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                  <text>1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:00 Page 1

Ca landr-eta

�Per citar aqueste document / Pour citer ce document :
Calandreta (Montpellier) et Establiment d'ensenhament superior occitan APRENE
(Béziers, Hérault). Testimoniatges, articles de premsa : calandrons, parents,
associatius, regents. In Calandreta : 30 ans de creacions pedagogicas [En ligne].
Montpelhièr : La Poesia, Confederacion occitana de las escòlas laïcas Calandretas,
2010, p. 26-103. [Consulté le date de consultation]. Disponible à l’adresse :
https://occitanica.eu/items/show/21153

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L

a langue, je l’ai tout le temps
entendue à la maison. mon père m’a
toujours parlé dans cette langue. moi, par
contre je l’ai laissée tomber durant mon
adolescence.

maintenant, je suis depuis 2 ans à Toulouse
et je suis bien content de pouvoir parler
occitan le plus souvent possible, et surtout
avec les jeunes. Je milite dans des
associations, aussi syndicalement et
politiquement, dans le Partit Occitan.
L’enseignement Calandreta, au-delà de sa
formation pédagogique et de la
construction de l’enfant, donne une utilité
sociale à la langue. La langue occitane
permet de découvrir un monde nouveau, de
se faire des amis. il n’est pas question de
hiérarchie entre la langue de l’etat et la
langue du Pays, et surtout nous n’avons pas
intégré la honte du « patois ».

Guilhèm LATRUbesse
conseiller régional de midi-Pyrénées
ancien calandron de la Calandreta Paulina, Pau

26

Q

uan me parlan de Calandreta,
que’m torna l’imatge d’un divés d’ivèrn
quan lo Pair Nadau cossirè a la nosta classa
de mairau. Un còp partit, que corom, ací e
enlà, per dehòra, shens préner los nostes
mantèus, entà véder de quin costat de la
parguia avè aparcat lo son eslissader…
Totun, partit qu’èra, dejà. que’m brembi
tanben de que dens la parguia, que s’i hasè
soventòtas quermessas, espectacles ;
monde que hasèn musica ; los nostes
parents que dançavan e que venèn
crespèras, que s’i parlava francés e occitan,
e sustot, que’ns deishavan, per un còp,
solets a amusar-nse sus las jumpaderas,
dinc a nueit caduda. N’èran pas çò qui
s’apèra jumpaderas com se’n veden
aulhors, qu’èra meilèu pneus de tractor
talhats en dus, qui deishavan plaps negres
qui se n’anavan pas a la maquina de lavar.
qu’aprenoi mei tard en entrant dens « lo
public » de que dens ua escòla « normau »
ne s’i parla pas sonqu’ua lenga, que los
parents atendèn au portau a cinc òras deu
vrèspe e que las jumpaderas que son de
plastic e non dèishan plaps suus
pantelons…
Calandreta, per jo, qu’èra dongas tot
aquò, parents dens l’escòla, qui hasèn lo
pair Nadau, qui venèn crespèras entà
poder pagar los regents, o qui
transformavan pneus de tractor en
jumpaderas. qu’èra un lòc on lo monde
parlavan duas lengas. qu’ei sustot aquiu
on ei gahat un maishant virus : lo
curiosèr.

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qu’aví duas culturas dens lo cap,
que’m portavi au bèth dehens de jo,
la diferéncia. Alavetz que calè plan
que la me trobèssi tanben aulhors,
qu’essagèssi de la compréner de com
cau : un pneu de tractor que poderé
totun, tà quauqu’un d’aute, servir,
t’ac sèi jo, a har rotlar un tractor…

Vincenç JAVALOYÈs
professor de lettras classicas
ancian calandron

Quand on me parle de Calandreta, me
revient à l’esprit l’image d’un vendredi
d’hiver où le Père noël était venu visiter
notre classe de maternelle. une fois parti,
on avait couru dehors sans prendre nos
manteaux pour voir de quel côté de la cour
il avait garé son traîneau… il était déjà
parti. Je me souviens aussi que dans cette
cour, on faisait souvent des kermesses, des
spectacles, des gens jouaient de la musique,
nos parents dansaient et vendaient des
crêpes, ça parlait français et occitan, et
surtout, ils nous laissaient, pour une fois,
jouer jusqu’à tard sur les balançoires. Ce
n’étaient pas tout à fait des balançoires,
c’étaient des pneux de tracteur coupés en
deux et qui laissaient des traces noires qui ne
partaient pas à la machine.
J’ai appris plus tard en rentrant « dans le
public » que dans une école « normale » on ne
parle qu’une langue, que les parents
attendent devant le portail à cinq heures et
que les balançoires sont en plastique et ne
laissent pas de traces sur les pantalons…

Calandreta, pour moi, c’était donc tout ça,
des parents dans l’école, qui faisaient le père
noël, vendaient des crêpes pour payer les
enseignants, ou qui transformaient des
pneus de tracteur en balançoires,
c’était un endroit où on parlait deux
langues. C’est surtout là où j’ai contracté
un méchant virus : la curiosité.
J’avais deux cultures dans la tête, je portais
en moi la différence, alors il fallait bien que
je la trouve aussi ailleurs, que j’essaye de la
comprendre : un pneu de tracteur pourrait,
pour quelqu’un d’autre, servir, je ne sais
pas moi, à faire rouler un tracteur…

Vincenç JAVALOYÈs
professeur de lettres classiques
ancien calandron

s’associar

27

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M

es enfants Dorian, (8 ans), et
Tristan (5 ans), sont scolarisés à la
Calandreta l’Ametlièr depuis septembre
2008.
nous sommes enchantés du mode de
fonctionnement de cette école car, outre le
mode d’enseignement qui diffère de celui
que l’on peut retrouver dans les écoles
dites « classiques », il y a aussi de
nombreuses valeurs qui sont inculquées
aux enfants.
Quel bonheur de voir nos enfants aussi bien
dans leur peau !!!
ils se sentent responsabilisés et
parfaitement intégrés dans l’école. ils
savent qu’ils ont leur mot à dire, que leur
avis compte. Leur rythme est respecté, et
Dorian qui s’ennuyait l’année dernière, a
retrouvé sa joie de vivre. il ne se sent plus
« laissé pour compte » comme il pouvait
l’être dans son école précédente depuis qu’il
avait été diagnostiqué « précoce ». Au
départ sur ses gardes, c’est un enfant
souriant et bien dans sa peau que nous
retrouvons tous les soirs.
Le conseil d’école leur permet d’extérioriser
leurs émotions ainsi que de mettre à plat les
éventuels problèmes qui pourraient se poser.

28

nous avons été surpris de voir avec quelle
rapidité les enfants ont pu « apprendre »
l’occitan. nous mêmes, en tant que parents
de Calandrons nous nous y sommes mis.
nous ne sommes pas biterrois d’origine, mais
c’est ici que nous souhaitons poser nos
valises, nos enfants, par le biais de la
Calandreta, qu’ils apprennent toutes les
traditions de la région que nous avons
choisie. C’est aussi cette identité qui fait son
charme.
en tant qu’école associative, la Calandreta
est aussi un lieu où parents et enseignants
se retrouvent dans la convivialité autour de
repas organisés par les parents membres de
l’association, ce qui permet une proximité
qui, à mon avis, n’est possible que dans ce
genre de structure.
A l’heure actuelle, la seule chose que nous
regrettons, c’est de ne pas avoir connu
cette école plus tôt.

sandrine THeILLARD
mère de calandrons à la Calandreta l’Ametlièr, Béziers

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 29

P

erqué Calandreta ?
Per taisar lo silenci occitan.
Per fremir la lenga; la faire vibrar.
Per s’enebriar de la cultura nòstra coma
d’un vin rare. D’aquela ibronhariá, tot
prene, e tot donar.
Per l’umanitat contenguda.
Per l’espelison de l’enfant: veire coma i
siás per un pauc, e qu’eu, i es per fòrça.
Per la fiertat de los que se son batuts
per una escòla autrament. L’onor de
seguir lo chamin.
Per la cresença en los parents.
Per d’unes regents crosats lo long de la
formacion, pepitas d’aur dins la pòcha.
Son mos ossets quand sabi pas coma
jogar.
Per de que Renat Laffitte.
Per pas perdre lo sens de las valors.
Per l’enfant.
Completament a contra-corrent.
La chausia.

Julia ROIRON
regenta a la Calandreta Candòla, Montpelhièr

Pourquoi Calandreta ?
Pour faire taire le silence occitan.
Pour faire frémir la langue ;
la faire vibrer.
Pour s’enivrer de notre culture comme
d’un vin rare. De cette soûlerie, tout prendre, et tout donner.
Pour l’humanité contenue.
Pour l’épanouissement de l’enfant : voir
comme tu y es pour un peu, et que lui y
est pour beaucoup.
Pour la ﬁerté de ceux qui se sont battus
pour une école autrement. L’honneur de
poursuivre le chemin.
Pour la conﬁance dans les parents.
Pour certains enseignants croisés le long
de la formation, pépites d’or dans la
poche.
Ce sont mes osselets quand je ne sais pas
comment jouer.
Parce que René Laﬃtte.
Pour ne pas perdre le sens des valeurs.
Pour l’enfant.
Complètement à contre-courant.
Le choix.
Julie rOIrOn
enseignante à la Calandreta Candòla, montpellier

s’associar

29

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 30

C

alandreta est pour moi, en tant que
mère, une grande aventure...
Tout d’abord, je n’avais jamais envisagé
avant toute scolarisation, de mettre mes
enfants dans un circuit différent, quel qu’il
soit, mais la vie et peut-être le destin en
ont décidé autrement...
D’origine marseillaise et mon mari
catalane, nous avons tous deux, certes,
un penchant prononcé pour tout ce qui
est « de chez nous » et de fortes attaches
affectives pour le sud. mais notre
débarquement chez
Calandreta a été une
suite heureuse de
hasards et de
découvertes, notre
fille la plus âgée a été
«rejetée» dès la toute
petite section par le
corps enseignant de l’école publique pour
son comportement hors normes (pour eux),
puis des histoires administratives pour la
rentrée suivante en petite section, de l’ordre
du secteur géographique, puis du nombre de
places, bref, jusqu’à ce que nous soyons
écoeurés du système classique par les
différents adultes référents et ce, à tous
niveaux (finalement, heureusement, sinon,
nous n’aurions pas connu Calandreta).
il nous a pris la mouche, et discutant de ces
faits, quelqu’un nous a parlé des écoles
Freinet...et des Calandretas...
Là, tout est devenu si facile et sans
problèmes, Calandreta nous a invités à une
réunion d‘information, nous avons ensuite

30

envoyé une lettre de motivation en catalan
(mon mari le maîtrise parfaitement), et
c’était parti !!!
notre grande fille est donc rentrée en 2000
dans la Calandreta nòvela Lepic à montpellier
et notre cadette en 2003.
Dès la moyenne section, notre grande nous
réclamait déjà le collège occitan pour après
le Cm2 !!! (nous sommes d’ailleurs donc allés
le voir dès 2002 à grabels).
elle y est rentrée en 6ème en 2008, ma plus
jeune fille étant en Ce1 à Lepic.
Pour suivre leur scolarité, j’ai pris des cours
d’occitan languedocien chez moi par K7
audio. Cette belle langue qui me rappelle des
expresssions de mes grands-parents
marseillais, j’ai pu ainsi la comprendre et la
lire. J’ai encore des progrès à faire pour le
parler ou l’écrire, mais ça viendra !
Bref, malgré des hauts et des bas, que l’on
retrouve partout, il ne faut pas tomber
dans le panneau de la paranoïa par rapport
à cette scolarité, je dirai que mes filles, à ce
jour, sont très épanouies; et c’est ce qui
compte pour moi.
et là, justement, je me demande, si tel
aurait été le cas, si elles n’avaient pu
exprimer tout leur potentiel (créativité,
parole, etc...) dans un cadre
conventionnel...
Calandreta, au-delà du bilinguisme, leur a
donné avant tout des outils divers et
variés, une capacité d’adaptation audessus de la moyenne, une certitude
inébranlable dans leurs décisions, une
motivation pour mener un projet à bien,
une ouverture d’esprit importante pour
appréhender toute situation...

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 31

Je suis une maman de calandronas
heureuse que ses enfants soient ainsi
armées de tous ces atouts pour leur vie
future.
s’il existait un lycée occitan, ce serait la
cerise sur le gâteau.
Je voudrais ajouter une dernière chose :
c’est une belle revanche aussi sur le passé
car nos grands-parents étaient brimés à
l’école lorsqu’ils parlaient le «patois» et
leur descendance, à l’opposé, fait revivre
ces racines culturelles !

Carole bONeT
mère de calandronas de Lepic
et du Collège Léon Cordes

C

alandreta en deux mots, oui... mais
alors chacun de ces deux là porte deux
mots qui eux même portent deux mots...
Calandreta, c’est une aventure qui accumule
rencontres, souffrances, rires, travail,
réussites, acharnement, découragements,
rebonds, espoirs, réussites...

Un bèu jorn de fin de julhet de 1990 un
pichòt Guilhem nais en Provença.
Pas question qu’il aille, comme sa sœur de 13
ans son ainée, à l’école publique de son
quartier... elle y a appris, comme son père 20
ans avant, comme sa grand-mère, comme
son arrière grand-mère Juliette, comme...
tous ceux de sa famille avant elle,... que
l’occitan n’est, certes pas méprisable, mais
enfin,... il n’est pas du
niveau du français,... que l’histoire de son

pays n’est pas digne d’être enseignée,... que
sous prétexte d’égalité et de laïcité,
il faut laisser au portail d’entrée de l’école sa
culture...
Alara lo paire de Guilhem manda l’idèa de
crear una Calandreta.
et la Calandreta d’Aurenja ouvre ses portes à
treize tout-petits écoliers le 1er septembre
1993, amb lo pichòt Guilhem tenant bien
serrée la main de sa maman mi-polonaise miandalouse. elle est elle-même bilingue de
naissance et sait que deux langues acquises
dès les premières années de la vie, c’est un
atout majeur.
elle qui, née
en Afrique,
est porteuse
de multiples
cultures, sait
que cette
multiplicité
est une richesse et que les êtres humains
doivent se battre pour défendre leurs
différences porteuses de tant de respect
des diversités...
Lo 1èr de setembre de 2008 : rintrada dei
classas abituala, quasi banala, a la
Calandreta d’Aurenja ; 70 enfants
poussent le portail de l’escòla...
Guilhem a capitat lo baccalaureat S –
opcion occitan – de junh passat ; aviá pas
encara 18 ans.

Ania JANCzAk-VATON
une des quatre « créateurs »
de la Calandreta La granatiera, Orange

s’associar

31

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 32

S

oi jornalista dempuèi
gaireben dètz ans. Ai començat quand èri
estudiant. Ai començat per far de ràdio
amb Ràdio Lenga d'òc a Montpelhièr.
E ara fa tres ans que soi redactor per
La Setmana, lo setmanièr en occitan.
Es estat per ieu un biais d'èstre modèste.
Es estat una vertadièra leiçon d'umilitat.
Pr'amor a la ràdio, las fautas d'ortografia
s'ausisson pas. E a l'escrich, aquò perdona
pas... M'a calgut tornar aprene mon parlar
que cresiái mestrejar. Pensa-te !... Amb un
nivèl bac mai 4, per qual me prenes ? Ai pas
besonh de passar l’examen Escapolaire !
Tè ! Tres jorns aprèp aver començat al
jornal, me disiái que benlèu sabiái pas
escriure tan plan qu'aquò, e que me calriá
tornar veire d'unas causas. L'occitan coma
lenga mairala es de mai en mai rara. A l'ora
d'ara es mai que mai una lenga que
s'apren... que s'apren a l'escòla mas que
se parla mens a l'ostal. Bon. Es per aquò
que los que dison per exemple que
l'occitan s'apren pas mas se sap, me disi
que son un pauc dins lor arcadia. Benlèu
que deurián metre lo nas defòra e veire
cossí las causas se debanan.
Retrospectivament me soi apercebut que
la reconquista que volián los occitanistas
del temps de la creacion de l'IEO es pas
un concèpte qu'es unicament collectiu,
es un concept qu'es individual tanben.
Pr'amor, ta lenga, la te cal reconquistar
cada jorn. La te cal trabalhar, la te cal
mestrejar... Es un pauc coma un muscle.

32

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 33

Se al cap d'un moment te daissas anar,
en plaça, auràs de marrida graissa. En mai
d'aquò, ai començat d'aprene un
pauqueton lo parlar gascon, aval, que
parli drin lo parlar gascon, que
m'interèssa permor n'ei pas radicaument
diferent deu lengadocian mes totun que i
a quauques diferéncias e qu'ei hèra
interessant. Ai encara de progrèsses de
faire, lo confessi aquí tanben. Lo fait
d'aprene un autre parlar te permet de
parlar melhor lo teu. Tot simplament.
Coma lo fait d'aprene d'autras lengas te
balha l'enveja de mestrejar melhor la
teuna. Es benlèu aquò qu'an pas encara
comprés en França. E seriá temps, pr'amor
los vesins europèus, eles, fa un brieu que
comprenon qu'una lenga se parla d'un
biais e una autra se parla d'un autre, e
aquò sabi pas s’o auriái pogut comprene
sens èstre estat a Calandreta.
I a tanben aquela enveja de veire las causas
d'un biais diferent que m'es estada porgida
evidentament per Calandreta. Èra una
primièra etapa...
A l'universitat quand aprenguèri per
exemple l'istòria amb l'ensenhaire
Felip Martel, nos apreniá l'istòria amb un
autre punt de vista. çò que m'a transmés la
Calandreta subretot e que s'aplica dins mon
trabalh d'aquesta passa, es lo tast per las
lengas.

Dètz ans abans totas las escòlas publicas
possiblas e imaginablas èrem ja a aprene
l'anglés per exemple. Èrem ja a aprene
l'anglés e a seguir lo projècte « Latinitas ».
Començavan de nos far descobrir las
palancas entre las diferentas lengas
romanicas coma l'italian, l'espanhòl, lo
romanés, etc. L'enveja d'aprene las lengas
e de veire cossí foncionan, cossí
musiquejan, ai enveja de dire... Tot aquò es
made in calandreta. I a pas de secret.

Clamenç PeCH
jornalista
ancian calandron de la Calandreta l’Ametlièr, Bezièrs

s’associar

33

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 34

U

na jornada dins un movement
cooperatiu

Es en Junh de 2004 que vesi dins lo
corredor del departament d’occitan de
l’universisat Pau Valery una anóncia per
un remplaçament de regent a la
Calandreta Dau Clapàs. Cal aver una
licéncia d’occitan e mestrejar la lenga
orala. Dintri dins los critèris primièrs de
recrutament. Va plan. Enfin, benlèu, pas
tant. Sabi pas a que sembla una classa.
Me soi pas jamai projectada dins aquel
mestièr per la sola bona rason : ai pas
jamai volgut èstre regenta. Vòli trabalhar
amb los adolescents que pensi mai en
besonh d’ajuda que non pas los enfants.
Lo rescontre amb eles m’aprendrà lo
contrari, mas pel moment o sabi pas.
Ai pas capitats los tèstes d’intrada a
l’IUFM per aprestar lo concors de C.P.E.
que far ? Ara me cal ganhar de moneda,
me pòdi pas permetre de contunhar los
estudis. Entre caissièra a Auchan e
regenta, la causida es lèu facha; per un an
anarà plan.

Soni Catherine Bourgogne, directritz de la
Calandreta. Ai rende-pè al mens de junh.
quand arribi a l’escòla sembla a una escòla
normala, coma dins mos remembres de
primari. Lo burèu es grand coma una sala
de classa. I a lo de la secretària e del
director del centre
de léser.
Començam
l’entreten.
La directritz
m’enóncia la
situacion :

34

una regenta partís en comjat formacion
d’un an, la remplaçarai en C.E.2. Of !
Son de grands.
Me presenta a la còla, vau dins la classa de
C.E.2 per i passar la fin de jornada.
Ne sortissi rassegurada. Degun me
demandèt pas de lo mocar.
En julh e agost passi en formacion
accelerada : progression, preparacion,
pedagogia institucionala, etica de regent e
quitament psicologia de l’enfant. Dintram
en setembre. Ai un mes per prene mas
marcas abans que Lauria partisca.
Un jorn, un regent carcassonés, que calarai
son nom per de rasons de seguretat,
diguèt que Calandreta èra « petassa-te
land ». Modificariái en « petassam-nos
land » perque dins quina Calandreta que
siá ont anèri del temps de ma formacionnomada, rescontrèri de regents prèstes a
ajudar « los pichons novèls ».
La tièra de mercejaments seriá longa alara
la farai perque ai aprés que caliá prene lo
temps de far.
Tot primièr, mercé a la còla clapassièra
que me faguèt fisança alara que ieu
primièra èri pas tròp fisançosa, per son
sosten quand passèri lo concors, per son
escota e son ajuda, mercé al personal del
centre totjorn disponible, a la còla
d’Aimat Serre per la plaça que me daissèt
dins sas classas, a las Calandretas de
Mesa e dels Falabreguièrs per son acuèlh
en primièra annada e enfin a la còla de
L’Ametlièr per tota l’experiéncia que
pòrta en aquela annada de PE2.
Acabarai en dire qu’ai pas causit aquel
mestièr, es el que me causiguèt un còp lo
pè pausat dins la classa...e tan mièlhs !

Dalﬁna PALACIO
regenta Calandreta dels Polinets, Pesenàs

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 35

L

a troupe des AD’OC est formée de
jeunes comédiens amateurs âgés de 14 à
18 ans qui, pour les plus « vieux »,
pratiquent le théâtre depuis plus de 10 ans.
Formés pour la plupart au bilinguisme
français-occitan, ils ont tout naturellement
repris le flambeau pour porter la lenga d’òc
dans leur mode d’expression théâtrale et
artistique.
Six d’entre eux ont fait leur scolarité en
Calandreta.

