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                  <text>FICHE TYPE D'INVENTAIRE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE LA FRANCE

Géants, animaux fantastiques et dragons processionnels :
Animaux-totems du Sud de France

Le Carnaval de Pézenas et son
animal totémique "Le Poulain"

Le Poulain de Pézenas le jour du Mardi-gras © Rozenn Leboucher

�Présentation sommaire
Identification :
A Pézenas dans l'Hérault dès le mois de Janvier, quelques semaines avant la période de
Carnaval on peut sentir aux coins des rues, dans les cafés, chez les habitants une
effervescence faite de joie, de rires et de « machades1 ». Tous se préparent à fêter le
Carnaval. Il durera 4 jours à la période adéquate du calendrier, une journée
supplémentaire étant venue se rajouter au calendrier depuis quelques années pour la fête
de la Saint Blaise (vers le 2 Février).
Tous attendent le jour du Mardi-gras où l'animal totémique de la Cité, le Poulain dansera
et caracolera dans les rues. C'est alors que le cœur des habitants, des curieux, des
amateurs et des passionnés s’enflammera. Tous revêtiront costumes et masques et
suivront leur totem à travers rues.

Personne(s) rencontrée(s) :
Albert Lopez, ancien meneur et président de l'association du Poulain de Pézenas.
Jérôme Fuentes, président de l'association Les Amis du Poulain.
Hugo Cros, membre des Amis du Poulain, joueur de fifre.
Claude Alberge, historien.
Claude Alranq, chercheur, auteur, comédien.

Localisation (région, département, municipalité) :
Région Languedoc- Roussillon, Département de l’Hérault (34), ville de Pézenas (Pesenàs
en occitan).

Indexation :
Pratiques festives ; géants, animaux fantastiques et dragons processionnels ; animauxtotems des fêtes du Sud de France; la fête du Mardi-gras à Pézenas avec l'animal
totémique "Le Poulain" dit aussi "lo Polin".

Vidéos et diaporamas :
Vidéo guide du Centre inter-régional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault).
Auteur, Kaleo design. Le Poulain de Pézenas / CIRDÒC-Mediatèca occitana, Occitanica Mediatèca Enciclopedica Occitana, http://www.purl.org/occitanica/5247
1 Le surnom des gens de Pézenas est "Lous Machous". Certains traduisent par "mûlets", d'autres par "petits mages".
Les " machades" sont des histoires comiques.

�Identification et localisation :
Nom et rôle et/ou fonction de la personne rencontrée :
Albert Lopez, ancien meneur du Poulain de Pézenas, ancien président de l'association
« Les Amis du poulain », membre actuel de l'association.
Jérôme Fuentes, président de l'association « Les Amis du Poulain ».
Hugo Cros, membre des « Amis du Poulain », joueur de fifre, meneur du poulain par
intermittence.
Claude Alberge, historien.
Claude Alranq, chercheur, auteur, comédien.

Municipalité, vallée, pays, communauté de communes, lieu-dit... :
Ville de Pézenas
6, rue Massillon
BP 00073 34120 Pézenas
Tel : 0467904100 Fax : 04 67 98 35 40
www.ville-pezenas.fr

Autres structures ressources / associations :
Les Amis du Poulain, 5 impasse de l'Oratoire 34120 Pézenas.
http://lesamisdupoulain.blogspot.fr/ / Jérôme Fuentes : jerome.fuentes@sfr.fr
Les Machous
Les Fadas
Théâtre des Origines
Collectif Temporadas

Le Poulain de Pézenas le jour du Mardi-gras © Rozenn Leboucher

�Description
Le Carnaval de Pézenas compte 5 journées de fête. Deux journées voient sortir l'animal
totémique du lieu : La fête de la Saint Blaise, se déroulant autour du 3 Février, ouverture
des festivités carnavalesques de Pézenas et le jour du mardi-gras.
Plusieurs mois avant le lancement de carnaval, les piscenois s'activent, se retrouvent, se
préparent. Chacun attend aussi avec impatience l'apogée des festivités : la sortie de leur
animal totémique, le poulain de Pézenas lors du mardi-gras.
« Le poulain je le vis. Rien qu'à entendre la musique, j'ai des frissons 2 »
«Quand on entend la musique...on a la chair de poule, on sent sa poitrine prête à éclater »
«Il suffit d'annoncer la sortie du poulain pour faire descendre les Piscenois dans les rues »

Déroulement chronologique :
En amont :
Les préparatifs du carnaval durent plusieurs mois, un rythme s'organisant en fonction des
groupes et des responsabilités. Si certaines répétitions, principalement musicales, ont lieu
tout au long de l'année, quelques groupes organisent des répétitions régulières dès le
mois de septembre, surtout pour le spectacle des Machous.
Mais il est vrai que tout s’accélère dès le mois de Janvier.
Les « Amis du Poulain » préparent l'événement avec l'organisation administrative:
réunions de sécurité, dépôt du parcours pour la mise en place des arrêtés municipaux,
réunion pour la communication, co-organisation du carnaval des enfants...

Pendant les fêtes de Carnaval :
La fête de la Saint Blaise
Avant que la fête ne soit réinstaurée en 2006 elle semble avoir disparu depuis 1883. Le
Théâtre des Origines compagnie théâtrale travaillant à la "restauration" des rituels
saisonniers a permis la revitalisation de la manifestation en partenariat avec plusieurs
associations et acteurs des festivités de carnaval.
Ainsi depuis 2006 chaque année a lieu la Saint Blaise à Pézenas, la manifestation
rassemble de nombreux de partenaires associatifs (Les Amis du poulain, les Fadas, la
paroisse de Pézenas, l'école Calandreta dels Polinets, les Amis de Pézenas...), mais
emporte aussi une adhésion de plus en plus importante chez les piscenois. Cette journée
marque l'ouverture des festivités de carnaval.
On retrouve bien entendu des traces de la fête de saint Blaise dans les festivités
piscenoise : Le chevalier Poncet dira que Pézenas « avait coutume de faire deux
processions la veille et le jour de la saint Blaise,...avec pompe et grande réjouissance ».
On sortait alors le poulain en l'honneur de cet évêque, guérisseur des maux de gorge,
protecteur de la ville3. Claude Gaignebet montrera que « saint Blaise est l'une des
grandes figures du carnaval, maître des souffles et des âmes qui circulent au mois de
février ; lui-même ermite sauvage et hirsute ». Daniel Fabre dira aussi « Tout porte à
croire que si saint Blaise règne normalement dans l’Église pendant la messe chantée,
Pétasson prend le relais dans l'espace profane. Il ne s'oppose pas au saint(...) mais
explicite ses attributs de héros intermédiaire entre le domestique et le sauvage, de
gouverneur des saisons qui meurt comme l'hiver pour permettre au printemps
d'apparaître ».

2 Témoignages recueillis par Claude Achard issus du livre « Poulains et bestiaires magiques » Ed. Tintamarres
3 Tout comme l'ours Saint Blaise commande la fin de l'hiver et annonce le début du printemps.

�On retrouve un proverbe piscenois ayant trait au saint protecteur de la ville :
« Per Sant Blasi, la Freg monta sus l'ase
Quand arribèt a la Granja dels prats,
Se tornèt virar4 »
Le samedi 1er février 2014, dès 15h la Collégiale St Jean propose la dégustation de
tisanes et de gâteaux de St Blaise et une visite de la chapelle du Saint patron de la Ville.
A 18h30 les piscenois sont invités à se retrouver place du four de la ville pour assister à
l'habillage des femmes sauvages. A partir de 19h le charivari commence : les femmes
sauvages se rassemblent et tous partiront dans les rues de la ville pour aller chercher
saint Blaise. C'est à l'église St Jean que le cortège appellera le saint protecteur de la Cité.
Après un refrain musical repris par la population, les portes de l'église s'ouvrent et saint
Blaise en sort. Ou plutôt la tête de son âne ! Effectivement saint Blaise est jugé à l'envers
sur sa monture. Après quelques mots adressés à la population saint Blaise invite la
population à le suivre pour partir chercher les clés de la Cité auprès des « capitols5 » afin
de « faire entrer le Carnaval dans les rues de la ville ».
En 2014, c'est les élections municipales et les « capitols » représenteront les 3 candidats
aux élections municipales. Aucun d'eux ne veut laisser la clé de la ville à « la folie de la
carnavaline ». Mais grâce à saint Blaise et à la ferveur populaire ils accepteront de laisser
les clés à saint Blaise.
Tous se dirigeront ensuite vers le château afin de voir Aïnaï6, la déesse piscenoise qui
transmettra le tambourin au meneur du poulain. Une fois le tambourin remis, il est l'heure
de la bénédiction du poulain par saint Blaise. Il lui offrira le vin du pays et le petit pâté de
Pézenas7.
C'est alors qu'une fumée envahit la place, c'est que qui est appelé « la carnavaline », c'est
à ce moment là que le poulain de Pézenas s'ébroue, se réveille. La musique du rigaudon
monte. Le meneur et le poulain s’entraîneront alors dans un charivari. Les portes du
carnaval sont ouvertes et il peut commencer à Pézenas.
La soirée se poursuit jusqu'au lendemain, avec repas, bal, et le dimanche une messe de
st Blaise est célébrée à la Collégiale St Jean.

