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                  <text>Qai
Saber

Lo

Revista de VESCOLA

OCCITANA

Dis Aup i Pifenèu

.

F. Mistral.

Fête de l'Escòla Occitana, 1" mai 1953.

La DIRECTION '• La

I.-ROZËS de BROUSSE : Alfred Jeanroy.
loan SÉGUY : Lo Congrès de Linguistica

Romana de

Barcelona.
loan de MONTSEGUR:
Marcelle DOUMENG

:

Los Centenaris occitans.
Valère Bernard. — Œuvres de

Valère Bernard.
Frédéric CAYROU
loan BOUDOU: Lo

:

Perdurabla presencia.
Flahutaire.

ïosèp SALVAT : Revistas e Jornals 1952.
Bolcgadissa occitana : En l'onor de Verdaguer. — A
la memôria de Pau Crouzet (P.-L. Berthaud). — Lo
78° Congrès Nacional de las Societats Sabentas de
Tolosa (P. Faure). — L'Escôla de Laran (E. de Tap-

La Santa-Estèla (J. Salvat), — Rectificacion
Novelum.
Mortuorum : Enric Bousquet, Francés-PaulAlibert.
Supplément : Rapport sur le Concours de Langue d'Oc
de l'Académie des Jeux Floraux pour 1953, par M.
l'abbé Joseph Salvat. — Poèmes couronnés ou men¬
pie).

—

(J. S.).

—

de Mme Chanot-Bullier, de MM. TrouetteValadon. Sylvain Toulze, Paul Calvignac, Léon
tionnés

Coulet, Robert Marty.

ovywwwwvwwwwwwwvwwvwwv

34»

annada, n° 251

—

150 frs.

Mai-Junh 1953

�GAI SABER

LO

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Red.
31, rue
Adm.

PRIVAT,

:

:

abbé SALVAT

de la Fonderie
14,

—

Toulouse

rue'des Arts

—

Toulouse'

c/c. post. toulouse 117.240
Abonaments

Capiscol

:

:

.

.

.

300 fr.

Estrange; un an

.

.

500 fr.

L'ESCOLA

OCCITANA

( França :

j

DE

BUREAU

Jos-capiscols

:

un an

J.-ROZÈS de BROUSSE, majorai, Toulouse.
Jules CUBAYNES, majorai, Conçois (Lot).
Henri MOULY, majorai, Compolibat (Aveyron).
Pierre-Louis BERTHAUD,

Clavaire

:

Secretari

:

majorai, Paris.

Marcel SENDRAIL, mainteneur
Floraux, Toulouse.
Joseph SALVAT, majorai,

Secretari-adjunt :

Jean

des Jeux

Toulouse.

SÉGUY, mainteneur des Jeux Flo¬

raux,

Toulouse.

Groupements adhérents
Marie Baraillé,

mèstra en Gai Saber, Toulouse :

Colège

d'Occitania.

Roger Blanc, Albi : Escàla Rochegude.
Paul Boudou, Mazamet : Escola d'Autpol.
Calelhon (Julienne Séguret), mèstra en Gai Saber, Rodez:
Calel del Roèrgue.
Paul Calvignac, Graulhet : Escola de la Capeleta.
Frédéric Cayrou, mèstre en Gai Saber, Montauban : Escola
Carsin'ola.

Joseph Delestaing, mèstre d'ôbra, Castelnaudary : Grilhs
del Lauragués.
Adrien Dupin, Bordeaux: Escola Jaufré Rudel.
Jean Girou, mainteneur des Jeux Floraux, Carcassonne :
Escola Audenca.

Elie Lagarde, Gaillac : Escola dom Vaissete.
Henri de Malefette, Toulouse: Escola de Laran.
Paul Ormières,

Narbonne : Escola del Remembre.
Paris : Escola de la Crot\-Jauna.

Albert Sarraut,

(suite page 3 de la

couverture)

�Lo Gai Saber,

mai-junh 1953.

n° 551.

La Fête de l'Escòla Occitana
Ier

T^LLE
-*-y

commença

MAI

par

1953

la réunion du Bureau de

VEscòla dans un des. beaux salons de l'Hôtel
d'Assézat. Un grand nombre de ses membres se

pressait autour de notre aimé capiscòl,
et mainteneur J.-Rozès de Brousse.

le majorai

financier de notre clavaire, le profes¬
Sendrail, fut clair et optimiste. Le rapport
moral de notre secretari, le majoral-abbé Salvat,
fut un complet exposé de la vie, de la marche de
VEscòla. Les morts de l'année, si nombreux, hélas,
reçurent un hommage de regret et d'affection : Jules
Pigasse, Jeanne Galaup, Jesùs Bellido, Philadelphe
de Gerde, Charles Maurras, Jean Suberville, Alfred
Jeanroy. De nombreuses excuses étaient parvenues
au Bureau. Il fallut aussi rappeler brièvement les
travaux, les succès de nos escolans. Chacun des
membres présents dit à tour de rôle l'activité des
différents groupements, et ce ne fut pas la minute
la moins intéressante de la réunion : efforts, diffi¬
cultés, triomphes, labeur souvent ingrat et méconnu.
Le rapport

seur

Le

majorai Pierre-Louis Berthaud

capiscòl

en

de nos j os-capiscbls depuis
En outre, furent élus conseillers de YEscòla :

Maurras, qui était un
1941.

fut élu jos-

remplacement du majorai Charles

�50

LA

DIRECTION

Gineste, du Collège d'Occitanie, professeur de langue
d'Oc au Collège de Garçons de Castres; l'abbé Jean
Lafon, jeune écrivain et propagandiste quercynois ;
Isidore Lannes, un vétéran du Félibrige, ancien
secrétaire de YEscòla Audenca, qui connut, à la
Sainte-Estelle de Carcassonne, il y a soixante ans,
en 1893, Mistral, Félix Gras, Achille Mir, Philadelphe et les grands félibres de ce temps ; Madame
Rita Lejeune, professeur de langue romane à l'Uni¬
versité de Liège, dont les récentes publications sur
l'épopée française et occitane au Moyen Age affir¬
ment le talent ; Edouard de Tappie, un des plus
enthousiastes fervents de la langue d'Oc au pays de
Godolin, aux improvisations éloquentes ; Madame
Thornton, professeur à l'Université de Deland, en
Floride, intelligente et ardente propagandiste de la
culture occitane

aux

Etats-Unis.

Pour terminer, le majorai mit l'assemblée au cou¬
rant des difficultés d'ordre intérieur que traverse ac¬
tuellement la famille félibréenne, et fit approuver à
l'unanimité le message suivant :
L'Escòla Occitana, acampada à Tolosa per sa festa annadièra, lo itr de mai /95?* ambe totas las Escàlas que li son

afilhadas,
ajent entendut de son secretari-general los entresinnes pertocant lo diferent grèu nascut dins lo Consistòri à la seguida
de las eleccions al majoralat de la Sla Estèla de 1951 e de la
Sta Estèla de IÇ52,

fa saber al Scnhe Capolièr del Felibrige que fa
fisança als majorais de son burèu :
J.-Ro\ès de Brousse, capiscòl,
abat Cubaynes, jos-capiscàl,
Enric Mouly,
»
P.-L. Bcrthaud,
»
abat Salvai, secretari,

entièra

per trobar la melhora solucion possibla à-n-aquela crisi, dins
lo sens d'una justa comprension dels dreits dels felibres à lor

dins la fiDis Aup i Pirenèu...

dialecte e à la grafia de lors mèstres reconeguts, e
delitat als principis de Frédéric Mistral.

�FÊTE

DE

L'ESCOLA OCCITANA

51

L'après-midi eut lieu la Séance solennelle de l'Aca¬
Jeux Floraux. On y applaudit les rapports
de notre escolan le comte d'Adhémar sur les prix
de vertu, et de notre conseiller Pierre de Gorsse sur
les prix de prose française Fabien-Artigue et Pujol.
Deux noms du Palmarès nous étaient particulière¬

démie des

chers, celui de notre escolana avignonnaise
Salvan, et de notre conseillère Raymonde
Tricoire, de Lavelanet : la première fut mentionnée
pour une étude ayant trait à la Montagne-Noire ; la
ment

Geneviève

un prix d'Académie de 3.000 francs
deux romans « La main d'Urka » et « Leherenu, fille celte », et pour l'ensemble de son œuvre
régionaliste et occitane. Le majoral-abbé Salvat lut
ensuite son rapport sur la poésie en langue d'Oc
suivi de la lecture des poèmes couronnés et mention¬
nés. M. Frédéric Cayrou, maître ès jeux, lut Estello,
de M"" Chanot-Bullier, de Marseille ; M. Rozès de
Brousse lut Romancero d'un torero troubaire, du
docteur Trouette-Valadon, de Salon ; le professeur
Jean Séguy, mainteneur, lut le poème Los Grels,
de Léon Coulet, de Montpellier, qui avait mérité un
œillet. Paul Calvignac de Graulhet, avait obtenu une
primevère pour son élégie Pescaire d'Ombras ; l'é¬
légie Menina,de l'abbé Toulze, poète quercynois,
avait été couronnée du souci prix du genre : ces deux
derniers lauréats vinrent lire leurs œuvres et l'au¬
ditoire ne leur ménagea pas ses applaudissements.

deuxième eut
pour ses

Les deux lauréats furent spécialement à l'honneur
le soir de ce même jour, à l'occasion du dîner amical

qui assemble tous les ans les membres de ì'Escòla
Occitana. Le vieux salon de l'PIôtel du Clocher de
Rodez semblait cette année s'être fait particulière¬
ment accueillant pour les félibres, et les costumes
locaux jetaient leur note fraîche et pittoresque au
long des tables animées.

�LA DIRECTION

52

Au dessert, brindes, discours, poèmes fusèrent
quand le signal de l'éloquence fut donné par notre
cher capiscol, et après que notre secrétaire-général

eût fait approuver par l'Assemblée les décisions pri¬
ses le matin par le bureau de 1'Escòla. Le maître

ès-jeux Frédéric Cayrou, conseiller de la Républi¬
que, nous dit sa joie d'être parmi nous et nous assura
de sa ferme décision d'appuyer auprès des pouvoirs
publics nos justes revendications linguistiques. Il y
eut alors des poésies, en occitan par Raymonde Tricoire, Paul Calvignac, Marie Baraillé, Esparbès,
M'" Alba Serret, en français par l'abbé Toulze et

Pierre Gracy, de Paris, lauréat de l'Académie
poème «L'Architecte». On applaudit en¬
suite Henri de Malefette, capiscol de YEscòla de
Laran, Pierre Gardes, mèstre en Gai Saber, secré¬
taire-général de VEscòla Carsinòia, Madame Gaujarengues, de Carmaux, qui interpréta à la perfection
un chant
populaire. Tour à tour parlèrent Pierre
Fauré, du Colege' d'Occitania, Edouard de Tappie,
Lucien Laporte, professeur de langue d'Oc au Lycée
de Toulouse, Nigoul, sous-préfet de Muret.
par

pour son

Roger Barthe, président fondateur de L'Action

Latine, qui était accompagné de MM. Desmoulin et
Wiltz, délégués départemental et départemental-ad¬
joint et de jeunes étudiants enthousiastes, nous dit
son espoir dans l'œuvre qu'il poursuivait avec confi¬

ance et qui avait pris sa première inspiration dans la
doctrine de Mistral. Le professeur Joseph-Sébastien
Pons voulut nous annoncer son prochain départ de
l'Université de Toulouse pour une vie de retraite la¬
borieuse dans sa maison d'Ille-sur-Têt où il fera, en

saison, un « Concert d'été » de poète. Cette nou¬
velle jeta sur les tablées une note de mélancolie, que
le poète sut admirablement dissiper en rappelant,
avec une bonne humeur charmante, les souvenirs de
sa vie félibréenne à Toulouse et à Montpellier.

toute

Ce fut

un

véritable

régal. Et beaucoup se turent

�LA

FÊTE CE L'ESCOLA OCCITANA

53

s'ils avaient cédé aux
mainteneurs des Jeux
Floraux Sendrail, de Gorsse, Touny-Lérys, et Mau¬
rice Roques de Marseille, et Adrienne Sirgue, Mar¬
celle Doumeng, Jeanne Guiraud, de l'Albigeois, et
les toulousains Baboulet, félibre du pinceau, Bau¬
det, félibre du bistouri, et les membres enflammés
de VEscòla de Laran, les Doat, Antonin, et Ma¬
dame de Franclieu, de l'aristocratie terrienne occi¬

qui eussent pu nous enchanter
sollicitations du capiscol : les

tane, etc...

cependant se séparer, à regret. Le chant
Coupo termina magnifiquement cette récon¬

Il fallut
de La

fortante soirée.

Le lendemain
à Notre-Dame la

mai, il y eut, au matin, la messe
Daurade pour les morts de l'année.

2

ce fut une magnifique séance littéraire,
Escòla Occitana était encore à l'honneur,
le docteur Girou qui fit un original Eloge de

L'après-midi,
où

notre

avec

le docteur Sendrail qui pro¬
magistral rapport sur la poésie française.
Les paroles qu'il consacra à la mémoire de nos
grands amis Jean Suberville, Charles Maurras et
Philadelphe de Gerde émurent les auditeurs. Il eut
aussi les mots qu'il fallait à l'adresse de la grande
lauréate de l'année, Marie-Antoinette Daguet, morte,
hélas, quelques jours à peine avant son triomphe :
elle était une assidue de nos dîners annuels, où elle
apportait le charme de son sourire et le feu brûlant
de sa poésie.
Clémence Isaure, avec
nonça un

LA

DIRECTION.

