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                  <text>naissance iie notre seigneur jésus-christ
ou

CRECHE - PASTORALE
EN 4 ACTES ET 7

TABLEAUX,

jY-yœm TOJJS ans ûï3AŒiHiB®HasiBiss E&gt;3®SÛB[B

&lt;6n

PAR

ocrs

,

français rt ^roociicuu*,

PIERRE

BELLOT.

—és&gt;©OS&lt;sB—

l'auberge.
Ier tableau : les bergers.
2""
l'ange.— ome les bohémiens.— 4"" hérode.
—5rae les mages. —6me la crèche. :— 7"» apothéose.

prologue :

—

—

apparition de

HIAttSËlLLE.

SE VEND A LA LIBRAIRIE
Au coin des Allées

,

PROVENÇALE,

chez BOY

1851

,

Editeur,

�DISTRIBULION DE LA PIÈCE.
Personnages
M.

FRICOT

LUCULLUS
JOBARD

,

,

Prologue.

du

JOSEPH
MARIE.
JACOB

aubergiste.

1er garçon.
2me garçon.
,

époux de Marie.

,

voyageur.

,

BOUVIÈRE

MARTEOU, voyageur.

,

id.

personnages de la pastorale.

RANCUREOU , vieux berger.
FURET
Jeune Berger.
PATIN
id.

SIMÉON

COUSTELLETO, id.
Moussu DELICAT, personnage ivre.
Madame DELICAT, vieille coquette.
Meste NOURAT riche rentier.

id.
RIFOUART.
GASPARD
Roi d'Orient.

Pontife.
Voleur Bohémien.
MAOUCOUROUS, id.
TOUPIN

,

,

Mise NOURADO. vieille grogneuse

HÉRODE roi de Judée.

,

BALTHAZARD, id
MELCHIOR Roi d'Orient.
L'Aveugle,
TOUNIN fils de l'Aveugle.
,

,

,

ELÉAZAR, confident d'Hérode.

CANARI

JONAS, valet d'Hérode.

Pages des Rois d'Orient.

,

,

Personnage Muet.
COUCHEMOUSQUO, id.

—

Anges.

—

,

Deux Tambourins.

d'Ecurie.

—

Un Valet

L'auteur ayant rempli les formalités prescrites par
la loi, poursuivra tout contrefacteur et aucun théâtre
ni société ne pourra représenter cette Pastorale, sans son

approbation.

170

�CRÈCHE PASTORALE
EN

VERS

FRANÇAIS ET PROVENÇAUX.

ACTE PREMIER.
PROLOGUE.

Le théâtre

représente l'intérieur d'une auberge ; en face
poêle que plusieurs voyageurs entourent

salle à
grand
; chambre à
droite et à gauche, dans l'une desquelles est couché un voyageur nègre;
un grand miroir.
manger , un
lustre en bois

avec

trois

,

;

une
un

chandelles éclairant cette salle

SCÈNE PREMIÈRE.
MARTEOU, LUCULLUS ET JOBARD.
MARTEOU (entre,

s'approche dupoêle, se chauffe
à une table et appelle).

un

instant, s'assied

Oarçouns ! respouendoun

pas ; n'ai ren dins lou fanaou
Beleou coumprenoun pas lou patois prouvençaou ;
Parlons-li bouen français... Ilolà ! de la cusino !
Portez de

quoi manzer, car
Bessai que vous croyez que

j'ai la fincanino;
z'ai rien aux boussouns",

frappant

Tenez, leis

aousez pas

Que faut-il

vous

sur son

gousset.

cantar leis picaillouns?

LUCULLUS s'avançant.

servir?
MARTEOU,

'

Donnez-moi z'uno cario ?

c.ip.q
BÉZKM

,

�LUCULLUS.

Tenez, voilà, monsieur.
MARTEOU.
N'a per

perdre la eario

,

M'adus lou rey de cœur, aqueou grand balicot 1
Zé demando uno tiero ousqu'il est le fricot,
Lou testament de tout ce

qu'avez, la pancarto.

LUCULLUS,
Ah ! je

avec

comprends, monsieur, vous

humeur.

demandez la earto ;

Tenez, tenez, voilà...
MARTEOU

,

lisant la carte.

Pouai'ges-moi des joignons !
coumencer... après cha nous voirons ;
C'est clia que vous portez? n'a pour faire la
qu'à Bettulem , les joignons sont de sébo.

C'est que pour

(On le sert)
De voir

LUCULLUS.

Quellourdeau, justo ciel!... il nous amusera ;
.le lui prépare un tour, va Jobard, tu rira.
MARTEOU rejetant le plat loin de lui,
Cha ne m'agrade pas, pouergez-mi de ravioli,
Et se n'en avez point, faites-moi z'un ayoli.
,

LUCULLUS.
Je

ne

sais pas

le faire.
MARTEOU.

Eh bien !
Mettez dins lòu

vous

l'apprendrai !

mortier cinq co six venos d'aï,

trissez premier, quand ils sont bien trissado
Veyez d'oli dessus à pichote rageado ;
Après cha, vous prennez du mortier le trisson,
Que vous virez toujours de la même façon.
Quand vous voyez l'ayet que fait coumo uno pasto,

Que vous

Qui s'empéguo au
Se

mortier, alors de virer basto.

l'ayoli fondict prennez un zauno d'uf.

�—

5

—*

LUCULLUS.

(à pari) Quelle espèce d'oiseau! (plus fort) si vous voulez du
MARTEOU.

buf, vengue de buf... que marridomènestro,
va n'aller, garçon, sarrez moi l'estro.
suis enfrezourit, ze poudrais prendre maou,

De

Avant de
Je

11 fait

mistralas

un

:

s'arro pas

l'animaou ;

Coumprend pas lou francès .. qu'es long à soun
Aqueleis astrogots sount de sac plen de vici.
JOBARD

déchirant le frati}ais.

,

Tenez, voilà, moussu, vous ne

valez plus rien ?

MARTEOU
A

raisoun, per dessert

seèviei.

,

à part.

il mi faut coouqu'arien,

D'alicot, de mouluo, ou bien tout autro soze,
Allezsarcher, garçon, qui faut que ze repose.
JOBARD.

•Je suis là

sur

le samp.
MARTEOU

,

mangeant avidement
ce buf là !
il faut empasser çà.

Qu'il est dur
Y semblo un

troués de guètro,

—

SCÈNE II.
MÊMES, JACOB ET RIVIÈRE.
se lève et salut ces messieurs.
souhaite à tous une bien bonne nuit.
LES

M.

Je

vous

JACOB,

(Au garçon)
(à Rouvière)
Une lampe , garçon ! quel hasard te conduit !
Dans ces lieux, cher ami, toi que le bonheur berce
Oser braver le froid que décembre nous verse.
ROUVIÈRE.
C'est malgré moi, Jacob, que je me trouve ici ;
Si j'ai quitté ma femme et ma boutique aussi,
Ce n'est pas, erois-lc bien, pour courir l'aventure
C'est que

j'y suis forcé.

!

,

lui! !

�—

ü

—

JACOB.

Que faut-il en conclure ?
ROUV1ÈRE.

César, notre empereur, vient de rendre un édit
Qui nous oblige tous (« Jacob) (Jacob, qui l'aurait dit),
De venir dans ce bourg, notre nom faire inscrire.
Au diable fussions-nous !... que peut-on voir de pire?
JACOB.

Ah !

j'y suis maintenant... c'est pour le même objet,
Que tu m'y vois aussi... quel est donc son projet?
ROUV1ÈRE.

Il

paraît, cher ami, qu'Auguste, notre maître,
édit, sans doute pour connaître
Le nombre des sujets qui peuplent ses Etats.
A lancé cet

JACOB.

Sur ce,
Me

porte-toi bien je vais entre deux draps
glisser promptement, et clore ma paupière.
,

ROUVIÈRE.

Bonsoir, bonsoir Jacob !
JACOB.

Bonne nuit ! cher Bouvière.
Ils sortent.

SCÈNE III.
MARTEOU, LUCULLUSET JOBARD
MARTEOU

Hé ! garçon

,

frappant

sur

la table.

?
LUCULLUS.

Me voilà.
MARTEOU.

Arribas camarado!
Ze

vu pluguer mes yeux ,
faire uno roupiado.
Si z'ai bien mal soper, fasez-moi bien dormir.

�LUCULLUS, à part.

maintenant; (à Marleou) voulez-vous
soir avec le nègre Itace?

Je le liens

consentir

A coucher pour ce

J'ai retenu pour vous

dans son lit une place.
MARTEOU.

z'y coucérai, sa chambre ousquelle
Introduisez-moi-zi... voussarez bien zentil.
Tambien

el-il ?

LUCULLUS, ouvrant sa chambre.
Nous n'irons pas

bien loin, c'est cette chambre à droite,

là, monsieur, comme dans une
Bonne nuit, dormez bien.
Vous

serez

boîte.

