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                  <text>DERA MOUNTANÏÍO

￼
7m0

A.XNADO : 1911.

Nos

10 è 11 : OTT0BRE-N0UBÉMBRE. « Touslém Gascons ! »

È

dera « 'SCOLO DERAS PIRENÉOS »
A LANOMEZAN
A &lt;5Aí*BÈRN è MAUBEZIN (Bisito ara 'Scolo Gastount Fébus)
È

A ARREU

ES 28 È 29 D'AOUST 1911

« Couménges è Couserans ! », telle est la devise de notre Escolo ; et sa
piété filiale ne saurait oublier aucune des régions du Couserans ni du
Comminges. Il était temps qu'elle vint tenir ses assises félibréennes dans
l'ouest de son domaine, dans ces contrées du Nébouzan occidental et des
Quatre-Vallées qui, bien que touchant à la Bigorre et faisant partie du
département des Hautes-Pyrénées, sont restées commingeoises de cœur.
Le succès a répondu à son attente, et l'accueil extrêmement aimable
qu'elle a reçu de la part des municipalités et des populations de Lannemezan et d'Arreau lui a montré que sur les plateaux « dera Laméza »
comme dans les vallées qu'arrose la grande Neste le patriotisme commingeois est demeuré toujours vivant.
En outre, par une heureuse conjoncture, il s'est trouvé que cette année
l'Escole sœur, la grande Escole Gastou-Febus qui s'étend sur les quatre
régions (Bigorre, Armagnac, Landes et Béarn) que draine l'Adour, devait
tenir sa Félibrée tout près de nous, à Capvern, et au château de Mauvezin que M. Bibal lui a si généreusement donné. L'Escolo deras Pirenéos
en a profilé avec empressement pour aller lui rendre visite. Elle a été
accueillie à bras ouverts, et gardera de cette fraternelle réception le meilleur souvenir.
On comprend que les deux journées des 28 et 29 août auront été bien
remplies, et qu'elles auront été fécondes en résultats pour notre œuvrent
pour le Félibrige gascon en général.

�210
^REMIÈRE

JOURNEE

Á Lannemezan, et à Mauvezirt et (íapvern
La matinée du 28 a été occupée par la félibrée de Lannemezan, l'aprèsmidi et la soirée par la visite à l'Escolo Gastou-Febus et la félibrée de
Mauvezin et de Capvern.

A

FELIBREE DE LANNEMEZAN

I. ARRIVÉE DES FÉLIBRES- DÉPART POUR LA SÉANCE
Dès le dimanche soir 27 août, plusieurs Félibres de l'Escolo deras Pirenéos étaient arrivés. La Reine et le Secrétaire général étaient même passés
le matin, se rendant à Arreau pour achever d'organiser, — avec le bon
concours de M. l'abbé Marsan et de Melle Menvielle, directrice de l'école
de filles, — la fête du 29. Ils avaient eu le plaisir de rencontrer à Arreau
même M. Alphonse Congit, le maire dévoué de la ville de Lannemezan,
qui s'était mis tout entier à la disposition de-notre Esculo, et ils l'avaient
encore retrouvé à Lannemezan le soir, pour assister avec lui à la répétition en vue du lendemain. M. F. Escaich, notre porte-bannière, était
arrivé d'avance également.
M. Alphonse Couget a bien fait les choses. Dès le matin du 27, le tambour de ville avait annoncé notre séance, et les fêtes de Capvern et
d'Arreau. 1-e 28, la vaste halle aux grains de Lannemezan, haute, sonore,
bien éclairée, est pavoisée à l'entrée et ornée à l'intérieur de festons multicolores. Dés chaises pour plus de 300 personnes y sont disposées. (Plus
de 700 assisteront à la séance). A l'angle de gauche, au fond, une grande
estrade revêtue de rameaux verts est dressée pour le Bureau et pour les
orateurs. Dans l'angle de droite doit prendre place le chœur mixte (plus
de 40 chanteurs) dirigé par Mme et M. Ageret, Professeurs aux Ecoles
primaires supérieures de la ville, on ne saurait trop dire avec quelle
conscience artistique et quel dévouement.
Vers neuf heures, aux rayons d'un beau soleil, un grand nombre de
Félibres se réunissent devant le Central-Hôtel, d'où doit partir le cortège,
lis s'empressent d'orner leurs boutonnières des insignes de l'Escolo, —
une pervenche en émail bleuté, avec un liseré d'or, une étoile d'or au
centre, et, sur les pétales mêmes, la double inscription : « ESCOLO DERAS
PIRENÉOS », « TOUSTÉM GASCOUS ». Parmi les premiers arrivés on remarque Melle M.Sarrieu, de Saint-Mamet-de-Luchon ; Mme de Barry, de
Sarraneolin, MM. l'abbé Dujor, Vice Président de PEscolo pour le HautComminges, (M. de Bardics Président, ne pourra se trouver qu'à Mauvezin) ; B. Sarricu, Secrétaire-Trésorier ; J.-M. Servat, Secrétaire-adjoint í
F. Arligue, (de Labarthe-de Rivière) ; J. Soulé, Directeur de l'institution de Saint-Laurent de-Neste ; l'abbé Lafforgue. vicaire à Cantaousïuzaguet, et son neveu ; l'abbé Caslet, curé de Lorp, près Saint-Lizier
(A.); lt. Lizop, représentant de la Fédération Régionalisie Française;

