisir de souper ensemble, à l'hôtel Barthe. Melles Teulié. J. Latour-Prince, Y. Sapène,
M. Sarrieu, Mme R. Lizop, MM. l'abbé Dufor, F. Artigue, A. Teulié, J.-M.
Servat, A. Praviel, R., G. et V. Lizop, R. Dufor, J.-M. Londres, l'abbé
Laforgue, Bourges, Bénos, Cazeneuve de Saint-Gaudens, B. Sarrieu se
réunissent sans façon autour de la table fraternelle. 11 est bon qu'en
dehors du Banquet officiel il puisse y avoir ainsi, entre Félibres,"des agapes plus intimes, où les rangs soient effacés, où chacun puisse parler à
son aise, dire ce qui lui tient à cœur, s'entendre librement avec ses Confrères en vue de l'œuvre commune. Tel fut notre souper à l'hôtel Barthe,
ce qui ne le rendit pas morose, au contraire : on a chanté des chants félibréens, « L'anhèl que m'as donnât)), «La Massadèlo » surtout, aux
paroles douces et à l'air saississant, de M. J.-M. Servat. Et le temps ne
dura guère.
2. Séance du soir
A 8 h. 1/2. on se rend de nouveau à l'Ecole communale. La salle est
déjà archicomble. Toutes les chaises, sauf les premiers rangs, sont occu-

�254
pées, tout le fond de la salle est plein ; du côté par lequel on entre, trois
ou quatre rangs de personnes sont debout, attendant avec impatience
l'ouverture de la séance. Il y a bien là mille spectateurs. D'autres se pressent aux portes ; c'est avec peine que les sergents de ville peuvent les
contenir et faire entrer les Félibres.
L'estrade de l'après-midi a été transformé en petite scène de théâtre.
Et l'on commence par une comédie.
REPRÉSENTATION DE

La Prumèro Escapado »

«

Coumedio mililario, de M. l'abbé DAMBIELLB,
par

MM. SALIES,

BERNADET

et

CAUHAPÉ

Pour la première fois, notre Escolo a le plaisir de faire représenter une
pièce en gascon à sa félibrée. L'an dernier, M. l'abbé Sarran nous avait
lu « La Gran Mai », pièce simple et émouvante. Cette année, trois
jeunes gens (élèves de l'école libre de Montréjau), MM. Salies, Bernadet
et Cauhapé, vont nous donner (&lt; La Prumèro Escapado » de M. l'abbé
Dambielle, pro curé de Samatan, qui nous avait fait un si beau discours
l'an dernier et qui malheureusement n'a pu se trouver cette fois parmi
nous. C'est à peine si quelques expressions ont dû être légèrement
modifiées pour que les Haut-Commingeois pussent tout saisir. — Les
deux pioupious s'acquittent fort bien de leur rôle. Le « bin de Porto »
qui pourrait bien être « bii&gt; de pago », le « bir} de Campànho » (sic)
demandé « proumo de la picou » (Ei mourralat, aqutt l/iy ; qui sap,
s'èro arraujous ?...), l'explosion delà fin (Mama, mima, qu'èi pbuí)
et la morale (Se mous rebéng nau francs... Tournarè au cafè quan las
garíos grapen à l'endauant) éveillent le bon rire et les applaudissements.
« Le Poutou », par M.

LAMARCHE

Voici ensuite M. Lamarche, qui vient nous chanter « Le Poutou »,
d'A. Sourreil. Son chant net rt délicat est applaudi largement.
Puis la Société Philharmonique de Montréjau, qui prête gracieusement
son concours et qui s'est groupée* au fond de la salle, joue un air entraînant, avec accompagnement de castagnettes.
« Birabént è Paloumè », de Jacques
par M.

SALIS

CAZEAUX

(père)

M. Salis vient ensuite nous réciter quelques pages de Birabént
è Paloumè, une des œuvres les mieux réussies de Cazeaux. Les vers
de Cazeaux sont peut-être trop fortement coupés à l'hémistiche (genre
Boileau); on aime aujourd'hui plus de variété. Mais il y a du pittoresque
et de la saveur. Les malheurs du pauvre Paloumè (un ivrogne qui n'a pas
su se corriger), ses lamentations, ?a pendaison volontaire et les plaintes
de son compagnon sont fort bien racontées par M. Salis, très applaudi.
« Es Esclops », Air populaire,
pur AI.

CAUIIAPÉ

M. Cauhapé revient ensuite, pour nous chanter « Es Esclops », sur

�255
l'air populaire bien connu, paroles adaptées au dialecte de Montréjau. —
Et toutes les variantes bien connues se succèdent.
Cinc sòs coustèren, Mès esclops, — Quan èron naus!
Cinc sòs de patos...
Cinc sòs de tatchos...
Èron de hrèchou...
Bourdats d'arrouje...
Jou les herrèri...
Jou les boutèri...
Jou les coupèri...
Les pedacèri..,
Jou les perdèri...
Les retroubèri...
Toute la salle reprend en chœur : c'est ce qu'il faut !
La Grève des Forgerons, de Fr.
par M.

COPPÉE

POUSSON

Valmirande, de M.

ANIZAN

par M... élève de l'école libre

On revient pour le moment un peu au français. Ce n'est pas très félibréen, soit. Toutefois, un effet de contraste est peut-être permis. Pour
notre part, nous osons dire que la « Grèce des Forgerons », de Fr.
Coppée, — fort bien récitée par M. Pousson, à qui l'on n'a pas
ménagé (ce n'était que justice) les applaudissements — témoigne chez
l'ouvrier du Nord (que Coppée connaît bien) d'une mentalité tout autre
que celle de nos laboureurs et bergers du Midi. Il n'y a pas seulement là
la différence de l'ouvrier au paysan ; il y a un autre ciel, une autre race,
d'autres traditions ; è açó — ro det. Middió — qu'ei mès nòste que
ço d'aute.
« Valmirande », de M. Anizan, crânement récité par un jeune,
M
, qui a du succès, rend hommage à MM. Bertrand et Marc de
Lassus, bienfaiteurs de Montréjau.
Entre ces deux pièces, la Société Philharmonique exécute l'un de ses
meilleurs morceaux.
Et Bourdalè dera Hont traucado
par M. Léon

CASTEX

Nous voici revenus au gascon avec les amusantes imitations de M. Castex, qui soulèvent le fou rire. Avec de la bonne volonté, n'est-il pas
possible d'entendre dans les cris des animaux, le chat, le chien, le coq,
etc., des phrases... gasconnes? De là les mimologismes populaires, souvent très curieux et ingénieux, qui interprètent le chant des oiseaux (voir
notamment dans La Tradition, de 1904 et de Déc. 1905, les Mimologismes
populaires d'Occitanie, d'A. PERBOSC). Delà la désopilante narration —
toute en gascon — de M. Castex.

�256

La Libertat, par M.

CAUHAPÉ

Encore M. Cauhapé, qui nous chante « La Libertat à... Mounrejau»,
(sur l'air croyons-nous, de La Libertat à Flurenço. Voyez Ahéus è Flous,
p. 17 22, par M. l'abbé Laclavère). — Ne sommes-nous par là en effet pour
éveiller chez nos compatriotes le sentiment de la liberté, et des libertés:
aLibertat dou Verbe, Libertat dei Lèi » ? (P. Fontan).
Chansons bas-armagnacaises, de MM. les abbés
par

M.

A.

PBAVIEL,

SARRAN

et

TALLEZ,

de l'Académie des Jeux Floraux

Enfin, M. Praviel lui-même vient nous chanter, avec brio, quelquesunes de ces curieuses chansons bas-armagnacaises que nous devons à
MM. les abbés Sarran et Tallez.
C'est, Quan loumènpai m'a maridade,
avec son refrain moqueur :
E lou bastoun e lou martel
E l'agulhade e lou cliiùlél !
C'est : Lou Jan de Pèirehbrte, ... doundène, doundè
C'est la Jeune bergère et lou chibaliè barouri
C'est... un grand succès pour l'auteur, et pour l'interprète, que nous ne
croyions pas si nerveux, si ardent. On comprend fort bien tout, les mots
et le sentiment, et on reprend en chœur les refrains... Le public aurait
bien écouté encore une heure entière.