MARTEOU.
Bonsoir ! bonsoir ! garçon.
LUCULLUS.

Je vais lui

préparer un plat de ma façon.
MARTEOU.

A

parpos

cusinier,

De miveiller

aro vous recoummandi
es tout ce que demandi.

matin,

LUCULLUS, d'un air tragique.

Comptez sur Lucullus, il vous éveillera
plutôt que le jour à ses yeux paraîtra.

Bien

On lui donne un

fanal.

SCÈNE IV.
MARTEOU, seul dans sa chambre, s'avançant vers
touchant le visage.

Viguens destigne pas? que
Douarme
Aro mi
se

te nègre, lui

vilen camarado,

peiroou, la fâche mascarado.
couquar, lou liech mi parei bouen.

coumo un

voou

saluant lui-même.

Bonsoir,

moussu

Marteou , Dieou vous doune bouen souen !
Il éteint son

fanal.

�SCÈNE Y.
JOSEPH, MARIE, LUCULLUS ET JOBARD.
On

ne

JOSEPH, frappant la porte à coups redoublés.
loge donc pas, clans cette hôtellerie ?

Holà ! de la

maison,

je vous prie.

ouvrez-nous,

JOBARD, à la fenêtre.
Je voudrais bien savoir

qui peut piquer si fort?

JOSEPH

,

d'un ton plaintif.

Ce sont deux voyageurs,

sauvez-les de la mort,
Joseph de Nazareth et sa femme Marie
Nous grelottons de froid, ouvrez, je vous supplie !
Faites-le pour ma femme, elle porte un enfant,
De fatigue elle meurt, soyez compatissant !
,

SCÈNE VI.
Les

mêmes; M. Fricot qui sort de

sa

chambre

en

bonnet de nuit.

FRICOT.

Jobard

bruit? qui frappe de la sorte?
Veut-on de la maison mettre en pièces la porte?
Qui frappe ainsi, dis-moi ?
,

quel est

ce

JOBARD, ouvre la fenêtre.
Maître je vais ovrir.
Ce sont des malheureux qui doivent bien soffrir.
,

JOSEPH
Au

(quatuor).

de Dieu soyez

sensible
Ayez pitié de notre sort.,
nom

,

MARIE.
Le froid

va

nous

donner la mort.
FRICOT.

De

vous

loger c'est impossible.
JOSEPH.

Monsieur, daignez

nous

secourir.

�FRICOT.
Vous

m'impatientez, je

Mourir de faim
Ne faut-il pas

ou

jure

vous

,

de froidure

toujours mourir ?
LUCULLUS.

Maître

soyez

,

donc charitable,

Ces pauvres gens navrent mon cœur.
FRICOT

,

donnant la clef de l'étable.

S'ils veulent coucher dans l'étable

Voilà la

,

clef, donnez-la leur.
[Fin du quatuor).

Va vite

Lucullus, leur faire la conduite,
C'est la petite étable entends-tu? viens de suite.
,

LUCULLUS.

Oui, maître.
FRICOT (à

Jobard).

Eh

bien, tant mieux ; je vais avec plaisir
Me coucher maintenant, —je n'aurais pu dormir.
Si l'étable en question peut faire leur affaire
Je serai-bien content.

(Il sort).
JOBARD.

Vous le serez,

j'espère

SCÈNE VII.
JOBARD ET LUCULLUS
LUCULLUS.

Me voilà de retour,
Est encore éveillé ?

dis-moi',

cornichon

ce

JOBARD.

Ronflant
LUCULLUS
Voilà

ce

qu'il

nous

,

comme un

tirant de

faut, c'est

sa

poche

un

pot de peinture.

pot de peinture.

JOBARD.

Que vas-tu taire, ami ?

cochon.

un

�10

-

—

LUCUL·LUS.
Lui noircir la

figure

Levons-nous les souliers... et surtout pas
Rendons-nous

,

de bruit.

[minuit sonne).

près du lit.

JOBARD.

Entends

sonner

minuit.

LUCULLUS, riant.

profondément : — mettons-nous à l'ouvrage ;
Tiens, voilà le pinceau , barbouillons son visage,
C'est fait : (riant) ah ! ah ! ab ! ah ! comme ce grand
Ressemble maintenant au jeune mauricaud !
Il dort

nigaud

JOBARD.

Ne

nous amusons

pas, mon

ami, davantage.

LUCULLUS.

Desservons., il est tard faut se mettre à l'ouvrage.
(ils desservent) Eh bien ! marcheras-tu?
,

JOBAPiD

,

marchant lentement..
Le gros froid, il me tue.

(.soufflant ses doigts) Z'ai les doigts engourdis.
LUCULLUS, donnant

de pied à Jobard.
Va donc, pas de tortue

un coup

JOBARD.

Tortue... Oh ! que

c'est ça? Lucullus

,

dis-le moi.

LUCULLUS.
une bête, ami, bien moins grosse que toi,
jambe très courte et n'allant pas plus vite.

C'est
A la

JOBARD.

Pourtant suis

dégourdi.
LUCULLUS.

Tu n'as pas ce

Pour

mérite.
prendre du repos allons , dépêchons-nous.
JOBARD.

A propos,

dites-moi quelle bête êtes-vous,

!

�u

__

—

Vous qui courez toujours?
LUCULLUS.

A toi tu
Pèse mieux tes
Tu te feras

raisons,

envers

me

compar

moi tu t'égares,

rosser.

JOBARD.

Votre

Qu'un lièvre,
jambe est plus longue et

Notre

besogne est faite, il faut aller dormir.

ancien,
si bien

mon

courez pas

LUCULLUS.

JOBARD.

Je suis

mort

de

sommeil, je

ne

puis plus tenir.

LUCULLUS.

Avant tout, éveillons le rustre personnage,
A

sa

porte, Jobard, allons faire tapage.
LUCULLUS.
Marteou

Marteou

,

,

(Trio à faire).
,

réveillez-vous.

JOBARD.
Il

en

est

temps

écoutez-nous.

,

MARTEOU.

Quu poou tant fouart piquât la pouarte
Segur li van pas de 'man mouarte.

,

LUCULLUS.
C'est Lucullus le bon garçon
Qui rit toujours jamais je ne pleure
,

,

,

II vient

nous

avertir

,

qu'une heure

Avait sonné dans la maison.

[Fin du trio).
MARTEOU, s'assied
Zc li vais !

ze

li vais !

senso

tant de

sur

le lit.

musiquo,

�—

Marteou souarlc doou
Avant

íiecli,

li

—

vengue

la phuspholiquo,

tout, cadenoun ! abren nouestre fanaou,

Permettre

ma

cravata

Il s'avance

en

approclien doou miraou.
chemise,

se

regarde au miroir.

(riant) Salisquen ! Ah ! ah ! ah ! per aqnelle es aou pebre !
: ant reveillat Jou nègre
En cresent, bouen Marteou, de ti dérivilhar !
Es encaro ben nuecli, bounsoir, mi vaou couchar.
Que soun taloun eici

Jobard et Lucullus sortent

(La toile tombe).
FIN DU PREMIER ACTE.

en

riant.

�ACTE II.
Le théâtre

représente un champ vaste, entouré de collines; à droite, une
à gauche, plusieurs cabanes
Au lever du rideau, 1rs
Bergers sont assis près d'un grand l'en; sur le premier plan, Mangemoiisquo, Canari charient et coupent du bois... Les montagnes sont
mniterie ;

couvertes de

neige.

SCÈNE PREMIÈRE.
Avant le lever du rideau

on

chante.

RANCUREOU, FURET, COUSTELLETO, PATIN,
CANARI, MANGEMOUSQUO.
PATIN, à Rancureou.
Encaro
Fa i

cansoun, après , s'anant couquar ;
tirar, Rancureou !
RANCUREOU, vieillard nasillant
une

Avant mi
Plus

qu'aqu'ello dirai...

Mois necubiers

se

car

vaou

lou

mouquar,

souen

mi carcagno

,

sarrount.

PATIN.

Anens
A

,

f'ouèro la

cagno

!

Mangemousquo.

Mangemousquo, de bouesç !
Il apporte

du bois.

FURET.

Nouestre

premier dever,
l'aver ;
nieou si masque.
Tardera pas segur de faire uno bourrasquo,
Lou tonnèro amoun daou coumenço de renar,
Lou lan sieguis lou lan d'eici faou s'esbinar.
Mi semble que seriet de
recantpar
Car lou ciel s'encapélo, et de gros

,

,

RANCUREOU.

Avant,
Plus

pouarge de moust ! ai moun

sec

gousier, pécairé !

qu'un pargamin.
Patin lui donne, la bouteille, il boit.
A ta

santé, coumpairé !

�FURET.

Grand ben ti

fague vieilli!

crese

mi, Rancureou,

Leisso istar ta cansoun, recampens

lou troupeou.

RANCUREOU.

