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                  <text>CONTES
ET

PROVERBES POPLLAIRES
RECUEILLIS EN ARMAGNAC

PAR

M. JEAN-FRANCOIS BLADÉ

PAMS
LIBRAIRIE A• FRANCK
67, rue Richelieu.

4867

��CONTES
ET

PROVERBES POPULAIRES
RECUEILLIS EN ARNA6NAG

CIRDOC

��CONTES
ET

PROVERBES POPULAIRES
RECUEILLIS EN ÂRMAGNAC

PAR

M. JEAN-FRANÇOIS BLADÉ

ícIM
j BÌZIERS
PARIS
LIBRAIRIE A. FRANCK
67, rue Richelieu

1867

OFFICE REGIONAL DE LA CTJLTURE

�CAC

44S3

�AVERTISSEMENT

Les recherches sur la poésie populaire, encore si timides et si peu nombreuses au siècle dernier, ont acquis depuis une étendue et une importance
toujours croissantes. Dans tous les pays, les savants se sont mis àl'oeuvre; et
si la France ne s'est associée qu'un peu tard à ce mouvement, elle est du moins
en train de réparer le temps perdu. Si cela continue, tout permet d'espérer que,
dans quelques années, chacune de nos provinces aura son romancero à peuprès
complet. II sera temps alors de condenser, dans un recueil national, lesrésultatsdetoutes ces recherches régionales, et de recommencer plus utilement, à
des points de vuetrès variés, des travaux de comparaison qui sont demeurés
jusqu'ici nécessairement incomplets.
Tant que durera cette période préparatoire, ie gouvernementn'a qu'à attendre, ou toutau plus à stimuler les entreprises partielles et privées. Quand elles
auront donné tout ce qu'on peut en attendre, le moment sera venu de reprendre le projet prématurément conçu par deux Ministres de l'Instruction Publique, lecomte de Salvandy et Hippolyte Fortoul, et de doter le pays d'une
collection complète de ses poésies populaires.
J'ai entrepris, pour ma part, de contribuer àcette prêparation par un volume
de Poe'sies populaires recueillies en Armagnac, dont je corrige en ee moment
les épreuves; maislapoésie n'est pasle seul produit de l'imagination populaire.
II y a aussi les contes, les récits, les superstitions et les proverbes. Les contes
surtout ont une haute valeur; mais, depuis le livre de Perrault, il n'a été fait
en France que des recherches rares et restreintes. Les Allemands nous ont
pourtant donné l'exemple, et malgré quelques imperfections, la publication
des frèresGrimm (1) était bien faite pour provoquer, en-deçà du Rhin, des
tentatives analogues. En adoptantla méthode indiquée pour la poésie populaire,
c'est-à-dire en attaquant les difíìcultés par provinces, les contes, récits et
superstitions setrouveraient recueillis dansun temps relativement assez court,

3

(1) Jac. GRIMM und Wilh.
vol. 7« édit.

GRIMM,

Kinder und Hausmarchen, Gottingen,

1857,

�et legouvernementpoumitalorsdonnerun pendantau grand recueil dont je
parlais tout à l'heure.
Peut-être cela viendra-t-il un jour; mais le meilleur moyen de convertir les
autres est de prêcher d'exemple. J'ai donc entrepris de rassembler les principaux contes, récits, superstitions, ainsi que les proverbes populaires en
Armagnac, et, à défaut d'autre aptitude, j'espère du moins avoir faitpreuve
de bonne volonté (1).
Dansle dénombrement qu'on vient de lire, j'ai distingué les contes, récits,
superstitions et proverbes, et je demande à fournir là-dessus de courtes explications.
J'appelle contes, avec tous mes compatriotes de l'Armagnac, Ies narrations
plus oumoins merveilleusos, dontla fausseté n'est douteusc ni pour celui qui
parle, ni pour ceux quil'écoutent. Le conteur, du reste, a soin de prévenir son
auditoire. II débute, en général, par cetteformule : Jou sabi un counte, ettermine par celle-ci:
E tric tric
Moun counte es finit:
E tric trac
Moun counte es acabat.
Les récits n'ont rien de merveilleux. Ce sont des anecdotes vraies, ou du
moins vraisemblables, et jamais on n'y ajouteles formules initiale etfmale que
je viens de donner pour les contes.
Le merveilleux est inséparable des superstitions; mais, à la différence des
conles, il est généralement accepté comme vérité par le narrateur et les auditeurs.
Telles sont lestrois sortes de pièces que j'ai cru pouvoir désigner, dans le
titre de ce recueil, sous la dénomination générale de contes, sauf à les distinguer
ensuite d'après les caractères que je viens de signaler. J'ai maintenant à m'expliquer sur laforme adoptéepour ces trois formes de narrations.
Et d'abord, le choix de la langue ne pouvait être douteux. II fallait adopter
le dialecte gascon, et choisir, dans ce dialecte, le patois d'Auch, point central
del'Armagnac (2), ramené, autant que possible, à l'orthographe provençale de
labonne époque.
(1) Dans son Voyage archéologique et historique dans les anciens comtés
d'Astarac et de Pardiac (Mirande, 1857), M. Cénac-Moncaut a donnó neuf conles
qu'il a réédités ensuite, avec quelques autres. sous )c titre de Contespopulaires de la
Gaseogne. Mais les rccits de M. Cénac-Moncaut sont aussi loin que possible de la
naïveté et de la vérité des narrations populaires. Un écrivain honorablement connu
par un travail intitulé le Droit de famille aux Pyrénces, M. Jules Cordier, a
donné naguèro les Légendes des Hautes- Pyrénées, mais j'ai le regret dc dire que l'auteur me paraîtavoir adoptó une mcthode défectueuso sousbien des rapports.
(2) J'entends par Armagnac, non pas la circonscription fé'odale limitée à la partie
occidentale du département du (ìers, mais le territoire auque! ce nom fut élendu sous
l'ancicnne monarchie, et qui correspond à peu près au département tout enticr. —
La caractóristique du patois d'Auch sera donnée dans VIntroductian des Poésies po~
pulaires recueillies en Armagnac.

�— VII —

Jusqu'ici les diffieultés n'étaient pas très graves; mais la rédaction m'a arrôtó
fort longtemps, et voici commentje suis enfin parvenu à réduire à peuprès
mon ròle à celui de simple sténographe.
II suffit de comparer un instant les Contes de Perrault avec ses autres ouvragespour êtrecertain que l'auteur a cherché, etpresque toujours réussi, àprésenter ces contes sous une forme qui tend à ss confondre le plus possible avec
la forme populaire. Rien ne semble donc plus facile, au premier abord, que de
suivre la voie tracée par le maître, et de se garer contre cette phraséologie
pseudo-rustique renouvelée tous les vingt ans par les romanciers et les auteurs
dramatiques. Mais ce n'est là qu'une facilité apparente, et qui oserait se flatter
de s'assimiler passablement le style si bien approprié de Perrault? Cetto
pensée m'a longtemps dècouragé; cepenclant je crois avoir enfin découvert le
moyen de sauvegarder ma probité d'éditeur.
Dans le cours de mes recherches, j'étais d'abord tombé sur une espèce de
narrateurs qui sontincontestablement les plus nombreux, mais qui sont aussi
ceux àqui il faut le moinsse fier. Pour eux, l'intégrité du récit n'est sauvegardée par aucune forme sacramentelle. Peu soucieux du style, et préoccupés
surtout des idées etdes faits, ils sont toujours longs, diffus, et tout à fait incapables de recommencer dans les mêmes termes. Ce sont là des guides très dangereux, bons tout au plus à mettre sur la trace de narrations plus sobres et
plus exactes; mais plutôt que de me fier àeux seuls, j'ai dù me restreindre
beaucoup, et je me suis obstinément cantonné dans un petit nombre de traditions originales. Ceux qui possèdent ces traditions marchent au but par la voie
la plus brève. Si onles prie de recommencer, chacun d'eux le fait constamment
dans les mêmes termes, et quand on leur fait traiter séparément le même thème,
on ne relève, dans les faits, qu'un petit nombre de variantes, et on constate, dans
le style, de nombreuses similitudes.
Tels sont pour moi les véritables conteurs, les seuls que j'aie voulu prendrc
pour guides, et sì ce travail y perd en étendue, il y gagne du moins en sincéritè.
Mon choix ainsi fait, j'aitâché de recueillir, autant quepossible, chaque pièce
de plusieurs bouches, et, encas de concurrence, j'aitoujours adoptêlaformela
plus brôve, qui est aussi celle qui offre le plus de style et de caractère. Mon
ròle, je Ie répète, s'est donc borné à celui d'un simple sténographe, qui se permet tout au plus d'ajouter ennote les éclaircissements nécessaires ponr I'intelligence des textes.Peut-être quelques-unsme reprocheront-ils de n'avoir pas assez
comparé, le cas échéant, certains récits avec ceux qui sont imprimés dans d'autres
recueils français et étrangers.J'avaisbienunmoment songé àle faire; mais après
mûre réflexion, il m'a semblé que l'étude des monuments du prosaïsme populaire était encore trop peu avancée pour aborder avee quelque étendue ce travail comparatif, et je me suis borné à de brèves indications. J'ai même évité,
dansle titrede cetravail, Contes et Proverbes recueillis en Arrnagnac, de me
prononcer sur la provenance des pièces qui y figurent, et le lecteur voudra
bien reniarqucr que le mot recueillis róserve toutes les questions de ce genre.
II ne me reste plus maintenant à m'expliquer que sur les proverbes.

�—

VIII

—

La parémiologie est représentée, dans le Sud-Ouest de la France, par un certain nombre de publications, dont la plus ancienne est celle d'un certain Voltoire (1), qui paraît avoir été successivement maître de langues à Toulouse,
Bayonne et Bordeaux, au commencement du xvn' siècle. Elle a pour titre :
Lous 3Ioutets guascous deou marchan de Voltoire et a étè réimprimée deux
fois (2). Viennent ensuite les Proverbes basques recueillis par le sieur d'O'ihenard, plus les Poésies basques, du même auteur, Paris, 1657(3). Un savant
ecclésiastique du siècle dernier, l'abbê Daignan du Sendat, vicaire général du
diocèse d'Auch, avait aussi recueilli un certain nombre de proverbes dans cette
circonscription. Onles trouve dans ses manuscrits conservés àla Bibliothèque
d'Auch, et ils ont étê ìmprimés tous à la suite des poésies de Bedout
(4), sous le titre de Sentences, proverbes et dictons de la Gascogne.
Dans son livre, \ePays Basque,M. Francisque-Michel parle d'un volumede
sentences et maximes basques, publié en Belgique (1852) par M. Ernest de Garay,
après avoir paru par fragments dans le Journal des Artistes, et un journal de
Maéstricht; mais il ne donne pas le titre de cet ouvrage. Enfin, MM. Picot et Hatoulet ont donné naguère les Proverbes béarnais, recueillis et accompagnés
d'un vocabulaire et de quelques proverbes dans les autres dialectes du Midi
de la France.
Je crois avoir donné la bibliographie parémìologique à peu près complète de
la Gascogne. Quant àla façon dont je m'y suis pris pour faire mon petit recueil,
elle est extrêmement simple. Tout d'abord, sur la judicieuse observation de

(1) Le marchand, traictant des proprietes et particularitez du commerce et
négoce. De la qualité et condition du Bourgeois et du Marchand, avec certaine
instructìon à la jeunesse pour s'y advancer et maintenir. Du molif de la de'cadence
où ce négoce se void maintenant réduict. Contenant aussi un recueil de certaines
Similitudes ou considérations; ensemble les Motcts gascons ouSentences récréatives
Le tout produict et disposé soubs l'adresse et invocation de son embarquement et
voyage en forme de Dialogue. Tolose, ve Colomiez [et Raym. Colomiez, imprimeurs
ordinaires du Roy, 1607. Un poète distihgué de nos contrées, qui vivait sous Louis
XIV, l'abbé Dastros a laissé, sous ce titre : Lous Arreproués gascous, un recueil
manuscrit de proverbes gascons. V. la Revue d'Aquitaine de 1859, p. 51 et 52.
(2) Anciens proverbes basques et gascons, recueillis parVoltoire et remis aujour
par G. B. (Gustave Brunet), Paris, Techener, 1845. M. G. Duplessis les donne dans
sa Bibliographie pare'miologique, p. 444 et s. Paris, Potier, 1847.
(3) C'est à tort que M. G.Duplessis (fìibliogr. parémiol., p. 225), faitnaître Oïhenartà Mauléon, en Armagnac. II était de Maulcon de Soule; son recueil se compose
de 537 proverbes, réédités en 1847 par M. Francisque-Michel. Oïhenart adonné aussi
un supplémentde706 proverbes nouveaux, dontil n'existe, dit-on, d'autre exemplaire
que celui de la Bibliothèque royale. M. Gustave Brunet (de Bordeaux) signale, dans
sa réédition de Voltoire, L'interprect ou Traduction du françois, espagnol et basque,
Lyon, Rouyer (sans date). Je n'ai pas à faire connaître ici les recueils de proverbes
basques imprimés au-delà des Pyrénées, et je clos cette note en renvoyant au Pays
basque, de M. Francisque-Michel, p. 29 et s.
(4) Lou PARTERRE GASCOUN COUMPOUZAT DE OUOATE CARREUS, PER G. BEnouT D'AUCH, précédé d'une Inlroduction et suivid'un choix depoésies de divers
auteurs et d'un Dictionnaire des principaux termes du dialecte gascon, par A. Philibert ARADIE, Auch, 1850. Lcs proverbes commencent à la p. 74. On dirait que,
dans ce livre et surtout dans le Dictionnaire, M. Abadie s'est étudié à multiplier
les incorrections et les fautes.

�mon ami, M. V. Lespy, j'ai tâché de me garer le plus possible contre un danger
que n'ont pas assez évitê MM. Picot et Hatoulet. Les deux estimables éditeurs
des Proverbes béarnais ont, en effet, dépassé quelquefois les limites de leur
domaine, et donné place, dans leur reeueil, à des proverbes qui existent à la fois
en français et en provençal. Je me suis, au contraire, attaché à les exclure le
plus possible, et à me cantonner dans les proverbes usités en Armagnac. En
consèquence, je n'ai rien emprunté à Voîtoire, qui opérait sur la Gascogne tout
entière, ni aux Proverbes be'arnais, et jeme suis borné à ajouter aux dictons
rassemblés par l'abbé Daignan du Sendat ceux que j'ai pu recueillir moi-même
en Armagnac, et àles classer dans l'ordre adopté par M. Le Roux de Lincy, dans
le Livre des Proverbes français. II va sans dire que j'ai pris sur moi de rectifier
au besoin l'orthographe de l'abbé Daignan, et que je suis loín de me flatter
d'avoir épuisé la matière dans mon pays. Je suis convaincu, au contraire, que
des recherches faites dans des conditions plus favorables arriveraient probablement à doubler le nombre des proverbes inédits que l'on réeite en Armagnac. Cela viendra peut-ètre quelque jour, et je hâte de tous mes vceux une
publication destinée à faire oublier celle que j'ai dû me résigner à faire dans
des conditions très peufavorables.
Peut-être trouvera-t-on ces explications un peu longues et hors de proportion avec la médiocre étendue de mon recueìl. Je les livre, ainsi que les textes,
au jugement du public, et je supplie les critiques de ne pas m'épargner ces
sévérités salutaires dont tout honnète écrivain doit se réjouir, quand elles lui
indiquent les moyens de mieux faire, et qu'elles tournent au profit de la science
etde la vérité (1).
Lectoure (Gers), ce 3 novembre 1866.
J.-F. B.

(1) Si ce travail n'est point jugé tout à fait indigne de l'attention dupublic, j'espère
le compléter bientót par de nouveaux Contes et Proverbes recueillis en Armagnac,
et je prie mes lecteurs de vouloir bien me signaler tout co dont je pourrai faire mon
profît.

��•

CONTES.

��I

LA FLAUUTO.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop un rey qu'aueuo dus maynatges. Un maytin, a punto
d'aubo, lous mandèc a sa crampo e lous digouc:
— Souy bieil: boy pas mès esta rey. Ey estujat deguens un bosc un
ramelet d'or e uo poumo d'irange.Lou de bous autz qui lous troubera
sera moun heyretè.
Lous dus frays partiscoun loèn, loèn, loèn, a trauès lou bosc cerca
lou ramelet d'or e la poumo d'irange. Cerquèn loung temps, loung
temps, loung temps, troubèn pas jamès arré.
Quant lou soureil bengouc a bacha, lous dus frays digoun:
— La neyt ba bengue, pouyram pas mès cerca. Mous cau tourna au
castèt de noste pay lou rey. Mès que dira et/quant lou diran qu'auem
pas troubat arré?
S'en tournèn toutz dus de cap au castèt; mès en tout bèt s'en tourna, lou mès joen dous frays troubèc deguens uo croso de casse lou ramelet d'or e la poumo d'irange.
Ço que hascouc l'aynat, lou tuèc d'un cop d'espaso, l'estujèc dens la
croso dou casse, e s'en angouc presenta au rey lou ramelet d'or e la
poumo d'irange.
— Hilh, ça digouc lou rey, oun as dechat toun fray caddèt?
— Pay, ça respounouc lou hilh, moun fray caddet, las bèstios saubatjos se l'an minjat.
(1) Raconté par Pauline Lacaze, de Panassac.
Ce conte, fort répandu en France, l'est aussi au-delà du Rhin, et je l'ai lu dans
un recueil alleraand dont le titre ne me revient pas. Le voici tel qu'on le récite en
Arniagnac.

�— í —
Alabetz lou rey hascouc l'aynat soun heyretè, lou boutèc rey a sa
plaço, e lou maridèc dab uo princesso bèro coumo lou jour.
Aquero princesso s'acouchèc d'uo maynado, e quant aqueromaynado estèc graneto de l'atge de sept ans, s'en angouc passeja deguens
lou bosc oun soun grand pay aueuo estujat bèt temps y a lou ramelet
d'or e la poumo d'irange. Deguens la croso d'un casse troubèc un os
blanc coumo nèu: s'en hascouc uo flauuto, e la ílauuto se boutèc a
canta:
— Toucatz me, damayseleto; certosme poudelz bien touca. Au bosc
m'en èri anat cerca lou ramelet d'or e la poumo d'irange. Moun fray
me lous a presis, m'a tuat, e m'a estujat deguens la croso d'un casse.
La maynado s'en tournèc au castèt: troubèc soun gran pay e soun
pay entaulatz. Lou bieil rey jouguècde la flauuto, e la flauuto se boutèc a canta:
— Toucatz me, pay; certos me poudetz bien touca. Au bosc m'en
èri anat cerca lou ramelet d'or et la poumo d'irange. Moun fray me
lous a presis, m'a tuat, e m'a estujat deguens la croso d'un casse.
Lou nauet rey jouguèc apròs de la flauuto, e la flauuto se boutèc a
canta:
— Toucatz me, fray; certos me poudetz bien touca. Dab bous au bosc
m'en èri anat cerca lou ramelet d'or e la poumo d'irange. Bous me lous
auetz presis, m'auetz tuat, e estujat deguens la croso d'un casse.
E tric tric
Moun counte es finit.
E tric trac
Moun counte es acabat.

