<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="16477" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/16477?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-13T11:58:14+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="93604" order="1">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c1bfec77b42dc9c7c4a0dd3698d82099.jpg</src>
      <authentication>9735053137f7b2e35d04b1561ec1ec86</authentication>
    </file>
    <file fileId="94003" order="2">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b12da52c737b4fac6ea62179d27fdbfb.xml</src>
      <authentication>41020c9830b2f3f721c742c29a2298d8</authentication>
    </file>
    <file fileId="94004" order="3">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/865c7f1ed4f8a59e8849acb62058f648.pdf</src>
      <authentication>42eda575ad1a0e5f4bfb8f8e12db289d</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="613027">
                  <text>LES

ANCIENS

TROUBADOURS
33 U

VAR

LEURS NOTICES BIOGRAPHIQUES
D'ÜNE

SUIVIES, CHACUNE,

RÉSUMANT
ET

PRÉCÉDÉES

D'UNE

STROPHE PROVENÇALE

SON

ODE

TEXTE

AU

MONGE

DES

ÎLES-D^OR

par

Louis

FÉLABON,
Prix

:

de Toaion

50 centimes

La Provence est la terre où germa

le Proverbe ;
jardin des fleurs ! l'horizon des beaux jours!
qui lui complète une gloire superbe :
d'être le pays des galants troubadours!

C'est le
Et

ce

C'est

l'auteur.

TOULON
CHEZ

L'AUTEUR,

4,

RUE SAINT-CYPR1EN,

ET CHEZ LES PRINCIPAUX

LIBRAIRES

1864

CIRDOC

��LES

ANCIENS

I&gt; U

VAR

LEURS NOTICES BIOGRAPHIQUES
SUIVIES, CHACUNE, DUNE STROPHE PROVENÇALE
'

7

•».

RÉSUMANT

PRÉCÉDÉES D'UNE

SON

ODE

A(J

TEXTE

MONGE

IRES-D'OR

DES

par

Louis

PÉLABON,

de Toulon

D'aquest ingrata iou

Que dur afan

È

non ay ren

agut,

en mon van exercici ;

pensan ion l'y aver f'ach servici
Ay conneyssut, que non t'a sou dégut.
Geoffroy

du

Luc.

TOULQN
IMPRIMERIE

HYACINTHE

VINCÉNY^RÌ^NEUVE,

1864

C.I.D.0
BÉZtERS
Fons Pierre VINAS

20

�«

Si

j'aimais,

ce ne

serait

pas

Regard de feu, taille de reine
Qui pourraient à ma Souveraine
Enchaîner
Mais

ce

mon cœur

et mes pas ;

serait charmant corsage,

Regard voilé , calme visage,
Parler

simple, léger et doux,

Et cette
Dont

grâce chaste et belle

je n'ai trouvé le modèle

Que dans le ciel et parmi vous. »
Raoul

de

Gassin.

(Jules Canonge, Légendes provençales.)

CBB 4io_i?$

�DÉPARTEMENT

AU

VAR

DU

DÉDICACE

Quand j'ai pu recueillir dans nos vieilles chroniques
Afin de faire
Les

au

Var

présent solennel

rendus fameux des

noms

Qui surent l'illustrer
A

un

en

:

poètes antiques

naissant

sous son

ciel,

qui pouvais-je mieux faire accepter l'hommage

Des

vers

dont

j'ai doublé dans cette occasion

L'historique récit de cet aréopage

,

;

Qu'à l'heureux souvenir du comte Siméon.
C'est donc

au

Sénateur que ma muse

Ce modeste travail fruit d'un
Dont il sut mériter toute la

Quand

sa

dédie

département

sympathie

voix l'eut choisi pour son

représentant.

Louis PELABON.

Toulon, le 1er Janvier 186k

�A LA MÉMOIRE
DE

François-Me»Marie RAYN0I1AR1)
De

Brignoles

SECRÉTAIRE PERPÉTUEL

CHEVALIER DE LA

LÉGION-D'HONNEUU

AUTEUR

D'UNE

DE

DE

LA

(Var)

L'ACADÉMIE FRANÇAISE
ET DE

TRAGÉDIE

L'ORDRE

DES

,

DE SAINT-MICHEL

TEMPLIERS

HISTOIRE DES TROUBADOURS ET AUTRES OUVRAGES DE LITTÉRATURE

�AU MONGE DES ILES

Savant émule

D'OR"

d'Hermentaire,

Toi, qui du couvent de Lérins.
Fut l'actif bibliothécaire,
Monge, dont les travaux divins
Dans ce cloître de la Provence,
Pieux séjour où ta science
Créa vingt chefs-d'œuvre divers ;
Quand l'art t'a couronné de gloire,
Permets que j'offre à ta mémoire
Un modeste bouquet de vers.
Mais

D'oser

quelle manie indiscrète,

art, me diras-tu
Emboucher ici la trompette
sans

:

Pour rendre
—

hommage à ma vertu.
Ah ! c'est pour parer mon ouvrage

Que je veux à sa prime page

*

Voir

sa

Briographie à la fin de

cette brochure.

�6

—

Placer

riche trésor

comme un

Sans craindre que
Ton
Ton

nom

nom

—

tu t'y refuses,

sublime et cher
.

Mongb

des

aux muses

!

Iles d'Or.

diriger ici ma plume
un puissant secours,
Que n'ai-je l'antique volume
Pour

Et trouver

Des chants féconds des troubadours

Que les soins du docte Hermentaire,
Tira de dessous la

poussière

Qui le tenait enseveli,
Que sa vertu judicieuse,
Sa main dextre et laborieuse
Surent

préserver de l'oubli.

Quelle volonté fut la sienne
Pour, de
Discerner

poudreux manuscrits,
l'ortographe ancienne

ces

Et tant de traités mal écrits.

Cependant il lui fut possible
ce texte inintelligible
Opérer la traduction
De

Dont il offrit

au

roi de France,

Toute sublime

Une entière
Cher

d'élégance,
transcription.

Monge, ai-je besoin de faire,
m'inspirer un hymne heureux,
Une suppliante prière
A ces poètes gracieux?...

Pour

�Ah ! pour me

pourvoir d'harmonie,

Que n'ai-je le brillant génie
Qui sut illustrer tes dessins,
Et cette

patience austère

Qui distingua ton caractère
Parmi les anges

de Lérins.

Là, de nos comtes

de Provence,

dessinés,
ton
admirable
science
Par
Se virent tous enluminés :

Les riches blasons

Or, laque d'Inde, purpurine,
D'une façon noble et divine,
A l'azur d'acre mariés,
Surent consacrer à ces
Dans les emblèmes
Les

des

princes,
provinces,

présents les plus enviés.

Pour prouver

que ton

savoir-faire

produisait rien d'infécond,
Ta plume entreprit un glossaire

Ne

Des succès des rois

d'Aragon.

la reine de Yolande,
une pieuse commande,
Tu daignas, sur beau parchemin,
Faire un recueil de versets, d'hymnes,

Et pour

Comme

matines,
divine main.

D'heures de soirs et de

Écrit de

ta

�Comme

«ne

chose

précieuse,
prix de l'or,
(1) est glorieuse

Dont l'estime est
Rome la sainte

au

De

pouvoir nous montrer encor
Avec respect et sympathie,
La plus magnifique copie
Que tu fis des chants immortels
Dont le Var,

le Rhône et Vaucluse

Sont si fiers et de
N'en fera

qui la muse
jamais plus de tels.

Tu

peignis aussi des escadres
Voguant sous le ciel provençal ;
Que n'ai-je pu voir sous ces cadres,
De ton talent,
l'original.
Si tes ouvrages de peinture
Où

se

Des

reflétait la nature

fleurs, des fruits

Prouvèrent

des oiseaux

touche

artistique !
plus véridique
peignant l'image des eaux.

Tu fus
En

ta

et

encor

Avant d'entrer

Ton vieux

au

biographe

monastère,
nous dit

Qu'on te vit le riche exemplaire
D'un traité dignement écrit.

ce

(1) La bibliothèque du Vatican, la plus riche du monde, possède
livre

où

se

manuscrit où

sont

révèle la Provence

nement

de

ses

comtes,

recueillis les chants de

tout

nos

entière, libre et iière

troubadours

sous

et

le gouver¬

�A

l'exemple de ces trouvères
quelques rimes séculaires

Dont

Se montrent

encor sur

Tu dédias selon

vélin

Des chants d'amour le doux
A la comtesse

Chez toi,

;

l'usage,

langage

d'A velin.

notions héraldiques

Dessin, vaste érudition,

gréographiques,
Éloquence, religion,
Connaissances

Calcul, histoire naturelle;
Couronne auguste autant que
Furent les joyaux précieux

Que Dieu ! dans

sa

belle ;

munificence,

signaler son abondance
prodigua du haut des cieux.

Pour
Te

Encyclopédie
D'esprit, de vertus, de savoir ;
Peinture, vers, philosophie,
Rien ne manquait à ton pouvoir.
Et profond sur chaque matière,
Tu fus

Tu traças
De

ces

une

la carte routière

lieux où l'humble sillon;

Après deux siècles de distance,
présenter à la France
Le berceau du grand Massiluw !

Devait

�—

10

—

Que n'ai-je l'heureux avantage
Qu'eurent nos modestes aïeux :
D'avoir pu, pour te rendre hommage,
Pleins d'un respect religieux ;
Fouler les abords de ta tombe !...

Car, aujourd'hui, pour hécatombe
Il

ne nous

reste

qu'à t'offrir

Pour éterniser ta
-

mémoire,

Salaire d'une illustre

gloire

:

Qu'un sympathique souvenir !
Toutes les

grâces provençales,
Quand tu fis tes adieux au jour,
Vers les profondeurs sépulcrales
Ont semblé marcher

sans

retour.

On nirait
De ta

jusqu'à l'évidence
précieuse existence

Si, Nostre-Dame,
N'avait d'une

en ses

écrits,

plume immortelle
Tracé l'analyse fidèle
De tes mille travaux de prix.