�211
G. ÍÂzop et V. Lizop; le Vicomte de Caumorit, représentant des Toulousains de Toulouse ; //. Dufor, professeur de première au Lycée de Toulouse ; l'abbé Verdier, cùrô de Hèches; l'abbé Cassagnard, curé de
Gaussan ; M. Escaich, notre porte-banniére, etc. Une foule sympathique
les accueille et les attend.
Voici enfin le moment de partir pour la séance. Le cortège se forme.
En tête'étincelle la bannière pourprée avec ses inscriptions d'argent et
son étoile d'or rayonnante. Puis, la Reine de cette année, Melle Maria
Ssrrieu, — qui porte gracieusement l'ancien costume luchonnais : capu let rouge bordé d'un ruban de velours noir, jupe de même style, ceinture
rose, chemisette blanche et boléro de velours noir, — s'avance, donnant
le bras à M. F. Artigue et suivie d'une vingtaine de jeunes filles en toilettes claires et blanches, et des Félibres.
La salle est déjà amplement garnie. Plus de 600 personnes sont présentes. La Reine, assistée de Melles Henriette Leflève, de MontreuilBellay (Maine-et-Loire) et Marguerite Ducuing, de Tarbes, prend place
sur l'estrade, ainsi que le Bureau de l'Escole. Là les attend M. le Maire
pour leur souhaiter la bienvenue. Aussitôt l'Orphéon attaque avec ensem
ble un choeur des plus gracieux, Le Réveil aux Champs.

II. - SÉANCE FÉLIBRÉENNE
lre Partie : Ouverture

1. L·e Réveil aux Champs
par l'Orphéon de Lannemezan

Le jour parait et la nature
D'ivresse palpite soudain ;
Quel beau réveil ! Quel frais murmure
Au souffle embaumé du matin !
Tout resplendit et tout s'anime,
Les champs, le hameau, la cité;
Soleil, poursuis ton cours sublime,
Inonde nos cœurs de clarté !
Des monts lointains jusqu'au rivage
S'élancent des hymnes joyeux;
Mêlons nos chants et notre hommage
Aux voix de la terre et des cieux
Il fait beau ; c'est le matin ; les paroles sont de circonstance. L'air en
est d'une grande fraîcheur. Les voix de ces jeunes gens et de ces jeunes
I. Ces paroles ont été publiées, ainsi que celles des deux chœurs gascons suivants, par
une aimable attention de M. Couget, à l'imprimerie Lacaze, à Lannemezan, pour être distribuées à l'assistance.

�filles (la plupart élèves des deux er-a'os supérieures de la villle) le rendent
à merveille. On les applaudit.
Fuis M. le Maire de Lannemezan prononce l'allocution suivante :
2. Allocution de M. Alphonse Gouget
Maire de Lannemezan
Mesdames,
Messieurs,
Ma qualité de maire me

procure aujourd'hui l'honneur d'adresser à

H « Escolo deras Pirenéos » les remerciements de la municipalité et de la
population de Lannemezan pour la visite agréable qu'elle a bien voulu
nous faire.
Je suis, en effet, ttès heureux et particulièrement flatté de recevoir ici
les distingués représentants d'une société qui s'est donné pour mission de
rénover et de propager l'étude de notre langue gasconne.
La tâche entreprise par votre active compagnie lui a déjà valu les encouragements et la sympathie de tous ceux qui ont à cœur de maintenir
intacts le prestige et

le renom de notre Gascogne, l'un des plus beaux

coins de notre belle France; permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de
vous assurer que dans cet ordre d'idées vous avez gagné tous ceux de la
population de Lannemezan.
J'ai aussi un agréable devoir à remplir auprès de votre agréable compagnie : laissez-moi offrir à votre si distinguée Reine mes plus respectueux hommages. Elle les mérite comme femme et je les dois au charme
et à la délicatesse de son talent.
Permettez-moi d'espérer, Mesdames, Messieurs, que vous emporterez
de votre visite, trop courte pour nous, un aimable souvenir.

(Vifs applaudissements.)
3. — Réponse de M. l'abbé Dufor
Vice-président de l'Escole
En l'absence de M. de Bardies, président, c'est M. l'abbé Dufor, viceprésident de PEscolo pour le Haut-Comminges, qui répond en ces termes
à M. le Maire de Lannemezan :
Monsieur le Maire,
Nous vous remercions bien vivement de l'accueil si bienveillant que
vous avez fait à I' « Escolo deras Pirénéos » et de votre complaisance à
mettre à sa disposition vos édifices communaux. Nous savions que Lannemezin est une ville littéraire ; vos deux belles écoles primaires supérieurieures le prouvent hautement. Vous l'avez prouvé encore en ouvrant
toutes grandes les portes de votre cité à notre société, qui se préoccupe,
— en planant au-dessus des partis — de faire mieux connaître et mieux
aimer la langue et l'histoire de nos régions pyrénéennes.

�-Merci donc, Monsieur le Maire, à vous, à votre municipalité, à votre
commune. Nous saurons nous souvenir.
— Puis, M. l'abbé Dufor présente les conférenciers :
Mesdames, Messieurs,
Nous allons avoir le plaisir d'entendre parler deux apôtres-bien connus
de la noble cause félibréenne, l'un Commingeois d'origine, et l'autre
Gascon béarnais.
Le premier, M. Bernard Sarrieu, ancien élève de l'Ecole Normale
Supérieure de Paris, agrégé de philosophie, secrétaire général de PEscolo
et rédacteur en chef d' « Era Bouts dera Mountanho », a reçu naguère le
titre envié de majorai du Kélibrige Central, et, depuis, les palmes académiques.
L'autre, M. Eugène Palay, qui ne le connaît, ainsi que son illustre
frère, deux missionnaires ardents, convaincus, éloquents, du langage et
de l'amour de la petite patrie, et qui pourrait ne pas les admirer?
— Enfin, M. l'abbé Dufor s'adresse à la Reine :
Rèino,
At nòm dera 'Scôlo deras Pirenéos è ara plaço de nôste distiijgatch
Presidént, que soi erous è fièr de süeta-bous era biemberjgudo è de presentá-bous eras felicitacious eras mès courdialos.
Qu'en sòi segu, quan an après que deuiôtch présida nôstos hèstos
d'erígüan, at miéi de Moussu de Bardies e de Moussu bòste frai, toutis
qu'auran dit : « Brabô ! Tout qu'anara per miélhe ! Era 'Scôlo qu'enregistrara en sas analos iou supèrbo hèsto de mès ! »
l Vifs applaudissements).