�UNE GRANDE FIGURE DU VIEUX

TOULOUSE

Alfred JEAN ROY
héritier des Troubadours

Qu'on
nous des
permette
de Savantes
saluer, à l'qui
occasion
du 78e
Congrès
Sociétés
s'est déroulé
à Toulouse

en

avril dernier, la

physionomie d'un de

des plus illustres en Europe, l'un

nos

savants, l'un

des

plus inconnus à Toulouse, sauf des

spécialistes,

bien entendu.
Nous voulons

parler d'Alfred Jeanroy.
d'autant plus que le maître

Son souvenir s'impose
vient à peine de mourir.

Et

pour nous, nous

lui de¬

particulier hommage, ayant eu l'honneur de
le fréquenter, d'être il y a bien longtemps l'un de
ses plus modestes disciples, de suivre quelques-uns
de ses cours publics, de l'avoir pour très éminent
confrère à la Société Archéologique du Midi de la
France et à l'Académie des Jeux Floraux.
vons un

Le grand savant, qui a illustré la science touloulousaine, n'était pas originaire de Toulouse. Il était
né dans la Meuse, à Manciennes, le 8 juillet 1859.
Entré à l'Ecole Normale Supérieure en 1878, il fut
le disciple direct de Gaston Paris, et il débuta dans

l'enseignement supérieur dès 1889 à la Faculté des
Lettres de Poitiers, puis, presque aussitôt, à celle de
Toulouse, où l'appelaient tous ses vœux, notre cité
étant en effet la plus authentique capitale de la lit¬
térature romane, de la langue d'Oc, des Trouba¬
dours du Gai Savoir et des Jeux Floraux.
11 resta chez nous près de vingt ans, professant
les lettres occitanes à notre Faculté avec un éclat
dont aucun de ses disciples n'a perdu le souvenir.
La renommée mondiale le fit appeler à la Sorbonne
en 1909 à la chaire de langues et littératures de l'Eu-

�ALFRED

55

JEANROY

d'Ozanam, et comme
des Hautes Etu¬
des. Il devait prendre sa retraite en 1934. Aupara¬
vant, en 1922, il avait été élu membre de l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres au fauteuil illustré
rope Méridionale de Fauriel et
directeur d'études à l'École pratique

M«r Duchesne.

par

Durant toute une carrière qui demeure un mo¬
dèle de probité scientifique, d'exigence critique et de
désintéressement — que reconnut le prix Osiris en
1942

—,

il demeura fidèle aux choses

qu'il avait

abordées dans sa thèse de doctorat : Les origines
de la poésie lyrique en France, en se consacrant
essentiellement à la littérature occcitane. Son beau
livre La poésie lyrique des Troubadours en
volumes parut chez Privât en 1934. Nous en

deux
fimes

L'Express du Midi » du 22 septembre de cette
long compte-rendu, avec illustrations et
portrait, qui eut l'agrément du Maître admiré. « Ce
livre, dit « Le Monde », résume tout ce que M. Jeanroy apporta en cinquante ans de critique et d'en¬
seignement, à ce domaine de recherches, recherches
auxquelles, accompagné de nombreux disciples fran¬
çais et étrangers, comme J. Anglade et J. Salvat,
il donna une impulsion toute nouvelle».
Sa collaboration à Y Histoire Littéraire de la
France et ses nombreuses publications de textes
médiévaux en langue d'Oïl attestent que son œuvre

dans

«

année

un

n'avait rien d'exclusif.

Récemment, il avait publié chez

Privât une His¬

toire sommaire de la poésie occitane des origines
à la fin du XVIII' siècle, où il avait reconnu
que
et

la littérature d'Oc était ressuscitée avec

les félibres

ses

successeurs.

enfin
Mistral
-

-~WWWK

autorité partout reconnue l'avait fait élire
membre de l'Académie des Jeux Floraux au titre de
Son

ès-Jeux en 1938, et membre de l'Académie de
Belgique, de Lund (Suède), de Turin, de Bologne,

maître

de Mantoue

et

de Rome.

Il était docteur honoris

�J.

ROZÈS

DE BROUSSE

de l'Université de Coïmbre
officier de. la Légion d'Honneur.
causa

(Portugal) et

Il est pieusement décédé le 13 mars, dans sa qua¬
tre-vingt-quatorzième année, à Saint-Jean de l'U¬
nion, près de Castelmaurou (Haute-Garonne).

Alfred

Jeanroy s'était pris d'affection pour Tou¬
pendant ses vingt ans de professorat toulou¬
sain. C'est chez nous qu'il avait acquis sa maison des
champs, qui, après sa retraite, était devenue son
foyer définitif. Là, chez nous, à Saint-Jean, il avait
perdu sa première femme, et il avait édifié le caveau
des siens où il est allé les rejoindre.
louse

Il

était

devenu

presque aveugle, et, dans son
grand âge, ayant besoin des soins dévoués d'une
Antigone, il avait épousé sa distinguée collabora¬
trice et secrétaire qui est aujourd'hui l'héritière de
son

nom

et de sa

haute renommée.

Retiré à deux pas

de Toulouse et proche du village
j'ai moi-même ma maison des champs, j'ai été
souvent tenté de frapper affectueusement et respec¬
tueusement à sa porte. Je ne l'ai
pas fait, par discré¬
tion. Il devait aimer la solitude et le silence, comme
où

le travail.
Alfred

Jeanroy, long, maigre et sec, avec son vi¬
anguleux terminé par une courte barbiche en
deux pointes, avait tout à fait l'aspect d'une figure
gothique et ressemblait aux Minnesinger, les vieux
sage

troubadours allemands.

J.-ROZÈS DE BROUSSE.

�Lo

Congrès de Linguistica Romana
de BARCELONA

WkEL 7

al

io

d'abrièl d'ongan s'es tengut à Barce-

lona lo VIInc Congrès Internacional de Linguis¬
tica romana. Fòra dels païses de delà lo ridèu de
fèr, totas las nacions ont se coneisson de cadièras de

filologia

romana

èran aqui representadas

:

bel temps

que s'èra pas vist tant de monde dins una amassada de romanistas. Cal dire que l'afaire èra engimbat coma se sap far en Espanha : en grand, en lare,
a

de cap e de cór. Lauzenjas als organisadors,
senhe Griera, qu'a viscut aquelis jorns un som

Mon-

de sa
grand sapient, lo Professor Badia, lo Doctor
Udina, lo « Consejo Superior de Investigaciones

vida de

Cientificas »! Las sesilhas de trebalhs

niversitat,

las

se

tenian à l'U-

èran acabadas pels
estudiants espanhòls, la còlha dels congressistas se,
trobèt

e, coma

vacanças

bricon cachinada dins las très

pèças demopròva qu'i avia gent, e acò nos a
pas empachats de parlar e d'escotar. Es pas possible
de derrambulhar aiciu l'escauta espompada de totis
los estudis que foguèron debanats à Barcelona : nos
un

radas vudas

:

acò

contentarem de

senhalar los tltols de las comunica-

cions pertocant

lo domeni occitan : J. Boutière, De
quelques pièces en « rythmocatalan » dans la po¬
ésie félibréenne ; J. Cremona, Le problème des
voyelles d'appui dans la réduction des proparo¬
xytons en gascon ; W. D. Elcock, Substrats pho¬
nétiques dans les parlers romans des Pyrénées ;
I. Frank, Les débuts de la poésie courtoise en Ca¬
talogne et le problème des origines lyriques ; P.
Gardette, Lexique grec de la Méditerranée oc¬
cidentale ;

].

Flubschmid,

Der vorromanische

Wortschat% der Pyrenaen und der Alpen ; R.
Lejeune, Onomastique et toponymie de la marche
d'Espagne dans les chansons de geste ; P. Nauton, Limites lexicales ibéroromanes dans le Mas¬

sif Central

;

P. Palumbo, Le cita^ioni trobado-

�58

JOAN SEGUY

Berenguer de Noya ; B. Pottier, Elé¬
et languedociens dans l'aragonais
médiéval ; M. de Riquer, La lengua de los poetas
catalanes medievales ; G Rohlfs, Concordancias
entre catalan y gascon ; J. Salvat, La lenga literaria e las Flors del Gai Saper ; J. Séguy, Noms
pré-latins de plantes et d'animaux en Gascogne ;
A. Steiger, Penetración del léxico arâbigo en el
catalan y en el provençal. A prepaus d'aquelis estudis dedicats en tôt o en granda part à la lenga e
à las letras d'òc, me permetrai de far remercar : i°
que demèst 66 comunicacions tocant totis los domenis romans, n'i a agut 15 per l'occitan, es à dire
22% ; 20 que demèst los quinze raportaires, i aujèt
sèt franceses ; 3° que demèst aquelis sèt franceses se
trobavan quatre occitans. Per los que son al corrent
de ço qu'èran los estudis occitanistas « au bon vieux
temps », aquelis chifres se pòden passar de comenriche in

ments gascons

tari. Al solide,
man,

i a quicòm de cambiat. Es pas deni deman passât, qu'enterram la nòstra lenga !

màjer dels estudis, segond las directivas
Congrès, foguèt dedicada al catalan.
Plan segur, las òbras remirablas manifestadas al
Congrès afortiran la posicion d'aquela lenga que
nos-aus occitans aimam en preferença, qu'es bessona
de la nòstra. Mai coma de just e de costum, lo grand
interès del Congrès foguèt de nos tornar trobar entre
gents del mestièr, e de poder discutir à taula, à la
passejada, dins los autobuses, las tintèinas que nos
cal gardar jol berret d'ans e d'ans, tant qu'avèm pas
rescontrat « l'arma sòr » qu'à bels còps se languis
ela tan-ben tota soleta al fons de l'Alemanha, de
l'Espanha o de la Suiça
E pèi, qun gauch de po¬
der contemplar la cara dels diuses : don Ramon ttenéndez Pidal, En von Wartburg que presidia lo Con¬
grès, e tantis d'autres grandis noms de la siencia
romanista qu'èran venguts nos portar lo tesaur de
lor sapiença !
La part

del Comitat del

...

�LO

CONGRÈS

DE

BARCELONA

59

Caldria tan-ben parlar de las exposicions, de las
fèstas folcloricas, de las passejadas, ont descobri-

guèrem la beutat e la grandor de la Catalonha, de
las taulejadas, de las recepcions : tôt acò requist, e
réglât coma se pòd pas dire.
Grand mercé à Barcelona, grand mercé à l'Espanha de nos aver balhat aquelas jornadas ont avèm
sentit e comprés, un còp mai, la nauta e eternala
mission umana dels Filhs de la Loba, qu'èm fièrsd'esser

de demorar.

e

JOAN SEGUY.

LOS CENTENARIS OCCITANS

abrilh 1353. — Lo Senescal de Belcaire, al nom del rei de
França, fa plantar un potèu ambe los panoncèus del rei al

mièch del flume Rose
dant al

nom

contra lo

del comte de

Senescal de Tarascon

coman-

Provença.

Lo rei de França pren definitivament als Angleses
Bordèu, capitala de l'Aquitanha.
1653. — Al mes de mai, se démolis lo castèl de Tèrmes dins
las Corbièras, qu'avia donat autres côps tant de mal à Simon
1453.

—

la ciutat de

de Momtfòrt.

à

1853. — Naissença del Paire Savièr de Fourvière, majorai,
Robion, Vauclusa (5 de febrièr), e de Caries Ratier, majorai,
(5 d'abrilh).

à Vilanòva-sus^Lót
—

Lo

21

d'agost, à-z-Ais de Provença, lo segond Romavage

dels Trobaires.
JOAN DE MONTSEGUR.

�Valère

BERNARD

PAR
la variété
de de
sa production d'écrivain,
artistique, Valère
par la
portée
humaine
son œuvre

Bernard occupe une place de choix dans l'histoire de
notre civilisation occitane.

Contemporain de Prosper Estieu e d'Antonin Peren 1860, à Marseille, de souche oc¬
citane. Dès l'enfance, il manifesta le goût du dessin
et du violon. Il fut amené à l'étude de la
langue d'Oc
en travaillant à l'édition
artistique d'un livre du
poète provençal Chailan. Dès lors, il se passionna
pour les œuvres d'expression provençale qu'il décou¬
vrit, soit dans l'atelier de son maître, professeur à
l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille, soit dans les
bibliothèques de la ville.
bosc, il naquit

Jeune félibre, il adhère, à dix-huit

ans,

à YEscolo

de la Mar nouvellement fondée où un
groupement
de jeunes lui permet de satisfaire son
goût très vif
de la culture. A vingt ans, il séjourne à Paris où il

peut, dans une atmosphère d'art et de bataille, con¬

tinuer

apprentissage artistique. De fortes et pré¬
son avenir de
peintre, de
graveur et d'occitaniste : celles de Puvis de Chavannes et du
spécialiste de l'eau-forte Félicien Rops;
celle des troubadours qu'il découvre, par
l'intermé¬
diaire des ouvrages de Raynouard et de
Fauriel, à
la bibliothèque Sainte-Geneviève.
son

cieuses influences fixent là

En 1884, il retourne à
Marseille, dans sa maison
familiale. Un mariage heureux lui permet de se
con¬
sacrer désormais à ses arts favoris : la

peinture, la

gravure et la poésie. Son spacieux atelier, quai RiveNeuve, est doté d'une vue unique sur le vieux port ;
sa maison est au
pied de Notre-Dame de la

inspiratrice de méditations. Sa vie
consacrée à l'observation du décor
milieux du port et de la mer.

Garde,

tout

entière

est

marseillais, des

�VALÈRE

Mistral fut
rès et Estieu,

son

maître

6l

BERNARD

et son

ami. Il

connut

Fou-

travailla avec Perbosc. Il collabora
Louis Bertrand au livre de « L'Invasion » et

avec

fréquenta Léon Daudet, Jean Lombard, Edmond Ja¬
loux, Joachim Gasquet. Le théosophe Jouhnet orienta
sa
poésie vers l'occultisme. La perte progressive de
la vue attrista ses dernières années. Il mourut le 8
octobre 1936 et sa tombe voisine avec celle d'Ed¬
mond Rostand.

