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                  <text>FICHE TYPE D'INVENTAIRE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE LA FRANCE

Géants, animaux fantastiques et dragons processionnels :
Animaux-totems du Sud de France

La fête de la Saint Jean d'été et
son animal totémique
le TRIBUS-LUPIS de Cournonterral

Le Tribus-Lupis © Anna Wasniowska

�Présentation sommaire
Identification :
Au mois de juin, à l’occasion de la Saint Jean d’été, une créature étrange sort de sa
tanière dans la ville de Cournonterral, dans le sud de la France. C’est le Loup à trois têtesle Tribus Lupis de Cournonterral.
Le loup arpentera les rues pour rappeler à l’ordre tous ceux qui bafouront les droits
durement acquis par les Cornalencs (oc. habitants de Cournonterral) qu’il veille et protège.

Personnes rencontrées :
Nadège Guilhaumon- présidente de l’association « Chevalet de Cournonterral et ses
Hautbois»
Eric Livolsy- musicien hautboïste
Jacques Teilhard- membre du comité de recherche du GRAC (Groupe de recherche des
Archives de Cournonterral, trésorier de l’association Cournon Terra d’OC
Georges Guilhaumon- constructeur du Tribus Lupis
Laurent Régis- le meneur du Tribus Lupis,
Alexandre Vanruymbeke- boulanger participant à l’élaboration du pain Tribus Lupis

Localisation (région, département, municipalité) :
Région Languedoc- Roussillon, Département de l’Hérault (34), commune de Cournonterral
(Cornonterralh en occitan)

Indexation :
Pratiques festives ; géants, animaux fantastiques et dragons processionnels ; animauxtotems des fêtes du Sud de France; la fête de la Saint Jean d'été et le Tribus-Lupis de
Cournonterral.

Vidéos et diaporamas :
Cournon Totem Tribus Lupis : http://cournontotem.canalblog.com/

�Identification et localisation :
Nom et rôle et/ou fonction de la personne rencontrée :
Nadège Guilhaumon- présidente et co-fondatrice de l’association « Chevalet de
Cournonterral et ses Hautbois», porteuse du projet,
Eric Livolsy, musicien hautboïste, compositeur de musique de Tribus Lupis,
membre de l’association « Chevalet de Cournonterral et ses Hautbois »
Jacques Teilhard- membre du comité de recherche du GRAC (Groupe de recherche des
Archives de Cournonterral, trésorier de l’association – Cournon Terra d’Oc
Laurent Régis- le meneur du Tribus Lupis,
Alexandre Vanruymbeke- boulanger, un des 4 boulangers travaillant à l’élaboration de la
recette du pain de Tribus Lupis

Autres participants:
Confrérie des Pastaïres et Tastaïres du Pays d’Oc,
Confrérie Saint Photin de Varages,
Habitants, commerçants, spectateurs

Autres structures ressources / associations :
GRACGroupe
de
Recherche
des
www.cournongrac.org/accueil.html
Association Cournon Terra d'Oc, 06.82.88.65.66.

Archives

Municipalité :
Mairie de Cournonterral,
12 Avenue Armand Daney, 34660 Cournonterral
Tél. 04 67 85 00 11
www.ville-cournonterral.fr/

Le Tribus Lupis ©Perrine Alranq

de

Cournon,

�Description
Dans le sud de la France, et plus particulièrement dans le département de l’Hérault, des
animaux de toile ont pour habitude de défiler dans les rues en suscitant la joie et
l’enthousiasme des habitants.
C’est une ancienne tradition qui voit naître encore aujourd’hui des nouveaux animauxtotems.
Ainsi en 2010 à Cournonterral naquit le loup à trois têtes que l’on nommera Tribus Lupis.
Dans cette ville où la tradition populaire est très présente grâce, entre autres, au carnaval
des Paillasses, une bande d’amis (carnavaleux) s’est constituée, avec la forte envie de
construire un animal-totem.
« Cela faisait des années qu’ils en avaient envie. C’est un village festif ici, mais il faillait
avoir la pulsion… Comment expliquer ? Il fallait une personne qui lance. Alors je l’ai fait,
j’ai dit on y va : cochon qui s’en dédit, on y va ! » raconte Nadège Guilhaumon, présidente
de l’association « Chevalet de Cournonterral ».

Déroulement chronologique :
En amont :
Au mois de juin, à l’occasion de la Saint Jean d’été Tribus Lupis sort de sa tanière. Cet
animal de toile guidé par son meneur, porté par huit hommes animera les rues de la ville
pendant de longues heures. Au son des fifres, hautbois et tambours, le loup à trois têtes
dansera le jour de sa fête.
Cependant les musiciens ne se retrouvent pas uniquement ce jour-là pour jouer la
musique du loup. Au conservatoire de Cournonterral ont lieu les cours d’instruments
traditionnels. Les musiciens se rencontrent toutes les deux semaines pour jouer ensemble
et préparer ainsi la sortie de leur animal-totem.