Saint Blaise bénissant le poulain de Pézenas © Perrine Alranq
4 En occitan. Traduction : "Pour la Saint Blaise, le Froid monte sur l'âne, Quand il arriva à la grange des Prés, il s'en
retourna."
5 En occitan les anciens chefs des quartiers
6 On peut lire dans la communication de la fête à ce sujet : "Depuis le neuvième siècle (dit le dernier historien
piscénois), les hameaux qui ont constitué "Piscinae" ont choisi le 3 février (jour de la St Blasi) pour célébrer la
naissance de la cité. C'est sur la butte du château que grandit cette ville. Les gaulois qui l'ont peuplée l'appelèrent
du nom d'une déesse : Aïnaï, la compagne du dieu Pedenu qui veillait sur la val de Peyne."
7 Spécialité culinaire piscénoise

�Le spectacle des Machous
C'est depuis 1979 que le spectacle des Machous est inscrit dans la tradition des fêtes de
Carnaval à Pézenas.
Le samedi et dimanche précédents le mardi-gras, certains habitants réunis en association
« Lous Machous » montent sur la scène du foyer des campagnes et se livrent pendant
prêt de 3 heures à ce qui est appelé à Pézenas les « machades ».
Des sketchs figurant la vie locale et politique piscénoise, quelques fois on assiste à des
danses ou des « tas de rugbymans » !
Les places du spectacle sont vendus trois semaines avant le week-end de fête sur le
marché et chez certains commerçants de la ville. Le spectacle quand à lui se joue à
guichet fermé. Dans la salle toutes les générations sont représentées.
A 20h, un groupe d'hommes costumés en femmes, « les ouvreuses» , lancent les
festivités. Une musique retentit, toujours la même semble t-il : « Attention mesdames et
messieurs » de Michel Fugain. Dans la salle tous chantent à l'unisson.
Le spectacle peut commencer. Il durera jusqu'à près de minuit et jusqu'au petit matin pour
les plus carnavaleux.

Les ouvreuses au carnaval de Pézenas © Michelle Rivière

�Le charivari du lundi gras
Depuis une dizaine d'années un groupe dit « Les Fadas8 » organisent le charivari du lundi
soir. Ce groupe est constitué de jeunes entre 16 et 25 ans en moyenne. Tous musiciens
ou en apprentissage de musiques traditionnelles ont eu envie de redonner au lundi gras
piscenois un nouveau souffle. La devise est simple : « Tous en panel 9 !»
La soirée se déroule en deux temps. La première partie du cahrivari est consacrée aux
danses de carnaval – quelques unes en seront décrites ci-dessous-, l'autre temps du
charivari est celui de la sortie du Tamarou, sorte de bête monstrueuse poursuivant les
habitants mais dansant aussi à la manière du poulain piscenois.
Je ne détaillerais pas l'animal dans cette description car cela nécessiterait un travail
approfondit. On peut trouver cependant quelques éléments correspondant à cette pratique
dans l'ouvrage de Jean Boudou 10 : « La caça del Tamarre » dans les « Contes dels
Balssas ». « Cette chasse se pratiquait la nuit, après le repas de noces et permettait aux
mariés de s’esquiver discrètement pendant que les jeunes s'amusaient aux dépens d'un
naïf ».
A 21h, le rendez-vous est donné à la population pour rejoindre les rues de la vieille ville.
Là se dérouleront les danses « traditionnelles » du carnaval piscenois : Le feu aux fesses
et la danse des soufflets.
On remarquera que ces danses sont encore pratiquées bien que comptant de moins en
moins d'adeptes, surtout dans les nouvelles générations. Les chansons ne sont souvent
plus connues dues sans doute à un maque d'espace de transmission. Les objets
constitutifs de ces danses – par exemple le soufflet- ne sont plus des objets du quotidien
de la maison. Mais « les Fadas » continuent contre vents et marées à proposer au
piscenois ces espaces de danses carnavalesques.
La bufatièra11 ou la danse des soufflets :
Claude Gaignebet donnera une description de cette danse qui correspond en tous points à
celle que l'on peut voir encore à Pézenas et faisant référence à Molière : « les
danseurs...sont armés d'un soufflet dont ils se servent comme se servent de leur
instrument les matassins de Monsieur de Pourceaugnac ». La danse de dessine comme
un jeu. Les danseurs forment un cercle se suivant les uns les autres. Le but étant de se
souffler aux fesses de celui se trouvant devant soi.
Voici les paroles que l'on peut entendre aujourd'hui à Pézenas :
Bufa-ié al cuol la paura vielha
bufa-ié al cuol que n’a besonh
Bufa-ié al cuol la paura vielha
bufa-ié al cuol que n’a besonh
E bufa-ié al cuol
E bufa-ié al cuol
E bufa-ié al cuol
Chant traditionnel de la danse des soufflets 12 –
Jo Michel Castelneau de Guers (34)

8 Les fous en occitan
9 Ancienne chemise de nuit de femme et bonnet de nuit d'homme.
10 Auteur occitan du rouergue
11 En occitan
12 Traduction : "Et souffle lui au cul la pauvre vieille, et souffle lui au cul qu'elle en a besoin et soufle lui ici et soufle
lui la bas et soufle lui ...au...cul"

�Claude Achard dans son ouvrage « Poulains et bestiaires magiques » nous dira que le
personnage de la femme âgée revient dans la majorité des chansons de bufatièra.
« ...probablement notre vièlha est cette personnification de la Caresma, ou la veuve du
Carnaval, appelée aussi grand-mère... ».
Bien sûr n'oublions pas que saint Blaise est le saint patron protecteur de la Cité piscenoise
et que les liens entre les souffles, le vent et l'âme sont des évidences dans les croyances
antiques. « Blaise mène la file des « bufatièrs ». Ils recueillent dans leur soufflet les
souffles ou les âmes que laissent échapper, non seulement l'âne, bourrés d'avoine, mais
aussi eux-mêmes, nourris de fèves. Ils sont les organisateurs de la circulation des
âmes.13 »
Claude Alranq me dira : « Cette danse est une rencontre carnavalesque entre les morts et
les vivants se manifestant notamment par la circulation des souffles, en s’incarnant par
des personnages blancs et enfarinés, porteurs de soufflets et impulsant la danse du
« bufa-cuol ». Ainsi la « bufatièra » dansée dans de nombreux villages languedociens et le
« Tio-tio » de Catalogne...avait pour but d'engendrer la fertilité et animer la circulation des
âmes ».

Préparation à la danse des soufflets et aux feux aux fesses Pézenas 2014
© Rozenn Leboucher
Une autre danse peut être associée à la bufatièra, le « Feu aux fesses ». En voici les
paroles :
Je te parie cent écus
Que tu ne me mettes
Que tu ne me mettes
Je te parie cent écus
Que tu ne me mettes
Le feu au cul !

13 Claude Achard, Poulains et bestiaires magiques. Ed. Tintamarres.

�Le mardi-gras
Suivant de la place que l'on occupe, le mardi-gras ne se déroule pas de la même manière.
Pour les « Amis du Poulain », la journée commence entre 9 et 10h.
C'est à ce moment là que les porteurs et le meneur se retrouvent au local afin de préparer
le poulain.
Ils se dirigeront ensuite dans la cour d'honneur de la mairie d'où partira le poulain l'aprèsmidi même. Albert Lopez me dira « C'est l'un des moments les plus émouvants pour moi.
On pose le poulain. Il n'y a pas un bruit. On sait que bientôt ce sera le moment. C'est
comme entrer dans une cathédrale. C'est un moment sacré pour moi et je crois pour tous
les porteurs, un moment de recueillement ».
A 12h, porteurs, musiciens et meneur se retrouvent au local des « Amis du poulain » pour
un repas traditionnel qu'ils partagent avant le grand moment. « Ce repas est une
communion me dira encore Albert Lopez. On se retrouve tous. On chante, on boit, on
rigole. On forme un tout, un vrai collectif ». Ce repas est préparé par les membres de
l'association.

Le repas des « Amis du poulain » le midi du mardi-gras
© Rozenn Leboucher

15h, dans la rue on entend les pétards et on voit courir aux coins des rues des masques
se poursuivant. Les portes sont ouvertes, la population rentre au fur et à mesure dans la
cour d'honneur. Certains chantent, d'autres dansent, toute la population ou presque est
costumée. On voit de nombreuses bandes de carnaval 14, les jeunes portent souvent le
panel blanc, des hautes chaussettes violettes de rugby en hommage au club de rugby
14 Bande costumée sur un même thème.

�local, le Stade Piscenois. Mousse à raser, farine, confettis, parfois quelques œufs volent
au dessus de la foule de plus en plus nombreuses dans la cour, sans parler bien entendu
d'autres formes étranges telles que des poissons, quelques abats de viande que certains
personnages viennent faire renifler à d'autres, choisis selon ce qu'on appelle la
« chine15 ».
Tout à coup la foule se tourne vers l'entrée de la cour d'honneur, une musique se fait
entendre. C'est l'entrée des musiciens du poulain, ils sont suivis de prêt des porteurs et du
meneur. Tous tentent de se frayer un passage jusqu'au poulain. On prend alors la photo
traditionnelle de l'équipe qui fera danser le poulain cette année là.
Tous prennent leur place. La musique du poulain reprend, l'animal se lève, le meneur
esquisse les premiers pas de danse et la foule hurle. C'est enfin le moment. Le poulain
commence à bouger alors que tous chanteront sa musique. La fête durera jusqu'à 18h
dans les rues de la ville.
Le poulain saute, avance, recule, revient sur ses pas surprenant ceux qui le suivent au
plus près (les plus vaillants sont placés juste derrière le poulain) et suivant les ordres
donnés par le meneur. Il sortira avec peine de la cour d'honneur pour aller sur le Cours
Jean Jaurès où de nombreux carnavaliers l'auront attendu sur l'artère centrale de la vieille
ville. Les porteurs peuvent aussi soulever le poulain en le maintenant à bout de bras, ce
qui provoque des cris de joie dans le cortège.

Le poulain de Pézenas porté à bout de bras sur le Cours Jean Jaurès
© Rozenn Leboucher

15 La "chine" est une forme de jeu où un personnage entièrement masqué vient susurrer à l'oreille d'un autre, une
boutade, une allusion intime.

�Certaines personnes regardent le poulain de leur fenêtre ou de la fenêtre du voisin. Le
meneur donne alors la consigne de se diriger au balcon, l'avant du poulain se dresse, sa
tête s'approche et remue de droite à gauche comme pour demander quelque chose et
rendre hommage puis remercier. C'est alors que ceux connaissant le rite lance au poulain
et à l'équipe quelques sous qui leur permettront de boire un coup lors de la prochaine
halte. C'est une des figures que l'on retrouve régulièrement chez les animaux totémiques.

