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                  <text>J. BERRIAT SAINT-PRIX

Vieilles
■

-

■

■

Prières

CLE RMONT-FÊ RR AN D
IMPRIMERIE

MODERNE, A.
15, Eue du Port

1906

DU-MONT,

DIRr

��J. BERRIAT SAINT-PRIX

Vieilles
Prières

C LE RM 0 N T.-FER RAND
IMPRIMERIE MODERNE,

A.

lf&gt;, Rue du Port

1906

DU M ONT,

DIRr

��01 miel des tels, un biel clouquié lébo lou capt,
E lou bourg, sieis oustaus. contro guel orruquat,
Ropélo des pousis jious l'alo de lo clouco.

Trop de personnes ont mis un peu de leur cœur
dans les prières des paysans pour qu'il soit possible de
rendre à chaque texte sa forme primitive. Mieux vaut
écrire ce qu'on a appris sans y rien changer. Il n'y a
guère de fautes que dans le français, l'ignorance de la
langue est leur excuse. Si étranges que soient quelques unes de ces fautes, le lecteur n'en sera pas
choqué s'il considère que les fidèles n'y prenaient pas
garde et qu'elles no leur otaient rien de leur confiance
ni de leur recueillement.
On ne peut pas ranger ces prières d'après le nom de
leur auteur puisqu'on n'en connaît aucun, ni d'après
leur date puisqu'on n'en a déterminé aucune, ni même
d'après leur langue, puisqu'il y a du français dans les
textes patois et du patois dans les textes français; on ne
peut que rapprocher les unes des autres celles qui se
ressemblent le plus. Il est naturel de commencer par
les prières du matin.

�— 4 -

AU RÉVEIL
Mon Dieu fasai me posser voutro saint jur mo ai
possa voutro sainto nit sin molair sin difourtiuno sin
mohicho sin accidint de rin gardai me bien de miçants
chonjis de miçantais pinsadais mon Dieu chu plait.
(Les Martres-d'Artières.)
Mon Dieu, faites moi passer votre saint jour comme
j'ai passé votre sainte nuit; sans malheur, sans dommage, sans colère, sans accident d'aucune sorte; préservez moi bien des mauvais désirs, des mauvaises
pensées ; mon Dieu, s'il vous plaît !

EN PRENANT DE L'EAU BÉNITE
I. — Aiguo benito rousa me Fi de Dieu juda me chi ai
mau foit chi ai mau dit boun Dieu bouno Vierjo pardouname (Surat).
Eau bénite, arrosez-moi; Fils de Dieu, aidez-moi;
si j'ai mal agi, si j'ai mal parlé, bon Dieu, bonne
Vierge, pardonnez moi.

II. — Aiguo benito rousa me chi ai mau foit chi ai
mau dit renda men amo a Jésus-Christ. (Thuret).
Eau bénite arrosez-moi ; si j'ai mal agi, si j'ai mal
parlé, rendez mon âme à Jésus-Christ.

�— 5 III. — Ye prenne d'aiguo benito po la vialo et po lus
çamps che la mort me surprint me servira de bon
Saint-Sacremint. (Les Marlrcs-d'Arbores).
Je prends de l'eau bénite dans la ville et dans les
champs; si la mort me surprend, elle me servira de
bon Saint-Sacrement.
Cette prière montre que l'habitude de porter sur soi
de l'eau bénite était plus commune autrefois qu'elle ne
l'est aujourd'hui.

IV. — Lova mon amo Seigneur lova lo de l'aiguode
voutro sainto grasio faut que lo sio purifiado de tu
pécha et que lo sio in objet agréable dovant voutri é.
(Thuret.)
Lavez mon âme, Seigneur, lavez-la de l'eau de votre
sainte grâce; il faut qu'elle soit purifiée de tout péché
et qu'elle soit un objet agréable à vos yeux.
Amplius lava me ab iniquitate mea : et a peccato
meo munda me. (Ps. L. 4.)

EX SORTANT DE L'EGLISE

Muon Dieu ye m'in vo ye sabe pas chi tuornoré ma
chi tuorne pas meta me cuo en terro sainto nien amo
près de vous et me rende bien à vous. (Les Martressur-Morge).

�— 6 —

Mon Dieu, je m'en vais; je ne sais pas si je reviendrai, mais si je ne reviens pas, mettez mon corps en
terre sainte, mon âme près de vous et je me recommande bien à vous.
Cette prière a du être composée à une époque de
troubles et de périls.

EN ALLANT AUX CHAMPS
I. — Buonju buon Dieu ye sé Yvaut te sabés be che
que l'y faut buonju buon Dieu ye m'en vo. (Les MarIres-sur-Morge).
Bonjour, bon Dieu, je suis Yvaut; tu sais bien ce
qu'il lui faut; bonjour, bon Dieu, je m'en vais.

II. — Bounju boun Dieu ye sé Bajaut vous sabcz che
quo me faut bounju boun Dieu ye m'en vo. (Surat).
Bonjour, bon Dieu, je suis Bajaut; vous savez ce
qu'il me faut; bonjour bon Dieu, je m'en vais.

III. — Bounjou boun Dieu ye sé que paure Giraud
vous sabez bc che que l'y faut bounjou boun Dieu ye
m'en vo. (Thurel).
Bonjour, bon Dieu, je suis ce pauvre Giraud; vous
savez bien ce qu'il lui faut; bonjour, bon Dieu, je m'en
vais.

�— 7 -

IV. - Bonjou bon Dieu vethi Liabaud vous sabez
che que l'y faut bonjou bon Dieu ye m'en vo. (Maringues).
Bonjour, bon Dieu, voici Liabaud, vous savez ce
qu'il lui faut; bonjour, bon Dieu, je m'en vais.
Dans presque tous les villages de la Limagne, il y a
des personnes qui savent cette petite prière. C'est sa
naïveté qui l'a sauvée de l'oubli.

