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                  <text>23» Annada

Janvièr-Junh 1945

N° 213

Lo Gai Saber
Revisia de VESCOLA OCCITANA

Dis'jiAup 1 Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrlèra

dels

Arts,

1-4

Lo numéro:'10"fr.

�SABER

LO QAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
ADIVIIINISTRAOIOÎN
1-4, ©arriéra dels Arts,

:

Fransa

Abonaments

:

Uibt-at-ia Privât,

TOLOZA
:

Bstrange

an

an

©. ©. Toloza 1673
.

: un an

.

.

.

.

SO fr.

SO fr.

ENSENHADOR del \° 213 ( janvièr-junh

Académie des feux

Flo¬
Concours de langue

raux :

Ican

Paul

SÉGUY

d'Oc en 1945.

Trois Grammaires.

:

LAMBERT

1043)

L'Escòla de la

:

Crotz-Jauna.

loan RAYNAUD :

L'Escóla de la Gabia.

Correspondance :

D'un peu partout : Pierre Delmas,
Aimé BaudoUy, André Rouanet
de Lavit, Lucien Laporte, Lucian

Silvnn TOULZE :

Al Canton.

lozip SALVAT :

IVa Estacion del

Toulze, Jean Imbert.

ROUSSELY s
de MONTSEGUR

Joan

Camin de Crotz.

Planh.

Caries

:

Los Centenaris occitans.

loan

RAYNAUD :
Paul LASSERRE :

Al vent que pasa.
Libres novéls.

CRI-CRI :

Bolegadisa occitana.
La Santa-Estèla de 1945,
L'Escóla Carsinòja,
Lo Colège d'Occitania.

Supplément: Rapport sur le Concours de Langue d'Oc et sur
le Grand Prix de Prose Fabien-Artigue, par M. J.-Sébastien
Pons.— Poèmes couronnés de MM.Gumersind Gomila, Paul
Lasserre, Antoine Rey, Charles Grando. Poèmes mentionnés
de M.M.

Jules Ponsolle, Marcel

Carrières.

�Supplément

" GAI SABER " X" 213 (Janvier-Juin 1945).

au

Le Chemin de la Croix
DUCLOS

d'Henri

l'abbé

de

en vers

SALVAT

en

français,

prose

occitane,

composé par ces deux écrivains,
déportés politiques,
au

Camp d'Internement de

Neuengamme.

iniiiiiiiiiiii iiiiiiiiii iiiiiiiiiiniiiii

Beau volume de 80 pages.

LE

LA

DE

CHEMIN

d'Henri DUCLOS et

CROIX

de l'abbé SALVAT

limiiiilllllllllliiiliiiii

BULLBTIIN de

SOUSCRIPTION

Nom

Adresse

:

sur pur fin Montgolfier
numéroté de 1 à 100 : 160 francs

souscrit à

à

exemplaire

exemplaire

sur

Alfa bouffant

numéroté de 101 à 500 : SO francs.
Envoyer à M.

le Secrétaire duifCollège
Toulouse. 122-89

Toulouse, C. C.

d'Occitanie, 19, rue de la Fonderie,

�Lo Gai Saber, N° 213

ACADÉMIE DES IELX FLORAUX
1° CONCOURS ANNUEL DE

POÉSIE

OCCITANE

1945

55 ouvrages ont été présentés.
Les prix suivants ont été décernés:
1. El Mirador,

gnan, a

obtenu

poème, par M. Gumersind Gomila, à Perpi¬
Primevère;

une

2. Esqailas, élégie, par M. l'abbé Paul Lasserre, curé de
Drémil-Laf'age (Hte Garonne), a obtenu une Primevère ;
3. Lo Mil, sonnet libre,
par M. Antoine Rey, à Agen, a ob¬

tenu

une

Eglantine d'argent ;

4.

Vallinanya, pièce, par M. Charles Grando, félibre
jorai, à Perpignan, a obtenu une Primevère ;

ma¬

Mentions très honorables:
Lo

Venze, pièce, par M. Jules Ponsolle, à Pamiers

Doas Causons per mos
res, à Conty (Somme) ;
Sus la Rota de

Montpellier
Dins los

;

reires, pièce, par M. Marcel Carriè¬

Sant-Esteve, pièce, par M. Robert Mariy, à

;

Bôsqucs, pièce, par M. Paul Sicard, à Labastide-

Rouairoux (Tarn).

Mention honorable:

Temps A, poème, par M. Charles Gingast, à Toulouse.
2° CONCOURS
ARTIGUE

POUR

LE GRAND PRIX DE PROSE FABIEN-

Le Grand Prix indivisible de 5.000 francs n'a
pas

cerné.
...

été dé¬

E la Barta

Henri

floriqnèt, étude de mœurs paysannes, par M.
Mouly, à "Villofranche de Rouergue, a obtenu un prix

d'Académie de 3.000 francs.

Folklore dn Ronssillon,
par

obtenu

un

M. Horace Chauvet, à Paris,

prix d'Académie de 2.000 francs.
.

i

a

I

�LO

9°

GAI

SABER

Trois Grammaires
Il

s'agit de: Pompeu Fabra, Abrégé de Gram¬
Gralozèp

maire catalane, Paris, 1928; Loïs Alibert,
matica occitana,
Toulouse, 1935 ; abat

Salvat, Gramatica occitana, Toulouse,
Seule
Salvat:

est

tout

à fait récente

1943.

celle de M.

l'abbé

parlant des deux autres, déjà justement
célèbres, on a l'air de découvrir la lune. Aussi bien
n'est-ce pas une annonce publicitaire que nous pré¬
tendons faire, mais bien un parallèle d'ouvrages
destinés à jouer, ou qui jouent déjà, un rôle éminent dans l'histoire de notre langue.
Il y a deux façons de concevoir la grammairq : ou
bien comme description d'une langue, et, dans ce cas,
on se borne à exposer les faits recueillis ;
ou bien
comme_un code enseignant «l'art de parler et d'écrire
correctement». La grammaire de M. Fabra est des¬
criptive, celle de M. Alibert tend à promulguer des
dogmes, et celle de M. l'abbé Salvat procède des
en

deux genres.

L'illustre philologue Pompeu Fabra, le Vaugelas
de la Catalogne, à qui l'Université de Toulouse vient
de décerner le grade de docteur honoris causa, a
en résumant sa magistrale Gramatica de la
llengua catalana, mettre à la disposition du public
français une image simple et fidèle de la langue de
Verdaguer. Aussi ne faut-il chercher dans cette bro¬
chure de 95 pages que ce que l'auteur a voulu y
mettre : une analyse rapide, qui s'en tient aux lignes

voulu,

Il n'a pas hésité à consacrer vingt-cinq
pages minutieuses à la phonologie (et en même temps
à l'orthographe) : ce qui n'est pas inutile pour une
saillantes.

�LO

langue dont les
différents de

GAI

SABER

91

sons se trouvent être extrêmement
du français. Notons tout de suite

ceux

partie fait à peu près défaut aux autres
grammaires : on semble admettre un peu trop aisé¬
ment que les phonèmes languedociens sont les mêmes
que ceux du français, ce qui est à peine exact une
fois sur deux. On chercherait en vain, par exemple,
dans les pages où MM. Salvat et Alibert décrivent
les sons, l'analyse de -n final, de s, % (il est vrai que
la référence donnée par M. Fabra sur ce dernier
point est erronée). Evidemment, de telles précisions
sont superflues si l'on s'adresse à des Méridionaux,
qui possèdent à l'état inné ces articulations, et mê¬
me ne se font
point faute de les transposer réguliè¬
rement dans leur français ; mais quand on entend à
la Radio des artistes prononcer le languedocien avec
l'accent parisien, on aimerait pouvoir leur conseiller:
«Ouvrez telle grammaire à telle page, vous y verrez
comment émettre correctement les diphtongues, les
r ou les sifflantes». Cette
partie de l'ouvrage de M.
Fabra a de plus le mérite d'initier le lecteur aux
transcriptions phonétiques. Puis, les diverses formes
sont énumérées, suivant les catégories grammatica¬
les : les exemples sont nombreux, variés et usuels,
si bien qu'à la simple lecture on se constitue sans
effort une intéressante phraséologie catalane. Les
paradigmes verbaux sont présentés sous une forme
très heureuse : simultanément, les présents des trois
conjugaisons; puis, les imparfaits, puis les subjonc¬
tifs, et ainsi de suite : c'est le plus sûr moyen de faire
percevoir d'un coup d'œil ressemblances et opposi¬
tions, et aussi de les faire retenir.
Quant aux remarques syntactiques, elles sont tel¬
lement condensées (à peine une page à propos des
conjonctions), qu'elles s'en trouvent presque inutiles.
Mais nous reviendrons là-dessus à propos des deux
autres grammaires. Bref, un ouvrage à lire d'un bout
à l'autre, plutôt qu'à consulter : c'est exactement ce
qu'il faut aux Français qui ignorent tout du catalan
que cette

�LO

92

GAI SABER

(la plupart se figurent que c'est une variété d'espa¬
gnol !), mais qui se sentent de la sympathie pour
un
peuple qui nous la rend généreusement. M. Fabra
a ainsi donné la
preuve assez rare qu'un authentique
savant peut se faire, sans déchoir, un excellent vul¬
garisateur.
On

ne peut aborder qu'avec respect le monument
M. Alibert a élevé au languedocien : c'est une
somme complète de tout ce
qu'il y a à dire et à sa¬

que

voir touchant

ce

tout en rendant

dialecte.

L'auteur

a eu

l'ambition,

compte, avec une érudition

incroya¬

ble, de la variété des faits particuliers, de dégager
une norme à
laquelle il faudrait se référer pour écrire
une
langue littéraire fixe et uniforme: car le repli
des écrivains

dialecte

dans les bornes étroites de leur sousà l'extension de leurs œu¬

est une entrave

vres, et un

obstacle à l'enseignement de la langue.

M. Alibert voudrait arriver à

ce qu'a fait M. Fabra
le catalan, ou à ce qui existait autrefois en
Gascogne, où tous les auteurs abandonnaient leur
parler natal pour s'astreindre à écrire le beau lan¬
gage de la chancellerie de Pau : mais aujourd'hui,
le vent souffle d'un autre côté, et chaque poète gas¬
con se sert de l'idiome de sa vallée
(l'exemple de M.
Camélat est isolé). Dans ces conditions, M. Alibert
a-t-il quelques chances d'imposer ses dogmes ? Oui,
sans
hésitation. Car 1'Escòla Occitana, dont les
principes sont presque identiques, y a réussi. La Societat d'Estudis Occitans, le jeune Institut d'Estudis Occitans, représentent quelque chose de po¬
sitif. Et les faits sont là : un poète de ce Gévaudan,
où l'on parle un dialecte très aberrant, sait se faire
entendre de tous en renonçant aux étrangetés trop
apparentes de son terroir, et en se soumettant aux
lois plus compréhensives de M. Alibert (il est vrai
que ce poète se double d'un philologue). Quand on
examine les critères suivant lesquels M. Alibert dé¬
crète que telle forme est la bonne à l'exclusion de
toute autre, on est le plus souvent
obligé d'acquies-

pour

�LO

GAI

SABER

95

il choisira, ou bien le type le plus voisin de la
langue ancienne (mais ici, quelques difficultés : où
finit cette langue ancienne? De plus, certaines des
particularités les plus biscornues sont attestées dès
le XIVe siècle), ou bien celui qui, dans l'état actuel,
est le plus répandu. Et, le cas échéant, il préférera
le second critère au premier : par exemple, pour l'ac¬
centuation de -ia, ce qui est bien. Ainsi, l'impression
première d'un dogmatisme rigide et arbitraire se
dissipe très vite quand on aperçoit les motifs raison¬
cer :

nables et scienti^cjues des décisions imposées. Il
évident que dans le menu détail, on peut ne pas
être de l'avis de M. Alibert, mais ce n'est pas ici le
lieu d'en disputer. Que dire aussi du reproche sui¬
est

lequel

vant
ment

comme

sard

ce

philologue s'alignerait systématique¬

les normes catalanes? Il en est de cela
des héllénismes ou des latinismes de Ron¬

sur

à y regarder de près, on n'en voit presque plus
Néanmoins, il est un peu surprenant, à priori,
que la graphie de la S. E. O. ne diffère de celle de
VInstitut d'Estudis catalans que sur cinq points.
Et puis, on voit bien que, par une sorte de phobie
d'ailleurs légitime — des empiétements du fran¬
çais, M. Alibert a tendance à se tourner désespéré¬
ment vers l'Ibérie, en certains cas particuliers. Ce
qui n'est pas conforme à la nature: car, malgré tout,
le languedocien est un idiome du système galloroman. De même que
le catalan est forcément et ir¬
:

rien.

—

rémédiablement tributaire du castillan

sur

bien des

points, de même le languedocien est redevable au
français. Et le chapitre où M. Alibert traite de l'a¬
daptation des mots savants à l'occitan va souvent
contre des usages si solidement et si naturellement
enracinés, qu'il n'y a aucune chance de les extirper:
comment espérer remplacer escolari, militari par

escolar, militar Ì
Dans l'exposé, M. Alibert suit la démarche tra¬
ditionnelle: Histoire de la langue, Phonétique et
Orthographe, Morphologie, Syntaxe, Suffixation, et

�LO

94

GAI

SABER

plus, un utile Dictionnaire orthographique. La
première partie est un raccourci remarquable : on ne
pourra lui reprocher que de faire une part trop large
à la théorie contestable des substrats, et de citer de
longues listes de termes germaniques, celtiques ou
arabes, sans donner les étymologies (à la façon des
grammairiens espagnols) : ce qui rend ces énumérations à peu près vaines. De plus, les rattachements
à l'ibéro-basque sont du domaine de la fable.

de

excellente: bien que les faits soient
les mêmes que ceux du français, M. Alibert
hésité à écrire un développement spécial, en
se réservant de décrire seulement ce qui s'opposait
au français. Mais pourquoi ne pas être allé jusqu'au
bout dans la syntaxe des propositions ? Pourquoi
avoir traité des conditionnelles sous le titre Sub¬
jonctif, ce qui amène l'auteur à parler là' des con¬
ditionnelles à l'indicatif? Au risque d'allonger, il
eût mieux valu traiter à part chaque type de propo¬
sition : d'autant plus que l'absence totale d'index al¬
phabétique n'est pas pour faciliter la recherche de
renseignements dispersés entre la morphologie des
conjonctions et la partie syntaxe, et ici sous des ru¬
briques trop vagues. Et pour quelle raison avoir mis
dans la syntaxe les « Temps composés et périphraphrases verbales ? »
La momenclature de M. Alibert est juste et mo¬
derne. Mais comment un a peut-il s'assourdir en o?
une voyelle est sonore, ou n'est pas. Ce ne sont d'ail¬
leurs là que vétilles, et la Gramatica occitana de
M. Alibert est le Musée qu'il faudra visiter chaque
fois qu'on recherchera un échantillon linguistique
d'un coin du Languedoc, ou le Code qu'il faudra ou¬
vrir quand on sera anxieux de la pureté de telle
La syntaxe est

en

gros
n'a pas

forme

ou

de tel tour.

domine dans la Gramatica occitana de
Salvat, c'est le souci pédagogique : en ef¬
fet, celle de M. Alibert ne peut toucher qu'un puCe qui
M. l'abbé