Remerciements par M. l'abbé Dufor, vice-président
au nom de l'Escolo
Mais les meilleures choses ont leur fin. M. l'abbé Dufor remercie
chaudement l'assistance, la municipalité et la ville.
« Tout a été splendide », dit-il, « tout a été merveilleux à tous égards.
Je vous en remercie en mon nom et au nom de toute VEscolo deras
Pirenéos, vous, M. le Maire, et vos chers administrés.
« Demain, nous allons poursuivre notre Félibrée à Aventignan, où l'un
des meilleurs acteurs de Paris, M. Louis Barbet, doit nous faire jouer
par ses camarades une belle pastorale, «Ârretour» ; nous aurons une
conférence devant la grotte de Gargas, que nous visiterons ; nous irons à
Saint Bertrand, et nous vous engageons à nous suivre.
» Mais, soyez en sûrs, nous garderons de vous, Montréjaulais, de votre
réception un souvenir inoubliable. Quand on nous demandera quelles sont
celles, de toutes nos villes qui nous ont le mieux reçu, nous citerons au
premier rang, entre toutes, Montréjeau ! »
(Vifs applaudissements)
— Voici enfin M. le Maire de Montréjau qui va nous répondre, mais
en gascon, comme un vrai Félibre, jadis secrétaire de Clovis Hugues,
capable d'établir aussi les plus intéressantes comparaisons entre le

�257
roumain, qu'il parle couramment, et notre idiome maternel. Un vif
mouvement d'attention joyeuse accueille ces vers charmants.
Arremerciomént de M. (iapéran
Maire île Mounrejau

En me béde puja de nauèt sus 'ra 'strado
.Que diguerats : « Aquét qu'a prou parlat deja !
» Qu'a parlat tat dinna, qu'a parlat ta Larado ;
» Que s'en ánie mès lèu, que l'au bam sauneja ! »
— Escusat-me, Moussus, è bous, Damos poulidos :
Qu'em bouleriòi cara ; mès be cau bièn, pracó,
Pusque, Larado mort, que soubron Margalidos,
Les digue un. coumplimént tout simple e de bout? co.
Be cau bièn saluda, tout bach e dunquo tèrro,
'Ra Rèino, qu'éi bengudo en ta bèros coulous,
È 'ras autos tabéi?, que mous hèn un partèrro
De frescou, de parfums, de beutat è de flous ?
Be eau bièn un salut ta bòsto jùéno 'Scòlo
Touto plió de bountats, de cos è de talénts ?
'Ra bòsto soucietat qu'hè bén, que rebiscòlo ;
Que sió toustén atau, que siòt toútis balénts !
Merci d'èste benguts bisita nòsto bilo ;
Merci bous que parlats, merci bous que cantats ;
Regrèti que n'èi pas iou muso mès abilo
Ta bous arremercia coum' bous ac meritats.
Merci d'aué pensat, en aquet dió de hèsto
Prumè de mous croussa de beròios cansous,
A mous hè touts bremba det nòste biélh pouèto...
Merci, damos, moussus, curés è proufessous!
Derniers chants et Fin de la séance
On applaudit à tout rompre; on chante tous en chœur Aquéros Mountànhos. La Société Philharmonique joue encore un air animé. La séance,
est levée, mais toujours en chantant, « et après les strophes inimitables
de la Coupo, que répercutent les échos de Montréjeau pour la première
fois, c'est maintenant la mélodie de Magali qui monte vers les étoiles...
A toutes les résurrections régionales préside le génie de Mistral ». [A.
Praviel.]

A AveiUignan, Gargas et Saint-Bertrand
Notre seconde journée n'a pas été moins bien remplie que la première.
Quelques-uns de nos Confrères, M. l'abbé Daubian, M. G. Castex,
M. le Dr Levrat et sa famille, M. Sens, M. l'abbé Foix, etc. n'ont pu

�258
nous accompagner ce jour là ; mais on est resté encore une trentaine.
C'est maintenant aux environs de Montréjau que l'on va — tout en faisant
d'admirables excursions à Aventignan, à Gargas, à Saint-Bertrand —
continuer l'apostolat félibréen.
On part en plusieurs voitures de l'hôtel Barthe.- Sont présents : MH&lt;
Teulié (la Reine), Mme de Barry, Mlle M. Sarrieu, M. l'abbé Dufor,
M. Teulié, M. B. Sarrieu, M. Servat (mais il devra nous laisser avant la
fin), M. Armand Praviel (qui s'acquittera à ravir toute la journée du rôle
de garçon d'honneur de la Reine, — rôle bien dù d'ailleurs au représentant de l'Académie des Jeux Floraux —), M. Capéran, (maire de Montréjeau, qui vient nous rejoindre en bicyclette), M. F. Artigue (qui a assuré
le service, photographique de la journée), Mme et M. Dufour, dans une
petite voitureite anglaise, MM. René Dufor, Lamothe, Escaich, Londres,
Lazerges, Soulé, M. Dasque et son fils, M. Léon Castex (photographe
amateur), MM. Sentein, Bourges, Bénos (de Saint-Girons), MM. les
abbés Laforgue, Castet et S. Verdier, nos dévoués collaborateurs, MM.
Georges, Victor et Baymond Lizop et Mme R. Lizop (en automobile) ; se
joignent à nous, plus loin, MM. Benoit et Jansou, photographes,
M. Louis Barbet, etc.

I- - A AVENTIGNAN
1. Réception par la Municipalité
On arrive à Aventignan en traversant un pays plein de fraîcheur et de
soleil. La bannière est déployée, et M. Louis Barbet (Luis de Nouguès)
nous conduit à la Mairie où la'Municipalité nous attend.
— M. Poinlis, maire d'Aventignan, assisté de MM. Solle et Davant,
nous adresse une aimable allocution. Il se dit heureux de recevoir les
Félibres dans le beau pays qu'ils viennent visiter, et tout prêt à seconder
un mouvement comme celui-là. Sa charmante allocution nous va au cœur,
et on l'applaudit des deux mains.
M. l'abbé Dufor, Vice-Président de l'Escolo, remercie chaudement
M. le maire d'Aventignan et s'écrie: « Bìbo Auentinhav ! ». Tout le
monde répète : (( Bibo Auenlinhan ! ».
— Puis, l'on chante « Aquéros mounlanhos », mais sur l'air d'« Aquéres mountines» (presque semblable à l'air « Pecliét, mas gùelhétos... ».
Voir les Reclams de Biarn e Gascougne, J905, p. 218); M. Louis de
Nouguès chante les couplets ; on reprend en chœur les refrains, devant
bon nombre d'Aventignanais et Aventignanaises qui sont venus voir et qui
se mettent de la partie. — On bat un ban en l'honneur a deras aimabblos goujatos que canton ta bièn », et en l'honneur de la Reine, en
criant : « Bibo 'ra Rèino I » Et la « Cansoui} de la Coupo », une fois de
plus, préside à la cérémonie. — Puis, M. Armand Praviel, représentant
de l'Académie des Jeux-Floraux, donne le bras à la Reine, et l'on se

�rend à pied — en saluant au passage M. le curé d'Aventignan, — à la
grotte de Gargas.
2. En route pour Gargas
Il était beau, ce défilé, derrière la bannière, à travers la campagne verdoyante ! Notre rouge étendard tranchait à ravir sur les prés et les bosquets. « Em de nouços, o de dô? », se serait demandé Philadelphe...
De noces que seram, à voir la sympathie que nous ont témoigné les
Aventignanais — auxquels nous n'avons pas tout à fait dit adieu, car,
pour la pastorale de M. Barbet, nous serons de nouveau là vers 2 heures.
Oui, l'idée fait son chemin.
On poursuit la route, chantant encore des hymnes gascons. A un
moment donné, on monte décidément, à main droite, at trauès det bròc,
det sarpoulét e des toujagues ; le panorama s'élargit et s'étend ; si l'on
se retourne, on voit les côteaux de la Neste s'allonger verdoyants sur
tout l'horizon. Nous voici maintenant at Sarrat d'Auentinhar/ ; là bas,
derrière un grand chàtaigner, le château de Valmirande met sa note blanche sur les lointains boisés, et M. R. Lizop nous récite sa jolie poésie :

Au Casfcel de Yalmirande
Castel qu'auraient voulu les princes de légende,
Forêt de marbre éclose au clair soleil latin,
Des tours de MoiHpezat jusqu'au gave lointain
Tu règnes sur les monts, les grands bois et la lande !
Par delà les pins noirs et les prés de lavande
Où prodigue a semé tous ses ors le matin,
L'immortelle blancheur d'un glacier très lointain
Reflète tes blancheurs nouvelles, Valmirande !
Et lorsque sur le val s'épandent les vesprées,
Plus sombre dans le soir lourd de brumes pourprées
Ton beffroi se profile au ciel incandescent,
Et l'on croit voir surgir de la céleste grève
Où la nef du soleil s'échoua dans le sang
Les mille flèches d'or d'une cité de rêve !
Raymond

LIZOP.

M. Barbet nous détaille les noms des environs, Camoun, Auderó,
etc. ; on donne un coup d'œil encore au merveilleux paysage. Puis, par
un chemin tournant, on arrive enfin, dans l'air vif et lumineux, à la
cabane de la grotte de Gargas, — un peu plus tard cependant qu'on ne
l'avait projeté.

�260
IL — A LA GROTTE DE GARGAS
I. Conférence de M. l'abbé Gastet
On se dispose autour du terre-plain que domine la cabane, les uns
s'asseyant sur les banquettes qui en font le tour, d'autres se groupant au
milieu, tout près du kiosque. Notre bon confrère M. l'abbé Castet, curé
de Lorp, près Saint-Lizicr (Ariège), auteur d'une excellente grammaire
couserannaise et de contes gascons charmants, y monte pour' nous faire
la conférence que nous avions annoncée sur le brigand de Gargas. Ce
brigand, Biaise Ferrage, avait semé la terreur dans toute la région, vers
1780, et il avait, un moment, fait de la Grotte de Gargas son repaire,
(Voirnotamment la Revue des Pyrénées, lre année, avec gravure). M. l'abbé
Castet, qui nous fait sa conférence en gascon du Couserans, — très
intelligible pour les Commingeois, surtout pour ceux de la rive droite de
la Garonne, qui possèdent un idiome presque identique, —nous raconte,
avec beaucoup de tact, de délicatesse, d'esprit et de bonhomie, les principaux épisodes de la chasse à l'homme organisée contre Ferrage : plus d'une
fois la méfiance, la ruse ou la force du bandit le firent échapper aux
pièges qu'on lui tendit, aux estafiers lancés à sa poursuite. Et remarquons bien que M. l'abbé Castet nous donnait là, non le résumé d'autres
travaux, mais le résultat de recherches personnelles exécutées dans les
archives du procureur royal de Castillon (Ariège). Par exemple, nous
apprenons qu'une fois — il y avait dans la conférence de M. Castet beaucoup d'épisodes semblables — on décida de tromper Ferrage en lui faisant
dire de passer en Espagne : ce qui permit de se saisir de lui et de l'exécuter ; alors le pays respira :
« ... Iaute goujat de Cescau, noumat Pièrres Frêche dit Barsu, ancièn
camarado de Bládi, que hue encargat de parà-li era trapo, o mes lèu de
l'i ammia.
Subans eras coumbencious, que deuiòn amassa-s toùti dus, at sé dera
brèspo de Martrou, ena bordo de Barou, sitüado hòro det bilatge, è parti
d'aiqui à miéjo-nét, enda nou èste bisti ne entenúdi de digus. A ùét
ouros, quang éra nét èro pla barrado, Bládi qu'arribo, que draubich era
porto, è que crido tout douz at coumpanhou : « Pièrres, se i-ès ? » —
« Ja-i soung, òbe », ça respoung etj aute, assietat ensus era palho ; « pujo
bite. » — « Se i-a arrés mès dam tu ? » — « Ja soung soul, nou ajos
pou !» — è Bládi que s'apròcho dera escalo enda puja ena clédo. N'a
cap mes lèu boutât es pès en es barrous dera escalo, que auta lèu qùate
òmes qu'arrapong et bouiatjur as qùate mémbres. ets ahus peras camos,
ets áuti pes braces ; à trucos d'efforcés qu'eu hèng caije pet sou è qu'eu
garrótong : nou èrong cap trop de qùate enda téngue et brigant qu'èro de
io hòrço sénse parèlho.
Quang se bic eras mas è 's pès estacádi : « Se jámes m'escápi
d'aquésto », ça héc et brigant dam rdbio, « que eau que Pièrres de Barou
que cabisco en io bouèto ! » — Pla segur qu'auió hame de hè-u crama
Entertant ets òmes, qu'eu térigueng aro at de bou, sénse da-s'en des

