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                  <text>21» Annada

N° 189-

Juíhet'Agost

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

——

TOLOZA
14»

Carrlèra dels A.rts, 14

Lo

numéro:

2 fr.

�LO

SABER

OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
ADMINISTRACiON
14, Carrîèra dels Arts,

Libraria Privât,

s

TOLOZA

Fransa

Abonaraents

:

:

Estrange

un

=

an

C. C. Toloza 1673
.

: un an

.

.

.

.

20 ir.

30 ir.

ENSENHADOR
del N° 189

(jalhct-ayost 1940)

La DIRECTION:

La XXL0 Fête de l'Escôla Occitana.

lozèp SALVAT :
Guy de MOCNT-PAVOLN
(Frédéric MISTRAL) :

L'Ostal.

Prosper ESTIEIJ:

Idèas mistralencas.
Sul crôs de mon Paire dins lo Cementèri de Fendelha.

A
Peire-Ioan ROCDIN :
CRI-CRI:

ma

santa Maire.

Elegias.
Bolegadisa Occitana.
Jôcs Florals setenaris 1941.
Academia dels Jôcs Florals
La Guèrra.

Supplément : Rapport sur le Concours de Langue d'Oc, par
M. J.-Rozès de Brousse. — Poèmes couronnés de M.M.
Kinilieii Barreyres,
cel Fournier,

Frédéric Cayrou, Paul Lasserre, Mar¬

Gumersind Gomila.

Suplement, pels escolans e los amies del Colètge d'Occitania,
La Rampelada N° 56, (mars-agost 1940}.: Jôcs Florals Escolaris 1940, rapòrt e palmarès, cronica del Colètge, cors
de lenga e literatura occitanas.

BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA
Antonin Perbosc, capiscòl ; J.-R. de Brousse, Jaques-Ëmili
Abelous, Francés Tkesse&amp;e,yóh-capiscòls; Armand Praviel,

Salvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.
Yerda, Lois Théron de Montaugé, Juli Cubaynes, Joan Ladoux, Amiral d'amiémar de Cransac, conseillers.
Paul Sibra, jos-capiscôl dels Grilhs del Lauragués; Jordi
Bousquet, capiscôl de l'Escôla Rochegude; Fernand Albert,
capiscòl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'Es¬
côla Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de YEscè,la d'Autpol ;
Elia Lagarde, capiscôl de l'Escôla Dom Vaissete ; Calelhon,
capiscôl del Calelh del Roèrgue, conseillers.

clavaire; Jozèp
Filadèlfa

de

�Supplément au N° 189 du Gai Saber
(Juillet-Août 1940).

��RAPPORT
SUR

LE CONCOURS DE LANGUE
LU EN SEANCE PUBLIQUE, LE 2

D'OC

MAI 1940

PAR

M-

J.-ROZÈS

DE

BROUSSE

FÉL1BRE MAJORAL

L'UN

DES

QUARANTE MAINTENEURS

Messieurs,

cigales ne chantent point pendant l'orage
grillons se taisent pendant la tempête.
Il n'en est pas de même des félibres. L'amour
des vers, qui est une passion lui aussi, est telle¬
ment ancré dans le cœur des poètes que, même
dans une époque cruelle et barbare comme la nô¬
tre, ils continuent leur jeu délicat et subtil, attentifs
à l'harmonie des syllabes et aux timbres des rimes
avec la même sérénité que le berger de Virgile
qui, dans des temps troublés aussi, mais proches
cependant de la paix impériale, jouait tranquille¬
ment de la flûte sous les branches d'un hêtre.
Si cette sérénité tenace est de nature à étonner
Les

et les

un

peu

Alceste, l'homme aux rubans verts, peutpermis, d'autre part, de la considérer
méritoire et même digne de louanges. Plus'

être est-il
comme

I

�—

la Civilisation est en

176

—

butte aux assauts

de la Bar¬

barie, plus les Clartés sont attaquées par les Ténè¬
bres, plus les Civilisés ont le devoir de tenir ferme
le flambeau et les poètes le devoir de tenir haut

sacrée.
ce qu'ils font effectivement •—• nous le
voyons, cette année, ici même —, et ils le font
d'autant plus et d'autant mieux que, dans la moitié
des cas, leur voix est l'écho des événements histo¬
riques que nous vivons et des sentiments qui étreignent nos cœurs.
Les poètes —- disons plus précisément : les félibres
sont donc venus, cette année aussi, auprès
de Clémence Isaure, Ils sont venus moins nom¬
breux. Ne nous en étonnons pas. Nous avons reçu
soixante-douze ouvrages, alors que nous en avions
eu cent vingt-trois l'an passé. N'oublions pas que
beaucoup de jeunes félibres — et de moins jeunes
aussi
sont aux armées
ce qui, du reste, n'a
pas empêché plus d'un de concourir et de nous
faire adresser ses envois depuis le front —• dans
ces derniers jours de décembre d'un hiver qui, s'il
fut particulièrement rigoureux pour nous, citadins,
du Midi, fut terriblement dur pour eux.
la Lyre

C'est

—-

—•

A

ces

envois,

venus

soit de félibres

en

soit de félibres des armées,

cheveux blancs assis aux cen¬

foyer, nous avons donné cinq fleurs, comme
plus exactement, quatre fleurs et
un
rappel de primevère. Clémence Isaure tient
compte, non du nombre des œuvres, mais de la
dres du

l'an dernier, ou,

qualité.
Deux de

ces

envois, tout à fait indépendants des

�177

—

—

événements, chantent la jeunesse et

l'amour, avec

parfaite tranquillité d'esprit, comme si la
guerre n'existait pas. Les trois autres en tiennent
compte et en sont l'écho. Commençons par les deux
premiers.

une

premier est un poème, La Clanqne d'Arezià
(La Conque d'Arézia:).- Il nous est envoyé des bords
de l'Océan qui bat les côtes de l'Aquitaine et il
est l'œuvre de M. Emilien Barreyres, en résidence
à Joinville-le-Pont (Seine).
Le poète, que nous avons souvent couronné an¬
térieurement, et qui semble améliorer sa graphie,
nous confie un fragment de ses souvenirs de jeu¬
nesse. Ce sont les souvenirs d'une rude vie de petit
mousse de treize ans qui travaille et navigue sur
la robuste barque de pêche de son père. Celui-ci
n'est pas tendre pour le gamin et sa lourde main
s'abat sur sa joue, quand l'enfant répare mal le
filet parce qu'il écoute sur la plage chanter un
oiseau, ou quand, pendant la dure navigation noc¬
turne, il oublie la nef et la marée pour contempler
avec extase la plus belle étoile du ciel.
Le poème de M. Barreyres a de grandes qualités
de simplicité, de réalisme, de précision et de poé¬
Le

sie. Ses

«

Souvenirs

»

ont autrement de relief et

de Jasmin et il parle de l'Océan
qui ferait plus penser aux âpres
chants deYannNibor qu'au romantisme un peu fac¬
tice de Richepin. En outre, M. Barreyres a le rare
mérite de représenter, pour sa part personnelle, le
dialecte gascon des côtes d'Aquitaine, que nous
sommes obligés d'accepter de confiance, faute de
de nerf que ceux
avec

un

accent

�178

—

textes
nous

—

classiques de comparaison,

mais qui a pour

le mérite de fixer et de conserver un

vocabu¬

populaire, de s'assouplir à la gra¬
phie occitane et de rattacher au Félibrige une con¬
trée lointaine qui ne s'en était guère approchée
laire maritime

avant lui.

L'Académie reconnaît à nouveau ces
donnant

au

mérites en

poète une Primevère d'argent.

poème, qui ne pense pas aux événements
jour, est un poème qui songe plutôt à l'amour.

L'autre
du
—•

On voit que nous sommes

loin du front puisque

près du cœur.
Il a pour titre : Enigmes de la Fadrineta (Enig¬
mes de la jeune fille). — « La tourterelle, si calme
et si fidèle, dit le poète, je ne sais pas ce qu'elle
attend nuit et jour; peut-être elle attend une étoile
pour lui tenir compagnie... Il y a des cœurs qui
sont comme elle, espace désert, loin de tout, dans

nous sommes

le lointain.

»

La tourterelle boit le soleil et le ciel

bleu. Elle vit d'illusions et de rêves. La
—-

et

la

jeune fille

la Fadrineta

(le joli mot !), —- attend, elle aussi,
regarde au loin... peut-être quelque pêcheur de
mer

sait

de Collioure ?...

«

Qui sait ? Et si elle lais¬

la

porte ouverte, l'amour, distrait, pourrait
entrer... » Et le poète termine par ces deux vers :
« Son cœur vibre sous une étreinte invisible,
pri¬
sonnier de la liberté.

»

—-

Prisonnier de la liberté!

jolie idée ! Le cœur de la Fadrineta aspire à
l'esclavage de l'amour ou de l'hymen comme, mal¬
gré elle, la pastoure de YOarystis, de Chénier... et,
comme toutes les jeunes filles... du Roussillon et
la

de

partout.

�—

179

—

gracieuses strophes catalanes, si poétiques,
auxquelles il ne manque
presque rien, ont valu un rappel de Primevère à
l'auteur, M. Gumersind Gomila, de Perpignan, déjà
couronné. Nous donnons rendez-vous pour l'avenir
au jeune et
charmant poète, s'il plaît à Dieu, en
pensant que, pour cette année, la Fadrineta lui
donnera elle-même sa meilleure récompense.
Ces

si délicates et si musicales

Et maintenant, Messieurs, nous voici dans l'at¬
mosphère de la guerre avec les trois envois qui
nous

restent.

(Sur la Route), trois sonnets de
maître en gai savoir du Félibrige, à Chancelade (Dordogne), lieutenant aux
Armées, montre, en vigoureuses eaux-fortes, deux
cortèges qui se croisent sans se parler sur une
route sombre qui va vers l'Est. L'un est le cortège
pitoyable des réfugiés qui descendent avec leurs
tristes et chers bagages; l'autre, le cortège des sol¬
dats muets, pensifs et graves, qui vont occuper le
pays abandonné et qui montent .vers le front avec
leur lourde charge et les canons allongeant leur
mufle encapuchonné. « C'est ta vengeance, ô Mort,
qui te fait son offrande; pour défendre son sol,
elle s'en va, jeunesse armée, vers un sombre destin
de guerre et de combat. »
Vous avez apprécié, Messieurs, ce qu'un poète
de talent, devenu soldat de France, a tiré de ces
deux cortèges qui ne ressemblent pas à ceux de
Joséphin Soulary. Vous avez admiré le sentiment
poignant et l'art sobre et grave de ce triptyque
Sur la Routo

M. Marcel Fournier,

�—

180

—

puissant et condensé qui a pour devise : Militem
quoque deledant Musse et qui nous vient de Diffembach, avec la date du 1er septembre 1939.
L'Académie a fleuri d'un Œillet la route sombre
du félibre-soldat.

viennent les
Ballades du
Front), d'un poète que le Midi applaudit, que nous
avons déjà couronné souvent et que nous aimons,
M. Frédéric Cayrou, de Montauban, actuellement
vétérinaire-capitaine, « quelque part en France »,
maître en gai savoir. Il est, vous le savez, le spiri¬
soldat aussi que nous
Balladas frontalièras (Trois

C'est d'un

Très

saynètes, en savoureux dia¬
montalbanais, et l'auteur de cet inénarrable
Maco-turros en Americo, ce paysan du Quercy si
tuel auteur de tant de
lecte

comiquement transplanté en plein New-York, qui
s'étonne de tout, mais qui ne perd pas un grain
de sa philosophie rustique et de son malin bon
sens.

Les trois ballades du front mettent en scène

le

valet-soldat, le foin de nos campagnes et les voix
lointaines du pays.
Le valet de ferme,

devenu soldat, se rappelle ses

profonds sommeils dans l'étable et ses joyeux ré¬
veils à l'aurore quand au soleil il chantait ses au¬
bades. Maintenant, dans les tranchées, il ronfle
encore, car il a vingt ans, mais dans son envoi il
promet au « Boche », qui lui vaut les dures nuits
actuelles, un couplet de sa façon, quand ils se ren¬
contreront nez à nez. « Je te les chanterai, mes
aubades !

»

Te

las cantarai,

mas

aubadas I

�—

Le foin se

18i

—

réjouit d'être mobilisé,

envoyé au front avec le brave paysan

lui aussi, et

qui le fau¬

Là-bas, sur la ligne de
feu, il sera la couette et le couvre-pied du paysansoldat et il rendra son sommeil meilleur sous le
chait et le fanait, au pays.

ciel étoilé.
la ballade des voix lointaines, c'est le
paysan-soldat couché dans le même foin.
Il fait, en dormant, un bien beau rêve. Il lui sem¬
ble que le vent lui apporte l'odeur des prés de chez
lui, le chant des grillons, de la caille et du pâtre
et la plainte des cloches du village. « Si elle est
douce, ta couverture, à ma peau, foin de mes com¬
bes occitanes, plus doux encore est le réconfort
que vous me portez, voix lointaines. »
Dans

même

Mal dos

enquèra

es

lo prodel

Que me portatz, votzes lentanas,

les Trois
l'inspiration généreuse, le talent
alerte et le vocabulaire familier, expressif et sen¬
tant bon le terroir, le vocabulaire et le style du
bon poète dont le nom seul éveille dans tout notre
Midi les sourires mêlés aux bravos. A ces trois bal¬
Nous

avons

tout de suite reconnu dans

Ballades du Front

si gaillardement françaises... et occitanes,
qu'accompagnait une charmante saynète imprimée,
Las Noças d'or (Les Noces d'or), dont nous avons
tenu compte, l'Académie a décerné le Souci, prix
du genre de la ballade.
lades

imposé par
consiste en deux sonnets adressés par
jeune prêtre-soldat, M. l'abbé Paul Lasserre,

Enfin, le troisième envoi couronné,
la guerre,
un

2*

�—

d'Auvillars
des

182

—

(Tarn-et-Garonne), qui, jusqu'aux gran¬

vacances

dernières, suivait avec nous les cours

distingué confrère
majorai abbé Salvat, à l'Institut Catholique, et
qui, obligeant disciple du maître, distribuait aima¬
blement les imprimés du cours en diligent et sou¬
riant vicaire des Muses. Etudiant de l'Institut Ca¬
de littérature occitane de notre
le

tholique et, récemment, chargé de cours au Sémi¬
nous l'avions couronné l'an dernier pour une
brillante Ballade à la Vierge. A la déclaration de
guerre son âge l'a fait partir des premiers et, làbas, aux Armées, « quelque part » ailleurs qu'en
France, où il est caporal, il n'a pas oublié Toulouse
et les Jeux Floraux et il nous a mandé deux son¬
nets de la même haute inspiration : A Nòstra-Dama
naire,

del Cimèl et A Nòstra-Dama dcl Liban.
Notre-Dame du Sommet

je préférerais tra¬
est, sur un pic
perdu des Pyrénées, une rustique statuette de la
Vierge, taillée par les pâtres pieux dans le creux
d'un vieux chêne. Les bergers l'ornaient, l'été, de ce
qu'ils ont sous la main, de chardons bleus sauva¬
ges; mais, l'hiver, c'est la neige qui vient la vêtir.
duire

:

—

Notre-Dame des Cimes

Es la nèu que te ven

vestir

:

—-

Immaculada.