Pendant la Saint-Jean d'été:

Cuisson du Pain Tribus Lupis dans le four banal
Le 14 juin 2014, la journée commence vers 9 heures du matin par la mise en route du four
banal. Le boulanger Alexandre Vanruymbeke accompagné par Jacques Teilhard, luimême,fils du boulanger, commence la fabrication du pain Tribus Lupis. L’élaboration de la
recette a commencé quelques mois avant la sortie du loup. En effet, Pierre Pic (grand
maître de la confrérie des Pastaïres et Tastaïres du Pays d'Oc), Didier Peitebi, Alexandre
Vanruymbeke et Jacques Teilhard ont mis en place un cahier des charges pour cette
recette qui fait écho à l’origine du totem local. Jacques Teilhard nous livre le secret: « Le
pain Tribus Lupis se compose de trois boules, aux trois goûts différents. La première
boule correspond à l’entrée ; elle est au thym, la deuxième au plat de résistance ; elle est
à l’olive noire, et la troisième est servie au moment du dessert ; elle est aux figues. A partir
de maintenant, la fabrication du pain va avoir lieu à chaque fois au mois de juin, à
l’occasion de la sortie du loup, mais aussi à chaque fois que les gens feront la demande
pour une occasion importante. »

�La cuisson du pain Tribus Lupis © Anna Wasniowska
L’Escalette
Ainsi sous les halles, les spectateurs peuvent déguster la traditionnelle escalette et
admirer le savoir-faire de la fabrication mis en place en ce jour de fête. Cette année, les
organisateurs ont décidé d’éditer une carte postale avec la recette de cette gaufre typique.
La danse du chivalet
Tout à coup, les visiteurs sont appelés par la musique à sortir des halles. C’est le moment
de la danse du chivalet.
« Autour du cheval, quatre personnages dansent : un à l’avant, qui est le donneur
d’avoine, un second à droite, chargé du chasse-mouche qui excite l’animal. Le danseur de
gauche porte l’étrille et la brosse. Enfin le quatrième, à l’arrière, représente le maréchal
ferrant équipé de tenailles et d'un marteau » (source Lo CIRDÒC - Mediatèca occitana,
“Lo Chivalet de Montpelhièr,” Occitanica - Mediatèca Enciclopedica Occitana /
Médiathèque encyclopédique occitane)
La danse du chivalet, considérée comme une danse d’ouverture 1, a cependant une
particularité cette année-là à Cournonterral, elle est dansée par cinq jeunes filles.

Danse du Chivalet – 14/06/2014 © Anna Wasniowska
1 Claude ACHARD « Bêtes fantastiques de toile et chivalet dans l'Hérault », 1981

�D’autres animations rythment la fin de la matinée (la danse des treilles, expositions,
stands d’artisans locaux…) et pour la clôturer un apéritif convivial est servit au public qui
goûtera le pain Tribus Lupis.
La sortie du Tribus Lupis
Pendant ce temps, l’animal totémique attend sa sortie imminente. Logé au domicile de la
présidente de l’association « Lo chevalet de Cournonterral », le Tribus Lupis voit arriver
une joyeuse troupe qui, pendant quelques heures, va s’apprêter pour l’évènement. Les
tâches sont diverses; il s’agit de l’habillage des musiciens, porteurs et meneur, de préparer
le héros de la journée et de répéter une dernière fois quelques morceaux de musique pour
se mettre au diapason de la fête.

Dessin de Richard Escobossa
Aux alentours de 16 heures, le cortège pousse les portes et envahit la rue. Le Loup à trois
têtes sort de sa tanière. Il a rendez vous avec la population sur l’esplanade. Mais déjà,
sur le chemin, nombreux sont ceux qui se joignent à lui pour l’accompagner et être au
premier rang.
Sur l’esplanade Cournonterralaise, l'animal-totem est attendu par d’autres acteurs de la
fête. Ainsi la Confrérie Saint Photin de Varages, la Confrérie des Pastaïres et Tastaïres du
Pays d’Oc et les trois personnages historiques : Erméniars- la sœur de Guillaume-Bernard
des Trois Loups, le seigneur Pierre de Cournonterral, le sénéchal de Beaucaire,
l’accueillent lors de son arrivée.
La première danse commence et avec elle, se fait ressentir une certaine excitation et
fierté. Le Tribus Lupis est de sortie ! Si cet animal de toile a une importance pour la
communauté, c’est parce qu’il porte en lui la revendication du peuple, de celui qui subit
l'abus et l'injustice. En effet, selon sa légende, il défend le droit, l'égalité et la justice des
villageois.
La date de sa sortie est fixée au mois de juin et Nadège Guilhaumon semble le confirmer :
« Il y aura toujours une sortie du loup au mois de juin, au solstice d’été. Parce qu’on
associe au loup, l’eau, le feu, la flamme de Canigou (Cournonterral est une ville relais
pour la flamme de Canigou), ces trois éléments. Et en plus de ça, il y a chez nous cette
histoire du four, du feu, du pain. Le seul événement où le loup a vraiment sa place, c’est le
mois de juin. »
Malgré son jeune âge, l’équipe de l’animal totémique de Cournonterral, a su mettre en
place quelques éléments qui reviennent lors de chaque sortie.