Le poulain s'approchant d'un balcon
© Rozenn Leboucher
Dans le cortège on voit de nombreuses bande de carnaval, des groupes constitués très
souvent en fonction des affinités mais aussi des générations. Ainsi dans les bandes
carnavalesques ce jour là, on retrouvera une bande de femmes, une bande de jeunes
rugbymen, une bande issue d'un même quartier (…), ces bandes seront costumés sur un
même thème en lien à l'actualité et/ou un centre d'intérêt commun. Daniel Fabre dira dans
son ouvrage « La Fête en Languedoc » que « la vitalité de carnaval se fonde sur cette
capacité d'organisation populaire ».
« Dans la fête, les groupes constitués viennent inscrire leurs barrières mais sur un tout
autre registre. Ils y expérimentent la qualité de leur lien, ils composent des scènes où le
désir se déploie, ils revivent leur solidarité sur le mode fantasmatique »

�A Pézenas même si certains me disent que les bandes de carnaval « ne sont plus ce
qu'elles étaient (…) » on peut tout de même voir de nombreux groupes constitués selon
des codes communs.

Une bande de femmes costumée en pouliches © Rozenn Leboucher
Un autre bande que l'on peut croiser ce jour là et méritant attention est celle des
« cornes ». Ils sont une dizaine, masqués de manière à ce qu'on ne les reconnaisse pas.
Plutôt jeunes, ils portent une paire de cornes de bœuf qu'ils brandissent au-dessus de la
foule. Certains tiennent de manière discrète une corde « fil directeur de leur folle
procession ». On les entend chanter :
« Si tous le cocus portaient des clochettes,
des clochettes au cul on ne s'entendrait plus »
Daniel Fabre16 dira :
« Ils en entourent les hommes mariés et rendent ainsi toute fuite impossible.
Dès qu'ils vous ont saisi, ils chantent tout en vous faisant sauter très haut.
(…) Une fois l'épreuve subit -elle s'accompagne des attouchements les plus castrateurs! le cocu reçoit un verre à boire ».
Mais ceux qui regardent au balcon sont aussi assaillis :
« Les cocus sont au balcon don-daine,
les cocus sont balcon don-don
ce n'est pas une illusion don-daine
ce n'est pas une illusion don-don »
16 Dans son ouvrage : "La fête en Languedoc"

�Même si l'on doute que ce ne soit que des jeunes hommes nouvellement mariés qui soient
appréhendés par le groupes des « cornes » à l'heure actuelle, ce rite de carnaval prend
racine dans les « cours coculaires17 » très présentes en Languedoc.

La bande des « cornes » © Rozenn Leboucher
Après 3 heures de charivari dans les rues et deux pauses qui marqueront le repos des
« Amis du Poulain » dans des cafés situés sur le parcours, le poulain sera ramené dans la
cour d 'honneur en attendant 21h où il sortira pour un nouveau et dernier tour de ville.
En attendant 21h, les groupes se retrouveront au café ou les uns chez les autres.
A 21h, dans la cour d'honneur de la mairie, l'ambiance est différente de celle de l'aprèsmidi. Beaucoup des carnavaliers auront enlevé les costumes et les masques pour
endosser les panels. Les familles avec enfants très présentes l'après-midi auront laissé la
place à des groupes d'amis. Une forme de tension se fait sentir, le défilé sera d'ailleurs
plus sauvage que celui ayant lieu quelques heures plus tôt. Les rues sont plus étroites, la
foule se retrouve serrée, bousculée pour leur plus grand plaisir.
Au fur et à mesure certains me diront, tristement « C'est bientôt la fin...on va le
ramener...vivement l'année prochaine ! ».
Vers 23h le poulain se dirigera vers le local qui l'abrite. Toute la population
l'accompagnera. Ça chante, ça crie, certains tentent d'entonner « Adieu paure carnaval »,
la chanson que l'on chante « traditionnellement quand on rentre le poulain ». Mais on sent
que beaucoup ne la connaisse plus. Les paroles sont en occitan.
17 Les cours coculaires sont des rites carnavalesques qui correspondaient à un jugement annuel avec parodie de
tribunal ou défilé sur l'âne pour les victimes, les jeunes mariés de l'année. Le réglement de la Cour Coculaire
stipulait : "tout homme nouvellement marié devra monter sur l'âne depuis son domicile jusque celui de son voisin" .

�Les portes du local mettront du temps à se fermer devant la population désolée que sonne
la fin du carnaval. La musique continuera à retentir longtemps, mais lentement les portes
se fermeront derrière le poulain....jusqu'à l'année suivante...
Refrain « Adieu paure Carnaval » :
Adiu paure, adiu paure,
adiu paure Carnaval
Tu te'n vas e ieu demòri
Adiu paure Carnaval
Tu t'en vas e ieu demòri
Per manjar la sopa a l'alh
Per manjar la sopa a l'òli
Per manjar la sopa a l'alh
Adiu paure, adiu paure,
adiu paure Carnaval18

Les portes du local se refermant sur le poulain, marquant la fin de carnaval
© Rozenn Leboucher

18 Traduction : "Adieu, pauvre, adieu pauvre, Adieu pauvre Carnaval Tu t'en vas et moi je reste Adieu pauvre Carnaval
Tu t'en vas et moi je reste Pour manger la soupe à l'ail Pour manger la soupe à l'huile Pour manger la soupe à l'ail
Adieu pauvre, adieu pauvre, Adieu pauvre Carnaval"

�Éléments matériels constitutifs de la pratique :
"Le Poulain"
Pour ceux qui ne le connaisse pas on décrira le poulain de Pézenas comme « une cage
semi-cylindrique, recouverte de toile bleue dont sort une tête de poulain placée au bout
d'un bâton ». Neuf porteurs sont dessous, un meneur tambourin à la main le guide et des
musiciens l'accompagnent. Mais le poulain est à Pézenas bien plus que cela. Il est celui
qui est de toutes les fêtes, en tous les cas des fêtes qui déplacent les foules. Des rumeurs
circulent dès que l'on sait qu'il sera de sortie. Bien sûr c'est à Carnaval, le jour de mardigras que le poulain pourra faire preuve de toute sa force populaire.

La carcasse
La carcasse en bois de châtaigner a été remplacée en 1989 à l'occasion d'un voyage en
Inde19, par celle en aluminium démontable pour le transport du totem. La carcasse se
trouve alors allégée de moitié. Cependant si le voyage en Inde a permis la construction
d'une nouvelle carcasse et des harnais de portage, la nouvelle armature respecte en tous
points l'ancienne tel qu'il en a été demandé par Monsieur Chérif Khaznadar, alors
responsable de la Maison des cultures du monde. Les dimensions semblent identiques
aux anciennes carcasses, à savoir environ 3,60m de long et 1,60m de large environ. La
largeur du poulain lui permet donc de déambuler dans toutes les rues fort étroites du
« vieux » Pézenas. Claude Alranq suggérera d'ailleurs que si la largeur n'a pas changé
c'est que les rues de Pézenas ont été construites après qu'on y eut fait passer le poulain,
l'augmenter serait renoncer à une certaine partie de son itinéraire.

Plan du Poulain de Pézenas d'après les relevés de Monsieur Claude Achard en 1980
19 Les Amis du Poualin et l'animal totémique sont partis en Inde en 1989 à la demande de la Maison des cultures du
Monde afin de représenter les coutumes locales lors de l'année de la France en Inde.

�La tête
Claude Achard nous dira que quelques auteurs du XIXe siècle affirment que la tête est
« recouverte d'une peau de cheval (…) ornée de de grelots et de rubans ». On trouve
trace d'une ancienne fabrication en bois. A cette époque on pouvait faire claquer la
mâchoire -permettant la « nhaca20 »-, chose plus difficile depuis 1970 où elle est moulée et
reproduite en matière plastique. Elle pèserait tout de même dans les 20kg. Elle est
toujours ornée de plaques de cuivre et d'un collier de cuir de 8 grelots.
Un des porteurs la manipule l'allongeant hors du corps et la rentrant dans les épaules de
l'animal. La relation entre la tête de l'animal et le meneur est chose essentielle dans la
danse rituelle. Le meneur tire aussi son énergie du rapport à cet élément « vivant » du
poulain.

La tête du Poulain de Pézenas © Perrine Alranq

20 Selon l'ouvrage " La fête en Languedoc" de Daniel Fabre et Charles Cambreroque la Nhaca (en occitan) signifiant le
bruit des machoires en train de mastiquer et s'appliquant tout paticulièrement aux animaux dits totémiques.

�La robe
La carcasse est recouverte d’une house bleu, parsemée successivement de fleurs de lys,
en hommage à la royauté, d’abeilles impériales puis d’étoiles. Depuis la troisième
république, les flancs sont parés des armoiries de Pézenas.
La robe du Poulain est régulièrement restaurée pour effacer et raccommoder les dégâts
occasionnés par l’enthousiasme des spectateurs, la fougue du Poulain et de son meneur.

« Estieino et Estieineta21» sur le dos du poulain
Sur le dos du poulain trônent deux personnages, un homme et une femme nommés
aujourd'hui communément « Estieino et Estieineta ». Nous étudierons leur apparition
historique sur le dos du totem un peu plus loin, essayons ici d'en décrire l'apparence.
Claude Achard nous dira que l'on ne sait que peu de chose sur la façon dont on les
habillait, si ce n'est qu'avant 1830 ces habits suivent plutôt une forme de mode. A partir de
1830 ils semblent plutôt « obéir à des prises de positions politiques ». « L'imprimeur
Bonnet note, lors de la Caritat de 1839, que le poulain promène en triomphe un homme
du peuple, une femme du peuple22 ». Ce sera vers 1890 que les habits d'Estieino
sembleront être ceux d'une jeune marié (redingote et haut de forme). Estieneita verra son
habit se moderniser vers 1911.
Même si à l'heure actuelle les habits de deux personnages semblent figés dans le temps
(fin du XIXe siècle), ne suivant plus ni la mode, ni les influences politiques, on peut noter
qu'en 2012 la municipalité de Pézenas offrira aux deux protagonistes des habits rouge de
Noël ainsi qu'une nouvelle toile rouge décorée de flocons de neige pour l'animal, éléments
qui orneront l'animal et les « pépettes » uniquement pour les festivités organisés par la
Ville de Pézenas lors de la manifestation intitulée par la Ville « le Nadal23 à Pézenas ».
Autre changement à notifier : en 2015 lors de « Martror, la festa dels mòrts24 », Estieinou
et Estieineta ne seront pas sur le poulain. Ce sera pour la première fois, de mémoire
d'homme, que 2 personnages les représenteront en chair et en os. « Pour fêter les morts,
rien de tel que de mettre sur le poulain des vivants ! » me dira Albert Lopez.