�il

LOU LOTJP MALAU.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop, au bosc dou Gajan (2), un. loup que se rendeuo
malau a forço de trop minja. Aquet loup s'en angouc un jour a Miradous (3) counsulta un gran medecin.
— Adichatz, moussu lou medecin.
— Adiu, loup.
— Moussu lou medecin, souy fortmalau, e bouleri aue uo consullo,
en paga, coumo de juste.
Lou medecin hascouc tira la lengo au loup, e lou hascouc picha dens
un beyre enta espia la coulou dou pich.
— Loup, ça digouc, te rendes malau a forço de trop minja. A parti
d'aneyt te cau taxa a sept liuros de carn per jour.
Lou loup remercièc bien lou'medecin, e lou baillèc per sas penos
quoate sos manquo un dinè. En s'en tourna au Gajan passèc à laboutigo dou haure de Castèt-Arrouy (4), e lou commandèc uo roumano
enta pesa cado jour las septliuros de carn coumoèro estat taxat.
Quantla roumano estèc hèyto, lou loup sel'angouc cerca, e cadojour
se l'empourtauo a la casso enta pas depassa l'orde dou medecin. Taben au cap de hoeyt jourstournèc benant e sanse, eregretauo pas lous
quoate sos manquo un dinè qu'aueuo baillat au grand medecin de
Miradous.
(1) Raconté par Jacques Bonnet, de Castet-Arrouy.
(2) Gajan, ancienne forêt des comtes d'Armagnac, située près de Lectoure, etdonnée aux habitants de cette ville par Louis XI après le massacre du comte Jean V. Le
Gajan a été aliéné depuispeu, et dófriché dans saplus grande partie.
(3) Miraioux, chef-lieu de canton (Gers), était autrefois le siége d'uno des quatrô
justices royales de la vicomté de Lomagne.
(4) Castet-Arrouy, village du canton de Lectoure, situé sur la lisière du Gajan.

�Au cap de quauque temps, arribèc sento Blanco, jour de la boto de
Castèt-Arrouy. Lou loup counegueuo soun mestiè coumo nat, e sabeuo
qu'après la messo, las gens s'anauon entaula dinqu'au moument oun
lou campanè repiquèsse lou darrè de brespos. Alabetz las cabalos pourièros e lasjoenosmulos que hèn bengueenta las bene aus Espagnols a
Leytouro, lou jour de la hero de sent Martin, damourauon toutos
soulos dens lous pratz de la ribèro de l'Aurouo.
Las gens de Castèt-Arrouy s'èron a peno serbit las soupos, moun
loup s'abio dou coustat de la ribèro, e ba abisa au bèt mièy dou prat
uo cabalo dab sa mulo. Malhurousoment, s'aueuo desbrumbat la roumano.
— Bap! ça digouc, peserèy a bisto d'oeil. Quoate liuros la cabalo e
tres liuros la mulo.
Asta lèu las escanèc toutos duos, e las rougagnèc dinqu'aus ossis.
Lou sé mêmo lou loup crebèc.
E tric tric
Moun counte es flnit.
E tric trac
Moun counte es acabat.

�III

LOTJS T3INÈS.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop un home e uo hemno: curauon uo establo. En cura
l'establo troubèn un dinè.
— Que haram nous autes d'aquet dinè? Angueram a la hero, croumperam uo pouro.
S'en angoun a la hero e croumpèn la pouro. Aquero pouro pounouc
forço oeus, que se beneuon fort plan en temps de quoareme.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.
— Que haram nous autes d'aquet dinè? Angueram ala hero, croumperam un pout.
S'en angoun ala hero e croumpèn lou pout. Dab lou pout e la pouro
auoun forço pourelz, e lous benoun fort plan en temps de carnabal.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.
— Que haram nous autes d'aquet dinè? Angueram a la hero, croumperam uo crabo.
S'en angoun a la hero e croumpèn uo crabo. Aquero crabo estèc
grano leytèro, e sa lèyt se benouc fort plan a la bilo.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.
— Que haram nous autes d'aquetdinè? Angueram a la hero, croumperam un bouc.
S'en angoun a la hero e croumpèn lou bouc. Lou bouc e la crabo
auoun forço crabotz, que se benounfort plan aus bouchès.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.

(1) Itaconté par Etienne Bladé, mon fils.

2

�— Que haram nous autes d'aquet dinè? Angueram a la hero, croumperam uo baco.
S'en angoun à la hero e cvoumpèn la baco. Aquero baco baillèc
forço lèyt coumo la crabo, e la benoun fort plan a la bilo.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un autedinè.
— Que haram nous autes d'aquet dinè? Angueram alahero, croumperam un brau.
S'en angoun a la hero e croumpèn lou brau. Lou brau e la baco
hascoun forço betètz que se benoun fort plan per las heros.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.
— Que haram nous autes d'aquetdinè? Angueram alahero, croumperam un gat.
S'en angoun a la hero e croumpèn lou gat. Aquet gat estèc gran
cassayre, e se minjèc toutz lous arratz, las beletos, las mirgos e las
taupos.
L'home e la hemno tournèn cura l'establo, troubèn un aute dinè.
— Que haram nous autes d'aquet dinè? Aro èm prou riches, cau
basti un pount de beyre.
Bastiscoun lou pount de beyre, e quant estèc bastit digoun :
— Aro lou cau esprouba.
Y hascoun passa la pouro, lou coupèc pas.
Y hascoun passa lou pout, lou coupèc pas.
Y hascoun passa la crabo, lou coupèc pas.
Y hascoun passa lou bouc, lou coupèc pas.
Y hascoun passa la baco, lou coupèc pas.
Y hascoun passa lou brau, lou coupèc pas.
Y hascoun passa lou gat, lou coupèc.
Quin èro lou mès fort?
— Lou gat (1).
— Lèuo-lou la couo, bouho-l'y debat.
(1) Cette réponse vient naturellement sur ies lèvres des auditeurs, et amène, do
la part du narrateur, la réplique facétieuse qui ciôt le conte.

�IV

LOTJ LOUP PENJAT.

Jou sabi un counte (1)Un cop, un home trauersauo un bosc : troubèc uu loup penjat pou
pè au cap d'un casse.
— Home, ça digouc lou loup, tiro-me d'aci per l'amour de Diu. Eri
mountat enta leua un ni d'agassos. En debara, m'èy pres lou pè sou
casse dens uo branco henudo, e souy perdut se n'as pas pietatde jou.
— T'en tireri dab plasé, loup, ça respounouc l'home, mès èy pòu
que me minjes quant sies despenjal.
—Te proumeti de pas jamès hè nat mau ni a tu, ni aus touns, ni a
tas bèstios.
L'home despenjèc lou ioup; mès a peno aqueste estèc en terro que
commencèc a l'espia de corno d'oeil.
— Home, souy ahamat, e èy grano embejo de te minja.
— Loup, sabes ço que m'as proumés.
— Ac sabi, mès aro souy despenjat, e boy pas mouri de hame.
—An bien rasoun de dise, loup : De bien hè, lou mau arribo. Se bos,
bam counsurta aquero cagno que beng de cap a nous autes.
— Ac boy bien, home.
— Cagno, ça digouc l'home, lou loup èro penjat pou pè au cap d'un
casse, e y seré mort se nou l'aueui despenjat. Aro, per ma peno, me
bo minja. Es aco juste?
— Home, ça respounouc la cagno, souy pas en estat de bous judja.
(1) Raconté par Pauline Lacaze de Panassac. Dans son Voyage archéologique et
historique en Âstarac, p. 242, M. Cénac-Moncaut a donné co conte sous ce titre :
Le Lion pendu; mais il a ajouté, de son crû, une foule de particularités qui enlòvent
toute sa valeur au récit original.

�«.

— 10 —

Ey bien serbit moun mèste dinquo aro; mès quant m'a bisto bieillo,
m'a tirado dehoro, enta pas aue mès a me nouyri, e m'a acampado
de cap au bosc. An plan rasoun de dise : De bien hè, lou mau
arribo.
— Alabetz, loup, ça digouc l'home, bam counsurta aquero bieillo
cabalo.
— Ac boy bien, loup.
— Cabalo, ça digouc l'home, lou loup èro penjat pou pô au cap
d'un casse, e y seré mort se nou l'aueui despenjat. Aro, per ma peno,
me bo minja. Es aco juste?
— Home, ça respounouc la cababo, souy pas en estat de bous judja.
Ey bien serbit moun mèste dinquo aro; mès quant m'a bisto bieillo,
m'a tirado dehoro, enta pas aue mès a me nouyri, e m'a acampado
de cap au bosc. An plan rasoun de dise: De bien hè, lou mau arribo.
— Alabetz, loup, ça digouc l'home, bam counsurta lou renart.
— Ac boy bien, home.
— Renart, ça digouc l'home, lou loup èro penjat pou pè au cap d'un
casse, e y seré mort se nou l'aueui despenjat. Aro, per ma peno, me
bo minja. Es aco juste?
— Home, ça respounouc lou renart, souy pas en estat de bous judja
auant d'aue bist l'endret.
Partiscoun toutz tres e arribèn au pè dou casse.
— Coumo èros penjat, loup, ça demandèc lou renart?
Lou loup mountòc sou casse, e se tournèc bouta coumo èro auant
d'este despeujat per l'home.
— Atau qu'èri penjat, renart.
— Eh bé, loup, damoro-ne.
Lou renart et l'home s'en angoun, e quant se calouc separa, l'home
arremercièc bien lou renart, e lou proumetouc de Iou pourta per sas
penos, lou lendouman maytin, un pareil de garios grassos.
En effet, lou lendouman l'home arribèc dab un sac.
— Aci las garios, renart.
Asta lèu, oubriscouc lou sac, e ne sourtiscoun dus cans qu'escanèn lou praube renart. An plan rasoun de dise: De bien hè, lou mau
arribo.
E tric tric
Moun counte es finit;
E tric trac
Moun counte es acabat.

�r

v

L'ESTIENNI L'HABILE.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop un rey qu'aueuo uo hillo bèro coumo lou jour.Un
dimeche, aquero princesso, en s'en ana a la gleyso, se troubèc uo
semic sou cot. La prengouc, l'embarrèc en un coffre, e maytin e sé
la nouyrisseuo de sa sang. Tabé la semic proufltèc, prottfitèc, e bengouc grano coumo un cagnot; mès finiscouc per mouri. Ço que hascouc la princesso, despouillèc la bestioto, e baillèc la pèt en un tannur,
enta que la preparèsse per coubri lou soun coffre. Aco hèyt, lou rey
hascouc troumpeta que bailleré sa hillo en maridatge au gouyat qui
counegueré de quino bèstio èro la pèt que croubisseuo lou coffre.
Tres ans se passèn a atende, e forço gens se presentèn e s'en tournèn sen poude debina. Ne parlauon dens tout lou pays, de maniéro
qu'un jour un gouyat noumat Estienni l'Habile digouc a sous besins
assemblatz :
— Bau parti pou castèt dou rey, e me cargui de debina de quino
pèt es coubert lou coffre de la princesso.
Estienni l'Habile partiscouc soul dab cinq chibaus seratz e bridatz;
au cap de sept lègos troubèc un home couchat qu'escoutauo l'aureillo
pausado en tèrro.
— Que hès aqui, moun amic?
— Moussu, souy Joan la Fino-Aureillo, e qu'escouti ço que dison
las gens dens l'aute mounde.
(]) Raconté pav Françoise laianne, du Castéra-Lectourois. Dans son Yoyage archéol. et hist. en Astarac, p. 209 et s., M. Cénac-Moncaut a donné ce conte sous
ce titre : Le Coffret de la princesse, et ii l'a gâté, comme il fait toujours, en cherchant à l'embellir. Les frères Grimm ont recueilli en Allemagne un conto semblable,
les Compagnons qui viennenl à bout de tout. Voyez Contes choisis des frèrcs
Grimm, trad. par Fród. Baudry (Paris, Hachette, 1855).

�i

—

42 —

— Joan la Fino-Aureillo, say dab jou; lèu aurèy besoun de tu, e
seras bien recoumpensat.
Lou Joan la Fino-Aureillo mountèc a chibau, e se boutèn toutz dus
en camin. Au cap de sept lègos, troubèn un home darrè uo sègo,
que tirauo cotz de fusil.
— Que hès aqui, moun amic?
— Moussu, que souy lou| Pierre lou Boun-Guignayre, que tiri aus
ricouchetz que soun la-bas sur la mountagno.
— Pierre lou Boun-Guignayre, say dab jou; lèu aurèy besoun de
tu, e seras bien recoumpensat.
Lou Pierre lou Boun-Guignayre mountèc a chibau, e se tournèn
bouta toutz tres en camin. Au cap de sept lègos, troubèn un home
que se trauauo.
— Que hès aqui, moun amic?
— Moussu, que souy lou Can-Lebrè. Me traui enta acassa las lèbes.
Se me trauaui pas, courreri trop e lous passeri deuant.
— Can-Lebrè, say dab jou; lèu aurèy besoun de tu, e seras bien
recoumpensaf.
Lou Can-Lebrè mountèc a chibau, e se tournèn bouta toutz quoate
en camin. Au cap de sept lègos, troubèn un home qu'estourseuo un
casse de cent ans.
— Que hès aqui, moun amic?
— Moussu, souy lou Samsoun lou Fort, e estorsi aquet casse enta
hè uo endorto per liga un hagot.
— Samsoun lou Fort, say dab jou; lèu aurèy besoun de tu, e seras
bien recoumpensat. *
Lou Samsoun lou Fort mountèc a chibau, e se tournèn bouta toutz
cinq en camin. Au cap de sept lèguos, arribèn au castètdou rey; mès
Estienni l'Habile nou pouscouc pas debina de quino pèt èro coubert
lou coffre de la'princesso.
S'en calouc tourna d'oun èron bengutz. Au cap de sept lègos, Joan
la Fino-Aureillo digouc a l'Estienni l'Habile :
— Moussu, enteni lou rey debisa dab la princesso, e diseu : Aqueste
tant pauc a pas pouscut debina que lou colïre èro coubert d'uo pèt de
semic engrechado.
Cop sec partiscoun toutz cinq, e s'en tournèn au castôt dou rey.
— Rey, ça digouc Estienni-l'Habile, lou coffre es coubert d'uo pèt
de semic engrechado. Aro me cau bailla bosto hillo en maridatge.
— Estienni l'Habile, ça respounouc lou rey, jou e tu qu'òm parentz. Te maridcras pas dab ma hillo que nou sies anat a Roumo
cerca dispensos dou papo.

�— 13 ■—
Cop sec parliscoun toutz cinq per Roumo; mès lou rey mandèc a
part un messatgè, dab uo letro enta prega lou papo de pas bailla las
dispensos. Au cap de sept lègos, lou Joan la Fino-Aureillo digouc a
l'Estienni l'Habile :
— Moussu, qu'enteni lou rey a dise : l'Estienni l'Habile aura
pas ma hillo en maridatge. Ey mandat un messatgè a Roumo dab uo
letro per prega lou papo de pas bailla las dispensos. Àsta lèu qu'aujo
respounso, l'estaquera au cot d'un pijoun, enta que m'arribe mès
biste.
L'Estienni hascouc uo letro au papo. Copsec lou Can-Lebrè partiscouc per Roumo, e quant lou messatgè dou rey arribèc, las dispensos
èron baillados. Ço que hascouc alabetz lou papo, escriuouc au rey uo
letro enta retira las dispensos, e aquero letro estèc estacado au cot
d'un pijoun. Môs lou Pierre lou Boun-Guignayre tuèc la bèstio a la
boulado d'un cot de fusil, e lou Can-Lebrè arribèc dab las dispensos.
S'en tournèn toutz cinq au castèt dou rey.
• — Rey, ça digouc l'Estienni l'Habile, aqui las dispensos dou papo.
Aro me cau bailla bosto hillo en maridatge.
— Estienni l'Habile, nou l'auras pas, mès te bailli astant d'or
coumo un home ne pouyra pourta.
L'Estienni l'Iîabile aperèc Samsoun lou Forl, e lou carguèn de cent
quintaus d'or que lou pesauon pas mès qu'un couchin de plumos. Alabetz, lou rey digouc :
— Estienni l'Habile, tourno-me moun or. Te bailli ma hillo en
maridatge.
L'Estienni l'Habile e la princesso se maridèn ensemble, e lou Joan
la Fino-Aureillo, lou Pierrelou Boun-Guignayre, louCan-Lebrè e lou
Sausoun lou Fort estèn embitatz a noços, e s'en tournèn lou lendouman, cadun dab soun chibau cargat d'escutz.
E tric tric
Moun counte es finit;
E tric trac
Moun counte es acabat.

�VI

JOAN LOU PIGRE.

Jou sabi un counte (4).
Y aueuo un cop un mèste fort abare e fort glourious, que prengouc a soun serbici un bourdilè tant fainiant que l'aperauon Joan
lou Pigre. Quauques jours après, lou meste boulouc ana bese ço que
se passauo a la bordo; mountèc a chibau, arribèc atau dinqu'a la porto
dou cauhadé (2), e troubèc lou Joan lou Pigre couchat en trauès dou
larè.
— Adichatz, mèste.
— Adiu, Joan lou Pigre. Es tout soul a la bordo?
— Nani, mèste, y besi la mitat de duos bèstios a quoate pès.
— Insoulent! E que hès aqui couchat coumo un can, quant diurés
èste a trabailla?
— Mèste, hèu cose lous qui s'en ban et lous qui s'en tournon.
— Que bos dise, bèstio? Oun es toun fray?
— Mèste, moun fray s'en es anat en uo casso, oun jito tout lou
gibiè que gaho, e s'emporto lou qui pot pas ategne.
. — Es en tren de dise peguessos. Oun es ta may?
— Mèste, aqueste maytin ma may tranchauo lou cap aus qui se
pourtauon bien enta goari lous malaus; arobaillo cotz de bastoun aus
ahamatz e hè minja lous qui n'an pas talen.
— Que me dises aqui, cap de porc? Aqui tout ço que ta may a hòyt
aneyt?
(1) Raconté par Isidore Escarnot, de Bivès. M. Cénac-Moncaut a gâté ce récit,
comme tous les autres, en le donnant, sous le titre de Juan le Faine'ant, dans son
Voyage en Astarac, p. 191 et s. On retrouve aussi ce conte en Provence. V. dans
1'Armana prouvençau do 1859, p. 57 et 58, L'Enfanlet lou Moussu.
(2) Cauhade', principale pièce dos métairios cl autres habitations rustiqucs.