Alors quoi de plus enthousiaste que de
poursuivre le théâtre, de rencontrer les
publics, de discuter avec d’autres jeunes,
musiciens ou cinéastes, de voyager dans
les autres régions ou pays d’Occitanie ?

Après le collège, il n’y avait plus de
propositions pour pratiquer la langue
occitane. quant à la culture... Les
adolescents sont vite happés par la culture
américaine. Il est difficile alors de ne pas
paraître ringards avec l’occitan…

Ils sont bientôt tous adultes et j’espère
que ce fil ténu, maintenu tendu, d’année
en année leur permettra de grandir mieux
avec la certitude qu’ils sont plus riches de
leur différence occitane. Et que, de ci de
là, ils se battront pour ce qui a fait être
belle, leur âme…

Ces projets ont permis (outre l’affection
qui les lie depuis leur enfance) de
maintenir une réflexion sur l’identité. Leur
particularisme occitan est passé
d’obligatoire à caché, à assumé, à ancré…

bernadette bOUCHeR
comédienne et metteur en scène,
présidente de la fédération départementale
des Calandretas de l’Aude

s’associar

35

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�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 38

I

dem.01.a:IT\., gU:t vau- jo ~
ASSOCIACION (loi 1901)
enta la cultura e l'educacion
deus mainatges en occitan

CENTRE RENCONTRE
ET RECHERCHE
Avenue de Saragosse · 64000 PAU

��1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 40

TSOULE
ENSEIGNEMENT/ LANGUES RÉGIONALES

Les calandretas tiennent congrès
, Lâbastide-Cézeracq, les défenselll'II de la-langue occitane ont des motifs de satisfaction. Mais all88Î des craintes pour
l'avenir
es écoles en langue occitane,
L
les calandretas, ont tenu
cette semaine leur congrès à La-.

bastide-Cézeracq, où les animateurs \·enus de Pau, Oloron, Montpellier, Béziers, Toulouse et
Seysses, ont été accueillis dans la
maison béarnaise de Los de Nadau.
Les calandretas ont été lancées
en janvier 1980 avec une classe Je
cinq élèves et un enseignant. En
septembre 1986, il y aura donc
onze classes, dont neuf maternelles (Béziers, La Teste, Montpellier, Oloron, Pau, Seysses, Toulouse) et deux primaires à Béziers.
Soit au total cent quarantehuit enfants scolarisés et seize sa1a r ié s (o nze enseignan ts,
deux stagiaires, deux agents de
service et un permanent confédéral).
Les responsables de l'association des calandretas considèrent
que leur bilan pédagogique est positif , Notre méthode privilégie
l'occitan pendant les années de
maternelle au cours desquelles on
ne parle que l'occitan, dans le primaire l'enseignement est bi-lingue. La méthode des calandretas
est efficace : les élèves de Béziers
passés par la maternelle, le C.P.,
le C.E. 1, le C.E. 2 et bientôt
le C.M. 1 en sont la preuve. Ceci
donne de l'élan à notre confédération. De nouvelles calandretas
vont s'ouvrir... •.
Les calandretas parlent de

Les animateurs des calendretas réunis en congrès annuel à Labastide-Cézeracq (Photo JeanSarsia1. • Sud-0ues1 •)

réussite pédagogique, mais sont
confrontées à des gros problèmes,
car leur action ne s'accompagne
pas pour l'instant d'un soutien du
mimstère de l'l!:ducation nationale:, Pour les onze postes d'ensei~ants, notre déficit atteint les

350 000 francs (charges salariales); s'ajoutent les frais de
fonctionnement •.
En 1983, avait éj.é signée une
convention avec l'Education nati9nale (financement partiel -par
l'Etat), et peu avant les dernières

élections, de nouveaux accords nouvelles négociations et demanavec le guvernement avaient dent leur intégration puJ~ et simabouti. , On change de majorité et . pie dans le système de l'Education
voilà que le nouveau gouverne- nationale. Elles ont également
ment ne semble pas prêt à tenir éorit à la liaison Grand Sud noules engagements du précédent ,. vellement lancée pour demander
Les calandretas ont enKagé de son appui et sa collaboration.

=-----------

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Vie Municipale

Calendreta ••
petites causes
grands effets!

.

'

• C'est sous ce titre que les demande a être intégrée au seranimateurs de la Calendreta vice public d'éducation avec sa
repondant à M. Gilles Des- spécificité d'école bilingue occipaux, conseil municipal, qui tane. Ceci a créé bien des obstavient de remettre sa déléga- cles, bien des_ difficultés.
tion aux Affaires scolaires, à
Un accord cadre, organisant
M. Alain Barrau, maire de Béziers (Midi Libre de vendredi) : · l'avenir des écoles Calandretas, a
été signé le 17102193 entre le mi' Un toit, deux classes pour 44 nistère de l'Education Nationale
, calandrous • et voilà qu'un res- et les associations Calandretas.
Lors de la dernière rencontre
ponsable politique local démissionè· de sa de1égation munici- que nous avons eue avec l'ex de1épale. C'est impressionant!
gué aux affaires scolaires, il avait
, Les deux écoles Calandretas déclaré : , je n'ai rien contre Cade Béziers,·qui scolarisent 123 en- landreta •- La preuve! sa . lettre
fants (ils ont plus de deux ans et parue dans Midi Libre du
huit mois, réglementation oblige) 24109/93 constitue une attaque en
de la maternelle au CM2, ·sont règle contre nos écoles. Heureusesurpri·,es d'avoir .un rôle aussi dé- ment qu'il n'avait.rien contre!
cisif. Quand .on pepse qu'il y a des
Les Calandre tas de Béziers.dismilliers d'enfants scolarisés à Bé- posent de peu de moyens et apziers!
précient d'autant plus tous les
Les six enseignants et ensei- gestes faits par la ville de Béziers
gnantes de ' nos écoles bilingues pour permettre leur survie. Elles
ont été stupéfaits de lire qu'ils
ne touchent ni plus ni moins que
étaient des privilégiés : Ce11;x qui
les autres écoles pour ce qui est
des fournitures scolaires. Affirsont pris en charge par l'Educamer qu'elles reçoivent dix fois
tion Nationale, le sont à des conditions inférieures à celles des insplus d'argent que les écoles publitituteurs des écoles publiques.
ques, c'est, de la part de l'auteur,
Qu'est-ce que Calendreta?
soit de l'ignorance quant au
- C'est une école laïque, c'est à
mode de financement des divers
dire qu'il n'y a pas d'enseigne- frais de fonctionnement des uns et
des autres, soit une volonté de
· ment religieux dans l'enceinte des
Calandretas.
nuire. Nous somme prêts à rele- C'est une école gratuite ouver le défi d'une comparaisori lors
verte à tous ceux qui veulent y
d'un débat public.
scolariser leurs enfants, quelle
, Mais est-ce bien l'attribution
que soit leur origine, leurs reve- à Calandreta de deux salles inutinus, ou leur milieu social.
lisées dans un préfabriqué qui a
motivé réellement. la~ettre .de.M. .,
- Une école de service public
car_ depuis sa créatiOIJ.•Calandr,eta .. Dçspaux. ,. ·
. .

MidiLibre 1993

5

0

u

1

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L

a lenga, la salvas amb çò que sès,
amb çò qu’as. Auriái sauput far l’òrt coma o
fau ara, auriái fait espelir la lenga amb l’òrt.
A aquel moment, sabiái far la classa, metèri
aquò al servici de la lenga.
Ieu, i cresiái a aquesta lenga, mas aquò
sufisiá pas. Me semblava que çò mai
complicat de metre en òbra, èra lo costat
pedagogic, e aquò, ne me sentissiái las
espatlas.
Lo desir de çò far, cresi prigondament que
ven de l’enfància. Pichoneta, los adults
alentorn de ieu, la lenga que parlavan èra
l’occitan, me soveni que se trufavan d’un
vesin que parlava francés al caval. «quane
piòt ! comprendrà pas lo caval...»
Sabi qu’aquela conviccion que ne fariái
quicòm dins la vida d’aquesta lenga, me
ven de tota jovenòta : n’i a que lèu sabon
que seràn perruquièras, ieu es la lenga
occitana que me trigava.
L’idèa de crear una escòla nos èra
venguda plan d’ora. En agost de 1979,
dins una escòla occitana d’estiu a
Bedarius, ne parlèrem a Mirelha Braç e a
Alan Roch, que nos diguèron: « seretz pas
los primièrs, que ne van dobrir una a
Pau ».
Tan melhor, èrem pas los sols calucs, o
somiaires !
Alara, un jorn, del temps de las vacanças
de Pàscas de 1980, amb Miquèl Martí e
Edmond Albi, prenguèrem lo tren per

42

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anar rescontrar la còla de Pau. Nos
coneissiam pas, talament que lo Lalanne
Cassou nos esperèt sul trepador de la
gara amb un jornal jol braç, èra aquò lo
signe de reconeissença. Mangèrem e
faguèrem coneissença amb tota la polida
còla d’aval.
Es aquí que decidiguèrem de balhar a la
nòstra escòla, qu’aviam decidit de sonar
« escoleta Ametlièr », lo nom generic de
« Calandreta ».
Tot l’estiu demorèrem, e sustot lo Miquèl
Martí, plens de fisança dins lo fach que la
municipalitat comunista podiá pas refusar
de lotjar una escòla. La seguida de la lucha
per far nàisser l’escòla nos faguèt pèrdre
las nòstras illusions ninòias...
E de fach, a 15 jorns de la dintrada, aviam
pas cap de local per aculhir l’escòla.
Comencèri de me dire que tan pièg,
s’aviam pas de teulat, començariam la
classa a l’ostal.
Trapèrem alara lo director del fogal Santa
Ursula que nos prepausèt una sala al 1èr
estanci. Passèrem lo temps que demorava
per netejar, aprestar, organizar... Nos
installèron, los del fogal, un pichon cagador
pels mainatges.

E lo jorn de la dintrada, i èran totes, los 8
pichons, amb los parents, plan contents, e
nautres dos tanben plan esmòuguts.
Cantèrem, dancèrem, davalèrem dins l’òrt,
la jornada passèt lèu.
Lo vèspre, la mameta de Johanna la
venguèt quèrre, e li demandèt : « Alors, tu
as compris ce qu’ils t’ont dit ? », e ela, del
naut de sos 4 ans, te li faguèt petar un « òc
! » plan clar e net.
Foguèt la mai polida recompensa per
nòstre trabalh caput, que fasiá pas que
començar.
Un jorn l’Ives Roqueta passèt e nos diguèt :
« se cal bolegar per vos trapar quicòm
mai », ne parlèt a son fraire, e l’avescat nos
loguèt un local plan grand, ancian, amb
una polida cort...
Solament o calguèt tot adobar :
electricitat, comuns, caufatge, pintruras...
I passèrem los dissabtes, e sovent los
dimenges, amai las vacanças, sièis meses
de temps, amb totes los amics que nos
volián plan ajudar... Un trabalh de gigant,
amb de moments de descoratjament, mas
tanben un grand estrambòrd.
Per Pascas poguèrem mudar, e aital
l’escòla poguèt vertadièrament espelir e
créisser...

Paraulas de Jaumeta ARRIbAUD
Pels mòbles, aviam pas res, urosament que
l’Adòlf, de la comunautat Emmaüs, nos
ajudèt. Me vesi encara cargar la vièlha 4L
amb 8 cadièras e doas taulas...
De coissins que cordurèri, de banquets que
farguèrem, de pepetas e de jòcs que menèri
de mon ostal, e raus, la classa èra lèsta !

reculhidas per Patrici BACCOU
Jaumeta Arribaud creèt la Calandreta de Besièrs en
1980 e i ensenhèt pendent quinze ans. Se dediquèt
puèi a la formacion dels regents a APRENE.
Es ara a la retirada e contunha de cultivar son òrt...
Nos balha aquí lo testimoniatge de la tota debuta
de l’escòla.

s’associar

43

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 44

N

ina a aujourd’hui 30 ans, comme
les Calandretas. elle a été la première élève
de la Calandreta de montpellier. Lorsqu’elle a
eu l’âge d’aller à l’école, notre ami Yves
Rouquette nous avait annoncé qu’il était
question de l’ouverture d’une Calandreta à
montpellier. nous étions très intéressés,
mais, malheureusement nous habitions un
quartier totalement à l’opposé de son
implantation et, travaillant tous les deux, les
trajets étaient malcommodes.
Patrice Baccou nous a contactés et nous a
très gentiment proposé de venir chercher
notre fille en voiture tous les matins et de
nous la ramener le soir ! C’est ainsi que nina
a été le premier enfant inscrit à la
Calandreta dau Clapàs - car il fallait bien une
première élève pour essayer d’attirer
d’autres candidats - elle partait joyeuse
tous les matins dans la deuche de Patrice !
nina et les quelques autres premiers
enfants de la Calandreta dau Clapàs étaient
très heureux sous les arbres de leur petite
ecole du Pont Juvénal, dans cet espace qui
est maintenant recouvert par les bâtiments
d’Antigone. ils n’étaient pas nombreux
autour de Patrice déjà coiffé à la Cabu et
qui ressemblait à leur grand frère. ils
jouaient, dessinaient, et apprenaient en
occitan ; il leur « faisait la dinette » et les
avait emmenés camper en classe rousse
par un bel automne, chez lui , dans le
biterrois. D’où ils étaient revenus ravis et
épanouis !

44

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Quelques années plus tard lorsqu’on
demandait à nina si elle se souvenait du
temps où elle allait à sa première école,
elle se fâchait et rectifiait avec
véhémence : « ce n’était pas une école
quand j’allais avec les autres enfants et
Patrice. Ce n’était pas une école, c’était…
La Calandreta » !
Cette réflexion en dit long sur son bonheur
dans cet établissement. Le reste de sa
scolarité dans l’école primaire de la
République française n’a pas donné de mot
d’enfant aussi révélateur de son plaisir à
l’étude et la rencontre des autres.
Plus tard, nina a toujours fait preuve d’un
grand intérêt et de beaucoup de curiosité
pour les langues et les langages. Bien
entendu elle a parlé rapidement le Catalan,
la langue de sa mère, mais elle comprend
bien la langue d’Òc qu’elle aimerait bien
continuer à étudier. elle a appris
l’incontournable Anglais, ainsi que
l’espagnol. Puis elle s’est passionnée pour le
langage des signes dont elle a suivi un
enseignement pendant plusieurs années
alors que personne dans notre entourage n’a
recours à ce mode de communication. elle a
d’ailleurs fait une maîtrise de Cinéma sur ce
thème : « Le Cinéma du silence - La Langue
des signes et la forme filmique, phénomènes
de sémiotisation ».

elle a également passé un an dans une fac
américaine de la côte est, pour une
immersion totale dans une culture différente.
Aujourd’hui nina a trente ans, l’âge des
Calandretas, et travaille avec bonheur dans la
communication.
nous sommes convaincus que l’année passée
avec ce cher Patrice à la Calandreta du Clapas
a considérablement contribué à son éveil, à
sa curiosité et à son ouverture au monde des
autres et à leurs parlers. A cette
extraordinaire gymnastique mentale qu’est
la pensée et l’expression dans plusieurs
langages qui devrait être l’élément
fondamental de l’enseignement aux jeunes
enfants. La preuve : le parcours de nina… et
qui ne fait que commencer…

Charles CAMbeROQUe
père d’ancienne calandrona
de la Calandreta dau Clapàs, montpellier

Pendant ce temps, profitant de son passage à
l’université, nina a continué de développer sa
curiosité pour les langues en étudiant
également le grec moderne et le portugais.

s’associar

45

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C

oma un pont sus la mar...

En mai de 1996 se passèt quicòm de
formidable : 40 enfants de cicle 3 de las
Calandretas de Besièrs e Montpelhièr
descubrigèron Sardenha, aculhits a braces
dobèrts per tot un vilatge : Collinas.
Aquò seguissiá una annada de trabalh amb
Rotland Pecot que passèt sovent dins las
classas amb sas legendas, sa pöesia, sa
magia.
Seriá plan malaisit d’ensajar de vos far
tocar tota la riquesa, la prigondor d’un
escambi aital e tota l’emocion qu’es de
trapar de fraires «de la man d’ailà de la
mar...»
Aqueles mots foguèron pescats a Collinas
per totes los enfants que los portèron
preciosament a Danièl Lafont.
Es pas cap un trabalh scientific. Esperem
qu’aquel seguirà, n’i aurà de besonh per
contunhar lo camin...
Seriá tròp long de mercejar totes los que
ba meritan, mas tot aquò seriá pas estat
possible sens Uc Bernet, Daniel Lafont e
Corina Bouzac, sens totes los estajants de
Collinas que nos an aculhits, e sens la fe,
l’amistat e lo capuditge d’Antonelo
Arzedi, conse de Collinas.

Patrici bACCOU
regent a Calandreta de 1980 a 2008 e director de
l'Establiment d'ensenhament superior occitan
APRENE

46

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L

as escòlas Calandretas de
Lengadòc, de Besièrs, Montpelhièr et
Nimes (108 dròlles dels cicles 2 e 3) son
tornadas vesitar pel tresen còp l’Iscla
Nuragica per rescontrar los amics de
Collinas, Villanovaforru e Siddi tres
vilatges de la Marmilla (Plana de
Sardehna), los nòstres fraires de la man
d’ailà de la mar.

L’objectiu màger d’aqueles escambis en
aprigondir las nòstras relacions e las
coneissenças de nòstras culturas divèrsas
mai germanas, èra l’estudi comparatiu de
las doas lengas : lo Sard e l’Occitan, per
fargar un lexic pichòt amb l’ajuda dels
calandrons, dels correspondents e de lors
parents.

simpatics, lor lenga es dificila mai quora
parlam occitan nos comprenèm, sèm de la
meteissa familha !
òc, daissar Sardenha es totjorn triste, mas
aital se desenvolopa A.R.G.O.S. :
l’associacion de rescontres e germanament
OCCITAN – SARD dempuèi lo primièr viatge
de 1996, aquel pont escampat sus la mar
granda s’afortís.
L’obsidiana del « Monte Arci », aquel
diamant negre de l’antiquitat que lusís
totjorn dins los uèlhs de las « femias »
Sardas, serà nòstra moneda d’aquela que
se desvalòran pas, la de l’amistat.

Daniel LAFONT
regent a Calandreta La Garriga, Ginhac

amb LOs CALANDRONs
L’ospitalitat legendària e l’acuèlh calorós
del pòble sard foguèron apreciats pels
escolans occitans tant dins las activitats
didacticas : vesitas de musèus, excursions
arqueologicas e dins los luòcs sacrats de la
Civilta Nuragica coma dins los rescontres
festius, desportius e familials. Aital :

en Sardenha, lo 16 de mai 2000

MELISSA e CLARA diguèron :
- Avèm escambiat quicòm de mai
prigond que de cadèus, sèm devenguts
d’amics vertadièrs .
LEANDRE e BòRIS :
- Nos sèm desseparats en plorant,
tornarem lèu visitar los amics sards !…
CLARA e SILVAN :
- Los Sards son fòrça amistoses e

s’associar

47

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S

ardenha
O istòria de Massimiliano
Demest las diversas valors de las nòstras
escòlas, n’i a una que me ten al còr mai
prigondament, es la de la « miègterraneïtat ». De fach, la cultura occitana,
per ieu, es pròcha d’Itàlia o d’Espanha e
tant luènh de París. Es dins aquesta amira
que, qualques annadas fa, amb lo Patrici,
decidiguèrem d’embarcar tota nòstra
marmalha bolegadissa per Sardenha. E, per
bolegar, boleguèt coma cal !
Lo primièr escuèlh d’aquela odissèa, passi
suls papafars e divèrsas autorizacions
legalas, foguèt lo rescontre amb la mar. E
quin rescontre ! Sabiái pas, amai s’òm me
l’aviá dich, que la « mar nòstra » podiá
èstre, ela tanben, tan bolegadissa.
L’aprenguèri, e plan coma cal, acrancat a
la moqueta del batèu, a luchar contra lo
racavòmi tot en ensajant de far bona cara
alprèp dels calandrons qu’èran pas pus
rassegurats que ieu.
D’astre, l’arribada sus l’iscla foguèt tota
autra. Cossí desmembrar lo tan bèl acuèlh
qu’aguèrem ! Lo comitat a l’italiana que
nos reçaupèt me reviscolèt un pauc. Lo
sejorn que seguiguèt acabèt de me
convéncer que ma plaça èra plan aval (e
que benlèu, poiriái estalviar lo tornar !).
La tèrra de Sardenha, que foguèt tant
cobejada al long dels sègles, se merita e
sap èstre reconoissenta als que i van
amistosament. Amistat, es plan lo mot

48

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que ven a l’esperit. Ai pas
de paraula pro fòrta e
precisa per contar la
qualitat d’aquel acuèlh, la
riquesa d’aqueles
escambis. E quitament, o
vau pas faire. Vau gardar
tot aquò per ieu, egoïstament.
Mas, soi pas solet ! Enfants e grands,
companhs de viatge, avèm cadun tornat
un quicòm d’aval. Un quicòm que se pòt
pas contar. Un secret insulari, un mistèri
ancian, un amor daissat, un « tralalleru »
atissant, una goteta de potz, una pesada
de gigant, un pas de « ballo sardo», un
escais nom, un ramelet de brancas d’un
bòsc sacrat …
Lo ramelet de brancas, lo caliá pas tornar.
Èrem prevenguts : « cal pas res prendre
dins lo bòsc sacrat, pòrta malastre ! ». E, la
mar compliça faguèt son ofici. Neptuna
foguèt pas mai clement qu’a l’anar.