Son

œuvre

d'artiste

est

abondante.

Il célèbre la

gloire de la Provence dans les fresques du Muséon
Arlaten, dans le tableau de La Farandole qui orne
la salle du Conseil Municipal
de Maillane. Plus ori¬
ginal est le graveur qui a buriné, à la manière de
Callot, de remarquables têtes de gueux, de gitans,
d'enfants et de pêcheurs. Il a animé par ailleurs le
marbre, le bronze et l'onyx. Sa curiosité d'artiste
n'a négligé aucun moyen d'expression, de la céra¬
mique à la galvanoplastie.

L'écrivain, amoureux des sites provençaux, a
chanté la terre à la manière de Virgile et l'éclat du
soleil dans L'Avncle. Il a cultivé la ballade et le
sonnet, la chanson et la légende. Il a dit l'honneur
des provinces dans des sirventes inspirés des trou¬
badours. Mais deux œuvres dominent sa production
et le classent parmi les grands noms de la littéra¬
ture

: le roman de mœurs Bagatouni
poème fantastique La Legenda d1 Es-

contemporaine

l'admirable
clarmonda.
et

Le premier, publié en 1894 dans un journal de
Marseille, reflète l'inquiétude sociale du siècle et
campe, dans de troubles décors marseillais, la sil¬
houette du héros Niflo, véritable Don Quichotte à
l'âme évangélique. L'influence des « Misérables » de
V. Hugo est manifeste dans l'œuvre. Si la psycho¬

logie

faible parfois, si l'intrigue s'y révèle flot¬
Bagatouni n'est pas moins un roman d'une
puissante observation de mœurs et d'une grande vétante,

y est

�62

marcelle

rité de caractères.

doumeng

Le personnage

de Niflo, notam¬

ment, qui vit et meurt à la manière d'un saint, se dé¬
tache avec le relief et la vigueur d'une véritable cré¬
ation littéraire.

L'autre

œuvre

magistrale, La Legenda d'Esclar-

monda, parut en 1936 avec une préface en vers d'A.
Perbosc sur la langue d'oc renouvelée. Elle traite du
magnifique thème folklorique de Joan de l'Ors et
rappelle, en son caractère visionnaire et fantastique,
le symbole de l'Occitanie. Elle ouvre, avec les au¬
tres poèmes du même genre, un chemin nouveau à
la littérature occitane.
ses autres sources d'inspiration
l'imagination le dispute à l'observation réaliste

Nombreuses sont

où

€ des rêves hallucinés et somptueux d'un poète ».
Citons Lei Boumian, Guerro, Li Cadarau.
en

disciple de Mistral, il a utilisé le dialecte rho¬
ses poèmes lyriques. Pour mieux com¬
muniquer avec l'âme du peuple, il n'a pas hésité à
se servir, dans des œuvres telles que Bagatouni et
Lei Boumian, du parler marseillais qu'il connaissait
bien. Mais, dans un souci d'unification, il a adopté
dans ses grands poèmes : Lugar, Lindaflor, La Le¬
En

danien dans

genda d'Esclarmonda, là graphie occitane, la lan¬
gue des troubadours restaurée d'après les principes
de l'Escòla occitana.
Valère Bernard, amoureux du
fut un grand artiste, un éminent
reux

beau et du bien,

écrivain,

un

géné¬

occitan.
Marcelle DOUMENG.

(d'après le Cours du majoral-abbé Salvat).

�ŒUVRES DE
en

31, rue

vente

au

VALÈRE

BERNARD

COLLÈGE D'OCCITANIE

de la Fonderie, Toulouse, jusqu'au 1" août 1953.

Bagatouni, édition de luxe sur papier de Hollande, exem¬
plaires numérotés avec trois gravures à l'eau-forte signées :
.3.000 frs. (trois mille francs). — Li Ballado d'ararn, 400 frs.
Letanio, 300 frs. — La Feruno, contes, 300 frs. — Lindaflor, 300 frs. — La Legenda d'Esclarmonda, 600 frs.
Série de gravures, Guerro ; titre, dédicace, onze planches,
sur
papier japon, et traduction française des poèmes : 35.000
frs. (trente-cinq mille frs.).
Gravures tirées sur papier de Hollande ou du Japon à 100
exemplaires (15/30 en général) numérotées et signées par l'au¬
teur.
1. Quai du Canal. — 2. Rue
Bompart (vieux quartier).
3. Eglise Saint-Laurent. — 4. Une poissonnière. — 5. Pont
à transbordeur.
6. Vieille poissonnerie. — 7. Les chiffon¬
niers.
8. « Maison diamantée ».
9. Vieux Marché. — 10.
Abbaye Saint-Victor. — 11. Eglise Saint-Carinat. — 12. Mai¬
sons
étayées. — 13. La Cathédrale. — 14. Quai du Canal (en
hauteur.
15. Les Accoules. — 16. Charrette de Bohémiens.
3.000 frs. l'exemplaire. Les nos 13 et 14 valent 3.500 frs.
Cartes postales en noir, représentant les sujets ci-dessus
(sauf les nos 6, 7, 12, 14), plus les sujets suivants : vieux pê¬
cheurs, têtes de gitanes, tondeurs de chiens, la Farandole, jou¬
eur de guitare, petits Napolitains : 20 frs. pièce.
Cartes postales en couleurs : la Farandole, débarquement
d'oranges : 30 frs. pièce.
Portrait de Valère Bernard, photographie
format carte pos¬
tale : 30 frs. pièce.
—

—

—

—

—

—

—

(Prix du port
N.B.

en

sus).

Toutes les autres éditions (littéraires
éptiisées. Il est inutile de les demander.

—

sont

ou

artistiques)

JOCS FLORALS DE LA LENGA CATALANA
CE tendran ongan, per 1953,

dins la capitala del Venezuela.
poèmes e travalhs à l'a¬
Lenga catalana, Centre
catala, Apartado del Este 4845, Caracas, Venezuela.
U' Nòstres escolans
pódon mandat
dressa seguenta : Jòcs Florals de la

�L'Ort dels Trobaires

Perdurabla

presencia

Quai m'a contât aquela faula
Qu'èra mòrt Perbòsc ? Dels tombèls,
Sàbon levar tota cadaula

Felibres,
Pel
De

coma

el subrebèls.

présent, mastat sus ma taula
travalh, l'ai davant mos uèlhs.

Aqui, d'una à Vautra paraula,
Quantis ne tenèm, d'estampèls !
Fa

partida de l'ostalada.
tengut, à ma portada,
Sus ma teulada o pel coderc ;
Trèva à

E, d'una trbba encantarèla
Se me meti en dolent recèrc,
Son èime, alavetme prodèla.
Frédéric CAYROU-

parlar del Carsin.

�l'ort

dels

65

trobaires

Lo Flahutaire

Te-n sovenes, ò mon paire,

Qiiora copàvem de vims,
Que passèt lo flahutaire
à la sa^on dels rasims Ì
Engrunèt aqueles aires,
totas las nòstras

las
sus

causons

;

plorèt als quatrB caires
la pèira de la Crot^.

Una

femna, dins las bledas ('),
pau^èt lo panier pequc
...

Lòme vielh, darrièr sas fedas,
sul camin de Gaudetruc,

tampèt contra la cleda (2)
filhas, dins un òrt,
parlàvan petàs de seda (3)
e camisetas
d'espòrt.
se

...

Mas de

Mencionàvan la marida (4),
Los gendarmas del pais ;
amassàvan de bolida i5),
cresian à Paris

e se

1.

betteraves.

...

—

2.

saient chiffons de soie.
la pâture des porcs.

s'arrêta contre la barrière.
—

4.

—

3.

elles parlaient du mariage.

cau¬
—

5.

�66

JOAN BOUDOU

La trobàvan pas polida,
la musica d'autres còps

...

Comprenian
à la vida,
pracòs portàvan d'esclòps ...
ren

Trigossaire !
la Crot^ ! ...
Alara, lo flahutaire

E cridàvan

Pelharòt de

:

«

sus

s'arrestèt dins

sas causons

Te-n sovenes, ò mon

»

...

paire Ì

Nautres, copàvem de vims.
De

mosquilhs traucàvan l'aire
dels rasims.

à la sa^on

Joan BOUDOU.
parlar del Roèrgue.

�REVISE AS

E

IORNALS

1952

Revue des Langues Romanes. — Lo fascicle de 1951 pòrta un
de P. Colotte « En marge de Mireille » : s'i parla d'una
font possibla de Mirèio dins un poème de Bigot, lo trobaire
estudi
de

Nimes,

e

del

nom

même de Mirèio. Lo fascicle de 1952
Guiter sus lo vocalisme dins las nau-

porta un travalh d'Enric

Catalonha. Dins cadun d'aquels fascicles se pôd
legir una blbliografia abondosa sinnada per Bourciez, Guiter,
Jourda, etc..., qu'es d'una informacion justa e d'un esperit
tas vais de

benvolent dins la critica.
Romania.
Notas de Léo Spitzer sus Marcabrun, de Joan
Frappier, d'Edmond Faral, d'Alexandre Micha sus lo Graal,
Crestian de Troyes e la Legenda arturiana. M'a intéressât una
nôta d'Istvan Frank sus lo trobador Guilhem IX, à prepaus
de l'introduccion de la poesia araba dins la literatura occitana.
Parlant del libre recent de dòna Rita Lejeune sus las legendas epicas, Felis Lecoy dis, aprèp de criticas de detalh : « ce
livre reste juste de faits nouveaux et habilement mis en lu¬
mière et de vues ingénieuses souvent suggestives ». — Parlant
del Diccionari etimologic dels noms de familha d'A. Dauzat,
Caries Samaran reprocha à l'autor d'ipotèsis en l'aire, e dona
très grandas pajas de correccions e d'addicions res que per lo
domani gascon. — Las cronicas de Mario Roques son totjorn
—

—■

lo modèle del genre.

Quatre bèls fascicles ont se pôdon legir
documentais, sovent ilustrats, pertocant
l'istôria e l'art dels païses occitans. Senhalarai «Les clochersmurs de la Haute-Garonne »,
per Janina Lunet. Del punt de
Annales du Midi.

—

d'estudis serioses,

vista de la
Cahors au

lenga d'ôc, mencionarai « Syntaxe du dialecte de
moyen âge », per dôna Kravtchenko-Dobelmann,
una nôta de C. Raynaud
du Lage sus Y Elucidari de las propriétat\ de totas res naturals, libre curios de l'Age Mejan. La
cronica de linguistica occitana es tenguda, e donc plan tenguda, per Joan Séguy. Una nôta de E. Delaruelle es consacrada à la memória de nôstre amie Mnhoi Tournier.

Lo darrièr

pôrta una Bibliografia de la França miechjornala en
1951, que pôd ajudar los cercaires.

numéro

Annales de l'Institut d'ftudes Occitanes.— Somen retard per
senhalar d'intéressants numéros d'aquela revista pareguts en

recebuts al temps de ma darrièra conica.
estudi de Renat Nelli sus « Les
grands problèmes de l'histoire de la littérature d'Oc ». Las
aflrmacions de M. Morère sus l'influencia de la poesia andalosa sus la lirica dels trobadors m'an pas convincut.
1951, e

qu'aviai

pas

Som estât intéressât per un

Los fascicles de l'annada 1952

màrcan un travalh que s'alassa
dins aquela équipa de joves afogats e valents. Lor dirai,
pracô, per mon compte, que passi viste sus la prôsa quand
,pàrlan d'orientacions, de projèts que ne finisson pas, e que
pas

�JOSÈP SALVAT

68

escambi, i a de notas interessantas
questions literarias : Cassanéa de Mondonville (Renat
Monnot), Fabre d'Olivet (L. Cellier), l'abat Séguier defensor
de la lenga d'Oc al sècle XVIII (Renat Lafont). Lo fascicle
consacrât al Catarisme susa la pretencion e refofa de develo-

pòrtan pas res de nôu. En
sus

de

paments contradictôris per dire pati-pata-pas-res, à part un
serios estudi documentari de l'italian Sommariva sus los darrièrs travalhs pertocant las eretgias de l'Age Mejan.

(oct.-déc. 1952), buletin dels Romanistas de
Estudi de filologia del professor Gamillscheg, poèmes
franceses e valons. S'i parla longament del rescontre occitanovalon de mai 1952, ont foguèron recebuts à Lièja nòstres escolans Berthaud, Espieux, Lesaffre, Lesfargues, Mouzat. Lesaffre trata de &lt; l'Enseignement des langues régionales en
France &gt;.
Les Lettres Romanes, de l'Universitat Catolica de
Lovaina. Estudi de O. Jodogne sul poème francés de Fierabras
(fragment de Mons) ; cronicas e bibliografia de O. Jodogne,
P. Groult ; à prepaus d'un libre de c Mélanges» ofèrt al pro¬
fesser Le Gentil, P. Groult parla del catolicisme de Pèire Cardenal, de l'influencia dels trobadors sus la titeratura portuguesa ; las publicacions occitanas dels darrièrs ans (Boèci,
Vidas dels Trobadors, Aimeric de Pegulhan) i son estudiadas
e apreciadas ambe simpatia.
Marelie Romane

Lièja.

—

—

Dialectologla Espanola, t.

Boletin de

XXXI (1952).

estudi saberut de Monsenhor Griera sus «
romano en el dominio del Pirineo catalan ».

