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�LOUS
DE

CONTES
MOUN
GRAND

L'HISTOUERO DE POUMAREDO
LA CAGARAOULO
LOU

TAMAROU

LAS AOURE 'LHETOS
LOUS MACHOUS
LOU BRANLE DAL BUFET

PARTICULARITES DE L'IDIOME CAUSSINARD
U

SE PRONONCE

EU

J

"

CH

V

"

B

E

"

é

comme en Espagne

LES VERBES EN AIRE se terminent en AÏRE

�L'Histouero de POUMAREDO

Gentillos dametos, qu'aves la lengueto d'argent, callas vous
iin paou, vaous vous counta l'histouero de POUMAREDO.
E tout lou monde se callabo. Ma grand que tenio soun mouli a
pafg entre las cambos s'arrestabo de bira lou mouli. Moun grand
âlor coummencabo a counta:
POUMAREDO, ero un caoussinard. Ero nascut en I80I din l'oustal
de sous parens din la carriero de l'abescat. Ero un reboussié, sa
maire avio poou d'el. Pioi se maridet a Fountes ende uno doumaizello
que devio estre poulido, coumo toutos las filhos de nostre païs,
mé qu'avio de bé é un noum tant poulit, s'appellabo ROUIRE : Lou
noum d'aquel aouré que pousso sui caoussé e que gardo, tout coumo
l'oulivier, de fio^lhos vertos touto l'annado. Del ROUIRE se ramas#
sabo lous glans que servissiou a engraissa lous poucels.
POUMAREDO avio dounc de bé à FOUNTES e a CAOUX.
Sa familho ero aïmade e estimado de toutes.
Aqui moun grand s'arrestabo, se versabo un veire de piquetto
et lou bivio pioi countinuabo :
Un jourijende soun baou paire, voulet faire lou coumerce d al t
tres sieis e perdet fosso argent.
Alor POUMAREDO se metait a raouba.
A FOUNTES avio un pastre que gardabo sous moutous e sas cabros.
Cado mes venio a l'oustal de soun patroun per veni cerca sa mesado.
Un jour d'hiver, fasio frech, la luno brillabo pas gaïre nostre pastré
venguet dounc aco de POUMAREDO per touca soun mes. Trapet POUMAREDO
assetat din la grando chiminiero,emmitouflât dun uno couverto é
toussabo é escoupissio. Al coustat d'el i a vio un toupi Men de
tisano.
Quan vejet soun pastré ie diguet " sioi pla malaouté, divi avère
l'influenza, podi pas sourti, metti dé cataplaoumies me aco me fo
pares. Venes per touca ta mesado, bou te la bailla " e ie countet
soun- argent, pio»se mettait din la chiminiero après avère mes
quaoucos soucos per faire un paou mai de fioc.
Lou pastre lou remerciait, iè souhaitait d'estre leou en bouno
santat e s'en anet.
" Tanco pla la porto " ie diguet POUMAREDO " fo deja prou frech
coumo aco "
E nostre pastre s'en anabo à FOUNTES per lou cami viel que passo
per lous estangs. i avio cinq kiloumestres a faire, mé nostre pastre
ero couten . Venio de touca soun argent et s'en anabo per lou cami
que monto sul caousse un canten:
Se voulen pas tout accaba
Semen de seizes, semen de seizes
Se Voulen pas tout accaba
Semen de seizes a mai de blat
A que]Jo cansoun de Provenco ie rappellabo soun païs natal .
Quan seguet sul plateau del caousse qu'appellan l'estang entendait
lou galop d'un chaval.Ero pas trop rassurât car las routos n'éroum
pas suros en aquello epoco.
Se demandabo cal poudio estre prou caluc per courri a aquello
ouro per lou campestre en prengueu de camis de traverse
Per se douna de courage cantet encaro :
Aro qu'aven tout accabat
Fumen la pipo, fumen la pipo
Aro qu'aven tout accabat
Fumen la pipo sans tabat.