Uc beRNeT
regent a la Calandreta dau Clapàs, Montpelhièr

Mai de vint ans que caminam de cotria
Calandreta e ieu, aquò fa un briu. I aguèt
tot un fum de moments bons que demòran
pel cap o mens bons que s’escafan amb lo
temps.
Un moment fòrt per ieu èra alentorn de
l’ivèrn 1989 / 1990. Amb la Corina, la
Catarina e l’Eric, collègas regents,
partiguèrem lo divendres de ser a cinc oras
del Clapàs dins la veitureta Citroën AX per
anar cap a Tolosa al recampament
confederal de totas las Calandretas.

En camin se tornava faire lo monde de la
classa, de l’escòla, del monde…. Èrem
serioses puèi s’espetàvem de rire, de tant
que manquèrem la forca de l’autopista a
Narbona e calguèt anar virar a Sijan.
Enfin arribèrem a Tolosa, a la Calandreta de
Còsta Pavada, ont los amics, Daidièr de
Tolosa, Isabèla de Pau e los autres nos
esperavan. Èrem nombroses, i èrem totes
los regents de Calandreta, o ne mancavan 2
o 3 : èrem 17 !
Se tirava alara lo repais de la saqueta e èra
encara un bon moment de partiment.
Puèi anàvem colcar en cò de l’un en cò de
l’altre, regent e tanben associatius.
Lo lendeman e lo jorn d’aprèp, èra temps
de trabalh, de mesa en comun , de
descobèrta de las practicas, de las bonas
causas… Se fasián « qué de Nòu ? »,
botigas e « te vòli ausir parlar de » e « te
pòdi parlar de », lo conselh e subretot se
faguèt lo jornalet de l’acamp !
Un jornalet vertadièr, estampat amb
l’estampariá vièlha de Freinet, illustrat a
las tecnicas nòstras, la resulta del nòstre
vam , de las nòstras envejas e del plaser
grand d’aver viscut aqueles dos jorns e
mièg amassa…
Jove e pas encara conscient de bastir lo
projècte nòstre mas
urós de i èsser !

Patric ALbeRT
regent e director pedagogic
del collègi Leon Còrdas,
Montpelhièr

s’associar

49

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C

alandreta, c’est une riche expérience
qui marque une vie, celle des enfants qui
fréquentent l’école, mais aussi celle des
parents.
Lorsque nous sommes arrivées à la
Calandreta de l’Ametlièr à Béziers en 1988,
nous y avons trouvé bien plus qu’une
simple école, plutôt une grande famille.
nous y avons rencontré des pédagogues à
l’écoute de l’enfant, des passionnés de la
langue et de la culture occitanes, d’autres
parents ayant à coeur de partager avec les
enseignants le projet d’une école citoyenne,
des militants, des amis prêts à enchaîner
une fête après l’autre, en créer d’autres
comme la passejada occitana, et prendre
une place au sein du village occitan de la
féria de Béziers ; jusqu’à épuisement, mais
jamais jusqu’à épuiser convivialité et joie.
J’ai eu la chance d’apprendre une langue
régionale au berceau, l’alsacien. C’est
cependant à travers l’occitan et Calandreta
que j’ai mieux compris mon bilinguisme
précoce. J’avais appris naturellement à
jongler avec les phrases, les mots, pour me
faire comprendre dans une langue ou dans
l’autre. et ce fut le cas pour l’occitan à
Calandreta en immersion tardive !
Quant à ma fille, née à Béziers, elle a vécu
l’immersion en occitan dès la maternelle à la
Calandreta de l’Ametlièr et elle m’a dit
encore récemment ne pas se souvenir d’avoir
« appris » l’occitan, comme elle a appris
l’anglais, l’histoire-géo, etc...

50

Gardi de Calandreta una remembrança
gaujosa d’una pedagogia qu’a de sens,
d’un projècte d’escòla amb un conviure
vertadièr, ont trapèri ma plaça en tant que
parent. 20 ans puèi demòri ligada
afectivament a la familha Calandreta. Per
aquò, serai tanben lo 24 d’octòbre de 2009
a Carcassona per dire mon estacament a
Occitània, mon país d’adopcion, e a la
tèrra ont ma filha a sas rasigas mercés
Calandreta.
Je garde de Calandreta un souvenir joyeux
d’une pédagogie qui a du sens, d’un projet
d’école associative où j’ai trouvé ma place
en tant que parent. Vingt ans après, je
reste liée affectivement à la famille
Calandreta. Pour cette raison, je serai le 24
octobre 2009 à Carcassonne pour dire mon
attachement à l’Occitanie, mon pays
d’adoption, et à la terre où ma fille a ses
racines grâce à Calandreta.

Patrícia ADAM
maire de calandrona a Besièrs

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L’

istòria remonta a d’annadas,
gaireben uèit ans. Aquel jorn ont
ausiguèri parlar de Calandreta me daissèt
pel cap plan de questions.
Èri en terminala e èra lo moment
d’emplenar lo dorsièr escolar per la
dintrada a venir. quin lagui ! Cors
d’occitan. Me calguèt parlar al professor:
« Ai soscat a mon orientacion e vòli far pas
que d’occitan dins ma vida ! »
Mon professor m’agachèt amb d’uèlhs
escarquilhats :
« Espèri qu’as plan soscat… Ai ausit parlar
d’escòlas ont la classa se fa de longa en
occitan. Las sonam Calandretas. N’i a pas
gaire. Mas, te cal entresenhar sus aquò…
T’aconselhi de seguir lo cursus d’occitan a
l’Universitat de Montpelhièr per
començar. »
Lo fosc complet ! Seguiguèri çaquelà sos
conselhs.
Dos ans mai tard, vaquí qu’una amiga, me
tornèt parlar d’aquelas escòlas ! Me contèt
lor biais de foncionar, èri espantada !
Anèrem picar a la pòrta de la Calandreta de
Ciutat. Los regents nos aculhiguèron e nos
faguèron vistalhar l’escòla.
L’annada seguenta èri en annada primièra
de formacion a l’Establiment APRENE per
venir regenta a Calandreta.
Plan d’eveniments passèron dempuèi. Mas
un d’entre eles me marquèt : una dobèrtura

d’escòla amb fòrça nivèls e amb la majoritat
dels enfants qu’avián pas la lenga. Amb ma
collèga, foguèt una escomesa vertadièra de
relevar. Foguèt luènh d’èsser aisit al
començament, mas qualques meses aprèp
la dintrada, los enfants èran gaireben
bilingües mercé al trabalh sus la lenga e a
las institucions !
Lo camin contunha. Lo cap comol de
remembres, soi ongan en PE2. Ai l’astre de
far un mestièr que m’agrada e de
mercejaments, n’ai :
mercegi los professors e los intervenents
del Centre de Formacion per lors corses e
lor ajuda, mos collègas pel trabalh e lor
sosten, los paissèls per lors conselhs, los
enfants per tot çò que me pòrtan cada jorn
e ma familha que ne faguèt e que ne fa
fòrça per ieu.

Celina ALbRUs
regenta a la Calandreta Limosenca

s’associar

51

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��1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 55

RÉGIONS
LE MONDE / SAMEDI 6 SEPTEMBRE 1997 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - •

LANGUE D'OC

Le premier collège bilingue franco-occitan a ouvert ses portes, jeudi 4 septembre, à
Lattes, dans la banlieue de Montpellier (Hérault). • CETTE OUVERTURE

des 29 calandretas, ces écoles occitanes gratuites et laïques dont la
première a été créée en 1979 à Pau,

zac » . • AUJOURD'HUI, l'approche
de l'occitan n'est plus centrée sur un
combat passéiste mais sur une ouverture à la société moderne.

de la République française, qui ouvrira en octobre à Béziers, formera

tons, basques, catalans et alsaciens.

Rampe, à Montpellier, qui propose
des spectacles en langue d'oc, son
directeur, Joan-Loïs Blénet, considère qu'il faut désormais au théâtre

à l'époque de " Gardarem fou Lar-

• L'INSTITUT supérieur des langues

• FACE AU SUCCÈS du Théâtre de la

occitan une structure interrégionale.

est la conséquence directe du succès

les maitres occitans, mais aussi bre-

L'enseignement donne une seconde jeunesse à la langue occitane
Le premier collège bilingue aouvert ses portes à Montpellier. Il prolonge le succès des 29 écoles« calandretas ». La langue du pays d'Oc a perdu
son caractère protestataire et passéiste pour devenir un moyen d'intégration et d'ouverture
MONTPELLIER

de notre correspondant
Sa créat ion sonne comme une
réponse à ceux qui préte ndent que
l'occitan est un e langu e moribonde : le collège Léon-Côrdas,
premier collège biJingue franco-oc-

citan, a ouvert ses portes le jeudi
4 septembre à Lattes, dans la banlieue de Montpellier (Hérau lt).
Conçu à l' image de ceux qui
existent d éjà en Bretagne ou au

Pays basque, il accueillera dans un
premier temps 17 é lèves répartis en
deux classes de sixième. li devrait
recevoir, à terme, 240 enfants.
Cettt: naissance est une i.:onséquence directe du succès des calandretas, ces écoles occitanes gratuites e t laïques qui prospèrent
depuis que des militants ont créé la
première, en 1979, à Pau, dans la
mouvance du mouvement occita-

niste. C'était l'époque du « Gardarem fou Larzac», et les occitanistes
s'étaient alors inspirés du modèle
québécois, qui forme des enfants
bilingues. Tout l'enseignement se
déroule en occitan, qui est ainsi la
langue parlée de l'école.
Dix huit ans plus tard, 29 calandretas accut:ille nt 1 400 élèves, de
la maternelle au CM2, dans une

Un conservatoire
pour le théâtre ?
Créé en 1974 à Mo ntpe llie r, le
Théâtre de la Rampe propose,
avec un s uccès grandissant, des
spectacles en occitan. Son directeur, Joa n-Lois Blénet, considère
qu'il faut d ésormais , pour le
théâtre occitan, une structure
Interrégionale Inspirée du modè le des conservatoires ou des
centres dramatiques nationaux.
Plusieu rs collectivités du s ud
de la France sont prêtes à soutenir ce proje t. Catherine Trautrnann, qui a reçu M. Blénet au
ministère de la culture le 22 août
dernier, lui a promis que « ce sujet lluil tient à cœur » et que « les

cultures régionales seront davantage présentes dans la contractualisation qui doit être renouvelée
avec les régions ».

zone qui va de Nice à Bayonne.
Chaq ue an née, de nouvell es
classes sont ouvertes. « Rien qu'à
Montpellier, explique Jean Rohr,
ch argé de communication à . la
Confédération des écoles occitanes
calandretas, on a 2(,() enftmts répar-

'

fac leur d'i.ntégralio n. « les étu -

Les écoles Calandreta
• Ecoles existantes

ran, responsable des unités de vale urs et d es cycles occitan s à
Montpellier. « Pour eux, désormais,

tis sur trois écoles. Et on est obligé de
refuser du monde.» La prise en

c'est d'11ne normalité totale. »
L'université a aussi créé, en janvier 1996, un setvice de langue occitane grâce à une convention passée avec le conseil régional du
Languedoc-Roussillon. li aide les
particuliers, associations ou collectivités à réaliser des traduction s
(maiiages, dépliants ou étiquettes
de produits régio naux). Ouvert en
mai dernier, son site Internet fran co-anglais, permetta nt notamment
d'entendre l'occitan, a déjà ét é
consulté par 300 perso nnes. Une
nouvelle preuve, selon Jean-François Courouau, son promoteur,
qu' « en France on a été très loin vers

charge financière des enseignants
par l'Etat, depuis 1993, n'est sans
doute pas étrang~re à ce développement. Mais e lle n 'explique pas
tout.
UNE P~OAGOCilE

11

ACTIVE

11

Le succès tient surtout au modèle originaJ d'enseignement proposé par ces établissements, basé
sur une péd agogie active impliquant les en fants dans la' vie de
l'école, sur une plus grande participation des parents et un travail en
équipe des e nseignants. Autre raison: l'approche de l'occitan n'est
plus centrée sur un combat passéiste mais sur une ouverture à la
société moderne.
Ces écoles séd uisent ainsi des
parents qui n'étaient pas concernés par le phénomène occitan, certains trouvant à traver:i elles un
moyen cfoffrir de nouve lJes 1iacines
à leurs enfants. D'aut ant que la
crainte de voir les élèves rejetés en
marge d u syst ème scolaire s'est estompée. Les évaluations faites par
l'éducation n atio nale montreraient
que les jeunes issus des calandretas
ont des résultats aussi bons, sinon
meilleurs, que les autres lorsqu'ils
réintègrent le giron de l'école traditionnelle. Un Institut supérieur
des langues de la République française ouvrira en octobre à Béziers.
A l'image des IUFM, il assurera la
formation des maîtres occitans,
mais aussi bretons, basques, catalans et alsaciens.
Le nouveau collège montpelliérain constitue le prolo ngement logique de cette évolution. Financé
da ns un p remier te mps par d es
fonds associatifs, il devrait permettre aux enfants de continuer à
pratiquer leur langue tout en proposant, là aussi, une pédagogie différente. Le di.rectetu, Th ierry Daullé, souhaite créer un « laboratoire

qui aiguillonne la grande maison

diants n'ont plus le regard que nous
avions il y a quelques années,
lorsque l'occitan était teinté de mili·
tantisme », exp lique Géra.rd Goui-

éducation nationale en démontrant
qu'avec d'autres schémas on peut
Jaire des choses intéressantes». Un

remplacée par une échelle de couleurs, e t les devoirs à la maison
supprimés. Tout comme « les car-

semi- interna t recevra les é lèves
quatre Joun dans la semaine. Les
durées des cours onl été réduites à
quarante-cinq minutes, la notation

tables de qua rante kilos sur les
épaules».
A l'autre bout de la chaîne, les
effect ifs ~~ occitanophones ,, d e

l'université Paul-Valéry de Montpellier ont, eux aussi, explosé, passant en cinq ans de 300 à ~50 étu·
diants. On trouve parmi eux des
jeunes de la région, mais aussi des
nouvea ux arrivants pour qui la
langue d'oc fonctionne comme un

une uniform isation tota le, en
croyant lier modernité et mono/in·
g11isme. Mais on se rend compte que
c'était une chimère. Auj ourd'hui, on
gagne à avoir les pieds bien planté.s
dan.s fa terre où l'on est. »

Jacques Mon in

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 56

L

a que me parlèt d'en primièr de
l'escòla Calandreta, foguèt Sílvia CavaliéAlranq. Una sola persona, mas dos noms
fòrça implicats dins la cultura occitana,
coma l'aprendrai mai tard.
Arribèrem pel ròdol de Pesenàs e
cerquèrem una escòla « diferenta ». Ela
nos dobriguèt las pòrtas de l'occitan e
despertèt nòstra curiositat. L'evocacion
de las fèstas de Nadal nos sedusiguèt mai
que tot : la Pegolada, ont parents e
mainatges, desguisats en santons, passan
per carrièras dins la vila, al lum dels
estelons e en tot cantar los Nadals
tradicionals occitans.

Ai comprés aprèp qu'avèm l'astre, a
Pesenàs, d'aver d'artistas-pensaires
implicats cada jorn dins la mesa en valor de
lor cultura. Me soveni de nòstra primièra
Santa Barba, nòstra primièra Sant-Blasi,
nòstra primièra Sant-Joan: cada còp mai de
meravilhament, cada còp mai de paurs de
mestrejar tanben.

Lo rescontre amb las vièlhas, aquelas
vièlhas un chic mascas que nos parlan
vertadièrament. E la montgolfièra
illuminada per dire adieu a Nonna, que
s'envòla sul camin de las estelas, pendent
Martror, la fèsta dels mòrts.
I a un fum de causas que se passan
pendent aquelas fèstas que comprendrai
saique jamai, o benlèu mai tard, e es
perfièch coma aquò ! Son de moments
fòrts, nos sentèm mièlhs pendent e aprèp,
nos sentèm portats, environats, nos
sentèm tanben religats.
Avèm trobat de sens. Avèm tanben tornat
trapar un viscut collectiu.
E, sonque per nosautres parents de
l'escòla, pas que per nautres, coma un
present, Sílvia Cavalié-Alranq, Claudi
Alranq, Veronica Valery e totes los
fondadors de l'escòla, an amagestrat un
ritual de passatge de l'escòla dels
Polinets, dels ancians cap als novèls.
Per una brava tantossada d'ivèrn, nos an
simbolicament transmes l'escòla. Amb tot
çò que marcha..., e tot çò que demòra de
metre en plaça. Nos tòca ara de la far
viure, e de la far venir encara mai bèla...
fins a la trasmetre, nosautres tanben, mai
tard, als futurs « parents novèls ».

Clotilda NOTARANGeLO
maire de Calandronas e
presidenta de la Calandreta dels Polinets, Pesenàs

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La rencontre avec las vièlhas, ces vieilles un
peu sorcières qui nous parlent vraiment. et la
montgolfière illuminée pour dire adieu à
nonna, qui s'envolait sur le chemin des
étoiles, à l'occasion de la fèsta dels mòrts,
Martror.

C'est sylvie Cavalié-Alranq qui m'a parlé
pour la première fois de l'école Calandreta.
une seule personne et deux noms de famille
que je découvrirai plus tard fortement
impliqués dans la culture occitane.
nous venions d'arriver dans la région de
Pézenas et nous cherchions une école dite
« différente ». elle a su nous ouvrir les
portes de l'occitan, et éveiller notre
curiosité. et c'est avant tout l'évocation des
fêtes de nadal qui nous a séduits : la
Pegolada, où enfants et parents déguisés en
santons défilent dans les rues de la ville, à la
lumière des flambeaux et en chantant les
noëls traditionnels en occitan.
J'ai compris par la suite que nous avons la
chance d'avoir, à Pézenas, des artistespenseurs impliqués quotidiennement dans la
mise en valeur de leur culture. Je me
souviens notre première Santa-Barba, notre
première Sant-Blasi, notre première SantJoan : à chaque fois plus d'émerveillement, à
chaque fois plus de peurs à surmonter, aussi.

il se passe beaucoup de choses que je ne
comprendrai sans doute jamais pendant ces
fêtes, ou peut-être seulement plus tard, et
c'est très bien ainsi ! Ce sont des moments
forts, pendant et après lesquels nous nous
sentons mieux, nous nous sentons portés,
entourés, et nous nous sentons aussi reliés.
nous avons trouvé du sens. nous avons aussi
retrouvé un vécu collectif.
et juste pour nous, parents de l'école, rien
que pour nous, comme un cadeau, sylvie
Cavalié-Alranq, Claude Alranq, Véronique
Valery et tous les fondateurs de l'école ont
organisé un rituel de passage de l'escòla
dels Polinets, des « anciens » vers les
« nouveaux ».
un bel après-midi d'hiver, ils nous ont
symboliquement transmis « leur » école.
Avec tout ce qui marche..., et tout ce qui
reste à mettre en place. À nous de la faire
vivre désormais, et de la rendre encore
plus belle... jusqu'à la transmettre, nous
aussi, plus tard, aux futurs « nouveaux
parents ».
Clotilde NOTARANGeLO
mère de calandronas et
présidente de la Calandreta dels Polinets, Pézénas

s’associar

57

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1980, le 3 janvier : à Pau, trois petits
calandrons commençaient la belle aventure
des Calandretas ... juste avant l’envol de celle
de Béziers avec la généreuse Jaumeta.

C

omme il m’est difficile de transcrire
cette période de gestation et d’éclosion qui
fut d’une rare intensité pour moi, ma
famille et toute l’équipe !

1979 : Le besoin urgent de transmettre la
langue de notre pays, de nos parents à
notre petit, le désir de réparer le maillon
manquant de la chaîne de la transmission de
notre culture, le constat du refus obstiné du
système scolaire français de répondre à
cette demande, la certitude d’une bande
d’occitanistes de « l’amassada entau país »
décidés à poser un acte autonome, le pari de
créer une école comme on la rêvait,
l’engagement enthousiaste de Joseta et
magui qui ont osé foncer, le travail
extraordinaire de tous les membres de
l’équipe, tout à inventer... mais aussi, c’était
inévitable, des déceptions, de l’hostilité, des
bâtons dans les roues, des coups de gueule,
et pourtant jamais de découragement car,
bien rivée au fond du coeur, la sensation
évidente d’avoir raison...

58

Pourquoi le choix du mot « Calandreta » ?
J’avais envie de trouver un nom portant le
renouveau, la joie, la liberté, un nom qui se
prononce de la même façon partout en
Occitanie. Pendant mon enfance, à
montaillou mon village natal, le chant de
l’alouette me comblait de bonheur. en
Béarn, ma terre d’adoption, un chant de la
vallée d’Ossau exprimant l’amour du pays,
contenait ce mot. Quelle heureuse surprise
d’apprendre qu’un calandron était un petit
apprenti !
J’éprouve une grande admiration pour ce
mouvement, en perpétuelle recherche
d’excellence, source de créativité dans de
très nombreux domaines et un respect
immense pour les enseignants, les parents
et le personnel d’encadrement éducatif qui
offrent leur générosité, leur sensibilité, leur
imagination pour la jeunesse d’Occitanie.
mercés a la granda familha Calandreta.

