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                  <text>Master I – Langues et Cultures étrangères et régionales
Spécialité Occitan

Un Texte Ancien Occitan du XV° siècle:
La Vision de Tindal

Mémoire de recherches
présenté par
Jean-Luc ARVIEU

sous la direction de Madame Gilda Caiti-Russo,
Maîtresse de Conférences Habilitée à diriger des recherches en occitan médiéval
Jury :
─ Monsieur Philippe Martel, Professeur, Directeur du Département d'Occitan,
─ Monsieur Hervé Lieutard, Maître de Conférences.

1

�Sommaire

2

Introduction

p. 3

Chapitre I: La source de la Vision de Tindal

p. 4

Chapitre II: Le manuscrit

p. 6

Chapitre III: Le texte

p. 12

Chapitre IV: Étude linguistique

p. 42

Conclusion

p. 53

Bibliographie

p. 54

Remerciements

p. 59

Annexe

p. 60

�Au nombre des premiers écrits en langue occitane qui ont survécu au
temps, on compte le Poème sur Boèce d'environ 1050 et des chartes antérieures à
1100. Clovis Brunel (cf. Les plus anciennes chartes en langue provençale) a
publié un recueil de 540 pièces administratives des XI° et XII° siècles dont la plus
ancienne date de 1034 (acte de partage entre Peire, évêque de Gérone, et Roger
1er, comte de Foix, son neveu)1.
Aux XII° et XIII° siècles, l'occitan est surtout connu comme langue
littéraire avec la production poétique des troubadours.
A compter de la fin du XIII° siècle, en raison notamment de la
croisade et de ses conséquences, la création littéraire occitane, poétique surtout,
s'affaiblit. Cependant, la langue ne cesse de progresser, non seulement comme
langue véhiculaire mais aussi comme langue de développement dans les domaines
techniques et scientifiques, soit avec la publication d'œuvres techniques ou
scientifiques originales soit, plus souvent, avec la réécriture en occitan d'œuvres
en latin. C'est dans ce dernier contexte que la Vision de Tindal a été traduite du
latin en occitan. Au Moyen-Age, cette langue sert également à la rédaction des
actes, des délibérations, des comptes, de la correspondance, et des chroniques des
communes languedociennes.
Le document écrit en langue occitane médiévale connu sous le nom de
la Vision de Tindal est archivé à la Bibliothèque Municipale de Toulouse aux folii
47v-96r du ms. 894. Il est la propriété de cette bibliothèque depuis 1879.
Le manuscrit ms. 894 est un recueil qui contient trois autres textes,
également écrits en langue occitane médiévale, dénommés:
− Lo Viatge de Ramon de Perilhos al Purgatori de Sanct Patrici, aux
folii 1-40v,
− La Gesta de Fra Peyre Cardinal, aux folii 40v-47v,
− La Vision de Sanct Pau, aux folii 96r-100.
Ils sont contenus dans une reliure en bois recouvert de cuir gaufré. Le
format de chaque feuillet est de 210X157 mm.
Ces textes ont déjà fait l'objet d'une édition en 1903 par A. Jeanroy et
A. Vignaux . Notre édition, qui ne concerne qu'une partie du texte, contient une
traduction en langue française. L'étude linguistique de ce texte médiéval a pour
objet d'interpréter les graphies.
2

Au début de la présente recherche, le manuscrit ms. 894 venait tout
juste d'être numérisé. La direction de la Bibliothèque Municipale de Toulouse,
pour favoriser notre travail de recherche, nous a communiqué très rapidement un
fichier de cette numérisation avant sa mise en ligne sur son site internet.
Actuellement, le manuscrit ms. 894 est accessible sur le site internet
Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Slatkine Reprints, Genève, 1973, réimpression de
l'édition de Paris, 1926 et 1952
2
A. Jeanroy et A. Vignaux, Voyage au purgatoire de Saint Patrice, Visions de Tindal et de Saint Paul, Textes
languedociens du XV° siècle, Privat, Toulouse, 1903
1

3

�de la Bibliothèque de Toulouse à l'adresse URL suivante:
http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/ark:/74899/B315556101_MS0894
Chapitre I. La source de la Vision de Tindal:
La Vision de Tindal raconte le voyage aller et retour de l'au-delà de
l'âme du chevalier Tindal, un guerrier plus préoccupé des plaisirs de ce monde que
du bien de son âme. Ce texte occitan est la traduction de la Visio Tnugdali, écrite
en latin en 1149, par un moine irlandais, frater Marcus, à la demande de l'abbesse
Gisela du couvent bénédictin de Ratisbonne, au sud de l'Allemagne. Marcus
transféra de l'oral à l'écrit et de l'irlandais au latin, l'aventure de Tnugdali.
Ce récit appartient à la tradition des voyages et visions de l'au-delà
propres à l'Irlande comme la Navigation de Saint Brendan, écrite au IX° siècle et
dont le moine Benedeit donne la première traduction en langue vernaculaire
pendant le premier quart du XII°, et le Purgatoire de Saint Patrick écrit en 1184
par le moine anglo-normand H. de Saltrey. Il exprime les conceptions politiques
de Marcus, sa contribution au mouvement réformateur de son temps, qui tentait de
faire disparaître les particularités celtiques de la société et de l'Eglise d'Irlande
pour les amener dans la ligne de Rome, sa perception de l'idée de pèlerinage et sa
vision de ce monde comme de l'autre. 3
Le récit du moine Marcus, la Vision Tnugdali, connut une vaste
renommée sur le continent comme le prouve le grand nombre de manuscrits latins
éparpillés dans toute l'Europe. On le trouve aussi au nombre des premiers livres
imprimés.
L'intérêt que l'on portait à ce récit apparaît également dans les
nombreuses traductions dont il fut l'objet (allemand, anglais, biélorusse, catalan,
croate, irlandais, islandais, italien, occitan, néerlandais, portugais, suédois, serbocroate). En sus du manuscrit objet du présent mémoire, on en comptait un second
également écrit en langue occitane médiévale qui a été malheureusement détruit
en 1904 lors de l'incendie de la Bibliothèque Nationale de Turin (Turin, Bibl.
Naz., L.IV.22: Vision de Godalh (XIII° s.).
Depuis le début du XIII° siècle, la France a connu l'essor des voyages
allégoriques en langue vulgaire. Si, d'un côté, la production visionnaire subit un
arrêt presque définitif à la fin de XIII° siècle, il faut bien souligner, de l'autre, que
certains textes, comme la Vision de Tindal (ou Tondale), ne cessent de circuler et
d'être diffusés jusqu'à la fin du Moyen Age, tant dans des rédactions latines que
dans des traductions en langues vulgaires, si bien que le XV° siècle marque
l'apogée de leur diffusion. 4
La Visio Tnugdali de Marcus n'existe plus que sous la forme laissée
par ses différents copistes.

3

4

4

Yolande de Pontfarcy, L'au-delà au Moyen Âge, « Les Visions du chevalier Tondal » de David Aubert et sa source la
« Visio Tnugdali » de Marcus, Peter Lang, Bern, 2010, p XI
Mattia Cavagna, La Vision de Tondale, les Versions Françaises de Jean de Vignay, David Aubert, Regnaud le Queux,
Honoré Champion Editeur, Paris, 2008, p 7

�On n'a pas actuellement identifié le scribe qui a écrit en occitan
médiéval la Vision de Tindal, pas plus que le texte latin qui a servi de base à sa
production. Au folio 100r, le scribe a daté la fin de son œuvre du 18 mai 1466, et
signé de son nom « Depetralata ».

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

L'an mial CCCC seisenta e sieys a XVIII
del mes de may foc acabat le p[re]sent
libre de Tindal e de Sant Patrici per
las mas de my

L'an mille quatre cent soixante six le 18
mai a été achevé le présent
livre de Tindal et de Saint Patrick,
écrit de ma main.

Ce patronyme se retrouve notamment dans le clergé où un chanoine du
nom de Raymondus de Petralata occupe ces fonctions en 1427 à Saint Antonin,
(actuellement Saint Antonin Noble Val) qui était la seconde ville d'importance en
Rouergue dans le diocèse de Rodez. Le 10 juin 1427, il était nommé à la
cathédrale Sainte Marie d'Auch car il échangeait son canonicat avec un chanoine
local. 5
On doit rappeler que Guilhem de Tudèle, rédacteur de la Chanson de
la Croisade jusqu'au jour de la bataille de Muret le 12 septembre 1213, séjourna
également à Saint Antonin Noble Val. Quand Baudouin fut devenu seigneur de
Saint-Antonin après sa conquête, le 6 mai 1212, par Simon de Montfort , Guilhem
de Tudèle fut pourvu par le premier nommé d'un canonicat au chapitre de la
collégiale6.
Petralata trouve son étymologie dans l'association des substantifs
latins PETRA+LATA qui signifie roche plate ou large. En occitan, l'utilisation de
5

Référence électronique : Obediences.net &gt; Prosopographie : vedette 3314, PETRALATA DE, RAYMUNDUS Mis
en ligne le 01 février 2006. URL : http://obediences.net/repdyn_fiches_individus.php?identif=3314&amp;page=tab

6

Martin-Chabot Eugène, La Chanson de la Croisade Albigeoise, éditée et traduite du provençal, Tome Ier, La
Chanson de Guillaume de Tudèle, (3ème édition), Société d'Edition « Les Belles Lettres », Paris, 1976, pp VIII-IX

5

�« peiralada » pour un lieu-dit est souvent liée à la présence d'un dolmen. A
Roussayrolles dans le Tarn distant de 14 km de Saint Antonin Noble Val, le
dolmen dit « du Vaour » se trouve au lieu-dit « Peyralade ».
A Rivière sur Tarn (Aveyron), on trouve le château de « Peyrelade ». A
Saint-Saturnin dans le Cantal, le château de Peyrelade présente un fronton daté de
1012. Dans le Couserans, se trouve la vallée de « Peyralade ». On note également
des lieux-dits « Peyrelade » en Corrèze, en Dordogne, et dans le Tarn-etGaronne7.
◊
A. Jeanroy et A. Vignaux ont comparé ce texte à l'édition en latin de
M. A. Wagner8, lors de l'édition et l'étude de la Vision de Tindal 9. Ils précisent
que le manuscrit a été signalé pour la première fois en 1832 par le marquis de
Castellane, alors Président de la Société Archéologique du Midi de la France. A sa
mort, le manuscrit rentra dans la collection du Docteur Desbarreaux-Bernard, puis
en 1879, il passa à la Bibliothèque Municipale de Toulouse.
Le marquis de Castellane indique qu'il est possible que la traduction
romane soit de beaucoup antérieure à la date de 1466. 10
Pierre BEC considère que dans la version occitane de la Vision de
Tindal le scribe a pris des libertés par rapport au texte latin. D'après lui, il est
possible que le texte occitan remonte à une traduction romane peut-être catalane. 11
◊
Chapitre II. Le manuscrit:
− la mise en page:
Le scribe a tracé un cadre vertical qu'il suit autant que faire se peut
pour aligner le texte à gauche et à droite selon la technique de la justification, ce
qui le conduit parfois à couper des mots en bout de lignes. Les lignes horizontales
servent d'appui aux lettres des premières et dernières lignes du texte. Toujours
pour conserver la justification du texte, il termine les paragraphes par des volutes
ou par un simple trait.
Le souci de soigner la mise en page se retrouve dans la décoration de
la première lettre du texte, et dans celles des débuts de paragraphe ou de phrase.
La première lettre du texte est une lettrine rouge et noire, sobrement
ornée, de la lettre Q dont la hampe est très allongée. Le format de la première
Longnon Auguste, Les Noms de Lieu de la France, Honoré Champion Editeur, Paris, 1999,
M. A. Wagner, Visio Tnugdali, lateinisch und altdeutsch; Erlangen, 1882, pp. 1-56
9
A. Jeanroy et A. Vignaux, Voyage au purgatoire de Saint Patrice, Visions de Tindal et de Saint Paul, Textes
languedociens du XV° siècle, Privat, Toulouse, 1903
10
Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, Tome Second, années 1834-1835, Imprimerie de
Lavergne, Toulouse, 1836, pp 1 à 24
11
Pierre Bec, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge (XII°-XV° siècle), Aubanel, Avignon, 1977, p 240
7
8

6

�ligne du texte est supérieur au reste du texte et les hastes des consonnes sont très
allongées.
Le scribe a également décoré la première lettre du début de chaque
paragraphe d'une lettrine de couleur rouge. La lettrine de début de paragraphe
ainsi que les deux ou trois premiers mots sont écrits en plus gros caractères que le
reste du texte. A l'intérieur des paragraphes, il y a un grand nombre de majuscules,
précédées d'un pied de mouche à l'encre rouge. Cette présentation facilite la
lecture.
Pour compléter cette mise en page, dans la partie supérieure du texte le
scribe a poussé l'ornementation en agrémentant les hastes de boucles. Sur la
première ligne de chaque folio, la haste des consonnes est en général très allongée.
Dans la partie inférieure, on note d'élégants lancés de plumes.
Chaque feuillet compte une vingtaine de lignes.
− l'écriture:
L'écriture est cursive. Les mots sont séparés les uns des autres.
L'alphabet:

a
(on trouve deux formes de a, l'une proche du a
moderne cursif, la seconde moins facilement
identifiable)
b
(il est formé d'une haste qui boucle à droite
avec une panse inférieure à droite)
c
(il est composé d'un petit crochet en haut, il ne
boucle pas en bas)
d
(il a une forme onciale, sa haste se courbe
fortement vers la gauche)
e
(il ressemble à une boucle lorsqu'il se trouve à
l'intérieur d'un mot)
e
(il est très différent du précédent lorsqu'il se
trouve en initiale ou en fin de mot)

7

�f
(il comporte une barre horizontale en son milieu
qui permet de le différencier du s)
g
(il se constitue de deux parties, en haut un
crochet, sur la droite une ligne en courbe qui
s'étire en longue queue)
h
(il est proche du h moderne cursif, la boucle
droite descend sous la ligne)
i
(il se termine par un léger crochet en direction
de la lettre suivante, il n'a pas de point)
I et j
(en initiale ils ne se différencient pas)

l
(la haste du l se termine parfois par une boucle)
M
(il comporte trois jambages)
n
(dans le mot il ressemble au u)
n
(il est plus facilement identifiable en initiale)
o
(il a une forme parfaitement arrondie)
p
(la hampe du p est verticale)
q
(la hampe est moins verticale que celle du p)

r
(on note deux formes de r, l'une proche du r
moderne cursif, la seconde stylisée qui
ressemble à un R majuscule)
8

�s
(en initiale ou dans le mot, il a une forme
proche du f)
s
(il a deux formes lorsqu'il se trouve en finale
d'un mot )
s
(en finale, lorsqu'il sert de justification à droite,
il est agrémenté d'une haste)

t
(il ressemble à un c surmonté d'une barre
horizontale)
u
(il se confond avec le v e le n)
u
(en initiale il se confond avec le v)
v
(dans le mot, il se confond avec le u et le n)
v
(en initiale, il se confond avec le u)
X
(on le trouvera notamment dans la première
lettre de l'abréviation du mot latin Christus: xst)

Y
(la lettre y est composée de deux branches et
d'une hampe qui forme une boucle)
Z
(le z se termine par une hampe)

Les majuscules:
Si le scribe met des majuscules en début de paragraphe et parfois en
début de phrase, par contre, il ne met pas de majuscule aux noms propres. Les
scribes médiévaux ne pratiquaient pas la distinction, obligatoire aujourd'hui, entre
9

�noms communs et noms propres.12

Les abréviations:
Le scribe a usé de systèmes abréviatifs. On décèle deux variétés
d'abréviations.
Les abréviations par signes conventionnels:
Per ou par
se présente sous la forme d'un p dont la hampe
est barrée
que
se présente sous la forme d'un q dont la hampe
se continue par une boucle remontante

En début de mot, le digramme &lt;er&gt;
est annoncé par une consonne stylisée,
ici « s » qui donne /ser/

Le titulus sert à signaler l'absence d'un graphème (m, n et o), et même
d'un digramme, que ce soit à la fin ou dans le mot. Il n'a pas de forme fixe, il peut
être un crochet ou une boucle, ou les deux à la fois.
Titulus de m

Titulus de n
Titulus de o

12

10

Michel Parisse, Manuel de paléographie médiévale, Picard, Paris, 2006, p 11

�que
se présente également sous la forme d'un q
surmonté d'un titulus

Dans le mot, le digramme &lt;er&gt;
se présente sous la forme d'un titulus en boucle

Les abréviations par contraction:
Les mots abrégés sont ceux qu'on rencontrait le plus fréquemment
dans les textes religieux et donc la compréhension était assurée.
Dans le texte, le scribe a utilisé les abréviations suivantes:
Jesus Christus:
Jhu xst

Spiritus:
Sps
surmonté d'un titulus

Système de notation des chiffres
Le Moyen Age a hérité de l'Antiquité romaine son système de
notation, qu'on appelle « chiffres romains », chaque chiffre y est représenté par
une ou plusieurs lettres. Les lettres de base sont I (1), V (5), X (10), L (50), C
(100), D (500), M (1000).
Dans le texte, certainement pour éviter de les confondre avec des
lettes ordinaires, le scribe a encadré les chiffres de deux points.
I
(il ressemble à la lettre
« j »)

III
(il ressemble à la lettre m
avec trois jambages)

11

�Chapitre III: Le texte:
Les pages suivantes comprennent la reproduction du manuscrit du
folio 48r au folio 55r, sa transcription et sa traduction en langue française.
Le manuscrit est reproduit avec l'aimable autorisation de la
Bibliothèque Municipale de Toulouse.
Les agglutinations graphiques (enla pour en la, dedieu pour de dieu)
ont été segmentées conformément à l'usage actuel.
Nous avons signalé les abréviations et la restitution de graphèmes
faisant l'objet d'une abréviation dans le manuscrit par des crochets. Nous avons
transcrit i/u consonantiques par j/v. Il a été ajouté l'élision, ainsi que des
majuscules aux noms propres. Nous avons également mis des points d'enclise
lorsque c'était nécessaire et adopté le point en exposant aussi pour la gémination
morphosyntaxique.
Nous avons introduit une ponctuation contemporaine interprétative.
◊
Le texte est précédé d'une rubrique. Elle sert d'intitulé. Elle est mise
en valeur par l'emploi de l'encre rouge.

Folio 47 verso

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

Ayssi come[n]sa lo libre de Tindal
tractan de las penas de purgatory

12

Ici commence le livre de Tindal
qui traite des peines du purgatoire.

�Folio 48r

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

13

�F° 48 r
1

5

10

15

14

Qui vol ausir,
entendre ni aver gaug eternal deu esser mot curos,
e entendut a amar Dieu e obezir als
seus comandamens. E per tal que l'arma
e lo cors sian scomogutz en la temenssa
de Dieu, legisca o fassa legir aquest
libre, loqual un sanct religios, que avia nom Marc, traslatec de grec
en lati, a honor de Dieu, e de squivar peccat,
e estar lialment el setgle, e viure
en la terra, fazen los comandamens
de Dieu.
Al palays de Ybernia, abia hun
cavalier jove e fort, e avia nom Tindal
noble e de gran linatge; home alegre,
e era mot gracios e tresque bel, cortezament noirit, pros e espert e bel
parlier, laugier en totas cauzas de

Celui qui veut écouter,
entendre et avoir la joie éternelle,
doit être très attentif,
consentir à aimer Dieu, et obéir à
ses commandements. Afin que l'âme et le
corps soient émus par la crainte de Dieu,
qu'il lise ou fasse lire ce
livre. Celui-ci fut traduit du grec en latin
par un saint religieux, qui s'appelait Marc,
pour honorer Dieu, pour éviter le péché,
être loyal avec les autres, et vivre
sur la terre, en suivant les commandements
de Dieu.
Au palais d'Irlande, il y avait un
chevalier jeune et fort, qui s'appelait Tindal,
noble et de grande lignée; homme
joyeux, il était très gracieux et très beau,
courtoisement élevé, preux et adroit, beau
parleur, connaisseur dans tous les
domaines de

�Folio 48v

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

15

�f° 48 v
20

25

30

35

40

16

cavalaria. Mas per sa beutat, son estam[en]t
tornet en desplazer de Dieu e en dolor de
son arma, tant se coffizava en sa savieza e en la laugieyria de son cors e en sa
forssa que non avia cura de far
s[er]vizi a Dieu ni procurar la salvatio
de la seua arma. Am si negus ly [par]les
de coffessio o de penitenssa, el s'en trufava e ne fazia squern. La glieysa menesprezava .ls paubres de [Jesus Christ]
no volia vezer, mas a joglars e
a glotos e a vanas gens donava sos
bes per vana gloria. E cant el ac
estat lonc temps en aquel stame[n]t,
plac a la divinal mis[er]icordia que
son mal regime[n] e sas banas obras
fosso mudadas, e que se convertis e fos
son amic, coma fes de sant Paul.
Per aventura per qualque causa
que fazia o dizia avia fag o dig
que era plazen a Dieu per laqual

de la chevalerie. Mais gâté par sa beauté,
son comportement déplut à Dieu et
provoqua la douleur de son âme. Il avait
tellement confiance en son savoir, dans
l'agilité de son corps et dans sa force, qu'il
ne se souciait pas de servir Dieu, ni de
chercher à sauver son âme. Aussi si
quelqu'un venait à lui parler de confession
et de pénitence, il s'en moquait et le
tournait en dérision. Il méprisait l'église, il
refusait de voir les pauvres de Jésus Christ,
mais par vaine gloire, donnait ses biens aux
jongleurs, aux profiteurs, et aux vaniteux. Il
y avait longtemps qu'il menait cette vie
lorsqu'il plut à la divine miséricorde de
changer son mauvais comportement et ses
mauvaises œuvres, qu'il se convertisse et
soit en paix avec lui comme il fit avec Saint
Paul.
C'est parce qu'il avait fait à l'occasion
quelque action, ou avait dit l'avoir faite ou
dite, qui avait plu à Dieu, que ce dernier

�Folio 49 r

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

17

�f° 49 r

45

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13

18

no lo bolia dampnar et[er]nalment.
Endevenc se que, estan aquel
cavalhier en la ciutat de Corcages 13, ly
venc sopdament, de mentre que el
ma[n]java a taula am sos jotglars, an
sos plazers, una gran malautia, de laqual .III. jorns e . III . nuogz jac aissi
coma mort. En loqual spazi foc sa
arma raubida, e ly foc mostrat com
devia amar e servir Dieu e hobesir
als seus comandamens, losquals avia
en son joven menesprezats e ly
foc mostrat com auziretz
A Las penas d'yffern e.ls gaugz,
de paradis car qual que fos la malautia se dira. Aquest Tindal avia
gran multitut d'amigz, de parens
e de companhos, e hun son bon amic
devia ly tres cavals per causa de ca[m]by.

ne voulait pas le condamner éternellement.
Alors que ce chevalier était
dans la cité de Cork, il avait contracté
soudainement une terrible maladie tandis
qu'il mangeait à table avec ses jongleurs, au
milieu de ses plaisirs, qui le laissa trois
jours et trois nuits gisant comme mort.
Pendant ce temps, son âme lui fut dérobée
et il lui fut montré comment il devait aimer
et servir Dieu et obéir à ses
commandements qu'il avait méprisés dans
sa jeunesse et il lui fut montré comme vous
l'entendrez, les peines de l'enfer, les joies du
paradis car quelque fût la maladie, on en
parlera par la suite. Ce même Tindal avait
énormément d'amis, de parents et de
compagnons d'armes. Un de ses bons amis
lui devait trois chevaux à la suite d'un
échange.