J

�LO

GAI

SABER

95

; la grammaire de M. l'abbé Salcelle de l'écolier qui envoie ponctuellement
ses thèmes et ses versions au Colège d'Occitania :
voilà le but réaliste et pratique qu'on se proposait,

blic

déjà informé

vat est

qui a été largement atteint. Aussi, là, aucun ap¬
pareil scientifique, puisqu'il s'agit uniquement d'être
commode, et efficace. Néanmoins, l'auteur eût pu, en
bien des cas, éviter l'emploi d'une nomenclature su¬
rannée, qu'on a abandonnée, non par pédantisme,
mais parce qu'elle était trompeuse ou obscure : par
exemple, pourquoi appeler Ih, nh, ch., des lettres
doubles ? Que dira-t-on alors de II de calla, de nn
de annada ? Et que signifie «ga le son fort et est
toujours suivi de u » et « c, a le son dur devant a,
O, U», etc? D'autre part, quoique cette grammaire
ne soit pas, comme celle de M. Alibert, une descrip¬
tion complète du languedocien, les indications dia¬
lectales sont par trop avares : un jeune quercynois
regimbera à écrire campanha ce qu'il tendrait à
écrire compogno, suivant la graphie française, si on
ne lui explique pas ce qui se passe.
Parfois certains préceptes dogmatiques (pourtant
nécessaires) prennent un ton revêche : pourquoi dire
que abio, diroou, sont des monstres linguisti¬
et

ques

Ì Indésirables,

sans

doute, dans une langue lit¬

téraire, ils n'en sont pas moins les résultats d'une
évolution naturelle. Et affirmer que que
s'est indûment généralisé en gascon,

énonciatif
est

abusif.

disant que l'auteur, lui aussi, hispanise ou
catalanise par principe quand il écrit, contrairement
au
génie de la langue : grau (au lieu de l'authenti¬
Enfin,

en

gra), la vocal, la e, la o, nous en aurons fini
cet épluchage de petits défauts qui finiraient
par offusquer les immenses mérites de l'ensemble.
Tout d'abord, l'idée tout à fait heureuse a été de pré¬
senter une grammaire bilingue, à la manière des
ouvrages de piété catholiques destinés aux simples
fidèles : l'extension du public devient ainsi illimitée.
Et que dire de l'utilité de cette version constamment
que

avec

�ç6

lo

gai

saber

proposée? Autre innovation intéressante : les verbes
sont disposés par thèmes, i° présent (sur lequel sont
bâtis subjonctif présent, impératif, infinitif, partici¬
pes, imparfait) ; 2° prétérit (prétérit et imparfait sub¬
jonctif) ; 3° futur (futur et conditionnel) : cela cor¬
respond à la formation réelle. Pas de syntaxe sépa¬
rée : les remarques nécessaires sont faites à propos
des formes. Et c'est ce qui convient pour l'enseigne¬
ment systématique d'une langue vivante : il serait
absurde d'apprendre d'abord les formes, et six mois
après à composer des phrases. D'autant plus qu'un
index alphabétique très précis permet de retrouver
aisément les indications éparses dans le livre (je ne
l'ai trouvé en défaut que sur un point : il m'a été
impossible de découvrir les constructions impératives
positives et négatives). Peut-être eût-il été profitable
de dépister, à l'occasion, les calques que les méridio¬
naux commettent dans leur syntaxe française : Bouzet
et Mouly l'ont fait dans leurs grammaires. Que dire
enfin de ces listes copieuses d'expressions authenti¬
ques et savoureuses, qui contribueront mieux qu'on
ne saurait dire à enrichir et à redresser le vocabu¬
laire de nos je.unes escolans, et aussi des gens du
monde désireux de faire connaissance, sans grande

fatigue,

la langue de leurs aïeux ?
grammaire, composée au fur et à mesure des
besoins \d'un enseignement actif et réel, est et sera
l'instrument le plus populaire de la diffusion de notre
langage dûment codifié.
Grâce à de telles œuvres (sans parler de l'édifice
colossal de Ronjat, sur lequel nous reviendrons un
jour), les professeurs de languç d'Oc n'ont plus rien
avec

Cette

à désirer: nous sommes munis. Si l'on hésite encore
à donner à notre enseignement le signal officiel du

départ, on ne peut plus arguer que nous n'avons pas
les outils nécessaires pour mener notre tâche à bien.
Jean SEGUY.

�LO

GAI

SABER

97

L'Escòla delà Crotz-Jauna
L'existence d'une école félibréenne dans un bagne
allemand paraît relever du domaine de l'imagination

après la lecture des détails horribles, et malheureu¬
véridiques sur les conditions de vie imposées
aux détenus
politiques. Pourtant, il fut créé une escòla
felibrenca dans l'un des plus épouvantables lieux
de détention : celui de Neuengamme, aux environs
de Hambourg, dont plus des trois quart de l'effectif
a
disparu après les sévices continuels, les pendaisons
en série,
les souffrances de la faim et du froid, les
sement

travaux exténuants, les maladies
noyades collectives organisées en

sans

soins et les

Baltique.
Il m'est agréable de retracer ici, rapidement, la
vie et l'œuvre de ce groupement, probablement uni¬
que en son genre. Rédigeant cette note exclusive¬
ment de mémoire, je m'excuse, par
avance, auprès
de mes camarades qui la liront, des oublis ou omis¬
sions que je pourrais commettre bien involontaire¬
mer

ment.

Le besoin de

à

se

réunir

entre

faire sentir dès

gens

du Midi

arrivée

com¬

de
Compiègne, antichambre sinistre des camps de la
mort allemands. A la demande de plusieurs d'entre
nous, M. l'abbé Salvat, majorai du Félibrige, con¬
sentait à prononcer plusieurs causeries sur le Féli¬
brige. Cela eut lieu dans des chambres plus parti¬
culièrement peuplées de Toulousains, et les nombreux
auditeurs présents, certains assis par terre ou sur
les ignobles grabats qui tenaient lieu de lits, après
avoir adressé de chaleureux applaudissements à l'ora¬
mença

se

notre

au camp

teur, manifestèrent le désir de voir se renouveler à

�LO

98

GAI

SABER

réguliers des manifestations aussi inté¬
croyions fermement à cette époque
attendre, là, la fin de la guerre; mais, quelques jours
après, des wagons à bestiaux hermétiquement clos
et qui devaient rouler trois jours et trois nuits nous
emmenaient vers l'Allemagne.
\
intervalles
ressantes.

Nous

Arrivés là, dans l'esprit de
tait un besoin d'activité qui se

quelques-uns persis¬
traduisait par de lon¬

promenades à deux oq à trois dans la cour exi¬
guë qui nous était concédée. Et c'est au cours d'une
de ces promenades que M. l'abbé Salvat me fit part
de son projet de créer une Ecole félibréenne. Quel¬
ques jours après, sans demander d'autorisation à
quiconque, nous affichions à la porte de la barraque
gues

avis invitant les camarades à «une séance d'in¬
formation sur le Félibrige et le renouveau de la lan¬
un

d'Oc ». Devant une assistance nombreuse dans
laquelle figurait M.. Albert Sarraut, membre de \'Escola Audenca depuis plus de 50 ans, M. l'abbé Sal¬
vat définit les buts du Félibrige. L'Ecole qui fut créée
aussitôt après prit le nom d' Escòla de la Crot^-Jau11a, en souvenir des croix jaunes que les détenus
politiques portaient obligatoirement sur leurs vête¬
ments. C'était le 22 août 1944. L'Ecole devait pour¬
gue

les dimanches jusqu'au 13
ses travaux tous
mai 1945 et tenir ainsi-35 séances. Bien entendu,
aucun local ne fut mis à notre disposition et les réu¬
nions eurent lieu dans les endroits les plus variés :
dans une chambre surpeuplée, dans un couloir obs¬
cur, dans la cour de l'infirmerie, dans un coin de
bâtiment où la pluie tombait sur la table, tous debouts
en cercle dans la cour des casemates de la forteresse
de Térésin au pays des Sudètes, et, pour la dernière
suivre

nous disposions au camp de Brézany, en
Tchécoslovaquie, de l'herbe verte d'un pré et d'un
pommier en fleurs. Je passe sur les difficultés d'or¬
dre pratique que nous devions rencontrer : manque
de papier et d'encre, froid, maladies, etc...

séance,

�LO

GAI

99

SABER

Cependant, l'œuvre accomplie par

l'Ecole est con¬

sidérable. Il y eut les leçons de M. l'abbé Salvat sur
la phonétique, la morphologie et la syntaxe des
vers dialectes languedociens. Son enseignement, tou¬

di¬

jours suivi avec grand intérêt, porta aussi sur la gra¬
phie occitane. Nous eûmes le plaisir d'entendre ses
causeries passionnantes sur les écrivains de langue
occitane : Achille Mir, Auguste Fourès, Théodore
Aubanel, Joseph Roumanille, Justin Bessou, Philadelphe de Gerde, Marius André, Prosper Estieu,
Antonin Perbosc, Verdaguer, Charloun Rieu, Balaguer, Paul Albarel etc...
Certains
dans leurs

membres du groupement présentèrent,
dialectes respectifs, des conférences sur

sujets choisis par eux mais susceptibles d'inté¬
tout le monde. C'est ainsi que nous entendî¬
mes :
M.M. Deltheil,
recteur de l'Université de
Toulouse (la meunerie en Rouerguè) ; Gadilhe, di¬
recteur des P.T.T. à Niort (la sériciculture en Pro¬
vence) ; Burgues, avocat à Béziers (la vigne dans le

des

resser

Biterrois) ; Escudié, président de Chambre à

la Cour

d'Appel de Toulouse (le vin dans le Frontonnais) ;
le colonel Depaule (la vigne au pays de Montpellier);
Laflaquière, principal du Collège de St. Girons (la
noix en Périgord et la légende de la Tour penchée
de Vermandois) ; le

général Duin (la noix en Dau-

Bureau de Préfecture (le
Narbonnais) ; le Dr Maury, maire de Florac, Lozère (la légende de S,e Enimie) ; le colonel Contensou (la petite ville de Villefranche-de-Rouergue) ; Maillols, maire de Corbère,
Pyrénées-Orientales (un aplech à S' Maurice) ; Durandeau, maire d'Ax-les-Thermes, Ariège (NotreDame de Sabart). Et que dire de la brillante confé¬
rence que M. Albert Sarraut,
ancien Président du
Conseil, devait prononcer sur le sujet suivant : «Com¬
; Lambert, chef de
métier de jardinier dans le

phiné)

je suis devenu félibre».
chaque séance, des chants occitans étaient étu¬
diés, puis entonnés en chœur: Aquelas Montanhas,
ment

A

�IOO

LO

La Cansou d'al

GAI

SABER

Pépi, La Coupo Santo, Lis Es-

tello, Montanhas regaladas, Lo Pardal, L'Emi-

grant, Lo Boièr, Cantem Nadal, Sonat^ Campanetas, etc. Des poèmes étaient lus, dont je cite seule¬
ment: Lou Capitani
grè (Aubanel), La Coumtesso
(Mistral), La Neu (Albarel), L'Abet (Estieu).
Nous eûmes la primeur de poésies spontanées de nos
camarades Cazanave et Jean Petit.
De plus, nos réunions comportaient toujours une
partie consacrée à l'étude de la langue occitane. Et
c'étaient des études en commun sur le vocabulaire
où chacun apportait la richesse de son terroir. On
examina ainsi dans les dialectes du
Lauragais, de

Toulouse, du Quercy, du Rouergue, duGévaudan, de
l'Albigeois, de l'Agenais, du pays de Foix, de Béziers, de Narbonne, de Montpellier, de la Provence,
du Roussillon, de la Gascogne, du
Périgord, du Dauphiné, du Limousin, du Velay, de nombreux mots
occitans se rapportant à des sujets déterminés : « La
maison», « A la cuisine », « A la salle à manger »,
«L'âge et le temps», «La famille», «Les métiers usu¬
els», «Les métiers rares ou curieux», «Les plats lo¬
caux», «Les animaux domestiques», etc... Toutes les
observation^ étaient consignées, par écrit, par le se¬
crétaire dans

un

procès-verbal.

On fit des études

linguistiques comparées sur les vents, les phénomè¬
nes
atmosphériques, les cartes à jouer, etc...
Je ne voudrais pas terminer sans citer les séances
exclusivement consacrées à l'étude de
Mistral, de sa

vie et de son œuvre ainsi que celles
qui permirent à
M. l'abbé Salvat de nous faire connaître dans le dé¬
tail « La Croisade contre les
Albigeois » et au cours

desquelles M. le Dr Duclos, de Perpignan, définit de
albigeoise.

manière admirable la doctrine

Et tout cela se déroulait dans une
atmosphère cor¬
diale et sympathique où chacun
apportait, à défaut
de documents, les efforts de sa
mémoire, quelquefois
défaillante.

��lo

gai

saber

101

Chaque séance se terminait par le chant émouvant
de La Galèra, de Mistral,
adapté par notre capiscol à notre étrange et tragique situation d'« inter¬
nés

d'honneur», de «prominent»,

comme on nous

appelait.
Sèm lènh de nòstre ostal,
Sèm lènh de nòstra Fransa,
Mas lèu pel Temps pascal
Veirem la deliuransa.
S'es

pas pel Temps pascal,
Faguem coma se l'èra,
Lanlira, lanlèra,
E vòga la galèra.
La prochaine réunion se déroulera à Toulouse,
mais il y manquera nos malheureux camarades :
Courtois de Viçose, banquier à Toulouse ; Bonnat,
maire d'Agen ; Dr Bouix, maire d'Amélie-les-Bains ;

Combrié, maire de Fournes (Aude); Eutique, contrô¬

leur des P.T.T. à Montpellier; Grimai, électricien à
Béziers et Vergés, restaurateur à Toulouse, dispa¬
rus dans la fumée du four crématoire ou couchés
pour

toujours en terre étrangère. Je ne pouvais pas rap¬
peler l'activité de 1 Escòla de la Crot^-Jauna
sans

saluer leur mémoire

(i).
Paul

LAMBERT,

secrétaire de VEscòla de la

Crot\-Jauna.

(i) Lo Gai Saber a déjà consacré de nombreuses pages à la
langue d'Oc en captivité. Voir notamment :
n° 203 (nov.-dec.
1942) : letra e poème d'Aimat Baudouy, del
Stalag VIII C 581.
n° 204 'janv.-febr. 1943) : La Lenga d'Oc à l'Oflag XB, arti¬
cle de Joan Lesaffre.
n° 206 (mai-junh
1943) : Lo Testimôni d'un ancian prezonièr,
article de G. S.
n°

(julhet-agost 1943) : Le Félibrige en captivité, article
Roussely ; correspondance de captivité: lettres de P.
Delmas, A. Baudouy,' J. Raynaud, R. Maris, H. Prunet, S.
207

de Charles
Toulze.

Il faudrait
mie des Jeux

signaler aussi les poèmes couronnés par PAcadéFloraux et publiés par Lo Gai Saber, poèmes de
captivité : Sylvain Toulze (1943), Marcel Fournier, Pierre Miremont (1944).

�LO

102

Le

GAI

FÉLIBRIGE
«

SABER

au

STALAG XIB

L'Escòla de la Gabia

»

Après les premiers mois, la vie du Stalag se stabilisa
à peu s'organisa. Les prisonniers éprouvaient le

et peu

besoin de

se

réunir suivant leurs affinités et de

ce

besoin

spontané naquirent les diverses associations des provin¬
ces

françaises.

