<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="16023" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/16023?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-13T11:59:06+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="154974" order="1">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/71f9f512423412abe61a3a3d17675ef7.jpg</src>
      <authentication>327dd81479863ddc0fa60a5453fded77</authentication>
    </file>
    <file fileId="88183" order="2">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2fdc02078eee986e1d8c442886ffca6d.pdf</src>
      <authentication>2cbd4534ae79a8f7f257dd90b8442965</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="612931">
                  <text>CONTRIBUTION A L'ETUDE

DU LANGUEDOCIEN MODERNE

LE

PATOIS DE LÉZIGNAN
(AUDE)

( DIALECTE NARBONNAIS )

PAR

JOSEPH ANGLADE
AGRÉGÉ DE L'UNIVERSITÉ
LAURÉAT DE- LA FACULTÉ DES LETTRES DE MONTPELLIER
(PRIX BOUCHERIE

— Concours de 1896)

PHONÉTIQUE

MONTPELLIER

CAMILLE COULET, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L'UNIVERSITÉ

Grand'Rue, 5
1897

����LE

PATOIS DE LÉZIGNAN

�EXTRAIT DE LA

Revue des langues romanes.

�CONTRIBUTION A L'ÉTUDE

DU LANGUEDOCIEN MODERNE
—-^~-*~+**~^m^w~~»^&lt;r~-

LE

PATOIS DE LÉZIGNAN
(AUDE)

( DIALECTE

NARBONNAIS )

PAR

JOSEPH

ANGLADE

AGRÉGÉ DE L'UNIVERSITÉ
LAURÉAT DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE MONTPELLIER
(PRIX BOUCHERIE

—

Concours de 1896)

PHONÉTIQUE

MONTPELLIER

CAMILLE COULET, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L'UNIVERSITÉ

Grand'Rue, 5
1897
CIRDOC

C.I.D.Û.

�A|3Lflí2&gt;i

C4C239 4
ZL/,_ .

�A M. CAMILLE ClïABANEAU
CORRESPONDANT DE L'INSTITUT
PROFESSEUR A L'UNIVERSITE DE MONTPELLIER
CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR

Hommage de respectueuse affection.

J. A.

��INTRODUCTION

Per la glòri dóu terraire.
(F. MISTRAL.)

Ceci n'est pas une préface : le mot serait trop ambitieux
pour une aussi modeste étude ; je tiens à dire simplement
comment a été conçu et exécuté le travail que j'ai présenté
au concours Boucherie
C'est sur les indications de M. le professeur Chabaneau que
j'ai étudié le dialecte de la langue d'oc que je connais le
mieux pour l'avoir parlé pendant les dix premières années de
mon enfance. Mon travail, je le sens plus que tout autre, portera la trace de quelque gaucherie de débutant 2; tel qu'il est,
pourtant, je n'ai pas hésité à le présenter au concours, persuadé qu'il ne sera pas tout, à l'ait inutile et qu'il contribuera
pour sa petite part à mieux faire connaître un de nos dialectes
méridionaux.
1 Le Prix Boucherie, institué à la Faculté des lettres de Montpellier
en souvenir de son ancien et vénéré professeur, est décerné tous les
cinq ans à l'auteur d'un mémoire portant sur la littérature ou la philologie romanes (monographie, étude philologique, édition de textes, etc.)
* Je me rends bien compte en particulier du défaut suivant : c'est
que mon travail n'est pas tout à fait complet. C'est le défaut inévitable des
travaux de ce genre ; plusieurs années d'observations attentives n'en
garantiraient pas les plus consciencieux. Il faut bien pourtant se décider à
grouper les phénomènes observés, quand une fois on en a une quantité
suffisante pour justifier un groupement, sans se flatter du chimérique espoir d'avoir noté tous les détails. Je crois, pour ma part, n'avoir négligé
aucun des phénomènes importants de notre dialecte et en avoir observé
et consigné tous les côlés intéressants.

�VIII

INTRODUCTION

Il se fait actuellement sur les patois d'oc et d'oïl une vaste
enquête dont les résultats cc'aireront quelques parties de la
philologie romane d'un jour nouveau. Beaucoup de faits sont
ignorés encore des philologues, parce qu'il n'existe pas assez de monographies et que certains dialectes sontpeu connus.
Ce n'est que lorsque tous ces dialectes, tous ces patois auront
été étudiés avec méthode que l'on pourra compléter certaines
parties des beaux travaux de Diez et de Meyer-Liibke.
Je regrette sans doute que le patois que j'ai étudié ne soit
pas plus intéressant : il s'est singulièrement appauvri dans
ces dernières années. Patois d'un pays qui a connu pendant
quelque temps une abondance inouïe, il représente médiocrement dans son état actuel ce qu'il fut autrefois. Le français a
remplacé beaucoup des mots pittoresques du languedocien, et,
si j'avais à on faire le vocabulaire, on serait, étonné des pertes
qu'il a subies.
Néanmoins ce patois présente quelques phénomènes intéressants, autant en phonétique qu'en morphologie. C'est surtout sur ceux-là que j'insisterai. Je n'ai pas l'intention de résoudre, à propos d'un patois languedocien, tous les problèmes
de philologie romane qui sont encore en partie insolubles ; je
n'insiste pas non plus sur les faits bien connus de phonétique
et de morphologie qui sont communs à tous les dialectes languedociens et souvent même à toutes les langues romanes : ils
sont exposés partout et il suffit à l'occasion de les rappeler.
Quant aux autres, j'ai apporté à leur étude la plus grande attention et, j'ai quelquefois hasardé une opinion personnelle.
Rarement d'ailleurs ; j'ai trouvé en effet dans les cahiers de
cours de mon professeur, M. Chabaneau, et dans sa « Grammaire limousine », la solution de beaucoup de difficultés qui
auraient pu m'arrêter ; j'y ai puisé largement, et c'est ce qui
me donne la confiance que mon travail ne sera pas dénué de
tout intérêt.
J'ai longuement feuilleté les grammaires si abondantes en
faits de Diez et de Meyer-Liibke \ ainsi que la thèse si inté' Pour ce dernier ouvrage, je cite toujours la traduction française

{i volumes parus chez H. Welter, Paris; le troisième volume, qui comprendra la syntaxe, est en préparation).

�IX

INTRODUCTION

Devaux1.

ressante de M.
Il va sans dire aussi que, pour les formes du bas-latin, je me suis servi du dictionnaire de Kôrting
(Kôrting, Lateinisch-romanisches Wôrterbuch). Quant aux
autres livres consultés, il est inutile de les rappeler ici, car
j'y ai trouvé peu de choses se rapportant directement à mon
étude2.
Je ne puis pas oublier pourtant que j'ai eu sous les yeux,
pour la morphologie, les paradigmes donnés par M. Cantagrel, en tête de la « Cansou de la Lauseto », d'A. Mir. Quoique sans prétention scientifique, ces pages représentent
fidèlement les formes du dialecte narbonnais, dont celui de
Lézignan n'est qu'une variété en somme peu différente.
Et puisque je parle do dialectes, sans avoir l'intention de
traiter ici en passant la question des dialectes et des sousdialectes, je me permettrai simplement d'exprimer mon opinion. Il me paraît d'ailleurs qu'on dispute quelque peu sur
des mots — sans plaisanterie aucune. En tout cas, il n'est
point nécessaire — comme on l'a fait quelquefois dans notre
Midi — de discuter avec passion une question d'ordre purement scientifique. Pour ma part, je n'ai aucune peine à partager l'opinion de Meyer-Liibke, exprimée, d'ailleurs, avant lui
par d'autres maîtres et non des moindres de la philologie
romane : «
depuis longtemps, dans chaque domaine de
langue littéraire, on a distingué différentes subdivisions qui
sont caractérisées par certains traits linguistiques. Les nouvelles recherches ont de plus en plus démontré qu'une subdivision de ce genre, si utile qu'elle soit au point de vue pratique, ne
peut guère échapper au reproche d'être arbitraire et de man1
DEVAUX: Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au
moyen âge. — Paris, Welter, 1892.
2
Ceux qui s'occupent de dialectologie méridionale connaissent la bibliographie de NOULET (lievue des Langues romanes, X, XI et XII). Je leur
signale un modeste opuscule bibliographique de M. G. Jourdanne qui
peut rendre quelques services : G. JOURDANNE, Bibliographie Languedocienne de l'Aude, Garcassonne, Bibliothèque de la Revue Méridionale,
1898. Dans cette Bibliographie, je signalerai surtout, les ouvrages de
A. Mir et de A. Peyrusse. Le premier est originaire d'Escales, le second
d'Ornaisons, villages distants de Lézignan de quatre ou cinq kilomètres seulement. Leur langue représente assez bien les formes du dia-

lecte lézignanais.
9

�X

INTRODUCTION

querde base scientifique
Partout où dominent des relations mutuelles, on trouve une transition graduelle entre
un patois et l'autre. Si nous nous éloignons dans toutes les
directions d'un point central pris à volonté, avec un certain
nombre de traits phonétiques, nous constaterons que, peu à
peu, chacun de ces traits disparaît pour faire place à un autre,
jusqu'à ce qu'enfin nous atteignions un autre point qui n'a
plus rien de commun avec le point de départ. En faisant la
comparaison des deux, nous verrons une différence absolue ;
mais de transition brusque, de divergence soudaine, il n'y en
a pas plus, par exemple, que dans le passage du latin au roman » (Meyer-Liibke, Grammaire des Langues romanes, trad.
fr., 1.10).
Il est donc entendu que, quand je parle de dialecte narbonnais et même de dialecte lézignanais, je ne suis pas dupe des
mots que j'emploie et je prie le lecteur de ne pas en être
plus dupe que moi. Seulement, comme ces expressions sont
commodes et qu'elles ne peuvent pas prêter à l'erreur ou à
l'équivoque, quand on en a une fois marqué le sens, je ne me
ferai pas scrupule de m'en servir.
On remarquera que je me suis, en général, abstenu de
toute comparaison entre les formes du dialecte ancien et celles du dialecte moderne.Non que la tentation ne me soit pasvenue de faire une telle comparaison ; car les textes anciens sont
assez nombreux pour qu'on pût lafaire avecintérêt. Sansdoute,
les textes édités par M. Mouynès1 ne peuvent guère servir à
un pareil travail ; Mouynès prenait avec eux des libertés très
grandes et ne se faisait pas faute d'en modifier l'orthographe,
quand il ne faisait pas pis ; pour qu'ils pussent servir de base
solide à une comparaison entre le langage d'hier et celui d'aujourd'hui, il serait nécessaire qu'on les collationnât avec soin.
Par contre on peut se fier sans crainte aux textes édités par
M. A.Blanc2 et ils sont en assez grand nombre pour rendre pos-

* MOUYNÈS: Inventaire des Archives de Narbonne antérieures à 1790.—
Narbonne, Gaillard, 1871 -1878.
2
M. A. BLANC a publié des textes en ancien narbonnais dans le Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne. C'est dans ce recueil
qu'il publie actuellement les Livres de comptes de Jacme Olivier, docu-

�INTRODUCTION

XI

sible une intéressante comparaison. Mais cela demanderait une
étude très longue et très détaillée que je ne me suis pas senti
le courage d'entreprendre. D'autre part, une comparaison de
cette nature n'a de réel intérêt que si elle est complète ; la
tenter à l'occasion de quelque détail, serait satisfaire simplement une accidentelle curiosité; aussi m'en suis-je abstenu.
11 me reste plus qu'à remercier de leur bienveillance les
juges de la Faculté des lettres et, en particulier, M. le professeur Cbabaneau, dont j'ai eu le plaisir et l'honneur d'être
pendant sept ans l'élève.S'il y a quelques bonnes choses dans
les pages qui suivent, c'est à lui que j'en suis redevable ; et
s'il y a aussi quelques faiblesses, que l'on veuille bien ne pas
mettre sur le compte du savant maître les maladresses de
son disciple.
J. ANGLADE.

Montpellier, le 30 mars 1897.

ment intéressant pour la langue du XIV° siècle. 11 a aussi étudié quelques points de la phonétique du dialecte ancien dans les Annales du
Midi (avril 1896, sur le mot duraic = iudaïcum) et dans la Revue des
Langues Romanes. (Cf. Février-mars, 1897, Narbonensia.) Ce m'est un
agréable devoir de remercier M. A. BLANC pour l'obligeance qu'il a mise à relire les épreuves de ce travail.
Je remercie aussi vivement M. M. les professeurs M. BONNET et
M. GRAMMONT qui ont bien voulu me communiquer les observations et
corrections que ia lecture de mon travail leur avait suggérées.

��CONTRIBUTION

A

L'ÉTUDE

DU

LANGUEDOCIEN MODERNE
LE PATOIS DE LÉZIGNAN (AUDE)
(Dialecte Narbonnais)
\m m ttm 9

M

PREMIÈRE PARTIE. — Phonétique

CHAPITRE I
LES LIMITES Dû DIALECTE

1. En' donnant comme sous-titre à mon travail le Patois
de Lézignan \ je n'ai eu d'autre intention que de limiter mon
sujet. En réalité, c'est du dialecte narbonnais, ou du moins
d'un sous-dialecte très approchant, que je vais ici exposer la
phonétique et plus tard la morphologie. Lézignan est un gros
village de la plaine narbonnaise ; mais précisément parce
qu'il est situé dans la plaine et qu'il est eu relations constan1 Lézignan est un chef-lieu de canton du département de l'Aude, arrondissement de Narbonne. La voie romaine qui reliait Narbonne à Toulouse et à Bordeaux passe sur une hauteur à environ 1 kilomètre du
village. Le nom lui-même indique une origine romaine et renvoie à
une forme latine Licinianum. (Il y a un autre Lêiignan dans l'Hérault).
La plus ancienne mention qu'on en trouve dans l'histoire est dans un
diplôme de Charles le Chauve cité par Dom Vaissette, Histoire Générale
du Languedoc, (éd. Privat) Tome II, preuves, col. 276-277. En voici les
principaux passages: (Diplôme de Charles le Chauve en faveur d'un de

�14

LE

PATOIS

DE LEZIGNAN

tes avec Narbonne — dont il n'est séparé que par 18 kilomètres — son patois ne diffère que par quelques détails de
celui de l'antique Narbo Martius. Aussi n'est-il guère possible
de fixer des limites à ce qui n'est qu'à peine un sous-dialecte ; je me contenterai donc de marquer d'une manière générale les limites du dialecte auquel il se rattache si étroitement au point de vue phonétique.
Au sud, le dialecte narbonnais aune limite assez nette :je
veux parler des dialectes catalans, qui commencent au-dessous de Leucate et qui se continuent, en suivant les contreforts des Corbières jusque vers l'Ariège où ils vont rejoindre
l'Espagne par la Cerdagne française.
Les limites du même dialecte au nord sont encore assez
bien fixées par les contreforts de la Montagne-Noire : le dialecte narbonnais se rattache par là au dialecte de Saint-Pons
(Hérault), qui est lui-même en étroites relations avec les dialectes de l'Avevron.
A l'est, le dialecte narbonnais se confond insensiblement
avec les autres dialectes ; à Béziers (Hérault), la différence
est déjà assez sensible sans qu'on puisse fixer où elle a commencé ; elle ne fait que s'accroître à mesure que l'on se rapproche de Cette et de Montpellier.
A l'ouest, enfin, la dégradation est encore moins sensible ; il n'y a pas de barrières naturelles formées par les
montagnes, pas plus qu'à l'est d'ailleurs ; aussi le dialecte se
ses fidèles nommé Alfonse). In nomine sanctœ et Indiuiduse Trinitatis.
Karolus Dei gratia rex
fidèles

nostros, nomine

complacuit clementiae nostrae quosdam
Aldefonsum et nepotes suos Gomensindum et

Durannum de quibusdam rébus nostrae proprietatis honoraré atque in
eorum iuris dominationem liberalitatis nostrae gratiam conferre. Itaque
notum sit omnibus sanctae Dei Ecclesiae fidelibus et nostris, praesentibus atque futuris, quod concedimus iam dictis fidelibus nostris Aldefonso et nepotibus suis

Gomesindo et Duranno ad proprium quasdam

res nostrae proprietatis, quae sunt sitae in pago Narbonensi in locis quae
dicuntur Lieiniano, Cabimonte et Hancta Candida, quas etiam ipsi
patres ipsorurn per aprisionem habuerunt
est bien Léziçjnan; Cahimonte est

et

(27 mai 847) Lieiniano

aujourd'hui Caumoun, campagne si-

tuée à quelques kilomètres de Lézignan. Aucun nom de campagne ou de
ténement ne rappelle Sancta Candida;mais il faut peut-être lire Sanctu
Candela, qui est aujourd'hui Santo Candèlo, ténement de la
de Lézignan sur la route de Narbonne.

commune

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

15

transforme petit à petit, sans qu'on puisse bien se rendre
compte de l'endroit où il cesse d'être le dialecte narbonnais.
Quelques phénomènes dialectaux, comme le remplacement de
l'article masculin lou par la forme toulousaine le, qui a lieu
précisément dans le sous-dialecte lézignanais, permettent de
s'apercevoir du changement. Mais en général il n'est pas
sensible.
2. Le catalan a exercé quelquefois son influence sur notre
dialecte; nous la noterons à l'occasion, en faisant remarquer
que, sauf indication contraire, nous entendons par catalan le
dialecte dégénéré, fortement mélangé de languedocien, que
l'on parle actuellement dans les villages du Roussillon.

�CHAPITRE II

LES SONS

ET LEUR NOTATION

3. Les voyelles a et i sonnent comme en français.
Le son u représente un son intermédiaire entre eu du français preux et u de prune. Il est souvent noté œ dans MeyerLiibke.
E est tantôt ouvert, tantôt fermé et sonne alors respectivement :
1° E fermé comme é de clarté ;
2° E ouvert comme ais de l'imparfait français. Ainsi pè —
pedem se prononce comme pais dans fr. je rompais.
Dans le présent travail, e non accentué représente toujours
e fermé. E avec un accent grave (è) représente toujours un
è ouvert.
Ou est une pseudo-diphtongue et doit se prononcer d'une
seule émission de voix.
eu-au-iu sonnent de la manière suivante: éou, áou, iou.
óu (avec o accentué) = ow (óou). Ex.: ehóu = chóou,
chow.
Il faut remarquer que les voyelles suivies d'une nasale sont
fermées en languedocien, comme d'ailleurs dans tous les dialectes de la langue d'oc. Ainsi la voyelle ouverte du latin bëne
sonne fermée dans le languedocien be.
Il n'y a pas à proprement parler dans le dialecte lézignanais de voyelles nasalisées. Dans les mots comme poun, foun,
n est distinct de la pseudo-diphtongue ou.
Les consonnes mouillées sont représentées par nh-lk.
Canho

paresse

trabalha

travailler.

Le g représente toujours un son dur devant n'importe quelle
voyelle.

