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                  <text>Ii J
mmm

^

y

IMA GINÒT
Bulletin del sector Musica de l'Institut d'Estudis Occitans n° 15

EDITO

-

août 1993

Qu'est-ce que la Linha ?

:

Qu'est-ce que

Comment y entre-t-on ?
—

—

Donc, c'est
C'est

un

la linha ? Nous demande-t-on de toutes parts.
Qu'y fait-on ? etc. L' "interview"suivant va vous édairer :

quoi la "Linha" ?

télé pourra

bulletin, le bulletin du Sector Musica de

l'Institut d'Estudis Occitans, et du

Imaginòt". C'est aussi, donc, le

mouvement

nom

de

"Linha

ce mouve¬

ment...

mouvement

?...

Imaginòt. le titre n'est pas hasardeux, et
général nous n'aimons pas les calembours,
celui-ci correspond bien à ce que nos voulons dire. La
Ligne Maginot. c'était ce mur fortifié sensé faire obs¬
même si

tacle

en

au

dit "se

avez

déprovincialiser",

ces

qu'en France, "se cultiver", "sortir",
pays", "perdre ses complexes de plouc ou de
pauvre", tout cela est synonyme de "aller à Paris". Etait
synonyme, l'est encore dans quelques têtes... Mainte¬
nant ce n'est
plus vraiment "aller à Paris", mais rester
sur place à recevoir les Parisiens
qui cherchent l'exotis¬

*

qu'ils cher¬
déprovincialisation. qui. au

qui
en

S
X

contraire, renforce la
Province dans

ce

à

—

vous

prends

en

culture démo¬
la

est

Pari s/Province

c»?

A

les élites à Paris

ToNPl
T^Ttoná-

Yo3P

et pour moyen

un

premier obstacle

toute

contradiction

la plus grande démo¬

matière de culture.

C'est-à-dire ? C'est

le

cratisante

les barrières

fin

son sta¬

d'handicapée men¬
je veux
dire, c'est qu'en Fran¬

villes (ou à

a pour

ce

chent. Fausse

tale. Ce que

partout- des idées et des
œuvres. C'est un mouve¬
ment

leur

et

tut

qui font obstacle à la cir¬
culation et à la critique en France d'abord,
puis

cratie

Province

donner

villages). Gens dont la
première ambition est de
sauter

n'est pas un

Non. parce

ces

faire

ce

hasard ?...

ÌÓYK4 \MpGÌ!tòT

ligne qui,
d'abord par l'imagination
-notre première armerelie entre eux plusieurs
lieux, plusieurs villes,
plusieurs groupes de gens
est une

attachés à

les mirages de la jet-set

me en

Nordeste de la

France. La Linha ima-

ginòt

Vous

envahisseurs

aux

redoutés

avec

"voir du

Linha

—

—

—

Bon, le

—

couillonner

culturelle... Ils voient les coulisses...

habitent dans le Lubéron
au

peu

flou... Je sais

que

problème, tant

que

ou

avec

-

et

des

citoyens culturels de
seconde

zone en

Pro¬

vince. Et que les élites
les Landes ne change rien

leur problématique culturelle

est

je

pleine sieste, mais...

Lorsque Lubat parle des fils du patron de l'Estami¬
net (le
café-musique d'Uzeste NDLR) qui ont du boulot
sur place
-parce que le festival, la Compagnie, etc- il
précise à ceux qui remarquent ça que ces jeunes ont non
—

seulement trouvé du boulot mais aussi qu'ils ont eu
I occasion, en se frottant sans cesse à des artistes venus
de partout,

des intellectuels, des journalistes, des poli¬
tiques.... de se déprovincialiser sans aller à Paris...
C

est

pas eux. maintenant que

n'importe quel animateur

0Mprëmière arme...
toujours issue du milieu parisien.
Il y a pourtant à Paris un
peuple qui
—

à la culture de
—

Si. il y

ces

participe,

entrée savante et

ne

participe

pas

élites...
car

une

la culture est

un tout, avec une

entrée anonyme,

folklorique.
française

Autrefois, les grandes œuvres de la culture

parvenaient à prendre beaucoup de recul

par rapport

à

�De:

Hisation c

*

linhn W

jfp qmm

ethnique

corporatif...
Depuis cent ans que ie centralisme
exporte en Province ie folklore du
Tout-Paris et le foiEore parisien
Un

îoikiuic

les

O-

je reprendrai

fourbissez mieux

fois,
questions...

une autre
vos

Quoi d'autre ?
Comment

—

entre-t-on

dans la

Linha

fois,
dans
un numéro de la Linha, quand il
nous parle du créateur qui. d'une

A ce propos, et encore une
c'est Castan qui nous éclaire,
—

absolue humilité devant le travail à

de Paris. Or le folklore c'est la créa¬

Imaginòt ?
n'y a pas de clé de la Linha, ou
de "Comité des Sages" qui décide¬
rait qui est ou non digne d'entrer
dans la Linha. Y sont tous ceux qui
veulent y être, qui s'en réclament.
On n'est pas tombés dans le piège,
on n'y tombera jamais, comme les
situationnistes. par exemple, qui

tion à la base,

s'étaient

culturelle

avec

œuvres

tout

saintes.

le

sus.

du pays est paralysé.
œu\res des grands auteurs

Dans les
français
d'aujourd'hui, qui se démocratisent
sous l'effet bénéfique du surgissereste

d'une culture de

ment

masse,

le

folklore

parisien devient le folklore
français, parce que la création part
quotidienne,

en

prise

Il

—

retrouves avec

des situa¬

tionnistes officiels

gens

qui vivaient du
fùfynqùenf leur Paradis...
prestige de leur
brevet sans plus
sans arrêt avec les réalités locales.
rien faire, ayant gagné le droit de
C'est pourquoi ce folklore d'impor¬
mépriser ceux qui. au-dehors. agis¬
tation. autoritaire,
rien,

nous

ne

sert

nous

décerveiie. Parce

à

qu'il

n'est

plus folklore vra. mais maté¬
riau d'une élite qui n'a plus rien à
dire, qui n'a comme seul rôle que
d'ajouter un peu de pius-vaiue bour¬
geoise à un folklore moribond pour
le vendre. Le peuple parisien est
victime lui aussi, mais pas du même
Je

veux

Vous

—

raison.

Bon. Alors,

la culture...
Bon. repartons

les

ture est un tout,

à

zéro...

La cul¬

œuvres savantes

(c'est à dire

"longtemps méditées",
"signées") sont noumes de folklore
dont elles digérer: lentement
l'essentiel, tout en prenant ie plus de
distance possible
ses formes
passagères. Elles sor: nourries de

vent

et en retour eue

le nourris¬

Le créateur anonyme part sou¬

sent.

des

œuvres salaries

qu'il utili¬

transforme pour son propre but.
Le folklore est matériau pour le
se.

créateur savant,

la création

savante

maténau pour le : riklore. Il y a
circulation à double sers. D'accord ?
est

—

—

ok :
Bon.
5

-

"quartier"

pas continuer

août 1993

là-des-

les

tous

guêpiers, est reparti

partout de zéro pour se coltiner les
mille problèmes de base sans cesser
de les articuler avec une ambition

politique sans conces¬
pendant ce temps

et

sions ? Où étaient,

qui donnent des leçons de

ceux

modestie ? Dans leurs sinécures
salariées,

à

faire

semblant de

prendre des responsabilités, dans
leur confort de penseurs contesta¬
taires qui ont chaussé les pantoufles

disparus, dans les salons à

Quel risques ont-ils jamais pris ? Et
Massilia ! Des années de galère où

directement,

ils

nourrissaient

uniquement de
spaghettis tièdes, et de la
certitude -aujourd'hui partagéequ'ils avaient quelque chose
d'essentiel à porter à la musique pop
française. Quand, pendant des
années, vous vous êtes attaqué aux
se

méchants

Y^g^Mte petit eombaf,

y'a due de petites gens...
parasites, dans la
logique de "la plus grande démocra¬ monumentales œuvres intellec¬
tie et de la pius riche ambition cul¬
tuelles de l'humanité, avec la rage
turelle. La Linha relie les quartiers
de comprendre et une patience infi¬
de la GRQM. Dans ce mouvement,
nie à lire et relire, réfléchir, compa¬
les gens ne sont pas jugés sur leurs
rer. revenir en arrière, etc. vous
savez
ce que c'est
projets lointains, sur ieurs théories,
que la vraie
mais sur toutes leurs pratiques dans
modestie. Quand vous êtes allé vous
les moindres événements de la vie

faire

quotidienne. Ceux qui

piégés, quand

ne sont pas
révolutionnaires dans leur quartier
ies

sur

seront

Y

problèmes de poubelles
sur

rien. C'est clair

ne

le

et net.

pas de petit combat, y'a que de
petites gens qui se mettent à l'écart
des problèmes quotidiens et donc ne
comprennent nen aux problèmes du
a

monde.
—

je vais

res

dans

au sens

au sens

d'i ntermédiai

années s'est fourré volontairement

rabâcher des banalités branchées?...

de

gent leur expérience
sans intervention

à être humble
exemple Lubat
qui depuis des

Quar¬

faisons à Arnaud-Bernard, échan¬

avez

je n'ai pas bien compris cette
histoire de relation erare le folklore

folklore

tiers du Monde,

pas

par
serait-il modeste, iui

de "héros

complique...

—

—

GRQM. là-dedans?

La Grande Révolution des

—

comprendre...

je précise quoi ?

et

Et ia

—

"quartier d'une ville", mais aussi
de "parties" signifiantes. Ce
sont aussi des villes, des villages. La
GRQM n'a qu'une ambition : que
partout, chez eux. les gens fabri¬
quent ieur Paradis, comme nous le

crime. C'est
—

saient...

accomplir, n'a
après. Pourquoi

\ous

dans

tous

les chemins

vous n'avez pas hési¬
aliéner la sympathie -

qu'est-ce qu'une sympathie sans
épreuves ?- des uns ou des autres en
n hésitant
pas a dire ce que vous
pensez, quand vous ne cessez de
choisir l'inconfort
contre

"le

cocon

des

et

i'authenticité

platitudes

et

demi-vérités. Sont d'autant

Parlons du bulletin... La modes¬

tie n'eiouffe pas

té à

sauter

l'éditorialiste

...

des

pius

modestes dans leurs déclarations
d intentions ceux
qui savent bien

�Linha

qu'il

le

ne

sont pas

dans

l'action. C'est marrant,
derniers
temps,

ces

je

n'entends que des protesta¬
tions de modestie chez les

dans

responsables

les

ministères, les universités
ailleurs. Je trouve qu'ils

MÊÎMÊÊÊIÊÊËË&amp;ÊÊKM

dit, la Cie Lubat

et

le Mas-

se

silia ont

un

soutien

avec un

prix Nobel finança

la

l'Aioli pendant des

apporté

financier

exceptionnel à la
publication. Depuis que
J.Marc Buge a pris l'admi¬
nistration

en

mains, les

comptes sont rééquilibrés,

et

ont

bien

modestes,

raison
vu ce

si

nous

aussi pas¬

responsabilités
faire. Eh bien
manoeuvre

Face à
vons

eux

dans des
plein de

sans
non

est

en

! Leur

éventée.

nous

être que

rien

ne

pou¬

d'un orgueil

légitime.
—

—

Qui finance ?

Mais

comme

nous

envoyons beaucoup de
numéro gratuits à la presse
ou

à des non-abonnés

en

guise de matériel d'infor¬
mation, nous sommes en
déficit.

Depuis le début, ce
payé par l'IEO
Musica, qui lui-même tient
déficit

ses

est

rentrées d'une ponction

prélevée

sur

chaque

contrat

des Fabulous Trobadours

et

d'une ponction encore plus
grande sur les contrats soli¬
taires de Dr Cachou. Cela

Financement par abonne¬
soutien (Lubat,

Massilia) - Dr Cachou
J.Marc Buge financent

et
un

(téléphone, courrier,
tirage) et travaillent béné¬
peu

volement. L'IEO National
fait la compo...
Certains articles ont une
lecture difficile... Quel
—

les critères pour

épreuves des autres, et
cependant que les jeunes

les

Ducom) p

gandins du felibrige se
pavanaient dans les salons
en

ro,

leurs

montrant

tures

-

anecdotes, les
et

-

recettes de

"Deux vérités"

6

"Lafuite d'essen¬
(C. Sicre) p

-

8

Prima de las

cer¬

nous a

8

Identitats

des

vielle pour un récent n°

lengas

(J-M. Becker) p

tains articles sont difficiles
il est vrai, parce
qu'ils sont

7

Ltngva printempo

(M. Haase) p

les curiosités lin¬

guistiques... Cela dit,

Traducion (Michàt) p5

ce..."

rédigeait les brèves, les

c'est-à-dire pas grand-

Nous passons à peu

3

(C. Sicre) p

signa¬

tout ce que
nous recevons,

—

-

dans le dernier numé¬

cuisine

une

Lengas

près

passer ou non ?

-

Identités

commu¬

nales (J-M.
-

Buge) p 9

Larrazet (A. Dazi-

ron) encart.

envoyé le premier
chose. C'est pourquoi
papier qu'il ait jamais écrit)
l'éditorialiste-financeur en et bon, ça renvoie
quelque
chef constitue le gros de la
chose d'important aux lectroupe des rédacteurs. Tou¬ 'teurs, et en premier à
jours obligé de s'affubler l'auteur lui-même...
de
Vous pensez pouvoir
pseudonymes, ou
d'essayer de prendre les tenir longtemps...
choses d'un biais différent,
Je n'en sais rien...

Musica
-La partouze

des Cour¬
(J.
Gaudas)
ges
p 14
-

Marti de retour (C.

Sicre) p

—

-

15

"Acid-jazz" (Ph.

Blanchet) p

16

—

d'inventer. De

vous

ter à vous, par

inven¬

exemple,

Propos recueillis

point que le dia¬

ne

pas se

Portrait

sans se

17

par A. Pannier p

baisser...

pour lui poser des ques¬
tions essentielles... Il faut

sait pas bien encore, il
vaut sans doute mieux
interpeller en comp¬
tant sur son interlocuteur
que se taire. De ce
point de vue là le Dr Cachou avait raison de
on ne

-Faire de chacun

contre-capitale. (M.

expériences, des notes
de recherches des
premiers
essais (par exemple Min-

logue est sans doute à renouer entre la
Linha Imaginòtet le GFEN. Le
dialogue, c'est
à dire, sans perdre de temps, les
interpella¬
tions constructives. Constructives, si
pos¬
sible. Quand

Débat

les

-

Je n'ai rien à ajouter à l'excellent article
d'Alain Miossec en réponse à
l'attaque en
règle du Dr Cachou sur le manifeste du
GFEN.
au

Edito
Qu'est-ce que la
Linha ? (C. Sicre)

EfMassilia ?
ment et

08/93

-

-

années, qui écrivait les
articles de fond, corrigeait

?n1re~capiïate

Mais les choses èn sont

qui

?

sont

Les abonnés, d'abord.

SOMMÁIRE
Linha n°15

J

qu'ils font.

sions notre temps
bureaux à gérer

revue

d'être

Mais ils voudraient que
nous le
soyons nous aussi,
comme

remémorer Mistral,

Imaginât

1940-1990...
Claude Sicre

par F-M. Castan

Dialogue...

Michel Ouçom

par J-M LLanes p

préoccuper d'être agréable et de

subversives et transformatrices

avec

celles

majorité du corps social (enseignants,
travailleurs sociaux, culturels syndicaux et
autres, parents compris...) qui fabriquent et
confortent l'exclusion.

D'ailleurs, la bataille menée à l'intérieur du
GFEN depuis plus de quinze ans contre le
désenclavement sociologique de l'Education

24

T&gt;

uiuytcutc...

multiplier les confusions et les contresens. Le
pire étant de confondre l'Education Nouvelle
avec l'école hiérarchisée, les
pratiques des
enseignants d'éducation nouvelle qui sont
de la

p20

par

Chéru p

25

Orlhac
-

La

réseme...(B. Gia-

como)p 27
-

La nouvelle cuisine

d'hier (P.

Brugel) p27

Marsilha

"Cuebre-fuec sus la
plana... "p 26
-

On

nous

p
n° 15

écrit...

28
-

août 1995

�uàzentralisation

fend !

a

Nouvelle du monde

enseignant commence à porter ses
fruits. Il n:y a plus besoin d'être enseignant pour être au
GFEN et à plus forte raison pour être d'Education
No'jvelle. Et heureusement.
Il vaut mieux

interpeller, et A Miossec a bien relevé les cri¬
tiques du manifeste faites par le Dr Cachou, critiques que

Un débat

nous
a sa
au

quifiOffe

un nom :

prenons à notre compte. Un texte n'a rien de sacré, il
force de vérité à un moment de l'histoire, il en appelle

oébat, donc à

Pourtant

ce

sa

révision.

manifeste

fait rupture, et la

critique systé¬
matique éloigne de l'action et de la compréhension.
Publié dans "le Monde Diplomatique' avec
l'argent de
ceux qui croyaient à sa force de rupture,
il a déclenché un peu partout dans le
a

monde des réactions. Nous

pius de mille lettres, et

avons

reçu

•* *

poète, et heureusement, quand le débat empêche des
capitalisations étroites et les médailles en fer blanc.
Car le fond des questions se trouve aujourd'hui dans le
débat, dans la mise en relation des idées entre elles, des
pratiques entre elles par les idées qui les sous-tendent
consciemment ou inconsciemment, par la mise en interpel¬
lation des idées par les pratiques, et parfois inversement.
(Cette dernière voie ayant été tellement exploitée par les
donneurs de leçons et les chercheurs brevetés de tout poil
que je l'abandonne momentanément ; je préfère l'interpel¬
lation des idées par les pratiques : je dis "Tous capables",
alors qu'est-ce que je fais ? Où ? Quand ? Comment? Ça,
ça m'oblige à chercher si je m'endors par hasard.)
J'écris "débat", mais soyons clairs : pas un débat édulcoré, où le sujet s'enrichit peu à peu comme un granité accu¬
mule pendant des millions d'années de merveilleuses
couches
,

QMl: otoííge a-çfmger

nous continuons à

esthétiques. Non. Un

en

recevoir. Plus de 320 personnes viennent de participer
à l'Université Internationale du GFEN à Montpellier, sou-

débat

d'énormes sacrifices, avec 17 nationalités pré¬
sences. Bien des confusions à la lecture du manifeste, bien
des confusions dans la rédaction même du manifeste ont

subtilement

vem avec

géologiques

de sédiments peup!és de lossjles

.

qui ne laisse ni le sujet ni les institutions indemnes.
Qui fracture les socles de certitudes, qui, face aux délices

mélancoliques du doute systématique ne pro¬
tégeant jamais que la statue admirable et parfaite du scep¬
tique aseptisé, introduit le scandale de l'engagement dou¬
teux ne doutant pas momentanément, mais prêt à réviser à

levées dans le travail commun, dans le débat. Une
journée sur l'élaboration de projets communs a suivi l'Uni - sa prochaine défaite. Un débat qui porte un nom : le conflit.
versité avec un grand nombre de participants. Un livre Celui
qui oblige chaque sujet à remettre en cause son
commun a été mis en chantier, il a été décidé de mettre en
savoir et lui-même en même temps. Qui empêche
de dor¬
réseau les participants de manière à ce que les contacts
mir. Non pas l'enrichissement qui rend la
personnalité si
favorisent ou accélèrem les projets, une nouvelle Universi - intéressante, mais le
conflit qui oblige à changer, et à chan¬
té a été envisagée pour dans trois ans...
ger à l'occasion d'une déroute personnelle. Si les hommes
Des divergences intéressantes sont apparues entre l'Edu changent, leurs institutions ont leur chance enfin de chan¬
cawn Nouvelle qui intégre la dimension du
politique et ger. Même les meilleures. (Celles qui changent souvent.)
celie qui fait du combat politique un préalable à l'action de
Le conflit oblige à changer, car il porte le débat sur une
lEoucation Nouvelle... Divergences non résolues, mais double
rupture : celle du savoir, et celle des sujets. De là à
bien nommées, donc an voie de dépassement, ou de radidire que nous avançons à petits pas dans les débats
qui
caiisation.
permettent l'élaboration des concepts, et à pas de géants
pu are

Des idées-forces du GFEN et maintenant d'autres mouve¬
devenues des pistes de travail pour d'autres :
le *'Tous capables'ou bien l'idée
que c'est dans la plupart
ments sont

des êtres humains, donc
serr

les

en

avec

som-

imoossible de tout relever dans ce bref article. Ceux qui
se sont raidis dans le conflit ont eu tort de ne
pas oousser

bout, c'est-à-dire jusqu'à leur défaite ou jusqu'à la
jusqu à une victoire commune en partici¬
pant à cette Université
Mas rien n'est jamais acquis à l'homme, comme l'écrit le
nome,

n: "5

au

c'est-à-dire

-

août 1993

nmrqtent que par

nous-mêmes, que s eiabfis-

résignations que nous avons à combattre
leur cortège d'idées fausses et de représentations
mares des phénomènes...

jusou

Les concepts

dans les conflits qu'ils soulèvent, il n'y a
franchis allègrement. Pas qui relativise

qu'un pas que je
singulièrement les

concepts. Comme vérité révélée, ils aliènent. Comme fac¬
teurs de conflits sur les savoirs antérieurs, sur les
repré¬
sentations antérieures, sur (es actions passées, sur
l'image
antérieure de soi, ils émancipent. Coupés de leurs
proces¬
sus d'élaboration, des enjeux
qui président à leur naissan¬
ce. ils remplissent mal leur rôle. D'où la nécessité de
garaer

l'œil

sur eux.