Le copiste a fait ici une erreur de transcription avec « Cartages » au lieu de « Corcages » actuellement Cork (en
Irlandais Corcaigh)

�Folio 49 v

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

19

�f° 49 verso
60

65

70

75

80

20

E venc aquest Tindal, al temps que devia esser pagat dels tres cavals en
lo hostal daquest deutor per aver sos
cavals, e aquel deutor fes ly mot bel
aculhiment e dis, entre las autras causas, que per Dieu ly perdones, car de
presen no podia aber los tres cavals.
De laqual causa Tindal foc mot corrossat,
e bolia s'en partir mas lo deutor ly
preguec mot cortesament q[ue] ma[n]ges
amb el, e fes ho. E cant foro a taula
e las viandas ly foro aportadas dava[n]t,
e el estendec son bras per come[n]sar
de ma[nj]ar, e sopdament ly venc tant
de mal al bras, que non poc portar
la vianda en sa boca, e comensec a
far critz terribles, e dis que el era
mort e que non podia escapar. E
sopdament lo cors cazec coma mort,
e foc ayssi com cors desamparat
de l'arma, e ac totz los senhals de

Au moment où il devait être payé des trois
chevaux, Tindal se rendit dans la maison de
ce débiteur pour les récupérer. Le débiteur
lui fit un très bon accueil, il demanda, entre
autres choses, qu'au nom de Dieu, il le
pardonnât, parce que pour le moment il lui
était impossible de le satisfaire.
De ce fait, Tindal fut fort courroucé. Il
voulait s'en aller mais le débiteur le pria
avec tant de courtoisie de manger avec lui,
et il y consentit. Quant ils furent attablés et
que la nourriture lui fut servie, il étendit son
bras pour commencer à manger et
soudainement il fut saisi d'une telle douleur
au bras qu'il ne put porter de nourriture à sa
bouche. Il commença à pousser de terribles
cris, il dit qu'il allait mourir et qu'il ne
pouvait pas y échapper. Subitement, le corps
tomba comme s'il était mort. Il fut ainsi
comme un corps séparé de l'âme, il
présentait tous les signes de

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mort. E adonc los s[er]vidors levero la
taula, los scudiers cridero, lo deutor foc
irat, lo poble de la ciutat se ajustec,
los clergues sonero los glasses, e foron
totz turbatz e emiravilhozats de la mort
del bon cavalhier. E estec enayssi
jazen lo cors coma si era mort, del
dimecres entro al dissapde, que non
avia senhal mas un pauc de calor
de vida. E quant venc el dissapde
que lo volian sebelhir, so dizia la
hun « Mort es de tot », e l'autre dizia:
« Encaras non es de tot mort, que encaras a color », e volian lo sebelhir, e
l'esperit tornec al cors, e comensec
a sospirar mot fort. E d'aysso agro
totz motz grans meravilhas. E van
dire alcus: «Non es pas enayssi coma ditz lo psalmista: Sp[iritu]s yens e
non rediens. L'esperit va e no[n] retorna. »

mort. Alors, les serviteurs levèrent la
table, les écuyers crièrent, le débiteur fut
désespéré, le peuple de la ville se rassembla,
les clercs sonnèrent le glas et ils furent
tout troublés et stupéfaits de la mort
du bon chevalier. Le corps demeura ainsi
gisant comme s'il était mort, du
mercredi jusqu'au samedi, car il ne donnait
aucun signe de vie, à l'exception d'un peu de
chaleur de vie. Quand vint le samedi
et qu'on voulut l'ensevelir, l'un disait:
« Il est bien mort ». L'autre disait:
« Il n'est pas encore mort, il a encore quelque
couleur ». Alors qu'ils voulaient l'enterrer,
l'esprit revint dans le corps. Il commença
à respirer très fort. De cela, ils furent
tous énormément stupéfaits. Certains
vont dire: « N'est-ce pas ainsi que dit
l'auteur des psaumes: Spiritus yens e
non rediens. L'esprit part et ne revient pas. »

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Adonc Tindal obric sos uelhs e regardec
entorn si, e fec senhal, car non podia
parlar per so que avia vist que el
volia coffessar e cumenjar. E vengro los
cappelas e cofesset se devotament e
cumenget. E cant ac resseubut lo cors
de Jh[es]u[s] Ch[ri]st dis enayssi: «O senher Die[u]s
mis[er]icordios, be conoyssi que sobregra[n]
es la tena mis[er]icordia e la tena
pietat major que lo meu deffalhime[n]t,
car en my ha gran desconoyssenssa,
mas per la gran pietat que es en tu,
as me mostrat grans tribulatios per
ma correctio, e pueys as me consolat
e vivifiat, e del gran abisme de yffern
deliurat. » E cant ac finidas aquestas
paraulas, donec als paubres de Jh[es]u[s ]
Ch[ri]st tot cant avia, e no a parens q[ue]
el agues. E desamparec la vida
bana e l'estament que avia tengut,

Alors Tindal ouvrit ses yeux et regarda
autour de lui. Il fit signe car il ne pouvait
pas parler. De ce qu'il avait vu, il
voulait se confesser et communier. Les
prêtres arrivèrent, il se confessa
dévotement et communia. Quant il eut
reçu le corps de Jésus Christ il dit ainsi:
« Oh seigneur Dieu miséricordieux, je
reconnais bien que ta miséricorde et ta
pitié sont plus grandes que mes
manquements, mais j'étais bien ingrat,
aussi grâce à la grande compassion qui te
caractérise, tu m'as montré de grandes
épreuves pour me corriger. Puis tu m'as
consolé et vivifié et délivré du grand
abîme de l'enfer. » Quant il eut achevé ces
paroles il donna aux pauvres de Jésus
Christ tout ce qu'il avait, au lieu de le
léguer à ses parents. Il interrompit la vie
légère et la conduite qu'il avait eues.

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e pres a.far bonas obras e a Dieu plazent,
e contar publicament a las gens so que
avia vist aytant cant l'arma estec
foras lo cors. E tot so que avia supportat
tot o racontec, ayssi coma o auziretz,
que ieu vos contariey.
Cant l'arma se desamparat lo
cors e conoc que mal lo avia regit,
ac gran vergonha e gran pahor e no
sabia que se fezes, mas volgra tornar
en lo cors e no podia. E vesia sa cossie[n]ssa plena de peccatz e digna de t[o]rmen,
e estec en gran pahor e gran temensa, mas envoquet la misericordia
de Dieu am gran coffizanssa, e car
per aventura avia fag qualque
plazer a Dieu, e Dieus volc ly mostrar so que auziretz. Entre que stava
trista e ploran e no sabia so que devia
far ni ont se tengues, e la vic venir

Il se mit à faire de bonnes œuvres qui plurent
à Dieu, et à raconter publiquement aux gens
ce qu'il avait vu pendant que son âme avait été
séparée de son corps. Il raconta tout ce qu'il
avait supporté, comme vous l'entendrez et
comme je vous raconterai.
Quand l'âme quitta le corps et qu'elle eut
connaissance de quelle façon elle l'avait mal
conduit, elle eut bien honte et bien peur, et
ne savait que faire, aussi elle aurait voulu
retourner dans le corps, mais ne le pouvait
pas. Elle voyait sa conscience chargée de
péchés et digne de tourment, elle était effrayée
et dans une grande crainte. Cependant, elle
invoqua avec une grande confiance la
miséricorde de Dieu. Car il était arrivé,
qu'elle ait fait quelque fois plaisir à Dieu, et
Dieu voulut lui montrer ce que vous allez
entendre. Tandis qu'elle était triste et éplorée
et qu'elle ne savait pas ce qu'elle devait faire
ni où se réfugier, elle vit arriver

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una gran multitut d'esperitz horres, terribles e pudens, que non tant solament
onplian l'ostal ont jazia lo cors, mas
que tota la ciutat n'era plena. Et
aquestz speritz vengro a la arma
trista tot al torn. Et non pas p[er] coffortar
la, mas per so que fos en major tristor
e en major tribulatio. E come[n]seron
a cridar e a dire cans de gran dolor.
E dizian ly: «O! arma trista, tu y est
filha de mort e vianda de fuoc et[er]nal
e amiga de scurtat, e enemiga de
clartat. » E gitavo se aquels orribles
speritz contra l'arma, e estregian
las dens. E de gran maleza se squissava[n], e disian a l'arma: « Vet tu aquels
que as elegitz, am losquals cremaras
e entraras en lo plus prion de yffern.
Car tu y est estada noyrimen de tracios, e mayre de bregas e de discordias. Per que aras no te donas lo

une grande multitude d'esprits laids, terribles
et puants, qui, non seulement
remplissaient la maison où gisait le corps,
mais aussi toute la ville.
Ces esprits rodaient autour de la pauvre âme,
non pas pour la réconforter, mais pour qu'elle
fût encore plus triste et encore plus éprouvée.
Ils commencèrent à crier et à entonner des
chants très douloureux. Et ils lui disaient:
« Oh! Âme triste, tu es fille de la mort et
nourriture du feu éternel, amie des ténèbres et
ennemie de la clarté!». Ses horribles esprits se
jetaient contre l'âme et grinçaient des dents.
Avec beaucoup de méchanceté, ils se
déchiraient et disaient à l'âme: « Vois ceux que
tu as choisis, avec eux tu brûleras et entreras
au plus profond de l'enfer.
Car tu as été source de trahisons, et
mère de querelles et de discordes.
Pourquoi maintenant ne fais-tu pas

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orguelh que solies far? Per que no[n] raubas?
per que non fas las grans malesas
e.ls tortz que solies far? Regarda ont
es la tua vanetat, lo van gaug ,e.l
fol ris, ni la bobanssa. Ont as la
forssa per la qual non temias re
offendre? Ont so los regardamens teus
dezonestz que solias far? Dels tortz,
dels mals, de las forssas, de las enjusticias, de las vilhesas, dels plazers
desonestz que as fachs ni ditz, de tot
auras gazardo en aquesta hora de
so que as fach ni dig ni penssat.»
E cant l'arma auzic aysso, estec
mot trista, e sospirec, e tremolec,
e estec embayda quasi en desperatio, que tot jorn esperava que los
demonis la prenesso e l'anmenesso
en yffernals turmens, e reclamec
la misericordia de Dieu am gran
dolor.

l'orgueilleuse comme tu avais coutume de le
faire? Pourquoi ne voles-tu pas? Pourquoi ne
fais-tu pas les grandes méchancetés et les
torts que tu avais coutume de faire ? Regarde
où est ta vanité, la vaine jouissance, le fou
rire et la bombance. Où as-tu la force avec
laquelle tu ne craignais pas d'offenser qui
que ce soit? Où sont les jugements tous
malhonnêtes que tu savais faire? Des torts,
des maux, des violences, des injustices, des
bassesses, des plaisirs malhonnêtes que tu as
faits, dits et pensés; de tout cela, tu auras la
récompense, maintenant, de ce que tu as fait,
dit et pensé.»
Quant l'âme entendit cela, elle fut très triste.
Elle soupira, et trembla. Elle fut envahie par
le désespoir. En permanence elle attendait
que les démons la prissent et la conduisissent
dans les tourments de l'enfer. Elle réclama la
miséricorde de Dieu dans une grande
douleur.

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Adonc Dieus tot poderos, plen de pietat e de misericordia, lo qual tot sol pot
restaura los perdutz, an aquesta arma, car se era reclamada a lui e la
sena misericordia, volc ajudar et a
trempar la miseria e la afflictio en
laqual estava, e trames ly .I. son
angel. E enayssi coma l'arma re
gardava say e lay, l'arma vic una
clardat a forma de una stela luzen,
e demantenen ac speranssa que
aquela clardat ly donava qualque
consolatio. E aqui meteys, venc lo
angel am gran clardat a l'arma, e saludec la per son propry nom, e dic
ly: «Dieus te sal Tindal e te ajude
per sa misericordia. E que fas? » E
adonc l'arma can vic l'angel plus
bel que ninguna forma de home
que se pogues trobar nonobstant
la gran pahor que ac aguda, ac

Donc, Dieu tout puissant plein de
pitié et de miséricorde, celui qui seul
peut sauver les perdus, comme cette âme
s'était confiée à lui et à sa miséricorde,
voulut l'aider et adoucir la misère et
l'affliction dans laquelle elle se trouvait.
Il lui envoya l'un de ses anges. Pendant
que l'âme regardait çà et là, elle vit une
clarté qui avait la forme d'une étoile
brillante. Aussitôt, elle eut l'espoir que
cette lumière lui apporte un peu de
réconfort. En même temps, l'ange
apparut à l'âme dans une grande lumière,
et la salua par son propre nom. Il lui dit:
« Dieu te sauve Tindal et t'aide dans sa
miséricorde. Que fais-tu?»
Ainsi donc, quant l'âme vit l'ange qui
était plus beau qu'aucune forme humaine
qu'on pût trouver, malgré la grande peur
qu'elle éprouva et eut

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de la presencia de l'angel, e respondec
205 am grans lagremas: « Ay, senher payre,
per la gran merce de Dieu, ajuda me,
car las dolors de yffern son entorn my,
e los lasses de mort me volo prendre! »
E adonc l'angel ly dis: « Can tu te ve210 zes en gran mis[e]ria e en gran paor,
tu me apelas payre, mas cant tu
eras en lo setgle e avias tos plazers,
tu me menesprezavas e non avias
cura de my. Ieu era tot jorn am tu
215 e te amonestava a .far be, e tu no
me volias creire ». E l'arma respondec:
«Ay, senh[e]r, ja non ay menbranssa que
jamay ieu te vis ny auzis la tena
dossa paraula.» E l'angel ly dis:
220 « Ieu te ay seguida e acompanhada
vas qualque part volguesses anar
del temps que nasquiest entro aq[ue]st,
e non volias creire mos savis cosselhs.»

34

de la présence de l'ange, elle répondit
en pleurant à chaudes larmes: «Ah, seigneur père,
par la grâce de Dieu, aide moi,
car les tourments de l'enfer m'entourent,
et les filets de la mort veulent me prendre. »
Alors, l'ange lui dit: «Quant tu te vois
dans une grande misère et dans une grande
crainte, tu m'appelles père. Mais quand tu te
trouvais dans le monde où tu t'adonnais à tes
plaisirs, tu me méprisais et tu ne te préoccupais
pas de moi. Moi, j'étais toujours avec toi, et je
t'exhortais à faire le bien mais tu ne voulais pas
me croire. » L'âme répondit au Seigneur:
« Oh, seigneur, aujourd'hui je n'ai pas le souvenir
de t'avoir jamais vu, ni d'avoir entendu ta douce
parole. » L'ange lui dit: «Depuis ta naissance
jusqu'à ce moment, je t'ai suivie et accompagnée
dans tous les endroits où tu voulais aller, mais tu
ne voulais pas suivre mes salutaires conseils. »

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E estendec l'angel sa ma e pres hung
dels orribles speritz. Et dis a l'arma: « Vezes tu aqueste ca? Aquest ca es pl[u]s
contrary e plus apparelhat de far
te mal que los autres. Aysso es
lo mal esperit que as cresut e my
non as volgut creyre. May Dieus, ple
de mis[er]icordia, vol mostrar en tu sa
gran bontat cant que non ho ajas gazanhat. E estay segura, arma, car
a tu covendra gran re vezer e suffrir
per aver pueys la gloria eternal.
Per que viey apres my e tey en ta
memoria so que ieu te mostrariey.
E so que veyras ni auziras, car pueys
tornaras en ton cors car Dieus no te
vol perdre.» Adonc l'angel pres la
arma, e l'arma se appropiec de l'angel
am gran pahor, e lo cors restec aqui.
E los demonis vigro que l'angel
acompanhec e gardet aquesta

L'ange étendit sa main, et attrapa l'un
de ces horribles esprits. Il dit à l'âme:
« Vois-tu ce chien. C'est le plus agressif,
celui qui peut te faire plus de mal que les
autres; c'est le mauvais esprit, que tu as
cru, et tu n'as pas voulu croire en moi.
Mais Dieu, plein de miséricorde veut te
montrer sa grande bonté, bien que tu ne
l'aies pas mérité. Rassure-toi, âme, car il te
faudra voir de terribles choses et souffrir
pour obtenir ensuite la gloire éternelle.
C'est pourquoi tu vas me suivre et garder
dans ta mémoire ce que je te montrerai, tu
en verras et en entendras, puis ensuite tu
reviendras dans ton corps, car Dieu ne veut
pas te perdre. » L'ange prit alors l'âme, et
l'âme s'approcha de l'ange remplie de
crainte. Le corps resta là.
Les démons virent que l'ange
accompagnait et protégeait cette

�Folio 54r

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�Folio 54r
245 arma en tal manieyra que no la auzero
tocar, e comensero a cridar e a dire: «O
Dieus, e tant delial e tant cruzel yes,
car per ta sola voluntat alcus mortifficas e.ls autres vivifficas, e segon
250 que as promes, non redes a cascun segon sas obras. Car tu delieuras alcunas armas que non an gazanhat
e dampnas d'autras per ton voler.»
E cant agro aysso dig entre els,
255 los demonis se comensero a naffrar
la hun l'autre, e mordre de gran felonia, car no podiam tormentar la
arma. E enayssi se partiro d'aqui
am grans critz e am gran tristicia
260 e am gran indignatio, e aqui restec
gran pudor per tres horas.
Adonc l'angel comensec
a anar, e dis a l'arma que lo seguis.
Adonc l'arma ly dis en plangen:

38

âme de telle manière qu'ils n'osèrent pas
la toucher et ils commencèrent à crier et à dire:
« Oh Dieu! Tu es bien déloyal et bien cruel, car
par ta seule volonté tu mortifies les uns et tu
vivifies les autres, et, en fonction de ce que tu as
promis, tu ne rends pas à chacun selon sa
conduite. Car tu délivres des âmes qui ne l'ont
pas mérité et tu condamnes d'autres par ton bon
vouloir. »
Quand ils eurent prononcé ces mots entre eux,
les démons commencèrent à se battre
les uns contre les autres, et à se mordre avec une
grande traîtrise, car ils ne pouvaient pas
tourmenter l'âme. C'est ainsi qu'ils partirent de là
en poussant de grands cris, dans une grande
colère et très indignés. Dans cet endroit, il régna
une grande puanteur pendant trois heures.
Alors l'ange commença à s'avancer, et il dit à
l'âme de le suivre. Alors l'âme lui dit en se
plaignant:

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« Ay, senher payre, si ieu vau avant,
ieu temy que aquela companhia, que
tant que me an amenassada, me p[re]ngo
e me meto en lo fuoc infernal ». E
l'angel respon: «Non ajas pahor, car
major es la nostra companhia que
la lor e plus forta. E qual poyria
esser plus fort de nos que Dieus sia
an nos. Els non an poder de prendre
te ni de appropriar mas tant coma
Dieus o permet. Mas tu veyras
las penas de yffern, e d'alcunas
te convendra a suffrir per fa corretio.»
E come[n]sero a.far lor cami, e l'arma
non avia clartat mas aquela que
yssia de l'angel. E cant agro
anat longament, vengro a una
val scura e tenebroza e cuberta
de tenebras de mort. Aquesta val
era mot prionda e plena de
carbos ardens e pudens, e avia y

« Ah, seigneur père, si je m'avance,
j'ai peur que cette compagnie qui
m'a tant menacée ne m'attrape
et me jette dans le feu de l'enfer. Et
l'ange répond: « N'aie pas peur, car
notre compagnie est plus grande que la leur
et plus forte. Car qui pourrait
être plus fort que nous puisque Dieu est
avec nous, ils n'ont pas le pouvoir de te
prendre ni de s'approcher, mais seulement
tant que Dieu le permet. Mais pour te corriger,
tu verras les peines de l'enfer, et de certaines
tu devras souffrir.»
Ils commencèrent à marcher, l'âme n'avait
pour seule clarté que celle qui émanait
de l'ange. Quant ils eurent longuement
marché, ils virent une vallée obscure et
ténébreuse, couverte des ténèbres de
la mort. Cette vallée était
très profonde et pleine de
charbons ardents et puants, il y avait

�Folio 55r

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Folio 55r

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hun cruzel de ferr, que podia aber .I.
cana d'espes, que era tot blanc e cremava pus fort que los carbons. La pudor que yssia d'aquela val era ta
granda que ne se podia stimar. E una
gran multitut d'armas desendia
sobre aquel cruzel a manieyria

un grand creuset de fer qui pouvait avoir une
cane d'épaisseur qui était tout blanc et
brûlait plus fort que les charbons, la
puanteur qui sortait de cette vallée était si
importante qu'on ne pouvait l'évaluer. Une
grande multitude d'âmes descendait sur ce
creuset à la manière...

