<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="16580" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/16580?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-13T11:58:08+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="94976">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/61d6ad10890dbd1b4fc2bb032db920d3.jpg</src>
      <authentication>31d9c0c77f63af2c64c50ac7273ef982</authentication>
    </file>
    <file fileId="94978">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/8ebf00d2532bbfbaac0d40a10c129549.pdf</src>
      <authentication>19839b329a5dd3fe204433c86f724fed</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="613041">
                  <text>JASMIN
ET SON

ŒUVRE

ESQUISSE
LITTÉRAIRE

&amp;

BIBLIOGRAPHIQUE
PAR

JULES

ANDRIEU

Membre de la Société des Sciences

,

Lettres &amp; tArts d'tAgen

AGEN
/. MICHEL &amp; MÉDAN,
16, Rue Pont

-

de

LIBRAIRES-ÉDITEURS
-

Garonne

,

16

l88l

BIBLIOTHEQUE ULYSSE BOISSIER

�L

ejj sas

89

�AU

E

ne

LECTEUR

viens pas raconter à nouveau

la centième
si

connue.

Son enfance

incertains

ont

assez

riées
été

,

et

vie si bien

une

A

attristée,

débuts
eu

fois,
—

publiées

sa

ses

jeunesse laborieuse,
innombrables

d'autres historiens.

et sont aux mains
est tout autre et

prétention

son œuvre

révélations

,

de

et

quoi bon ?

de

—

ses

triomphes

Des études
,

va¬

ont

tous.

plus modeste.

Je voudrais seulement, dans
sans

remplie

dont quelques-unes fort remarquables

Mon but

pour

,

dire quelques

ces

lignes rapides

mots

et

du poète, de

langue. Sans viser à fournir des
imprévues, il m'a paru qu'on pouvait

et

sa

C.LD.al
BEZIcB» |

�VI

encore

revenir

sur un

tel

sujet

en essayant

d'échapper

à la banalité.

D'ailleurs, parler de Jasmin
pour un

n'est-ce

pas

toujours,

Agenais , de l'actualité ?

Agen qui s'est honoré

prodigué

une

amoindrir

ce

en

et

riche

entière

,

ne

doit

pas

a

laisser

héritage. La mémoire du génie
avec amour

doit rester

préservée de cette indifférence qui

conduit à l'oubli ; et

il

est

bon

que,

de

temps en

voix sincère émergeant de la foule redise

temps

,

à

compatriotes insouciants ce que fut et ce que

nos

vaut

une

l'acclamant, qui lui

gloire méritée,

populaire qui l'a chanté
vivante

,

leur

poète.
J.

Agen, 1881.

A.

�I

JASMIN &amp; SON

ŒUVRE

i

L'HOMME

écrivain de talent', M. Ed¬
qui suivait en reporter le
Président de la République dans son voyage,
adressait d'Agen à son journal, le 5 octobre, des
n

1851,

mond

détails

un

Texier,

charmants

poète.
Presque tout le monde, — disait-il, •—• connaît les
œuvres de ce
poète vraiment inspiré et vraiment popusur

notre

«

«

«
«

«

1

laire

:

«

Vous êtes l'Homère

de notre temps

,

»

lui écrivait l'été dernier M. de Lamartine, et le chantre
d'Elvire ne faisait pas en cette occasion une complai-

«

santé

«

exercé

hyperbole. Jamais poète (j'excepte Béranger) n'a
sur le
peuple une plus souveraine influence. i&gt;

�2

JASMIN ET SON ŒUVRE

Puis le

journaliste racontait, avec un esprit assez
exempt de toute malignité parisienne, sa visite à la
maison du poète : « Maison bénie du Ciel, — ajoutan¬
te
il, — où. l'on respire les trois plus rares parfums de la
« terre: la
poésie, la bienfaisance et le bonheur ! »
Oui, Jasmin était une nature d'élite dont l'action
ne
pouvait être que profondément salutaire. Il
possédait au plus haut degré toutes les vertus domes¬
tiques et le culte de la charité, la religion de la
famille n'eurent jamais de défenseur plus éloquent
et
plus convaincu.
On lui a reproché de trop accentuer sa personna¬
,

lité. Pouvait-il donc
l'a dit

en

choisir

une

meilleure ?

—

On

orgueilleux?...

Etre de l'extraction la

plus modeste ; partir du bas
jusqu'aux sommets
lumineux de la célébrité et de la gloire ; ne devoir le
succès qu'à son propre mérite et à son labeur, est-ce
de l'échelle sociale

et

s'élever

donc si ordinaire ?
Il a fallu, au contraire, à cet homme un esprit de
bien forte trempe et merveilleusement équilibré pour

préserver d'un vertige auquel n'aurait sûrement
échappé aucun de ses envieux. Certes, la satisfac¬
tion qu'il devait éprouver de ses brillants succès était
bien légitime, et c'eût été de sa part se méconnaître
et s'amoindrir que d'éloigner son cœur d'une
aussi
douce jouissance.
« Nul
poète, — a dit Sainte-Beuve, — n'a reçu
se

k

�JASMIN ET SON ŒUVRE

autant

«

d'éloges

que

lui, et nul

ne

3

se

gêne moins à

«

paraître les aimer ; mais il

«

lui font faire aucune folie ; il a porté
poète avec un rare bon sens... »
« J'aime
la gloire, — disait-il lui-même, — mais
jamais les succès à'autrui ne sont venus troubler mon
ces

«

son

«

éloges

cela de particulier que

ne

ivresse de

sommeil*'.

«

a

Ht cela

»

vrai.

Jasmin, heureux et fier à juste
popularité noblement acquise, ignora tou¬
jours les basses pratiques de la jalousie.
est

titre d'une

L'histoire littéraire

offre, du

d'un accord aussi intime

reste, peu

d'exemples

poète et son œuvre,
n'a pas toujours pu faire
participer le caractère
de l'homme aux éloges donnés à son
entre un

et on

génie.

Quelle radieuse existence !

Champion fervent de l'infortune, apôtre enthou¬
de la charité, il
entreprend comme un
pèlerinage épique ; il va charmant tous les cœurs,
relevant des temples, récoltant- à
pleines mains l'au¬
mône bénie, et rapportant
chaque fois, mêlée de
doux souvenirs, une splendide moisson
de cou¬
siaste

,

ronnes...

Peut-on

rêver

plus beau rôle ? Mission plus
jamais dévolue à un enfant des muses,
troubadours des anciens âges, fêtés au .manoir
un

brillante fut-elle
les

et

*

Lettre à

Peyrottes, le potier-poète de l'Hérault (1847).

�jasmin et son œuvre

4

et

dans les camps,

peuvent-ils être comparés à notre

poète ?

l'orphelin, en soulageant le
malheur, en se consacrant, âme et génie, à son
oeuvre de bienfaisance et de charité qu'il a traversé
la vie et abouti à la gloire.
C'est

servant

en

La Charité !
entière. Aucun

chants

plus

—

C'est l'œuvre de Jasmin toute

sujet n'eut le don de lui inspirer

des

suaves :
aci, pas de grandou que tengue

Sans la bountat,

!

Soul, l'hôme piétadous, quan fay la caritat,
Que se sarre, que se rescounde,
Tout

diou,
! aoutan gran que lou mounde !

en nou

Es gran

fan que ço que

Presque gran coumo lou Boun-Diou

!

Jasmin fut, avant tout, l'enfant de ses œuvres ; il
surtout le poète de la nature. En dehors de la
science du rhythme qu'il posséda bientôt parfaitement,
l'art factice lui resta toujours étranger. Il ne chercha
aucun de ses effets en dehors de l'inspiration, dans
fut

le

convenu

et

le

procédé.

Paris l'aimait et l'avait

adopté. Les plus célèbres,

plus autorisés de nos critiques avaient salué d'une
unanimité d'éloges des œuvres à ce point
remarquables, qu'ils les admiraient encore à travers

les

rare

meurtrière.
Epique » de notre temps, » lui

le désastre d'une traduction
«

Vous êtes le seul

écrivait Lamartine.

«

�JASMIN ET SON, ŒUVRE

S

Jasmin, — s'écriait Villemain en 1852, —
Jasmin cette gloire de sa patrie locale, dans la patrie
commune, mérite d'être adopté par la France entière et
«

«
«

,

proclamé par elle. »
Charles Nodier, le charmant érudit, ne trouvait
pas de formules assez admiratives ; Sainte-Beuve et
Pontmartin le louaient ; Janin taillait en son honneur
une de ses meilleures
plumes ; vingt autres encore,
critiques, historiens, publicistes, lui décernaient à
l'envi les éloges les plus sincères et les plus chaleu¬
reux. Et ce poète, qu'on accusa pourtant de vanité
sut résister à l'ivresse de
pareils triomphes; il sut
rester docile à son génie
fidèle aux inspirations de sa
muse et à la mission sainte
qu'il avait entreprise !
En littérature, la longévité est ennemie de la
célébrité et il serait souvent heureux pour un écri¬
vain
pour un poète, de disparaître adroitement à
«

,

,

,

,

l'heure du succès.