LE PATER
I. — Paté do boun Dieu tant brave quand n'en prio
Dieu los anjes sint lians qui le chantint Jésumen lo
icoto lo bouno Vierjo lo entint paté do boun Dieu a me
ye le metio en bottio et en écrit dans le saint paradis
paté do boun Dieu amen. (Surat).
Pater du bon Dieu ; il est si beau de prier Dieu ; les
anges sont là-haut qui le chantent; le petit Jésus l'écoute ; la bonne Vierge l'entend ; pater du bon Dieu ;
moi je le mettrais dans une boite et en écrit dans le
saint paradis ; pater du bon Dieu, amen.
Jésumen veut dire : le petit Jésus, comme Jesulus.
Quis est homo qui amare
Atque Jesulumportaré
Nollet suis brachiis?
(Hymnodia de S. Josepho).
« Lians » indique l'éloignement : il veut dire là-bas
ou là-haut suivant le sens général de la phrase.

�- 8 —

II. — Paté dou boun Dieu tant brave quand ne prio
Dieu los anjes sint lians lo bou no Vierjo icouto le boun
Dieu vous entint paté dou boun Dieu amen (Thuret).
Pater du bon Dieu ; il est si beau de prier Dieu ; les
anges sont là haut; la bonne Vierge écoute; le bon
Dieu vous entend; pater du bon Dieu; amen.

III. — Petit paté do bon Dieu foit tant bon prejerDieu
lais amais sont lé que credont le jujomin lo bouno
Vierjo icouto et le bon Dieu intint petit paté do bon
Dieu amen. (Les Martres-d'Artiéres).
Petit pater du bon Dieu", il fait si bon prier Dieu ; les
âmes sont là-bas qui appellent le jugement; la bonne
Vierge écoute et le bon Dieu entend; petit pater du bon
Dieu ; amen.

ORAISON DE SAINT HUBERT
I. — Bon saint Obenne que credo din so chapello
que nu garde de betiais farouçais tant la nit que le jur
que nu gardo de fio d'aiguo de mort subito prejez por
nu chu plet. (Les Martres-d'Artières).
Bon saint Hubert qui appelle dans sa chapelle ; qui
nous garde des bétes féroces tant la nuit que le jour;
qui nous garde du feu, de l'eau, d'une mort subite ;
priez pour nous, s'il vous plait.

II. — Quatre ans pitié qu'avait le ciel, qu'avait la

�— 9 —

terre ; belle colombe qu'apportez vous? J'apporte une
belle crème pour baptiser l'enfant du Fils de Dieu ; je te
baptise, je te conjure, prends Dieu pour ton père, saint
Michel pour ton frère; saint Hubert qui est dans sa
chapelle, qui nous somme, qui nous appelle, qui nous
garde des serpentaux, d'animaux, de vents, de chiens
de rage, s'approchent pas moué de moi que l'étoile du
ciel. (Surat).
Pour que les premiers mots de cette prière fussent
intelligibles, il faudrait remplacer pitié par « pité » qui
veut dire attendu ; ce qui autoriserait cette correction
c'est que la question qui est faite ensuite semble inspirée par le souvenir de la. colombe envoyée par Noé ;
at illa venit ad eum ad vesperam portans ramum olivœ mrentibus foliis in ore suo. (Gen. VIII. 11).
« Moué » veut dire plus.

ORAISON DE LA PAROLE DE DIEU

Les trois prières suivantes ont été recueillies après'
la publication de la brochure intitulée la Barba
Dieu.
I. — Erba Dieu tant de neut mo de ju Notro Bello
qu'é che bello mo su éporcello na veire che las portas do paradis sont dobridas quo que l'a dobridas ?
buon Saint Piarre quo que l'a manchadas ? buon
Saint Mechaut que le buon Dieu fâche la gracho que
las chuont bien manchadas que trétus l'é poudont
passer na ma veire un petit pu loin vous trouvorez

�— 10 eno petito plincho che fino che etreto mo le pio de la
tituno quo que soubront l'Erba Dieu passaront quo
que la soubront pas tombaront lians oh grand ignorant sabe pas l'Erba Dieu depeu l'aje de set ans que sé
lians que tremblo mo la fueio de l'ébre. (Les Martressu r-Morge).
Parole de Dieu tant de nuit comme de jour;
Notre Belle qui est aussi belle que son Enfant ; allez
voir si les portes du paradis sont ouvertes ; qui les a
ouvertes? — le bon Saint Pierre. — qui les a emmanchées? — le bon Saint Michel ; que le bon Dieu
fasse la grâce qu'elles soient bien emmanchées, que
tous y puissent passer ; allez voir un peu plus loin,
vous trouverez une petite planche aussi fine aussi
étroite qu'un cheveu de la tête ; ceux qui sauront
la Parole de Dieu passeront ; ceux qui ne la sauront
pas tomberont là-bas ; oh ! grand ignorant, je ne
sais pas la Parole de Dieu depuis l'âge de sept ans
et je suis là-bas et je tremble comme une feuille
d'arbre.
« Tremblo mo la fueio » se trouve dans cinq prières
publiées précédemment. Cette comparaison a peutêtre été empruntée à Bernard de Ventadour, poète
limousin, qui fut aussi célèbre au douzième siècle
que Victor Hugo l'a été au dix-neuvième.
Quand ieu lavey, bc m'es parven
Als huelhs, al vis, a la color.
Quar aissi tremble de paor
Cum la fuelha contra l'ven.

II. — Verbo Dieu le Pouére glorieux la bouno Vierjo

�— 11 —

dessind dé cho irabe dou fio entre sos bras et l'a
dit : bounju pouère bounju mouère las portas du
paradis sont y badas ? oué las sont badadas pa quo?
pa los vivants et pa los mos
et passaront pa
ino petito plancho pas pu lonje et pas pus larje que
le pio de la têto y z'auront pas fait tré pas que
tombaront dans
l'enfia et
crederont
pouère
mouère frère so che mo ze aprei la Verbo Dieu a
l'aje de set ans ye chio pas ians bade ino grando
gorjo mo in alan et do grands eu mo in chavan. (Ménétrol).
Parole de Dieu, le Père glorieux, la bonne Vierge
descend des cieux avec son Fils entre ses bras et elle
a dit : bonjour père, bonjour mère, les portes du paradis sont-elles ouvertes ? oui elles sont ouvertes.
— pour qui ? — pour les vivants et pour les morts. . .
et ils passeront sur une petite planche pas plus longue
et pas plus large qu'un cheveu de la tête ; ils n'auront
pas fait trois pas qu'il tomberont dans l'enfer et crieront : père, mère, frère, sœur, si vous m'aviez appris
la Parole de Dieu à l'âge de sept ans, je ne serais
pas là-bas; j'ouvre une grande bouche comme un
engoulevent et deux grands yeux comme un chathuant.
« Dou fio » c'est à dire du feu, est une faute, il faut
lire : son 11.

