<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="16454" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/16454?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-13T10:35:37+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="93211">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a4e80c022e534a1e35b901eeac8c5aeb.jpg</src>
      <authentication>27f167b3e353e8c1fd49cdec0a63778b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93850">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/02b35c0ebe99898c8b8d1da1d738d57b.xml</src>
      <authentication>6343093ddf0da7f00b623dd20814581b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93851">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/92770d078f3850acdcd37e71bcf1fcd1.pdf</src>
      <authentication>965aedeb71d16b925cdef767693e2ed3</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="613025">
                  <text>��I ES

OU LES TROIS

MARIAGES,

COMÉDIE - VAUDEVILLE
EN

1ROIS

ACTES

ET

EN

VERS

PROVENÇAUX ET FRANÇAIS;

Par Pierre BELLOT.

Représentée pour la première fois, à Marseille,
théâtre du Gymnase, le 16 Mars 1843.

Siaq emé Diou

Vingt-un

aven

,

francs

cent

de

joui,
fa boui.

que

per

GELU.
Tu qu« preuez

Quand doou

toujours

ner*i

nous

sur

lou fet la naturo,

fas la fidelo pintur»

Dins teis portrets tant
vigourous,
Oelu

,

pardouno-mi

Roouba dins teis

s

ai,

cansouns

*

contro moun

usagi,

per ournar

moun

,

ouvragi,

Aqueou reirin jouyous#

MARSEILLE.
IMPRIMERIE P AÇIIARD

,

MARCHÉ

DES

CAPUCINS,

ma.

BIBLIOTHEQUE ULYSSE B01SSIER

sur

le

�ir.
Ol

6ÍÎ

tn
u

cz

o&gt;

Ph

&gt;

5

3

13

23

48

1

20

4

20

23

fill
26
■

ERRATA.

g

ajoutez après ce vers mais c'est abominable !
jamai counsentira lisez counsentira jamai
supprimez ce premier vers.
que dis-je? lisez mais que dis-je?
ajoutez les trois vers suivants :
Me ballant avec vous? Allez vous faire paître.
Arrière, arrière, nerf, bipède sans honneur,
Respectez l'ex-barbier du plus grand empereur.
s'ero

6

1

amourous

de ieou lisez ah !

se

venié per

ieou.

27

7

30

13

■
32

9

36

7

après dex soous ajoutez pas mens
après che Suis plis que gontent ajoutez
Tarteiil ! il être planche
Gomme ein bichon battu qui foie sir le pranche
T'ein arpre tans ein pois...
après tout va ben ajoutez que bouenhur !
après vous, lou counouissez pas ajoutez
MISÉ

TARTAN.

Ti

L'ai

troumpes, saloupetto,

Per lou trouvar segur

Vai mi
38

3

7

vis, t'espousara voben perdrai moun noum.
va

l'anarai de plugoun

pagara.

après sian que doux à l'houstaou ajoutez
Mangean pas la pitanço
Coumo s'ero de pan...
MARGAUIDO.

Glairo, n'as mié tilo.
CLAIRO.

Te
47

4

vaqui... que bouteous, sies pas de S'-Malo.
après que v'a dit lou barbier ajoutez
Digas poulit moussu
,

(À part. j
moi. Coumo es toujours

Vous a parlé dé
Se n'ero pas Tistet...
48

5

54

4

coussu!

après allons, ma chère amie ajoutez ai, moun
Dieou ! sieou perdudo.
après ce vers ajoutez le suivant :
Retenez-mi, Yitou, vaou toumbar dins l'infer.

!

/

,

*^^1»

i

�Ad Jb eòò wiitet*

a

Partez, partez meis vers,

fd'

grand villagi,
Aqui, li troubarez Albert et Marc Miqueou
anas aou

,

Aqueleis doux amis, nats
De

moun couar noun

Digas-li

que

Et que vous

d'estou ri vagi,

jamai li faran Sant-Miqueou

Beìlót, maougra tout lou ravagi

Que lou tems, sus
Yen de fairo

sur

sa caro

espelir de

soun

a

fach emé

soun sut un

mando espres

De

,

per

soun

dailh

ouvragi,

l'anar faire houma

damier trabailh.

�PERSONNAGES.

MISÉ TARTAN, bouquetière
VICTOR, barbier
FRANKLIN, allemand

TISTET, nervi
DARBES
JULES
UN

,

propriétaire
fils de Misé Tartan
,

GENDARME

BIBI, fille de

Misé Tartan

Mri Audibert.

Henry.
Pròsper.
Josepii.
Théodore.

Gfrvais.
Maire.

Rayneaud.
M0"2 Lacaussade.

IRMA

Rosine.

CLAIRE

Turc et

Brosoui, chasseurs; Deux

Pratiques de Victor;

Patin , paysan ; Un Massager;
Dame; Un Marchand d'eau-de^vie ; Un
Usurier; Une
rarno tîtr icz -a» os su "«84«? oiruí su hj

Dominique; Margarido;
Un

ACTEURS.

Oncle ;

Un Notaire.

CBB 56

�LES

BOUQUETIERES,
OÜ

ihm

*mm® $iaima&amp;IB^9

comédie-vaudeville en trois actes et en vers

provençaux et français.

1

*

friifiw i

*t lïï

1

représente le Cours de Marseille, A gauche, on voit
placés les hancs des trois Bouquetières ; à droite , la boutique
d'un coiffeur, sur lequel est écrit en gros caractères : VICTOR,
DIT CHAMPENOIS, EX-barbier DE S. M. L'EMPEREUR,
Sur le premier plan , deux bancs de pierre. En face du specta*
teur, dans le lointain, l'Arc-de-Triomphe do la Porle-d'Aix,

Le Théâtre

i

ACTE

PRE3IIEB.

Scène I.

FRANKLIN, en habit de chasse.
FRANKLIN
avec surprise.
Tarteifl! bersonne engor... et bourtant, h lé Loche
Chaire endentu barler drois fois lé crand horloche;
L'heure basse, et moi seul, exact au rentez-fous,
(Ici le barbier ouvre sa boutique.)
Être ici de biguet; batience! asseyons-nous.
Si jé poufais tormir sur cette pane de bierre....
,

Essayons.

( Il s'allonge et se relève aussitôt. )

Mais, afant dé glore mon baubière,
Pivonsein betit coup... chaffre là te pon vin ;
Ma cozier l'être sec comme eiji fieux barchemin:
C'est tu Laffite bur.
(Il prend la bouteille dans

son

carnier, boit et s'endort.)

�LES

BOUQUETIÈRES

,

Scòne SI.

VICTOR, FRANKLIN.
VICTOR,

arrosoir à la main.

un

Tout seul croit-il le boire?

J'adore le Bordeaux

j'ai soif, la nuit est noire ;
Avançons, ciel !... il dort... attaquons son carnier.

Oh!

( il quitte l'arrosoir.)

je tiens le flacon... j'en fais

Dégustons
Il

,

ne

mon

(Ji boit.)

prisonnier,

( H boit- )

nectar, hum! parfait!... je profite ;
(Il boit.)
trompé, c'est vraiment du Laffite.

ce

m'a pas

Maintenant que ce verre est veuf de

son Bordeau,
je vais le remplir d'eau ;

Pour attraper
Franklin,
En voilà justement.

( Il reprend

son

arrosoir et remplit la bouteille. )
( On entend chanter. )

On

vient, je m'évapore.

Scène lis.

VICTOR, FRANKLIN, TURC, BRUSQUI,

CHASSEURS.

CHOEUR.

Air

Allons, chasseurs, vile en campagne.
cher camarade ;
L'horloge a fait quatre fois : don!
Don don, don
don, dondaine, don, don!
Allons-nous mettre eu embuscade;
:

Hâtons le pas,
,

,

Pour la chasse le veut est bon

:

Don, don, dondaine, don, don!
TURC.

Mais comment en ces lieux Franklin n'est
point encore?
Cela m'étonne bien.
(Apercevant Victor, qui arrose le devant de sa boutique.)
Ah ! te

voilà, malin ?

VICTOR.

Oui,

mon

vieux.
TURC.

Dis-moi

donc, n'as-tu pas
VICTOR.

Air

Depuis

:

Trouvercz-vo.us

une

Dort là-bas

un

Parlement.

heure l'allemand
,

,

sur ce

banc de pierre.

vu

Franklin?

�COMÉDIE-VAUDEVILLE.
TURC.

Quoi! c'est là

son

appartement?

..

VICTOR.

Tu le vois bien la preuve est claire.
Ali! comuie il dort profondément,

Sans

soucis,

vieux chanoine!
(Ici Franklin doit ronfler.)
Il imite bien en ronflant,
Le
compagnon de saint Antoine.
comme un

,

TURC, secouant l'allemand pour
Hé!

l'éveiller.

VICTOR.

Ne l'éveillez pas

!
BRUSQUI.

Pourquoi?
VICTOR.

Vous le verrez,

TURC,

avec

humeur.

Partons, messieurs, partons!
VICTOR.

Voilà

Üh instant, vous rirez.
ce

qu'il

me

faut.

( Il pourfend

une bûchette et la place sur le nez
l'allemand. )
As-tu des allumettes?

TURC, fouillant dans

son

de

carnier.

En voilà.
VICTOR.

Merci, vieux.
BRCSQUI.
Les drôles de lunettes 1

(Victor

met

le feu à la bùchétlo

que

Fraukliu

a sur

le nez.)

TURC.

Mais tu

vas

l'aveugler

avec ton

vilain jeu !

VICTOR.

N'ayez

pas peur.
FRANKLIN, s'éveii'fânt en sursautTarteifl ! oh ! au secours, au feu !
(Victor lui vi-rse dessus l'eau de l'arrosoir )
Ché foutrais pien safoir quel est l'animaux pêle
Qu'avre fait sur ma nez prûler ein allimette !
Ghe suis blus que ferieux.
YICTOR.

C'était pour

plaisanter.

�4

BOUQUETIÈRES

LES

,

TURC.

Tu te

fâches, Franklin?
FRANKLIN.

Bonfre bas suborder
Ce patinache-là... Bour assoufir mon rache
Che foutrais arracher la zyeux te sa fisache.
Dites-moi si c'est toi ?
TURC.

Non, choucroûte

ennuyeux

1

"VICTOR, s'avançaut fièrement.
C'est moi.
FRANKLIN.

Ahl
"VICTOR

Si

,

prenant une pose d'Hercule.
arrache-moi les yeux.

tu peux,

FRANKLIN.

Che boufre bas souffrir

qué l'on

me

dorlupine.

TURC.

Allons, faites la paix, je

vous

paîrai chopine.

FRANKLIN.

Si du

me

barles

fin,

me

foilà tésarmé.
TURC.

Et

toi, barbier?
VICTOR.

Pour

Touchez-là I

moi,

mon

cher, j'en suis charmé.

FRANKLIN.

qui fous infile.
prendre la bouteille. )

Folonliers.... C'est moi

( il

Armez-fous de gogos.

va

VICTOR.

Buvons et

partons Yite.

FRANKLIN.

C'est du Laffite bur.
VICTOR

f

riant à part.

De la localité ;

On

peut en boire

un

broc

sans

marcher de côté.

TURC.

A ta

santé, Franklin... Pouah 1 c'est de l'eau de roche.
VICTOR.

Tu te moques

de

nous.
, buvant.
Que le tiable m'emproche

FRANKLIN

�5

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

Si ch'en avre indenzion !... Cette eau,
Edait du vin dandôt.

foi de Franklin,

VICTOR.

C'est donc

Qui l'a joué ce tour?

l'esprit malin

FRANKLIN.

Ein chour, le fait
Aux

est

mémoraple.

de Gana, bar ein boufoir tivifl,
L'eau fut chanchée en fin;
Aucbourt'hui che crois que le tiaple
Pour me chouer ein tour nouveau,
Afre cbanchc ma fin en eau.
noces

Messieurs, ch'en zuis confis.
BRUSQUT.

Allons,

(Un marchand d'eau-de-vie parait

en
sur

route,

en

route!

l'avant scène.)

FRANKLIN.

Non, foici le marchand; che

paye à fous le coutte.
( Chacun prend son verre, le marchand verse l'eau-de-vie ; mais,
avant de boire, on chante en chœur l'air suivant
:)
TURC.

Air

Amis, la matinée est belle.
Amis, la chasse sera belle;
:

L'aube sourit sous un ciel pur;
Le mistral, du bout de son aile
Des mers fait frissonner l'azur.

,

Partons, partons en diligence;
Chasseurs, l'arme au bras!
Gagnons la colline en silence ;
Chasseurs, l'arme au bras!
Perdreaux, lapins ne nous manqueront pas.
CHOEUR.

Partons, partons

en

diligence;

Chasseurs, l'arme au bras!
Gag nons la colline en silence;
Chasseurs, l'arme au bras!
Perdreaux, lapins ne nous manqueront pas.
FRANKLIN.

A la santé de tous !
VICTOR, trinquant avec Franklin.
Sans rancune, Franklin.
FRANKLIN.

Bas ti tout, bas li tout.... Ch'ai
Ch'afre tout ouplié. Au refoir.
( Il lui présente la main. )

ma cœur sur

la main.

�G

LES

BOUQUETIÈRES,

VICTOR, rentrant dans'sa

boutique.

Bonne chasse.
FRANKLIN.

Ah! foilà

mes amours

qui

sur sa pane se

blace.

CHOEUR.

En avant, inarche

,

camarade

;

L'horloge a fait quatre fois : don!
Don, don, don, don, dondaine, don, don!
Allons-nous mettre en embuscade,
Pour la chasse le vent est bon :

Don, don, dondaine, don, don!
Scène IV.

MISÉ

TARTAN, VICTOR.
MISÉ TARTAN.

moussu Vitou, davant soun magasin;
Eou n'es pas paressoux... oh ! que brave vesin !
N'a pas coumo Tistet, aqueou marchand de croyo
Que caligno ma fillo... oh! quinto boueno voyo!
Douarme finqu'à miejour; après, per s'espassar ,

Vaqui

Finqu'aou sero aou billard lou vesés radassar;
Fa ren mai per goudir qu soou mounté rabailîo?
Dessus lou grau camin bessai la nuech trabaillo;
Acjuo si pourrie ben.... Dieou mi fagué menti.
Eicito degun soou d'ounté tron es sourti.
Et dire que Bibi se n'en siegue couiffado !
Mai de quinto façoun!... tamben, d'uno bouffado,
De tant qu'ello a maigri, la ficharias aou soou ;
Es sequo coumo un fus, pu palo qu'un lansoou;
Seis bouteous, qu'aoutreifes vous fasien gaou de veire,
Seinbloun de palissouns.... dégun va poudrié creire.
Avié d'hueils que din l'aiguo aourien abra lou fuech,
,

Aro sembloun les hueils d'un marlus mita cuech.
A bello de

boustigua la cadaoulo,
ai douna ma paraoulo
Aou bravé Champenois, et deman , se Dieou voou,
A l'égliso faren d'uno peiro dous coou.
A ma fillo ségur li sieou ben estaçado,
Mai de seis plours per eou jamai serai loucado;
La voueli pas negar... l'aimi troou per aco;
Ensin que vengué plus mi roumpré lou coco.
Moun beou Julo deman si voou mettre en meinagi,
Eh ben ! deman lou ciel bénira doux mariagi;
Se ma fillo à n'aquo voulié pas counsenti,
moun couar

N'avançara

pas ren ;

�COMÉDIE-VAUDEVILLE.

7

Sieou turquo, entendi ren.... de chez
yeou poou sourti.
(Elle inotile à son banc et arrange.)
VICTOR.
(Tl passe un ra«o'r sur le cuir )
Ah! maintenant je puis,
non loin de ma boutique,
Consommer un cigare..., attendre la
pratique,
Oublier en fumant les
chagrins que l'amour
à
Cause
ceux qui ne sont
pas

payés de retour.

De

Air : T'en souviens-tu?
mortels j'augmente ici te nombre

ces

;

J'aime Bibi, Bibi ne m'aime
pas.
Sur mon toupet plane
un avenir sombre ;
La vie, hclas!
pour moi n'a plus d'appas.
Ah! si j'osais , pour finir ma
souffrance,
Avec ce fer fraîchement
émoulu,
Trancher le fit de ma triste existence..
Je le fêtais, mais il n'est
pas pointu.
..