�17

LE PATOIS DE LEZIGNAN

S est toujours s dure ; * douce est représentée par z.
4. Le groupe ch représente la chuintante forte.
Finale : repaich, palaich (repas, palais)
Médiale : daicha, faicha (laisser, emmailloter).
Dans ces mots là le ch est doux comme dans les mots français vache, hache.
Tch initial représente un son complexe. 11 se compose du
son ch précédé d'une dentale. Ainsi chabal, chiminhèro se prononcent Ichabal, tchiminhèro (cf. d'ailleurs le traitement de
c initial).
Enfin j'ai noté de la même manière ce son complexe
fin ou à l'intérieur des mots.
Mansionaticum

mainatch,

1

à la

enfant

formaticum
froumatch
fromage
uillaticum
bilatch
village
siluaticum
saubatch
sauvage,
bouscatch, relotch (horloge) etc.
Pour qu'il n'y ait pas de confusion possible, le c dur est
représenté par k devant e, i.
Le son du v n'existant pas, j'écris bendre — îv. vendre, au
lieu de vendre.
Nous nous dispensons en général dans ce travail de marquer l'accent tonique languedocien quand il concorde avec
l'accent tonique latin. Nous ne notons que les exceptions.
1 On sait que ce son, comme tant d'autres, était représenté de bien
des manières différentes dans les manuscrits des troubadours. Aussi
est-ce faire un étrange abus de mots que de parler d'orthographe des
troubadours, comme le font si volontiers les poètes de langue d'oc contemporains.

�CHAPITRE III

ACCENTUATION

5. A. — Loi du maintien de l'accent. — La loi générale
qui veut que la voyelle accentuée en latin reste dans les langues romanes s'applique évidemment aussi dans le dialecte
lézignanais. Les exceptions ne sont qu'apparentes et tiennent
à ce que dans le latin vulgaire l'accentuation de plusieurs
mots s'était modifiée.
Ainsi uidere a donné les deux formes beire et bezér. De ces
deux formes, la dernière renvoie à uidëre, qui a donné normalement bezér, puis, par suite du déplacement d'accent béze.
L'autre renvoie à une forme en ebref uidëre, formée par analogie de mots comme bibere.
Il arrivait aussi en latin que certaines voyelles (notamment
la semi-consonne i) pouvaient se consonnifier et rejeter l'accent qu'elles portaient '. C'est ainsi que les mots mulierem
et parietem ont donné dans le dialecte lézignanais moulhè
(rare) et paret. I s'étant consonnifié, l'accent était passé sur
e de sorte qu'au lieu de mulierem, parietem, on avait eu
quelque chose comme muljérem, parjétem.
Pareillement les mots en ôlum, comme filiôlum, qui étaient
1 Thurot et Châtelain. — Prosodie latine. Paris, Hachette et Cie, p. 8.
On y verra un exemple de synérèse pour paries dans les vers de Virgile
Haerent parietibus scalae. cf. id. Aen. 5, 589, Parietibus tectum.
On remarquera que paret à un e fermé en languedocien, tandis que
d'après la règle il devrait avoir un e ouvert comme venant d'un e bref
latin. Cela tient sans doute à la présence du t final qui coupe brusquement le son. Les mots français terminés en et (ouvert) passés dans notre dialecte ont changé cet e en e fermé. Cf : bailet (valèt) soufflet (souflèt) etc. On peut dire d'une manière générale que dans notre dialecte
toutes les finales en et sont fermées. 11 n'en est pas de même dans un
dialecte voisin, le catalan, où l'on a des mots comme fèt, etc.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

19

normalement proparoxytons, sont devenus paroxytons dans
la latinité vulgaire et ont donné les formes en ol, comme :
filiolum
linteolum
malleolum1

fllhol
lansol.
malhol

Enfin il suffit de rappeler la tendance qu'avait le latin vulgaire à faire reparaître la forme du simple et surtout son
accentuation dans les composés. Cette tendance est sensible
surtout dans la formation des parfaits et explique pourquoi
perdedit, qui aurait dû donner pèrt avec chute de tout ce
qui est posttonique a donné perdèt. Il en est de même pour
le prétérit de beaucoup d'autres verbes.
Il est inutile d'insister plus longuement sur des faits assez
connus.
6. B. — Loi de la chute des atones. — Les voyelles atones
disparaissent, à moins qu'il n'y ait un «2 ou qu'il ne reste un
groupe de consonnes qui ait besoin d'une voyelle de soutien.
Cette voyelle est clans notre dialecte e.
Ex :

Carum
ferrum
barbam
templum
mater
pater
senior

Car
fer
barbo
temple
maire
paire
senhe 3, etc.

Le traitement de la partie du mot qui précède la tonique,
quand cette partie comprend deux ou plusieurs syllabes, est
soumis dans le dialecte lézignanais, comme dans les autres
1 Lat. rnallèolus = bouture de vigne: lang. malhol = jeune vigne,
vigne tout récemment plantée.
2
A posttonique dans les proparoxytons (cas d'ailleurs assez rare) tombe
comme dans baume — balsamum, ou est représenté par la voyelle e
comme dans rabè, Estèbe, = raphanum, stephanum. Cf. infra, a post.
final.
3
Ce reste de cas sujet se trouve dans les deux expressions Nostre
Senhe et Mousenhe. Nostre Se?ihe = Notre Seigneur. Le mousenhe
(proprement messire) est le nom du chef d'un groupe de travailleurs.

�20

LE PATOIS DE LEZIGNAN

dialectes romans, à la loi dont A. Darmesteter a donné la formule dans Romania, V, pp. 140-164.
Les atones qui sont avant la tonique tombent comme celles
qui viennent après, sauf quand l'atone est un a4 ou qu'un
groupe de consonnes a besoin d'une voyelle d'appui : dans ce
cas également l'atone persiste.
Exemples :
Sanitatem
ueritatem
coagularé
auriculam

santat
bertat
caula
aureiho, etc.

Exemples dea atone protonique maintenu :
iudicamentum
ornamentum

jutchomen
ornomen

jugement
ornement

Cf. les adverbes en ment : Soulomen, bounomen, etc.
Ici encore les exceptions ne sont qu'apparentes ; elles proviennent cependant d'autres causes que les exceptions à la
règle du maintien de l'accent. C'est tantôt l'analogie, tantôt
des raisons d'euphonie qui font que certaines lettres qui devraient tomber restent, et que d'autres s'introduisent pour
soutenir un groupe de consonnes.
Ainsi, pour citer un exemple caractéristique dans capolà 3
la syllabe médiale atone reste, parce qu'on a capèlo, où la
même syllabe est accentuée.
C'est surtout dans les verbes que l'analogie s'est fait sentir
pour maintenir certaines lettres qui auraient cîù tomber. Il y
aurait ici de longues listes de mots à citer, mais ceci relève
plutôt de la morphologie que de la phonétique : c'est donc à
cette partie de notre travail que nous renvoyons l'étude de
ces exceptions 3.
7. C. — Traitement des proparoxytons. —Le traitement des
* Il faut noter le mot asparagulum = lang. espargoul, où un des trois
a n'a pas laissé de traces. Il faut supposer de bonne heure une contraxtion comme aspargulum.
2 Capeld dans le sens de curé est déjà vieilli ; on dit depuis longtemps
curat.
3
On peut citer les verbes terminés en ena, comme semena (semer),
remena (remuer) en ega (lat. icare) machega (mastiquer),mousega (mor
sicare), etc.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

21

proparoxytons présente,dans le dialecte lézignanais, quelques
phénomènes intéressants. En règle générale la pénultième doit
tomber dans ces mots ; or, il y a toute une catégorie de mots
qui ne perdent pas la pénultième et qui même transportent
l'accent sur elle.
Ce sont les mots terminés en latin par ulum-ôlum, ïnemenem, erem; ce sont aussi les mots terminés par eus-ius, eumium.
Voici la liste de la plupart de ces mots :
Exemples de mots en enem, inem, inum :
iuuenem
hominem
marginem
asinum
fraxinum
terminum

joube
orne
marje
aze
fraîche
terme1

Exemple de mots en úlum, ólum :
apostolum
asparagulum
populum
rotulum

apostoul (rare)
espargoul
piboul 2
rodoul1

Mots en ërem :
essere
cancerem
cicerem

èse
cánse
séze

Mots terminés en eus-ius, eum ium :
hordeum
oleum
Seruitium
neruium
remedium
symbolium

ordi
oli
serbisi
neibi
remèdi
samboli

1
Ce mot signifie la campagne, lou campestre, comme on dit dans
d'autres dialectes.
2 Double accentuation : piboul et piboúl. Les autres formes ont l'accent tonique comme en latin.
s
Lieu, endroit.

�?2

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

cementerium
nouium
lilium

sementèri
nobi
liri, etc.

Dans les proparoxytons terminés par le suffixe idum la finale
posttonique ne tombe pas toute entière ; il en reste quelque
chose dans les deux formes ranse — rancidum et coubes
= cupidum
(Accentuation, rânse, mais coubés.)
Coubes est surtout intéressant, parce qu'il nous présente
en même temps un phénomène dont nous allons nous occuper,
un déplacement d'accent.
8. D.— Déplacement d'accent. — Cupidum avait dû donner
coubes, et avec déplacement d'accent coubés. L'accent est
descendu sur la dernière syllabe.
Au contraire, dans la forme béze, l'accent est remonté. En
effet uidëre avait donné normalement bezer (vezer) avec l'accent sur la dernière 2.
Ce phénomène s'observe encore dans les mots terminés
en anum, où l'accent latin était nécessairement sur a.
Exemples : Románum, Afrieánum.
Ces mots ont donné normalement Romà, Africà ; puis sous
cette nouvelle forme et sous l'influence troublante de n cet a
fermé est passé au son o. Dans cet état, on conçoit que le mot
ait été traité comme un paroxyton et qu'il ait été accentué
comme tel. D'où Roúmo, Africo, comme si ces mots venaient
de Róma, Àfrica.
Ce phénomène ne s'observe en général que dans les noms
propres. Aussi n'est-ce pas un trait particulier de notre dialecte, mais un trait commun à beaucoup de dialectes d'oc.
Si j'en parle ici, c'est que le nom de certains villages assez
rapprochés de Lézignan présente ce traitement.

1
Tepidum n'a pas laissé de trace dans notre dialecte ; on se sert du
mot français tiède. Le dérivé de tepidum existait dans l'ancienne langue,
si on en juge par le proverbe conservé : Gat escaudat Aigo tebézo y fa
pou. [Chat èchaudé — l'eau chaude lui fait peur).
s Cette accentuation nous est attestée par des vers comme le suivant :
Rossinhol en mon repaire
M'iras ma domna vezer.
(Peire d'Alvernhe. — Bartsch, Chrest. Prov. 477.)

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

23

Ainsi Azilho 1 renvoie à Azilhanum, comme le prouve son
diminutif Azilhanet2.
De même la forme Bizanet3 nous dénonce la forme ancienne
de Bize *, qui était autrefois Bizá, et qui est aujourd'hui Bizo.
Parmi les autres noms propres du Narbonnais présentant
ce traitement, on peut citer encore : Niso, ancienne forme
Nissá, dont témoigne encore sa dénomination officielle Nissan ; Siro (appelée officiellement Siran) non loin d'Azilho, dont
nous avons parlé plus haut6.

1 Village du Minervois, à 14 kilomètres de Lézignan.
* Village de l'Hérault, à dix kilomètres de Lézignan.
3 Village du Narbonnais, distant d'une douzaine de kilomètres de Lézignan.
* Village du Narbonnais.
s On pourrait continuer cette liste, car il y a encore beaucoup de noms
de villages qui ont été soumis à ce traitement; je n'ai donné que ces
exemples, parce qu'ils suffisent à indiquer l'existence du déplacement
d'accent dans le dialecte Narbonnais ; je me propose d'ailleurs de dresser
la liste complète des noms de localité de l'Aude et de l'Hérault, où ce
phénomène s'observe.

�CHAPITRE IV

TRAITEMENT DES VOYELLES

A.

9. A tonique latin, bref ou long, donne un a en languedocien.
animam
asinum
carum
palmam
alam

amo
aze
car
paumo
alo

âme
âne
cher
paume
aile

10. A tonique suivi de n devrait s'affaiblir en raison de l'influence troublante de n. Mais cet affaiblissement n'est pas général dans le dialecte lézignanais comme il l'est dans d'autres
dialectes, le limousin par exemple4. Il se constate dans quelques noms propres de villes ou de villages du Narbonnais
dans lesquels il a amené un déplacement d'accent. (Cf. supra.
Ch. III.)
En dehors des noms propres on ne le constate que dans un
mot, plo = planum.
Plo est, à proprement parler, une plaine ; le plu de = la
plaine de. Il faut remarquer que le même a de planum est
resté a pur dans le superlatif absolu pla = très, fort : pla madur = planum maturum, très mur.
A

PROTONIQUE

11. A protonique initial reste a
Ex: * adripare
amicum
caminum

arriba
amie
cami

arriver
ami
chemin

Il y a cependant un mot où a (non latin d'ailleurs) initial
' Et, plus pròs de nous, dans les dialectes de la Montagne-Noire, aux
environs de St-Pons. On dit gro (granum) co (canem)mais pa = panem.

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

25

suivi de r est devenu ou. C'est le mot courroûbio = fr. caroube.
12. Passage de a protonique à i. — Ce phénomène se remarque dans quelques mots : iranje, iranho, iroundèlo. A côté
de iranje, on dit aussi ouranje. Quant à iragno, il se présente
sous la forme tatiragno (estatiragno, estariragno).
On peut rattacher à ces mots le mot jita, qui vient du latin
iactare ; mais on admet qu'il est passé par une forme intermédiaire iectare.
Le mot lacunam se présente sous la forme licuno, mais dans
un cas unique et pour désigner un endroit déterminé
13. Enfin a protonique est passé à e dans les mots espargoul et escouta = asparagulum, ascultare (p. auscultaré). Les
groupes se, sp, ont amené ce changement.

A

POSTTONIQUE FINAL

14. A posttonique final devient o :
barbam
amicam
ficam
amat
amabat

barbo
amigo
figo
aimo
aimabo

barbe
amie
figue
(il) aime
(il) aimait, etc.

15. Il faut noter deux exceptions: Raphanum et stepkanum
ont donné rabe et estèbe. C'est que ces deux mots avaient
déjà changé a en e dès la latinité vulgaire. Ils remontent donc
à un type comme stephenum, raphenum.
16. Suffixe arium. — Le traitement de ce suffixe présente
dans notre dialecte des obscurités comme dans tout le domaine roman. Dans le dialecte lézignanais, comme dans la
plupart des dialectes languedociens, ce suffixe, devenu probablement erium, a donné des formes en ié 2.
primarium :
*castanearium

prumiè
castanhè

1 On appelle licuno (lacunam) une sorte de marécage qui se trouve entre Homps et Olonzac, à quelques kilomètres de Lézignan.
* Dans le patois de Siran (Hérault), 16 à 17 kil. de Lézignan en allant

3

�26

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

panarium
*amandularium
palearium
"leuiariuru
granarium
uiolarium

panhè
amelhè
palhè
laujè
granhe
biulhè

Quelques mots qui n'étaient pas terminés dans le latin classique par le suffixe arium, aria, ont été traités cependant
comme tels. Ce sont les mots area et cerasea. Le premier est
devenu de bonne heure aria par le passage de eà «devant
une autre voyelle. Sous cette nouvelle forme, il a été traité
comme les mots en arium ;.de là est venue, par diphtongaison
de a en iè, la forme languedocienne ièro, fr. aire.
Cerasea offre un traitement du même genre ; cerasea est
devenu de bonne heure cerarea par rhotacisme, et ensuite
ceraria par suite du passage de e à i devant une voyelle. Sous
cette nouvelle forme, le mot a été traité comme s'il était terminé par le suffixe arium. D'où lang : serièro.
E (E

OUVERT,

E

BREF DU LATIN CLASSIQUE)

17. E bref latin est devenu en roman un e ouvert qui a subi
des modifications dans la plupart des langues romanes. Dans
le dialecte lézignanais il ne s'est généralement pas modifié.
E

TONIQUE LATIN

18. E tonique latin donne un e ouvert (è)
Ex. : pëdem
camëlum
pellem
ferrum
mellem

pè
camèl
pèl
fèr
mèl

pied
chameau
peau
fer
miel

vers Saint-Pons, on a le plus souvent dans ces mots pour le suffixe aria
la triphtongue iéi au lieu de la diphtongue iè. Prumièiro, engranhèiro, etc.
(naturellement dans les mots où le suffixe aria est précédé de n, 1. le
premier i a servi à mouiller la lettre précédente).

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

fëllem
infernum
equam

fèl
enfèr
ègo 1

27

fiel
enfer

Remarque. — On sait qu'en français ë entravé suivi d'une
nasale passe au son a ; tormentum, tourman. Dans le dialecte
lézignanais il ne se modifie pas et reste toujours fermé.
tourmen

balen

19. DIPHTONGAISON DE ë. — Dans quelques mots du dialecte
lézignanais e s'est transformé en ié comme en français.

hëri
sëx
médium
ministërium
uëtulum
intëgrum
cathedram

hièr
sièis
mièch
mestiè
bièl
entiè
cadièro

hier
six (sieis)
mi (miei)3
métier
vieil
entier

La diphtongaison s'est arrêtée à quelques mots seulement
et a été amenée par le yod latin ou roman qui suit*.
Il y a pourtant d'autres mots — en très petit nombre il est
vrai — dans lesquels la diphtongaison s'est produite sans
qu'elle fût provoquée par un yod. Ex. :
ëgo
deum

iéu
diéus

1 Se dit seulement et indifféremment des chevaux ou mules dont on
se sert pour battre le blé dans une aire.
s
On sait que e bref avait donné en a. fr. une triphtongue, qui, suivan t
une loi constante, a rejeté le second de ses éléments.

Ex.: lectnm, lieit, lit; sex, sieis, six, etc.
3

Fièro ne renvoie pas à feriam avec e fermé mais à feriam avec e
ouvert. Sous quelle influence cet e a-t-il changé de qualité? C'est ce qu'il
est difficile de déterminer.
On serait tenté de placer rétro parmi les mots qui se diphtonguent,
car on la forme dariè = deretro. Mais la forme darrè nous montre que
la première est un emprunt au français.
4 Les groupes tt, dr, ont été traités comme les groupes cl, gr. Cf.
Consonant.

�28

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

Dans ce dernier mot on ne sent plus le second élément de
la diphtongue ie et on prononce dius. Il n'en est pas moins
probable que dius vient de diéus.
20. Traitement du suffixe ellum. — E étant bref dans ce
suffixe aurait dû donner normalement un e ouvert. C'est ce
qui est arrivé dans la plupart des mots.
uïtellum
rastellum
vascellum
bellum

budèl
rastèl
baichèl
bèl

1

veau
râteau
tonneau
beau

Mais il n'en a pas été de même dans tous les mots. (Cf.
traitement de e long : mustela, tela, candela, Stella).

