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                  <text>Des accointances aux divergences avec Vichy : Era bouts dera mountanho,
une revue dans la tourmente (1940-1945) – Cecile NOILHAN (04/2017)

1. De 1905 à 1935 : la première jeunesse de l’Escolo deras Pireneos
Cette étude a pour objectif d’analyser l’activité de publication de la revue Era bouts
dera mountanho pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour amorcer cette analyse il convient
de faire un point sur les débuts de l’association responsable de la publication de cette revue,
l’Escolo deras Pireneos.
Fondée en 1905 par Bernard Sarrieu, cette escolo, prend sa source dans les fondements
de l’hégémonique Félibrige, créé en 1854, en Provence, par Frédéric Mistral. Il existe déjà,
dans les alentours géographiques, des associations de même genre : l’Escolo Moundino à
Toulouse, fondée par Prosper Estieu en 1894 et l’Escole Gastou Febus, créée deux ans plus
tard dans le Béarn, par Césaire Daugé (1858-1945), Simin Palay (1874-1965) et Miquel
Camélat (1871-1962). De son côté, Sarrieu a l’ambition de promouvoir sa langue et sa
littérature, gasconnes, légèrement oubliées des centres de discussions centralisés dans le
Félibrige, à travers une nouvelle association, intimement liée au Félibrige, l’Escolo deras
Pireneos. Cette volonté est née aussi du fait que pour Sarrieu, l’Escole Gastou Febus et
l’Escolo Occitana se trouvaient trop loin géographiquement du Comminges et du Couserans.
Ainsi, le gascon de ces deux régions apparaîtrait sur un même plan, aux côtés du provençal et
du languedocien.
L’Escolo deras Pireneos est donc définie en 1904, dans la Revue de Comminges,
comme « un projet de Félibrige commingeois et couseranais » (Martel 2005, 238). Elle a pour
objectif principal « le sauvetage d’une langue précieuse par son originalité, sa saveur, sa
force, et sa grâce » (Martel 2005, 239). La promotion de cette langue se fait par le biais de
l’enseignement qui permet sa diffusion aux jeunes générations, par la littérature et notamment
par la création de nombreux concours littéraires et enfin par « le maintien des coutumes
locales » (Martel 2005, 239). Au niveau organisationnel, l’Escolo deras Pireneos est divisée
en trois sections : Haut-Comminges, Bas-Comminges et Couserans. La filiation de cette
nouvelle association avec le Félibrige de Mistral est évidente : « priorité à la langue mais
aussi affirmation du loyalisme français, à travers la rhétorique alors classique de la
“petite patrie” qui fait mieux aimer la grande ». (Martel 2005, 239). C’est donc à partir de
1905 que l’association est créée et que Bernard Sarrieu en prend la direction. Sarrieu est né en
1875 à Montauban. En 1894, il est admis à l’École Normale Supérieure de Montauban et
embrasse une carrière d’enseignant, suivant le chemin déjà tracé par son père. En 1907, il est
reçu à l’agrégation de philosophie et exerce à Auch, Montauban et Toulouse. C’est à
Toulouse qu’il rentre en contact avec le Félibrige, en signant notamment certains textes
publiés dans la revue de l’Escolo Moundino, La Tèrro d’Oc. L’amitié entre les trois écoles du
Sud-Ouest de la France va se nouer, principalement dans le premier numéro de la revue Era
bouts dera mountanho, organe mensuel de l’Escolo deras Pireneos. Par sa formation, son goût
pour la langue et son « intérêt pour la thématique de la décentralisation », Sarrieu devient un
félibre notable. C’est cette place qu’il se crée au sein du Félibrige central qui lui permet, au
cours de la première décennie du XXe siècle, de porter le gascon au centre des discussions et
1

�des décisions (Martel 2005, 253). La langue est l’objet central de cette association. Sarrieu lui
attribue aussi une dimension sociale quand il annonce dans sa conférence inaugurale de
septembre 1905 à Saint-Gaudens « qu’il n’y a pas la langue des messieurs et celle du baspeuple » mais « une langue du Nord et une autre du Midi » (Martel 2005, 250), effaçant ainsi
toute division sociale en classes. Elle est aussi la base d’un bon apprentissage de toute autre
langue romane. Sarrieu va plus loin encore en proposant une orthographe des parlers
commingeois et couseranais, établie à partir de la graphie mistralienne. Il rend ainsi la langue
présente dans les discours officiels et dans les rapports annuels des concours littéraires.
Néanmoins, le français reste bien présent dans l’Escolo deras Pireneos. On compte 132 textes
d’expression française, soit à peine moins de 20% de la totalité des publications de la revue
entre 1940 et 1945. Au-delà de l’attachement à la langue, c’est aussi l’attachement au
territoire qui se détache dans les ambitions de cette escolo. Sarrieu n’hésite pas à reprendre les
mots de Prosper Estieu pour évoquer la zone géographique de diffusion de la langue d’oc,
l’Occitanie, territoire disposant certes d’une langue, l’occitan, et pour son cas, le gascon, mais
aussi d’une culture et de coutumes locales qu’il qualifie d’occitaniennes, pour employer les
mots d’Estieu (Martel 2005, 252).
La publication de EBM est régulière jusqu’en 1914. Pendant les années de conflit
(1914-1918), c’est L’Armanac dera mountanho qui prend le relais.
Bernard Sarrieu continue ses efforts pour revaloriser le gascon jusqu’en 1935, année
de sa mort. C’est Raymond Lizop (1879-1969) qui prend le relais. Jeune étudiant en 1904 lors
de la création de l’Escolo deras Pireneos, Lizop s’est déjà montré prêt à endosser de telles
responsabilités lorsqu’il demande, pour compléter les objectifs de l’association, que celle-ci
œuvre pour « développer la vie régionale ». Lizop est agrégé d’histoire, spécialiste de la
période gallo-romaine sur laquelle il publie de nombreux travaux. Tout comme Bernard
Sarrieu, il embrasse une carrière dans l’enseignement et exerce au lycée Théophile Gauthier à
Tarbes. Dès 1905, Raymond Lizop représente, au sein de l’Escolo, la Fédération Régionaliste
française, fondée en 1900 par Jean-Charles Brun (1870-1946). Ce groupe régionaliste émane
de la scission de l’Ecole parisienne occitane après l’affaire Dreyfus en deux sections : la ligue
de la Patrie française, menée par Maurras, et la ligue occitane, dirigée par Brun. Le but de la
Fédération Régionaliste française est de « mettre en rapport toutes les sociétés et toutes les
personnalités que cette grande cause intéresse » et, dans un second temps « d’organiser, en
province et à Paris, des campagnes de presse et de conférences pour la propagande des idées
régionalistes et la défense des intérêts locaux » (Galli-Dupis 2011). Charmé par le discours de
Pétain sur la restauration des provinces, Jean-Charles Brun accepte d’être membre du Conseil
national de Vichy. Un an après sa mort, en 1947, Raymond Lizop, aidé par son frère Édouard,
créateur des Cahiers de formation politique sous l’Occupation, rend hommage au félibre
pétainiste, Jean-Charles Brun (Cohen 2006, 68).