Le poulain, Estieino et Estieineta dans leurs habits de Noël © Ville de Pézenas
21
22
23
24

Prononcé : Estienou et Estienette.
Claude Achard "Poulains et bestiaires magiques" Editions Tintamarres.
Noel en occitan
Manifestation créé en 2008 pour le Théâtre des Origines et organisée en 2015 par le Collectif Temporadas.

�Danses et musiques
La danse
Certains parlent de danse d'autres n'emploient pas le mot. Claude Achard signalera « une
querelle entre les anciens et les modernes » à ce sujet. Tous s'accordent cependant à dire
qu'un changement s'est opéré entre le pas utilisé par le meneur dit le « sissòt » puis à une
danse plus vive qui aurait été introduite par Francis Auran 25.
Il est tout de même important de parler du « rigaudon » qui ponctue l'évolution du totem,
marquant un changement musical et engendrant un pas différent pour tous. Il s'agira alors
pour le meneur de lancer les jambes en rythme, le plus haut possible. Les meneurs
positionnés sur les extrémités à l'intérieur de la bête lèveront les jambes à l'identique. La
population fera de même.
Signalons aussi que outre la danse du meneur, la population quand à elle chahute, bouge,
saute derrière le poulain. Les plus courageux qui suivront le poulain collés à son train se
tiendront souvent par les épaules, formant ainsi des bandes qui ne se sépareront que
lorsque l'animal reculera.
D'autres danses animent les festivités de Carnaval comme la « danse des soufflets », « le
feu aux fesses », les farandoles (…) mais ces danses s'apparente plus largement aux
fêtes carnavalesques. Certaines sont mentionnées dans le chapitre description de cette
étude.

La musique
Entre le XIVe et le XIXe siècle l'instrument communément utilisé lors des pratiques
populaires du Bas-Languedoc est le aubòi (hautbois) du Languedoc. Il semble aussi que
c'est l'instrument dont on trouve la trace « dès les premiers textes26 ».
C'est à partir des années 1768 que les fifres s'imposent comme instruments de référence
dans les sorties du poulain. En 1892 sont introduites les grosses caisses. Depuis cette
période « grosses caisses, fifres et tambours » sont les instruments qui accompagnent
l'animal dans toutes ses sorties, que ce soit à Pézenas ou à l'extérieur.
Tout au long du 19ème siècle, la tradition du fifre est maintenue, mais elle risque
disparaître au 20ème siècle : un seul fifre (Gérard Montfort) jouait encore vers 1970/75.
Puis, un peu plus tard, à l’occasion du fêtes de Carnaval, il y eut le renfort d’un certain
nombre de musiciens venus spontanément à la fête. Certains musiciens locaux comme
Joseph Michel (de Castelnau) jouant lui-même du fifre et et du hautbois a initié à la
pratique instrumentale de nombreux jeunes, permettant ainsi la revitalisation de la
pratique.
« L’air du Poulain « Lo Polin » constitue, à lui seul, le répertoire de fifre au carnaval de
Pézénas. Il comprend une entrée au tambour (appel), l’air à proprement parler, en 7
parties (l’une d’elles rappelle la Carmagnole, une autre l’air du Camel de Béziers), puis un
rigaudon et un battement final de tambour. A ce répertoire, il faut ajouter la danse du
soufflet, la danse du chevalet, la danse des treilles, qui, ici, étaient joués au fifre ; la danse
du soufflet l’est encore.27»
A l'heure actuelle on dénombre 12 fifres, 8 tambours et 3 bombes. Un transmission de la
musique du poulain est assurée au sein de l'association 28. Certains musiciens
professionnels tel que Alain Charrié, Jean-Michel Lhubac, Christian Coulomb contribuent
fortement à ce que vive la transmission musicale autour des animaux totémiques et des
25
26
27
28

Voir les informations concernant le meneur dans ce même chapitre.
Claude Achard ""Poulains et bestiaires magiques" Editions Tintamarres.
Association "Fifres et tambours" : http://fifres-et-tambours.com/
Voir chapitre Apprentissage et transmission.

�fêtes de Carnaval. Ils réalisent un travail de terrain, de réactualisation et de sensibilisation
remarquable.

Moyens humains
C'est toute une équipe que l'on retrouve autour du poulain de Pézenas. Tous, sont la
condition à ce que le rituel s'accomplisse. "Le poulain sans la musique c'est impossible et
le poulain sans les porteurs ça ne fonctionne pas non plus !" dira Albert Lopez, ancien
meneur du Poulain.
On comptabilise aujourd'hui un meneur dit aussi l'Hermès, une vingtaine de porteurs
potentiels et 23 musiciens : 12 fifres, 8 tambours, 3 bombes.
Le meneur est celui dont le rôle est apparent : "faire le simulacre d'offrir au poulain, en
dansant, de l'avoine dans un tambour basque". Mais la fonction du meneur est bien plus
large que cela. Il est celui qui guide l'animal et les porteurs dont la visibilité est très
restreinte -seuls les porteurs placés à l'avant de l'animal peuvent voir à travers de toutes
petites fenêtres-. Un ancien meneur, Paul Valette, dira « le poulain avait une volonté
propre et n'obéissait que très imparfaitement 29».
Le meneur est aussi celui qui veillera à ce que tout se passe au mieux entre l'animal et la
population. Certains distraits se trouvant parfois sur le passage de l'animal ce qui peut
provoquer quelques collisions.
Le meneur comme le dira Claude Achard est celui qui veille aussi avec « amour et
dévotion » à l'entretien de l'animal, de ses accessoires et des mannequins « Estieino et
Estieineta ».
Le rôle du meneur pourrait être apparenté à celui d'un guide, guide du poulain, des
porteurs mais aussi de la population qui suit ses impulsions, ses décisions. C'est « un
personnage public » à Pézenas. Il entretient à l'animal une relation particulière. Certains
meneurs ont marqué l'histoire : « Avec Jalade2 il y avait ce côté sacré du danseur du
poulain... Quand on voyait Jalade dans la rue, c'était Monsieur Jalade, celui qui fait danser
le poulain... C'était pas n'importe qui3 ».
On peut s'interroger sur l'autre nom donné au meneur du poulain de Pézenas : L'ermés.
Claude Alranq ayant travaillé à en chercher les origines me dira que « L'ermés est certes
une divinité grecque, messager des dieux, gardien des routes, des carrefours et des
espaces entre les terres sauvages et les terres civilisées (En latin mercure est très associé
aux différents négoces, commerciaux mais aussi sacrés. La plus vieille voie de Pézenas
porte encore le nom de Via Mercadala), il sera aussi le meneur du bouc dans les défilés
d'inspiration dionysiaque. En occitan « ermas, armas » signifiant aussi terre sauvage, non
cultivée, (en espagnol, hermandad signifie confrérie).
Ces pistes de réflexions nous plongent dans une symbolique qui pourrait s'approcher
d'une conception chamanique de la fonction du meneur comme protecteur/symbole d'un
lieu lié aux éléments naturels.
Claude Achard parle de « famille de meneurs » : « Dès les premiers noms de meneurs
(1660) que nous possédons, nous pouvons constater que ces personnages appartiennent
à la même famille ». Mais nous constatons que ce n'est pas le cas actuellement.
Un des meneurs ayant marqué les esprits piscenois c'est Francis Auran dit « Pampille 4»
qui mènera le poulain de 1968 à 1995. Son neveu Stephan Briard dit « La Brille » prendra
29
2
3
4

Témoignage tiré du livre de C. Achard "Poulains et bestiaires magiques" Editions Tintamarres.
Jalade fut meneur du poulain de Pézenas dans les années 1950.
Témoignage de Paul Valette, tiré du livre de C. Achard "Poulains et bestiaires magiques" Editions Tintamarres
Les meneurs possèdent en général un surnom.

�la relève en 1995. Mais ce sera finalement Albert Lopez qui assurera la fonction en 1996
puis en 2000 et ce jusqu'en 2014. En 2014 la passation du meneur se fera entre Albert
Lopez et Fabrice Garcia dit « Fafa ».
Concernant le costume du meneur, peu de traces si ce n'est ce que l'on sait des pratiques
sous l'Ancien Régime où « les fêtes locales exigeaient que l'on utilisât des rubans de
diverses couleurs » et quelques témoignages comme celui de Violet Alford qui publie en
1935 avoir vu la photographie du meneur « maintenant habillée de la tenue de fête
blanche, propre au Midi mais auparavant ce personnage était très voyant, en culotte de
satin blanc, veste de velours bleu et ceinture-écharpe rose ».
Aujourd’hui le meneur à son propre costume, il garde la « forme » de la veste et du
chapeau mais les couleurs différent en fonction des affinités.