Le scribe interrompt son écriture sans terminer sa phrase. Il a laissé dans le
manuscrit un grand blanc de quatre lignes avant de reprendre par un nouveau
paragraphe.

41

�Chapitre IV: Etude linguistique:

Graphie
Zone causa/fach:
On reconnaît en Occitanie médiévale l'existence de quatre régionstypes linguistiques selon les différentes palatalisations: (1°): [ʧawza]-[fajt], (2°):
[ʧawza]-[faʧ], (3°): [kawza]-[fajt], (4°): [kawza]-[faʧ] 14.
Le scribe était originaire de la zone causa [kawza]/fach [faʧ] (l 38, 59,
67: causa, l 172, 174: fach). Cette non palatalisation de [k] dans les résultats de
CA- latin (CAUSA) et la palatalisation du -CT latin (FACT) localise la langue du
scribe dans le languedocien septentrional et nord-oriental.
Cette aire linguiste correspond aujourd'hui au département de
l'Aveyron, et partiellement aux départements de la Lozère, du Cantal, du Lot, du
Tarn, de Haute-Garonne, de l'Hérault et du Gard.
agglutinations graphiques :
Les mots sont séparés les uns des autres. Cependant, il arrive que le
scribe accole des adverbes ou des prépositions à des articles ou à des mots (elo,
enla, dedieu, degrec). Aux XI° et XII° siècles les scribes ne séparaient pas les
mots d'après leur individualité grammaticale comme le fait l'orthographe de notre
temps. Ils les réunissaient suivant leur solidarité phonétique 15. On trouve dans
notre texte des restes de cette habitude.
gémination:
La consonne initiale est redoublée après la préposition terminée par
une voyelle (l 121, 215, 278: affar).
A continue ad latin. La préposition ad construite avec un infinitif
marque le but ou l'obligation (ad facěre). Le copiste en liant dans un même
ensemble graphique une conjonction et un mot, redouble alors la consonne initiale
de ce mot. Il s'agit d'une gémination par assimilation de l'occlusive en coda (en
position de faiblesse articulatoire) à la consonne en attaque de la syllabe suivante.
La gémination est tout simplement le redoublement d'une consonne qui produit un
allongement perceptible à l'oral. L'allongement de cette consonne est issu d'un
contact entre une occlusive en coda et une autre consonne en attaque. L'occitan
médiéval a ici conservé l'assimilation de l'occlusive d a la fricative labio-dentale f,
et transcrit cet allongement de f dans la graphie avec ff à l'initiale.
Ce qui est intéressant c'est que cette assimilation se fait entre deux
syllabes qui n'appartiennent pas au même mot et la graphie en est le témoin.
14

15

42

Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, p. 406, note 75
Brunel Clovis, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Picard, Paris, 1952, p VI

�L'assimilation s'est produite de bonne heure, dès l'époque du latin
vulgaire, c'est ainsi que admirari est devenu amminari, adsatis assatis16.
Amuïssement de la nasale devant f:
On trouve également des géminations par assimilation qui ont lieu à
l'intérieur du mot. C'est le cas à la ligne 22 avec coffizava de confisava (latin:
confitěor). Ici aussi la nasale en coda s'est assimilée à la consonne en attaque de la
syllabe suivante qui est comme dans le cas précédent la fricative /f/. C'est la même
chose pour yffernals de infernals, à la ligne 180.
Bétacisme:
Quand le son [b] provient d'un v ou d'un b intervocalique latins, il est
représenté per v selon l'ancien usage de la langue d'oc 17. Il y a interférence entre
oral et écrit aux lignes 14: abia (hăběo), et 177 : embayda. Il s'agit ici de ratés qui
laissent deviner le dialecte parlé. Comme le précisent Gérard Gourian et Michel
Hébert (cf « Le Livre Potentia des Etats de Provence ») : « la langue de tous les
jours perce parfois la croûte durcie de l'orthographe officielle »18.
Notation du l palatal:
Pour la notation du l mouillé, nous trouvons uniquement la graphie lh
(l 43,86 : cavalhier, l 64 : aculhiment, l 85 : emiravilhozatz, l 91 : sebelhir, l 97 :
meravilhas, l 102 : uelhs, l 111 : defalhiment, l 151: filha, l 162 : orguelh, l 171 :
vilhesas, l 223 : cosselhs, l 227 : apparelhat).
Ce l palatal intervocalique ou aboutissant en finale constitue un trait
typique du manuscrit.
Dans cavalhier -lh- résulte de la fusion de -li-. Sebelhir que l'étymon
SEPELĬRE ne comporte qu'un -L- doit sa mouillure à l'extension de formes qui
présentent un yod (SEPELIO, SEPELIAM)19.
Notation du « n » palatal:
Pour le n palatal, nous trouvons toujours nh (l 58 : companhos, l 80,
89, 103 : senhals, l 108, 205, 217, 265 : senher, l 130 : vergonha, l 220:
acompanhada, l 233, 252 : gazanhat, l 240 : acompanhec, l 265, 270 :
companhia).
Absence d'élision:
La non-élision de l'article devant la voyelle est rare (l 62: lo hostal, l
91, 256: la hun). Cette absence d'élision se rencontre dans des textes rouergats du
16
17
18

19

43

Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921
Lois Alibèrt, Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians, Institut d'Estudis Occitan, Tolosa, 2000, p 22
« Le Livre Potentia des Etats de Provence », (1391-1523), publié par Gérard Gouiran et Michel Hébert, Editions du
Comité des Travaux historiques et scientifiques, Paris, 1997, p XL
François Zufferey, Recherches linguistiques sur les chansonniers provençaux, Librairie Droz, Genève, 1987, p 148

�XV° siècle20.
On peut voir dans la présence de « h » dans hostal (latin : hospĭtĭum)
et hun (latin : hĭc, hæc, hŏc) une trace étymologique .
Absence de la vocale e prosthétique:
L'absence de la vocale e prosthétique est une trace laissée par le scribe
(l 6 scomogutz, l 11 squivar, l 28 squern, l 33 stament, l 48 spazi, l 82 scudiers, l
138 stava, l 145-154 speritz, l 155 squissavan, l 192 stela, l 193 speranssa).
L'asence de e prosthétique se retrouve en italien.
Sperit pour esperit représente une convention graphique généralisée
en Rouergue et ailleurs21.
L'absence de e prosthétique est un phénomène que l'on rencontre
fréquemment dans les textes provençaux, dans lesquels les scribes semblent
préférer [sk] à [esk], comme dans scomogutz (l 6), squivar (l 28), squern,
scudiers (l 82), [sp] à [esp] comme dans spazi (l 48), et [st] à [est] comme dans
stament (l 33) et stava (l 38)22.
Cette absence est une coutume graphique latinisante. Si pour les
substantifs suivants le mot renvoie à un étymon : spazi (SPATIUM), scudier
(SCUTARIUS), stava (STARE), speritz (SPIRITUS), stela (STELLA), e
speranza (SPERARE), ce n'est pas le cas pour scomogutz dont l'étymon
commence par le préverbe -ex (EXMOVERE).
Le manque de e- est fréquent également dans les textes catalans
médiévaux23.
S'agissant du contexte qui précède les mots débutant par s+consonne,
on remarque que l'absence du e prosthétique évite la liaison avec la finale du mot
précédent (l 6: lo cors sian scomogutz, l 33: ac estat longtemps en aquel stament,
l 48: en loqual spazi foc sa arma raubida, l 82: los scudiers cridero, l 145:
aquestes speritz vengro). L'absence de e- prosthétique après consonne est attestée
plusieurs fois dans des chartes rouergates et quercinoises antérieures au XIII°
siècle.24
Effectivement, on trouve cette trace notamment dans une charte
relative au legs par Gracias à l'hôpital Saint Jean de Jérusalem d'une rente d'un
setier de froment sur un moulin à Curlande, d'environ 1160 rédigée dans le
20

21

22
23

24

44

Revue des Langues Romanes, TOME CVII, Année 2003, n° 2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, Le Texte Occitan d'un livre
d'Heures à l'usage de Rodez (1460-1470), Médiathèque de Rodez, ms 138, p 388
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, p. 374
Le Livre « Potentia » des Etats de Provence, éd. Gérard Gouiran, M. HEBERT, Paris, 1997, p. XLVI, § 2.3.
L'occitan une langue de travail et de la vie quotidienne du XII° au XXI° siècle, Les traductions et les termes
techniques en langue d'oc, Actes du colloque organisé à Limoges les 23 et 24 mai 2008, publiés par Jean-Loup
Lemaitre et Françoise Vieillard, , Paris, Diffusion de Boccard, 2009, p 267
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, p. 402

�Rouergue dans ce termes : Carta de la laissa que fetz enz Garcias a Deu ez a
l'ospital de Jherusalem .I. ster de froment quez avia al molinar ez ela terra quess'i
aperte a la font a Qurlanda,...25
On trouve un exemple de l'absence de e prosthétique en toulousain du
XV° siècle dans les compositions de Guilhem de Galhac (« De vers lo cel, hon
gautz floris he grana », vers 22: Qu'es principals don del Sant Sperit, et « Huyei
signes vey dins una mar passibla »: vers 5: Son de vermelh e de color scura, vers
25: Las alas prenc designans stat noble)26. Guilhem de Galhac était procureur au
Parlement de Toulouse. Il fut élu mainteneur du « Consistoire de la Gaie Science »
en 1453 et capitoul en 1463.
L'écrit ne peut pas être systématiquement pris comme la preuve d'une
réalisation orale. En effet, on trouve dans notre texte le digramme &lt;es&gt; dans
escapar (l 77 : non podia escapar), esperit (l 95 : l'esperit tornec al cors, l 100 :
l'esperit va, l 142: una gran multitut d'esperitz horres, l 229 : lo mal esperit),
estendec (l 72 : el estendec, l 224 : E estendec l'angel), et esperava (l 178 : tot
jorn esperava). On peut donc en tirer la conclusion que le graphème &lt;s&gt; était
donc prononcé [es] devant [p], [t] et [k].
◊
Dans les œuvres de Frédéric Mistral, l'aphérèse de e- se rencontre dans
les mots commençant par s+consonne (vengu' spera (Calendau, IV, 40), i' a'
sclapa si tambourin (Isclo, Coumtesso, 186).
Les mots en es+consonne perdent e- en niçart moderne après l'article
féminin pluriel li (exemple : li 'stella), e après l'article féminin singulier dans les
parlers pyrénéens, et sur une zone de terrain aquitain oriental (ex. Luchon : era'
scolo), region de Lombez et Lomagne (ex. la' scolo)27.
Amuissement de la nasale finale n:
Le n final tombe souvent dans les substantifs. La nasale finale est donc
toujours muette (exemples: l 10: lati [la'ti], l 27: coffessio, l 105: cappelas
[kape'las], l 114: correctio, l 166: deseparatio, l 185: consolatio, l 224 : ma [ma], l
226 : ca [ka], l 234 : re [re]) .
C'est également le cas à la 3° personne du pluriel du prétérit
(exemples: l 70: foro, l 96: agro, l 145: vengro) ainsi qu'à la 3° personne du pluriel
du subjonctif imparfait (l 169: prenesso, menesso).
Les chartes les plus anciennes des XI° et XII° siècles offrent les
mêmes désinences dans le Quercy (foro) et l'Albigeois (agro, vengro). On trouve
aussi la désinence -esso a la troisième personne du pluriel de l'imparfait du
25

Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale. Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publiées avec une étude morphologique, Tome I et II, Slatkine Reprints, Genève, 1973, p. 89, n° 91
26
Bibliothèque Méridionale, 1ère série, Tome XVI, Les Joies du Gai Savoir, Recueil de Poésies couronnées par le
Consistoire de la Gaie Science (1324-1484), publié avec la traduction de J-B Noulet, par Alfred Jeanroy, Imprimerie
Edouard Privat, Toulouse, 1914, p: 41, 131, 133
27
Jules Ronjat, Grammaire historique des parlers provençaux modernes, Laffite Reprints, Marseille, 1980, § 451.

45

�subjonctif dans l' Albigeois (traissesso) et
fesso).28

l'Agenais (poguesso, tenguesso,

N intervocalique en latin et devenue finale en roman est instable dans
la plupart des mots (lati/LATINE)29. La disparition du /n/ étymologique est
typique du languedocien où la chute du -n instable est constante30.
Désinence en tz:
Les substantifs se terminant par -t se déclinaient avec la désinence -z
(parentz, latz, votz, imperairitz, fatz). Une réfection analogique s'est effectuée. Les
mots au pluriel (l 76, 259: critz, l 80, 85: totz, l 97: motz, l 132: peccatz, l 141,
145, 154, 225: speritz, 169, 172: desonestz), les participes passés au pluriel (l 85:
turbatz, l 157: elegitz, l 185: perdutz), se terminant par -t au singulier ont pris la
désinence -z.
Cette graphie qui reste stable, particulièrement dans les pluriels,
correspond à une réalité phonétique en Toulousain et dans le Bas-Quercy pour le
son [ʦ].31
Diphtongaison - triphtongaison:
&lt;iey&gt; sert de terminaison à la première personne du futur (l 126
contariey: indicatif futur SG1 de contar, l 237 mostrariey: indicatif futur SG1 de
mostrar) alors que la forme médiévale est respectivement contarai e mostrarai.
[aj] tend par accomodation, vers un produit [ɛj], qui caractérise en
particulier le gascon, où ai donne èi, et cantarai cantarèi 32. Le passage de ai à
(i)ei à la 1ère personne du singulier du futur se relève également en Narbonnais,
Toulousain, Albigeois et Quercinois, ce trait exclu le Rouergue (ai) 33.
Dans les chartes occitanes des XI° et XII° siècles, à la première
personne du singulier du futur, -ai se remarque dans la Provence, le Nîmois et le
Rouergue, -ei dans l'Albigeois, le Narbonnais et le pays de Foix. Dans le
Gévaudan, les deux formes sont relevées.34
On remarque que la voyelle ouverte [ɛ], suivie dans la même syllabe
par la palatale y, se diphtongue en jɛ . La triphtongaison est provoquée par yod [j].
A la seconde personne de l'impératif présent (l 236 viey: pour ven de
Åke Grafström, Etude sur la morphologie des plus anciennes chartes languedociennes, Almqvist et Wiksell,
Stockholm, 1968
29
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921.
30
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921, p 266
31
L'occitan une langue de travail et de la vie quotidienne du XII° au XXI° siècle, Les traductions et les termes
techniques en langue d'oc, Actes du colloque organisé à Limoges les 23 et 24 mai 2008, publiés par Jean-Loup
Lemaitre et Françoise Vielliard, , Paris, Diffusion de Boccard, 2009, p. 267
32
Jacques Allières, Formation et structure de l'occitan ancien, Jean-Louis Massoure, Villeneuve sur Lot, 2005
33
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921, p 266
34
Brunel Clovis, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publiées avec une étude morphologique, Tomes I et II, Slatkine Reprints, Genève, 1973, réimpression de
l'édition de Paris, 1926 et 1952, p XLII
28

46

�venir) on retrouve la triphtongaison [j'ɛj], par contre à la seconde personne de
l'impératif présent de tenir [ɛj] ne triphtongue pas (l 236: tey pour ten de tenir).
On retrouve ce phénomène de triphtongaison dans les substantifs (l
23: laugieyra, l 28: glieysa, l 245, 292: manieyra) où l'accent tonique porte sur la
voyelle e.
Dans la Chanson de la Croisade, [ɛj] sert de terminaison à la première
personne du futur (laisse 146, ligne 12: Eu saubrei, et ligne 13: aurei proat). On
pense que les deux auteurs de la Chanson de la Croisade étaient originaires d'un
pays entre Toulouse, Quercy, Albigeois, Cominges et Foix. Force est de constater
que deux siècles plus tard on retrouve dans notre texte les mêmes traits
diatopiques.
◊
Par ailleurs, d'après François Zufferey, les diphtongues en [w] peuvent
subir des évolutions intéressantes pour localiser la langue. C'est ainsi que eu peut
s'ouvrir en au dans les textes du Languedoc occidental comme le Breviari d'Amor,
le Voyage au Purgatoire de Saint Patrice, et les Visions de Tindal et de Saint
Paul35 .On relève effectivement laugier à la ligne 19.
◊
On notera la diphtongaison nuogz (l: 47) qui ne se trouve que dans le
languedocien oriental.

Morphologie
adjectif épicène:
L'adjectif gran a la même forme au masculin et au féminin (exemples:
l 97: grans meravilhas, l 112: gran pietat, l 115: gran abisme, l 129: gran
vergonha e gran pahor, l 135: gran coffizanssa, l 141: gran multitut, l 163: grans
malesas, l 196: gran clardat).
C'est également le cas de luzen à la ligne 192: una stela luzen.
L'adjectif gran vient des adjectifs de la 3° déclinaison latine
GRANDIS, qui ne diffère qu'au neutre GRANDE. Il a gardé une forme unique
pour les deux genres.
Il existe deux exceptions dans le texte où le féminin est marqué (l 121:
pres a.ffar bonas obras, l 288 à 290: la pudor que yssia d'aquela val era ta
granda).
Ce flottement entre la forme étymologique de l'adjectif féminin de la
3ème déclinaison – gran – et le métaplasme analogique – granda – est attesté dès
35

47

François Zufferey, Recherches Linguistiques sur les Chansonniers Provençaux, Librairie Droz, Genève, 1987, p109

�l'époque littéraire et se maintient encore au XV° siècle 36
La déclinaison à deux cas:
Des nombreux cas que comportait la déclinaison latine, le latin
vulgaire n'a retenu que le nominatif et l'accusatif au singulier comme au pluriel, et
ce système bicasuel se perpétue en ancien occitan. Le cas sujet (CS) est issu du
nominatif, tandis que le cas régime (CR) est issu de l'accusatif, il exerce les
fonctions des autres cas latins. Aux sigles CS et CR s'ajoute dans la description
qui suit, la lettre S pour singulier ou P pour pluriel.
Un grand nombre de substantifs masculins ne diffèrent d'un cas à
l'autre que par la présence ou l'absence de s final. Le s dit de «flexion », remonte
au latin où, d'une manière générale, les substantifs masculins se terminaient en s
au nominatif singulier et à l'accusatif pluriel.
La déclinaison à deux cas a persisté çà et là en Occitanie plus
longtemps qu'en pays d'oïl. Quelques vestiges de la déclinaison à deux cas étaient
encore visibles au XV° siècle37. Il n'en reste que peu de traces, au sein de notre
texte, et uniquement dans les substantifs dieu e senher:
CSS dieus CSP dieu
CRS dieu CRP dieus

CSS sénher CSP senhor
CRS senhor CRP senhors

On trouve senher et Dieus à la ligne 107, dans la phrase O senher
Dieus misericordios be conoyssi que sobregran es la tena misericordia. Ces
substantifs, apparaissant dans l'adresse directe, sont au cas sujet quelque soit leur
fonction, comme également à la ligne 205: Ay senher payre, à la ligne 217 Ay
senher, à la ligne 247: O Dieus e tant delial e tant cruzel, et à la ligne 265: Ay
senher payre.
A partir du XIV° siècle, l'emploie de senher marquait la révérence à
quelqu'un d'important, pour désigner une personne qui a du pouvoir, au contraire
de senhor (radical du cas régime singulier). Senher est devenu un titre. C'est une
réorganisation sémantique de l'héritage laissé par l'ancienne déclinaison.
On trouve également Dieus dans les phrases ou Dieus est sujet (l 137:
Dieus volc, l 183 Dieus... volc ajudar, l 198: Dieus te sal, l 230: May Dieus ple
de misericordia voll mostrar, l 239: Dieus no te vol perdre, l 272: Dieus sia an
nos, l 275: Dieus o permet).
Nous avons toujours Dieu au cas régime singulier (l 65: que per Dieu
ly pardones, l 121: E pres affar bonas obras e a Dieu plazent, l 134: envoquet la
misericordia de Dieu, l 135-136: E car per aventura avia fag qualques plazers a
Dieu, l 180: E reclamet la misericordia de Dieu, l 205: per la gran merce de
Dieu).
36

37

48

Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, p. 376
Revue des Langues Romanes, Philologie de l'ancien occitan : éditions, études et grammaire. Etudes recueillies par
Gérard Gouiran, Tome CVII, n° 2, Publications Montpellier III, 2003, p. 376