III. — L'Ovra Dieu qu'on fait la nuit, qu'on fait le
jour, qu'on fait à l'étoile du point du jour ; étoile
brille comme chandelle ; chandelle s'en va toujours en
mourant ; feuille de mai, feuille d'avril, ouvrez moi la
porte du paradis ; — elle est ouverte — qu'est ce qui

�— 12 —

l'a ouverte i — Notre Seigneur Jésus-Christ — où
il est ? — dans son champ fleuri — qu'est-ce qu'il y
fait ? — il ente les morts et les en vie ; Marie-Madeleine a fait faire une planche de trois pieds pour faire
passer ceux qui sauront l'Ovra Dieu ; ceux qui ne la
sauront pas maudiront : père et mère, frère et sœur,
qu'avez-vous fait, qu'avez-vous dit dans le temps que
nous étions petits ? vous nous avez pas appris l'Ovra
Dieu ; à présent, il faut rester sept ans à la porte du
paradis comme des pauvres ennemis. (Billy).
Feuille de mai, feuille d'avril et fille de mai, fille
d'avril qu'on a pu lire clans le recueil précédent
veulent dire pécheresses ; aujourd'hui encore on
appelle fillas de ma, filles de mai, les femmes qui n'ont
pas une bonne réputation.
Ovra Dieu veut dire Parole de Dieu, comme Erba
Dieu, Verba Dieu et Barba Dieu.
A Chassenet, les enfants disaient autrefois : qui l'a
dit Ì — Jésus-Christ — où est-il? — dans sa chapelle —
qu'y fait-il? — il dit la messe — qui l'entend? — ses
enfants — qui l'apporte ? — ses apôtres.

PRIÈRE

POUR NE PAS AlOURIR
SANS CONFESSION

I. — Sainto Passion foja la grasio qu'ye mourisse
pas sin counfessiou. (Thuret.)
Sainte Passion faites la grâce que je ne meure pas
sans confession.

�II. — Buon Saint Michaut arkanje do cho prince
do paradis Sainto Vierjo martiro pria voutre divin
Fi que voutre ifan moure pas sin confesseu. (Clerlande).
Bon Saint Michel, archange du ciel, prince du
paradis; Sainte Vierge martyre priez votre divin Fils
que votre enfant ne meure pas sans confession.

ORAISON DE LA SAINTE VIERGE

I. — Lo bouno Viarjou couçadou subre ino peirou de
marbre son Fi Jésus l'y dise vous deurmez non mon
fi ye ne deurme ni ne veille Jésus i crucifia divendre
ou chero mo et dissate ou chero intiarra oh ma mouère
que voutras rasons sont bravas et bounas quo qui
diront quela petito priero tri co le mati et tri co le sé
jamais las flammas de l'enfé ne virront. (Chateaugay.)
La bonne Vierge couchée sur une pierre de marbre;
son Fils Jésus lui dit : vous dormez — non mon fils
je ne dors ni ne veille ; Jésus est crucifié ; vendredi, il
sera mort et samedi il sera enterré — oh ! ma mère,
que vos paroles sont belles et bonnes ! ceux qui diront
cette petite prière trois fois le matin et trois fois le soir
ne verront jamais les flammes de l'enfer.
On a omis de parler de la Résurrection.

II. — La bouno Vierjo qu'i couchado su quelo petito
pierre de marbre ; son Fi Jésus l'y voué : « mère vous
dormez — oh mon fils je dors pas, je pense à vous —■

�- 14 -

oh ma mère, vendredi vous mourrez, samedi vous
enterrerez, dimanche vous ressusciterez — oh mon fils
la belle petite parole que vous m'avez dite; ceux-là qui
la diront le matin en se levant, le soir en se couchant,
ils auront tant commis de péchés comme il y a de
grains de sable qui est dans la mer, jamais le ciel, ni
le paradis, rien lui sera refusé. (Thuret).
Le Christ parle comme parlait la Sainte Vierge dans
la prière précédente et la Sainte Vierge parle comme
parlait le Christ.

ORAISON DE L'ANGE GABRIEL
L'Ange Gabriel qui descend du ciel demande à
Marie : Marie, dormez-vous?— non. je ne dors ni
jour ni nuit; je pense à mon petit enfant Jésus, sa tête
couronnée d'épines blanches; ceux qui diront cette
petite prière trois fois le matin, trois fois le soir, ne
verront jamais les flammes de l'enfer arrosées de
vinaigre. (Billy.)
«D'épines blanches » c'est-à-dire d'aubépine; ordinairement, les peintres et les sculpteurs mettent sur
la tète du Christ une couronne de ronce; le mot
acantha qui est dans le texte grec et le mot spina qui
est dans le texte latin de l'Evangile, s'appliquent indifféremment à l'aubépine et à la ronce.
« Arrosées de vinaigre » a peut-être été mis en
souvenir d'un texte tiré de l'Ancien Testament :
Verumtamen faex ejus non est exinanita : bibent
omnes peccatores terrœ. (Ps. LXXIV, 9.)

�— 15 —
LA QUARANTAINE
I. — Quarantaine, Sainte Marie Madeleine, c'est
votre sœur, c'est votre Vierge qu'a va pour les champs
rencontrer Saint Jean ; Saint Jean, vous n'avez pas vu
mon enfant? — si, Madame, je l'ai vu sur l'arbre de
la croix, ses pieds pendant, ses mains croisant, sa
couronne d'épines sur la tète; quo thi que saurint la
quarantaine la diront trois fois le matin, trois fois le
soir, jamais verront les flammes de l'enfer. (Effiat).

II. — Quarantaine, Marie, Madeleine, trois vierges
et trois anges qui s'en vont dans les champs ont rencontré Saint Jean : Saint Jean, n'avez vous pas vu
mon fils?
si. je l'ai vu à l'arbre de la croix, les mains
et les pieds cloués, la tête couronnée d'épines; ceux
qui diront cette prière trois fois le soir et trois fois le
matin iront en paradis à la fin. (Billy).