E PROTONIQUE
21. E protonique cesse de rester ouvert et devient fermé.
secare
* cercaré
crëpare
lëvare

sega
serka
creba
leba

(faucher)
(a. fr. cerchier).
crever
levers

22. Passage de ë protonique à a. — E protonique passe quelquefois à A. Ce passage est particulèrement fréquent dans les
mots dont Ye protonique est suivi de r.
episcopum
gelare
terribilem
* serraculam
* mercare 3
* remare
pergamum

abeske
jala
tarrible
sarralho
marka
rama
pargam

évêque
geler
terrible
serrure
marquer
ramer
parchemin

* Foudre (pour le vin).
2 II faut exepter les mots composés qui avaient un e ouvert tonique et
qui ont gardé cet e ouvert même quand il est devenu protonique. Gf, tèrrai(toit) de tèrro, ferrat (seau) de fèr, amèllou dim. de amèllo (amande).
3
Mais mercatum = merkat. (Cf. bartas = bertas).

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

29

Protonique, mais à l'intérieur d'un mot :
pentecostam
* infellenare
* ratam pennatam

pantacousto
enfalena
ratopanado

pentecôte
sentir mauvais
chauve-souris

23. PASSAGE DE Ô PROTONIQUE AI. —Ce phénomène s'observe
dans quelques mots commençant par g et c'est sans doute sous
l'influence de la gutturale que le changement a eu lieu.
* genuculum
genestam (genistam)
germanum
* iectare

jinoul
genou
jinèsto
girma (n. propre)
jita
jeter

Enfin dans les deux mots litsou et milhou = lectionem,
meliorem, le passage de e à i semble avoir été favorisé par le
yod.
24. PASSAGE DE E A U. — Ce phénomène ne se présente, à
ma connaissance, que dans le mot suivant où il a été amené
par assimilation :
uerrucam

burrugo
E

verrue

1

POSTTONIQUE

25. E posttonique tombe, sauf dans les proparoxytons dont
nous avons parlé (cf. Ch. III. C.) où il devient aussi e fermé.
iuuenem
E

FERMÉ

joube

jeune

(ê -ï du latin classique)

26. E long latin et i bref ont donné le même résultat en
roman; car si la quantité des deux voyelles n'était pas la
même, la nature du son était la même pour les deux.
E

TONIQUE

27. E long et i bref ne se diphtonguent pas et donnent un e
fermé.
4

Cf. aussi bulúgo et belûgo (étincelle).

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

30

Ex. : e libre
plénum

pie
baie
cadeno
plazé
fe

ualêre
catënam
placëre
fïdem

plein
valoir
chaîne
plaisir
foi

îples de ê, Ì, entravé.
capistrum
il lu ra
cristam
"soliculum
*eccum istum
lïtteram
mïttere
pïscem
sïccum
spïssum

cabestre
el
cresto
soulel
akeste
letro
metre
peich
sec

caveçon
le
crête
soleil
a. fr. cest
lettre
mettre
poiss (on)
sec

espes

épais

28. EXCEPTIONS. — Dans certains mots e long tonique est
passé à i. Il faut mettre de côté les mots où e du latin classique semble avoir été changé de bonne heure en i par changement de suffixe, ainsi le suffixe enum étant rare a cédé la
place au suffixe plus vivant inum. D'où beri — uenenum changé en ueninum.
Pergamenum qui a donné pergamí dans quelques dialectes
n'a donné dans le nôtre que la forme pargam, qui renvoie à
pergamum. On se sert pourtant quelquefois des formes pergamí, pargami.
C'est aussi à un changement de suffixe qu'il faut attribuer
la forme razin- racemum devenu racimum par analogie de
uenenum (à moins qu'il ne faille voir là une influence du c précédent).
Merci et pats sont des emprunts au français. La forme Pages
se rencontre comme nom propre.
E PROTONIQUE

29.

E

protonique reste e fermé.

Ex. : * demane
sïccare

dema
seka

demain
sécher

�LE

PATOIS

DE

LÉZIGNAN

empega
segur

impicare
securum

empoisser
sûr

30. EXCEPTIONS. — / bref protonique est passé à u dans
budel = uïtellum.
Dans quelques mots, ï protonique en syllabe fermée passe
à a comme en français.

lansol
sanglout

linteolum
*singluttum1

linceul
sanglot

L'Í de infernum est aussi représenté par un a dans le mot
anfèr ; mais cette forme est une forme empruntée au français.
Le véritable mot languedocien encore usité est enfer.
Il est passé à e dans le mot efan, usité seulement dans l'expression paure fan = paure diable, ou l'e de efan a disparu absorbé par Ye final de paure. (Cf. au Consonant, le groupe nf.)
E protonique est passé à i dans le lang. mitât = medietatem
et dans le mot de même racine mitan. Cf. esp. mitad.
E,
31.

I,

POSTTONIQUES

Posttonique, il disparaît.
longé
tardé

lenc
tart

loin
tard

Quant à i pénultième posttonique, nous avons vu (cf. ch. III.
C.) qu'il se maintenait dans quelques mots, soit sous la forme
de e fermé quand il était voyelle comme dans asïnum — aze.
fraxinum = fraîche, hominem = orne, soit sous la forme de t
quand il était semi-consonne, comme dans óli, órdi = oleum,
hordeum.
TRAITEMENT DES MOTS COMME STELLA, MUSTELA, TELA, ETC.
32. Les mots mustela, tela, auraient dû donner moustélo, télo
avec un e fermé. C'est la forme que ces mots ont dans certains dialectes. Mais dans le dialecte lézignanais ils ont
donné les formes en e ouvert, moustélo, tèlo. On peut se demander si ces mots ne renvoient pas à une double forme de
latinité vulgaire ; mustela existe à côté de mustella; Stella a
1

Sur ce mot cf.

MEYER-LUBKE,

Gr. des

L.

Rom., I, § 577.

�38

LE

PATOIS

DE

LÉZIGNAN

pu avoir une forme stela l, dénoncée par le fr. étoile, et, par
analogie, tela aurait eu aussi une forme tellam. Les formes
en ella auraient donné les formes languedociennes en e ouvert (e étant généralement bref dans le suffixe ellum, ellam,
et ayant pu le devenir par analogie dans les quelques mots
où il ne l'était pas) et les formes en e s'étant développées sur
d'autres points de la langue d'oc auraient donné lesformes en
e fermé que l'on rencontre dans le dialecte de Mistral et dans
d'autres (le limousin par exemple).
PARTICULARITÉS SUR I LONG OU BREF TONIQUE

33. Par suite de certaines influences, encore mal expliquées,
il est arrivé que, dans quelques mots, 1'?' tonique n'a pas été
modifié d'après la règle générale. Ces exceptions se bornent
dans notre dialecte aux mots suivants 2 :
Quelques mots semblent avoir changé &lt; en ë dès la latinité
vulgaire. Ainsi firrnum a donné ferme avec un e ouvert, ce
qui renvoie à un type latin fërmum.
De même circare donne au présent sèrki, ce qui renvoie
à un type latin cërcare. cf. aussi nèbo = nëuat, frèti (je frotte)
= frïcto devenu frêcto, pèl = pïlum (p. e. par analogie avec
pèl= pellem?). Gypsus a donné jèis (plâtre) qui renvoie à une
forme en e ouvert.
Enfin,à propos de l'ancien français /?ens,/?erate,Meyer-Lübke
dit (Gr. des L. Rom. 1, 125) : « Il est difficile d'expliquer l'espagnol fiemo, hienda, a-fr. fiens, fiente, du latin fïmus ». Notre dialecte a pour ce mot le représentant fèns, avec un e largement ouvert, malgré la nasale.
Cet e ouvert est inexplicable si on ne suppose pas un type
fëmus 3.
Dans d'autres mots ï a été traité comme i long, quoiqu'il
fût bref en latin. Ainsi strïgïle a donné estrilho, au lieu de
estrelho (cf. même exception dans français étrille).
1

Cf. sur Stella, DIEZ, Gr. des L. Rom. I. 143, note. MEYER-LUBKE,
et § 636.
1
II faut noter que la plupart de ces mots ont aussi un traitement
d'exception dans la plupart des langues romanes. Cf. là-dessus, MEYERLUBKE, Gr. des L. Rom. I, p. 107.
3
On dit fens avec e fermé dans les environs de Castelnaudary.

§. 545

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

33

Tïneam a donné tinho comme uïneam, binho (cf. hispanoportugais tina, tinha).
De même ciliam a donné silho et non pas selho, qui serait
la forme normale.
Frigidus 1 a dû aussi changer son i, car il donne dans notre
dialecte fret (v.-français, freid, froid).
I LONG

34.

TONIQUE.

— Tonique, il reste ».

flcam
finem
ri pam
micam

figo

figue
fin
rive
mie

fi
ribo
mico

Nous ne verrions d'exception que dans les dérivés de la
forme ficatum, si c'est bien à ce mot qu'il faut faire remonter le languedocien fetje ; mais il semble hors de doute que
c'est à fidicum qu'il faut faire remonter cette forme (Cf. MeyerLiibke, Gr. des L. Rom. 1.582).

I PROTONIQUE

35. Protonique il reste généralement i.
uillaticurn
bilatje
"binare
bina
diem dominicum dimenje
*uirare
bira

village
biner
dimanche
virer

NOTA. — Ui de diem était devenu probablement i long,
puisque en français il s'est conservé tel quel dans les formes
des jours de la semaine.

I LONG TONIQUE SUIVI D'UNE VÉLA1RE

36. I est soumis dans cette position à un traitement spécial,
traitement qui n'est pas d'ailleurs particulier à notre dialecte
1
On admet, avec beaucoup de vraisemblance, que ce mot a subi
l'influence de rigidus, languedocien rete.

�34

LE PATOIS DE LEZIGNAN

mais qui est commun à d'autres dialectes d'oc. / suivi de / soit
double, soit simple, se diphtongue en ia.
fiai
pialo
andialo

Ex: filum
pilam 1
anguillam

fil
auge
anguille

Pour ce dernier mot on a aussi la forme angialo, mais elle
est très rare.
A propos de ce même mot Meyer-Lubke dit (Gr. des L.
Rom. 1, p. 60) « que la quantité et la qualité de i dans anguilla reste douteuse»; la forme de notre dialecte renvoie à
un i long.
Aprilem est représenté aujourd'hui sous la forme avril; mais
la forme abrial existe encore dans ce proverbe :
Per abrial
Te descoubriges pas d'un fiai.
(Au mois d'avril, ne t'allège pas d'un fil).
Enfin uillam n'a rien donné dans notre dialecte ; ce mot se
présente dans le nom de lieu Vialonobo (commune du Minervois (Hérault; distante d'une vingtaine de kilomètres de Lézignan) où l'í s'est aussi diphtongué en ia. (Villam Nouam)
37. PASSAGE DE i PROTONIQUE A E. — Ce passage de i protonique à e s'observe, comme en français, quand la syllabe qui suit
la syllabe atone où se trouve un i contient elle aussi un i.
Ex:

bezi
feni
petit
endebignaire

uieinum
finire
* pittittum
* indiuinator

voisin
finir
petit
(devin)

Il est passé à à ü dans primarium=/jr«me'è et dans curbcl =
crïbellum.
I

POSTTONIQUE

38.1 posttonique tombe, à moins qu'il ne faille voir un reste
de cetidans les formes du pluriel des pronoms et des adjectifs2.
Ex. uiginti
1
2

bint

vingt

Latin pila — mortier à piler.
Nous nous occuperons do cette question dans la morphologie.

�35

LE PATOIS DE LEZIGNAN

Mais dans les pronoms et les adjectifs nous avons au pluriel les formes suivantes:
toutis
elis
akelis

totti
illi
eccum illi

De même belis (= lat. belli -)- s) poulidis (— lat. politi -\- s),
etc.
TRAITEMENT DE Ô
O OUVERT TONIQUE

39. O bref latin donne en général o ouvert dans le dialecte
lézignanais.
cor
corpus
fortem
hominem
mortem

cor
coz
fort
orne
mort

cœur
corps
fort
homme
mort, etc.

Suivant la règle déjà énoncée (cf. Ch. II: Les sons et leur
notation) o ouvert suivi d'une nasale se ferme.
sônat
sonum
bônum

souno
sou
bou

il sonne
son
bon

DIPHTONGAISON DE O BREF

40. Cette diphtongaison qui est de règle en français ne se
produit dans notre dialecte, que dans quelques mots dont
voici les principaux :
octo
hodie
noctem
* foliam
modium
corium
oculum
* troculum
1

bèit
bèi
nèit
fèlho
mèch
kèr
èl
trèl 1

huit
(hui)
nuit
feuille
muids
cuir
œil
treuil

Sorte d'auge, ouverte à une extrémité, où l'on foule les raisins.

�36

LE PATOIS DE LEZIGNAN

* plouiam
troiam
coxarn
coquere
podium
ad -f- post
longe

plèjo
trèjo
rèicho
kèire
pèch (n. propre)
apèi
lènc

pluie
truie
cuisse
cuire
puy
(ensuite)
loin

Il faut remarquer, à propos de cette diphtongaison :
1° Qu'elle ne s'est produite que dans quelques mots ;
2° Qu'elle a été amenée par la présence d'un yod : cf. le
traitement de ôleum, où le yod est simplement en puissance
et qui donne ôli et foliam où yod existe en réalité et qui donne
fèlho ;
3° Que cette diphtongaison s'est arrêtée à un stade que
dans certains mots le français a dépassé. O s'est diphtongué
au commencement en uo (comme en fr. buona pulcelta fut
Eulàlia), puis en ue ; là, le développement ultérieur a été arrêté
par ce fait que la langue a chassé le premier élément de la
diphtongne ou qu'elle l'a consonniflé (cf. bèit = uèit = octo,
bèi = uèi, hôdie '.
Dans le mot bôuern, la diphtongaison s'est arrêtée au 1er degré, de sorte qu'on a eu buóu ; u en contact avec o est passé
i; d'où la forme actuelle bióuì.
11 est probable que le mot ouum, qui avait un o long dans
le latin classique, a modifié sa quantité d'après bôuent et a
suivi le même traitement; d'où la forme parallèle ióu.

O

OUVERT PROTONIQUE

41. O ouvert protonique devient o fermé, du moment qu'il
n'est plus sous l'accent.
uolare
* uolère
* uotare
* morire
1

boula
boulé
bouta
mouri

voler
vouloir
voter
mourir

II faut noter que l'e qui reste après la chute de Vu est ouvert.
» Prononcez iôu et biôu d'une seule émission de voix.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

37

42. Exception. — En position, il est passé à a dans le mot
tartugo, fr. tortue.
Sous l'influence d'un r, il s'est changé en e dans quelques
mots seulement :
rotundnm
* rotulare
* horoloticumi

redoun
redoula
relotje
O

a. fr. reond
rouler
horloge

POSTTONIQUE

43. Il est tombé dans cette position, sauf dans le mot que
nous avons déjà cité (cf. Ch. III. C)apostoul = aposlolum =
apôtre, où il est d'ailleurs pénultième.
TRAITEMENT DE

0

FERMÉ

O fermé représente o long et u bref du latin classique.
O

TONIQUE

44. O, M, latins donnent dans notre dialecte comme dans
toute la langue d'oc, o fermé, ou plutôt ou.
dolorem
plorat
horam
nepotem
uocem
puteum
crucem
nodum

doulou
plouro
ouro
nebout
bouts 4
pouts
crouts 2
nouts

douleur
(il) pleure
heure
neveu
voix
puits
croix
nœud, etc.

EXCEPTIONS

45. Elles sont assez nombreuses et intéressantes par ce fait
qu'elles se retrouvent dans la plupart des langues romanes.
Nuptiae ayant u bref dans la latinité classique, aurait dû
donner une forme en o fermé (ou); or il se trouve que toutes
4

On dit aussi bouès, qui est un emprunt au français.
On a aussi crouès, qui est le français croix avec la prononciation
ancienne de oi.
5

�ÎS8

LE

PATOIS

DE

LÉZIGNAN

les langues romanes ont un o ouvert dans les dérivés de ce
mot-là. Il est probable que 1'« de nuptiae a été influencé de
très bonne heure et dans tout le domaine roman par l'o de
nôuius ; càv de nouius (dérivé de nouus), notre dialecte a tiré
les formes nobi (fiancé) et nobio (fiancée).
Cette influence a été signalée pour la première fois par M.
G. Paris (Romania, X. 397) et ne paraît pas pouvoir être contestée.
D'autres mots latins paraissent avoir changé leur 0, w, en ô.
Par exemple le languedocien plèjo ne peut pas renvoyer au
latin plüuiam, mais il renvoie à une forme plôuiam dont l'ó
s'est diphtongué sous l'influence du yod qui suit.
Trèjo — truie, ne renvoie pas à troiam du latin classique
mais à trôiam.
Coulobro ne renvoie pas à Colübrum, qui aurait donné
Couloubre
mais à Colôbram (ef. a. fr. couluevre qui renvoie
aussi à une forme en o ouvert).
Au contraire, Pentecostes donné dans notre dialecte Panta
coitsto(cï. a.fr. Pentecouste) qui renvoie à une forme en o ferméLutram qui présente des difficultés dans quelques dialectes
romans 2 a donné dans notre dialecte la forme normale louiro,
qui renvoie à lutram avec u bref.
Quelle que fût la nature de l'w dans le mot puhnonem il
doit s'être transformé de bonne heure sous l'influence de /,
car on a dans notre dialecte paumou qui renvoie à palmonern.
Mots en orium,oriam.— Le mot gloi'iam a été traité comme
memôriam et a donné glòria 8 comme memôrio.
Il n'y a plus guère dans notre dialecte de mot vivant représentant des types latins en orium, comme rasorium = lang.
razou. On peut citer cependant Purgatori. Les autres mots
en orium oriam, ont été remplacés par des mots français. Cf.
pasouèr, batouèr, labouèr, ibouèro ; on voit que ce sont des
formes purement françaises qui ont conservé l'ancienne prononciation oi = ouè.
4
2
3

Cf. Escouloubre nom d'un village de la Haute Ariège.
Cf. MEYER-LUBKE (Gr. des L. Rom., I. 148).
Forme empruntée au français : glouèro.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

39

Gorjo (gorge) et mot, s'ils ne représentent pas des mots
français, renvoient eux aussi à des types en o ouvert.
Enfin les mots cuneum et pugnum ne donnent pas coun et
poun 1 mais kun etpun qui renvoient à des formes en u long.
0,
46.

Ü

PROTONIQUE ET POSTTONIQUE

Protonique il reste o fermé.
müliérem
moulhé
tussire
iousi
bulliré
bouli

(femme)
tousser
bouillir

Posttonique il tombe entièrement
colpum
masculum
tem plum

cop
mascle
temple

coup. etc.

Il faut excepter les propaoxytons que nous avons cités plus
haut, populum, rotulum, etc. (cf. supra Ch. III. C) où u posttonique est resté et a donné ou.
TRAITEMENT DE Û
47.

TONIQUE.

—

Ex. : unum
fum u m
maturum
purum
durum

U

tonique donne u 2.
un
fun
madur
pur
dur, etc.

un
fumée
mur

Cependant il peut se diphtonguer. Ainsi le mot culum a
donné dans notre dialecte tioul, où l'on voit que l'fi s'est diphtongué en iou avec l'accent sur le deuxième élément de la
diphtongue.
Au contraire dans le mot piuze w de pûlicem s'est aussi
diphtongué en iu mais avec l'accent sur le premier élément.
Lit de mulum ne s'est pas diphtongué en iou, mais en io.
D'où les formes
1 Poun est catalan: on emploie ce mot dans les Corbières qui limitent
le dialecte Catalan au nord du Roussillon.
2 Cf. pour la prononciation supra, ch. II, les sons et leur notation.

