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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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30
31

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FE BRIE
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dil. Jou de V An

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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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lu 21, à 10 oura
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5 14'

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14
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s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
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dis.
Dim.
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dim.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
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29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
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N. L.
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lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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20,

10
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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dij.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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Sta Cunegonda
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Sta Coleta
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Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
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S. Acepsima
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S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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7 Dim.
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12 div.
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18 dij.
19 div.
20 dis.
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23 dim.
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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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9 dij. s. Antounin
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11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
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23 Dim.
24 dil.
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29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
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6
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—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
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SOULÈU,

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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

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Simeoun

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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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La Passioun
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2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
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21 Dim.
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23 dim.
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25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

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Pichouna plneia d'Abriéa
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Q.

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D . Q.
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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
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Au mes de mai
Longui semana

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lu 3,
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SOULÈU.

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dis.
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dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
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dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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1
2
3
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12 dij.
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17 dim.
18 dim.
19 dij.
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22' Dim.
23 dil.
24 dim.
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28 dis.
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1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
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10
il

12
13
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31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

14
10
23
24

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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Potin
Trinità.
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S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
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Sta Marcelina
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S. Vincen de P.
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S. Vi loiSta Maria-Mad.
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Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
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S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

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Dim.
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dim.
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Djm.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
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dim.
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dij.
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div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Cicle soulari
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Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
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—

oura
oura
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20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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D. Q.
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1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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3
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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23 dim.
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27 dis.
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29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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dij.
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Dim.
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dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dij.
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Dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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12 div.
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18 dij.
19 div.
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21 Dim.
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23 dim.
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25 dij.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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Dim.
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dim.
dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 15,
lu 22,
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oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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D. Q.
SOULÈU,

1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
6 dis.
7 Dim.
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23 dim.
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13, à
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21, à 7
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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11 dim.
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13 dij.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
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à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Potin
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Festa de Dieu
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
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S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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dim.
dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
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Figa e moust

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SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
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S. Oumer
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S. Félis
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S. Nicomède
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S. Maurici
Sta Tecla
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S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
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De mai clarina

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lu 22,
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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

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oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
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—

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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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11 dim.
12 dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
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S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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dim.
dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
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Sta Rosalia
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S. Oumer
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S. Nicomède
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Lima setembrina
De mai clarina

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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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9 dil.
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11 dim.
12 dij.
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14 dis.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
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7 OUI;L 48 s.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
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S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
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Ciprian
Filogone
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Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

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Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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L.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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L. 8 14' — C. 4 42'

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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
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dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
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div. S. Arcada
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dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
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dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
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Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
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Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
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13, à
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Divèndre Sant
Dissata Sant
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S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

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Bouona récolta pèr l'csliéu

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TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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19 dim.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

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à 10 oura SI s.
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

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5 dil.
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Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Janvié
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Sta Tecla
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S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
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S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
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il

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31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
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i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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— Usine au Pont-Magnan

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�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Q.
L.
Q.
L.

dil.
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Dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
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Dim.
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dim.
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dis.
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dil.
dim.
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dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
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dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
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Dim
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dim.
dim.
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div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
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s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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L.
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

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24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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29

Nouvé

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32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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Valère Bernard (J. Padovani)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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30
31

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26
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
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div. S. Poulicarpa
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dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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Dim.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
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6 dis.
7 Dim.
8 dil.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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9 Dim.
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12 dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dim.
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Dim
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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N.
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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6 H

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

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Le Désespoir (Edgar de Masini)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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31

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oura
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oura
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26
21
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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
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dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
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dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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N. L.
P. Q.
P. L.
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.

i
L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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18 dij.
19 div.
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23 dim.
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25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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d'un.
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Dim.
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Dim
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div.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
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OUTOUBRE
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P.