A Notre-Dame du Liban, à la

Vierge de Naza¬
reth, comme autrefois l'aïeul, le comte Raimond
de Toulouse, aujourd'hui le soldat toulousain, un
soldadièr mondin, est venu apporter son âme
pure et combattre pour que les pleurs n'assombris¬
sent plus le visage sacré de la Mère douloureuse.
« Comme mon divin
Frère, ton Fils, je saurai

—

�—

183

—

porter ma croix, dit le poète; pour annoncer le
Droit, ma voix sera sa voix; car je sais que si
un.jour je tombe dans la tranchée, plus haut que
le Liban tu me gardes une place : celle de tes pa¬
ladins : près de ton cœur, là-haut. »
lo Liban me gardas una plasa,
paladins, prép de ton Còr, Amont.

Mai naut que

La de tos

n'est-il pas vrai,
passent de commentaires. Nous en
senti la robuste et fine ciselure,.la pure

Ces beaux et nobles sonnets,
Messieurs ?
avons

tous

se

langue, qui fait honneur à l'école de notre grand et
regretté Estieu et au Colètge d'Occitania dont
l'abbé Lasserre est le disciple, et nous en avons
tous apprécié, plus encore s'il est possible, la haute
inspiration religieuse, la grave tonalité patriotique
et, en donnant au poète, prêtre et soldai, une Pri¬
mevère, nous avons, dans notre intime pensée, prie
pour nos soldats et pour notre France qui se trouve,
par la force des événements, obligée de renouveler
les grands actes historiques de sa mission tradi¬
tionnelle, « Gesta Dei per Francos ».
Messieurs, je voudrais- finir

ici ce rapport.
je dois ajouter que l'Académie a décerné
des mentions honorables à quatre envois de réel
mérite qui, émergeant des soixante-douze ouvrages
du concours, ont été bien près d'obtenir des Fleurs.
Ce sont : Pels quatre-vingts ans de Mirèlha, poème,
par M. Raymond Lizop, félibre majorai, à Tou¬
louse; La Lauzenja de Nòstra-Dama de Consolacion, hymne à la Vierge, par M. Clovis Roques,
félibre majorai, à Clermont-l'HérauIt; L'Angelus
Mais

�—

184

—

del

Ser, pièce, par M. Joseph Cantagrel, à Tou¬
louse; et Triptic, pièces, par M. Joseph Dengerma,
à Suc

(Ariège).

Enfin, je dois appeler l'attention de nos concur¬
rents

sur

l'observation stricte du

concours.

règlement de nos

Des envois ont dû être éliminés parce

qu'ils étaient signés ou parce qu'ils n'étaient pas
accompagnés de la traduction, nécessaire parfois
pour apprécier la nuance exacte de la pensée du
poète.

Voilà, Messieurs,

ce

qui concerne le concours des

Fleurs.
11

me

reste à

vous

dire

un

mot

en

terminant des

trois

prix qui ont été décernés à des comédies de
Léon Cordes, à un ouvrage d'enseignement de
Henri Mouly, et à une étude de M'110 Dobelmann.

M.

M.

M. Léon

Cordes, de Siran (Hérault), actuellement
Armées, est un de nos plus sympathiques can¬
didats : il a déjà cueilli quelques fleurs à notre ver¬
ger par des poèmes originaux et vigoureux. C'est
un vrai fils de la terre, à
laquelle il est revenu après
quelques années d'étude. Le Colètge d'Occitania lui
fit prendre conscience de sa nature occitane.
aux

Son âme de
tre.

poète est doublée d'une âme d'apô¬
Quand il revient de sa vigne, où il a travaillé

tout le

jour, il chante, dans la langue occitane, la

force du vin et les enchantements de l'amour. Mais,

quand il chante,

ce n'est pas uniquement les vieil¬
les, les traditionnelles mélodies du Boièr et des Es-

�—

185

-

clòps; il chante des chansons faites par lui-même
sur des airs de fox-trot, de one-step et de tango.
Léon Cordes n'est pas un

félibre figé dans l'ad¬

passé. Il est un félibre conquérant, un
homme de son temps qui sent en lui monter la sève
toujours jeune de la race brune. Ces théories, il les
a portées, tout jeune, dans le théâtre, où il a vu
avec raison, l'un des meilleurs moyens de propa¬
miration du

gande occitane. Qu'on ne lui parle pas de rengaines
folkloriques et de monotones sujets traditionnels.
Ce qui compte pour lui, ce qui vaut, c'est la vie, la
vida vidanta.

envoyé, du front où il monte la garde
la défense de la Patrie, une série de pièces de
théâtre, en vers ou en prose, qui dénotent chez- lui
un sens très affiné de la composition scénique, et
une connaissance profonde de la psychologie popu¬
Il

nous a

pour

laire.
L'auteur est

un

paysan,

et c'est surtout l'âme du

Mais le paysan de .Léon
trop nombreux auteurs
dramatiques qui rendent l'homme de la terre ridP
cule et grotesque par abus de couleur locale. Le
paysan et la paysanne de nôtre jeune félibre ne sont
pas des démodés parlant un langage incompréhen¬
sible, s'éclairant au calel, chantant des airs péri¬
més, coiffés de chapeaux 1830, traînant des para¬
pluies de musée, et laissant échapper de leur poche
paysan qu'il met en scène.
Cordes n'est pas celui de

un

vaste mouchoir à carreaux.
Ce sont des hommes et des femmes

d'aujour¬

d'hui, dialoguant souvent dans nos rues

actuelles,

T.

bon

café et munis

d'appareils de
S. F., s'égayant de chansons ultra-modernes et

amateurs

de

�—

vêtus

186

-

parlant la langue de
jours, tant à l'honneur encore dans nos

comme

tous les

tout le monde,

campagnes.

quelle langue savoureuse, piquante, expri¬
les plus divers de l'amour et
de la haine, sans vaine recherche de mots rares à
effet, langue pleine d'aisance et de naturel !
L'auteur veut dire quelque chose et remuer le
cœur des auditeurs. Il y réussit, dans de courtes
et légères fantaisies radiophoniques aussi bien que
Et

mant les sentiments

dans des
prose.
Nous

drames émouvants, en vers comme en

analyser toutes les pièces qu'il
adressées, quelques-unes imprimées, la plu¬
part manuscrites. Mais voici Matalena, comédie
dramatique, où nous voyons la jeune villageoise qui
joue imprudemment avec le cœur des amoureux,
les jetant en. des transes cruelles et en des riva¬
lités funestes. Elle provoque ainsi le désespoir de
Janti, qui, revenant du service, ne reconnaît plus
son amie d'autan, la surprend en train de flirter
avec Peironet, et quitte désespéré sa maison, où il
ne peut introduire cette menteuse, et son village où
il ne peut plus vivre.
« Le
village, je le porterai toujours en moi; je
suis sur cette terre un pèlerin de l'amour. »
ne

pouvons

nous a

Lo

Soi

vilatge dins ieu lo portarai to.tjorn...
sus aquesta terra un romiu de l'Amor.

Mais, voici que Madeleine
vient demander pardon aux

comprend sa faute, et
rudes parents de son
Janti qui l'accueillent, et chez qui elle vivra en
attendant sagement, cette fois, le retour de Pab-

�—

sent

:

«

187

Tout en attendant,

du.retour.

—

dit-elle, nous parlerons

»

E tôt

en

esperant partarem

del -retorn.

Prudon de la Lima est aussi une

comédie drama¬

qui a pour sujet la rivalité
dans un hameau.
Prudon et Finot se querellent, et, un jour, pour
une
question de borne déplacée par Finot au
champ de l'Homme-Mort, Finot prend sa revanche
sur Prudon en blessant grièvement, par un accident
volontaire d'automobile, le fils de son rival, Jordi,
qui est aimé de Fineta, sa propre fille. On devine
que Prudon, qui est veuf, est incapable de soigner
comme il faut son fils gravement malade; aucun
remède n'opère, aucune distraction ne soulage le
jeune homme qui, finalement, réclame la présence
de Fineta. Prudon, intraitable, ne veut pas, tout
d'abord, en entendre parler, car elle est la fille de
1' « assassin ». Mais bientôt il pardonne et dit sim¬
plement, accompagnant ces mots d'un sourire inté¬

tique, mais en prose,
de deux paysans

rieur

:

le
légumes.' » Deman sera la Fineta que
te fara lo bolhon d'erba.
Comédie dramatique », c'est ainsi que Léon
Cordes appelle ses pièces de théâtre, et avec juste
raison. Comme dans les comedias espagnoles, le
comique y coudoie le tragique, se mêlant à lui sur
«

Demain

ce

sera

Finette qui te préparera

bouillon de

«

la scène

comme

il

se

mêle à lui dans la vie de cha¬

jour.
public de nos campagnes et.de nos villes
languedociennes se reconnaît dans les personnages

que

Et le

�—

188

—

de Léon Cordes. Il faut avoir assisté

à quelque re¬

présentation de ces pièces pour en comprendre,
qu'à la lecture, le sens et la portée, et
pour en goûter l'intérêt. D'ailleurs, Léon Cordes
est lui-même un remarquable interprète des prin¬
cipaux rôles de son théâtre, et son jeu est d'un
bien mieux

naturel saisissant.
A

ce

jeune et vaillant ouvrier de la Renaissance

occitane, Clémence Isaure est heureuse de décerner
un

prix de 800 francs en l'accompagnant de ses

bravos.

Un autre de nos prix est allé au bon félibre
rouergat Henri Mouly, que nous connaissons déjà
comme poète, ayant cueilli plusieurs de nos fleurs,
et, plus encore, comme prosateur, ayant enrichi la
littérature occitane de nombreux volumes, mémoi¬
res, souvenirs d'enfance, romans champêtres qui,
nous le savons, sont déjà classiques, et font le régal
des enfants de

nos

écoles

—

du moins des écoles

qui ne ferment pas impitoyablement leurs portes à
la langue de chez nous —: Al Cant de l'Alauzeta,
Rajòls d'antan, Mas Espingadas. Ce sont de maî¬
tres livres écrits en une prose savoureuse, pleine,
vivante où l'auteur a fait preuve d'un réel talent.
Comme Léon Cordes, il a écrit des pièces de théâ¬
tre, comédies, farces, drames historiques, qu'il
interprète lui-même avec sa troupe de VEstèlo de
Bessou. II n'est pas soldat, Henri Mouly —- son
fils a pris sa place sous nos drapeaux —, mais il
l'a été, et il est un grand mutilé de l'autre
guerre,
A tous ces titres qu'il semble avoir accumulés
pour mériter la sympathie du peuple occitan, il

�—

189

—

ajouter un autre. Comme Léon Cordes,
Mouly est fils de paysans. Mais, s'il est de¬

vient d'en
Henri

meuré fidèle à

son

terroir, la vocation d'instituteur

a confié la formation, l'éducation, l'ins¬
truction des enfants rouergats. Et c'est précisément

public lui

une œuvre

à notre

pédagogique qu'il a envoyée cette année

concours.

Ses Eléments de

langue occitane marquent une
l'expansion du mouvement félibréen ten¬
dant à instaurer dans nos écoles l'enseignement de
notre parler occitan.
Nous n'ignorons certes pas, ici, tous les efforts
méritoires qui, depuis la fondation du Félibrige,
ont été faits dans ce sens. Tour à tour la Provence,
la Gascogne, le Languedoc, l'Auvergne, ont vu pa¬
raître
en dehors de
grammaires et de diction¬
date clans

—•

naires

—

des recueils de lectures courantes, des an¬

thologies scolaires, des Livres de l'Etudiant, etc.
savons
surtout l'œuvre méritoire et déjà
grande par ses fruits, accomplie par le Colètge
d'Occitania pour l'enseignement méthodique de
notre vieille langue méridionale. Les Eléments de
langue occitane d'Henri Mouly peuvent être con¬
Nous

sidérés, à bon droit,

comme une

branche de cet

arbre

qu'est le Colètge d'Occitania.
Ici, à la suite de nos maîtres Estieu et Perbosc,
et de YEscòla Occitana, on a répandu, vulgarisé
les principes d'unification graphique et de restau¬
ration littéraire, les appliquant d'une façon géné¬
rale à tous les sous-dialectes languedociens, pour
lesquels a été écrite, et publiée dans La Rampelada,
bulletin du Colètge, la grammaire occitane de notre
vaillant confrère l'abbé Salvat.

&lt;a

.