As ben resoun , Furet, leis nieous sount esfrouyables,
Diriens que sount cargat de demouns et de diables,
De tant nègrous quésount... ai poou qu'aquesto nuecb

En

luéguo de dormir, li viguens

que

PATIN, revient

,

de fuech.

en courant.

Anens, despachens-si, fréros, la pluge arribo !
Estremens leis mooutouns, voben courrent bourrido,
Leis restanquos doou ciel vant crebar de partout.

Despachens-si, fensleou, Sinoun v'embalo tout.
Tous les

bergers courent renfermer leurs troupeau

SCÈNE II.
COUSTELLETO ET RANCUREOU.
RANCUREOU

Et tu restes

aqui, li

[le tonnerre gronde

vas pas,

avec

fracas).

Coustelleto ?

COUSTELLETO.

Ai

péto.
RANCUREOU.

Et de

qu'as poou?
COUSTELLETO.

Doou tounero que péto.
Mi

voou subran couchar, tremoueli de
l'esfrai,
Quand serai dins moun liecli, ma testo taparai.
Aqui ben amagat, soulo ma grosso capo,
Voirai plus quand lou lan doou firmament s'escapo.
Si toumbo un farfadet, que la dedins lou nieou,
Eh ben ! li serai plus, toumbara pas sus yeou.

RANCUREOU.

Fagues plus lou bergie, sies qu'uno femeleto,
En lueguo de gardar, vai'rabaillar de peto.

�15

—

-

SCÈNE III.
Les

mêmes, excepté COUSTELLETO.
FURET.

Nousv'aqui, Rancureou !
RANCUREOU.

Arribas tout à tems.
PATIN.

Leis mooutouns sount dedins, aro sians toueis countens,
Mai

Coustelleto, ount-es? diguo vieilli camarado ?
,

RANCUREOU.

Sur la
De

sa

paillo aloungat coumo uno carognado ;
capo cubert coumo un jounc tremoulant
FURET.

Roou frech.
RANCUREOU.

Eh !

noun

de poou

!
FURET.

Eh ben ! lou

gansaiyant !

Il veut lui tirer la cape.

RANCUREOU.

Noun, leisso lou dormir, doou
Debanariet segur
ils

se

gros

esfrai, pécairé !

escoutas vouestre pairé.

couchent.

Couquens-si, farens mies... dirienS que l'a per l'er
Touteis leis diablotins, bandi.ts per Lucifer,
Cresi qu'aperamount, Belzebut juguo eis boclios.
FURET.
Es lou jour

doou Sabat, beleou fa seis bambochos.

COUSTELLETO

Lou

,

effrayé faisant le signe de la croix.

diable, ai mounDieou serions touteis perdus.
,

PATIN

Et leisso

nous

Tremble

coumo un

,

se

fâchant.

dormir gros favoou !

poulet.

barges plus !

�16

—

—

COUSTELLETO.
Meis dents faut de tachai tos.
Sieou

toutespaloufit...

PATIN.

Mette-ti de
RANCUREOU

brayettos.
humeur.

avec

,

mai, sies ben estonrnaon ?
Ta lenguo va toujours, coumo un vieilli batareou !
Pachachi! pachacha ! sies coumo leis femellos ;
Es tems, ou jamai noun, de plugar leis parpellos.
Se tu, de pas dourmir va trobes à prepaou ,
l.eis aoutreis, cadénoun ! démandount de répaou.
Sieis qu'un gros fayoulas, n'a pas proun de Toouragi
(}ué ! n'as pas proun blagat !

Per

nous

dérevilliar.
FURET

,

éclate avec fracas
Aqueou peto émé ragi.

un tonnerre

COUSTELLETO,
Aou

secours

!

aou secours

se

cachant.

! bouen Diou qu'es tout aquo ?

Aluquo aqueou pitoué, que sur nouestreis coquo,
Fa lalleto dins l'air, coum'uno coouquilhado.
FURET.

Frèros, l'escoutez pas, dis uno

talounado.

PATIN.

es ben verai, sieou
Jamai dedins la nuech ai vis

Regardo,

tout espouvanta

,

talo clarta.

FURET.
Es

qu'aoucun ben segur que ven raoubar leis t'édos ;
vite, courens eis clédos.
Tous les bergers courent armés de trigues.

Armcns-si de bastouns,

SCÈNE IV.
Lf.s mêmes et L'ANGE

(dans

L'ANGE.

récitatif.
Rassurez-vous,

pasteurs;

un

nuage).

�17

—

Bannissez
Ce

Luit

vos

-

alarmes

,

jour rempli de charmes
pour tarir la source rte vos pleurs.
Hassurez-vous, pasteurs.
,

,

SCÈNE Y.
Les mêmes

,

DÉLICAT

M. ETM-

Ouvrant la croisée.
Mme DELICAT.

Qu'es aqueoubruch, grand Dieou! sieou touto treboulado.

(Elle crie) Délicat?

DÉLICAT.

M.

Que mi

voues

?

DÉLICAT.

Mme

Venc leou coouquilhado '
beou moussu,
nieous : regardo qu'es coussu!
,

A l'estro

bouto-ti, veiras

Tout mailhouetat de

un

DÉLICAT.

M.

Ma

quiquéto

,

aqueou

si, qu'es d'un brilhant calibre !
Mme

DÉLICAT.

Teiso-ti, l'escoutens... cliaro ben mies qu'un libre.
il. et Mme Délicat restent à la croisée

SCÈNE
Les

pendant la scène.

VI.

mêmes, L'ANGE. M. ET M"-DÉLICAT, à la fenêtre.
L'ANGE.
Air à
Si

j'ai quitté pour

vous

C'est pour vous

faire.

la céleste Demeure
annoncer que l'heure

De votre bonheur

,

a

sonné

;

Et que

la prophétie
De Dieu s'est accomplie
Que le
A

sauveur

:

du monde est né.

Bethléem, dans

une

étahlc

,

2

�—

18

—

aimable.

Vous trouverez l'enfant

Chantez, célébrez sa grandeur

,

Rédempteur.

C'est votre

pieds du roi des Anges,
Partez,Bergers, partez, laissez-làvos troupeaux.
Allez vóus prosterner aux

PATIN.

Qu'u

nous

leis gardara ?

L'ANGE.

Les célestes

Veilleront,

mes

phalanges

amis, sur vos tendres agneaux.
RANCUREOU.

charoun mies, s'en trobariet pas gaire
Meis amis, parle fin
D'homme que

,

FURET.

Beleou n'es

qu'un blaguaire.

RANCUREOU.

Aquo, va cresi pas : es un angi, ti dieou ,
Que per nous avertir, vent de la part de Dieou.
PATIN.

Voou que partons subran
Eme lou frech que fach?

,

loti ventre à l'espagnole,
L'ANGE,

Croyez à ma parole !
A

de tonnerre éclate , disperse les nuages, et
soudain brillent les étoiles ; les bergers se prosternent. &lt; hœur
d'Anges ils chantent le GLORIA. Après tes bergers chantent.
ces

mots un coup

,

RANCUREOU.
Air à
Oh ! que

Vent de faire retentir

Noun

,

faire.

céleste melodio

noun

,

,

l'air,

jamais de nouestro oourilho

N'avians aousi tant beou councer.

vai pousqu coumprendre
Aquet angi vent nous apprendre

Aoutant, que

,

,

�Uu'à Bethélem
Moun

Et meis

sens

Dieou

un

n'en

amo

es

nat.

attendrido

es

n'en sount encantat !

Choeur.
Nouestre misere

es

finido,

Un Dieou vent per nous

racheta.

SCÈNE VII.
HANCUREOU

et tous

les bergers.

RANCUREOU.

Que n'en (lies que, Furet, d'aqueou grand espectacle
Aro, va-ti croiras que Dieou fat de miracle?
FURET.

Resti candit.,

giélat, d'un parié changeament.
RANCUREOU.

Alluquas, meis amis, la luno aoou firmament,
Brilho coumo un souleou... ô que bello nuechado!
Bruli, creses vous va de veiré l'accouchado ;
Lou ciel es tout seren plus ges de soumbre nieou
Estelat de partout, coumo un beou souar d'estieou.
Partens ! partens ! enfants, courent vite aou meinagi !
Aqui, s'aliscarens per faïré nouestré viagi.
,

,

,

COUSTELLETO.

An'aqueou beou pitoué faou faire de presens.
Que pourtaras, Patin ?
PATIN.

A l'houstaou

va

veirens

FURET.

Per yeou

,

li portarai doux agnélets ben jouine.
COUSTELLETO.

Faou que

siegount. grasset.

FURET.

Va serant
Et tu

,

vieilli Rancureou, diguo

que

coumo un

li daras ?

moitine.

�20

—

—

RANCUREOü

Moun

amour

et moun couar.

PATIN,

se

moquant.

Beou

present li faras.

FURET.

Ah ! ah ! que vieou?
Madame Délicat eme

Patin ! veici lou sant pareou
soun

,

estourneou.