Jasmin n'avait pas à redouter de longtemps cette
: sa gloire ne pouvait
que s'accroître, sa
renommée ne pouvait que s'étendre encore ; son rôle
de Providence du pauvre ne pouvait que jeter un plus
vif éclat sur son nom et sur ses œuvres, quand une
mort prématurée vint l'arracher à sa tâche.
En disparaissant du milieu de nous, il ne partit
sans doute
pas tout entier. Il nous laissa le meilleur
de son cœur, le plus pur de ses aspirations et de ses
pensées ; mais les jeunes de la cité, venus trop tard
loi cruelle.

�6

JASMIN ET SON ŒUVRE

connaître le poète autrement que dans ses
œuvres, ceux-là ne sauront jamais les trésors infinis
de tendresse et d'amour que renfermait cette âme
pour

ardente.

Jasmin lisant, ou plutôt interprétant lui-même ses
poèmes c'était une véritable initiation. L'homme se
transfigurait ; sa haute taille grandissait encore ; son
masque spirituel et expressif empruntait à l'art une
sorte de mystérieux rayonnement : c'était la poésie
elle-même surgissant tout à coup et dominant la
,

foule...
Nul

fut

plus que lui maître absolu d'un auditoire
qu'il dirigeait à son gré vers l'attendrisse¬
ment ou vers la joie, qu'il
plongeait tour à tour dans
le rire ou dans les larmes. La nature la plus indiffé¬
rente et la plus rebelle
se sentait irrésistiblement
ne

charmé

,

entraînée.

Agen

,

tant et qu'il a chanté d'une voix
si touchante Agen n'a pas été ingrat

qu'il aimait

si mélodieuse

et

,

pour le poète de la charité. En le couronnant vivant,
en lui élevant
après la mort- un monument sur sa

place publique, il

a

s'honorer lui-même
reste sa

gloire la plus

rempli un pieux devoir et a su
dans celui de ses enfants qui
pure.

�II

L'ŒUVRE.

Es

premiers essais de Jasmin sont en fran¬
çais langue dans laquelle il a écrit encore
,

à

diverses

reprises. Il a apporté là ces rares
qualités qui faisaient partie intégrante de son génie
poétique, mais moins maître d'un outil qui lui était
peu familier, il n'eût pas atteint, je crois, dans
,

voie le

cette

Le

sommet

où

l'avons

nous

vu

s'élever.

français langue savante eût exigé d'ailleurs
poète des études pénibles qui auraient bien pu

du

,

exercer sur

sa

,

muse

Enfermé dans des

naïve

une

règles inflexibles

d'un vocabulaire conforme à la
tions

,

l'étroit
A

ce

funeste influence.
,

ne

nature

disposant pas
ses
inspira¬

de

génie se fût sans doute trouvé trop à
jamais donné sa vraie mesure.
poète populaire, il fallait le langage flexible,

son
et

n'eût

�8

JASMIN ET SON ŒUVRE

imagé

et pittoresque du peuple, pour que ses
facultés merveilleuses pussent trouver l'élan et l'es¬
pace.

C'est que nous sommes loin ici, en vérité

,

de

indigente et grotesque poétique du jour dont les
disciples impuissants proclament avec tant d'obstina¬
tion la souveraine suavité !
La poésie, depuis
longtemps déjà, a cessé d'être une question d'art
supérieur pour tomber fatalement dans le domaine
mathématique. Compter les pieds, éviter l'hiatus,
cette

—

alterner
telle

les consonnance's

savamment

et

les rimes

:

à peu

près toute la science de la plupart des
poétereaux du jour.
Jasmin entendait autrement le rôle du poète. Loin
est

de viser

die, il

sans cesse

se

à

l'esprit

et

bornait à écouter

adorablement

ses

à des effets de

son

impressions dans

préférée, qui, disait-il lui-même
Sono

l'orgo

en

cœur

parlan

; per sous

A de milès de mots moufles

et

et

proso¬
traduisait

cette

langue

:

cansounejayres,
tindinayres

Que pintron tout à fa tablèou!...

Toutefois,

ce

serait

une erreur

de croire qu'en

adoptant le vieux langage paternel, en le plaçant
son estime au-dessus de la langue nationale, il
ait oublié un seul instant sa qualité de Français.
Ce qu'il a dit de sa muse :

dans

Se

ma

muzo

és gascouno...

és francezo tabé !

�JASMIN ET SON ŒUVRE

Il l'a dit aussi de

sa

langue

Car s'és gascouno
Es

Je
sujet

ne
que

touto

francezo

9

:

pel lengatge
pel co.

crois pas utile d'insister autrement
je retrouverai bientôt.

sur un

C'est M. de Saint-Amans et M.

Vashington Duvigneau qui, les premiers devinèrent et encouragèrent
le poètedont la reconnaissance est hautement
exprimée dans ses Nouveaux Souvenirs :
,

Siès

apèy, counessioy dus Moussus,
cos que tout
Agen regrèto,
saben
et
l'aoutre
hurous poèto...
gran

mes

Dus nobles

L'un

Chacun le sait, la reconnaissance, ce sentiment

étranger à l'homme, était chez Jasmin comme
religion pratiquée avec une rare ferveur. On la
trouve affirmée à chaque pas dans ses œuvres, où se
rencontrent vraiment toutes les vertus antiques.
Un voyage à travers ces beaux poèmes est un pur
enchantement. On en revient heureux, ému, ravi,
dominé surtout par une estime profonde pour l'aimable
auteur de tant de pages exquises.
Mon intention n'est pas d'entreprendre aujourd'hui
une excursion aussi considérable, et
je ne veux que
chercher, dans l'analyse la plus sommaire, à dégager
la caractéristique de quelques chefs-d'œuvre.
trop
une

�10

JASMIN ET SON ŒUVRE

Jasmin

«

«

Mazade

«

de

a su

réunir dans

ses œuvres

—

écrit M. de

que Fart a de plus exquis et la nature
plus soudain. »
« Ce
poète du peuple — a dit aussi Sainte- Beuve
« ce
poète du peuple écrivant dans un patois populaire et
«
pour des solennités publiques qui rappellent celles du
«
Moyen-Age et de la Grèce, se trouve être, en définitive,
«
plus qu'aucun de nos contemporains, de l'école
« d'Horace
de Tbéocrite, de Gray et de tous ces char « mants
génies studieux qui visaient dans chaque œuvre
à la perfection. »
Ces précieux témoignages d'admiration ont
pu être
franchement acceptés par le poète. Ceux
qui s'expri¬
maient ainsi étaient de bons
juges ; ils devaient être
sincères ; dans tous les cas, ils étaient vrais.
ce

—

—

,

«

L'œuvre de

Jasmin est un charme à la fois, pour
pour l'esprit et pour le cœur. Elle transporte
le lecteur dans un monde
nouveau, où les paysages
l'oreille

sont

doux
une

,

plus ensoleillés et plus frais, les horizons plus
les fleurs plus embaumées ; où l'esprit déploie
,

activité

inouie

semble

s'épanouir dans un
plus serein. C'est comme la manifestation
tangible d'un beau rêve.
Quand le poète parle de sa muse, il n'abuse donc
pas d'un vocable banal. Servi par une langue harmo¬
et

milieu

nieuse dont il sait admirablement tirer

simplement
Les

parti, il obéit

inspirations de sa nature privilégiée.
délicieuses pensées qu'il exprime
les divines
aux

,

�II

JASMIN ET SON ŒUVRE

images qu'il évoque s'échappent vraiment de
âme

elles s'en exhalent

son

des

parfums.
le mieux soit l'ennemi du
bien, il sut rester, quoi qu'on en ait dit, juge
éclairé de ses travaux. Je n'en veux d'autre preuve
que les changements heureux : additions, suppres¬
sions corrections qu'il a fait subir à ses premiers
:

comme

N'admettant pas que

,

,

textes.

La

première pièce de Jasmin,

reuse:—

Elle

Me

cal

mouri!—a

quelques défauts

a

doute ; mais ne

et

pas :

largement

Avec Lou Chalibary

langou¬

succès retentissant.

l'auteur

la méprisons

d'une brillante promesse

une romance

eu un

fait mieux sans
elle a été le gage

a

tenue.

(1825) le talent de Jasmin
déjà l'œuvre d'un maître
trouve des beautés de premier ordre.
délicieuse description d'une aurore de
,

s'affirme hautement. C'est
et on

y

Cette

décembre

:

Cependen lou ten fuch;...
a

été

maintes

fois

citée,

enthousiasme, parlait tout

Nodier, dans son
simplement de brûler le
et

Lutrin...

On

pourrait faire ici de nombreuses citations

charmantes, parmi lesquelles cette apostrophe de la
Discorde

en

fuite

:

�12

jasmin et son œuvre
Adiou, terro de pats! Adiou Franço enemigo!...

Je résiste à la tentation et me hâte d'arriver au
petit poème lyrique : Lou Tres de May (1850),
morceau
remarquable, dont la valeur fut appréciée et
récompensée par la Société d'Agriculture, Sciences et
Arts

d'Agen.