Anne-Marie ROTH
une des associatives et associatifs qui fondèrent
la première Calandreta à Pau en 1980

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 59

C

alandreta,ua iniciativa militanta

quan vadó era Calandreta d’Auloron en
seteme de 1981, qu’avó a foncionar shens
nada ajuda oficiau. Aquera situacion que
la caracterizè i que durè.
Era purmèra rentrada que’s debanè
dongas dens ua pèça d’un apartament
logat per er’Ikastola, ath Bialèr. Dab
er’arrefus permanent dera mairia
d’acordar un locau, Calandreta que
coneisherà mudalhas successivas dens
loguèrs chics foncionaus, agergats peths
parents i dab er’apòrt d’ua soscripcion
populara.
que caló aras personas qui creèn
er’associacion ua gran hidança dens eth
projècte tà hà’u prosperar.
Pendent 13 ans, er’escòla que foncionarà
en dehòra de tota reconeishença oficiau.
Puish, Calandreta i eras autas escòlas
d’Occitània qu’aquesín , en 1994, un
estatut quan ara favor d’un cambiament
de majoritat governementau, François
Bayrou e vadó ministre der’ Educacion
Nacionau - que prepausè un estatut
d’escòla dens er encastre dera lei Debré de
1959. Eth protocòl d’acòrd de 1994 que
s’aplicarà ara Calandreta d’ Auloron qui
signè dab eth ministèri un contracte
d’associacion dab era presa en carga deths
salaris deths ensenhaires. Ua beròja
avançada tà perméter aths fondators
der’escòla de s’atelar a respóner a d’autes
besonhs a mesura qu’ era Calandreta e
creishè. Dens un esperit d’enterpresa i tà
priviletjar ua qualitat d’ensenhament, que

calè pensar a perenizar un emplec d’ajuda
dens era nosta escòla, çò qui esté hèit
quauquas annadas après. I atau d’ans en
ans accions navèras que s’apitavan tà
póder har en davant...
En 2001, aras eleccions municipaus,
er’esquèrra auloronesa, ath cap de 30 ans
de gestion, que deishè era plaça ara dreta
qui , pendent era campanha electorau, avè
prometut d’atribuir un locau municipau a
Calandreta. Era promessa qu’esté
tienguda : era mairia qu’installè era
Calandreta dens ua ex-escòla publica
renovada dera vila, en 2004.
Ath cap d’un trentenat d’annadas de
tribalh, que podem har com balanç ?
Calandreta qu’a hèit era pròva de que un
mainatge e pòt estar vertaderaments
bilingüe dens ua societat pregondaments
desoccitanizada. Mes que s’i pòt crànher
legitimaments qu’eth flaquèr
d’acompanhament deths locutors adultes
i deras institucions e bote en perilh ua
vertadèra reabilitacion der’occitan dens
era societat, reabilitacion miada en
purmèr peras Calandretas. Un combat de
tot dia...

Magui POeI-bARTHALOU
regenta a la Calandreta Auloronesa

s’associar

59

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 60

P

rintemps 1993

Francés Bayrou que’m ditz de que’m vòu
encontrar, en hornir : « que’t vòu véder,
qu’a causas a’t díser ! ». que’m hè seguir
dinc a la sala grana de recepcion deu
Parlament de Navarra, d’autes còps aperat
los « Estats deu Bearn » quan èran enqüèra
libres. que i a aquiu la màger part de tots los
rectors de França, amassats peu ministre de
l’Educacion Nacionau e de las Universitats
deu govèrn Balladur gessit de las eleccions
legislativas deus 21 &amp; 28 de mars de 1993.
qu’èm peu tresau còp en un sistèma politic
dit de cohabitacion, puish-a lo president de
la Republica que s’apèra Francés
Mitterrand...
que crei qu’ei lo 14 de deceme de 1994 a
Pau. Alain Mongaugé que boha hens la soa
faluta d’Aussau « Aqueras montanhas » :
que n’i a au ras de jo qui ploran... que sortim
urós de signar dab Joan-Loís Blenet, l’aute
copresident de la Confederacion occitana
de las escòlas laïcas Calandreta, lo famós
« Protocole d’Accord » dab Francés Bayrou
— que’u nse podem aperar atau uei lo dia
dab quauque drin de perspectiva istorica —
qui va perméter enfin au movement
Calandreta de participar au servici public
d’ensenhament, hens l’encastre de la lei dita
« Debré » deu 31 de deceme de 1959.
« B’ei gran ! » ce’m disi, en tot l’apercéber au
demiei deus rectors qui beven aquiu devath
champagne. De segur, n’a pas cambiat. Mei
d’ua annada que s’ei escorruda, la Dreta,
com ac ditz la premsa, ei tornada en mars

60

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:01 Page 61

1993, arron la parentèsa miada per francés
Mitterrand e la des·hèita deu govèrn
Bérégovoy. quauques mes arron, au parat
deu Congrès d’Auloron de la fin de junh de
1993, Francés Bayrou qu’èra viengut tà díser
a tots los actors de Calandreta (parents,
associatius e ensenhaires) que non podè
estar briga contra la lenga occitana, puish-a
que la parlava ; qu’èra tanben la lenga deu
son pair qui’s morí tròp joen, esglachat peu
son tractor. que horniva de qu’anava
demandar aus sons collaborators de
perpensar a ua solucion qui permetore
d’inscríver las escòlas immersivas dens
l’encastre deu servici public de l’Educacion
Nacionau.
que m’arridòla deu haut deu son 1m 94.
qu’a pausat, com en mars de 1993, las soas
lunetas suu son peu dense e negre. que’ns
tocam de man. que soi hèra petit quan lo
me vei a clinà’s tà’m poder parlar. Vertat
qu’ei que’n vadi hèra temeruc : mainatge
vergonhós. De mei, l’emocion esconuda,
quasi desbrombada de totas aqueras
annadas de luta, que m’envadeish còp sec e
non sèi quin m’ac virar d’aquera situacion
curiosa. que pensi de tira au printemps de
1993. que m’alarga de la soa votz baisha e
doça qui n’aví pas briga entenuda en l’òra :
« Bravo, vous avez réussi ! Et sans
rancune ! » Bayrou que s’arrid com
quauqu’un que s’i ei escadut de com cau.
Philippe Lucas, eth, que sembla ataizat,
content d’estar deus qui an fin finala
participat a un tròç d’ua auta istòria, istòria
bargonejanta qui va dejà tròp lèu, mes qui
totun a sabut, aqueste còp enfin, préner en
compte la nosta lenga tròp longtemps

mespresada, desbrombada, castigada per
un estat bonapartista, menshidèc de cap a
totas las soas lengas minorizadas. que vei
dens los sons uelhs, un degrèu, com
m’avosse volut díser quauqu’arren de
màger, un secret ? ad escurs, ua paraula
vertadèra d’un sociològ coneishut, amic de
Lionèl Jospin, rector de Bordèu.
quan lo vei peu prumèr còp, aqueste matin
deu 10 de mars de 1993, n’ei pas briga atau.
qu’ei un aute òmi. Un haut foncionari,
rector de l’Academia de Bordèu, encargat
de har rampèu aus representants de la
Federacion Aquitània e de la Confederacion
de las escòlas Calandretas. qu’èm arribats a
9 h 30. Robèrt Labòrda, president de la
Federacion Aquitània, accompanhat de
Francesa Méric de la Calandreta de La Tèsta,
que’m disen « Aquera faiçon de negociar
academia per academia, qu’ei sordeish,
puish-a la Confederacion non pòt pas har
com en 1991 dab Lionèl Jospin, ministre de
l’Educacion Nacionau. » Vertat qu’ei, la
negociacion qu’ei plan esbarrisclada.
quauques setmanas a, Joan-Loís Blenet,
copresident, eth qu’a miat dab jo — quan
podí —, la negociacion politica generau dab
M. Dupuy, lo conselhèr tecnic de Jack Lang,
ministre de l’Educacion deu govern
Bérégovoy. qu’ei obligat de s’i tornar tà
Mieidia Pirenèus e Lengadòc-Rosilhon. Jo,
que m’i hèi a Bordèu.
A 11 h 30 arren ne’s mauta, Philippe Lucas
que prepausa 3,5 pòstes quan ne
demandam 8 ! Los nostes arguments qui
pòrtan sus efectius, e sus las miejanas per
classa, que semblan d’estar prepausicions

s’associar

61

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 62

gauchistas de
mau acceptar
peu rector. A
Mieidia, la causa
que’m sembla
blocada a de
bonas. que vei,
enfin qu’ac
senteishi, de
que Lucas non
vòu deishar càder la soa posicion
insuportabla peu monde qui ns’an dat totun
la lor hidança, e mei que mei los associatius
e parents de las escòlas deu Bearn qui an
dejà aviat accions publicas tà entercalhar
l’opinion publica.
que’m cari. que son meidia passats. Lavetz,
Lucas que’m ditz : « Je vous propose 4,5
postes, et nous nous retrouvons à 14 h avec
la presse — ah, aqueth mot qui m’a, a Diu
mercés, permetut de compréner quauques
minutas arron, lo traquenard deu rector —
pour signer le protocole d’accord entre
nous ! » que’u lanci : « D’accord ! » e que
partim viste. que minjam, perpicós. que
telefòni a Regina Barthélémy, la hemna de
Blenet qui s’ac coneish tot deu dossièr
noste, tà saber los resultats de la
negociacion qui mia Joan Loís dab lo rector
de Tolosa. Non sap pas. « E çò qui’m cau
har ? » ce’m pensi. que’us disi, en sortir de la
cabina telefonica, que Regina que’ns
conselha de ganhar temps, tà poder ahortir
la nosta demanda dab l’excellent accòrd de
Tolosa qui non deveré trigar. Robèrt
Labòrda que’m torna de que va estar hèra
complicat de « ganhar temps » dab un

62

rector potent qui ns’atend a duas òras deu
vrèspe tà signar. qu’a rason. Francesa que’s
cara : que me’n darà tots los explics bèth
temps après.
Duas òras manca cinc. que gahan
l’ascensor. Jo non, que n’èi paur. De mei
que’m cau trobar, atau, a la corruda, ua
solucion qui’ns permeterà de sauvar las
negociacions, dilhèu de la remandar enter
los dus torns de las eleccions legislativas, çò
qui aflaquiré lo rector. qu’entram. que sèi
adara çò qui vau har, mes ne’us assabenti
pas per’mor que m’ac pensi atau. que
ns’assedem a plaser. FR3 Aquitània qu’ei
presenta dab los sons jornalistas. Philippe
Lucas que torna tirar las soas lunetas e las
pausa suu son peu. que m’arridòla com
quauqu’un qui’s pensa aver ganhat la
batèsta. Alavetz, honhat au bèth dehens de
jo per ua força qui non coneishí dinc adara,
que’m lhèvi sobte que’u ditz : « Nous ne
pouvons accepter votre proposition, je le
regrette, adishaz monde e la companhia ! »
e que parteishi com un hèra maishant actor
de teatre, seguit un drinòt après per Robèrt
e Francesa.
quan nse’n tornam tà Pau, que sabem
que’ns va càler miar ua auta batèsta. qu’ei
victoriosa après ua bèra manifestacion per
las carrèras de Pau, lo 13 de mars de 1993,
qui amassa mei de 500 personas. Fin finala,
los 7,5 pòstes que’us nse ganham.
quauques annadas a qu’apreni per Bayrou,
que Philippe Lucas que s’ei mort, viste, tròp
viste.

sèrgi JAVALOYÈs
escrivan, co-president de la Confederacion de
las Calandretas de 1993 a 2003

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s’associar

63

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 64

U

n camin de funambule

Vaduda trenta ans i a, que volè ensenhar
los dròlles en ua lenga minorizada
considerada com quasi morta e com tot
juste valedera entà cridar lo bestiar.
que’n calèva aver ua capa de holia entà
jogar hèra sus Calandreta !
quantes chepics, quantas
incomprenesons suu noste camin ! Un
militant amic quan sabó qu’anavi tribalhar
a Calandreta, que’m hasó aquera
declaracion definitiva (en occitan de
segur) : « E que vas tribalhar a Calandreta
tu ? E que’t pensavi de gaucha ! »... Vaste
programa ! En aquera tempsada eroïca,
qu’anèi véder un dia a Jana, ua cosia vielha
qui acabava la vita a l’espitau. quan me
demandè dab aqueth ton dur qui l’èra
costumèr : « E tu adara qu’ensenhas lo
patués ? », qu’afirmèi, revendicatiu, que
quiò, fieròt, en atenta de felicitacions.
Dubitativa, que’m responó « ò, ganhà’s la
biòca dab aquò o auta causa ! » puish,
après un moment, pensativa que concludí
« Non sabetz pas çò qui voletz vosautes los
regents, quan èram mainatges que
ns’empachavatz de parlar patués. »
Per la Jana, la mea paisana de cosia qu’èri
de la medisha traca com los regents qui
avèva coneishuts mainada e vertat que i
avèva de que s’i pérder lo latin... e
l’occitan quan sia patués ! « Ganhà’s la
biòca » e seré fin finala l’unica motivacion
vededèra d’aquera regentaja qui decida peu
monde deus camins de la civilizacion ?
E quan, dab la medisha certitud embevuda,
que remplaçan, au palmarès de las
evidéncias pedagogicas, lo monolinguisme

64

Un chemin de funambule
née il y a trente ans, elle voulait enseigner
aux enfants dans une langue minorisée
considérée comme quasi morte et tout juste
bonne pour appeler au bétail. il en fallait de
la folie pour jouer une pièce sur Calandreta !
Que de soucis, que d’incompréhensions sur
notre chemin ! un ami militant me fit cette
déclaration définitive (en occitan
évidemment), quand il sut que j’allais
travailler à Calandreta : « Tu vas travailler à
Calandreta toi ? et moi qui te pensais de
gauche ! »... Vaste programme !
Dans ces temps héroïques, j’allai voir un jour
Jeanne, une vieille cousine qui finissait sa
vie a l’hôpital. Quand elle me demanda avec
ce ton dur qui lui était habituel : « Alors toi,
maintenant tu enseignes le patois ? », Je
confirmai, revendicatif, que oui
effectivement, assez fiérot et dans l’attente
de félicitations. Dubitative, elle me répondit
« Oh, gagner sa vie comme ça ou
autrement ! » puis, après un moment,
songeuse elle conclut « Vous ne savez pas
ce que vous voulez vous autres les regents,
quand nous étions enfants vous nous
empêchiez de parler patois. »
Pour la Jeanne, ma paysanne de cousine,
j’étais de la même race que les regents
qu’elle avait connus enfant et il est vrai
qu’il y avait de quoi y perdre son latin... et
l’occitan, qu’il soit patois ! « gagner sa vie »
ce serait finalement l’unique motivation
visible de ces regents qui décident pour les
gens des chemins de la civilisation ? et
quand, avec la même certitude, ils
remplacent, au palmarès des évidences
pédagogiques, le monolinguisme

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franchimand qui an impausat pendent
annadas, per lo bilinguisme novator,
qu’espian dab la medisha
condescendéncia lo poble endarrerit qui
non compren pas. Pr’amor, de la mairau
dinc a l’universitat que i a sustot los
saberuts e los qui ne’n son pas... Segotir
aquera relacion enter regent e nonregent, cambiar la plaça deus pairs en
l’escòla, qu’ei dilhèu ua de las rasons
màgers de l’escaduda de Calandreta.
qu’ei en tot cas ua de las qui m’i estacan
lo mei. har escòla amassa ! Com si n’èra
pas pro de voler ensenhar en la lenga
morta deus paisans, que ns’a calut ua jòga
mei, que ns’a calut trebucs mei. Trebucs
qui non vienen pas tostemps deu dehòra.
har amassa ua escòla laïca mes a
condicion que los hilhs e sian ensenhats
exactament dab la fòrma e lo contiengut
qui estimi bon. har amassa ua escòla
ubèrta a tots mes a condicion que lo
regent non sia pas tròp cuentat per los
maishants escolans, de qui los pairs,
d’aulhors, non hèn pas arren tà
l’associacion. har amassa ua escòla
cooperativa mes a condicion que lo men
sia lo mei hòrt de tots e posquia un dia har
las classas preparatòrias.
har amassa ua escòla ubèrta aus pairs mes
on los regents e posquian continuar de
valorizà’s en espiar grandosament lo
une praube monde. har amassa ua escòla
on los mainatges ajan la paraula mes pas
totun entà criticar lo mèste. har amassa ua
escòla animada per ua esquipa pedagogica
coërenta mes que sii jo lo mei considerat.
har amassa ua escòla de la libertat mes
shens nat risc.

français qu’ils ont imposé pendant des
années, pour le bilinguisme novateur, et qu’ils
regardent avec la même condescendance le
peuple arriéré qui ne comprend pas. Parce
que, de la maternelle jusqu’à l’université il y a
surtout ceux qui savent et ceux qui ne savent
pas ... secouer cette relation entre regent et
non-regent, changer la place des parents
dans l’école, qui est peut-être une des
raisons majeures du succès de Calandreta.
C’est en tout cas une de celles qui m’y
attachent le plus. Faire école ensemble !
Comme si ce n’était pas suffisant de vouloir
enseigner dans la langue morte des paysans,
il nous a fallu « jouer » encore, il nous fallut
trébucher aussi. Des obstacles qui ne
viennent pas tout le temps de l’extérieur.
Faire ensemble une école laïque mais à
condition que les enfants soient enseignés
exactement avec la forme et le contenu que
j’estime bon. Faire ensemble une école
ouverte à tous mais à condition que le
regent ne soit pas trop bousculé par les
écoliers dissipés, dont les parents,
d’ailleurs, ne font rien pour l’association.
Faire ensemble une école coopérative mais
à condition que mon enfant soit le meilleur
et qu’il puisse un jour faire les classes
préparatoires.
Faire ensemble une école ouverte aux
parents mais où les regents puissent
continuer de se valoriser en regardant de
haut le pauvre monde. Faire ensemble une
école où les enfants aient la parole mais
toutefois pas pour critiquer le maître.
Faire ensemble une école animée par une
équipe pédagogique cohérente mais où je
sois quand même le plus considéré.
Faire ensemble une école de la liberté mais
sans aucun risque.

s’associar

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D’un trebuc tà l’aute, d’un desequilibri tà
l’aute, Calandreta qu’a seguit un camin
de funambule, tostemps sus un hiu.
Deishar aus mainatges lo temps de
l’experimentacion e seguir los
programas, bastir ua escòla alandada e
non pas sacrificar l’occitan lenga de
comunicacion, desvelopà’s los efectius e
mantiéner los objectius nostes.
Lo prètzhèit de Calandreta n’ei pas
sonque linguistic, n’ei pas sonque
pedagogic, en tot hicar en question la
faiçon de gerir un servici public, qu’ei
politic. Inventar cada dia ua faiçon de
gerir amassa, d’autogerir un servici public
e a forciori lo de l’educacion, lo qui voleré
pausar los gèrmes de doman, non se pòt
pas har shens encontrar trebucs e trebucs
de la pagèra deu projecte: granàs !
E totun...
Los ancians calandrons, los qui corrèvan e
piulavan per la parguia de la Calandreta
d’Ortès qui avèvam embarrada nosautes la
velha de la rentrada, los qui comencèn
l’escolaritat en docejar, de l’aute costat
deu rideu qui partatjava l’unenca classa, los
petits se’n bedón tà aténher los comuns,
qu’envian uei corrics : qu’èi avut lo brevet,
qu’èi avut lo bachilierat, que soi a Londres
dab Erasmús...
L’un, lo qui èra tant turbulent e qui’m hasó
desbrembar mantuns còps los principis deu
Celestin entà cader en solucions mei
expeditivas qui ne’n son pas, que passè un
dia a Calandreta « Non m’arreconeishes
pas ? » La votz que l’aveva tradit ! « E òc,
que t’arreconeishi, t’ai pas desbrembat çò
qui m’as hèit combatejar ! E qué hès
adara ? » « Dret »...