3*

\W&gt;

'%

ni

♦

�—

190

—

Mais ces principes demeurent généraux et, par¬
fois, d'une application difficile, étant donné la va¬
riété des sous-dialectes. Les directeurs du Colètge

appellent de tous leurs vœux la bonne volonté et
intelligent des collaborateurs qui, dans
chaque terroir déterminé, appliqueront ces princi¬
pes à la langue de ce terroir.
Et c'est précisément ce qu'a fait Henri Mouly,
instituteur public, pour la langue du Rouergue,
qu'il connaît aussi bien que quiconque, l'ayant su¬
cée avec le lait maternel, l'ayant parlée toute sa
vie, l'ayant étudiée ensuite dans les œuvres im¬
mortelles de Justin Bessou et des autres écrivains
rouergats. Disciple fervent des maîtres de YEscòla
Occitana, ami fidèle du Colètge d'Occitania, il a
écrit, en homme du métier, un livre remarquable
par son idée directrice, son plan, et ses détails

le labeur

d'exécution.
Cet ouvrage
de
un

est divisé en vingt leçons. Chacune

leçons comprend : une lecture empruntée à
auteur rouergat, des éléments de grammaire,

ces

des versions et des thèmes dont les textes sont ex¬
traits d'écrivains du

Rouergue, des conseils pour
françaises, grouper les fa¬
milles de mots, apprendre l'orthographe, et enfin
des devinettes, des séries de proverbes ou un chant
populaire noté. Chaque leçon est précédée d'une
jolie illustration due au talent de Charles Mouly,
propre fils de l'auteur.
L'ensemble des vingt leçons est suivi des tables
de conjugaison, d'une anthologie poétique rouergate, d'éléments de bibliographie occitane, et d'un
glossaire d'environ mille huit cents mots.
éviter les incorrections

�—

491

—

N'est-ce pas là un bel essai de vulgarisation oc¬
citane ? Et Henri Mouly ne mérite-t-il pas les élo¬

de tous ceux qui aiment notre langue ? C'est
qu'ont bien compris M. Camille Bégué, inspec¬
teur d'Académie du Lot, et M. Lignères, inspecteur
d'Académie de l'Aveyron, qui, en deux belles let¬
tres reproduites au début du volume, expriment à
l'auteur tous leurs compliments et leurs souhaits.
A tous ces hommages compétents, l'Académie
est heureuse de joindre son approbation
entière en
décernant à M. Henri Mouly un prix de 700 francs.
ges

ce

Un autre ouvrage

enfin a retenu notre attention.
signé de M"" Suzanne Dobelmann, archivistepaléographe, bibliothécaire en chef de la Bibliothè¬
que de la Ville de Toulouse.
Ancienne élève de l'Ecole des Chartes, M"10 Do¬
belmann a composé, après plusieurs années de re¬
cherches patientes, une étude approfondie et sé¬
rieuse, l'Histoire de la langue de Cahors depuis le
treizième siècle jusqu'à la fin du seizième.
Cette étude, pfésentée en manuscrit à l'Académie
est une thèse de doctorat ès lettres, dont le
jury
universitaire sera appelé à apprécier plus stricte¬
ment que nous les légères bavures,
et surtout les
mérites remarquables.
Ce sont les mérites que notre Académie a voulu
reconnaître, montrant par là l'intérêt qu'elle porte,
non seulement à la
production littéraire contempo¬
raine et aux ouvrages de vulgarisation, mais aussi
à tous les travaux d'érudition élevés à la
gloire de
notre langue occitane. Le travail de M""1 Dobel11 est

�—

est

rtiann

un

de

confrère et maître

—

qu'eût aimé à louer notre
regretté Joseph Anglade. 11 com¬

ceux

prenait, lui, combien la
a

192

restauration de notre langue

d'études approfondies
chaque jour davantage ses titres de no¬

besoin de bases solides,

établissant
blesse.
La

langue des félibres

d'aujourd'hui n'est pas

invention; elle est une reconstitution. La langue
d'Oc
notre illustre confrère M. Jeanroy l'a bien

un

—

jadis, non seulement l'instrument
incomparable de la poésie lyrique la plus raffinée,
mais aussi un mode d'expression des actes officiels
de tout un peuple.
M"" Dobelmann a voulu exposer les caractères
et l'évolution de la langue d'Oc au cours de trois
siècles dans une aire donnée du domaine linguis¬
montré

.

—-

fut

tique occitan. Elle a choisi pour cela le pays et la
Cahors, région assez pauvre en production
littéraire, à cette époque, mais où elle a des atta¬
ches familiales, et elle a étudié cette évolution en
partant des premiers documents diplomatiques
écrits jusqu'au moment où le français supplanta
la langue d'Oc dans la rédaction des actes publics.
Après avoi'r magistralement exposé les différen¬
tes sources où elle a puisé sa documentation, docu¬
ments déjà publiés et utilisés par elle, plus souvent

ville de

documents inédits dont elle

nous

fait connaître le

pièces qu'elle
dépouillées avec une attention et une patience
admirables, la phonétique et la morphologie de la
langue du Haut-Quercy. C'est une étude très ser¬
rée, faite d'après les principes acquis à l'école des
texte, elle a étudié, d'après ces mêmes
a

maîtres.

�—

193

—

partie de l'ouvrage qui nous a incontestable¬
plus est le précieux ensemble des
trente-trois textes, inédits jusqu'à présent, que l'au¬
teur fait connaître au public, et qui vont de 1217
La

ment intéressés le

à 1596.

Certains de

ces

textes ont trait à des événements

particuliers d'une importance historique très secon¬
daire : transaction, ventes, donations, testaments,
échanges, livres de comptes, cadastres, etc... D'au¬
tres offrent des détails curieux aux amateurs

d'his¬

contrat entre maçons et consuls,
mai 1287, pour la reconstruction
du Pont Neuf; règlement des cordonniers et des
sabotiers; ordonnance consulaire sur le paiement
des tailles et le transport des vendanges; tarif de
toire

régionale

:

à la date du 31

l'entrée des marchandises dans Cahors; livre de

comptes de l'Hôpital Saint-Jacques de la GrandRue; coutumes de la ville, etc...
Plusieurs récits sont relatifs à l'entrée solennelle
dans Cahors de

évêque,
la cité,
pour garantir par serment ses franchises et libertés
(l'évêque, avant de se décider, consulte ses chanoi¬
nes). La crue du Lot du 30 mai 1494 nous y est
quelque grand personnage,
sénéchal, qui s'arrête, avant d'entrer dans

l'eau

les détails des

dégâts causés par
qui emportait les moulins, ensablant les prés,

racontée

avec

déracinant les arbres.
Un

récit fort

pittoresque, extrait d'un recueil

appelé le Livre Tanné, nous raconte l'envoi de Jean
Rival, vigneron de Cahors, pour porter des plants
de vigne à Fontainebleau. On nous permettra d'en
donner une traduction un peu large.
L'an 1531, au mois de juin, on présenta des let-

�—

—

Roi, notre Souverain Seigneur,

très du
à

194

adressées

Monseigneur le Sénéchal, ordonnant au

dit Sei¬

gneur de lui envoyer un vigneron de Cahors à l'ef¬
fet d'établir une vigne à Fontainebleau. Les Con¬
suls assemblèrent la

plupart des vignerons de la

ville; il fut décidé qu'on enverrait Jean Rival, dit
Prince, vigneron de Cahors, lequel y alla. Au mois
de novembre, sur l'ordre exprès du roi, on ramassa
une

grande quantité de plants des vignes de Ca¬

hors, et on l'amena à Fontainebleau, près de Paris.
Le dit Rival, dit Prince, qui était revenu, repartit
pour un

second voyage afin d'amener ce plant. Il

emporter vingt barriques de vin pour le roi, il
emmena
trente mulets chargés desdits plants,
XX barricas de vy per lodit senher lo rey, et trenta
muletz cargatz dels dits plans.
Une table des noms de personnes et de lieux, un
glossaire d'environ cinq cents mots, établi avec une
précision remarquable, terminent ce précieux ou¬
fit

vrage que l'Académie a vivement goûté et auquel
elle a attribué un prix de 1.000 francs, non pour
recevoir de Ml,le Dobelmann un chargement de vin
de Cahors

—-

que nous ne

méconnaissons certes
de son
savant.

pas —■ mais pour aider à la publication
étude qui mérite d'être connue du monde

*

*

Tel

a

*

été, Messieurs, notre concours de langue

d'Oc de cette année.
Vous voyez que,
n'a pas

malgré la cruauté du temps, il
été inférieur à ceux des années précéden-

�—

tes. II nous

195

—

est, pour son humble part, une raison
plus d'espérer dans les destinées de notre
France immortelle qui est le bouquet harmonieux
et magnifique de tous nos chers terroirs provin¬
de

ciaux.

�LA

CLANQUE D'AREZIA
POÈME
QUI A

OBTENU UNE

PRIMEVÈRE

PAR

M. EMILIEN
A

BARREYRES

JOINVILLE LE-PONT (SEINE)

I

Quand quitèri l'escole, à l'atge de treize ans,
Quauques mais à ma mai dichuren : — « Aquet drôle,
Perqué lou diches pas un aute an à l'escole ?» —•
Se qu'èri bèn tchicòi e lours drôles bèn grands,
Me qu'estesen dou médis atge.
« So
que lous bostes hèn, lou harà moun mainatge, »
Respoundut ma mai em fiartat.
—

E

pai m'aprengut coum se hèi lou hilat.
ailas ! chens paciènse,
pai estut bèn brus à soun hilh que coumènse.

moun

Ère

un

Moun

meste en-d-acò; mes

LA

CONQUE

D'ARÈSIA

I

Quand je quittai l'école, à l'âge de treize ans, — quelques mères dirent
ma mère: « Cet enfant, — pourquoi ne le laisses-tu pas une autre année
en
classe ? »
Car j'étais bien petit et leurs garçons bien grands, —•
bien que nous fussions du même âge. — « Ce que font vos enfants, mon
à

-—

enfant le
Et

art.

fera,

»

—

répondit

ma

mère

avec

fierté.

père m'apprit à faire du filet. — C'était un maître dans cet
Mais hélas ! sans patience, — mon père fut bien dur à son fils démon

�qu'un journ, abi pasat lous hius
capbirouzament em la grande agulhase,
Qu'au loc de nòis sarrats, tout au loung d'une

Abizats-bous
Tant

Abì, per mouiv malur,

brase,

hèit lous nôis courradius.

journ de mai, o flours, o Pôezie !
cantèbe au higuèi dou cazau;
Ë tout en malhejans, tinèbi lou frouńt haut,
Per auzir flauhutar l'anditchot d'armounie.
Balà perqué mas nrans abèn tribalhat mau.

Acô 're

un

Un rousinhòu

paguèri bèn car, la semane seguènte,
jou la brase de hilat;
E coure nroun pai bist coum acô l'aumalhat,
Sus ma gaute, autalèu, truquèt sa man ploumbènte.

Ah !

Gastade faute à

jou que per moun pai abi 'stat

Ah !

tant gastat

qu'à moun tourn, dibi lou dide;
! jou dount lous esplèits de drôle garraspat
cap en-d-un nidau de croc, d'agase ou tride
(Chens jamés dantau esguisat),
L'abèn tant de cops hèit arride;
Mèi

Ah
De

Figurez-vous qu'un jour, avec la grande aiguille, — j'avais
passé les fils si distraitement, — qu'au lieu de nœuds serrés, tout le long
d'une brasse, — j'avais, pour mon malheur, formé des nœuds coulants.
butant.

—

C'était

haut,

un

pour
avaient

—

mains
Ah 1

ma

—

mal

—

Et tout en formant les

travaillé.

je payai bien cher, la

semaine suivante,

Et quand mon père vit
joue, aussitôt, frappa sa lourde main..

chée par
sur

Un rossignol chantait au
mailles, je tenais le front
écouter flûter l'harmonieux oiseau. — Voilà pourquoi mes

jour de mai, ô fleurs, ô Poésie !

du jardin.

figuier

ma

faute.

—

— la brasse de filet gâ¬
Y animal dans cet état, —

moi, qui, par mon père avais été tant gâté — plus qu'à mon tour,
je dois le dire; — ah ! moi, dont les exploits d'enfant grimpant aux arbres,
vers
un nid de corbeau,
de pie ou de grive — (sans jamais déchirer
Ah !

—

mon

tablier),

—

l'avaient fait rire tant de fois !

�—

En et,

198

—

bedèbi mèi qu'un brus e, d'òre abant,

En sò dous auts, auri boulut

ganhar moun pan.
pegot, labetz, ma mai didèbe.
pai, pòs har qu'un paliquèi.
Ailas ! moun mainatjot, dens aquet brus mestèi,
Trop soubènt lou patroun diche au praube tresèi
Har lou tribalh lou mèi que crèbe.
Hasar lou pèis, boutar lou hilat sus lous paus,
E lou balà partit em cinc ou chèis dous auts,
Pourtar la pesque au port, plan à l'aize, à la bele.
Tu, damourat sau tènd — e das cops chens mintjar
Au clar de la permèire ou la darrèire estele,
Gantehots, hilat e paus, te dibes carrejar.
Este-te chau,
Se bas pas enr toun
«

—

—-

Toun

pai es biu, trop biu, més un parelh oubratge,
James lou harè har à 'n drôle de toun atge. »
Jou crenhèbi d'estar trop cunhat per moun pai,
E's lou bruscar dous auts que crenhèbe ma mai.
E

bargut

Cèu

e

per la
marèren

fin lou journ de la partense.
blus; nous auts, plenhs d'esperense.

En

lui, je ne voyais plus qu'une brute et, dès ce jouç, — chez d'au¬
j'aurais voulu gagner mon pain. — « Tais-toi, petit fou, disait alors
ma
mère.
Si tu ne vas pas avec ton père, tu ne peux faire qu'un
courtinier.
Hélas ! mon enfant, dans ce dur métier, — trop souvent le
patron laisse faire au pauvre mousse — le travail le plus épuisant. —
Il ramasse le poisson, étend le filet sur les
pieux, — et le voilà parti
avec cinq ou six autres, —
porter.la pêche au port, bien tranquille, à la
voile.
Toi, resté sur les bancs — et parfois, sans manger — — à la
clarté de la première ou de la dernière étoile, — tu dois
transporter cro¬
tres

—

—

—

chets de
Ton

bois, filet et pieux.

père est vif, trop vif, mais

poserait à
par

Et

mon

vint

un

un travail pareil, — jamais il ne l'im¬
de ton âge. » — Moi je craignais d'être trop battu
et ma mère craignait la rudesse des autres.

garçon

père,
enfin

—

le

jour du

départ.