Ils sont vivants. Avec

une

naissance,

une

�Linha

Imaginât

faire de chacun
vie,

Et si j'ai l'air d'écrire que le fond de la ques¬

une mort.

tion c'est bien le

questionnement, il ne s'agit pas là d'une
tautologie, mais bien de l'affirmation que les concepts ne
valent que par les vagues qu'ils font, que par les réalités
qu'ils transforment, que par les conflits et les déplacements
qu'ils soulèvent. Là est l'aventure humaine, au plus près
des énigmes encore non résolues. La notion de bataille
d'idées devient ici première, de même que celle d'universa¬
lité. Et voici que le conflit général qui englobe tous les
autres se dessine : en cette fin du Moyen-Age, tout ce qui
s'oppose à la hiérarchisation des hommes et des savoirs
nous fait problème, donc est de nature à mobiliser le
sujet,

RéaEs§^f^^^yite
ce

qu 'on

■ -

telle

prégnance que le sujet ne peut résoudre
problème. Il doit rencontrer les autres, définir
concrètement les aspects particuliers de cette hiérarchisa¬
avec une

seul

ce

tion, des hommes et des choses.
En l'an mille, le monde était hiérarchisé entre ceux qui
prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent. Et si la
hiérarchisation s'est diversifiée, complexifiée, elle n'en
reste pas moins la hiérarchisation, au nom de laquelle les
minorités essaient encore et réussissent à imposer leur
bien-vivre.

Pourtant, si une nouvelle forme de démocratie se dessi¬
ne, c'est bien celle de la prise en compte totale des minori¬
tés. Parce que ces dernières sont sources de conflits et
d'idées, et non parce qu'elles sont sources de leur bienêtre établi dans
une

une

violence sournoise. Voilà où habite

littérature vivante, un occitanisme

l'Education nouvelle, à coup

révolutionnaire,
sùr. Au plus près des change¬

ments, dans un rapport permanent de maîtrise/non-maî¬
trise, de rationalisation/intuition, sans que jamais -sous
peine d'enfermement mortel- l'un puisse régner sur l'autre.
Idées générales ? Voire. La pratique des idées neuves
correspond à ce que Stendhal écrivait : "Une idée neuve,
c'est comme un cap de pistoletdans un concert'.
Dans ce combat neuf, aucune fin ne justifie les moyens,
mais ce sont bien les moyens qui parlent et qui construi¬
sent les fins, qui vérifient leur sens. Aussi est-ce un combat
joyeux, où la question fondamentale est d'apprendre à voir
au positif ce qui bouge
aujourd'hui, quand beaucoup enfi¬
lent des lunettes noires. Où la question fondamentale est
d'apprendre à réaliser tout de suite ce qu'on voudrait pour
demain.
Ceci n'a presque

plus à voir avec l'éducation scolaire ou
étudiante, mais bien avec la capacité de tout être humain
de devenir avec les autres le formidable créateur
qu'il porte
en lui. Quel lieu pourrait
échapper à cette bataille ?
Michel DUCOM

Secrétaire Général du GFEN

"Traduccion"
D'Octobre de 1990 fins

a

Genièr de

1991, aveniguèt a Tolosa una mani¬
festation internacionala sus la tra¬
duction de l'occitan e de las lengas
las

es estât sovent

que reviravan siste-

maticament e que fasián
doas versions ensemble.

Uèi,

me

LMIchòt

editar las

sembla pas que degun tra-

l'autotraduccion

sègle.

festacion se faguèt un collòqui.
Coma ai los actes d'aqueste e qu'ai

d'òbras occitanas que pareisson que siàn en francés o dins qualqua

devèrs

pratica de fa traduccion, vau
díser çò que m'ensenhèron los
documents, çò que pensi que seriá
bon de far, e çò que fau.
Avant lo sègle vint, es estât una

autra

de cincanta fins

nécessitât de revirar de tèxtes del
francés a l'occitan per qu'aquestes

siàn accessibles per un

public

sonque occitanofòne.
Entre lo

sègle 19, los autors

qu'aviàn

una ambicion literara nacionala revirèron la siá òbra e publiquèron

tanben

en

francés.

Egalament,

lenga

foguèron executadas
Pr'aquò, la
situacion diglossica fa que los
escriptors d'òc fuguèron e son
-

per de rasons literaras.

sovent de

traductors, generalament
per la siá òbra, e en francés.

es un

ensenhar l'occitan. Aquela
pratica fraitèt pendent mai d'un

duga sistematicament. Las reviradas

una

francés

biais per

espandidas. Dins la mani-

mens

en

Las traduccions de
sas e

a

l'occitan

son

qualqua lenga
pauc nombro-

concernissan de tèxtes corts,
a dos cents paginas.

La teoria formalista enoncia que
traduire es amenar un tèxt a una

nèrma. La traduccion fa normal un
tèxt que, en version originala es

mai, servissan per
d'òbras a de mond que sens elas
sauriàn pas que la cultura occitana

exepcional.
Ça ditz Ricketts, la tòca d'una tra¬
duccion es pas de produsir una
copia mas un équivalent. Premièr cal
far una traduccion literala per s'ocupar del sens dels mots. Segond, cal

existis.

tornar escriure lo tèxt en trabalhar la

Las reviradas de libres occitans

japonés,

Dins

en

una

francés

en

quicòm
far conèisser
o en

perspectiva didactica,

sià estetica. Coma afortis Bernât
n° 15

-

août 1993

�Décentralisation

a

fond i

Lesfargues, traduire es escriure.
Segond Joan Maria Auziàs, cal revivar

en

occitan las

grandas òbras del mond. E Robèrt Lafont nos ensenha
qu:una traduccion dins una lenga, totjorn es utilisada per
la comunitat d'aquesta lenga.
La traduccion

a una

utilitat occitanista. Los libres que

Per ieu, sabi uèi que
deman ne serai. Mas

soi pas un escrivan. Sabi pas se
coma parli e escrivi pro aisidament pòdir far per qu'i aja mai de libres en occitan.
Personalament, ai pas lo gost per revivar de poësia e
me'n sentissi pas capable.
Per las Calandretas traduisi libres de

pòdan legir en occitan son pauc nombroses. Aquò
significa qu'i a pas plan per causir. Significa tanben qu'i
a de menas de legidors - los
mainatges - qu'an gaireben

plan mai

pas res.
Un autor que fa un libre cada an, es un autor
prolific.
Se considérant lo pichon nombre de personas
qu'escri-

dins

se

occitan

van en

n'i

pas tant que sián prollfics riscam pas plan d'èsser submergits
per una production pletorica.

podèm

-

e

a

pensar que

îractiMre-esesc

•

S'ont revira

un

|||Ì!l!

libre, qua la version originala siá france-

que ne siá pas, es pas important Çô que cal, es
constituir en occitan una colleccion de grandas òbras del
sa o

mond sencèr.

Tanben

pensi que seriá dam de far pas de traduccion
d'un grand libre turc per la rason que
degun sauriá pas a
l'un còp, lo turc e l'occitan. Se pòt far una version occitana d'una traduccion en francés o en
anglés. Una revirada totjorn es una interpretacion. L'interès
per nosaus es
que la version occitana siá bona.

mainatges. N'i a
francés que non pas en occitan e lo mond

en
de Calandreta n'an besonh.

Tanben
un

preni de contes tradicionals, qu'ai

occitan comol de formas localas

fau de tèxtes

e

en francés o
de galicismes,

lengadocian. Aqueles contes
pòdan servir per far de libres de maitnages.
Enfin, pel mond que vòlan aprendre l'occitan, son de
tèxtes corts e es plan que sián corts, atal la fin n'es
atenta pro rapidament - que cada mot n'es dins lo diccionar d'Alibèrt, e que pòdan servir
per aquesir vocabulari.
La constrenta es que per un que coneis pas la
lenga, li
cal un diccionar. L'interès es que cal pas gaire temps
per
arribar al cap e per profeitar d'un tèxt, se fa pas que très
o quatre
paginas. Aquò pòt utilament completar un
metòde de lenga. O fau ara per amies, e i ajustarai una
e ne

en

-

version sonòra.

Aquí très exemples d'utilisation didactica e occitanista
L'endevenença dirà se son solucions
per sonhar Testât pietadés qu'es lo de l'occitan. Coma
que siá, pensi qu'es bon d'aver força tèxtes en òc a mai
se pòt èsser intéressant de ne traduire
que la version
originala es dins la "nòstre lengatge".
Laurenç Michòt
de la traduccion.

nés
WS&amp;

Dans le Monde Diplomatique
de 02/93, avec B. Cassen, dans le
New-York Times (M. Simon -

POUR TOUT COMPRENDRE :
1) "Il n'y a pas de caractères
de langues, il n'y a que des

court,

caractères de discours" (H. Mes-

l'universalisme

93). dans Occitania, Occitans,
toujours les mêmes imbéciles
rengaines sur la place des
langues ("régionales", "minori¬

chonic)

une

taires". "nationales" etc...), dans
le monde de demain...
Tous ces gens se demandant de

2) Ce

Courrier International 13/05/

quoi demain
étudier

sera

l'hier

fait devraient
et

regarder

l'aujourd'hui avec un minimum
de sens critique et de culture,
sinon ils réciteront encore les
mêmes billevesées dans cent ans.

RAPPELLONS-LEUR LES
DEUX

VÉRITÉS

NÉCES¬

SAIRES ET SUFFISANTES
n° 15

-

août 1993

—

excite

tous

listes

et

Vérité scientifique qui
les discours

universalistes

régionasur

les

langues.
qui compte dans une
langue, c'est sa POSTURE.
C'est-à-dire que son discours est
déterminé par un rapport histo¬

rique

au monde qui est unique.
C'est dire que si tout peut se
traduire (exit Heidegger, Tau-

piac. St John Perse...), il faut,
pour traduire, comprendre la pos¬
ture de la langue (donc son his¬
toire. sa littérature surtout, etc...)
D'où exit tous les discours pseu¬

do-universalistes (je pourrais
même dire "universalistes" tout

quand, le plus souvent,

donnée

Les

a

amies

se

pose comme

priori).
et

enemics

des

langues maltraitées s'opposent,
mais s'appuient en fait sur le
même manque de culture linguis¬
tique et de réflexion. Faux
débats. Et Meschonic, qu'il faut
absolument lire (chez VerdierLegresse, les vieux livres chez

Gallimard) parce que c'est
des
de

un

plus fins critiques théoriques

siècle, devrait lui-même
lire Castan (car le concept de
ce

"posture", c'est lui).
Claude Sicre

�Linha

La fuite d'esS6rice
"Soit les intellectuels

se

situent

comme

le

panne des

Imaginât

moteurs.

peuple, dans le peuple et dans son combat pour toujours
plus de démocratie, soit ils sombrent dans la sottise. C'est clair et net. Lire Marx et Tocqueville. "
avec

C.Sicre
rtaude

hypothèses

Sicre propose deux
où l'intellectuel devient

:

sot ou il se lie

au peuple. A devenir
obligé de s'habiller de
prestigieux pour se donner des

il

sot,
mots

airs.

sera

S'il

ne

l'est pas,

il ira avec et
dans le peuple combattre pour la
démocratie, Marx d'une main et Toc¬
queville de l'autre. Entre le deux
hommes du XIXe siècle

aux

du peuple, comme le XXe est celui
des classes et le XXIe sera celui des

familles, (je ne raisonne en terme de
siècle que par commodité, car sui¬
vant les pays, les
régions les trois
situations se chevauchent).
Donc

"peuple" vers où cours-tu,
aujourd'hui en notre France ? Vers le
droit des peuples à s'indisposer eux?

Surtout

vers

une

leurs

crise

d'existence. Le peuple n'est pas une

sociologie (pas plus que la classe ou
la famille) d'où le fait que la sociolo¬
gie soit "une science sans objet" &lt;C.
S.) -(cependant tous les sociologues
s'enferment pas dans leur nonexistence, par exemple Fatima Mer-

Des

énergies

peuples apportèrent
aux dictatures dans

le cadre d'un combat

qui ne fut pas

que celui

de quelques "têtes". Je
ne parle pas
que du peuple alle¬
mand, du nôtre aussi. Je ne parle
pas que de la deuxième guerre
mondiale mais du siècle dans son
ensemble à partir de 1921.

vies si

parrallèles, Sicre veut, depuis long¬
temps, tenter une synthèse. Qu'il
mette le peuple au centre coule de
source, puisque le XIXe fut le siècle

mêmes

diens).

Marx

avait

été

un

visionnaire

quand il combattit l'idéologie domi¬
nante en son siècle, celle de
"peu¬
ple", pour y substituer celle des
classes.

Tocqueville

en fut aussi un

quand il combattit l'idéologie domi¬
nante
en
son
siècle, celle de
l'homme de qualité, pour y substi¬
tuer celle de la démocratie. Les
deux cependant, agissent souvent à
contre-coeur.

Marx

ment à retrouver

le

combat

de

tient absolu¬
l'universel derrière

la

classe

ouvrière,

l'universel

qui était dans le mot
peuple. Tocqueville, qui décrit la
démocratie américaine de son point
de vue d'homme de qualité, ne
peut
s'empêcher d'écarter de la démo¬
cratie quelques couches sans
qua¬
lités

comme les

indiens

ou

les noirs

étranger. Fulvio Abbate est écrivain
sicilien-romain. Il a d'une main Pasolini
et de l'autre Céline. Il vient d'écrire
qu'il
pouvait
"résistance"
ne

siciliens
l'abus

plus

employer

concernant

contre

la

mafia à

France

le mot "résistance" n'est pas
usé de même. La fuite des sens est
parfois fuite des mots, trahison des

histoires, perte d'horizons.
On

peut

faire simple si on pose
principe que le combat actuel
pour signifier le monde et le changer
n'est plus entre les mots mais en leur
sein. Souvent on préfère se
plaindre de
la multiplicité des sens d'un même mot
en rêvant d'un
temps où la 'table' était
comme

une

table

évidente ! Cette lutte des

sens, a aussi ses mauvais défenseurs

qui, en France, la coupent
aussitôt de l'homme commun pour
en
revenir à l'homme de qualité.
Je suis du côté de "l'homme commun"
pour ne pas être avec le peuple-roi ;
du côté d'une démocratie moins
oppo¬
sée à la dictature (elle peut en être

La Linha est

j'aime,

militante. Elle cherche

dernière notion

me

laisse aussi per¬

plexe que celle de peuple.
Le XXe siècle

été, en Europe,
(la civilisation dite avancée) l'inven¬
aura

teur du nazisme. J'insiste sur "inven¬

teur"

car

personne auparavant n'avait

pû faire entrer dans LA VIE "une
solution finale" pour qui que ce soit
(quelques rares y avaient pensé et il
faudrait tenter de retrouver ce qui, au
XIXe justement, arriva aux amérin¬

sens

nous ait

doté des mots

au

clair et net

(non seulement il
fait monter à la lueur du jour les
mots 'peuples', 'combats du
peuple'
et

'démocraties' mais aussi 'intel¬

lectuel') qui puissent

nous

éviter de

sombrer dans la sottise, voire dans
le "nazisme" au mille facettes. Le
rêve de Claude n'a pas. pour moi, la

même évidence

ou

la même

logi¬

que du soit
soit
d'où le désir
d'autres intellectuels de référence.
...

La fuite des

...

sens nous traverse en

permanence (je suis d'accord avec
l'idée que chez nous 'le semble-

concept" vit toujours au printemps)
aussi je veux donner un exemple

:

les esthètes

Où vais-je en venir ? Je ne crois
pas que le XIXe siècle, ce siècle que

peuple est une idée ? Dans la
phrase de Sicre il est aussi chair et os
puisqu'il combat. Où sont les com¬
bats du peuple actuel ? Je voudrais
que le peuple existe, qu'il combatte,
surtout pour la démocratie mais cette

de
de

ce mot sous pres¬
médias. Il préfère parler de
résurrection libertaire de la Sici/e. En

nissi).
Le

cause

mot

d'usages de

(je

femmes).

le
lutte

sion des

ne

ne sais pour les

la

une) que divisée entre démocratie
représentative et démocratie militante.

est

acte

un

de

démocratie

L'IEO
élément de démocrartie représen¬

tative. Elle cherche

un

un

sens.

pouvoir.

