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                  <text>�Les origines de la guerre de Cent Ans
LES LOINTAINES ORIGINES DU CONFLIT

Il est souvent affirmé que la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre les rois de France et d’Angleterre a pour
seule origine la prétention du roi d’Angleterre Édouard III au trône de France qu’occupait son cousin
Philippe de Valois depuis la mort du dernier roi de France issu des Capétiens direct (1328). En réalité ce
long conflit entre les puissances européennes qu’étaient la France et l’Angleterre plonge ses racines bien plus
loin dans le temps. On peut même faire remonter les tensions entre les deux monarchies à la conquête de
l’Angleterre (1066) par le duc de Normandie Guillaume devenu par ce fait « le Conquérant ». Le fait que
l’un des vassaux du roi des Francs (le duc de Normandie) dépasse largement en puissance et en richesse son
souverain et soit lui-même souverain d’un royaume, certes moins étendu mais bien plus unifié et dominé
par sa monarchie, était un affront permanent à l’autorité des Capétiens. Le roi des Francs Louis VI le Gros
s’opposa d’ailleurs au roi d’Angleterre Henri Ier Beauclerc, le fils du Conquérant, qui avait unifié à nouveau
la Normandie et l’Angleterre en 1116. Mais Louis VI fut écrasé à la bataille de Brémule (20 août 1119) alors
qu’il tentait de combattre Henri Ier dans la région du Vexin, une région frontalière située entre la
Normandie et le domaine royal capétien. Le conflit plus ou moins latent entre rois des Francs et rois
d’Angleterre-ducs de Normandie connut une pause après la mort d’Henri Ier (1135) avec la guerre
dynastique qui s’ensuivit opposant Étienne de Blois, fils d’une sœur d’Henri Ier, qui s’empara du trône anglais
à la mort de ce dernier, et Mathilde, fille d’Henri Ier ainsi que son héritière officielle. Celle-ci s’appuya sur
son mari le comte d’Anjou Geoffroy Plantagenêt pour reprendre son héritage, ce dernier étant en fait bien
plus intéressé par la Normandie, voisine de ses possessions, qu’il occupa à partir de 1141.
L'E MPIRE A NGEVIN FACE AU DOMAINE ROYAL FRANÇAIS
L’ensemble anglo-normand fut toutefois réunifié en 1154 quand Henri Plantagenêt, fils de Mathilde et de
Geoffroy, réussit à succéder à Étienne de Blois sur le trône anglais. Avant cet événement, il avait déjà acquis
une puissance considérable sur le continent. Déjà duc de Normandie et comte d’Anjou depuis 1151, il avait
épousé l’année suivante à la stupeur de tous Aliénor d’Aquitaine, héritière du grand duché d’Aquitaine
comprenant le Poitou et la Gascogne, dont le mariage avec le roi des Francs Louis VII venait d’être dissout.
La menace pour ce dernier était alors bien plus grave que tout ce qu’avait connu ses prédécesseurs depuis
1066. Henri II Plantagenêt étendait sa domination sur des vastes territoires s’étendant des frontières
écossaises aux frontières de la Castille, de la Navarre et de l’Aragon sur un espace que les historiens
nomment « Empire Angevin » ou « Empire Plantagenêt ». La puissance et la richesse du Plantagenêt,
vassal du roi des Francs pour la Normandie, l’Anjou et le Poitou, était alors sans commune mesure avec celle
du Capétien et ce dernier n’aurait dès lors de cesse de la réduire, voire de la faire disparaître. Ce dessein fut
régulièrement poursuivi, même si Louis VII et son fils Philippe II Auguste connurent une série de revers
face aux tous puissants Plantagenêts. Ils purent pourtant compter sur les divisions au sein de cette dynastie
et tentèrent de mettre à profit les révoltes des fils d’Henri Plantagenêt comme celle de 1174 ou celle de
certains de leurs grands vassaux. Mais Henri Plantagenêt, puis après sa mort Richard Cœur de Lion, étaient
bien trop rapides et réactifs face aux révoltés et aux deux rois de France car ils étaient des chefs militaires
doués et pouvaient compter grâce à leur richesse, sur des troupes mercenaires aguerries. Ainsi Richard
Cœur de Lion battit le roi Philippe à Auguste à Fréteval (1194) où il s’empara des archives royales françaises
et les fit brûler. Il fit également construire en très peu de temps à partir de 1196 l’impressionnant Château
1