�La disparition du système bicasuel s'est faite graduellement. La
déclinaison à deux cas est encore relativement bien observée au courant du XIV°
siècle 38.
Le XV° siècle marque donc un tournant. On ne trouve dans notre texte
que des fossiles de cette déclinaison (cas sujet singulier: Dieus, senher).
Morphologie verbale
La désinence – c à la 3° personne du singulier du prétérit:
Les verbes en -AR présentent à la 3° personne du singulier du prétérit
la désinence en -c au lieu de -t (l 9: traslatec, l 69: preguec, l 75, 95, 262:
comensec, l 83: ajustec, l 86, l 121, l 133, l 175, estec, l 95: tornec, l 101 regardec,
l 117: donec, l 119: desemparec, l 125: racontec, l 134: invoquet, l 176: sospirec,
tremolec, l 180: reclamec, l 196: saludec, l 241: appropriec, l 242, 260: restec, l
244: acompanhec, ) .
Il en est de même pour les verbes en -IR qui devraient avoir une
désinence en -t ou Ø ( l 101: obric, 175: auzic), ainsi que des verbes en – RE qui
ont un prétérit faible (l 72, 224: estendec, l 204, 216: respondec).
Les verbes en -ER et -RE qui ont un prétérit fort ont une désinence en
– c (l 34: plac, l 44, 60, 73, 90, 195: venc, l: 46: jac, l 78, cazec, l 80, l 137, 177:
volc). Il est de même de l'auxiliaire aver (l 203: ac).
Le scribe a également appliqué cette désinence -c à la troisième
personne du prétérit de l'auxiliaire èsser (l 48, 49, 67, 79, 82: foc), du verbe veire
(l 140, 191, 200: vic), et même du verbe faire (l 102: fec).
Comme en latin, un verbe fort fait toujours porter l'accent sur le
radical du prétérit (parfait de l'indicatif latin) aux personnes 1, 3, et 6, c'est donc
par analogie avec le prétérit fort que le scribe a appliqué cette désinence en -c à la
3° personne du singulier des prétérits faibles. En effet, au niveau pan-roman, dans
les parfaits faibles, le radical n'est jamais tonique 39.
On note quelques exceptions (l 21: tornet, l 105: cofesset, l 106:
comunget, l 134: invoquet, l 244: guardet).
L'emploi de l'occlusive vélaire c à la 3° personne des prétérits faibles
localise la langue à la région Toulousaine. En effet, on retrouve ce même
phénomène dans Lo Doctrinal de Sapiensa en lo lenguatge de Tholosa, imprimé à
Toulouse en 1504, dans une version occitane du XV° siècle du Doctrinal de
Sapience de Guy de Royce, archevêque de Sens (1345-1409). Le texte français
écrit en 1388 est lui-même une traduction d'un texte latin 40.
38
39
40

Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer Verlag Tübingen, 1994, p 17
Jacques Allières, Manuel de linguistique romane, Honoré Champion, Paris, 2001, p 87
Pierre Bec, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge, Vent Terral, Valdariás, 1987, pp 93-96

49

�Lo Doctrinal de Sapiensa en lo lenguatge de Tholosa est archivé à la
Bibliothèque de Toulouse sous la référence mf. 731. Il est consultable en ligne à
l'adresse
URL
suivante:
http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/cgibin/superlibrary a=d&amp;d=/ark:/74899/B315556101_RD16_0725
Nous reproduisons un extrait de ce texte, écrit en caractères gothiques,
tiré du chapitre Dels divers et escurs jutgamens de nostre Senhor, dans lequel on
notera cet emploi permanent de l'occlusive vélaire c comme désinence à la
troisième personne des prétérits faibles. 41
On remarquera également l'absence du s de flexion dans le cas sujet
Dieu (Dieu trametec un angel... Dieu me trames). La déclinaison à deux cas a
complètement disparu.
Alqual hermita Dieu trametec ung angel en forma dung home e luy
dissec en aquesta maniera. Veny am my car Dieu me trames a tu per te mena en
divers locs per tal que yey te mostre sos divers jutgamens et escurs; et
prumièrament lo menec en lhostal dung bon home loqual los receubec
benignament et les fec bon cara e los tenguec ben aises.
Cette désinence selon Paul Meyer (Daurel et Beton, P. LXIII) « ne
paraît avoir été usuelle au XIII° et au XIV° siècle que dans l'Albigeois, le
Toulousain, et le pays de Foix ».
C'est aussi la conclusion à laquelle parvient Clovis Brunel : « La
désinence -eg, d'où -ec, dans laquelle le -g remplace le -t final habituel, par suite
d'une analogie partie des parfaits forts tels que ac, s'emploie, dans les plus
anciennes chartes antérieures au XIII° siècle, dans une région dont le centre est
Toulouse, et s'étend jusqu'à Moissac, Saint-Antonin, Rayssac ».42
On trouve également des traces de cette désinence -ec dans la
Chanson de la Croisade (laisse 143, vers 12 : E mandec l'Apostolis que
reconciliatz fos, laisse 144, vers 43 : Lo cardenals se leva e respondec breument,
laisse 146, vers 36 : Ladoncs baichec Paratges lo tertz o la mitat).
Le prétérit périphrastique (l 97-98 van dire):
En occitan, le type va+infinitif apparaît dès la fin du XII° siècle. Il se
répand au XIV° et XV° siècles et apparaît comme une forme concurrente du
prétérit synthétique. Par la suite, la raréfaction du prétérit périphrastique est due à
la généralisation des formes modernes du prétérit qui répondent à un besoin de
simplification 43.
Les valeurs sémantiques de van dire et diguèron, sont sensiblement les
mêmes, et donc van dire peut paraître comme une simple variante stylistique de
Revue des Langues Romanes, IV, fascicule 6, 1880, pp. 261-64 (éd. J.-B. Noulet)
Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publièes avec une étude morphologique, Tome I, Slatkine Reprints, Genève 1973, p XLIV
43
Jean Sibille, La Passion de Saint André, drame religieux de 1512 en occitan briançonnais, Thèse pour le Doctorat des
Sciences du Langage, Université Lumière – Lyon 2, année 2003, P 261
41
42

50

�diguèron.
Le conditionnel:
Le conditionnel I:
Le conditionnel I est à la fois mode et temps. Comme temps, il sert à
marquer le futur dans le passé. Comme mode, il s'emploie dans le système
hypothétique pour marquer que l'action exprimée dépend d'une condition qui
l'empêche ou l'a empêchée de se réaliser. C'est le cas dans la phrase l 271-272:
qual poyria esser plus fort de nos que Dieus sia an nos.
Le conditionnel II:
Le Conditionnel II est issu du plus-que-parfait latin. Quand on se sert
du Conditionnel II, on a en vue le non-réalisation de l'hypothèse. Il a presque
toujours comme dans la langue classique, la valeur d'un conditionnel passé (irréel
du passé).
Le Conditionnel II est associé à l'imparfait du subjonctif (l 130: No
sabia que se fezes mas volgra tornar en lo cors).
Le subjonctif:
Le subjonctif exprime en principe un fait simplement envisagé dans la
pensée, s'opposant ainsi à l'indicatif, mode de la réalité et de l'affirmation positive.
Le subjonctif est le mode de la subordination, mais il est employé aussi dans la
proposition principale 44.
Le subjonctif dans la proposition indépendante:
Dans la proposition indépendante, le subjonctif sert à exprimer un
souhait, il a une valeur optative:
l 198: Dieus te sal Tindal e te ajude per sa misericordia,
L'imparfait du subjonctif:
L'adverbe si placé en début de phrase entraîne l'emploi du subjonctif
imparfait dans la proposition principale (l 26: si negus ly [par]les de coffessio o
de penitenssa).
L'imparfait du subjonctif est d'un emploi courant dans la formulation
d'un souhait en proposition indépendante, où il sert à exprimer un regret. Le regret
a un rapport assez étroit avec le souhait, auquel il rajoute une notion
d'impossibilité de satisfaction (l 65: que per Dieu ly perdones).
L'imparfait du subjonctif est employé lorsqu'on est dans une
complétive d'une principale qui est à la forme négative:
l 120-130: no sabia que se fezes,
44

Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer, Verlag Tübingen, 1994, p 247

51

�l 139-140: no sabia so que devia far ni ont se tengues,
L 218: Ja non ay menbranssa que jamay ieu te vis ny auzis la tena
dossa paraula,
Le subjonctif dans la complétive:
La complétive, qui est introduite par que, prend le subjonctif si le
verbe régissant exprime désir ou incertitude. Les principales catégories à examiner
sont les verbes indiquant la volonté ou le désir, les verbes d'émotion ou
déclaratifs:
l 36: plac a la divinal mis[er]icordia que son mal regime[n] e sas
vanas obras fosso mudadas e que se convertis, e fos son amic,
l 69: lo deutor ly preguec mot cortesament q[ue] ma[n]ges amb el,
l 117 a 119: donec als paubres de Jh[es]u[s ] Ch[ri]st tot cant avia e
no a parens q[ue] el agues,
l 147 a 149: Et aquestes speritz vengro a la arma trista tot al torn,
non pas p[er] coffortar la, mas per so que fos en major tristor e en major
tribulatio,
l 161-162: per que non aras no te donas orguelh que solies far,
l 163-164: per que non fas las grans malesas els tortz que solies far,
l 179: esperava que los demonis la prenesso e l'anmenesso en
yffernals turmens,
l 201 a 203: adonc l'arma can vic l'angel plus bel que ninguna forma
de home que se pogues trobar,
l 263: dis a l'arma que lo seguis,
l 230: Dieus ple de mis[er]icordia voll mostrar en tu sa gran bontat
cant que non ho ajas gazanhat,
Parfois, le que complétif est omis:
l 36: e fos son amic,
l 7: legisca o fassa legir,
Le subjonctif de regret est souvent introduit par car (l 55: car qual
que fos la malautia).
A la troisième personne, le subjonctif peut exprimer un ordre, faisant
fonction d'impératif. Sa valeur est un futur d'obligation:
l 7 legisca o fassa legir,
Les locutions régissantes marquant la prévention se construisent avec
le subjonctif, le verbe est précédé d'une négation:
l 269: l'angel respon non ajas pahor,
Position du pronom réfléchi se:
On remarque les positions suivantes du pronom réfléchi se:
− le pronom réfléchi est enclitique dans les phrases suivantes:
→ l 105 : E vengro los cappelas e cofesset se devotament,
52

�→ l 153 : E gitavo se aquels orribles speritz contra l'arma,
− le pronom réfléchi précède le verbe dans les phrases suivantes:
→ l 155 : E de gran maleza se squissavan,
→ l 241: l'arma se appropiec del angel am gran pahor.
Le pronom réfléchi est donc exclu de sa position initiale dans les
phrases E vengro los cappelas e cofesset se devotament / E gitavo se aquels
orribles speritz contra l'arma. On remarque que dans ces deux propositions le
verbe se trouve en première position et que le pronom réfléchi le suit
immédiatement.
Dans les propositions l'arma se appropriec del angel am gran pahor e
E de gran maleza se squissavan, le pronom réfléchi se trouve devant le verbe. Le
pronom réfléchi reprend donc sa position avant le verbe, la proposition s'ouvre par
d'autres éléments, ici un sujet (l'arma), et un complément circonstanciel de
manière (de gran maleza).
Le pronom faible reprend sa position avant le verbe, si la proposition
s'ouvre par d'autres éléments, un sujet, un objet direct ou indirect, un attribut, un
adverbe, un régime prépositionnel, une conjonction, etc... 45
Ce système, où le pronom est exclu de la position initiale est entré
dans l'histoire sous le nom de la loi de Tobler Mussafia, du nom de deux linguistes
à qui elle est due. Adolf Tobler qui a remarqué qu'il est faux de prétendre que dans
les anciens textes romans on ne trouve que des pronoms faibles postposés au
verbe que dans les interrogatives et dans les impératives. Adolfo Mussafia qui a
constaté que la phrase ne peut pas être ouverte par un pronom atone, pour des
motifs phonétiques ou tautologiques.
Toutes les langues romanes obéissent à cette loi: « dans les langues
romanes anciennes, le pronom faible objet ne peut pas se trouver en première
position absolue de phrases ».
Si en français le pronom faible ne sera plus interdit en début absolu de
phrase, les autres langues romanes auront un comportement relativement stable
jusqu'au XV° siècle 46.

45

Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer Verlag Tübingen, 1994, p 105
Sanda Reinheimer et Liliane Tasmowski, Pratique des Langues Romanes, II. Les pronoms personnels, L'Harmattan,
2005, p 54
46

53

�Conclusion
Le texte de la Vision de Tindal en occitan médiéval conserve encore
certains de ses secrets. Pour qui et par qui a-t-il été exécuté?
En attendant de répondre à ces questions, on se contentera de poser
géographiquement la langue du scribe qui a daté son texte du 1466 . L'élément le
plus important qui confirme cette date est la présence de fossiles de la déclinaison
à deux cas. En effet, si la déclinaison à deux cas est encore relativement bien
observée au courant du XIV° siècle, seulement quelques vestiges de celle-ci
étaient encore visibles au XV° siècle. Dans notre texte on ne retrouve que les
substantifs Dieus et senher qui présentent des traces de déclinaison au cas sujet
singulier. On remarquera l'absence de déclinaison dans Lo Doctrinal de Sapiensa
en lo lenguatge de Tholosa qui est également une version occitane du XV° siècle
du Doctrinal de Sapience de Guy de Roce. Le XV° marque donc un changement
radical rejoignant dans cette habitude le pays d'oïl.
La non palatalisation de [k] dans le résultat de CA- latin (CAUSA) et
la palatalisation de -CT latin (FACT) permettent de localiser la langue du
manuscrit dans la zone causa/fach qui correspond à un territoire large qui est celui
de l'occitan septentrional et nord-oriental.
Pour être plus précis dans cette localisation, on se servira des
constatations suivantes:
─ La désinence -c à la troisième personne des prétérits faibles
s'emploie dans les chartes antérieures au XIII° siècle dans une région dont le
centre est Toulouse et s'étend jusqu'à Moissac, Saint-Antonin, et Rayssac. Elle
persiste «en lo lenguatge de Tholosa » au XV° siècle.
─ La nasale finale tombe souvent dans les substantifs. Cette chute du
n étymologique est typique du languedocien. Le n final tombe aussi aux
troisièmes personnes du pluriel du prétérit et du subjonctif imparfait. Les chartes
les plus anciennes des XI° et XII° siècles offrent les mêmes désinences pour le
prétérit dans le Quercy et l'Albigeois et pour le subjonctif imparfait dans
l'Albigeois et l'Agenais.
─ La désinence constante -tz au pluriel des substantifs et des participes
passés correspond à une réalité phonétique en Toulousain et Bas-Quercy.
─ Le passage de ai à (i)ei à la 1ère personne du singulier du futur se
révèle en Narbonnais, Toulousain, Albigeois et Quercinois.
─ L'absence du e prosthétique est attestée dans les chartes antérieures
au XIII° siècle du Rouergue et du Quercy. On la retrouve dans les compositions
du XV° siècle du Toulousain Guilhem de Galhac.
Le passage de ai à (i)ei à la 1ère personne du singulier du futur exclut
le Rouergue.
Notre scribe était donc originaire de la zone géographique couvrant le
Toulousain, l'Albigeois et le Bas-Quercy.
On rappellera également que le copiste a signé son œuvre du nom de
« Petralata ». Ce nom se retrouve le plus souvent dans des lieux-dits qui se situent
54

�dans cette même région. On a retrouvé un chanoine du nom de Petralata qui
bénéficiait d'un canonicat en 1426 à Saint-Antonin Noble Val, cette ville est
également citée dans l'étude linguistique.
◊
L'orthographe occitane moderne a remis en circulation depuis environ
soixante ans les principes traditionnels de la langue occitane médiévale.
Ce texte apparaît d'une lecture moderne. La langue de la prose, c'est à
dire la langue concrète de tous les jours, a finalement peu varié. L'étude
linguistique montre également la proximité entre la syntaxe occitane du XV°
siècle et celle d'aujourd'hui.

55

�BIBLIOGRAPHIE
Editions de texte:
Bec Pierre, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge XII°-XV° siècle, Aubanel,
Avignon, 1977
Bec Pierre, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge XII°-XV° siècle, Volume II,
Vent Terral, Valdariás, 1987
Friedel V.-H. et Kuno Meyer, La vision de Tondale (Tnudgal). Textes français, anglonormand et irlandais, Champion, Paris, 1907
Jeanroy A. et Vignaux A., Voyage au purgatoire de Saint Patrice, Visions de Tindal et de
Saint Paul, Textes languedociens du XV° siècle, Privat, Toulouse, 1903
Martin-Chabot, La Chanson de la Croisade Albigeoise, éditée et traduite du provençal,
Tome Ier, La Chanson de Guillaume de Tudèle, (3ème édition), Société d'Edition « Les
Belles Lettres », Paris, 1976,
Ouvrages de consultation (manuels, grammaires, dictionnaires):
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Occitan, Tolosa, 2000, p XXXII,
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Allières Jacques, Formation et structure de l'occitan ancien, Jean-Louis Massoure,
Villeneuve sur Lot, 2005,
Anglade Joseph, Grammaire de l'Ancien Provençal ou Ancienne Langue d'Oc, Librairie
C. Klincksieck, Paris, 1921
Brunel Clovis, Bibliographie des manuscrits en ancien occitan, Paris, 1935, réimp.
Genève, 1973,
Jensen Frede, Syntaxe de l'ancien occitan, Tübingen, Niemeyer, 1994,
Hamlin Franck R., Ricketts Peter T., Hathaway John, Introduction à l'étude de l'Ancien
Provençal, Textes d'Etude, Librairie Droz, Genève, 1967,
Levy Emile, Petit Dictionnaire, Provençal-Français, Culture Provençale et Méridionale
– Marcel Petit, Raphèle-les-Arles, 1980,
Longnon Auguste, Les Noms de lieu de la France, Honoré Champion, Paris, 1999
Parisse Michel, Manuel de Paléographie médiévale, Paris, Picard, 2006,
Raynouard François Just Marie , Grammaire Romane ou Grammaire de la langue des
Troubadours, Firmin Didot, Paris, 1816, réédition Laffite Reprints, Marseille, 1976
56

�Romieu Maurice, Bianchi André, Iniciacion a l'occitan ancian, dètz e nòu tèxtes de
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Romieu Maurice, Bianchi André , La Lenga del Trobar, Presses Universitaires de
Bordeaux, 2006
Spore Palle , La Diphtongaison Romane, Odense University Pres, 1972
Stiennon Jacques , Paléographie du Moyen-Age, Paris, Colin, 1973
Etudes:
Actes du colloque organisé à Limoges les 23 et 24 mai 2008 par le Centre Tobar et l'EA
4116, publiés par Jean-Loup Lemaitre et Françoise Vielliard, L'occitan une langue de
travail et de la vie quotidienne du XII° au XXI° siècle, Les traductions et les termes
techniques en langue d'oc, Paris, Diffusion de Boccard, 2009
Brunel Clovis, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Recueil des pièces
originales antérieures au XIII° siècle, publiées avec une étude morphologique, Tomes III, Slatkine Reprints, 1973,
Bibliothèque Méridionale, 1ère Série, Tome XVI, Les Joies du Gaie Savoir, recueil de
poésies couronnées par le Consistoire de la Gaie Science (1324-1484), publié avec la
traduction de J.-B. Noulet, Une introduction, des notes et un glossaire par Alfred
Jeanroy, Imprimerie Edouard Privat, Toulouse, 1914
Carozzi Claude. Structure et fonction de la vision de Tnugdal. In: Faire croire. Modalités
de la diffusion et de la réception des messages religieux du XIIe au XVe siècle. Actes de
table ronde de Rome (22-23 juin 1979). Rome : École Française de Rome, 1981. pp.
223-234. (Publications de l'École française de Rome, 51)
URL:http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/efr_00000000_1981_act_51_1_1380
Cavagna Mattia, La vision de Tondale. Les versions françaises de Jean de Vignay, David
Aubert, Regnaud le Queux, Paris, Champion, 2008
Collection de Documents inédits sur l'Histoire de France, Section d'Histoire Médiévale
et de Philologie, Série in-8°, Volume 25, Le Livre Potentia des Etats de Provence, 13911523, publié par Gérard Gouiran et Michel Hébert, Editions du Comité des Travaux
historiques et scientifiques, Paris, 1997,
Doudet Estelle, « La Vision de Tondale ». Les versions françaises de Jean de Vignay,
David Aubert et Regnaud le Queux, éd. Mattia Cavagna », Cahiers de recherches
médiévales et humanistes, 2008, URL : http://crm.revues.org/11333
Géhin Paul, Le manuscrit médiéval, Paris, Colin, 2005
Huchet Jean-Charles, Le Roman Occitan Médiéval, Presses Universitaires de France,
1991

57

�Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, Tome Second, années 18341835, Imprimerie de Lavergne, Toulouse, 1836, pp 1 à 24
de Pontfarcy Yolande, L'au-delà au Moyen Âge. "Les visions du chevalier Tondal" de
David Aubert (Los Angeles, Getty Museum, ms. 30) et sa source la "Visio Tnugdali" de
Marcus (Gand, Universiteitsbibliotheek, ms. 316), Peter Lang, Bern, 2010,
Revue des Langues Romanes, Troisième série, Tome Quatrième, (Tome XVIII de la
collection), Société pour l'Etude des Langues Romanes, Montpellier, 1880,
Revue des Langues Romanes, Tome III, Société pour l'Etude des Langues Romanes,
Montpellier, 1880,
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, n° 2, Philologie de l'Occitan Ancien, éditions,
études et grammaire, Etudes recueillies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III,
2003,
Sibille Jean, La Passion de Saint André, drame religieux de 1512 en occitan
briançonnais, Thèse pour le Doctorat des Sciences du Langage, Université Lumière –
Lyon 2, année 2003,
Typologie des sources du Moyen-Age Occidental, Fasc. 72, Jacques Stiennon,
L'Ecriture, Brepols, Turnhout-Belgium, 1995
Zufferey François , Recherches linguistiques sur les chansonniers provençaux, Librairie
Droz, Genève, 1987

ANNEXE
Carte : « Le languedocien et ses variétés ».47

47

58

Jacques Allières, Manuel de linguistique romane, Honoré Champion, Paris, 2001, p 222

�Remerciements :
Je remercie bien chaleureusement les enseignants du département
Occitan de l'Université Paul Valery de Montpellier qui m'ont donné envie de
poursuivre des études tardives dans cette langue, et plus particulièrement Madame
Gilda Caiti-Russo qui m'a fait découvrir et apprécier l'occitan médiéval. Un grand
merci également à Madame la Directrice de la Bibliothèque de Toulouse qui m'a
permis d'avoir accès au plus tôt à la version numérisée du ms. 894 ce qui a facilité
mon travail de recherche.
Le 17 juin 2013,

59

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                  <text>Master I – Langues et Cultures étrangères et régionales
Spécialité Occitan