Lou Tres

May

appartient encore à
appelé la première manière du poète.
de

Si la distinction
ont

été la

est

conséquence

exacte

,

ce

qu'on

les réserves qui

a

en

paraissent fort exagérées.
Il est incontestable que le talent de Jasmin devait
acquérir ensuite plus de rectitude et d'ampleur; mais
je ne vois pas cependant que la tendance à l'imitation
relevée dans ses premières œuvres leur nuise si fort.
L'imitation en littérature ne date pas d'hier. Son
histoire, intimement liée à celle des productions de
l'esprit humain a fait l'objet d'études intéressantes
et rigoureusement,
comme l'ont rémarqué bien des
critiques on serait embarrassé de citer une œuvre
réellement créée par l'homme, dans l'acception
propre
me

,

,

,

du

terme.

Homère

qui utilise des chants et des poèmes
populaires, est lui-même imité par Virgile ; Eschyle
met en action des
dithyrambes, Dante s'inspire des
Troubadours Shakespeare est un imitateur forcené.
,

,

Corneille imite Lucain
ses

et

Molière déclare hardiment

nombreux emprunts. L'œuvre

magique de La Fon-

�jasmin et son œuvre
taine

13

une imitation constante. Horace,
Milton,
Racine, Boileau
Voltaire
tous enfin, illustres
ou
célèbres, ont plus ou moins imité des devan¬

est

,

,

ciers.
C'est
Musset
«

l'idée

exactement
a

ainsi

Byron

Vous

ne

,

exprimée

me

save^

dans Namouna,

que,

:

dire^-vous m'a servi de modèle
donc pas qu'il imitait Pulci ?
,

:

»

Lisei les Italiens, vous verrez s'il les vole.
n'appartient à rien, tout appartient à tous.
Il faut être ignorant comme un maître d'école
Rien

Pour

se
flatter de dire une seule parole
Que personne ici-bas n'ait pu. dire avant

C'est imiter

Je

quelqu'un

prolongerai

que

vous.

de planter des choux.

digression.
plus être sérieusement
reprochée à un écrivain que l'analogie des sujets, à
condition toutefois que l'imitateur ait eu assez
d'esprit
ne

L'imitation

de

génie

ne

pas cette

saurait pas

s'assimiler son emprunt et lui
personnel qui, plus encore que
l'invention constitue la véritable originalité.
N'est-ce pas précisément le cas de notre poète et
les imitations remarquées dans ses premières oeuvres
n'ont-elles pas une valeur propre un mérite
capable
de les exonérer de tout reproche ?
ou

attribuer

ce

pour
cachet

,

,

,

Avec Mous Soubenis

et

Mous

noubels

Soubenis

�JASMIN ET SON ŒUVRE

H

j'arrive à la série la moins contestée des chefs-d'œu¬
vre de Jasmin.
Je réunis ici les deux parties de ce poème , — celle
qui remonte à 1830 et la dernière datée de 1860-63.
Ces deux parties que sépare seul l'ordre chronolo¬
gique, forment une délicieuse autobiographie. C'est
là que le poète donne libre carrière à son esprit et
,

dévoile les immenses tendresses de
On

son

peut lire sans un profond
confessions naïves et charmantes.

ces

ne

Jou
Se

nie
nou

faou tal
souy pas

L'humilité de

me

attendrissement

de may res de
boli ressemblen.

que souy ; res

poulit,

âme.

,

men ;

origine son indigence native
besoigneuse étaient de douloureux sou¬
venirs dans lesquels il se complut toujours, qu'il
aimait à rappeler sans cesse et dont il a traduit les
amères impressions de la façon la plus adorable :
son

son

,

enfance

Sabioy

que cat.

Et que

de

de bièl

nou

mourio dins l'oustal

pays en fils, dedins nostro famillo
Talèou que pregnon la bequillo,

;

,

Se pourtâbon à l'Espital.
Sabioy qu'aquelo fenno à la cambo laougèro,
Que begno lou mati, dambé l'oulo al coustat,
Pourtâbo à ma gran may , malaouzo et jouyno enquèro,
Lou bouilloun de la caritat.

La

description du dénuement du foyer paternel,

�JASMIN ET SON ŒUVRE

*5

quelques malveillants ont taxée de manœuvre
orgueilleuse, est surtout remarquable et navrante :

que

*

A tres

lièys fierlangous siès bièls ridèous de telo
Penjâbon paouromen; et quan èron barats,
Aouyon gounflat
Se lou

ten et

coumo uno belo,
la den des rats

Nou lous abion traoucats à

jour

coumo uno

grelo.

C'est par

milliers que pourraient se compter dans
poème les traits spirituels les mots heureux, les
images fines, délicates et gracieuses.
Où trouver, par exemple, un tableau plus délicieux
que celui de la pauvre mère illettrée cherchant à

ce

,

s'assurer de l'instruction de

son

enfant

:

Jacques legis aquel gran escritèou ?
Aquelo ensegno?» — Et jou, de legi biste ,
Sans pensa res, tout ço qu'èro escribut,
Sans que jamay un soul noum me reziste...
«

Que dire

,

encore

de

cette

scène où l'enfant malheu¬

surpris un soir par ses turbulents camarades,
glisser de sous son bras frémissant le morceau
de pain de la charité ! — Scène naïve et touchante ,
qui conduit le poète à cette admirable apostrophe au
bienfaiteur de son jeune âge:
reux

,

laisse

Prèste al

d'or que trounes

dins lou cièl
dezunpèy, à trabès las estèlos
Jètes, per ten aci-bas un cot d'èl,
co

Se

,

,

;

�i6

jasmin et son œuvre

AI

pitchou brut de mas cansous noubèlos
maynatche al cantèl,
Hôme bengut, pes paourets
sur tas piâctes,
,

As belèou bis lou

,

Cambia souben
Ah ! s'acos
Bezes
De

tas

tas

litsous

en

fournados...

siègues moun cami,
dunpèy cranto annados,
èy gardat soubeni!!

bray

aoumen

mitchos

,

se

que

Puis voici le défilé des

poèmes célèbres de ces
puissants à trame si légère et si simple dont
la nature et l'inspiration font tous les frais.
Voici I'Abuglo de Castèl-Cuillé (1835), qui
vint mettre le sceau à la réputation du poète et qui
,

drames

,

les honneurs d'une traduction

eut

Et c'est alors que

anglaise.

à travers une
partie de la France, ces excursions fécondes consa¬
crées- à la bienfaisance et inspirées par le dévouement,
courses
glorieuses que Jasmin devait continuer
jusqu'à son dernier souffle.
commencent,

Le

petit poème de la Charité : — La Caritat— est
peut-être le chant le plus tendre, le plus magnifique,
le plus humain qui soit jamais sorti de l'âme
d'un poète.
L'éloge, ici, doit se traduire par une admiration
sans

bornes

:

N'és pas prou

,
per tia la mizèro
Qu'eu passan, d'un ayre doulen,

,

Jèteu dus sos dins la carrèro
espeilloundrat que bàdo de talen.

Al paoure

�17

jasmin et son œuvre

Que s'en anguen l'hibèr, quan tourro

,
quan grezillo,
oustalets tout claoufits de famillo;
Et s'on bey la manôbro, al bizatge rebur ,
Dire à sous pitchounets que toumbon la grutnillo :
« Ah !
paourots ! que lou ten es dur ! »
Oh ! que la caritat, aqui, sans s'apercèbre,

Dins aques

Tourabe, mais

sans

brut, sans souna,

Car és amèr de la recèbre
Aoutan

Françouneto
cantilène

qu'és dous de la douna !
—

(1840), où

Faribolo

et

se trouve

la si jolie

:

pastouro....

Maltro l'Innoucento

(1845)

—

marquent, pour

dire, l'instant de la perfection dans la manière
de Jasmin.
ainsi

La

note

touchante

accords, et
toutes

ces

trouve

derniers

les mémoires

trento

vers

les

plus doux
de Marthe sont dans
encore

:

Et dins nôstro bilo

Penden

ici

ans an

,

dunpèy,

bis l'innoucento paoureto

A nôstro caritat para

las
Agen-, dizion

,

souben ;
Dins
quan passâbo :
« Maltro sort, diou abé talen ! »
Nou sabion res sur elo
amay cadun l'aymâbo
Soulomen lous pichous que de rés n'an piètat ,
Que rizon de tout ço qu'és triste ,
Li cridabon : Maltro, tm souldat !
mas,

,

,

Et Maltro

qu'abió

poou

;

des souldats, fugió biste.

�i8

jasmin et son œuvre

Aro sabés

perqué tramblâbo an aqués mots.
jou, que ll'èy cridat tabé may de cent cots,
Anèv que m'an countat sa bito piètadoûzo,
Et

Boudroy poutouneja sa raoubo fièrlangoûzo,
Boudroy li demanda perdou de ginouillous ;
Nou trôbi rés qu'un clot... lou capèli de flous !