�Après la danse de bienvenue, le Tribus Lupis entame une longue déambulation à travers
la ville ponctuée de haltes en plusieurs lieux pour des actions bien définies :
Reconstitution historique de l’arrêté du roi Philippe le Bel
Arrivé sur la place Pierre Viala devant les Halles, le Tribus Lupis assiste à la reconstitution
de l’événement historique qui a donné lieu à sa naissance. Sous les yeux de spectateurs,
se rejouent les faits datant de 1299.
La Confrérie Saint Photin de Varages, représentant les soldats-mandataires du roi,
accompagne la lecture par des salves des tromblons.
Le sénéchal de Beaucaire déroule un parchemin pour annoncer aux villageois
l’ordonnance du roi Philippe le Bel exigeant la réparation des méfaits causés par le
seigneur Pierre de Cournon.
Le dénommé, Pierre de Cournon « voulant s’enrichir et affamer les habitants, fit
restreindre l’accès au four banal et commanda la destruction du foyer communal afin que
les gens lui payent une taxe pour faire cuire leur pain » (cf. le récit légendaire).
Erméniars, la sœur de Guillaume Bernard des Trois Loups suit la lecture :
Restitution de la clef du four banal
Après la lecture de l’édit royal, vient le moment de la restitution symbolique de la clef du
four banal.
La mise en valeur du four et l’importance du pain Tribus Lupis est appuyée par la
présence de la confrérie "Pastaïres et Tastaïres du Pays d’Oc" qui font partie intégrante de
l’événement. Ce groupe, représentant le corps des boulangers, dirigé par le grand maître
Pierre Pic, préside ce moment important. La confrérie accompagne le Tribus Lupis au pied
de la tour sarrasine où se trouve le four banal. L’animal-totem rentre dans la petite cour où
la clef du four lui est restituée. C’est aussi l’occasion de la dégustation officielle du pain et
le moment de boire le vin local.
Enfermement des enfants sous la carcasse du Tripus Lupis
Le public est nombreux lors de la sortie du loup et de tout âge. Mais ceux qui apprécient
particulièrement cette journée, ce sont les enfants, car la bête leur réserve une surprise. A
un certain moment du parcours et lors d'un arrêt, le meneur appelle les plus jeunes à
rentrer sous la carcasse du loup.
"On a fait une ouverture devant, dans le loup. Les enfants rentrent dedans, mais ils ne
sortent pas par le derrière du loup, il ne les cague pas, il les régurgite." N. Guilhaumon
En effet, d’autres animaux (comme le Bœuf de Mèze et ensuite le Pélican de
Puisserguier), avalent les enfants lors de leur défilé, mais la sortie se fait toujours par le
derrière de la bête. Cournonterral a souhaité marqué sa différence.

�Communauté(s), groupes, associé(s) à l'élément
Porteur de l'événement
L’événement est porté par l’association « Le chevalet de Cournonterral » qui répond
chaque année à l’appel à projet lancé par le Conseil Régional Languedoc-Roussillon. Le
projet Total Festum a pour objet d’encourager la promotion des cultures occitanes et
catalanes. Le Conseil Régional Languedoc Roussillon soutient les projets développés
autour des feux de la saint Jean et de la sensibilisation du public aux cultures régionales.
Cournonterral, en répondant à cet appel à projet, a choisi de mettre au centre leur animal
emblématique, et par là-même bénéficier d’un financement extérieur.

Participation de la municipalité
La mairie de Cournonterral attribue une subvention à l’année destinée à l’ensemble des
activités de l’association « Le chevalet de Cournonterral ».
Durant la manifestation, les élus sont présents lors de l’apéritif officiel.
La commune prête le lieu où le four banal a été reconstruit.

Participation de la communauté
Les spectateurs sont au rendez-vous le jour de la sortie du loup. Le public accompagne le
Tribus Lupis en profitant des animations proposées. L’animal semble rentrer doucement
dans les esprits des habitants et ainsi trouver une place dans le paysage du patrimoine
local.
L’association « Le chevalet de Cournonterral et ses hautbois » est très soucieuse de la
valorisation de l’animal emblématique de la ville. Elle participe avec intérêt à toute action
ayant pour but la mise en valeur ou la promotion du loup à trois têtes.

�Eléments matériels constitutifs de la pratique :
"Le Tribus Lupis"
Description
Le Tribus Lupis est un animal tout noir avec quelques
détails en couleurs qui lui donne un peu de relief. Il a été
conçu pour être plus haut devant comme s’il était prêt à
bondir. Sur la toile noire du loup figure les armoiries de
Cournonterral et une bande bleue en bas.
Sa carcasse est une armature en fer recouverte d’un
tissu noir synthétique (imitation fourrure). Elle mesure
3 m 90 de longueur, 1m70 de largeur, 2m hauteur. C’est
une copie exacte de la structure de l’animal voisin, le
Poulain de Pézenas.

Le blason de Cournonterral
Les trois têtes mesurent 1m20 de largeur, 70cm de hauteur, et 80 cm de profondeur. Le
constructeur de la tête de loup, Georges Guilhaumon raconte : « La tête a été faite en
polystyrène. Ensuite la sculpture a été collée sur une plaque de bois, et le tout a été
recouvert de bandelettes de fibres de verre et de résine. Après comme le relief avait
disparu, on l’a recrée avec la pate de papier mâché, comme par exemple les arcades, les
nasaux, en mettant à la fin du verni ».