Les MOTeurs du "comment trouver

sa

place dans le monde pour changer
avec lui et le
changer contre lui ?"
nécessitent, pour retrouver un état de
marche, beaucoup de travail. Les fuites
du réservoir d'esSENce

ne

se

comp¬

tent

plus et l'art de les colmater ne peut
qu'être une philosophie. Et, en tant
qu'instit, mon moteur n'est peut-être
que le semblant de moteur que, méca¬
nisme sociologique oblige, je suis en
mesure

de penser !

Jean-Paul

Damaggio

n° 15

-

août 1993

�Décentralisation

a

fond !

PRIMA DE LAS LENGAS
Lingvoj:

Le francique

présent à Toulouse

Lingva printempo
Batalo por

la konservo de minacataj
(kiel
la okcitana aú la brelingvoj
dernier, l'association "Wei
tona) al multaj sajnas rekte kontraûLaang Nach ?" était à Toulouse pour diri la ideon de internacia lingvo. La
représenter la langue francique à prospero de la Esperanto-movado
guste en tiuj regionoj kie la esperan"Prima de las lengas".
tistoj batalas por la egalrajtigo de sia
ùu 20 mars au 3 avril, le "Printemps gepatra lingvo, pruvas tamen ke
esperantismo bone harmonias kun
des langues" a vu se succéder une la tiel nomata etnismo. La simbiozo
série de conférences et d'expositions de tiuj movadoj videblis en la okci¬
tana urbo Tuluzo, kie inter la 20-a
centrées sur la langue occitane, mais de marto kaj la 3-a de aprilo okazis
aussi sur la politique linguistique des la unua "Printempo de la lingvoj",
foiro, festivalo de la lingvoj, t.e. de
régions de l'Europe de demain, avec en ciuj lingvoj, precipe de la diskrimiparticulier l'exemple de la Generalitat naciataj. Tiusence la arango celis esti
alternative al foiroj kiel Expolingua
de Catalunya.
au Expolangues, kiuj ignoras lingLe point fort de cette quinzaine fut vojn ne promesantajn senperan komercan profiton.
sans conteste la journée du 3 avril inti¬
La programo estis printempe
tulée : "Les langues s'exposent, se par bunta, inkluzivanta plurajn ekspo■ziciojn, debatojn, koncertajn kaj
lent, se chantent". A côté des langues teatrajn spektaklojn. Gi kulminis en
régionales présentes : occitan, corse, granda festotago de la lingvoj, kun
muziko kaj balo en la urba sportfrancique..., on pouvait découvrir palaco. Kompreneble, tiel granda
d'autres langues plus méconnues evento povis efektivigi nur dank'
al la kunlaboro de multaj lokaj kaj
comme l'arménien, l'assyrien ou encore
regionaj grupoj, asocioj kaj instanles langues indonésiennes. Au travers coj, inter kiuj elstaris la nove fondita
des stands et des interventions à la tri¬ Esperanto-Kulturcentro, kie aktivas
i.a. Floréal Martorell, Jeanne-Marie
bune, le public a pu mesurer la richesse kaj Rikardo Cash. Tiu kulturcentro
pruvis sian kapablon kunmeti altde toute cette diversité, et les nivelan
programon, kiu trafis la inteéchanges entre représentants des dif¬ reson de vasta publiko kaj la atenton
de la amaskomunikiloj.
férentes communautés linguistiques
Por esperantista kaj etnista
ont été fort appréciés des participants.
publiko plej interesa estis la
debato pri eûropa lingva poliUne expérience à renouveler sans
tiko en la kunteksto de lingva
diskriminario. Gi okazis en
aucun doute.
J-M. Becker amfiteatra aûlo de la loka
Le 3 avril

vigla kaj tial daûris cirkaû kvar
horojn. Oni debatis en malpli granda
rondo ankaû por regiona televida
stacio
kvankam mallonge -, kun
la sama rezulto. Ambaû debatojn
partoprenis reprezentantoj de Lingua, lingvoinstrua programo de la
Eûropa Komunumaro, kaj de la
angla fakultato de la universitato.
-

Substrekante la

neceson

instrui la

anglan, ili konsentis ke la angla
nek devas farigi superlingvo, kiu
ogre detruus multlingvan kulturon,
nek povas esti pli ol helpa interkomprenilo, kies funkcio grandparte
limigas al flughavenoj kaj internaciaj
hoteloj - kvankam en tiu kunteksto
la angla havas apenaû refuteblan
utilon. La funkcio de Espéranto estas
tamen

alia: gi ebligas

pli profundan

kaj intensan komunikadon inter ciuj
homoj, kiun la angla ne povas liveri
tiel facile. Samtempe, la uzantoj de
Espéranto estas inter si lingve egalrajtaj, sendepende de sia gepatra
lingvo, kiun ili ne devas oferi por
ellerni pli potencan.
Ankaû en la kulturaj eventoj de
tiu ci ripetinda arango Espéranto
ludis gravan rolon: gi prezentigis ne
nur en
diversaj ekspozicioj, sed
ankaû rokmuzike, dank' al la grupo
Rozmariaj Beboj, kiel kuntenilo de
ties dudeklingva repertuaro.
La mesago de tiu ci "printempo"
estas tute klara: Espéranto estas la
internacia lingvo kiu ebligas egalrajtan komunikadon inter ciuj homoj
sen minaci aliajn lingvojn. La Lingvo
Internacia ne estas utopiajo, sed jam
nun ekzistanta
kultura realajo, ne
preterlasebla.
Martin Haase (Germanio)

universitato. Estis malfacile

(Tout à fait, Jean-Marc Becker ! NDLR...)
GEWAN
bulletin de "Wei

5,

rue

Laang Nach ?"

du Manège

57100 Thionville
Tel.: 82 53 94 93

distingi la invititajn fakulojn
pri minacataj lingvoj disde
la esperantistoj, car pluraj
rrovigis en ambaû kampoj
samtempe 'kiel Martin Haase
kaj Jacme Taupiac), aú almenaú inter si samopiniis
(kiel Claude Piron kaj Xavier
Ravier). La debato estis

tamen

lìsperanto mai 1995

-

Asocio

Nieuwe Sinnenweg 17o

NL

3015 BJ Rotterdam Nederland

n° 15

-

août 1993

�Linho

Imaginât

WÊÊÊÊÊS
A propos

des Identités communales

Parj-M

Buge

Depuis de longues années, la Maison de la Culture de Larrazet et

le Car
refour d'Occitanie de Montauban travaillent sur le thème des "identités
communales". Recherche passionnante d'autant

-

plus qu'elle est menée
sujet est d'autre part fondamental pour une
société, et il est pourtant ignoré, à notre connaissance, par les
bien-pen sants et l'université (d'où la Linha
Imaginât).
par des acteurs culturels. Le

des
) acteurs-chercheurs
ANALYSE

L

essentielle¬

porte
ment

sur

le

"corps

rapport

à aborder

ne pas être
dépassés et qui
pourraient qualifier l'entité
la plus petite ?
Le système français a ceci
de particulier qu'il a créé

un

aspect du centralisme qui

esprits français.
En effet le problème des
organisateurs des colloques

main, n'est jamais le même
que son voisin, et également
le rôle que jouent ces entités
unes

cas—

envahit exagérément les

social" qui, comme l'être hu¬

les

été le

et des animateurs

a

désigner

formule

par une

multitude (plus de
36000) d'entités juridiques
de base, et qu'il a introduit
une

été de

par
aux

autres.
Il est inté¬
ressant de

dans

esprits

VA f\ CT

e

A

C'

\

h* *A

\

l'équiva¬

T

lence "vil¬

lage

CHCP-CHeoRS

relever que
les
ren-

commune".
Dans
l'échelle de
valeurs

contres

n'abordent
finalement
que très peu
la question
de la com¬
mune. Seuls

françaises,
c'est
en
fait
la
seule enti¬
té de base
valori¬

cités

sont

quelquefois
les

sante,

maires

ment

figures
particulier

les villes. Or la

pour

commune

est, faut-il le rappeler, "la
plus petite subdivision admi¬
nistrative

du

l'objet de leurs préoccupa¬
tions. Or comment nommer
la ville ou le village sur

lequel ils travaillent par un
qui ne soit pas dévalori¬
sant quand on a quelque

territoire,
administrée par un maire,
des adjoints et un conseil
municipal" élus par la po¬
pulation, c'est à dire que

soucis de respect de la démo¬
cratie ?
Le mot de "commune" est

l'identité communale

celui

est

d'ordre juridico-politique.
Cette apparente contradic¬
tion, ou tout au moins non-

concordance, a cependant
une
explication qui nous
amène
n'ayons pas peur
—

d'avancer des idées nou¬
velles quitte à faire grincer
des dents

comme

cela

a

déjà

mot

qui

peut

venir

à

l'esprit, mais cette démarche
n'est-elle pas guidée par cer¬
taines idées véhiculées par
notre bon vieux système

français, puisqu'il n'y

a pas

de concordance entre le titre
et le contenu du travail ? En
effet quels seraient les
autres mots

suceptibles de

la

paroisse la premiè¬

embléma¬
en

avec

historique¬

comme

tiques,

les

d'ailleurs souvent été
calquée sur la seconde. Le
village ou le local ont déjà
re

a

une connotation très
provin¬
ciale d'où on a du mal à

imaginer qu'il puisse sortir
quelque chose d'extraordi¬
naire. Parallèlement le cen¬
tralisme a en effet gommé
toutes les identités cultu¬
relles de base qui pouvaient
exister (langues, folklores,
créations et confrontations

artistiques, événements his¬
toriques, etc...), non pas
gommé directement physi¬
quement comme sous

une

dictature, mais gommé insi¬
dieusement par l'instauran° 15

-

août 1993

�Dec en rralisa tion

o

~ond !

Idenfitats
A propos

-ri

des identités communales

tion d'un système

de valeur
différent, basé sur un centre
unique en dehors duquel
rien

ne

peut

raisonna¬

blement exister.
D'où le sentiment que

la

(surtout les plus
petites) telle qu'elle a été

commune

définie

1789 est

&gt;ar j-m buge

dans l'esprit des habitants :
"Nous n'y avons pas droit,
nous ne sommes

pas assez
forts, nous ne sommes pas
au centre de la commune..."
La quasi-unicité de référen¬
ce dans la commune de 1789
entraîne par endroits des

privi¬
lège unique qui peut donner
l'impression d'exister dans la
société française, quand on

ments sur ce concept, en pre¬
nant bien soin de se démar¬

est

non

en

un

notamment loin
centre. On peut arriver

du

à la

situation où,

lorsque l'on
parle de la disparition éven¬
tuelle d'une commune, cer¬
tains imaginent que le villa¬
ge correspondant va être
rasé ; alors que dans la pra¬
tique on trouve la situation

inverse, à savoir que bon
nombre des commîmes conti¬
nue d'exister
quand les mai¬
sons
sont effectivement
effondrées et quïl n'y a plus
d'habitants. Selon l'idéologie
en

place,

commune

dehors de la
de 1789, point de
en

salut. D'ailleurs si vous
n'êtes pas une commune,
vous tombez alors dans la

situation, bien peu enviable
aux yeux du
Centre, de

hameau

ou

lieu dit (ou de

cités de banlieue dans les
villes). Votre nom est écrit

des guillemets, comme
si on en n'était pas sûr. Il est
vrai qu'il est souvent en occi¬
tan et donc empreint d'indif¬
férence ou de suspicion. En
tout cas cela ne fait pas
avec

sérieux.
Or dans la réalité, les habi¬
tants d'un hameau ne vivent
pas mal
n'ont pas

leur situation. Ils
besoin de se déter¬

miner en commune si elle
n'a jamais existé. Et il est
même souhaitable qu'une
telle entité ait un représen¬
tant légal, des fêtes, des

associations, etc... au même
titre qu'un quartier dans
une

ville ; mais c'est là que

peut intervenir

un

blocage

crispations et des replie¬
quer

des

communes

interne mais
de "petit propriétaire" sou¬
cieux de conserver ses avan¬

tages. Parallèlement cela ne
favorise pas l'exercice d'une
démocratie interne : on voit
ainsi des réunions de conseil
municipal non ouvertes au

public,
prises

des décisions
dehors
des

ou
en

réunions officielles.
Le système traditionnel
en effet
tendance, non pas

-

août 1995

a

à

le réduire

en

isolant la

qui

mune

peut

com¬

avoir

l'impression d'être repliée

sur elle même, alors
que
bien des problèmes et des
solutions locales sont en rap¬
port avec bon nombre de
données extérieures.
Et là, les élus des petites
communes sont au cœur du
problème posé par le centra¬
lisme. D'un côté, ils connais¬

sent

parfaitement leur com¬
mune, ses problèmes, ses
potentialités, ses réalités
quotidiennes, et d'un autre
côté ils
aux

se

retrouvent face

structures

considèrent

"petits" élus

étatiques qui
souvent

ces

les der¬
niers des provinciaux. On
nnnrro
VA

pifûr

vxvn^v

comme

nor

nvnmnlû 1 oc

ivo

DDE, DDA, Préfectures,
Poste, EDF, SNCF, ONF,
Education Nationale, Fran¬
ce-Telecom, ANPE, etc...
Qu'on en soit conscient ou
non, les structures natio¬

état

un

y a

d'un côté un centre qui
pense et invente les valeurs,
et de l'autre côté les provin¬
ciaux bien gentils et assis¬

tés, même si loca^ornor,f
fonctionnaires essaient plus
ou moins bien
d'arranger les
choses. Le principe est si
bien ancré que les élus en
arrivent à
propre

leur

prendre à leur
compte l'image de

commune véhiculée par
structures et ils définis¬
sent en fonction de leurs cri¬
tères qui réduisent bien sûr
ces

le plus souvent l'identité en
rapport
avec
leurs

préoccupations technocra¬
tiques. Ce qui devrait com¬
poser l'identité sociale et cul¬
turelle de la
rentre pas

élargir le champ de vision du
citoyen dans sa pratique
démocratique, mais plutôt à

_

nc 15

voisines,

dynamique
avec un
esprit

pas par une

nales véhiculent

d'esprit selon lequel il

commune ne

dans

ces cases-là
puisque c'est justement ce
qui a été effacé par le systè¬
me. même les Maisons de la
Jeunesse et de la Culture de
l'époque de Malraux étaient

conçues

du Centre

vers

la

Province.
La dernière idée communé¬
ment générée et admise est
celle qui anéantit toute "vel¬
léité" éventuelle : la France
a la chance de
posséder un

système qui

a autant

communes et

qui

de

assure

la

démocratie à l'échelon le
plus bas. Difficile de contre¬
dire

telle affirmation.
Effectivement en soi il est
une

indispensable qu'existent
des

communes au cœur

quelles

se

pratique

démocratie vivante

des¬
une

sur

les

problèmes posés à la collecti¬
vité.

La question est de

savoir si ce raisonnement

est

vérifié par le système fran¬

çais. Outre ce qui
avancé,
osons

a

quelques arguments
il

déjà été
opposer
:

existe un certain
nombre de pays démocra¬
tiques à travers le monde.
La France est le seul
qui
—

�Linha

ác

possède un tel morcellement.
Est-il plus démocratique ?
le raisonnement

—

sous-

jacent selon lequel plus les
communes sont petites, plus
il y a démocratie,
dire qu'à partir

voudrait
de deux

rf

sable que l'environnement
de la commune soit de la
même veine.
Même si, concrètement, on
a souvent du mal à trouver
des volontaires pour s'occu¬

de la gestion des com¬
souhaite
commune. Le quantitatif
voir disparaître celles-ci,
n'est pas lié au qualitatif, puisque d'autres formes
habitants,

on

peut créer

une

per

munes, personne ne

ï

La

qui est

première projection du

que

Larrazet

pas pour

les

villes. Ainsi

Lfl

~t&gt;£

V/ »

pag-ti&gt;e
£
?
Lté

sont dyna¬
miques et

complémen¬
taires. Cet
état de fait

on
crée des cités

est

de plusieurs
milliers de

n'y ait

reconnu

dans

il

tions ont été
avancées

qu'il
de

pas

structures

sur

adminis¬

causes

tratives

la

région.
Lorsque
des explica¬

apparaît
"normal"

vie socia¬

y

quand

personnes,

a une

le et cultu¬
relle parti¬
culièrement
riche.
Les
associations

.(S

fAVr-ecte

:

film réalisé à Larrazet sur
l'identité a donné lieu à un
débat le 8 mai dernier. Cha¬
cun s'accordait à reconnaître

toujours
ce

—

Buge

L'expérience de Larrazet

"beautiful".
valable pour
la campagne
ne le serait

ParJ-M.

aujourd'hui ailleurs.

"Sm ail" n'est
pas

Imaginât

les
de la

ni

situation,

d'équipe-

Alain Dazi-

ments

ron

corres-

préci¬
qu'à son
avis,
la
"majorité"
(dans
le
être majeur") qu'avait
sens
atteint Larrazet sur le plan
pour
ser

cité des 4000

deviennent
com¬
des

permettrait de don¬

munes

est

intervenu

pondants.
Que les Minguettes ou la

d'identité locales

ne

sont

des responsabilités aux
habitants. Cela pose bien
sûr la question du vote des

plus là

de

et culturel était
notamment due au fait que

immigrés. En fait de démo¬

1789 au statut juridique,
l'élément essentiel d'identifi¬
cation de certaines zones

chacun des intervenants, à
savoir les différentes asso¬
ciations et la Mairie (et c'est

ner

cratie,

c'est

surtout le
qui prévaut.
enfin, et surtout, il ne
suffit pas que les habitants

conservatisme
—

d'une

commune

élisent

un

maire. Encore faut-il savoir

fait le maire, ce qu'il
avec qui il le fait,
etc... et on a vu que le sys¬
tème français classique ne
permet guère aux élus des
communes
de
petites
s'émanciper. Pour une réelle
démocratie, il est indispence

que

peut faire,

carences.

qui

a

pallier les

pour

Le déterminisme

fait de la

commune

social

aux

à peu

contraire) la vie sociale, cul¬
turelle, et peut-être aussi,

du débat où il a été question
de la commune), avait pris
conscience de l'indépendance
dans la démarche et dans

yeux du Centre, n'a pas
servi à enrichir (bien au

localement, démocratique
des habitants.
Alors que la religion a net¬
tement
ce sur

influen¬
les identités locales,
perdu de

son

des expériences montrent en
effet qu'en matière d'identi¬

té,

l'essentiel

semble

près le seul moment

l'action, de chaque acteur
vis-à-vis des autres.

Il

a

d'ailleurs fort à propos

comparé la situation de Lar¬
razet avec celle de Sérignac
(village voisin) où apparem¬
ment

un

des
n° 15

objectifs
-

août 1993

�Décentralisation

c

fond !

Identitats
A propos des
(avoués

ou

identités communales

pas) de la vie

associative serait l'accession
à la Mairie, et où ladite vie
associative est bien loin

d'égaler celle de Larrazet.
En d'autres termes : l'iden¬
tité de Larrazet est
d'autant plus forte qu'elle
est

indépendante de la

commune.