�40

LE PATOIS DE LEZIGNAN

mulum
mulam
U

miól
miólo

mul (et)
mule

PROTONIQUB ET POSTTONIQUE

48. U protonique donne en général u comme en syllabe
tonique
* muraliam
muralho
muraille
plumare
pluma
plumer
mutare
muda
muer
sudare
suza
suer
*putire
pudi
sentir mauvais, etc.
Cependant dans le mot jûniperum il a été traité différemment ; le représentant languedocien du mot latin est en effet
jenibre (fr. genièvre) '.
Le mot lang. mouzit renvoie à mucitum latin , mais avec u
bref protonique ; la racine mue dont Vu est long s'était donc
modifiée.
Posttonique il disparait complètement.
DIPHTONGUES
DIPHTONGUES JE, CE

49. La première de ces diphtongues est plus fréquente dans
la langue latine que la seconde : elle a été traitée par la plupart des langues romanes comme le son simple e ouvert.
D'où dans notre dialecte les formes suivantes :
caelum
graecum
praestum

sèl
grèc
prèst

ciel
grec
prêt

Praedam semble faire exception 2, car, au lieu de donner
prèzo avec un e ouvert, il donne prezo avec un e fermé. Mais
ce mot doit s'être confondu avec prehensam, prensam, lang.
prezo.
Le mot aeslima, au contraire, que Meyer-Ltibke signale
1 Pour le traitement de u protonique dans sciurolium = eskirol, cf.
infra, Diphtongues.
' Il fait exception en français où la forme proie renvoie à une forme
latine predam.

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

41

comme faisant exception dans la forme a. fr. esme, donne dans
notre dialecte èime i, avec un e ouvert, ce qui est un traitement régulier.
Naturellement ae protonique donne e fermé. Cf. aequalem —
égal. Mais dans le mot aeramen où la diphtongue ae est suivie
de r, ae traité comme e devant r a donné a; d'où la forme
languedocienne aran = aeramen.
50. CE. — Cette diphtongue est traitée dans les rares mots
où elle se rencontre comme un e fermé.
poenam
51. AU.

peno

peine

— Tonique, elle donne en général au.
pausam
aucam
raucum
paucum
gaudium
lausam
causam

pauzo
auco
rauc
pauc
gauch2
lauzo
cauzo

pose
oie
rauque
peu
joie
pierre plate
chose

On sait que dans le bas-latin déjà au était prononcé o dans
certains mots : plostrum pour plaustrum, etc. Le mot languedocien cougo renvoie non à caudam, mais à codam (couo et
avec consonne médiale euphonique cougo. Cf. cougat = cubatum, couat, cougat).
Le mot claustrum se retrouve dans notre dialecte sous la
forme clastres = claustros, mais avec réduction de au tonique à a, ce qui est rare.
52. PROTONIQUE. — Au se maintient dans cette position
et donne généralement au.
Ex.:

audire
*ausare

auzi
gauza3

ouïr
oser

* Cf. au consonantisme traitement de s dans les groupes sm. Il faut
ajouter que eime ne renvoie pas exactement à œstima, mais plutôt à
un type aestimum.
2 Mot usité seulement dans l'expression gran gauch = grande gaudium qui est une exhortation à se contenter du peu que l'on a ou que
l'on vous donne.
Ex. : Ta pauc ? — Gran gauchi (Si peu? — Soyez encore bien content!)
3 Remarquer ici le g prothétique.
3

�42

LE PATOIS DE LEZIGNAN

* alaudetam
*caul-|-etum
Dipht. rom. * auiceilum

lauzeto
caulet
ausèl

alouette
chou
oiseau.

Au s'est réduit à a dans le mot augustum1, qui a donné
dans notre dialecte agoust.
auscultaré a dû réduire aussi sa diphtongue, puisque nous
avons escouta qui ne peut renvoyer qu'à ascultare.
La diphtongue iu protonique a perdu le second de ses éléments en passant en languedocien dans Iang. eskirol, = lat.
sciurolium.
53. Diphtongue eu.— Elle s'est réduite, en syllabe tonique,
en e ouvert dans le mot leucam, lang. lègo.
Elle est passée au son au dans le mot reunia, qui n'est
qu'une graphie latine d'un mot grec. Ce qui a contribué à
taire changer eu en au, c'est que la diphtongue, par suite
d'un changement d'accentuation, est passée en syllabe
atone 2. accent, lang. Ruuruás 3, mais latin-grec: reûma.
La diphtongue romane eu est aussi passée à au, en syllabe
protonique clans le mot auzino = euzina — iticinam, et dans
le mot lavjë — kuiarium, léger.
Mais elle est restée intacte sous l'accent dans la forme lèuje
- - leuium (se dit en parlant d'un chariot non chargé).
54. La diphtongue romane et a vu aussi le premier de ses
éléments passer à a dans les mots dérivés de ericium et heredem.
airisa
= eirisa
hérisser
airisou
= eirisou
lat. ericioiiem
airetiè
= eiretiè
hereditarium
airetà
= eireta
hereditare
airitatje
hereditaticum.
55. La diphtongue 6u est aussi passée à au dans le mot sauda
(fr. souder) = sóuda, latin solidaré.
1

Cette réduction est commune à la plupart des langues romanes.
Diez, Gr. des lang. rom., 1, 160, cite le nom propre Daudes =
Deus dédit où eu est aussi passé à au. Ce nom se trouve aussi dans
nos contrées avec l'accentuation Ddudes.
3 Cette s finale se retrouve dans un autre mot venu, semble-t-il, du
grec lui aussi calimàs, gr. xaùfta. On remarquera qu'il a aussi changé
d'accentuation.
2

�TRAITEMENT DES CONSONNES1

CHAPITRE V

GUTTURALES

: C,

Q, G.

C.
1° C + A, 0, U (C vélaire)
56. A.

C +

A

initial reste intact.

cauam
carum
castellum
cathedram
*capum

cabo
car
castel
cadièro
cap

cave
c
ccher
château
c
chaise
chef

57. EXCEPTIONS. — Caballum a donné chabal. * Caminariam a donné chiminhèro. Le c est encore représenté par ch. 3
dans le mot charnhèro qui est un emprunt au français.
1

Nous avons adopté en général pour le Consonantisme l'ordre de M.
dans sa Phonétique française (Paris, Klincksieck, 1839), ordre
déjà adopté par M. DEVAUX dans son ouvrage Essai sur la langue vulgaire du Dauph. sept, au Moyen-Age. Paris, 1892. Nous l'avons quelque
peu modifié à l'occasion.
s Pour la prononciation de ch initial cf. CH. III Les sons et leur notation, in fine. Autres mots avec ch initial: chaupi (fouler aux pieds) ch.auma, fr. chômer, charra (bavarder) chautchas (flaque d'eau) etc. Pour ch
venant de s initiale, cf. au traitement de s initiale.
BOURCIEZ

�44

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

C initial-)-a s'est affaibli en ga dans le mot gat = lat. vulg.
cattam (cf. it. gatlo, esp. gato, eat. gat)
Ca s'est encore affaibli en ga dans le mot gabio = caueam
et dans son dérivé gajel, sorte de cage à barreaux de bois. I
s'est affaibli aussi — probablement par un phénomène de phonétique syntactique — dans le mot ganibo (gros couteau) emprunté au français.
58. B. — Ca appuyé en latin reste dur dans le dialecte
lezignanais.
arcam
barcam
"brancam
buccam
uaccam

arco
barco
branco
bouco
baco

arche
barque
branche
bouche
vache

59. Si l'appui au lieu d'être latin est roman, le traitement,
est différent.
1° d'ca = tch et / (après une nasale un élément dental
très faible s'introduit dans la prononciation entre n et/.)
iudicare
jutcha
juger
manducare
manja
manger
praedicare
prêcher
pretcha
'uindicare
benja
venger
2° n'eum = nj et nch.
diem dominicum
* manicum

dimenje
manche

dimanche
manche

carga
amarga

charger
(être amer)

3" r'ca
carncare
amaricare
NOTA.

- Le groupe roman l'c ne se modifie pas dans :
collocare
coulca
coucher

1 Fabricar», a donné fargo dans l'Ariège ; il faut sans doute voir un
dérivé de ce mot dans l'expression narbonnaise??îa//'a7'&lt;7ai = mal accoutré, lat. maie fabrication.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

45

60. C. — CA INTERVOCALIQDE. — CA précédé d'une voyelle passe à g ; quelquefois il devient i.
amicam
*flcam
lactucam
locare
necare (?)
spicam

amigo
fìgo
laitugo
louga
nega
espigo

amic
figue
laitue
louer
noyer
épi

Il faut remarquer que, quand ca est précédé de i (latin ou
roman), le c tend àpasser à í et à se confondre avec l'í qui précède.
secale
sial
seigle
On entend de même quelquefois fiyo à côté de figo et même
braios à côté de bragos.
61. EXCEPTIONS. — Micam ne donne pas migo, mais mico.
Les mots composés dont le primitif était terminé par un c final n'affaiblissent pas ce c en composition. Ex : trauca (trouer)
de trauc; enraucat, (enroué) de rauc, etc.
2°

C

+

0 -j-

U

62. C -f- 0 -\- U. — Reste intact en syllabe initiale.
collum
coquere
cordam
corium
curam

col
kèire
cordo
kèr
euro

cou
cuire
corde
cuir
(besoin)

Par exception il s'est affaibli en g dans le mot goi'p = coruum. Ce mot doit d'ailleurs s'être confondu avec gorp 1 ==
corbem.
Par exception aussi il est passé au son ti dans le mot tioul
= culum. [Ti est passé à ch dans la partie occidentale du département de l'Aude où l'on dit choul.)
63. C -)- U APPUYÉ. — Quand c suivi de u est appuyé, le
traitement diffère suivant la consonne qui précède.
1 Gorp est le nom de la hotte qui sert à porter les raisins. Go&gt;pe;aire
= celui qui porte la hotte, gorpeja — porter la hotte.

�46

LE PATOIS DE LEZIGNAN
1° n'cum

1

donne / ou ch.

canonicum
"monicum
diem dominicum
* manicum

chanoine
moine
dimanche

canounje
mounje a
dimenje
dimeiije
manche

manche

2° d'cum, tcum donnent tch.
*fidicum
mansionaticum
siluaticum
uillaticum

fetche
mainatche
saubatche
bilatche

foie
fi
enfant
(
sauvage
s
village

cierge 3
bergounho

&lt;clerc
vergogne

3" r'cum = rg.
clericum
uerecundiam
C-j- 0, V,

JNTERVOCALIQUE

64. 1° Dans les mots où le groupe eu porte l'accent c passe
kg.
aiguille
* acuculam
agulho
aguza
aiguiser
* acutiare
(personne)
digus
nec unus
securum
sûr
segur
2° Lorsque c est après l'accent, il tombe dans les mots
comme
*facunt
fan
ils font
* faco
fau
je fais
C

FINAL

65. 1° Le c final de la terminaison latine ac disparaît sans
laisser de traces dans les mots :
illac
ecce hac

la
sa4

Mais il passe à i dans l'impératif fai = fac.
1 Le traitement de ri cum = rg semble se retrouver dans le mot demargat, littéralement démanché, lat. * demanicatum.
2 Moine à chaufferie Ht.
3 Enfant de chœur.
' Usités dans les expressions en sa, en la.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

47

2° C final latin après o tombe dans les mots :

eceum hoc
hoc

ako
o

(cela)
(oui)

3° C devenu final en roman après a, o, ou après une diphtongue se maintient et reste dur.

focum
iocum
lacum
locum
raucum
paucum

foc
joc
lac
loc
rauc
pauc

feu
jeu
lac
lieu
rauque
peu

Cf. encore mèuc (faire mèuc en parlant d'un fusil signifie
rater) trauc, etc.
66. 4° Le c double devenu final en roman est passé naturellement à c simple et est resté sous cette forme :
beccum
saccum
siccum

bèc
sac
sec

bec
sac
sec

5° C devenu final en roman après n, r, reste dur au singulier :
* bancura
banc
banc
porcum
porc
porc
Il disparaît au pluriel, parce que la langue se refuse à prononcer un groupe de trois consonnes et on a pors, bans, etc.
C

PALATAL

(C +• E, I)

67. INITIAL. — Dans les mots où e initial est suivi de e, i,
il passe à la sifflante dure s :
caelum
cementum
centum
ceram
cibatam
cinerem

sèl
simen
sent
siro
sibado
sendre

ciel
ciment
cent
cire
(avoine)
cendre

68. C PALATAL APPUYÉ. — Si l'appui est latin, c passe à la
sifflante dure.
uincire
bensi
(venir à bout de)

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

48

Toutefois si la consonne sur laquelle s'appuie le c est /, la
sifflante est douce au lieu d'être dure :
mulcire1

mouzi

(traire)

Si l'appui est roman, c passe également à la sifflante douce.
*ilicinam
pulicem
*pullicellam
salicem

auzino
piuze
piuzèlo
sauze

yeuse
puce
pucelle
saule

69. Dans les mots * dodecirn, tredecim, sedectm, où le groupe
roman est composé d'une dentale, plus une gutturale, la combinaison de donne ts.
* dodecim
sedecim
tredecim
C

doutse
setse 2
tretse

douze
seize
treize

PALATAL INTERVOCALIQUE

70. C palatal intervocalique passe a la sifflante douce z.
* cicerem
* lucïre
placere
racemum
uicinum

séze
luzi
plazé
razin
bezi

(pois chiche)
luire
plaisir
raisin
voisin

71. Le traitement de c double devenu intervocalique dans
les composés de ecce, eccum, est soumis à des lois différentes.
Ecce hic donne les deux formes suivantes : aisi et aichi, s
étant passée à ch après i, suivant une tendance constante de
notre dialecte.
De même ecce istum donne aicheste et plus rarement aiseste.
Les composés de eccum, au contraire, donnent les formes
en c dur suivantes beaucoup plus usitées :
eccum istum
eccum illum
eccum hic
1
5

akeste
akel
aki

Cf. le mot dérivé moulzéire (sobriquet.)
Mais undecim = ounze, à cause de la nasale.

�49

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

Ainsi donc c double intervocalique passe à s (ch) quand il
appartient à la forme ecce et reste dur quand il appartient à
la forme eccum.
72.

C des paroxytons latins devenu final passe au son ts.
perdicem
crucem
decem
uocem

perdits
crouts
dèts
bouts 1

perdrix
croix
dix
voix

Il faut remarquer à propos de ces exemples que les finales
se renforcent en général dans notre dialecte ; c'est ainsi que
nous avons ici ts, au lieu de s douce.
73.

CI. — Ci donne s dure.
* calceam
* ericionem
*maccionen
* mordacias
* peciam

causo
airisou
masou
mourdasos
pèso

chausse
hérisson
maçon
(pincettes)
pièce.

NOTA.. — Achium est devenu az dans bracchium = braz
(Laqueum n'a pas laissé de traces).
74. PASSAGE DE C A U. — Ce phénomène se remarque dans
quelques mots seulement. Il s'observe dans les deux mots
Jaume 2 = Iacobum, * lacmum, et dans graulo (corneille) =
* graculam.

Enfin, peut-être faut-il voir dans le mot lauzert = lacertum
(Cf. cat. llauert) un développement adventice de u devant c.
GROUPES CR,

75. A. —

1°

crimen
crinem

CL, CT

CR initial reste tel quel3.
crime
crin

crime
crin

1
Forme empruntée au français : boues.
* San Jaume, nom d'une métairie à quelques kilomètres de Lèzignan.
3 Exception gras comme en français. Cf. aussi le mot grapaut = fr.
crapaud.

�50

LE PATOIS DE LEZIGNAN

2° CR intervocalique s'affaiblit en gr.
acre m
macrum
* uinum acrem

agre
magre
binagre

aigre
maigre
vinaigre

3° Mais le c du groupe cr est passé à i dans l'infinitif des
verbes.
coquëre (cocëre)
kèire
cuire
facere
faire
faire
* placëre
plaire
plaire
76. B. -- 1° CL initial reste.
classicum
clauem
clauellum

clas
clau
clabèl

glas
clef
(clou)

2° Dans le groupe sel, cl reste également intact,
masculum

mascle

mâle

Cf. encore muscle — musculum, moule.
3° CL intervocalique donne l mouillée (Ih).
apiculam
aurioulam
maculam

abelho
aurelho
malho

abeille
oreille
maille

CL intervocalique s'est affaibli en gl dans le groupe cl de
ecclesiam et est devenu initial : glèizo = {ec)clesiami.
77. L mouillée (lh) provenant de cl s'est asséchée quand elle
est devenue finale suivant une loi constante de notre dialecte
(cf. infra : traitement de /).
C'est ce qui fait que le c du groupe cl n'est plus reconnaissable dans les mots comme Ir'el = torculum, * troculum (cf.
§ 40, n), fenoul = fenuculum,j inouï = * genuculum, etc.

CT
78. — Le e est passé à i dans ce groupe.
* coctare
coctum
dictum
1

(se) couita
kèit
dit (pour diit)

(se hâter)
cuit
dit

Cf. aussi le mot rèino glódo = fr. reine-claude.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

factum
* lactem

fait
lait

fait
lait

noctem

nèit

nuit

51

Le groupe ct a donné tch et tt dans quelques mots1. * Pectinem — penche avec n adventice. Ct. encore frutlo (rare) =
les fruits, patcho — pactarn (rare).
Le c du groupe net a disparu sans laisser de traces dans le
mot sant = sanctum.
Mais net est passé à nch dans les mots : unctam = uncho
(nom verbal de uncha inusité); punctam = pouncho (rare), de
pouncha (usité). Punto est d'ailleurs plus fréquent et est exclusivement employé pour désigner un clou.
SG
79. Pour le groupe se le traitement est double : tantôt se
final ou médial a été maintenu.
*boscum
muscam
uiscum

bosc
mousco
besc

bois
mouche
(glu)

Cf. encore fresc (frais), elèseo (coquille du limaçon), desc
(corbeille), etc.
Tantôt se est passé à es et a été traité sous cette nouvelle
forme comme x dont nous occupons ci-dessous : c s'est résolu
en t, et s sous son influence est passée à ch.
fascem
* musc -\- alem
'pascuentiam
piseem
uascellum

faich
mouchai2
paichenso
peich
baichèl3

faix
moucheron
pois(son)
vaisseau

Ce traitement est constant dans les verbes en scere.
crescere
cognoscere
* nascere

creiche
couneiche
naiche

croître
connaître
naître

1
Ct. dans les mots français passés en patois s'est réduit uniformément à tt. Dottou = docteur, atte = acte, ottobre, etc.
2 On a aussi mouisal dans les dialectes voisins à l'est.
3 Foudre à vin.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

Enfin se est passé à la sifflante dure s dans quelques rares
mots.
descendere
*luseiniolum

desendre
rousinhol

descendre
rossignol

80. Des deux éléments qui forment x (c -f- s) le premier
passe à i (quand x est intervocalique) et le deuxième sous
l'influence de cet i passe à ch.
coxam
examen
fraxinum
laxare
lixiuum

kèicho et kèiso
echan
fraise et fraîche
daicha et daisa
lesiu

cuisse
essaim
frêne
laisser
lessive

Final, il donne ch.
buxum
* taxum

bouich
taich

buis
blaireau

Dans le mot sex où il était final en latin, il a donné normalement i, d'où la forme sieis. (Le fr. six représente une
ancienne forme avec triphtongue sieis.)
Dans le mot exagium une n s'est introduite devant s dure
et on a les formes ensach (fr. essai) ensacha (fr. essayer).
81. Dans le groupe x -(- consonne, x a été traitée comme
s'il n'y avait pas d'élément guttural, c'est-à-dire comme s,
d'où les formes suivantes.
expressum
extraneum
*extranearium
* juxtum 1

esprès
estranje
estranjè
joust

exprès
(le pays) étranger
étranger
(sous)

82. Initial il reste dur et perd Vu qui l'accompagne toujours
en latin.
1 X des mots français est prononcée ts dans les mots qui sont passes
en patois : etsemple_ - exemple, etsatt = exact, etsamèn, examen, etc.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN
quaerere
quando
qui
quid

kèrre
kan
ki
ke

53

quérir
quand
qui
quoi

NOTA. — Quinqué a donné sink ; mais quinqué devait être
passé de bonne heure à* cinque (cf. DÍEZ, I, 245, 1. 2).
83.