�261
sièui crits è de sasmenaços, qu'eu tirong eras armos que porto ensus,
qu'en bùédong eras pòtchos, è que l'ammiòng enço det prumè còssou,
noumat Groussét.
Atj endema, hèsto de Martrou, et còssou que hè aramia et presouè
deuant et Percurur det Réi à Castilhou, debès eras diòs ouros e miéjo
dera brespado, just at moumént oung touto era gént èrong à brèspos.
Era estrucciou det proucès que couménço et dus de noubémbre, è que
duro dentio et trétze dam eras depousicious de detzonau testimonis. Qu'é
aiqui que betj-òm s'enquing è quang et brigant passée en Couménge è se
amaguèc us qùanti díos ena touo de Gargas, oung étch a dechat soubenis
de mémo espèço que à Cescau è à Castilhou.
Et tribunau de Castilhou qu'eu coundannèc à èste penjat, è un cop
mòrt et còs que deuió èste cramât, Aquét jutjomént, 26 de Noubémbre
1782, que hue pourtat en apèl, deuant et Parlomént de Toulouse Aiqui
et brigant que hue coundannatch à èste rouat, estranglat, è penjat, è era
edzeeuciou qu'auée lòc à Toulouso, ena plaço Sent-Jòri, et 14 d'Auéns
1782. »
Cependant ce malheureux Ferrage n'était qu'un fou :
« Qu'é aci et cach de ahige que aquét goujat, de soun mestiè maçoucharpentiè, qu'aùiô trebalhat dam soun pai, sénse repròchis, dentio etj
atge de 22 ans : alabétz, que hue prés dam d'autros persounos det bilatge
dera herèbe tifouïdo, è que hue soul à n'escapa, mès, tabé, à quino coundiciou!...
Après aquéro malaulio dera qùalo metéc téms à releua-s, nou hue cap
mès et madéch que abans. Que debenguée enquiét, mulaire, è coumo
saubatge: que hugiô toustém de caso, talomént que en plen iùèr, quang
benguió era nét, qu'eu caliò pla souéng ana cerca at loung des prats è des
bòsques de amount oung s'anauo amnga. Lèuja coumetéc un prumè crime
en tira un còp de fesilh enda io hilho pastouro que hugiô touto espantado
deuant étch. A parti d'aquét.dio, perseguitch pera justiço, nou tournée
cap mès enda caso, è que demourèc hugitlu pendént qùate ans. Pla segu
qu'èro hòu, coumo ac pròbo sa manièro de biue è de couméte es crimes.
Que courriô d'un païs atj aule en demoura toustém pes bòsques, oung se
nouiriô dam car criio o mau cùéto de beslia panât. Quan hue jutjat,
n'auió que bintossèt ans.
Parla

de

Castilhou (Ariéjo)

P.

CASTET

La conférence de M. l'abbé Castet, que le peu de temps dont l'on
dispose l'oblige à abréger vers la fin, est très applaudie. — L'heure du
déjeuner est arrivée. Mais, si l'on déjeunait déjà, pourrait-on ensuite
visiter la grotte ?... On se décide donc, héroïquement, à faire de suite
l'excursion souterraine.
2. Visite de la Grotte
Les guides nous font entrer, tout d'abord, dans la grotte inférieure, qui
s'ouvre au pied même de la cabane. La plupart d'entre nous reçoivent une

�262
bougie allumée, qui surmonte une hampe permettant de s'appuyer sur le
sol, et l'on pénètre aussitôt dans une assez vaste salle sur laquelle
débouchent d'autres anfractuosités aux profondeurs obscures. Nos
conducteurs nous entraînent déjà d'un côté, mais une voix arrive de
l'autre : « Que eau licha parla d'abôrl et Génh dera Cabèrno ! ». Et, debout
derrière un pilier naturel, le Génie de la caverne nous parle.

Et Génh dera tuto die Gargas
as Membres dera 'Scolo deras Pirenéos

Qu'éi ço que benguét hè, troupo plan trôp gousado,
Parquéstos tutos pliôs de tenebrouso ourrou
Ê peras proufoundous dera grôto sacrado
Bedado 1 as astranjès, aoun arrènhi jou ?
Ëi, ço que bous amiô, curiousitat l.eujèro ?
Tourna ja bou-n poudét alabéts : nou beiran
Mous tresôrs es de qui nù-an pas amo prou bèro
E dinquio 's mès autas 2 que nou s'apressaran.
Ei era ciénço ? Ourbi ja ss hè mès libros pòrtos...
Ei 'ra sét d'abeura-s à tout ço de dibin
Pertout aoun 'ras hounts en jalhéchen mès fòrtos ?
Qu'èt tat mistèri mèn miélhe encaro en camin...
Mès, ùèro, en auança, ja bédi, ja m'abísi
Qu'èt es tenguénts fidèls det biélh esprit pairau ;
Entrat en mèn sejourn : ta bous-átis que brizi,
0 frais, 'ras léis d'aram3 det segrèt d'acitau.

* *
Entrat : que seguirat mous salos admirabblos,
Et mèn plafount gigant, large de cent bint pés,
Haut de cént, è que da candélos 1 innoumbrabblos...
Diéu soul qu'ac sap, ce quin lénguen sous mals planés.
De bòto 5, cap ! penjat que sémble tout en aire ;
'Ras pièlos 0 de cristalh que debat er' abric
Imménse bét puja, des flambèus ar' asclaire,
Per ta granos que sién, nou l'au piéjon 7 cap bric.
E madéchos que soun iauto puro merbélho,
Hèto 'n pèiro caudiau 8, qu'er' aigo, dabb et téns,
Bastic en esgouta-s : úé 9 'ncaro bòsto aurélho
Surma 10 la pòt enténe en pèrlos lentoméns.
Atau es soun fourmats mous orgues, mas dantèlos,
Mous lustres, mous pilous, mas dénts, mous campanaus " ;
Atau, mous drapariòs ; è bòstos halhos 12 hè-los
Asclateja que bòn de diamants arrejausl3.

�263
- * #*
Taplan, et diénou i bén... E dounc, que i-abitèren
Pendént sièggles dilhèu oûsses è loups auriéus 11 ;
Pus, es prumès umas d'aquiéu que les eacèren
Ta hè-n 'ra lou demoro è 't témple des lous diéus.
Peras miòs galeriòs eras lous mas esquèrros
Que sabéren pintra dabb òcro 'nas paréts ,5,
È sùén, enta para s des fleèus, deras guèrros,
Qu'es benguéren sarra debat mous amples têts.
E sé, j'a cent ans^a, terribbles brigandadjes
M'assourrièren l6, helas, de sanglants arresquits
Quântis còps balhè jou, pera loungou des adjes,
•Un erous arrefudje à noumbroùses prouscrits !

IT,

Tant que des bôstis pais mous abrics tuteláris
Saubèren dinquio ùé 9 'ra 'rraço è 'ra bertut...
Dounc bous-átis tabén per mous clòts seculáris
Benguét cerca mès d'amo è de sano jüentut.
# #
18

Entrat: è dabb et Génh
dera tèrro adourado
Coumuniat plés de fé, d'amour, de deboucioun,
È tournât dera souterranho 19 passejado
Mès fièrs de bòste sòl e de bòsto nacioun !
. —

NÒTOS

I. « Iiiierilile ».

— 5. • Voûte

i. —6.

—

2. « Autels ».

—3.

■ Airain ». — i. « Pes s'alactites ■.

« Piliers ■. —7. • Soutiennent »

-

8.

» Pierre à chaux, pierre

calcaire ». —9. « Aujourd'hui ». -- 10. ■ Suinter». - II. &lt; Clochers ■. — 12. « Torches ». — 13. . Royaux ■. — 14.

« Sauvages ».

—

15. Il s'agit des mains peintes en

rouge découvertes par M. Cartailhac. — 16. Assourria « parsemer ■. — 17. ■ Rejaillissements »: il s'agit du brigand Ferrage dont nous a entretenus ci-dessus M. l'abbé Castet. —
18. « Génie ■. — 19. On dit plutôt soulerrèno, mais c'est un gallicisme.