Le poulain de Pézenas au Carnaval 1949 © Collection J. Bonnafous – Photo Club Piscenois
Les porteurs
Ils sont 9 à être cachés dans « le ventre du poulain ». Mais ils sont 20 à pouvoir prendre
cette place et à remplacer au besoin un ou des porteurs lors des événements. Albert
Lopez dira : « A l'extérieur on ne voit que l'animal mais en dessous c'est un vrai collectif,
on est obligé de fonctionner tous ensemble, en cohésion ». Jérôme Fuentes quand à lui
me confiera : « Porter le poulain c'est viscéral, on le fait avec les tripes ».
La fonction des porteurs est particulière, ce sont les hommes de l'ombre mais tous
s'accordent à dire que vivre la fête à l'intérieur de la bête est une expérience
indéfinissable. « On entend les gens, la fête mais ils sont à l'extérieur. Nous on est dedans
et on est comme transporté, dans un autre monde. La douleur physique est intense mais
la musique, le rythme des pas nous donne une puissance supplémentaire. »

�Trois porteurs devant, trois au milieu dont un a la charge de faire vivre la tête, trois à
l'arrière sont nécessaires pour porter le poulain qui rappelons-le pèse environ 360 kg.
A l'intérieur les porteurs sont sanglés grâce à des harnais de portage afin de mieux
encaisser le poids de la bête. Tous marchent du même pied afin de suivre un même
rythme.
Pour le mardi-gras les porteurs se relaient. Deux équipes peuvent se relayer entre l’aprèsmidi et le soir.
En fonction de la place occupée, le porteur n'a pas la même responsabilité que les autres,
toutes les places permettant toutefois la cohésion globale de l'équipe.
Claude Achard dira que l'anonymat des porteurs est complet avant 1783. « Grâce aux
cahiers de capitation nous obtenons quelques noms... les sobriquets laissent supposer
des personnages d'origines très populaire ». C'est à partir de 1962 que l'on retrouve des
listes complètes.
Beaucoup des porteurs sont aussi rugbymans mais ce n'est pas une condition pour être
porteur. C'est surtout la forme physique et l'endurance qui sont des qualités prisées pour
ces postes.
Certains d'entre eux parlent d'une forme d'initiation. Effectivement, être porteur ne peut
pas se faire du jour au lendemain. C'est tout un processus qui se met en place lorsque un
jeune homme marque le souhait de porter l'animal (voir chapitre apprentissage et
transmission).

Les 3 porteurs à l'avant du poulain de Pézenas Carnaval 2014 © Rozenn Leboucher

�Les musiciens
Ils sont entre 20 et 25 autour du poulain de Pézenas lors des fêtes du Carnaval mais aussi
lors des sorties à l'extérieur.
Pour les fêtes de mardi-gras certains musiciens se joignent au cortège musical. Ils ne
participent pas tous quotidiennement à la vie de l'association « Les Amis du Poulain »
mais c'est une sorte de rendez-vous des praticiens de la musique. Certains sont partis
travailler loin de Pézenas, d'autres ont des vies qui ne permettent pas de suivre le poulain
dans ses sorties à l'extérieur mais ils ne louperaient pour rien au monde la sortie de
l'animal totémique pour le Carnaval.
Les musiciens sont essentiels à la vie de l'animal totémique, permettant la danse du
meneur, marquant le rythme des pas du meneur et créant derrière le poulain l’énergie de
toute la communauté. « Sans musique pas de poulain » me dira Albert Lopez.
D'ailleurs on peut entendre parfois aux coins des rues ou dans certaines maisons un
tambour ou un fifre qui s’entraînent. Dès que la musique du poulain retentit certains me
diront « On sent que Carnaval arrive, que le poulain va bientôt sortir, ça sent la fête ! » Et
tous entonneront alors dans le café la musique du poulain.

Les musiciens du poulain lors de la sortie de l'animal totémique le soir du mardi-gras
© Rozenn Leboucher

Lieu d'exercice :
Lors du mardi-gras le poulain de Pézenas suit un parcours identique d'année en année. Il
part que ce soit lors de sa sortie du mardi après-midi ou de la sortie du soir de la cour
d’honneur de la mairie de Pézenas.
Cependant le parcours de l'après-midi n'est pas le même que celui du soir.
Le mardi après-midi le poulain suivra un parcours dans des rues de la ville plus vaste, plus

�ouverte, pouvant accueillir plus de public. Il n'ira pas caracoler dans les rues du vieux
Pézenas, contrairement au parcours du soir.
Le parcours est jalonné d'arrêts où les porteurs, les musiciens et le meneur font halte dans
des cafés afin de se remettre de leurs efforts. Ces arrêts ont été soumis à des
changements au vu de la fermeture de certains cafés ou à des changements dus au
départ de certains patrons de bar.
Le mardi soir le poulain sera ramené au local des « Amis du Poulain » par toute la
population.

Communauté(s), groupes, associé(s) à l'élément
Organisation de l'événement
Dès le mois de Décembre les préparatifs du Carnaval s’accélèrent, pour certains groupes
la préparation débute bien en amont et parfois dès le mois de Septembre. A souligner que
certaines rencontres ont aussi lieu tout au long de l'année, principalement concernant les
répétitions musicales (voir le chapitre Apprentissage et transmission).
Plusieurs groupes sont en charge de l'organisation des différentes journées du Carnaval.
Le Carnaval Piscenois compte 5 journées de fête. Ces événements sont pris en charge
par différentes associations. Certains événements sont aussi organisés en coordination
entre les différents acteurs.

Porteurs de l'événement
La St Blaise « restaurée » en 2006 a été organisé pendant 8 ans par le « Théâtre des
Origines ». En 2015 c'est le « Collectif Temporadas » qui prendra en charge la
coordination de la fête de la St Blaise (qui se déroule autour du 3 Février), ouverture des
festivités de Carnaval pour laquelle le Poulain de Pézenas sortira dans les rues. Ce travail
se fera en collaboration avec plusieurs groupes : La Paroisse, l'école « Calandreta dels
Polinets », les « Amis du Poulain », les « Fadas »...
L'association « Lous Machous » organisent le spectacle des « Machous » qui aura lieu les
samedi et dimanche précédent le jour du Mardi-gras.
« Les Fadas » organiseront le charivari du lundi soir.
Le « Stade Piscenois » sera parfois en charge de l'animation des bals de fin de soirée au
Foyer des Campagnes.
« Les Amis du Poulain » quand à eux sont en charge de l'organisation de la journée du
mardi-gras.

Participation de la municipalité
La municipalité de Pézenas est partenaire de l'organisation des fêtes de Carnaval. Des
réunions de sécurité ont lieu à partir du mois de Janvier avec les associations
organisatrices des festivités carnavalesques. La municipalité prendra en charge la mise en
place des arrêtés municipaux afin de garantir la libre circulation des cortèges dans les
différentes rues de la Ville. Des policiers municipaux assureront aussi la sécurité des
défilés.
La Ville de Pézenas se chargera de mettre en pace un programme des festivités de
Carnaval qui regroupe depuis quelques années les différents événements.
Certaines associations bénéficient d'un soutien financier de la Ville afin de répondre aux
besoins matériels liés à l'organisation de la fête.
« Les Amis du Poulain » quand à eux bénéficie d'une convention d'objectifs biennale avec
la Ville définissant les engagements réciproques des deux parties.
« Les Amis du Poulain » sont en charge de « l'animation et la représentation de la Ville en

�gérant l'animal totémique dont la Ville est propriétaire ». Dans le cadre de cette convention
les Amis du Poulain devront honorer 6 sorties/an, la Ville octroirat une subvention de
fonctionnement à l'association et assurera les dépenses liées à la réfection de l'animal,
elle mettra aussi un local à disposition des « Amis du Poulain » pour à la fois le
rangement de tous le matériel nécessaire à l'association ainsi qu'un garage pour le
poulain.

Participation de la communauté
Chaque association prépare l'événement dont il a la charge bien en amont des
manifestations. Chaque journée fait appel à un certains nombres de rendez-vous,
réunions, répétitions, repas, apéritifs, rencontres.
Tous ces groupes se retrouvent en petit comité régulièrement bien amont des événements
(pour certains les rencontres se déroulant dès le mois de Septembre).
Parfois les groupes sont aussi amenés à se rencontrer afin de coordonner l'ensemble des
journées de Carnaval. Un certain nombre de personnes font ainsi partie de plusieurs
groupes coordinateurs.
Ainsi des acteurs multiples sont impliqués à différents niveaux : de la simple participation
en tant que public à l'organisation d'une journée de fête ou encore à la prise en charge
d'un rôle.
Toutes ces journées de Carnaval donnent lieu à une participation de la communauté au
sens large. En dehors des associations organisatrices, que ce soit pour répéter des
chants, des danses, des musiques, pour préparer le sketch sur scène lors du spectacle
des « Machous », pour constituer une bande de Carnaval qui défilera au côté du Poulain
et/ou fabriquer masques et costumes, tous se mobilisent pour vivre Carnaval entre amis,
en famille.
Les écoles seront aussi mobilisées pour le Carnaval des enfants qui suivant les années
(en fonction du calendrier des vacances scolaires) aura lieu le lundi après-midi, veille du
mardi-gras. Alors, les associations, les écoles, le service des affaires scolaires de la Ville
organiseront communément l'accueil des enfants.