�— 15 —
— Nani, mèste, s'es tabé leuado dauant lou jour enta hè cose lou
pan qu'auem minjat la semano passado.
— Ah! l'animau! En tirerey pas arré. Oun es toun pay?
— Mèste, es a la bigno, e y hè lou ben et lou mau.
— E bé! s'es a la bigno, l'y bau trouba, e lou counterey toutos tas
machantos respounsos.
Lou mèste s'en angouc a la bigno, e troubèc lou pay dou Joan lou
Pigre que poudauo.
— Cau praco dise, men, que boste hilh Joan lou Pigre es un gran
pèc e un gran insoulent. Tout aro n'èy pas tirat que machantos respounsos.
— Oh! mèste, l'en auri pas cresut capable. E que bous a dit?
— L'èy demandat s'èro soul a la bordo, e m'a respounut qu'y beseuo
la mitat de duos bèstios a quoate pès.
— Mèste, a dit la bertat. Auetz pas que duos camos, e boste chibau
auançauo lous pès de dauant dens lou cauhadé. Haseuotz dounc la
mitat de duos bestios a quoate pès.
— Se pot. Mès quant l'èy demandat ço que haseuo, m'a respounut
que haseuo cose lous qui benguen et lous qui s'en tournon.
— Mèste, a dit encoèro la bertat. Haseuo bouri moungetos, e las
moungetos mounton e debaron dens lou toupin : bengon e s'en
tournon.
— Mès quant l'èy demandat aoun èro soun fray, m'a dit que s'en
èro anat en uo casso oun jitauo tout lou gibiè que gahauo, e s'empourtauo lou qui poudeuo pas ategne.
— Mèste, a dit encoèro la bertat. Soun fray se pintouauo, e jitauo
lous pouils qu'aueuo gahatz; mès es estat fourçat d'empourta sou cap
lous qui an escapat au pintou.
— Mès quant l'èy demandat aoun èro sa may, m'a dit qu'aueuo
dabord tranchat lou cap aus benantz enta goari lous malaus, e qu'après baillauo cotz de bastoun aus ahamatz enta hè minja per forço
lousqui n'auèuon pas talen.
— Mèste, a dit encoòro la bertat. Sa may a tuat aqueste maytin
dus pouretz enta hè bouilloun per un malau. Après a acampat dab
un bastoun las pouros que lou bengueuon minja lou mill mentre
qu'embucauo las aucos.
— Mès m'a dit tabé que sa may s'èro leuado dauant jour enta hè
cose lou pan qu'aouetz minjat lasemmano passado.
— Mèste, a dit encoòro la berlat. Ma hemno a hèyt au hour auant
l'aubo enta rende aus besins lou pan que nous aueuon prestat la semano darrèro.

�— Mès quant l'èy demandat oun èrotz, m'a respounut qu'èrotz a la
bigno, e qu'y haseuotz lou ben e lou mau.
— Mèste, a dit eucoèro la bertat. Souy bengut pouda la bigno, e
hèu lou ben quant poudi bien, e lou mau quantpoudimau.
— Es egal, lou Joan louPigre es un insoulent, e bous acassi toulz
de la bordo, se nou hè pas las tres causos qu'ou bau coumanda.
Cau d'abord que minge mès d'armotos que lou mès grand minjayre;
après quejite uo peyro dab sa hroundo mès louèn que l'home lou mès
habile, e enfln que tire sang d'un casse.
— Eh be, mestre, moun hilh tachera de bous coulenta.
Lou pay s'en angouc trouba lou Joan louPigre, e lou countèc ço que
n'èro.
— Siotz tranquille, pay, harèy tout ço que me sie coumandat.
Lou mèste mandèc lou mès gran minjayre dou pays, e hascouc plea
bien egaloment dus grans matres d'armotos, dab un cuillè dens cadun.
Mès pendent que lou grand minjayre se bourraouo tant que poudeuo,
lou Joan lou Pigre jitauo flnoment las armotos debat la taulo, de
fayçoun que fmiscouc per hè cula soun coumpagnoun.
— Aro, çadigouc lou mèste, te cau jita dib ta hroundo uo peyro
mes loèn que l'home lou mès habile.
Lou mèste mandèc un tirayre de hroundo fort habile que jitèc dauit
sa peyro a perto de bisto.Mès lou Joan lou Pigre aueuo boutat un pigeoun
deguens sa hroundo, e quant abièc soun cop lou pigeoun boulèc mès
que lous oeils nou lou pouscoun siègue.
— Aro, çadigouc lou mèste, te cau tira sang d'un casse.
Lou Joan lou Pigre hascouc semblant d'amassa uo peyro enta tira
en un casse, mès aueuo densla pocho un oeucouat, e lou jitèc countro
l'aubre, de fayçoun qu'aurén cresut que la sang èro sourtido sou
cop.
— Mèste, ça digouc alabetz, èy hèyt ço que m'aueotz coumandat;
mès ta plan abandouni la bordo, èy causit un aute mestiè.
En effet, lou Joan lou Pigre s'en angouc, e quauques jours aprés
lou mèste lou rencountrèc bestit coumo un prince.
— Quin mestiè hès tu dounc aro, Joan lou Pigre, que sies ta plan
bestit?
— Mèste, me souy boutat marchant de causes que me coston pas
arré.
— Que bos dise?
— Boy dise que me souy boutat boulur, e que ço que beni noum
costo pas arré; tabé bailli tout a mitat prètz. Lou boste chibau bau

�— 17 —
cinquanto pistolos, dens tres jours bous l'aurèy panat, e bous lou
tournerèy per bint e cinq.
— Beyram aco, Joan lou Pigre; bau hè bouno goardo dens l'escuderio, dab moun fusil e moun espaso, e te proumeti que se t'y gahi
te tuerèy coumo un can,
Lou mèste prengouc soun fusil e soun espaso, e s'en angouc beilla
dens l'escudeno; mès au cap de dus jours e de duos neytz finiscouc
per s'adroumi. Alabetz, lou Joan lou Pigre entrèc douçoment dens
l'escuderio, s'en amièc lou chibau serat e bridat, e lou lendouman
lou tournèc bene au mèste per bint e cinq pistolos,
E tric tric
Moun counte es finit;
E tric trac
Moun counte es acabat.

�YII

LOU BOUYATGE DOU JOANOT.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop uo hemno qu'aueuo un hilh que s'aperauo Joanot.
Aquet Joanot èro pèc coumo un souail. Un jour sa may lou coumandèc
de s'en ana hè mole un sac de blat.
— Pren bien goardo, ça lou digouc, que lou mouliè qu'es un boulur, prengue pas per sas penos mès d'uo pugnèro per bouchèt. Enta
pas t'ac desbrumba, repeteras tout lou loung dou camin: Uo pugnèro
per bouchôt.
— Oui, may: Uo pugnèro per bouchèt.
Lou Joanot partiscouc sur la cabalo pourièro, dab lou sac de blat
darrè, e en tout s'en ana repetauo, enta pas se la desbrumba, la recoumandatioun de sa may:
— Uo pugnèro per bouchèt. Uo pugnèro per bouchèt.
Au cap d'un pauc troubèc tres boès que saumauon.
— Uo pugnèro per bouchèt. Uo pugnèro per bouchèt.
— Gusard, ça digoun lous boès, es atau que bos que siem pagatz
de nostos saumados ?
Cayjoun toutz tres a grans cotz d'aguillados sou praube Joanol, e
l'abladèn.
— Coumo diui jou dounc dise? ça demandèc lou praube gouyat.
— Cau dise : Diu la benasisco.
Lou Joanot tournèc parli.
— Diu la benasisco. Diu la benasisco.

(1) Raconlé par Bernarde Dubarry, de Bajonnette. Sous le titre i'Ambrosi louPeg,
M. Cénac-Moncaut a encore gâté ce conte. Voyage en Astarac, p. 215.

�— 19 —
Au cap d'un pauc troubèc tres homes que s'en anauon nega uo cagno holo a la ribèro.
— Diu la benasisco. Diu la benasisco.
— Machant droullat, ça digoun lous homes, bos que lou boun Diu
benasisco uo cagno que bouleuo morde las gens?
Cayjoun loutz tres a grans cotz de bastoussis sou praube Joanot, e
l'abladèn.
— Coumo diui jou dounc dise? ça demandèc lou praube gouyat.
— Cau dise: Ah! la laido cagno que ban nega !
Lou Joanot tournèc parti.
— Ah! la laido cagno que ban nega ! Ah! la laido cagno que ban
nega!
Au cap d'un paucrencountrèc uo noço a chibau que miauo uo nobio
a la gleyso.
— Ah! la laido cagno que ban nega! Ah! la laido cagno que ban
nega!
— Insoulent, ça digoun lous dounzelous.Es bengut aci enta insurta
la nobio ?
Cayjoun toutz sou Joanot e lou carguèn de cotz de hoetz.
— Coumo diui jou dounc dise? ça demandèc lou praube gouyat.
— Cau dise: Atau sien toutos.
Lou Joanot tournèc parti.
— Atau sien toutos. Atau sien toutos.
Au cap d'un pauc troubèc uo maysoun que burlauo.
— Atausien toutos. Atau sien toutos.
— Hugonaut, ça digoun lous qui escantisseuon lou hoec, bos que
toutos nostos maysouns burlen coumo aquero?
Cayjoun toutz sou Joanot, e l'abladèn de cotz de pèyros.
— Coumo diui dounc dise? ça demandèc lou praube gouyat.
— Caudise: Diu l'amourtisco.
Lou Joanot tournèc parti.
— Diu l'amourtisco. Diu l'amourtisco.
Au cap d'un pauc troubèc un home que poudeuo pas aluca soun
hour.
— Diu l'amourtisco. Diu l'amourtisco.
— Patalin, aqui coumo bos qu'aluque moun hour?
Cajjouc sou Joanot a cotz de hourco, e lou boutèc tout sangluent.
— Coumo diui dounc jou dise ? ça demandèc lou praube gouyat.
— Cau dise: Bèt hoec s'aluque.
Lou Joanot tournèc parti.

�— 20 —
— Bèt hoec s'aluque. Bèt hoec s'aluque.
Au cap cl'un pauc troubèc uo hemno que s'èro boutat lou hoec au
soun counouil en trop s'aproucha dou careil, e que risquauo de se
burla lo coho.
— Bèt hoec s'aluque. Bèt hoec s'aluque.
— Pousouè, bos dounc que me burle touto biuo ?
Cayjouc sou Joanot dab lou counouil, e l'en baillècmès de cent
cotz.
— Coumo diui dounc jou dise? ça demandèc lou praube gouyat.
— Caro te, pèc. A mau parla l'om atrapo toutjours patacs.
E tric tric,
Moun counte es fínit;
E tric trac,
Moun counte es acabat.

�VIII

LOU JOAN LOU PÈC.

Jou sabi un counte (1).
Y aueuo un cop uo hemno qu'aueuo un maynatge taloment simple
que l'aperauon Joan lou Pèc. Un jour sa may s'en anauo laua la bugado, elou digouc auant de parti:
— Joan lou Pèc, goardo la maysoun e hè bouri lou metau. Quant
bourisco, unteras lous cauletz dab grècho.
— Oui, may.
La hemno s'en angouc laua, e quant lou metau bouriscouc, lou Joan
lou Pèc prengouc tout lou sagin qu'èro dens lous toupins, e s'en angouc unta toutz lous cauletz dou casau.
Un aute jour sa may lou digouc:
— Joan lou Pèc, m'en bau a la hero, goardo la maysoun, e troubles
pas l'auco que couo.
— Nenni, may.
La may s'en angouc a la hero; mès lou Joan lou Pèc boulouc ana bese
l'auco que couauo e coupèc un oeu.
— Auco, ça digouc a la clouco, n'ac digues pas a ma may.
— Couac! ça haseuo l'auco.
— Ah! que l'ac bos dise. S'ac hès, te tui cop sec.
— Couac! ça haseuo toutjours l'auco.
— Ah! qu'es atau. Aten, aten.
Lou Joan lou Pèc estoursouc lou cot a l'auco; mès ça pensèc quant
ac auouc hèy t:
— Aro, me cau plan coua lous oeus.

(1) Ecrit sous la dictée de Françoise Lalanne

�— 22 —
En efïet, se pausèc sous oeus, e sa may l'y troubèc en tourna de la
hero.
— Que hès aqui, Joan lou Pèc?
— May, l'auco qu'es morto, e jou que coui lous oeus.
Sa may y angouc bese, e troubèc lous oeus toutz coupatz,
Un aute jour sa may louc digouc:
Joan lou Pèc, èsaro en atge de temarida. Te cau bengue desgourdit,
e t'en ana au bilatje jita quauques cops d'oeil a las gouyatos lou dimeche, a la sourtido de la mèsso.
— Oui, may.
En effet, lou dimeche apres, lou Joan lou Pèc se leuèc apunto d'aubo,
s'en angouc a l'apent, tirèc lous oeils a toutos las aoeillos, se lous
boutècdens las pochos, e s'en angouc a la mèsso. Après lou darrè auangèlL s'angouc planta sur la porto de la gleiso, e a proupourtioun que
las gouyatos sourtisseuon, las abladauo de cops d'oeils.
Un aute jour sa may lou digouc:
— Joan lou Pèc, cau bene lous buus; mio lous a la hero, e demando
ne la rasoun.
— Oui, may, ne demanderèy la rasoun.
Lou Joan lou Pèc partiscouc dab soun pareil de buus, lou mièc à la
hero.
— Quant demandos de tous buus, Joan lou Pèc?
— Ma may ma dit d'en demanda la rasoun.
— Quino rasoun?
— La rasoun.
Alabetz un aíïrountayre lou baillèc un papè plen de pouils et de
poulucs.
— Tè, Joan lou Pèc, aqui la rasoun.
L'afïrountayre s'en amièc lou pareil de buus, e lou Joan s'en tournèc
entaet.
— Là, may, èy benut lous buus, e n'èy tirat la rasoun qu'es deguens aquet papè.
Un aute jour sa may lou digouc:
— Joan lou Pec, èy bilat tout aqueste hiuer, e èy hèyt teche uo pèço
de telo. Te la cau ana bene a la bilo.
— Oui, may.
Lou Joan lou Pèc partiscouc per la bilo dab sa pèço de telo, entrèc
deguens uo gleyso, e biscouc uo estatuo touto pintrado e daurado.
— Moussu, me bouletz croumpa ma telo?
Lou bent entrauo dens lagleyso, e haseuohaussa e bacha lou cap de

�— 23 —
l'estatuo, de fayçoun que lou Joan lou Pèc cresouc que lou haseuo sinne que oui.
— En boy trento escutz.
L'estatuo haussauo e bachauo loutjours lou cap.
— Me lous pagueratz?
L'estatuo haussauo e bachauo toutjours lou cap.
— Dens quinze jours ?
L'estatuo haussauo e bachauo toutjours lou cap.
Alabetz lou Joan lou Pèc cresouc lou marcat fmit, lechèc la pèço de
telo au pè de l'estatuo, e s'en tournèc enta et.
— E be, may, èy benut la telo.
— Oun es l'argent, Joan lou Pèc ?
— L'èy benudo a credit en un moussu mut, dens uo gleyso; mès m'a
hèyt sinne que me pagueré dens quinze jours.
— Bèstio! n'auras pasjamès un ardit.
— Que si, may. Bous proumeti que me harèy paga.
Au cap de quinze jours lou Joan lou Pèc s'en tournèc a la bilo dab
soun bastoun e s'en angouc a la gleyso. Mès lou bent aueuo cambiat, e
l'estatuo au loc de haussa e bacha lou cap coumo lou prumè cop, lou segoutisseuo sur las espaulos coumo qui ditz nani.
— E be, moussu, etz countent de la telo ?
L'estatuo segoutisseuo lou cap.
— Nani. E be, me la cau tourna.
L'estatuo segoutisseuo toutjours lou cap.
— Nani. E be, me la cau paga.
L'estatuo segoutisseuo toutjours lou cap.
— Nani. Ah ça', tout aco que soun peguessos, tournatz-me ma telo,
ou countatz-me moun argent.
L'estatuo segoutisseuo toutjours lou cap.
Alabetz lou Joan lou Pèc cayjouc sur l'estatuo a grans cotz de bastoun, e tout en tusta coupèc un cachoun qu'èro au pè enta recebe las
aumoynos. S'amassèc l'argent qu'èro cayjut en tèrro, e s'en tournèc
enta èt.
— E be, may, bous ac aueui bien dit que me saberi hè paga.
Un autejour lou Joan lou Pèc èro sur un aubre, e coupauo dab un
pigassoun la branco oun s'èro pausat.
— Joan lou Pèc, ça digouc un home que passauo, se countinuos de
coupa atau la branco oun ès setut, tarderas pas a cayge en tèrro.
L'home passèc soun camin, e lou Joan lou Pèc countinuèc de coupa
la branco dinqu'au moument oun cayjouc en tèrro.
3

�— 24 —
— Aquet home, ça pensèc, diu este un gran sabent, e se m'a predit
qu'anaui cayge, me pot bien predise tabé quant mourirèy.
Asta lèu se boutèc a courre après l'home.
— Home, digatz me quant mourirèy.
— Joan lou Pèc, mouriras au troisièmo pet de toun ase.
Lou Joan lou Pèc s'en tournècentaet, e troubèc soun ase que broustauo sou pastenc dauantlaportode lamaysoun. Au cap d'un pauc Fase
petèc.
— Aro, ça digouc lou Joan lou Pèc, souy perdut au cap de dus petz.
Au cap d'un pauc l'ase tournèc peta.
— Souy perdut se peto encoèro, ça digouc lou Joan lou Pèc. A touto
forco l'en cau empacha.
Cop sec s'en angouc cerca un pau bien pounchut e l'enfouncèc dab
un martet dens lou cu de l'ase. Mès l'ase s'enflèc tant, e hascouc tant
gran efîort, que lou pau sourtiscouc coumo uo balo e tuèc lou praube
Joan lou Pèc.
E tric tric,
Moun counte es finit;
E tric trac,
Moun counte es acabat.

�RÉCITS.

��i.

LA LECOTJN
DOTJ JOANET.
3
Y aueuo un cop, auGenèbra (1), un bourdilè fort simple que s'aperauo Joanet. Aquet bourdilè aueuo benut un pareil debuus a la hero de
Flourenço, e anauo partì enta partatja l'argent dab soun mèste un
dimeche après la mèsso de paroisso. Mès la mouillè dou Joanet, qu'èro
uo hemno abisado, lou hascouc la leçoun de la manièro que batz bese.
— Te presenteras hounestoment a l'oustau dou mèste, te tireras
lou capèt, e saluderas dinquo en terro.
— Adichatz, Moussu, ça diras-tu.
— Adiu, Joanet, ça dira et.
— Etz benant, moussu? ça diras-tu.
— Rede, Joanet, ça dira et.
— Èy benut lous buus, moussu, ça diras-tu.
— Per quant, Joanet? ça dira et.
— Cent escutz, moussu, ça diras-tu.
— Fortbien, Joanet, çadiraet.
— Aqui ne cinquanto, moussu, ça diras-tu.
— Es moun coumpte, Joanet, ça dira et.
— Cau beue un cop, Joanet, ça dira et.
— Mercio, moussu, ça diras-tu.
— Que si, Joanet, ça dira et.
— A bosto santat, moussu, ça diras-tu.

(1) Ecrifc sous la dictée de Pauline Lacaze. —- Le Génébra est une raétairie près
de Lectoure.

�II.

LA TROUJO PENJADO.

Las gens de Marsoulan (1) soun toutjours estatz glouriousis coumo
pouils sur uo camiso blanco. Bèt temps y a, lous cossous dou bilatge
aueuon justiço hauto e basso, e poudeuon jutja a mort: môs lou cas
se presentauo pas jamès.
Un jour uo troujo pourcatèro blassèc un maynatge d'un cot de mus.
Ço que hascoun lous cossous de Marsoulan, s'assemblèn dauant l'embanc de la gleyso, hascoun amia la praubo troujo, e la coundamnèn a
mort.
Lou bourrèu deLeytouro estèc mandatdab sapoutenço enta lapenja
lou lendouman, e lous cossous hascoun crida que toutos las gens de la
coumuno qu'aurén pourquerio la mièssen au pè de la poutenço quant
la troujo seré penjado.
Estèc hèyt coumo aueuon dit, e quant lou bourreu passèc la cordo
au cot de la troujo enta la penja, toutos las gens de Marsoulan cayjoun
sur lourpourquerio agrans cotz de bastoussis en crida :
— Exemple, exemple, gourrataillo!