C'est
Castan

ce

qu'avance Félix

depuis des années : il
ne peut y avoir
l'émergence
de pôle culturel, pour une
réelle décentralisation cultu¬

relle, qu'indépendamment
du politique. (On pourrait
aussi

éventuellement se
poser la question de savoir
s'il peut y avoir réelle démo¬
cratie locale sans décentrali¬
sation culturelle).
On voit là que la commune
n'intervient en rien (peutêtre même au contraire)

dans le processus d'identifi¬
cation. Et il a même été dit,
lors du débat déjà cité que
des personnes venaient habi¬
ter à Larrazet (ou y res¬

taient) grâce à la dynamique
associative, qui. elle, peut

générer

ce processus.

Identité &amp;

Le

en

:
a

France à faire

parler de lui le plus souvent
dans des zones éloignées des
centres urbains. Il

semble
que les Bretons aient été

parmi les précurseurs dans
les années 1960.
Les zones quelque peu à

l'écart fies technocrates par¬
leraient de "rural profond")
ont

en

effet été très atteintes

la chute de la démogra¬
phie et la perte des forces
par

vives. C'est sans doute pour
ces raisons que leurs habi¬
tants ont été amenés à se

des questions et à
chercher des réponses sur le
devenir de leur région. Pous¬
poser

sés

dans

n° 15

-

leurs

août 1993

retranchements il

plus

souvent

liés

imaginer des

vité

solutions
;
démarche
d'autant plus difficile que
l'état d'esprit général était
allé dans une voie opposée

pendant

une longue période :
progrès vient de la ville ;
on
peut y trouver des
emplois de fonctionnaire ; on
a assez souffert
pendant des

"Le

décennies pour que nos
enfants ne connaissent pas
la même vie, etc".
Le
renversement
des
valeurs (auprès d'une mino¬

rité) s'est opéré à partir de
différentes causes :
l'arrivée dans les zones
—

concernées

de

nouvelles

populations apportant un
regard nouveau sur la
région, avec des pratiques
nouvelles, et également le
retour d'"enfants du pays"
ayant vécu une partie de

leur vie ailleurs et véhiculant
eux aussi d'autres idées
;
des événements particu¬
liers qui ont pu jouer comme
un électrochoc vis-à-vis de la
—

léthargie ambiante

;

le bouleversement de
certaines valeurs, après 68
mais aussi dans les pre¬
mières années de la crise, où
il est apparu que la ville
n'était plus forcément source
de progrès.
Les nouvelles données ont
donc créé des situations qui

derniers

ont

permis des réactions

rapport à
vrement

par

certain désœu¬
au "laiser aller"

un

ou

général qui avait

court

pré¬

cédemment. La question
posée était finalement : quel¬
le vie ici et maintenant ? Il y
a des choses à faire. Pre¬
nons-nous en

Buge

fallu le

a

—

développement

développement local

commencé

Parj-M.

mains.

Il apparaît rapidement que
si les acteurs cherchent à
résoudre un problème précis

qui est souvent le déclen¬
cheur de la démarche, ils
sont amenés à se poser (et à
résoudre) d'autres

précédent : telle acti¬
économique liée à telle

au

autre ou fiée à la disponibili¬
té des logements, telle activi¬
té culturelle liée à l'environ¬
nement ou l'arti3anat, l'école
ou le maintien des personnes

âgées à domicile fiés

au pro¬

blème du transport, etc... Le
nombre d'habitants étant
réduit, ce sont en fait sou¬
vent les mêmes qui doivent
aborder plusieurs questions
de front et avoir par làmême une approche globale
du lieu où ils vivent et des

problèmes qui s'y posent. La
notion de globalité est donc
immédiatement liée à celle
de développement local.
D'autre part, la zone sur

laquelle les problèmes

se

posent et où les solutions

s'envisagent, n'a le plus

vent rien à voir
mune

avec

la

sou¬
com¬

traditionnelle.

Enfin, l'état d'esprit dans
lequel évoluent les nouveaux
acteurs et qui les incite à
aborder différents aspects du
développement local, a aussi
pour conséquence de les
faire travailler avec des
partenaires autres que ceux

qu'on a vus plus haut : asso¬
ciations, partenaires privés
ou

socio-professionnels, ins¬

tances européennes etc... On
voit même certaines régions

travailler avec des parte¬
naires situés de l'autre côté
d'une frontière, si celle-ci est

proche, ou dans des pays du
Tiers-monde, bien plus éloi¬
gnés et confrontés eux aussi
à leurs problèmes de déve¬
loppement local. C'est donc
lorsque les habitants d'un
lieu

ont

conscience des
de leur région et
cherchent des solu¬
qu'ils sont amenés à

atouts

qu'ils
tions,

avoir une approche
globale
de leur environnement et à

travailler dans un esprit non
plus provincial mais de

problèmes décentralisation.

�Linha

Imaginât

Idéntitats
A propos
Aussi les contradicteurs
éventuels de la première

partie de l'article devront
répondre aux questions
posées par les pratiques de
développement local, à
savoir

comment

:

se

fait-il

soient les mêmes per¬
sonnes qui :
se posent des
questions
que ce
—

d'identité locale, non pas en

organisant des colloques,
mais en envisageant parfois
tout simplement leur survie,
en se posant la
question

"Comment exister ici et
maintenant ?", qui est sans
doute la question la plus pri¬
maire en matière d'identité
(fait-elle partie d'une case
des sociologues universi¬
taires ?), mais qui permet
bien de définir par l'action ce
que sont les ressorts de

l'identité
—

ont

;

une

approche anti¬

centralisatrice dans leur
et d'abor¬
der leur lieu de vie. Les
recherches de solutions sont
forcément transversales, par
rapport au centralisme qui a
créé la première situation ;

façon de travailler

—

sont

amenées,

lorsqu'elles abordent le

ter¬

rain juridico-politique, à
créer des structures dépas¬
sant le cadre habituel ;

réinventent aussi cer¬
taines formes de démocratie
locale qui, si elles n'ont rien
de révolutionnaire, appor¬
tent un souffle nouveau sur
le plan local. Les cas de figu¬
re sont bien sur
nombreux,
mais une tendance se dessi¬
ne souvent avec la
création,
d'une part, d'une structure
—

inter-communale (syndicat

inter-communal, district...)
composée d'élus et destinée à
prendre
des
décisions
d'investissements et à être
maître d'ouvrage des opéra¬
tions lourdes, et, d'autre
part, d'une structure asso¬
ciative composée des forces

des identités communales

vives du pays

associations,

(individus,
syndicats

professsionnels, administra¬

par j-m.

Bug©

nement le pari (le mouve¬
ment a déjà commencé),

même

si

ce

n'est

en

soi

tions etc) et chargée de tra¬
vailler à l'élaboration de pro¬
jets. Ces formes sont avant
tout dictées par le désir

l'objectif de personne.
Le problème est donc de
bien comprendre ce que sont

d'action,

base. C'est

il ne faut pas
oublier que dans bien des
régions, avant la démocratie,
ce

car

sont surtout les acteurs

qui manquent. Et le centra¬
lisme français est bien loin
de les avoir suscités, puisque
ce qui est local ne
peut avoir
de valeur universelle, sui¬
vant son principe. Et force
est

de constater que

acteurs
par

ne

sont pas

les

suscités

la structure communale.
Perspectives

Il apparaît donc que le pro¬
blème posé est la concordan¬
ce entre d'une
part les iden¬
tités locales définies par les

aujourd'hui les identités de
l'objet des col¬
loques de Larrazet. Il est à
cet effet important de bien
différencier les questions et
de ne pas parler d'identité
communale. L'expression
d'identité locale semble plus
appropriée, car le lieu est
finalement ce qui définit ce
dont il est question à Larra¬
zet.

Enfin, toute solution au
questionnement sur l'identi¬
té passe d'abord par l'action
sur

le terrain culturel et

social,

comme

depuis

des

l'ont démontré
années les

acteurs de la Linha Ima-

ginòt.

habitants, leur appréhension
de l'espace où ils vivent et

Jean-Marc

Buge

leurs pratiques, et d'autre
part les structures juri¬

diques où s'exercent la
démocratie représentative et
les pouvoirs de décision. Il
est raisonnable de penser
que les secondes doivent

Cortetas...

les pre¬

ttalie.
Ne dites pos aux Italiens que le
Massitia Sound System est fran¬

L'hypothèse selon laquelle

D'ailleurs le provençal est depuis

pouvoir évoluer

avec

mières.
certaines notions juridiques
ont en France exagérément

remplacé les identités socio¬
culturelles locales, implique
que, si ce pays accède un
jour à une réelle décen¬
tralisation culturelle, alors
certaines structures juri¬
diques (par exemple les
petites communes mais sans
doute
aussi
quelques
monstres nationaux; et l'on
verra alors que les deux
étaient liés) tomberont
d'elles-mêmes en désuétude,
remplacées par d'autres,
plus proches des identités du
moment. Prenons-en serei-

çais. Ils ne vous croiront pas.

toujours
comme

un dialecte italien,
chacun sait. Plus sérieu¬

sement, les meilleures critiques
du MSSproviennent de l'autre
côté des Alpes. (J-M B)
Talents.
Un

jury de 29 personnes (L'Evé¬

nement Du Jeudi, la FNAC. Euro¬
pe 2, Sacem, M CM) a désigné
les 10 talents de demain pour la
chanson

française. Parmi eux :
Fabulous Trobadors et Massilla
Sound System. Les autres : MC
Solaar, Princess Erika, Bruno
Maman, Sinclair, les Occiden¬
taux, Didier Sustrac. les Têtes
Raides et Thomas Ferson
n° 15

-

août 1993

�Coup de gueule

La

partouze
des

turelle Baudissienne. Les

courdes

courges sont partout, il n'y

bonheur.

Les télé

en a

que pour elles, ça en
devient zobscène à la fin,

s'affichent

(Popeck, Font et
Lagueyrie,

même l'autre, le marchand
d'histoires de France-lnter
est tombé dans la marmite

Chanson Plus
leur

provinciale (je lui décerne
complaisance la cour¬
ge du Grand Pébron). Bon,
c'est bien joli tout ça mais il
ne faut pas pousser le poti¬
ron trop ioin. Cette mani¬
festation qui alterne le bon,

Overdose à Toulouse. Le
5ème
Printemps
des

tacles

en

trois semaines. Un

festival du rire ? T'as

qu'à

tire-lire

de la

là,

c'est

Drucker. L'homme

rue

s'en fiche, il a les

courgettes sauvages pour
se divertir (Circus Compa gnie, les boy-girls du Lido,
Générik
la Compagnie
contre-pour...), vous savez,
celles qu'on paye moins
parce qu'elles sont d'ici, les
régionales de la table quoi
Seulement voilà, un
Roland le mime,

vapeur,

carrément nul (des recalés
des auditions pour les
varderies du samedi

Bifluorée),

public gaga s'entiche

comme

le moins bon, et surtout le

Courges a déversé sur la
chaussée plus de 80 spec¬

têtes

Michel

et...

sans

Courges

Val,

pâment de

se

Bou-

soir)

croire ! Cette manifestation

doit pas être la forêt qui
cache l'arbre et, si certains

couac

disséminée

(et ils ont raison) s'autori¬

commence

coins de la ville n'a même

sent

gros

coups

l'envergure, ni l'homo¬
généité, qui caractérise un
festival. Il s'agissait avant
tout d'en mettre partout,

comme on dit ici

(Festival

les remises. Faire la courge
pour presque pas un radis
a de quoi mettre les
pas¬

ne

quatre

aux

pas

réellement sélection¬
à l'entrée. Ou "Com

Racines, Piano

ment démontrer

une

-

fois

de

plus que la quantité
supplée la qualité".
Correspondance
de Toulouse
Les

Courges sont bonnes

poires

et

font

aux

Jaco

bins) il existe bel et bien
vide sidéral

sans
ner

des

gonfler

un

matière de

en

programmation intelligente
quatrième ville de

dans la

freurs trouveurs.
Les courges farcies à la
saucisse toulousaine sont

pas au rabais... Ne sontelles pas celles qui pérenni¬
sent le côté pseudo-popu¬

lourdes à

laire de cette manifestation

digérer. En bon

légumes, elles

se répan¬
dent dans toutes les struc¬

tures d'accueil

DDASS. mais pas loin), les
bars, les restos'n'co, elles

Graille, grand cucurbitant
chef de l'action culturelle,

idée grotesque
et... ça marche i
le Prin temps des Courges (qui a
poursuit

clôturé
30
un

avril)

son

sa

5ème édition le

été

sans doute
des événements les plus
a

médiatisés de l'action cul¬
n° 15-août 1993

tèques à plus d'une com¬
pagnie encucurbitée à la
cause. Il paraît même que
certaines
courgettes
seraient

d'envie tous les z'anima-

Vaille que maille, Alain

ça
à jazzer dans

France.
Un
manque
d'ouverture pour les créa¬
teurs chercheurs, déchif-

teurs cuituristes de Toulou¬
se.

-

prépare,

se

(c'est

pas

la

occupent l'espace, aussecourge j'étouffe ! Défiant
toute loi économico-socia¬
le, les voiià qui augmentent
les

cours

de leurs bourse

(quand c'est cher, c'est
bien !?), l'humour n'a pas
de prix coco II!
Sur l'étal municipal les cou-

lions

:

passe de rebel¬
animer les rues et les
en

places publiques oui, mais

tristement franchouillarde ?
Cendrillons du carreau,
elles rêvent aussi de car¬

qui les transformerait
citrouilles, juste après
minuit. Alors, voilà, une fois
de plus le provincialisme
rosse
en

triomphe

sans

gloire, et

l'action culturelle toulousai¬
ne sert la soupe
populiste.
Jacme Gaudas

�Linha

Imaginât

wmmm
Cortetas.

Marti de retour

Assier.
Un rapide déplacement sur un
festival dont on dit du bien, n'a

répondu aux attentes : pas
l'impression de rencontrer une

pas
eu

identité locale.
Certes de la bonne musique, des

improvisations, de l'imagination,
mais comme coupées du lieu et
de la vie qui s'y déroule.
Des lectures de textes

attrappés

quelque étagère, là où l'on
aurait aimé entendre parler les
sur

archives et les habitants d'hier et

d'aujourd'hui. A croire que Assier
n'a pas d'opinions, de messages,
d'envies. Comme quoi il ne suffit
pas de faire venir Bernard Lubat
André Benedetto et d'avoir de
beaux sites, pour faire de la
décentralisation culturelle. (J-M B)
ou

Art et

cyclisme.

José Vaz (un peintre d'ArnaudBernard), expose à Uzeste. Il vou¬
lait s'y rendre à vélo, en tirant ses
tableaux dans

une

cariole. Mais

des difficultés techniques l'en ont

empéché (taille des toiles, stabili¬
té du vélo, du José et de

l'ensemble...) Il
résoudre

ces

a donc décidé de
problêmes pour l'été

prochain, et de couvrir la Linha
Imaginât en bicyclette de Nice à
Uzeste. S'il y parvient, les copains
du quartier lui subventionneront
un tonneau de Sauterne à l'arri¬
vée. Cependant, Céline n'a pas

l'air d'y croire...

(Courage... NDLR)

Stéfan Manganelli et sa chourmo.
Orchestre de reprises (Fugain et

Perret) en provençal. Seraient
meilleurs comme orchestre de
bal. Et s'ils faisaient des textes.
Mais ils assurent. Et Stéfan n'a
peur de rien.

Contact

:

90 65 84 37.

(Firmin devrait les prendre pour la
Calendretas) (C.S)

fête

Création.
Autre

version de

"Va-t-en te bala¬

der" de Dédé Minvielle (musique
de Marc Péronne), écrite par
Claude Sicre, sous le titre "Va-t-en
te Balladur". Un tabac au pro¬
chain Uzeste Festival, n'en dou¬

tons pGS.

:

toujours le même.
Il est bon de savoir que

le Languedoc viticole n'a pas perdu son âme,
qu'il y a encore là-bas - malgré Maastricht, les arrachages et la via¬
tique moderne - des hommes qui se souviennent, qui vivent les pieds
sur une

terre ancienne et la tête rêvant un avenir en d'autres termes

de la technocratie. Bon, Marti, donc, toujours aussi géné¬
reux, tendre, nostalgique, assuré dans la valeur des sentiments forts,
des expériences du compagnonnage humain. Un chêne dans le
pay¬
sage. Qui n'est pas certain de l'être, qui cherche encore comment il a
pu pousser là, qui se montre sensible aux vents de toutes prove¬
nances, sans se plier aux moindres brises de la mode comme le
roseau {"les chanteurs maigres de chez
Guy Lux" ?). Un chêne
débranché, donc, pour faire un jeu de mots idiot. Quand Marti sort les
griffes, ce ne sont plus, comme hier, celles d'un soldat de toutes les
causes toujours perdues toujours à remettre sur le
tapis, plutôt celles
d'un capitaine au long cours qui verrait le monde à travers ses
jumelles. Lointain mais très présent. Désabusé un peu, mais presque
serein. Le kaléidoscope musical et linguistique qu'il revendique peut
passer pour compensatoire, voulant tuer l'image qu'ont donnée de lui
trop de journalistes étiquetteurs, trop de faux amis du mouvement
occitan. Mais pour ceux qui ne savent pas, il est simplement syno¬
nyme d'ouverture, de regards désœillérés sur les spécificités d'un
còp era", et de tranquille assurance face aux mutations en cours.
Je ne sais pas pourquoi, malgré tout, je préférerais un Marti plus
"d'un bloc", même si de bric et de broc, de vrac et de black, un Marti
dont l'unité ne serait pas refus du pluriel mais une de ses synthèses.
Une de ses ouvertures. "Une" comme est toujours "un" le sujet. Je le
verrais bien en père d'un définitif country languedocien, comme un
Guthrie qui sera toujours d'actualité dans son genre limité mais aussi
définitivement ouvert, ou en jeune aïeul d'un new ragamuffin occitan,
comme un Marley qui a conquis le monde avec un seul rythme.
Non
seulement je préférerais, mais j'ai l'intuition que ça serait bon pour
tous, que nous en avons besoin. Que Marti lui-même s'y retrouverait,
redeviendrait spectaculairement ce qu'il est essentiellement depuis le
début, le fondateur de la Cançon Occitana.
que ceux

C. Sicre

Claude Marti :"Et pourtant elle

tourne" CD.
Contact J. Duffour 24700 St-Rémy Tél. : 53 82 49 19
rr

15

-

août 7 993

�Décentralisation a fond !

Attention !
le jazz
vire
à 1« acid »

genre, et non des moindres, comme le bat¬
teur Max Roach (pionnier du be-bop dès le
milieu des années 40), soulignent aujour¬
d'hui les liens de parenté évidents entre ces
deux types de musique : «Le rap, explique
Max Roach, esf sorti du même environne¬

ia musique de Louis Armstrong.
Les jeunes rappeurs n ont pas de groupes
ni d'instruments, n'ont pas appris la mu¬
sique à l'école, et donc se servent des
moyens du bord, c'est-à-dire l'électronique,
pour exprimer leur énergie créatrice. On
n 'est pas loin de l'attitude de Louis Arm¬
strong ou de Buddy Bolden, qui n 'avaient
pas accès au conservatoire de La NouvelleOrléans et qui ont inventé et développé leur
musique avec les instruments qu'ils ont
trouvés à l'époque. » Un rapprochement
s'imposait donc...
ment

que

du

s'offre

intégristes

swing, le jazz

une cure
en

de jouvence

s'ouvrant

musiques nouvelles,
principalement au rap.
C'est I'«acid jazz»,
phénomène européen
à l'origine,
mais l'Amérique

aux

suit ie mouvement...