Farandole lors du carnaval des enfants © Ville de Pézenas

�Apprentissage et transmission :
Transmission autour de l'animal totémique
L'association les « Amis du Poulain » a une fonction essentielle dans la transmission des
rituels autour de l'animal totémique. L'association née en 1981 ayant pour but « la
sauvegarde de la culture folklorique piscenoise ». Depuis sa création l'association n'a de
cesse d'organiser des espaces de transmission, de valorisation, de sensibilisation, même
si en fonction des époques et des équipes les priorités évoluent, les membres des « Amis
du Poulain » sont toujours fortement actifs.
Un travail de transmission et de sensibilisation a été initié il y a quelques années sous
l'impulsion des associations et du responsable des « arts et traditions populaires » à la
Ville de Pézenas ayant permis des actions et des ateliers dans les écoles, dans les clubs
sportifs de la Ville, à l'espace-jeunes (...) permettant un meilleur dialogue interculturel. A
l'issu de ce travail de sensibilisation des jeunes « qui ne sentaient pas légitimes » avaient
été intégré à l'association des « Amis du Poulain ». Certains membres de l'association
regrettent que ce travail n'ait pu se poursuivre, faute de coordination entre les écoles, la
ville et les associations et après départ du chargé de mission.
Au niveau musical des espaces de répétitions sont organisés tout au long de l'année: pour
les tambours les rendez-vous ont lieu tous les jeudis. Deux groupes sont organisés : les
débutants et les confirmés. Beaucoup d'enfants y participent. Et tous diront leur fierté et
leur joie de pouvoir, après une année de cours, jouer derrière le poulain.
Concernant la pratique du fifre, la transmission est plus informelle. Pendant quelques
années il est à noté qu'un musicien professionnel donnait des cours de fifres et de
hautbois languedocien à l'école municipale de musique.
En 2015 faute de soutien et d'inscrits ces cours n'ont plus lieu.
Cependant la transmission du fifre se fait aussi au sein du groupe « les Fadas30 ».
Concernant les meneurs, la transmission peut être assimilée à une forme de cooptation
informelle. Beaucoup des porteurs sont issus du Stade Piscenois, le club de rugby local,
mais ce n'est pas une généralité. « Pour faire partie des porteurs, me dira Jérôme
Fuentes, il faut bien sûr en faire la demande mais c'est aussi une mentalité, des gens qui
se connaissent, qui se retrouvent au café, qui font la fête ensemble... »
Une bonne condition physique étant nécessaire on constate aussi qu'un porteur ne peut
pas avoir moins de 18/20 ans en moyenne. « Mais il ne faut pas que des jeunes à
l'intérieur, il en faut aussi qui connaisse bien le fonctionnement, sinon c'est n'importe
quoi ! ». « Rentrer porteur c'est une mission, une responsabilité, on a plus de devoirs que
de droits et c'est important que tous en aient conscience ».
Il y a une véritable transmission qui s’opère entre porteurs. La démarche est codifiée. On
ne rentre pas à n'importe quel poste sous le poulain, l'apprentissage se faisant par
conséquent au fur et à mesure de la pratique.
« Comment devient-on meneur ? » Demanderai-je à Albert Lopez.
Il me répondra « Ha ça se fait, c'est tout ! ». Si comme nous constatons dans l'histoire qu'il
a pu exister des « famille de meneurs31 », la transmission entre Francis Auran et Albert
Lopez n'est pas familiale. Suite à des problèmes de santé, quand Francis Auran a du
laisser sa place (à 78 ans), Albert s'est proposé. Il me dira « Je n'ai pas été bercé dans le
carnaval, je n'habitais pas le centre de Pézenas, j'étais un peu à l'écart. Je suis rentrée
dans la famille du poulain quand j'étais en cadet (entre 14 et 16 ans). Puis j'ai été porteur
30 Voir chapitre Description.
31 Voir chapitre Eléments constitutifs de la pratique

�et ensuite j'ai eu envie de danser devant. Il y a eu un vote, j'ai été élu ».
En 2014 à la fin du carnaval, Albert transmettra le tambourin à Fabrice Garcia qui
deviendra alors le nouveau meneur du poulain.
« Fafa » fut responsable des porteurs pendant de nombreuses années, il connaît bien le
fonctionnement du poulain. Il sera élu par les membres de l'association lors d'un vote.
Albert Lopez me parlera aussi d'une autre forme de transmission qui se joue depuis
plusieurs années et qui a noué entre lui et jeune homme une relation toute particulière.
« Il y a une dizaine d'années, j'étais meneur et à chaque mardi-gras quand je faisais
danser le poulain, un petit garçon d'environ 5/6 ans était collé à moi. Il ne dansait pas
derrière le poulain. Il me regardait. Il était très sérieux dans son attitude, il ne jouait pas. Il
ne faisait que m'observer et attendre. J'ai compris qu'il voulait le tambourin. Un jour je lui
ai donné le tambourin quelques mètres avant que l'on ramène le poulain dans la cour
d'honneur à 18h. Depuis ce jour c'est devenu un rituel, ça fait 10 ans et je lui transmet le
tambourin de plus en plus loin de la cour d'honneur. »
J'ai donc rencontré ce jeune homme, Hugo, 16 ans et je lui ai demandé d'où lui venait
cette envie de mener le poulain.
Il me dira « Petit, ça me faisait rêver ! Quand j'allais au marché avec ma mère je lui
demandais d'acheter des bonbons et je voulais à tout prix en amener au poulain. Alors ma
mère elle m'amenait devant le garage du poulain et sous la porte je lui glissais des
bonbons ! J'étais très fier de lui donner un peu de ce que j'aimais. Mon grand-père il me
faisait aussi des blagues. Il faisait sonner le téléphone quand j'étais chez lui et il imitait la
voix du poulain. Il me disait : « je suis le poulain Hugo ! Je t'attend ! Bientôt le carnaval !
Tu vas venir me voir ? » Et moi j'en revenais pas. Je croyais que c'était vraiment le
poulain ! Et puis je sais pas mais le mardi après-midi j'arrive pas à faire comme tout le
monde, m'amuser avec mes copains, faire une bande de carnaval. Chaque année je me
dis allez c'est bon cette année tu vas avec les copains mais je ne peux pas. Dès que je le
vois dans la cour d'honneur, le poulain, et que j’entends la musique alors je me colle au
poulain, sur le côté et je le suis. Je le garde. Et puis quand on approche du Cours Jean
Jaurès et que je sais que peut-être Albert va me donner le tambourin, alors là, j’attends
plus que ça ! »
Transmission du rituel
Bien entendu le poulain se vit aussi à l'extérieur de l'association. Lors du carnaval le mardi
après-midi surtout, on voit de nombreux parents, grands-parents avec des enfants. Dès
que le poulain se pose afin que porteurs, meneur et musiciens se reposent alors c'est la
foule des enfants qui entourent l'animal. Certains voulant lui toucher la tête, l'embrasser,
d'autres souhaitant rentrer dans le ventre de l'animal. On voit aussi de nombreux enfants
avec tambour-jouet tentant de reproduire le rythme de la musique totémique.
Un carnaval des enfants est aussi organisé permettant à tous les enfants de la Ville et des
villages environnants de se sensibiliser à la fête. Deux petits poulains sont reproduits :
celui de l'école Charles Perrault et celui de la Calandreta dels Polinets. Ces petits poulains
feront partie du défilé lors du carnaval des enfants, avec porteurs et meneurs. Ce jour là
toutes les écoles sont invités à participer. Cependant on me signalera que depuis
quelques années on voit des enseignants refusant de venir à la manifestation souvent par
méconnaissance, par peur ou « parce qu'ils ne sont pas d'ici, ils ne connaissent pas la
tradition ».

�Un petit poulain – Carnaval de Pézenas 1939
© Collection Jean Bonnafous – Photo Club Piscenois

Historique général :
La famille des animaux totémiques
Entre les géants du Nord et de Belgique et le bestiaire fantastique de Catalogne, se situe
un bassin fort représentatif des coutumes locales donnant vie à ce qui est communément
appelé les « animaux totémiques », appellation récente et controversée utilisée pour
désigner les « bêtes de toile », « dragons processionnels », « animaux-jupons » qui
incarnent « l’esprit du lieu ».
On dénombre entre 60 et 70 animaux totémiques dans le Sud de la France,
particulièrement représentés dans le département de l'Hérault où l'on en compte environ
une cinquantaine. Il est difficile de dénombrer précisément ces animaux totémiques, ces
derniers naissant, renaissant, disparaissant au gré des groupes, des associations, des
élus, des transmissions leur permettant de trouver place et fonction au sein de la Cité. En
cela ils sont particulièrement représentatifs du Patrimoine Vivant, les animaux-totems sont
soumis à l'énergie des groupes, des fêtes, des réalités socio-politiques des lieux où ils ont
élu domicile.
Les processions les plus anciennes se sont transmises au passage des générations
depuis plusieurs siècles, avec parfois quelques interruptions : le Chameau de Béziers fut
brûlé à la Révolution puis détruit à deux reprises au XIXe siècle, avant de renaître
définitivement en 1895 par la volonté des habitants.
Mais de nouvelles effigies apparaissent ou réapparaissent chaque année, en référence à
des épisodes de l'histoire ou de la mythologie locales, à l'instar du Pélican de Puisserguier

�en 2012.
Les animaux totémiques voient l'apparition de nouvelles générations depuis une vingtaine
d'années et de nouvelles pratiques se développent afin d'intégrer les nouveaux-venus
dans la grande famille des totems. Des baptêmes (batejadas) sont organisés afin que la
naissance d'un nouveau animal puisse intégrer le rite collectif et la communauté. Ainsi les
animaux totémiques plus anciens sont invités pour parrainer un nouveau venu. Et la
famille des animaux totémiques s’agrandit dans un esprit de partage et d'échanges entre
les villes et villages. Sans compter les nombreux rassemblements d'animaux totémiques
qui fleurissent au printemps et qui se développent de manière croissante d'années en
années.
Les animaux totémiques les plus anciens ont été créés à partir du XVIe siècle, on peut
citer alors la tarasque de Tarascon, le chameau (lo Camèl) de Béziers, puis l’âne (l’Ase
Martin) de Gignac et le poulain (lo Polin) de Pézenas.