2. Profils socioprofessionnels des félibres de Era bouts dera
mountanho (1939-1945)
Après avoir souffert des difficultés matérielles et de la perte d’un bon nombre de
collaborateurs lors de la Grande Guerre, la revue de l’Escolo deras Pireneos résiste aux
difficultés imposées par la Seconde Guerre mondiale. Sa publication se poursuit de manière
régulière, bimestriellement, de 1939 à 1945. La numérisation de ces numéros nous a permis
2

�de compter pas moins de 160 auteurs publiant dans cette revue. On ne retrouve le nom de
certains d’entre eux qu’une seule fois au cours des sept années de conflit. Néanmoins, certains
auteurs semblent se démarquer par leur nombre d’interventions. Parmi eux, Jules Palmade est
celui qui signe le plus de textes (une quarantaine).
Jules Palmade est né en 1898 à Quérigut, en Ariège. Comme ses confrères Sarrieu et
Lizop, il prend la voie de l’enseignement et devient professeur de collège en Ariège. À partir
de 1935 et jusqu’en 1949, il est secrétaire général de l’Escolo deras Pireneos à Seix et endosse
aussi la responsabilité de directeur de la publication de EBM. En 1942, il est élu majoral du
Félibrige.
Hormis Raymond Lizop, qui, du fait de sa responsabilité au sein de l’Escolo deras
Pireneos, obtient une place de première ligne quant aux nombres de textes qu’il signe dans la
revue, c’est une femme, Raymonde Tricoire qui s’impose. Cette présence féminine peut
paraître assez surprenante au vu de la place accordée aux femmes à cette époque dans le
domaine de la littérature – et a fortiori dans la littérature occitane – ainsi que dans
l’organisation sociale de l’époque. Dans EBM on dénombre 22 femmes auteures, le nombre
de publications entre 1940 et 1945 variant d’une seule pour Victorine Azéma, félibre
ariégeoise, à 26 pour Raymonde Tricoire. Elle est née à Dun, en Ariège, en 1899. Elle exerce
comme institutrice à Lavelanet, pour devenir ensuite directrice d’école. Raymonde Tricoire
publie et collabore dans de nombreuses revues littéraires du domaine occitan : Gai Saber, La
Pignato... Dans EBM c’est donc près d’une trentaine de textes qu’elle signe, en l’espace de
cinq ans, de 1940 à 1945. Raymonde Tricoire publie également en 1941 et 1943 deux
recueils, Flous de bousigo et Fumarels. Elle s’intéresse aussi à l’ethnographie en publiant des
articles dans la revue Folklore et une étude, Folklore du pays de Montségur, en 1947.
Un autre instituteur qui semble occuper une place importante dans la vie littéraire de la
revue est Léon Soula, né à Castelnau-Durban, en Ariège, en 1866 et mort à Varilhes en 1950.
Sa présence massive à travers les vers qu’il signe dans la revue se traduit plus tard par une
prise de responsabilités puisqu’il devient vice-président de l’Escolo deras Pireneos (Fourié
2009). L’activité littéraire de Léon Soula naît avant la guerre puisqu’il publie en 1937 Una
garbo de roundèls en lengo d’oc, recueil de poèmes rédigés en occitan et traduits en français.
En 1944, il fait imprimer un autre recueil de poèmes, également traduits, Nostro tèrro, rédigés
en 1943.
Parmi les félibres non-fonctionnaires et participant à la vie de la revue, on peut
mentionner Louis Abric et Adelin Moulis. Le premier est né en 1886 à Lunel, dans l’Hérault.
Professionnellement, il suit la tradition familiale et devient boulanger. Parallèlement à son
activité professionnelle, il s’intéresse à la littérature et commence à écrire en langue occitane.
Il fonde en 1918 à Lunel, L’écho du Vidourle, organe hebdomadaire de « défense des intérêts
du canton de Lunel et des cantons limitrophes ». Il est nommé majoral du Félibrige en 1936,
grade qui récompense autant ses œuvres provençales, Cant d’amour (1912), que
languedociennes, Antoulougio escoulario de Lengadoc (1931). Il meurt en 1953 à Lunel.
Adelin Moulis, quant à lui, est né en 1896 en Ariège, à Fougax-et-Barrineuf. Il se destine
à l’enseignement, mais la déclaration du premier conflit mondial le pousse à changer
complètement de voie. Il s’exile en Côte-d’Ivoire à la fin de la guerre où il gère une entreprise
commerciale. Une fois la situation socio-économique de la France apaisée, il revient en 1922
à Paris pour travailler comme employé dans la société du Gaz De France. C’est alors qu’il va
commencer à fréquenter les milieux littéraires, et qu’il va s’intéresser au patrimoine ariégeois.
3