4. — Une chanson de Despourrin
par l'Orphéon de Lannemezan .

L'Orphéon nous chante alors, comme intermède, la douce chanson
suivante de Despourrin, un peu adaptée au parler local :
Dus pastous à l'oumbréto
Que hasèn un bouquét ;
L'un cuelhè la briuléto
E l'autre lou muguét.
You qu'áimi l'immourtèlo
Més que las autos flous ;
Coum éi toustém fldèlo,
Atau soun mas amous.
—o—
You que t'èi dit, princésso,
Ui}, còp e nou pas més,
Que la mïo tendrésso
Nou finira jamés.

�214
Hè-n drin l'esperïénço,
Nou demandi qu'acó :
En you püént d'aparénço,
Mès qu'ag èi tout en co.
*' —o—
Un bouquét de briulétos
Que m'auès embïat ;
Diéu, qu'aquéros manétos
Ta pla l'auèn troussât !
Dap courdounét de sédo
E dap l'esplingo d'òr,...
Diéu, aquéros manétos
Que balen un tresor !
( A pplaudissements )
2me Partie : Conférences
Alors commence la Séance proprement dite que la Reine ouvre par une
courte allocution :

I. Allocution de la Reine
Cati Counfzaió, pobble det Nebou&amp;an, que óo etouáo qu' eta
'Scolo detaà Pitenéoá m'aje cauáido engùan coumo 'ttèino ta
pteàida 'ta àio hèâto. Que declati donne aubètto eta âeénço de
Lanomestan.
(Vifd applaudiôoementó)
Puis M. l'abbé Dufor donne la parole à M. B. Sarrieu pour sa Conférence.

1. Conférence de M. B. Sarrieu Félibre Majorai, Secrétaire-Trésorier de l'Escolo deras Pirenéos
SUR

LA

GASCOGNE

La langue Gasconne et l'idée Félibréenne
Nous ne donnons pas en entier cette Conférence pour ne pas grossir
outre mesure ce numéro ; nous en abrégeons surtout la première partie.
Faisons en outre remarquer que, pour ce qui concerne la géographie,
['histoire et la littérature gasconnes, M. B. Sarrieu a cru pouvoir faire
profiter ses auditeurs des savantes études de ses bons Confrères du Lare
Gascouv, MM. Rranet, Brégail et l'abbé Sarran, si bien que la Conférence qu'il a donnée à Lannemezan s'est trouvée être à la fois une
Conférence de \'Escòlo deras Pirenéos et une Conférence du Larè
(rascouy.
M. B. Sarrieu indique en commençant qu'il va parler de la Gascogne,
de la langue gasconne et de l'idée félibréenne. Il exprime ses regrets de

�l'absence de, deux de ses bons Confrères, MM. Simin Palay et l'abbé
Daubian, qui devaient se partager avec lui ce vaste sujet. Il essaiera jfonc
de le traiter seul, et de faire saisir successivement ce qu'est la Gascogne,
quels sont les traits essentiels de son idiome, et pourquoi nous devons
nous attacher à notre-pays et à notre langue locale.
« Qu'ei en gascouij », ajoute-t il, a'que bou's deuerió hè dilhcu
aquésto counferéwço ; acrô que sérié mes d'acòrt dabb e« nòstes idées.. »
Il craint cependant, pour une première fois, de surprendre un peu son'
auditoire et de ne pas être suffisamment suivi. Il emploiera donc la langue
officielle ; mais, dans sa conférence, la langue gasconne tiendra néanmoins
la première place, la place d'honneur.
IRE PARTIE.

QU'EST-CE QUE LA

GASCOGNE ?

Qu'est ce d'abord que la Gascogne ? La géographie et l'histoire nous
permettent de la définir.
1. Géographie de la Gascogne. — La Gascogne n'est pas tout le Midi
de la France ; elle est la contrée comprise en gros entre l'Océan, la Garonne et les Pyrénées. — On peut y distinguer trois régions. La première est formée par la grande chaîne des Pyrénées et ses nombreuses
vallées [vallées de l'Ariège, (comté de Foix, vallée languedocienne),
du Salat (Couserans), de la Garonne (Haut Comminges, vallée d'Aran,
vallée de Luchon), de la Neste (vallées de Louron et d'Aure), de l'Adour
(vallée de Campan), du grand Gave (Lavedan, c.-à-d. vallées de Luz, de
Cauterets, d'Azun), Trois-Vallées (v. d'Ossau, d'Aspeetde Barétous), etc.],
aux sites enchanteurs, aux célèbres stations thermales, abondamment
arrosées par les rivières descendues des neiges éternelles. — La seconde
est la région des plateaux, située au nord de la première, mais pourtant
beaucoup plus déshéritée au point de vue des-cours d'eau qu'on ne pourrait
le croire. C'est qu'en deçà du grand plateau — que formèrent jadis, s'il
faut en croire les géologues, d'immenses glaciers descendus des Pyrénées
centrales alors deux fois plus hautes qu'aujourd'hui, — les eaux ont creusé
deux sillons parallèles : le grand Gave s'est rejeté vers l'ouest, la Neste
et la Garonne vers l'est, formant ainsi deux plaines subpyrénéennes,
celle du Béarn et celle du Comminges, qui drainent toutes les eaux montagnardes. Seul l'Adour (que le grand Gave rejoignait jadis par Ossun) a
ouvert presque au centre la plaine de la Bigorre. Le reste est demeuré un
pays onduleux, aux étroits vallons, aux maigres filets d'eau, descendant
en éventails du plateau du Ger et du plateau plus vaste de Lannemezan ;
il faut qu'à la Seygouade, à la Gimone, à la Gesse, à la Save, au Gers,
aux Baïses, au Bouès, le canal de Sarrancolin fasse l'aumône d'un peu
d'eau de la Neste pour qu'en été ces rivières ne se trouvent pas entièrement à sec. Mais cette région a son charme elle aussi, et par sa position
à peu près centrale elle a joué un rôle prépondérant dans l'histoire de la
Gascogne. — Enfin la 3e région est constituée par les Landes, jadis très
pauvres (on disait praube coum' M?? Lanusquét), menacées par les sables,