Les trois têtes du Tribus Lupis © Anna Wasniowska
Pour anecdote, les têtes sont montées sur un cardan de 2 cv, qui leur permet d’être
mobiles. Une personne parmi les porteurs est chargée de faire bouger les têtes. Les crocs
en buis, les yeux en terre émaillée, les dents et la langue en pâte fimo, confèrent à la bête
une physionomie réaliste.

�Danses et musiques
La danse
Dans la danse, comme dans la musique du loup, il y a deux temps. Pendant la marche, le
meneur muni d’un tambourin, fait balancer le loup. Au moment de la farandole, les
porteurs accompagnent la rythmique en faisant sauter l’animal. Pareillement, le meneur
incite le public à participer. La danse est effectuée sur des places, à des moments
stratégiques ou tout simplement, parce que l’équipe en ressent le besoin. Quelques
coups de tambours suffisent pour que toute l’équipe se mette en branle.
(Voir le lien vidéo).
La musique
A la demande du groupe constitué autour du Tripus Lupis, Eric Livolsy a pris en charge
l’écriture de la partition. Faute de temps, seul le prélude fut écrit à temps pour la première
sortie du loup. La composition de la première partie est une partie lente.L’auteur, Eric
Livolsy explique « L’inspiration pour l’écriture de ce morceau, j’ai trouvé dans la légende
elle-même. Et dans la deuxième partie plus festive, vu que je n’ai pas eu le temps de finir,
j’ai pris « La poulaillère »2. Le prélude étant pas facile (…) « la poulaillère » a permis
d’intégrer plus rapidement le morceau entier aux musiciens. Aujourd’hui le morceau est en
place, même s’il n’est pas facile. La marche est jouée par les hautbois, et « la poulaillère »
par les fifres, ce qui permet de se reposer aux musiciens entre les deux parties »

2 La poulalhera (en occitan)- air traditionnel d’origine piémontaise

�Moyens humains
Le Tribus Lupis est un animal porté par huit hommes et guidé par son meneur appelé
« les yeux du loup ». Le meneur, qu’on appelle « La Fillasse », c’est Laurent Régis. « On
a essayé de choisir quelqu’un qui est apprécié, que les gens apprécient. Il fait parti des
gens qui avaient envie de créer un animal totémique » témoigne Jacques Teilhard.
La bête se fait accompagnée par trois figures de l’histoire locale. Erméniars, la sœur de
Guillaume Bernard de Trois Loups, Pierre de Cournon- le seigneur du bourg et le
sénéchal de Beaucaire. Les confréries : Saint Photin de Varages et des Pastaïres et
Tastaïres du Pays d’Oc font également partie du cortège.
Mais les plus nombreux se sont les musiciens, environ une vingtaine de personnes. Tous
portent un tabard : tunique avec pantalon, unité du groupe mais chaque costume est
personnalisé.
Personnages historiques : Pierre de Cournon et sénéchal de
Beaucaire © Anna Wasniowska

Le meneur et l'équipe des porteurs du Tribus Lupis
© Anna Wasniowska

Lieu d'exercice :
Situé à 15 km de Montpellier, 20 km de Sète et 12 km de la plage des Aresquiers,
Cournonterral bénéficie d'un site géographique privilégié de 2864 ha.
Le Coulazou, rivière au cours irrégulier, longe ce village viticole de 5946 habitants
(recensement
2013).
Cournonterral fait partie du Canton de Pignan et de l'Agglomération de Montpellier qui
regroupe 31 communes.
Campé entre vignes et garrigues, ce village reste profondément attaché à ses traditions
festives et carnavalesques.
(Source : la mairie de Cournonterral/www.ville-cournonterral.fr/)
La fête se déroule dans l’enceinte de la vieille ville, entre la place du village, le four de la
ville, les remparts et l’esplanade.

�Apprentissage et transmission
Transmission autour de l'animal totémique
L’association « Le chevalet de Cournonterral » prend en charge la transmission autour du
Loup à trois Têtes.
Concernant la musique, les musiciens se préparent tout au long de l’année. Les cours de
musique se déroulent au conservatoire et sont ouverts à tous.. Tous les quinze jours a lieu
une répétition entre tous les groupes d’instruments où se joue (entres autres) la musique
du Tribus Lupis.
Dans les écoles du village, chaque année, l’association intervient en proposant des
ateliers de sensibilisation autour du Tribus Lupis. « Cette année, nous avons travaillé avec
les enfants en leur faisant faire leur totem, où ils ont accroché les messages de
revendications. Le totem s’est fait lors des ateliers menés en amont dans les écoles
primaires » témoigne la présidente de l'association.
Le groupe de porteurs réuni autour du meneur Laurent Régis, se constitue à l’improviste
en amont de la manifestation. C’est un groupe d’amis qui prend plaisir à porter le loup,
restant engagé par ailleurs dans des nombreux tournois sportifs ayant lieu au mois de juin.
Du fait, l’association souhaite à l’avenir constituer un collectif de porteurs attitrés.

Transmission de la légende
La transmission de la légende du Tribus Lupis, outre les supports « multimédia », a lieu
lors de la sortie de l’animal. En effet, une des haltes lui est entièrement consacrée (cf.
chapitre : Rituel du Tribus Lupis). L’équipe de Cournonterral place la légende au centre du
rituel du Tribus Lupis. Son défilé se réfère sans cesse aux faits historiques relatés.