— Porta un
El elemento prerLo même autor i

las publicacions pertocant
: « mélanges » Menéndez
Pidal, Dauzat, Michaëlsson, Gavel, Miquel y Planas ; ôbras
de Badia, Alvar, Gardette, Aebischer ; noticia necrologica sus
lo sabent romanista doctor |ud, de Zurich, disciple de Gilliédona una bibliografia abondosa sus
la filologia de las lengas romanas

ron.

pensi de la Tra¬
ofris, al
de l'an 1952, un
d'una presentacion perfèta
del Ros-torisme, etc...
Senhali de numeròs especials : «Joffre et le Roussillon », &lt; Jeux
Floraux du Genêt d'Or 1952 », 1 Pau Casais et Saint-Michel de
Cuxa », Angtlcta, comedia de J.-P. Cerda, &lt; Saint-Martin du
Canigou », ont se remembra l'ôbra de MnHoi de Carsalade e
son
amistat ambe Verdaguer. Remarcarai, ambe lo sorire,
que,, à cada numéro, la revista anoncia pel numerô venent la
Pôdi que

dire

un

côp de mai tôt lo ben que

montane. Aquela publicacion nos
cap
bel volume grand in-8 de 370 pajas
ricament ilustradas. S'i pôd legir tota la vida vidanta
selhon : istôria, lenga, literatura, art, folclôre,

cronica dels libres e de las

(à seguir)

publicacions occitanas

...

Josèp SALVAT.

�BOLEGADISSA

OCCITANA

EN L'ONOR DE VERDAGUER
1

'INSTITUT Català d'Art i Cultura de Paris orgaaisèt, lo
15 de mars passât, una vesprada literaria e folclorica

à la

Sorbona, jos la presidencia de las mai

grandas

persona-

litats de la capitala, ambe l'ajuda de las entitats catalanas de
Paris. Présentât per lo majorai P.-L. Berthaud, del Amies
de la Lenga d'Oc, lo majoral-abat Salvat faguèt una conferencia SUS Jacint Verdaguer chantre de la Catalogne. Lo

poèta Ventura Gassol diguèt Verdaguer inspirador de l'U¬
nion dels Catalans. Se diguèt de poèmes de Mossèn Cinto,
se cantèt, se dansèt. Foguôt una vesprada d'encantament.
A-n-aquela ocasion, l'Institut Català publiquèt un numerô
espscial de la revista Presencia Catalana en « homenatge A
Jacint Verdaguer», portant, al costat d'ôbras numerosas
del poèta catalan, d'estudis, de poesias, de composicions,
sinnats per Ventura Gassol, Ambrosi Carrion, Caries Gran¬
de», Enric Guiter, J.-Maria Tarragô, Josèp Salvat, Paul Ca¬
sais, Caries Carde», Enric Roig i Querol, Gabriel Nogués,
etc... Jamai s'èra pas vist un ensemble tant requist d'ilustracions, fôtùs, dessins, etc., sus la vida, lo pals, l'ôbra de
Verdaguer.
Lo maitin, los Amies de la Lenga d'Oc avian engimbat, à
la Capëla de la Medalha Miraclosa, una messa ont l'abat
Salvat prediquèt en lenga d'oc e ont se cantèt Lou Pater de
F. Mistral.

A LA MEMORIA DE PAU CROUZET

LO divendres 27 de marts, los Amies de la Lengua d'Oc,

de Paris, an consegrat sa desseirada à comemorar lo
Président d'óunor de sa comession universitari, l'ispector
Generau de l'Educacion Nacionau Pau Crouzet.
Lo Président Albert Sarraut, que coma menistre de T'Istruccion Publica trovèt prêche d'et la colaboracion preciosa
e amistosa de Pau Crouzet, aveva expremit sons regrets

que sa carga de Président de l'Assemblada de l'Union Francesa non li poscusse permeter d'assistir ad aquera comemoracion. Mès m'aveva especiaument encargat de lo repré¬
sentai

Lo Professor
rault », estudejet

Fouillé, Président dôus «Enfants de l'Hé¬
la vita e l'ôbra de Pau Crouzet débat lo tri-

�BOLEGADISSA

7°

OCCITANA

pie aspecte dóu pedagôg, de l'amenistrator e dóu patriòta
lengadocian. En conclusion, los Amies de la Lenga d'Oc an
Crouzet en

decidit d'arrender omenatge à la memôri de Pau
demandans que son nom este balhat ad un grop
sa

comuna,

escolari de

ont estut Cônse dens los michants temps

guerra — çô qu'eus a
éditât en ço de Privât
ciel bleu ».

de la

valut aquet agradable libe de sovenirs
à Tolosa, « Et c'est toujours le même
P.-L. BERTHAUD.

LO 78e

CONGRÈS NACIONAL
SABENTAS DE TOLOSA

DE LAS SOCIETATS

tenguèt
ont de
durbiguèt lo 7 d'abrilh
SEdins
ongan Sala
à Tolosa
se Clemençalsaura.
la granda
de l'Ostal
L'Escôla Occitana
A la Sesilba

lo Colège d'Occitania i èran représentais.
inaugurala, lo Senhe Rector Dottin remem-

e

brèt ambe plan d'esperit e d'oporlunilat
tat de la vièlha Universitat de Tolosa.
Lo

la tradicion de liber-

vèspre, à la Facultat de las Letras, jos la

presidencia

del Senhe Clovis Brunei, director de l'Escôla de las Cartas,
à la seccion de filologia e d'istôria, poguèrem ausir d'interessantas comunicacions, e en primièr la del Senhe Brunei elmème sul Sermon en lenga vulgaria prononciat à Tolosa

sant Vincent-Ferrièr lo Divendres-Sant de l'an 1416,
aquel sermon de siéis oras de relôge en lenga de Tolosa
dont l'importancia dévia pas escapar al sabent Paul Meyer.
Lo Senhe Alliéres presentèt un esludi sul polimorfisme
fonetic à Bragairac, comuna del canton de Sant-Lis (AutaGaronaj, segon las nòrmas de l'Atlas linguistic gascon del
professor Joan Seguy : aquel estudi portèt sus la prononciacion trantolanta entre u e eu (barbut = barbeut).
L'abat Nègre, professor al Pichon-Semenari de Valencia
d'Albigés, nos parlât de las particulas Na e En onorificas al
comensament ciels noms de lôc, piejant sa tèsi amb una
carta plan presentada.
I ajèt tant-ben las comunicacions dels Senhes Sindou (lo
toponime carpentés), Rainaud de Lage (lôcs-dits de la co¬
muna d'Anlhac, Dordonha), Lois d'Alauzier (noms de lôc

per

en ac

En

dins lo Lot.

definitiva, bêla manifestacion del saber e de l'engenh

occitans.
P. FAURE.

�BOLEGADISA

OCCITANA

71

L'ESCOLA DE LARAN

t^S lo dijóus de l'Ascencion, 14 de mai, que, segon una tradicion déjà vièlha, se celebrèt la fehbrejada annadièra
de YEscòla de. Laran.
A la

Capèla rustica de Laran, messa ambe predicacion de

l'abat Salvat.
La taulejada se tenguët à Pontièr, cô del
Malafeta : la pitansa qualitosa e los vins
mèron un bèl l'ôc

d'artifici de lenga d'Oc.

Senhe Jaques de
generoses

i alu-

Aprèp los brincles del capiscôl Enric de Malafeta que complimentèt sos companhs elegits à las darrièras consultacions
electoralas, e de Paul Cabanis que diguèt un original poème
occitan, lo jos-capiscôl Edoard de Tappie remembrèt la fon¬
dation de l'Escôla, que, de son biais, perseguis l'ôbra dels
primadièrs de Fontsegunha, diguèt un pietados omenage à
la memôria del companh Victor Toulza, môrt l'an passai,
profitant d'aquela ocasion per dire la bêla ôbra dels ancians
manteneires Praviel e de Boyer, desapareguts, ailàsl qu'aurian saludat ambe plaser l'espelida de nôstra Escôla.
L'amie Sixte Doat ajent fait son improvisation annadièra,
cada an melhora, lo majoral-canonge clavètla sesilha ambe
lo cant sacrat de La

Coupo.

LA

E. de TAPPIE.

SANTA-ESTÈLA

SEdedebanèt
ongan
Pentacosta,
24 e 25
mai, jos
l'aflatàdeBordèu,
l'Escôlaper
Jaufré
Rudel. Lolosfestenal

foguèt subrebèl, à Sant-Emilion, à Bordèus à Santas. Las
sesilhas del Consistôri e del Conselh General del Felibrige
se passèron dins un aire esclarit e purificat. I tornarem.
Mencionem per ara l'eleccion de dos novèls majorais, Marcèl Mitan e Pèire Julian. Nôstre- escolan lo professor Paul
Pons foguèt nommât mèstre d'ôbra. La démission que lo
majorai P.-J. Berthaud avia donada à la seguida dels eveniments de Clarmont d'Eraut es estada refusada à una fôrta
majoritat per lo Consistôri. Frédéric Mistral es estât reelegit
Capolièr à l'unanimitat.
J. SALVAT.

RECTIFICACION

LO20capolièr
d'abrilhFrédéric
passât : Mistral escribèt à nôstre redactor lo

�BOLEGADISSA OCCITANA

72

Mon

Voudras

brige
47 de

car

bèn

amie,

i'aire saupre

à Cri-Cri que se « Lou Feli-

pareiguè pas i fèsto que Lo Gai Saber n'en parlo (p..
son fascicle 250), es que lou capouliè fuguè counvida à.
»

la radie.ro minuto, aguènt adeja près d'engajamen e sènso
agué lesi de se faire représenta. Es ço que faguè saupre au

Conse que
A cadun

T
2-'

l'avié counvida
son degut.

».

J. S.

O 22 de mars, conferencia de nôstre escolan Ferran Gaulhet à la Societat Arqueologica de Lavaur sus «Quelques

aspects du Languedoc » : foguèt una bêla paja d'istôria.
OS escolans que se voldran procurar las ôbras del poèta
nissart Rancher, precursor del Felibrige (Nemaïda, Fablié nissart) pôdon mandar lor soscripcion à « la Revue des
T

Langues Romanes
(600 1rs).

Í

»,

OS escolans que

Montpellier, C.C.P. Montpellier 477-47

voldrian

prene

part al Concors literari
1953 pôdon demandar

^ del'Institut d'Estudis Catalans
per

lo XXIII Cartell de Premis al Secretari General de l'Institut
d'Estudis Catalans, Apartado 1146, Barcelona (Espanha).

[ O 16 d'abrilh es môrt dins sos 87 ans, à Rodés, Enric

-*-1'

Bousquet, saberut e fervoros
cietat de las Letras de l'Avairon.

occitan, président de la So¬

A Carcassona es môrt, à 80 ans, lo
Francés-Paul Alibert, mèstre en Jôcs
ôbra remirabla.

23 de junh, lo poèta
Florals. Laissa una

Que santa Estèla lor fague bona aculhensa al

lmp. d'Editions Occitanes

-

Castelr.audary.

Paradis !

Le Gérant ; j. SALVAT..

�Supplément

au

N" 251 du Gai Saber

( Mai-Juin 1953 )

1

��75

—

-

RAPORT
SUL

CONCORS

LENGA

DE

legit en sesilha publica lo

l9r

de mai

D OC
1953

per

LO SENHE ABAT

JOSÈP SALVAT

MAJORAL DEL

FELIBRIGE

un dels quaranta

manteneires

Senhes Manteneires,

quand nôstra jurada dorbîs lo dossièr
vengudas acampar, venent'dels quatre
caires de l'Occitanîa, las estrôfas poeticas de totis
los terraires, s'escapa una flaira embriaiganta. Es
un encantament. Provença, Catalonha, Gasconha,
Lengadôc pôrtan à bel èime, als pèds de dôna Clemença, de rajadas de lum e de belor que nos embalausîsson. E, cada an, se renovèla lo miracle.
Cada

ont se

an,

son

E dire

qu'i

de gents per afortir que la poesîa
la poesîa es môrta. Belèu aquelas
a

môr, que
pénsan que, per èstre poèta, cal èstre al mens
coma Mistral. Nos arriba sovent de nos entendre
dire : « Eh oui ! A part Mistral, qui avez-vous ? »
Coma se de Mistrals ne dévia naisse un cada quinze

se

gents

�-

76

—

jorns ! Coma s'ôm pôd pas èstre poèta, e bon
poèta, sens atenhe à l'aussada de Mistral ! Coma
s'ôm pôd pas èstre musician, e bon musician, sens
atenhe à l'aussada de Mozart !
E justament ôm

se n'avisa quand s'agîs de des¬
partir, cô de Clemença, las flors de l'ôrt : ne caldria donar mai que non podèm, e sèm malcorats
de pas aver pron de riquessas per correspondre à la

valor

al meriti dels trobadors.

e

Es alavetz

cal dinar amb atencion sus
cercar los menèls défauts
n'i a
legitimar nôstra severitat.
que

nos

las estrôfas per i

totjorn

—

e

—

*

* *

Es atal que lo poème ESTELLO, de dôna ChanotBullier, trobairîs marselhesa à qui déjà Clemença
a fait riseta, nos a paregut
endecat per d'ombras
leugèras. L'autor fa rimar per exemple viha (veil¬
ler), en doas sillabas, ambe desavia (faire perdre
le chemin), ont via compta res que per una sillaba.
L'autor escriu duerbo, à l'imperatiu, quand deuria
e'scriure duerb o duerbe. Mas, qu'es acô ? Lo
poème demôra un bèl poème per l'idèa inspirarèla
de l'estèla guidant sus lor camin los marins e los
pastres, e per la flamba que, del primièr vèrs al
darrièr, s'emporta l'ama dins las nautors : « S'il
est des gens pour qui la destinée est vraiment trop
belle, si, pour cueillir des fleurs, ils se baissent vers
le sol, rappelle-leur que l'âme est faite pour voler,
et que
les nuits sont lourdes où il n'y a pas

d'étoile.