—

Ciel

et

mer

étaient bleus;

nous

�-s

199

—

—

pai l'abè bastit
à sous journs de lezit;
E jou, me qu'oubrèirot encare en toute cauze,
Abi hèit, journ per journ, las calhibes de sauze.
Lou batèu ère néu; moun

Semane per semane,

II

Es débat lou

—

goumiçhèt d'estrauts?
E las agulhes,
tabè las lèviaus ? —

Drôle, ount dounc as boutât lou

«

—

Per parar

troupès, papai.

lous tramalhs e

—

Dens l'estutch de bamboutch, em

—

Labetz, asegurats que rès
Nous halèrem
Mous ulhs

au

dou rôle las hulhes.»

manquèbe à bord,

largue à planèires palades.

quitèben

pas

lous tambarins dou port,

mai, proche d'ets, e las mans haut
Benèze secutide e belèu en plourans,
Guèitèbe s'eslunhar soun drôle de treize ans.
Ount

ma

lebades,

Ëri tant esmabut, que n'abi pas encare
A dus miles dou port à moun pai dit arrès.
A ma biste, la mar ère pertant bèn care,
Més tant e mèi ma mai e tu, terre d'Arés.
autres, pleins d'espoir.
truite

—•

semaine par

qu'apprenti encore

en

— La barque était neuve. Mon père l'avait cons¬
semaine, en ses .jours de loisir. — Et moi, bien
toute chose, — j'avais fait, jour par jour, les che¬

villes de saule.

II

Enfant, 'où donc as-tu mis la pelote d'estropes ? — Elle est sous le
troupès, mon père. —■ Et les aiguilles — pour remailler les tramaux
et les leyraus ?
Dans l'étui de bambou, avec les feuilles du rôle. »
Alors, assurés que rien ne manquait à bord, — nous gagnâmes le large
à petits coups de rames. — Mes yeux ne quittaient pas les tamaris du
port, — où ma mère, près d'eux, et les mains haut levées, — agitant
sa benèze,
et peut-être en pleurant, — regardait s'éloigner son enfant
de treize ans.
J'étais si ému qu'à deux milles du port, je n'avais
pas encore dit un mot à mon père. — La mer était pourtant bien chère
à mes regards, — mais combien plus ma mère, et toi, terre d'Arès !
—

«

—

—

�—

200

—

Au

largue dou Berlot, dens la canau planèire,
un chalan
pauzats, e calhocs e crauans,
Lous uns cap débat l'aie e lous auts s'esprucans,
Sequèben au sou biu lour' plumalhe cendrèire.
Sus

Coure

au

cor

de l'estiu, las escoles

barrèben,

E que toutoun, labetz, me menèbe sas locs,
Abi bist manque cop e crauans e calhocs,

Sus

chalan, atau pauzats, que se sequèben.

un

Més labetz èri lunh de

l'atge d'un tresèi;
trop jouen per pasar sus la mar la nèitade,
A l'atge de chèis ans soun milhour dens soun lèit
Me tournèben au port, cairude la journade.
E

—

Falèbe pas parlai' adare de tournar
Cade journ au païs coum hèn lous

—

palicaires,

■Que, moun pai, malinèi, ère d'aquets pescaires
Que rentrèben au port qu'après dètz journs de mar.

Au large du

Berlot, dans le chenal bien calme, — sur un chaland posés,
goélands, — les uns, tête sous l'aile, les autres, fouillant
plumes, — séchaient au vif soleil leur plumage de cendre.

mouettes
leurs

et

Lorsque

de l'été, les écoles fermaient, — et que mon oncle
les lieux de pêche, — j'avais vu maintes fois et
goélands et mouettes, —- sur un chaland, ainsi posés, séchant leurs ailes;
mais

—-

au

cœur

m'emmenait

alors

sur

alors

j'étais loin d'avoir l'âge d'un mousse, — et trop jeune
la nuit en mer, — à l'âge de six ans on est mieux dans son
me ramenait au port à -la chute du jour.

pour passer
lit

—,

Il

on

fallait

pas parler maintenant de revenir — chaque jour au pays,
courtiniers, — car mon père, maliney,. était de ces pêcheurs, —
qui ne rentraient au port qu'après dix jours de mer.
ne

comme

les

�—

201

—

permèis dèt'z journs, qu'esturen durs, mainatges!
trop nadat, lous abirouns pezans,
M'abèn, débat lous ditz, puch au crot de las mans,
Hèit, counr de gros pezèus, escouzents boulhoucatges.

Ah! lous

E d'aber

III
Lou marin courratié hèi un bèu dur

carrèi,

la camanhe amouflade.
Jou, n'abi per droumir que la taule de nade,
E'n tramilh imourous ère tout moun capsèi.
Més

a

per se pauzar

Pertant,

sou-baguèire, abi l'ame en brouèle
plazir dabant lou grand azou

en

De finoulet

Ount

s'esparboulitrèbe, à hue e souladou,
parpalhoun d'aur qu'es la sèirale estele.

Lou blous

Reluquèbi tant, tant
De

sos

-

e coum

Que desbroumbèbi nau,

-

daurejènte,
mar anante e benènte,

aquet soul lugan dens lou grand cèu droument.

Per

Ah !

les

premiers dix jours, qu'ils furent durs,

trop ramé, les lourds
des

har autement

mudents arrais la trèmble

mains

—•

de

avirons

cuisantes

—

enfants !

—

Et d'avoir

m'avaient fait sous les doigts et au creux

boursouflures, grosses comme des pois.
III

Le

marin

au

long

cours

fait de rudes voyages,

—

mais il a pour se

la couchette bien molle. — Moi je n'avais pour dormir que
des rameurs, — et pour tout oreiller, qu'un humide tramail.

reposer
banc

vers le crépuscule, mon
l'immense azur — où battait

Pourtant,
devant
pur

âme débordait — de suave
des ailes, ardent et solitaire,

le

plaisir
—

le

papillon d'or qu'est l'étoile du soir.

Je contemplais avec tant d'extase — et comment faire autrement —-— de
mouvants rayons le tremblement doré, — que j'oubliais nef,
marée
montante et descendante, — pour cette unique étoile dans le grand ciel

ses

�—

20-2

—

alabetz que me credi lunh d'ère,
dous praubes oumans,
Bie ère embarcade, e'm sa secutisère,

Més la Bie,

E mèi bezin dous dius que
La

Moun

pai abè lèu hèit, ailas ! o dous lugans,

De muchar à

Droumibi pas,

«

—

mous

ulhs la bruze bertadère !

papai !

»

respoundèbi labetz.

bachèbi, crantiu, dabant la late haute.
Das cops, èri trop proche, e sa man, sus ma gaute,
E

Abuglèbe mous ulhs de doulourous lampets.
Ah ! sarèi dounc

jamés, me pensèbi, moun meste.
mbejèbi lou sort dou jouen rouzinèi
Que cade sèi, rizent, rentrèbe à soun houguèi
Em dens sous bras un bèt arramat de gineste.

—■

«

E'

dormant.

alors que je me croyais loin d'elle, — et plus
des humbles humains, — la Vie était à bord et, en
mon père avait tôt fait, hélas ! douces étoiles, — de

Mais la Vie,

—

voisin des dieux que

secouant,

me

à

montrer

—

«

—

mes

yeux

la dure réalité.

Je ne dormais pas, mon père ! » répohdais-je alors. — Et je bais¬
tête, craignant la latte, haut dressée. — Parfois, j'étais trop près
main, sur ma joue,— éblouissait mes yeux de douloureux éclairs.

sais la
et

sa

—

«

Ah I

viais le sort

foyer,

—

ne serai donc jamais mon maître, »
du jeune résinier,— qui, chaque soir,

je

avec un

beau

rameau

pensais-je,

—

et j'en¬

riant, rentrait à son

de genêts dans ses bras.

�BALLADAS

TRES

FRONTALIER AS
qui ont obtenu le souci, prix du

genre

PAR

Frédéric CAYROU

M.

de

montauban

VÉTÉRINAIRE'CAPITAINE

AUX

ARMÉES

Del vailet soldat.

Rascadises lensôls d'un jas
Mastat darrè 's biôus, dins

l'estable,

Qu'èretz agradius à mon rable
De mascle rustenc
A !

Que í'aziòu !
Pel

e

fieras !

las bêlas roncadas

sus vos,

mas,

derrebelhat

sur palhèr castilhat,
Al solel cantabi d'aubadas.

pol,

Abiòu

vingt ans e voldriatz pas
Qu'and'aquel âge remirable,
Me sentiguèsi pas capable
De roncar pertot, un côp las ?
TROIS

BALLADES

DU

FRONT

Du valet soldat.

d'un lit —• placé derrière les bœufs,
étiez plaisants à mon échine ■— de mâle rude
Ah ! sur vous, les beaux sommes — que je faisais !
par le coq, sur la meule de paille perché, — au soleil
Draps rugueux

que vous

—

dans l'étable,

—

et bien portant !
mais, réveillé —
je chantais mes

aubades.

J'avais vingt ans et vous ne voudriez pas — qu'à cet âge admirable,
je ne me sentisse pas capable — de ronfler partout, une fois las?

—
—

�204

—

—

Ara, à razìs de las trencadas,
Dormi coma'n soc sul palhat
E de totes,

primièr quilhat,

Al solel canti

aubadas.

mas

Deman, belèu, es lo fangàs
Que m'aten, jas brica azirable,

riscarai que m'ensable
aquel que sabètz. Mas,
De mos ainats sièguent las piadas,
IÒ qu'aurai, en valent soldat,
Un cor, d'audi pron repelhat,

E pauc

Los èls,

Al solel cantarai d'aubadas.

Mandadîs
Se per tu, Bòcha, del campàs,
Mas siaudas nètses son raubadas,

Quand

nos

Sus

aire

un

trobarem
sorne

Las te cantarai, mas

Maintenant, tout près des tranchées,
la

paille,

—

nas

à iras,

de clas,

—

aubadas.
je dors comme un « soc (*) »,' sur
— au soleil, je chante mes

et de tous, le premier debout^,

aubades.
Demain
—

—

et

peu

de

mes

un
cœur,
aubades.

peut-être, c'est la boue

—

risquerai que m'ensable

—

qui m'attend, lit nullement enviable,

les

yeux

celui

que vous savez.

Mais,

moi qui aurai, en vaillant soldat, —
riche, — au soleil, je chanterai mes

aînés suivant les traces,

d'enthousiasme

assez

ENVOI

bées,

—

toi, Boche, de mes champs, —■ les nuits tranquilles sont déro¬
quand nous nous trouverons nez à nez, — sur un air morne de

glas,

—

je te les chanterai, mes aubades.

Si

par

(1) Soc, base du tronc d'un arbre qu'on a scié ou abattu à la hache.

�205

—

—

Del feu.

Brave

païzan derraitat fièr dalhairë,
Qu'abans de parar lo terraire,
Un jorn m'as espandit sul prat,
Que me fa gauch d'èstre, à l'armada,
Del ostal, ò tu,

Amont naut, coma tu mandat.

Amie, de ton jas de soldat,
Sarai la coina

Del

e

la flèsada.

temps qu.'èri rete ennairat,
ont butabas l'araire,
emplenabi l'aire,

Suis camps
De nolensia

A totes los vents acarat.

Diu

la brasada
amagat
Dins cada patôc engranjat,
Siasque ta coina e ta flèsada.
vòlgue a'uèi

que

De mentastre audos

Du foin.

à ta maison, ô toi, fier faucheur, — qui,
—
m'as étendu sur le pré, — qu'il m'est
agréable d'être à l'armée, — là-haut, comme toi, .mandé. — Ami, de ton
lit de soldat, — je serai la couette et le couvre-pied.
Brave

avant

Du

paysan

—

—

—

de parfums j'emplissais l'air,

sur
—

les champs où tu poussais

à tous les vents exposé.

—

aujourd'hui que la brassée — de menthe sauvage odorante,
dans chaque tas mis en grange,— soit ta couette et ton couvre-

Dieu veuille

cachée

—

temps que j'étais rigide dressé,

l'araire,

pied.

arraché

défendre le terroir,

de

�206

—

Diu

vòlgue

Coma

que,

—

m'ajent secat

fait, valent fenejaire,
Per iò, mofle e calinejaire,
as

siasques eisugat.
parpalhòls d'òr travèrsada,
Que ta sòm, al còs alasat,
Siasque pauzadisa, ajasat
Sus ma coina o jos ma flèsada.

A ton torn
De

Mandadîs

Que, débat lo cèl estelat,

Fasques ta melhora roncada,
O païzan agrumelat
Sus ma coina o jos ma

Dieu

veuille

que,

m'ayant séché

—

flèsada.

comme

moi, souple et câlin, — à ton tour tu
d'or traversé, — que ton sommeil, au corps

—

par

couché

—•

sur

ma

couette

ou

sous

mon

tu as fait, vaillant fâneur,
sois essuyé; — de papillons
harassé — soit réparateur,

couvre-pied.

ENVOI

Que, sous
paysan,

le

ciel étoilé,

recroquevillé

—

—

sur ma

tu fasses ton sommeil le meilleur;

couette ou sous mon couvre-pied.

—

ô

�207

—

—

De las votzes lentanas.

gracia d'un temps novèl,
s'ajasa

Per la

Dins lo fen noient ont
Cada

paura carcasa,
raive subrebèl :

ser ma

Ai fait

un

Un vent bufaba sus las
Dos

Dels

e

planas,

ratonaire al nivèl

prats florits, airenc rastèl.

Portaba de votzes lentanas.

I abia la canson

del auzèl

Que fa'n mòs de pauza o que pasa
Dins l'azur, cardin, calla, agasa,
E tant-ben la del

pastorèk

I abia lo flahut de las ranas

Al tindaire

e

clar ganitèl.

Lo vent, fiulaire o

cantarèl,

Portaba de votzes lentanas.