Que de beaux

vers, que

de sublimes pensées

on

pourrait cueillir ainsi dans ces Papillotes aimées !
Malheureusement, sous peine de donner à cette
exquisse des proportions démesurées, je dois préci¬
piter mon allure.
Je ne puis donc m'arrêter ni aux Oiseaux voya¬
geurs
(1830), — ni au Médecin des Pauvres (1838),
ni au Prêtre sans Eglise (1843), — ni à vingt
autres
pièces exquises où l'art et l'inspiration se
révèlent avec une grâce suprême.
Il est cependant impossible de ne pas saluer au
passage ces trois derniers poèmes :
Ma Bigno (1845), -—- un petit chef-d'œuvre
d'esprit, que Sainte-Beuve tenait en si haute estime
et que M. Charles de Mazade considérait comme un
modèle achevé de sentiment et de style.
Lous dus Frays bessous (1846) — un drame de
sublime abnégation et de dévouement idéal.
N'y a-t-il pas un art infini dans la simplicité naïve
—

—•

,

de

ce

début
Dins

:

uno

coumbo

ayrejâdo

Touto claoufîdo

,

poulîdo,

�i

jasmin et son œuvre

De

frut, de flous

19

,

Prêt d'uno may
Abion

de bouno hoûro abeouzâdo
grandit al ben fres de la prâdo ,
As

poutous,

caous

Dus

,

frays bessous...

Grâce de

l'expression, suavité de la pensée , har¬
du style: tout concourt ici au
prestige de cette poésie capiteuse.
monie

La

richesse

et

Courouno

Brès

(1856) — est
magnifique chant de triomphe et de bonheur :
...

Bilo

d'Agen

del

un

toun amou me resquito ;

,

Mais*t'aymi

may, t'aymi pla may enquèro ,
D'aquel moument que gaouzes la prumèro
Prouba qu'un fil aban d'èstre escantit
Pot èstre aymat, courounat et grandit !
,

,

,

,

J'ai déjà rappelé ce couronnement du poète du
peuple par sa patrie reconnaissante brillante récom¬
pense décernée au génie de la poésie et de la charité
,

lui

disait, dans cette circonstance
solennelle; M. Henri Noubel, alors maire d'Agen,
«
Je viens, au nom de la population agenaise vous
«

Toète !

—

—

«

offrir

«

thie

un gage

d'admiration et de profonde sympa-

»

Cérémonie

touchante, spectacle émouvant et

rna-

�20

JASMIN ET SON ŒUVRE

jestueux, mais si étranger aux mœurs de notre
temps, qu'après vingt années écoulées, son souve¬
nir se présente à nous comme l'écho d'un
passé dix
fois séculaire.
Dans

rapide de l'œuvre magistrale
grand poète, à peine ai-je pu cueillir ça et
là quelques fleurs ; mais leur doux parfum ne suffirat—il pas pour rappeler aux uns de charmantes impres¬
sions et pour inspirer aux autres quelque honte de
de

cette revue

trop

notre

leur indifférence ?

Je ne sache pas en vérité, de lecture plus salutaire
plus consolante que celle de ces poèmes délicieux,
où, d'un bout à l'autre, circule un souffle si pur et
,

et

une

vie si luxuriante.

�III

LA

LANGUE.

beau

discours

prononcé en 1837
Sciences et Arts
d'Agen un Agenais alors député et minis¬
M. Durnon, après avoir affirmé son admiration
ans

un

devant la Société d'Agriculture,
,

tre

,

le talent de Jasmin , exprimait sa pensée sur le
probable d'un idiome populaire dont il voulait
prévoir la disparition prochaine.
On sait ce que répondit le poète ; on connaît
l'énergie, la vigueur, la conviction profonde, l'indi¬
gnation éloquente de cette superbe riposte où
l'argumentation resplendit de tous les scintillements
d'une poésie merveilleuse.
pour
sort

Entendez-le s'écrier

:

�22

JASMIN ET SON ŒUVRE

De sabensfrancimans
dezunpèy tres cens ans ;
tapla sous mots brounzinon...
....

La coundannon à mort

Tapia biou saquela
Acos la
A la

,

lengo del trabal ;

bilo&gt; pel la campagno

On la trôbo dins cado oustal

;

Y'espouzo l'hôme al brès, jusqu'al clot l'accoumpagno
Oh! Moussus ! uno lengo atal
De lounten nou se dechiflragno ! !
Benès !

plantas

d'uno triplo
de la nourisso

un mur

Entre lous pots

;

espessou,

Et l'aoureillo del nourissou ;

Fazès peta sus

dits las frulos à l'escolo ;
Tipejas ! castigas, playdas per bostro idolo ;
Lou puple, fidèl à sa may,
Sara gascou, toutjour ! et franciman,
jamay !

Et

puis,

chez Jasmin la note tendre ne
longtemps muette comme le cœur
n'abdique jamais ses droits, il ajoute aussitôt :

saurait

comme

rester

,

D'aillur, Moussu, qui sat ? Prenès un paou may d'âtge.
Nous dizon qu'en bieillin l'hôme torno
maynatge,
Et que tournan ayma ço

S'acos

bray

Bendres

,

nous

qu'abèn oublidat

remercia de bou l'abé

Belèou mémo dins gayre

Quan

sares

;

tournares à nostre bièl lengatge

arrabat

gardat

;

;

,

d'aquel mounde troumpayre,

�23

JASMIN ET SON ŒUVRE

jour, bous beyren beni
flourits escouta la mezengo,
Et demanda, per graço, à nostro bièillo lengo
Un couplet... un refrin... un mot... un soubeni!...
.Un bèl

Dins nostres prats

Pouvait-il donc être mieux démontré que cette

langue est souple, sonore , pittoresque, expressive,
opulente ? quelle a des douceurs infinies, des reliefs
étonnants et des nuances

Il

est

idéales ?

malheureusement

probable

que cette

langue

périra. Dialecte condamné depuis des siècles, sans
code ni glossaire, il paraît devoir fatalement dispa¬
raître un jour sous l'étreinte victorieuse de la langue
nationale ; mais ce jour est sans doute bien éloigné
encore : sa résistance à cinq cents ans de lutte est le

plus éclatant témoignage de sa vitalité.
Il serait puéril de supposer une rivalité non moins
absurde que ridicule.
La langue imagée dans laquelle Jasmin a écrit ses
chefs-d'œuvre

ne

saurait être considérée que comme

simple idiome populaire , dont les plus ambitieuses
espérances doivent tendre à conserver quelques
vestiges de son caractère originel. Mais cet idiome a
un passé dont l'histoire,
curieuse pour tous, est
surtout intéressante pour notre province.
Il ne s'agit pas ici d'une dissertation philologique ,
et je ne songe pas plus à remonter aux origines de la
langue romane qu'à expliquer sa formation progrèsun

�24

JASMIN ET SON ŒUVRE

sive, soit par

une

corruption inévitable du latin soit
avec des idiomes locaux
,

par

l'amalgame de celui-ci

ou

barbares. Je ne

veux même pas rappeler à ce
sujet l'art célèbre des Romains dans la colonisation
des pays conquis et leur
habileté à transmettre aux
vaincus une langue une religion, des mœurs et des
,

usages nouveaux.

Qu'il

suffise de

la nouvelle langue
déjà formée au huitième siècle, puisque les
Gloses de Reicheneau, fort antérieures au fameux ser¬
ment de Louis le
Germanique et qui paraissent en
être le plus ancien monument, sont de
768.
Cette langue offrait, du reste, de nombreuses
variations locales, variations que la difficulté des
communications contribuait le plus à maintenir et
que le régime féodal devait encore favoriser, sinon
me

constater

que

était

accroître. Le classement de

tous ces

dialectes

en

deux

généraux sous les noms de langue d'Oïl et
langue d'Oc est évidemment plus conventionnel que
rigoureux.
L'unité politique, dont la réalisation peut s'aperce¬
voir dès le quatorzième siècle, allait avoir raison de
dans le langage. La langue d'Oïl,
cette diversité
quoique la plus barbare, était appelée à devenir la
langue nationale, par cette seule raison qu'elle était
parlée dans l'Ile-de-France , patrie et résidence de
nos rois. Toutefois, son triomphe définitif ne vint
pas
assez
tôt pour empêcher sa rivale de prendre un
groupes

�25

JASMIN ET SON ŒUVRE

développement remarquable, et même de jeter, du
dixième au douzième siècle un assez vif éclat.
Depuis le quatorzième siècle , les divers dialectes
de la langue d'Oc : Gascon, Languedocien, Pro¬
vençal etc., survivant à leur défaite, ont végété à
l'écart, relégués dans leurs étroites limites , et s'alté¬
rant plus ou moins au contact de la langue savante,
ou plutôt
en vertu de la loi inéluctable de la civili¬
sation et du progrès.
Ces langages populaires , désignés habituellement
et malgré leurs antécédents historiques sous le nom
de Patois, ont eu de tout temps des adversaires
acharnés et de sincères admirateurs. Les grammairiens
du dix-septième siècle, les Saumaise, les Vaugelas ,
les Ménage ne trouvaient pas de termes assez dédai¬
gneux pour exprimer leur souverain mépris pour des
dialectes dont Scaliger, Henri Etienne, Ronsard,
Malherbe, La Fontaine Molière et bien d'autres
aimaient la grâce naïve, la vivacité et les ressources.
Montaigne a dit : « Où h français ne peut atteindre,
le gascon y arrive sans peine. »
Cette opinion ne fut jamais isolée
et Charles
Nodier n'a pas craint d'écrire :
« C'est une
étrange destinée que celle des patois cette
» belle
langue rustique mère indignement rebutée de nos
»
langues urbaines et civilisées que ses filles ingrates
désavouent
et qu'elles vont persécuter jusque sous le
» chaume,
tant elles craignent, dans l'éclat de leur pros,