»

�77

—

-

5e n'i

a pèr quau l'astrado es veramen trop bello,
Se, pèr culi de flour, s'abeisson vers lou sôu,
Remembro-ié que l'amo es jacho pèr lou vôu,
E que pèson li niue ounte i a gès d'estello.

Disètz-me s'es pas vertat
meritava mai

qu'un poème parièr
qu'una mencion d'onor.
*
*

Es

encara

*

mencion d'onor qu'avètz atribuit

una

poèmes que nos a mandats lo doctor TrouetteValadon, de Salon, jos lo tîtol général de Camins
de fe. Son de poesîas de nauta inspiracion religiosa.
Lo poèta parla à son ama — Espèro de l'amo —,
qu'es à l'espéra de tota causa, potons, amor, saber,
patz, e de Dius enfin ; lo poèta dis — Ço que
sabèn
lo travalh e la pena qu'ôm se dona sus la
als

—

tèrra

:

Poujant dins la draio escuro,
I a de jour que fau ploura
Pèr faire sa plego.
Dis tant-ben

—

D'aqueste

e

d'aquéu

—

lo mistèri

de l'eternitat que tant conven à l'ama. Dis encara
De l'un à l'autre mes — la fe que, segon los
—

meses

manten
e

de

l'annada,

nôstra

ama

e

de

l'un

à

l'autre mes,
la calor

dins lo remembre,

l'estrambôrd.

lenga
ja que lo grand trocatalogat son parlar

Lo doctor Trouette-Valadon escriu dins la
de Mistral. Per

aquela rason,
a classificat e
à qui sos discîpols cambiarian pas un iôta
côp d'aste, nos a pas agradat de legir :
baire provençal

per un

�—

78

-

Susant dins la secaresso,
Pèr camina dre,
De cop, nous

L'aleno

nos

sembla

fauto l'aleno.

un

l'alen, al masculin. L'autor
la forma femenina

«

aleno

gallicisme. Se deu dire
nos respondrà belèu que

» es

dins lo Diccionari de

deuria pas èstre. E lo
conei que Mistral dona
sa preferensa à-n-aquesta darrièra forma. Un mot,
pracô, qu'es pas dins lo Trésor, e que lo poèta de
Salon emplèga, es maucur. Li calia escriure maucor.
Mistral ? Oc, segur, mas i
mot alen i es tant-ben, e se

Solament la rima demandava
bar

maucur.

Li calia tro-

quicôm mai.

Del meteis autor, una autra seguida de
« Romancero »
d'un torero troubaire

poèmes
—

nos

d'inspiracion mai personala :
poèmes pas descriptius coma ne coneissèm sus las
corsas de braus, mas evocatius, amb un mot, amb
un image. Aicî, lo tîtol sol es cargat de sens : Dicho
de lus e d'oumbro. Aicî
Cansoun de raive e
vido —, lo poèta met un davant l'autre l'alen de
l'ôrne e l'alen del biôu. Tota una poesîa — Calignage — es bastida sus l'oposicion de l'espasa e del
ventalh, l'espasa del « matador » e lo ventalh de
l'aimada. E tôt acô en vèrses corts e vius. « Epée...
éventail ?
C'est la canicule qui frappe à ton
front ; ouvre ton éventail !» — « Nenni ! je ne
divague pas !... Oui, là, dans l'ombre épaisse, qui
frappe au portail ? »
a

portât

una

nota

—

—

�79

—

Espaso

e

—

ventau ?...

Es la calourasso

—

Qu'à toun front tavano ;
Duerbe toun ventau !...
Nàni ! siéu proun sano

—

!...

Pamens, dins l'oumbrasso,
Qu pico au pourtau ?
Lo darrièr

poème

s'acabant

verses

en

rima. Acô

prôva

—

Espèro de maire —, es escrit
de sillabas femeninas sens
l'autor es mèstre de son art

sus

que

poetic. La lenga nos a paregut melhora que dins
los primièrs poèmes, e regretam de poder ofrir al
simpatic doctor povençal res qu'una mencion, una
mencion de grand onor.
*
* *

Lo senhe Robèrt Marty,

de Montpelhèr, es, ara,

li auriam volgut
poder atribuir mai qu'una mencion, malgrat que
siague una mencion de grand onor, per una tièra
de poèmes dont los melhors nos an semblât èstre
aquelis que màrcan un estât d'ama malanconic e
triste, coma ESPÉRA. La setmana s'acaba. Qu'es que
demôra ? « Le pauvre appétit d'infini et l'épais¬
un

acostumat de

seur

que

nôstres

d'un copeau, une
peut

concors, e

poignée de cendre légère

épandre le vent de cette nuit. »

La pobra gana d'infinit
I l'espessô d'una volilla,
Un punyat

de cendra senzilla

Que pot espandir el vent

d'mit.

�80

—

—

môstra la litson que lo poèta
caiguda de las fèlhas : « Elle est tombée
aussi, l'espérance, avec la rouille de ces nuits
où, répétant des noms bénis, croissait le mal de la
langueur. »
HORES

DE NOVEMBRE

trai de la

Ha caigut també l'esperança
Amb el rubill d'aqueixes nits

On, repetint

noms

benehits,

Creixia el mal de Venyorança.

atal nôstre ancian lau¬
dont l'Academîa corolo poème tant conegut « La chute

Lo poèta catalan rejunhîs
de Picardîa, Millevoye,

réat

nèt d'un gaug
des feuilles » :
«

Mais son amante ne vint pas
Visiter la pierre isolée... »

Que Robèrt Marty se descoraje pas, e, qui sab ?
belèu un cant de prima que li valdrà una flor.

sera

•

*

* *

Una poesîa de Léon

Coulet, de Montpelhèr, de

qui l'Academîa avia presat los mandadisses l'an
passât, a retengut ongan mai especialament l'atencion de la jurada. Aquela poesîa — LOS GRELS —

retipa gaire l'anar dels poèmes académies tradicionals, e acô es pas estât per nos desagradar.
En primièr, la forma es originala, ja que los vèrses son de nôu pèds. Teodôr de Banville, que s'i
coneissia en prosodîa, avia donat un exemple,
emprontat à Scribe, de vèrs de nôu pèds ambe la
copa

3 + 3+ 3

:

�81

-

«

Oui ! c'est Dieu

-

-

«

proie à l'amour - plein de fureur. »
pluma de Léon Coulet ne trobam ambe
donadas per Banville :
Dins la niocii - se pasta - ha mon ama...

En

Jos la
copas

Ma maire amossa
e

- et t'éclaire ! »
exemple, d'el-même,

qui t'appelle

n'avia donat un autre
ambe la copa 5 + 4 :

Pèi

-

ha lo calel...

d'autres, ambe la copa 4 +
Auria

volgut

-

las

5

:

la li descojlar.

Aquela curiosa varietat nos a

plagut.

Çô que nos a plagut mai encara, son
los images se perseguissent un aprèp
ligam aparent : cabra,

las idèas e
l'autre sens

alabrena, cant del grel,

conils, amor, calel de l'ostal, amarum de la vida,
tôt acô fa un tablèu tôt al côp rustic e travalhat.
L'Academîa senhala pracô à l'autor que séria bon

el de pas anar trop lènh dins aquel camin ont
caldria, per lo comprene, de comentaris trop longs.
I a de membres de la jurada que se mostràvan sévè¬
per

res,

d'autres

De

estais mai indulgents.
del même biais se podrian

son

remarcas

far rapôrt

à la lenga. L'autor, qu'es del Clapàs, conei son
vocabulari, e ne son la prôva los mots coma bragalon (lin, nonfeuillée), mata d'areda (asphodèles),

(pis de la chèvre), etc..., propres al Clapàs.
lo mot tarnas que revira
per « frelons » ; las formas coma mural, ploral,
bronzinal nos paréisson inventadas, al mens dins lo
sens
que lor dona l'autor ; ahiten, endarairen, g

amés

Mas sabèm pas ont a près

�82

-

—

espessugen, participis présents de verbes del primièr

deurian escriure abitan, endarairan,
d'alhors, perqu'es que la poèta escriu
«agradant»? ; à l'escur nos semblaria mai corrèct
que à l'escurun ; « moins » se dis en occitan mens, e
jamai mensa. Aurem jamai pron de respèt per nôstra lenga.
grope en ar, se

espessugan

—

Malgrat tôt acô, Los Grels de Léon Coulet
emportais un ulhet à la força de las banas.

se

son

*

,

*

Lo comentari,

Graulhet, l'a
DE

MARTROR

:

*

nôstre lauréat Paul Calvignac, de

cregut necessari per son elegîa NÈIT
LO PESCAIRE D'OMBRAS. Li-n farem

reproche. Sabèm que Lamartine acompanhèt de comentaris sas Meditacions e sas Armonîas. Son de comentaris istorics, geografics, diriam
tant-ben folclorics necessaris, mai qu'indispensa¬
bles per comprene lo poème.
pas

un

Es la nèit de Martror ont, segon la tradicion
viventa dins força païses occitans, las amas dels
morts tôrnan landrar al pais ont an viscut. Lo poètà
môstra lo riu de Graulhet, lo Dadon, carrejant
son

las

aiga de la palsièra al molin,
vôlon pas laissar

amas que se

e,

dins l'aiga,

van

pescar.

Del Dadon l'aiga carreja
de sornes adins.

Fa, desfa, torsîs, cordeja
los morts amb los vins.
Los vius

son

los obrièrs totjorn valents, los blan-

gèrs graulhetôls totjorn afanats al travalh de la pèl.

�-

Los morts

son

83

-

totis los ancians, los senhors,

los

la riva senèsIls rêvent sur leurs usi¬
leurs ombres penchées

barons, los de la riva dreita, los de

los obrièrs d'antan.
la paille aux sabots

tra, e

«

;
reviennent où ils ont travaillé. »
nes,

sus las caussinas,
l'esclôp apalhat,
Tôrnan lors ombras aclinas

Trevaires

ont

an

travaillât.

A ! lo pescaire d'ombras, que se ten dins l'Ila,
à la demôra, quna rica cargason pôd faire d'aque-

vôlguen, las aigas del riu
la nèit de Totsants.
Paul Calvignac coma dins las
aigas del Dadon se podrian pescar de malaisidenças,
de punts escurs — pensi à-n-aquel pronom nous
las
se

amas :

vôlguen

o non

las empôrtan dins
Dins la poesîa de

emplegat per nautres o nos-aus —. Mas i a de movement, de força, de vam, de vida, e tôt acô laissa
pas indiferent, e tôt acô sasîs l'èime e encanta lo
côr, perqu'es de poesîa.
Suis bords del Dadon, ennegrit e trebolat per las
pèls dels blangèrs, lo trobaire Calvignac podrà
plantar una primavèra de bona flaira e de color
regaudissenta.
*
* *

L'elegîa de l'abat Silvan Toulze, un autre de
grands lauréats, podia que se classar en
tèsta del concors occitan. La Menina, aquî un retrat,
aquî una estatùa, aquî un cap d'ôbra bastit e fargat

nôstres

de

man

de mèstre.

�84

-

Se vei

—

primièr la vièlha, sorda qu'enten res,
se marcha, ajent tôt
de força dins los dets per engrunar lo

en

abucla qu'i vei plus, trabucant

just

pron

rosari.

Pèi,

las

son

tratada per
I
la

penas

la nôra

moralas
coma

patîs la menina,
enfant :

que

un

defen d'anar pus lonh que la cleda,
nôra, e li ten lo pan talhonat ;

la vestîs à l'ora al biais d'un mainat
i comptan

;

los sôus al pôrta-moneda.

A

Postal, li es pas permés de parlar, à part que
demandar se farà bèl temps o mal temps.
Digus non l'escotaria dels joves que l'enrôdan, e

sia per

aeô li pesa :

Escôtan pas res e corron avans...
Ara sàbon plus cossî ven lo pan...
La vièlha, ailàs ! pôd parlar res qu'à NôstreSenhe. E tant-ben als morts. Acô fa que, als jorns

d'estiu, sab
trôba solàs

res
e

que

vida

los dos camins ont

son

ama

:

Tant-ben per temps caud, al torn de Sant-Jan,
escapa

l'aujôla,

en

devers lo cloquièr

trantolejant,
o

lo cemetèri.

Aquî, sab reviscolar dins son èime los bonurs del
temps passai. Solament, acô dura gaire ; lo passât
es

passai :

Las

vots

La menina

del temps mort

a pas

idèa de

se

son lèu avalidas.
planhe. A res que lo

�-

85

-

paradis, ont lo solel
Nôstre-Senhe, dont la clartat jamai s'avalirà.
désir de retrobar la lutz al

es

original.
l'Enfant
Jésus colcat dins la grepia. Es tant vièlha ! « Car
la Vierge, toute pleine de grâces, vingt vieilles de
son âge, la main dans la main, atteignant au-delà
du monde romain, pourraient l'emporter dans leur

E lo poème finis dins un enlairament
La vièlha creiria gaireben aver conegut

belle ronde !
Car la

»

Verge

vint vièlhas

en en

coma

ela

tota gracia abonda,
en se dant la man,

atengent délai lo monde roman,
la poirian tenir dins bêla redonda.

veni de faire del poème, e las citan'ai donadas, sufison per mostrar la valor
rara d'aquel poème, ont la descripcion va d'acôrdi
d'un cap à l'autre ambe l'evocacion, ont i a pas ni
longors ni cavilhas, ont se trôba pas la mendra dèca
de vocabulari. A part dos o très vèrses dont !o
ritme es un pauc malaisit, las estrôfas regularias
ressontîsson de la bêla sonoritat del vèrs de dètz
sillabas, non pas del vèrs epic de La Canson de
Roland sul ritme 4 + 6,. mas del vèrs leugèr sul
ritme 5 + 5 coma lo sabia merabilhosament fargar
L'analisi

que

cions que

Alfred de Musset.
La Menina

se

meritava

una

bêla flor

: es

ambe lo

gauj d'argent, prètz del genre de l'elegîa, qu'avètz
volgut, Senhes Mantenc-ires, guierdonar l'ôbra de
l'abat Toulze, noble poèta de la familha de Perbosc,
de Cayroue de Cubaynes, de l'abat Toulze fièr
trobaire carsinôl.