Intervocalique q passe à g.
aequalem
equam
*sequire

égal
ègo
segi

égal
suivre

Après l'accent, il tombe dans coquere = kèire venant vraisemblablement de *cocere. (Cf. couzino = fr. cuisine, lat. *cocinam pour coquinam.)
Le mot aquam et son dérivé aquarium ont un traitement
tout particulier. On sait que le traitement de aquam présente
des difficultés dans la plupart des langues romanes. Nous
n'essayerons pas de les résoudre à propos d'un de leurs plus
modestes dialectes. Nous nous contenterons de remarquer
que dans notre dialecte aquam a donné aigo ce qui confirmerait l'hypothèse *acquam.
Quant à aquarium, il a été traité différemment encore : le
q est passé à i et on a la forme aie = évier. (On a aussi la
forme aièro, ièro avec apocope, de aquariam.)

84.

G

INITIAL.

— Devant a, o, u, il reste dur.

gabatam
gallinam
*garbam
guttam

gauto
galino
garbo
gouto

joue
a. fr. geline
gerbe
goutte

85. EXCEPTIONS. — Jaune = galbinum est sans doute un
emprunt au français. Cambo = gambam nous représente, au
contraire, un traitement tout différent du français.
86.

G initial devant e, i, s'affaiblit en j.
gelare
* gemire

jala
jemi

geler
gémir

�54

LE

PATOIS

*genuculum
gingiuam
87.

G-

DE

LEZTGNAN

jinoul
jenjibo

genou
gencive

— G reste dur devant a, o.

MEDIAL.

plagam
* dogam

plago
dougo1

plaie
douve

EXCEPTION. —
Ligatum a donné liât où g, passé à t, s'est
confondu avec l'i qui précède.
Devant e, iil s'est affaibli en/.

Megire

leji

lire

Il faut noter l'étrange passage de g à d dans andialo= angiiillam.
. 88.

G appuyé reste dur devant a (o), u.
* aspargulum
purgaré

espargoul
purga

asperge
purger

marje

(tertre)

Il passe à / devant e, i.
marginem

89. CHUTE DU G INTERVOCALIQUE. — Le g intervocalique
tombe dans les combinaisons a, e, u -f- 9 suivi de u, o.

Ex. :

coagularé
ego
fagus
tegulum

caula
iéu
faus
teule

cailler
je
hêtre
tuile

Il est tombé aussi dans magis (p. e. mage ?) qui a donné
mai.
GROUPES GR, GL, GN, etc.
90.

GR.—

1°

GR initial reste tel quel.

"granam
gramen
2°

graine
(chiendent)

Dans l'intérieur des mots gr latin ou g'r roman restent.
mille grana
nigrum
pigrum

1

grano
agran

migrano
negre
pigre (rare)

On entend aussi douo avec chute du g.

grenade
noir
paresseux

�LE PATOIS DE LEZIGNAN
91.

GL. —

1°

55

Initial il reste.

glandem
gloriam

glan
gloryo

gland
gloire

EXCEPTION. — Il s'est assourdi en cl dans clouen (poule qui
couve) cloucado (nichée de poulets) qui se rattachent au verbe
glocire. (Cf. M.-LÙBKE : 1,478).
2"

GL à l'intérieur des mots passe à / mouillée (Ik).
"strigilam
uigilare

estrilho
belha

étrille
veiller

3* GL appuyé ne change pas.
singulum
*singluttum
strangulare

single1
sanglout
estrangla

sanglot
étrangler

GM.— Dans le mot sagma (o-ày/za) le g remplacé par / a
donné M, d'où saumo (ânesse) Cf. MEYER LÜBKE, I,§.403, 5. Cf.
aussi DIEZ, Gr. des L. R. I, pp. 54, 251.
92. GN, NG.— Le groupe gn latin à l'intérieur des mots
passe à n mouillée (nh). lien est de même pour le groupe
ng.
plangere
pugnam

planhe
pounho

plaindre
poigne

*pugnalem

pounhal

poignard

Le groupe gn passe à n double dans les mots :
sanguinare
signum

sanna
sinne

saigner
signe

Gn doit s'être réduit à n dans le mot cognoscere, pnisque
nous avons couneise dans notre dialecte. Cf. italien aonoscere
et esp. conocer.
93. GN devenu final en roman donne une n sèche, qui autrefois était mouillée puisque les dérivés la rétablissent.

pugnum
stagnum
1

pun
estan

Raisin qui vient seul à l'extrémité d'un cep.

poing
étang

�56

LE PATOIS DE T/FZIGNAN

Dérivés avec n mouillée : pounhal, Estanhol, etc.
NG devenu final en roman donne ne,d'après la loi générale
qui veut que les finales se renforcent.
longe
*sanguem

lenc
satic

loin
sang

94. Enfin le groupe roman g'd, g't final s'est réduit à la
dentale forte, sans que le g laissât de trace.
frigidum
digitum
rigidum

fret
det
réte

1

froid
doigt
raide

Mais on a * brugitum = brutch,cî. fugit = futch.
GI. — Ce groupe passe à tch dans les rares mots latins
où il se trouve.
exagium
horologium

ensatch
relotche

essai
horloge

I
95. I était semi-consonne dans certains mots latins. Initial
ou intervocalique, il est traité dans notre dialecte comme en
français et donne ;'.
deiam
*iectare
iocum

déjà
jita
joc

déjà
jeter
jeu

Il s'est renforcé en ch dans chèzus, chez = lesus, qui est
une formule d'exclamation.
96. Devenu final en roman, il s'est maintenu sous forme de
i (voyelle, deuxième élément d'un diphtongue) dans :
maium

mai

mai

97. I est surtout intéressant comme deuxième élément de
certains groupes ; nous avons vu déjà les groupes ci, gi; nous
verrons plus loin les groupes pi, di, bi, etc. Il s'est d'ailleurs
résolu quelquefois en voyelle dans les groupes ti, si, di, li,
comme nous l'avons vu au ch. III, §, 70.
1

Avec voyelle d'appui.

�CHAPITRE VI

DENTALES.—

T, D, S, Z.

T
98. INITIAL.— T

initial persiste.

terram
'trepalium
*trippam
turrem
99. T

terro
trabal
tripo
tourre

terre
travail
tripe
tour

médial appuyé ne se modifie généralement pas.
cantaré
*pentecostam
ueritatem
uirtutem
matutinus

canta
pantacousto
bertat
bertut
*mattinus

chanter
peiitecòte
vérité
vertu

matis

matin

100. Exceptionnellement, quand l'appui est roman, il est
passé kd, puis à s puis à r, dans le mot couire qui renvoie à
cubitum, * cubtum, * cubdutn, etc.
Le t s'est aussi assibilé et est ensuite passé à r dans le mot
plaireja= (plaider) plaidoyer — * placiticare.
101. Dans le groupe roman dt, t appuyé est traité de deux
manières.
1° Ou bien il passe à d et le premier d disparaît.
Ex.:

* tenditam
* renditam

tendtam
—

tendo
renda

tentam
—

2° Ou bien il se maintient sous sa forme dure comme dans
le mot :
uenditam

bento1

vente

1 Ce n'est peut-être qu'une forme française avec la prononciation
languedocienne.

4

�58

LE PATOIS DE LEZIGNAN

T

INTERVOCALIQÜE.

102. T intervocalique passe régulièrement à d.
catenam
maturum
mutare
putare
rotaré
rotundum
satullum

cadeno
madur
muda
pouda
rouda 1
redoun
sadoul 2

chaîne
mûr
muer
(tailler la vigne)
lôder
rond
soûl, etc.

103. EXCEPTIONS. — Il y a quelques exceptions à cette règle. Il s'est maintenu dans les mols fatigo qui est peut-être
un emprunt au français, dans ulille qui en est sûrement un
et dans quelques autres : boula = voter, etc.
GROUPES

TR, TL.

104. Les groupes tr, tl non initiaux ont donné le même résultat que les groupes cr, cl. Il est donc probable que la dentale initiale du groupe était passée à la gutturale correspondante, soit dans le latin populaire, soit dans la période de
transformation du latin en roman 3.
Voici quelques exemples :
TL : astulam
uetulum

asclo
bièl

(éclat de bois)
vieil

EXCEPTIONS. — TL est passé à l double dans le mot espallo=z
spatulam. Ou trouve encore / double dans rolle — rotulum;
mais il faut peut-être voir ici unempruntau français ; on prononce aussi molle = modulum *.

1

Sens: rôder.
Rassasié.
3
Pour le groupe tr en particulier une autre théorie veut que le t se
soit affaibli successivement en d, s, et qu'il soit ensuite passé à t. Cf. dans
notre dialecte le traitement de s dans les groupes syntactiques : ei meu
— es meu.
4
II faut noter que tl passé à elest resté sous cette dernière forme dans
le mot asclo (éclat de bois) = astula et le verbe dérivé ascla. Cf. DIEZ,
Gr. des L. R, I, 195, n.
s

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

Tit : matrem
nutrire
patrem
petram
uitrum

1

maire
nouiri
paire
pèiro

mère
nourrir
père
pierre

beire

verre

59

TR appuyé ne se modifie pas :
capistrum
mittere

cabestre
metre

caveeon
mettre

T FINAL
105. T final reste après une voyelle
travée :
digitum
det
mortem
mort
* terratum
terrat
ueritatem
bertat
uestitum
bestit

tonique libre ou endoigt
mort
(toit)
vérité
vêtu

Il ne sonne plus dans le mot cour par analogie p. e. avec les
mots comme jour, four, mais on l'entend souvent dans le composé baso-court, basse-cour 2.
T tombe quand il est final après une voyelle atone, ce qui
est le cas pour la 3e personne des verbes de la lre conjugaison.
amat
aimo,etc.
portat
porto
Enfin il ne sonne plus dans les participes présents:
at'man,
fagén

aimant
faisant, etc.
TI

106. TI passe à s douce (z) quand il est avant l'accent :
* acutiare
* puteare
rationem
titionem

aguza
pouza
razou
tizou

aiguiser
puiser
raison
tison

• J'ai aussi entendu l'expression a reire qui est la l'orme de l'ancienne
langue reip-e = rétro.
2
Un t final non étymologique s'est aussi développé dans les mot»
apit (céleri), rabet (radis).

�60

LE PATOIS DE I.ÉZTGNAN

Dans ces cas, comme on le voit, l'í a complètement disparu
et a servi à assibiler le t ; il arrive quelquefois que i persiste
et alors le t s'arrête dans son affaiblissement à s dure.
gratiam

gràsio

grâce

T s'est arrêté à s dure avec disparition complète de i qui
suit dans
*platteam
plaso
place
Cf. aussi le mot serbisi où s représente t et où l't semi-consonne s'est maintenu sous forme de voyelle. (Cf. le traitement
des groupes ci, di, li (ârdi, ouf/si, ô!i) ch. m. 7.)
Tl après l'accent et devenu final en roman est traité différemmsnt suivant les mots.
Il passe à Is, c'est-à-dire, à s finale renforcée dans les mots
suivants :
pretium
prêts
prix
puteura
pouts
puits
Il passe à ch dans le mot
palatium

palaich

palais

T'C (TIC)
107. Du groupe fi il faut rapprocher le groupe t'c qui est
représenté dans notre dialecte par tch.
•formaticum
froumatche
fromage
'mansionaticum mainatche
Cf. supra. Traitement de C: groupe t'c §. 63. B, 2°.
108. Le groupe cli est représentée par ts.
functionem
lectionem

fountsiu
liisou

fonction, etc.
leçon

Mais * tractiare— trasa, comme * captiare = casa (chasser).

D
109. Initial il reste, sauf dans

le

groupe

di.

(Cf. infra

§ 119.)
* deoperire

doubri

ouvrir

�LE PATOIS

diem iouis
* disieiunare
dubitare
durum
110.

INTEUVOCALIQUE.

DE

LEZIGNAN

dijous
dejuna
douta
dur

—

61

jeudi
déjeuner
douter
dur

Il passe à z quand il est intervo-

calique.
* ad a qu are
audire
nodare
peduculum
* prudîre
uidere

azaga
auzi
nouza
pezoul
pruzi
beze

(arroser)
ouïr
nouer
pou
(cuire) '
voir

Il peut s'affaiblir davantage et tomber complètement ; une
consonne s'introduit alors entre les deux voyelles qui sont en
hiatus.
codam

cougo

queue

Enfin dans cicadnm il est passé à / par dissimilation : lang.
cigalo = cicadam (it. cicala).
D

COMMENÇANT UN GROUPE

A. — D'R disparaît après la diphtongue au dans le
mot clame (vave)=claud.ere.
B. — Après une voyelle d'r est généralement traité comme
Vr, c'est-à-dire par conséquent comme c'r (== ir).
111.

cathedram
credere
* quadrum
* uidëre

cadiero
creire
caire
beire3

2

chaise
croire
voir

NOTA. — Le d passé à i s'est confondu avec l't précédent
dans * ridëre — lang. rire {riire, rire).
Après une consonne d'r reste.

1

Venu par dissimilation de prurio. Se dit en parlant d'une douleur.

Le véritable équivalent de cuire fr. employé dans ce sens est escàire qui
représente ex-coquere, oùo = ico, o. Cf. au contr. coquere = kèire.
2

Ici dr a influencé l'e qui précède et a amené sa diphtongaison .

* Beire est aussi la forme dérivée de uitrum.

�«2

LE PATOIS DE LEZIGNAN

flndere
uendere

fendre
bendre

fendre
vendre

112. D'C. — Ce groupe a été déjà traité au c. Si nous en
parlons ici, ce n'est que pour noter la chute du d dans le mot
* radicinam

rasino

racine

113. D'V (semi-consonne). — Dans ce groupe le d disparaît.
* aduallem1

abal

aval

114. D'V (voyelle). — Il semble que dans ce groupe Vu qui
suit le d soit venu passer devant le d pour former avec l'j la
diphtongue eu.
uiduum

beuze

veuf

115. ND. — Ce groupe s'est réduit à n dans quelques mots.
(Cf. le traitement de ce même groupe nd en catalan.)
prehendere
uerecundiam

prcne
bergounho
D

prendre
vergogne

FINAL

116. D final tombe en général ; mais s'il est appuyé il a une
tendance à persister.
Appuyé : quando
subinde

can
souben

quand
souvent

Mais :

dount
bert

dont
vert

* deunde
uiridem

D'ailleurs dans les cas où il n'est pas sensible, comme dans
can— quando, il reparaît en liaison, et on dit cant èroun =
quand ils étaient.
Exemples de d final non appuyé:
fidem
pedem

fe
pè

foi
pied

117. EXCEPTIONS. — Il s'est maintenu dans un mot en se
durcissant en t ; ex. : nudum= nut.
4

Là-bas.

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

63

Dans deux autres mots il est passé au son ts. Ce sont les
mots nodum = nouts et nidum = nits. Ce son ls = d final doit
s'expliquer par l'influence du radical nod et nid des verbes
nouza = nodare et an&gt;za = * adnidare. Notre dialecte, nous
l'avons vu (sup. traitement de C § li) a une tendance à
renforcer s finale douce z en ts (crucem = crou/s); c'est
ce qui fait que nous avons nouts et mts, représentant nodum
et nidum.
MEYER-LÛBKE dit [Gramm. des L. R. i, § 4R7) : « Nu/us est
le seul mot en iil ; au nom. sing. Hz... il s'est confondu avec
les nombreuses formations en itz de ïriu, Itiu... » Mais cette
explication ne vaudrait pas pour nodum..

118. D EUPHONIQUE. — Ce íí s'est développé comme en
français entre / et r, n et r.
diem ueneris
* calere habet
tenere habet

dibendres
ealdra
tendra

vendredi
il faudra
il tiendra

DI
119. Initial et devant une voyelle ce groupe passe kj dans
le mot :
diuraum

jour

jour

Il est resté au contraire sans changement dans les noms
des jours de la semaine : dibendres, dimenje, etc.
120.

INTERVOCALIQUE.

inuidiam
* radiaré

—

Le groupe di est passé kj.
embejo
raja

envie
(couler)

121. Final ce groupe donne tch, qui n'est qu'un ./ renforcé
medium
modium

miètch
miètch

mi
muid

Quelquefois après l'accent les deux éléments qui forment
le groupe di se maintiennent. llordeum-=ordicomme seruitium
= serbisi. (Cf. supra., ch. III, 7.)
1

Cf. miètch mais féminin mièjo (mediarn).

�64

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

S

122.

INITIALE.

— Elle reste dure, comme elle l'était en latin

dans cette position.
sabucum
serpentem
seruire
* sortiré

.

saûc
serpen
serbi

sureau
serpent
servir

sorti

sortir

Elle est passée à /"dans le mont fiula qui renvoie à sibilare
devenu * fibulare.
123. A l'initiale s a une tendance à passer à ch, quand elle
est suivie de i. Un des exemples les plus caractéristiques est
celui fourni par la première personne de l'indicatif de èse —
être. On dit chôu (je suis) plutôt que siôu. D'autres exemples
peuvent être signalés : chuka — sucer (lat. sucaré) chìringo
= fr. seringue.
Même à l'intérieur des mots cette tendance de s à passer
à ch se manifeste dans le traitement de mots comme *exsucare — cchvga (essuyer) et 'exsarmentare = echermenta
(amasser les ceps de vigne, les sarments).
124. Intervocalique s devient s douce (z).
»

causam
pausam

cauzo
pauzo

cause
pause

Dans le mot serièro, (cerise)1 dont nous nous sommes occupé
plus haut (§ 16) le passage de s ara été amené par l'assimilation de s à r et par changement de suffixe ^cerariam
pour ceraseam.)
GROUPE

SM

Dans ce groupe «passe à r ou disparaît par amuissement.
Elle passe à r dansles deux mots empruntés au français catéchirme fr. catéchisme et rumatirme fr. rhumatisme (pour
ce dernier mot on a aussi la forme avec sm). Il faut sans
doute voir encore un exemple de rhotacisme dans le mot
1
Le rhotacisme a laissé de nombreux exemples dans l'ancienne langue; cf. à ce sujet l'intéressant article de M. A. BLANC [Revue des L. R..
1897, février-mars, Narlonensia).