(1) Cette historiette m'a souvent été racontée par feu M. Boubce de Lacouture,
juge au tribunal de Lectoure. — Marsolan est un village du canton de Lectoure.

�— 29 —

III.

RECOUMANDATIOTJlSr D'UN AUBERGNÁS
Un cop (1), dus frays Aubergnassis aueuon tuat un home de Seissan.
Lous jutges d'Auch coundamnèn l'aynat a este penjat. Dou caddet
n'auoun pietat per amou qu'èro encoèro fort joen, e lou coundamnèn pas
qu'a esta hoetat per lou bourrèu, au pò de la poutenço oun l'aute
anauo esta penjat.
Lou cadet cridauo coumo uo aiglo pendent que lou bourrèu lou
hoetauo a bras birat: mès l'aynat qu'atendèuo la cordo au cot haseuo
sas darrèros recoumandatiouns.
— Fray, ça diseuo, quant tournes en Aubergno, digues pas quesouy
estat penjat. Digo que me souy maridat, e qu'as plan dansat à mas
noços.

(1) Anecdote racontée par mon oncle, M. l'abbé Bladé, curé de la paroisse du
Pergain-Taillac. — Seissan est un village de l'arrondissement d'Auch.

�IV.

LOUS TIiES ESTAMAYRES.

Un cop (1) tres estamayrcs Aubergnassis, cargatz de payrôs, de padenos e de cassetos, montauon au gran galop la grano pousterlo (2)
d'Aucli. Quantarribèn au cap èron rouges coumo la sang ebouhauon
coumo tachouns. Ço que lous estounauo ère de bese d'autos gens arribatz au cap de la pousterlo bien agitzet pas brico espoussatz.
— Coumo auetz bous autes hèyt, ça lous demandauon lous Aubergnassis.
— Auem mountat lous escalès douçoment.
Lous tres estamayres debarèn la grano pousterlo enta la tourna
mounta tranquiloment.

(1) Anecdote racontée par M. l'abbé Bladé.
(2) l'ousterlo, On appelle ainsi, à Auch, des rues à pente fort raide, failes on escalier, et par conséquent accessibles aux seuls piétons.

�LOTJ MAYNATGE QTJÈC.

Un cop (-1) uo hcmno qu'aueuo un maynatge quèc lou mandèc a Ia
cauo enta tira bin. En tout tira lou bin lou brouquet cay dens lou
pichè (2). Asta lèou lou drolle lècho picha la barrico e arribo au galop
dens la crampo oun èro sa may.
— M
ma
m
may, lou b
lou b
lou br
lou
brou
1
lou brouq
lou brouquet de
de
de la b
de la b
de la bar
rico qu'es
qu'es.
cay.
cay
cayjut
E atau pendent tres quoartz d'houro sens poude jamès fini.
— Praube, ça digouc la may impatientado, s'ac podes pas dise,
cantos-oc.
— Lou brouquet de la barrico qu'es cayjut dens lou pichè (3).
— Jèsus! es bien temps qu'ac digos; la barrico diu este boeyto.
En effet, la barrico èro boeyto, la cauo nadauo de bin.
(1) Ecrit sous la dictée de Françoise Lalanne.
(2) Pichè, mesure locale contenant à peu près 2 litres.
(3) Le aarratcur chante cette phrase.

�— 32 -

VI.

LOUS T3US MOUNGES.

Bet temps a (1), y aueuo a Bouillac (2) un seignou fort arrisoy, e
qu'aymauo pas goayre las gens de gleyso.
Un sé, dus mounges blancs arribèn a chibau a la porto dou castèt
e demandèn a soupa e lou lotjoment per la neyt. Coumo soupauon,
lou seignou lous demandèc oun anauon.
— Bam a las aygos de Bagnèros, per l'orde dous medecins, enta
retrouba l'appetit qu'auem perdut.
Lou repech finit, lou seignou lour souhaitèc uo bouno neyt, e lous
hascouc counduise toutz dus dens la mômo crampo, au cap de la tour
dou castèt. Quant lous dus mounges se rebeillèn enta sc tourna bouta
en routo, la porto de la crampo èro barrado a clau. Aperèn, tustèn,
digun nou bengouc.
La journado se passèc atau sens minja ni beue, e lous praubes
mounges creseuon que lou seignou lous auèuo hèytz embarra aqui enta
lous y hè mouri de malo hame e de mato set. Per aco, finiscoun per
s'endrome; mès lou lendouman se rebeillèn lou bente boeyt e las
dentz loungos, e s'espiauon de l'un a l'aute coumo se s'èron boulutz
minja. A la fin, abisèn dus ou tres hours de cebos penjatz en un
saumè de la crampo, a mès de bint piès en sus. Asta lèu se boutèn a
tira a las cebos a grans cops de souliès, e quant ne hasèuon cayje uo
se l'abalauon dauid sens la chapa. Aco durèc dinqu'au sé. Alabetz
lou seignou bengouc aubri la porto.
— Besi dab plasé, mous pèros, que l'appetit bous es tournat. Auètz
pas mès besoun d'ana a las aygos, e poudetz rentra dens boste
coumbent.
(1) Cette historiette a été écrite sous la dictèe d'un cantonnier de Gimbrède (canton de Miradoux), dontj'ai oublié le nom.
(2) Rouillac, ancienno commune du canton dc Miradoux, aujourd'hui annexée à
Gimbrcde. Le château de Rouillac existo encore.

�— 33

VII.

LOIJ SERMOUN DOU TESSOUN DE LÈYT

Bèt temps a (1), y auèuo a Sento-Radegoundo un curè qu'aymauo
millou la carn que lous cauletz, e lou boun bin bieil que la biado.
Aquet curè qu'aueuo sa maysoun gahado a la gleyso, dcfayçoun qu'en
dise la messo poudèuo bese ço que se passauo a la cousino.
Un dimeclie qu'atendèuo mounde a dinna, auèuo coumandat per
roustit un bèt tessoun de lèyt. Mès au bèt miey de la messo darrèro
te ba abisa la gouyo que s'èro endrournido en bira la brocho, e que
lèchauo burla lou tessoun de lèyt. Cop sec, lou curè mountèc dens la
cadiòro predicadero et hascouc aquet predic :
— Mous bien chers frays, ètz toulz de brabos gens, e cresi bien
que digun de bous aus n'es capable de porta la man sou ben dous
autes. Mès y a dabuos fayçous destournados de prengue la causo
d'un aute. Là, mous bien chers frays, dilus darrè, un home d'aquesto
paroisso aueuo léchat ana lou soun tessoun den lou haua d'un besin.
Aquet besin se tentauo, e cridauo tant que poudèuo : Hou! hou! biro
lou tessoun! biro lou tessoun!
En aquet crid la gouyo endroumido se rebeillèc e se tournèc bouta
a bira la brocho.

(1) Ma grand'mère, qui était de Saintc-Radegonde (canton dc Fleurance), m'a
souvent contc cette facélie.

�VIII.

LOU DIABLE AU CEMENTÈRI.

Bèt temps a(-l), dens lou cementèridous Carmes deLeytouro, y auèuo
un nouguè, e ôro estat coumbengut dab lous mounges que lou campanè, que s'aperauo Barraquet, prouíìleré dous esquillotz. Mès arribauo
souen que quant lou Barraquet s'en anauo enta lous amassa, d'autes
s'èron leuatz mès maytin qu'et, e qu'y troubauo pas mès arre.
Un cop lou campanè se leuèc bien auant lou jour, e partiscouc pou
cementèri dab un sac enta s'en ana hè sa recolto. Arribat sur la porto
entenouc un brut, coumo de quaucoumet que cruchisson. Asta lèu
lou Barraquet partis a hutos, e s'en ba au coumbent dous Carmes
trouba lou pèro Benoît.
— Pèro Benoìt, lous Diables soun au cementèri, e que cruchisson
lous ossis dous mortz.
— Ah! lous gusards! Coumo te lous angueri acampa sens la gouto
que m'es tournado dempus ajé.
— Pèro, se bouletz, bous pourterèy a perrequet.
— As rasoun, Barraquet. Bèy a la gleyso e porto me moun suberplis, moun bounet carrat e l'aspersoun.
Quant lou Barraquet estèc tournat, ajudèc lou pèro Benoît a se
besti, se lou carguèc sur l'esquio, e partiscouc pou cementèri. Lous
qui haseuon lou brut èron quoate ou cinq boulurs que minjauon esquillotz, en attende un de sous camarados qu'aueuon mandat pana
lou tessoun dou mouliè de Repassac (2).
— Entenetz, pèro Benoît, coumo lous Diables cruchissoun lous ossis
dous mortz?
— N'aujes pòu, Barraquet, e nou me lèches pas cayge. Dab ma
pregàrio lous bau acampa coumo cau. Fuyez, esprits immondes. Vade
retro, Satanas. Ab insidiis Diaboli, libera nos Domine.
(1) Ecrit sous la dictée dc M. l'abbé Bladé.
(2) Repassac est un moulin à oau situé sur la rivière du Gors, a peu de distance
de Lectoure.

�— 35 Lous boulurs qu'enteneuon parla e que beseuon dens la neyt
arriba un home que pourtauo quaucoumet sur l'esquío, creseuon
qu'èro lour camarado que tournèsse dab lou tessoun.
— Es gras, ça diseuon, es gras?
Lou praube Barraquet èro miey mort de pòu, e creseuo que lous
diables demandèssen s'èro gras, enta lous minja, et e lou pèro Benoìt.
— Es gras? es gras?
Lou Barraquet y pouscouc pas mes tengue, e jitèc lou pèro Benoît
en tèrro.
— Gras ou magre, aqui lou.
E partiscouc a hutos s'embarra dens sa maysoun.

�— 36 —

ÍX

LA SUPERBO.

Y aueuo un cop (1) uo hemno que s'aperauo Superbo, la bien noumado. Èro gloriouso coumo un cent de pouils, e s'éro loutjat au cap de
se hè bouta denslas litanios. Un jour s'en agouc trouba iou soun curè.
— Adichatz, moussu curè.
— Adichatz, Superbo.
— Moussu curè, bous benguèui demanda un plasé.
— Parlatz, mio, que bous escouti.
— Moussu curè, me bouleri hè bouta en las litanios. Sento Superbo!
Me semblo qu'acô sere fort bèt en esta cantat. Bous paguerèy ço que
caille.
— Superbo, acô es un gran aunou, e bous en coustera lou prat
qu'auetz à la ribèro.
— E be, moussu curè, acô es coumbengut. Lou prat es a bous a
parti d'aro, e dimeche coumenceratz de me bouta en las litanios.
— Ac harèy, Superbo, m'en poudetz crese.
La Superbo s'en tournèc enta ero; mès lou clerc qu'èro darrè la porto
aueuo tout entenut. Tabé, lou dimeche après, quant lou curè en
canta las litanios arribèc a sento Superbo, lou clerc, au loc de respoune ora pro nobis, damourèc mut. Lou curè estounat tournèc
canta:
— Sento Superbo.
— Pramou de l'herbo.

(1) Ecritsous la dictée de M. Félix Guilbon, do Lectoure.

�LA BISITO DOÏÏ BOÏÏRDILÈ.

Un jour de marcat (1), un bourdilè arribèc enta soun meste.
— Àdichatz, moussu.
— Adiu, Joanillo. Qu'y adenau a la bordo?
— Arré, certos, moussu, soun que lou noste can qu'esmort.
— Praubo bèstio! E de que es mort?
— Moussu es mortd'aue trop minjat de carn de baco.
— Trop de carn de baco? N'an dounc tuat uo dens lou besiatge?
— Nani, moussu, èron las bostos qu'èron mortos.
— Mortos, ma bacos! E de que, moun Diu?
— Moussu, a forço de carreja aygo.
— Me hès mouri. E per que carreja tant d'aygo?
— Moussu, perescanti lou hoec.
— Quinhoec?
— Moussu, lou qui s'èro boutat ala bordo.
— Lou hoec s'es boutat a la bordo?
— Oui, moussu, tout esburlat.
— Tout es burlat!
— Tout es burlat, las bacos e lou can soun mortz. Autoument y a
pas arré denau.

(1) Cette facétie m'a été racontée par un paysan des environs do Condom, dont
j'ai oublié de prendre le nom.

��SUPERSTITÍONS.

4

��1

L'AOEILLO.

Un cop (1) un bourdilè de la coumuno de Lagardo (2) s'en èro anat
croumpa un mârrou a lahero de Francescas (3). En s'en tourna, arribèc dauant Sent Martin de Goeyno (4) au bord de nèyt, e quitèc la routo
de la Peyrigno (5) enta prengue la trauerso.
Aueuo pas hèyt miejo lègo, troubèc uo aoeillo au bord d'un arriu,
loen detouto damouranço.
— Me bau amia aquero aoeillo enta jou, ça pensèc lou bourdilè, e
douman cerquerèy soun mèstre.
Mès l'aoeillo bouleuo pas siègue. Ço que hascouc alabetz lou bourdilè, se la carguèc sou cot e se l'empourlèc.
Mentre que l'home se l'empourtauo, l'aocillo se boutòc a parla.
— Carioli, carioli, ça diseuo, jou que mepourtini.
E toutjours arpatejauo enta s'escapa; mès lou bourdilè la tengucuo
sarrado e soun que la poudeuo pas empacha de dise a cado pas:
— Carioli, carioli, jou que me pourtini.
Arribat enta et, lou bourdilè embarrèc l'aoeillo soulo deguens un

(1) Eciit sous la dictéc de Françoise Lalanno.
(-2) lagardo, Lagarde, commune du canton de Lectoure (Gers), ancienne dépendance du marquisatdo Fimarcon.
(3) Francescas, chef-lieu dc canton du départementdc Lot-et-Garonne, renommé
pour sa race de moutons.
(4) St Martin de Goyne, village du canton de Loctoure.il dépendait autrefois de la
vicomté de Bruilhois.
(5) Peyrìgno, nom de ta route qui va do Lectoure àNérac, enpassantpar Ligardes et Francescas. On lui a donné abusivement ce nom, carla vraie Peyrigne, dont
]a précédente est voisine, est ctablie sur l'emplacement d'unc ancìcnne voie romaine
qui allait de Bordeaux aux Pyrénées, cn suivant la chaîne dcs collines qûi sépare le
bassin de la Garonne desbassins dela Leyro et de l'Adour.

�— 42 —
penoun, e après rentrèc a la bordo enta counta a sa hemno ço que l'èro
arribat. Sa hemno y òro pas, e sous besins lou digoun que l'aueuon pas
bisto dempus lou soureil couchat.
Lou bourdilè s'angouc coucha fort inquiet; mès loulendouman, a
punto d'aubo, quant boulouc ana au penoun bese ço qu'èro debengudo
la bèstio qu'aueo pourtado, troubèc sa hemno à la plaço de l'aoeillo.

�— 43 —

11

LOU GAT PANAT.

Yaueuo un cop, à Terraubo (1), uo hemno qu'auèno granoembejo
d'un gat. Un jour, aquero hemno s'en angouc a la hero de Flourenço (2) bene quauques pareils de pouraillo, e troubèc un gat negre darrè
un'pila.
Sur la dehèyto de la hero, la hemno se prengouc aquet gat negre e se
l'empourtèc a Terraubo. Pendant tres jours lou hascouc minja dab ero
en taulo, dab un coubert, un goubelet e uo serbieto coumo per un
chrestian, e lou sé lou haseuo coucha dab ero.
Lou quoatrièmo jour, la hemno se debrumbèc, a l'houro dou dinna,
debouta lou coubert dou gat negre.
— Per que, ça ditz lou gat negre, m'as pas boutat lou men coubert?
La hemno echantado s'en angouc asta lèu counta l'afa en un bieil
curè fort sabent.
— Mio, ça digouc lou curè, tournatz biste pourta aquet gat negrc
doun l'auetz tirat.
La hemno partiscouc cop sec per Flourenço, e tournèc pausa lou gat
negre darrè lou mèmo pila oun l'auèuo pres lou jour de la hero.
— Hemno, ça ditz lou gat negre, t'a bien enseignado lou qui t'a
enseignado. Se m'auèuos pas pourtat aci auant lou soureil couchat,
t'estouffaui aquesto nèyt.
E lou gat negre s'en angouc.
(1) Ecrit sous la dictée de Cadelle Saint-Avit. — Terraubo, Terraube, villago du
canton do Lectoure (Gcrs), jadis siégo d'un marquisat.
(2) Flourenço, Flcurancc, chef-lieu de canton (Gcrs), ancienne capitale du comté
de Gaure.

�III

LA MESSO DE LAS HANTAUMOS.

Bèt temps a (1), y aueuo aLeytouro, darrè loucoumbent de SentoClairo (2), uo beuso que gagnauo sa praubo bito a hila lin. Aquero
beuso èro fort deboutiouso, e cado maytin manquauo pas d'ana auant
lou jour a la prumèro messo de Sent-Gerbâsi (3).
Uo nèyt d'hiuer, la beuso droumeuo pas, e cresouc entene, a trauès
lou brut dou bent, las campanos souna la mèsso prumèro. S'habillo cop
sec, e partis per Sent-Gerbàsi. Y auèuo pas digun dens las carrèros, e
la nèyt èro negro coumo lou tapioun. Pourtant las portos de la gleyso
èron alandados, l'aula preparat, e lous cierges alucatz. La beuso troubèc aqui forço gens bestitz a las modos de l'ancien temps, que se boulegauonsens hè nat brut; mès en counegueuo pas nat, e counegueuo pas
ta pauc ni lou preste que diseuo la messo, ni lous clercs que la respouneuon. Beseuo bien aquet preste remuda lous potz, e au moument
de la consecratioun biscouc tabé un clerc brandi la campaneto; mès
entenouc pas nado paraulo ni nat trindoment.
Loumoument de laquisto arribat, un canoungeque labeuso aueuo
pasjamès bist passèc dab un gran plat de couyre, e toutos las gens
qu'èron à la mèsso y jetauon escutz, pistolos e louis d'or, coumo s'en
beseuo pas que bèt temps a e coumo n'y a pas nat aro. Aquet argent e
aquet or caygeuon dens lou plat sense trinda, e quant lou canounge
estècarribat à la beuso, la praubo hemno qu'aueuo pas un ardit en
pocho se tirèc dou dit soun anèt de maridatge, e lou lechèc cayge dens
lou plat.
Au trindoment que hascouc l'anèt, asta lèu louscierges s'escantiscoun toutz au cop, lou prèste, lous clercs e lou puble s'abouliscoun
(1) Ecrit sous la dictée de Bernarde Dubarry, de Bajonnette, canton de Flcurance.
(2) L'ancien couvent des Clairistes de Lectoure cst aujourd'hui occupé par un pcnsionnat dcs Dames de Nevers.
(3) Sent-Gerbâsi, Saint-Gervais, nom de l'ancienne église cathédrale deLecloure.

�— 45 —
sens brut e coumo un hum, e la beuso damourèc soulo dens la nèyt au
mièy de la gleyso de Sent-Gerbàsi.
La praubo hemno s'en tournèc enta ero mièy morto de pòu, e se
tournècbouta aulèyt. S'èro pas a peno couchado, entenouc las campanos que sounauon miejo nèyt.
Lous besis la troubèn morto lou lendouman maytin, e lous canounges de Sent-Gerbàsi s'eslounèn de trouba dens lou plat de quisto un
anèt d'or que sabeuon pas qui l'y aueuo boutat.

