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                  <text>X

X

25» Annada

N° 214

Junh-Decembre Í945

Gai
Saher

Lo

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA
—m—-

Dis Aup 1 Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
t-4,

Carrlèra

delà

Arts,

Aqueste

1-4

numéro :

50 fr.

�LO

SABER

OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
AD.MirVISTRAGIOIN
■4,

:

Librarla Privât.

Cafrlèra de!s Arts. TOUOZA
i

Abonaments

:

;

I

Pransa
_

:

an

G. G. Toloza Í673
.

.

50 fr.

.

M

,

Estrange : un an

ENSENHADOR del N° 214 (

.

.

.

80 fr.

jnnh-decembre 1945)

L'Escbla Occitana.

La Direction:

Joseph SALVAT:
A. ROUSSILIIE

un

:

Georges MACHICOT :
Maria BARAILLÉ:

Antonin Perbosc, sa vie, son œuvre.

Perbosc lo Lauzetaire.
Perbosc traduit par

lui-même.

Perbosc intime.

loscph-Sébaslien PONS: Sur Antonin Perbosc.
Amb Perbôsc, escorreguda al ôrt
:

Edmond DlIRAND

dels trobaires

e

del

Esclòps (VI. L'Esclôp aspat).

Antonin PERBOSC :

Los

luli CUBAYNES :

A Perbosc.

Paul-Lois GRENIER :

A Perbôsc.

memôria de Perbôsc.

Albert PESTOUR:

A la

Pi-ire GARDES:

Ploratz.

CALELHON:

La Lauza del Mèstre.

Danton CAZELLES :

Antonin Perbôsc.

Margarido NAVARRE :

Antonin Perbôsc.

Rogièr BARTHE :

La

glôria d'Antonin Perbôsc.

Frédéric CAYROU :

Adius al Mèstre.

Enric MOULY :

Perbôsc.

Frédéric MISTRAL
nebot =
Robert de BOYER-

MONTÉGUT:
l.-ROZÈS

de BROUSSE :

mainajum.

Teslimôni.

�ANTONIN

PERBOSC

1861-1944

�Lo Gai

Saber, N°

214

L'ESCÒLA

JUNH-DECEMBRE

1945-

OCCITANA

Le Bureau de VEscóla Occitana s'est réuni le 11 juil¬
let afin de pourvoir au remplacement de notre regretté

capiscol le majorai Antoniu Perbosc. C'est au majorai
J.-Rozès de Brousse qu'échoit l'honneur de présider aux

destinées de 1'Escòla Occitana, après le baron Désazars de Montgailhard
(1919-1927), le professeur Joseph

Anglade (1928-1930), les poètes Prosper Estieu (19311939) et Antonin Perbosc (1940-1944).
Félibre depuis ses jeunes années d'étudiant, le fin cri¬
tique et délicat poète qu'est J.-Rozès de Brousse, lauréat
des Jeux Floraux pour des poésies françaises et occita¬
nes, maître ès-Jeux en 1906 et mainteneur en 1913,
fut élu majorai du Félibrige en 1919, recevant la Cigale
de Mussidan portée avant lui par Auguste Chastanet et
l'abbé Bessou. Il fut, cette même année, parmi les fon¬
dateurs de 1 'Escòla Occitana au château d'Avignonet. Les journaux de Toulouse Le Télégramme, L'Ex¬
press du Midi, La Garonne ont porté de lui de
nombreuses et vivantes chroniques occitanes et félibréennes. Il a publié
une édition cfu poète toulousain Yestrepain et, avec Armand Praviel, une Anthologie du
Félibrige malheureusement épuisée depuis longtemps.
L'Escòla a trouvé en lui un bon pilote.
De nouveaux conseillers ont été admis au Bureau de
YEscòla : Madame Privât, Melle Marie Baraillé, M.M.
Pierre Gardes, Edmond Brazès, Fernand Gaulhet, P.-L.

Berthaud, Roger Barthe.
LA DIRECTION.

�LO

GAI

SABER

ANTONIN PERBOSC
I.

-

Sa Vie

Antonin Perbosc naquit le 25 octobre 1862, als
Camps Grands, une métairie de la paroisse de Nevèges,
dans la commune de Labarthe, département du Tarnet-Garonne. Ses parents étaient bordiers, et le premier
souvenir gravé' dans la mémoire du futur poète était
celui de sa mère gardant le bétail dans un prc voisin de
la métairie et faisant tourner l'enfant autour, d'elle. Ni
son

père, ni

sa

mère

ne

savaient lire. Mais ils disaient
dans la langue du

à leur fils de beaux contes du pays
terroir.

Sa mère surtout fut, a-t-il écrit :
Dins

Leur

mon

la que pauzèt, ani lo
cor, lo creisent del

parlar reiral,
èime patrial.

domestique

— car la métairie
était' d'impor¬
comportait très parels —, le Catet de Sicardou,
chantait à l'enfant des chants populaires que celui-ci
ne devait
jamais oublier.

tance et

Après sa Première Communion dans l'église de Ne¬
vèges, le jeune homme fréquenta l'école publique de
Vazerac, puis il fut élève d'une institution à La Fran¬
çaise. Admis à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Montauban, il devait y passer trois ans —• le père du futur
majorai Sarrieu lui enseigna les sciences et la calligra¬
phie — avant d'être instituteur public.
Deux grands amours remplirent les années de sa
jeunesse : l'amour de la vie paysanne et celui de la
lecture. Avant l'Ecole Normale, puis aux
vacances, il
aimait conduire au pâturage le grand troupeau de

�LO

GAI

SABFR

I

6I

bœufs et de vaches de la métairie. Monté sur une ju¬
ment, il suivait le cours de la Lute. le ruisseau de cette
vallée charmante que le romancier Louis Goudal dé¬
crit ainsi dans L'Hermine de Village :

immense plaine verte se dé¬
rangées de collines
parallèles, celles-ci flanquées à mi-côte de charmantes
habitations aux volets verts, ou de gais villages qui ont
fait leur nid dans les vignes, et couronnées à leur cime,
pour la plupart, de moulins à vent bâtis en pierre de
taille, sveltes quoique massifs, et dont le chapeau co¬
nique laboure le bleu de l'air de sa girouette décheve«

Imaginez-vous

une

roulant à perte de vue entre deux

lée...

»

saule, le jeune vacher avait
petite bibliothèque composée de livres
achetés par lui-même dans la Collection de la Biblio¬
thèque Nationale (0 fr. 25 pièce) : Don Quichotte et
Rabelais étaient à la place d'honneur. Le goût de la
lecture, en même temps que l'amour des chansons de
geste, il les avait puisés dans l'histoire des Quatre Fils
d'Agmon, une vuigaire édition sur papier chandelle,
que son père lui avait apportée, un jour, de la foire de
La Française.
Dans le tronc creux d'un

installé

une

Ainsi grandit Antonin Perbosc, ardent à scruter le
mystère caché dans la nature et dans les livres, ami de
la contemplation et désireux de savoir. Un duel s'éta¬
blit entre sa nature et la formation qu'il recevait à
l'école, et son cœur, comme un jeune arbre transplanté,
se déracinait assez bien de la terre natale. Ce duel, il
le raconte lui-même dans son poème Remembransa.
Heureusement, il avait été auparavant à l'école sur le
tablier de sa mère et de sa bisaïeule, en pleine nature;
il savait les vieux contes, les chansons des bouviers et
les us antiques :
Demes las pomas

d'aur à bèl èime agantadas

Al arbre de Sabensa, atal èran estadas
Mescladas per ma man las fruchas dels randals
De mas tradicions e de mos camps nadals.
Le combat se termina en alliance, en une alliance
féconde qui devait demeurer le fondement de la vie et
de l'œuvre du maître : un contact persévérant et fi-

�I

62

LO GAI SABER

dèle

avec

le

peuple, et

un

travail scrupuleux et persé¬

vérant.

Instituteur-adjoint à Saint-Nicolas-de-la-Grave, il fut

nommé titulaire à Labastide-de-Penne, où il se maria.
Successivement, il fut instituteur à Arnac-sur-Seye, Lacapelle-Livron, Laguépie, Comberouger et Lavilledieudu-Temple, près de Montauban.
En 1914, il fut nommé bibliothécaire de la ville de
Montauban. Il devait occuper les fonctions de bibliothé¬
caire jusqu'à sa retraite en 1936. C'est là que je l'ai
connu, au milieu des livres, ses amis. Dans le fichier de
la Bibliothèque, on peut voir sa fine écriture, sœur de
celle de Mistral, du Mistral du Museon Arlaten.

II prit

sa retraite à Montauban, résidant, sur l'ave¬
Bordeaux, à la villa Hispalia, où l'affection de
sa fille Hélène et de son
gendre, où le sourire de sa
petite-fille, la Suzon du Livre des Oiseaux, surent lui
procurer une vieillesse heureuse, toute consacrée aux
travaux de l'esprit. C'est là qu'il devait mourir le 6
nue

de

août 1944.
Une vocation spéciale semble avoir orienté toute la
vie de Perbosc vers la Défense et l'Illustration de no¬
tre langue d'Oc. L'histoire le mettra parmi les
plijg

grands restaurateurs du parler
plan que Mistral.
Il

roman,

sur

le même

conté lui-même, dans

Remembransa, comment
quelques feuilles éparses arrachées au li¬
vre Mous Farinais, du poète-meunier
Castéla, devait
lui révéler le dialecte de son pays. Dans les
fragments
de ce livre mouillés par la rosée matinale, le jeune
homme découvrait un parler vif et sonore qui était, ni
plus ni moins, celui que sa mère lui avait appris au
a

la lecture de

berceau.

Auzida que suis

O lenga del terraire,
pòts dels boièrs, dels pastors,

Aqui resontisias en bordons cantadors !
tant-ben, parlada dins los libres ?

Eras donc, tu

Le goût du folklore, insufflé à son esprit dès l'en¬
fance par le domestique Catet de Sicardou,
devait
l'amener à Auguste Fourès. Celui-ci le fit collaborer,

�LO

GAI

SABER

dès 1886, à son journal Le Petit

'65

Toulousain; il corrigea

premières productions poétiques, l'initia à ses prin¬
cipes d' « épuration des patois d'Oc », lui fit connaître
les troubadours dans une Chrestomathie allemande,
l'encouragea dans ses recherches folkloriques et ses es¬
sais de pédagogie bilingue, le mit en relations avec de
nombreux littérateurs et artistes. C'est alors que Perbosc connut Xavier de Ricard, Paul Froment, Léon
Cladel, Emile Pouvillon. Vers 1890, il prit part aux ma¬
nifestations des Cadets de Gascogne.
ses

septembre 1891, sur la tombe prématurément
d'Auguste Fourès, à Castelnaudary, Perbosc
Prosper Estieu, et, entre ces deux âmes, na¬
quit une amitié fraternelle qui fut le point de départ
d'une œuvre magnifique dont nous ne pouvons encore
apprécier la portée, mais que Frédéric Mistral savait
juger à sa juste valeur :
Le 20

ouverte
connut

La vesioun pouëtico e naciounalo dóu Miejour, quand
ieu espincbe vers Toulouso, m'aparèis coume un arc-desedo que s'enarco d'un caire sus la Cansoun de la Crou-

sado e de l'autre sus li cant d'Estieu e de Perbosc. E souto
aquel arc-de-sedo, signe superbe d'alianço e de recouneiliacioun, vese trelusi l'esperanço dóu bèu tèms à veni !
(Lettre à Prosper Estieu du 1er avril 1908.)

1892, le Consistoire félibréen,
élisait majorai Antonin Perbosc à la
place d'Auguste Fourès et lui confiait la Cigala de la
Libertat. Son nom était de jour en jour plus connu
dans le Félibrige : les revues félibréennes publiaient
ses œuvres; il
fondait avec Xavier de Ricard et Pros¬
per Estieu VEscolo Moundino en 1892. L'Académie des
Jeux Floraux couronnait ses œuvres et l'admettait, en
1908, parmi ses maîtres ès Jeux. En 1919, il était au
Le lundi de Pâques

réuni à Tarascon,

d'Avignonet parmi les fondateurs de VEscòla
1940. La
promotion Ronsard, en 1925, le fit chevalier de la Lé¬
gion d'honneur.
La vie d'Antonin Perbosc fut la vie d'un sage et
s'écoula au milieu des livres : « Qui l'a vu, a écrit
Jeanne Marvig, dans la salle de la Bibliothèque de
Montauban, parmi ses livres et ses fiches, a gardé l'im¬
pression d'un grand oiseau captif aux ailes repliées.

manoir

Occitana dont il devait être élu capiscol en

�IÓ4

LO

GAI

SABER

Son profond regard bleu garde
le souvenir des lacs so¬
litaires, où ne peuvent se refléter que l'aile ou le nuage.
Il est en perpétuelle évasion de
pensée, et se réfugie
dans le travail ainsi qu'entre les
parois étroites de
l'avion dont l'élan vous
emporte, loin... on ne sait où. »
Perbosc ne fut pas, comme Estieu son
ami, direc¬
teur de journaux et de revues, initiateur
de groupe¬
ments, animateur et homme d'action. C'est dans le si¬
lence et la méditation que se
complaisait son âme la¬

borieuse et sereine d'artiste. Dans cette méditation et ce
silence a été élevé un monument littéraire
incompara¬
ble qui place son auteur au
premier rang des écrivains
d'Occitanie.

II.

-

Son Œuvre

Antonin Perbosc a publié tard et relativement
peu.
Aussi peut-on dire que son œuvre est
soignée et par¬

faite.

On peut étudier chez lui le
poète, le conteur, le sa¬

vant.

/.

=

Le Poète

Perbosc écrivit dans sa jeunesse un certain
nombre
de poésies françaises qui ont
paru dans diverses

publi¬
cations, mais n'ont jamais été réunies en volumes.
Sa première publication en
langue d'Oc fut le
Brinde al Carci e à sous
Felibres, porté au banquet des
Cigaliers, à Montauban, le 11 octobre 1890. Une revue
provençale l'appréciait ainsi : « Galanto escourregudo
enaurant li cantaire d'aièr, de iuei e de
deman, qu'an
douna, que dounon e que dounaran un rai de
glòri à
la terro
carcinolo

Il

portait en germe l'œuvre entière
apparaissait amoureux de sa
langue et de son pays, avec les qualités du savant et
du linguiste qui, chez lui comme
chez Mistral, accom¬
pagnent toujours de leurs exigences
l'inspiration poé¬
tique.
de

».

Perbosc; celui-ci

y

�LO

GAI

165.

SABER

A partir de ce jour, Perbosc fit paraître de nombreux
poèmes dans les publications occitanes: Citons Le Gril,
Le Lengodoucian de Toulouse, Le Calel de Villeneuved'Agen, La Cigalo d'Or de Montpellier, La Revue Méri¬
dionale de Carcassonne, La Revue Félibréenne de Pa¬
ris qui publia de lui une remarquable étude sur Fourès ; plus tard, Terro d'Oc de Toulouse, en 1894„
Mont-Segur (première et deuxième séries) de 1896 à
1904, Occitania en 1905. Lo Gai Saber à partir de 1919,.
Oc à partir de 1924, et des journaux toulousains
comme Le Travail accueillirent ses dernières produc¬

tions.
En

1902,

une

plaquette, intitulée Remembransa,

constituait un hommage du poète à sa famille, et au
félibre Castéla dont les vers lui avaient jadis montré
le chemin.
La série des chefs-d'iœuvre s'ouvrit avec Lo Gòt Oc¬
citan, paru en 1903, recueil de chants en l'honneur de
la vigne et du vin. Perbosc avait été témoin du grand
drame du phylloxéra, qui fut l'un des événements les
plus graves, les plus importants de l'histoire économi¬
que de notre pays à la fin du XIXe siècle. C'était vers
1880. Son oncle, viticulteur à Albas dans le Lot, lui
montra un jour quatre ou cinq pieds de sa vigne at¬
teints par « la bête » qui rongeait et mangeait les sou¬
ches. La vue du désastre laissa dans son jeune esprit
une impression profonde. Vérs 1891, il vit le retour de
la vigne : à Comberouger, les enfants de son école ve¬
naient en classe portant une petite bouteille de ce vin
précieux dont on n'avait pas bu depuis dix ans. C'est
alors qu'il écrivit ses poèmes. En dehors des brindes,
contes et légendes, imitations et traductions de poètes
bachiques, le livre contenait des pièces ayant trait aux
travaux de la vigne et d'autres ayant trait au vin, mais
surtout il y avait l'histoire du désastre, inspirateur
principal des poèmes,

Aquel mal rozegant que res podia

garir,

put se relever, et il y avait l'his¬
Albigeoise, l'orage qui anéantit la
civilisation occitane, vigne magnifique s'étalant jadis
notre terre féconde, et qui doit ressusciter elle
sur
dont cependant l'on
toire de la Croisade

aussi.

�1r-b

LO

GAI

SABER

Lo Gôt Occitan, dont la deuxième édition, parue en
1932, devait obtenir le Prix des Vignes de France, était
le plus beau livre écrit à la gloire de la vigne.
Perbosc chanta sa terre encore dans L'Arada (1906),
recueil de douze sonnets — autant de merveilles — où
est fièrement

campé le laboureùr de chez

nous.

Lo Libre dels Auzèls (1924)

et le Segond Libre dels
Auzèls (1930) groupèrent deux suites de légendes et de
chants lyriques par lesquels Perbosc faisait entrer ma¬
gnifiquement les oiseaux dans la littérature.
Le poète travailla longtemps à grouper dans un re¬
cueil ses poèmes écrits, autour de l'Arada, à la gloire
de la terre. Il ne put arriver à publier Lo Libre del

Campèstre que son disciple le chanoine Cubaynes
peut-être le bonheur de préparer.

aura

Le sentiment de race semble avoir plus inspiré la
fougue et la violence de Prosper Estieu. Cependant,
Perbosc lui aussi a chanté les gloires, les tristesses et
les aspirations du peuple occitan. En dehors de plu¬
sieurs pièces du Gòt Occitan, de très nombreux poèmes
pourraient composer un volume prévu par le poète
sous le titre de Canson reirala. Là du moins prendraient
place des fragments épiques remarquables. L'un d'eux,
Sut Camin de Fransa, chante l'humiliante défaite
d'Amaury de Montfort reprenant le chemin du Nord
avec sa mère Alix et emmenant les
corps de son père
Simon et de son frère Guy, stationnant dans les
églises
et les cloîtres, fuyant les cités et les bourgs
sous la ma¬
lédiction des laboureurs, et pensant chaque soir « à la
terre lumineuse où fleurit la Cité »

à la terra claroza
Ont floris la Ciutat,

■

cette Cité belle entre les belles où la pierre fatale broya
dans son heaume le crâne du conquérant.

L'autre, Guilhem de Toloza, a pour sujet un épisode
qui, dans le Cycle des exploits de Guillaume se ratta¬
chant à la Geste de Garin de Montglane, sert de prolo¬
gue au « Charroi de Nîmes » et s'inspire de quelques
passages du « Couronnement de Louis » : Guillaume ré¬
clame du roi Louis qu'il lui donne des terres, celles oc-

�LO

GAI

SABER

167

cupées

par les Sarrasins au pays d'Oc, avec Barcelone,
Majorque, et Toulouse, Toulouse qui est « la rose et

l'étoile parmi les cités du terroir occitan
»,
e la ròza e l'estèla
Tram las ciutats del terraire occitan.
«

Guilhem de Toloza, écrivait-le baron Désazars de
est une œuvre puissante, saine et vigou¬

Montgailhard,
reuse,

mâle et fière, susceptible d'agrandir les âmes et

de leur donner un sursum à la fois
héroïque et national.
Elle est fidèle à la tradition
troubadouresque, offrant

des types humains, assurément supérieurs à ceux de
l'antiquité païenne... Ecrite en une langue savamment
retrempée aux pures sources classiques, et cependant
modernisée, évoluée, rajeunie au contact des parlers
vivants, en communion consciente et ardente avec la
tradition en ce qui maintient l'âme
impérissable de la
race, elle peut servir de type, comme forme et comme
fond, à nos meilleurs poètes languedociens. »
Cette appréciation du sévère rapporteur de l'Acadé¬
mie des Jeux Floraux sur l'inspiration et la
langue
d'Antonin Perbosc me permet d'écourter la
présenta¬

tion de

son œuvre.

2.

-

Le Conteur

Tout jeune encore, Antonin Perbosc aimait à re¬
cueillir, en même temps que les chansons, les contes
populaires sur les lèvres des gens de la glèbe. « Quel
est le poète, écrivait-il à Auguste Fourès en
1891, qui

trouver la note insaisissable du folklore ? Per¬
a pas réussi : les vrais contes populaires, il
faut les recueillir de la bouche même des paysans. »
C'est pour cela qu'il fonda, à
Comberouger, où il
était instituteur, une Société traditionniste dont le tra¬
vail consistait à faire recueillir par les
enfants des
contes populaires. De ces Contes populaires, Perbosc
a
publié deux volumes, en 1914 et en 1924.
Sur ces mêmes thèmes d'inspiration
populaire, le
poète s'est allié avec le conteur pour donner une série
saura

rault

n'y

�168

LO

GAI

SABER

de petits contes charmants publiés
Debanadora (1924).

sous

le titre La

Du conte, Perbosc est aisément
passé au fabliaû,:
puisant son inspiration dans les oeuvres du Moyen
Age, Fablèls (1936), refaisant à sa façon lés contes milésiens, Fablèls Calhòls (1936), et ne négligeant même
pas les contes licencieux et burlesques dont la poésie

atténue et voile savamment la crudité.