Un Tèxt Ancian Occitan del sègle XV:
La Vision de Tindal

Memòri de recercas
presentat per
Jean-Luc ARVIEU

jos la direccion de Madama Gilda Caiti-Russo,
Mestressa de Conferència Abilitada a dirigir de recercas en occitan medieval
Jurada :
- M. Felipe Martel, Professor, Director del Departament d'Occitan,
- M. Arvèi Lieutard, Mestre de Conferència.
1

�Somari

2

Introduccion

p. 3

Capítol I: La sorga de la Vision de Tindal

p. 4

Capítol II: Lo manescrich

p. 6

Capítol III: Lo tèxt

p. 12

Capítol IV: Estudi lingüistic

p. 42

Conclusion

p. 53

Bibliografia

p. 54

Mercejaments

p. 58

Annèxa

p. 59

�Al nombre dels primièrs escriches en lenga occitana que
subrevisquèron al temps, se compta lo Poèma sus Boècis que data d'alentorn de
1050 et de cartas d'abans 1100. Clovis Brunel (cf. Les plus anciennes chartes en
langue provençale) publiquèt un recuèlh de 540 pèças administrativas dels sègles
XI e XII que la mai anciana remonta a 1034 (acte de partiment entre Pèire,
avesque de Gerona, e Rogièr 1èr, comte de Fois, son nebot).1
Als sègles XII e XIII, l'occitan es subretot conegut coma lenga
literària amb la produccion lirica dels trobadors.
Tre la fin del sègle XIII, en rason en particular de la crosada e de sas
consequéncias, la creaccion literària occitana, poëtica subretot, s'aflaquís.
Mentretant, la lenga arrèsta pas de progressar, pas solament coma lenga veïculaira
mas tanben coma lenga de desvelopament dins los domenis tecnics e scientifics,
siá amb la publicacion d'òbras tecnicas o scientificas originalas, siá, mai sovent,
amb la reescritura en occitan d'òbras en latin. Es dins aquel darrièr contèxt que la
Vision de Tindal foguèt traducha del latin en occitan. A l'Edat Mejana, aquela
lenga es utilizada tanben per la redaccion dels actes, de las deliberacions, dels
comptes, de la correspondéncias, e de las cronicas de las comunas lengadocianas.
Lo document escrich en lenga occitana medievala conegut jos lo nom
de la Vision de Tindal se tròba als archius de la Bibliotèca Municipala de Tolosa
als fòlios 47v-96r del ms. 894. Es la proprietat d'aquela bibliotèca dempuèi 1879.
Lo manescrich ms. 894 es un recuèlh que conten tres autres tèxtes,
tanben escriches en lenga occitana medievala, nomenats:
− Lo Viatge de Ramon de Perilhos al Purgatòri de Sanct Patrici, als
fòlios 1-40v,
− La Gesta de Fra Peyre Cardinal, als fòlios 40v-47v,
− La Vision de Sanct Pau, als fòlios 96r-100.
Los tèxtes son contenguts dins una religadura de fusta recobèrta de
cuèr estampat a sec. Lo format de cada fuèlh es de 210X157 mm.
Foguèron ja editats en 1903 per A. Jeanroy et A. Vignaux 2. Nòstre
edicion, que concernís pas qu'un tròç del tèxt, conten una revirada en lenga
francesa. L'estudi lingüistic d'aquel tèxt medieval a per tòca d'interpretar las
grafias. Dirèm de quala region e de quala epòca èra la lenga.
A la debuta de nòstra recèrca, lo manescrich ms. 894 veniá tot just
d'èsser numerizat. La direccion de la Bibliotèca Municipala de Tolosa, per
favorizar nostre trabalh de recèrca, nos mandèt pro rapidament un fichièr d'aquela
numerizacion abans sa mesa en linha sus son sit internet.
Ara, lo manescrich ms. 894 se pòt veire sul sit internet de la
Bibliothèca de Tolosa a l'adreça URL seguenta:
Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Slatkine Reprints, Genève, 1973, réimpression de
l'édition de Paris, 1926 et 1952
2
A. Jeanroy et A. Vignaux, Voyage au purgatoire de Saint Patrice, Visions de Tindal et de Saint Paul, Textes
languedociens du XV° siècle, Privat, Toulouse, 1903
1

3

�http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/ark:/74899/B315556101_MS0894
◊
Capítol I. La sorga de la Vision de Tindal:
La Vision de Tindal conta lo viatge anar e tornar de l'al delà de l'arma
del cavalièr Tindal, un guerrièr mai preocupat dels plasers d'aqueste monde que
del ben de son arma. Aquel tèxt occitan es la revirada de la Visio Tnugdali,
escricha en latin en 1149, per un monge irlandés, frater Marcus, a la demanda de
l'abadessa Gisela del covent benedictin de Ratisbona, al sud d'Alemanha. Marcus
transferiguèt de l'oral a l'escrich e de l'irlandés al latin, l'aventura de Tnugdali.
Aquel raconte aparten a la tradicion dels viatges e visions de l'al delà
pròpres a Irlanda coma la Navigacion de Sant Brendan, escricha al sègle IX que
lo monge Benedeit dona la primièra traduccion en lenga vernaculara pendent lo
primièr quart del sègle XII, e lo Purgatòri de Sant Patrici, escrich en 1184 per lo
monge anglonormand H. de Saltrey. Exprimís las concepcions politicas de
Marcus, sa contribucion al movement reformator de son temps, qu'ensajava de
faire desaparéisser las particularitats celticas de la societat e de la Glèisa Irlandesa
per las menar dins la dralha de Roma, sa percepcion de l'idèa de romievatge et sa
vision del monde d'aicí coma de l'autre. 3
Lo raconte del monge Marcus, la Vision Tnugdali, coneguèt una
renomenada granda sul continent coma o pròva lo nombre grand de manescriches
latins esparpalhats dins Euròpa. Se tròba tanben al nombre dels primièrs libres
estampats.
L'interès que se portava a aquel raconte apareis tanben dins las
reviradas nombrosas que ne foguèt l'objècte (alemand, anglés, bielorussa, catalan,
croat, francés, irlandés, islandés, italian, occitan, neerlandés, portugés, suedés,
sèrbocroat). En mai del manescrich objèct del present memòri, se comptava un
segond tanben escrich en occitan medieval que foguèt malorosament destruch en
1904 al moment de l'incendi de la Biblotèca Nacionala de Turin (Turin, Bibl. Naz.,
L.IV.22: Vision de Godalh (XIII° s.).
Dempuèi la debuta del sègle XIII, França coneguèt la propagacion
dels viatges allegorics en lenga vulgara. Si, d'un costat, la produccion visionària
subís un arrèst gaireben definitiu a la fin del sègle XIII, cal plan soslinhar, de
l'autre, que d'unes tèxtes, coma la Vision de Tindal (o Tondale), arrèstan pas de
circular e d'èsser difusats dusca a la fin de l'Edat Mejana, tant dins de redaccions
latinas que dins de traduccions en lengas vulgaras, de tal biais que lo sègle XV
marca l'apogèu de lor diffusion. 4
La Visio Tnugdali de Marcus existís pas que jos la forma daissada per
sos diferents copistas.
3

4

4

Yolande de Pontfarcy, L'au-delà au Moyen Âge, « Les Visions du chevalier Tondal » de David Aubert et sa source la
« Visio Tnugdali » de Marcus, Peter Lang, Bern, 2010, p XI
Mattia Cavagna, La Vision de Tondale, les Versions Françaises de Jean de Vignay, David Aubert, Regnaud le Queux,
Honoré Champion Editeur, Paris, 2008, p 7

�Lo copista de la version occitana medievala de la Vision de Tindal es
pas identificat, pas mai que lo tèxt latin que serviguèt de basa a sa produccion. Al
fòlio 100r, lo copista datèt la fin de son òbra del 18 de mai de 1466, e signèt de
son nom « Depetralata ».

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

L'an mial CCCC seisenta e sieys a XVIII
del mes de may foc acabat le p[re]sent
libre de Tindal e de Sant Patrici per
las mas de my

L'an mille quatre cent soixante six le 18
mai a été achevé le présent
livre de Tindal et de Saint Patrick,
écrit de ma main

Aquel patronim se retròba en particular dins lo clergat ont un canonge
del nom de Raymondus de Petralata ocupa aquelas foncions en 1427 a Sant
Antonin (ara Sant Antonin Nòble Val), qu'èra la segonda vila de Roergue dins lo
diocèsi de Rodés. Lo 10 de junh de 1427 èra nomenat a la catedrala Santa Maria
d'Auch ont escambiava son canonicat amb un canonge local. 5
Se deu remembrar que Guilhèm de Tudela, redactor de la primièra
partida de la Canson de la Crosada fins al jorn de la batèsta de Muret en 1213,
demorèt tanben a Sant Antonin. Foguèt provesit d'un canonicat al capítol de la
collegiala per Baudoin senhor novèl de Sant Antonin aprèp sa conquista en mai
de 1212 per Simon de Montfòrt6.
Petralata tròba son etimologia dins l'associacion dels substantius latins
PETRA+LATA que vòl dire pèira lata (o lada). En occitan, l'utilizacion de
« peiralada » per un luòc-dich es sovent ligada a la preséncia d'un sibornièr. A
5

Referéncia electronica : Obediences.net &gt; Prosopographie : vedette 3314, PETRALATA DE, RAYMUNDUS Mis
en ligne le 01 février 2006. URL : http://obediences.net/repdyn_fiches_individus.php?identif=3314&amp;page=tab

6

Martin-Chabot Eugène, La Chanson de la Croisade Albigeoise, éditée et traduite du provençal, Tome Ier, La
Chanson de Guillaume de Tudèle, (3ème édition), Société d'Edition « Les Belles Lettres », Paris, 1976, , pp VIII-IX

5

�Rossairòllas dins Tarn a distància de 14 km de Sant Antonin Nòble Val, lo
sibornièr dich « del Vaor » se tròba al luòc-dich « Peyralada ».
A Rivièra sus Tarn (Avairon), se tròba lo castèl de « Peyrelada ». A
Sant-Saturnin dins Cantal, lo castèl de « Peyrelada » presenta un fronton datat de
1012. Dins Coseran, i a la val de « Peyralada ». Se tròba tanben de luòcs-diches
« Peyrelada » en Corresa, Dordonha, e dins Tarn-e-Garona7.
◊
Quand faguèron l'edicion e l'estudi de la Vision de Tindal, A. Jeanroy e
A. Vignaux, comparèron aquel tèxt a l'edicion en latin de M. A. Wagner.8 Precisan
que lo manescrich foguèt senhalat pel primièr còp en 1832 pel marquès de
Castellane, qu'èra president de la « Société Archéologique du Midi de la
France ».9 A sa mòrt, lo manescrich dintrèt dins la colleccion del Doctor
Desbarreaux-Bernard, puèi en 1879 foguèt donat a la Bibliotèca Municipala de
Tolosa.
Lo marquès de Castellane precisa qu'es possible que la traduccion
romana siá plan anteriora a la data de 1466 10.
Pèire Bèc considera que dins la version occitana de la Vision de Tindal
lo copista prenguèt de libertats per raport al tèxt latin. D'aprèp el, es possible que
lo tèxt occitan tròbe son origina dins una traduccion romanica benlèu catalana. 11
Capítol II. Lo manescrich:
− la mesa en pagina:
Lo copista tirèt un quadre vertical que seguiguèt tan que possible per
alinhar lo tèxt a esquèrra e a drecha segon la tecnica de la justificacion, çò que lo
menèt de còps a trencar de mots en fin de linhas. Las linhas orizontalas servisson
de guida a las letras de las primièras e darrièras linhas del tèxt. Totjorn per
conservar la justificacion del tèxt, acaba los paragrafes per de volutas o un simple
trach.
Aquela preocupacion de sonhar la mesa en pagina se retròba dins la
decoracion de la primièra letra del tèxt, e dins aquelas de las debutas de paragraf o
de frasa.
La premièra letra del tèxt es una letrina roja e negra, sòbriament
ondrada de la letra Q que lo pal es pro alongat. Lo format de la primièra linha del
tèxt es superior al demai e las astas de las consonantas son pro alongadas.
Longnon Auguste, Les Noms de Lieu de la France, Honoré Champion Editeur, Paris, 1999,
M. A. Wagner, Visio Tnugdali, lateinisch und altdeutsch; Erlangen, 1882, pp. 1-56
9
A. Jeanroy et A. Vignaux, Voyage au purgatoire de Saint Patrice, Visions de Tindal et de Saint Paul, Textes
languedociens du XV° siècle, Privat, Toulouse, 1903
10
Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, Tome Second, années 1834-1835, Imprimerie de
Lavergne, Toulouse, 1836, pp 1 à 24
11
Pierre Bec, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge (XII°-XV° siècle), Aubanel, Avignon, 1977, p 240
7
8

6

�Lo copista ondrèt tanben la primièra letra de la debuta de cada
paragraf d'una letrina de color roja. Aquela letrina, e mai los dos o tres primièrs
mots, son escriches en caractèrs mai gròs que lo demai del tèxt. A l'interior dels
paragrafs, i a fòrça majusculas, precedidas d'un pè de mosca a la tencha roja.
Aquela presentacion aisina la lectura.
Per completar aquela mesa en pagina, dins la partida superiora del tèxt
lo copista butèt l'ornementacion de las astas amb de gansas. Sus la primièra linha
de cada fòlio, l'asta de las consonantas es generalament pro alongada. Dins la
partida inferiora, se vei d'elegants lançars de pluma.
Cada fòlio compta un vintenat de linhas.
− l'escritura:
L'escritura es cursiva. Los mots son desseparats los uns dels autres.
L'alfabet:

a
(se tròban doas formas de « a », l'una pròcha de
la « a » modèrna cursiva, la segonda mens
aisidament identificabla)
b
(es formada d'una asta que bocla en aut a drecha,
e d'una bocla en bas)
c
(es compausada d'un trach vertical e d'un pichon
croquet en aut, fa pas de bocla en bas)
d
(a una forma onciala, sa asta se clina plan a
l'esquèrra)
e
(sembla una bocla quand se tròba a l'interior
d'un mot)
e
(sa forma es pro diferenta de la precedenta
quand se tròba en iniciala o a la fin del mot)
f
(a una raia orizontala en son mitan que permet
de pas la confondre amb « s »)

7

�g
(es facha en doas partidas, en aut un croquet, sus
la drecha una linha en corba qui s'estira en longa
coa)
h
(son asta se contunha per una bocla a drecha,
dins la partida bassa la bocla drecha davala jos
la linha d'escritura)
i
(s'acaba per un leugièr croquet en direccion de la
letra seguenta, a pas de punt)
I j
(en initiala son pas diferenciadas)

l
(de còps son asta s'acaba per una bocla a drecha)

m
(a tres cambas)
n
(a doas cambas, dins lo mot sembla a « u »)
n
(a doas cambas, es mai aisidament identificabla
en iniciala)
o
(sa forma es perfièchament ronda)
p
(son pal es vertical)

q
(lo pal es mens vertical qu'aquel de « p »)

r
(se nòta doas formas, l'una pròcha de la « r »
moderna cursiva, la segonda estilizada que
sembla a una « R » majuscula)

8

�s
(en iniciala o dins lo mot, a una forma pròcha
de « f »)
s
(a doas formas quand se tròba en finala d'un
mot)
s
(en finala, quand es utilizada per justificar lo
tèxt a drecha es ondrada d'una asta)

t
(sembla a « c » subremontada d'una raia
verticala )
u
(sembla a « v » e a « n »)
u
(en initiala sembla a « v »)
v
(dins lo mot, sembla a « u » e a « n »)
v
(en iniciala, es parièra a « u »)
x
(se trobarà dins la primièra letra de l'abreviacion
del mot latin Christus: xst)

y
(la letra « y » es compausada de doas brancas e
d'un pal que forma una bocla)
z
(« z » s'acaba per un pal)

Las majusculas:
Lo copista utiliza las majusculas a la debuta de paragraf e de còps a la
9

�debuta de frasa, per contre, met pas de majuscula als noms pròpris. Los copistas
de l'Edat Mejana fasián pas la distincion, obligatòri uèi, entre noms comuns e
noms pròpris.12

Las abreviacions:
Lo copista utilizèt de sistèmas abreviatius. Se tròba doas varietats
d'abreviacions.
Las abreviacions per signes convencionals:
Per o par
(se presenta jos la forma de « p » que lo pal es
raiat)
que
(se presenta jos la forma de « q » que lo pal se
contunha per una bocla que tòrna montar)

A la debuta del mot, lo digrama &lt;er&gt;
es anonciat per una consonanta estilizada ,
aicí « s » que dona /ser/

Lo titulus servís a senhalar l'absència d'un grafèma « m », « n » o
« o », e mai de digramas, que siá a la fin o dins lo mot. A pas cap de forma fixa,
pòt èsser un croquet o una bocla, o los dos a l'encòp.
Titulus de m

Titulus de n

12

10

Michel Parisse, Manuel de paléographie médiévale, Picard, Paris, 2006, p 11

�Titulus de o

que
(se presenta tanben jos la forma de q surmontat
d'un titulus)

Dins lo mot, lo digrama &lt;er&gt;
se presenta jos la forma d'un titulus en bocla

Las abreviacions per contraccion:
Los mots abreujats son aquels que se rencontravan lo mai sovent dins
los tèxtes religioses e que la compreneson n'èra assegurada.
Dins lo tèxt, lo copista utilizèt las abreviacions seguentas:
Jesus Christus:
Jhu xst

Spiritus:
Sps
surmontat d'un titulus

Sistèma de notacion de las chifras :
L'Edat Mejana eretèt de l'Antiquitat romana son sistèma de notacion,
que se sona « chifras romans ». Cada chifra i es representada per una o mai d'una
letra. Las letras de basa son I (1), V (5), X (10), L (50), C (100), D (500), M
(1000).
Dins lo tèxt, segurament per evitar de los mesclar amb de letras, lo
copista enquadrèt las chifras de dos punts.
I
(sembla a la letra « j »)

11

�III
(sembla a la letra « m »
amb tres cambas)
Capítol III: Lo tèxt:
Las paginas seguentas comprenon la reproduccion del manescrich del
fòlio 48r al fòlio 55r, sa transcripcion e sa traduccion en lenga francesa.
Lo manuscrich es reproduch amb l'autorizacion aimabla de la
Bibliotèca Municipala de Tolosa.
Las aglutinacions graficas (enla per en la, dedieu per de dieu, etc...)
foguèron segmentadas conformament a l'usatge de uèi.
Las abreviacions son senhaladas per de croquets coma la restitucion
de los digramas que fan l'objèct d'una abreviacion dins lo tèxt. Avèm transcrich i/u
consonantics per j/v. L'elision es estada ajustada, aital coma las majusculas als
noms pròpris. Avèm tanben ajustat los punts d'enclisi quand èra necessari e adoptat
lo punch en exponent per la geminacion.
Avèm introduch una ponctuacion contemporanèa interpretativa.
◊
Lo tèxt es precedit d'una rubrica. Servís de títol. Es valorada per
l'emplec de tencha roja.
fòlio 47 vèrso

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

Ayssi come[n]sa lo libre de Tindal
tractan de las penas de purgatory .

12

Ici commence le livre de Tindal
qui traite des peines du purgatoire.

�Fòlio 48 rècto

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

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�F° 48 r
1

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Qui vol ausir,
entendre ni aver gaug eternal deu esser mot curos,
e entendut a amar Dieu e obezir als
seus comandamens. E per tal que l'arma
e lo cors sian scomogutz en la temenssa
de Dieu, legisca o fassa legir aquest
libre, loqual un sanct religios, que avia nom Marc, traslatec de grec
en lati, a honor de Dieu, e de squivar peccat,
e estar lialment el setgle, e viure
en la terra fazen los comandamens
de Dieu.
Al palays de Ybernia, abia hun
cavalier jove e fort, e avia nom Tindal
noble e de gran linatge; home alegre,
e era mot gracios e tresque bel, cortezament noirit, pros e espert e bel
parlier, laugier en totas cauzas de

Celui qui veut écouter,
entendre et avoir la joie éternelle,
doit être très attentif,
consentir à aimer Dieu, et obéir à
ses commandements. Afin que l'âme et le
corps soient émus par la crainte de Dieu,
qu'il lise ou fasse lire ce
livre. Celui-ci fut traduit du grec en latin
par un saint religieux, qui s'appelait Marc,
pour honorer Dieu, pour éviter le péché,
être loyal avec les autres, et vivre
sur la terre en suivant les commandements
de Dieu.
Au palais d'Irlande, il y avait un
chevalier jeune et fort, qui s'appelait Tindal,
noble et de grande lignée; homme
joyeux, il était très gracieux et très beau,
courtoisement élevé, preux et adroit, beau
parleur, connaisseur dans tous les
domaines de

�fòlio 48v

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

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�20

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f° 48 v

f° 48 v

cavalaria. Mas per sa beutat, son estam[en]t
tornet en desplazer de Dieu e en dolor de
son arma, tant se coffizava en sa savieza e en la laugieyria de son cors e en sa
forssa que non avia cura de far
s[er]vizi a Dieu ni procurar la salvatio
de la sena arma. Am si negus ly [par]les
de coffessio o de penitenssa, el s'en trufava e ne fazia squern. La glieysa menesprezava e.ls paubres de [Jesus Christ]
no volia vezer, mas a joglars e
a glotos e a vanas gens donava sos
bes per vana gloria. E cant el ac
estat lonc temps en aquel stame[n]t,
plac a la divinal mis[er]icordia que
son mal regime[n] e sas banas obras
fosso mudadas, e que se convertis e fos
son amic, coma fes de sant Paul.
Per aventura per qualque causa
que fazia o dizia avia fag o dig
que era plazen a Dieu per laqual

de la chevalerie. Mais gâté par sa beauté,
son comportement déplut à Dieu et
provoqua la douleur de son âme. Il avait
tellement confiance en son savoir, dans
l'agilité de son corps et dans sa force, tant
et si bien qu'il ne se souciait pas de servir
Dieu, ni de chercher à sauver son âme.
Aussi si quelqu'un venait à lui parler de
confession et de pénitence, il s'en moquait
et le tournait en dérision. Il méprisait
l'église, il refusait de voir les pauvres de
Jésus Christ, mais par vaine gloire, donnait
ses biens aux jongleurs, aux profiteurs, et
aux vaniteux. Il y avait longtemps qu'il
menait cette vie lorsqu'il plut a la divine
miséricorde de changer son mauvais
comportement et ses mauvaises œuvres,
qu'il se convertisse et soit en paix avec lui,
comme il fit avec Saint Paul.
C'est parce qu'il avait fait à l'occasion
quelque action, ou avait dit l'avoir faite ou
dite, qui avait plu à Dieu, que ce dernier

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no lo volia dampnar et[er]nalment.
Endevenc se que, estan aquel
cavalhier en la ciutat de Corcages 13, ly
venc sopdament, de mentre que el
ma[n]java a taula am sos jotglars, an
sos plazers, una gran malautia, de laqual .III. jorns e . III . nuogz jac aissi
coma mort. En loqual spazi foc sa
arma raubida, e ly foc mostrat com
devia amar e servir Dieu e hobesir
als seus comandamens, losquals avia
en son joven menesprezatz e ly
foc mostrat com auziretz,
A Las penas d'yffern e.ls gaugz
de paradis car qual que fos la malautia se dira. Aquest Tindal avia
gran multitut d'amigz, de parens
e de companhos, e hun son bon amic
devia ly tres cavals per causa de ca[m]by.

ne voulait pas le condamner éternellement.
Alors que ce chevalier était
dans la cité de Cork, il avait contracté
soudainement une terrible maladie, tandis
qu'il mangeait à table avec ses jongleurs au
milieu de ses plaisirs, qui le laissa trois
jours et trois nuits gisant comme mort.
Pendant ce temps, son âme lui fut dérobée
et il lui fut montré comment il devait aimer
et servir Dieu et obéir à ses
commandements qu'il avait méprisés dans
sa jeunesse et il lui fut montré comme vous
l'entendrez, les peines de l'enfer, les joies du
paradis car quelque fût la maladie, on en
parlera par la suite. Ce même Tindal avait
énormément d'amis, de parents et de
compagnons d'armes. Un de ses bons amis
lui devait trois chevaux à la suite d'un
échange.