�Autant son œuvre d’expression française que celle d’expression occitane seront
récompensées : il est trois fois lauréat de l’Académie française1, élu majoral du Félibrige en
1968.
De 1940 à 1945 on verra également apparaître dans la revue les grands noms du Félibrige
provençal. En 1940, Marius Jouveau, capoulier du Félibrige de 1922 à 1941, transmet à la
revue un message dans lequel il appelle les félibres à « continua de proufessa la dóuctrino
mistralenco » (Jouveau 1940, 1). Un an plus tard, il publie un poème intitulé « Veuso de
guèrro » (Jouveau 1941, 5). Un discours de Frédéric Mistral neveu, nouveau capoulier du
Félibrige (1941 à 1956), prononcé le 8 septembre 1941 au cimetière de Maillane « per la
naissenço del grand Mistral » est publié dans EBM en janvier-février 1942 (F. Mistral neveu
1942, 3-4). Léon Teissier publie en 1942 une prose, « Flour dou païs » (Teissier 1942, 10) et
son portrait s’impose sur une page précédente (non numérotée, entre 8-9).
Cette rapide présentation du profil socioprofessionnel des acteurs principaux (ceux qui
écrivent le plus) de la revue EBM nous permet d’établir une première typologie. Comme
Philippe Martel l’indique dans son article sur « Les premiers pas de l’Escolo deras Pireneos :
1905-1914 » (Martel 2005), le profil socioprofessionnel des adhérents de l’Escolo semble, à
quelques choses près, inchangé depuis le début du XXe siècle puisque le groupe le plus
important était celui des fonctionnaires et plus précisément, de 1940 à 1945, des enseignants.
Les conclusions de Ph. Martel sur l’absence incontestable des paysans dans la vie de l’Escolo
deras Pireneos semblent toujours d’actualité une trentaine d’années plus tard : « nous
soupçonnons les paysans de la montagne commingeoise d’avoir été assez peu disposés a
priori à donner six francs par an pour défendre une langue dont leurs propres enfants ne
demandaient souvent qu’à s’en débarrasser » (Martel 2005, 247). On s’aperçoit aussi que la
distribution géographique des acteurs principaux de la vie de l’Escolo deras Pireneos et des
écrivains de EBM, dépasse les limites du Couserans et du Comminges pour s’étendre vers un
espace occitan élargi : l’Ariège (Jules Palmade, Léon Soula, Adelin Moulis), le pays
toulousain (Danton Cazelles), l’Hérault (Clovis Roques, Louis Abric).

3. Traduction littéraire des pensées de guerre
Les premiers écrits qui reflètent explicitement le contexte de guerre sont signés par
Marcel Carrières (1911-1982). On trouve, dans le numéro de mars 1940, une lettre qu’il écrit
depuis le front d’Alsace. Ce qui nous amène à penser que Marcel Carrières était lui-même
soldat sur le front, ce sont les nombreuses marques de la première personne du singulier et le
« nous » qui identifie la communauté de soldats : « çò que frapet lo mai mos companhs »2,
« Nautres direm : Franceses, mas Occitans !3 ». Dans cette lettre, il détaille les préoccupations
des soldats. Il n’est pas question de mort, ni d’arme, ni de sang, comme on pourrait s’y
attendre. Ici, il est question de langue et de coutumes : « çò que frapet lo mai mos companhs
[…] foguet d’en primier la diferencia de lenga, pei un biais diferent de manjar e de beure, pei
enfin de coustumas pas parièras »4. Cette lettre nous donne la vision d’une société de guerre
1

Il est primé en 1972 pour Ax-les-Thermes, en 1974 pour Vieux sanctuaires ariégeois, et 1979 pour le
Dictionnaire languedocien-français.
2
« Ce qui frappa le plus mes camarades »
3
« Nous on dira : Français, mais Occitans ! »
4
« Ce qui frappa le plus mes camarades [..] se fut d’abord la différence de langue, puis une façon différente de
manger et de boire, puis enfin, des coutumes qui n’étaient pas les mêmes »

4

�tripartite. Marcel Carrières oppose dans un premier temps ses camarades, « gascons o
lengadocians » aux « boches ». Les jeunes soldats occitans se trouvent ainsi dans une situation
quelque peu équivoque : ils ne se considèrent pas comme français, « venian de remembrar
qu’elis tanben mieajornals (la maja part coneissia pas encara lo mot “occitan”)5 », ils ne p
arlent pas français et « manjavan a lor ostal une coisina coma se n’fasia pas a Paris6 ».
Le régionalisme d’oc, déjà prôné par Mistral et le Félibrige, et le culte de la « Petite Patrie »
se retrouvent en Alsace. Après la tripartition socioculturelle entre Occitans-Français-Boches,
on assiste ici à une dichotomie du territoire entre « Petite patrie » et « Grande patrie », entre
Lorrains et Français, entre Occitans et Français :
Granda litson que nos baila l’Alsacia, e bona propaganda per l’idea
felibrenca e occitanista ! Francéses, mas Lorrenes. Nautres direm :
Franceses mas Occitans : lengadocians, gascons, provençals,
auvernhats, etc.7 (Carrières 1940, 8-9)

La simple lettre du front pour donner des nouvelles à ses proches devient par
conséquent un véritable manifeste politique et linguistique dans lequel Marcel Carrières
évoque l’idéologie régionaliste, la revendication de la « Petite Patrie » et la demande de
reconnaissance de la langue et des coutumes locales, cause commune au Félibrige et aux
occitanistes. Mais, en faisant références aux différents dialectes qu’englobe la langue
occitane, en vantant le rapprochement des Alsaciens et des Occitans par assimilation de la
langue et des coutumes, « se l’Alsacian, lo Lorrenc es mai fred, se l’Occitan es mai
estrambordat i a al fons entre elis mai d’una semblança : la lenga, las costumas, la terra enfin,
cadun i es estacat del mai prigond de sas razics », il propose une politique du peuple, déjà
revendiquée par Aristide Briand, et avant lui par Pierre-Joseph Proudhon au milieu du XIXè,
politique plus proche d’une revendication « occitaniste » que félibréenne :
L’Euròpa de deman serà d’efet l’image de la França rajovenida e
fargada per las regious vertadièras, enfin reviscoladas e ligadas per
aquel ligam federal [...] que soscava Briand, e abant el Proudhon e
Mistral. (Carrières 1940, 9)