,

,

«

,

,

,

,

»

,

�26

»
»

JASMIN ET SON ŒUVRE

pêrité usurpée qu'il
,

leur roture.

ne reste

On connaît la réaction

produisit
lière de
mais

quelque part des traces de

»
en

faveur des

patois qui

se

dix-huitième siècle l'entreprise particu¬
Maurepas et le décret de la Constituante ;
au

sait

,

aussi combien de

prétextes ont été
invoqués contre eux. A entendre leurs adversaires
nos dialectes exerceraient la plus
déplorable influence
sur la
pureté de la langue nationale ; ils seraient
contraires à l'unité politique- et administrative de la
France et on est même allé de nos jours jusqu'à
leur attribuer la responsabilité d'une infériorité
imaginaire du Midi sur le Nord.
Je ne discuterai pas ces allégations spécieuses qui
inspirèrent aux seuls Cadurciens l'idée d'un Comité
pour l'anéantissement de leur idiome populaire et je
m'empresse de revenir, pour terminer cette étude à
la belle langue de Jasmin.
on

,

,

,

,

,

En

1852, l'Académie française eut le courage de
une
récompense à la muse agenaise. Le
rapport de M. Villemain, très flatteur pour le poète,
visait nominalement le dialecte proi'ençal.
La clameur résultant de cette adoption d'un terme
impropre mais consacré ne laissa pas d'avoir
quelque retentissement.
On se souvient également de la critique acerbe de
M. Mary-Lafon, s'attachant à prouver que Jasmin
décerner

�JASMIN ET SON ŒUVRE

27

n'avait pas une

idée nette du véritable 'Provençal, et
langage, patois presque français, était
complètement étranger à l'idiome de la Provence au
que son

douzième

Qui

et au

treizième siècles.

donc s'avisa jamais

de considérer Jasmin
poète provençal ?
On peut fort bien admettre que tous les patois du
Midi, sans exception, sont entraînés dans une
déroute commune ; mais comment exprimer cette
exagération de dédain pour le dialecte agenais ?
La comparaison entre ce dialecte et celui de la
Provence ne conduit pas toujours aux mêmes conclu¬
sions. Ainsi, M. Vapereau, dans son Dictionnaire
universel des Littératures, n'hésite pas à affirmer
que
« le
patois parlé en Provence par le peuple est actuellement
plus rapproché du français que ne le sont les patois du
Languedoc et de la Gascogne. »
En 1868, un de nos compatriotes,
modeste
ouvrier d'Agen M. Rigal, publia un recueil de
poé¬
sies patoises : Mous moumens perduts. Ce recueil,
qui
dénotait un assez vif sentiment poétique, fut adressé
par M. Rigal à l'auteur de Mireille.
La lettre par laquelle Mistral
répondit à cet envoi
est curieuse à plus d'un titre :
« Il
faudrait, — disait-il, — que ceux de vos com¬
's
patriotes qui, comme vous, ont conservé le feu sacré,
«
portassent, comme les félihres, tous leurs soins à
«
l'épuration de la langue et à la restauration de l'orthocomme un

,

�28

JASMIN ET SON ŒUVRE

graphe des troubadours. Si votre dialecte était orthographié comme la tradition et le génie de la langue l'exigent,
« vous
verriez qu'entre votre idiome et le nôtre la différence
« est
petite, et l'unité de la langue en ressortirait avec
«
plus d'éclat. »
Sans vouloir contester l'importance du mouve¬
ment littéraire méridional
qu'on a d'abord exagéré par
l'ambitieuse qualification de renaissance, mais où
Larousse a peut-être tort de ne voir qu'une « agréable
fantaisie de quelques esprits distingués » ; sans mécon¬
naître l'autorité et la valeur personnelle du chef du
félibrige, il n'est sans doute pas hors de propos de se
«
«

demander si l'immutabilité d'un dialecte

sible, si

on peut

dire

exactement

est

admis¬

qu'une langue est

fixée.

»

Il est

faux, — dit M. Brachet dans sa Grammaire
historique de la langue française, — il est faux de
dire qu'une langue est fixée ; elle change incessamment
«

»

la société... Les

langues sont comme les plantes : on
peut pas plus faire retourner une langue en arrière
»
qu'on ne peut ramener le chêne à l'état d'arbuste. »
Je ne crois donc pas qu'on doive regretter pour le
dialecte agenais les modifications, les altérations si
l'on veut, que le temps y a graduellement introduites,
à moins qu'on ne consente à regretter aussi
que la
langue française n'en soit pas restée au jargon de
»

avec

»

ne

Rutebeuf.

Jasmin écrivant

pour

le peuple dans la langue du

�JASMIN ET SON ŒUVRE

29

peuple ne se préoccupa guère des questions de
philologie savante. Il s'attacha uniquement à débar¬
rasser cette langue de
quelques compromissions de
quelques incertitudes et à lui restituer des vocables
pittoresques et précieux. S'il eût écrit dans ce vieil
,

,

idiome des douzième
chartes conservées
tillons

treizième

et

siècles dont les

offrent de si curieux échan¬

nous

il n'eût certainement pas trouvé l'inspiration
qu'on admire dans ses œuvres.
Ce langage
,

—

archaïque, aussi étranger

Provençaux qu'aux
n'eût été compris

aux

Gascons du dix-neuvième siècle

,

par aucun de ses compatriotes.
Si la tradition établit l'origine commune
les dialectes parlés au Sud de la
Loire,

de tous
elle ne
précisément leur unité absolue. Que

démontre pas
les transformations
infidèles à

survenues

aient été

l'orthographe initiale

plus

c'est là

,

ou

moins

une

consi¬

dération

qui, en matière de langage populaire,
pourrait bien n'avoir, ou à peu près, qu'une valeur
purement théorique.

Quoi qu'il en soit, le dialecte agenais ne mérite
pas le mépris qu'affectent certains détracteurs systéma¬
tiques. Qu'il renferme ou non
comme on l'a
prétendu, des éléments grecs celtes et visigoths,
,

,

ce

dialecte dérive évidemment du latin

devenir

au

chef-lieu

d'harmonie. Il

a

un

châtié

mêmes influences

,

et

il

a su

langage plein de douceur

sa

rudesse

primitive

sous

et

les

auxquelles la langue nationale doit

�r

JASMIN ET SON ŒUVRE

30

perfectionnements ; mais ses relations
jamais été aussi intimes
qu'on l'insinue. — Sa modeste évolution s'est d'ail¬
leurs accomplie dans la même période , puisque la
langue de Cortête, le poète agenais du dix-septième
siècle
est très peu différente de celle de Jasmin.
propres

ses

avec

cette

dernière n'ont

,

Non

notre

et

sa

dirai-je,

,

résonne

avec

tant

en me

résumant, la langue qui

d'harmonie dans les

œuvres

de

grand poète n'est pas un instrument méprisable,
disparition serait aujourd'hui pour l'art une

véritable perte.

Quelque étroit que soit son domaine, quelque
puisse être son avenir, cette langue que
nous ont léguée nos pères a
conquis désormais ses
titres de noblesse. Conservons-la donc pieusement,
borné que

les admirables chants du barde agenais , de
Lamartine appelait « le plus vrai et le plus
grand poète du temps présent, » puissent être compris
et
appréciés par la postérité.
pour que
celui que

�IV

BIBLIOGRAPHIE

bibliographie

générale des œuvres de
Jasmin est, je crois encore à faire.
Pour être complète, elle devrait compren¬
dre, non seulement les diverses éditions et réimpres¬
a

,

sions

connues

analyses de
objet.
Un tel
que

,

mais aussi les travaux, études

toute sorte

qui ont

et

eu ces œuvres pour

travail, dont les éléments

ne

peuvent être

laborieusement recueillis, comblerait

une regret¬

table lacune.

J'essaierai peut-être moi-même
mieux

de remplir

au

dans une Bibliographie de
l'Agenais dont je rassemble les matériaux. Pour l'ins¬
tant, je dois me borner ici à ébaucher une bibliogra¬
phie spéciale de l'œuvre de notre poète.
ce

programme

�jasmin et son œuvre

32

La

plupart des poèmes de Jasmin

d'abord

isolément,

éditées à
tion de

Agen

ces

par

brochures

en

été publiés
in-8°*, toutes

ont

l'imprimerie Noubel. Une collec¬
aujourd'hui très difficile à

brochures serait

composer.

Voici l'indication de celles que

Me

!

j'ai

pu

découvrir

:

Cette romance,
le titre de La Fidelitat Ageneso à la

qui figure
suite du
Charivari (1825) et dans la première édition du
tome premier des Papillotes, a dû être plusieurs fois
réimprimée. On connaît surtout une édition litho¬
graphique publiée par Lapeyre (paroles et musique).
Agen, s. d. ; une feuille in-40.
1.

sous

—

cal mouri

—

—

2.