�—

86

—

*
* *

Qun domage, Senhes Manteneires, que mon rapôrt s'acabe pas sus aquela esplendor ! Avètz volgut
ailàs ! que, d'un mot, saludèssi la venguda, dins
nôstra Companha, de très novèls mèstres en Jôcs
Florals. « Lo raportaire del Concors de poesîa francesa, m'avètz dit, aura pron de travalh, deman, per
saludar la memôria de totis aquelis mèstres defuntats dins l'an que venèm de passar. Parlaretz, vos,
dels très que, d'ara en davant, seran ambe nos-aus
prèp de dôna Clemença. El, deman, dira, en francés, la lausenja dels que son partits, même s'an
saput cantar res

qu'en occitan. Vos, saludaretz los

vénon en lenga d'ôc, même se n'i
escriure qu'en francés. »

que

a que

sàbon

AcaillusPèi,
farai cort, ja qu'aurem lese de far mai granda
coneissença ambe los novèls mèstres en Jôcs Florals
que s'apèlan Caries Grandô, Joana Marvig e Marîa

Acô rai, me sembla una bona idèa, per una
demîa qu'a dins son programe de defendre e
trar las doas grandas lengas de nôstre païs.

Noël.
Caries Grandô, bèl-temps-a que
l'ôrt de Clemença a

lo coneissèm. A

culit las plus bêlas flors ambe

lenga musicaira e encantarèla del Rosselhon. Un
d'el, Fa sol i plôu, es claufit de musica e
laissa escapar de rajadas de solelh. Lo fièr mantenedor viu dins l'estrambôrd del Primièr de l'An à
Sant-Silvèstre. Nos portarà d'alegrîa.
Joana Marvig es venguda, antan, ela tant-ben,
faire bêla culida à l'Ort de las Augustinas. Sos poè-

sa

bèl libre

�—

87

-

lenga d'oïl, coma las ôbras de
son inspiracion es estada
totjorn l'inspiracion de l'Ama latina, e son cant
poetic es estât avant tôt La Canson de Toloza.
mes

son

escrits

en

tantis dels nôstres. Mas

Toulouse, a dit un jorn,
Toulouse, ce que j'ai caressé de ma plume,
«

«

C'est

ta

beauté de gloire et de

chair

; ta

beauté

foyer où l'infini s'allume,
où l'art pur clame la vérité.»

Vibrante de
De statue

de nôstre païs,
podria èstre. Aicî coma canta lo vent :
Marîa Noël

«

pas

es

e

pracô

ne

Il était une fois un Grand Vent dans la plaine...
Un Grand Vent éperdu qui courait hors d'haleine
Et qui bouleversait en courant l'horizon. »

plan pour, pracô, s'un jorn lo Vent
d'Autan, l'Autanàs, l'agantava sus un caminôl de
Sant-Anha. Se la podria emportar : es tant menuda,
tant freula, tant pichoneta — parli d'ela, e pas de sa
Auriai

Les Chansons et les Heures »,
» son de libres
pesucs d'inspiracion —. Som segur pracô que son
amor per nôstre païs la faria plus solida, li permetria de tene côp. Aima tant Tolosa ! I es venguda,
un jorn, à l'Ostal d'Assézat, e ôm auria dit que s'i
trobava coma à son ostal. Un jorn que passavi per
Auxerre, son vilatge, li anèri far visita. « On ne
poesia,

«

Chants

perque
et

«

Psaumes d'automne

peut pas la voir aujourd'hui », me diguèt sa vesina.
« Dites-lui
que c'est un ami de Toulouse ». —

—

«

De Toulouse ?

»

diguèt una votz clara en dedins.
la porta se dorbiguèt.

Amb acô n'i ajèt pron :

�—

88

—

Sera bèlament à sa plaça, aicî, dins aquela Assemblada de la Gaia Ciencia, « où j'aperçois, m'escribia,
derrière les vivants maîtres, tous les immortels
troubadours qui sont mes plus vrais ancêtres.

sais-je parler leur langue ! Hélas !
gère au sens d'un verbe sonore qui
paru, même obscur à ma pensée,
d'intime soleil. Mais enfin, et c'est
ne

Poésie

nous

réunit

tous.

Que
je reste étran¬
m'a toujours
tout éclatant
l'essentiel, la

Et les oiseaux de tous les

arbres, d'Occitanie en Bourgogne, chantent leur
Printemps d'une même voix. »

�-

89

—

LANGUE D'OC

D'UN TORERO TROUBAIRE

ROMANCERO

CALIGNAGE
POEME

très honorable

qui a obtenu une mention
par

M.

le docteur
salon

a

—

«

Très

TROUETTE-VALADON
(Bouches-du-Rhône)

ouro...

Migo, ges de

m'en

reno

vay

!

!

Moun varlet d'espaso

M'espèro ; la caud,
Vuei, sara de braso
Se

vas

Porto toun ventau !

JEU
«

DE

»

—

L'AIMEE

vais ! Amie, ne te fâche pas ! Mon
d'épée m'attend ; la chaleur, aujourd'hui, sera de hraise :
vas
aux arènes, porte ton éventail ! s&gt;

Trois heures... Je m'en

valet
si

;

is areno,

lu

3

�90

-

—

Espaso e ventau ?... » —
De qu'as ? Uno mousco,
Qu'au côu te vèn pougne ?
Digo ! as toun ventau ?» —
« Nàni !
es pas que fougne,
Mai dins l'oumbro fousco,
Qu pico au pourtau ?...
«

—

«

—

—

Espaso

e ventau ?... » —
Crese que t'enfèbro
La caud que s'aubouro...
Duerbe toun ventau ! »
« Nàni !
mai tant d'ouro,
«

—

—

—

Dins l'oumbro menèbro,

Qu pico

au

pourtau ?...

Espaso
«

—

e ventau ?... » —
Te fai mau, chatouno !

Lou soulèu
Duerbe

qu'ardejo

toun

Nàni !

ventau

;

!

»

—

mai

s'eigrejo
Quaucun dins l'androuno
Que pico au pourtau !...
«

—

Epée... éventail ?... » — « Qu'as-tu ? Une mouche, qui- au
vient te piquer ? Dis-moi ! n'as-tu pas ton éventail ?» —
« Nenni ! je ne boude pas, mais en l'ombre trouble, qui frappe
au
portail ?...
«

cou

Epée... éventail ?...
croissante...

Ouvre

»

ton

—

«Je crois

éventail !»

(cet après-midi), en l'ombre

Epée...

éventail?...»

à

«

la porte

!...

t'enfièvre la chaleur
Nenni !

mais

si

tôt

hostile, qui frappe au portail ?...
«Je crois, chère enfant, que te

malade
le brûlant soleil ; ouvre
Nenni ! mais se fâche quelqu'un dans

rend
«

—

que
—

ton

éventail !

»

—

la ruelle, qui frappe

�91

-

-

Espaso
—

«

Qu'à

e ventau ?... »
Es la calourasso

—

«

front tavano,

toun

Duerbe

—

toun

Nàni !

ventau

!

»

—

siéu proun sano

!...

Pamens, dins l'oumbrasso,
Qu pico au pourtau ?...
e ventau ?... »
Pèr que noun sai

Espaso
—

cc

Iéu, mire ta

—

blouso,

caro,

Sarro toun ventau ! »
« Oh
! nàni ! pancaro

!...

Qu'es la mort jalouso
Que pico au pourtau !...

—

—

—

Migo ! rèn de tau,
Quand la mort tabaso,
Davans li parpello,
Qu'un poulit ventau !
Un poutoun !... m'apello
Moun varlet d'espaso
Que pico au pourtau. » —
—

«

Epée... éventail ?... » — « C'est la canicule qui frappe à ton
éventail !» — « Nenni ! je ne divague pas !...
Oui, là, dans l'ombre épaisse, qui frappe au portail ?...
front ; ouvre ton

plus beau, je puisse
— « Oh ! nenni !
pas encore !... C'est la mort jalouse qni frappe au portail 1... »
« Amie !
rien ne vaut, quand ia mort fait rage, devant
les paupières, joli éventail ! Un baiser !... j'entends mon valet
d'épée qui frappe et m'attend au portail. »
Epée...

admirer

—

éventail ?...

ton

»

—

«

Afin

que

visage, ferme ton éventail !»

�92

—

—

E S T E L L O
POEME
QUI A OBTENU UNE

MENTION HONORABLE
PAR

M018

CHANOT-BULLIER
A MARSEILLE

Tu que menes l'avé parié que
Dôu trefouns de l'Uba guidant
Astre di marinié, di pastre e

li veissèu,
li long viàge,
di Rei Mage

Ensignant à tout iue de regarda

dins la niue douno
segui la forço de viha

En aquèli que van
Auran pèr te

Sènso jamai que rèn li posque
Dins l'inmenso tristour di vàstis

Mando

uno

lou cèu,

urouso

astrado

en

ajudo.

desavia
amplitudo.

chasque enfant que
[vèn

E, souto aquel aflat que res noun poudrié vèire,
Empourtant sis amour, sis idèio e si crèire,
Fara flôri de-longo au mitan di vivent.
ETOILE

qui mènes le troupeau de même que les vaisseaux, du
tréfond du Nord guidant les longs voyages, astre des mariniers,
des pâtres et des Rois Mages, enseignant à tout œil de regarder
Toi

le

ciel,
A

te

ceux

aide. Ils auront pour
jamais rien ne leur fasse

qui vont dans la nuil prête ton

suivre la force de veiller sans que

perdre leur voie dans l'immense tristesse des vastes espaces.
Envoie une heureuse destinée à chaque enfant qui naît,
et, sous cette influence que personne ne pourrait voir, empor¬
tant ses amours, ses idées et ses croyances, il triomphera tou¬
jours au milieu des humains,

�93

-

-

a pèr quau l'astrado es veramen trop bello,
Se, pèr culi de flour s'abeisson vers lou sôu,

Se n'i

l'amo es facho pèr lou vôu
pèson li niue mounte i a gès d'estello.

Remembro-ié
E que

que

jouine tèms, pèr iéu, t'ai countem[pla :
Vihes sus moun paîs à despart de tout astre ;
Simbèu de glôri, vuei, counjuro si malastre !
Dins un rode dôu cèu que s'es jamai nebla,

Despièi

moun

qu'as fissa pèr la vido
trebaus en pantai,
Laisso dins nôsti cor espandi ti set rai
E duerbo dins l'azur l'èro di respelido.
Demoro clavèu d'or,

Lou biais de tremuda li

Demoro Estello santo entre

li

man

de Dieu,

Sauvo pèr ta vertu ma raço e soun terraire,
O tu, qu'esblèugissènt la visto d'uno maire,
De toun signe as marca

lou gèni de

soun

Fiéu.

qui la destinée est vraiment trop belle, si,
cueillir des fleurs ils se baissent vers le sol, rappelle-leur
que l'âme est faite pour le vol et que pèsent les nuits où il
n'y a point d'étoile.
Depuis mon jeune âge, pour moi, je l'ai contemplé : tu veilles
sur
mon
pays en dehors de fout astre ; symbole de gloire,
conjure ses désastres ! Dans un endroit du ciel qui ne s'est
S'il y en a pour

pour

jamais embrumé,

s'épanouir

d'or qui

clou

Demeure

transformer

as

les tribulations
tes sept rayons

fixé pour la vie la manière de
rêves, laisse dans nos cœurs
et ouvre dans l'azur l'ère des
en

résurrections.
Demeure

Etoile

sainte entre les mains de Dieu, sauve par

ta vertu ma race et son

d'une

(1) La
livre de

étoile,

territoire, ô toi, qui, éblouissant la vue

mère, de ton signe as marqué le

ne

mère
«

génie de son fils (1).

de Mistral ouvrant pour la première fois

Mirèio

»,

éblouie

put se mettre à

par

lire,

une

le

lumière semblable à une

�-

94

-

CAMINS DE FE

S ABÈN

ÇO QUE

POEME
QUI A OBTENU UNE MENTION HONORABLE
PAR

M.

LE

DOCTEUR

TROUETTE-VALADON

A

(Bouches-du-Rhône)

Lou

SALON

sabes, tu Segnour Mèstre,

Que davans tu, sian,
En vau de vido vidanto,

Aquéli qu'as, dôu noun-èstre,
Tra, pèr qu'aguessian,
De toun èstre, plenour santo,...
Clina sus la mouto duro,
l'a d'ouro que fai tira,
Pèr

sa

cava

rego

!