ORAISON DU BON JÉSUS
Le but de cette prière est d'invoquer les souffrances
du Christ. Suivant la tradition, elle a été apportée en
Auvergne par des religieux de l'Ordre de saint François. Elle n'a pourtant rien de commun avec VOratio
de articulis Passionis qui est dans la Via franciscana.
Elle ressemble, au contraire, à la Clef du Paradis qui
a été imprimée à Clermont-Ferrand un peu après 1763.
Il est donc probable qu'elle date du dix-huitième siè-

�— 16 —

cle. Elle a dû être composée en français, car il n'y a
que peu de mots patois dans presque toutes ses variantes et, de plus, lorsqu'on a voulu remplacer un mot
français qui n'était pas compris par un autre mot français il a fallu changer toute la phrase, tandis que lorsqu'on s'est contenté de traduire en patois quelques
mots ou quelques passages le sens de la phrase est
resté le môme.

I. — Faut-il boire le calice avant de mourir? oh non,
mon fils Jésus, il faut mourir ; voyez Judas qui vient
ici me trahir; Judas s'approche de Jésus, le baise et le
caresse, lui met la corde au cou, le traite de toutes
sortes de manières, le traîne dans le bois cle Jérusalem ; Jésus demande à boire patiemment, Judas descendit (?) bien rigoureusement, il lui fit un breuvage
de fiel et de vinaigre; Jésus, ayant bu ce breuvage, eu
perdit le pousser et le parler ; on lui fit une croix haute
de onze pieds et large d'un pied; avec un roseau, on
lui a coupé sa sainte chair, le sang coule et le soleil
perdit sa lumière; les femmes enceintes soni délivrées;
mère affligée, mère déconsolée, la Sainte Vierge va
trouver les dames de Jérusalem : oh ! dames de Jérusalem, n'avez vous pas vu mon fils passer ? — oh !
non, nous ne l'avons pas vu mais un homme tout
dépouillé, tout déchiré, tout le monde pour le trahir et
pour l'enchérir (?) ; la Sainte Vierge s'en va trouver
son Fils entre les mains des Juifs; ce n'est pas vous,
mon fils, qui êtes entre les mains des Juifs? — Si iail,
mère, vous savez bien qu'il me faut mourir pour les
hommes qui ne m'en sauront point de gré— oh!
Sainte Vierge, voyez une troupe de soldats qui portent
une petite fagote de bois— ce sera pour nous chauffer

�— 17 —

— oh non, ma mère, c'est pour me couronner; Saint
Jean, mère, mère, Saint Jean ; ceux qui sauront la
petite prière du bon Jésus, la diront le matin en se
levant, le soir en se couchant, quand ils auraient
commis tant de péchés comme il y a de grains de sable
dans la mer, jamais le ciel ne leur sera refusé. (Les
Martres-sur-Morge.)
« Faut-il boire le calice ? » Pater mi si non potest hic
calix transire nisi bibam illum, fiat isoluntas tua_
(Matth. XXVI. 42.) Toutes les variantes de l'Oraison
du bon Jésus confondent le calice d'amertume avec le
calice consacré.
« Le pousser » l'haleine.

II. — Jésus entrant dans le jardin des Olives, pardonnant son cœur et son âme, faisant sa petite prière,
devant son Père éternel, il a dit : mon père éternel, il
faut mourir ! — eh ! oui, mon fils, il faut mourir ;
auparavant de mourir, il faut boire le saint calice ;
voilà Judas qui vient pour vous trahir ; Judas fait un
fouet d'Abraham (?) ; il lui donne un coup de fouet;
sa chair s'envoule en haut, son sang coule pour les
rues ; Judas s'approche de Jésus, il le baise, le caresse,
il lui attache la corde au cou, il le traîne pour les
pieds pour les rues jusque sur la montagne du Calvaire ; Jésus, tant affligé, a demandé à boire ; il lui a
fait un emburage de suje et de vinaigre ; sitôt qu'il a
bu ça il a perdu le pousser et sa compagne aussi; la
terre a tremblé, le suie et la yune a perdu éclairer ; il
fait une croix blanche, vingt pas de lunju, six pas de
Iorju ; la Sainte Vierge s'en va chercher son Fils, à
son chemin rencontre une dame de Jérusalem ; oh !

�— 18 —

dame de Jérusalem, n'avez-vous pas vu mon fils !
- oh ! non, Vierge très sainte, j'ai vu un homme tout
blessé, tout stropié, personne pour le secourir, tout le
monde pour le trahir; sitôt que les Juifs ont vu la
Sainte Vierge, ils ont traité Jésus plus rigoureusement, lui ont craché au visage, ont percé les pieds et
les mains, couronné la tête avec des épines blanches,
pin cé le côté avec une lance ; Jésus est mort le Vendredi
Saint, a versé son sang pour nous; la Sainte Vierge se
travire, voit venir une troupe de soldats ; mon fils, voilà
une troupe de soldats qui vient portant une fagote de
bois, c'est pour nous faire brûler. — oh ! non, ma mère,
c'est pour me couronner; mère désolée, mère affligée ;
bon Saint Jan, ota mo mouére d'athi, la me foit mieux
de péno que de ma ; bon Saint Sibé, garda me bien de
tintatiou et de mo subilo ; quo que dirint qua petito
preiro seu et mati i ouyint tant coumis de péchas mo
qu'où tint de grains de sable clin la mè lus lins péchas
sint pardunas (Chassenet).

Voici la traduction des dernières lignes de cette
prière : Bon Saint Jean emmenez d'ici ma mère, elle
me fait plus de peine cpie je n'ai de mal ; Saint Hubert,
gardez-moi de tentation et de mort subite ; ceux qui
diront cette petite prière, soir et matin, auraient-ils
commis autant de péchés qu'il y a de grains de sable
dans la mer, tous leurs péchés sont pardonnés.
« Emburage » veut dire breuvage ; « suje » suie ;
«' suie » soleil ; « yune » lune; « lunju » longueur;
« lòrju » largeur ; « se travire » se retourne.
« Sa compagne » est là pour sa compagnie ; il est
difficile cle deviner le sens cle ce mot ; s'appliquant à
un fidèle, sa compagnie veut dire son ange gardien.