—

Lou Chalibary.

chans

-—■

Poèmo

heroïco-burlesque en
per Jansemin, coiffur.

patois agenes,
Noubel, 1825 ; in-12 de 72 pages.
Ce poème, qui n'occupe que 49 pages est accom¬
pagné des diverses pièces suivantes :
Lou Chalibary saoubat de lasflammos, dialogo en bers
patois, composition anonyme expliquée par une lettre
signée des initiales^. T. D**-}
Sous cette rubrique : Poesios laougèros de Jansemin :
tres

en

P.

,

*

**

Lou

Chalibary (1825)

seul de format in-12.
Dupront, avocat.

est

Sans doute M. A.-T.

�jasmin et son œuvre

33

Epître à M. A. D A en l i demandait unoromanço
m'abio proumes ;
2° La Fidelitat Ageneso,
romanço. — C'est, comme
je le remarque plus haut, la première forme de Me
i°

que

cal mouri !

3° Saint-Preux à
notes

curieuses

en français.
termine par quatre pages

Julie, petite pièce

Enfin la brochure

se

les

sur

principaux

personnages

de
du

Charivari.
Cette édition

fort rare. Elle est surtout
qu'elle donne le premier
texte d'un poème considérablement remanié ensuite.
Les nombreuses variantes introduites par l'auteur
dans les réimpressions ultérieures sont vraiment très
intéressante

originale

en

ce

est

sens

heureuses.
3.

—

La Gardo Ageneso al drapèou de Philippo

prumè, •—per Jansemin, coiffur, caporal de latroisièmo

coumpagnio des Grenadiès, dédiado cl sous camarados.
Pièce imprimée avec un chant patriotique de M. Baze:
YAgenaise, sous le titre de Faisceau de la Garde
nationale Agenaise. ■—• Agen, P. Noubel, 1830 ; bro¬
chure in-8° de 14 pages.
Cette chanson

a

été

volume des Papillotes

,

reproduite dans le premier
titre : Lou

page 115, sous ce

drapèou de la libertat.
*

M. Arnaud Durand,

Médecin des Pauvres.

représentant de commerce, frère du

�34

jasmin et son œuvre

Lou Tres de May — Poèmo, per Jansemin
coiffur, autur del Chalibari ; Pèço courounado per la
Societat d'Agricultura, Scienços et &lt;Arts
d\Agen lou
3 de May 1830. —- tAgen Pròsper Noubel Imprimur
del Rey, 1830. — Brochure in-8° de 20
pages.
Frontispice représentant la statue d'Henri IV avec
l'inscription: Brabes Gascous, etc., tirée du poème.
C'est une lithographie fort médiocre.
4.

—

,

,

,

,

,

Au

verso

du faux- titre,

se trouve

un

Extrait du

procès-verbal de la séance du y mai 1830 de la Société
d'Agriculture, Sciences et Arts d'&lt;jlgen, et la brochure
se termine
par deux pages de notes.
Ce poème fut, en outre, reproduit dans le tome
troisième (1834) du cRecueil de la Société
qui l'avait
couronné, accompagné d'une traduction très élégante
en
vers
français par M. Washington Duvigneau.
Cette traduction

se

retrouve

dans le

tome

deuxième

des Papillotes.

5.

—

L'Abuglo

de

Castèl-Cuillè

,

per Jasmin,

coijfur, membre de la Soucietat des Scienços et Arts d'Agen,
membré courrespounden de /'Academio
rouyalo de Bourdèou.
Agen, Imprimerio de Pròsper Noubel, 1836.
—

Brochure in-8° de 28 pages

,

ornée d'un charmant

frontispice de M. Brécy, lithographié par Lapeyre :
Glèyyo de Sent-^Amans et Castèl-Cuillè, et terminée
par trois pages de notes et par un petit glossaire d'une
page.

�jasmin et son œuvre

35

Une mention

placée au verso du titre constate que
poème ligure dans le %ecuexl de l'Académie de 'Bor¬
deaux publié en 1836.
Une quatrième édition de l'Abuglo de Castèl-Cuillé
a été donnée en
1839.
ce

6.

A

—

Moussu

qu'aprèts abè

bantat

nostro

lengo

Jasmin.
Pròsper Noubel, 1837.

coundannabo

merio de

Sylbèn Dumoun,

a mort.

Plaquette in-8° de

—

—

députât,

patouèzo

la

Agen, Impri-

12-iv pages.

Les quatre

dernières pages se composent d'un
extrait du discours de M. Sylvain Dumon et d'une
note intéressante de M. H.
Brécy sur un détail pitto¬
resque des mœurs de nos pères : le cortège de la
nouvelle mariée se rendant à la maison conjugale.
Cette
des

note

de

mœurs

et

Brécy

a

été puisée dans des Esquisses
de VAgenais que je crois

coutumes

inédites.

7. —
Touloaso.

Françouneto. — Poèmo dediat à la bilo de
1840 in-8°.
—

,

Je n'ai pu rencontrer aucun exemplaire de ce
poème que je mentionne d'après le 'Dictionnaire
biographique et bibliographique de M. Alfred Dantès.
Cette indication m'est suspecte. —Je ne crois pas, en
effet, que Françouneto ait été publiée intégralement

�36

jasmin et son œuvre

1843, date de la troisième édition du

avant

tome

deuxième des Papillotes. *

Je note ici l'imitation suivante de ce poème :
Françonnette récit traditionnel du hameau d'Estanquet, près d'Agen, ancienne province de Guyenne. —
Imitation libre du poème familier
composé en vers gascons
par Jasmin. — Paris, imprimerie Wittersheim 1851;
1 vol.
grand in-8°, avec un portrait fort médiocre de
Jasmin.
,

,

8.
tres

Maltro l'Innoucento

per Jasmin. Poèmoen
paouyos, dediat à Madamo Mario Nodier Menessier,
—

,

dambé

Timage de Maltro per Moussu Quinsac. — Agen,
imprimat per Pròsper Noubel, 184y. — Brochure
in-8°, ornée d'un très joli portrait lithographié de
l'héroïne.

L'exemplaire qui appartient à la Bibliothèque dépar¬
d'Agen porte ce curieux envoi d'auteur :
« Al
jouyne Moussuret qu'en m'adujan à bouta mous
bers de Maltro l'Innoucento en francès, de
gascons
que soun, troubabo de may poulits mots que jou ! ! —
tementale

iA Hubert Pontés.
On connaît

—

Jasmin.

»

imitation libre

français de
poème et de celui de l'Abuglo de Castel-Cuillc :
*

une

en

ce

Pareille mention,

avec la même réserve, peut être faite
La Semmano d'un Fil, indiquée ainsi par M. Dantès : 1849,
in-8°.
Ce poème n'a sans doute été publié qu'en 1851

pour

—

,

dans le troisième volume des

Papillotes.

�jasmin et son œuvre

L'Aveugle

de

Castel-Cuillé

et

37

Marthe

la

Folle.

Imitation libre de deux

poèmes composés en vers gascons
par Jasmin. — Paris, typographie Wittersheim, 1854.
Un volume grand in-8°.
—

9.

—

Lous

dus

Frays

dediado à Moussu de

bessous, per

Salvandy.

—

Jasmin. Balado

Agen, Noubel,

Brochure in-8°.
Ce délicieux petit poème a été aussi inséré au tome
quatrième du Recueil de la Société d'Agriculture, Sciences
et Arts d'iAgen (1846).
1846.

—

La Bièrges.

Poème dédié à

Monseigneur
Pavy,évêque d'IAÌ'ger, par Jacques Jasmin, maître es JeuxFloraux et Grand Prix de l' ^Académie française. Agen,
P. Noubel; mai 1860.
Brochure in-8° de 24 pages, terminée par une
lettre de l'Evêque d'Alger et une petite pièce d'envoi
de Jasmin, en français.
10.

11.

—

—Lou PoÈTO

Toèmo-Epitre.
in-8u

—

—

del

PuPLÉ

a

MOUSSU rénan.

—

Agen, Noubel, 1864. —-Brochure
le mot à mot français en

de 16 pages, avec

regard.
C'est la dernière

du

poète, dont une tra¬
française en vers a été publiée la même
année par M. Adrien Pozzy, sous ce titre: Traduction
de la pièce en vers patois agenais de Jasmin, intitulée
duction

œuvre

�38

jasmin et son œuvre

lou PoÈTO

del

PuPLÈ

a

MOUSSU 11ènan.

Imprimerie Quillot, 1864.

—

—

Ageil

,

Brochure in-8° de

8 pages.

J'ai cité au passage les reproductions de quelques
poèmes dans le Recueil de la Société d'^Agriculture,
Sciences et Arts d'Agen. Il me paraît utile, pour com¬
pléter ces indications de signaler encore dans la
première série de ce 'Recueil :
Bilo et Campagno. — Tome V (1850).
D\Ca Fillolo Jaquelino et Lou Biroulet del Ben. —
Tome IX 2e partie (1859).
Enfin la Revue de VAgenais a publié quelques poésies
inédites de Jasmin qui doivent figurer dans cette
,

,

,

nomenclature

:

Lagrando Boues del Clot. — A la bilo de Castilloun.
(Livraison de mars 1875.)
Madamo BuIot^ que niabio presentat soun album.
(Livr. de juillet 1875.)
Mas 'B regnos foro de ma Bigno. (Livraison de
février 1876.)