Délicado, bouenjour! ount'anas tant de coucho?

SCÈNE YIII.
Les mêmes

,

M. ET M"'«

DÉLICAT.

Mise ridicule.
Mme

DÉLICAT,

un

calen à la man.

bourg de Betbélem , voire uno viergi en coucho,
Que vent de faire, diens , la flour dois enfantouns.
Brûlant d'anar beisar seis doux poulits pétouns.
Frappant sur la joue de son mari.
Aou

quiqui, li faras de babelos.
pourtant per present de mailboué , de raoubetos,
De poulit caloulouns, qu'aouque paou de gibiers.
Camino, beou chichieou , sieguens pas deis radiers.
Tu tamben

,

moun

Li

RANCÜREOU.
Partirons toueis ensens,

siegues pas tant pressado !
DÉLICAT.

Pesqui

pas

! pesqui pas !
M.

DÉLICAT.

Espero, Délicado,
percamin , poues rescounlrar, qu'u soou'.'
gourins, de vouleurs...

Soulelto
De

Mme

DÉLICAT, piquée.
Resto aqui, n'ai pas poou.
M.

Te n'en
Aou

nas

DÉLICAT.

repentiras, vai-t'en, vieillie testardo ;
mi Cagues pas escalar la moustardo.
Elle part en

grognant.

�—

21

-

SCÈNE IX.
Les mêmes

,

excepté M,l,e
M.

DÉLICAT.

DÉLICAT.

Per yeou

d'eici, Patin, viri pas leis talouns,
Que noun agui chimat doux vo tres chicoulons.
PATIN.

Lou chuehes

toujours ben

aqueou
M.

jus de la souquo ?

DÉLICAT.

-M'en lavi pas

leis peds, mai ben souvent la bouquo.
Pouarge-mi lou flasquet, que m'amourri, Patin?
PATIN

As

coumo

leis mouissouns

le lui présentant.

,

sies ben que dins lou vin.

,

DÉLICAT, buvant à outrance.
cambarado, ai toujours la pepido.
M.

lit que voues,

FURET.

Sies

un

sequo

boutilho.
M.

Es

DÉLICAT.

moun

sang

! es ma vido !

Il chante.

Air à
G

faire.

claret ! tu que

sies meis amours !
Dins moun goousier ! rageo, rageo toujours !
Quand pensi qu'oou clooussoun
« N'est
pas ren uno histoire,
Quand plooura cadenoun !
D'aiguo mi foudra boiro
Mi pren leis tres suzours. »
En esperant, tu que sies meis
amours !
Dins moun goousier, rageo rageo toujours !
vin

«

,

«

,

«

,

«

,

Que n'en dies, Rancureou

,

tu que sies un ancien ?

RANCUREOU.

Dicou

qu'as pinta,

moun

vieilli ! piegi qu'un musicien

�"22

—

M.

—

DÉLICAT, comptant les semelles des souliers.

Té, camini pas drech, marchand de bourtoulaiguo?
(Il fait des zig zag et tombe dans un trou. )
FURET.

N'as pas

vis aqueou traou , ti boujares dins l'aiguo?
guingamboy, garo eis coou de mistraou

Vas tout de

Gat !... gat!

,

RANCUREOU.

Enfants, partens

!
PATIN.

A

RANCUREOU,

begut coumo un traou.

avec

Air à
Paoureis moutouns

,

sentiment.

faire.

broutas à Paveuturo

N'aguez plus poou doou cruel ravissour,
Per aoujourd'hui vouestre pastour
Es lou mestre de la Naturo.

Choeur

de bergers.

Quand aourens vis, braveis agneous !
qu'es nat et l'acouchado ,
Revendrens mai dins la valado
Per estre vouestreis pastoureous.
L'enfant

,

fin du

second acte.

,

�ACTE HI.
Le théâtre représente un site pittoresque
hautes montagnes couvertes

: 011

aperçoit dans le lointain de

de neige ; des ponts, des moulins, et
quelques fermes isolées. Le soleil brille. Des personnages chargés de
paniers, de gateaux vont et viennent. La rivière est sillonnée de bar¬
ques. — Des paysans, des scieurs de long, des chasseurs armés de
flèches

,

des blanchisseuses

etc.

,

SCÈNE PREMIÈRE.
TOUPIN, RIFOUART
Ils sortent de leur caverne et vont
reste

ET MAOUCOUROUX.
s'asseoir sur un rocher; Rifouart

éloigné d'eux.
TOUPIN.

Dre s i que

Per

dématin farens marrido pesquo,

horto, la dégun ?
MAOUCOUROUX.
Se

Dins de lanious vin

trempavians la lesquo

cuech, creses que farians

,

maou?

TOUPIN.

Diguo, ountelas croumpa'?
MAOUCOUROUX.

Mai, sies ben animaou !
Yeou

croumpi coouqu'aren? l'ai près

dins lou meinagi

Ounté coucherians hier.
TOUPIN.

Yeou l'ai

près

un

froumagi.

M'a l'air d'estre chicard !

MAOUCOUROUX.

Pouargé?
TOUPIN.

Souarté leou toun vin cuech

,

Té, lou v'aqui?'
lou riquiqui.

sera

�MAOUCOUnOUX.

Ril'ouart, que tas amount quiat

?

sus uuo roquo

Dins toun carnier n'as ren?
RIFOUART.

La ni coquo

ni moquo.

TOUPIN.

Si es

un

niarrit

vouleur, à nouestre proufessien
gairé d'hounour; pourtant li sies ancien !

Fas pas

Si

venes

,

pas mangeai',

ti darens

uno rousto.

RIFOUART.
La vido que menans,

creis ti va, mi degousto,
de fain, ben de bouen, va ti dieou

Et puis, n'ai ges
Sieou tout foutimassia.

:

TOUPIN.

Siègues plus pensatieou?

Aoutreifes, m'en souvent, gayo ero ta maroto!
Toujours Iou beou proumier, quand fouliet far riboto.
Sies triste despuis hier, coumo un bounet de nuech
Anens I aprocho-ti, tastaras lou vin cuecli !
,

RIFOUART, s'avance el s'assied.
Per yeou, brave Toupin, tout à changea de faço,
Dessus lou meme ton canti plus ma préfaco ;
,

Despuis qu'uno visien venguet ben
Treboular
Sur

ma

a prepaou

,

mi ravir lou repaou
testo, lois crins se dreissount quand li sOngi.
moun

cerveou,

,

MAOUCOUROUX, d'un air moqueur.
Viguent, raconto nous aqueou terrible songi?
RIFOUART.

De

lou racounlar

vc-sieou plus mouartque vieou
l'aoutro nuccli, mi semble que va vieou
Qu'eri dedins un bouesc, qu'avieou près la ganaro,
Que souto un petelin fasieou petar la narro,
vous

Ai soungea

,

,

�Quand loutd'uno

enfant, qu'aviet d'alos per eou,
: Hifouart, lèvo-ti leou,
V'ai-t'en à Betlielem per veire i'accouchado,
(tue sur un paou de fens es pécairé ! coucliado
Prochi d'un en fan tou q, qu'es plus beou que lou
jour!
Que doou moundesera lou divin Redemptour !
Aqueou paoure agnelet, tout cargat de misero,
Per nous toueis rachetai', vent souffrir sur la terro !
Quand lou veiras, segur, ti fara coumpassien !
Dieou la manda, creis-mi,
per saouvar ta natien !
linsin quitlo subran ta vido
criininello,
Se voues pas que loun amo à la flainmo eternello
Mi gassayo,

un

et mi dis

,

,

,

,

Brûle

coumo un

carboun. Voues veire

coumo

Dieou

,

Punisse leis méchants? vene, veneti dieou?
Lou

siegui; traversant, souto

uno vouto

soumbro,
l'oumbr

Ounte do nouestre corps, segur,
vesiants pas
Tremoulavi de poou... Crido, vent Lucifer ,

Que

nous

duei'be

,

subran

,

la pouarto de l'infer.

Un grand estang de fuech, à meis bueils se
presento,
De tout caire vesieou toumbar
l'aiguo bouillicnto
Sur la teslo et lou corps deis paoureis malhurous.
Per veire s'eri vieou, mi
chaspavi lou pous.
Mi leisso en mi disent :
Bifouart, v'aqui ta plaço !

Quand li pensi, moun sang dins meis venos se glaço.
TOUP1N.

lis per aquo d'aqui, que sies tant maoucountent ?
L'infer es, moun ami, quand n'avesges

d'argent.
Bifouart, vivo la joyo ! et crebé la miseri !
Penses plus coumo aquo,
sieguespas tant arleri.
MAOUCOUROUX.

Chut!..vcbut!„. ainagas-vous! vesi venir qu'aoucuii
liscounde-ti, Bifouart !
TOU PIN.

Beleou

sera

degun.

�26

—

—

MAOUCOUROÜX.