Après le Massilia Sound
System, l'Olympique de
Marseille est champion

d'Europe. Des journées
et des nuits folles à
Munich et à Marseille,

fêter la victoire
"récupérée par les
Français".
pour

Tatou du MSS

a

de l'avenir.

(J-M B)
Pluridisciplinarité.
Le n° 13 de la Linha

l'Entrepôt au sujet

son

fanzine.

L'Entrepôt, c'est une
association composée
de peintres, photo¬
graphes, sculpteurs,
graffeurs, performeurs,
etc...

qui a pour
but la promotion et la
diffusion de la création

artistique et de mani¬
festations culturelles. Ils
accueillent et

organi¬

sent, et participent
aussi aux manifesta¬
tions d'autrui.

»

j'ai cru

que c'était l'indépen¬
dance de Marseille".

de

l'ampleur du mouvement, les
responsables des labels de jazz les plus
prestigieux ont commencé, depuis quel¬
ques mois, à réagir. Guy Eckstine, person¬
nage influent des disques Verve, ne cache
pas son enthousiasme : « On est en face du
premier événement véritablement impor¬
tant depuis l'électrification du jazz par
Miles Davis. Ce qui se passe actuellement
est un moyen fantastique de ramener les
jeunes vers le jazz, je trouve formidable de
voir des concerts de hip-hop utilisant de
vrais musiciens et je crois que cet esprit Iive

"Pen¬

:

dant deux jours,

citait

Devant

Emoi chez les

Cortetas...
Marseille.

(J-M B)

Poésie.
Alain Abadir Alioà

Philippe BLANCHET

Consos

total)
L'EVD£MENT DU JEUDI

-

29 AVRIL AU 5 MA11993

nous

communique les trois
parties de son recueil
:

(3333 vers au
Pieu-Le-Fou,

Albe et Aurore, Nou¬
veau

Monde.

Alain Abadir Alioà 5,

Félix Crouzat 34160

rue

Sussargues
Tél

Stimulée par ce

phénomène typique¬
ment européen, l'Amérique, depuis peu,
réagit à son tour en se lançant dans une
alliance jugée jusque-là par beaucoup
comme contre nature : celle du jazz et du
rap. Alors que. pendant des années, la plu¬
part des jazzmen, à l'image de la jeune
étoile montante Harry Connick Jr., ont
considéré ie rap comme une expression
d'une rare pauvreté, certains héros du

n° 15

-

août 1995

Moralité

Les rappeurs ne sont pas
de vrais musiciens. Le rap a besoin de
ce

:

qui n'est pas lui (le jazz) pour être
lui.
Idiot. Vieille

chanson, que l'histoire

ridiculisera

d'habitude...
C. Sicre

comme

:

67.86.56.26

Ven de

parèisser.

"Apunta d'alba" de
Max

Lafarga

Recuèlh de poemas.
64 pp. 21X14. Ed Bergerat 33000 Bordèu. 60 F

franco de port.
Max Lafarga "Al

Mas¬

sât" 33210 Sent-Perdon-

de-Concas

�Linha

Imaginât

Portra

ÏÏctvel 48 ïoz'èfe .'À%m;$0

Souvenirs
d'un anarchiste

espagnol

Tout le monde à Mende connaît Monsieur Perez, espagnol, réfugié depuis
ans en Lozère. Peu connaissent la richesse de sa vie dont une
grande

confond avec l'histoire de l'Espagne et du mouvement anarchiste libertaire.

se

A 87 ans,

"Vous

moi, parler de la pluie et du
cela ne m'intéresse pas, je
préfère garder les quelques forces qui
me restent pour communiquer avec des
personnes qui s'ouvrent à ce que je peux
leur transmettre de mon expérience, de
savez

beau temps,

ma

modeste connaissance. Pas

naissance de

ce

vécu dans

pauvre

ma

Monsieur Perez

j'ai vu, entendu,
vie".

que

est

solitaire

et ne sort

visiter son appartement,
dans la synagogue, rue Notre-Dame, à
Mende. Pourtant, sa traversée du siècle
n'est pas ordinaire.
Dès

il raconte. Annie Pannier l'a écouté.
de

chaque individu et
en gé¬
néral, dans l'égalité
de l'humanité
sociale".
Le débit de
cours est

une con¬

naissance de livres, moi lire et écrire, je
ne sais
pas proprement dit, mais la con¬

guère

son

dis¬

extrêmement

rapide. Je tente de lui
poser une question
pour structurer notre

entretien,

le

début

d'une

phrase suffit à
déclencher sa réponse.

que pour

notre

première rencontre, il se pré¬
sente ainsi :"Vous savez moi,
j'étais
toujours contre tous les états, je ris con¬
tre la tyrannie,
que
cette tyrannie soit
maternelle,
nelle,

je ris
contre
la

pater¬

ou autre,

c'est

toujours la tyrannie
et pour moi,
je la
combats'VQuelle en¬

tyrannie

trée

en

matière

;

im¬

médiatement je sens
son
se

avidité à vouloir

libérer de

Quand êtes-vous né ?
"Je suis né

Cirujeda
Il

le monde.

Aragon".
n'a pas osé pronon¬

cer

le

nom

dire,

tant de choses à

si vous voulez

bien m'écouter

-Il sait
que ie

suis là pour cela- Je suis
anarchiste Libertaire, mais c'est un
terme qui a été
détourné, personne ne
sait plus maintenant
que l'anarchisme

signifiait
morale,

toute une

une

philosophie

et une

conception de l'homme a
prônait le dépas¬

de la société. Cet idéal

sement continuel de toute

de

son

vil¬

lage car il ne parle pra- '
tiquement' plus espa¬
gnol ; depuis 1939
qu ' il n ' y est pas retour¬
né, les mots, les sons se
envolés.

sont

montre sa carte

Il

me

de sé¬

jour, il a toujours refu¬
sé de
ser :

faire naturali¬

se

il reste

même si

Espagnol,
l'Espagne de

chose, le pro¬

grès infini. l'amélioration perpétuelle

Monsieur fìere/. 'Voussaver. moi. parler rte ta pluie etdu beau temps, cela ne m'intéresse pas"

dernières années n'est pas
si on la lui a volée.

la sienne,

Vous êtes né dans

une

"Oh !

famille de pauvres

Dans

une

famille...

la moitié de

l'Espagne à cette
époque-là. On était trois, mon père était
un peu clochard,
il n'allait pas à l'église,
le curé disait pendant la messe qu'il ne
comme

"Asseyez-vous, j'ai

1903 à

en

en

ces

tout son

passé auprès d'une
nouvelle génération, certains que ses
leçons d'histoire peuvent faire avancer

vous

cinquante
partie

fallait pas lui donner du travail. La reli¬
gion était tellement forte dans le village
que ce n'était pas le maire qui comman¬
dait mais le curé. Mon père était obligé
de quitter le village. Pour vi vre, avec ma
mère, on ramassait les pommes de terre
pour le propriétaire qui en gardait deux
pour lui et nous en donnait une".

Comment

avez-vous

découvert la

philosophie libertaire ?
C'est un itinéraire qui a commencé très
jeune chez moi. Vous savez, la révolu¬
tion espagnole et ses idéaux, c'est une
affaire qui a été préparée depuis près de
cinquante ans avant. Une histoire m'a
profondément marqué : en 1909 lepouvoira fusillé un homme qui luttaiteontre
l'unique école, catholique ; il prônait
l'école rationaliste,

vous

diriez l'école

laïque ici, mais c'était plus que cela, le
s'agissait d'unephilosophic, appliquée à la pédagogie : l'enfant
découvrait par la vie concrète. Il voulait
offrir l'accès à l'enseignement pour
rationalisme. Il

tous".
n° 15

-

août 1953

�Décer :ialisatic

o

fond !

WMMW.
A

quelle école êtes-vous

suis allé à aucune école,
peut-être par ci par là, quelques
temps,

pas

j'étais une

dès

mauvaise
tête
dès ma
naissance

ma

sance.

17

vers

moi

nais¬

Mais,

bandier 100 pe¬
setas

le

des

deux

ou

copains

Nous
Membre du Comté ntrdulionraœ de

sonne

rédigé

par des anarchistes "La novela
idéal" (Le petit roman de l'idéal).
A

partir de là j'ai réfléchi. Nous avons
un groupe, trouvé des livres,
c'était une période de luttes sociales.
formé

Nous réclamions les 6 heures de travail

me mettre au

n° 15

-

août 1995

24,

France ?

car

je

ne vou¬

des

Barcelone

l'habit kaki, je ne voulais
garde à vous devant per¬

! J'étais antimilitariste et le suis

toujours. De plus, j'étais à Barcelone, à
ce moment, la période était insurrection¬
nelle, le comité de grève se réunissait
dans

camion

un

de

déménage¬
qui tournait

ville,

car

le

pouvoir tirait

sur

les

groupes

de

plus de trots per¬
sonnes
rues.
nes

ont

dans les

Des

pylô¬
électriques

été sarotés,

vie le pas¬

partis vers 22 h du côté
Pyrénées. Il n'y avait pas de lune,
sommes

c'était

épaiant, nous avons marché en
parlant toute la nuit et à 6 heures du ma¬
tin, alors que le soleil se levait, nous
étions à
nous

cent

mètres de la frontière

:

là

étions sauvés. Arrivés à Port Ven-

dres, le passeur m'a offert le déjeuner,
puis m'a mis dans le train : 'Tu compte¬
de gares jusqu'à Matabiau-Toulouse". Là, je savais trouver des compa¬

ras tant

ment
en

jour pour les ouvriers agricoles en
Aragon... Notre idée était de vouloir
ouvrir une bibliothèque à côté de chaque
bistrot, pour éduquer la jeunesse qui
passait son temps au café.
par

en

contreban¬

sage.

café, on a trouvé un petit journal qui était

première fois

révolutionnaire
à partir
de 34

la nuit ;

lais pas porter

Une

c'était

très cher, mais

cé à vouloir écrire, à essayer d'appren¬
dre quelque chose... Puis un jour au

venu en

;

général

et

payé le contre¬

on a commen-

Quand êtes-vous

Je suis au
Comité

dier garantissait sur sa propre

et

trois

l'organi¬

donné 200 F

tête

professeur
cours

affaire,

alors

partir. Ils m'ont

ans,un

donnait

cette

sation m'a fait

plus, parce que
j'étais
une
mauvaise

ĹQzère. ^^'90

j'ai été soup¬
çonné
dans

allé ?

Oh ! moi je ne
ou

-

triotes mauvaises têtes comme moi,
m'ont aidé à trouver du travail.
,

je ne
voulais me
mettre au

garde à
vous

devant

personne

!

Mais arrivant ainsi

en

qui

France, j'ai été

saisi par l'état d'esprit qui y régnait J'ai
écrit à mes amis et je leur ai dit :"Venez
vite ici, c'est le pays de l'Amour Libre,
de la Terre Libre... Oh putain, venez
aussitôt que vous

pouvez..."

�Linha

Actuel 48

Lozère 4Û trim, 90

-

Chez

nous il y avait une telle répression,
n'y avait que la religion, pas question
de sexualité, c'était un grand péché.
J'arrive en France et je trouve des fem¬
mes à volonté, des vignes et de la terre à

il

travailler... Terre libre, amour libre ! Je

suis

devenu

étaient

les françaises

maçon,

contentes

ou avec

de

nous

des hommes

voir,

veuves

revenus en mau¬

vais état de la guerre

de 14, certains
comme fous, gazés, estropiés. Nous
étions du sang neuf, elles nous don¬
naient du travail et parfois nous ou¬

des digues,

qui

que tu ne peux

disaient ^'Là-

la poussée est tellement forte
l'arrêter. Nous avons fait
beaucoup d'erreurs. C'était un moment
de folie, d'envie de liberté aussi.
Depuis quand êtes-vous à

nouveau en

France ?
En

39, je suis parti à l'arrivée de Franco.
février, comme tous ceux qui
avaient eu à voir avec la révolution, j'ai
été arrêté et mis en camp de concentra¬
tion près de
Dès

Montauban, "le

vraient leurs lits...

La

camp

Nous étions là quelques milliers, in¬
fluencés par des idées révolutionnaires.

révolution,

(le camp des

Nous allions

baigner à la rivière
dans un camp de nudistes, imaginez
quelle précocité dans les mœurs, quel
enthousiasme, un peu végétariens, nous
menions de grands débats philosophi¬
nous

ques.
Là

oublié la lutte

vous avez

c'est

cros

QUÌ déborde
n'avions

a

Mende

Nous étions là
un

millier,

nous

pâtissions, nous
sanitaire fermé, alors
fait une tranchée au fond du

aucun

camp et le matin

là, 2 ou 300, le pantalon
enfants, hommes de
tous les âges... Quand je pense qu'il y a

en

non

de Judio"

comme

une riviere

nous avons

en

Espagne ?
Oh,

Imaginât

! Nous étions toujours en con¬
amis restés ; chacun d'en¬

tact avec nos

donnait

l'air,

mamans,

Je suis
donc arrivé

me

bas

c'est

terre

de

une

à Mende

misère,

et j'ai vu
cette belle
terre...

n'y va pas, pars
pour le Mexi¬
que", je ne vou¬
lais pas devenir
un

clandestin,

je voulais pou¬
voir repartir en Espagne combattre le
franquisme. Je suis donc arrivé à
Mende, et j'ai vu cette belle terre..."
Maintenant

sa parole est plus lente, res¬
peut-être à son Aragon natal ;
ici s'arrête une période de son histoire.
En Lozère depuis 50 ans, il aurait sans
doute voulu faire profiter de ses idées.
"Un jour j'ai dit à un responsable lozérien, si les gens de ce pays voulaient, ils
pourraient en faire un pays riche, mais
cela demande une volonté d'ouverture,
de créativité et d'imagination." Sa posi¬
tion de réfugié l'a souvent bâillonné.

semblant

Maintenant le tient farouchement vivant
le désir de transmettre les

leçons de son

jour de salaire par
semaine pour la cause espagnole ; nous
tre nous

achetions des

un

armes

Puces de Saint Semin,
15 F c'était rien.

marché

au

un

aux

pistolet valait

Le 14 avril 31 la

république est
proclamée, nous

France,
terre libre,

tous

sommes

parús et ,le Pre-

amourlibre!

mierm,a.ljepani"

cipaisàlagrande

manifestation de
la Place de la Generalidad à Barcelone où

nous

étions

plus d'un million...En Catalogne une
république indépendante est proclamée,
je suis au comité général révolution¬
naire à partir de 34. C'était un poste très
important pour un pauvre comme moi,
mais presque tous les dirigeants avaient
été éliminés dans les trente dernières an¬

nées. En

juillet 36 à Barcelone lors de
l'insurrection militaire contre la répu¬

blique j'ai vécu des choses terribles ; de
nouveau
beaucoup de copains sont
morts dans ces moments.

Alors ensuite

désir de vengeance s'est emparé de
certains d'entre nous. Il faut compren¬
un

dre, affamés depuis des générations, ils
avaient forcément des comptes à régler.
Vous savez
une

rivière

une

révolution c'est comme

qui déborde,

Actuel 48

-

tu peux mettre

Lozère 9,

48000 Mende Tél.

:

rue

Mende. H avril 1947 : les rélugiés espagnols commémorent la création de la flêpubliQue espagnole. Ils élaienl 700 en Loaére

d'hypocrisie maintenant à se désha¬
biller devant quelqu'un et pourtant dans
ces situations là, qu'est-ce qu'il ne faut
pas faire devant l'humanité ! Puis j'ai
été déplacé au camp de Vemet dans
l'Ariège ; nous étions plus de 18 00Q ré¬
fugiés, gardés parles policiers de Pétain.
tant

Nousétionstrès maltraités

topinambours à

rien que des

manger et nous

subis¬

A 87 ans,
verture

son

Comment êtes-vous arrivé

On m'a dit qu'il fallait que je parte pour
la Lozère ; malgré le consei 1 de mes amis

qu'il

a

trouvé

public, c'est

pour

continuer

combat d'homme libre. Ouvert à

en

Lozère ?

il milite toujours : pour l'ou¬

de la synagogue au

le moyen

sions des humiliations...

de la Couvertoirade

66 65 30 85

;

patrimoine historique : "Je voudrais
bien écrire ma biographie, car vous
savez quand j'entends ici des amis de
Jean-Marie Le Pen, je me dis que s'ils
savaient, ils ne parleraient sûrement pas
comme cela... Alors il faut que les jeu¬
nes sachent ce qui s'est passé".

l'y rencontrer, mais il
parlera pas de la pluie et du beau

tous, vous pourrez
ne vous

temps...

Propos recueillis par Annie Pannier
n° 15

-

août 1993

�Décentralisation à fond !

1940

-

1990

:

Ce

"Jed'épique...
ne

sais

Création et vil e moyenne sont-el es

compatibles ? Il y a ceux qui ne
rêvent que de partir et, parallèlement,
existent ceux qui choisissent de venir, de
revenir, de rester. Qui croirait que dès que

Cortetas..
Fanzines
Le Déclencheur Atlah

(revue d'art
pathétique) ne manque pas d'originali¬
té et de diversité de présentation.
Le Déclencheur Atlah Gabe Baidessin,
La Bastide 30630

tombe la nuit, des hommes et des femmes

Les

DEFI 3, rue Alfred-de-Musset 45000

Un demi-siècle de création.