Les

œuvres

recueil
quatre

Agen

,

sous

complètes de Jasmin

,

publiées

le titre de Las Papillotos,

en

forment

volumes in-octavo, parus à diverses dates
chez le même éditeur :

à

�jasmin et son

TOME PREMIER.

39

œuvre

Las Papillotos de

Jasmin
Scienços
coiffur, membre deia Societat de
et Arts d'Agen.
(i82j-183/). — Agen, P. Noubel ; janvier 1835.
Un volume in-8° de xvi-308 pages.
Ce volume, dédié à M. Jacques Laffitte, est pré¬
cédé d'une préface de M. Baze et d'un glossaire extrait
du Dictionnaire Gascon de M. A. Pozzy. Il a été donné
en double édition : l'une avec le texte patois seul
et
l'autre avec une traduction française en regard.
—

,

,

La deuxième édition de

ce

Tome ier des Papillotes

de

1838. — La troisième éditionparue en 1843
(l-432 pages), a subi dans le titre quelques change¬
ments que je
reproduis :
Las Papillotos de Jasmin, coiffur, de las Academios
d'Agen et de Bourdèou, etc. (1825-1843). Tomo prumè,
aoumentat de 24 pèços noubèlos. Dediat à M. de Sainteest

Beuve.

préface de la première édition est ici précédée
d'un avant-propos de l'éditeur ; elle est suivie d'ex¬
traits d'articles de MM. de Lavergne , Martial Delpit,
La

de lettres de MM. de Lamartine, Dumon et
cinq pages de
notes
mais le petit glossaire a été supprimé ; il est
illustré de quatre gravures de Montaut d'Oleron qui
manquent, je crois , à beaucoup d'exemplaires.

etc., et

Villemain. Le volume est terminé par
,

,

TOME

DEUXIÈME.— 1835 à 1842. La première

�40

jasmin et son œuvre

édition

est

bien

assez

de

1842
gravé.

et

contient un portrait de l'auteur

Je ne connais pas exactement la date de la deuxième
mais la troisième publiée en 1858 (vni-400

édition

,

,

pages)

,
porte le titre suivant :
Las Papillotos de Jasmin, Maître ès Jeux-Floraux,
Grand Prix de V&lt;Académie française. — (De 1835 à

1842).
Le volume, dédié à Charles Nodier,
porte
épigraphe extraite de la dédicace :
«

O

Plantarey

ma

uno

lengo, tout me zou dit,
estèlo à toun froun encrumit ! !

cette

»

A la suite d'un

avant-propos de l'éditeur, on a
placé une intéressante étude de Charles Nodier sur
la Bibliographiepatoise : Les Papillotes du coiffeur
d'Agen,
étude parue d'abord dans le journal Le Temps (10 oc¬
tobre 1835) et publiée ensuite sous ce titre à
peu
près pareil : Les Papillotes du perruquier d'Agen (Paris
Téchener, 1835 ; in-8°).
On trouve encore ici, outre deux extraits de jour¬
naux
une remarquable analyse de
Sainte-Beuve
extraite de la Revue des Deux-Mondes du ier mai 1837
et reproduite dans les Portraits
contemporains de cet
,

,

auteur.

"

*

Tome 2e, page 49

de l'édition Garnier de 1855.

�jasmin et son œuvre

Ce
notes

41

deuxième, terminé par trois pages de
fut imprimé encore en double édition. C'est

tome
,

le dernier volume ainsi traité. Les suivants
été édités

uniquement

regard du

texte.

avec

TOME TROISIÈME.

ont tous

la traduction française

en

Las Papillotos de

Jasmin
coiffeur, chevalier de la Légion-d'Honneur, membre des
Académies

d'Agen

—

etc. —
de 'Bordeaux etc.
1843-18ji. Tiédie à M. Sylvain Dumon. —Agen
P. Noubel, 1851. Un volume in-8° de Lx-264
,

,

,

,

pages.
Ce

volume, qui

la même épigraphe que le
orné du beau portrait de Marthe
par Ch. Quinsac, publié en 1845.
L'avant-propos de l'éditeur
qui, cette fois
affecte les allures d'une étude, contient une jolie
lettre du poète à Sainte-Beuve.
tome

deuxième

porte

est

,

,

Dans

,

l'exemplaire que je décris, plusieurs analyses
l'avant-propos : Les deux Jumeaux

littéraires suivent
et

Un Poète

Mazade

Beuve,

,

roman

Jasmin

,

3e

au

XIXe

volume de

siècle, par Charles de
ses Poésies, par Sainte-

etc.

Je dois

le système adopté dans la
Papillotes
publication des
rend le récolement des
éditions extrêmement difficile. Chaque nouveau
tirage
remarquer que

�42

jasmin et son œuvre

d'un même volume

dans le titre
tion

et

sur

exemple,

conjecture

,

ment

couverture

on se

et

tables. Ainsi,
que

en

numérique de l'édition

seulement
un

diffère,

effet, plus

moins

ou

modifie la période traitée. Si la

,

erreurs

mon

tome

été omise

men¬

faite

ou

j'en ai rencontré
procéder par
deviennent presque inévi¬
comme

réduit à

trouve

les

a

troisième

porte précisé¬
mention', et, malgré certains doutes
date et la forme des études reproduites
ne

aucune

la

tendraient à inspirer, il semble devoir être considéré
comme
une
première édition. Dans ce cas, elle
aurait été

de

unique,

car

je

ne

sache

pas

qu'il

y

ait

eu

tirage postérieur.
Les

changements apportés, pour un même tome
l'indication des périodes visées conduisent
,

dans

d'ailleurs à

une sorte

TOME

de confusion.

QUATRIÈME.
Las Papillotos par
Jasmin, de l\Académie d'Agen, maître ès Jeux-Floraux,
Grand Prix de l'Académie française ; avec un
poème en
français : Hélène et la traduction mot à mot en regard
pour les pièces en langue gasconne. —- i8j2-iS6j. —
Agen, P. Noubel, 1863. Un beau volume in-8° de
—

,

,

xx-412 pages.
Ce volume,
à Villemain

et

qui n'a eu qu'un seul tirage, est dédié
porte la même épigraphe que les pré¬

cédents. Il contient les derniers

travaux

du

poète,

�jasmin et son œuvre

sauf

43

le

poème dirigé contre M. Renan. L'avantpropos de l'éditeur est terminé par une Note sur la
prononciation et la versification gasconnes empruntée au
Dictionnaire gascon de M. Poggy, et suivi d'un extrait
du discours de Villemain du 20 août 1852 et de divers
articles signés A, de Pontmartin, E. Valade, Ferd.
Fabre, etc.

ÉDITION

POPULAIRE.

—

Il

a

été

publié,

en

édition populaire compacte :
Las Papillotos de Jacques Jasmin, de V^Académie
d'iAgen, Maître ès Jeux-Floraux, Grand Prix de TAca¬
démie française. — Edition populaire avec le français en
regard et ornée d'un portrait. —■ Paris, Firmin Didot,
1860 ; un fort volume in-12 de xlvin-540 pages.
outre, une

On

ici

Note sur la
prononciation et la versification gasconnes et des extraits
choisis dans les diverses études reproduites en tête
des trois premiers volumes de l'édition in-octavo.
Cette édition populaire, naturellement incomplète
puisqu'elle est antérieure aux dernières œuvres dit
poète, est, je crois, la meilleure.
trouve

Mais
le

toutes ces

un

avant-propos, une

éditions

dernier, étant devenus

,

volumes, même
voici que bien des

tous ces
rares,

admirateurs de Jasmin ne peuvent

plus

se procurer

�44

JASMIN ET SON ŒUVRE

Il serait donc à désirer

qu'une nouvelle
édition, complète et définitive en fût faite. Une
souscription assurerait sans doute promptement le
succès d'une aussi intéressante entreprise, et je fais
des vœux pour que la famille du poète en prenne
ses œuvres.

,

bientôt l'initiative.

�INDEX

ALPHABÉTIQUE

��INDEX

ALPHABÉTIQUE

DES NOMS &amp; DES OUVRAGES

Académie
L'Abuglo

française.

—

CITÉS *

26, 37, 40, 42, 43.
16, 34, 35

Castèl-Cuillè.

36.
Agen, Agenais. —Passim.
L'Agenaise ( chant patriotique ). — 33.
L'Aveugle de Castel-Cuillé &amp; Marthe la folle ( Imita¬
tion libre des deux poèmes de Jasmin). — 37.
de

—

,

Baze, avocat. —33, 39.

Béranger.
La

*

—

Bièrges.

Les

Jasmin

titres

1.
—

37.

d'ouvrages

sont en

en petites capitales.

italique et les Œuvres de

�48

jasmin et son œuvre
a

Ma
A

Bigno.

—

Bilo

de

la

Bilo

et

Lou

Biroulet

Boileau.