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

65

orcjo— odeur, qui doit renvoyer au grec òapj (cf. it.orma).
Par contre, s passe à i dans le mot èime = lat. aestimum
(cf. supra, § 49), et dans le mot cataplaime — fr. cataplasme.
NS
125. S

est restée dure dans les rares mots où n s'est main-

tenue.
consilium
pansam

counsel
panso

conseil
panse

En général s a donné z (s douce)
mensem
mensuram
pensaré

mez
mezuro
peza

mois
mesure
peser

Cela s'explique par ce fait que ns s'était déjà réduit à *
dès la latinité vulgaire et même avant pour certains mots ;
dès lors s a été traitée comme si elle était intervocalique.
126. Devant les groupes sp, se, st. s'était développé déjà
dans la latinité vulgaire un i (bref) devenu en lang. e fermé.
D'où les formes suivantes

scalam
scribere
"spatam
spatulam
spicam
stabulum

escalo
escriure
espazo
espallo
espigo
estable

échelle
écrire
épée
épaule
(épi)
étable

127. S première consonne d'un groupe à l'intérieur d'un
mot se maintient. (Pour le groupe se traité comme es, x, cf.
sup. § 79; cf. aussi MEYER-LUBKE, Gr. des L. II., 1, 427.)

aestiuum
capistrum
cristam
festam
obscurum
'respondëre

estiu

cabestre
cresto
fèsto
escur
respoundre

(été)
chevêtre
crête
fête
obscur
répondre

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

66

Cf. encore bouscatche, clèsco (coquille d'escargot, etc.), raspo
(râpe). gas/&gt;o (grappe), nèspro (nèfle), etc.
S formant groupe est pass ée à r dans le mot *consuturare
(du lat. class. consuere) = lang. courdura.
S est devenue i devant / et n dans les deux mots bailet =
*uassaletum et mainatche (enfant) = * mnnsionaticum.
S a disparu sans laisser de traces dans les mots mêmes et
carême, qui sont peut-être empruntés au français.
128. S

FINALE.

— S finale reste sous forme de s douce '.

*bassum
diem iouis
diem ueneris*
illas
nasum
passum
rasum
Scalas

baz
dijóuz
dibendrez
eloz
naz
paz
raz
Escaloz 3

bas
jeudi
vendredi
elles
nez
pas
ras
Escales

129. S + I et SS + I. — S -f- i donne s douce.
ecclesiam
oocasionera

glèizo
oucaziii

église
occasion

SS ■+ í donne s dure.
missionem

messiu

mission

Mais on a *bussiare = baicha plutôt que baisa où le ch. est
amené par l't qui précède.
AMUISSEMENT

130. Enfin, c'est ici le cas de noter le phénomène important qui se produit dans notre dialecte et dans le dialecte
languedocien en général : je veux parler de l'amuissement de
s finale *. Cet amuissement se produit quelquefois (comme
nous l'avons vu plus haut §§ 124, 127) àl'intérieur des mots;
mais il se produit toujours dans les groupes syntactiques où
• Disparue dans mai — magis et pu = plus.
* Et par analogie dimècrez = * diem mercuris.
3 Nom d'un village à 5 kilomètres de Lézignan.
4 Cf. là-dessus MEYEB-LÜBKE, Gr.des L. /i., I,p.

101.

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN

67

s finale d'un mot se trouve devant toute autre consonne que
c, p, t.
Ainsi es Venc se prononce ei lènc (cela est loin); es naut se
prononce ei naut (cela est haut); es pas bertat, prononcez: es
pai bertat ; mais il n'y a pas d'amuissement dans le groupe
es pas trop l'eu — ce n'est pas trop tôt. Les personnes atteintes d'un défaut de langue (et surtout les enfants) prononcent seuls ei pai trop lèu, ei pai tart (ce n'est pas tard).
Z

131. Z initial est passé à; comme en français dans le mot
jalouz = ze/osum.
Il disparaît dans le mot ladre = lazarum, où il est remplacé
par un d.
Enfin, intervocalique, il passe à s douce (z) dans batiza =
baptizare. (On sait que z latin n'avait pas le même son que z
français; le son devait se rapprocher de celui du groupe ts.)

�CHAPITRE VII

LABIALES

: P, B, V,

F.

P
132.

P initial se maintient.
panem
pauonem
petram
piram
plantam

pa
pabou
pèiro
péro
planto

pain
paon
pierre
poire
plante

Par exception, il s'est affaibli en b dans le mot boulza (administrer une raclée) si ce mot renvoie au latin pulsare. Cf.
it. bolso == lat. pulsum.
P appuyé se maintient aussi.
respoundre
taupo

* respondëre
talpam
P

INTERVOCALIQUE.

apiculam
capistrum
coopertum
* desapare
episcopum
populum
ripam
sapam
135.

EXCEPTIONS.

répondre
taupe

— P. intervocalique passe a b.
abelho
cabestre
coubert
desaba 1
abeske
piboul
ribo
sabo

abeille
caveçon
couvert
(écorcer)
évêque
peuplier
rive
sève

— Mais il y a des mots où p ne s'est pas

affaibli en b.
* capellum
capellam
* caponem

capèl
capèlo
capou

chapeau
chapelle
chapon

Les deux derniers mots renvoient sans doute à des types
1 Et par suite, dans un sens équivalent à celui de boulza, donner un»
raclée. Cf. supra. § 132.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

69

du latin vulgaire avec double p, comme * coppellam, * capponem et le premier a pris deux p par analogie des autres; ou,
s'il n'a pas redoublé le p, il l'a gardé dans sa forme dure par
analogie des deux autres mots.
Il est resté sous la forme simple dans les mots où il était
double en latin.
mappam
*struppare
stuppam

napo
estroupa
estoupo

nappe
(envelopper)
étoupe

Enfin, il ne s'est pas affaibli dans les nombreux mots francisés comme ocupat, bapou (vapeur), prope (propre) et dans
les composés de mots où p était final, comme coupât (coupé),
de cop.
GROUPES PS,

PT, PR.

PS. — Ce groupe est assez rare en latin. Il est traité
comme es dans les deux mots suivants :
136.

capsam
gypsum

caicho
jèis

caisse
(plâtre)

Dans caicho, s douce est passée kck kcause de Vi qui précède.
Metipsimum est représenté par le mot mêmes, où s final dénonce sans doute un emprunt au français.
Psalmum n'a pas laissé de trace, sauf dans l'expression les
setsans = illos septem psalmos (les sept psaumes de la pénitence) où ps initial s'est assimilé à s.
Devenu final en roman, le groupe ps a perdu le premier de
ses éléments.
corpus
tempus
137.

PT. — P

coz
tens

corps
temps

disparaît dans ce groupe, qu'il soit médial

ou final.
baptizare
hospitalem
scriptum
septem
Initial : ptisanam

batiza
oustal
escrit
sèt
tizano

baptiser
maison
écrit
sept
tisane

Dans nvptia, il a disparu également, mais en amenant unes
dure au lieu d'une s douce : nóso.

�70

LE

PATOIS DE LEZIGNAN

Enfin le p s'est résolu en u dans le mot ma lait t. si c'est à
maie aptiim qu'il faut le rapporter.
138. PL.

—

Initial, ce groupe ne se modifie pas.

placere
plaze
plagam
plago
planum
pla
plénum
ple
' plouere
ploure
Mais pl s'est réduit à p dans pus = plus.
Intérieur, le groupe pl se maintient aussi.
duplum
triplum
139. PR.

—

douple
triple

plaisir
plaie
beaucoup
plein
pleuvoir.

double
triple

Initial pr reste.

prehensam
primarium
prehendere

prezo
prumiè
prene

prise
premier
prendre

Cf. encore pruno, protche, prope, (proprium) prou (assez), etc.
PR intérieur s'affaiblit en br.
apricum
cooperire
* deoperire
iuniperum
leporem
* piperem

abric
coubri
doubri
jenibre
lèbre
pebre

abri
couvrir
ouvrir
genièvre
lièvre
poivre

140. EXCEPTIONS. — Dans prope = proprium, r du second
groupe est tombé à cause de la difficulté qu'il y avait à prononcer deux groupes/)»* de suite. (Cf. la prononciation du mot
français propriétaire que l'on entend souvent prononcer propiétaire).
Dans caprarn une métathèse s'est produite et le mot languedocien est crabo (crabit, chevreau), crabidà (en parlant d'une
chèvre = porter des chevreaux).
141. Dans d'autres mots, le p du groupe pr disparaît ou se
change en b, v, u.
pauperem
paure
pauvre
capere
caure '
(contenir)
' Ce verbe est neutre et unipersonnel et signifie contenir. I cdu dèts
litres = il y va dix titres.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

71

Sa vocalisation a eu lieu en î'non en u dans le mot couire
cuprum. Ce mot ressemble ainsi à couire — cubitum (coude).
142. Il y a enfin un mot qui n'obéit à aucune de ces lois et
où pr se maintient ; c'est le mot capro = fr. câpre. C'est que
nous avons ici un double p en latin : cappâris (du grec
xáirirzptc) passé sans doute à *cappâra comme l'indique la finale o
(= a latin) du mot languedocien.

PI
143. Ce groupe est traité, suivant les mots, de deux manières différentes.
1° PI peut rester avec ses deux éléments distincts.
sapiam
sepiam

ke sápie
sepio

(que je sache)
seiche

protche2
satche

proche
sage

beure
bina
burre

boire
biner
beurre

2° Il peut devenir tch.
propium
sapium

144. B initial persiste.
bibere
* binare
butyrum

145. lntervocalique il s'est maintenu.
* adobaré
caballum
cibatam
fabam
habere
"sebam

adouba a. fr. adober
chabal
cheval
sibado
(avoine)
fabo
fève
abe
avoir
sebo
(oignon)

Il disparaît quelquefois.
cubare
cubatum

couga
couver
couat cougat couvé

Dans ces deux cas le g s'est introduit par raison d'euphonie.
Et naturellement aussi aproutcha (approcher).

�72

LE PATOIS DE LEZIGNAN

Cf. les participes passés agut, begut, degut, qui sont aüt, deüt,
etc. (L'introduction de la gutturale a d'ailleurs été facilitée
par les formes anciennes des parfaits, ac, dec, etc.).
lia disparu sans être remplacé par une consonne de liaison
dans le mot saûc = sabucum, fr. sureau. Par contre, un b adventice s'est introduit clans le mot aroubina = * adruinare.
GROUPES

BT, BS, BR,

ETC.

146. BT. — Dans ce groupe b passe à u dans les mots suivants.
debitum
gabatam

deute
gauto

dette
joue

De même à la 3e personne des verbes dont le radical est en
b on a beu = bibil, deu = débet.
Dans le mot disáte = diem sabbati le b a disparu sans laisser
de traces.
Enfin, il faut noter que dans le mot cubitum, le b ne s'est
pas vocalisé en u mais en i ; à moins que (ce qui est assez vraisemblable) le b intervocaliqtie ne soit tombé et que la diphtongue languedocienne de couire ne renvoie à * cuitum pour cubitum ; quant au deuxième élément du groupe, t, il est passé à
r après son affaiblissement successif en d, s ; de sorte que le
mot liing. couire = cubitum est le même que couire = cuprum
(Cf. suprà, § 141).
147. BS. — Le b disparaît dans le mot :
obscurum

escur

obscur

BV. — Le b disparaît aussi dans ce groupe.
subuenire

soubeni

souvenir

148. BR. — Ce groupe est traité de plusieurs manières
suivant les mots.
Il reste br dans les mots libre et delibra où l'influence française s'est exercée ; mais en général le b s'est vocalisé.
bibere
debere
libram
scribere

beure
deure
liuro
escriure

boire
devoir
livre
écrire

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

73

Cf. encore le futur aurèi = habere habêo. Le mot fabrum
n'a laissé de traces que dans le nom propre Fabre ; mais la
forme faure (le forgeron) existe encore dans la partie occidentale du département de l'Aude.
149. — Dans le mot arborem où le groupe 6?* était précédé
d'un r cet r est passé à / puis s'est vocalisé sous cette nouvelle
forme. Le b s'étant vocalisé à sou tour, Vu qui en résultait
s'est confondu avec le premier ; d'où la forme aure = arborem.
150. BL. — Dans ce groupe b se vocalise en u.
parabolam
paraulo
parole
sibilare
fiula
siffler
tabulam
taulo
table
Mais b s'est renforcé en p dans le mot suivant :
stabulum

estaple

étable

Cf. encore tarriple et non tarrible
151. CB. — B est passé à m dans le mot lacobum déjà cité
et qui est représenté dans notre dialecte par Jaume.
152. B FINAL. — B final roman se durcit s'il est appuyé et
se vocalise s'il est libre.
corbem1
sébum 2

gorp
seu

(corbeille)
suif

BI
15:i. BI passe à / ou à tch.
* cambiare
* rabiam
rubium (rubeum)

sanja
ratcho
rouje

changer
rage
rouge

154. MB. — Ce groupe se maintient sauf quand il est suivi
de i comme dans * cambiare, auquel cas le deuxième élément
se combine avec t.
cambam

cambo

jambe

1

Cf. sur ce mot supra § 62, n.
II faut remarquer que pour ce mot on avait déjà en latin la forme
seuum. (Cf. BREAL et BAILI.Y : Dict. étt/m. latin)
2

i-

�LE

74

PATOIS

'cambiare
*palumbam

DE

LEZIGNAN

sanja
paloumbo

changer
palombe

beire
bisi
beire
biure

voir
vice
verre
vivre

155. V initial passe à b.
*uiiiëre
uitium
uitrum
uiuere

Par exception il est passé à / dans les deux mots suivants :
ueiueulum1
uicem

ferroul2
fes

verrou
fois

156. Vinitial a attiré dans certains mots un g qui l'a complètement éliminé. (Uf. le traitement des mots français venus
des mots germaniques en w: guerre, guiu/e, etc.)
uadum
uastare
uomire

ga
gasta
goumi

3

gué
gâter
vomir

157. V intervocalique se durcit en 6.
cauam
gingiuam
iuuenem
"uouium
lauLire

cabo
jenjibo
joube
nobi
laba

cave
gencive
jeune
(fiancé)
laver

Il a disparu dans le mot pniwrem qui a donné dans l'ancienne
langue paour, puis avec chute de r finale paou; la diphtongue
aou s'est réduite à ou [ówj et on a aujourd'hui la tonne póu.
V

FORMANT LA PREMIÈRE CONSONNE D'UN GROUPE

158. VT. — V se vocalise en u.

1

ciuitatem

ciutat

cité

uiuit

biu

il vit

Cf. sur ce mot MEYER-LÜBKE, I, p. 378.
Prononcé farroui dans le nord du département de l'Aude et barroul
dans une partie de l'arrondissement de St Pons (Hérault.)
3
On a aussi pour ce mot la forme boumi.
1

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

75

159. VR. — V se vocalise également en u.
*plouere
uiuere

ploure
biure
V

pleuvoir
vivre

FINAL

160. V final après une consonne se durcit en p dans le
mot :
coruum
gorp
corbeau
Mais il est passé à / dans le mot :
ceruum

serf1

cerf

161. Après une voyelle le v final se vocalise.
bouem
cl au e m
* cultiuum
nouem
nouum
ouum
seuum

bióu
clau
coutiu
nóu
nóu
ióu
seu

bœuf
clef
2

neuf
neuf
œuf
suif

VI
162. Dans ce groupe il peut arriver que les éléments subsistent.
caueam
gabio
cage
saluiam
saubio
sauge
Le v s'est vocalisé dans les mots suivants :
*leuiarium
"leuinm

laujè
lèuje

léger
(léger)

Enfin le v peut disparaître et l'i peut le cousonnifier en j
comme dans :
*plouiam
V LATIN

plèjo

pluie

SEMI-CONSONNE

163. Nous nous sommes déjà occupé plus haut du mot ui1

II faut peut-être voir encore ici un emprunt au français.
Par un étrange changement de sens ce mot désigne une terre en friche, non cultivée.
2

�76

LE PATOIS DE LEZIGNAN

duvm où Yu semi consonne a disparu pour venir diphtonguer
l't et donner le diphtongue eu de bevze, beuzo, veuf, veuve.
Dans le mot ianuarium il s'est durci en b : janbiè.
Il a disparu dans le mot fébriè, où il est peut-être représenté
par i qui s'est confondu avec l'i provenant du suffixe arium.
Il a disparu aussi dans les verbes en uere comme balte =
lat. battuere, foutre = lat. fuluere. Le simple consuere n'a pas
laissé de traces. Coudre se dit courdura (cf. supra. §. 127.)
Enfin après g et q il a servi à maintenir ces consonnes
comme gutturales dures (cf. supra §§. 82-83.)
aquam
*sequire

aigo
segi
F,

eau
suivre

PH.

164. F initiale, intervocalique ou appuyée, reste.
filium
*fidicum
fabam

fil
fetche
fabo

fils
foie
fève

Cf. encore se trufa (se moquer de) rafit (ridé) claufit (couvert, plein de...) malfe (flétri en parlant d'une fleur, plante,
etc) rvfo (ride), etc..
165. PH a perdu le second de ses éléments et a été traité
comme p, c'est-à-dire qu'il s'est affaibli en b dans les mots
Estèbe, rabe, (cf. supra § 15.) et qu'il s'est durci en p à la finale dans les mots :
colaphum
Iosephum

cop
Jousèp

coup
Joseph.

166. Intervocalique, elle se maintient, qu'elle soit double
ou simple.
difficilem
defesille
difficile
refacere
refaire
refaire
Mais elle a disparu dans * bifacem (?) = biaich.
Enfin, il faut noter l'insertion d'une / adventice dans le mot
jiraflo= fr. girafe, par analogie sans doute du mot raflo. (Cf.
ROUSSEI.OT : Les modifications phonétiques du langage étudiées
dans le patois d'une famille de Celle frouin (Charente) p. 329.)

�CHAPITRE

VIII

LIQUIDES : R, L.
R
167. R4

initiale se maintient.
racemum
rotulum
rotund um

razin
ródoul
redoun

raisin
(endroit)
rond

Il faut noter comme exception le mot granhóto 2 (grenouille)
qui est un dérivé de ranam et où un g est venu se placer devrant r.
168.

INTERVOCALIQUE.