Lo copista faguèt un error de transcripcion amb « Cartages » en luòc de « Corcages » actualament Cork (en irlandés
Corcaigh)

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E venc aquest Tindal, al temps que devia esser pagat dels tres cavals en
lo hostal daquest deutor per aver sos
cavals, e aquel deutor fes ly mot bel
aculhiment e dis, entre las autras causas, que per Dieu ly perdones, car de
presen no podia aber los tres cavals.
De laqual causa Tindal foc mot corrossat,
e volia s'en partir mas lo deutor ly
preguec mot cortesament q[ue] ma[n]ges
amb el, e fes ho. E cant foro a taula
e las viandas ly foro aportadas dava[n]t,
e el estendec son bras per come[n]sar
de ma[nj]ar, e sopdament ly venc tant
de mal al bras, que non poc portar
la vianda en sa boca, e comensec a
far critz terribles, e dis que el era
mort e que non podia escapar. E
sopdament lo cors cazec coma mort,
e foc ayssi com cors desamparat
de l'arma, e ac totz los senhals de

Au moment où il devait être payé des trois
chevaux, Tindal se rendit dans la maison de
ce débiteur pour les récupérer. Le débiteur
lui fit un très bon accueil, il demanda, entre
autres choses, qu'au nom de Dieu, il le
pardonnât, parce que pour le moment il lui
était impossible de le satisfaire.
De ce fait, Tindal fut fort courroucé. Il
voulait s'en aller mais le débiteur le pria
avec tant de courtoisie de manger avec lui,
il y consentit. Quant ils furent attablés et
que la nourriture lui fut servie, il étendit son
bras pour commencer à manger et
soudainement il fut saisi d'une telle douleur
au bras qu'il ne put porter de nourriture à sa
bouche. Il commença à pousser de terribles
cris, il dit qu'il allait mourir et qu'il ne
pouvait pas y échapper. Subitement, le corps
tomba comme s'il était mort. Il fut ainsi
comme un corps séparé de l'âme, il
présentait tous les signes de

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mort. E adonc los s[er]vidors levero la
taula, los scudiers cridero, lo deutor foc
irat, lo poble de la ciutat se ajustec,
los clergues sonero los glasses, e foron
totz turbatz e emiravilhozats de la mort
del bon cavalhier. E estec enayssi
jazen lo cors coma si era mort, del
dimecres entro al dissapde, que non
avia senhal mas un pauc de calor
de vida. E quant venc el dissapde
que lo volian sebelhir, so dizia la
hun « Mort es de tot », e l'autre dizia:
« Encaras non es de tot mort, que encaras a color », e volian lo sebelhir, e
l'esperit tornec al cors, e comensec
a sospirar mot fort. E d'aysso agro
totz motz grans meravilhas. E van
dire alcus: «Non es pas enayssi coma ditz lo psalmista: Sp[iritu]s yens e
non rediens. L'esperit va e non retorna. »

mort. Alors, les serviteurs levèrent la
table, les écuyers crièrent, le débiteur fut
désespéré, le peuple de la ville se rassembla,
les clercs sonnèrent le glas et ils furent
tout troublés et stupéfaits de la mort
du bon chevalier. Le corps demeura ainsi
gisant comme s'il était mort, du
mercredi jusqu'au samedi, car il ne donnait
aucun signe de vie, à l'exception d'un peu de
chaleur. Quand vint le samedi
et qu'on voulut l'ensevelir, l'un disait:
« Il est bien mort ». L'autre disait:
« Il n'est pas encore mort, il a encore quelque
couleur ». Alors qu'ils voulaient l'enterrer,
l'esprit revint dans le corps. Il commença
à respirer très fort. De cela, ils furent
tous énormément stupéfaits. Certains
vont dire: « N'est-ce pas ainsi que dit
l'auteur des psaumes: Spiritus yens e
non rediens. L'esprit part et ne revient pas. »

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Adonc Tindal obric sos uelhs e regardec
entorn si, e fec senhal, car non podia
parlar per so que avia vist que el
volia coffessar e cumenjar. E vengro los
cappelas e cofesset se devotament e
cumenget. E cant ac resseubut lo cors
de Jh[es]u[s] Ch[ri]st dis enayssi: «O senher Die[u]s
mis[er]icordios, be conoyssi que sobregra[n]
es la tena mis[er]icordia e la tena
pietat major que lo meu deffalhime[n]t,
car en my ha gran desconoyssenssa,
mas per la gran pietat que es en tu,
as me mostrat grans tribulatios per
ma correctio, e pueys as me consolat
e vivifiat, e del gran abisme de yffern
deliurat. » E cant ac finidas aquestas
paraulas, donec als paubres de Jh[es]u[s ]
Ch[ri]st tot cant avia, e no a parens q[ue]
el agues. E desamparec la vida
bana e l'estament que avia tengut,

Alors Tindal ouvrit ses yeux et regarda
autour de lui. Il fit signe car il ne pouvait
pas parler. De ce qu'il avait vu, il
voulait se confesser et communier. Les
prêtres arrivèrent, il se confessa
dévotement et communia. Quant il eut
reçu le corps de Jésus Christ il dit ainsi:
« Oh seigneur Dieu miséricordieux, je
reconnais bien que ta miséricorde et ta
pitié sont plus grandes que mes
manquements, mais j'étais bien ingrat,
aussi grâce à la grande compassion qui te
caractérise, tu m'as montré de grandes
épreuves pour me corriger. Puis tu m'as
consolé et vivifié et délivré du grand
abîme de l'enfer. » Quant il eut achevé ces
paroles il donna aux pauvres de Jésus
Christ tout ce qu'il avait, au lieu de le
léguer à ses parents. Il interrompit la vie
légère et la conduite qu'il avait eues

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e pres a.far bonas obras e a Dieu plazent,
e contar publicament a las gens so que
avia vist aytant cant l'arma estec
foras lo cors. E tot so que avia supportat
tot o racontec, ayssi coma o auziretz,
que ieu vos contariey.
Cant l'arma se desamparat lo
cors e conoc que mal lo avia regit,
ac gran vergonha e gran pahor e no
sabia que se fezes, mas volgra tornar
en lo cors e no podia. E vesia sa cossie[n]ssa plena de peccatz e digna de t[o]rmen,
e estec en gran pahor e gran temensa, mas envoquet la misericordia
de Dieu am gran coffizanssa, e car
per aventura avia fag qualque
plazer a Dieu, e Dieus volc ly mostrar so que auziretz. Entre que stava
trista e ploran e no sabia so que devia
far ni ont se tengues, e la vic venir

Il se mit à faire de bonnes œuvres qui plurent
à Dieu, et à raconter publiquement aux gens
ce qu'il avait vu pendant que son âme avait été
séparée de son corps. Il raconta tout ce qu'il
avait supporté, comme vous l'entendrez et
comme je vous raconterai.
Quand l'âme quitta le corps et qu'elle eut
connaissance de quelle façon elle l'avait mal
conduit, elle eut bien honte et bien peur, et
ne savait que faire, aussi elle aurait voulu
retourner dans le corps, mais ne le pouvait
pas. Elle voyait sa conscience chargée de
péchés et digne de tourment, elle était effrayée
et dans une grande crainte. Cependant, elle
invoqua avec une grande confiance la
miséricorde de Dieu. Car il était arrivé,
qu'elle ait parfois fait plaisir à Dieu, et Dieu
voulut lui montrer ce que vous allez entendre.
Tandis qu'elle était triste et éplorée et qu'elle
ne savait pas ce qu'elle devait faire ni où se
réfugier, elle vit arriver

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una gran multitut d'esperitz horres, terribles e pudens, que non tant solament
onplian l'ostal ont jazia lo cors, mas
que tota la ciutat n'era plena. Et
aquestz speritz vengro a la arma
trista tot al torn. Et non pas p[er] coffortar
la, mas per so que fos en major tristor
e en major tribulatio. E come[n]seron
a cridar e a dire cans de gran dolor.
E dizian ly: «O! arma trista, tu yest
filha de mort e vianda de fuoc et[er]nal
e amiga de scurtat, e enemiga de
clartat. » E gitavo se aquels orribles
speritz contra l'arma, e estregian
las dens. E de gran maleza se squissava[n], e disian a l'arma: « Vet tu aquels
que as elegitz, am losquals cremaras
e entraras en lo plus prion de yffern.
Car tu yest estada noyrimen de tracios, e mayre de bregas e de discordias. Per que aras no te donas lo

une grande multitude d'esprits laids, terribles
et puants, qui, non seulement
remplissaient la maison où gisait le corps,
mais aussi toute la ville.
Ces esprits rodaient autour de la pauvre âme,
non pas pour la réconforter, mais pour qu'elle
fût encore plus triste et encore plus éprouvée.
Ils commencèrent à crier et à entonner des
chants très douloureux. Et ils lui disaient:
« Oh! Âme triste, tu es fille de la mort et
nourriture du feu éternel, amie des ténèbres et
ennemie de la clarté!». Ses horribles esprits se
jetaient contre l'âme et grinçaient des dents.
Avec beaucoup de méchanceté, ils se
déchiraient et disaient à l'âme: « Vois ceux que
tu as choisis, avec eux tu brûleras et entreras
au plus profond de l'enfer.
Car tu as été source de trahisons, et
mère de querelles et de discordes.
Pourquoi maintenant ne fais-tu pas

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orguelh que solies far? Per que no[n] raubas?
per que non fas las grans malesas
e.ls tortz que solies far? Regarda ont
es la tua vanetat, lo van gaug , e.l
fol ris, ni la bobanssa. Ont as la
forssa per la qual non temias re
offendre? Ont so los regardamens teus
dezonestz que solias far? Dels tortz,
dels mals, de las forssas, de las enjusticias, de las vilhesas, dels plazers
desonestz que as fachs ni ditz, de tot
auras gazardo en aquesta hora de
so que as fach ni dig ni penssat.»
E cant l'arma auzic aysso, estec
mot trista, e sospirec, e tremolec,
e estec embayda quasi en desperatio, que tot jorn esperava que los
demonis la prenesso e l'anmenesso
en yffernals turmens, e reclamec
la misericordia de Dieu am gran
dolor.

l'orgueilleuse comme tu avais coutume de le
faire? Pourquoi ne voles-tu pas? Pourquoi ne
fais-tu pas les grandes méchancetés et les
torts que tu avais coutume de faire ? Regarde
où est ta vanité, la vaine jouissance, le fou
rire et la bombance. Où as-tu la force avec
laquelle tu ne craignais pas d'offenser qui
que ce soit? Où sont les jugements tous
malhonnêtes que tu savais faire? Des torts,
des maux, des violences, des injustices, des
bassesses, des plaisirs malhonnêtes que tu as
faits, dits et pensés; de tout cela, tu auras la
récompense, maintenant, de ce que tu as fait,
dit et pensé.»
Quant l'âme entendit cela, elle fut très triste.
Elle soupira, et trembla. Elle fut envahie par
le désespoir. En permanence elle attendait
que les démons la prissent et la conduisissent
dans les tourments de l'enfer. Elle réclama la
miséricorde de Dieu dans une grande
douleur.

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Adonc Dieus tot poderos, plen de pietat e de misericordia, lo qual tot sol pot
restaura los perdutz, an aquesta arma, car se era reclamada a lui e la
sena misericordia, volc ajudar et a
trempar la miseria e la afflictio en
laqual estava, e trames ly .I. son
angel. E enayssi coma l'arma re
gardava say e lay, l'arma vic una
clardat a forma de una stela luzen,
e demantenen ac speranssa que
aquela clardat ly donava qualque
consolatio. E aqui meteys, venc lo
angel am gran clardat a l'arma, e saludec la per son propry nom, e dic
ly: «Dieus te sal Tindal e te ajude
per sa misericordia. E que fas? » E
adonc l'arma can vic l'angel plus
bel que ninguna forma de home
que se pogues trobar nonobstant
la gran pahor que ac aguda, ac

Donc, Dieu tout puissant plein de
pitié et de miséricorde, celui qui seul
peut sauver les perdus, comme cette âme
s'était confiée à lui et à sa miséricorde,
voulut l'aider et adoucir la misère et
l'affliction dans laquelle elle se trouvait.
Il lui envoya l'un de ses anges. Pendant
que l'âme regardait çà et là, elle vit une
clarté qui avait la forme d'une étoile
brillante. Aussitôt, elle eut l'espoir que
cette lumière lui apporte un peu de
réconfort. En même temps, l'ange
apparut à l'âme dans une grande lumière,
et la salua par son propre nom. Il lui dit:
« Dieu te sauve Tindal et t'aide dans sa
miséricorde. Que fais-tu?»
Ainsi donc, quant l'âme vit l'ange qui
était plus beau qu'aucune forme humaine
qu'on pût trouver, malgré la grande peur
qu'elle éprouva et eut

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Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

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de la presencia de l'angel, e respondec
205 am grans lagremas: « Ay, senher payre,
per la gran merce de Dieu, ajuda me,
car las dolors de yffern son entorn my,
e los lasses de mort me volo prendre! »
E adonc l'angel ly dis: « Can tu te ve210 zes en gran mis[e]ria e en gran paor,
tu me apelas payre, mas cant tu
eras en lo setgle e avias tos plazers,
tu me menesprezavas e non avias
cura de my. Ieu era tot jorn am tu
215 e te amonestava a.far be, e tu no
me volias creire ». E l'arma respondec:
«Ay, senh[e]r, ja non ay menbranssa que
jamay ieu te vis ny auzis la tena
dossa paraula.» E l'angel ly dis:
220 « Ieu te ay seguida e acompanhada
vas qualque part volguesses anar
del temps que nasquiest entro aq[ue]st,
e non volias creire mos savis cosselhs.»

34

de la présence de l'ange, elle répondit
en pleurant à chaudes larmes: «Ah, seigneur père,
par la grâce de Dieu, aide moi,
car les tourments de l'enfer m'entourent,
et les filets de la mort veulent me prendre. »
Alors, l'ange lui dit: «Quant tu te vois
dans une grande misère et dans une grande
crainte, tu m'appelles père. Mais quand tu te
trouvais dans le monde où tu t'adonnais à tes
plaisirs, tu me méprisais et tu ne te préoccupais
pas de moi. Moi, j'étais toujours avec toi, et je
t'exhortais à faire le bien mais tu ne voulais pas
me croire. » L'âme répondit au Seigneur:
« Oh, seigneur, aujourd'hui je n'ai pas le souvenir
de t'avoir jamais vu, ni d'avoir entendu ta douce
parole. » L'ange lui dit: «Depuis ta naissance
jusqu'à ce moment, je t'ai suivie et accompagnée
dans tous les endroits où tu voulais aller, mais tu
ne voulais pas suivre mes salutaires conseils. »

�fòlio 53v

Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

35

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225

230

235

240

36

E estendec l'angel sa ma e pres hung
dels orribles speritz. Et dis a l'arma: « Vezes tu aqueste ca? Aquest ca es pl[u]s
contrary e plus apparelhat de far
te mal que los autres. Aysso es
lo mal esperit que as cresut e my
non as volgut creyre. May Dieus, ple
de mis[er]icordia, vol mostrar en tu sa
gran bontat cant que non ho ajas gazanhat. E estay segura, arma, car
a tu covendra gran re vezer e suffrir
per aver pueys la gloria eternal.
Per que viey apres my e tey en ta
memoria so que ieu te mostrariey.
E so que veyras ni auziras, car pueys
tornaras en ton cors car Dieus no te
vol perdre.» Adonc l'angel pres la
arma, e l'arma se appropiec de l'angel
am gran pahor, e lo cors restec aqui.
E los demonis vigro que l'angel
acompanhec e gardet aquesta

L'ange étendit sa main, et attrapa l'un
de ces horribles esprits. Il dit à l'âme:
« Vois-tu ce chien. C'est le plus agressif,
celui qui peut te faire plus de mal que les
autres; c'est le mauvais esprit, que tu as
cru, et tu n'as pas voulu croire en moi.
Mais Dieu, plein de miséricorde veut te
montrer sa grande bonté, bien que tu ne
l'aies pas mérité. Rassure-toi, âme, car il te
faudra voir de terribles choses et souffrir
pour obtenir ensuite la gloire éternelle.
C'est pourquoi tu vas me suivre et garder
dans ta mémoire ce que je te montrerai, tu
en verras et en entendras, puis ensuite tu
reviendras dans ton corps, car Dieu ne veut
pas te perdre. » L'ange prit alors l'âme, et
l'âme s'approcha de l'ange remplie de
crainte. Le corps resta là.
Les démons virent que l'ange
accompagnait et protégeait cette

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Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

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245 arma en tal manieyra que no la auzero
tocar, e comensero a cridar e a dire: «O
Dieus, e tant delial e tant cruzel yes,
car per ta sola voluntat alcus mortifficas e.ls autres vivifficas, e segon
250 que as promes, non redes a cascun segon sas obras. Car tu delieuras alcunas armas que non an gazanhat
e dampnas d'autras per ton voler.»
E cant agro aysso dig entre els,
255 los demonis se comensero a naffrar
la hun l'autre, e mordre de gran felonia, car no podiam tormentar la
arma. E enayssi se partiro daqui
am grans critz e am gran tristicia
260 e am gran indignatio, e aqui restec
gran pudor per tres horas.
Adonc l'angel comensec
a anar, e dis a l'arma que lo seguis.
Adonc l'arma ly dis en plangen:

38

âme de telle manière qu'ils n'osèrent pas
la toucher et ils commencèrent à crier et à dire:
« Oh Dieu! Tu es bien déloyal et bien cruel, car
par ta seule volonté tu mortifies les uns et tu
vivifies les autres, et, en fonction de ce que tu as
promis, tu ne rends pas à chacun selon sa
conduite. Car tu délivres des âmes qui ne l'ont
pas mérité et tu condamnes d'autres par ton bon
vouloir. »
Quand ils eurent prononcé ces mots entre eux,
les démons commencèrent à se battre
les uns contre les autres, et à se mordre avec une
grande traîtrise, car ils ne pouvaient pas
tourmenter l'âme. C'est ainsi qu'ils partirent de là
en poussant de grands cris, dans une grande
colère et très indignés. Dans cet endroit, il régna
une grande puanteur pendant trois heures.
Alors l'ange commença à s'avancer, et il dit à
l'âme de le suivre. Alors l'âme lui dit en se
plaignant:

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265

270

275

280

285

40

« Ay, senher payre, si ieu vau avant,
ieu temy que aquela companhia, que
tant que me an amenassada, me p[re]ngo
e me meto en lo fuoc infernal ». E
l'angel respon: «Non ajas pahor, car
major es la nostra companhia que
la lor e plus forta. E qual poyria
esser plus fort de nos que Dieus sia
an nos. Els non an poder de prendre
te ni de appropriar mas tant coma
Dieus o permet. Mas tu veyras
las penas de yffern, e d'alcunas
te convendra a suffrir per fa corretio.»
E come[n]sero a.far lor cami, e l'arma
non avia clartat mas aquela que
yssia de l'angel. E cant agro
anat longament, vengro a una
val scura e tenebroza e cuberta
de tenebras de mort. Aquesta val
era mot prionda e plena de
carbos ardens e pudens, e avia y

« Ah, seigneur père, si je m'avance,
j'ai peur que cette compagnie qui
m'a tant menacée ne m'attrape
et me jette dans le feu de l'enfer. Et
l'ange répond: « N'aie pas peur, car
notre compagnie est plus grande que la leur
et plus forte. Car qui pourrait
être plus fort que nous puisque Dieu est
avec nous, ils n'ont pas le pouvoir de te
prendre ni de s'approcher, mais seulement
tant que Dieu le permet. Mais pour te corriger,
tu verras les peines de l'enfer, et de certaines
tu devras souffrir. »
Ils commencèrent à marcher, l'âme n'avait
pour seule clarté que celle qui émanait
de l'ange. Quant ils eurent longuement
marché, ils virent une vallée obscure et
ténébreuse, couverte des ténèbres de
la mort. Cette vallée était
très profonde et pleine de
charbons ardents et puants, il y avait

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Toulouse Bibliothèque Municipale, ms 894, © Bibliothèque Municipale de Toulouse, G. Boussières

fòlio 55r

290

hun cruzel de ferr, que podia aber .I.
cana d'espes, que era tot blanc e cremava pus fort que los carbons. La pudor que yssia d'aquela val era ta
granda que ne se podia stimar. E una
gran multitut d'armas desendia
sobre aquel cruzel a manieyria

un grand creuset de fer qui pouvait avoir une
cane d'épaisseur, qui était tout blanc et
brûlait plus fort que les charbons, la
puanteur qui sortait de cette vallée était si
importante qu'on ne pouvait l'évaluer. Une
grande multitude d'âmes descendait sur ce
creuset à la manière...