Vers la fin de

1941, les'

nales étaient nées

:

groupes des régions méridio¬
groupes Provence, Languedoc-Rous-

sillon, Gascogne et Périgord-Limousin. A l'origine, ils
essentiellement pour but de venir en aide à nos
camarades nécessiteux, en particulier aux disciplinaires,
et de faciliter le séjour au camp des camarades de pas¬
sage venant des kommandos. Très rapidement, on ima¬
gina, pour agrémenter les réunions, de faire des cau'series intéressant la région. Au groupe Languedoc-Rouseurent

sillon dont la devise était

panha

crebar sol,

:

Val mai petar en com-

on avait même
de la Presse d'après

ajouté à cette
les journaux
que nous pouvions recevoir clandestinement.
Un beau jour, la causerie se fit en languedocien. L'ex¬
périence fut concluante et, à compter de ce moment, nos
réunions se firent en langue d'Oc. De plus, cela donna
à quelques-uns l'idée de se perfectionner dans leur lan¬
gue maternelle et ils se mirent au travail. Ils se rencon¬
traient tantôt en plein air, tantôt dans la salle des douches, '
tantôt encore dans les lavabos, pour étudier ensemble la
graphie occitane et la langue d'Oc, à* l'aide du Libre dels
Auqèls de Perbosc en notre possession, je ne sais trop
causerie

que

une

revue

�LO

GAI

SABER

103

comment.

Devoirs, leçons, excercices oraux, rien n'y
manquait, pas même une grammaire languedocienne
composée sur place avec bien des lacunes ét des erreurs,
mais, ma foi, c'était mieux que rien.
Fin 42, commencement 43, bien des nôtres
ayant dû
quitter le camp, nous résolûmes de fusionner avec les
associations des autres provinces méridionales. Nous
constituâmes ainsi le groupe «Midi», sorte de fédération
de tous les groupements méridionaux. Au sein de ce
groupe, on put trouver quelques éléments intéressés
par le régionalisme et nous fondâmes une véritable Ecole
affiliée au Félibrige sous le nom d'Escbla de la Gabia
qui se mit en devoir d'étudier la langue, la littérature
et l'histoire des Pays
d'Oc, grâce à des envois de livres
faits par différentes organisations comme YEscòla Occitana, YEscolo de la Mar èt les Fonds Européens
de

secours

aux

Etudiants.

A titre

documentaire, voici quelques-uns des sujets
qui furent traités :
Littérature : Les Troubadours, la Décadence, la Re¬
naissance du XIXe siècle, la Vie et l'Œuvre de Mistral,
les Caractères de l'inspiration occitane, Aubanel, Félix
Gras, Folco de Baroncelli, Joseph d'Arbaud, du Consis¬
toire du Gai Savoir à l'Académie des Jeux Floraux.
Histoire : Le Midi de la France aux temps gallo-

romains, La Croisade des Albigeois, Histoire de Lan¬
guedoc, Histoire de Provence, La vie authentique de
d'Artagnan.
Divers : Le Félibrige, Décentralisation et Régionalis¬
me, Histoire de l'art dans le Midi, Coutumes de Noël
en Provence, Attirance de la Méditerranée,
Les Jeux
taurins dans le Midi de la

France, etc...
Parallèlement, continuait l'étude de la langue d'Oc
selon les principes du Colège d'Occitanïa. Chaque
semaine, chacun -faisait une version et un thème et une
partie des réunions était consacrée aux corrections et
aux

De

exercices.

plus, YEscòla devint le centre de toutes les

ac-

�I04

LO

tivités méridionales
mai 43, elle mit sur

GAI

SABER

Stalag. C'est ainsi que le 21
pied une très belle Sainte-Estelle
avec cantiques occitans à la messe
et banquet (fort mo¬
deste) auquel participèrent tous les occitans présents
au camp qui entonnèrent la Coupo Santo finale avec
l'émotion que l'on devine.
En 1944, avec l'aide de la troupe théâtrale, elle or¬
ganisa faute de mieux la représentation de «Marius» et
(le «Fanny», pièces qui furent d'ailleurs fort bien jouées
et qui eurent un gros succès.
La même année, Y Es còla, grâce à de nombreux en¬
vois venus de France et à l'ingéniosité de ses membres
et d'un certain nombre d'autres méridionaux, réalisa une
fort belle «Exposition du Midi» qui évoquait un certain
nombre des aspects du pays occitan : Tourisme, Indus¬
trie, Agriculture, Ports, Vins, Sports et Jeux folklori¬
ques, Coutumes et Costumes, Vie intellectuelle et artis¬
tique, etc.
Enfin, YEscòla de la Gabia participa honnêtement
par des danses et des chœurs à toutes les fêtes folkoriques organisées au XI B à diverses occasions: St .Jean,
Fête des Provinces françaises, etc.
A la fin de cet exposé, il est bon de signaler qu'en
dehors du camp et de 1'Escòla, les méridionaux des
au

kommandos eurent de leur côté

une

belle activité. Mal¬

heureusement, YEscòla ne put jamais entrer en rap¬
ports suivis avec eux. Toutefois, nous savons que cer¬
tains d'entre eux, comme ceux d'Hallendorf, firent d'ex¬
cellente besogne.
Ce bilan d'une activité qui dura cinq ans paraîtra pro¬
bablement bien peu important. Cependant, si l'on con¬
sidère les difficultés de tout ordre et particulièrement
l'instabilité de notre équipe toujours démembrée par des
départs en kommando, on voudra bien croire qu'il était
difficile de faire mieux. En tout cas, 1'Escòla de la
Gabia a travaillé avec tout son cœur et toute sa bonne
volonté. Que Sainte Estelle fasse que de son action nais¬
sent

quelques belles vocations occitanes !
JEAN

RAYNAUD.

�LO

GAI

SABER

105

D'UN PEU PARTOUT

Au Stalag 369, camp de sous-officiers réfractaires au tra¬
vail, le groupement Languedoc-Roussillon avait deux Puts:
1.
Comme tous les autres groupements régionaux du
camp, notre groupement pensait d'abord à l'entraide
2.
Le deuxième but, qui n'était pas moindre que le
pre¬
mier, était de faire connaître et aimer davantage notre belle
province_ et aussi notre savoureuse langue d Oc. Tous les
quinze jours, nous nous réunissions, et l'un de nous entrete¬
nait ses camarades des charmes de son pays d'origine. C'est
ainsi que nous avons connu la beauté de l'Ariège, la poésie
de notre capitale Toulouse, l'histoire de ce monument unique
qu'est la Cité de Carcassonne. Nous avons eu une confé¬
rence sur le Félibrige faite
d'après l'opuscule de ï'abbé Salvat Lo Ftlibrige. A toutes ces réunions, nous ne parlions en
principe que la langue d'Oc et nous chantions «La Toulôu—

...

—

.

saine

».

avons aussi voulu faire connaître notre beau
pays
d'Oc aux camarades des autres provinces. Dans une «Expo¬
sition des Provinces», nous avons fait revivre notre pays
avec ses monuments et ses ressources dans un stand à l'en¬

Nous

seigne Lo pais del solelh e del bon vin. Chaque département
languedocien avait contribué à la beauté du stand : maquet¬
tes en carton de la Cité de Carcassonne, du Château Comtal

de Foix, du Castillet de Perpignan, maquettes en bois d'un
pressoir, d'un tonneau, d'un avion Latécoère, etc...
Le groupement participa aussi à plusieurs spectacles de
Variétés. Entraînés par notre sympathique président, mem¬
bre de la société «La Bourrée», huit camarades habillés à l'an¬
cienne mode languedocienne firent une démonstration de
bourrées aveyronnaises. A une autre séance, la Chorale
chanta «La Toulousaine», Los Esclòps, une bourrée et une
vieille chanson languedocienne «Fillettes de quinze ans». A
une fête du groupement, chacun y alla de son morceau. Ce
furent des contes gais : L' A\e de Falipon, Lo Pescaire de Ve-

chansons de l'abbé Bessou ; chansons de Prosper EsAu\isèt\ l.os Au\elets, Lo Sau\e, Cantem al Vilage, etc.
Enfin, lors de l'évacuation du camp, nous étions en train de
mettre sur pied une séance récréative où nous aurions joué,
entre autres pièces, La Femna muda et La Trapèla de sant
Jo\ep.
nèrca ;

tieu

:

�I06

LO

GAI

SABER

Dans notre camp, où la lecture était notre passe-temps fa¬
vori, les languedociens s'arrachaient les quelques brochures
que le groupement possédait : Lindaflor ae Valëre Bernard,
Lo Cotise malgrat el de
Joseph Maffre, Paraulas dins la neit
de l'abbé Salvat, et les quelques numéros du Gai Saber et
de Quercy. Dans cette dernière revue, nous avons suivi
pas¬
sionnément la controverse sur «La Langue d'Oc à l'Ecole».
Beaucoup de camarades venaient me demander quand com¬
menceraient les cours d'occitan qu'on leur
Hélàs ! ils n'ont jamais commencé faute de

avait annoncés.
documents.

Pierre DELMAS, 16-VI11-1945.
Il n'existe pas au

Stalag VIII G de groupement pour l'étude
de la langue d'Oc. Il n'en existe pas non plus dans les kommandos que je connais. Mes camarades originaires du Midi
parlent volontiers entre eux le languedocien, exactement
comme ils le font chez
nous, mais il n'est pas question d'é¬
tudes. J'ai pour ma part entre les mains la Gramatica Occitana de Louis Alibert et Lo G'ot Occitan du maître
Perbosc;
la grammaire trop savante a généralement dérouté;
par
contre, les poèmes de Perbosc ont été goûtés surtout par les
camarades originaires du Quercy et des régions
limitrophes.
Il me semble qu'une Escôla véritablement active ne
peut
être constituée que
par des intellectuels: malheureusement
ceux-ci ont souvent perdu contact avec la langue. Je serais
très heureux d'être inscrit comme «mainteneur du
Félibrige».
Aimé BAUDOUY, 31-X-1943

Stalag VIII C.
Je suis

en

mesure

de

donner tous

renseignements
(actuellement dissous'( puisque,
quoique très incompétent, j'ai eu l'honneur de diriger cette
partie de nos loisirs dans notre camp.
sur

l'activité occitane

1.

—

au

vous

VA

En l'absence de tout félibre

août 1941 de faire une conférence
veiller un peu la flamme occitane.
en

authentique, j'ai décidé
sur

Mistral afin de ré¬

2.
En 1942, nous avons donné deuxreprésentations thé¬
âtrales : L'A\e de l'Oncle et Lo Juge de Pat\
de Corconas de
l'Escoutaire. Cette activité théâtrale a été arrêtée
par l'a
—

suppression du Théâtre (sanctions Giraud) et n'a pas repris
en 1943 en
dépit de la levée des sanctions par suite de la las¬
situde de certains acteurs. Nous avions écrit une
farce, 77tola torna, dont le thème était «le retour du
prisonnier».
3.
En 1942-43, un cours de langue et littérature occitane
—

a

été

sur

professé par le capitaine Saubière, instituteur
graphiques de l'Escôla Occitana.

les bases

à Albi,

André ROUANET de LAVIT, de Béziers,

9-XI1-1943.

�LO

...

Vous

me

GAI

SABER

IO7

donnerez des nouvelles de M. l'abbé Salvat à

qui je vous prie de faire savoir que je dois à mes titres félibréens (et universitaires) d'avoir été
agréé comme lecteur à'
l'Université de Tubingue. J'y fais entr'autres choses un cours
de «provençal moderne» à un auditoire
comportant leS maî¬
tres de notre séminaire.

Lektor fur

Lucien LAPORTE,
franzosisch, Romanisches Seminar
der Universitat Tûbingen.
•

Me

enlai

demandatz

un

Fôra

29-11-1944.

compendi de

mas

activitats occitanas

d'aquela Canta del Faidit que coneisètz, lo meune
Stalag (lo III D à Berlin) èra pas asiut per una accion de
propaganda o d'estudis occitans: comptariai suis dets de

las doas mans los occitans qu'i se
venguèron cunhar; mos
cambaradas èran mai que mai parizians o normands ... Sa-

quelai ai ajut lezer de far coneise lo Felibrige e los melhors
poètas à planes «filistins» estabozits. Un serdavans un centenal de cambaradas parlèri del Mèstre de Malhana belèu
doas oras e aquela conferencia durbiguèt l'esprit à mai d'un!
Apondi cansons nacionalas del Mechjorn cantadas en de
sezelhas de teatre, e aqui tota la.bolegadisa de vôstre
paure
felibre dins la «Reichshauptsadt» cinq ans de
temps!
La vertadièra captivitat de Babilona.
Lucian TOL'LZE
17

d'agost 1945.

Est-ce que

la maman pourrait demander à M. l'abbé Sal¬
quelques petites pièces, scènes, sketches, poèmes et chan¬
sons, le tout en occitan Ì C'est pour une fête de Sainte-Estelle
que nous organisons... Dites-lui qu'à l'occasion d'une réunion
d'occitans j'ai chanté Au\isèt\ los Au\elet\ et Al Temps dels
Ni\es de Prosper Estieu ... Merci à M. l'abbé Salvat au nom
de notre capoulié le colonel Finiels et de tous les Occitans
vat

du camp

...

15.111.1944.
Un de mes camarades, catalan, a lu le
Supplément au n°
200 du Gai Saber (mai-juin 1942), dans lequel il est question
de la Grammaire Catalane de Pompeu Fabra, parue en 1941.
Il aurait un très grand plaisir à la lire. Voulez-vous avoir

l'obligeance de

nous

la procurer

...

Lieutenant Jean IMBERT,
10.VIII.1944.
139.

Oflag 10.

�L'Ort dels Trobaires

AL

...

La

vos

CANTON

(Retal)

pendula entrement n'enansa. La frescor
coma d'un
pelhon trempe :
de lenha al fòc; que flambe coma un for ni
ben quicòm mai al canton d'aver grempel

acata los rens

viste!
Serià
—Ara la

maman

somia

e

la

nena

sadòrm:

aqui moment cau^it per parlar d'un còp-èra ;
car lo quenque coneis mai
que degun la tiera
dels que dòrmon n'a 'n briu dins lo som de la

\mbrt.
I devi de saber las
causas rebondudas,
tôt sò vièl tant polit e lo nom dels aujòls:
ai complit dins lor temps tantas

dlescorregudas

tòrni sentir las joias e los dois
Paures, savis, valents trabalhaires de terra,
estalviavan lo pan, qu'èran de plens ostals,
portant biaudas, esclòps, tònias e davantals,
pregant Dius de virar de caire la misera ...
que ne

...

—

Sens prèisa, tôt anèch, l'oncle se sovendrà :
parlarem canavals, talverons e colinas
e
m'afigurariai que vivi bèl-temps-a,
quand virava lo fus de las blancas meninas.
La nòstra parentat a ramat sul
pais
de mercès que tenian de
garnir la bresola ;
s apelavan
Mïon, faneton o Gabriòla :
—

ara

cantan amont dins lo sant Paradis...

�lo

Se las

aujòlas
visquèron mai
Murtres

gai

saber

son benas coma l'esclaire,
que mai d'un temps plan

\tros.
malas-

e
gelo\iàs, quistaire amai roblaire
Nhalà(i), lo mai fier de totes los lairons...
L'oncle en ne
dévoilant fiai per fiai las centenas
m'ensenhava la vida es rambals
d^aicistant,
e n'oblidarai
plus las velhadas d'antan,
raioças de bonur, de contes e de penas
e

...

Silvan

TOULZE,

Tirât de 'La Canta del Faidit&gt;

( Berlin-Tempelhof-Estiu 1941).

(i) bandit légendaire.