—

aeramen
ad horam
aristam
* ericionem

R

se maintient dans cette position.

aran
aro
arèsto
airisou

airain
(maintenant)
arête
hérisson

169. EXCEPTIONS. — On sait que les liquides / et r permutent souvent. Voici les exemples de permutation que nous
offre notre dialecte.
Intervocalique :

aratrum

alaire

charrue

Le même changement de r en / est fréquent dans les mots
passés du français en patois. Ex. : colidor (fr. corridor) selebral(îv. célébrai) et inversement armanak 3 (fr. almanach).
1 R dans notre dialecte se prononce en faisant rouler la langue contre
le palais, et ne vient jamais du gosier. Hvélaire est inconnue aux patois
de l'Aude.
* Par analogie sans doute de i/rapaut (fr. crapaud). Le véritable dérivé de ranam se trouve, dans le mot Cantarrano, (a. fr. chantereiné)
nom d'un quartier de Lézignan avoisinant un ruisseau. Un autre quartier
s'appelle Granoulhà — ''Hanuncidanum.
3
On prononce également almanak comme en français. Le nom propre
Martrou est souvent prononcé Maltrou.

�78

LE PATOIS DE LEZIGNAN

Formant groupe : arborem
"marmorem

aure
malbre

arbre
marbre

(Le passage de r kl dans arborem, nous est dénoncé par la
diphtongue au.)
R intervocalique est passée par dissimilation à n dans
roumani = romarin. (Cf. CHABANEAU, Gr. lim , § 91).
Enfin il faut noter la dissimilation de r en d dans le latin
vulgaire * prudire = prurire.( Cf. sup. §. 110, n).
GROUPES

170. CR

CR, TR, FR, RS, etc.

— Initial reste sans modification.
crepare
crescere

creba
creiche

crever
croître

Mais par une métathèse contraire à celle qui s'est produite
dans capram (cf. §. 52) = erabo 2, le groupe cr de cribellum a
été modifié de la manière suivante : cribellum = curbel et non
pas 'crubel (Pour cr médial cf. supra. §. 75).
171. FR. — R est passée à / par dissimilation dans le mot
flaira= fragrare (cf. fr. flairer) et dans son substantif verbal
flairo (odeur). Mais il n'a pas été modifié dans les autres cas.
fratrem
fraxinum

fraire
fraîche

frère
frêne

frigidum

fret

froid

172. RS.— R disparaît dans ce groupe.
reuersum
uersum 3
"morsinum
*morsicare
transuersare

rubèz
bèz

revers
vers

bousi
mousega
trabesa

morceau
mordre
traverser

173. RC— R disparaît dans le groupe rcr.
diem mercuris dimècres
1

mercredi *

Pour le traitement de la gutturale dans ce groupe, cf. sup. §. 75.
Cf., 'Canv.ram — crambo.
• Cf. ce groupe final dans coz =■ cors, corpus.
* Cf. la prononciation du mot fr. mècredi.
2

�l.E PATOIS DE LEZIGNAN

79

Mais /■ s'est vocalisée en u après être passée à / dans le
mot.
circulum
R

saucle

cercle

reste dans le groupe rc (cf. supra §§. 59, 63)
* immerciare

emmersa
R

174.

R

dépenser

FINALE

finale sonne dans les monosyllabes.
carum
clarum
cohortem
cor
fiorem
furnum
mare
turrem

car
clar
cour
cor
flour
four
mar
tour

cher
clair
cour
cœur
fleur
four
mer
tour

Il faut remarquer pour ce dernier mot que r a une tendance
à se redoubler et à prendre une voyelle d'appui. De sor te
qu'on entend souvent prononcer tourre ; cf. mour et mourre
(visage)
175. R a disparu dans tous les autres cas. Il a disparu en
particulier dans les mots terminés par le suffixe arium : prumiè, castanhè, etc., dans les infinitifs : èse (être), aima, fa
(faire) ' et dans les mots qui avaient une apparence d'infinitif comme auta = lat. aliaré.
176. R disparaît enfin dans les mots terminés en orem, qui
peuvent ainsi rimer avec les mots venus du latin. onim. Ainsi
on a doitlou, coulou comme rczou, tizou.
177. M ÉT A THÈSE DE
les mots suivants :

R.

* cameram
capram
compararé
formaticum
temperaré
* On a aussi la forme faire.

— Cette métathèse s'observe dans
crambo
crabo
croumpa
froumatche
trempa

chambre
chèvre
acheter
fromaje
tremper

�sn

LE PATOIS DE LEZIGNAN

trèl1
troupla2

torculum
*turbu)are

treuil
troubler

178. R INORGANIQUE. — Il y a peu d'exemples du développement d'une r inorganique. Il faut peut-être en voir un
dans le mot froundo = * fundulam (où / se déplace et passe
à?' par dissimilation) ; peut-être aussi il faut y voir un emprunt,
au français.
Dans le mot pastenargoz = pastinacam une r s'est développée
d'une manière anomale 4.
179. RI. — Dans ce groupe, fréquent aux conditionnels,
r disparaît, et on a par exemple : auyô = aurio, bouldio (aussi
bouldrio, parce qu'ici r est appuyée) fayó= \ari6 (il ferait)
lauyè = lauri'e (laurier).
Enfin il faut noter le mot escrûmo = fr. écume où r n'est pas
étymologique. (Cf. it. schiumo= schl.)

180.

181.
mot :

— Elle reste en général.
laboraré
laura
laurarium
lauiè
lilium
liri
longura
lounc

INITIALE.

EXCEPTIONS.

labourer
laurier
lis
long

— Lest passée en initiale à j dans le

*lenticulam

jentilho

6

lentille

Elle est passée à r comme en français dans le mot
lusciniolum

rousinhol

rossignol

Elle est passée à d dans le mot
laxare
182.
1

INTERVOCALIQUE.

daicha

laisser

— L intervocalique se maintient en

Sur la signification du mot languedocien cf. supra §. 40.
Et les dérivés treboul et treole (trouble) de turbulum.
3 Sorte de salsifis sauvage.
* Il faut noter ici que le nom du poète toulousain Goitdouli est souvent prononcé Gourdoitli.
' Cf. sur ce mot MEYER-LÜBKE, Gram. des !.. /{., i, p. 125.
1

�81

LE PATOIS DE LEZIGNAN

général, sauf dans certains mots où elle est passée à r. Cela n'a
rien d'étonnant, d'ailleurs, ces deux lettres permutant fréquemment dans toutes les langues romanes.
Exemples de / maintenue :
ualentem
uolare
* uolêre

baient
boula
boule

vaillant
voler
vouloir

caramèl
liri

(chalumeau)
lis

Passage de / à r.
calamellum
lilium

Cf. le mot fr. colonel prononcé courounel en languedocien.
L

SUIVIE D'UNE CONSONNE

183. 1° L suivie d'une labiale ou d'une dentale se vocalise ;
rarement elle reste dure.
albam
aubo 1
aube
al tare
auta
autel
altum
naut2
haut
alterum
autre
autre
calidum
caut
chaud
falsum
fauz
faux
maluam
maubo 3
mauve
saluare
sauba
sauver
saluiam
saubio
sauge
184. 2° L suivie d'une gutturale se vocalise.
quem aliquem unum caucun
calciare
causa
* ilicinam
auzino
sulcum
souc

quelqu'
chausse
yeuse
soc

Mais elle est restée dure dans collocare == coulca, où elle
était double ; elle est restée aussi dans les mots dérivés de
primitifs inusités où elle ne s'était pas vocalisée : ainsi falket
de l'inusité falc.
1

On a aussi la forme albo.
Nprothétique s'explique dans ce mot par la fréquence de l'expression
en aut.
3 Mais dérivé malbit et non rnaubit. Cf. malbre avec / non vocalisée.
7

�82

LE PATOIS DE LEZIGNAN

185. 3° L suivie d'une s ne se vocalise pas.
* alios
oculos
pulsare
salsam

als
èls
poulsa
salso

aulx
yeux
respirer
sauce

Il faut excepter le mot fakum qui fait fauz.
186. L disparaît dans le pluriel de l'article composé : on
dit das = 'lais (dels), as = als (à les).
Les pluriels des noms terminés au singulier par / gardent
l dure devant la désinence du pluriel et ne la vocalisent
jamais.
On a ainsi : chabals, soulels et non pas chabaus, souleus.
187. GROUPES PL, BL, FL. — Nous avons déjà parlé de
ces groupes (cf. pour pl supra, § 138, pour bl, § 150). FL se
maintient sans changement.
liammam

flambo

flamme

11 faut remarquer, au sujet du groupe /)/, que / a disparu
dans pus — plus, et que / est passée par dissimilation à r dans
le mot :
mespilum
nèspro
nèfle
188. LL. — L double s'est réduite à / simple, et ne s'est
jamais mouillée '.
anguillam
andialo
anguille
pullam
poulo
poule
stellam
estèlo
étoile
uillaticum
bilatche
village
L FINALE
189. L finale reste simple et sonore, qu'elle soit double ou
simple.
capellum
fellem
pellem
pilum
1

capèl
fèl
pèl
pèl

chapeau
fiel
peau
poil

Pourtant la mouillure existe dans le mot poulhastre (gros coq) qui
ne peut renvoyer qu'à * pullastrum.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

83

190. L ADVENTICE. — On la remarque dans le mot enclùmi
= incudinem. (Cf. sur ce mot Romania, vu, 366 et 594.)
L

MOUILLÉE

191. L mouillée est produite par l'influence d'un yod que ce
yod précède ou suive, qu'il soit latin ou roman. (Cf. traitement de cl §. 76. 3°.)
cisteliam
paleam
*serraculam
uetulam

sestèlho*
pa'ho
sarraiho
bielho

(panier)
paille
serrure
vieille

192. Dans notre dialecte / mouillée s'assèche quand elle
devient finale ou qu'elle est suivie de s.
eccum illum
miraculum
"soliculum

akel

celui-ci

mirai
soulel

miroir
soleil

Au pluriel on a avec / sèche soulels, mirais, etc.
La mouillure reparaît naturellement quand / n'est plus finale. Ainsi s'asoulel/ta, se chauffer au soleil, s'amiralha, se
mirer.
Il en est ainsi dans la majeure partie du département de
l'Aude ; dans la haute vallée de l'Aude (vallée de Quillan)
commence ce qu'on pourrait appeler la région de l mouillée,
qui se continue dans l'Ariège; / finale est mouillée non seulement dans les mots comme soulelh, trabalh, mil/i, yourbilh
(corbiculum), mais dans des mots comme capèlh où la mouilure ne provient pas du latin.
1

Panier en osier qui sert pour les vendanges.

�CHAPITRE IX

NASALES :

M,

N

M

193. Initiale, elle se maintient.
manum
marinum

ma
mari4

main
marin

Comme dans la plupart des dialectes romans, elle s'est
changée en n dans :
mespilum2

nèspro

nèfle

Elle s'est aussi changée en n dans napo = lat. mappam qui
a été peut-être emprunté au français.
Initiale, elle s'est changée en b dans bousi = *morsinum.
(Cf. diminutif bousinét = un petit morceau).
MN,
194. MN. — N

MR,

ML

s'assimile à m dans les mots suivants :

nominare
somniaré

nouma
soumia

nommer
songer

Mais c'est, au contraire, m qui s'assimile dans fenno —feminam.

195. Le groupe mn peut aussi passer à mb par la dissimulation du second élément.
columnam

couloumbo3

colonne

Il est probable que mn s'est d'abord réduit à mm et que
• Nom donné au vent qui vient de la Méditerranée.
* Cf. sur ce mot Dmz, Gr. des L. IÌ., I, 198.
3 Outil de tonnelier, sorte de gros rabot, composé d'une grosse pièce
de bois (en chêne ordinairement), une colonne reposant sur quatre
pieds.

�LE

PATOIS DE LEZIGNAN

85

la seconde m est ensuite passée à b par dissimilation. Cf. le
traitement du mot suivant :
flaramam

flambo1

flamme

Actuellement le nom propre Jammes est prononcé Jambes;
de même, le mot français escamoter est traduit par escambouta.
196. MN final se réduit à ».
somnum

son

(sommeil)

197. MR, ML. — Les groupes mr, ml, intercalent comme
en français un b entre chacun de leurs éléments.
insimul
simularé
tremulare

ensemble
sembla
trambla

ensemble
sembler
trembler

Pour mr nous avons les exemples suivants : "cameram =
crambo* pour cambra ; *marmorem = malbre; dans ce dernier
mot m a été complètement éliminée.
MT.— M se réduit an dans les rares mots passés dans
notre dialecte. Exemple : computaré = counta.
198. M

FINALE.

— M finale se réduit à n.

famem
**femus
femus
fumum
lumen
primum
* uimus

fan
fèns
fun
lun
prin 3
prin
bins

faim
fumier
fumée
lumière
prime
(baguette d'osier)

199. MI. — Ce groupe se maintient intact.
*sommiare4
uindemiam

soumia
bendemio

songer
vendange.

Je n'ajoute pas le mot *cambiare, qui a donné sanja dans
notre dialecte, parce que ici c'est le groupe bi qui est passé à/.
1
Le verbe est flamba, fr. flamber.
* Crambat signifie voûté, mini.
3
On appelle bi prin le premier vin qui coule du tonneau au moment
de la décuvaison.
4
Venu par assimilation de somniaré.

�86

LE PATOIS DE LÉZTGNAN
N

200.

INITIALE.

—

Elle se maintient
nap
naz
noun

napum
nasum
nomen
EXCEPTION.

—

navet
nez
nom

Elle est passée à d dans digus = nec unus.

201. Intervocalique, elle se maintient également.
catenam
coquinam
granarïum
lanam
monetam
panarium

cadeno
couzino
granhè
lano
mounedo
pauhè

chaîne
cuisine
grenier
laine
monnaie
panier

Elle est pourtant passée à r par dissimilation dans le mot:
* ueninum

beri

venin

N suivie d'une consonne
202. N s'est maintenue devant c, g, d, t. (Pour ne, cf.supra,
§ 63 B 1°)
linguam
longum
manu tenere

lengo
lounc
mantène

langue
long
maintenir

Mais on a demargat qui renvoie à demanicatum (démanché)
et où n est passée à r.
203. NL.— Ce groupe n'a laissé de traces que dans le mot
espillo — spinulam où n s'est assimilée à /. (Cf. sur ce mot:
MEYEII-LUUKE, Gr. des L. R. I, 5~S).

204. NS.— On sait que n avait disparu de bonne heure
dans ce groupe en latin. Aussi a-t-onles formes suivantes :
constaré
instructum
miuisterium

cousta
estruit
mestiè

coûter
instruit
métier

Si on retrouve encore n dans un grand nombre de mots,
i On entend quelquefois prononcer lumerû = numéro.

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

87

c'est par analogie du français. C'est ainsi qu'on a : counsel,
defenso, sensat, sans (sans), etc.
A la finale nous avons :
genus
mensem

jez 1
mez

(pas du tout)
mois

205. NF.— N a aussi disparu dans ce groupe.
confiaré
* confitiare
infantem

coufia
coufesa
efan2

gonfler
confesser
enfant

Mais on a enfer, counfoundre, qui sont des mots empruntés
au fiançais.
206. NV.— N disparaît aussi dans ce groupe.
conueutum
* conuitare

couben
coubida

couvent
inviter

Mais on a ici, comme exceptions, les mots enbejo, counbeni (envie, convenir).
NR. — Un d euphonique s'intercale entre les deux éléments de ce groupe, comme en français.
cinerem
diem ueneris
generum

sendre
dibeudres
jendre

cendre
vendredi
gendre, etc.

207. — RN.— Nse maintient dans ce groupe, sauf quand ce
groupe devient final. C'est ainsi qu'on a les formes suivantes:
diurnum
stagmim
stagnum
furnum
hibernum

jour 3
estan
estan
four
ibèr

jour
étang
étain
four
hiver

' Jez es la négation languedocienne par excellence. Es pas fort = i\
n'est pas fort; es pas jez fort = il n'est pas du tout fort.
2
Dans l'unique expression paure fait (pauvre diable).
3 On dit joun, touljoun, dans les dialectes qui sont à l'Ouest du département — en allant vers Toulouse.

�8Ô

LE PATOIS DR LEZIGNAN

N

FINALE

208. JM finale disparaît.
asinum
fraxinum
linum
sonum
*ueninum
uinum

aze
fraîche
li
sou
beri
bi

âne
frêne
lin
son
venin
vin

Elle s'est maintenue dans les mots empruntés au français,
comme trin = fr. train, boudin, bonkin ,, etc.
Cette n instable reparaît dans les composés, et au féminin
des adjectifs : bou, fém. bouno, fi, fém. fino.
N

MOUILLÉE

209. N mouillée est produite par le contact de n simple
avec un yod latin ou roman. Donc, les groupes qui peuvent
l'amener sont ni, ne (devant voyelle) an, ng. (Cf. pour ne, en,
dont le traitement est différent, §§, 63, B, 1° et 202.)
lineam
linho
*lineolum
linhol
senior
sénhe
* Stagn -f- olum Estunhol
tineam
tinho
vineam
binho

ligne
(fil poissé)
sire
(nom d'un tèneteigne
[ment).
vigne

210. Quand cette n mouillée est devenue finale, elle s'est
asséchée dans notre dialecte comme /. (cf. suprà: L mouillée).
cuneum
pugnum

kun
pun

La mouillure reparaît dans
Estanhol; kun, kunha (cogner,
La mouillure ne reparaît pas
= étain ; on a, effet, estama =

coin
poing
les composés : estan (étang),
serrer).
daus les composés de slagnum
étamer. Il faut voir dans cette

1
Notez que dans ces mots la voyelle i n'est pas nasalisée et que la
prononciation est à peu près la suivante : tri-nn, boudi-nn, etc.

�89

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

m un fait d'analogie : m est devenue n à la finale, de sorte
que sur l'analogie razin : razima on a pu avoir estan : eslama '.
N ADVENTICE. — Elle se remarque dans le mot penche =
*pectinem et dans son dérivé penchena (peigner).
Elle se remarque aussi dans le moc encluzo, si c'est bien a
exvlusam qu'il faut faire remonter ce mot; elle a été amenée
ici par analogie des mots commençant par le sufnxe in.

INDEX LATIN

Les numéros renvoient aux paragraphes. Les paragraphes 1-55 ont
trait au Vocalisme; les §§, 56-210 au Consonantisme-

La lettre n

désigne la note où le mot est cité. AC renvoie aux Addenda et Corrigenda.

*aestimum

A

abietem
aci-em
'actieulam
* acutiare

AC
§§ 75
64
64, 105

* adaquare

110

ad horam

49, n. 124, 127

A fricanum
alani
alaudetam

8
9
52

albam

183
185

168

alios
aliquem unum

* adobaré

145

altare

184
175, 183

ad post

40

alterum

183

* adripare

11

altum

183

* adi uiuare

145

amabat

ad uallem

113

amandularium

aeramen

49, 163

amat

aequalem

49,

83

amaricare

49

amicam

aestima

14
16
14, 105
59
14, 60

1
DÍEZ, Gram. des L. R. (I, 202) explique la forme française étamer
parla dissimilation de nu (stannum). La forme des troubadours pour ce
mot est souvent avec n mouillée (estanh).