Lo copista interromp son escritura sens acabar sa frasa. Daissa dins lo
manescrich un blanc de quatre linhas abans de tornar prene un novèl paragraf.

41

�Capítol IV: Estudi linguistic:

Grafia
Zòna causa/fach:
Los filològs reconeisson en Occitània medievala l'existéncia de quatre
regions-tipes linguisticas segon las diferentas palatalizacions: (1°): [ʧawza]-[fajt],
(2°): [ʧawza]-[faʧ], (3°): [kawza]-[fajt], (4°): [kawza]-[faʧ] 14.
Lo copista èra originari de la zòna causa [kawza]/fach [faʧ] (l 38, 59,
67: causa, l 172, 174: fach). Aquela abséncia de palatalisacion de [k] dins la
resulta de CA- latin (CAUSA) e la palatalisacion du -CT latin (FACT) localiza la
lenga del copista dins lo lengadocian septentrional e nòrd-oriental.
Aquel airal linguistic correspond uèi als departaments d'Avairon, e en
partida als departaments de Losèra, de Cantal, d'Òlt, de Tarn, de Nauta-Garona,
d'Erau e de Gard.
aglutinacions graficas :
Los mots son desseparats los uns dels autres. Mas se tròba que lo
copista pega d'advèrbis o de proposicions a d'articles o a de mots (exemples : elo,
enla, dedieu, degrec). Als sègles XI e XII los copistas desseparavan pas los mots
d'aprèp lor individualitat gramaticala coma lo fa l'ortografia de nòstre temps. Los
amassavan seguent lor solidaritat fonetica15. Se tròba dins nòstre tèxt de fossils
d'aquela abitud.
redoblament de la consonanta iniciala:
La consonanta iniciala es redoblada aprèp la preposicion acabada per
una vocala (l 121, l 215, l 278: affar).
A contunha ad latin. La preposition ad construcha amb un infinitiu
marca la tòca ou l'obligacion (ad facěre). Lo copista en ligant dins un meteis
ensems grafic una conjoncion e un mot, redòbla alara la consonanta iniciala
d'aquel mot. S'agís d'una geminacion per assimilacion de l'oclusiva en còda (en
posicion de flaquesa articulatòria) a la consonanta en ataca de la sillaba seguenta.
La geminacion es tot simplament le redoblament d'una consonanta que produsís
un alongament perceptible a l'oral. L'alongament d'aquela consonanta es eissit
d'un contacte entre una oclusiva en còda e una autra consonanta en ataca.
L'occitan medieval conservèt aici l'assimilacion de l'oclusiva dentala d a la
fricativa labio-dentala f, e transcriu aquel alongament de f dans la grafia amb ff a
l'initiala.
Çò interessant es que aquí aquela assimilacion se fa entre doas sillabas
14

15

42

Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, p. 406, note 75
Brunel Clovis, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Picard, Paris, 1952, p VI

�qu'apartenon pas al meteis mot e la grafia n'es lo testimòni.
L'assimilacion se produguèt pro bona ora, tre l'epòca del latin vulgar,
es atal que admirari devenguèt amminari, e adsatis assatis16.
La nasala s'amudis dabans f:
Se tròba tanben de geminacions per assimilacion a l'interior del mot.
Es lo cas a la linha 22 amb coffizava de confizava (latin: confitěor). Aicí la nasala
en còda s'assimilèt a la consonanta en ataca de la sillaba seguenta qu'es coma dins
lo cas precedent la fricativa /f/. Es parièr per yffernals de ynfernals, a la linha 180.
Betacisme:
Quand lo son [b] ven d'un v ou d'un b intervocalic latins, es representat
per v segon l'usatge ancian de la lenga d'òc17 . I a interferéncia entre oral e escrich
a las linhas 14: abia (latin : hăběo), e 177 : embayda. S'agís aicí de falhas que
daissan endevinar lo dialècte parlat. Coma lo dison Gérard Gourian e Michel
Hébert (cf. « Le Livre Potentia des Etats de Provence ») : « la langue de tous les
jours perce parfois la croûte durcie de l'orthographe officielle »18.
Notacion de « l » palatal:
Per la notacion de l banhat, se tròba pas que la grafia lh (l 43,86 :
cavalhier, l 64 : aculhiment, l 85 : emiravilhozatz, l 91 : sebelhir, l 97 :
meravilhas, l 102 : uelhs, l 111 : defalhiment, l 151: filha, l 162 : orguelh, l 171 :
vilhesas, l 223 : cosselhs, l 227 : apparelhat).
Aquel l palatal intervocalic o s'acabant en finala constituís un trach
tipic del manescrich.
Dins cavalhier -lh- resulta de la fusion de -li-. Sebelhir que l'etimon
SEPELĬRE compòrta pas qu'un -L- deu sa banhadura a l'extencion de formas que
presentan un iòd (SEPELIO, SEPELIAM). 19
Notacion de « n » palatal:
Per n banhat, se tròba tojorn nh (l 58 : companhos, l 80, 89, 103 :
senhals, l 108, 205, 217, 265 : senher, l 130 : vergonha, l 220: acompanhada, l
233, 252 : gazanhat, l 240 : acompanhec, l 265, 270 : companhia).
Abséncia d'elision:
L'abséncia d'elision de l'article davant la vocala es rara (l 62: lo hostal,
l 91, 256: la hun). Aquela abséncia d'elision s'encontra dins de tèxtes roergàs del
16
17
18

19

43

Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921
Lois Alibèrt, Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians, Institut d'Estudis Occitan, Tolosa, 2000, p 22
« Le Livre Potentia des Etats de Provence », (1391-1523), publié par Gérard Gouiran et Michel Hébert, Editions du
Comité des Travaux historiques et scientifiques, Paris, 1997, p XL
François Zufferey, Recherches linguistiques sur les chansonniers provençaux, Librairie Droz, Genève, 1987, p 148

�sègle XV20.
Se pòt veire dins la preséncia de « h » dins hostal (latin : hospĭtĭum) e
hun (latin : hĭc, hæc, hŏc) una traça etimologica .
Abséncia de la vocala e prostetica:
L'abséncia de la vocala e prostetica es una traça caracteristica de la
grafia copista (l 6 : per tal que l'arma e lo cors sian scomogutz, l 10 : e de squivar
peccat, l 28 : ne fazia squern, l 33 : en aquel stament, l 48 : en loqual spazi, l 82 :
los scudiers crideron, l 139: entre que stava, l 145 : aquetz speritz, l 154 : aquels
orribles speritz, l 155 : de grand malessa se squissavan, l 192 : una stela luzen, l
193 : demantenen ac speranssa). L'absència de « e » prostetica se tròba en italian.
Sperit per esperit representa una convencion grafica generalizada en
Roergue e endacòm mai21.
L'abséncia de la vocala e prostetica es un fenomèn que se tròba sovent
dins los tèxtes provençals, dins losquals los copistas parèisson preferir [sk] a
[esk], coma dins scomogutz (l 6), squivar (l 28), squern, scudiers (l 82), [sp] a
[esp] coma dins spazi (l 48), e [st] a [est] coma dins stament (l 33) e stava (l
38)22.
Aquela abséncia es una costuma grafica latinizanta. Si pels substantius
seguents lo mot remanda a un etimon: spazi (SPATIUM), scudier (SCUTARIUS),
stava (STARE), speritz (SPIRITUS), stela (STELLA), e speranza (SPERARE),
es pas lo cas per scomogutz que l'etimon comença per le prevèrb -ex
(EXMOVERE).
La manca de e- es frequenta tanben dins los tèxtes catalans
medievals .
23

S'agissent del contèxt que precedís los mots començant per
s+consonanta, se remarca que l'abséncia de e prostetic evita la ligason amb la
finala del mot prededent (l 6: lo cors sian scomogutz, l 33: ac estat longtemps en
aquel stament, l 48: en loqual spazi foc sa arma raubida, l 82: los scudiers
cridero, l 145: aquestes speritz vengro). L'abséncia de e prostetic aprèp
consonanta es atestada mai d'un còp dins las cartas de Roergue et de Carcin
anterioras al sègle XIII24.
Efectivament, se tròba aquel trach en particular dins una carta de
20

21

22
23

24

44

Revue des Langues Romanes, TOME CVII, Année 2003, n° 2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, Le Texte Occitan d'un livre
d'Heures à l'usage de Rodez (1460-1470), Médiathèque de Rodez, ms 138, p 388
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, p. 374
« Le Livre « Potentia » des Etats de Provence, éd. Gérard Gouiran, M. HEBERT, Paris, 1997, p. XLVI, § 2.3.
L'occitan une langue de travail et de la vie quotidienne du XII° au XXI° siècle, Les traductions et les termes
techniques en langue d'oc, Actes du colloque organisé à Limoges les 23 et 24 mai 2008, publiés par Jean-Loup
Lemaitre et Françoise Vieillard, , Paris, Diffusion de Boccard, 2009, p 267
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, p. 402

�Roergue relativa « al legat per Gracias a l'espital Sant Joan de Jerusalèm d'una
laissa d'un sestièr de froment sus un molin a Curlanda », redigida a l'entorn de
1160 dins aqueles tèrmes : Carta de la laissa que fetz enz Garcias a Deu ez a
l'ospital de Jherusalem .I. ster de froment quez avia al molinar ez ela terra quess'i
aperte a la font a Qurlanda,...25
Se tròba un exemple de l'abséncia du e prostetic en tolosan del sègle
XV dins las composicions de Guilhèm de Galhac (« De vers lo cel, hon gautz
floris he grana », vèrs 22: Qu'es principals don del Sant Sperit, e « Huyei signes
vey dins una mar passibla »: vèrs 5: Son de vermelh e de color scura, vèrs 25:
Las alas prenc designans stat noble)26. Guilhèm de Galhac èra procuraire al
Parlament de Tolosa. Foguèt elegit manteneire del « Consistòri de la Gaia
Sciéncia » en 1453 e capitol en 1463.
L'escrich pòt pas èsser sistematicament pres coma la pròva d'una
realisation orala. En efièch, se tròba dins nòstre tèxt lo digrama &lt;es&gt; dins escapar
(l 77 : non podia escapar), esperit (l 95 : l'esperit tornec al cors, l 100 : l'esperit
va, l 142: una gran multitut d'esperitz horres, l 229 : lo mal esperit), estendec (l
72 : el estendec, l 224 : E estendec l'angel), e esperava (l 178 : tot jorn esperava).
Se pòt tirar la conclusion que lo grafèma &lt;s&gt; èra doncas prononciat [es] dabans
[p], [t] e [k].
◊
Dins las òbras de Mistral, l'aferèsi de e- se rescontra per los mots que
començan per s+consonanta (vengu' spera (Calendau, IV, 40), i' a' sclapa si
tambourin (Isclo, Coumtesso, 186).
Los mots en es+consonanta perdon e- en niçard modèrn aprèp l'article
femenin plural li (exemple : li 'stella), e aprèp l'article femenin singular dins los
parlars pirenencs, e sur una zòna de terran aquitan oriental (ex. Luchon : era'
scolo), region de Lombès e Lomanha (ex. la' scolo)27.
Amudiment de la nasala finala n:
La letra n finala tomba sovent dins los substantius. La nasala finala es
doncas tojorn muda (exemples: l 10: lati [la'ti], l 27: coffessio, l 105: cappelas
[kape'las], l 114: correctio, l 166: deseparatio, l 185: consolatio, l 224 ma [ma], l
226 ca [ka], l 234 re [re]) .
Es tanben lo cas a la 3° persona del plural del preterit (exemples: l 70:
foro, l 96: agro, l 145: vengro). Es aital a la 3° persona del plural del subjonctiu
imperfach (l 169: prenesso, menesso).
Las cartas las mai ancianas dels sègles XI e XII ofrisson las meteissas
25

Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale. Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publiées avec une étude morphologique, Tome I et II, Slatkine Reprints, Genève, 1973, p. 89, n° 91.
26
Bibliothèque Méridionale, 1ère série, Tome XVI, Les Joies du Gai Savoir, Recueil de Poésies couronnées par le
Consistoire de la Gaie Science (1324-1484), publié avec la traduction de J-B Noulet, par Alfred Jeanroy, Imprimerie
Edouard Privat, Toulouse, 1914, p: 41, 131, 133.
27
Jules Ronjat, Grammaire historique des parlers provençaux modernes, Laffite Reprints, Marseille, 1980, § 451.

45

�desinéncias dins Carcin (foro) e Albigés (agro, vengro). Se tròba tanben la
désinéncia -esso a la tresena persona del plural de l'imperfach del subjonctiu dins
Albigés (traissesso) e Agenés (poguesso, tenguesso, fesso). 28
N intervocalica en latin e devenguda finala en roman es instabla dins
la màger part dels mots (lati/LATINE)29. La desaparicion de /n/ etimologic es
tipica del lengadocian ont la casuda de -n instabla es constanta30.
Desinéncia en tz:
Los substantius s'acabant per -t se declinavan amb la desinéncia -z
(parentz, latz, votz, imperairitz, fatz). Una refeccion analogica se faguèt. Los mots
al plural (l 76, 259: critz, l 80, 85: totz, l 97: motz, l 132: peccatz, l 141, 145, 154,
225: speritz, 169, 172: desonestz), los participis passats al plural (l 85: turbatz, l
157: elegitz, l 185: perdutz), s'acabant per -t al singular prenguèron la desinéncia
-z.
Aquela grafia que demòra establa, particularament dins los plurals,
correspond a una realitat fonetica en Tolosan e dins Carcin-Bas per lo son [ʦ].31
Diftongason - triftongason:
&lt;iey&gt; servís de terminason a la primièra persona del futur (l 126
contariey: indicatiu futur SG1 de contar, l 237 mostrariey: indicatiu futur SG1 de
mostrar) mentre que la forma medievala es respectivament contarai e mostrarai.
[aj] tend par acomodacion cap a un produch [ɛj], que caracteriza en
particular lo gascon, ont ai dona èi, e cantarai cantarèi 32. Lo passatge de ai a (i)ei
a la primièra persona del singular del futur se releva tanben en Narbonés, Tolosan,
Albigés et Carcinés, aquel trach exclutz Roergue (ai) 33.
Dins las cartas occitanas dels sègles XI e XII , a la primièra persona
del singular del futur, -ai se remarca en Provença, a Nimes e Roergue, -ei dins
Albigés, Narbonés e país de Fois. Dins Gavaudan, las doas formas son notadas.34
Se remarca que la vocala doberta [ɛ], seguida dins la meteisa sillaba
per la palatala y, se diftonga en jɛ . La triftongason es provocada per iòd [j].
A la segonda persona de l'imperatiu present (l 236 viey: per ven de
venir) se retròba la triftongason [j'ɛj], mas a la segonda persona de l'imperatiu
present de tener [ɛj] triftonga pas (l 236: tey per ten de tener).
Åke Grafström, Etude sur la morphologie des plus anciennes chartes languedociennes, Almqvist et Wiksell,
Stockholm, 1968.
29
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921.
30
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921, p 266
31
L'occitan une langue de travail et de la vie quotidienne du XII° au XXI° siècle, Les traductions et les termes
techniques en langue d'oc, Actes du colloque organisé à Limoges les 23 et 24 mai 2008, publiés par Jean-Loup
Lemaitre et Françoise Vielliard, , Paris, Diffusion de Boccard, 2009, p. 267
32
Jacques Allières, Formation et structure de l'occitan ancien, Jean-Louis Massoure, Villeneuve sur Lot, 2005
33
Joseph Anglade, Grammaire de l'Ancien Provençal, Librairie C. KLINCKSIECK, Paris, 1921, p 266
34
Brunel Clovis, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publiées avec une étude morphologique, Tomes I et II, Slatkine Reprints, Genève, 1973, réimpression de
l'édition de Paris, 1926 et 1952, p XLII
28

46

�Se retròba aquel fenomèn de triftongason dins los substantius (l 23:
laugieyra, l 28: glieysa, l 245, 292: manieyra) ont l'accent tonic pòrta sus la vocala
e.
Dins la Canson de la Crosada, [ɛj] servís de terminason a la primièra
persona del futur (laissa 146, linha 12: Eu saubrei, e linha 13: aurei proat). Se
pensa que los dos autors de la Canson de la Crosada èran originaris d'un païs entre
Tolosan, Carcin, Albigés, Cominges e Fois. Fòrça es de constatar que dos sègles
mai tard se retròban dins nòstre tèxt los meteisses traches diatopics.
◊
D'un autre costat, segon François Zufferey, las diftongas en [w] pòdon
subir d'evolucions interessantas per localizar la lenga. Es aital que eu pòt se dobrir
en au dins los tèxtes de Lengadòc occidental coma lo Breviari d'Amor, lo Viatge al
Purgatòri de Sant Patrici, e las Visions de Tindal et de Sant Paul 35. Se nòta
efectivament laugier a la linha 19 per leugier.
Se pòt tanben notar la diftongason nuogz (l: 47) que se tròba pas que
dins lo lengadocian oriental.

Morfologia
adjectiu epicèn:
L'adjectiu gran a la meteissa forma al masculin e al femenin
(exemples: l 97: grans meravilhas, l 112: gran pietat, l 115: gran abisme, l 129:
gran vergonha e gran pahor, l 135: gran coffizanssa, l 141: gran multitut, l 163:
grans malesas, l 196: gran clardat).
Es tanben lo cas de luzen a la linha 192: una stela luzen.
L'adjectiu gran ven dels adjectius de la 3° declinason latina
GRANDIS, que càmbia pas qu'al neutre GRANDE. Conservèt una forma unenca
per los dos genres.
Existís doas excepcions dins lo tèxt ont lo feminin es marcat (l 121:
pres a.far bonas obras, l 288 a 290: la pudor que yssia d'aquela val era ta
granda).
Aquel flotament entre la forma etimologica de l'adjectiu femenin de la
tresena declinason – gran – e lo metaplasma analogic – granda – es atestat tre
l'epoca literària e se manten encara al sègle XV. 36
La declinason a dos cases:
Dels nombroses cases que comportava la declinason latina, lo latin
35
36

47

François Zufferey, Recherches Linguistiques sur les Chansonniers Provençaux, Librairie Droz, Genève, 1987, p109
Revue des Langues Romanes, Tome CVII, Année 2003, N°2, Philologie de l'Ancien Occitan, Editions, Etudes et
Grammaire, Etudes Réunies par Gérard Gouiran, Université Montpellier III, 2003, p. 376

�vulgar retenguèt pas que lo nominatiu et l'accusatiu al singular coma al plural, e
aquel sistèma bicasual se contunha en ancian occitan. Lo cas subjècte (CS) ven
del nominatiu, mentre que lo cas regim (CR) ven de l'accusatiu, exercís las
foncions dels autres cas latins. Als siglas CS et CR s'ajusta dins la descripcion que
seguís, la letra S per singular o P per plural.
Un nombre grand de substantius masculins se destrian pas d'un cas a
l'autre que per la preséncia o l'abséncia de s finala. La s dicha de «flexion »,
remonta al latin ont, generalament, los substantifs masculins s'acabavan en s al
nominatiu singular et a l'accusatiu plural.
La declinason a dos cases persistiguèt çai e lai en Occitània mai
longtemps qu'en païs d'oïl. Qualques vestigis de la declinason a dos cases èran
encara visibles al sègle XV37. Ne demòra pas que pauc de traças dins nostre tèxt,
e unicament dins los substantius dieu e senher:
CSS dieus CSP dieu
CRS dieu CRP dieus

CSS sénher CSP senhor
CRS senhor CRP senhors

Se tròba senher et Dieus a la linha 107, dins la frasa O senher Dieus
misericordios be conoyssi que sobregran es la tena misericordia. Aqueles
substantius, qu'apareisson dins l'adreça dirècta, son al cas subjèct que que siá lor
foncion, coma tanben a la linha 205: Ay senher payre, a la linha 217 Ay senher, a
la linha 247: O Dieus e tant delial e tant cruzel, e a la linha 265: Ay senher payre.
A comptar del sègle XIV, l'emplec de senher marquèt la reveréncia a
qualqu'un d'important, per designar una persona poderosa, al contrari de senhor
(radical del cas regim singular). Senher es devengut un títol. Es un reorganizacion
semantica de l'eretatge daissat per l'anciana declinason.
Se tròba tanben Dieus dins las frasas ont Dieus es subjècte (l 137:
Dieus volc, l 183 Dieus... volc ajudar, l 198: Dieus te sal, l 230: May Dieus ple
de misericordia voll mostrar, l 239: Dieus no te vol perdre, l 272: Dieus sia an
nos, l 275: Dieus o permet).
Avèm totjorn Dieu al cas regim singular (l 65: que per Dieu ly
pardones, l 121: E pres a.far bonas obras e a Dieu plazent, l 134: envoquet la
misericordia de Dieu, l 135-136: E car per aventura avia fag qualques plazers a
Dieu, l 180: E reclamet la misericordia de Dieu, l 205: per la gran merce de
Dieu).
La desaparicion del sistèma bicasual se faguèt pauc a cha pauc 38. Lo
sègle XV marca un cambiament. Se tròba doncas pas que de fossils d'aquela
declinason (cas subjèct singular : Dieus, senher).