Chose surprenante, il énonce à la suite de ces deux grands hommes politiques le nom
de Mistral. Mais le maître de Maillane ne semblait pas prétendre à une organisation politique
démocratique, déjà au sein du Félibrige. Cette apostrophe que fait Marcel Carrières à Mistral,
et donc, par métonymie au Félibrige tout entier, se place en réalité comme un hommage, sans
pour autant qu’on relève une quelconque analogie entre la pensée de Mistral et celle de
Proudhon.
En mai 1940, la guerre est bien installée, certains membres de l’Escolo deras Pireneos
ont été envoyés sur le front. Un encart, intitulé « Noubélhes de guèrra » paru dans ce numéro
de EBM mentionne les noms ainsi que les grades militaires de tous les « élèves » appelés au
front. Cet article ne donne pas d’information sur l’état de santé ni sur le moral des soldats, il
nous indique juste que certains sont rentrés en permission. Jules Palmade rédige dans ce
même numéro un article intitulé « Pensades de guèrra ». En s’adressant directement aux
« Ils venaient de se rappeler qu’eux aussi, méridionaux (la plupart ne connaissait pas le mot ‘occitan’)
« Ils mangeaient chez eux une cuisine différente de celle de Paris »
7
« Grande leçon que nous donne l’Alsace et une bonne propagande pour l’idée félibréenne et occitaniste !
Français mais Lorrains, nous on dirait : Français mais Occitans : languedociens, gascons, provençaux,
auvergnats, … »
5
6

5

�félibres, il livre une véritable description très détaillée de la situation matérielle du pays :
« Fèn un pauc couma de pauri païsans qu’an besen crema lhour oustal8 ». Palmade fait
référence ici aux paysans qui se retrouvent dans une douleur profonde, celle de voir leurs
biens détruits et la Patrie qui tombe en ruine : « As pauri païsans n’aurin apèi, touti amassa
qu’as èlhs per ploura […] Touta la Patria crèma, anem zou es la guèrra9 ». Un sentiment
d’impuissance émerge chez ces populations. S’ensuit une description minutieuse de la vie des
soldats. La souffrance vient remplacer l’impuissance. La vie des soldats au front est dominée
par le froid, la peur, les armes :
Tout es negre e fret […] Rebeu sous oustal de lausa [...] e se beu
dintran dins l’oustal e disen : « Te, adissiats, arribi » Mè un obus
bè d’asclata darrèr d’elh. E sarra un chic mès le fusilh qu’es déjà
caut jous sa ma e toca le camarada besi, e touti dos dins la nèit
ascura, [..] tranblejen un pauc, an gardan lhour païs. 10
(Palmade 1940, 1-3)

En 1941, les félibres, ou du moins Jules Palmade, semblent encore apporter un soutien
certain au maréchal Pétain. Le secrétaire général de l’escolo publie dans le numéro de juilletaoût les « Paraules dal maréchal Pétain » (Palmade 1941, 1) dans lesquelles le chef de l’État
transmet toute sa reconnaissance aux « mères de France ».
L’année 1941 apparait sous le signe de l’espoir après une année passée dans le deuil et
dans la souffrance causée par la guerre. En effet, on retrouve très peu d’écrits qui font
explicitement référence à la guerre ou qui mentionnent, comme en 1940, les conditions
matérielles de la guerre et les états d’âmes des soldats ou civils. Le rêve et l’espoir semblent
avoir pris, en 1941, le dessus sur la peur. Dans son article, « Pensades de cattanh », le
secrétaire général de l’Escolo deras Pireneos appelle à la solidarité, à l’action et à l’espoir :
« A touti li que soufreichen ou soun desesperadi, patoença e aspouèr, as autri, trabalh e ancara
boun trabalh »11.
Même si un sentiment d’espoir apparait dans l’expression de nombreux écrivains,
deux poèmes publiés en 1941 dans EBM font apparaître le terme « guerre » dans leur titre.
Pour le premier il s’agit d’un poème de J. Ladoux, félibre majoral, intitulé tout simplement
« Guèrra ». Dans ce poème, Ladoux décrit un paysage entièrement anéanti par la guerre. Cet
anéantissement de la vie sur terre est symbolisé par l’énumération des paysages détruits :
« Salopèja lo cèl, l’èrba, la mar e lo blat »12. À la seconde strophe il énumère cette fois les
responsables de cette destruction massive, la guerre et les armes, qui par métonymie désignent
les responsables politiques et militaires : « Amb granadas, canons e fuzils sens pietat ». Enfin,
il termine son poème par une apostrophe au soleil, qu’il identifie à un père. Ce soleil, il le
considère comme unique force pour que la guerre s’arrête enfin, représentant la chaleur et
donc la vie : « Apaiza-nos amb ta dosa calor […] Soi nascut dins ton bul e m’aimas coma un
8

« On dirait des pauvres paysans quand ils voient cramer leur maison »
« Les pauvres paysans n’auront ensuite, tous ensemble, que les yeux pour pleurer […] Toute la Patrie crame,
allez zou, c’est la guerre »
10
« Tout est noir et froid […] Il revoit sa maison d’ardoise […] et se voit y rentrer en disant : « Bonsoir, je suis
là » Mais un obus vient d’éclater derrière lui. Il serre un peu plus le fusil déjà chaud sous sa main et touche son
camarade voisin, et, tous les deux dans la nuit sombre […] tremblent un peut, en regardant leur pays »
11
« A tous ceux qui souffrent ou qui sont désespérés, patience et espoir, aux autres, travail et encore bon travail »
12
« Sali le ciel, l’herbe, la mer e le blé »
9