�90

LE PATOIS DE LÉZIGNAN
amicum
anguillam
animam
apiculam
apostolura
apricum
aprilem
aquam
aquarium
aratrum
arborem
arcam
area
aristam

11
36, 188
9
76, 134
7
139
36
83, 163
83
169
149, 169
58
16
168

13
* ascultare
7, 9, 208
asiuum
"asparagulum 6, n. 7, 13, 88
104
"astulam
51, 58
aucam
52, 110
audire
52
augustum
52
" auicellum
6, 76
auiiculam
52
* ausare
auscultaré
52
Azilhanum
8
B
' bancum
bai'bam
barcam
baptizare
'bassiare
'bassum
battuere
beccum
belli
bellum
bibere
bibit
'bifacem
* binare

66
6, 14
58
131, 137
129
128
163

66
38
20
144, 148
146
166
35, 144

39
79
40, 161
73
58
94
58
46
144
80

bonum
*boscum
bouem
bracchium
'brancam
' brugitum
buccam
bulliré
butirum
buxum

c
57, 145
caballum
1 n.
Cabimonte
49, 67
caelum
caementum
67
182
calamellum
73
'ealceam
184
'calciare
183
calidum
118
"calere habet
154
'cambam
*cambiare
153, 154, 199
18
camelum
177, 197
' cameram
57
*caminariam
11
caminum
7
*canceiem
1 n.
Candida (Sancta)
10 n.
canem
63
canonicum
capellam (chapelle 135, 189
AC
'capellam (javelle)
135
"capellum (chapeau)
*capellum (lang. gabèl) AC
141
capere
capistium 27, 104, 127, 134
135
'caponem
capram
140, 177, 170
142
capparis
capsam
' captiare

142
136
108

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN
* capum
56
59
* carricare
carum
6, 9 , 56, 174
16
'castanearium
56
castellum
catenam
26, 102, 201
19, 56, 111
cathedram
57
cattum
cauam
56, 157
11
caudam
57, 162
caueam
52
* cauletum
51, 124
causam
67
ceram
16, 124
"cerasea
67
centum
21
* cercaré
160
ceruum
67, 145
cibatam
110
cicadam
7, 70
* cicerem
33
' ciliam
67, 206
cinerem
33
circare
173
circulum
191
cisteliam
158
ciaitatem
174
clarum
76
classicum
76
clauellum
111
claudere
51
claustrum
63
clericum
6, 89
coagularé
78
* coctare
78
coctum
51
' codam
7
" coementerium
79
cogaoscere
174
cohoitem
165
colaphum
59, 184
collocare
62
collum

9

45
*col5bram
46
"colpum
45
colubrum
195
columnarn
177
compararé
197
computaré
205
* confitiare
205
confiaré
125
consilium
204
constaré
163
consuere
205
conuentum
205
" conuitare
139
cooperire
134
coopei'tum
40, 62, 75
coquëre
83, 201
"coquinam
39, 174
cor
62, 152
corbem
62
cordam
40, 62
corium
39, 136, 172, n.
corpus
62
coruum
40, 80
' coxam
111
credere
21, 170
crepare
79, 170
crescere
37, 170
cribellum
75
crimen
75
crinem
27, 127
cristam
44, 72
crucem
145
cubare
145
cubatum
100, 141, 146
cubitum
161
*cultiuum
47, 62
culum
AC
cumulum
45, 210
cuneum
7, 8
cupidum

�92

LE PATOIS DE LÉZIGNAN
ego

D

19, 89

episcopum
débet

146

debere

148

debitum

146

equam

72

de iam

95

exagium

de uude

116

examen

de mane

29
63. n. 202
109, 139

'deoperire

19

deieti'o

134

'desapare
descendere
deum

79

dictum

78

diem

35

128 , 118, 206

diem ueneris

diem * mercuris

128, 173

diem sabbâti

146

diffiV.ilem

166
94, 105

digitum

109

"disieiunare
diuinum

119, 207

'dodecim

69
87

*dog\m
dolorem

44
109

dubitare
duplum

138
47, 109

duruin

E
ecce hac

65

ecce hic

71

ecce istum

73, 168
54

*essere

7
80, 94
80

expressum

81

* exsaimeutare

124

*exsucare

123

*extranearium
extraneum

81
81

79

diem domìnicum 35, 59, 03
109, 128
diem iouis

eccltisi'im

18, 83

'eiicionem
ericium

decem

' demanicatum

22, 134

P
fabam

135, 164

fabricam

59 n.

fabricatum

59 n.

fabrum
fac
facere
' faco

148
65
75
64

factum

78

"facuut

64

fagus

89

falsum

183

famem

198
79

fascem
'fellem
feminam

18, 189
194

'féiiius

198

feiiam

19, n.

ferrum

6, 18

festam
' ficam

127
14, 34, 60

71

ficatum

34

76, 129

"fidicum

34, 63, 164

eccum hoc

65

fi dem

eccum illi

38

fiiiolum

27, 116
5

eccum illum

71, 192

filum

36

eccum istum

27, 71

filium

164

�I-E PATOIS DE LÉZIGNAN
fini us
33
finem
34
findere
111
finiré
37
firmum
33
flnmmam
187, 195
florem
174
focum
65
*foliam
40
107, 177
*fonnaticum
fortetn
39
171
fragrare
171
fratrem
fraxinum
7, 80, 171, 208
33
*fricto
frigidum
33, 94, 171
fuinum
47, 193
108
functionem
'fundulam
178
furcam
164
furnum
174, 207
163
futuere

49
90
16, 201
10, n.
106
84
33, 136
H

habere
habere habet
heredem
heri
hibernum
hoc
hoJie
hominem
horam
hordeum
hoiologium
'hoioloticum
hospitale

C
gabatam
galbinum
gallinam
*gambam
* gai bam
gaudium
gelaie
* gemlre
generura
genestam
genuculum
gen us
Germanum
gingiuam
glandem
gladiolum
glocîre
gloi'iam
* graculam

93

graecum
gramen
granaiium
granuin
gratiam
guttam
gypsum

145
118
54
19
207
65
40
7, 39
44
7
94,107
42
137

I
84, 146
85
84
85
84
51
22, 86
86
206
23
23, 86
204
23
86, 157
91
AC
' 91
45, 91
84

Iacobum
iamiarium
"iectare
'ilicinam
illac
illas
illi
illum
* impactare
impedicare
impicare
incudinem
' indiuinator
infantera
'infellenare
infernum
'inmerciare
insimul
instructum

74, 151
163
12, 23, 95
53, 68, 84
65
128
38
27
AC
22
29
190
37
205
22
18, 30
173
197
204

�LE PATOIS DE LEZIGNAN

94

integrum
inuidiam
iocum
losephum
iudicamentum
iudicare
iuniperum
iuuenem
"iuxtum

19
120
65, 95
165
6
59
48, 139
7, 25, 157
81

L
laboraré
lacertum
'lactem
lactucam
lacum
lacunam
lanam
laqueum
lauare
laurarium
* lausam
laxare
lazarum
lectionen
lectum
* legire
*lenticulam
leporem
leuare
leucam
'leuiarium
* leuium
libram
Licinianum
ligatum
lineam
* lineolum
linguam
linteolum
linum

180
74
78
60
64
12
201
73
157
180
51
80, 181
131
23, 108
19, n
87
181
139
21
53
16, 53, 162
53, 162
148
1, n
87
209
209
202
5, 30
208

lilium
litteram
lixiuum
locare
locum
longe
longum
*lucire
lumen
' lusciniolum
lutram

7, 180, 182
27
80
60
65
31, 40, 93
180, 202
70
198
79, 181
45
M

" maccionem
macrum
maculam
magis

73
75
76
89

maium
96
137
maie aptum
malleolum
5
maluam
183
manducare
59
" manicum
59, 63
*mansionaticiim 63, 107, 127
manum
193
202
manu tenere
mappam
135, 193
174
mare
marginem
7, 88
marinum
193
169, 197
' marmorem
masculum
46, 76
matrem
6, 104
maturum
47, 102
matutinus
99
medietatein
30, 103
medium
19, 21
meliorem
23
' niellem
18
memoriam
45
mensem
125, 204
mensuram
125

�LE PATOIS DE LÉZIGNAN
22

*mei'care
'mercatum

22 , n

mespilum

187, 193

' metipsimum
mioam

136
34. 61

ministeiium

19, 204

miraculura

192

missionem

129

mittere

27, 104

modium

40, 121

95

nomem

200

nominare

194
161

nouem
' nouium
nouum

7, 45, 157
161

nûptiae

45, 137

nutrire

104

modulum

104

obscurum

monetam

202

occasionem

* monicum

63

octo

40

*mordacias

73

octobrem

78

* moiîre

41

oculum

40

127, 147
129

*moi'sicare

6, n, 172

ooulos

"morsinum

172, 193

oleum

185
7

39, 105

... onem (suff.)

176

mucitum

48

... orium (suff.)

45

mulam

47

ornamentum

mortem

* mulclre

68
5, 46

mulierem
mulum

6
124

ouum

40, 161

47

" rauraliam

48

"muscalem

79

muscam

79

pactum

musculum

76

palatium

106

mustelam

32
48, 102

paleam

191

mutare

■ palearium
palmam
"palumbam

N

panarium

napum

200

panem

"nascere
nasum

79

"pansam

128, 200

parietem

78

16
9
154
16, 201
10, n, 132
125
5

necare

60

parabolain

150
79
128

née unus

64

' pascuentiam

nepotem
neruium

44

passura
pastînacam

nigrum

90

7

178
6, 104

noctem

40, 78

patrem
paucum

nodare

110

pausam

51, 124

noduni

44. 117

pauorem

132, 157

51, 65

�96
pauperem
* peciam
* pectinem
pedem
peduculum
pellem
* pentecostam
pensaré
perdicem
pergamum
pergamenum
*persicum
petram
pi grum
pilam
pilum
'piperem
piram
piscem
'pittittum
plaeêre
*placëre
"placiticare
plagam
plangere
plantam
planura
*platteam
plénum
plorat
* plouere
'plouiam
plumam
plus
pluuiam
podium
poenam
politi
populum
porcum
portat
praedam
praedicare

LE PATOIS DE LÉZIGNAN
141
73
78
18, 116
110
8, 189
22, 99
125
72
22
28
AC
104, 132
90
36
33, 189
139
132
27, 79
37
27
70, 75, 138
100
87, 138
92
132
10, 138
106
27, 138
44
138, 159
40, 162
48
138
45
40, 121
50
38
7, 134
66
105
44
59

* praestum
prehendere
pi'ehensam
* pretiare
pre tin m
primarinm
primum
proprium
* prudïi'e
psalmum
ptisanam
pugnam
* pugnalem
pugniim
* pullieellam
pulicem
"pullasti'um
pullam
pulnionem
pulsare
pulsura
piiiietam
purgaré
purum

49
115, 139
44, 139
137
106
16, 37, 139
198
140, 143
110
136
137
92
92
45, 93, 210
68
47, 68
188, n
188
45
132, 185
132
78
88
47

pu tare
puteum
*p il tiare
*putire

102
44, 106
106
48
Q

* quadrum
quaerere
quando
qui
quid
quinqué

111
82
82, 116
82
82
82
R

" rabiam
racemum
radiaré

153
29, 70, 167
120

�97

LE PATOIS DE LEZIGNAN
112

sanguem

ranam

167

sanitatem

rancidum

7
167

sapam

134

sapere
sapiam

141

15
45

sapium

143
143

satullum

102

*radicinam

Ramtnculanum
raphanum
'rasoiiura

20

rastellum
rasum
u
'rattam pennataiu
rationem
raucum

93
6

128

* sebam

145

22

sébum

152

106

secale

60
21

51, 65
141

secare
securum

refacere

166

sedecim

reginam

92

senior

22

sepiam

143

7

septem

137

101

* senuire

83, 163

'recapere

'remare
remedium
renditam
* respondëre
rétro

127, 133
104,n

serpentem
* serraculam

reuersum

172

seruire

reuma

53
111

seruitium

ridere
rigidum
ri pam
Romanum
rotare
rotulare
rotulum
rotimdum
rubeum

69
6, 209

122
29, 191
122
7, 121

seuum

152, n, 161

34, 134

sex
scalam

126

8

Scalns

33, n, 94

102
42
7, 104, 167

sciurolium
scribere
scriptum

42,
4
102, 167

sibilare

153

siccare

'singlutliim
'soliculum

oráyua

91

solidaré

salicem

68

somniaré

salsam

185

somnum

aaluare

183

sonat

saluiam

162, 183

sanguinare

92

122, 148, 150 ,
29
92

66

78

136, 148
137

27, 66

saccum

sanctum

128
52

slgnum
simularé
122, 145

19

siccum
siluaticum
sabuoum

29, 64

* sortiré
spatham
spatulam

63
197
30, 91
27, 192
55
194, 199
195
39, 208
122
126
104, 126

�98

LE PATOIS DE LÉZIGNAN
spicam

60, 126

Iransuersare

172

spinulam

203

tredecim

69

spissum

27

tremulum

193

' trepallum

98

stabulum

126, 150

Stagnolum
stagnum
stagnum (êlain)
stannum

209

* trippam

98

93, 210

triplant

138

210
210, n

stellam

* trooulum

40

* trôiam

32, 188

' turbulare

Stephanum

15

* turbulum

strangulare

91

" turdium

40, 45
177
AC
121, n

strigile

33

torrem

"strigilam

91

tussire

'struppare

135

stuppam

135

subinde

116

uaccam

58

subuenire

147

uadum

156
182

46
V

sudare

48

ualentem

sulcum

184
7

uascellum

"symbolium

98, 174

ualere
* uassaletum

T

27
20, 79
127

150

uastare
uenenum

156

tabulam
talpam

133

uendere

111

31
80

' ueninum

tarde
* taxum

uenditam

tegulum

89

uerecundiam

tela

32

ueritatem

templum

6, 46

temperaré

177

uerrucam

28
101
201, 208
63, 115
6, 99, 105
24

uersum

173

tempus

136

ueruculum

155

* tenditam

101

uestitum

105

tepidum

7, n
7

uetulam

191

uetulum

19, 104

terram

98

uicinum

37, 70

' terratum

105

uicem

155

22

uidere

5, 110

33, 209

' uidëre

terminum

terribilem
tineam
titionem
torculum
tormentuni
•totti
' tractiare

106

111, 155

uiduum

114, 163

uigilare

91

18

uig'mti

38

38

uillam

36

Viilam Noitam

36

77, 177

108

�99

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

uillatioum
uimus
uindemiam
uindicare
uincire
uineam
uinum
uinum acrem
uiolarium
uirare
uiridem
uirtutem
uiscum
uitellum

35, 63, 188
198
196
59
68
209
208
75
16
35
116
99
79
20, 30

uitium
uitrum
uiuere
uiuit
uocem
uolare
* uolêre
* uomïre
undecira
unctam
unum

155
104, 111, n, 153
155, 159
158
44, 72
41, 185
41, 182
156
69, n
78
47
Z
131

zelosum

ADDENDA ET CORRIGENDA

1

§. 4. Lire mainatche, froumatche, etc.
§. 5. Add. : glauïol (glaïeul) = lat. gladiolum. Add : àbet (enveloppe du grain de blé) = lat. abietem, abjetem.
§. 6. Lirepatrem, matrem.
§. 6. n. 1. Lire contraction pour contraxtion.
§. 6. n. 2. Râbe et non rabè.
§. 7. Add. : cumulum = coumoûl (plein). Turbulum adonné les deux
formes treboûl et tréble.
Persicums, donné prise avec maintien de la pénultième, mais sans
déplacement d'accent ; cf. au contraire le déplacement d'accent dans
cat. presèc.
§. 12. Quoique KòRTiNG dise (Lai. — Rom. W. n° 792) que le mot
1 La première partie du présent travail a été imprimée d'après la copie
remise l'année dernière au concours. N'ayant pas eu le temps de corriger les épreuves avec tout le soin nécessaire, j'ai laissé échapper
quelques graves erreurs. De là la nécessité de l'erratum suivant. Quant
aux addenda, ils se réduisent à quelques faits intéressants que j'ai
observés dans ces derniers temps.
J'ai mis l'astérisque dans Yindex latin devant les formes latines non
classiques.

�100

LE PATOIS DE LÉZIGNAN

de hirondelle, il faut rattacher le mot languedocien au mot français
aruiido semble avoir été employé dans le latin populaire avec le sens
venu, lui, de hirundo + ellum.
§. 19. n. 1. Lire : les groupes tr, dr au lieu de il, dr.
§. 22. Supprimer * remare, qui doit être reporté à e fermé (* Rëmare).
§. 30. Ce qui est dit ici de infermtm doit être reporté au paragraphe
de i long protonique, car on a înfernum et uon * îiifemum.
§. 40. Lire kèicho et non rèicho.
§. 41. Supprimer uôlare qui vient de uôtum.
§. 42. Lire horoloyium = relotehe.
§. 45. Nâotiae doit être reporté au paragraphe de û.
§. 51. Clastres ne désigne pas le cloître en général, mais il désigne un quartier de Lézignau où étaient les cloîtres.
§. 57. Il faut encore noter l'affaiblissement de c initial
gabèl = " capellum

(KOKTING,

L. R. W. 1596. * capellam.)

en g dans

�TABLE

DES

MATIÈRES

vu

INTRODUCTION
CHAPITRE I.—

Les limites du dialecte, §§, 1-2

13

Les sons et leur notation. §§, 3-4

CHAPITRE II.—

16

CHAPITRE III.—

Accentuation. §§. 5-8

18

CHAPITRK IV.—

Traitement des voyelles. g§,9-48

24

CHAPITRE V.—

Gutturales. §ji, 56-97

43

Dentales. §§, 98-131

57

CHAPITRE VI.—

CHAPITRE VII.—

Labiales. g§, 132-166

CHAPITRE VIII.—
CHAPITRE IX.—

Liquides. §§, 167-193

Nasales. g§, 193-210

68
■

77
84

INDEX LATIN

89

ADDENDA ET CORRIGENDA

99

������</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="93">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355725">
                <text>Patrimoine écrit occitan:imprimés</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355726">
                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="15">
    <name>Libre</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="503539">
            <text>Languedocien</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503497">
              <text>Le patois de Lézignan (Aude) : dialecte narbonnais : phonétique / par Joseph Anglade, ...&#13;
</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503498">
              <text>Le patois de Lézignan (Aude) de Joseph Anglade</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="1031781">
              <text>Le patois de Lézignan (Aude) de Joseph Anglade</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503499">
              <text>https://occitanica.eu/items/show/16023</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503521">
              <text>Occitan (langue) -- Dialectes -- Lézignan-Corbières (Aude ; région)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503522">
              <text>Anglade, Joseph (1868-1930)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503523">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, CAC 2394</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503524">
              <text> C. Coulet (Montpellier)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503525">
              <text>1897</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503526">
              <text>2017-05-26 Gilles Bancarel</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503527">
              <text>domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503528">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503529">
              <text>vignette : https://occitanica.eu/files/square_thumbnails/71f9f512423412abe61a3a3d17675ef7.jpg</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503530">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="503531">
              <text>1 vol. (XI-100 p.) ; 23 cm </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503532">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503533">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="503534">
              <text>monographie imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="115">
          <name>Spatial Coverage</name>
          <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503536">
              <text>Lézignan (Aude)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="503537">
              <text>18..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="1031782">
              <text>Avant-titre : "Contribution à l'étude du languedocien moderne". - Extrait de "La Revue des langues romanes"</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590173">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590174">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590175">
              <text>Livre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644369">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="876879">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
</item>