18.

Castilloun.—

Campagno.

34.
La Grando Boues

del

Brachet

—

A

Madamo
Album.

Clot.

38.

—

28.

35.

Bregnos fôro

Byron.

38.

—

(Auguste).
Brécy (H.). —34,
Mas

—

13.

—

Bordeaux.

Ben.

del

38.

38.

—

de

ma

Buloz que

Bigno.

m'abio

Cadurciens.

26.

—

16.

—

Lou Chalibary.

—

11,32.

Lou

Chalibary saoubat de las flam mos.
Le Charivari (cité).— 32, 33.
Constituante (décret de la). — 26.

La

—

Dantès

(de).

—

—

32.

12.

Courouno

Dante.

soun

13.

La Caritat.

Cortête

38.

38.

—

—

Corneille.

—

presentat

—

30.

del

Brès.

—

19.

12.

(Alfred). — 35 36.
Delpit (Martial). — 39.
Dictionnaire biographique &amp; bibliographique.
,

—

35.

�49

jasmin et son œuvre

Dictionnaire Gascon.— 39,

43.

Dictionnaire universel des littératures.

Didot, éditeur

.

Lou Drapèou

de

Dumon

27.

43.

—

Libertat.

la

(Sylvain).

A Moussu Sylben

—

21, 35

—

,

33.

—

39, 41.

Dumoun, deputat-ministre.— 35.

Dupront (A. T.), avocat. — 32.
Durand ( Amand). — 33.
Duvigneau (Washington). — 9, 34.
Epitre

a moussu

A.

D.

33.

—

Eschyle. — 12.
Esquisses des mœurs et coutumes de l'Agenais.
Etienne (Henri). — 25.

—

35.

Fabre

(Ferdinand). — 43.
Le Faisceau de la Garde nationale
La Fidelitat Ageneso.
Ma Fillolo

Fontès

—

Jacquelino.

Agenaise.

32, 33

—

,

—

33.

35.

38.

(Hubert).— 36.

France.

—

passim.

Françouneto.

—

17

,

35.

Françonnette, imitation libre du poème de Jasmin.
Lous dus Frays bessous. — 18, 37,

—

36.

La Gardo Ageneso al drapèou de Philippo prumè.
—

33-

�S»

jasmin et son œuvre

Garnier

éditeur.

,

Gascogne.
Gascon

—

—

(dialecte).

Gascons.

40.

27.
—25.

29.

—

Les Gloses de Reicheneau.

Grammaire

Gray.

—

Hélène

10.

(poème).—

Henri IV.
Homère.
Horace.

24.

historique de la Langue française.

10.

—

Grèce.

—

1, 12.

—

—

42.

34.

—

10, 13.

Ile-de-France.

—

24.

Janin (Jules). — 5.
Jasmin. — Passim.
Jasmin, troisième volume de ses poésies.
Jeux Floraux.— 37, 40, 42, 43.
Les deux Jumeaux (cités).—41.
Laffitte

(Jacques).

La Fontaine.

—

—

39.

13, 25.

Lamartine.— 1,4, 30, 39.

Languedoc. — 27.
Languedocien (dialecte). —- 25.
Lapeyre lithographe. — 32, 34.
,

—

41.

—

28.

�jasmin et son œuvre

Larousse.

28.

—

Lavergne ( L. de). — 39.
Louis le Germanique (serment de).
Lucain.

—

12.

—

Le Lutrin.—

Malherbe.

51

11.

25.
Maltro l'Innoucento. —17,
—

36.

Mary-Lafon. — 26.
Maurepas. — 26.
Mazade
Me

(Ch. de).—

cal

mouri

Le Médecin

!

des

10,

18,41.

11,

32,33.
Pauvres.
18.

—

—

Ménage.

— 25.
Ménessier-Nodier

Milton.
Mireille.

36.

27.

—

Molière.

—

27.

—

Mistral.

(Marie).

13.

—

12, 25.
Montaud d'Oléron.
—

39.

—■

Montaigne.

— 25.
Mous Moumens perduts. — 27.

Moyen-Age.— 10.
Musset (A. de). —

Namouna.
Nodier

—

13.

13.

(Charles).

—

5

,

11, 25

,

40.

24.

�52

jasmin et son œuvre

Noubel

(Henri). — 19.
(Pròsper), éditeur.

Noubel

Les Oiseaux

voyageurs.

Langue d'Oc

Les

suiv.

18.

—

langue d'Oïl.

et

Les Papillottes.
Les

32 et

—

—

24

,

25.

Passi m.

—

Papillottes du Coiffeur d'iAgen. — 40.
Papillotes du Perruquier d'Agen. — 40.

Las Papillotos.

—

—

—

—

39.

Tome

II

—

39..

Tome III

—

41, 42.

Tome

IV

—

Edition

populaire.

—

—

—

42.
—

43.

4.

—

Patois.

I

—

—

Paris.

Tome

•—

25, 26, 27.
Pavy (monseigneur), Evêque d'Alger. — 37.
Peyrottes potier-poète (note). — 3.
poesios laougèros de Jansemin.
32.
—

,

Un Poète

roman au

Lou PoÈTO

DEL

Pommartin

(de).

Portraits

siècle.

XIXe

PuPLE

A

—5

,

contemporains.
sans

43.

—•

37,
Eglise.

Provençal (dialecte).
Provençaux.

—

29.

—

41.

MOUSSU RENAN.

40.

Pozzy (Adrien).—
Le Prêtre

—

39, 43.
18.

—

25

,

26

,

27.

37

,

38.

�53

jasmin et son œuvre

Provence.
Pulci.

27.

—

13.

—

Quillot, imprimeur.

—

(Charles).

Quinsac

—

38.
36,

41.

Racine.

—
13.
Recueil de l'Académie de Bordeaux.

Recueil

de

d'Agen.
Renan

la

—34,

—

'Revue de l'Agenais.

37, 43.

—

38.

Revue des Deux-éKondes.

—

poète agenais.

Romains.

27.

25.

—•

Rutebeuf.

—

40.

24.

—

Ronsard.

—

Saint-Amans

28.

(B. de ).

—

9.

Sainte-Beuve.-—2, 5, 10, 18,
Saint-Preux a Julie. — 33.

Salvandy (de).
Saumaise.

Scaliger.

—

—

35.

d'Agriculture, Sciences et Arts
37, 38.

(Ernest).

Rigal,

—•

Société

—

39, 40,

37.

25.

25.

La Semmano d'un Fil.

—

36.

Shakespeare. —- 12.
d'Agriculture, Sciences et Arts d'Agen.

Société
21

,

34

,

41.

39.

—

12,

�54

jasmin et son œuvre

MOUS SoUBENIS.
MOUS

NOUBELS

13.-

—

SOUBENIS.

Nouveaux Souvenirs,

13.

—

9.

t-

*

Téchener
Le

éditeur.

,

Temps.

Texier

Lou Tres

—

de

(E.).

Vapereau.
Vaugelas.
Villemain.

Virgile.
Voltaire.

35.
May.

—

—

25.
5,

Wittersheim

—

12,

34.

43.

—

—

1.

27.

—

—

—

10.

—

Toulouse.

Valade

40.

—

(Edmond).

Théocrite.

40.

—

26, 39, 42,

43.

12.
13.

,

imprimeur.

—

36,

37.

�MATIÈRES

TABLE DES

Au Lecteur

Jasmin et son

v

œuvre

—

—

—»

—

—

Index

_

alphabétique des

—

I

—

L'Homme

II

—

L'Œuvre

—

La

III

IV

—

noms et

i

'

7

Langue

21

Bibliographique

31

des

ouvrages

cités.

47

...

-

-

�o

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="93">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355725">
                <text>Patrimoine écrit occitan:imprimés</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355726">
                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="15">
    <name>Libre</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="521476">
            <text>Midi-Pyrénées</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521430">
              <text>Jasmin et son oeuvre : esquisse littéraire &amp; bibliographique / par Jules Andrieu</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521431">
              <text>Jasmin et son oeuvre : esquisse littéraire &amp; bibliographique / Jules Andrieu </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521432">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521433">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="521446">
              <text>monographie imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521434">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/16580</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="521447">
              <text>FRB340325101_	CBB 89</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521435">
              <text>Jasmin, Jacques (1798-1864)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521436">
              <text>Andrieu, Jules (1839-1895)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521437">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, CBB 89</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521438">
              <text>J. Michel &amp; Médan (Agen)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521439">
              <text>1881</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521440">
              <text>2017-06-30 Gilles Bancarel</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521441">
              <text>domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521442">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521443">
              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/61d6ad10890dbd1b4fc2bb032db920d3.jpg</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521444">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="521445">
              <text>1 vol. (VI- 54 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521448">
              <text>18..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="521475">
              <text>La vie de Jasmin au travers de son oeuvre, récrite par un autre agenais Jules Adrieu, membre de la Société des Sciences, Lettres et Arts d'Agen.</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590929">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590930">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="590931">
              <text>Livre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644649">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="814687">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="1167">
      <name>Bibliografia = bibliographie</name>
    </tag>
    <tag tagId="152">
      <name>Biografia = biographie</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