�L'H/istoire

de POMAREDES

Gentilles petites dames, qui avaient une petite langue d'agent,
taisez vous un peu, je vais vous raconter l'histoire de Pomarédes»
Et tout le monde se taisait.Ma grand'mére qui tenait son moulin
à café entre les jambes s'arrêtait de tourner sa manivelle. Mon grand'
pére alors commençait à raconter:
Pomarédes, était un Caussinard.il était né en 18Q£ dans la
maison de ses parents dans la rue de l'Evéché, il avait un caractère
difficile, sa mére avait peur de lui» Puis, il se maria à Fontés avec
une demoiselle qui devait être jolie, comme toutes les filles de notre
pays, mais qui possédait dit bien et un nom si joli: elle s'appelait
Rouyré(en français Rouvre ou chêne vert), le nom de cet arbre qui
pousse sur les causses et qui garde, tout comme l'olivier, des feuilles
vertes toute l'année.Du chêne vert on ramassait les glands qui servaient à engraisser les cochons.
Pomarédes possédait donc des terres à Fontés et à Caux.
Sa famille était aimée et estimée de tous.
A cet endroit du récit,- mon grand'pére s'arrêtait, se verg'ait un
verre de piquette et le buvait, puis il continuait:
Un jour , avec son beau-pére, il voulut faire le commerce des
trois-six et il perdit beausoup d'argent.
Alors Pomarédes, se mit à voler.
A Fontés, il y avait un berger qui gardait ses moutons et ses
chèvres, chaque mois il venait à la maison de son patron pour venir
chercher son mois.Un jour d'hiver,il faisait froid, la lune ne brillait
pas trop, notre berger vint donc chez Pomarédes pour percevoir son
mois, il trouva Pomarédes assis dans la grande cheminée, emmitouflé
dans une couverture, qui touésait et crachait. A côté de lui, il y
avait un pot plein de tisane.
Quand il vit le breger, il lui dit: £je suis bien malade, je dois
avoir l'influenza, je ne peux pas sortir, je mets des catasplasmes;
mais cela ne me fait rien, tu viens pour toucher tôn mois, je vais te
le donner/Jet il lui conta son argent, puis il se remit dans la cheminée
après avoir mis quelques souches pour faire un peu plus de feu.
Le berger le remercia, lui souhaita d'être bientôt en bonne santé
et s'en alla.
^Ferme bien la porte, lui dit Pomarédes, il fait déjà assez froid
comme cela!f7
Et notre berger, s'en allait à Fontés par leschemin vieux en
passant par les Etangs.Il y avait cinq Kilomètres a parcourir, mais
notre berger était content, il venait de toucher de l'argent et il s'en
allait par le chemin qui monte sur le causse en chantant en Provençal:
Si nous ne voulons pas tout achever
Semons des pois chiches, (bis)
Si nous ne voulons pas tout achever
Semons des poischiches et même du blé.
Cette chanson de Provence lui rappelait son pays natal.
Quand il fut sur le plateau du causse qu'on appelle l'Etang, il
entendit le galop d'un chevalfll n'était pas très rassuré car les route
étaient peu sures à cette époque.
Il se demandait quel pouvait être le fou qui courait à cette
heure dans la campagne par de tous petits chemins.
Pour se donner du courage, il chanta encore:
Maintenant que nous avons tout achevé
Fumons la pipe, (bis)
Maintenant que nous avons tout achevé
Fumons la pipe sans tabac.

�L»Histouero de POUMAREDO
////////////////////////

( suite e fin )

Coumo terminabo aquello cansoun, un omé mascat, couffat d'uno
casquetto a costos de melou, armat d'un pistoulet ie diguet :
" Bailo mé toun argent, ou te tugui ! "
Nostre pastre baïllet soun argent, pouilho pas faire aoutro
caouso me se diguet " acos la voues de moun patrourj" .
E vite en courriguen rebenguet a caoux.
Quan arrivet à l'oustal de POUMAREDO , lou trapet din la
chiminiero, din sa couverto en trin de faire de quintos de tous.
" Mestre, diguet lou pastre, venoum de me raouba moun argent
e l'omé que mo attaquât avio vostro voues. Se vous vejio pas aqui
al cantou dal fioc crerio que ero voust.
POUMAREDO ie diguet " Vejes bé qûe sioi malaoute, qui ai la
fièvre, que podi pas sourti. Me saves à nostro epoco las routos
soun pas SUTOS".
Alor moun grand se callabo, tout lou monde pregno'à de castagnos
din las cendres e las croustillaboum. Pioi un cop de picuett© las
fasio dabala.
E las fennos papoutaboum.
Aquello histouero se countabo din toutes lous oustals,1'hiver
al cantou del |?ioc, l'estiou davan la porto, sus un ban a la fresco.
Es atal que se pasaboum las veilhados al debut de nôstre siècle.
+

+
+

La mémo histouero, mai ou mens roumensado.. es racountado
din nostre païs . Cadom la situo din soun village e lous traous
que soum proches s'appelloum : Traou de POUMAREDO.
Se po£ dire que es histouero que es pla nostro.