Je serais

criminel, si j'avais le courage
D'anéantir de Dieu le plus parfait
ouvrage;
( S'adressant au parterre.)
J'ai dit parfait, je crois..
, je ments.. , plus que
parfait !
Avouez-le, messieurs, jamais il n'a mieux fait.
Franchement, n'ai-je pas une mine arrogante,
Un air
majestueux, une taille élégante,
Un œil vif, bien
fendu, brillant comme un flambeau?
Eh bien ! Bibi pouriant refuse ce
corps beau...
Et pour

qui, juste ciel !

pour un

Bipède dangereux qu'en

ces

( Le mistral souille
MISÉ

nerf, chose inique I

lieux

fabrique.

force.

)

TARTAN.

Que couquin de mistraou! boufifo

Sé l'avien

on

avec

meinagea, n'avian

coumo un

furieou,

per tout l'estieou.

VICTOR.

Et dire que j'allais
, pour une
ingrate femme ,
Me couper.... cré
coquin! ma conduite est infâme.
(Il observe son cigare.)

(Il l'umo. )

Mon

cigare se meurt, l'air ne circule plus ;
Quelque corps étranger doit être ci-inclus;
Voyons ce qui pourrait, dans son étroit
corsage,
De

ma

noble fumée arrêter le
passage...

Que vois-je? 0 juste ciel!

en

croirai-je

mes yeux?
0 fraude 1... un faux
toupet résidait en ces lieux!
( 11 tire le toupet du cigare et le montre au
public. )
Air final de tOmelette.
Ah !

Je
Si

vous

cours

fraudez

,

messieurs de la

soudain dévoiler cet abus.

régie !

j'étais roi, demain eu effigie ,
Sur mon honneur, vous seriez tous
pendus.
,

�8

BOUQUETIÈRES,
la colère m'égare ,
bureau , du fond do mou gousset
sou (jour fumer un cigare ,
LES

Oui, contre

Quand

au

Je tire

un

Et

qu'on

n;e

vous

,

fait fumer un vieux toupet !
misé tartan.

mai qu'es qui vous çagrine?
vai dich... pourquoi faites la mine?

Qu'avez-vous, cer voisin?
Sabes

ce

que

Yous sérez

mon

beou-fieou.

VICTOR.

plus d'espoir.
voir;
le réclamo.

Non, je n'ai
Votre fille ne peut me souffrir ni me
Ce beau titre, mon cœur vainement
misé tartan,
Ze

zure

qué

Noun, noun

fille y sera votre famé;
, n'aura jamai d'aoutré mari que vous.
ma

VICTOR.

Elle aime

mon

cousin.
misé tartan.

Vous sérez son

époux.

Scène V.

VICTOR, MISÉ TARTAN, DOMINIQUE.
Dominique appelant.
Monsieur 1 Monsieur Victor!
,

VICTOR.

Que veux-tu, Dominique ?
dominique.

pressés inonde la boutique ,

Le peuple à flots
Hâtez-vous de venir...

Tout seul, je ne puis pas
chalands ; il me faudrait cent bras.
On jase contre vous...
VICTOR , tragiquement.
Qui pourrait se permettre?...
Garçon, je suis vos pas, annoncez votre maître !...
( à misé Tartan. )
Adieu, madame, adieu.
Raser tous vos

MISÉ tartan.

Adeoussias; estou souar

V'apprendrai qué ma fille y comble votre espoir....
(Victor rentre dans son magasin.)
Mai la vieou pas veni, n'es pas fouesso pressado...
Qu'esque fiche h l'houstaou? sount noou v'houro passado.
N'ai pa'ancaro ren près... Ai coumo maou dé couar.
( Elle crie.)
0 Bibil

0 Bibi !

�9

COtfÊDlH-rAÛDEYILLï.
BIBI.

Li

vaou.

MISE TARTAN.

Vene, balouar !
Veici Clèro et Mioun; aqueleis fouligaoudos
Dansoun dessus lou Cous coumo de garamaoudos.
Sccne 11.

MISE

TARTAN, CLERO, MIOUN.

( Clero et Mìòun ectreot
Air

ea

chantant. )

connu.

Se n'en soun 1res coumairettos
Parloun de faire un banquet,

ï.intantu

,

lanla

,

Parloun de faire

lariretto
un

,

;

banquet,

Liutanlu, lanla, laiiret.
CLERO.

Qu'as Tartan ? fas la bebo ? et que tron ti chagrino?
Sies tristo que noun sai ; que, diguo, tanlo Pino,
Que t'an fach?
MISÉ TARTAN.

Ai lou goun, quand
N'aimo pas

lou barbier,

que

Scene

lou

pensi

poou pas

Bibi
senti.

que

VII.

BIBI, MISÉ TARTAN, CLÈRO, MIOUN.
MISÉ TARTAN.

Ma

filho,

as

ben resta?
BIBI.

D'houro mi sieou

Mai, mero, qu'es qu'aves? semblo

que

troumpado.
sias fachado?

MISÉ TARTAN.

va sieou contro tu, fenianto I... As ben tarda?
Lou couiffur t'altendié.
oniupueü íiT 'i;502 » sidsa ev é3

0,

,

Que

voou

mai, lou fada ?
2

�16

LES

UílLQLEnÈRES

( Montrant
N'en faou pas

mai de

j

soulier.)

sou

cas que

d'aquelo sabato.

GLÈltO.

Ti

pimes pas^ Tartan; vene co de Samato,
Prendren noueslre café.,. toun sang si carmara,
MISÉ TARTAN,

Anen, car n'ai besoun ; aco m'espassara.
retour, mi diras lou found de ta pensado
Sur ce que t'avieou dich ia semano passade...
Aou sujet doou barbier... sabes meis intentiens.
De

MISÉ TARTAN.

Ma mero, aco

suffit, farai meis reflexions.
CLERO.

Que paga -, booeno cou maire
Per estre

,

d'aqueou banquet?
misé Tartan.

ïeou n'ett pagarâi,

coumaîre,

Dotigfe potiete de vin claret:
1 intantu, lanla, lariretto 1
Douge pouets de vie claret :
Lintantu, lanla, laliret.'

( Elles sortent eu se tenant par

la main et faisant la farandole.)

Scène VI! 1.

BIBI, seule.
BIBI.

Qu'uno filho es à plagne, à l'àouro d'aoujourd'hui,
Quand ce qu'a de pua cbier ven de passar per hui !
Oh ! que sieou inalhuroue !... sabi plus coumo faire...
Ma mero es entestado, et per la satisfaire

quitta Tistoun ; dis qu'es un tabaret
Mai la paouro saou pas que l'a d'aoqguo à l'arrêt
Se va sabie, segur m'en dirié de couquino,
Foudrie

Et

bessai, qu'il va saou, mi virarie l'esquino.

!

�\ I

CQMÉWE-VAUD·EYiLLE.

Vo beleou doou
S'eri talo que

chagrin, pecairel n'en roourrie :

faou, ren mi treboularie.

par M. Chaudoin.
jouino fillo sabie ,
Tout ce que l'amour li fa faire,
A coou segur lou fugírie,
Pus leou que de lou satisfaire.
Noua, noua jamaì n'esceutarí©
Leis faous discours d'uu caìignaire
Et quand aourie troou caou , pecaire !
Eis degts pus leou si bouffarre.
Air

Ah l

,

se

,

,

( On entend Tistet chanter dans la coulisse. )

qu'aouvi Tistet : a mai l'himour ravoyo ;
Aqueou s'estigne pa per uno coue d'anchoyo.
Semblo

scène 15.

TISTET, BIBI.
(Tistet porte des pantalons collants, une veste courte
et casquette de nerf ; il chante.)
TISTET.

Sian

eme

IHeou

,

aven

de

Vingt-un cent francs

joui :
fa boui !

que

per

Adieou, bello Bibi.
BIBI, froidement.

Adeoussias, fino lamo.
TISTET.

Adieou, carboun de fuech que carcino moun amo.
BIBI.

Vaquito ben segur un bouenjour deis pu

caou.

TISTET.

En revenge,

Sies

plus

lou tieou es pus frech qu'un bancaou.
aoutrei» fes.

coumo

BIBI.

0, d'aco n'en eounveni

í

�LES
BOUQUETIÌBES,
plourà tant leou que m'en souveni
D'aqueou jour malhurous ounte t'ai couneissu.

Aro faou que

,

TISTET.

Coumol n'as de

regret?
BIBI.

Fousses

jamai neissu I
lou malhur per souletlo coumpagno;
Car, despui d'aqueou jour, de perlout m'accoumpagno
N'aourieou pas

TISTET.

Perque si chagrina?
BIBI.

Quand sias dins lou jambin...
TISTET.

S'en tiraren.
BIBI.

Avant, crebarai doou morbin.
TISTET.

Seras ben

avançado, après, quand

seras

mouarlo ?

Trento-un et trento-dous I
BIBI.

Sarrarai pas

la pouarto.

TISTET, lui prenant la taille.

(11 chante : )
Sian

eme

Dieou

Vingt-un

aven

,

«le que joui

cent francs per

:

fa boui!

Sabes ben que per lu, se si poudie, ma bruno,
Aou ciel escalarieou per ti prendre la luno!
T'aimi de

Un aoutre

tout moun couar, que
coumo

Air

:

ieou

,

desires de mai?
lou troubaras jamai.

Avez-vous

dans Barcelonne.

vu

Bouen Dieou,

quand dreissès la frangetlo
Que cuerbe toun huèil plen do fuécîi
,

Cresi veire

aou

ciel l'eslellello

Que Dieou broude de
Dessus lou

manleou

sa

uianetto

de la nuech,

�13

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

0, tu seras toujours ma coumpagno cherido •'
S'ai pas fouesso bouen sens, per ieou n'en sies
Toun bagout d'uno leguo attire lou chalan.

prouvido ;

BIBI.

0

mai ma mero voou qu'espousi lou marlan ;
qu'em'aqueou toujours aourai lou necessari,
Qu'eme tu dansarieou souvent davant l'armari,
Que pas ren eme ren fa leis enfants rascous.
Acoto va mi dis cade jour sur lou Cous;
Aprovi
seis resouns. Tu n'as ni soou ni maillo,
^
N'as ges de liech?
,

Dis

7

TISTET.

Qu'as poou? coucharen sur la paillo.
( Il chante. )
Sian

eme

Dieou

,

aven

de que

Vingt-un cent francs

per

joui :
fa boui!

veslo ?

aquello aou chic es facho !
bouen air? Mai ta vieilho petacho
Es boueno tout aou mai per la demoulilien;
Vai, mi cargui d'aco... S'a toujours l'inlentien
De mi vouilhe coupar l'herbo souto ma botto,
De sa peou sacrabieou ! n'en faou uno capolo...
Coumo trobes

Regardo, ai

ma

pas

,

( Depuis le commencement de la scène

Espincho... Qu'es que voou?... Ah 1
Un arangi pourri...
( Il

en ramasse une par

,

se

Victor épie. )

poudieou trouba

terre et la lance contre Victor, qui crie.)
BIBI.

L'as pa maou

adouba

L'as bessai creba l'hueil... entende

Sies

un

coumo

;

bramo.

marri feuatl
TISTET.

Bibi,

pas

cl'epigrammo !

BIBI.

Ma

mero

à nouestro

Prefero lou barbier.

amour

jamai counsentira

;

�4 4

LES

BOUQUETIÈRES,
TISTET.

Victor?
BIBI.

0.
TISTET.

Lou bel ai I
BIBI.

Dis que

sies troou gourrin, que pertout fas de poti.
TISTET.

Se mi

parles ensin, mi fas veni lou moti.
qu'us aqueou voulur que mi va prouvarie
Que duvi de pertout?

Et

Scène X*

DARBÈS, VICTOR, TISTET, BIBI.
DARBES

loi frappant

sur l'épaule.
Ieou, marchand d'avarie!...
Per vous trouva,segur, ai battu leis semelos
;
Parei qu'ooublidas tout quand
parlas eis femelos?
,

TISTET.

Que bouen vent

vous

adus, digua,

moussu

Darbès ?

DAUBES.

Va devina pas?
TISTET.

Noun •'
DARBÈS.
Es per ce que

sabes.

TISTET.

Yeou sabi

t'en

de

ren.

BIBI, à part.

Bouen

Dieou,

que

li

va

DABBÈS.

Ah! sabes

ren

,

moussu? s'agisse pas de rire.
sias pas gaire pressa ?

Parei que per pagar

dire?

�coméï)ie-í aijdeville.

15

tistet.

Yaou mies tard que

jamai.
darbes.

San-Miqueou

a passa.

tistet.

Aoura passa

de nuech...

car

l'ai pas vis, couleguo.

darbes.

Ah ! voules

galegear ? oh !

aquelo, empeguo 1

per

tistet.

( li chante. J
Sian

eme

Dieou

Viufct-nn

,

aven

de que joui

cents francs pcr

:

fa boui !

daubes.

Canto ! deman l'huissier li toucara l'aoubado.

S'agis

pas

de cantar; vouestro

rento

es

toumbado.

tistet.

Toumbado !...
darbes.

Youei .toumbado.
tistet.

Eh ben! ramassa-la.
darbes.

Va prenes coumo aco'...
Puisqu'ensin mi
Doou billet qu'aves fach saourai n'en faire

parla,
usagi,
Et deman en prisoun
changeares de lengagi.
TISTET, se fmpp*ul sous Je inenlon en chantant.
Hi danbo! hi daubo...
DARBES.

Sesirai cequ'aoures.
tistet»

Tout

ce

qu'ai, vai dessus... n'en

seres

per

leis fres.

DARBES.

Vouei... eh ben!

Capounas!

pourriras dintre la caguo-mangeo.

�\ 6

BOUOL'EïlfcRES

LES

,

TISTET.

Qii'aves dich? ve, la raan mi demangeo.
( à part. )
Li douni un levo-dents que se soun paire es vieou,
L'aouvira
Per

,

ben

segur,

creidar de

soun

poussieou.

(Haut.)
marri chambroun, negre coumo la sugeo,

un

Que quand ploundin la nuech, mi faou lou paraplugeo,
Que li giela l'hiver, mou res de caou l'eslieou ,
Voules

cinquanto francs?
DAUBES.

Demandi que

lou mieou.

TISTET.

Enca s'eri soulet'4..

.

mai sian cent loucataris.
DARBES.

Coumo ! sias mai que

d'un ?
TISTET.

Se countavias leis
Per

ma

Pouedi

garris,

part, ben segur,mi cous arie pa'un soou;
ren abari !... N'avieou qu'un vieilli lançoou

L'an talament

,

rouigat qu'es plus qu'uno servieto.
Quand leîssi de fricot, coumo n'ai qu'un assieto,
Lou pouedi pas tapar... tamben en revenen
Lou sero per soupar, psll... trobi ja mai ren.
Dins treis mes m'an goudi mie quinlaou de froumagi.
DARBES,

impatienté.

Que tron m'anas cantar? Pas tant
Mi faou

de bavardagi ;

d'argent !
TISTET.

N'ai ges.
DARBES.

Vous n'en farai trouba.
TISTET.

Se fes
Va

d'aqui, sias lou proumier
proumeti beu.

aco

vous

paga.

�COMEDIE-Y AUDEYILLE.

17

DARBÈS.

S'erian doou

meme

Teisa-vous, miserableî

temps, v'espessarieou lou rable.
BIBI, à Darbès.

Moussu,

vous

fâches pas; digua-mi quand

vous

deou?

TISTET.

fil

(ionne vin coup de
pied à Bihi.)
touh banc !... Et li mescles
plus d'eou.
BIBI, confuse, retournant à son banc.
marri fenat m'a fa veni leis rouitos.

Bibi, marcho à
Aqueou

DARBÈS.

Douna-mi quaoucaren?
TISTET.

Tenez, vaqui doues bouitos !
DARBÈS.

0 capoun ! o

gusas!
TISTET.

De mi

N'ooublidès pas,
leis escoumptar dessus vouestre moussu,
reçu.
Scène XI.

VICTOR, TISTET, DARBÈS.

( Il s'avance d'un
et

air Ira
ji-coraique
le conduit sur Bavant

,

arrête Tirtet

scène.)

VICTOR.

Arrête, audacieux quoi ! n'as-tu
De frapper ce vieillard et de
nier
,

Ah! tu voudrais

loger dans

sa

(avec emphase. )

pas

de honte

son

compte ?
maison pour rien!