�—

11

-

LES ANCIENS TROUBADOURS DU

YAR

(siècle d'auguste).

glorifie d'avoir vu naître Cornélius Gallus, l'un
d'Auguste et l'ami de Virgile, qui
lui consacra sa dixième Êglogue; Auguste avait confié à
Gallus le gouvernement de l'Egypte, mais le poète s'y com¬
porta en avide proconsul, et, condamné à l'exil pour ses
concussions, il se donna la mort. Ses ouvrages ont été
perdus : les vers que l'on a coutume de publier, sous son
nom, à la suite des Élégies de Tibulle et de Properce, ne
sont pas de lui, ils ne justifieraient guère la haute réputa¬
tion que ses contemporains lui ont faite.
Fréjus

se

des ornements du siècle

Per

qu'aquel obro sieeh ooutant digno que justo,
moument recréa leis lectours ;
Jésu-Christ, dins lou siècle d'Augusto,

Et que pousque un

Es

avant

leis ooutours.
revandiquo la gloiro
musolatino; es beou pernouastrohistoiro,
ami de Virgilo ! un poèto de pris :

Que de la pouésié citarem

Fréjus,
D'uno

Qu'un

per coumença

de l'Egypto,
Properço nous cito,
renoun, illustre lou peys.

Cornélius Gallus, gouvernour

Que Tibullo a canta, que
Doou Var, per soun

�—

&lt;12

—

MOYEN ÂGE.

peine la poésie provençale commence à jeter quelque
éclat, que les comtes de la maison de Catalogne, magni¬
fiques et libéraux, attirent à leur cour tout ce que la Pro¬
•

A

de

galants chevaliers et de gais troubadours.
seigneurs, à leur exemple, encouragent et cultivent
la poésie ; les dames se plaisent à tresser des guirlandes et
des couronnes pour les poètes qui célèbrent leur beauté, et
les châteaux de Signes et Pierrefeu sont les rendez-vous de
ces cours d'amour, où, sous la
présidence d'Estiennette de
Baux, de Boïande d'Agoult ou de quelque autre noble et
belle châtelaine, se discutent avec gravité les sujets les plus
vence a

Les

frivoles.

A

parla francament, es dins lou mouyen âge,
qu'à vis passa tant de gai troubadou ;
Que ponadi dins lou cours d'aqueou moudeste ouvrage,
Siècle

Vous débitar de

noums

à vous rendre sadou.

D'Estienetto de Baou, souto la présidenço,
Doun Signos, Peirofué, eroun la rèsidenço

D'aqueleis

d'amour, mounté leis chivalié,
vers fa mentien de seis
flamos,
Crentous, coumpareissien oou tribunaou deis damos
Per li subi lou blâme ou lou pris deis loourié.
cours

Per avé dins seis

Elyas de
dours du

Barjols

xn«

se

faisait

siècle. Toutes

parmi les trouba¬
poésies, empreintes de

remarquer
ses

�13

—

—

grâce et de délicatesse, sont dédiées à la princesse Garsande, fille unique de Guillaume IV, comte de Forcalquier.
Il a composé un poème héroïque sur la guerre des princes
de Baux, avec les comtes de la maison de Bérenger, intitulé :
La guerre des Baussences.
Barjoou, lou talent poétique,
faguet remarqua ;
Leis suceès glorious de soun geanre érotique,
Longtemps, dins lou miéjour dcmoureroun marqua.
La princpsso Garsando pn qû seis hemisticho
Ant fach en la cantant uno gloiro tant richo
Que Guilleoume, dirai, comte de Forcalquié,
Per pris d'avé rendu tant d'hooumage à sa filho,
Se noun l'admetlet pas dins sa noblo familho,
D'klyas de

Parmi Ieis troubadours si

Li counsacret dooumens

Le

sa

sineèro amitié.

plus brillante pé¬
poésie provençale, et le département du Var
plus d'un nom remarquable à la liste nombreuse des

xme

siècle et le suivant forment la

riode de la
fournit

troubadours.
Nous citerons d'abord trois Blacas,

seigneurs de la petite

d'Aulps. Le premier, qui vivait au commencement du
siècle, et que ses vertus militaires firent surnommer
le Grand Guerrier, ne s'adonna point à la poésie ; mais il

ville
xnie

aimait les

poètes et les protégeait ; c'était un des plus il¬
plus magnifiques barons de la Provence. Son

lustres et des
fils et

son

tèrent pas

dours

:

petits-fils, comme lui, braves guerriers, n'héri¬
seulement de sa bienveillance pour les trouba¬

ils ambitionnèrent

ce

titre, alors si cher

aux

belles,

�_

et

cultivèrent la

fils,

connu sous

bert

un

14

—

poésie provençale
le

nom

avec succès. Le petitde Blacasset, dédia au comte Ro¬

traité De la maniera de ben guerroyar, que

tribue à

père. Il avait choisi

son

pour sa

l'on at¬
dame, Huguette

de Baux.

l'routégea per Bellouno et caressa
Toucant l'endrel d'Azaoup, parlaraï

deis musos,
de Blacas;
Un troubaire guerrié, noun poou fourni d'escusos
A nous détermina de n'en
pas faire cas.
Noun countent d'inspiro leis vertus militaris
A seis fiou Blacasset, leis fet héréditaris
De soun gous per leis vers, et se voures sache
Que damo avien choousi per célébra l'alluro :
Damo Huguetto de Baou! doun l'esprit, la figuro,
De touto perfectien portavoun lou cachet.

Raoul

Rollet de

Gassin, né au château de Gassin, sur
golfe de Grimaud, fut célèbre, en son temps, comme
historien, orateur, théologien et poète : c'était un génie
universel. Il rendit d eminents services au comte
Raymond,
son souverain,
par sa bravoure et par sa sagesse; il était
ou

le

l'âme de

son

conseil.

Les

rigueurs de la belle Richilde deMontau, qu'il aimait,
prendre l'habit religieux; cependant les
instances de son prince et de ses amis l'arrachèrent au
cloître; mais il ne rentra dans le monde que pour com¬
battre par son éloquence l'hérésie naissante des Vaudois;
lui avaient fait

il mourut

en

1229.

�—

45

—

théologien, grand oouratour, poèlol
beôsai médecin,
De scienco et d'esprit garho noblo et coumplèto,
Per ma cinquième stanço aï Raoul de Gassin.
Per malhuor, leis rigours de Richildo la bello,
L'aneroun larament tortura la cervello,
Coumo

Fidèlo historien, et

Que lou paoure amourous

s'encapoutet d'un froc;

pieds de l'ooutat, dins la récluso vido,
Qu'anet si counsoura de la damo perfido
Et soulagea soun couar d'aqueou terrible choc.
Es eis

Lucas de
contre
ments

Grimaud, s'éleva dans

de magnifiques sirventes

injustices des grands seigneurs et les dérègle¬
clergé : la matière était féconde. Le pape Bonifut particulièrement l'objet de son animadversion

les
du

face VIII

poétique. Il fut aimé d'une demoiselle de la maison de Vil¬
leneuve, qui, pour fixer le poète, lui fit prendre un philtre
tellement violent, qu'il se donna la mort dans un accès de
frénésie.

terribles vicis,
Que Lucas de Grimaou, la férulo à la man,
Castigant par seis vers toutcis leis injusticis,
Es contre leis

Signours et seis

un renoum assas grand.
eima d'uno charmanto bello,
Que, per l'assujétir à soun amour fidèlo,
Li faguet avalar un vin tarament fouar,
Qu'ooublidant tout d'un çoou : scianco, poésio,
Et sesi d'un accès d'ardanto frénésio,
Lou paoure, s'endormet dins leis bras de la mouar.

S'es fa coumo

troubaïre

Et fouguet tant

�16

—

—

Bertrand du

Puget, ne fut point un troubadour du pre¬
il est cependant resté quelques fragments de
ses
poésies; elles sont dirigées contre l'amour et contre
l'avarice des grands; ce qui semble
prouver que le poète
n'était favorisé ni des grands ni des belles. Il mourut en
mier ordre ;

1265.

De Bertrand doou

Lnen desi

counsacrar

Puget, la

muso

prouvençalo,

favourablo eis amours,

Et deis damos doou temps

si faire la vassalo,

Contre elleis, déeheînet la haino et leis himours.
Seis vers, dios aqueou but, si moustreroun

passiches,
plumo coumbattet l'avariço deis riches ;
Ooussi, damos, signours à la fes maou trata ;
Sa

Afin de si paga deis efforts doou
troubaïre,
Mispreseroun seis chants, leis leisseroun de caïre,
Afin de leis soustraire à la poustérita.

Geoffroy du Luc,
sance

de

du grec et

Flassans,

joignait

talent poétique la connais¬
du latin. Il avait eu pour élève Flandrine
au

et il lui adressa

ses

hommages; mais il

ne

put obtenir que son estime. Le poète, irrité, s'en prit à
tout le beau sexe, et ne rima
plus que pour en médire. Il
avait établi dans

son

château

une

espèce d'académie où

se

rassemblaient les beaux
esprits de la contrée pour deviser
de poésie et d'amour, mais avant tout
pour dire beaucoup
de mal des dames. Il mourut en 1308.
Parmi les gentilshommes troubadours
saient chez le

qui

seigneur du Luc,

se

réunis¬

nous nommerons comme

�—

étant de notre domaine

17

—

Rostang de Cuers, Raymond de
Brignoies, Luquet Rhodelut de Toulon, et Manuel Balba,
sieur du Muy.
:

Geooffrey doou Luc,

parei, soun talent per la lyro,
sooupica de grec et de latin ;
Pensavo pas, qu'un jour, lou fouit de la satiro
Petarié dins seis mans per blama lou destin.
De Flassans, per élevo aguet pourtant Flandrino,
De qû, moougra seis soins et sa cour clandestino
Ooutenguet tout à peno un médiocre accuei ;
Mai per vengea l'aft'ront fach à sa vivo flamo,
Fet résonna soun luth per mespresa la damo,
Et puni soun dédin, sa rigour, soun orguei.
Courous et

Erles de
du

Signes, ainsi nommé parce qu'il était seigneur
village de ce nom, dont la seigneurie appartenait à une

branche cadette de la maison de Marseille, est interlocuteur

dans

Guillaume Gasmar, qui en est l'au¬
conjecture que ce Guillaume est le même
que Guillaume d'Adhémar; il s'agit dans cette Tenson de
savoir lequel a plus de souci et de chagrin, ou le débiteur
qui, ayant une grosse somme à payer, n'a ni or, ni argent
ni espérance d'en avoir, ou l'amant qui chérit tendrement
une maîtresse sans en pouvoir rien obtenir.
Ebles répond : « Jamais homme n'a été plus maltraité
par l'amour ni plus obéré de dette que moi. Ainsi je puis
parler comme ayant expérimenté l'un et l'autre. Le tour¬
ment des créanciers est incomparablement plus cruel que
tous les maux de l'amour, et il n'y a rien de pire que de
s'entendre dire de tous côtés : Vite qu'on me paye. »
une

Tenson,

avec

teur. Crescimbeni

3

�Nous

avons

une

pièce de lui écrite à

cc

sujet et autres

poésies.
Se lou

chagrin d'amour

es un

vilen martyre

Alors que l'on si vus noun paga de retour,
Et que creses surtout que t'ague ren de
pire
Per tourmenta lou corps la nuet coumo lou
jour.