�L'Histoire

de POMAREDES

////////////////////////Suite et Fin)

Comme, il terminait cette chanson, un homme masqué, coiffé d'une
casquette à cottes de melons, armé d'un pistolet lui dit:
" Donne moi ton argent ou je te tue"
Notre berger donna son argent, il ne pouvait pas faire autre chos%
mais il se dit:"C'est la voix de mon patron!"
Et vite, en courant, il revint a Caux.
Quand, il arriva à la maison de Pomarédes, il le trouva dans la
cheminée, dans sa couverture, en train de faire des quintes de toux.
" Maître, lui dit le berger, on vient de me voler mon argent et
ljhomme qui m'a attaqué avait votre voix!!!, Si je ne vous voyiez pas
la, au coin du feu, je croirais que c'étais vous!"
Pomarédes lui dit" Tu vois bien que je suis malade, que j'ai la
fièvre et que je ne peux pas sortir, mais tu sais à notre époque, les
routes ne sont pas sures"»
Alors, mon grand'pére se taisait.Tout le monde prenait des châtaignes
grillées dans les cendres et on les croquaient.Puis d'un coup de piquette
on les faisait descendre.
Et les femmes papotaientl
Cette histoire se racontait dans toutes les maisons de Caux»
L'hiver au coin du feu, l'été devant la porte sur un banc à la fraôhe.
C'est ainsi que se passaient les veillées début de ce siècle.

Note: La même histoire, plus ou moins romancée, est racontée dans
plusieurs régions.Chacun la situe dans son village et les grotta,
des alentours prennent le nom de trous de Pomarédes,
On peut dire que c'est une histoire" bien de chez nous"
//////////////////////////////////FIN

�LA CAGARAOULO

A uno
carnaval se
dimenches e
rencouifttra,

epoco ounte las filhos éroum surveirlhados, pend£n lou
darçsabo cado semano lous disates après soupa e lous
éro l'oucasiou per las filhos e per lous garcoufyde se
de se parla.

D'un cop d'iol la filho savio invita soun cavalié préférât.
Mé, al mitan de toutos las dansos de aquel tems/ valso,
polka, fox-trot, mazurka, java etc, se fasio tabé uno farandolo
qu'appellaben la cagaraoulo.'
Lous garcoufl^et las filhos se teniou per la man e s'enroulât
boum din lou bal altour del menaïré. FasioJalor coumo uno cagaraculo
Pioi se desroulaboum e toujours en se tenguen per la man la farandolo sourtissio e s'en anabo déforo a traver lou village endourmit.
Lou maïnadie fasio passa la farandolo per las carrierettos
san lun^san oublida la carriero de merdansou ,ounte lous que se
frecantaboum se baïlaboum un poutou e la farandolo countinuabo.
De tems en tems s'entendiofsios la pus poulido ou t1 ai mi pla.'
Penden aquel tems, d'j^i lou bal, las maires de las filhos
assetados sus bancs plassats al tour del bal se demandaboum " ounte
soum passats ?"e trefoulissiou et disiou " Vendrou pas leou 1 " e
gueitaboum la porto.
Lous jouves pensaboum pas als anciens, coutinuaboum a parcouri las carrieros risiou e s'amusaboum.
Enfinl arrivaboum.
Un gros soupir s'escapabo de la pouetrino de las viejlhos.
La cagaraoulo se refourmabo din lou bal pioi ero la fin de
la danso.
Alor, lous jouves garcout^ per se fa perdouna de las maires
de las filhos,pagaboum un café a tout lou mounde.
E tout se terminabo din la joïo.