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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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29

Nouvé

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32

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33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

■

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67

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68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

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69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
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Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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Macari
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
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dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
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dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

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P. L.
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15 dil
16 dim.
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13, à
3
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—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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6

dis.
Dim.
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dim.
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19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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11
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30
31

—

oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
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lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
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lu 15,
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1 dil.
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14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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21, à 7
28, à 11

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
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16 Dim.
17 dil.
18 dim.
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20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dil.
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
dim.
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dis.
Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
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à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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TRIMESÏRÍ;

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Genevieva
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
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P. Q.
P. L.
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Sta Cunegonda
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Sta Eufrasia
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S. Acepsima
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S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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7 Dim.
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12 div.
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16 dim.
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18 dij.
19 div.
20 dis.
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23 dim.
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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
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20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
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27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
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30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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L.

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
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Dim.
dil.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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31

—

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oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
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S.
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TRIMESÏRÍ;

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div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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1
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S. Jôusé
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S. Turibe
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La Passioun
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2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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21, à 7
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Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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D . Q.
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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
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SOULÈU.

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dim.
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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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27 dij.
28 div.
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dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
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N. L.
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lu 12,
lu 20,
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18 dim.
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24 dim.
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6 oura 46 s.
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7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
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30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
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10
il

12
13
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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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div.
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Dim.
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dim
dim.
dij.
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dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
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i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
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m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
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S. Sisoès
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Sta Marcelina
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Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

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Dim.
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Djm.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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Dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Cicle soulari
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Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
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N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
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—

oura
oura
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20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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D. Q.
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1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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3
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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23 dim.
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27 dis.
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29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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dij.
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Dim.
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dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dij.
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Dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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12 div.
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18 dij.
19 div.
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21 Dim.
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23 dim.
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25 dij.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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Dim.
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dim.
dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 15,
lu 22,
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oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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lu
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

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11 dim.
12 dim.
13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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s. Pèire
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En Jun
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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9 dim.
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11 dij.
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27 dis.
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13, à
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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Félis
S. Veran
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Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
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7 OUI;L 48 s.

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S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La Vigne (J. Padovani)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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3
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il

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31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

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NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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Nouvé

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32

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Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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30
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dim. S. Guiermo
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dil. S. Maurici
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20
Dim. Sta Agnesa
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dim. S. Raymound
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dim. Sta Jacinta
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Dim. Sta Paula
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dil. S. Francès S.
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Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
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7 Dim.
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28 Dim.
29 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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9 Dim.
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12 dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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d'un.
dij.
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Dim
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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N.
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L.
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

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—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

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Valère Bernard (J. Padovani)

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Le Désespoir (Edgar de Masini)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 14, à H
lu 22, à 7
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2
3
4
5
6
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30
31

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26
21
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2
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4
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Lu Rei
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7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
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6 dis.
7 Dim.
8 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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9 Dim.
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12 dim.
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18 dim.
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20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

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BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

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TROISIÍ)MK

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JULIE T
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dij.
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dim.
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Dim
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dis.
Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
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s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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CalaDdrié 1912

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Pierre Gioffredo (PlaDca)

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16

Crounica Niçarda

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17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

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72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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31

—

oura
oura
oura
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20
26
21
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m.
s.
m.
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P. Q.
P. L.
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SOULÈU,

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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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dim.
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div.
dis.
Dim.
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d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
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Dim
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dim.
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div.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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N.
P.

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L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
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Lu Rei
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Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
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Dim. Setuagesima
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dim Sta Agata
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
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dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
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dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
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dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
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P. Q.
P. L.
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6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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5
6

dis.
Dim.
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dim.
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11 dim.
12 dim.
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16 Dim.
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20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
P.
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N.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

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A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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31

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dil. Jou de V An

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2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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7 Dim.
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10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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lu 21, à 10 oura
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8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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lu 22,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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lu 12,
lu 20,
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5
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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20,

10
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q,
L.
Q.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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3
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6
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31

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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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dim Sta Agata
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
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dis. S. Pascase
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dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
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A la terra vau fumiè.

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P. Q.
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lu 28, à 7 oura
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9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
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17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
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27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
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à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
9 div.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
P.

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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
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SOULÈU, -

1
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12 dij.
13 div.
14 dis.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
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31 dim.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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30
31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.

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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

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S. Anselme
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S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
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Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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5 14'

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14
10
23
24

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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
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SOULÈU.