�— 10 —

—

III.
Le jour après que Jésus fut affligé, la Sainte
Vierge lui clil : mon fils, il faut mourir, — non, ma
mère, avant que de mourir il faut boire le calice consacré ; Judas, tu viens ici, tu me vois et tu me caresses,
tu m'as mis la corde au cou ; trente pièces d'argent
ont vendu le corps du bon Dieu ; l'ont fait passer chez
Hérode, chez Pilate, chez Caïphe, sur la montagne du
Calvaire ; la bonne Vierge toute triste, indolente, s'en
va trouver les dames de Jérusalem : dames de Jérusalem, n'avez-vous pas vu passer mon fils? — non, Très
Sainte Vierge, n'avons vu passer qu'un pauvre homme
tout déchiré, tout défiguré et tout le monde pour le
battre, personne pour le défendre ; quand la bonne
Vierge a vu cela, elle a quitté son grand chemin et
a pris son petit sentier ; il y avait une troupe de
soldats qui, chacun, portait son petit paquet de bois
mort : mon fils, c'est pour nous chauffer — non, ma
mère, c'est pour me couronner ; voyez mes deux pieds
en croix percés et ma tète couronnée d'épines blanches ;
et quand le bon Jésus a souffert tout cela il a demandé
à boire tout piteusement et Pilate lui a fait un breuvage de fiel et de vinaigre ; quand le Sauveur mit ça
dans sa bouche, il a perdu le pousser et le parler et la
lune a perdu sa clarté ; les femmes enceintes et les
petits enfants ont perdu ce qui leur aura mérité ; hélas,
ma bonne mère, si vous savez quelques personnes qui
diront cette prière le soir en se couchant et le matin
en se levant, elles auraient tant commis de péchés
qu'il y a de grains de sable dans la mer, jamais le ciel
ne leur sera refusé ; Sainte Barbe, je me recommande
à vous, mettez mon cœur en terre et mou âme tout
près de vous. (Chàtcaugay).

�- 20

IV. — Boirai-jo ce calice ? oui, mou fils, il faut
mourir pour les péchés d'Adam; Judas le prend en
caresse, l'embrasse, lui passe la corde au cou ; il a
vendu le corps de Notre Seigneur Jésus Christ trente
deniers d'argent: trente mauvais juifs ont arrosé sa
tête avec un arrosoir; on lui lit une croix de quinze
pieds de hauteur, huit pieds de largeur; comment
ferai-je pour porter cette croix sur la montagne du
Calvaire ? la Sainte Vierge rencontre les dames
d'Israël : bonjour, dames, vous n'avez pas vu mon
Jils ? — non, ma mère, nous avons vu un petit homme
tout nu, mal vêtu, ne pouvant plus porter sa divine
personne; mais la Sainte Vierge a reconnu son fils;
chacun porte une petite fagote de bois pour se chauffer
— non, ma mère, c'est une couronne, voyez mon pied
droit, voyez mon pied gauche; si vous savez quelqu'un
qui dise cette prière vingt-cinq fois le jour du Vendredi
Saint, jamais le royaume des cieux lui sera refusé.
(Les Martres sur M orge.)
« Arrosoir » est là pour roseau ; cette faute sera
expliquée un peu plus loin.

V. — Considérez Jésus, Père éternel, le matin, en
se levant, il a fait sa prière en tremblant; son Père lui
a dit : mon fils, il faut boire dans le bon saint calice
avant de mourir, car Judas doit venir, je crains que
c'est pour nous trahir; Judas vient, s'approche de
Notre Seigneur Jésus Chris! en le baisant, le caressant,
lui étachant une cordeau cou; i lui a fait faire trois
tours de lui ; i l'a traîné pour la boue et la sable de
Jérusalem; Judas et les Juifs, avec des rasoirs, ont
coupé la chair de Noire Seigneur; sa chair vole, son

�- 21 -

sang coule pour la (erre ; i sont quatre petits anges qui
ramassent le sang de Notre Seigneur Jésus Christ.
(Effiat.)
« Rasoirs » .est là pour roseaux ; et arundinem in
dextera ej'us (Matt. xxvn, 29.) et en sa man un raus li
mes drent (manuscrit de Clermont-Ferrand) ; raus qui
voulait dire roseau à l'époque carlovingienne n'est
resté que dans peu cle patois; rucha qui le remplace
presque partout s'applique indifféremment à toutes les
plantes vivaccs qui prennent racine dans les fossés
pleins d'eau, aussi bien aux iris qu'aux phragmites ;
ne sachant ce que c'était que le roseau avec lequel on
avait frappé le Christ à la têle, et percutiebant capat
ejus arundine (Marc, xv, 19.) les paysans ont mis à la
place de ce mot le mot rasoir qui lui ressemblait un
peu; dans la prière précédente, roseau ayant été
remplacé par arrosoir on dit que les Juifs ont arrosé la
tête de Notre Seigneur.

VI. — Considérons Jésus au jardin des Olives; Jésus
demande à son Père avant la prière du matin : mon
père, j'aurais-t-y pas le temps de boire dans le calice
avant de mourir?— non, mon fils, il faut mourir;
Judas vient, il le flatte, il le caresse, au contraire, c'est
pour le trahir; il apporte une corde à trois sortes de
nœuds : crin de feu, crin de bœuf, crin de fer; la
Sainte Vierge s'en va vers les clames cle Jérusalem :
Mesdames de Jérusalem, n'avez pas vu mon fils Jésus ?
— oh! non, Madame, nous n'avons vu qu'une petite
créature toute déchirée, toute dépouillée; nous n'avons
pas su dire ce que c'était ; la Sainte Vierge dit : c'est
bien mon fils Jésus ; elle se jette trois fois par terre ;

�_ 22

Saint Jean la relève, lui dit: il faut prendre Saint Jean
pour votre fils et donnez moi le vôtre pour le mien:
Jésus demande à boire bien piteusement; on lui donne
à boire bien rigoureusement du fiel de serpent: quand
Jésus a bu ce boire, il a perdu le parler; le genre
humain a commis autant de péchés qu'il y a de grains
de sable dans la mer. (Billy.)
Il y a dans les paroles de Saint Jean une faute qui les
rend inintelligibles.