�Gaillard à la frontière entre la Normandie et le domaine royal français. Les rois d’Angleterre Plantagenêt
dominaient alors largement leurs rivaux français Capétiens quand bien même ces derniers étaient leurs
suzerains pour leurs terres continentales.
Au point de vue culturel et linguistique, les rois d’Angleterre de ces époques étaient « français »,
dans le sens qu’ils parlaient, ainsi que la noblesse les entourant, une forme de français appelée « anglonormand » ou « anglo-français ». Les textes gallois et italiens du XIe siècle ainsi que la tapisserie de Bayeux
qualifiaient plus volontiers ces rois et leur noblesse de « Francs ». Ces souverains passaient beaucoup de
temps sur le continent, en particulier Richard Cœur de Lion qui ne vint qu’incidemment en Angleterre
pendant son règne (1189-1199). D’ailleurs ce dernier nous laissé une chanson en français et une autre en
langue d’oc, la langue des troubadours, dont le premier fut son arrière-grand-père le duc Guilhem IX
d’Aquitaine. La culture et langue française étaient également partagés par la cour Plantagenêt et la cour
capétienne comme le prouve plusieurs œuvre littéraires. La langue « anglo-normande » va rester
dominante au sein de la cour d’Angleterre jusqu’au début du XVe siècle et permettra que les élites anglaises
restent très connectés avec les élites francophones du continent jusqu’à la seconde moitié de la guerre de
Cent Ans.
LA DESTRUCTION DE L'E MPIRE

A NGEVIN

La mort inattendue de Richard Cœur de Lion en 1199 lors du siège d’un château révolté en Aquitaine
changea largement la donne. Celui qui lui avait succédé à la tête de « l’Empire Angevin » avec l’aide de sa
mère Aliénor d’Aquitaine n’était autre que son frère Jean dit « sans Terre » car il était né bien après ses
frères et ne s’était donc pas vu attribué une principauté. Bien que non dépourvu de qualités, Jean n’était pas
un chef militaire très doué et il se comportait de telle manière avec ses vassaux que nombre d’entre eux le
trahirent sans trop de remords. Le roi Philippe Auguste sut profiter de ce changement favorable et quand
Jean commit la faute d’enlever la fiancée de son vassal Hugues de Lusignan, un puissant seigneur poitevin,
qui était aussi héritière du comté d’Angoulême (1202), il accepta l’appel de Lusignan et fit déclarer par une
cour la saisie des biens continentaux de Jean. Alors que l’ensemble Plantagenêt avait survécu à toutes les
révoltes et tentatives de démembrement depuis 1154, il s’effondra tel un château de carte essentiellement à
cause de l’inaction de Jean. La chute de Château Gaillard en mars 1204 entraîna celle de toute la
Normandie, mais aussi celle du Maine, de l’Anjou, de la Touraine et d’une partie du Poitou.
Cette date
de 1204 est un tournant majeur non seulement pour les Plantagenêts, mais également pour les Capétiens
qui, s’ils continuèrent à s’intituler « roi des Francs » (en latin rex Francorum) commencèrent cette même
année à se dire « roi de France » (rex Francie). Le sud du duché d’Aquitaine, essentiellement la Gascogne
occidentale, était alors trop éloigné des intérêts de Philippe Auguste et de ses conseillers pour être attaqué.
La conquête de la Gascogne avait été laissée au roi de Castille Alphonse VIII, allié au roi de France, qui
avait des prétentions sur cette terre, mais la résistance des villes de Bayonne et de Bordeaux (1206) permit
au duché d’Aquitaine de rester une possession de Jean sans Terre.
Jean tenta bien de reconquérir ses autres possessions en 1206 et 1214, mais il réussit tout au plus à
conserver l’essentiel du duché d’Aquitaine (sauf sa capitale Poitiers). Le roi de France Philippe Auguste,
appuyé par son fils aîné Louis (futur roi Louis VIII), avait dorénavant une puissance considérable. Déjà
possesseur de terres agricoles très riches en Île-de-France, le rattachement à son domaine royal des
principautés Plantagenêts situées au nord de la Loire avait renversé la situation à l’avantage de sa dynastie.
Les Plantagenêts seraient dorénavant avant tout des rois d’Angleterre résidant essentiellement dans cette île,
leur seule possession continentale étant la moitié sud de l’ancien duché d’Aquitaine, tout particulièrement
après la conquête française du grand port de la Rochelle (1224). Et encore, les Plantagenêts avaient failli
être éliminés du trône d’Angleterre par une expédition française dirigée par Louis, le fils de Philippe
2