LA PROZA OCCITANA

IVa Estacion

Jèzus

se

rencontra ambe

sa

Maire

Remirent lo Senhor partiguenttornamaisul camindel Calvari. Son côr de fllh s'estrementis. A-n-un canton de carrièra vei sa Maire dont l'ama es fenduda
pel glazi de la dolor. Ela tant-ben a
volgut prene sa part
la

de
pasion, repa¬
pecat de la primièra maire. Dins lor agait mut e sofrent, la Maire e lo Filh unison lor amor per nôstre salut.
Nos an vistis partir côpsec maires,
espozas e filhas, belèu
sens que poguem escambiar
un adius. E ara sàbon plus res,
ailàs, ni ont sèm, ni sô que fazèm, ni mêmes sesèm en .vida.
Mas sabèm lor valensa, e sabèm lor corage, e
sèm fièrs de
pensar qu'ambe nos-aus voldran reparar lo pasat, e s'unir
ànos-aus dins l'espróba, caduna
consentiguent à metre sus
rant lo

son

côr la

Crotz-Jauna del

amor e

de la'Redemcion.

Abat Jozép

SALVAT,
capiscòl de l'Escôla de la Crotz-Jauna,
Concentracionlager Neuengamme.
Lo Camin de Crot\ del
Déportât.

�LO

IlO

GAI SABER

PLAN H

A l'alba soi anat dens lo mieu

ortalet,

Dens lo

ca^alet de mon ama.
Lo solelh puntej aba e l'ombra fugisià.
Miralhaba l'àigueta canda.
Dens lo neblon que blanquisid
Pujaba l'au^elon que la terra à Dius manda.
A l'alba soi anat dens lo mieu ca^alet
Cercar ton

ama.

De matin soi anat dens lo mieu

ortalet,

Dens lo
Lo borol tôt

ca^alet de mon ama.
gaufit en flor espelisià

Sus lo rastol

e

sus

la landa.

Tota la vida

Coma

surgisià
l'aiga rajant d'un baralh

De matin soi anat dens lo mieu

Quèrre ton

que s'alanda.
ca^alet

ama.

A

miejorn soi anat dens lo mieu ortalet,
Dens lo ca^alet de mon ama.
Tôt cantava, s'aimava, e se regaudisià.
Los autels volàvan en banda;
Lo fruch madur se culisià.
Tos uèlhs èran polits e ta boca gormanda.
A miejorn soi anat dens lo mieu ca^alet
Cantar ton

ama.

�lo

gai

saber

111

De

vèspre soi anat dens lo mieu ortalet,
Dens lo ca^alet de mon ama.
S'es levât un grand vent que tôt
malastru^ià
Sus la

nostra terra

endolida ;

Ma

flor d'amor se morisià.
I sieguent pas, la me panèt la mòrt marrida.
De vèspre soi anat dens lo mieu ca^alet
Cridar ton

Ara, lo ser,

me nvau,

ama.

dens lo mieu ortalet,

Dens lo
Lo ramèl

es

ca^alet de mon ama.
bla\it que davans florisià,

E la fuèlha verda es rosida.
Ont lo bonur resplendisià,
De dolensa

Ara, lo

mon

ser, me

còr

s'aronhaga

Plorar ton

De nuèit

me

e

ganida.

n'vau dens lo mieu ca^alet
ama.

rìanirai dens lo mieu ortalet,

Dens lo

caqalet de mon ama.
cau^it al cèl que lu^isià
Una esteleta plan polida.
De segur, ben nos au^isià ;
Nos jundrà lumenos dens Vetèrna enluqida.
De nuèit me n'anirai per lo mieu ca^alet,
Tots dos aviam

Trobar ton
Carles

ama.

ROUSSELY,

de 1 'Escòla dels

Embarbelats,
Oflag VI D.

�112

lo gai

AL VENT

saber

QUE PASA

Mòron los ans, finis la dansa,
Tornarà pas la joventut.
La

flor de Mai ven lèu pasida,

Canson d'amor

lèu

aufida;
Raja lo riu, pasa la vida,
Lo temps perdut es plan perdut.
es

L'ai pron cantada la romansa,
S'amudirà mon bel flahut.
Adius l'amor, adius
La farandòla es ben

manida,
finida ;
V'efi venir l'ora marrida,
Carguem de tela à mon lahut.

.

Lo temps

perdut

es

plan perdut.
Joan RAYNAUD,
Escòla de la Gabia,

Stalag XI B Fallinghostel.

LOS

CENTENARIS

OCCITANS

1845, naisensa d'una tièra de bèls obrièrs dins totas las

provincias occitanas:
15 de mars, Clement

Auzière, de Generargue (Gard) ;
mai, Mossen Jacint Verdaguer, de Folgueroles ;
5 de setembre, Leopôld Constans, de Milhau ;
30 d'octôbre, l'abat Justin Bessou, de Mejalanon (Aveiron);
25 de novembre, Paul Gaussen, d'Alès.
La mèma annada ' veguèt naise à Montpelhèr Audoard
Marsal, majorai, ilustrator de mantas ôbras felibrencas.
17 de

..

Joan

de

MONTSEGUR.

�lo

gai

LIBRES

Caries

Camproux: Poemas

saber

"3

NOVÈLS

sens

poesia, S.E.O. 1942, in-12,

Aqueste numéro del Gai Saber consacrai à la lend'Oc à-lai, pels camps d'Alemanha, se deu de senhalar un libròt de Caries Camproux, éditât, très ans
i a, per la S.E.O. Es d'un biais personal,
esmoguent
coma pas un, que l'autor de Poemas sens
poesia
nos parla
de son experiensa de captiu. Paura vida
de paures òmes se debanant al fiai sens fin dels jorns
jol cèl fosc del estrange, paura vida ont
ga

Sens solclhada lo temps s'encor
Dins Vescur d'una eterna velhada.

D'aqul à la,
la vista

en

una estèla, La joina
idèa au fons dau cor di

Alemanda, o
pichots vilat-

ges provençaus e lengadociaus.
E tant-ben, de còps, un bèl image
—

que

malgrat

son

de poezia bloza
titol lo libre n'es comol — :

Entre Xi ròcas blancas de la calanca

Com

una

femna

Vanelosa la
Dins

Notât,
Barbier

en

mar

son anma

au soleu ajaçada
dins la bressada

d'a\ur sbmnia

sus

Vanca.

pasant, un remembre mal demarcat de

:

Au

grand soleu d'agost era polida
La Fransa uro\a de sis us.

Qualquas dècas d'impresion o de prozodla pànan
pas res al bèl libre prezonièr del Caries Cam¬
proux. La rasa dels faidits es pas encara mòrta, que
trobèt dins las brumas e los «barbelats» la fòrsa de
cantar son dòl e son espèr.
Paul LASSERRE.

�/

BOLEGADISA OCCITANA
Santa=Estèla de 1945.

L,a

Foguèt celebrada en Arle lo 20 de mai, per Pentacosta. Lo
elegiguèt dos novèls majorais : lo canonge Juli Cubaynes, mèstre en Gai Saber, mèstre en Jbcs Florals, joscapiscòl de l'Escòla Occitana, en plasa de nòstre regretat capiscòl Antonin Perbosc (cigala de la Libertat) e lo senhe Pèire
Miremont, mèstre en Gai Saber, en plasa de Lois Fourmaud
(cigala d'Aquitani). Nbstres compliments als novèls majorais.
Consistòri

L'Escòla

Garslnòla

felibrencas que florison al pais d'Oc,
placer de senlialar l'activitat de /'Escòla Carsinôla,

Demest las societats
nos

es un

rémois dels eveniments qii abèm
que vénon de redolar, a perseguit son bbra d'educacion e de propaganda sens que res aje
posent ni l'iirrestar ni la distraire dins son camin.
Sens.parlar de l'ajuda que l'Escbla balhèt al Colège d'Occitania dont aparièt los debers per Van içqq-iç4y e à qui man¬
dât lo prodèl ae sos dinièrs, cada mes, fora de las vacansas, a
organisât de bèlis acamps publics ont un auditbri nombros escotèt ambe grand interès las conferencias seguentas :
12.XII.1943 : L'inspiracion albige\a de Prospèr Estieu, per
de Monta Ib an, que, dins'los
viscut dins las doas annadas

Pèire Gardes.
:
L'bbra de Paul Froment, per Ernest Péfourque.
20.11.1944 : Le poète Antonin Perbosc, per lo profesor Jôrdi Machicôt.
16.1.1944

26.111.1944

poète Auguste Quercy, per Andrio Mitlelhau-

:

Le

:

Ella

:

L'abat

ser.

23.IV.1944

Pimpeterre, felibre gascon, per Frédéric

Cayrou.
23.V.1944

Pari\bt, contaire carsinbl,

per

l'abat

Anglas.
25.VI.1944 : Louis Gardes, conteur quercynoisf^er lo prof.
J. Machicôt.
12.XI.1944 : Jean Castèla, meunier-félibre, per Pèire Gar¬
des.
25.11.1945 : Souvenirs Montalbanais, per Léon Féral ; l'àbra d'Achile Mir, per l'abat Anglas.
25.111.1945 : Bigot fèlibre de A'imes, pel Senhe Lignières,

inspector d'Academla.

�LO

GAI

SABER

115

17.V.1945 : celebracion, en prezencia del Prefët de Tarne-Garona e de las autoritats, del Centenari de Jacint

Verdaguer.
1.VII. 1945:

Aubanel poète de Vamour et de la mort, per
prof. J. Machicôt.
Aqul un bel prefait dont felicitam nòstres amies que bailéjan tant plan I'Escòla Carsinôla.
lo

L,0

COLÈGE

Aicï las conferencias que
Tolo\a, mentre que
tât en Alemanha.

tolic de

I. Rozès de Brousse

D'OCCITA.ISI A.

foguèron donadas al Institut Calo majorat-abat Salvat èra dépor¬

:

IQ-I-194Î, Lucien Mengaud : sa vie.
2Ó-I-IQ4Í, Las Pimpanèlos, le milieu littéraire, le Félibrige.
2-II-IÇ40» Ftosos et Pimpanèlos, fables, poèmes lyriques,
contes, théâtre.

p-II-iç)4ý, «.La Toulousaine» (içqý), son Centenaire.
16-II-IÇ40, Le mystère du Poutou ; Le Poutou est-il de Men¬
gaud ?
23-II-IQ4Í, Mengaud artiste-peintre.
2-III-IÇ45, Sa langue, sa gloire, son iconographie. Conclu¬
sion

.

P.

Mesplé

:

Q-I1I-IQ4Ô, L'architecture toulousaine à l'époque classique
(XVIIe siècle).
i6-III-iç45,
id.
[XVIII" siècle).
I.

Séguy

:

22-III-IÇ45, Philadelphe de Gerde.
Canonge Laffargue :

23-III-IÇ40, Trois félibres d'Armagnac : Léonce Couture,
Paul Tallei, et

Fernand Sarran.
VWVWWV VW

L'anniversari de la mòrt de Frédéric Mistral es estât dinnacélébrât, lo 25 de mars à Marselha, Canas, Ais-de-Pro-

ment

vensa,

Paris

lo 27, à Malhana.

;

Lo 4 d'abrilh à Rialmont s'organizèt una vesprada en onor
de Loïzà Paulin. Julieta Dissel i faguèt aplaudir las ôbras de
la muza abligeza.

$

�LO

GAI

SABFR

Lo centenari de La Tolosana, lo famos cant de
Mengaud, foguèt célébrât à Toloza lo 30 d'abrillj : lo senhe rector Gheusi
prononciét un bel discors à-n-aquela ocazion.
L'Institut d'Estudis Occitans, fondât à Toloza lo 22 de febrièr, foguèt inaugurai lo 28 d'abrilh, ambe de discorses de
Pèire Bertaux, Joan Cas'sou, lo decan Faucher, Renat Nelli.
(Se pôd legir aqui-desus lo «Bulletin de l'Union des Intellec¬
tuels de la Haute-Garonne et de la
région toulousaine» (n° 1,
juillet 1945). Lo 6 de mai se tenguèt un acamp général jos la
prezidensa del profesor Gavel : un trentenat de sôcis auziguèron de nombrozes
rapòrts ( Terra d'Oc, mai-junh 1945).
Aquel Institut, dont lo prezident es l'escritor Joan Cassou,
a per
tôca de dirigir, armonizar, normalizar totis los trabalhs

pertocant la cultura occitana.
VWYA/V

Lo 5 de mai se fondât, encara à Toloza,
tiva Paires d'Oc-Catalonlia, prezidit

lo Comitat d'Inicialo saben't filolôgue
barcelonés Pompeu Fabra. Lo doctor Max
Rouquette faguèt
per

una

bêla conferencia

sus

la literatura occitana.
/VVY'VVY

Lo centenari de

Jacint Verdaguer (17 de mai) foguèt célébrât
Marselha, Paris, Toloza, Montalban, Perpinhan, Montpelhèr. A Toloza s'organizèt
à-n-aquela ocazion una Expozicion
Verdaguer à la Bibliotèca universitaria.
à

/VVYVVt

•

En

Pompeu Fabra, lo filolôgue barcelonés conegut, e dont
Joan Séguy lauza coma se deu la Gramatica catalana dins lo
numerô prezent del Gai Saber, foguèt recebut doctor «honoris,
causa» à l'Universitat de Toloza. Lo
profesor e trobaire JozèpSebastian Pons diguèt en un discors de nauta
tenguda l'ôbra

del sabent catalan.

/W\A/V\

Senhalam à nôstres escolans que
manes va

tornar

la Revue des Langues Ro¬
pareise. Mandar l'abonameut (85 frs) à R. de
Montpelhèr, C.C. 477.47, Mont-

L. R. Facultat de las Letras de

pelhèr.

A la Facultat de las Letras
d'Ais-de-Provensa, lo profesor
Colotte, cargat del cors de provensal, a créât un «Bulletin du
Groupe des Etudiants et Amis des Etudiants de Langue et Lit¬
térature Provençales», 23, carrièra Gaston-de-Saporta, Ais, C.
C. 1117.22, Marselha
(30 frs).

�LO

De

corses

tecnica)
marion)

per
per

GAI

SABER

II?

de lenga d'Oc son faits à Nisa (Asociacion Polilo majorai Giordan ; à Marselha (Societat Flam¬
P.-J. Roudin ; à Mazamet (Escòla d'Autpol) per

Maurici Bascoul.

Senhalam que

d'Alemanha, ont èran estât déportais, son torlo majoral-abat Salvat e nòstre escolan
compliments.

nats nôstre secretari

P.-J. Berthaud. Nòstres

A.BF2 VI

LEQIT

:

Lou Fellbrige (jul.-des. 1944) : Dicha del capolièr dabant lo
crôs de F. Mistral, lo 8 de set. 1944 ; nota pron abondoza sus
Antonin Perbosc.