66

D’un obstacle à l’autre, d’un déséquilibre à
l’autre, Calandreta a suivi un chemin de
funambule, toujours sur un fil. Laisser aux
enfants le temps de l’expérimentation et
suivre les programmes, bâtir une école
grande ouverte et ne pas sacrifier l’occitan
langue de communication, augmenter les
effectifs et maintenir nos objectifs. La tâche
de Calandreta n’est pas uniquement
linguistique, n’est pas seulement
pédagogique, car en mettant en question la
façon de gérer un service public, elle est
politique. inventer chaque jour une façon de
gérer ensemble, d’autogérer un service
public et à fortiori celui de l’éducation, celui
qui voudrait poser des jalons pour demain,
ne peut pas le faire sans rencontrer des
obstacles et des obstacles aux dimensions
du projet : très grands !
et pourtant ...
Les anciens calandrons, ceux qui courraient
et piaillaient dans la cour de la Calandreta
d’Orthez, laquelle nous avions décidé de
fermer la veille de la rentrée. Ceux-là même
qui ont commencé leur scolarité à petit pas
de l’autre côté du rideau qui partageait en
deux la classe unique. Ces même petits qui
avaient du mal à se hisser sur les toilettes.
ils nous envoient aujourd’hui des courriels :
j’ai eu le breuvet, j’ai eu le bac, je suis à
Londres avec erasmus... L’un, celui qui était
si turbulent et qui me fit oublier plus d’une
fois les principes de Celestin pour tomber
dans des solutions plus expéditives qui
n’en sont pas, passa un jour à la Calandreta
« Tu ne me reconnais pas ? » sa voix l’avait
trahi ! « et oui je te reconnais, je n’ai pas
oublié ce que tu m’as fait batailler ! et que
fais-tu maintenant ? »

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E que’m balhè novelas deus uns e deus
autes, qu’ei esteciana, qu’ei a l’escòla
d’educator...
Ancians calandrons que son uei
animators o regents a Calandreta e
medish, pairs. A còps, au demiei deus
trebucòlis de la vita, que’ns sembla
arreconéisher en ua idea, un
comportament, un geste, la grana qui
semièm, annadas i a e que pensam « tè,
açò dilhèu qu’i soi drin per
quauqu’arren ».
Lo temps quan per estar ua bicicleta,
Calandreta qu’avèva besonh deus
« forçats de la rota » qu’ei totun passat.
Per dever pedalar enqüèra uei, qu’èm
vaduts professionaus ... dab, per sol
anabolisant, lo sostien amistós deus qui’s
son engatjats en la medisha galèra. que
ns’èm drin institucionalizats. que ns’èm
drin agranits. E saberam demorar, a
maugrat d’aquò, novators ? E demoraram
ua proposicion alternativa a l’escota de las
autas ?
que serà dilhèu ua de las jògas deus trenta
ans a viéner.
En tot demorar hòrt modestes quan
comparam los efectius escolarizats en las
escòlas nostas dab la populacion totau
deus escolans occitans, quan mesuram lo
nivèu de lenga quantitativament e
qualitativament, quan espiam la densitat
de las calandretas en l’espaci occitan, que
vedem que demora a pedalar mes que
podem totun parlar d’ua escaduda segura
per la nosta enterpresa.

beneset LARRADeT
regent a la Calandreta Paulina e professor al Collègi de
Gasconha, Pau

Des uns et des autres, elle est
esthéticienne, il est à l’école
d’éducateur... Anciens
calandrons qui sont aujourd’hui animateurs ou regents
à Calandreta et même,
parents. Des fois, parmi les
petits inconvénients de la
vie, il nous semble reconnaître dans une idée,
un comportement, un geste, la graine que
nous avons semée, il y a des années et nous
pensons « tiens, ça, peut-être que j’y suis un
peu pour quelque chose ».
L’époque où, pour être une bicyclette,
Calandreta avait besoin de « forçats de la
route » est toutefois révolue. même si nous
devons pédaler encore aujourd’hui, nous
sommes devenus professionnels... avec,
pour seul anabolisant, le soutien amical de
ceux qui se sont engagés sur la même
galère. nous nous sommes un peu
institutionnalisés. nous nous sommes un
peu agrandis. et saurons-nous rester,
malgré cela, novateurs ? et resterons-nous
une proposition alternative à l’écoute des
autres ? Ce sera peut-être un des enjeux
des trente ans à venir.
en demeurant très modestes quand l’on
compare les effectifs scolarisés dans nos
école avec la population totale des écoliers
occitans, quand nous mesurons le niveau
de langue quantitativement et
qualitativement, quand nous observons, la
densité des écoles Calandreta dans l’espace
occitan, nous voyons qu’il y a encore des
coups de pédales à donner mais que nous
pouvons cependant parler d’un succès
certain pour notre entreprise.

benoit LARRADeT
enseignant a la Calandreta Paulina et professeur au
Collège de gascogne, Pau

s’associar

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Midi ~ibre

Cet institut nationàl
que l'on nous cache

Les professeurs en langue régionale de tout le pays sont à l'ISLRF.

• Depuis septembre, Béziers
est le siège d'une institution
publique unique dans l'Education nationale. L'Institut supérieur des langues de la République française (ISLRF), installé sur le boulevard De-Lattre-de-Tassigny, fom1e en effet
tous les enseignants utilisant
une langue régionale.
Ces futurs instituteurs bilingues en breton, alsacien, catalan ou bien sûr occitan sont
formés dans notre ville avant
de passer, toujours à Béziers,
le concours national (21 postes sont proposés cette armée
pour 50 candidats} qui leur
permettra d'enseigner, par
exemple pour les occitanistes,
dans les calandreta.
Mais le plus étonnant, ce
n'est pas tant l'existence de
cette institution ( d'un budget
d' 1,30 MF) que sa discrétion.
Pas de déclarations triomphalistes de la municipalité. Pas
d'inauguratiôti ·où de' discoi.Ji's
des politiques .. .
De toute évidence, la concomitance de la campagne des
Régionales n'est pas étrar1gère
à ce mutisme. Et dails le contexte actuel, les responsables
de l'institut préfèrent afficher
un profil bas plutôt que de
s'aliéner l'un ou l'autre des frères enne'mis de la région.
Mais l'absence de vin d'honneur n'empêche pas de travailler. Géré par trois permanents, l'ISLRF fonctionne comme un IUFM, la structure chargée de fom1er les professeurs
des écoles pour l'Education
nationale.
Après une première
année de form(J,tion dans
leurs régions respectives,
explique le directeur Philippe

Hamel, les étudiants arrivent
à Béziers pour leur deuxième

année où ils suivent le tronc
commun de la Jo1mation. Et
s'ils réussissent le concours,
ils terminent leur stage de
troisième année. »
Cette implantation dans
notre région n'est pas due au
hasard. Si les occitartistes ont
été les derniers à créer des
écoles bilingues, après les
diwan bretonnes, les bressola
catalanes et les seaska basques, ils ont été en revanche
les premiers à songer à la formation de leurs intervenants
en créant une école pour maîtres occitans, baptisée "Aprene' et également basée à
Béziers.
« Les représentants des
autres écoles régionales sont
alors venus en m ission d'étude chez nous, raconte Philippe
Hamel, et après deux années
de travail, nous sommes tombés d'accord sur un projet
commun. ,, L'implantation à
Béziers (et non à Montpellier)
a également été choisie volontairement, par souci « d 'aménagement du te1ritoire » .
Le site semble encore contesté par des villes concurrentes, mais si les Biterrois s'accrochent, l'ISLRF, qui est devenu un pôle de référence pour
la pédagogie de "l'in\mersion
linguistiqùe précoce", devrait
déménager à la rentrée prochaine dans la Maison des
associations, à la place du
Deug d'histoire-géo.
Un bel exemple de décentralisation qui permet en tout cas
de diffuser une autre image de
la ville - hors vin et rugby dans de nombreuses provinces françaises. •
F.F.

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Etablissement d'enseignement supérieur Aprene

Une promotion Ma:x Rouquette
r

'

-Les étudiants de cette année
1999-2000 ont souhaité
le parrainage de !'écrivain poète

parrainage.
Aprene est une associatio_n '
de type loi de 1901 qui existe
depuis 1995. Elle gère l'établis• Hier soir, au Centre. interré- sement d'enseignement supégional de documentation occïr rieur qui porte le même nom
tane (Cirdoc), les étudiants de et est sous convention avec le
la promotion 1999-2000 d'Apre- ministère de l'Education natione, l'établissement d'enseigne- nale depuis mai 1996.
ment Supérieur qui forme les
Aprene est actuellement insfuturs enseignants des . calan- ta1lé à la maison de la vie assodretas, ont accueilli Max Rou- ciative, aux côtés de l'institut
quette, écrivain et poète occi- supérieur des langues de la
tan, ·pour lui demander de les république française.
parrainer.
Il assure la formation inj.tia- '
· La i'batejada", nom de ce le des futurs enseignants des
type de réception, s'est dérou- écoles et collèges calandretas
lée sous \).a présidence d'hon- · qui dure trois ans.
neur de Max Rouquette, en
Depuis sa création, Aprene
présence des co-présidents de a formé 44 professeurs d'école
la confédération des écoles qui sont aujourd'hÙi titulaires.
occitanes calandretas, des resLès étudiants de la première
ponsables de ce mouvement, année choisissènt le noll). de
du directeut d'Aprene et de leur promotion. Cette fil.lllée,·
représentants de la ll}unicipali- leur choix s'est porté sur Uh
té de Béziers.
.
gr;;md écrivain régional et poèLes stagiaires enseignants te occitan, M.a x Rouquette.
ont présenté des extraits de
. « En choisissant le nom
l'œuvre de Max Rouquette, . d'une personne vivante, notre
pour lui rendre hommage et le promotion choisit la transremercier d'avoir . accepté .ce mission directe de la culture

Prenant le riom d'une personne vivante, la promotion &lt;&lt; choisit la
transmission directe de la culture entre générations ».

Corrime toute langue, l'occientre générations », ont-ils
tan a une façon singulière d'exexpliqué.
La "batejada" symbolise le primer les choses: La "batejapartage, l'échànge au travers da" est un moment de la vie
de la langue. Et bien plus enco- moderne de langue occitane
re dans le cas d'lJile langue qui symbolise la reconnaissannon-officielle et donc non obli- ce vis-à-vis des anciens qui ont
gatoire comni.e l'occitan. Ceux · su protéger et enrichir cette
vision occitane. •
qui l'emploient l'aiment.

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A

bans d’èsser calandrona, èri
dins una escòla ont èri pas forçadament
plan. L'escòla m'agradava pas brica, èri
fòrça estressada pel trabalh, per l'escòla
en general. E quora dintrèri a Calandreta,
mon vejaire sus l'escòla cambièt
completament. Passèri d'una escòla pas
brica risolièra, a una escòla ont las nòtas
èran de colors, ont la paraula de l'enfant
aviá fòrça importància, ont fasiam un
jornal, de causas que per ieu èran totas
novèlas.

Faguèri CE2, CM1 e CM2. Ai de bon sovenir
de la vida vidanta de classa coma los
mestièrs, o lo trabalh en colors, los
conselhs, tot aquò. E puèi aprèp ai tanben
de sovenirs de sortidas que faguèrem, o de
quand partiguèrem a las isclas Balearas.
En fach m'agradèt fòrça lo biais d'ensenhar
dins las Calandretas. Tròbi la pedagogia
fòrça interessanta, puèi, tanben las
personas que s’avisavan de balhar de sens
a çò que fasián, escotar los enfants e los
encoratjar dins lor trabalh. Tot aquò fa que
gardi un bon sovenir de l'escòla.

Ara ai enveja de faire aqueste mestièr, de
balhar a mon torn un pauc d'atencion als
enfants. Aquí es la segonda annada que
fau de regenta. Es un mestièr fòrça ric
perque i a totjorn d'aprene, totjorn de
descobrir. Perque cada enfant es diferent,
cada enfant a quicòm de portar. Me
demanda tanben de quitar la classa una
setmana per mes per m'anar formar. Mas
a cada còp dintri amb un fum d'aisinas per
melhorar mon trabalh. Es un enriquiment.
Nos encontram amb de regents d'autras
escòlas coma La Bressola o ABCMZweisprachigkeit, una escòla bilingua
d'Alsàcia. Es interessant aquel escambi
entre nosautres. Aprenèm fòrça amb las
experiéncias dels autres tanben.

Natàlia FONT
regenta en 2nda annada de formacion a APRENE,
anciana calandrona de la Calandreta L’Ametlièr
a Besièrs

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L

a naissença de la formacion iniciala
dels regents de las Calandretas

Aviam recebut un messatge cortet e èrem
partits. Jaumeta Arribaud e ieu, en veitura,
cap a Brest. La directritz del primièr collègi
Diwan nos podiá recebre per passar tres
jorns dins son establiment. I anàvem per
estudiar lo biais de Diwan. Per parlar
tanben de nòstre projècte de formacion
iniciala independenta, que los bretons, a
l'epòca, ne tenián pas encara de mesa en
plaça. Me soveni que partiguèrem lo 13 de
junh de 1993.
Trigossèrem un pauc en camin, mai que mai
a la fin, que se sarrèrem d'aquel collègi cap
a 10 oras e mièja del ser. Fasiá nuèch
escura. Coneissiam pas lo canton.
Lo messatge de Diwan nos disiá quatre
indicas a la gròssa e que la clau del portal
seriá jos un queron, a man esquèrra, enant
lo portal blanc del collègi...

Fin finala trobèrem lo collègi Diwan dins
una carrieròta. Mas aquí passèrem un
brave moment a palpejar lo pelsòl per dire
de trapar aquel queron-rescond-clau. Se
pensèrem que bastèsse que qualqu'un
passèsse e nos vegèsse furgar a
gratipautas aital per passar per de
raubaires...
« L'ai trapada, la clau ! » me faguèt la
Jaumeta al cap d'un brave briu.
Urosament. Aviam ja començat de parlar
de dormir dins la veitura. Un còp intrats
se trobèrem dins un pati bèl ont i aviá tres
bastiments. Caliá trobar lo bastiment de
l'internat. « Vos esperarem pas, trobaretz
solets aisidament », fasiá lo messatge !
Me soveni que la nuèch èra bravament
sorna. Jaumeta fumava pas, e ieu nimai.

s’associar

73

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Aviam pas d'aluquetas. Aviam pas de
lampa de pòcha. Pas de lum, levat per
carrièra. A cada pòrta d'intrada metiam
lo nas sus çò de marcat sus una
plancarda... de bada! Tot èra marcat en
breton... La situacion veniá un pauc
comica. Fin finala decidiguèrem de causir
una pòrta a vista de nas e d'intrar. Un còp
dedins, un silenci catapulcral e una
obscuritat completa. A palpas, trobèrem
un escalièr. « Prendretz la N°3 e la N°15,
mas los lièches seràn pas faches » nos
disián sul messatge. D'astre per
nosautres. Èrem plan al bon endrech.
Montam al primièr estanci dins un negre
total e aquí, miracle, vesèm un bouton de
minutariá que lusissiá sus la paret. Lum!
Long del corredor de pòrtas. Trobèrem
lèu. Intrèrem cadun dins sa cambreta e
aluquèrem. Un membret simple, un lièch
bas amb un matelas nus. Aviam portat çò
que caliá. Èrem arribats.
L'endeman de matin nos desrevelhèrem al
son d'una campana e en breton. Tre lo
dejunar, presentacions : la directritz, jova,
los professors, e un fais de collegians.
Passatge al fons d'unas classas.
L'immersion en breton de per tot. Lo
Centre de Documentacion et d'Informacion
del Collègi. E de discussions a cada
recreança o pendent los dinnars. Ne
faguèrem de plans e de projèctes, long
d'aquelas jornadas ! Es aquí, o gausi dire,
que la cara generala de la formacion iniciala
dels regents de las Calandretas se
dessenhèt. Sul camin per tornar a Besièrs
aviam lo cap en fuòc e un fum d'idèas, còp e

74

còp per « pas far coma eles », que lo biais
breton nos semblèt pro regde...
En tot, aquel afar durèt cinc jorns. Dos de
viatge, que lo camin èra galhard, e tres sus
plaça.
quinze jorns puèi, visquèrem un grand
congrès de las Calandretas a Auloron Santa
Maria en país bearnés. Cinc jorns tanben. E
una cambra d'internat, dins un licèu aquel
còp, per dire de cambiar. Amb una
diferéncia bèla: lo ministre de l'educacion
nacionala que se desplacèt per venir parlar
a un congrès de Calandreta... Los bàscols,
bretons, catalans e corsegs èran aquí
tanben. Un congrès de granda tinada. I se
tornèt lançar la negociacion (començada
mai de dètz ans abans amb l'Estat) per que
las escòlas immersivas aguèsson enfin un
estatut legal. E lo ministre, que se sonava
Francés Bayrou, nos parlava gascon e nos
disiá que cercava mejan de respectar
l'immersion que fasiam. Foguèt lo primièr
còp qu'un ministre acceptava l'immersion,
a mai !
Granda sason d'espèr. Granda culhida
d'estiu. A la rintrada de setembre de 1993,
Jaumeta passèt a mièg temps per pilotar
una còla d'estagiaris. La còla de 93 aguèt
pas d'autre nom. La formacion iniciala a la
mòda Calandreta nasejava. Pendent
aquela annada escolara de 1993-94, i
aguèt una mena de formacion
prefigurativa, a mièg temps, mai que mai
individualizada amb de dimècres
d'agropament dins una classa, aicí o ailà.
La còla dels estagiaris se compausava de
12 personas. I aviá Natàlia Andrieu,

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 75

qu'ensenhava dins la primièra classa de
la Calandreta de Narbona a la carrièra de
las Arts, Mariana Brun que dobriguèt la
Calandreta de Pàmias, Patric Bianchini
qu'ensenhava a Besièrs a l'epòca e qu'es
a Tolosa Sant çubran a l'ora d'ara, la
paura Maria Elena Cerène qu'ensenhèt a
Nimes, Anhès Cros que faguèt la
dobertura de la Calandreta a Sant Andrieu
de Sangònis a la zòna artesanala, Maurici
Garagnon qu'ensenhèt un temps a
Candòla, Joan Miquèl Peladan
qu'ensenhèt a Montpelhièr e Alès, e Catin
Sabatièr que dobriguèt la Calandreta dels
Falabreguièrs a Besièrs e que i ensenha
encara, Andrieu Pin que faguèt la classa a
Aurenja, Silveta Ravaille que dobriguèt la
Calandreta de Pesenàs, Dàvid Ruiz que
faguèt la classa a la començança de la
Calandreta de Ciutat a Carcassona, e Sílvia
Salvayre qu'èra de Pàmias e qu'i ensenha
encara.
L'epòca èra a l'espandiment. Èrem a
negociar un estatut legal per Calandreta.
La reivendicacion « istorica » de Calandreta
èra de venir l'escòla publica en occitan.
Bayrou nos prepausava lo contracte
d'associacion. Debat intèrn public-privat.
En mai d'aquò amb l'estatut legal veniá lo
concors e la licéncia obligatòria... quantas
acampadas ! Milanta de discussions
enfuocadas... En mai de tot aquò caliá crear
l'estructura capabla de prene en carga la
formacion iniciala dels regents !
La primièra estructura de formacion se
decidiguèt en acamp a la Calandreta dau
Clapàs a Montpelhièr. Aprèp un acamp de la
federacion regionala de Lengadòc. Aquò se

passèt lo 24 de febrièr de 1994. S’i debanèt
l'AG constitutiva del Centre de Formation
Pedagogic de las Calandretas (CFPC). Ubèrt
Fleury fasiá de president de la federacion de
las Calandretas de Lengadòc. La
confederacion aviá installat un burèu dins
un recanton a l'intrada de la Calandreta dau
Clapàs. Lo secretari general, Patric Navone,
e la secretària, Patrícia Pardo i trabalhavan.
Èra la començança de la
professionalizacion. Pels acamps
associatius, anàvem dins la classa de cicle 3
per aver de cadièras pas tròp pichòtas.
Mercé pels genolhs !
La presidenta fondatritz del CFPC foguèt
causida: Catarina Carrière-Pradal. E foguèt
plan causida qu'o es encara d'uèi, quinze
ans aprèp.
Mon quasèrn-jornal dels acamps me marca
que lo primièr CA del CFPC s’acampèt lo
1èr de març de 1994 a l'escòla Calandreta
de L'Ametlièr a Besièrs. Lo burèu
associatiu e l'estructura foguèron
installats. Per ajudar la presidenta, Cecília
Morandat fariá de clavaira. Jaumeta fariá
de directritz pedagogica e ieu èri cargat
de tot çò administratiu e comptable. Lo
còp èra partit. Vos fariá fasti de legir
l'istòria de la creacion administrativa e
financièra del CFPC. Mas foguèt salat,
aquò.
Decidiguèrem de caminar lèu cap a una
formacion mens individualizada e de
recrutar d'estagiaris dins l'encastre de la
formacion professionala. L'intencion, a
mai, èra plan d'anar quèrre los primièrs
finançaments en defòra de la linha
« cultura » qu'acabava de tot far.

s’associar

75

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Organizèrem una primièra jurada lo
dimècres 25 de mai de 1994 a l'escòla
Calandreta d'Ametlièr. A l'epòca, lo
burèu del CFPC e de la federacion de las
Calandretas de Lengadòc èra un
recanton, bastit per Danièl Basset e Felip
hammel pendent lo mes d'agost de 1993
amb de fusta, de placagip e de fial de
fèrre, dins un canton de la classa de cicle 1
de Catin Sabatièr, al primièr estanci de la
Calandreta de l'Ametlièr.
Per la jurada, aviam causit un dimècres
que i aviá pas de calandrons dins l'escòla.
Poguèrem organizar los escriches e los
entretens dins las classas. que lo localet
del CFPC e de la federacion de las
Calandretas de Lengadòc reunits teniá pas
cinc mètres carrats, pecaire ...
Deguèrem far un complement de jurada lo
dissabte 28 de mai de 1994 a la Calandreta
de l'Ametlièr, que d'unes candidats avián
pas pogut venir lo dimècres.
Lo 2 de junh de 1994 anèri a Montpelhièr
per rescontrar lo director del FOPIRCIF,
organisme collector de la moneda per la
formacion professionala. Un òme brave,
mas, susprés e mesfisançós : vesiá arribar
dins son burèu, un tipe estranh (ieu) que
voliá crear de contractes de qualificacion
per l'occitan ! M'amaguèt gaire que se
demandava se ma demanda èra plan
seriosa... Mas al cap de mai d'una ora de
negociacion me daissèt partir en dire qu'èra
pas totalament impossible, sul plan legal.
Fin finala se faguèt. Obtenguèrem cresi
dètz contractes de qualificacion que nos
permetián de pagar un pauc los estagiaris
qu'intrarián en primièra annada de

76

formacion al mes de setembre de 1994. Se
parlava ja d'una annada de A1. Calguèt
encara rescontrar lo Sénher TARDY que se
trachava del Plan Regional de las Accions de
Formacion a la Region LengadòcRosselhon. El tanben, un còp la suspresa
passada, acceptèt de far una linha per
l'occitan dins lo plan regional de formacion.
Foguèt lo primièr còp qu'un finançament
per l'occitan escapava a la sacro-santa linha
« cultura ». Ensagèri a l'epòca, de bada
malastrosament, de far registrar un
diplòma especific pels regents de
Calandreta. Mas a París respondiguèron
qu'èra pas possible.
Demoravan pas que tres meses per tot
metre en plaça e dobrir aquel primièr
centre de formacion professionala dedicat
a la lenga occitana.
Caliá d'urgéncia trobar un local.
Jaumeta exigissiá un internat sus plaça per
de rasons pedagogicas. Vesitèrem
mantunes luòcs a l'entorn de Besièrs. Fin
finala faguèrem afar amb lo fogal rural de
Capestanh. Nos podián logar de salas e de
cambras. Acceptavan de nos daissar far
nòstra cosina sus plaça. Jaumeta auriá
una cambreta-burèu tota pichona sus
plaça. Lo 25 d'agost de 1994, confirmèri e
signèri la pacha al fogal rural de Capestanh.
quatre jorns aprèp faguèrem un entreten
formal amb los futurs estagiaris. Aquò se
passèt lo diluns 29 d'agost de 1994. I aviá
lo Sèrgi Granièr de Narbona e ieu, que
Jaumeta e Catarina Carrièra Pradal
poguèron pas venir. Encontrèrem 9
candidats. Un mancava l'apèl : lo Dàvid
Ruiz, encara en vacanças en Espanha.