�Auguste, et seul la mort de Jean sans Terre (1216) permit à son fils Henri III de lui succéder sur le trône
anglais. Les tentatives d’Henri III pour reconquérir l’intégralité de l’héritage Plantagenêt se soldèrent par
des échecs cuisants, en particulier son expédition de 1242 avec l’escarmouche de Taillebourg et la bataille de
Saintes face aux troupes du roi de France Louis IX.
LE TRAITÉ DE

PARIS DE 1259 : LA RELATION VASSALIQUE RENOUÉE

Constatant que toutes ses tentatives de reconquête avaient échoué et qu’il avait failli perdre
récemment ce qu’il lui restait du duché d’Aquitaine (essentiellement les régions entre les villes de Bordeaux
et de Bayonne) lors de la révolte d’une partie des Gascons contre Simon de Montfort, alors lieutenant (viceroi) en Gascogne (1248-1253), Henri III noua des relations diplomatique avec le roi de France Louis IX
(futur Saint Louis) afin de régler la querelle existant depuis 1202. Cela était d’autant plus facile que les deux
rois étaient beaux-frères via leur mariage à des filles du comte de Provence. Après d’âpres négociations et
malgré l’opposition d’une partie de leurs entourages respectifs, ils réussirent à signer le traité de Paris (4
décembre 1259) qui mit fin à la première période de conflits franco-anglais qui avait duré
approximativement cent ans. Le roi d’Angleterre renonçait officiellement au duché de Normandie et aux
comtés d’Anjou et de Poitou. Le roi de France lui reconnaissait en échange de cette renonciation la
possession de la Gascogne occidentale, et lui restituait ce qu’il possédait dans les diocèses de Périgueux et de
Limoges et prévoyait le rattachement éventuel d’autres terres voisines au duché d’Aquitaine. Henri III
acceptait de faire hommage de ce nouveau duché d’Aquitaine au roi de France malgré le fait qu’aucun de ses
prédécesseurs n’avaient explicitement fait hommage de la Gascogne aux Capétiens, les sources ne
mentionnant que des hommages pour le seul « Poitou ». Mais si cette paix réglait la situation
institutionnelle ambigüe qui existait depuis 1202-1204, elle créa d’autres difficultés. Tout d’abord Henri III
intitulé désormais « roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine » n’avait pas récupéré autant de
territoires que cela, le roi de France ne possédant que très peu de choses dans les diocèses de Périgueux et de
Limoges, et les grands vassaux de ces diocèses ayant le privilège de rester vassaux directs du roi de France.
De plus, la reconnaissance de la suzeraineté du roi de France sur le duché d’Aquitaine (appelé aussi « de
Guyenne », Guyenne étant synonyme d’Aquitaine) impliquait la supériorité juridique de la « cour de
France » (le parlement de Paris). Les vassaux du roi d’Angleterre en Aquitaine pouvaient donc faire appel
au roi de France des décisions judiciaires de ses officiers dans le duché. Les rois d’Angleterre étaient alors
obligés d’envoyer régulièrement des représentants, tout particulièrement des juristes, afin de défendre leurs
intérêts et leur autorité en tant que duc d’Aquitaine. Mentionnons ici que les historiens appellent le roi
d’Angleterre-duc d’Aquitaine à partir de 1259, le « roi-duc ».
L ES GUERRES DE G ASCOGNE ET DE SAINT-S ARDOS (1294-1303/1324-1325) ET LEURS CONSÉQUENCES
Un nombre croissant de tensions s’accumula à cause de ces appels, surtout à partir du règne du roi
de France Philippe IV le Bel (1285-1314) qui, entourés de juristes, désiraient étendre son autorité dans
toutes les régions de son royaume. Il est bien connu que c’était un souverain qui ne s’embarrassait pas de
scrupules et il profita d’une série de combats entre marins bayonnais (sujets du roi-duc Édouard Ier et sujets
indirects du roi de France) et marins normands (sujets du roi de France) pour imposer en 1294 l’occupation
pendant 40 jours du duché d’Aquitaine. En fait, il avait trompé les représentants d’Édouard I er et avait gardé
le duché après cette période déclenchant alors une guerre avec le roi d’Angleterre. Ce dernier ne put venir
en personne puisqu’il dut faire face à une révolte du Pays de Galles, mais il envoya en Gascogne des troupes
qui reprirent Bayonne et une partie du sud de la Gascogne. La guerre continua jusqu’en 1299, l’avantage
allant, sans être décisif, aux troupes françaises. Finalement la paix revenant aux conditions du traité de 1259
3