Des voix lointaines.

grâce d'un temps nouveau, —■ dans le foin odorant où se couche
chaque soir ma pauvre carcasse, — j'ai fait un rêve beau entre tous.
Un vent soufflait sur les plaines, — doux et courant ainsi qu'un rat,

Par la
—»

—-

niveau

au

—•

des

prés fleuris, aérien râteau.

—

Il portait des voix loin¬

taines.

avait la chanson de l'oiseau — qui fait un léger arrêt ou qui passe
l'azur, chardonneret, caille, pie,— et aussi celle du pastoureau.
Il y avait la flûte des rainettes, — au retentissant et .clair gosier. —

Il y
—•

—

Le

dans

vent, siffleur ou chantant,

—

portait des voix lointaines.

�—

208

—

'nquèra, del gril maurèl,
s'espasa
Tant lèu qu'un perilh lo menasa
Dins l'èrbum ont ten estampèl.
1 abia lo planch de las campanas,
Long à morir débat lo cèl.
Lo vent, carrejairé fidèl,
I abia

Lo sisclet agre que

Portaba de votzes lentanas.

Mandadîs

S'es dos, ton
Fen de

mas

lensòl, à

ma

pèl,

combas occitanas,

Mai dos

enquèra es lo prodèl

Que

portatz, votzes lentanas.

me

avait encore, du grillon brun, — le cri aigu qui, par intérmittences,
tait, dès qu'un danger le menace — dans l'herbe où il tient caquet.
11 y avait la plaint? des cloches, — lente .à mourir sous le ciel. — La
vent, charrieur fidèle, —• portait des voix lointaines.
Il

—

y

se

—

ENVOI

S'il est doux, ton
—

linceul, à

ma peau,

plus doux encore est le réconfort

—

—

foin de mes combes occitanes,
portez, voix lointaines.

que vous me

�VIERGE

SONNETS A LA
ONT OBTENU UNE

QUI

PRIMEVÈRE

PAR

L'ABBÉ

M.

LASSER RE

PAUL

D'AUVILLARS (tarn-et-garonne)
CAPORAL AUX

ARMÉF.S

A Nôstra-Damâ del Cimèl.

0 Maire, ai vist sovent d'estatuias, d'imatges
Ont d'artistes d'elèit an laisat ton retrat;

de mai esmoguent, à mon grat,
Qu'aquel qu'en Pirenèus trobèri en mos vïatges.
Ne n' sabi pas

combèl, mai naut que los darnièrs mazatges,
soquet curât,
Ses un coral que de pagans an escaiprat,
Simbèl de lor amor que desfiza los atges.
Dins

un

Tota menuda al clôt d'un vièlh

A Notre-Dame du

Sommet.

Mère, j'ai vu souvent des statues, des images, — où des artistes d'élite
laissé ton portrait; — je n'en sais pas de plus émouvant, à mon gré,
que celui que, dans les Pyrénées, j'ai trouvé en mes vôyages.

ont
—

Dans
au

un

creux

paysans

vallon

d'un

ont

plus

vieux

sculpté,

que les derniers villages, — toute menue
creusé, — tu es un cœur de chêne que des
symbole de leur amour qui défie les âges.

haut

tronc
—

�—

210

—

Qualques pastres, l'estiu, t'ondran de cardons
Acô's lor biais reiral de te porgir lor laus :
Las rôzas vénon pas dins aquela valada.

pôd plus estar,
poja plus floquejar ton autar,
suis cimèls, quand se

Mas l'ivèrn,

Que digun

Es la nèu que

te ven vestir : immaculada.

A Nôstra-Dama

faguèt, aicl, lo

Coin ôc

blaus.

Rarnon, lo fièr

del Liban.

Comte de Toloza,

crozat del païs

Occitan,

Vièrge de Nazarèt, anèit, tôt com antan,
Un soldadièr mondin t'ofrls son ama bloza.
Se

l'aujòl

Lo drôlle es
Los

cette

geloza

terraire ont visquèt ton
ent'à tu, per qu'encara,

plors ennèblen pas ta cara

.Quelques bergers,
que

vengut, à La Mecqua

es

Arrancar lo

Enfant,
deman,

doloroza.

l'été, t'ornent de chardons bleus. — C'est
louange : — les roses ne viennent

manière de t'offrir leur

leur anti¬
pas dans

vallée.

Mais

quand on ne peut plus rester sur
monte plus fleurir ton autel, í— c'est

l'hiver,

personne

ne

les sommets, — que
la neige qui vient te

vêtir, IMMACULÉE.
A Notre-Dame
Comme le
pays
soldat

Toulouse, — Raimon, le
Vierge dé Nazareth, aujourd'hui comme

fit, ici, le Comte de

Occitan,

—

toulousain t'offre son

Si l'aïeul est venu,

âme pure.

fier croisé du
antan, — un

— arracher le terroir où vécut
toi, pour qu'encore, demain, — les

à La Mecque jalouse

Enfant, — l'héritier est chez
pleurs n'assombrissent pas ta face

ton

du Liban.

douloureuse.

�—

Com

mon

211

—

Fraire, ton Fil, saurai portar la Crotz;
Dret, ma votz sarà Sa votz;

Per encantar lo

Obrarà per

Sa patz

ma

fôrsa jamai lasa.

Car sabi que s'un jorn tombi dins lo regon,
Mai naut que lo Liban me gardas una plasa :
La de tos paladins, prèp de ton Cor, Amont.

Comme
cer

le

force

Car
que
ton

mon.

Droit,

Frère, ton Fils, je saurai porter la Croix; — pour annon¬
voix sera Sa voix; — elle œuvrera pour Sa paix, ma

ma

jamais lasse.
je sais

que

si

un

jour je tombe
une place :

le Liban tu me gardes
Cœur, Là-haut.

dans la tranchée, — plus haut
celle de tes paladins, près de

—

�SUR LA ROUTO
SONNETS LIBRES
ont

qui

obtenu

un œillet

par

M. Marcel
a

FOURNIER

chancelade (dordogne)
lieutenant

aux

armées

Jous un ciau oùrajous an peso uno nivour
Que se bordo à l'orlus d'uno lusour soufrado,
Dins lou sei coumençant, blanquejant dins l'encrour,
Devers l'Auto s'eilounjo uno routo embraudado.

jour

Sens pauso, rudelant la net apre lou
Em lou brut assournit d'uno aigo sangoulhado,

Sa'rrats per.lous

foussats que borden lur eicours,
lounjo troupelado.

Dous fleuveis urnans van en

SUR

ROUTE

LA
I

Sous

d'une

un

lueur

noirceur,
Sans
eau

—

ciel

vers

—

—

l'-horizon
dans la

nuit après le jour — avec le bruit sourd d'une
serrés par les fossés qui bordent leurs cours,' — deux

arrêt, roulant la

qui clapote,

fleuves

où pèse une nuée — qui se borde à
dans le soir commençant, blanchissant
l'Est s'allonge une route. embourbée.

orageux

soufrée,

humains vont

en

longue troupe.

�—

213

Doues chadenes sen fi que

—

riven toco à toco;

Lurs malhous soun vesis mas pagun ne se

pertant un liam grèu lous ligo,

E

toco,

poudeirous !

coueijant perset sa davalado,
levant sourne fai sa mountado;
demei la net dins un siau douleirous.

L'uno vers lou

L'autro

vers

Marchen

un

II

l'espectre afrous de la guerro bramanto,
qui soubenis, meijous, terras, s'en van
Per vilageis entiers, lur aino tremoulanto
Pourtant lou fai reirau de las fuyas d'antan.
Davant

Leissant

Charetas que

dòus biòus à la niarcho

pesanto

sumerlant,
E demei dôus pilots de linje, fryoulanto,
Uno fenno que nino un meinajou purant. •
Tiren, omeis d'à ped, eirenats,

Deux

chaînes sans

— leurs maillons sont
et pourtant un lien lourd les lie,

fin qui ruissellent côte à côte;

voisins, mais aucun ne se

touche,

—

puissant !
L'une
sombre

vers

fait

sa descente, — l'autre vers un
ils marchent parmi la nuit dans un

le couchant poursuit
sa

montée;

—

levant
silence

douloureux.
II
Devant le spectre

affreux de. la guerre hurlante,

—laissant là souvenirs,
leur' âme tremblante

maisons, terres, ils s'en vont — par villages entiers,
portant le faix ançestral des fuites d'autrefois.

—

Charrettes

que

ses

bœufs à la marche pesante
— et parmi ses ballots

pied, épuisés, sommeillant,
—

une

femme

qui berce un bébé en

pleurs.

— tirent, hommes à
de linge, frissonnante,

�—

Lou che de la

214

—

meijou seg darnié, têto basso,

E, pariero toujours, siauso, lur troupo passo
Sens

t'eipiâ

en

arrié, bounur disparegut !

Mas dins luis eis

feùrous, eigarets, dins lur caro
l'angoueisso amaro
deireijat davant l'eisil incounegut.

Tendudo
Dôu

vers

la net, se vèut

III

Darnié lous

cavaliers, lourds dessur lur mounturo,
eilounjant lur mourre encapelat,
Lous fantassins, pourtant lur sac, lur cruberturo,
Marchen pëniblamen e van lou chai clinat.
Lous

canous

Sens rire ni chantâ, en capoto de buro,
Tous pariés, emd un er parieramen lassat,

Jous lou casque, que fai lur caro bruno e duro,
Mounten, pople nouvèu d'un païs deleissat.

Le chien de la maison suit

silencieuse,
disparu 1
dans

Mais
la

nuit,

se

leur

troupe

leurs

yeux

derrière, tête basse,

passe

—•.

sans

te

— et, semblable toujours,
regarder en arrière, bonheur

fiévreux, égarés, dans leur visage

voit l'angoisse amère

—

du

tendu vers
—
déraciné devant l'exil inconnu.

III
Derrière les cavaliers, lourds sur leur monture, — les canons allon¬
geant leur mufle encapuchonné, — les fantassins, portant leur sac, leur
couverture, — marchent péniblement et vont la tête courbée.
Sans

rire

ni

semblablement
—

ils

chanter, en capote de bure, — tous pareils, avec un air
—
sous le casque, qui fait leur face brune et dure,

lassé,

montent, peuple nouveau d'un pays délaissé.

�—

215

—

rejas duras
semblen, pourtadours de vendegnas maduras,
Lous paus dins un vignau sur lou terme pincat.

Lous fusirs sur la

ciau fan de las

E

Qu'ei ta vendegno, Mort, que te fai soun òublado.
Per defendre soun sôu s'en vai, jôunesso armado,
Vers un sourne destin de guerro e de coumbat.

Les

fusils

sur

—

C'est ta vendange,

sol,
et

elle
de

s'en

combat.

— et semblent, porteurs de
dressé sur une colline.
qui te fait son offrande. — Pour défendre son
armée, — vers un sombre destin de guerre

le ciel font des lignes dures

vendanges mûres,

va,

les pieux d'un vignoble
Mort,

jeunesse

�ENIGMES DE LA FADRINETA
PIÈCE

primevère

obtenu un rappel de

qui a

PAR

M.

GO MILA

Gumersind

a perpignan

La tòrtora tan calma, i tan
no

sé que espera

fidel,

nit i dia;

potser que espera que baixi un estel
perquè li faci companyia.
Hi ha

cors

que son com

ella, espai desert,

lluny de tôt, en la llunyania.
De tan blau que

és el cel ho veus tôt blau,

oh tórtora color de cendra !

Gronxa't, canta, respira l'alta pau;
la pau que sura en
No

lui

si fidèle, — je ne sais pas ce qu'elle attend
jour; — peut-être attend-elle qu'il descende une étoile — pour
tenir compagnie.

Il

et

y

a

dans le
Le

ciel

leur

de

paix qui
Ne

que

t'espantis... ! No saps el què m'han dit ?
M'han dit que el sol està per vendre...

tourterelle si calme et

La
nuit

l'aire tendre.

des cœurs
lointain.
est

tellement

cendre !

flotte

t'effraye

qui sont comme elle, espace désert,

—

bleu,

que

Balance-toi,

tu vois tout bleu,

chante,

respire

—

loin de tout,

— ô tourterelle cou¬
la haute paix; — la

dans l'air tendre.
pas...!

Ne sais-tu pas ce qu'on m'a dit?

le soleil est à vendre...

-—

On m'a dit

�Lluny de la gent,
de cops es

I

una veu
«

La

Ella mira

diu

amb l'anima blavisa,
: « I si vingués... ? »

li respon, potser

la brisa :

porta de l'espai, on és ? »

l'espai, no té cap porta :
ben blau, i res més.

sols el blau,
Ella vol

un

sols de

Cada bri

jardi d'alga gemada;
pensar-hi té el somris.

d'alga fresca, una besada;

cada besada un

paradis.

l'ampla mar somnia;
bell pais.

El vent s'adorm i

el somni és el més

Qui sap...? I si deixés la porta oberta,
l'amor, distret, podria entrar...
Al tons del mar, la conquilla deserta,

l'ermità.
bergantins molt lluny de terra.

de cops,
Passen els

fa el goig de

Ella té ganes

Loin

des gens,

s'il venait ?»

—

porte de l'espace,

avec

de plorar...

l'âme bleutée,

Elle veut un

sourire.

un

—

parfois elle se demande : « Et
c'est peut-être la brise : — « La

où est-elle ? »

regarde l'espace, il n'a pas de
bleu, et rien d'autre.
Elle

le

—

Et une voix lui répond,

porte :

—

seulement le bleu, bien

#

— rien que d'y penser
fraîche, un baiser; — chaque

jardin aux algues fraîches;
Chaque brin d'algue

elle a
baiser

paradis.

Le vent

s'endort et la mer

étendue rêve;

—

le rêve est le plus beau

pays.

Qui sait...? Et si elle laissait
pourrait entrer... — Au fond de
la joie de l'ermite.
Les

brigantins passent

la porte ouverte, — l'amour,
la mer, la coquille vide — fait,

très loin de la côte.

—

distrait,
parfois,

Elle a envie de pleurer.