Orléans. Tél
"Donner lieu
c'est

Antécédents
Dès

sa

fondation

ca

1144, Montauban s'est trouvée

instrument du

les

forts de

moments

Au début du XVIh

sa

comte

en

posture

destinée.
son

municipal. Le double mouvement qui l'anime se tra¬
l'épopée protestante de Jean de Scorbiac, disciple du du
Barras. Génie bipolaire.
A la fin du XVIH* siècle, la tension créatrice avait
changé de
sens : l'événement
politique était à Paris et non à Montauban. C'est
et

Paris, où

se

Philosophes

concentrait la conscience nationale, dans le Paris des

de la Révolution,

vinrent deux Montalbanais,
l'un Guibert, fondateur de la science militaire, l'autre
Olympe de
Gouges, fondatrice du combat féministe. Ils intervenaient pour que
la nation qui s'érigeait ne soit pas une simple abstraction
juridique.
Dans le même esprit travaillèrent le pasteur
Jeanbon SaintAndré,

et

que

de la marine révolutionnaire, et l'éducateurécrivain Gautier-Sauzin, du même âge qu'eux.
Avec son double engagement terrien et communard, surdéter¬
miné par la préciosité du style, Léon Cladel
communiqua à toute
reconstructeur

la création montalbanarse de la fin du

intensément

XIX'

siècle

un

mouvement

épique, cont il resta quelque chose d'indélébile tout
long du XX' siècle.
Montauban impose à l'esprit décentralisateur un sens national,
dépassant la revendication locale manifestement stérile.
au

n.° 15-août 1993

Idées.
idées bienvenues' :

l'objectif de l'Association d'Idées.

d'idées, l'association prend corps
autour d'un terme qui lui sert à la fois
d'axe directeur et de moteur : la Libre
ge

association. Le but est donc de réunir les

circonstances de cette liberté, par
exemple en orchestrant des rencontres,
des débats, des conférences publiques

(occasion de fluidifier la circulation des
en publiant une 'Gazette des

idées), et

ligne de conduite pourrait être décrite
de la façon suivante : on pense depuis
un certain temps qu'il faut faire parler la
rue : c'est à dire lui donner sujets à
conversations mais aussi lui donner la

duit dans

à

38 63 99 20

Idées", circulaire par excellence. La

adhésion à l'édification nationale,
au nouvel ordre institué
par le pouvoir d'Henri IV, le roi baroque
par excellence, s'accompagne d'un puissant irrédentisme intérieur,

religieux

siècle,

aux

:

Lieu de circulation, lieu de rencontres
dans un bon état d'esprit, lieu d'échan¬

de Toulouse pour

faire échec
à l'abbaye de Montauriol, qui occupait un point
stratégique sur
la route du sud au nord, au passage du Tarn. Épisode de la riva¬
lité des pouvoirs de l'Eglise et des pouvoirs politiques, mais non
conflit stérile, puisqu'il s'agissait de construire un pont et d'assu¬
rer la circulation et les
échanges entre deux zones géographiques.
Cette tension créatrice, d'essence &lt; épique », se retrouve sous
des formes variées toui au long de son histoire, en particulier dans
:

avec

Kontact, destiné à créer, notamment
avec la musqué. A signaler, dans la
série "décloisonnement", que le n°l est
financé en grande partie par la DDAS.

rêvent, créent, souvent silencieux,
quelquefois frondeurs,
toujours déterminés ?

conflictuelle

Goudargues.

jeunes d'Orléans se bougent

parole. Le format de la Gazette est celui
d'une affiche (120x80 cm) : une unique
imprimée recto-verso en une cou¬
leur noire, peut-être un rappel des jour-,

feuille

naux

chinois et

japonais qui étaient col¬

lés aux murs.
Didier le Marchand Association d'Idées
53, rue de Patay 75013 Paris. Tél : (1) 44
24 02 41
GFEN.

L'écriture et la lecture sont toujours des
préoccupations du Groupe Français
d'Education Nouvelle. Il a fait l'inventai¬
re

des parutions abordant

les numéros de

sa revue

sujet dans
'Dialogue' et

ce

les publications de ses secteurs et

groupes régionaux.
GFEN 31 Ecole maternelle Victor
Hugo, 2

impasse Foulquier31100 Toulouse Tél.
61 40 08 03 -61 34 00 51

:

�Linha

Imaginât

Félix Castan
1940

-

1990

:

Ce

"Je
ne sais
quoi"
d'épique.

Les historiens

Janine Garrisson et Daniel Ligou, l'historienne de
Guicharnaud, élargissant les travaux de la grande tra¬
dition érudite du siècle dernier, témoignent, en prenant
leur ville
comme objet d'étude, pour le moins d'ambitions
pareillement natio¬
nales, de même que le géographe Albert Cavaillé.
l'art Hélène

r-

MONTAUBAN

Un cadre d'action
Les relations

avec

la vie intellectuelle toulousaine

ne

sont

pas

aussi intenses

qu'on pourrait le souhaiter. Chaque ville, et c'est vrai
des autres chefs-lieux, maintient une relative autarcie. Les villes et
villages du département protègent de leur côté leur indépendance
leur chef-lieu. En revanche, ni Toulouse, ni Montauban, ni

contre

Moissac,

aucune

communauté, ici

de Paris. Le centralisme souffle
de salut ?

ailleurs,
tempête... Où

refuse l'air
sont les récifs

comme

en

ne

Le rapport

à Toulouse. - En face du centralisme ne pèse guère
parole d'une petite ville.
Celle-ci ne peut maintenir son intégrité qu'en cherchant des
alliances. Alliances de villes : amphyctionies culturelles.
Il est de l'intérêt de la nation même que ne soient
pas tuées
dans l'œuf les inspirations dont telle ville est porteuse, et
que le
centralisme, ennemi de la nation, occulte et détruit.
En intervenant sur le terrain des arts plastiques, les équipes
montalbanaises avaient, de 1954 à 1963, polarisé la création de la
région
toulousaine et par là joué un rôle de
capitale, dont Toulouse béné¬
ficia. Le relais,a été pris par les Rencontres d'art... Le
projet décen¬
tralisateur s'est en outre déplacé à la Môstra del Larzac.
la

Le Festival
senté

la Place de Montauban s'est, dès
l'origine, pré¬
remplissant une fonction proprement régionale, le
support n'ayant d'équivalent ni à Toulouse ni dans ses
sur

comme

monument

environs, mais l'évidence n'en a pas été perçue comme elle aurait
l'être. De même, le Centre du
baroque ne saurait ignorer

dû

l'importance du destin baroque de Toulouse, partout visible dans
rues, dans ses églises et ses musées ; et de son université. Il
en va de même de l'Orchestre
baroque de Montauban, qui ne peut
qu'occuper une place privilégiée dans le cœur de Toulouse.
ses

Corfetas...

Ainsi doit s'instaurer une constellation de structures et d'actions
de haut niveau, autour de la
capitale toulousaine, en partant des
villes environnantes et de circonstances bien cernées, correctement

exploitées. Ce n'est

ignorer la capitale, c'est renforcer ses pou¬
garde ses vir¬
tualités de lieu de confrontation, d'agitation, de
démultiplication,
grâce à un milieu intellectuel nombreux, et elle doit jouer un rôle
décisif dans l'organisation d'une arène
critique, par laquelle se défi¬
théâtre et ia musique, avec en prime
nit sa fonction même de capitale.
une émission sur radio
Clapas {Rzbuz. le
11 faut savoir qu'en l'absence de
capitales, ou, pour être pré¬
mercredi de 23 h à minuit). Bref : une
en l'absence de contre-capitales, le centralisme continuera à
cis,
bande de jeunes pleins d'idées. (J-M B)
jouer
sur la
dispersion et l'émiettement pour s'imposer sans obstacle. Les
Teuchipa TCP 20 rue des Barrys
contre-capitales ont une mission de contre-feu. Cette mission les
34380 St-Martin de Londres
Tél : 67 55 74 55
grandit, et par là, elles ressaisissent leur destin.
Teuchipa.
Tremplin pour une Culture Populaire
(TCP) : c'est une association qui publie
"Le Nullard' et qui sévit aussi dans le

voirs

et

stimuler

une

pas

vitalité décentralisée. La capitale

s:.;.:-:.:.:.;.:.:.:.

n°

15-août 1993

�Décentralisation a fond !
y+*ys:ii

1940

Le rapport

capitales
Le

:

sort

d

à Paris.

Ce

:

ensais
eJ"
quoi" d'épique...

La brèche dans le centralisme est celle des
seule structurelle... La vie culturelle se réorganise alors
plusieuts pôles.

de

autour

1990

-

ville

une

comme

Montauban

est

en

partie

gouverné

par le destin de sa capitale toulousaine, auquel elle apporte sa con¬
tribution. Mais l'activité montalbanaise, tant ses facteurs et ses vec¬

multiples et complexes, peut être considérée d'un autre
point de vue. Plus radical.
Qu'Olympe de Gouges soit née à Montauban, c'est une chose,
qui aide à comprendre l'identité patrimoniale de cette ville. Mais
si, en référence à ce fait historique, la décision est prise d'organi¬
teurs sont

ser

à Montauban

de la femme

en

point d'ancrage

un

Cortetas...

-

lieu de

France

et

de réflexion sur le destin
dans le monde d'aujourd'hui, alors un
rencontre et

constitue qu'aucune capitale ne peut lui ravir.
approprié une parcelle du feu central.
C'est un peu ce qui se passe, après trente ans d'existence, avec
un Centre international de synthèse du
baroque qui a élaboré pro¬
gressivement une méthodologie scientifique originale.
Autre point d'ancrage irréductible, l'intervention sur le chan¬
se

Montauban s'est

tier du militantisme occitan

(à Montauban paraît le journal L'Occi¬
dirigé par Jacme Taupiac, maître de linguistique). Quel que
soit le heu, celui-ci a un rôle de synthèse et d'orientation, de
géné¬
ralisation des concepts... Mais la catalyse n'a lieu évidemment
que
tan,

"Terroir

spectacle " :
Tric-Trac définit
son nouveau spectacle bilingue fran¬
çais-occitan où se mêlent le drame, le

C'est ainsi que le groupe

rire, la comédie et le rock.
Tric-Trac, Bois-ie-Neuf 09700 Saverdun.
Tél : 61 60 31 45-61 26 88 56.

Sète.
L'association Athénée

concert-théatre, après un incendie
dévastateur. Une initiative qui mérite
d'être soutenue. (J-M B)
Athénée, 10 quai de la République
34200 Sète. Tél

Betty Daël

dans

ce

sens

ont

:

montrer

voies

se

sont

attachées à défricher les

théoriques d'une décentralisation inconcevable

sans

théorie.

Le rapport à Montauban. - Les Assises sont bâties sur
l'échange
le pouvoir institutionnel et les acteurs sur le terrain. La

67 74 12 85. Fax

:

67 74

Jean-Michel Lianes

communique la présentation de
spectacle 'Petits contes nègres
pour les enfants des Blancs' de Biaise
Cendrars, sur une mise en scène de

nous

son

Michel Benizri.
J-M Lianes, les Blanchereaux 24420

Mayac. Tél

:

53 05 94 60.
Adour.

Jazz

+

Favorite

Things développe à
créa¬

Tarbes la diffusion des musiques
tives dans le domaine du jazz

et de

l'innovation musicale.

-

de la décentralisation culturelle,

:

22 00.

sort de ses retranchements, pour se mettre au service de
la vie culturelle, inconditionnellement. Christian
Poulanges

orienté les manifestations de Montauban-Caméra
qu'il existe une créativité cinématographi¬
que occitane de grande envergure, attentive aux contextes et aux
lieux
André Tédriné, notre compatriote, en est un
exemple
majeur.
Sans de tels points d'ancrage, la force des capitales elle-même
ne serait pas suffisante à combattre victorieusement un centralisme
monstrueux, capable de dévorer toute la jeunesse du territoire.
Les confrontations d'idées qui ont lieu à Montauban
depuis des
décennies, et qui ont été systématisées dans les Assises nationales
et

mobilise

autour de la réalisation d'une salle café-

là où il
toute

se

Favorite

Things, Maison des Associations,
quai de l'Adour 65000 Tarbes.
Femmes.

Le groupe

Amer Titicaca Production
présente son spectacle de bar-théatre
"Les Décamésirantes", qui traite de la
sexualité féminine. Trois comédiennes

représentent chacune un état de la
féminité, de façon crue et directe, sans
entrer dans la vulgarité. Tél. : 91 91 73 46
-91 33 75 47.

entre

méthode

l'institution sorte de sa cage spéculative et
expressions, aux individus et aux groupes. Symé¬
triquement, il importe que les acteurs indépendants se mènent au

s'intéresse

implique
aux

que

libres

Tutti-Frutti.
Le groupe francique Tutti-Frutti vient de
sortir son CD "Trans-Eurock-Express'. Un

itinéraire rock d travers l'Europe anti¬
chevet, d'une nation malade de l'obsession unitariste.
raciste,
polyglotte et transfrontalière : un
n'est
Montauban
pas seule au milieu du désert. Le Festival
mélange
détonnant en français, fran¬
« Alors chante... » a conduit ses chanteurs
dans les fermes et des
cique,
italien,
grec, arabe, allemand et
lieux ordinairement clos. Quant au Festival théâtral, il a
interrogé anglais. Le CD est disponible au prix de
les animateurs de toutes les communes du Tarn-et-Garonne
pour 115 F franco de port à : "Réseau Rock et
comprendre leur diversité et leurs démarches. Il poursuit avec le
Région' 1 7, rue de la Perdrix
village de Larrazet une réflexion sur les identités communales, notion
57100 Thionville.

service,

à

au

laquelle la pensée française
n° 15

-

août 1995

est en

généra] allergique. Du moin-

�Linha

1940

-

1990

:

Ce-4^

Imaginât

^í^^^-o^épjque^.

Cortetas...
Germ-Louron.
Identité locale en pleine effervescence
à Germ-Louron, village de 27 habitants

perché à quelques encablures du col
de Peyressourde. L'organisation d'un
festival

dre

village à la capitale de la France, une typologie des communes
(villages/villes/capitales) obéissant à deux déterminations, l'une poli¬
tique (municipalité), l'autre pédagogique (école), fournit une base
à l'animation culturelle dont

ration

après génération... Pas de

s'y fait pas sans fausses notes propres normes, et

ne

tous

les individus

ont

besoin, géné¬

chaque entité génère ses
établit des coopérations intercommunales selon
recettes,

ni

incompréhensions. Mais si la première ses convenances.
édition s'est passée dans l'ignorance du
Montauban se trouve donc placée à l'intersection de deux dyna¬
village, la réflexion, le dialogue et la
miques : une dynamique décentralisatrice et une dynamique iden¬
complémentarité des compétences ont titaire... A ce niveau, les villes sont
les creusets d'une rénovation
permis à la seconde (avec les Fabulous
de la conscience communautaire, les espaces qu'il faut conquérir
les
Trobadors.

Femmouzes T. Vieussens,

prioritairement pour refaire une santé à la nation, les nœuds des
auspices. grands réseaux de l'avenir, libérateurs des énergies individuelles, les
Le dialogue inter-générations semble
points forts de la fraternité des esprits, les synapses des neurones...
Dans les manifestations (création ou organisation) qui émanent de
amorcé, et il y a fort à parier que l'on
reparlera bientôt de Germ-Louron sur la Montauban, on perçoit généralement un obscur refus de l'immo¬
bilité. Point subjectivisme. Plutôt épopée. Laquelle se définit par
Linha. (J-M B)
l'un des leitmotive de la pensée d'Antonin Perbosc, qui mériterait
Bokson.
d'être philosophiquement élaboré : le concept occitan à'abeluc. Con¬
C'est un bar-concert-rock d'une capa¬
cité de 700 personnes à 7 km de
cept qui signifie le vouloir-vivre venant du fond des âges, mais aussi
Cahors. Projet d'un écran vidéo géant.
la joie de vivre, et encore la vérité du vivre, un vivre qui est un
Possibilité de louer une salle pour ses
agir et un ouvrage, au sein duquel l'individu et l'espèce se con¬
propres festivités.
fondent ou plutôt se stimulent et se confortent mutuellement, dans
MTB Trio. Bernardo

dérouler

sous

Contact

:

Sandoval...) de

se

de bien meilleurs

62 68 10 65

-

59 25 54 10.

Adresse postale : P. Leder 6, rue des Ton¬
neliers 64000 Bayonne.

l'ouverture

et

la libre invention du futur.

Extrait de"Montauban

Le Florida

-

Solaire

et

Plus qu'un bar, c'est une salle de répéti¬
une salle de spectacle pour les

Castanjî

n°12, juin 1993.

tion et

groupes de
Le Florida

mesurée" (Félix

Editions Autrement, série France

:

là et d'ailleurs.

bd Carnot BP 167 47005

Agen Cedex. Tél : 53 47 59 54 Fax : 53 47
62 90

Alternatives.

L'école n'est pas obligatoire !
truction qui l'est. L'association

C'est l'ins¬

Apprendre Autrement aide les parents
à envisager une instruction donnée par
la famille. Et l'association Apprendre Ail¬
leurs propose, elle, de faire découvrir à
des enfants des civilisations différentes
de la leur.

L'Association Toulousaine
accueillait le 23

d'Ecologie les
juin à Bioasis, 21 rue des

Amidonniers à Toulouse.

Lu

cjuji.

paX Ceux
il OlL mh

cj&amp;^ùuJ Spj

&lt;Z

tsiSacS?
AeuTL/Re.

..

Espéranto.
SAT

Amikaro

d'Espéranto Informations
n°477 (décembre 1992),
de Claude Hagège, Umberto Eco, et
-

traite dans

son

des éditions Gallimard. On pourra

regretter que les analyses se limitent aux
sensu de la langue espé¬
ranto. (J-M B)

intérêts stricto

n° 15

-

ooa

/993

�Décentralisation

~ond !

c

Des questions, des

réponsesl

mois surtout pour toi lecteur une demande,
fi

TON cvis, qui sont

/\
/

et

|

que

font

les

comédiens(nes),

acteurs,
en
metteurs
scène, 'fin bref gens de
théââtreu (l'accent) qui
lisent la Linha

On

en

imaginât ?

entend peu parler,

part quelques trucs

à

sur

Benedetto...
—

Bon,

Avignon aussi,

Occitanie et

tu

com¬

"Théâtre",
"théâtre", quel théâtre ?
mal.

Ben... chais pas... et je
m'en fous. Le théâtre quoi,

en

pleine
plein été II!
en

Alors...

Confonds pas tout, mon
gars. Le théâtre n'a fonc¬
tionné et ne fonctionne

—

qui parlent, ceux qui bou¬
gent... ou les deux, ceux
qui adaptent et ceux qui
écrivent, les bricoles, les
intellos... puis ceux qui ont

peu

de jeune
public, un peu d'Assedic
et... basta, ça roule.
un peu

l'argent

Qu'est-ce que tu teur veux ?

—

veux

parler.

Waaa ! L'autre II!
Ben

quoi ! "Linha Ima

ginòt', 'décentralisation
culturelle", "Plus nombreux
on

est moins con'... c'est

super tout ça,

mais

pour¬

Mal, ça roule mal. Les
institutions, les politiques,

spectacles
qu'ils financent... quand ce
n'est pas des poupreries
qui viennent de Paris ! C'est
la folie complète Mi
C'est vrai qu'il faut de

—

Je

-

pour monter un

spectacle, et du public, et
des points de chute pour
aller jouer, mais il faut aussi
des énergies, comment on
fait nous ? Et ton pote, à
Toulon, il a pas du public,
lui ? Il doit il y en avoir
d'autres qu'on connaît
pas...
D'une
certaine
manière, il n'y a que les
amateurs (par définition,
"ceux qui aiment") qui y
arrivent un peu. Ils se ren¬

quoi dans le scectacle
vivant y' auraiî il que les
musicos
qui
seraient
capables de se rencontrer,

jouent, ils ont d'autres

de

blèmes aussi, ils

se

gérer, d'echanger,

de circuler, d'avoir des

réseaux ?...
n'est pas

La

capitale
qu'à Pcns, elle est

n° 15-août 1993

On

me

vous

pouvez

voir !

pas attendre

va

vieux

façons jamais assez, aux¬
quelles on s'accrochera
sans
prendre trop de
risques et en verrouillant.
Oui, je vois un peu ce

tu veux dire... Que
comptes tu faire ?
que

Ecrire.