�L'Eátc argot
A une époque ote les filles étaient surveillées, pendant le carnaval on
dansait chaque semaine les samedis et les dimanches après souper et c'était
l'occasion pour les filles et pour les garçons de se rencontrer, de se parler
D'un coup d'oeil, la fille savait inviter son cavalier préféré»
Mais, au milieu de toutes les danses de cette époque: valse, mazurka,..;}ava
ect- on faisait aussi une fajirandole que nous appellions: l'escargot»
Les garçons et les filles se tenaient par la main, s'enroulaient dans le bal
autour du meneur. Ils faisaient ainsi comme un escargot.Puis ils se déroulaient et toujours en se tenant par la main , la farandole sortait et s'en
allait dehors à travers le village endormi....
Le meneur faisait passer la farandole par les ruelles sans lumière,, sans
oublier la rue de merdanson, où ceux qui se fréquentaient se donnaient unbaiser et la farandole continuait».
De temps en temps on entendait "Tu es la plus jolie" ou

tr

je t'aime bien"

Pendant ce temps, dans le bal, les mères des filles,, assises sur des bancs p.
placés autour du bal se demandaient: Ou sont4- ils passésî Elis étaient,
nerveuses, agitées, impatientes et disaient " Ne viendrons-t'ils pas bientôt?
et elles regardaient la porte».
Les jeunes ne pensaient pas aux anciens, ils continuaient à parcourir les
rues raJaient, M et ■ s^amusaient
Enfin! ils arrivaient.
Un- gros soupir s'échappait de la poitrine des vieilles.
L'escargot se reformait dans le bal, puis c'était la fin de la danse»
Alors, les jeunes garçons, pour se faire pardonner des mères des filles
payaient un café à tout le monde.Et tout se terminait dans la joie»

�LOU TAMAROU

Coumo lous vielJiçj s ' amusaboum.
A Caoux , din la carriero de Fountes, din l'ancien oustal
de BARDOU abitabo en 1905 BOU N NET qu'appellaben PIERRIL ende sa
fenno Thereso.
Aquel denoumat BOUNNET ,&lt;£asio lou camiounur ende carretos e .
de chavals per lou transpor$lel vi que ero entounat en aquello
epocq^de barricos.
ctfv»
Se transpourtabo aquellos barricos a la garo ounté la
Coumpagnié defcami de ferré del miejour las prenio en cargo,
me tabé eroun transpourtados a MEZO, SETO, AtJfTE ounte eroum
expourtados per bateau.
De cops lou transport sus BEZIES ounte aquello futailho
ero ensuito plasado sus de bateous qu'enpruntaboum lou canal
dal miejour.
Mé, en mai d'aquello occupatiou, fasio veni de moundé de la
mountagno ,de gavatchs^lous lougeabo e lous nourrissIoJ«j«tlous
prouprietaires de l'époco louguaboum per quoiques jours can aviou
un traval a effectua ( la Voulanto ).
Un d'aquelles gavatchs que ero counescut per sa soutiso
s'appellabo CELESTO, me lou recor de bestiso ero tengut per
VTNCEN garçou^un paou simple un menudet,coumo anas veïre.
Lous jouves de l'epoco avio fach creire a VINCEN q'uno jouve
filho tant poulido serio erouso de l'espousa. En eprouvet vif
countentament et lou mainadier d'aquello coumedio ie fixait
un rendez-vous en ie precisen qu'ello pouïo lou veire que la neifc
car soun païre, que vouillo pas duquel amour, la surveilhabo.
Rendez vous saguet fixat per uno nioch san luno, din uno
carriereto san lun que s'appello actuellament la carriero
VOLTAIRE al quartier naou.
Dins aquello carriero un orné jouvé et mince coustumat en
filho l'esperabo. Tout lou louiq de la carriero d'autres ornes
jouves armats de gabels soum countro las muraillos.
VINCEN arrivo ende lou mainadie, lou fo approucha de sa
" proumeso ". Penden un quar d'ouro un agréable entretien de
circounstenso s'establit.
Tout d'un cop arrivo lou soi disan paire de la filho. Aquello counse^lho a Vincen de s'en ana davan la coulero et lous cris
de soun paire.
VINCEN partis en couren et cado cop que passabo davan un
jouvé poustat din la carriero engatabo sur la testo un cop de
gabel ço que fasio creire a VINCEN que lou paire lou poursuivio.
Lou lendeman tout lou village risio de 1'aventuro de VINCEN.
Me aquello vief-lho coutumo,aquello histouero del ome bastut
n'o pas enspirat MOLIERE din sa pieço.
" LOU MEDICI MALGRES EL ? "
Le aaouso es for poussi^le car MOLIERE ero din nostro païs de

1650 à 1656. e lou medici maigres el se créait en 1666.