Ici,

pleine littérature, bien loin des^
l'auteur consiste, pouf:
populaire, à garder de ces con¬
tes, puisés à la source abondante du Moyen Age, ce qiii
peut les apparenter à des contes de chez nous, à y re¬
mettre ce qui a pu en tomber du fait des
littérateurs,
et qui est resté très vivant dans nos traditions
et dans
notre langue. Les contes, il les a
nous sommes en

contes populaires. L'effort de
demeurer dans la note

librament

imitats, revirats, trescolats.
C'est, à la fois, de la pleine fiction et du plein réalisme.
Lo Lai d'Aristòli, Lo Joglaire sont de véritables
joyaux.
Perbosc est

un

admirable conteur, mais

un

conteur

lettré, de la lignée de La Fontaine.

3.

Le savant

a

marché

•

Le Savant

toujours de pair,

en

Perbosc,

le conteur et le poète.
Folkloriste avant d'être poète, Perbosc s'est
penché
avec amour sur toutes les
manifestations du génie po¬
pulaire, et il a consàcré au folklore de savantes études
dans de nombreuses publications de France et de

avec

l'étranger.
Bibliographe patient et laborieux, il a publié l'Antho¬
logie du Centenaire, recueil des écrivains en prose du
Tarn-et-Garonne, une Bibliographie Occitane du
Quercy. Sa bibliothèque était un modèle d'organisa¬
tion et de goût : notes,
opuscules, correspondance, tout *-

�LO

GAI

SABER

169

avec un soin scrupuleux, et sa
toujours en-éveil.
Ses travaux d'érudition linguistique le classent parmi
lés meilleurs philologues d'Occitanie. Il avait rêvé
d'écrire un « Manuel élémentaire pour l'enseignement
du français par les dialectes d'Oc ». Par son exemple
pérsonnel et par ses publications — telles que Les Lan¬
gues de France à l'Ecole (1926), — il a contribué pour
une grande part à l'introduction de la langue d'Oc à

y

était classé, catalogué

curiosité littéraire était

l'Ecole.
Mais surtout il a forgé l'instrument capable de per¬
mettre la réalisation de cette réforme salutaire pour

laquelle a combattu le Félibrige. Il serait trop long
d'exposer ici les théories de la réforme linguistique en¬
treprise et menée à bonne fin par lui et son ami Prosper Estieu. Les articles et études publiés par Perbosc
dans les revues de combat Mont-Segur (1901-1904) et
Occitania (1905), les précieuses préfaces écrites pour
les œuvres poétiques de Quercy, Bessières, Delbousquet, Bédard, Valère Bernard, Cayrou, sont l'expression
de ses principes pour la restauration de notre langue.
Cette langue, qu'il a apprise sur les genoux de sa
mère et à l'école du domestique Catet de Sicardou, il a
eu de la joie à la retrouver daiis les Chartes et les Cou¬
tumes de notre pays dont il a transcrit et publié cinq
spécimens (1929-1933) en collaboration avec l'archi¬
viste Séverin Canal.

grande, riche, de cet homme qui,
toute sa vie terrienne et par son travail probe et
acharné, rappelle puissamment Mistral lui-même.
A Mistral, Perbosc est redevable du sens racique, et
à Fourès de son orientation vers le folklore. On peut
le rapprocher de Victor Hugo, de Léon Cladel, plus en¬
core de La Fontaine. On peut le comparer aux plus
beaux artistes, comme Puvis de Chavannes ou son com¬
patriote Bourdelle. Son talent poétique a eu quelques
Telle est l'œuvre

par

�lo

gai

saber

détracteurs;

son œuvre
linguistique surtout a subi
l'assaut des critiques.
«
Celle-ci, reconnaissait-il d'ailleurs dans une lettre
à Raoul
Lafagetle, dépasse les forces d'un homme.
Qu'importe ? Les œuvres des bons ouvriers trouvent
des continuateurs et s'achèvent un
jour. »
Ces continuateurs, ces
disciples ne lui ont pas fait
défaut. Parmi eux, le chanoine Jules
Cubaynes semble
avoir hérité de son
application scrupuleuse à la résur¬
rection de la langue. La
poétesse Louisa Paulin, morte
trop tôt, hélas ! avait admiré en lui, et
développé, à son
école, son goût de la forme poétique et
naturelle à la
fois, d'une étonnante souplesse et d'une riche variété.
«
Je suis, écrivait Perbosc au
même Raoul Lafagette en 1904, dans un engrenage qui ne
me lâche pas.
Vous savez comme moi que la vie
est brève. Vous mour¬
rez comme moi avec
la désolation de laisser derrière
vous mille projets irréalisables. »
Ce qu'il a réalisé est suffisant
pour lui assurer une

gloire impérissable
peuple.

et

la

reconnaissance de tout
Joseph SALVAT.

un

�LO

GAI

SABER

171

Perbòsc, lo Lauzetaire
L'istòria del drollàs que jamai abia
pas vist la luna es una

istòria vertadièra. I

a

de monde que nòstra

civilizacion a bèlament engabiat. Nascut e noirit al
fons d'una vilasa, cal del èime
per se trachar
délai

dels ostals

tròp estrechas i

qu'ai

tròp ennairats
a encara

Natura.

e

los libres

de las carrièras

espandis de la

Pracò, al quite còr de las vilasas, la Natura mandels testimònis de sa vida e de sas
gracias : los
auzèls. Tant negras que
siàguen las carrièras, tant
nauts que
siàguen los ostals, i a totjorn entremèch
las chiminèias un riban de cèl, i a
totjorn per calca
paret un pèd de vidalba que s'enramolha al entorn
d'una fenèstra : vèngue la prima, los
paserats nizaran al abric de la vidalba
; vèngue l'estiu, las irondas corsaran dins lo cèl moscas e
mosquils. E parlem pas dels cloquièrs,
que los pijons en tota sazon
ten

i cèrcan la solelhada. 1

gros la migra
e del cant.

a de
que donar al mens midel païs ont viu tôt lo pòple de l'ala

Ailàs : sèm al estac. Mas i a dels miracles
pels
òmes de bona volontat. Tôt aquel
pòple, quand òc

voldrem, friutarà e brezilharà dins nòstre cambron ;
tôt aquel
pòple, un lauzetaire jamai pron lauzat l'a
près al miralhet de la poezia e, sens i demezir la libertat
es
aqui lo miracle —, l'a enclaus per sempre dins un libre, «lo Libre dels Auzèls».
—

�LO

GAI

SÀBER.

Tôt aquel pòple ? Tant val dire còp-sec,
per los
qu'àiman los nombres amb las decimalas, que seprenian un Buffon per far
l'apèl, trobarian pas lo comp¬
te. Lo lauzetaire a
pas poscut — ieu crezi qu'a pas
volgut — se rendre mèstre de tôt l'auzelum de la tèrra :

a

laisat

qu'alatéjan

estar

defòra lo

calicalic

e

lo caràcarà

dins sò nòstre e mai lo gòrp, lo senilh o lo rit. I farem pas las celhas
per acò ; nos
acontentarem de sa cauzida.
Quaranta-cinc auzèls de
tota mena
se cal dire una chifra
fan pron bêla
tropelàda. E mai pareis encara plus bêla, d'una vintena de caps
: i a dels auzèls, coma dels òmes, que
lor sufis pas d'un sol nom ; lo
plus menut es lo rei
de totes, per acò coma
pel rèsta, el que se n' acapara
cinc, lo coquinôt.
Quaranta-cinc auzèls de tota mena. I a los que
l'òme apitansa en esperant de se n'
apitansar : lo
piòt, l'auca, lo pol. I a los que s'apitànsan en devorisent los autres : l'aigla, l'esparvièr, lo
falquet, lo
chòc. I a sustot los que
s'apapàchan dins los camps
o dins los
ôrts, pel aire o sus la tèrra, mas sens pèrdre de vista los ostals,
aquelses auzèls cardinaires
pas

—

—

que son
la vida, Varna del

campèstre

:

lo

mèrle, l'auriôl e lo pinson, l'ironda, la pastorèla
lauzeta, lo barbaros, lo recochet e lo rosinhôl,
tantes maites. E dos
que lo trobaire a pas trobats
dins cap de clasificacion naturala : lo
pol pincat al
capiòl del campanal e Vufanos subre-au^èl de la
poezia, Pegaze !
e

la

Es vertat que los naturalistas
prezéntan pas las
cauzas, e mai siàguen las mèmas, del même biais
que los poètas. Los auzèls-de Buffon revèrtan maique-mai aquelses — naturalizats — de pels Muzèus 'y
los auzèls de Perbòsc

�LO

fan riu-piu-piu

GAI

e

SABER

173

riu-tir-liu

pajas de son libre. Cadun, dins los cinquantà-dos poèmes del reculh, mèna sa vida à son
sicap e sièg Vimmudable èime reiral tram los au-

demest las

varis

e

las benauransas. Cadun,

dempei los Recochets dusca als Bernats-Pescaires,
sèrva son caractari
à la lauzeta :
Ai
e

al chòc

un cor

esclèt, aquel caractari que fa dire

qu'es cobés de claror e d'espandi,

:

N'aimi que

Vo,

me

soi donat la preferensa.

Que totes pàrlan ! E lo trobaire

—

tant plan coma

los laisa far — los laisa parlar. Lor a pas estacat un
fiai à la pata per los gandir del vici e los estirar cap
à la vertut : es pas un fargaire de moralas. Quand
lo rosinhòl — quai l'auria crezegut d'aquelses ? —
pana al paure nadèl son èl unie, lo trobaire se maina
pas de lo castiar. Tant pauc, priva pas lo recochet de la corona que s'es ganhada per un torn de
farlabica. Lo plus sobent saquelai l'istòria vira mal

pels arpalhans e plan pel monde brave. Acò's que
los auzèls vivon la vida simpla e franca del eampèstre, jos las lèis majoralas de la Natura, aquelas lèis
que son, dins lo fin fons, identicas à las de la Morala. Se parti un pauc escur, me compreni, coma
dis lo mèstre de la sapiensa.
Aital se devòlzon, en forma de legendas religiozas e sustot
de contes popularis, una trentena de
poèmes que Perbòsc apèla de las aujoladas. E vertat es qu'abèm auzit al canton nòstra paura menina
nos contar cosin ^Nòstre-Senhe cauziguèt lo Rèi dels
Autels o perqué la Perdic clucarà plus sens aber
som.
Solament, pecaire, òc contaba pas tant plan

Perbòsc! L'imaginacion es pas aici sò que mai
fa bezon : la tradicion forais lo necesari, tèmes e devolziments. Mas cal bona aurelha e bon èl: fòrsa
coma

monde,

en

vezent lo Pic, vèzon pas

cosin,

�174

LO

GAI

SABER

ancolat suis arpions e la
mausa,
ten quilhat ensus, lo bec en arbudèl
;
monde, en auziguent brezilhar l'auzelum cardise

fòrsa

naire, auzison
o

pas

la planja del Podiquet:

IÒ, n'ai ni pan ni vin ni
l'afortiment del Rosinhòl :
Dormirai

plus plus plus

sus

Apèi cal lo còp de lenga

del avizament. E cal sò
que
donat à totes : lo
gost de la

Los
ma
es

tes,

la

rama

de vit.

de pluma segur. Cal
Nòstre-Senhe nos a pas
o

mezura.

autres

poèmes — una vintena
pòrtan la mèmarca, ambe quicòm de plus personal. Perbòsc
—

d'una

rasa de trobaires
que s'aconténtan pas de
trepejar carrièras e caminòls : lor cal escalabrar l'a¬
zur sus la
cropa rufa de Pegaze. Mas lo lirisme de
Perbòsc risca pas
jamai de perdre sos aucats. Es

un

lirisme cande

e linde
que revèrta la Font dels
lirisme que pren — s'es de bezon
las
sèt colors de l'arcana. Lo
lauzetaire, tôt lauzetant,
se soven
qu'es estât mainage e, se canta l'encantadora Bresairbla dels
Autels, es qu'es anat, drollet, al estable de Betleèm e i acamina la
tropa dels
autels. Se remembra l'embelinament de sa
prima
jovensa e fa treluzir, tram la siauda
languina de sa
remembransa, tôt l'encantament del pasat

Colombs,

se

e

un

—

remembra lo

lentan;

jovent

tombât per la bona guèrra,
qu'es la guèrra à l'òrra Guèrra,
convida lo rosinhòl à
espandir per òrta

ra

pensada.

sa

darriè-

Mas lo pasat, clar o
fosc, es lo pasat. Lo trobaire
fizansa dins l'an que ven :
espéra e canta lo Renovel de las annadas e de las
a

rasas, e per

far

levar l'alba blo\a
dels pa trials Revis cols,

manlèva lor canson d'alertadura
quora als Pois
del terraire
(domage que los apèle pas «dels Gais» \)

e

quora

à nòstra

lau^eta occitana

que

�LO

GAI

SABER

175

cap al cèl pren sa volada
uei

coma an

tan.

Entrestant lo lauzetaire s'azarda suis camins de l'as-

trada, cap al naut pèch de la metafizica, mas s'arrèsta à

Mèja-Sèrra

:

escota

lo soscaire au^elàs

sospira :

que

la
mas

sapiensa, la pat\e lo bonur, ont sont

plan mai

se

fiza al èime del cardelin

que non
e

cèrca ni

pensa
cal.

non

basta à tôt sò que

Cada auzèl, del cocut al rosinhòl, a son ritme. I a
dels trobaires que sémblan lo cocut : càntan tôt sul
même aire. Perbòsc sembla lo rosinhòl : plèga de
mila biais sa muzica. Delarga los vèrses quora per

quatre, quora per uèit o dètz, e quora en tropelada.
Fa

vezinejar los pichòts amb los bèlses, e plan s'enmai-que-mai los qu'an uèit sillabas amb
que n'an dotze : aital dins una vintena de poèmes.

devènon,

los
Mas dins los dos

sonets del

reculh

e

dins sèt

autras

pèsas, los alexandrins demòran entre si. E tant-ben,
dins sèt autras, los de uèit sillabas, e, dins sèt au¬
tras encara,
los de sèt. Belèu los que vèzon pertot
dels mistèris

ne

veiran dins

tantes

de sèts

'dysafpl'■
*
*

...

,

f$,

Sus la paret

de la Glèiza-Nauta de Sant-Francés,
una remirabla fresca del Giòtto.
Los auzèls vènon de quitar lo cèl clar o los rams del
oliu per s'acampar als pèds del Sant. Lo Sant agacha los auzèls e los auzèls agàchan lo Sant. E lo
Sant s'agrada de lor parlar e los auzèls s'agràdan
en

Asizi,

se

vei

de far silenci. Es

un

miracle de Sant.

Perbòsc a sachut, el tant-ben, acampar los auzèls.
Mas s'es agradat de far silenci del temps que parlàban los auzèls. Es un miracle de trobaire. Cap de
Giòtto èra pas aqui, mas la fresca fa pas bezon :
abèm lo Libre.
A. ROUSSILHE.

�176

LO GAI SABER

Perbosc traduit par

lui=même

La

puissante figure de Perbosc ne s'est pas estom¬
pée sur les écrans occitans. Plus d'un an après sa
disparition, il intrigue, il bouleverse, il étonne. Ceuxlà même qui l'ont attaqué hésitent en jetant sur ses
travaux un regard moins léger et s'efforcent de creu¬
ser son œuvre et de pénétrer sa
pensée.
Occitan, Perbosc l'a été dans toutes les fibres de
être.

Réfractaire à tous les courants de mode,
suivi la voie droite et est l'un des rares à igno¬
rer le
plagiat. L'éloge n'est pas mince : vouloir sou¬
mettre la littérature occitane à toutes les fluctuations
de la littérature d'oïl, c'est aller contre sa propre
son

il

a

c'est faire jouer au même acteur les rôles de
sans tenir compte de ses possibilités
physiques ou phonétiques ou de tempérament. C'est
rechercher le paradoxe. Une production aussi libre,
aussi spontanée qu'une littérature ne doit être assu¬
jettie à aucune imitation servile. Une littérature doit
être strictement caractéristique de l'état d'âme du
moment, de la pensée, de l'essence du. peuple qui
parle la langue dont elle est le moyen d'expression.
Elle doit puiser ses racines premières dans l'élément
constitutif de culture de ce peuple. Elle peut être
guidée— non pas soumise — par des influences ex¬
térieures. Mieux, elle le doit, sinon elle serait cris¬
tallisée, momifiée, sans vie. Mais le thème dominant
et les procédés constructifs ne peuvent en être em¬
pruntés qu'au thème majeur de culture ou de civili¬
sation correspondant : une littérature exige uné ori¬
nature,

tous

genres,

ginalité.

�LO

GAI

SABER

177

On voudra bien

excuser ce
dogmatisme gratuit,
lorsque je vois de bons auteurs occitans se ral¬
lier aux grandes tendances surréalistes ou ultra¬
symbolistes, j'éprouve la même peine qu'à la vue de
ces enfants,
affublés d'habits carnavalesques qui,
malgré leur clinquant et leur prix, ne réussissent
qu'à masquer les attraits vrais et la durable fraîcheur
de l'enfance. Et je regrette cette ambiance, créée
d'artificiel, qui est bien le pire ennemi de toute lit¬

mais

térature.

Perbosc, lui, est inaccessible à ces critiques : son
occitanisme éclate jusque dans ses traductions. Mê¬
me

il
et

lorsque cet ultra-occitan forge des néologismes,
de ses poèmes, enveloppant, le parfum acre
fort de la terre et du peuple d'Oc.

monte

*

Il

*

été

beaucoup écrit sur Perbosc. On a étudié
mille angles divers. A ma connais¬
sance, on ne l'a pas présenté sous son aspect de tra¬
ducteur. Aspect secondaire, objectera-t-on : Perbosc
écrivait danssa langue, une langue suffisamment ri¬
che, et... qui traduit trahit. Sans s'élever contre le
vieil adage, on reconnaîtra à posteriori qu'un exa¬
men, même superficie], permet d'apprécier le délicat
artiste et dégage sa scrupuleuse conscience.
son

a

œuvre sous

La lecture de la traduction d'un poème établie par
l'auteur du même poème renseigne merveilleusement
sur le sens de la
pièce et éclaire la pensée de l'au¬
teur. De même que le maître explique à l'élève la

signification d'un mot

le jeu des sjmonymes, de
poème est plus aisément
perceptible à quiconque a sous les yeux, en parallèle,
d'autres moyens d'expression du même thème. Tou¬
tefois, ceci conditionne expressément l'exclusion de
par

même l'idée centrale d'un

la trahison dans la traduction. Et

nous

allons voir

�i78

lo

gai saber

chez Perbosc une traduction d'une fidélité parfaite ;
elle accompagne le texte, le souligne, accuse ses
moindres nuances. Elle en est, même pour le lecteur

averti, l'auxiliaire, le complément indispensable.
On admettra donc, d'une part, que la traduction
est nécessaire lorqu'elle est signée de l'auteur et,
d'autre part, qu'il peut y avoir quelque
examiner les traductions d'un Perbosc.

intérêt à

La traduction de Perbosc n'est pas littérale. Sans
pensera-t-on que la littéralité offre une garan¬
tie de respect de la pensée. Je ne crois pas que cela
soit vrai pour une langue moderne, mais je reste
convaincu qu'elle doit être une règle impérieuse lors¬
qu'il s'agit de traduire un texte ancien : notre con¬
ception des êtres et des choses n'est pas celle des
hommes du Moyen Age ; nos vues sont différentes ;
nos modes
divergentes. Les siècles qui nous séparent
ont façonné le goût et pesé sur le jugement. Le mê¬
me défaut ne se présente pas ici,
et cela d'autant
moins que texte et traduction émanent de la même
doute

pensée.
Perbosc a un sens très juste de la traduction : chez
lui la traduction d'une poésie est encore de la poésie,
avec le rythme, la cadence
et l'heureux choix des
mots. Il recherche souvent le vieux vocable d'oïl

correspondant

occitan, de sorte que dans ses
goût, si caracté¬
ristique chez lui, des choses anciennes et le retour
à une brillante époque révolue. Il respecte fréquem¬
ment l'étymologie, c'est-à-dire le sens premier plu¬
tôt que le sens actuel du mot. D'où, dans sa traduc¬
tion française, le caractère et le parfum de l'œuvre
elle-même. Combien de poètes peuvent en dire au¬
au mot

traductions mêmes

tant

se

retrouvent ce

?

Je puiserai

hasard, dans la pièce préliminaire
poésie si puissamment grecque de
d'inspiration et où un sens si parnassien
au

du Qôt occitan, cette

facture

et

de la couleur et des formes s'allie à
nante

profondeur de pensée.

une

si surpre¬

�LO

Le

GAI

SABER

179

faurada y est traduit par « févrée ». Je
c'est là un néologisme mais, il faut
l'avouer, sans hardiesse. Le mot fèvre est attesté ;
pense

mot

que

le verbe correspondant est une création heureuse
strictement calquée sur l'occitan et l'étymologie
latine.
A la deuxième strophe l'auteur traduit
celat par « sur ses contours il a ciselé ».