Noun, mi sieou pas troumpa,
Vies pas

dessus d'aquello couelo

,

trécouelo?

à l'alubat, la quaouqu'un que
TOUPIN.

Auvi

ren

,

ni vieou

ren...
MAOUCOUROÜX.

Alors, sies besuguet?
Dernier

d'aqueou rouquas mi vaou mettre

à l'aguet.

SCÈNE II.
LES

MÊMES. Mme

DELICAT, portant un

panier et la

lanterne.

DÉLICAT, chante.

Mme

Air à

faire.

«

Anen à Bethelem

«

Tout d'un halen

«

Per veiré Taccouchado ;

,

,

«

Pourtar de facétouns

«

Raoubettos, caloutouns

«

Per la flour deis

bello journado 1

«

Ah ! que

«

Quint'houro fortunado

a

Quand lou veirai,

«

«

«
«

,

pichouns.

Aqueou divin Messio !
A sei pepious mi jilarai,
A la viergi Mario
Moun coumpliment tarai.»
M™

DÉLICAT.

poulits endrechs ! que sito pitoulesquo !
qu'es aqui, deou pouarge d'aiguo fresquo,
Si Délicat veniet dejunarians toueis doux;
Ount'a passa lou tems qu'éro tant amouroux !

Oh ! que
La

sourco

Aro mi leisso anar

N'aimo que

la nuech touto souletto,

la boulilho

,

a

changea d'amouretto.

�Elle monte

sur un

rocher.

ai bouen piveou

Se lou cridavi? zou ! encaro

Criant d'une voix

prolongée.

luench m'aouvira : Délicat ! vene leou !...
(.Maoucouroux, venant par derrière, lui couvre les yeux.)

S'es pas

Mme DÉLICAT

Qu'u mi tapo leis hueils, es tu, ma

bello raço?

MAOUCOUROUX.
Es

un

homme de ben

vouleur de boueno raço,
mai que vaout vouestre argent.

,

Que vous fara pas maou ;

Mme

Moun

argent?

aou

DÉLICAT.

vouleur!..

..

MAOUCOUROUX.
Crides pas, aou trament,
Per

vous anara maou

!

DÉLICAT, à part.
plus fregeo qu'un
Marrits fenats! brigands!
Mme

Sieou

Elle donne des coups

maoubre

de pied.

MAOUCOUROUX.

Vous estaquant à
Se

boulégas toujours ! reguigno coumo un

l'aoubre

ai.

Ils la lient.

Estaquen-la, Toupin

,

et s'amusens pas mai ;

On entend chanter au loin.

Vieou venir fouesso gens,

s'esbinens, camaradu,

fntrens dins la caverno et se mettens en

rado.

la bouteille de vin cuit.

Les voleurs oublient

SCÈNE III.
M.

DELICAT, ivre, et M"* DELICAT.
M. DÉLICAT, chantant.
Air à

Quand

serens aou

faire.

claoussoun, cadenoun!

D'aiguo nous foudra boiro

,

;

�M™

Aouvi cantar

DÉLICAT.

qu'aoucun, s'ero

Saou pas ce que

moun

cher mari?

m'arribo aquel homme chéri.

Elle crie d'une coix

/irolongéc.

Délicat !...

DÉLICAT.

M.

Qu'u mi soueno?
Mme

DÉLICAT.

Es yeou
Gito ti dins leis bras de
Vene la délivrai', ma

,

ma

passereto !

ta

pastoureleto !
quiqueto ! moun beou !...
M. DÉLICAT.

Aqueleis

mots tant doux caoufïbunt
M""-'

De couleurs m'ont

Et

va

l'août, ti

moun cerveou.

liguado an'aquclle sorbièro:
M.

Ti

plus

DÉLICAT.
DÉLICAT.

faout, perque marches premièro,
n'escoutaves pas leis counseous d'un mari ?
va

Mme

D'estaquo-mi,

DÉLICAT.

mouestras !
M.

DÉLICAT.

Avant, tu qu'ai chéri,
Permette mi d'anar saludar la boutilho

Que vieou

sus

d'un

roucas

;
Il salue et boit.

Aqueou si,
M™

que

petilho !

DÉLICAT.

Mi leissaras eici, vieilho
saquo de vin ?
Aqueou moust ben segur de tu veira la fin.

DÉLICAT.
de respect !... qu'u ta mes que ti lève,
destaquar que lou diable m'enleve !
boutilho; après, double canoun !
M.

Ah ! manques
Se ti vaou

Acabi

ma

On entend chanter tes

bergers.

�—

A Bethelem m'en
En

se

vaou

29

--

veirelou beou

pichoun.

moquant.

Bouonjour, mise Pélicado !
Mme DÉLICAT.

0 gus!
De li trufar de

yeou?
M.

n'as pas vergoùgno '

DÉLICAT.

Parti, v'eici d'ibrougno,
Que ti desmararant (Air) 0 nectar ! ô ineis amours !
I Lige a dins mouu gousier, toujours! toujours! toujours!
Il boit,

jette la bouteille après l'avoir vidée et

SCÈNE
Arrivée, des
RÁ

met

se

en

route.

IV.

bergers

en

chantant

NCUREOU, FURET, COUSTEL.LETO, PATIN,
CANARI, MANGEMOUSQUO.
Choeur. A ir h

faire.

Cantons !

Canlens !
Celebrens meis cambarados,
La

plus bcllo deis journados !
bergiers,
Que noueslreis devanciers.
Aoujourd'hui veirens de Mario
Lou beou pitoue, Iou messio.
Toueis leis poplcs à racheta.
Es vengut sur la terro
Plus huroux sians

Per bandir la miscro

,

;

\?aou nouestre liberta.

(bis)

RANCUREOl".

Enfants, asselens-si proebi d'aquello sourco,
Maugearens un mouceou, senso duerbi la bourso
Avens dins leis carniers tout

Bergiers assetas-vous,
,

Ils

ne

s'assoient pas

ce

que nous

fondra

,

;

pas ren nous manquara.

d'après te cri qu'ils entendent.

�30

—

-

SCÈNE V.
mêmes

Les

Mme

Aon

secours

!

aou

M",e

et

DÉLICAT.

DÉLICAT, criant.

secours!
FURET.

Qu'a crido d'aqueou caire?
PATIN, monte sur
Es

une

malhuroue

un

rocher.

quand estaqua pecaire!
DÉLICAT, d'une voix éteinte.

Mmc
Aou

secours

!

leou ! sieou mourento !

venez

( Tous ensemble courant vers elle)
L'anans !
PATIN

Qu'u

vous

la déliant.

,

àmesaqui?

DÉLICAT.

Mme

Tres roumpus

de booumians.

COUSTELLETO, surpris.
Madamo Délicat à n'un aoubre

ligado?

Per aquelo es aou gaz.
RANCUREOU.

Hier, ero troou pressado
Vouguet partir souletto et de nuech caminar.
DÉLICAT.

Mme

Tamben meis,

,

bouens amis, chier mi vant fach pagar.
quelqu'un du pont dans la rivière.

On voit tomber

FURET.
Ai vis toumbar

qu'aoucun, d'oou pouent dins la riviero.
PATIN.

S'es per

li prendre

un

bain craigne pas la fresquiero.
M™

Fouguesse Délicat,

DÉLICAT.

marrit gourin ;
si, que mettriet d'aiguo dedins soun vin.
lou trempo jamai... n'a pas ges de vergougno
aqueou

Alors
Car

;

�_

Se sabias

ce

31

—

qu'a fach, aqueou vilen ibrougno,

Ades, n'a pas vougut venir mi deliguar ;
A vis uno boutilho, l'es anado chimar.
Es ubri

coumo un

pouarc.
RANCUREOU.

Mero, voulez ren prendre?
DÉLICAT.

Mme

Noun

,

noun

,

à Bethelem voueli subran mi

rendre.

FURET.
A ben rasoun,

partens

RANCUREOU.
Voulez pas

déjunar !

PATIN.

miesàl'houro doou dinar.
Nourat et sa vieiho femello?
Faou que fagui lugnar aquelle renarello.
Vaou basselar sa pouarto em'aqueou gros bastoun,
M'en va dire de gus, de marias, de capoun !
Henoun,

mangearens

Reveilhant pas

porte et frappe à tour de bras.
l'aoubado.

Il s'avance vers la

Vaou

coumencar

slïr

:

de la crèche de Bosq.

Ran

plan ! rataplan !
Venez leou duerbir, Nourado ;
Ran plan ! rataplan !
Levas-vous, vieilho crancran !
Nourado se vouestro pouarto
,

,

Sus lou

coou se

douerbe pas

,

L'anarens pas

de man mouarto,
Piquarens à tour de bras.
Ran, plan ! rataplan !
(bis)

SCÈNE VI.
Les mêmes

,

NOURADO ET NOU® AT. (Mi se i i die h le).
NOURADO

,

en

tremblotant.