On applaudit vivement les strophes vibrantes. « Aquésto pèço qu'ei de
|f« D. Sarrieu... », s'écrie le Génie; « Mès qu'ei estado arrer/gado en
parla d'Auantinkav per M11 L. Barbet », dit la voix, « è ja benguèlde
bèi ce quin la bous Mi) de dide... » — Applaudissements donc pour l'auteur, et pour l'interprète. — Cette surprise, comme aussi la conférence
de M. l'abbé Castet, fait que l'on entre moins suant et en risquant moins
de prendre mal dans les fraîches profondeurs de la caverne.
Le guide nous signale d'abord des vestiges de peintures et dé dessins
préhistoriques (mains peintes en rouge, rainures, pointillés, silhouettes
gravées de poissons et d'animaux). On s'écrie: « Vive Cartailhac l » (On
sait que ce sont MM. Cartailhac et Brun qui ont découvert ces vestiges).
— On admire des stries immenses et feuilletées, de blanches cascades de
stalactites, des colonnes naturelles — fûts cannelés enfoncés dans des
socles étranges — de toute beauté, debout au milieu d'un chaos de blocs

�264
et de boueuses lagunes, des personnages et des animaux fantastiques en
relief, de vastes toitures de pierre inclinées et se plongeant obliquement
au loin, avec, de place en place, des coupoles assez élevées. Puis, par un
couloir où il faut se courber fortement pour ne pas choquer de la tète
contre le plafond de pierre, on aboutit, par des chemins assez glissants,
en côtoyant des gouffres, à la grotte supérieure, aux nefs géantes, aux
vastes draperies, aux pendentifs en forme d'épées, aux dômes montant en
hautes spirales, aux abat-voix merveilleusement ciselés, aux longs barreaux calcaires qui vibrent sous le chac du bâton comme de sourds tuyaux
d'orgue, et là, sur un piédestal naturel, la Reine monte, et chante,
avec tous les Félibres, la Coupo sanlo, en gasçpn et en provençal.
C'est pourtant avec joie, malgré tout, que l'on revient à l'air libre et à
la lumière, par une issue située plus haut que l'entrée. On redescend
donc en chantant jusqu'à la cabane où doit avoir lieu le déjeuner.

3. Déjeuner félibréen
On prend place aussitôt sur les banquettes rustiques, l'appétit aiguisé
par l'ascension et par l'excursion souterraine. On se range par petites
tables : Mme Dufour, Mme de Barry, M. Dasque fils, M. R. Dufor,
M. Dasqrfe, M. Soulé, M. Jansou et M. Dufour ; — M. l'abbé Baqué et
M. l'abbé Castet ; — M. Simin Palay et M. A Lamothe (arrivés plus tard) ;
— MM. Sentein, Léon Castex, Lazerges, Escaich et Benoit ; — M. Cazeneuve, M. V. Lizop, M. R. Lizop, Melle Teulié (la Reine), M. Capéran,
M. l'abbé Dufor, M. Londres, M. l'abbé Laforgue, M. l'abbé S. Verdier,
M. Alazard, M. Serval, M. Teulié, M. Lizop, M. Praviel, Mme R. Lizop,
Melle M. Sarrieu et M. B. Sarrieu.
Au dessert, en face d'un merveilleux paysage de monts et de bocages,
M. l'abbé Dufor sè 1ère et porte un toast aux Pyrénées.

Brinde de M» l'abat Dufor
Bice-Presidénl der.i 'Scolo

At bòrd dera famuso grôto de Gargas que abritée es prumèris abitants
d'aquéste païs è que tant de sabénts an estudiatch ; as pès d'aquéros
Pirenéos que serbiren de mairió è que dèren lou nom à nôsto soucietatch
felibrénco;
En faço d'aquéro berôio batch dera Nèsto que béi à passa tant d'amies
dera Mountanho è de pelegris de Lourdo ;
Tout près d'aquéros baléntos couniunos de Mourrejau è d'Auentinhan
aoun èm estádis ta bièn arrecebúdis pera Municipalitatch è 'ra poupulacioun ; at coustatch d'aquéro prado memourabb aoun Mu Barbet è sous
amies mous ban charma en quàuquis mouménts d'ael ;
En' aunou det sizièmo annibersári dera .foundacioun de nôsto 'Scôlo,
det trùasièmo centenari det biélh barde Larrado è des 80 ans det nòste
mèstre et gran Mistral ; en' aunou des 42o Counfrais pirenénes pertout
esparricats è particulièroméns det nòste distiiìgatch Presidént que seriòm

�265
ta eroúsis de béi à nôsto tèsto ; en' aunou enfin, des dus cénts áutis
coullègos que mous eau ta hè gran è qui mous bengueran at segu ;
Leuém nôstis béires auta haut que pouscam, è cantém toutis à-masso :
« Aquéros mountanhos
» Que ta hautos soun !... »
On applaudit, et on obéit.

Arrespounso de Mu h. Barbet
M. Barbet remercie M. l'abbé Dufor au nom d'Aventignan et en son
propre nom :
« Que bous arremèrci plan des môts trop generouses qu'auét dit de jou.
Que bou n arremèrci dabb era effusioui) 'ra mès proufoundo. Qu'auém
hèt per ùé auta plan, qu'auém sabut. Ta iaute côp, que pénsi que pouiram
hè miélhe qu'aro... En tout cach, acitau que beirat tout Auentinhan,
touto 'ra jùenéço, t'arrecebé-bous ! ))
( A pplaudissemen ts.)

Despatcho à Mistral
M. B. Sarrieu annonce que l'Escolo deras Pirenéos enverra à Mistral,
qui finit le lendemain ses 80 ans, une dépèche de félicitations. M. Capéran,
maire de Montréjeau, demande qu'elle soit expédiée de Montréjau, par
ses soins. La dépèche est partie le soir même, ainsi libellée : « Era 'Scòlo
deras Pirenéos, tria sio felibrejado de Mounrejau, quel erouso de
manda à Mistral, tas sos 80 ans, es sos bòts hilhaus de louwgo ioungo
bilol Sarrieu, secretari dera 'Scóío; Capéran, maire de Mounrejau ».
Le 10, Mistral a répondu à M. Capéran, sur une carte postale donnant
son portrait : « Au gént ami dóu Felibrige e de la Causo dou Pais,
moun gramaci amistadous ». Nous garderons précieusement cette
réponse dans nos archives.

Chants et •Poésies ïfélibréennes
— Dans ce pays d'Aventignan, où nous apportons par la première fois
la parole félibréenne, ne vous semble-t-il pas, dit M. Praviel, qu'il faille
faire entendre la Cantate du Cinquantenaire du Félibrige?
Lou jour de Santo Estello,
I-a ciiìquanto an d'acó...
Les strophes de Mistral, dites par Praviel, soulèvent l'enthousiasme
général.
— MM. Lizop frères nous chantent à leur tour une Chanson languedocienne. Nous avons ici, reprend M. l'abbé Dufor, trois merveilles, deux
d'affection fraternelle, et la troisième l'ardeur félibréenne de M. Simin
Palay. « qui vient mettre le feu dans nos montagnes : je crains que les
bois ne se consument » ; mais la quatrième c'est la Reine...
On chante alors « L'anhèl que m'as dounat »; la Reine chante
« Margalidéto »; — A. Lamothe nous conte La leçom? de catéchisme ;

�266

— S. Palay, réclamé et acclamé par tous, nous récite ses Caddèts de
Gascounho ; — et c'est en procession, bannière en tête, que l'on redescend jusqu'au « Sarrat d'Auentinhai? ».

III. — REPRÉSENTATION D' « ARRETOUR »
Pastorale de Louis de Nouguès

Tout y est prêt. Le cadre est admirable. Une pelouse verdoyante,
légèrement inclinée vers le nord. Au loin, les coteaux boisés de la rive
gauche de la Neste, qui s'étendent de Montréjau jusqu'au Plateau de
Lannemezan. A gauche et à droite, des haies feuillues. En face, à
l'endroit où la pelouse descend plus rapidement vers la vallée, on a
heureusement imité une fontaine ombragée, à l'aide de quelques pierres
et de quelques grands rameaux. Les Félibres, d'autres personnes qui
avaient visité avec eux la Grotte de Gargas et bientôt tout le village
d'Aventignan, en tout plus de "deux cents spectateurs, font cercle, assis
sur l'herbe ou debout. Le temps est chaud et ensoleillé, un peu lourd
peut-être, mais presque calme. Avec « Arretour », joué au Sarrat d'Aventignan, voici vraiment, chez nous, le « Théâtre de la Nature », non
seulement par le site, mais par les acteurs, par la langue, et par le sujet.
On n'est pas seulement en plein air, en pleine campagne, mais ce sont
nos montagnards qui jouent, non des étrangers ; ce n'est point en un
français alambiqué, c'est en notre langue gasconne qu'ils déclament, la
seule qui soit vraiment de notre terroir; et ce n'est point un drame grec
ou romain travesti à la moderne qu'ils représentent, mais une pastorale
au motif admirablement simple, dont eux-mêmes et leurs amis sont les
personnages.
L'auteur, « Luis de Nouguès », d'Aventignan, notre représentant à
Paris, joue lui-même le principal rôle (PIERRO) ; les autres sont tenus
par ses amis d'Aventignan, « Mario de Nouguès », (MARIE) « Narcisso
del Major » (JAN) et Jano de Mot » (JANÉTO) ; « Luis de Jèp », « Luis
de Titan » et plusieurs autres, bûcherons et bergers, chantent, un peu
derrière la scène, les airs pyrénéens les plus connus — « Aquéros
mountanhos », « Se canti, que canti », « Montagnes l'yrcnées » — qui
forment comme le motif général sur lequel ressort le dialogue.
Marie, près de la fontaine, se lamente de l'abandon, où Jan, parti pour
Paris, l'a laissée; celui-ci, malgré ses serments, l'a oubliée, s'est même
marié dans la capitale; elle, pourtant, pense toujours à lui et pleure.
Pierre, qui l'aime, ne peut la décider à l'accepter à la place de Jan. Mais
Janéto la console un peu et l'engage à écouter Pierre : Pierre revient,
et Marie, enfin, lui donne sa foi. —■ Sur ces entrefaites, Jan, qui a
perdu à Paris sa femme et son fils, est de retour. Il rencontre Marie à la
fontaine. Mais celle-ci a donné sa parole à Pierre, et, malgré sa compassion pour Jan, elle ne revient point là-dessus. Jan, tout affligé, va donc
quitter le pays; resté seul, il retrouve sa première lettre à Marie, il la relit
et il pleure, justement puni de son oubli.