I a' scrinAinsi, fré¬
quemment, Perbosc ajoute au texte français les com¬
pléments implicitement contenus dans le texte. C'est
là fidélité et non trahison. Même jeu dans l'expres¬
sion fregats per las ventòrias, « caressés par les
brises», bien que fregats signifie seulement «frôlés».
Mais ici ce frôlement n'est-il pas une caresse? Plus
loin, bèls ra^ims est traduit par «belles grappes».
Les raisins groupés ne forment-ils pas des grappes?
Les mots aima, laus, sont traduits «aime», «los» :
l'écart entre texte et traduction est ici réduit au mi¬
nimum. Je savoure, pour ma part, l'attachante évo¬
cation de l'antique dûe à l'emploi de ces deux vieux
mots.

Peut-être

pourrai-je noter encore l'introduction
conjonction «et» liant et as¬
souplissant le texte : dins l'Olimp, sus terra, «dans
l'Olympe et sur la terre» ; arredondida, escalprada, «arrondie et sculptée». Je le répète, chez Per¬
bosc les deux textes se complètent harmonieusement.
A lire une traduction de Perbosc par Perbosc, à com¬
parer les deux textes on ne peut que s'instruire des
procédés particuliers à la langue d'Oc. L'étude en
parallèle sera féconde précisément parce que la lit—
téralité n'a pas été observée.
Feuilletons ûuilhem de Toloza, l'admirable geste dont
on a, je le crains, méconnu la valeur. Je veux redire
qu'elle est un chef-d'œuvre inégalable : c'est toute
la chevalerie d'antan avec l'action, le devoir, le dé¬
vouement et ces mille qualités qui devraient être sim¬
plement humaines et qui s'estompent, helàs ! dans
dans la traduction de la

�i8o

LO

GAI

SABER

le

creuset des siècles. Tout cela est d'un charme in¬
définissable. Voici, le prélude:
Si cela vous agrée, ô dames et seigneurs!
je
chanterai de Guillaume de Toulouse, dont les
chansons de mille trobadors célèbrent le cœur vail¬
lant et l'âme noble. Ores, là-haut il repose en
saintes fleurs, et sous le ciel sa gloire spectaculeuse vivra sans fin dans les temps qui viendront.

Remarquez d'abord la conservation du mot troba¬
n'apparait-elle pas clairement? C'est
que, parfois, le mot est intraduisible sans trahison
au gré du
poète ; il est alors simplement maintenu,
avec sa graphie
propre, ou, plus rarement francisé
dors. La raison

comme, aux

derniers

vers

de Guilhem, les mots «sisè-

landas» et «arlots». Notez aussi le sens latin restitué
au de du second vers :
«je chanterai de Guillaume de
Toulouse ».
Le mot lauçan est traduit par «célèbrent» et non
seulement «louent»; mais il s'agit bien d'une louan¬
ge éclatante. Blo^a, pure, sans mélange, est traduit
par «noble» : c'est le sens figuré français; «noble»,
c'est-à-dire pure (moralement) est donc plus précis
que «pure».

Ara,

«ores»:

correspondance parfaite

maintien du cadre médiéval.
Espectaclo^a est
traduit par «spectaculeuse », mot inusité sans doute
mais qui est l'étroit équivalent français
avec

paré, comme
prothétique.
Quelques vers plus loin on rencontre le mot capèlan, traduit par «chapelain» c'est-à-dire «aumônier
de prince». D'autres que Perbosc eussent traduit
«prêtre». Mais le contexte : aquel rèiòt mens rèi
que capèlan montre la supériorité de la traduction ;
le mot «prêtre» eût moins
marqué le mépris ; il y a
dans «chapelain» l'idée de servitude. Et
que dire de
« droiturier »?
lo franc parlar menèbre mas drechurier del ufanos vasal, «le franc parler sévère
mais droiturier du superbe vassal». Notez ici en¬
core
l'étroite correspondance et aussi 1'
«appel au
il

convient, du

s

�lo

gai

l8l

saber

âge» avec ce mot d'autrefois. Le mot ufanos
traduit par «superbe». Cependant, en première

moyen
est

ligne du Qôt il est assimilé à
sens

du

sont exacts.

«triomphal». Les deux

Admirez la conscience scrupuleuse

poète.

Parfois Perbosc paraît s'éloigner du texte, ou n'hé¬
site pas à tourner par une périphrase. Dans tous les
cas la traduction en donne rigoureusement le sens :
c'est als sècles venidors, « dans les temps qui vien¬

expression plus archaïque que « aux siècles
; c'est abant que V solel vire, « avant que
le soleil ait achevé son tour », plus élégant que le
littéral; c'est enfin artelha los escalhers de marbre,
«monte à grands pas...», traduction très précise du

dront»,
à venir

mot

»

artelha.

Tous

exemples, dira-t-on, ont été

ces

arbitraire. Nullement. Il n'est que de
vre de Perbosc pour s'en convaincre.

choisis

avec

feuilleter l'œu¬

A chaque'pas,

loyauté du
puisse dire
impression
de fini qui naît à la lecture de ses poèmes

chaque vers éclatent la minutie et la
poète. Chez lui, nulle phrase dont on ne
qu'elle est achevée, parfaite. C'est cette
à

reposante

Persévérance et cons¬
l'accomplissement de l'œuvre : ce sont là
peut-être les traits dominants de cet étonnant poète
qui fut à la fois un ciseleur de rimes et un profond
penseur, et dont l'art — privilège si rare — s'épa¬
et

qui surprend si fortement.

cience pour

nouit

jusque dans les

traductions.
Georges

MACHICOT.

�I

82

LO

GAI

SABER

Perbòsc intime
Contaire, poète epic, emai poète liric, Perbòsc a
plan rarament parlai d'el-mèmes, de la vida inti¬
ma de son còr. Amoros de la perfeccion, artiste co¬
ma los Parnasians, es coma élis secrèt tre que s'agis
de son existencia personala. Ja se vei pron, à travèrs
son òbra, qu'aima sa tèrra carsinòla e la rasa depacans d'ont es sortit;
degun non pòd inhorar tantpauc, ni son pesimisme amar de filozòfe pensatiu, ni
sa fe patriala
e sa crezensa al reviscòl occitan. Mas
aquels sentiments dont la sinceritat es pas contestatabla son pas sò qu'apelam de sentiments intimes.
Asò 's pracò que los poèmes ont pasa un frezin
misterïos son dinnes de retene nòstra atencion. Om
i endevina de sorgas escondudas e belèu de sorgas

perdudas. Om s'aviza qu'aquel trobaire à la cara serena abia, el tant-ben, son «òrt clauzat» dont li arribaba

d'entredorbir la porta.

Ensajem de legir entre las
tòria de

son

regas e

d'imaginar l'is-

còr.

Lo Gòt de Remembransa
mairenc e déjà doloros. Lo

conta un amor pritrobaire es pas qu'un
drollon, qu'una polida e fresca Carsinòla pren tôt còp
sus sa fauda per
l'acostozir ; el, la beu dels èlhs,
«la blonda cotinauda». Vendémian ensemble; bòtan
los razims dins lo même panièr e s'acllnan suis mê¬
mes brancs ;
e l'enfant es près d'una enveja fòlha,
la de pauzar sa boca sul copet daurat ; mas suspren.
dins l'èlh de la joventa
nos

�LO

sab

non

e

gauza

^alatat

GAI

SABER

quai elhaus mèch trufandejaire

plus,

gauzarà plus jamai... Lo sosc es de-

e

;

plus, de\cmpii se son alargats,
jamai plus — sos bèls alirons macats,
prautits coma al trel los nolents muscats.
e

—

Lo

primièr poème del Libre dels Autels nos prela greza, à solelh colc, una Pastora tant
mannada que sembla pas posible qu'aje pas fait bategar lo còr del trobaire.
zenta sus

Es

Pastoreta

una

belugueta coma
que dins lo lum
ambe

blonda,

una ironda,
va, vira, ven,

pamparruga al vent.
soleta,

sa

Tota

despelòca

sa

conolhada,

los auzèls, e lor parla, e li
front la candor de l'enfansa, e

escota cantar
a

sus

son

...

—

se

son

el

respóndon;
pracò

agacha

acò

se vei dins sa raior
levar Valba del amor.

Saurem pas res

—

mai de la mainada que

pastoreleja dos iropels :
un de motons, l'autre d'au\èls,
mas

es

que nos enganarem se soscam que

lo

que

l'a

plan pintrada, dins la glòria del solelh colc, a
raibat d'ela longament e l'a pas jamai demembrada?
tant

■e

Garaqui

que

Colomb s. I
en

e

li

va

lo poète pelegrina à la Font del$
pas sol ; la que lo i a menât

camin, revei sos ans jovenencs

conta sas

remembransas

:

Aqui, mai d'un càp, als luscres d'antan,
als muscats madurs, me soi miralhada.
Dins aquela font fa sa regrelhada
tôt l'encantament del pasat lentan ...

�LO

184

GAI

SABER

N'i a pron per que lo poète raibe à son torn. Sosà tôt sò qu'a miralhat, dins sa conca estrecha, la
tant siava font d'embelinameht :

ca

So que i a, segur, de mai blos e bel
jol diu\enc solel esperdigalhaire :
del matin al ser, los autels del aire,
del ser al matin, los astres del cil.

encara s'es aclinat sus
trelu\ir, estelas viventas
d'aisi-pas, dins l'ombra 0 dins la. claror,
as vist trelu\ir, bategants d'amor,
los èls dels jobents e de las joventas.

Quicòm de plus bèl

l'aigalinda:

As vist

Dins aquela vizion, es que i
caire ? L'èime del poète non

auria un poder envespôd e non vòl se n' des-

tacar :
La Font dels Colombs es per un boral
ont tornarai plus belèu jamai corre.

Que ma remembransa al mens se i amorrp
aqueste ser de bèl lum luscral

tôt

ont

sembla veire

nie

un

vòl de tortoras

,

que ve\iadament van beure al rajòl,
dins a quel per dut clopet carsinòl
ont

van

randolar qu

Au\èls

A la même Font dels

al

Pastoras.

Colombs, lo poète es tornat,
lo testimôni dins lo

; n'abèm
de La Font d'Amor : »

mens

sonet

e

per

la pensada

La Font dels Colombs — vola, mon
abeura 's au\èls, miralha las flors.

Se dis
dins

còr, vòla

—

•

qu'à prima alba òm vèi sas amors
clar aigol que ris e trembla.

son

Espérant trobar l'aseguransa qu'amaizaria son còr
inquièt, lo poète s'aclina sul gorc, i cercant l'agait
de l'aimada. Ailàs ! vei pas res mai que son front
socinos e li sembla auzir aquela canta trufandièra :
mon aigueta, en ton virament
jbcs solelhencs sempre cambiadisa

Vira,
als

Del Gòt de

...

Remembransa, de la Font dels Co-

�lo

gai

saber

lombs, de la Font d'Amor, una mèma nota s'enlaira, la nòta del regrèt e de la malanconia :
Ont son, I^abèl, las vinhas d'antan Ì
dis lo trobaire à la polida Carsinòla qu'a trebolat
son

còr d'enfant.

E lo romiu de

planhibol

Colombs mormola

la Font dels

:

L'amor dels jovents sempre florirà ;
tu, ramaràs plus, paura pinha mòrla,

vola,

mon

còr, vòla,

en

sempral forment!

Dis pas autra cauza un poème pauc conegut, publicat dins la Revue Méridionale de julhet 1896 —

lo poète a

vint-e-cinc

ans

—

titolat lo Ba^èli. Es
lo còr del

e

joventa que canta, mas cosin dotar que
trobaire non parle per sa boca :
Lo pot\ a milanta annadas.
una

■

0 ! las amors, quantas son
dont a vist Vespeli\on !
Mas amors se n' son anadas.

Cada

prima, segond Vus,

1 refloris lo Ba\èli;
dins mon còr, ont mon mal
las amors floriran plus!

Sens relambi, lo
de Villon :
«

celi,

planh de Perbôsc fa reson al planh

Mais où sont les

neiges d'antan ! »

A la sorga d'aquela inspiracion elegiaca, tant rara dins l'òbra del trobaire carsinòl, es que i auria pas
una macadura sécréta,
una sofrensa prigondament
sentida e gelozament amagada, una d'aquelas de.cepcions dont la vida consola pas ?
Dins
las

mon

amors

cor, ont mon mal celi,
floriran plus !

Quai sab se los Fablèls galezes, ont la femna e
l'amor son tratats ambe tant de mesprètz, serian pas
la revenja d'un raibe de j.oventut trop crudèlament

espotit ?
Maria

BARAILLÉ.

�a

86

LO

GAI

SABER

Sur Antonin Perbosc
/.

=

La

Poésie de

Terroir

La poésie de terroir, celle de la nature ou de l'ob¬
servation directe, n'est jamais limitée si on
y montre
du talent. Il est des heures où elle a ma
prédilection.
Elle se rapproche de la pensée
paysanne. Elle en

garde le jaillissement. Tout ce qui émeut un paysan
autre province
que la mienne m'émeut égale¬
ment, s'il s'accorde avec le sol. Les écrivains qui
ont assez de vertu ou de charme
pour rétablir un dia¬
lecte m'introduisent dans un monde où
je découvre
des labours que j'ignorais. Ces labours se lèvent du
brouillard. J'entends des musiques voilées à travers
des mots qui sont très clairs. Le
labourage berrichon
de George Sand a peut-être donné le
signal, mais
depuis lors nous sommes plus attentifs au tableau
qu'à l'effort. L'état actuel de la langue d'oc invite
ceux qui
s'y livrent à s'incliner vers la terre. Ils sont
soumis à une rude épreuve, à un labeur
ignoré. Ils
doivent découvrir les mots
qu'ils emploieront, com¬
me les
anciens peintres broyaient eux-mêmes leurs
d'une

couleurs. Il est vrai que la recherche d'une belle ma¬
tière est le principe de l'art. Celle
qu'emploie An¬
tonin Perbosc est tout à fait neuve et
cependant elle
est fort ancienne. Ce
poète qui va
ses

accomplir

tre-vingts

ans est devenu l'interprète du
ditionnel. Nous allons le suivre dans sa

II.

-

qua¬

Quercy
vigne

tra¬

...

Les Fables de Perbosc

Il fallait entendre la
charbonniers pour créer

muse

des

un genre

bûcherons
nouveau et

et

des

d'une

�LO

GAI

SABFR

rafraîchissante simplicité... Les fables de Perbosc
deviennent parfois des contes qui suivent dans leurs
méandres le vol même des oiseaux. Il en est qui sont
éblouissantes comme la volière du roi Salomon. Elles

s'apparentent aussi bien à

nos

fabliaux

ou se

déta¬

chent des anciens sermonnaires. Certains apologues
de La Fontaine, comme celui de l'Hirondelle et les
Petits Oiseaux, nous montrent également l'espace
et le mouvement de la campagne, le gel ou les épis

qui la couvrent

au loin. Je ne compare pas. La réus¬
site de La Fontaine est due à cette pointe de perfection
où était parvenue la langue française. Il existait de

temps une sûre harmonie entre l'écrivain et la
société. Les fables de Perbosc ne peuvent nous offrir
son

que la plaisante perfection d'un langage rustique,
mais c'est lui qui la crée avec d'humbles mots que
l'on croyait inutiles ...

J.-S. PONS.

de

(Extraits dfinc conférence faite à la Faculté des Lettres
Toulouse, le ai février 1941).

�188

LO

SABER

GAI

Amb Perbôsc
Escorreguda al ort dels irobaires
e

del

mainajum

Se tôt en còp volètz durbir l'èime dels
la vida dels païs nòstre e à la poezia qu'es
durbisètz Perbôsc
e escotatz
...

pichons à
d'apertot,

...

*

*

Tota la tèrra d'Oc i

parla : tota la parladura dels
miegjorns de l'auta e de la vinha i restontis. Es aqui
que podètz, mèstres d'escôla en cô d'aquel raèstre
d'escôla, pozar fresc à las fonts ont nòstres aujòls
an
begut à bròc d'a^e lo vocabulari viu e reviscolaire qu'encantarà los escolans. Coma Perbôsc —
coma Mistral
cercaretz demest las caquetadas los
mots à plenas tièras, estrementits d'istôria e de
geografia umana. Te cal tener estampèls amb los
vièlhs, aconselhaba lo regent carcinôl, e los vièlhs
li abian fait veze cauzas e monde d'en p'r aici : escar rabilhats o monhes, viannats o
rufes,
lambruscaires amatinats e aparres sadols, pacans
causats d'esclôps que galôpan
lor vidasa, p-achacant, esclopejant, salsant los artelhs, cachapeirant que lo còr ne peta
Quna litson saboroza e
ensenharèla tant-ben dins tant de reprovèrbis, amasats à bèl manat ! Bon vin n'a pas
be^onh de ram...
lo podicaire fa lo ben e lo mal... bèstias son
que
bèstias, mas an à bèls còps ynai Tèime que las
qui non vei luzir jos las paraulas de cada
gens
jorn los orizons e los trabalhs, la sociologia com¬
pléta d'un monde plan déterminât ?
—

...

...

...

�LO

Perbòsc dona

una

GAI

SABER

189

metòda de trabalh, e dona mai

qu'acò : una anma novèla. Es lo secrèt d'aquela òbra
qu'es una Soma. O dis dins sa prezentacion del Bestiari de la Bòrda de F. Cayrou : aima tôt aquel
bestial, aima totas aquelas costumas. Tant-ben tôt
li es ocazion per los faire reviure : La Debanadora
e Lo libre
dels Autels, conta que contaràs, jamai
alàsan los drôlles. Qun rire : la pòta de la lèbre
n'es tota asclada! Que s'agigue del Pre^ic del porquet de lait, dels montants e de los davalants, o
de i a pòrres e pòrres, aquelis contes trigòsan
apertot.
Pasi

ìjue d'òli vièlli de calelh en calelh;
res

de novèl

jos lo solelli,

escribia Perbòsc, mas aquel òli vièlh, aquel ben de
tôt lo monde, lo fa seu e plan seu. Lo pasta d'un
bocin de bonomia e d'una eleganta simplicitat; a lo
sens de la formula
que pica lo lector, o d'aquela

qu'es encantament pels mainajes : Madama de Limonha, un porc curt, cœli cœlorum... borreli
borrelorum
autant de fantazias rizolièras, plan
dins la linha del conte populari que Perbòsc n'es lo
Prince. Lo pasta tant-ben de l'actualitat cremanta,
trasa dels problèmes eternals : e es ben de la mèma
vena aquel biais moralizator d'una morala pels cada
jorns pensada à las sorgas. Per nòstre trobaire tôt
es dins tôt, litson prigonda de salutari estonament
dabant l'ordinaria natura, atituda de sapient, atituda de pensor
E crezètz que los mainajes .la pòdon pas auzir ?
...

...

*

.

#

#

Mas mai que mai Perbòsc serà per élis lo Tro¬
baire ! Cantaran longtemps dins lor memòria los
ritmes familièrs de la culida de las gabèlas :

�lo

gai

Faran rire la

saber

padena

ont, dins bon chue de codena

redolents,
s'espingaran, ufano\cs,
los pascajons saboro\cs
e

nolents.

L'entendètz pas lo vèrs que frezina e sauteja ?
Gabelat\, ò gabelairas,
L'aire es plen de bonas flairas,
los borrons
aserman

lo vin dels veires

vojaran los beveires
Pascajons.
Ritme de dansa, dé vam, de ronda sautaira. Caldria
que

estudiar aici lo rôlle de las

asonansas i, de las letras
banhadas, dels encambaments... Caldria comparar
arab La Fontaine, Hugo, Verlaine
non pas que
Perbòsc siague de la familha d'un
d'aquelis, mas
grand coma élis, coma élis sap far parlar lo vèrs.
Me sembla saquelà — pòdi pas tôt dire dins
aquelas
quatre regas — me sembla que caldria cercar subretot
dins aquels très caps d'òbra que
s'apèlan Nadal, La
Mòrt de la Vinha e Cal
d'esclòps. Aquì trapariatz
per ne far tastar als escolans de plenituda poetica—
siague dins l'ampla davalada de la nèu, de vocala en
vocala escafada
e lo trelhonament
galhard que pren
palada très còps per se largar pel cèl del primièr
très, siague dins la torsida malhuda de la flamba
batalhèra que se dòl e que crida duscas à la fin
inatenduda que tomba coma un clas dins lo
segond,
siague enfin dins aquela simfonia fantastica dels
grapauds Cluc ! clitc! cluc
cada ser fan lor
velhada
d'una mezura pezuca e al còp airala,
d'una malanconia que ponh e
qu'estabozis !
Ah! crezètz-me, crezètz-me ! Anatz al trezaur de
Perbòsc, per las pichonas anmas que volëtz enaurar:
serà la jòia e lo pan que renfortis. Amb el
poiran
dire cada jorn :
...

—

...

...

Caminem que
i

veirem Bèrra,
l'eu, tôt va plan ;
pas uei, serà deman.

sarem

s'es

Edmond

DURAND.