—

accueillir les

lieu, ceux qui galèrent,
ceux qui ont des subven¬
tions, ceux qui en vou¬
draient, les reconnus et les
autres, tous les outres...
Ça va, ça va... et alors ?

—

venir

—

—

donnent des ronds aux
lieux de diffusion pour

un

—

voir et

vous

de subventions, de toutes

un

—

dans la rue, en salle, ceux

je l'ai le temps, moi,
je le prends. Je peux venir

délabrées,

ou

Les salles,

sont vides... Alors

d'atelier,

Mais

—

ne sont pas

niers publics.

quand elles

et deviens amateur ha-ha II!

d'être
petit bout par petit
bout pour récupérer, à
l'usure, quelques misères

toujours qu'avec les der¬

inexistantes

déjà

mences

en

contrent, vont les uns chez
les autres, échangent,
se

pro¬

plai¬

gnent du manque de
temps mais...
Hé ! prends un boulot (!)

—

Jean Michel Lianes

Cortetas...
Le COCAB

a

réalisé

une

Expos :
exposi¬

tion

pédagogique destinée aux
pédagogues, portant sur la vie

culturelle et les combats quoti¬
diens du quartier Arnaud-Ber¬
nard

{revendications et Repas

de Quartier, Carnaval, rôle du
Comité de quartier, etc...)

Renseignements et location
F, Ducom ló,

rue

:

de Toul

31000 Toulouse

Tél.

62. 27. 03. 46

:

On peut aussi se procurer
une dizaine d'expositions
réalisées par Claude Sicre sur les

thèmes de la "Littérature de Cor-

del"(improvisation poétique du
brésilien), "le Carnaval

Noraeste

de Toulouse", TOccitanie

tée

aux

"Le

racon¬

enfants par des enfants",

tango", 'Carlos Gardel", "Le
blues payasan", etc...

Pour tous
location

renseignements et

Francis Blot 19, rue de
la Chaîne 31000 Toulouse
:

Tél.

:

61. 23.58. 55

�Linha

Imaginòf

Diogène le chat noir
Voici l'histoire
de

l'impasse

domestiques
de

ou

lucratives

voisins,

ses

comme un

vivait

il

roi solitaire sous

leurs voitures, et

jetait sur
regard insolent de

Grimaud où

eux un

vivaient,
où vivent

jour, l'équilibre morne de
ce petit monde fut sérieu¬
sement remis en question

encore

liberté absolue. Mais,

cinq

un

"L'ENTREPOT", pour contri¬
façon à la
lutte anti-béton. Le graff,
art direct, bariolé et pirate,
buer à notre

transforme le béton

en

tableau, là où les promo¬
teurs le transforment

en

par les spéculations immo¬
bilières de la propriétaire

argent.
Aujourd'hui, le mur semble
plus solide et mieux armé
pour affronter les bulldo¬

du cul de

zers.

ce

sac,

derrière

Le restera-t-il

long¬

elle
lequel
possède
quelques mètres carrés.
Elle prétendait abattre

temps ? Les négociations
et compromissions juri¬
diques auront-elles raison

quartier populaire mont-

notre mur, afin d'ouvrir

de lui ? Va savoir I?

pelliérain du nom de "Fau¬
bourg Bouton net", ses

rue

familles.Située dans

ancien

un

habitants menaient
blement leur

paisi¬
petit train-

dant

au

futur immeuble

qu'elle comptait ériger et
exploiter.

train quotidien,

Quel

soi et

Grand

replié sur
rythmé par d'imbé¬
ciles litiges au sujet
de places de voi¬

une

à double-sens accé¬

bouleversement

En tous cas,
chat

noir

Diogène le

s'en

moque

éperdument !

!

remue-ménage

Chéru.

tures, d'horaires de

remplissage de LA "
poubelle,
et
quelques autres
5^
problèmes
tout
aussi passionnants !
Cependant,
ce ^
cadre
cet

villageois,

îlot de tran¬

quillité au cœur de
Montpellier-la-

mégalo, entre les boule¬
vards périphériques, les
cubes

en

béton

"Fré-

chiens" et autres HLM

en

dans toutes les

paires de
pantoufles de l'impasse,
pour une fois solidaires

dans

une

procédure judi¬

légo façon péplum (cf

ciaire et contestataire.

Antigone), s'est trouvé être

Touchés dans nos sensibili¬
tés d'anarchistes à l'idée

le

lieu de retraite idéal

pour un chat noir dont
nombre de cousins ont fini

écrabouillés

sur

les voies

rapides de la ville. Mépri¬
sant les

préoccupations

de

ce

chat dont

on

masquer le soleil,
avons

de

recouru

aux

allait
nous

talents

graffeurs de nos amis
anartistes de l'association

En

cas

de

contactez

révolution,
"L'ENTRE

POT" chez

Nelly au 66
01 21 42, ou Laurent au
66 80 23 98, et I.S.A
(Initiative Solidarité
Alternative)
au
2,
impasse Grimaud.

n° 15

-

août 1993

■

�Décentralisation à fond !

Marsilha
Cuebre-fuec

sus

la

plana

Aquò, l'aviam jamai vist : 3 seradas de festa diris tôt Marsilha e especialament a la Plana Sant Miqueu! Era
dissabte lo 29 de mai, eran 2 oras de matin e lei cafetons de la plaça venián de sarrar. Una
pichòta chorma
d'un centenau de personas cridavan, un darrier côp, lei cansons de l'estadi. Subran, arribèt una veitura de
policia; quauqueis uniformes n'en sòrtèron, chins à l'estaca. Segur que la calor mediterraneana qué reinava
sus la Plana tombèt leù-leù e
faguèt plaça a un freg siberian. Per lo côp de rescaufar l'ambient, quauquei votz
mandèron "Pasqua, Pasqua, on t'encule !", repres en cor
per tôt lo public. Picats, leis uniformes réagissèron e
agantéron brutalament una drôlla. Lei gents s'interposèron; côps de calôssa e largar de chins li respondèron.
Dei veituras de policia arribèron de tôt caire de la Plana, serenas udolantas.
Quauquei botelhas volèron en
direccion dei CRS que carguèron la molonada dos
côps. Fogueriam totei dos engabiats sins mainagements,
direccion l'EvescaL Au tèrme de la gàrdia a vista,
fogueriam inculpats d'otratgi a menistre, rébellion ai forças
de l'ordre, côps et nafraduras a
agent e destruccion de mobilier administratiu, un de nautres aguent endoinatgiat un vehicul de policia, çô pareis.
Si remembrarà que lei
suetuda par lei suportars

forças de policia devián, de vespre

a l'Estadi Vélodrome, si môstrar plenas de mandau
PSG
nazis
qu'an pas manco esitat a tirar de fusadas dins la molonada. Lei côndés s'en prenguèron pusleù ai suportars marsilhés révoltais ! A la Plana, l'intervenciori de la
policia
—preparada, vista la rapiditat dei renfôrçs— foguèt dirigida contra una chorma de festards, cèrt a tissats per
una Victoria
justament arrosada mai en deguna maniera menaçants. Meme la policia podriá pas dire de violencias qu'aurián estadas comessas a la Plana per justificar son intervencion. La ràbia dei côndés contrastava
dalhors emé la bôna umor promiera d'aquela
acampada. An pas mai esitat de provocar leis abitants dau barri
que protestavon de sei fenèstras contra aquesta caçà a l'òme. E per quant a l'otratgi a menistre, saupiem que
reven desenant ai
brigadas de nuèch de la Seguretat Urbana de définir la libertat d'expression publica...

Evidentament, aquô's pas mai qu'un episôdi suplementari dins lo tarabustament policier sus lo bàrri de la
garrolhas fachas ai bars, interdicdon de faire jogar lei gropes de musica locaus, descendas côp-deponh, tôt aquô apielat per una campanha de prernsa demagogica. La Plana es lo solet quartier centrau monte
l'a una vida nuechenca que lei joines
de tota la vil a si pôdon retrobar, luenh de l'atmosféra pessugueta de certans autreis endrechs trevats per la classa
miejana e lei franchimands de tota espècia. Sembla qu'aquô fague
taca dins lo décor. La Plana fa un
pauc en détz-e-vuech dins lo "nouveau visage de Marseille" que nous preparan per l'an 2000, e beleù que l'intervencion poiiáera de l'autre nuech sona lo començament de çô que leis
autoritats dison "la Reconquête du centre ville" ?
Plana:

La

de

policia justifica de costuma nombre de seis intervencions contra leis establiments dau quartier au nom
planhs per chafaret nuechenc (fau notar que fins a uéi ges de planhant s'es encara manifestât per çô qu'es

de nostre chafaret de l'autre nuechada) E alora?! Nautres lei Marsilhés, coma totei lei
Mediterranéans, aiman
faire de bruch —çô qu'es una dei manifestacions elementari de la vida, eto! Mai lei normes et leis interdichs

impausats aquito per l'Estat fiancés son estats tant interiorisats per força gents, dins aqueu desèrt qu'era venguda Marsilha fa gaire, que n'i a encara que sopòrtan pas lo trin de la joventura. Que lei maquinas faguesson
de bruch (brandilhaires, veituras, televisors...) passa
encara, mai que de joines n'en faguesson, que non!
Capons de joines! Capons de Marsilhés, sempre tant bramadis!*

Sauprem desenant que se la télévision basta pas per vuejar lei carrieras après 20 oras, la policia H provesis
dei bastian-contrari. Sauprem qu'es lo Ministèri de l'Interior que définis lei conduchas e leis usanças
culturalas dins la vila de Marsilha. Sauprem qu'es enebit de cantar
per carriera —la costuma de cantar, a
Marsilha, sera perduda l'a aperaqui 50 ans, coma si perdiá l'usatgide la lenga d'aqui. La policia
velha de que
e

si carga

revengue pas.
Passam

en

procès lo 29 de jurth,

a

14 oras, davans la 5*™ Cambra Correccionala.
Lei dos

"

inculpats dau 29 de mai.

Segur, dins un pais que tant de joines li son estât abatuts oer de francés rniejans, soncament per aguer fach de bruch sota sei fenèstras,
podriam quasi nos estimar urôs de s'en tirar emé quauquei monoeojras de chins, quauquei bofigas e una nuechada a l'Evescat!
n° 15

-

août 1993

43^

�Linha

Imaginòî

llilllil
Sortir de la réserva.,,

L'exemple recent del "Collectiu per la promotion de las lengas e del bilinguisme natural" me fa tornar pensar al biais
qu'avem a l'IEO Cantal, de far avançar nòstras idèias. Avem fachas (e capitadas) tantas de causas que poiriam aver
la tentacion, qualque còp, de ò far tôt sol, jos nòstra bandièira, en
regretar sovent que "les autres" seguissen pas,
que s'en foten del devenir d'aquela cultura que nos fa bolegar e somiar...
Es vertat que la "volontat politica", l'amira, sèm nautres
que la portam e que devem saber i donar del còs de l'espessor, un contengut concrèt. Mès res se devolopará pas sens una dubertura a l'ensemble de la societat, una concertacion franca, una recerca capuda del partenariat e del trabalh en comun.
Aquela estrategia passa per d'accion pichonas, de cada jom, viscudas e concrètas tan plan coma per de realisacions mediaticas.
Nos cal faire de tal elegit, tal responsable tal entrepreneire, tal
parent d'escolan, tal artista o tôt simplament tala persona, dels portaires totjorn mai nombroses de l'exigència d'un drech a una cultura, a una
lenga vivas dins lo respièch dels engajaments de cadun.
Cada còp que trabalham atau, sortem un pauc mai de la resèrva e trobam del vam...
Bemat Giacomo

La cosina novela d'ier.
Les rencontres de la Nouvelle Cuisine
d'hier, organisées par l'IEO dans les

modernes locaux de l'Ecole de
de l'IFPP

Boulangerie
d'Aurillac, ont rassemblé des prati¬

ciens et des théoritiens de cette forme des

développements des

pays.
Les démonstrations culinaires par

Eliane

Comelade (la coca del pesebre, la coca

d'espinarçs) et Anne Marie Neuvic (un
picaucèl à l'ortie) ont été bien suivies (y
compris par un professeur de cuisine et par
des élèves cuisiniers) et la dégustation des
préparations a bien convaincu de l'intérêt de
cette conception de la cuisine.
Le marché de pays a été bien fréquenté.
Les producteurs sont repartis satisfaits de
leurs ventes. Un producteur d'estofinada
congelée y a même trouvé un distributeur.
"Musicòta" (qui joue la Nouvelle Musique
d'hier en ajoutant à la cabreta et à l'accor¬
déon des percussions et des cuivres) a bien
animé le marché et

a

même anthousiasmé

amateur de groupes folkloriques.
Les communications et les confrontations

un

ont été

intéressantes. Il était inévitable

qu'un intervenant prestigieux vienne nous
proposer une "hybridation" de la cuisine et
du "théAAtre". L'assistance a vivement réagi
à cette "folklorisation"

ou

"touristification du

monde rural. Jadis, pour punir Pharaon.
Jehovah envoya 9 plaies au pauvre peuple

d'Egypte. IL faut

que nos modernes pha¬
soient rendus biens coupable pour
que l'Eternel nous envoie des "théâtreux
raons se

autrement

plus budjetivores et décérébrants

que les sauterelles.
Il faut bien convenir que les communica¬
tions et les confrontations n'ont rassemblé

qu'une trentaine de personnes dont seule¬
ment une vingtaine de payantes. Ces
chiffres ne sont pas décevants : La Nouvelle
Cuisine d'hier n'a que 4 ans d'existance ;
les autres secteurs de l'IEO qui "marchent"
bien maintenant ont "ramé" pendant 15 ou

ve

20

en

avant d'arriver

succès popu¬
laires. L'essentiel est d'être dans la bonne
voie. Il faudra du temps avant que la nou¬
ans

aux

veauté soit comprise.
La crise de la société industrielle est pro¬
fonde et durable. Le productivisme tend
seuil et

peut produire de plus en
plus de surproduction et de chômage ;
après les quotas agricoles, on va vers les
quotas industriels. Ce ne sont pas les
voltes-faces du corps électoral et les "chan¬
gements politiques" qui infléchiront la ten¬
vers un

ne

dance.

Cette réalité est dure à penser ; tout le
monde veut

espérer une "reprise de la crois¬
(l'ex-croissance) qui ne peut cepen¬
dant que conduire plus rapidement dans le
mur. Quand les productivistes parlent de
"diversification", ils pensent à l'industrialisa¬
tion de nouvelles filières jusqu'à ce qu'elles
sance"

aillent dans le

mur.

le Cuisine d'hier

se

table alternative

:

physique
plaisir, la santé mentale du mangeur.
cela elle est culturelle : elle organise nos

et le

En

rapports avec notre propre corps naturel et
avec

la nature. Elle est aussi

économique

amont, elle conditionne l'existence

ou

:
la

disparition de la production locale des ali¬
ments (de la fourche à la fourchette). Il ne
faut guère compter sur l'agroalimentaire
pour assurer la pérennité des lentilles et des
pois secs de la Planèze ou de l'épeautre du
mont Ventoux qui sont si "bonnes" pour
notre santé. En

santé donc elle

aval, elle conditionne la

dégonfle les "dépenses de

santé".
En sortant des filières,

en revenant au

à leurs productions adaptées aux
terroirs, elle réintègre la diversité là où
l'agroalimentaire impose la banalisation.
Peut-être, quand la crise "industrielle" aura
produit encore plus de surproduction, de
chômage, d'exclusion, de "malaise dans la
pays et

civilisation" et de violences urbaines, si les

Au contraire, La Nouvel¬
situe dans la seule véri¬

pays n'ont pas été totalement dévastés, on
comprendra que vivre c'est tout autre chause que de produire toujours plus. La Nouvel¬
le Cuisine d'hier prépare cette réappropria¬

le

tion de la nourriture et cette renaissance

pays (et non plus des
tion" de l'économie.

développement des
filières), la "repaysa-

La "Nouvelle Cuisine d'hier"
comme on

à la bouffe agro-alimentaire et au néfas-

te-food. Elle vise d'abord la santé

ce n'est pas,
le croit, la résurrection des

vieilles recetttes pour un retour au

passé et

pour l'émerveillement des touristes ; ce
n'est pas la fuite du présent, c'est la prépa¬
ration de l'avenir.

des pays.
Les actes du colloque sont disponibles au
prix de 60 francs à UEO. 9 cité Clair-Vivre
15000 Aurillac. (Chèques à l'ordre de l'IEO
Cantal).

C'est pour nous, toute l'année, l'alternati¬

Pierre
n° 15

-

Brugel

août 1993

�Décentralisation à fond !

On nous écrit,,.
Enfin,

...

Fabulous

Lettre à René Duran.

la musique surtout, les
Trobadors en particulier, la

par

culture et

les

initiatives occitanes vont

percer. Je vous avertirai cependant que
Félix Castan est superbement ignoré dans
les

librairies de Blois

et

Vendôme

en

Loir-et-Cher, et c'est un peu compréhen¬
sible, mais aussi à Bordeaux, où il ne

figure pas sur le grand ordinateur par
lequel les vendeuses ne cessaient de
jurer. Alors, introduisez Castan dans le
Grand Ordinateur, que diable !

Puis-je me permettre une remarque,
sujet de Castan ? Ben oublie
l'immense travail qu'il a accompli
pour l'Occitarde depuis Quarante ans.
Ce serait la moindre des choses que de
au

lui

en

être reconnaissant. Pour

ma

part, je partage avec lui bien des

conceptions sur les processus poli¬
tiques occcitans, bien qu'à ses anti¬
podes en ce qui concerne sa supersti¬
Sandrine Gaillarol tion
"dialectique". En tous cas, il reste
mon frère de combat, et
je tolère mal
NDLR : Nous rappelons à nos lecteur qu'il est inutile de s'énerver
qu'on
maltraite
mes
amis.
et de jurer. L'ouvrage de Félix Castan "Manifeste multiculturel* est
Bernard Mande t
disponible à notre adresse (IEO-Musica 42, rue de la Banque
82000 Montauban) au prix de 115 F franco de port Celui de Clau¬
de Sicre Vive l'Amérike" est également disponible au prix de 105 F
Cortetas...
franco de port. Tous ceux qui les ont commandés ont été servis.
Retour.
Enfin des nouvelles de Rankine Clarence,

Enseignants.
Ils récoltent,

aujourd'hui,

ce

qu'ils n'ont cessé de

qui participait au festival Hors Gabarit à
semer

depuis mai 68.
Comme certains

parents veulent l'être pour leurs

enfants,ils ont oublié qu'ils étaient des maîtres, pour devenir

copains

avec leurs élèves.
Ils ont toléré et même

encouragé le tutoiement à leur
égard, jusqu'à se faire appeler par lever prénom.
Renonçant à toute discipline, même librement consentie,
à toute sanction, ils ont favorisé le laxisme et la permissivi¬
té.