�Comment nos ancêtres s'amusaient.
+++++++++++++++++++++++++++++++++

y
LOU_ TAMAROU.
+++++++++++++++
Un jeu pour rigoler et s'amuser.
A Caux, avenue de Fontés, dans l'ancienne maison de Bardou,
habitait en 1905 BONNET, dit Pierril, avec sa femme Thérèse»
Ce dénommé Bonnet faisait le camionneur avec des charrettes et
des chevaux pour le charroi du vin qui s'effectuait à l'époque par fûtsOn transportait ces futs à la gare où la compagnie des chemins de
fer du Midi, les prenaient en charge mais aussi ces futs étaient transportés sur Méze, Séte, Agde où ils étaient exportés par voie maritime.
Parfois le charroi s'effectuait sur Béziers où les futs étaient
ensuite placés sur des péniches qui empruntaient le Canal du Midi.
Mais en plus de cette fonction, il faisait venir des gens de la mon
tagne, qu'il logeait et nourrissait, et que les propriétaires de l'époque
louaient pour quelques jours lorsqu'ils avaient un travail à effectuer,
(la volante).
Un de Ces montagnards célèbre pour sa sottise s'appelait Céleste
mais le record de naïveté était détenu par VINCENT garçon un peu simple
comme on va le voir.
La jeunesse de 1'époque, CtyùAX fait croire à Vincent qu'une jeune
fille, très belle, serait heureuse de l'épouser.Il en éprouva un vif
contentement et le metteur en scène de ce scénario lui fixa un rendezvous en lui préçisant qu'elle ne pouvait le rencontrer que la nuit, car
son pére, hostile à cet amour, la surveillait.
Rendez- vous fut donc fixé, par une nuit sans lune, dans une ruelle
obscure dénommée aujourd'hui : la rue Voltaire au quartier haut.
Dans cette rue, un jeune homme, mince, habillé en fmlle l'attend.
Tout 1E long de la rue des jeunes hommes armés de "gabels"(fagots) sont
contre le mur.
Vincent arrive avec le meneur de jeu.Il le fait approcher de sa
"fiançée".Pendant un quart d'heure un agréable entretien de circonstance
s•établit.
Toute- à coup, survint le soi-disant pére de la fille.Celle-ci
conseille à Vincent de fuir vu la violence et les cris du pére.
Vincent part en courant et chaque fois qu'il passait devant un
jeune posté dans la rue, il recevait sur la tête un coup de fagot, ce
qui faisait croire à Vincent que le pére le poursuivait.
Le lendemain, tout le monde riait de l'aventure de Vincent.

Mais cette coutume très vieille chez nous, cette histoire du
Tamarou, histoire d'homme battu n'a t-elle pas inspiré Molière dans
sa pièce:
Le Médecin malgré lui?
La chose est fort possible, car Molière fut dans notre région
de 1650 à 1656 et le Médecin malgré lui, fut crée en 1666 •

�LAS AOURE^LHETOS

Al debut de nostre siècle lous anciens cantaboum :
FEVRIE EN CARNAVAL
Nous rameno lous mascous, lous bals. (£, ero l'oucasioq de
festos, de cavalcados de bals coustamatchs ounte lous couples
?
s'entassaboum din las plus grandos cavos transfourmados en salos
de bal. En I9I2 aco de " Casaco " se jouait la valso bruno, en
1920 - 22 aco de BERTRAND i ajet un gran bal mascat.
Tout lou mounde, jouves e vielfy^'amusabo a uno epoco ounte
lous nervis n'eroum pas tibatchs coumo bei car cadum pensabo
" aven lou tem5" .
Me lou carnaval ero tabe lou signal per la cousiniero de fa
las aoureflhetos. Ero un gros traval e i avio uno.grosso animatiou
din la cousino.
Per fa la pasto ma grand prenio de farino.d'ious, de beurre
aquel mélangé se parfumabo endé citroun ou a la flou d'irangé.
La pasto ero piccado a cops de poung per la faire leva. Pioi
applatido endé lou rouleau e descoupado en pitiots bousis endé un
coutel.
Ma grand la prenio entre sous detchs e la plounjabo din un
païrol tout negre din la grando chiminiero. Aquel païrol erè
ramplit d'oli que boulissio e lou cuivre ero tout rouge coumo
lou fioc.
Las aour$f|Jietos sanjaboum de coulou, se daouraboum.se
couflaboum i avio de bossos,de traous, semblaVoum un païsage de
voulcan.
Quan eroum prou quiochos endé uno passouero las sourtissio
de l'oli e las fasio egoutta.
Eroum plaçados sur un plat ounte se refrescaboum e eroum
couvertos de sucre en poudro.
S'en fasio de grossos panieros e la cousino avio uno bouno
aoudou d'oli, de citroun ou de flou d'irangé.
Tabé lous gourmands veniou din la eousino per tasta las
aoure£lhetos toutos caoudos sang escouta ma grand que rouspetabo
" Aco vous faro mal 1 Poudes pas espera a deman ? allé, foutes
le camp 1 ".
Se manjabo d•aoureálhetos penden uno semano, de cops mai,
asagados ende lou vi blanc doux lou " carthageno " de daré la
legno que es uno veritablo licou.
Bei, lous bals mascats ou disparats "jounte es lou tem$ ounte
dansabem, toutes lous dimenches aco de MORINEAU ?
Din quaouques oustals se fo encaro un paou d ' aoureàrlhetos
me lous jouves preferoum las croumpa.
r ma par regretaraï toujour leutemjounte se fasio las
?
aoureàrlhetos a l'oustal.