�fut signée le 20 mai 1303, mais fut précédé en janvier de cette année par un soulèvement pro-anglais de
Bordeaux dirigé par le Bordelais Arnaut Caillau. Ce fut lors de cette « guerre de Gascogne » que
commença à apparaître dans l’entourage anglo-gascon d’Édouard I er la thèse d’une Gascogne souveraine visà-vis de la France avant le traité de 1259, statut qui aurait alors été abandonné, mais qui pouvait être
restauré puisque les rois de France ne respectaient pas ce traité.
Le problème des appels judiciaires « gascons » au parlement de Paris demeurait néanmoins présent
et empoisonnaient régulièrement les relations franco-anglaises. Il faut dire que la patience des rois
d’Angleterre et de leurs officiers en Aquitaine était mise à rude épreuve : les officiers locaux des rois de
France intervenaient dans le duché dès qu’ils voyaient une occasion de le faire. De surcroît, le parlement de
Paris avait tendance à accepter tous les appels du duché d’Aquitaine, même les plus frivoles, et à donner
raison trop systématiquement aux opposants des rois-ducs. Bien évidemment une telle politique était
menée car le duc d’Aquitaine était le seul grand vassal du roi de France à être également un souverain et on
peut constater que le roi de France, ses officiers et le parlement de Paris allaient beaucoup moins loin dans
leurs relations juridiques avec d’autres grands vassaux tels que les ducs de Bretagne. La seule parade
qu’avaient trouvée les rois-ducs et leurs officiers étaient de décourager les appels « gascons » par la
négociation ou par la force. Cette dernière méthode n’était pas sans risque vis-à-vis du roi de France
puisqu’elle faisait jouer le mauvais rôle aux officiers et partisans du roi d’Angleterre en Aquitaine. On peut
ainsi mentionner le Bordelais Arnaut Caillau, maire de Bordeaux en 1303 et plus tard sénéchal de
Saintonge pour le roi-duc, qui menaça des Gascons faisant appel au roi de France peu après la défaite
française de Courtrai face aux Flamands (11 juillet 1302) et le soulèvement de Bordeaux (janvier 1303) de
cette manière : « Pourquoi vous faites appel contre nous aux Français ? Nous vous tuerons, et le roi de
France est tellement occupé avec les Flamands qu’il ne vous aidera pas. Et si une guerre commence et que
vous êtes appelants, le roi anglais fera la conquête de la Normandie et nous vous tuerons ». Une autre fois
Caillau interpelait le sénéchal de Gascogne, le plus important représentant du roi-duc en Aquitaine, quand
ce dernier était convoqué au parlement de Paris par un sergent du roi de France : « Allez-vous supporter
que ces Français viennent ainsi vous convoquer ? ». Un autre représentant du roi-duc, le sénéchal de
Périgord Ramon Durand attaqua en 1321 le château de Clérans placé sous la protection du roi de France.
Ses hommes criaient : « Où sont ces Français ? Ils sont montés trop haut [allusion à un appel au parlement
de Paris], mais nous les ferons descendre en les expulsant par une porte ! ». Quant au sénéchal Ramon
Durand, il prit par le col le sergent du roi de France qui venait lui rappeler la protection de ce château et le
roua de coups !
Une telle tension explique aisément pourquoi une nouvelle guerre se déclencha en 1324 au sujet de
la construction d’une bastide (nouvelle ville) nommée Saint-Sardos qui devait être placée sous la suzeraineté
directe du roi de France en plein Agenais, un territoire dominé alors par le roi-duc Édouard II. La guerre ne
tourna pas à l’avantage de ce dernier puisque son frère dut soumettre la place forte de la Réole au frère du
roi de France (1325), mais le cœur du duché résista relativement bien, même si l’Agenais fut perdu et ne fut
jamais restitué avant le début de la guerre de Cent Ans. Le roi-duc pouvait compter sur la fidélité de la
plupart des Gascons habitant la Gascogne occidentale malgré son absence personnelle : ces derniers ne se
sentaient pas ethno-culturellement français et considéraient de plus que le roi-duc était leur seigneur
« naturel » (légitime). Pey de Ladils, un troubadour gascon de cette époque affirmait : « Le duché a
enduré pendant quinze ans nuit et jour, la peur du roi des Français […], nous avons perdu dans notre
parenté trop de gens de qualité, et aussi des blés dont le roi des Français nous a dépossédés car nous ne
l’avions pas reçu avec amour ». Ce harcèlement constant de la part des rois de France, de leurs officiers et de
leurs partisans en Aquitaine explique en grande partie l’exaspération des rois d’Angleterre envers ces
derniers alors qu’ils avaient l’impression de loyalement respecter les clauses des traités de paix passés avec les
4