Historique général
La famille des animaux totémiques
Entre les géants du Nord et de Belgique et le bestiaire fantastique de Catalogne, se situe
un bassin fort représentatif des coutumes locales donnant vie à ce qui est communément
appelé les « animaux totémiques », appellation récente et controversée utilisée pour
désigner les « bêtes de toile », « dragons processionnels », « animaux-jupons » qui
incarnent « l’esprit du lieu ».
On dénombre entre 60 et 70 animaux totémiques dans le Sud de la France,
particulièrement représentés dans le département de l'Hérault où l'on en compte environ
une cinquantaine. Il est difficile de dénombrer précisément ces animaux totémiques, ces
derniers naissant, renaissant, disparaissant au gré des groupes, des associations, des
élus, des transmissions leur permettant de trouver place et fonction au sein de la Cité. En
cela ils sont particulièrement représentatifs du Patrimoine Vivant, les animaux-totems sont
soumis à l'énergie des groupes, des fêtes, des réalités socio-politiques des lieux où ils ont
élu domicile.
Les processions les plus anciennes se sont transmises au passage des générations
depuis plusieurs siècles, avec parfois quelques interruptions : le Chameau de Béziers fut
brûlé à la Révolution puis détruit à deux reprises au XIXe siècle, avant de renaître
définitivement en 1895 par la volonté des habitants.
Mais de nouvelles effigies apparaissent ou réapparaissent chaque année, en référence à

�des épisodes de l'histoire ou de la mythologie locales, à l'instar du Pélican de Puisserguier
en 2012.
Les animaux totémiques voient l'apparition de nouvelles générations depuis une vingtaine
d'années et de nouvelles pratiques se développent afin d'intégrer les nouveaux-venus
dans la grande famille des totems. Des baptêmes (batejadas) sont organisés afin que la
naissance d'un nouveau animal puisse intégrer le rite collectif et la communauté. Ainsi les
animaux totémiques plus anciens sont invités pour parrainer un nouveau venu. Et la
famille des animaux totémiques s’agrandit dans un esprit de partage et d'échanges entre
les villes et villages. Sans compter les nombreux rassemblements d'animaux totémiques
qui fleurissent au printemps et qui se développent de manière croissante d'années en
années.
Les animaux totémiques les plus anciens ont été créés à partir du XVIe siècle, on peut
citer alors la tarasque de Tarascon, le chameau (lo Camèl) de Béziers, puis l’âne (l’Ase
Martin) de Gignac et le poulain (lo Polin) de Pézenas.

Modes de vie et représentations
Les animaux totémiques sont de forme, de taille et de poids variés, adaptés comme leur
mode de fabrication, de transport et de manipulation. Cela va d’une reproduction à peu
près fidèle, quoique stylisée, de l’animal, à une invention libre, soit par hybridation comme
le Bœuf volant (Buou-Volaire) de Saint-Ambroix ou le Tamarou (lo Tamaró) de Vendargues
(tête de lapin, corps de hérisson, ailes de cigale), soit par extraction d’un élément comme
le Cocairòs de Saussan, (nommé d’après sa coa, ou queue).
À l’intérieur, les porteurs (assez souvent masculins et issus de l’équipe de rugby locale)
font avancer l’animal lors des déambulations. Ces bêtes mythiques possèdent en général
une tête mobile qui s'allonge et se rétracte animée par l’un des porteurs. La gueule de
l'animal est souvent mobile elle aussi permettant le claquement de la mâchoire, la
« gnaque ». Tous entretiennent une mobilité codée, « objet simultané de la peur et de la
dévotion ».
Ces animaux-totems sont précédés d’un meneur et accompagnés par des groupes de
musiciens qui jouent une mélodie répétitive, propre à l’animal. Le nombre de porteurs
dépend de la taille de la construction, dont le maniement mobilise des savoir-faire
spécifiques.
Les figures des animaux totémiques, parfois gigantesques, constituent les acteurs
principaux de grandes fêtes populaires, préparées avec la participation active des
habitants pour lesquels elles conservent une importante valeur symbolique.
Les processions diffèrent d’un lieu à l’autre mais chacune obéit à un rituel précis. Ces
manifestations témoignent encore et toujours d'un dynamisme remarquable.
D’autres animaux totems sont adjoints à certaines de ces manifestations. Parmi eux, le
plus courant est le chevalet (lo chivalet), sorte de monture maintenue à la taille du
danseur. Les autres danseurs (« lo cibadier », « lo fabre », « lo desmoscaire ») miment la
domestication du cheval-esprit-sauvage.