�216
couvertes de marécages ; aujourd'hui enrichies par leurs bois de pins et
qui s'étendent de l'embouchure de l'Adour à celle de la Gironde, en un
vaste triangle isocèle appuyant sa longue base à la côte de l'Océan. —
Toute cette structure, surtout la disposition divergente des vallées subpyrénéennes, fait que la Gascogne manque un peu de centre, (bien qu'elle
ait comme un axe dans la ligne de partage des eaux entre les deux bassins
de l'Adour et de la Garonne, — ligne que suivait à peu près la « Ténarèse » et qui de Lannemezan conduit vers Eauze et Bazas). Aussi ne s'y estil pas formé de bien grandes villes, et la Gascogne est-elle restée à cet
égard comme suspendue à deux cités frontières, l'une, Toulouse, qui est
languedocienne, l'autre, Bordeaux, qui fut vraiment gasconne de langue,
mais est devenue aujourd'hui passablement cosmopolite, bien qu'une
émigration nombreuse y apporte sans cesse du sang gascon. — Mais il y
a pourtant une harmonie naturelle entre toutes les parties de la Gascogne, qui se complètent mutuellement ', et, sous un même climat, on y
trouve une unité de race2 et de mœurs, à laquelle correspond une unité
d'histoire.
2. Histoire de la Gascogne. — L'individualité de la Gascogne est marquée dès les premiers temps de notre histoire. Ces 1' « Aquitaine » de
César, dont les habitants ressemblaient plutôt, d'après les anciens, aux
Espagnols qu'aux Gaulois, et qui était peuplée en effet non de Celtes purs,
mais de Vascons ou d'Ibères plus ou moins mêlés de Celtes, s'il faut s'en
rapporter à l'anthropologie et aussi à l'analyse que les linguistes ont faite
des noms de lieux les plus anciens et des noms d'hommes fournis par les
plus vieilles inscriptions : car ces noms s'expliquent assez aisément soit
par le celtique soit par le basque actuel. Il s'était ainsi formé une population mixte, mais qui avait pris conscience de son unité morale, et qui
formait, en deçà de la Garonne, l'une des trois divisions ethniques de la
Gaule.
Sous les Romains, qui l'écornèrent de bonne heure vers l'est, puis la
conquirent (avec Crassus, lieutenant de César), notre contrée garda
encore un esprit très fortement individualiste. Dans l'Aquitaine agrandie
d'Auguste, elle se mit à part, et s'appela Novempopulanie (de ses 9 cités,
bientôt portées à 12 par l'adjonction des Convenae et des Consoranni
détachés de la Province Romaine, et des Boïens de Buch, si du moins
c'est ainsi qu'il faut interpréter l'inscription d'Hasparren3). D'assez
belles villes s'y développèrent, telles que Auch (Elimberris), Lugdunum
Convenarum (Saint-Bertrand), et plusieurs stations thermales. Pendant
400 ans, elle fut peu à peu pénétrée par la langue et la civilisation latines,
I. Idée essentielle d'articles de M. l'abbé Médan, parus

l'année dernière, bien qu'il

faille reconnaître avec M. Elienne l'originalité particulière de la région pyrénéenne.
&gt;. Kn gros. Ma s les Béarnais, dolichocéphales, sont un peu à part.
'A. Se jungere Gallos, ■ s'adjoindre des Gaulois &gt;, (et non sejungere Gallss, « séparer
les Gaulois (d'eux) » ; la lr° interprétation, de M. Iribarne de Goyenéche, nous paraît préférable à la seconde, de J. Sacaze.