Poujant dins la draio escuro,
l'a de jour que lau ploura,
Pèr faire sa plego !
CE

QUE L'ON SAIT

Seigneur et Maître, et nous sommes, devant toi,
ici-bas, tout au long de cette vie,
Ceux que tu as ,du néant, fait sortir, afin que nous possé¬
dions, de ton être, la sainte plénitude, tu le sais.
Penchés sur la terre dure, il est difficile, à certaines heures,
Tu

le sais,

de tracer

Peinant
en

son
sur

pleurant

sillon !
sans
gloire, il est des jours oii c'est
l'on accomplit sa tâche !

le chemin

que

�-

95

-

Au mitan de l'amaresso,

Sus soun gres estré,
l'a de fes qu'es trop

de

peno ;

Susant dins la secaresso,
Pèr camina dre,
De cop, nous fauto l'aleno...
E

soulet, dôu rusticage,

Sènso s'alassa,

Que boufe,

que

brèine

crème,

o

De tout tèms, mourgant

Fau, dins l'abrassa,
'Mé soun pan, renja

lou raje,

soun

Mai qu'enchau, se mai

gème...

poulido,

La meissoun, pèr tant d'afan,
Grano que mai drudo,

Au
nous

milieu
sommes

Peinant

souffle
Et
ou

sur

nous

la

adversité,

glèbe aride,

pour

sur

un

maigre sol, parfois

marcher droit, souvent le

manque...

sans se lasser de l'effort, qu'il vente, qu'il gèle,
le soleil brûle,

seuls,

que

Bravant
son

de l'amère
accablés ;

pain et

Mais

toute

son

intempérie, il faut dans le même
affliction...

sac

mettra

qu'importe, si plus belle, la moisson, après tant de
un blé plus dru,

labeur, donne

�-

96

-

E deman, se la culido,
Pèr assadoula la fam,

Vèn que

mai chanudo !...

Que dôu gran fin qu'à la
De la frucho au gran,
Amor que soun

mémo

frucho,

causo,

Pereiçavau, vido e lucho,
l'a qu'en tu, Dieu grand,
Que noste cor se repauso.

Et si, demain, la récolte, pour nous rassasier, lève plus
opulente !...
Car de la graine jusqu'au fruit,
et du fruit à la graine,
puisqu'aussi bien sont même chose,
En notre monde, vie et lutte, il n'y a qu'en toi, Dieu grand,
que notre oœur se repose.

�97

—

LA

-

MENINA
ELEGIE

qui a obtenu le souci, prix du genre
par

M. l'abbé Sylvain TOULZE

curé

de trespoux-rassiels

(Lot)

Aquela menina es talament vièlha
Que degun d'aicî la tuneja plus :
Los seus conteirals, lor rausa dessus
La romèc vidorna à ponchuda fèlha !
Coneissià lo monde al corre,
Davant de venir sorda
Ara lo viston dins

Agacha
Se

sens

sa

al parlar,

desca
fresca

coma

cara

;

veire, amai raie clar.

plus qu'ai sèti !... Camina ?
mendre trabuc.
Vertat es qu'un fais talament pesuc
D'ans e de malurs i cachan l'esquina !
carra

pas

Lo baston i escapa al

Cette mère-grand est tellement vieille que personne ici ne
tutoie plus : ses contemporains, foisonne sur eux la ronce
vorace
à feuille pointue !
la

Elle distinguait les gens à la démarche, à la parole, avant
de devenir sourde comme un pot ; maintenant la pupille dans
son
frais visage regarde sans voir, bien qu'elle brille encor !
Elle n'aime plus que d'être assise !... Marche-t-elle ? La canne
lui échappe au moindre heurt. Il est vrai qu'un fardeau telle¬
ment lourd d'années et de malheurs pèse sur son échine !

�98

-

La

i tremôla

man

se pôt
la fauda ;
naut per la gent malauda
morts retes dins lo clôt.
e

Engrunar lo rosari
Mai lo dis
E

los

tôt

paures

-

juste

sus

I défen d'anar
La

nôra,

e

pus lonh que la cleda,
li ten lo pan talhonat ;

La vestîs à l'ora al biais d'un mainat
I comptan los sôus al

;

pôrta-moneda !

Lèva pas la lenga al ostal qu'amor
De saure s'avèm umor o secada

O caimar

tombe en gresa una arada
Qu'autre temps i a vist lo blat negre en flor !
que

gendra segonda e l'ainat del drôlle
Qu'encara an pron pena à volar quaranta

La

Escotan

ans

pas res e corron avans

Nimai del argent

tenguèssen lo molle.

plus cossî ven lo pan !...
Quand èra una jove à la côfa blanca,
Aviàn plen l'armari amb lo fus sus l'anca
E verquièra à dich de mèdre à la man.

Ara sabon

La main lui tremble et à

peine peut-elle égrener son rosaire
dit même à voix haute pour les malades
raidis au cimetière.
de passer la barrière et lui mesure le
pain par morceaux ; elle l'habille à heure fixe ainsi qu'un
enfant ; on lui contrôle son porte-monnaie !
Elle n'ouvre la bouche à la maison qu'afin de savoir si
nous
avons
humidité ou sécheresse, ou gémir que tombe en
; elle le
et les pauvres morts
La bru lui défend
à

son

giron

friche

un

sillon

où antan elle

a

vu

le blé noir

en

fleurs !

petit-fils et lui-même qui atteignent tout juste
quarantaine n'écoutent plus personne et vont de l'avant

La femme du
la

comme

Qui
était

coffre

s'ils tenaient le moule de l'argent.

sait à présent comment vient le pain ?... Quand elle
une jeunesse à coiffe blanche, les filles emplissaient leur
avee

le

fuseau

au

moissonnant à la faucille.

côté

et

se

constituaient

une

dot

en

�99

—

-

Dins tôt lo païs degun plus que nose
Mocador florat à son cap, degun

Qu'aje vist lusir

furnar lo lum

e

Del calel olhat al ôli de

nose

!...

gandits aicî de se consolar
Quand aura finit son bal de misera !
N'a plus que l'Bon Dius sus aquesta tèrra
Qu'i tange quicôm, à eu pot parlar
Son

De tôt à leser

e

trebolèri

sens

Tant-ben per temps

:

caud, al torn de Sant-Joan,

Escapa l'aujôla, en trantolejant,
Devèrs lo cloquier o

E quand a pregat
Pel drôlle qu'amb

lo cemetèri.

pels

seus

rebonduts,

lo paure ôme l'espéra,
Passais per oblid los dois d'un côp-èra,
Lor ten estampèl coma als jorns perduts.

A
du

tout le pays personne plus ne noue de
à son front, personne n'a vu briller et fumer
calel » empli à l'huile de noix !...

travers

fleuri
«

mouchoir
la lampe

Ils parviendront à se consoler sans trop de peine ici quand
s'achèvera son bail de misère ! Seul, le bon Dieu sur terre
est de sa parenté ; à lui seul elle peut parler de tout
à loisir
et

sans

Jean,
ou

appréhension : aussi par temps chaud, vers la Saints'échappe-t-elle en tremblottant vers le clocher

l'aïeule

le cimetière.

Et

quand elle

a

son

l'attend
d'autrefois, elle leur

prié pour ses disparus, pour le fils qui

pauvre mari, oubliant les deuils
tient caquet comme aux jours défunts.
avec

�100

-

Vèi reviscolar dins

sa

-

sovenensa

Filhas e drollats de sa prima estant
E se tôrnan dire en cascalejant
Las risèias de la bêla jovensa.
Mas dura pas gaire aquel novelum :
Las vots del temps mort son lèu avalidas.
A ! quora poirà, de tant pus polidas !
Las entendre

amont

Per ela lo crôs

es

ont

pas

rendon lo lum !

plan de crenhe

:

Avalit l'esclaire al fons de son èl,
I triga de vere espandir lo cèl
Ont lo solel s'apèla Nôstre Senhe.
E Jésus, lo vèi !

un

mainat jagut

Pel braçat de palha à la grepia frecha !...

L'aujôla qu'à vegadas repapieja
gaire creirià l'aver conegut :

De

Car la Vèrge en eu tota gracia abonda,
Vint vièlhas coma ela en se dant la man,

Atengent délai lo monde

roman,

La poirian tenir dins bêla redonda !
Elle voit

reprendre vie dans son souvenir filles et garçons de
printemps et ils se redisent en riant aux éclats des plaisan¬
teries de la belle jeunesse.
Mais ce renouveau ne dure guère : les voix du temps mort
sont tôt disparues. Ah ! quand pourra-t-elle, tellement plus
agréables ! les entendre là-haut où on rend la lumière (aux
aveugles) !
La tombe pour elle est bien peu à craindre : depuis que la
clarté est morte au fond de son œil, il lui tarde de voir s'ouvrir
le ciel où le soleil a nom Notre Seigneur.
Et Jésus, elle le voit ! un petit couché sur la brassée de
chaume à la crèche froide !... L'aïeule qui parfois s'égare en
ses pensées
se figurerait presque l'avoir connu :
Car la Vierge toute pleine de grâces, ving vieilles de son âge,
la main dans la main, atteignant au-delà du monde romain,
pourraient l'emporter dans leur belle ronde !
son

�101

-

NEIT

LO

DE

-

MARTROR:

PE SCAIRE

D'OMBRAS

ELEGIE
OUI A OBTENU UNE

PRIMEVÈRE

PAR

M. PAUL CALVIGNAC
A GRAULHET

(Tarn)

Las nivols que se passéjan
« Castèl de Crins »,

Sul

Fan de

grisalhas, qu'orléjan
sos acrins.

De plomb
Del
De

«

Dadon

sornes

»,

l'aiga carreja

adius.

Fa, desfa, torsîs, cordeja
Los

morts

amb los vius.

La passièra, en aval,
Presica al desèrt,

brama

:

S'enrauca à montar la gama
Dins un vent d'inlèrn.

NUIT

DE

TOUSSAINT:

LE

PÊCHEUR D'OMBRES

qui se promènent au château de « Crins » font des
grisailles qui ourlent de plomb ses créneaux.
Du « Dadou » l'onde charrie de sombres adieux. Elle fait,
défait, tord et lie les morts aux vivants.
La chaussée, en aval, brame, prêche en le désert, s'enroue
à monter la gamme en un vent d'enfer.
Les nuées

�102

_

_

Del « Molin-Vièlh », la turbina
Fa lo grand-solelh.

Vira, runla, nina, nina
Tôt

escabel.

son

planh, coïna,
d'esper.
Sabèm, naus, quna farina
Mol, aqueste ser ?

La môla

Mas,

se

sens cap

La mièja-luna s'escana
Per vomir la sèrp
De

l'aiga

Tôrsa

que se

com un

debana,

vèrp.

rajôl laissa la vila
ser sens lum,
Per anar assiejar l'a lia
Lo

Dins lo

»

Del Pescaire trum.

Cada

ama

aquî redoleja,

Vira, per sercar
s'aparar de l'enveja

De

De

Du

se

far pescar.

«Moulin-Vieux»,

la

turbine

fait le grand-soleil.

tourne, roule, vire, vire tout son écheveau.
La meule se plaint et grince, mais, sans
nous

La

Elle

nul espoir. Savons-

quelle farine elle moud, ce soir ?
demi-lune s'étrangle, vomit le serpent de l'onde qui se

déroule, torse comme un ver.
Le courant laisse la ville

au soir sans clarté, pour aller
du sombre Pêcheur.
là que chaque âme errante
tourne, pour chercher à
plus celle envie : se faire pêcher.

assiéger 1'
C'est
n'avoir

«

Ile

»

�-

103

-

Caduna cort, enraubada
D'una part de niu,
Coma a poscut, deraubada,
Per se far romiu.
Tôt l'ôst, en côlha afanada,
Sèrca son camin,

Mas, sempre, torneja
Cap al pescafin...

o

nada,

«Loïs», senhe de la Plana,
Ven del

«

Nôu Castèl

»

A passes loncs d'una cana,
Cor al Grand Rampèl.

Sos barons, coma el, de gaire
Passarian davant,

Mas, vèrs lo negre pescaire,
el, se-n van.

Darrièt

« Goch » un canhàs ganida
Canta lo bèrlus.

Sul

L'aiga, al torn del
pôu del caiis.

«

:

Pont-Vielh

»,

crida

De

Chacune court, enrobée d'une part de nue, comme
dérobée pour pèleriner.
Tout l'ost, en groupe rapide, cherche son chemin,

elle

a pu,

mais tou¬
le fin pêcheur...
«Lo'ïs», Seigneur de la Plaine, vient du «Château-Neuf»,
à grands pas, longs d'une toise, court au Grand Rappel.
Ses barons, comme lui, presque passeraient devant, mais,
vers le noir pêcheur d'ombres, après lui, s'en vont...
Un chien, au « Gouch » geint sa plainte, hurlant à la mort.
L'onde, autour du «Pont-Vieux», crie, peur du chat-huant.

jours tournoie

ou nage vers

�-

De

«

La Bastida

104

-

la porta

»,

A l'èl abasat,
a La Barbacana
jamai baissât.

Mas,
L'a
Del

«

Verdausson

»,

Del

«

Las

amas

de riva dèstra
«

Loïs

».

Las que son de man
Cabussan l'abîs...

senèstra,

Camp de Sant-Rôc », s'arranca,
polverin,
poder passar « La Planca »,
mai picbon trin.

Del
E

rôca sombra,

à laissar passar l'ombra
Primièr Levîs ».

Seguisson

Lo

môrta,

pont-levadîs

Lo

Renha

Pel

»,

«

trum

I deu

aver

los Antônis

Augustins,
D'aièr, umils testimônis
E los

Oncles

De
cane

Du

«

e

:

cosins.

La Bastide », la porte a son

œil bouché, et « La Barba-

morte, ne l'a plus baissé.
«Verdausson», roche sombre, le vieux pont-levis grince

»,

à laisser passer

l'ombre du « Premier Lévis »

Loïs », celles de la rive
tombent dans l'abîme...
Du champ de « Saint-Roch », s'arrache, pour le noir embrun,
afin de passer « La Planque », le menu fretin :
Il doit y avoir les Antoines, et les Augustins, ici, humbles
témoins d'hier : oncles et cousins.
Les âmes de rive droite- vont avec «

gauche

�105

-

Trevaires

sus

las

—

caussinas

«

»,

L'esclôp apalhat,
Tôrnan lors ombras aclinas

Ont

travalhat.

an

Coma antan, amb
Cor

,

suis

«

crocs e astes,

saut-de-rat

»,

Tôt lo blantgerum suis trastes,
Al travalh tornat...