Qu'u fa tant de boucan? qu'u piquo como aquo?
Es

qu'aoufim

,

ben

segur,

qu'a perdu lou coco.

�32

—

—

FURET.

Levas-vous, levas-vous, vieilho ratopc nado!
Mme

Ma dit vieilho, aqueou gus

!

DÉLICAT.

FURET.

Sias touto

dezanzado,
plus ges de dents, que quaouqueis vieil) mouceous,
Vouestro caro es passido, avez ges de bouteous;
Leis liueils tout poutinous ; de vouestre naz Nourado,
S'en pourrietben segur faire uuo carbounado.
N'avez

,

Il rliante

Riin, plan! rataplan ! etc.

NOURAT, paraissant, à la croisée en bonnet de nuit.

Mai, voulez

pas

fini? digua-mi, maoufatans?
NOURADO

,

colère.

Espéras mi, li vaou , vouleurs , marrits brigans!
Elle pousse son

lie l'estro
De leis

mari.

levo-ti, t'escaoufes

anar

pas ma chouyo
zoubarlou ventre nii gargouyo.

Mi mounto de

!

parfums faou que d'aqueleis gus
Espaoussi la casaquo , et que s'en parle plus.
Elle

,

,

ferme la croisée.
FURET.

Ran, plan ! rataplan !

V'esperans, ratopenado,
Itan, plan! rataplan !
V'esperans, vieilho sarlan.
NOURADO furieuse, ouvre sa ports un bâton à la main , cl vou¬
lant frapper Furet frappe son mari qui crut ta retenir.
Mi v'aqui, que voulez?
,

FURET.

Rouenjour, vieilho petacbo!
NOURADO

Tu

,

mi retengues pas, que li

,

à

son

mari.

roumpi la facho.

NOURAT, la retenant.

Islan'uno, ereis-mi ?

�33

—

NOURADO,

-

avec emportement.

Leisso m'anar? ti dieou.
FURET.
Tenez la ben

,

Nou rat, mi mangeariet tout vieou.
RANCUREOU

arrêtant Nouraclo.

,

Nourado, calmas-vous, quand saourez la nouvello,
Que la viergi Mario à fach un enfantoun
Que vent nous rachetai', quitares lou bastoun.
,

NOURADO.

Mai,

que

mi dias aqui, parlas mi clar, grand pèro.
RANCUREOU.

Venez à Bethelem

,

et va saourez

Veirez lou Rei deis reis

sur

,

grand mèro ;

de fen estendu,

Que per nouestreis anciens fouguet tant attendu.
Uno

viergi la fach pouarto per
,

Eme naoutreis

venez

noum

Mario

;

adourar lou Messio.
NOURADO.

Nourat, mounbouen?
NOURAT.

Que

voues

?

NOURADO.

Veirens

Vene, moun beou quiqui !
aquel enfant, quedoou mounde es chéri.
Air.
«

«

Easens parteus, restens pas mai,
Per veiré l'accoucliado ,

«

Ensens partens,

«

Bea countento serai.

Ils partent et

quand la veirai,

oublient de fermer la porte ; les voleurs en'rent
dans

sa

maison.

CHŒUR DES BERGERS.

Air à

Noua,

noua

,

faire.

bergiers, veirens jamai

Unó tant. bello niado

•

3

�34

—

Per veire

—

l'accouchado.

restens pas mai.
après avoir fait quelques pas, madame
retourne pour fermer la porte.

Subran partens,
Ils partent ;

Délicat

NOURADO.
Cresi d'aver leissar noues tro pouarto
Hui la tant de

Espéras mi, bergiers,
Elle ferme

duberto,

vouleur, la terro n'es cuberto,

retouarnarai subran.

la porte.
MAOUCOUROUX.

Aro que

sians dedins, sarro, vieilho crancran !

SCÈNE VII.
Les trois volkurs

,

UN AVEUGLE ET TOUNIN.
L'AVEUGLE.

Tounin, aplanto-ti, sieou mourent

defatiguo,

paoureis bouteous déchiras per l'ortiguo ;
Sieou tout escraviat, n'en pouedi plus doou fam.
Arrestens si pichot, rouiguens un troues de pan.
Eici l'aoura ges d'aiguo ?

Ai meis

TOUNIN.

Espera , va vaou veire.
(Criant) Pero, sians à la sourço, es plus claro qu'un veire.
MAOUCOUROUX
sortant arec un paquet , aperçoit l'aveugle et
,

rentre.

Maoutron leis

importuns !
L'AVEUGLE.

N'as tronba, que

Tounin ?

TOUNIN.

0 que

si, n'aoura proun per trempar

nouestre vin.

L'AVEUGLE, lui donnant la courge.

rempliras la cougourdo,
Après déjunarens, car ma testo es ben lourdo.
Yaivite, venc leou,

�35

—

-

MAOUCOUHOUX, à Toupin.
Sians

derengea, Toupin.

TOUPIN.

N'es
Es

un

Hnuto

malheur,

moun

bouen,

qu'un pichot retard
earregearens plus tard.
,

lou tems.

aourens tout

TOUNIN

retournant de l'eau.

,

V'aqui d'aiguo ben fresquo.
L'AVEUGLE, Tounin s'assied à

son

côté.

Va

ben; asseto-ti, rouigarens uno lesquo ;
Car sieou fouesso pressa d'anar pregar l'enfant
Qu'apelloun lou Messio et que diens tant puissant.
Se n'eri pas priva d'aquello bello visto
Aqueou jour de bouenbeur seriet mes sur ma liste.
Oh ! oh ! se coumo tu, moun enfant li vesieon,
De l'admirar jamai mi n'én sadoularieou.
,

TOUNIN.

Yeou ti dirai

coumo es...

RIFOUART,

Que,
As aouvi

ce

voleurs.

aux

moun

soungi s'expliquo

;

qu'a dich?
MAOUCOUROUX.

Nous
L'anans

a

coupa la

chiquo

,

trouba, Rifouart?
L'AVEUGLE.

Qu'usque charro eilavaou ?
TOUNIN.

Moun

pèro,

es tres

booumians, que souartoun d'un houstaou.

L'AVEUGLE

Messies

,

agues

se

lève et d'un ton plaintif.

miserable
veire dins un estable
qu'es nat per rendre l'homme huroux.

Qu'à Belhelem s'en
Lou Rei deis reis
Dounas-li

,

pietat d'un
va

cooucaren

,

,

pregara

Partens, Tounin partens.
,

paoure

ben

per vous.

�—

36

—

IUFOUART.

Espéras, camarado !
Anarens

eme vous

saludar l'accouehado.
MAOUCOUROUX.

Li

voues anar.

Toupin?
TOUNIN.
Et mi farieou

Per veire
Venes

aquel enfant, se poudieou
pas, Maoucouroux ?

portar,
marchai'.

pas

MAOUCOUROUX.

Sieou ben curieou de veire
S'es verai tout aquo

pouedi pas creire.
Anens, marchens, li vaou... regretti leis paquets
Gadenoun ! qu'avCns fach ?*
car va

,

;

RIFOUART.

N'aguens

ges

de regrets.

L'AVEUGLE, chante.
Air à

Venez,

faire.

meiscamarados,

venez,

Anens subran à Bethelem

,

Veire la flour deis accouchados

,

Et per

s'ennubriar de l'halen
D'aqueou pitoue que vent sur terro,
Per embriguar lou cadenaou
Que

nous

teniet

coumo

d'esclaou

A la cadeno de misero !

Chœur.
Anens s'ennubriar de l'halen

,

D'aqueou pitoue que vent sur
Per embriguar lou cadenaou

terro

Et la cadeno de misero

Que

nous

teniet

coumo

d'esclaou.

�ACTE IV.
Le théâtre
que est
sur un

représente le palais d'Hérode. Au lever du rideau le monar¬
assis, rêveur, sur un fauteuil ; son confident est debout, appuyé

des bras du fauteuil.

SCÈNE PREMIÈRE.
HERODE ET ELEAZAR.

ELÉAZAR, appuyé

le bras du fauteuil.

sur

Grand

prince, d'où vous vient cet air sinistre et sombre?
Vous avez des chagrins que vous cachez dans l'ombre;
Hérode, dans mon sein épanchez votre cœur,
De tous vos ennemis n'êtes-vous
pas vainqueur?
Existe-t-il un roi, du couchant à l'aurore,
Qui soit plus grand que vous? que vous faut-il encore?
HÉRODE.

Eléazar,

un

Et

dans

rêve égare

raison,
plus subtil poison.
L'autre nuit j'ai rêvé qu'un enfant de naissance
Voulait de tous les rois subjuguer
la puissance,
Au peuple d'Israël donner la liberté.
verse

ma

mes sens

le

ELÉAZAR.
Un songe vous émeut ?

HÉRODE

,

à part.

Quelle témérité!

SCÈNE

II.

HERODE, ELEAZAR ET JONAS.
JONAS.