6

�paire »13. Mais rien ne semble fonctionner comme l’espère le poète. Le soleil, par prosopopée,
adopte une position antagonique. Sa couleur rouge, symbole de vie pour le poète, représente
en réalité le reflet du sang : « Per far la gruma roja ont aimi de me jaire / Ai bezon que ton
sang regiscle caud e clar »14.
Un poème de Jean Attané, « Las restriccious » évoque les restrictions matérielles de la
guerre. Pour lui, ces restrictions sont une riche thématique poétique. Elles n’apportent ni
difficultés ni inconvénients dans la vie quotidienne mais en formant ses vers sur une base
antithétique, le poète les transforme en véritables atouts : les rationnements en nourriture
favorisent la santé, les cuisinières travaillent moins, « mens de trabalh fa mens de peno »15.
Les civils ne vont plus passer du bon temps au café du village, ce qui leur évite de
« s’empasta de sacarino »16. Enfin, les avantages que procurent ces restrictions, il les dédie au
Maréchal Pétain : « Pensats plan que le Maréchal, i met pos brico malboulenso »17. On
reconnait dans ce poème une évidente intention de propagande pétainiste. Le message
transmis n’est autre qu’un appel à la patience qu’il adresse à tous les Français, il leur demande
de voir en la guerre quelques bénéfices, sans grande valeur, certes, mais nécessaires pour
survivre. Le poème est constitué de dix quatrains d’octosyllabes (à l’exception de deux vers,
un heptasyllabe et un énnéasyllabe). Cette forme à la fois régulière et stricte semble renvoyer
parfaitement à la thématique principale du poème : les restrictions.
Si on trouve très peu de textes relatifs à la guerre, et aux conditions de vie pendant
l’événement, il n’en reste pas moins qu’en 1942 l’amour de la « Petite Patrie » est encore très
présent dans l’esprit des félibres d’EBM. Alors que Pétain fait office de « Père de la Grande
Patrie », c’est encore Mistral, le père de la Petite. Pierre Reynier, majoral du félibrige, signe
dans le numéro de mars-avril 1942 un article en l’honneur du Maître de Maillane : « Ounoura
e glourifica Mistral ». Dans cette déclaration, le félibre met en parallèle Mistral avec la Patrie,
« la familha, l’oustau, lou fougau », et la langue provençale. Cette analogie semble se calquer
parfaitement sur la politique pétainiste qui répudiait dès 1940 la devise « Liberté, Egalité,
Fraternité » pour la remplacer par « Travail, Famille, Patrie ».
L’année 1944 marque un retournement de situation. Le mot « guerre » apparaît dans
un grand nombre de titre tout au long de l’année. Dans le numéro de mars-avril 1944, le
félibre Clovis Roques publie un poème intitulé « La guèrro ». Bâti sur trois strophes, il va
donner dans chacune d’elles la parole à un représentant de trois groupes de protagonistes de la
guerre : le philosophe, le soldat et la femme-mère. Pour le philosophe, la guerre apparaît
comme une nécessité pour que le monde sorte d’une situation conflictuelle de non-retour. La
guerre amène à un idéal de vie, considéré comme un coup de vent qui balaye sur son passage
les éléments responsables d’une situation conflictueuse : « Le bufal capvrirant le mounde qu’a
viscut / Coumo le vent la fuelho morto ! »18. La parole est ensuite donnée au soldat qui
considère la guerre comme une épreuve qui demande force et courage. Pour arriver à la fin de
cette épreuve où la liberté se fait attendre, il faudra faire preuve de sacrifices, de haine et aller
quelques fois jusqu’à la mort :

« Apaise-nous avec ta douce chaleur […] Je suis né dans ton bouillonement et tu m’aimes comme un père »
« Pour faire l’écume rouge où j’aime me coucher / J’ai besoin que ton sang gicle chaud et clair »
15
« Moins de travail fait moins de peine »
16
« Se goinfrer de saccharine »
17
« Pensez bien que le Maréchal ni met aucune mauvaise volonté »
18
« Le coup de vent qui fait chavirer le monde / Comme le vent pour la feuille morte »
13
14

7

�O guerro ount se coumplis entier dins le coumbat
Le sacrifice, ount, pourpourado,
Rajo la joueno sang per manteni salvado,
Blouzo e fièro la Libertat ! 19
(Roques 1944, 6-7)

La représentation de l’horreur de la guerre atteint son paroxisme dans un poème de
Paul Sicard publié dans le numéro de septembre-octobre 1944, « Raconte de guèrra ». Plus
qu’un poème de guerre, c’est d’un poème de mort dont il s’agit ici. Les morts décrits ne sont
pas des soldats, succombant sur un champ de bataille, mais des enfants, assassinés par les
Allemands dans les montagnes du Tarn. Sicard décrit une scène qui ne peut laisser indifférent
le lecteur : les enfants, réfugiés dans les hauteurs du village, ont été surpris par les Allemands,
qui les ont séquestrés pour qu’ils puissent « contempler » les fermes incendiées, avant de les
tuer :
Devèrs lo col ont los paures petits
Pel bregandàs son ailàs ! espotits
En meme temps que los de las doas borias
Dont saludam, d’aici estant, las memorias !
Mas les tua restent pas sufizent :
Al Boche cal an autre amuzament ;
E per abant qu’elis randon lor ama
Lor vol far remirar las borias qu’el enflama !20
(Sicard 1944, 13-15)

En prenant les enfants comme victimes, le poète décuple l’horreur de la situation. Il
utilise plusieurs procédés rhétoriques pour donner à cette scène d’autant plus de gravité. Une
hyperbole nous apprend que les Allemands sont bien plus nombreux que les maquisards et
possèdent des armes lourdes : « E que son qualques cents amb tancs, mitralhetas / E las
victimas sièis, quatre omes, doas femnetas21 ». C’est aussi l’absence de respect de l’être
humain qui marque les esprits des maquisards survivants. Les Allemands occupaient quelques
jours les fermes et se chauffaient en faisant brûler une bûche dans la cheminée. Ils laissaient
pourrir, jonchés au sol, les corps des maquisards. Les voisins attendaient, de loin, que la
cheminée ne fume plus pour pouvoir constater les dégâts et ramener les corps au village :
Mas al bot de dos jorns quand s’atudèt : lo foc,
Un brave cantonièr trobèt cada victima
Tombada dins sa sang e negra de vermina !22
(Sicard 1944, 13-15)

Enfin, Paul Sicard localise précisément la scène en mentionnant des localités du Tarn où se
sont déroulées ces horreurs : Labastide-Rouairoux, à l’Est d’Albine, dans la Montagne Noire,
« Ô guerre, ou s’accomplit totalement dans le combat / Le sacrifice, où, pourpré / Rage le jeune sang pour
maintenir sauvée, pure et fière la Liberté »
20
« Sur le col où se cachent les petits / Par le vaurien ils sont hélas ! Écrasés / Comme ceux, dans les deux
fermes / Dont nous saluons ici la mémoire / Mais les tuer n’est pas suffisant / Il faut au boche un autre
amusement / Et avant qu’ils ne rendent leur âme / Ils leurs font admirer les fermes qui s’enflamment »
21
« Ils sont une centaine avec tanks, mitraillettes / Et les victimes six, quatre hommes, deux jeunes femmes »
22
« Mais au bout de deux jours, quand le feu s’éteignit / un brave cantonnier trouva chaque victime / Allongée
dans son sang, noirci par la vermine »
19