�217
mais ce ne fut que devant le christianisme qu'elle finit par abandonner
ses anciens dieux*
Alors, ce sont les invasions des Barbares : l'invasion nordique, plus
douce avec les Wisigots, plus cruelle avec les Francs ; la contre-invasion
vasconne, qui donna à notre pays son nom (Gascogne, de * Wascónia) ; un
peu plus tard, dévastatrices, mais passant sans laisser de traces profondes, les incursions des Arabes et des Normands. Bien loin d'enlever à
notre Patrie Gasconne le sentiment de sa personnalité, elles le renforcèrent
peut-être, comme le prouvent la malheureuse tentative de Gondowald, qui
aboutit à la ruine de Lugdunum, la fondation à plusieurs reprises d'un
royaume d'Aquitaine et d'un duché de Gascogne, la résistance aux Sarrasins, où se signalèrent tant de saints gascons, l'aide prêtée par les Gascons à la reconquista espagnole.
L'histoire de la Gascogne pendant le moyen âge devient cependant assez
confuse. Là comme un peu partout en Europe, c'est l'émiettement, le
le fractionnement du pays en un bon nombre de principautés distinctes,
souvent en hostilité entre elles, telles que les comtés d'Armagnac, de
Comminges, de Bigorre, de Foix et de Béarn. Cependant, sous la
suzeraineté de leurs seigneurs, les vallées pyrénéennes gardent pour la
plupart une flère indépendance, et savent s'entendre (comme le prouvent
les lies et passeries) entre elles et avec les vallées espagnoles ; puis, le
mouvement communal s'étend largement en Gascogne et d'une manière
bien plus paisible que dans le nord. La Croisade des Albigeois la trouble
également moins que le Languedoc.
Avec la Guerre de Cent Ans, la Gascogne se mêle plus directement à
l'histoire générale de la France. C'est l'Armagnax; qui combat le Bourguignon et l'Anglais ; c'est la Gascogne qui donne ses plus hardis lieutenants à Jeanne d'Arc. Mais ensuite les crimes de la maison d'Armagnac
fournissent prétexte à l'intervention de Louis XI, les guerres de religion
ensanglantent le pays, enfin la réunion de la Gascogne, du Béarn et de la
Navarre au domaine royal avec Henri IV enlèvent à notre région son
indépendance politique.
Et pourtant, bien que trois siècles aient passé là-dessus, la Gascogne se
sent toujours elle-même. Quoique découpée artificiellement entre neuf
départements, elle se rend compte qu'elle forme une région naturelle,
qu'il faudra respecter dans une répartition plus rationnelle des contrées
françaises. Enfin, tout en apportant, sans compter, à la France, comme
jadis à la Gaule, les ressources de son intelligence et de son activité, elle
a conservé, mieux que toute autre province de France (à l'exception
peut-être de la Bretagne), son esprit à part, l'esprit gascon.
3. L'esprit gascon. — En effet, s'il existe quelques différences de tempérament entre les Gascons, notamment entre ceux de la montagne et
ceux de la plaine, ils présentent tous dans le caractère au moins deux
traits communs, le courage et la présence d'esprit. Courage des Aquitains
avec Annibal, des Basques contre Charlemagne et Roland, des monta-

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gnards pyrénéens contre les Arabes, des compagnons de Jeanne d'Arc,
de Gaston de Foix ou d'Henri IV, des héros des guerres de la Révolution
et de l'Empire, qui au dire de Napoléon « auraient traversé cent lieues de
flammes » ; entrain, gaieté, présence d'esprit des Cadets de Gascogne
d'autrefois et d'aujourd'hui, dont M. B. Sarrieu cite quelques traits
caractérisques, soulignés par les applaudissements de l'auditoire.
IIe

PARTIE. LA LANGUE ET LA LITTÉRATURE GASCONNES.

Une dans sa géographie, dans son histoire, dans son esprit, la Gascogne l'est également dans sa langue, qui est comme le signe sensible de
son unité morale, et qui a servi de matière à une littérature intéressante.
Í. La langue gasconne. — Pour bien déterminer les caractères spécifiques de la langue gasconne, il faut la replacer parmi les idiomes qui lui
sont apparentés et remonter à ses origines. -— On peut considérer le gascon comme l'un des dialectes de la langue d'oc, nommée, comme la
langue d'oïl (= oui) ou français (au sens large), d'après la manière dont
elle exprime l'affirmation, et venue comme lui et'comme les autres langues
romanes (portugais, espagnol, italien, romanche, roumain) du latin
populaire adopté peu à peu par les diverses populations de l'occident de
l'Empire Romain qui l'ont modifié chacune à leur manière parce qu'elles
n'étaient pas de même race. Le nord de la France, plus germanisé, est
donc arrivé à parler autrement que le midi, resté plus celtique et aussi un
peu ibéro-ligure. Dans le midi même, sans compter le franco-provençal
(Dauphiné, Savoie, Lyonnais), ce sont des différences de climat et de
race qui expliquent l'existence de dialectes distincts, auvergnat, limousin,
provençal, languedocien, catalan, gascon enfin, et l'on peut prévoir que
l'originalité du peuple gascon se marquera dans son idiome.
En effet, cette originalité est telle que l'on a pu considérer au moyenâge et que l'on considère parfois encore le gascon moins comme un dialecte que comme une véritable langue. Réduction de mb et de nd à m et
à n, (camo, grano), v initial passé à b (bito), l vocalisée en ü (sau), arrpour r initiale (arròdo), n tombée entre deux voyelles (espió), et surtout
Il passées à la fin des mots à t ou tch (bèt, anhèl) et entre deux voyelles
kr(bèro, anhèro), et f passée à h (lièr, hòrt, hénno, huée, etc.), tels
sont les traits caractéristiques du gascon. Ils se rencontrent précisément
dans la région comprise entre la Garonne, les Pyrénées et l'Océan, de
sorte que la Gascogne linguistique coïncide avec la Gascogne géographique et historique.
Sans doute, il existe quelques différences entre les parlers gascons. On
remarque aisément que {'article change un peu. Dans la plus grande partie de la Gascogne comme dans les pays de langue d'Oc en général, on
emploie lou, la; dans le Bas-Comminges, comme du reste à Toulouse et
dans le Haut-Languedoc, lé, la; enfin dans toute la montagne (sauf les
2/3 de la vallée d'Ossau), depuis le Pays de Foix jusqu'au Pays Basque,
l'article èt ou étch, f. era. Mais cette divergence n'empêche nullement