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 77

Lo 31 d'agost de bon matin partiguèrem
Jaumeta amb ieu par installar los afars al
fogal rural de Capestanh. Un tablèu
veleda bricolejat, de feutres, de papièr,
de que pintrar, de que cosinar, far la
terralha etc, etc. Crompèrem de bravas
caissas de plastic, d'aquelas per metre los
melons al mercat, per recaptar la
bibliotèca del CFPC e los libres de
Jaumeta. A! las caissas de libres de
montar al segond estanci... Musculacion
intensiva cada setmana. Trabalh del buf !
Installèrem la cambròta de Jaumeta: lo
burèu sus lo lièch... e los libres jol lièch per
dormir ! Economia de susfàcia.
Lo diluns 12 de setembre de 1994 a 9 oras
del matin, sens tamborns ni trompetas
mas amb emocion, aculhiguèrem,
Jaumeta e ieu, la còla Edmond Albi
qu'entamenava la primièra vertadièra
formacion iniciala de regents de las
Calandretas. Viviam un moment clau per
l'avenidor de las escòlas. Un moment que
l'aviam bravament somiat. Enfin èrem en
passa d'aver una vertadièra formacion
iniciala pels regents de las Calandretas. Los
estagiaris signèron los contractes de
formacion. I èran totes, levat Irèna
Chabaud que demandèt de remandar d'un
an son intrada en formacion. Sul pic los
estagiaris se metèron al trabalh amb de
corses : Renat Laffitte, Sèrgi Granièr,
Cristian Laus... En mai d'aquò devián
aprestar lo manjar tot ; dejunar, dinnar e
sopar. Se devián organizar entre eles per
aquò far, que devián prene en carga tanben
d'autras causas de la vida videnta coma de
far la terralha o de recaptar las cambras.

Mas rai ! Fasiá part de la formacion e se
faguèt. I aviá un vam !
Aviam previst d'estrenar l'eveniment coma
cal tre lo dimècres 14 de setembre.
Pensàvem qu'un dimècres i auriá un pauc
de mond. Aviam convidat lo mitan
occitanista e los parents de calandrons.
Mas, cal dire la vertat, per l'estrena del
C.F.P.C al fogal rural de Capestanh, i aguèt
pas tant de mond qu'aquò. Joan Loís
Blenet i faguèt una dicha remirabla, coma o
sap far. Rica, estrambordanta. El, o
sentiguèri aital, èra plen de vam e parlèt
que veniam de crear la matriça per infantar
de locutors novèls a bodre. Foguèt un
moment escars ont tota l'energia gastada
preniá son sens prigond. La còla Edmond
Albi, compausada de Valèria Adgé
qu'ensenha a Besièrs, Beatriça Barbui que
fa la classa a Aurenja, Armèla Boyer que
foguèt a la Calandreta de Pesenàs, Valèria
Cazenave-Bernadou que dobriguèt la
Calandreta de Banhèras de Bigòrra,
Sandrina Cire qu'ensenhèt a Narbona e
Carcassona, Lidia Daude qu'ensenha a
Narbona, Cristina Didier que faguèt puèi
per Ràdio Lenga d'òc, Pascala Enjalbèrt
qu'ensenhèt a la Calandreta de Mureth,
Pèire Eiriçon que dobriguèt la Calandreta
de Gap, Magalí Ouradou qu'ensenhèt a la
Calandreta de Castras, Annia Pla
qu'ensenha a la Calandreta Lepic a
Montpelhièr, Patric Rachou qu'ensenha a
la Calandreta d'Auloron Santa Maria,
Laurença Sospedra qu'ensenha a la
Calandreta de Nimes e Nadina Touyet
qu'ensenha a la Calandreta Aussalesa de
Beòst. Tot aquel mond rescontrèt la

s’associar

77

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 78

femna del paure
Edmond Albi e
foguèt un moment
fòrt. Cal brembar al
mond qu'Edmond
Albi, professor de
sciéncias, ensenhava
tanben l'occitan en
collègi e foguèt lo primièr president de la
Calandreta de l'Ametlièr a Besièrs.
Moriguèt jove, pecaire, e son nom tornèt
viure amb aquela còla en formacion.
Mas la vida de Calandreta contunhava e la
negociacion amb lo cabinet de Bayrou
trigossava. Lo dissabte 17 de setembre
èrem acampats en Conselh Confedederal
a l'escòla de Còsta Pavada a Tolosa.
Los efectius èran de 836 calandrons dins
23 escòlas dobèrtas. L'an d'abans i aviá
pas que 681 calandrons. Lo creis èra estat
de quasi 23 % ! Veniam de dobrir un pialat
d'escòlas novèlas !
En Aquitània, Lescar. En Provença, Aurenja.
En Lemosin, Lemòtges. En MiègjornPirenèus, Castras. En Lengadòc Narbona,
Carcassona, Pesenàs e Aniana. quicòm se
preparava del costat d'Alès.
Bayrou s'èra engatjat a una presa en carga
dels ensenhaires de Calandreta qu'èran pas
encara pagats per l'Estat. Mas subte,
parlava pas que de ne prene la mitat...
L'afar de l'estatut rebalava. Lo tèxt del
protocòl d'acòrdi pausava encara pro de
problèmas e lo podiam pas signar en l'estat.
Davalada de blocatge. Aviam tanben lo
lagui pels 26 ensenhaires de Calandreta
qu'avián pas la licéncia. E per l'afar de la

78

licéncia, venguda obligatòria per ensenhar
amb Jospin en 1991, lo cabinet de Bayrou se
mostrava tancat a la discussion per
consentir d'excepcions.
Un autre problèma tafurava : cossí
encadenar sulpic la formacion iniciala del
CFPC amb lo sistèma novèl ? I aviá pas que
doas vias. Siá caliá passar per l'IUFM de
Montpelhièr ont res èra pas previst per
l'immersion en occitan (e ont la bona
volontat èra tras que magra) siá caliá
dobrir un establiment d'ensenhament
superior associatiu independent.
La negocacion amb l'IUFM acabèt per un
constat d'impossibilitat a far. L'IUFM podiá
pas far una formacion especifica, e podiá
pas prepausar mai de 30 oras d'occitan per
an. Demorava pas que la via de
l'independéncia amb un estructura de
formacion per Calandreta. Ne calguèt far
de dorsièrs ! Mas al cap d'un an e mièg de
trabalh, l'establiment d'ensenhament
superior occitan APRENE anava nàisser...
Mas aquò es encara una autra aventura.

Felip HAMMeL
director del CIRDòC, director de l'ISLRF (Institut
supérieur des langues de la république française, voir
page 111)

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 79

Q

uand dintrèri en formacion al
centre APRENE l’idèa de « S’associar per
faire escòla » fasiá pas obligatòriament
sens. I a tant de causas de descobrir e
d’engolir qu’aquela tematica podiá
passar aisidament a la trapa. çaquelà, es
un fondament de Calandreta e s’avèm
dreit de passar a costat d’unas evidéncias
un temps, es bon de se las tornar
apoderar a un autre moment ! Aital,
comprenguèri tre ma primièra mesa en
pòste, del costat de Castras, que
« S’associar per faire escòla » èra ni mai ni
mens que lo còr del projècte Calandreta.
Cal dire que dins la societat a l’ora d’ara
l’estrategia mai valorizada es puslèu de la
jogar sol que collectivament. Es d’aquí que
mesurèri que Calandreta èra plan mai
qu’un projècte lingüistic e pedagogic virat
cap a de familhas en cèrca de quicòm per
lor mainatge, qu’èra un vertadièr projècte
de societat que portava l’espèr que los
rapòrts entre las personas poguèsson
èsser diferents.
Aquela volontat de s’associar la pensi pas
naturala e per capitar demanda a totes de
prene lo temps d’ausir las remarcas dels
uns e dels autres e sustot de ne téner
compte ! Lo punt de compés es pas aisit de
trapar e demanda de practica.
L’experiéncia mòstra que tre qu’una
estructura del movement es en dificultat lo
punt de partença del dòl es totjorn un
problèma dit de « comunicacion ». Aquela
« comunicacion », es ni mai ni mens que la
volontat de s’associar per faire escòla.

Quand je suis entré en formation au centre
APRene l’idée de « s’associer pour faire
école » n'avait pas obligatoirement de sens.
il y a tant de choses à découvrir et à engloutir
que cette thématique pouvait passer
aisément à la trappe. néanmoins, c'est un
fondement de Calandreta et si nous avons le
droit de passer à côté d’évidences un temps,
il est bon de se les réapproprier à un autre
moment ! Ainsi, j’ai compris dès ma première
mise en poste, du côté de Castres, que «
s’associer pour faire école » n’était
ni plus ni moins que le coeur du projet
Calandreta. il faut dire que dans la société
actuelle, la stratégie la plus valorisée est
plutôt de la jouer « perso » que
collectivement. De là, j’ai mesuré que
Calandreta était bien plus qu’un projet
linguistique et pédagogique tourné vers des
familles en recherche de quelque chose pour
leur enfant et que c'était un véritable
projet de société qui porte l’espoir que les
rapports entre les personnes peuvent être
différents.
Cette volonté de s’associer je ne la crois
pas naturelle et pour réussir, elle demande
à chacun de prendre le temps d’écouter
les remarques des uns et des autres et
surtout d'en tenir compte ! Le point
d'équilibre n'est pas aisé à trouver et
demande de la pratique. L’expérience
montre que dès qu’une structure du
mouvement est en difficulté, le point de
départ de celle-ci est toujours un problème
dit de « communication ».
Cette « communication » n'est ni plus ni
moins que la volonté de s’associer pour
faire école.

s’associar

79

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 80

quant d’oras d’acamps avèm passadas a
debatre d’unes subjèctes de tota mena, a
se demandar s’èrem sul bon camin o
s’anàvem capitar a passar d’unas
dificultats ?
De còps en dintrar sol dins sa veitura sus
qualques autopistas d’Occitània, la
question se podiá legitimament pausar :
Uèi fin finala, qu’avèm fait ?
qu’avèm capitat ? qu’avèm decidit ?
E a l’encòp, nos sèm parlats, escotats,
respectats….mercé a de règlas comunas
que cadun acceptèt de pausar.
Es pas aquò la primièra victòria ?
Segur que de còps la rentabilitat del
temps balhat pòt paréisser plan magra
mas arrestar de creire en la capacitat
qu’avèm de trapar de solucions amassa es
creire pas pus al projècte Calandreta.
S’associar per ieu es se bastir pauc a cha
pauc de representacions, d’argumentaris,
de discors comuns que fan que sèm mai
fòrts aprèp que non pas abans. Es acceptar
d’unas remarcas, es acceptar de faire
evoluir son rasonament per l’enriquir
encara e perseguir la reflexion. Es plan
d’aver unas conviccions mas es una error
de jamai acceptar de ne sortir quora los
arguments avançats per una autra persona
son mai pertinents.
Vertat es que s’associar demanda una
gimnastica mentala un pauc particulara que
va pas dins lo sens d’una societat que vòl
tot presentar d’un biais binari amb los bons
e los marrits.
E s’aviam rason ?

80

Combien d’heures de réunion n'avons-nous
pas passées à débattre de sujets de
toute sorte, à nous demander si nous étions
sur le bon chemin ou si nous allions réussir à
passer certaines difficultés ?
Des fois en rentrant seul dans sa voiture sur
les autoroutes d’Occitanie, on pouvait
légitimement se poser la question :
Aujourd'hui finalement qu’avons-nous fait ?
Qu’avons-nous réussi ? qu’avons-nous
décidé ?
et en même temps, nous nous sommes
parlé, écoutés, respectés… grâce à des
règles communes acceptées par tous.
Ce n'est pas déjà la première victoire ?
il est évident que parfois la rentabilité du
temps donné peut sembler bien maigre,
mais arrêter de croire en la capacité que
nous avons de trouver des solutions
ensemble c'est ne plus croire au projet
Calandreta.
s’associer, pour moi, c'est peu à peu se
construire des représentations, des
argumentaires, des discours communs qui
font que nous sommes plus forts après
qu'avant. C'est accepter les remarques,
c'est accepter de faire évoluer son
raisonnement pour l’enrichir encore et
poursuivre la réflexion. il est bon d’avoir
des convictions mais c'est une erreur de ne
jamais accepter d'en sortir quand les
arguments avancés par autrui sont plus
pertinents.

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Per ma part o pensi, e es per aquò que
pensi que « s’associar per faire escòla »
es la pèira d’angle de l’ostal. Ne vòli per
pròva que desempuèi que dintrèri en A1
(primièra annada de formacion) me
posquèri associar dins totas las
estructuras del movement, de l’escòla de
basa en passant per la delegacion regent,
la formacion e la confederacion. A cada
còp, lo movement foguèt capable de me
daissar la possibilitat d’aquò faire e
foguèt capable de reconéisser lo mieu
engatjament. Prenguèri pas que las
responsabilitats que volguèri plan prene.
A Calandreta cadun ten la plaça que vòl,
cadun es liure de s’engatjar mai o pas.
A Calandreta se te vòls associar, lèva la
man… escota e parla !

Joan Francés ALbÈRT
regent a la Calandreta de Ciutat a Carcassona, paissèl
ajudaire e vice-president de la Confederacion de las
Calandretas

il est vrai, que s’associer demande une
gymnastique mentale un peu particulière
qui ne va pas dans le sens d’une société où
tout est présenté de façon binaire, avec d'un
côté les bons et de l'autre les mauvais.
et si nous avions raison ?
Pour ma part je le pense, et c'est pour cela
que je pense que « s’associer pour faire
école » est la clé de voûte de l’édifice. J'en
veux pour preuve ceci : depuis que je suis
rentré en A1 j'ai pu m'associer dans toutes
les structures du mouvement, de l’école de
base en passant par la délégation regent, la
formation et la confédération. À chaque
fois, le mouvement a été capable de me
laisser la possibilité de le faire et a été
capable de reconnaître mon engagement.
Je n'ai pris que les responsabilités que je
voulais bien prendre.
À Calandreta chacun tient la place qu'il
veut, chacun est libre de s’engager plus ou
pas.
À Calandreta si tu veux t'associer, lève la
main… écoute et parle !

Jean-François ALberT
enseignant à la Calandreta Ciutat à Carcassonne,
paissèl ajudaire et vice-pésident de la Confédération
des Calandretas

s’associar

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4

LaSetmana

n• 525 deu 08109 au 14/09/2005

A Pau, Calandreta qu'a

lo son collègi
Los cinc collegians calandreta qu'entrèn divés passat au prumèr collègi Calandreta de Gasconha.
'obertura deu collègi Calandreta de
Pau n'estô pas de las aisidas. Corn ac
digô l'encargada de mission deu projècte Collègi, Martina Ser, lo dia de la rentrada , qu'avem avut hôrt de jôias e hôrt
de decepcions ,. Que parlava de las dificultats tà trobar un locau tau collègi, e
qui retardèn la rentrada d'un an. Bernat
Casanava, professor d'istôria-geogralia
e director deu collègi qu'arregretè sus
aquo , la non-responsa de quauques collectivitats qui auèn hèit promèssas e

L

qu'an retardai lo projècte. ,

Mes adara qu'ei la jôia, quitament se
totas las causas en son pas enqüèra
totalament regladas. Los cinc collegians
qu'an començat los cors de faiçon normau. Que eau dîser son hàrt motivats

per aqueth projècte, qui'us permeterà
d e ..:ont u 1il1d 1 lc1 ru, cscolarflat sanccrament en occitan.

E puish tanben que eau diser qu'auràn professors de tria, coma per exemple en occitan e en anglés dus professors de l'universitat d e Pau, un musician professionau tau cors de musica,

un jogador de l'equipa de França de
rugbi tà l'espôrt, en art plasticas ua professora qu'a hèit materiau pedagogic en
occitan. En francés lo cors quitament
que's harà en occitan, en correlacion

dab lo cors d'occitan tà que sian complementaris. Los dus professors que tribalharàn amassa tà preparar los lors
cors. E puish en matematicas e en sciéncias de la vita e de la tèrra qu'auràn un
professor qui a dejà ensenhat a l'aute
collègi Calandreta, lo de Grabels - Montpelhiè r e qui orbi en 1997. Que eau ajust ar a l'equipa pedagogica tres animators, tots occitanofônes, tà seguir los
mainats e causa importanta, por tar -Jos

a la cantina. Que minjaràn a la Calandreta de Pau qui's trôba a cinc min utas a
pè deu collègi.

que vien de la calandreta de Tarba, ditz
que çè&gt; de plan ei , qu 'èm los prumèrs a
èster en aqueth collègi. Qu'ei drin petit
mès dens dus ans qu'auram locaus. •

Suu bilingüisme, Maeva pensa que
per rapôrt a un collègi lot en francés,
aci qu'ei miélher pr'amor « los mots ne
son pas los medishs en froncés. Qu 'aprenem los mots en occitan e en froncés
donc qu'ei miélher •. Estela ditz era que
, l 'occitan l'ajuda tau froncés ,. La parti-

Lo collègi paulin que representa tà la
Gasconha, la sola creacion d 'establiment calandreta. Que representa sustot
taus mainats la possibilitat de contunhar la lenga, e donc de dar enqüèra
mei d e sens a l'ensenhament de las
escàlas primàrias, que son en realitat au
nombre de 47 per tota l'Occitània.

Contunhar la lenga

Per aquè&gt; l'equipa de u c ollègi que
lança un aperet aus dons, que sian en
natura (libres, materiau tau collègi,
ajuda umana...) o financèra : • totos las
ajudas que seràn planviengudas çô
ditz.
Qu'estô arre marcada peus professors, la gran motivacion deus cinc collegians tà tribalhar.
Estela que ditz qu' ei au collègi tà
aquerà: « n 'ei pas permor qu'èm mensh
)1

cularitat pedagogia ei qu'auràn duas
lengas vivas : l'anglés e lo castelhan.
Normalament en collègi, que s 'i ensenha
sonque ua lenga viva mes l'equipa pedagogica qu'a considerat que's podèva
ensenhar duas lengas estrangiè ras
autanlèu la sheisau dab mainatges bilingües. L'auta particula ritat ei qu'auràn

Estela que ved en aqueth projècte, ua
possibilitat t à era de , contunhar la
lenga •. Totun, corn Maeva, que parla
occitan a casa : • donc non pensi pas que
vau pèrder la lenga. • Tà Pèir-Enric o
Sacha tanben que parian occitan a casa
o dab la familha, quitament se parian

c11 ml'r cfc respôrl , ua o ra de da11(.1 pc·r

La rcntracla • que s·e, pl&lt;m 1x1s.wula, eu
un ambient familiau • çà nos comentè

selmana, miada per ua persona qui hè
formacions en dança tradiccionau e que
tribalha dejà a Calandreta.
La continuital 11ed agogica dab las
calandretas q ue serà assegurada, que
sia au nivèu de l'occitan, qu'ei la lenga
oliciau deu co llègi, o au nivè u de la
pedagogia generau. Que serà conser vada la pedagogia Calandre ta, corn per
exe mple lo sis tè ma de l'ava loracion
(sitèma de las cintas) quitament se la
eau adaptar tau collègi, corn ac hèn a
Montpelhièr.
D'aqueste collègi dus collegians que'n
an audit a parlar. Tà Elisa, « un drin mes
pas hèra pr'amor i a pas tot lo monde
que coneish, manca a l'escôla. • Sacha
tan ben que lo coneish : , un companh de

Bernat Casanava, « pr'amor qu'èm dens
ua maison, dab l os avantatges e los
inconvenients d 'aquera situacion, mes
dab ua volontat d 'avança r e ua riquesa
umana au maugrat d 'un p r aubèr
financèr. 11

« mes lo froncés que l'occitan •.

que tribalharam mensh. Qu'avem mei de
pmfP.i;..rnri;, Qlll' tfp roJIPgion.r donc, en
me,, que permet de tribalhar plan e de
compréner plan •.

la calandre/a de Pau qu'avèva dejà hèit
un article qu'en parlava e que disèva
Iotas las calandre/as e los collègis qu 'an
recensai en França. Que i avè pfen de
calandre/as, au mensh cent e quauques, e
que i avè sonque un sol collègi occitan. E
adora que n'i a dus.,

Collegians contents
Maeva Caubel que vien de la Calandreta de Pau. Qu'explica qu'ei , contenta
pr'amor qu'ei quauquarren d'important tà
l'occitan, tà la lenga ,. Estèla Tornamolin
de Lescar que ditz qu'an « lots cousit
d'estar ac{ e Elisà Demanet d'Auloron
que poderàn sustot « continua, la lenga
)1

qu'avem aprés. •

En mei de las tres gojatas, la classa de
sheisau qu'ei compauda de dus gojats.
Sacha Notey de Pau, ditz eth qu'ei estai
• nau ans en ua calandreta )) e donc ne's
hè pas trop de chepics tà la soa escolarita en sheisau : « n'auram pas trop de
dificultats tà apréner un drin las mestiors
en occitan. • Peir-Enric Vergez Celotto,

A Grabels
Al collègi Calandreta de Grabels (Erau) seràn 28 ongan en classa de sieisena, 22 en cinquena, 23 en quatrena e 14 en tresena. Eles tanben faguèron la dintrada lo divendres 2 passat. La prioritat per aqueles que
venon d'un pauc tot lo parçan e de mai luènh (Narbona, Besièrs, Mesa, Montpelhièr, Pesenàs ...) serà
. d'obténer lo finançament del transport pel conselh general, coma es lo cas pels autres collègis. Ongan
son doncas nombroses en sieisena e calrà tanben pensar a cambiar de local per poder teoricament dobrir
una segonda classa de sieisena l'an que ven. Per ara i a, ça que la, de dedoblaments en sieisena perlas
lengas. Lo collègi contunha de trabalhar a melhorar la preséncia de la lenga occitana dins la côla dels professors. Mas la causa es dificila pr'amor la novèls professors qu 'arriban son totes francofônes. Segon lo
director pedagogic Patrie Albert, , ara al mens pensi qu'es c/ar al nivèl de la cola, la lenga es viva de /onga
en acamp. I a pas pus la question de se dire se cal parlar francès o occitan. (. . .) Los qu'arribèron fa tres
ans, per e/es va plan, mestrejan la lenga, mas en classa los que ne son a dos ans los quichi per que par/en. • Los novèls se deuràn formar a la lenga occitana.