"•|La Pignato (juliet 1944) : en suplement, aquel numerô porta
Dieu, bofonada galôia del trobaire marselhés
Jozèp German, qu'escribia sus la fin del sècle XVIII e que foguèt un dels plus segurs manteneires de la lenga abant la respelida mistralenca.
? Prouvènço ! (juliet-setèmbre 1944)\ Moun proumiè viage à
Touloun, per A. Jouannon, poèmes provensals de R. Gaunet,
M. Freydier; compte-rendut interesant e vivent de las manifestacions d'aquel gropament marselhés.
Folklore (automne 1944): L'Ours de la Serro, conte populari
reculhit per Jozèp Maffre e revirat al francès per Renat Nelli :
s'i trôba, à nôstre avejaire, qualquas dècas de transcripcion e
mêmes de traduccion. (hiver 1944) : Notes de toponymie audoise, estudi serios de L. Alibert ; Le Cierge des Jeunes, cos¬
tuma anciana, per P. Cayla.
La Tramontane (nos 249-252 : janv.-avril 1944) nos porta una
granda varietat d'estudis, de poèmes, de recèrcas folcloricas e
filologicas (aicestas un pauc fantezierozas), de novèlas artisticas e de bibliografias regionalistas.
Nos sèm congostats mai
que mai dels poèmes de Josep Carner (La Lletra imaginaria)
e Caries Grando ; de la conferencia de dôna Joana Yves-Blanc
Pourquoi j'aime le Roussillon ; dels estudis folclorics sus la
Pasion, la Semana Santa e Pascas en Roselhon, amb un bèl
poème de J.-S. Pons, La Passio vostra.
Era bouts dera Plountanho (julhet-agost 1944) : poèmes de C.
Daugé, Raimonda Tricoire, Rogièr Barthe, Paul Sicard ; doas
letras ineditas de Frédéric Mistral (set.-oct. 1944) : poèmes de
Ramon Lizop e Caries Camproux.
Reclams de Biarn e Gascongne (oct.-més mourt 1944) : Au
Hilh presouniè, sonet esmogut e esmovent de Simin Palay
Las Enstitucions yudicièris en Biarn, estudi istoric en bona
lenga gascona, per Yausèp de Tucat; Pramou de las obres de
Pey de Garros, notas literarias e lenguïsticas per Andrèu Pic,
que corregison qualquas errors grosièras del editor A. Durrieux. '
La Bourrido dei

o

�11

S

LO

GAI

SABER

L'Aata (nov.-dec. 1944): Antonin Perbosc, per Paul
La Canefòra occitana, poème d'Antonin Perbosc.

Mesplé;

Etudes régionales pour l'enseignement, VIJ-VIII : Le SudOuest, raccourcis historiques, (Languedoc, Albigeois, Rouergue, Quercy, Agenais, Gascogne,
dis corts, clars, sus los païzes del

Béarn), bêla seguida d'estuSud-Oèst.
Oc, (est.-aut. 1944) : Omenatge à Antonin Perbosc, per Félix
Castan, que lauza dins lo grand mèstre lo poèta de la Natura;
La de tôt dia, poème gascon d'Andrèu Pic, un jove eScriban
que sab plegar lo gascon à la grafia clasica; Per très camins,
poème de Max Rouquette, ont l'image es pas mens bèl que lo
ritme; del même autor, polit conte en pròza, La Mort de Costasolana ; del même podèm pas aprobar sò que dis del teatre
en vèrs «malautià
que d'una bona peça coma «Lo Pan del pecat» fai una sonsonha barbificanta» ; à la seguida, Rouquette
parla de Shakespeare, Aristofana e Molière coma dels grands
ômes de teatre del inonde : segur, mas, es qu'élis an pas tantben escrit en vérses, sens parlar dels autres ?
...

(juilh 1944) : Lo Molin de Vent, per Josep Maffre;
(agost) : Teatre Novel, per A.-J. Boussac ; (setembre) : Albert
Arnavielle, per Pèire Azéma ; Antonin Perbosc, per Jôrdi Machicot; (novembre) ; Jacint Verdaguer, per B. Xuriguera ; dins
cada numerô, nombrozas novèlas de la literatura occitana e
del moviment regionaliste.
3S8£S''*.i
Terra d'Oc

(15 sept. 1944) : Louisa Paulin et la terre al¬
Lucian Naves, que mòstra clarament tôt sô que
la muza del Albigés, li a pogut donar d'inspiracion e de flam poetic. — (15 déc.
1944.) : Le Graal et les Albigeois, per Peire Breillat, comensaRevue du Tarn

bigeoise,

per

la tèrra mairala, retrobada e compreza per

d'un serios estudi istoric ont l'autor môstra cosi se cal
totas las imaginacions romanticas que s'amontàial entorn del rocàs de Montsegur ; lo famos libre d'Otto

ment

mesfizar de
ran

Rahn, La Croisade contre le Graal, ne pren per son grade
«partialité», «manque d'esprit critique et historique».

:

Revue du Languedoc (15 sept.
du Parlement de Toulouse, per

1944) : Le cinquième centenaire
Juli Pigasse ; una seguida de
polits poèmes occitans e francezes de Loïza Paulin, de qui
Charles-Bellet fa un retrat de bêla tenguda, mostrant «com¬
ment cette frêle enveloppe physique
abrita, sous nos yeux, tou¬
tes les ardeurs et toute la sensibilité d'une
race»; Le. Clergé
méridional à la veille de la Croisade
albigeoise, per Ives Dossat ; Adalasis, comtesse de
Burlats, per Fernand Bousquet :
aqueste, dins una viventa cronica, fa rezurgir la bêla comtesa
lengadociana tant celebrada pels trobadors ; Jaques Nervate
Alex Coutet dizon l'istòria dels
gropaments literaris de Toloza

«L'Effort»

e

«L'Ame latine».

»

�LO

GAI

SABER

119

littéra¬

(15 nov. 1944): Le paysage de Montpellier et la
ture, per P. Jourda, à qui podèm senhalar de bêlas pajas escritas sul païzage clapasièr per Saviè de Ricard e Joan Lom¬
—

région de Toulouse, per
Montségur, per Ives Dos«prat dels Cremats» ; Les
Sources de la Chanson de Sainte-Foy, cronica de J. Larrasquet
pertocant l'edicion e los comentaris istorics faits del vièlh poè¬
me occitan per lo senhe canonge Fabre ; Antonin Perbosc, per
sens parlar de l'Escotaire ; La
D, Faucher ; En marge de la prise de
sat, qu'estudia la question del famos

bard,

Paul'Rolland.

Abèm après ambe regrèt la
M. Servat, de Massat, nèstre
de son terrador.

mòrt del mèstre en Gai Saber j.fidèl escolan. Era un bon poèta

Barreyre, pescador e trobaire de Gasconha, es mòrt
de décembre. Era estât mantun côp lauréat de
l'Academia dels Jôcs Florals.
Emilian

à Paris al mes

Lo profesor L.-J. Thomas,
felibres del Clapàs, es môrt,

un

dels melhors, dels plus afogats

al mes de janvièr, à Montpelhèr.
Laisa una bêla òbra. Escribia dins L'Eclair, jos la sinnatura de
Claude Peyras, de saberuts articles d'interès regionaliste. Son
filh es mort tant-ben, en Alemanha ont èra estât déportât.

Cri-Cri.

Imp. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le Gérant

:

j.

salvat.

�FÉLiBRES,
'OUBLIEZ pas que l'Académie
des Jeux Floraux attribuera, en

1940, le Prix Pujol poésie (3.000
frs.), divisible, à des poèmes de tout

(publiés depuis 1042
nuscrits) en langue d'Oc se
tant à Toulouse, sa région,
toire, ses grands hommes.
genre

Ce

concours

est

ou ma¬

rappor¬
son

his¬

ouvert, de même

le concours annuel des fleurs,
jusqu'au 31 décembre 1045.
que

Demander le programme détaillé
à i&gt;l. le Secrétaire de l'Académie,

Hôtel d'Assézat, Toulouse.

�EN VENTE A.

l'Imprimerie d'Editions Occitanes
3, Quai du Port

CASTELNAUDARY

-

Prosper ESTIEU.
Lou

Terradou,

franceza

occitans

sonets

( i vol. in-8°,

300

p.)

—

ambe

très

traduccion

rare

fr.

100.»

Flors d'Occitania, sonets occitans ambe
traduccion

franceza

(1 vol. in-8°,

280 p.)
fr. 60. »
Occitana, poèmes en lenga d'Oc ambe
traduc ion ^ranceza
(1 vol. in-8°, 264 p.) . fr. 60. »
La Canson

'

Ln '

L

an\

Lo

(1

lenga d'Oc ambe
p.) . fr. 70. »
Occitan, 43 chansons avec musique, texte
aduct. franç. pouvant se chanter dans les
s»(i vol. in-8°, 104 p.)
fr. 60. »
ranceza

occ

deu.

Occitan, poèmes

cero

traduc

Las C

s
1

p.) ilustracions

Las Bu olicas de

Mètgc

.

.

occitan-francés

de P. Sibra. fr.
60. »
Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
vol. in-8° carrat,
xvi-276 p.). . fr. 60. »

in-8°, 68 p.).
Lo

344

Occitan, ambe lexic

170

franceza

en

.

r

voi

(1 vol. in-8%

Vergiii

en

ritmes occitans
fr.

de Cucunhan

cions de P. Sibra

(1 vol in-8%

30

(

1

vol40.

»

p.) ilustra¬

fr.
25. »
Las Oras I userai as
(Les Heures crépusculaires),
sonets occitans ambe
traduccion franceza (1 vol. in-

8°,

200

p.)

Hommage à sa mémoire (1 vol. in-8
(Frais de

port en

sus)

142

fr.

60.

»

p.) fr.

50.

)&gt;

.

�Supplément

au

N« 213 du Gai Saber

(Janvier-Juin 1945)

�RAPPORT
SUR LE

CONCOURS
pour

PRIX

DE

PROSE

le

FABIEN-ARTIGUE

et le

CONCOURS DE LANGUE D'OC
LU

EN

SEANCE

LE

a

MAI

i945

par

M.

Joseph-Sebastien PONS

l'un

des

quarante ma1nteneurs

Messieurs,
M. l'abbé Salvat

rapporteur du

concours

de

langue d'Oc, est actuellement déporté en Allema¬
gne, ainsi que notre confrère Monseigneur de
Solages. Nous pensons avec angoisse à la misère
de leur sort.

Nous souhaitons de tout notre cœur qu'ils, re¬
viennent bientôt parmi nous et que le majorai
Salvat reprenne la place de choix qu'il occupait
dans notre Commission.
Il

fallu pourvoir à

remplacement, et lors¬
j'ai été désigné, je n'ai pas voulu me dérober
à ce devoir. Car il s'agit d'un devoir dont je me
représente la difficulté. Par le fait même qu'il
a

son

que

exprime

un concert

d'opinions,

un rapporteur doit

�—

162

—

parfois modérer la sienne, se surmonter ou même
se livrer à un dangereux exercice d'impersonnalité. Si je n'y réussis pas toujours, je sais que
votre bienveillance m'en excusera. Nous voici donc
dans le domaine de la langue d'oc. Notre Acadé¬
mie fut bien inspirée lorsqu'elle décida, il y a
cinquante
dans

ans,

de ramener cette pauvre fille
et de rendre hommage à l'ori¬

nos concours

gine des Jeux. Aussi bien ont-ils connu depuis
lors un éclat que j'ai à peine besoin de rappeler.
Le temps n'est pas trop éloigné où j'avais l'hon¬
neur de rencontrer, dans cette même Commission,
autour de mon maître Joseph Anglade, Prosper
Estieu, Armand Praviel et le grand et paisible
Antonin Perbosc. Il ne nous reste d'eux que leurs
beaux noms, la mémoire de leurs traits, car ils
sont déjà entrés dans la légende.
Antonin Perbosc nous a quittés au cours de
l'été dernier; il avait quatre-vingt-deux ans ou
davantage et il pensait qu'il commençait à peine
son .œuvre, et cela se peut bien. Une puissante mo¬
destie l'isolait dans une cellule bénédictine, j'ap¬
pelle ainsi

un

bureau assez gris où il me souvient

de lui avoir rendu visite. Il me souvient

auss1

qu'il m'avait invité à traduire avec lui quelques
vieux textes, un sermon de saint Vincent Ferrier,
à cause d'un apologue qui s'y trouvait enchâssé.

passait le plus clair de son temps à dénicher
La tradition pastorale du Quercy
s'était cristallisée dans son esprit. Elle le rame¬
nait doucement au Moyen-Age, à travers fables et
fabliaux. S'il devait disparaître entièrement, cette

Il

des apologues.

tradition

disparaîtrait

avec

lui.

�Mais tous

ceux

diversement

dont

nourris

j'ai rappelé le nom étaient
mêmes sèves, nourris

des

d'amour courtois, de romancero, de merveilleux

légendaire, et ils allaient droit leur chemin.
Nous

ne

penser que

les oublier. Il me plaît de
leur exemple sera suivi et qu'il se re¬

pouvons pas

flétera dans la conduite de

nos

Jeux.

Mais il est temps que
que

de

j'y

j'entre dans le débat et
les poètes qui, en ce temps
épreuves, trouvent un papier assez
écrire des vers.

accompagne

noires

blanc pour

La Commission

a

d'abord retenu

quelques piè¬

sonnets d'Antoine

Rey. Si nous l'avions
distingué dans les concours précédents, il s'im¬
pose aujourd'hui et s'affirme comme un bel
ouvrier du sonnet. Ce genre plaisait beaucoup à
Prosper Estieu qui ne se lassait pas de le cultiver.
M. Antoine Rey y apporte un art peut-être égal et
un plus grand souci de l'euphonie. Sans doute, il
laisse voir la charpente ou l'architecture du son¬
net et renverse par exemple le mouvement dans
les tercets pour préparer la chute. C'est là une
ces

ou

habitude
ver,

rythmique, et on ne saurait la réprou¬
nous éloigne de la limpidité si¬

bien qu'elle

nueuse

des sonnets de Ronsard. Un

auteur du

XVIme siècle, je ne sais plus lequel, disait du son¬
net

qu'on devait l'ouvrir

et le fermer

avec une

avec une

clef d'argent

clef d'or. M. Rey applique ce

�—

164

—

faillir. La justesse des termes égale
précision des lignes.
J'admire, par exemple, ce paysage du soir qui
s'ouvre sur ces deux grands vers tranquilles :
précepte

sans

chez lui la

Lo so'lel que trascola
ensanna

al mitan dets1 pibols

lo teulat de-la

vielha molina.

« Le soleil
qui se couche au milieu des peupliers
ensanglante le toit du vieux moulin. » La strophe
qui suit fait battre dans cette lumière les ailes

soudaines des nocturnes.
Lo

gril, canta-solet, «campa sa languina;
s'estavanìs e s'acaba en mormols.

lo jorn

grillon, chante-seulet, épanche sa mélan¬
s'achève en murmu
res. » Et puis, l'une après l'autre, des clartés ré
vêlent miraculeusement les fenêtres des foyers.
Le

«

colie. Le jour s'évanouit et

Cela

a

été dit mille fois

et cela

nous

enchante

toujours.
Voici

lo Mil; le maïs' bruissant qui gra¬
Après la fauchaison des autres cé¬
réales, le maïs demeure loqueteux et couleur de
rouille. Il montre sa douce tête d'or parmi ses
haillons que déchire le vent d'automne.
Un autre sonnet, Mon Ostal dins la Comba,
paraît encore plus heureux, plus doux, et nous
conduit à une image aussi colorée : sur le seuil de
la maison, tel un estafier, un sureau sauvage et
noir cache la porte :
vit

une

Un

encore

terre.

grand sabuc, salvage

Une autre

e

trum, cata sa porta.

pièce, l'Ostal de Bonauransa, reprend

�Itì5

—

—

thème qui ne vieillira jamais. La maison du

ce

bonheur

se

trouve

au

pied des coteaux, parmi les

saules du terroir d'Agen, et le sentier qui y mène,
à demi perdu dans l'herbe, semble fuir en se
cachant :
Dins lo felhum es rebondut,
e mal ôm
sièg sa caminôla
dont l'erbum a negat la sôla
e sembla corre à l'escondut.

Au demeurant, il

s'agit d'une poésie un peu
trop claire, et telle que la souhaitent les esprits
de Garonne, mais très sagement conduite et mesu¬
rée dans son élan, et on devine le sentiment prêt
à

surgir

dans

une

exacte

contemplation

du

paysage.
M. A. Rey acceptera l'Eglantine d'argent qui, se¬
lon

nos

impénétrables

arcanes,

est le

«

prix du

genre ».