�267
L'attention du public ne se lasse point un instant, pendant ces neuf
scènes aux vers harmonieux. La simplicité touchante de la pièce saisit
tous ceux qui ont le bonheur de la voir; et j'en sais plus d'un à qui les
larmes sont venues aux yeux, de la joie qu'ils avaient d'entendre ainsi se
déployer en plein air, sous le soleil, la langue aimée, et de la douce émotion
qui leur allait au cœur en se sentant sympathiser sans effort avec ces
personnages qui étaient tellement des leurs. A plusieurs reprises, les
applaudissements aussi ont éclaté, notamment après les belles tirades
pathétiques de- Pierre à la fin de la scène V, et à la fin de la pièce. On
remporte de cette belle représentation une impression inoubliable. « De
cette série de scènes », dit M. Praviel {Express du Midi du 8 septembre)
« d'une poésie, d'un naturel, d'une fraîcheur tout à fait prenantes, se
dégagent les plus nobles idées de fidélité au sol, de rattachement à la terre,
de saine philosophie, de haute morale. M. Barbet, en grand artiste, a mis
son poème en scène, l'a coupé de chansons du terroir, a présenté le tout
avec une jeunesse, une fougue, un enthousiasme qui méritent tous les
éloges. A lui et à ses collaborateurs, bravo ! »
Au milieu de la pièce (après la scène V), pendant un entracte, « Marie »
et « Pièrro » font une petite quête, « eut' amassa quaucos tarjos ta
paga coustumes qu'an hèt bèiigue de Paris: pramou que ban jouga
Polyeucle »'. On donne généreusement, tandis que Simin Patay, toujours sur la brèche, nous récite (grand succès de rires et d'applaudissements) « La Moule'te ». — A la fin, on acclame les acteurs et l'auteur, on
leur serre la main. Espérons que notre excellent Confrère Luis de Nouguès, Félibre ardent, poète dans l'âme, artiste dramatique de premier
ordre, n'en restera point là, qu'il nous donnera encore d'autres pièces
en gascon2, qu'il en apprendra d'autres à ses amis et que son initiative sera partout imitée dans nos régions. Le théâtre peut énormément
pour l'œuvre félibréenne; et l'esprit idéaliste du Félibrige lui permettra,
par le théâtre, de cultiver l'esprit et d'élever l'àme de nos populations.
1. Un témoin oculaire

nous a assuré que Polyeucle, suivi d'une pelile saynéle de Xan-

rof, avait élé liés bien jou», quelques jours plus lard ; que toutefois Arretour avait été
mieux, grâce à l'harmonie du paysage, de la langue, des acteurs et du sujet.
2. Nous espérons pouvoir publier « Ai retour » dans Era Bouts de 1910.

IV. — A SAINT-BERTRAND-DE-COMMINGES
C'est l'âme encore toute charmée du souvenir de la belle pastorale et
de l'aimable accueil de toute la population d'Aventignan que l'on part en
voiture pour Saint-Bertrand-de-Comminges. Depuis longtemps nous
avions projeté d'aller affirmer, dans notre ancienne métropole, notre foi
félibréenne ; seul le mauvais temps nous en avait empêché, lors de notre
Félibrée de Barbazan. (V. Era Bouts de 1908, p. 201). Cette année,
nous avons été plus favorisés, et c'est aux chauds rayons du soleil que
nous sommes montés jusqu'à la vieille citadelle, pour y faire flotter notre
bannière.

�268

1. Réception par la Municipalité de St-Bertrand
— Dans la salle de la mairie, tout près du portail de la cathédrale, le
Maire, M. Barousse, nous attend. Mme J. Artigau, directrice du Sanatorium, y a rangé ses petits pupilles toulousains qui nous accueillent par
des chants.
— Puis, M. Barousse nous adresse une charmante allocution. Maire
d'une population agricole, la plupart de ses administrés se trouvent pour
le moment occupés aux travaux des champs ; sinon, ils seraient encore
plus nombreux autour de nous. Mais à l'œuvre de notre Escolo est
acquise toute la sympathie de la ville de Saint-Bertrand, l'ancienne
capitale du Comminges.
— M. l'abbé Dufor, vice-président, remercie vivement M. Barousse :
« Notre président M. de Bardies », dit-il en substance, « étant absent,
c'est à moi, Monsieur le Maire, non de le remplacer, mais de parler pour
lui. Vous nous recevez avec des chants et des fleurs. Vous nous rappelez
l'ancienne prospérité de ce pays, notre ancienne gloire, dont nous sommes
fiers.
« Vous le savez, Monsieur le Maire — écoutez, chers enfants qui èteslà — y avait ici jadis une grande ville, peuplée, dit-on, de 50000 habitants.
Les habitations se continuaient sans interruption de ce qui est aujourd'hui Saint-Bertrand jusqu'à Valentine, si bien qu'un chat, d'après la
légende, pouvait passer, de toiture en toiture, jusqu'au pied des coteaux
de Saint-Gaudens. Les barbares du nord ont ruiné cette prospérité ; puis,
un illustre évêque a relevé la cité. Elle n'est point aussi grande que jadis,
mais certes elle n'est point tombée comme capitale morale du Comminges;
non, elle n'est point tombée! (Applaudissements).
« Monsieur le Maire, je vous remercie, au nom de l'Escolo deras Pirenéos,
de votre amabilité pour nous. Comme à M. le Maire de Montréjeau, présent ici, nous vous exprimons toute notre gratitude. Veuillez transmettre
aussi à votre population les meilleurs souhaits de notre Escolo, qui se
propose, vous le savez, de travailler par tous les moyens à relever moralement et matériellement nos régions pyrénéennes, leur idiome expressif
et sonore, leurs traditions, leur prospérité et leur génie. Vive Saint-Ber
trand-de-Comminges ! Bibo Sent-Bertran ! » (Vifs applaudissements).
— Les enfants se remettent alors à chanter, et ils chantent, en l'honneur de Toulouse, sur l'air d'Aquéros Mountanhos, un chant qu'il
serait très facile de mettre en gascon ou en toulousain.
— La Reine et les.Félibres présents répondent en chantant la Cansouv
de la Coupo (V. notre N° d'Août Septembre, 3e page).
— M. R. Lizop nous récite sa belle poésie, « Le soir sur les Monts ».
(V. Era Bouts dera Mounlanho, N° 5-6 de 1905, pages 98-99).
— Une fillette assez grande déjà nous récite à son tour « O ma
Gascogne », de M. E. Rostand, notre Membre d'honneur.
— M. Teulié nous récite son charmant sonnet : « A uno Betmaléso ».

�269

A lit® llîíMÌÛlLáiD
SOUNÉT

Poulido mountanhôlo à bloundo frisaduro,
Al parla bressairôl à l'elh amistadous :
Ta gautéto es pariouno à persègo maduro.
E sus tous pots risénts nisariôn les poutous.
E m'agrado tabès ta géntio atifaduro 2 :
Debantal enramat3, sarro-cap de belous
E côfo de sati d'uno besïaduro 1
Pu douço que capèls de plumos ou de flous.
De-qu'ùnis 5 te diran, o joube mountanhôlo,
Queselôps, côfos, ribans, aco 's bou per l'aujòlo
È que la mòdo d'aro apario le frescum 6...

Parla de

S'escoutos le tentaire", o drôllo de Betmalo,
Bèlo toutjoun siras ; mès, rôso de Beijgalo,
Auras uno beutat béuso de soun parfum.
Fouch (Arièjo).
Auguste

TEULIÉ.

— |. « Berceur ». — 2. « Ton graci-nx accoutrement ». — 3. « A ramages».
« D'un agré.nent, d'an charme ». — 5. ■ Plus d'un ». — 6. « Rehausse la fraî-

NOTOS.
— 4.

cheur ■ . —7. « Le tentateur •.

Le charme de cette poésie est d'autant mieux goûté que l'on pouvait
admirer en même temps la grâce avec laquelle notre Beine, Mlla Teulié,
portait en effet le costume de Bethmale, vallée encore commingeoise,
quoique du département de l'Ariège comme le Couserans (V. les gravures
du n° 9-12 de 1906, et celles de ce N°).
— Enfin, M. B. Sarrieu, (que iou bouts touto pelitounho, dit-il,
mès quem'ajudarat) chante Era Coumengéso, qui doit devenir l'hymne
caractéristique de nos Félibrées (Voy. page 227, ci-dessus).