Modes de vie et représentations
Les animaux totémiques sont de forme, de taille et de poids variés, adaptés comme leur
mode de fabrication, de transport et de manipulation. Cela va d’une reproduction à peu
près fidèle, quoique stylisée, de l’animal, à une invention libre, soit par hybridation comme
le Bœuf volant (Buou-Volaire) de Saint-Ambroix ou le Tamarou (lo Tamaró) de Vendargues
(tête de lapin, corps de hérisson, ailes de cigale), soit par extraction d’un élément comme
le Cocairòs de Saussan, (nommé d’après sa coa, ou queue).
À l’intérieur, les porteurs (assez souvent masculins et issus de l’équipe de rugby locale)
font avancer l’animal lors des déambulations. Ces bêtes mythiques possèdent en général
une tête mobile qui s'allonge et se rétracte animée par l’un des porteurs. La gueule de
l'animal est souvent mobile elle aussi permettant le claquement de la mâchoire, la
« gnaque ». Tous entretiennent une mobilité codée, « objet simultané de la peur et de la
dévotion ».
Ces animaux-totems sont précédés d’un meneur et accompagnés par des groupes de
musiciens qui jouent une mélodie répétitive, propre à l’animal. Le nombre de porteurs
dépend de la taille de la construction, dont le maniement mobilise des savoir-faire
spécifiques.
Les figures des animaux totémiques, parfois gigantesques, constituent les acteurs
principaux de grandes fêtes populaires, préparées avec la participation active des
habitants pour lesquels elles conservent une importante valeur symbolique.
Les processions diffèrent d’un lieu à l’autre mais chacune obéit à un rituel précis. Ces
manifestations témoignent encore et toujours d'un dynamisme remarquable.
D’autres animaux totems sont adjoints à certaines de ces manifestations. Parmi eux, le
plus courant est le chevalet (lo chivalet), sorte de monture maintenue à la taille du
danseur. Les autres danseurs (« lo cibadier », « lo fabre », « lo desmoscaire ») miment la
domestication du cheval-esprit-sauvage.

L'âme collective des animaux totémiques
Tous ces animaux totémiques animent les fêtes saisonnières (carnavalesques,
religieuses ou votives) à travers des rituels liés aux légendes (mythologiques ou
contemporaines) qui fondent leurs origines.
Les cérémonies qui motivent la sortie du totem ont une fonction initiatique, soit parce que
c’est une forme d’exploit pour les jeunes gens que de les porter ou de les affronter, soit
parce que la force symbolique permet de jouer à exorciser les maux de la Cité et d’en
réconcilier les habitants, toutes classes sociales confondues.

�S'ils ont perdu leur caractère religieux les animaux totémiques continuent de représenter
la mémoire collective, l'identité locale ainsi que l’invention constante des communautés. Ils
sont les symboles de la création collective qui prend racine dans l'histoire, les mythes,
contes et légendes des contrées. Ils s'adaptent aussi aux changements qui interviennent
dans la communauté. Ainsi le Poulain de Pézenas voit ses sorties s’accroître en fonction
des fêtes organisées à travers les rues. Il participera alors au mois de Novembre à
« Martror, la fête des morts », fête spectaculaire créée à initiative d'un collectif d'artisteschercheurs souhaitant travailler à la restauration de rituels saisonniers ou à Noël à
l’initiative de la municipalité où il endossera alors une nouvelle toile rouge.
Les animaux totémiques animent les rues créant frayeur, joie, bonheur chez les
participants. Ils participent des « charivaris », espace de la fête et lieu de sociabilité. A
chaque animal correspond son rituel, sa fête et son jeu, sa relation à la communauté, aux
porteurs, aux musiciens et au meneur.
Certains animaux totémiques mangent symboliquement les enfants, à l'image du Bœuf de
Mèze, d'autres poursuivent les jeunes filles comme la Tarasque de Tarascon, d'autres
encore meurent symboliquement pour mieux renaître un an plus tard.
Ils sont à l'image de la fondation, de la conservation ou de la transformation de la Cité.

Les animaux totémiques, identités de la fête
Si il y a bien un élément qui rassemble dans une même grande famille les Géants,
dragons processionnels et les animaux totémiques c'est bien la fête ! Tous jouent à travers
rues au gré des sorties carnavalesques ou autres manifestations calendaires. La fête
donne un sens à l'animal totémique tout comme l'animal totémique donne un sens à la
fête. Ils sont indissociables. Ils sont les représentants de « l’exhibition collective au
moment où la société proclame ce qui la fonde ».
Leur place est de ce fait dans la rue et ils symbolisent l'appartenance à une communauté
et à un lieu.
Mais la rue offre parfois des contraintes auxquelles il est difficile de s'adapter. L'évolution
des contraintes urbaines, les législations en vigueur (pour les cafés, les associations...)
mais aussi les migrations de populations soumettent les fêtes des animaux totémiques à
modifier certains de leurs repères.
La vitalité de ces fêtes est encore très fondée sur la capacité d' « organisation populaire ».
Ces manifestations sont parfois soumises à des injonctions municipales soucieuses de
prestige ce qui en affaiblit la portée. Mais le soutien des collectivités peut être aussi
vecteur de sauvegarde et de transmission quand ces politiques territoriales permettent aux
communautés de stimuler l'invention collective et d'en assurer les filiations.
Sans aucun doute ces animaux totémiques continueront à être les signes unanimes de ce
qui confère aux citoyens une « identité de fête ».

De génération en génération
Les animaux totémiques sont mortels comme le dira Daniel Fabre, « ils disparaissent dès
que la jeunesse les abandonne ». Claude Alranq dira quand à lui « Les Totems sont
comme nous, ils passent et ils trépassent. Là où ils sont apparus, ils n'ont jamais
complètement disparus. (…). Là où ils furent nombreux, plus grandes sont les chances
d'une contagion. (…) La où ils sont isolés, moins nombreuses sont les chances d'un
« éternel retour ».
Mais chaque année il y a encore et toujours de nouveaux venus. A l'origine de la
naissance d'un nouvel animal il y a le rêve, la volonté d'un groupe de personnes,

�d'associations, d'élus...
Partout des formes de transmission voient le jour, par mimétisme de meneur en meneur
ou de porteur en porteur, par apprentissage pour les musiciens. Chaque groupe crée sa
façon de transmettre ce Patrimoine Vivant pour le plus grand intérêt des plus anciens.

Historique particulier de l'entreprise, de la personne ou de
l'organisme, de la forme d'expression ou de l'espace culturel faisant
l’objet de la fiche :
L'origine légendaire
Pour Claude Achard (2011, p. 381) les légendes associées aux animaux héraultais
seraient de justifications apparues a posteriori de leur existence, elles seraient faites de
récits qui puisent plus volontiers dans l'Histoire que dans le domaine des croyances.
Ces légendes auraient donc été conçues et divulguées plutôt par des érudits locaux.
Cependant, ce sont des populations autochtones qui ont donné vie et consistance à ces
usages, c'est donc par la culture populaire que ces pratiques se sont transmises et ont
acquis leur audience et leur pérennité festive.
A Pézenas, la légende naît en 1701, lors de la visite des ducs de Berry et de Bourgogne.
Voici ce qu'elle raconte :
« En 1226, le roi Louis VIII, dit le lion, venu asservir le Languedoc, séjourne à Pézenas.
Lors des fêtes données en son honneur, sa jument favorite tombe malade. A regret, il la
confie aux consuls de la ville pour en prendre soin.
A son retour de la guerre des albigeois, le roi, très étonné, aperçoit auprès de sa jument
« Lo Polin » qu’elle avait mis bas et que la ville lui présente, orné de rubans et de
feuillages. Pour conserver et perpétuer cet événement, sous l’injonction du roi, la ville fit
construire un poulain en bois dont le destin serait de participer à toutes les fêtes
publiques.
Plus tardive que celle du Poulain, la légende d'Estieino et d'Estienette, est aussi liée à la
loyauté. Ainsi, en 1622, lors de la visite du roi Louis XIII, dit le juste, l’un des seigneurs de
sa suite, Monsieur le Maréchal de Bassompierre (ou peut être le seigneur de Savignac)
veut traverser la Peyne. Il voit une paysanne, jupe troussée, qui s’apprête aussi à gagner
l’autre rive.
Galamment, il lui offre l’aide de sa monture ; elle monte en croupe et tous deux
franchissent la rivière pour entrer dans Pézenas, sous les yeux du peuple amusé ».
Les Piscenois à l'heure actuelle conteste régulièrement cette légende. Effectivement
rappelons qu'en 1218 Amaury VI de Montfort, fils de Simon IV de Montfort hérite du
Languedoc en pleine révolte. Incapable de conserver son fief, il préfère quitter le Midi,
acceptant de céder ses droits sur le Languedoc au roi de France. Raymond VII, comte de
Toulouse, était toujours soupçonné par l'Église d'abriter des cathares sur ses terres. Un
concile fut donc tenu en 1225, où il fut déclaré que détruire l’hérésie était une nécessité et
qu'une nouvelle croisade contre les cathares était indispensable. Louis VIII fut donc choisi
pour diriger l'expédition.
Il semble alors difficilement imaginable que Louis VIII de retour de croisade puisse faire
fête à Pézenas et que pour honorer son retour la population puisse offrir au roi l'emblème
d'un poulain. D'autant que Louis VIII, atteint par la dysenterie mourut au château de
Montpensier en novembre 1226 soit quelques mois après sa venue.
La légende d'Etieino et d'Estieineta suit le même procédé. Rappelons là aussi que Louis

�XIII arrive dans le Languedoc suite au massacre des huguenots dans le Bas-Poitou et ne
veut rentrer à Paris qu'après avoir pacifié son royaume, il résolut d'entreprendre le voyage,
afin de continuer à éradiquer les révoltes du Languedoc.
Les populations sont massacrés, les récoltes détruites et des dragonnades ont lieu.
Effectivement difficile de croire que dans cette ambiance de cruauté les seigneurs du roi
pense à courtiser la jeune paysanne piscenoise !
Dans la tradition languedocienne Estieino nous renvoie à la Saint-Etienne, fête célébrée
au lendemain de Noël, début des festivités de carnaval et durant laquelle le bas clergé
pouvait se livrer à des réjouissances populaires. Ainsi à Pézenas on fait entrer dans
l'église un âne déguisé en évêque, accompagné d'une bande de jeunes pouvant chahuter.
A cette occasion, on lâchait dans l'église le plus petit des oiseaux : lou chichiri. Celui qui
attrapait l'oiseau était proclamé « abbat de jouinesso », c'est à dire président des jeunes,
lui donnant ainsi l'honneur de représenter la jeunesse dans toutes les cérémonies et
débats de la cité. Il se peut par conséquent que Estieino et Estieineta soient le titre que
portaient les 2 jeunes élus qui représentaient la jeunesse piscénoise.