Héroïque vieillard, laissez-nous!

Toi, vaurien

TISTET.

V'escartès pas, cousin !...
VICTOR.

Ta conduite est infâme.

Ce n'est pas de
l'argent qu'ici je te
Car tout l'or du Pérou
qni circule

réclame

;

ici-bas,

Pour laver mon
affront, ne te suffirait pas.
Veux-tu de mon courroux,
cousin, savoir les causes?
C'est que depuis une heure avec
Bibi tu causes.
Ose me démentir!
TISTET.

Uno houro!

Sias

qu'un marri bavard
3

�18

LES

BOIQUETIÈBES,
surpris-

VICTOR,

Moi, bavard? Ah ! mais...
TISTET.

010! bavard.
VCTOR, tirant sa montre.

AU !

je suis un

bavard!... Oui, j'ai tort ! Moins un quart.
TISTET.

Eh ben!

quand n'aourie doues... que fa,

lipo-marmite?

VICTOR.

Pendant que j'écoutais ton discours illicite,
mes veines mon sang bouillonnait de courroux!

Dans

jaloux.

Oui, je suis de Bibi, comme un tigre,
Rival audacieux, redoute ma colère,
Ou laisse-moi Bibi!
TISTET.

Yai ti fairé lanière 1
VICTOR.

manant, qu'en ce jour solennel,
L'hymen doit nous unir aux pieds de l'Eternel?

Ne sais-tu pas,

TISTET.

Aco n'es panca

fach....
, à part.
Ciel 1 que

VICTOR

( Haut )
À

me

la

disputer oserais-tu

Quelle témérité!

TISTET

prétendre?
à part.

lou bedeou ,
la vaquo espouso lou vedeou,
Se sabie

Qu'en espousan

,

viens-je d'entendre?

,

( Haut. )
S'escaoufarie pas tant. Carma vouestro
Bibi n'es pas per vous !

coulèro

VICTOR.

Non?
TISTET.

Noun.
VICTOR.

Malgré
Air

Oui

sa

mère?

Voilà JSicette.

jour même,

Oui, téméraire!

Qu'en

Bientôt sa mère
Viendra, j'espère,
Pour t'affirmer

L'objet que j aime

ce

Bonheur suprême!

Va m'épouser.

mère a juré que nul autre que moi
fille n'aurait ni le cœur ni la foi.
côté de la mère est la toute-puissance,
sa

De sa
Du

:

�49

COMÉDIE-TAU DE VILLE.

Et

sa

fille n'est là que pour

la dépendance.

TISTETf.

Même uir.
Noun
0 , li

Noun, ma mestresso
M'es troou soumesso.
Ti l'an proumesso?
L'aouras jamai.

noun

,

!

ma

detesto
Coumo la pesto

Sies

un

testo

,

:

bel ai !

VICTOR.

Vous

me

faites pitié I
T1STET.

Pieta? sordat doou
Sabi pas que

papo?

mi ten..
VICTOR.

Vous

menacez

?

je frappe.

TISTET.

Se

piques, sies pas blanc I
VICTOR.

J'étouffe de fureur
Insulter le barbier du
Air

plus grand

empereur

r

!...

:

Devant ce nom, manant, courbe la
A l'univers il sut dicter des lois ;
Sang employer l'antique savonnette ,
Il lit jadis la barbe à tous les rois.

tête !

Quand devant lui les puissants de la terre
Se prosternaient aux pieds de sa grandeur,
Moi seul debout, tenant sa tête altière,
Je lis ce que les rois ne purent faire :
TISTET.

Qué faguerias?
VICTOR.

La barbe à

l'Empereur!

TISTET.

Paire lou

coou

Mai v'hui faou

de poun, sigue toujours moun centre j
qu'aou briquet s'anen coupa lou ventre?
VICEOR.

Je ne vous dis pas non, j'aime fort les combats
Cristil... Je mange et bois sitôt que je me bats....
Ce

( Flegmatiqueiiieul. )
pour demain.

sera

TISTET.

Voou querre ce que

Nani, moussu, de suite.
faou.
vicToa.

Si

je prenais la fuite ?..

»,

�20

les uüuqulhlafcg,
Que dis-je?&lt;_moi fuir? Mais je ne sais pourquoi
($.'adressant au parterre )
Je tremble à son aspect.... Ah si quelqu'un pour moi
Veut se battre en ce jour avec mon adversaire,
Je paye , en cas de mort, la pompe funéraire.
Ne fut-il que blessé je le dis franchement.
Il aura subito place en mon testament;
Mais s'il pourfend son homme , après cette victoire,
A la santé du mort, cristi 1 nou§ irons boire....
Mais voici le cousin ; feignons d'avoir du cœur.
,

( Fi &gt;remenl. )
Votre retard déjà me

donnait de l'humeur.
tistet.

N'ai pas

Carma vouestro coulèro.

fouesso resta

victor.

Si

vous

croyez en

Dieu, faites votre prière...
tistet.

Perque mi dias aquo?
victor.

Parbleu 1 c'est naturel

Je vais

vous

envoyer souper

&gt;

chez l'Eternel.

tistet.

( Lui présentant le sabre. )
Ai vegeo,

galegeas? Prenez leou la ligousso,

Que vouscoupi en doues troues vouestro laidofrimousso
( Il lui présente le sabre. )

Venes, boulegas-vous; sérias pas lou proumier.
Avant que sie vira, la luno a fa un quartier.
victor.

Si la

police vient?
tistet.

Aro vieou
Sias blanc

coumo un

qu'aves peto.
peclas, vous foudrie la brayeto.
victor.

Enfin, expliquez-vous; que voulez-vous de moi?
Tistet.

Que v'aloungues aqui.
victor.

Comment? de bonne foi,
Vous voulez qu'à ce point j'aille me méconnaître
Avec un vilain nerf?... bipède sans honneur 1...
Moi qui suis l'ex-barbier du plus grand empereur!
tistet.

Qu'un ai !

�COMÉDIE-Y AUDEYIMiE.
victor.

Je n'ai

jamais refusé la partie ;
je m'avilirais aux yeux de ma patrie.

Mais

Arrière, nerf!
t1stet.

qu'as î'habiquetl...
façoun, empougno aqueou briquet!...
Te vel

Senso mai de

vesen

Yo l'aoura de tabac!...

victor.

J'en

jure sur mon ame,
battre pour une femme.
Quand l'honneur est blessé, ma foi, c'est différent.
On

ne me verra

pas

tistet.

Eh ben ! sias

un

gusas, un

lâche !

victor.

Moi, manant?

Tu m'insultes, je crois, vil vermisseau de terre!
Eh bien ! oui, je prendrai soudain le cimeterre...
Pour mesurer, avant d'aller au champ d'honneur,

S'il est

avec

le tien d'une

Ah ! lu

veux

m'immoler !

égale longueur.
mon

( 11 mesure. )
sabre est court d'un pouce.

tistet.

Eh ben !

prendras lou mieou, facho coulour de brousso!
victor.

Non,

à bas le sabre! il n'est plus usité.
Des armes j'ai le choix, car
je suis l'insulté.
Garçon, un coupe-choux!
non

,

(Arpentant ia scène. )
(Il sort deux rasoirs

Ma colère regorge.
et les passe sur

Te cuir.)

Non , non, j'ai ce qu'il faut pour nous couper la gorge ;
Maintenant tu verras si de la mort j'ai peur,
Moi qui servis dix ans sous le
grand empereur !
tistet.

De que

l'aves servi? bessai de coucho-mousquo.

J'ai

brûler Moscou.

victor.

vu

*

tistet.

Aqui li fasié bousquo.
Air

:

Trowt'.rez-\&gt;m,s

un

Parlement.

Alors lou

Itusso, l'Espaginoou,
L'An^les, l'Allemand cl sa tiero
Si prouslernavoun firiqu'aou soou
A 1 abftrd de noueslro Landiero ;

,

�22

LES

BOUQUETIÈRES,

Tremoiilavoun toueis de

terrour

En vesen lou vincour d'ArcoIo... •
Mai d'aqueou
temps la croux d'hounour
Si gagnavo pas
per bncoto.

Allons,
Se ti

assez causer.., Vieilli marchand

voues

pas

buchar, recebras

un

d'estampeou!

bendeou.

Scène XII.

Gendarmes, VICTOR, TISTET.
LE

GENDARME.

Msssieurs, retirez-vous.
TISTET.

Que voueloun leis

gendarmos ?

VICTOR.

Us viennent à propos terminer mes alarmes.
LE

Ou

GENDARME, observant Tistet et lisant

un

papier.

trompe fort, ou bien ce garnement
Est l'homme dont
%auquel zai le sinalement,
Un éçappë du bagne; et vous savez,
peut-être,
Son histoire, monsieur; vous devez la
connaître,
ze me

Parlez-moi

sans

détour.

VICTOR.

( à part,

avec

satisfaction. )

Ah!je vais

me

venger!

Un mensonge suffit... pour le faire
arrêter;
Eh bien 1 je vais soudain l'exhumer de ma bouche.

(au gendarme.)

Oui, gendarme,

ce gueux, ce moderne Cartouche,
Est l'homme que tu dis !... Em poignez ce
coquin !
LE

Ze vais l'interrozer.

GENDARME.

Uis-moi, grand galopin,

Comment te nomme-t-on ?

TISTET.

Que
LE

vous

fach,

que vous

fieho?

GENDARME.

Toh état?
TISTET.

Feni..,i...ant... derabi leis afficho.
LE

GENDARME.

Mais quoi ? ce

drôle a l'air de se moquer de nous.
Respectez le pouvoir... Parlez, que faites-vous?
TISTET.

Coumo

vous va

Aprenes

que

faou

sieou

dire, em'un gros emboutairé?
lou fieou d'un troumpetaire.

pas

�23

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

Tenez-va

vous

par

dich raettez-va dinslou su.
,

LE

GENDARME.

Quel âze avez-vous?
TISTET.

Ieou ?

man

dich qu'eri neissu

Aquel an doou tremen que la Sanlo-Allianco,
Piegiqu'un choiera, ravagea- o la Franco;
M'an colin la qu'a Marsilho alors, à cade pas,
Eis Anglais, eis Prussiens, toujours v'embrounqu'avias.
Air :
Ah ! se revenien leis

Cosaquos
L'Angles l'Allemand , lou Prussien ,
Counjo espaoussarieou seis casaquos!
Y'hui, ben segur que mourflarien.
,

,

Li farien vooumi leis candelos

Que mettien dedin seis gamellos
Cantarian

sus

Li farian paga

un

;

aoutré ton.

leis ouvragis

Que Wellington din seis vouyagis
Fet peta din lou Muséum.
O capoun de Judieou! se revenien encaro,
A coou de peds, de poungs, senso li dire garo,

(11 frappe le gendarme,).
Russo, Anglais , Allemand, pin ! pan I basselarieou.
LE

GENDARME.

Doucement.
TISTET.

Ah •'

pardoun mi semblo
,

LE

que

l'y sieou.

GENDARME.

Ze suis content de toi; mais ,
Il faut qu'au nom du prince,

quoique patriote,
ici ze te garrote.

TISTET.

Eh !

qu'es qu'ai fach, brégand ?... Mi garroutares
LE

pas

!

GENDARME.

Si tu fais le

méchant, nous te mettrons au pas.
Marche, marche! à Toulon demain il faut se rendre:
Parmi les galériens ton rang tu vas reprendre.
TISTET.

O roumpu
Mi fa

de cousin!... Vai, mi va pagaras!
mettre en galero!... aqueou marri marrias!
( Les gendarmes emmènent Tistet. )
VICTOR.

( à part. )

( Haut. )

Je suis un fameux gueux... Cher cousin , bon
Il ne peut maintenant nuire h mon mariage
FIN DU PREMIER ACTE.

voyage!...

�21

bouquetières,

les

ACTE DEUXIEME.

Scërae fi.

Misé

TARTAN, CLÈRO, Mesté PATIN.
patin

piochant la terre.

,

Clèro?

clèro.

Que voues, Patin ?
patin.

Vous

Qu'aoubre pouden plantar

Sian ben embarassa....

per

zou

,

va saourez

beleou

:

qu'arrapesse Ieou;

tira-nous d'affaire.

clero.

Mi semblo que

la

cavo es

Air

ben aisado à faire.

:

Ti d irai

se

Disié, l'y

Franc d'Azai

que

a cent ans,

à Gardano

:

Planto de grano

de pal ai ,
voues
plantar de boueno grano.
Lou procurour arrapo toujours ben
Que sie d'eici, de Paris, vo ben d'ïslres
Se

,

I'ia nto d'aco

,

couina

:

lou graine pren.

misé tartan.

Clèro, pardoun

Mai

vacu

se

ti eoupi l'aren ,
plante de ministres.

bon mies que

clero.

Creiti-va, bouen Patin
Ce que

,

se mestro

t'a dis Tartan, v'liui

segur

Franc vivie,
ti dirie.

misé tartan.

Ministre,

proucurour et fournissour d'armados,
Soun de gens que toujours n'an
pas leis mans sarrados.
Scène II.

Misé

TARTAN,

CLÊtfo,

FRANKLIN.

clero.

Vaqui ton

amouroux....
misé tartan.

Voues dire l'Allemand?
Mi fa l'hueil

canelat; l'attrobes pas charmant ?
clero.

Es per

tu qu'eici ven ?

�25

COMÉDIE-VAUDEVILLE.
MISÉ TARTAN.

Bessai Dieou mi lou

gardo...

CLERO.

{ Franklin lorgne misé Tartan. )
Qu'u soou? si pourrie ben. Ti buou des hueils , regardo.
FRANKLIN, en extase devant misé Tartan.)
Ah! che la truiFe enfin

ma

l'anligue peauté

Qui t'ein seul goup te z'yex gonquit mon liperté
L'amur tepuis me due , et n'avre pas gurache
T'aller temanter lui son main en mariache.

1

Che tiendrai fou, che grois , si mon tifinité
Befise à moi le main que ch'avre mérité ;

Car, tepuis guinze mois que che bórte son chaîne ,
Dessir la crande Gours, nuit et jour je bromènë.
Elle ignore bourtant que dans ma cœr l'amour
Prûle comme ein chigût qu'on rôtit dans ein four.
Non chamais ch'avre osé téclarer à ce pelle

ein betite edincelle
drois guarís gonsimé
Bar elle l'autre guart soutain fut enflammé.
Che bouvre plis denir
Bour édeintre ce flamme
Qu'ein jour te son peaux yex
Chaillit, et dans ma cœr aux

,

pesoin qu'hymen m'unisse avec ce femme.
A ma ponher alors il ne manquera rien :
C'havrerai ma fisil ; ein pipe, ein femme, èín úhîen....
( IL s'assied sur un banc et lit la gazetlè.j
Ch'avre

Scène IIS.

UNE

DAME, MISÉ TARTAN, FRANKLIN.
CLERO.

Que desiro madamo ?
LA

DAME.

bouquet d'amouretto.

Un

CLERO.

Lou

vaqui.
LA

Quand

vous

DAME.

foou?

CLERO.

Dous

soou

,

ma

passeretlo.

LA DAME.

Les voilà.
CLERO.

Gramaci.

h

�26

BOUQUETIÈRES

LUS

,

Scène IV.

MISÊ

TARTAN, CLÈRO, FRANKLIN.
MISÉ TARTAN.

Coumo

Aqueou

paoure

allemand I

l'er

a

pensatieou

es amouroux

,

de yeou.

CLERO.

Ti

va

dirie bessai.
FRANKLIN, on contemplation.
Che si douchours dimide.
CLERO.

Es planta davant tu eoumo uno
pyramido;
M'a l'er d'un patalou....
Galigno em'un fusieou,
Es bessai garde-casso?
MISÉ

TARTAN.

S'ero

amouroux

de ieou

,

Doou plesir, cadenoun , beîeou
perdrieou la teslo....
Et perque serie pas? encaro ai de bouen resto
;

Maougra qu'ai meis cinq

croux sur

la lailho doou lems

L'hiver s'y trobo enca de beis jours de printems.
Senti qu'aurieou besoun d'estre remaridado ;
Mi farieou pas pregar.... serieou leou decidado.
Sgeou lasso d'estre veouse , et deman, se voulie,
De mi pemarida farieou mai la foalie.
CLERO.