�LES OREILLETTES

Au début du siècle, nos anciens chantaient :
Février en carnaval
Nous ramène les masques, le bal.
Et c'était l'occasion de festivités; de corsos, de bals masqués
où l'on s'entassait dans les plus grandes caves transformées en salles
de bal, en 1912 chez Caraco où l'on joua "La Valsfc Brune ", en 1920-22,
chez Bertrand. Toute la population, jeunes et moins jeunes, s'amusaient,
se défoulaient à une époque où leurs nerfs n'étaient pas tendus comme
aujourd'hui car, au lieu de rechercher le rendement, la devise était:
" Aven lou temp ". (Nous avons le temps).
C'était aussi le signal pour la ménagère de faire les oreillettes.
La pâte était confectionnée avec un mélange d'oeufs, de farine,de
beurre et parfumée au citron ou à la fleur d'oranger. On tapait la pâte
avec les poings pour la faire lever; cette pâte était amincie avec un
rouleau et découpée avec un petit appareil à molette ou un couteau.
Ces morceaux de pâte étaient pris entre les doigté et plongés dans
un chaudron tout noir, posé sur les chenêts mais dont l'intérieur en
cuivre reflétait l'huile bouillante.
Les oreillettes prenaient une teinte dorée, se boursouflaient, se
crevassaient, se recroquevillaient. Des cloques se formaient, on aurait
dit un paysage volcanique. Dès qu'elles étaient cuites et que la jolie
teinte était obtenue, on les retirait avec une passoire pour laisser
égouter l'huile.
On les posait sur un plat où elles refroidissaient après avoir été
recouvertes de sucre en poudre...
On en faisait de pleines corbeilles et la cuisine répandait une
bonne odeur d'huile chaude, de citron ou de fleur d'oranger.
Souvent les gourmets ,attirés par cette délicieuse odeur, entraient
dans la cuisine et ne pouvaient résister au plaisir de les déguster encore toutes chaudes, malgré les protestations de la cuisinière :
"Cela vous fera mal! Vous ne pouvez pas attendre à demain? Allez prendre
l'air dehors! "
On mangeait pendant plusieurs jours les oreillettes en les arrosant
d'un vin blanc doux que l'on appelle par endroits le" Carthagène " et
que les viticulteurs fabriquent avec du jus de raisin frais auquel on
ajoute de l'alcool de vin. Ce mélange produit une véritable liqueur.
De nos jours, dans notre village, les bals masqués ont disparu, les
corsos aussij Où est le temps où nous dansions tous les dimanches chez
Morineau!. Dans qaelques maisons encore on fait des oreillettes, mais
en petite quantité, quant aux jeunes, ils préfèrent les acheter chez le
pâtissier.
Pour ma part, je regretterai toujours ce temps où l'on faisait les
oreillettes chez soi.
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�LOUS MACHOUS