�Le chivalet de Pézenas au Carnaval-Pézenas 1939
©Collection Jean Bonnafous / Photo Club Piscenois

L'âme collective des animaux totémiques
Tous ces animaux totémiques animent les fêtes saisonnières (carnavalesques,
religieuses ou votives) à travers des rituels liés aux légendes (mythologiques ou
contemporaines) qui fondent leurs origines.
Les cérémonies qui motivent la sortie du totem ont une fonction initiatique, soit parce que
c’est une forme d’exploit pour les jeunes gens que de les porter ou de les affronter, soit
parce que la force symbolique permet de jouer à exorciser les maux de la Cité et d’en
réconcilier les habitants, toutes classes sociales confondues.
S'ils ont perdu leur caractère religieux les animaux totémiques continuent de représenter
la mémoire collective, l'identité locale ainsi que l’invention constante des communautés. Ils
sont les symboles de la création collective qui prend racine dans l'histoire, les mythes,
contes et légendes des contrées. Ils s'adaptent aussi aux changements qui interviennent
dans la communauté. Ainsi le Poulain de Pézenas voit ses sorties s’accroître en fonction
des fêtes organisées à travers les rues. Il participera alors au mois de Novembre à
« Martror, la fête des morts », fête spectaculaire créée à initiative d'un collectif d'artisteschercheurs souhaitant travailler à la restauration de rituels saisonniers ou à Noël à
l’initiative de la municipalité où il endossera alors une nouvelle toile rouge.
Les animaux totémiques animent les rues créant frayeur, joie, bonheur chez les
participants. Ils participent des « charivaris », espace de la fête et lieu de sociabilité. A
chaque animal correspond son rituel, sa fête et son jeu, sa relation à la communauté, aux
porteurs, aux musiciens et au meneur.
Certains animaux totémiques mangent symboliquement les enfants, à l'image du Bœuf de
Mèze, d'autres poursuivent les jeunes filles comme la Tarasque de Tarascon, d'autres
encore meurent symboliquement pour mieux renaître un an plus tard.
Ils sont à l'image de la fondation, de la conservation ou de la transformation de la Cité.

�Les animaux totémiques, identités de la fête
Si il y a bien un élément qui rassemble dans une même grande famille les Géants,
dragons processionnels et les animaux totémiques c'est bien la fête ! Tous jouent à travers
rues au gré des sorties carnavalesques ou autres manifestations calendaires. La fête
donne un sens à l'animal totémique tout comme l'animal totémique donne un sens à la
fête. Ils sont indissociables. Ils sont les représentants de « l’exhibition collective au
moment où la société proclame ce qui la fonde ».
Leur place est de ce fait dans la rue et ils symbolisent l'appartenance à une communauté
et à un lieu.
Mais la rue offre parfois des contraintes auxquelles il est difficile de s'adapter. L'évolution
des contraintes urbaines, les législations en vigueur (pour les cafés, les associations...)
mais aussi les migrations de populations soumettent les fêtes des animaux totémiques à
modifier certains de leurs repères.
La vitalité de ces fêtes est encore très fondée sur la capacité d' « organisation populaire ».
Ces manifestations sont parfois soumises à des injonctions municipales soucieuses de
prestige ce qui en affaiblit la portée. Mais le soutien des collectivités peut être aussi
vecteur de sauvegarde et de transmission quand ces politiques territoriales permettent aux
communautés de stimuler l'invention collective et d'en assurer les filiations.
Sans aucun doute ces animaux totémiques continueront à être les signes unanimes de ce
qui confère aux citoyens une « identité de fête ».

De génération en génération
Les animaux totémiques sont mortels comme le dira Daniel Fabre, « ils disparaissent dès
que la jeunesse les abandonne ». Claude Alranq dira quand à lui « Les Totems sont
comme nous, ils passent et ils trépassent. Là où ils sont apparus, ils n'ont jamais
complètement disparus. (…). Là où ils furent nombreux, plus grandes sont les chances
d'une contagion. (…) La où ils sont isolés, moins nombreuses sont les chances d'un
« éternel retour ».
Mais chaque année il y a encore et toujours de nouveaux venus. A l'origine de la
naissance d'un nouvel animal il y a le rêve, la volonté d'un groupe de personnes,
d'associations, d'élus...
Partout des formes de transmission voient le jour, par mimétisme de meneur en meneur
ou de porteur en porteur, par apprentissage pour les musiciens. Chaque groupe crée sa
façon de transmettre ce Patrimoine Vivant pour le plus grand intérêt des plus anciens.

Historique particulier de l'entreprise, de la personne ou de
l'organisme, de la forme d'expression ou de l'espace culturel
faisant l’objet de la fiche :
Claude Alranq en clôturant son livre « les Animaux de la fête occitane »3 écrit : « Les
terroirs du Sud de la France ajoutent au plaisir de la table la furia festive d’un animal
symbolique qui résume par ses danses et ses rituels « l’esprit du lieu ». Les origines de
ces totems sont aussi diverses que les légendes qui les authentifient. Ils n’en finissent pas
de réveiller « une sacrée nature » au cœur de la cité ».
Ainsi les Cournonterralais ayant la réputation de „reborsièrs“ (contrariant en oc.), de
rouspéteurs, ont choisi le Loup pour représenter l’âme du village.
3« Les Animaux de la fête occitane » Claude Alranq, Ed. Du Mont, 2008