M. Charles Grando, de Perpignan, nous revient
après un silence de plusieurs années, avec deux
pièces. La première, Vallmanya, rappelle la tra¬
gédie de ce petit village blotti au pied du Canigou,
dans une grande vallée qui ne semble s'ouvrir que
pour lui seul et dont il a reçu le nom. Ce village,
les Allemands l'ont complètement détruit, comme
Montpezat-de-Quercy et Perches-le-Haut. M. Char¬
les Grando relate simplement une conversa¬
tion avec une fillette égarée et il emploie le vers
de romance qui convient au récit. Il délaisse ce¬
pendant l'assonance dans les derniers vers de
cette brève

de

composition. La pièce est dans le goût
l'imagerie populaire.

�—

160 —4

Une autre pièce, Crépuscule sur la Montagne,
d'un tour différent, plus noble, plus élevé,

est

une pointe d'emphase qui n'a pas déplu et
qui convient sans doute à la splendeur du sujet.
Ces deux pièces ont obtenu une primevère.
avec

Voici

encore un

Catalan, mais celui-ci est natif

publié à la
Société d'Etudes Occitanes un vibrant recueil, La
Sorra Calenta (Le Sable ardent) et l'anthologie
de la Jeune Poésie d'Oc, parue dans Pyrénées, en
a donné les meilleurs extraits. La personnalité de
notre auteur me paraît assez complexe : le lyrisme
à côté de la virtuosité, le prosaïsme à côté de
l'image inoubliable, l'humour à côté de l'abandon.
Nous avons particulièrement retenu El Mirador
(Le Belvédère). Il y a là toute la couleur de Collioure au couchant. Le regard se pose sur les
maisons jaunes ou bleues, qui adressent des si¬
gnes d'amitié ou d'amour, et sur les vignes éche¬
des Baléares. M. Gomila a récemment

lonnées

en

terrasse. Les aloès fleurissent tout au¬

réduits en
belle jeunesse allongée sur la plage
dira notre éternité. Tant d'images réunies dans un
petit nombre de vers méritaient bien une prime¬
tour.

Plus

poussière,

tard, quand nous serons

une

vère.

«

Benedicite montes et colles

»,

l'épigraphe que

porte Esquilas, la pièce de l'abbé Lasserre, nous
ramène en Languedoc. Elle se compose de plu¬

dont le cinquième
répète invariablement le premier, et cela produit
un effet d'harmonieuse monotonie. Les sonnailles
sieurs stropheà de cinq vers,

�—

167

—

troupeau évoquent tour à tour la voix des
montagnes, la voix des aïeules, les secrets des
amants, la plainte de ceux qui sont morts dans
les glaciers et demandent un peu de terre dans le
cimetière villageois. Cette poésie nettement spiritualiste transpose les sensations pour nous mener
du

pensées. Comme nous désirons que
sympathique lauréat ne s'attarde pas dans
cette sombre rêverie, nous lui accordons égale¬
à de pieuses

notre

ment

Les

une

primevère.

pièces qui ont obtenu une mention sont
négligeables. Par exemple, la Route de

loin d'être

Saint-Estèvef de M. Marty, compose un tableau
de mœurs gitanes. On y voit la vieille accroupie
dans la fumée, le vieux gitan aux dents blanches
comme la chaux, et l'enfant qui fait rouler ses
poings menus sous sa mâchoire pour que ses
dents s'entrechoquent dans une danse macabre,
et tout cela est gravé d'un trait un peu dur mais
très juste. La langue est nettement roussillonnaise, sans fioriture d'aucune sorte, intacte, origi¬
nale dans son âpreté. Il s'en est fallu d'un coup
de dés que l'auteur n'obtînt une fleur.
M. Marcel Carrières nous a envoyé deux chan¬
sons narratives, le Pèlerin et le Navigateur. La
première nous montre le pèlerin (llo romiu) dia¬
loguant avec sa femme qui voudrait le dissuader
d'accomplir son vœu. La seconde nous dit les
souffrances et les voyages merveilleux du marin.
Là formé ou Félocutio'n rappelle la vieille chanson
languedocienne des Atours de sainte Madeleine.
çà et là, quelques taches

Une note d'humour et,

�—

168

—

d'azur et de vermillon suffiraient à transformer
ces

deux pages en deux petits chefs-d'œuvre.

Si

je cite quelques pièces fort correctes ou
originales, comme Vida, de M. Ponsolle,
Temps a de M. Gingart, et de M. Paul Sicard toute
une série de rondeaux bien venus, mais dont le
son
est vite fondu, nous aurons terminé ce
même

à travers la poésie d'oc.
paraît pas trop inutile de noter quel¬
ques réflexions que peut inspirer ce concours. La
première a trait au peu de variété ou de fluidité
rythmique de plusieurs pièces qui nous ont été
présentées. On ne demande pas de revenir aux
classiques du XIlm° siècle. La langue d'oc, alors
plus affinée, leur permettait des prouesses au¬
jourd'hui inconcevables, mais plus près de nous,
Mistral a créé des formes qui lui ont permis d'éle¬
ver l'expression au-dessus du
langage vulgaire. 11
voyage

Il

ne me

est clair que
moyens

Parmi

chaque langue doit faire appel à des
qui lui sont propres ou particuliers.

nos

lauréats, certains ont heureusement

repris l'assonance de la chanson d'histoire, qui a
le mérite d'éluder les transitions, de mettre en
valeur le seul
dialogue. D'autres s'attachent
beaucoup trop à l'alexandrin à rimes plates qui
se plie sans doute à la tragédie,
où il est partagé
entre

plusieurs voix, mais qui

se décolore et se
bientôt dans la narration. L'emploi abu¬
sif de l'alexandrin est comme un canal facile : on
consume

supprime la difficulté et on laisse toutes écluses
ouvertes à la péniche du discours.
On peut également déplorer l'abus des histoires
attendrissantes.

La

seule

considération

de

la

�—

beauté morale 'la fixe

169

—

comme une

lumière au-des¬

composition, et dans cet éclat du senti¬
se neutralise et disparaît. On n'ob¬
tient une poésie que si chaque vers ou chaque
accord est susceptible de se détacher, de surpren¬
dre, de s'imposer à la mémoire dans sa fraîche
nouveauté. Mais n'allons pas plus loin. Il faut
maintenant que je m'occupe de la prose.
de la

sus

ment, la forme

Le

concours

Nous

de prose est une

création récente.

décidé d'accorder, tous les quatre ans,

avons

Fabien Artigue à la langue d'oc.
si peu nom¬
breux que nous risquions de ne pas recevoir
d'œuvres de qualité, et c'est pourquoi nous avons
admis des œuvres écrites en français, à condition
qu'elles fussent consacrées à la langue, à la litté¬
un

prix de

prose

Mais les auteurs de bonne prose sont

rature, au folklore du peuple d'oc. Nos prévisions
n'étaient pas trop pessimistes et-le concours s'est
révélé tel que nous

l'avions prévu

en ce

temps de

disette.
Nous
«

avons

Souvenirs

ger,

reçu peu

sur

Jasmin

d'ouvrages. L'auteur de
tracé un sillon si lé¬

» a

si rapide, qu'il s'est évanoui au premier souf¬
profondément.

fle. D'autres ont creusé plus

florignèi, d'Henry Mouly (Le ma¬
mieux : le maquis est devenu une
bonne terre) magnifie en effet le labourage rouergat. M. l'abbé Cubaynes, qui a traduit lui-même
avec une curieuse précision les Géorgiques de
E

la

quis a

Barta

fleuri,

ou

�—

170

—

gner

en langue d'oc, n'a pas manqué de souli¬
lès solides qualités de cette œuvre, et nous

nous

sommes

Virgile

trouvés d'accord

avec

lui. Je pour¬

si je n'étais sûr,
exprimant ma propre pensée, d'exprimer à peu
près exactement la sienne.
rais reprendre ses propres termes
en

E

la

Barta

floriguél ne se présente point
mais comme un simple livre
de raison qui raconte, au-dessus des épreuves,
l'opiniâtreté d'une famille de paysans. On devine

comme

un

roman,

aussitôt que l'auteur y a versé ses propres souve¬
nirs d'enfance et les souvenirs des témoins de son
enfance. Et

au

épreuves est

fait la famille dont il retrace les

famille. La pensée qu'il
son père et de sa mère.
Cette manière de composer en.faisant appel à des
sources naturelles, a presque toujours donné de
bons résultats. Un tel sujet ne manque pas de
sévérité. Remarquons-le au passage, la sévérité
est, malgré quelques autres apparences, l'un des
nous

sa propre

transmet est celle de

caractères de la littérature paysanne et des hum¬
bles livres de raison. Elle se mêle à la fiction de
La Bête du

Vaccarès, et aux récits, par ailleurs si
pleins de confiance, de cet extraordinaire prosa¬
teur que fut Baptiste
Bonnet, l'ami provençal
d'Alphonse Daudet. J'oserai dire qu'un souffle de
sombre épopée se répand à travers l'œuvre
d'Henry Mouly. L'ennemi qui reparaît à l'aube,
qui ne fléchit pas au crépuscule, qui veille durant
la nuit

ses forces végétales, c'est la lande
fauj défricher. Aussi bien, à l'aube, le

avec

stérile qu'il

même couple de bœufs attelés à la charrue, et
l'homme et la femme qui les guident, s'attachent

�Ì 71

—

à la même

—

pente, et s'y tiennent jusqu'au delà du

crépuscule, et la nuit, lorsque les bêtes s'allon¬
gent dans l'étable, la même image du sol trem¬
ble dans leur rêve obscur.
Cet homme et cette femme

s'appellent François
laboureur et une ancienne
servante d'auberge. Nous sommes les témoins de
leur vie, de leur union qu'ils fêtent si modeste¬
et Delina

ment, et

:

un

pauvre

nous voyons

comment ils sont venus l'un

à l'autre. La joie d'amour qui unit ces deux êtres
est aussi rapide qu'une journée de printemps, une
de

journées où le feuillage nouveau des chê¬
ploie au vent d'autan. François et Delina ont

ces

nes

décidé d'amender

une

tal », comme on

dit

une

métairie

sur

terre inculte et

de «far

là-bas, de créer

une

os

borde,

lia colline. Ils y parviendront,

mais à quel prix ! La lande revêche ne se laisse

dompter du jour au lendemain. Il faut dé¬
fricher, sectionner les racines et les détruire, dépierrer, attaquer le roc à la mine, suer à grosses
pas

gouttes dans

un

effort démesuré. Et il semble

que

la nuit la lande regroupe ses

forces sournoises
pour accabler ce couple humain. Bien sûr, il
arrive que « le François » se décourage, qu'il soit
tenté de suivre quelque camarade qui a pris le
chemin de la

capitale. Mais il surmonte

faillances. Il

la vocation de l'effort.

a

ses

dé¬

Quand la lande est réduite, les récoltes ne vien¬
les blés ne veulent pas pousser. Il faut
nouer les deux bouts, se priver, emprunter, faire
appel aux voisins, les aider aussi dans leur tra¬
vail. Si une épreuve est surmontée, une autre
surgit. On est confondu par la chaîne de mqlheurs
nent pas,

�—

qui

1?2

—

à la poitrine de ces deux paysans, par
qui les cerne et les frappe dans la chair
chair. La vie, nous voudrions l'oublier, n'a

se noue

la détresse
de leur
pas

d'autre couleur.

Mais

tant

d'infortunes

ne

servent qu'à bien

l'abnégation de leur effort. L'idylle, çà
là, brille comme une récompense. Les amours,

mesurer

et
si

brèves,

se sont

fondues en une affection dura¬

besoin de s'exprimer, parce qu'elle
se manifeste dans les actes de chaque jour et les
dirige. On voit bien que M. Mouly s'est senti pé¬

ble

qui n'a

pas

Il montre un amour si puissant
qu'il suffit à lui seul à donner une
haute qualité à plusieurs pages. Il écrit avec son
cœur et sa mémoire, avec la mémoire de son cœur.
nétré de

ce

rayon.

de la terre

cependant il fait preuve d'une froide obser¬
foi volontaire et prête à son
récit je ne sais quel caractère de réalisme primi¬
tif. Il voit le bien et le mal et ne se laisse point
Et

vation qui s'unit à la

duper. La description du village, maison par mai¬
son, et de ses habitants, ne manque pas de saisir

l'esprit. C'est

en

s'adresse

paysans.

aux

fils de

paysan que M. Mouly
Comme il épouse leurs

peines, et partage leurs préoccupations, il écrit
leur langue et la reproduit avec toutes ses inciden¬
tes, et sa prolixité et ses moindres inflexions. Nous
sommes loin de ces romans qui piquent, çà et là,
un
terme dialectal pour donner de la couleur
locale. Et ce terme dialectal, le plus souvent dé¬
formé, Semble faire pénitence au coin d'une
phrase.
Tout

ce

que

M. Mouly nous dit et presque à

chaque page, des labours, des bœufs à l'attelage

�—

et de leurs

—

particularités, de la distribution des

terres et des récoltes, éclaire avec intensité la réa¬
lité rouergate,.et j'en dirai autant de ses mille ob¬
servations

la

sauvagine, et si d'aventure il
ou à quelque tra¬
dition, elles sont comme portées par le courant
du récit. Enfin, et ce n'est pas le moindre mérite,
la configuration du sol, les lignes du terrain dans
sa déclivité sintieuse ou l'ouverture de
l'espace,
sur

fait allusion à quelque coutume

tout

se

croît,

dessine naturellement et,

comme par sur¬

l'auteur ait besoin d'insister.
Cependant, il ne faut pas se payer de mots. Ces
éloges n'auraient aucun prix si je ne signalais
quelques défauts évidents. Le livre de M. H. Mouly
sans que

côtoie de trop près le roman pour

ne pas souhai¬
qu'il en suive la règle la plus commune. Les
chapitres pourraient être allégés ou aérés, le der¬
nier surtout, dont l'intérêt languit; on voit aussi

ter

que

l'auteur ne cesse d'intervenir, de nous accom¬
à pas, et de nous distraire de son sujet

pagner pas
en

voulant dégager toutes les leçons morales qu'il

comporte. Il lui arrive aussi d'insister

sur

quelque

lieu-commun de la conversation paysanne, et il y
a des redites çà et là.
Quelques coupures s'impo¬

sent, de bonnes et franches coupures. Quant à

l'orthographe à trois étapes, imaginée par M.
Mouly, elle m'intimide un peu : je crains que ces
explications grammaticales ne produisent l'effet
d'une douche écossaise. Un beau livre doit être
aussi pur

qu'un champ de blé. E la Barta floriguèt peut devenir un beau livre. C'est dans cette
pensée que nous lui avons attribué un prix de
3.000 francs.