Seigneur, trois rois venus des plus lointains rivages,
Désirent, en passant, vous offrir leurs hommages.
HÉRODE, à part.
étrangers qui viennent pour me voir?
(à Jonas) Introduis-les, Jonas, je veux les recevoir.

Quels sont

ces

�—

38

—

(à Eléazar) Qu'en pense Eléazar? leur royale visite
Me

surprend, m'interdit, me tourmente et m'agite !
Il monte

le trône

sur

Eléazar toujours à son côté.

,

SCÈNE III.
GASPARD

BALTHASARD, MELGHIOR

,

,

HERODE ET ELEAZAR,
Précédés de

ses

gardes romains, musique en tête.

pages,

GASPARD.

Trois rois de l'Orient
A Eléazar

Ces gens-là,

offrent leurs respects.
HÉRODE, saluant.

vous

(bas.)

cher ami,.me paraissent suspects.

Aux rois.

Quel motif vous conduit, princes, dans la Judée,
Pour venir de si loin?...
RALTHAZAR.

C'est
Nous
Le

venons en ces

une

sainte idée.

lieux pour voir

le nouveau-né,

vous semblez
HÉRODE à part.

puissant roi des Juifs!

étonné ?

,

Qui

ne

le serait pas ?

GASPARD.

Déchirez donc le voile

Qui

les yeux
guidés par son étoile,
l'adorer, nous soumettre à ses lois,

vous couvre

Nous

venons

Déposer à

ses

pieds nos couronnes de rois.
HÉRODE.

Princes, permettez-moi de douter du miracle;
Je vais, à ce sujet, consulter mon oracle.
Il frappe sur un tambour.

SCÈNE IV.
JONAS, paraissant à lu porte.
HÉRODE, à Jonas.
Jonas, faites venir le pontife Simon.
Les mêmes

,

�JONAS.

Le voilà,

justement.
HÉRODE

,

fait signe à Jonas de se

retirer.

prêtre de Sion,

Grand

quel lieu le Seigneur vient de naître,
roi des Juifs , qui sera notre maître?

Dites-nous dans

Cet enfant,

SIMON.

prophète Isaïe, a dit... àBetlhéem;
cœurs sont émus... même à Jérusalem.
Pour aller l'adorer, tout le monde s'empresse ,
Comme au sortir du temple on se heurte, on se presse.
Le

Tous les

HÉRODE

,

surpris.

(A Eléazar) Hé bien ! que t'ai-je

dit?

ELÉAZAR.

Sire, tous vos docteur
.

d'infâmes imposteurs.

Sont des hommes pervers

,

Cet enfant vient sur terre

abolir l'esclavage.

SIMON.

HÉRODE.

Pontife, c'est assez... retirez-vous;

(à part) j'enrage.

SCÈNE Y.
HERODE, LES ROIS ET
HÉRODE.
Maintenant
De

sa

ELEAZAR.

qu'un docteur rempli de gravité

,

bouche m'a dit l'exacte vérité,

(àpart) Dissimulons: {haut) je crois.
GASPARD.

Douter, serait
Pour

nous

Allez à

tous, cet enfant vient s'offrir en
HÉRODE.

Bethléem,

monarques

Pourvoir le roi des Juifs

au

un

victime.

d'Orient,

berceau souriant;

Après avoir trouvé le lieu de sa naissance,
Adoré le Sauveur, célébré sa puissance,

crime

;

�40

—

Revenez

au

palais

me

—

le faire savoir,

Et j'irai comme vous l'adorer et le voir.
GASPARD.
Les rois saluent Hérode et la musique

Prince, à notre retour de

ce

exécute

une

marche.

pèlerinage,

Nous ferons le récit de notre saint voyage.

HÉRODE.
Il

m'importe beaucoup de

vous

voir

en ces

lieux.

GASPARD.

Comptez

sur nous,

grand roi...
HÉRODE.
Recevez

mes

adieux !

SCÈNE VI.
HERODE,ELEAZAR.
HÉRODE, furieux, descendant du trône.
Vengeance ! Eléazar.
ELÉAZAR.
Choisissez

vos

victimes.

HÉRODE.
S'il faut
Pour
Oui !

verser

du sang

et me souiller de crimes,

régner en Judée et soutenir mon rang ;
je veux cimenter ma gloire avec du sang !

Quel rival oserait me ravir la
Rien

ne

peut m'arrêter pour conserver
ELÉAZAR.

Un enfant
Il est

un

couronne

vous

fait peur

sûr moyen pour

Quel est donc
En d'autres
Le théâtre
escaliers

ce

!
mon

trône.

il faut l'anéantir.
le faire périr,

HÉRODE.
moyen? je brûle de l'entendre.
ELÉAZAR.

lieux,, seigneur, je saurai

vous

l'apprendre.

change et représente l'extérieur du palais d'Hérode. Douze
un garde romain à chaque marche ; vue de Bethléem la
nuit ; l'étoile qui guide les mages va se poser sur l'étable ; les
nègres
accompagnent les mages qui sortent, dont trois portent des coussins
et deux (les vases de parfums.
,

�CRÊCIIE.
Le théâtre

représente la Crèche et l'auberge à côté. Au lever du rideau
bergers et des bergères adorant le nouveau-né, et chantant
; les astres brillent de toutes parts et laissent apercevoir un
superbe lointain où l'on distingue le palais d'Hérode. On entend la
musique des mages.
on

voit des

des noëls

SCÈNE PREMIÈRE.
Arrivée des
Les

anges

,

bergers à la crèche.

tous les bergers

,

Mmo

DÉLICAT,

NOURAT

ET NOURADO.

Plusieurs Auges entourent la Crèche.
UN ANGE.

Prosternez-vous, troupe chérie,
Aux pieds de votre
Rédempteur ;
C'est pour vous qu'il se sacrifie
Et pour faire votre bonheur.
,

Allez l'adorer

silence,
grandeur;
Chantez sa bonté, sa clémence
Célébrez sa grandeur,
que vers lui s'envole votre cœur.
Célébrez

Et

en

sa

chœur

Venez l'adorer
Pasteurs

,

Chantez
Pasteurs

sa

d'anges.
silence

en

bas

genoux

bonté

,

sa

;

,

clémence,

genoux bas ,
Ce Dieu Sauveur déjà vous tend
Pendant

,

,

les bras.

chant, les pasteurs se prosternent, adorent Jésus
tandis que les anges chantent le Sanctusete.

ce

Après le Sanctus chanté

par

les

anges liancureou

parle

�42

—

RANCUREOU,

Viergi,

se

—

prosternant.

leis coutaous gardavians leis agneous,
Quand vouestr'angi venguet agouloupat de nieous
Dire qu'à Bethelem, dins un
pichot estable
Ero nat de Mario un enfant adourable,
Que sur terro veniet rachetar leis humans ;
sur

,

Alors, touteis ensens, sur lou coou parterians.
Eis peds de vouestre fieou Viergi tant hounourado,
Venens si prousternar, li touquar nouestre aubado
Daisar seis blancs petouns l'ouffrir nouestreis présents,
Celebrar lou beou jour que nous rende countens.
,

,

,

FURET.

Air à

faire.

Aquel enfant plen de tendresso,
Es naissut dins l'humilita,
Vent

nous

douna la liberta.

Cantens aqueou

jour d'allegresstf !
Cantens, cantens, lou Dieou d'amour !
Jésus nouestre liberatour!

RANCUREOU,

chœub.

Enfant d'uno maire tant
Daou fond doou

sagi,

couar vous

adourans.

Benisses-nous, puis s'entournans
Ben countens, dins nouestre villagi.
,

SCÈNE

II.

Les mêmes ET LE VALET D'ÉCURIE.
LE

GARÇON D'ÉTABLE

Es dicli qu'aquesto nuecli

,

en

dedans.

pourrai pas roupilhar,
faou s'embrailhar;
Puis descendre à l'estable per saupre la nouvello.
Cresi, ma fe de Dieou, qu'an perdut la cervello !

Aouvi cantar

partout...

anen

�43

-

MISE

NOURADO, baisant les pieds du petit.
d'une voix tremblotante.

Avec enthousiasme

Oh ! que

—

,

poulit picliot, es beou coumo un

souleou !

A Nourat.

Alluquo lou, Nourat... ve ! lou mousselarieou ;
Per nous toueis rachetar, pecaire ! sur la terro
Li vent souffrir de frech, de fam et de misero,

,

Aqueou paoure agnelet, per rendre l'homme huroux
Sur de pailho es couquat,' coumo lou malhuroux.
Adourens lou Nourat, fens li quaouqueis babetos

,

poulideis caouvetos.
GARÇON D'ÉTABLE, en criant.

pourtarens de

Deman li

LE

Cris prolongés.
BouenDieou, que bel pichot... oh! Marteou! Margarido
Levas-vous, venez leou per saoupré ce qu'arribo !

L'estable

plen de gens de cade qualittas,

es

Tout d'uno

dévalas, n'en seres espantas.
MARTEOU

,

paraissant à la fenêtre.