Tout lou monde sap, per aïsi que lous ornes de PEZENAS,
aquello poulido villeto sur la Peyno, lous appellan : LOUS MACHOUS.
Aqui l'ourigino d'aquel surnoum.
Un Pezenasol s'en anet a Paris per visita la capitalo
geïtabo tout sur soum pasage : La tour eiffel, lous bels bâtiments,
ero émerveillât. Coumo se proumenabo din un jardin Vejet un ban
que beniou de pintra e i abiou mes uno pancarto que disio "
DEFENSO DE S'ASSETA ". Un paou pu lion bejet uno fon ount^ï abio
uno pancarto que disio " DEFENSO DE BIOURE " AljjO NOUN POUÏABLÏ) "
Nostre Pezenasol se diguet
" A
ou mens saboum averti las
estrangers del deforé. Aqui quai pas￼seta, a qui quai pas
bioure 1 A Pezenas, alien pas aquello scienco ,e lous que venoum
savoum pas se podoum s'asseta sus un ban ou encaro se podum bioure
d'aïgo a la fon.
Quan arrivet à Pezenas, nostre Pezenasol anet trappa Mousseu
lou Maire e ié diguet
" Bounjour, Mousseu lou Maire, veni de PARIS
et allai aï vis un moulou de caousos que se trouvoum pas aïsi.
Me so que aï remarquât es que metoum per lous estrangers de
deforo de pancartos per dire si oï ou nou podoum s'asseta sus un
ban ou biouré a uno fon.
Vous demandi dounc, Mousseu lou Maire, de mestre sus bans
uno pancarto que digue " aquel ban es per s'asseta " et sus las
fons " aquello fon es per biouré ".
"Coumo aco ,
E es

tout lou monde saouro so que cal faïre "

50 que lous Pezenasol^fagueroum.

Lous que vingueroum visita Pezenas e que ve&lt;j#eroum aquo
digueroum " lous Pezenasols soum des machous ". ^
E aquel surnoum es toujour restat.

�LOUS MACHOUS

Tour le monde sait, par ici, que les hommes de Pezenas, cette
jolie petite ville sur la Peyne, nous les appelons " lous Machous".
Voici l'origine de ce surnom.
Un piscénois était allé à Paris pour visiter la capitale. Il
regardait tout sur son passage : la tour Eiffel, les beaux bâtiments ; il
était émerveillé. Comme il se promenait dans un jardin, il vit un banc fraîchement peint où l'on avait mis une pancarte disant :" défense de s'asseoir".
Un peu plus loin,il vit une fontaine où il y avait une pancarte avec cette
inscription :" Défense de boire, eau non potable ";
Notre piscénois se dit : "Ici, au moins, ils savent avertir les
étrangers $ du dehors ), Ici, il ne faut pas s'asseoir, ici il ne faut pas
boire ! A Pezenas nous n'avons pas cette science et ceux qui viennent ne savent pas s'ils peuvent s'asseoir sur un banc ou encore s'ils peuvent boire
1'eau de la fontaine .
Quand il arriva à Pezenas,notre piscénois, alla trouver Monsieur
le Maire et lui dit :
"Bonjour, Mr le Maire, je viens de Paris et là-bas, j'ai vu un
tas de choses qui ne se trouvent pas ici. Mais ce que j'ai remarqué, c'est
qu'ils mettent pour les étrangers (du dehors) des pancartes pour dire si
oui ou non ils peuvent s'asseoir sur un banc ou boire à une fontaine.
Je vous demande donc, Monsieur le Maire,de mettre sur les bancs
une pancarte qui indique " ce banc est pour s'asseoir " et sur les fontaines
" cette fontaine est pour boire" . Comme cela, tout le monde saura ce qu'il
faut faire.
Et c'est ce que les piscénois firent.
Ceux qui vinrent visiter Pézenas et qui virent cela, dirent"
" les piscénois sont des Machous ".
Et ce surnom leur est toujours resté.

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�LOU BRANLE DAL BUFET

AI trapat

din lous viels livres aquello histoueso.