�—

218

—

damunt les ones
L'inconegut té el cos alat.
blau desert, silenciós, té estones

Qui pogués caminar
i el

d'una

Son

cor

profunda voluptat.

vibra entre uns braços

presoner

Si l'on
et

le

Son

!

invisibles,

de la llibertat.

pouvait marcher sur les vagues ! — L'inconnu a le corps
désert, silencieux, a des moments — d'une profonde

bleu

cœur

vibre sous une

étreinte invisible,

—

ailé, —
volupté.

prisonnier de la liberté.

���Lo Gai Saber N°

189.

julhet-agost 1940

La XXIe Fête de FEscòIa Occîtana

Elle fut bien réduite
circonstances.

cette

année,

en

raison des

La principale manifestation en
lennelle de l'Académie des Jeux

fut la Séance so¬
Floraux à l'Hôtel
d'Assézat, le 2 mai à 14 heures, sous la présidence
de M. François Tresserre, doyen de l'Académie.

On y entendit un rapport de M. le professeur Feugère, mainteneur, sur le Grand Prix Fabien-Artigue
de prose : parmi les lauréats de ce prix, on applau¬
dit notre escolan et ami le majorai Raymond Lizop,
dont l'ouvrage manuscrit Le Message de Mistral
obtint un prix de 500 francs.
Notre sous-capiscol le
lut ensuite son rapport,

toujours,

sur

majorai J.-Rozès de Brousse
étincelant de verve comme
le Concours de langue d'Oc(i).

La plupart des lauréats étant retenus aux
lecture fut donnée de leurs œuvres.
M. l'abbé Salvat lut Très Balladas

Armées,

frontalier as

de M. Frédéric

A

Cayrou, A Nòstra-Dama del Cinièl et
Nòstra-Dama del Liban, sonnets de M. l'abbé

Lasserre. M. Rozès de Brousse lut Sur la
Routo, sonnets de M. Marcel Fournier, et M. JosephPaul

Sébastien Pons Enigmes
Gumersind Gomila.

le

de la Fadrineta, de M.

(1) On lira ce rapport, ainsi que les pièces couronnées, dans
supplément à ce numéro.

�LO GAI

154

Le Bureau,

SABER

réuni le soir à l'Hôtel du

Clocher de

dîner intime auquel participèrent
quelques lauréats et des amis catalans, prit connais¬
sance des nouvelles de nos escolans aux armées ; il
proclama notre maître Antonin Perbosc capiscol de
YEscpla en remplacement de son compagnon de
lutte et de gloire Prosper Estieu ; notre cher doyen
François Tresserre, mestre d'òbra du Félibrige, fut
élu sous-capiscol à la place d'Antonin Perbosc.
Notre ami le majorai Emile Ripert invita l'Escòla à assister aux fêtes de la Sainte-Estelle qui de¬
vaient se célébrer dans l'intimité à Montpellier les
Rodez

pour

un

mai..
mai, une messe fut célébrée à la Basilique
Notre-Dame la Daurade en mémoire des mainteneurs
et
maîtres défunts : M.M. Jules Marsan, Emile
Thouverez et Prosper Estieu. C'est à l'issue de la
messe que furent remises les fleurs aux lauréats de
12

et

13

Le 4

l'année.
LA DIRECTION.

législatives relatives à la pres¬
diminuons de moitié le volume de la revue en la
faisant paraître tous les deux mois et non plus tous les
mois, conservant à chaque numéro le même nombre de paConformément aux décisions

se, nous

�LO

155

GAI SABER

L'OSTAL1"
Donas,
Damaizélas
e

Senhes

Florals abia recebut ongan,
dels poètas de lenga d'Oc,,
una seguida de poèmes jol titol De dol e de pietat.
L'autor, lo bèl felibre Paul Eyssavel, grand mutilât
de la Granda Guèrra, i cantaba las sofrensas e la
çompasion d'aquel òrre temps de granda mizèra.
Lo raportaire, nòstre amie Rozès de Brousse^
dizia : «Le livre de M. Eyssavel est profondément
émouvant. Il est d'autant plus émouvant qu'il est
exempt de littérature et de rhétorique. Il est émou¬
vant parce que, dénué de toute attitude théâtrale,
il est simplement et douloureusement humain. Il est
certes, comme le dit son titre, le livre « de souffran¬
ce et de pitié ». Mais entendez bien que le poète-soldat
n'a pas un mot de révolte. Il s'en va, résigné, au
devoir et à la mort. Ce silence n'exclut pas l'héroïs¬
L'Academìa dels Jòcs
mandadises

demest los

me »

(2).

Le silence n'exclut pas l'héroïsme ! »
A ! segur qu'es vertat acò. Oc podèm veze cada jorn
d'aquesta semmana memorabla. Me n'avizèri,
mai que mai, l'autre disate (3) qu'anabi à La Malor
«

ieu,
per'
i predicar à la Fèsta del Ra^im. Déjà, dabant las
complicacions de la situacion internacionala, s'èran
convocadas qualquas categorias de rezervistas. A
Castras, montèri dins un compartiment qu'èra mai
de mièch-plen: i abia res que de mobilizats. Me sie-'
(1) Conferencia donada al pôste de Tolo\a-Pirenèus lo 5
dos jorns aprèp que la Fransa èra intrada
guèrra.
(2) Recueil de l'Académie des Jeux Floraux, 1939, p. 231.
(3) Disate 26 d'agost,
setembre 1939,

de

en:

�LO

156

tèri

coma

GAI

SABER

e tôt d'arréu nos metèrem à parieu, aoiai dos païzans, dos ornes de la

poguèri,

lar. Dabant

bronzidas plenas de
Eran partits de lor
bòrda, de bon maitin, cadun ambe son parel, per
anarfar la laurada d'estiu. Al camp, lor abian por¬
tât la bilheta. Simplament, sens acabar la rega,
abian revirat los biòiis cap à la bòrda, abian desjunt.
Lo temps de manjar un mosèc, segurament sensgrand apetis, de se razar, de se cambiar en se cargant de vestits plan engalhats, e de partir amb una
maleta plan endresada. Me diguèron pas qu'ajèsen
plorat en abrasant lor femna e lors enfants. Mas,
d'amagat, segur, abian plorat, perqu'abian los èlhs
un pauc rojes e coflats. Ara, ploràban pas,
e la cara
d'aquels enfants de l'a tèrra laisaba veze res que de
tranquilitat, de patz e de solelh.
« Es
quicòm de tarrible, pracò, me dizia un
d'elis, de caler laisar l'ostal ! »
Lostal ! Aquel mot m'anèt al prigond de! còr.
Tampèri los èlhs, e vejèri lo miu, d'ostal, à la cima
del Barri, dins mon vilatjòt pirenenc. « L'ostal ! »
Qui ne dirà pron l'encantament e la dosor ? Lo païzan ne parla
pas, del siu ostal. L'ostal, per el, es
pas ni aisò, ni sò d'autre... «L'ostal» es res que
l'ostal. Aquel mot emplena la boca, l'èime, e lo còr.
«Laisar l'ostal... tornar à l'ostal... L'ostal!.. »
Mas lo trobaire, lo poèta, el, sab trobar los mots
que cal per ne parlar.
E, en tornant de la Malor, prenguèri un libre, pichonet, mas precios, un libre ont las pajas se cómptan pas, perque pézan de sentiment e de poezia, un
libre de prèire-poèta qu'es tant-ben un filh depaïzan,
filh de la tèrra. Aquel libre es titolat La Tèrra e
l'Ostal, e es l'òbra del abat Juli Cubaynes, prèirepoèta del Carsi, una ama de las plus finas qu'ai ja-

tèrra : se coneguia à lors mans
bastets, e à lor lenga tindaira.

—

un

mai

conegudas, una ama

qu'es

una

lira.

�LO

GAI

SABER

157

quand lo libre pareguèt, i a unis
trobèri de poèmes qu'abiai demandât
al poèta de pas i metre. Eran de poèmes de guèrra
perque lo brabe abat abia fait la guèrra — ; e ieu
veziai pas sò que venian faire aquî aquels poèmes
arremozats jol titol Glenas dels aules estius, que
podriam dire tant-ben Espigoladises dels estius
Me soveniai que,

quatre ans, i
—

òrres, dels estius de la Guèrra.
que lo poèta abia plan fait de
totjorn razon, los poètas : an mai
crei.
D'efèt, ai tornat legir aquelas Glenas, ei ai trobat
un
Adisiat% de Guèrra d'una emocion trebolanta,
que vos vòli legir. Lo soldat es vengut en permision
al Ostal, e cal que s'entorne.
E ara,

compreniai

pas m'escotar. An
de sens qu'òm non

Mon revèl

a

tindat

sus

la taula.

Aqui l'ora.

Acabats, los dèt\ jorns de pau\a e d'amistat.
Aut ! Las cal recinglar, mas ropas de soldat.
E dins lo cor, aval, quicòm se dbl e plora...
—

O ! Daisar darrier ieu los Nbstres

e partir,
neportat, coma al vent una felheta mòr.ta,
dins la guèrra e la nèch! degiscletar la porta,
que jamai plus belèu tornarai pas durbir !
Debàs, un repaisòt, à la co\ina, espéra...
Non! Oblidi pas res : mu\etas, quart, bidon,
cdscol, mbstra, cotèl, argent... veire ! N'ai proni
Mas qu'es acbs ? Aisi que soi tôt en flaquièra.
—

Lo calel à la man, davali Vescalier.
La Granda ( 1 ), de son lècli, me crida.

Sas potonas
gautas e pèis, aqui, sus sas gautonas,
potet. — O! Quai sab ? Belèu es lo darrier!
A son breson, la Pichoneta es adormida.
La brusqui pas, de pou de la derevelhar;
sus

mas

mon

mas

sentisi

sus

ieu

corre

una

estrementida

jois pelons d'ispras lagrcmas tremolar.
Pecaire ! Ela qu'apèis aplanhava à in a fauda,
ela dont los brasons m'atrapavan pel col,
ela dont lo capet me trucava ! O la siauda,
Vaudo\a capinhada arnb aquel esquirbl!
e

(1) La sórre ainada del poèta.

�LO GAI SABEK

íp

cafèu sul cornet de la tdula ;
adisiat\ que và.li dire als' bélsf'i) ~
amb ardor dins la votç, mas la pru\or als bis...

^U-í'Utt bOcinde
~r.en.var a un

.

i

—

È pèi§,

lima la. clau dins la frecha cadaula.

(pp. 120-132)

Auditors, s'aquel Adisiatqp
dins vos-aus totis los sentie
ments que i a contenguts dins aquel sol mòt: L'Ostal. E que faguèt plan, lo poèta, de metre aquel poè¬
me, e tant d'autres, dins son libre ! Los òmes e las
cauzas, òm vei così òm los aima subretot quand los
cal laisar. Es pas vertat, tu, brabe païzan de Montalban que me dizias, dins lo trèn que se t'emportaba
l'autre disate : « Es quicôm de tarrible, pracò, de ca¬

Dizètz-,me donc, cars
dv. Guèrra espèrta pas

ler laisar l'ostal

».

nos diria lo poèta, l'ostal es tôt sò qu'òm
plus bèl. L'ostal, es lo païs ; l'ostal es la tèrra ; l'ostal es la familha.
L'ostal es lo païs. Auzisètz lo poèta cantar lo païs

L'Ostal,

aima de

ont es nascut.
Es enlai sul

cdmin de Causada

e

de Còus,

Mas perdut al pè del Cause
alont nòstres aujòls segavan amb la fauce,
ont s'escodià, n'a gaire, amb la li\a e los biàus.
Soi fil de paï\an. D'aisesta ora, à l'arada,
mon paire„ aduèi, curbis per la Pèira-levada ;
per escarpir lo gram e degalhar lo fems,
ma maire dins lo frech, la plèja, lo mal-temps,
lo segrà tal-e-tal de l'alba dusca al sera...
(pp. 80-82)
mon

pa'is

L'ostal,

; es un

es

la tèrra, la tèrra ambe sos biòus que la
dire lo bonur del

trabàlhan. Escotatz lo poèta nos
vièlh boièr qu'èra anat al espital e
de retrobar sos amies al estable.
I

qu'es tornat,

triga tant de tornar veire son pareil

Sos biàus? Ara que n'es plus el que 's apastura,
auràn perdut, pecairel — acà 's cau\a segura...
Tant-ben lo qu'a dubert l'estable, aduèi-matin,
—

es

pas l'Ainat, ni l' Rèire-Ainat, mas

(1) à mes pairs.

lo Pépin !

uros

�LO

GAI

SABER

159

E 's biòus amies, que Van conegut à las piadas,
drech el se son virats amb longas mofidadas,
drech el qu'à dolsa vot\ lor parla, e, tôt un temps,
de las doas mans al còp lor ali\a los rens...

(pp. 224-226)
Lo poèta fa parlar los vims plegadises que, jols
dets aizits del païzan, servison à far los palhasons
del pan, la gabia per la cloca o pels auquets, los

panherons e las panhèras, las descas
per la vendemia :

e

los desquets

Mas lo nòstre

onor bel, requist e majorai,
d'istre, escondut al cornet del ostal,
aquel niuc qu'ai balans lo plus mendre trantòla,
e
polsa à tant d'amor chiutonant e friutant
que d'un nom subre-dos del parlar occitan
l'an apelat &lt; lo bris, lo breson, la bresola&gt;...

acò 's

(p. 172)

L'ostal, es la familha, que d'una generacion à
l'autra, manten e trasmet la tradicion sana e fòrta,
la familha, ont lo filh, devengut prèire, ven ajudar
son paire à morir :
E
e

sos

dos paures

un

la

ils d'abucle ara m'agachan
gantas totas go/as de su\or
parel de lagremas rajan;

sus sas

(p.252)

familha, ont lo poèta dis al paire jove :
Daisa-las

se
cro\ar totas al teune còl
aquelas manetas audo\qs!

(p.38)
L'Ostal! A ! Qu'es bèl e precios l'ostal del Carsi,
que sembla tant à totis los ostals de pagezes : ambe
son

e

lo

codèrc, lo corps d'ostal, la cambra del trobaire,
celièr, e l'ostal vièlh.