Revue des Langues Romanes, Philologie de l'ancien occitan : éditions, études et grammaire. Etudes recueillies par
Gérard Gouiran, Tome CVII, n° 2, Publications Montpellier III, 2003, p. 376
38
Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer Verlag Tübingen, 1994, p 17
37

48

�Morfologia verbala
La desinéncia – c a la tresena persona del singular del preterit:
Los vèrbes en -AR presentan a la tresena persona del singular del
preterit la desinéncia en -c en luòc de -t (l 9: traslatec, l 69: preguec, l 75, 95, 262:
comensec, l 83: ajustec, l 86, l 121, l 133, l 175, estec, l 95: tornec, l 101 regardec,
l 117: donec, l 119: desemparec, l 125: racontec, l 134: invoquet, l 176: sospirec,
tremolec, l 180: reclamec, l 196: saludec, l 241: appropriec, l 242, 260: restec, l
244: acompanhec, ) .
Es parièr per los vèrbes en -IR que deurián aver una desinéncia en -t o
Ø ( l 101: obric, 175: auzic), mentre que los vèrbes en – RE que lo preterit es flac
(l 72, 224: estendec, l 204, 216: respondec).
Los vèrbes en -ER que lo prétérit es fòrt an una desinéncia en – c (l
34: plac, l 44, 60, 73, 90, 195: venc, l: 46: jac, l 78, cazec, l 80, l 137, 177: volc).
Es parièr per l'auxiliari aver (l 203: ac).
Lo copista apliquèt tanben aquela desinéncia -c a la tresena persona
del preterit de l'auxiliari èsser (l 48, 49, 67, 79, 82: foc), del vèrb veire (l 140,
191, 200: vic), et mai del vèrb faire (l 102: fec).
Coma en latin, un vèrb fòrt fa totjorn portar l'accent sul radical del
preterit (perfach de l'indicatiu latin) a las personas 1, 3, e 6, es doncas per analogia
amb lo preterit fòrt que lo copista apliquèt aquela desinéncia en -c a la tresena
persona del singular dels preterits flacs. En efièch, al nivel pan-roman, dins los
perfaches flacs, lo radical es pas jamai tonic 39.
Se nòta quelquas excepcions (l 21: tornet, l 105: cofesset, l 106:
comunget, l 134: invoquet, l 244: guardet).
L'emplec de l'oclusiva velara c a la tresena persona dels preterits flacs
localiza la lenga a la region tolosana. En efièch, se retròba aquel meteis fenomèn
dins Lo Doctrinal de Sapiensa en lo lenguatge de Tholosa, estampat a Tolosa en
1504, dins una version occitana del sègle XV del Doctrinal de Sapience de Guy
de Royce, arquevesque de Sens (1345-1409). Lo tèxt francés escrich en 1388 es el
meteis una traduccion d'un tèxt latin 40.
Lo Doctrinal de Sapiensa en lo lenguatge de Tholosa es conservat als
archius de la Bibliotèca de Tolosa jos la referéncia mf. 731. Es visible en linha a
l'adreça
URL
seguenta:
http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/cgibin/superlibrary a=d&amp;d=/ark:/74899/B315556101_RD16_0725
Reprodusèm un estrach d'aquel tèxt escrich en caractèrs gotics,
manlevat del capítol « Dels divers et escurs jutgamens de nostre Senhor », dins
loqual se nòta aquel emplec permanent de l'oclusiva velara c coma desinéncia a la
39
40

49

Jacques Allières, Manuel de linguistique romane, Honoré Champion, Paris, 2001, p 87
Pierre Bec, Anthologie de la prose occitane du Moyen-Âge, Vent Terral, Valdariás, 1987, pp 93-96

�tresena persona dels preterits flacs.41
Se remarcarà tanben l'abséncia del s de flexion dins lo cas subjèct
Dieu (Dieu trametec un angel... Dieu me trames). La declinason a doas cases a
completament desaparegut.
Alqual hermita Dieu trametec ung angel en forma dung home e luy
dissec en aquesta maniera. Veny am my car Dieu me trames a tu per te mena en
divers locs per tal que yey te mostre sos divers jutgamens et escurs; et
prumièrament lo menec en lhostal dung bon home loqual los receubec
benignament et les fec bon cara e los tenguec ben aises.
Aquela desinéncia segon Paul Meyer (Daurel et Beton, P. LXIII) « ne
paraît avoir été usuelle au XIII° et au XIV° siècle que dans l'Albigeois, le
Toulousain, et le pays de Foix ».
Es tanben la conclusion a laquala arriba Clovis Brunel : « La
désinence -eg, d'où -ec, dans laquelle le -g remplace le -t final habituel, par suite
d'une analogie partie des parfaits forts tels que ac, s'emploie, dans les plus
anciennes chartes antérieures au XIII° siècle, dans une région dont le centre est
Toulouse, et s'étend jusqu'à Moissac, Saint-Antonin, Rayssac ».42
Se tròba tanben de traças d'aquela desinéncia -ec dins la Canson de la
Crosada (laissa 143, vèrs 12 : E mandec l'Apostolis que reconciliatz fos, laissa
144, vèrs 43 : Lo cardenals se leva e respondec breument, laissa 146, vèrs 36 :
Ladoncs baichec Paratges lo tertz o la mitat).
Le preterit perifrastic (l 97-98 van dire):
En occitan, lo tipe va+infinitiu apareis tre la fin del sègle XII.
S'espandís als sègles XIV e XV, e apareis coma una forma concurrenta del preterit
sintétic. Apuèi, la rarefaccion del preterit perifrastic es deguda a la generalisacion
de las formas modernas del preterit que respondon a un besonh de simplificacion
43
.
Las valors semanticas de van dire e diguèron, son sensiblament las
meteissas, e doncas van dire pòt paréisser coma una simpla varianta estilistica de
diguèron.
Lo condicional:
Lo condicional I:
Lo condicional I es a l'encòp mòde e temps. Coma temps, servís a
marcar lo futur dins lo passat. Coma mòde, s'emplega dins lo sistèma ipotetic per
Revue des Langues Romanes, IV, fascicule 6, 1880, pp. 261-64 (éd. J.-B. Noulet)
Clovis Brunel, Les plus anciennes chartes en langue provençale, Recueil des pièces originales antérieures au XIII°
siècle, publièes avec une étude morphologique, Tome I, Slatkine Reprints, Genève 1973, p XLIV
43
Jean Sibille, La Passion de Saint André, drame religieux de 1512 en occitan briançonnais, Thèse pour le Doctorat des
Sciences du Langage, Université Lumière – Lyon 2, année 2003, P 261
41
42

50

�marcar que l'accion exprimida depen d'una condicion que l'empacha o l'empachèt
de se realizar. Es lo cas dins la frasa a las linhas 271-272: qual poyria esser plus
fort de nos que Dieus sia an nos.
Lo condicional II:
Lo condicional II es eissit del plus-que-perfach latin. Quand s'utiliza
lo condicional II, avèm en vista la non-realisacion de l'ipotèsi. A gaireben coma
totjorn dins la lenga classica, la valor d'un condicional passat (irreal del passat).
Lo condicional II es associat a l'imperfach del subjonctiu (l 130: No
sabia que se fezes mas volgra tornar en lo cors).
Lo subjonctiu:
Lo subjonctiu exprimís en principi un fach simplament projectat dins
la pensada, s'opausant aital a l'indicatiu, mòde de la realitat e de l'afirmacion
positiva. Lo subjonctiu es lo mòde de la subordinacion, mas es tanben emplegat
dins la proposicion principala 44.
Lo subjonctiu dins la proposicion independanta:
Dins la proposicion independanta, lo subjonctiu servís a exprimir un
desir, a una valor optativa:
l 198: Dieus te sal Tindal e te ajude per sa misericordia,
L'imperfach del subjonctiu:
L'advèrbi si plaçat a la debuta de la frasa entraïna l'emplec del
subjonctiu imperfach dins la proposicion principala (l 26: si negus ly [par]les de
coffessio o de penitenssa).
L'imperfach del subjonctiu es d'un emplec corrent dins la formulacion
d'un desir en proposicion independenta, o servís a exprimir un pentiment. Lo
pentiment a un rapòrt pro estrech amb lo desir alqual torna ajustar una nocion
d'impossibilitat de satisfaccion (l 65: que per Dieu ly perdones).
L'imperfach del subjonctiu es emplegat quand òm se tròba dins una
completiva d'una principala qu'es a la forma negativa:
− l 120-130: no sabia que se fezes,
− l 139-140: no sabia so que devia far ni ont se tengues,
− l 218: Ja non ay menbranssa que jamay ieu te vis ny auzis la tena
dossa paraula,
Lo subjonctiu dins la completiva:
La completiva, qu'es introducha per que, pren lo subjonctiu si lo vèrb
regissent exprimís desir o incertitud. Las principalas categorias a examinar son los
vèrbes qu'indican la volontat o lo desir, los vèrbes d'emocion o declaratius:
44

Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer, Verlag Tübingen, 1994, p 247

51

�− l 36: plac a la divinal mis[er]icordia que son mal regime[n] e sas
vanas obras fosso mudadas e que se convertis, e fos son amic,
− l 69: lo deutor ly preguec mot cortesament q[ue] ma[n]ges amb el,
− l 117 a 119: donec als paubres de Jh[es]u[s ] Ch[ri]st tot cant avia
e no a parens q[ue] el agues,
− l 147 a 149: Et aquestes speritz vengro a la arma trista tot al torn,
non pas p[er] coffortar la, mas per so que fos en major tristor e en major
tribulatio,
− l 161-162: per que non aras no te donas orguelh que solies far,
− l 163-164: per que non fas las grans malesas e.ls tortz que solies
far,
− l 179: esperava que los demonis la prenesso e l'anmenesso en
yffernals turmens,
− l 201 a 203: adonc l'arma can vic l'angel plus bel que ninguna
forma de home que se pogues trobar,
− l 263: dis a l'arma que lo seguis,
− l 230: Dieus ple de mis[er]icordia voll mostrar en tu sa gran bontat
cant que non ho ajas gazanhat,
De còps, lo que completiu es daissat de caire:
− l 36: e fos son amic,
− l 7: legisca o fassa legir,
Lo subjonctiu de regret es sovent introduch per car (l 55: car qual
que fos la malautia).
A la tresena persona, lo subjonctiu pòt exprimir un òrdre, fasent
foncion d'imperatiu. Sa valor es un futur d'obligacion:
− l 7 legisca o fassa legir,
Las locutions regissentas que marcan la prevencion se bastisson amb
lo subjonctiu, lo vèrb es precedit d'una negacion:
− l 269: l'angel respon non ajas pahor,
Posicion del pronom reflexiu se:
Se remarca las posicions seguentas del pronom reflexiu se:
− lo pronom reflexiu es enclitic a las linhas:
→105 : E vengro los cappelas e cofesset se devotament,
→153 : E gitavo se aquels orribles speritz contra l'arma,
− lo pronom reflexiu precedís lo vèrb a las linhas:
→ 155 : E de gran maleza se squissavan,
→ 241 : l'arma se appropiec del angel am gran pahor.
Lo pronom reflexiu es doncas exclutz de sa posicion iniciala dins las
frasas : E vengro los cappelas e cofesset se devotament / E gitavo se aquels
52

�orribles speritz contra l'arma. Se remarca que dins aquelas doas proposicions lo
vèrb se tròba en primièra posicion e que lo pronom reflexiu lo seguís
immediatament.
Dins las proposicions l'arma se appropriec del angel am gran pahor e
E de gran maleza se squissavan, lo pronom reflexiu se tròba davant lo vèrb. Lo
pronom reflexiu repren doncas sa posicion abans lo vèrb. La proposicion se dobrís
per d'autres elements, aicí un subjècte (l'arma), o un complement circonstancial de
manièra (de gran maleza).
Lo pronom flac repren sa posicion abans lo vèrb si la proposicion se
dobrís per d'autres elements, un subjècte, un objècte dirècte ou indirècte, un
atribut, un advèrbi, un regim preposicional, una conjoncion, etc... 45
Aquel sistèma ont lo pronom es exclús de la posicion initiala dintrèt
dins l'istòria jos lo nom de la lei de « Tobler Mussafia », del nom de dos lingüistas
als quals es deguda. Adolf Tobler que remarquèt qu'es fals de pretendre que dins
los tèxtes ancians romans se tròba pas de pronoms flacs pòstpausats al vèrb que
dins las interrogativas e dins las imperativas. Adolfo Mussafia que constatèt que la
frasa se pòt pas dobrir sus un pronom flac per de motius fonetics o tautologics.
Totas las lengas romanicas obesisson a aquesta lei: « dins las lengas
romanas ancianas, lo pronom flac objècte se pòt pas trobar en primièra posicion
absoluda de frasa ».
Si en francés lo pronom flac serà pas mai enebit en debuta absoluda de
frasa, las autras lengas romanicas auràn un compòrtament relativament estable
fins al sègle XV46.

45

Frede Jensen, Syntaxe de l'ancien occitan, Max Niemeyer Verlag Tübingen, 1994, p 105
Sanda Reinheimer et Liliane Tasmowski, Pratique des Langues Romanes, II. Les pronoms personnels, L'Harmattan,
2005, p 54
46

53

�Conclusion
Lo tèxt de la Vision de Tindal en occitan medieval garda encara d'unes
de sos secrets. Qual lo comandèt e per qual foguèt executat?
En esperant de respondre a aquelas questions, nos contentarem uèi de
pausar geograficament la lenga de lo copista que datèt son tèxt de 1466. L'element
lo mai important que confirma aquela data es la preséncia de fossils de la
declinason a dos cases. En efièch, si la declinason a dos cases es encara
relativament plan observada pendent lo sègle XIV, solament qualques vestigis
d'aquesta èran encara visibles al sègle XV. Dins nòstre tèxt se retròba pas que los
substantius Dieus et senher que presentan de traças de declinason al cas subjèct
singular. Se remarca l'abséncia de declinason dins Lo Doctrinal de Sapiensa en lo
lenguatge de Tholosa qu'es tanben una version occitana del sègle XV del
Doctrinal de Sapience de Guy de Roce. Lo sègle XV marca doncas un
cambiament rejonhent dins aquela abitud lo païs d'oïl.
L'abséncia de palatalisacion de [k] dins lo resultat de CA- latin
(CAUSA) e la palatalisacion de -CT latin (FACT) permeton de localizar la lenga
del manescrich dins la zòna causa/fach que correspond a un territòri qu'es aquel
de l'occitan septentrional e nord-oriental.
Per èsser mai precís dins aquela localizacion, utilizarem las
constatacions seguentas:
─ La desinéncia -c a la tresena persona dels preterits flacs s'emplega
dins las cartas anterioras al sègle XIII dins una region que lo centre es Tolosa e
s'espandís fins a Moissac, Sant-Antonin e Raissac. Aquela desinéncia persistís «en
lo lenguatge de Tholosa » al sègle XV.
─ La nasala finala tomba sovent dins los substantius. Aquela casuda
de la n etimologica es tipica del lengadocian. La n finala tomba tanben a las
tresenas personas del plural del preterit e del subjonctiu imperfach. Las cartas las
mai ancianas del sègles XI e XII ofrisson las meteissas desinéncias pel preterit
dins Carcin e Albigés e pel subjonctiu imperfach dins Albigés e Agenés.
─ La desinéncia constanta -tz al plural dels substantius e dels participis
passats correspond a una realitat fonetica en Tolosan e Carcin-Bas.
─ Lo passatge de ai à (i)ei a la primièra persona del singular del futur
se revela en Narbonès, Tolosan, Albigès e Carcinès.
─ L'abséncia de e prostetic es atestada dins las cartas anterioras al
sègle XIII de Roergue e de Carcin. Se retròba al sègle XV dins las composicions
del Tolosan Guilhèm de Galhac.
Lo passatge de ai à (i)ei a la primièra persona del singular del futur
exclutz Roergue.
Nòstre copista èra doncas originari de la zòna geografica que cobrís lo
Tolosan, l'Albigés e lo Carcin-Bas.
Cal tanben remembrar que lo copista signèt son òbra del nom de
Petralata. Aquel nom se retròba lo mai sovent dins de luòcs-diches qui se situan
dins aquela region. Retrobarem un canonge del nom de Petralata qu'aviá un
54

�canonicat en 1426 a Sant-Antonin Nòble Val. Aquela vila es tanben citada dins
l'estudi linguistic.
◊
L'ortografia occitana moderna tornèt metre en circulacion dempuèi un
seisentenat d'annadas los principis tradicionals de la lenga occitana medievala.
Aquel tèxt apareis d'una lectura moderna. La lenga de la pròsa, es a
dire la lenga de cada jour, cambièt finalament pauc. L'estudi linguistic mòstra
tanben una proximitat entre la sintaxi occitana del sègle XV e aquela de uèi.

55

�BIBLIOGRAFIA
Edicions de tèxtes:
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Avignon, 1977
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provençal, Tome Ier, La Chanson de Guillaume de Tudèle, (3ème édition), Société
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56

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Estudis:
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4116, publiés par Jean-Loup Lemaitre et Françoise Vielliard, L'occitan une langue de
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57

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ANNÈXA
Mapa : « Le languedocien et ses variétés ».47

47

58

Jacques Allières, Manuel de linguistique romane, Honoré Champion, Paris, 2001, p 222

�Mercejaments :
Mercegi plan calorosament los enseinhaires del departement Occitan
de l'Universitat Pau Valèri de Montpelhièr que me donèron l'enveja de contunhar
d'estudis tardius dins aquela lenga, e particularament Madama Gilda Caiti-Russo
que me faguèt descobrir e apreciar l'occitan medieval. Un grand mercè a Madama
la Directritz de la Bibliotèca de Tolosa qui me permetèt de consultar pro
rapidament la version numerizada del ms. 894 çò qu'aisinèt mon trabalh de
recèrca.
Lo 10 de junh de 2013,

59

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;Eacute;tude linguistique de la version occitane de la&amp;nbsp;&lt;em&gt;Visio Tnugdali&lt;/em&gt;&amp;nbsp;- ou&amp;nbsp;&lt;em&gt;Vision de Tondale&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;en fran&amp;ccedil;ais - connue par un manuscrit du XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle conserv&amp;eacute; &amp;agrave; la Biblioth&amp;egrave;que Municipale de Toulouse (&lt;a title="veire lo manuscrit numerizat sus Rosalis (numerique.bibliotheque.toulouse.fr)" href="http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/ark:/74899/B315556101_MS0894" target="_blank" rel="noopener"&gt;BM Toulouse, ms. 894&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;La &lt;em&gt;Vision de Tondale&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Tindal&lt;/em&gt; en occitan), tr&amp;egrave;s populaire au Moyen &amp;Acirc;ge, fait partie des &amp;laquo; visions &amp;raquo; apocalyptiques m&amp;eacute;di&amp;eacute;vales et d&amp;eacute;crit avec pr&amp;eacute;cision les structures de l'au-del&amp;agrave; : Purgatoire, Enfer et Paradis.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;M&amp;eacute;moire de master I LLCER Sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute; occitan (Universit&amp;eacute; Paul-Val&amp;eacute;ry Montpellier-III) sous la direction de Gilda Caiti-Russo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi :&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;a title="veire la ressorsa" href="http://purl.org/occitanica/CT-Num_0001-M2" target="_self"&gt;La Vision de Tindal : &amp;eacute;dition, traduction, pal&amp;eacute;ographie, comparaison / Jean-Luc Arvieu [M&amp;eacute;moire Master II]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Estudi linguistic de la version occitana de la &lt;em&gt;Visio Tnugdali&lt;/em&gt; &amp;ndash; o &lt;em&gt;Vision de Tindal&lt;/em&gt; en occitan &amp;ndash; coneguda per un manuscrit del s&amp;egrave;gle XV conservat a la Bibliot&amp;egrave;ca municipala de Tolosa (&lt;a title="veire lo manuscrit numerizat sus Rosalis (numerique.bibliotheque.toulouse.fr)" href="http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/ark:/74899/B315556101_MS0894" target="_blank" rel="noopener"&gt;BM Tolosa ms. 894&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;La &lt;em&gt;Vision de Tindal&lt;/em&gt;, f&amp;ograve;r&amp;ccedil;a populara a l'Edat Mejana, fa part de las &amp;laquo; visions &amp;raquo; apocalipticas medievalas e descriu amb precision las estructuras de l'al del&amp;agrave;&amp;nbsp;: Purgat&amp;ograve;ri, Inf&amp;egrave;rn e Parad&amp;iacute;s. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mem&amp;ograve;ri de master I LLCER Especialitat occitan (Universitat Paul-Val&amp;eacute;ry Montpelhi&amp;egrave;r-III), jos la direccion de Gilda Caiti-Ruisso. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Veire tanben&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt; &lt;a title="veire la ressorsa" href="http://purl.org/occitanica/CT-Num_0001-M2"&gt;La Vision de Tindal : &amp;eacute;dition, traduction, pal&amp;eacute;ographie, comparaison / Jean-Luc Arvieu [M&amp;eacute;moire Master II]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LLACS - Universit&amp;eacute; Paul-Val&amp;eacute;ry Montpellier III&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.locirdoc.fr/E_locirdoc/images/stories/um3.jpg" alt="" height="130" /&gt;&lt;img src="http://www.locirdoc.fr/E_locirdoc/images/stories/redoc.jpg" alt="" height="130" /&gt;&lt;/p&gt;</text>
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