Se fasies la

soutiso, auries

un gros emplastre.
(Franklin lorgne misé Tartan.)

Es

estarlogue, qué? T'alluquo
Diguo-li quaoucaren ?
MISÉ

comme un

;

TARTAN.

i

As

astre
a

resoun

; que

h dieou ?

CLERO.

Ce que

voudras.
( Franklin s'avance. )
MISÉ

TARTAN.

S'avanço.... Eh ben, zoli sisieou,
Que voulez-vous de moi? Ze suis votre

sarvante.

FRANKLIN.

Che foutrais barler fous d'éin affaire bressante

Qui tepuis guinze mois drote dans ma cerveau
MISÉ TARTAN.

Quienze mes?
FRANKLIN.

Oui

,

mon tame.

.....

�27

COMÉDIE—V AUDEVILLE.
MISÉ TARTAN.

Alors c'est pas nouveau.
Dans

un

petit moment

ze

suis h vous, ma quique.

( à part. )

Veicijo

beou chaland.... Aou diable la pratique!

un

Ven ben

maou

à prepaou.
clel'o.

Es

un

vieilli usurier.

S5còíï« v.

Un Usurier,

Misé TARTAN, CLERO, FRANKLIN.
MISÉ TARTAN.

Que

douni, moussu?

vous

l'usurier.
Un beou brout
MISÉ TARTAN,

„

Que sie fres

coumo

avec

d'oourangier.

ironie.

vous?
l'usurier.

MISÉ TARTAN

,

Noun, coumo tu.
lui remettant le bouquet , à paîtQue boule!
l'usurier.

Combietí ?
misé tartan.

Dex

soous.

l'usurier.
En voilà

cinq,

ma

poule !

MISÉ TARTAN.

Ana

vous

fa

brusquât !
l'usurier.
Veux-tu six?
MISÉ

TARTAN..

Que perier!
d'aqueou brout d'oourangier,
Que n'en dies Glèro, que, d'aquello estroupiaduro?
Aqueou s'embulo pas
Que Judieou 1
Mi semoundre sieis

soous

clero.

Fa l'usuro
Ma

:

presta dous cents francs, à vingt per cent lou mes ,
(Elle frappe sur le dos de la main.).
Sur ma croux en diamans, mai tamben l'ai
proumes.. MISÉ TARTAN.

Ah!

se

l'aoutourita,

per

lou ben de la plaço,

�28

tîfS

R0UQU2TjfettES,

Voulie d'aqueleis gus faire perdre la
raço,
Foudrie que sur iou Cous, per nous faire
chalar,
A la modo deis Turcs lei faguesse
empalar;

Alors, Marsilho alors, serie debarrassado
D'aqueleis marrjassas que l'an toujours sussadcn
,

(Scène VI.

FRANKLIN, Misé TARTAN, CLÈRO.
clero.

Alluque l'allemand, dirien qu'es estellat.
misé tartan.

M'ounl'es ?

diguo, fai leou.
clero.

Lou vies

Sies

bezugueto, que?
( Elle quitte

son

pas?

es

eilat.

'

°!

banc et sort, )

franklin.

Voici mon dourderellef
11 fient bour truffer moi... Tarleifl! comme il est
pelle

( à misé Tartan. )
Chai crandement peaucoup te
Vous m'avre fait languir.

blaisir à fous foir,

misé taetan.

Zen suis

Mais mi

voilà,

mon

au

désespoir;

bon; qu'esque voulez mi dire?
franklin.

Que chafre mal

au

cœr,

ché suffre le martyre.

misé

(Elle lui fait respirer

Pecaire,

a maou

de

un

couar

tartan.

flacon d'eau de Cologne.)

! Ça

vous

fera de bien.,

franklin.

Toute le fagulté à ma mal pouvre rien ;
Fous selle, mon boulette, être mon métecine
Bour

guérir moi tesuitte.

misé tartan.

Ah ! fripon,. ze devi-ne.
Pamen qu v'aourie diçli
qu'a einquanto ans passa
Un caprici farieou? v'aourieou
jamai pensa.
Mais dites-moi,
bizou, depuis quand mon imaze
A fait dans votre cœur ce revire meinaze ?
franklin,

Tepuis gninze crand mois.
misé tautan.

L'aize.bien entendu?
Vous m'aimez

depuis lors?

f

�29

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

FRANKLIN.

x

.

Oui.
MISÉ

TARTAN.

Dieou! que

Quienze

de temps perdu,

Ỳ

mes

FRANKLIN.

Air

:

Oui, guinse mois ! Cédait ein cbour te foire
Gue ehe

vous

fis

sur

le Gours, fers le soir

,

;

Ce peau chour-là fotre rope édait noire ,
Fos chefeux cris, maintenant ils sont noirs.
Debuis ce dems, d'amour la fife flamme
Gue dans ma gœur fos yex ont allimé,

Prûle pour fous ; ali
L'édeindre afant gue
MISÉ

! taignez , belle tame
cbe sois consimé.

,

TARTAN.

Qu'es beoul
FRANKLIN.

Blus t'une fois bour fous, mon

Chavre bris ma gouteau bour
Mais ch'avre bas curache.

priler

mon

dourderelle,
cervelle;

MISÉ TARTAN.

0 bouen Dieu 1 que

Si

vous vous

malheur

tuyassiezl
FRANKLIN.

Mais lu sang chavre beur
Hier engor fatiqué tu farleau de la fie ;
D'aller m'ax&amp;xier cheu le goubaple enfie,
Chetais pren técité.... Ch'entre tans ma salon,
Cli'allime bour le moins ein guindal de charpon ;
Bien hermétiquement le borte était fermée.
Mais o fadalité ché craignais le fumée,
Et ne pouvant rester chusgu'au moment fatal
Ou le mort tevait mettre erri ternie à tout mon mal,

Che guitte ma salon
Bour me noyer....

.

che gours sir le rifage
MISÉ TARTAN.

Eh bien ?
FRANKLIN.

Che n'avre bas
A beine avrai-je mis la bied tans la pateau
Que che m'éfanouis rien gu'à l'asbeq de l'eau.
MISÉ
Aiu

TARTAN.

:

Coumo vous moun paourc mari
En face la poudie pas veire ;
,

gurache.

�30

LES

BOUQUETIÈRES

Mai t«mben
jamai soun
D'un paon d'aiguo

Quand

,

grand veire

sigué tarni.

per malhwr, le zus do sonce
Li mantjuavo, il était
çagrin.
,

FRANKLIN.

Gomme lui

ois tu
t
guaud che fois
fin

,

larteiil! l'eau m'en lient à la pouçhe.
poi
MISE

Parei que

TARTAN.

lou chucha ?
FRANKLIN.

Barlons te

ponher;
betit cœr,
yex pleus te Prusse
ma

Un seul mot toit le faire,
et ce mot,
Fa zortir de ton
pouche. Oui, tes

M'annoncent que bour moi ta

cœr sera pas russe.

MISE TARTAN.

Que mi démandez-vous ?
FRANKLIN.

Ton main ?...
MISE

TARTAN.

Rien

qué céla?

FRANKLIN.

C'est ein drésor bour moi.
MISE

TARTAN.

Tiens,

la voilà[

sousou,

FRANKLIN.

Che suis

plis gile gontent.
MISE

TARTAN

lui frappant

s;ir la joue.
Quesbrave rnoun quiqui!
Seren ben touteis dous, s'aimo lou riquiqui.
De tout ce que m'a dich,
pecaire, sieou ravido 1
Quand pensi que per ieou voulie perdre la vido....

Aquo si,

soun

,

d'amour 1

-FRANKLIN.

Che pouvre
MISE

Et moi tambien
Nous

,

Nini, si

marierons.

se

blus denir!

TARTAN.

ça ti fait plaisir,
( tille lui tape sur la joue )

Yeux-tu, ma passerette ?
FRANKLIN.

Tarteifl

,

si che le feux ?
MISE

TARTAN

lui présentant la main.
Toucez
l'affaire est faite.
,

�COMÉDIH-VAÜDEYILLE.
Scène VII.

BIBI, MISÉ TARTAN, CLÈRO, FRANKLIN.
BIBI, criant.

Mèro?

MISE TARTAN.

Que voues?
BIBI.

Venez !
MISE TARTAN.

On mi

crie; à demain.

FRANKLIN.

A lemain ; mais afant bermets
Ch'imbrime ein toux paiser.

gué

sur

ton main

MISE TARTAN.

( Franklin

Sérié pecat,
)

reste confus.

Si li lou douni pas,

saoucisso !

deman à la jaounisso.
Te, canari, pren-lou ; tentarie lou bouen Dieou !
Mi manges pas la man I N'as
p'anca proun , chichieou?
FRANKLIN..

Sacre mille té tié ! c'est blis
pon

Qu'on fait à

qu'ein cbougroute

( il pousse un cri. )
ma

pays.

Haï! haï!
MISE

TARTAN.

Qu'avez?
FRANLLIN.

La coutle.
Aip.

:

Ma docler ine lit dons les cliours :
Si du feux guérir te ton coutte ,
De ta fie ailoncher le
gours ,
De fin ne bois pa^ ein sel coutte.
Bar Paccbus ! non, chaînais Franklin
Suivra l'ortre te ce brofane ;
Car moi ch'avre pesoin le fin ,
Gomme ein archet de golophane.

Che prûle tu tesir de fixer afec fous
La chour qui lois m'orner du peau
titre t'époux.
MISE TARTAN ,
lui touchant la queue en liant.
Loti sen de Dieou la couet, beou
passeroun d'Aoubagno
Per ti la
faire, vai, n'aourai jamaila cagno.
FRANKLIN.

Air

Si

mon

Fous

:

gueue

,

ancien étifice,

téplait, che fe goubcrai.

!

�32

BOUQUETIÈRES,

LES

MISE

TARTAN.

Pour moi faire un tel sacrifice,
Non , zamais z'y counsentirai.
Como vous mon mari pecaire!
,

,

N'avie tamben soun pichot
Mi chalavi de la li faire :

troué;

(à part.)

Coumo à n'eou li farai la coué.

T'agrado aquel air?.. qaé ?
criant.

BIBI,

Mèro?
MISE TAUTAN.

Oou ?
FRANKLIN.

A lié, mon

pelle

MISE TAUTAN.

Adieu, mon bon.
FRANKLIN.

Alié,
( Il sort

en

mon

ancbe.

lui envoyant des Baisers. )
Scène VIII.

CLÈRO, BIBI, MISÉ TARTAN.
CLÈROl

Que nouvelle ?
MISÉ TARTAN.

Tout

va

ben !

( Elle danse en chantant :
Mangeur en plus de farinclto.
Aro coucharai plus souletlo,
Ealiroun, lira, lala, lirelto,

Air

:

Faliroun, lira.
BIBI.

Ma mèro?
MISÉ TARTAN.

Que

voues

?

BIBI.

Ana dina.
MISÉ TARTAN.

Li

voou....

(à Clèro. )
Es fouel de yeou.
CLÈRO.

Va dies per

badina?

MISÉ TARTAN.

Noun, per ma fe de Dieou, la cavo es coumo

facho.

�33

C0MÉD1E-YÀÜDEVILLE.
CLERO.

crento d'aquo, diguo, vieillio petacho ?
marri troue de buou cubert d'un pargamin,
Aqueou jour, ben segur, vas restar per camin ?

N'as pas

Que

,

MISÉ TARTAN.

pa poou d'aco, per trimar sieou soulido.
( Montrant ses mollets )
( à une antre bonquetière.
Eme de cambe ensin poude courre !... Bregido,

N'agues

)

Alluquo meis bouteous....
cLÈno.

Garo

aou

charavarin !

Aqueou jour sur lou Cous faren un brave trin.
Per que li manque ren, serai la capouriero;
Leis palos, les sartans, tout sera per carriero.
( Elle sort )
Scène IX.

Misé

TARTAN, BIBI.
BIBI.

Mero, frero v'espero ; anas leou per dinar.
MISÉ

TARTAN.

Dinara tout soulet. Voueli li

resounar.

BIBI, à part.

Sieou

sur

de fuech ardent. 0
MISÉ

Ma

moun

Dieou ! que

martyreI

Que mi

dire!

TARTAN.

filho, escouto-mi.
BIBI, k part»

Trembli
MISÉ

va

TARTAN.

M'an dich qu'eme Tistet eres mai lu que tu ;
Douno-li soun eouneie , sinoun, malheur à tu!

Voudras jamais seguir leis counseous de ta mèro.
Eh ben î toun beou Tistet s'entouarno à la galèro

D'ounte sero escapat.... Lou barbier de malin
L'a vis emmanoouta coumo un Gaspard Mandrin.
Beni sié lou Sinour! t'en sies debarassado;
Aro lou poues bandi de ta fouello pensado.

Aqueou marrit fenat, qu'a mes toun couar en fuech,
Gourrinavo lou jour et rooubavo la nuech.
BIBI.

Aquo n'es

pas

verai, jamai

va

pourrai creire.

MISÉ TARTAN.

Eh ben !

Car

vene aou
palai ; sian à tems de lou veire,
parte qu'estou souar per anar à Touloun.

5

�3i

LES

BOLQI'ETltRES,
B1BI.

S'aquoto

ero

Yeou mi

va

verai, n'en perdrieou la resoun.
Tistet n'es pas coupable ;
Loa barbier es jaloux et serie ben capable
D'ave tout inventa— Lou pouedi plus senti :
Mi farieou pus leou moungeo avant de counsenti
A .prendre per coumpagno un homme de sa trempo.
cresi pas:

MISÉ

TARTAN.

Bibi, d'intre

moun feou la coulero si trempo I....
Ah •' voues pas lou barbier! eh ben! l'espousaras
Pas pus tard que deman, vo ben t'en anaras!
De ta mero v'aqui la voulounta sacrado!
Ah ! voues faire la lei... mai sabes pas , foussadot

Qu'em'un nervi de buou mi farai respecta?....
maou ; mi faries suspecta
Que de l'hounour toujours n'as pas segui la drayo.

Aquo mi sente

BIBI, à part

Ah!

se

l'avieou

seguido,

aro

MISÉ

serieou pus gayo.

TARTAN.

N'as ges

de sentiment de vouilhe qu'un foussa
Devenguesse moun fieou ... Li poues faire soun sa.
Lou barbier ti voou ben, l'affaire es emmanchado,
Ensin decido-ti.
BIBI.

Mero, sieou ben fachado
De vous desooubei, mai mi courounarie
Que moun couar an'aquo jamai counsentirie.
MISÉ

TARTAN.

Lai douna ma paraoulo, et faou que tres mariagi
Si celebroun deman, sur nouestre beou rivagi,
Aou pichoun Casteou-Vert.
BIBI.

leou, prendre lou couiffur ?
MISÉ

TARTAN.

Es riche coumo un mas
BIBI.

Mai laid

coumo un

voulur.

A leis hueils de pétuguo, encadras
Un naz que servirié d'ensigno à la

de poulino,
cantino;
Tamben dins lou quartier cadun si truffo d'eou;
Meis ainiguos dirien : Qu'us aqueou gros bedeou
Que passeemeBibi? BouenDieou, coumo à i'er gueguo
Regardas,semblo pas lou crucifix deis Gregou!
Seisooureilhos, bouen Dieoul soun longuo que no un sai
En lou vian per damier, lou prendrias per un ai.
Sentes que de v'aousir mi farie veni crento.

�comédie-vaudeville.
MISÉ

TARTAN.

O ;

mai puis quand saourien qu'a millo escus de rento
Qu'un vieil ouncle a sa mouart li laisso tout soun ben
Qu'a rasa l'Emperour, alors dirien plus ren.

,

bibi.

Et

puis de boueno fé,
M'aprouvarias segur.
,

sabias tout,

se

MISÉ

ma mero,

TARTAN.

Eh ben !

Expliquo-ti, viguen.

parlo, galero !

BIBI.

Noun, jamai

va

pourrai...

C à part. )

Mero, pardouna-mi I Toujours m'enpentirai.
MISÉ TARTAN.

Bibi, mi fas trembla.... Ti series estraviado?
Qu'es qu'as fach, diguo-mi ?
BIBI,

pleurant.
Mero, sieou desaviadol

misé

tartan.