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2
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5
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dis.
Dim.
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dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
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26 dim.
27 dij.
28 div.
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
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dil.
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Dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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1

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Dim.
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Djm.
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Dim.
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dim.
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dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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18 dij.
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20 dis.
21 Dim.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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D . Q.
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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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1
2
3
4
5
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11 dim.
12 dim.
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16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Francès C.
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Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
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S. Sisoès
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S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
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S. Pantaleoun
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dim.
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Dim.
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dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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30

Dim.
dil.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
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3
4
5
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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S.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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lu 23,
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1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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27 dis.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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2
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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Il 19, a o oura 31 m.
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
dim.
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dim.
dim.
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dil.

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Sta Eufemia
Sta Rosalia
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Natiu, di' la V.
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S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
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î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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31

—

oura
oura
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FE BRIE
20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
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lu 23,
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— L.

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dim.
dim.
dij.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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18 dij.
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21 Dim.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
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15 dis.
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19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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7 dim
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
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s. Seg'oundo
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N. L. Ju 22, a 3 oura 37
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28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
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dim.
dim.
dij.
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dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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27 dis.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

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TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
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31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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dim.
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dis.

Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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P.
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L.
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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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12 div.
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23 dim.
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25 dij.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
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dim.
dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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JULIE T
P.
P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
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div.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
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Dim.
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dij.
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dim.
dim.
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div.
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 09m;
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m.

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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
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12 dij.
13 div.
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15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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dis.

Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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s.
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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dis.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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1
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
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S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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lu 12,
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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
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S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
oura
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
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1
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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23 dim.
24 dim.
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27 dis.
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13, à
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21, à 7
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—

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oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
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13 dij.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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30
31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
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il

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.

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L
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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S. Rodolfe
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S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

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14
10
23
24

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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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dis.
Dim.
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dim.
dim.
dij.
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8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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1
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dim.
dim.
dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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Djm.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
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28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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12
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24
25
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28
29
30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
il

12
13
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30
31

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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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dim.
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Dim.
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dim
dim.
dij.
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dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
3
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5
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Dim.
dil.
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dim.
dij.
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8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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TROISIÍ)MK

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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6
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Djm.
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dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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dis.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
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1
2
3
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Dim.
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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7,
20,
20,

10
9
22
22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
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— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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30
31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
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il

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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
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9 div.
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Dim.
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
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S. Là u ren
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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
dil.
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d'un.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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dil. Jou de V An

P. Q.
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1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
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S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
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S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
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Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
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S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Félis
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S. Janvié
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S. Maurici
Sta Tecla
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S. \\ inceslas
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S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
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Sant Rousari.
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Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

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2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
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Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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31

—

oura
oura
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oura

FE BRIE
20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 1,
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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ABRIÉU
P.
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D.
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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13, à
3
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—

oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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11 dim.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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JULIE T
P.
P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dim.
dij.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
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S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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P. Q.

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lu 12,
lu 20,
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1
2
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4
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

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SOIERIES.

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 15,
lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
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21, à 7
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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13 dij.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
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Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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1
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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lu 12,
lu 20,
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

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oura
oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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D. Q.
SOULÈU,

1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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dij.
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S.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
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7 Dim.
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13, à
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21, à 7
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—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
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13 dij.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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s. Pèire
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
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Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
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S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
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S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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9 dil.
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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La Vigne (J. Padovani)

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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BORDEAUX, BEAUNE, REIMS, FRANCFORT

GGIi

0ABLI81

Assurances et Transports Maritimes
NICE — PLAGE

CASSINI — NICE

L'ABEILLE

L'UNION

Compagnie anonyme d'Assurances
contre l'Incendie

Compagnie d'Assurances sur la
Vie Humaine

La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
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s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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dis.

Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

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ABRIÉU
P.
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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11 dij.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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23
24

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m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
3
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5
6

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dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

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TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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dim.
dim.
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dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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a
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m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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Nouvé

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Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dim.
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Dim.
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dil.
dim.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
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27 dis.
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29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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dim.
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8 dis.
9 Dim.
10 dil.
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12 dim.
13 dij.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dim.
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Dim.
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dim.
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div.
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Dim
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

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24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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7
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30
31

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13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
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dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

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L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
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3 dim.
4 dij.
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7 Dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
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24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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9 Dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dim.
d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
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div.
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Dim
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dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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N.
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

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—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

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69

Valère Bernard (J. Padovani)

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Le Désespoir (Edgar de Masini)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 14, à H
lu 22, à 7
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SOULÈU.

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2
3
4
5
6
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30
31

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26
21
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2
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4
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6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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div
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Sta
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S.

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div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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N. L.
P. Q.
P. L.
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1
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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

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L.
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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
8 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
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24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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19 dim.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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oura 46 m,
oura 09m;
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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2
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4
5
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Dim.
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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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—

33

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67

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Valère Bernard (J. Padovani)

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Le Désespoir (Edgar de Masini)

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L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 14, à H
lu 22, à 7
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SOULÈU.

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7
dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
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Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
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dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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0.
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
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6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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21 Dim.
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23 dim.
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25 dij.
26 div.
27 dis.
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6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
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dil.
dim.
dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
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16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dil.
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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
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dij.
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dil.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
P.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
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TRIMESÏRÍ;

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Genevieva
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dim. Sta Marfina
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En Janvié
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

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18 dij.
19 div.
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21 Dim.
22 dil.
23 dim.
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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
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s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
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L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
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29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
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N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

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4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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31

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FE BRIE
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dil. Jou de V An

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3
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Lu Rei
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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S. Acepsima
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S. Joachin
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
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26 div.
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30 dim.

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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
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23 dij Rogaeioun
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27 dil. S. German
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30 dij. S. Sylve
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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N.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
m.
s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

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5
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Dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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20,

10
9
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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L.
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L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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2
3
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Lu Rei
6
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7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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5 div.
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7 Dim.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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16 dim.
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TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
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12 dim.
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16 Dim.
17 dil.
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19 dim.
20 dij.
21 div.
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27 dij.
28 div.
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N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
9 div.
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Djm.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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SOULÈU, -

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12 dij.
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18 dim.
19 dij.
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22' Dim.
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24 dim.
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26 dij.
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28 dis.
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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
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il

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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14
10
23
24

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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
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dim.
dim.
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8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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à 10 oura SI s.
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S. Lié
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
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Il 19, a o oura 31 m.
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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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Djm.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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dis.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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1
2
3
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12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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7,
20,
20,

10
9
22
22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
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— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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30
31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
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il

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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
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9 div.
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Dim.
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
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S. Là u ren
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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
dil.
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d'un.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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dil. Jou de V An

P. Q.
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2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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Sta
S.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
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S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
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S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
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s. Seg'oundo
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Sta Rosa
S. Fiacre

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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S. Oumer
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S. Félis
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Sta Tecla
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S. Jeromo

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
a
a

î&gt;
0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
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Sant Rousari.
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Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

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2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
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Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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31

—

oura
oura
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oura

FE BRIE
20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 1,
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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ABRIÉU
P.
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D.
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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13, à
3
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—

oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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11 dim.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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JULIE T
P.
P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dim.
dij.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
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S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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P. Q.

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lu 12,
lu 20,
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1
2
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4
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

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SOIERIES.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 15,
lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
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21, à 7
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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13 dij.
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15 dis.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
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Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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1
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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lu 12,
lu 20,
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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          <name>Contributor</name>
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              <text>Ciaudo, Charles</text>
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              <text>Rolland, Antoine</text>
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              <text>Padovani, Jean</text>
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              <text>Rance-Bourrey, Antoine-Joseph (1857-1937)</text>
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              <text>Masini, Edgar de</text>
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          <name>Alternative Title</name>
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              <text>Armanac nissart. - 1912 </text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers AL 11</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Conte occitan = Conte occitan</name>
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      <name>Fablas occitanas = Fables occitanes</name>
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      <name>provèrbis e expressions en occitan = proverbes et expressions en occitan</name>
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