�219
l'intercompréhension, comme M. B. Sarrieu le démontre en lisant à
l'auditoire des spécimens de ces trois modes d'élocution, qui Sont
également compris.
On peut encore, d'après d'autres caractères, distinguer deux types principaux 1 : l'un qui dit aué, jou, biri, poumo, l'autre qui dit abé, you, bi,
poume ; le premier plutôt armagnac et commingeois, le second plutôt
béarnais. C'est de ce dernier qu'on a pu dire qu'il est, peut-être, « la
lèriguela mey douce, la mey agradibe que i-aye »; c'est en pensant à l'autre que Montaigne a pu parler d'un langage « puissant et pertinent », « mâle
et militaire », aussi énergique, d'après lui, que le français est délicat et
abondant2. Mais il y a des transitions, établies par les parlers des Landes
et de la Bigorre. Et il faut avouer qu'une sonore énergie et une grande
force d'expression sont les caractérisques essentielles de notre idiome
gascon, quoique la douceur ne lui soit point inconnue. Ces qualités, à
elles seules, mériteraient déjà à notre langue gasconne l'attention et
l'admiration. Mais c'est surtout dans sa littérature qu'une langue donne
les preuves de sa valeur.
2. La littérature gasconne. — Distinguons ici la littérature populaire
et la littérature savante. — Dans la littérature populaire, anonyme,
transmise par tradition orale, on peut faire rentrer : 1° Les locutions et
les proverbes, remarquables par leur à-propos, leurs applications variées
(au temps, aux événements, à la vie pratique) ; l'auditoire est vivement
intéressé par les nombreux exemples que le conférencier emprunte aux
Arreprouès dera Laméza, publiés dans Era Bouts et dans l'Armanac
dera Mountanho par notre bon confrère M. l'abbé S. Verdier ; 2° Les
contes, qui sont de deux espèces, les uns fantastiques et nous apportant
l'écho de lointaines légendes, les autres comiques, à tendances moralisatrices : M. B. Sarrieu en donne deux exemples empruntés à nos collabora
teurs M. J. Sens et Mlle Beffeyte ; 3° Les chansons, chansons de nourrices, chansons de travail, chansons de danse ou chants funèbres, berceuses, moqueries, mélopées ou lamentations, aux airs originaux, aux paroles naïves à travers lesquelles partent parfois des jets de profonde
poésie.
A côté, la Gascogne a également une littérature savante, c'est-à-dire
prétendant faire œuvre esthétique et s'adresser à un public cultivé. On
peut y distinguer trois périodes. — 1° La première, à vrai dire, n'est point
précisément gasconne ; c'est l'époque des troubadours, qui écrivent, non
un dialecte, mais plutôt une langue commune formée sans doute en
Limousin et Périgord, mais adoptée comme langue « courtoise » générale
dans tout le Midi. La langue de nos chartes, moins pure, laisse transparaître pourtant bien des traits gascons. —2° Cette langue, à la suite de la
1. Luchaire. Étude sur les idiomes pyrénéens de la région française, p. 249, 256, 260.
2. Mais le français d'aujourd'hui est devenu un peu dur, peut-être, et plus compassé.
La coupe des syllabes y est devenue un peu sèche, par suite d'un trop grand affaiblissement des « e muets ».

�220
guerre des Albigeois, de la disparition des maisons régnantes méridionales,
de fa centralisation au profit du Nord, tombe ensuite en désuétude ; mais
les dialectes populaires restent vivants, et, pour ne considérer que notre
Gascogne, il s'y produit vers la fin du xvie siècle une Renaissance, qui
se poursuit jusqu'au milieu du xviir3, et, dont les principaux noms sont
ceux de Pierre de Garros, Jean de Garros, du Bartas, Ader, d'Astros,
Bedout, au centre de la Gascogne, de Salettes, de Fondeville et Despourrins en Béarn. —3° Enfin, nous voici maintenant aune troisième période,
la période félibréenne, annoncée dans nos régions par des poètes de
valeur, Jasmin à Agen, Lafargue, Cassaignau, Noulens dans le Gers et en
Lomagne, B uéry à Aspet, Isidore Salles dans les Landes et bien d'autres.
Pour ne citer parmi les vivants que ceux qui touchent de plus près à cette
région même, qui ne connaît Simin Palay, l'auteur de Sounèts e Quatourzis, des Cansous enl'aus maynadyes, du Franchiman et de Case ?
Michel Camélat, qui a écrit Et Piu-piu dera me lagúla dans son parler
d'Azun et Reline en béarnais ; Philadclpke de Gerde, de la vallée de
Gampan, avec ses Cantos d'Azur, Cantos d'Eisil, Cantos en Dô et sa
Rernadéto? Pourquoi n'auraient-ils pas, ici même, de dignes émules? Le
Nébouzan et les Quatre Vallées sont dignes d'avoir de vrais poètes, et de
vrais poètes gascons.
IIIE

PARTIE. L'IDÉE FÉLIBRÉENNE.

Notre langue, on le voit, n'est point morte ; elle s'est illustrée et elle
peut s'illustrer encore. Et cependant, il n'y a pas à se le dissimuler, elle
est menacée. Elle a contre elle de fâcheux préjugés, surtout une fausse
manière de comprendre la distinction et l'instruction. Non seulement on
la corrompt en y mêlant pas mal de mots étrangers, mais les parents
oublient ou dédaignent de l'apprendre à leurs enfants. Ils leur parlent à la
place le français, et quel français ! C'est là le grand danger, l'aberration
fondamentale. Le Félibrige s'est fondé précisément pour éclairer la conscience de nos populations, leur montrer qu'elles doivent conserver leur
langue maternelle.
1. Constitution du Félibrige. — Le Félibrige, fondé en 1854 par Mistral
et six autres bons Provenbaux, s'est étendu depuis sur tout le Midi. Est
Félibre celui qui est décidé à travailler au maintien et à la gloire de notre
langue d'Oc et de notre génie méridional. — Actuellement, l'organisation
félibréenne comprend : 1° le Consistoire, formé de 50 « Majoraux », qui
se recrute par cooptation ; 2° les « Escoles » ou groupements locaux, plus
ou moins vastes, qui se proposent d'agir dans les diverses régions de
l'Occitanie et sont pour la plupart affiliées au Consistoire. — En ce qui
concerne particulièrement notre Gascogne, nous y trouvons ['Escolo Gascouno de Nérac qui publie une revue trimestrielle, la revue Marguerito ;
['Escolo Gaston Febus (plus de 600 adhérénts), pour le Béarn, la Bigorre,
l'Armagnac et les Landes, qui publie une Revue mensuelle, Reclams de
Biarn e Gascougne, à laquelle s'ajoutent VArmanac dou bou Biarnés,