( avec colère les deux coudes sur les hanclies )
Miserablo couquino!... Et qu'us aqueou mouslras
Que ta fa dins lou maou faire lou proumier pas ,
A liagi de quienze ans? N'as pas
crento, foussado !
D'un homme avies ben fam, que ti sies tant pressado ?
,

BIBI.

Mero, pardouna-mi ?
MISÉ

Sies
Ti maoudissi ;

TARTAN.

indigno de ieou.
BI BI,

Pietat 1
MISÉ tartan.

Ve,ti sagatarieou!
pregar mi lassi...

Parlo, n'es pas Tistet?... De ti

S'es

em'aqueou gusas...
bibi

,

genoux.

Qraci !

ma

moro,

graci r

MISÉ tartan.

Parlo, couquino, parlo !...

ou

ben, ve...

BIBI, à part.

Se
Mi tuera.
misé

Parlaras ?

tartan.

va

dieou

�36

LES

BOUQUETIERES

,

BIBI, à part.

Qu'u li diré, bouen Dieou ?
MISÉ TARTAN.

Diguo, n'es pas Tistet que de loun innoucenço
A meissouna la flour?

BIBI.

( à part. )
Nani, mero... En counscienço,
Es eou,

mai...
MISÉ TARTAN.

Qu'us alors?
BIBI, à

part.

Se mettie lou paquet

Sur lou

jouine faro qu'es toujours tant lisquet...

( liant. )
un
jouine moussu que ven quand sieou souletto ;
Vous, lou connouissez pas.

Es

MISÉ TARTAN.

Ti

L'ai vis ;

troumpes; que capoun

Í

t'espousara, vo ben perdrai moun noum.

Vai, l'anarai trouba.
BIBI, à part.

Qu'es qu'ai fa, miserablo?
Accusi l'innoucent!... oh! coumo sieou

coupablol...

Per repara meis torts, aro qu'es que dirai
A moun pouli galant?... Se ven, l'avertirai.
Bessai l'amour per ieou fara quaouque miracle.

Quand frero

va saoura,

Fara!... Bessai

bouen Jésus! qu'espetacle

va soou...

Scène X.

MARGAR1DO, CLÈRO, BIBI.
MARGARIDO

Qu'u

criant.

,

voou

de pei ben fres?

CLERO.

Margarido!
MARGARIDO.

Oou?
CLÉRO.

Vene, mai mi faras lou pes!
Quand vendes lou marlus, que, diguo, Margarido?
Mi sieou dicho aoujourd'hni de mangear la bourrido;

leis tranchos, leis bequets,
Maboueno, creiti-va, mi souartoun deis quinquets.
Sieou sadoulo doou gras :

�37

COMÉDIE-VAUDEVILLE.
MARGARIDO.

Ieou dieou pas coumo

tu; vivo la

rouyounado,

Leisbroulsdepies, leis peds, leischouyosben panados!
El lou fugi tamben ! Mai quand si trobo arnar,
Per un troue ti darieou tout lou pei de la mar.
CLF.IìO.

Anen, despacho-ti ; deja l'houro trepasso.
MARGARIDO.

Ma boueno, quand charras,
Toun home es-ti parti?

lou temps coumo un lan passo.

CLÈRO.
L'aoura sieis

mes

deman.

MARGARIDO.

Souletto, n'as pas poou?
CLÈRO.

Pesquipas !... L'a German
houstaou per mi teni coumpagno;
Souarten toujours ensen , de pertout m'accoumpagno.
Que coucho à

moun

MARGARIDO.

Mi parei que German de toun couar saou
Toun home es pas jaloux?

ben l'us

:

CLÈRO.

Coumo

un

gat... Doou marlus

Quand n'en voues, diguo-mi ?
MARGARIDO.

Vingt soous lou tirogramo.
CLÈRO.

Anen

galeges pas... Bessai moun picbot bramo
Margarido, fai leou... Senso marcandegear,
Diguo lou juste pres.
,

,

MARGARIDO.

Voues pas

patetegear?

CLÈRO.

Noun, noun, n'ai pas lou tems.
MARGARIDO.

M'en daras dezo-noou. Vies
N'en pagaries pas mens.

Adoun, boueno coumairer
ben, series ma maire,

CLERO.

T'en douni
MARGARIDO.

Mi couesto mai d'aco.
CLÈRO.

Peso leou.

quienze

soou.

�38

BOUQUETIÈRES

LES

,

MARGARIDO.

Quand t'en foou?
CLERO.

Mie tilo.

MARGARIDO, pesant.
N'aouras proun ?
CLÈRO.
Mi

Sian que

creses

doues h l'houstaou-

ben gavanço

?

MARGARIDO, lm remettant le poisson.
As mie

CLÈRO, la

tilo, Catin.

payant.

Té.
MARGARIDO.

( Elle remet la corbeille
Ya ben— Ai de

Ren que per

pei

tête et

sur sa

sort en

criant : )

la couet li bouleguol
lou tastar foudrie faire uno leguo.
que

Scène XI.

BIBI, JULES.
JULES.

Que, diguo-mi, Bibi?
BIBI, à part.
Ya saoul
JULES.

Mero, à l'houstaou,

Ven de s'esta va ni.
BIBI, à part.

( Haut. )
Saou

ren...

Li

voou.

JULES.

Soun
N'es

ren

maou

esta.
BIBI.

Tant mies !
JULES.

L'ai leou fa

L'ai
Aro

es

d'arquemiso,

din soun liech, l'ai eaoufa sa camiso;
tout-à-fait ben... Vendra plus d'aoujourd'hui.

messo

BIBI.

Aco n'en

sera ren...

Sabi

ce

qu'es.

�COMKME-YAUDETILLI.

39

Scène XII.

BIBI, JULES, IRMA,
IUMÀ

On

ne

m'a pas

,

en

habit d'homme.

dans le fond.
C'est lui!

trompée.
JULES.

Hui celebri la festo
De

ma

pichouno Irma, de

ma

poulido testo.

IRMA.

L'ingrat me trahissait.
JULES.

Mi foou faire

un

bouquet

Que siegue crano, aou mens... M'as pas vis l'habiquet ?
Regardo... Aou chic es fach.
BIBI.

Ti

va

ben.

IRMA.

Le

parjure !

JULES.

Vai, l'a de negoucians qu'an pas milhoue tournuro...
sabes pas que ma mero deman

A prepaou,
Si marido?

BIBI.

Eme

qu'u?
JULES.

Em'un vieilh allemand.
BIBI.

Lou

counouissi; l'ai vis... Cresieou pa qu'à soun iagi
Youguesse encaro un paou tastar doou mariagi;
Foou que lou trobe bouen.
JULES.

Ma sœur, aco

Dis que la nuech, quand
ven, soun
Yoou pas couchar soulelto.

si poou.
oumbro li fa poou.

BIBI.

Dins dex

ans

Aquelo es troou poumado:
à n'aco s'es pas acoustumado !
JULES.

Parei que noun, ma sœur.
BIBI, lui donnant le

Regardo, qu'es poulit!

bouquet.
Té, vaqui toun bouquet;

�40

BOUQUETIÈRES,

LES

JULES.

Aqueou, si, qu'es lisquetl

Yaqui toun pagaraen.

( Il embrasse

sa sœur.

)

poissant un cri.
Ciell le monstre l'embrasse!

IRMA

,

JULES.

Adieou.

( Il entre cbez le barbier.

)

IRMA.

Ah 1 c'en est trop
Il la

! Tout mon sang est de glace!

quitte... Avançons.
■

J.

' :

.

\

Scène XIII.

IRMA, BIBI, VICTOR.
BIBI,

à part.

Té, vaqui moun chalan l
IRMA, à part.

Tâchons de tout savoir.
BIBI, à part.

Vaou mai que
Et que

lou malhurous que m'a

lou marlan

deshounourado.

VICTOR.

(Il paraît sur sa porte, un rasoir
Quel est cet inconnu?

à la main. )

BIBI.

De

Mai Tistet

es

soun er

aqui...

( Elle met

la main

sur son

sieou charmado,

cœur.)

VICTOR.

Je crois que ce
Des amants de
Je le saurai.

grivois

Bibi forme le tome trois;
BIBI.

la bourtoulaiguo,
qu'abrarien un troue d'esquo dins l'aiguo.

Es fres

A d'hueils blus
Es

coumo

pouli coumo un soou.
IRMA.

Bonjour, minois charmant.
BIBI.

Bonzour, beau

cavalier; vous êtes tout galant.
IRMA.

Qui

ne

le serait pas

auprès de toi,

ma rose,

�COMÉDIE-VAUDEVILLE.

Mon

41

bijou précieux!...
BIBI.

Qui vaut bien peu de çose...
Vous paraissez çagrin... Qu'es qui v'arribe-t-il?
IRMA.

Ah! j'ai vu de là-bas, seulement en
profil,
Un rival odieux auprès de ma
maîtresse,
Lui payant son bouquet avec una caresse.
VICTOR

Je suis

sur un

,

paraissant

sur sa

porte.

vous

sériez zaloux ?

brasier...
BIBI.

Quoi !
IRMA.

Beaucoup,

ma toute

belle.
BIBI.

Et dé

qui?

IRMA.

Mais... de
Dé moi?...

vous.

BIBI, riant.
ze ne

crois pas.
VICTOR

,

rentrant.

J'étouffe de colère!
IRMA.

Je

vous

ai tantôt

vue...
BIei

Es

à part.

,

jaloux de

moun

frero.

IRMA.

Quel est l'audacieux qui,

me soufflant ton cœur,
repos, détruire mon bonheur?
Vois-tu , chère Bibi, si lu m'étais ravie...
Ah ! c'en est fait de lui,
j'aurai bientôt sa vie.
Parle, parle! dis-moi le nom de ce mortel;
Il faut que je le tue !— Oui, demain un cartel
De cet affront sanglant viendra laver
l'outrage...
Un baiser devant moi !... ah!
j'en frémis de

Vient troubler

mon

rage!

BIBI.

Célui qui fait ici l'obzet de

vos

N'est pas mon amoureux.

tourments,

IRMA.

Tu

Dis-moi quel est son nom?

inents, Bibi, tu ments!

BIBI.

Vous douteriez encore?
G

�42

BOUQUETIÈRES

LES

,

IRMA.

Du seul titre d'amant

Pour te

peut-être il se décore
tromper, Bibi!... Moi, je suis sans détour....
BIBI.

Coumo

a

lou teta dous

quand

parlo d'amour.

vous

IRMA.

Air

:

Oui, do moi la belle rafolle;
Mais pourtant ce serait bien drôle
S'il me fallait, pour savoir tout,
D'amant continuer le rôle

Jusques au bout.
( Jules parait sur la porte du barbier. )
BIBI.

Ah ! moun Dieou !
IRMA.

Qu'as-tu donc?
BIBI.

Bessai que nous a

vis.

IRMA.

Jules?
BIBI.

Oui.
IRMA.

Ton amant?
BIBI.

Es eila

( à part. )
Tremoueli coumo

un

vis-à-vis.

jounc.
IRMA.

Je connais

Elle est, ma
Cela

(à part.)
l'émeut pas

ne

son

amie,

foi, charmante... on la nomme Marie...
du tout...
BIBI.

Yeici
Vous

Victor;

leissi, m'en voou leou... Adieou.
IRMA.

Un autre

encor

Scène XIV.

IRMA, VICTOR, BIBI, à son banc.
VICTOR,

tragiquement.

plus srand désespoir voudrais-tu me réduire?
Réponds donc, gringalet, toi qui voudrais séduire..

Au

?

�"

43

COMÉDIE-VAUDEVILLE.
Ma

maîtresse...
IRMA.

Qui? Moi?... Je

ne

la connais pas.

VICTOR, h part.

( Haut. )
li

peur!... Mon petit, regarde
Regarde.
a

un peu

là-bas...

IRMA.

Quoi?
VICTOR.

Là.
IRMA.

Qui?
VICTOR.

La belle créature

Qui tresse

une couronne.
IRMA.

Eh bien?
VICTOR.

C'est

future*

ma

IRMA.

Ah, bah !
VICTOR.

De

son

A l'avenir, garde-toi
trône de fleurs!

d'approcher

IRMA.

Qui peut m'en èmpêcher ?
VICTOR.

Moi!
IRMA.

Toi?... Mais lu ris?
VICTOR.

Non, redoute

ma

colère!

IRMA.

Bibi

ne

t'aime pas.
VICTOR.

Que t'importe?.*. Sa mère
M'a promis que j'aurais et son cœur et sa main.
IRMA, riant.

( à part. )

Ah, ah!... Amusons-nous... Je l'aime!
VICTOR.

Gré

.

coquin!

�44

les

bouquetières

,

Tu voudrais défriser mon heureuse existence;
Mais à les sots discours je mets peu d'importance.
IRMA, chantant.

L'amour, l'amour

ne

peut se commander,

Mais heureux celui

quil inspire.

Scène XV.

VICTOR, IRMA, Une Pratique.
LA

PRATIQUE.

•

cl la barbe savonnée. )
Eh bien ! maudit barbier, lu te moques de moi ?
Tu me savonnes, puis tu me laisses !... Pourquoi?
( Il le prend par les épaules et le fait tourner. )
Par le flanc gauche, à gauche ! allons, marche à ma suite.

( Le linpe

au cou

VICTOR.

Je suis à vous,

monsieur.
LA

PRATIQUE.

Quelle infâme conduite !
VICTOR.

Je vole à mon devoir, il m'appelle... Demain
Nous la disputerons les armes à la main.
IRMA.

A

quelle heure monsieur veut régler cette affaire ?
VICTOR.

A quatre

heures du soir.
irma.

C'est l'heure militaire.

Le lieu du rendez-vous ?
VICTOR.

Sur les bords de Jarret.
IRMA.

Vos armes?
VICTOR.

Le canon,
A votre choix.

le sabre, le mousquet!
ÏRMA.

C'est bon !
Scène

Vlll.

VICTOR, IRMA, Un Messager.
LE MESSAGER.

('•Il arrête Victor cft lui remet une lettre. )
De la part d'un notaire,

�45

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

Je

( à part. )
vous

apporte un pli... Voilà... Que va-t-il faire?

Voyons.
VICTOR.

(Il décacheté la lettre et lit.)
Merci.. Lisons : « Toulon.., Signé Valmort. »
Connais pas... Mais que vois-je, ô ciel ! mon oncle est mort!
Je suis son héritier!...
( 11 chante et danse sur l'air de la valse infernale de Robert. )
.

LE MESSAGER

,

à part.

La scène est fort touchante

Au lieu de
Bien

,

bien

:

sangloter, le misérable chante!
,

monsieur Victor!... Je m'en vais de ce pas
à votre oncle.
( Il sort en menaçant Victor. )

Rendre compte

VICTOR.

(Transition subite.

An parterre.)

Ogueusard !... N'est-ce pas
Que je suis un guensard, un monstre de nature?
Le tigre dont on fait la féroce peinture,
Est moins tigre que moi!... Cela me fait rougir...
,

( Il chante comiq'uement d'un ton piteux : )
Rendez-moi mon pauvre oncle,
Ou laissez-moi mourir !

Rendez-moi mon pauvre
Ou laissez-moi mourir !

oncle,

Sccne XVI.

VICTOR, Une Pratique
LA

(Il paraît
un

sur

BIBI, à

son

la porte de la boutique et lance

fauteuil

sur

la scène.

Mais Victor
Si l'on peut

ne

Quoi!

déménagez

à

,

banc.

PRATIQUE.
avec

colère

)

vient

ce

pas?... Au diable la boutique !
point négliger la pratique !
VICTOR.

Vous

vous

cassez mes

sans mon

ordre butor!
,

fauteuils... Mes fauteuils n'ont pas

tort»

( Se radoucissant. )
Ah 1 farceur I vous savez... ?
LA

PRATIQUE.

Je sais...

quoi?

VICTOR.

Mon oncle m'a laissé tout

bien

L'héritage...

partage ;
Quel homme généreux !... Curé plein de vertus !...
son

sans

�46

les

bouquetières,

siècle on n'en fabrique plus.
frotte les mains en arpentant le théâtre.

Comme lui dans ce

( 11

se

)

Scene XVII.

Les

Précédents, Une autre Pratique.
UNE

AUTRE

PRATIQUE.

(I.a serviette au cou avec colère.)
Depuis une heure un quart ma barbe est savonnée,

Il

en

est trois

bientôt, elle n'est point rasée!