Aqueou d'un dèbitour accabla de créanço
Qu'a ni liard, ni jéloun per oouteni quittanço,
Qu'es doou matin oou soir poursuivi per l'huissii,
N'es gaïre pu pouri ; une caouvo reello
Es, que tout lou refus qu'esprouvas d'uno bello,
Torturo mens lou couar qu'un mot de créancié.
Guillaume de

Bargemont, fut un des plus aimables et des
plus galants poètes de la cour du comte Raymond Bérenger V. Mais en publiant avec trop de fatuité ses nombreux
succès auprès des dames, il s'attira leur
disgrâce et se vit,
par leurs intrigues, exilé d'une cour qu'il charmait par son
esprit et par ses talents. Cependant après la mort de BéGuillaume obtint la faveur et la confiance de Charles
d'Anjou. Il mourut en Sicile, à la cour de ce prince, vers

renger,

l'an 1285.

Bargemount nous fournis un deis miou troubaïre,
Qu'ague charma la cour de Reymound Bérangié ;
Guilleoume

ero soun

sabié plaire,
paou de moudestié
A prounar leis succès
qu'oouteuié chez leis damos
Aguet leou mérita seis mespres et seis blamos.
Mai malherousament

noum, sa muso

soun

�—

19

—

L'histoiro

nous
apprend qu'à la mouar d'aqueou rei,
L'imprudent troubadour, per sa gayo sciauço,
Doou boua.1 Charles d'Anjou s'attirel
la eounfianço
Et mouret à sa cour d'après ce
que parei.

Granet de

Brignoles

;

la plupart de

ses

sirventes

sont

dirigées contre le comte Charles Ier d'Anjou ; il écrivait sans
doute sous l'inspiration de quelque
seigneur de la branche
catalane,

Brignolo

vis brilha Granet per seis sirvanto,
proumié d'Anjou;
La chroniquo doou temps, haoutament se n'en
vanto,
Et soun vici biographo, ensin la messo à
jou.
Coumo dis lou papié, parei qu'aqueou
poèto,
Deis bords doou caramy, graciouso
retreto,
Souto l'inspiratien de quaouque
grand signour
De branco catalano et d'esprit visiounari,
Coumpousavo seis vers, car, pensa lou countrari,
Nouu, sérié pas dins l'art, si mouslra connouissour.
Contro

Abnacd de

a

soun

souverin Charle

Cotignac était

gentilhomme que sa
la poésie rendirent agréable au
comte Louis, roi de Naples, qui lui donna la terre de Coti¬
gnac. Arnaud, devenu amoureux d'une grande dame qui no
bravoure et

lui

son

témoignait

un pauvre

talent pour

que

de l'indifférence, espérait

l'absence, d'une passion si malheureuse
voyage en Orient;
belle un traité intitulé
un

se

guérir,

par

il entreprit donc
départ, il dédia à su
;

mais, avant son
Les Souffrances d'amour.

:

�—

20

—

Coutiguac, geantilhome estimable,
noblo bravouiro et sou» gous per leis vers,
Eis ueisdoou comte Loui, feroun recoumandable,
Ahnachjd tic

Que

sa

d'esprouvar de peno et de revers.
passien per uno grando damo
De qû l'endifferenço et la fierla de l'amo
Aecableroun d'ennuis lou paoure troubadour;
Per eou, lou miès fouguet de fuge 1« rebello,
Mai, tout en la quittant, dédiet à sa bello
Un libre intitula : Leis Souffranços d'amour I
Manqué

pas

Pres de bello

d'Hyères, florissait au xiv® siècle ; il ne reste de
qu'un fragment d'une pièce de vers consa¬
crée à l'éloge de la princesse dona Sanche, fille du comte
Raymond Bérenger, cinquième du nom.
Rambaud

ce

troubadour

Lou quatorzième siècle a produit Rambaod
Mai lou peys d'aqueou duou malherousament
S'en faire, en lou citan, uno pichouno fièro,

d'Hyèro,

Lorsque de seis escrits resto plus qu'un fragment.
poussedar un habit senso manclio
Qu'aqueou feble pussu de vers à dona Sancho,
La filho, lou diamant ! de Reymound Bérangié ;
Va diou sincerament et va vous poudes creire :
Es fachous que leis chants de nouastreis paires reire
Tant voudriet

Si sièchoun paouc

Tabaddet de

temps,
voisin

à paouc perdus

presqu'en entié.

Flassans, eut le secret, peu connu

de

son

de s'enrichir en cultivant la poésie. Il avait pour
Poulquet de Pontevez, jeune et magnifique seigneur

�—

21

—

qui aimait passionnément les vers et en faisait lui-même
de Pontevez une por¬

d'assez bons. Taraudet ayant acheté
tion de la seigneurie de Flassans, lui

présenta une pièce de
ensignamens per si gardar contra les
tracyons d'amour. Le jeune seigneur fut tellement enchanté
de cette poésie, qu'il la reçut en paiement de la vente qu'il
vers

intitulée

;

Lous

venait de faire à

son

auteur.

Taraudet fut

encore un

brave

guerrier, il mérita les bienfaits de la reine Jeanne.
Taroudet de

Flassans, aqucou jouyous troubaïre,

Que, per vesin, aguen Poulquel de Pouulevez,
Seis vers, dins un marca feroun lien soun affaire.
Un jour, aguen trata d'uno tearro de pres,
Eme lou sus-nouma ; l'offro uno poésio
—

Quà

soun naz

tarament peteget

d'ambroisio

parfums, que, l'eimable signour
Enchanta de la peço amplo et satisfesento,
Vouguet ben la reçubre en pago de la vento
Que veniet de passar emésoun digne ooutour.
Et de nobles

quinzième siècle a vu fleurir un assez grand nombre
pieux personnages; nous citerons : saint IIermentaire,
moine de Lérins, né dans un village de la Basse-Provence.
Passionné pour la retraite et l'étude, il a laissé une histoire
des Troubadours, et une description des Iles d'IIyères, con¬
tenant le catalogue des plantes et des animaux qui s'y
rencontrent. Ces ouvrages ne sont point parvenus jusqu'à
Le

de

nous.

On dit

pourtant que le premier a été continué par le
d'Or, né, dit-on, aux environs des îles

Monoe des Iles

d'IIyères et qui fut bibliothécaire de

l'abbaye de Lérins. Le

�—

22

—

Monge des Iles d'Or, nous dit César de Nostre-Dame,
qu'il était de la maison de Cibo; et que non-seulement ce
moine fit un recueil des
poésies des Troubadours, mais que
lui-même, avant d'entrer dans

le monastère de

Lérins,

avait

composé des traités d'amour, dédiés à la comtesse
d'Avelin, Élix des Baux. Il mourut en Provence emportant
toutes les

muses

et les anciennes

semblèrent vouloir s'ensevelir

avec

grâces provençales qui
lui.

Faguen grando mentien doou bibliolhecari
Que soignet leis papiés doou couvent de Lérin,
MouNGEdeis Ilos d'Or, emulo

Qu'après avé

d'Harmantari,

canta la damo d'Avelin

:

Elix de Baou !

degné, deis célèbre troubaïre
Illustra lou recueil afin de pousqué faire
Eis comtes de Prouvenço, à la
poustérita
Uiio offro préciouso !... Es flattous per sa gloiro
D'avé per un laou libre assura la mémoiro
Deis cansouns que l'oubli si plaïsiet à gratta.

Rostaing de

de

Brignoles, moine de l'abbaye de Saint-Victor
se rendit célèbre par sa piété et par son
poétique, à une époque où la poésie provençale était

Marseille,

talent

déjà tombée dans le discrédit. On
Marthe, de sainte Madeleine

et de quelques autres saints
poésies ont été perdues; sa profession et
goûts ascétiques font présumer qu'elles ne roulaient que
des sujets pieux.

de Provence. Ses
ses
sur

lui doit les vies de sainte

�—

23

—

En parcourent ma listo, un mouiue de

Ajusto à

Brignolo,
libroun un troubaïre de mai;
enfants bénis de la piouso escolo,

moun

Seis vers,

Pourrie» pas, siou segur, nous offrir ren de
gai.
Surtout que de soun temps, la muso prouvençalo
Humblo

et

simplo vesié

sa poumpouso rivalo
gloiro à roumpre soun crédit..
Rostaing, outro leis vers qu'à sorti de sa veno,
A fa per rendre booumage à Martho, à
Madaleno,
L'histoiro oou grand coumplet; lalleis soun seis escrit.