�Lo

Temps des Trobaires
LOS

ESCLÒPS
VI

L'ESCLOP ASPAT

L'Arnaudet del

Bigorran

_

vengut veire sa nòbia,
Fredelina de la Ròbia.

Es
A

fin de prima saran

maridats. En

esperant,

mai dolents que gais, d'atenge
lo gauch atal en pindol

guindol
pincat, cada dimenche,
Fredelina del portai
de la glei^a à son ostal
manca pas d'èstre menada.
Acò s"1 es pasat atal
uèi. Un còp mesa cantada,

sus

lor cap coma un

naut

e

tota la sonserada,

aqui-los à cardinar :
Fora de vespertinar
venguda, aqui l'ostalada
aremo^a à la taulada
ont se crucaran los bèls
e

bons

pascajons rosels

�192

LO

GAI

SABER.

que

Fredelina aparelha

ara

metiu al

dins

fogal

padena, en fandal
blanc e tufa sus V
aurflba,
me?itre que Vautre los
grelha
dins la padena un
per un
sa

redolar à bel estrun.

Aqui-lo que s'agorrufa
banquet, al canton,
bra^uga lo fòc e bufa,
se cal, sul
cap d'un tu^on.
Abiaisat: e meritòri
fa tant que p'od ajutòri
sus un

al obral
en

cors.

subre-requist
còp, qu'a vist

Tôt d'un

que l'escalustra ? Se tracha
de quicòm
que vira mal
à sos èls ; sosca un
e

€
«
«
«
«

brical,
Agacha,
Fredelina, as un esclòp
que s'ascla ; lo cal sul còp
aspar, — fascas pas lo morre
en m
aufisquent, se te plai ! —
per far l'aspa trobarai
dis

per la fin

«

sens anar

«

sò que
de fiai

: «

lènc d'aici

cal,

corre

un simple tròs
d'aram ; se me vos
«
escotar, poiras lèu veire
€ ton
paure esclopet asclat
« b'elament
rafistolat.
«
Acò va, te v'oli
creire, »
dis ela, d'a quel moment
«

—

�LO

GAI

SABER

couina, alèrtament
trin de far, tota chòpa,
sUs un bonfòc d'esclapons
son gaudal de
pascajons.
Aqui que se de^esclòpa.
Vn ped nut, Vautre causât,
amb acò n'a pas laisat
en

en

trabal, — oncha, codena !
vira, tu, randolant

son
e

solelhet d'or chirritant
e

montant

e

davalant

del

clopet de la padena
gravai ! — Ne plèu, ne plèu

al

de contun, ne sara

leu

claufit lo vira-pascada.
còp
padena, aqui pincada
tôt à plec l'aspa al esclòp.
« Que di^es d'acp, mainada,
«
pascajonaira mannada Ì.
«
Meu, qu'abèm obrat atal
« totes dos plan coma cal.
« Acà 's per tu, bra^ugaire
« de mon alar, fin aspaire
« d'esclòps asclats, qu'ai virât
« lo darrier, lo 'mai daurat
« de mos pascajons ; m'agrada

Aut ! ardit ! al darrier
de

—

«

de lo te donar, es teu :

«

cluca-te los èls

«

—

Non,

i revends
«

me

es

el,

e

bada.

teu tôt sò qu'es meu, »
« e

vòli

gaudir d'aquel regbli

»93

�lo gai saber

194

«

E

i es per la mitât. »
acò, la joventa,

que se
sus

escardusada

ri\enta,
ojris à son amoros
son
polit pascajon ros.
L'Arnaudet
an,

e

cadun de

e

Fredelina
son

costat,

gafat à l'aurièra fina
del pascajon, qu'an crucat.
A mèch camin, lor gafada
lèu pots à pòts s'es cambiada
en
potet plan mai sabros
que l' pascajon lo mai ros
que pòsca faire virada
dins cap de vira-pascada.
De cal biais melhor qu'aquel
podia virar lo pedel ?
Antonin PERBOSC.

&lt;§

�LO

A

GAI

SABZR.

195

PERBOSC

In memoriam.

Montalban.

Qu'es aicï per ieu

pre\encia
à
pas
mon còr,
Perbòsc!
Sus tu de bada es pasada la mòrt:
per Vamistat que fan lo silenci, l'estencia,
—

esconduda à

mos

èls

mas

una

non

—

l'escur d'una

ora

entre los nòstres

e

nos-aus

?

Me sembla

d'ièr, plan corta, òc, mas per ieu tant'■
jovent, ta primièra letrona \bona,
que del verbe occitan me balhava las claus.

—

dins

mos

dets de

Èra d'un còp lo vel alandat!—Totas causas
d'aquela prima me venidn nolencia e lum ;
l'isaure èra pus mofle e siaud dins lo felhum,
pus regaudit lo tiraliu de las alau^as
pus mairal lo paraulis de la Mamà
Aviai déjà cantat francès, mas sus un aire
que s'endevenià pauc amb sò de mon terraire :

e

...

—

en

mèri carsinòl cantarai d'ara ensà ;

segrai ieu per piada à bel tal de campèstre ;
mon dental ambe lo teune
au^il ;
car d'un briu son venguts rapòrts
de paire à fil,
los qu'èran al départ de discïpol à mèstre.
te

curarai

�ig6

LO

GAI

SABER

T'es asetat à nòstra taula de cirèi,
dins lo mas meu, al ras del teune Peiralada;

pels combèls ont seguiai, mainat, la tropelada,
un caud matin
d'agost t'ai ieu ajut — e pèi,
e

pèi, ò ! gaire-ben

à

una entièra semana,
caminadòta al cap de Grialon...
Te sovènes «rias esclòps, tu?» del clucalhon,.

ma

—

en

responsa al rasclet tremoros de la rana

n'as pas

oblidat la sens fin d'ori^on
regueta oscada, à bòrd de l'azur, no\a
lo rufe Puèch-Marï d'Arsèni Vermenoça
ambe lo Rieupeiros del roergat Beson...
e

dont la

La poefiia ? — de pertot ne refofiava :
i n' avià de la salvia-maire al garrabier
e

de

l'estufladis à sos bibus del boier
parpalhbl suis tautèls de cap-fava.

al vol de

Mas mai n'i

avià,— mas ont n'atenge mai enlbc Ì—
qu'as evocat tant de sb nbstre: gèstas
de Guilhèm e d'TJgon, — fiuladas e cridèstas
dels autels de ton libre e sorne planh del chbc...
en

tu

Te sentiai talament lo vivent

repertori
renvèrs, Causes e Païs-Bas :
son istoria e
fablèls e contes, las-e-las
trevavan ta membria, amb res qu'à l'espellbri
de tôt nbstre

fioguès daisat per tu de nbstre fonds reiral:
bestial e bravas gents, aradas e grefinhas,
«font clara dels Colombs», gaspa de nòstras vinhas
tôt aco l'as campat, nete, en plen solelhal ...

�LO

GAI

SABER

197

Atal, Perbòsc, ta glòria al tengut
lo Cantador de nòstra Rasa

qu'en

un

e

sera

d'èstre

V Trobador

parlar cau^it amb tant d'èime e d'amor
lo Carsï per escrich !— Mercés, Mestre.

nos as mes

E
e

m'agrada, en aqueste endeman de Totsant
Fèstas d'Amas, ieu que soi prèire,
m'agrada

de soscar que d'amont, uèi, sus nòstra taulada
te clinas amb ton bon sorrire, ò Paire-Grand !

Juli CUBAYNES.

(Parlar del Carsin).
Montalban,

4

de novembre 1945.

�198

GAI SABER

LO

PERBOSC

A

Dusqu'au

ser,

ò Pcrbòsc,

tengut Varaire ;
grand lauraire,

as

ò

auvit lo vent chantaire

as

dau bòsc
ont

son

las fadas.

O bon mestre de las aradas,

despieit dans dormidors,
agut dans servidors
per obrar tas terras amadas
e
per segre tas quitas piadas.
en

as

As levât lo

gbt occitan,

cel fémissent d'alas,
vers lo solelh sobeiran
de tas vielhas terras mairalas.
sots

un

Ara, tras l'Ombra e los tombels,
permiei la prada daus trobaires
de bordôs

enfassinaires,
set% un chassanh pie d'autels.
P.-L.

GRENIER,

(parlar del Lemozin).
A PERBOSC

Jusqu'au soir, ôPerbo^c,
laboureur, —tu

as

— tu as tenu la charrue; — ô grand
entendu le vent chanteur — du bois —où

O bon maître des

labourages, — en dépit de ceux
— pour travail¬
ler tes terres aimées—et pour suivre au moins la trace de tes
pas.— Tu as levé la coupe occitane, — sous un ciel frémissant
d'ailes, — vers le soleil souverain — de tes vieilles terres mater¬
nelles.
Maintenant, par delà l'Ombre et les tombeaux, — par¬
mi la prairie des trouveurs — de vers fascinants,— tu es un chê¬
ne plein
d'oiseaux.
sont

les fées.

—

qui préfèrent dormir,

—

tu as eu des serviteurs

—

P.-L. G.

.

�LO

GAI

SABFR

199

A LA MEMORIA DE PERBOSC

Aquis rebats de l'autona,
Mon

ama

d'ahuei Los para,

Perbòsc, à ton
Mon

ama en

ama

clara,

dòl que

safrona.

T enmageni

dins la clarda
Que tôt en tu meritava,
La clarda enquera mais siava
Que la qu'dure de flors carda.
T'agache,

e,

davans Vautura

d'auba, raibe à l'Auba
Onte pena nivol rauba
La Beutat que sempre dura.
Color

Albert PESTOUR

Chanta-Merle, lo 15 dau Mes-Màrt 1945.

(parlar del Lemozin).
A LA

MÉMOIRE DE PERBOSC

Ces reflets de l'automne, mon âme d'aujourd'hui les dédie,
ton âme claire, mon âme en deuil qui sanglote.

Perbosc, à

Je t'imagine dans la lumière que tout en toi méritait, la lu¬
encore plus douce que celle qu'un vent de fleurs carde.
Je te vois, et, devant la colline couleur d'aube, je rêve à l'Au¬
be où aucune nuée ne dérobe la Beauté qui toujours dure.
mière

A. P.

Chante-Merle, le 15 novembre 1945.

�LO

200

GAI

SABER

PLORATZ

Planh, rebombïs, vai te ri pel pèch e per la plana&gt;
Per la vinha, pel prat, e dusc 'al fons del bòsc,

pertot, planh, la mort de Perbòsc,
Vautre
cap de la terra occitana.
à
Lo bel garric garrabelut
Qu'espandisia sa brancadura
Dins la lut\ e dins la sornura,
Lo vièlh garric rustenc al cimèl caparrut,
Ondejant al ventàs amb 'una vot% d'orguena,
Es alongat per la pelena !
Veirem plus dins lo cèl lo bel arbre fèlhut
Ont tantis d'autels bre\iVhàban
E lo ser vengut s'ajocàban.
Plorat\, car dins ; plorat\, pinsons e rosinhòls,
Barba-roses e me^enguetas :
An matat lo plus bel dels garrics carsinòls.
Arrestat\ vòstras cansonetas
Per cridar vòstre dòl per òrta de tôt bòrd,
Anat^ òc dire à las floretas :
Ploratautels, Perbòsc es mòrt !
Vai anonciar

D'un cap

Ara, son ama trèva al misterios airal,
Al eternal pais blos e subreterral
Ont aurà rejungit Vama dels grands trobaires ;
Mas

cre^i que bèl-còp desendrà dins l'azur ;

�LO

SABER

GAI

Seguirà pels bordons los biòus
E

20I

e

los lauraires

pasejarà quand lo raqim madur
Tombarà jol cotèl de nòstres vendémiaires ;.
Aimarà de tornar landrar quauquis moments
Alfogal asiaudit d'un pages pel campèstre,
Per un ser ivernenc ont flàmban los sirments,
se

A l'or a ont los bailets

càlfan ambe V mèstre.

se

E Perbòsc d'en-dacbm veirà lo vin novèl

Sordre,

coma

lo sang d'una orra blasadura,
e ceuclat del vaisèl,

Del còs arredondit

plen de frescura.
quand los vinhairons ennairaran los gòts,
Espiritalament, à la copa occitana,
Quauqu'un de l'ai-delà vendra banhar sos pòts ;
E las auras fregant los pèches e la plana,
Repetaran pertot mila e milanta còps :
Un òme vos cantèt pendent sa vida umana,
Vinhas, coma jamai degun vos a cantat !
Ternaire, melhor qu'el, degun t'a pas vantat !
Mas ara, trasa plus, de sa man sobeirana,
Bordons campanejants e florits com un òrt ;
Pasarà solament, coma vòl son astrada,
Per las socas bèl-còp ambe la renomada ;
Dins lo chai rantelat

e

tôt

Mas

Perbòsc

mòrt.

es

*
*

*

Atal dira lo vent e7i pasant pel campèstre,
Demportant aquel planh montant de nòstre còr.
Fraires d'Occitania, abèm per dut lo mèstre :
Perbòsc

es

mòrt.

�202

Mas

LO

son

èime

es

GAI

SABER

demèst l'èime de nòstra

Los morts

rasa

;

vins, es pas vertat ï
Bel-temps i a, los aujòls abian mercat sa plasa
Demèst los qu'an sajut lo prêt\ de libertat.
A trobat los faidits de Termes, de Tolo\a,
De Be^ièrs e de Mo ntsegur :
Los martirs occitans, ensemble, acò 's segur,
son

Fan aculhensa

fervoro^a

A-n'aquel qu'au^iguèt lo reson patrial,
Al que servèt, dins son airal
E dins

òbras, lor memòria.
Plorat^, mortals, mas dins la glòria
sas

Ont s'escribon

en

letras d'òr

Los

grandis noms de nòstra istòria,
Cal escriure lo d'aquel mòrt.
PÈIKE GARDES.
9

{Parlar del Carsin).

d'agost

1944.

�LO GAI SABER

LA LAUZA DEL

203

MÈSTRE

Pasaire, arrèsta-te datant aquesta lau\a
per saludar Lo que repau^a
e per
au^ir la vot\ d' Occitania en dòl:
« Filh de ma rasa e de mon soi,
«

Lo que

«

Per

dormis aici es mon Maje Trobaire.
enlu^ir sa vida; embarrêt dins son còr

fal'amor de la Bèutat

l'amor del

Ternaire;
Lira èra d'òr.
« Venèt^, fiers
Occitans, vos clinar sus sa crb\a;
« O Femnas, portat^-li la
camtòrta e la rb\a;
« vautres, Pacans,
portât£ l'espiga e Vrazpm blos ;
« Trobaires,
virat^-li vòstre got ardoros ;
€ tu, Lau^eta dels camps, veni,
pren ton bel andi
« e canta li auzor! auzor! en montant dins l'espan[di !
e

«tèra sabi, sapient e sa

CALELHON.

(parlar del Roèrgue)

"

�lo

204

gai

saber

ANTONIN PERBOSC

pouëtic e dous del «Chantre des Ausèls».
Cantètper prats, per bosc, dins la sèlvo mairalo,
A Voumbro des garrics, dincos l'ouro luscralo
Ount, las d'un loung prefait, Perbosc cluquèt
[sous èls.
Noum

Le Poutent

Bouscassiè, demèst les

casses

bèls,

Farguèt, joun aprèp joun, soun obro majouralo
Que l'Miedjoun servarà, vertadièro, couralo,
Pe's milanto jouvents nascuts joubs d'autres cèls.
Al tiu Bue rastoulhenc qounqounon las abelhos ;
Dins toun prat verdejant van paisse las auelhos ;
De
En

ninfos, d'ejipans foulastrejon pe's camps.

embelinant, sa troupo nous secuto.
Perbosc, veiran, al mièi des Aliscamps,
IJn pastre carcinol jougant de la flaùto.
nous

En tu,

Danton
9

(parlar de Toloza).

CAZELLES,

d'agoust

1944.

�lo

Antonin

gai

saber

205

PERBOSC

prédestinât per la Muso roumano,
païs carsinòl,
Toun amo, 0 grand Perbosc, toun amo soubei-

Al

noum

Nascut

en

Ount l'eisam dels

vers

[rano
preniò vol,
cant
campestre,
le
del

N'a cantat subretout que

Inspirar'èl cantic pagan ;
volgut lausenja que la Naturo, 0 Mestre,

N'a

V

Per que t'égaler es à Pan ...
E tout so que broun^is dins

la

sang

del Ternaire,

Raço ouccitano, èime immourtal,
Beutat, riquesso, amour de la Terro, ta maire,
Ount dromes le som eternal,
Soun mesclats dins toun obro artisto de troubaiCor

foulent, o grand

Mièchjournal.

Margarido NAVARRE.

[re,

�206

lo

gai

saber

LA GLORIA
D'ANTONIN PERBOSC
Lo que

cantèt nbstre fraire l'aucèl
diguèt, amb son art subrebèl,
e la color e l'èime e la
legenda ;
lo que cantèt la diu^enca bevenda
e
que n'onchèt ardidament los pòts
de sa mu^a, aveçada al truc dels gòts;
lo que cantèt la reirala Patria,
sa vida breva e sa longa agońìa
e
mai-que-mai l'auba del reviscbl;
lo que cantèt e contèt (cap d'aujol
farguèt coma el sorneta e contaralha,
prèp dels landièrs, quand plora la sarralha) ;
lo que descobriguèt, gracias a Dieu,
amb tu, mon mèstre, bgrand Prosper Estieul —
lo pur secrèt, la licor autentica
e

ne

—

dins lo mesclum d'una Erra farlabica
que trobèt los vocables perduts
solament dins los pergamins muds,
mas subretot dins la boca del
pople,
e

non

del

pbple fièr e blos, del pople noble ; —
aquel a drech, aquel a conquistat
lo drech major d'èstre glorijicat
per l'aucelilha e las flors e la tina,
per tôt campèstre ont son ama bron^ina
Aquel somièt los sbmnis occitans
e los
visquèt. Mai de quatre-vints ans
a caminat
per la dralha encantada,
amoro^it per la meteisa fada.
Gloria à-n- aquel! Atudem pas lo fibc
qu'el empu\èt al cor dels ornes d'Oc.
fparlar de Bezièrs)
Rogièr
12

BARTHE,

de setembre 1945.

...

�LO

GAI

SABER

207

Adius al Mèstre
(Discors prononciat

sus

la crôza d'Autonin Perbôsc)

Antonin Perbôsc, lo plus grand dels cantaires de
nòstra tèrra d'Oc, lo Felibre renommât entre totis,
membre de l'Academia dels Jocs Florals de Toloza,

capiscòl d'aunor de l'Escòla Carsinòla, ven de morir.
Ven de morir: sorna novèla qu'atendiai, ailàs!
d'un jorn à l'autre, dempèi que d'amies fidèls, dont
abiai sobent la vizita, m'abian fait presentir que lo
mèstre s'aprochaba del tèrmede sa longa e bèlavida.
Es mòrt, e, malgrat l'estivënca sazon, lo bèl solel
d'agost que manhifica tota cauza, malgrat lo cant
dels auzèls que celèbran à longor de jornada la beltat del campèstre, malgrat enfin tôt sò que ven encantar

nòstres èls

e

nòstras aurelhas

e nos escampar

gaucb de viure dins un airal paradizenc, nòstre
còr, d'aquesta ora, es comol de dòl e de tristesa, car
l'òme que dispareis encarna, per aquels que l'an
conescut, una de las glòrias las plus blozas e las plus
lo

remirablas de nòstre terraire.'
Era nascut à Labarta en Carsin en 1861, al mièit
d'un campèstre agradiu que mèrea la pasada entre
lo Cause rapegos que, plus al nòrd, blanqueja en ti¬
rant sus Còus e Pech-Laròca e las planas ondrejan-

s'espandison al entorn de Tarn e d'Avairon,
à Moisac e Montalban. Es aqul que pasèt tota sa
joventut e qu'aprenguèt à coneise totis los anars dels
païzans, lorparlar, lors costumas, lors cansons, lors
legendas.
tas

cap

que

�208

LO

Es

GAI

SABER

aqui qu'à paja largament alandada legiguèt
libre, que comen-

dins lor ama melhor que dins un
sèt à los comprene e à los aimar.

A dotze ans, abia fach una rejoncha dels
las cansons qu'abia entendudas e que

titols de
sabia de
plen còr. Sa vocacion de trobaire enquèra saunejanta
se derrevelhèt à la
legida de las òbras de Castela,
en
particulièr de Mous Farinais. Coma èra intelli¬
gent e trabalhaire, dintrèt à l'Escôla Normala de
Montalban e ne sortiguèt regent. Alavetz, ambe l'ajuda de sos pitions escolans, glenèt à travèrs lo campèstre tôt sò que pertocaba la vida del païzan, e,
atal, preciozament avitalhat, ricd'idèias e de fachas,
bastiguèt plus tard, pèira sus pèira, lo solide e pertotas

durable

monument

de

sas

òbras.