C'est affreux ! c'est affreux!.... Deux heures que j'attend
VICTOR.

une pose tragique et chante sur un air de récitatif.)
plains, maraud!... Et le ciel, qui t'entend,
Sait que depuis vingt mois, sur Ion ignoble muffle,
Je prometie ma main pour te raser, vieux buffle!
Et vainement j'attends de mes travaux le prix :
Tu me dois vingt écus... Tu me parais surpris?
Ça fait soixante francs.

( Il prend

Ah ! tu te

UNE

AUTRE

PRATIQUE.

Vingt écus!
VICTOR.

C'est le

Hâte-toi de payer,

UNE AUTRE

Viens

nous

compte;

et pas un sou d'escompte.

raser, au

PRATIQUE.

moins.
VICTOR.

Non... A bas la

Non ; je ne rase plus!...
pratique !... Il me faut vingt écus 1
LES

DEUX

PRATIQUES.

Rase-nous !
VICTOR.

Non

,

non, non !
LES

DEUX

PRATIQUES.

Il est fou !
VICTOR.

Dominique 1
Déménageons, après je fermerai boutique.
( Il jette en chantant tous ses meubles sur la scèue , et ferma
la

boutique. )
(Scene XVIII.

IRMA, BIBI.
BIBI.

Qu'es qu'arribo à Victor? Es vengut fouel bessai.

Í

�I

47

("0MÉD1B-V AUDKVIUUE.
IRMA.

Il

casse

et brise tout...

Sais-tu

pourquoi?

BIBI.

Noun sai.
IRMA, à part.
Pour savoir si Bibi de Jules est la

Poursuivons notre

maîtresse,

et redoublons d'adresse.

ruse

BIBI.

Que v'a dich lou barbier?
IRMA.

Oui, malgré sa défense,
une autre séance.

Auprès de toi je viens faire

BIBI.

Comment ! il

vous

aurait défendu de mi voir?
IRMA.

Il

paraît

que sur

toi plane tout

son

pouvoir.

BIBI.

Ah ! ne le croyez pas, vous mi feriez inzure.
Ze ne puis le souffrir ni l'aimer, ze vous zure.
Avant de l'espousar, saoutarieou dins un pous;
Mais ma mère il voudrait qu'il fusse mon époux.
IRMA.

Mais l'autre qui tantôt, tout bouillant de tendresse,
Sur la bouche divine a pris une caresse,
Parle-moi franchement... Tu l'aimes, celui-là?
BIBI, à part

N'a jamais vis Tistet, de
De moun frero bessai...

qu'u mi voou parla?...
IRMA.

Bibi,

soyez

sincère

:

Vous aimez Jules.
BIBI.

Oui,

ze

l'aime

comme un

frère.

IRMA.

Ciel!
BIBI.

Qu'avez?
IRMA.

Je n'ai rien... Le traître !
BIBI.

Sias
IRMA.

Bibi, je

i

vous

l'ai dit... oui, je le suis de

vous.

jaloux?

�48

BOUQUETIÈRES,

LES

BIBI.

Vous voulez

galézer?
IIIMA.

Non
Je connais ton amant

Dans l'état

,

la

rage me ronge;

et c'est lui

,

qui me plonge

où je suis.
BIBI.

Vous êtes dans

l'erreur.

Ce n'est pas mon amant.
IRMA.

Jure-le

sur

l'honneur,

(M isé Tartan arrive et se cache derrière un
Allons

,

ma

banc. )

chère amie...

( Elle l'euibrasse.)
BIBI.

Ma

mero nous a

(Apercevant sa mère.)
Que fases? Sieou perdudo...
vis... ero eilato escoundudo.
Scène XIX*

MISÉ

TARTAN, IRMA, BIBI.
MISE

TARTAN.

Sur moun camin , bregand , ze te trobe à propos
C'est toi qui de ma fille a troublé le repos.'
Ze suis la mère , moi, de cette bouqueiiero

;

Que tu viens d'embrasser, mouestras, à la carriero!
L'amo ti tremblo pas , que, facho d'estourneoou ,
D'ave ravi l'hounour à n'aqueou paoure agneou!
L'espousaras, vo ben... !
IRMA.

Jamais

Apaisez-vous, madame:
pareil remords n'a pesé sur mon ame.
MISÉ TARTAN.

Va mi negues,

capoun?
IRMA.

Cessez de

m'accuser,

impossible, et je puis le prouver.
Appelez votre fille : un seul mot de sa bouche
Vous fera voir très clair ce qui vous paraît louche.
Il est vrai que tantôt, sur son candide front,
Innocemment j'ai pris un baiser...
La chose est

BIBI, à part.

Reçube eilà per ieou !

Dieoul

qu'affront

�-

COMÉDIIÏ-YAUDRYILLE.

49

MISÉ TARTAN.

Escumi de coulero!

Ve, se l'espouses pas, ti faou mettre en galeroi
Vai, bouto, l'anaren aou procurour doou Rei;
Sera pas lu rascas, qu'eici faras la lei.
,

IRMA.

Allez où vous voudrez, et laissez-moi
tranquille;
Surtout gardez-vous bien de m'échauffer la bile.
MISÉ TARTAN.

Que dies?
IRMA.

Que je suis las d'ouïr tous vos caquets ;
Yous feriez beaucoup mieux de vendre vos
bouquets.
MISÉ TARTAN.

Meis
Vai

bouquets, leis vendrai; mai tu, marridomino,
li fruiar leis hueils
que soun plen do poulino.

Foudrie juna dex ans per ave fan d'aco.
La filho que l'escouto a
perdu lou coco.

Qu'es poulit lou vilen.' es blanc coumo uno
agasso;
Seis dents pourrien servi de cavilho de
basso;
Es pus prin et pus sec
que la vis deis gaveous;
A l'escarta, segur, a
perdu seis bouteous.
Regarda-lou, puai de sa sotlo figuro 1
Per

foueço voudrieou

pas

d'aquelo eslroupiaduro.

Qu'us aquello tite que t'a douna lou jour?
IRMA,

Ménagez

vos propos.
MISÉ TARTAN.

De

ma

Repara ras l'hounour
filho, bregand I
IRMA.

Je

ne suis
pas coupable
pareille... Allez-vous-en au diable!
Laissez-moi, vieille folle...

D'une action

MISÉ TARTAN.

Sieou

0 mascaro-viroou !
m'an fa poou,

vieilho, mai jamais leis hommes
IRMA.

Redoutez

mon courroux.

MISÉ TARTAN.

Leve lenguo, bavaire!
Dieou mi garde deis tieous! per
lu, ti creigni gaire;
Et per ti va prouva, vaquito un
Aro ti

va

( Elle lui donuc
creira9.,.

pastissounl

un

soufflet

)
7

�yO

KOU^OETIÈKES,

LES

IRMA.

0 méchante

guenon!

A mon ressentiment je faisais violence,
Mais de ce double affront je veux avoir
Cela mérite bien une bonne leçon,

vengeance;

(Elle la bat.)
MISÉ TARTAN.

Aou

secoursl

1

aou secours

BIBI.

Ze

demande

pardon.,.

Scène XX.

JULES, MISÉ

TARTAN, IRMA, BIBI.
JULES.

As pas

crenlo, ô

Passez votre

rascasl de
piquar leis femellos?
IRMA.

cliemin, beau défenseur

des belles!

MISÉ TARTAN.

A séduit ma

Bibi... aqueou

marri capoun!

JULES.

L'espousara, vo
C'est

ce

ben lou tuou à coous
LRMA.

que nous

(Elle quitte son
sur ses

de poun.

verrons.

habit et son chapeau ; ses
épaules. )

.

cheveux tombent

JULES.

Sieou

gounfle de coulero...

IRMA.

Frappe

doncl

JULES.

Dieou!

Hai, moun

BIBI,

ma
pleurant.

mestresso!...
Moun frero!..

IRMA.

Son frère?...

Abî quel

bonheur!

MISÉ TARTAN.

Moun,Dieou! mi senti rnaou

Enfants,

soustenez-mi...
JULES.

La

( Ils la transportent
m*

1)0

porten à l'houstaou.
sur uue chaise.,)

évanouie

DEUXIÈME ACTE.

�COMEME-YAUDEYILI.Ï.

51

[ACTE TROISIEME.
Le Tlicàtre

représente

un

salon garni de quelques vieux meubles ;
; porte d'entrée en face du specta¬

porte de chambre à droite
teur; une table.

Scène I.

BIBI, seule.
( Elle est accoudée

sur une

petite table )

BIBI.

Ce que

m'arribo aqui, v'aourieou jamai

pensa.

Ah! coumo sieou crentoué de ce
que s'es passa.
0 bouen Dieou ! ô bouen Dieou ! coumo sieou criminellod
Meis gens mi gardaran uno haino élernello.
Davant d'eleis toujours faudra beissar les
hueils;
Per uno filho aoussi perque l'a tant d'escueils?
(Elle met la main sur son cornr et se lève )
Moun couar es un carboun que lou remords
aliumo,
Que la nuech et lou jour de longuo mi counsumo.
Lou plesir, lou bouenhur an fugi luencli de ieou

Piqui toujours aqui, sabi plus m'ounte sieou.
S'ero pas moun état, serieou
déjà partido
Per intrar aou couvent coumo uno
repentido.

;

Mai Tistet dins moun couar vieoura tant
que vieouraL
Se ce que mero a dicb
pourtan ero verai...
Noun , noun , d'aco d'aqui Tistet es
incapable;
Es en presoun,
pourtant lou cresi pas coupable;
Quoucaren va mi dich... mai li foou renounça,
Car mero n'en mourrie... Li voueli
plus pensa.
Per ieou sera segur un ben
grand sacrifici,
Car l'amour passo pas coumo un fuech d'artifici
;
A coumo un proucourour :
quand sa griffo vous ten,
Faou que lou mouceou
vengue, avant que digue amen.
Entendi caminar... Bouen Dieou, s'ero ma mero!.
Es ello... Deou souffrir...
S'appuyo sur moun frero...

Quand pensi qu'es per ieou...

Scène H.

MISÉ

TARTAN, JULES, BIBL
MISÉ TARTAN.

(Elle entre appuyée
( Elle s'assied. )

sur

l'épaule de Jutes.)
Jules, ti rëmaréreou.

�52

BOt'QtEtÌÈHES j

LE5

vai vile, vai, moun fieou

Poues anar prendre Irma ;
Et vene leou surtout.

,

JULÉS.

Subran.
( Il fait des

signes à

sa sœur pour

1 engager à parler à sa mère.

BIBI.

( Elle s'avance les

yeux

MISÉ

baissés vers sa mère. )
Bouenjour, ma mero.

TARTAN.

M'oougeas dire bouenjour?
BIBI

à part-

,

Es

(Haut,

avec

encaro en

coulero.

douleur )

Pardouna-mi, sinoun

de ieou veirai la fin.

,

Sieou cou| ablo, es verai, vous douni de chagrin 5
Mai sens© vouestre amour la vido m'impourluno ;
llendez-mi la , ma mero , es toulo ma forluno.
N'ai ben proun doou remords que mi rouiguo lou couar.
0 grand Dieou, touca-la, vo douua-mi la mouar !

Mero, pardouna-mi.
( Elle se jelte à ses pieds. )

MISÉ TARTAN.

( Elle s'essuie les larmes avec le coin de son

tablier. )

sensible,
M'esloumagues pa mai... Noun, noun, m'es pas poussible
De ti tenir rigour, t'aimi troou... Dreisso-li,
Ai lou

couar

troou

Gieto-li dins nieis bras!

( Elles

se

jettent dans les bras

l'une de l'autre. )

BIBI.

N'en voudrieou

plus sourti.

Sccnc III»

Misé

TARTAN, BIBI, JULES, puis IRMA.
au moment ou Misé Tartan et Bibi s'embrassent. )

(Jules paraît

JULES.

pardouno;
s'abandouno;

0 bouen Dieou! que bouenhur! ma mero li
A la joyo, aou plesir moun amo
Coumo un rei sieou couuten... Irma, vene,

Vous inanquo dous enfants per coumpli
( lis entourent Mi é Tail-m en formant

fai leou...

lou tableou,
tableau. )

Ma mero, sian eici... Bandissen la trislesso ,
Nous portarie maihur... Embrassas ma mestresso }

Es

un

enfant de mai que vous

( Irma saute

au cou

aimara ben.

de Misé Tartan. )

�COMÍDIE-YÀUDKYILLE.
IRMA.

Oh !

oui, de tout

mon cœur.
MISÉ TARTAN.

Ma

filho, ieou lamben.

Aro n'es pas lou tout; sian eicito

en

familho

Assetas-vous, enfans... Bibi!

,

( Ils s'asseyent. )

BIBI.

Plet-i?
MISÉ TARTAN.

Ma filho,
veni;
l'en duves souveni.
Eou-meme aquestou sonar l'en fara la
demando,
Li la refuses pas; mai l'hounour ti coumando
Sabes que lou couiffur tout'aro
L'avieou proumes ta man

va

,

De li tout counfessa.

BIBI.

Vouei,

mero, va farai.
(On entend chanter Victor.)
MISÉ TARTAN.

Es

eici, s'en

anen.
BIBI.

Anas... lou reçebrai.
Scène IV.

BIBI, VICTOR.
BIBI

Aqueou

,

paoure garçoun, se

Coumo un vieilh
Lou veici.

suco-man

à part-

sabie tout, pecaire!

mi leissarie de caire.

VICTOR.

Bibi seule!... ah '

Lui

peindre

en

traits de feu

Fen semblant de

Ce que

fa

je pourrai du moins

mon amour sans

témoins.

BIBI, à part.

dormir, ensin li pourrai dire

moun tourment.

( Elle

s appuie sur

la table

comme

pour

dormir.)

VICTOR.

( Il s'avance

la pointe du pied. )
Elle dort.

sur

BIBI, à part.

Que martyre!
VICTOR.

Elle rêve... écoutons.

(Il s'appuie

sur

le dos de la chaise de Bibi.)

�54

LliS

ItOUQUIìrifcllES,
BIBI.

Es

aqui Lucifer...

( Elle montre

avec son

doigt.)

VICTOR.

Qu'elle est belle, cristi !... Si j'osais sur sa bouche
Déposer un baiser... Si j'étais une mouche,
Cré croquin ! je pourrais sur ses divins appas
Butiner le plaisir...
BIBl.

(Elle feint de rêver tout haut.)
Noun

,

noun,

ti voueli pas,

Victor 1
VICTOR.

Hél
BIBI.

sabies, pecaire!
qu'ai fach... segur, mi leissaries de caire.
T'aimarieou... mai se

Tout

ce

Ah! Tistet m'a ravi l'hounour et la vertu...

digne de tu...

Leisso-mi, leisso-mi, sieou plus
( Elle fait signe du doigt. )

Regardo aquel enfant... es lou
Per

fruit de moun crime;

m'engloutir l'iufer va duerbi soun
( Criant. )

abîme...

toumbar... bouen Dieou!
Jésus, Maria , Joouseph... agues pietat de ieou!...
( Elle feint de s éveiller.)
Hai 1... sias aqui, Victor?

Reten-mi, reten-miî... li voou

VICTOR.

Quel songe
Vous

avez

épouvantable

fait, Bibi!
BIBI.

Ce

Puisque vous étiez

sonze

est

véritable.

là, Victor... ooublidez-moi.
VICTOR.

rêve jamais je n'ajouterai foi.
Vous oublier! qui, moi ?... non, jamais,
A

ce

belle brune;
fortune.

El je viens vous offrir mon cœur et ma
Mon oncle de ses biens m'a fait seul héritier,
Ils sont à vous, Bibi, mais à vous en entier.

Acceptez, acceptez !
BIBI.

langaze tendre
Mon cœur a parpité... mais vous venez d'entendre
L'aveu qu'un sonze affreux zusqu'à vous a porté.
A

ce

VICTOR.

Ce rêve est

un

menteur...

�C.0MÉDIE-YAUDEV1LLE.
BIBI.

Qui dit la vérité,

Mon bon monsieur Victor.

VICTOR.

Ma

Vous, dont le souffle est
Vouloir me faire croire ë
Vous voulez m'éloigner.

surprise est étrange :
celui d'un ange,
songe imposteur I...

pur comme
ce

BIBI.

Non, parole d'honneurI
VICTOR.