8

�à la limite de l’Aude. Il donne ainsi une valeur concrète à son poème et le transforme en un
véritable témoignage.
Tout au long de l’année 1944, c’est la thématique de la désolation qui semble dominer
les écrits. L’heure est au bilan : il est funeste. Plus la fin de la guerre approche, plus on
s’aperçoit que les auteurs prennent la plume pour faire le bilan de ces cinq années de conflits.
C’est une nouvelle étape, à la fois politique et historique, mais aussi littéraire. Les écrivains –
ceux qui ont pu –, ont dit leur peur, leur douleur pendant ces cinq années interminables.
L’espoir que la guerre s’achève est enfin récompensé. Il devient nécessaire d’évacuer les
pensées négatives et de faire place à ces sentiments nouveaux : la joie, le bonheur, la paix.
Dès la fin de l’année 1944 la « victorio » se substitue à « la guèrra » dans les titres des
poèmes.

4. La parole aux « occitanistes »
Alors que les orientations politiques et linguistiques de la revue se rapprochent
majoritairement de celles prônées par le Félibrige, on remarque cependant que certains
écrivains plus apparentés à un occitanisme naissant signent quelques textes dans la revue.
Parmi ces écrivains on peut citer Charles Camproux. Il est né à Gaujac dans le Gard en 1908.
En 1934, il fonde la revue Occitania qui aura pour objectif de « lancer les débats en dehors
d’un Félibrige qui se sclérose et des partis français tous centralistes à outrance, d’analyser
l’événement dans son temps et de faire de l’occitan une parole publique » (Petit 1983, 6). En
1940, il est fait prisonnier en Allemagne après la défaite de sa division au cours de la bataille
d’Epoye (Marne). Il est enfermé dans deux stalags, et c’est dans ces conditions qu’il va
rédiger comme un journal de bord de sa vie de prisonnier : Poèmas sens poësia. Il réussit à
s’évader grâce à la complicité d’un officier allemand. En 1942, de retour chez lui, il entre
dans la Résistance et dans la lutte armée et rédige les 12 poèmas de resisténcia (1943). Les
poèmes de Camproux publiés dans EBM en 1944 pour la plupart (1942 pour l’un d’entre eux)
émanent tous de ces deux recueils : trois sont tirés des 12 poèmas de resisténcia et deux des
Poèmas sens poësia.
Robert Lafont est né à Nîmes en 1923. Lors de ses études en Lettres classiques à
l’Université Paul-Valéry de Montpellier, de 1940 à 1943, il côtoie Charles Camproux, alors
chargé des cours de langue et de littérature d’oc à la même Université 23. Après l’obtention de
sa licence, en juillet 1943, Lafont est requis aux chantiers de jeunesse à Mauriac dans le
Cantal et à Lescar dans les Basses-Pyrénées. En 1944, il s’enfuit des chantiers et rejoint un
groupe de résistants dans les Cévennes. Robert Lafont signe, en 1944, dans la revue de
l’Escolo deras Pireneos, un document, Amistat di joines, qu’on pourrait considérer comme un
« appel au rassemblement » des jeunes d’horizons sociopolitiques différentes pour défendre
une seule cause, la langue et la culture occitanes.
Le paysage politique qui entoure le mouvement occitan pendant la guerre est d’autant plus
compliqué qu’il est fondé sur nombre de contradictions. Il convient cependant de revenir
dessus pour tenter de comprendre ce paradoxe manifeste illustré par la publication de textes
« occitanistes » dans une revue historiquement félibréenne.
Site de l’Association Maitron-Languedoc Roussillon, http://www.histoire-contemporaine-languedocroussillon.com/Bio%20Lafont.htm, (consulté le 12.5.2014).
23

9

�En 1940, alors que le Maréchal Pétain vient d’acquérir les pleins pouvoirs, votés à la
quasi-unanimité, il met en place une nouvelle politique, sous l’influence de l’Allemagne nazie
qui occupe une grande partie de la France. Une des lignes politiques à laquelle vont
d’avantage s’intéresser les défenseurs du régionalisme n’est autre que la décentralisation du
pouvoir français et la création de provinces. Et là, un bon nombre des défenseurs de la langue
d’oc semblent soutenir les idées de Vichy. En septembre 1940, Pétain envoie un message à la
veuve de Mistral pour dire toute la reconnaissance qu’il voue au maître de Maillane et à
l’action régionaliste impulsée par le Félibrige. Le Maréchal Pétain est nommé sòci d’ounour
du Félibrige. (Abrate 2001, 330). Du côté de la Société d’Etudes Occitanes, Ismaël Girard,
soutenu par A.-J. Boussac et des personnalités importantes du Félibrige adresse une lettre au
chef de l’État français « afin de l’informer des sentiments qui nous animaient envers celui qui
parlait de restaurer les provinces françaises et de lui faire part des suggestions que notre action
occitane régionaliste nous avait permis d’étudier et d’édifier » (Abrate 2001, 330 ; Lespoux
2015, 352).
La situation politique et le rassemblement œcuménique des régionalistes occitans autour
du Maréchal Pétain semble s’essouffler en 1942 alors que Jérôme Carcopino, secrétaire d’État
à l’Education Nationale et à la jeunesse, prononce à Toulouse un discours dans lequel il
« autorise les instituteurs et institutrices à organiser, dans les locaux scolaires, en dehors des
heures de classe, des cours facultatifs de langues dialectales [...] dont la durée ne devra pas
excéder une heure et demie par semaine » (Abrate 2001, 336). Pour certains, dont Girard,
l’enseignement de l’occitan ne doit pas être facultatif mais imposé. De plus, les valeurs
véhiculées par Vichy préconisant la haine et le racisme anti-juifs s’opposent à l’idéologie
occitane de Girard : « Tolérance, justice, liberté, égalité » (Abrate 2001, 339).
L’année 1943 marque un tournant dans l’évolution des liens qui unissent les régionalistes
occitans, notamment avec la sortie du numéro spécial de la revue Les cahiers du Sud, « Le
génie d’oc et l’homme méditerranéen ». Ce numéro a une portée nationale puisqu’on peut y
lire des articles signés par Tristan Tzara ou Aragon, soit le milieu communiste français
diamétralement opposé au régime de Vichy. De plus, en 1943, Ismaël Girard rentre à
Toulouse dans une résistance intellectuelle aux côtés de Camille Soula, résistant de la
première heure et membre de la SFIO. Un revirement de situation survient en 1943 dans la
SEO. René Nelli prend la place de Boussac comme directeur de la SEO, qui bascule alors
dans le camp de la résistance et de l’anti-pétainisme (Abrate 2001, 349).
En 1944, alors que la Libération de certaines zones occupées commence à se mettre en
place, il faut « montrer patte blanche », les faits de collaboration étant réprimés par
l’épuration. Le Félibrige a peur et les « occitanistes » n’hésitent pas à le dénoncer. Pierre
Lagarde écrit dans L’Ase negre (revue crée par Robert Lafont en 1946) :
« … e lo Felibrige ? E Maurras Majoral, e Pétain Sòci d’ounour, e
la Revolucion Nacionala jos lo sinne de Mistral, la maja part dels
majorals dins la devocion de Pétain e de l’òbra de Vichy. Consi li
dire que los majorals d’ora son los meteissis qu’aquelis, sens
rogir ? Consi li dire que non fasiàn politica al Felibritge »24
(Lagarde 1946, cité in Abrate 2001, 356-357)