Intérêt patrimonial et mise en valeur
Viabilité de l'élément
Pour la plupart des habitants et parfois des villages alentours, le Carnaval de Pézenas est
un élément central des festivités calendaires. Le jour du mardi-gras permet à toutes les
générations de se retrouver. Certains le regardent de loin comme les plus anciens, les
enfants attendent qu'il se pose pour venir le caresser, les plus jeunes le suivent au plus
prêt, mais c'est toujours ensemble qu'ils attendent le poulain le jour du mardi-gras pour lui
faire fête. L'après-midi du mardi-gras à Pézenas, soulignons que les écoles ferment leurs
portes et beaucoup de commerçants font de même.
Plus largement, quand il s'ébruite que le poulain sera de sortie pour tel ou tel événement
du calendrier les habitants sortent dans les rues pour l'accompagner.
Soulignons que le fort investissement des membres de l'association « Les Amis du
Poulain » permet aussi au poulain de garder toute sa vigueur et sa puissance fédératrice.
Le travail engagé par l'association assure à l'animal totémique à la fois la viabilité mais
aussi l'engagement dans un processus de dynamisation et de créativité remarquable.
Remarquons toutefois que les acteurs des rituels carnavalesques souhaiteraient qu'une
véritable co-organisation des différentes journées de fête soit impulsée par la municipalité.
Un manque de moyens financiers peuvent restreindre la manifestation en pesant sur les
conditions de réalisation du rituel festif.
La fragilité de certains espaces de transmissions est aussi relevée tout particulièrement
liées aux danses, aux chants et aux musiques appropriés.

Actions de valorisation et modes de reconnaissance publique:
De manière ponctuelle des actions mettent les animaux totémiques à l'honneur: articles de
journaux, expositions, manifestations festives, rassemblement des animaux totémiques,
publications, ouvrages (...) sont des formes de reconnaissance de ce Patrimoine vivant et
démontrent combien ce patrimoine est cher aux praticiens, aux érudits locaux et aux
communautés.
Il est à noté que le travail de Claude Achard concernant le Poulain de Pézenas mais aussi
concernant d'autres animaux totémiques contribuera fortement à la connaissance et la
reconnaissance de ce patrimoine.

�De nombreux artistes, plasticiens, dessinateurs, musiciens, auteurs (...) s'emparent aussi
régulièrement de ce patrimoine ce qui en démontre toute sa vivacité et contribue à sa
valorisation.

Claude Alranq, Gérard Garcia et Vincent Roussillat (de gauche à droite) lors du vernissage d'une
exposition sur les traditions de Carnaval et la sortie de l'ouvrage de Claude Alranq et Vincent
Roussillat "Les Totems Sud de France" – Pézenas – 2012
En 2005, les Géants et dragons processionnels de Belgique et de France sont proclamés
Chefs d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO. Le Poulain
de Pézenas et la fête du mardi-gras est l'un des neuf éléments concernés par cette
proclamation, illustrant différents aspects de cette tradition. En 2008, après l'entrée en
vigueur (2006) de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel,
adoptée par l'UNESCO en 2003, les Géants et dragons processionnels de Belgique et de
France sont intégrés à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de
l’humanité.
Le Poulain de Pézenas est aussi amené à voyager de plus en plus régulièrement.
Depuis 1989 où le Poulain embarquera pour les Indes avec la Tarasque de Tarascon afin
de représenter une des traditions françaises lors de la présentation des identités
culturelles françaises dans le cadre de l’année de la France en Inde de nombreux voyages
et déplacements sont le quotidien de l'équipe et de l'animal. En 2014 c'est 21 sorties que
le poulain honnorera.
En 2014 il reçevra le prix Best de l'Agrupaciò del Bestiari Festiu i Popular de Catalogne.
Depuis 2013, la Ville de Pézenas et l'association « Les Amis du Poulain » sont membres
de l'association France PCI afin de :
« de promouvoir auprès du public l'esprit de la Convention ainsi que les éléments
inscrits sur ses listes; de faciliter l'échange et le partage d'informations, de
connaissances et d'expériences ainsi que les collaborations, à l'échelle nationale et
internationale, dans le domaine de la sauvegarde du PCI; d'être une force de
proposition et de réflexion auprès des acteurs du PCI en France et dans le
monde.»

Documentation / éléments bibliographiques / inventaires déjà
réalisés (liste non exhaustive):
ACHARD Claude, Poulains et bestiaires magiques, [Maraussan], Atelier Tintamarre, 2011

�BAUMEL Jean, Le "Masque-Cheval" et quelques autres animaux fantastiques. Étude de
folklore, d'ethnographie et d'histoire, IEO, Paris, 1954.
FABRE Daniel et CAMBEROQUE Charles, La fete en Languedoc. Regards sur le
carnaval aujourd'hui, Privat, Toulouse, 1977.
FABRE Daniel, « Le monde du carnaval (note critique) » , Annales. Économies, Sociétés,
Civilisations, 31e année, n°2, 1976
GAIGNEBET Claude, Le carnaval : essais de mythologie populaire, Payot, 1974.
VAN GENNEP Arnold, Le folklore français, tome 2, Cycle de mai, de la saint-Jean, de l'été
et de l'automne, Robert Laffont, 1999 (1937-1958)

Mesures de sauvegarde
De nombreuses initiatives locales voient le jour régulièrement, contribuant à la sauvegarde
et à la reconnaissance de ce Patrimoine. Cependant d'une manière générale les
communautés signalent un manque de moyens humains, financiers et d'espaces de
transmission qui pèsent sur les conditions de réalisation du rituel festif et qui ne permettent
pas toujours son actualisation. Certains témoins signalent aussi le manque de soutien des
collectivités territoriales.
La difficile transmission de la langue occitane peut également entraver la mémoire, la
perpétuation et donc la recréation des chants liés à certaines pratiques.
Les témoins rencontrés n'expriment pas tous les mêmes demandes quant à la
reconnaissance institutionnelle. Quand certains espèrent plus de moyens financiers et
humains pour perpétuer la fête, d'autres imaginent des retombées économiques sur toute
la ville et ses habitants grâce à un label culturel mais émergent aussi des réticences quant
au processus de patrimonialisation de la fête et/ou de l'animal, considéré comme un
risque de fixation du rituel.
Il est à noter que, depuis 2006, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon « encourage la
promotion des cultures occitanes et catalanes » dans le cadre de l'appel à projets Total
Festum qui se réalise tous les ans au mois de Juin. Cet appel à projets, ouvert à tous, à
pris en compte la question de la valorisation du Patrimoine Culturel Immatériel depuis
2013 en ajoutant un article valorisant les projets prenant en compte les spécificités du
Patrimoine vivant : « La Région attire (...) l'attention des porteurs de projets sur l'intérêt à
développer des actions autour du Patrimoine Culturel Immatériel tel que le définit
l'UNESCO (...) ».
Cet appel à projets a d'ailleurs permis la création d'animaux totémiques tel que le Tribus
Lupis de Cournonterral ou d'aider aux financements de rencontres d'animaux totémiques.
Cependant le caractère restrictif de temps (mois de Juin) ne permet pas à tous les acteurs
de se saisir de cette opportunité. Ce principe de festival ne permettant pas non plus
d'inscrire des actions durables et quotidiennes. Certaines communautés signalant aussi le
besoin d'être accompagné pour la réalisation et la conception des dossiers administratifs.
Notons aussi que le CIRDOC - Centre Interrégional de Développement Occitan développe
depuis quelques années des actions de valorisation de ce patrimoine par le biais

�d'expositions, de collectages, de projets numériques (www.occitanica.eu) et de rencontres.
Si comme l'UNESCO le préconise, « (…) sauvegarder signifie assurer la viabilité du
patrimoine culturel immatériel, c’est-à-dire assurer sa recréation et sa transmission
permanentes, si sauvegarder le patrimoine culturel immatériel, c’est transmettre du savoir,
du savoir-faire et du sens (...) » alors il semble important que les communautés puissent
proposer et se saisir d'outils techniques, financiers, humains qui leur permettront de créer
pour eux-mêmes les bonnes conditions de réalisation et d'actualisation de leurs pratiques
et d'y être accompagné si ils le souhaitent.

Données techniques
Dates et lieu(x) de l’enquête : Février-Mars 2014
Date de la fiche d’inventaire : Décembre 2014
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Alranq Perrine
Nom du rédacteur de la fiche : Alranq Perrine
"Fiche réalisée dans le cadre de l'inventaire des géants, animaux fantastiques et dragons
processionnels de France, coordonné par le Centre français du patrimoine culturel
immatériel-Maison des Cultures du Monde"

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    <name>Repertòri : Fichas PCI</name>
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              <text>Le Carnaval de Pézenas et son animal totémique : Le Poulain  / Alranq, Perrine</text>
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              <text>Fiche d'inventaire r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e dans le cadre de l'inventaire des g&amp;eacute;ants, animaux fantastiques et dragons processionnels de France, coordonn&amp;eacute; par le Centre fran&amp;ccedil;ais du patrimoine culturel immat&amp;eacute;riel - Maison des Cultures du Monde autour du Carnaval de P&amp;eacute;zenas se d&amp;eacute;roulant tous les ans au mois de f&amp;eacute;vrier et de la sortie de son animal tot&amp;eacute;mique, le Poulain de P&amp;eacute;zenas, le jour de Mardi gras.</text>
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              <text>Ficha d'inventari realizada dins l'encastre de l'inventari dels gigants, animals fantastics e dragons processionals de Fran&amp;ccedil;a, coordonat pel Centre franc&amp;eacute;s del patrim&amp;ograve;ni cultural immaterial &amp;ndash; Ostal de las Culturas del Monde a l'entorn del Carnaval de Pesen&amp;agrave;s que se debana cada an al mes de febri&amp;egrave;r e de la sortida de son animal totemic, lo Polin de Pesen&amp;agrave;s, lo jorn de Dimars-gras.</text>
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              <text>2017-06-29 Perrine Alsina</text>
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