�—

Je

ne me

vrage

174

propose pas

—

auquel M. Horace Chauvet a

alléchant de Folklore du
tour à tour, avec une

l'ou¬
donné le titre

de. trop insister sur
Roussillon. Il

y

traite

netteté rapide, de la religion

images, du, domaine du merveilleux, des contes,
de la chanson, de la superstition, de la vie rurale.
Un charme évident se dégage de ce recueil et on
en

sait s'il provient de la

ne

matière elle-même ou de

l'équilibre avec lequel elle est distribuée. Tout
cela se compose avec une aisance parfaite, et
l'ombre de l'auteur ne se projette jamais sur
l'écran où se succèdent les images colorées. Nous
avons été unanimes à reconnaître ces qualités.
Il existe sans doute des ouvrages plus riches
Le Vieux

Quercy) du chanoine Sol.
lui-même que son travail peut
paraître relatif. Il écrit dans sa préface : « J'avais
pensé qu'il serait préférable de rédiger ce livre en
catalan : c'était logique et naturel... Et encore :
« Il a fallu y renoncer dans l'intérêt de la vulga¬
comme

M. Chauvet

risation.

avoue

»

Eh bien ! si M. Chauvet a

Ile sentiment de

ne

avoir suivi la voie la plus naturelle, je par¬
tage ce sentiment. Mais si on conçoit le folklore
comme une étude scientifique, une langue uni¬
pas

verselle s'impose. L'essentiel est de

rapporter les

le faisait au bon vieux temps,
à la fin du XIX""' siècle, dans la Revue des Lan¬
gues Romanes. M. Chauvet, qui comprend si bien
l'esprit populaire, et qui l'interprète à merveille,
textes,

comme on

paraît s'éloigner du folklore vivant quand il
traduction des contes et des pro¬
verbes. Comment traduire un proverbe sans qu'il
me
ne

donne que la

�-

perde

-

parfum ? Les vieux contes ne
naïf
le
enchaînement des phrases,
l'incantation des mots, la douce patine qui s'y
trouve répandue. Il faut donc les puiser à la
source, au vieux puits des paraboles, et recueillir
cette eau vive'et précieuse et ne pas la colorer.
II reste que des adaptations souvent alertes
permettent de goûter la variété de ces récits qui
nous conduisent du rivage marin aux étangs de
Nohèdes, réputés depuis le Moyen-Age et la Re¬
naissance comme l'un des principaux domaines du
merveilleux.
Les fées qui les peuplent reçoivent plusieurs
son

sel

175

ou son

valent que par

encantada, fada, goja, aloja,

noms :

dona de

dona d'aigua'
fum (la dame de l'eau, la dame du brouil¬

lard). Si elles suscitent le brouillard

au

pertuis

des montagnes, il n'est pas étonnant que l'auteur
les confonde çà et là, et il me permettra de rele¬

quelques amusantes confusions.
exemple, la fée de Mirmande ne peut pas
s'enorgueillir de son lac, attendu qu'il n'y a ja¬
mais eu de lac à Mirmande. La fée du Canigou,
Flordeneu, ne devient pas folle après la mort de
ver

Par

Gentil

:

elle

frappant les
laurier. De

se

contente de susciter

un

orage en

eaux de l'étang avec une branche de
même, le chevalier Ramon Perellos

n'est pas descendu au

Purgatoire de saint Pa¬
savoir
quel était le sort de l'âme de Jean I, roi d'Aragon.
Enfin, le fameux bandit Joan de Serrallonga
n'était pas originaire de Vich, et il n'a pas ravi
une jeune fille noble de Tolède, car il y a loin de
Vich à Tolède. Il s'appelait de son vrai nom Joan
trice pour y retrouver son père, mais pour

�—

176

—

Sala i Viladrau, natif de Viladrau, et il a enlevé
Joana

Macisa, la fille du meunier de Castelló

d'Empuries, tandis qu'elle

se

rendait en pèleri¬

à Notre-Dame de Nuria. Les auteurs drama¬
tiques, qui ont travesti cette histoire, ne méritent
aucun
crédit. Un livre de folklore exige trop
d'érudition pour qu'il ne s'y glisse pas des er¬
reurs. Mais
ces
erreurs, on les supporte sans
peine, elles s'effacent dans l'heureuse clarté des
récits, dans leur variété et leur agencement
nage

rapide, et on est séduit par la bonhomie tran¬
quille avec laquelle ils sont rapportés. Ici, la
fantaisie du peuple est souveraine, comme dans
ces Proses d'almanach, de Mistral, où vibre la
finesse méridionale. M. Horace Chauvet lui-même

dirigé un Almanach qui faisait le bonheur de
vignerons et de nos bûcherons, et il y a ras¬
semblé mille fragments épars. Et quand il a voulu
composer ce retable populaire que nous louons
aujourd'hui, il a consulté ses premières esquisses,
ou plus simplement il a puisé dans son grenier.
On peut encore rappeler ici qu'il a longtemps
honoré ta presse régionale par l'à-propos de ses
chroniques et la fine indulgence de son esprit, et
on ne s'en est jamais tant avisé
que du jour où il
a dû interrompre sa collaboration. Depuis
lors,
s'il a pris sa retraite à Paris, il transforme la
a

nos

retraite

méditation active de

efforts.
nostalgie de sa province, loin de lui être
funeste, est comme l'aiguillon qui le pousse à
aller de l'avant. Il existe une nostalgie créatrice.
Si nous souffrons de ne pas connaître, la pensée
fait effort pour combler ce vide. Elle rapproche
La

en une

ses

�—

177

—

de

nous les parties les plus précieuses de la vie
perdue. M. Chauvet pense sans cesse au ciel pur

de

Cerdagne, à Puigcerda la blanche sur la rivière
Carol, aux vieux paysans qui ne sont pas très
sûrs de ne pas croire aux fées. Il n'oublie pas
Toulouse et il nous a envoyé son livre comme un
message de fidélité à tout ce que nous aimons.
Nous l'en remercions et nous le prions d'accepter,
avec nos
compliments, un prix d'Académie de
de

2.000 francs.

Qu'ils écrivent en prose ou en vers, les auteurs
qui ont bien voulu nous soumettre leurs œuvres
semblent appartenir à la même famille spirituelle.
Un même courant de sagesse héréditaire les unit.
Us se persuadent de la réalité de la langue d'oc,
et ils parviennent à retrouver son ordre harmoni¬
que. Enfin, ils arborent leur pavillon au cœur de
la paysannerie afin qu'il ondoie dans l'air de la
province. Notre rôle est de les applaudir.

�LANGUE D'OC

EL MIRADOR
POÈME
QUI

A

OBTENU

PRIMEVÈRE

UNE
PAR

M.

GUMERSIND GOMILA
A

PERPIGNAN

Del cim del Mirador

l'esguard s'encisa

Ara que el jorn decau i es d'or el cel
1 la muntanya és rossa i la mar llisa
I els campanars

berenen de pa amb mel.

El sol del tard exalta les teulades
I

es

precisen les teules i els

maons.

Als .meus peus hi ha carrers amb enfilades
De finestres i portes i balcons.

LE

D'en

haut

du

BELVÉDÈRE

Belvédère le regard s'enivre ■— en ce moment
et le ciel est d'or — et la montagne est blonde
et les clochers goûtent de pain avec du

que le jour décline
et la mer est lisse

—

miel.
Le soleil couchant exalte les toits

précisent.

—

A mes pieds il y a des
de fenêtres, de portes et de balcons.
se

—

et les tuiles et
rues

avec

l^si briques

des grappes

—

�—

179

Saltant d'ací i d'allà
Damunt les santés

—

ma

cases

vista es posa
dels amies :

La de l'Albert té el front color de rosa;

La d'en Guiralt té

uns

porxos

molt antics.

Aquella d'un groc trist, un xic més alta,
Es la casa on l'amiga va habitar.
Ara en aquell balcó s'hi aboca un'altra
Que no em veu ni em fa signes amb la mà.
Temps enrera sabia a quines hores
S'ëncenien els llums del seu'hostal;
Sabia el clarobscur
I el banc silent

a

d'aquelles

l'ombra del

vores

parral...

Recordes, mare, mare, aquella anyada
Que la nostra atzavara v.a florir... ?
Ara el

temps ens esborra la petjada
Dels absents que passaren per aci.

De ci de là, mon regartd! se pose — sur les saintes demeures
des amisi : -—- celle d'Albert a le front couleur rose; — celle de
Guiralt a des porches très anciens.

Celle-là, d'un jaune triste,
son

qu'habita

che

une

signes

autre

avec

mon
—

amie.

qui

de

toirs
Te
agave

sa

—

ne me

plus élevée, — c'est la mai¬
Maintenant à son balcon s'y pen¬
remarque pas ni me fait pas des

un peu

la main.

Autrefois je savais
res

—

maison;

—

à quel moment — s'allumaient les lumiè¬
je connaissais le clair-obscur de ses trot¬

et le banc silencieux

à l'ombre de la treille...

souviens-tu, ma mère, de l'année — que fleurit notre
?... — Maintenant le temps efface les traces — des absents

qui passèrent

par

là.

�—

Les escales

serenes

180

—

de les feixes

Per

on

baixa la llum del sol naixent,

Són

aquelles d'abans ? Son les mateixes ?
igual, i tôt és diferent... !

Tôt és

*
* *

Dins cent anys, quan

les ombres_seran clàres
Que els avenirs d'avui seran présents,
Quan tornaran florir les atzavares
Dalt els penyals per a lluitar amb els vents,
Qui sabrà les virtuts de tantes
Retudes
Haurem
I viurem

Les

coses

l'imperi de l'oblit ?
passât com un falcat d'aloses
en

en

el blau de l'infinit...

escaliers sereins des montagnes (1)

— par
où descend le
sont-ils les mêmes d'autrefois ? SontTout est pareil, et tout est différent !...

jour du soleil levant,
ils les mêmes ?

Dans cent
avenirs

—

ans,

—

lorsque les ombres seront claires
lorsque les

d'aujourd'hui seront présents,

fleuriront

à

nouveau

—

sur

les

—

rodhers pour

que

les

agaves

re¬

—

lutter

avec

les

vents,

qui

saura

l'empire

d'alouettes

(1)
pour

les vertus de tant de choses

de J'oublil ?
•—

—

Nous

—
abandonnées dans
aùou's passé comme un vol

et nous vivrons dans le bleu de

l'infini..»

Feixes. En Roussi lion, montagnes échelonnées de terrasses
faciliter la culture du terrain,

�—

181

—

Tan sols les

joventuts, a nostra
les delicies de l'estiu,
Mantendran sempre més damunt
Fidels

imatge,

a

Nostre passât

la platja
de flama i de caliu.

I entre sorral i cel, coin la gavina,
Immutables de llum i nuditat,

Algun minyó, del braç d'una fadrina,
Passejarà la nostra eternitat !

Seulas les

jeunesses, pareilles à nous-mêmes,

délices de l'été,

maintiendront à jamais
passé de flamme et de braise.
—

sur

— fidèles
aux
la plage — notre

Et, entre le sable et le ciel, comme la mouette,
nudité, — quelque jeune homme,
jeune fille, — promènera notre éternité !
de lumière et de

—

au

immuables
bras d'une

�ESQUILAS
ÉLÉGIE
QUI

A

OBTENU

UNE

PRIMEVÈRE

par

M. L'ABBÉ. PAUL LASSER RE
CURÉ DE DREMIL-LAFAGE
(haute-garonne)I

J

&gt;

Com

es

m

plazent d'auzir, al estiu, les esquilas
D'un tropèl que paîs sus un mont,
Dins

una

val, lenh de las vilas,
tombant, lo ser, d'amont;

Com un'cant del en-lai

Oc, qu'es plazent d'auzir, al estiu, las esquilas !
Dins la

patz del trelus quand, debas, tôt se cala
tombai' lo seren,
Bransolanta, lor votz dévala
E, siaudament, dusca-z-al ions del cor nos prend,
Dins la patz del trelus quand, debas, tôt se cala...
E que va

SONNAILLES

Qu'il est plaisant d'ouïr, à l'été, les sonnailles d'un troupeau
qui paît sur un mont, dans un vallon, loin des villes, comme
un chant d'au-delà tombant, le so.ir, d'en
haut; oui, c'est plai¬
sant d'ouïr, à l'été, les sonnailles.
Dan® la

paix Idlu couvhalnt, quand

en bas, tout se tait et que
tomber, berceuse, leur voix descend et, doucement,
vous prend1 jusqu'au fond du cœur, dans la
paix du couchant
quand, en bas, tout se tait.

le serein

va

�—

Sò que

E

183

—

tinda, amont-naut, es la votz de
Arremozadas per la nèit.
Dorbisetz plan vôstras aurelhas

las oelhas

digatz-me s'es pas festa pr'elas anèit
tinda amont -naut; qu'es la votz de las oelhas.

Sò que

Son las votzes dels tues que, jol cèl, se
Ambe de resons de cristal.

Quand tôt

es

mut, aval, mestrejan.

Dins lo combèl à l'ora ont

se

Son las votzes dels tues que,

Se

barrejan

clava l'ostal

jol cèl,

se

barrejan.

respondon, charrant, de montanhas à còlas
Alandairas de soscament

Coma s'eran votzes

d'aujôlas
Bolegant Io pasat dins un flamb d'ensirment;
Se respondon, charrant, de montanhas à colas.

Ce qui tinte, là-haut, c'est la voix des brebis parquiées pour
la nuit. Ouvrez bien vos oreilles et dites-moi si ce n'est pas
fête pour elles ce soir ce qui tinte là-haut : la voix des brebis.
Ce sont les voix des monts qui sous le ciel se .mêlent avec des
sonorités de cristal. Quand tout se tait, en bas, elles régnent.
Dans le vallon à l'heure où l'on ferme la maison, ce sont les
voix des monts

qui,

sons

le ciel,

se

mêlent.

Elles, se répondent, conversant de montagnes à collines, éveil¬
lant des rêves comme si c'était des voix d'aïeules, remuant le

passé dans

une

flaimbée de sarments; elles se répondent, conver¬
à collines.

sant de montagnes

�í

-

184

-

Escambian de secrets en normolant

dins l'aura

los amants
Estropelats dins la lutz saura
Coma fan, al ser,

Del estelum que ven aureolar lors cants.
Escambian de secrets en monnolant, dins

Escotatz !... Om diria

l'aura...

qu'es de votzes umanas

Ara que turlan dins lo vent
E que nos arriban, lentanas,

Portadas sul

reson

dins

Escotatz !... Om diria

un

balans rabent.

qu'es de votzes umanas !...

Belèu que son los morts dels grands
Nos remembrar lor sovenir,

neviers

que venon

Els, dont las aclas entemenan
Las carns, subre los rocs ont son anats

Belèu que son
''

•

/

'

los morts dels grands neviers que venon.
•"

•

'•

falir.

■'•_

V

i

échangent des secrets en murmurant dans la brise
font, le soir, les amants enveloppés dans la lumière
blonde des étoiles auréolant leurs chants. Elles échangent de«
Elles

comme

secrets

en

murmurant dans la brise.

Ecoutez !... On dirait des voix (humaines qui
dans le vent et qui nous arrivent, lointaines,
dans

un

crient maintenant
portées sur l'écho
rapide élan. Ecoutez !... On dirait des voix humaines !...

Peut-être que ce sont les morts des grands glaciers qui vien¬
nent

—

entament

nous
—

rappeler leur souvenir,

les chairs

sur

—

eux

dont les

aigles

les rochers où ils sont allés: finir.

Peut-être que ce sont les morts des grands

—

glaciers qui viennent.

�185

—

Belèu

—

qu'als qu'an laisat demandan una

tomba

Dins lo cementèri natal.

Aquel crid que nos endolomba
qu'idòla sul penjal.
qu'als qu'an laisat demandan una

Es lor dolenta votz
Belèu

tomba...

En landrant dins

Es lor ama que
l'espàci fosc.

Al segur que per

els

Calatz-vos !... Escotatz !...

es

plora

l'ora

Escotatz

quistar una pregaria, un sosc,
!... Es acò; es lor ama que plora,

Acô 's lo

planh d'aquels que dòrmon sens

Ont devalan

En victimas de la

suzàri,

belor,

qu'an trobat per relicàri
badant dins lor immensa auzor.
lo planh d'aquels que dôrmon sens suzàri.