Eh bien! s'il a dit vrai...
n'importe,
Je le jure à vos pieds, à vous je

je pardonne...
m'abandonne.

BIBI, n part.
Ren lou poou dégoustar... M'aimo
, l'espousarai;
Moun couar mi dit pourtant : Per eou

jamais battrai.

VICTOR.

Voici votre

maman.

gécene V.

Misé

TARTAN, BIBI, VICTOR
BIBI.

Crei pas ce que

Mero,
l'ai dich.

moussu

Victor

VICTOR.

C'est
MISÉ

un

songe.

TARTAN.

Avez tort.
Ma fille de

Mais

ce

n'est

crime il est,

sûr, bien fâcheyo;
pas sa faute, es estado trompeyo.

son

VICTOR.

Si ce n'est que cela, qui ne
Dans ce siècle maudit?...

l'a pas été

MISÉ TARTAN.

C'est bien la vérité.
VICTOR.

Ain

:

L'amante trompe son amant

,

L'amoureux trompe sa maîtresse

Un

,

époux malgré son serinent,
Trompe l'objet de sa tendresse.
M inistres, princes,
procureurs,
Députés tout trompe à la ronde :
,

,

On

ne

trouve, hélas ! dans le monde

Que des trompés et des trompeurs.

,

�56

LIS

bouquetières,

MISÉ TARTAN.

Victor ti voou ;

Cette imaze il est vrai... Bibi,
Il sera ton mari... Mai de qu'il

porta

doou?...

VICTOR.

Ah!

ne

Je n'ai

m'en parlez pas, cela trop me chagrine...
depuis trois jours mangé qu'une sardine.
MISÉ TARTAN.

Voulez-vous quoque çose?
( Elle 1 ui sert à manger.

)

VICTOR.

Je

me sens

(11 chante, tout en mangeant avec
Hendez-moi

mon

pamne

défaillir...

avnlilé :)

oncle,

Ou laissez-moi mourir.
MISÉ TARTAN.

çagrinez pas; vous savez bien , pecere!
Que ce triste cemin, cadun il doit le faire...
Bibi, vai t'habillar; car voueli, se si poou ,

Ne

vous

Qu'aquestou souar faguën d'il no peiro tres coou.
El vous, moussu Victor, ana chez Ion noutari
Li dire de veui subran... M'aouves, canari?
( Le Ion nen e gi on «le avec lorce. )
VICTOR.

Oui, maman... 0 bonheur !
(Il sort eu chantant: A ce soir, dans ma

ehambrctle, en cachette.)

Sceue VI.

FRANKLIN, seul.
FRANKLIN.

Le foutre et

les éclairs

sillonnent lans les airs;
L'eau pientôl par dorrent va toniper sir le terre,
Ce l'eau qu'ein Allemand ne peut foir tans sa ferre.

Sur

mon

tête

en

dont

sens

Quand che pense qu'ein chour la mort, filain corpeau,
De ma triste existence édeiritra le flampeau,
Et qu'alors, enderré sous eine terre noire,
Che me ferrai forcé, quand il pleufra, t'en poire!
( avec surprise ) ( lt boit. )
Tarteifl ! ça me

fait mal... Du fin !... il
Scenc

Misé

être pon.

VIU.

TARTAN, FRANKLIN.
MISÉ TARTAN.

Coumo

es

beou l'allemand...

Ah! vous voilà, mon

bon?

�57

COMÉDIE-VAUDEVILLE.

Que mi counta de nuf? La
Ze mi

sasse

il été bonne?

languissais bien.
FRANKLIN.

Fous m'aimez
MISÉ

De tout

mon cœur

tonc, fribonne?

TARTAN.

et vous?

;

FRANKLIN.

Peaucoup plus que ce fin

,

coup.)
Que che truffe, abrès Tieu, l'obchet le plus tifin.
(Il boit

coup sur

MISÉ

TARTAN.

Goumo lou paoure mouart... aqueou, si, lou chuchavo I
Tamben de guingamboï lou pus souven marcliavo—
O bouen Dieou, comme il pleut 1... Victor si bagnara...
Mai moussu Brouff bessai que l'accoumpagnara.
FRANKLIN.

Mossié Prouff? che connais

c'est

:

un

prafe notaire,

Qui n'avre pas souillé son nople ministère...
Mais on les compte ici les prafes comme lui;
Le pagne de Toulon nous le broufe auchourt'hui.
MISÉ

TARTAN.

Tout'aro,

pour passer le contrat de mariaze,
Le notaire il viendra... N'a pas cessé l'oraze?

Mi semble que

ploou plus...
FRANKLIN.

( Il

ouvre

la croisée et regarde le ciel.)
Non ;

che fois l'arg-en-ciel.

(Il ombrasse Mise Tartan.)
Ce soir gommencera notre lune de miel.
MISÉ

TARTAN.

Oui, ma quiquetto, oui, ce soir, sans plus attendre,
Nous si marierons.

FRANKLIN.

Par ce lancache dentre,
Tu m'avre chadouillé la ropinet du cœr :
Che suis blus que content... 0 pon Tié! que
MISE

bonher !

TARTAN.

Moi, j'attrobe un époux, et

mes

Tu les cériras bien?

enfans

un

père...

FRANKLIN.

Tarteifl I gomme son

mère.

MISE TARTAN.

Ze vais tout

préparer; si coqu'un vient ici,

Tu feras les honneurs.

(Elle éternue.)
8

�58

LES

KOtíQL'ETlÈRES,
FRANKLIN.

A des souhaits !
MISÉ

TARTAN.

Merci •'

(Elle lui envoie

un

baiser.)

Adieou, trésor, adieou.
FRANKLIN.

Atieu, peauté fermeille...
(Franklin renvoie à misé Tartan son baiser.)
A s'te heure che suis sel... barlons à la pouteille.
( Il s'assied à table et boit à diverses reprises. )
Sccne SX*

FRANKLIN, seul
FRANKLIN.

( S'adressant à la bouteille. )

Tis-moi, toi qui gontiens ce liquide atoré,
plis che pois, plis che suis altéré ?
Tout comme Gubiton, le fin tourne la tête
Sur la gou tes mortels gomme eine chirouette.
0 pouteille! ô nectar! vous, mes chères amours,
Goulez tans ma gosier touchours, touchours, touchours.
T'où fient que

( Il embrasse la bouteille. )
Et bourtant ma dogter, ce prafe et franc ponhomme,
Me téfend de t'aimer... Lisons le second tome.
( Il prend une autre bouteille et remplit son

verra.)

Scène

FRANKLIN, VICTOR, tout mouillé.
( Au moment où il porte le verre à sa bouche , Victor le prend
et

éteint la lumière.

FRANKLIN

)

,

entre deux vins.

Tarteifll
VICTOR.

Merci, merci!... J'avais bien soif, joufflu.
FRANKLIN.

l'air bourdant t'afoir tiaplement pu.
( Il prend une brosse.)
Foulez-fous que che tonne à fous ein goup te prosse
Bour sécher fos l'habits?...

Fous m'avre

VICTOR.

Fais du

feu, vieille rosse!

�59

COMÉDIE-VAUDEVILLE.
FRANKLÏN.

foutrais pien safoir
est fotre bouvoir.
Mais bour qui me brens-tu? Parle, crand impécile!
Tu tiens poire ma fin, fioler ma tomicile,
Et fu foutrais engor, bour sécher ta chilet,
Ta quilote... du feu!... che suis bas ta falet;
Car che serai pientôt le maître ici, ch'esbère :
Ch'épouse la maman.

Fais tu feu, fais tu feu... Ghe
Chez mon femme te moi quel

VICTOR.

Vous

serez mon

beau-père

:

Moi, j'épouse Bibi.
FRANKLIN.

( Reconnaissant Vietor.)
Diens! que che suis putor
D'afoir bas regonnu le chep ami Fictor!
VICTOR.

Eh ! c'est l'ami Franklin!,..

On

ne se

Quand

on est sans

lumière,

connaît plus.
Scene XI.

MISÉ

TARTAN, FRANKLIN, VICTOR.
MISÉ TARTAN, avec une

lampe.
Que fes dins la sourniero ?
Houi, ooumo siasbagna! Vous voou querre, moun fieou,
Per vous changear de tout, leis habits de Mathieou;

Ségur v'anaran ben.
Scène Xll*

FRANKLIN, VICTOR.
FRANKLIN.

Gomme êdre charidable!
Ch'avre ein bedit pon

femme.
VICTOR.

Oh! quel temps effroyable!
J'allais chez monsieur Brouff... Que faire en pareil cas?
La foudre dans les airs faisait un beau fracas;
L'éclair suivait l'éclair, et le vent, dans sa rage,
Sifflait et brisait tout... Au plus fort de l'orage,
Sur la place Royale, entre quatre ruisseaux,
Je suis bloqué soudain; entraîné par les eaux
Dans un conduit, je plonge, et, comme une fusée,

Sans accident fâcheux

je fais la traversée ;

�60

LES

Je me sentais perdu,
Je vais sortir...

BOUQUETIÈRES,

quand,

par un

heureux sort,

FRANKLIN.

Où tonc?
VICTOR.

Dans le milieu du portl
j'allais périr, lorsqu'un marin d'élite
Me voit et de son bord dans l'eau se précipite;
Il me sauve et des cieux
je revois la clarté.

Bientôt

FRANKLIN.

Tu n'es

qu'un crand plaguerl
VICTOR.

Je dis la vérité.
FRANKLIN.

C'est

un

conte.
VICTOR.

Hail hai! bail
FRANKLIN.

Qu'as-tu tonc?

Saperlotte !
( à FVanklin. )
Au 8ecoursl au secours!... Tiens,
On me dévore 1... Hai ! hai I

tire-moi la botte...

Scenc XII.

MISÉ

TARTAN, BIBI, JULES, IRMA, VICTOR,
FRANKLIN.

MISÉ TARTAN.

Qu'es qu'aves, moun garçoun ?
VICTOR.

Hail hai 1... Je n'en sais rien.
Franklin lui tire la boite et il

en

sort un

poisson )

FRANKLIN.

Il être ein

cros

boisson !

VICTOR.

Un

poisson ?
IRMA.

( Elle s'avance
Un

pour

voir.)

poisson?
MISE

TARTAN.

Es dins

aquello raisso

Qu'aves pres aqueou pei?
JULES.

Faren lou bouil-abaïsso.

�COMEDIB-TAUDEYILLE.

61

MISÉ TARTAN.

Victor, vous ai porta de moun paoure mari
D'habits per vous sanzer; ils sont nufs.
viCTon.

Ah! merci.
un cabinet. )

( Il entre dans
JULES.

Eh ben ! papa

beou-pero,
L'aoutre jour?

aves

fa boueno

casso

FRANKLIN.

Bas ti tout

:

ch'avre tié

qu'ein pécasse.

JULES.

Sian esta pus hurous. En anan
Ai tua d'un soulet coou un

Casaou,
lebraou ;
counlar Ion fet... Aou ped d'uno muraillo
Ount'avian dejuna ooublidi la granaillo.
Per pa mi retourna
( quand li pensi, n'en rieou},
Eme quaouqueis claveoous
cargueri moun fusieou.
Anan battre un valloun
qù'avie la facho soumbro,
Qu'appelloun pas per ren lou grand valloun de l'Oumbro.
A peno erian
partis, que tout d'uno un lapin
Si levo de soun
jas, fa jugar l'escarpin ;
Moun chin prengue la
piado, et prochi d'une tousquo
S'aplanto et ten l'arrêt... Li cridi : Medor, bousquol
Si lanço en
gingoulan et subran un lebraou
Lampo eme lou lapin coumo un coou de mistraou ;
Leis gueiravi de l'hueil ; quand soun aou
ped d'un roure,
Li lachi mei doues
coous, pan ! pan ! lei vieou plus courre ;
M'avanci plen d'espouar, mai resteri giela
Vous

aou

lapin

,

un

vaou

,

,

En lei

vesen

toueis doues

aou roure

clarela.

FRANKLIN.

( On entend

Le peau
goup

Tis-moij,

un

te fisil!... Mais quel est
mon betit cœr ?
MISÉ

on

est vuf

tapage?

TARTAN.

C'est notre

Quand

charivari.)
ce

mariage...

vuve, on fait çaravarin;
( Elle ouvre la croisée et jette de l'argent.)
Ça ti plait pas, mon bon?... Fenissez vouestrô trin ;
ou

Tenez, vaqui d'argen !... Pichot, fai mounta Clero.
Scenc XIV.

CLERO, JULES, Misé TARTAN, IRMA, BIBI
FRANKLIN, VICTOR, Un Notaire.
CLERO.

Ti faou

mon

eoumpliment.

�66

BOUQUETIÈRES

LES

,

(Clero et Mise Tartan s'embrassent.)
VICTOR.

C'est moi.

( 11

est en

costume ridicule et salue tout le

inonde.)

IRMA.

C'est le notaire.
NOTAIRE.

LE

A

vos

ordres, madame , en ces lieux je me rends ;
mon respect et tous mes complimens.

Agréez

MISÉ TARTAN.

bon mossié , ze suis votre sarvante ;
C'est un beau zour pour moi, qui me rend bien contente ;
Merci,

mon

mon âze il est de fruit nouveau ;
faire brûler finqu'au bout le gaveau.

Le mariaze à
Ze

veux

NOTAIRE.

LE

(debout devant la table.).
Les trois contrats sont

prêts ;

en veut-on

la lecture?

FRANLLIN.

Bas ti

tout, bas ti tout... Fouloir mon

signature,

Monsir ?
LE

NOTAIRE.

( Appelant )
Non, pas encor... Monsieur Victor,

coiffeur ?

VICTOR.

Présent.
LE

NOTAIRE.

( Il lui présente la plume. Montrant du doigt.

Signez, monsieur... là, là.

)

VICTOR.

De tout

mon cœur.

MISÉ TARTAN.

(Elle tape sur la joue de Franklin.)
Dins doues bouros seras ma fidelo coumpagno.
LE

NOTAIRE.

Mademoiselle, à vous.
(Victor, après avoir signé, remet la plume à Bibi. )
MISÉ TARTAN.

Cresi

Semblo qu'a mai la lagno...
qu'es decidado... Anen , si faou signar.
( Elle fait le signe de la croix, )
BIBI.

Noun

,

quaoucaren

mi dis que duvi pas signar.

�COMÉDIE-VAUDEVILLE.
Scène XV

et

debsiÈee.

TISTET, L'ONCLE, MISÉ TARTAN, BIB1, VICTOR,
JULES, FRANKLIN, CLERO, IRMA, LE NOTAIRE.
tistet.

Et fas ben !
victor.

Ciel, cousin !
misé tartan.

Que

Qu'u diable ti demando ?
nous venes

troublar?
tistet.

Per

saouvar

Aqueou

Es lou Ciel que mi mando

vouestre filho et per vous

gusas

d'aqui.

demasquar

( Il veut frapper Victor. )
misé tartan.

Mouestre, lou

voues

piquar !

tistet.

Moun

ouncle, digua-li de tout

ce

qu'es capable.

bibi.

Mero,

vous

disieou ben

n'ero

que

pas

coupable.

l'oncle.
raison, madame. Ce vaurien

Votre fille a
A fait saisir Tislet comme un vil
galérien.
Il voulait l'éloigner
pour lui ravir sa femme.
Du calomniateur la conduite est
infâme;
Mais je vais le punir comme il l'a mérité :
Je lui léguais mes

biens, qu'il soit déshérité.

( Il décl) ire

son

testament

Maintenant pour
Tistet, mon neveu,
La main de votre fille :

)

je réclame
acceptez-vous, madame?

mise tartan.

Qu'es brave aqueou moussu I... Ze ferai tout
pour
Puisque vous fa plaisir, il sera son époux.
l'oncle.
Mon neveu m'a promis
qu'il mettrait en usage
Mes conseils.

misé tartan.

Se

va

fa, sûr, il

sera

bien

saze.

tistet.

Va
De

juri sur l'hounour, vouei, mero, va farai ;
reprochis de vous jamais meritarai.

vous

�64

LES

BOÜQÜETIÈRES, COMÉDIE-VAUDETILL*.

plus paressous, farai plus de bambochos,
Quittarai lou café, lou billard et leis bochos.

Serai

MISÉ TARTAN.

puisqu'es ensin, qu'as tant boueno intentien,
Vai, ti douni ma filho et ma beneditien.
Eh ben!