VII. — Considérez Jésus le lendemain qu'il fut affligé
dans le jardin des Oliviers en faisant cette prière : mon
Dieu, je ne veux pas boire au saint calice au bas de
l'autel avant de mourir ; voilà les Juifs et les Barabares
qui ont fait une planche six pieds de long, six pieds de
large, ils l'ont chargée de pierres ; Jésus est monté au
Calvaire, il est mort de faiblesse, Judas l'a bien relevé
à coups de pied à coups de bâton ; il a fait un fouit de
trois sortes; il l'a traîné pour les rues et la boue de
Jérusalem ; il voit venir sa mère par un petit chemin,
il a pris un petit violet tant de loin qu'il voit venir
il crache au visage
pour connaître son Fils ;
hélas! il faut mourir; bon Saint Jean, consolez nia
mère, ma mère, consolez Saint Jean — voilà une
troupe de soldats qui viennent avec un fagot de bois;
çà sera pour nous chauffer — non, ma mère, çà sera
pour me coronner; voilà ma tète coronnée, mes bras
percés, mes pieds crucifiés; il a demandé à boire bien
pideusement;
il a.fait un burage de piau de
serpent; quand il a mis çà. à sa bouche, il a perdu le
poux et le parler, le soleil et la lune en ont perdu la.
clarté; bon Saint Hubert, gardez nous bien de pou et

�- 23
de malheur et de tempête; Vendredi Saint Notre
Seigneur est crucifié, sa Mère à ses pieds; hélas ! ma
mère, si vous trouvez quelqu'un qui puche dire cette
prière une fois le matin, une fois le soir, il aurait tant
de péchés comme il y a de graves dans la mer, jamais
le ciel n'en sera refusé. (Luzillat.)
« Les Barabares » c'est à dire les partisans de Barrabas.
« Fouit » veut dire fouet; « violet » sentier;
« pideusement » humblement; « burage » breuvage;
« piau » peau; « poux » haleine; « pou » peur;
« puche » puisse.

VIII. — Considérant Jésus au jardin des Oliviers; le
lendemain matin laboune Vierge fut affligée en faisant
sa prière devant le Père éternel : Père éternel
vous qui avez bu le calice avant de mourir
saute
au cou de Notre Seigneur, l'embrasse, le caresse, le
flatte, l'emmène à trente bénis; vois Jésus, vois Judas,
vois mon fils ; l'amène chez Caïphe, chez Pilate, chez
Barrabas ; on lui met la corde au cou ; la boune
Vierge s'en va par les champs chercher son Cher Enfant ; à son chemin elle a rencontré dame de Jérusalem : dame de Jérusalem, n'avez-vous pas vu mon fils ?
— non boune Vierge, je n'ai vu qu'un pauvre homme
tout mal habillé, tout à son contraire et personne pour
le soulager; autant loin que les Juifs ont vu venir la
Sainte Vierge, ils lui ont craché dans les yeux pour
l'empêcher de reconnaître son fils, niais elle l'a bien
connu tout de même ; hélas ! mon fils, c'est donc vous
qui êtes ici — hélas ! ma mère, vous me reconnaissez
donc, bientôt je ressemble à un pas de regret; voyez

�mes pieds percés, mes mains croisées, ma téte couronnée d'épines qui ont quinze pieds de hauteur, huit
de rondeur ; on m'a coupé ma chair, ma chair vole
en l'air, mon sang rigoule par terre ; on m'a fait monter par la montée du Calvaire par un chemin qui est
tout de pierres ; mon fils Jésus a une soif ardente ; on
lui a donné du suif, du vinaigre, de peau de crapaud,
de filet de serpent ; il n'en a pas aussitôt pris qu'il
a perdu la parole et toute sa compagnie ; les femmes
enceintes n'ont pas eu ce qu'elles méritaient ; elles méritaient bien davantage ; hélas, Seigneur, préserveznous de foudre, de tempête et de bêtes enragées ; qu'ils
s'approchent pas plus de nous que l'étoile du ciel se
plait à Dieu ; la Vierge : hélas, mon fils ; s'il y a quelqu'un
de vos enfants qui dise cette prière soir et matin, il
aurait autant de péchés qu'il y a de grains de sable dans
la mer, ils lui seraient tous pardonnés. (Charmes).
« L'emmène à trente bénis » il faut lire : l'emmène
pour trente deniers,
« Suif » est là pour suie.
« Filet » est là pour fiel.
De toutes les fautes que contient cette prière, la plus
excusable est celle qui a trait à Barrabas. I,'aveuglement des Juifs avait donné une grande importance à
ce personnage. Au moyen âge, on croyail que Ponce
Pilate l'avait pris pour sénéchal. On l'appelait Baraban.
Il y a encore aujourd'hui dans une des plus vieilles
villes de la Limagne un quartier qui porte ce nom.

IX. — Considéra Jésus fut affiija in dimanche au matin
en fasant sa prière din le jardin des Olives ; son sain!
Père l'y baille bure din son saint calice : faut bure

�0

— 25 -

auparavant de mûri ; véthi Judas que vint : pourquoi,
Judas, venez-vous ? Judas vient pour me trahir ; saute
au cou de Notre Seigneur, le bise, le caresse, l'y attache la corde au cou ; ou l'a vendu trente deniers ;
l'emmène chez Anne, chez Pilate, chez Caïphe, chez
Hérode ; i randeurent ; a coupa la chair ; le sang
coule; int foit monter Notre Seigneur par un chemin
tout de peiras ; la Sainte Vierge cherche son fils din
les rues de Jérusalem : dame de Jérusalem, ou pas
vegu mon fils ? — non dame, y ai vegu in paure homme tout mal vêtu, tout mal habillé, personne l'aide, au
contraire tout le monde cherchint à le trahir ; oh mon
fils te vethi donc — oui, ma mère, comme vous me
voyez, je vais mourir par des gens qui m'en sauront
pas de gré — Vethi une troupe de sourdas que portint
chaqu'in in peu de bo, quoi biau po nous chauffer —
non, ma mère, c'est pour me couronner; voyez mes
pieds percés, mains croisées, mon coté ouvert, ma
tête couronnée ; Notre Seigneur a tant souffri, tant
pati, qu'où l'a ramassa ino set ardinte ; ou demande
bure a Pilaire, Pilatre l'y foit un breuvage de fiel et
de vinaigre; aussitôt que Notre Seigneur a pris ce
breuvage, le ciel, la lune, les étoiles en int perdu la
lumière, mais lous enfants n'int pas recebu tout ce que
fouyave ; Saint Hubert garda nous de fio, d'orage,
tempête, chiens entêtas ; la Sainte Vierge se jette au pé
de la croix, la print, l'embrasse : mon fils souviens
toi de ces beaux enfants qui diront cette prière le matin en se levant, le soir en se couchant, quand même
ils auraient commis autant de péchés comme il y a
de grains de sable dans la mer, jamais le ciel l'y seront refusé. (Effiat).
« Bure » veut dire boire ;

« i rendeurent » ils vont

�— 26 —

et viennent ; « vegu » vu; « bo » bois ; « set » soif;
« recebu « reçu ; « fouyave » fallait.