Cerca richo de

,

Arnaud de

Villeneuve, marquis des Arcs, se rendit célèbre
les services qu'il rendit
seigneur de La GardeFreinet et de La Motte, cultivait aussi la poésie. Il fut l'ami
de Malherbe, qui lui adressa des vers très-flatteurs. Au sur¬
plus, la célébrité poétique de ces deux Villeneuve n'est que
par son talent pour la poésie et par
à la cause de Henri IV. Son frère,

de tradition. Les titres

sur

point

nous.

parvenus

jusqu'à

lesquels elle est fondée

Dous fraïres prouvencaou

ne sont

doou noum de Villonovo,
marquis d'Eis-Ares, se duvi parla net,
Et que nous a douna d'un troubaïre, la provo ;
L'aoutre, noble signour de La Gardo-Freinet.
Muso ooussi renoumado, et, l'ami de Malherbe
De qû, per Ihounoura, un'epîtro superbo
Li fouguet adreissado emé cérémounié.
Vuas que nouastre peys oft'ro mai d'un génio
Digne d'approubatien, car la mémo famio
Nous en presento dous marchant de coumpanié.
Doun l'un

�—

24

—

Arena florissait aussi dans

Antoine de

oe

siècle

:

né à

poète macaronique a laissé, sous une
burlesque, une description très-exacte de la Pro¬
vence, et une histoire aussi fidèle que plaisante des guerres
de Charles-Quint en Provence et en Italie.
Soliers. Ce célèbre
forme

Arena de

Solié, chantre macoronnique

Qu'en rimant leis coumbats doou rude Charle-Quiu,
Nous leis

a

détaitha d'un geanre tant

Que trouvas dins seis

vers

la

muso

coumique
d'Arlequin.

leissa tamben

souto la mémo formo,
toujours nelto et counformo,
Un amplo descriptien de nouastre beou peys ;
Ooussi, sachem-li gra de sa gayo scienço
Alor qu'a pas manqua de canta la Prouvenço

Nous

a

Mai de fidélita

Et

moustra

que soun

luth

ero

Louys Belacd de la Bellaudière

de quaouque pris.
,

gentilhomme de Grasse,

été l'un des restaurateurs de la

poésie provençale au
xvi» siècle. Marseille d'Altoviti a consacré à sa louange et à
celle de Paul de Marseille, la seule pièce de vers qui nous
reste de cette troubadouresse ; elle commence ainsi :

a

Nul n'aura dans le ciel partage,
S'il n'a

chanté dans l'univers

Ce rare

phénix de notre âge s
Bellaud, unis en vers.

Paul et

Belaoud dit de la Beelacoièro,
poèto fama ;
La villo ountés neissu, a resoun d'estre fièro
Bavé douua lou jour oou noble sus-uouuia,
Saludem Louy

Gentilhome de Grasso et

�-

25

-

prouvençalos,
Vaqui lou beou cachet, leis notos principalos
Savent restoouratour deis

muses

Que duvem farbrilhar ù cousta de

soun noum.

Marsilho d'Altovit, a

fach à sa louaugeo
Uno péço de vers mounté sa man lou rangeo
Parmi leis troubadours de pes et de renoum.

(François), élève de Malherbe, et
premiers membres de l'Académie française, a pu¬
blié, en 1633, un recueil d'odes et d'autres poésies, où l'on
retrouve plutôt les défauts que les beautés du maître.
On assure qu'il obtint une pension de 1,400 livres pour
avoir composé un sonnet sur les yeux de la belle Gabrielle.
Jean d'Arbaud, frère du précédent, cultiva aussi la poésie,
et composa, suivant la mode du temps, force sonnets,
idylles et paraphrases ; mais il n'obtint ni pension ni fauteuil
académique.
D'Arbaud de Porchères

l'un des

Citem Françoua d'ARBAOUD, poèto

de mérite,

Elevo de Malherbo, un deis belleis proumié
Doun seis chants publica l'ooutengueroun ben
Un illustre fooutuei dedins

vile

l'Académie.

Fouguet récoumpensa d'uno pensien fidèlo
Per avé, su leis ueis de la bello Gabriello,
Fach em'un gous esquis, un sonnet ben rima ;
Tamben, Sant-Meixemin, à bouan dret si fa gloiro
Davé douna lou jour à d'Arbaoud, et l'histoiro
Deis troubadours doou Var si plaise à lou nouma.

FIN

DUS TROUBADOURS DU

TAR.

�—

26

—

A MOUSSU PERRACHO

La

d'un Ronsard, d'un Baïf, d'un Joachin

muso

A cantat mistament ton franchiman

lengagy;

Aquello dan Tuscan a ploura son ramagy
Virgillo a Carlamuat sous carmes en latin.
May tu

qui lou ceou es ista plus begnin
despuis lou mailhouot trapeiat sus l'herbagy
D'aquel Mount, double Mount, et ton apprentissagy
a

A

Ses fach diversement

sus

Glorious

tu te fas

diversement,

Lous autres
Ta Muso

en

lou flot

Pegasin.

Apollon,

grand peine an fredonnant un ton
tres façons tey beau versés entODno
en

En francès,
Espagnou, en naturau Tuscan
Dont faut que per
ton cap uno sagrado man
De lausier entourtille une
triplo couronno.

La Bellaudièro.

Extrait de l'Almanach de

Provence, 1860.

�—

27

-

BERNARD DE YENTADOUR
(poète

Dû xiie

siècle).

Les vers provençaux intercalés dans cette biographie, ne sont,
d'après le texte historique, que l'essai d'une traduction des poésies
de ce troubadour, en provençal actuel.

Bernard deVentadour

naquit d'une famille humble et pauvre,
quelle année. Le biographe dit
que son père était de la classe des valets. Quoiqu'il en soit,
les heureuses dispositions de Bernard, la vivacité de Son
esprit et le tour brillant de son imagination le firent de
bonne heure distinguer. Tout enfant, il composait des vers,
il les chantait d'une si douce voix, et il accompagnait son
chant de gestes si gracieux qu'on jugea bientôt qu'il était
destiné à surpasser tous les autres troubadours. Eble III,
qui aimait son talent, voulut le garder auprès de lui ; il
l'encouragea, l'aida de ses conseils et le combla d'honneurs.
on ne

sait pas précisément en

Malheureusement Eble avait
et le

une

femme aimable et belle,

jeune troubadour qui cherchait encore sa dame,
la voir sans l'aimer d'amour. Il chanta sa peine :

ne put

Que terrour, pas puleou qu'enlrevesi ma damo,
s'emparo de moun amo ;
Un esfraï singulié de suilo mi sesis,
Moun visage si marbro et moun uei s'assoumbris.

(1)

«

Un tramblament secret

�f

—

28

—

lou

jouno qu'un vent de mar agito
rampli d'uno terrour subito ;
L'amour que tant duvriet mi faire courageous,
Mi coupo la paraoulo et mi rende crentous.
Aqueou qu'oou maou d'amour tant debeouta soumette,
Merilo ben segur que sa damo proumette
A soun esprit chagrin, à soun corp tourmenta,
Un regard de soun amo, en paou de carila. »
Trambli

Tout

li

ne

le jeune

coumo

moun

êtro

es

paraît pas que cet amour ait révolté la dame, et
troubadour continue à dire :
{$)

&lt;i

Oh ! l'amour m'a tant fach uno douço blessuro
sa maligno injuro ;

Qu'eslimi leis effets de

Délicious tourment, se

mouari de douleur,

Reneissi de plesi millo fes dius lou jour.
Moun maou es d'un esprit tant extraordinari,

seriou pas franc se disiou per countrari
préféri pas tant deis ueis que doou couar
A la joua la plus vivo, oou bonhuor lou plusfouar.
S'aquelle enfirmita produit tant de délicis,
Que charmes n'oouran pas après leis sacrifices
Leisdouceis emoutiens daqueou maou singulié?
Que

noun

Que lou

Se n'en fouriet

motiri, n'en mourriou vourentié.

»

Apparemment, la dame, touchée du mérite de son trou¬
badour, oublia bientôt l'obscurité de sa naissance, et ne vit
plus que l'éclat de son talent. Elle l'agréa pour son che¬
valier, et l'heureux Bernard s'empressa de lui jurer protec¬
tion et fidélité

comme

à la souveraine de

sa

vie.

�—

29

—

li m'oonblige,

(3) s Chéro damo, à teis peds quoique ren
Charma perla beouta, mi faou toun home-lige;
A teis coumandaments soumes et dévoua,

glorious moun zèlo t'es voua.
lou eouar ; t'apparteni per l'amo ;
Siès ma promièro amour, as fa neisse ma flamo ;
Moougra qu'aquelo caouso enfante moun tourment,
D'estre à tu per toujours, damo, ti faou serment ! »
En esclaou
Siou à

tu

per

chevaleresque et mystérieuse lui inspira
une
pièces charmantes où il célébra sa dame
comme une amante incomparable, mais sous un nom con¬
venu entre elle et lui. Dans une de ces pièces, il nous paraît
avoir exprimé avec vérité l'ivresse d'un bonheur dissimulé
avec peine, et les transports d'admiration où le jetait l'amour
Cette liaison
foule de

d'une si haute dame pour un pauvre

(4) « Ah !
La beouta de
Tout

en

troubadour tel que lui.

lorsqu'aousi vanta d'aquello noblo damo :
corp, Ieis vertus de soun amo ;

soun

dissimulant, faou semblan de douta

flattour que li soun débita.
ben m'assurar se l'amour qu'ai per ello
La mi fa pas trouvar plus eimablo et plus bello ;
Usi d'endifferenço afin de recuilli
Touteis leis ooupinien que sembloun l'accuilli.
Su seis trets grâcious, qu'aouquo questien que fassi,
La responso mi plaï; chacun vanto sa grâci
Chacun li rende hooumage, ah! pensant à soun couar
Alors désir d'amour chez iou devent plus fouar

Deis eloges
Et per

Et voudriou

»

�—

Et

30

—

puis c'est l'impatience du désir qui

regret; c'est

un

gissant

invoquant la bonté de

et en

conseil timide de

se

trahit

comme à

volupté murmuré
Dieu

en rou¬

:

Tandis qu'a soun aspect moun amo es tant
timido,
surprendre un moument endormido,
Vo, fen semblant de v'estre; alor m'hasardariou
De li roouba un beisa,
pas mai, ren qu'un, oliI Diou,
Pusqué m'es pas permes d'oouteni perprièro
Ren d'aqueleis
favours, ô damo troou sévèro
Oou noum de
l'amitié, laisso t'en paou fléchir,
Et su leis préjugea
vagues pas réfléchir ;
Ni mai counsiderar que nouastro
ooudaço es foualo.