Lo codèrc rezèrva la corala aculhensa del ostal
acovidaire : aie! los biòus al estac, à qui lo boièr,
sens

lum

à trastazons,

despartis la pastura ; aici las
vénon al-endabant, e la canha airis'amaiza lèu-fait sus un sinne de man.

e

aucas, que vos

sada que

L'ostal amistos s'alanda

e se

dona tôt.

Una nauta

pendula à la paret piatjada,
la plancada ateng à la travada
losfustes de garric, negres e mal cairats...
drecha

sus

(p. 176)

�i6o

LO

Dins la

GAI

SABER

cozina, los bufets :

Aquital, dos bufets vernisats. Sus aquel
son de libres espelhansats e lo calel
e, dins lo tirador, las letras de mon fraire,
e

las

meunas— e

las lunetas de

ma

La taula de cerièr, pezuga e
al mièch de la cozina per totis

maire I

—...

(p. 176)

solida, la cal traire
i poder caure. Mas,

Vendredi lo mai sacrat del ostal, lo qu'enclava
los melhors sovenirs del orne, lo quacaba
de far plec al prigond de Varna, es lo canton,
alont avèm rinsat e soscat, mainatson...

lo

canton,

andèrs,

son

ambe

bufet

son

e sa

cramalh, sos capfoguièrs
rispa tindinaira :

O cantons ! Sovenir de tantas

o

de velhadas

desplegadas, lo ser, à las escandilhadas
del meteus fòc desus lo meteus fogairon !

O mainats adormits al estrech cadieron I
O meninas d'antan, los dos pès sus la bra\a,

cofadas de la tbnia à tufetas de ga\a !
Lo poèta
del celièr,

parla

encara, e

de

sa

(p. 178)

cambra de trobaire,

del Ostal-vièlh, « l'Ostal-vièlh de debas», aquel Ostal ont son nascuts e ont son morts
los Ancians, l'Ostal qu'òm deu jamai vendre, per-

e

e

qu'òm i sentis bategar l'ama de la familha, viva e
mòrta.

Cubaynes ! lo polit cant
del Ostal ! Coma voldriai que
qualquas estròfas, aquelis que son

A ! lo bèl libre del abat

al

onor

de la Tèrra

e

poguèsen n'auzir
partits, lo còr gonfle.

va venir.
Jos las estèlas que calelhéjan
dormis lo nôstre soldat. E ont crezètz que
s'enane, son èime? Cap al siu ostal, perdut dins lo
campèstre, o dins una carrièra estreita del vilatge.

La nèit

al cèl,

Buta la porta dedefbra e vei,
los andèrs, lo cap suis genolhs e

al pèd del fòc, prèp
lorozari als dets, sa

�lo

gai

161

saber

maire pregant, mièja-endormida, mentre que los au¬
las novèlas. A palpas, monta l'escalièr ;
dorbis dosament, en levant la cadaula, la porta que

tres escotan

renha,
se

son

dormis

renha dempèi cent ans : aqui lo lèit ont
vièlhs, aqui belèu lo brès ont déjà
enfanton, lo siu enfantonèl que fa rizeta als

coma
morts
un

los

anges.
A ! brabe soldat! l'aimas ton ostal ; vertat, que
l'aimas ? Diga-me donc que, per tu, comensa aqui la
Patrìa. E ajes pas cap de vergonha se, quand t'es-

pertaràs, deman maitin, sentisesque de plors an rajat de tas parpèlhas. Seràs pas mens fort, vai, quand
vendrà l'ora de prene ton còr dins las mans e d'agaitar lo dangèr sens pour.
« L'amour de la
patrio, coma
lou résultat d'uno óupinioun, ni
modo. Lou grand patrioutisme

lJon a
famiho, è
aquéli que
aquéli que
que

pèr

soun

dizia Mistral, es pas
d'un decrèt, ni d'uno
nais de l'estacamen
endré, pèr si coustumo, pèr sa

li meiour soudard, cresès-lou, soun pas
canton e que bramon après avé begu : es

plouron

en

quitant
,

(i) Discours

e

Dicho,

soun oustau »

(i).

Jozèp SALVAT.

p. 22.
■v

�IÓ2

LO

IDÊAS

GAI

SABER

MISTRALENCAS

A l'ouro que parèis aquest'armana nouvèu, la nacioun touto entiero es en aio e en armo contro un
enemi terrible, e de desastre incoumparable estou-

lou cor de tout ome de Franço. Es gaire lou
de galeja e de canta. E pamens, di fourtaresso de la Prùssi, de la Baviero e de la Saisso, i'a
que-nounsai de prouvençau que nous escrivon : « Felibre, óublidés pas li pàuri presounié. La carita se
fai pas touto emé de pan. Eici nous languissèn e
nous gelan :
mandas-nous lèu, pèr noste cacho-fio,
li joio e li belugo de vostre pichot libre ». Que l'on
nous passe dounc, sus aquelo estiganço, loubadinage
dóu coumpaire Cascarelet : poudès crèire, boutas, que
ris que d'uno gauto.
E pièi, vesès, fau jamai se mau-coura. La Franço
es trop amado, trop grandamen astrado, trop generouso e luminouso, pèr que l'umanita se posque passa
d'elo, e pèr que soun angouisso fugue autro causo
qu'uno esprovo. Esperen dounc e aguen fisanço !
Mai soulamen, maiuno bono fes, aproufichen nòsti disgràci. Avugla pèr nosto glòri, divisa, desmemouria pèr nôsti discussioun, dissensioun, revoulucioun, mes au nis de la serp pèr li mal-adoubat e per
lou mau-gouvèr de gouvernaire indigne, apliquennous, enfin, tóuti, dóufouns dóu cor, à praticala liberta, aquelo santo liberta que, dins noste malur, aumagon

moumen

mens nous

rèsto.

Esclapen, manden au diable
cioun, mecanico d'esclavage que

qu'a lança la Franço, desprouvesido, desarmadins uno guerro moustruouso. Au-lio
remouca, de replana de-longo e d'unifourmisa cou-

ron, e

do,
de

aquelo Centralisa-

li despoto fabriquè-

nuso e Cruso,

�LO GAI SABER

163

uno taulo
de faiòu, au-lio d'encaserna e cresta
nacioun, rejouvenissen-la dins lis independènci
prouvincialo e coumunalo, dins lou fort nouvelun de
me

la

la naturo maire

e

dins la drudiero dóu terradou.

Que li despartamen d'uno mémo regioun groupon
si voulounta, sis interès, si forço ; li Counsèu Generau, de despartamentau e feble e sènse voio coume
soun au
jour d'uei, que devèngon regiounau, e que
reçaupon de serious poudé, e que noun fugon plus
li servènt dóu prefèt, e que tèngon sesiho un mes,
dous mes, se fau, e noun vue jour. Que l'Assemblado naciounalo, au-lio de s'acampa toujour dins qu'uno
vilo, change tóuti lis an de residènci, quourodins lou
Miejour e quouro dins lou Nord. E d'aquelo maniero, veiren plus lou gouvèr à la merci d'un usurpaire
o d'uno
pougnado d'insurgènt ; e d'aquèu biais, la
vido vai renaisse dins tóuti li prouvinço, e li nôblis
ambicioun, e l'amour de la terro, e lou patrioutisme,
e

l'antico fierta.

6 linhas censuradas.

Gui

de

MOUNT-PAVOUN

(Frédéric MISTRAL)
Arrnana

Prouvençau

per Van de Dieu 1871.

Desëmbre 1870.

�L'Ort dels Trobaires

Sul cròs de

mon

dins lo Cementèri de

Paire

Fendelha

mon paire, aict l'acompanhèri
jorn de julhet, al temps qu'abiai vint ans.
Ara, vièlh à mon torn, fau pases tremolants
E lèu serai portât dins aicest cementèri.

Aici dormis
Un caud

Tèrra-maire, aupis-me ! Plan

sobent te cantèri

parlar d'Oc servat pels paï^ans ;
Mas mon paire faguèt tos trabalhs alasants,
E ieu, pietat, non semenèri ni plantèri!
Dins

Es el

mon

clar

qu'obrèt per dos. S'abia bèls milhs e

blats,

Es pramor que sos camps èran plan bolegats
E que trobèt leugèrs l'endu^ac e l'aisada...

Paire, ieu qu'ai portât ton nom coma un

fanal

qu'ai pasat ma vida als òrts de la Pensada,
Vòli tastar prèp tu lo repaus eternal!

E

�lo

A

ma

gai

saber

santa Maire

a quaranta ans qu'es jos los supresièrs.
Dempei, ieu, cantador remirant la Natura

-Maife, i

E m'adonant à l'occitana letradura,

N'ai vistas

se

pasir, de ro\as als ro\ièrs !

Tu, d'aquel temps, mesclada als lu^ents lampe^ièrs;
Que del trône diu^enc son la rica ondradura,
Fas dusc' al Eternal montar ta parladura
Per que siagui gandit dels infernals brasiers.
Vai! te
Com

pòs preparar à m'alandar los brases !
quatre-vints ans arriban à grands pases,
clar qu'es pas lènh lo jorn de mon trespàs.

mos

Es tôt

Acò rai! Es pas

ieu que som un lagremaire !

faire placer, Dius me damnarà pas,
E serai lèu dos còps ton filh, ò santa Maire!

Per te

Prosper ESTIEU.

Ces deux sonnets sont extraits du recueil

cription Las Oras luscralas.

posthume

en sous¬

�i66

LO

GAI SABER

Elegias
i

Estiu, cada an tant jove e bel,
Sempre parier, sempre novèl,
Qu'ambe tos uèlhs blaus, tas bocas lenas,Ma tristor

Estiu, ton
Ton

e mon

aur es

gauch alenas !
dins

ma sang,

langui blos dins lo vòl blanc

Dels tortorels de
Estieu ! s'oblidas

ma

jovensa
pasat,

...

mon

Perqué

me tòmas, à brasat,
Los engans de la sovenensa?

II

Per
e

en

Carles RIBA

Na Clementina

ARDERIIT

Del luènh del temps, sul dòrs de las on\adas,
Flairant de mar, amoros de lugana,
De nèit clara estropat com d'un mirar de fadas,
Ve V rire dois de Vamistansa umana.
Ve 1' rire dois, banhat de plors, d'estèlas,
Dels sègles amudits e de las bocas bêlas,
Dels uèlhs prigonds qu'an miralhat lo sort,
Membransa e reire-flor d'ufanoqa espandida
E d'aquel grelh tant blos e fin de cada vida

Que s'escapa, oloros

e

clarin, de la mòrt.

Peire-JOAN ROUD1N.

�BOLEGADISA OCCITANA
Jôos

Plorals

Setenaris 1941

L'annada 1941 veirà los Jòcs Florals Setenaris del
Felibrige, concors dobèrt entre totis los escribans de
lenga d'Oc, poètas e prozators de totis los dialèctes

literaris. Se pòdon mandar d'òd'òbras publicadas dempèi los
Grands Jòcs Florals de 1934 per la pròza, e dempèi
aquelis de 1927 perla poezia. Tôt deu èstre mandat
abant lo 1" de janvièr 1941.
La jurada compren los majorais Amade, Azéma,
Fontan, Loubet, Palay, Salvat, Vidal.
Lo primièr lauréat de poezia serà proclamât mès-

e

de totis los genres

bras manuscritas

tre en

Gai Saber

o

e

coronarà la novèla Rèina del Fe¬

Remembrem qu'als darnièrs Grands Jòcs
Florals d'Albi en 1934, lo felibre provensal Gabriel
Bernard, primièr lauréat de pròza, coronèt Rèina
del Felibrige Mla Suzana Imbert.
Demandar lo programe al Capolièr del Felibrige,
Marius Jouveau, 19, Btd Nòstra-Dama, Ais-de-Prolibrige.

vensa.

Academia del Jôcs Florals

prètz Pujol de poezia, divizible, d'una valor
francs, serà atribuït ongan per un poème
occitan, manuscrit;-o publicat dempèi 1937, pertocant
lo païs de Toloza, son istòria, sos grands òmes.
Acò es en suplement al Concors ordenari annaLo

de 3.000

•

dièr de las Flors.
La jurada compren
:senhes mantenedors

dòna Filadèlfa de Yerda, los
o

mèstres

en

Jòcs

Florals

�i68

LO

GAI

SABER

Rozès de Brousse, de Pesquidoux, de
Castelnau,.
Calmette, Jeanrov, Enric Martin, Tresserre, Praviel, Théron de Montaugé, Abelous, Salvat, Pons^.
Perbosc, Ripert, Cubaynes, Pestour.
Los darnièrs lauréats, en 1937,
foguèron dòna.

Loïzà Paulin
«

e

lo

majorai Benezet Vidal.

Demandar lo programe al Secretari
Hôtel d'Assézat », Toloza.

Lo Capolièr del Felibrige
illet, la letra que nos fazèm

a
un

far coneise à nòstres escolans.
Car

deTAcademia,.

mandat, lo
deber

e un

21 de ju¬
plazer de-

Felibrk,

Devèn

pas nous leissa marfi pèr lou sort, e devèn pas per¬
nostepaïs toumbe en canello. Pèr acà, fau countunicr
de proufessa la dóutrino mistralenco
qu'es assetado sus lou
cousciènt amotir de la terro, e de vira vers la bono
aigo lis ■
orne
que s'èron dessenadamen amourra ifont d'uno laido poumette que

litico.