Al mouïen âge,lous mouenos aviou l'habitudo de sourti lou
jour del dimas gras en prousessioun din las carrieros del vil
lage en bufen ende un bufet din tout^os làs directiouns per
cassa lous michants espritchs, lou jour ounte tout lou mounáe
ero mascat, lou jour ounte lous mascous s'amusaboum, dansaboum
e cantaboum.
Or, din uno prousessioun, un jouvé moueno, un menudet, diriget soun bufet e bufait din la directioun d'uno fenno de michanto vido qu ie bira&amp;o l'esquino.
Aco se passabo, crezi, dinLLa carriero del san sacramen.Tout
lou mondé que bejet aco rigoulet et applaudiguet car pensabo
que ero uno facoun de refresca uno fenno que, coumo disen " abio lou fioc al cioul ".
La traditiou del bufo al cioul ero nascudo.
E toutes lous ans assistan al branlé dal bufet ounte d'omès
la figuro e^if arinado, vestits ende uno camiso de nioch de fenno/
un bounet de nioch en coutou executoum un branlé dous per dous.
Lou, maïnafiié porto sus sas espallos un gros bufet, lou que servis al bouché per coufla lous bedels morts.
Lous aoutres ornes sus dous rengs, avancoum pas à pas en piquen en cadenco ende dos planches, fou de bruch, se viroum a
droueto e a guaoucho en faguen lou geste de bufa den lou cioul
de l'ome que es davant el et cantoum sur un rythme approupriati
Bufo ie al cioul la
_ „ .
,
. ,
Bufo ie al cioul qu
E bufo ie )
/
„ , _
.
&lt;
(v dous
E bufo ie )

paouro vielho
* ,
no besoum
\
cops )
* '

)
&lt;
)

/,
\
(dous cops )

Dounc, la pensado de casa lous michants
espritchs e las
michantos ideos ses perpetuado jusqu'à bei per lou branle dal
bufet.
Disoum que aquello histouero es vrai, mè avouas que se es uno
mesorguo, es tout de mesme bouno a counta.

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�LA DANSE DU SOUFFLET

J'ai trouvé dans les vieux livres, l'histoire suivante :
Au moyen âge, les moines avaient l'habitude de sortir le jour du
Mardi-Gras en procession; dans les rues du village en soufflant avec un
soufflet dans tous les sens pour chasser les mauvais esprits; le jour
où toute la population s'amusait, dansait et chantait.
Or, lors de cette procession, un jeune moine dirigea son soufflet
et souffla dans la direction d'une femme de mauvaise vie qui lui tournait
le dos. Cela se passait, je crois, rue du Saint Sacrement.
Tous les gens qui virent cela, rirent et applaudirent car ils pensaient que c'était une façon de refroidir une femme qui, comme nous disons,
" avait le feu au cul ".
La tradition du souffle au cul était née. Ainsi, tous les ans, nous
assistons à la danse du soufflet où des hommes, la figure enfarinée, portant une chemise de nuit de femme, un bonnet de coton, exécutent une branle deux par deux.
te meneur porte sur ses épaules un gros soufflet, celui avec lequel
le boucher gonfle les veaux morts.
Les autres hommes, sur deux rangs, avancent pas à pas, tapent en
cadence,avec deux planches en se tournant à droite, puis à gauche en faisant le geste de souffler dans le postérieur de l'homme qui est au devant
de lui. Ils chantent sur un rythme approprié :
" Souffle lui au cul, la pauvre vieille ^(j^)
Souffle lui au cul qu'elle en a besoin.)
Et souffle lui et souffle lui. (bis) "
Ainsi la pensée de chasser les mauvais esprits ainsi que les mauvaises idées s'est perpétuée jusqu'à nos jours par la danse du soufflet.
Il paraît que cette histoire est véridique, mais avouez, que si elle
n'est pas vraie, elle est tout de même bien bonne à raconter.

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              <text>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;span&gt;Ce recueil, anonyme, a &amp;eacute;t&amp;eacute; envoy&amp;eacute; au Concours de Langue Romane de la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; arch&amp;eacute;ologique de B&amp;eacute;ziers en 1976.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Lous contes de moun grand&lt;/em&gt;&amp;nbsp;contiennent six textes accompagn&amp;eacute;s de leur traduction : &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;L'histouero de poumaredo&amp;nbsp;&lt;/em&gt;(L'Histoire de Pomaredes)&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;La cagaraoulo &lt;/em&gt;(L'escargot)&lt;em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Lou tamarou&lt;/em&gt; (Lou tamarou : un jeu pour rigoler et s'amuser)&lt;em&gt; &lt;br /&gt;-&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Las aourelhetos &lt;/em&gt;(Les oreillettes)&lt;em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Lous machous &lt;/em&gt;(Lous machous)&lt;em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Lou branle dal bufet &lt;/em&gt;(La danse du soufflet)&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, SAB-A-14-031</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Société archéologique de Béziers</text>
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      <name>Concors de lenga romana de la Societat arqueologica de Besièrs = Concours de langue romane de la Société archéologique de Béziers</name>
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