Per

espelugar totes los escrichs que sortiguèron
pluma inspirada, caldria mai d'un libre, e me
contentarai per auèi de ne bàlhar solament quauques
titols : Lo Gòt Occitan, parescut en 1903, ont canta
la vinha, libre que li valguèt lo prètz de las Vinhas
de Fransa; LArada, en 1906; Guilhem de
Tolo^a,
en 1908, e Los
Contes Popularis, en 1914, quora
èra regent à Combarogèr; La Debanadora, en 1924,
Lo Libre dels Autels (1924) e lo Segond Libre
dels Autels (1930), que portèron enquèra plus naut
sa
reputacion de trobaire. Aqui, ambe Fablèls e
Fablèls calhòls, la maja part de sas òbras, mas tôt
acò nos balha pas la justa mezura de son activitat,
de

sa

car
som

dins

son

lèit

plan solide

de sofrensa
que

encara

d'autres poèmes

trabalhaba, e
son demorats

inacabats sul taulhèr.
Un de sos plus grands meritis es d'aber escurat la
lenga d'Oc trop longtemps embastardida, e d'aber
menât bri per bri los trobaires occitans à unilicar lor
grafia en lor conselhant de reprene à lor compte la
dels trobadors ancians. Auèi podèm dire qu'acò es
gaireben .cauza realizada.

�LO

GAI

SABER

209

M'atardarai pas sus son òbra. Mencionarai pracô
al bord de sa tomba que sèm planis à coneise la rara valor del escriban e
qu'es pas solament al estran-

qu'es prezat e remirat. Dirai tant-ben sò que la
maja part de sos legeires fidèls e trefolits podian pas
devinhar en fulhetant sos libres, qu'Antonin Perbòsc
èra d'un comèrci agradiu, amistosesens fastigozetat,
simple e sens babardiza, e que sabia aculhir e reconfortar totes los jovents adralhats dins sas piadas
per cantar à lor torn lo terraire nadalenc. Quantis
de còps a paiselat e tornat metre d'aplomb ma plu¬
ma mal d'escaire ! Li n' gardi una prigonda reconeisensa, e d'aber comptât dins lo nombre de sos melhors amies me senti grandament onorat.
Vòli auèi, al nom de YEscòla Carsinòla qu'abia
fondada en 1891 ambe sièis de sos amies e dont èra
prezident d'aunor, li portar lo tribut de nôstra admiracion e li dire tota nóstra pena. Vôli tant-ben
prezentar à sa familha nôstra complancha esmoguda
dins lo dôl que lor val una pèrda tant crudèla. Sabi
melhor que digun plus à qun punt l'aimàban, lo respectàban e lo sonhàban per lo nos conservar, mas
las plus blozas valors, los meritis mai raiants, los
engenhs mai remirables an pas jamai trobat gracias
dabant la mort. Solas, lor glôria e lor renom se perlongan al delà del tombèl en s'afortiguent. Tant qu'i
aurà d'occitans qu'aimaran lor lenga mairala e que
la mantendran, autant de temps, acolat al nom de
Mistral, viurà lo nom del majorai Antonin Perbôsc,
grand mèstre dels felibres e merabilhos obrièr de la
lenga occitana.
ge

Frédéric CAYROU,
Capiscòl de VEscbla Carsinòla.

�2

L0

10,

GAI

SABER

PERBOSC
Coneguèri Perbòsc lo 10 d'octobre 1920 à Vilafranca-del-Roèrgue. Jost la prezidensa del capolièr
Fallen, Vilafranca inauguraba aquel jorn
à la

memòria de

un

buste

l'immortal felibre roergat,

l'abat
Justin Bessou. Perbòsc, qu'èra un de sos grands
amies, èra vengut de Montauban li portar un suprê¬
me omenage.
De La Vinzèla, Seguret e ieu èrem
venguts tant-ben dire à Bessou nòstra admiraciòn.
Fa que, dabant aquel monument, nos trobèrem
aquì, joines, inhorants, vergonjozes còsta Fallen e
Perbòsc, coma dos escolans dabant lors mèstres.
Dos mèstres que fazian pas de grânds discors, mas
que nos prenguèron pel bras sans mai ni mens, co¬
ma dos enfants lors; e, dabant nos
quitar, nos abian
comunicat per totjorn la flamba de Santa Estèla.
A-n-aquela epòca, Perbòsc fazia un ôme crâne,
espallut, abilhat sans esnobisme e coifat d'un beret
pirenenc. Sa cara lumenoza, ondrada d'una fòrta
mostacha de païzan, respiraba l'inteligensa e la dosor.
Son grand nas, sa granda boca, sos grands
uèlhs èran, de contun, esclairats d'un sorire amistos
facillament trufaire, e sa votz èra- dosa coma la
d'un mainat.

•e

Era pas d'aquelses que sèrean à vos embalauzir en
espandiguent dabant vautres totes lors galons e lors
mérités, Luèn d'aqui. Respondia à totas mas ques¬
tions e me donaba tota mena d'esplicacions coma
auria fach un paire. E pièi, el tant-ben me questionaba : « Così nommatz tala cauza ? Così dizètz aisò?
aisò ? » Comparaba los mots de nòstre parladìs

e

roergòl amb los del Carsin e los de-Toloza, sercaba
amb lo catalan, amb lo provensal, lo

lor parentat

�*

LO GAI SABER

latin, lo grèc,

2 I I

sabi ieu ! Mas aquela laison de
quicòm de talament saboros, saique
per un coma per l'autre, que la reprenguèrem en¬
semble cada còp que nos retrobèrem dempièi aquel
jorn benezit.
D'aicesta, en particular, gardi lo remembre esmogut. Tornàbem partir de Castèlnòudari, lo ser, pel
trèn de Toloza, après las bêlas fèstas de Forés, en
1927. Li abia aqul Rozès de Brousse, Praviel, Tresserre, e maites grands noms de la literatura felibrenca e mièjornala, e li abia Perbòsc.
M'arrenguèri per
lo quitar pas. A Toloza, en un virât d'uèlh, tôt acò
foguèt escampilhat e demorèrem pas que nautres dos
sul pavat de la gara. Son trèn partia pas abant doas
vocabulari

e que

èra

très oras del matin

e lo meu vas las cinc oras.
Era nòu oras del ser. De que far? Per ieu, me sufizia la companha del Mèstre. El prepauzèt : « Se vo-

0

lètz, anarem veire Anglada ; à-n-aquesta ora, deu
•èstre à tal cafè...» Coma demandabi pas mai, nos va-

qul partits dins Toloza à sercar Anglada que trobèrem
pas. E alèra, seriam poguts anar far un som,
mas nani, randolejèrem. Èra una nuèch de setembre,
tebeza e plena d'estèlas. La pasèrem tota à sègre los
bords de la Garona, los bords del Canal, las aladas
La Fayette, los grands bolevards, e quand n'abiam
fach lo

tornàbem

torn

comensar.

minèrem, aital, dapaset,
los
ne
e

Tota la nuèch

ca-

estudiant de mots, en
anant pescar dins tal vers o dins tal conte, per
sospezar la riquesa o ne confrontar la precizion
en

l'armonia.

E las oras pasèron plus viste qu'ai cinemà, car
Perbòsc èra un casaire de mots, e abia sus aqul tota
la pasion, mas tant-ben tota la paciensa, tota la fi-

la sapiensa d'un grand colleccionaire.
podriai dire tota mon admiracion per aquela
pasion, per aquela sapiensa ajustadas à tant de simplicitat? Cosl dirai ma reconeisensa per la subrebèla laison que me donaba, e pel profit granat qu'ai
nesa, tota

Cosl

asachat de

ne

tirar ?

�212

lo

gai

saber

Voldriai

poder far valer l'influensa deciziva qu'afelibres del Roèrgue, una
l'epuracion de la lenga e
la question grafica, e que s'impauzèt à nautres tôt
naturalament, estant que tôt sò que venia d'el èra
tant clar e simple que generos.
Sabiam que nos aimaba. El que s'agradaba pas
gaire à pareise dins las fèstas, venguèt, per nos far
plazer, à la Santa-Estèla de Rodés, en 1929, e sa
prezensa, amb aquela de son vièlh amie Estieu e de
la granda Filadèlfa, donèron à nòstra Santa-Estèla
un lustre
espectaclos.
Dirai pas la dolor que nos aclapèt en aprenguent
sa mòrt. L'abiam vist n'abia
pas gaire, plan malaute, à Montauban, mas nos semblaba qu'aquel poète,
aquel sabent majorai, fort coma un garric carsinòl,
debia totjorn demorar drech coma un garric. Ailàs !
lo garric es tombât jost las mizèras del vielhum e de
la sizampa. Mas l'òbra de Perbòsc contunia l'arada
qu'abia dubèrta lo laurador. E totes los del Roèrgue,
amb los felibres de l'Escôla Occitana, amb los feli¬
bres de tota la patria d'oc, ambe la còla dels admirators qu'abia dins lo monde entièr, totes,
perl'enausar dins
la&gt;glòria de Santa-Estèla, gardarem fidèla—
jèt

sus totes nautres, los
infiuensa immensa subre

ment

la memòria de Perbòsc.
Enric MOULY.

�LO

GAI

SABER

213

TESTIMONIS
I

La

d'Antonin Perbosc, decan dóu Counsistòri
desempièi 1892, pourtavo la Cigalo de la Li¬
beria, es, pèr tout lou Felibrige, un dòu crudèu.
D'orne ansin, de talènt d'aquelo meno soun semena
clar. L'aveni, noste mèstre, pourtara l'obro dóu
mort

ounte,

póuèto à sa plaço, uno di proumièro, e afourtira lou
rôle majour qu'a jouga Perbosc dins nosto respelido patrialo.
Persounalamen, oublidarai pas nòsti rescontre : à
Toulouso, i'a bèutèms, quouro s'assajavian à ié founda la «Ligo de la Patrio miejournalo » ; à Nimes,
ounte Perbosc passé de mesado
proche soun fihat e
ount'aguère l'ur de lou treva.
D'aquélis ouro garde un precious record, emé lou
regrèt de l'esvalimen de tout acò noble e grand.
De liuen, en pensado, ai pausa un brout d'óulivié
e de lausié sus la toumbo dóu pouèto, dóu troubaire
dóu Gòt Occitan.
Coume
tre

capoulié, salude la bello memòri dóu mès¬
escrivan, dóu grand majourau, dóu counfraire

d'elèi

qu'ounouravo e, mau-despié la mort,
toustèms, bonadi soun obro, lou Miejour
lengo mairalo.
rara

ounoue nosto

F. MISTRAL , NEBOUT,

capoulié dôu Felibrige.

�LO

214

GAI

SABER

II
En rendant un suprême
d'Antonin Perbosc, maître

hommage à la mémoire
ès-Jeux Floraux, j'accom¬
plis un devoir de reconnaissance. Pendant près d'un
demi-siècle, en effet, l'auteur de ce brillant recueil
de vers Lo Gòt Occitan et la Compagnie du Gai
Savoir ont ardemment travaillé ensemble
de merveilleux résultats.
de

et obtenu

Perbosc prit d'abord une place d'élite dans la liste
nos lauréats. Ses succès furent considérables. En

il obtint

bouquet de Violettes de Toulouse
pièces admirables : Lauraires e Trobaires, Lo Pastenc, Los Braus, Darrier Bordon. Dans son magistral rapport, le baron
Désazars de Montgailhard les jugeait de la façon la
plus élogieuse, leur trouvant une saveur particulière
pour la manière dont elles étaient traitées. En 1908,
le poète se couvrit de gloire: le prix Pujol de 1500
frs. lui fut octroyé pour son poème Guilhèm de
Tolo^a, d'une puissance saine et vigoureuse, entière¬
1905,

d'or

ment

et:

un

d'argent

pour ces

conforme à la tradition des troubadours.

En 1908, il est nommé maître ès-Jeux. Il se donne
alors tout entier à l'Académie dont il adopte pleine¬
ment le programme de restauration de la langue
d'oc et prend part à diverses grandes manifestations.
Du 30 avril au 4 mai 1924, les fêtes du VIe Cente¬
naire de la Commémoration du Gai Savoir furent
célébrées à Toulouse avec un éclat particulier. Le
Consistoire du Félibrige était brillamment représen¬

té. Perbosc prit part aux cérémonies organisées à la
mémoire de Vestrepain, de Godolin, d'Auguste

Fourès, de Mengaud, de Frédéric Mistral. Au Grand
Rond, Perbosc lut un beau poème ayant pour titre:
Dabans Forés.
Le

2

meil à

mai 1927, l'Académie remit un jeton de ver¬
Prosper Estieu. Cette cérémonie fut précédée

�lo

GAI

saber

215

allocution de Joseph Anglade. Avec son es¬
fine bonhomie, sa grande érudition, l'émiment professeur rappela l'amitié
qui unissait Prosper
Estieu et Antonin Perbosc, et les félicita chaude¬
ment pour les résultats obtenus. Tous deux avaient
forgé une langue nouvelle aux sonorités éclatantes
•et redonné la vie à de vieux mots oubliés. La
langue
était en pleine résurrection. «La
poésie occitane a
par une
prit, sa

fait ce miracle». Ils avaient réalisé leur programme
de 1900.

Comme Estieu, Perbosc avait compris le précieux
appui qu'il trouverait dans l'Académie des Jeux Flo¬
raux, spécialement par les concours annuels. Mem¬
bre très actif et très assidu des commissions

de la

Langue d'oc, il examinait les pièces présentées avec
■compétencè et minutie dans un esprit de justice ab¬
solue, prodiguant ses conseils aux jeunes poètes.
Par sa profession d'instituteur, il avait acquis de sé¬
rieuses qualités pédagogiques. Il pouvait bien ensei¬
gner parce qu'il savait beaucoup dans les ordres
les plus divers. D'une culture générale très éten¬
due, possédant à fond l'histoire de' France et
l'histoire méridionale, la technique de la langue
d'oc en ce qui concerne le vocabulaire, la grammaire,
la graphie, la prononciation, connaissant bien la vie
rurale, les travaux des champs, en contact avec les
habitants des campagnes, il était réellementun grand
maître et un grand poète. Doté d'une forte person¬
nalité, il se plia volontiers et de très bonne grâce à
la discipline académique, à nos règlements, à nos
traditions. Académicien modèle, il prendra place
parmi ceux des maîtres ès-Jeux qui ont fait le plus
■d'honneur à notre antique compagnie.
Robert
Secrétaire

de

BOYER-MONTÉGUT,

perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux.

�2l6

LO

GAI

SABEK.

III
En

remontant bien loin dans mes souvenirs, je merappelle Antonin Perbosc dans sa jeunesse — dans
sa
jeunesse des environs de la trentième année.
C'était aux distributions des prix de YEscolo
Moundino. Cela se passait dans la salle du Conser¬
vatoire de Toulouse, dans la grande salle, beaucoup
trop grande pour les trente ou quarante membres ou
amis soit du Félibrige, soit du «patois», soit du Vieux
Toulouse, qui se groupaient aux premières chaises
devant l'estrade, et qui donnaient bien l'impression,
hélàs ! que la salle du Conservatoire, comme la na¬
ture, avait horreur du vide. Cela se faisait, comme
on dit, «à la bonne franquette».
Aussi bien le Capiscol et le Bureau de l'Escolo dialoguaient avec le
public. Chacun, à son tour, y disait des vers.
Nous ne manquions pas ces modestes félibrées,
Armand Prayiel et moi, étudiants et déjà félibres,
pour l'amour de Mireille, de Godolin et de Fourès.
C'est à ces humbles séances que nous vîmes pour les
premières fois Estieu et Perbosc. Quoiqu'intimes_
amis, instituteurs tous deux, comme on sait, ils for¬
maient le plus hardi contraste.
Grand et puissant, Estieu arborait déjà cette noble
chevelure de lion et cette belle barbe de jais qui le
faisaient ressembler à un émir sarrasin. Perbosc,
long et maigre, avec ses cheveux plutôt courts et sa
barbiche blonde ou rousse, perché sur ses jambes
comme un
épervier sur ses hautes pattes, Perbosc
siégeait dans la jurado en costume de voyage, et il
disait ses vers, sur l'estrade, vêtu d'un long cachepoussière gris qui lui donnait l'air moins d'un poète
que d'un touriste dépaysé.
Tandis qu'Estieu disait des vers aux splendeurs
romantiques d'une voix d'airain, d'une voix magni¬
fique et musicale, Perbosc disait les siens timidement,sans aucun
art, plus que médiocrement et ils ne pas-

�LO

saient pas

la

laire, déjà

rare et

-aux

GAI

SABER

217

d'autant plus que son vocabu¬
recherché, était moins accessible

rampe,

auditeurs.

Perbosc a,

du reste, toujours dit ses vers ainsi.
1895-, il était presque inconnu, sauf des
initiés qui savaient que Mistral lui avait fait donner
dès 1892 la cigale de Fourès, la Cigala de la Libertat. Mais depuis, dans les grandes Sainte-Estelle du
Félibrige, quand Perbosc, devenu célèbre, disait de
ses vers, on l'écoutait avec
respect, certes, et avec
vénération, mais il ne faisait aucun effet. On l'ap¬
plaudissait longuement parce que c'était lui.

Alors,

vers

Les vers, comme la musique, ont besoin d'être bien
«présentés», surtout les vers classiques, fins et tout
en nuances
comme ceux de Perbosc et de La Fon¬
taine. Il aurait fallu à Perbosc un diseur, un jou-

glar

comme celui d'Achille Mir, ou un talent de
«diseur» et presque de comédien, dans le bon sens du
mot, comme l'avait Jasmin. Les vers de Perbosc, il
-aurait fallu les «dire» comme les artistes de la Co¬
médie Française ou de l'Odéon «disent» les fables de
La Fontaine.
Mais

comme

il les disait

lui-même, le

nez sur son

en cache-poussière gris ou jaune, cela pa¬
raissait vide et, pourquoi ne pas le dire, long et en¬
nuyeux. Heureusement que ces vers-là nous les
avons dans ses livres, dans ses admirables livres où

papier, et

nous pouvons les savourer à loisir, et où le majorai
abbé Salvat, dans les leçons sur Antonin Perbosc à
l'Institut Catholique de Toulouse, nous a révélé-?
maintes richesses encore insoupçonnées.

J.-ROZÈS

DE

BROUSS^'c^'

capiscòl de l'Escòla Occitana.

.

.

C

•••

�2 I

8

LO

GAI SABER

SOUVENIR
Le jour des morts s'achève en un rayon,
dernier adieu du couchant.

soudain,,

Les cimetières fleuris vont retrouver leur silence
sommeil de cette nuit de No¬
vembre. Je pense aux morts; à «mes» morts, à tousles morts.
et leur solitude dans le

Je pense à vous, Perbosc, car je ne peux, ce soir,,
dissocier votre image de celle des êtres chers avec
qui vous étiez uni par les liens de la plus cordiale
et la plus durable des amitiés...
Perbosc ! Quand mon père (i) me parlait de vous,
c'était toujours avec respect et admiration, et je ne
sais si c'est le poète ou si c'est l'homme qu'il admi¬
rait le plus en vous.
Vous

apparteniez en effet, l'un et l'autre, à cette
catégorie d'esprits généreux et purs que la vie, mal¬
gré ses laideurs, ne parvint jamais à ternir. Vous
étiez au dessus des mesquineries et des turpitudes...
et vous placiez si haut votre idéal que votre rêve debeauté devenait pour vous vérité, réalité.
J'ai, ce soir, sous les yeux, une de vos lettres. Elle
du 28 août 1907 ; vous étiez alors à Comberouger, et vous invitiez mes parents à une pêche aux
écrevisses que vous comptiez aller faire à Gariès avec
Carrière et Solomiac !
est datée

Mais si l'invitation tient

quelques lignes, troisde votre écriture fine et régulière sont l'exprëssion du « démon » qui vous tient, le reflet sponen

pages

(1) Il s'agit de M. Jean Hinard, instituteur, ami et disciple
Perbosc, qui collabora à la publication des ContesPopulaires.
d'Antonin

�LO GAI SABER

219

rtané de
vous

votre bel enthousiasme
pour l'œuvre dont
n'avez cessé d'être jusqu'au dernier souffle l'in¬

fatigable artisan.
Je la relis avec émotion

:

28-7-1907.
Chers

amis,

Vos excuses sont les nôtres ; votre travail et vos
îles connaissons: donc, n'en parlons pas.

soucis,

nous

n'a pas un moment de repos. Quant à moi, que
dirai-je? J'ai entrepris beaucoup de travaux divers qui se
nuisent réciproquement. Ce qui m'ennuie surtout, c'est le dé-sordre paperassier qui en résulte. Avec cela, vous ne sauriez
croire la quantité de lettres que j'ai à écrire pour répondre à
•des félibres qui me prient de les renseigner sur ceci et cela. Il
•en vient de Suède et du Portugal... sans parler de ceux d'Occitanie: ceux-ci sont le plus souvent de ces arrivistes naïfs qui
«écrivent en patois parce qu'ils sont incapables d'écrire en fran¬
çais», comme a dit justement quelqu'un, et dont le plus clair
•idéal est de devenir officiers d'Académie ! Je n'exagère pas.
Ma femme

vous

Mon beau-frère et ma belle-sœur seront ici du 6 au 12 août ;
Carrière et les siens viendront la semaine suivante. A cette

-époque, je veux dire vers le 15 août, je vous écrirai, ou plutôt
vous ferez bien de venir passer une journée vers la fin de la
semaine prochaine, je veux dire entre le 4 et le 11 ou 12, pour
que nous fixions à quelle date vous pourre\ revenir passer deux
ou trois jours
(car nous ne pouvons, malheureusement, loger
que peu de monde à la fois). Nous aurons à organiser, en par¬
ticulier, une pèche aux écrevisses à Gariès avec Solomiac ; je
tâcherai que vous soyez de la partie. Si vous êtes là, nous irons
en
voiture au lieu d'y aller à bicyclette. (Il y a environ 10
kilom. à faire). Tout cela est un peu vague, vous le voyez : vous
m'aiderez à faire aboutir ce projet.
Si j'avais eu le temps, j'aurais publié d'autres contes de Lo\e.
•Ceux que j'ai donnés sont très bons ; il y en a d'autres, excel¬
lents aussi, qui attendent.