« Et le Félibrige ? Et Maurras Majoral, et Pétain Sòci d’ounour, et la Révolution Nationale sous le signe de
Mistral, la majeure partie des Majoraux dans la dévotion de Pétain et de l’œuvre de Vichy. Comment lui dire que
24

10

�C’est précisément à ce moment-là que l’on voit apparaître dans la revue EBM les poèmes
de résistance de Charles Camproux et l’appel au rassemblement des jeunes de Robert Lafont,
tous deux acteurs de premier rang de la création de l’IEO le 28 avril 1945.
Selon nous, il serait envisageable de penser que la publication de certains textes de
fervents défenseurs de ce nouvel occitanisme, dissidents par rapport au régime de Vichy, les
mêmes qui, en 1945, font partie de la création de l’Institut d’Etudes Occitanes, tient davantage
à une démarche oppurtiniste de la part des dirigeants de l’Escolo deras Pireneos et de sa
revue, EBM. En effet, en 1944, le Sud de la France commence progressivement à être libéré
de l’armée allemande d’occupation et les forces de Résistance prennent de plus en plus de
pouvoir. C’est aussi l’heure des règlements de comptes. Il faut manifester rapidement une
distanciation avec la politique vichyste avant d’être accusé de fait de collaboration.
De plus, la parole n’est pas donnée à de quelconques occitanistes. Je ne sous-entends
pas par ces termes que Pierre Lagarde ou Marcel Carrières, autres occitanistes publiant de
1940 à 1945 dans la revue soient « quelconques », mais qu’il est notoire dans le milieu
occitaniste de l’époque que Lafont et Camproux occupent une place importante dans la
société occitane. Charles Camproux avait déjà signé un certain nombres de textes avant la
guerre, politique (Per lo camp occitan, 1935) et littéraires sur les troubadours. Quant à Lafont,
bien que très jeune encore, il rédige déjà en avril 1943 un manifeste occitan, publié dans la
revue Tèrra d’oc. C’est un appel aux jeunes qu’il lance, un appel à la mobilisation pour « faire
sortir de sa torre d’ivòri lo poèta occitan » (Lafont 1943 in Martel 2005, 127) et pour « unifier
toutes les tendances et toutes les chapelles [...] qui divisent l’occitanisme et le Félibrige de
cette époque » (Martel 2013, 127) En 1944, sa production est encore conséquente : compterendu, présentation d’auteurs (Joan Esteve), poèmes, manifestes politiques… (Pic 2005, 254).
Dès la fin de la guerre, il met en place une nouvelle revue, dans la lignée d’Occitània de
Camproux, intitulée L’Ase negre (Canales 2014, 4). Aussi, Gumersind Gomila, poète
minorquin d’expression catalane, semble trouver une place dans la revue de l’Escolo entre
1944 et 194525. Or, en 1942, alors que la distanciation de certains défenseurs du régionalisme
occitan (Girard, entre autres) avec le régime de Vichy commence à se faire sentir, la fraternité
catalano-occitane s’intensifie. La revue Tèrra d’oc réserve, dès la fin de 1941, une demi-page
par mois pour la publication d’écrits catalans :
La germanor coma dison, la frairetat coma disem, de las nostras
lengas de sonoritats meteissas, de vocabulari parier gairebén e de
grafia identica a quicom prep, facilitarà mai que mai la frairetat
des esperits e dels cors.26 (Tèrra d’oc, 22, oct 1941)

Ainsi, en publiant plusieurs des responsables politiques du nouveau mouvement
occitaniste de la fin de la guerre, et un Catalan très reconnu dans le milieu occitan, l’Escolo
deras Pireneos tenterait de séduire avec délicatesse ce nouvel occitanisme. Ce subterfuge leur
permettrait alors de faire habilement oublier les faits de collaboration, ou pour le moins une
les Majoraux de maintenant sont les mêmes que ceux-là, sans rougir ? Comment lui dire qu’ils ne faisaient pas
de politique au Félibrige ? »
25
Plusieurs écrivains catalans publient aussi dans EBM : Enric Llueles et Lluis Capdevilla.
26
« La “germanor” comme ils disent, la fraternité comme nous disons de nos langues aux mêmes sonorités, au
vocabulaire presque pareil et à la graphie identique à quelque chose près, facilitera d’autant plus la fraternité des
esprits et des corps »

11

�certaine « complaisance » à l’égard du régime de Vichy, que le nouveau pouvoir en place
pourrait leur reprocher.