�IV

LOTJ REY ARTTJS.
Lou rey Arlus (1) èro un gran cassayre, toutjour per lous camps e per
lous bosquis, dab sous cans, sous chibaus, e sous bayletz que sounauon
de la troumpo.
Un jour de Pascos, lou rey Artus èro a la mèsso, au moument de la
counsecratioun, quant entenouclayra sa muto qu'aueuo lançat un porc
sangliè.Asta lèu sort de la gleyso; mès estèc pas sourlit, qu'en punitioun
de soun pecat lou bent se l'empourtèc dens lous nuatges, dab sous
cans, sous chibaus e sous bayletz.
Dempus qu'esestatempourtat,lou rey Artus casso a trauès lous ayres,
e cassera dinqu'au jour dou jutjoment. Mès lou praube home hè pas
grano preso. Gaho pas qu'uo mousco cado sept ans; encoero arribo
soen que sous cans se l'an minjado auant que lous ac pousco prengue.
Aqui la punitioun dou rey Artus. Belèu, pendent las nèytz de
l'hiuèr, auetz entenutungran brutpassadenslou cèu. Quauque cop es
la soubatgio que bouyatjo; mòs quauque cop es la casso dou rey Artus.

(1) Lalégende du roi Artus est populaire dans la plupart des provinces de France.
Je la donne ici telle que me la rccitait dans mon enfance le domestique d'un dc mes
oncles, Barthélemy, do Nogaro.

�LA NEYT DE NADAU.

La nèyt deNadau (1) es un temps de grano counfusioun per l'inher.
Las sourciéros, lous loup-garouns e lous diables se counegon pas de
coulèro, per amo que Noste Segne es basut, e hèn pertout aslant de
machancelatz que podon. Aquero nèyt, quant partisson per la
messo, se cau bien goarda d'abandouna lous petits maynatges toutz
souletz dens las maysouns. S'es estat bist que las sourcièros an proufitatde ço que louspays e mays èron sourtitz entaentra per jita sortz e
bailla mau. Dison mèmo que dou coustat dou Mas de Fimarcoun (2),
lous parentz, en rentra de la messo, troubèn un de sous maynatges
tout embrouchat e que las sourcièros anauon hè rousti.
Uo nèyt de Nadau, duos hemnos s'en èron anados a la messo à Leytouro, e en attendent que sounèssen a Sent-Gerbàsi se passejauon sou
Bastioun (3). Tout en se passeja se trabèn en uo branco.
— Catalino, ça digouc la Isabeau, amasso aqucro branco.
Mès la Catalino auouc pas amassat la branco que lou bent se l'empourtèc dab la Isabeau sur la plano de Bustòt (ì) oun lous' sourciès
tengueuon lou sabbat.
Las duos hemnos recounegoun aqui forço gens qu'aurén pas jamès
trezut que s'estèssen baillatz au diable, e que n'an noumentat daubusis que soun pas estatz countentz. Tout aquet machant mounde que
trepauo e que dansauo en round, en attendent que lou diable arribèsso per hè la pago. Lou diable arribôc a la fin sur uo carreto atelado

(1) Raconté par Françoise Lalanne. — On sait quo le sabbat (qui n'était qu'une
assemblco dc débauche) a existé en Gascognc, et surtout dans le Labourd, vcrs la fin
du xvi" siccle, el au commencemcnt du xvn°. V. Pierre DELANEHE, L'Incrédulité
et Mécréance du Sortilége pleinement convaincues; Paris, 1612.
(2) Mas de Fimarcon, Mas de Fimarcon, village du canton de Lectoure (Gors). II
ilépendaitautrefois du marquisat de Fimarcon.
(3) Bastioun, bastion, promenade ainsi nommée pares qu'elle a cté établie sur
l'emplacement des anciennes fortifications.
(4) Bustèt, métairie située au nord de Lectoure.

�— 48 —
de gatz e de limacs e oubriscoun uo grano cacho touto pleo d'escutz c
de louis d'or. Mès a proupourtioun que pagauo lous sourciès lous escutzsecambiauon encarbouns e lous louis d'or en hoeillos d'arroumecs
secos.
La pago hèyto, lou diable coumencèc la malo messo, en hè lou sinne
de la croutz en terro dab lou pè gauch e legiscouc lou sant auangèli
tout a rebouch. Au moumentde la counsecratioun, leuèc en l'ayre uo
houstio negro a tres puntos, e lous grapauds e las cucos se boutèn toutz
a canta.
Après lacounsecratioun, las gens dousabbat s'en angoun toutos, l'uo
apròsl'auto, dabun cierge negre a la man, baysa lou diable debat la
couo.
— Aqui boste tour, ça digouc uo bieillo sourcièro a la Catalino e a
la Isabeau. Y bouletz ana?
— Nâni, moun Diu!
Au mot de Diu lou diable partiscouc a hulos dab sounmacbantmounde
a l'adarrè, e cop sec la Catalino c la Isabeau se troubcn repourlados
sou bastioun coumo sounauon lou prumè de la messo de mièjo nèyt.

�— 49 —

VJ

LOIJS HILS DOU CARBOUÈ.

Ỳ aueuo un cop un praube carbouè que damourauo dens lou bosc de
l'Arramè (1), proche dou Riutort (2). Aquet carbouè bengouc a mouri,
e sous tres maynatges lou hascoun enterra proche de sa hemno, dens
lou cementèri de Pauillac (3). S'en tournèn dens lour cabano apròs
l'enterroment: haseuo fret, la nèyt èro negro, e lous loups cridauon a
trauès lou bosc.
— Frays, ça digouc l'aynat, bam mouri aci de fret e dehame. Auem
pas un mos de pan sur la plancho, e lou medecin s'es pagat agè dab
nosto darrèro couberto. Lou coumbent de Bouillas (4) es pas qu'a miéjo
lòguo d'aci, e lous mounges blancs refuseran pas l'aumoyno au Joan.
Lou Pierre qu'es lou mès petit damourera aci, e jou m'en anguerèy a
la caritat au castèt de Lamotho-Goas (5).
Lous dus frays partiscoun cadun de soun coustat, e lou petit Pierre
damourèc tout soulet a la cabano. Tredouleuo de pòu e de fret; mès a
la fin lou fret estèc mès fort que la pòu, e lou maynatge sourtiscouc
enta bese se digun tournauo pas.
Digun tournauo pas; mòs à cent passis de la cabano te ba abisa un
troupèt d'homes bestitz en seignous, que se cauhauon prochc d'un gran
hoec sens dise arrè. Lou Pierre s'aprouchèc de l'home que semblauo
este lou mèste dous autes, e lou demandèc per pietat dus ou tres carbouns enta aluca soun hoec. L'home bachèc lou cap coumo per dise:
oui, e lou Pierre s'en angouc dab sous carbouns. Mès estèc pas entrat
(!) Raconté par Jacques Bonnet, de Marsolan. Arramá, Ramier, forèt situèe à
gauchedela route do Lectoure à Fleurancc. On en a dèfrichè une grande partic.
(2) Riutort, Rieutort, petit ruisseau qui traverse le Ramier et va se jeter dans le
Gers.
(3) Pauillac, village ducanton de Fleurance (Gers), dépendait de l'ancicn comté de
Gaure. II était autrofois à peu près entourèpar la forêt du Ramier.
(4) Bouìllas, ancien couvent de Bernardins.
(5) Lamothe-Goas, chàteau qui a donnè son nom à une communc du canton do
Fleurance. Lamotbe était autrefois le siège d'un comté.

�— 50 —
dens la cabano, lous carbouns s'escantiscoun. En tournèc cerca d'autcs
que s'amourtiscoun coumo lous prumès. Quanl se presentèc pou troisièmo cop, lou mèste de la troupo l'espièc de corno d'oeil,,e lou baillèc
et mèmo un gros tísoun en lou hè sinne que se hasardèsse pas a tourna.
Aquet tisoun s'escantiscouc tabé, e sou cop s'abouliscoun lou gran
hoec e lous homes que se cauhauon.
Lou petit Pierre rentrèc dens la cabano mièy mort de pòu. Uo houro
après lou Joan tournèc dou coumbent de Bouillas dab pan per mès
d'uo semmano, e l'aynat rentrèc dou castet de Lamotho-Goas cargat de
tres coubèrlos de lan. Mès quant lou jour estèc bengut e que lou petit
Pierre boulouc espiaau larè lous carbouns de la beillo, se troubèc qu'aquetz carbouns èron or.

�— 51 —

VII

LOTJ LOTJP-GAROTJJNr.

Lous loups-garouns (1) soun gens coumonous autes; mès an hèyt un
counlrat dab lou diable, e cado sé soun fourçatz de se cambia en bèstios
per ana au sabbat e courre touto la nèyt. Y a per aco un mouyèn de
lous goari. Lous cau tira sang pendent qu'an perdut la formo de
l'home, e asta lèu la reprengon per toutjour.
Uo nèyt lou curè de Pauillac (2) se retirauode la bilo de Leytouro.
Arribat au pount dou Pin (3), te ba abisa uo gran bèstio que lou
barrauo lou passatje. Ço que hè lou curè qu'èro un home fort hardit,
se tiro lou coutèt de la pocho, e cay dessus au loup-garoun. Au
prumè pic, la bèstio cambièc de formo, e lou curè recounegouc un de
sous mès proches besis.
— Ah! moussu curè, ça digouc l'home, m'auètz rendut un bien
gran serbicì. Sem'auèuotz pas sannat seri belèu damourat loup-garoun
touto ma bito, e aro que souy goarit per toutjour.
Lou curò ajudèc l'home blassat a renlra dens sa maysoun. Aquet
home damourèc encoèro loungtemps en bito, e fìniscouc coumo un
brabe chrestian.
(1) Raconté par François Lalanne.
(2) Pauillac, v. p. á9, note 3.
(3) Pount dou Pin, pont du Pin, jeté sur un bras du Gers, entre Lcetoure et
Fleurance.

�VIII

LOTJ DIABLE MASCAT.

Y a gouyatz (1) que se mascon lou jour de carnabal. Aco ba pas
bien, e lous pays e mays que se meriterén de lous pluma de cops de
hoet. La joenesso diuré per aco sabe que lou diable es de toutos las
mascarados.
Un cop, dens un bilatge proche de Gimount (2), siès gouyatz se
bouloun masca enta ana burla lou carnabal (3). Quant s'estèn mascatz
se troubèn sept.
— Qui es aquet, ça digoun, qu'es entrat sens dise arré?
Mès digun nou respouneuo. Alabetz lous gouyatz se demasquèn,
e se troubèn pas que siès. Se tournèn masca e se retroubèn sept.
Lou septièmo èro lou diable qu'es de toutos las mascarados.
(1) Raconté par un terrassier dcs environs de Gimont. J'ai oublic son nom.
(2) Gimount, Gimont, clief-lieu de canton (Gers), jadis capitale de la vicomlc de
Gimois.
(3) Burla lou carnabal, brûler le carnaval. II est d'usage, dans bon nombre de
villagcs de l'Armagnac, de brùler ou d'entcrrer un mannequin qui figure le carnaval.
Celte exécution, précédée d'un jugement burlesque, a lieu tanlót le mardi-gras et
tantôt le mereredi des cendres.

�IX

LOTT

DRAC.

Lous Dracs (1) soun espritz que se bon per las escuderios. Pendent lou
jour s'estujon oun podon, per debat lou paillat e deguens lous traucs
dous murs. La nèyt sourtisson et s'en ban tressa lou clin aus chibaus
coumo l'home lou mès adret seré pas en estat d'ac hè. Se lous mèstes
barron pas a clau la cacho de la siuaso, lous Dracs manquon pas de
n'y ana prengue enta bailla aus chibaus.
Un Drac se hascouc l'amic d'un maquignoun de Poupas (2) per, un
hoet de treseguos de sedo emmauchat de boy de Perpignan, dab uo
bèro poumo roujo e jauno a la pugnado. Aquet hoet eslèc penjat en
un endret de l'escuderio oun digun nou lou diueuo touca que lou Drac
et mèmo. En pagoment dou hoet lou Drac haseuo grans serbicis au
maquignoun, e lou soegnauo tant plan sous chibaus esas cabalos que
n'auren pas troubat de ta bètz a las heros d'Agen e de Toulouso.
Per malhur, lou maquignoun auouc un jour fantasio de se serbi
dou hoet de sedo, e lou Drac triguèc pas a se benja. Lou sé mèmo
entenoun a peta cops de hoet de«s l'escuderio, e lous chibaus a sauta
e a hanilla. Y angoun asta lèu. Biscoun pas arré, mès las praubos
bèstios èron gohos de susou coumo s'aueuon hèyt détz lègos au gran
galop.
Cado sé, lou tapatge recoumencèc, e per tant que beillèssen lou
mèste e lous bayletz, pouscoun pas jamès bese arré. Au cap de sept
mesis justes entenoun pas mès arré. Belèu lou Drac estèc acassat per
las counjuratiouns d'un gran debin que lou maquignoun hascouc
bengue de las Lanos (2); belèu tab lou Drac se troubèc prou benjat e s'en angouc d'et mèmo en quauque loc mès.
(1) La croyance au Drac existe dans plusieurs provinces de France. M. "Léonce
Couture a publié lá-dessus unc étude fort curieuse dans ia Revue d'Aquitaine.
(2) Poupas, villago du canton de Tarn-et-Garonne.
(3) Lanos, Landes. II paraît quc les devins des Landes étaient autrefois réputcs fort liabiles.

�LAS ÀBEILLOS.

Las abeillos (1) soun bestiotos que se bon enta las brabos maysouns.
S'en ban quant lous mèstes soun macbantz; mès lous bous chrestians
an echaumos tant qu'en bon, e lous podon pas tengue bournacs.
Jamès cau pas bene las abeillos ni per or, ni per argent, ni per
couyre. Las cau bailla per arré, ou las trouca per blat, bin, oli, ou
toutz autes frutz de la terro. Quant mouris uo persouno dens la
maysoun, cau hè pourta lou dol aus cauentz, e estaca au cap de cadun
un mos de telo negro.
Cau pas jamès ta pauc se bouta en coulèro ni jura dauant las
abeillos; automent s'en ban. Mômo s'es estat bist que soun cayjudos
a troupètz sur lous jurayres a grans cops de hissouns, e que dtiutpsis
en soun mortz miserabloment.
(1) Raconté par Paùline Lacaze.

�— 55 —

XI

LA DAMAYSELET 0.
Yaueuouncop(1)un home euohemno : se maridèn ensemble.Auoun
uo maynado, bèro coumo lou jour. Aquero maynado bengouc grano, e
toutjour èro a prega Diu e hè l'aumoyno aus praubes. Tabé, quant
sourtisseuo, lous praubes lou bengueuon a l'endauant, e diseuon :
— Aqui la damayseleto.
La may de la damayseleto bengouc a mouri, e soun pay se tournèc
marida. Mès la mayrasto poudeuo pas bese la damayseleto, e haseuo
tout ço que poudeuo enta la hò jita dehoro.
— Espio, ça diseuo au pay, aquero drollo baillo tout lou pan aus
praubes, e toutaro encoèro l'en èy bist empourta soun plen dauantau.
Lou pay aperèc la damayseleto enta bese ço que pourtauo dens soun
dauanlau; mès se troubèc que per un miracle de Diu lou dauantau
èro plen de ílous (2).
Dounc la maraysto poudeuo pas bese la damayseleto, e la bateuo
bint cops loujour; mès la damayseleto pregauo toutjour Diu, e èro
pietadouso e aumouynèro aus praubes.
Lou pay de la damayseleto e la mayrasto auoun uo hillo. Ço que
hascouc la mayrasto, tuèc sa hillo e s'en angouc dise a soun home :
— Ta hillo a tuat ma hillo; sabes ço qu'as a hè.
Ço que hascouc iou pay, espugnèc la damayseleto, lou boutèc la
maynado morto dens lou dauantau, e la jitèc dehoro.
La damayseleto s'en angouc loèn, loèn; troubèc uo hounteto. Se
lauèc lou bras espugnat a la hounteto, e asta lèu la man lou tournèc
mès bèro que dauant. Après y bagnèc la maynado morto, e la maynado
tournèc en bito.
La damayseleto e la maynado s'en angoun loèn, loôn, loèn;
troubèn uo troupo de bergès, e la damayseleto lous demandèc se lou
baillerén pas un pauc de lèyt enta hè biue la maynado. Lous bergès
lou baillèn la lèyt qu'aueuo besoun, e toutos duos tournèn parti.
(1) Ecrit sous la dictée de Cadette Saint-Avit.
(2) Cette parlieularité se retrouve dans la légende de sainte Elisabeth de Hongrie et de la bienheureuse Germaine de Pibrac, fort populaiie en Gaseogne,

�— 56 —
S'en angoun loèn, loèn, loèn; arribèn a Jerusalem, e se retirén
deguens uo brabo maysoun.
Mès dempus que la damayseleto aueuo quitat sa paroèsso, toutos las
recoltos manquauon, e lous camps pourtauon pas que cardouns e
arroumegouns.Alabetz las gens se fachèn, e coumprengoun que aco bengueuo de ço que la damayseleto ôro partido : digoun que caleuo que
se retroubèsse morto ou biuo, e partiscoun enta la cerca.
Aqueros gens s'en angoun loèn, loèn, loèn: rencountrèn uo troupo de bergès.
— Auelz pas bous autes bist passa uo damayseleto espugnado, dab
uomaynado morto dens soun dauantau.
— Nàni, l'auem pas bislo.
Las gens de la paroòsso se tournèn bouta en camin; arribèn a Jerusalem, e s'cn angoun tusta a la brabo maysoun oun s'èro loutjado
la damayselelo.
— Nous pouyretz pas loutja per aneyl?
— Si fèt, ça respounouc la damayseleto.
— Es pas arribado a Jerusalem uo gouyato espugnado dab uo maynado morto dens lou dauantau?
— N'èy pas entenut a parla.
Lous estrangès s'angoun coucha, e lou lendouman, a punto d'aubo,
la damayseleto se leuèc enta pintoua lin, e lou lin que cridauo :
— Ay!

— Souíïris, lin, souffris, ça diseuo la damayseleto. Jou qu'èy bien
souffrit; que m'an espugnado, que m'an boutat uo maynado morto au
dauantau, emès que souy aci.
Alabetz lous estrangès que l'enteneuon digoun :
— Es bien la damayseleto.
Asta lèu se leuèn e l'angoun trouba.
— Es bien bous qu'ètz la damayseleto?
— Nâni, jou nou la souy pas. Besetz bien que nou souy pas espugnado, e que la maynado qu'es dab jou n'es pas morto.
— Cau que bengotz dab nous autes.
— Náni, y boy pas ana.
Mès lous estrangòs s'en amièn la damayseleto per forço dab la maynado, e las coundousiscoun dens lour pays. Coumo s'aprouchauon dou
bilatge, las campanos s'abièn cl'eros mômos a la boulado, e a parti
d'aquet moument, las recoltos tournèn asta bèros coumo dens las autos
paroèssos.