�VArmanac de la Gascougno et La Bouts de la Terre, journal populaire
bimensuel; enfin, pour le Couserans, le Comminges, le Nébouzan et les
Quatre-Vallées, !' Escòlo deras Pirenéos (450 membres), qui publie une
revue mensuelle illustrée, Era Bouts dera Mountanho, (3 fr. par an) et
VArmanac dera Mountanho, et qui, d'accord avec la Société Archéologique du Gers, a donné naissance à l'œuvre de conférences du « Lare Gascoun ». Elles font appel à la générosité de tous ceux qui comprennent le
caractère patriotique de leur œuvre, et qui, pour une minime cotisation
annuelle, peuvent se rendre le témoignage qu'ils contribuent eux aussi à
maintenir l'originalité morale de la Gascogne.
2. But du Félibrige. — D'une manière générale, le Félibrige se propose donc de rendre à nos régions la conscience de leur individualité historique et ethnique. Plus précisément, en ce qui concerne la langue, les
Félibres se proposent de démontrer qu'elle mérite d'être étudiée: 1° pour
elle-même; 2° pour arriver à mieux connaître le français, dans son vocabulaire, son orthographe, ses nuances de style, etc., par des comparaisons
précises avec la langue d'Oc ; 3° pour arriver à mieux connaître aussi les
autres langues méridionales (espagnol, italien, etc.) qui présentent avec
la langue d'Oc de grandes analogies. Ils veulent surtout prouver qu'c/Ze
mérite d'être aimée, car elle nous attache à notre pays, elle incarne le
génie et les traditions de nos pères, et, si nous la perdions, nous perdrions avec elle notre existence morale comme Gascons.
Aidez nous, conclut M. B. Sarrieu, dans notre œuvre patriotique. Et,
joignant l'exemple au précepte, c'est en gascon qu'il termine sa conférence. « Ajuddt-mous, dit-il à peu près, en parla toustém era nòsto
lér/go, eia bbsto léi}go, à caso bòsto,en es bòstes familhes, dap toûti 's
qui la poden coumpréne, en enchinha-lo as bòsti [rais è as bòsti mainadjcs. Aboundt-bous, se poudét, as nòstes arrebistes. Legét è cantat,
hèl lége è canta es obres des nòsti pouètes è jelibres. Prenét era plumo,
se poudét, ta culliba è ta defénde era lértgo gascouno. Atau que counserbaram at noste pais aquét tresor que mous béri des nòsti pais,
atau que demouraram estacats à caso nòsto, atau que seram, coumo
ac dcuém este, « toustém Gascous ».
(Applaudissements.)
3. Allocution de M. N.-E. î»alay
Une surprise agréable nous attendait. A défaut de Simin Palay, c'est
son frère Eugène Palay, de Vic-Bigorre, chez qui l'on retrouve la même
verve et le même entrain, qui vient excuser son absence et le remplacer
sur l'estrade. Il dit, en béarnais, à la population de Lannemezan, ce qu'il
faut qu'elle sache, insistant surtout sur ces deux points que le gascon que
nous parlons n'ei pas un patoès, mes ne levgue, et que l'attachement à
case uoste est pour nous le gage de la santé et du bonheur.
L'orateur obtient le plus vif succès. Plusieurs fois les applaudissements

�viennent souligner ses trouvailles d'expression, sa parole pittoresque et
animée. Ce que M. B. Sarrieu a fait comprendre, M. E. Palay se joint à
ui pour le faire vivement sentir.

4. — « Aquéros Mountanhos
par l'Orphéon de Lannemezan

Le chœur chante alors, avec un parfait ensemble, « Aquéros Mountanhos », le chant le plus populaire de la Gascogne ;.non sur l'air le plus
généralement connu, notamment dans PAriège, mais sur un air plus
rapide et montant plus haut, l'air d'« Aquéres Mountines », celui que
notre ami H. Pellisson adopta à la Félibrée de 1905 pour la Vante d'Aulourou (V. Reclams de Biarn e Gascougne, 1905, p. 218). Quatre couplets se succèdent avec douceur et ampleur :
Aquéros mountanhos
Que tant hautos soun
M'empatchon de bése
Mas amous oun soun.

Hautos, bé soun hautos :
Be s'abacheran,
E mas amourétos
Que parecheran.

Se cantos, que cantos,
Cantos pas per you,
Cantos per ma mio
Qu'ei auprès de you.

Ou la reiicountra,
Passer! Paiguéto
Sens pou d'em nega.