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Des sites bilingues défendent une certaine idée de la culture

Le Web délie les langues régionales
nternet pondère la nouvelle guerre des langues
(après ratification de la
Charte européenne des
langues régionales, lé refus d'une révision constitutionnelle a déclenché une belle bagarre entre défenseurs de
l' identité régionale et gardiens
du texte fondateur). Les sites alsaciens, basques, bretons, catalans, corses, fl amands, occitans
et d' outre-mer sont légion et pratiquent au minimum le bilinguisme, si ce n'est une traduction en 5 ou 6 langues.
Serge Valette, président de
l'association des Taupets (petits
bouchons), milite pour la création d'une calandreta (école occitane) à Saint-Chinian. « C'est
un moyen fantastique pour préserver une culture, des traditions, et donner une ouverture
d'esprit incroyable. Si ce domaine n'est pas pris en charge
par les progressistes; c ' est le

1

.

L • t,·[\'F..\ff.:\"T DC

26

Front national qui fait sa clientèle sur ce terreau.» Sur Occita• Net (1), on répertorie 27 écoles
en activité et 7 en projet, avec
plus de 1400 enfants scolarisés.
Les partisans de l'unicité linguistique raisonnent en termes
d' «utilitarisme» : l'apprentissage
d'une langue régionale se ferait au
détriment d'une langue largement
pratiquée, utile dans la vie professionnelle, et des langues étrangères, nécessaires dans une Europe sans frontières (2). « Mais
toute langue est intéressante, il
faut remplacer les langues étrangères par des langues étranges
pour développer la curiosité et le
côté ludique de l'apprentissage,
argumente Patrice Bacou, directeur des calandretas de Béziers.
Une langue est une façon de voir
· les choses, le monde. Et peu importe si elle n'a plus de rentabilité
sociale ou d'utilité commerciale. »
Chez les Bretons (3), le webmestre Fanch Broudic fo urnit

,\C) Û î ..\ 11 ) •• S EPTF.!\ IBRF.

1999

toutes sortes de renseignements
sur la langue bretonne et son devenir. Il offre un panorama sur sa
pratique de l'Ancien Régime à
nos j ours.
Enfin, Libération offre sur son
site (4) un dossier intitulé « Une
charte et des fantasmes», avec
les articles de fond du quotidien,
un forum pour participer au débat et quelques liens renvoyant
sur des pages institutionnelles ou :
personnelles.
Le mot de la fin à Serge Valette, qui peste et râle contre
« l'émergence de toutes ces fêtes
genre Halloween, alors que les
cultures régionales proposent
carnavals, vendanges, fêtes des
châtaignes et pasqueta, un
pique-nique omelette sur l'herbe
au début du printemps». :;
ÉRIC CODER
(1) "N\m.muitimânia.c~m/simorre/oc

(2) :•1w•.1.eurcpe·et·laici!e.org/mei-l;r.guis.~iml
(3)f!pmo:.vanadoo.fr/ianch.hroudic
(4) ·.vww.iiberation.fr/l;ngue, regioiindex.:,t:nl

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C

lucadas

Prefabricat ronhós del costat de
Pesenàs : setembre de 1996, primièr
pòste, primièra classa : MS, GS, CP, 16
mainatges, 20 m2... Vertadièr bornhon
ont cada categoria de personas,
associatius, ajudas, enfants, regentas,
s’afana per far espelir aquesta escoleta.
Temps de s’associar e de «i creire» !

La Pozaca, Montanha Negra, un matin de
novembre de 2007. Uèlhs conflats de sòm,
pauc a cha pauc tot aquel pichòt mond se
desrevelha . Per d’unes, primièra nuèit
sens papà e mamà. Al dejunar, chuc
d’iranges pressats a la man : soi estabosida
d’aquela tasca, aviái pas jamai pressats
tant de fruches de ma vida !
Temps de descobèrta e de «venir grand ».
Nonanta mainatges esquichats dins la
cantina, uèi, 19 de decembre de 2008, fèsta
de Nadal : la soca ven de dintrar, ondrada
pels enfants, e aquí , d’una votz unenca lo
moment de la formula magica... e dels
presents escambiats.
Temps de vam e de jòia.

Escambis rics, de còps vius : acampada de
la còla pedagogica, cada setmana.
Trabalhar amassa, partejar sos laguis, son
experiéncia per balhar als mainatges lo
melhor que podèm. Mas tanben èsser
escotada e sostenguda...
Temps de formacion e d’entr’ajuda.
Ressons de classa MS- GS-CP :
«Ièr, je suis allat al Mac Deu »,
«Estia aquí e m’a tapat »,
«qu’es aq’ Irena ?»,
«Feliciti ... perque joguèt plan amb ieu».
Paraulas de mainatges. Pastissar,
paupejar e s’apropriar una autra lenga.
Temps del cabuç e de l’immersion dins
l’occitan.

Irena PRADAL
regenta Calandreta Los Falabreguièrs, Besièrs

s’associar

87

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D

1995
intrada en Calandreta :
un escòla de sòmi
Passèri la jurada a Calandreta en Agost de
1995 a Besièrs. Me trapèri dabans un
establiment bèl e ancian que semblava
una escòla coma dins los libres.
qualqu’un me dobriguèt la pòrta en tot
parlar Occitan.
Capitavi de comprene çò que me disiá la
Dòna mas èri pas a l’aise per m’escampar
a parlar. La Dòna me menèt dins la sala
d’espròvas : èra Jaumeta, sabiái pas
encara qu’èra a l’encòp regenta e
formatritz.
Mon sovenir èra qu’ èrem pas tròp
nombroses dins aquela sala. Semblava una
sala de classa de grands, amb de burèus
de fusta, de cartas d’Occitània, de
fotògrafias d’enfants , de cartas postalas,
de causas sul camèl de fuòc sus las parets.
Sus d’armaris ancians i aviá de botelhas de
vin amb de polsa, una crotz occitana en
volum.
Ai agut l’impression de tornar trapar
l’escòla de mon enfància o almens la
qu’auriái volgut aver. Aquela vision me
butèt en abans per me dire : es aquò que
vòli faire, es aquí dedins que vòli trabalhar.
Vos asseguri qu’ai esperat la responsa per
anar a l’oral !
Aquí fa mai de 13 annadas qu’i soi !!

1996 Viatge a Pau
Dins l’encastre de la primièra annada de
formacion de regents, nos trapèrem 3 de la
promocion Leon Còrdas d’anar en estagi a
Pau e a Ortés. Aquò per remplaçar de
regents que participavan a un collòqui sus
las lengas.
Èra mon primièr estagi en cicle 3 en cò de
C.Thueil, a mai en Gascon. Lo contacte amb
la lenga se passèt fòrça plan e mercé a
l’interdialectalitat òm se compreniá plan.
Los Calandrons jogavan a prene de mots
de lengadocian coma gaitar, agachar e ieu
a encapar de gascon coma amuishar e
espiar.
Lo primièr estagi durèt mai de 15 jorns.
Aguèrem l’astre de veire viure la lenga
dins la carrièra (a mai èra la fin de
Carnaval). Descubriguèrem la
gastronomia : la Garbura, la cultura del
Jurançon amb sas vinhas en redond, los
jòcs de quilhas d’aval, los balètis amb la
dança dels 7 sauts...
I tornèrem un segond cop e visitèrem las
valadas, e la dimenjada, los regents nos
menèron veire l’ocean « la Mar Grana».
Aval, la lenga preniá tot son sens e i aviá
pas de copadura entre la carrièra e
l’escòla.
Foguèt un plasèr vertadièr!

sandrine MADeLAINe (GANIVeT)
regenta a la Calandreta dau Clapàs, Montpelhièr

88

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Q

u’es aquò Calandreta ?
Un movement, i a de recampaments, de
congrèsses, la pedagogia
institucionala…. Un fum de vocabulari
arriba e se mescla dins mon cap. Es
estranh, trantòli e me disi a l’encòp que
quicòm es a se jogar, far sens dins mon
percors de vida, fin finala n’es la seguida
logica. Sabi pas tròp ont aquelas ondadas
que vivi me menaràn mas ensagi. Son mos
primièrs passes a Calandreta.
D’uèi, aprèp tres ans de formacion e
d’experiéncias, me disi qu’ai l’astre de
faire un mestièr que m’agrada. Me maini
dels mainatges e a l’encòp transmeti la
lenga dels aujòls.
çaquelà lo camin es long, lo primièr còp
que soi dintrada dins una classa me disiái
qu’èra curiós : lo qué de Nòu ? lo Conselh e
la gestion d’un grop, quin
borbolhejament ! Mas ara quand dobrissi la
pòrta de la classa, es la jòia !!! Cadun i mena
una partida d’el e lo parteja o pas amb los
autres. Sèm amassa, aprenèm amassa.
Cadun i trapa sa plaça e descobrís la vida en
comun. L’autre jorn ausiguèri : « C’est
extraordinaire de dire son ressenti et de le
poser là en classe. (Explicavi lo foncionar
del qué de Nòu ?) Les enfants sont
entendus et c’est très important.
Ils ont de la chance ! »

En efièit, la pedagogia qu’utilizam permet
« d’aculhir » los dròlles pas sonque coma
d’apreneires mas coma de personas. Es tras
qu’important de lor permetre e de lor
balhar un lùoc segur, sens jutjament.
Fin finala, mercegi ma familha e subretot
mos grands que me portèron a las aurelhas
lo chuc de la lenga. Un parpalhòl mirgalhat
que sentís bon lo terrador e que partegi
cada jorn amb los enfants.
Mercé tanben a totis los que m’an ajudada
e mostrat una dralha que me pareissiá
existir pas. Encara mercé a los
qu’encontrarai e que m’ajudaràn dins
aquela dança de coneissenças, de
discutidas e de libertat d’èsser.

emilie bReT
regenta a la Calandreta Sant çubran, Tolosa

s’associar

89

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�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 94

R

emembrança

Estudiant en licéncia d’occitan a la
facultat de Montpelhièr, cercant coma
d’unes estudiants la dralha per la quala
èri fach, m’interrogavi sul mieu avenidor.
qué faire aprèp la licéncia, contunhar en
« master » per prene lo temps de
perseguir la reflexion ? Èra çò previst, fins
que trapèsse pel sòl, dins los corredors de
la facultat, un papieròt tot frelhat, que lo
títol èra « Las Calandretas ».
Vaquí lo punt de partença de la meuna
dintrada dins lo movement.
Sonèri la Calandreta de Pesenàs que me
dobriguèt sas pòrtas pendent doas
jornadas. Èri demorat sul mieu viscut, es a
dire un ensenhament classic e directiu, e
tre la mieuna arribada foguèt la
revelacion. Foguèri aculhit dins la classa
per d’enfants diches « cencha verda ».
Aquò me parlava
pas brica mas
comprenguèri
qu’èran autonòms,
m’expliquèron lo
foncionar de la
classa, èran a l’aise,
la classa viventa,
los burèus
recaptats en còla…
Es en aqueste
moment que mon desir de far de regent
venguèt. D’aitant mai que la lenga occitana
èra emplegada de longa…

Joan RIOs
regent a la calandreta Los Dalﬁnets, Seta

94

C

alandreta vu par un parent d’élève

Je n’ai pas mis mes deux enfants à Calandreta
par hasard... mais, comme cela n’est pas rare,
je n’ai pas non plus choisi Calandreta pour
l’occitan, au départ.
ma motivation, initialement, c’était
l’enseignement en immersion.
L’immersion linguistique, ça me parlait, à
moi qui ai vécu une partie de mon enfance
au Québec et qui ai bénéficié des bienfaits de
l’immersion linguistique... en anglais !
Je me souviens très bien des mes débuts
dans une école anglophone, moi, seule
« pure monolingue français ».
en trois semaines de classe, je comprenais
tout ce qui se passait, et en trois mois je
parlais avec aisance.
Alors, oui, résolument oui, l’immersion
linguistique, j’y croyais et ça me tentait
pour mes petits !
et l’occitan ? Pourquoi pas. en fait, je ne
savais pas trop ce que c’était. Comme
beaucoup, on ne m’avait pas dit que le
« sud de la France » avait certaines
spécificités, comme un parler, entre autres.
Rapidement, ma motivation pour cette
école s’est consolidée par le fait essentiel
du plaisir de mes enfants à y être.
Quel bonheur, en tant que maman, de me
voir gentiment bousculée par les pichons
pour que vite-vite nous partions à l’école.
et quelle satisfaction aussi de les voir
traîner des pieds pour quitter les copains
le soir.

s’associar

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Alors bien sûr, il faut un peu nuancer ce
tableau idyllique.
Au fil des années – 8ans, c’est long –
l’enthousiasme des enfants s’est affaibli :
surtout avec la lassitude de cotôyer
toujours les mêmes camarades de classe.
C’est vrai, le projet pédagogique de
Calandreta présente cet inconvénient qu’il
est difficile d’accueillir des « nouveaux » en
primaire : l’occitan langue d’enseignement
fait qu’il est nécessaire de bien la maîtriser
pour ne pas se noyer !
Alors, le groupe-classe se restreint du fait
des déménagements, et le plaisir à se
retrouver s’émousse... dans mon
expérience, néanmoins, mes deux enfants
ont manifesté le souhait de continuer
l’occitan au collège (public – à raison d’une
heure d’occitan LV et de deux heures
d’histoire-géo) et se sont battus pour
pouvoir prendre occitan en LV2 au lycée.
Aujourd’hui, ma fille aînée prépare son
inscription à l’université l’an prochain et va
préparer une double licence anglais-occitan.
et j’entends autour de moi parler d’anciens
Calandrons qui s’orientent aujourd’hui vers
des filières où ils pratiqueront l’oc dans leur
quotidien professionnel.
L’aventure ne ferait que commencer ?
Bon anniversaire, Calandreta !

Frédérique sAUsseT
mère de calandron de Toulouse

C

alandreta vu par une responsable
associative
Calandreta, c’est l’école des enfants, mais
c’est aussi l’association, le mouvement, la
structure qui permet que ça marche... Je suis
tombée dedans dès le début. en fait, j’ai fait
ma rentrée à Calandreta avant ma fille !
Je suis entrée au Bureau de l’association
gestionnaire de « mon » école, et j’ai pris
pied dans l’organisation des sorties, mais
aussi dans les garderies du soir, dans la
préparation de la fête de noël, mais
également dans le rendez-vous à la mairie
pour demander de l’aide...
J’ai vécu les réunions de CA où l’on débat
jusqu’à des heures avancées, pour savoir
comment faire pour garder l’aide
maternelle qui fait du bon boulot mais dont
le contrat aidé arrive à terme...
J’ai été parent d’élève impliquée et
responsable de l’asso de mon école... et
puis j’ai passé la main pour aller voir ce qui
se passe dans les fédérations.
et oui, vous savez, vous en avez entendu
parler en réunions, de temps à autre. « les
fédé », « la confédé », des nébuleuses mal
définies, c’est pas clair, tout ça.
A quoi donc est-ce que ça sert, sinon à
mettre des bâtons dans les roues des
initiatives des asso ?
« Les fédés », c’est la cohérence du truc,
c’est la vision macro, c’est une tentative
d’harmonisation dans la grande diversité
de situations que vivent les écoles.
« les fédés », c’est la solidarité en action...
souvent dans la misère financière.
m’impliquer aux échelons fédéraux m’a

s’associar

95

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 96

permis de comprendre comment
fonctionnent nos écoles, et de percevoir à
quel point c’est complexe, à quel point
c’est fragile et à quel point nous pouvons,
collectivement, être fiers de fêter nos
30 ans.Rien, d’un point de vue législatif,
n’est pensé pour nous, ne nous fait une
place « naturelle ».
Calandreta est atypique en tout.
il faut toujours expliquer notre réalité,
complexe et donc difficile à faire
comprendre. L’occitan ? À quoi ça sert ?
C’est une langue morte !
L’immersion : mais pourquoi vous êtes
contre le français ? Vous allez formater des
indépendantistes ! La pédagogie que vous
utilisez : mais c’est élitiste !
Vous êtes des associations de parents, vous
défendez des intérêts particuliers...
Voilà, pour faire bref.
Certains, lambda ou représentants
démocratiquement élus, pourront se
reconnaître dans ces propos.
Depuis 30 ans, nous défendons le même
discours : proposer un service public
d’enseignement en occitan sur le mode de
l’immersion linguistique, parce qu’il est le
plus performant pour contribuer à sauver
une langue victime de maltraitance.
mais à ce jour encore, nos institutions ne
nous ont pas fait la place que nous leur
demandons.
Alors, s’il le faut, on repartira pour 30 ans,
et les premiers anciens Calandrons, qui
choisissent pour certains de devenir
enseignants à Calandreta, ou d’autres qui
continuent d’utiliser l’oc dans leur quotidien
professionnel, ceux-là reprendront

96

le flambeau, avec peut-être encore plus
d’ardeur.
L’implication associative à Calandreta, c’est
une merveilleuse école de citoyenneté.
si l’école Calandreta instruit les enfants, le
mouvement Calandreta forme des citoyens
acteurs, impliqués dans la vie de la cité,
instruits des rouages administratifs,
capables de descendre dans la rue ou
d’interpeller un élu, mais aussi capables
d’argumenter en public sur la pertinence et
les limites de Calandreta.
Pour moi, c’est une fantastique aventure,
humaine, collective et civique.
De Calandreta naissent des complicités
durables et des amitiés profondes.
et, heureusement, pour recharger les
batteries, il y a le festif qui n’est jamais bien
loin : on sort la charcuterie du panier, les
verres circulent et le projet avance.
et bien sûr, au fil de ces 30 années, des
compagnons de route, des amis se sont
arrêtés en chemin. Laissant un grand vide,
toujours, mais laissant aussi des pierres à
l’édifice, et on ne les oublie pas. ils sont
avec nous pour cet anniversaire.

Fédérique sAUsseT
associative de la Calandreta de Toulouse

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 97

C

alandreta es mai qu’un mestièr.
Es un biais de viure!
Es dificil d’explicar per que causiguèri
Calandreta ; èra una causida logica ligada
a la familha (mameta, papet e rèire papet
ensenhaires e mamà dins lo mitan occitan
actiu). O benlèu es Calandreta que
m’agantèt ? Sens galejar, Calandreta es un
biais de viure o viure d’un biais !

Anne Laure TObeNA
regenta de la Calandreta Dagtenca, Agde

M’

avián après un jòc
Jòc d’enfants, jòc d’escòla
Risolièr. Pas mai qu’un autre
Element demest los autres
Jòc d’enfants, jòc d’escòla
Se disiá que gaire lo coneissián
Ne fasiam pas quicòm d’important

Valentin beLHOMMe
ancian calandron, cargat de mission
a l’Institut d’Estudis Occitans de Tolosa

s’associar

97

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n° 731

deu 17/09 au 23/09/2009

1,55 €

Un collàqui
sus l'àbra de
Robèrt Lafont a
Nîmes
Gardarem la Terra organiza un colloqui sus Robèrt Lafont qu' èra previst
abans la mort de l'escrivan. Se i parlarà
subretot de la pensada politica de
Lafont.
(p. 1O)

Calandreta es
en progrès malgrat
lo contèxte
La dintrada de las escolas immersivas se fa amh la creacion de sites novèls.

La mobilizacion
es aviada
2009 CARCASSONA
Dl5.SObte ?4 d'Onobre, 14 H

I,

l,t 1,

1,~a &gt;&lt;·&lt;

.1,,

Un pauc pertot se prepara lo desplaçarnent a Carcassona. Un manifestacion
qu'a un aire de fèsta segur, mas ont las
rasons de reivindicar mancaràn pas.
Donam d'informacions practicas perto-

cant la preparacion de la manifestacion.
(p. 8 e 9)

Tolosa:
lo mètro apren
a parlar l'àc

L

o contèxte per ensenhar en occitan

es pas totjorn bon. Las entravas

existisson : politicas, mentalas e mate-

rialas. Empachan d'escàlas de se crear e
d'autras de se desvolopar.
Pasmens la creissença dels efectius
es mai que corrècta per aquesta d intra-

da d ins las escôlas per immersion.
Calandreta escapa pas al contèxte general ont se vei clarament que l'ensenhalTient de l'occitan es pas en bona santal
e ont la question de la formacion dels
qu'ensenharàn deman es la question
màger.