5. Conclusion
On s’aperçoit au fil de l’étude des profils socioprofessionnels des acteurs de la revue
Era bouts dera mountanho et selon l’analyse des écrits publiés, que la vie de l’Escolo deras
Pireneos semble refléter l’organisation du mouvement régionaliste occitan de la Seconde
Guerre mondiale. Cette association, qui s’inscrit dans la lignée du félibrige rassemble de
manière évidente un grand nombre de félibres. La ligne politique est claire : revendiquer le
régionalisme et la restauration des provinces et lutter pour l’officialisation de l’enseignement
de la langue d’oc à l’école. Le régime de Vichy arrive à convaincre, en 1940, félibres et
occitanistes de sa détermination à œuvrer pour leur cause commune. Ce soutien est clairement
évoqué dans la production de l’escolo.
Mais en 1942, les promesses faites par le gouvernement deux ans auparavant ne sont
toujours pas d’actualité ou alors, ne sont pas assez satisfaisante. C’est une grande période de
désillusion qui commence à se faire sentir chez les défenseurs des langues régionales. L’année
1942 marque le tournant de la guerre. L’Occitanie, et l’ensemble de la zone « libre », est
envahie par les Allemands. La Résistance s’installe en France. À partir de ce moment-là, plus
aucune référence au Maréchal Pétain n’est rapportée, plus aucun soutien mentionné. La guerre
est là, elle use les esprits des citoyens et la situation ne change pas. Cette lassitude se
répercute dans la production littéraire : de nombreux auteurs de EBM choisissent les mots
« guerre » ou « prisonnier(s) » pour les titres de leurs poèmes.
Pourtant, bien qu’envahis par la lassitude et la douleur, les écrivains ne cessent de
transmettre un message d’espoir. À partir du mois de novembre 1944, la « Bictorio » a
remplacé la « guèrra » dans les poèmes. La littérature devient, unanimement, le reflet du
contexte politique. La guerre occupe tous les esprits comme en témoignent les nombreux
écrits de la revue. C’est en 1944 aussi que l’on voit apparaître dans les pages de EBM des
poèmes de fervents occitanistes, anti-pétainistes, tels Charles Camproux ou Robert Lafont, ou
encore des poèmes de Gumersind Gomila, poète catalan. On pourrait croire à une manigance
de l’Escolo deras Pireneos, qui, de peur d’être soupçonnée de faits de collaboration, se
rapproche tant que possible des milieux politiquement plus à gauche, pour faire oublier leurs
éventuelles accointances avec le gouvernement de Vichy.
Quant aux questions linguistiques qui opposent félibres et occitanistes, elles sont déjà
d’actualité entre 1940 et 1945. Sans franches conséquences puisqu’il y a d’autres
préoccupations pendant la Seconde Guerre mondiale, mais elles sont exprimées. La guerre a
immanquablement gelé les positions conflictuelles. Les différends sur la question linguistique,
qui opposent de façon générale félibres et occitanistes auraient pu éclater avant l’événement,
mais ils prendront de l’ampleur une fois la guerre terminée et l’IEO bien installé, dans les
années 1950.

12

�Textes étudiés
ABRIC, Louis, Cant d’amour, [s.l], [s.n], 1912.
_____, Antoulougio escoulario de Lengadoc, Rodez, Mantenencio de Lengadoc/Subervie, 1931.
_____, « I presouniè », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos, Noubdéc, 1942, 4-5.
ATTANÉ, Jean, « Las restriccious », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras
Pireneos, Set-Octob, 1941, 17-18.
CAMPROUX, Charles, Poèmas de resistència, Castelnau-Le-Lez, Clapiers, 1983.
_____, Poèmas sens poësia, Toulouse, SEO, 1942.
CARRIERES, Marcel, « Letra del front – Litson d’Alsàcia », Era bouts dera mountanho, SaintGaudens, Escolo deras Pireneos, mars, 1940, 8-9.
GORCE, Mathieu, La France au-dessus des races, Paris, Payot, 1934.
JOUVEAU, Marius, « Mandadís dal capouliè dal felibritge », Era bouts dera mountanho, SaintGaudens, Escolo deras Pireneos, julhet, 1940, 1.
_____, « Veuso de guerro », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos,
Mars-Abrièl, 1941, 5.
LADOUX, Joan, « Guèrra », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos,
Jambiè, 1941, 13.
LAFFONT, Marie, « Quand papa tournara », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo
deras Pireneos, Mai-Jun, 1942, 17.
LAFONT, Robert, « La montanha dis euses blaus », in LESFARGUES et LAFONT, La jeune
poésie occitane, Paris, Le Triton bleu 1946, 90-91.
_____, Paraulas au vielh silenci, Toulouse, SEO, 1946.
_____, Poèmes 1943-1984, Montpeyroux, Jorn, 2011.
LIZOP, Ramon, « Coumo l’Escolo deras Pireneos es nascudo sas primieros annados (19041910) », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos, Julhet-Agoust, 1945, 15.
_____, « Historio de l’Escolo deras Pireneos », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo
deras Pireneos, Setembre-Octobre, 1945, 4-7.
PALMADE, Jules, « Pensades de cattanh », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo
deras Pireneos, Jambiè, 1941, 2-4.
_____, « Pensades de guèrra », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos,
mai, 1940.
_____, « Paraules dal Maréchal Pétain », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras
Pireneos, Jul-Agoust, 1941, 1-2.
_____, « Nadal », in Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras Pireneos, Noub-Déc,
1941, 1.
REYNIER, Pierre, « Ounoura e glorificar Mistral », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens,
Escolo deras Pireneos, mars-abrièl, 1942, 4.
ROQUES, Clovis, « La guerro », Era bouts dera mountanho, Saint-Gaudens, Escolo deras
Pireneos, mars-abrièl, 1944, 6-7.
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/16684" target="_blank" rel="noopener"&gt;Actes de la journ&amp;eacute;e d'&amp;eacute;tude : L'Esc&amp;ograve;la deras Pireneas&lt;/a&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette comunication, pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e par C&amp;eacute;cile Noilhan, retrace le parcours des diff&amp;eacute;rents contributeurs &amp;agrave; la revue &lt;em&gt;Era Bouts dera Mountanho&lt;/em&gt; dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale et de l'occupation.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aquela comunicacion, presentada per C&amp;eacute;cile Noilhan, tra&amp;ccedil;a lo percors dels diferents contributors a la revista &lt;em&gt;Era Bouts dera Mountanho&lt;/em&gt; dins lo cont&amp;egrave;xt de la Segonda Gu&amp;egrave;rra Mondiala e de l'ocupacion.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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