Je

vous

ai envoyé la Tradition pour vous engager à deman¬

à vos élèves actuels. Seulement, si vous
je vous prierai de les traduire vous-même
•(j'ai voulu vous montrer comment il faut s'y prendre : ce n'est
pas difficile : ce qu'il faut éviter, c'est de les gâter par une tratruction trop littéraire; il faut tout simplement, autant qu'on
le peut, traduire littéralement). C'est sous votre signature
qu'on en publiera, quand vous voudrez, soit dans la Tradition,
der de

nouveaux

contes

récoltez des contes,

•

--soit dans la Revue du Traditionnisme.

I

�LO

220

GAI

SABER

Nous

parlerons à loisir de tout cela.
publication pour laquelle vous me fournirez
peut-être quelques documents : les Contes licencieux de l'Aqui¬
taine, magnifique édition en 3 volumes (à 20 fr. le volume). Le
Ier va paraître, et je pourrai sans doute vous donner, quand
vous viendrez, l'exemplaire que je vous réserve.—
Vous pensez
bien que ce livre n'est pas pour les petites filles dont on coupe
le pain en tartines ...
Je vais faire imprimer aussi le Langage des Bêtes; mais vous
aurez encore le
temps de me donner ce que vous aurez trouvé.
Vous verrez que la collection est devenue très importante, et
Et aussi d'une

d'une

saveur

!

Ne m'obligez pas à vous inviter de nouveau à
venir, quand vous voudrez (voilà encore la meilleure date 1) pour
fixer la date plus sérieuse où vous viendrez pour passer quel¬
ques jours. Surtout, ne craignez pas de me déranger à cause
de mon travail, car malgré toutes mes occupations, je ne de¬
mande pas mieux que de me reposer quelques bonnes journéesen franches
causeries amicales.
A bientôt !

Nous

vous

embrassons tous bien cordialement.
A.

1907
nets

PERBOSC.

! C'est l'époque où paraissaient les douze son¬

occitans de L'Arada avec, en exergue, ces vers-

qui sont

une

vraie profession de foi :
A mos reires
Los lauraires

Qu'an virât

e revirat
Lo terraire

Que, trobaire,
Ai cantat

e

cantarai

Tant que

viurai.

Cette promesse, faite dans l'enthousiasme sacré
de la création et dans la joie de la jeunesse, vous
l'avez tenue jusqu'à l'âge de 83 ans.

Je vous ai vu quelques jours à peine avant le
grand départ, blotti sous les couvertures, grelottant
et les mains glacées, et pourtant, ouvrier infatigable,
chercheur inassouvi, vous traduisiez en vers occitans
jeunes et pleins de malice les fables de La Fontaine.
Le génie du grand fabuliste était à votre mesure ;
sûr de votre langue, riche d'un vocabulaire étendu

�lo

gai

saber

et d'une

221

syntaxe parfaite, vous traitiez avec le Maî¬
d'égal à égal. Votre âme de conteur était sœur
■de la sienne. Et rien ne me sembla jamais plus émou¬
vant que cet ultime tournoi engagé, par une dernière
élégance, au seuil même de la mort, et dont vous
■sortiez si souvent vainqueur !
D'autres plus qualifiés diront mieux que moi vos
mérites de poète, de folkloriste et de divin chantre
du terroir ; je ne veux, ce soir, apporter à votre
souvenir que l'offrande du modeste témoignage que
je viens rendre à «l'HOMME» que vous fûtes, à vo¬
tre patience de bon ouvrier de
la langue et de la
pensée, à votre âme simple et droite, à votre cœur
si largement ouvert à toutes les émotions, à votre
-énergie qui semblait inépuisable, à votre érudition
de savant linguiste, à votre ferveur d'artiste, à votre
essor d'alouette qui vous souleva hors du sillon ancestral pour vous porter vers les plus hauts sommets
•de la vie spirituelle où rayonne la Beauté.
tre

André HINARD.

�222

LO

AL

GAI SABER

LUSCRE D'UNA VIDA

La darrièra serada

d'Antonin PERBOSC
Lo solelh èra
dula caminàban

encara

naut, las

entremètz las

agulhas de la
sièis

e

pen~
las sèt oras,

quand arribèri, aquel ser d'agost, dabant la grilha
fòra-vila, lo mèstre demoraba.
De la rota, veziai de lènc la fenèstra de sa cramba, virada del costat ont lo solelh se lèva, e sabiai
que darrièr aquelas parets, darrièr aquelas vitras
entredubèrtas, lo grand trobaire, dosament, sens sen'avizar, s'escantisia.
del ostalet ont,

L'abiai vist sobent, dins aquela pasa ; de còps semblaba que sa verturoza constitucion dibia
prene lo

desus, mas la flamba de l'esperansa s'amenuzia
ieu, l'endeman.

en

Donc, aquel disate, lo cinc d'agost, me venguèri
sietar, com àbiai fait tant sobent, à trabès lo lèch
ont lo
grand trobaire, sens sofrensa vizibla, èra
alongat dempèi quauquis mezes.
Aqul, coma pertot al entorn d'el, fan siaud ; es la
régla del ostal dempèi totjorn, perque cadun respècta
lo soscadis e lo trabalh del mèstre. Contra la
paret,
dins son cadre, son diplôme de mèstre en
Jòcs Florals ; dins un canton de la cramba, sa pichona-filha
tira l'agulha, trabalha en silenci e li ten

companha.
tragedia val melhor
de crenta, cal parlar,
sorire, li trobar melhora mina, li portar los resons
de la vila prêcha. S'asabenta de tôt, vòl saber loE

la comedia comensa, la
dire. Lo còr plen de tristum,

�LO GAI SABER

223

comportament de las tropas germanas que trepéjan
son
Carsin, e lors darrièras malafachas. Al raconte
de las arrestacions, de las
deportacions, de las tor¬
turas, lo grand patriòta croza sas mans e l'ai vist,
el qu'es sus l'endalhèra de la
mòrt, planhe los autris ; e son èime, plen del amor de la libertat, tròba
encara la fòrsa de se revoltar.

Enfin, d'el-mème e coma per casar de sa pensada
imaje de la Patria martira, parla de sò que
foguèt, tota sa vida, sa preocupacion. Pantaisa ben
un pauc, sa
votz es flaca ; voldriai acorsir ma vizita,
lo triste

mas

me

reten, garda ma

man

dins la

seuna :

«Demo-

ratz, me dis, abètz ben lo temps.»
Lo temps ! De sigur l'ai, e voldriai li n' donar mai
! Es que lo tornarai veze deman ?

encara

Sò que

lo tracasa es de poder plus escriure ni legir
una gròsa lopia sus la flasada, à trabès
el, mas es pas com abant e acò lo destermena e l'enuja. Se fa legir las revistas, tôt sò que recèp pertocant la lenga ; es al corent de tôt sò
que s'escriu,
e critica,
apròba ambe la mèma aseguransa, ambe
lo même sanitos jujament.
trop. A ben

Aquel ser, me parla d'un article sus Léon Cladèl
qu'a trobat dins un jornalet e, amb una memòria que
fa mon admiracion, m'ensenha los libres de l'escriban carsinòl que se pòdon encara trobar.
Parla dosament coma totjorn, pantaisant un pauc;
per que se pauze, li raconti tôt sò que me pasa pel
cap ; m'escota, mas sap à punt tornar menar la conversacion del biais que vòl; e quora me lèvi e que
me sarra encara un
còp longament la man, sabi pas
s'es per un adiu o se la vida triomfarà encara quau-

quis jorns de la mòrt.
De-fòra,
Lo solelh

un
es

auzèl canta, sercant déjà son jocal.
desendut darrièr lo pèch. Luscre d'un

jorn ! Luscre d'una vida !

�LO

224

GAI

SABER

laisèri aquela demòra ont tant de
poèmes, tant de contes, tant de caps-d'òbra an vist
lo jorn, e, dabant l'imminensa de la Mòrt qu'anaba
prendre à l'Occitania son plus grand poète, mezurabi
la pèrda immensa qu'anàbem faire, tota la soma de
Plen de tristum,

coneisensa que s'anaba avalir com un lum que
cantls e, melhor qu'un autre belèu, à cauza de
que
ma

s'esl'ora

veniai de viure, lo primièr de totis à cauza de
presentida, los punhs sarrats, ajèri una pensada

de révolta contra la

fatalitat.

L' endeman, lo dimenche, entremètz onze oras e
mièch-jorn, à l'ora ont los campanals bronzisian dins
l'esperansa de la pròcha liberacion, Perbòsc dintraba dins l'Immortalitat.

PÈIRE GARDES.

�LO

GAI

SABER

225

Bibliographie d'Antonin PERBOSC
PERBOSC (Antonin).
—

—

—
Monographie de Lacapelle-Livron
(T.-et-G.). Montauban, Forestié, 1888. In-8, 38 p.
Remembransa (poème occitan). Bibliotèca occitana
de &lt; Mont-Segur », s.
1., 1902. In-12, 24p.
Lo Got Occitan (poèmes occitans, am traduccion
franceza, abant-prepaus de Prosper Estieu, melodias de Paul "Viciai e Paul Rejin), Tolo\a, Bibliotèca
occitana de « Mont-Segur », 1903. In-8, XII-306
p. =
2° edicion (poèmes occitans, am trad- fr.,
Brève his¬
toire de la langue d'Oc, Règles pour la lecture occi¬

tane), Toulouse, Privât; Paris, Didier, 1932. In-8,
XXII-328 p. (Bibliotèca del Gai Saber, III).
Cansons del Got Occitan, trobas d'Antonin Perbosc, melodias
de Paul "Vidal e Paul Rejin. Tolo\a, Bibl.occit. de
«
Mont-Segur », 1904. In-8, 16 p.
PERBOSC (Antonin). Contes populars gascons, traduits
per
Miquel Ventura-Balanya, Reus, 1905. ( Bibliotèca
« Foc-Nou
», I).
L'Arada, sonets occitans am un revirament en verses francezes
per Arnaud Ferrand. Tolo\a, J. Marqueste, 1906. In-8, 40 p.
—

Contes licencieux de

l'Aquitaine recueillis par Galiot et CerParis, Gustave Ficker, s. d. In-8, 210 p.
(Contribution au folklore érotique, III).
PERBOSC (Antonin). — Anthologie d'un Centenaire, pages
choisies des écrivains tarn-et-garonnais (1808-1908),
prosateurs. Montauban, Masson, 1908. In-8, XVI —
camons.

240 p.

Guilhèm de Toloza (poème occitan am trad. fr.), 7blo\a, Privât, 1908. In-8, 56 p.
Contes populaires de la Vallée du Lambon, recueillis par
la Société traditionniste de Comberouger, traduits
par Antonin Perbosc (texte occitan et trad. fr.).
Montatiban, Masson, 1914. In-12, XVI — 96 p.
PERBOSC (Antonin). — La Pastorèla, poème occitan ( am
trad. fr.). Toulouse, Guitard, 1921. In-8, 24 p. (Inséré
dans Lo Libre dels Auzèls).
Soleillette, Paris, Coquette Edition. In-16, 58 p.
—

—

�2

LO

26

GAI

SABER
.

(Antonin). — Las Cansons del Pòple (poème oc¬
citan). Tolo\a, Editions de la Revista mu\icala occitana, 1923. Gr. in-12, 64 p.
La Debanadora, contes e burlas del campèstre am
un Elucidari del Debanaire e un Estampèl de Paul
Rolland. Toulouse, « Oc » Aux éditions du Travail,
1924. Gr. in-12, 88 p.

PERBOSC

—

—

Las Femnas reguergas

—

(poème occitan). Tolo\a, Edi¬

1924. Gr. in-12, 16 p.
Lo Libre dels Auzèls (poèmes occitans am traduccion franceza). Tolo\a-Paris, Editions &lt;. Occitania »,
1924. Gr. in-12, 208 p.

tions

«

Occitania

»,

populaires de la Vallée de la Bonnette, recueillis
ar des élèves des écoles de Loze sous la direction
e M. Jean
Hinard, traduits par Antonin Perbosc
(texte occitan et traduction française). Paris, Cham¬
pion ; Montauban, Masson, 1924. In-12, XVI —80 p.
Psophos (A. Perbosc), contes, burlas e petôfias de tôt vent.
(Poèmes occitans ambe nôtas e glosari occitan-francés). Tolo\a-Paris, Editions « Occitania », 1925. In-

Gontes

16, 120 p.
PERBOSC

(Antonin).

—

Les langues de France à l'Ecole.
Editorial Occitan, 1926. In-

Toulouse, Collection Oc,
8, 56 p.
—

—

—

Bibliographie occitane (Quercy et Tarn-et-Garonne).
Toulouse-Paris, Editions «Occitania», 1926. In-8,24 p.
et Sévérin Canal. — Coutumes de Verlhac-Tescou,
avec une introduction et Un glossaire. Toulouse-Pa¬
ris, Editions « Occitania », 1929. In-8, 24 p. (Extr. du
Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Ga¬
ronne, t. LV, année 1927).
et Séverin Canal. — Coutumes de Gourdon, avec
une introduction
et un glossaire. Toulouse-Paris,
Editions &lt; Occitania », 1929. In-8, 24 p. (Extr. de Divona, nov.

—

1928).

et Séverin Canal. — Coutumes
Penne et de Lapenche, avec une

de Labastide-de-

introduction et un
glossaire. Toulouse-Paris, Editions &lt;eOccitaniai,, 1930.
In-8, 36 p. (Extr. du Recueil de l'Académie de Mon¬
tauban, IL série, t.

—

—

38).,

Canal. — Leudaire de Montauban ( avec
une introduction
et un glossaire). Paris, Editions
« Occcitania »,
1930. In^8, 16 p.
et Séverin

occitans am tra¬
Tolo\a-Parïs, Editions « Occita¬

Segond Libre dels Auzèls (poèmes

duction franceza),
nia »,

1930. Gr. in-12, 224 p.

�SABER

GAI

LO

227

(Antonin) et Séverin Canal. — La Charte de
de La Chapelle Moissagaise (avec une in¬
troduction). Paris, /mprimeric Nationale, 1932. In-8,
8 p. (Extrait du Bulletin philologique et historique).
Fablèls, contes vièls e novèls (am un glosari occitan-francés). Paris, Occitania, 1936. ln-12, 140 p.

PERBOSC

coutumes

—

—

Fablèls calhôls (am un

glosari occitan-francés). Pa¬

ris, Occitania, 1936. In-12, 164 p.

i'azia parlai- los muts, fablèl de Garin trèsoccitan per l'autor de « Psophos », imajat
Barlanga. Paris, Edicions Occitania, 1936. In-8,

Lo Cabalier que

colat

en

per
30 p.

PRÉFACES
1895.

Lou Terradou (Prosper Estieu)
Cansous Ouccitanos (Alban Vergne)
Camrosos Carsinolos (Auguste Quercy)
Consous del Rouergue (Gustave

1903.
1911.
Bessière) 1914.

Capbat la Lana (Emmanuel

Delbousquet) 1924.
1926.

Mon Solas (Pèire-Jèp Bédard)
Poésies complètes de Paul Froment
La begenda

(Sonnet-préface) 1932.

d'Esclarmonda (Valèri Bernard) 1936.
Poésies de Léon Cladel (en français) 1936.
Lo Bestiari de la Borda (Frédéric Cayrou) 1941.
Antonin Perbosc a publié quelques poésies françaises
dans La Revue Félibréenne, La Revue Méridionale, etc.,.
Nombreux poèmes occitans, articles de doctrine, de pro¬
pagande, de polémique, de critique, etc... en occitan et en
français, dans Le Gril, Le Calcl, Le Lengodoucian, La Cigalo
d'Or, La Revue Félibréenne, La Revue Méridionale, Terro
d'Oc, Mount-Segur, Mont-Segur, Occitania, l'Estello, Feuil¬
les au Vent, Le Travail, Tolosa, Lo Gai Saber, La Cigalo Lengadouciano. Oc, Revue du Traditionnisme français, Folklore,
Revue du Folklore français, Divona, Bulletin de la Société
Archéologique du Tarn-et-Garonne, Recueil de l'Académie de
Montauban, Bulletin philologique et historique, Recueil de
l'Académie des Jeux Floraux, Feu Follet, Revue de l'Agenais,

Journal dé l'Aveyron, Le mou J, Reclams de Biarn e Gascougne, La Tradition, Almanac Carsinol, etc...
Pseudonymes : Romanès, Ramon de la Barta, La Cigala
la Libertat, etc...

SUR ANTONIN PERBOSC
ROZÈS de BROUSSE (Jr). — Antho¬
du Félibrige. Paris, Nouvelle Librairie Natio¬

A CONSULTER
PRAVIEL (Armand) et

logie

nale, 1909.

.

�228

lo

gai

saber

(Ernest) et VÉRAN (Jules).— Anthologie de l'A¬
Provençal. Paris, Mercure de France, 1909.
PRAVIEL (Armand). — L'Empire du Soleil. Toulouse, Privât,
GAUBERT

mour

1911.

BEVER

(Van).
t.

La

Les Poètes du Terroir. Paris, Delagrave.

—

II, 1920.

Revue Méridionale

L'Ame

(avril 1904). — Etude sur Lo Gòt Oc¬
citan, par Achille Rouquet.
Latine (mars 1904). — Antonin Perbosc,
par Pierre
Fons.

Catalonia

(août 1906). Article de Pere Fort.
(15 août 1924) : Le Livre des Oiseaux
d'Antonin Perbosc, par le Docteur Soula. (Reproduit
dans l'Almanach Occitan de 1927).

La Revue Hebdomadaire

Lo Gai Saber

(février 1932)

:

Antonin Perbosc chantre des

Oiseaux ; (nov. 1932) : Antonin Perbosc chantre de
la Vigne, par l'abbé Salvat ; (février 1937) : Los Fablèls d'Antonin Perbosc, per Maria Baraillé.
La Paraula Cristiana
tura

(mars 1932)
occitana, A. Perbosc

:
e

vat.
Lo Grel Carsinol
avec une

Dos mèstres de la litera/P. Estieu, per l'abat Sal¬

(juin 1937) : n° spécial dédié à Perbosc,
Anthologie du poète et une étude par J.-P.

Régis.
Ouercy (sept.-oct.-nov. 1942) : Anthologie de poètes quercynois

Revue

Oc

contemporains, Antonin Perbosc, per G.-H. Lafage, deux poèmes inédits.
du. Tarn (15 déc. 1942) : A. Perbosc et la Renaissance
Occitane ; (15 mars et 15 juin 1943) : L'Œuvre d'An¬
tonin Perbosc, par Louisà Paulin.

(est.-aut. IV. 44): Omenatge
Castan.

Revue du Languedoc (15 nov.
Paul Rolland.

a

Antonin Perbosc,

1944)

:

per

Fèlis

Antonin Perbosc,

Les Prix littéraire et

par

scientifique Sully-Olivier de Serres {s.
Antonin Perbosc, par Charles-Brun.
Nombreuses études dans de multiples journaux français,
occitans, catalans, etc...

d.)

:

Joseph SALVAT.

�LO

GAI

SABER

22Ç

A L'ACADEMIE DES JEUX FLORAUX

Pour la cinquième fois, l'Académie des Jeux Floraux
décernera, en 1947, le Grand Prix de Poésie FabienArtigue de 10.000 francs à un recueil de poésies en
langue d'Oc. Les lauréats de ce prix ont été en 1931
Albert Pestour avec LAutura envibtada, en 1935
Paul-Louis Grenier avec La Dama •à l'Unicòrn, en
1939 M'"" Simone Gay avec Lluita amb VAngel, en
1943 l'abbé Sylvain Toulze avec La Canta del Faidit.
Le recueil doit avoir été

imprimé dans les années
1943, 1944, 1945 ou 1946 ; en raison des circonstances,
il peut être inédit, mais il doit être envoyé au moins en
trois exemplaires.
Tous les dialectes occitans sont admis à

qui

sera

ce

concours,

clos le 31 décembre 1946.

A défaut d'un recueil de'

poésies, l'Académie peut
de prose, ou même une étude en
français (histoire, critique, philologie, folklore) se rap¬
portant à la langue d'Oc.
couronner un

ouvrage

LA DIRECTION.