�rois de France.
L ES CAUSES IMMÉDIATES DE LA GUERRE DE C ENT A NS
Quand mourut en 1328 Charles IV, le dernier roi de France capétien direct, il sembla évident en
France que celui qui devait lui succéder était le cousin germain de ce dernier par les mâles, Philippe de
Valois. C’est ce qui arriva malgré les protestations d’Isabelle de France, sœur de Charles IV et mère du
nouveau roi d’Angleterre Édouard III (depuis 1327). Elle avait pourtant contacté les Grands laïcs et
ecclésiastiques du royaume de France, et pour le sud du royaume (le Languedoc) et le royaume de Navarre
c’était le sénéchal des Landes Ramon Durand qui avait dressé la liste des personnes et communautés à
approcher pour faire reconnaître Édouard III comme roi de France. Pourtant, Isabelle et Édouard III
n’étaient sans doute pas les prétendants les plus légitimes face à Philippe VI de Valois et Jeanne de France,
fille du roi de France Louis X († 1316), femme de Philippe d’Évreux et mère du futur roi de Navarre
Charles II, fut la prétendante la plus légitime qui fut écartée du trône de France car elle était une femme et
sa mère avait trompé son père (affaire de la tour de Nesle en 1314). Elle obtint finalement en 1328 comme
lot de consolation le royaume de Navarre et la promesse de quelques terres en France dont la Champagne,
mais son fils Charles II resta un problème pour les rois de France jusqu’à la fin des années 1360. La
prétention d’Édouard III au trône de France ressurgit opportunément en 1337 quand le roi de France
Philippe VI confisqua à nouveau le duché d’Aquitaine. Il semble que cela apparaissait pour Édouard III
comme une manière habile d’échapper au pesant hommage dut au roi de France et que cette revendication
permettait d’obtenir in fine une Aquitaine en pleine souveraineté ce qui fut obtenu par la suite au traité de
Brétigny-Calais (1360). Toutefois, il semble bien qu’Édouard III ait parfois réellement cru à qu’il pouvait
vraiment devenir roi de France. Nous pouvons repérer essentiellement deux occasions : lors de sa
proclamation en tant que roi de France par des Flamands à Gand (1340) puis lors de son expédition visant à
le faire sacrer roi de France à Reims (1359).

5

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              <text>Guilhem Pépin est docteur en Histoire, membre de l'Université d'Oxford et du programme de recherche des rôles gascons de l'Université de Southampton</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/74dbacf67992ba28eb4a40ce00fa3bd1.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/13550" target="_blank" rel="noopener"&gt;Actes du colloque " La Guerre de Cent Ans en pays de langue d'oc (XIVe au XVe si&amp;egrave;cle)"&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Histoire et cultures en Languedoc</text>
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