(caricature)

Ah ! ah !

MARGARIDO, de même.

(id.)

Oh ! oh '

FURET,

Fagues

pas

au garçon

tant de trin, vo souarte

d'étable.

de l'estable,

Le menaçant.

Si

voues

Ignores

,

qu'un bastoun ti caresse lou rable.
darnagas, qu'aquel enfant es Rei,

pas

Et que tout

l'univers

es soumes
GARÇON

LE

à sa lei.
D'ÉTABLE.

Mai, per qu'u mi prenez... un Rei

dins

un

estable!

couquariet!... aquo n'es pas crouyable;
rire, beleou... miprénez per un ai,

Sur defens
Voulez

Leis reis sount troou meneq.

FURET, le poussant dehors.
Vai-t'en

,

barges

pas

mai.

�44

_

—

SCÈNE
Les mêmes

III.

bohémiens,

et les

se -prosternant.

RIFOUART, prosterné.
A Youestreis
peds, Jésus, li vesez tres baoumians,
Que sountben enpentoux daou laï mestier que fans.

L'autr'an devinavians que la boueno
fourtuno,
Mai, coumo poudians pas faire de blat de luno ;
Aro per deveni plus riches et
plus
La nuecb fens leis vouleurs et lou
Per que veguens un

puissants,

jour devinans.
jour la cita favourido ,

Pardounas-nous, Jésus, voulens changea de vido.
MAOUCOUROUX

.

le tirant par

l'habit.

Mai que

li dies, Rifouart ? as perdu lou coco
Ist'anuno, crei-mi, parles pas coumo aquo.
Mme

Aou vouleur!

Qu'à l'aoubre

aou

me

DÉLICAT,

vouleur!

,

criant.

bergiers, v'aqui lou laire,

liguet.
RANCUREOU.

S'es

counvertit, pecaire!

DÉLICAT.
Que mi rende l'argent, sinoun fes lou sortir.
Mme

RANCUREOU.

Pardounas-lou

0

vous

,

que

vous

dieou, vent de se counvertir.
RIFOUART, chante.
Air à faire.

sias lou fieou d'uno viergi cherido,
nous
seignour ;

Pardounas

,

Vous oouffrens nouestre
couar, nouestre sang, nouestro vido

Dounas-nous vouestr'amour.
chœur de

Gloiro !

Jusqu'à naoutreis si beisse
A

bohémiens.

gloiro à Jésus ! célébrens
,

es

sa

naissenço

vougut naisse faible et coumo vous souffrir
Es digne de recouneissenço.
,

,

per toueis nous unir,
;

,

�—

Cantens !

45

—

lou Dieou d'amour !

cantens

Jésus nouestre liberatour.

Aqueou fieou d'uno viergi puro
Que caouque à sois peds l'impousturo.
,

TOUITN.

Vas

dich, siet

coumo

siet, te manteni Rifouart.

M.VOUCOUROUX.
Yeou pereou meis amis, vieou
que sieou pas proun fouart.

SCÈNE IV.
Les mêmes

,

L'AVEUGLE ET TGUNIN.

L'AVEUGLE, que son fils
Dieou s'assiel, braveis
gens, Touriin
Prochi d'aquel enfant.
TOUNIN

0

Sur de

paille

es

,

accompagne.
meno

,

mi leou

criant.

paire, qu'es beou !
couquat; leis poulidos manetos !
moun

L'AVEUGLE.

Tremoueli de bouenheur... li faou quaouqueis babetos,
Sieou pas

luench deou Tounin?
TOUNIN.

Moun paire, clinas-vous,
Tenez, touqua seis peds, mettez-vous à ginous.
L'AVEUGLE
'

,

baisant les pieds de Jésus

avec

émotion.

A vouestreis

peds, Jésus, vesez un miserable,
Que si plaigniriet pas de soun sort pitouyable,
Si poudiet, aujourd'hui, veire la
majesta,
D'aqueou que vent souffrir per nouestro liberta.
Ooublidarieou subran meis laignos, ma
miseri,
Quand saouricou de

soutar tout d'uno

Criant

Adoun mourieou countent. Que

aou

bouenheur, ô

TOUNIN, étonne.
Moun

paire

,

que vous

prent?

cimenteri.

transporté de joie.
moun

Dieou !

�40

_

—

L'AVEUGLE,

ému.

Li vieou ! Tounin

li vieon !

,

TOUNIN.

Ben de bouen

,

li vesez? oh ! que plaisir moun

Que miracle per vous lou

paire !

Signour vent de faire !

L'AVEUGLE

Air à
Dieou de bountat

vous

,

chante.

faire.
remercieou

,

brillant espetacle !
li vieou ,
Avez fach un ben grand miracle.
Aro plus ren desirarai.
Vous ai vis moun amo es ravido ;
Poudez dispousar de ma vido
Per yeou que

Li visieou pas, aro

,

Aou cloousoun countent anarai.

expression.
Benissez moun enfant, masouletto coumpagno
Avec

An'aqueou paoure agneou n'ai douna que
Mme

Quand

aourez

,

de laigno.

DÉLICAT.

acabat, brav'homme parlarai.
L'AVEUGLE.

Parlas, parlas, ma vieil ho, yeou mi retirarai.
Mme DÉLICAT, quitte son panier qui tia pas de fond , on lui fait
passer les objets qu'elle en tire.
Viergi permettrez ben à mise Bélicado,
De baisar leis pepious de voues tro bello niado ;
Ce recebez aussi lou présent que li fach,
Bello amo ereses va, moun couar es satisfach.
Sabi ben que per eou pichot sera l'hooumagi,
Vadueou de caloutons, facetouns, un froumagi,
Un pot de counfituro em'un liame de rin ,
Un pareou de poulets, un superbe lapin ,
Un lebraou que moun homme a tua dins lou terraire ;
,

,

,

�—

47

-

Vaqui tout, l'a plus ren dins moun panier pecaire !
Qu'un pareous de pigeons émé qu'aouqueis perdrix ,
Per faire de soupetos, un paquetoun d'ariz.
lointain la musique des mages.

On entend dans le

De sucre,

de café, de boueno farineto,

m'a vendu Fineto.

Et de chicoulat fin que

RANCUREOU.

diguo vieilho crancran ?
renouriat, fagues plus de boucan.
(à part) Qu'u coupet souri filet gagnet ben seis dardenos.
(Haut) Bavardé, taiso-ti, nous faries passar peinos.
SCÈNE Y.

Nen

a ren

que per tu,

N'as pas proun

Les mêmes

i es mages et

,

leur cortège.

Les rois arrivent avec leur cortège , on exécute un morceau
huit négrillons entrent en chantant et dansant dans

de musique;

l'éiable; trois autres
trois coussins où s'agenouillent les mages sauf le roi maure

déposent
qui reste debout.

Si si la si si

A ir à faire.
ni, bananana houalek,
,

bananana, houalek.

Si si la si si ni,

Enseinble s'inclinant.
Salamalek ! Salamalek ! Salamalek !
LE ROI MAURE

,

d Jésus

,

Air à

en

langue Franque bâtarde.

faire.

Nino

qu'estar tanto pouissanto
Per ti la flotta mi tagliar,
Nou sono piou Mahoumetanto,
De credence volir cambial1.
0 Mahomet !
Fasir poco

noun

estar bona

,

miracle, andar, fourban andar.

En s'inclinant.
Dieóu
Il lui remet

A

grando a ti mio eorazon donnar

,

sa couronne.

Pigliar ma roale couronna ,
Joseph. A ti la pipa perfoumar,
Papa non coumprenir per mi parlar.
Il se met à genoux sur le coussin.

(Gaspard)

�—

48

—

,

GASPARD.

À tes

pieds, pauvre enfant, trésor de l'avenir, '
prosternés, ah ! daigne les bénir.
De leurs lointains climats, ton étoile brillante
A dirigé leurs pas vers ta grandeur naissante ;
Cotte simple clarté, symbole de la foi,
Présage le bonheur, au peuple comme au Roi.
Nous t'adorons, Seigneur, et reçois des trois mages
La myrrhe, l'or, l'encens et leur cœur pour hommages.
Trois rois sont

La

musique exécute

mélodieux.

un morceau

CHŒUR FINAL.

Ti

qu'estar piou pouissanto
grandi que Mahomet ;
A ti fasir salamalet !
(s'inclinant tout)
Non siamo piou mahoumetanto
Per ti nostra flotta tagliar
Piou

,

A ti nostreis

corazon

dar.

Après le chœur les négrillons recommencent leurs danses et chants.
Si si la si si ni, banananah houalek
Si si la si si ni, banananah
houalek
,

,

,

,

En saluant.

Salamalek.

L'Apothéose après termine la Paslorute.

Marseille.

—

Imprimerie A. Carnaud

.

Passage St-Ferréol, 23.

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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Poètas-obrièrs = Poètes-ouvriers</name>
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