2. Viisite de la Gathidrale et du Sanatorium. — Adieux
On visite ensuite la Cathédrale, dont la flère silhouette, aux puissants
contreforts, à la tour peu aiguë, domine tous les alentours. On franchit
l'antique portail sculpté ; la bannière est posée contre l'un des pilliers
intérieurs, et l'on admire successivement les colonnes des premières
travées, le crocodile, le jubé, les tombeaux des chapelles latérales, la
châsse de saint Bertrand, les stalles et les boiseries du choeur (moins fines,
moins riches sans doute, mais d'un caractère plus archaïque que
celles d'Auch; — ici, du reste, elles remplissent presque toute la nef),
enfin le trésor de la cathédrale que M. le vicaire nous montre et où l'on
signe sur le registre.
Puis, c'est le tour du Cloître, petit, mais harmonieux et d'où l'on jouit
d'une fort belle vue.

�270

Enfin, le Sanatorium, fort bien installé et qui domine un splendide
panorama. — Plusieurs photographies sont prises, notamment devant le
portail de la cathédrale et à la sortie du Sanatorium, où M. A. Praviel
nous récite une fort belle poésie française sur Saint-Bertrand, son
compatriote. — On applaudit ; mais le temps presse, et il faut se décider
au retour, non sans avoir remercié vivement une fois de plus Mme la
directrice du Sanatorium et M. le Maire de Saint Bertrand de leur exquise
amabilité pour nous.
(( Le moment des au-revoir sonne à l'heure où le soleil descend lentement derrière les Pyrénées. Automobiles, voitures, bicyclettes, piétons,
s'éloignent dans la fraîcheur du soir. Coiffes pyrénéennes, bérets béarnais, écharpes et manteaux disparaissent au tournant des routes. On
s'éloigne, chacun retourne au travail quotidien, mais avec dans le cœur
une foi nouvelle dans la renaissance provinciale, un amour redoublé pour
la belle patrie où reposent les tombes, où se balancent les berceaux ».
(A. Praviel).
Où se retrouvera-t-on l'an prochain? Les uns proposent Bagnères deBigorre, mais ne sérait-ce point empiéter sur l'Escole Gastou-Fébus ?
(Beconnaissons toutefois que nous devons bien aux 40 Confrères que nous
avons dans les Hautes-Pyrénées, (surtout dans la Barousse et la vallée
de la Neste qui se disent commingeoises) d'aller tenir une fois chez
eux notre Félibrée). D'autres proposent Foix —où l'on inaugurera peutêtre prochainement le monument d'Esclarmonde (V. la République île
TAriège du 4 septembre 1910, et /' \ venir de l'Ariège des 13-18, 22-25
septembre et 6-9 octobre) ; — D'autres, Castillon dans PAriège, où notre
confrère M. le Dr Levrat, vient d'assister à une félibrée intime de
Bethmalais, où l'on pourra inaugurer les tramways que notre cher
Président fait installer; — D'autres, Arreau, dans la vallée d'Aure.
— M. B. Sarrieu préférerait, le lef jour Lannemezan et le 2e jour
Arreau ; on pourrait profiter de l'occasion, en faisant coïncider les
dates, pour aller, le premier jour, rendre visite, à Capvern et au
château de Mauvezin, à nos confrères de l'Escole G. Febus qui, paraît-il, y
célèbrent l'an prochain leur félibrée. En 1912 on irait à Castillon ou à
Foix, et en 1913 on pourrait se rendre, d'accord avec d'autres Escoles
Félibréennes, à Toulouse et à Muret, pour le lu centenaire de la fameuse
bataille. Le Bureau décidera pour le mieux des intérêts de l'Escolo.

C)

AUTOUR DE NOTRE FÊTE

I. Personnes excusées
Se sont excusés de ne pouvoir assister à notre fête :
INVITÉS, ET AUTRES ESCOLES FÉLIRRÉENNES.

M. Ruau, Ministre de l'Agriculture, qui nous a accordé cette année, on
l'a vu ci-dessus, deux beaux livres à remettre en son nom à deux des
lauréats de notre Escolo ; M. Compayré, inspecteur général ; M. Jullian,

�271
professeur au Collège de France; plusieurs Félibres majoraux, Maîtres ès
Jeux et Membres de l'Académie des Jeux Floraux: MM. Désazars de
Montgaillard, qui aurait été heureux d'être des nôtres, de rendre
hommage à Larade et à son éditeur; — Pr. Eslieu, capiscol de l'Escolo
Audénco, « de gran còr am tots los bons Gascons de las Pirenèas »; —
A. Perbosc, capiscol d'aunou de l'Escolo Carcinòlo («Vos mandi mos
melhors vots per aquél apléc, que sera de segur bèl autant o mai que los
pasats. Serai de cor ambé tots los valents Occitans que beuran à la Copa
pirenénca ») ; — A. del Sourrelh, capiscol de l'Escolo Moundino; —
Bacquié Fonade, président des Toulousans de Toulouso ; — A. Planté,
caddau de l'Escole Gastou-Fébus, qui nous souhaite succès et prospérité;
— J.-R. de Brousse, qui, « pla regretous de poude pas festeja còsto nous
l'Estello felibrenco dins las Pirenéos » nous mando « touto l'amistanso
de soun cor moundin efrairenal » ; — M. Esclangon, capiscol de l'Escolo
de la Targo, de Toulon, qui nous écrit : « Saludas au noum de La Targo lei
Gascous ardit e valènt amassa souto l'auriflour de l'Escolo deras Pirenéos
felibrejant dins Mount Riau, e que la Cansoun de Damo Guiraudo
encaro mai leis afougue ! En Prouvènço pounentéso, la « Freirié » festejarà, mié Setèmbre, lou doute de Berluc-Perussis en que Fourcauquié
et touto la gavoutino masto un bust. Deis Aup ei Pirenéu, d'uno
marino à l'autro, es ansin de countuni la pleno respelido de nouasto
lengo d'O, de nouasto glôri pouetico, de nouasto aunour naciounau. E
coumo va nous disié lou Mèstre subre toûti, au proumié de l'an :
Èrso, poujo ! zóu, toujour !
E Santo Estello entant lusigue en plen Miejour ! »
MEMBRES DE L'ESCOLO

ET LAURÉATS.

On a vu ci-dessus comment notre Président n'a pu se trouver avec
nous. A l'occasion de ses noces d'argent, l'Escolo entière lui présente ses
meilleurs vœux.
Es nôsti counfrais de Lïourf mous an mandat aquésto despatcho :
« Gascous Lïoui} emboion salut amistadous as amies deras Pirenéos.
Bibo era Gascounho ! »
« Escuse-m, Amie, que souy en Biar », nous écrit Camelat: il a dû se
rendre à Capbreton ; mais Palay a représenté auprès de nous l'Escolo
G. Febus.
/
MUe B. de Puybusque regrette vivement que sa santé l'ait empêché de
venir parmi nous. Nous publierons prochainement une de ses poésies.
— « Que m'auré hèt gran gay de-b tourna béde », nous écrit H. Pellisson: Be leyerats aquéstes quoate bers are 'Scôlo ? (Cela a été fait) :
Era,Bouts dera Mountanho
En Mounrejau n'audirè !
De tristè 't mé co se banho
Ejou, dimars, gemirè....
H. PELLISSON, Félibre de Baretous. »

�272
— M. Anthyme Saint-Paul, Président de la Société des Etudes de
Comminges, du ISébouzan et des Quatres-Vallées, regrette de ne pouvoir assister « à ces manifestations littéraires d'autant plus précieuses
pour lui qu'elles ont lieu dans sa ville natale ».
— MM. Abadie, notre imprimeur; Alhané, inspecteur d'Académie
honoraire ; le comte de Comminges, à Compiègne ; F. Ribes (à Orléans) ;
B. de Gorsse, G. Couget, à Bagnères-de-Luchon ;
— MM. de Hansy, président des Ariégeois de Paris ; F. l'asqner,
archiviste de la Haute-Garonne qui nous écrit de Belgique, où l'on peut
constater « combien est vivace en Flandre et en Brabant l'amour de la
petite patrie, qui ne fait que fortifier celui de la grande. Puisse-t-il en
être de même dans la région Pyrénéenne ! »; V. Bardou, h Ustou,
lauréat ;
— MM. Ludovic Troyes, de Samalan, retenu à Biarritz; l'abbé
Dambielle, qui avec M. d'Anlin et quelques autres amis, avait compté
pouvoir arriver en automobile. Mais helas, nous écrit-il, « Èn pas
pouduts parti ! N'èiî mourtificats, en pramo que boulèuoii tourna la
poulitésso... ; — en'hastiats : tenguén pas paraulo ; — maucounténts ;
boulèuon ana passa un poulit jour dambe counfraires aimables, enta
debisa de causos sacrados e arrise de boun có. Chlule que plau! Mous
eau demoura à l'estacadé!.. Mous benjaran en aima mès que jamès nòste
drapèu, en trabalha sénse leua le cap enta la nôsto petito patrlo, è en
crida dou pregount de nouste có : « Toustém Gascous, e bibo la hèsto de
Mounrejau ! »
— M. Charles du Pouey, de Tarbes ; — M. l'abbé Marsan, que
retient une grave indisposition de son neveu, notre confrère M. Fourlic,
« Après aué-m hèt tant de hido d'èste dero hèsto dera 'Scolo, que sôi
oubligat d'arrenounça-i ! » M. Ambroise Anglade, d'Estensan : « Ayroudo,
era 'Scòlo ba béde era tèrro de Poumpèi, eres granous roumanes de
Lugdunum, eres arriiines de Chlodowig, era patrio d'adoupeiou de
Gondobald, era demoulicioun dera bilo per Gonthramm... Bat béde era
bengudo de Bertran de Lilo, sa forço, sue talént e sa santetat... Bat
estrlii de bôstis discoùrsis !:.. You, nou beirèi arré, nou entenerèi arré ;
mès et côr que sera dap boudáutis... »
— Mme de Libertat, Mlle Dode, MM. Espagnole, Laporte, de Lartigue, H. Pagès, L. Gouyer, M. Lacroix, I. Cuxac, lauréats.