AU COUCHER
I. — Dans mon lit ye me mette en repos mo ye foré
clin mon tombeau chi m'endourmisse ye recommande
me co chi trépasse ye recommande men amo chi vive
ye recommande mon esprit. (Surat),
Dans mon lit je me mets en repos comme je ferai
dans mon tombeau ; si je m'endors, je recommande
mon corps ; si je meurs, je recommande mon âme ;
si je vis, je recommande mon esprit.
II. — Mon Dieu, si je m'endors, je vous recommande mon corps; si je trépasse, je vous recommande
mon âme; si je vis, je vous recommande mon esprit;
Saint Luc, Saint Marc, Saint Jean, Saint Mathieu, ces
quatre évangélistes, soient aux quatre pieds de mon
lit, la Sainte Vierge au milieu et le Saint Enfant Jésus
dans mon cœur; bonsoir, mon bon ange, à vous je me
recommande, vous m'avez gardé pendant le jour, gardez moi pendant la nuit, s'il vous plaît; ainsi soit-il.
(Vollore).

III. — Mon Dieu ye vo me coucher sabe pas chi
pourrai me louver chi poude pas me louver meta me
co en terro et men amo contre vous. (Surat).
Mon Dieu, je vais me coucher; je ne sais pas si je

�pourrai mo lever; si je ne puis pas me lever mettez
mon corps en terre et mon âme près de vous.

IV. — Boun Dieu bouno Vierjo ye vo me coucher ye
sahe pas doumo chi me luvarai et chi me luve pas meta moun co en tarro et men amo devant vous. (Thuret).
Bon Dieu, bonne Vierge, je vais me coucher; je ne
sais pas si demain je me lèverai et si je ne me lève pas
mettez mon corps en terre et mon âme devant vous.

V. — Muon Dieu ye vo me coucer ye sabe pas eni
me louvorai quatre anjes ye vo trouver du d'in haut mo
têto et du d'in bas mous pés Sainto Crous au mitan
Saint Jan me frère Sainto Vierjo mo mouère Sainto
Catherino mo suo quatre anjes bien fuo garda me de
lo grêlo de lo tempêto d'ino mouvaso muo subito che
Dieu plait. (Les Martres-sur-Morge).
Mon Dieu, je vais me coucher ; je ne sais pas si je me
lèverai ; quatre anges je vais trouver ; deux en haut
près de ma tête et deux en bas près de mes pieds; la
Sainte Croix au milieu ; Saint Jean mon frère, Sainte
Vierge ma mère, Sainte Catherine ma sœur ; quatre
anges bien forts ; gardez moi de la grêle, de la tempête,
d'une mauvaise mort subite; s'il plaît à Dieu.

VI. — Bon Dieu ye vo me coucher quatre anjes ye
vo trouver dus de voué lo têto du de voué los pés Saint
Jan po me frère Sainto Anno po mo so quatre anjes
bien fo po garder l'amo de me co. (Surat).

�- 28 -

Bon Dieu, je vais me coucher ; quatre anges je vais
trouver; deux près de la tète, deux près des pieds;
Saint Jean pour mon frère, Sainte Anne pour ma
sœur; quatre anges bien forts pour garder l'âme de
mon corps.

VII. — Dans mon leu me coce yu quatre anjes trobe
yu dus de vés lous pés dus de vé lo têto la crous au
mitan le bon Dieu po mon pouère lo bouno Vierjo po
mo mouère Saint Jan po mon frère Sainto Marto po
mo sor que me préservont de fio de flammés de mort
subito d'entre les mais de la justisso Satan va-t-cn
au plus profond de l'enfer je veux dormir entre les
bras de Jésus et de Marie. (Les Martres-d'Artières).
Dans mon lit je me couche; quatre anges je trouve ;
deux vers les pieds, deux vers la tête ; la Croix au milieu ; le bon Dieu pour mon père, la bonne Vierge pour
ma mère, Saint Jean pour mon frère, Sainte Marthe
pour ma sœur; qu'ils me préservent du feu, des
flammes, de la mort subite, d'être entre les mains de
la justice ; Satan, va-t-en au plus profond cle renier, je
veux dormir entre les bras de Jésus et de Marie.

VIII. — Din lo let dé boun Dieu me fijo yu quatre
anjes l'y trobe yu dou vé pés dou vé têto le boun Dieu
etlo bouno Vierjo et mé le boun Saint Jan pé mon perri Sainto Anno pé mé merrino tou lé quatré de bouns
amis pé mé drubi las portas di paradis. (Salons).
Dans le lit du bon Dieu, je me couche; quatre anges
j'y trouve ; deux vers les pieds, deux vers la tête; le bon

�Dieu la bonne Vierge et moi; le bon Saint Jean pour
mon parrain; Sainte Anne pour ma marraine ; tous
quatre de bons amis pour m'ouvrir les portes du
paradis.

NOELS
Les Noëls que l'on chantait à l'église peuvent être
mis au rang des prières. Les deux poésies suivantes
ont été chantées dans l'église de Saint-Ignat, la première jusqu'au milieu du dix-huitième siècle et la
seconde jusqu'au commencement du dix-neuvième,
par toutes les personnes qui assistaient à la messe de
minuit.
I. — Ah vous auyas biau rire
Los pés sous los chansiaus
Vous rechenia lo sé
Quand vous sé près do fio
Quitto qué roudet
Ye z'ai appris ino nouvelo
Que le boun Nadou ayo nacu
Sous ino piocello
Din
0 li
Din
Sin

quitte sasou
coucha soubre in liassou
t'in paillassou
aucun drope dessous

0 l'i din qu'ine itrable
Sin puorto et sin châssis
Paubre et misérable
Quasimint tout transi

�— 30 —

Sin le girodet de Saint Joset
Qui l'invordouiUe
Et sin le gounet
De so mouère qui se dépouille
Que paure ippela
Tout niu tout giboula
Dans qué quein pailla
Plein de neijo et de lias
Boun Dieu chinja de plasso
Vous sé trop mau ichi
In be ino bourasso
In drope et in cuchi
Le bis le courbe tout
Las brasseliras
In troupadi
Per invourper voutras branliras
In jinti grêle
Le digolle de mon bell i
Sero en même tin
Le digolle d'acquit petit.
(Surat).