Los productors donan
mas vendon pas
Las primièras anôncias en occitan
son en plaça sus las linhas A e B del
mètro Tolosan.
(p. 3)

Los productors de lait an decidit de donar
o d'escampar lor produccion. Lo movement sembla
plan seguit e sostengut pels consumidors . &lt;P- zJ

Fasèm lo puni sus la dintrada arnb lo
president de al confederaclon, amb una
regenta que dubris una escôla en Lengadi&gt;c e amb l'exemple d 'una calandreta
que tardarà per dubrir e n Carcin, e n
rason de la manca d'un local.
(p. 4, 5, 6 e 7)

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:02 Page 101

4

n• 731 deu 17/09 au 23/09/2009

Mai de calandons per la dintrada
Raport a l'an passat, son 8 % de calandrons en mai. Joan-Lois Blenet denoncia una destruccion
organizada de l'ensenhament de l'occitan.

A

l1escala de las federacions, es tornarmai Lengadùc qu'enregistra lo
mai gran creis d'escolans (159 1:n1 al
total). Sens arribar a la mitai del creis
de Lengadôc-bas, Miègjorn Pi renèus

arriba pasmens en segonda posicion
(63 669 al total). En tresena p&lt;&gt;sicion. la
federacion d'Aquitània (6 391 al total),

Auvèrnhe e Provença an agut un mainatge de mai (per de totals respectius
de 54 e 102 enfants) e Lemosin ne per·
dèt un e recampan 54 enfants al total. 4

escôlas nOvas se son creadas dont doas
anèxas d'escôlas existentas. Se son
dobèrtas d'escôlas novas a Pepieus
(Aude) e a Salèlas del Bosc (Erau) amb
las annèxas de la Calandreta de la Ciutat
(a Carcassona) e de la Calandreta paulina (a Masèras). 20 projèctes mai ser iân
en gestacion. Joan Lofs Blenet, lo president de las Confederacion de las Calandretas pren acte d'aquelas chifras amb

de regions pichlltas e fan pas grancausa per la lenga. Avèm de tan mai de
dificultats que la lenga i es mai fôrta.
Nos dison sovent que defendèm la lenga
ara qu'es en perilh. Es coma l'ecologia.
Son pas los païses qu'an una natura
remirabla q ue son estats los primièrs a
inventar la lucha per la natura... son los
endreches ont i aviâ un problèma. 1a un
segond factor que compta, es lo rapùrt
a las collectivitats. Per Mi ègjorn-Pirenèus, las collectivitats seguisson mai o
me ns. En Aquitània avèm un problèma
de ls bèls per las far avançar1 çù q u'explica la stagnacion. E en Lengadôc,
avèm agut un sosten de !or part o alara
avèm capitat, coma a Sijan, de tôrcer lo
mond que voliân tuar l'escôla sus plaça.
LS - Ôm avili l 'impression l 'a n
passat que Miêgjorn·Pirenèus èra un
vertadièr .. puni caud '"··· Las causa.,ç

d reta que fa completament tenir l'escOla del Puèi de Velai. A una subvencion
de 100 euros de la part de la comuna e
una de 3(1() de la pa rt del Conselh general. Son las Calandretas de Lengadoc e
de Miègjorn-Pirenèus qu e pagan per
aquelas escôlas en dificultat.

« La convencion aquitana

refusa de donar de
màdalitats. Vol dire que
s'es signada l'acceptacion
que i aja pas d'encastre
reglamentari per
ensenhar la lenga ! »

se son melhoradas ?
JLB - Avèm un progression dempuèi
un brieu en Miègjorn-Pirenèus. Lo problèma es que la Region a votat un
esquèma de desvolopament de l'occitan
sens lo finançar. La federacion locala a
diflcultats de las bèlas. Avèm respondut
a la demanda. Es çô de mai marcant
aquela demanda sociala fôrta . E d'un
parçan l'autre, siâ sèm en capacitat d'i
balhar una responsa siâ o sèm pas trôp.
En Auvèrnhe, es la solidaritat de Calan-

lS - D'un puni de vista mai larg,
pensatz que lo contèxte de l'ensenhament de la lenga es favorable ?
Non pas. En Lemosin en
Auvèrnhe i a pas d'ensenhament de la
lenga. Doncas per aver de regents es
d ificile. Es una situacion que nos inquièta. Nos inquièta un pauc en Lengadôc e
Miègjorn-Pirenèus mas nos inquièta bravament en Aquitània ! Aval vesèm qu'ai
segondari, la situacion es desastrosa e
JLB -

satisfaccion dins un contèxte que consi-

dèra coma pro malaisit.
Corn a de cost uma, son las federacions situadas a l'oèst d'Occitània que
menan la part mai gràssa del creis. Las
que son situadas al nôrd e a l'èst palisson de dificultats mai grandas.

La Setmana - Son encara las fede·
racions d 'Aquitània, Miègjorn-Pire-

nèus e Lengadi&gt;c que creisson mai a
contrario de las federacions d 'Auvèrnhe, Lemosin e Provença. Es toi·
jorn p erlas meteissas rasons ?

nos pausa un problèma. Trabalham dins
lo voide. Manda.in dins lo servici public,
al segondari, d'enfants que son
bilingües. Lo servici public !or balha
l'odi de l'occitan (sic) e los tôrna monolingües en gaire de temps.
Lo segond problèma es lo del segondari qu'es en situation pro dificila amb
una existéncia pro flaca. Per Aquitània i
a a penas 400 liceans que fan un pauc
d'occitan. Disi .. un pauc ,. pr'amor de
côps q ue i a es lo dimècres de tantôst
qu'an cors. Coma i a pus res que se fa
en sego ndari o pas gaire, lèu las seccions d'occitan en facultat van morir. E
se aquelas seccions morisson , se formaràn pas pus de regents. La rason fondamentala de toi aquô es la lei Fillon e
I' abséncia vertadièra de convencion
que definisca un encastre ve rtadièr per
la len ga occitana. 1 a una destruccion
dels ensenhaments. En Lengadoc avèm
perdu! 36 % dels efectius en un an al
li cèu. Al meteis nivèu n'avèm perdu!
20 % en Aquitània, en un an e sus de chifras qu'èran ja calarnitosas ! En primari
e en mairala, i a tanben agut una casuda
dels ensenhament s de sensibilizacion
que s'amonta a 47 ~•. Nos anam sentir
un pauc coma un isolat. L'ensenhament
bilîng üe a l p r imari es co nda mnat
pr'amor I ares que seguis al segondari.
Tornannai, la demanda es aquL L'en-

quèsta menada per la Region Aquitània
a demostrat que, quîtament dins los
e ndrets ont se parla gaire Ja lcnga, es
demandada. En fàcia i a un trabalh coërent, o rganizat, de destruccion de rensenhament de l'occitan.

LS - Parlatz de la lei Fil/on e de
las consequéncias de l 'abséncia de
convencion... Aquitània n 'a ja una ça
que/a...
JLB
Es una convencion
calamitosa ! Es gaireben pièger aquela
convencion q u'una abséncla de convencion ! La lei ditz que las modalitats d'ensen hament devon èstre definidas per
conve nc ion. La convencion a q uita na
refusa de donar de modalitats. Vol d ire
q ue s'es signada l'acceptacion que i aja
pas &lt;l'encastre reglamentari per ensenhar la lenga ! Urosament sabi que Miègjorn-Pirenèus es a negocîar una convencion ont i auràn de modalitats. f.n Lengadôc-Rosselhon, i tôrnan. ( ... )

LS - Calandre/a a trenta ans.

Cossi se va debanar la celebracion
d'aquel trentenari ?
JLB - Avèm decidit d e soscar ais
trenta ans après la manifestacion a Carcassona. Nos cal mobîlizar de'n primièr
per la manifestacion. Lo ·moment màger
dels trenta ans t o mbarà en meteis
te mp s que lo Cong r ès. Se tendrà en
Miègjorn-Pirenèus, al ras d'Albi. INDR :
al complèxe de lésers Cap Découverte]. !
aurà un fum d e causas de di re dels
ensenhaments que tiram de trenta ans
de trabalh. (. ..) Avèm 2 619 e nfants. es a
l'encôp una capitada e quic ôm qu 'es
pas flame. Nos podèm pas dire que nos
a nam donar t r en ta a ns per doblar.
Aurern pas una d ur ada de vida de la
lenga tan Jonga sens ren faire de sîgnificatiu.

Entreuista C/amenç Pech

Joan Lois Blenet - Oc-ben. En Provença, totas las accions per la l'.Ultura
occitana, q ue que sill la vari anta, son
marcadas per la lucha infernala q ue i a
entre los provençalistas integristas e lo
demai. 1 a pas de sosten. 1 a de divisions.

i'è/~ctlu i 1ooal si crelss~t de
8 ,59 % {229 escolans -de mai)
contra un- éreiS de .. S0fl&lt;1tm •
71' a la dinirada passada. So•
2 619 lllàina@s ®e sori esc&lt;&gt;-

. tiats Jf"1$ las e)&gt;(X)las prlm~(ia•
e 115 clins lo segondari {pèrda

de 9 collel!lans).
-fs .lu prl'mari :gue pe rmet d~

« L'ensenhament bilingüe

OO(\flà/ Ili$ &amp;$lJldiStjè/l,$ pr;IIJ\)(lr

los &lt;tos colfègjs, globalainenl
M pe!dut cfll dti)J\es, Son CôJl.&lt;&gt;
;le mens ? l.eon Côr&lt;i;,s, Son

al primari es condamnat
pr'amor i a res que segufs
al segondari ».

sonq üe tre:s de mai à! Collègl
~• GaseenM @o!d n·e$peravan_ Pel pnmîèJ. 11en del&amp; pro.
~JM\0$ ligats aJs

1ooa1t

e ~1

transport escolar._Pel segond

Tatas las co llectivitats son espaurugadas pe r aquelas divisions, alavetz
avançam pas. En Lemosi n, sèm dins un a
situacion dificila coma Auvèrnhe. Son

ve_n Cfun tntemat q.ue- .voll~o
dObrlr peY ong_an c. que fl.&amp;fiœla
se: dob.nrà pas.

Joan-Lois Blenel (LS)

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:03 Page 102

n° 766

deu 20/05 au 26/05/2010

1,55 €

Durarà
lo novèl govèrn
britanic?
Tre la primièra sesilha de questions al
govè rn , los d eputats conservators
faguèron conéisser lor desfisança
rapàrt ais aliats Liberals-democratas.
(p. 2)

Calandreta contunha
de progressar
Pela trenta ans de la Calanclreta lo monde son wnguts nombroses.
Mai de 350 penonu èran presentas al congrès qae se clebanava la setmaa

passacla dina Tarn.
A Lemè&gt;tges
vè&gt;lon l'occitan

De faiçon umoristica, los joves del
collectiu • Arri .I • essajan de metre mai
d'occitan dins la vida vidanta de la capitala de Lemosin.

(p. 9)

Un occitan
a Shangai

A

l cap de 30 ans Calan d reta son
quasi 3 000 mainatges escoliats. Es
subretot una escomesa ganhada. Quand
se creèron Jas primièras escôlas las reticéncias èran nombrosas e los que pensavan que jamai aquelas escôlas se poiriân desvolopar se trobavan al demest
dels defensors de la lenga occitana.
Lo congrès foguèt l'escasença de far
onor ais que participèron a la creaclon
de las primièras escolas. Pugèron sus

l'empont las primièras presidentas o los
primièrs pres idents de las primièras

escôlas e los primièrs presidents o presidentas de la confederacion.
Oins l'espaci de trenta ans los que
son regents ara son cops que i a d'ancians cal androns e co ps que i a de
monde qu'an pas briga co negut l o
començarnent de l'istoria.
Jean Lois Blenet, lo president de la
confederacion essagèt de pas doblidar

degun dins la longa lista dels que participèron a un moment o a un autre a la
vida de Calandret a q u' es partida per
trenta ans de mai.
De segur se parlèt de las dificultats
qu'existisson encara per crear d'escè)..
las. Pasmens de bonas novèlas son de
mençonar coma per exemple la dubèrtura d'escolas novèl as dins lo nord
d'Aquitània.
(p. 7)

Lo trabalh usa lo cos e lo moral
al creire que la famosa cançon
d'Henri Salvador es totjorn d'actualitat. Los senators an aviat una mission
d'informacion sus las patologias ligadas
al trabalh. En reculhir testimoniatges de
salariats, de sindicalistas o encara de
mètges del trabalh, ne tiran de constats
preocupants. Non solarnent la penibilitat fisica es totjom presenta mas encara
la penibilitat psicologica a plan augmen-

C
Crlstian Salès, lîder e fondat or del
grop OC es partit trabalhar pel compte
de l'organizacion de l'exposicion universala de Shangai. A compausat la benda
son d'un espectacle que s'i farà tres
cops per ser dins la ciutat chinesa.
(p. 12)

t at. Directritz de recèrca a l 'fNSERM,
An ni e T hébau d-Mony a t ra balhat e
reculhidas de donadas sus las pressions
de lot ordre que patisson los emplegat s
del temps nostre. ln Setmana l'a interrogada sui malestar que senhoreja dins
los burèus o las cadenas de montatge e
que, de cops, mena los emplegat s a
cometre ço d'irrepar able per i escapar.

(p. 6 e 7)

�1SA_30ans_final_30ans_libre 28/04/2011 17:03 Page 103

7

n° 766 deu 20/05 au 26/05/2010

vau pas laissar poirir la vida per /'organizacion del trabalh •. I a una personalizacion del fracàs que toma benlèu impossible la demission •. La destruccion

Foguèt un congrès cargat

orquestrada dels collectius de sosten
ais emplegats, e l'isolament de cadun
dins sa relacion amb la ierarquia, fragilizan las personas que son puèi somesas
a una pression morala permanenta. An
pas de recorses. L'organizacion sindicala es subrecargada o quasi-absenta. Las
personas se retrôban solas amb elas
meteissas fàcia a un manager obsessionat per las exigéncias de la direccion.
Oins • demest /os perdents del melhor
dels mondes •, lo jornalista Günter Wallrait raconta coma, dins las plataformas
telefonicas , las personas designadas
coma caps d'equipa an per foncion
exclusiva de tarranhar los operators.
Per ço qu'es de las solucions, malgrat la
bona volontat manifestada per la mission d 'informacion senatoriala, los
expèrts pas tots optimistas.• Pensi pas

d'emocion

que son d'observatoris de /'estress que
van melhorar las causas• avertis Annie
Thébaud-Mony. • Los emplegaires essajan de • psicologizar • aqueles problèmas e de metre en plaça una estrategia
d'identificacion de las personas ditas fragilas, vu/nerablas. Mas metre un psicolog
dins cada servici cambiarà pas lo fait que
l 'o rganizacion del trabalh exèrça una
forma de violéncia terribla suis individûs.
Çô que, pot aver un impacte, es per
exemple lofait qu'una inspectritz del trabalh verbalize la direccion de France
Télécom en desmontar tots los mecanismes d'aquela organizacion nosibla
que mena a de suicidis. Mas, per ara, res
a cambiat a France Télécom. Cambiarô
berilèu se lo tribunal condamna l 'entrepresa per mesa en dangièr de la vida en
causa de las formas d'organizacion del
trabalh •. I a doncas benlèu un espèr

possible dins los efièits l'accion publica.
Segon Philippe Askenazy, França es
retard dins sa presa en compte de la
sofrença al trabalh. Audicionat pel
Senat, comentèt que de païses coma
Estats-Units, Alemanha o Granda Bretanha, an essajat tre las annadas 90 de
resôlver los problèmas e las patologias
ligats al trabalh.
•
ln!.: Annie Thébaud-Mony es l'autora de
, Travailler peut nuire gravement à votre sa111é •,
(Ed. la Découverte, Paris, 2007).

Lo Congrès de Calandreta s' es clavat dissahte passat pel Tarn.
enguèron dos cents personas pel
congrès de 2008 a Vièla, pel Bearn.
Ongan n'i a agut quasi lo doble. D'escolas novas se dobrisson e l'efectiu global
creis cada an, que siâ de laiçon fôrta o
flaca. Mentre que l'occitan pèrd de terrenh dins lo segondari public, Calandreta a encara de terrenh d'explorar.
Pasmens, en delà dels bilances chifrats e de las reflexions de cavar a l'entom de la tematica • una lenga d'una
cull11ra •, aquel rendètz-vos, los que ne
tôrnan o dison cargat d'emocion . De
qué se debana dins lo cap d'un regent o
d'un ancian regent de las escôlas
immersivas quand rencontra un calandron vengut grand ? Patrici Baccou ne
pot testimoniar. Ahans d'èstre director
del centre Aprene, n'a vist passar de
mainatges dins sa classa.
Oins la tantossada del segond jorn,
los participants assistiguèron a una projeccion un pauc especiala. Aprestats pel
mond de la Confederacion, quatre subjèctes, jos forma d'entrevistas de tres a
quatre minutas caduna, evoquèron las
trajectorias dels primièrs calandrons
que trespassan ara los trenta ans. Èra
pas qu'un escapolon. N'i aurà plan mai
d'autres e seràn vesedors sui site Internet rlP l:t C:onfPrlPr:trion SPrvir:1n t:inben de matèria per un libre consacrat
ais trente ans. • Visquèrem un moment
plan esmovent, çb ditz Baccou, venguè-

V

ron los pionièrs de las calandretas de
Pau, Besièrs e Auloron. Venguèron tanben d'oficials. E èra plan interessanl de
veire que demest aqueles oficials i avia
1o conselhièr delegat a la Region Miègjorn-Pirenèus, un ancian calandron,

[NOR : Guilhem Latruvèrsa, ancian
calandron de Pau]. Lo representant del
rectorat de Tolosa faguèt un discors plan
bon, toi en occitan segur, e èra un ancian
regent de Calandreta [NOR : Daidièr
Agar]. Aquo vo l dire que nos sèm pas

.. •l'

Presentas al congrès, doas fondatritz de las escolas de Pau e de Besièrs :
Ana Maria Roth e Jaumeta Arribaud. (LS)
trop enganats fa trenta ans. Las causas dreta. D'aquel punt de vista lo retorn
contunhan e l'idèa es de passar a la d' investiment es assegurat ~ rasseguv1tessa supercora. •.
rant per l'actual director del centre
Una question se pausa totun : demest Aprene. • Anam pas vira, en redond tanlos ancians calandrons, quina part a pauc, es força plan que i aja de mond
contunhat d'obrejar &lt;lins e per la lenga que fagan quicom mai, ço ditz Patrici
que lor es estada transmesa &lt;lins las Baccou, la tôca es pas de far de regents
calandretas ? Aqu! se cal rendre a l'evi- de lotes los calandrons, encara que las
déncia, son una minoritat. Mancan las demandas son grandas. ( ...) Quitament
quitas donadas per far un diagnostic s'aviam cinquanta regents formats per
preds de l'usatge que fan de la lenga an, los besonhs per tornar conquistar la
ca?a _iorn. • Dins los testimoniatges lenga serian enclira de satisfar ! •
qu avem pogut v1swnar e reculhir, dison
:iegur que per aquo, 10 traoam manque trabalhan per /'occitan, ço ditz Bac- carà pas per las trenta annadas que
cou, seria interessant de reculhir los testi- venon.
•
moniatges dels que son pas pus dins un
environament occitan mas que contunhan de practicar la lenga •.

Aquel constat faguèt partida de las
rasons per las qualas caliâ trabalhar a
far sortir la lenga de la classa ... en
començar per la portar cap ais parents
quand aquô fa mestièr, valent a dire
quand la mestrejan pas encara. En tot
cas, se vei de mai en mai de calandrons
se tornar en calandrins. Valent a dire
d'escolans que se fan regents en Calan-

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En 2009, &amp;agrave; l&amp;rsquo;occasion du 30&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la cr&amp;eacute;ation de la premi&amp;egrave;re &amp;laquo; esc&amp;ograve;la Calandreta &amp;raquo; &amp;agrave; Pau, la Confederacion occitana de las esc&amp;ograve;las la&amp;iuml;cas Calandretas r&amp;eacute;alisait un ouvrage somme retra&amp;ccedil;ant la m&amp;eacute;moire et l&amp;rsquo;actualit&amp;eacute; du projet &amp;laquo; Calandreta &amp;raquo;. &lt;br /&gt;La premi&amp;egrave;re partie de l&amp;rsquo;ouvrage publi&amp;eacute;e ici r&amp;eacute;unit de nombreux t&amp;eacute;moignages personnels d&amp;rsquo;acteurs du mouvement, de professionnels, d&amp;rsquo;anciens &amp;eacute;l&amp;egrave;ves et une s&amp;eacute;rie de documents d&amp;rsquo;archive documentant l'histoire des Calandretas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>En 2009, &amp;agrave; l&amp;rsquo;occasion du 30e anniversaire de la cr&amp;eacute;ation de la premi&amp;egrave;re &amp;laquo; esc&amp;ograve;la Calandreta &amp;raquo; &amp;agrave; Pau, la Confederacion occitana de las esc&amp;ograve;las la&amp;iuml;cas Calandretas r&amp;eacute;alisait un ouvrage somme retra&amp;ccedil;ant la m&amp;eacute;moire et l&amp;rsquo;actualit&amp;eacute; du projet &amp;laquo; Calandreta &amp;raquo;. La premi&amp;egrave;re partie de l&amp;rsquo;ouvrage r&amp;eacute;unit de nombreux t&amp;eacute;moignages personnels d&amp;rsquo;acteurs du mouvement, de professionnels, d&amp;rsquo;anciens &amp;eacute;l&amp;egrave;ves et une s&amp;eacute;rie de documents d&amp;rsquo;archive documentant l'histoire des Calandretas.</text>
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