2. Remerciements aux Journaux
Nous devons ici adresser les plus vifs remerciements aux journaux qui,
après avotr annoncé notre fête, ont bien voulu en donner un compterendu. Tels la Dépêche, le Télégramme, l'Express du Midi, le 8 septembre
(intéressant article, de M. A. Praviel, auquel nous avons fait plusieurs
emprunts, et reproduit par les journaux de Saint Gaudens), VAction
Française, le Clairon (N° 25 et 26 : dans celui-ci le discours en vers de
M. Capéran), le Luchon-Thermal (du 17 septembre) La Croix (18 septembre) et le Semeur des Hautes-Pyrénées (11 et 18 septembre) qui nous

�273

engagent à venir dans leur région) ; La Petite Gazette de Bagnères-deBigorre, qui a signalé plusieurs fois notre Bouts dera Mountanho (voir
surtout le n° du 13 Novembre) ; La Bouts de la Terre du 1er octobre,
Les lieclams de Novembre (longs et très aimables articles) ; VArièjo dins
Paris, d'octobre et L'Avenir de l'A riège des 15 et 18 septembre (publient
la Mountanho qu'aimi, de M. Teulié) ; L'Estello de Septembre (qui a
publié un sirbentésc, O 'ra mio léwgo l de M. B. Sarrieu), etc., etc.

3. Nos gravures
Les gravures que donne ce N° représentent diverses péripéties de
notre fête. — 1. Fin du Banquet ; — 2. Les Félibres après la Réception
d'Aventignan ; — 3. En route pour les Grottes ; — 4. Après la représentation d'Arretour ; — 5. Les acteurs d'Arretour ; — 6. Sous le porche
de Saint-Bertrand. — (Les clichés ont été fournis par M. Benoît, photographe à Bagnères-de-Luchon et à Nice, à l'exception du N° 3, fourni par
M. Jansou, photographe de la maison Labouche, à Toulouse). Si elles
peuvent paraître, c'est grâce à la générosité de M. Fabien Artigue, notre
Membre d'honneur, que nous ne saurions trop remercier, et qui a bien
voulu acheter les clichés et en payer même les frais d'impression dans

Era Bouts.

L

NAUÈTS COUNFRAIS.

431. CARCHET (abbé), professeur de philosophie, curé de Montestruc
(Gers).
432. DARÉES (abbé), curé de Blaziert, par Condom (Gers).
433. MORÈRE, principal clerc de notaire, Saint-Girons. (A.).
434. D'ÉLICÉRY, calle Piedras, n° 567, Buenos-Ayres (Argentine).
435. LONDRES Jean-Marie, lauréat de l'Escolo, étudiant, à Labarthede-Rivière. (H.-G.).
436. Mlle TEULIÉ, (notre Reine de cette année), institutrice à Ayet,
commune de Bethmale, canton de Castillon (Ariège). [M.]. —
Ayet est précisément le hameau de Bethmale qui est resté le plus
fidèle au costume traditionnel.
437. BERNADAC, chef du Bureau commercial de la C'9 des Mines de
Houille de Maries, 7, rue de Prague, Paris. [Adhésion procurée
par M. Cyrille Maury, trésorier de VAriéjo dins Paris].
438. RUAU Joseph, Ancien Ministre de l'Agriculture, Membre d'honneur, à Aspet. (H.-G.).
(Présentés par MM. l'abbé Daubian, Teulié, Fabaron, l'abbé Dufor,
B. Srrrieu, V. encore p. 276, ci-après).
— M. Sécheyron que mous prègue d'agrada-u coumo Mémbre tadj an
que bén. Es nôsti miélhous arremercioménts.

�274
II.

MEMBRES D.'AUNOU.

—

FLOU AUFÈRTO PER

NA

FILADÈLFO

On a vu ci-dessus (p. 251) comment M. Ruau a bien voulu acccepter
d'être inscrit sur nos listes, comme Membre d'honneur.
Le Bureau de l'Escolo a également décidé d'offrir le titre de Membres
d'honneur à Mme d'Antras, et à Mme de Pins, en reconnaissance de
leurs libéralités envers l'Escolo, — et à Mme&gt; Philadelphe de Gerde, qui
le mérite à tant d'égards, è qui vient même de nous écrire : « Couniatme per uo flou de ciwquanto liuros enta
»
Qu'elle reçoive ici, avec nos autres bienfaiteurs et bienfaitrices,
l'hommage de notre plus vive gratitude. Nous indiquerons dans notre N°
de Novembre-Décembre l'affectation de cette fleur.
III.

FELIBREJADES

— M. l'abbé Dufor a eu l'idée de faire répéter à La Rarthe-de-Rimère
le 12 septembre 1910, — après une conférence sur nos proverbes locaux
— les morceaux gascons déclamés à Montréjeau par Yvonne Sapéne,
M. Jouanny, M. Grand et chantés par M1Ie Vignaux. Quelques autres
fillettes (Eléonore Circou, Mérida Duffau) ont également chanté ou déclamé. Le public (plus de 200 assistants, dont une trentaine d'étrangers) a
été ravi ; il a fallu lui promettre de renouveler de temps en temps ces
petites félibrées. C'est à signaler et à imiter dansl'intérèt de notre œuvre.
— L'Escolo G. Fétus a tenu sa fête annuelle, avec un grand succès, à
Cap-Breton, les 4 et 5 septembre, c'est-à-dire immédiatement avant la
nôtre (V. le N° d'Octobre des Reclams). Des vœux très intéressants,
sur lesquel nous reviendrons, y ont été adoptés.
Notre bon confrère M. le Dr Levrat a remporté à son concours une
médaille de vermeil (V. les Reclams de Novembre et L'Estello de Septembre). Nos meilleures félicitations.
— La Cigalo Lengadouciano a célébré la sienne le 26 Août à Béziers.
Pose d'une pierre commémorative en l'honneur des Troubadours de
Béziers, nombreux discours, notamment du D1' Vabre, président de la
Cigale, de Charles Brun, etc. Le Capoulier était là.
— Ha été présent aussi à la fête de Forcalquier (Voir dans le Petit
Marseillais du 19 septembre son intéressant discours et le récit de la
félibrée) (Voir également Lou Felibrige d'Octobre, VIe Congrès de la
Freirié).
— La Routs de la Terre vient de célébrer sa fête à Madiran (Bigorre)
avec un grand succès.
IV.

OBRES DES NÔSTI COUNFRAIS È AUTES PURBLICACIOUS

— Ont paru en tirage à part : La Prumèro Escapado, coumedio
militario (0 fr. 50) et O Moun Pals, rouman Coumengés (1 fr.) de
M. l'abbé Dambielle ; Sent Missouli d'Auro, de M. l'abbé Marsan ( fr.)
qui vient de publier aussi un travail sur YEglise de Loudercielle et sa
Croix d'Outre-Mer (Tirage à part de la Revue des Hautes-Pyrénées) ; Les

�275
Thermes des Onésiens d'après E. Camoreyt. (Il s'agitià du nom antique
de Bagnères-de-Luchon ; 1 fr.) et Et Perdut, pastouralo (2 fr.), de M. B.
Sarrieu. — S'adresser aux auteurs ou à M. Abadie. — Aquiéu j'auém
et coumençomént de iou Biblioutèco dera 'Scôlo deras Pirenéos.
— La Revue de Gascogne vient de réimprimer l'intéressant discours de
M. l'abbé Mëdan à la distribution des prix du Collège de Gimont.
. — Un nouveau périodique, « Liburnia » (revue mensuelle, humoristique, sportive et littéraire, 31, r. Gambetta, Libourne ; lrc année) fait, à
partir de son N° 9, une place régulière au gascon de Libourne. Echange
accepté. Ad multos annos !
— Signalons (un peu tard) dans Vivo Prouvènço de Septembre,
l'émouvant et documenté récit (avec une carte) de la bataille de Muret,
par P. Dévolmy. Nous y reviendrons. — Voir dans le même N° ou dans
la Revue des Langues Romanes de Janvier-Juin, p. 183, les appréciations
de M. Grammont sur le travail de M. Relloc, Déformation des noms
de lieux pyrénéens (cf. Era Bouts dera Mountanho, Août-Sept. 1909,
p. 136 et suivantes).
— Le Bulletin Pyrénéen de Septembre a donné le compte-rendu du
Congrès de Topographie et de Toponymie des Eaux-Bonnes. Les principes de la toponymie se dégagent toujours mieux. Annonçons à cettte occa
sion la publication prochaine des Glossaires toponymiques de MM. A.
Meillon pour la région de Cauterets, ['abbé Marsan pour la vallée d'Aure,
B. Sarrieu pour la vallée de Luchon.
— Dans la Revue de Comminges, notre infatigable confrère, M. le
colonel 5. Mondon, publie les Coutumes de Montsaunès (1288), avec
leur texte gascon.
V. SuSPRÉSES

TAS NÒSTI

COUNFRAIS

1. Armanac dera Mountanho de
Et nòste Armanac d'engùan qu'ei prèst ; qu'a deuantat pes nòstes
arregious es sòs counfrais. Que s'i troben, coumo toustém, imadjes,
pouesiés, arreproubès, coundes, cançous felibrérçques (Era Coumengéso,
Era Couseranéso, Lou Cant de la Coupo), tout acrô sinnat: Filadèlfo,
Camelat, Palay, Arrix, Espagnolle, S. Verdrer, F. Soulé, J. SouléVenture, Dasque, Marsan, Anglade (Htes-P.) ; Lux, B. Sarrieu, Y.-D.
Dufor, N. Beffeyte, B. Daubian, L. Rivière (Hto-Garouno) ; Levrat, de
Pujens, Sengès, Secheyron, ïroyes, Dambielle (Gèrs) ; de Bardies,
Bardou, Escaich, Servat, Teulié (Ariéjo). Ofr. 10 et N°, 0 fr. 15 pera
pòsto. — Coumo i-ei dit ena prumèro des « Nau Adjuracious », et sort
d'aquéste liberét qu'ei entre es mas des nòsti Counfrais : qu'au hacen iou
bouno proupagando è qu'en placen un pialè.
2. DiPLÒMO

DE MEMBRE È D'ADERÉNT.