(5)

«

La pousquessi

Lou temp, passo
encourrent, nouastre
Et pourriam, se vouries, s'entendre

printemp s'envoualo,

adrechament

Per

voua

mysteriouso

Pusqu'à nouastreis
Aguen
Mais de
à voiler

recours

en aquestou moument ;
désirs i'ooudaço si refuso,

alor à n'un

quelque mystère

brigoun de

que ce

ruso. »

couple heureux chercha

amours, Eble les soupçonna, et
lorsque l'indis¬
crète confiance que donne le bonheur eut
inspiré au trouba¬
dour des aveux
téméraires, lorsqu'il se fut écrié dans un
chant d'illusion et
ses

d'espoir

(6)

:

La damo que préféri entre touti leis damo,
brûlo moun couar, per qû souffre moun amo
Escouto ma prièro et répèto
meis chants.
ot

Per qû

Sa bouto leis
Plus

ren

reten alin de mis

mi fa

leis

dire,

souffrir, ai fini moun martyre,
Ressenti plus leis coou
d'aqueou Diou tant méchant,

;

�—

34

-

Espéranço coumblado, ô pris de ma tendresso 1
Douço grâei reududo à ma fidé'ila,
Diga-mi, su que ton aro duvi canta
Per dire moun bonhuor et plaire à ma mestresso?

»

Alors le

Bernard

vicomte, ému de jalousie, interdit sa maison à
était-ce par prudence et crainte de l'avenir ? Était-

;

juste ressentiment du passé? Nous ne nous per¬
pas de trancher ce grave problème historique ; il a
vainement tourmenté de plus doctes cerveaux
ce

par un

mettrons

queies nôtres.
soit, Eble ne se contenta pas d'avoir séparé
nos deux amants, il enferma
la dame, Bernard composa à
ce
propos une sorte de compliment de condoléance, et à en
juger par la suite de l'histoire, il ne fut pas heureusement
inspiré; car celle qu'il aimait, nous en rougissons pour
elle, le fit éloigner pour ne pas fournir plus longtemps à son
Quoi qu'il

en

mari des

prétextes de persécution.
prit cet avis pour une marque
d'infidélité; mais voulant donner à sa dame un dernier
témoignage d'attachement, il s'exila d'elle et se mit à voyager
en chantant les
peines et les regrets de l'amour, comme il
en avait chanté
l'espérance et la joie. Il parait qu'il ne se
laissa pas facilement distraire de sa douleur
par la célé¬
brité toujours croissante qui s'attachait à son
nom, et à
quelque temps de là il ne comprenait plus comment il
avait pu se résoudre à partir.
Le malheureux troubadour

(7)

«

Diou, duguel s'estounar

Douço à si séparar deis attrets de

en vesent ma paouro amo
sa

damo,

�Sachet li seoupre gra

deia résignatien

Que moustret, la mesquino, en aquelo ooueasien.
Car

proun qu'en perdent una tallo mestresso,
felicita, repaou, bonhuor, richesse!
Et que se lou destin m'ooubligeo à la plourà,
soou

Perdi

Sa

puissanço

ooura pas

de

que

mi

counsoura. n

Pour les vers provençaux,

Tout ceci

L. Pelabom.

passait en 1160. Il paraît que dès cette
époque les troubadours du midi commençaient à parcourir
tout le nord de la France accompagnés de leurs jongleurs.
Bernard, arrivé en Normandie où sa grande réputation
l'avait devancé, se vit gracieusement accueilli par la du¬
chesse Éléonore, elle était belle et n'avait que trente ans;
se

elle était

passionnée pour la poésie, et Bernard était le plus
célèbre des troubadours; elle l'aima pour ses vers, et lui,
l'aima aussi, vaincu par l'éclat de la beauté uni au prestige
de la

puissance, Bernard oublia-t-il

fut-il infidèle à

sa

dame? C'est

premières amours et
question bien délicate

ses

une

bien difficile à résoudre ; nous

inclinons toutefois à penser
bien qu'Éléonore accorda
à Bernard toutes les faveurs qu'il était permis à une dame
d'accorder à son chevalier, entre autres l'honneur d'assister,
le soir, à son coucher, quand ses femmes la déshabillaient,

et

qu'il lui fut fidèle. Nous

mais

savons

aussi que cet usage se

rattachait aux
vasselage des chevaliers, et on a vu plus haut
que Bernard se faisait gloire d'être le vassal et l'hommelige des grandes dames.
Bernard demeura longtemps auprès d'Éléonore; mais
nous

savons

habitudes de

�—

33

—

lorsqu'elle partit

pour aller rejoindre son
terre, il s'en revint dans le midi.

époux

en

Angle¬

Là, il apprit qu'Elbe III s'était retiré dans le monastère
du Mont-Cassin. Quant à la dame

captive, on ne savait ce
qu'elle était devenue. Bernard l'aimait encore, touché par
le mystère de la destinée,
peut-être tragique qu'il lui avait
faite par son amour, il la
pleura dans plusieurs pièces de
vers
pleines de la plus tendre sensibilité, et d'une délicatesse
si parfaite qu'elle étonne,
quand on songe à l'état de bar¬
barie où était alors l'Europe.
Nous regrettons de n'en citer aucune. Les chants des
troubadours sont de ceux qui perdent le
plus à être tra¬

duits;

on

sait qu'après les Arabes,

ce sont eux

poussé le plus loin l'artifice do la versification

ingénieuses combinaisons
histoire

du

qui ont

et toutes les

langage poétique.

littéraire

de

la

france

Par Jean Aieard

Quand la doussa
De vés nostre

aura venta

païs,

M'es

véjaire qu'ieu senta
Odor de paradis,
Per

amor

Ves cui

En cui ai
E

de la genta
acclis

son

mes

m'ententa

coratj' assis ;
Quar de totas partis
mon

Per

lieis, tan m'atalenta.

(Strophe à Éléonore).

Bernard

de

Ventadour.

�—

HISTORIQUE

TEXTE
SUR

DES

LEQUEL ONT

34

POÉSIES

—

DE

BERNARD

DE

VENTADOUIi,

ÉTÉ COMPOSÉS LES YERS PLACÉS

DANS SA

BIOGRAPHIE.

(1) « A l'instant où j'aperçois mon amante, une subite
frayeur me saisit ; mon œil se trouble, mon visage se dé¬
colore, je tremble comme la feuille que le vent agite, je n'ai
pas la raison d'un enfant, tant l'amour m'inquiète! Ah! celui
qui est si tendrement soumis mérite que sa dame ait pour
lui de la générosité. »
Voyez le Recueil de M. Raynouard, t. 3, p. 45. (Quant ieu la
vey

be m'es

)

parven

L'amour m'a fait une blessure si agréable, que
éprouve dans le malheur une délicieuse sensa¬
tion; cent fois le jour j'expire de douleur, et cent fois le
jour je revis d'allégresse, mon mal est d'un genre si ex¬
traordinaire et si gracieux, que ce mal même est préférable
à tout autre bien ; et puisque la peine a tant de charmes,
combien après ces peines seront plus délicieux les plaisirs, b
(2)

«

mon cœur

(/&amp;t£Î.,p. 16. —Aquest amor me fier tan gen

(3)

«

)

O chère dame ! je suis et serai toujours à vous.
vos commandements, je suis votre servant

Esclave dévoué à

homme-lige, je vous appartiens à jamais; vous êtes ma
première amour et vous serez ma dernière. &gt;

et

(Ibidp. 87.

—

Donna vostr'om sui e serai).

�(4) « Souvent, au milieu de la compagnie la plus il¬
lustre, j'ose élever des doutes sur les brillantes qualités de
mon amante, et mon discours tente à les
rabaisser; par
celte épreuve hasardeuse, j'espère connaître l'avis de cha¬
cun et me convaincre si c'est avec
justice qu'on lui donne
tant d'éloges, si du moins chacun accorde à son rare mé¬
rite toute l'estime dont elle

jouit.
quelque demande que je fasse, en quelques termes
qu'on me réponde, tout le monde s'accorde à renchérir sur
le mérite de ma dame Alors désirs sont encore
plus ardents,
et mal d'amour devient plus dangereux. »
»

Mais

(/6id.,

p.

50.

—

Soven la

vau

entr'els melhors blasman).

Je voudrais bien la trouver seule endormie ou
je me hasarderais à lui dérober
puisque je ne réussis point à
l'obtenir par mes prières. 0 dame trop sévère ! je vous en
conjure au nom de la bonté divine, laissez-vous toucher par
tant d'amour, le temps fuit, et la plus douce saison de la
vie se perd ; nos cœurs pourraient s'entendre avec le se¬
cours de signes
mystérieux, puisque l'audace ne peut rien
.pour nous, ayons recours à un peu de ruse. j&gt;

(5)

«

faisant semblant de l'être,
un doux baiser, un seul,

(Ibid.,

(6)

«

avec une

La dame

que

p. 55.

—

Ben la volgra sola trobar

)

je préfère à toutes, celle que j'aime
rien n'égale, si ce n'est ma fidélité,

tendresse que

�repousse pas mes prières, elle daigne les accueillir; son
oreille écoute mes chants, son cœur les retient. »
ne

(Ibid.,

p. 67.

—

Selha del

mon

que

iou plus vuelh

)

(7) « Dieu s'étonna sans doute quand je consentis à me
séparer de ma dame, et il m'aima davantage en voyant
que j'avais la force de partir ; il sait tout, il n'ignore pas
que, si je la perdais, je ne retrouverais jamais le bonheur,
et que lui-même n'aurait
pas de quoi me consoler. »
(Ibid.,

p.

83.

—

Ben s'en deb Dieus meravillar

FIN.

)

�—

37

—

LE MONGE DES ILES D'OR.