�XII

LOTJS TRES MAYNATGES

Y aueuo un cop (1) un home e uo hemno; se maridèn ensemble e
auoun tres maynatges. Aqueros gens èron praubes coumo las pèyros;
n'aueuon pas arré per minja ni per se cauha.
La hemno s'en angouc au bosc buscailla, troubèc un moussu.
— Bounjour, moussu.
— Adichatz, mio. Oun batz atau?
— Moussu, m'en bau buscailla. A l'oustau n'auem pas arré per
minja ni per nous cauha.
— E be, mio, amassalz un bèt hèch de legno, e hasetz lou burla.
Quant sie burlat, amaratz las cenes, e hasetz ne uo bèro coquo.
Lahemno amassècun bèthèch de legno, lou hascouc burla, amarèc
las cenes, e ne prestiscouc uo coquo arrousso coumo s'èro hèyto de
hario de blat e de oeus.
Lou lendouman embouyèc l'aynat de sous maynatges au bosc. Lou
maynatge troubèc lou moussu.
#
— Adichatz, moussu.
— Adiu, men. Que hès aqui?
— Moussu, m'en bau buscailla. A l'oustau n'auem pas arré per
minja ni per nous cauha.
— Benguerés pas dab jou, men?
— Si fèt, moussu, tant plan dab bous coumo dab quauqu'un mès.
Lou moussu se l'en amièc au soun castèt, e lou baillèc uo letro, uo
lato e un chibau.
—Mounto a chibau e bapourta aquero letro a ma bouno may. Quant
sies arribat au bord de la ma, bailleras tres cops de lato, e la ma se
partatgera pou miey.
Quant lou maynatge estèc a la ma, jitèc la letro dens l'aygo e s'en
tournèc.

(1) Ecrit sous la dictée de Cadette Saint-Avit.

�— Moussu, bosto bouno may bous hè plan souheta lou bounjour e
que se porto bien.
—E be, men, quet'estimosmès? Lou cèuou un quoartoun d'escutz?
— Moussu, lou cèu ès plan quaucoumet; môs l'argent es plan mès.
Lou moussu lou baillèc un quoartoun d'escutz, e lou maynatge s'en
tournèc enta et.
Lou lendouman soun fray caddèt s'en angouc au bosc : Iroubèc lou
moussu.
— Adichatz, moussu.
— Adiu, men. Que hès aqui ?
— Moussu, m'en bau buscailla. A l'oustau n'auem pas arré per
minja ni per nous cauha.
— Benguerós pas dab jou, men ?
— Si fèt, moussu, tant plan dab bous coumo dab quauqu'un mès.
Lou moussu se l'en amiòc au soun castèt, e lou baillèc uo lelro, uo
lato e un chibau.
— Mounto a chibau eba pourta aquero letro ama bounomay. Quant
sies arribat au bord de la ma, bailleras tres cops de lato, e la ma se
partatgera pou miey.
Quant lou maynatge estèc a la ma, jitèc la letro dens l'aygo e s'en
tournèc.
— Moussu, bosto bouno may bous hè plan souheta lou bounjour, e
que se porto bien.
— E be, men, que t'estimos mès? Lou cèu ou un quoaríoun d'escutz ?
— Moussu, lou cèu es plan quaucoumet; mès l'argent es plan mès.
Lou moussu lou baillèc un quoartoun d'escutz, e lou maynatge s'en
tournèc enta et.
Lou lendouman, lou mès joen dous tres frays qu'aueuo pas que tres
ans digouc a sa may :
— May, boy taben ana au bosc.
— Nou, men, y angueras pas: ès trop petit.
— May, bous disi qu'y boy ana.
Per forço l'y calouc lecha ana au bosc; quant y estèc troubèc lou
moussu.
— Adichalz, Moussu.
— Adiu, men. Que hès aqui?
— Moussu, m'en bau buscailla. A l'oustau n'auem pas arré per
minja ni per nous cauha.
— Benguerés pas dab jou, men?

�— 59 —
— Si fèt, moussu, tant plan dab bous coumo dab quauqu'un mòs.
Lou moussu se l'en amièc au soun castèt, e lou baillèc uo letro,
uo lato e un cbibau.
— Mounto a chibau e bèy pourta aquero letro a ma bouno may.
Quant sies au bord de la ma, bailleras tres cops de lato, e la ma se
partatgera pou miey.
Lou maynatge prengouc la letro, mountèc a cbibau e partiscouc.
Quant arribèc au bord de la ma, lou baillèc tres cops de lato, e la
ma se partatgèc pou miey. S'en angouc loèn, loèn, loèn. Troubèc
un prat qu'y aurén daillat l'hèrbo : lous bestias y èron magres secs.
S'en angouc loèn, loèn.loèn. Troubèc un prat qu'y aurèn amassat la sau : lous bestias y èron grassis miotz.
S'en angouc loèn, loèn, loèn. Troubèc duos peyretos que se
bateuon ensemble.
S'en angouc loôn, loèn, loèn. Troubèc
l'anauon a l'endauant.
S'en angouc loèn, loèn,

toutz

lous

ausètz que

loèn. Arribèc au castet de la Sento

Bièrges.
— Sento Bièrges, bous porti uo letro de boste hil. En tout bengue
èy troubat un prat qu'y aurén daillat l'hèrbo : lous bestias y èron
magres secs.
— Aco, men, qu'èron las machantos herbetos.
— Sento Bièrges, èy troubat un prat qu'y aurén amassat la sau :
lous bestias y èron grassis mìotz.
— Aco, men, èron las bounos herbetos.
— Sento Bièrges, èy troubat duos peyretos que se bateuon ensemble.
— Aco, men, èron lous touns dus frays que se bateuon.
— Sento Bièrges, èy troubat un bosc, toutz lous ausetz me bengueuon à l'endauant.
— Aco, men, qu'èron lous anjouletz que te bengueuon cerca.
Alabetz la Sento Bièrges prengouc lou maynalge e se l'assetouc
dessus. Lou maynatge s'endroumiscouc e la Sento Biòrges lou tirauo
lous pouils. Au cap de sept ans lou rebeillèc.
— Rebèillo-te, men : y a sept ans que dromes.
Lou baillèc uo letro, uo lato e un chibau.
— Mounto a chibau, e bèy pourta aquero letro a moun car hil.
Quant arriberas a la ma, bailleras tres cops de lato, e la ma se partatgera pou mièy.
Lou maynatge prengouc la letro, rnountèc a chibau e partiscouc.

�— 60 —
Quant arribèc a la ma, baillèc tres cops de lato, e la ma se partatgèc
pou miey.
S'en angouc loèn, ìoèn, loèn. Arribèc au castèt dou Boun Diu.
— Adichatz, Moussu, bosto bouno may se porto bien, bous mando
forço coumplimentz, e m'a baillat aquero letro per bous.
— E be, men, que t'estimos mès? lou cèu ou un quoartoun d'escutz?
— Moussu, l'argent es plan quaucoumet; mès lou cèu es plan mès.
— Men, bèy t'en enta ta may, e ditz lou que bau ana dinna enta ero
dab toutz mous anjouletz.
— Moussu, coumo bouletz qu'ero hasco? Auem pas arré per minja
ni per nous cauha.
— Lou diras que passe de crampo en crampo : la taulo que sera
boutado. Lou diras qu'espie deguens lou coffre : lou troubera plen
de pan.
Lou Boun Diu partiscouc dounc dab sous anjouletz enta la may
dou maynatge, e y soupèn e y couchèn. Lou lendouman se leuèn e
s'en angoun, e lou Boun Diu mandèc lous dus frays aynatz en inher,
e s'en amièc lou mès joen au cèu. Coumo s'en anauon, la may, tout
en hè lou lèyt dou Boun Diu, troubèc un sac d'escutz darrè lou couchin. Asta lèu lou courrouc a l'adarrè.
— Moussu, aqui lou sac d'escutz que bous auetz debrumbat.
— Nàni, hemno, aco qu'es per bous.

�PROVERBES

��SÉRIE N°

I.

PROVERBES SACRÉS,

Dieu. — Jésus-Ghrist.— Personnages de l'ancien et nouveau
testament. — Apôtres.— Saints. — Pape. — Evêques. — Prêtres.
— Moines. — Religions diverses autres que la religion catholique.— Diabie. — Mythologie ancienne et moderne.

ABBÈ.

Coumo l'abbè canto, lou mounge respoun.

C'est-à-dire l'inférieur rògle sa oonduitesur cclle de son supérieur.
BAPTÈMO.

Baptisat dab aygo de mouruo.
Se dit d'une personne sans intelligence ou sans conduite, ou dont on fait
peu de cas.
CANOUNGE.

Dina de canounges.
Bon et long dìner.

CROUTZ.

Ayma la croutz.

Aimer l'argent, parce que la croix flgurait souvent sur les anciennes monnaies.
—

Y hè coumo la croutz dauant lou mort.

Sc dit d'une chose inutile, d'une action sans résultat.
DOMINUS VOBISCUM.

Dominus vobiscum a pas jamès manquat d'arrô.

Dominus vobiscum, c'est-à-dire les prêtres, ceux qui disent Dominus vobiscum.
DIABLE.

Lou diable se bat dab sahemno.

Se dit quand il pleut et fait soleil en même temps.
—

Debat la pèt qu'es lou diable.

�-

64 —

Diu. Diu que nous da de nèche,
Que nous doungo de pèche.
—

(Ms.

DAIGNAN.)

De Diu nou se cau trufa.

GLEYSO.

Qui toustemps es a gleyso e pauc soen a l'houstau

HERODO.

Cruel coumo Herodo.

Es plan un gran baganau. (Jfs.

HUGANAUT.

DAIGNAN.)

Es un huganaut.

C'est un huguenot, un hornme sans^foi ni loi.
Arriba a Vlte Missa est.

ITE MISSA EST.

Arriver quand il n'est plus teraps.
MESSO.

Messo e brèspos de las quillos,

On dit qu'un homme y a assisté quaad il a passé le temps des offices à jouer
aux quilles.
MOUNGE.
PILATO.

Gras coumoun mounge.

De Pounço a Pilato.

On dit plusexactement en français : De Caiphe a Pilate.
SENT CRESPIN.

Sent Crespin baillauo lous souliès per arrc, mès haseuo
paga las courrejos fort car.

SENT FIACRE.

Emplastre de sent Fiacre.

Mélange de bouse et de terre qu'on applique sur une branche d'arbreà moitié briséepour luirendresa vigueur.
SENT JACQUES.

Sent Jacques, patroun dous ibrognos.

SENT JOAN.

Anèyt sent Joan,
Pagatz-nous, mèstes, nous en bam.

La Saint-Jean est, en Armagnac, l'ép.oque où les domestiques entrcnt cn
condition ou en changcnt.
SAMSOUN.

Fort coumo Samsoun.

�_ 65 —

SÉRIE N° II.

Elémenís. — Terre. — Mètaux. — Pierres. — Plantes. — Fruits.—
Culture des biens de Ia terre.

AMOURÈ.

Planta amourès.

Ne faire rien qui vaille. Ce proverbe ne remonte qu'au siècle dernier, et à
l'époque où M. d'Etigny, intendant de la Généralité d'Auch, ordonna de planter
partout des mûriers qui ne réussirent pas.
AUZET.

Auzet e lou moussaroun
Cau prene quant Diu t'ac doun.

—

(Ms.

DAIGNAN.)

Auzet de bosc,
Atrapo qui pot.

BIN.

BROC.

Bin escampat bau pas aygo.
Quant lou broc blanc flouris,
Aprocho-te dou suberplis.

L'aubépine fleurit, en effet, vers la fîn du carême, époque où il faut se con
fesser pour faire ses Pâques.
—

Quant lou broc blanc broto,
Lou can hol que troto.

(Ms.

DAIGNAN.)

La rage est, en effet, plus commune chez les chiens à l'époque de la íloraison
de l'aubépine.
GARIO.

Quant la gario se sccouo
Boè, samouo.

HEN.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

Annado de hen,
Annadod'arren.

—

De bin e de hen,
Qui mès n'a mès ne despen.

IIILI.OS.

N'augetz pas trop do hillos
Ni trop de bignos.
S'auetz argent coumplant,
Nou croumpetz terro cn penchant:

�— 66 —

boulotz pas boste argent
Ni a l'aygo ni au bent.

E

La dot des fìlles est ruineuse, le travail des vignes coùteux, et les terrains
en pente sont exposés à étre emportés par les eaux. Lcs moulins à eau et à
vent coûtent fort cher d'entretien et s'afferment mal.
OR. ES

en or.

Se dit en parlant d'une personne qui a une hautc opinion d'elle-même.

Quant la pècho es en flour,
Astant de nèyt coumo de jour;
Quant la pècho es maduro,
Jour e nèyt sounde mesuro.

PÈCHO .

PEYRO.

Pèyro d'autour de la bordo bau tèrro de camp.

C'est une façon dc dire que les terres les plus voisines des métairies sont les
mieux engraissées.

SÉRIE N° III.

Temps. — Astres, ~- Cours de l'année. — Année. — Saisons.
Jours. — Heures.

ABRIU.

Abriu
Caneriu.

C'est, en effct, cn avril quc la tige du blé se forme.

—

AGOUST.

ARCOULAN.

—

En abriu
Lambriu.
Agoust,
Higos e moust.
L'arcoulan dou maytin
Engourgo lou moulin.
L'arcoulan de la maytiado,
Tiro lou boè de la laurado.

(Ms.

DAIGNAN).

�ARCOULAN.

AUBO.

CANDELÈRO.

—

HEURÈ.

—

—

HIUER.

L'arcoulan dou se
Tire lou boò dou pechedé.
Aubo roujo,
Bent ou ploujo.

En heurè
Trabaillo laurè.

DAIGNAN).

(Ms.

(Ms.

DAIGNAN.)

DAIGNAN).

DAIGNAN.)

Auèy heurè,
Douman Candelè,
Sent Blasi au darrè.
En ger e en heurè,
Qu'es bouno la gario dou jouquè.
Quant la gruo ba cap sus,
Touí l'hiuer qu'auem dessus;
Quant la gruo ba cap bat,
Tout l'hiuer auem passat.

(Ms.

DAIGNAN.)

Bau mès hè dou hol,
Que laura en temps mol.

(Ms.

DAIGNAN.)

Quant la luo pen,
La terro que hen.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

JUILLET.

Juillet
La haus au pugnet.

—

DAIGNAN).

(Ms.

Nosto Damo la Candelèro,
Boun soureil en la carrèro.

Jun
La daillo au pung.

Luo.

(ils.

Nosto Damo la Candelèro,
Tiro las aoeillos de la ribèro

JUN.

LAURA.

(Afs.

Quant la luo es de panchoc,
Que pouyram hô chic choc.

La fin de la lune est réputée amener la pluie exprimée ici par chic choc.
MARS.

Mars soureillous,
Abriu rousinous,
Rendon lou paysant orguillous.

�— 68
Bourrouil de mars,

MARS.

Pleo lous cars;
Bourrouil d'abriu,
Lou barriu;
Bourrouil de may,
Lou cbay.

(Ms.

DAIGNAN.)

Les bourgeons de mars sont presque toujours atteints par les gelées, et l'on
risque fort de ne remplir les chars que de sarments. Ceux d'avril sont moins
exposés, et ceux de mai permettent généralement de compter sur une rêcolte
abondante.
—
En mars
Lou gars;
En abriu
Lou caytiu.
J'ai

(Ms.

DAIGIUN).

vainement cherché le sens de ce proverbe.

MAY.

May,
Cabeillay.

C'est, en effet, en mai que le blé monte en épi.
MOUNTAGNO.

Mountagno claro, Bourdeu escu,
Ploujo au sigu.

Les nuages pluvieux arrivent souvent en Gascogne par le nord-ouest, c'està-dire du côté de Bordeaux. Iìs s'abattent infailliblement sur lepays quand le
ciel est serein du còté des Pyrénées, et qu'ils ne sont point repoussés par le
vent du Midi.
NADAU.

Qui a Nadau s'assoureillo,
A

Pasquos que s'atourreillo.

On dit en français:
A Noél au balcon,
A Pàques au tison.
(LE

—

Roux

DE LINCY.

Prov. franç., t.

A Nadau,
Tripos grassos a l'houstau.

(Ms.

I,

Enta Nadau,
Lous jours crechoun d'un saut de brau;
Entaus Reys,
Que se counneys.

112.)

DAIGNAN.)

En Armagnac, on tue généralement les porcs vers la Noél.
—

p.

�■
NADAU.

— 69 —

Quant Nadau es un dimenche,
De hiu e de candelo nou t'eschenge.
Quant Nadau es un dilus,
Touto bieillo hè mau mus.
Quant Nadau es un dimars,
Pan e bin de toutos partz.
Quant Nadau es un dichaus,
Boè, ben tous buus e tous braus,
E bouto te lous en blat,

Que gagneras per mitat.
(Ms. DAIGNAN.)
Quand la Noél tombe un dimanche, l'hiver, dit-on, sera court; de là, le
conseil de ne pas s'embarrasser de fil ou mèche pour la lampe ni de chandelles.
Si cette fète tombe un lundi, on croit que l'hiver sera froid, et les vieilles ont
raison de faire la grimace. Quand le mardi coïncide avec la Noêl, c'est le pronostic d'une année d'abondance; mais si elle arrive un samedi, c'estun signe
de stérilité, et le prix des denrées doublera.
PENTOCOUSTO.

Entre Nadau e Pentocousto,
Tout dessert es uo crousto.

II n'y a pas de fruits à cette époque, et tout le dessert se réduit aux fruits
secs et au fromage.
Ploujo dou coucut,

PLOUJO.

Tant lèu mouillat, tant lèu echuc.

(Ms.

DAIGNAN.)

On a remarqué que le coucou ne chante que pendant les courtes pluies, que
e soleil sèche aussitôt.
—

Quant plau auant la mèsso,

Tout la semmano nou cèsso.
(Ms. DAIGNAN).
On croit, en Armagnac, que s'il pleut le dimancho avant la messe de paroisse
toute la semaine sera mauvaise.
ROUGE.

Rouge lou se, blanc lou maytin,

Goardo te, praube pelegrin.
(Ms. DAIGNAN.)
Un coucher de soleil rougeàtre suivi le lendemain d'une matinée sombre
annonce infailliblement la pluie.
SENT BERTOUMIU:

Sent Bertoumiu,
Pago qui diu.
Les échéances des fermages et autres obiigations se payaient autrefois à la
saint Barthélemy,
SENTO FE.

A

sento Fe,

Pren la mèsplo quant la be.
(Ms. DAIGNAN.)
II est temps, en effet, de cueillir les nèfles le jour de sainte Foy.— Be, forme
béarnaisc pour beses.

�— 70 —
A sent Francés,
Saumo pagés.

(Afs.

DAIGNAN.)

A sent Laurens,
Sort de dedens.

(Ms.

DAIGNAN.)

A sent Loup,
Jito lou lin pou souc.

(Ms.

DAIGNAN.)

Dès qu'em a sent Martin,
Tout bieil que beu lou bin;
D'aqui en la
(Afs.
En beu qui n'a.

DAIGNAN.)

A sent Miquèu,
Jito lou blat au cèu.

DAIGNAN.)

SENT FRANCES.

SENT LAURENS.

SENT LOUP.

Sent Luc,
Saumo pauruc.

SENT LUC.

SENT MARTIN.

SENT MIQUEU.

(Ms.

A sent Sist,
Arrasins bist.

SENT SIST.

[Ms.

Mès en sept ses,
Qu'en sept mes.

SEPT SES.

DAIGNAN).

(Ms.

DAIGNAN )

On croit en Armagnac que le blé profìte plus en sept soirées au moment de la
mâturité, que pendantles septmois précédenls.
TRINITAT.

Quant plau lou jour de la Trinitat,
La recolto crech ou demingo de mitat.

SF'RIE N° IV.

PROVEEBES

IIELATIFS

ATJX ATSTIMATJX.