TISTET.

Cousin, toquo la man, n'ai plus ges de rancuno.
VICTOR.

soufflé, cousin, ma femme et ma fortune;
bien mérité ce trop juste abandon :
Heureux si le public m'accorde mon pardon 1
Tu m'as
Mais j'ai

(
Air

Moi

au public.

)

:

qui faisais la barbe à tout le monde,

De toute paî t l'on me rase aujourd'hui.
Sur vous , messieurs , tout mon espoir se fonde ;
Que devieudiais-je, bêlas! sans votre appui?

Un seul rasoir

me

Cela suffit pour

reste et ma

bouliquo,

mon bonheur,
Si l'ex-barbier du sublime Empereur

Peut

faire

obtenir, messieurs, votre pratique.

FIN.

�&lt;

■$m■

•-

■ &gt;..

V'

M-J

;■■■■ ;•

*tm/%*M

1-

�I

EX 1EXTEl

COMPLÈTES DE PIERRE BELLOT, 3

OEUVRES
volumes

LE

MÊME OUVRAGE, édition populaire, 4 vol.

in-18.

I

in-8', édition de luxe. Prix: 13 francs.

Prix

:

3 francs.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="93852">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d27707433bd36e095c2a0a7a7d46c744.jpg</src>
      <authentication>85c8bf45981ad28ade008146593770c9</authentication>
    </file>
    <file fileId="93853">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/789105ffb5c69a7516138e7b0a2c742b.jpg</src>
      <authentication>827040d8ade0ea42aa6fd68ff2475e0b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93854">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/82d18bc425a199b384f22d26566f903e.jpg</src>
      <authentication>b84c122e7f762470f3815ea69a6366db</authentication>
    </file>
    <file fileId="93855">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3372d8af4140e161df0df28897f00678.jpg</src>
      <authentication>4cc1cfb0c93bc3e801656fc54329bbac</authentication>
    </file>
    <file fileId="93856">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/71f43619f32e0c94158987643d44a27a.jpg</src>
      <authentication>81d1e8d39e8173d1c566954aabd8adda</authentication>
    </file>
    <file fileId="93857">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e56b4fc01e00954f96f8ce0936707258.jpg</src>
      <authentication>e49f0556194942a8864fb3b2f1e84794</authentication>
    </file>
    <file fileId="93858">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/acac165cd4842a9ed3038f1652f39802.jpg</src>
      <authentication>494a8121c7fa52b739755074c16cb5c8</authentication>
    </file>
    <file fileId="93859">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b592b815a130fad18b7e40d5e357c5ad.jpg</src>
      <authentication>cce6994e52240f5144b5335de6a52ba7</authentication>
    </file>
    <file fileId="93860">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c3538fd9132011b6c513838452c86ec1.jpg</src>
      <authentication>4791a0d23773e0520e047898607e9098</authentication>
    </file>
    <file fileId="93861">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1b832490eec24e909d1b1e545162fff5.jpg</src>
      <authentication>f2f8f8a89fdf7ea14408c4884f9ed89e</authentication>
    </file>
    <file fileId="93862">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6337aa2a30405b4453cc8075db54bea7.jpg</src>
      <authentication>50194c706f444b540a3e9c84b5ed5b3c</authentication>
    </file>
    <file fileId="93863">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e7af71ee7a291b5b6a3cef7df8cbdf67.jpg</src>
      <authentication>3f23b1979a6bc79257d85ff8ea38ed55</authentication>
    </file>
    <file fileId="93864">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fdcb8dc515435aa89f9166054e2597cb.jpg</src>
      <authentication>420b09b641868bd94c325b01250f5b93</authentication>
    </file>
    <file fileId="93865">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1aee33e21c1912bfe744a54c7295cce2.jpg</src>
      <authentication>39ee92420e4a95ce96b96bb4a2749745</authentication>
    </file>
    <file fileId="93866">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c9895f1f515079f9fe0037365d8deeca.jpg</src>
      <authentication>ba499de9649dd12978a65473be386fa0</authentication>
    </file>
    <file fileId="93867">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c193a554ff7856aae479ced5b9d92214.jpg</src>
      <authentication>a319b173b127a89d2fedc056f6a79b25</authentication>
    </file>
    <file fileId="93868">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/00172c5bf4a69ef2fafae534385454a3.jpg</src>
      <authentication>8e4b042e4d3d11014d1cf302fa9edf34</authentication>
    </file>
    <file fileId="93869">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e24eb1354c8d531fb6b1eda9e96ecc4a.jpg</src>
      <authentication>28eff593241f3c3425e7b96948402ed6</authentication>
    </file>
    <file fileId="93870">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c8a1297baced50a80110ae5c44b58819.jpg</src>
      <authentication>b9d68bb52a8e22ff5a577684e2b82d24</authentication>
    </file>
    <file fileId="93871">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fd17eaf08a79bba98e254db5e9e46ba1.jpg</src>
      <authentication>49649deda0ba4084230829bf5835ea9f</authentication>
    </file>
    <file fileId="93872">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/435a25185d5bb0511e6ea5b72a02abea.jpg</src>
      <authentication>1dbec94a5e66d279f28959935b676e3f</authentication>
    </file>
    <file fileId="93873">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4e223e79fdade70ed5089cbba44d27cc.jpg</src>
      <authentication>976bc568805b4d66ba283bdb4cdbf976</authentication>
    </file>
    <file fileId="93874">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4c64998652c7ec18ff66725f78fb60a3.jpg</src>
      <authentication>97d2ebc8bdcb105b625f3706f4e2798a</authentication>
    </file>
    <file fileId="93875">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/29d37f64c5d892ed08ae5b4f409344ba.jpg</src>
      <authentication>e549de7e8625175a92d41e9cb78fe954</authentication>
    </file>
    <file fileId="93876">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/03596abf890b10dc4c78ce5b983b1fcd.jpg</src>
      <authentication>83367610d461512f64354db67b22dfdd</authentication>
    </file>
    <file fileId="93877">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fe98beaeeae1fa40cfb37e7dbaac52cf.jpg</src>
      <authentication>938cfafaa5d180d5d55b564ab8e2241f</authentication>
    </file>
    <file fileId="93878">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ea00772ce710576d9b59121092fbdc2b.jpg</src>
      <authentication>1e3829da98163fe67acb20da9f9d1418</authentication>
    </file>
    <file fileId="93879">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c22db53129ae0d28ba01d8b9a1a7573c.jpg</src>
      <authentication>f961dd192ef32ac1eabc72654600cbbd</authentication>
    </file>
    <file fileId="93880">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/0f1bce01f2e1874ff365130ab395ccac.jpg</src>
      <authentication>4b2e723a346fc02231df8b37b8712269</authentication>
    </file>
    <file fileId="93881">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a49e56a5442ac420c757ab87189d4c77.jpg</src>
      <authentication>cbe4b239d5a6a211e2a6ccb1ea9583e0</authentication>
    </file>
    <file fileId="93882">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fe9b3e46373af0a5e41ad0f2e6a29d91.jpg</src>
      <authentication>a670fecbcd78b6d0c524cf0a53c948f0</authentication>
    </file>
    <file fileId="93883">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c35d1be3773579ae6f7c8bb783ba6f3a.jpg</src>
      <authentication>03f3d1b6dfdd0835f555d157f2d41755</authentication>
    </file>
    <file fileId="93884">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6f0fd480cff58b64ccd51c466abb0a39.jpg</src>
      <authentication>f257911dbb3cf77ebc4dfd376cfb1828</authentication>
    </file>
    <file fileId="93885">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/1d1784ed611195a37557f684cf69641b.jpg</src>
      <authentication>e59092ddf77b55f45f7264842c99274d</authentication>
    </file>
    <file fileId="93886">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bf40dee9e780c8a9f3d7d887d568918d.jpg</src>
      <authentication>149146031505c18391ad900d3533e2a7</authentication>
    </file>
    <file fileId="93887">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7d3db3b089bfc1acddacdda6158d817c.jpg</src>
      <authentication>13a59ca7085492b5a207661a7068357d</authentication>
    </file>
    <file fileId="93888">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/a7b8d1e750ae2ff5f2844c95f3d5f63b.jpg</src>
      <authentication>9670fb1f26ed993cbec56f37b1ce195a</authentication>
    </file>
    <file fileId="93889">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/61ac8acbaa03682faa4b443505711796.jpg</src>
      <authentication>f0516a79b882e180b3362200a6da48ce</authentication>
    </file>
    <file fileId="93890">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/07a981b0d66274653b1ba0e17981742b.jpg</src>
      <authentication>ca51bbda5ff8e456a4f0ad6c95f14669</authentication>
    </file>
    <file fileId="93891">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d5c7febc57d3e4b36edc16207f7c62a2.jpg</src>
      <authentication>8626177b9a14bb20393585bbee54fa79</authentication>
    </file>
    <file fileId="93892">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8432dd8543f510b2b3704dafd456415f.jpg</src>
      <authentication>571bd4583d21f65151c777bae68de46b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93893">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bb27172d0c4de0f7007a017df4904961.jpg</src>
      <authentication>b7950cfb2355ed8889da215a3b408279</authentication>
    </file>
    <file fileId="93894">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fbb0095b24a8a74f920d847d551a4aa0.jpg</src>
      <authentication>33250dad092b5c25994a263ab212f0cf</authentication>
    </file>
    <file fileId="93895">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/47f21892fcae07db74f7cbac5ac01980.jpg</src>
      <authentication>788ef28ffa2f900d67a76454bccbe528</authentication>
    </file>
    <file fileId="93896">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/46ec28083b4823231093720d78d2d7a0.jpg</src>
      <authentication>896cc7ad2d21cb540350a9a57e14272b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93897">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6d2a86b4c8ac5750f23f55922f664cb2.jpg</src>
      <authentication>eb903ecc6effb545c908ff15137a6884</authentication>
    </file>
    <file fileId="93898">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/21543b51888c4c867b6a5b35994a435b.jpg</src>
      <authentication>2d804560fdf0cc04c67047c1bd364ee8</authentication>
    </file>
    <file fileId="93899">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fdbf6f72a20434df9e6cf64611d1dac0.jpg</src>
      <authentication>343b51a8829bcfe9a6dad3a6b65cefe7</authentication>
    </file>
    <file fileId="93900">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/570d84439776971226beaafb81ee4fac.jpg</src>
      <authentication>cf1df4c7c5da18cefd931e358ca1005a</authentication>
    </file>
    <file fileId="93901">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/007ef71776680d7aa3fbfce9b9b2f27f.jpg</src>
      <authentication>7e9c49fca70a02ce125a973abdb4667d</authentication>
    </file>
    <file fileId="93902">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/366d2e06619801259bd836e0dc3c3d0c.jpg</src>
      <authentication>e856cb5eab7387207cb37afdf3542001</authentication>
    </file>
    <file fileId="93903">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d1336f55ae6a9b6529d0eda32d5d7f42.jpg</src>
      <authentication>1f4e21091171c702d23996097ce54df4</authentication>
    </file>
    <file fileId="93904">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c3f485c818ec2bec1cc92c0acf5685a6.jpg</src>
      <authentication>b9c9753b5087b85a710fdecc54c977ec</authentication>
    </file>
    <file fileId="93905">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7cd57ad1d441f9b17a1dd826c3ed43dd.jpg</src>
      <authentication>89eb19cd9743e77833ba84466db211e9</authentication>
    </file>
    <file fileId="93906">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/29fc93353604bf520417b5e936711a49.jpg</src>
      <authentication>7d948edc6ae0ef022cebc60e8eeb2402</authentication>
    </file>
    <file fileId="93907">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/883f07428fe95095d7cf8c6cf280d280.jpg</src>
      <authentication>46d3cc076c41d69d5ebd5d036df20694</authentication>
    </file>
    <file fileId="93908">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9e695795a2f812ade8b862e4f1afbe1c.jpg</src>
      <authentication>2c9fa3aada90a44ff4c220294ce84356</authentication>
    </file>
    <file fileId="93909">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ccdd875976ce4c2bc68b0ab341a51788.jpg</src>
      <authentication>91e2298d0d6868707f68b0ce7d67d264</authentication>
    </file>
    <file fileId="93910">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c0fec574285d1c9bffaf8c63f46f6d93.jpg</src>
      <authentication>ca5b98646accda0e9a052f8ab7490634</authentication>
    </file>
    <file fileId="93911">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/010ae7e8462b4d635269f1e0e7ae54d9.jpg</src>
      <authentication>2654936eaa1be7843b6854e75e7f6ff4</authentication>
    </file>
    <file fileId="93912">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/107091d893d6d77b9110cebdc60c680c.jpg</src>
      <authentication>fac53f7aa06770b510186fd507c28db7</authentication>
    </file>
    <file fileId="93913">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/599df49b4317ee0a85779fd95bff84fe.jpg</src>
      <authentication>c9968fa633369bcc287aee6cdd0acdcd</authentication>
    </file>
    <file fileId="93914">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9e8e2cdd65571c043d55acd432dda3d3.jpg</src>
      <authentication>3dbdf60435c43c689162c6977c5cf955</authentication>
    </file>
    <file fileId="93915">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dbe0810123b81f0f5b909be71e185834.jpg</src>
      <authentication>f605d5457ce9cddaa673499cdcff665e</authentication>
    </file>
    <file fileId="93916">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6f033fa2c5000c7763964bd9e53cf2f3.jpg</src>
      <authentication>3976d5806954798ea251a8069f2b7279</authentication>
    </file>
    <file fileId="93917">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bc22fbedb679b081b6aa2ce4df728328.jpg</src>
      <authentication>a5af97171d526913a859b059468aa783</authentication>
    </file>
    <file fileId="93918">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/da3355e1b50457ed90b3e5eaa3636be4.jpg</src>
      <authentication>d1c5eb29a411cfc51bd11ad1397c1b4b</authentication>
    </file>
    <file fileId="93919">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/92202f3da2529a3eca033105a4d6e647.jpg</src>
      <authentication>e629e85f48c538aab319c5d8eb0e13b0</authentication>
    </file>
    <file fileId="93920">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fc1583c0b0db846551ea9e1ce85b73ff.jpg</src>
      <authentication>ada7f381b56a13b33dafbe81323b7d7d</authentication>
    </file>
    <file fileId="93921">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b46ad85431e099a03c3c6f2647d429f4.jpg</src>
      <authentication>d2aad6a2c536eb8f4290a63e37e90968</authentication>
    </file>
    <file fileId="93922">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5247f5de7ec2fc53e2a3f60fb3155150.jpg</src>
      <authentication>b6d1f7912a97d3a8796b15f2ddbff836</authentication>
    </file>
    <file fileId="93923">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f4646d2ca4c8ab69d6c02f3bcb9e0f95.jpg</src>
      <authentication>9b95a6a1a5b6a001434ba30227ad301b</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="93">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355725">
                <text>Patrimoine écrit occitan:imprimés</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355726">
                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="15">
    <name>Libre</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="518906">
            <text>Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA)</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="518907">
            <text>Provençal</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518903">
              <text>Les bouquetières ou les trois mariages : comédie-vaudeville en trois actes et en vers provençaux et français / par Pierre Bellot.</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518904">
              <text>Bouquetières ou les trois mariages : comédie-vaudeville / Pierre Bellot </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="573145">
              <text>Bouquetières ou les trois mariages : comédie-vaudeville / Pierre Bellot </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518905">
              <text>Théâtre (genre littéraire) occitan</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518909">
              <text>Bellot, Pierre (1783-1855)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518910">
              <text>CIRDÒC - Mediatèca occitana, CBB 56</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518911">
              <text>Impr. d'Achard (Marseille)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518912">
              <text>1843</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518913">
              <text>2017-06-26 Gilles Bancarel</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518914">
              <text>Domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518915">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518916">
              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/a4e80c022e534a1e35b901eeac8c5aeb.jpg</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518917">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="518918">
              <text>1 vol. (64 p.) ; 23 cm</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518919">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518920">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="518921">
              <text>monographie imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518922">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/16454</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="518923">
              <text>FRB340325101_CBB 56</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="518924">
              <text>18..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="573146">
              <text>Représentée pour la première fois, à Marseille, sur le théâtre du Gymnase, le 16 mars 1843</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590893">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590894">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590895">
              <text>Livre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644637">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="720929">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="2311">
      <name>Poètas-obrièrs = Poètes-ouvriers</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