Nous

esta di qu'en resoun dis evenitnen e de la vido que
facho, noste biais de proupagando avié d'èstre moudifica. Es tout au mai. à noste vejaire, se devèn, en parlant de
nàsti revendicacioun, évita li fraso neblouso que, mau coumpresso, poudrien nous faire atribtiï de sentimen e de proujèt
que soun pas li nostre.
Engarden-noits de crèire que sias fort pèr-ço-qu' espremissès
d'idèio temeràri o aventurouso ! Engarden-nous de bandi d'aquéli prouclamacioun à flamo qu'estounon res mai que li paure
d'esperit I Diguen ço quavèn de dire, pausadamen e subretou t claravien, en
esperant que li proujèt dóu gouvèr siegon
esclargi e que pousquen establi, d'après éli, un plan d'acioun
lou mi'és défini e lou mai
coumplèt poussible.
Tre aro, fasen pourta nàsti pus
grands esfors sus la mantenènço de nosto lengo e sus Vespandimen de nosto literaturo.
La mantenènço de l'uno countribuïra à l'estacamen tant souveta de l'ome à sa terro, e
Vespandimen de l'autro moustrara
que demoro encaro uno pensado sano e fièro dins li païs de
JFranço.
Aguen bèn siuen, noun soulamen de pas perdre la liesoun
'nous

es

-

an

■

�LO

GAI

SABER

169

-emé lou

pople, mai enCaro de la rendre cade jour plus estréplus entimo, en participant mai que jamai à sa vido materialo e sentimentalo, sénso nous leissa enfluéncia
pèr li que
voudrien vèire lou Felibrige s'estrema dins li vàni parladuro
dis acamp priva o di coungrès particulié.
cho

e

Enfin, que nàstis Escolo, tout en tournant vers sa vido nourmalo, perseguigon la bello obro qu'an coumpli dins li dès mes
de guerro, valent à dire que countunion de metre soun acioun
au service de la Patrio, siegue d'esperèli, siegue en çoulabouracioun emé d'àutri soucieta de soun endré 0 dis endré vesin;
-e
que mostron, ansin, que l'ideau felibren es un ideati leia.lamen francés.
Lou capoulié,
Marius JOUVEAU.
■

Aquela circularia, la fazèm nòstra,
paraula de Mistral :

en nos remem¬

brant la

Rapelen-nous que la paciènci
cepoun de la sapiènsi ...

Es lou

Nos fa sovenir que,

dins la revista Mont-Segur
Juli Veran escribia à Prosper
Estieu:«Fau que la lengord'0 fague soun intrado
dins Tescolo coume uno gràndo damo qu'es, pèr la
grando porto e noun en tenènt la co de la raubo de
sa sourrastro !
N'avèn lou dret, e se li porto se volon pas douvri souleto, lis esclaparen. » Mistral abia
dit la mèma idèa dins VAiòli (n- 261) en 1898, mas
sens violensa
inutila. E Prosper Estieu, que degun
pòd prene per un pòuruc, respondia à Juli Veran dins
la mèma revista Mont-Segur : «Las esclaparem...
Acò's leu dit, mon bel Felibre ! e acò fa pas mal, à

■de novembre

1901,

la fin d'una letra ! Mentretan, las cauzas demoran estadissas e vivem de regardelas... Auzissetz-me : Quai
vol intrar, intracom pod ! Pensi, ieu, que lo savinianisme es l'estec lo mens revolucionari e lo mai pratic
de fazer senhorejar dins l'Escola nostra Lenga faidida. Per vezer aco, faguem so que se deu e... n'es-

clapem pas res ! »
Ajustarem pracò que quaranta ans son pasats,
■que lo Felibrige a trabalhat, que los elements tec-

�LO

17?

GAI

SABER

nies del ensenhament son ara àpunt, e que la lenga.
d'Oc pòd intrar à l'escòla « per la grando porto »

(J. Veran) ë pas per «servi qu'à cira li boto de soun
desdegnous rivau » (F. Mistral). Mas... « esclapem
pas res » (P. Estieu).
Lo Capolièra mandat al Ministre de l'Instruction»
Publica, al nom del Felibrige, una letra demandant.
que, dins los novèls programes escolaris, una plasa
siague faita al ensenhament de l'Istòria locala e de
las Lengas provincialas.

La

Guèrra

Aici qualques escapolons de las novèlas
recebudas de nòstres escolans mobilizats :
Bona

soldats

pacifica annada ! Lo jorn de Nadal, al miu sermon alsajustégui qualques mots d'occitan.

e

M.

Som segur que me
«

Bonnel, 29. xii. 1939.

perdonaretz mon retard, que vôl .pas dire

debrembièr».
P.

Faxjré,

4. 1. 1940.

Grand mercès pel Gai Saber de décembre que
Podètz creire-que cada numéro es esperat
ceure.
ciensa. Lo plazer de legir de novèlas de la Tèrra
la

qu'abèm

lenga qu'aimam!

Je

veni de reamb impanòstra dins

M. Bascoul, 31. 1. 1940.

remercie de l'envoi régulier du Gai Saber que je re¬
rappeler notre
dans.un pays où l'on entend une toute autre langue.

vous

çois toujours avec grand plaisir. Il vient me
Midi

A.

Mauranp, 31. 1. 1940.

es legit ambe simpatia per qualques amies de
«pèpôta»; ne n' demorarà sempre quicôm !
J. Lesaffre, 18. 11. 1940.

Lo Gai Saler
ma

La pensée que sur les marches frontières de la «barbarie »
je monte la garde du patrimoine latin d'Occitanie m'aide à sup¬
porter allègrement les vicissitudes que vous avez vous-même,
connues voici vingt ans et plus...
L. Guizard, 22. 11. 1940.

�LO

GAI

171

SABER

una serada qu'abiam faita à-n-un fogal mili¬
n'ocupi, ai contât qualquas istôrias d'ent'à nosaus : sò qu'èran contents totis nôstres mièchjornals ; ne badàban de veze un «curé» lor i contar d'istòrias e en lenga nòstra.
Ai fait veze los debers à qualques camaradas. Ensàjan de los
far e los i aduji: crezian pas que siaguèse acò lo «pâtés», e coménsan d'éstre fièrs de lo saber e de comensar de l'escriure.
L'autre

jorn, à

tari que me

P. La.sser.re, 11.

III. 1940.

ailàs, coma voldriai poder escriure totas las cauzas
vénon al esperit e metre en ordre totas las riquesas

Per ieu,

que me

folcloricas

o

literarias qu'entreveziai i auèit mezes.

Quevolètz?

Esperem qu'arribe la Patz !
R.

Aici i

lenga

a

que

Nelli, 23. iv. 1940.

qualques lengadocians, e parlam
lor apreni à metre al onor.

ambeplazer nôstra

F. Gaulhet, 23. iv. 1940.

Auriaplan mai valgut per totis que pogùèsem festejar SantaCal creire que l'an que ven ne
libertat e la patz.
P. Grand, 19. v. 1940.

Estèla' coma los autres ans.
veirà una de subrebèla dins la

Espèri de vos tornar veze lèu. Côr contra cor, plorarem
païs.
P. Fauré, 19. vi. 1940.

malurs de nòstre

suis

pensades m'an pourtat un chic de lhum dins la néit
Quin malur per la Patria! Ara caldra que touti as francimans fassen ço qu'abèn fèit nous autri : trabalha e reprendre
tout per la souca.
J. Palmade, 24. vi. 1940.
Bostres

nostra.

■

encore plus l'Occitanie, puisque
hélas, ne font plus qu'un. En ce qui me
concerne, je ne veux plus être qu'un écrivain occitan, et je com¬
mencerai par — faisons comme les Finlandais — rendre au
pays son Kalevala, à savoir le corpus de ses contes. C'est une
façon de ne pas m'avouer vaincu.
R. Nelli, fin de junh 1940.
C'est le moment de
France et Occitanie,

ranimer

L'Escôla Occitana a pagat sa part, una part
crifie! de la joventut sus l'autar de la Patria.

batalhèr nôstres escolans :
Laurens-Castelet, de Puginier ;

Son môrts al camp
lo lôctenent de

crudéla, al Sa¬

�LO

172

GAI

SABER

lo lòctenent de Roaldès du

Bourg, de Toloza;
serjant abat Anfos Maurand, prèire, d'Albi (n de junh);
lo capitaine Joan Ramière de Fortanier, de Castèlnôudarr
(12 de junh).— Aqueste abia publicat dos volumes de valor:
« Les Droits
seigneuriaux de la Sénéchaussée et du Comté de
Lauragais », «Chartes et franchises du Lauragais ». J.-R. deBrousse escribia d'el dins La Garonne del 26 de julhet: «Ce
lo

livre

Chartes et Franchises —devra être consulté par ceux,

—

qui referont la France régionale de demain dont M. de Fortanier eût été l'un des meilleurs animateurs.»
Demest nòstres escolans que son
recebut de novèlas de Gilbert Alby,
proux,

estats fait prezoniérs, abèm

Joan Burgues, Caries CamFrancés Lapalu, Pèire Roubière, Joan Lesaffre, Jôrdi.

Reboul.
Abèm

driu

après las citacions al Ordre de nòstres escolans AnCombes, Lois Guizard, Gabriel Sarraute, Siguier.

Del pais ocupat, nos an escrit nôstres escolans Doctor Henric d'Angers, Jaques Rivière de Bordèus, Doctor Sibot de
Cambò.
Nòstre escolan lo bèl poèta Paul Eyssavel, grand mutilât del'autra guèrra, a pogut fugir l'invazion, e, d'Ausèrra, es vengut
viure à La Torre d'Aigas ( Valcluza).

Grand nos escribia lo 13 d'agost : «Es
debretribèsi, ja qu'en pasant a Castèlnòudari lo
Fogal d'aculhensa des soldats à la gara se séria cargat de me
faire pensar à vos, se n'abiai agut bezonh. Pas que la vista
d'aquela sala tant plan engimbada me regaudiguèt lo cór, e
me semblèt que comensabi de sentir lo fum
delmeuostal: ôsca
per aquels qu'ajèron tant bona idèia ! Domatge que d'autreslôcs àjen pas seguit aquel etsemple.»— Cal dire qu'aquela sa¬
la èra ondrada de pinturas regionalas e d'inscripcions occitanas, ôbra de nôstra escolana lauragueza Laurensa Thiébaut.
Nôstre

pas

escolan Pèire

que vos

Nôstre

jove amie Léon Cordes se ven de maridar, lo 20 d'à-Germana Clerc.

gost, ambe madamaizèla

Mandam als nôbis nôstres vôts de bonur.

CRI-CRI.

Imp. d'Editions Occitanes Castelnaudary. Le Gérant: A. PRAVIEL.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

accentué

ou

constitue

une

a,

—

seul

ou

dans le corps d'un mot»

français ; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u
égale¬
ment ; mais, après une voyelle,
il a le son ou fran^
çais ; — ò ouvert se prononce comme o français, et.
non, sonne comme a

terminaison

—

o

fermé

comme

2° CONSONNES.

ou

français.

b, c, d, f, g, j, I, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en français
; mars
c devant e et i est sifflant comme s
français; — j sonne
comme

—

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;

comme n
—

n

est

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
— r
est souvent muet à la fin des

des substantifs ;

substantifs

des

adjectifs, sauf en Provence, ainsi
est toujours dur et sifflant; — t est
muet à la fin des
participes présents et de la plupart
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
et

qu'à l'infinitif;

—

s

—

ch, lh, nh

vence.

3° GROUPES.

se

prononcent; tch, il!, gn.

FÉLIBRES,
N'oubliez pas que l'Académie des Jeux Flo¬
attribuera, en 1941, le Prix Pujol poésie
(3.000 frs.). divisible, à des poèmes de tout
raux

(publiés depuis 1937 ou manuscrits) er»
langue d'Oc se rapportant à Toulouse, sa ré¬
gion, son histoire, ses grands hommes.
Ce concours est ouvert, de même que le
Concours annuel des fleurs, jusqu'au 31 dé¬
genre

cembre 1940.
Demander le programme détaillé à M. le
de l'Académie, Hôtel d'Assézat,
Toulouse.
Secrétaire

�A NOS ESCOLANS
A l'occasion du numéro

spécial du GAI SABER,
notre regretté capiscol,
tout souscripteur aux ORAS LUSCRALAS ou à
l'HOMMAGE A PROSPER EST1EE pourra obtenir
les œuvres suivantes, non encore épuisées, du ma¬
jorai avec une réduction atteignant 30 ou 40 °/0 sur
le prix actuel de vente. Voici donc les prix pour les
souscripteurs :
consacré à la

Lou

mémoire

Terradou,

sonets

de

occitans

franceza, ( 1 vol. in-8°, 300 p.)

ambe

traduccion

22. »
rare . . fr.
Flors d'Occitania, sonets occitans ambe traduccion
—

franceza, (1 vol. in-8°, 280 p.)
fr. 14. »
La Canson Occitana, poèmes en lenga d'Oc, ambe
traduccion franceza, (1 vol. in-8°, 264 p.). fr.
14. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga d'Oc, ambe
traduccion franceza, (1 vol. in-8", 344 p.). fr.
13. »
Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues, (1 vol. in-8°, 104 p.).
fr. 11. »
.

Lo

Fablièr Occitan, ambe lexic

(1 vol. in-8°,

170

.

occitan-francés

p.) ilustracions de P. Sibra fr.

Las Oras Cantairas, sonets

13.

»

occitans ambe traduccion

franceza, (1 vol. in-8° carrat xvi-276 p.).
fr. 13. »
Las Bucolicas de Vergili en ritmes occitans ( 1 volin-8% 68 p.)
fr.
6. »
Lo Mètge de Cucunhan (1 vol in-8°, 30 p.) ilustra¬
.

cions de P. Sibra

fr.

Cantiques et Chansons

Adresser

toutes

(l'unité)

6.

»

0.50

les demandes à M. le Directeur de

l'Imprimerie d'Editions Occitanes, 3, Quai du Port,
Castelnaudary (Aude).
Le prix de Las Oras luscralas (60-25 frs.), del'Hommage à Prosper Estieu (15 frs.), et des ou¬
vrages demandés sera acquitté dans les huit jours
après réception, par chèque postal, pour éviter lesfrais de recouvrement (frais de port en sus).

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              <text>1 fasc. (pp. 176-218, 154-172) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Rozès de Brousse, Jean (1876-1960)</text>
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              <text>Cayrou, Frédéric (1879-1958)</text>
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              <text>Lasserre, Paul</text>
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              <text>Fournier, Marcel</text>
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              <text>Gomila, Gumersind (1906-1970)</text>
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              <text>Estieu, Prosper (1860-1939)</text>
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              <text>Rouquette, Pierre (1898-1988)</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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