�Le Tribus Lupis a rejoint le bestiaire fantastique languedocien assez récemment. L’équipe
porteuse, fêtant le carnaval des paillasses en 2010, a eu l’idée d’enrichir encore plus les
traditions locales. Un comité ou plutôt une bande d’amis animée par la verve populaire a
commencé un long cycle de rendez-vous de réflexion. La première action du groupe fut
faire revivre la danse du chevalet de Cournonterral. Ensuite est venu le moment de la
naissance de l’animal emblématique.
Au même moment, le village voisin- Cournonsec- a choisi pour se représenter l’Eléphant.
« Pour nous, c’était une évidence de créer un éléphant comme animal totémique, en
rapport à la légende de Hannibal » 4se rappelle N. Guilhaumon.
La collaboration avec Lo GRAC- Groupe de Recherches des Archives de Cournonterralles a amenés sur la piste de Guillaume- Bernard des Trois Loups. Ce bourgeois jouera un
rôle important dans l’histoire de Cournon. En 1299, les Syndics de Cournon sont nés et
Guillaume- Bernard en fait partie.
A cette même époque de nombreuses querelles divisant la population et les seigneurs, un
nouveau conflit éclate « c’est l’affaire du four banal ». Les porteurs du projet ont choisi cet
événement historique pour bâtir la légende du Loup à trois têtes. Elle représente la force
du peuple face à l’injustice et l’abus.

Les récits liés à la pratique et à la tradition
La légende du Tribus Lupis est le fruit de la co-écriture réalisée par Nadège Guilhaumon et
Richard Escobossa.
En voici quelques extraits :

« Sous le règne de Philippe Le Bel, les loups hantaient nos campagnes, leurs voix se
faisait entendre dans nos bois et garrigues (…) A cette époque vivait un personnage qui
a marqué les mémoires : Guillaume- Bernard de Trois- Loups. Son tempérament de
justicier l’a amené à monter une expédition punitive contre Rascousses à qui les
seigneurs de Cournon avaient donné le droit de paissance sur les terres communales et
en cette période de pénurie il ne faisait pas bon d’empiéter sur les voisins.
Guillaume- Bernard n’était pas seul, deux autres personnes l’accompagnaient. Une
harpie, rombière acariâtre, meneuse de troupe et forte en gueule qui n’hésitait pas à
jouer des mains au besoin, une querelleuse du nom d’Erméniars et de Hugues Cristine
défenseur des libertés et de droits acquis.
Dans ces temps de conflits, la Bête (…), resurgit d’outre-tombe pour montrer le chemin
de la résistance aux gens. Tous unis contre l’adversité et les charges abusives de leurs
seigneurs(…)
Pierre, seigneur du bourg, voulant s’enrichir et affamer les habitants, fit restreindre
l’accès au four banal et commanda la destruction du foyer communal afin que les gens
lui payent une taxe pour faire cuire leur pain.
La tache lui fut aisée grâce aux dissensions et à la division de la population.
Pourtant, dans le village, sommeillait Tribus Lupis. Non seulement guerrier effrayant
mais aussi fédérateur de la populace. Le même animal qui avait plié les genoux du
seigneur Raymond Vassadel, quelques temps auparavant.
Sorti de son antre, de l’endroit même où sont enterrés les combattants d’une lutte d’avec
4A Cournonterral, il est conté qu’Hannibal et ses éléphants firent une halte à la fontaine du Théron afin de ravitailler
son armée sur le chemin de la conquête de Rome- source : Le Groupe d’Archives de Cournonterral, Bibliographie :
M.F AVRIL : « Itinéraires d’Hannibal en Gaule », P.A.CLEMENT « Les chemins à travers les âges en Cévennes et basLanguedoc »

�des voisins belliqueux, Sainte-Cécile-des-Trois-Loups, l’animal de part sa présence et sa
force donna aux Cornalencs la volonté de résister et obligea Pierre de Cournon à libérer
l’accès au four et reconstruire le foyer qu’il avait fait détruire (…)
Il est dit qu’à chaque période trouble les loups arpenteront les rues du village pour
rappeler à tous ceux qui menacent les droits durement acquis par les Cournonterralais,
qu’ils seront toujours là à veiller. »

Intérêt patrimonial et mise en valeur
Modes de valorisation
- Participation aux manifestations, exemple : rassemblements des animaux
emblématiques, La Foire Languedocienne de Loupian, Festival Occitania à Toulouse,
- Site de la ville de Cournonterral : www.ville-cournonterral.fr/
- -Site du Tribus Lupis : cournontotem.canalblog.com
- Site du Cirdoc -Centre Inter-Regional de Dévolopement de
l'Occitan :www.locirdoc.fr/E_loblog/?p=4449
- Articles de presse

Actions de valorisation et modes de reconnaissance publique
(niveaux local, national, international)
Outre la sortie officielle au mois juin, le loup à trois têtes est souvent sollicité pour diverses
manifestations, à commencer par sa ville natale. Lors du carnaval local le Tripus Lupis
pointe normalement le bout de son nez pour faire partie du défilé des chars. Les autres
villes font appel à lui pour de multiples occasions : rassemblements, ouvertures de
Festival (Mirandela dels Arts), la foire languedocienne de Loupian etc… Aujourd’hui, le
loup de Cournonterral est un animal très prisé.
La sortie officielle du Tripus Lupis bénéficie du soutien de la Région Languedoc
Roussillon dans le cadre de l’appel à projet Total Festum.