E

Le fonds d'un gorg

Acô 's

Peut-être à

ceux

qu'ils ont laissés demandent-ils une tombe
Ce cri qui nous trouble c'est leur dolente

dans le cimetière natal.
voix qui pleure sur la

demandent-ils

une

peute. Peut-être à ceux

qu'ils ont laissés

tombe.
!... C'est leur âme qui pleure en errant
Sûrement, pour eux, c'est l'heure où ils
prière, une pensée. Ecoutez !... C'est cela,

Taisez-vous !... Ecoutez
dans

l'espace sombre.

descendent quêter urne
c'est leur âme qui pleure.

suaire, eu victimes
trouvé pour reliquaire le fondi d'nn
gouffre béant dans leur immense audace. C'est la plainte de ceux
qui meurent' sans suaire.
C'est la plainte

de la

de ceux qui meurent sans

beauté et qui ont

�volgut domdar la montanha geloza
E vierge de tôt pas uman.
Prep de la cima espectacloza
Son tombais brigalhats dins un damier afan.
Abian volgut domdar la montanha geloza.
Abian

Coma de subrefôrts en

cajut dins la luta

Ispra per conquistar lo bèl.
Atal, madura à plec, la fruta
Tomba pel soi embriaigada de solèl.
Coma de subrefôrts en cajut dins la luta !...

Sus lo

l'ombia

d'aram que batana dins
Dormisetz ! Pensarem à vos

reson

Quand dins la vesprada solombra
Trelhonara lo ritm del cimel auturos
Dins lo

Ils

reson

d'aram que batana dins

avaient voulu

tout pas

l'ombra...

dompter la montagne jalouse et vierge de

humain. Près de la cime magnifique ils sont tombés,

brisé§, idiansi iumi dernier élan. Il® avaient voulu dompter la
montagne jalouse.
Comme des héros ils sont tombés dans

l'âpre lutte pour con¬
au- sol, ivre de

quérir île beau. Ainsi trop mlûr» le fruit, tombe

soleil. Comime des héros ils sont tombés dans la lutte !...
Suit l'écho de bronze

qui retentit dans l'ombre, dormez ! Nous

quand dans la soirée ombreuse résonnera le
rythme du sommet orgueilleux sur l'écho de bronze qui retentit
penserons

à

vous

dans l'ombre.

�—

E

vos

Çom

187

—

bresant dins vòstres clòts tinden esquilas
Del tropèl que pais
per amont !...
Per vos qu'etz morts lenh de las vilas
un

cant del en-lai tombant al

ser

del mont

Ja, qu'es dolent d'auzir, al estiu, las esquilas !

Et que vous berçant dans vos gouffres tiintent les sonnailles
du troupeau qui paît là-haut ! Pour vous qui êtes morts loin des
villes, comane un chant d'au-delà tombant le soir de la monta¬
gne,

qu'il est triste d'ouïr, à l'été, les sonnailles !

�LO MIL
SONNET

LIBRE

qui a obtenu une eglantine d'argent
PAR

M.

Antoine REY
a agen

Quand an segat, l'estiu, lo pièl ros de la tèrra,
Las civadas, los blats, los òrdis, los sigals,
Lo mil creis e s'arbora; e, quilhat sus penjals,
Sembla

ost

un

afogat escalant la costièra.

Son naut fèlhum, bruzent,
Frezina al vent. Es lo

desplegat

en

bandièra,

grand mil dels grands airals

Que, potent, s'espatalha als tardiërs solelhals,
E de l'astre amaizat beu la flamba darrièra.

LE mais

Lorsqu'on

a

fauché, l'été, les poils roux de la terre, — Les
orges et les seigles, —• Le maïs croît et se

avoines, les blés, les
dressé; et, debout

sur

les pentes,

—

Semble

une

armée hardie

escaladant la côte.

Son haut
sonne

au

feuillage, bruissant, déployé

en bannière, — Fris¬
grand maïs des grands horizons — Qui,
tardives soleillées
Et d'e l'astre apaisé

vent. C'est le

puissant, s'étale

aux

boit les dernières flammes.

—

�—

189

—

E tant-lèu

qu'on auzis l'aute but autonenc
lopas, randolar sul pelenc,
Aquel mil sint la mòrt montar dins sa mezolha,
Que

ven, coma un

Escapitat, pelhos, e color de rovilh...
Mas, tal un còr de rèi jos un trôs de sarguil
Una cabòsa d'òr luzis jos sa panolha.

Et dès qu'on entend le rauque

vent d'automne — Qui vient,
grand loup, rôder sur la prairie, -— Ce maïs sent la
qui monte dans sa moelle,

comme

mort

un

Décapité, loqueteux, et couleur de rouille...
de roi sous des haillons, — Un épi d'or luit

—

coeur

Mais, tel

sous ses

un

fanes^o•

&lt;«

*'

o

'*.é

*

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t

'I

!

í|
il

■

I
I

VALLMANYA

'■í

'&lt; 5
m

PIÈCE

1

:

j!

PAR

tM

■■

M.

î

!M

&lt;

Charles GRANDO
FÈL1BRE

1
î,

,

primevère

qui a obtenu une

MAJORAL

perpignan

a

ffl
41
w

I
.

On vas, niria, tôt plorant;
D'on t'enfuges, peu descalça,

il

■

■

\"|v
it

Dins la fredor del mati

II
II

I amb

I

■

■

l'espant

Si

Sembla

il

I que

I

son

de galta ?

qu'has fet molt cami

tremoles

Diguis-nos,
On

a ran

ta

encara.

que
mare

t'ha passât ?
i ton pare ?

VELMANYA

Tout

pieds

en

nus,

pleurs, où vas-tu, fillette,
—

—

d'où t'es-tu enfuie, les

dans le froid matinal, :— les joues frôlées

par

l'efîroii ?
Tu

as

encore.

ton

beaucoup cheminé, semble-t-il;
Que t'est-il arrivé, dis-nous,

—

père ?

—

—

tu parais trembler

où sont ta mère et

�19Ì

—

—

El pare s'era amagat
Que mala gent el cercava...
Elis, bojos del desengany,
S'han endut la pobra mare...

—

I

jo, trista i sola vaig
muntanya;
Al meu poble han posât foc
I j,a no hi ha més Vallmanya !
Pels camins de la

'Trobaré el pare,

digueu ?
Jo vull que 'm tornin la mare,
Per no'n anar cap amunt

A refer la nostra

De la
Veia
Ni

coma

encara

casa.

d'Estoher,
flamarades;

l'imatge haurà quedat
rneua àvia enyorada...

De la

—

—

Le père s'était

— de mauvais hommes le cherchaient;
déception, — ils ont emmené la pauvTe

caché;

rendus fous par leur

mère...
Et je vais

montagne.

—

ainsi, triste et seule, — par les chemins de la
Au village, on a mis le feu — et il n'y a plus

de Velmanya.

Trouverai-je le père, dites ? — Je veux que l'on me rende
— pour nous en aller là-haut — refaire notre maison.

maman,

De la colline d'Estoher,

L'image de

ma

—

je voyais eneor des flammes.

regrettée grand'mère

—

ne sera pas

—

même restée.

�Els mobles s'hauràn cremat
I també la cabra
No he salvat

blanca;

qu'aqueix ninot

De llana socorrumada.

Pobreta, mi'cí el sarrô;
Menja, que ets blava de gana !
Tinc pie de tristesa el cor
—

—

I de

son

mortes lés

cames.

Dorm, manyaga, adorm-te aqui.
llençols acocolida.
Més pal'la que el blanc coixi,
—

Als

La nina s'és adormida.

Els estels brillen anit
D'una vivor més ardida.
Hi ha mirades dins la nit...
I

una

flama decidida.

Les meubles auront brûlé
et aussi la chèvre
n'ai sauvé que ce poupon -— de laine roussie.
—

—

blanche;

—

je

Pauvrette, voici le sac; — mange, tu es bleue de faim. —
cœur empli de tristesse — et les jambes mortes de som¬

J'a,i le
meil.
—

Dors, mignonne, endors-toi là. — Dans les draps mollement
— plus
pâle que le blanc oreiller, — la fillette s'est

étendue,

endormie.

i

| !

Les étoiles brillent ce soir — d'un éclat plus vif, plus hardi...
Il y a des regards dans ïa nuit... — et une flamme décidée.

—

�LO

VEUZE
PIÈCE

QUI A OBTENU UNE MENTION TRÈS HONORABLE
PAR

M.

JULES PONSOLLE
A

Mes

PAMIERS

qu'un escalh buffec dins las

L'eime destimborlat del

veuze

Lo malur fa tornar l'orne
Tôt li amortant lo

Avia

cor

a

coma

gorgas del
remolina.

riu,

la

salvatjina,
l'aigua 1' caliu.

vingt

e sieis ans, manhaga, res de siu.
s'emportec coma 1' torbilh bolbina.
qu'un escalh buffec dins las gorgas del riu,

La mort la
Mes

L'eime destimborlat del

LE

veuze

remolina.

VEUF

Plu» qu'une noix vide dans les gouffres du torrent — L'esprit
désorienté du veuf tourbillonne; — Le malheur fait revenir
l'homme à l'état sauvage, — En lui éteignant le cœur plus que
l'eau la braise ardente.
Elle avait vingt-six ans,
La mort

douce, rien

pour

garder

pour

elle.

—

l'emporta comime la neige tourbillonne. •— Plus qu'une
noix vide dans les gouffres du torrent, — L'esprit désorienté du
veuif tourbillonne.

�—

194

—

Fa pas encar' oeit jorns que l'ostal èra
0 vida, t'an cozit d'un fiel de tararina.
Andels très
L'ome
Mes

se

viu.

mainatjons que la un no camina

laisa

anar

dins la

man

del Bon Diu,

qu'un escalh buffec dins las gorgas del riu.

Il n'y a pas encore huit jours que la maison
0 vie on t'a cousue d'un fil de toile d'araignée.

était vivante.
—

—

Avec les trois

ne marche pas encore —• L'homme se
laisse aller dans la main du Bon Dieu, — Plus qu'une noix vide
dans les gouffres du torrent.

petits enfants dont l'un

�ROMIU

LO

PIÈCE
oui a obtenu

une mention très honorable
PAR

M.

Marcel
a

CARRIÈRES

conty (SOMME)

aquel temps,
qu'aijrandava las anmas !
L'amor qu'aviàn per Nostra-Dona,
Als temps anciàns, qu'era potent...
Dieu, qu'era granda, en
La fe

Per

grandmercejar Nostra-Dona,

Nostra-Dona de Gareson,
Mon

grand volguet, d'estent Tolosa,

Anar li far

sas

devocions.

LE

PÈLERIN

Dieu, qu'elle était grande, en ce
temps-là, — La foi qui enflammait les
âmes ! — L'amour qu'on avait pour
No're-Dame, — Aux
il était puissant...

anciens

temps,

r

Pour remercier Notre-Dame,
mon

grand-père voulut, depuis

dévotions.

Notre-Dame de Garaison, -—
Toulouse, -— aller lui faire ses

—

�Apresta-me, femna,

«

ma

biassa.

Ma ropa negra, mon capel,
Mos esclops comprats à la

Que

I pensas pas ! Quant fa
fins à Qareson ?

«

—

Per

fiera,

sàrran pas los artelhs.

me

»

de legas

anar

Se t'a garit,

Pagaràn

qualquas pregàrias
compassion. »

pro sa

Laissa-me

complir la promessa
Que li fagueri de montar
Tant-lèu garit, à una messa
Que se dirià à son autar. »

—

«

—

«

Mas,

De segur, as

faita promessa,

mon paure orne, pensas pas

A las penas que jà t'esperan :
A la lassiera, aïs pès nafrats. »

« Prépare-moi,
femme, ma besace, — mon
chapeau, — mes sabots achetés à la foire,

manteau

—

pas
«

les orteils.

Tui n'y penses pas ! Combien ça
—
Si elle t'a

aller jusqu'à G a raison ?

paieront
«

ter,
«

tu

assez

sa

qui

noir,

mon

ne me serrent

"

»

compassion.

fait-il de lieues

-—

pour

guéri, quelques prières

—

»

Laisse-moi accomplir la promesse — que je lui fis d'assis¬
aussitôt guéri, à une messe — qui se dirait à son autel. »

—

Bien sûr, tu as fait promesse,
ne

songes pas

lassitude,

aux

—

aux

—

mais,

mon pauvre

peines qui déjà t'attendent

pieds blessés,

»

:

homme,
—

à la

�—

■—

«

Mas

Femna,

197

som pas

—

mai

un

mainatge,

las, me pausarai
Sul bord del camin; lo coratge
se

som

Me mancarà pas,

—

«

pr'aquó, vai...

De segur, as

faita

»

promessa;

Mas, mon paure orne, pensas pas
Que podes trapar sus las rotas
De lairons que

—

«

perdonan pas ?...

»

Femna, ai pas res que pogue

Que fariàn de

perdre;

pelh ?
Puei sabi plan que Nostra-Dona
Me gardarà de tôt perelh... »
ma paura

« De
segur, as faita promessa,
Ta promessa deves ga'rdar.

—

Vai,
Per

«

je

Femme, je

manquera pas
«

tu,

ne

—

Bien sûr, tu as fait promesse;
songes pas

ne

des larrons
«

totis

suisi plus un enfant, — mais si je suis las,
sur le (bord1 du dhemin; le courage — ne me
pour cela, v,a... »

reposerai

me

qui

—

ne

que

tu

—

peux

pardonnent

mais,

pas...

homme,
les routes —

mon pauvre

rencontrer

sur

»

Femme, je n'ai rien à perdre. — Que feraient-ils de ma
je sais 'bien que Notre-Dame— me gar¬

pauvre peau ? — Puis
dera de tout danger...
«

à Nostra-Dona;
prega-la. »

mon paure orne,
nos-aus

Bien sûr, tu

gardier.
nous

-—

tous

as

»

fait

promesse,

—

ta promesse, tu dois la

Va, mon pauvre homime, à Notre-Dame,
prie-la... »

—

et pour

�Aqui

mon

grand

que

s'encamina,

La biassa al col baston en man.

Traverset monts, traverset

combas,

Arribet lo reire-endemàn.

Arribet

coma

Lo solelh

Arribet

ara

coma

Un à-cha

un

trescolava

roginos;

.,5'
.

'

.

s'alucavan
los estelons.

Arribet

just per aperçebre
Avant la nueit, lo campanal
Tant cobesat de Nostra-Dona

Puntejant al mieg dels termals...
E

l'endemàn, à la prima alba,
Agent dormit dins un valat,
Poguet ausir la santa messa,
E complir son vot, consolât.

Voilà
cou, un

lées,
—

—

grand-père quii

se met en route, — la besace an
Il traversa monts, il traversa val¬
il arriva le surlendemain.
mon

bâton à la main.

—

Il arriva comme se couchait — le soleil,
il arriva comme s'allumaient — un à

maintenant, de
un

sang;

les petits astres.

Il arriva juste pour apercevoir, — avant la nuit, le clocher —
tant désiré de Notre-Dame
pointant au milieu des terres...
—

Et le

foissë,

-—

consolé.

lendemain, à la prime aube,
il put ouïr la isainte messe,

—

—

ayant dormi dans un
et accomplir son vœu,

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada [26], n° 213 janvièr-junh 1945</text>
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              <text>Littérature occitane -- Histoire et critique</text>
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              <text>Guerre mondiale (1939-1945) -- Camps de concentration</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>impr. d'Editions Occitanes (Castelnaudary)</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/b1d6e3fdd268fffd6042beeaf8c52895.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 90-119) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Séguy, Jean (1914-1973)</text>
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              <text>Paulin, Louisa (1888-1944)</text>
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              <text>Toulze, Sylvain (1911-1993)</text>
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              <text>Lasserre, Paul</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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