Quadrupédes. — Oiseaux. — Insectes. — Poissons.
ABEILLO.

Balento coumo uo abeillo.

Se dit en parlant d'une femme diligente.
AGASSO.

Margot l'agasso,
Quant plau que casso,
Quant liè bòt temps,
Se curo las dentz.

�— 71 —
AGRAULOS.

Las agraulos sentisson la poudro.

AGRUNLETOS.

Las agrunletos porton bounhur en las maysouns oun ban

nisera.
BISTOURNETZ.

ASE.

Bistournetz,
Magres, a troupetz.

Hasetz lou ben a l'ase, que bous pago de petz.
L'ase

—

e la cabalo hôn lou mul.

Se gagna la bito couino un can.

CAN.

Travailler pour gagner sa simple nourriture.

—

Souy un can qu'arougagni un os :
Lou rougagnan prengui repaus.
Temps benguera, se n'es bengut,
Oun mourderèy qui m'a mourdut.

—

Marcha a pè coumo un can.

CIGALO.

Quant la cigalo canto
Cau beue lou bin de planto.

(Ms.

DAIGNAN.)

Le vin des jeunes vignes ou plantes est sujet à, tourner ou aigrir par les
fortes chaleurs. II faut donc le boire dès que le chant de la cigale annonce l'été.
GAT.

Toutz lous gatz an hurpíos.

GRAPAUD.

T'escabelli, grapaud,
Jamès nou bcngueras mès haut.

Ceci n'est pas un proverbe, mais une locution employée en passant la jambe
par dessus la tète des petits enfants.
LOUP.

Bente de loup.

Se dit d'une personne affamée.

Mousco.
PECH.

Prengon pas las mouscos dab binagre.
Mut coumo un pech.

Pic. Cado cop que lou pic a baillat un cop de bèc, hè lou tour de
l'aubre enta bese se l'a pas parçat.
Telle est l'intention que le vulgaire attribue au pivert; mais, en réalité, cet
oiseau va voir si ses coups de bee font sortir les insectes dont il se nourrit.
PORC
POURIN.

Gras coumo un porc de cent escutz.
Legan pradisè,
Nou sab pas lou pourin de qui es.

(Ms.

DAIGNAN.)

G

�RENART.

renards e las haginos s'en ban hè lou mau loôn.

LOUS

C'est une croyance populaire en Armagnac que les renards, fouines et autres
bêtes malfaisantes, s'abstiennent de toute rapine dans les lieux où ils résidenti
afin de ne point décaler leur présence, et qu'ils vont butiner au loin.
TESSOUN.

ES

adret coumo un tessoun da sa couo.

On dit, en français : Adroit comme un singe de sa queue.
(LE ROUX DE LINCY,

TROUJO.

—

Prov. fr.,

1.i,

p. 202).

En gratuilla que cay la troujo;
Atau que hó la goujo.
(Ms.
A troujos orbos Diu da estrouns.

(Ms.

DAIGNAN.)
DAIGNAN.)

SÉRIE N° V.

PROVEIÎ-BES RELATIFS A L'HOMME,

flomme en particulier. — Femmes. — Enfants. — Organes. —
Membres. — Mouvements du corps. — Maladies. — Inflrmités.
— Médecine.— Médecin.
BARBO.

CAGUÈRO.

Debat la barbo blanco,
Que se neuris la bèro infanto.
Qui ben teng la caguero,
Nou se teng pas en la carrèro.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

DAUANT.

Se cau mau hisa dou daouant d'uo hemno, dou darrè d'uo
mulo, e d'un curè de toutz coustatz.

FEMELLO.

Nado femello nou cerco lou mascle, hors dou printems, soun
que la hemno.

FIEBRE.

HEMNO.

En la fièbre e en la gouto,
Lou medecin que n'y bey gouto.

(Ms.

DAIGNAN.)

La hemno sotto,
Lou se que troto.

(Ms.

DAIGNAN.)

�Jamès home luè

HOME.

(Ms.

DAIGNAN.)

A mau de cap que cau minja. (Ms.

DAIGNAN.)

Nou pleèc chay ni graiè.
HOL.

Baumillou passa per pôc que per hol.

LENGO.

Lengo de bèstio n'a pas jamòs mentit.
A mau de bente cau caga;

MAU.

MAN.

Mandaurado.
Main habile.
Qui minjo rede e cagohort,

MINJA.

N'auge pòu de la mort.
MEDECIN.

(Ms.

DAIGNAN.)

Bieil medecin, richesurgen, e riche apouticari.

—

Medecin de las aucos.
Empirique ignorant.

Nas court feniant,

NAS.

Peu rouge machant.
NEURISSO.

UO

neurisso e un lebrè,

Que tengoun tout un larè.

(Ms.

DAIGNAN.)

En prenguetz pas de roujos,
Soun beudos coumo troujos;
Prenguetz-ne de brunetos,
Soun toutjour poulidetos.

ROUGE.

(Fragment de vieille chanson.)

SÉRIE N° VI.

PROVERBES HISTORIQTJES.
Pays. — Peuples anciens et modernes autres que la France
et les Français.
ALEMANDS.
ANGLES.

—

Moucade dous Allemans, lous quoate ditz e lou pouce.

Beue como un Anglés.
Rougecoumo un Anglés.

�- 74 —
BASCOUS.

Toutz lou Bascous angueran au cèu; lou diable et mèmo enten pas arré a ço que dison.

ESPAGNOL.

Traitre coumo un Espagnol.

—

Pouillous coumo un Espagnol.

—

Moucade dous Espagnols, dus ditz de la man.

SÉRIE N° VII.

PROVERBES HISTORIQTJES.
Provinces.—Villes.—Villages.—Pleuves.—Rivières de France.
AUCH.

Auch, en Franço.
Se dit ironìquement.

BARRAN.

Barran,
Pays de bramo pan.
Argent e bounos coustumos,
Lous Barrannesis n'an coumo grapauds piumos.

Barran est une petite ville de l'arrondissement d'Auch.
BEARNES.

DUNOS.

Bearnés,
Faus et courtés;
Bigourdan.
Piri que can.
Entre Dunos et Dounzac,
Caudocosto e Layrac,
Sempesserro,
Sento-Mèro,
Sent-Auit e La Capèro.
Plius,
Hius,
Miradous,
Tournocoupo et Mauroux,
Toutos las hemnos soun p
lous homes layrouns.

Dunes, Donzac, Caudecoste, LaChapelIe sont des communes du département
de Tarn-et-Garonne, arrondissement de Castelsarrasin. Layrac appartient au
Lot-el-Garonne et les autres communes au Gers.

�— 75 —
LOU castèt de Flamarens,
Lèt dehoro, bèt deguens.

FLAMARENS.

Flamarens, village de l'arrondissemént de Lectoure.

Gens de Flourenço, saumayres d'agulhos.

FLOURENÇO.

Fleurance, chef-lieu de canton de l'arrondissoment de Lectoure, ancienne
capitale du comté de Gaure. Une tradition,encore populaire àLectoure et dans
les communes environnantes, attribue à certaines gens de Fleurance l'idée
d'avoir, jadis, semé des aiguilles, dans l'espoir qu'elles multiplieraient comme
le blé.

Lou Gers es pas tant gran que la Garono.

GERS.

Le Gers, qui donne son nom au département, est un médiocre affluent de
la Garonne.

.

Leytouro
Que plouro;
Flourenço
Que penso.

LEYTOURO

Lectoure est déchue de son ancienné importance, et Fleurance fait son possible pour en hériter. II existe entre ces doux villes une rivalitó fort bien exprimée par ce provcrbe.

.

Masseubòs,
Tripassôs.

MASSEUBO

Masseube, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Mirande (Gers). Ses
habitants sont, dil-on, très friands de tripes.

Sens lou bruc e l'uuòro,
Pauillac scró dens la misòro.

PAUILLAC.

Pauillac, commune du canton de Fleurance, voisine de la forêt du Ramier,
dont l'étendue était autrefois beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. Les
gens de Pauillac allaient et vont encore y cueillir des champignons et des
oronges.

.

Puycasquiè,
Petito bilo, gran clouquè;
Lou clouquè qu'es plen de pailìo
E la bilo de canaillo.

PUYCASQUIÈ

Paycasquier, bourg de l'arrondissement d'Auch.

.

SEMPESSERRO

Sempessèrro,
Machantos gense bouno lcrro.

Sempesserre, commune de l'arrondissement de Lectoure (Gers), canton de
Miradoux.

�— 76 -

SERIE N° VIII.

PROVERBES HISTORIQTJES,
Blasons. — Devises. — Surnoms.
Cette série ne se trouve représentée, en Armagnac, par aucun proverbe.

SÉRIE N° IX.

PROVERBES HISTORIQTJES,
Noms propres en général.
Cettesérie estreprésentêe, en Armagnac, par unassezpetit nombre de proverbes, dont la plupart sont injurieux pour tíes familles qui existent eucore dans
le pays. Je m'abstiens de donner ces derniers, et je me borne à rapporter ceux
qui ne peuvent blesser personne.

. Esun Basilo.

BASILO

C'est un imbécile, un niais.

. Qui casso lou can
Casso Betran.

BETRAN

. Couratge de Cesar.

CESAR

. Adret coumo Clêclus, que gahauo lous petz a la boulado e las
bechios aus sedous.

CLÊCUS

GARGANTUA. LOU

Gargantua que sc minjauo sept carretados de brocs.

. Es un Joanot. Es un Joanet.

JOANOT

C'estun sot, un niais.
JOAN-HKMNO. ES

un Joan-hemno.

Se dit d'un homme qui se livre à des travaux de femme.

. Qui aymo Martin, aymo sou can.

MARTIN

On dit aussi en français :
Qui aime Martin,
Airue son chien.

�— 77 —
TURÈNO.

Es pas la mort de Turèno.

Cen'est pas un événement de grande importance, comme le fut la mort du
maréchal de Turenne.
SOBRIQUETS. — Les sobriquets sont très communs en Armagnac; mais je
ne puis les signaler ici d'uno manière même sommaire. Les plus nombreux et les
plus récents sont à Gramont, village situé dans le çanton de Lavit-de-Lomagne
(Tarn-et-Garonne). Ces derniers ne remontent guère à plus de quarante ans, et
ils furent tous donnês par feu M. Armand Dilhouet, qui êpuisa l'histoire sacrée
etprofane. 11 appelale pharmacien, Canuleius; le charcutier, Porsenna; le perruquier, Crassus; un fainéant, Lentulus; le tuilier, Tullius; un voleur, Roboam,
etc. J'oubliais JÍÍ&lt;M*&lt;ioc/iee, ainsi surnommé parce qu'il salissait ses draps de lit-

SERIE N° X.

Condition. — Rang. — Dignités. — Chevalerie. — Noblesse. —
Titres. — Guerre. — Chasse. — Feux. — Divertissements.

As. Plantat coumo un as de piquo.
Se dit d'un homme gênant qui vous impose sa société.
Lous nobles de Barran,

BARRAN.

Soun bengutz a pè uo crabacho a la man.
J'ai déjà dit que Barran était une petite ville de l'arrondissement d'Auch. 11
y avait autrefois beaucoup de nobles, la plupart fort glorieux et fort pauvres. Us
se rendaient à Auch à pied, mais éperonnés et la cravache en main, pour faire
croire qu'ils étaient venus à cheval. De là le proverbe.
Habillatz un bastoun,

BAROUN.

Auratz un baroun.
CHIBALIÈ.

ES

pas nat chibaliè de sent Louis.

Ce n'est pas un homme de qualité.
GUERRO.

Qui s'en ba a la guerro y pot esta tuat.

LAQUAY.

Jouga coumo laquays.

MÈSTE.

Bau cent escutz d'este mèste.

REY. LOU

rey dinno pas dus cops.

�— 78 —

SÉRIE N° XI.

Politique. — Législation.— Jurisprudence.— Sciences.— Lettres.
— Arts. — Gommerce. — Navigation. — Professions diverses. —
Métiers.
ABOUCAT.

Aboucat de cainpagno, pagat de grans mercis.

ARGENT.

Nostes enemics nous hèn pas gagna argent.

On fait volontiers cette réponse à ceux qui demandent un rabais à titre
d'ami.
BENE.

Bau millou bene que croumpa.

BOURREU.

Insoulent coumo lou baylet dou bourrèu.

CAUTIOUN.

Se tu cautiounos per autru,
Coundo que diues tu.

COUSTURIÈRO.

La cousturièro hado,
Hè loungo lignoulado.

(Ms.

DAIGNAN).

Pet de maçoun,

MAÇOUN.

Pet humide.
MARCHANT.

MARIDA.

MARCHANDISO.

—

Un marchant es coumo un porc,
Nou sabon ço que bau que quant es mort.
Qui nou se marido dab lou dol,
Nou se marido pas quant bol.

(Ms.

DAIGNAN.)

Marchandiso per Fargent.
Qui s'embarquo sur la ma
Court dangè de se nega.

PRESTA.

Qui bo plan hè sous ahès,
Que nou preste jamès.

SARTES.

DAIGNAN.)

Marchandiso counegudo,
Qu'es miey benudo.

MA.

RESPOUNE.

(Ms.

LOU

qui respoun que pago.
Sept sartòs,
Scpt tichanès,
E scpt mouliès,

�- 79 —
Boulatz-lous en un saliè,
Leuatz un palancoun,
Beyratz bint e un layroun.

(Ms.

DAIGNAN).

Variante des trois derniers vers :
Espiatz pou trauc d'un biroun,
Beyratz bint e un layroun.

SÉRIE N° XII.

Coutumes. — Usages.

BASTI.

- Costumes.

• Anciens et modernes.
Meubles.

Lou qui bastis au bord d'un camin sera criticat.

BILO.

Seloun las bilos lous barris.

BRIDA.

Brido pas cado cop que sèro.

Se dit d'un hommequi ne réalise pas tout ce qu'il projette.
DESPENDE.

Qui trop despend s'en dol.

LÈYT.

Lou lèyt de las agassos.

Les arbres.
MOULIN.

Es coumo lou chibau dou moulin, s'arrèsto dauant cado
porto.

SÈRIE N° XIII.

Nourriture. — Repas.
BEUE.

Cau minja auant de beue.

BIN.

Lou bin espargno lou pan.

COUÈCHO.

Couecho de lèbe, rable de lebraut e blanc de perditz,
Que soun lous millous boussis.

(Ms.

DINNA.

Auetz dinnat, lechatz dinna lous autes.

LARD.

Minja lard coumo un Lanusquet.

Les Landais sont très friands de lard.

DAIGNAN.)

�— 80 —
MINJA.

Mingeré la merdo de sept ases, e mès espieré se lous aules
cagon.

Se dit d'un homme avide et goulu.
SOUPO

TROS.

Entre la soupo e ìou caulet,
Cau beue un bèt goutet.
Y a pas arre de mès machant que lou tros.

SÉRIE N°

XIV.

PROVERBESMORAUX

Aci ni en Espagno,
Qui nou sab'nou goazagno.
A l'arroussin qui nou bo sèro,
Diu douno bast, e aura croustèro.

(Ms.

DAIGNAN,)

(Ms.

DAIGNAN.)

Aqueste mounde es un pipot,
Tiro qui pot.
Be se counneys a la gario
Quin pout la mio.

[Ms.

Ben hurouso es la maysoun,
Qu'amics recep a foysoun.

(Ms.

DAIGNAN.)

DAIGNAN.)

Bouton lous pecs en sentinelo quant plau.
De boun baylet, en leyau este,
De serbidou om deben mèste.

(Ms.

DAIGNAN.)

Dureran pas toutjour,
Moussu, las caussos roujos;
Dureran pas toutjour,
Las pourta cado jour.
Que durerén plan mès,
Las pourta pas jamès.
(Fragment de vieille chanson.)

�— 81

—

En la maysoun de l'adultèro,
Arré que nou y prospèro.
(Ms.

DAIGNAN.)

En tant de portos,
En tant de sortos.

(Ms.

DAIGNAN.)

Hardido e hardit,
N'es pas combit.

(Ms.

DAIGNAN.)

Hillo que landro,
Taulè que brando,
E hemno que parlo latin,
Toustem haran uo tristo fln.

(Ms.

DAIGNAN.)

Jamès hemno mudo
N'estèc de soun marit batudo.

(Ms.

DAIGNAN.)

Jamès beuso sens counseil,
Ni dichapte sens soureil.

(Ms.

DAIGNAN.)

Jou trobi en un istrument,
A grano chèro petit testament.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

Lou can e lou gat,
Pregon Diu pou mau abisat.

(Ms.

DAIGNAN.)

Lou petit ganh,
Qu'atend lou gran.

(Ms.

DAIGNAN.)

L'amou e la gouto,
Nou sab oun se bouto.

La hillo hè prou boun journau
Quant ba enta la gleyso sens dauantau.
Mounto piau a la mountado,
Debaro piau a la debarado,
E bejes minja la ciuado,
Atau haras bouno journado.

(Ms.

(Ms.

DAIGNAN.)

DAIGNAN.)

Nobio, bouto la man sou cap,
Digo : Boun temps, oun ès anat?
La man sou cap, lou pè sou hour,
E ditz adiu a tous bèlz jours.
(Fragment de vieille chanson.)

�N'auouc jamès bèros presous,
Ni leugé amous.

(Ms.

DAIGNAN.)

Nouboutes pas toun pè sou men. [Ms.

DAIGNAN.)

Plago d'aunou que dol,
Plago d'argent que nou notz.

(Ms.

DAIGNAN.)

Qui hè trop grano chèro,
A la fin se bey en necèro.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN.)

Ni per mau, ni per ben,

Qui nou trabaillo pourin,
Trabaillo roussin.
Qui nou saumo dou soun,
Nou saumo per sasoun.
Qui pago lou prumè,
Es serbit lou darrè.
Qui goardo soun dessert,
Se nou y gagno nou y perd.

Qui tout s'ac bouto en un toupin,
Tout s'ac minjo en un maytin.

(Ms.

DAIGNAN.)

Qui trop de coeytepren,
Lou cu sou hen.

(Ms.

DAIGNAN.)

Quant lou casse es en tèrro,
Sclettos toutis qu'y hèn;
Nou te trobes pas en necèro,
Per amo que prendren toun ben.

(Ms.

DAIGNAN.)

Qui toutjours tiro e nou met,
Es lèu au houn dou saquet.

(Ms.

DAIGNAN.)

(Ms.

DAIGNAN).

(Ms.

DAIGNAN.)

Qui bo hè plan e nou hè mau,
Aute sermoun que nou lou cau.
Quant y es la prusaragno,
Be y a grano magagno.

Qui castagnos bouto au hoec sens conta
Mès ne cerco que nou y a.

(Ms.

DAIGNAN.)

�— 83 —
Quant lous mèstes soun tambourinayres,
Lous bayletz que soun dansayres.

(Ms. DAIGNAN.)

Quant balent troubèc balent, balent que s'arrestèc.
Se bos amics encoèro,
Goardo te de necèro.

(Ms.

DAIGNAN.)

��GLOSSAIRE
DES TERMES LES PLUS DIFFICILES EMPLOYÉS DANS CE RECUEIL.