�LO

230

GAI SABER

LIBRES

NOVÈLS

I. POEZIA

Sorgas, per Loïzà Paulin (petit in-4, 48 p.) Privât, Toulouse;
Fresca, per Loïzà Paulin (in-8, 108 p.) Bibliothèque de la Re¬

Lo Bestiari de la Bòrda, per Frédéric
Montauban.— La Tèrra e l'Ostal, per Jùli Cubaynes (in-16, 266 p.) Imprenta éditorial Altes,
Barcelona.
L'Agounio al ort dels Onliviers, per Jùli Cubay¬
nes, (32 p.) Imprimario catoulico, Brivo-la-Galhardo. — Re¬
clams d'Omar Khayyam, per Calelhon (in-16, 122 p.) Carrère,
Rodez.— Al bulal del COr, per Enric Mouly (in-8, 244 p.) Salingardes, Villefranche-de-Rouergue.— LaCanson Carladeza,
per Joari Ladoux (in-8, 206 p.) Estamparia del Miejor, BéLe Bounur, (in-8, 300 p.), Ores del cor, (in-8, 200 p.),
ziers.
Pouemes de Tardou, (in-8, 228 p.) per Jùli Palmade, Fra,
Fouich.— Pals meu e Per l'Ort, per Andriu-J. Boussac, fòra
negòci. — Los Somnis dau Matin, per Max Rouquette (in-8,
42 p) S.E.O.— Somnis de la Nuoch, per Max Rouquette (in-8,
vue

dy. Tarn, Albi.

—

Cayrou (in-8, 96 p.) Forestié,
—

—

bérd de Tarn, per Pèire Gardes (in-8,
Cloucado des Clastres, Moisac. — Fions
de Bonsigo, per Ramoundo Tricoire (in-8,112p.)Impr. Farré,
Foix ; Fnmarèls, per Ramoundo Tricoire (in-8, 64 p.) Impr.
Delaye, Pamiers.— Poemes sens Poesia, per Caries Campros
(in-16, 70 p.) S.E.O. — Entre l'Esper e l'Absencia, per Renat
Nelli (24 p.) Messatges.— MasSegasons,per Ernest Pefourque
(in-8, 132 p.) Forestié, Montauban.— Pimpaneletas de mon Ort,
per Marcel Carrières (16 p.) Douladoure, Toulouse. — La
Mort de la Cigalo, per J. Tellier (10 p.) Impr. J. Lombard,

36 p.) Messatges. — Al
124 p.) Ediciou de la

Narbonne.— Lou Bouquet cauzit, per
Mei

Bengaloï de Merviel.—

porte-plume, per L. Piat.

La letradura d'òc, la poezia lengadociana de las
annadas pasadas mai que mai, espelìs dins fòrsa li¬
bres de primièra. Los auvaris d'avans e de pendent

guèrra

an pas empachat escrivans e
brave manat d'òbras legidas

editors de nos

amb plazer e,
còps, amb admiracion. S'es parlât en son temps
dins lo Gai Saber de las mai mercantas. Las notam
aici per remembre : lo legeire aurà pas que se portar

ofrir

un

de

als

numéros

ja pareguts per

n'aber

una

analizi mai

�LO

GAI

SABER

231

e de Fresca, de la paudel Bestiari de la Borda del beluguejant Frédéric Cayrou ; de La Terra e l'Ostal
del mèstre trobaire Jùli Cubaynes. Obras sansas,
granadas, escritas amb un mestièr e una mestriza
ont se pòd pas trobar res à dire ; fan onor à las letras e ténon sa plasa,
c pas de las menudas, còsta
los monuments immortals dels grands obrièrs de la
respelida. Remembri encara Poemas sens poe^ia
de Caries Campros que n'ai dit tôt lo ben que n'
pensabi dins lo n° consacrât à la lenga d'òc en Alemanha, e pasi als autres.

prigonda. S'agis de Sorgas
Loïza Paulin ;

ra

Una

pagina d'Evangèli en tròbas simplas,

prigon-

das, comolas d'emocion, en lenga de païzan nôbla e
sansa : acò 's VAgounio
al Ort dels Ouliviers. Calia 'n mistic, un prèire, un poeta per traire de l'Escritura Santa una meditacion originala e pas traïdora. L'abat Cubaynes, un còp de mai, a fait òbra
mèstra, e lo grand drame de la Redemcion acceptada

per

sens

l'Ome-Dieu tròba ent' à-n-el son trobaire
e son cantre plen de buf e d'engenh.

flaquièra

del Islam que Calelhon s'es verïgunos balha del bèl trobador arabi
Omar Khayyam una adaptacion que manca pas de
biais. Lo trabal èra pas aizit de sazir l'èime emplenat de lirisme mistic e estrange del persan. Se, de
còps, l'òbra pèca davans un prefait dificultos, es un
meriti per l'autor de l'aber entrepreza aprèp tant
d'autres e, gracia à la nòstra lenga, de nos esmòure
al engenh immortal del vièlh oriental. Dins Al bu-

da

Es à la sorga
abeurar. E

fal del Còr, lo bon prozator roergat Enric Mouly
s'es fait poète e se, de còps que i a, son inspiracion
se vestis
pas de tota Loriginalitat qu'òm atendria
d'el, esta pas que lo libre càup de pèsas plan vengudas e de trôbas de primièra. Legisètz aquela :
Mon còr

es una

nauc

pe\uca

Emmarada dins l'océan
ont

gornha l'èrsa que la truca

...

�LO

232

GAI

SABER

Osca pel

Mouly e lo legiscam sovent. Remembres,
images, omenages, pèsas de circonstancia,
pregarias, amb tôt acò Joan Ladoux es arribat à
amanar un
polit libre que se legls amb plazer, sens
lasièra. Qualquas leugèras dècas de morfologìa o de
sintaxi, una inspiracion un pauc flaca qualque côp
empàchan pas que la Canson Carlade^a ten bona
plasa dins una bibliotèca felibrenca.
cansons,.

Très libres an espelit josla pluma de Juli
Palmade,
lo valent secretari de « TEscolo deras Pireneos » :
Le Bounur, Ores del Cor, Pouemos de Tardons
Caldria mai de plasa per analizar una òbra
d'inspiracion sansa, personala al punt que, de

còps, l'originalitat n'estona. La definicion del poète, la manlevam al

autor :

Cadun

nostre

ascampilhèn pensàdes
p'al cor semcnàdes.
Oun aima les pu bèlhes qu'anguirlanden
Vesprit,
An qui l'âma se prè\a, se proumena, se brèssa,
Coum' oun aima 7 cami oun passée
la junéssa ...
Que

Aqui i
ami?

en

roun

couma caminots soun

Palmade amb sas qualitats majoras,
défauts. Qun domage que consentiga pas à

a tôt

sos

despelhar

un pauc sa bêla lenga del Donezan d'aquefarda rota e mal petasada que n'acata la
belor, e que trobem chaz el de mots coma oustertsuèr, neen, espassa o espaça, e qu'un sonet de pri-

la paura

mièra

:

la

rò^a, s'acabe

sus una tròba ranca ! La ri-

de la pensada diuria pas patir aquelas flaquièlenga e de prozodia : un artiste vertadièr se
deminga amb un utls e una matèria endecats.
quesa
ras de

En remembre de son eleccion al majoralat, A.-J.
Boussac a mandat als sius amies dos libròts : Per
V Ort e Pais meu ont lo critic e lo comedian se fan

poète. E aquels dotzencS son pron plan enlevais,
mas, se l'inspiracion es plus lèu descriutiva que lirica, de polits images nos fan trobar agradiu l'òrt e
lo païs del autor. Los Somnis dau Matin, Los Somnis de la Nuoch de Max Rouquette nos prezéntan

�LO

una

GAI

SABER

233

poezia jove, plena d'originalitat, d'emocion. de
apetisadìs, aquel tròs :

lirisme. Coma

D'estclas mortas

...

passait dins Ver per sempre mai cercant
los iols, miralhs oblidats dins la nuoch

cmperlejats de lagremas urosas
onte son monde, una ora, de sos fuocs
trentalhava à

sa

vista blosa.

Pèire Gardes, de Moisac, s'inspira sovent del bèl
felibre carsinòl Frédéric Cayrou, e son libre Al bord
de Tarn s'aparenta à Dins sò nòstre o A pòt de
Saco. Es domage que l'autor s'ensaje pas dins un
biais mai personal ont reiisis d'alhors, quand s'i met:
Las doas Rò^as e subretot Lamor del Païs ne son

pròba que se pòd pas discutar. Es tornamai d'Arièja que nos arriban, enviats per na Ramonda Tricoire, Flous de Bousigo e Fumarèls, dos libres
plan venguts de la bona felibresa de Lavelanet. Se
legison amb facilitât, amb plazer. L'autor diu arribar, en trabalhant sa lenga, à mercar dins las letras
una

d'òc.
Sièis pèsas fan lo libre de Renat Nelli Entre l'Esper e V Absencia. Coma que i a pas bezonh de grand
cauza per Se far legir quand l'òbra val quicòm. Jujatz d'aprèp aquel tròs de Lomé e l'TJnicorn, ont,
per l'òme tombât dins l'abisi :
un fil de mel
degota de l'aubre mort
saur

com

un

clar rai de vida.

per la doçor del mel,
demembra l'abts, la bèstia,
e lo fais
de son malastre.
E

L'onèste felibre de Montalban Ernest Pefourque
amanat dins Mas Segasous qualquas pèsas de circonstancia. Lo libre es agradiu e porta, el tant-ben,
a

sa pèira à la respelida. Senhalam per acabar Pimpaneletas de mon Ort de M. Carrières, trait del

�lo

234

gai

saber

suplement al Gai Saber de junh 1936, La Mort de
la Cigalo de J. Tellier, Lou Bouquet cau^it de
JBengaloï de Merviel e una curioza e esmo.venta pèsa
de L. Piat, Mei porte-plume.
E

vaqui lo bèl trabalh que s'es fait en Lengadòc,
pasadas, al òrt de las muzas. E, mon
Dius, acò refresca un pauc dels resons del autre tra¬
balh dels òmes suis prats batalhèrs. E siagan lauzats
los felibres, nòstres amies, de nos aber traits un mo¬
ment dels fums de las bombas e de las polvèras de
las roïnas per nos embelinar d'un pauc d'azur.
las annadas

Abat Paul LASSERRE.

11. LIBRES

PEDAGOGICS

de Grammaire du dialecte-quercynol, per Lois
(in-8, 100 p.) Montauban, Forestié. — Petite gram¬
maire provençale, per V. Rolland (in-12, 76 p.) Maintenance
de Provence.— L'Etymologie par le provençal à l'Ecole pri¬
maire (in-12, 20 p.) ; Chansons provençales commentées (in-12,
32 p.) ; Provençalismes corrigés par le provençal (in-12, 20 p.);
Grammaire provençale (in-12, 48 p.) Ais-de-Provensa, Ed. «dóu
Porto-Aigo».— La Crozada contra los Albigezes, per l'abat
Salvat (in-8, 16 p.); Lo Eelibrige, per l'abat Salvat (in-8, 40 p.) ;
Eléments

Allanche

Principes de lecture et d'écriture occitanes, per l'abat Paul
Lasserre

(in-8, 16 p.) Toloza, Ed. «del Colège d'Occitania

».

La Gramatica de Lois Allanche es una descripcion tota
simpla dels parlars del Tarn-e-Garona. Las categorias
gramaticalas son enumeradas dins l'Ordre acostumat, e
los paradigmes an estât detalhats coma oc cal, mai que
mai los dels vèrbes anomals. La valor maja d'aquela
ôbra es dins los catalôgues d'idiotismes, d'escais, de reprovèrbis, ditas, plan tipics e urozament cauzits. Grafia
mistralenca. Aquela gramatica poiria pas remplasar la
del abat Salvat per l'ensenhament pratic del lengadocian.

�LO

GAI

SABER

235

indispensabla à-n-aquelis qu'au bezonh de coneiparticularitats del Bas-Carci.
Fùrsa interesanta tant-ben lapichona Gramatica provensala de V. Rolland. Ambe 75 pajas, l'autor a estât pron
adret per prezentar al côp la lenga mistralenca, e las
grandas particularitats dialectalas del provensal. La partida pertocant la sintaxi es corta, mas i a sô que cal. De
1939 à 1942, las edicions del «Porto-aigo», à-z-Ais-deProvensa, an publicat, jol tïtol de Essais de pédagogie
régionale, quatre brocaduras plan simplas e al segur
eficasas, per las clasas primarias. La la e la 3a se servison del provensal coma auxiliari de l'ensenhament del
francés, e atal fan justicia d'una forabandida inosenta e
malfazeira, urozament pasada de mòda.
L'Etymologie par le provençal ajuda los joves
escolans à reconeise, dins los mots francezes de formacion sabenta 0 manlevats à la lengas mièjornalas, las
bazis latinas dont lo provensal a milhor gardat las linhas : lo proveilsal jòga aici lo rùlle de «latin del paure».
Les Provençalismes corrigés par le provençal son
al sigur lo libre lo milhor reùsit de la tièra. Abèm déjà
senhalat los ensags semblables dins las gramaticas de
Bouzet e de Mouly. Mas aiciu, abèm af'aire à un pichon
tratat sistematic plan clar e plan menât. Les Chansons
provençales commentées son al côp una cauzida de
Mas

se

es

las

versions, e una iniciacion al folclùre e à la literatura
provensala. Pracò, i a trôp pauc de cansons, e l'inspiracion popularia i ten pas la plasa que caldria. Dins la'
Grammaire provençale an reùsit lo torn, malaizit,
d'amasar, en 44 pajas, las qualitats de la gramatica de
V. Rolland, l'aize dels pichons exercicis d'aplicacion e
l'interès d'una corta tièra de trôses cauzits.

tan-ben, publicats en 1941 pel Colège d'Occitania, les Principes de lecture et d'écriture oc¬
citanes, de l'abat Paul Lasserre. Las réglas de la grafia occitana i son clarament esplicadas, e la segonda part
es una «illustracion de la lenga occitana»
que tôt miejornal deuria soscar avant de se lansar à escriure son
Senhalem

�236

LO

GAI

SABER

parlar mairal. Dins la mèma colleccion pedagogica, lo
Colège d'Occitania a publicat doas brocaduras de l'abat.
Salvat, indispensablas à qun vôl ensenhar las cauzas de
nôstre Mièjorn : la Cro^ada contra los
Albïge^es,
tablèu cronologic plan prezentat, e lo Felibrige, qu'es
sô de milhor
que se pôsca dezirar subre la question : la
natura vertadièra del moviment, son
istôria, son ôbra,.
son endevenir, i son estudiats ambe
precizion e imper-

sonalitat.

Vertat, lo Colège se contenta pas de
escolans de tèxtes de devers : lor a déjà
d'utises de promièra borra.
JOAN

mandar als sius
balhat unatièra.
SÉGUY.

�BOLEGADISA OCCITANA

Lo

Cinquantenari de l'Escdla Carsinôla

Lo

io de novembre
1895, nau montalbanezes abian demandât
Capolièr l'autorizacion de fondar à Montalban una escòla
felibrenca que prendria lo nom d'Escôla Carsinôla.
Lo 17, lo Capolièr Félix Gras donèt, dins una bêla
responsa
piozament conservada pel baile de la Societat, son asentiment
e mandèt sos vôts de
longa vida à l'escôla novèla.
Dempèi, los felibres carsinôls an contuniat, à travès malas¬
tres, dezahicis e mala-pasas, lor prefait ambe valentiza, e aqueste an, per commemorar l'eveniment, la Mantenencia de
Lengadôc decidèt de venir tenir son acamp annadièr dins la ciutat
-d'Ingres e de Bordèla.
Lo ser del 3 de novembre, los primièrs arribats èran convi¬

-al

dais à la Cramba de Comèrce à una velhada felibrenca ont los
decans Ernest Pefourque e Francés Delpouys retrasèron l'ôbra

complida dempèi cinquanta ans. Enfin Andriu Mittelhauser faguèt una interesanta conferencia sus las vièlhas cansons del
terraire que cantèron, de lor bèlavotz, los baritons Vivian Delgal e Razol Cun.
Lo dimenche matin, à nau oras e mièja, lo majorai Pèire
Azema, aprodelatperlo senhe Domergue, durbiguèt l'acamp de
la mantenencia ont se discutèron totas las questions que d'ordinari ocùpan aquela sezilha. Los poders del sendic foguèron renovelats, los de Domergue parèlhament, enfin lo mèstreen Gai
Saber Pèire Gardes e lo mèstre d'ôbra Jozèp Vaylet foguèron,
..per aclamacion, nomenats jos-sendics.
A onze oras, dins la Catedrala ont una fola immensa s'agrumelaba, en prezensa de Mgr Théas, abesque de Montalban,
montàban los cants occitans de Prosper Estieu cantats pels
quatre-vints coristes de la Scolà del Mostiér jos la direccion de
M. l'abat Miquel. Enfin, lo prezic esperat del majorai abat
Salvat espandiguèt las.sonoritats amistozas, de la lenga nôstra
jos la volta sacrada, e lo majorai déportât, retorn de la prezon estranjèra, trobèt aizidament e coma
sol n'a lo secret, lo
camin del côr de cadun, e de tota sa forsa persuaziva vujèt à
totis la fe dins l'an que ven.
A
torn

mièch-jorn, una taulejada acampaba nôstres amies al end'una taula abondoza.

quatre oras, dins la bêla sala Sant-Orens comola de convidats, ont i abia lo secretari général de la Prefectura, lo jos-Prefét, lo Cônse de Montalban, l'inspector d'Academia, lo ProA

�238

LO

GAI

SABER

vizor del

Licèu, una còlha d'universitaris e de personalitats, se
dorbiguèt la sezilha amb un discors del capiscòl Frédéric Cayrou. Pèi lo majorai Pèire Azema diguèt son gauch e sa fiertat
de celebrar aquel cinquantenari e, dins una improvizacion magistrala, definiguèt la doctrina mistralenca. Ambe flamba, ambe fòrsa, amb'eloquencia, lo sendic de la Mantenencia glorifiquèt lo prefait, l'ideial felibrencs e, quand se calèt, jamai l'assistensa acababa pas de clapar de las mans.
L'orchestre jòga ara de pajas de Mirèlha, ded'Arleziana ; l'interès monta, creis, s'espandis, ganha tota la fola. Aqui lo ma¬
jorai abat Salvat que va remetre al abat Juli Cubaynes la cigala de la Libertat portadaen rèire per Antonin Perbôsc. Prezenta son fraire en felibrige e fraire en sacerdòci ambe sa cornunicativa e naturala eloquensa, e l'embrasa enfin en li espillant
sul pitre la cigala d'or.
Lo novèl majorai, ganhat per l'emocion, va respondre; sa
votz s'asegura pauc à pauc, e, aprèp un bèl omenage poetic à
Perbôsc, nos dis lo primièr poème que li mandèt e que desidèt
de

sa

vocacion felibrenca.

La partida oficiala es acabada. La partida
Muzica fina, vièlhas dansas pel grope dels

a'rtistica comensa.
Sauclaires de Lagarda prezentats per Ella Marty, cants subrebèls pels baritons Razol Cun e Vivian Delgal, poèmes de Frédéric Cayrou e
Pèire Gardes, suspreza portada per dôna Artous dels Cigalous Rouergats e, enfin, abant lo cant de «La Montalbaneza» e
de «la Copa», abèm lo .plazer d'auzir una comedia inedita de
Pèire Gardes, L'escapada d'una vali\a, jogada de man de mèstre per l'autor ambel prodèl de sa filha, de dôna Quatre e
d'Enric Lagarde.
Tôt lo disate, tôt lo dimenche, al muzèu del Terraire, lo conservator, lo senhe Pouget, abiarecebut de nombrozes vizitaires.
Oscaper ì'Escòla Carsinòla, vertudoza paizanta decinquanta
ans que mantendrà longtemps dins son
ròdol las bêlas tradicions e la lenga dels aujôls.
Pèire

GARDES.

Lo Centenari de Bessou à Rodés

L'abat Bessou abia viscut longtemps à Rodés.
de la catedrala. La capitaladel Roèrgue sedebia

Èra

canonge

de lofestejar.
Lo dimenche 2 de décembre, una mesa pel repaus de son
ama foguèt dicha à la Catedrala per Monsenh lo canonje Segond, vicari général, qu'èra estât lo darrièr vicari de Bessou.
L'abat Fournier i preziquèt en lenga d'ôc.

�LO GAI SABER

239

mièch, los amies de Bessou se ramozèron al
plan garnida. I abia lo senhe Combes
de Patris, prezident; Monsenh lo vicari général Segond, los
senhes Subervie, cònse de Rodés e R. Bonnefous, conselhèr
.général, lo majorai abat Salvat, lo Director de las Pòstas, lo
Dr Ferdières, lo senhe Fricou, nebot del poète, ambe sa femna,
los felibres roergats Calelhon, Mouly, Vaylet, Laeout, Seguret,
Gayraud, l'abat Fournier, los reprezentants de l'Ensenhament
public e libre, los amies de Bessou. S'èran fach dezencuzar : los
députais Ramadier e Bastide, los majorais Benazet e Lafeuille,
los senhes H. Bousquet e E. Galtier, prezident e secretari de la
A

miechjorn

•entorn

e

d'una taula pron

Societat de las Letras del Avairon.

foguéron portais per Combes de Patris,
canonje Segond, Subervie, lo majorai abat Salvat, lo Dr Fer¬
dières. De felibres se levèron per dire de poezias en l'onor de
Bessou (Calelhon, Vaylet, Laeout) o per légir qualquas pajas de
sas ôbras (Mouly, dòna Andrieu). Sus tota la taulejada se sentisia pasar vertadièrament l'ama de nòstre grand felibre.
Aquela prezensa de Bessou se sentiguèt encara mai quand,
aprèp la taulejada, los felibres roergats prezents, ramozats al
■entorn del canonje Salvat, decidèronde metre una fin als guirguils que los abian despartits, e de tornar lansar lo Grelh Roergat, plus unit quejamai.
Las fèstas del Centenari s'acabèron lo 3 de décembre per una
■conferensa sur Bessou cjue faguèt son grand amie, B. Combes
de Patris. Una ora e miècha de temps, contèt al public de Ro¬
dés sò que foguèt la vida e l'ôbra de Bessou. Lo senhe Buanton legiguèt las plus polidas pajas de nóstre trobaire e de nôsDe brindes arderozes

lo

tre

contaire.