Documentation / éléments bibliographiques / inventaires déjà
réalisés
Cartuaire de Maguelone
Archives de Cournonterral,
« Le consulat de Cournonterral » par Alexandre Germain,
« L’Universitas de Cournonterral : du syndicat au consulat d’après les parchemins de ses
archives (XIIIème- XIVème siècles) par Christiane Gil,
« Cournon’Mag » n°1-Janvier à Mai,
« Les Animaux de la fête occitane » Claude Alranq, Ed. Du Mont, 2008

Mesures de sauvegarde
De nombreuses initiatives locales voient le jour régulièrement, contribuant à la sauvegarde
et à la reconnaissance de ce Patrimoine. Cependant d'une manière générale les
communautés signalent un manque de moyens humains, financiers et d'espaces de
transmission qui pèsent sur les conditions de réalisation du rituel festif et qui ne permettent
pas toujours son actualisation. Certains témoins signalent aussi le manque de soutien des
collectivités territoriales.

�La difficile transmission de la langue occitane peut également entraver la mémoire, la
perpétuation et donc la recréation des chants liés à certaines pratiques.
Les témoins rencontrés n'expriment pas tous les mêmes demandes quant à la
reconnaissance institutionnelle. Quand certains espèrent plus de moyens financiers et
humains pour perpétuer la fête, d'autres imaginent des retombées économiques sur toute
la ville et ses habitants grâce à un label culturel mais émergent aussi des réticences quant
au processus de patrimonialisation de la fête et/ou de l'animal, considéré comme un
risque de fixation du rituel.
Il est à noter que, depuis 2006, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon « encourage la
promotion des cultures occitanes et catalanes » dans le cadre de l'appel à projets Total
Festum qui se réalise tous les ans au mois de Juin. Cet appel à projets, ouvert à tous, à
pris en compte la question de la valorisation du Patrimoine Culturel Immatériel depuis
2013 en ajoutant un article valorisant les projets prenant en compte les spécificités du
Patrimoine vivant : « La Région attire (...) l'attention des porteurs de projets sur l'intérêt à
développer des actions autour du Patrimoine Culturel Immatériel tel que le définit
l'UNESCO (...) ».
Cet appel à projets a d'ailleurs permis la création d'animaux totémiques tel que le Tribus
Lupis de Cournonterral ou d'aider aux financements de rencontres d'animaux totémiques.
Cependant le caractère restrictif de temps (mois de Juin) ne permet pas à tous les acteurs
de se saisir de cette opportunité. Ce principe de festival ne permettant pas non plus
d'inscrire des actions durables et quotidiennes. Certaines communautés signalant aussi le
besoin d'être accompagné pour la réalisation et la conception des dossiers administratifs.
Notons aussi que le CIRDOC - Centre Interrégional de Développement Occitan développe
depuis quelques années des actions de valorisation de ce patrimoine par le biais
d'expositions, de collectages, de projets numériques (www.occitanica.eu) et de rencontres.
Si comme l'UNESCO le préconise, « (…) sauvegarder signifie assurer la viabilité du
patrimoine culturel immatériel, c’est-à-dire assurer sa recréation et sa transmission
permanentes, si sauvegarder le patrimoine culturel immatériel, c’est transmettre du savoir,
du savoir-faire et du sens (...) » alors il semble important que les communautés puissent
proposer et se saisir d'outils techniques, financiers, humains qui leur permettront de créer
pour eux-mêmes les bonnes conditions de réalisation et d'actualisation de leurs pratiques
et d'y être accompagné si ils le souhaitent.

Données techniques
Dates et lieu(x) de l’enquête : 14/06/2014, 4/07/2014, Cournonterral
Date de la fiche d’inventaire : 27/11/2014
Nom de l'enquêteur ou des enquêteurs : Wasniowska Anna
Nom du rédacteur de la fiche : Wasniowska Anna avec la collaboration de Perrine
Alranq (CIRDOC-Mediatèca Occitana).

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              <text>La fête de la Saint Jean d'été et son animal totémique le Tribus Lupis de Cournonterral / Wasniowska, Anna avec la collaboration de Alranq, Perrine</text>
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              <text>La fèsta de Sant Joan d'estiu e son animal totemic lo Tribus Lupis de Cornonterralh / Wasniowska, Anna amb la collaboracion d'Alranq, Perrine</text>
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              <text>Fiche d'inventaire du Tribus Lupis de Cournonterral </text>
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              <text>Fiche d'inventaire r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e dans le cadre de l'inventaire des g&amp;eacute;ants, animaux fantastiques et dragons processionnels de France, coordonn&amp;eacute; par le Centre fran&amp;ccedil;ais du patrimoine culturel immat&amp;eacute;riel - Maison des Cultures du Monde autour de la f&amp;ecirc;te de la Saint Jean d'&amp;eacute;t&amp;eacute; et son animal tot&amp;eacute;mique le Tribus Lupis de Cournonterral.</text>
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              <text>Ficha d'inventari realizada dins l'encastre de l'inventari dels gigants, animals fantastics e dragons processionals de Fran&amp;ccedil;a, coordonat pel Centre franc&amp;eacute;s del patrim&amp;ograve;ni cultural immaterial &amp;ndash; Ostal de las Culturas del Monde a l'entorn de la f&amp;egrave;sta de Sant Joan d'estiu e son animal totemic lo Tribus Lupis de Cornonterralh.</text>
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      <name>Tribus Lupis de Cornonterralh = Tribus Lupis de Cournonterral</name>
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