Qu'auém décidât de hè emprima Diplômes de Mémbres è d'Aderénts,
coumo mous ère demandat despus lounténs. Et c-adre qu'en éi et des
nòsti Diplômes d'Aunou. Et laguéns qu'ei emprimat en arrouje è nére tas

�276

Mémbres, en nére souk'méns tas Aderénts. (Prêts, franco de pòrt, 1 fr. 50
tas Mémbres è 1 fr. tas Aderénts). Adreça-s à Mu Abadie, 2, carrèro
Thiers. Aquéri diplômes qu'es déuen a ficha, coumo tabblèus : atau que
serbiran madéchi tara proupagando.
3.

CARTES POUSTALES.

Qu'esperam que pouiram fourni as nôstis counfrais, abans cap-d'an,
Caries Poustales illistrades en gascou?/, tara proupagando. Atau qu'en
aura 'ra nôsto 'Scolo éro tabén, coumo n'an deja La Bouts de la Terre,
Lou Bournat, etc. Adreça-s à Mu B. Sarrieu, 8, Plaço du Bartas,
Auch, (Gèrs).
VI.

EN COUNSISTÔRI.

— Un

FELIRRE MAJOURAU

MINISTRE.

è

Et Counsistôri, amassat en Arles et l de Noubémbre passat, que bén
de nouma Majouraus et boun pouèto poupulari, Mu Charloun Rieu, et
benerat chaptal det Felibridje limousin, M11 E. Bombai, è 't nòste
secretari generau Mu R. Sarrieu. Adaquéste qu'esca era « Cigaló dis
Aupiho », que gahe atau era boulado de cap as Pirenées.
Que calié tabén nouma dus Assessous ; qu'enn houren Mu DujarricDescombes, presidént det « Bournat dôu Perigord » è 't secretári dera
'Scôlo Gastoun-Febus tara Bigôrro, et nòste balént counfrai Miquèu de
Camélat.
Parquéres eleccious, es nòstes arregious qu'es trôben miélhou 'rrepresentades en Felibridje. Sus aquét punt d'alhurs qu'èren d'acòrt (per un
còp nu'i cap tròp...) Vivo Prouvènço, L'Estèllo d'Ottôbre (p. 4.) è
Occitania det 26 Ottôbre (p. 74, coul. 1). Qu'en arremerciam de tout côr
et Counsistôri.
Qu'es parlée tabén en aquéres seénces, ce paréch è dera 'Rrefôrmo des
Estatuts (et proujèt des nauèri 'Statuts que sera coumunicat à toutes es
Escoles felibrénques) è tabén dera questioun dera léngo d'O en enchinhomént (enquisto de Mu J. Lhermitte). Aro qu'un Felibre Majourau, Mu
Maurici Faure, — que l'en felicitam, — bén de passa Ministre dera
Estruccioun pubblico, dilhèu plan que pouiram béi acoumpli-s un
chinhau de ço que souniam despus ta lounténs...

— NAUÈTS

439.

COUNFRAIS

(Béi pajo 273) présentais per

U

M

Soulé :

(Guillaume), chef comptable de la C'° de Suez, à PortSaïd (Egypte).
440. MARÈS (Charles), pharmacien à Aubin (Aveyron).
MORÈRE

— Qu'on veuille bien excuser le retard de ce N°, qui en vaut 5 à lui
seul. — Une bonne nouvelle encore pour finir. Il est presque certain,
comme nous le faisions pressentir page 270, que nous tiendrons notre
félibrée de 1911 à Lannemezan et à Arreau, et que nous irons d'abord
rendre visite à l'Escolo (ìastou-Eebus en son château de Mauvezin près
Capvern. Nos amis de l'Escolo .Marguerito y seront invités aussi. \qhiéu
que pouiram aué iou amassado felibrér/co dera Gascounho antièro.

�Discours de M. l'Abbé DAUBIAN, sur l'attachement au pays et
à la langue gasconne
Chant-d'iis Segaires, de M. Fabaron, par MUo H. VIGNEAU.
Récitation des « Misères » de J. Cazaux, par MM. GRAND et
JOl.ANNY

Récitation des a Plaintes d'un Gatcon à Paris », de M. L.,
par Mlle V. SAPÉNE
.'
Chant d' « Era Vouseranéso », par Mlle .1. LATOÜR
Chant d' K Aqvéros Mounlanhos », par Simin PALAY et
toute la salle. — Entracte
2. Seconde Partie : Jeux Floraux de VEscolo deras Pirenéos.
Ouverture de nos Jeux-Floraux
Rapport sur les 5M€S Jeux-Floraux de VEscolo, par M.
B.

SARRIEU

« L'aboucut e lou Paysà », par M. Simin PALAY
Palmarès du Concours; Prix spéciaux pour l'an prochain.
Distribution des Récompenses
Discours de M. A. TEI LIÉ (Remerciement aux donateurs).. .
V. — SOIRÉE LITTÉRAIRE
1. Réunion intime.
2. Séance du soir.
I
Représentation de « La Prumèro Escapado », de M. l'abbé
I ,
Uumbielle, par MM. CAUHAPÉ, BERNADÉT et SALIES
Chants félibréens et récitations en gascon et en français
, (Le Poutou, liirabént e Paloumè, les Esclops; la Grève
des forgerons, Valmirande, Et bourdalè dera hount
traucado, La libcrtat, etc)
BjPjEhants bas-armagnacais, par M. A. PRAVIEL
Remerciements de M. l'Abbé DUFOR, au nom de VEscolo....
Réponse en vers gascons de M. CAPÉRAN, maire de Montréjau
U
Sortie
B)

SECONDE JOURNÉE :

Aux Environs

I. — A AVENTIGNAN
1. Réception par la Municipalité (Allocutions et chants gascons).
Départ pour la grotte de Gargas ( Valmirande, par M. R. LIZOP
IL — A LA GROTTE DE GARGAS

it.

Conférence en gascon de M. l'abbé

CASTET

(2v Visite de la grotte (Et Génh dera Tuto, par B.

BBfi'L.

SARRIEU

et

BARBET

'3.-Déjeuner félibréen, avec Toasts et Chants. Dépêche à Mistral..
III.. REPRÉSENTATION D' « ARRETOUR »
La touchante pastorale gasconne de M. Louis de

NOUGUÈS. ..

IV. — A SAINT-BERTRAND-DE-CO.MMINGES
1. Réception par la Municipalité (Allocutions et chants gascons).
% A uno Betmaléso, A. TEULIÉ
Visite de la Cathédrale et du Sanatorium. Adieux

C)

Autour de notre Fête

.1. Personnes excusées (Invités, Lauréats, Membres de VEscolo}..
2. Remerciements aux journaux
.3. Nos gravures
4. Noubèles (Counfrais, M. d'aunou, Suspréses, etc. En Counsis-

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. H est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne e•'
de ses affluents, une Ecole féiibrêenne qui prend le nom d'Escolo deras
Pirenéos ( Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprendtrois grandes Sections: 1° Haut-Commiuges, NébOuzah, Quatre-Vallée*'
"(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Commihges (Muret).; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la lani/uè'
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions,
et les. tisages locaux, cl de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolumint toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
. v ;|
ART. O. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit air
titre de Félibfes et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le'
Bureau général Membres honoraires. — Les Membres perpétuels paient'120 francs et sont inscrits à perpétuité suc la liste des Membres.
.
ART. &lt;;. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau,
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lii u d'adoption au point de
vue diah i tal. ''^^t'^Êf^
ART. 7. Il y aura des Uidupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(o au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
. :
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et o, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'assemblée générale de l'École, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.
ART. 10. Le bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, de trois autres
membres, ayant rang de Vice-Présidents et réprésentant chacun l'une
des trois sections de l'Ecole, d'un Secrétaire-Trésorier et d'un SecrétaireAdjoint. — Le vote par correspondance est admis pour cette élection.
AUT. II. Les questions relatives à l'administration de l'Ecole, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général...
NOTA. — Composition du Bureau général pour 1909-1912; Président, M. L. de Hardies, à Soulan, par Aleu (Ariège) ; Vice-Présidents,
MM. Y.-Di Dufor, curé de Labarthe de Rivière (Haute-Garonne) [HautCommingesJ, H. Daubian, curé de Villefranche-d'Astarac, par Simorre
(Gers) IBas-Comminges], A. Teulié, directeur d'école à Saint Girons
(Ariège) [Couserans] ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, professeur
au Lycée*, ?, place Du-Bartas, Auch (Gers) ; Secrétaire-Adjoint, M. J.-M.
Servat, pharmacien, à Massât (Ariège).

Le Gérant

: N. ABADIE.

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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 06, n°10 (Ottòbre 1910) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
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