Enric FOURNIER.
A. PARIS

1.

-

En

onor

de Loïs-Savièr de Ricard.

la Municipalitat de «Fontenay-sous-Bois»,
Paris, celebrèt lo' centenari de Loïs-Savièr
de Ricard en inaugurant una carrièra dau nom dau grand Fé¬
déraliste. A l'intrada d'aquela carrièra, una lauza escricha pôr-

Lo 14 de julhet,
dins la banlèga de

ta

aqueles mots :

janvier 1843,
de Nogent
auquel aboutit cette rue
naquit
Louis-Xavier de Ricard,
Le 25

au

Fort

militant

ouvrier,

poète, félibre,

journaliste, romancier,
mort en içii.

�240

LO

La ceremonla

GAI

SABER

d'inauguracion

se faguèt à onze oras. Avian
Lenga d'Oc : i anère ambe Gaussen,
prezident dels &lt;Amics» e Caries-Brun. Prezentats per lo cônse
Fontenoy, prenguèron la paraula : Gaussen, que parlèt dau felibre e dau patriote occitan,
Caries-Brun, qu'evoquèt l'amie e Io
mèstre, enfin un nomenat Cotereau, adjunch au Cônse, que faguèt sa charradisa sus de Ricard poète e socialiste.

convidat los Amies de la

2.

-

En

de Jacint

Verdaguer.
Verdaguer foguèt marcat à Paris :
mai, per los Amies de la Lenga d'Oc, au famos Café

onor

Lo centenari de
lo

il

de

Voltaire

ont

se

rescontrèron,

un côp èra, Mistral e Verda¬
doas charradisas : una dau catalan Ramon
Xuriguerra, l'autra de ieu. Una polida côla de Catalans
avian respondut à nôstre convit.
lo 8 de julhet, per lo
grop catalan Cultura Catalana, prezidida per Nicolau d'Olwer. Polida
manifestacion, ont anère, am¬
be Joan Camp, reprezentar los Occitans. Au
programe : char¬
radisas de Xuriguerra
(Verdaguer, l'ôme), de Nicolau Rubiô
(Verdaguer e «l'enyorança»), de Just Cabot (Notas biograficas);
Rafaël Tasis legiguèt un estudi de Rovira i
Virgili (Verdaguer
poète de las montanhaá) ; poèmes e cants per l'artista catalana.
Lina Valls; cants per la Corala dels Roselhonezes de Paris.
—

guer—; au programe,

Joan LESAFFRE.
Lo 6 de mai 1945, â la Sezilha de la Societat
Arqueologica
de Lavaur, lo senhe Breillat parlèt de Dom
Vaiseta pel Se-

gond Centenari de l'Istôria de Lengadôc, e lo senhe Gaulhet
ael poète vaurés Lucian Mengaud, à l'ocazion del
primièr

centenari de «La Tolozana».
Lo 3 de junh, à Perpinhan, se tenguèron
los
de la Ginèsta d'Aur; los raportaires foguèron,

Jôcs Florals
la lenga
franceza e per la lenga catalana, nôstres escolans e amies
Jozèp Niel e Edmond Brazès.
A Lavaur, lo 1er de julhet, se
festejèt lo Centenari de la
Tolozana, lo cantpopulari.de Mengaud, ambe loconcors de
per

nombrozas societats muzicalas de Toloza.

A Toloza, lo 5 de
julhet, Pompeu Fabra, lo filolôgue cata¬
lan, foguèt proclamât doctor «honoris causa» de l'Universitat. Nôstre amie lo trobaire catalan

profesor de l'Universitat, lauzèt

coma

Jozèp-Sebastian Pons,

sedebial'ôbradePom-

feu
Fabra.
Una corala
La Marselhe\a
Els laSegadors.
à la seguida,
ajèt,
unacantèt
recepcion
al Capitôli eper
Munici-

palitat.

�LO

GAI

SABER

241

Als Jôcs Florals de YEscòla de las Pirenèas
de 1945, nôstres
escolans Paul Sicard e Danton Cazelles
foguèron demest los

primièrs lauréats.

Lo 8 de

setembre, à Malhana e en Avinhon, se
de bêlas fèstas en onor del 115' anniversari de la faguèron •
naisensa
de Mistral.
A Bèlagarda, se
celebrèt, lo 14 d'octôbre, lo
centenari de la naisensa del
majorai Batiste Bonnet, l'autor
—

.

prezat de Vi'do d'Enfant.
p 4 ISSSS
A Perpinhan, lo 11 de
novembre, se faguèt un omenage à
Jacint Verdaguer e à son amie l'escritor e
propagandiste ca¬
talan Justin Pépratx: sermon en catalan del
canonge Guisset, discors de E. Guiter, G. Gomila, R. Laffont, J.
Alavedra,
e Mercader, cônse de
Perpinhan. Se pauzèt, à-n-aquela ocazion, una plaça comemorativa sus l'ostal de Justin Pépratx.
Nôstre secretari lo majoral-abat Salvat,
tant lèu tornat del
Camp d'intèrnament de Neuengamme, s'es atelat à son ac-

tivitat occitana

e

felibrenca.

Lo 25 de mai, cinc jorns aprèp son
zia la darrièra litson del Colège

arribada à Toloza, fa-

d'Occitania, al Institut Cato-

lic, en dizent, dabant un nombros auditôri e al mièch de sos
companhs d'intèrnament, sô qu'ambe sos amies abia fait en
favor de la lenga d'Oc al Camp de
Neuengamme. (Lo secre¬
tari de ì'Escòla de la Crot^-Jauna n'a parlai dins lo darrièr
numéro del Gai Saber).
Lo 8 de junh, los felibres de La
Cigalo Narbouneso aculhisian à Narbona lo majorai ; vesprada intima e comola d'emocion ont lo mèstre d'ôbra Paul Lombard e la felibresa
dôna Ponrouch-Petit lo saludèron ambe discors e
poèmes.
Lo 21 de junh, dizia son prêtait occitan dins una Conferencia als Ancians Escolans de l'Escôla Sant-Estanislàs de Carcasona. Lo 15 de décembre
parlaba de la Lenga d'Oc als

jovents de Narbona. Lo 21 de décembre, fazia à l'Academia
dels Jôcs Florals una lectura
mainteneur déporté».

sus

«Les loisirs occitans d'un

A l'ocazion de las Fèstas del Retorn

pertot, lo majorai de Neuengamme
del Amor
8 de

:

julhet

/5

—

22

—

2Ç

—

:

un

organizadas un pauc
prédicat son Mesage

Catedrala de Carcasona.
S. Martin de Limos.
Rivèl (son pais natal).
Nbstra-Dama del Espasmc,
bés.

en pats mener-

�Lü GAI SABER

16 de sttembre: Ail"os~ en Lauraf!tlés.
Ltlbastida d'Aniott.
: Montreal dei Aude.
7 d'octobre : OuveIllan.
I I de novembre: Sant-Ilario

;0

Autras predicacions:
~5

Prolha.' La Sofrensa, pet' los vols salennalsde sa neboda Sorre Domengc.
1; de se/embre: Montegut dei Lauragués: Lo ritaridage crestian, per la maridage de M la Ltt,ia~
na DesPlan.
16
Labastida d'Anjou.' OmeHa.
27
Nàstra-Dama de l'Oliva dins las Corbtëras.' La Santa Vièrge.
26 d'octobre.' Espcièl (Aude): Panegiric dels sants Crizante e Daria.
4de 1Jovembre: Caledrala de }.1o"talba1J.' La vertut d'Esperan sa.
Il
.' Limas,' Panegiric de sant Martin.
18
.' Ta/Dia.' OmeHa.
16dedecembre: Narbolla: Panegiric de sant Paul de Narbana.
25
: Tetan (Aude): Lo mistèri de Nadal.
de junh:

A-n-aquela ocazion, 10 senhe rectol' de Tezao, l'abat Nadal
Laborde, abia escrit Ulla pastorala nadalwca, mistél'i ambe
f6rsa personagcs, cantics. etc ... que foguét reprezentat dins
la glèlza ambe granda reüsida dabant un fum de p6ple.
Lo méme jorn de Nadal, l'abat Marius Cazanave prediquèt en lenga d'Oc li Raisac d'Aude.
Senhalam, en Proven sa, las predicacions en lenga d'Oc
deI Paire Vial, dels abats George e Petit.
A Toloza-Pirenèus, los Pescafis an donat per !'adio, tot
!'ibèrn e tot l'estiu pasats, d'emisionS occitan as plan seguidas ~el p6ple dei Miechjorn. Sus fin de l'annada es l'Institut d Esiudis Ocdtans que s'es cargat de las emisions pertocant la lenga e la cultura occitan as. Jos l'aflat dei mème Institut, un ensenhament deI Folcl6re es estat inaugurst à la
FacuItat de las Letras de Toloza pel' nostre escolan Renat
Nelli.
Senhalam de novèls jornals e publicacions en lenga catalana qu'an espelit jol cèl occitan: à Toloza, Canigo, pèi Foc

�LO

GAI

SABER

243

Non; à Perpinhan, Ouaders e Opinions; à Nisa, Per Catalunya.
De jornals francezes del Miechjorn dònan d'aquî entre
aqul de cronicas en lenga d'Oc: Lo\ère nouvelle, Le Tarn
libre (Catet, la Menino).
miiiiimmiiiiiiiiiiiiii

A.BÈ1VÏ

LrEQIT

vidanta del Feliorige ;
Estèla de 1945, ambe
zion.

Lob Felibrige (janv.-jun 1945 : vidacompte-rendut detalhat de la Santalo discors del Capolièr à-n-aquela oca-

:

Lou Calen nos manda regulièrament son
tant-ben ? Pronvènço ! I legisêm la prôba
Marselha an totjorn lo fdc sacrat.

buletin mezadièr, e
que los felibres de

(janv.-févr. 1945) : estudis interesants perto¬
Perpinhan, trôs del discors de Joan
Alavedra per l'inauguracion del Casai de Catalunya, biografia
del escalpraire Maillol, mort al auton de 1944. — (17 mai 1945):
numéro especial consacrât al centenari de Jacint
Verdaguer ;
estudis de C. Bauby, J.-S. Pons, abat Bonet, G. Gomila, Ala¬
vedra, poèmes francezes e catalans de F. Tresserre, Lo Pastorellet, C. Grando, E. Brazès ; i a tant-ben una vertadièra antologia verdagueriana, comprenent los poèmes mai coneguts
del grand poète catalan ; enfin, una culhida curioza e rica d'o¬
pinions sus la vida, las òbras, la lenga de Verdaguer. Aquel
numerò mérita de bèls compliments. Se vend 20 frs. al Burèu
de la Revista : 2, rue Révolution-Française, Perpignan.
La Tramontane

cant lo

Castell-real de

(janv.-febr. 1945) : L'Americo e lou Felibrige, per M. Jou; poèmes originals e pron curiozes de M. Delavouet, E.
Bonnel, J. Deyris — aicestis en remembre de Folcô de Baron■celli
; novelum pertocant l'òbra de propaganda del abat
Marcel Petit.
(mars-abrieu 1945) : prozas interesantas de
Marius ]ouveau sus Jacinto Verdaguer, de J. Loubet sus Mis¬
tral e Roumieux, de J. d'Arbaud (traduccion provensala de
Don Ouijot), de M.-Antonieta Boyer (Lugano). — (mai-jun
1945): estudis d'Entremóunt sus lo Segound Centenari de J.-E.
Pelabon, Vautour de Maniclo, de M.-Antonieta Boyer Sus
Lou Pastre &gt; d'Aubanel. Cada numéro d'aquel valent jornal
de Provensa es comol de novèlas pertocant l'accion felibrenca
e regionalista
dins totis los païzes occitans. Pèi, aquel jornal
pareis regulièrament, e es gaireben lo sol. Nòstres compli¬
Fe

veau

—

—

«

ments.
Era Bonis dera
monda Tricoire,
varre;
tre en

Monntanho (mai-junh 1945):

poèmes de Rai-

Adelin Moulis, Paul Sicard, Margarida Na¬
dicha de D. Terrade sul cròs de J.-M. Servat, lo mès-

Gai Saber de Masat.

�LO

244

GAI

SABER

Terra d'Oc (genier 1945) : &lt;Lou Pastres, per A.-J. Boussac ;•
Estapas d'Albigés: Castras, per E. Durand, (mars-abrilh 1945):Centenari de *.La Tolosanas, per A.-J. Boussac; Aristides
Maillol, per G. Gomila. — (ma'i-junh 1945): Actas occitanistas,.
per R. Sauvian. Dins cada numerô, abondoza cronica, e La
Relha, organe de la Joventut païzana occitanista.
Reclams de Biarn

e Gascougne (yené-mars 1945): sonets per
Palay e C. Lafïargue ; un poème, L'Arriu, de Lop d'Estrem,.
jove trobaire mort, ailàs ! dins sa flor ; estudis en prôza, d'un
grand interès lenguistic, istoric, folcloric, per Andriu Pic, Simin Palay, Yauzèp de Tucat, Yauzèp de Courriades.—■ (abriuyulh 1945): Que soun tournais! per M. Camelat ; Lou Cente¬
nari de Jacinte Verdaguer, per Yan Lesaffre ; prôzas de J.-B.
Laborde, Yan de Tucat; Simin Palay nos conta l'istória de son..
Diccionari, e nos dis lo trabalh que li a costat aquela ôbra,
que nos-aus dizèm «una ôbra bêla e de grand meriti».

S.

Folklore (n°s 37 e 38, hiver 1944 e printemps 1945) : Notes de
toponymie audoise, per L. Alibert, estudi serios e curios ; estu¬
dis folclorics per P. Cayla e P. Montagné; Bibliographie du
Folklore audois, per Maurici Nogué, trabalh incomplèt, que
l'autor deurà completar.
L'Auta (avril 1945) : Le Centenaire
Louis Mengaud, per P. Mesplé.

de «.La Toulousaine» et de

L'Action Régionaliste, buletin de la Federacion Regionalista.
Franceza, a paregut tornamai (46, rue Raymond-Lôsserand,
Paris, XIVe). Vôts de reiisida à-n-aquel vièlh amie.
Revue du Languedoc (ier mars 1945) : Maillol n'est plus ! per
J. Girou ; Le Graal et les Albigeois, per Peire Breillat.— (juin
1945) : estudis de G. Faure, Jankélévitch, e Rogièr Lafagette
sus

lo muzician

l'Académie des
Mnhoi Tournier ;

Gobriel Fauré à l'ocazion de

son

centenari ;

Jeux Floraux et les poètes de «l'Efort&gt;, per
leprofesseur Louis-J. Thomas, per Emili Ap-

polis.
Lavaur Républicain (25.III. 1945)
Toulousaines, per F. Gaulhet.

:

Pour le Centenaire de &lt;La

Association amicale des Anciens Elèves de l'École Normale

d'Institutrices d'Albi,

(n° especial dedicat àlamemôriade Loïzà
Paulin, avril 1945) : Louisa Paulin, élève-maîtresse, per Lucie
Flottes; le tempérament et le message poétiques de Louisa Pau¬
lin, per lo Dr Campan ; l'Œuvre de Louisa Paulin en langue
d'Oc, per Renat Rouquier ; Présentation de quelques poèmes
de Loiiisa Paulin en
langue française, per P. Marius ; Notice
bibliographique de Louisa Paulin.

�LO

A las Edicions del

GAI

Lengadòc,

■compléta de las òbras poeticas

Paulin,

SABER

245

en Albi, se prépara una edicion
en francés e en occitan de Loïzà

en un volume «Rythmes et Cadences».
las Edicions del Lengadôc,
14, carrièra Timbal,

Toloza

Soscripcion à
en

850.58 (150 frs.).

Albi, c/c.

Lo 9 de julhet es môrt, en Aire-sus-l'Ador, lo
majoral-abat
Daugé ( Cigala de la Torre-Manha ), qu'èra dins sos 82 ans.
.

Laisauna òbra occitana

e

folclorica remirabla.

Lo 27

d'agost, l'amiral d'Adhémar, secretari-perpetual de
l'Academia dels jôcs Florals e conselhèr de l'Escôla
Occitana,
es mort dins son castèl de
Ravi, prèp Toloza. Per son prestigi
e
per son accion personala, abia fait fôrsa per la lenga d'Oc à
l'Academia. Nos soven que li arribèt de parlar al pòple, dins
d'acamps regionalistes, en bona lenga occitana.
Senhalam tant-ben la mort dels grands artistes catalans Mailloi, Manolo, Ibert.

En Albi moriguèt tragicament
bre 1944 nôstre amie Jòrdi

fondator de YEscòla
à

sa

môrt.

dins la nèit del 4 al 5 d'octôBousquet, qu'èra estât, en 1932, lo
Rochegude, dont demorèt capiscôl duscas

Que Santa Estèla e Clemensa Izaura aculhiguen al Paradis"
aquels bons filhs d'Occitania.

totis

/•

Cri-Cri,

*

Imp. Lauraguaise
Dépôt légal»

-

-

Castelnaudary.

C.O.L. 31.4651.

-

Le Gérant

Périodique paraissant

tous

: j.

SALVAT.

les deux mois.

�André IIINARD:

Souvenir;

Pèire GARDES

La darrièra serada d'Antonin
bôsc.

:

Joseph SALVAT

La DIRECTION

Bibliographie d'Antonin

:

SÉGIIY

Cri-Cri

;

Libres novèls
Libres

:

:

Perbosc.

A l'Académie des Jeux Floraux.

:

Abat Paul LASSERRE
loan

Per-

(poezia).

novèls (libres

pédagogies).

Bolegadisa occitana :
Lo Cinquantenari de l'Escôla
Carsinôla
(Pèire Gardes).
Lo Centenari de Bessou à Rodés

Fournier).
A Paris

:

L.-S.

de

(Joan Lesaffre).

(Enric

Ricard, Verdaguer

Les Œuvres d'Antonin PERBOSC
:—WrS

Elles sont presque toutes
épuisées, malheu¬
reusement.

On peut

cependant

FABLÈLS (30 frs)

se procurer :

au

.Secrétariat du Col¬

lège d'Occitanie, 19, ruedela Fonderie, Fauré,
trésorier, 34, allée S. Simon, Toulouse 122.89.
LO GOT

OCCITAN, 2me éd. (50 frs) à la Li¬

brairie Privât, 14,

rue

des Arts, Toulouse.

C.C. Toulouse

1.673.

�Règles de Phonétique Occitane
d'un mot,
mais s'il
une terminaison féminine, il est semi-son¬
se prononce entre a et o, -suivant la région ;

i° VOYELLES.

accentué
constitue
nant et

ou

seul

a,

—

non,

ou

dans le

sonne comme a

corps

français

;

é fermé français, et è comme è ou¬
français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; —■ ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français.

—

e

sonne comme

vert

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, I, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, i sonnent comme en français; mais
c devant e et i est sifflant comme s français; — j sonne
comme

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la i" pers. du pluriel des verbes ;

comme n
—

n

est

muet, sauf

quelques rares exceptions, à la fin

des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
s êst toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
ment;
v sonne comme b, sauf en Pro¬

qu'à l'infinitif;
muet à

—-

la fin des

des mots

en

—

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent:

tch, ill, gn.

Escolans
Veuillez acquitter à

la Librairie Privât,

des Arts, Toulouse (C. C. Toulouse
1673) le montant de votre abonnement
pour 1946 (50 francs) ; faites-le sans tarder,
14,

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éviter les frais considérables de
recouvrement par la poste.

pour vous

\

�</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/81cd0d68db473838fb6c09fd36224563.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 160-228) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Rouquette, Pierre (1898-1988)</text>
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              <text>Perbosc, Antonin (1861-1944)</text>
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              <text>Paulin, Louisa (1888-1944)</text>
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              <text>Baraillé, Marie (1895-1968)</text>
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              <text>Pons, Josep Sebastià (1886-1962)</text>
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              <text>Durand, Edmond</text>
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              <text>Cubaynes, Jules (1894-1975)</text>
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              <text>Grenier, Paul-Louis (1879-1954)</text>
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              <text>Pestour, Albert (1886-1965)</text>
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              <text>Gardes, Pierre (1902-1996)</text>
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              <text>Calelhou (1891-1981)</text>
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              <text>Cazelles, Danton (1867-1961)</text>
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              <text>Navarre, Marguerite (1878-1969)</text>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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