Le

Monge des Iles d'Or (dites anciennement Stecades,
les Iles d'Hyères), descendu de la trèsnoble et très-ancienne maison de Gibo de
Sennes, dont
Arles a eu un très-digne archevêque, s'estait
résolu, en ses
premières et plus jeunes ans, de suivre la vie religieuse et
monastique pour continuer l'exercice de ses études. A ce
conduit par son bon et tranquille génie, ou, à mieux dire,
par son bon ange, parvint un jour au monastère de SaintHonoré de l'Ile de Lérins, en la
plage dite de Caigne, non
loin de la ville d'Antibes. Là, connu, tant
par la noblesse de
son
sang que pour la bonne renommée qu'il s'estait acquise
depuis sa jeunesse, à raison de son bel et divin esprit, il
fut non-seulement honorablement et
gracieusement reçu de
tous, mais très-instamment prié d'estre du nombre des reli¬
gieux; ce qui leur ayant accordé; il poursuivit toujours
tant ardemment la lecture des bons livres,
qu'il devint un
excellent facond et docte personnage en poésie,
rhétorique,
philosophie et autres arts libéraux, tel qu'aucun de son
temps ne l'esgalait en esprit ni en sçavoir. Au moyen de
quoy, il fut prié des religieux de prendre la charge de la
«

et communément

�—

38

—

librairie du monastère

qui estait bien l'une des plus renom¬
l'Europe, pour avoir esté enrichie par les comtes de
Provence, les roys de Naples et de Sicile, et par plusieurs
autres grands et relevés personnages amateurs des sciences.
mée de

Au

demeurant, réduite confusément

et sans

ordre,

une

pièce cy, l'autre là, à raison des incursions et rencontres
auxquelles ce monastère avait esté merveilleusement sujet
pendant les tumultes de guerre qui avaient eu si long cours
Provence.

en

Le

Monge donc, ayant pris la charge qui lui avait esté
main, et fit si bien qu'en brief de temps, au moyen
de son beau et solide jugement, il mit en très-décent ordre
la librairie; séparant les volumes selon les sciences et les
professions qu'ils traictaient, avec une bien excellente dis¬
tinction des autheurs et des langues; ce qu'il n'exploita sans
beaucoup de peine et de fatigue, parce que, selon le cata¬
logue qu'un savant religieux de la noble famille des Hermentère en avait fait par le commandement d'Ildephons,
roi d'Aragon, il apparaissait que plusieurs bons et beaux
livres avaient esté arrachés de ce grand corps de biblio¬
thèque, et, à leurs sièges et chaînons, certains bouqins de
peu de marque et de nulle doctrine, supposez et attachez.
Si, comme cet excellent Monge vaquait au catalogue et à la
vissite de ces livres, entres autres, il en trouva un où
»

mise

en

estaient descrites toutes les nobles et illustres familles de

Provence, d'Aragon, de France et d'Italie, avec leurs al¬
liances et armoiries, qui devait estre chose très-belle à
voir ; et encore toutes les œuvres des poètes provençaux en
rithme
par

vulgaire que le religieux Hermantère avait recueillies
commandement d'Ildephons, qu'il transcrivit en beaux

�—

39

—

caractères dont il envoya
pour un

beau et riche présent
copie au roy de France. Ce qui occasionna plusieurs
barons et gentilshommes de Provence d'en avoir des extraits
comme de choses pleines de
galanteries et de nobles raretez. Voire même, s'en trouva de tant curieux
qu'ils les

une

firent tous exactement transcrire

en

lettres de

forme,

sur

parchemin enluminés d'or et d'azur d'acre, ou sur papiers
très-polis ; les vies des poètes estant en caractères
rouges et, en nottes noires et communes, leurs poésies pro¬
vençales de plusieurs sortes et tailles de rithmes, au moyen
de quoy il eut une merveilleuse peine d'entendre la
langue,
par autant que leurs poèmes estaient de diverses phrases
et locutions, car les uns avaient escrit en leur
pure langue
maternelle provençale; les autres qui n'y estaient
pas si
bien versez, pour estre de diverses nations,
espagnole, ita¬
lienne, gasconne et française, avaient farci et entremeslé
leurs compositions poétiques de plusieurs mots et idiomes
de leur ramage, qui les rendaient tant obscures et si mal
intelligibles qu'à peine en pouvait-il tirer le sens : néanmoins
il tendit si raidement son esprit à ceste besogne,
que, fina¬

très-fin et

lement, il

en

vint à bout et les restaura tous

voire eut tant de

en

leur entier,

grâce en son entendement qu'il fut le
premier cause que ces tant souverains troubadours et
poètes, si long espace de temps mis en oubli, furent retirés
de la cendre de leurs sépulchres pour être remis en lumière.
Quant à ce qui regarde la vie de ce Monge, il fut un
bon religieux, singulier et parfait en toutes sciences, rompu
à diverses langues, escrivant divinement bien de toutes
sortes et façons de lettres : pour la peinture et l'enlumineure qui
est ceste sorte de colorement qu'on fait à pointe
»

�—

40

—

de

pinceaux et à la seule gomme arabique, il y estait du
exquis et souverain ; et si on observait une belle chose
de longtemps que, au jours de printemps et d'automne, il
se retirait
accompagné d'un religieux, sien amy, amateur
de la vertu, en son petit ermitage des Iles d'IIyères, là, car
estait de toute ancienneté une petite église dépendant du
monastère de Lérins, ce qui lui donna le surnom des lies
d'Or, pour ouyr les doux et plaisants murmures des petits
ruisselets et des fontaines, les chants et les gazoulis des
oiseaux qui de mille diverses nottes et frédonnemens fai¬
saient retentir les airs et voisins rivages ; contemplant la
belle variété de leurs ruisselans plumages, et mille petits
animaux tous différons de ceux des autres mers qu'il se
plaisait à contrefaire avec un art et une merveilleuse déli¬
catesse au naturel, dont il fit un excellent recueil
qu'on
trouva après sa mort parmi ses livres, avec les dessins et
les portraits des passages, routes,
encoigneures et détours
de ceste plage des Iles d'IIyères ; les villages qu'on
y voit
assis et situés, et toutes les sortes d'herbes
simples, de
plantes exquises et médicinales, leurs fleurs, leurs fruits et
leurs graines, et des arbres que la nature y produisait de son
gré, sans culture n'y travail : joint à tout cela, la bluastre
et
pourprée perspective des montagnes esloignées et con¬
fondues avec les airs et les eaux : les campagnes et les
prairies jaunes-vertes de ces champs délicieux arrousez de
belles et limpides sources et de fontaines perennelles : le
tout si bien contrefaict que les
yeux les plus clairvoyants
pouvaient aisément être déceus; les divers animaux qui là
tout

se

trouvaient

d'une part,

imitez

en

leurs vifs et naturels

les poissons estrangers de l'autre

manteaux

en

leurs

�—

41

—

escailles azurées et brillantes, avec les vaisseaux
qui à
pleines voiles se voyaient journellement traverser ces
plages, les uns proches, les autres plus loin, les autres
tellement esloignés qu'on les perdait de veiie, et ne parais¬
saient qu'un point blanc; si, qu'on eust
jugé que c'estait
plustôt la chose mesme qu'une peinture ou représentation
colorée.

Or, pour faire voir plus illustrement l'excellence de son
esprit, il composa un recueil des victoires des roys d'Ara¬
gon, comtes de Provence, et qui est digne d'admiration :
il fit des Heures de Notre-Dame escrites de sa divine main,
»

enrichies de toutes les

rares diversités qu'il avait trou¬
de Venise, azur d'ocre et d'ou¬
tremer, laque d'Inde et de Florence et autres précieuses

vées

en son

vives

recueil,

plus

en or

parlantes couleurs, fort richement et proprement
reliées, dont il fit présent à la royne de Yolande qui les
estimant et prisant
beaucoup, monstra combien un si riche
don lui estait cher et agréable. Estant ainsi
que les pein¬
et

tures et

daient
si

les histoires fort excellemment

au

texte,

enluminées; responhymnes et versets de la lestre, que j'ai vües

je ne me trompe entre les mains du commandeur de
Panisse, de Gapfrancez... Ce qui fut une occasion fort ho¬
norable et bien forte au roy et à la royne d'avoir
toujours
depuis auprès de leur personne ce Monge tant noble, docte
honneste, sage, religieux et beau. Toutes ces choses et
autres se trouvent des
fragments de don Hilaire des Martins du monastère de Saint-Victor de Marseille,
lequel a
escrit que ce Monge estait homme de sainte vie, de trèsbon exemple et de continuelle méditation : qu'il avait faict
un livre
auquel il prédit que de ceste maison de Cibo sor-

�—

42

—

plusieurs grands, éminens et illustres personnages
qui gouverneraient et tiendraient l'administration de l'É¬
glise, et qui seraient auprès des roys, et princes et poten¬
tats en honneur et authorité : dit aussi qu'avant qu'il fust
receu au monastère de Lirins, il portait avec Iuy quelques
tiraient

œuvres

et

certains traictés d'amour en rithme

provençale

qu'il avait dédiez à la comtesse d'Avelin Elix des Baulx :
finalement, il décéda en Provence, emportant toutes les
muses et les anciennes grâces provençales qui semblèrent
vouloir s'enterrer

avec

lui.

»

(César de Nostre-Dame, Chroniques de

Provence).

plait, dit Jules Canonge, à voir ce jeune homme
arriver, conduit par son bon ange et chargé
de traités d'amour, au monastère de Saint-Honoré; on suit
avec
intérêt ses patients travaux de bibliothécaire, et là se
révèle toute une partie trop peu appréciée de la vie monas¬
tique; à chacune de ses découvertes on partage la naïve
joie de ce chercheur infatigable et l'admiration bien méritée
que lui valut cette laborieuse restauration des lettres pro¬
On

se

avide de science

vençales.

quel artiste, quel philosophe ne voudrait pou¬
l'accompagner dans son ermitage des Iles d'Or, pren¬
dre part à ses études, à ses rêveries et aux entretiens de
cet ami de la vertu ? — En lisant cette biographie, on ne
Quel poète,

voir

l'on doit le plus admirer de l'étonnante variété
de cette carrière qui s'écoule
si paisible et si riante au milieu des guerres et des déchi¬

sait

ce

que

des travaux de ce moine ou

rements.