Se sabèi la bése

( Vifs applaudissements).
— Mais la Séance n'est pas terminée. Elle nous ménage encore
d'agréables surprises dans sa 3me Partie.
3me Partie : Poésies. — Remerciements
Trois jeunes gens, MM. Jean* Félix, de Toulouse, Henri Desperriers
et Jean Merly, de Lannemezan, vont nous dire des poésies françaises de
circonstance. M. Desperriers, lauréat avec son frère de l'Académie des Jeux
Floraux et du Concours littéraire de Tarbes, est le directeur et M. Félix
le secrétaire de « L'Essor », intéressante revue de jeunes, qui s'intitule
modestement « Revue d'Essais littéraires » '. L'Escolo deras Pirenéos
remercie ces aimables compatriotes d'avoir bien voulu s'associer ainsi à
sa félibrée. Sans doute, c'est en français que chantent leurs Muses ; mais
ce sont les félibres, c'est le pays gascon, c'est même la langue gasconne qu'elles chantent. Peut-être quelque jour chanteront-elles aussi en
gascon...
1. Mensuelle, 2"» année 1911. Abonnement, 2 fr. par an. 0 fr. 20 le N». S'adresser à M.
Henri Desperriers, 8, rue Carnot, à Lannemezan. — Concours de poésies françaises (droit
de 0 fr. 50 par pièce, pour les non abonnés.)

�I. — A notre immortelle Langue d'Oc
Toi qui chantes sur nos Midis, ô Langue d'Oc,
Vivante et jeune, alors qu'eux tous te croyaient morte,
Voici les fleurs d'amour et de ferveur qu'apportent
Montagnards rudes ou bons ouvriers du soc,
Vers toi, leur mère et leur nourrice douce et forte.
Tu vibres dans notre âme en claires notes d'or...
Mais aussi tes accents ont des douceurs qui bercent.
Je sais des chants patois alanguis, que traversent
De très lointains et très nostalgiques accords ;
Et je reconnais là ta voix chère, qui verse
L'oubli candide et calme où la peine s'endort.
Pourtant, tu sais des chants plus âpres, où palpite
L'âme rude de nos ancêtres, bons guerriers,
(Car notre race sut se battre et non plier).
Et puisqu'ici à te défendre on nous invite,
Nous serons ceux que la bataille ressuscite,
Forts comme chêne et droits comme nos peupliers.
Nous voulons que tu règnes et que tes accents vibrent
De la plaine fertile à nos plus hauts sommets...
Mais voici que tu viens parmi nous, fière et libre ;
0 notre belle au doux parler : c'est toi qui mets
Gomme une gloire autour de vos têtes, Félibres.
( Applaudissements ).
A Lannemezan, ce lundi 28 août 1911.

Jean

FÉLIX

Pour la fête du Félibrige.

Cette première poésie célèbre donc notre langue. La seconde évoque le
Château de Mauvezin, où nous nous rendrons le soir même, et la troisième berce nos espoirs :
2. — Le Château de Mauvezin
AUX FÉLIBRES

Debout
De son
Ce soir
Nimbé

dans le ciel bleu — noir spectre des années —
mur abritant le pampre et le raisin
m'est apparu ton château, Mauvezin !
du souvenir de ses gloires fanées.

Il vit sous ses grands murs passer les Sarrasins
Et garde de l'assaut des heures forcenées
Un air sauvage avec ses portes surannées :
Ses remparts sont plus durs que les rochers voisins.

�224
Dans le ressouvenir des siècles grandioses
Il voit des troubadours, diseurs de belles gloses,
Et songe aux jours passés de rêve et de combat ;
Et, tandis que la nuit l'entoure de sa traîne
Et qu'une étoile d'or monte en pein ciel, là-bas,
Il écoute chanter vos voix pyrénéennes.
( A pplaudissements )
Henri

Ce 28 Août 1911

3.

VAVASSEUR DESPERRIERS

— Salut aux Jiélibres !

L'éternel troubadour revit dans vos poèmes,
Vous qui donnez la gloire à nos parlers anciens !
Ranimez, dans les cœurs, nos patois que l'on aime,
Puisque Mistral les chante et que l'espoir revient.
Ne laissez pas mourir les voix de la Bigorre
Dont l'écho prolongé se perd dans les rochers !
Des poètes d'antan l'on se rappelle encore
Les merveilleux accents qui surent nous toucher.
Et qu'en un dernier soir lumineux de victoire
Vous tous, nobles lutteurs du patois retrouvé,
Vous puissiez donc dormir auréolés de gloire,
Lorsqu'enfln germera ce grain de sénevé.
Poètes qui parlez la langue de nos pères,
Faites vibrer nos cœurs d'un renouveau d'amour,
Et.que, vous couronnant, le grand soleil éclaire
Des gens qui parleront patois dans nos labours.
(Applaudissements)
Jean

Lannetnezan, 28 août 1911

MERLY

— Oui certes, tel est notre espoir, et plus encore. Non seulement
maintenir notre langue gasconne (qui est plus qu'un patois), mais la relever, lui garder les cœurs de nos compatriotes, lui donner une glorieuse
littérature... On dit souvent que l'amour véritable est exclusif : peut-être
est-ce faux, peut-être ceux qui aiment le mieux sont-ils ceux qui ont les
cœurs les plus larges, auxquels « rien d'humain n'est étranger ». Mais
l'amour véritable est sauveur et vengeur : il se jette du côté de l'opprimé,
il fait rendre justice au mérite méconnu, il ranime et même ressuscite.
Âtau que hara, s'à Dieu plats, tara nòìto léiigo gascouno...
— Mais M. R. Lizop vient nous dire à son tour sa belle pièce, « Le
Soir sur les Monts ». Comme le N° 5-6 de la première année d'Era
Bouts, où nous l'avons publiée (p. 98), est épuisé, nous croyons bien

CI n.o.

BÊZiERS

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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 07, n°10-11 (Ottòbre-Noubémbre 1911)</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.org/omeka/files/original/9b8dbeda2cd9693c6abf435e07522a57.jpg</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 07, n°10-11 (Ottòbre-Noubémbre 1911) </text>
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