Ds ont donné à leurs élèves

l'exemple de la contestation,

de la revendication

permanente, de la critique systématique
de l'autorité des supérieurs.
Politisés à l'extrême, ils ont donné la priorité à l'endoctri¬
nement

plus qu'à la pédagogie.
négligée, parfois débraillée, ne
saurait inspirer le respect. De même que leurs défilés dans
les rues en habits carnavalesques.
N'est respecté que celui qui sait se faire respectable, user
Leur tenue vestimentaire

de

son

autorité à bon escient.

Neuchâtel, du 27 au 29 août.
Présentation :
En 1991, Rankine Clarence quitte le Massilia Sound

System pour former son propre

groupe : un violoniste, une guitare rock, et
elle qui tient ia basse et ragamuffe, chan¬
te ou déclame contre tous tes empê¬
cheurs de vivre, aussi bien que pour
les

causes

toutes
qui portent un espoir. Ni rasta, ni

raga pourtant, elle s'inspire de toutes
formes musicales communicatives pour les
transmettre à sa façon, à son mode, aïoli.
Les textes sont simples,
touchant droit
rose.

au cœur,

Sincère, Clarence est de Marseille et,
Neuchâtel. c'est une capitale,

comme

capito ? Loin du centralisme parisien, Ran¬
kine sait ce qu'elle veut, et c'est ce que
nous

Bernard
se

pour accompagner

Et, si l'Etat et la télévision participent à une

demandent, hélas ! et

en

re-demandent.
Marcel Junin
46130 Loubressac

m

15

-

août 1993

(COCAB et compagnie)
à Uzeste,

rendent quasiment tous

pour se

en

voulons. "

Arnaud-Bernard posse.
Cette année, les irréductibles d'Arnaud

Bref, depuis vingt-cinq ans, ils ont fabriqué les VERGES

faire fouetter. C'est le contraire qui eût été étonnant.
entreprise
publique de pourrissement moral, c'est que la PERVER¬
SION a atteint gouvernement et médias, et que les Français

jamais simplets,
jamais à l'eau de

la

Big Ferma de Fernando.
Est-ce pour Fernando ?

ou

pour Eva, sa sublime fille, qui... que...

Enfin, bref, pas de pitié pour
le silence uzestois !

(Biseà Eva... NDLR)

�Linha

Imaginât

On nous écrit...
Cortetas...

de Bernard Mounier, Directeur régional France 3-Sud
à Claude Sicre.

ME M'OC.
Nous

nous

Monsieur,

devons de saluer la

J'ai bien reçu

copie de la lettre que vous avez adressée à Mme Dominique
Alduy,
Directeur
de France 3, et je vous remercie de l'intérêt que vous portez à
Pédagogique Midil'émission
"Viure
al pais" produite par la station dont j'ai la charge.
Pyrénées : MEM'OC - Abrégé de
Je crains cependant que vous n'ayez été abusé dans votre bonne foi et mal
culture occitane (en languedocien
avec traduction française). Une
informé de la réalité des faits. C'est pourquoi je tiens à préciser les points sui¬
publication du Centre Régional de
Documentation

première partie présente la langue
occitane, de la langue romane à
la question de la graphie. On trou¬
ve ensuite un panorama de l'histoi¬
des pays d'oc, puis un résumé
de la littérature occitane, des trou¬
re

badours

jusqu'à aujourd'hui. Un
chapitre aborde la toponymie, un

vants.

Les

langues autres que le français;-notamment les langues régionales, occi¬
tan et catalan, occupent depuisiróísans une place de plus en plus importante sur
notre antenne. Je ne souhaite pas que "Viure al pais" se présente comme une
-

"réserve", c'est pourquoi l'occitan et le catalan, l'espagnol, d'autres langues euro¬

péennes, et même la langue des signes,

se rencontrent

régulièrement dans des

émissions de France 3 -Sud, telles que °Passages", "Alice", Pôle Sud", "Face au

autre les contes et les pratiques tra¬
ditionnelles. Enfin le point est fait sur

toril", "Roussillon-Hebdo", "Quercy-RouergueActualités", "PôleSignes"...

les créations culturelles et la diversi¬

convention

"Viure al pais" bénéficie depuis l'an

passé de moyens nouveaux grâce à une
Régionaux, l'affectation d'un journaliste
té du mouvement occitan, avec
permanent et une coopération renforcée avec France 3 - Marseille.
des interrogations sur l'avenir. On
J'ai obtenu en 1990 que cette émission soit rediffusée pendant l'été. C'est la
pourra discuter certains aspects de seule émission
autre que les journaux télévisés qui bénéficie de cette diffusion
la présentation, en particulier le fait
puisque les programmes régionaux s'interrompent en juillet et août.
que la publication ne soit pas vrai¬
Venons-en au fait qui nous préoccupe.
ment conçue dans une approche
La direction de la chaîne a décidé, à l'occasion du Tour de France, de valoriser
"grand public" : l'Education Natio¬
nale ne se donne pas de rôle vis-à- chaque région traversée par une émission quotidienne intitulée "Autour du Tour".
vis de la société dans son ensemble ; Je puis par exemple vous donner un aperçu de l'émission du dimanche 18 juillet
ce n'est pas là le moindre de ses
qui sera diffusée depuis Montpellier et parlera principalement de la place histo¬
problèmes. Mais cet ouvrage
rique de la médecine à Montpellier, du Festival de musique et de la pêche dans
devenait indispensable, notam¬
les ports du littoral.
ment pour les jeunes (et les moins
Si nous diffusons "Viure al pais", le dimanche dans cet horaire, ce sont des émis¬
jeunes) qui souhaitent une
sions très différentes, sportives ou musicales, qui existent dans d'autres régions et
introduction à l'histoire et à la cul¬
qui sont également occultées "pour cause de Tour de France".
ture occitanes. Et il faut reconnaître
Vous conviendrez qu'il s'agit là d'un événement suffisamment populaire pour que
l'intérêt de ce travail.
la direction d'une chaîne décide de bouleverser un peu ses programmes. Les
Disponible à i'IEO Musica 42, rue de
émissions en langue régionale ne sont pas particulièrement visées en la circons¬
la Banque 82000 Montauban, au
-

signée

par les deux Conseils

-

tance.

prix de 70 F franco de port. (J-M B)

Dès l'annonce de l'existence de cette

DRAC.

René Gachet

a

quitté la Direction

de Toulouse et à cette occasion il

dressé

un

bilan de

son

a

action et

porté un regard sur la culture en
Midi-Pyrénées pour L'OFF.
n°42 du 3 mai 1993.
L'OFF

-

31000 Toulouse. Tél.

:

rue Riquet
61 99 21 49.

Nadau...
fête son 20e anniversaire le 27
novembre prochain
avec un concert

5,12,19 et 26 juillet en fin de soirée (vers 23h30).
L'émission reprendra sa place normale dès le dimanche 1er août.
Je signale enfin que le jeudi 19 août, l'émission nationale "Estivales"de 12h05
sera

Agence Lexeis 37

(Zénith de Pau )
exceptionnel de 250

chanteurs, musiciens et danseurs. Le
bénéfice de ce spectacle unique sera
versé à la Calandreta. Réservation à
partir du 1 /09 au Zénrth, Tél. : 59 80 77 50
Nadau 64170 Labastide Cezeracq
Tél. : 59 83 36 06.

suppression temporaire, j'ai demandé à la

Direction des programmes de la chaîne la possibilité de diffuser "Viure al pais" à
un autre horaire. La réponse a été positive et cette diffusion interviendra les lundi

essentiellement consacrée à des musiciens et chanteurs occitans de notre

région pendant quarante minutes et à notre initiative.
J'espère que ces explications vont contribuer à appaiser vos craintes.
Cette occasion m'a permis en tous cas de vous apporter des précisions vous
permettant de mieux apprécier l'importance que revêt pour moi le multi-linguisme
sur

notre antenne.

Je regrette

sincèrement qu'une information partielle et partiale, dont je ne veux
pas croire qu'elle ait été malveillante, ait mobilisé votre énergie pour une cause
suffisamment entendue pour qu'elle soit activement défendue par les respon¬
sables de France 3
Je vous

eux-

mêmes.

prie de croire...
n° 15

-

aoo'/993

�Décentralisation à fond !

On nous mM I

•

de J-L. Chamaillou à C. S.

Cortetas...

Aveyron.
Cher Chaude,
Ru moment où
je

tape ces

queCques lignes, je suis

(e choc cuhtureC lit¬
provoqué par votre (toi et Jean-BCarc) prestation de samedi soir
à Rimes. Connaissant
déjà presque par cœur la partie de votre répertoire accessibiegrâce au CD, je ne m'attendais pas à ressentir une émotion aussi intense Cors
du concert nimois. je
peu% dire que grâce à toi et à Rnge B, j'ai touché du doigt
pendant queCques heures Ce bonheur à C'etat pur (DÇatherine peut en témoigner).
(?... RfDLR)
téraire

et

encore sous

musical,

Je suis forcément

aCCergique au cirage (de pompes). Je veu^ simplement te dire
personneCCement, mais aussi au nom de tous ceia^ qui vous ont découverts
ce soirdà et à
qui vous avez sans doute fait beaucoup de bien et qui n'ont pas eu
Ca chance de
pouvoir vous Ce dire.
Tn ces
temps difficiles, Ca soCution ne réside certainement pas dans Ce repCi sur soi
ni dans
C'uniformité, mais bien dans Ca diversité, Ce métissage ethnique et sociaC.
Je suis convaincu que votre action proforidément humaniste va redonner
force et
espoir à tous ceip^ qui étaient sur Ce point de renoncer à Ceur projet de vie devant
C'intoCérance manifestée par Ces censeurs et autres centralisateurs casse-couiCCe de
merci,

-

Ca même

espèce.

JÇatherine ("Encore ! 7fDL"R) m'a un peu parCé de ta démarche au-deCà de
['aspect
musicaC (écriture,
échange et partage Cors des repas du mardi, 'Créer le "Paradis
dans son quartierj Que
je trouve intéressante et beiie. J'espère vous retrouver
tous Ces trois (! RjDĹRJ bientôt à Rmaud Bernard Cors d'une descente
sur "Tou¬
louse dans

queCques temps (à voir avec Ofath) (ben voyons... RDLRj. D'ici-là, je
beaucoup de succès dans toutes vos entreprises, et me tiens à votre
disposition pour vous aider à ma mesure, c'est-à-dire juridiquement.
Bref, si C'opportunité se présentait dans votre viide de tomber sur un contrat
te

région parisienne. Ils

y sont aussi
nombreux, sinon plus, qu'en

Aveyron. Les amicales d'Aveydepuis
des décennies. Le Crédit Agrico¬
le de l'Aveyron a même dans la
capitale une agence qui
emploie 50 personnes, et il a été
chargé de réunir les fonds pour
ronnais de Paris ont fleuri

la construction de la nouvelle
Maison des Amicales A veyronnaises, dont le coût s'élève à

quelque 250 millions de francs.
Mais lorsque, il y a quelques
années, certains responsables
du Nord-Aveyron ont voulu solli¬
citer leurs amis parisiens pour
participer financièrement au

développement économique
de leur région, ce fut l'échec
complet. Lorsque l'on sait que
l'argent suit les chemins de pen¬
sée, le centralisme français a
encore de beaux jours
devant lui... (J-M B)

Avignon.

souhaite

bizarre,

c'est bien volontiers

Rmitiés

d'Rrdèche...

(et

Comme chacun sait, les Aveyronnais sont très implantés en

en toute amitié...

Du

nouveau

lors du dernier

festival
vivent

que je tenterais de vous éclairer.

;

: le public cherche du
il est moins consomma¬
teur. André Bénédetto.

Portraits-robots.
Vous connaissez la gueule de

OjDLB)

COUPON D'ABONNEMENT

Jacques Attaii (celui de Verba¬
tim, de la BERD...) ! Re-regardezle bien (il est en photo dans 36

magazines) ! Maintenant laissez

Abonnement à Linha lmaginòi( 1 an / 4 numéros) : 80F
Abonnement à Occitans I la revue de 1' IEO : 80F
Adhésion à l'iEO (Sector

Musica), abonnement à Linha Ima-

ginôt et à Occitans compris
Total

Nom, Prénom
Adresse

:

150F

tomber et procurez-vous le jour¬
nal de la Maine de Montpellier

n'importe cuel Midi-Libre. Le
portrait de Georges Frêche est
partout. Il ne vous rappelle rien ?
ou

(C.S)

F

:

:
monte une

:

Agen.
Un imaginatiste
gaerie d'exposition
avec un

restaurant

dens l'arrière salle.

Rue

A retourner à
IEO

42,

rue

-

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Musica

de la Banque

82000 Montauban

Ricnard-Caeur-de-Lion,

au

n°28. Bonne éteoe pour les parcoureurs ce la Linha. Joap

Rcmond devait le contacter
pour la peinture. Il s'appelle
Alcv ^oubiou Tél. : 53 47 44 29

(C.S)
n° 15-août 1993

�Lin ha

Cortetas...

BONJOUR

!

Merci

beaucoup votre carte
postale.
Ci joint mes textes que
j'ai

Lu.

"T'es toi quand tu parles"
pour une grammaire rela¬
tionnelle. Jargon psychologi-

fait.
n'ai

Je

pas
mis de rime,
sais
pas
comment

ne

Bernard-Henri

Lévy nous a
déjà habitués à ses nom¬
breuses "solutions" aux pro¬

blèmes de l'ex-Yougoslavie.
Suite

aux

par les

violences subies

intelléctuels algé¬
suggéré d'organi¬

ser

des Etats-Généraux de la

Francophonie à Alger, et a
réussi à faire l'unanimité (des
Algériens) contre lui. Pierre
Bourdieu a, quant à lui, créé
le Comité International de
Soutien

aux

Intellectuels

Algériens. Toujours prompts
à défendre le "rayonnement
de la France', its n'ont toujours

trouvé de solution aux pro¬
blèmes français. (J-M B)
pas

Robert Laffont

a

invité

ne

m'en prenez pas aux jeunes

ils

ne

bien

faire

bat le record du monde de
l'heure à vélo détenu par Francesco Moser. ï a utilisé des

pièces de sa machine à laver
pour fabrique- son vélo !

rien
prendre au maire de Mâcon.

2)
REFRAIN

:

Ecoutez, écoutez, écoulez,
MC Bouziane est

ce

style hé hé !

le mic pour vous parler de

sur

qui se passe partout dans le monde entier

nous

je voudrais être réformé pour ne
pas faire l'armée. Car nous
nous entrainons pour faire
la guerre pour supprimer des personnes
qui n'ont rien à voir à tout.
Il faut s'en prendre au politicien.
Nous voulions pas de
politicien, non, non pas du tout
pas de politicien

rée.

REFRAIN:

textes en patois,
pouvez-vous
faire quelque
chose si possible ?
REPONDEZ-MOI.

J'espère
à

que

Mâcon

pour
Je

reviendrez

vous

pour

concert,

un

ou

se

promener...
voudrais que vous

Mâcon

faire

un

venez

concert

à

avec

pendant toute une soi¬
Dès
qu'on saura faire
quelque chose de bien.
Nous

MERCI

faire

voudrions

concert

à Toulouse

POUR

TOUT

ET

avec

POUR

un

THE

JAS-MACON

Benameur
71000

+

VOTRE

Bouziane( 2,bd
Aïoli

MC Bouziane est
ce

I ! !

des

maire de Mâcon.

qui ce passe.

ils

ne savent pas

faire leur boulot.
éliminé, cherchons
des gens qui en ont dans la tête
pour les remplacés aussitôt
ils trouvent les questions mais pas de
solutions. Mais il y a rien de pire
de s'interdire de réfléchir hé

regardez la vérité en face
S'il faut faire la guerre c'est
pour la bonne cause, c 'est pour l'humanité
pour nos enfant
alors il faudra bouger
Pouvez-vous

mots,

Il faudra lui demander.

Moi je ferai quelque chose pour eux.
Alors bougeons fesons quelque chose
ensemble pour se battre contre la délinquances

voyez

etc...

vous

si

envoyerez

qui

me

me

des

mettre

que

Dites-moi ce qu'on doit faire

le mic pour vous parier de

sur

il faudra les

POSSE

Mâcon

Ecoutez, écoutez, écoutez, ce style hé hé !

vous.

AIDE

mars au

chômeur écossais

en

écouter moi attentivement

voudrais

Je

Sujet : Les ieunes délinquances
1)
nistes" (universitaires, Parti
A Mâcon. il y a des personnes
Occitan, direction de l'/fO...
qui disent que la délinquances
mais pas la Linha Imaginof)
augmente de plus en plus.Ils n'ont
pour lancer un groupe de
pas
tore, mais ils ne se posent pas
réflexion et d'échanges. Pro¬
la question Pourquoi ?
blème ; le discours "DATAR"
Si ils ne veulent pas que la
a remplacé les préoccupa¬
augmente,ils n'ont
délinquances
tions culturelles et de
qu à faire des activités pour les jeunes
citoyenneté. (J-M B)
il ne faut pas s'en prendre aux jeunes
: un

sont pour

aider.

un

Positif.

il faut

bouger ensemble (4 fois)

ce qui ce passe.
Je vais vous parlez de la guerre

certain nombre d' "occita-

Juillet 93

imposer.

:

de ça".
Peut-être
pour
les instru¬
ments nous allons prendre des
tambourins.
Merci
beaucoup
pour
votre
aides, de nous

USA

Réflexion.

REFRAIN
Ils faut

quelques

riens, il a

Alors il faudra

je

pas

Intellectuels.

pour que le maire de Mâcon fasse quelque
chose.

me

co-enseignant, analyses
prendre. Je voudrais faire un
nulles, psycho nulle, bouquin
autre
texte
mais
avec
des
nul. C'est une enseignante
jeux de mots comme "Pas de ci
qui me l'a passé. Les
pas de
ça"
:
pouvez-vous me
donner des idée pour faire un
pauvres, obligés de lire
texte
avec
des
jeux de mots
toutes ces bêtises... (C.S)
comme
"Pas de ci

Imaginât

les

rimes,
dans

avez

et

corriger,
jeux de

mes

textes

les
Je

me

possible.
les autres

ren¬
vous

textes

reste.

Merci

Yoga.
"Savoir dire

négative,

non

à la pensée

penser positif".

C'est l'objet de stages orga¬
nisés au Centre de Raja-

Yoga BRWSU 20, rue de
l'Indre 3150C Toulouse Tél

:

Qui veut l'aider ?
Des

écrivent de partout On essaie bien de répondre Mais on ne peut
pas tout bien tare. La lettre de Benameur Bouziane ci-dessus est exemplaire,
cfautaii! qufil mm écrit plis souvent que les autres. Lé GFEN pdurraN jouer un
rôle auprès de ces jeunes, avec son secteur poésie ? (C.S)
jeunes nous

61.20.77.41
n° 15

-

aoùr

??3

�:entralisation

c

c~d !

Rubrique
fromage et dessert :
Tas de

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août 1993

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Toulouse

:
publica¬
Buge.

Frédéric Ducom

Dominic_e Sarthou.
-

A

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Maquette / sais-e

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              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
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      </elementSetContainer>
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              <text>Linha Imaginòt. - Annada 04, n° 15 août 1993</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/4d965fdd76472ff5ff0bd65759364c4d.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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