Ah! vous auriez beau rire — les pieds sous les chenets — faire les fiers le soir — quand vous êtes près
du feu.
Laisse ce rouet —j'ai appris une nouvelle — que le
bon Noël était né — d'une Vierge.
Dans cette saison — il est couché sur une petite
botte — dans de la paille — sans aucun drap sous lui.

�- 31 —
Il est dans une étable — sans porte et sans châssis —
pauvre et misérable — quasiment tout transi.
Sans le tablier de Saint Joseph — qui l'enveloppe —
et sans la robe de sa mère — qui se dépouille.
Ce pauvre écorché — tout nu tout mouillé — dans ce
coin pailleux — plein de neige et de glace.
Bon Dieu changez de place — vous êtes trop mal
ici — un berceau (?) un lange — un drap et un coussin.
Le bis (?) le surtout — les brassières — un morceau
de treillis — pour envelopper vos jambes.
Un gentil grelot — le joujou de mon petit — sera en
môme temps — le joujou de cet Enfant.
La naïveté de cette poésie témoigne de son origine
populaire. Bien qu'on ne puisse pas lui assigner une
date antérieure au xvr siècle a cause du mot « quasiment » qui, suivant Littré. est moderne, elle contient un
grand nombre de termes dont on ne se sert plus aujourd'hui. Il n'est pas hors de propos de les indiquer.
« Chansiaus » chanceau, chancel, eancellus, grille,
barre; dans quelques patois, chansiau est devenu
chanfio, chenet;
« Roudet » rodetus, rouet en français et en patois ;
« Nadou » nadon, nado veulent dire agneau qui vient
de naître; Nodal, Nodad veulent dire Noël; il est probable que ce sont les chanteurs qui ont mis à la place
de Nodau Nadou qui est plus facile à prononcer; Noël
se dit aujourd'hui Nouvé ;

�— 32 —

« Nacu » né; aujourd'hui on dit naissu:
« Girodet » tablier; avant qu'on ne portât des tabliers,
geron, giron, gyro désignaient la partie du vêtement
qui était près de la ceinture ;
« Gounet » gonnelle, gunella, robe;
« Ippela » écorché, pelé ;
« Giboula » mouillé par une giboulée ;
« Be » est peut-être là pour bers, berceau ; un berceau s'appelle aujourd'hui un courset;
« Bis » était peut-être une étoffe de couleur bise
servant à emmailloter les petits enfants ;
« Courbe tout » est une faute; il faut lire soubre
tout qui ne se dit plus ;
« Troupadi » (oile do treillis; on a oublié le sens de
ce mot depuis qu'il n'y a plus ni fileuses, ni tisserands;
« Per » pour; aujourd'hui on dit po;
« Envourper » envelopper; aujourd'hui on dit piéger, plier ou taper, couvrir.
II. — Quela ncut, en me réveillant.
Ai entendu in anje qui cantave
Alléluia.
Lo bouno Vierjo qu'enfatave.
Chose étrange,
Din uno grange.
Le grand ré,
Le ré de tout,
Est la cause que nous couriins tous.
Quand Saint José
Veguit l'enfant né
0 pinsave mouri d'aise.
Mes amis retira vous tous

�— 33 —

Qu'ye le boise,
Qu'ye le reboise,
A mon tou.
Los bargers bé quelas bargéras
Que sautavent et qu'ipingavent
La Marguerite saute la promiro
Saute au cou de son bargei
Po adorer qué grand ré
Le ré de tout
Est la cause que nous couriins tous
Doumo ye li porterai
Do caillé bé de lo crimo
Do bure fresche
Din la cresche
Et quoqua re de moué si j'ai
Refusaré re jamoué
Quo tri ré couriint mo las lébris
Po né rendre leurs hommages
Quo tri ré lu macharas
Portavent l'or à pleins farrats.
(Surat).
Cette nuit en me réveillant — j'ai entendu un ange
qui chantait — Alléluia — la bonne Vierge qui enfantait — chose étrange — dans une grange — le grand
roi — le roi de tout — est cause que nous courions
tous.
Quand Saint Joseph — vit l'Enfant né— il pensait
mourir d'aise — mes amis écartez vous tous - que je
le baise — que je le rebaise — à mon tour.

�— 34 —

Les bergers avec les bergères — qui sautaient et qui
bondissaient — la Marguerite saute la première — saute
au cou de son berger — pour adorer ce grand roi — le
roi de lout — est cause que nous courions tous.
#

Demain je lui porterai — du caillé et de la crème —
du beurre frais — dans la crèche — et quelque chose de
plus si je l'ai — je ne refuserai jamais rien.
Ces trois rois couraient comme des lièvres — pour
aller rendre leurs hommages — ces (rois rois tout
noircis — portaient l'or à pleins seaux. ■
L'affectation de simplicité qui perce dans cette poésie
trahit la main d'un lettré. Cette pièce de vers n'est
qu'une paysannerie comme on en faisait au dix-huitième siècle. Il semble qu'un bel esprit ait voulu faire
oublier aux habitants de la paroisse de Saint Ignat
leur premier Noël qu'il trouvait trop rustique.
c&lt; Macharas » veut dire tachés, salis ;
« Fàrrats » ferrat, /errata, seau cerclé de fer ; à
Surat, on appelle farrat le vase en fer blanc dans
lequel on trai't les vaches.
Les prières qu'on vient de lire ne forment qu'une
petite partie de celles qu'on pourrait trouver en
Auvergne. Leur publication n'aura pas été inutile si
elle donne l'idée d'en chercher d'autres. Jusqu'ici, les
savants ne prenaient garde qu'aux écrits ;'aujourd'hui
ils commencent à s'informer des traditions. Les plus
anciennes de toutes ont pour objet des prières. De
même que les églises ont vu, bien des fois, abattre et

�- 35 —
relever les maisons bâties autour d'elles, de même, les
prières sont restées dans la mémoire des hommes,
tandis que s'enfuyaient comme des rêves les sensations
et les idées, les récits et les poésies.

Ohrmont. — Imp. Moderne. A. Dumont Dr, 15, rue du Port.

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