Siàguen d'un recent vîatge
O de milanta
Los

ans,

vaquî tots del même âge

:

Nivèl de Totsants !

Mas, deman, lor rampelada
Aura plus de sen,

Jà,

per una autra,
La Totsants... que

Ils

:

ven...

les usines, la paille
sur
penchées, où ils ont œuvré.

errent

ombres

oblidada

aux

sabots, revenant,

Comme antan, avec leurs « croches » court aux « sauts-de»
dans les séchoirs, la « Mégisse » ancrée au travail...

rat

Qu'ils soient d'un récent voyage ou vieux de mille ans, les
tous du même âge : niveau de Toussaint !

voici

Mais, demain, leur assemblée n'aura plus de sens, car, pour
autre, oubliée : la Toussaint qui vient !...

une

NOTES

guillemets sont les noms authentiques
édifices, désignations existant ou ayant
souvent particulières au pays natal de
Château de Crins, sis sur la rive droite du

Les mots situés entre
de

personnes, lieux,
réellement existé et

l'auteur, tels que

:

�-

106

-

Dadou, rivière arrosant Graulliet. — Moulin Vieux, moulin de
la ville.
L'Ile ou l'Ilâta, à peine un îlot en aval du MoulinVieux.— Lois : Louis d'Amboise, qui fut Chambellan du Roy. —
—

premier, grand seigneur de G. et autres lieux beaucoup
plus importants, avant les Crussol et bien plus tard, les Sires
d'Aubijoux. — Verdaussou, ruisseau affluent du Dadou, profon¬
dément encaissé entre deux rochers à pic — presque un abîme —
défense naturelle renforcée par les Portes de La Barbacane et
de La Bastide, desquelles ne subsiste que l'ancienne place
d'armes du Gouch.
La Planque : passerelle assez étroite, sur
Croches ou crocs : pour suspendre les peaux sur
le Dadou.
les «trastes», séchoirs. — Mégisse, blantgcrum, l'ensemble des
ouvriers sur peau de mouton. — Sauts-de-rat : supprimés à peu
près aujourd'hui par les inspecteurs du travail, comme trop
dangereux, planchers laissant entre chaque planche un vide
d'environ 6 à 10 centimètres, afin d'établir le courant d'air
nécessaire à l'essorage des peaux, etc...
Lévis

—

—

�107

—

-

GRELS

LOS

PIECE
QUI A OBTENU UN ŒILLET
PAR

M. LÉON COLLET
A MONTPELLIER

Mon paire portaba un fais de rama ;
Ma maire li ténia lo volam.

pastaba

L)inc la nioct, se

Per qu'un jorn me

mon ama

fague capelan.

Davans ieu anaba la boctona
Al pial negros taquetat de blanc ;
Daus lo cel mandabe ma potona,

Lai abiten venia diaman.

banqueta,
sul mural ;

M'endarairen pioi dinc la
Prenia l'alabrena
Me cresia, procse

d'una fonteta,

Nascut de Dius, lhont de tôt
LES
Mou père portait un
tenait la faucille. Dans

qu'un jour je devienne
Devant
blanc ;

moi

vers

allait

le ciel

ploral.

GRILLONS

faix de frondaisons ; ma mère lui
la nuit, se modelait mon âme pour

prêtre.

noirâtre tacheté de
j'envoyais mon baiser, il y parvenait,

la bichette au poil

diamant.

le talus, je cueillais
croyais, près d'une source, né

Puis, me retardant par
sur

de

le mur ; je me
toute larme.

le ver luisant
de dieux, loin

�108

-

-

Coma agnèl, lo pelenc per coberta,
Lo fiolhun à loga de ridel,
La balsama à ma vista doberta,
Per cants lo dal riu, lo de l'aucel.

Sus

mon det trepaba l'alabrena.
La guèlla venia me la roflar,
I espessuguen la titina plena,

Auria vorgut la li descoflar.

Quante sait !

—

Anen, fasia

ma

maire,

Te trucara la cabra, aissablas ;
La cadena entravara ton paire... —
Los grels s'accordabon sul clapas.

Oue de cops aquel mormor d'aeda
L'ai begut de nioct, à l'escurun,

Quand per Fermas trinca lo fedun
bragalo, la matta d'areda.

Lo

Comme

lage

pour

chants
Sur

un

agneau, avec le

gazon

rideau, la balsamine, à

de l'onde
mon

et

pour couverture,

mon

le feuil¬

regard, épanouie,

aux

de l'oiseau.

doigt courait le ver luisant. La chèvre venait le
pinçais la mamelle gonflée, j'aurais tant vouiu

renifler ; je lui
la lui vider.

Quel saut !

—

Allons, vilain,
de cornes

te donnera des coups

Les

grillons s'accordaient

Que de fois,
la

nuit

tandis

l'asphodèle.

ce

sur

;

criait

ma

mère,

—

la chèvre

la chaîne entravera ton père...

le tas de pierres.

d'aède l'ai-je bu dans l'ombre de
par l'hernie, la brebis broute le lin cl

murmure

que,

—

�-

Se de lumn

109

-

s'ennèga lo nisal,

Filomèla irai la poesia

Sembla,
La pas e

Es la

;

fier, lo grel que trilha
l'amor per son fogal.

mensa

vos

de la molhèr seriosa,

Dal paire que molla son efant.
De l'ausir, Dona, qu'es agradant

Se

cutas

l'iol dinc l'ombrina blosa.

Campanetas brandidas pel vent,
Dans los calels issauridas arnas,

Bronzinal enfiocat de las tarnas,
mon ama avia talen.

D'idéal

Nostre pas sul caladon tindaba,
Los conils saltabon dinc los sats,

La cabra cascada suis quilhats

Espaurugada

nos

esperaba.

le nid s'inonde de lumière,
semble que, plus humble, le
l'amour du foyer.
Si

il

Philomèle émet son poème ;

grillon choisit la paix et

Il est la voix de l'épouse fidèle, du père qui façonne son fils ;
qu'il est doux, Madame, de l'entendre en fermant les yeux
dans le clair-obscur.

Campanules agitées par le vent, papillons épris de quinquets,
enflammé des frelons, c'est d'idéal que mon âme

bruissement
avait faim.

sonnait sur le caillou ; les lapins gambadaient
; la chèvre, juchée sur les monticules, nous
attendait, apeurée.
Notre

dans

les

pas

combes

�110

—

A

l'ostal,

De

son

—

lo grel,
rajada.
dinc la glopada.

paures coma

amés bebian la

Trapabe lo

somn

^Ia maire amossaba lo calel.
O passât d'una ora d'armonia,
Es à l'ausida de ton mormor

Qu'ai sentit Pesponcta de l'amor,
Qu'à ieu se riplèt un nom de filha.
La

musa

S'envolèt

miuna abia lo peu brun.
un

blanca.
jamai non se tança.
sera

tota

Plaga de cor
Assanis-la, tu, lact d'amarum.

la

A

maison, pauvres

comme

grillons, nous buvions le jet

pis. Je trouvais le sommeil dans la
éteignait la lampe.
fie

son

O

passé

rivé

un

Ma

muse

blanche.
de

d'une heure d'harmonie, c'est à l'écoute de
la pointe de l'amour, qu'à moi

que j'ai senti
nom de fille.

murmure

gorgée. Ma mère

Un soir, elle s'envola, toute
ferme jamais. Assainis-la, lait

avait les cheveux noirs.

Plaie

l'amertume.

de

cœur

ne

se

ton
s'est

�—

111

—

PIECES
qui ont obtenu une mention

très honorable

par

M. Robert MARTY
a montpellier

ESPERA
Ja veus, s'acaba la setmana,
I t.é flaires de calcinai...

Un dia

Què

en

mes

d'embocinat,

queda al pès de la romana...

?

pobra gana d'infinit
d'una volilla,
Un punyat de cendra senzilla
Que pot espandir el vent d'anit.

La

I l'espessô

El descanç ha seguit la feina,
La fe s'hi xopa i va puant
Un menester de virtut quan

L'hora d'amargor vol ser

Tu
Un

reina...

vois, la semaine s'achève en des odeurs
jour de plus émietté, qu'en reste-t-il, au

de consumé...

poids de ia

romaine ?...
Le

pauvre

d'un copeau, une
épandre le vent de cette

appétit d'infini et l'épaisseur

poignée de cendre légère que peut
nuit.
Le

délassement

s'imbibe
reine...

a

d'un besoin

suivi le travail,

la foi qui s'y trempe

d'énergie quand l'heure

amère veut être

�1Í2

-

Què

esperes

—

? Sino la pois d'or

De l'endemà rie de mentida,
I t'apuntes a la ferida

Amb

un

altre sarcit al

cor...

Qu'attends-tu ? Sinon la poussière d'or d'un lendemain riche
mensonge, et tu te prépares à la blessure avec une autre
reprise au cœur...

de

HORES

DE

NOVEMBRE

Al Novembre de

l'any passai
Les fulles grogues ja m'ho deien...
Jo somniava, elles queien,
I tu me'n feies

un

brassat.

Ha caigut també l'esperança
Amb el rubill d'aqueixes nits
On repetint noms benehits

Creixia el mal de l'enyorança.
El temps ens escolta plorar
Al relicari de mentides,
I les flors de dol

son

collides

Per ell que vas enamorar.

En

les

novembre, l'année passée, déjà me l'avouaient, les feuil¬

jaunies. Je

rêvais,

brassée.
Elle est tombée

elles tombaient,

et

tu

m'en

faisais

une

nuits,

où

répétant

aussi,

des

l'espérance, avec la rouille de
bénis croissait le mal de

noms

ces

la

langueur.
temps nous écoute pleurer au reliquaire de mensonges,
les fleurs de deuil sont cueillies pour lui que tu énamouras.

Le
et

�CONSEILLERS
1934.

—

Louis Théron de

:

Montaugé, mainteneur des Jeux

Floraux, Toulouse.
1944.

—

Juliette

Dissel, mèstra d'ôbra, Toulouse

;

Paul-

Louis Grenier, majorai, Chambon-sur-Voueize (Creuse) ;
Jean Lesaffre, Paris ; Joseph Niel, mèstre d'ôbra, Muret ;

Joseph-Sébastien

Pons,

mainteneur des

Jeux

Floraux,

Toulouse.
1945.
Madeleine Privât, Toulouse ; Roger Barthe, mès¬
en Gai Saber, Toulouse ; Edmond
Brazès, mèstre en Gai
—

tre

Saber, Céret; Pierre Gardes, mèstre en Gai Saber, MontauFernand Gaulhet, Lavaur (Tarn).

ban ;

1946.

—

P.

Carrère, Rodez

;

Pierre Fauré, Toulouse

;

Marcel Fournier, majorai, Chancelade (Dordogne) ; Pierre
de Gorsse, mainteneur des Jeux Floraux, Toulouse; Georges

Machicot, mèstre d'ôbra, Montauban

;

Joseph Maffre, mèstre

d'ôbra, Rouffiac d'Aude.
1947.
Dora-Jane Druïlle, Toulouse ; Jeanne Labat,
Toulouse; Jean Loubet, Toulouse; Pierre Rouquette, majo¬
rai, Marseille ; François Sabatier, Narbonne.
—

1949.
Hippolyte Amadieu, Cahors ; G. Farenc, mèstre
d'ôbra, S. Sulpice-du-Tarn ; Henri Fayolle, mainteneur des
Jeux Floraux, Toulouse ; Albert Pestour, mèstre en Gai
Saber, Chantemerle (Dordogne) ; Désiré Puel, Paris ; An¬
toine Rey, mèstre en Gai Saber, Agen ; Sylvain Toulze,
mèstre en Gai Saber, Cahors.
1950.
Odette Aroles, Toulouse ; Marguerite Dechaumont, Muret ; Adrienne Sirgue, Monestiès (Tarn) ; Pierre
Grand, mèstre d'ôbra, Mazamet; E.-H. Guitard, Toulouse ;
-Jean Nigoul, Muret.
1951.
Marcelle Doumeng, Gaillac ; Janine Julié, Graulhet; Lucien Laporte, mèstre d'ôbra, Toulouse; M. Marcou,
Carmaux ; Christian Mathieu, Saint-Juéry (Tarn) ; AnneMarie Ponrouch-Petit, Ouveillan ; Raymonde Tricoire, mès¬
tra en Gai Saber, Lavelanet.
1952.
Charles Camproux, Montpellier ; Raymond Escholier, maître ès Jeux Floraux, Mirepoix ; Jean Fay, Roannes Saint-Mary (Cantal) ; René Lavaud, majorai, SaintRaphaël ; Maurice Roques, Marseille ; V. Roussilhe, Gourdon.
1953.
M. Causse, Lunel; Pierre Gineste, Castres ; Jean
Lafon, Cahors; Isidore Lannes, mèstre d'ôbra, Toulouse ;
Rita Lejeune, sôci du Félibrige, Liège ; Edouard de Tappie,
Toulouse; Fr. Thornton, Deland, U.S.A.
—

—

—

—

—

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Rozès de Brousse, Jean (1876-1960)</text>
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              <text>Séguy, Jean (1914-1973)</text>
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              <text>Doumeng, Marcelle</text>
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              <text>Cayrou, Frédéric (1879-1958)</text>
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              <text>Bodon, Joan (1920-1975)</text>
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              <text>Trouette Valadon</text>
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              <text>Chanot-Bullier, Calistino (1892-1978)</text>
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              <text>Toulze, Sylvain (1911-1993)</text>
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              <text>Calvignac, Paul</text>
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              <text>Coulet, Léon</text>
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              <text>Marty, Robert</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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