Pour

ceux

dont la

jeunesse s'est brisée dans la tempête

�43

—

des

passions, et que pousse

au

—

suicide une déplorable manie

siècle; c'est une leçon éloquente que cette vie
calme, heureuse et honorée, parce qu'elle a été simple,
de notre

pure

et bien remplie.

STANÇOS A SANTO ANNO

quarante-six pièces, sur le même sujet, envoyées aux
jeux floraux d'Apt (Vaucluse), le 14 septembre 1862.

Une des

ÉPIGRAPHO.

Qû, de la santo Viarge, en
Mounté la
Dira pas

countemplant la facho

majesta luse dins chaque tret,

à l'abord d'un tant digne portret :

Benis-siegoun leis flancs d'aquello que la facho !

0 tu, que

Coumo

un

dins teis flancs de maire,

proudige de haout pris;

Per soouvaleis homes tei fraïre.

doou Chris !
Aquello Yiarge tant eimado,
Dount la vengudo immaculado
Formo ta gloiro et fa la siou ;
Diras que ma plumo derrogeo
D'oouj'à faire eici toun elogeo
Quand sabes lou mendre que siou.

As

porta la maire

�—

Qu'à meis ueis
Mi semblo veire

Prendre

sa

44

toun

aqui

—

imageo

es

bello !

ma suor

liçoun maternello

Pleno de

joyo et de bonhuor.
Qù s'estounarié que Mario
Ta moudesto et
piouso filho
Qu'a saluda, l'ange Gabriel,
Ague clins teis sages préceptos
Puisa leis vertus manifestos
Que l'an facho Reino doou Ciel

!

Que

ma voua seriet gloriouso,
poudiet faïre en t'acclamant
L'analyso mereviouso
D'aqueou libre qu'as à la man.
Traduire l'esprit deis chapitres

Se

Qua mérita tant de beoux titres,
louangeos, tant de noums

Tant de

A la fremo de

qù la forço

A

terrassa, tua, mes en torso
Satan ! lou prournié deis démouns.

Vaï, ta gloiro

ero signalado
l'âge de puberta
Ti vegueres injuriado
Rapport à ta sterelita.
Es que, dins aqueou temp d'esprovo,
En tu, Diou cerquavo la provo
D'uno santo résignatien ;

Quand dins

Et satisfa de ta

Sa

man

A toun

counduito,
puissanto dounet suito

doun de

prédilectien.

�—

Ah !

45

—

jamaï fasiou campagno
fregeis plages doou nord,
Qu'arribessi jusqu'en Bretagno;
se

Dins leis

Eimarion ben

eme

transport

Afin de mies ti rendre

hooumage,
peleri nage
Deve la capelle d'Ouray,
Mounte plen de fé catholiquo,
Lou Bretoun bayo tei reliquo

Faire lou sant

L'amo countento que noun-say.
Santo Anno ! sublimo patrouno
Deis

emprégna de vertus;
countempla ta courouno
Dins lherous séjour deis élus.
Sabes qu'eici dins la Prouvenço,
Toun culte eme persévérenço
Counservo uno grando piéta ;
En aquesto ooucasien jouyouso,
Bénissi la muso piouso
Des troubaïres que t'an canta.
couars

Faï-nous

L. Pélabon.

�—

46

—

Liste des Troubadours provençaux
pas au

qui n'appartiennent
département du Var.

Bertrand dAllamanon.

—Rambaud, d'Orange.
-

-

Folquet, de Marseille.
Guilhem de Cabestan.

Hugues de Lobières, de Tarascon.
Guillaume Rainols, d'Apt.
-Raibaud de Vaqueiras.
Ogiers de Saint-Donat.
Albert de Malespina.
Boniface Calvo.
Pierre de Vernagues.
•Cadenet.

Folquet, de Romans.

-^Boniface de Castellane.
Lanfranc Cigala.
Simon Doria.
Perceval Doria.

Raymond Bérenger V, comte de Provence.
La comtesse de Provence.

Durand, de Perne.
Guillaume

Magret, de Vienne.

Richard, de Noves.
Bertrand Carbonnel, de Marseille.
Arnaud de Merveil.

Barthélémy Giorgi.
Guy, de Cavaillon.
Bertrand, d'Avignon.
Tomiers et Palazzis de Tarascon.
Guillaume des Baux, prince d'Orange.
"Guilhem d'Agout.

Raymon de Tor.
Paulet, de Marseille.
«—Albert, de Sisieron.
Guilhem
-

Boyer, de Nice.
Raymon Vidal, de Bézaudun.
Tiberge, dame de Séranon.

�47

—

—

Raymon de Salas, de Marseille.
Durand, de Carpentras.

L'Écuyer, de l'Isle.

Ancelrne de Moustier,

-

d'Avignon.

Pistoletta, né en Provence.
Sordel ou Sordello.

Raymond, d'Arles.

Richard, de Tarascon.
-Reforçat, de Forcalquier.
Siffren.
Pierre de Chateauneuf,
Pierre de Saint-Remy.

près d'Avignon.

Raymond Feraud.

Richard d'Arquier, de Lambesc.
Guilhem de Bargemon.
Guillaume de Silvecanne.

Rostang

Berenguier, de Marseille.

Guilhem des Amalrics.
Comtesse Die.
A. de Malespina.
Lascaris de Vintimille.
Le Monge de Montmajour.
Pierre de Ruère.

Faure, de

Forcalquier.

Falconnet.

Olivier, d'Arles.

Raymond, d'Avignon.
Pierre de Bonifacis.

Parasols, de Sisteron.
Liste des Dames, Comtesses et
célébrées par les

Estiennette, dame de Baux.
Boïande d'Agoult.

Huguette des Baux.
La princesse Garsande.
Tricline Garbonnelle.

Flandrine de Flassans.

f

Châtelaines de Provence,
Troubadours.

�—

48

—

Richilde de Montau.
Jeanne des Baux.
La princesse dona Sanche.

Mabile, dame d'Hvères.
Bérengère des Baux.
Rostange, dame de Pierrefeu.
Beltrame, dame de Signes.

Agnès de Montluçon.

Éléonore

de

Guyenne.

Mabile de Riez.
Berlande de Marseille.
Béatrix de Montferrat.
Sance de Villeneuve.
Antoinette de Lâmbesc, dame de Suze.
Jordane de Brun, dame provençale.
Clermande de Quiqueran, dame d'Arles.

Adalise, vicomtesse d'Avignon.
Hermesende, dame de Porquiere.
La dame d'Orgon.
Phanète de Gantelme, dame de Romand.
Constance des Astoauds, d'Avignon.
La marchesa de
Malespino.
Clarète, dame de Beaux.
Laurettede Saint-Laurent.
Cécile de Rascas, dame de Gereste.

Hugone de Sabran.
Hélène, dame de Monpasset.
Elisabeth, dame d'Aix.
Ursine, dame de Montpellier.

Alète de Mauléon, dame de Courbon.

ïiburge de Laincel.
Élys, dame de Meirargue.

Élix de Baux, comtesse d'Avelin.
Laure de Sade, célébrée par
Pétrarque.
Marguerite, fille de Raymond, comte de Provence.
Jeanne de Naples, comtesse de Provence, reine de Sicile
et de

Jérusalem.
Toulon.

—

Imp. H.Vincent,

r.

Neuve,20

■

��-

ŒUVRES DU MÊME AUTEUR

:

IMPRIMÉES

Pièces de Théâtreen
Le

(trois), 1835, 36 et 37.
vers français et pro¬

vers

provençaux
Chant de l'Ouvrier, recueil de

vençaux.

Une Voix de

1S43.
l'Ame, recueil de poésies. 1846.

Les Beautés du Chant de

l'Eglise, poème;, 1847.
Siège de Toulon, drame en vers. 1852.
Sous les Cyprès, recueil d'élégies. 1853.
Angéline, drame en vers. 1855.
Le Barde de Crimée, poésies militaires. 1857.
Pèlerinage à la Sainte-Baume, poésie. 1858.
La Guerre d'Italie, pèome militaire. 1860.
Notre-Dame-de-Bonne-Garde, poème. 1862.
Toulon et son Port, poème. 1863.
Le

EN MANUSCRITS

Becueil de Poésies
Les Odes

:

provençales.

d'Anacréon,

(Traduction.
françaises.
L'Enfant prodigue, drame en vers, en 3 actes, tiré
parabole.
La Madeleine, légende provençale, poème.
en vers provençaux.

Becueil de Poésies

Toulon.