A

C

ABLADA, verbe actif, battre commo le
blé sur l'aire, par extension assommer.
ACAMPA, verb. act. mettre en fuite.
ACÔ, pron. démonstr.
cela.
ADARRÈ (à l'), à ]a suite.
AGÉ, adv. hier
AGRAULO, subst. fém. cornoille.
AGRUNLETO, subst. fém. hirondclle.
AHAMAT, ado. adjectif, affamé.
AMARA, verb. act., tremper.
ALANDA, verb. act. ouvrir.
AMIA, verb. act. amener.
ANÈYT,
adv. cette nuit; s'emploie en
Agenais et en Lomagne pour oey ou aoey,
aujourd'hui.
AOUN, passé défini du verhe aue, ils eurent. Aoun, adv. où?
ARDIT, suhst. masc. liard.
ARPATEJA, verb. act. rcmuer, se démener.
ARRISOY, oyo, adj. qui aime à rire.
ARROUMEGOUN,
subst.
masc.
petite
ronco.
ASTA, ASTANT, adv. autant.
AUCO, subst. fém. oie.

CABELLAY, ayo, adj. qui porte des ópis.
Yient du subst. fém. cabello, têtc, sommet, et par extens. épi.
CACHOUN, subs. masc. caisson.
CALE, infinit. de cau, il faut .
CANERIU, iuo, adj. qui porte des pailles. Vient du subst. fém. canèro, paille,
tuyau.
CAREIL, subs. masc. Iampe rustique
à
trois becs fort en usage dans l'Armagnac
CAUENT, subst. masc ruche.
CAYGE, verb. ncut. tomber.
CEBO, subst. fém. oignon.
CERCA, verb. act. chercher.
CHAPA, verb. act., macher.
CLIN, subst- masc, crin.
COHO, subst. fe'm. coiffe.
COEYTE, subst. fe'm.
couette.
COMBIT, s. m., festin.
COQUO, subst. fe'm. gâteau.
COT, subst. masc. cou.
COT, subst. masc. pour cop, coup.
CORNO D'CSIL, de corno d'ceil, ctu coin
de l'oeil, de travers.
COUSINO, subst. fém. cuisine.
CROSO, subst. fe'm. creux.
CRUCHI, verb.act. broyer aveclcs dents.

B
baguenaudeur.
faubourg.
BENANT, anto, adj. bien portant.
BEUSO, subst. fe'm. veuve.
BIADO, subst. fém. piquettc.
BiROUN, subst. masc. vrille.
BISTOURNET, subst. masc, étourneau
BOÈYT, èyto, adj. vide.
BOUCHÈT, subst. masc. boisseau.
BOURNAC, subst. masc, ruche.
BOURROUIL, subst
masc. boui'geon.
BRANDA, v. act., balancer; v. n. branler.
BRAU, subs. masc. taureau.
BROC, subst. masc épine, buisson.
BROUQUET,
subsl. masc. fosset de la
barrique.
IÌROUSTA, verb. act. brouter.
BROUTA, verb. neut.
bouigeonner.
BRUC, subst.
masc, champignon.
BCSCAILLA,
verb. neut.
ramasser du
petit bois.
BAGANAU,
BARRI,

D

subst. masc

subst. masc.

DAILLA,

faucher.

verb. act.

DARRÈ,

subst.

masc.

prép.

et

adv.,

dorrière.
DAUANTAU,
DAUBUNS

SUbst.

OU

TOOSC.

daubusis,

tabliei'.
adj. certains.

N'a pas dc singul.
DAUID, adv. bientôt, presque.
DEBRUMBA,

DESBRUMBA,

verb. act.

ou-

blicr.

E
épouvanter.
essaim.
ECHUC, ugo, adj. sec.
EN (devant un
nom commençant par
une voyelle), prépos. à.
ENDOHTO,
SMÔSÍ.
fim. lien de bois
tordu.
ECHANTA, verb. act.
ECHAUMO,

subst- fém.

�— 86 —
devant un infmitif répond au
MENTRE, adv. pendant.
français en suivi du parlicipe présent.
MIA, verb. act. mener.
ESCABILLA, verb. act. passer pardossus
MIOT, oto, adj. gras, fln.
la tête.
MIRGO, subst. fém. musaraigne. Se dit
ESPUGNA, verb. act. couper le poignet.
aussi en parlant d'une femme de taille
ESQUILLOT, subst. masc. noix.
mèdiocrc, et qui fait la mijaurée.
ESQUIO, subst. fém. èchinc.
MOUNGETO, subst. fe'm. haricot.
ESTORSE, verb. act. tordre.
MUS, subst
masc. visage dc l'homme et
muíle des animaux.
G
N
GAHA, verb. act. prendre.
GER, subst. rnasc. janvier.
NI, subst. masc nid.
GOAZAGNA,
verb. act., gagner.
GOHE, ho, adj. mouillé.
P
GOUJO et GOUVO, subst. fe'm. servante.
GRATUILLA, verb. act. cliatouiller.
PAGES, subst. masc paysan.
PALANCOUN,
subst. masc. petitc planH
che.
PANCHOC, de panchoc, cn déclin.
HAGOT, subst
masc. fagot.
PASSEJA, verb.
act. promener. Se pasHAGINO, subst. fém. fouine.
seja, se promener.
HANILLA, verb. neut. hennir.
PAU, subst. masc. pieu.
HAUA, subst. masc. champ de fèves.
PAUC, TANT PAUC, adv. non pius.
IIÈ AU
HOUR, faire au four, fairo cuire
PAURUC, ugo, adj. peureux.
une fournce de pain.
PAYRÔ, subs. masc chaudron.
HÈCH subst. masc. faix, fagot.
PÈC, ègo, adj. niais, imbècile.
HERO, subst. fe'm
foire.
PECHEDÉ, subs
masc. pâturage.
HISSOUN, subst.
fém. dard, aiguillon.
PEGUESSO, subst. masc. acte de
niais,
HOETA, verb. act. fouetter.
d'imbécile.
HOUSTAU et OUSTAU, subst. masc. maiPENOUN, subst. masc. ètable.
son.
PERREQUET,
subst. masc. chiffonnier.
HROUNDO, subst. fém. fronde.
Pourta a perrequet, porter sur le dos
x
HUTOS, à hutos, au galop, avec la racommo Ies chiffonniers.
pidité de la fuite.
PIAU, adv. doucement.
HURno, subst. fém.,gnSe.
PICHÈ, subst.
masc. mesure locale de
l'Armagnac contenant environ deux litres.
PIGASSOUN, subst. masc. petite hache.
1
PINTOU, subst- masc. peigne.
PIPOT, subst. masc baril.
IHANGE. subst. masc. orange.
POUDA, verb- act. taillcr, couper.
POULUCS. subt. fe'm. puce.
L
PRACO. adv. contract. de per aco, pour
cela, pourtant.
LAMBRlu, subst. masc. cclair.
PRADISÈ, èro, adj
de prairio.
LANDRA.D. neut- clocher.
PRUSARAGNO,
subst. fém. démangeaiLAURÈ, subst. masc. laboureur.
son.
LAYRA, verb neut., aboyer.
LEGAN, subst. masc, licou.
Q
LÈYT, subst. masc, lit.
t.ÈYT, subst. fém. lait.
QUÈC, èco, adj. bégue.
LUÈ, èro. adj. lunatique.
QUISTO, subst. fém. quète.
EN

TOUT

M

R

MAGAGNO, subst. fe'm. embarras, mauREPIQUA, verb. act. sonner ln cloche á
vaise besogne.
cou]is prècipités pour hâter les retai daMARROU, subst. masc bèlicr.
taires.
MATRE, subst. masc grand vaisseau de
terre.
S
MEN, vocatif de moun, mien, mon ami,
mon ami, mon chcr.
SANSE, ero, adj. sain.

�— 87 subst. masc. tailleur.
TAPIOUN, subst. masc. âtre.
verb. act. serner.
TECHE, verb. act. tisser.
SAUMÈ, subst. masc. poutre.
TESSOUN, subst. masc. porc.
SAY, du verb. act. sabe, savoir. Say est
TICHANÈ, subst. masc. tisserand.
la première personne du singulier de ï'in
TRAUA, TRABA, verb. act. entraver.
dicatif présent.
TRAUC, subst. masc. trou.
SAY, contract. de sa beni, viens ça.
TREDOULE, verb. neut. grelotter.
SCLETTO, subst. fém. copeau.
TREPA, verb. neut. courir, folâtrer.
SEMIC, subst. fém. punaise.
TRESEGO, subst. fém. tresse.
SIÈGUE, verb- act. suivre.
TRIGA, verb neul. tarder.
SIUASO, subs. fém. avoine.
TRINDA, verb. act. tinter.
SOUAIL, subst. masc. pièce de bois.
THINDOMENT, subst. masc. tintement.
Souc, subst. masc. souche.
TROS, oso, adj. petit.
SOUEN, adv. souvent.
THOS, chótíf, pris comme subst. masc.
SUBERPLIS, subst. masc. surplis.
'Cros signifie chanteau, miche entamée.
TUSTA, verb. act. frapper.
SARTÈ,

SAUMA,

T
U
TABE, TABEN, COnj. aUSSÌ.
TALEN,

subst. fém. faim.

UUÈRO,

subst. fe'm. oronge.

��ADDITIOlsrS ET CORRECTIOlNrS.

Page v, ligtie 13, au lieu de en altendre, lire : en espe'rer.
Page v, note 1, au lieu de Hausmarchen, lire: Hausmmrchen.
Page vi, ligne 29, au lieu de ces trois formes, lire : ces trois genres.
Page

VIII,

note 4, ligne 2, au lieu de

D'ÀUCH,

lire : á'Auch.

Page ix, note 2,iigne2, aulieu de nouveaux, lire: Nouveaux.
Page 3, ligne 4, au lieu de Ey, lire: Èy; ligne 11, au lieu de ne.yt, lire:
nèyt; ligne 20, au lieu àeHilh, lire : Hil; mème ligne, au lieu de dechat, lire :
lechat.
Page 5, ligne 12, au lieu de aneyt, lire : anèyt.
Page 7, ligne 7, aulieude beneouon, lire •- benoun.
Page 7, ligne 21, au lieu de croumpcn lou bouc, lire: croumpèn un bouc.
Page 8, .Iigne 3, au lieu de croumpèn la baco, lire: croumpèn uo baco; ligne
7, au lieu de croumpèn lou brau, hre: croumpèn un brau; ligne 12, au lieu de
croumpèn lou gat, lire : croumpèn un gat.
Page 9, ligne 4, au lieu de Eri, lire: Èri.
Page 10, lignel, au lieude Ey, lire: Èy, ligne 12, même rectiflcation; ligne
7, au lieu de loup, lire : home.
Pagel3, ligne 6, au lieude Ey, lire : Èy.
Page 14, Iigne 4, au lieu de meste, lire: mèste; ligne 22, au lieu de aneyt, lire :
anèyt.
Page 15, ligne 9, au lieu de hilh, lire: hil; ligne 10, au lieu de Tout aro,
lire: Toutaro; ligne 19, au lieu de et, lire: e.
Page 16, titre, au lieu de Joan lou pèc, lire : lou Joan\loupèc; ligne 10,
au lieu de hilh, lire : hil.
Page 18, ligne 2, au lieu de hilh, lire : ftil.
Page 23, ligne 20, au lieu de nani, lire : náni.
Même correction pour les lignes 23, 25et27.
Page 29, ligne 6, au lieu de cadèt, lire: caddèt.
Page 37, ligne 8, au lieu de nani, lire: nâni; ligne 18, au lieu de Autoument,
lire: Automent.
Page 41, ligne 4, au lieu de sorrado e soun que, lire : sarrado, soun que.
Page42, ligne 6, aulieu de qu'aueo, lire : qu'aueuo.
Page43, lignel2, aulieu deça ditz, lire : ça digouc; ligne 18, au lieu de
ça ditz, lire: ça digouc.
Page 46, ligne 16, desoubatgio, lire: saubatgio.
Page 47, note 1, ligne 3, au lieu de

DELANERE,

lire:

DELANCRE.

�— 90 —
Page48, ligne 1, au lieu de oubriseoun, lire: oubriscouc; ligne 2, aulieu de
lous sourciès lire: lous sourciès,.
Page 49, note 1, ligne 1, au lieu de Arramé, lire: Arramè.
Page 53, ligne 3, au lieu de et s'en ban, lire: e s'en ban; ligne avant-dernière du texte, tab, lisez tabe'.
Page 63 : Debat la pèt qu'es lou diable. Variante : Debat la pèt qu'es l'ase.
Page 65, art. AUZET, au lieu de auzet, lisez l'auzet.
Page 67, art. HEURÈ, second proverbe, au lieu de auèy, lisez aoey.
Page 68, troisième ligne avant la fin, au Iieu de crechoun, lisez crechon.
Ligne dernière, aulieu de counneys, lisez couneys.
Page 72, art. DAUANT, aulieu de daouant, lire : dauant.
Page, 77, art. SOBRIQUETS, au lieu de Dilhouet, lire: Dilhouec.
Page, 79, série n° xo, au titre, au Iieu de USAGES. — ANCIENS ET
lire:

MOPERNES,

USAGES ANCIENS ET MOBERNES

M. Amédée Tarbouriecb, archiviste du Gers, a donné, en tête de ì'Annuaire
de ce département pour 1867, un certain nombre de proveibes agricoles, français et gascons. Les proverbes français sont empruntés à la Statistique ge'nérale de la France, et ce ne sont évidemnient que des traductions. Le petit
nombre de proverbes gascons ajoutés aux français se trouve dans mon recueil.

�TABLE.

Av"iìTISSEMENT

IV

CONTES.
I.

II

.

III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.

LA FLAUUTO

3

LOU LOUP MALAU

5

Lous

7

LOU

DINÈS

LOUP PENJAT

9

L'ESTIENNI L'HABILE.

11

LOU JOAN LOU PIGRE

14

LOU BOUYATGE DOU JOANOT

18

LOU JOAN LOU PÈC

21

RÉCITS.
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
YII.
VIII.
IX.
X.

LA LEÇOUN DOU JOANET

27

LA TROUJO PENJADO

28

RECOUMANDATIOUN D'UN AUBERGNAS

29

LOUS TRES

30

ESTAMAYRES

LOU MAYNATGE QUÈC

31

LOUS DUS MOUNGES

32

LOU

SERMOUN DOU TESSOUN DE LÈYT

33

LOU DIABLE AU CEMENTÈRI

34

LA SUPERBO. .

36

LA

37

BISITO DOU BOURDILÈ

SUPERSTITIONS.
I.
II.
III.
IV.

Y.

L'AOEILLO
LOU

GAT PANAT

LA MESSO DE LAS HANTAUMOS

LOU

REY ARTUS

LA NÈYT

DE NADAU

*1
43

44
46

47

�— 92 —
VI. LOUS HILS DOU CARBOUÈ
VII. LOU LOUP-GAROUN
VIII.
IX.
X.

LOU DIABLE MASCAT
LOU DRAC.
LAS ABEILLOS

XI. LA DAMAYSELETO
XII. LOUS TRES MAYNATGES

PROVERBES
GLOSSAIRE
ADDITIONS ET CORRECTIONS

49

OL

52

53
54
55

57

63

85

89

�à

�EXTRAIT DU CATALOGUE DES LIVRES DE FONDS.
BENLOEW. Précis d'une théorie des rhythmes. Première partie. Rhythmes
français et rhythmes latms, pour servir d'appendice aux traités de rhéturiquc, in-8. "
3 fr. 50
— Précis d'une théorie dc rhythmes. Deuxième partie. Des rhythmes grecs, et
parliculièrement des modifìeations de la quantité prosodique amenées par
le rhylhme musical, iu-8.
4 fr.
— De quelques caractères du langage primitif. Lu à FAcadémie des inseriptions et hclles-lettres le 30 octohre 1861, in-8.
1 fr. 50
BLADÉ (J.-P.). Dissertalion sur les chants héroïques des Basques, in-8. 3 í'r.
BOSSERT (A.). Tristan et Yseult, poème de Gotfrit de Strasbourg, comparé
à d'autres poòmes sur le même sujet, in-8.
3 fr.
BRUNET (G). La France littéraire au xv" siècle. Dictionnaire bibliographique 4es ouvrages en langue française imprimés avaht 1500, in-8.
15 fr.
CHARENGEY (H. de). La langúe basque et les idiômes de l'Oural. Premier
et deuxième fascicules.
3 fr.
DIEZ (Fréd.). Introduction à la grammaire des langues romanes. Traduit de
l'allemand par Gaston Paris. in-8.
3 fr.
DUMÉRIL. Essai philosophique sur la formation de la langue francaise,
in-8.
.
8fr.
— La mort de Garin le Loherain. Poème du xne siècle, puhlié pour la première fois d'après douze manuscrits, in-8, br.. pap. de Hollande
9 fr.
GRIMM (Jac). De l'origine du langage. Traduit de l'allemand par F. de
Wegmann, in-8.
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GUESSARD (F.). Graminaires provençales dellughes Faidit etde Raymond
Vidal de Besaudun (xme siècle). Deuxième édit. revue, corrigée et augmentée,
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Sur grand papier vélin. Tiré à 12 exemplaires seulement.
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HATOULET (J.) et E. PICOT. Proverbes béarnais, recueillis et accompagnés d'un vocabulaire et de quelques proverbes dans les autres dialectes du
midi de la France, in-8. Papier teinté (imp. Pcrrin).
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HUMBOLDT (G. de). De l'origine des formes grammaticales et de leur iníluence sur le développement des idées. Trad. de l'allem. par Alf. Tonnellé,
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— Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne à l'aide de la langue
basque. Trad. del'allemand par M. A. Marrast, procurcur impérial à OloronSainte-Marie, avec un avertissement et des notes du traducteur, in-8. 5 fr.
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manuscrits in-8.
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— Note sur la métrique du chant de sainte Eulalie. Paris, 1861, in-8. 1 fr. 50
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texte grec au commencement du xîne siècle, in-8, pl.
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PARIS (G.). Etude sur le ròle de l'accent latin dans la langue francaise.
1862, in-8.
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mots et des langues, 1 pl. gr. in-8.
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N. B. — Ce Catalogue, rcsumó complet do cette collection depuis son origine jusqu'à ce jour, est donnó gratuitement à toute pcrsonne qui achète quatre volumcs au
moins à la fois dc la Bibliotliéquc elzeviricnnc, ou qui s'engage à prcndre les volumes
qui paraîtront à L'avenir.

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              <text>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Dans cet ouvrage,&amp;nbsp;Jean-Fran&amp;ccedil;ois Blad&amp;eacute; rassemble les principaux contes, r&amp;eacute;cits, superstitions et proverbes populaires qu'il a recueillis en Armagnac.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;L'auteur distingue dans ses collectages trois cat&amp;eacute;gories : les "contes" sont des r&amp;eacute;cits plus ou moins merveilleux, les "r&amp;eacute;cits" sont des anecdotes vraies ou vraisemblables, les "superstitions" comportent une part de merveilleux mais sont accept&amp;eacute;es comme v&amp;eacute;rit&amp;eacute;s par le narrateur et les auditeurs.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Jean-Fran&amp;ccedil;ois Blad&amp;eacute; (1827-1900) est un magistrat ethnologue qui a particip&amp;eacute; &amp;agrave; la fondation de la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; historique de Gascogne. Il fut majoral du F&amp;eacute;librige en 1876 et membre de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux Floraux de Toulouse.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Consultez &amp;eacute;galement&lt;/strong&gt; les&amp;nbsp;&lt;span&gt;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/1832"&gt;&lt;em&gt;Contes populaires recueillis en Agenais&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; / par Jean-Fran&amp;ccedil;ois Blad&amp;eacute;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Bladé, Jean-François (1827-1900), ed. scientifique</text>
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