—

Imp. Hyacinthe YiNCE

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="94005" order="4">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5315c59b68deedd22761822d85369dc2.jpg</src>
      <authentication>560906cf6ba1eed9d9c5abc4c8b03e47</authentication>
    </file>
    <file fileId="94006" order="5">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/f4313e2de5808d51d42f71f94bc1e465.jpg</src>
      <authentication>71ad2d17fa85309e6bfc7461ea81b1ed</authentication>
    </file>
    <file fileId="94007" order="6">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3c147da2bb9e1bac994d2c0ea9e48ace.jpg</src>
      <authentication>7df5fd69d6941003cbf4a11a50b1ea0d</authentication>
    </file>
    <file fileId="94008" order="7">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6ee141c4b355f0484e45df14d09ad5d2.jpg</src>
      <authentication>31b4fb64c1095b9dcd035e71f527c789</authentication>
    </file>
    <file fileId="94009" order="8">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d94707ab0b30826e3f534f6085945fd8.jpg</src>
      <authentication>b3f90cb3cf2d04ac96fb3b7481639138</authentication>
    </file>
    <file fileId="94010" order="9">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/fb035a21b11fc6bf5eed83d48621d8ff.jpg</src>
      <authentication>b677425c3237892109bd0a4961e08ab5</authentication>
    </file>
    <file fileId="94011" order="10">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bdd623f917152795263d11b42150eb61.jpg</src>
      <authentication>09a50d389606bb22836ae4b6d6d13e5f</authentication>
    </file>
    <file fileId="94012" order="11">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4feb8460a27024bbdbbbdf08c77ac6e3.jpg</src>
      <authentication>1767989158bb7ed3ccb713af9983212c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94013" order="12">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/e52ec4fd753655de606926c98928d096.jpg</src>
      <authentication>593c06017ed3811993fba9483172625f</authentication>
    </file>
    <file fileId="94014" order="13">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c18118b39950a6a919261eba8426f18d.jpg</src>
      <authentication>09ced73587581b9cfef039c7fabf893a</authentication>
    </file>
    <file fileId="94015" order="14">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2a74050e6ad940504bc7c1cf0ecb5dc7.jpg</src>
      <authentication>03e7dd2d3462ea0a3affcf075040dccd</authentication>
    </file>
    <file fileId="94016" order="15">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/03030e006526bace80f4e02a77e7220c.jpg</src>
      <authentication>68a809f479ecdcc915564e091f212ae3</authentication>
    </file>
    <file fileId="94017" order="16">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5fe3ea9e5fbaa18659b7aa0439019f8b.jpg</src>
      <authentication>858d791bd7cb65a07f3f37daa5ddf7cd</authentication>
    </file>
    <file fileId="94018" order="17">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/badb2f5535a796f1b77d046a606223de.jpg</src>
      <authentication>f45d59ea27f6b26c44f960363198cd28</authentication>
    </file>
    <file fileId="94019" order="18">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/74990e844d3a2ac438ff604c6a124d2b.jpg</src>
      <authentication>8f022c27e7222e0018645cd77d8124be</authentication>
    </file>
    <file fileId="94020" order="19">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cabfdd7be08d4891e3cc5096798ee8f5.jpg</src>
      <authentication>044c88c42f077a1b1837c03ff3bd2f7a</authentication>
    </file>
    <file fileId="94021" order="20">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ae49bd1d8ac0c593811c1d7873311575.jpg</src>
      <authentication>d0730c9cdbb7f29669567b2d563a27fb</authentication>
    </file>
    <file fileId="94022" order="21">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/474d4296b5a1369eda3221ae6354b625.jpg</src>
      <authentication>526170f1a2e398f94198be977c74a6ee</authentication>
    </file>
    <file fileId="94023" order="22">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/86ba70f6df36d22558358a3d3323d7f6.jpg</src>
      <authentication>d5b45a2d738fb3092199021151c74f5c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94024" order="23">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/81b40142576a6871404649a9c26db5a8.jpg</src>
      <authentication>f0bec9f9b61de7cf8eadd1f962e8422c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94025" order="24">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/47ed21d0b66369bd0cc1f261adc1c190.jpg</src>
      <authentication>adafee965c93f98d4f1ec1a2a5cc6d7e</authentication>
    </file>
    <file fileId="94026" order="25">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cd65fdb7e703a454ab22ca810c8917ce.jpg</src>
      <authentication>bb97d948ba1522fefe2a05f2f024d336</authentication>
    </file>
    <file fileId="94027" order="26">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/b0d0693d55a707f771827a1871821b78.jpg</src>
      <authentication>01ed976308a149b261fdd1a1ec2c4e67</authentication>
    </file>
    <file fileId="94028" order="27">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c1a5874e60d728fd34b10bce2dccfb17.jpg</src>
      <authentication>6cced310437e204b14efe9e6e1860f4c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94029" order="28">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d9eead432b8b41b5152aee71cd823ede.jpg</src>
      <authentication>df646379964fea1cffc8b061edb0a893</authentication>
    </file>
    <file fileId="94030" order="29">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/da70d05e5320555d7b0249cee8d8ae7f.jpg</src>
      <authentication>341b8fbb7140b71cd6a8b5fbad4957a7</authentication>
    </file>
    <file fileId="94031" order="30">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/7d46cd2f44cd0686c12e48e324023dcf.jpg</src>
      <authentication>9443bde3c1136e69fa735ee641a7e42a</authentication>
    </file>
    <file fileId="94032" order="31">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/10708c11306975be749b805f83cdb26d.jpg</src>
      <authentication>2fbcf8eb0cd2233188651750bc882dd0</authentication>
    </file>
    <file fileId="94033" order="32">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2ac1ddc596dff8368b59c5116b9589ef.jpg</src>
      <authentication>fc53bfd1ddf25203e75e37ee734573d4</authentication>
    </file>
    <file fileId="94034" order="33">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/cfac7c3e380b05aeadfd471caf187cc0.jpg</src>
      <authentication>45152a17d269cd353c5444cff2ebd498</authentication>
    </file>
    <file fileId="94035" order="34">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/76a1c7b2eaf9f499fa39660226b60740.jpg</src>
      <authentication>1b2339732789efcf51c4c4bf91bb5713</authentication>
    </file>
    <file fileId="94036" order="35">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/c87790ad4a00734487305ff2e9cd73f3.jpg</src>
      <authentication>21ab75764882bc73bb7513a794facecc</authentication>
    </file>
    <file fileId="94037" order="36">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/dc6eb027f37728f2a85ebe7ee0481900.jpg</src>
      <authentication>155e35a7421b61484fe8e27dbc94a959</authentication>
    </file>
    <file fileId="94038" order="37">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d343f87b49959a69b342f4486a85a244.jpg</src>
      <authentication>58920d6198cee301ca23c280ea009ffd</authentication>
    </file>
    <file fileId="94039" order="38">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/bcf784dd3c0399523b1c25e8a88a997a.jpg</src>
      <authentication>de0167683a3789207c0fedd81cf349df</authentication>
    </file>
    <file fileId="94040" order="39">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ff894ae2137b4b082f945540fff03053.jpg</src>
      <authentication>777ffd2421988758036da0cda07cb2c1</authentication>
    </file>
    <file fileId="94041" order="40">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/09b13b00c2bfa93c5585601684ab6f4b.jpg</src>
      <authentication>2fadfdc7dbc40b6c0038bfafe6ac1982</authentication>
    </file>
    <file fileId="94042" order="41">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/df51e94957722657ba46933f2886b604.jpg</src>
      <authentication>04bf468dc6ca024fd7060af976fe0c4a</authentication>
    </file>
    <file fileId="94043" order="42">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/08ec355efab8415099f8bfbbc8820413.jpg</src>
      <authentication>412c86993efdc07e35700a4d90152d42</authentication>
    </file>
    <file fileId="94044" order="43">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/2aee40c8e9029b03ee6655f9de4feae8.jpg</src>
      <authentication>be3c1ebe52a763f041ce6724f6e7c7ef</authentication>
    </file>
    <file fileId="94045" order="44">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9267df895b7c0d3a45aedfbefdd84906.jpg</src>
      <authentication>3f9f0022ef177cb2f2a2140087b850d4</authentication>
    </file>
    <file fileId="94046" order="45">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/87a762a0c0de9dbf0d30fc4aeca3e135.jpg</src>
      <authentication>a1086b58efa03b4c337438bd2c07014e</authentication>
    </file>
    <file fileId="94047" order="46">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/47085686d653b4bd2000b8d57d60156f.jpg</src>
      <authentication>5c6c21317a79a7c1d9e018a6a42b442f</authentication>
    </file>
    <file fileId="94048" order="47">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4509115398bba5c8b9f54e0adc44dafd.jpg</src>
      <authentication>9620d3f66426e6c202db7dbc353cca9f</authentication>
    </file>
    <file fileId="94049" order="48">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/083c3b99a02245ae2c93487e32e94acb.jpg</src>
      <authentication>4cd19b455106d55651d3400bc5a65f25</authentication>
    </file>
    <file fileId="94050" order="49">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/4c3ed7942b792843aa8ea4976443c4a6.jpg</src>
      <authentication>f47b8913d6acba68c5f34e1c61c552b7</authentication>
    </file>
    <file fileId="94051" order="50">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/3acc182c4bdc04c9981d0eebc9d451e1.jpg</src>
      <authentication>d221d1a9da9ec191fd66c376319620db</authentication>
    </file>
    <file fileId="94052" order="51">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/542046e7ced90ba6c3e76b0ca45eedff.jpg</src>
      <authentication>4e9a0142ee5e9397db242892dd274d8c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94053" order="52">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/ec840df5d032e46fa6d2a340e221f69f.jpg</src>
      <authentication>5a1b9f0668bdc414c5e21f61b9e10ebd</authentication>
    </file>
    <file fileId="94054" order="53">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/6d5811fe7a3922a50d5c025439d6da71.jpg</src>
      <authentication>1b539a719e89214e8a62bcd4749f0d2c</authentication>
    </file>
    <file fileId="94055" order="54">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/5d50560d1143908663eed84ae3d80ef8.jpg</src>
      <authentication>7db655c7522112669ecb9823c9d79e73</authentication>
    </file>
    <file fileId="94056" order="55">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/14d294e4e15597016ae4b75fdb285f4b.jpg</src>
      <authentication>0242b124be0a991f39bc901c3e472d34</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="93">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355725">
                <text>Patrimoine écrit occitan:imprimés</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355726">
                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="15">
    <name>Libre</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="519383">
            <text>Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA)</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="519384">
            <text>Provençal</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519381">
              <text>Les anciens troubadours du Var : leurs notices biographiques (...) / par Louis Pélabon</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519382">
              <text>Les anciens troubadours du Var / par Louis Pélabon </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519385">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519386">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="519387">
              <text>monographie imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519388">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/16477</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="519389">
              <text>FRB340325101_CBB 410-25</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519412">
              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/c1bfec77b42dc9c7c4a0dd3698d82099.jpg</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519906">
              <text>Troubadours -- France -- Var (France)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519907">
              <text>Pélabon, Louis (1814-1906)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519908">
              <text>CIRDÒC - Mediatèca occitana, CBB 410-25</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519909">
              <text>H. Vincent (Toulon)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519910">
              <text>1864</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519911">
              <text>2017-06-29 Gilles Bancarel</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519912">
              <text>domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519913">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519914">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="519915">
              <text>1 vol. (48 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="519916">
              <text>18..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590908">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590909">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590910">
              <text>Livre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644642">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="814705">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
</item>
